Progra1Vme Du: Di Pa
Progra1Vme Du: Di Pa
DAF
PROGRA1VME DU .
i Mauritanie 0.
2 Sénégal
3 Cap-Vert
4 Gamble
5 Guinée Bissau
6 Guinée e
7. Sierra Léone
8 Libéria
9 Côte d'ivoire Guinée Equatoriale
10. Ghana Gabon
11 Togo São Tomé et Principe
12. Bénin Congo
13 Nigéria Zaire
14 Cameroun Angola
par
Moustapha Kébé,
Economiste, Consultant DIPA
et
Jean Gallène,
Technologiste des pêches DIPA
Kébé, M., Njock J.C. et Gallène J.- Revue sectorielle de la pêche artisanale maritime au Gabon.
1996 Programme pour le Développement Intégré des Pêches Artisanales en Afrique de
l'Ouest (DIPA), 39 p.+ annexes, DIPA!WP/8 1.
Projet DIPA
FAO
B.P. 1369
Cotonou, République du Bénin
Dans ce contexte, l'accent était initialement mis sur le concept de Centre Communautaire
des Pêches (CCP) en tant que moyen de promotion du développement de la pêche artisanale.
Mais, il s'est avéré que la présence d'un ensemble d'installation et de services réunis pour satisfaire
les besoins locaux ne garantissait nullement que les structures/installations seraient utilisées ou que
le développement allait se produire. La participation active de la population de pêcheurs et la
mobilisation des ressources locales et communautaires étaient un impératif en vue d'assurer la
durabilité des initiatives entreprises par les projets de développement et/ou la communauté.
Ce scénario requiert la mise en oeuvre continue de la stratégie intégrée qui reste valable
pour le développement des pêches artisanales, mais avec un nouveau compromis: l'accent sur les
éléments et les mécanismes qui favorisent la durabilité des initiatives, sur une pêche responsable,
sur les mécanismes pouvant favoriser la décentralisation du pouvoir et des prises de décision par
la communauté locale en ce qui concerne l'aménagement des ressources et le développement, et
sur le renforcement des capacités nationales pour un aménagement et un développement durables
et équitables des ressources, ainsi que sur la consolidation des acquis.
L'OBJECTIF DE FFEVELOPPEMENT
promotion du développement communautaire en accord avec les leçons tirées des Phases
I et II, et orienté vers la durabilité des actions entreprises;
Il est attendu qu'à la fin de la troisième phase du Programme DIPA, la région disposera
d'un noyau d'experts orientés vers les activités de terrain, capables de répondre aux défis du
secteur de la pêche artisanale et de favoriser son développement dans leur pays en conformité
avec les aspirations et besoins des artisans pêcheurs.
RESUME
La Zone Economique Exclusive du Gabon est de 213.000 km2. Sa façade maritime a une longueur
de 750 km, de Cocobeach au droit de Ndindi. La largeur moyenne du plateau continental est de
60 km, soit une surface approximative de 40.600 km2 de la côte jusqu'à l'isobathe des 200 mètres,
dont 8 % réservés aux activités d'extraction pétrolière. Le réseau hydrographique, extrêmement
vaste et diversifié, regroupe de nombreux cours d'eau, lacs, lagunes côtières, estuaires, barrages
et retenues artificiels.
La population est caractérisée par un exode rural intensif au profit des villes dont la population est
en majorité composée de jeunes.
L'économie gabonaise est une économie de rente dominée par les ressources pétrolières, le secteur
agricole connaît une stagnation depuis plusieurs années, le poids de la dette reste considérable
(2.607 milliards de FCFA en 1994)
Le potentiel est de l'ordre de 195.000 tonnes pour toutes les espèces sauf les crevettes et les thons,
autres composantes importantes des eaux gabonaises.
Plusieurs communautés de pêcheurs artisans évoluent sur le littoral gabonais. La pêche est
dominée par des étrangers originaires principalement du Nigéria, du Ghana, du Bénin, du Togo,
de Sao Tomé et Principe, de la Guinée Equatoriale et du Sénégal. Les pêcheurs nationaux ne
représentent que 10 % de l'effectif total, soit 500 personnes. Le nombre de pirogues est estimé à
1.500 concentrées essentiellement à Libreville et Port Gentil et débarquant en moyenne 18.000
tonnes de poissons par an.
La pêche industrielle est animée par 46 sociétés armant 111 unités. La production est de 10.180
tonnes, dont 794 tonnes de crevettes.
La pêche continentale est essentiellement pratiquée sur la lagune Feman Vaz, dans la région de
Lambarané (lacs de Zilé et d'Onangué) et sur la lagune de Banjo. La pisciculture rurale, activité
introduite au Gabon au début des années 50, représente à ce jour la seule forme d'aquaculture
pratiquée. Malgré les nombreux projets de relance, elle n'a pas beaucoup progressé.
Comme dans la plupart des pays de la région, les femmes épouses ou non de pêcheurs jouent un
rôle primordial dans la valorisation des prises débarquées par la pêche artisanale. Ce sont elles qui
assurent la première mise en marché, le traitement (fumage et séchage), la distribution et la
commercialisation sur les marchés locaux.
La poisson représente la base alimentaire des populations avec 13 % des protéines totales et
3 7,4% des protéines d'origine animale. Le Gabon constitue un des pays africains les plus grands
consommateurs de poisson (28,2 kg per capita par an).
Le Gabon dispose de nombreux atouts pour un développement intégré du secteur des pêches
potentiel halieutique et aquacole relativement important, forte demande en produits halieutiques,
forte présence de pêcheurs étrangers professionnels, environnement économique et social
favorable.
Des efforts ont été entrepris par l'Administration des pêches depuis quelques années pour disposer
d'informations de base pouvant alimenter les prises de décisions dans ce secteur. Mais il reste
beaucoup à faire pour mieux saisir l'évolution du système. Il est nécessaire de procéder à des
enquêtes-cadres régulières au cours desquelles il sera procédé à un recensement exhaustif des
unités de pêche opérationnelles sur l'ensemble du littoral et à des enquêtes spécifiques sur les
infrastructures et services liés à la pêche, disponibles dans les villages et campements de pêcheurs.
Les résultats de ces enquêtes-cadres serviront également à élaborer une stratégie d'échantillonnage
pour les besoins des autres enquêtes. Le système de collecte des données sur la pêche artisanale
(captures et effort de pêche), mis en place par la DGPA, devra être étendu à l'ensemble des sites
de débarquement. Tout ce travail devra être complété par une enquête coûts et revenus et des
enquêtes socio-économiques. Les objectifs visés sont d'une part d'estimer la rentabilité économique
et financière des différentes types d'unités de pêche artisanale en activité sur le littoral gabonais,
et d'autre part d'évaluer la structure soci,o-économique du système.
11
Rapport technique DIPA N° 81
ACRONYMES
La présente étude rentre dans le cadre des activités du programme pour le développement intégré
des pêches artisanales en Afrique de l'Ouest (DIPA), notamment le volet relatif à la mise en place
d'une méthodologie appropriée pour le suivi socio-économique de la pêche artisanale maritime.
Auparavant, la Guinée Bissau, le Cameroun, Sao Tomé et Principe, le Congo et la Gambie avaient
bénéficié de l'assistance du DIPA dans ce domaine (DIPAIWP/46; DIPAIWP/48; DIPA/WP/55;
DIPA!WP/70 et IDAF/WP/80).
L'étude a été réalisée par une équipe composée d'un économiste (chef d'équipe), d'un bio-
statisticien et d'un technologiste des pêches. La mission a séjourné au Gabon du 18 mars au 05
avril 1996.
L'objectif du travail est l'analyse sectorielle de la pêche artisanale maritime gabonaise (importance
du sous-secteur dans I' économie nationale) en vue d'identifier quelques indicateurs quantitatifs et
qualitatifs permettant à l'avenir de mesurer l'évolution du sous-secteur.
Après une description du contexte général, le document présente les principales caractéristiques
du secteur des pêches (ressources, embarcations, techniques de pêche, opérateurs économiques
et captures), ainsi que les méthodes de valorisation des produits débarqués (traitement,
conservation et commercialisation). L'examen de la politique de développement national a permis
de passer en revue les principaux programmes et projets de développement, les structures
administratives impliquées. Enfin, l'analyse des contraintes et opportunités pour le développement
du sous-secteur débouche sur l'identification des principaux indicateurs socio-économiques retenus
pour le suivi par l'Administration des pêches.
Toutefois, ce travail n'est pas une fin en soi. H se veut plutôt un premier élément dans l'élaboration
d'un réel outil de suivi permanent du sous-secteur de la pêche artisanale maritime au Gabon. C'est
dans cette optique que le programme DIPA espère qu'il sera utilisé.
CONTEXTE GENERAL
1. Milieu physique i
12. Milieu humain 2
1.3, Situation économique 2
Références bibliographiques 37
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Carte Générale
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MARITIME
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Située en Afrique centrale, face à l'Atlantique, la République du Gabon, est limitée au nord par
la Guinée Equatoriale et le Cameroun, à l'est et au sud par le Congo. Son indépendance a été
proclamée le 17août1960. Elle couvre une superficie totale de 267.667 km2.
La Zone Economique Exclusive (ZEE) est de 2 13.000 km2 ; eile est plus vaste que celle de Sao
Tomé et Principe, pays insulaire voisin (160.000 km2). La façade maritime a une longueur de 750
km, de Cocobeach au droit de Ndìndi. La largeur moyenne du plateau continental est de 60 km,
soit une surface approximative de 40.600 km2 de la côte jusquà l'isobathe des 200 mètres, Ce
plateau se termine par un talus peu abrupt, d'une longueur de 750 km et d'une superficie de
11.200km2 entre 200 et 800 mètres de profondeur.
Au sud du Cap Lopez jusqu'à 1°37'S, il existe des zones interdites à la pêche à cause de
l'exploitation pétrolière. La part de la superficie du plateau continental réservée ainsi aux activités
d'extraction pétrolière représente environ 8 % (17.000 km2).
Le réseau hydrographique est extrêmement vaste et diversifié. Il regroupe (i) les cours d'eau
(ii) les grands lacs du bassin inférieur de I'Ogooué (iii) les lagunes côtières ; (iv) les estuaires et
(y) les barrages et retenues artificiels. Les nombreux cours d'eau qui parcourent le Gabon
constituent un réseau extrêmement riche dominé par l'Ogooué. Ce fleuve long de plus de .000
km dont 800 km au Gabon, aux ramifications innombrables et dont les principaux affluents sont
la Ngounié, l'Ivindo, l'Offoué, l'Okano et la Sehe, draine les 3/4 du pays d'est en ouest pour se
jeter dans l'Océan Atlantique à Port Gentil. Les autres fleuves importants sont la Nyanga à
l'extrême sud du pays, le Woleu et le N'Tem dans la partie nord, ainsi que le Como dont la partie
terminale constitue l'estuaire du Gabon, immense embouchure de 75 km de long, atteignant une
largeur de 30 km entre le Cap Estérias et la Pointe Denis. 1] existe également un grand nombre
de rivières côtières (Rembo, Ndogo, Rabi, etc. .) dont la plupart débouchent dans les lagunes ou
des lacs côtiers, les principales lagunes étant Feman Vaz, Iquéla, Ndogo et Banio (du nord au
sud).
On signale la présence d'un upwelling côtier (remontées d'eaux froides riches en sels minéraux)
au sud du Cap Lopez (ORSTOMISGTE, 1983). Dans la baie de Corisco, de 1°N à 0°30'N, il
existe des fonds calcaires à une profondeur de 30 m. Le corail apparaît à partir de l'isobathe de
60 mètres rendant le chalutage difficile. De même à 0°30'S, sont observés des fonds durs entre
100 et 180m.
Le climat est de type équatorial et se caractérise par d'abondantes précipitations (1.500 à 3.000
mm annuels d'eau selon les régions) et un fort degré hygrométrique (80 à 99 %). La forte
pluviométrie rend les communications terrestres difficiles, .notamment durant les saisons humides.
Quatre saisons peuvent être distinguées (i) une petite saison sèche en janvier-février ; (ii) une
grande saison des pluies de mars à juin (iii) une grande saison sèche de juillet à septembre et (iv)
une petite saison des pluies d'octobre à décembre. A l'exception de brèves tornades pouvant
subvenir pendant la saison des pluies, les vents sont généralement faibles et la mer calme.
Le Gabon présente un relief complexe dont le Mont Milondo, dans le massif du Chailu au sud du
Selon le dernier recensement (1993), la population gabonaise est de 1 .0 14.976 habitants. Le taux
de croissance démographique est moins élevé que dans les autres pays en développement : 2,5 %
par an.
En 1960, 67 % de la population gabonaise vivaient en milieu rural. Depuis lors, la tendance a été
inversée et en 1993 la population rurale ne représentait plus que 27 % du total. La densité de
population est de 3,8 habitants au km2. Plus de 40 % de la population urbaine vivent dans la
capitale, Libreville, et sa périphérie qui comptent 4 19.596 habitants. Ceci témoigne de l'intensité
de l'exode rural au Gabon. Le milieu rural se désertifie au profit des villes dont la population est
en majorité composée de jeunes.
La masse de la population gabonaise est arrivée relativement récemment, durant les 600 ou 7Q0
dernières années dans le cadre de migrations séparées constituées essentiellement de groupes
parlant bantou. Près de 50 grands groupes ethniques différents peuvent être dénombrés au Gabon
Par tradition, ils ont développé une économie de subsistance basée sur les produits de chasse et
de cueillette en combinaison avec une agriculture sur brûlis (Ijif, 199 1).
Le Gabon est également caractérisé par une forte présence des étrangers dont le nombre recensé
en 1993 est de 153.490 soit 15,2 % de la population totale. Cette population étrangère est
composée essentiellement de ressortissants des pays voisins et d'Afrique de l'Ouest invités et/ou
attirés par le boom des années 80 ainsi que par des opportunités professionnelles et commerciales
qu'offriraient le Gabon.
La couverture médicale est de 90 % selon les normes OMS. Près de 68 % de la population ont
accès à l'eau salubre et on compte 1 médecin pour 2.500 habitants. Cependant, l'espérance de vie
à la naissance ne progresse que lentement (53,5 ans en 1992). Les taux de mortalités infantile et
maternelle qui connaissent une régression permanente depuis 30 ans restent néanmoins encore
élevés compte tenu du niveau économique du pays (respectivement 94/1.000 et 190/100.000).
La politique en matière d'éducation au Gabon depuis l'indépendance a permis d'atteindre un taux
net de scolarisation proche de 100 %. Mais le faible rendement interne du système éducatif (4,4%
de réussite au baccalauréat pour les élèves admis en sixième) ne permet pas de satisfaire
pleinement les besoins du marché du travail. Le nombre d'années de scolarité ne dépasse pas 3 ans
en moyenne (2,6 années). Le nombre d'adultes non alphabétisés est relativement faible (41 %) par
rapport aux autres pays de la région.
L'Indicateur de Développement Humain, mis au point par le PNUD, classe le Gabon en 114ème
place mondiale en 1994. II est en régression par rapport à 1992 et 1993 (91ème et 109ème places
respectivement), malgré les possibilités qu'offl e le pays.
L'économie gabonaise se caractérise par cinq faits majeurs : (i) la prédominance du pétrole, à la
fois en termes de recettes publiques et de balance commerciale ; (ii) une production intérieure
2 Rapport technique N° 81
brute en croissance rapide (iii) la stagnation de l'agriculture (iv) une forte dépendance de
l'extérieur et (y) une faible participation des nationaux dans le secteur moderne de production.
Avec la flambée des prix du pétrole brut en 1973-1974, le Gabon est devenu l'un des pays les plus
riches du continent. Ce boom économique a été suivi d'une récession entre 1975 et 1977, période
marquée par une activité excessive de l'économie (secteur construction et services). Le
programme de stabilisation et de redressement financier mis en place par le gouvernement a
permis d'engager un désendettement extérieur, d'éponger les arriérés de paiement et d'équilibrer
la balance des paiements. L'inflation a été ramenée de 15 % par an (période d'intense activité
économique 1974-1977) à 8% en 1979 Mais on a assisté à une forte contraction du PIB qui est
ainsi passé de 719 milliards de FCFA en 1976 à 540 milliards de FCFA en 1978.
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(Source: BEAC)
La chute des prix des produits pétroliers en 1986 a constitué le second bouleversement observé
dans l'économie et la société gabonaises La période de prospérité, considérée comme illimitée,
a été brutalement arrêtée. En effet, la croissance de l'économie et des recettes publiques est
extrêmement dépendante du pétrole, ressource temporaire et soumise aux lois du marché
international. Le pétrole qui représentait environ les deux tiers des recettes de l'Etat a vu sa part
dans le PIB passer de 50% à 40% en 1980 puis à 29% en 1995. Le PNB a chuté de 29% en
1986 et de 14 % en 1987.
Cette crise pétrolière a amené les pouvoirs publics à mettre l'accent sur la diversification de
l'économie et à encourager la production alimentaire. Il a été difficile d'atteindre ce dernier objectif
L'analyse de l'évolution de la structure du PIB montre que l'économie gabonaise reste dominée
par les secteurs primaire et tertiaire même si les services non marchands prennent de l'importance
(figure 2)
Services non
m arc h a od s
(11%)
Secteur tertiaire
(25%
S e c te ur se co n da ire
(12%)
Le Gabon est caractérisé par son niveau de revenu par habitant, relativement l'un des plus élevés
en Afrique sub-saharienne. En 1994, le P113 par habitant a été estimé à 3.9 13 SUS et le PNB per
capita à 4.220 SUS.
La vigueur de l'économie gabonaise définie comme une économie de rente tient essentiellement
des ressources naturelles extraites du sol et du sous-sol du pays (pétrole, uranium, manganèse et
bois). Ces productions sont exclusivement destinées à l'exportation et ont beaucoup profité de la
dévaluation du FCFA intervenue en janvier 1994, malgré la baisse du prix du pétrole (15 SUS le
baril) et le taux de change du dollar américain. C'est ce qui explique l'excédent qu'enregistre
régulièrement la balance commerciale bien que le Gabon reste largement dépendant des
importations de biens alimentaires qui représentent 50 % de ses besoins (figure 3).
Cependant, la balance des paiements continue d'accuser un déficit global, même s'il s'est nettement
amélioré entre 1992 et 1994 (-241 milliards et -128,4 milliards de FCFA respectivement). Ce
déficit résulte de la détérioration des services nets et des mouvements de capitaux. En effet, la
dévaluation du FCFA a eu pour conséquence l'alourdissement du déficit des Services nets avec
4 Rapport technique N° 81
le doublement de la facturation des Services exprimés en monnaies étrangères (transports, frais
d'exportations et d'importations).
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î' 1991 1992 1993 1994
Compte tenu de la sortie nette de capitaux pour le remboursement des amortissements dus au titre
de la dette extérieure, la balance des capitaux enregistre des déficits de plus en plus importants.
En fait, la dette constitue le point noir de l'économie gabonaise. L'encours de la dette publique,
augmenté par les effets de la dévaluation, est estimé à environ 2.607 milliards de FCFA en 1994
(4.750 millions de sUS), aggravant ainsi la capacité du Gabon à financer le développement. Le
niveau d'endettement extérieur représente 120 % du PIB en 1994 contre 83 % l'année précédente.
A l'image des pays de la zone franc, le Gabon était habitué à une très faible inflation. En 1991,
le taux était même légèrement négatif. Au lendemain de la dévaluation du FCFA, on a enregistré
une flambée des prix de la plupart des produits locaux et importés d'où une inflation de l'ordre de
30 %. Les mesures prises par le gouvernement, notamment l'augmentation modérée des salaires
(10 % pour la Fonction publique et 15 % pour le privé), le gel du prix de l'énergie et la baisse de
ceux des produits pétroliers raffinés, la réforme fiscalo-douanière ont permis de contenir l'inflation
qui s'est ainsi établie à 10% en moyenne pour l'année 1995.
D'après Gilbert et al. (1989), près de 300 espèces de poissons ont été trouvées au Gabon en
milieux marin et continental confondus. Le potentiel de faune ichtyologique marine a été estimé
au cours des campagnes menées depuis 1985 par le navire océanographique (N/U) Dr Fridtjof
Nansen sur le plateau continental du Congo et du Gabon (Anonyme, 1989a, 1989b, 1994a
l994b et 1995). Les principales espèces rencontrées sont des sardinelles, des carangidés, des
scombridés, des barracudas et des sabres pour les pélagiques ; des pagres, des sciaenidés et des
grondeurs pour les démersales (annexe 2).
Les sardinelles (Sardine/ía aun/a et Sardine/la maderensis) sont distribuées sur la côte sud, au
large de d'Iguéla, de Bouti et de Mayumba jusqu'à la frontière avec le Congo. Les juvéniles sont
côtiers (20-30 m) tandis que les adultes se rencontrent dans la partie plus profonde de l'aire de
distribution (60-70 m). La biomasse moyenne estimée lors des campagnes de 1994 et 1995 est de
114.000 tonnes et 103.000 tonnes respectivement. Les autres espèces pélagiques sont également
communes dans la zone côtière. Cependant, seule la biomasse du chinchard (Trachurus trecae)
a été estimée lors des campagnes de 1994 (14.700 tonnes) et 1995 (19.300 tonnes). L'aire de
distribution de cette espèce s'étend de la frontière avec le Congo à la Pointe Panga. Dans les
innombrables estuaires et lagunes sont capturées d'importantes quantités d'ethmaloses par les
pêcheurs artisans. Bien que ces espèces n'apparaissent pas dans les estimations des navires
océanographiques, elles occupent une place de choix dans la biomasse des petits pélagiques
côtiers.
La biomasse démersale a été estimée à 79.600 tonnes par les campagnes de 1994 et à 59.400
tonnes par celles de 1995, répartie pour plus de 55 % dans la zone côtière (<50 m).
La biomasse moyenne totale est de l'ordre de 195.000 tonnes (quantité basée sur les années 1994
et 1995). Cette quantité est nettement supérieure à celle obtenue lors de la campagne de 1989
(143.000 tonnes), ce qui tend à montrer que le milieu ne se serait pas appauvri. Il convient de
noter que ces évaluations ne concernent ni les crevettes, ni les thons, autres composantes
importantes des eaux gabonaises.
6 Rapport technique N° 81
Tableau 1-. Principaux indicateurs de base du Gabon (1994)
Indicateurs géographiques
Indicateurs démographiques
Indicateurs sociaux
Indicateurs macro-économiques
Quatre catégories principales de pirogues peuvent être distinguées sur le littoral gabonais (i) la
pirogue gabonaise (ii) la pirogue ghanéenne (iii) la pirogue nigériane et (iv) la. pirogue en fibre
de verre.
La pirogue gabonaise, caractérisée par son profil rectiligne, est composée de plusieurs pièces de
bois dont l'assemblage lui confère une forme plus ou moins hydro-dynamique. La pièce maí'tresse,
pièce monoxyle, est extraite d'une bille de bois d'okoumé elle est coupée à l'arrière et peut
atteindre 60 cm de large. Un petit roof et une étrave très inclinée termine l'avant de l'embarcation.
Un ou deux bordés rehaussent la pirogue sur toute sa longueur. Des bordés complémentaires
peuvent être montés légèrement inclinés vers l'extérieur de façon à donner un peu de tonture à la
partie avant de la coque. Enfin une pièce de bois épais constitue le tableau arrière où sera fixé le
moteur hors-bord. D'autres pièces de bois de renforcement viennent compléter l'embarcation telles
que ceinture extérieure et bancs lui conférant une certaine rigidité. Il faut noter que compte tenu
de sa forme particulière, la pirogue gabonaise possède une largeur et une profondeur constantes
sur plus des deux tiers de sa longueur hors-tout. On remarque que l'embarcation est de manière
générale très étroite, relativement instable et d 'une capacité de port en lourd limitée à son faible
volume. Cette embarcation semble bien adaptée à la navigation en estuaire et au large puisque la
mer est le plus souvent calme.
Les pirogues ghanéennes et nigérianes Sont construites à partir de troncs d'arbres de bois
d'okoumé, d'ozigo ou de wawa (pour les pirogues ghanéennes importées par les pêcheurs
béninois). Ces troncs peuvent atteindre 12 à plus de 15 mdc long pour un diamètre d'environ 1,50
m (selon l'essence d'arbre utilisée). La forme générale de la coque est très arrondie suivant le
tronc. La base est rabotée, ce qui lui donne un fond plat sur toute sa longueur. Les formes avant
et arrière sont incurvées afin de lui donner une forme adaptée au passage dans la houle et pour
assurer un minimum de sécurité au passage des barres. La hauteur des planches fixées sur le
pourtour extérieur est moins développée que pour la pirogue gabonaise et n'augmente que très
légèrement sa largeur et sa profondeur. Ces embarcations diffèrent à l'arrière par le mode de
fixation du moteur. Ce dernier est monté soit sur une cloison intérieure, la pirogue étant percée
d'un puits (cas de la pirogue nigériane), soit à l'extérieur sur un chevalet de bois de forme
triangulaire (cas de la pirogue ghanéenne pêchant à la senne tournante).
Ces différentes pirogues sont généralement fabriquées sur place, la grande majorité des
charpentiers étant gabonais, les adaptations sont effectuées en fonction de l'origine du pêcheur.
Les pirogues de type ghanéen utilisées par les pêcheurs béninois et togolais sont achetées au
Ghana puis transportées sur cargo au Gabon via Cotonou. Hormis celles utilisées pour la senne
tournante, les pirogues sont coupées à l'arrière pour installer le moteur hors-bord, une fois
arrivées au Gabon.
Le prix d'une pirogue de type gabonais varie entre 200.000 FCFA et 3 75.000 FCFA1 pour une
longueur comprise entre 6 et 11 m. Pour les plus grandes pirogues (12 m), le coût de fabrication
peut atteindre 500.000 FCFA. La pirogue de type ghanéenne importée par les pêcheurs béninois
8 Rapport technique N° 81
revient actuellement à 2,7 millions de FCFA ; coût d'achat de 2 millions ; coût de transport pour
500.000 FCFA et frais de douane (droits d'entrée sur le territoire gabonais) pour 200.000 FCFA.
Les pirogues en fibre de verre utilisées pour la pêche artisanale et le transport de personnes sont
fabriquées de façon industrielle au Gabon. Elles sont équipées de cales à glace pour des marées
de plus d'une semaine et appartiennent essentiellement à des Gabonais (propriétaires non
embarqués). Ces embarcations ont une durée de vie plus longue que les pirogues traditionnelles
en bois mais leur coût est assez élevé (8 millions de FCFA avec la glacière). Elles sont inadaptées
aux différentes techniques de pêche propres à chaque communauté de pêcheurs. Mais elles sont
pratiques pour la pêche à la ligne qui est le fait des pêcheurs sao-toméens, les seuls à embarquer
à bord,
Faute d'une véritable enquête-cadre, on estime à 1,500 le nombre de pirogues en activité sur le
littoral gabonais. L'enquête socio-économique menée en 1992 par la DGPA dans deux des
provinces maritimes montre que les pirogues de type nigérian dominent dans l'Estuaire (56 % du
total).
Sur le littoral gabonais différents engins de pêche sont rencontrés en fonction des spécificités des
communautés de pêcheurs en activité. On distingue plusieurs variétés de filets (senne tournante,
filets maillants dérivants, dormants et encerclants), des palangrottes et des palangres (annexe 3).
Le filet de fond "lambo", est calé sur le fond des lagunes et des estuaires d'eau saumâtre pour
pouvoir capturer les bars, capitaines, bossus et autres espèces démersales associées. Il est utilisé
principalement en saison sèche par deux pêcheurs à partir d'une pirogue monoxyle de 10 à 11 m
propulsée par un moteur hors-bord de 40 CV. C'est un engin robuste dont la nappe est constituée
de PA multifilament 210/d18 à 24 voire même 36 selon la taille de la maille étirée qui varie de 120
à 175 mm. Une pirogue de dix mètres embarque un filet de 800 m de long sur 1 65 à 3 m de haut.
Le filet maillant dérivant de fond est long de 500 m pour 7,50 m de profondeur. Il est fortement
lesté, possède un maillage étiré de 1 80 mm en fil de diamètre excessif pouvant atteindre le
210d/48 et nécessite un fort courant pour son déplacement. Le maillage et la grosseur de fil
varient selon les disponibilités des nappes sur le marché local. Une extrémité du filin de balisage
est fixée à une pirogue de type gabonais de 9 à 10 m de long. L'engin de pêche est utilisé en saison
des pluies et généralement de septembre à juin dans les estuaires pour la capture des bars,
Le filet maillant encerclant appelé localement trémail a pour espèce cible l'ethma!ose. Il a la
particularité d'être fabriqué avec une nappe principale en PA monofilament, renforcée à la partie
inférieure et supérieure d'une bande de filet en multifilament. Il est manoeuvré par 3 pêcheurs à
partir d'une pirogue de iO à 12 m de long propulsée par un moteur hors-bord de 25 à 40 CV. La
pêche se pratique en fonction de la marée, sur des fonds sableux et vaseux de 6 à 35 m environ,
essentiellement de décembre à mars et de juin à août lors de la période d'abondance de
l'ethmalose.
Le filet maillant dérivant de surface est conçu de manière très simple, sans ralingue plombée. Ceci
permet une mise à l'eau et un démêlage du poisson relativement faciles. Le filet a la particularité
d'être suspendu sous la surface par des flotteurs en polystyrène expansé de - 480 grammes force
régulièrement espacés tous les dix m environ sur la ralingue supérieure par des pantoires de 1,50
m de long. La plupart du temps, la partie inférieure de la nappe entre en contact avec le fond.
L'engin est utilisé près de la côte, sur des fonds inférieurs à 10 m par 3 ou 4 pêcheurs à partir
d'une pirogue monoxyle de 7 à 8 m propulsée par un moteur hors-bord de 8 à 15 CV. La pêche
se pratique toute l'année pour les espèces ciblées telles que les bars, capitaines, bossu et
mâchoirons.
Le filet maillant "ovia" est utilisé à partir d'une pirogue gabonaise de 10 à 12 m propulsée par un
moteur de 15 à 40 CV. Il a une longueur de 600 à 1.000 m pour une profondeur de 3 m. Le
maillage peut varier énormément (entre 70 et 110 mm étiré) selon les espèces ciblées (mâchoirons,
mulets, carpes rouges, petits capitaines...).
Les pêcheurs togolais de Cap Lopez font appel également à la senne de plage. Ce grand filet avec
poche centrale (400 à 600 m de longueur de ralingue supérieure) est mouillé à partir d'une pirogue
de type ghanéen motorisée (25 à 40 CV) de 12 à 14 m en partant du rivage. La profondeur
maximum étirée est de 12 m. Le maillage étiré dans les ailes est de 50 à 70 mm, celui de la poche
entre 50 mm à 90 mm selon les modèles et la disponibilité de matériel. L'engin est relevé par 25
à 60 hommes et permet la capture de diverses espèces : petits brochets, grandes carangues,
barracudas, rougets, trachinotes, etc... Son prix est généralement élevé : 14 millions de FCFA
pour une senne de 600 m.
La pêche à l'épervier avec ou sans poche ("mbouza") se pratique largement sur l'étendue du
littoral gabonais à bord d'une pirogue ou à partir de la rive. L'engin est utilisé pour la capture de
l'appât nécessaire aux palangres et palangrottes bien que pouvant ramener des mulets et tilapias
pour l'autoconsommation.
10 Rapport technique N° 81
Les lignes à main et les lignes de traîne sont utilisées occasionnellement dans la région de Port
Gentil par certains pêcheurs togolais. En revanche, dans la province de l'Estuaire, l'engin semble
être plus intensément employé. Des cordiers de plus de dix m de long faisant des marées d'environ
une semaine le long du talus continental (pêche semi-industrielle) opèrent avec des lignes de 8 -
10 hameçons appâtées d'ethmalose. Les espèces ciblées sont les carpes rouges, les mérous, les
barracudas, les carangidés et autres espèces associées de haute valeur commerciale.
On peut également mentionner trois techniques de pêche utilisées par la communauté de pêcheurs
nigérians basés à Owendo Grand village.
Le filet de fond "igbo", long de I .000 m pour une profondeur étirée de 4,80 à 6 m en maillage
étiré de 45 à 65 mm, est utilisé près des roches à bord d'une pirogue monoxyle de type nigérian
de 12 m avec un équipage de 3 à 4 pêcheurs ; en conséquence, la nappe doit être changée tous
les 6 mois environ. Les espèces ciblées sont les bossus, les capitaines et les carpes rouges.
Le filet à crevettes est remorqué par deux femmes. Cet engin de 30 m de long sur 150 à 180 cm
de haut ressemble à une petite senne utilisée en aquaculture pour la collecte des alevins. Il est
destiné à la capture de petites crevettes d'estuaire durant toute l'année. La pêche se pratique sans
pirogue ; les femmes pénètrent dans l'eau. Fabriqué en maillage étiré de 12 mm, il est très peu
sélectif; son impact potentiel sur les espèces vivant près des rives et des mangroves devrait faire
l'objet d'une étude approfondie.
Le filet à mulets est également utilisé par les épouses des pêcheurs. Long de 35 m sur 150 cm de
haut, ce filet est fabriqué à partir d'une nappe de monofilament en fil de diamètre de 0,28 à 0,30
mm. Le maillage étiré est de 35 mm. L'engin est fixé aux branches de palétuviers dans les estuaires
pour la capture de mulets et d'espèces associées. La pêche est pratiquée durant toute l'année. La
fragilité de la nappe est à l'origine de son renouvellement régulier, tous les 6 à 8 mois.
Il existe plusieurs communautés de pêcheurs artisans évoluant sur le littoral gabonais. On trouve
des pêcheurs originaires principalement du Nigéria, du Ghana, du Bénin, du Togo, de Sao Tomé
et Principe, de la Guinée Equatoriale, du Sénégal et du Gabon. L'enquête socio-économique de
1992 a permis de dénombrer 2.420 pêcheurs dans les provinces de l'Estuaire (432 propriétaires
et 1.586 membres d'équipages appelés à tort aides pêcheurs) et de l'Ogooué (186 propriétaires
et 216 "aides pêcheurs"). En incluant la province de Nyanga qui n'a pas été enquêtée, on estime
à près de 5.000 le nombre de pêcheurs en activité actuellement sur le littoral gabonais. La
proportion de pêcheurs nationaux est relativement faible : I O % du total à bord de 200 pirogues
(13 % de l'effectif),
L'analyse historique du peuplement gabonais révèle l'absence de tradition de pêche maritime. Sur
les 50 groupes ethniques que compte le pays, seuls 2 se sont impliqués traditionnellement dans
une pêche de subsistance dans les eaux peu profondes et semblent avoir peu progressé. Il s'agit
des benga originaires du Cap Estérias et des vili venant de la partie méridionale de la côte et
mieux connus pour leurs activités de pêche au Congo. On peut également y inclure quelques
ouroungo de la région de Port Gentil.
En 1906, on signalait la pêche en mer pratiquée de façon irrégulière par les habitants des villages
La première arrivée de pêcheurs étrangers au Gabon remonte au début des années 50 , les
premiers pêcheurs qui sont originaires du Nigéria et du Togo sont venus en 1949 et 1952 à
Libreville et Port Gentil.
Les pêcheurs nigérians en activité au Gabon appartiennent à deux principaux groupes ethniques
les ijaw originaires de Port Harcourt et de ses environs, les iladje venant du village de Ugbo Ils
utilisent les mêmes techniques de pêche qu'au Nigéria : filets dormants de fond et filets maillants
dérivants de surface.
Les pêcheurs togolais sont des mina et des ewe, basés tous au Cap Lopez où ils pratiquent surtout
la pêche à la senne de plage. Les équipages sont constitués par des jeunes recrutés par les
propriétaires au Togo pour une durée de deux ans en général.
Les pêcheurs béninois appartiennent aux groupes popo (plah) et pedah originaires de Grand
Popo. Ils pratiquent les mêmes techniques de pêche qu'aux villages d'origine. Au sein des
équipages des sennes tournantes, on retrouve des pêcheurs ghanéens.
Les autres pêcheurs étrangers sont originaires principalement de Sao Tomé et Principe. Ils
travaillent comme contractuels pour les propriétaires gabonais d'unités de pêche artisanale
constituées d'embarcations en fibre de verre avec des cales à glace (glacières) pour la pêche à la
ligne. Ils opèrent dans des campements séparés de ceux des pêcheurs béninois et des nigérians.
En règle générale, les pêcheurs artisans étrangers présents au Gabon y sont en permanence. De
rares cas de retour aux pays d'origine ont été observés pour les Nigérians pendant la guerre de
Biafra (entre 1967 et 1972) et les pêcheurs béninois lors du différend politique entre le Bénin et
le Gabon en 1978. Avec l'application de la nouvelle politique d'immigration en 1986, on a assisté
à un rapatriement massif de pêcheurs étrangers en situation irrégulière.
En 1987, on dénombrait 1.615 pêcheurs dans la province de l'Estuaire (région de Libreville) dont
62% de Nigérians et 15 % de Béninois (Ijif, 1991). En 1992, la DGPA a recensé 432 patrons-
pêcheurs et 1.586 "aides pêcheurs", la majorité étant toujours composée de Nigérians (72 %) et
de Béninois (17 %). Dans la région de Port Gentil, on trouve des pêcheurs togolais au Cap Lopez
(160 en 1987; 260 en 1995), béninois à Matemba, Lip et Rini Ango (1.000 en 1987).
12 Rapport technique N° 81
la senne tournante 247 kg/jour pour le filet à crevettes et 212 kg/jour pour le filet maillant
dérivant, Les ethmaloses représentent l'essentiel des prises (77 % soit 11.787 tonnes), suivies des
sardinelles (1.145 tonnes; 7,5 % de la production).
La pêche industrielle met à contribution plusieurs métiers. Les 46 sociétés enregistrées en 1995
arment 111 unités dont 35 chalutiers, 29 crevettiers, 13 ligneurs et 34 thoniers (DGPA, 1996).
La figure 4 montre l'évolution récente de cette flottille qui fait ressortir une légère tendance à la
hausse de l'effectif des navires.
Une faible proportion de ces bateaux (35 % en 1995) débarque sa production à Libreville et Port
Gentil. Cette dernière localité qui dispose d'un port en eau profonde depuis 1980, a fait l'objet de
plusieurs études (CEPIA, COPESCA, EDP, SGTE...) visant à en faire un port thonier. Mais
l'inadaptation des installations portuaires, le coût élevé des prestations par rapport aux autres
ports de la région (Abidjan et Dakar) ainsi que le redéploiement de la flottille thonière de
l'Atlantique oriental à l'Océan indien n'ont pas permis la réalisation de ce projet.
Les débarquements locaux de 1 995 qui sont le fait de 22 chalutiers, 13 crevettiers et 4 ligneurs
s'élèvent à 1 0. 180 tonnes dont 794 tonnes de crevettes, On note un accroissement sensible des
prises de poissons depuis 1990 alors pour les crevettes la tendance est à la baisse (figure 5).
Pendant la même période les rendements des poissons ont fluctué entre 900 et 2.300 kg par jour
de mer, ceux des crevettes entre 200 et 400 kg par jour de mer
120
0(1
80
60
ç)
ç)
40
20
O
V4
1990 991 1992 1993 1994 1995
Années
Les autres navires (72) appartenant à des sociétés basées hors du Gabon débarquent leurs
captures à l'étranger. Une partie importante des statistiques (effort de pêche et captures) échappe
ainsi aux services officiels chargés de leur collecte.
La pêche continentale est essentiellement pratiquée sur la lagune Feman Vaz, dans la région de
Lambarané (lacs de Zilé et d'Onangué) et sur la lagune de Banjo.
La lagune de Feman Vaz fait partie intégrante du bassin de l'Ogooué dont il constitue l'extrémité
sud. Elle est en contact avec la mer en son extrémité nord, dans la région de Ningué Rodé et
s'étend vers le sud et le sud-est sur une superficie d'environ 500 km2.
Les Nkomi constituent le plus ancien groupe présent dans la région, occupant les rives des fleuves
et des lagunes. Ils sont essentiellement pêcheurs et pratiquent l'agriculture comme activité
secondaire. L'organisation du travail reste individuelle même si la pêche peut être pratiquée dans
un cadre familial.
Le nombre de pêcheurs en activité dans la zone a été estimé en 1987 à plus de 100 avec une
prédominance de la pêche au filet maillant et à la palangrotte pour l'autoconsommation et la vente
locale, à bord de pirogues motorisées (15 à 25 CV) ou non (CGPD, 1987).
La région de Lambaréné constitue le point culminant de la vaste cuvette que forme le fleuve
Ogooué dans le bassin sédimentaire gabonais avec différents bras et de nombreux lacs dont les
principaux sont l'Azinguo, le Nkonié Gomé au nord et l'Ezanga, l'Onangué et l'Oguémoué au sud.
14 Rapport technique N° 81
Ces trois derniers lacs communiquent entre eux et avec le fleuve Ogooué ils couvrent en saison
sèche une superficie de 266,5 km2 et sont situés à 30 km environ en aval de Lambaréné et à 160
km de la baie de Port Gentil.
Les populations appartiennent aux groupes ethniques gaiao et fang. Le premier groupe est
constitué d'agriculteurs disposant de plantations (banane, tarot, manioc) et se déplaçant en petits
campements sur le lac Zilé en saison sèche pour pêcher. Le second est composé essentiellement
de pêcheurs qui peuvent se consacrer aux activités agricoles pendant la saison des pluies, en cas
de réduction des rendements de la pêche.
Le problème d'écoulement que rencontrent les pêcheurs de la zone est à l'origine de la sous-
exploitation du lac d'Onangué.
Située à l'extrême sud de la côte gabonaise, la lagune de Banio s'étend sur environ 90 km en
direction nord-ouest/sud-est parallèlement à la côte. A son extrémité nord elle est en contact avec
la mer tandis qu'à l'intérieur se jettent les eaux de différents fleuves (Dounsou, Louzoubi,
Djoungou, Ndouma, Loutsibi).
L'isolement de la lagune de Banio détermine une économie de subsistance basée sur l'agriculture
et la pêche, Seuls les groupes de pêcheurs étrangers béninois et togolais, dont le nombre peut
dépasser la cinquantaine selon la saison, pratiquent une pêche commerciale aussi bien en lagune
qu'en mer, près de Mayumba. Ils utilisent des filets maillants dormants ou dérivants de fond alors
que les pêcheurs autochtones font appel à des lignes appâtées ainsi qu'à des pièges à mâchoirons.
Ces derniers sont constitués de bambous creux attachés deux à deux pour former de longues files
placées parallèlement à la côte et s'enfonçant lentement pour rester au fond pendant quelques
jours avant d'être relevés.
La pisciculture rurale, activité introduite au Gabon au début des années 50, représente à ce jour
la seule forme d'aquaculture pratiquée. Après la construction des stations d'alevinage de Libreville
et de Oyem (1954) ainsi que les premiers essais d'élevage à partir de tilapias en provenance de
Brazzaville (1955), ftit lancé un vaste plan de développement de la pisciculture rurale à l'intérieur
du pays (1956) aboutissant à la construction d'environ 2.000 étangs (1959).
Le déclin de cette activité a amené les autorités gabonaises à initier en 1 967 un projet régional
d'extension et de développement de la pisciculture rurale, en rapport avec les pays voisins
(Cameroun, Congo et Centre-Afrique) et avec l'appui financier et technique du PNUD et de la
FAO. Au Gabon, ce projet a démarré début 1 970 avec la création du Centre National Piscicole
installé dans la région de Oyem où ont été développées des recherches appliquées sur
l'alimentation des tilapias à partir des produits disponibles localement (techniques de fertilisation
des feuilles de manioc et d'élevages associés - porcs et volailles). A la fin de ce projet (1972),
l'activité piscicole s'est à nouveau ralentie, faute de moyens pour diffuser les acquis en matière de
techniques d'élevage auprès des producteurs d'étangs.
Le schéma directeur pour la pêche et de l'aquaculture continentales et les cultures marines, élaboré
en 1987 n'a jusqu'ici pas été réalisé. Un inventaire des sites piscicoles est en cours. Deux nouvelles
Comme dans la plupart des pays de la région, les femmes épouses ou non de pêcheurs jouent un
rôle primordial dans la valorisation des prises débarquées par la pêche artisanale. Ce sont elles qui
assurent la première mise en marché, le traitement, la distribution et la commercialisation sur les
marchés locaux.
3.1. Traitement
La conservation des produits pêchés à bord d'embarcations est limitée à quelques pirogues de
pêche (poissons de fond) de Port Gentil et de Libreville où la glace est disponible. Les pêcheurs
disposent de caisses isothermes à bord, leur permettant d'effectuer des sorties de quelque 2 à 3
jours voire une semaine et plus à Libreville (pêcheurs sao-toméens). A Port Gentil la glace écaille
(concassée) leur est vendue à 30.000 FCFA la tonne. Dans certaines localités comme Cap Lopez
où une prise de senne de plage peut atteindre 12 tonnes à certaines périodes de l'année, les
pêcheurs manifestent le désir de disposer d'une chambre froide à proximité comme cela est le cas
au Centre de pêche d'Owendo.
Les armements de pêche industrielle disposent de fabriques de glace qui alimentent leurs propres
navires. Au port de pêche de Libreville, un seul armateur et une autre société vendent de la glace
au public à raison de 20.000 FCFA la tonne. Les bateaux sont équipés de tunnels de congélation
ou de cales réfrigérées. Certaines villes de l'intérieur disposent de chambres froides alimentées par
des camions frigorifiques appartenant aux mareyeurs ou à des sociétés de transport.
3. 3. Commercialisation
Pendant longtemps, les prix du poisson étaient fixés par une mercuriale définie par le Ministère
des Finances. Avec la politique de libéralisation de l'économie, ils sont désormais déterminés par
le marché (loi de l'offre et de la demande) mais ne doivent pas atteindre un certain niveau qui
pénaliserait les consommateurs. Apparemment tous les pêcheurs n'ont pas été informés de cette
nouvelle mesure de peur de se faire pénaliser, ils continuent à vendre leurs prises aux mêmes prix
bien que des corrections aient été apportées suite à la dévaluation du FCFA. A l'état frais les
ethmaloses sont vendues par 6 ou 7 individus pour 100 FCFA. Fumées elles sont cédées à 100
FCFA pour 4 ou 5 pièces. Pour les gros individus et les poissons de fond (bars, bossus, bécunes,
etc...) le prix varie selon le site de débarquement entre 700 et 1000 FCFAIkg. Sur les marchés le
prix moyen est de 1200 FCFAIkg.
Malgré le déficit en poisson le Gabon exporte des produits halieutiques. Les exportations vers les
pays de l'Union Européenne concernent essentiellement des crevettes, des mollusques et des
poissons de grande valeur commerciale Les quantités exportées se sont élevées à 800 t en 1993,
2.000 t en l994 et 2.261 t en 1995. Presque tous les petits pélagiques (ethmaloses notamment)
capturés par les pêcheurs artisans (40-50 % des débarquements) sont achetés par les commerçants
camerounais et acheminés par la route dans leur pays d'origne. A cause du caractère informel de
ce commerce, les quantités exportées sont mal connues. II en est de même des exportations de
poisson effectuées directement par les pêcheurs étrangers, notamment nigérians dans leur pays
d'origine et qui échappent au contrôle administratif
Pour la pêche industrielle, la distribution est assurée par les sociétés de pêche qui jouent aussi le
rôle de mareyeurs, les poissonniers et les petits revendeurs. On peut signaler également la
présence de bateaux-usines coréens qui remorquent des pirogues sénégalaises pêchant à la ligne
sous contrat dans les eaux sous juridiction gabonaise. Le produit pêché par les pirogues est livré
au bateau puis traité à bord et directement exporté.
Avant la dévaluation du FCFA, le poisson congelé importé était meilleur marché que le poisson
pêché localement. Actuellement, à part le fait que le poisson frais pourrait être préféré au poisson
congelé, le consommateur gabonais n'a pas beaucoup d'intérêt à acheter le poisson local, puisque
le poisson congelé est vendu au même prix sinon moins cher que le poisson frais de qualité
supérieure débarqué par les pêcheurs artisans (figure 6).
Figure 6.- Prix de quelques espèces vendues dans les poissonneries de Libreville (FCFAIkg ; avril
1996)
Bossu
Disque
Sole
Capitaine D Frais
D Congelé
Daurade grise
M âchoiron
Bar
Prix (FCFNkg)
18 Rapport technique N° 81
Libreville et Port Gentil sont les principaux centres de commercialisation des produits halieutiques
d'origine marine, Ils absorbent à eux seuls plus de 50 % de la production écoulée. L'acheminement
des produits vers certains centres de consommation de l'intérieur du pays se fait au départ de
Libreville par l'intermédiaire du Chemin de Fer Transgabonais et des principaux axes routiers qui
malheureusement n'atteignent qu'un nombre limité de localités. Cette insuffisance des voies de
communication constitue l'une des principales contraintes pour la commercialisation du poisson.
3.4. Consommation
A limage des pays de la sous-région, la pêche joue un rôle de premier plan dans
l'approvisionnement des populatiöns locales en protéines d'origine animale. En 1990, le poisson
représentait 13 % des protéines totales et 37,4 % des protéìnes d'origine animale. Avec une
moyenne per capita de 28,2 kg eri 1990, le Gabon constitue le troisième grand pays africain
riverain de l'Océan Atlantique consommateur de poisson derrière Sao Tomé et Principe (35,1 kg)
et le Congo (33,4 kg), et devant le Ghana (27,1 kg) et le Sénégal (25,1).
Le Gabon a élaboré son premier plan quinquennal de développement économique social en 1968.
Jusqu'en 1975, l'économie gabonaise a connu une croissance soutenue. La récession qui a suivi
ce boom économique a conduit les autorités à mettre en place, avec l'appui du Fonds Monétaire
International (FMI), un programme de stabilisation et de redressement financier en 1978. Ceci a
permis d'éponger les arriérés de paiement, d'engager le désendettement extérieur et d'équilibrer
la balance des paiements. Mais la forte contraction du PIB a amené le gouvernement à mettre en
place un plan intérimaire (1980-1982) qui en réalité a servi de quatrième plan de développement
économique et social. Conformément à l'objectif fixé, il a été possible d'assurer une croissance de
l'économie à un rythme qui puisse être maintenu à moyen terme sans tensions inflationnalistes,
même si des difficultés sont apparues en 1982.
Le second bouleversement important subi par l'économie est intervenu au cours de l'exécution du
cinquième plan (1984-1988) avec la nouvelle crise internationale qui s'était traduite par la chute
des prix des produits pétroliers. La très grande dépendance de l'économie au pétrole et la faiblesse
du secteur agricole ont été responsables de cette situation. Dès lors, le gouvernement a opté pour
une diversification de l'économie basée sur la développement de la production alimentaire. La
première loi triennale glissante (LTG), votée en 1988 inaugure l'entrée du Gabon dans l'ère des
Programmes d'ajustement structurels (PAS) imposés par les institutions de Bretton Woods aux
pays de la région pour corriger les déséquilibres macro-économiques. Les nombreux mouvements
sociaux survenus en fin 1989 et début 1990 ont perturbé la bonne marche de l'économie. La
Conférence Nationale réunie en mars-avril 1990 a abouti à des réformes consensuelles dans les
Après l'échec des nombreux PAS dans les différents pays africains de la zone franc, la dévaluation
est apparue comme une nouvelle stratégie de correction des déséquilibres internes (déficit
budgétaire notamment) et externes (déficit de la balance courante) enregistrés depuis un certain
temps. Pour ce faire, les pays de la zone franc doivent, avec l'appui des aides financières
apportées par la communauté internationale, mettre en place des programmes d'ajustement
comportant des mesures conjoncturelles et structurelles.
Au Gabon, le changement de parité du FCFA a été suivi d'une tension politique et sociale. Les
négociations politiques organisées ont abouti à la signature des "Accords de Paris" dont l'objectif
principal visé est la normalisation de la vie politique au pays et la réalisation d'un programme de
redressement économique et social par un gouvernement intérimaire. La mesure de dévaluation
a été complétée par la mise en oeuvre de la réforme fiscalo-douanière avec la réduction des droits
et taxes à l'importation, l'introduction de la TVA et la réforme des entreprises publiques. En même
temps le Gabon doit faire face à un service important de sa dette extérieure, ne pouvant bénéficier
d'aucun traitement de faveur du fait du niveau relativement élevé de son PIB par habitant.
Cependant, il a obtenu en 1994 l'accord de confirmation du FMI, ce qui lui a permis d'alléger le
service de la dette. L'analyse des premiers résultats de la dévaluation fait appara?tre une reprise
de la croissance, un excédent des avoirs extérieurs et une réduction importante de la balance des
paiements. Mais aucune amélioration sensible n'a été observée quant à la compétitivité de
l'économie nationale et aux activités tournées vers le marché intérieur, notamment l'agriculture,
l'élevage et la pêche les contraintes de développement du pays restent les mêmes que celles
identifiées depuis les programmes de redressement économique de 1987.
Par ailleurs, le troisième PAS qui cadre avec les objectifs de la Loi triennale glissante 1996-1998
permet entre autres une meilleure gestion des dépenses d'investissements.
20 Rapport technique N° 81
4.2. Principaux objectifs de développement sectoriel
Le secteur des pêches a toujours constitué le parent pauvre de la planification nationale. Etant
considéré comme activité économique marginale, il n'a jamais fait l'objet de priorité de
développement. C'est à partir du troisième plan quinquennal de développement économique et
social (1975-1979) que l'importance du secteur dans la fourniture de protéines animales et de
revenus a commencé à être reconnue. Une étude socio-économique de la pêche artisanale y a été
demandée de manière à dégager les perspectives de développement du secteur et les actions à
mener. Ce travail ne s'est réalisé qu'en 1987 lors de l'élaboration du schéma directeur des pêches
au Gabon. Le bilan diagnostic de la situation qui prévalait à l'époque a débouché sur l'élaboration
d'une stratégie de développement et l'identification des projets types. Mais ce schéma n'a jamais
été approuvé par le gouvernement.
Compte tenu de l'évolution du paysage économique gabonais dans lequel s'insère le secteur des
pêches, il est apparu vite nécessaire d'actualiser le schéma directeur des pêches. Cette actualisation
a été tentée en 1 995 mais les 5 projets pilotes retenus n'ont pas été jugés pertinents pour leur
réalisation : (i) pêche à la langouste verte (ii) pêche industrielle de petits poissons pélagiques
;
côtiers; (iii) pêche de crevettes profondes ; (iv) réactivation de la pêche cordière ; (y) promotion
de la pêche continentale.
Dans tous les cas, trois objectifs majeurs sont assignés au secteur des pêches : (i) participer à la
réalisation du programme d'autosuffisance alimentaire afin de réduire la dépendance extérieure;
(ii) utiliser les potentialités halieutiques pour diversifier l'économie et (iii) impliquer davantage les
Gabonais dans l'exercice de la pêche. Il reste entendu que la pêche artisanale devra constituer la
principale source de protéines animales de qualité à bas prix pour les populations locales ; en
revanche, l'objectif de la pêche industrielle sera de contribuer davantage aux recettes en devises.
Dès lors, les stratégies à mettre en oeuvre ne devront pas seulement viser à accroître la production
mais également à mieux valoriser les prises débarquées et à améliorer la gestion des ressources
halieutiques de la ZEE gabonaise notamment en mettant l'accent sur la recherche.
Trois principaux projets ont été initiés dans le sous-secteur de la pêche artisanale maritime le
Centre des pêcheurs de l'Estuaire à Owendo (Communauté Européenne et coopération italienne),
le complexe frigorifique d'Omboué et la mise en place d'un système statistique informatisé pour
les pêches maritimes (FAO).
La construction de ce centre a été effectuée entre janvier .1983 et février 1984 par l'Etat gabonais
sur financement de la CE et de la coopêration italienne pour un montant de 840 millions de FCFA.
L'objectif principal est de promouvoir la participation des jeunes de la région de Libreville à la vie
économique en les impliquant dans le sous-secteur de la pêche artisanale. Le Centre était prévu
pour commercialiser annuellement 7.000 tonnes de poisson, 6.000 tonnes de glace et 1.639m3
de carburant. Il devrait desservir 20 villages de pêcheurs de la Province de l'Estuaire et attirer
environ 500 proprìétaires de pirogues.
Il a été construit en 1974 par l'Administration des Eaux et Forêts pour développer la pêche dams
le département d'Etimboué. Il devait assister les pêcheurs gabonais de la zone par la fourniture
de glace, la mise en service d'une chambre froide et la réparation des moteurs hors-bord. Suite à
une panne en 1976, ii fut abandonné jusqu'en 1983, date à laquelle sa gestion fut confiée à Promo-
Gabon après sa remise en état. Cette société y a installé un magasin d'approvisionnement en
équipements de pêche et pièces détachées pour les moteurs hors-bord. Malheureusement, la
nouvelle gestion du complexe n'a jamais donné entière satisfaction à la communauté de pêcheurs
ciblés du fait du coût élevé des prestations de services (fourniture de glace et de pièces détachées),
de la panne de certaines infrastructure (chambre froide, fabrique de glace en paillette) et l'absence
de véritable aide aux pêcheurs (ramassage captures, préfinancement pour l'acquisition de matériel
de pêche...).
4.3.3. Mise en place d'un système statistique informatisé pour les pêches maritimes
Dans le cadre de la mise en place d'un système statistique informatisé pour les pêches maritimes,
l'Administration des pêches a bénéficié de la part de la FAO, dans le cadre de son programme de
coopération technique (PCT), d'une assistance d'une durée de deux ans (octobre 1993 -
novembre 1995) pour un montant de 185.000 US$. Ce projet a permis la formation d'une équipe
de collecte et d'analyse de données avec l'utilisation des logiciels dBase, Excel, Artfish et Artser.
Pendant longtemps la pêche maritime a constitué une composante marginale du Ministère ayant
en charge les Eaux et Forêts : Ministère des Eaux et Forêts, chargé du reboisement (1960-1989),
Ministère des Eaux et Forêts, de la Pêche et de l'Environnement (1990-1992). En 1993, la tutelle
de la Direction des Pêches Maritimes et Cultures Marines est assurée par le Ministère des
Transports, de la Marine Marchande, de la Pêche, chargé du Tourisme et des Parcs nationaux
(MTM1M1PTPN).
22 Rapport technique N° 81
La priorité accordée par les Pouvoirs publics au secteur des pêches s'est traduite récemment par
la création de la Direction Générale des Pêches et de l'Aquaculture - DGPA (décret n°
001260/PR!MTMMPTPN du 09/1 1/1995). La DGPA est chargée de la mise en oeuvre de la
politique gouvernementale en matière d'aménagement des ressources halieutiques, notamment
l'exploitation, l'évaluation, l'amélioration et le développement des stocks, la conservation et la
protection des écosystèmes maritimes, lagunaires, lacustres et des rivières. Elle est par ailleurs
responsable de la planification des activités de recherche halieutique.
La DGPA dispose de quatre services centraux : (i) la Direction des pêches industrielles ; (ii) la
Direction des pêches artisanales (maritime et continentale) (iii) la Direction de l'Aquaculture
(aquaculture continentale et cultures marines) et (iv) la Direction de la réglementation, du contrôle
et de la surveillance. Il existe un service de l'évaluation et de l'aménagement des ressources
halieutiques au sein de la Direction des pêches industrielles.
Les services provinciaux de la DGPA sont constitués par les inspections provinciales des pêches
et de l'aquaculture qui sont au nombre de trois. Chaque inspection provinciale comprend deux
bureaux (pêche et aquaculture), des brigades de pêche, des stations d'aquaculture continentale et
des centres d'expérimentation des cultures marines.
La crise économique que traverse le Gabon n'a pas épargné le secteur bancaire. Ce dernier connaît
depuis 1993 une certaine baisse d'activités résultant des difficultés de trésorerie des entreprises.
L'épargne s'est chutée en raison principalement des besoins importants en fonds de roulement des
entreprises, d'évasion des capitaux pour cause de la dévaluation et d'endettement des ménages.
La politique d'encadrement du crédit, le climat socio-économique et le faible niveau des dossiers
bancables ont contribué à la contraction généralisée des crédits à court, moyen et long termes
(BGD, 1995).
A l'heure actuelle, cinq organismes de financement interviennent dans le secteur des pêches au
Gabon : la Banque Gabonaise de Développement (BUD), la Banque Nationale du Crédit Rural
(BNCR), le Fonds d'Expansion et de Développement de la Petite et Moyenne Entreprise
(FODEX), le Fonds d'Aide et de Garantie des Petites et Moyennes Entreprises (FAGA) et la
Caisse Française de Développement (CFD).
5.2.1. La BGD
C'est une société d'intérêt national mise en place au lendemain de l'indépendance (juin I 960) pour
prendre le relais de la Société Gabonaise de Crédit (CREDIGABON) qui a vu le jour en juillet
5.2.2. La BNCR
De création plus récente (juillet 1986), la BNCR a pris le relais de la Caisse Nationale du Crédit
Rural qui constituait une cellule au sein de la BGD. Elle mène deux activités principales (i) :
collecte de l'épargne auprès des populations exerçant leurs activités en milieu rural (ii)
distribution de crédit à toute personne qui réalise un projet concourant au développement rural.
Mais compte tenu de son implantation (Libreville et Lambaréné), les activités de la banque sont
plus orientées vers la pêche que les autres secteurs de l'économie. Dès lors, la pêche artisanale est
considérée comme un secteur prioritaire par cette banque.
La plupart des crédits sont consentis à des salariés fonctionnaires. Tout pêcheur professionnel
qui sollicite un prêt doit obtenir une garantie ou caution d'une autre personne salariée. Par ailleurs,
l'emprunteur doit avoir la nationalité gabonaise, faute de quoi, une caution d'un citoyen gabonais
est exigée. Il faut préciser que depuis quelques années, l'aval de la Direction des pêches n'est plus
nécessaire pour les prêts atteignant un niveau moyen de 2,5 à 3 millions de FCFA, compte tenu
des lourdeurs administratives dénoncées par les professionnels de la pêche.
Les prêts sont accordés pour le financement d'équipements de pêche et/ou la constitution de fonds
de roulement (couvrant le fonctionnement d'un à deux mois d'activités). Ils ne peuvent dépasser
15 millions et sont accordés pour une durée de 12 à 48 mois à un taux d'intérêt de 16 % et avec
un apport personnel de 20 % du montant sollicité.
La BNCR a financé 119 projets de pêche artisanale en 1993 contre 162 en 1994 essentiellement
dans la Province du Littoral (60 %) et au profit de fonctionnaires (90 %). Elle peut également
servir de caution douanière. En effet, une Petite et Moyenne Entreprise (PMIE) qui veut importer
du matériel de pêche et qui ne dispose pas de liquidités suffisantes peut s'adresser à la banque et
assurer le règlement dans un délai de 6 mois.
5.2.3. Le FODEX
Le FODEX a été mis en place en septembre 1993 par l'Etat gabonais pour relancer, soutenir le
24 Rapport technique N° 81
développement de la PME et améliorer les perspectives de l'emploi. C'est un établissement public
placé sous la tutelle du Premier Ministre et composé de spécialistes de la PME. Il dispose de
lignes de crédit du Budget de l'Etat, de la Banque Africaine de Développement (BAD) et d'autres
bailleurs internationaux (FED, Coopération Belge...).
Les crédits du FODEX sont accordés à toute entreprise privée de droit gabonais, exerçant une
activité dans les secteurs de l'industrie manufacturière, de l'extraction, du bois, des services, de
la pêche, de l'agriculture et du commerce, ayant un capital détenu pour 51 % par des Gabonais
(personnes physiques ou morales) et un chufle d'affaires annuel au plus égal à i milliard de FCFA.
La priorité de financement est accordée aux secteurs de l'agriculture et des pêches.
Les conditions du FODEX sont moins rigides que celles des banques commerciales un taux
préférentiel d'intérêt de 12 % est accordé, la durée du crédit varie entre 3 et 4 ans avec un différé
de 3 mois. Une convention lie le FODEX à deux banques de la place (BGD et BNCR) qui
s'occupent de l'étude et du financement des dossiers de demande de prêts. Dans le respect des
conditions et procédures en place, le FODEX intervient dans trois domaines : (i) le financement
de 50 % des études de faisabilité du projet et des coûts de suivi des cabinets agréés durant les
trois premières années du projet (ii) l'accord de crédits participatifs destinés au renforcement des
fonds propres et (iii) la garantie de prêts accordés, jusqu'à 50 % de l'encours en capital.
5.2.4. Le FAGA
Les dossiers sont préalablement instruits par Promogabon, Etablissement public à caractère
industriel et commercial (EPIC) créé en 1964 et placé sous la tutelle du Ministère du Commerce.
Promogabon est chargé d'étudier et d'assister tout projet de création ou de développement
d'établissements industriels et artisanaux. Depuis quelques temps, le service est payé et
Promogabon (qui a connu une fermeture provisoire) ne constitue plus un passage obligatoire pour
toute demande de prêt émanant de petits artisans et PME d'autres sociétés privées de la place
peuvent établir le dossier de demande d'agrément.
La Chambre de Commerce qui est membre de la Commission d'agrément au même titre que la
BGD et les ministères concernés, joue le rôle de conseillère dans les domaines de la planification,
de la fiscalité, de la réglementation douanière, du code du travail, etc...
5.2.5. La CFD
La CFD assiste les promoteurs gabonais. A travers un de ces outils, l'Aide à l'initiative de
production de base (AIPB), elle accorde des crédits au secteur de la pêche. Le financement
s'adresse aux pêcheurs tant gabonais qu'étrangers et exige un apport personnel de 30 % du
montant du projet et un avaliste. Jusqu'ici six projets ont été financés à travers l'AJPB, dont un
seul de la pêche. En effet, un prêt de 19 millions de FCFA a été accordé à un groupement de
pêcheurs béninois basés à Cocobeach avec l'aval de Promopêche. La faible sollicitation de I'AJPB
par les pêcheurs artisans est la conséquence directe du manque de promotion de cette structure.
5.3.1. Formation
Du fait que la pêche maritime dépendait du Ministère chargé des Eaux et Forêts, son personnel
était composé principalement d'ingénieurs techniques (cadres supérieurs) et d'agents techniques
(cadres moyens) formés à l'Ecole Nationale des Eaux et Forêts du Cap Estérias. Dans cette école
est dispensé un enseignement général essentiellement tourné vers l'exploitation forestière et la
pêche continentale. Il est prévu de restructurer ce cadre de formation de manière à prendre en
charge l'aquaculture et la pêche maritime. Pour ces deux domaines précis, les spécialisations sont
présentement acquises à l'extérieur dans le cadre de la coopération bi- ou multi-latérale. La
formation des agents techniques et techniciens en pêche maritime est assurée au Sénégal. Les
perfectionnements des cadres et techniciens en pisciculture se font en Côte d'Ivoire (Bouaké), au
Nigéria (Port Harcourt) et en France (Montpellier). Les Universités marocaines (Rabat),
canadiennes (Québec) et françaises (Brest et Marseille) contribuent à la formation des cadres des
pêches maritimes.
5.3.2. Recherche
26 Rapport technique N° 81
5.4. Institutions régionales
5.4.1. COREP
Le Comité Régional des Pêches du Golfe de Guinée (COREP) a été créé en 1 984 à Libreville par
le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale, Sao Tomé Principe et le Zaire. Il a pour objectifs de
coordonner, d'harmoniser et de développer l'exploitation des stocks partagés qui se trouvent dans
les ZEE des pays membres et de les gérer. Jusqu'à ce jour la convention n'a pas été ratifiée par la
Guinée Equatoriale, ce qui limite le comité à quatre pays. Cette convention reste ouverte à
l'accession pour le Cameroun et l'Angola
Le COREP bénéficie de trois projets financés par l'Union Européenne non encore opérationnels
(recherche halieutique, formation et construction navale).
5.4.2. COPACE
Le Comité des Pêches pour l'Atlantique Centre-Est (COPACE) a été créé en 1967 en vertu de
l'acte constitutif de la FAO et en application d'une résolution du conseil de la FAO. Il comprend
des pays côtiers du Maroc au Zaire, et I O pays non africains qui opèrent dans la région.
Le COPACE est habilité à donner des avis aux Gouvernements des Etats membres pour les aider
à définir les bases scientifiques de mesures de réglementations. L'objectif étant d'assurer la
conservation et l'amélioration des ressources marines dans l'ensemble de la zone de compétence
du pays membre.
La Conférençe Ministérielle sur la coopération halieutique entre les Etats africains riverains de
l'Océan Atlantique (du Maroc à la Namibie) a tenu sa première réunion en avril 1989 à Rabat. Les
Etats membres ont exprimé leur volonté commune de renforcer et de développer leur coopération
dans les domaines de l'évaluation et de la préservation ainsi que la production halieutique. Pour
cela, ils Ont insisté sur le développement de la recherche scientifique et le renforcement de la
formation professionnelle et technique.
5.4.4. CEBEVIRHA
5.4.6. CPCA
Le Comité des Pêches Continentales pour l'Afrique (CPCA) a été créé en 1971 sur initiative de
la FAO. Il regroupe l'ensemble des pays africains impliqués dans l'exploitation des eaux
intérieures. Les principaux domaines d'intérêts retenus par le CPCA sont la pêche dans les lacs,
lagunes, fleuves et en plaines inondables, l'aquaculture et les activités coopératives dans les eaux
intérieures internationales.
5.4.7. ICCAT
6.1. Contraintes
28 Rapport technique N° 81
6.1.1. Facteurs écologiques
L'économie gabonaise étant une économie de rente totalement dépendante des ressources
extractives du sous-sol du pays, l'organisation sociale s'est faite principalement autour du pétrole.
La faiblesse de l'agriculture (au sens large) liée à l'intensité de l'exode rural, à la stagnation des
techniques agricoles et l'absence de structures de commercialisation intérieure n'a pas encouragé
le développement d'une économie marchande fondée sur l'échange et la monnaie. Le système
repose sur un approvisionnement extérieur régulier en biens alimentaires en échange des devises
provenant de l'exploitation des importantes ressources naturelles. Les populations s'adonnaient
à des activités destinées avant tout à la consommation locale (cultures vivrières, chasse, pêche,
cueillette de fruits sauvages).
Les populations côtières du Gabon se sont très peu tournées vers la mer. Elles se sont impliquées
traditionnellement dans une pêche de subsistance dans les eaux peu profondes. Malgré leur
présence sur une partie du littoral, les pêcheurs nationaux semblent avoir peu progressé. L'esprit
d'initiative et d'entreprise a été tardivement favorisé par les pouvoirs publics.
Les pêcheurs étrangers évoluant dans les eaux sous juridiction gabonaise, doivent embarquer des
pêcheurs nationaux de manière à contribuer à leur formation. Mais rares sont ceux qui acceptent
de travailler à bord des pirogues manoeuvrées par des pêcheúrs étrangers, n'étant pas préparés
à affronter les difficultés de navigation et de pêche en mer (traversée de la barre, travail d'équipe
L'enquête socio-économique menée en 1992 par la DGPA révèle que la majorité des pêcheurs
gabonais ont un âge avancé (entre Si et 60 ans). Dès lors, la résorption de cette catégorie de
pêcheurs par les jeunes est lente. Or la contrainte principale pour le Gabon est sa faible
population.
Des efforts ont été déployés récemment avec l'adoption d'un nouvel organigramme de la Direction
Générale des Pêches et de l'Aquaculture. Bien que les tâches et responsabilités attribuées aux
différents postes y sont décrites de façon précise, cet organigramme n'est pas encore véritablement
fonctionnel. La restructuration se poursuit avec la nomination des responsables des nouvelles
structures mises en place. Cependant, la DGPA reste confrontée à un problème de personnel
spécialisé notamment dans les domaines des Sciences sociales (Economie, Sociologie, Droit...),
Par ailleurs une partie du personnel dispose de peu d'expérience professionnelle. La collaboration
avec les institutions de formation et de recherche existant dans la région doit être mise à profit,
notamment dans le domaine de la pratique quotidienne par des stages de courte durée et des
bourses d'étude.
Différents schémas directeurs ont été élaborés pour les pêches, l'aquaculture et les cultures
marines. Mais les mauvais diagnostics effectués n'ont pas permis d'avoir une image claire des
choix de développement du secteur. Actuellement, aucune véritable politique des pêches n'est
définie pour permettre à la fois une évaluation objective de l'évolution du secteur et une
mobilisation de l'assistance extérieure nécessaire. L'absence de structure scientifique nationale
pour suivre de façon régulière les facteurs déterminants du système et formuler des
recommandations ne facilite pas ce travail.
La faible collaboration entre professionnels de la pêche et la DGPA n'est pas de nature à favoriser
le développement du secteur. Ceci se traduit par des défaillances au niveau de l'encadrement
(insuffisance ou manque de formation du personnel, inorganisation des différents acteurs...).
L'absence de surveillance et de contrôle des activités de pêche dans le ZEE gabonaise est à
l'origine de l'ampleur des accidents en mer. L'enquête sur la sécurité en mer menée en septembre
1995 par la DGPA avec l'appui technique du DuPA dans les zones de Port Gentil, Mayumba et
Cocobeach a permis d'identifier 34 cas d'accidents ¡incidents. L'incursion des chalutiers dans la
zone réservée à la pêche artisanale représente la principale raison des accidents en mer (10 cas
recensés soit 29,4 %). Puis viennent les chavirements d'embarcations (8 cas ; 23,5 %), la piraterie
c'est-à-dire l'agression des pêcheurs en mer sous la menace d'une arme à feu dans le but de leur
voler le moteur et parfois la pirogue ou la cargaison de poisson (17,6 %).
30 Rapport technique N° 81
Parmi les facteurs considérés comme ayant contribué aux accidents on notera l'inattention couplée
à la négligence des pêcheurs ainsi que les conditions météorologiques (vent et vagues). La fragilité
et l'instabilité des petites pirogues monoxyles ainsi que l'inexpériences des pêcheurs nationaux y
contribuent certainement pour beaucoup. Les préjudices subis au niveau des pertes de matériels
lors de ces accidents représentent au total 39, 6 millions de FCFA, Ces pertes concernent par
ordre d'importance les filets, les embarcations, les moteurs, les glacières et autres matériels, les
captures. Un seul mort a été enregistré.
Le littoral gabonais est formé dune large plaine alluviale entrecoupée d'estuaires et de lagunes
côtières bordées de mangroves sur une grande partie. L'ensemble forme un espace marécageux
difficile d'accès, ce qui a retardé jusqu'à présent la réalisation de projets routiers pour le
désenclavement de cette région qui demeure relativement isolée de l'intérieur du pays. Ce manque
de voies de communication est une contrainte majeure pour l'écoulement des produits halieutiques
et l'approvisionnement des pêcheurs.
Au regard de ce qui se passe dans les autres pays de la sous-région, on peut considérer que les
interventions des organismes financiers sont relativement importantes dans le sous-secteur de la
pêche artisanale maritime gabonaise. Mais force est de reconnaître que la situation n'a pas
beaucoup évolué puisque les pêcheurs artisans ne constituent pas les principaux bénéficiaires. En
effet, les pêcheurs nationaux éprouvent d'énormes difficultés pour remplir les conditions exigées
par les organismes financiers. Rares sont ceux qui trouvent des avaliseurs fonctionnaires qui
acceptent de prendre tous les risques liés au décès du promoteur ou à sa mauvaise gestion. Ainsi
ce sont des personnes extérieures au milieu qui détiennent les moyens de production et les
pêcheurs sont réduits à de simples pourvoyeurs de main d'oeuvre, des salariés. Dans ces
conditions, il sera difficile aux pêcheurs nationaux d'adopter de nouvelles technologies et de
devenir propriétaires d'unités de pêche.
En réalité l'accès au crédit souffre de l'absence d'une étude et d'un suivi du secteur pour cerner et
évaluer les types de financement adéquats.
Par ailleurs, il n'existe pas de politique tendant à intégrer véritablement les pêcheurs étrangers dans
la société gabonaise pour qu'ils puissent se sentir comme chez eux. Ces pêcheurs qui constituent
un poids considérable dans l'économie de la pêche artisanale maritime gabonaise ne peuvent pas
bénéficier des lignes de crédit mises en place. Ils contribuent sans doute à la fourniture de poisson
même si l'impact est amoindri par les expéditions de l'essentiel des petits pélagiques sous forme
fUmée vers le Cameroun. Aucune infrastructure de santé et de scolarité n'est disponible dans les
villages et campements des pêcheurs étrangers où les conditions de vie sont souvent dures et où
s'effectuent régulièrement des contrôles inopinés.
Selon la législation gabonaise, les pêcheurs étrangers sant autorisés à pêcher en mer et dans les
lagunes. Des difficultés surgissent dès qu'ils opèrent dans les estuaires, zones traditionnelles
réservées exclusivement aux pêcheurs nationaux.
Le capital nécessaire au démarrage des opérations de pêche dans les eaux sous juridiction
gabonaises reste élevé pour les nouveaux si on tient compte des différents droits et taxes requis.
En plus du matériel de pêche, tout pêcheur étranger en activité au Gabon est supposé : (i) détenir
A l'heure actuelle la pêche artisanale ne bénéficie d'aucun soutien sur le plan fiscal. En 1976, un
décret avait créé un régime spécial du prix des carburants en faveur des pêcheurs artisans et
industriels l'essence ordinaire leur était fournie à 40 FCFA le litre contre 48 FCFA à la pompe.
Ce soutien financier s'est déprécié au fil des années réduit de moitié en 1986, il a été supprimé
l'année suivante. Depuis lors, les pêcheurs artisans sont obligés de s'approvisionner en carburant
au prix du marché qui est élevé en dépit du fait que le Gabon soit producteur de pétrole. La
dévaluation du FCFA est venue aggraver la situation avec le renchérissement des coûts des
facteurs de production et surtout l'instauration en 1995 d'une TVA de 18 % sur les intrants
importés. A titre d'exemple, le moteur hors bord Yamaha de 08 CV a vu son prix passer de
56 1.348 FCFA avant la dévaluation à 1.500.000 FCFA après le changement de parité, soit une
hausse de 167 %. Les droits d'entrée payés sur le matériel pêche importé restent assez élevés
malgré la réforme fiscalo-douanière intervenue au lendemain de la dévaluation 29,8 % pour les
filets et 41,6 % pour les moteurs.
L'exode rural pose un véritable défi de développement avec notamment le manque de main
d'oeuvre pour la mise en valeur des terres, les engorgements des services de base en ville, la
remise en question des valeurs traditionnelles, l'apparition de poches de pauvreté urbaine et de
marginalité/déviance parmi les jeunes et les enfants. A ce rythme la population restera encore
faible dans les 25 ans à venir, ce qui risque de poser des problèmes d'approvisionnement en
produits agricoles notamment halieutiques pour la satisfaction des besoins en protéines d'origine
animale compte tenu du niveau de production.
6.2. Opportunités
Le Gabon dispose de nombreux atouts pour un développement intégré du secteur des pêches.
On signale la présence d'importantes réserves d'huîtres dans la première partie de la lagune Banio
tout de suite après l'embouchure, qui sont exploitées pendant la saison sèche. Le développement
d'infrastructures à Mayumba pourrait contribuer à une exploitation rationnelle de cette ressource.
Par ailleurs, le littoral gabonais semble présenter des conditions favorables au développement de
Les pêcheurs étrangers continueront à jouer un rôle primordial au sein de la pêche artisanale
maritime gabonaise. Dès lors ils devront être associés à toute politique de développement du
secteur, notamment à la formation des pêcheurs nationaux. La différence de connaissances de base
en matière de technologie entre le pêcheurs autochtones et allochtones est liée en grande partie
à l'inexpérience des premiers et à leur refus d'embarquer à bord des embarcations des seconds.
Avant le démarrage projet FAO d'assistance à la mise en place d'un système statistique informatisé
pour les pêches maritimes, seul le sou s-secteur industriel bénéficiait depuis 1979 d'un système de
suivi. Ce dernier est basé sur les déclarations des sociétés de pêche qui sont tenues de remplir à
chaque marée, à l'attention de la DGPA, une fiche d'identification par navire faisant ressortir les
lieux de pêche et les prises correspondantes par espèce. La compilation des données des
différentes fiches permet de calculer les statistiques de production et d'effort. Basé sur une totale
confiance aux armements, ce système s'est avéré à l'expérience peu performant car bon nombre
de sociétés ne communiquent pas leurs données ou le font trop tardivement. En outre, la fiabilité
de ces dernières n'est pas garantie. Devant ces contraintes majeures, il est urgent d'affecter aux
ports de pêche industrielle de Libreville et de Port Gentil des agents de la DGPA dont la tâche
principale sera de collecter de façon continue les statistiques de production et d'effort. Afin de
couvrir toutes les captures réalisées par des navires enregistrés au Gabon, il est primordial de
poster des observateurs à bord. Cela permettra effectivement de prendre en compte les rejets et
les prises des navires débarquant à l'étranger.
7.1. Enquête-cadre
Les résultats de l'enquête-cadre qui doit se dérouler au moins une fois par an compte tenu du
dynamisme du secteur, servent également à élaborer une stratégie d'échantillonnage pour les
besoins des autres enquêtes.
La collecte des données sur la pêche artisanale a débuté avec le projet FAO. Pour la phase pilote,
seule la Province de l'Estuaire a été couverte. Sept enquêteurs affectés à certains points de
débarquement distribués autour de Libreville suivent les unités de pêche en consignant sur des
fiches, des informations sur les prises par type d'engin ainsi que sur l'effort de pêche. Le système
mis en place n'a pas permis d'avoir des données sur l'activité dans les deux autres provinces
maritimes, l'Ogooué Maritime et la Nyanga, qui n' ont pas été couvertes par le projet pilote. Par
conséquent, l'extension du système de collecte à l'ensemble des sites de débarquement est
vivement recommandée. Pour ce faire les brigades provinciales devront être dotées de moyens
suffisants tant humains, financiers que matériels. La formation régulière des agents chargés de
ces tâches (collecte, traitement et analyse de données) devra être prioritaire. Le choix des sites
devra être déterminé par les résultats de l'enquête-cadre.
Pour les besoins du suivi du secteur, ce dispositif doit être allégé de manière à prendre en
considération les aspects liés d'une part aux coûts et revenus, et d'autre part les aspects purement
socio-économiques.
34 Rapport technique N° 81
L'enquête coûts et revenus vise à estimer la rentabilité économique et financière des différentes
types d'unités de pêche artisanale en activité sur le littoral gabonais. Elle permet de collecter et
d'analyser les données relatives à l'exploitation des ressources halieutiques. Elle vient compléter
les enquêtes régulières d'évaluation des captures. Donc il est recommandé que ces deux enquêtes
se fassent simultanément. Le bordereau actuellement utilisé par la DGPA pour l'évaluation
quotidienne des captures devra être modifié en intégrant les informations suivantes prix de vente
unitaire par espèce, frais de marée (carburant, appât, glace...), taille de l'équipage, mode de
partage des revenus générés. Pour les besoins de comparaison et de détermination des marges de
commercialisation des revendeurs, il serait bon de collecter systématiquement les prix de détail
du poisson (local et importé) dans les poissonneries et sur les principaux marchés (Libreville et
Port Gentil).
Ce travail en continu sera complété par une enquête de base sur les aspects socio-économiques.
Il s'agit d'évaluer la structure socio-économique de la pêcherie artisanale et d'obtenir une image
de ce système en terme d'organisation, de rapports de production, de coûts d'investissement,
d'emplois générés, de stratégies développées par les acteurs, de relations entre les différents
éléments constitutifs du système. Conjointement avec les enquêtes de coûts et revenus, les.
résultats de ce travail ponctuel (à répéter tous 3 à S ans) servent également de point de référence
pour toute évaluation ex-post des actions de développement.
Pour que la DGPA puisse disposer d'informations précises sur la gamme des engins et techniques
de pêche utilisés au Gabon (type, maillage), il conviendrait de réviser et de compléter le travail
entrepris depuis plus de quinze ans dans ce domaine (Seck, 1987). Le catalogue des engins de
pêche qui a été élaboré à cet effet ne couvre qu'une partie du littoral gabonais. En effet, la zone
partant de Port Gentil jusqu'à la frontière congolaise n'est pas concernée. Les filets en
monofilament plus récemment introduits ainsi que divers pièges utilisés en lagune et dans les
estuaires profonds méritent également d'y être mentionnés. Ce document de travail pourra
constituer un ouvrage de base pour la mise en oeuvre d'une réglementation sur le maillage
minimum à utiliser. L'absence actuelle de telles mesures est une source de conflits permanents
entre les pêcheurs gabonais et étrangers dans les zones de pêche.
La collecte des données sur les accidents en mer effectuée en novembre 1995 est incomplète
puisque la région de Libreville n'a pas été couverte. Les renseignements figurant sur les fiches
d'enquêtes manquent de précision. Il s'avère nécessaire de reprendre ce travail sur l'ensemble du
littoral gabonais et de le renouveler tous les ans afin que l'Administration des pêches puisse
disposer de données mises à jour régulièrement sur ce sujet. L'analyse de ces données pourra
désormais être réalisée par le statisticien de la DGPA à partir du logiciel Dbase III disponible.
Les différentes actions à mener pour une meilleure planification et un développement durable de
la pêche artisanale maritime au Gabon sont récapitulées dans le tableau 2.
Etude socio- Estimation de la Enquête sur les coûts Prix au débarquement par Continue
économïque rentabilité des et revenus des unités espèce, frais de marée,
unités de pêche et de pêche nombre de pêcheurs
de la valeur embarqués, système de
ajoutée dégagée partage du produit de la
par le secteur vente
Catalogue des Disposer d'un Enquêtes sur les Caractéristiques des Ponctuelle, en
engins de pêche document de base engins et techniques techniques des engins de fonction de
artisanale pour la réglemen- de pêche utilisés sur 'pêche l'évolution du
tation sur le tout le littoral secteur
maillage gabonais
Enquête sur la Mesurer l'ampleur Enquêtes sur les Causes et effets des Ponctuelle,
sécurité en mer des accidents en accidents en mer accidents en mer (dégâts tous les ans
mer matériels et corporels)
36 Rapport technique N° 81
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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No.1. 25 janv-8 féb 1989. Cruise Reports "Dr. FrídtjofNansen". NORAD/FAOIEJNDP
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Anonyme, 1995.- Survey of the fish resources of Congo and Gabon. Preliminary Cruise Report
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Anonyme, 1989b.- Surveys of the fish resources of Congo and Gabon. Preliminary Report Cruise
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40 Rapport technique N° 81
ANNEXE 2.- LISTE DES PRINCIPALES ESPECES COMMERCIALES
Filet et nom local Filet maillant de Filet maillant Senne de plage Epervier à Filet maillant dc Balances à crabes Filet maillant
fond/ s'rai Lambo à Ethmalose poche fond "trémail" "Ovia"
Longueur d'un filet 1000 mètres 500-800-1000 400 - 600mètres 100 mètres 30-50 balances 600-1000 mètres
ralingue étirée mètres diamètre 25-30cm
Hauteur 35 mailles. - 1,20 m 0.54 mm 12 m 30 mm 1,30 m Nappe de filet PA 3m
Maillage étiré 175mm 64-70mm 115cm x 50-70mm 64 à 110mm
N°dufildenappeet 210D/24 E:0.66 210d19 E:0.55 210d/6 210d/6 210d/18-24 210d16 E:0.50
rapport d'armement
Flotteurs,typeet 40-60 gf 1p1x65 gf x 1,45m Pl-'-SO-lSOgf 65gf PVC ovale
flott, en gr/force
Ralingue inférieure Sschappe 0 6mm PA multifil tressé, Pp o 5n,
PA-PP-PE- autre 03,5mm double
Ralingue supérieure Schappe 0 8mm PA 0 5-6mm Filin de balisage
PA-PP-PE- autre
3-5mO 6 mm idem
Poids d'un/des lest lpb x 100 gr 80-110 gf 150-200 gr Pb - 100- 120 gf
x55-6Ocm
Prix de l'engin de 1 million 350-400 000 12-1 4rnillions 60 000 220 000 4 nappes 500-600
pêche (F CFA)
Durée de vie moyenne 4 à 5 ans 2 ans 4-5 ans - 2 ans 2-3 ans 2 ans 3 mois pour nappe
de l'engin de pêche
Type de pirogue li mètres 11 mètre s 12-14 mètres 7 - 1 Omètres 8-10 mètres 6-9 mètres type gabonaise
utilisée monoxyles monoxyles monoxyle monoxyle monoxyles 10 - 12 mètres
Système propulsif 40 cv à pétrole 40 CV à pétrole ou 40 CV pétrole 15 -25 CV 25-40 CV 6 CV ou pagaies 15-25-40 CV
essence essence/pétrole pétrole pétrole/essence
Taille de l'équipage 2 personnes 4 - 6 personnes 25 - 60 personnes I - 2 personnes 2 1 personne 3-4 personnes
Saison (s) de pêche saison sèche toute l'année Toute l'année toute l'année Principalement Toute l'année Toute l'année
heures de pêche/sortie en saison sèche
Espèces cibles Capitaines,crabes, Ethmaloses et Bossus,sérioles, Mulets,tilapïas Fthmaloses, bars, ci-ahes Machoiron, mulet
bars, rouges et espèces associées maquereaux, ethmaloses, capitaines carpes rouges,
autres espèces carangidae, bars crevettes capitaines
démersales capitaines
ANNEXE 3- uite
Type de filet Filet maillant Filet remorqué à Filet maillant Senne Palangres de fond Ligne à Ligne de traîne
et nom local de fond lgbo main (crevettes) monofilament tournante / "Eiowa-awolo" main
Awasha
Longueur d'un 1000 mètres 30 mètres 35 mètres 600- 200-300 mètres par 200 mètres 150 mètres
filet ralingue 700mètres panier 0 4mm 0 4 -5 mm
étirée
Hauteuret 4,80à6 12mm l,SOm. 35-50m PAmonofil 0 1,2mm diam.8mmà
maillage étiré mètres. 35 mm 40mm 0 1 ,2rnm PA monofil. 2,00 mm
45 - 65mm poche
N° du fil de 210d124 210d14-6 0 28-30mm 210d/12-15 3-4mètres 28cm
nappe et rapport E :0.50 E: 0.55
d'armement
FJotteurs,tpe et 480-SOOgfx I Pl. ovale,-7ogfx IOOPI x 85 gf 175 gf 9-10-12 9-10-12mm grappins et N
flott, en gr/force 10 mètres 30cm en PVC cylindrique 600 H. 10- 12
Ralingue - PP 0 5-6mm PA 0 4mm PA 0 .10 ethmaloses ethmaloses leurres
inférìeu re mulets mullets artificielles
Ralingue PAO 5mm idem PA 0 3mm idem IPLx-50gfx320
supérieure mètres
Poids d'un lest - lOOgfx 30cm 600b/2SOgf 3-4 kg x2 cem. 2kg
01111:1 Il() (;
h)I5 IIJ lIES
1:1 1,1: I'AQIA( I 1:1 IICI
SEIh\'T( ES SERVICES
SERVICES SERVICES
I - SQI AI I l;FI IT I: EEC; I KM EN ISITON El
I- I'ECIIES INDUSTRIEL[,ES I. ¡'ECl (ES ARTISANALES ('ONT EN'Il (I N
I UNTIE ENI A! .1':
MARiTIM ES
i- EVALUATION ET AMENAIJEMENÌ I ((JE ((OIE ('I S(rIIVrl(I,SN(E
DES DESSOIJECES UAUEUTIQUE.S 2- rECITES ('ONTINENTALES Z III J II(I'.S MAITINKS
INSPECTIONS PROVINCIALES
RECAP!II3LATIJ?'
I DIRECTION (2ENERALE
- ISICTc;AI)ES DES ('EChES I l)flliÇTtON mINEI1ALTADJOENTE
- STATIONS IyAQuAcuI;TUITE I I'I(IlIS DmECrror4S UNTQtES
CONTINENTALE 8 SERVICES CL?TRAUX
CENTRES D'EXPERIM ENTATTON 2 AQV\( 1IFI EF:
0ES ('ULICIRES MARINES
9 INSPECTiONS PRO VINCULES
LISTE DES RAPPORTS DIPA - LIST OF IDAF REPORT
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