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REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE

Union – Discipline –Travail

MINISTERE DE LA SANTE ET DE L’HYGIENE PUBLIQUE

INSTITUT NATIONAL DES AGENTS DE SANTE

ANNEE : 2020-2022 N°………….

MEMOIRE
Pour l’obtention du
DIPLOME DE SPECIALITE OPTION :
PUERICULTURE

PROBLEMATIQUE DU TRANSFERT DES


NOUVEAUX-NEE DE LA SALLE DE
NAISSANCE AU SERVICE DE
NEONATALOGIE : Cas du CHU de BOUAKE

Présenté par :
Mme EUDJI
SYLLA GAOUSSOU

1
Sommaire
sommaire...............................................................................................................1

Introduction...........................................................................................................2

JUSTIFICATION..................................................................................................6

1. Motivation personnelle...................................................................................6

2. Pertinence d’ordre sociale...............................................................................6

3. Intérêt d’ordre académique.............................................................................7

DEFINITION OPERATIONNELLE DES TERMES...........................................8

REVUE DE LITTERATURE.............................................................................10

I. Type de maternités........................................................................................11

1. Décrets du 9 octobre 1998............................................................................11

2. Typologie de maternité.................................................................................11

II. Transferts maternels et néonatals selon le type de soins dans le Réseau «


Sécurité Naissance »............................................................................................13

1. Critères de décision en prénatal : principes généraux...................................13

3. Cas du prématuré..........................................................................................14

a. Indications.....................................................................................................14

b. TRANSPORT...............................................................................................15

c. La surveillance..............................................................................................16

III. Les différents types de transport................................................................16

1. Transfert médicalisé......................................................................................16

2. Transfert paramédicalisé...............................................................................16

IV. Vécu des parents face au transfert.............................................................17

V. La relation transféro-contre-transférentielle parents/soignants.....................18

I
Références bibliographiques...............................................................................21

II
Introduction
En 1996, les ordonnances « Juppé » (Légifrance, 1996) posent le cadre légal des
réseaux de soins à travers la problématique d'une prise en charge globale. Du fait
des bénéfices démontrés du transfert in utero (TIU) (Chabernaud JL, 2001), le
décret publié le 9 octobre 1998 (relatif aux établissements de santé publics et
privés pratiquant l'obstétrique, la néonatologie ou la réanimation néonatale)
détermine la politique de régionalisation en termes de périnatalité. Ce décret
contribue à l'amélioration de la prise en charge mère-enfant par des éventuels
orientations et accouchements dans une structure adaptée. Il définit 3 types de
maternités en fonction du niveau de soins aux nouveau-nés. Les maternités de
type III telles que le Centre Hospitalier Régional et Universitaire (CHRU) de
Brest sont constituées d'une unité d'obstétrique, d'une unité de néonatologie et
d'une unité de réanimation néonatale prenant en charge les grossesses à haut
risque et les nouveau-nés présentant de graves détresses.

Un nouveau-né de faible poids de naissance ou qui présente un problème


engageant le pronostic vital constitue une situation d’urgence qui exige un
diagnostic et une prise en charge immédiate. Tout retard dans l’identification du
problème ou dans la prise en charge peut être fatal ; le professionnalisme exige
un transfert dans une unité adéquate telle que l’unité de néonatalogie.

En effet, le décret N°456-FUR, issu du plan de Périnatalité gouvernemental


1994-2000 a introduit la notion d'une naissance plus sécurisée. Celui-ci de par
ses objectifs à savoir : « une meilleure organisation des TIU et de la prise en
charge du nouveau-né en cas de difficultés à la naissance ainsi qu'une
diminution des transferts néonataux secondaires et donc des séparations mère-
enfant » (Legifrance. Décret n°98-899 du 9 octobre 1998. De 2005 à 2007, un
second plan de Périnatalité appuie le concept de qualité et sécurité des soins
autour de la naissance, et cherchera à moderniser l'environnement médical de

III
l'accouchement. Un des axes d'amélioration de ce plan concerne les transferts
des nouveau-nés.

Aussi en ce moment particulier d’un changement de service, cela suscite des


réactions surprenantes chez les parents que les soignants ont depuis bien
longtemps observées sans trop les comprendre et qui les mettent parfois en
grande difficulté. Par ailleurs, dans plusieurs études consacrées aux
conséquences psychologiques de la présence de pathologie grave sur la
parentalité, le transfert du bébé depuis la salle d’accouchement vers la
néonatologie apparaît comme une étape sensible, révélatrice de la dimension
souvent traumatique de la naissance. (Cukier, 1980 ; Mejia, 2002 ; Borghini,
2008).

Force est de constater qu’aujourd’hui, les objectifs hospitaliers de rendement de


l’activité, de réduction du temps de séjour des patients (adultes comme enfants)
tendent à renforcer le traitement des sorties des patients sur un mode opératoire.
On sait pourtant les inquiétudes qu’une sortie d’hôpital peut provoquer chez tout
patient. Plus particulièrement, en ce qui concerne le bébé, il nous semble que ce
passage constitue un temps clef pour la construction du lien avec ses parents.

Or les situations de détresse néonatale nécessitent très souvent un transfert des


structures de naissance, souvent situées en zones périphériques, peu dotées en
personnels qualifiés et en plateaux techniques adaptés, vers des services de
néonatologie de référence. La bonne organisation de ces transferts représente
l’une des conditions essentielles pour réduire la morbidité et la mortalité
néonatales. Plusieurs préalables sont nécessaires :

 Une définition claire des indications de transfert en fonction du niveau de


soins
 Un personnel périphérique entraîné à la réanimation et aux soins néonatals
 Des moyens de transport équipés et adaptés aux nouveau-nés

IV
 Et une parfaite coordination entre les différentes structures impliquées et
la famille. (P.M. Faye et al., 2016)
 Une telle organisation n’est possible que dans le cadre de réseaux de
périnatalité, dont l’un des principaux objectifs, et l’une des principales
justifications, est l’amélioration des conditions de transfert maternel et
néonatal. Ces réseaux existent et fonctionnent depuis plusieurs années
dans beaucoup de pays développés. (P.M. Faye et al., 2016)

En Europe,

En Bretagne, le Réseau de Périnatalité de Bretagne Occidentale (RPBO) voit le


jour en 2002. Il regroupe actuellement le CHRU de Brest, les Centres
Hospitaliers de Morlaix, de Landerneau, de Carhaix, le Centre Hospitalier
Intercommunal de Cornouaille à Quimper, la Polyclinique Keraudren
récemment fusionnée avec la Clinique Pasteur. (Périnatalité Bretagne
Occidentale, 2015)

Cette organisation en réseau permet d'optimiser la prise en charge globale mère-


enfant grâce à une coordination et coopération entre les établissements donnant
lieu à une amélioration du pronostic fœto-maternel. Le TIU, en tant que stratégie
anténatale, permet ainsi un repérage des grossesses à haut risque, une naissance
dans une maternité adaptée et une proximité mère-enfant. Ces TIU ont permis
une franche diminution des transferts postnataux (TPN) à l'échelle nationale
puisqu'ils représentaient 3% des nouveau-nés en 1995 et 1% en 2010 (Blondel
B, Kermarrec M, 2013). Cependant, ces derniers

En Amérique, 1994, Le RSN rappelle que l’objectif est de « s’assurer de


l’absence de pathologie vitale respiratoire ou cardiaque […] et dépister des
anomalies et malformations […] nécessitant soit une prise en charge rapide avec
l’appel du pédiatre, soit une information auprès des parents. ».

V
En Afrique, notamment

Au Sénégal, une étude a montré que les références de nouveau-nés entre centres
de soins sont très fréquentes, en particulier durant les pics de naissance entre
juillet et octobre de chaque année. Le sens du transfert se fait en général des
structures périphériques de la banlieue vers les structures de néonatologie de
référence, au niveau des hôpitaux universitaires doté de centre néonatalogie
adéquats. Comme il n’existe aucun de système de transport organisé pour les
nouveau-nés, ni de réseau de périnatalité régional, la plupart de ces références
néonatales se font dans l’informel, sans respecter les règles de base du transfert
médical. Ce constat est presque le même dans la plupart des pays en voie de
développement et est responsable de 15% des décès post natals. ( Faye P.M et
al, 2016)

La problématique en Santé Publique liée aux transferts néonataux relève de


plusieurs questions :

Peut-on continuer à abaisser le taux de TPN ?

Qu'en est-il des rapprochements mère- enfant en termes d'efficience ?

Existe-t-il des modalités particulières concernant ce transfert ?

Comment les soignants et ses parents s’organise t’ils tout temps ?

Dans l’optique d’apporter des réponses adéquates à ces préoccupations, des


objectives d’étude ont été définis :

Objectif principal

D’étudier les problèmes liés au transfert du nouveau-né de la salle de naissance


au service de néonatalogie ?

Objectifs spécifiques

VI
• Définir les caractéristiques socio-économique et professionnelles des
parents ?

• identifier les différents antécédents responsables des transfert néonatals

• Caractériser les modalités de transfert et l’aptitudes du personnel lors de


l’exécution de cette tache

• relever les difficultés observées et faire des suggestions.

JUSTIFICATION
1. Motivation personnelle
La mortalité néonatale reste élevée en Afrique subsaharienne, comparée au reste
du monde (OMS, 2020). Elle était estimée au Sénégal à 19 ‰, selon l’enquête
démographique et sanitaire (EDS) continue de 2014 (MSP, 2014) et à 12 ‰
dans notre pays (MSHP, 2016).

Les principales causes de décès néonatals sont représentées à travers le monde,


par la prématurité, l’asphyxie et l’infection néonatale. Ces différentes situations
de détresse néonatale nécessitent très souvent un transfert des structures
d’accouchement, souvent situées en zones périphériques, peu dotées en
personnels qualifiés et en plateaux techniques adaptés, vers des services de
néonatologie de référence. La bonne organisation de ces transferts représente
l’une des conditions essentielles pour réduire la morbidité et la mortalité
néonatales dans le monde et en Afrique (Kouamé F, 2001).

Ainsi donc notre étude se révèle d’une importance capitale car étudier les
difficultés observées lors des transferts de nouveau-nés permettra la formulation
de recommandations appropriées ; afin de pallier ce problème de santé public.

2. Pertinence d’ordre sociale


En Côte d’Ivoire, particulièrement dans la région où la densité des populations
est beaucoup plus importante que dans le reste du pays, les références de
nouveau-nés entre centres de soins sont très fréquentes, en particulier durant les

VII
pics de naissance entre juillet et octobre de chaque année. Le sens du transfert se
fait en général des structures d’accouchement vers les structures de néonatologie
de référence, au niveau des hôpitaux universitaires et hôpitaux général. Comme
il n’existe aucun de système de transport bien organisé pour les nouveau-nés, ni
de réseau de périnatalité régional, la plupart de ces références néonatales se font
dans « l’informel », sans respecter les règles de base du transfert médical.
L’objectif de ce travail était de mettre en exergue ces insuffisances et leur
impact sur la morbi mortalité des nouveau-nés transférés.

3. Intérêt d’ordre académique


L'analyse du transfert du nouveau-né dans l'unité de néonatologie, nous
permettra d'aboutir aux constats suivants :

 La fréquence de nouveau-né transféré.


 La prise en charge initiale (réanimation en salle d'accouchement, la mise
en condition avant le transfert, le transport) est-elle insuffisante ;
 La naissance est-elle, le plus souvent associée à des pathologies dont les
plus importantes sont : les détresses respiratoires, les souffrances
néonatales, les infections néonatales et malformations congénitales ;
 Si la prise en charge, en général du nouveau-né et surtout des pathologies
associées est entravée par le manque de la paraclinique, des produits
d'urgence et la pauvreté des parents ;
 Si la collaboration obstétricaux-pédiatrique est médiocre.
L’existence de ces insuffisances expliqueraient la forte mortalité hospitalière de
nos enfants et amenuiserait les efforts consentis à la prise en charge des
nouveau-nés. A défaut d'une amélioration spectaculaire du statut
socioéconomique des populations, lié à la conjoncture économique mondiale, un
programme de développement intégré de la médecine périnatale, tenant compte
des réalités locales pourrait contribuer à améliorer le pronostic des nouveau-nés
dans les pays en développement.

VIII
IX
DEFINITION OPERATIONNELLE DES TERMES
Problématique :

Selon le dictionnaire Larousse, la problématique se définie comme l’ensemble


des questions, des problèmes concernant un domaine de connaissances
(médecine) ou qui sont posés par une situation, dans notre cas il s’agit de la
surveillance des patients en SSPI. (Larousse, 2020)

Pour leRobert, c’est des situations ou actions qui posent des problèmes,
difficiles à résoudre, et à accomplir. (LeRobert, 2020)

Pour Aristote cité par Crubellier et Pellegrin 2002 : la problématique est : «


L’Ensemble des questions qu’une science où une philosophie peut valablement
poser en fonction de ses moyens, de son objet d’étude et de ses points de vue ;
c’est aussi l’Ensemble des questions qu’une science où une philosophie se pose
relativement à un domaine particulier. »

Transfert :

De façon médicale, un transfert comprend le transfert de la responsabilité de la


totalité ou d'une partie des aspects des soins d'un patient ou de groupes de
patients, dans notre cas les nouveau-nés temporairement ou de façon durable. Il
comprend également le transfert de renseignements dans le but d'offrir des soins
sécuritaires.

Les renseignements transférés dépendent des circonstances cliniques, dont :

 L’état clinique ;
 L’état des investigations et des traitements ;
 L’évolution clinique probable ;
 Les problèmes et stratégies possibles, si des complications survenaient ;
 La responsabilité des soins continus.

X
Nouveau-né :

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le nouveau-né est un enfant de


moins de 28 jours. (Valérie Le Cadet, 2015)

Le terme d'une naissance étant défini comme 41,5 semaines après le 1er jour des
dernières règles (41,5 SA : semaines d'aménorrhée), les catégories suivantes sont
distinguées :

 Après 41,5 SA : nouveau-né post-terme ;


 37 à 41,5 SA : nouveau-né à terme ;
 Avant 37 SA : nouveau-né prématuré.
De 28 jours à 23 mois, l'enfant est appelé nourrisson

Prématuré :

Prématuré vient du latin Il praematurus " qui signifie Il qui arrive avant le
temps". En effet un prématuré est un enfant dont la naissance survient avant le
terme normal de la grossesse (37 semaines d'aménorrhée révolues). ( Aujard Y,
1988)

Cependant cette définition a subi beaucoup de modifications.

XI
Selon le poids de naissance (IPN) :

Pour des raisons purement pratiques, le comité d'experts de l'Organisation


Mondiale de la Santé (OMS) en 1970, à Londres faisait prévaloir le poids à la
naissance (PN).

Ainsi Il tout enfant né vivant avec un PN inférieur à 2500 grammes est


prématuré «. Cette définition renferme une erreur parce que la prématurité est
fonction de l'âge gestationnel (AG.) par définition. Ensuite, elle confondait
prématuré et hypotrophe ; en effet, ce dernier peut être à terme et donc différent
du premier par son aspect morphologique et sa maturation neurologique. Enfin,
cette définition faisait prendre pour des enfants à terme, certains prématurés de
mère diabétique ayant un poids de naissance supérieur à 2500 grammes.
Aujourd'hui, cette définition est réservée au petit poids de naissance [9.

Selon l'âge gestationnel (AG) :

Elle définit le prématuré comme un enfant né avant 37 SA révolues comptées à


partir du premier (1er) jour des dernières règles. Cette définition est
théoriquement la plus juste car les problèmes posés par la prématurité sont
directement liés à l'immaturité de cet enfant. Mais elle ne définit pas en réalité la
maturité fœtale. Ensuite, elle méconnaît les étiologies très diverses de la
prématurité. Enfin, elle rend difficile le diagnostic de la prématurité car
l'appréciation exacte de l'âge gestationnel chronologique est souvent difficile. Le
manque d'information sur la date des dernières règles (DDR) ou sur la durée de
l'aménorrhée des gestantes est universel. Ceci à cause de l'irrégularité des cycles
menstruels ou de la survenue de métrorragie du 1er trimestre. (Laugier J., et
Gold F., 1991)

XII
REVUE DE LITTERATURE

XIII
I. Type de maternités
1. Décrets du 9 octobre 1998
Depuis les décrets du 9 octobre 1998 (« n 98-899 relatif aux établissements de
santé publics et privés pratiquant l'obstétrique, la néonatologie ou la réanimation
néonatale ; et n 98-900 relatif aux conditions techniques de fonctionnement des
établissements de santé pour être autorisé à pratiquer les activités d'obstétrique,
de néonatologie et de réanimation néonatale »), les maternités sont classées en
trois types, selon le niveau de soins dont elles disposent. Grâce à la
régionalisation, à la complémentarité des établissements de santé dans le réseau
et à l'organisation des « transferts in utero », ces décrets ont permis d’améliorer
les soins périnatals, tout en proposant une offre de soin plus cohérente. (Leraillez
J, 2000)

2. Typologie de maternité
- La maternité de type I dispose d'une unité d'obstétrique et prend en charge les
grossesses normales et les nouveau-nés bien portants à partir de 36 SA.

- La maternité de type II dispose d'une unité d'obstétrique et de néonatalogie.


La néonatologie contient au moins 6 lits pour les maternités de type IIA. Pour
les maternités de type IIB, l'unité de néonatologie dispose d'au moins 12 lits
pour pouvoir bénéficier d'un service de soins intensifs. Cet établissement permet
une prise en charge des grossesses à risque modéré (accouchement au terme de
31 à 32 SA + 6 jours pour le niveau IIB et au terme de 33 à 36 SA pour le
niveau IIA) et des nouveau-nés (avec un poids à partir de 1000 grammes pour le
niveau IIB et plus de 1500 grammes pour le niveau IIA) nécessitant une
surveillance particulière.

Certaines structures comme la maternité de Roubaix, de niveau IIB, prennent en


charge les nouveau-nés à partir de 29 SA.

- La maternité de type III dispose d'une unité d'obstétrique, de soins intensifs


en néonatalogie et de réanimation néonatale. On y prend en charge les

XIV
grossesses à haut risque et les nouveau-nés très prématurés présentant des
détresses graves (maladies ou malformations importantes). (Pierre F , 2008)

Au sein d'un service de néonatologie, on peut différencier jusqu'à trois types


d'unités fonctionnelles selon le niveau de prise en charge de l'enfant. Ces trois
unités correspondent au décret de périnatalité : Décret no 98-900 du 9 octobre
1998 relatif aux conditions techniques de fonctionnement des établissements de
santé pour être autorisé à pratiquer les activités d'obstétrique, de néonatologie et
de réanimation néonatale et modifiant le code de santé publique :

 L'unité de Réanimation Néonatale (URN) assure la surveillance et les


soins spécialisés pour des enfants présentant des détresses graves ou des
risques vitaux. Le nouveau-né se trouve en réanimation néonatale s'il a
besoin d'une ventilation assistée, d'une intubation ou de soins très
spécifiques.
 L'unité de Soins Intensifs (USI) assure la surveillance et les soins pour des
nouveau-nés à risque non vital. L'enfant est d'une grande fragilité
(ventilation non invasive, cathéters centraux) mais ne nécessite plus
d'intubation ou de soins spécifiques. Cependant, une surveillance continue
est essentielle.
 L'unité de soins courant (USC) où l'enfant devient autonome au niveau de
ses fonctions vitales mais nécessite de l'aide pour les besoins vitaux
(alimentation par sonde). Il est transféré de l'une des deux unités
précédentes, de la maternité ou des urgences vers l'USC. Le retour à la
maison est autorisé lorsqu'il est autonome sur le plan respiratoire,
alimentaire et sur le plan de la régulation thermique ( Pierre F , 2008).

XV
II. Transferts maternels et néonatals selon le type de soins dans le Réseau «
Sécurité Naissance »
1. Critères de décision en prénatal : principes généraux
Transfert in utero avec un objectif néonatal

Maternités avec services de pédiatrie sans lits de néonatologie

Il n’y a pas d’indications à hospitaliser des nouveau-nés dans des lits de


pédiatrie

Contre-indications aux transferts maternels in utero

 Accouchement imminent
 HRP
 Anomalies du RCF et signes d’anoxie fœtale
 Eclampsie
 Hémorragie active
2. Critères de décision en postnatal

XVI
Critères de décision de prise en charge néo-natale avec transfert dit ascendant

En type 1, peuvent être gardés les nouveau-nés suivants : 36 SA et plus avec un


PN ≥ 2000 g, avec ictère léger (± tunnel avec scope), hypoglycémie et
hypocalcémie légères, MAVEU courte, bilan infectieux, difficultés modérées
d’alimentation.

3. Cas du prématuré
Il n'est pas systématique pour tout nouveau-né prématuré (Hervé F, 2002).

a. Indications
Ses indications sont fonction de l'AG, du PN et de l'état clinique du nouveau-né.

Celles retenues sont :

- Un prématuré d'au moins 35 SA eutrophique et sain peut être laissé auprès de


sa mère en suites de couches (SDC) et alimenté au lait maternel sous réserve
d'une surveillance régulière. En cas d'hypotrophie ou d'une pathologie associée
le transfert est indispensable.

- Le transfert est systématique pour les prématurés entre 32 et 34 SA quel que


soit leur état.

XVI
I
- En dessous de 32 SA le transfert in utero est le plus souhaitable ( Hervé F,
2002)..

Orientation pour réanimation néonatale


Prématurés à transférer en réanimation néonatale ; ce sont :

 Les prématurés ayant subi une longue réanimation supérieure à 10 mn à la


naissance pour un état de mort apparente, une respiration irrégulière, une
bradycardie, une cyanose persistante ;
 Les prématurés d'AG inférieur à 32 SA ou de PN inférieur à 1500 g;
 Les prématurés avec une pathologie sévère.

b. TRANSPORT
C'est l'un des enjeux majeurs de la prise en charge du nouveau-né prématuré.
C'est un acte médical important qui doit exclure l'improvisation et la lenteur
(BONKOUNGOU P, 1995). "Plutôt que mauvais transport, mieux vaut pas de
transport" Minkowski (Dubois O., 1996).

Le transport a pour but d'acheminer le nouveau-né prématuré dans de bonnes


conditions jusqu'à l'unité de néonatologie susceptible de le prendre en charge.

Avant le transport, l'enfant doit être mis en condition (Dubois O., 1996). C'est
une stabilisation de l'état clinique global, particulièrement thermodynamique et
cardio-respiratoire, afin de permettre au prématuré de mieux affronter les
traumatismes du transport.

La température doit être autour de 36 - 37°Celsius (C). Si l'enfant a souffert à la


naissance, on lui administre du sérum bicarbonaté à 42 pour 1000 à la dose de 2
mEq 1Kg.

La ventilation assistée doit stabiliser l'état cardio-respiratoire. Cet état clinique


stable doit être maintenu et surveillé tout au long du transport. Ce qui nécessite

XVI
II
du matériel (masque à gaz, bouteille d'oxygène portative) et une équipe médicale
pendant le transport.

Les moyens de transport utilisés sont surtout le véhicule automobile. Il s'agit


d'une ambulance spécialement aménagée équipée d'un incubateur portatif.

Cependant, la couverture spatiale, qui est une fine feuille plastique, revêtue à sa
face extérieure d'une mince couche d'aluminium ou le "sarcophage" des Dr
Hustand et Rosenberg, peuvent remplacer l'incubateur.

Le transport aérien par hélicoptère est intéressant pour les longues distances.

Le nouveau-né doit être muni d'une fiche de renseignement et d'une observation


clinique complète.

c. La surveillance
Elle doit s'effectuer dans un incubateur. Elle est clinique et paraclinique. Elle
doit être très étroite surtout les premières vingt-quatre (24) heures (Dubois O,
1996).

III. Les différents types de transport


1. Transfert médicalisé
Il est réalisé par le SMUR pédiatrique et permet le transport d'enfant encore
instable sur le plan hémodynamique. L'enfant est le plus souvent sous aide
respiratoire (intubation ou ventilation non invasive) avec des pathologies
diverses (extrême prématurité, pathologies sévères, infections avec troubles
hémodynamiques, cardiopathies retentissantes ou malformations graves
nécessitant des gestes d'urgence).

2. Transfert paramédicalisé
Il est proposé aux enfants atteints d'une pathologie moins sévère mais qui peut
nécessiter également une aide respiratoire (sous lunette à O2 par exemple). Il
s'effectue sous la surveillance d'une infirmière-puéricultrice avec un équipement
adapté

XIX
XX
IV. Vécu des parents face au transfert
Etant donné que les parents jouent un rôle primordial dans la prise en charge de
leur enfant, il est essentiel de prendre en compte leur vécu dans le parcours de
soins de leur enfant, notamment leur vécu lors d'un transfert. Plusieurs études
ont cherché à évaluer la satisfaction des parents durant ce parcours et l'une
d'elles a été le point de départ de notre travail. La principale étude publiée en
2010 évoque un certain nombre de points dans le parcours de soins des
prématurés et l'étape la plus mal vécue par les parents est le changement de
service ou de maternité (Dupont C et al., 2010). Dans cette étude, différents
dysfonctionnements sont mis en avant dont le manque d'anticipation, le manque
de participation des parents au choix du nouveau service ou encore la diversité
des pratiques médicales selon les différents services. Les améliorations
souhaitées par les parents sont de pouvoir constater une continuité dans les
pratiques avec des procédures intra/inter établissements, d'améliorer
l'anticipation, d'harmoniser les « soins de développement » au sein du réseau,
d'avoir un médecin référent pour chaque enfant et de déléguer certains soins aux
parents pour qu'ils aient un positionnement plus actif. Les auteurs concluent
également que les attentes des parents se tournent plus vers les compétences
relationnelles des soignants (écoute, disponibilité, gentillesse, accueil) que vers
leurs compétences techniques.

Le fait que le transfert soit l'étape la plus mal vécue durant le parcours de soin
d'un prématuré, peut s'expliquer par la peur des complications durant le transfert
et par l'inquiétude face au changement d'équipe. En effet, même si l'état de santé
de l'enfant s'est amélioré et que cela motive le transfert d'un niveau III à un
niveau II, il existe toujours des complications à redouter lors du transport telles
que les aggravations respiratoires, ou beaucoup plus rarement, l'arrachement ou
l'obstruction des voies veineuses. Durant le transfert, le soignant poursuit la
prise en charge de l'enfant tout en l'évaluant cliniquement. Un document de

XXI
liaison permet de relever les données concernant la surveillance respiratoire,
hémodynamique et thermique. De ce fait, l'idée que les parents pourraient
accompagner leur enfant durant le transfert semble être une solution afin de
diminuer leur anxiété (appréciation signifiée dans l'article de 2010).
(Chabernaud J-L, 2009

V. La relation transféro-contre-transférentielle parents/soignants


’histoire de ce « non » parlerait en fait de l’autre transfert – le transfert
inconscient sur l’équipe de réanimation – mouvement par lequel les parents vont
pouvoir leur exprimer indirectement le désarroi qu’ils ressentent.

Étymologiquement, le mot transfert signifie « déplacer d’un endroit à un autre ».


Par extension, en psychanalyse, on parle de déplacement d’une personne à une
autre. Le transfert se définit comme la répétition inconsciente chez une personne
de sentiments et d’attitudes passés en lien avec une ou des figures
particulièrement importantes dans l’enfance, mais adressés dans le présent
envers quelqu’un d’autre. « C’est pourquoi son attitude sera souvent inadéquate
et la communication risquera d’être biaisée » (Chiland, 1983).

Le transfert est classiquement associé à la relation de l’analysant à son


psychanalyste dans la cure, mais il est bien connu qu’il se trouve également
puissamment à l’œuvre dans la relation du patient aux soignants, en général, et
au médecin en particulier. Ils vont alors recevoir toutes sortes de projections
parentales qui divergent en fonction de l’histoire de chaque famille. « Au-delà
d’une réassurance contre la mort, il [le soignant] ne sait pas le rôle que les
parents lui donnent. Il ne sait pas de quoi est faite la demande, il ne sait pas que
les parents lui prêtent un bien plus grand pouvoir que celui de dire si leur enfant
va vivre ou mourir » (Vanier, 2011, p. 8).

En réponse, les soignants vont ressentir des affects, vivre des pensées, des
émotions, déployer des défenses qu’ils ne vont pas forcément sur le coup mettre
en lien de manière consciente avec les réactions des familles.

XXII
L’un des rôles si ce n’est l’essentiel du psychologue clinicien dans ces équipes
est de s’efforcer de traduire ce qu’il ressent et comprend de ce qui se joue chez
les soignants en lien avec les éprouvés du bébé et les projections identificatoires
parentales. C’est en analysant son propre « contre-transfert », en entretien avec
les parents, lors d’observations et à l’occasion d’échanges avec les soignants que
le psychologue peut soutenir les familles et aider l’équipe à penser les vécus
psychiques véhiculés par ces situations potentiellement traumatiques.

En périnatalité, cette position de réceptacle et de catalyseur émotionnel est


d’autant plus complexe que la scène des relations précoces « se déploie
intensément et inévitablement dans le registre du préverbal, des communications
primitives, des éprouvés sensoriels et des excitations pulsionnelles » (Frisch-
Desmarez, 2011, p. 352) ; « Ces vécus nous envahissent d’emblée, de front,
beaucoup plus fort que dans d’autres situations cliniques » (ibid., p. 312). 24

En réanimation néonatale, de nombreux obstacles viennent davantage encore


brouiller le décodage des éprouvés chez tout un chacun : comment le bébé et ses
parents peuvent-ils lire les émotions sur le visage des soignants qui portent un
masque ? À son tour, l’adulte doit parfois puiser considérablement dans ses
ressources psychiques pour se représenter le tout-petit-visage du bébé qu’il
regarde auquel est scotché une sonde nasale ou buccale, un tube ou un masque
de ventilation, un masque de photothérapie… Il est parfois bien difficile pour les
adultes, parents comme professionnels, d’aider ces bébés à se rassembler
psychiquement quand ils sont pensés dans leur anatomie, organe par organe,
fonction après fonction.

Par ailleurs, bien que de nombreux médecins se battent pour que les internes
continuent à « observer » les bébés, la lecture interprétative des signes cliniques
de l’enfant est là aussi influencée par les résultats chiffrés, imagés, autres
symboles renseignés par les examens techniques de plus en plus précis. Les
interactions en réanimation néonatale passent nécessairement par le langage des

XXII
I
machines, incroyables dispositifs mis en place pour lutter contre la mort.
L’archaïque de l’infans (Grosclaude, 2007) et de l’angoisse de mort teinte
inexorablement les relations, bien que les pulsions de vie soient elles aussi
omniprésentes.

Parfois, on peut s’interroger sur la facilité déconcertante avec laquelle nous


évoluons tout comme le reste de l’équipe dans ce service. Avons-nous refoulé
nos premières impressions, sensations, pour pouvoir y travailler
quotidiennement ? Nos mécanismes de défense fonctionnent-ils de façon
indéfectible ? On ne peut pas travailler longtemps en réanimation si on n’érige
pas un tant soit peu de protection face à ce trop-plein d’insoutenable. Mais on ne
peut pas non plus soutenir les parents si l’on banalise complètement cet endroit
tellement particulier. C’est la juste mesure que tente de trouver le psychologue
en lui-même et de maintenir a minima chez les autres professionnels, bien plus
submergés par l’immédiateté du travail relationnel avec les familles.

Enfin, c’est un contre-transfert « diffracté » (Kaës, 1993) dans le groupe de


soignants que le psychologue analyse et peut mettre au jour notamment lors des
réunions institutionnelles. Plusieurs professionnels peuvent en effet devenir
inconsciemment les porte-paroles des projections d’une partie de la famille (un
membre, bébé ou parent), ou de la personne (partie culpabilisée, ambivalente ou
persécutée d’un parent, souffrante d’un bébé…).

XXI
V
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