REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE
Union – Discipline – Travail
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EXPEDITION
DECISION N° CI-2016-167/21-04/CC/SG du 21 avril 2016
relative à la requête de Monsieur le Président de la République,
en date du 11 avril 2016, aux fins de vérification de la conformité
à la Constitution, de la Charte de l’Organisation de Coopération
Islamique adoptée le 14 mars 2008 à Dakar (Sénégal)
AU NOM DU PEUPLE DE COTE D’IVOIRE,
LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL,
Vu la Constitution ;
Vu la Loi organique n°2001-303 du 5 juin 2001 déterminant l’organisation et
le fonctionnement du Conseil constitutionnel ;
Vu la Charte de l’Organisation de Coopération Islamique, adoptée le 14 mars
2008 à Dakar au Sénégal ;
Vu la lettre de saisine du Président de la République en date du 11 avril
2016 ;
Ouï le Conseiller-Rapporteur ;
Considérant que, par requête n°002/PR/SGG-CDM en date du 11 avril 2016,
enregistrée au Secrétariat Général du Conseil constitutionnel le 12 avril
2016, sous le n°003/2016, le Président de la République a déféré audit
Conseil, aux fins de contrôle de sa conformité à la Constitution, la Charte
de l’Organisation de Coopération Islamique (OCI), adoptée le 14 mars
2008 à Dakar au Sénégal ;
Considérant que cette vérification de conformité à la Constitution est sollicitée
par le Président de la République dans le cadre de la procédure de
ratification de ladite Charte dont la Côte d’Ivoire est signataire depuis
janvier 2012, après avoir adhéré à sa version initiale en 2001, avant la
révision de celle-ci en 2011 ;
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En la forme
Considérant qu’aux termes des articles 85, 86 et 95 alinéa 1 de la Constitution,
et de l’article 18 alinéa 1 de la Loi organique relative à l’organisation et
au fonctionnement du Conseil constitutionnel, les traités de paix, les
traités ou accords relatifs à l’organisation internationale et ceux qui
modifient les lois internes de l’Etat, doivent, avant leur ratification, être
déférés au Conseil constitutionnel par le Président de la République ou par
le Président de l’Assemblée nationale, ou par un quart au moins des
Députés, aux fins de vérification de leur conformité à la Constitution ;
Considérant qu’il résulte de ce qui précède que l’auteur de la saisine, le
Président de la République, a qualité pour agir en la circonstance ;
Considérant que la Charte de l’Organisation de Coopération Islamique a été
adoptée par le Sommet des Rois et Chefs d’Etats et de Gouvernements,
regroupant 57 Etats et dont l’instance suprême est le Sommet des Rois et
Chefs d’Etats et de Gouvernements des Etats membres ;
Qu’il s’ensuit que ladite Charte régissant l’Organisation de Coopération
Islamique appartient à la catégorie des traités ou accords relatifs à
l’organisation internationale tel que spécifié par l’article 85 de la
Constitution ;
Considérant que le Conseil constitutionnel a été saisi par voie de requête
conformément à l’article 19 alinéa 3 de la Loi organique relative à
l’organisation et au fonctionnement du Conseil constitutionnel ;
Considérant en conséquence que la requête, introduite dans les forme et
procédure prévues par les dispositions constitutionnelles et légales en
vigueur, doit être déclarée recevable ;
Au fond
Considérant que dans son Préambule, la Charte de l’OCI entend « contribuer à
l’instauration de la paix et de la sécurité internationale, de l’entente et du
dialogue entre les civilisations, les cultures et les religions, et à
promouvoir et encourager les relations d’amitié et de bon voisinage, ainsi
que le respect mutuel et la coopération » ;
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Considérant que l’Organisation de Coopération Islamique entend parvenir à ses
objectifs par divers moyens dont, entre autres :
la solidarité et la coopération entre les Etats membres ;
le respect des buts et principes de la Charte des Nations Unies ;
le respect de la souveraineté, l’indépendance, l’égalité des Etats en droits
et obligations ;
le règlement des différends par des moyens pacifiques et l’exclusion de
tout recours ou menaces de recours à la force dans les relations
internationales ;
le soutien et la promotion au niveau national et international, de la bonne
gouvernance, la démocratie, les droits humains, les libertés fondamentales
et l’Etat de droit ;
Considérant que ces objectifs, principes et moyens sont dans une large mesure
déjà exprimés dans la Constitution ivoirienne ;
Considérant que la Charte laisse aux Etats membres la liberté de mettre en
œuvre ses dispositions conformément aux exigences de leurs
Constitutions, ce qui garantit leur souveraineté ;
Considérant qu’il résulte de l’examen de cette Charte qu’elle ne comporte
aucune clause contraire à la Constitution ;
Qu’ en conséquence, elle doit être déclarée conforme à la Constitution ;
Décide :
Article premier : En la forme, la requête du Président de la République est
recevable ;
Article 2 : Au fond, la Charte de l’Organisation de Coopération Islamique
adoptée le 14 mars 2012 à Dakar est conforme à la Constitution ;
Article 3 : La présente décision sera publiée au Journal Officiel de la
République de Côte d’Ivoire ;
Décision délibérée par le Conseil constitutionnel en sa séance du 21 avril 2016 ;
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Où siégeaient
Mesdames et Messieurs :
Mamadou KONE Président
Hyacinthe SARASSORO Conseiller
François GUEI Conseiller
Emmanuel TANO Kouadio Conseiller
Loma CISSÉ épouse MATTO Conseiller
Géneviève Affoué KOFFI épouse KOUAME Conseiller
Assistés de Monsieur COULIBALY-KUIBIERT Ibrahime, Secrétaire Général
du Conseil constitutionnel, qui a signé avec le Président.
Le Secrétaire Général Le Président
COULIBALY-KUIBIERT Ibrahime Mamadou KONE
POUR EXPEDITION CERTIFIEE CONFORME A LA MINUTE
Abidjan, le 21 avril 2016
Le Secrétaire Général
COUYLIBALY-KUIBIERT Ibrahime