10 N" 29 REVUE FRANçAISE DE GEOTECHNIOUE
Les micro-pieux. Cette technique consiste à metbe constantes tout au long des tirants. L'interaction sol-
en place dans le sol de petits pieux injectés. Chaque inclusion est concentrée sur les ancrages à I'extémité
pieu est constitué d'une barre ou d'un tube de des tirants. Plus récemment, il a étê développé des
quelques centimètres de diamètre entouré de coulis sur systèmes à ancrages multiples similaires (Tene Ancrée
toute sa longueur. Le diamètre total est d'environ 10 à MURRAY, 1981).
15 cm. Cette technique est utilisée depuis hente ans,
principalement dans les sols de fondation, mais elle a
aussi d'intéressantes applications pour la stabilisation 2.2. L'interaction sol-inclusions
des pentes, les ouvrages de soutènement et les reprises
en sous-æuvre. Il s'agit d'inclusions plutôt rigides dans Les efforts dans les inclusions des différents systèmes
lesquelles les efforts mobilisés dépendent essenti elle- de renforcement des sols décrits ci-dessus résultent
ment de l'[Link] de structure du groupe de pieux. Les essentiellement de quatre sortes de mécanismes
efforts principaux sont la traction et la compression. d'interaction :
Si I'on considère les ouvrages de soutènement, les 1) frottement latéral le long des inclusions ;
techniques de renforcement du sol les plus couram- 2) pression latérale sur les inclusions;
ment utilisées sont: 3) butée du sol sur les éléments transverses des
inclusions composites;
La Terre Armée. Cette technique consiste en 4) pression latérale en butée sur les colonnes bal-
I'association d'un matériau granulaire frottant et
lastées.
d'armatures linéaires flexibles de grande résistance à la
traction. Le parement extérieur de I'ouvrage est relati-
2.2.7. Le frottement latéral
vement mince et souple; il est généralement constitué
de panneaux en béton. Pour limiter la déformation de Le frottement latéral le long des pieux et des inclusions
la structure on utilise des armatures en acier, relative- de renforcement a fait I'objet de nombreuses re'
ment inextensibles vis-à-vis du sol de remblai et qui cherches et de synthèses (BAGUELIN et â1., L975;
sont galvanisées pour empêcher la corrosion. SCHLOSSER et GUILLOUX, 1981, etc.). Ces études
ont monhé que dans un sol granulaire dense le
Les multimembranes et les grillages. Le dévelop- frottement sol-inclusion dépend d'un grand nombre de
pement rapide de la Tene Armée a conduit récem- paramètres (caractéristiques de surface de I'inclusion,
ment à utiliser toutes sortes d'inclusions dans les densité et propriétés mécaniques du sol, contrainte
systèmes de renforcement des sols, y compris des normale sur I'inclusion, etc. ) dont plus particulièrement
membranes et des géotextiles. Ces derniers ne peuvent la dilatance du sol.
supporter que des efforts de haction. La principale
d\tftérence entre l'acier ou les plastiques rigides et les La figure 2 illustre le mécanisme sol-inclusion dans un
géotextiles réside dans leur déformabilité qui a une sol dilatant. Comme I'a montré expérimentalement
influence significative sur les déplacements latéraux des BACOT (1931) en utilisant une technique photomêfr1-
shuctures. Bien qu'il y ait eu quelques tentatives que sur un modèle à deux dimensions, I'exfuaction
d'utilisation des géotextiles dans des ouvrages de d'une inclusion a pour effet de provoquer du cisaille-
soutènement à parement vertical, ceux-ci sont plutôt ment dans toute une zone de sol autour de I'inclusion.
utilisés pour renforcer des pentes de talus et des sols Le volume de cette zone dépend principalement de
de fondation. Les grillages métalliques ou en plastique l'état de surface de I'inclusion. Dans un sol granulaire
rigide sont utilisés avec efficacité pour limiter les dense, cette zone en cisaillement tend à se dilater,
déformations latérales des remblais. mais le changement de volume en est empêché par le
sol environnant, ce qui conduit à une augmentation
Le clouage des so/s. C'est une technique de des contraintes normales sur I'inclusion.
renforcement des sols in situ à I'aide de barres
passives, soit scellées dans des bous de forage, soit Cette augmentation de la contrainte normale sur
simplement battues dans le sol. Lorsque cette tech- I'inclusion a été montrée expérimentalement par WER-
nique est utilisée pour des ouvrages de soutènement, NICK (19781, qui a réalisé des essais de tuaction sur
les barres sont généralement horizontales et I'effort des tubes cylindriques en acier (2,5 m de long et 5 à
principal est la traction. Au contraire, quand cette 10 cm de diamèhe) et mesuré à I'aide de cellules les
technique est utilisée pour la stabilisation des pentes, contraintes de cisaillement T, et les conhaintes norma-
les barres sont généralement verticales et les efforts les o sur les tubes. Ces derniers étaient placés dans
principaux sont la flexion et le cisaillement. une cuve cylindrique remplie de sable compacté
(ya _ ,L kN/mr). La figure 3a montre un chemin de
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Le Texsol. Cette nouvelle technique, inventée par contraintes typique au cours d'un essai d'arrachement
LEFTAIVE (19821, consiste à renforcer un matériau de (chargement et déchargement). Partant de Ko, l'état
remblai granulaire à l'aide d'un ou plusieurs fils des contraintes atteint rapidement l'équilibre limite puis
continus résistants à la traction. la contrainte normale augmente jusqu'à une valeur
représentant environ 8 fois la valeur initiale. A la
Parmi les techniques que nous n'avons pas classées rupture, pâr suite d'un effet de radoucissement, il y a
dans le renforcement des sols, il est intéressant de citer décroissance de la contrainte de cisaillement. Le
les muts o échelles, inventés en 1926 par COYNE. Il chemin des contraintes en déchargement montre qu'il
s'agit d'un système par ancrages multiples associé à un n'y a pas de dilatance résiduelle et que I'on revient
parement de faible épaisseur soit continu, soit en pratiquement à l'état initial. Dans le but d'étudier cet
panneaux de béton. Les forces de tactions sont eflet de la dilatance, GUILLOUX et SCHLOSSER