!
Primatie Orthodoxe d’Europe
Orthodoxie Occidentale Décret du métropolite Serge de Moscou (16 juin 1936)
Droit canonique orthodoxe
Monastère de la Mère de Dieu et de Saint Nectaire d’Egine
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 1 sur 493 copyright ©
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 2 sur 493 copyright ©
Texte officiel de l’Eglise Orthodoxe d’Europe
Imprimatur du Métropolite Jacques
25 mars 2016
Edition 2016
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 3 sur 493 copyright ©
SOMMAIRE
LES CANONS DITS DES APÔTRES ……………….. 5
LES CANONS DES CONCILES OECUMÉNIQUES … 24
LES CANONS DES CONCILES LOCAUX ………… 126
LES CANONS DES PÈRES DE L’EGLISE ……….. 307
source : [Link]
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 4 sur 493 copyright ©
LES CANONS DITS DES APÔTRES
De l’ordination des évêques.
L’évêque doit être ordonné par deux ou trois évêques.
De l’ordination des prêtres et des diacres.
Le prêtre, le diacre et les autres clercs doivent être ordonnés par un
évêque.
De ceux qui présentent des offrandes inusitées à l’autel.
Si un évêque ou un prêtre, malgré l’ordonnance du Seigneur pour
le sacrifice, apporte à l’autel d’autres offrandes, comme miel, lait,
ou au lieu de vin du moût préparé, de la volaille ou d’autres bêtes,
ou bien des légumes, qu’il soit déposé ; sont exceptés les grains de
froment nouveau et le raisin au temps prescrit. Il n’est pas permis
d’offrir à l’autel rien autre que de l’huile pour la lampe et de
l’encens pour le temps de la sainte offrande.
Comment disposer des offrandes.
Tandis que le reste des fruits doit être envoyé à la maison du
clergé, comme offrande de prémices pour l’évêque et les prêtres, et
non point apporté à l’autel. Il est évident que l’évêque et les prêtres
en donneront des parts aux autres clercs aussi.
Des prêtres qui renvoient leurs épouses.
Qu’aucun évêque, prêtre ou diacre ne renvoie son épouse sous
prétexte de piété ; s’il la renvoie, qu’il soit excommunié, et s’il
persiste, déposé.
De tout clerc qui se charge d’affaires temporelles.
Que l’évêque,le prêtre ou le diacre ne se charge point d’affaires
temporelles ; sinon, qu’il soit déposé.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 5 sur 493 copyright ©
Des clercs qui célèbrent le jour de Pâques avant l’équinoxe du
printemps.
Si un évêque, un prêtre ou un diacre célèbre le saint jour de Pâques
avec les Juifs avant l’équinoxe du printemps, qu’il soit déposé.
Des clercs qui ne communient paspendant la célébration de la
messe.
Si un évêque, un prêtre ou un diacre, ou quelqu’un du clergé ne
communie pas pendant le sacrifice qui est célébré, qu’il en donne la
raison ; et si celle-ci est plausible, on lui pardonnera. Sinon, qu’il
soit excommunié, parce qu’il cause du mal au peuple chrétien et
fait suspecter le célébrant d’avoir célébré irrégulièrement.
De tout clerc ou laïc qui part de la messe avant la grande prière de
la fin.
Tous les fidèles qui restent dans l’église et entendent la lecture des
saintes écritures, mais ne restent pas à la prière eucharistique et à la
communion, il faut les excommunier.
De tout fidèle qui prie avec les excommuniés.
Si quelqu’un communie dans la prière avec un excommunié, même
dans une maison privée, qu’il soit aussi excommunié.
De tout clerc qui prie avec des clercs déposés.
Si quelqu’un étant clerc communie dans la prière avec un clerc
déposé exerçant sa fonction de clerc, qu’il soit lui aussi déposé.
De tout fidèle qui après son excommunication est reçu dans la
communion d’un autre diocèse et de celui qui l’a reçu.
Si un clerc ou un laïc excommunié ou exclu de l’Église, s’en va dans
un autre diocèse et y est reçu quoique n’ayant point de lettres
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 6 sur 493 copyright ©
testimoniales, que soient excommuniés celui qui a reçu comme
celui qui fut reçu.
De tout excommunié qui fut reçu par fraude.
S’il est déjà excommunié, la durée de son excommunication sera
prolongée, puisqu’il a menti et trompé l’Église de Dieu.
Des évêques qui passent à un autre évêché.
Il n’est pas permis à l’évêque d’abandonner son diocèse pour
s’emparer d’un autre, même s’il est contraint par un grand nombre
de personnes, à moins qu’il n’existe une raison plausible, qui le
force de le faire, parce qu’il pourrait procurer un plus grand gain
dans la vraie foi à son nouveau troupeau ; cependant, ce n’est pas à
lui d’en juger, mais à un grand nombre d’évêques, qui en décideront
et l’en prieront.
Du clerc qui quitte son diocèse.
Si un prêtre ou un diacre en général quelqu’un du clergé
abandonne son diocèse et se rend en un autre, et s’étant
complètement séparé du sien réside dans un autre diocèse contre
l’avis de son évêque, nous ordonnons qu’il cesse toute fonction
liturgique, surtout s’il refuse d’obéir au rappel de son évêque,
persistant dans son désordre. Cependant il pourra y recevoir la
communion comme les laïcs.
Des évêques qui reçoivent des clercs étrangers.
Si l’évêque chez lequel des clercs de cette sorte se trouvent, ne
tenant aucun compte de la suspense prononcée contre eux, les
reçoit en qualité de clercs, qu’il soit excommunié, en tant que
maître de désordre.
De ceux qui ont contracté de secondes noces ou ont eu une
concubine.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 7 sur 493 copyright ©
Celui qui a contracté un second mariage après le baptême, ou bien
a eu une concubine, ne peut devenir prêtre ou diacre ou en général
quelqu’un du clergé.
De celui qui a épousé une veuve ou une femme de mauvaise
réputation.
Celui qui a épousé une veuve, une divorcée, une femme publique,
une esclave ou une actrice, ne saurait devenir évêque ou prêtre ou
diacre ou en général quelqu’un du clergé.
De ceux qui ont épousé une belle-soeur ou une nièce.
Celui qui a épousé la soeur de sa femme ou sa propre nièce ne peut
entrer dans le clergé.
Des clercs qui se portent garants.
Le clerc qui s’est porté garant sera déposé.
Des eunuques qui ne se sont pas mutilés eux-mêmes.
L’eunuque qui serait dans cet état par l’intervention contre son gré
d’autres hommes, ou que durant la persécution on lui ait ôté les
parties viriles, ou bien était tel dès sa naissance, s’il est par ailleurs
digne d’être évêque, qu’il le devienne.
Des eunuques qui se sont eux-mêmes mutilés, qu’il ne peuvent
devenir clercs.
Celui qui s’est mutilé lui-même, qu’il ne devienne point clerc, car il
est meurtrier de lui-même et ennemi de la création de Dieu.
Des clercs qui se sont eux-mêmes mutilés, qu’ils sont sujets à la
déposition.
Si un clerc se mutile lui-même qu’il soit déposé, car il est meurtrier
de lui-même.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 8 sur 493 copyright ©
Des laïcs qui se sont eux-mêmes mutilés, qu’ils sont punis de trois
ans de pénitence.
Le laïc qui s’est mutilé lui-même, qu’il soit excommunié pendant
trois ans, car il est meurtrier de lui-même.
De tout clerc convaincu d’adultère, de parjure ou de vol, qu’il sera
déposé, mais non excommunié.
Si un évêque, un prêtre ou un diacre est convaincu d’adultère ou de
parjure ou de vol, qu’il soit déposé , mais non excommunié ; car
l’écriture dit : « Tu ne vengeras pas deux fois la même faute ». Il en
sera de même des autres clercs.
Des lecteurs et des préchantres, qu’il leur est permis de se marier
après leur promotion.
De ceux qui sont entrés dans la cléricature sans s’être mariés nous
permettons le mariage aux seuls lecteurs et préchantres, s’ils le
veulent.
De tout clerc qui bat les fidèles pécheurs.
Si un évêque, un prêtre ou un diacre frappe les fidèles pécheurs, ou
les infidèles qui ont fait du mal, et veut par là leur faire peur, nous
ordonnons que celui-là soit déposé ; car le Seigneur ne nous a
nulle part enseigné cela, bien au contraire, frappé, il n’a pas rendu
les coups, «insulté, il n’a pas insulté en retour, soumis à des
souffrances, il n’a pas menacé de les rendre. »
De tout clerc qui exerce ses fonctions une fois déposé.
Si un évêque, un prêtre ou un diacre déposé à juste titre pour des
délits connus de tous, ose reprendre la fonction qui lui avait été
jadis confiée, qu’un tel soit entièrement exclu de l’Église.
De tout clerc ordonné grâce à de l’argent.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 9 sur 493 copyright ©
Si un évêque a obtenu sa dignité à prix d’argent, de même qu’un
prêtre ou un diacre, qu’ils soient déposés, lui, et celui qui l’a
ordonné, et totalement exclus de la communion, comme le fut
Simon le magicien par moi, Pierre.
Du clerc qui s’est servi de laïcs influents pour obtenir son poste.
Si un évêque, fort de l’appui de seigneurs laïcs, obtient grâce à eux
un évêché, qu’il soit déposé et excommunié, de même que ceux qui
communient avec lui.
Des prêtres qui célèbrent la Liturgie à part, par mépris pour leurs
évêques.
Si un prêtre, par mépris pour son évêque, célèbre séparément et
élève autel contre autel, sans avoir aucun reproche sur des
questions de vraie foi ou de justice, qu’il soit déposé comme
ambitieux, – Il aspire en effet au pouvoir – de même que les autres
clercs qui prendront son parti ; quant aux laïcs, qu’ils soient
excommuniés. Et que cela se fasse après une première et une
seconde et une troisième invitation de l’évêque à se soumettre.1
Qu’il ne faut pas recevoir dans sa communion un clerc
excommunié.
Si un prêtre ou un diacre a été excommunié par son évêque, il n’est
pas permis que le reçoive un évêque autre que celui qui l’a
excommunié ; à moins que l’évêque qui l’a excommunié ne soit
mort entre temps.
Qu’aucun clerc ne soit reçu sans lettres testimoniales.
Aucun des évêques ou prêtres ou diacres étrangers ne doit être reçu
sans testimoniales, et même s’ils en apportent, qu’on les examine :
sont-ils des prédicateurs de la vraie foi, qu’on les reçoive ; sinon,
après les avoir munis du nécessaire, qu’on ne les reçoive pas à la
communion, car il arrive souvent bien des surprises.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 10 sur 493 copyright ©
Que les évêques doivent reconnaître l’autorité de leur primat.
Les évêques de chaque nation doivent reconnaître leur primat et le
considérer comme chef ; ne rien faire de trop sans son avis et que
chacun ne s’occupe que de ce qui regarde son diocèse et les
campagnes dépendant de son diocèse. Mais lui aussi, qu’il ne fasse
rien sans l’avis de tous ; car la concorde règnera ainsi et sera
glorifié le Père et le Fils et le saint Esprit.
Des évêques qui font des ordinations dans un diocèse étranger.
L’évêque ne doit pas oser faire des ordinations hors des limites de
son diocèse, dans des villes ou des campagnes qui ne dépendent
pas de lui ; s’il est prouvé qu’il a fait cela sans le consentement de
ceux à qui ces villes ou ces campagnes appartiennent, qu’il soit
déposé, et ceux qu’il a ordonnés.
Des évêques nommés qui dédaignent leurs diocèses ou qui ne sont
pas acceptés par leurs peuples.
Si un évêque n’accepte pas après son ordination la charge et le soin
du peuple qui lui a été confié, qu’un tel reste excommunié, jusqu’à
ce qu’il accepte ; il en sera de même pour un prêtre et un diacre.
Mais s’il y est allé et ne fut pas reçu, non pas parce qu’il l’a voulu,
mais à cause de la méchanceté du peuple, lui même restera évêque,
tandis que le clergé de cette ville sera excommunié, parce qu’il n’a
pas cherché à corriger ce peuple insoumis.
Qu’il faut réunir deux fois par an le synode provincial.
Que deux fois par an se fasse un synode des évêques de la province
et qu’ils examinent entre eux les vérités de la vraie foi et résolvent
les difficultés qui surviendraient à l’Église ; la première fois dans la
quatrième semaine de Pentecôte, la seconde le neuf du mois
d’hyperbérétée, c.-à-d. selon les égyptiens le douze du mois de
phaophi et selon les romains le neuf octobre.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 11 sur 493 copyright ©
Que l’évêque doit avoir l’administration des biens de son Église.
Que l’évêque ait le soin de tous les biens de l’Église et les
administre comme un gérant de Dieu. Il ne lui est pas permis de
s’en approprier quoi que ce soit ou d’en faire don à ses parents ; si
ceux-ci sont pauvres, qu’il leur vienne en aide comme à des
pauvres, sans léser à leur occasion les intérêts de l’Église.
Que les prêtres et les diacres ne doivent rien faire sans l’avis de leur
évêque.
Les prêtres et les diacres ne doivent rien accomplir sans le
consentement de leur évêque ; car c’est à lui que le peuple du
Seigneur fut confié et qui aura à rendre compte de leurs âmes.
Que les biens personnels de l’évêque doivent être clairement
distincts de ceux de son Église.
Que les biens personnels que l’évêque possède, si jamais il en
possède, soient clairement établis, comme ceux aussi de l’Église du
seigneur, afin que l’évêque ait en mourant la possibilité de les
léguer comme il veut et à qui il veut, et que les biens de l’évêque ne
se perdent pas sous prétexte qu’ils appartiennent à l’Église, vu que
souvent il laisse femme et enfants et des familiers ; il est juste en
effet devant dieu et devant les hommes, que ni l’Église ne souffre
quelque dommage par ignorance de ce qui appartient à l’évêque, ni
que l’évêque ou sa parenté ne soit dépouillés de ce qui leur revient
à l’occasion de l’Église, ni ses proches impliqués dans des procès et
sa mort ne devienne occasion de médisance.
Que l’évêque peut disposer des biens de l’Église pour ses propres
besoins.
Nous ordonnons que l’évêque ait le pouvoir sur les biens de
l’Église; car, si c’est à lui qu’on doit confier les âmes précieuses des
hommes, à plus forte raison faudrait-il commettre entre ces mains
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 12 sur 493 copyright ©
les biens matériels, en sorte qu’il ait le pouvoir de tout administrer
et de venir en aide à ceux qui sont dans le besoin par
l’intermédiaire des prêtres et des diacres, dans la crainte de dieu et
en toute piété ; d’en prendre, lui aussi, ce dont il a besoin, si jamais
il en a besoin, pour les dépenses nécessaires à faire pour sa
personne et pour ses hôtes, ses frères dans l’épiscopat, de manière à
ce qu’ils ne manquent de rien ; la loi de dieu ordonne en effet que
« ceux qui servent à l’autel vivent de l’autel », puisque « pas même
le soldat ne se met en campagne à ses propres frais ».
De tout clerc qui joue au dés.
L’évêque, le prêtre ou le diacre qui s’adonne aux dés ou à
l’ivrognerie doit ou cesser ou être déposé.
Des clercs inférieurs qui jouent aux dés.
Le sous-diacre, le lecteur ou le préchantre qui agirait de même,
doit ou cesser ou être excommunié. De même, le laïc.
De tout clerc qui prête à intérêt.
L’évêque, le prêtre ou le diacre qui exige des intérêts de ceux à qui
il prête, doit cesser ou être déposé.
De tout clerc qui a seulement prié avec des hérétiques.
L’évêque, le prêtre ou le diacre qui ne fait que prier avec des
hérétiques doit être excommunié ; mais s’il leur a permis d’exercer
leurs fonctions de clerc, qu’il soit déposé.
Des clercs qui acceptent le baptême des hérétiques.
L’évêque, le prêtre ou le diacre qui a reconnu le baptême ou le
sacrifice des hérétiques, nous ordonnons qu’il soit déposé : « quel
accord peut-il en effet exister entre le Christ et Béliar, et quelle
part peut avoir l’infidèle avec le fidèle ? »
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 13 sur 493 copyright ©
Des évêques ou des prêtres qui rebaptisent.
Si un évêque, un prêtre ou un diacre baptise à nouveau celui qui a
reçu le vrai baptême, ou bien ne rebaptise pas celui qui a reçu le
baptême souillé des hérétiques, qu’il soit déposé, parce qu’il se rit
de la croix et de la mort du seigneur et ne distingue pas les prêtres
des faux-prêtres.
Des laïcs qui renvoient leurs épouses ou épousent des femmes
renvoyées.
Si un laïc renvoie sa femme et en épouse une autre, ou bien épouse
une femme renvoyée par un autre, qu’il soit excommunié.
De ceux qui ne baptisent pas au nom de la sainte Trinité.
Si un évêque, ou un prêtre ou un diacre ne baptise pas, selon la
parole du Seigneur « au nom du Père et du Fils et du saint Esprit
», mais au nom de trois pères ou de trois Fils ou de trois
paraclets,qu’il soit déposé.
De ceux qui baptisent d’une immersion en mémoire de la mort du
Seigneur.
Si un évêque, ou un prêtre ou un diacre n’accomplit pas les trois
immersions d’un seul baptême, mais d’une immersion au nom de
la mort du Seigneur, qu’il soit déposé ; car le seigneur ne nous a
pas dit : baptisez au nom de ma mort, mais : « Allez enseigner
toutes les nations, et baptisez-les au nom du Père et du Fils et du
saint Esprit ».
Que le Père n’a pas été crucifié.
Que le candidat au baptême apprenne que le Père n’a pas été
crucifié ni ne souffrit aucune naissance humaine ; que le saint
Esprit n’est pas devenu homme, ni même ne souffrit la passion.
C’est le Fils unique qui a racheté le monde de la colère qui le
menaçait ; car il s’est fait homme par amour pour nous, en se
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 14 sur 493 copyright ©
formant un corps dans le sein de la vierge, car : « la sagesse s’est
édifiée un habitacle », dieu créateur qu’il est ; et il a souffert la croix
de son plein gré et il a sauvé le monde de la colère qui le menaçait.
Nous sommes donc baptisés au nom du Père, non en tant qu’il
devint homme et souffrit la croix ; et au nom du Fils, en tant qu’il
subit une naissance humaine et souffrit la croix, qu’il est mort et
ressuscité ; au nom du saint Esprit, en tant qu’il est consubstantiel
au Père et au Fils. Ceux qui ne baptisent pas de la sorte, qu’ils
soient déposés, parce qu’ils ignorent le mystère de la vraie foi.
Quel est le Père, le Fils et le saint Esprit.
Celui qui confesse que le Père a souffert la passion pèche contre la
vraie foi plus gravement que les Juifs, en attachant à la croix le Père
en même temps que le Fils. Celui qui dit que le Fils unique n’a pas
pris chair et souffert la croix pour nous, est un ennemi de Dieu et
un adversaire des saints. Celui qui donne au saint Esprit le nom de
Père ou de Fils est un ignare et un sot ; car le Fils est créateur avec
le Père et règne avec lui et est législateur avec lui ; il est le juge et la
cause de notre résurrection. Le saint Esprit est consubstantiel, car
trois sont les hypostases consubstantielles à la divinité ; c’est de
notre temps, en effet que Simon le magicien, s’emparant de l’esprit
mauvais et instable et cause d’erreur pour les peuples, vomit son
bavardage, que dieu est un être trinominal, et nia même à la fin la
passion du Christ et sa naissance.
Vous donc, mes très chers, baptisez par trois immersions au nom
d’un seul Père et Fils et saint Esprit, conformément à la pensée du
seigneur et à notre ordonnance dans le saint Esprit.
Du clerc qui s’abstient de mariage, de viande et de vin par aversion.
Si un évêque, un prêtre, ou un diacre ou en général quelqu’un du
clergé, s’abstient de mariage, de viande et de vin non par ascèse,
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 15 sur 493 copyright ©
mais parce qu’il les a en horreur, oubliant que « tout est fort bien »,
et que « Dieu a fait l’homme mâle et femelle », et au contraire
blasphémant ainsi contre la création, que celui-là se corrige ou qu’il
soit déposé et rejeté de l’Église. De même, le laïc sera excommunié.
Des clercs qui ne reçoivent pas les pécheurs convertis.
Si un évêque ou un prêtre n’accueille pas celui qui se convertit de
son péché, mais le rejette, qu’il soit déposé, parce qu’il attriste le
Christ, qui a dit : « Une grande réjouissance a lieu au ciel pour un
pécheur repentant ».
Des clercs qui ne prennent pas de de vin ni de viande un jour de
fête .
Si un évêque, un prêtre, ou un diacre ne prend pas de viande ou de
vin aux jours de fête, parce qu’il les a en horreur, et non parce qu’il
pratique l’ascèse, qu’il soit déposé, vu qu’il a « une conscience
faussée » et devient un scandale pour un grand nombre.
Du clerc qui mange dans un cabaret.
Si un clerc est convaincu d’avoir mangé dans un cabaret, qu’il soit
déposé, excepté celui qui descend dans une auberge pendant le
voyage, par nécessité.
Des clercs qui injurient leur évêque.
Si un clerc insulte son évêque, qu’il soit déposé, car « tu ne
maudiras pas le prince de ton peuple ».
Des clercs qui injurient des prêtres ou des diacres.
Si un clerc injurie un prêtre ou un diacre, qu’il soit excommunié.
De ceux qui se moquent des infirmes.
Si un clerc se moque d’un sourd, d’un muet, d’un boiteux ou d’un
cul-de-jatte, qu’il soit excommunié. De même, si c’est un laïc.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 16 sur 493 copyright ©
Des clercs majeurs qui négligent leurs clercs mineurs et leur
peuple.
L’évêque ou le prêtre qui néglige son clergé et son peuple et ne les
instruit pas dans la vraie foi, qu’il soit déposé, et s’il persiste dans sa
négligence, déposé.
Des clercs majeurs qui négligent leurs clercs indigents.
Si un évêque ou un prêtre ne fournit pas le nécessaire à quelqu’un
du clergé qui serait dans le besoin, qu’il soit excommunié, et s’il
persiste, déposé, comme meurtrier de son frère.
De ceux qui lisent des apocryphes à l’église.
Si quelqu’un lit publiquement dans l’église les livres apocryphes
des hérétiques, comme si c’était des livres saints, au grand dam du
clergé et du peuple, qu’il soit déposé.
De ceux qui sont convaincus d’actes prohibés.
Si l’on accuse un fidèle de fornication, d’adultère ou de
quelqu’autre acte défendu, et que le fait est prouvé, un tel ne sera
pas promu à la cléricature.
Des clercs qui ont renié le nom du Christ.
Si un clerc par crainte humaine d’un Juif, d’un païen ou d’un
hérétique renie le nom du Christ, qu’il soit totalement exclu de
l’Église, si c’est sa qualité de clerc qu’il renie, qu’il soit déposé ; se
repentant de sa faute, qu’il soit admis parmi les laïcs.
De ceux qui mangent du sang d’une bête ou de la chair d’un
animal étouffé.
Si un évêque, un prêtre, un diacre ou en général quelqu’un du
clergé « mange de la chair d’un animal étouffé dans son sang », «ou
d’un animal à moitié dévoré par les bêtes ou d’un animal mort »,
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 17 sur 493 copyright ©
qu’il soit déposé, car c’est défendu par la loi. Si c’est un laïc, qu’il
soit excommunié.
De ceux qui jeûnent le dimanche ou le samedi.
S’il se trouve un clerc qui jeûne le saint jour de dimanche ou les
samedis, excepté le seul et unique Samedi saint, qu’il soit
déposé. Si c’est un laïc, qu’il soit excommunié.
De ceux qui prient dans une assemblée de Juifs ou d’hérétiques.
Si un clerc ou un laïc entre dans une synagogue de Juifs ou
d’hérétiques pour y prier, qu’il soit l’un déposé, et l’autre
excommunié.
De celui qui a donné un seul coup à quelqu’un et qui l’a tué.
Si un clerc pendant une dispute frappe quelqu’un et le tue du
premier coup donné, qu’il soit déposé pour ne s’être pas
dominé. Si c’est un laïc, qu’il soit excommunié.
De ceux qui ont violé des vierges non-fiancées.
Si quelqu’un garde chez lui une vierge non-fiancée, prise de
force, qu’il soit excommunié ; et il ne lui sera pas permis d’en
prendre une autre pour femme, mais il gardera celle qu’il a
choisi, même si elle est pauvre.
Des réordinations.
L’évêque, le prêtre ou le diacre, qui accepterait d’être réordonné
par quelqu’un, qu’il soit déposé, et avec celui qui l’a réordonné ;
à moins qu’il ne conteste qu’il a reçu l’ordination des mains
d’hérétiques ; car ceux qui ont été baptisés ou ordonnés par de
telles gens ne sauraient être ni laïcs, ni fidèles.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 18 sur 493 copyright ©
De ceux qui ne jeûnent pas pendant le carême.
Si un évêque, un prêtre, un diacre, un sous-diacre, un lecteur ou
un préchantre ne jeûne pas le saint carême, ou le vendredi ou le
mercredi, qu’il soit déposé, sauf s’il en était empêché par une
maladie corporelle.
De ceux qui fêtent les fêtes des Juifs.
Si un évêque ou un clerc jeûne avec les Juifs, ou célèbre avec
eux leurs fêtes ou reçoit d’eux les cadeaux de leurs fêtes, par
exemple des azymes ou quelque chose de semblable, qu’il soit
déposé. Si c’est un laïc, qu’il soit excommunié.
De ceux qui portent des offrandes aux temples païens ou aux
synagogues.
Si un chrétien apporte de l’huile à un temple païen ou à une
synagogue juive, ou y allume des lampes, qu’il soit excommunié.
Du clerc qui a volé à l’église de la cire ou de l’huile .
Si un clerc ou un laïc enlève de l’église de la cire ou de l’huile,
qu’il soit excommunié et « qu’il rapporte ce qu’il a pris,
augmenté d’un cinquième ».
De celui qui s’approprie un linge ou un vase sacré.
Un vase sacré en argent ou une nappe consacrée, que personne
ne se les approprie à son usage, car c’est illicite. Si quelqu’un est
convaincu de l’avoir fait, qu’il soit soumis à la peine canonique
de l’excommunication.
Des évêques cités devant le tribunal et n’y répondant pas.
Un évêque accusé de quelque faute par des hommes dignes de
foi et qui sont des fidèles doit être de toute nécessité convoqué
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 19 sur 493 copyright ©
par les évêques ; s’il répond à la convocation et avoue, la preuve
contre lui ayant été faite, on fixera la peine canonique ; s’il ne
répond pas à la convocation, on le convoquera une seconde fois,
en lui envoyant aussi deux évêques ; et si même alors il n’en
tient pas compte et ne vient pas, on le convoquera une
troisième fois, en envoyant de nouveau deux évêques vers lui ; si
même alors il n’en tient pas compte et ne vient pas, le synode
prendra contre lui les mesures convenables, afin que sa
contumace ne paraisse pas lui apporter des avantages.
Qui peut être admis comme accusateur contre un évêque.
On n’admettra pas un hérétique comme témoin contre des
évêques, ni même un seul fidèle ; car « sur l’affirmation de deux
ou trois témoins s’appuiera toute chose ».
Des évêques qui donnent leur évêché à un parent.
Qu’il ne faut pas que l’évêque faisant don de sa charge d’évêque
à son frère, son Fils ou à quelque parent, ordonne ceux qu’il
veut ; car il n’est pas juste de constituer des héritiers de
l’épiscopat, en faisant cadeau des choses de dieu par affection
humaine ; on ne doit pas mettre l’Église du Christ parmi les
choses à léguer par héritage. Si quelqu’un fait cela, l’ordination
sera nulle et non-avenue, et lui-même sera puni
d’excommunication.
Des boiteux et des borgnes.
Si quelqu’un est borgne ou paralysé d’une jambe, mais digne
d’être évêque, qu’il le devienne ; car ce n’est pas l’infirmité
corporelle qui souille, mais la corruption de l’âme.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 20 sur 493 copyright ©
Des sourds et des aveugles.
Un sourd ou un aveugle ne peut devenir évêque, non pas qu’il
soit souillé, mais pour que les affaires de l’Église n’en souffrent
pas.
Des possédés.
Si quelqu’un est possédé du démon, il ne peut devenir clerc, ni
même prier avec les fidèles ; mais une fois libéré, il sera admis
parmi les fidèles et s’il est digne, qu’il soit fait évêque.
Des païens nouveaux-baptisés.
Celui qui est venu à l’Église de la gentilité et fut baptisé ou
bien celui qui fit retour d’une conduite dépravée, il n’est pas
juste de le promouvoir sur-le-champ à l’épiscopat ; il est en
effet injuste que se fasse maître des autres celui qui n’a point
fait ses preuves ; à moins que cela n’arrive par une grâce divine.
Des clercs acceptant des charges publiques.
Nous avons dit qu’il ne faut pas qu’un évêque ou un prêtre se
laisse aller jusqu’à se charger d’un emploi civil, mais s’appliquer
aux affaires de l’Église, sinon qu’il soit déposé ; car « nul ne
peut servir deux maîtres à la fois », selon l’ordonnance du
seigneur.
De l’admission des esclaves à la cléricature.
Nous ne permettons pas qu’on ordonne des esclaves sans le
consentement de leurs maîtres, au détriment de leurs
propriétaires ; une telle manière de faire serait la ruine des
maisons. Si jamais l’esclave paraît être digne de recevoir une
ordination, tel que se montra justement notre cher Onésime, et
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 21 sur 493 copyright ©
que les maîtres le permettent et l’affranchissent et le laissent
partir de leur maison, qu’on lui donne l’ordination.
Du clerc occupant une charge militaire.
L’évêque, le prêtre ou le diacre qui prend du service militaire et
veut rester en possession de tous les deux, fonction publique
romaine et ministère sacerdotal, qu’il soit déposé ; en effet, «
rendez à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui est à
Dieu ».
De celui qui offense l’empereur ou un fonctionnaire.
Que celui qui insulte l’empereur ou un haut fonctionnaire
public soit châtié ; et si c’est un clerc, qu’il soit déposé, si c’est
un laïc, qu’il soit excommunié.
Quels livres de l’Ancien Testament et du Nouveau faut-il
recevoir.
Vous tous, hommes d’Église, clercs et laïcs, tenez pour livres
vénérés et saints : de l’Ancien Testament : cinq livres de moïse,
Génèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome ; un, de
Josué Fils de Navé ; un, des Juges ; un, de Ruth ; quatre, des
Rois ; deux, des Paralipomènes du livre des jours ; deux,
d’Esdras ; un, d’Esther ; un, le Psautier ; trois, de Salomon :
Proverbes, Ecclésiaste, Cantique des cantiques ; douze
Prophètes ; Isaïe, Jérémie, Ezéchiel, Daniel et Job. Ayez soin de
plus que vos jeunes apprennent par coeur les livres de la
Sagesse de Sirach. Quant à nos livres, c. à d. du Nouveau
Testament : quatre évangiles, Mathieu, Marc, Luc, Jean ;
quatorze épîtres de Paul ; deux, de Pierre ; une, de Jacques ;
trois, de Jean ; une, de Jude ; deux, de Clément ; de plus les
ordonnances adressées à vous, les évêques, par moi, Clément, en
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 22 sur 493 copyright ©
huit livres, qu’il ne faut pas lire en public à cause des secrets
qu’ils contiennent ; en outre les Actes de nous autres apôtres.
C’est là ce que nous avons à vous ordonner, ô évêques, en
matière de canons. Vous, à votre tour, si vous les gardez
fidèlement, vous serez sauvés et vous aurez la paix ; si vous y
désobéissez, vous serez punis et vous aurez la guerre continuelle
les uns contre les autres, expiant par là comme il convient votre
désobéissance.
Et Dieu, le Créateur de toutes choses, vous unira par la paix
dans le saint Esprit, « vous rendra aptes à toute oeuvre de bien
», immuables dans le bien, « sans tache, sans reproche », et
daignera vous donner la vie éternelle avec nous, par
l’intercession de son enfant bien-aimé Jésus Christ notre Dieu
et Sauveur, à qui gloire soit rendue et avec lui, au Dieu même et
Père qui est au-dessus de tout, en même temps qu’au saint
Esprit le Paraclet, maintenant et toujours et dans les siècles des
siècles. Amen.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 23 sur 493 copyright ©
Les canons des Conciles Oecuméniques
CANONS DU Ier CONCILE DE NICÉE
Les 20 canons des 318 pères, saints et inspirés de Dieu, qui se
réunirent à Nicée sous Constantin le Grand et sous le consulat
des illustrissimes Paulin et Julien, en l’an 536 de l’ère
d’Alexandre, le 19 du mois de desius, le 13ème jour des
calendes de juillet.
De ceux qui sont devenus eunuques de leur propre gré ou qui
l’ont subi de force.
Si quelqu’un a été mutilé par les médecins durant une maladie,
ou bien par les barbares, qu’il reste dans le clergé; mais si
quelqu’un étant en bonne santé s’est mutilé lui-même, qu’on
l’exclue du clergé dont il fait partie, et à l’avenir on ne devra pas
admettre celui qui aura agi ainsi. Mais comme il est évident
que ce qui vient d’être dit ne regarde que ceux qui ont agi avec
intention et qui ont eux-mêmes voulu se mutiler; ceux qui
l’auront été par les barbares ou par leurs maîtres pourront,
conformément à la règle ecclésiastique, être reçus dans la
cléricature, s’ils en sont dignes par ailleurs.
De ceux qui entrent dans la cléricature aussitôt après le
baptême.
Comme soit par nécessité, soit que l’on ait été poussé par
d’autres motifs, plusieurs choses contraires à la règle
ecclésiastique se sont produites : ainsi on a accordé le bain
spirituel et aussitôt après le baptême la dignité épiscopale ou
sacerdotale à des hommes, qui avaient à peine passé de la vie
païenne a la foi, et qui n’avaient été instruits que pendant très
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 24 sur 493 copyright ©
peu de temps; il est juste qu’à l’avenir on n’agisse plus ainsi, car
il faut un temps d’épreuve au catéchumène, et après le baptême
une plus longue épreuve. Elle est claire la parole de l’apôtre
disant « que l’évêque ne soit pas néophyte, de peur que par
orgueil il ne tombe dans le jugement et dans le piège du démon
». Si dans la suite un clerc se rend coupable d’une faute grave,
constatée par deux ou trois témoins, il doit cesser d’appartenir
au clergé. Celui qui agit contre cette ordonnance, vu qu’il se
montre désobéissant à l’égard de ce grand concile, risquera lui-
même de perdre sa place dans le clergé.
Des femmes qui cohabitent avec des clercs.
Le grand concile a défendu absolument aux évêques, aux
prêtres et aux diacres, et en un mot à tous les membres du
clergé, d’avoir avec eux une soeur-compagne, à moins que ce ne
fût une mère, une soeur, une tante, ou enfin les seules personnes
qui échappent à tout soupçon.
Par combien d’évêques un évêque est élu.
L’évêque doit être avant tout choisi par tous ceux de la
province; mais si une nécessité urgente ou la longueur de la
route s’y opposait, trois évêques absolument doivent se réunir et
procéder à l’élection, munis du consentement écrit des absents.
La confirmation de ce qui s’est fait revient de droit dans chaque
province à l’évêque métropolitain.
Des excommuniés, qu’il ne faut pas que d’autres les reçoivent,
et des synodes à réunir deux fois par an.
Pour ce qui est des excommuniés clercs ou laïcs, la sentence
portée par les évêques de chaque province doit avoir force de
loi, conformément à la règle prescrivant que celui qui a été
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 25 sur 493 copyright ©
excommunié par l’un ne doit pas être admis par les autres. Il
faut cependant s’assurer que l’évêque n’a pas porté cette
sentence d’excommunication par étroitesse d’esprit, par esprit
de contradiction ou par quelque sentiment de haine. Afin qu’un
tel examen puisse avoir lieu, il a paru bon d’ordonner que dans
chaque province on tint deux fois par an un synode, afin que
tous les évêques de la province étant réunis, on fasse toutes les
enquêtes nécessaires; ainsi ceux qui de l’avis commun auraient
désobéi à leur évêque seront justement considérés par tous
comme excommuniés, jusqu’à ce qu’il plaise à l’assemblée des
évêques d’adoucir leur sentence. Ces conciles devront se tenir
l’un avant le quarantième jour pour que, ayant éloigné tout
sentiment pusillanime, l’on puisse présenter à Dieu une
offrande pure, et le second pendant l’automne.
De la primauté revenant à certains sièges et de ce qu’il ne faut
pas nommer un évêque sans l’avis du métropolitain.
Que l’ancienne coutume en usage en Égypte, dans la Libye et
la Pentapole soit maintenue, c’est-à-dire que l’évêque
d’Alexandrie conserve la juridiction sur toutes ces provinces,
car il y a le même usage pour l’évêque de Rome. On doit de
même conserver aux Églises d’Antioche et des autres diocèses
leurs anciens droits.
Il est bien évident que si quelqu’un est devenu évêque sans
l’approbation du métropolitain, le concile décide qu’un tel n’est
même pas évêque. D’autre part, l’élection ayant été faite par
tous avec discernement et d’une manière conforme aux règles
de l’Église, si deux ou trois font de l’opposition par pur esprit
de contradiction, la majorité l’emportera.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 26 sur 493 copyright ©
De l’évêque d’Aelia.
Comme la coutume et l’ancienne tradition portent que l’évêque
d’Aelia doit être honoré, qu’il obtienne la préséance d’honneur,
sans préjudice cependant de l’autorité qui revient à la
métropole.
De ceux qui se disent cathares.
Au sujet des clercs de ceux qui s’appellent eux-mêmes les
cathares le grand concile décide, si jamais ils veulent entrer en
groupe dans l’Église catholique et apostolique, qu’on leur
impose les mains, et qu’ils restent ensuite dans le clergé; mais
avant tout ils promettront par écrit de se soumettre aux règles
disciplinaires de l’Église catholique et apostolique, et d’y
conformer leur conduite, c’est à dire qu’ils devront communier
avec ceux qui se sont mariés en secondes noces et avec ceux qui
ont failli pendant la persécution, mais font pénitence de leurs
fautes; pour lesquels on a justement établi un temps d’épreuve
et on en a fixé la modalité, afin qu’ils puissent être admis a
toutes les pratiques de l’Église catholique et apostolique. Par
conséquent, lorsque dans les villages et dans les villes il ne se
trouve que des clercs de leur parti, ceux-ci gardèrent leur rang;
mais si un prêtre ou un évêque catholique se trouvait là pour
recevoir l’un ou l’autre d’entre eux, il est évident que l’évêque de
l’Église catholique conservera la dignité épiscopale, tandis que
celui qui a été décoré du titre d’évêque par les cathares n’aura
droit qu’aux honneurs réservés aux prêtres, à moins que l’évêque
ne trouve bon de le laisser jouir de l’honneur du titre; s’il ne le
veut pas, qu’il lui donne une place de chorévêque ou de prêtre,
afin qu’il paraisse faire réellement partie du clergé, sans qu’il y
ait deux évêques dans une ville.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 27 sur 493 copyright ©
De ceux qui sont promus au sacerdoce sans enquête.
Si quelques-uns ont été sans enquête élevés à la prêtrise, ou si
au cours de l’enquête ils ont avoué leurs fautes et malgré cet
aveu des hommes désobéissant au canon leur ont imposé les
mains, le canon n’admet pas de tels sujets dans le clergé; car
l’Église catholique exige d’être irrépréhensible.
De ceux qui ont renié leur foi pendant la persécution, puis
furent admis à la cléricature.
Les lapsi qui auront été ordonnés, soit que ceux qui les ont
ordonnés aient ignoré leur chute, soit qu’ils l’aient négligée, ne
sauraient réclamer d’une prescription en faveur de leur
appartenance au clergé; ils seront déposés dés qu’on aura connu
leur faute.
De ceux qui ont renié leur foi et sont parmi les laïcs.
Quant à ceux qui ont failli pendant la tyrannie de Licinius sans
y être poussés par la nécessité ou par la confiscation de leurs
biens ou par un danger ou rien de pareil, le concile décide qu’on
les traitera avec ménagement, quoique, à la vérité, ils ne s’en
soient pas montrés dignes. Ceux d’entre eux qui sont
véritablement repentants et qui sont déjà baptisés, feront
pénitence pendant trois ans parmi les audientes, et sept ans
avec. Les substrati; et les deux années suivantes ils participeront
avec le peuple fidèle aux prières, sans prendre part à l’offrande.
De ceux qui ont quitté les rangs de l’armée, puis retournèrent
dans le siècle.
Ceux qui appelés par la grâce et obéissant au premier
mouvement ont déposé leur ceinturon, mais qui ensuite
semblables à des chiens sont revenus à leurs vomissements, au
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 28 sur 493 copyright ©
point que certains ont même donné de l’argent et des présents
pour être réintégrés dans le service public, ceux-là devront
rester trois ans parmi les audientes et dix ans parmi les
substrati. Mais pour ces pénitents il faut avoir soin d’étudier
leurs sentiments et leur genre de contrition; en effet, ceux
d’entre eux qui avec crainte et des larmes accompagnées de
soumission à la pénitence et de bonnes oeuvres, montrent ainsi
par des faits la sincérité d’un retour réel, après avoir accompli le
temps de leur pénitence parmi les audientes, pourront être
admis à prier avec les fidèles, et il dépend même de l’évêque de
les traiter avec quelque plus d’indulgence. Quant à ceux qui
supportent avec indifférence la pénitence imposée et pensent
que cette sorte d’admission à l’Église suffit à leur retour, ceux-là
seront tenus de faire tout le temps prescrit.
De ceux qui demandent à être reçus dans le sein de l’Église a
l’heure de la mort.
On doit observer à l’égard des mourants l’antique et
traditionnelle loi de ne pas priver du dernier et si nécessaire
viatique celui qui est près de mourir. Si après avoir été dans un
état désespéré et admis à la communion, il revient à la vie, il
doit être placé parmi ceux qui ne participent qu’à la prière,
jusqu’à l’accomplissement du temps fixé par ce grand concile
oecuménique. En règle générale l’évêque doit donner
l’eucharistie après enquête à toute personne qui, étant sur le
point de mourir, la demande.
Des catéchumènes qui ont failli.
Le saint et grand concile ordonne que les catéchumènes qui
ont failli soient seulement audientes pendant trois ans; ils
pourront après cela prier avec les autres catéchumènes.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 29 sur 493 copyright ©
Du clerc qui passe d’un diocèse à un autre.
Les troubles et les divisions nous ont fait juger bon d’abolir la
coutume qui, contrairement au canon, s’est établie dans certains
pays; en sorte qu’il est défendu aux évêques, aux prêtres et aux
diacres de passer d’une ville à une autre. Si quelqu’un ose après
le présent décret du saint et grand concile faire pareille chose
ou s’y emploie, ses machinations seront frappées de nullité et il
devra revenir dans l’église pour laquelle il avait été ordonné
évêque, prêtre ou diacre.
De ceux qui ne restent pas dans les paroisses pour lesquelles on
les avait ordonnés.
Les prêtres ou les diacres ou en général ceux du clergé qui
audacieusement, sans considérer la crainte de Dieu et, ignorant
la discipline ecclésiastique, abandonnent leur église, ne doivent
en aucune façon être reçus dans une autre église; on doit les
forcer de toutes manières à revenir dans leur diocèse, et s’ils s’y
refusent, on doit les excommunier. Si quelqu’un ose, pour ainsi
dire, voler un sujet qui appartient à un autre évêque, et s’il ose
l’ordonner pour sa propre église sans la permission de l’évêque,
au clergé duquel ce clerc appartient, l’ordination sera nulle.
Des clercs qui prêtent à l’intérêt.
Comme plusieurs de ceux qui sont inscrits sur le rôle du clergé,
remplis d’avance et d’esprit d’usure, oubliant la parole sacrée,
qui dit : « Il n’a pas donné son argent à intérêt », prêtent et
exigent des centièmes, le saint et grand concile a jugé juste
d’ordonner que si quelqu’un après la publication de ce décret
prend des intérêts pour un prêt ou pour n’importe quel motif,
ou bien retient la moitié du prêt, ou invente autre chose en vue
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 30 sur 493 copyright ©
de réaliser un gain honteux, il sera exclu du clergé et son nom
rayé du rôle.
Que les diacres ne doivent pas donner la communion aux
prêtres, ni s’asseoir en leur présence.
Il est venu à la connaissance du saint et grand concile que dans
certains endroits et dans certaines villes les diacres distribuent
l’eucharistie aux prêtres, ce qui est contraire au canon et à la
coutume, de faire donner en communion le corps du Christ à
ceux qui l’offrent en sacrifice par ceux qui ne peuvent l’offrir; il
a été mandé également que certains diacres se communiaient
même avant les évêques. Tout cela doit cesser; les diacres
doivent se tenir dans les limites de leurs attributions, se
souvenir qu’ils sont les serviteurs des évêques, et inférieurs aux
prêtres. Ils ne doivent recevoir la communion qu’après les
prêtres, ainsi que l’ordre l’exige, que ce soit un évêque ou un
prêtre qui la leur distribue. Les diacres ne doivent pas non plus
s’asseoir parmi les prêtres, cela est contre la règle et contre
l’ordre. Si quelqu’un refuse d’obéir aux présentes prescriptions,
il sera suspendu du diaconat.
De ceux qui reviennent à l’Église de la secte de Paul de
Samosate.
A l’égard des paulianistes qui reviennent à l’Église catholique,
une ordonnance fut édictée, portant qu’ils doivent absolument
être rebaptisés. Si quelques-uns d’entre eux étaient auparavant
membres de leur clergé, ils seront rebaptisés, puis ordonnés par
l’évêque de l’Église catholique, à la condition toutefois qu’il
aient eu une vie sans tache et irréprochable; mais si l’enquête
montre qu’ils sont indignes, on doit les exclure du clergé. On
agira de même à l’égard des diaconesses, et en général la même
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 31 sur 493 copyright ©
règle sera observée pour tous ceux qui sont inscrits sur les rôles
du clergé. Nous mentionnâmes celles, qui chez les paulianistes
sont inscrites comme diaconesses, parce qu’elles n’ont pas reçu
d’imposition des mains et qu’elles doivent absolument être
comptées parmi les laïcs.
Qu’il ne faut pas plier le genou aux jours de dimanche et au
temps de la pentecôte.
Comme quelques-uns plient le genou le dimanche et aux jours
du temps de la pentecôte, le saint concile a décidé que, pour
observer une règle uniforme dans tous les diocèses, tous
adresseront leur prières à Dieu en restant debout.
Les 7 canons du concile réuni à Constantinople à la 9ème
indiction, sous le consulat d’Euchère et d’Evagre, le 6ème jour
des calendes d’août, en l’an 429 de l’ère d’Antioche.
Que les décisions prises à Nicée demeureront inaltérables et de
l’anathème des hérétiques.
La profession de foi des 318 pères réunis à Nicée en Bithynie,
ne doit pas être altérée, mais au contraire conserver toute son
autorité, et l’on doit anathématiser toute hérésie, en particulier
celle des eunomiens ou anoméens, celle des ariens ou
eudoxiens, celle des semi-ariens ou pneumatistes, celle des
sabelliens, celle des marcelliens, celle des photiniens et celle des
apollinaristes.
Du bon ordre à garder dans chaque province et de la primauté
qui revient aux grands sièges d’Alexandrie, d’Antioche et de
Constantinople, et de ce qu’un évêque ne doit pas intervenir
dans un évêché autre que le sien.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 32 sur 493 copyright ©
Les évêques qui sont à la tête d’un diocèse ne doivent pas
s’immiscer dans les affaires des Églises qui sont hors de leurs
limites, ni jeter par là le trouble dans les Églises. Mais,
conformément aux canons, l’évêque d’Alexandrie administrera
uniquement les affaires de l’Égypte, les évêques d’Orient
gouverneront les Églises du seul Orient, tout en gardant la
préséance reconnue par les canons à l’Église d’Antioche, et les
évêques du diocèse d’Asie administreront les affaires de l’Asie
seule, et ceux du Pont uniquement les affaires du Pont et ceux
de la Thrace, les affaires de la Thrace seule. A moins d’être
appelés, les évêques ne doivent jamais intervenir hors de leurs
diocèses pour des élections d’évêques ou quelqu’autre acte
ecclésiastique. Tout en observant au sujet des diocèses la règle
prescrite ci-dessus, il est évident que, conformément aux
ordonnances de Nicée, le synode provincial décidera des
affaires de toute la province. Quant aux Églises de Dieu qui
sont parmi les nations barbares, elles doivent être gouvernées
selon la coutume établie du temps de nos pères.
Que l’évêque de Constantinople est le second après celui de
Rome.
Cependant l’évêque de Constantinople aura la préséance
d’honneur après l’évêque de Rome, puisque cette ville est la
nouvelle Rome.
De l’ordination illicite de Maxime.
Au sujet de Maxime le cynique et des désordres qui se sont
produits à cause de lui à Constantinople, (nous déclarons) que
Maxime n’a jamais été évêque, et qu’il ne l’est pas même
aujourd’hui, ni ceux qui ont été ordonnés par lui, pour quelque
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 33 sur 493 copyright ©
degré de la cléricature que ce soit, car tout ce qui s’est fait à son
sujet, et tout ce qu’il a fait lui-même est sans valeur.
Que le tome de foi des occidentaux est recevable.
Nous référant au tome des occidentaux, nous avons aussi reçu
ceux d’Antioche qui professent l’égale divinité du Père, du Fils
et du saint Esprit.
De ceux que l’on doit admettre à l’accusation contre des
évêques et des prêtres.
Comme dans le but de troubler l’ordre de l’Église, plusieurs
imaginent, par un esprit de haine et de calomnie, des
accusations contre les évêques orthodoxes, chargés du
gouvernement de l’Église, ne se proposant par là, que de porter
atteinte à l’honneur du sacerdoce et d’agiter le peuple
naturellement amoureux de la paix, le saint concile des évêques
réunis à Constantinople a décidé qu’à l’avenir on ne recevra pas
les accusateurs sans enquête préalable; et l’on ne permettra pas
à tous sans distinction de se porter comme accusateurs contre
ceux qui gouvernent les Églises, sans cependant l’interdire à
tous d’une manière absolue et sans distinction; mais, lorsque
quelqu’un portera contre l’évêque une accusation personnelle, c.
à d. privée, soit qu’il ait subi un dommage de la part de celui-ci,
soit qu’il ait été traité injustement d’une manière quelconque,
on ne doit pas dans les accusations de cette sorte prendre en
considération la personne ou la religion du plaignant, car la
conscience de l’évêque doit être libérée de l’accusation, et celui
qui croit avoir subi un dommage doit obtenir justice, quelle que
soit la région à laquelle il appartient. Mais si la plainte portée a
trait à des choses de l’Église, il faut alors examiner ce que sont
les accusateurs; car il faut éviter avant tout que des hérétiques
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 34 sur 493 copyright ©
ne portent contre des évêques orthodoxes des accusations qui
concernent les affaires de l’Église; (nous regardons comme
hérétiques ceux qui sont déjà depuis longtemps exclus de
l’Église et qui ensuite ont été anathématisés par nous; de
même, ceux qui professent la foi orthodoxe, mais qui se
séparant des évêques en communion avec nous, tiennent des
conventicules). En outre, des membres de l’Église, déjà
condamnés pour certains motifs ou exclus ou excommuniés,
fussent-ils clercs ou laïcs, doivent avant de porter une plainte
contre un évêque, se laver eux-mêmes de leurs propres
inculpations. De même ceux qui sont sous le coup d’une
accusation, ne peuvent à leur tour se porter accusateurs contre
l’évêque ou contre d’autres clercs avant d’avoir démontré leur
innocence au sujet des imputations portées contre eux. Mais si
des personnes qui ne sont ni hérétiques, ni excommuniées, qui
n’ont pas subi de condamnation et qui ne sont pas sous le coup
d’une accusation, croient avoir à se plaindre de l’évêque dans les
choses de l’église, le saint concile leur ordonne de soumettre ces
plaintes au jugement des évêques réunis de la province et de
prouver par devant eux les accusations portées contre l’évêque
incriminé; et si les évêques de la province sont dans
l’impossibilité de porter remède aux torts dont l’évêque est
accusé, alors les accusateurs s’adresseront au concile plus
considérable des évêques de ce diocèse, qui se réunira pour
juger cette affaire-là mais ne pourront porter leur plainte à ce
dernier, avant d’avoir promis par écrit d’accepter pour eux la
peine qui reviendrait à l’accusé convaincu de culpabilité, s’il
était prouvé par l’examen de l’affaire que leurs accusations
contre l’évêque fussent des calomnies, Mais si quelqu’un ne
tenant pas compte des présentes prescriptions, ose fatiguer les
oreilles de l’empereur ou bien agiter les salles d’audience de
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 35 sur 493 copyright ©
l’autorité civile ou bien le concile oecuménique, témoignant par
là du mépris pour les évêques du diocèse, on ne doit pas lui
permettre de se porter accusateur, parce qu’ii ne tient pas
compte des canons et qu’il trouble l’ordre de l’Église.
De ceux qui reviennent à la vraie foi, comment les recevoir.
Ceux qui passent de l’hérésie à l’Orthodoxie et à l’héritage des
élus, doivent être reçus de la manière suivante. Les ariens et les
macédoniens, les sabbaziens et les novatiens qui se qualifient de
pures, et les aristeroi, de même que les tétradites et les
apollinaristes, ne doivent être admis qu’après avoir
anathématisé par écrit toutes les hérésies qui ne s’accordent pas
avec la sainte, catholique et apostolique Église de Dieu, et aussi
après avoir été marqués ou oints du saint chrême en forme de
croix au front, aux yeux, au nez, à la bouche et aux oreilles; et en
les marquant du signe de la croix nous disons : Sceau du don
du saint-Esprit. Quant aux eunomiens qui ne baptisent qu’avec
une seule immersion, et aux montanistes que l’on appelle ici
phrygiens, et aux sabelliens qui enseignent la doctrine du Fils-
égale-Père et commettent d’autres choses abominables, et
enfin, pour les autres hérétiques, (et il en existe ici un grand
nombre, surtout ceux qui viennent de la Galatie), s’ils veulent
passer à l’orthodoxie, nous ne les recevons que comme des
païens : le premier jour nous les marquons du signe du
chrétien, le second jour nous en faisons des catéchumènes, le
troisième jour nous les exorcisons en leur soufflant trois fois sur
le visage et sur les oreilles, et nous les instruisons alors et les
laissons venir à l’église pendant un an à entendre les saintes
écritures, après cela nous les baptisons.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 36 sur 493 copyright ©
CANONS DU 3ème CONCILE D’ÉPHÈSE
Les 8 canons des 200 saints pères, réunis à Éphèse après le
13ème consulat de Flavius Théodose et 3ème de Flavius
Valentinien, empereurs éternels, le dixième jour des calendes de
juillet.
Des métropolitains sectateurs de Nestorius et de Célestius.
Comme il fallait que les évêques qui n’ont pas assisté au concile,
mais sont restés dans leur territoire ne soient pas sans savoir ce
qui a été décidé, nous faisons savoir à votre sainteté, que :
Le métropolitain qui abandonne ce saint et oecuménique
concile, pour entrer dans l’assemblée des apostats ou qui y
entrera à l’avenir; ou celui qui a partagé les opinions de
Célestius ou les partagera à l’avenir, celui-là perd toute
juridiction sur les évêques de la province, et est déjà exclu de
toute communion et déclaré suspens par le concile. Les évêques
de sa province et les métropolitains voisins qui sont orthodoxes
doivent veiller à ce qu’il soit entièrement dépossédé du rang
d’évêque.
Des évêques qui rejoignent ceux de Nestorius.
Si d’autre part certains évêques suffragants n’ont pas assisté au
saint concile et ont passé à l’apostasie, ou bien cherchent à y
passer, ou bien, après avoir signé la déposition de Nestorius,
sont ensuite retournés à l’assemblée des apostats, ceux-là
suivant la sentence du saint concile, sont exclus du sacerdoce et
déchus de leur rang.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 37 sur 493 copyright ©
Des clercs déposés par Nestorius à cause de leur orthodoxie.
Si dans une ville ou une campagne quelconque des clercs ont
été déposés par Nestorius ou ses partisans, à cause de leurs
sentiments orthodoxes, nous avons jugé qu’à juste titre ils
doivent être réintégrés dans leurs fonctions. En règle générale
nous ordonnons que les clercs, qui reçoivent ce concile
orthodoxe et oecuménique ou le recevront maintenant ou
après, en quelque temps que ce soit ne doivent être
subordonnés en aucune manière et à aucun moment aux
évêques qui ont apostasié ou qui apostasieront ou qui vont à
l’encontre des saints canons et de la vraie foi.
Des clercs sectateurs de Nestorius.
Si certains clercs apostasient et osent prendre parti,
secrètement ou publiquement, pour Nestorius, ils sont eux aussi
déposés par ce saint concile.
Des clercs condamnés à des peines ecclésiastiques, absous par
Nestorius.
Quant à ceux qui ont été condamnés pour des actions
coupables par un saint synode ou par leurs propres évêques, et
auxquels Nestorius, agissant contre les canons, avec
l’indifférence qui le caractérise, ou bien ses partisans ont
cherché ou chercheront à rendre la communion ou leur rang,
nous avons jugé qu’ils ne doivent retirer aucun profit de ce fait
et n’en demeureront pas moins déposés.
De ceux qui enfreignent les décisions du concile.
De même, au sujet de tous ceux qui voudraient renverser d’une
manière quelconque les décisions du saint concile à propos
d’un chacun, le concile décide que, s’ils sont évêques ou clercs,
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 38 sur 493 copyright ©
ils perdront entièrement leur rang, et s’ils sont laïcs, ils seront
excommuniés.
Acclamation contre ceux qui altèrent la foi de Nicée.
Le saint concile a décidé qu’il ne sera pas permis de produire
en public, d’écrire ou de composer un symbole de foi autre que
celui défini par les saints pères réunis à Nicée sous la conduite
du saint Esprit. Ceux qui oseront composer un autre symbole,
le répandre, ou le présenter à ceux qui veulent se convertir et
reconnaître la vérité, venant du paganisme, du judaïsme ou de
n’importe quelle hérésie, ceux-là, s’ils sont évêques ou clercs,
seront dépouillés, les évêques de l’épiscopat et les clercs de la
cléricature; s’il sont laïcs, ils seront anathématisés. De même, si
des évêques, des clercs ou des laïcs étaient convaincus
d’admettre ou d’enseigner la doctrine contenue dans l’exposé du
prêtre Charisius, au sujet de l’incarnation du Fils unique de
Dieu, ou bien encore les enseignements impurs et pervers de
Nestorius qui y sont adjoints, qu’ils tombent sous le coup de la
sentence de ce saint et oecuménique concile, c. à d. que le
évêque soit dépouillé de son épiscopat et soit déposé, et le clerc
pareillement soit déchu de la cléricature, et si c’est un laïc, qu’il
soit anathématisé, comme il a été dit plus haut.
Voeu concernant les évêques de Chypre, qu’ils élisent à eux
seuls aux sièges vacants de leur île.
Un fait, qui est une innovation contraire aux coutumes
ecclésiastique et une atteinte a la liberté de tous nous a été
rapporté par Réginus, l’évêque très aimé de Dieu, et ses
compagnons, les très pieux évêques Zénon et Evagre, de la
province de Chypre. C’est pourquoi, comme le mal commun a
besoin d’une remède d’autant plus fort que sa nuisance est plus
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 39 sur 493 copyright ©
grande, vu qu’aucune coutume n’a existé jusqu’ici que l’évêque
de la ville d’Antioche sacre des évêques à Chypre, ainsi que les
très pieux hommes qui ont eu recours au saint concile nous le
prouvèrent par leurs rapports et de vive voix, les chefs des
saintes églises de Dieu en Chypre resteront sans être inquiétés
ni exposés à la violence, si, observant les canons des saints et
vénérés pères, ils procèdent par eux-mêmes, selon l’ancienne
coutume, à l’élection des très pieux évêques. Cette même règle
sera aussi observée dans les autres diocèses et dans toutes les
provinces, en sorte qu’aucun des évêques aimés de Dieu ne
s’empare d’une autre province, qui ne fût déjà et dès le début
sous son autorité ou sous celle de ses prédécesseurs; et s’il s’en
était emparé et par force se la fût assujettie, il la rendra, afin que
les canons des pères ne soient pas enfreints, ni que sous le
prétexte d’actes sacrés ne s’insinue l’orgueil de la puissance
mondaine et que sans nous en rendre compte nous perdions
peu à peu la liberté, que nous a donnée par son propre Sang
Jésus Christ notre Seigneur, le Libérateur de tous les hommes.
Il a été donc décidé par le saint concile oecuménique que
soient sauvegardés à chaque province purs et inviolés les droits
acquis déjà et dès le début selon l’usage établi depuis toujours
et le métropolitain sera autorisé de prendre copie conforme de
notre décision pour garantir ainsi la sécurité de sa province. Si
quelqu’un produisait une ordonnance opposée à la définition
présente, le saint et oecuménique concile tout entier décide que
cette ordonnance sera nulle et non avenue.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 40 sur 493 copyright ©
CANONS DU 4ème CONCILE DE CHALCÉDOINE
Les 28 canons et deux autres sous forme d’interrogation, des
630 saints pères, réunis à Chalcédoine sous le consulat de
Marcien, empereur éternel, et de celui qui sera désigné consul,
le 8ème jour des calendes de novembre.
Qu’il faut garder inaltérables les canons des conciles.
Les canons décrétés jusqu’ici dans chaque concile par les saints
pères nous voulons qu’ils gardent force de loi.
Qu’il ne faut pas faire des ordinations contre de l’argent.
Si un évêque fait une ordination à prix d’argent et met à l’encan
la grâce sans prix, et ordonne pour de l’argent un évêque ou un
chorévêque ou un prêtre ou un diacre ou quelqu’un de ceux
inscrits au catalogue des clercs, ou nomme a prix d’argent un
économe ou un avoué ou un tuteur d’église ou en général
quelqu’un de la curie, poussé par un bas sentiment de lucre,
celui qui entreprend une telle chose, s’expose, si le fait est
prouve, à perdre son propre grade; celui qui a été ordonné de
cette manière ne tirera aucun profit de l’ordination ou de la
promotion, mais perdra la dignité ou la place acquise ainsi a
prix d’argent. Si de plus quelqu’un s’est entremis pour ce
commerce honteux et prohibé, il devra, s’il est clerc, déchoir de
son grade, et s’il est laïc, être frappé d’anathème.
Qu’un clerc ou un moine ne doivent pas s’occuper d’affaires
étrangères à leur vocation.
Il est venu à la connaissance du saint concile que quelques
membres du clergé, par un honteux esprit de lucre, louent des
biens étrangers et deviennent entrepreneurs d’affaires
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 41 sur 493 copyright ©
temporelles, et que, négligeant le service de Dieu, ils
fréquentent les maisons des gens du monde et se chargent par
avarice de la gestion de leurs propriétés. Aussi le saint et grand
concile a-t-il décidé que désormais aucun évêque ou clerc ou
moine ne doit affirmer des propriétés ou se faire administrateur
de biens séculiers, sauf si l’on était appelé par la loi sans pouvoir
s’y soustraire à se charger de la tutelle de mineurs, ou bien si
l’évêque de la ville chargeait pour l’amour du seigneur
quelqu’un du soin des affaires des orphelins ou des veuves sans
défense ou des personnes qui ont plus particulièrement besoin
du secours de l’église. Si à l’avenir quelqu’un enfreint cette
ordonnance, il doit être frappé des peines ecclésiastiques.
Que les moines ne doivent rien entreprendre contre l’avis de
leur évêque ni fonder un monastère, ni se charger d’affaires
temporelles.
Ceux qui mènent la vraie et authentique vie monacale doivent
être honorés comme il convient. Mais comme certains pour
lesquels la vie monastique n’est qu’un prétexte, mettent le
trouble dans les affaires de l’église et de l’état, en circulant sans
se préoccuper de rien dans les villes et cherchant même d’ériger
des monastères pour leurs personnes; il a été décidé, que nul ne
pourrait en quelque endroit que ce fût, bâtir ou ériger un
monastère ou un oratoire sans l’assentiment de l’évêque de la
ville. En outre, que les moines de la ville et de la campagne
soient soumis à l’évêque, qu’ils aiment la paix, ne s’appliquent
qu’au jeûne et à la prière et gardent la stabilité dans les lieux où
ils ont fait profession, qu’ils ne se mêlent pas importunément
des affaires de l’église et du monde, ni ne s’en occupent en
quittant leurs monastères, à moins qu’ils n’aient obtenu
l’autorisation de l’évêque de la ville pour une affaire urgente.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 42 sur 493 copyright ©
Qu’en outre nul esclave ne soit reçu dans un couvent pour y
devenir moine sans la permission de son maître. Quiconque
transgressera notre présente ordonnance nous décidons qu’il
soit excommunié, afin que le Nom du Seigneur ne soit pas
blasphémé. L’évêque de la ville doit cependant veiller, comme il
convient, à l’entretien des monastères.
Qu’un clerc ne doit pas passer d’un diocèse à un autre.
Au sujet des évêques ou des clercs qui passent d’une ville à
l’autre, on doit leur appliquer les canons qui ont été décrétés à
leur égard par les saints pères.
Qu’aucun clerc ne doit être ordonné sans titre.
Nul ne doit être ordonné sans un titre, ni prêtre ni diacre ni
aucun clerc en général, s’il ne lui est assigné spécialement une
Église de ville ou de bourg ou un martyrium ou un couvent. Au
sujet de ceux qui ont été ordonnés sans un titre le saint concile
a décidé que leur ordination sera sans effet et que pour la honte
de celui qui l’a conférée, ils ne pourront exercer nulle part leurs
fonctions.
Que des clercs ou des moines ne doivent pas prendre du service
civil.
Ceux qui sont entrés dans la cléricature ou qui se sont faits
moines, ne doivent plus prendre du service dans l’armée ou
accepter une charge civile; sinon ceux qui ont osé le faire et ne
s’en repentent pas de manière à revenir à ce qu’ils avaient
auparavant choisi pour l’amour de Dieu doivent être
anathématisés.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 43 sur 493 copyright ©
Que les hospices, les sanctuaires de martyrs et les monastères
doivent être sous l’autorité de l’évêque.
Les clercs desservant les hospices des pauvres, les couvents et
les chapelles des martyrs, doivent rester sous la juridiction des
évêques de chaque ville et ne pas perdre toute mesure en se
rebellant contre leur évêque. Ceux qui oseront contrevenir à
cette ordonnance d’une manière quelconque et ne se
soumettront pas à leur évêque, s’ils sont clercs, ils seront soumis
aux peines canoniques, et s’ils sont moines ou laïcs, ils seront
privés de communion.
Que les clercs ne doivent pas recourir à un tribunal civil, mais
avoir leur évêque pour juge.
Si un clerc a quelque chose contre un autre clerc, il ne doit pas
laisser son évêque pour recourir à des tribunaux civils; qu’il
soumette d’abord l’affaire au tribunal de son évêque, ou, de
l’avis de l’évêque, à ceux que les deux parties agréeront; si
quelqu’un agit contre cette prescription, qu’il soit frappé des
peines canoniques. Si un clerc a quelque chose contre son
évêque ou contre un évêque étranger, il doit porter le différend
devant le synode de la province. Enfin, si un évêque ou un clerc
a quelque chose contre le métropolitain de la province, il doit
porter l’affaire devant le primat du diocèse ou bien devant le
siège de la ville impériale de Constantinople, et s’y faire rendre
justice.
Qu’un clerc ne doit pas appartenir au clergé de deux diocèses.
Il n’est pas permis à un clerc d’être inscrit parmi le clergé de
deux villes à la fois, de celle pour laquelle il a été ordonné au
début, et de celle où il a cherché refuge, par sentiment de
vanité, parce qu’elle était plus considérable : ceux qui ont fait
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 44 sur 493 copyright ©
cela doivent être ramenés à l’église, pour laquelle ils ont été dès
le début ordonnés et n’exercer que là leurs fonctions. Mais si
quelqu’un a déjà été transféré d’une Église dans une autre, il ne
doit plus s’occuper en rien des affaires de la première Église :
chapelles de martyrs, hospices de pauvres, hôtelleries de
pèlerins, qui dépendent de celle-ci. Quiconque après la
publication de l’ordonnance de ce grand et oecuménique
concile osera faire quelque chose de ce qui y est défendu, devra
selon la décision du saint concile perdre son grade.
Qu’il faut munir de lettres de paix ceux qui ont besoin d’aide et
ne donner de lettres de recommandation qu’à des personnes de
qualité.
Tous les pauvres et ceux qui ont besoin de secours doivent
après enquête être munis pour voyager de lettres brèves ou
lettres ecclésiastiques de paix seulement et non de lettres de
recommandation; parce que les lettres de recommandation ne
s’accordent qu’à des personnes de bonne réputation.
Qu’un évêque ne doit pas faire élever son siège au rang de
métropole par lettre impériale et qu’une province ne saurait
être divisée en deux.
Nous avons appris que quelques-uns, agissant en opposition
avec les principes de l’église, s’adressent aux pouvoirs publics et
font diviser en deux par des pragmatiques impériales une
province ecclésiastique, si bien qu’à partir de ce moment-là il y
a deux métropolitains dans une seule province. Le saint concile
décrète qu’à l’avenir nul évêque n’ose agir ainsi; s’il le fait, ce
sera à ses risques. Quant aux villes qui ont déjà obtenu par
lettres impériales le titre de métropole, elles doivent, de même
que l’évêque qui les gouverne, se contenter d’un titre
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 45 sur 493 copyright ©
honorifique, et les droits proprement dits doivent rester à la
véritable métropole.
Que les clercs partis de leur diocèse sans lettres de
recommandation de l’évêque ne sauraient célébrer.
Les clercs étrangers et les lecteurs ne doivent aucunement
exercer leurs fonctions dans une vie autre que la leur, sans être
munis de lettres de recommandation de leur propre évêque.
Que les clercs inférieurs ne doivent pas s’allier par mariage à
des hérétiques.
Comme dans quelques provinces on a permis aux lecteurs et
aux chantres de se marier, le saint concile a décrété qu’aucun
d’eux ne doit épouser une femme hérétique; ceux qui ont eu des
enfants après avoir contracté de pareilles mariages, s’ils ont déjà
fait baptiser leurs enfants chez les hérétiques, doivent les
présenter à la communion de l’église catholique; si ces enfants
ne sont pas encore baptisés, ils ne doivent pas les faire baptiser
chez les hérétiques, ni les donner en mariage à un hérétique, à
un juif ou à un païen, à moins que la personne qui doit se
marier à la partie orthodoxe ne promette d’embrasser la foi
orthodoxe. Si quelqu’un va contre cette ordonnance du saint
concile, il sera frappé des peines canoniques.
Des diaconesses.
On ne doit pas ordonner des diaconesses avant l’âge de
quarante ans, et cela après une probation sévère. Si après avoir
reçu l’ordination et exercé son ministère quelque temps, elle
vient à se marier, faisant ainsi injure à la Grâce de Dieu, elle
doit être anathématisée, ainsi que celui auquel elle s’est unie.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 46 sur 493 copyright ©
Que les vierges consacrées à Dieu ne peuvent contracter
mariage.
Une vierge qui s’est consacrée à Dieu le Seigneur, de même
qu’un moine, ne doivent plus se marier; s’ils le font, ils doivent
être excommuniés. Toutefois nous statuons que l’évêque du lieu
aura plein pouvoir pour adoucir cette peine.
Que l’administration de trente années assure la possession, et
au sujet des villes récemment fondées.
Les paroisses de campagne ou de village appartenant à une
Église doivent rester sans changement aux évêques qui les
possèdent, surtout s’ils les ont administrées sans conteste
depuis trente ans. Si pendant ces trente ans il a éclaté ou s’il
éclate un différend, ceux qui se croient lésés peuvent porter
l’affaire devant le synode de la province. Si en pareil cas
l’évêque pense que son propre métropolitain l’a desservi, qu’il
porte l’affaire devant l’exarque du diocèse ou bien devant le
siège de Constantinople comme il a été dit plus haut. Si par
ordre de l’empereur une ville a été ou sera fondée, le rang
hiérarchique des églises devra se conformer à l’ordre civil et
public des cités.
Qu’un clerc ne peut prendre part à une conjuration ou à une
société secrète.
Le crime de société secrète étant déjà défendu par la loi civile,
doit être à plus forte raison prohibé dans l’église de Dieu; si
donc il est prouvé que des clercs ou des moines se sont conjurés
ou bien ont formé une société secrète ou bien ont ourdi des
machinations contre des évêques ou contre leurs collègues dans
la cléricature, ils doivent déchoir de leur grade.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 47 sur 493 copyright ©
Que dans chaque province des synodes se feront deux fois par
an.
Il est venu à nos oreilles que dans les provinces les synodes des
évêques prescrits par les canons n’étaient pas tenus et que pour
ce motif bien des réformes ecclésiastiques nécessaires étaient
négligées. Aussi le saint concile a-t-il décidé que,
conformément aux canons des saints pères, les évêques de
chaque province se réuniront deux fois par an, là où le
métropolitain le trouverait bon, et y résoudront les cas qui se
présenteraient. Les évêques qui ne s’y rendront pas, quoique se
trouvant dans leurs villes en bonne santé et libres de toute
affaire urgente et nécessaire, seront fraternellement
réprimandés.
Qu’un clerc ne doit pas être transféré d’un diocèse à l’autre.
Les clercs qui sont attachés à une Église, ainsi que nous l’avons
déjà ordonné, ne doivent pas se mettre au service de l’église
d’une autre ville, mais se s’attacher à celle, pour le service de
laquelle ils ont été trouvés dignes dès le début; à l’exception
toutefois de ceux qui ayant été privés de leur pays d’origine,
furent forcés de passer à une autre Église. Si après ce canon un
évêque reçoit dans son clergé un clerc appartenant à un autre
évêque, évêque recevant et clerc reçu seront privés de
communion, jusqu’à ce que le transfuge revienne à sa propre
Église.
Que des clercs sans réputation ne sauraient se porter
accusateurs contre des évêques.
Clercs et laïcs qui portent des accusations contre des évêques
ou des clercs, ne doivent point être admis comme accusateurs
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 48 sur 493 copyright ©
simplement et sans enquête, avant que leur bonne réputation
n’ait été auparavant prouvée.
Que les clercs ne peuvent après la mort de leur évêque
s’emparer de ses biens personnels.
Il n’est pas permis aux clercs de s’emparer après la mort de leur
évêque des biens qui lui appartenaient, ainsi que cela fut déjà
défendu par les anciens canons. Ceux qui feront cela courent
risque de perdre leurs propres dignités.
Qu’il faut chasser de Constantinople les clercs et les moines
étrangers, qui troublent l’ordre.
Il est venu à la connaissance du saint concile que quelques
clercs et moines, sans mission de leur évêque, parfois même
excommuniés par lui, se rendant à Constantinople y font un
long séjour, occasionnant des troubles et semant le désordre
dans l’église et bouleversant même les maisons des particuliers.
Pour ces motifs, le saint concile a résolu que le syndic de la très
sainte Église de Constantinople avertirait d’abord ces gens-là
d’avoir à quitter la capitale; et s’ils persistaient dans leur
effronterie, le même syndic devra les expulser de la ville et les
renvoyer dans leur pays.
Que les monastères ne doivent pas devenir des maisons privées.
Les monastères une fois consacrés du consentement de
l’évêque, doivent rester à jamais monastères, et les biens qui leur
appartiennent doivent leur être conservés; ces couvents ne
peuvent plus devenir des habitations laïques. Quiconque
permettrait qu’ils le deviennent, devra subir les peines
canoniques.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 49 sur 493 copyright ©
Qu’une Église ne doit pas être privée d’évêque au-delà de trois
mois.
Ayant appris que plusieurs métropolitains négligent leur
troupeau et diffèrent l’élection des évêques, le saint concile a
décidé que l’élection des évêques doit être faite dans les trois
mois, à moins qu’il n’y eût une nécessité absolue de différer plus
longtemps; si le métropolitain n’agit pas ainsi, il sera soumis
aux peines ecclésiastiques. Les revenus de l’Église privée de
pasteur doivent être conservés intégralement par l’économe de
cette Église.
Que tout évêque doit administrer les biens de son Église par
l’intermédiaire d’un économe.
Ayant appris que dans quelques églises les évêques
administraient sans aucun économe les biens d’Église, le
concile a statué que toute Église qui a un évêque, doit aussi
avoir un économe pris dans le clergé de cette Église, qui
administrera les biens de l’Église de l’avis de son évêque. Ainsi
l’administration de l’Église ne sera pas sans contrôle, les biens
ecclésiastiques ne seront pas dissipés et la dignité du sacerdoce
sera à l’abri des accusations. Si l’évêque ne le fait pas, il subira
les peines canoniques.
Qu’il ne faut pas forcer une femme à se marier.
Les ravisseurs de femmes, même sous prétexte de mariage, et
ceux qui coopèrent avec eux ou les aident, le saint concile a
décidé que, s’ils sont clercs, ils perdront leur dignité, s’ils sont
moines ou laïcs, ils seront anathématisés.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 50 sur 493 copyright ©
Voeu pour la primauté du siège de Constantinople.
Suivant en tout les décrets des saints pères et reconnaissant le
canon lu récemment des cent cinquante évêques aimés de
Dieu, réunis dans la ville impériale de Constantinople, la
nouvelle Rome, sous Théodose le grand, de pieuse mémoire,
nous approuvons et prenons la même décision au sujet de la
préséance de la très sainte Église de Constantinople, la nouvelle
Rome. Les pères en effet ont accordé avec raison au siège de
l’ancienne Rome la préséance, parce que cette ville était la ville
impériale, mûs par ce même motif les cent cinquante évêques
aimés de Dieu ont accordé la même préséance au très saint
siège de la nouvelle Rome, pensant que la ville honorée de la
présence de l’empereur et du sénat et jouissant des mêmes
privilèges civils que Rome, l’ancienne ville impériale, devait
aussi avoir le même rang supérieur qu’elle dans les affaires
d’église, tout en étant la seconde après elle; en sorte que les
métropolitains des diocèses du Pont, de l’Asie (proconsulaire)
et de la Thrace, et eux seuls, ainsi que les évêques des parties de
ces diocèses occupés par les barbares, seront sacrés par le saint
siège de l’église de Constantinople; bien entendu, les
métropolitains des diocèses mentionnés sacreront
régulièrement avec les évêques de leur provinces les nouveaux
évêques de chaque province, selon les prescriptions des canons,
tandis que, comme il vient d’être dit, les métropolitains de ces
diocèses doivent être sacrés par l’évêque de Constantinople,
après élection concordante faite en la manière accoutumée et
notifiée au siège de celui-ci.
Qu’un évêque forcé à se démettre de son siège ne doit pas être
mis au rang des prêtres.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 51 sur 493 copyright ©
Les magnifiques et très glorieux seigneurs dirent : Au sujet des
évêques qui ont été sacrés par le très pieux évêque Photius, puis
écartés par le très pieux évêque Eustathe et réduits au rang de
simple prêtre, nonobstant la consécration épiscopale, quel est
l’avis du saint concile ? Paschasinus et Lucentius, les très pieux
évêques, et le prêtre Boniface, légats du siège apostolique de
Rome, dirent :
Réduire un évêque au rang d’un simple prêtre est un sacrilège.
Si une raison légitime l’éloigne de l’exercice des fonctions
épiscopales, il ne doit pas non plus occuper le rang d’un prêtre;
si au contraire il a été éloigné de sa charge sans s’être rendu
coupable, il doit être réintégré dans sa dignité épiscopale.
Anatole, le très pieux archevêque de Constantinople, dit :
Ceux qui de la dignité épiscopale ont été réduits au rang de
simple prêtre, s’ils ont été condamnés pour des motifs
suffisants, doivent aussi être indignes de l’honneur du
sacerdoce; s’ils ont été réduits sans motif suffisant à un degré
inférieur, la justice demande que, leur innocence une fois
démontrée, ils recouvrent la dignité et l’exercice des fonctions
de l’épiscopat.
Que les évêques de l’Egypte ne sont pas coupables du fait qu’ils
n’ont pas souscrit à la lettre de Léon, le saint évêque de Rome.
Les magnifiques et très glorieux seigneurs et le très ample sénat
dirent : Comme les évêques d’Égypte ont différé jusqu’à
présent de signer la lettre du très saint archevêque Léon, non
par opposition à la foi catholique, mais parce qu’ils disent que
dans le diocèse d’Égypte il est d’usage de ne pas faire pareille
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 52 sur 493 copyright ©
chose sans l’assentiment et les instructions de l’archevêque, et
qu’ils demandent un délai jusqu’à l’élection du futur archevêque
de la grande ville d’Alexandrie; il nous a paru raisonnable et
humain qu’on leur accorde de rester à Constantinople dans leur
dignité d’évêque, jusqu’à l’élection de l’archevêque de la grande
ville d’Alexandrie.
Paschasinus, le très pieux évêque et légat du siège apostolique,
dit : Si votre autorité le veut, et vous demandez qu’on leur
accorde une faveur pleine d’humanité, qu’ils donnent des gages
qu’ils ne sortiront point de cette ville, jusqu’au jour où la ville
d’Alexandrie aura un évêque. Les magnifiques et très glorieux
seigneurs et le très ample sénat dirent : La motion du très saint
évêque Paschasinus sera confirmée; donc, les très pieux évêques
des égyptiens, gardant leur dignité d’évêque, ou bien donneront
des gages, si cela est possible, ou bien promettront par serment,
d’attendre ici l’élection du futur archevêque de la grande ville
d’Alexandrie.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 53 sur 493 copyright ©
CANONS DU VIème CONCILE IN TRULLO
Canons des 165 saints pères réunis à Constantinople dans la
salle de la Coupole, du palais impérial sous Justinien, notre très
pieux empereur aimé du Christ.
Adresse des saints pères réunis à Constantinople dans la salle
de la Coupole à Justinien le très pieux empereur.
Au très pieux empereur Justinien aimé du Christ, le saint
concile oecuménique réuni sur la divine initiative et par décret
de votre très pieux pouvoir en cette ville impériale gardée de
Dieu.
Maintenant que l’ineffable et divine Grâce de notre
rédempteur et sauveur Jésus Christ a conquis toute la terre, et
la prédication vivifiante de la vérité fut semée dans toutes les
oreilles, le peuple assis dans les ténèbres de l’ignorance a vu la
grande lumière de la connaissance et fut délivré des chaînes de
l’erreur, échangeant le royaume des cieux contre l’antique
esclavage tandis que celui qui fut dépouillé de la beauté de la
splendeur première à cause de son orgueil, le premier dragon, la
Grande intelligence, l’Assyrien, est vaincu par ses anciens
prisonniers et perd toute vigueur grâce à la puissance du verbe
fait chair, selon ce qui est écrit : « Les glaives de l’ennemi
vinrent à manquer totalement. » En effet, partout un culte
rationnel est institué, l’offrande parfaite est présentée, et Dieu
S’offrant en sacrifice et distribué pour le bien des corps et des
âmes, divinise les participants; par suite de quoi les démons
sont mis en fuite et l’assemblée sacrée des hommes réunis dans
les églises se sanctifie mystiquement, et le paradis de la joie
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 54 sur 493 copyright ©
pure est ouvert à tous, et, en un mot, toute la création est
rénovée.
Mais comme le diable, l’assassin du genre humain, qui s’est
jadis élevé contre le Seigneur tout-puissant et conçut et enfanta
la douleur de là rébellion, ne souffrant pas de nous voir nous
relever de la chute de la désobéissance et nous envoler vers les
cieux grâce à notre premier-né, le Christ, qui s’est donné lui-
même pour nous comme rançon, ne cesse de lancer les traits du
mal et de blesser les fidèles avec les passions, afin qu’ils perdent
le don qui leur fut fait d’être sous la conduite de l’Esprit, d’être
honorés de sa présence et d’avoir sa Grâce; Dieu aussi, qui dans
sa Bonté nous accordera la couronne et nous conduit Lui-
même vers le salut, ne nous a pas abandonnés sans secours,
faisant surgir contre lui à chaque génération les hommes qui se
rangèrent dans l’arène de cette vie armés des armes de la vraie
foi et lui firent la guerre; ils ont brandi l’épée de l’Esprit, c’est-
à-dire la parole de Dieu, et livrant ainsi le combat contre le
malin, ils l’ont dépouillé de son empire tyrannique sur nous;
pasteurs des troupeaux, rendant droites les voies du Seigneur
pour les peuples, afin que ceux-ci ne soient point poussés par
l’ignorance du bien vers les précipices de l’iniquité et n’y
glissent imperceptiblement, il fallait en effet que Celui qui nous
a fait le don d’être et transforma par la grandeur de sa
Condescendance et de son Humilité notre race et la rappela à
Lui et l’éleva vers Lui, nous montrât aussi le sentier menant au
mieux être par l’intermédiaire des docteurs et lumières de
l’Église, qui illuminent notre démarche vers Dieu et nous
exhortent à vivre selon l’évangile, puisque leur vie, selon la
parole de l’apôtre, « fut une vie céleste ».
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 55 sur 493 copyright ©
Pour nous aussi, qui passons notre vie dans une trop grande
nonchalance et nous sommes endormis dans la paresse de nos
pensées, au point que l’ennemi nous guettant au tournant du
chemin nous a surpris sans garde et, nous dérobant
insensiblement notre vertu, nous l’a échangée contre le vice, le
Christ notre dieu, le commandant de cet immense navire qu’est
l’univers entier, a fait surgir vous, notre sage capitaine, notre
pieux empereur, pour être notre vrai protecteur, qui nous
dispense la parole en prudence, garde la vérité pour toujours,
rend jugement et justice sur terre et marche dans une voie sans
reproche. La sagesse vous a porté dans son sein et vous a mis au
monde bien orné de vertus, vous a élevé et formé et rempli du
divin esprit, faisant ainsi de vous l’oeil de la terre habitée, pour
illuminer splendidement le peuple soumis à votre empire par la
limpidité et l’éclat de votre intelligence; c’est à vous qu’elle a
confié son Église, vous qu’elle a enseigné de méditer jour et
nuit sa loi pour instruire et édifier les peuples soumis à votre
pouvoir. Vous qui, surpassant le zélé Phinéès par l’ardeur de
votre élan vers dieu et déracinant le péché par la puissance de
votre piété et votre prudence, vous êtes proposé d’arracher aussi
votre troupeau du vice et de la corruption. Il convenait en effet
que celui qui tient en ses mains le gouvernail du genre humain
remis dans le sillage céleste, ne pensât pas qu’à lui et au
gouvernement de sa vie, mais à sauver ses administrés aussi de
la tempête et du grand tourbillon de leurs fautes, au moment
où les souffles du malin nous assaillent de partout et secouent
violemment notre corps humilié.
Or, comme les deux saints conciles oecuméniques, réunis dans
cette ville impériale gardée de dieu, l’une au temps de Justinien,
mort dans le Seigneur, l’autre sous Constantin de pieuse
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 56 sur 493 copyright ©
mémoire feu notre empereur, père de votre mansuétude, ayant
exposé par décret conciliaire le mystère de notre foi, n’ont point
écrit des canons disciplinaires, à l’exemple des quatre autres
saints conciles oecuméniques, canons grâce auxquels les peuples
se détourneraient d’une conduite mauvaise et basse pour
embrasser une vie meilleure et plus élevée; il en résulta que la
nation sainte, le sacerdoce royal, pour laquelle le Christ est
mort, tiraillée par de nombreuses passions désordonnées et
entraînée sournoisement par elles, se détachant peu à peu du
bercail et divisé en elle-même, glissant par suite de l’ignorance
et de l’oubli loin des oeuvres de vertu, et, pour employer
l’expression de l’apôtre, « foulant aux pieds le Fils de dieu et
considérant comme une chose vile le sang du testament
nouveau qui la sanctifia, insulta de la sorte à la Grâce de
l’Esprit ». Cette nation sainte, désireux de la rassembler comme
un peuple de choix, à l’imitation du Christ le pasteur,
recherchant par les monts la brebis égarée, pour la remettre
dans son bercail et l’amener à garder les commandements et les
divins préceptes, grâce auxquels nous nous éloignons des
oeuvres de mort et recouvrons la vie; après avoir discuté en
vous-même tous les moyens de salut, cherchant dieu selon la
parole de l’écriture : « celui qui cherche le Seigneur trouvera
savoir et justice, et ceux qui le cherchent avec rectitude
trouveront la paix », vous avez décidé de réunir ce saint concile
oecuménique choisi de dieu, afin que le commun accord et
l’entente du grand nombre vous fasse réussir à souhait ce que
vous désirez; et si quelque vestige de l’audace païenne ou
judaïque était mêlé au blé mûr de la vérité, qu’il soit extirpé
comme la zizanie avec la racine et que l’aire de l’Église en soit
nettoyée. Car, « là ou deux ou trois sont réunis en mon Nom,
J’y suis au milieu d’eux », dit la voix du Seigneur; et Il nous
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 57 sur 493 copyright ©
clame par le prophète Jérémie : « recherchez-Moi de tout votre
coeur et je Me montrerai à vous ».
Nous étant donc réunis dans ce but sur l’ordre de votre piété en
cette ville impériale gardée de dieu, nous avons écrit des saints
canons. Et nous prions votre piété, dans les termes mêmes dont
se servirent les pères réunis jadis en cette ville gardée de dieu
sous notre feu empereur Théodose de sainte mémoire, que par
votre pieuse signature vous couronniez le terme de nos
décisions, de même que vous avez honoré l’Église par la
convocation du concile.
Et que le Seigneur garde votre règne dans la paix et la justice, le
continue de génération en génération et ajoute à votre empire
terrestre la jouissance du royaume des cieux.
Décret de garder sans innovation ni altération la foi transmise
par les saints conciles oecuméniques.
L’ordre parfait, c’est de commencer au début de tout discours
ou action par dieu et de terminer en dieu, selon le mot de saint
Grégoire le Théologien. C’est pourquoi, en ce temps où nous
prêchons ouvertement la vraie religion et où l’Église fondée
dans le Christ grandit et progresse sans cesse au point de
s’élever au dessus des cèdres du Liban, nous aussi en
commençant avec la Grâce de dieu nos saints discours, nous
ordonnons de garder sans innovations et invulnérable la foi qui
nous a été transmise par les apôtres choisis de Dieu, qui ont vu
et servi le Verbe.
De même que celle des trois cent dix-huit saints et
bienheureux pères, qui se sont réunis à Nicée sous le règne de
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 58 sur 493 copyright ©
Constantin feu notre empereur contre l’impie Arius et
l’hétérothéisme ou pour mieux dire le polythéisme qu’il a
enseigné ils nous ont révélé et expose clairement dans
l’unanimité de leur profession de foi la consubstantialité des
trois hypostases de ta nature divine : ils n’ont pas permis qu’elle
soit cachée sous le boisseau de l’ignorance, mais ont enseigne
ouvertement les fidèles à adorer dans une unique adoration le
Père et le Fils et le saint Esprit; ils ont démoli et mis en pièces
la croyance à l’inégalité des degrés dans la divinité et jeté à terre
et reversé les jouets enfantins faits de sable par les hérétiques
contre la vraie foi.
Nous affirmons de même la foi proclamée sous le règne du
grand Théodose feu notre empereur par les cent cinquante
saints pères rassemblés en cette cite impériale, embrassant leurs
déclarations sur la théologie du saint Esprit et rejetant avec les
ennemis antérieurs de la vérité le sacrilège Macedonius, parce
qu’il a osé effrontément prendre le maître pour un esclave et
préféré comme un bandit déchirer l’indivisible Trinité, en sorte
que le mystère de notre espérance eût été incomplet; nous
condamnons avec cet homme détestable, enragé contre la
vérité, Apollinaire, le maître d’iniquité, qui expectora l’opinion
impie que le Seigneur assuma un corps sans intelligence,
déduisant par là, lui aussi, que notre salut est resté incomplet.
Nous sanctionnons de même, comme un rempart inébranlable
de la vraie religion, les enseignements édictes par les deux cents
pères inspires de Dieu, réunis la première fois dans la ville
d’Éphèse sous Théodose, feu notre empereur, fils d’Arcadius,
proclamant un seul Christ Fils de Dieu et fait chair, et croyant
la Vierge toute pure qui L’a engendré sans la coopération d’un
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 59 sur 493 copyright ©
homme, vraiment et à proprement parler Mère de Dieu, et
pourchassons comme étant bien éloignée de la réalité divine la
radoteuse division des natures de Nestorius, qui proclamait
dans l’unique Christ un homme distinct et un Dieu distinct,
renouvelant par la l’impiété judaïque.
Nous confirmons aussi la foi gravée en toute orthodoxie par les
six cent trente pères choisis de Dieu, dans la métropole de
Chalcédoine sous Marcien feu notre empereur, foi qui apprit
aux confins de la terre que l’unique Christ, le Fils de Dieu, est
composé de deux natures et est glorifié dans ces mêmes deux
natures; elle a exilé de l’enceinte sacrée de l’Église, comme une
horreur et une souillure le vain Eutychès, qui avait déclaré que
le grand mystère de l’incarnation n’a eu lieu qu’en apparence, et
avec lui Nestorius et Dioscore, instigateurs et défenseurs l’un,
de la division, l’autre, de la confusion des natures, qui venant de
directions opposées sont tombés dans le même précipice de la
perdition et de l’athéisme.
Mais nous connaissons aussi et enseignons à nos successeurs
comme proférées par le saint esprit, les pieuses voix des cent
soixante cinq pères inspirés de Dieu, qui se sont rassembles
dans cette ville impériale sous Justinien de pieuse mémoire feu
notre empereur; ils ont voué par décret conciliaire à l’anathème
et à l’abomination Théodore de Mopsueste, le maître de
Nestorius, Origène et Didyme et Évagre qui ont réinventé les
mythologies païennes et remis en honneur dans le délire et les
rêveries de leurs esprits des renaissances périodiques et des
transformations de certains corps et certaines âmes et se sont
fourvoyés dans la croyance impie du retour des morts à la vie;
les écrits de Théodoret contre la vraie foi et contre les douze
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 60 sur 493 copyright ©
chapitres du bienheureux Cyrille, de même que la lettre dite
d’lbas.
Nous confessons aussi de nouveau de garder inattaquable la foi
du sixième saint concile, qui fut réuni récemment sous
Constantin de sainte mémoire feu notre empereur en cette ville
impériale, et reçut plus d’autorité du fait que le pieux empereur
avait assuré à perpétuité l’authenticité de ses actes, en apposant
à leurs volumes son cachet impérial; il a déclaré que nous
devons croire en toute piété aux deux vouloirs naturels ou
volontés et aux deux opérations naturelles dans l’incarnation de
l’unique notre Seigneur Jésus Christ, et a condamné par un
vote plein de religion ceux qui ont falsifié le vrai dogme de la
vérité et ont enseigné aux peuples une volonté et une opération
dans l’unique Seigneur Jésus Christ notre Dieu, nous voulons
dire Théodore de Pharan, Cyrus d’Alexandrie, Honorius de
Rome, Serge, Pyrrhus, Paul et Pierre, anciens évêques de cette
ville gardée de Dieu, Macaire qui fut évêque de la ville
d’Antioche, Etienne son disciple et l’insensé Polychrone; il a
gardé par là intacte la doctrine d’un corps connaturel au nôtre
du Christ notre Dieu.
En un mot, nous édictons que la foi de tous les hommes, qui se
sont distingués dans l’Église de Dieu, qui sont devenus des
lumières dans le monde, dispensant la parole de vie, demeure
certaine et immuable jusqu’à la consommation des siècles, de
même que leurs écrits et enseignements inspirés de Dieu nous
rejetons et anathématisons ceux qu’ils ont rejetés et
anathématisés comme ennemis de la vérité, qui se sont élevés
pleins de vaine arrogance contre Dieu et ont médité une
injustice extrême.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 61 sur 493 copyright ©
Si jamais quelqu’un ne garde pas et n’embrasse pas les dogmes
déjà énumérés de la vraie foi, et ne croit pas et n’enseigne pas
ainsi, mais tente d’aller à leur encontre, qu’il soit anathème
conformément à la décision déjà édictée par les prédits saints et
bienheureux pères, et qu’il soit expulsé et rejeté de la
communauté chrétienne, comme un étranger qu’il est : car
nous, nous affirmons de toutes les manières que nous pouvons,
qu’en aucune façon on ne doive rien ajouter ou enlever à ce qui
a été jusqu’ici défini.
Confirmation des ordonnances apostoliques, de la tradition des
pères et des Conciles précédents.
Ce saint concile a pris aussi la décision très belle et très
importante, que resteront désormais sûrs et confirmés pour le
salut des âmes et la guérison des passions les 85 canons reçus et
confirmés par les saints et bienheureux pères qui nous ont
précédé, et transmis à nous aussi sous le nom des saints et
glorieux apôtres. Mais comme dans ces canons il nous est
ordonné de recevoir aussi les constitutions des mêmes saints
apôtres rédigées par Clément, dans lesquelles jadis les
hérétiques ont interpolé au dam de l’Église des choses fausses
et étrangères à la vraie foi, qui ont terni la noble beauté des
vérités divines, nous avons décidé de rejeter, comme il
convenait de le faire, ces mêmes Constitutions pour
l’édification et la sécurité du peuple très chrétien, en
désapprouvant absolument les élucubrations des mensonges
hérétiques et nous appuyant sur le pur et complet
enseignement des apôtres.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 62 sur 493 copyright ©
Nous confirmons aussi tous les autres saints canons,
qu’édictèrent nos saints et bienheureux pères, c’est-à-dire, les
trois cent dix huit saints pères réunis à Nicée, ceux d’Ancyre, de
plus ceux de Néocésarée, de même ceux de Gangres, de plus
ceux d’Antioche de Syrie, et aussi ceux de Laodicée de Phrygie;
de plus, les cent cinquante pères, qui se sont réunis dans cette
ville impériale gardée de Dieu et les deux cents, rassemblés la
première fois à Éphèse, et les six cent trente saints et
bienheureux pères de Chalcédoine : de même ceux de Sardique,
de plus ceux de Carthage, et aussi ceux qui de nouveau se sont
réunis dans cette ville impériale gardée de Dieu sous Nectaire
évêque de cette ville impériale et Théophile feu l’archevêque
d’Alexandre.
Mais aussi les canons de Denys qui fut archevêque de la grande
ville d’Alexandre et de Pierre qui fut archevêque d’Alexandrie
et martyr, de Grégoire le thaumaturge, qui fut évêque de
Néocésarée, d’Athanase archevêque d’Alexandre, de Basile
archevêque de Césarée en Cappadoce, de Grégoire évêque de
Nysse, de Grégoire le Théologien, d’Amphiloque d’Iconium, de
Timothée le premier qui fut archevêque d’Alexandre, de
Théophile archevêque de la même grande ville d’Alexandrie, de
Cyrille archevêque de la même Alexandrie et de Gennade qui
fut patriarche de cette ville impériale gardée de dieu : de plus,
le canon édicté par Cyprien, qui fut archevêque du pays de
l’Afrique, et par son synode, canon qui resta en vigueur selon la
tradition dans les territoires seuls de ces évêques. Il n’est permis
à personne de falsifier les canons énumérés plus haut, ou de les
déclarer nuis ou d’admettre d’autres canons que ceux-là,
composés en contrefaçon par ceux qui ont essayé d’exploiter la
vérité. Si quelqu’un est convaincu d’innover à propos de
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 63 sur 493 copyright ©
quelque canon ou d’essayer de le tourner, il aura à répondre de
ce même canon, soumis à la peine que ce canon impose et guéri
par ce canon même contre lequel il a péché.
Des prêtres et des clercs.
De la place dans le sanctuaire des prêtres qui ont contracté un
second mariage ou se sont mariés après l’ordination et de ceux
qui ont épousé une veuve ou une épouse renvoyée.
Comme notre pieux empereur aimé du Christ demanda dans
son allocution à ce saint et oecuménique concile qu’il rende
tous ceux, qui sont inscrits dans les rangs du clergé et par le
canal desquels passent aux hommes les grâces des sacrements,
purs et irréprochables ministres, dignes du sacrifice spirituel du
grand dieu, victime et pontife en même temps, et qu’il les
purifie des souillures de leurs mariages illicites comme d’autre
part ceux de la très sainte Église romaine se proposent de
suivre la très sévère discipline, et ceux du siège de cette vide
impériale gardée de dieu la règle de l’humanité et de la
condescendance, nous avons fondu les deux tendances en une
seule, afin que la mansuétude ne dégénère pas en dissolution ni
l’austérité en amertume, ayant en vue surtout la faute par
ignorance, qui atteint une multitude non négligeable d’hommes
nous décidons que les clercs qui se sont laissés aller a des
secondes noces et, esclaves du péché, n’ont pas voulu s’en relever
jusqu’au quinze du mois de janvier écoulé de la quatrième
indiction commencée de l’année six mille cent quatre vingt dix-
neuf soient condamnés a la déposition canonique.
Tandis que ceux qui sont tombés dans cette souillure des
secondes noces, mais ont reconnu leur intérêt spirituel avant
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 64 sur 493 copyright ©
notre réunion et ont éloigné de leur personne le mal, en
rompant cette union étrange et illégitime, ou bien ceux dont les
conjointes dans les secondes noces sont déjà mortes, ou bien
ceux qui ont eux-mêmes pourvu a leur retour a dieu, se
remettant à la pratique de la chasteté et se hâtant de ne plus
penser à leurs iniquités passées; si ces clercs sont des prêtres ou
des diacres ou des sous-diacres, ceux-là il fut décidé qu’ils
soient démis de toute fonction sacerdotale, de toute activité,
après avoir fait pénitence un temps déterminé, ils auront
cependant part aux honneurs du siège et de la place occupés
par ceux de leur rang, se contentant de cette préséance et
implorant du seigneur le pardon de l’iniquité commise par
ignorance : il serait en effet déraisonnable de bénir un autre,
lorsqu’on a à panser ses propres blessures.
Ceux qui n’ont eu qu’une épouse, mais leur conjointe était une
veuve, de même que ceux qui après l’ordination ont contracté
un mariage illégitime, prêtres, diacres et sous-diacres, après un
bref temps de suspense des fonctions sacrées et de pénitence,
seront de nouveau rendus à leur propre grade, sans pouvoir
avancer à un grade supérieur, le mariage illicite étant
évidemment dissous.
De par notre autorité épiscopale nous avons formulé ces règles
à propos de ceux qui ont été surpris dans les seules fautes
mentionnées au-dessus jusqu’au quinze janvier, disions-nous,
de la quatrième indiction, et nous ordonnons dés ce jour et
renouvelons le canon qui dit : « Celui qui après le baptême s’est
marié deux fois, ou bien a eu une concubine, ne pourra être
évêque, ni prêtre, ni diacre, ni même faire partie du clergé »; de
même « celui qui a épousé une veuve, ou une femme renvoyée
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 65 sur 493 copyright ©
par son mari, ou une courtisane ou une esclave ou une
comédienne, ne pourra être évêque ni prêtre ni diacre ni même
faire partie du clergé ».
De la peine canonique de celui qui abuse d’une femme
consacrée à Dieu.
Si un évêque ou un prêtre ou un diacre ou un sous-diacre ou un
lecteur ou un préchantre ou un portier a eu un commerce
charnel avec une femme vouée à Dieu, qu’il soit déposé, car il a
séduit l’épouse du Christ : si c’est un laïc, qu’il soit
excommunié.
Qu’aucun clerc supérieur ne doit cohabiter avec une servante.
Qu’aucun de ceux qui sont inscrits dans l’ordre du clergé
supérieur et qui n’habite pas avec les personnes non suspectes
vivant sous une règle, n’ait chez lui une femme ou une servante,
gardant par là sa réputation inattaquable; si cependant
quelqu’un enfreignait ce que nous ordonnons, qu’il soit déposé.
Les eunuques doivent observer la même règle, pourvoyant à
leur renom sans reproche; s’ils l’enfreignent, étant clercs, ils
seront déposés, laïcs, ils seront excommuniés.
Qu’il n’est pas permis aux prêtres et aux diacres de contracter
mariage après leur ordination.
Comme il est dit dans les Canons apostoliques, que « seuls
parmi les célibataires promus dans les rangs du clergé, les
lecteurs et les préchantres peuvent se marier, nous aussi,
observant cette prescription, nous ordonnons qu’à partir de
maintenant aucun sous-diacre ni diacre ni prêtre n’a point le
droit, une fois l’ordination reçue, de contracter mariage; s’il ose
le faire, qu’il soit déposé. Si quelqu’un de ceux qui s’engagent
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 66 sur 493 copyright ©
dans le clergé veut s’unir à une femme par les liens d’un
mariage légitime, qu’il le fasse avant son ordination au sous-
diaconat ou au diaconat ou à la prêtrise.
Que le diacre ne doit pas s’asseoir avant le prêtre.
Comme nous avons appris que dans certains Églises il se
trouve des diacres, occupant des charges administratives, qui,
devenus par là arrogants et prétentieux, prennent place avant
les prêtres, nous ordonnons qu’un diacre, quelle que soit la
dignité ou charge ecclésiastique qu’il occupe, ne s’assoie avant
le prêtre; sauf si représentant la personne de son propre
patriarche ou métropolitain, il n’arrive dans une autre ville
épiscopale pour traiter une affaire : il aura alors les honneurs
dus à celui qu’il remplace. Si quelqu’un ose faire cela, usant
d’arrogance tyrannique, un tel sera destitué de son rang et
occupera la dernière place dans l’ordre dont il fait partie dans
son Église car notre Seigneur nous exhorte à ne pas nous
réjouir des premières places, selon l’enseignement de notre
Seigneur et Dieu lui-même dans l’évangile de saint Luc;
observant en effet comme les invités recherchaient les
premières places, il leur dit une parabole en ces termes :
Lorsqu’on vous invitera à des noces, ne vous mettez pas à la
première place, de peur qu’il ne se trouve parmi les convives un
personnage plus considérable que vous, et que celui qui vous a
invités, vous et lui, ne vienne vous dire : cédez la place à celui-
ci, et qu’alors, vous n’ayez la honte d’être mis à la dernière place.
Mais, quand vous serez invité, allez vous mettre à la dernière
place, et lorsque celui qui vous a invité viendra, et vous dira :
ami, montez plus haut, alors cela sera pour vous un honneur
aux yeux de tous ceux qui seront à table avec vous. Car
quiconque s’élève sera abaissé, et quiconque s’abaisse sera élevé
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 67 sur 493 copyright ©
». La même règle sera observée par les autres ordres aussi, car
nous savons bien que les dignités spirituelles l’emportent sur les
dignités séculières.
Qu’un synode annuel doit avoir lieu dans chaque province au
lieu que déterminera le métropolitain.
Désireux d’observer nous aussi ce qui fut décidé par nos saints
pères nous renouvelons de même le canon qui ordonne de «
tenir chaque année des synodes des évêques de chaque
province, au lieu que l’évêque de la métropole choisira ». Mais,
comme par suite des incursions des barbares et pour d’autres
raisons imprévues qui surviennent, les pasteurs des Églises se
trouvent dans l’impossibilité de tenir des synodes deux fois par
an, il fut décidé que de toute façon une fois par an dans chaque
province sera tenu un synode des évêques précités, en vue des
affaires ecclésiastiques qui se présenteront normalement, dans
le temps qui va de la fête de Pâques à la fin du mois d’octobre
de chaque année, au lieu que l’évêque de la métropole, comme
nous disions plus haut, choisira. « Les évêques qui ne s’y
rendraient pas, tout en se trouvant dans leurs diocèses, étant en
bonne santé et libres de toute occupation urgente et nécessaire,
seront fraternellement repris ».
Qu’un clerc ne doit pas tenir un cabaret.
A aucun clerc il n’est permis de tenir un cabaret : car, s’il est
défendu à un tel d’entrer dans un cabaret, combien plus doit-il
ne pas y servir d’autres dans un tel lieu et leur offrir ce qui lui
est interdit a lui-même ? S’il fait cela, qu’il cesse ou qu’il soit
déposé.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 68 sur 493 copyright ©
Qu’un prêtre ne doit pas percevoir des intérêts ou des
centièmes.
Un évêque ou un prêtre ou un diacre qui perçoit des intérêts ou
ce qu’on appelle des centièmes, doit cesser de le faire ou être
déposé.
Qu’il ne faut pas fréquenter les Juifs, converser avec eux ou
recevoir d’eux des médicaments.
Qu’aucun de ceux qui sont inscrits dans les rangs du clergé, ou
même un laïc ne mange les azymes en usage chez les Juifs, ni
ne se rende leur familier ni ne les appelle dans les maladies,
recevant d’eux des remèdes, ni ne fréquente absolument les
bains publics en leur compagnie; si quelqu’un tente de faire
cela, clerc, qu’il soit déposé, laïc, excommunié.
Qu’aucun évêque ne doit cohabiter avec son ex-épouse.
Il est venu de même à notre connaissance qu’en Afrique et en
Libye et en d’autres lieux les pasteurs aimés de Dieu de ces
territoires ne laissent pas que de cohabiter avec leurs épouses,
même après que le sacre leur fut conféré, offrant ainsi aux
peuples une pierre d’achoppement et un scandale. Ayant donc
le grand souci que tout se fasse pour l’édification des peuples
que nous avons a régir, nous avons décidé qu’une telle manière
d’agir n’ait plus lieu. Nous ne disons pas cela pour enfreindre
ou renverser les ordonnances apostoliques, mais pour procurer
le salut des peuples et leur progrès dans la vertu, et pour n’offrir
aucune occasion de blâme contre la discipline ecclésiastique; en
effet, le divin apôtre dit : « Faites tout pour la gloire de Dieu,
ne donnez de scandale ni aux Juifs, ni aux Grecs, ni à l’Église
de Dieu c’est ainsi que moi-même je m’efforce de complaire à
tous en toutes choses, en cherchant non mon propre avantage,
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 69 sur 493 copyright ©
mais celui du grand nombre, afin que beaucoup d’hommes
soient sauvés : soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-
même du Christ ». Si quelqu’un est pris faisant cela, qu’il soit
déposé.
Des prêtres et des diacres, qu’ils peuvent garder leurs épouses.
Comme nous avons appris que dans l’Église de Rome il s’est
établi comme règle qu’avant de recevoir l’ordination de diacre
ou de prêtre les candidats promettent publiquement de ne plus
avoir des rapports avec leurs épouses nous, nous conformant à
l’antique règle de la stricte observation et de la discipline
apostolique, nous voulons que les mariages légitimes des
hommes consacrés à Dieu restent en vigueur même a l’avenir,
sans dissoudre le lien qui les unit à leurs épouses, ni les priver
des rapports mutuels dans les temps convenables. De la sorte, si
quelqu’un est jugé digne d’être ordonné sous-diacre ou diacre
ou prêtre, que celui-là ne soit pas empêché d’avancer dans cette
dignité, parce qu’il a une épouse légitime, ni qu’on exige de lui
de promettre au moment de son ordination, qu’il s’abstiendra
des rapports légitimes avec sa propre épouse; car sans cela nous
insulterions par là au mariage institué par la loi de Dieu et béni
par sa présence, alors que la voix de l’évangile nous crie : « Que
l’homme ne sépare pas ceux que Dieu a unis », et l’apôtre
enseigne « Que le mariage soit respecté par tous et le lit
conjugal sans souillure »; et encore « Es-tu lié à une femme par
les liens du mariage ? ne cherche pas à les rompre ».
Nous savons d’autre part que les pères réunis à Carthage, par
mesure de prévoyance pour la gravité des moeurs des ministres
de l’autel, ont décidé, « que les sous-diacres, qui touchent aux
saints mystères, les diacres et les prêtres aussi pour les mêmes
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 70 sur 493 copyright ©
raisons, s’abstiennent de leurs femmes »; « ainsi nous garderons,
nous aussi, ce qui fut transmis par les apôtres et observé de
toute antiquité, sachant qu’il y a un temps pour toute chose,
surtout pour le jeûne et la prière; il faut en effet que ceux qui
s’approchent de l’autel, dans le temps où ils touchent aux
choses saintes soient continents en toute chose, afin qu’ils
puissent obtenir ce qu’ils demandent en toute simplicité à Dieu
». Si donc quelqu’un, agissant contre les canons apostoliques,
ose priver un clerc des ordres sacrés, c’est-à-dire un prêtre ou
un diacre ou un sous-diacre, des rapports conjugaux et de la
société de sa femme légitime, qu’il soit déposé; de même, « si
un prêtre ou un diacre renvoie sa femme sous prétexte de piété,
qu’il soit excommunié, et s’il persiste, déposé ».
Qu’aucun prêtre ne peut être ordonné avant ses 30 ans, ni un
diacre avant les 25, ou une diaconesse avant les 40.
Que la règle de nos saints pères inspirés de Dieu reste aussi en
vigueur sur le point suivant que « l’on ne doit pas ordonner
prêtre quelqu’un avant sa trentième année, même s’il en est très
digne, mais le faire attendre, car le Seigneur Jésus Christ ne fut
baptisé et ne commença sa prédication qu’à trente ans ». De
même, « qu’on n’ordonne pas un diacre avant ses vingt-cinq ans
» et « une diaconesse avant ses quarante ans ».
Qu’un sous-diacre ne doit pas être ordonné avant ses vingt ans.
Si quelqu’un dans n’importe quel ordre majeur a été ordonné
avant l’âge fixé, qu’il soit déposé.
Que le nombre 7 des diacres des Actes des apôtres ne doit pas
être appliqué aux diacres d’un diocèse.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 71 sur 493 copyright ©
Comme les Actes des apôtres nous apprennent que les apôtres
instituèrent sept diacres et les pères du synode de Néocésarée
ont affirmé clairement dans les canons qu’ils ont édictés, « que
les diacres doivent être au nombre de sept, selon ce canon,
même si la ville est très grande; on en trouvera la preuve dans le
livre des Actes »; nous, cherchant au texte apostolique le sens
qu’en donnent les pères, nous avons trouvé qu’ils parlaient non
pas des ministres des saints mystères, mais du service des
tables; car voici ce que disent les Actes : « En ce temps-là, le
nombre des disciples augmentant, il y eut des plaintes de la
part des Hellénistes contre les Hébreux, de ce que leurs veuves
étaient négligées dans la distribution qui se faisait chaque jour.
Les douze, ayant alors convoqué une réunion de tous les
disciples, leur dirent : il n’est pas convenable que nous
délaissions la parole de Dieu pour faire le service des tables.
Choisissez donc parmi vous, frères, sept hommes de bon
renom, plein de sagesse et remplis du saint Esprit, que nous
chargerons de ce service; et pour nous, nous continuerons de
nous appliquer à la prière et au ministère de la parole. Cette
proposition plut à toute l’assemblée et ils élurent Etienne,
homme plein de foi et rempli du saint Esprit, Philippe,
Procore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, prosélyte
d’Antioche; et ils les présentèrent aux apôtres ».
Jean Chrysostome, le docteur de l’Église, interprétant ce
passage, dit : « Cela mérite notre admiration de voir comment
la multitude ne s’est pas divisée pour le choix des hommes,
comment ils n’ont pas désapprouvé les apôtres. Il nous faut
maintenant savoir quelle fut leur dignité et quelle ordination ils
reçurent. Celle des diacres ? Or, le diaconat n’existait pas encore
dans les Églises. Était-ce la fonction de prêtre ? Or, il n’existait
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 72 sur 493 copyright ©
encore pas même d’évêques, mais les apôtres seuls. C’est
pourquoi je crois que le nom ne désigne d’une manière claire et
évidente ni les diacres ni les prêtres ». Sur ce, nous déclarons
donc nous aussi que, conformément à l’enseignement exposé,
les sept diacres en question ne sauraient être pris pour les
ministres des saints mystères : ce sont ceux qui furent chargés
d’administrer les besoins communs de l’assemblée d’alors; et en
cela du moins ils nous sont un exemple de charité et de zèle au
service des indigents.
Qu’un clerc ne doit pas prendre service dans un autre diocèse
sans l’avis de son évêque.
Parce que des clercs de divers diocèses, abandonnant leurs
Églises accourent vers d’autres évêques, et sans le consentement
de leur propre évêque prennent du service dans d’autres Églises
et deviennent par là des insoumis, nous ordonnons qu’à partir
du mois de janvier de la quatrième indiction commencée,
absolument aucun clerc, quel que soit son grade, n’est autorisé,
sans les lettres dimissoriales de son propre évêque, à prendre du
service dans une autre Église; car celui qui n’observera pas cela
à partir de maintenant, mais fera honte, quant à lui, à celui qui
lui a conféré l’ordination, sera déposé, et en même temps celui
qui l’aura reçu irrégulièrement.
Du retour dans leur diocèse des clercs, qui s’en éloignèrent sous
le prétexte d’une incursion barbare ou pour une autre
circonstance, dès le départ de la nation barbare.
Les clercs qui, sous prétexte d’incursion de barbares ou pour
une autre raison ont quitté leur diocèse, dès que cette raison
cessera ou les incursions des barbares ou ce pour quoi ils
partirent, nous leur ordonnons de retourner à leurs propres
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 73 sur 493 copyright ©
Églises et de ne pas les abandonner trop longtemps sans motif.
Si quelqu’un ne se conforme pas au canon présent, qu’il reste
excommunié, jusqu’à ce qu’il réintègre sa propre Église. La
même peine sera encourue par l’évêque qui le retiendra.
Que les chefs des diocèses doivent donner à leur clergé et à leur
peuple un enseignement religieux, conforme à la tradition des
saints pères inspirés de Dieu.
Les chefs des diocèses doivent certes chaque jour, mais
spécialement le dimanche, instruire le clergé et le peuple dans
la vraie foi, en choisissant dans la sainte écriture les pensées et
les jugements de vérité, sans aller à l’encontre des définitions
déjà édictées ou de la tradition des pères inspirés de Dieu. Et
s’il s’élève une difficulté à propos d’un passage de l’écriture,
qu’ils ne l’interprètent que selon l’enseignement transmis par
les lumières et les docteurs de l’Église dans leurs écrits; qu’ils
cherchent plutôt à se distinguer sur ce point, que de composer
des discours à eux et, pris une fois ou l’autre au dépourvu, de
dépasser les bornes de ce qui est permis; en effet,
l’enseignement des pères précités permettra aux peuples de
distinguer qui est important et à préférer, de ce qui est nuisible
et à rejeter; ils reformeront ainsi leur vie vers le mieux et ne
seront pas pris par le péché d’ignorance, mais au contraire,
attentifs à la doctrine, ils se tiendront en éveil pour ne pas
succomber au mal par crainte des peines qui les menacent.
Qu’un évêque ne doit pas prêcher publiquement dans une ville
épiscopale étrangère, qui a son propre évêque.
Il n’est pas permis à un évêque de prêcher publiquement dans
une ville qui n’appartient pas à son diocèse; si quelqu’un est pris
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 74 sur 493 copyright ©
faisant cela, qu’il soit dépouillé de son évêché et réduit au rang
de prêtre.
Des clercs sujets à des peines canoniques, qui se repentent de
leurs fautes.
Ceux qui ont eu à répondre de délits canoniques et pour cela
sont soumis à la déposition complète et perpétuelle et réduits à
la communion laïque, si de leur propre gré pourvoyant à leur
retour ils quittent le péché à cause duquel ils perdirent la
Grâce, et s’en rendent complètement libres, qu’ils reprennent la
tonsure cléricale; sinon, s’ils ne font pas cela spontanément,
qu’ils gardent les cheveux longs, comme les laïcs, vu qu’ils ont
préféré la vie séculière à la vie céleste.
De ceux qui se font ordonner contre de l’argent.
Ceux qui ont été ordonnés en donnant de l’argent, qu’ils
fussent évêques ou autres clercs, et non point après avoir été
éprouvé et sur la foi de leurs bonnes moeurs, nous ordonnons
qu’ils soient déposés, eux et ceux qui leur ont conféré les ordres.
Que l’on ne doit rien percevoir, en donnant la communion.
Personne d’entre les évêques, prêtres ou diacres ne doit en
donnant la sainte communion exiger de celui qui la reçoit de
l’argent ou une espèce quelconque pour cette communion; car
la Grâce de Dieu n’est pas à vendre et nous ne transmettons pas
la sanctification de l’Esprit contre de l’argent, mais au contraire
nous faisons part du don de Dieu aux dignes sans arrière-
pensée. S’il constate que quelque membre du clergé exige
n’importe quelle espèce de celui à qui il donne la sainte
communion, qu’il soit déposé, comme sectateur de l’erreur et du
méfait de Simon le magicien.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 75 sur 493 copyright ©
Qu’un clerc supérieur ou un moine ne doivent pas monter à
l’hippodrome.
Qu’il ne soit permis à personne dans les ordres majeurs ni à un
moine de monter à l’hippodrome ou d’assister aux jeux du
théâtre. Mais même lorsqu’un clerc sera invité aux noces, dès
que les jeux de déguisements font leur entrée, il se lèvera et
partira aussitôt, ainsi que nous l’ordonne l’enseignement des
pères. Si quelqu’un est pris faisant cela, qu’il cesse ou qu’il soit
déposé.
Que les paroisses de campagnes et de villages doivent rester
entre les mains des évêques qui les administrent.
De plus, nous renouvelons aussi le canon qui prescrit que les
paroisses rurales ou de villages doivent rester sans changement
sous la juridiction des évêques qui les possèdent de fait, surtout
s’ils les ont administrées durant une possession tranquille de
trente ans; si, cependant, pendant ces trente ans s’est élevée ou
s’élève une contestation à leur sujet, il sera permis à ceux qui
prétendent être lésés d’agiter la question devant le synode
provincial.
Que le prêtre engagé à son insu dans un mariage illicite ne doit
garder que sa place dans le sanctuaire.
Le prêtre qui s’est laissé aller par ignorance à un mariage
illicite, aura part aux honneurs du siège, conformément au saint
canon que nous avons édicté, mais s’abstiendra de toute autre
fonction : le pardon seul suffira à un tel; il serait déraisonnable
qu’un homme ayant à panser ses propres blessures veuille en
bénir un autre; car la bénédiction, c’est la communication de la
Grâce, or celui qui ne possède pas celle-ci, par suite de cette
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 76 sur 493 copyright ©
faute même, dans laquelle il est tombé sans le savoir, comment
la communiquera-t-il à un autre ? Qu’il ne bénisse donc ni
publiquement ni en privé, ni ne distribue le corps du Seigneur
aux autres ni n’accomplisse quelque autre fonction
ecclésiastique, mais se contentant de la préséance il implore du
Seigneur le pardon de l’iniquité commise par ignorance. Il est
évident que le mariage illicite sera dissous et l’homme n’aura
aucun rapport avec la femme, à cause de laquelle il fut suspens
du saint ministère.
Que celui qui fait partie du clergé ne doit pas revêtir un habit
inconvenant.
Qu’aucun de ceux qui sont inscrits dans les rangs du clergé ne
se revête d’un habit inconvenant, soit qu’il vive dans la ville, soit
qu’il se trouve en voyage, mais qu’il use des vêtements attribués
par l’usage à ceux qui sont inscrits dans les rangs du clergé. Si
quelqu’un agit de la sorte, qu’il soit excommunié pour une
semaine.
Qu’il ne faut pas mêler l’offrande du raisin à l’offrande du
sacrifice.
Comme nous avons appris qu’en certaines églises, du raisin
étant offert dans le sanctuaire, les célébrants de la divine
liturgie joignent, selon un usage qui y a prévalu, ce raisin à
l’offrande du sacrifice non-sanglant et distribuent ainsi tous
deux au peuple, nous avons décidé que cela ne se fera plus par
aucun clerc consacré, mais on donnera au peuple pour sa
vivification et le pardon des péchés la seule offrande du
sacrifice. Quant au raisin considéré comme offrande de
prémices, les prêtres le béniront à part et le distribueront à ceux
qui le demandent, comme remerciement envers Celui qui
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 77 sur 493 copyright ©
donne les fruits de la terre, grâce auxquels, selon l’ordre de
Dieu, nos corps grandissent et se nourrissent. Si quelque clerc
agit contre nos prescriptions, qu’il soit déposé.
Que le saint sacrifice de l’autel doit être offert par des prêtres à
jeun.
Le canon du synode de Carthage prescrit que « les saints
mystères de l’autel ne soient accomplis que par des hommes à
jeun, sauf au jour anniversaire, où l’on commémore la cène du
Seigneur »; c’est peut-être pour des raisons utiles à l’Église de
ces lieux-là, que ces divins pères ont usé de cette dispense. Or
nous, n’ayant rien qui nous amène à nous relâcher de la stricte
observance, nous ordonnons conformément aux traditions des
apôtres et des pères « qu’il ne faut pas rompre le jeûne le jeudi
de la dernière semaine du carême et déshonorer par là tout le
carême ».
Que ceux qui d’un commun accord ont promis de garder la
continence ne doivent pas cohabiter.
Dans le désir de voir tout contribuer à l’édification de l’Église,
nous avons décidé de pourvoir aussi au bien des prêtres qui
desservent les Églises en pays barbare. Si ceux-ci pensent qu’ils
peuvent transgresser le canon apostolique, qui dit de « ne pas
renvoyer sa propre épouse sous prétexte de piété », et faire plus
que la loi ne prescrit, et par suite de cela d’accord avec leurs
compagnes s’abstiennent de rapports mutuels, nous leur
ordonnons de ne cohabiter en aucune manière avec elles, afin
de nous fournir par là la parfaite preuve de leur propos. Et nous
n’avons montré cette condescendance à leur égard, qu’à cause
de leur pusillanimité et des moeurs étranges et inconstantes de
leurs pays.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 78 sur 493 copyright ©
Qu’on ne doit pas sans l’autorisation de l’évêque célébrer dans
les oratoires qui se trouvent à l’intérieur d’une maison privée.
Les clercs qui célèbrent la divine liturgie dans des chapelles qui
se trouvent à l’intérieur des maisons privées, nous ordonnons
qu’ils le fassent avec l’assentiment de l’évêque du lieu; en sorte
que, si quelque clerc n’observe pas cela de la manière dite, il soit
déposé.
Qu’il faut mêler de l’eau au vin pour le sacrifice non-sanglant.
Comme il est venu à notre connaissance que dans le pays des
Arméniens ceux qui accomplissent le sacrifice non-sanglant
n’offrent au saint autel que du vin sans y mélanger de l’eau,
mettant en avant le docteur de l’Église, Jean Chrysostome, qui
dit dans son commentaire sur l’évangile de saint Matthieu : «
Pourquoi Il n’a pas bu après sa résurrection de l’eau, mais du vin
? Afin d’arracher avec les racines une hérésie perverse; comme
il y a en effet quelques-uns qui ne se servent dans les saints
mystères que d’eau, il leur montra qu’en instituant les mystères
le Christ se servit de vin, et après sa résurrection, lorsqu’il leur
servit une simple table sans mystères, il s’est servi aussi de vin,
du produit, dit-il, de la vigne, or la vigne ne produit pas de
l’eau, mais du vin »; par suite de cela, ils pensent que le docteur
de l’Église abolit l’offrande de l’eau pendant le saint sacrifice.
Pour qu’ils ne soient pas dorénavant sous l’emprise de
l’ignorance, nous leur révélons la pensée orthodoxe du père. La
perverse hérésie des hydroparastates, ancienne déjà, se sert dans
son propre sacrifice l’eau seule au lieu de vin; cet homme
inspiré de Dieu réfutant l’enseignement illégitime de cette
hérésie et montrant qu’ils vont à l’encontre de la tradition
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 79 sur 493 copyright ©
apostolique, il fit la démonstration citée. Car à son Église aussi,
pour laquelle il reçut l’autorité pastorale, il enseigna de
mélanger de l’eau au vin, toutes les fois qu’il faudra célébrer le
sacrifice non-sanglant, pour rappeler le mélange de sang et
d’eau sorti du côté précieux du rédempteur et sauveur, le Christ
notre Dieu, qui coula pour la vivification du monde entier et le
rachat des péchés. De même, dans toute Église, illuminée des
lumières spirituelles des pères, cette ordonnance établie par
Dieu reste en vigueur; car Jacques, le frère selon la chair du
Christ notre Dieu, à qui en premier fut confié le siège de
l’Église de Jérusalem, et Basile l’archevêque de Césarée, dont la
gloire est répandue par tout l’univers, en nous transmettant par
écrit la mystique action sacrale, nous ont enseigné de parfaire
ainsi l’offrande du calice sacré avec de l’eau et du vin. Et les
saints pères rassemblés à Carthage ont expressément rappelé, «
que dans les saints mystères on n’offre rien de plus que le corps
et le sang du Seigneur, comme le Seigneur Lui-même l’a
transmis, c’est-à-dire du pain et du vin mélangé d’eau ». Si donc
un évêque ou un prêtre n’agit pas selon l’ordonnance des
apôtres et n’offre pas le sacrifice immaculé en mélangeant de
l’eau au vin, qu’il soit déposé, car il annonce le mystère du
sacrifice incomplètement et innove contre la tradition.
Que c’est une coutume juive de n’admettre à la cléricature que
ceux de descendance sacerdotale.
Comme nous avons appris que dans le pays des Arméniens
seuls ceux d’une descendance sacerdotale sont admis dans les
rangs du clergé, et c’est des usages juifs que suivent ceux qui
mettent cela en pratique et que même certains d’entre eux sans
la tonsure cléricale s’établissent préchantres et lecteurs de la loi
divine, nous avons décidé, que dorénavant il ne sera pas permis
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 80 sur 493 copyright ©
à ceux qui veulent promouvoir quelqu’un dans la cléricature de
prendre en considération l’origine du candidat, mais, après avoir
examiné s’ils sont dignes dans les conditions fixés par les saints
canons d’être admis à la cléricature, alors seulement on les
ordonnera clercs, qu’ils descendent d’une famille de prêtres ou
non. De plus, il n’est point permis à personne de réciter la
parole sacrée du haut de l’ambon, à la manière de ceux qui sont
dans la cléricature, sans qu’il ait déjà reçu la tonsure cléricale et
la bénédiction du propre pasteur, conformément aux canons. Si
quelqu’un est pris en train d’agir contre ces prescriptions, qu’il
soit excommunié.
De ceux qui prennent part à une conjuration ou à une cabale
contre un évêque ou un clerc.
Le saint canon édictant en termes exprès, que « le crime de
société secrète ou fratrie, étant déjà défendu par la loi civile doit
être à plus forte raison prohibé dans l’Église de Dieu », nous
aussi voulons l’observer; en sorte que les clercs ou les moines
qui se sont unis par serment ou complotent et ourdissent des
machinations contre des évêques ou contre leurs confrères dans
la cléricature, qu’ils soient complètement dépouillés de leur
grade ».
Que le métropolitain ne doit pas enlever ou s’approprier les
biens d’un évêque défunt.
Qu’il ne soit permis à aucun métropolitain d’enlever à la mort
d’un évêque suffragant de son siège les biens appartenant au
défunt ou à son Église ou de se les approprier; mais que ces
biens soient sous la garde du clergé de l’Église dont le défunt
était le pasteur, jusqu’à ce qu’un autre évêque y soit promu. À
moins que dans la dite Église il ne reste plus aucun clerc auquel
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 81 sur 493 copyright ©
cas le métropolitain gardera ces biens intacts, pour les rendre
tous à l’évêque qui sera sacré.
De l’honneur dû aux patriarches.
Renouvelant la législation des cent cinquante saints pères, qui
se sont réunis dans cette ville impériale gardée de Dieu, et des
six cent trente qui se sont rassemblés à Chalcédoine, nous
décrétons, que le siège de Constantinople jouira des mêmes
privilèges que le siège de l’ancienne Rome et obtiendra dans les
affaires de l’Église la même grandeur que celui-ci, venant
second après lui; le siège de la grande ville d’Alexandrie sera
compté ensuite, puis celui de Antioche, et après celui-ci, le
siège de la ville de Jérusalem.
Des évêques qui demeurent hors de leurs diocèses à cause des
barbares.
Comme à diverses époques des incursions de barbares ont eu
lieu et par suite de cela plusieurs villes épiscopales sont
tombées aux mains de gens sans loi, au point que le pasteur
d’une telle ville est dans l’impossibilité de gagner après son
sacre son propre siège et d’y recevoir l’institution canonique et
d’y procéder aux ordinations selon l’usage en vigueur, de
l’administrer et y exercer ses fonctions épiscopales; nous,
gardant au caractère épiscopal son honneur et sa révérence et
ne voulant point que l’emprise des païens s’exerce au détriment
des droits ecclésiastiques, nous avons décidé que restent
imprescriptibles les droits de ceux qui auront été sacrés dans de
telles conditions et pour la raison exposée n’ont pu être
intronisés dans leurs sièges, de telle manière qu’ils puissent
procéder canoniquement à des ordinations de divers clercs et
garder l’autorité pastorale qui est la leur de par leur sacre, et
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 82 sur 493 copyright ©
que leurs actes administratifs soient fermes et légitimes; car, si
la nécessité des temps empêche la stricte observance de la loi,
elle ne restreindra point les limites de la condescendance.
Que l’ordre hiérarchique des diocèses doit tenir compte d’une
ville nouvellement fondée.
Le canon édicté par nos pères nous aussi nous l’observerons,
qui dit : « Si par ordre de l’empereur une ville a été fondée ou
est fondée, l’ordre hiérarchique de l’Église se conformera à
l’ordre civil et public des lettres de fondation ».
De l’évêque de l’île de Chypre.
Notre frère dans l’épiscopat Jean, le pasteur de l’île de Chypre,
s’étant réfugié avec son peuple de son île dans la province de
l’Hellespont, à cause des attaques des barbares et pour être
délivré de l’esclavage païen et se mettre franchement sous
l’autorité du pouvoir très chrétien, et cela Grâce à la providence
divine et aux efforts de notre pieux empereur aimé du Christ,
nous décidons, que les privilèges accordés à son siège par les
pères inspirés de Dieu, qui se réunirent la première fois à
Éphèse, restent inchangés; en sorte que la Nouvelle
Justinianopolis ait les droits de la vide de Constantia, et
l’évêque très aimé de Dieu qui y sera établi à l’avenir, présidera
à tous les évêques de la province de l’Hellespont et sera élu par
ses propres évêques, selon l’ancienne coutume; car nos pères
inspirés de Dieu ont décidé que les usages de chaque Église
soient gardés. « Quant à l’évêque de la ville de Cyzique, il sera
soumis au pasteur de la dite Justinianopolis à l’instar de tous les
autres évêques de la province qui sont sous l’autorité de Jean le
pasteur très aimé de Dieu, lequel, si c’est nécessaire, promouvra
même l’évêque de la ville de Cyzique.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 83 sur 493 copyright ©
Des moines et des moniales.
Qu’il ne faut pas admettre sans examen ceux qui veulent
embrasser la vie monastique.
Vu qu’il est bien salutaire de s’attacher à Dieu en quittant les
troubles de la vie du monde, il ne faut cependant pas admettre
avant le temps et sans discernement ceux qui ont choisi la vie
monastique, mais garder pour eux aussi la règle transmise par
nos pères, de ne pouvoir les admettre à la profession de la vie
selon Dieu, qu’après l’âge de raison atteint. Lorsqu’on sera
certain que cette profession est faite avec connaissance et
jugement. Donc, que celui qui devra se soumettre au joug
monastique n’ait pas moins de dix ans, le pasteur du lieu ayant
à décider, s’il pense être plus avantageux pour embrasser ce
genre de vie et la pratiquer d’ajouter à cet âge. Car, le grand
saint Basile a certes légiféré dans ses saints canons, que la
vierge qui s’est spontanément offerte à Dieu en choisissant
l’état de virginité, ne peut être admise dans le rangs des vierges
consacrées avant l’âge de dix-sept ans, mais nous, suivant en
cela l’exemple de ce qui fut décidé à propos des veuves et
diaconesses, nous avons diminué par analogie l’âge de ceux qui
ont choisi la vie monastique; car ii est écrit dans le livre des
Épîtres, que « pour être inscrite parmi les veuves une femme
doit avoir au moins soixante ans », tandis que les saints canons
permettent de conférer la bénédiction de diaconesse à une
femme de quarante ans, « voyant l’Église devenir par la Grâce
divine plus forte et progresser toujours plus » et les fidèles
s t a b l e s e t f e r m e s d a n s l ’o b s e r v a t i o n d e s d i v i n s
commandements. C’est ce que nous avons aussi parfaitement
compris et ordonnons justement ce qui précède, afin de
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 84 sur 493 copyright ©
marquer promptement de la bénédiction de la Grâce, comme
d’un sceau, celui qui va entreprendre les combats selon Dieu,
l’exhortant par là à ne pas hésiter et se dérober, et
l’encourageant bien plus à choisir le bien et à s’y établir.
De ceux qui veulent s’enfermer dans une recluserie.
Ceux qui veulent mener la vie érémitique dans une recluserie
de ville ou de village et veiller sur eux-mêmes dans la solitude,
doivent d’abord entrer dans un monastère et s’y entraîner à la
vie érémitique; s’y soumettre pendant trois ans dans la crainte
de Dieu au prieur du monastère; y accomplir comme il
convient tous les devoirs de l’obéissance; et ayant ainsi confessé
leur volonté de mener ce genre de vie et qu’ils l’embrassent
volontairement de tout coeur, se présenter à l’évêque du lieu
pour l’examen canonique; après cela, ils passeront une autre
année à la porte de l’ermitage, afin que leur intention devienne
encore plus manifeste, car il témoigneront par là qu’ils
poursuivent la vie de solitude, non pas pour obtenir une vaine
gloire, mais le bien en soi. Une fois ce long laps de temps
écoulé, s’ils persistent dans leur intention, on les enfermera
dans la recluserie et ii ne leur sera plus permis de sortir à leur
gré de cette clôture, sauf s’ils y étaient forces par le bien et
l’utilité commune ou par une autre nécessité qui causerait leur
mort; et même dans ce cas ils le feront avec la permission de
l’évêque.
Ceux qui tenteraient de sortir de leur demeure sans avoir ces
raisons, il faut en tout premier lieu les enfermer contre leur gré
dans la dite recluserie, puis les corriger avec des jeûnes et
d’autres mortifications, car ils doivent savoir que, selon ce qui
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 85 sur 493 copyright ©
est écrit, « Celui qui, après avoir mis la main à la charrue,
regarde en arrière, est impropre au royaume des cieux ».
Que ceux qui s’intitulent ermites, portant la longue chevelure,
ne doivent pas demeurer dans des villes.
Ceux que l’on nomme ermites, qui vêtus de noir et les cheveux
longs, parcourent les villes, vivant dans le monde au milieu
d’hommes et de femmes et insultant par là à leur propre
profession de vie, nous leur ordonnons, s’ils veulent se faire
tondre les cheveux et prendre l’habit des autres moines, d’entrer
dans un monastère et s’enrôler parmi les frères; s’ils ne le
veulent pas, qu’on les expulse totalement des villes, et qu’ils
habitent les déserts, dont ils ont précisément tiré leur
dénomination.
Qu’il faut admettre à l’ordre monastique tout homme, quelle
que fût la faute qu’il aurait commise.
Il est possible à tout chrétien de choisir la vie ascétique et
quittant l’agitation pleine de trouble des affaires du monde,
d’entrer dans un monastère et recevoir la tonsure monastique,
de quelque crime qu’il fût convaincu; car Dieu notre sauveur
dit : « Je ne mettrai point dehors celui qui vient à Moi ».
Comme la vie monastique représente pour nous la vie de
pénitence, nous approuvons celui qui s’y adonne en toute
sincérité d’âme et aucune raison ne saurait l’empêcher de
réaliser son dessein.
Du moine qui a commerce avec une femme ou en épouse une.
Le moine convaincu de fornication ou ayant pris une femme
pour l’épouser et vivre avec elle, sera soumis aux peines
canoniques des fornicateurs.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 86 sur 493 copyright ©
Qu’il ne faut pas présenter au monastère celles qui vont
prendre l’habit de moniale, en les ornant de parures mondaines.
Comme nous avons appris que dans certains monastères
féminins, celles qui doivent être revêtues du saint habit, sont
auparavant ornées par ceux qui les présentent à l’autel de soie et
de toutes sortes de robes, et même de bijoux incrustés d’or et de
pierreries, et s’approchant ainsi de l’autel sont dépouillées du
revêtement de tant de richesses et on fait alors sur elles la
cérémonie de la bénédiction et elles revêtent l’habit noir; nous
ordonnons que dorénavant cela ne se fasse plus. Il n’est pas en
effet pieux, que celle qui a déposé de son propre choix tout le
charme de la vie du monde et embrassé la vie selon Dieu, qui a
confirmé ce choix par la constance de ses pensées et entra dans
le monastère, en vienne à se rappeler par ces parures périssables
et passagères ce qu’elle avait déjà oublié, et qu’elle en devienne
hésitante, l’âme troublée pour ainsi dire par des vagues qui
l’envahissent et la font tournoyer çà et là, au point qu’elle ne
peut parfois pas verser une larme pour montrer par son attitude
extérieure la componction de son coeur; et si parfois même une
petite larme, comme il est naturel, lui échappe, les assistants
penseront qu’elle provient non pas tant de sa disposition
intérieure pour la vie ascétique, mais de ce qu’elle (manque un
mot) à quitter le monde et les biens de ce monde.
Que celles qui font partie d’un monastère ne doivent pas en
sortir sans une raison urgente.
Que celles qui ont choisi la vie ascétique et se sont enrôlées
dans un monastère ne sortent point de celui-ci. Cependant, si
un besoin urgent les y forçait, qu’elles le fassent avec la
bénédiction et l’autorisation de la prieure; et même dans ce cas,
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 87 sur 493 copyright ©
pas seules, mais en compagnie de quelques vieilles soeurs,
anciennes dans le monastère, sur l’ordre de la supérieure
générale; quant à coucher hors du monastère, c’est absolument
défendu. Les hommes aussi qui pratiquent la vie solitaire,
qu’eux aussi ne sortent, en cas de besoin urgent, qu’avec la
bénédiction de celui qui a la charge de l’higouménat. Ainsi,
ceux qui transgresseront la règle établie par nous, qu’ils soient
hommes ou femmes, seront soumis aux peines canoniques
appropriées.
Qu’aucun homme ne doit passer la nuit dans un monastère de
femmes, ni une femme dans un monastère d’homme.
Qu’aucune femme ne couche dans un monastère d’hommes, ni
un homme dans un monastère de femmes; car nous devons
éviter aux fidèles toute pierre d’achoppement et de scandale et
ordonner notre vie « de manière à ce qu’elle soit convenable et
agréable au Seigneur ». Si quelqu’un fait cela, clerc ou laïc, qu’il
soit excommunié.
Que l’épouse de l’évêque, qui s’est séparée de lui d’un commun
accord, doit entrer après le sacre dans un monastère.
L’épouse de celui qui est promu à l’épiscopat, s’étant séparée
d’un commun accord d’avec son mari, entrera après le sacre de
celui-ci dans un monastère, situé loin de la résidence épiscopale
et jouira de l’aide matérielle de l’évêque même, si elle en était
digne, qu’elle soit promue à la dignité de diaconesse.
Que les monastères déjà consacrés ne doivent pas devenir des
maisons privées.
Reprenant un autre saint canon, nous ordonnons que les
monastères, une fois consacrés selon la volonté de l’évêque,
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 88 sur 493 copyright ©
doivent toujours rester monastères, et les biens qui leur
appartiennent doivent leur être conservés; ils ne peuvent plus
devenir des habitations laïques », ni être remis par qui que ce
soit à des civils; et si cela a eu lieu jusqu’à présent, nous
ordonnons qu’il ne se fasse plus. « Ceux qui à partir de
maintenant tenteront de le faire, seront soumis aux peines
canoniques ».
Des laïcs.
Que ni clercs ni laïcs ne doivent jouer aux dés.
Que personne soit laïc, soit clerc ne joue aux dés dorénavant. Si
quelqu’un est convaincu de ce fait, clerc, qu’il soit déposé, laïc,
excommunié.
Interdiction de voir les jeux de mimes, les combats des bêtes et
les danses scéniques.
Défense absolue est faite par ce saint concile oecuménique des
représentations de ce qu’on appelle mimes et de leurs jeux, de
plus, de donner des combats de bêtes et des danses sur scène. Si
quelqu’un ne tient pas compte de ce canon et s’adonne à ces
jeux défendus, clerc, qu’il soit déposé, laïc, excommunié.
Que durant le carême il faut célébrer la messe des présanctifiés.
Tous les jours de la sainte quarantaine de jeûne, sauf les
samedis et dimanches et le saint jour de l’Annonciation, qu’on
célèbre la sainte liturgie des présanctifiés.
Que les parrains ne doivent pas épouser les mères de leurs
filleuls, devenues veuves.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 89 sur 493 copyright ©
Étant donné que la parenté spirituelle l’emporte sur la parenté
de sang, et ayant appris d’autre part que dans quelques endroits
ceux qui ont tenu des enfants aux saints et salutaires fonts
baptismaux, contractent ensuite mariage avec les mères de
ceux-ci devenues veuves, nous ordonnons que cela n’ait plus
lieu dorénavant. Et s’il y en a qui après la publication de ce
canon sont convaincus de l’avoir fait, en tout premier lieu ils
doivent rompre ce mariage inique, ensuite être soumis aux
peines canoniques des fornicateurs.
Des mariages prohibés par suite de la parenté.
La divine écriture nous enseigne bien clairement : « Tu ne
t’approcheras pas de ta proche parenté pour découvrir sa nudité
», et l’inspiré de Dieu saint Basile nous a énuméré dans ses
canons certains cas de mariages prohibés, passant sous silence
le plus grand nombre d’entre eux et nous procurant ainsi un
double avantage; laissant en effet de côté la multitude des
dénominations honteuses, afin de ne pas souiller son discours
par de tels mots, il a désigné ces malpropretés par les termes
généraux, avec lesquels il a résumé les cas de mariages iniques.
Mais comme la nature humaine, à cause de ce silence et de
l’interdiction non détaillée des mariages illicites, s’est mise à
tout confondre, nous avons décidé d’en parler plus
ouvertement, en ordonnant que dorénavant celui qui
contractera mariage avec sa propre cousine germaine, c’est-à-
dire le père et le fils qui épouseront la mère et la fille, ou le père
et le fils qui épouseront deux soeurs, ou la mère et la fille qui
épouseront deux frères, ou deux frères qui épouseront deux
soeurs, seront soumis à la peine canonique de sept ans, tout en
rompant évidemment le mariage inique.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 90 sur 493 copyright ©
Qu’il ne faut pas jeûner les samedis et dimanches.
Comme nous avons appris que dans la ville de Rome, contre la
coutume de la tradition ecclésiastique, on jeune les samedis
pendant le jeûne du saint carême, le saint concile a décidé que
même à l’Église de Rome s’appliquera le canon qui dit : « Si un
clerc est convaincu de jeûner le saint jour du dimanche, ou bien
le samedi sauf un seul et unique samedi, qu’il soit déposé et si
c’est un laïc, qu’il soit excommunié ».
Des Arméniens qui mangent du fromage les samedis et
dimanches de carême.
Nous avons appris de même que dans le pays d’Arménie et en
d’autres endroits certains mangent des oeufs et du fromage les
samedis et dimanches du saint carême. Nous avons donc
décidé, que l’Église de Dieu répandu dans tout l’univers
gardera le jeûne en suivant une unique discipline, et
s’abstiendra comme de toute chair d’animal, de même aussi
d’oeufs et de fromage, qui sont fruit et produit de ce dont nous
nous abstenons. Ceux qui n’observeront pas cela, clercs, ils
seront déposés, laïcs, excommuniés.
Qu’il ne faut offrir dans le sanctuaire ni miel et ni lait.
Qu’il ne faut offrir sur les autels ni miel et ni lait.
Qu’un laïc ne doit pas se communier lui-même.
Qu’aucun de ceux qui sont rangés parmi les laïcs ne se donne la
communion des saints mystères, lorsqu’un évêque ou un prêtre
ou un diacre sont présents. Celui qui osera faire cela, qu’il soit
excommunié pendant une semaine, pour apprendre par là à ne
pas se croire plus qu’il ne l’est en réalité.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 91 sur 493 copyright ©
Qu’il ne faut pas faire de baptême dans un oratoire qui se
trouve à l’intérieur d’une maison privée.
Qu’on ne fasse absolument pas de baptême dans une chapelle
privée qui se trouve à l’intérieur d’une maison d’habitation,
mais que ceux qui ont été jugés dignes du baptême immaculé
se présentent aux églises paroissiales et y reçoivent ce saint don.
Si quelqu’un est convaincu de n’avoir pas observé nos
prescriptions, clerc, qu’il soit déposé, laïc, excommunié.
De ceux qui font semblant d’être possédés
L’apôtre nous clamant : « Celui qui s’unit au seigneur devient
avec lui un même esprit », il en ressort clairement que celui qui
entre dans la familiarité du démon, devient un avec lui par les
rapports qu’il a. Donc, ceux qui font semblant d’être possédés
du démon et imitent exprès dans leur conduite malhonnête la
manière de faire des possédés, nous avons décidé qu’on les
châtie de toutes façons et qu’on leur fasse subir les durs
traitements et les peines, auxquelles on soumet à juste titre les
vrais possédés pour les délivrer de l’action du démon.
Des devins, sorciers et meneurs d’ours.
Ceux qui recourent aux devins ou aux surnommés centurions
ou à d’autres gens de cette sorte, afin d’apprendre d’eux ce qu’ils
voudraient qu’on leur révèle, qu’ils soient soumis à la peine
canonique de six ans, conformément à la décision des pères à
leur sujet. À la même peine canonique doivent être aussi
soumis ceux qui mènent en laisse des ours ou d’autres animaux
de la sorte, pour tromper les esprits simples et leur nuire en leur
prédisant, à la manière des radotages de l’erreur, fortune, destin,
généalogie et foule de termes semblables; de même ceux qu’on
appelle chasseurs de nuages, ceux qui jettent des charmes, qui
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 92 sur 493 copyright ©
distribuent des phylactères et les devins. S’ils persistent dans
ces sortilèges et ne s’en abstiennent pas et ne fuient pas ces
pratiques funestes et païennes, nous ordonnons qu’on les rejette
totalement de l’Église, comme le prescrivent les saints canons. «
Que peut-il, en effet, y avoir de commun entre la lumière et les
ténèbres, dit l’apôtre, et quel rapport y a-t-il entre le temple de
Dieu et les idoles, ou quelle part le fidèle a-t-il avec l’infidèle, et
quel accord existe-t-il entre le Christ et Belial » ?
Des calendes et des fêtes de Vota et de Broumalia.
La cérémonie appelée « Calendes », celle dite « Vota » et celle
dite « Broumalia », de même que la fête du premier jour du
mois de mars, nous voulons qu’elles disparaissent totalement du
genre de vie des fidèles. De même, les danses publiques des
femmes, capables de causer bien des ravages et du mal, de plus
les danses d’hommes ou de femmes qui se font, selon un usage
antique, mais étranger au genre de vie d’un chrétien, sous le
vocable de ceux que les païens ont nommé faussement des
dieux, nous les rejetons, en ordonnant qu’aucun homme ne
revête un costume féminin, ni une femme le costume qui
revient à un homme; de ne point porter des masques comiques
ou satiriques ou tragiques; de ne point révoquer le nom de
l’abominable Dionysos en foulant le raisin dans les pressoirs; ni
de provoquer le rire au moment où l’on remplit de vin les
tonneaux, agissant par ignorance ou par frivolité comme ceux
qui sont possédés par l’erreur des démons païens. Ceux donc
qui essaieront de commettre l’un des actes énumérés, sachant ce
que nous venons de dire, s’ils sont clercs, qu’ils soient déposés,
si ce sont des laïcs, qu’ils soient excommuniés.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 93 sur 493 copyright ©
Qu’il ne faut pas lire les vies apocryphes de martyrs.
Les vies de martyrs imaginées par les ennemis de la vérité pour
jeter le discrédit sur les martyrs du Christ et faire perdre la foi à
ceux qui les entendent lire, nous ordonnons de ne point en faire
lecture publique dans les Églises, mais plutôt de les jeter au feu.
Quant à ceux qui les reçoivent et les admettent comme vraies,
nous les anathématisons.
Qu’un laïc ne doit pas prétendre à enseigner dans l’Église.
Un laïc ne doit pas tenir en public des discours sur les dogmes
ou enseigner, s’attribuant ainsi un ministère d’enseignement,
mais se conformer à l’ordre établi par le Seigneur, et prêter
l’oreille à ceux qui ont reçu le don de la parole d’enseignement
et apprendre d’eux les choses divines; car Dieu a fait différents
membres dans l’Église une, selon la parole de l’Apôtre, que
Grégoire le théologien commente, dépeignant clairement
l’ordre qui y règne et dit : « Respectons cet ordre, frères,
gardons-le. Que l’un soit oreille, l’autre langue, un autre main,
un autre une chose différente; que l’un enseigne, l’autre
apprenne ». Et peu après : « Que celui qui apprend, le fasse
avec docilité, qui donne, avec joie, qui sert, avec promptitude.
Ne soyons pas tous langue, la toujours prompte, ne soyons pas
tous des apôtres, tous des prophètes, ne cherchons pas tous à
interpréter les écritures ». Et peu après : « Pourquoi veux-tu te
faire pasteur, alors que tu es brebis ? devenir tête, si tu es pied ?
tenter de faire le général, si tu as rang de soldat ? » Et ailleurs la
sagesse nous avertit : « Ne sois point prompt dans tes paroles;
ne cherche pas à égaler les largesses d’un riche, si tu es pauvre,
ni ne prétends d’être plus sage que les sages ». Si quelqu’un est
convaincu de transgresser le présent canon, qu’il soit privé de
communion pendant quarante jours.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 94 sur 493 copyright ©
Des feux que certains allument devant leurs maisons au début
de chaque mois.
Les feux que certains allument au premier jour du mois devant
leurs ateliers ou leurs maisons, feux que certains s’appliquent à
sauter d’un bond selon un usage antique, nous ordonnons que
dès à présent ils soient abolis. Si donc quelqu’un ose faire cela,
clerc, qu’il soit déposé, laïc, excommunié. Il est en effet écrit
dans le quatrième livre des Rois : « Manassès éleva un autel en
l’honneur de toute l’armée des cieux, dans les deux parvis du
temple du Seigneur il fit passer ses enfants par le feu il
s’adonna aux pratiques des astrologues et des augures il institua
des ventriloques et des devins, et il ne cessa d’irriter le Seigneur
en faisant ce qui est mal à ses yeux ».
Que durant toute la semaine de la résurrection, il faut
fréquenter les églises.
Depuis le saint jour de la résurrection du Christ notre Dieu
jusqu’au nouveau dimanche, les fidèles doivent fréquenter sans
négligence toute la semaine les saintes églises, se réjouissant
dans le Christ et chantant des psaumes et des cantiques et des
chants spirituels, s’appliquant à la lecture des saintes écritures
et faisant leurs délices de la communion aux saints mystères; en
effet, nous serons ainsi ressuscités et exaltés avec le Christ.
Qu’on ne donne point par conséquent, dans les jours en
question, ni jeux d’hippodrome, ni autres spectacles publics.
Qu’il faut s’abstenir de sang et de la chair d’un animal étouffé.
C’est un texte divin qui nous a ordonné de nous abstenir de
sang, de viande étouffée et de fornication. Ceux-là donc qui à
cause de leur ventre goulu s’ingénient à rendre comestible le
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 95 sur 493 copyright ©
sang d’animaux et s’en nourrissent, nous leur imposons la peine
convenable. Si donc quelqu’un tente de manger du sang
d’animaux de quelque façon que ce soit, clerc, qu’il soit déposé,
laïc, excommunié.
Qu’il ne faut pas détruire les codex de l’ancien et du nouveau
Testament ni les partager entre les parfumeurs.
Qu’il n’est permis absolument à personne de détruire un des
volumes de l’ancien et du nouveau Testament ni de ceux de nos
saints prédicateurs et docteurs qui font autorité dans l’Église;
de le déchirer ou de le livrer à des marchands de livres ou à
ceux qu’on appelle « parfumeurs » ou à n’importe quel autre
homme, pour qu’il soit détruit, à moins que l’un ou l’autre
volume ne fût totalement mis hors d’usage par les vers,
l’humidité ou d’une autre manière. Celui qui sera pris faisant
cela dorénavant, qu’il soit excommunié pendant un an. Que
soit excommunié de la même manière celui qui donne à autrui
pour que celui-ci les conserve, mais tente de les détruire.
Qu’un laïc ne doit pas pénétrer dans le sanctuaire.
Que personne de ceux qui sont dans les rangs des laïcs ne
s’autorise à pénétrer à l’intérieur du sanctuaire. Cependant
l’autorité et la puissance impériale n’en sera point empêché de
le faire, lorsqu’elle voudra offrir les dons au Créateur selon une
très ancienne tradition.
Que les femmes ne doivent pas parler pendant la messe.
Qu’il ne soit pas permis aux femmes de parler dans le temps de
la sainte liturgie, mais, selon la parole de l’apôtre Paul, « qu’elles
se taisent, il ne leur a pas été donné, en effet, de parler, mais de
se soumettre, comme le dit aussi la loi. Si, cependant, elles
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 96 sur 493 copyright ©
veulent savoir quelque chose, qu’elles interrogent leurs maris
chez elles ».
Que les étudiants en droit ne doivent pas adopter des usages
païens.
Les étudiants en droit civil ne doivent point suivre les moeurs
païennes, ni courir les amphithéâtres de jeux, ni faire ce qu’on
appelle les sauts périlleux, ni se mettre des costumes étrangers a
l’usage commun, soit au temps de la rentrée des classes, soit à
leur terme, soit en un mot dans le cours de leur instruction. Si
quelqu’un ose dorénavant le faire, qu’il soit excommunié.
Qu’un homme orthodoxe ne doit pas épouser une femme
hérétique.
Qu’il ne soit pas permis a un homme orthodoxe de s’unir à une
femme hérétique, ni à une femme orthodoxe d’épouser un
homme hérétique et si pareil cas s’est présenté pour n’importe
qui, le mariage doit être considéré comme nul et le contrat
matrimonial illicite est à casser, car ii ne faut pas mélanger ce
qui ne se doit pas, ni réunir un loup a une brebis. Si quelqu’un
transgresse ce que nous avons décidé, qu’il soit excommunié.
Quant à ceux qui étant encore dans l’incrédulité, avant d’être
admis an bercail des orthodoxes, s’engagèrent dans un mariage
légitime, puis, l’un d’entre eux ayant choisi la part la meilleure
vint à la lumière de la vérité, tandis que l’autre fut retenu dans
les liens de l’erreur sans vouloir contempler les rayons de la
lumière divine, si l’épouse incroyante veut bien cohabiter avec le
mari croyant, ou vice versa le croyant avec la non-croyante,
qu’ils ne se séparent pas, car selon le divin apôtre, « le mari non
croyant est sanctifié par sa femme, et la femme non croyante
est sanctifiée par son mari ».
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 97 sur 493 copyright ©
Qu’il ne faut pas reproduire sur le sol le signe de la croix.
Vu que c’est la croix vivificatrice qui nous a montré le salut,
nous devons employer tout notre zèle a rendre l’honneur dû à
ce par quoi nous avons été sauvés de l’antique faute. C’est
pourquoi, dans l’intention de lui offrir notre culte par la pensée,
la parole et le sentiment, nous ordonnons de faire disparaître de
n’importe quelle façon les images de la croix que certains
dessinent sur le sol, afin que l’insigne de notre victoire ne soit
pas foulé aux pieds par les passants et être par là insulté. Ceux
donc qui dorénavant dessineront l’image de la croix sur le sol,
nous ordonnons qu’ils soient excommuniés.
Qu’il ne faut pas prendre des repas à l’intérieur d’un lieu sacré.
Qu’il ne faut pas faire dans les églises paroissiales ou dans les
églises en général ce qu’on appelle « agapes » et servir à manger
à l’intérieur de la maison sainte et y organiser des banquets;
ceux qui osent le faire, doivent cesser ou être excommuniés.
Qu’on ne doit pas pousser des cris désordonnés en chantant
dans l’église.
Ceux qui se rendent dans les églises pour y chanter, nous ne
voulons pas qu’ils chantent d’une façon bruyante et
désordonnée et forcer la nature a pousser des cris, ni qu’ils
emploient des textes qui ne sont pas les textes convenables et
coutumiers à l’Église; mais qu’au contraire ils présentent avec
beaucoup d’attention et de componction leurs psalmodies à
Dieu qui voit les secrets des coeurs; car la sainte parole nous
apprend « que les fils d’Israël doivent être pieux ».
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 98 sur 493 copyright ©
Qu’on ne doit pas ouvrir un cabaret à l’intérieur de l’enceinte
sacrée pour faire du commerce.
Qu’il ne faut pas ouvrir de cabaret à l’intérieur de l’enceinte
sacrée, ni y mettre des vivres en vente, ou s’y livrer à d’autres
trafics, afin de respecter la vénération due à l’église; en effet, le
Sauveur notre Dieu, qui nous donne à imiter sa vie dans la
chair, nous a exhortés à « ne pas faire de la maison de son père
une maison de trafic »; Il répandit par terre la monnaie des
changeurs et chassa ceux qui profanaient le sanctuaire. Si
quelqu’un est convaincu de pareille faute, qu’il soit
excommunié.
Que des clercs ou des moines ne doivent pas se baigner dans
les bains publics en compagnie de femmes.
Qu’il ne faut pas que des clercs dans les ordres majeurs, ou de
simples clercs ou des mômes se baignent dans les bains publics
en compagnie de femmes : pas même les laïcs ne doivent le
faire, car c’est là le premier reproche fait aux païens. Si
quelqu’un est convaincu de cela, clerc, qu’il soit déposé, laïc,
excommunié.
Que les candidats au baptême doivent apprendre le symbole de
la foi.
Qu’il faut que les candidats an baptême apprennent par coeur
le symbole de la foi et le jeudi de la grande semaine le récitent
devant l’évêque ou les prêtres.
De ceux qui fêtent la délivrance de la Vierge le dimanche après
la Noël.
Confessant que le divin accouchement de la Vierge a eu lieu
sans les douleurs de l’enfantement, du fait que la conception en
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 99 sur 493 copyright ©
a été virginale, et prêchant cela à tout notre troupeau, nous
voulons que se corrigent ceux qui par ignorance font quelque
chose de non-convenable à ce propos. Donc, comme on voit
certaines personnes le jour après la nativité du Christ notre
Dieu griller de la semoule et se la partager, en vue d’honorer
soi-disant les couches de l’immaculée Vierge-mère, nous
ordonnons que les fidèles ne fassent point pareille chose : car
cela n’est pas du tout un honneur pour la Vierge, qui a enfanté
dans la chair l’incommensurable Verbe d’une manière qui
surpasse intelligence et parole, que de vouloir définir et décrire
son ineffable enfantement d’après les accouchements
ordinaires, que sont les nôtres. Si donc quelqu’un est convaincu
dorénavant de rien de tel, clerc, qu’il soit déposé, laïc,
excommunié.
Qu’il ne faut pas rester trop longtemps loin de l’église.
Si un évêque, un prêtre, un diacre, quelqu’un du clergé, ou un
laïc, n’a pas de raison grave ou un empêchement sérieux, qui le
retienne loin de son église, mais tout en vivant dans une ville
manque la messe trois dimanches en trois semaines
consécutives, s’il est clerc, qu’il soit déposé, si laïc, qu’il soit
privé de la communion.
Qu’il ne faut pas ajouter « qui fut crucifié pour nous », au
trisagion.
Comme nous avons appris qu’en certains endroits on chante en
ajoutant au trisagion après le « saint et immortel » le « qui fut
crucifié pour nous, aies pitié de nous », chose qui fut jadis
rejetée par les saints pères comme étrangère à la vraie foi, en
même temps que l’hérétique inique qui a inventé ces paroles;
nous aussi, confirmant les pieuses décisions antérieures de nos
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 100 sur 493 copyright ©
saints pères, nous anathématisons ceux qui après la présente
décision recevront ces paroles, les ajoutant à l’hymne trois fois
sainte dans les églises ou ailleurs. Si le transgresseur de notre
décision est dans les âmes, s’ils sont clercs, nous ordonnons
qu’ils soient déposés, si ce sont des laïcs, qu’il soient
excommuniés.
Qu’il ne faut pas donner la sainte aucharistie au corps des
défunts.
Que personne ne donne la sainte eucharistie en communion
aux corps des défunts; il est en effet écrit : « Prenez et mangez»,
or les cadavres des morts ne peuvent ni prendre ni manger.
De ceux dont on n’est pas certain s’ils ont été baptisés.
Nous conformant aux règles que nous donnent les canons des
pères, nous ordonnons au sujet des nouveaux-nés : « toutes les
fois qu’il ne se trouvera pas de témoins sûrs, pour assurer qu’ils
ont été sans aucun doute baptisés, et que eux non plus ne
peuvent à cause de l’âge rien dire du sacrement qui leur fut
conféré, il faut sans aucun empêchement les baptiser, de peur
qu’une hésitation à ce sujet ne les prive de la purification du
sacrement ».
85 Que les esclaves affranchis reçoivent la liberté en présence
de trois témoins.
« Sur la foi de deux et de trois témoins doit être décidée toute
affaire », nous apprend la sainte Écriture; nous ordonnons donc
que les esclaves affranchis par leurs maîtres obtiendront cet
honneur devant trois témoins, qui confirmeront par leur
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 101 sur 493 copyright ©
présence l’affranchissement et seront les garants de l’acte
accompli.
De ceux qui tiennent des maisons closes au grand dam des
âmes.
Ceux qui recrutent des prostituées et les entretiennent au
détriment des âmes, s’ils sont clercs, nous ordonnons qu’ils
soient déposés, si ce sont des laïcs, qu’il soient excommuniés.
De celle qui a quitté son mari ou de l’homme qui a quitté sa
femme pour s’unir à une autre personne.
« La femme qui a abandonné son mari est une adultère, sa elle
est allée avec un autre », selon le divin saint Basile, qui a glané
cela très a propos dans le prophète Jérémie, que « si une femme
mariée a été avec un autre homme elle ne retournera pas à son
mari, mais souillée, elle restera dans sa souillure »; et encore : «
Qui garde chez lui une femme adultère, est un insensé et un
impie ». Si donc il constate que la femme a quitté son mari sans
raison plausible, celui-ci sera estimé digne d’excuse, celle-là, de
peines canoniques : et l’excuse lui vaudra de pouvoir
communier. D’autre part, celui qui a abandonné la femme
épousée légitimement et en a pris une autre, tombe sous la
condamnation de l’adultère, selon la décision du Seigneur. Les
peines canoniques imposées par nos pères pour de tels pécheurs
consistent a faire un an parmi les plorantes, deux ans parmi les
audientes, trois parmi les substrati et la septième année assister
avec les fidèles et alors être jugés dignes de l’offrande, s’ils
regrettent avec des larmes leur faute.
Qu’il ne faut pas introduire une bête de somme dans un lieu
sacré, sinon en cas de force majeure pendant le voyage.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 102 sur 493 copyright ©
Que personne n’introduise une bête quelconque à l’intérieur
d’une église sauf si en cours de voyage, sous le coup d’une
nécessité urgente et manquant de logement et d’abri, il passe la
nuit dans l’église; car s’il n’introduisait pas la bête dans l’église,
elle périrait tôt ou tard, et lui par suite de la perte de sa bête de
somme serait dans l’impossibilité de poursuivre son voyage et
exposé au danger de mourir : or, nous avons appris que « le
sabbat a été fait pour l’homme » et que, par conséquent, d faut
de toute façon estimer préférable le saint de l’homme et sa
préservation. Mais si quelqu’un est convaincu d’avoir introduit
sans nécessité, comme il a été dit, une bête dans une église,
clerc, qu’il soit déposé, laïc, excommunié.
A quel moment il faut rompre le jeûne au jour du samedi saint.
Après avoir passé les jours de la passion rédemptrice dans le
jeûne, la prière et la componction de coeur, les fidèles ne
doivent rompre le jeune qu’à minuit du samedi saint, vu que les
évangélistes Matthieu et Luc, l’un par la locution « tard dans la
nuit qui suit le samedi », l’autre par celle de « très grand matin
», désignent l’heure avancée de la nuit.
Qu’il ne faut pas plier le genou le dimanche.
Nous avons reçu de nos pères le canon qui nous dit de ne pas
fléchir les genoux aux jours de dimanche, en l’honneur de la
résurrection du Christ. Or pour avoir une idée claire de son
observation, nous faisons connaître aux fidèles qu’après l’entrée
du clergé au sanctuaire aux vêpres du samedi selon l’usage reçu,
personne ne doit fléchir les genoux, jusqu’au soir du dimanche
qui suit, où après l’entrée du lychnicon fléchissant à nouveau les
genoux nous offrons au Seigneur nos prières. Nous considérons
en effet la nuit qui vient après le samedi comme annonciatrice
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 103 sur 493 copyright ©
de la résurrection du Sauveur et nous commençons à partir de
ce moment nos cantiques spirituels, faisant tenir la fête depuis
les ténèbres de la nuit jusqu’à la lumière du jour, en sorte que
nous célébrons la résurrection une nuit et un jour entiers.
Des peines canoniques contre celles qui donnent et reçoivent
des poisons abortifs.
Les femmes qui procurent les remèdes abortifs et celles qui
absorbent les poisons à faire tuer l’enfant qu’elles portent, nous
les soumettons a la peine canonique du meurtrier.
Du rapt des femmes sous prétexte de mariage.
Ceux qui ont commis un rapt de femme sous le prétexte de
mariage, ou bien y coopèrent ou y aident, le saint concile
ordonne que s’ils sont clercs, ils soient déchus de leur dignité,
s’ils sont laïcs, qu’ils soient anathématises.
Que celle qui vit avec un autre homme avant d’être certaine de
la mort de son mari, commet un adultère.
La femme dont le mari est parti et est porté disparu, si avant
d’avoir la preuve de sa mort, en épouse un autre, elle est
coupable d’adultère. De même les femmes de soldats, qui se
sont remariées, leurs maris étant portés disparus, sont dans le
même cas que celles qui n’ont pas attendu le retour de leurs
maris partis au loin; sauf que pour elles il y a une certaine
excuse, vu que la mort y est plus probable. Quant à celle qui a
épousé sans le savoir un homme abandonné par sa femme, puis
au retour de celle-ci fut laissée par l’homme, certes elle a
commis la fornication, mais sans le savoir; pour cette raison il
ne lui sera pas interdit de se marier : cependant il vaudrait
mieux qu’elle restât comme elle est. Si jamais le soldat, dont la
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 104 sur 493 copyright ©
femme à cause de sa longue absence s’est remariée à un autre
homme, revient, il reprendra, s’il le veut, sa propre femme, en
accordant son pardon de la faute par ignorance à elle et à
l’homme qui l’a épousée en secondes noces.
De ceux qui font des serments païens.
Ceux qui font des serments païens, le canon leur impose des
peines et nous aussi, nous leur imposons l’excommunication.
Comment recevoir ceux qui reviennent d’une hérésie.
Ceux qui viennent à l’orthodoxie et à l’assemblée des rachetés
du parti des hérétiques, nous les recevons conformément au rite
et à l’usage qui suivent. Les ariens et les macédoniens et les
novatiens qui se disent purs, et les aristeriens, et les
quatuordécimans on tétradites, et les apollinaristes, nous les
recevons, leur faisant signer un libelle d’abjuration et
anathématiser toute hérésie qui ne pense pas comme la sainte
Église de Dieu, catholique et apostolique, et en les signant,
c’est-à-dire en leur oignant d’abord du saint chrême le front, les
yeux, les narines, la bouche et les oreilles et les signant nous
disons : Signe du don du saint Esprit. Au sujet des sectateurs
de Paul de Samosate, qui retournent ensuite à l’Église
catholique, il fut décidé de les rebaptiser absolument. Quant
aux eunomiens, qui sont baptisés par une seule immersion, et
aux montanistes, qu’on nomme ici Phrygiens, et aux sabelliens,
qui admettent l’identité du Père et du Fils et accomplissent
d’autres rites abominables, et tous les autres hérétiques, ils sont
en effet nombreux, surtout ceux qui viennent du pays des
Galates, tous ceux d’entre eux qui veulent venir à l’orthodoxie,
nous les recevons comme des païens; le premier jour nous les
armons du signe de la croix, le second nous les admettons
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 105 sur 493 copyright ©
parmi les catéchumènes, les troisième nous les exorcisons en les
insufflant par trois fois au visage, et aux oreilles et alors nous les
instruisons et nous les admettons pendant un an à assister dans
l’église et écouter la lecture des saintes écritures, puis nous les
baptisons. De même, nous rebaptisons les manichéens et les
valentiniens et les marcionites et ceux qui viennent de
semblables hérésies, les recevant comme des païens. Tandis que
les nestoriens et les eutychiens et les sévériens et ceux de
semblables hérésies doivent présenter un libelle d’abjuration et
anathématiser leur hérésie et Nestorius et Eutychès et Dioscore
et Sévère et les autres hérésiarques et leurs sectateurs et toutes
les hérésies prédites, et alors seulement recevoir la sainte
communion.
Que l’homme ne doit pas faire de sa chevelure un piège de
péché.
Ceux qui ont revêtu le Christ par le baptême ont confessé par
là qu’ils imiteront sa vie dans la chair. Donc ceux qui pour la
ruine des âmes arrangent leur chevelure et l’ordonnent en
tresses savantes, offrant ainsi des pièges aux âmes faibles, nous
voulons les guérir spirituellement par la peine canonique
appropriée, afin de les éduquer et leur apprendre à vivre
sagement, en laissant de côté la fraude et la vanité de la matière
pour élever sans cesse leur Esprit vers la vie impérissable et
bienheureuse, mener dans la crainte du Seigneur une vie chaste,
s’approcher de Dieu, dans les limites du possible, par une vie
pure, et orner l’homme intérieur plutôt que l’extérieur par la
vertu et des moeurs honnêtes et irréprochables : ainsi ne
porteront-ils plus aucune trace de la grossièreté de l’ennemi. Si
quelqu’un agit contre le présent canon, qu’il soit excommunié.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 106 sur 493 copyright ©
De ceux qui sans remords vivent avec leurs femmes dans les
églises.
Ceux qui cohabitent avec leurs femmes dans les saints lieux ou
les profanent de n’importe quelle autre manière et s’y
conduisent sans respect et y demeurent tout bonnement, nous
ordonnons qu’ils soient expulsés même des catéchuménats des
Églises sacrées. Si quelqu’un n’observe pas cela, clerc, qu’il soit
déposé, laïc, excommunié.
De celui qui a épousé une fiancée du vivant de son fiancé.
Celui qui contracte mariage avec une femme fiancée à un autre,
du vivant encore de son fiancé, qu’il ait à répondre du péché
d’adultère.
Des Arméniens qui offrent des viandes cuites à l’intérieur du
sanctuaire.
Nous avons appris que le fait suivant aussi a lieu dans le pays
des Arméniens : que certaines gens portant des morceaux de
viande, les offrent à l’intérieur du sanctuaire, en réservant une
partie aux prêtres, a la manière des Juifs. C’est pourquoi voulant
sauvegarder la pureté de l’Église, nous ordonnons qu’il est
interdit à tout prêtre d’accepter des morceaux déterminés de
viande de la part de ceux qui les offrent, mais se contenter des
morceaux que l’offrant voudra bien leur donner, à condition que
l’offrande se fasse hors de l’église, Si quelqu’un n’agit pas de la
sorte, qu’il soit excommunié.
Qu’il ne faut pas peindre des tableaux poussant à la luxure.
« Que tes yeux regardent droits », et « Garde ton coeur plus que
tout autre chose », nous commande la Sagesse; car, très
facilement les sensations corporelles influencent l’âme. C’est
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 107 sur 493 copyright ©
pourquoi nous ordonnons qu’on ne peigne plus soit sur
tableaux soit autrement les peintures qui charment la vue et
corrompent l’esprit et allument les flammes des désirs impurs.
Si quelqu’un entreprend de faire cela, qu’il soit excommunié.
Que les laïcs reçoivent la communion dans leur main, et non
dans des vases d’or ou d’argent.
« Corps du Christ » et « temple » appelle le divin apôtre dans la
magnificence de son langage, l’homme créé à l’image de Dieu.
Élevé donc au dessus de la nature sensible, l’homme, qui grâce
a la passion du Sauveur a obtenu la dignité céleste, mangeant et
buvant le Christ, se rend apte à la vie immaculée à ceux qui
présentent de tels vases, qu’il soit excommunié, et celui-là aussi
qui les a présentés.
Qu’il faut examiner les dispositions du pécheur et la qualité du
péché.
Ceux qui ont reçu de Dieu le pouvoir de délier et de lier
doivent examiner la qualité du péché et la promptitude au
retour du pécheur lui-même, et alors seulement ordonner le
remède approprié, de peur qu’en manquant de mesure dans l’un
ou l’autre sens, il n’obtienne point le salut du malade. En effet,
la maladie du péché n’est pas simple dans sa nature, mais
complexe et variée, poussant des ramifications nombreuses du
mal, grâce auxquelles le mal s’étend et progresse, jusqu’au
moment où il est arrêté grâce au pouvoir du médecin. Le
praticien de la médecine du saint Esprit doit donc en tout
premier lieu examiner la disposition du pécheur, et voir s’il tend
de lui-même vers la santé, ou si au contraire par sa conduite il
provoque sa propre maladie; comment il se conduit dans le
temps de la cure, s’il ne s’oppose pas à l’art du praticien et que
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 108 sur 493 copyright ©
l’ulcère de l’âme ne s’étale pas à cause des médicaments
apposés; et mesurer la miséricorde en conséquence. La Volonté
de Dieu et de l’homme à qui fut confié l’office pastorale est de
ramener la brebis égarée, de guérir la morsure du serpent, sans
pousser l’homme dans le précipice de la désespérance, ni lui
relâcher les reines jusqu’à une vie dissolue et pleine de mépris;
de toutes manières, soit par des remèdes austères et amers, soit
par d’autres doux et calmants, s’opposer au mal et s’efforcer de
cicatriser l’ulcère, est l’unique but de celui qui juge des fruits du
repentir et avec prudence prend soin de l’homme appelé à
l’illumination céleste. Donc, « il nous faut connaître toutes les
deux méthodes, celle de l’exacte obser vation des
commandements et celle de l’expérience, et suivre, à propos de
ceux qui ne consentent pas à accepter la sévérité, la méthode
traditionnelle », comme nous l’enseigne saint Basile.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 109 sur 493 copyright ©
CANONS DU 7e CONCILE DE NICÉE
Les 22 canons des pères réunis à Nicée pour la seconde fois en
l’an 6296 de création du monde, dans la IIe indiction, sous les
pieux empereurs Constantin Ier et Irène, sa mère.
Qu’il faut en tout observer les divins canons.
Pour ceux qui ont obtenu la dignité sacerdotale l’observance des
directives des ordonnances canoniques tient place de
témoignage de bonne conduite et d’exploit. Ce sont elles que
nous aussi nous recevons et chantons avec joie après le
prophète David à notre Seigneur Dieu, en disant : « Je me suis
réjoui dans la voie de tes témoignages, ils sont toute ma
richesse » et : « Tu prescris la justice, donne-moi l’intelligence
de tes témoignages et j’en vivrai éternellement ». Éternellement
nous ordonne la voix du prophète de garder les témoignages de
Dieu et d’en vivre, c’est-à-dire dans une observation sans
ébranlement ni changement, puisque même Moïse qui a vu
Dieu en dit : « On ne peut rien y ajouter, on ne peut rien en
ôter »; et le divin apôtre Pierre y trouve sa gloire et proclame : «
Les anges voudraient y jeter un regard »; et (Paul nous dit) : «
Quand bien même ce serait un ange du ciel, qui vous
annoncerait un évangile autre que celui que nous avons
annoncé, qu’il soit anathème ».
Puisqu’il en est ainsi, devant ces exhortations qui nous sont
adressées, nous embrassons de tout coeur les divins canons,
exultant en eux comme celui qui a fait un riche butin, et nous
confirmons dans son entier et sans changement le contenu de
leurs ordonnances, tel qu’il fut exposé par les saintes trompettes
de l’esprit, les tout glorieux apôtres, les six saints conciles
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 110 sur 493 copyright ©
oecuméniques, les conciles particuliers rassemblés en vue
d’édicter de telles ordonnances et nos saints pères; car tous sans
exception, illuminés par le même esprit, ont décidé ce qui est à
notre avantage. Ceux qu’ils ont condamnés à l’anathème, nous
les anathématisons; ceux qu’ils ont condamnés à la déposition,
nous les déposons; ceux qu’ ils ont condamnés à
l’excommunication, nous les excommunions; ceux qu’ils ont
livrés aux peines canoniques, nous les y soumettons de même. «
Notre conduite n’est pas inspirée par l’amour de l’argent, nous
nous contentons de ce que nous avons », nous clame à toute
voix le divin apôtre Paul, qui monta jusqu’au troisième ciel et
entendit des paroles inénarrables.
Que l’évêque à sacrer doit promettre par écrit de garder les
canons, sinon il ne doit pas être sacré.
Étant donné que nous promettons à Dieu dans nos chants de
psaumes : « Je méditerai tes commandements, je n’oublierai pas
tes paroles », il est certes salutaire que tous les chrétiens
observent cette promesse, mais tout spécialement le devront
faire ceux qui ont revêtu la dignité pontificale. C’est pourquoi
nous ordonnons, que le candidat à la dignité épiscopale doit
absolument bien posséder le psautier, afin qu’ainsi il puisse
obliger tout son clergé à s’y initier de la même manière; de plus
il devra répondre sous serment au métropolitain s’il est disposé
à lire, non pas en passant, mais en cherchant à en comprendre
le sens, les divins canons, le livre des saints évangiles, le livre
des épîtres de l’apôtre et toute la sainte écriture; à se conduire
selon les divins commandements et à catéchiser son peuple. «
L’armature essentielle de notre hiérarchie, ce sont en effet, les
paroles inspirées de Dieu », c. à. d. la vraie connaissance des
divines écritures, comme l’a déclaré le grand Denys. Et s’il y
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 111 sur 493 copyright ©
fait des objections et ne consent pas avec joie à agir et
enseigner de cette façon, qu’il ne soit pas sacré; car Dieu a dit
par son prophète : « Tu as repoussé la connaissance, je te
repousserai et empêcherai d’être mon prêtre ».
Que les Seigneurs laïcs ne peuvent prendre part à l’élection
d’un évêque.
Toute élection d’évêque ou de prêtre ou de diacre, faite sur la
proposition de Seigneurs laïcs restera sans valeur,
conformément au canon qui dit : » Si un évêque, se servant de
l’appui de laïcs influents, obtient Grâce à eux une Église, qu’il
soit déposé et qu’on excommunie tous ceux qui sont en
communion avec lui ». En effet, le futur candidat à l’épiscopat
doit être proposé par des évêques, selon qu’il fut décidé par les
saints pères du concile de Nicée dans le canon qui dit : «
L’évêque doit être choisi par tous les évêques de la province;
mais si une nécessité urgente ou la longueur de la route s’y
opposait, trois évêques absolument doivent se réunir et
procéder à l’élection, munis du consentement écrit des absents.
La confirmation de ce qui s’est fait revient de droit dans chaque
province au métropolitain ».
Que l’évêque doit s’abstenir de tout commerce.
Le héraut de l’Église, Paul, le divin apôtre, prescrivant pour
ainsi dire une règle aux prêtres d’Éphèse, ou plutôt à tout
l’ordre sacerdotal, s’est exprimé en ces termes, disant : « Je n’ai
désiré ni l’or, ni l’argent, ni le vêtement de personne, je vous ai
toujours montré que c’est en travaillant ainsi qu’il faut venir en
aide aux faibles » : il estimait qu’il y a du bonheur à donner.
C’est pourquoi, nous mettant à son école, nous aussi, nous
décidons qu’un évêque ne doit point penser à un gain sordide,
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 112 sur 493 copyright ©
et prétextant des prétextes de péché exiger de ses subordonnés,
évêques ou clercs ou moines, de l’or ou de l’argent ou
quelqu’autre espèce; l’apôtre, en effet, nous avertit : « Les
injustes n’hériteront pas le royaume de Dieu »; et : « Ce n’est
pas aux enfants à amasser des trésors pour leurs parents, mais
plutôt aux parents pour leurs enfants ».
Si donc quelqu’un, exigeant de l’or ou quelqu’autre espèce ou
bien pour satisfaire sa passion, se trouve avoir prononcé la
suspense ou l’excommunication contre un clerc dépendant de
lui, ou jeté l’interdit contre une Église, de manière à ce
qu’aucun service divin ne s’y fasse, déversant ainsi sa folie
contre des choses privées de sens, un tel est lui-même privé de
sens et subira la loi du talion et sa peine retombera sur sa tête,
parce qu’il est transgresseur de la loi de Dieu et des
ordonnances apostoliques; car Pierre, le chef suprême des
apôtres, nous exhorte : « Faites paître le troupeau qui vous est
confié, non par la contrainte, mais de bon gré, selon la volonté
de Dieu, non pour un gain sordide, mais par dévouement, non
en dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en
vous rendant les modèles du troupeau. Et lorsque le souverain
pasteur paraîtra, vous remporterez la couronne inflétrissable ».
Que ceux qui raillent les clercs entrés dans la cléricature sans
cadeaux préalables seront sujets aux peines canoniques.
C’est un péché qui mène à la mort, que de rester incorrigible,
lorsqu’on a péché; et pire que cela, c’est de redresser la tête et de
s’élever contre la foi et la vérité, en préférant Mammon à
l’obéissance envers Dieu et en ne tenant pas compte des
ordonnances canoniques; Dieu notre Seigneur n’est point avec
de telles gens, à moins qu’ils ne se réveillent enfin de leur faute,
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 113 sur 493 copyright ©
en s’en humiliant; il faudrait en effet qu’ils s’approchent de
Dieu et lui demandent d’un coeur contrit la rémission de ce
péché et son pardon, plutôt que de se glorifier de l’inique
marché, car « le Seigneur est près de ceux qui ont le coeur brisé
». Ceux donc qui se vantent d’avoir obtenu à prix d’or un rang
dans la hiérarchie de l’Église et fondent toutes leurs espérances
d’avenir sur cette coutume malhonnête, qui sépare de Dieu et
de tout l’ordre sacerdotal, gens qui par suite de cela d’un visage
effronté et d’une bouche sans retenue jettent le discrédit avec
leurs propos injurieux sur les personnes choisies par le saint
Esprit à cause de leur vertu et enrôlées dans le clergé sans avoir
eu à payer de l’or pour cela; de telles gens occuperont la
dernière place dans les rangs de leur ordre, la première fois
qu’ils commettront cette faute; en cas de récidive, ils seront
amenés à se corriger par des peines canoniques.
Si cependant quelqu’un est convaincu d’avoir agi de la sorte à
propos d’ordination, on lui appliquera le canon apostolique qui
dit : « Si quelqu’évêque obtient le grade où il est à prix d’argent,
ou même un prêtre ou un diacre, qu’il soit déposé lui et celui
qui l’a ordonné, et qu’ils soient tous deux rejetés de la
communion de l’Église, comme le fut Simon le magicien par
moi Pierre »; et aussi conformément au deuxième canon de nos
saints pères de Chalcédoine, qui dit : « Si quelqu’évêque fait
une ordination pour de l’argent et met à l’encan la Grâce sans
prix, et ordonne pour de l’argent un évêque ou un chorévêque
ou un prêtre ou un diacre ou quelqu’un de ceux inscrits au
catalogue des clercs ou nomme à prix d’argent un économe ou
un avoué ou un tuteur d’Église ou en général quelqu’un de la
curie, poussé par un bas sentiment de lucre; celui qui
entreprend une telle chose, s’expose, si le fait est avéré, à perdre
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 114 sur 493 copyright ©
son propre grade; et celui qui a été ordonné de cette manière ne
tirera aucun profit de l’ordination ou de la promotion, mais
perdra la dignité ou la place acquise ainsi à prix d’argent. Si de
plus quelqu’un s’est entremis pour ce commerce honteux et
prohibé, il devra, s’il est clerc, déchoir de son grade, et s’il est
laïc ou moine, être frappé d’anathème ».
Qu’il faut convoquer le synode provincial une fois par an.
Comme il y a bien un canon qui prescrit : « Que les questions
canoniques soient examinées deux fois par an par l’assemblée
des évêques de chaque province », les saints pères du sixième
concile, considérant la fatigue à laquelle sont exposés les
évêques à réunir et leur manque de moyens de se déplacer, ont
décidé « que de toute façon et tout prétexte étant exclu,
l’assemblée se fera une fois par an et que l’on corrigera ainsi ce
qui est à reprendre ». Nous renouvelons donc nous aussi ce
canon; et s’il se trouvait quelqu’un des puissants pour y mettre
obstacle, qu’il soit excommunié; si d’autre part un
métropolitain négligeait de réunir l’assemblée, sauf le cas de
nécessité, de violence et de quelque motif raisonnable, qu’il se
voie appliquer les peines canoniques.
Comme un tel synode a pour objet l’application des canons et
des prescriptions évangéliques, il faut que les évêques réunis se
préoccupent des divins et vivifiants commandements de Dieu;
car : « Grande est la récompense de ceux qui les observent »,
et : « Le commandement est un flambeau, la loi une lumière, et
les avertissements de la sagesse conduisent à la vie »; et : « Le
commandement du Seigneur est pleine de lumière, il éclaire les
yeux ». Le métropolitain n’a point le droit d’exiger pour lui-
même la bête de somme ou quelqu’autre chose de ce que
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 115 sur 493 copyright ©
l’évêque venant au synode portera avec lui; s’il est convaincu de
l’avoir fait, il le rendra au quadruple.
Qu’il faut suppléer à la consécration des Églises, dont la
dédicace a été faite sans déposition de reliques.
Paul le divin apôtre dit : « Les péchés de certains hommes sont
manifestes, chez d’autres, par contre, on ne les découvre que
plus tard » : les péchés qui ont précédé sont suivis par d’autres.
C’est ainsi que l’hérésie impie des accusateurs-des-chrétiens fut
suivie par d’autres impiétés; car, de même qu’ils ont soustrait à
la vue des fidèles les vénérables images dans les Églises, ils ont
de même supprimé d’autres coutumes, qu’il faut restaurer et
garder à nouveau selon la tradition écrite ou orale. C’est
pourquoi nous ordonnons que dans toutes les vénérables
Églises, qui ont été consacrées sans la déposition de saintes
reliques de martyrs, on fasse la déposition des reliques avec la
prière d’usage. Et celui qui consacrera une Église sans
déposition de saintes reliques, qu’il soit déposé, comme
transgresseur des traditions ecclésiastiques.
Qu’il ne faut point recevoir dans l’Église les juifs, à moins qu’ils
ne se convertissent d’un coeur sincère.
Vu que certains sectateurs de la religion juive dans leur erreur
ont imaginé de se moquer du Christ notre Dieu, feignant d’être
chrétiens et reniant le Christ en secret, en gardant en cachette
le sabbat et accomplissant d’autres rites de la religion juive :
nous ordonnons qu’on n’admette de telles gens ni à la
communion, ni aux offices, ni à l’Église, mais qu’ils restent juifs
selon leur propre religion, et qu’ils ne fassent point baptiser leur
enfant, ni n’achètent ou possèdent un esclave. Si cependant
quelqu’un d’entre eux se convertit d’une foi sincère et confesse
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 116 sur 493 copyright ©
le christianisme de tout coeur, dévoilant publiquement leurs
coutumes et leurs rites, au point de reprendre et corriger
d’autres personnes, celui-là qu’on le reçoive et qu’on baptise lui
et ses enfants et qu’on s’assure qu’ils ont renoncé aux manières
de vivre juives; s’il n’en est pas ainsi, qu’on ne les reçoive point.
Qu’on ne doit pas garder en cachette un écrit de l’hérésie
iconoclaste.
Tous ces hochets enfantins et transports de furie bachique, que
sont les pseudo-traités écrits contre les vénérables images,
doivent être remis à l’évêché de Constantinople, pour qu’ils
soient déposés avec le reste des livres hérétiques. S’il s’en trouve
quelqu’un qui les garde en les cachant, si c’est un évêque ou un
prêtre ou un diacre, qu’il soit déposé; si c’est un laïc ou un
moine, qu’il soit excommunié.
Que le clerc ne doit pas quitter son diocèse pour se rendre dans
un autre, à l’insu de son évêque.
Comme au mépris des canons quelques clercs quittent leur
diocèse pour s’en aller dans un autre, et surtout dans cette ville
impériale gardée de Dieu, et s’attachent au service des puissants
et célèbrent l’office divin dans leurs oratoires; à l’avenir, nul
clerc ne doit se faire recevoir sans l’assentiment de son évêque
et de l’évêque de Constantinople dans une maison ou dans un
oratoire; celui qui persistera à agir ainsi sera déposé. Ceux
cependant qui agiront ainsi avec l’assentiment des évêques
indiqués plus haut, ne devront pas accepter de remplir des
charges séculières et temporelles, vu que cela leur est défendu
par les canons. Si quelqu’un est trouvé ayant accepté la charge
de majordome, il doit ou cesser ou être déposé. Ce serait mieux,
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 117 sur 493 copyright ©
s’il instruisait les enfants et les domestiques, et qu’il leur lut les
saintes écritures, car c’est pour cela qu’il a reçu le sacerdoce.
Qu’il doit y avoir des économes dans les évêchés et les
monastères.
Étant obligés de garder tous les divins canons, nous devons
observer inviolablement celui-là aussi qui prescrit de nommer
dans chaque diocèse un économe. Si un métropolitain institue
un économe dans son Église, tout est bien; sinon, l’évêque de
Constantinople aura le droit d’y nommer lui-même un tel; le
même droit est accordé aux métropolitains aussi, si leurs
évêques suffragants ne se décident pas à instituer des économes
dans leurs propres Églises. La même ordonnance devra être
aussi observée pour des monastères.
Que l’évêque ou l’higoumène ne doivent pas vendre les
propriétés rurales de l’Église.
Si un évêque ou un higoumène a remis à un Seigneur ou à une
autre personne une partie des possessions de l’évêché ou du
monastère, cette remise est nulle, aux termes du canon
apostolique qui dit : « Tous les biens d’une Église sont commis
aux soins de l’évêque; qu’il les administre sous le regard de
Dieu, et qu’il ne lui soit pas permis de s’en approprier quoi que
ce fût, ou de faire cadeau des biens de Dieu à sa propre parenté;
si celle-ci est pauvre, qu’il lui vienne en aide comme à des
pauvres, mais qu’il ne dissipe pas les choses de Dieu sous ce
couvert ». S’il prend pour prétexte que telle propriété
occasionne des frais et n’est point rentable, même alors ce n’est
pas aux Seigneurs qu’il faut l’abandonner, mais à des clercs ou à
des colons. Si après cela ils usent de ruse et le Seigneur achète
ce bien aux clercs ou aux colons, l’achat sera frappé de nullité;
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 118 sur 493 copyright ©
l’évêque ou l’higoumène qui auront fait cela, seront chassés,
l’évêque de son évêché, l’higoumène de son monastère, car ils
dissipent mal ce qu’ils n’ont point ramassé.
Que grande condamnation méritent ceux qui profanent les
monastères.
Vu que pendant les malheurs survenus pour nos péchés aux
Églises, des maisons religieuses ont été volées par certains, des
évêchés et des monastères, et ont été changées en habitations
profanes, si ceux qui les détiennent veulent de plein gré les
restituer, afin qu’elles soient rendues à leur usage ancien, tout
sera bien; s’ils ne le font pas, nous ordonnons qu’ils soient
déposés, s’ils sont clercs, et excommuniés, s’ils sont moines ou
laïcs, car ils sont condamnés par le père et le fils et le saint
Esprit; qu’ils soient jetés là où le ver ne meurt pas et le feu ne
s’éteint pas, puisqu’il s’opposent à la voix du Seigneur qui dit : «
Ne faites pas de la maison de mon père une maison de
commerce ».
Qu’on ne doit pas faire durant la synaxe des lectures de haut de
l’ambon sans avoir reçu l’ordination de lecteur.
Il est évident pour tous que l’ordre doit régner dans l’exercice de
la charge sacerdotale et qu’il est agréable à Dieu de veiller
scrupuleusement sur les fonctions sacerdotales, Comme nous
voyons que certains ayant refusé la tonsure cléricale encore très
jeunes, sans autre bénédiction de l’évêque, font cependant les
lectures du haut de l’ambon durant la synaxe eucharistique,
sans que cela soit permis par les canons, nous ne permettons
plus que cela se fasse; la même règle sera appliquée aux moines.
Toutefois, il sera permis à l’higoumène, mais seulement dans
son propre monastère, de conférer l’ordination de lecteur, à
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 119 sur 493 copyright ©
condition qu’il ait reçu pour gouverner le monastère la
bénédiction de l’évêque, évidemment étant prêtre. Les
chorévêques aussi, selon l’ancienne coutume, ne doivent
promouvoir des lecteurs qu’avec l’autorisation de l’évêque.
Qu’un clerc ne doit pas être inscrit parmi le clergé de deux
Églises à la fois.
Qu’aucun clerc ne soit à l’avenir préposé à deux Églises à la fois
: c’est du commerce, du mauvais lucre et étranger aux usages
ecclésiastiques. Nous avons entendu en effet la voix du
Seigneur, que « personne ne peut servir deux maîtres, car il
haïra l’un et aimera l’autre, et s’il supporte l’un, il méprisera
l’autre ». « Chacun donc doit rester, selon la voix de l’apôtre,
dans la vocation, dans laquelle il a été appelé », et être attaché à
une seule Église. Ce qui se fait par esprit de lucre à propos des
choses d’Église, est étranger à Dieu. Pour subvenir à ses
besoins, il existe divers métiers légitimes; par eux on peut, si
l’on veut, se procurer ce qui manque. L’apôtre dit en effet : « À
mes besoins et à ceux de mes compagnons ont subvenu ces
mains ». Cette règle sera applicable à cette ville gardée de Dieu.
Quant aux localités de la campagne, à cause de leur population
clairsemée, il sera permis d’en desservir plusieurs.
Qu’un clerc majeur ne doit pas être revêtu d’habits luxueux.
Toute dissolution et parure corporelle doivent rester étrangères
à l’ordre sacerdotal; les évêques donc et les clercs qui se parent
d’habits éclatants et riches, doivent être repris, et s’ils
persistent, subir les peines ecclésiastiques; de même, ceux qui
s’oignent d’essences parfumées, Comme d’autre part l’hérésie
des accusateurs-des-chrétiens est devenue une racine
d’amertume produisant sans cesse de la contagion, et que ses
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 120 sur 493 copyright ©
adeptes, non contents de détester les reproductions en peinture,
repoussent aussi toute piété, poursuivant de leur haine ceux qui
vivent dans la modestie et la religion, et en eux se trouve
réalisée la parole de l’écriture « le pécheur a en horreur toute
piété »; si donc il y en a qui se moquent de ceux qui portent un
habillement pauvre et modeste, qu’ils soient corrigés par des
peines ecclésiastiques; car depuis toujours les clercs n’ont porté
qu’un vêtement simple et modeste; en effet, tout ce qui n’est pas
porté par nécessité, mais pour l’embellissement doit être
condamné « comme vanité », selon la parole du grand saint
Basile. Ils n’étaient pas non plus vêtus de vêtements de soie de
diverses couleurs, ni n’ajoutaient des ornements bariolés aux
pans de leur manteaux; ils avaient en effet entendu de la
bouche aux divines paroles : « Ceux qui sont mollement
habillés, habitent les palais des rois ».
Qu’on ne doit pas entreprendre de construire un oratoire, si l’on
n’en a pas les moyens.
Vu que certains moines désireux de commander et las d’obéir,
abandonnent leurs monastères et se mettent à bâtir des
maisons de prières, sans avoir assez de ressources pour achever
l’oeuvre commencée; si donc quelqu’un essaie de faire cela, qu’il
en soit empêché par l’évêque du lieu; mais s’il a assez de bien
pour exécuter ce qu’il projette, qu’il le mène a bon terme. La
même règle sera applicable aux clercs et aux laïcs.
Que des femmes ne doivent pas demeurer dans les évêchés et
les monastères.
« Ne soyez pas une pierre d’achoppement, même pour ceux du
dehors » dit le divin apôtre, or le fait que des femmes résident
dans les évêchés ou dans les monastères est cause de toute sorte
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 121 sur 493 copyright ©
d’achoppement. Si donc quelqu’un est convaincu de posséder
dans son évêché ou dans son monastère une femme, esclave ou
libre, chargée d’un service quelconque, qu’il soit soumis aux
peines canoniques, et s’il persiste, qu’il soit déposé. Et s’il arrive
que des femmes se trouvent dans les propriétés de campagne et
que l’évêque ou l’higoumène dirigent leurs pas vers ces lieux,
tant que l’évêque, ou l’higoumène, sera présent, on ne chargera
d’aucun service une femme pendant ce temps, mais elle
demeurera quelque part ailleurs, jusqu’à ce que l’évêque
reprenne le chemin du retour; et cela pour rester sans reproche.
Que les admissions de clercs, moines et moniales doivent se
faire sans cadeaux préalables.
La passion honteuse de l’amour de l’argent s’est tellement
répandue parmi les chefs des Églises et des monastères, que
certains hommes et femmes parmi ceux qu’on estime pieux,
oubliant le précepte de Dieu, se laissent induire en erreur et
font payer à prix d’argent la réception des candidats à la
cléricature ou à la vie monastique. Ainsi se vérifie la parole du
grand saint Basile, « début vicié corrompt tout l’ensemble », car
il n’est pas possible de servir Dieu par Mammon. Si donc
quelqu’un est pris faisant cela, s’il est évêque ou higoumène ou
quelqu’un du clergé, il doit cesser ou être déposé, suivant le
deuxième canon du saint concile de Chalcédoine; si c’est une
higoumenisse, elle doit être chassée du monastère et mise en
obéissance dans un autre monastère; de même, l’higoumène qui
ne serait pas prêtre.
Quant à ce que les parents donnent en dot à leurs enfants, ou
ce que les candidats apportent eux-mêmes, déclarant qu’ils le
consacrent à Dieu, il est décidé que ces biens restent acquis au
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 122 sur 493 copyright ©
monastère selon la promesse du candidat, que celui-ci reste ou
quitte le monastère, à condition que l’higoumène n’ait rien à se
reprocher pour le départ.
Qu’il ne faut plus construire dorénavant des monastères
doubles, et des monastères doubles.
Nous décidons qu’on n’érige plus désormais des monastères
doubles, parce que c’est une cause de scandale pour un grand
nombre. S’il y en a qui désirent renoncer au monde avec un
groupe de parents et embrasser la vie monastique ensemble,
que les hommes prennent le chemin d’un monastère
d’hommes, et les femmes entrent dans un monastère de
femmes, car c’est là ce qui plaît à Dieu.
Quant aux monastères doubles déjà existants, qu’ils se
conforment à la règle de notre père saint Basile et vivent selon
ses prescriptions : Qu’un seul et même monastère ne serve pas
en même temps de résidence à des moines et à des moniales,
car l’adultère suit toujours de près la cohabitation. Que le
moine n’ait aucune familiarité avec la moniale, ni la moniale
avec le moine, pour se parler en particulier. Que le moine ne
couche dans un monastère de femmes, ni ne prenne jamais de
repas seul avec une moniale. Quand les provisions nécessaires
seront transportées du monastère des hommes à celui des
femmes, qu’elles soient reçues à la porte de celui-ci par la
supérieure accompagnée d’une soeur âgée. S’il arrive qu’un
moine ait besoin de voir une religieuse, de ses parentes, qu’il lui
parle en présence de la supérieure en quelques mots brefs et
reparte aussitôt.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 123 sur 493 copyright ©
Que les moines ne doivent pas quitter leurs monastères et s’en
aller dans d’autres.
Aucun moine, ou moniale, ne doit abandonner son propre
monastère et passer dans un autre. Si cela arrive, il faut lui
donner l’hospitalité, mais il ne convient pas de l’inscrire dans la
communauté sans le consentement de son higoumène.
Que les moines doivent, si le cas se présente de prendre leur
repas en compagnie de femmes, le faire en esprit d’action de
Grâces et en toute modestie et piété.
Confier à Dieu toutes choses et ne pas être esclave de ses
propres volontés, est une grande chose; En effet, « soit que vous
mangiez, soit que vous buviez, dit le divin apôtre, faites tout à
la gloire de Dieu ». Or, le Christ notre Dieu a ordonné dans ses
évangiles de couper les racines mêmes des péchés; car il ne
châtie pas seulement l’adultère, mais il condamne aussi le
mouvement de la pensée qui pousse à commettre l’adultère, en
disant : « Celui qui a regardé une femme avec le désir, a déjà
commis l’adultère avec elle dans son coeur ». Nous avons appris
par là qu’il faut purifier nos pensées « car si tout est permis,
cependant tout n’est pas profitable », ainsi que nous l’apprenons
de la bouche de l’apôtre. Il est certes nécessaire à tout homme
de se nourrir pour vivre; et pour ceux qui ont choisi la vie dans
le mariage, au milieu des enfants et dans l’esprit du siècle, de
manger tous ensemble, hommes et femmes, est sans reproche,
pourvu qu’ils rendent Grâce à Celui qui donne la nourriture,
loin de ces jeux scéniques suivis de chansons sataniques, de
cithares et de danses impures, sur qui tombe la malédiction du
prophète, qui dit : « Malheur à ceux qui boivent leur vin au
milieu du jeu de la cithare et du luth, et n’ont pas un regard
pour les oeuvres du Seigneur, ni de compréhension pour les
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 124 sur 493 copyright ©
oeuvres de ses Mains ». Si jamais il se trouvait parmi les
chrétiens de telles gens, qu’ils s’en corrigent; sinon qu’on leur
applique ce qui avant nous fut statué par les canons.
Tandis que ceux qui ont choisi la vie solitaire, ayant promis au
Seigneur Dieu de prendre le joug de la vie solitaire, qu’ils
gardent la solitude et le silence. De même il n’est pas permis à
ceux qui ont choisi l’état sacerdotal de prendre en particulier
des repas avec des femmes, si ce n’est en compagnie de
plusieurs hommes et femmes, pieux et craignant Dieu, afin que
même ce repas pris en commun mène à l’édification spirituelle.
La même règle s’appliquera aux rapports avec la parenté.
Toutefois, s’il arrive que dans un voyage un moine ou un clerc
n’ait pas apporté avec lui de vivres, et se voit dans la nécessité
d’entrer dans une hôtellerie ou dans une maison privée, il lui
sera permis de le faire, puisqu’il y est forcé par la nécessité.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 125 sur 493 copyright ©
Les canons des Conciles Locaux
CANONS D’ANCYRE
Les 25 canons des bienheureux pères réunis à Ancyre, canons
antérieurs à ceux de Nicée, mais venant en second lieu à cause
de l’autorité ou notoriété du concile oecuménique.
Des prêtres qui ont sacrifié, mais ont ensuite courageusement
repris le combat.
Les prêtres qui ont sacrifié, mais qui ensuite se repentant ont
repris le combat, non pas en apparence, mais en vérité, sans
avoir fait de convention et sans s’être entendus et avoir obtenu
qu’ils paraîtraient subir les tortures, qui ne leur seraient
appliquées qu’en apparence et pour la forme; ceux-là, il a été
décidé qu’il jouiront des honneurs de leur charge, mais ils ne
pourront ni offrir, ni prêcher, ni remplir aucune fonction
sacerdotale.
Des diacres qui ont sacrifié.
De même, les diacres qui ont sacrifié et sont ensuite retournés
au combat, conserveront les honneurs de leurs charges, mais
cesseront toute fonction liturgique et ne présenteront plus le
pain et le vin et ne prêcheront plus. Si cependant les évêques,
tenant compte de leur peine, de leur humilité et de leur
douceur, veulent ajouter à leur peine ou la diminuer, ils y sont
autorisés.
De ceux qui après s’être enfui furent pris et forcés de se
conduire en païens.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 126 sur 493 copyright ©
Ceux qui se sont enfui devant la persécution, mais qui ont été
arrêtés ou trahis par ceux de leur maison, qui ont souffert la
confiscation de leurs biens, ont subi la torture, ont été mis en
prison en déclarant qu’ils étaient chrétiens, mais ont été
contraints, soit qu’on leur ait mis de force de l’encens dans les
mains ou fait prendre de force des mets offerts aux idoles, et
qui malgré cela ont persévéré à déclarer qu’ils étaient chrétiens,
et ont prouvé leur douleur de tout ce qui leur était arrivé par
toute leur retenue et dans leur attitude et dans leur vie pleine
d’humilité, ceux-là, n’ayant commis aucune faute, ne doivent
pas être privés de la communion; s’ils l’ont été par une sévérité
trop grande ou par l’ignorance de certains, ils doivent être
immédiatement réintégrés. Cela s’applique aux ecclésiastiques
comme aux laïques. On examina de même si les laïques à qui
on avait fait violence pour sacrifier pouvaient être promus dans
les rangs du clergé; et l’on décréta qu’eux aussi n’ayant pas
commis de faute, pouvaient être promus, si leur vie antérieure
honnête le leur permet.
De ceux qui pour divers motifs ont commis quelque chose de
païen.
Quant à ceux qui ont été contraints de sacrifier, et en outre de
prendre part au banquet des sacrifices, ceux d’entre eux qui y
étant emmenés, y allèrent d’un pas allègre et revêtirent leurs
plus beaux habits et prirent part au banquet préparé sans se
soucier de rien, il a été décidé qu’ils resteront un an parmi les
audientes, trois ans parmi les substrati, prendront part aux
prières seules pendant deux ans, et seront alors complètement
réconciliés.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 127 sur 493 copyright ©
De ceux qui ont mangé en pleurant des mets consacrés aux
idoles.
Mais ceux d’entre eux qui s’y sont rendus en habit de deuil, et
en se mettant à table ont mangé en pleurant tout le temps du
repas, après avoir accompli les trois ans parmi les substrati, ils
seront admis sans prendre part à l’offrande; s’ils n’ont pas
mangé, ils seront substrati deux ans et la troisième année ils
seront admis au culte sans prendre part à l’offrande, afin d’être
reçus complètement la quatrième année. Les évêques auront le
pouvoir, après avoir éprouvé la conduite de chacun, de se
montrer indulgents, ou de prolonger le temps de la pénitence;
mais avant tout il faut examiner la vie de chacun avant et après
la chute et mesurer la miséricorde en conséquence.
De ceux qui se sont conduits en païen par peur.
Quant à ceux qui ne se sont rendus qu’à la menace de la
confiscation de leurs biens ou de l’exil, et qui ont sacrifié et ne
l’ont pas regretté jusqu’à ce jour ni ne sont revenus, mais qui à
l’occasion de ce concile sont venus et ont résolu de se convertir,
il a été décrété que jusqu’à la grande fête de Pâques ils seront
admis parmi les audientes, qu’ils seront après la grande fête
substrati trois ans, puis, deux ans durant, ils prendront part au
culte sans offrande, et alors seulement ils seront complètement
admis, de sorte que tout le temps sera de six ans. Pour ceux qui
auraient été admis à la pénitence avant ce concile, on comptera
les six ans à partir du moment où ils ont commencé. S’ils sont
cependant exposés à un danger, ou menacés de mourir à la suite
d’une maladie, ou s’il y a un autre motif grave, ils seront admis
sous condition, (c-à-d que remis ils feront les six ans de
pénitence.)
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 128 sur 493 copyright ©
De ceux qui ont mangé dans des lieux consacrés aux idoles.
Quant à ceux qui durant une fête païenne, dans un lieu destiné
à des païens, ont apporté et mangé leurs propres mets, ils seront
deux ans substrati, puis admis. Quant à savoir s’il faut les
admettre à l’offrande, c’est à chaque évêque d’éprouver et
d’examiner la vie d’un chacun.
De ceux qui furent forcés de sacrifier à plusieurs reprises.
Ceux qui étant contraints, ont sacrifié deux ou trois fois,
demeureront quatre ans substrati; ils participeront au culte sans
présenter d’offrande pendant deux ans et la septième année ils
seront admis complètement.
De ceux qui amenèrent les autres à sacrifier.
Ceux qui non seulement ont apostasié, mais, en ennemis de
leurs frères, les ont contraints à l’apostasie et les y ont fait
contraindre, ils resteront pendant trois ans parmi les audientes,
puis six ans parmi les substrati: ils prendront part au culte sans
offrande pendant un an, en sorte qu’ayant accompli dix ans ils
pourront prendre part complètement au culte. On observera
aussi leur conduite pendant tout ce temps.
Des diacres qui à leur ordination attestent qu’ils veulent se
marier.
Ceux qui sont promus diacres, si au moment de leur
promotion, ils déclarent et protestent qu’il leur faut se marier,
ne pouvant pas vivre ainsi, et se marient dans la suite, ceux-là
pourront continuer leurs fonctions, parce que l’évêque le leur
avait permis. Mais, si au moment de leur ordination ils se sont
tus et ont accepté de rester ainsi, et plus tard se marient, ils
seront démis des fonctions du diaconat.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 129 sur 493 copyright ©
Des fiancées prises de force par d’autres.
Des filles fiancées, puis enlevées par d’autres, il a été décidé
qu’elles seront rendues à leurs fiancés, même si les ravisseurs
avaient abusé d’elles par violence.
De ceux qui sacrifièrent étant catéchumènes.
Ceux qui ont sacrifié aux dieux avant leur baptême et ont été
baptisés ensuite, il a été décidé qu’ils pourront être promus aux
ordres, puisque ils ont été lavés de tous leurs péchés.
Qu’un clerc ne doit pas être ordonné par un chorévêque sans le
consentement de l’évêque.
Il n’est pas permis aux chorévêques d’ordonner des prêtres et
des diacres (pour la campagne), mais certainement pas de
prêtres pour la ville sans le consentement écrit de l’évêque de
chaque diocèse.
De ceux du clergé qui évitent de manger de la viande.
Les prêtres et les diacres qui s’abstiennent de manger de la
viande, doivent en goûter et après cela s’en abstenir, s’ils
veulent; mais s’ils l’abhorrent au point de ne pas même manger
les légumes cuits avec la viande, et n’obéissent pas ainsi au
canon, ils doivent être exclus des rangs du clergé.
Des biens d’église vendus par des prêtres pendant la vacance du
siège.
Si des prêtres ont vendu pendant la vacance d’un siège
épiscopal quelque chose appartenant à la paroisse, celle-ci a le
droit de le revendiquer, et c’est à l’évêque de décider si les
acheteurs doivent récupérer le prix payé, vu que souvent les
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 130 sur 493 copyright ©
revenus de la chose acquise surpassent de beaucoup le prix de
l’acquisition.
De ceux qui ont commis la fornication avec des bêtes.
Ceux qui ont commis des actes de bestialité ou qui en
commettent encore, s’ils ont commis le péché avant leur
vingtième année, ils devront être quinze ans substrati, puis être
admis à participer à la prière sans offrande durant cinq ans, et
alors seulement ils toucheront à l’offrande. Il faudra aussi
examiner leur conduite pendant qu’ils seront substrati, et avoir
égard à la vie qu’ils mèneront. Quant à ceux qui auront été sans
mesure dans leur péché, ils seront soumis à la longue substratio.
Ceux qui avaient plus de vingt ans et ayant femme sont
cependant tombés dans ce péché, ne seront admis à participer à
la prière qu’après vingt-cinq ans de substratio, et après cinq ans
passés dans la communauté de prières, ils pourront prendre
part à l’offrande. Si des hommes mariés, âgés de plus de
cinquante ans, tombent dans ce péché, ils ne recevront la
communion qu’à la fin de leur vie.
De ceux qui ont pourri ou pourrissent encore dans la
fornication avec des bêtes ou avec des mâles.
Ceux qui ont commis des actes de bestialité et étant
moralement lépreux ont rendu les autres aussi lépreux, le saint
concile ordonne que ceux-là prient avec les possédés.
De ceux qui ont été nommés à un évêché, mais ne furent pas
acceptés.
Si des évêques élus, mais non agréés par le diocèse pour lequel
ils ont été nommés, s’introduisent dans d’autres diocèses, y font
violence à ceux qui y sont légitimement institués et veulent
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 131 sur 493 copyright ©
exciter des troubles contre eux, ils doivent être excommuniés.
Mais s’ils veulent demeurer parmi les prêtres là où ils ont été
prêtres jusqu’alors, ils ne doivent pas être exclus de cette
dignité; si cependant ils soulèvent des partis contre l’évêque du
lieu, ils perdront la dignité presbytérale et seront exclus.
De celles qui ont voué la virginité et vivent en soeur avec
quelqu’un.
Tous ceux qui ont consacré leur virginité et ont violé leur
promesse, doivent faire la pénitence des digames. Nous
défendons également que les vierges vivent avec des hommes
comme des soeurs.
De ceux qui ont une femme adultère ou sont eux-mêmes
adultères.
Celui dont la femme aura commis l’adultère, ou celui qui aura
commis l’adultère, il a été décidé qu’ils obtiendront la complète
participation au culte en sept ans, en parcourant les divers
degrés de pénitence.
De celles qui tuent avec des abortifs les enfants conçus dans
l’adultère.
Les femmes qui se prostituent, et tuent leurs nouveau-nés ou
qui cherchent à les détruire dans leur sein, étaient
excommuniées par l’ancienne ordonnance jusqu’à la fin de leur
vie; nous avons adouci cette mesure et leur ordonnons de faire
dix ans de pénitence selon les divers degrés.
Des meurtriers.
Pour les meurtres volontaires, ils devront être substrati et ne
pourront être reçus complètement qu’à la fin de leur vie.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 132 sur 493 copyright ©
Des meurtriers involontaires.
Quant au meurtre involontaire, la première ordonnance
exigeait sept ans dans les divers degrés pour être admis à la
communion, la seconde n’en demande que cinq.
De ceux qui recourent aux devins et aux sorciers.
Ceux qui consultent les devins et se conformant aux coutumes
des païens admettent dans leur maison des gens pour leur
déceler les sorts maléfiques ou faire des purifications, seront
soumis à cinq ans de pénitence selon les degrés prescrits: trois
ans de substratio et deux ans de prière sans participation à
l’offrande.
Des complices des séductions de vierges.
Un homme ayant une fiancée a corrompu la soeur de celle-ci,
et l’a rendue enceinte; puis il a épousé sa fiancée, et sa belle-
soeur s’est pendue. Il fut statué que tous les complices ne seront
admis parmi les sistentes, qu’au bout de dix ans de pénitence
selon les divers degrés.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 133 sur 493 copyright ©
CANONS DU SYNODE DE NÉOCÉSARÉE
Les 14 canons des saints pères réunis à Néocésarée, canons qui
viennent après ceux d’Ancyre et sont antérieurs à ceux de
Nicée, mais à cause de sa vénérabilité le concile de Nicée les
précède.
Des prêtres qui ont contracté mariage ou sont fornicateurs.
Si un prêtre se marie, il sera exclu des rangs du clergé; s’il
commet une fornication ou un adultère, il sera de plus
excommunié et soumis à la pénitence.
De celles qui ont épousé deux frères et de ceux qui ont épousé
deux soeurs.
Si une femme épouse deux frères, elle sera excommuniée
jusqu’à la mort; si elle est en danger de mort et promet en cas
de guérison de rompre cette union illégitime, on pourra par
miséricorde l’admettre à la pénitence. Si la femme ou le mari
meurt dans cette union, la pénitence sera rigoureuse pour la
partie survivante.
De ceux qui se sont mariés à plusieurs reprises.
Quant à ceux qui se sont plusieurs fois mariés, le temps de leur
pénitence est connu; mais une bonne conduite et leur foi
peuvent abréger ce temps.
De ceux qui se proposaient de commettre une fornication et en
furent empêchés.
Si quelqu’un, désirant une femme, se propose de commettre le
mal avec elle et ne réalise pas sa pensée, il semble que c’est la
grâce qui l’en a détourné.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 134 sur 493 copyright ©
Des catéchumènes pécheurs.
Si un catéchumène, qui a été introduit dans l’Église dans les
rangs des catéchumènes, se conduit en pécheur, s’il est
genuflectens, qu’il redevienne audiens en cessant de pécher, si
étant audiens il pèche encore, il sera tout à fait exclu.
Qu’une catéchumène enceinte, peut être baptisée quand elle
veut.
Une femme enceinte peut être baptisée, dès qu’elle le demande;
car celle qui enfante n’a sous ce rapport rien de commun avec
celui qui est enfanté, vu que chacun doit faire connaître sa
volonté par sa profession de foi.
Que le prêtre ne doit pas assister au banquet de noces de ceux
qui se marient en secondes noces.
Le prêtre ne doit pas assister au repas de noces de ceux qui se
marient pour la seconde fois; car si le digame demande à faire
pénitence, dans quelle situation se trouvera le prêtre qui par son
assistance au repas a approuvé le mariage ?
De ceux qui ont des épouses adultères.
Si la femme d’un laïc a commis l’adultère, et que la culpabilité a
été ;publiquement démontrée, son mari ne peut être admis au
service de l’église. Si elle a commis l’adultère après l’ordination
du mari, celui-ci doit la renvoyer; si malgré cela, il continue à
vivre avec elle, il ne peut conserver les fonctions qu’on lui a
confiées.
Des prêtres qui ont commis des péchés de la chair avant
l’ordination.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 135 sur 493 copyright ©
Un prêtre qui a péché par la chair avant d’être ordonné, et qui
avoue cela après son ordination, ne doit pas offrir le saint
sacrifice, tout en restant pour exercer les autres fonctions; car
tous les autres péchés, dit-on, sont effacés par l’ordination
sacerdotale. S’il ne fait pas d’aveu spontané, et qu’on ne puisse
pas le convaincre clairement, il faut le laisser à sa conscience.
Des diacres qui ont commis des péchés de la chair avant
l’ordination.
De même, le diacre qui a commis ce même péché ne doit plus
remplir que les fonctions d’un ministre inférieur.
A quel âge un prêtre doit être ordonné.
Nul ne sera admis à la prêtrise avant trente ans; serait-il tout à
fait digne, il devra attendre. Notre Seigneur Jésus Christ fut en
effet baptisé et commença à enseigner à l’âge de trente ans.
De ceux qui ont été baptisés pendant la maladie.
Celui qui a été baptisé étant malade ne peut être ordonné
prêtre; car sa profession de foi ne vient pas d’une volonté
délibérée, mais de la nécessité, à moins qu’un grand zèle, une
foi vive ou le manque de candidats ne le fassent admettre.
Des prêtres de campagne.
Les prêtres de campagne ne peuvent offrir le saint sacrifice
dans la cathédrale, quand l’évêque et les prêtres de la ville sont
présents; ils ne peuvent non plus donner durant la messe le
pain et le vin aux fidèles. Mais, si l’évêque et les prêtres sont
absents, et que le prêtre de campagne est invité à célébrer seul,
il peut donner la communion.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 136 sur 493 copyright ©
Des chorévêques.
Les chorévêques par contre, représentent les soixante-dix
disciples; comme comministres, à cause de leur zèle pour les
pauvres, ils peuvent offrir le saint sacrifice, comme une marque
d’honneur.
Combien de diacres peuvent-ils être ordonnés dans une ville.
Dans une ville, même très grande il ne doit y avoir selon la
règle que sept diacres; vous en aurez la preuve par le livre des
Actes des apôtres.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 137 sur 493 copyright ©
CANONS DU SYNODE D’ANTIOCHE
Les 25 canons des saints pères réunis à Antioche.
Lettre du synode
Le saint et pacifique synode, réuni par Dieu à Antioche, des
provinces de Coelo-Syrie, Phénicie, Palestine, Arabie,
AIdssopotamie, Cilicie, Isaurie : à nos saints comministres de
la province, qui pensent comme nous, salut dans le Seigneur.
La grâce et la vérité de Jésus Christ notre Seigneur et Sauveur,
qui a visité la sainte Église d’Antioche et nous a rassemblés ici
en pleine concorde et harmonie et esprit de paix, après les
nombreux résultats du passé, a obtenu aussi ce résultat, sous
l’inspiration du saint et pacifiant Esprit. Ce que nous avons
trouvé bon de décider, après longue délibération et examen de
nous tous, évêques réunis des diverses provinces dans cette ville
d’Antioche, nous le portons à votre connaissance, confiant dans
la grâce du Christ et dans l’Esprit saint, l’esprit de paix, que
vous aussi vous serez du même avis, puisque vous étiez de coeur
avec nous et nous aidiez de vos prières, ou plutôt unis à nous et
présents dans l’Esprit saint, vous avez d’accord avec nous édicté
ces mêmes ordonnances, en signant et confirmant dans la
concorde de l’Esprit saint les justes décisions prises.
Les canons ecclésiastiques qui furent édictés sont les suivants :
De ceux qui agissent contre les ordonnances de Nicée au sujet
de la fête de Pâques.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 138 sur 493 copyright ©
Tous ceux qui oseront enfreindre le décret du grand et saint
concile assemblé à Nicée, en l’auguste présence de l’empereur
Constantin aimé de Dieu, touchant la sainte et salutaire
solennité de la pâque, doivent être excommuniés et rejetés de
l’Église, s’ils s’obstinent par esprit de dispute à s’élever contre
ces sages décisions. Et cela pour les laïcs. Quant aux supérieurs
ecclésiastiques, évêques ou prêtres ou diacres, si après le présent
décret quelqu’un ose se singulariser en célébrant la Pâque avec
les Juifs, le saint concile le tient dès lors pour séparé de l’église;
car non seulement il commet une faute, mais il devient pour
beaucoup une cause de trouble et de perdition; de tels clercs
seront dépouillés de leur office, eux et ceux qui resteront en
communion avec eux après la déposition. Les clercs déposés
seront privés des honneurs extérieurs auxquels ont droit ceux
qui sont inscrits au saint canon du clergé et le divin sacerdoce
De ceux qui méprisent la prière de la messe à l’église et de ceux
qui communient avec les excommuniés dans la prière.
Ceux qui viennent à l’église et écoutent la lecture des saints
livres, mais ne veulent pas prendre part à la prière liturgique
avec le peuple, ou qui par une sorte d’indiscipline se détournent
de la communion à l’eucharistie, tous ceux- là doivent être
exclus de l’église, jusqu’à ce qu’ayant reconnu leur faute, ils aient
fait les pénitences canoniques, produit des fruits de repentir et
pu obtenir par leurs prières le pardon.
Il n’est pas permis d’être en communion avec ceux qui sont
exclus de l’église, ni d’aller prier dans les maisons de ceux qui
évitent de prier avec l’église, ni de recevoir dans une église ceux
qui ont été exclus d’une autre. S’il est prouvé qu’un évêque, un
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 139 sur 493 copyright ©
prêtre, un diacre ou un autre clerc reste en communion avec les
excommuniés, il doit être excommunié lui-même, parce qu’il
bouleverse la discipline ecclésiastique.
De ceux qui s’établissent dans un diocèse autre que le leur sans
le consentement de leur propre évêque.
Si un prêtre, un diacre ou tout autre clerc, laisse sa paroisse
pour aller dans une autre, puis quittant complètement son
domicile, tente de séjourner longtemps dans une autre paroisse,
il ne pourra plus exercer son ministère; notamment, s’il a refusé
d’obéir au rappel de son évêque et à l’ordre d’avoir à réintégrer
sa propre paroisse, mais s’obstine dans son indiscipline, il doit
être dépouillé complètement de ses fonctions ecclésiastiques
sans espoir de réintégration. Si un autre évêque accepte un clerc
déposé pour ce motif, il sera puni par un synode commun,
comme transgresseur des ordonnances ecclésiastiques.
Des clercs supérieurs déposés qui osent célébrer.
Si un évêque déposé par un concile, ou un prêtre ou un diacre
déposés par leur évêque, osent continuer quelques-unes de leurs
fonctions, l’évêque, selon la coutume qui a prévalu jusqu’ici, et
aussi le prêtre et le diacre, qu’aucun d’eux n’espère obtenir sa
réintégration par un autre synode, ni même avoir la faculté de
se défendre; et de plus, ceux qui resteront en communion avec
eux seront exclus de l’église, surtout s’ils osent le faire après
connaissance de la sentence portée contre les susdits.
De ceux qui se retirent des assemblées liturgiques de l’église et
célèbrent en particulier.
Si un prêtre ou un diacre, ne faisant aucun cas de son évêque, se
sépare de l’église, forme une communauté à part, érige un autel
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 140 sur 493 copyright ©
et refuse d’écouter les avertissements de son évêque, ne veut
aucunement prêter l’oreille, ni obéir à ses appels répétés une et
deux fois, il sera déposé complètement, n’aura plus d’espoir de
rémission, ni ne pourra recouvrer sa dignité. S’il continue à
causer des troubles et des séditions dans l’église, qu’on le fasse
revenir à l’ordre, comme un factieux, par le pouvoir séculier.
Des excommuniés, qu’il est interdit de les recevoir.
Celui qui a été excommunié par son propre évêque ne peut être
admis par un autre évêque, avant sa réintégration par le sien
propre, à moins que, se présentant au synode réuni il ne se
défende et convaincant le synode il n’obtienne une autre
décision à son sujet. Ce décret vaut pour les laïcs et les prêtres
et les diacres, et tous ceux inscrits sur la liste du clergé.
Qu’il ne faut recevoir aucun clerc étranger sans lettres de
recommandation de son évêque.
Aucun clerc étranger ne sera reçu sans lettres de
recommandation.
Des lettres de recommandation données par les prêtres et les
évêques de campagne.
Les prêtres de la campagne ne peuvent donner des lettres
canoniques, sauf d’adresser ces lettres aux seuls évêques voisins.
Tandis que les chorévêques irréprochables peuvent délivrer des
lettres de recommandation.
Des métropolitains de chaque province.
Les évêques de chaque province doivent savoir que l’évêque qui
préside à la métropole est chargé du soin de toute la province,
car c’est à la métropole que se rendent de toutes parts ceux qui
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 141 sur 493 copyright ©
ont des affaires à traiter. En conséquence, il a été statué qu’il
occupera aussi le premier rang pour les honneurs et que les
autres évêques, conformément à la règle ancienne établi par nos
pères, ne pourront rien faire sans lui, sinon administrer leur
ville avec sa campagne; chaque évêque en effet est maître de
son diocèse, il doit l’administrer avec religion et veiller sur les
campagnes qui dépendent de sa ville épiscopale; il doit de
même ordonner des prêtres et des diacres, et faire toutes choses
avec discernement. Mais en dehors de cela il ne peut rien faire
sans l’assentiment de l’évêque de la métropole, comme lui non
plus ne doit rien décider sans l’avis des autres évêques.
De ceux qu’on appelle chorévêques et des ordinations qu’ils
font.
Ceux qui, résidant dans les campagnes et les bourgs, portent le
titre de chorévêque, bien qu’ils aient reçu la consécration
épiscopale, doivent selon la décision du saint concile, connaître
les limites de leurs facultés et administrer les églises dont ils
ont la juridiction et y limiter leurs soins et leur vigilance, y
ordonner des lecteurs, des sous-diacres et des exorcistes, mais se
contenter de ces promotions, et ne point oser ordonner des
prêtres et des diacres sans l’assentiment de l’évêque, sous la
juridiction duquel se trouve placé le chorévêque lui-même et
son territoire. Si quelqu’un ose outrepasser ces ordonnances,
qu’il soit déposé et privé de sa dignité. Le chorévêque doit être
nommé par l’évêque de la ville dont dépend la campagne.
De ceux qui recourent à l’empereur sans le consentement du
métropolitain.
Si un évêque ou un prêtre ou n’importe quel autre clerc ose
recourir à l’empereur sans avoir l’assentiment ou des lettres des
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 142 sur 493 copyright ©
évêques de la province et surtout de l’évêque de la métropole, il
doit être condamné et privé non seulement de la communion,
mais encore de la dignité qu’il possède, parce qu’il a osé
importuner notre empereur aimé de Dieu, contrairement aux
règles de l’Église. Si toutefois une affaire importante l’oblige de
recourir à l’empereur, il doit le faire avec l’avis et le
consentement de l’évêque de la métropole et des autres évêques
de la province, et ne se mettre en route que muni de leurs
lettres.
Des clercs déposés qui recourent à l’empereur
Si un prêtre ou un diacre déposé par son évêque, ou un évêque
déposé par un synode, ose aller importuner l’empereur, et alors
qu’il eût dû porter sa cause devant un plus grand synode,
exposer ses raisons devant un nombre plus considérable
d’évêques et se soumettre à leur enquête et leur décision, lui,
faisant peu de cas de ces moyens, insiste auprès de l’empereur,
un tel ne sera digne d’aucun pardon, n’aura plus la faculté
d’exposer sa défense et doit perdre tout espoir de réintégration.
De ceux qui venant d’une autre province osent faire des
ordinations.
Aucun évêque ne doit oser passer de sa province à une autre, y
ordonner et établir des desservants dans des église, pas même
s’il était accompagné d’autres évêques; à moins d’y avoir été
invité par des lettres du métropolitain et de ses suffragants,
dont il traverse le territoire. Si, contrairement à l’ordre établi, il
s’y rend et procède à des ordinations et à d’autres affaires
ecclésiastiques qui lui sont étrangères, ses actes seront frappés
de nullité et lui-même subira la peine de son désordre et de sa
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 143 sur 493 copyright ©
démarche inconsidérée, en restant déposé par le fait même,
selon la décision du saint synode.
Du désaccord sur la sentence contre des évêques en accusation.
Lorsqu’un évêque est accusé de diverses fautes et que les
évêques de la province sont partagés à son sujet, les uns
déclarant l’accusé innocent, les autres coupable, pour dissiper
toute incertitude il a paru bon au saint synode que l’évêque de
la métropole convoque d’autres évêques de la province voisine,
pour qu’ils servent d’arbitres et dissipent le doute, portant par
eux et ceux de sa province un jugement certain sur l’affaire.
Des évêques condamnés unanimement par ceux de la province.
Lorsqu’un évêque a été accusé de diverses fautes et que tous les
évêques de la province ont été unanimes à porter sur lui un
jugement défavorable, il ne pourra plus se présenter devant un
autre tribunal, mais la décision des évêques de la province
restera irrévocable.
Des évêques libres qui s’emparent d’un évêché vacant.
Si un évêque sans diocèse s’introduit dans un diocèse vacant et
s’empare du siège épiscopal sans l’autorisation d’un synode
complet, il doit être déposé, quand même il serait parvenu à se
faire élire par tout le peuple de l’Église qu’il a occupée par
intrusion. Un synode complet est celui auquel assiste le
métropolitain.
Des évêques nommés qui donnent leur démission une fois
ordonnés.
Si après avoir reçu la consécration épiscopale et le pouvoir de
juridiction sur un diocèse, un évêque ne remplit pas son
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 144 sur 493 copyright ©
ministère et s’obstine à ne point se rendre dans l’église pour
laquelle il a été ordonné, il doit être excommunié jusqu’à ce
qu’il se voie dans la nécessité d’accepter ce qui lui a été destiné,
ou que le synode complet des évêques de la province statue sur
son cas.
De ceux qui ont été nommés à un évêché, mais n’y ont pas été
acceptés.
Si après avoir reçu la consécration épiscopale un évêque ne peut
se rendre dans l’église qui lui a été destinée, non par sa faute,
mais parce que son peuple refuse de le recevoir, ou pour tout
autre motif indépendant de sa volonté, il conservera sa dignité
et les honneurs qui y sont attachés; il aura seulement soin de ne
pas s’ingérer dans les affaires de l’église où il célèbre, et il
attendra la décision que le synode complet de la province
prendra en examinant son cas.
Des ordinations des évêques d’une province.
Un évêque ne peut être élu sans synode et sans la présence du
métropolitain; en plus de la présence indispensable de celui-ci,
il serait certes souhaitable que fussent présents, tous les
comministres de la province, que le métropolitain devra
convoquer par lettre. Si tous viennent, ce sera pour le mieux; si
cela est difficile, il faut que la majorité des évêques soit
absolument présente ou qu’elle envoie par écrit son assentiment
à l’élection, en sorte que l’ordination ait lieu soit en présence de
la majorité soit avec son approbation écrite. Si l’on contrevient
à cette ordonnance, l’ordination n’aura aucune valeur; si au
contraire, tout se passe selon cette ordonnance, et que
quelques-uns s’y opposent par esprit de contradiction, le vote
de la majorité l’emportera.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 145 sur 493 copyright ©
Des synodes que les évêques d’une province doivent tenir deux
fois par an.
Pour les nécessités de l’église et la solution des affaires
contestées il a semblé bon que deux fois par an les évêques de
la province se réunissent en synode; la première fois après la
troisième semaine qui suit pâques, de manière à célébrer le
synode dans la quatrième semaine de la pentecôte, le
métropolitain doit rappeler cela aux évêques de la province; le
second synode se tiendra aux ides d’octobre, c’est à dire le
quinze du mois d’hyperbérétée. A ces synodes pourront
comparaître les prêtres et les diacres et tous ceux qui se
prétendent lésés et le synode examinera leur cause. Il n’est pas
permis aux évêques de tenir synode entre eux, sans la présence
des métropolitains.
Qu’en aucune manière on ne doit faire des transferts d’évêques.
Un évêque ne doit pas passer d’un diocèse dans un autre, s’y
introduire de son propre gré ou forcé par le peuple ou contraint
par les autres évêques. Il doit s’attacher à l’église pour laquelle il
fut choisi par Dieu dès le début, et ne point l’abandonner, selon
l’ordonnance déjà portée auparavant à ce sujet.
Qu’on ne doit pas ordonner des clercs dans un diocèse étranger.
Un évêque ne doit pas s’introduire dans une ville qui n’est pas
soumise à sa juridiction, ni dans un territoire de campagne qui
ne lui appartient pas pour y faire une ordination; il ne doit pas
établir des prêtres et des diacres dans des localités soumises à
un autre évêque, sinon avec le consentement de cet évêque. Si
donc quelqu’un osait transgresser cette ordonnance, les
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 146 sur 493 copyright ©
ordinations faites seront nulles et lui-même sera puni par le
synode de la province.
Que personne ne doit se nommer un successeur.
Il n’est pas permis à un évêque même au terme de sa vie,
d’établir un autre évêque à sa place comme son successeur. Si le
cas se présentait, l’institution serait nulle. Il faut observer la
coutume ecclésiastique qui prescrit de n’instituer des évêques
que par un synode et avec le consentement des; évêques, qui
après la mort du titulaire ont le droit de présenter celui qu’ils
jugent digne.
Des biens appartenant à l’église et de biens personnels de
l’évêque.
Les biens appartenant à l’église doivent être en bon état et
conservés avec un grand soin et une conscience scrupuleuse et
aussi avec la pensée que Dieu voit et juge tout; on doit les
administrer sous la surveillance et l’autorité de l’évêque à qui
sont confiés le peuple et l’âme des fidèles. Les prêtres et les
diacres qui entourent l’évêque doivent avoir une connaissance
claire et précise des propriétés de l’église, de manière à savoir et
ne pas ignorer ce qui appartient à l’église. Ainsi à la mort de
l’évêque, ce qui appartient à l’église étant clairement connu, rien
ne s’égarera ni se perdra, et le patrimoine de l’évêque ne
souffrira point de dommage sous prétexte qu’il fait partie des
biens ecclésiastiques. Il est juste en effet et agréable à Dieu et
aux hommes que l’évêque dispose à son gré de ses biens
propres, et aussi que les intérêts de l’église soient sauvegardés.
L’église ne doit subir aucun dommage ni la chose de l’évêque
aucune confiscation en faveur de l’église, ou que ses héritiers
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 147 sur 493 copyright ©
soient impliqués dans un procès, d’où la mémoire de l’évêque
serait en butte à des bruits infamants.
Que l’évêque a le pouvoir d’administrer les biens de son église.
L’évêque a la disposition des biens de l’église pour les dépenser
en faveur des indigents, avec discernement et crainte de Dieu.
Il peut en user pour lui- même, s’il le faut, pour ses propres
besoins et pour les frères qui reçoivent l’hospitalité chez lui et
qui ne doivent jamais manquer du nécessaire, selon la parole du
divin apôtre : « Ayant la nourriture et le vêtement, nous devons
être satisfaits ». Mais si, non content de cela, l’évêque emploie
ces biens à ses affaires privées, s’il ne gère pas les revenus de
l’église et le produit des biens fonds selon l’avis des prêtres et
des diacres, s’il les livre à gérer à ses proches ou à ses parents, à
ses frères, à ses fils, de façon qu’insensiblement un préjudice
réel soit porté par ces gens à l’administration de l’église, l’évêque
devra rendre compte de sa gestion au synode de la province. Si
d’autre part il est accusé lui ou ses prêtres, qu’ils accaparent à
leur profit les revenus de l’église provenant de biens fonds ou de
toute autre source, de façon à porter tort aux pauvres et à
exposer aux accusations et à la diffamation l’administration et
les administrateurs, à cela aussi il faudra mettre de l’ordre, par
les mesures que le synode jugera bon de prendre.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 148 sur 493 copyright ©
CANONS DU SYNODE DE LAODICÉE
Les 59 canons du synode des bienheureux pères réunis à
Laodicée de Phrygie sous Théodose le Grand.
De ceux qui se sont mariés en secondes noces et du temps de
leur pénitence.
Selon la règle ecclésiastique nous décidons qu’on doit, après un
certain temps passé dans la prière et le jeûne, gracier et faire de
nouveau participer à la communion ecclésiastique ceux qui
régulièrement et conformément aux lois contractèrent un
second mariage, sans s’être mariés clandestinement.
De ceux qui se sont profondément repentis de fautes variées.
Les pécheurs des diverses catégories qui ont persisté dans leurs
sentiments de confession et de pénitence et qui se sont tout-à-
fait éloignés du mal, doivent, après un temps de pénitence
proportionné à leur faute, être admis de nouveau à la
communion eu égard à la miséricorde et à la bonté de Dieu.
Qu’il ne faut pas être admis dans le clergé aussitôt après le
baptême.
Que ceux qui ont été baptisés depuis peu ne soient pas élevés à
la cléricature.
Que ceux du clergé ne doivent pas prêter à intérêt.
Que les clercs ne pratiquent pas l’usure, ni ne prennent des
intérêts et ce qu’on appelle la moitié en plus.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 149 sur 493 copyright ©
A quel moment les ordinations doivent être faites.
Que les ordinations ecclésiastiques ne se fassent pas au temps
où les audientes sont encore dans l’église.
Qu’un hérétique ne doit pas entrer dans une église ou dans une
chapelle de martyrs.
Qu’il soit défendu aux hérétiques de franchir le seuil de la
maison de Dieu, aussi longtemps qu’ils s’obstineront dans leur
hérésie.
De ceux qui reviennent de l’hérésie à l’église.
Que ceux qui reviennent des hérésies, c’est-à-dire de celle des
novatiens, des photiniens ou des quartodécimans, qu’ils aient
été dans ces sectes catéchumènes ou fidèles, ne soient pas reçus
avant d’avoir anathématisé toutes les hérésies, et en particulier
celle dont ils sortent. Ceux d’entre eux qui dans ces sectes sont
appelés fidèles pourront participer au saint mystère, après avoir
appris les symboles de la foi et avoir été oints du saint chrême.
De ceux qui reviennent de l’hérésie des phrygiens.
Que ceux qui reviennent de l’hérésie des phrygiens même s’ils
faisaient partie du prétendu clergé de cette secte, même s’ils
portent le titre de « très grand », doivent être instruits dans la
religion avec le plus grand soin et baptisés par les évêques et les
prêtres de l’église.
Qu’il ne faut pas s’approcher des cavernes des hérétiques pour y
prier.
Il ne faut pas permettre que les membres de l’église se rendent
dans les cimetières ou dans ce qu’on appelle les martyria de
n’importe quels hérétiques, pour y célébrer le service divin ou y
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 150 sur 493 copyright ©
faire leurs dévotions; les fidèles qui n’observeront pas cette
règle, seront excommuniés pendant quelque temps et seront
réconciliés lorsqu’ils auront fait pénitence et confessé leur faute.
De l’alliance par mariages avec des hérétiques.
Que le membres de l’église ne marient pas indifféremment
leurs enfants avec les hérétiques.
Qu’il ne faut pas établir des femmes-prêtres dans l’église.
Que l’ordination de celles qu’on appelle presbytides ou
présidentes ne se fasse pas dans l’église.
Des ordinations épiscopales.
Que les évêques soient ordonnés en vue du gouvernement
d’une église, d’après le jugement du métropolitain et des
évêques voisins, après toutefois que l’on sera suffisamment
convaincu de leur orthodoxie et de leurs bonnes moeurs.
Que les ordinations ne doivent pas être faites d’après le
jugement du peuple.
On ne doit pas laisser à la foule l’élection de ceux qui sont
destinés au sacerdoce.
Qu’il ne faut pas envoyer à un autre diocèse une partie des
saints dons.
Que dans le temps pascal on n’envoie plus les saints dons en
guise d’eulogie dans les autres diocèses.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 151 sur 493 copyright ©
De ceux qui peuvent chanter du haut de l’ambon.
A l’exception des chantres ordonnés, qui montent à l’ambon et
chantent d’après le livre, personne d’autre ne doit faire le
chantre à l’église.
Des lectures à faire les samedis à l’église.
Le samedi on doit lire publiquement les évangiles avec les
autres parties des Écritures.
Que les psaumes doivent être lus avec des intervalles dans les
assemblées liturgiques.
Que dans les assemblées pour le service divin on ne chante plus
les psaumes immédiatement l’un après l’autre, mais que l’on
intercale une leçon après chaque psaume.
Des prières à faire à none et aux vêpres.
Le même service de prières doit toujours avoir lieu soit à none
soit aux vêpres.
Des prières après les homélies des évêques et de ceux qui
peuvent communier et que les prêtres seuls entrent dans le
sanctuaire.
Il faut, en particulier, aussitôt après l’homélie de l’évêque dire la
prière sur les catéchumènes et après la sortie des catéchumènes
dire la prière sur les pénitents, et après que ceux-ci auront reçu
l’imposition des mains et seront sortis, alors seulement on dira
les trois prières pour les fidèles, la première à voix basse, la
seconde et la troisième à haute voix. Ensuite on se donnera
paix : après que les prêtres auront donné la paix à l’évêque, les
laïcs se la donneront aussi et alors on offrira le saint sacrifice. Il
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 152 sur 493 copyright ©
ne sera permis qu’aux seuls clercs consacrés d’approcher de
l’autel et d’y communier.
Des honneurs dus aux prêtres et aux diacres.
Le diacre ne doit pas s’asseoir en présence du prêtre, ou ne le
faire que sur invitation de celui-ci. De la même manière seront
honorés les diacres par les sous-diacres et par tous les clercs.
Que les sous-diacres doivent être écartés de la sacristie des
diacres.
Les sous-diacres ne doivent pas prendre place dans le
diaconicon, ni toucher ;les vases sacrés.
Que le sous-diacre ne doit pas mettre l’orarion.
Le sous-diacre ne doit pas porter l’orarion ni quitter sa place à
la porte.
Que les lecteurs et préchantres ne doivent pas exercer leurs
fonctions revêtus de l’orarion.
Les lecteurs et les chantres ne doivent pas porter l’orarion pour
lire ou pour chanter.
Qu’aucun clerc ne doit entrer dans un cabaret.
Les clercs consacrés depuis les prêtres jusqu’aux diacres et la
suite des rangs ecclésiastiques, jusqu’aux sous-diacres, aux
lecteurs, aux chantres, aux exorcistes ou aux portiers, ou ceux de
la classe des ascètes, ne doivent pas entrer dans une taverne.
Que le sous-diacre ne doit ni bénir ni distribuer du pain béni.
Les sous-diacres ne doivent pas distribuer le pain ni bénir le
calice.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 153 sur 493 copyright ©
Des exorcistes qui ne sont pas sous l’autorité de l’évêque.
Celui qui n’y a pas été promu par l’évêque ne doit exorciser ni
dans les églises, ni dans les maisons.
Qu’il ne faut pas emporter des vivres après l’agape.
Les clercs consacrés, les autres clercs et les laïcs invités à une
agape, ne doivent pas en emporter une partie chez eux, pour ne
pas déshonorer l’état ecclésiastique.
Qu’il ne faut pas offrir des repas dans une église.
On ne doit point célébrer dans les églises de paroisse ou dans
les autres églises ce qu’on nomme les agapes, ni servir des repas
ou donner un banquet dans la maison de Dieu.
Des chrétiens qui gardent le sabbat ou observent quelqu’autre
rite judaïque.
Les chrétiens ne doivent pas judaïser et garder le repos du
sabbat, mais travailler ce jour-là; ils préféreront garder le repos,
si possible, le jour du Seigneur, en leur qualité de chrétiens. S’ils
persistent à judaïser, qu’ils soient anathème auprès du Christ.
Des hommes qui se baignent avec des femmes.
Les clercs consacrés, les autres clercs et les ascètes ne se
baigneront pas avec des femmes, car c’est là le premier des
reproches faits aux païens.
De ceux qui contractent mariage avec des hérétiques.
On ne doit pas se marier avec des hérétiques quels qu’ils soient,
ni leur donner en mariage ses fils et filles, à moins qu’ils ne
promettent de se faire chrétiens.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 154 sur 493 copyright ©
Qu’il ne faut pas recevoir du pain béni des hérétiques.
On ne doit pas recevoir les eulogies des hérétiques, car ce sont
plutôt des malédictions que des eulogies.
Qu’il ne faut pas prier avec des hérétiques ou des
schismatiques.
On ne doit pas prier en commun avec les hérétiques et les
schismatiques.
Qu’il ne faut pas recourir aux faux-martyrs des hérétiques.
Aucun chrétien ne doit laisser d’honorer les martyrs du Christ,
pour s’en aller honorer les faux martyrs, c’est-à-dire les martyrs
hérétiques, ou ceux qui sont devenus chefs des hérétiques, car
ceux-ci sont loin de Dieu. Celui donc qui se rend chez eux,
qu’il soit anathème.
Qu’il ne faut pas pratiquer le culte des anges.
Les chrétiens ne doivent pas abandonner la gloire de Dieu et
son église pour s’en aller invoquer les anges et faire des
réunions en leur honneur; cela est défendu. S’il y a donc
quelqu’un qui s’adonne à cette idolâtrie occulte, qu’il soit
anathème, parce qu’il a oublié notre Seigneur Jésus Christ et
qu’il a passé à l’idolâtrie.
De ceux qui font usage d’incantations ou de phylactères.
Les clercs consacrés et les clercs inférieurs ne doivent être ni
sorciers ni magiciens ni mathématiciens, ni astrologues, ni
fabriquer ce qu’on nomme des amulettes, qui sont des chaînes
pour leurs âmes; ceux qui en portent nous ordonnons qu’ils
soient jetés hors de l’église.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 155 sur 493 copyright ©
Qu’il ne faut pas accepter les cadeaux de fête des Juifs ou des
hérétiques.
On ne doit accepter des Juifs ou des hérétiques aucun cadeau
de fête, ni célébrer des fêtes avec eux.
Que les chrétiens ne doivent pas manger d’azymes.
On ne doit pas accepter des Juifs des azymes, ni communier à
leurs impiétés.
Que les chrétiens ne doivent pas observer les fêtes païennes.
On ne doit pas prendre part aux fêtes des païens, ni communier
à leur athéisme.
Des évêques qui négligent les invitations aux synodes.
Les évêques convoqués à un synode ne doivent pas dédaigner
l’invitation, mais s’y rendre et y dire ou apprendre ce qui peut
servir au bien des fidèles et des autres. Si quelqu’un dédaigne
l’invitation, celui-là se met dans son tort, à moins qu’il ne soit
empêché par quelque chose d’extraordinaire.
Que ceux du clergé ne doivent pas partir en voyage sans lettre
de recommandation.
Un clerc consacré ou un clerc inférieur ne doit pas voyager sans
être muni de lettres canoniques.
Qu’un clerc ne doit pas partir en voyage sans l’autorisation de
son évêque.
Un clerc consacré ou un clerc inférieur ne doit pas entreprendre
un voyage sans l’autorisation de son évêque.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 156 sur 493 copyright ©
Que les sous-diacres doivent rester près des portes.
Les sous-diacres ne doivent pas même pour un peu de temps,
quitter les portes pour prendre part à la prière.
Que les femmes ne doivent pas entrer dans le sanctuaire.
Les femmes ne doivent pas entrer dans le sanctuaire.
De ceux qui s’inscrivent parmi les candidats au baptême dans la
semaine de la mi-carême.
On ne doit pas admettre au baptême après la seconde semaine
du carême.
Que les candidats au baptême doivent réciter le symbole.
Ceux qui se préparent au baptême doivent apprendre par coeur
le symbole de la foi et le réciter le jeudi de la grande semaine à
l’évêque ou aux prêtres.
De ceux qui reçoivent le baptême pendant la maladie.
Ceux qui ont reçu le baptême lors d’une maladie, puis s’en sont
relevés, doivent apprendre le symbole de la foi et se rendre
compte qu’ils ont reçu un don divin.
Du saint chrême à donner après le baptême.
Ceux qui ont été baptisés doivent être oints du chrême céleste
et devenir participants du royaume du Christ.
Qu’il ne faut pas offrir le pain du sacrifice en carême.
Pendant le carême on ne doit pas offrir le pain du saint
sacrifice, si ce n’est le samedi et le dimanche.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 157 sur 493 copyright ©
Qu’il ne faut pas rompre le jeûne le jeudi de la semaine sainte.
On ne doit pas rompre le jeûne le jeudi de la dernière semaine
et déshonorer par là tout le carême; mais on doit jeûner tout le
carême dans la xérophagie.
Qu’il ne faut pas célébrer la mémoire des martyrs dans les jours
de jeûne.
Pendant le carême on ne doit pas célébrer les anniversaires des
martyrs, mais ne les commémorer que les samedis et les
dimanches.
Qu’il ne faut pas célébrer des anniversaires ou des mariages en
carême.
Pendant le carême on ne doit célébrer ni mariage, ni fête de
naissance.
Qu’un chrétien ne doit pas danser au banquet des noces.
Les chrétiens qui assistent aux noces ne doivent se livrer ni à
des sauteries, ni à des danses, mais assister avec décence au
repas ou au dîner, comme il convient à des chrétiens.
Qu’il n’est pas permis à un clerc d’assister aux jeux de théâtres
pendant les banquets.
Les clercs consacrés et les clercs inférieurs ne doivent pas,
lorsqu’ils assistent à des noces ou à des banquets, rester pour
voir certains jeux, mais se lever et partir avant l’entrée des
acteurs des jeux de noces.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 158 sur 493 copyright ©
Qu’il ne convient pas à des chrétiens de se cotiser pour
banqueter.
Les clercs consacrés et les clercs inférieurs ne doivent pas
mettre en commun de l’argent pour célébrer des banquets; les
laïcs non plus.
Que les prêtres ne doivent pas entrer dans le sanctuaire avant
l’évêque.
Les prêtres ne doivent pas entrer dans le sanctuaire et y
prendre place avant que n’y entre l’évêque; à moins que l’évêque
ne soit empêché ou en voyage.
Qu’il ne faut pas instituer des évêques pour des villages ou des
campagnes.
On ne doit pas ordonner des évêques, mais des visiteurs dans
les bourgs et les villages; ceux qui y ont déjà été ordonnés ne
doivent rien faire sans l’avis de l’évêque de la ville. De même les
prêtres ne doivent rien faire sans l’avis de l’évêque.
Qu’il ne faut pas offrir le sacrifice dans des maisons
d’habitation.
Les évêques et les prêtres ne doivent pas offrir le sacrifice dans
des maisons particulières.
De ce qu’on doit chanter et lire à l’église.
On ne doit pas lire dans l’église des psaumes composés
d’autorité privée, ni des livres qui ne sont pas canoniques, mais
les seuls livres canoniques de l’Ancien et du Nouveau
Testament.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 159 sur 493 copyright ©
Voici les livres que l’on doit lire et qui font autorité: de l’Ancien
Testament : I. La Genèse du monde; 2. l’Exode de l’Egypte; 3.
le Lévitique; 4. les Nombres; 5. le Deutéronome; 6. Josué; 7. les
Juges, Ruth; 8. Esther; 9. le premier et le second des Rois; 10. le
troisième et le quatrième des Rois; 11. le premier et le second
des Paralipomènes; 12. le premier et le second d’Esdras; 13. le
livre des 150 Psaumes; 15. Les Proverbes de Salomon; 15.
l’Ecclésiaste; 16. le Cantique des Cantiques; 17, Job; 18. les
douze Prophètes; 19, Isaïe; 20. Jérémie. Baruch, les
Lamentations et les Lettres; 21. Ezéchiel; 22, Daniel. Ceux du
Nouveau Testament sont les suivants: quatre évangiles, selon
Matthieu, selon Marc, selon Luc et selon Jean; les Actes des
apôtres; les sept lettres canoniques, c’est-à-dire une de Jacques,
deux de Pierre, trois de Jean et une de Jude; quatorze lettres de
Paul : une aux Romains, deux aux Corinthiens, une aux
Galates, une aux Éphésiens, une aux Philippiens, une aux
Colossiens, deux aux Thessaloniciens, une aux Hébreux, deux à
Timothée, une à Tite et une à Philémon.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 160 sur 493 copyright ©
CANONS DU SYNODE DE SARDIQUE
Qu’il ne faut pas transférer un évêque d’un siège à l’autre.
Hosius évêque de la ville de Cordoue dit : Autant la mauvaise
habitude que la très pernicieuse corruption des affaires d’église
doivent être arrachées avec leurs racines, en sorte qu’il ne soit
permis à aucun évêque d’être transféré d’une ville peu
importante à une autre; le motif en effet que cache le prétexte
pour entreprendre cela est évident, car il ne s’est trouvé jusqu’ici
aucun évêque, qui se soit empressé de se faire transférer d’une
ville importante à une autre moins importante; d’où il ressort
que ces personnes-la brûlent d’une ardente avidité, plutôt
esclaves de leur orgueil, afin de paraître armés d’une plus
grande autorité. Si donc cela plaît à tous, châtions plus
sévèrement une telle effronterie; je pense que de telles
personnes ne doivent pas même être admises à la communion
laïque. Tous les évêques dirent : Cela plaît à tous.
Qu’il ne faut pas faire des transferts d’évêques même sous
prétexte que la foule demande le transfert.
Hosius évêque dit : Si cependant il se trouvait quelqu’un
d’insensé ou d’effronté au point de penser trouver une excuse
en pareille affaire, en affirmant qu’il a reçu une lettre de la part
du peuple, il est évident qu’un petit nombre corrompus par des
cadeaux et des récompenses a pu former un parti dans l’église
en question pour prétendre qu’ils le voulaient pour évêque. Il
faut donc une fois pour toutes déclarer inacceptables de telles
machinations et ruses; bien même les punir, je pense, en sorte
qu’un tel sujet ne puisse être admis à la communion laïque pas
même à la fin de sa vie. Si donc ma proposition vous plaît,
dites-le. Tous répondirent: Vos propositions nous plaisent.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 161 sur 493 copyright ©
Qu’un évêque ne doit pas aller dans un autre diocèse sans y
avoir été invité; qu’un évêque ne peut demander l’arbitrage d’un
évêque appartenant à une autre province; et qu’il faut exercer
l’appel à Rome.
Hosius évêque dit : Il faut absolument ajouter aussi, que nul
évêque ne se rende d’une province à une autre province où
résident des évêques, à moins qu’il n’y soit invité par ses frères
dans l’épiscopat, auquel cas nous ne devrions pas avoir l’air de
fermer les portes de la charité fraternelle.
Il faut de même décider, que si dans une province un évêque
avait une plainte contre son frère dans l’épiscopat, aucune des
deux parties ne doit faire venir des évêques d’une autre
province pour arbitrer le différend. Si cependant un évêque
pense qu’il fut condamné pour une affaire, qui à son avis n’est
point mauvaise, mais bonne, en sorte que le jugement doive
être révisé, s’il plaît à votre charité, honorons la mémoire de
l’apôtre Pierre, et que les juges eux- mêmes écrivent à Jules,
évêque de Rome, afin que le tribunal, le cas échéant, soit à
nouveau constitué par les évêques de la province voisine et que
lui- même envoie des arbitres; mais si un pareil tribunal ne
peut être constitué-car c’est à lui de décider si l’affaire a besoin
d’être révisée -, ce qui fut déjà décidé ne doit pas être remis en
question et le décret rendu sera confirmé.
Qu’il ne faut pas nommer un autre au siège de l’évêque déposé,
avant que l’évêque de Rome, l’appel étant interjeté, ne prononce
sa sentence.
Gaudentius évêque dit : Si cela semble bon, il est nécessaire
d’ajouter à cette décision pleine de charité que vous avez
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 162 sur 493 copyright ©
prononcée, que si un évêque est déposé par le jugement des
évêques de la province voisine et prétend avoir à ajouter encore
autre chose à sa défense, un successeur à son siège ne devrait
pas lui être donné, avant que l’évêque de Rome n’ait connu de
son affaire et n’ait prononcé sa sentence.
Un évêque déposé peut une seconde fois en appeler à l’évêque
de Rome; vu que le pouvoir de réviser la sentence revient
entièrement à celui-ci.
Hosius évêque dit : Si un évêque est dénoncé et que les évêques
de la même province réunis le déposent de sa dignité et que lui
interjetant un appel recourt au bienheureux évêque de l’église
de Rome, si celui-ci veut bien l’entendre et estime juste de
renouveler l’examen de l’affaire, qu’il daigne écrire aux évêques
de la province voisine d’examiner avec soin et exactitude toute
chose et d’exprimer leur vote sur l’affaire en toute vérité.
Si cependant quelqu’un prétend que sa cause doive être à
nouveau entendue et sur sa prière l’évêque de Rome juge bon
d’envoyer des prêtres de son entourage, il faudra ajouter qu’il
sera au pouvoir de ce même évêque de Rome, dans le cas où il
le jugera bon et décidera de devoir le faire, d’envoyer les
personnes qui munies de l’autorité de celui les a envoyées,
jugeront de l’affaire avec les évêques de l’endroit; et s’il estime
que ce qui a été fait suffisait pour connaître et décider de
l’affaire de l’évêque en question, il agira comme il semblera bon
à sa très sage volonté.
Les évêques répondirent : Ce qui a été dit nous plaît.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 163 sur 493 copyright ©
Dans quel cas le primat de la province peut ordonner un
évêque; et qu’on ne doit pas en ordonner un pour un petit
village.
Hosius évêque dit : S’il arrive que dans une province qui
comprend plusieurs évêchés il ne reste qu’un seul évêque et que
celui-ci par négligence ne veuille se rendre à l’assemblée
d’électeurs et donner son approbation à l’élection de nouveaux
évêques, tandis que les populations dans leurs réunions
réclament l’institution de l’évêque désigné par elles, il faut en
premier lieu qu’il soit rappelé par une lettre à cet évêque resté
seul dans la province par l’exarque de la province, (je veux dire
par l’évêque de la métropole), que les populations réclament
qu’on leur donne un pasteur; je pense qu’il est juste d’attendre
que cet évêque aussi arrive. Mais si après cette réclamation par
lettre il n’arrivait point, ni ne répondait à la lettre, il faut
satisfaire à la volonté de la population. Quant à l’institution de
l’évêque de la métropole, il faut aussi faire venir les évêques de
la province avoisinante.
Qu’il ne soit pas permis d’autre part d’établir un évêque dans
un village ou une petite ville, qu’un seul prêtre suffirait à régir;
il n’est pas nécessaire d’y établir des évêques, afin de ne pas
avilir le nom et l’autorité de l’évêque. Les évêques de la
province doivent, comme je l’ai dit, établir des évêques dans les
seules villes, où jusque-là il y en avaient. Si cependant il se
trouvait qu’une ville vît sa population augmenter au point d’être
digne de devenir ville épiscopale, qu’elle reçoive un évêque.
Cela plaît-il à tous ? Tous répondirent : Oui.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 164 sur 493 copyright ©
Qu’un évêque ne doit pas se rendre à la cour.
Hosius évêque dit : L’inopportunité, la trop grande fréquence
et le malfondé de nos prétentions ont fait que nous n’avons
plus la faveur et la liberté de parler que nous aurions dû avoir;
en effet beaucoup d’évêques, surtout ceux d’Afrique, ne cessent
de se rendre à la cour, qui, comme nous l’apprend notre cher
frère dans l’épiscopat Gratus, n’écoutent pas ses conseils
salutaires, bien au contraire ils les méprisent au point qu’une
seule personne apporte à la cour un grand nombre de
suppliques variées, qui ne sauraient avoir pour objet l’utilité de
l’église; certains même n’ont en tête que dignités et affaires
profanes, au lieu de venir en aide aux pauvres et aux laïcs et aux
veuves, comme cela se doit et convient. Une telle effronterie
cause du désappointement contre nous, non sans scandale et
critique. J’estime qu’il est plus convenable qu’un évêque donne
son aide à celui qui souffre violence de la part de qui que ce
soit, ou à la veuve traitée injustement, ou encore à l’orphelin
dépouillé de ses biens, si toutefois même ces personnes
possèdent de justes titres de réclamation. Donc, mes chers
frères, si tous sont de cet avis, décrétez qu’aucun évêque ne doit
se présenter à la cour, sauf ceux que notre très pieux empereur
convoque lui-même par écrit.
Cependant, vu que souvent des personnes dignes de pitié
cherchent asile dans une église, après avoir été pour leurs fautes
condamnées à la prison ou à l’exil sur une île ou condamnées en
justice pour n’importe quelle autre raison, il ne faut pas refuser
notre aide à ces personnes, mais sans retard et sans hésitation
demander le pardon pour elles. Si donc cela aussi vous plaît,
votez avec moi dans ce sens.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 165 sur 493 copyright ©
Tous répondirent : Que cela aussi soit décidé.
Que les suppliques à l’empereur doivent être portées par un
diacre.
Hosius évêque dit : Que votre prudence se prononce sur ce
point aussi : puisque il a été décidé qu’un évêque ne devait
point s’exposer au danger d’encourir la critique en se rendant à
la cour, si des évêques avaient des suppliques à présenter dans le
genre de celles mentionnées plus haut, qu’ils les envoient par
leurs diacres; car la personne du serviteur excitera moins l’envie
et celui-ci sera en état de rapporter plus promptement les
faveurs accordées.
Tous répondirent : Que cela aussi soit décidé.
Que des suppliques ne doivent pas être adressés à l’empereur
sans être accompagnées de lettres de recommandation du
métropolitain à l’évêque du lieu de la cour ou à celui de Rome.
Hosius évêque dit : J’estime aussi qu’il est raisonnable, dans le
cas où des évêques de n’importe quelle province voudraient
envoyer des suppliques par l’intermédiaire de leur frère dans
l’épiscopat, que ce soit l’évêque de la ville principale, celui de la
métropole, qui envoie son diacre avec les suppliques, y ajoutant
des lettres de recommandation dans ce sens à nos frères dans
l’épiscopat, qui demeureraient en ce temps-là dans les villes,
d’où notre très pieux empereur gouverne la chose publique. Si
cependant quelque évêque avait des amis à la cour et voulait
par eux demander quelque chose de très convenable, qu’il ne
soit pas empêché de le faire par son diacre et d’en charger ceux
dont il pense avoir le bienveillant appui à sa demande.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 166 sur 493 copyright ©
Quant à ceux qui se rendent à Rome, ils doivent, comme je l’ai
dit remettre à Jules, notre cher frère dans l’épiscopat, les
suppliques à présenter, afin que celui-ci examine d’abord si
certaines d’entre elles ne dépassent pas les bornes, et qu’il
puisse alors les envoyer à la cour munies de sa protection et de
son aide.
Tous les évêques répondirent que cela leur plaisait et que cet
avis était très convenable.
9* Alypius évêque dit : S’ils se sont exposés aux fatigues du
voyage pour défendre les causes certes non-injustes des
orphelins et des veuves en peine, ils seront justifiés; tandis qu’ils
ne pourront se rendre à la cour, s’ils sont surtout porteurs d’une
requête, qui ne ferait qu’attirer l’envie et le blâme général.
Qu’il ne faut pas être aussitôt élevé de l’état laïc à l’épiscopat.
Hosius évêque dit : J’estime aussi la mesure suivante nécessaire
à examiner avec exactitude et soin: que si un homme riche ou
un juriste du forum prétendait à l’épiscopat, qu’il ne soit pas
ordonné avant d’avoir rempli les fonctions de lecteur, de diacre
et de prêtre, afin que d’une promotion à l’autre, s’il en est jugé
digne, il puisse passer au sommet de l’épiscopat. La promotion
dans chaque ordre aura évidemment une durée, pas la moindre,
afin que par là sa foi, l’honnêteté de ses moeurs, sa fermeté et sa
bonté puissent se faire bien connaître et qu’ainsi, estimé digne
du divin sacerdoce, il puisse jouir de ce très grand honneur. Il
ne convient pas, en effet, et ni la discipline de l’église ni le bon
sens ne le tolèrent, de procéder avec une telle audace et
légèreté, et d’ordonner témérairement un évêque, un prêtre ou
un diacre; avec raison un tel pourrait être qualifié de néophyte
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 167 sur 493 copyright ©
et surtout parce que même le très bienheureux apôtre, qui fut le
maître des nations, interdit clairement de procéder rapidement
à des ordinations; car l’épreuve d’un très long laps de temps
saura naturellement faire apparaître la conduite et les moeurs
de chacun.
Tous dirent que cela leur plaisait et que personne ne devait
point agir à l’encontre de cela.
Que l’évêque ne doit pas séjourner plus de trois dimanches
dans un diocèse étranger, ni prêcher pour faire honte à l’évêque
du lieu.
Hosius évêque dit : Nous devons aussi décider que, lorsqu’un
évêque se rend d’une ville à l’autre ou d’une province à l’autre,
poussé par la vanité de recueillir des louanges plutôt que par le
motif d’un voeu religieux, et veut y demeurer assez longtemps
et que l’évêque de cette ville ne soit pas très versé dans l’art de
la parole, il ne devra pas l’en mépriser et prêcher trop souvent,
dans l’intention de faire mépriser et d’avilir la personne de
l’évêque du lieu, – ce qui a servi jusqu’ici de prétexte à bien des
troubles -, et ne s’efforcera pas par cette ruse de gagner le siège
d’autrui et de se l’attacher, sans hésiter à abandonner l’église qui
lui fut confiée pour passer à une autre.
Il faut donc fixer un temps pour le séjour, puisque ne pas
accueillir un évêque serait considéré comme une chose
inhumaine et grossière. Souvenez-vous d’autre part que dans le
passé nos pères avaient décidé, que si un laïc demeurant dans
une ville ne prend pas part aux assemblées des fidèles pendant
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 168 sur 493 copyright ©
trois dimanches en trois semaines consécutives, il soit
excommunié; si donc telle fut la décision pour les laïcs, il ne
faut, ni ne convient, ni n’est avantageux qu’un évêque, à moins
de se trouver dans une nécessité bien grande ou une situation
difficile, s’absente très longtemps de son église et attriste le
peuple qui lui est confié.
Tous les évêques dirent : Nous décidons que cet avis aussi est
très convenable.
Que l’évêque qui se rend à sa propriété dans un diocèse
étranger ne doit pas célébrer dans la ville épiscopale.
Hosius évêque dit : Puisqu’il ne faut rien omettre, nous devons
nous prononcer sur la chose suivante aussi. Quelques-uns de
nos frères dans l’épiscopat pensent qu’ils possèdent très peu de
biens dans les villes où ils sont établis évêques, alors qu’ils ont
ailleurs des possessions importantes, grâce auxquelles ils sont
justement en état de venir en aide aux pauvres. C’est pourquoi
j’estime qu’il faudra leur permettre dans le cas où ils se
rendraient à leurs possessions pour y faire la récolte, de rester
dans leurs propriétés trois dimanches, c’est-a-dire trois
semaines, et de prendre part aux offices et célébrer dans l’église
du voisinage où célèbre un prêtre, afin de ne pas paraître privés
de la célébration, sans se rendre cependant trop souvent à la
ville, où réside l’évêque. De cette façon, leurs propres affaires ne
subiront point de dommage par leur absence, et ils montreront
qu’ils évitent l’accusation d’orgueil et de superbe.
Tous les évêques dirent : Cette proposition aussi nous plaît.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 169 sur 493 copyright ©
Que le clerc excommunié ne doit pas être reçu par un autre
évêque.
Hosius évêque dit : Que l’on veuille bien décider ceci aussi, que
si un diacre ou un prêtre ou l’un des clercs est déclaré
excommunié et cherche refuge auprès d’un autre évêque qui le
connaît et qui sait qu’il a été excommunié par son propre
évêque, celui-ci ne doit pas, au mépris de son frère dans
l’épiscopat, le recevoir dans sa communion; s’il osait faire cela,
qu’il sache qu’il aura à en rendre compte devant les évêques
réunis.
Tous les évêques dirent : Cette décision sauvegardera pour
toujours la paix et conservera la concorde entre tous.
Que tout clerc déposé de sa dignité a le droit de recourir à son
métropolitain ou à celui du diocèse voisin pour la révision de
son affaire.
Hosius évêque dit : Je ne dois pas passer sous silence ce qui m’a
toujours préoccupé. S’il se trouvait quelqu’évêque irascible,
chose qui ne devrait pas apparaître dans la conduite d’un
homme de cet état, et qu’emporté vivement contre un prêtre ou
un diacre, il voulût l’exclure de l’église, il faudra pourvoir à ce
que le clerc en question ne soit pas brusquement condamné et
privé de la communion.
Tous les évêques dirent : Que l’excommunié ait le droit de
recourir à l’évêque de la métropole et si celui-ci est absent, au
métropolitain le plus proche, et réclamer que son affaire soit
examinée avec exactitude; car il ne faut pas refuser l’audience à
ceux qui la demandent. L’évêque qui a excommunié à raison ou
à tort un tel clerc doit souffrir en toute sérénité que l’examen de
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 170 sur 493 copyright ©
l’affaire ait lieu et que sa décision soit ou confirmée ou corrigée.
Mais avant que toute chose ne soit examinée avec soin et foi,
celui qui fut privé de la communion ne doit pas revendiquer la
communion pour soi avant le complet éclaircissement de
l’affaire. Si dans leurs réunions les membres du clergé
remarquent son orgueil et son insoumission, comme il ne
convient pas de supporter qu’à tort on insulte à l’autorité ou
qu’on s’en plaigne, ils doivent le reprendre avec des paroles un
peu sévères et graves, par hommage et déférence envers celui
qui préside au bien; car de même que l’évêque se doit de
témoigner de l’affection sincère et de la bienveillance à ses
ministres, de la même manière les subordonnés doivent
s’acquitter de leur service envers l’évêque sans arrière-pensée.
14* Janvier évêque dit : Que votre sainteté veuille bien statuer
de même sur ceci, qu’il ne soit permis à aucun évêque de
solliciter à son service le clerc d’un autre évêque et de
l’ordonner pour son diocèse. Tous dirent : Cela nous plaît, car
de ces dissentiments naît d’habitude la discorde et pour cette
raison la sentence générale interdit qu’on ose le faire.
Que l’on ne doit pas provoquer le départ d’un clerc étranger
pour l’incardiner dans son diocèse.
Hosius évêque dit : Décidons aussi tous ensemble, que si
quelque évêque voulait conférer une ordination quelconque à
un clerc étranger venant d’un autre diocèse, sans le
consentement de son propre évêque, qu’une telle ordination
soit considérée comme infirmée et invalide. Si quelques-uns se
permettaient de faire cela, ils doivent être rappelés à l’ordre par
les évêques nos frères et s’en corriger.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 171 sur 493 copyright ©
Tous dirent : Que cette décision aussi demeure inébranlable.
Que tout clerc ou moine ne doit pas demeurer plus de trois
semaine dans une ville étrangère.
Aétius évêque dit : Vous n’ignorez pas la nature et la grandeur
de la métropole de Thessalonique. Or, il y arrive souvent des
prêtres et des diacres d’autres diocèses, qui, ne se contentant
pas d’un bref séjour, y restent et y passent tout leur temps, ou ce
n’est qu’après un long temps qu’on arrive enfin à les forcer de
retourner à leurs églises. Il faut par conséquent prendre une
décision à leur sujet.
Hosius évêque dit : Que les décisions prises à l’égard des
évêques soient aussi observées à propos de ces personnes.
Qu’il faut accueillir les évêques chassés de leur siège pour la foi.
Hosius évêque dit : Sur la suggestion de notre frère Olympius
il nous a plu aussi, que si un évêque subissant violence est
chassé de son diocèse injustement, pour la discipline ou pour la
confession de la foi de l’église catholique ou pour la défense de
la vérité, et fuyant le péril de sa vie, alors qu’il est innocent et
pieux, il arrive dans une cité épiscopale, qu’il ne soit pas
empêché d’y demeurer tout le temps, jusqu’à ce qu’il puisse
retourner chez lui ou qu’on ait pu le libérer de l’injustice qui lui
fut faite; ce serait en effet cruel et insupportable qu’un homme
exilé injustement ne fût pas accueilli par nous, car c’est avec
bonté et bienveillance qu’un tel doit être reçu.
Tous dirent : Cela aussi nous plaît.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 172 sur 493 copyright ©
De l’admission de ceux qui furent institués par Muséus et
Eutychien.
Gaudentius évêque dit : Tu sais, mon frère Aétius, que depuis
que tu as été établi évêque, la paix a dès ce moment régné dans
ton diocèse. Afin qu’il ne reste point de traces de discorde dans
la discipline ecclésiastique, il me semble bon de recevoir à la
communion ceux qui furent établis par Muséus et par
Eutychien, car il n’y a rien à leur reprocher.
Qu’il faut rejeter de la communion tout clerc supérieur, qui ne
veut pas exercer l’emploi auquel il fut nommé.
Hosius évêque dit : Voici l’avis de mon humble personne: Bien
que nous devions être calmes et patients et avoir toujours de la
pitié pour tous; ne pas recevoir à l’avenir, ceux qui jadis furent
promus à l’état ecclésiastique par certains de nos frères, s’ils ne
veulent pas retourner aux églises auxquelles ils avaient été
nommés. Quant à Eutychien, il ne doit revendiquer pas même
le titre d’évêque, Muséus non plus ne doit pas être considéré
comme évêque; tandis que s’ils réclament pour eux la
communion laïque, il ne faut pas la leur refuser.
Tous dirent : Tel est notre avis.
Qu’aucune des décisions du synode ne doit être enfreinte.
Gaudentius évêque dit : Toutes ces décisions salutaires et
raisonnables et dignes de notre rang d’évêques, et agréables à
Dieu et aux hommes, ne sauraient obtenir force et autorité, si
une certaine crainte n’accompagne les sentences prononcées;
nous savons en effet nous aussi que très souvent à cause de
l’effronterie d’un petit nombre le divin et vénérable nom
d’évêque a été blâmé. Si donc quelqu’un ose faire quelque chose
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 173 sur 493 copyright ©
contre les décisions prises par tous, cherchant à plaire à son
orgueil et son insoumission plus qu’à Dieu, qu’il sache dès
maintenant qu’il se met dans l’obligation de se justifier et qu’il
perd l’honneur et la dignité d’évêque.
Tous répondirent : Une telle décision convient et nous plaît.
Que les évêques des villes du canal doivent demander aux
évêques qui traversent la raison de leur passage.
Gaudentius évêque dit : Une telle attitude deviendra manifeste
et sera prévenue, si chacun de nous qui sommes constitués
évêques des villes de passage de navires, je veux dire sur le
détroit, voyant arriver un évêque, lui demande la raison de son
passage et où il va; et s’il découvre que l’évêque s’en va à la cour,
qu’il lui pose les questions exposées plus haut; et s’il s’y rend sur
invitation, qu’il n’y mette point d’obstacle; mais si c’est par
ostentation, selon que votre charité l’a dit, ou bien s’il se rend à
la cour pour satisfaire à l’ambition de certains, qu’on ne
souscrive point à ces lettres d’introduction auprès de l’empereur,
ni qu’on entre en communion avec un tel.
Tous dirent : Que cela aussi soit décidé.
21* Hosius évêque dit : Cependant, mes très chers frères, il faut
procéder avec modération, car il est à craindre que des évêques,
ignorant encore ce qui a été décidé dans ce synode se
présenteront bientôt dans les cités qui se trouvent sur le détroit.
C’est pourquoi l’évêque même de la cité maritime doit
conseiller et instruire l’évêque arrivant, pour qu’il envoie de là-
même son diacre; quant à l’évêque instruit sur les décisions du
synode, il rentrera dans son diocèse.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 174 sur 493 copyright ©
CANONS DU CONCILE DE CARTHAGE
Canons des 217 pères réunis à Carthage
Après le consulat des très glorieux empereurs augustes
Honorius consul pour la douzième fois et Théodose pour la
huitième, le huitième jour avant les calendes de juin, à
Carthage, dans les bureaux de l’Église de saint Fauste, s’étant
réunis : le pape Aurélius, Valentin évêque du premier siège du
pays de Numidie, Faustin de l’Église de Potenza de la province
du Picénum en Italie, légat de l’Église de Rome, et d’autres
délégués des provinces africaines, c.-à-d. des deux Numidies, de
la Byzacène, de la Mauritanie Césarienne et de la Tripolitaine,
et Vincent évêque de Colusium, Fortunat de Néapolis et les
autres évêques du pays de la Proconsulaire, 217 évêques en tout,
de même que les prêtres Philippe et Asellus, légats de l’Église
de Rome, après qu’ils eurent pris place, les diacres étant
présents ;
Aurélius évêque dit : Vous vous souvenez, mes bienheureux
frères, qu’après le jour fixé pour le synode, en attendant nos
frères qui sont arrivés maintenant comme délégués à ce synode,
nous avons traité plusieurs questions, qu’il faut mettre dans les
actes; c’est pourquoi il nous faut rendre grâces à notre Seigneur
de la réunion d’une si grande assemblée et produire d’un côté la
copie des décrets du concile de Nicée, que nous possédons et
que nos pères ont publiés chez nous, de l’autre, ce qu’ont décidé
ici en accord avec ce concile nos prédécesseurs de même que les
clercs de tout degré, du premier au dernier, agissant dans le
même esprit, pour le bien général.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 175 sur 493 copyright ©
Tout le synode dit : Qu’ils soient produits.
Daniel notaire lut : La confession de foi du concile de Nicée,
de même que ses décisions, sont les suivantes.
Et pendant qu’il lisait, Faustin, évêque du peuple de Potenza de
la province du Picénum d’Italie, délégué de l’Église de Rome,
dit : Nous avons reçu du siège apostolique pour certaines des
questions à traiter des instructions écrites, pour d’autres des
instructions orales, ainsi que nous l’avons mentionné aux
sessions précédentes, je veux dire au sujet des canons de Nicée,
afin que soient observés et leur sens défini et le droit usuel qui
en a résulté, car il y a des questions réglées par la discipline
canonique, d’autres par la formule du droit coutumier ; si votre
béatitude le veut bien, nous traiterons en premier lieu de cela,
puis on mettra dans les actes en vue de leur confirmation ce qui
a été conclu ou simplement discuté ; ainsi vous pourrez déclarer
dans votre réponse au siège apostolique et montrer au vénérable
pape, comme nous vous l’avons rappelé avec diligence, dans
quelle mesure les chapitres des questions à traiter ont été mis
dans les actes. De cela, donc, ai-je dit, si tel est l’avis de votre
béatitude, nous devons traiter. Qu’on produise par conséquent
la lettre d’instructions, afin que vous puissiez en connaître le
contenu et que la réponse soit donnée à chacune des questions.
Aurélius évêque dit : Qu’on produise la lettre d’instructions,
que nos frères et comministres ont mise récemment dans les
actes, de même que la minute de ce qui a été traité ou doit
encore être traité.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 176 sur 493 copyright ©
Daniel notaire lut la Lettre d’instructions :
A notre frère Faustin et à nos fils Philippe et Asellus les
prêtres, Zosime évêque.
Les affaires qui vous sont confiées n’échapperont pas à votre
attention : traitez-les toutes comme si nous étions, bien plus
parce que nous sommes présents avec vous là-bas, puisqu’avant
toutes choses vous avez notre mandat et le texte des canons,
que pour plus de sécurité nous avons inscrits dans la présente
lettre d’instructions. En effet, ainsi se sont exprimés nos frères
du concile de Nicée, lorsqu’ils ont décidé de l’appel des évêques
: « Il a plu, que si un évêque était accusé et les évêques de la
même province réunis le jugent et le déposent de sa dignité, et
lui, en vient à interjeter appel et à recourir au bienheureux
évêque de Rome, si celui-ci veut bien recevoir son appel et
estime devoir en justice faire une révision du procès, qu’il
daigne écrire aux évêques de la province limitrophe, afin qu’ils
examinent tout avec soin et prononcent en toute vérité leur
sentence. Que si quelqu’un prétend que sa cause doive être à
nouveau entendue et sur sa prière l’évêque de Rome juge bon
d’envoyer des prêtres de son entourage, il sera au pouvoir de
celui-ci de faire ce qu’il voudra et jugera bon : et s’il croit de
son devoir d’envoyer des personnes qui munis de l’autorité de
celui qui les a envoyées, jugeront de l’affaire avec les évêques, ce
sera à lui d’en décider; et s’il pense même que les évêques
suffisent pour mettre un terme à l’affaire, il fera ce que sa très
sage prudence lui inspirera ».
Après cette lecture, Alype, évêque de l’Église de Thagaste,
délégué de la province de Numidie, dit : Nous avons déjà
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 177 sur 493 copyright ©
répondu sur ce point dans la lettre précédente du synode et
nous déclarons que nous observerons la décision du concile de
Nicée; mais ce qui me préoccupe encore, c’est qu’en examinant
les copies grecques de ce concile de Nicée, nous n’avons pu, je
ne sais pour quelle raison, y trouver ce texte. C’est pourquoi
nous prions votre honneur, très saint pape Aurélius, puisqu’on
dit que le texte officiel du concile de Nicée se trouve à
Constantinople, d’y envoyer quelqu’un avec une lettre de votre
sainteté; et cela, non seulement à notre très saint frère l’évêque
de Constantinople, mais aussi aux vénérables pontifes
d’Alexandrie et d’Antioche, afin qu’ils nous envoient le texte de
ce concile accompagné de l’attestation de leur main, en sorte
que toute contestation ultérieure soit évitée; car nous n’avons
point trouvé ce que Faustin, notre frère, a exposé. Néanmoins,
nous déclarons, ai-je dit, que nous observerons cette décision
pour le peu de temps, jusqu’à l’arrivée des copies authentiques.
Nous devons d’autre part demander par une lettre au très
vénéré évêque de l’Église de Rome, Boniface, de daigner, lui
aussi, envoyer quelqu’un aux dites églises, qui rapporteront sur
sa demande écrite ces mêmes copies. Pour le moment
cependant, nous ne joindrons aux actes que la copie en notre
possession du dit concile de Nicée.
Faustin évêque, délégué de Rome, dit : Votre sainteté ne
préjuge rien contre l’Église de Rome, ni sur ce chapitre, ni sur
d’autres, du fait que notre frère et comministre Alype affirme
que ces canons sont douteux, Mais daigne écrire cela à notre
très saint pape, afin qu’après avoir lui aussi, examiné le texte des
canons entiers, il puisse traiter avec votre sainteté de ce qui sera
décidé. Il suffira en effet qu’à part lui il examine la question,
comme votre sainteté la discute elle-même, afin d’éviter qu’une
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 178 sur 493 copyright ©
discorde ne naisse entre les églises; vos délibérations seront
après sa réponse bien plus empreintes de charité fraternelle, sur
ce qu’il faudra observer pour le plus grand bien.
Aurélius évêque dit : En plus de ce que nous avons mis dans les
actes, il nous faut aussi exposer par une lettre de notre petitesse
à notre très saint frère et comministre Boniface tout l’objet
détaillé de nos discussions. Si donc ma proposition plaît à tous,
que nous l’apprenions de la bouche de vous tous.
Tout le synode dit : Il plaît.
Navat évêque, délégué de la Mauritanie Sitifienne, dit : Nous
nous souvenons maintenant que cette lettre d’instruction
contient aussi au sujet des prêtres et des diacres, que leurs
causes doivent être entendues de leurs propres évêques ou bien
des évêques voisins, chose que nous n’avons point trouvée en
lisant les canons du concile de Nicée. Nous prions pour cela
votre sainteté qu’on nous la relise.
Aurélius évêque dit : Que soit lu sur le champ ce point aussi.
Daniel notaire lut : Quant à l’appel des clercs, je veux dire ceux
des rangs inférieurs, la réponse du même concile est certaine;
pour votre conduite sur ce point nous avons cru devoir vous la
transcrire, telle est en effet sa teneur : « Hosius évêque dit : Je
ne dois pas passer sous silence ce qui m’a toujours préoccupé.
S’il se trouvait quelqu’évêque irascible, chose qui ne devrait pas
arriver, et que, mû par une colère soudaine ou violente contre
un prêtre ou un diacre de son diocèse, il voulut l’excommunier
de son église, il faudra pourvoir à ce que la condamnation ou la
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 179 sur 493 copyright ©
perte de la communion n’ait point lieu sans raison. Que le clerc
exclu ait donc la possibilité de recourir aux évêques voisins, afin
que sa cause soit entendue et examinée avec plus de diligence;
car il ne faudrait pas refuser à celui qui le demande d’entendre
sa cause. Et évêque qui l’a exclu de la communion à tort ou à
raison, supportera sans rancune que l’affaire soit réexaminée et
sa décision soit ou confirmée ou corrigée; » et le reste.
Après cette lecture, Augustin évêque de l’Église d’Hippone, du
pays de Numidie, dit : Cela aussi nous promettons de l’observer,
sous réserve de la collation ultérieure des canons du concile de
Nicée.
Aurélius évêque dit : Si tel est votre avis, confirmez-le par la
réponse de votre charité à vous tous.
Tout le synode dit : Tout ce qui a été décidé au concile de
Nicée a notre approbation à nous tous.
Jocond, évêque de l’Église de Suffétule, délégué du pays de
Byzacène, dit : Ce qui fut décidé au concile de Nicée ne saurait
être contredit par personne.
Faustin évêque, délégué de l’Église de Rome, dit : Donc, selon
la déclaration de votre sainteté, du vénéré Alype d’une part, de
notre frère Jocond de l’autre, je crois que certains points sont
infirmés, d’autres confirmés; un doute semblable ne devrait
point exister, si nous possédons les mêmes canons. Par
conséquent, selon notre avis et le votre, que votre sainteté
daigne en référer au très saint et vénéré évêque de l’Église de
Rome, afin que lui aussi, comme a bien voulu le dire le très
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 180 sur 493 copyright ©
saint Augustin, il puisse repenser chacun des deux points; nous
devons en effet concéder et nous taire sur ce point aussi, je veux
dire les appels des clercs inférieurs, s’il est pour le moment
douteux, et il est juste que sur ce chapitre encore l’évêque du
bienheureux siège devrait nous informer, si l’on peut admettre
que ce chapitre se trouve parmi les canons.
Aurélius évêque dit : Veuillez écouter la lecture de la copie des
décisions du concile de Nicée, déjà lues par nous à votre
charité; mais aussi ce qui fut décidé par nos prédécesseurs
conformément à l’Esprit de ce même concile pour le bien
général, et de plus ce qui fut décidé par nous-mêmes à présent,
que tout soit lu et mis dans les actes.
Tout le synode dit : Que la copie de la profession de foi et les
décisions du concile de Nicée, qui nous furent jadis apportés
par Cécilien, le prédécesseur de votre sainteté : de plus ce qui
fut établi en ces lieux à la suite de ces décisions et ce que nous
avons établi à présent dans nos communes discussions soient
mis dans les actes ecclésiastiques du synode et approuvés, c. à d.
que votre béatitude daigne écrire, ainsi qu’il a été dit, aux
vénérés évêques des églises d’Antioche, d’Alexandrie et de
Constantinople, afin qu’ils envoient la copie des canons de
Nicée accompagnée de l’attestation de leur propre main; ainsi
la vérité apparaîtra et les chapitres, que Faustin, notre frère
dans l’épiscopat, et les prêtres Philippe et Asellus ont apportés
avec eut dans la lettre d’instructions, seront ou confirmés, s’ils
s’y retrouvent, ou, s’ils ne s’y trouvent pas, discutés
ultérieurement, tant que le synode est encore réuni. Daniel
notaire lut au synode d’Afrique la profession de foi du concile
de Nicée et ses décisions.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 181 sur 493 copyright ©
LA PROFESSION DE FOI DU CONCILE DE NICÉE.
Nous croyons en un seul Dieu, père, tout puissant, créateur des
choses visibles et invisibles. Et en un seul seigneur, Jésus-
Christ, le fils de Dieu, qui est né du père comme fils unique, c.
à d. de la substance du père, Dieu de Dieu, lumière de lumière,
vrai Dieu de vrai Dieu, engendré, non créé, d’une commune
substance avec le père, par qui toutes choses ont été faites,
celles qui sont au ciel et celles qui sont sur terre : qui pour nous,
les hommes, et pour notre salut est descendu (sur terre), et s’est
fait chair et devint homme, souffrit (la passion) et ressuscita le
troisième jour et monta aux cieux et s’est assis à la droite du
père et à nouveau viendra pour juger vivants et morts. Et au
saint Esprit.
D’autre part ceux qui disent : il fut (un temps), où il n’existait
pas, et avant d’être engendré (du père) il n’existait pas, et qu’il a
été fait du néant (de choses non-existantes) ou d’une autre
substance, qui disent ou changeable ou transformable le fils de
Dieu, ceux-là l’Église catholique et apostolique les
anathématise.
On lut de même les décisions du concile de Nicée en vingt
chapitres; on lut ensuite ce qui fut légiféré dans les synodes de
l’Afrique et se trouve consigné dans les présents actes.
Qu’il faut absolument observer ce qui fut décidé à Nicée.
Aurélius évêque dit : Telle est la copie des canons en notre
possession, que nos pères ont jadis rapportée du concile de
Nicée; l’ordre fixé par celui-ci a été observé par les canons qui
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 182 sur 493 copyright ©
suivent et qui ont été définis dans le passé, ils doivent être à
présent confirmés par nous et observés.
Qu’il faut proclamer le mystère de la sainte trinité.
Le synode tout entier dit : La foi de l’Église que nous devons
avec l’aide de Dieu enseigner d’un commun accord, doit être en
tout premier lieu proclamée dans cette illustre assemblée; puis,
la discipline ecclésiastique doit être observée du consentement
de chacun et de tous ensemble. Pour confirmer d’autre part les
âmes de nos frères dans l’épiscopat, récemment sacrés, il faut
ajouter la formule définie que nous avons reçue de nos pères :
que la trinité, imprimée dans nos coeurs consacrés en son nom,
c. à d. le père et le fils et le saint Esprit, ne connaît dans son
unité aucune différence.
Cette formule, telle nous l’avons reçue, telle nous l’enseignerons
à nos peuples.
Et tous les évêques récemment promus répétèrent d’une voix
distincte : ainsi avons-nous appris, ainsi croyons-nous, ainsi
enseignerons-nous, nous conformant à la foi évangélique et à
votre enseignement.
De la chasteté.
Aurélius évêque dit : Lorsqu’au synode précédent on discuta de
la règle de continence et de chasteté, il fut décidé que les trois
degrés, qui par leur consécration sont tenus tous les trois par la
même obligation de chasteté, je veux dire les évêques, prêtres et
diacres, soient continents en toute chose, comme cela convient
à de saints évêques, à des prêtres de Dieu et à des lévites qui
sont les ministres des divins sacrements, afin qu’ils puissent
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 183 sur 493 copyright ©
obtenir ce qu’ils demandent en toute simplicité à Dieu; ainsi
nous garderons nous aussi ce qui fut transmis par les apôtres et
observé de toute antiquité.
Des différents ordres de clercs obligés de s’abstenir du
commerce d’avec les femmes.
Faustin évêque de Potenza de la province du Picénum, légat de
l’Église de Rome, dit : Il nous plaît que l’évêque, le prêtre et le
diacre, et toutes les personnes qui touchent aux choses saintes,
gardant la chasteté s’abstiennent de tout commerce avec leurs
femmes.
Tous les évêques dirent : Il nous plaît que tous ceux qui servent
à l’autel gardent la chasteté.
Du désir insatiable des richesses.
Aurélius évêque dit : Il faut mettre un frein à la passion de
l’avarice, que personne n’hésite à considérer comme la mère de
tous les vices, en sorte que personne ne s’arroge abusivement les
droits d’autrui, ni que par amour du gain on transgresse les
règles posées par nos pères et qu’il ne soit absolument pas
permis à un clerc de percevoir des intérêts de n’importe quoi.
Ce qui a été rapporté récemment, étant encore obscur et quasi
ignoré, sera examiné par nous et réglé; par contre, ce que
l’écriture sainte a d’une manière très claire décidé, n’a pas
besoin d’être discuté, mais suivi; il est en effet logique que la
chose condamnable chez un laïc soit encore plus à condamner
chez un clerc.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 184 sur 493 copyright ©
Tout le synode dit : Personne n’a agi contre les préceptes des
prophètes, personne contre les préceptes de l’évangile, sans
encourir condamnation.
Que le saint chrême ne doit pas être confectionné par les
prêtres.
Fortunat évêque dit : Nous nous souvenons que dans les
synodes précédents il fut décidé qu’il ne soit fait par des prêtres
ni le saint chrême, ni la réconciliation des pécheurs repentants,
ni la consécration des vierges, mais si jamais quelqu’un se
présente qui fasse cela, que doit-on décider à son égard?
Aurélius évêque dit : Votre condescendance a entendu ce qui a
été rapporté par Fortunat notre frère dans l’épiscopat; que
dites-vous à cela?
Par tous les évêques il fut déclaré que la confection du chrême
et la consécration des vierges ne doivent pas être faites par des
prêtres, ni qu’il soit permis à un prêtre de réconcilier quelqu’un
pendant un office liturgique public : cela plaît à tous.
De la réconciliation de ceux qui se trouvent en danger.
Aurélius évêque dit : Si quelqu’un se trouvant en danger
demande à être réconcilié avec les saints autels en l’absence de
l’évêque, le prêtre doit certes prendre l’avis de l’évêque et
réconcilier selon ses instructions la personne en danger. Nous
devons confirmer ce point par une décision salutaire.
Tous les évêques dirent : Il nous plaît, ce que votre sainteté a
daigné juger nécessaire pour notre utilité.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 185 sur 493 copyright ©
De ceux qui accusent nos pères les évêques; et qu’il n’est permis
à aucun homme compromis d’accuser un évêque.
Numidius évêque de la Maxulitaine dit : Il y a beaucoup de
gens d’une conduite non saine, qui pensent qu’il peuvent
mettre en accusation leurs pères les évêques, à tort et à travers;
faut-il recevoir ces accusateurs ou non?
Aurélius évêque dit : Votre charité est-elle d’avis que des
personnes compromises dans des crimes déposent un vote
d’accusation contre leurs pères? Tous les évêques dirent : Si la
personne est compromise, elle ne sera pas admise à l’accusation.
De ceux qui sont exclus du catalogue du clergé en raison de
leurs crimes.
Augustin évêque, délégué du pays de Numidie, dit : Daignez
décider aussi, que si un évêque ou un prêtre reçoit dans sa
communion les personnes chassées de l’Église en raison de
leurs crimes, il aura lui aussi à répondre du même crime, que
celui des personnes qui cherchent à se soustraire à la sentence
canonique de leur propre évêque.
Tous les évêques dirent : Cela plaît à tous.
Des prêtres condamnés par leurs propres évêques.
Alype évêque, délégué du pays de Numidie, dit : Il ne faut pas
non plus passer sous silence, que si jamais un prêtre condamné
par son propre évêque, poussé par la vanité et l’orgueil, pense
qu’il peut offrir à part le saint sacrifice à Dieu, ou estime qu’il
peut élever un autel contre la foi et l’ordre de l’Église, un tel
prêtre ne doit pas en sortir indemne.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 186 sur 493 copyright ©
Valentin, évêque du premier siège du pays de Sumidie, dit : Ce
que notre frère Alype propose est évidemment conforme à la
foi et à l’ordre de l’Église. Qu’en pense donc votre charité?
dites-le.
Si un prêtre révolté contre son évêque provoque un schisme,
qu’il soit anathème.
Tous les évêques dirent : Si un prêtre est condamné pour sa
conduite, il doit en appeler aux évêques des diocèses voisins,
afin qu’ils accordent audience à son affaire et que par eux il soit
réconcilié avec son évêque. S’il ne fait pas cela, mais si, ce dont
Dieu nous garde, gonflé d’orgueil il se sépare de la communion
de son propre évêque et fondant à part avec d’autres une église
schismatique il offre le saint sacrifice à Dieu, un tel sera frappé
d’anathème et perdra sa place. Il faut prendre en considération,
évidemment, si par hasard sa plainte contre son évêque n’était
pas fondée en justice.
Si un évêque tombe sous une accusation hors du temps du
synode, qu’il soit jugé par douze évêques.
Félix évêque dit : Je suggère conformément aux décisions des
anciens synodes, que si un évêque tombe sous quelque
accusation, ce dont Dieu nous garde, et la grande nécessité des
temps empêche la réunion d’un grand nombre d’évêques, qu’il
soit entendu de douze évêques, afin qu’il ne reste pas
longtemps sous le coup de l’accusation; et le prêtre, qu’il soit
entendu de six évêques plus le sien propre, et le diacre, de trois
évêques.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 187 sur 493 copyright ©
Qu’il n’est permis à un évêque d’être élu, sinon par un bon
nombre d’évêques; mais en cas de nécessité, qu’il soit élu même
par trois évêques.
Aurélius évêque dit : Que dit à cela votre sainteté?
Tous les évêques dirent : Il faut que soient observées par nous
les décisions de ceux qui nous ont précédés, décisions que les
primats de certaines provinces n’oseront inconsidérément
négliger. Donc, un grand nombre d’évêques réunis éliront un
évêque; en cas de nécessité cependant trois évêques, où qu’ils se
trouvent, sur l’ordre du primat, éliront l’évêque. Si quelque
évêque se met en contradiction avec sa profession de foi ou sa
signature, il se dépouille par là lui-même de sa dignité.
Que de la Tripolitaine un seul évêque viendra comme délégué,
et le prêtre y sera jugé par cinq évêques.
De même il fut décidé à propos de Tripolis, à cause de la
pauvreté de la province, qu’un seul évêque en serait envoyé
comme délégué au synode; que le prêtre y serait jugé par cinq
évêques, et le diacre par trois, comme il a été dit p]us haut, sous
la présidence évidemment du propre évêque de l’accusé.
Des différents ordres qui sont au service de l’Église, en sorte
que si quelqu’un d’entre eux tombe sous le coup d’une
accusation et refuse le tribunal ecclésiastique, un tel risquera sa
place; et que les enfants des prêtres ne s’approchent pas des
spectacles publics.
De même il fut décidé qu’un évêque quel qu’il fût, ou un prêtre
ou un diacre ou un clerc, contre lequel une action criminelle ou
civile a été introduite devant l’Église, si laissant le tribunal
ecclésiastique il veut se laver de l’accusation devant les
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 188 sur 493 copyright ©
tribunaux civils, il perdra sa place dans le clergé, même si la
décision des tribunaux civils lui a été favorable, et cela dans une
cause criminelle; si c’est une cause civile, il perdra ce qu’il a
gagné devant les tribunaux civils, dans le cas où il voudra
conserver sa place dans le clergé.
Il fut aussi décidé que si un appel a lieu des juges
ecclésiastiques quels qu’ils soient à d’autres juges ecclésiastiques
qui ont une plus grande autorité, ceux dont la décision est
cassée ne subiront aucun dommage, si l’on ne peut prouver
qu’ils ont jugé sous l’effet de l’inimitié ou de la passion, ou
qu’ils ont été corrompus par quelque don. Mais si les juges ont
été choisis du consentement des parties, même si leur nombre
est inférieur à celui qui est prescrit, il ne sera pas permis d’en
appeler.
De même il fut décidé que les enfants de prêtres ne donnent
pas de jeux séculiers ni qu’ils y assistent; en effet, cela fut de
tout temps interdit à tous les chrétiens, de s’approcher des lieux
où l’on blasphème.
Que nul évêque ni prêtre ni diacre n’accepte une charge civile;
que les lecteurs peuvent prendre femme; que les clercs
s’abstiennent du commerce d’avec les femmes et du prêt à
intérêt; et à quel âge ceux-ci et les vierges peuvent se consacrer
à Dieu.
De même il fut décidé qu’évêques, prêtres et diacres ne
rempliront point les charges de fermier ou d’intendant, ni ne se
procureront de quoi vivre d’une chose honteuse ou
malhonnête; ils doivent en effet avoir devant les yeux ce qui est
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 189 sur 493 copyright ©
écrit : « Aucun homme au service de Dieu ne se laisse entraver
par des soucis de ce monde ».
De même il fut décidé que les lecteurs arrivés à l’âge de la
puberté soient obligés de se marier ou de vouer la chasteté.
De même il fut décidé qu’un clerc qui a prêté de l’argent, ne
reçoive que son argent; s’il a donné des biens matériels, il
recevra autant qu’il en a donné.
Qu’avant l’âge de vingt-cinq ans personne ne sera ordonné
diacre, [ni aucun vierge consacrée].
Et que les lecteurs ne fassent point la salutation au peuple.
Que chaque province ait son primat à cause de l’éloignement.
Il fut décidé que la Mauritanie Sitifienne selon sa demande
adressée au primat du pays de Numidie, dont elle a cessé de
faire partie, possède son propre primat; du consentement donc
de tous les primats des provinces africaines et de tous les
évêques il lui fut permis de l’avoir, à cause de l’éloignement.
A son ordination le clerc doit être averti qu’il doit observer les
canons; que l’eucharistie ne doit pas être administrée au corps
des défunts, ni le baptême; et que de toutes les provinces les
métropolitains doivent se réunir en synode une fois par an.
Il fut de même décidé que dans le cas de l’ordination d’un
évêque ou d’un clerc les ordonnances des synodes leur seront
inculquées par ceux qui les ordonnent, afin qu’ils n’aient pas à
se repentir plus tard en agissant contre ces ordonnances.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 190 sur 493 copyright ©
De même il fut décidé qu’on ne donne pas l’eucharistie aux
corps des défunts; il est en effet écrit : « Prenez, mangez »; or
les corps des défunts ne peuvent ni prendre ni manger. De
même, que les prêtres dans leur ignorance ne donnent pas le
baptême à ceux qui sont déjà morts.
C’est pourquoi il faut réaffirmer dans ce saint synode que,
suivant les décisions prises à Nicée, un synode doit être
convoqué chaque année pour les questions ecclésiastiques, dont
les solutions tirent souvent en longueur au grand dam du
peuple chrétien; à ce synode les titulaires des premiers sièges de
la province doivent envoyer comme évêques délégués de leur
synode provincial deux évêques de leur choix ou même plus,
afin que l’assemblée réunie puisse avoir une autorité pleine et
entière.
Que si un évêque est accusé, l’affaire doit être portée devant le
primat de sa province.
Aurélius évêque dit : Si un évêque est sous le coup d’une
accusation, l’accusateur doit déférer l’affaire au tribunal du
primat de ce pays; l’accusé ne sera pas privé de la communion
ecclésiastique dans l’intervalle, à moins que, convoqué par écrit
à présenter sa défense au tribunal de ceux qui ont
été choisis comme juges, il ne se présente pas à la date fixée,
c’est à dire dans le délai d’un mois depuis le jour où il appert
qu’il a reçu la lettre de convocation. Si cependant il produit des
raisons vraies et de force majeure, qui l’ont empêché de se
présenter pour se défendre contre les griefs proposés contre lui,
qu’il ait un autre mois entier à sa disposition. Mais après ce
second mois il n’aura pas le droit de communier, jusqu’à ce qu’il
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 191 sur 493 copyright ©
ait prouvé son innocence. Si d’autre part c’est au synode général
annuel qu’il ne veut pas se présenter, afin de mettre, au moins
alors, un terme à son affaire, on en conclura qu’il a prononcé
lui-même contre soi la sentence de condamnation. Dans le
temps où il est privé de la communion, il ne communiera ni
dans sa propre église ni dans une église de la campagne.
Quant à son accusateur, s’il ne manque point aux sessions où
l’on examine l’affaire, qu’il ne soit point empêché de la
communion; mais si jamais il y manque en tergiversant,
l’évêque sera rétabli à la communion et lui, l’accusateur, sera
rejeté de la communion; à condition cependant que lui non
plus ne soit pas privé de la possibilité de rester accusateur dans
l’affaire, s’il peut prouver qu’il n’a pu se présenter dans le délai
fixé, non par mauvaise volonté, mais par impossibilité. Il est
évident que dès le début de l’action devant le tribunal des
évêques, si la personne de l’accusateur est suspecte, elle ne sera
pas admise à l’accusation, à moins qu’il ne veuille introduire
une action, touchant ses intérêts privés et non point les affaires
d’église.
Des prêtres et des clercs accusés.
Et si des prêtres ou des diacres sont sous le coup d’une
accusation, qu’on réunisse le nombre prescrit des évêques
choisis parmi ceux des territoires avoisinants sur la demande
des accusés, c’est à dire pour les prêtres six évêques et pour le
diacre trois; avec eux l’évêque propre des accusés examinera leur
cause, la même procédure que plus haut étant observée pour ce
qui regarde les dates des sessions du tribunal, les dilations, les
enquêtes et la qualité des personnes des accusateurs et des
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 192 sur 493 copyright ©
accusés. Quand aux causes des autres clercs, seul l’évêque du
lieu les instruira et en décidera.
Que les enfants des clercs ne doivent pas contracter de mariage
avec des hérétiques.
De même il fut décidé que des enfants de clercs ne
contracteront mariage ni avec des païens, ni avec des
hérétiques.
Que les évêques et les clercs ne doivent faire aucune donation à
des hérétiques.
Les évêques ou les clercs n’inscriront pas dans leur testament
pour des donations de leurs biens des chrétiens non-
orthodoxes, même si ceux-ci leur sont apparentés.
Que les évêques ne doivent pas s’en aller au delà des mers.
De même, que les évêques n’entreprennent la traversée de la
mer, sinon de l’avis de l’évêque du premier siège de chaque
territoire, c’est à dire pas sans avoir surtout reçu du primat ce
qu’on appelle une lettre dimissor iale formée, ou
recommandation.
Qu’on ne doit rien lire dans l’Église hormis les écritures
canoniques.
De même il fut décidé que dans les églises sous le titre
d’écriture sainte on ne lira rien en dehors des livres canoniques.
Les livres canoniques sont : Genèse, Exode, Lévitique,
Nombres, Deutéronome, Josué fils de Navé, Juges, quatre livres
des Rois, deux livres des Paralipomènes, Job, le Psautier, cinq
livres de Salomon, douze livres des Prophètes, Esaïe, Jérémie,
Ezéchiel, Daniel, Tobie, Judith, Esther, deux livres d’Esdras.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 193 sur 493 copyright ©
Du Nouveau Testament : quatre évangiles, un livre des Actes
des apôtres, quatorze épîtres de Paul, deux de l’apôtre Pierre,
trois de l’apôtre Jean, une de l’apôtre Jacques, une de l’apôtre
Jude.
Que le canon de l’écriture ci-exposé soit notifié à notre frère et
comministre dans l’épiscopat Boniface, et aux autres évêques de
ces terres-là en vue de sa confirmation, car pour nous, nous
n’avons reçu de nos pères que ces livres à lire dans l’Église.
Les évêques et les ordres suivants de clercs, qui touchent aux
mystères sacrés, nous décidons qu’ils s’abstiennent de tout
commerce d’avec leurs femmes.
Aurélius évêque dit : Comme il a été question de certains
clercs, surtout des lecteurs, à propos de la continence vis-à-vis
de leurs femmes, j’ajouterai, mes très chers frères, ce qui a été
confirmé dans maints synodes, que les sous-diacres qui
touchent aux mystères sacrés, et les diacres et les prêtres, et les
évêques aussi conformément aux ordonnances qui les
concernent, s’abstiendront de leurs épouses, « comme s’ils n’en
avaient pas »; que s’ils ne le font pas, ils seront écartés de toute
fonction ecclésiastique. Quant aux autres clercs, ils n’y seront
obligés qu’à un âge avancé.
Tout le synode dit : Ce que votre sainteté a réglé selon la
justice, nous le confirmons, car il est digne du sacerdoce et
agréable à Dieu.
Que les biens d’église ne doivent être dilapidés par personne.
De même, il fut décidé que personne ne doit vendre un bien
d’église. Que si ce bien ne rapporte rien, alors qu’on se trouve
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 194 sur 493 copyright ©
dans une grande nécessité, il faut en référer au primat de la
province et ensemble avec le nombre requis d’évêques délibérer
sur ce qu’il faudra faire. Si cependant l’Église se trouve dans
une nécessité si urgente, qu’on ne puisse délibérer avant de
vendre, l’évêque doit au moins convoquer comme témoins les
évêques voisins, en prenant soin de donner plus tard au synode
les preuves de toutes les difficultés, qu’a traversées son église;
s’il ne le fait pas, l’évêque qui a vendu sera considéré comme
coupable devant Dieu et le synode, et perdra toutes ses
dignités.
Les prêtres et les diacres convaincus d’une lourde faute ne
doivent point recevoir l’imposition des mains comme les
pécheurs laïcs.
De même il fut confirmé, que si jamais des prêtres ou des
diacres furent convaincus d’une faute par trop lourde, qui les
écarte nécessairement de leurs fonctions, on ne doit pas leur
imposer les mains comme à des pécheurs repentants ou à des
fidèles laïcs; il ne leur est pas non plus permis, en se faisant
rebaptiser d’avancer de nouveau dans la cléricature.
Les prêtres, diacres et clercs qui dans leur cause feraient appel
aux tribunaux d’au-delà des mers, ne seront point reçus à la
communion.
De même il fut décidé que les prêtres et les diacres et les autres
clercs inférieurs, qui dans leurs procès auraient des reproches à
faire aux tribunaux de leurs propres évêques, trouveront
audience auprès des évêques voisins et que les évêques appelés
par eux décideront de leurs différends du consentement du
propre évêque. Que si même contre la décision de ceux-ci ils
croient devoir interjeter un appel, ils n’en appelleront pas aux
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 195 sur 493 copyright ©
tribunaux d’au-delà les mers, mais aux primats de leurs
provinces, comme il fut à plusieurs reprises décidé même à
propos d’évêques. Ceux qui en appelleront aux tribunaux de
l’autre côté du canal, ne seront reçus à la communion par
personne en Afrique.
Si, en étant excommunié et avant d’être jugé, quelqu’un ose
communier, il se condamne lui-même.
De même, il fut décidé par tout le synode, que l’évêque ou
n’importe quel clerc qui fut excommunié pour sa négligence,
s’il ose communier dans le temps de son excommunication
avant d’être entendu en procès, sera considéré comme ayant
prononcé lui-même contre soi la sentence de condamnation.
De l’accusateur et de l’accusé.
De même, il fut décidé que l’accusé ou l’accusateur, s’il craint
quelque violence de la part de la populace effrontée dans les
lieux, dont l’accusé est originaire, pourra se choisir un lieu le
plus proche, ou il n’aura pas de difficultés à produire ses
témoins, et où l’affaire sera conclue.
Si des clercs, promus par leur évêque à un poste, le refusent, ils
ne garderont pas même celui, qu’ils n’ont pas voulu quitter.
De même il fut décidé que les clercs quels qu’ils soient et les
diacres, qui n’obéiront pas à leurs évêques, désireux de les
promouvoir à des dignités supérieures dans leurs diocèses pour
des besoins urgents de l’Église, n’exerceront pas non plus les
fonctions de la dignité qu’ils n’ont pas voulu quitter.
Si un clerc peu fortuné, réussissant dans son poste, y acquiert
du bien, ce bien restera à la disposition des évêques.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 196 sur 493 copyright ©
De même il fut décidé que les évêques, prêtres, diacres ou
même n’importe quels clercs, qui ne possédaient rien, si, leurs
affaires avant prospéré dans le temps de leur épiscopat ou de
leur cléricature, ils achètent des biens à la campagne ou
n’importe quelle propriété en leur nom, ils seront considérés
comme coupables de s’être approprié des biens d’église, à moins
que rappelés à l’ordre ils ne les rendent à l’Église. Mais si un
bien est acquis à eux personnellement par la générosité de
quelqu’un ou par la succession d’un parent, ils en disposeront
selon leur volonté; si cependant après s’être proposé de le laisser
à l’Église ils changent d’avis, ils seront jugés indignes de toute
dignité ecclésiastique, comme des gens inconstants.
Que les clercs ne vendront rien des biens de l’Église, à laquelle
ils ont été nommés; et qu’il n’est permis à aucun évêque de mal
user des biens inscrits sur le rôle de l’Église
De même il fut décidé que les prêtres ne doivent pas vendre un
objet appartenant à l’Église pour laquelle ils furent ordonnés,
sans l’avis de leurs propres évêques, comme il n’est pas permis
aux évêques non plus de vendre des propriétés de l’Église à
l’insu du synode ou de leurs propres prêtres.
Sans qu’il y ait nécessité, même à l’évêque, il n’est pas permis
d’aliéner un objet inscrit au rôle du registre des biens d’église.
Canons des différents synodes de l’Église d’Afrique.
Dans ce même synode furent aussi lus les actes des divers
synodes de la terre d’Afrique, qui ont eu lieu dans les années
précédentes sous Aurélius évêque de Carthage.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 197 sur 493 copyright ©
Du synode qui a eu lieu à Hippone-Rhégius.
Sous le consulat du très glorieux Théodose empereur auguste,
consul pour la troisième fois, et du clarissime Abundantius, le
huitième jour des ides d’octobre, à Hippo-Rhégius, au
secrétariat de l’Église de la Paix et le reste. Les actes de ce
synode ne furent pas copiés, parce que ses décisions sont
contenues dans ce qui précède.
Du synode de Carthage, où on décida d’envoyer des évêques de
l’Afrique proconsulaire comme délégués au synode
d’Hadrumète.
Les très glorieux empereurs augustes étant consuls, Arcadius
pour la troisième fois et Honorius pour la deuxième, le
seizième jour des calendes de juillet, à Carthage. Dans ce
synode on choisit parmi les évêques de l’Afrique proconsulaire
des délégués pour le synode d’Hadrumète.
Du synode de Carthage, ou de nombreuses décisions furent
prises.
Sous Césaire et Atticus les clarissimes consuls, le cinquième
jour des calendes de septembre, à Carthage, au secrétariat de la
basilique Restaurée, sous la présidence d’Aurélius évêque, les
évêques étant présents assistes de diacres, y assistant aussi
Victor le vénérable évêque de Pupput, Tite évêque de Migirpa,
Évangèle évêque d’Assuras, Aurélius évêque de Carthage parla
aux évêques.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 198 sur 493 copyright ©
Aurélius évêque dit : Après le jour fixé pour la réunion du
synode, alors que nous siégions, comme vous vous en souvenez,
mes très bienheureux frères, et attendions que les délégués de
toutes les provinces d’Afrique arrivent au jour de notre réunion,
jour fixé, dis-je, à l’avance, on lut une lettre de nos
comministres de la Byzacène; on lut aussi à votre charité les
discussions qui ont eu lieu entre moi et ceux qui sont arrivés
avant le jour fixé pour le synode; nos frères Honoré et Urbain,
qui prennent part à la session de ce jour, nous ont lu la
délégation qui fut envoyée du territoire Sitifien; or notre frère
Rhéginus de l’Église Végétsélitaine présenta à notre modestie
des lettres de nos comministres Crescentien et Aurélius,
titulaires des premiers sièges des deux Numidies, dans
lesquelles, votre charité s’en souvient avec moi, ils promettent
ou bien de daigner venir eux-mêmes à ce synode ou bien d’y
envoyer, selon l’usage, des délégués. Mais comme cela n’a eu
aucunement lieu, les délégués de la Mauritaine Sitifienne,
arrivés de si loin, protestent qu’ils ne peuvent s’attarder plus
longtemps.
C’est pourquoi, mes frères, si tel est l’avis de votre charité, qu’on
lise dans cette réunion bénie les lettres de nos frères de la
Byzacène et le mémoire qu’ils y ont ajouté, afin que soit corrigé
pour le mieux ce que votre charité estimerait pouvoir être
corrigé avec plus de soin; c’est cela en effet que notre frère dans
l’épiscopat Mizonius, le titulaire très illustre du premier siège,
demande en écrivant à mon humilité d’une manière digne de sa
grandeur et de sa prudence. Si donc tel est votre avis, qu’on lise
ce qui fut débattu et que votre charité prête attention à chaque
question.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 199 sur 493 copyright ©
A nos bien-aimés frères dans l’épiscopat dans les diverses
provinces : la Numidie, les deux Mauritanies, Tripolis et la
Province proconsulaire, Aurélius, Mizonius et les autres
évêques.
Plusieurs d’entre nous, en vue du bien de l’Église, avaient
rapporté, lors de notre assemblée dans la ville de Carthage, que
certains dans leur audace effrénée n’observent point les
décisions que jadis le synode d’Hippone après mûre réflexion a
légitimement prises et publiées pour l’amélioration salutaire de
la discipline. Or pour s’excuser de ces fautes, certains mettent
en avant, qu’ils ont péché parce qu’ils ignoraient ce fui jadis fut
statué comme loi.
C’est pourquoi nous avons décidé d’un commun accord de
porter tout cela à la connaissance de tous dans la province de
Byzacène, afin que désormais quiconque enfreindra ces décrets
sache qu’il aura perdu par là son rang dans le clergé. Le résumé
de ces décisions, qui nous semble embrasser tout et établir avec
un peu plus de soin certains points, nous l’avons fait joindre à
cette lettre; en sorte qu’ayant sous les yeux le résumé des
décrets, nous veillions avec plus de sollicitude à les observer.
Nous vous souhaitons, frères, de vous toujours bien porter en
Dieu et de vous souvenir de nous dans votre prière.
Et de la main du vénérable Mizonius : Nous vous souhaitons,
frères, d’avoir la joie bienheureuse de Dieu et de vous souvenir
de nous.
Qu’aucune des décisions du synode d’Hippone n’est à corriger.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 200 sur 493 copyright ©
Épigone évêque dit : Dans ce résumé, qui est un choix des actes
du synode d’Hippone, il n’y a, croyons-nous, rien qui doive être
corrigé ou complété; sinon, que la date de la sainte pâque devra
être communiquée au temps du synode.
Que les évêques et les clercs ne doivent pas trop facilement
émanciper leurs enfants.
Que les évêques et les clercs ne laissent pas leurs enfants
devenir indépendants par un acte d’émancipation, sans s’être
assurés de leur conduite et de leur maturité, afin que leurs
péchés retombent sur eux-mêmes.
Que les évêques et les clercs ne doivent pas être ordonnés,
avant qu’ils n’aient converti au christianisme tous les leurs.
Que personne ne soit ordonné évêque, prêtre ou diacre, avant
d’avoir fait chrétiens orthodoxes tous ceux de sa maison.
Qu’il n’est pas permis d’offrir pendant le saint sacrifice autre
chose que du pain et du vin mélangé d’eau.
Que dans les saints mystères on n’offre rien de plus que le corps
et le sang du seigneur, comme le seigneur lui-même l’a
enseigné, c’est-à-dire du pain et du vin mélangé d’eau. Quant
aux prémices, miel ou lait, qu’elles soient offertes en l’un des
jours fixés par l’usage pour le sacrement des enfants; car bien
qu’elles soient offertes pour la plupart du temps dans le
sanctuaire, elles doivent recevoir une bénédiction toute spéciale,
de manière à être distinguées du corps et du sang du seigneur.
Qu’on n’offre en guise de prémices rien d’autre que du raisin et
du blé.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 201 sur 493 copyright ©
Que les clercs et les ascètes ne doivent pas entrer dans les
maisons des veuves et des vierges.
Des clercs et des moines ne doivent point entrer dans les
maisons des veuves ou des vierges, sans la permission de
l’évêque ou des prêtres; et même dans ce cas, qu’ils n’y aillent
pas seuls, mais en compagnie d’autres clercs, ou avec des
personnes avec lesquelles l’évêque ou les prêtres y vont. Mais
pas même l’évêque ou les prêtres n’entreront chez les femmes
qui mènent ce genre de vie sans la présence d’autres clercs ou
de chrétiens honorables.
Que le premier évêque de la province ne doit pas s’intituler
prince des prêtres.
Que l’évêque du premier siège ne se fasse pas appeler exarque
des prêtres ou souverain prêtre ou quelque chose de semblable,
mais simplement évêque du premier siège.
Que les clercs ne doivent pas entrer dans les cabarets, sauf s’ils
sont en voyage.
Que les clercs n’entrent pas dans les tavernes pour y manger ou
boire, à moins d’y être contraints par les nécessités du voyage.
Que le sacrifice de la messe doit être offert à jeun.
Que les saints mystères de l’autel ne soient accomplis sinon par
des hommes à jeun, sauf au jour anniversaire, où l’on
commémore le cène du seigneur. Si un évêque ou quelqu’un
d ’ a u t re m o u r a i t d a n s l ’ a p rè s - m i d i , l ’o ffi c e d e l a
recommandation de l’âme que l’on fait, se fera avec des prières
seulement, si ceux qui le font se trouvent avoir déjà mangé.
Qu’on ne doit point donner des banquets dans les églises
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 202 sur 493 copyright ©
Qu’évêques ou clercs ne prennent point de repas dans une
église, à moins que par hasard ils ne soient obligés par les
nécessités du voyage de passer la nuit dans une église sur leur
passage. Le peuple doit être de même détourné autant que
possible de ce genre de banquets.
Des pécheurs repentants.
Qu’il faut fixer aux pénitents, selon le jugement de l’évêque, un
temps de pénitence mesuré à la variété des fautes.
Que le prêtre ne réconcilie point le pénitent sans l’avis de
l’évêque, sauf si en cas d’absence de l’évêque il y était poussé par
la nécessité. Si le délit d’un pénitent quel qu’il fût, est public et
connu de tous, jetant le trouble dans toute l’Église, on lui
imposera la main devant l’abside de l’église.
Des vierges.
Que les vierges consacrées, en se séparant de leurs parents qui
les gardaient, devront être confiées par les soins de l’évêque ou
en son absence par ceux du prêtre à des femmes honorables; ou
bien les faisant habiter ensemble on leur procurera une
surveillance réciproque, afin qu’elles ne causent point de tort au
bon renom de l’église en errant de tous côtés.
Des malades qui ne peuvent plus parler.
Que les malades qui ne peuvent répondre eux-mêmes soient
alors seulement baptisés, lorsqu’il pourront rendre témoignage
de leur volonté sous leur propre responsabilité.
Des gens de théâtre qui se repentent et reviennent au seigneur.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 203 sur 493 copyright ©
Qu’aux acteurs, mimes et autres personnes menant ce genre de
vie, ou à des apostats, la grâce ou la réconciliation ne soit pas
refusée, ils se repentent et retournent à Dieu.
De la lecture des passions des martyrs.
Qu’il soit aussi permis de lire les passions des martyrs,
lorsqu’on fête leur jour anniversaire.
Des enfants donatistes baptisés chez les donatistes.
Nous avons décidé d’interroger nos frères dans le sacerdoce
Sirice et Simplicien aux sujet des enfants nouveaux-nés
baptisés par les donatistes, si ce qu’ils n’ont pas commis de leur
propre gré, mais par l’erreur de leur parents, peut les empêcher
d’entrer au service des autels, lorsque par une volonté salutaire
ils reviennent à l’église de Dieu.
Après qu’on eût traité ces questions, Honoré et Urbain, évêques
de la province de la Mauritanie Sitifienne, dirent : Envoyés
comme délégués à votre sainteté, nous avions depuis assez
longtemps remis de lire nos instructions écrites, comprenant
qu’il fallait attendre l’arrivée de nos frères, les délégués de la
Numidie; mais comme un nombre, pas le moindre, de jours
s’est écoulé, sans que les délégués attendus n’arrivent, nous ne
devons pas négliger plus longtemps les instructions qui nous
furent données par nos collègues dans l’épiscopat. Veuillez
donc, frères, écouter avec bienveillance notre rapport. Nous
avons déjà entendu ce qui fut dit de la confession de la foi,
formulée à Nicée; il est vrai aussi que fut en son temps
confirmée la décision concernant les saints mystères accomplis
dans l’après-midi, pour qu’ils soient offerts par des personnes à
jeun, comme cela convient.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 204 sur 493 copyright ©
Des rebaptisations, réordinations et transferts d’évêques.
Nous avons été chargés d’en référer à vous au sujet de la
décision du synode de Capoue, c’est-à-dire qu’il est interdit de
procéder à des rebaptisations ou des réordinations ou des
transferts d’évêques d’un siège à un autre. Or, Cresconius
évêque de Villa-Régis, méprisant son propre troupeau, s’empara
de l’église de Tubuna, et averti à plusieurs reprises jusqu’à ce
jour de quitter selon la décision prise cette même église, dont il
s’empara, il ne le voulut point. Nous avons entendu la
confirmation des sentences prononcées à son sujet; et nous
demandons conformément à notre instruction, que vous
daigniez nous donner la liberté de pouvoir recourir contre lui,
puisque la nécessité nous y contraint, au chef civil de la
province, suivant les prescriptions des très glorieux empereurs;
de cette manière, celui qui n’a pas voulu obéir à l’avertissement
plein de douceur de votre sainteté et corriger sa faute
impardonnable, sera aussitôt empêché d’y persister, grâce à
l’autorité civile.
Aurélius évêque dit : Conformément à la procédure établie il
ne sera pas considéré comme membre de notre synode,
puisqu’invité avec bonté par votre charité, il refusa de partir; car
par sa propre présomption et audace il tomba sous le coup de
l’autorité civile.
Honoré et Urbain les évêques dirent : Tel est-il donc l’avis de
tous?
Tous les évêques dirent : Cela est juste, tel est notre avis.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 205 sur 493 copyright ©
Combien d’évêques sont requis pour sacrer un évêque.
Honoré et Urbain les évêques dirent : Nous avons reçu aussi
l’instruction suivante; vu que tout récemment deux de nos
frères évêques de Numidie ont osé sacrer un évêque, décidez
que le sacre des évêques ne se fasse sinon par douze évêques.
Aurélius évêque dit : L’ancienne règle sera observée, que moins
de trois évêques, exigés par elle, ne suffiront pas au sacre des
évêques; pour la raison évidente qu’à Tripolis et à Arzag des
peuples barbares se tiennent aux frontières; et en Tripolitaine,
vous le savez, il n’y a que cinq évêques et il est possible que
souvent sur ce nombre deux soient pris par quelque service
urgent; il est en effet difficile que sur quelque nombre que ce
soit tous puissent répondre à l’invitation : faudrait-il que cela
fût un obstacle au bien de l’église ? Dans cette église-ci, par
exemple, dans laquelle votre sainteté a daigné se réunir, nous
avons souvent tous les dimanches des personnes à sacrer; puis-
je donc convoquer continuellement douze ou dix ou même un
nombre moindre d’évêques? Tandis que m’adjoindre deux
évêques voisins est facile à ma petitesse. Votre charité voit par
conséquent avec moi que l’on ne saurait observer pareille règle.
Combien d’évêques doivent être ajoutés au nombre des
électeurs, si une contestation s’élève sur le choix de l’ordinant.
Cependant nous devons décider, que si jamais nous procédions
à l’élection d’un évêque et que surgît un désaccord, car de tels
faits se sont déjà produits chez nous, il serait osé que trois
évêques seuls se trouvent réunis pour purger des accusations le
candidat au sacre, mais il faut ajouter au nombre susdit un ou
deux autres évêques et examiner d’abord la personne des
contradicteurs, en présence du peuple du diocèse où le candidat
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 206 sur 493 copyright ©
doit être ordonné; ensuite on ajoutera l’examen des griefs
proposés; et lorsqu’il paraîtra pur de toute accusation en face du
peuple, alors on l’ordonnera.
Si votre sainteté daigne accepter cela, qu’il soit confirmé par la
réponse unanime de votre autorité.
Tous les évêques dirent : Cela nous plaît fort.
Que le jour de pâques sera annoncé par l’église de Carthage.
Honoré et Urbain les évêques dirent : Puisqu’il faut adjoindre
tout ce qui se trouve dans le mémoire de nos instructions, nous
ajouterons que nous avons été aussi chargés de la question de la
date du jour de pâques : que nous puissions nous y préparer
avertis toujours, selon l’usage, par l’église de Carthage, mais non
pas à la dernière minute.
Aurélius évêque dit : Si tel est l’avis de votre sainteté, puisque
nous savons que depuis longtemps déjà vous vous êtes promis,
de nous réunir chaque année pour débattre nos affaires, au
temps de notre réunion vous sera aussi communiquée la date
du saint jour de pâques par les délégués qui se trouveront
présents au synode.
Honoré et Urbain les évêques dirent : Maintenant dans la
présente assemblée nous demandons que vous daigniez en
avertir par lettre nos synodes provinciaux.
Aurélius évêque dit : Il faudra bien faire cela.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 207 sur 493 copyright ©
De la visite canonique des provinces.
Honoré et Urbain les évêques dirent : Nous avons reçu aussi
l’instruction orale suivante : que vous daigniez appliquer à nous
aussi la décision du synode d’Hippone de votre devoir de visiter
chaque province au temps du synode; or cette année-ci et la
précédente vous avez omis de visiter la Mauritanie dont c’était
le tour.
Aurélius évêque dit : Nous n’avons alors rien décidé de la
province de Mauritanie, vu qu’elle est située aux confins de
l’Afrique et au voisinage du pays des barbares. Dieu veuille
nous accorder de pouvoir le faire de notre plein gré, sans l’avoir
promis, et visiter votre province; vous devez en effet
comprendre, frères, que s’il était raisonnable d’exiger pareille
visite, les frères de la Tripolitaine et d’Arzag pourraient avoir la
même prétention à notre visite.
Qu’on n’établira pas un second évêque dans un diocèse, sinon
du consentement du titulaire de ce diocèse.
Épigone évêque dit : En des nombreux synodes fut décidé par
l’assemblée des évêques que les peuples des campagnes
dépendant d’un évêché, qui n’ont jamais eu d’évêque propre, ne
reçoivent de chefs à elles, c’est à dire des évêques, que du
consentement de l’évêque auquel elles étaient soumises dès le
commencement. Il y en a, en effet, qui ayant obtenu quelque
autorité se détournent de la communion de leurs frères et une
fois sur la pente du mal ils revendiquent l’indépendance pour
eux, comme par droit d’une autorité déjà ancienne; d’autres
part, plusieurs prêtres orgueilleux et sots relèvent la tête contre
leurs propres évêques, en excitant la foule par des banquets et
des conseils malhonnêtes, afin qu’elle les établît ses chefs par
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 208 sur 493 copyright ©
une faveur désordonnée. La preuve insigne de ce que vous
pensez, Aurélius notre frère, nous la possédons dans le fait bien
connu, que vous avez déjà repoussé à plusieurs reprises de telles
tentatives sans les tolérer. Mais en vue des intentions
malhonnêtes et des machinations concertées pour le mal, je
propose que le peuple d’une campagne, soumise depuis les
temps anciens à un évêque et n’ayant jamais eu un évêque à elle,
ne doit point recevoir de chef à elle. Si donc ma proposition
plaît à tout le saint synode, qu’elle soit confirmée.
Aurélius évêque dit : Je ne m’opposerai pas à la proposition de
notre frère dans l’épiscopat, j’avouerai même que je l’ai
pratiquée et la pratiquerai, évidemment vis-à-vis de ceux qui
sont en accord non seulement avec l’église de Carthage, mais
avec toute la hiérarchie. Il y en a en effet beaucoup qui excitent
leurs peuples, qu’ils trompent, comme il a été dit, en flattant
leurs oreilles et se gagnant la faveur de gens de moeurs perdues;
ils s’en enflent davantage et se séparent de notre communion,
eux qui à plusieurs reprises convoqués à se présenter au synode,
s’y refusent en s’appuyant sur leur troupeau, comme s’ils avaient
peur que leurs fautes ne deviennent manifestes. Je dis donc, si
tel est votre avis, qu’il faut de toute manière nous efforcer à ce
que non seulement ils ne gardent pas les premiers sièges des
provinces, mais pas même les églises qu’on avait à tort mises
entre leurs mains, et qu’ils soient expulsés par l’autorité civile et
destitués, même s’ils occupent un siège primatial. Car il faut
que les évêques en communion avec tous les frères et tout le
synode, non seulement occupent en toute justice leur propre
siège, mais même acquièrent de tels diocèses; tandis que ceux
qui semblent se contenter de leur peuple et méprisent la charité
fraternelle, perdront non seulement le premier siège de la
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 209 sur 493 copyright ©
province, mais même, dis-je, le territoire pour lequel ils furent
sacrés, et en seront privés par l’autorité civile comme des
rebelles qu’ils sont.
Honoré et Urbain les évêques dirent : La très grande
prévoyance de votre sainteté en impose à tous les esprits et
nous pensons que la réponse générale confirmera votre
proposition.
Tous les évêques sans exception dirent : Tel est notre avis, tel
est notre avis.
Que les clercs étrangers ne seront pas reçus par un autre
évêque.
Épigone évêque dit : Décidé en de nombreux synodes, il fut
même confirmé à présent par votre sagesse, très bienheureux
frères, qu’aucun évêque se doit d’approprier un clerc étranger,
sans l’avis de l’évêque auquel il appartenait jusque-là. or, je dois
mentionner que Julien, se montrant ingrat de tous les bienfaits
de Dieu accumulés sur sa personne par ma petitesse se
conduisit avec une telle effronterie et audace, que l’enfant
baptisé par moi en bas âge, enfant qu’à cause de sa grande
indigence il me confia et que j’ai nourri et élevé pendant de
longues années, enfant, dis-je, qui dans ma propre église fut
baptisé de la main de mon humilité et qui au su de tous fut fait
lecteur dans la paroisse des Mapalitains et durant deux ans y
exerça la fonction de lecteur, celui-là, je ne sais par suite de quel
mépris de mon humilité ce même Julien le prétend originaire
du territoire Bazaritain, qui relève de lui, et, contre mon avis, il
l’a pris à son service : car il l’a même ordonné diacre. Si une
telle action est licite, qu’on nous fasse connaître qui l’autorise;
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 210 sur 493 copyright ©
sinon, qu’on mettre fin à une telle effronterie, afin que le susdit
Julien ne mette pas la main sur le bien d’autrui.
Numidius évêque dit : S’il est prouvé que Julien a fait cela sans
interroger votre dignité ni l’en prier, nous jugeons tous le fait
injuste et indigne. C’est pourquoi, si ce même Julien ne corrige
pas son erreur et n’y remédie en rétablissant parmi votre
troupeau ce clerc qu’il a osé ordonner, se mettant en
contradiction avec les décisions du synode et séparé de nous, il
prononcera lui même la sentence de sa propre
excommunication.
Épigone évêque dit : Notre père par l’âge et notre aîné par la
vertu, homme digne de louanges, notre frère et comministre
Victor veut que cette proposition trouve une application
générale pour tous.
Qu’il est permis à l’évêque de Carthage d’ordonner un clerc de
n’importe quel diocèse.
Aurélius évêque dit : Frères, écoutez avec bienveillance mes
paroles. Des demandes me furent souvent adressées par les gens
d’église, qui avaient besoin de diacres ou de prêtres ou
d’évêques; cependant, me souvenant de ce qui fut décidé, je m’y
suis conformé, en me concertant avec l’évêque du clerc qui m’est
demandé et lui représentant que ceux de telle ou telle église
demandent un de ses clercs. Certes, jusqu’à présent ces évêques
consultés n’ont pas contredit; mais pour que cela n’arrive pas
dans la suite, c’est à dire qu’ils ne m’opposent un refus lorsque je
leur adresserai une demande à ce sujet, vous savez en effet que
je porte la sollicitude de nombreuses églises et de leurs
ordinations, si quelqu’un de mes collègues dans l’épiscopat avec
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 211 sur 493 copyright ©
lequel je me concerterai à ce sujet en présence de deux ou trois
témoins de votre rang, si ce collègue se montre inflexible, il est
juste que votre charité juge ce que je dois faire; car moi, vous le
savez, mes frères, par la grâce de Dieu je suis chargé des soucis
de tant d’églises. Numidius évêque dit : Depuis toujours votre
siège posséda la faculté d’ordonner des évêques selon le désir
exprimé par chaque église diocésaine, d’où qu’ils soient et quel
que fût le nom suggéré.
Épigone évêque dit : La bienveillance modère l’autorité; vous
osez faire moins que votre droit, frère, en vous montrant bon et
charitable en tout; car vous avez la préoccupation de ménager
la personne de chaque évêque.
Or, dès la première consultation, qui sera aussi la seule, si vous
le jugez nécessaire, vous devez réclamer le droit qui revient à
votre siège. Ce n’est donc pas nous qui vous en donnons le
droit, mais nous le confirmons selon votre proposition, c’est à
dire qu’il vous soit permis de prendre celui que vous voulez et
de nommer pour les églises et pour les peuples ceux que l’on
vous demande comme chefs, et cela de partout où vous le
jugerez nécessaire.
Postumien évêque dit : Dans ce cas, si un évêque n’a qu’un seul
prêtre, cet unique prêtre devra-t-il lui être aussi enlevé?
Aurélius évêque dit : Par la grâce de Dieu un seul évêque peut
ordonner de nombreux prêtres, tandis qu’un prêtre apte à
l’épiscopat peut être difficilement trouvé; c’est pourquoi si
quelqu’un se trouve avoir un seul prêtre et celui-ci est apte à
l’épiscopat, il devra donner ce seul prêtre pour qu’il soit sacré.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 212 sur 493 copyright ©
Postumien évêque dit : Donc, si un autre évêque possède une
foule de prêtres, il doit m’aider d’une partie de cette foule.
Aurélius évêque dit : Évidemment, comme vous avez aidé
l’autre église, ainsi l’évêque qui possède plusieurs clercs, vous en
accordera un pour que vous l’ordonniez.
Que les évêques ordonnés pour la campagne ne doivent
réclamer aucun autre diocèse pour eux.
Honoré et Urbain les évêques dirent : Nous avons entendu qu’il
fut décidé que les campagnes ne seront en état de recevoir un
évêque, sinon du consentement de celui, auquel elles étaient
soumises. or dans notre pays, avec la permission de l’évêque qui
au début gouvernait le diocèse on sacra pour les campagnes des
évêques, qui réclament maintenant d’autres territoires en plus.
Par une décision de votre charité cela doit être empêché et
interdit à l’avenir.
Épigone évêque dit : Ce qui revient à chaque évêché lui fut de
tout temps gardé intact, en sorte que rien de l’ensemble des
possessions de campagne ne puisse en être détaché pour avoir
son propre évêque sans le consentement de celui qui a pouvoir
sur elles; si celui-ci consent à ce que dans son diocèse une
partie soit autorisée à avoir son propre évêque, l’évêque promu à
cette dignité ne doit pas mettre la main sur les autres parties du
diocèse, car une seule partie détachée du corps des autres
parties fut seule jugée digne de l’honneur d’être un évêché
distinct.
Aurélius évêque dit : Je ne doute pas de l’avis de votre charité,
que l’évêque, élu pour une partie du diocèse avec la permission
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 213 sur 493 copyright ©
du premier évêque du diocèse, n’aura autorité que sur le
troupeau pour lequel il fut sacré.
Puisque tout, je crois, a été traité, si tout cela correspond à votre
pensée, confirmez le tout par vos acclamations.
Tous les évêques dirent : Nous sommes tous de cet avis et nous
l’affirmons par notre signature.
Et ils signèrent. Aurélius évêque de l’Église de Carthage, je
consens au présent décret et l’ayant lu j’ai signé.
De même les autres évêques aussi signèrent.
Dans ce synode il fut décidé qu’aucun évêque ne traverse la mer
sans s’être muni de lettres dimissoriales.
Sous Césaire et Atticus, les clarissimes consuls, le sixième jour
des calendes de juillet, à Carthage, il fut décidé qu’aucun
évêque ne devrait traverser la mer sans lettres dimissoriales du
primat.
Qui veut les actes les trouvera dans les archives.
Dans ce synode on décide l’envoi des évêques sous-désignés
comme délégués à l’empereur.
Après le consulat du très glorieux empereur auguste Honorius,
consul pour la quatrième fois, et du clarissime Euthychien, le
cinquième jour des calendes de mai, à Carthage, au secrétariat
de la basilique restaurée.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 214 sur 493 copyright ©
Dans ce synode Épigone et Vincentien évêques ont été envoyés
comme délégués, afin d’obtenir des empereurs très glorieux en
faveur de ceux gui cherchent asile dans l’église, quelle que fut
l’accusation portée contre eux, une loi pour que personne n’ose
les en arracher.
Dans ce synode fut décidé l’envoi d’une ambassade aux évêques
de Rome et de Milan au sujet des enfants en bas âge baptisés
par les hérétiques, et à l’empereur pour ordonner la suppression
des restes du culte des idoles et pour plusieurs autres choses.
Après l’élévation au consulat du clarissime Flavius Stilichon, le
seizième jour des calendes de juillet, à Carthage, au secrétariat
de la basilique restaurée, prenant part à la session avec ses frères
dans l’épiscopat, assistés des diacres, Aurélius évêque dit : Les
besoins des églises de Dieu constituées dans toute la terre
d’Afrique, votre charité, mes très saints frères, les connaît aussi
précisément que moi; et puisque le seigneur aidant, votre
assemblée sacrée fut réunie, bien qu’en partie seulement ici
présente, il me semble bon d’exposer devant vous les besoins,
dis-je, que j’ai moi-même pu connaître. Après que votre
sincérité aura confirmé cela, il sera nécessaire de choisir de
notre nombre un collègue dans l’épiscopat, qui devra avec l’aide
du seigneur par nos prières se charger de ces mêmes besoins et
les porter courageusement en Italie de l’autre côté du détroit, et
être capable d’exposer ce même besoin où nous sommes à notre
douleur et notre indigence d’un côté à Anastase, le vénéré et
saint évêque du siège apostolique, de l’autre à notre très saint
frère Venier, évêque de l’église de Milan. En effet, ces sièges ont
interdit ce qu’ils autoriseront devant le péril commun, dès qu’ils
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 215 sur 493 copyright ©
l’auront connu : si grand est le manque de clergé et de
nombreuses églises sont à ce point dans l’abandon, qu’il n’est
pas possible d’y trouver un diacre, tut-il illettré; je dois passer
sous silence les grades et rangs supérieurs du clergé, je pense,
car si l’on ne trouve pas facilement (quelqu’un pour le ministère
de diacre, la disette est évidemment plus grande pour les
dignités supérieures; nous ne pouvons plus tenir devant les
pleurs quotidiens des peuples des divers diocèses ,oui se
meurent; si nous ne voulons point leur venir en aide,
l’accusation très lourde et sans excuse des âmes sans nombre
oui se perdent nous attend devant Dieu.
Que ceux qui, petits enfants, ont été baptisés chez les
donatistes, pourront être ordonnés dans l’église catholique.
C’est pourquoi, étant donné que dans le synode précédent fut
décidé, votre unanimité s’en souvient avec moi, que les enfants
en bas âge baptisés par les donatistes et qui n’ont pu encore
connaître l’abîme de leur erreur, si parvenus à l’âge de raison et
la vérité reconnue, ils détestent la perversion des donatistes, ils
seront reçus dans l’église catholique répandue dans tout
l’univers par la simple imposition des mains comme le veut la
règle ancienne; ces mêmes enfants ne doivent pas se voir
refuser l’accès à l’ordre clérical à cause du nom de leur erreur
précédente, puisqu’en venant à la vraie foi, ils admirent la
véritable église comme la leur et par leur foi au Christ ils y
reçoivent les saints mystères de la sainte Trinité; mystères qui
sont tous, nous le savons bien, vrais et saints et divins, et en eux
est placée toute l’espérance de notre âme, quoique l’audace
mentionnée des hérétiques a l’effronterie d’enseigner sous
couvert de vérité certaines propositions contraires à la vérité.
Mais comme ces saints mystères sont simples, comme
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 216 sur 493 copyright ©
l’enseigne l’Apôtre en disant : « Un Dieu, une foi, un baptême
», et que ce qui a dû être donné une fois, il n’est pas permis de le
renouveler : ayant anathématisé le nom de l’erreur, ils seront
reçus par l’imposition de la main dans le sein de l’unique église,
l’Église appelée colombe et seule mère des chrétiens, dans
laquelle tous les sacrements sont reçus pour le salut éternel et la
vie de l’âme. Ces sacrements procurent à ceux qui persistent
dans l’hérésie un plus grand châtiment de condamnation, car ce
qui eût été pour eux un point plus lumineux à suivre vers la vie
éternelle s’ils étaient dans la vérité, cela leur est dans l’erreur un
point plus obscur et plus abhorré.
Ce sort, certains d’entre eux l’ont fui et ayant reconnu les voies
très droites de notre mère l’Église catholique, ils ont cru par
amour de la vérité à tous ces saints mystères et les ont
embrassés. Pour ces personnes, lorsque le témoignage d’une vie
honnête s’y ajoute, il est hors de doute que la carrière du
ministère des saints mystères leur sera aussi ouverte; surtout,
dans la si grande nécessité des temps présents, il n’y a personne
qui ne concède cela. Certes des clercs de cette secte désirent
venir à nous avec leurs troupeaux et leurs dignités, clercs qui,
mûs par l’amour des honneurs, donnent à leurs troupeaux des
conseils de vie ou les empêchent d’arriver au salut ; mais il faut
laisser cela, je pense, à la plus grande compréhension de nos
frères mentionnés plus haut, qui en décideront, lorsque dans
leur sage conseil ils amont pris connaissance du motif de notre
rapport, et daigneront nous informer de ce qui doit être suivi
par nous. Nous nous contenterons de leur demander au sujet de
ceux qui furent baptisés en bas âge, d’approuver, si tel est leur
avis, notre voeu de les admettre aux ordinations.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 217 sur 493 copyright ©
Tout ce que nous avons décidé d’entreprendre auprès des très
saints évêques, ne semble-t-il pas à votre honorable fraternité
devoir être réalisé?
Des idoles et des temples païens restants, qu’il faut détruire.
Il faut demander aux très religieux empereurs que les restes des
idoles scient totalement détruits dans toute l’Afrique sur leur
ordre; car en de nombreux endroits des bords de la mer et en
diverses propriétés fleurit encore l’illégalité de cette erreur.
Qu’ils ordonnent donc que cela aussi soit supprimé et que les
temples des idoles établis dans les campagnes et en de lieux
cachés sans aucune valeur artistique, soient détruits sur leur
ordre.
Que les clercs ne doivent pas être obligés à faire connaître
devant les tribunaux leur sentence sur une cause.
Il faut encore demander aussi qu’ils daignent ordonner que, si
l’on introduit devant le tribunal de l’église, selon le droit
apostolique qui lui revient, n’importe quelle cause, et si la
décision des juges ecclésiastiques déplaît à une des parties, qu’il
ne soit pas permis au tribunal civil d’appel de convoquer
comme témoin un clerc qui a connu auparavant de la question
ou bien a assisté à son instruction; et même, qu’aucune
personne appartenant au clergé ne soit soumise à l’obligation
de servir de témoin.
Qu’il faut abolir les festins des païens.
De plus, il faut demander aux empereurs chrétiens, puisque
contre leurs ordres divins des banquets issus de l’erreur païenne
ont lieu en de nombreux endroits, de telle sorte que même des
chrétiens prennent en cachette avec les païens part aux
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 218 sur 493 copyright ©
cérémonies de ceux-ci, qu’ils ordonnent que de tels banquets
soient supprimés dans les villes aussi bien que dans les
campagnes. D’autant plus que dans certaines villes aux jours
anniversaires des bienheureux martyrs on les voit publiquement
commettre de tels délits dans les saints lieux mêmes, et en ces
jours, chose honteuse à dire, ils s’adonnent à des danses
abominables dans les champs et sur les places publiques, et
vont jusqu’à s’attaquer par des injures pleines de libertinage à
l’honneur des femmes mariées et à la pudeur d’autres
innombrables femmes, qui viennent en toute piété assister à la
sainte fête, en sorte qu’on fuit presque l’assistance aux mystères
de la sainte foi.
Des spectacles publics, qu’ils ne se fassent point aux jours de
dimanche et des autres fêtes.
De plus, il faut demander que les représentations de jeux de
théâtre soient interdites les dimanches et les autres jours de fête
de la foi chrétienne; étant donné surtout que dans l’octave de
pâques les foules se rassemblent plus à l’hippodrome qu’à
l’église, il faut déplacer les jours fixés pour ces
jeux à une date qui convient, et n’obliger aucun chrétien à
assister à ces
représentations.
Des clercs condamnés.
Il faut demander aussi, qu’ils daignent ordonner, que si un clerc
de quelque dignité qu’il fût, a été condamné pour n’importe
quel délit par un tribunal d’évêques, l’exécution de la sentence
ne puisse être suspendue ni par l’église à laquelle il présidait, ni
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 219 sur 493 copyright ©
par n’importe quelle personne, la peine d’une amende et de la
destitution étant fixée pour un tel fait, afin que sur leur ordre ni
l’âge ni le sexe ne puisse être invoqué comme excuse.
Des trames devenus Chrétiens.
Au sujet de cette catégorie de personnes aussi il faut demander
que, si quelqu’un voulait venir à la grâce du christianisme de
n’importe quel métier exercé dans les jeux publics et se libérer à
l’avenir de ces souillures, qu’il ne soit permis à personne de le
ramener à ces mêmes pratiques ou de l’y forcer.
Des affranchissements d’esclaves à faire dans l’église, chose à
demander à l’empereur.
Quant aux émancipations d’esclaves, c’est-à-dire dans quelle
mesure il faut y procéder dans les églises, si nos collègues dans
l’épiscopat le font sans conteste en Italie, nous nous laisserons
évidemment convaincre de suivre cette pratique; nous
autoriserons pour cela l’envoi d’un délégué, afin nous puissions,
nous aussi, accueillir pour la gloire du seigneur chez nous tout
ce qui pourrait être fait de certain pour le bien de l’église et le
salut des âmes.
Si tout cela plaît à votre sainteté, déclarez-le, afin que je puisse
témoigner aux empereurs que mon mémoire a votre
approbation et que leur disposition bienveillante accueille avec
plaisir ce qui est du consentement de tous.
Tous les évêques dirent : Il plaît à tous; ce que votre sainteté a
exprimé et expliqué avec tant de sagesse doit être mis à
exécution.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 220 sur 493 copyright ©
Tous les évêques dirent : Cette proposition aussi plaît
beaucoup, d’autant plus qu’Equitius a été condamné depuis
longtemps déjà et son inquiète effronterie doit être de pis en
pis réprimée pour le bien et le salut de l’église.
De l’évêque Equitius déjà condamné.
Aurélius évêque dit : De plus, quant à Equitius, qui fut jadis
déclaré à juste titre condamné par la décision des évêques,
l’affaire, je crois, ne doit pas être passée sous silence par
l’ambassade, en sorte que si notre frère délégué le trouve dans
ces lieux-là, il aura soin d’entreprendre pour le bien de l’église,
les démarches contre lui comme il le faudra et où ce sera
possible.
Et ils ont souscrit. Aurélius évêque de l’église de Carthage je
consens au présent décret et l’ayant lu j’ai signé.
De même les autres évêques aussi signèrent.
Dans ce synode fut lue une lettre d’Anastase évêque de Rome,
exhortant les évêques catholiques au sujet des donatistes.
Sous Vincent et Fravitus les clarissimes consuls, aux ides de
septembre, à Carthage, au secrétariat de la basilique restaurée,
les évêques de toutes les provinces d’Afrique s’étant réunis et
constitues en assemblée, c’est-à-dire Aurélius l’évêque du dit
siège et ses collègues, comme le montre la souscription de
chacun, Aurélius dit :
la lettre de notre très bienheureux frère dans l’épiscopat
Anastase, l’évêque de l’église de Rome, ayant été lue, dans
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 221 sur 493 copyright ©
laquelle avec la sollicitude et la bienveillance de sa fraternelle,
ou plutôt paternelle charité, il nous exhorte de ne point nous
laisser détourner par les machinations et l’effronterie des
hérétiques et schismatiques donatistes, qui attaquent
dangereusement l’église catholique dans toute la terre
d’Afrique, nous rendons grâces au seigneur notre Dieu, d’avoir
inspiré à son prêtre si bon et si saint une si pieuse sollicitude
pour les membres du Christ, qui disperses dans les diverses
parties de la terre, se réunissent cependant harmonieusement
dans un seul corps.
Qu’il faut traiter pacifiquement avec les donatistes.
Après cela, ayant tout examiné, et réfléchi sur tout ce qui
semblait devoir concourir à l’utilité de l’église, sous l’inspiration
et la dictée du saint-esprit, nous décidâmes d’agir avec douceur
et paix envers les gens sus-mentionnés, bien que leur
dissentiment inquiet les tienne si profondément séparés du
corps du seigneur; ainsi, autant qu’il est en notre pouvoir, tous
ceux qui ont été pris dans les filets de leur communion et
société dans toutes les provinces d’Afrique, sauront dans quelle
misérable erreur ils restent enchaînés « peut-être alors », selon
la parole de l’Apôtre, si nous cherchons à réunir en toute
mansuétude ceux qui pensent autrement, « Dieu leur donnera
de se convertir et reconnaître la vérité et se relever, eux qui
furent pris dans les rets du diable, pour faire sa volonté ».
Des lettres à envoyer aux gouverneurs, pour rendre publiques
les tractations entre donatistes et maximianistes.
Il fut donc décidé d’envoyer des lettres de notre synode aux
gouverneurs de l’Afrique, et il nous a semblé convenable de leur
demander d’aider la commune mère, l’église catholique, dans
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 222 sur 493 copyright ©
les affaires où l’autorité des évêques n’est pas respectée dans les
villes; nous voulons dire qu’avec toute l’autorité du pouvoir ils
recherchent soigneusement, en esprit de foi chrétienne, ce qui
est arrivé dans tous les lieux où les sectateurs de Maximien se
sont emparés des églises; de plus, qu’ils notent ceux qui se sont
détachés d’eux et qu’ils obligent à consigner dans des actes
officiels la reconnaissance certaine de tous de ces faits.
De l’admission des clercs donatistes parmi le clergé de l’église
catholique.
Ensuite, il fut décidé d’envoyer des lettres à nos frères dans
l’épiscopat et surtout au siège apostolique, où préside notre sus-
mentionné vénéré frère dans le sacerdoce Anastase, qui connaît
le grand besoin où se trouve l’Afrique, afin que pour la paix et
l’utilité de l’église et des donatistes eux-mêmes, leurs clercs
quels qu’ils soient, si d’une volonté plus éclairée ils veulent
passer à l’unité catholique, soient reçus en gardant les mêmes
dignités, à condition que chaque évêque catholique, qui
gouverne l’église dans les lieux-mêmes le veuille et pense que
cela contribue à la paix entre chrétiens. Ainsi a-t-on agi dans
les temps passés à l’égard de ce schisme, le fait est manifeste;
l’exemple de nombreuses et même de presque toutes les églises
d’Afrique, où cette erreur a poussé, en témoigne. Non pas que
par là le synode qui a eu lieu de l’autre côté du détroit à ce sujet
soit annulé, mais pour que reste acquise à ceux qui veulent
revenir à l’église catholique la pratique mentionnée, de sorte
qu’aucun empêchement à l’union ne soit élevé; et ceux, grâce à
qui de n’importe quelle manière l’unité catholique semblerait
pouvoir être réalisée ou aidée dans les lieux où ils demeurent
pour le bien évident des âmes de nos frères, n’en soient point
empêchés par la décision du synode de l’autre côté du détroit
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 223 sur 493 copyright ©
touchant leurs dignités ecclésiastiques, alors que personne n’est
exclu du salut. En d’autres termes, que les clercs ordonnés chez
les donatistes, si s’étant convertis ils veulent passer à la foi
catholique, ne soient pas reçus dans leurs dignités
ecclésiastiques, selon le synode transmarin, mais qu’au contraire
on reçoive dans leurs dignités ceux par qui un avantage est
procure en faveur de l’unité catholique.
De l’envoi d’une délégation aux donatistes pour conclure la
paix.
Il fut décidé ensuite d’envoyer après l’exécution de ce qui
précède des délégués choisis dans nos rangs vers ceux des
donatistes, à leurs évêques, s’ils en ont, ou aux laïcs, afin de
prêcher la paix et l’unité, sans laquelle le salut des chrétiens ne
peut être établi. Par ces délégués on fera connaître à tous, qu’ils
n’ont aucun grief raisonnable contre l’église catholique; et pour
que cela devienne évident à tous, on fera appel aux archives
officielles des municipes pour leur montrer leur attitude vis-à-
vis des sectateurs de Maximien qui se sont séparés d’eux; le ciel
leur montre par là, s’ils veulent bien y réfléchir, qu’ils se sont
alors séparés de l’unité de l’église aussi à tort, comme les
accusent les maximianistes de s’être à tort séparés d’eux
aujourd’hui; or, après avoir condamné les maximianistes par
décision officielle manifestant leur volonté, ils reçurent ceux qui
revinrent dans les mêmes dignités et reconnurent le baptême
que conférèrent les personnes condamnées et excommuniées
par eux. Ils démontrent par là qu’ils s’opposent d’un coeur
insensé à la paix de l’église, répandue par toute la terre, en
agissant ainsi pour défendre le parti de Donat et en affirmant
qu’ils ne sont pas contaminés en communiant avec ceux qu’ils
reçurent forcés par le désir de la paix, alors qu’ils nous accusent,
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 224 sur 493 copyright ©
je veux dire qu’ils accusent l’église catholique, établie
aujourd’hui jusqu’aux confins de la terre, d’être contaminée par
la communion avec ceux qu’eux tous jadis blâmaient sans
pouvoir les convaincre d’une faute.
Quels clercs doivent s’abstenir de tout rapport avec leurs
épouses.
De plus, comme il a été fait mention de la continence de
certains clercs à l’égard de leur propres épouses, il a été décidé
que les évêques, prêtres et diacres, conformément aux décisions
qui les concernent, garderont la continence vis-à-vis de leurs
épouses aussi; s’ils ne le font pas, ils seront destitués de leur
rang. Quant aux autres clercs, on ne les forcera pas à cela, mais
l’usage de chaque église sera observé.
De ceux qui abandonnent leurs peuples.
Il fut encore décide qu’il ne sera permis à aucun évêque
d’abandonner son siège officiel pour se porter à l’église d’un
autre diocèse ou bien, s’occupant plus qu’il ne faut, pendant
longtemps, de ses intérêts privés, de négliger le soin de sa ville
épiscopale et le devoir d’y résider.
Des enfants à baptiser chaque fois qu’on n’est pas sûr de leur
baptême.
De même il fut décidé à propos des enfants en bas âge, toutes
les fois qu’il ne se trouve pas de témoins sûrs pour certifier
qu’ils ont été sans aucun doute baptisés, et que eux non plus ne
peuvent à cause de l’âge rien dire du sacrement qui leur fut
conféré, qu’il faudra sans aucun empêchement les baptiser, de
peur qu’une hésitation à ce sujet ne les prive de la purification
du sacrement. Nos frères les délégués de la Mauritaine ont été
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 225 sur 493 copyright ©
amenés à formuler cette proposition du fait qu’ils rachètent de
nombreux enfants vendus par les barbares.
Que le jour de Pâques sera annoncé pendant la durée du
synode.
De même il fut décidé que le jour de l’adorable Pâque sera
notifié à tous par une lettre signée comme une lettre formée.
La date du synode sera la même que celle fixée an synode
d’Hippone, c’est-à-dire le dixième jour des calendes de
septembre. On doit donc écrire aux primats de tontes les
provinces, afin qu’ils réservent cette date, lorsqu’ils
convoqueront leur synode provincial.
Que l’évêque, hôte dans un diocèse, ne doit pas chercher à s’y
implanter.
De même, il fut décidé qu’il ne sera permis a aucun évêque-
administrateur de rester en possession du siège où il fut nommé
administrateur invoquant la faveur on même les divisions du
peuple de ce diocèse, mais il s’appliquera à leur procurer un
évêque dans l’espace d’un an; s’il néglige cela, qu’un autre
administrateur soit élu après la fin de l’année.
Des syndics d’église à demander à l’empereur.
A tous il a semblé bon de demander aux empereurs à cause des
mauvais traitements subis par les pauvres, dont les plaintes
troublent sans cesse l’église, que des syndics leur soient choisis
par les soins des évêques, qui les défendent contre
l’omnipotence des riches.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 226 sur 493 copyright ©
Des évêques qui ne répondent pas à la convocation au synode.
De même il fut décidé que toutes les fois qu’un synode doit
être réuni, les évêques non empêchés par l’âge, ni la maladie ni
quelque autre obligation importante, y répondront comme cela
convient; et aux primats de chaque province on rappellera que
tous évêques seront réunis en deux ou trois groupes; et de
chaque groupe, ceux qui seront désignés à tour de rôle pour la
réunion du synode, y répondront promptement. S’ils ne
peuvent répondre à cette convocation, parce que, chose qui peut
arriver, des empêchements se sont soudain présentés, et ne
rendent pas compte de cet empêchement au primat de leur
province, ils devront se contenter de la communion de leur
diocèse seulement.
De Cresconius.
Au sujet de Cresconius évêque de Villa-Regis, il fut décidé
unanimement qu’on avertira également d’ici le primat de
Numidie, pour qu’il sache qu’il doit par une lettre personnelle
exhorter le dit Cresconius à ne pas négliger d’être présent au
prochain synode général d’Afrique; et s’il ne se soucie pas de
venir, il saura qu’il aura prononcé sa sentence contre soi-même.
De l’église d’Hippo-Diarrhétus.
De plus, comme l’abandon de l’église d’Hippo-Diarrhétus ne
doit pas être trop longtemps négligé et d’autre part les églises
de ce diocèse-là sont occupées par ceux qui ont refusé la
communion anti-canonique d’Equitius, il fut décidé que les
évêques de ce synode : Rhéginus, Alype, Augustin, Materne,
Théase, Évode, Placien, Urbain, Valère, Ambibe, Fortuné,
Quodvultdeus, Honoré, Janvier, Apte, Honoré, Ampèle,
Victorien, Évangèle et Rogatien y seront délégués et après
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 227 sur 493 copyright ©
avoir réuni et repris ceux qui avec un entêtement blâmable ont
cru devoir attendre la condamnation à l’exil de ce même
Equitius, on leur ordonnera un évêque répondant aux voeux de
tous. Si cependant ceux-là n’ont aucune compréhension pour la
paix de l’église, que les délégués ne laissent pas de choisir un
chef du diocèse pour le sacrer en vue du bien de l’église, qui fut
si longtemps laissé à l’abandon.
Des clercs qui négligent pendant plus d’un an de se purger de
l’accusation portée contre eux.
Il fut encore décidé que toute les fois que des clercs auront été
accusés de certains délits et en auront été convaincus, à cause
de la honte qui en rejaillirait sur l’église, ou à cause de la
révérence de leur état qui veut qu’on les épargne, ou à cause de
la jubilation méprisante qu’en auraient hérétiques et païens, ces
clercs, s’ils veulent, ce qui est normal, se justifier encore et ne
pas encourir les peines canoniques, ils doivent le faire dans
l’espace d’un an, tout en étant privés de la communion, Mais si
dans l’année ils négligent de se purger de l’accusation, qu’aucun
appel de leur part ne soit plus recevable.
Que les moines venant d’un monastère étranger, l’évêque ne
peut les ordonner ni higoumènes de son monastère, ni clercs.
De même il fut décidé que, si quelqu’un reçoit un moine d’un
monastère qui n’est pas sous sa juridiction et veut le faire
avancer dans la cléricature ou en faire l’higoumène d’un
monastère de son diocèse, l’évêque qui fera cela sera séparé de
la communion des autres évêques et n’aura que la communion
avec son propre peuple; quant au moine, il ne restera ni clerc ni
higoumène.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 228 sur 493 copyright ©
Des évêques qui inscrivent pour leurs héritiers des hérétiques
ou des païens.
De même il fut décidé que, si un évêque inscrit sur son
testament comme héritiers des hérétiques ou des païens de sa
parenté ou en dehors de sa parenté, de préférence à l’église,
qu’on prononce contre lui l’anathème et que son nom ne soit
pas commémoré par les prêtres de Dieu; et il est injustifiable,
s’il meurt sans laisser de testament, car devenu évêque il doit
normalement faire la disposition par écrit de ses biens
conformément à sa profession.
Des affranchissements d’esclaves.
De même, il fut décidé d’adresser une demande à l’empereur au
sujet des émancipations qui ont lieu dans les églises.
Des faux monuments de martyrs.
De même, il fut décidé que les autels érigés à travers champs et
dans les vignobles en mémoire soi-disant des martyrs, sans
qu’on y voie déposés ni corps ni reliques de martyrs, soient
détruits, si possible, par les soins des évêques du lieu; si cela
n’est pas possible à cause de troubles populaires, qu’on apprenne
aux foules à ne pas fréquenter ces lieux, et que les chrétiens qui
pensent juste ne se laissent pas entraîner par la superstition de
tels lieux. D’une manière générale, on ne célébrera la mémoire
des martyrs que dans un lieu où se trouvent le corps ou les
reliques des martyrs, ou si une tradition ancienne fidèle affirme
l’antique origine d’un bâtiment, d’une propriété ou du lieu de la
passion. Quant à ériger des autels n’importe où par suite de
songes et de révélations vaines de quelques personnes, cet usage
doit de toute façon être désapprouvé.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 229 sur 493 copyright ©
Qu’il faut détruire les idoles qui restent.
De même, il fut décidé qu’on demandera aux très glorieux
empereurs que les restes du culte idolâtrique, non seulement le
culte des statues, mais aussi celui qui se fait dans n’importe quel
lieu, dans des bois sacrés ou devant des arbres, soient de toute
façon supprimés.
Que l’évêque de Carthage écrira et signera les lettres au nom de
tous les évêques toutes les fois qu’il le faudra.
Tous les évêques dirent : Puisqu’il fut décidé que des lettres
devaient être dictées par le synode, que l’évêque vénéré, qui
préside à ce siège, daigne les dicter et les souscrire au nom de
tous. Entre autres il fut décidé de donner aux évêques délégués,
qui doivent être envoyés aux provinces de l’Afrique à cause des
donatistes, des lettres avec clause commissoire, clause qu’ils ne
doivent pas dépasser.
Et ils souscrivirent. Aurélius, évêque de l’église de Carthage, je
consens au présent décret et l’ayant lu attentivement, j’ai signé.
De même, les autres évêques aussi signèrent.
On confirme dans ce synode les décrets antérieurs.
Sous les très glorieux empereurs Arcadius et Honorius,
augustes, consuls, le sixième jour des calendes de septembre,
dans la ville de Milève, au secrétariat de la basilique, Aurélius
évêque de l’église de Carthage, présidant le synode, en présence
des diacres dit :
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 230 sur 493 copyright ©
La considération que le corps de l’église est un, et que tous les
membres n’ont qu’une seule tête, nous a amenés avec la volonté
et l’aide de Dieu qui fortifie notre faiblesse à nous réunir dans
cette église, poussés par la grâce de la charité et de la fraternité.
C’est pourquoi je prie votre charité, s’il faut croire que notre
présence parmi vous n’est pas inutile, ni désagréable à tous, que
votre consentement à vous tous manifeste votre approbation de
tous les décrets qui ont été votés jadis, soit qu’ils aient été
confirmes au synode d’Hippone, soit qu’ils aient été décidés
ensuite au synode général de Carthage, et qui vous seront lus
aujourd’hui selon l’ordre. Car la concorde de votre fraternité se
montrera plus lumineuse que la lumière, si vous la manifestez
dans les actes du présent synode non seulement par votre
consentement aux décisions prises régulièrement dans les
synodes précédents, mais aussi par vos signatures.
Sanctippe, évêque du premier siège de Numidie, dit : Je crois
que cela plaît à toute la fraternité; en souscrivant nous attestons
par notre signature que tel est notre avis, et nous confirmons
par notre signature, écrite de notre main, ce qui fut décidé.
Nicète, évêque du premier siège de ta Mauritanie Sitifienne, dit
: Les décrets lus, qui ne manquent pas d’être raisonnables et ont
été approuvés par tous, plaisent aussi à ma petitesse, et je les
confirme par ma signature.
De la préséance entre évêques, en sorte que ceux d’une
ordination postérieure n’osent se préférer aux plus anciens.
Valentin évêque dit : Si la bonté de votre indulgence le permet,
je proposerai ce qui suit: Ce qui a été décidé aux temps passés
dans l’église de Carthage et fut officiellement confirmé par les
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 231 sur 493 copyright ©
signatures de nos frères, je déclare que nous aussi, nous le
garderons. Or nous savons bien que l’ordre dans l’église doit
être gardé sans tache, en sorte qu’aucun de nos frères ne doit
prendre le pas sur ceux qui lui sont plus anciens, mais
conformément à l’ordre de la charité, les anciens ont toujours
les privilèges que les plus jeunes leur ont volontiers accordés; ce
même ordre, que votre sainteté invite à le faire clairement
confirmer par nos acclamations. Aurélius évêque dit : Il n’eût
pas fallu revenir sur cette question, si certaines tendances
imprudentes ne s’étaient manifestées chez quelques-uns, qui
poussent notre sentiment à formuler ces décisions; mais
comme la raison, que notre frère et comministre a présentée,
concerne tous en général, c’est-à-dire que chacun de vous
reconnaisse le rang qui lui a été destiné par Dieu et que les plus
jeunes demandent l’avis des plus anciens et n’osent rien
entreprendre contre cet avis, pour cette raison, je dis ce qui est
ma propre pensée, ceux qui montrent du mépris envers leurs
anciens et osent agir avec effronterie, ceux-là doivent en être
empêchés convenablement par tout le synode.
Sanctippe, évêque du premier siège de Numidie, dit :
L’assistance de tous les frères a entendu la proposition
d’Aurélius notre frère dans le sacerdoce : qu’a-t-elle à y
répondre?
Datien évêque dit : Les décisions votées par nos anciens seront
publiées munies de votre consentement, en sorte que les actes
des synodes antérieurs célébrés dans l’église de Carthage,
confirmés par notre approbation, soient observés par tous.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 232 sur 493 copyright ©
Tous les évêques dirent : Cet ordre des choses fut observé par
nos pères et par nos anciens, avec la permission de Dieu il sera
observé par nous aussi, les droits des primats de Numidie et de
Mauritanie étant saufs.
Des archives et des registres matriculaires de Numidie.
Il fut ensuite décidé par tous les évêques qui ont signé les actes
de ce synode, que les registres matriculaires et les archives de
Numidie seraient gardés au premier siège et à Constantine la
métropole civile.
De l’évêque Quodvultdeus.
Relativement à Quodvultdeus évêque de Centuria, son
adversaire ayant demandé à introduire la cause devant notre
synode, interrogé s’il voulait vider son différend avec son
adversaire devant les évêques, il le promit d’abord, puis le jour
suivant il répondit que cela ne lui plaisait pas et partit; d’où il
fut décidé par tous les évêques que personne n’entrera en
communion avec le dit Quodvultdeus, jusqu’à ce que son affaire
soit terminée; quant à le priver de son évêché avant l’issue de
son affaire, aucun chrétien ne peut y songer.
De l’évêque Maximien.
Relativement à Maximien évêque de Bagaï il fut décidé que le
synode enverra des lettres à lui et à son peuple, afin que lui-
même quitte l’évêché et que le peuple demande un autre
évêque.
Que les évêques à leur sacre recevront de leurs consécrateurs
des lettres, dans lesquelles le jour et le consul seront marqués.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 233 sur 493 copyright ©
Ensuite, il fut décidé que quiconque dorénavant recevra une
ordination
dans les provinces d’Afrique, se fera délivrer des lettres
d’ordination,
signées de la main de ceux qui l’ont ordonné, avec mention du
consul et de la date, afin qu’il n’y ait plus de contestation pour
savoir qui est plus ancien ou plus jeune d’ordination.
Que ceux qui ont fait fonction de lecteur, ne serait-ce qu’une
fois, dans une l’église, ne pourront être admis dans le clergé
d’un autre diocèse.
De même il fut décidé que quiconque aura fait fonction de
lecteur dans une église ne serait-ce qu’une seule fois, ne sera
pas reçu dans le clergé d’une autre église.
Et ils signèrent. Aurélius, évêque de l’église de Carthage, je
consens au présent décret et l’ayant lu attentivement j’ai signé.
De même, les autres évêques aussi signèrent.
Dans ce synode ont été présentés les rapports des évêques-
délégués envoyés au delà des mers.
Sous le consulat du très glorieux empereur auguste Théodose et
de Rumoride le clarissime le huitième jour des calendes de
septembre, à Carthage, dans la basilique de la seconde région,
Aurélius évêque, présidant tout le synode en présence des
diacres dit :
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 234 sur 493 copyright ©
La raison suivante a obligé ma petitesse à réunir votre
fraternité dans ce synode. Jadis votre sainteté s’en souvient,
ayant tenu un synode, nous avons envoyé quelques-uns de nos
frères comme délégués de l’autre coté de la mer; ils doivent
maintenant devant l’assemblée de votre sainteté rendre compte
de l’ambassade accomplie. Et bien que nous ayons hier
soigneusement examiné ce qu’ils avaient fait, en les convoquant
à ce propos officieusement, cependant il faut confirmer
l’examen de la journée d’hier, en l’inscrivant aux actes officiels.
Des évêques des provinces d’Afrique, qui ne sont pas venus à ce
synode.
L’ordre donc des sessions exige de demander d’abord à nos
frères dans le sacerdoce qui sont venus à ce synode soit de la
Byzacène, soit de la Mauritanie, les instructions qu’ils ont
reçues pour ce synode. Philologe, Geta, Vénustien, Félicien,
évêques du pays de la Byzacène, ayant déposé les lettres de leur
délégation, on les lut; de plus Lucien et Sylvain les délégués de
la Mauritanie Sitifienne, ayant déposé les lettres de leur
délégation, on les lut aussi. Alors Aurélius évêque dit : Que le
contenu de ces documents soit joint aux actes.
Des évêques de la Byzacène.
Numidius évêque dit : Nous voyons que nos frères dans
l’épiscopat des pays de la Byzacène et de la Mauritanie
Sitifienne ont envoyé des délégués au synode. Examinons
maintenant si les délégués de la Numidie sont arrivés ou encore
ceux du pays de la Tripolitaine ou ceux de la Mauritanie
Césarienne.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 235 sur 493 copyright ©
Des évêques de la Mauritanie Césarienne.
Lucien et Sylvain évêques, délégués du territoire de la
Mauritanie Sitifienne, dirent : Trop tard est arrivée à nos frères
de la Mauritanie Césarienne la lettre synodique; c’est pourquoi,
ils sont en reste de venir, mais ils arriveront de toute façon; et
nous avons confiance dans leurs sentiments, qu’ils accorderont
leur approbation à tout ce qui sera fait dans ce synode.
Des évêques de la Numidie.
Alype évêque dit : Nous sommes venus de la Numidie, moi et
les très saints frères Augustin et Possidius; mais des délégués de
cette même Numidie n’ont pu être envoyés, parce que ces
évêques sont encore retenus, occupés qu’ils sont dans leurs
villes par leurs propres soucis causés par les troupes de la
soldatesque. Car lorsque j’ai porté la lettre de convocation au
synode de votre sainteté au très saint primat Sanctippe, il eut
l’intention d’annoncer un synode, afin de constituer une
délégation et l’envoyer à ce synode-ci; mais lorsque je le lui ai
rappelé par une seconde lettre, il me donna dans sa réponse la
raison de l’empêchement dû à la soldatesque, comme je l’ai dit
plus haut.
Aurélius évêque dit : Il n’est pas douteux que les sus-dits frères
dans l’épiscopat, ceux de la Numidie, donneront aussi leur
approbation aussitôt qu’ils recevront les actes du synode, et
qu’ils s’appliqueront à mettre à exécution toutes les décisions
prises. Il faut donc que par les soins de ce siège les mesures
nécessaire soient prises pour les leur notifier.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 236 sur 493 copyright ©
Des évêques Tripolitains.
Quant à nos frères de la Tripolitaine j’ai pu savoir qu’ils ont
envoyé comme délégué notre frère Dulcice; mais comme il n’a
pu arriver, alors que des personnes de notre diocèse, arrivées de
ce pays, assurent l’avoir vu s’embarquer sur un bateau, il faut
croire que par suite de l’intempérie il a dû dévier de sa route, ce
qui le force à être en retard. Cependant, à l’égard des évêques de
cette province aussi, si tel est l’avis de votre charité, on gardera
la même procédure : de leur envoyer les décisions du synode.
Tous les évêques dirent : Ce que votre sainteté a décidé plaît à
tous,
Des réunions à faire avec les donatistes.
Aurélius évêque dit : Ce qui a fait l’objet de l’examen de votre
charité doit être, je pense, confirmé par l’inscription aux actes
officiels; nous avions, en effet, tous promis, que chacun de nous
devait dans sa ville rencontrer les chefs des donatistes ou seul
ou en s’adjoignant un évêque voisin, afin qu’en nombre égal à
celui des donatistes ils puissent se réunir dans chaque ville par
les soins des gouverneurs ou des premiers fonctionnaires des
dits lieux, Si cela plaît à tous, qu’on le dise.
Tous les évêques dirent : Cela plaît à tous et nous l’avons tous
confirmé par notre signature. Nous demandons aussi que toutes
les lettres à écrire aux gouverneurs de la part du synode soient
signées par votre sainteté. Aurélius évêque dit : Si votre charité
le veut bien, qu’on lise le formulaire de la rencontre avec les
donatistes, afin que nous observions tous cette manière de
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 237 sur 493 copyright ©
procéder, si tel est l’avis de tous. Tous les évêques dirent : Qu’on
le lise. Létus notaire, lut.
Formulaire des réunions d’avec les donatistes.
N., évêque de l’église N., dit : La tâche qui nous fut confiée par
l’autorité du premier siège N., nous prions votre honneur d’en
prendre connaissance et d’ordonner le nécessaire pour la mener
à bon terme, l’ordonnance ayant été lue et mise au protocole,
N., évêque de l’église catholique, dit : Le mandat qui doit être
porté aux donatistes par les noms de votre honneur, daignez en
entendre la lecture et le faire mettre au protocole et nous
présenter aussi la réponse protocolée des donatistes.
« Nous sommes venus vous rencontrer, envoyés officiellement
par notre synode plénier, avec le désir d’avoir la joie de votre
retour; nous savons en effet la charité du seigneur qui a dit : «
Bienheureux les pacifiques, car ils seront appelés fils de Dieu »;
et il nous a rappelé par le prophète de dire même à ceux qui ne
veulent pas se dire nos frères : « Vous êtes nos frères ». Ce
rappel pacifique qui provient chez nous de la charité, vous ne
devez pas n’en faire aucun cas; au contraire, si jamais vous
estimez que vous êtes en possession de quelque vérité que ce
soit, n’hésitez pas à la défendre, je veux dire, que vous réunissiez
un synode des vôtres et choisissiez d’entre vous ceux à qui vous
devrez confier la tâche d’une telle justification, afin que nous
puissions en faire autant, je veux dire que de notre synode
soient choisis ceux qui devront avec ceux que vous aurez choisis
examiner en un lieu et temps déterminés, dans un esprit de
paix, tout ce qui se rapporte à la question qui sépare votre
communion de la nôtre; et qu’enfin avec l’aide du seigneur
notre Dieu un terme soit mis à l’erreur ancienne, de peur que
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 238 sur 493 copyright ©
des âmes faibles et des peuples ignorants ne soient perdus à
cause de ce schisme sacrilège, dû à l’obstination humaine. Car si
vous acceptez cette proposition en esprit de fraternité, la vérité
se montrera facilement; mais si vous ne voulez pas le faire, votre
mauvaise foi apparaîtra aussitôt ».
Ce formulaire ayant été lu, tous les évêques dirent : Il plaît
bien, il sera suivi.
Et ils signèrent. Aurélius, évêque de l’église de Carthage, je
consens au présent décret et l’ayant bien lu j’ai signé. De même,
les autres évêques aussi signèrent.
Ce synode envoya des ambassadeurs aux empereurs contre les
donatistes.
Sous le sixième consulat du très glorieux empereur auguste
Honorius, le seizième jour des calendes de juillet, à Carthage,
dans la basilique de la seconde région.
Dans ce synode Théase et Évode furent chargés d’une
ambassade contre les donatistes et une lettre d’instructions fut
rédigée en ces termes-ci:
La lettre d’instructions, qu’ont reçue les délégués à l’empereur
contre
les donatistes.
Lettre d’instructions donnée à nos frères Théase et Évode,
envoyés comme ambassadeurs de la part du synode de
Carthage aux très glorieux et très pieux empereurs.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 239 sur 493 copyright ©
Lorsqu’avec l’aide du seigneur ils se présenteront devant les très
pieux empereurs, ils leur exposeront de quelle façon en toute
franchise les chefs des donatistes furent invités conformément
à la décision de l’année passée à se réunir dans des assemblées
municipales, afin de choisir, s’ils avaient confiance de pouvoir
défendre leur croyance, de leur nombre des gens capables de
conférer avec nous en esprit de paix et montrer en toute
douceur chrétienne d’une façon indubitable la part de vérité
qu’ils possédaient; ainsi la sincérité catholique, qui a brillé avec
éclat dans les temps passes, aurait été à présent aussi reconnue à
travers l’ignorance et l’entêtement des contradicteurs; mais
gênés par leur manque de confiance, ils n’ont presque rien osé
répondre.
C’est pourquoi, vu que notre devoir d’évêque et les exigences et
de la paix ont été remplis à leur égard, et eux, n’ayant pu
répondre à l’appel de la vérité, se livrèrent à des violences
insensées, de manière que des évêques et des clercs en grand
nombre, nous voulons passer sous silence les laïcs, furent
victimes de leurs complots, et ils s’emparèrent même de
quelques églises et tentèrent de s’emparer aussi d’autres: pour
ces raisons il appartient à leur bonté de prendre les mesures
nécessaires, pour que l’église catholique, qui les a engendrés de
son sein spirituel dans le Christ et nourris par la confirmation
de leur foi, soit encore une fois garantie contre l’ennemi grâce à
leur providence; de peur que sous leur pieux règne des hommes
audacieux n’asservissent par la crainte les populations faibles,
qu’ils
n’ont pu corrompre par la persuasion. Ils sont en effet connus
de tous et proclamés souvent par les lois, les méfaits que la
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 240 sur 493 copyright ©
détestable multitude des schismatiques commet, et qui furent
souvent condamnés par les décrets de ces mêmes très pieux
empereurs; contre la folie de ces gens nous pouvons demander
une aide qui n’est ni extraordinaire, ni étrangère aux saintes
écritures, puisque l’apôtre Paul, selon le témoignage des
véridiques actes des apôtres, repoussa l’attaque concertée des
gens de désordre grâce à l’aide des soldats.
Nous demandons donc qu’on accorde sans retard une troupe de
garde aux quartiers où se trouvent les églises catholiques dans
chaque ville épiscopale et dans les divers lieux des campagnes
environnantes.
Il faut en même temps demander que leur soit appliquée la loi
publiée par leur père Théodose de pieuse mémoire, celle des dix
livres d’or, contre les hérétiques qui confèrent ou reçoivent une
ordination, de même que contre les propriétaires chez qui
l’assemblée de ces gens se tiendrait; qu’ils ordonnent ensuite
que cette loi soit confirmée de manière à s’appliquer à ceux,
dont les complots ont poussé les catholiques à déposer une
protestation; ainsi par suite de cette crainte au moins, ils
quitteront le schisme et la dépravation de l’hérésie, eux qui
négligent de se purger de leur faute et de se corriger par crainte
du châtiment éternel.
Il faut demander aussi que dans leur piété ils remettent en
vigueur la loi, qui enlève aux hérétiques la faculté de recevoir ou
de laisser quoi que ce soit par héritage ou par testament, et
prive en un mot de leurs droits de léguer ou de recevoir
quelque chose ceux qui ont été aveuglés par la folie de leur
obstination et veulent persister dans l’erreur des donatistes.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 241 sur 493 copyright ©
Tandis qu’à ceux, qui dans la juste compréhension de l’unité et
de la paix veulent se corriger, la dite loi restant inappliquée, soit
accordée la possibilité de recevoir par décision du juge un
héritage, même dans le cas où ils se virent attribuer quelque
chose par don ou par héritage alors qu’ils se trouvaient encore
dans l’erreur de l’hérésie; bien entendu seront exceptés de ce cas
ceux qui après s’être présentés devant le tribunal ont pensé qu’il
leur fallait passer à l’église catholique, car pour ceux-ci on devra
croire que non pas la crainte du jugement céleste, mais l’avidité
des avantages terrestres leur fit désirer l’unité catholique. En
plus de tout cela, l’appui des autorités civiles de chaque
province est nécessaire.
Et si nos délégués comprennent qu’il y a quoi que ce soit
d’autre à l’avantage du bien de l’église, nous leur votons une
délégation plénipotentiaire pour faire cela et le mener à bon
terme.
Il fut aussi décidé qu’on enverrait des lettres de la part de notre
assemblée aux très glorieux empereurs et aux fonctionnaires
supérieurs, pour les informer que les délégués ont été dépêchés
à la bienheureuse cour impériale du consentement de nous
tous. Mais comme de souscrire à toutes ces lettres est une chose
très longue, pour ne pas charger ces lettres de signatures de
chacun de nous, nous demandons, frère Aurélius, que votre
charité daigne les signer au nom de nous tous.
Et ils signèrent. Aurélius évêque de l’église de Carthage, je
consens au présent décret et l’ayant lu attentivement j’ai signé.
De même, tous les autres évêques aussi signèrent.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 242 sur 493 copyright ©
Il faut encore envoyer des lettres aux gouverneurs, afin qu’ils
fassent distribuer des troupes de garde dans les quartiers des
villes épiscopales et dans les possessions rurales, jusqu’au jour
où le seigneur accordera aux délégués le retour parmi nous. De
plus il faut ajouter à propos d’Equitius, que son impudence soit
expulsé du diocèse d’Hippo-Diarrytus qu’il réclame de par son
droit d’évêque. Il faut aussi expédier une lettre à l’évêque de
l’église de Rome pour lui recommander les délégués; et aux
autres évêques aussi des lieux où se trouve l’empereur.
Et ils signèrent encore. Aurélius évêque de l’église de Carthage
je consens au présent décret et l’ayant lu attentivement j’ai
signé. De même, les autres évêques aussi signèrent.
Le bref résumé ci joint montre ce qui fut décidé dans ce
synode.
Sons le consulat de Stélichon consul pour la deuxième fois et
d’Anthémius, les clarissimes, le dixième jour des calendes de
septembre, à Carthage dans la basilique de la deuxième région.
Les actes de ce synode ne furent pas écrits en entier, parce que
plutôt que des questions d’ordre général on y décida des
questions occasionnellement nécessaires c’est pourquoi il fut
formulé un bref résumé des affaires traitées dans ce synode.
Le résumé des chapitres.
Qu’une délégation non liée par des instructions soit envoyée de
toutes les provinces au synode. On recommanda l’envoi de
délégués et d’une lettre à Mizonius, afin qu’il envoie une
délégation libre. Comme l’union avec les donatistes n’a eu lieu
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 243 sur 493 copyright ©
qu’à Carthage, on enverra des lettres aux gouverneurs, afin que
dans les autres provinces et villes aussi ces mêmes gouverneurs
ordonnent de montrer du zèle pour l’unité. On enverra à la
cour de l’empereur les remerciements de l’église de Carthage
avec une lettre des évêques en vue de l’expulsion des donatistes
de toutes les provinces d’Afrique. On lut une lettre du pape
Innocent, demandant que les évêques ne s’en aillent pas dans
les pays d’au-delà du détroit sans raison; ce qui fut confirmé
par l’approbation des évêques. Que deux clercs de l’église de
Carthage seront envoyés à la cour de l’empereur pour remercier
de l’expulsion des donatistes.
Dans ce synode on corrigea certains points des décisions
antérieures.
Sous les très glorieux empereurs augustes Honorius, consul
pour la septième fois et Théodose pour la seconde, aux ides de
juillet, à Carthage, dans la basilique de la deuxième région,
Aurélius évêque ayant pris place avec ses frères dans l’épiscopat,
les diacres se tenant présents, dit: Comme jadis il tut décidé au
synode d’Hippone qu’un synode plénier de l’Afrique soit réuni
chaque année non seulement ici, à Carthage, mais aussi dans
les diverses provinces à tour de rôle selon leur rang, nous
veillâmes à en indiquer un, tantôt en Numidie, tantôt dans la
Byzacène. Or cela parut pénible à tous les frères:
Un synode général et complet n’aura lieu qu’en cas de nécessité.
Il fut décidé que désormais il ne serait plus nécessaire que les
frères s’exposent aux fatigues du voyage annuel, mais toutes les
fois une nécessité commune, c’est-à-dire de toute l’Afrique,
l’exigera, sur la demande écrite envoyée à ce siège de n’importe
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 244 sur 493 copyright ©
quelle partie de l’Afrique, un synode sera convoqué dans telle
ou telle province, selon que le besoin et l’opportunité le
réclameront. Quant aux affaires qui ne seraient pas d’intérêt
général, elles seront décidées dans chaque province en
particulier.
Qu’il n’est pas permis d’en appeler à des juges-arbitres.
Si un appel a lieu, et l’appelant choisit les juges, d’accord avec
celui contre qui l’appel a été fait, il ne sera plus permis à
personne d’en appeler de la décision de ceux-ci.
Des délégués des différentes provinces.
Des délégations de diverses provinces arrivées en même temps
furent accueillies avec bonne grâce; ce furent celles des deux
Numidies, de la Byzacène, des Maures Sitifiens, des Césariens
également, mais aussi celle de la Tripolitaine.
Des commissaires impériaux au service de l’église.
Il fut décidé de plus de demander la nomination de cinq
commissaires, qui pourvoient aux besoins de l’église: ils seront
distribués entre les diverses provinces.
Qu’on demandera à l’empereur l’aide de syndics pour la défense
des
affaires de l’église.
Il fut décidé encore qu’au nom de toutes les provinces les
ambassadeurs à envoyer, Vincent et Fortunat, demanderont aux
empereurs très glorieux que l’autorisation soit accordée d’établir
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 245 sur 493 copyright ©
des syndics juristes, qui ont comme profession la fonction de
prendre la défense des affaires judiciaires; ainsi que les prêtres
du culte païen, ces mêmes personnes qui sont chargées de la
défense des églises, pourront facilement pénétrer dans les
bureaux des juges civils, toutes les fois qu’il sera nécessaire de
faire face aux difficultés qui surviennent, et en référer aux
autorités civiles.
Que la délégation à la cour aura pleins pouvoirs.
Il fut décidé que les délégués choisis qu’on enverra à la cour de
l’empereur auront une délégation plénipotentiaire.
Protestation des évêques de la Mauritanie contre Primosus.
Il conste de plus que les évêques de la Mauritanie Césarienne
attestent d’avoir averti Primosus par lettre envoyée par
l’intermédiaire des premiers citoyens de la ville de Thagaï, qu’il
avait à se rendre au synode, afin d’y être personnellement
présent selon les instructions impériales; or ce même Primosus,
recherché comme cela se devait ne fut pas retrouvé, ainsi que
l’annoncent les diacres. Et sur la demande des mêmes évêques
de la Mauritanie d’envoyer une lettre à ce sujet à notre
vénérable frère le primat innocent, il fut décidé de l’expédier,
pour lui faire savoir que Primose fut recherché pendant le
synode, mais ne fut pas trouvé.
Des peuples qui n’ont jamais eu d’évêques.
Il fut aussi décidé que les peuples qui n’ont jamais eu d’évêque
propre, n en reçoivent point, sans un vote préalable de tout le
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 246 sur 493 copyright ©
synode de la province et du primat et avec le consentement de
celui, dans le diocèse duquel se trouvait cette église.
Des peuples et des diocèses donatistes qui font retour.
Que les peuples aussi, évidemment, qui sont revenus des
donatistes et avaient eu jusque-là des évêques soient jugés
dignes de les garder sans conteste et sans avoir à demander
l’avis du synode; aux peuples d’autre part, qui avaient eu un
évêque et à la mort de celui-ci ont préféré ne pas en avoir un à
eux, mais appartenir au diocèse d’un autre évêque, il ne faut pas
le leur refuser.
On admit aussi que les évêques, qui feront revenir à l’unité
catholique avant la loi impériale à publier au sujet de l’unité, les
peuples qu’ils avaient jusque-là, devront les garder; tandis
qu’après la publication de la loi sur l’unité, les églises et tout
leur territoire avec les droits qui auraient appartenu à ces
églises, seront réclamés de droit par les évêques catholiques des
territoires occupés par les hérétiques, que ceux-ci reviennent
désormais à l’église catholique ou non, Et si quelques-uns ont
commis des abus sur ce point après la publication de la loi
impériale, ils seront obligés de tout restituer.
De l’appel de Maurent évêque.
Conformément à l’appel et à la demande de l’évêque Maurent,
après lecture de la notice que Placence évêque, qui remplit le
rôle de délégué de Numidie, notice qui sur avis de ce même
Placence fut lue en présence des évêques, ayant mandé par les
diacres ceux que l’on disait se tenir
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 247 sur 493 copyright ©
devant les portes, c’est à dire les anciens de la Nouvelle-
Germanie, sans les trouver point, et les ayant fait chercher une
seconde et une troisième fois, le saint synode a jugé bon pour
cette raison d’envoyer une lettre à ce même Sanctippe pour lui
faire savoir que ce n’est pas sur le désir du dit peuple que
l’évêque fut mis en accusation.
Maurent évêque dit: Puisque les anciens de la Nouvelle-
Germanie furent cherchés deux et trois fois et ne furent pas
trouvés, et alors que le primat leur avait intimé l’ordre d’être
présents au vénérable synode qui a lieu maintenant aux ides,
eux tous prirent soin de s’en abstenir: pour cela que votre
sainteté veuille décider que je ne sois pas sans cause broyé sous
la persistance de leur calomnie.
Le saint synode décida que certes de l’avis des évêques une
sentence du synode présent devait être prononcée contre les
insubordonnés, mais comme il faut garder en toute la bonté
ecclésiastique, on préparera une lettre pour le primat Sanctippe,
afin de lui faire savoir que des juges choisis par le synode
devront sans délai enquêter dans la ville de Thubursicum pour
instruire l’affaire convenablement.
Maurent évêque dit: Je demande comme juges le très saint
primat Sanctippe, le très saint Augustin, Florent, Théase,
Sampsique, Second et Possidius; veuillez m’accorder cela.
Le saint synode accorda les juges demandés. Quant aux autres
juges nécessaires pour compléter le nombre, le primat
Sanctippe les fera désigner par les anciens de la Nouvelle
Germanie.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 248 sur 493 copyright ©
De la pacification des églises de Rome et d’Alexandrie.
Il fut décidé encore d’écrire au très saint pape Innocent au sujet
de la dissension entre l’église de Rome et celle d’Alexandrie,
afin que chacune de deux églises garde envers l’autre la paix,
que le seigneur prescrit.
Des conjoints qui renvoient leurs époux ou épouses, qu’ils
restent
sans se remarier.
Il fut décidé que suivant la présomption de l’évangile et de
l’apôtre ni l’homme abandonné par sa femme, ni la femme
abandonnée par son mari, ne se marieront à nouveau, mais ou
bien ils resteront ainsi, ou bien se réconcilieront; s’ils méprisent
cette prescription, qu’ils soient astreints à faire pénitence. Sur
cette question il faut demander qu’une loi impériale soit
publiée.
Des prières à dire à l’autel.
Il fut aussi décidé que les prières approuvées par le synode,
prières préparatoires, prières concluant la psalmodie, prières de
recommandation du peuple, prières de l’imposition des mains
sur les pénitents, soient faites par tous; on n’en prononcera
jamais d’autres non-orthodoxes, mais on récitera celles qui ont
été réunies par des personnes prudentes.
De ceux qui demandent à l’empereur d’être jugés par un
tribunal civil.
Il fut décidé que quiconque demandera à l’empereur de faire
examiner son affaire par des tribunaux civils sera déchu de sa
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 249 sur 493 copyright ©
dignité; tandis que s’il demande à l’empereur un tribunal
épiscopal, rien ne s’y opposera.
De ceux qui, excommuniés en Afrique, veulent se faufiler au-
delà des mers.
Quiconque privé de la communion en Afrique se rend en
cachette au delà du détroit pour y communier, recevra comme
peine d’être déchu de la cléricature.
Que ceux qui se rendent à la cour s’empressent de présenter
leur cause à l’évêque de Carthage et à celui de Rome.
Il fut décidé que quiconque veut aller à la cour de l’empereur,
doit le faire noter dans les lettres formées adressées à l’évêque
de Rome et il recevra de là d’autres lettres formées pour la cour.
Donc, si celui qui à reçu des lettres formées pour Rome
seulement, y ayant tu la nécessité qui l’obligeait à se rendre à la
cour, veut ensuite s’en aller à la cour, il sera exclu dé la
communion. Si cependant durant son séjour à Rome une
affaire soudaine apparaissait, qui l’obligeât à se rendre à la cour,
il exposera cette nécessité à l’évêque de Rome et il nous
rapportera un écrit de ce même évêque de Rome.
Les lettres formées des primats ou de n’importe quel évêque,
qui sont données aux clercs, doivent porter marquée la date de
pâques; si la date de pâques de la même année n’est pas encore
connue, on y mettra celle de la pâque précédente, comme on a
coutume d’écrire dans les actes publics « après le consulat ».
Il fut décidé aussi que les délégués, envoyés par cet honorable
synode contre les donatistes et les païens et leur culte,
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 250 sur 493 copyright ©
demanderont aux très glorieux empereurs tout ce qu’ils
penseront être avantageux.
Il fut encore décidé sur la demande de tous les évêques que
votre sainteté signe seule toutes les lettres qui seront expédiées
au nom du synode.
Et ils signèrent. Aurélius évêque de l’église de Carthage, je
consens au présent décret et l’ayant lu attentivement j’ai signé.
De même tous les évêques aussi signèrent.
Synode contre les païens et hérétiques.
Sous le consulat des clarissimes Bassus et Philippe, le seizième
jour des calendes de juillet, à Carthage, au secrétariat de la
basilique restaurée.
Dans ce synode Fortunatien évêque fut chargé d’une
ambassade pour la seconde fois contre les païens et les
hérétiques.
De même, concile contre les païens et les hérétiques.
Sous le consulat des clarissimes Bassus et Philippe, le troisième
jour des ides d’octobre, à Carthage, dans le secrétariat de la
basilique restaurée. Dans ce synode Restitut et Florence
évêques furent chargés d’une ambassade contre les païens et les
hérétiques, au temps où Sévère et Macaire furent tués et
qu’Évode, Théase et Victor les évêques furent pour la même
raison massacrés.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 251 sur 493 copyright ©
Synode sur la sentence prononcée par un seul évêque.
Sous les très glorieux empereurs augustes Honorius consul
pour la septième fois et Théodose pour la troisième, le dix-
septième jour des calendes de juillet, à Carthage, dans la
basilique de la seconde région. Dans ce synode il fut décidé
qu’un seul évêque ne saurait réclamer pour lui le droit de
connaître seul d’une affaire.
Les actes de ce synode ne furent point copiés, parce qu’il fut un
synode local et non point général.
Synode contre les donatistes.
Après le consulat des très glorieux empereurs augustes
Honorius, consul pour la huitième fois et Théodose pour la
troisième, le dix-huitième jour des calendes de juillet, à
Carthage, dans la basilique de la seconde région. Dans ce
synode furent chargés d’une ambassade contre les donatistes les
évêques Florence, Possidius, Préside et Venance; en ce temps
fut publiée la loi que chacun serait libre de faire profession de
christianisme.
Synode contre l’hérésie de Pélage et de Célestius.
Sous les très glorieux empereurs Honorius consul pour la
douzième fois et Théodose pour la huitième, aux calendes de
mai, à Carthage, dans le secrétariat de l’église saint Fauste,
Aurélius évêque présidant tout le synode, assisté des diacres; il
fut décidé par tous les évêques de l’église de Carthage réunis en
synode, dont les noms et les signatures suivent:
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 252 sur 493 copyright ©
Qu’Adam n’a pas été créé mortel par Dieu.
Quiconque dit qu’Adam le premier homme a été créé mortel,
en ce sens que pécheur ou non il serait soumis à la mort
corporelle, en d’autres termes, il quitterait la vie du corps non
par le mérite du péché, mais par une nécessité de nature, qu’il
soit anathème.
Que les petits enfants sont baptisés pour la rémission des
péchés.
De même, il fut décidé que quiconque nie qu’il faille baptiser
les enfants en bas âge et les nouveaux nés à peine mis au
monde, ou affirme qu’ils sont baptisés pour la rémission de
leurs péchés, sans cependant avoir contracté de la faute
originelle d’Adam rien qui ne doive être purifié par le bain de
la renaissance, d’où il suit que pour ces enfants la formule «
pour la rémission des péchés » n’est pas comprise au sens
propre, mais qu’elle a un sens impropre, qu’il soit anathème.
Car on ne doit entendre la parole de l’apôtre: » Par un seul
homme le péché entra dans le monde, et par le péché la mort,
et ainsi la mort a atteint tous les hommes, parce que tous ont
péché *, que dans le sens où l’a toujours comprise l’église
catholique, répandue et déployée toute part. Par suite de cette
règle de foi, en effet, même les petits enfants qui ne peuvent
encore commettre aucune faute, sont baptisés en toute vérité
pour la rémission de leurs péchés, afin que soit purifié en eux
par la renaissance ce qu’ils ont contracté par la descendance.
Que la grâce de Dieu ne donne pas seulement la rémission des
péchés, mais aussi l’aide pour ne plus pécher.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 253 sur 493 copyright ©
De même, il fut décidé que, quiconque dit que la grâce de
Dieu, qui justifie l’homme par Jésus-Christ notre seigneur, ne
vaut que pour la rémission des péchés déjà commis, mais ne
procure pas en outre l’aide pour ne pas en commettre d’autres,
qu’il soit anathème.
Que la grâce de Dieu donne non seulement la connaissance de
ce qu’il faut faire, mais de plus elle nous inspire l’amour, afin
que nous puissions même accomplir ce que nous avons connu.
De même, quiconque dit que cette grâce de Dieu par Jésus-
Christ notre seigneur ne nous aide à ne plus pécher, qu’en nous
révélant et manifestant intelligence de ce qu’est le péché, de
manière à connaître ce qu’il faut rechercher et ce qu’il faut
éviter, mais qu’il ne nous est pas donné par elle d’aimer aussi et
de pouvoir faire ce que nous savons devoir être fait, qu’il soit
anathème. Car, si l’apôtre dit que « la connaissance rend
orgueilleux, tandis que l’amour édifie », il serait très impie de
croire que nous recevons la grâce du Christ pour devenir
orgueilleux, tandis que nous ne la recevons pas pour être édifiés,
alors que l’un et l’autre sont un don de Dieu, de savoir ce qu’il
faut faire et d’aimer ce qu’il faut faire, afin que l’édification par
l’amour ne laisse pas à la connaissance de pouvoir s’enorgueillir;
car, de même qu’il est écrit, dicté par Dieu: « Celui qui
enseigne à l’homme la connaissance », de même, il est encore
écrit « l’amour vient de Dieu ».
Que sans la grâce de Dieu nous ne pouvons accomplir aucune
oeuvre bonne.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 254 sur 493 copyright ©
De même, il fut décidé que quiconque dit que la grâce de
justification nous a été uniquement donnée pour que nous
puissions faire avec plus
de facilité ce que nous pouvons faire avec notre volonté libre, en
d’autres termes, même si la grâce ne nous était pas donnée,
nous pourrions, certes non avec facilité, mais tout de même
accomplir les commandements divins sans elle, qu’il soit
anathème. Car le seigneur, parlant des fruits des
commandements ne dit point: Sans moi vous pouvez
difficilement faire quelque chose, mais il dit: « Sans moi vous
ne pouvez rien faire ».
Que la parole des saints: » Si nous disons que nous n’avons pas
de péché, nous nous trompons nous-mêmes » est non
seulement pleine d’humilité, mais aussi pleine de vérité.
De même, il fut décidé que les paroles de saint Jean l’apôtre: «
Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous
séduisons nous-mêmes et la vérité n’habite pas en nous »,
quiconque croit pouvoir les interpréter de manière à dire que
c’est par humilité que nous ne devons pas affirmer n’avoir point
de péché, et non pas parce qu’il en est vraiment ainsi, qu’il soit
anathème, Car l’apôtre poursuit en ajoutant: « Tandis que si
nous confessons nos fautes, Il est fidèle et juste pour nous les
pardonner et nous purifier de toute iniquité *. Par ces paroles il
est clairement déclaré qu’il ne s’agit pas seulement d’humilité,
mais aussi de réalité; car l’apôtre aurait pu dire: Si nous disons
que nous n’avons pas de péché, nous nous exaltons nous-
mêmes et l’humilité n’habite pas en nous, tandis qu’en disant
que » nous nous séduisons nous mêmes et la vérité n’habite pas
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 255 sur 493 copyright ©
en nous », il démontre clairement que celui qui dit n’avoir pas
de péchés, ne dit pas vrai, mais qu’il ment.
Que les saints dans la prière dominicale prient pour eux-
mêmes, en disant » Pardonnez-nous nos offenses ».
De même, il fut décidé que quiconque dit que dans la prière
dominicale
les saints disent » pardonnez-nous nos offenses », non pas pour
eux-mêmes, puisque pour eux cette demande n’est plus
nécessaire, mais pour les autres qui sont encore dans la foule
des pécheurs; et chacun des saints ne dit pas: pardonnez-moi
mes offenses, mais « pardonnez-nous nos offenses », parce qu’il
est entendu que le juste demande cela pour les autres plutôt
que pour lui-même, qu’il soit anathème. Car Jacques l’apôtre
était saint et juste, lui qui dit: « Nous péchons tous de bien des
manières »; or, pourquoi a-t-il ajouté le mot « tous », sinon
pour accorder ce sens à celui du psaume, où l’on lit: » N’entrez
pas en jugement avec votre serviteur, car nul homme vivant ne
peut être trouvé juste devant vous « ; et dans la prière du très
sage Salomon: » SI n’y a point d’homme qui ne pèche » et
dans le livre du saint Job l’expression » sur les mains de tout
homme il est marqué, que tout homme doit connaître sa
faiblesse « . C’est pourquoi aussi le saint et juste Daniel, en
disant dans sa prière au pluriel » nous avons péché, nous avons
commis l’iniquité » et tout le reste qu’il confesse à cet endroit
en toute humilité et vérité: afin qu’on ne croie pas comme
certains le pensent, qu’il y parle non point de ses péchés, mais
de ceux de son peuple, ajoute aussitôt après: « je priai et je
confessai mes péchés et les péchés de mon peuple au seigneur
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 256 sur 493 copyright ©
mon Dieu »; il n’a pas voulu dire « nos péchés », mais il dit ceux
de son peuple et les siens, comme si le prophète avait vu à
l’avance que ceux-ci allaient le comprendre si mal.
Qu’il est dit en toute vérité par les saints, le « Pardonnez-nous
nos offenses ».
De même, il fut décidé que quiconque veut que les paroles
mêmes de la prière dominicale, où nous disons « Pardonnez-
nous nos offenses », soient dites par les saints comme
expression de leur humilité, mais non comme expression de la
vérité, qu’il soit anathème. Qui supporterait en effet que
l’homme en prière mente non pas aux hommes, mais au
seigneur lui-même, en disant des lèvres qu’il veut être
pardonné, tandis qu’il avoue dans son coeur ne pas avoir les
péchés qui devraient lui être pardonnés?
Des peuples qui viennent de chez les donatistes.
De même, il fut décidé: Vu que dans le synode plénier, tenu
quelques années auparavant dans cette basilique, il fut décidé
que toutes les églises d’un diocèse, devenues catholiques avant
les lois publiées sur les donatistes appartiendraient aux sièges,
dont les évêques les ont amenées par leurs exhortations à la
communion catholique, tandis qu’après les lois toutes celles qui
sont revenues à la communion catholique appartiendraient aux
sièges sur le territoire desquels elles se trouvaient du temps où
elles étaient donatistes; vu d’autre part que de nombreuses
dissensions se sont élevées dans la suite entre les évêques et
s’élèvent encore au sujet des diocèses, auxquels les mesures
prises alors semblent ne pas s’adapter parfaitement; ce saint
synode a décidé à présent que partout où une paroisse
catholique et des paroisses du parti de Donat sont voisines,
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 257 sur 493 copyright ©
bien qu’elles appartiennent à des territoires de sièges différents,
quel que fût le temps où l’union a eu ou aura lieu, avant ou
après les lois, les paroisses donatistes appartiendront au siège
auquel depuis toujours appartenait la paroisse catholique.
Comment se partageront les diocèses entre eux les évêques, soit
les catholiques, soit ceux qui viennent des donatistes.
Évidemment, si des évêques donatistes sont revenus à l’unité
catholique, il faut faire en sorte que le territoire du diocèse ainsi
formé, où se trouvaient les deux parties, soit partagé en deux
parts égales, pour que telles localités reviennent à l’un et telles
autres à l’autre; le plus ancien par l’ordination fera le partage, le
second choisira; si par hasard il y avait une localité sur laquelle
on reste indécis, elle appartiendra au plus proche; si elle est à
égale distance de tous les deux sièges épiscopaux, elle sera
adjugée à celui que le peuple préférera. Si cependant la
population anciennement catholique réclame son ancien
évêque et ceux du parti de Donat le leur, l’avis de la majorité
l’emportera sur la minorité; s’il y a le même nombre de voix, la
localité sera adjugée au plus ancien dans l’épiscopat. Si d’autre
part les localités où se trouvent les deux partis sont tellement
nombreuses, qu’on ne saurait en faire des parts égales, le
nombre des fidèles dans les localités étant inégal, on partagera
d’abord les localités à nombre égal de fidèles, et à la localité qui
restera on appliquera ce qui fut dit plus haut, à propos de la
localité douteuse.
Que si un évêque a libéré un diocèse de l’hérésie et l’a gardé
pendant trois ans, personne ne pourra le lui réclamer.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 258 sur 493 copyright ©
De même, il fut décidé que si quelqu’un après la publication
des lois convertit une localité à l’unité catholique et la possède
pendant trois ans sans réclamation de personne, on ne la lui
réclamera désormais plus, à condition cependant, que dans ces
trois ans il y eût un évêque qui devait la réclamer et n’en fit
rien; s’il n’y en pas eu, on ne préjugera de rien en l’inscrivant
dans les archives; mais du jour où le siège vacant recevra un
évêque, il lui sera permis de réclamer la localité dans les trois
ans à partir de ce jour-là. De même, si un évêque du parti de
Donat retourne à l’unité catholique, on ne préjugera de rien du
fait que le délai fixé est passé, mais, du jour de sa conversion
qu’il ait le droit de réclamer dans les trois ans les localités qui
appartenaient à son siège.
De ceux qui s’emparent des peuples, qu’ils croient leur
appartenir, sans le consentement de ceux qui les possèdent.
De même, il fut décidé que les évêques quels qu’ils soient, qui,
réclamant pour leur siège des populations, n’attendent pas la
sentence des autres évêques, mais s’emparent des peuples,
consentants ou non, appartenant à un autre, ils perdront leur
cause. Et s’il y en a qui ont agi ainsi, alors que l’assemblée des
évêques à ce sujet n’était pas terminée, mais le débat sur la
question durait encore, l’évêque qui est accusé d’avoir envahi le
territoire de l’autre au mépris des ordonnances ecclésiastiques,
doit s’en retirer. Et que personne ne se flatte d’avoir reçu du
primat une lettre l’autorisant à en prendre possession: qu’il ait
une lettre ou pas, il doit aller trouver l’évêque qui possède le
territoire et recevoir de lui un écrit, de manière à démontrer
qu’il a occupé pacifiquement l’église qui lui revient. Si ce
dernier présente aussi une contre-réclamation, elle sera elle
aussi examinée par des évêques-juges, soit ceux que le primat
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 259 sur 493 copyright ©
leur nommera, soit ceux des évêques voisins, qu’ils choisiront
d’un commun accord.
De ceux qui négligent les peuples de leur territoire.
De même, il fut décidé que les évêques quels qu’ils soient, qui
négligent les territoires appartenant à leur siège, en vue de les
gagner à l’unité catholique, seront rappelés à l’ordre par les
évêques voisins pleins de ce zèle, pour qu’ils ne tardent pas à le
faire. Si dans un délai de six mois du jour de l’assemblée
épiscopale réunie à ce sujet, ils ne font rien, les localités
donatistes seront attribuées à celui qui sera en état de les
gagner. A condition cependant que celui à qui ces donatistes
manifestement reviennent, n’ait eu l’air de paraître négligent
intentionnellement et par mesure de prudence, sur la prière des
évêques hérétiques d’être reçus sans bruit, et qu’entre temps son
zèle fut prévenu par un autre; car s’il avait agi comme ce
dernier, il aurait irrité davantage ces mêmes hérétiques; si tout
cela est constaté comme vrai par le tribunal des évêques, les
localités seront rendues à son siège. Si les évêques en litige sont
de provinces différentes, ce primat-là nommera les juges, sur la
province duquel se trouve la localité disputée; si d’un commun
accord ils choisissent parmi les évêques voisins des arbitres, ils
en choisiront ou bien un ou bien trois, et s’ils en choisissent
trois, ils se conformeront à la décision ou des trois ou des deux.
Que la sentence des juges-arbitres ne doit pas être méprisée.
Il ne sera pas permis d’en appeler de la décision des juges
choisis d’un commun accord. Si quelqu’un est convaincu de ne
pas vouloir par entêtement se soumettre à la décision des juges
choisis, l’évêque du premier siège en l’apprenant enverra des
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 260 sur 493 copyright ©
lettres pour qu’aucun évêque ne reste en communion avec lui,
jusqu’à ce qu’il se soumette.
Que l’évêque qui dédaigne son propre diocèse sera
excommunié.
Si l’évêque se montre négligent contre les hérétiques dans sa
métropole, c’est-à-dire le premier siège de la province, qu’il soit
rappelé à l’ordre par les évêques voisins pleins de zèle, et qu’on
lui montre que sa négligence est injustifiable; et si dans les six
mois à partir du jour de la remontrance, résidant dans sa propre
province, il ne se soucie point de ceux qui doivent être ramenés
à l’unité catholique, qu’on ne communie pas avec lui, jusqu’à ce
qu’il le fasse. Si cependant le commissaire impérial chargé de
l’affaire des hérétiques ne se présente pas dans son territoire, on
n’inscrira pas au passif de l’évêque d’avoir différé la conversion
des hérétiques,
Des évêques qui prétendent faussement avoir reçu les
donatistes à la communion .
S’il est démontré qu’un tel évêque ment au sujet du retour des
hérétiques, en affirmant qu’ils les a reçus à sa communion, alors
qu’à son su ils n’ont pas été reçus, il perdra même son évêché.
Des prêtres et des diacres: qu’ils n’en appellent qu’aux synodes
d’Afrique.
De même, il fut décidé que si prêtres, diacres et autres clercs
inférieurs ont à se plaindre de la décision de leur évêque dans
leur procès, les évêques voisins leur donneront audience et ceux
qu’ils auront choisis du consentement de leur évêque mettront
fin aux procès qu’ils ont entre eux. Et s’ils veulent en appeler, ils
n’en appelleront qu’aux synodes d’Afrique ou aux primats de
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 261 sur 493 copyright ©
leurs provinces. Celui qui en appellera aux tribunaux de l’autre
côté du détroit ne sera reçu en communion par personne en
Afrique.
Des vierges à qui il faut donner le voile avant l’âge.
De même, il fut décidé que tout évêque qui, poussé par la
nécessité de protéger la pureté d’une vierge en danger, soit
qu’on craigne un amant puissant ou un ravisseur, ou même la
voyant sous le coup d’une maladie mortelle, sur la prière de ses
parents ou de ceux à qui en incombe le soin, afin qu’elle ne
meure pas sans l’habit de moniale, donnera ou a donné le voile
à la vierge avant l’âge de vingt-cinq ans, ne tombera pas sous le
coup de la décision du synode, qui a fixé le nombre d’années de
la vierge à consacrer.
Afin que les évêques ne soient pas retenus trop longtemps par
le synode, on choisira trois commissaires de chaque province.
De même, il fut décidé de choisir de chaque province trois
commissaires, afin de ne pas retenir trop longtemps tous les
évêques réunis pour le synode.
Et l’on choisit: de l’Église de Carthage: Vincent, Fortunatien et
Clair; de la province de Numidie: Alype, Augustin et Restitut;
de la province de la Byzacène: avec le primat, le très saint
évêque Donatien, Cresconius, Jocond et Émilien; de la
Mauritanie Sitifienne: Sévérien, Asiatique et Donat; de la
province Tripolitaine: Plaute, qui fut envoyé selon la tradition
comme seul délégué. Tous ceux-là examineront toute affaire
avec le très saint évêque Aurélius, auquel le synode entier a
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 262 sur 493 copyright ©
demandé de signer tous les actes déjà expédiés et toutes les
lettres.
Et ils signèrent. Aurélius, évêque de l’Église de Carthage, je
consens au présent décret et l’ayant lu attentivement j’ai signé.
De même, tous les autres évêques aussi signèrent.
Dans ce synode aussi la délégation de l’Église de Rome était
présente.
Après le consulat des très glorieux empereurs augustes
Honorius consul pour la douzième fois et Théodose pour la
huitième, le troisième jour des calendes de juin, à Carthage, au
secrétariat de la basilique restaurée, sous la présidence
d’Aurélius évêque, en présence de Faustin évêque de l’Église de
Potenza du Picénum en terre d’Italie, Vincent de Culusita,
Fortunatien de Néapolis, Maurien d’Usiparens, Adéodat de
Simittu, Pentade de Carpita, Rufien de Muzua, Prétextat de
Sicéliba, Quodvultdeus d’Ucra, Candide d’Abiris, Gallonius
d’Utique, les délégués de la province Proconsulaire; Alype de
Thagaste, Augustin d’Hippo-Régius, Possidius de Calama, les
délégués de la province de Numidie; Maximien d’Aquae-
Regiae, Jocond de Suffétula, Maximien de la même province et
Hilarien d’Horréocella, les délégués de la Byzacène; Novat de
Sitifis et Léon d ‘Opta, les délégués de la province de
Mauritanie sitifienne; Ninellus de Russurbis, Laurent
d’Icosium et Numérien de Rusguniae, les délégués de la
Mauritanie césarienne, choisis comme commissaires par tout le
synode; les diacres étant présents, après l’expédition de certaines
affaires, sur la plainte d’un grand nombre d’évêques devant le
reste des affaires à expédier, que cela traînerait trop en longueur
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 263 sur 493 copyright ©
et qu’ils ne sauraient le souffrir, parce qu’ils avaient hâte de
retourner à leurs églises, le synode tout entier décida que
chaque province choisirait ceux qui devraient rester sur place
pour conclure le reste des affaires à traiter. De cette sorte
restèrent ceux dont les signatures attestent la présence.
Que les excommuniés ne doivent point être admis à
l’accusation.
Il fut donc décidé: comme par les décisions précédentes des
synodes il fut déterminé quels clercs peuvent être reçus comme
accusateurs, mais ne fut pas spécifié quelles personnes doivent
être exclues, pour cette raison nous décidons à juste titre de ne
pas recevoir à l’accusation celui qui, exclu de la communion, est
encore sous le coup de l’excommunication, qu’il fût clerc ou laïc
celui qui veut se porter comme accusateur.
Que les esclaves et les affranchis et toutes les personnes privées
des droits civils ne peuvent être des accusateurs.
De même, il fut décidé de ne pas recevoir comme accusateurs
tous ceux qui sont esclaves ou même affranchis, tous ceux que
les lois civiles ne reçoivent pas comme accusateurs en matière
criminelle, tous ceux qui sont encore souillés par la honte de la
perte des droits civils, c’est-à-dire les mimes et toutes les
personnes qui exercent un métier honteux, de plus les
hérétiques et les juifs et les païens. Néanmoins tous ceux à qui
le droit d’accuser est refusé, ne doivent pas se voir refuser la
liberté d’accuser dans leurs causes personnelles.
Celui qui n’a pu faire la preuve d’une de ses accusations ne sera
point entendu pour le reste.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 264 sur 493 copyright ©
De même, il fut décidé que si contre des clercs ont été portés
par des accusateurs plusieurs chefs d’accusation et l’un d’entre
eux, le premier instruit, ne put être prouvé, les accusateurs ne
seront pas admis comme tels pour les autres griefs.
Les personnes admises à témoigner.
Quant aux témoins, il ne faut pas admettre au témoignage ceux
dont l’admission à l’accusation fut interdite et aussi ceux que
l’accusateur amène de sa propre maison. Le témoignage d’une
personne au-dessous de quatorze ans ne sera pas reçu.
De l’évêque excommuniant quelqu’un qui lui a avoué à lui seul
sa faute.
De même, il fut décidé que si jamais un évêque affirme avoir
reçu lui seul de quelqu’un l’aveu d’une faute et celui-ci le nie,
l’évêque ne doit pas compter comme injure personnelle que son
témoignage unique ne soit pas cru, même s’il affirme que sa
conscience révoltée lui interdit de communier avec celui qui nie
sa faute.
L’évêque ne doit pas priver de la communion à sa guise.
Les autres évêques ne communieront pas avec cet évêque, tant
que lui-même ne communiera pas avec l’excommunie; ainsi il
prendra garde de porter contre quelqu’un une accusation, qui
ne saurait être vérifiée preuves à l’appui par d’autres.
Aurélius évêque dit: conformément à ce qui fut décidé de l’avis
de tout le synode réuni et de ma petitesse, je pense qu’il faut
conclure les affaires du chapitre mentionné tout entier et que la
discussion formulée en ce jour soit reçue dans les actes officiels.
Quant à ce qui ne fut pas encore achevé, au jour qui suit nous
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 265 sur 493 copyright ©
l’écrirons à notre vénéré frère dans l’épiscopat Boniface par nos
frères Faustin évêque, Philippe et Asellus les prêtres.
Et ils signèrent.
Aurélius évêque, j’ai signé les actes présents des canons, actes
qui sont gardés chez nous.
Valentin évêque du premier siège du pays de Numidie, j’ai
signé les actes ici présents.
Faustin évêque de l’Église de Potenza, de la province du
Picénum, délégué de l’Église de Rome, j’ai signé les actes ici
présents.
Alype évêque de Thagaste, délégué du pays de Numidie, j’ai
signé les actes ici présents.
Augustin évêque d’Hippone, délégué du pays de Numidie, j’ai
signé les actes ici présents.
Possidius évêque de Calama, délégué de la province de
Numidie, j’ai signé les actes ici présents.
Vincent de Culusita, j’ai signé les actes ici présents.
Fortunatien de Néapolis, j’ai signé les actes ici présents.
Pentade de Carpita, j’ai signé les actes ici présents.
Rufien de Muzua, j’ai signé les actes ici présents.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 266 sur 493 copyright ©
Prétextat de Sicéliba, j’ai signé les actes ici présents.
Quodvultdeus d’Ucra, j’ai signé les actes ici présents.
Candide de Germanie, j’ai signé les actes ici présents.
Gallonius d’Utique, j’ai signé les actes ici présents.
Maximien d’Aquae, j’ai signé les actes ici présents.
Jocond de Suffétula, délégué de la province de Byzacène, j’ai
signé les actes ici présents.
Maximien, délégué de la province de Byzacène, j’ai signé les
actes ici présents.
Hilarien d’Horréocella, délégué du pays de Byzacène, j’ai signé
les actes ici présents.
Novat de Sitifis, délégué de la province de Byzacène, j’ai signé
les actes ici présents.
Ninellus de Russurbis, délégué du pays de la Césarienne, j’ai
signé les actes ici présents.
Laurent d’Icosium, j’ai signé les actes ici présents.
Numérien de Rusguniae, j’ai signé les actes ici présents.
Léon de Mocta, j’ai signé les actes ici présents.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 267 sur 493 copyright ©
Un autre Léon, délégué de la province Sitifienne, j’ai signé les
actes ici présents.
Et les autres évêques, en tout 217, ont signé de même.
Philippe prêtre, délégué de l’Église de Rome, j’ai signé les actes
ici présents, après les avoir lus.
Asellus prêtre, délégué de l’Église de Rome, j’ai signé les actes
ici présents, qui ont été expédiés par nous.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 268 sur 493 copyright ©
LE DOSSIER D’APIARIUS
Ici commence la lettre envoyée de la part du synode de toute
l’Afrique à Boniface, évêque de l’Église de Rome, par Faustin
évêque et les prêtres Philippe et Asellus, délégués de l’Église
romaine.
Au seigneur très bienheureux et vénérable frère Boniface,
Aurélius, Valentin du premier siège de Numidie, et les autres
évêques présents, au nombre de deux-cent-dix-sept, de
l’épiscopat de toute l’Afrique.
Puisqu’il a plu au seigneur que les questions traitées avec nous
par nos très saints frères, Faustin, notre frère dans l’épiscopat, et
les frères dans le sacerdoce Philippe et Asellus, soient exposées
par notre petitesse non pas à Zosime évêque, de sainte
mémoire, de qui ils nous avaient apporté les lettres et les ordres,
mais à votre honneur établie par Dieu à sa place, nous devons
faire connaître brièvement les résultats obtenus par notre
commun accord, mais non le contenu des rouleaux des actes
détaillés, dans lesquels, la charité restant sauve, nous avons
traîné en longueur, pris par bien de fatigantes discussions, à la
recherche de la solution avantageuse de l’affaire à mettre dans
les actes. Lui aussi, s’il était encore vivant, aurait reçu avec joie
ce qu’il aurait vu se terminer pacifiquement, seigneur frère.
A p i a r i u s l e p r ê t r e , a u s u j e t d e l ’o r d i n a t i o n , d e
l’excommunication et de l’appel duquel s’est élevé un scandale
non des moindres non seulement dans l’Église de Sicca, mais
encore dans celle de toute l’Afrique, après avoir demandé le
pardon de toutes ses erreurs fut rétabli dans la communion,
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 269 sur 493 copyright ©
mais auparavant Urbain de Sicca, notre frère dans l’épiscopat, a
corrigé sans hésiter ce qu’il a cru devoir être corrigé. Cependant
comme il fallait pourvoir à la paix et la tranquillité de l’Église
non seulement pour le présent, mais aussi pour la suite, car de
nombreux cas semblables ont précédé, afin de nous préserver
d’affaires similaires ou même plus graves, nous avons décidé
qu’Apiarius fut éloigné de l’Église de Sicca, en gardant
évidemment sa dignité et son grade, et que muni d’une lettre
de nous il puisse exercer le ministère sacerdotal partout ailleurs
où il voudrait et pourrait le faire; c’est ce que nous avons permis
sans difficulté à ce même Apiarius qui l’a demandé par écrit.
Avant que cette affaire ait reçu un tel terme, entre autres
questions que nous avons examinées dans nos réunions
successives, nous avons été amenés, pour la régularité des actes
officiels, à demander à nos frères Faustin, notre frère dans
l’épiscopat, et à Philippe et Asellus nos frères dans le sacerdoce,
d’exposer tout ce qui leur fut permis de traiter avec nous, ils
nous expliquèrent certains points oralement et sans aucun écrit;
nous avons demandé l’instruction écrite qu’ils portaient avec
eux, et ils la produisirent, nous l’avons lue et mise aussi dans les
actes qui vous sont rapportés par eux à présent. Dans cette
instruction quatre points devaient être examinés par eux et par
nous: le premier, sur les appels des évêques à l’évêque de l’Église
de Rome; le deuxième, que les évêques ne traversent pas la mer
sans raison pour se rendre à la cour; le troisième, que les causes
des prêtres et des diacres soient examinées par les évêques
limitrophes, s’ils ont été témérairement exclus de la
communion par leurs évêques; le quatrième, au sujet d’Urbain
l’évêque qui doit être exclu de la communion ou encore
convoqué à Rome, s’il ne corrige pas ce qui doit être corrigé.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 270 sur 493 copyright ©
Au sujet du premier point et du troisième, c’est-à-dire qu’il soit
permis aux évêques d’en appeler à Rome, et que les causes des
prêtres et des diacres soient conclues par les évêques de leurs
provinces, nous nous sommes empressés de représenter par
lettre expédiée déjà l’an passé à Zosime évêque, de sainte
mémoire, que sans vouloir l’offenser nous les remettions à un
peu plus tard, jusqu’à ce que les recherches sur les canons de
Nicée aient été faites. Nous demandons maintenant à votre
sainteté, ces canons de Nicée, de nous les faire observer tels
qu’ils ont été décidés et définis par les pères, et d’appliquer
aussi là-bas chez vous ce que contient l’instruction donnée
pour nous; c’est-à-dire: « Si un évêque est accusé et les évêques
de la province réunis le jugent et le déposent de son grade,
lorsqu’il voudra en appeler et recourra au bienheureux évêque
de l’Église de Rome, celui-ci, s’il décide de lui accorder son
audience et estime juste de procéder à la révision du procès,
daignera écrire aux évêques établis dans la province limitrophe
et voisine, pour qu’ils enquêtent soigneusement sur toute chose
et concluent l’affaire sur la foi de la vérité.
Si cependant celui qui a demandé la nouvelle audience de son
affaire, peut décider par sa supplication évêque de Rome
d’envoyer de son entourage un prêtre, il sera au pouvoir de cet
évêque de faire ce qu’il voudra et jugera bon: s’il choisit
d’envoyer ceux oui, présents, doivent juger avec les évêques, ce
sera à lui d’en décider; et s’il croit que les évêques suffisent pour
conclure l’affaire, il fera ce qu’il jugera bon dans sa très sage
pensée ».
De même, au sujet des prêtres et des diacres: « Si un évêque
irascible, chose qui ne doit pas être, excité soudain ou
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 271 sur 493 copyright ©
violemment contre son prêtre ou son diacre, veut le chasser de
son église, il faut pourvoir de ce qu’il ne soit pas condamné
injustement ou perde le communion. Et le clerc chassé aura le
droit de recourir aux évêques limitrophes et sa cause trouvera
audience et une enquête très soignée sera faite; car il ne faut
pas lui refuser l’audience, s’il le demande. Et évêque aussi ,qui à
tort ou à raison l’a chassé, doit supporter sans rancune, que
l’enquête sur l’affaire ait lieu, pour que sa décision soit ou
confirmée ou corrigée ».
Ces deux points furent mis dans les actes, en attendant l’arrivée
des exemplaires authentiques du concile de Nicée s’ils y sont
dans les mêmes termes que dans l’instruction qui nous a été
présentée par nos frères envoyés par le siège apostolique et sont
observés chez vous en Italie de le même manière, alors nous
aussi nous ne voudrons plus les négliger, ni nous empresser de
les rejeter. Et nous croyons qu’avec l’aide de le miséricorde du
seigneur notre Dieu, tant que votre sainteté préside à l’Église
de Rome, nous n’aurons plus à supporter pareille arrogance,
mais observerons ce qui par charité fraternelle doit être observé
sans en discuter et que d’ailleurs même vous, selon la sagesse et
la justice ,que le très haut vous a accordées, vous jugez devoir
être observé, si jamais les canons du concile de Nicée sont
conçus autrement. En effet, ayant examiné plusieurs
exemplaires, nous n’avons nulle part pu lire dans les
exemplaires latins à l’endroit du concile de Nicée les textes, tels
qu’ils nous ont été envoyés dans l’instruction mentionnée plus
haut.
Cependant, comme nous n’avons pu trouver cela dans aucun
exemplaire grec ici-même, nous voulons qu’on nous en apporte
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 272 sur 493 copyright ©
des exemplaires des églises d’Orient, où dit-on ces canons
authentiques peuvent être trouvés. C’est pourquoi nous
supplions votre révérence qu’elle daigne, elle aussi, écrire aux
évêques de ces lieux, c’est-à-dire à ceux des églises d’Antioche,
d’Alexandrie, et de Constantinople, et à d’autres, si votre
sainteté en juge ainsi, afin que nous parviennent les canons
définis par les saints pères à Nicée: vous aurez ainsi procuré ce
bienfait à toutes les églises d’Occident avec l’aide du seigneur.
Qui, en effet, mettrait en doute que les copies grecques du
concile réuni à Nicée ne soient très véridiques, si provenant de
lieux si divers et d’églises grecques célèbres et, collationnées,
elles concordent entre elles?
Jusqu’à ce que cela se fasse, nous reconnaissons que ce qui nous
fut envoyé dans la dite instruction au sujet des appels des
évêques au pontife de l’Église de Rome, et au sujet des causes
des clercs qui doivent être conclues par les évêques de la même
province, nous l’observerons jusqu’à ce que cela soit confirmé, et
nous avons confiance que votre béatitude nous y aidera, si Dieu
le veut.
Quant au reste des délibérations et décisions de notre synode,
comme nos frères déjà mentionnés, Faustin notre frère dans
l’épiscopat, Philippe et Asellus les prêtres, les emportent avec
eux, ils les feront connaître, si vous le voulez bien, à votre
sainteté.
Et ils signèrent. Que le seigneur vous garde pour de
nombreuses années, très bienheureux frère. De même signèrent:
Alype, Augustin, Possidius, Marin, et les autres évêques.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 273 sur 493 copyright ©
Ici commence la réponse de Cyrille évêque d’Alexandrie, au
synode d’Afrique, dans laquelle il envoya par le prêtre Innocent
la version faite sur la copie authentique grecque du concile de
Nicée; laquelle lettre, avec les canons du concile de Nicée, fut
envoyée par l’intermédiaire du même prêtre Innocent et
Marcel, sous-diacre de l’Église de Carthage, au très saint
Boniface, évêque de église romaine, le sixième jour des calendes
de décembre.
Aux seigneurs très honorés et très saints frères dans l’épiscopat,
Aurélius,
Valentin et tout le très saint synode réuni à Carthage, Cyrille,
saluant dans le seigneur votre charité.
La lettre si pleine de religion de votre honneur, je l’ai reçue avec
grande joie de la main de notre fils, le prêtre Innocent. Et
puisque vous avez exprimé l’espoir que nous envoyions à votre
charité, tirée des archives de notre église, la copie véridique des
actes du concile authentique de Nicée, métropole de Bithynie,
c. à d. ce qui fut décidé et confirmé par les saints pères à la suite
de la profession de notre foi, j’ai jugé nécessaire, seigneurs mes
très honorés frères, d’envoyer avec notre salutation préalable, à
votre charité la copie très fidèle du concile authentique que
nous possédons, par l’intermédiaire de notre fils, le prêtre
innocent; vous trouverez d’ailleurs ce texte dans l’histoire
ecclésiastique, si vous voulez l’y chercher. Quant à la pâque,
nous vous annonçons, comme vous nous l’écrivez, que nous la
célébrerons le dix-sept des calendes de mai de l’indiction
imminente.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 274 sur 493 copyright ©
La signature. Dieu notre seigneur garde votre assemblée,
comme nous le souhaitons, très honorés frères.
Ici commence la lettre d’Atticus, évêque de Constantinople aux
mêmes.
Aux seigneurs très honorés et bienheureux frères dans
l’épiscopat Aurélius, Valentin et aux autres, réunis au synode
d’Afrique, Atticus évêque.
Par notre fils Marcel, votre sous-diacre, j’ai reçu avec action de
grâces la lettre de votre charité, remerciant le seigneur de
m’avoir jugé digne d’obtenir la bénédiction de tant de frères.
Vous avez écrit, seigneurs mes bienheureux frères, que je vous
envoie les canons très véridiques, qui ont été définis après
l’exposition du symbole de la foi par les pères à Nicée,
métropole de Bithynie. Et quel est celui qui refuserait de
communiquer à ses frères le symbole de la foi commune et les
décisions qui furent confirmées par les pères? C’est pourquoi je
vous envoie comme vous le demandez, le texte entier des
canons tels qu’ils ont été définis par les pères à Nicée, par
l’intermédiaire du même Marcel, notre fils et votre sous-diacre,
oui a hâte de rentrer, et je demande à votre sainte assemblée de
vouloir bien prier longuement pour moi.
La signature. Le seigneur garde votre sainteté, comme nous le
souhaitons, très saints frères.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 275 sur 493 copyright ©
Ici commence la copie du concile de Nicée, envoyée le six des
calendes de décembre, après le consulat des très glorieux
empereurs augustes Honorius consul pour la douzième fois et
Théodose pour la neuvième, à Boniface, l’évêque de Rome.
Profession de foi du concile de Nicée.
Nous croyons en un seul Dieu, père, tout puissant, créateur des
choses visibles et invisibles. Et en un seul notre seigneur, Jésus-
Christ, le fils de Dieu, qui est né du père comme (fils) unique,
c. à d. de la substance du père, Dieu de Dieu, lumière de
lumière, vrai Dieu de vrai, Dieu engendré, non créé, d’une
même substance avec le père, par qui toutes choses ont été
faites, celles gui sont au ciel et celles qui sont sur terre; qui pour
nous, les hommes, et pour notre salut est descendu (sur terre),
et s’est fait chair et devint homme, souffrit (la passion) et le
troisième jour ressuscita et monta aux cieux et à nouveau
viendra pour juger vivants et morts. Et au saint-esprit. D’autre
part ceux qui disent: il fut un temps, où il n’existait pas, et qu’il
a été fait de choses non existantes, ou bien que le fils de Dieu
(est) d’une autre hypostase ou substance, ou transformable ou
changeable: de tels hommes l’Église catholique et apostolique
les anathématise.
A ce symbole de foi fut jointe par les évêques mentionnés plus
haut la copie des canons du même concile de Nicée, tels qu’ils
se trouvent précédemment exposés, identiques en tous points;
nous n’avons pas jugé nécessaire de les copier ici encore une
fois.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 276 sur 493 copyright ©
Ici commence la lettre du synode d’Afrique au pape Célestin,
évêque de la ville de Rome
Au seigneur cher et vénéré, notre frère Célestin, Aurélius,
Palatin, Antonin, Tutus, Serrusdei, Térence, Fortunat, Martin,
Janvier, Optat, Celtice, Donat, Théase, Vincent, Fortunatien, et
les autres évêques qui se trouvèrent présents au synode de
Carthage.
Nous eussions souhaité, comme votre sainteté a manifesté sa
joie de la présence d’Apiarius dans la lettre qu’elle a envoyée
par notre frère dans le sacerdoce Léonce, d’envoyer nous aussi
la présente lettre également remplie de joie sur la justification
de la même personne; notre bienveillance et la votre eût été
alors plus sûre et n’aurait pas paru trop hâtive, en préjugeant de
l’affaire à instruire, comme si l’instruction était déjà terminée.
Après l’arrivée parmi nous du très saint frère dans l’épiscopat,
Faustin, nous avons réuni un synode et nous étions convaincus
qu’Apiarius nous fut envoyé avec lui, afin de pouvoir grâce aux
efforts de Faustin se purger de toutes les nombreuses
accusations des habitants de Thabracca, comme il a recouvré la
dignité sacerdotale grâce au zèle du même Faustin. La
nombreuse assemblée de notre synode ayant parcouru les si
nombreuses et si grandes fautes de l’accusé, trouva ,qu’elles
l’emportaient sur ce qui chez le dit Faustin pourrait être qualifié
de patronage plutôt que de jugement, et de zèle de défenseur
plutôt que de justice d’enquêteur. En effet, il opposa d’abord
une grande résistance à tout le synode, y joignant diverses
injures, en prétendant défendre les privilèges de l’église de
Rome et en voulant ,qu’Apiarius fut reçu par nous dans la
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 277 sur 493 copyright ©
communion, que votre sainteté, croyant ,qu’un appel a été
interjeté, chose qu’il ne put prouver, lui a rendue. Cependant,
cela fut d son désavantage, comme vous l’apprendrez mieux par
la lecture des actes.
Trois jours dura le pénible procès, pendant lesquels nous nous
cassâmes la tête à examiner ce qu’on lui reprochait, lorsque
Dieu le juste juge, puissant et miséricordieux, trancha d’une
manière capitale les manoeuvres dilatoires de notre frère dans
l’épiscopat Faustin et les roueries de ce même Apiarius, par
lesquelles il cherchait d couvrir ses infamies illicites, en mettant
un terme à l’entêtement dégoûtant et par trop fétide et à
l’effronterie de la négation, par laquelle il voulait submerger la
boue de tant de plaisirs honteux; car notre Dieu tortura sa
conscience et rendit publiquement connu de tous les hommes
ce qui était tenu caché dans le coeur, comme chose condamnée
déjà dans la fange des crimes; en effet, soudain le rusé négateur
éclata dans l’aveu de tous les délits dont on l’accusait, et de lui-
même s’accusa enfin de toutes les hontes invraisemblables; et
notre espoir même, qui nous faisait croire et souhaiter qu’il
pourrait se laver de toutes les honteuses impuretés, il l’a changé
en lamentations, sauf que notre tristesse était adoucie par la
seule et unique consolation, de nous avoir libérés des
gémissements de la fatigue continuelle et aussi d’avoir procuré
enfin par son aveu la guérison de ses blessures, quoique malgré
lui et accablé par sa conscience.
Donc, après avoir au préalable rempli notre devoir de la
révérence due, nous supplions que vous ne prêtiez désormais
plus aussi facilement l’oreille à ceux qui vous arrivent d’ici, et
que vous veuillez ne pas recevoir à la communion ceux qui ont
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 278 sur 493 copyright ©
été par nous exclus de la communion. Votre révérence trouvera
cela facilement dans la décision du concile de Nicée; car bien
que le concile veuille évidemment qu’on l’applique aux clercs et
aux laïques, à combien plus forte raison ne voudrait-il pas qu’on
l’observe pour les évêques? Que ceux donc qui ont été dans leur
propre province privés de la communion, ne semblent point
avoir été avec hâte et indûment rétablis dans la communion par
votre sainteté. Votre sainteté chassera aussi, comme il est digne
d’elle, les prêtres et les clercs inférieurs qui se réfugient sans
pudeur auprès d’elle; car par aucune décision des pères cela ne
fut imposé à l’Église d’Afrique, et les décrets du concile de
Nicée renvoient clairement aux métropolitains propres soit les
clercs des degrés inférieurs, soit même les évêques. Avec sagesse
et justice on comprit que tous les procès qui naissent quelque
part doivent être conclus dans les lieux mêmes; ils pensèrent en
effet qu’à la sollicitude d’un chacun ne manquerait pas la grâce
du saint-esprit, par laquelle la justice des pontifes du Christ
apparaît pleine de prudence et reste sans défaillance; d’autant
plus qu’il est possible à chacun, s’il a des doutes au sujet de la
sentence des enquêteurs, d’en appeler aux synodes de sa propre
province ou même au synode plénier. A moins qu’il n’y en ait
qui croient que notre Dieu peut inspirer sa justice à un seul
homme quel qu’il soit, mais la refuse aux pontifes innombrables
réunis en synode. D’autre part, comment ce jugement d’outre-
mer pourrait offrir une garantie, si les personnes indispensables
à témoigner ne sauraient s’y transporter, à cause de l’infirmité
corporelle ou de l’âge ou de nombreux autres empêchements?
Quant à envoyer des personnes de l’entourage de votre sainteté,
nous ne le trouvons autorisé par aucun des synodes des pères;
car, ce qui fut jadis envoyé de là-bas par l’intermédiaire de
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 279 sur 493 copyright ©
Faustin, notre frère dans l’épiscopat, comme décision du concile
de Nicée, nous ne l’avons point trouvé dans les copies
véridiques du concile de Nicée, faites d’après les textes
authentiques, que nous avons reçues, envoyées par le très saint
Cyrille, notre frère et évêque de l’Église d’Alexandrie, et de la
part du vénéré Atticus, évêque de Constantinople, copies qui
bien avant ce jour ont été expédiées de notre part à Boniface
évêque, votre prédécesseur de sainte mémoire, par le prêtre
innocent et le sous-diacre Marcel, par lesquels elles nous
avaient été apportées de la part des évêques nommés plus haut.
Veuillez donc ne point envoyer des clercs commissaires ni en
octroyer à ceux qui vous le demandent, afin que nous ne
semblions pas introduire l’orgueil de domination du siècle dans
l’Église du Christ, qui offre la lumière de la simplicité et le jour
de l’humilité à ceux qui désirent voir Dieu. Quant au
déplorable Apiarius, exclu déjà de l’Église du Christ par notre
frère Faustin à cause de ses illicites infamies, nous sommes
désormais sans inquiétude, que l’Afrique n’aura plus à le
souffrir, lorsque votre sainteté, la charité fraternelle étant sauve,
aura examiné et réglé son sort.
La signature. Dieu garde votre sainteté pour un long temps,
priant pour nous, seigneur frère.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 280 sur 493 copyright ©
CANON DU SYNODE DE CONSTANTINOPLE (394)
Extraits des actes du synode, tenu à Constantinople au sujet
d’Agapius et Gabadius, revendiquant tous deux le siège de
Bostres.
Combien faut-il d’évêques pour élire ou pour déposer un
évêque.
Sous le consulat de nos empereurs très pieux et aimés de Dieu,
Flavius Arcadius auguste, consul pour la troisième fois, et
Honorius, consul pour la deuxième fois, le troisième jour avant
les calendes d’octobre, dans le baptistère de la très sainte église
cathédrale de Constantinople, alors que siégeaient les très
saints évêques : Nectaire de la même ville de Constantinople,
Théophile d’Alexandrie, Flavien d’Antioche, Hellade de
Césarée en Cappadoce, Gélase de Césarée en Palestine,
Grégoire de Nysse, Amphiloque d’Iconium, Paul d’Héraclée,
Arabien d’Ancyre, Ammon d’Adrianople, Phalère de Tarse,
Lucius d’Hiéraple, Elpide de Laodicée, Paul de Xéos, Dioscore
d’Hermopolis, Probatius de Véronique, Théodore de
Mopsueste, Bizus de Séleucie, Epagathe de Marcianopolis,
Géronte de Claudiopolis et différents autres évêques avec
l’ensemble des prêtres; Gabadius et Agapius étant introduits,
Nectaire évêque de Constantinople dit : Notre saint synode
s’étant avec la Grâce de Dieu réuni de nouveau dans ce saint
lieu, si l’assemblée de nos saints frères dans l’épiscopat le juge
bon, puisque précisément je vois ici-présents nos frères
Gabadius et Agapius qui se disputent l’évêché de Bostra, qu’ils
commencent àfaire valoir l’un et l’autre leurs droits.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 281 sur 493 copyright ©
Après qu’on eût traité certaines questions qui les concernaient
et qu’il fût prouvé que la déposition du dit Gabadius avait été
prononcée par deux seuls évêques, déjà défunts au temps du
présent synode, Arabien évêque d’Ancyre dit : Ce n’est pas la
crainte pour l’issue du présent débat, mais celle de l’avenir tout
entier, qui me fait instamment demander au saint synode de
déclarer, s’il est permis de laisser faire une déposition d’évêque
par deux seuls évêques ou non, et en l’absence de l’accusé, oui
ou non. Je ne veux rien préjuger de la présente affaire; mais je
crains qu’on ne s’autorise des actes présents, pour oser en faire
autant; c’est pourquoi j’insiste pour que vous répondiez àma
question.
Nectaire évêque de Constantinople dit : La proposition du très
pieux évêque Arabien mérite tout éloge, ne pouvant nous ériger
en juges, sans condamner le passé, nous chercherons à garantir
l’avenir.
Arabien évêque d’Ancyre dit : Le passé, le concile des
bienheureux pères de Nicée le condamne déjà, en prescrivant
que les évêques électeurs ne doivent pas être moins de trois, et
que rien ne se fasse en l’absence du métropolitain; c’est,
préoccupé de l’avenir, que j’ai posé ma question. Je vous prie
donc instamment de déclarer ouvertement, sans ambage et sans
laisser de doutes, qu’il n’est point permis que deux seuls évêques
élisent ou déposent un autre évêque, suivant le concile de
Nicée.
Et peu après, Théophile évêque d’Alexandrie dit : Nous ne
saurions prononcer un vote de désapprobation contre les
défunts, ce serait condamner des absents; mais s’il faut
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 282 sur 493 copyright ©
examiner le cas de ceux qui àl’avenir devraient déposer
quelqu’un, il convient, me semble-t-il, que non seulement trois,
mais même, si possible, tous les évêques de la province soient
présents, afin que le vote d’un si grand nombre démontre la
rectitude de la condamnation de celui qui, présent et devant un
tribunal régulier, fut jugé digne de déposition.
Nectaire évêque de Constantinople dit : Dans la discussion des
propositions de loi et des décrets il est normal de ne pas
s’appuyer sur des cas particuliers. Donc, conformément àla
proposition du très saint évêque Arabien, désireux d’assurer
l’avenir, le vote du très saint évêque Théophile a précisé dans un
esprit de prudence et d’humanité, qu’àl’avenir l’accusé ne
pourrait plus être jugé et déposé par trois et encore moins par
deux évêques, mais par la sentence d’un synode nombreux des
évêques de la province, comme l’exigent les canons
apostoliques.
Flavien évêque d’Antioche dit : Les projets déposés par les
évêques de l’entourage du très saint et pieux évêque Nectaire et
de celui du très saint et pieux évêque Théophile sont clairs et
nous tous de l’église y consentons volontiers.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 283 sur 493 copyright ©
CANONS DU SYNODE DE GANGRES
Les 20 canons des saints pères réunis à Gangres, canons qui
furent publiés après le concile de Nicée.
Lettre Synodale
Aux seigneurs nos frères dans l’épiscopat en Arménie, nous,
Eusèbe Elien, Eugène, Olympe, Bithynicos, Grégoire, Philétos,
Pappos, Eulalios, Hypatios, Proérésios, Basile, Bassos, réunis au
saint synode de Gangres, le salut dans le Seigneur.
Comme le saint synode des évêques réunis dans l’église de
Gangres pour traiter certaines affaires ecclésiastiques, en
examinant entre autres celle d’Eustathe, a trouvé bien des
choses faites par l’entourage d’Eustathe contre la règle
ecclésiastique, il s’est vu obligé de prendre des décisions et s’est
empressé de les rendre manifestes à tous pour condamner ce
qui se fait à tort par eux. Car, du fait qu’ils blâment le mariage
et suggèrent par là qu’aucun de ceux qui sont mariés ne peut
espérer de Dieu le salut, de nombreuses femmes mariées déçues
par eux ont quitté leurs maris et des maris leurs femmes;
ensuite, n’ayant pu vivre depuis dans la continence, ils ont
commis l’adultère et en furent couverts de honte. Il s’en est
trouvé aussi qui quittèrent les maisons de Dieu et les églises
paroissiales, étant pleins de mépris pour l’église et ceux d’église,
et tenant des assemblées particulières, des cérémonies et
homélies différentes et tout le reste pour s’opposer aux églises
paroissiales et à ce qui se fait dans les églises; ils portent des
habits étranges par mépris pour les habits du commun; se
regardant comme des saints, ils se partagent entre eux et les
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 284 sur 493 copyright ©
leurs les dons faits à l’Église, qui de tout temps revenaient à
l’Église; des esclaves quittèrent leurs maîtres, témoignant par
leur étrange habillement du mépris à l’égard de leurs maîtres;
des femmes ont pris contre l’usage des habits d’homme au lieu
d’habits de femme, pensant qu’elles atteignaient la sainteté par
ce moyen; bon nombre d’entre elles ont même fait couper leur
chevelure naturelle sous prétexte de piété; ils gardent le jeûne
en dimanche, comptant pour rien la sainteté de ce jour libre de
toute pénitence; tandis qu’ils se croient au dessus des jeûnes
prescrits dans les églises et les rompent, cependant, certains
d’entre eux ont en horreur de manger de la viande; ils ne
veulent pas prier dans les maisons de gens mariés, ni prendre
part à l’offrande qui a souvent lieu dans les maisons de gens
mariés; ils méprisent les prêtres mariés et ne touchent point
aux Liturgies offertes par eux; ils condamnent les assemblées
auprès des tombeaux des martyrs, ceux qui s’y réunissent et y
célèbrent; de même, ils condamnent les riches qui ne quittent
pas tout ce qu’ils possèdent, comme des gens sans espoir auprès
de Dieu; il y a bien d’autres points qu’on ne peut énumérer, car
chacun d’eux s’est fait des lois particulières, une fois la règle
ecclésiastique abandonnée; car cela s’est fait non point d’un
commun accord, mais chacun d’eux en a ajouté, pour dénigrer
l’église et pour son propre dam, ce qui lui a passé par la tête. A
cause de tout cela le saint synode réuni à Gangres s’est vu
obligé de les condamner et d’édicter par des canons, qu’ils sont
rejetés de l’église. Si cependant ils se repentent et
anathématisent chacune de ces erreurs, ils seront reçus. C’est
pourquoi le saint synode a exposé chaque point en particulier,
qu’ils doivent anathématiser pour être reçus, Mais si quelqu’un
ne consent pas à ce qui a été dit, qu’il soit anathématisé comme
hérétique, qu’il soit privé de la communion et séparé de
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 285 sur 493 copyright ©
l’Église, et les évêques devront mettre en garde tous ceux de
leur territoire contre un tel.
[Link] ceux qui ont horreur du mariage légitime.
Si quelqu’un blâme le mariage et déteste ou blâme celle qui en
étant par ailleurs chrétienne et pieuse dort avec son mari,
comme ne pouvant entrer dans le royaume de Dieu, qu’il soit
anathème.
De ceux qui ont horreur de manger de la viande.
Si quelqu’un condamne celui qui étant par ailleurs chrétien et
pieux, mange de la chair, à l’exception du sang, des mets
immolés aux idoles et des animaux impurs, comme s’il perdait
par cela tout espoir de salut, qu’il soit anathème.
Des esclaves qui s’insurgent contre leurs maîtres sous le couvert
de vie ;chrétienne.
Si quelqu’un sous prétexte de piété enseigne à un esclave de
mépriser son ;maître et de quitter son service et de ne pas le
servir avec toute la bienveillance et l’honneur, qu’il soit
anathème.
De ceux qui se font un cas de conscience de communier de la
main d’un prêtre marié.
Si quelqu’un juge qu’il ne doit pas prendre part à la
communion pendant la ;Liturgie célébrée par un prêtre marié,
qu’il soit anathème.
De ceux qui méprisent les assemblées liturgiques des églises
paroissiales.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 286 sur 493 copyright ©
Si quelqu’un enseigne qu’on peut mépriser la maison de Dieu
et les offices qui s’y célèbrent , qu’il soit anathème.
De ceux qui célèbrent des offices en dehors des églises
paroissiales.
Si quelqu’un célèbre des offices religieux en privé hors de
l’église paroissiale, et méprisant l’église veut faire ce qu’elle seule
a le droit de faire, sans la présence du prêtre agréé par l’évêque,
qu’il soit anathème.
Des offrandes pour l’église, faites sans le consentement de
l’évêque.
Si quelqu’un veut recevoir des dons offerts à l’église ou en faire
indépendamment de l’église, sans l’assentiment de l’évêque ou
de celui qui est préposé à ce service, ou s’il ne veut pas agir avec
l’agrément de celui-ci, qu’il soit anathème.
Des offrandes pour les pauvres, faites sans le consentement de
l’évêque.
Si quelqu’un fait des dons pour les pauvres ou en reçoit sans
l’assentiment de l’évêque ou de celui qui est chargé de
l’administration de la bienfaisance, celui qui donne et celui qui
reçoit sont également frappés d’anathème.
De ceux qui professent la virginité parce qu’ils ont le mariage
en horreur.
Si quelqu’un garde la virginité ou la continence, quittant le
siècle par mépris pour le mariage et non pas à cause de la
beauté et de la sainteté de la virginité, qu’il soit anathème.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 287 sur 493 copyright ©
De ceux qui s’enorgueillissent de leur profession de virginité.
Si quelqu’un de ceux qui gardent la virginité pour l’amour du
Seigneur se montre plein d’orgueil vis-à-vis de ceux qui sont
mariés, qu’il soit anathème.
De ceux qui se rient des repas offerts aux pauvres.
Si quelqu’un méprise ceux qui avec esprit de foi offrent des
repas aux pauvres et y invitent leurs frères en l’honneur du
seigneur, et s’il ne répond pas à ces invitations parce qu’il
regarde la chose comme de peu d’importance, qu’il soit
anathème.
De ceux qui portent le manteau des philosophes et se moquent
des gens habillés de la bure romaine.
Si sous prétexte d’ascétisme un homme revêt le manteau des
philosophes et se croyant juste par ce fait même, il méprise
ceux qui vivant dans la piété portent la bure romaine et
s’habillent comme tout le monde, qu’il soit anathème.
Des femmes qui mettent des habits d’hommes.
Si sous prétexte d’ascétisme une femme change ses habits et au
lieu des habits habituels de femme prend des habits d’homme,
qu’elle soit anathème.
Des femmes qui abandonnent leurs maris.
Si une femme abandonne son mari et veut quitter le siècle par
mépris de l’état de mariage, qu’elle soit anathème.
De ceux qui sous prétexte de piété négligent leurs enfants.
Si quelqu’un abandonne ses enfants et ne les élève pas, s’il ne
leur inspire pas autant qu’il est en son pouvoir la piété qui leur
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 288 sur 493 copyright ©
convient, mais sous prétexte d’ascétisme il les néglige, qu’il soit
anathème.
De ceux qui sous prétexte de piété négligent leurs parents.
Si des enfants, particulièrement des enfants de parents
chrétiens, quittent le siècle et ne rendent pas à leurs parents
l’honneur qui leur est dû, donnant par là la préférence à la piété
envers Dieu, qu’ils soient anathème.
Des femmes qui sous prétexte de piété se coupent les cheveux.
Si sous prétexte d’ascétisme une femme se coupe les cheveux
que Dieu lui a donnés pour lui rappeler sa dépendance, vu
qu’elle énerve par là le précepte de l’obéissance, qu’elle soit
anathème.
De ceux qui jeûnent le dimanche.
Si quelqu’un sous prétexte d’ascétisme jeûne le dimanche, qu’il
soit anathème.
De ceux qui ne gardent pas les jeûnes d’Église.
Si sans nécessité corporelle, mais seulement par orgueil un
ascète n’observe pas les jeûnes, prescrits au peuple chrétien par
la tradition et observés par l’Église, avec la pensée secrète qu’il
a atteint le rang des parfaits, qu’il soit anathème.
De ceux qui détestent les assemblées liturgiques auprès des
tombes des martyrs.
Si quelqu’un sous le coup de l’orgueil ou de l’aversion critique
les assemblées auprès des tombeaux des martyrs, ou les services
divins qui s’y célèbrent et les mémoires des martyrs, qu’il soit
anathème.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 289 sur 493 copyright ©
Épilogue
Nous avons rédigé cet écrit, non pour exclure ceux qui dans
l’église de Dieu veulent pratiquer l’ascétisme conformément
aux règles de l’écriture sainte, mais pour exclure ceux qui
n’ayant que leur orgueil pour ascétisme, veulent s’élever au-
dessus de ceux qui mènent une vie ordinaire, et introduire des
nouveautés également opposées à l’écriture sainte et aux canons
ecclésiastiques. Pour notre part, nous éprouvons de l’admiration
pour la virginité unie à l’humilité et nous admettons la
continence jointe à la piété et à la modestie. Nous admirons le
fait de s’éloigner des affaires du monde par humilité; nous
honorons l’état de mariage rempli de modestie et ne méprisons
pas la richesse qu’accompagnent la justice et la bienfaisance.
Nous louons la modestie et la simplicité des habits, qui sans
trop d’artifices servent à couvrir le corps, mais nous rejetons les
modes dans les habits, qui favorisent la mollesse et le luxe.
Nous honorons la maison de Dieu et saluons comme saintes et
profitables les assemblées qui s’y tiennent; sans confiner
cependant la piété dans ces maisons, nous honorons, au
contraire, tout lieu sur lequel on a bâti en l’honneur du nom de
Dieu. Nous approuvons l’assemblée religieuse qui se fait dans
l’église (paroissiale) pour le bien de la communauté. Nous
n’avons que des louanges pour la grande bienfaisance des frères
à l’égard des pauvres, qui s’exerce par l’intermédiaire de l’Église,
comme le veut la tradition. Pour tour dire en un mot, nous
souhaitons que l’on fasse dans l’Église ce qui nous a été
transmis par les saintes écritures et les traditions apostoliques.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 290 sur 493 copyright ©
CANONS DU SYNODE PRIME- SECOND (861)
Canons exposés par le grand synode, Prime-second tenu à
Constantinople dans l’église des saints et glorieux apôtres.
Que c’est avec le consentement de l’évêque qu’un monastère
doit être construit.
La réfection des monastères, chose si vénérable et précieuse et
si bien pensée jadis par nos saints pères, se voit mal pratiquée
de nos jours; en effet, certains donnant le nom de monastère à
leur bien et avoir et promettant de les vouer à Dieu, s’inscrivent
eux-mêmes comme maîtres des biens consacrés et s’ingénient à
imaginer une consécration à Dieu qui n’est qu’un vain nom,
puisqu’ils ne rougissent pas d’usurper même après la
consécration la propriété des biens que rien ne les empêchait
de garder comme jusque-là. Et ils en vinrent à trafiquer sur ce
genre d’affaires au point qu’un grand nombre des biens
consacrés à Dieu sont vendus à la vue de tous par ceux-là
mêmes qui les ont consacrés, au grand étonnement et scandale
de ceux qui les voient faire. Et non seulement ils ne se
repentent pas de s’arroger la propriété de ce qu’ils ont une fois
pour toutes consacré à Dieu, mais même ils la transmettent
sans crainte à d’autres. C’est pourquoi le saint synode a décidé,
qu’il ne soit permis à personne de fonder un monastère sans
l’avis et le consentement de l’évêque. Mais au su de celui-ci et
avec son autorisation, sa bénédiction accomplie, comme en ont
décidé pieusement les anciens, on érigera le monastère et l’on
inscrira dans le bref d’érection le monastère lui-même et tout ce
qui lui appartient et l’on déposera le bref dans les archives
épiscopales; celui qui les dédie à Dieu n’aura point le droit sans
l’avis de l’évêque, de substituer higoumène du monastère fondé
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 291 sur 493 copyright ©
ou d’en restituer un autre à sa place; car si personne ne peut
rester maître de ce qu’il a une fois pour toutes donné à
quelqu’un, comment sera-t-on autorisé à détourner à son profit
la propriété de ce qu’on a consacré et dédié à Dieu ?
Que la présence de celui qui recevra le moine est requise.
Comme il y en a qui feignent d’embrasser la vie monastique,
non point avec la pure intention de servir Dieu, mais pour tirer
gloire de piété de l’habit vénérable de moine et trouver la
jouissance abondante des plaisirs qu’ils convoitent, car ne
faisant que se tondre les cheveux, ils demeurent dans leur
propre maison, sans y accomplir aucun des offices religieux ou
des obligations du moine, le saint synode a décidé qu’on
n’accordera à personne absolument l’habit monastique sans la
présence de celui qui le recevra sous son obédience et
s’engagera à le conduire et à pourvoir au salut de son âme, qui
sera par conséquent un homme pieux, supérieur d’un
monastère et capable de pourvoir au salut d’une âme encore
novice au service du Christ.
Si donc quelqu’un est pris donnant la tonsure monacale à un
homme sans la présence de l’higoumène qui doit le recevoir
sous son obédience, qu’il soit déposé pour avoir désobéi aux
canons et essayé de renverser la discipline monastique; quant à
celui qui fut tonsuré déraisonnablement et contre l’ordre, il sera
remis à la vie d’obéissance dans un monastère, que l’évêque du
lieu choisira. En effet, les tonsures faites sans jugement et
garantie déshonorent l’habit monacal et font blasphémer le
nom du Christ.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 292 sur 493 copyright ©
De celui qui se soucie peu des moines qu’on lui a confiés.
Un autre point aussi, qui est mal pratiqué et, ce qui est pis
encore, échappe à l’attention et se trouve négligé, a été jugé
digne d’être corrigé. Si donc un supérieur de monastère ne
recherche pas avec grand soin les moines fugitifs de son
obédience, ou une fois retrouvés, ne les reçoit pas et ne s’efforce
pas de guérir la partie malade par une cure convenable
appropriée à la faute, et de la fortifier, celui-là le saint synode
ordonne qu’il sera excommunié. Car si celui qui a pris sur lui de
veiller sur les bêtes sans raison et néglige son troupeau, ne laisse
pas que d’être puni, comment ne serait-il pas châtié de son
impudence l’homme à qui fut confiée l’autorité pastorale sur les
agneaux du Christ et qui néglige leur salut par sa paresse et sa
négligence ?
De ceux qui quittent leur monastère et ne reviennent plus.
De nombreuses manières s’est efforcé le malin de couvrir de
honte le vénérable habit du moine et y trouva grande aide dans
le temps de l’hérésie récente; car les moines furent forcés à
cause de l’hérésie d’abandonner leurs propres monastères et de
se réfugier les uns dans d’autres monastères, les autres dans les
maisons des laïcs. Mais ce qui alors fut pour eux cause de
gloire, pratiqué qu’il était pour la vraie foi, les rend absolument
ridicules, étant devenu une coutume déraisonnable; car
maintenant que la vraie foi est partout répandue et que l’Église
est libérée des causes de scandale, il y en a encore qui s’évadent
de leurs monastères et comme un torrent impétueux, ballottés
et refluant ça et là, remplissent d’une grande confusion les
monastères, leur donnent le spectacle d’un grand désordre, et
sapent et empestent le caractère vénérable de l’obéissance. Mais
le saint synode, mettant un terme à leur élan instable et
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 293 sur 493 copyright ©
insubordonné, a décidé que le moine qui, s’enfuyant de son
monastère, se réfugie dans un autre ou demeure dans une
maison de laïcs, sera excommunié, de même que celui qui l’aura
accueilli, jusqu’à ce que le fuyard retourne au monastère dont il
s’était indûment évadé. Si cependant l’évêque voulait transférer
quelques-uns des moines, attestés pour la piété et la modestie
de leur vie, à un autre monastère en vue de la bonne marche de
celui-ci, ou à une maison de laïcs en vue du salut de l’âme de
ses habitants, ou bien encore s’il voulait bien leur confier une
charge à un autre endroit, cela ne rend coupable devant le
présent canon ni ceux qui les accueillent, ni les moines.
Du temps fixé pour éprouver les moines.
Nous constatons que les professions de vie monastique faites
sans jugement et sans épreuve préalable sont la grande peste de
la discipline monastique; en effet, quelques-uns se précipitant
avec témérité dans la vie monastique et perdant ensuite courage
devant la rudesse et les peines de l’ascèse, reviennent
misérablement à la vie de la chair et des plaisirs. C’est pourquoi
le saint synode a décidé, que personne ne soit jugé digne de
l’habit monastique, avant que la durée de trois ans, qui leur est
laissée pour leur probation, ne démontre qu’ils sont capables et
dignes de mener un genre de vie si élevée.
Cette règle doit être absolument observée, à moins qu’une
grave maladie survenant n’oblige d’abréger le temps de l’épreuve
ou bien qu’il s’agisse d’un homme pieux qui mène la vie
monastique sous l’habit d’un laïc : à propos d’un tel homme la
durée de six mois suffira pour l’épreuve entière. Si l’on agissait
contre ces prescriptions, l’higoumène décherra de son
higouménat et reprendra la vie dans l’obéissance pour se
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 294 sur 493 copyright ©
corriger de son désordre, et le moine sera remis à un autre
monastère qui observe l’exacte discipline monastique.
Que les moines ne doivent rien avoir en propre.
Les moines ne doivent rien posséder en propre, et tous leurs
biens doivent être adjugés au monastère; car le bienheureux
Luc dit de ceux qui ont cru au Christ et sont le modèle de la
vie monastique, qu’aucun d’eux ne disait sien quoi que ce fût,
mais qu’ils avaient tout en commun. Pour cette raison il est
laissé libre à ceux qui veulent devenir moines, de disposer de
leurs biens auparavant et de léguer ce qui leur appartient aux
personnes de leur choix, à condition évidemment que celles-ci
ne soient point interdites par la loi; car après qu’ils seront
devenus moines, le monastère aura la propriété de tout ce qui
leur revient, et il ne leur sera point accordé de s’occuper de leurs
biens ou d’en disposer. Si quelqu’un est convaincu de posséder
une propriété, qui ne fut pas adjugée au monastère, et se rend
ainsi esclave de la passion de posséder, la propriété sera reprise
par l’higoumène ou par l’évêque et vendue devant témoins et
l’argent sera distribué aux pauvres et indigents; quant à celui
qui a médité de soustraire cette propriété à l’exemple de
l’Ananie de jadis, le saint synode a décidé qu’il sera corrigé par
la peine canonique appropriée. Il est évident que tous les
canons votés par ce saint synode pour les moines, vaudront
juste titre aussi pour les moniales.
Que l’évêque ne doit pas édifier un monastère au détriment de
son diocèse.
Nous voyons beaucoup d’évêchés décliner et menacés d’une
ruine complète, parce que leurs pasteurs emploient à la
construction de nouveaux monastères le soin et le zèle qu’ils
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 295 sur 493 copyright ©
auraient dû dépenser pour ceux-là; et les taillant en pièces et
s’ingéniant à s’approprier leurs revenus, ils se préoccupent d’en
enrichir ces monastères.
C’est pourquoi le saint synode a ordonné qu’il ne sera permis à
aucun évêque de construire un nouveau monastère au
détriment de son évêché. Si quelqu’un est convaincu d’avoir osé
cela, il sera, lui, sujet à la peine canonique convenable, et le
nouvel édifice construit par lui, vu qu’il n’a acquis pas même le
commencement d’un droit d’érection en monastère, sera adjugé
à l’évêché comme sa propriété car rien de ce qui vient à se faire
contre la loi et l’ordre ne peut préjuger contre ce qui a été
régulièrement constitué.
De ceux qui procèdent à la castration sans raison de maladie.
Le divin et sacré canon des saints apôtres condamne comme
des meurtriers d’eux-mêmes ceux qui se châtrent eux-mêmes;
et si ce sont des prêtres, il les dépose, s’ils y aspirent, il les
empêche d’avancer vers la prêtrise; il nous manifeste par là, que
si celui qui se châtre lui-même est son propre meurtrier, celui
qui ch’*tre un autre est de toute façon un meurtrier; et l’on
pourrait à juste titre considérer un tel comme un
blasphémateur de la création.
C’est pourquoi le saint synode a ordonné, que si un évêque ou
un prêtre ou un diacre est convaincu d’avoir rendu eunuque un
homme, soit de sa propre main soit en ordonnant de le faire, il
sera sujet à la déposition; si c’est un laïc il sera excommunié.
Excepté si une maladie survenant par hasard forçait à la
castration du malade; car de même que le premier canon du
concile de Nicée ne punit point ceux qui furent mutilés
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 296 sur 493 copyright ©
pendant la maladie, à cause de la maladie, de même nous ne
condamnons pas les prêtres qui commandent de rendre
eunuques les malades, ni ne tenons pour responsables les laïcs
qui procèdent de leur propre main à la castration; car nous
estimons cela comme un remède à la maladie, non point
comme un attentat contre la créature ou une injure à la
création.
Des prêtres qui frappent ou font frapper.
Le divin canon des apôtres punissant de déposition les prêtres,
à qui entreprennent de frapper les fidèles en faute ou les
infidèles coupables d’injustices, voici que des gens ingénieux de
satisfaire à leur tempérament colérique et falsificateurs des
ordonnances apostoliques, interprètent le mot frapper dans le
sens de frapper de sa propre main, alors que ni le canon ne
laisse rien entendre de pareil, ni la droite raison ne permet de le
penser. En effet, il serait vain et bien dangereux, de déposer
celui qui de sa propre main a donné à quelqu’un trois ou quatre
coups, tandis qu’on laisserait sans châtiment celui qui, le cas
échéant, frapperait sur commandement, et augmenterait la
punition sans miséricorde jusqu’à occasionner la mort.
C’est pourquoi, comme le canon punit simplement le fait de
frapper, nous aussi en décidons de même; car un prêtre de Dieu
doit reformer l’homme vivant dans le désordre en le
sermonnant et lui donnant des conseils, parfois même en lui
appliquant les peines canoniques, et non point en faisant
violence aux corps des hommes par les coups de fouets et de
b’tons; et s’il s’en trouve qui soient totalement rebelles et qui ne
veuillent se rendre aux corrections des peines canoniques, ceux-
là personne n’empêche de les faire corriger, en faisant appel aux
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 297 sur 493 copyright ©
autorités civiles du lieu; car le cinquième canon du synode
d’Antioche a ordonné, lui aussi, de faire rentrer dans l’ordre par
le bras séculier ceux qui causent du trouble et occasionnent des
séditions dans l’Église.
De ceux qui emploient les choses sacrées pour leur usage
personnel.
Ceux qui se sont rendus esclaves de leurs passions non
seulement ne frémissent point devant le châtiment dont les
saints canons les menacent, mais ils osent même les railler
outrageusement; car ils en pervertissent le sens et le faussent
comme le veut leur passion, en sorte que, dit saint Grégoire le
théologien, tout en flattant leur propre passion, le mal ne leur
soit point imputable, mais même qu’il puisse paraître conforme
à la volonté de Dieu. En effet, le canon apostolique qui dit :
Que personne ne s’approprie dorénavant pour son propre usage
un vase sacré d’or ou d’argent ou un voile sacré, car c’est contre
la loi; qui sera convaincu d’une telle faute, sera puni
d’excommunication : l’interprétant en faveur de leur iniquité, il
ne faut pas, disent-ils, juger dignes de déposition ceux qui font
de la vénérable nappe du saint autel un manteau pour eux-
mêmes ou quelque autre vêtement, ni même ceux-là aussi,
quelle impiété!, qui se servent du saint calice ou de la vénérée
patène ou des objets semblables du culte à leur propre usage ou
les profanent ainsi; car le canon, disent-ils, ordonne de
soumettre ceux qui commettent une telle faute à la peine de
l’excommunication, mais non pas à celle de la déposition.
Mais qui saurait souffrir la grandeur d’une telle falsification et
impiété ? Alors que le canon fulmine l’excommunication contre
ceux qui ne s’approprient une chose sacrée que pour s’en servir,
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 298 sur 493 copyright ©
et non pas pour s’en rendre complètement maîtres, ces gens-là
déclarent libres de la déposition ceux qui volent et profanent
les objets sacrés et qui souillent les vénérables patènes et les
calices sacrés, autant du moins qu’ils peuvent s’en rendre
compte, en les employant à des repas profanes; et cependant, le
sacrilège est évident et il est clair qu’en agissant de la sorte non
seulement ils méritent la déposition, mais encore ils se rendent
coupables de la dernière impiété.
C’est pourquoi le saint synode a décidé que ceux qui soustraient
à leur profit ou emploient à un usage profane le saint calice ou
la patène ou la cueillerette ou la vénérable nappe d’autel ou le
voile appelé äer ou, simplement un quelconque des saints et
sacrés vases de l’autel, nous les condamnons à une totale
déposition; car il s’agit d’une part de profanation, et de l’autre
de vol d’objets sacrés. Tandis que ceux qui emploient à un usage
profane pour eux ou pour d’autres les vases ou les parements
destinés au service extérieur du sanctuaire, tombent sous
l’excommunication du canon cité, et nous les excommunions
nous aussi; mais s’ils se les approprient complètement, nous les
condamnons à la peine des sacrilèges.
Des clercs qui prennent du service chez des civils.
Les divins et saints canons condamnent à la déposition les
prêtres et les diacres qui acceptent des charges ou des emplois
civils ou ce qu’on appelle une intendance dans les maisons des
seigneurs. Nous confirmons cela et l’étendant aussi aux autres
membres du clergé, nous ordonnons que si quelqu’un d’entre
eux administre des charges civiles ou accepte ce qu’on appelle
une intendance dans les maisons des seigneurs ou dans leurs
propriétés rurales, celui-là sera chassé de son office clérical; car
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 299 sur 493 copyright ©
personne ne peut, selon les propres paroles véridiques du Christ
notre vrai Dieu, servir deux maîtres à la fois.
Des clercs qui célèbrent dans des oratoires privés sans le
consentement de leurs évêques.
Le sixième saint concile oecuménique condamne à la
déposition les clercs qui contre l’avis de l’évêque célèbrent la
sainte messe « ou baptisent » dans les oratoires se trouvant à
l’intérieur d’une maison privée, et nous approuvons cela, nous
aussi; car dans ce temps où l’Église va le droit chemin et
confesse la parole de la vérité et enseigne l’honnêteté de la vie
et y veille, il serait malsonnant et impie d’accorder à ceux qui
vivent dans la grossièreté et l’indiscipline de rompre la beauté
de son bon ordre, en s’infiltrant dans les maisons privées, et de
la remplir ainsi de beaucoup de troubles et de scandales.
C’est pourquoi le présent saint synode protégé de Dieu, de
plein accord avec le sixième saint concile oecuménique, a
décidé que ceux qui veulent célébrer dans les oratoires, se
trouvant à l’intérieur de maisons privées, doivent y être
autorisés, l’autorisation étant accordée, évidemment, par
l’évêque du lieu. Si donc à l’encontre de ces canons, des clercs
osaient sans le consentement de l’évêque, pénétrer dans les
maisons privées et s’y mettre à célébrer de la messe, qu’ils
soient déposés et que ceux qui communient avec eux soient
excommuniés.
Du schisme des clercs d’avec leurs évêques.
Le malin entre tous, ayant jeté dans l’Église du Christ les
zizanies des hérétiques et les voyant coupées avec la racine par
le glaive du saint Esprit, en vint à une autre voie détournée,
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 300 sur 493 copyright ©
essayant de diviser le corps du Christ par la folie des
schismatiques. Mais le saint synode mettant complètement fin
à cette machination aussi a décidé que dorénavant, si un prêtre
ou un diacre osait se séparer de la communion de son évêque,
sous prétexte qu’il a à lui reprocher certaines fautes, avant que
le synode des évêques n’ait instruit et examiné l’affaire et
prononcé la sentence définitive de condamnation contre lui, et
ne commémore pas son nom pendant les prières sacrées de la
messe, comme le veut la tradition de l’Église, celui-là sera
soumis à la déposition et privé de tout honneur sacerdotal; en
effet, celui qui, simple prêtre, s’arroge de juger au lieu et place
des métropolitains et condamne avant tout jugement, autant
qu’il est en son pouvoir, son père et évêque, un tel n’est même
pas digne du rang ou du nom de prêtre. Ceux qui le suivent, si
ce sont des prêtres, qu’ils soient eux-aussi déchus de leur grade;
si ce sont des moines ou des laïcs, qu’ils soient complètement
excommuniés de l’Église, jusqu’à ce qu’ils aient rompu tout
contact avec les schismatiques et soient revenus à leur évêque.
Du schisme des évêques d’avec leurs métropolitains.
Si un évêque, prétextant un grief contre son métropolitain,
avant l’instruction de l’affaire par le synode des évêques, se
sépare de sa communion et ne commémore pas son nom, selon
la coutume, pendant la divine célébration des mystères, celui-là
le saint synode a décidé qu’il soit déposé, dès qu’il sera
convaincu de s’être séparé de son métropolitain et avoir
provoqué un schisme. Car chacun doit garder la mesure qui lui
convient, et ni le prêtre ne doit mépriser son évêque, ni l’évêque
son métropolitain.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 301 sur 493 copyright ©
Du schisme des métropolitains d’avec leurs patriarches.
Les décisions prises à propos des prêtres et des évêques
s’appliquent encore plus à propos des patriarches. C’est
pourquoi, si un prêtre ou un évêque ou un métropolitain osait
se séparer de la communion de son patriarche et ne
commémorait pas son nom, comme cela fut établi et fixé,
pendant la divine célébration des mystères, et si, avant qu’un
synode d’évêques ne le cite à son tribunal et ne le condamne
définitivement, il provoquait un schisme, celui-là le saint
synode a décidé qu’il soit complètement dépouillé de toute
dignité sacerdotale, dés qu’il sera convaincu d’avoir commis
cette iniquité.
Ces décisions ont été prises et confirmées contre ceux qui sous
le prétexte de quelqu’accusation se séparent des supérieurs
hiérarchiques et provoquent des schismes et déchirent l’unité
de l’Église. Car ceux qui pour la raison d’une hérésie
condamnée par les saints synodes ou par les Pères, s’écartent de
la communion de leur supérieur hiérarchique, à condition que
celui-ci prêche publiquement l’hérésie et l’enseigne tête
découverte du haut de l’ambon à l’église, ceux-là, non
seulement ils ne seront pas sujets à la peine canonique, en se
défendant de communier avec le prétendu évêque avant
l’instruction de sa cause par un tribunal d’évêques, mais même
ils auront les honneurs dus aux défenseurs de l’orthodoxie; car
ils ne condamnèrent pas des évêques, mais des faux évêques et
des faux docteurs et ils ne déchirèrent pas l’unité de l’Église par
des schismes, mais au contraire ils s’efforcèrent de préserver
l’Église de schismes et de divisions.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 302 sur 493 copyright ©
Qu’il ne faut pas nommer à un évêché du vivant du titulaire.
En raison des disputes et des troubles, qui sont causés dans
l’Église de Dieu, il est nécessaire d’ordonner aussi ce qui suit :
qu’en aucune façon on n’établisse un évêque dans une église,
dont le pasteur vit encore et garde ce même honneur, sauf si
lui-même de son propre gré se démettait de son évêché en
effet, il faut d’abord mener à terme la cause de de l’évêque qu’il
s’agit de chasser de son évêché, en l’instruisant selon les règles
canoniques; et alors seulement, après la déposition de celui-là,
en promouvoir un autre à sa place.
Mais, si un évêque, gardant sa dignité d’évêque, ne veut ni s’en
démettre, ni exercer sa charge pastorale auprès de son peuple,
mais reste plus de six mois loin de son diocèse, sans y être
retenu par un ordre impérial, ni y remplir un office au service
de son patriarche, ni y être sous le coup d’une maladie grave,
qui le condamne à l’immobilité absolue, un tel évêque, qui ne
serait empêché par aucune des raisons énumérées, s’il
s’absentait de son diocèse et restait dans un endroit autre que
son diocèse au delà de la durée de six mois, sera dépouillé
complètement de l’honneur et de la dignité épiscopale; car le
saint synode a décidé que celui qui négligerait le troupeau pris
en charge et demeurerait dans un endroit autre que son diocèse
au delà de l’espace de six mois, sera dépouillé complètement de
la dignité pontificale, qui l’a constitué pasteur de son troupeau,
et un autre sera intronisé à l’évêché en son lieu et place.
Qu’un laïc ou un moine ne doivent pas devenir sur-le-champ
évêques.
Ayant à pourvoir en toutes choses à la bonne discipline
ecclésiastique, nous avons jugé nécessaire d’ordonner aussi ce
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 303 sur 493 copyright ©
qui suit : Que dorénavant aucun laïc ou moine ne soit élevé
d’un coup à la haute dignité de l’épiscopat, mais qu’il fasse
d’abord ses preuves dans les autres degrés ecclésiastiques avant
de recevoir l’ordination épiscopale. En effet, bien que jusqu’à
présent dans des cas de nécessité urgente, certains laïcs ou
moines furent jugés dignes de recevoir immédiatement
l’honneur de l’ordination épiscopale, parce qu’ils s’étaient
distingués dans la pratique de la vertu et qu’ils avaient
contribué à l’édification de leur diocèse, cependant nous ne
voulons point faire de ces cas d’exception la règle générale, et
nous ordonnons que désormais cela ne se fera plus, sans que le
candidat à l’ordination épiscopale ne monte régulièrement les
degrés du sacerdoce, en restant dans chaque ordre tout le temps
prescrit.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 304 sur 493 copyright ©
CANONS DU SYNODE DE SAINTE SOPHIE
Canons exposés par le saint synode, tenu dans le célèbre temple
de la sagesse du Verbe de Dieu, qui confirma le septième
concile oecuménique et écarta toute erreur schismatique et
hérétique.
De ceux qui furent soumis aux peines canoniques par l’évêque
de Rome, pour qu’ils le soient aussi par celui de
Constantinople, et vice-versa.
Le saint et oecuménique concile a décidé que les clercs, les laïcs
et les évêques, originaires d’Italie et demeurant en Asie, en
Europe ou en Libye, qui auront été liés par l’excommunication
ou bien condamnés à la déposition ou à l’anathème par le très
saint pape Jean, ceux-là seront considérés par Photius le très
saint patriarche de Constantinople comme étant dans le même
degré de peine canonique, c’est-à-dire déposés, anathématisés
ou excommuniés. Mais aussi les clercs, ou les laïcs ou ceux de
l’ordre sacerdotal ou pontifical, que Photius notre très saint
patriarche aura dans n’importe quelle contrée mis sous
excommunication, déposition ou anathème, le très saint pape
Jean et la sainte Église de Dieu, qui est sous sa
juridiction,l’Église, de Rome, les considéreront comme étant
sous le coup de la même peine canonique : le présent canon ne
voulant pas du tout porter atteinte, ni pour le présent ni pour
l’avenir aux priviléges du très saint siège de l’Église de Rome et
de son chef.
Que les évêques devenus moines déchoient de leur dignité.
Bien que jusqu’à ce jour certains pontifes, qui s’abaissèrent en
prenant l’habit monastique, durent garder le sublime rang du
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 305 sur 493 copyright ©
pontificat et agissant ainsi ne trouvèrent point de
contradicteurs, cependant, ce saint et oecuménique concile,
désireux de régler cette négligence et de ramener à la
conformité avec les institutions ecclésiastiques cette conduite
désordonnée, a décidé, que si un évêque ou quelqu’un
possédant la dignité pontificale, s’abaisse à vouloir mener la vie
monastique et à se remettre à la vie pénitente, un tel n’aura plus
à se réclamer de la dignité pontificale.
En effet, les voeux des moines comportent obéissance et
docilité à un maître, et non point fonction d’enseignement ou
de gouvernement; ils ne donnent pas d’être pasteur d’âmes,
mais d’être sous un pasteur.
C’est pourquoi, nous ordonnons, comme déjà dit, qu’aucun de
ceux qui sont inscrits sur le rôle des pontifes et des pasteurs ne
s’abaisse à se placer parmi les membres du troupeau et parmi
les pénitents. Si quelqu’un osait faire cela, après la publication
et la prise de connaissance de la présente décision, s’étant
dépouillé lui-même du grade pontifical, il ne retournera plus à
la dignité première, qu’il a reniée par ses actes.
De ceux qui frappent ou emprisonnent des évêques.
Si quelque laïc de sa propre autorité et au mépris des divins
édits impériaux, se riant aussi des terrifiantes peines des canons
et des lois de l’Église, osait frapper ou mettre en prison un
évêque, sans raison ou bien en s’en forgeant une lui-même, qu’il
soit anathème.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 306 sur 493 copyright ©
Les canons des Pères de l’Eglise
LETTRE DU BIENHEUREUX DENYS
ARCHEVÊQUE D’ALEXANDRIE
Denys à Basilide, mon fils bien cher, frère dans le sacerdoce et
serviteur digne de dieu, salut dans le Seigneur.
A quelle heure du samedi saint, dans la nuit, avant la pointe du
saint dimanche faut-il rompre le jeûne ?
Vous m’avez écrit, mon fils très fidèle et très érudit, pour vous
informer de l’heure où l’on doit rompre le jeûne à l’aube de
Pâques; car les uns de nos frères, dites-vous, prétendent qu’il
faut le faire au chant du coq, les autres, qu’il le faut faire dès la
veille au soir; en effet ceux de Rome, dit-on, attendent que le
coq ait chanté, tandis que ceux d’ici, le rompent plus tôt. Or
vous cherchez à y mettre un terme exact et à fixer une heure
fort bien calculée, ce qui est difficile et en même temps peu sûr;
en effet, qu’il ne faille commencer la fête et la réjouissance
qu’après l’instant de la résurrection de notre Seigneur, en
humiliant jusque-là nos âmes par le jeûne, tout le monde en
conviendra; vous prouvez d’autre part par les arguments que
vous m’exposez et après examen des textes évangéliques, que
rien de précis n’y apparaît quant à l’heure où le Seigneur
ressuscita : en effet, les évangélistes donnent des temps variés
pour les personnes venues au tombeau et ils nous disent qu’elles
ont toutes trouvé le Seigneur déjà ressuscité; « dans la nuit du
samedi » comme le dit Matthieu; et « de grand matin, quand il
faisait encore obscur » comme Jean l’écrit; et « à la première
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 307 sur 493 copyright ©
pointe du jour » selon Luc; et « de grand matin, au lever du
soleil » selon Marc. Or, à quel moment il est ressuscité, aucun
d’eux ne nous le dit clairement mais, que tard dans la soirée du
samedi, à l’aube du premier jour après le samedi, vers le lever
du soleil du premier jour de la semaine, ceux qui sont venus au
tombeau ne l’y trouvèrent plus, ce fait-là est attesté par tous. Ne
croyons pas d’autre part que les évangélistes sont en désaccord
entre eux et se contredisent; et bien que cela semble être
vétilleux que de rechercher pourquoi ils diffèrent sur l’heure,
tout en étant tous d’accord que notre Seigneur, la Lumière du
monde, S’est levé en cette nuit-là, nous, cependant, cherchons
de bon coeur et avec fidélité à accorder leurs dires.
Or, voici la teneur du texte de Matthieu : « Tard dans la nuit du
samedi, à l’aube du premier jour de la semaine, Marie
Madeleine vint avec l’autre Marie pour voir la tombe; et voici
qu’un fort tremblement de terre eut lieu, car un ange du
Seigneur descendu du ciel, s’approcha et roula la pierre
tombale, et s’assit sur elle; son visage était illuminé comme un
éclair et son vêtement était blanc comme la neige; à sa vue les
gardiens furent bouleversés de crainte et devinrent comme des
morts. L’ange prenant la parole dit aux femmes : « Vous, ne
craignez point, car je sais que vous cherchez Jésus, qui a été
crucifié. Il n’est point ici, Il est ressuscité, comme Il l’avait dit ».
Cette parole « tard » certains pourront croire qu’elle signifie le
soir du samedi, mais ceux qui en saisissent le sens avec plus de
connaissance diront que c’est non point le soir, mais la
profonde nuit, le mot « tard », indiquant l’heure tardive et la
longue durée du temps; et parce qu’il parle de la nuit et non
point du soir, il a ajouté : « à l’aube du premier jour de la
semaine ». Et elles vinrent sans porter encore les parfums,
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 308 sur 493 copyright ©
comme le disent les autres évangélistes, mais pour voir la
tombe, et elles trouvèrent le tremblement de terre déjà fait et
l’ange assis sur la pierre tombale et entendirent de lui, « Il n’est
pas ici, il est ressuscité ». De même, Jean dit : « le premier jour
de la semaine Marie Madeleine se rendit au tombeau de grand
matin, alors qu’il faisait encore obscur et elle aperçut la pierre
tombale roulée à l’écart du tombeau ». Cependant, « alors qu’il
faisait encore obscur » et pendant que le jour pointait, Lui était
déjà sorti du tombeau. Tandis que Luc dit : « le jour du sabbat,
elles se reposèrent conformément à la loi; et le premier jour de
la semaine, à la première pointe du jour, elles se rendirent au
tombeau, apportant les aromates qu’elles avaient préparées; et
elles virent la pierre roulée à quelque distance du tombeau ».
Cette « première pointe du jour » indique sans doute
l’apparition de l’aube du premier jour de la semaine, car le
samedi était tout entier terminé avec la nuit qui le suivait et un
autre jour commençait au moment où elles vinrent, apportant
les parfums et les aromates, lorsqu’évidemment, il était depuis
longtemps ressuscité. Marc suit Luc de près en disant : « elles
achetèrent des aromates pour aller L’embaumer; et le premier
jour de la semaine, de grand matin, elles se rendirent au
tombeau, ou lever du soleil ». « De grand matin » dit-il aussi, ce
qui équivaut à « la pointe du jour » et il ajouta « au lever du
soleil ». Il est évident que leur départ et leur marche se fit à la
première pointe du jour et de grand matin et elles s’attardèrent
dans leur route, autant qu’autour du tombeau, jusqu’au lever du
soleil, et c’est alors que le jeune homme vêtu d’une robe blanche
leur dit : « Il est ressuscité, Il n’est point ici ».
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 309 sur 493 copyright ©
I
Cela étant, nous répondons à ceux qui cherchent à préciser à
une heure ou une demi-heure ou un quart d’heure près, quand
il convient de commencer à nous réjouir de la résurrection
d’entre les morts de notre Seigneur. Ceux qui y mettent trop de
hâte et se relâchent avant que la nuit ait déjà approché de son
milieu, ceux-là nous les blâmons comme des gens pusillanimes
et intempérants, car pour un peu ils mettent fin à leur course
avant le but, alors qu’un sage a dit : « ce n’est pas peu dans la vie
que de manquer le but de peu ».
Tandis que ceux qui s’attardent et attendent le plus longtemps
possible et persévèrent jusqu’à la quatrième veille, à laquelle le
Sauveur apparut marchant sur la mer à ceux qui naviguaient,
nous les approuvons comme des gens vaillants et amateurs de
la pénitence. Ceux qui entre ces deux extrêmes ont cessé le
jeûne selon leur mouvement intérieur ou leur possibilité, ne les
troublons pas outre mesure; en effet, pas même les six jours de
jeûne qui précèdent tous ne les gardent également ou
semblablement, mais les uns laissent passer tous les six jours
sans prendre de la nourriture, d’autres n’en laissent passer que
deux, d’autres trois, d’autres quatre et d’autres aucun.
Or, ceux qui ont bien peiné en laissant passer les jours sans
nourriture, qui par suite de cela épuisés, presque défaillent, on
les excusera d’avoir pris de la nourriture un peu plus tôt; tandis
que ceux qui non seulement n’ont pas laissé passer des jours
sans nourriture, mais n’ont même pas jeûné ou même après
avoir banqueté les quatre premiers jours, arrivés aux deux
derniers n’ont laissé passer que ceux-ci sans nourriture, c’est-à-
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 310 sur 493 copyright ©
dire le vendredi et le samedi, et croient faire quelque chose de
grand et de splendide, s’ils restent à jeun jusqu’à l’aube du
dimanche, je suis d’avis que de telles gens n’ont point lutté à
l’égal de ceux qui se sont exercés pendant de nombreux jours.
Tels sont les réflexions et les conseils que je crois devoir vous
donner par écrit sur ce sujet.
II
Que les femmes en période menstruelle ne doivent ni entrer
dans l’église, ni recevoir la communion.
Quant aux femmes en période menstruelle, s’il convient qu’en
cet état elles pénètrent dans la maison de Dieu, je crois qu’il est
superflu d’en poser même la question. Je pense en effet, que si
elles sont croyantes et pieuses, elles n’oseront en cet état ni
s’approcher de la table sainte, ni toucher au Corps et au Sang
du Christ; car la femme, qui avait eu une perte de sang depuis
douze ans, pour obtenir sa guérison, elle non plus, ne L’a pas
touché, Lui, mais le bord de son vêtement. De prier dans
n’importe quel état que l’on se trouve, et se souvenir du
Seigneur, quelle que soit la disposition où l’on se trouve, et
recourir à Lui pour obtenir son secours, personne ne le met en
discussion; mais celui qui n’est pas entièrement pur d’âme et de
corps sera empêché de s’approcher du saint et du saint des
saints.
III
Que les gens mariés doivent garder la continence d’un
commun accord pour un certain temps.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 311 sur 493 copyright ©
Les gens mariés doivent se contenter d’être pour eux-mêmes
leurs propres juges; qu’il convienne de « s’abstenir l’un de
l’autre d’un commun accord pour un certain temps, afin de
vaquer à la prière, puis de retourner encore ensemble », il l’ont
déjà entendu lire dans la lettre de Paul.
IV
De ceux qui ont eu une perte séminale involontaire pendant la
nuit.
Ceux qui ont eu un flux nocturne involontaire dans leur
sommeil, qu’ils obéissent, eux aussi, à leur propre conscience et
qu’ils examinent s’ils ont des doutes là-dessus ou non; de même
que « celui qui a des doutes au sujet d’un aliment, dit l’apôtre,
se condamne s’il en mange », en cette question aussi, que tout
un qui s’approche de dieu le fasse en se jugeant lui-même en
bonne conscience et toute franchise.
Telles sont les questions, mon cher, que vous nous avez
présentées par déférence pour nous et non pas par ignorance,
désireux de nous amener à avoir la même pensée, comme nous
l’avons d’ailleurs, et la même âme que vous; pour moi, je vous ai
exposé ouvertement mon opinion, pas en maître, mais en toute
simplicité, comme il nous convient de converser entre nous.
Jugez-en vous-même, mon très sage fils, et ce qui vous paraîtra
juste et meilleur, et si vous pensez qu’il en est ainsi à propos de
ces questions, vous me l’écrirez en retour. Je souhaite mon cher
fils, que vous vous portiez bien, servant le Seigneur dans la paix.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 312 sur 493 copyright ©
DU MEME BIENHEUREUX DENYS
ARCHEVEQUE D’ALEXANDRIE
EXTRAIT DE LA LETTRE ÉCRITE A COLON
De ceux qui ont failli pendant la persécution et au moment de
trépasser demandent à obtenir le pardon, c.-à-d. de recevoir la
communion, et qui après l’avoir reçue ont sacrifié.
Quant à ceux qui sont près de quitter cette vie, s’ils prient et
supplient d’obtenir le pardon, ayant en vue le tribunal devant
lequel ils vont se présenter et considérant les châtiments à
subir, s’ils y sont livrés en qualité de prisonniers et de
condamnés; croyant d’autre part que, s’ils sont libérés dés ici-
bas, ils obtiendront aussi soulagement dans leur punition de
l’au-delà, – vu que la promesse miséricordieuse du Seigneur sur
ce point est vraie et certaine -, ceux-là aussi de les laisser partir
libérés de leur faute est un acte de miséricorde digne de Dieu.
Si cependant après cela ils restent en vie, les lier à nouveau et
leur reprocher leurs fautes me semble un acte inconséquent; car,
ceux qui ont une fois été pardonnés et admis à l’audience de
Dieu et déclarés participants de la grâce divine et envoyés vers
le Seigneur comme des personnes libres de toute faute, les
remettre à nouveau parmi les pécheurs sans qu’ils aient entre
temps commis aucune autre faute, cela est tout-à-fait
déraisonnable. Comment ? la sentence de notre jugement
d’absolution nous la notifions à Dieu pour qu’Il s’y tienne, et
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 313 sur 493 copyright ©
nous, nous ne l’observerons pas, en promettant aux hommes la
Bonté de Dieu et en les privant de la nôtre ? Certes, si
quelqu’un après sa convalescence nous semble avoir besoin
d’une plus profonde conversion, nous lui conseillerons de
s’exercer de plein gré dans l’humilité et la mortification et la
modestie, s’appliquant à avoir une conduite avantageuse à son
âme, décente envers les autres frères et irréprochable aux yeux
des païens. S’il se laisse convaincre, ce sera pour son bien; si au
contraire il résiste et contredit, alors ce dernier grief suffira
pour l’excommunier une seconde lois.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 314 sur 493 copyright ©
CANONIQUE DE SAINT GRÉGOIRE ÉVEQUE DE
NÉOCÉSARÉE LE THAUMATURGE
AU SUJET DE CEUX QUI ONT MANGÉ DES METS
SACRIFICIELS OU BIEN COMMIS D’AUTRES
DÉLITS PENDANT L’INCURSION DES BARBARES
De ceux qui pendant l’incursion ont mangé des aliments
impurs et du sort des captives violées par les barbares.
Les mets sacrificiels ne nous sont pas un poids sur l’âme, vénéré
père, si des prisonniers ont mangé ce que leurs maîtres leur ont
servi; d’autant plus, que tout le monde est d’accord, que les
barbares, qui ont fait l’incursion dans nos contrées, n’offrent pas
de sacrifice aux idoles; l’apôtre d’autre part dit : « les aliments
sont faits pour le ventre et le ventre pour les aliments; or, Dieu
détruira ceux-ci comme celui-là »; et le Sauveur aussi, qui a
purifié tous les aliments « ce n’est pas ce qui entre dans la
bouche, dit-Il, qui souille l’homme, mais ce qui en sort ».
Quant au fait de la violation des femmes captives, du corps
desquels les barbares ont abusé, si la conduite de l’une ou
l’autre avait auparavant été déjà critiquée, « parce qu’elle se
laissait entraîner par les regards pleins de désirs impurs »
comme dit l’Écriture, elle sera évidemment suspectée d’avoir
aussi commis la fornication au temps de sa captivité et il ne
faut pas admettre facilement de telles personnes à la
communion. Tandis que si quelqu’une, après avoir vécu dans
l’extrême chasteté et témoigné d’une vie antérieure pure et
exempte de tout soupçon, venait à subir une insulte à sa vertu
sous la violence et la contrainte, nous avons pour son cas
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 315 sur 493 copyright ©
l’exemple donné par le Deutéronome, à propos de la jeune fille
qu’un homme a rencontré dans la campagne et lui faisant
violence, coucha avec elle : « vous ne ferez rien à la jeune fille,
dit-il, elle n’a point commis de faute digne de mort, car son cas
est comme celui d’un homme, qu’un autre a attaqué à
l’improviste et lui ôta la vie; la jeune fille a crié, mais il n’y avait
personne pour la secourir ».
II
Contre la cupidité.
Voilà pour ces cas.
C’est déjà chose terrible que la cupidité et il n’est pas possible
de citer dans une lettre les paroles divines, qui dénoncent
comme un mal à fuir avec horreur non seulement le vol, mais
en général la cupidité et de toucher aux biens d’autrui poussé
par la malhonnêté, et tout homme de cette sorte est exclu de
l’Église de Dieu; mais que quelques-uns aient osé, au temps de
l’incursion des barbares, au milieu des lamentations et de tant
de pleurs, estimer ce temps de malheur général temps de profit
pour eux-mêmes, c’est là le fait de gens impies et haïs de Dieu,
sans mesure dans leur inconvenance.
C’est pourquoi nous avons décidé de les exclure tous de
l’Église, de peur que la colère de Dieu ne tombe sur tout le
peuple et en premier lieu sur les pasteurs qui se seraient
abstenus de les punir; car « je crains, dit l’Écriture, qu’un impie
n’entraîne le juste dans sa perte », »la fornication et la cupidité,
dit l’apôtre, voilà ce qui attire le courroux de Dieu sur les fils de
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 316 sur 493 copyright ©
la désobéissance »; « n’ayez donc rien de commun avec eux;
autrefois, en
effet, vous étiez ténèbres, mais à présent vous êtes lumière dans
le Seigneur; marchez donc comme des enfants de lumière; tout
ce qui est bon, juste et vrai, est fruit de la lumière; examinez ce
qui est agréable au Seigneur et ne prenez aucune part aux
oeuvres stériles des ténèbres, mais plutôt réprouvez-les; car on a
honte même de dire ce que ces gens font en secret; mais tout ce
mal dévoilé par la lumière apparaîtra aux yeux de tous ». Voilà
ce que dit l’apôtre. Or, si nous devons expier la cupidité que
nous avons eue en temps de paix, si pendant le temps de la
Colère de Dieu il y en a qui s’adonnent de nouveau à la
cupidité, s’enrichissant du sang et de la ruine des fuyards et des
prisonniers et des morts, à quoi devons-nous nous attendre,
sinon d’accumuler la Colère de Dieu sur nous et sur tout le
peuple, en laissant régner la cupidité ?
III
(De l’exemple d’Achat)
Ne voilà-t-il pas Achar fris de Zara qui a péché à l’encontre de
la malédiction jetée sur le butin, et la Colère de Dieu vint sur
toute l’assemblée d’Israël ? Or, il fut seul à pécher : est-il mort
lui seul dans son péché ? Pour nous aussi tout profit qui ne
vient pas de nos biens, mais des biens d’autrui dans le temps
présent doit être considéré comme une malédiction; car Achar
a pris une part du butin, et ceux d’à présent prirent aussi du
butin; mais il avait pris, lui ce qui appartenait à l’ennemi, ceux
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 317 sur 493 copyright ©
d’à présent en prirent à des frères, profitant ainsi d’un profit
funeste.
IV
De ceux qui pendant l’incursion s’emparèrent des biens de leur
congénères.
Que personne ne se leurre, même en disant qu’il s’agit d’une
trouvaille, car il n’est pas permis de tirer profit même d’une
trouvaille; le Deutéronome dit : « en voyant le veau de ton frère
ou sa brebis errer sur la route, tu ne les négligeras point : tu
essayeras de les ramener à ton frère. Et si ton frère n’habite pas
près de toi ou si tu ne connais pas le propriétaire, tu les
recueilleras et les garderas chez toi, jusqu’au jour où ton frère
viendra les chercher et alors tu les lui rendras.
Tu en feras de même pour son ânesse, tu en feras de même
pour son manteau et pour tout objet perdu par ton frère que tu
auras trouvé ». Voilà ce que dit le Deutéronome. Tandis que
l’Exode parle non seulement des biens trouvés d’un frère, mais
même de ceux d’un ennemi : « Tu auras soin de les retourner
dans la maison de leur propriétaire « . Si donc en temps de
paix, alors qu’un frère ou un ennemi dans sa paresse ou ses
plaisirs néglige ses biens, il n’est pas permis d’en profiter, à
combien plus forte raison, s’il est dans le malheur et fuit
l’ennemi et se voit contraint d’abandonner ses biens ?
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 318 sur 493 copyright ©
V
De ceux qui s’emparent des biens des autres pour remplacer les
leurs.
D’autres se leurrent eux-mêmes, en gardant les biens trouvés
d’autrui à la place de ce qu’ils ont perdu, pour devenir eux-aussi
Borades et Goths pour les autres, parce que les Borades et les
Goths leur ont fait subir la loi de la guerre.
Pour tout cela nous avons envoyé vers vous Euphrosynos notre
frère dans le sacerdoce, afin qu’il applique chez vous la norme
de chez nous à l’égard de ceux qu’il faut recevoir à l’accusation
et de ceux qu’il faut exclure de la communion.
VI
De ceux qui retiennent de force captifs ceux qui se sont
échappés des mains des barbares.
On nous a d’autre part appris quelque chose d’incroyable qui a
eu lieu dans les campagnes de votre région, accompli
certainement par des gens infidèles et impies qui ne
connaissent même pas le nom du Seigneur : que certains en
sont arrivés à un tel degré d’inhumanité et de cruauté, qu’ils
gardent de force comme esclaves les captifs échappés aux
barbares. Dépêchez vos envoyés à ces campagnes, de peur que
la foudre ne tombe sur ceux qui agissent de la sorte.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 319 sur 493 copyright ©
VII
De ceux qui se sont enrôlés chez les barbares et ont osé
commettre des infamies contre ceux de leur race.
Quant à ceux qui se sont enrôlés chez les barbares et pendant
leur captivité, oubliant qu’ils étaient de race pontique et de
religion chrétienne, sont devenus eux-aussi barbares au point
de faire périr les gens de leur race par la croix ou la pendaison,
et d’indiquer route ou maisons à piller aux barbares qui ne s’y
connaissaient pas, ceux-là il faut leur interdire même l’audition
des Écritures, jusqu’à ce leur sort soit décidé par l’assemblée des
fidèles et avant eux par le saint Esprit.
VIII
De ceux qui ont osé piller les maisons des autres pendant
l’incursion des barbares.
Ceux qui ont osé piller les maisons des autres, s’ils sont
convaincus de ce fait après dénonciation, on ne les admettra
pas même à l’audition; mais si d’eux-mêmes ils l’avouent et
rendent le bien volé, ils prendront place parmi les prosternés.
IX
De ceux qui ont trouvé dans les campagnes ou dans leurs
maisons des objets abandonnés par les barbares.
Ceux qui ont trouvé dans la campagne ou dans leurs propres
maisons des objets abandonnés par les barbares et les ont
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 320 sur 493 copyright ©
gardés, s’ils sont convaincus de cela après dénonciation, ils
prendront aussi place parmi les prosternés; si d’eux-mêmes ils
l’avouent et rendent les objets, on les admettra même à la
communion.
De ce qu’il ne faut pas exiger une récompense pour les objets
trouvés.
Ceux qui accomplissent le commandement de Dieu doivent
l’accomplir hors de tout arrière-pensée de cupidité, sans exiger
une récompense pour avoir signalé ou sauvé ou trouvé quelque
chose, ou sous n’importe quel autre titre, qu’on donnerait à leur
acte.
XI
Des lieux de la pénitence publique.
La place des pleurants est devant la porte d’entrée de l’église, où
le pécheur doit se tenir et demander aux fidèles de prier pour
lui. La place des auditeurs est à l’intérieure de la porte d’entrée
dans le narthex, où le pécheur doit se tenir jusqu’à la prière sur
les catéchumènes et puis sortir de l’église; car « ayant entendu,
dit-il, la lecture des Écritures et la prédication, qu’il soit invité à
partir et qu’il ne soit pas admis à la prière des fidèles ». Etre
parmi les prosternés, c’est se tenir à l’intérieur de la porte de
l’église et sortir avec les catéchumènes. Etre parmi les simples
assistants, c’est assister à la prière avec les fidèles, sans sortir
avec les catéchumènes. En dernier lieu, vient la participation
aux dons sanctifiés.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 321 sur 493 copyright ©
DE SAINT PIERRE ARCHEVÊQUE D’ALEXANDRIE
Canons contenus dans son discours sur la pénitence
De ceux qui ont apostasié après de nombreux supplices.
Puisque donc la quatrième Pâque de la persécution est déjà là,
il suffira à ceux qui ont été emmenés devant les tribunaux et
jetés en prison et ont souffert des supplices atroces et des
calamités insupportables et de nombreuses autres peines, mais
ont été ensuite trahis par la faiblesse de la chair; bien qu’ils
n’aient pas été reçus dés le début à cause de leur grave
défaillance qui a suivi, cependant à cause de leur long martyre
et de leur longue résistance, – ce n’est point en effet de plein gré
qu’ils en arrivèrent là, mais trahis par la faiblesse de la chair,
puisqu’ils portent visibles sur leurs corps « les stigmates de
Jésus» et certains d’entre eux ont déjà passé trois ans à pleurer
amèrement leur défaillance, – il leur suffira d’accomplir a partir
du jour de leur présentation, en guise de rappel, autres quarante
jours de pénitence, jours où le Seigneur Jésus Christ notre
Sauveur a jeûné après son baptême pour être malgré cela tenté
ensuite par le diable; ces jours, eux-aussi les passeront dans les
exercices d’une pénitence supplémentaire, et avec une vigilance
plus vive ils veilleront dorénavant dans la prière, méditant la
parole du Seigneur au tentateur, qui voulait L’inciter à l’adorer :
« Va-t-en, Satan, car il est écrit : tu adoreras le Seigneur ton
Dieu et ne rendras de culte qu’à Lui seul».
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 322 sur 493 copyright ©
II
De ceux qui apostasièrent après le seul emprisonnement.
Quant à ceux qui après avoir été seulement jetés en prison et
avoir souffert les peines et les odeurs fétides dans la prison
comme s’ils y étaient assiégés, ont été ensuite faits captifs, sans
le combat des supplices, opprimés par manque de force et une
sorte d’aveuglement, il suffira une année de pénitence en plus
du temps déjà accompli; car eux-aussi se sont donnés corps et
âme pour souffrir pour le nom de chrétien; il est vrai qu’ils ont
joui de l’abondante consolation, que les frères leur ont apportée
dans leur prison et qu’ils rendront au multiple, puisqu’ils
désirent être délivrés de la captivité très amère du diable, se
souvenant de celui qui a dit : « L’esprit du Seigneur est avec
moi; c’est pourquoi Il m’a oint, Il m’a envoyé pour annoncer la
bonne nouvelle aux pauvres, publier la liberté accordée aux
captifs et le recouvrement de la vue aux aveugles, pour renvoyer
libres ceux qui sont opprimés, proclamer l’année agréée par le
Seigneur et le jour de la rétribution».
III
De ceux qui n’ont même pas été jetés en prison.
A ceux qui n’ont rien souffert de semblable, ni n’ont montré
aucun fruit de leur foi, mais ont déserté dans le camp du mal,
trahis par la peur et la crainte, et reviennent maintenant à des
sentiments de repentir, il est nécessaire et adapté à leur cas, de
leur citer la parabole du figuier stérile, comme le Seigneur l’a
proposée : « Un homme avait un figuier planté dans sa vigne; il
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 323 sur 493 copyright ©
alla y chercher du fruit et n’en trouva point. Alors il dit au
vigneron : Voilà trois ans que je viens chercher du fruit à ce
figuier et je n’en trouve pas. Coupe-le; pourquoi occupe-t-il la
terre inutilement ? Le vigneron lui répondit : Seigneur laisse-le
encore cette année; je creuserai tout autour et j’y mettrai du
fumier. Peur-être qu’à l’avenir il portera du fruit; sinon, tu le
feras couper». Tenant cette parabole devant les yeux, et
montrant le fruit du repentir dans le laps de ce long temps, ils
en retireront plus de profit.
IV
De ceux qui ne se repentent pas.
A ceux dont le cas est désespéré et qui ne se repentent point,
qui ont la peau plus noire qu’un nègre et des taches de léopard,
on dira ce qui fut dit à l’autre figuier : « Que jamais plus il ne
naisse de toi aucun fruit, et aussitôt l’arbre sécha». Il
s’accomplit donc en eux ce que dit l’Ecclésiaste : « Ce qui est
courbé ne peut être orné, et ce qui manque ne peut être mesuré;
car avant d’avoir redressé ce qui fut courbé on ne saurait l’orner,
et avant d’avoir complété ce qui manque on ne saurait le
mesurer». C’est pourquoi il leur arrivera enfin ce qui fut dit par
le prophète Isaïe : « On verra, dit-il, les membres des hommes
qui se sont révoltés contre moi; car leur ver ne mourra point,
leur feu ne s’éteindra point, et ils seront pour toute créature un
cauchemar». Car, comme il avait dit un peu auparavant : « Les
méchants seront agités et ils ne pourront trouver de repos; il n’y
a point de joie pour les impies, dit mon Dieu».
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 324 sur 493 copyright ©
V
De ceux qui ont usé de subterfuge.
A ceux qui ont usé de subterfuge à l’exemple de David qui avait
feint l’épilepsie, afin de ne pas être tué, sans être épileptique;
qui n’ont pas simplement souscrit à l’apostasie, mais ont déjoué
dans leur grande détresse les complots des ennemis comme des
enfants prudents au milieu d’enfants insensés, soit qu’ils aient
simplement passé devant les autels païens, soit qu’ils aient fait
le geste de sacrifier, soit qu’ils se soient fait remplacer par des
païens; bien que certains confesseurs de la foi aient pardonné à
certains d’entre eux, comme je l’ai entendu dire, d’autant plus
que poussés par une grande piété ils ont échappé au danger du
feu et des exhalaisons des démons impurs; néanmoins, vu qu’à
leur insu ils ont agi ainsi par ignorance, on leur imposera pour
leur retour six mois de pénitence; ils en retireront du profit
pour eux-mêmes, en méditant la parole du prophète et en
disant : « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné,
l’empire a été posé sur son épaule et on l’appellera l’ange du
grand conseil».
Celui-ci, vous le savez bien, au sixième mois de la conception
de l’autre enfant, qui a proclamé avant son entrée dans la vie
publique la pénitence pour la rémission des péchés, fut lui-aussi
conçu pour prêcher la pénitence; or, nous les entendons tous les
deux prêcher dés le début non seulement sur la pénitence, mais
aussi sur le royaume des cieux, qui « est au-dedans de nous»,
comme nous l’avons appris, puisque « la parole de notre foi est
toute proche de notre propre bouche et de notre propre coeur».
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 325 sur 493 copyright ©
Rappelant à leur esprit ce royaume des cieux, ils s’habitueront à
« confesser de la bouche que Jésus est le Seigneur, croyant dans
leur coeur que Dieu L’a ressuscité d’entre les morts; car ils
entendent la parole sacrée dire que « l’on croit de coeur pour
être justifié et l’on confesse de la bouche pour obtenir le salut».
VI
Des esclaves qui ont été forcés par leurs maîtres à sacrifier à
leur place.
Quant à ceux qui ont substitué à leur place des esclaves
chrétiens :
les esclaves, captifs en quelque sorte et prisonniers de leurs
maîtres et menacés par eux et par suite de la crainte placés
devant l’épreuve et tombés, accompliront les oeuvres de
pénitence pendant un an; ils apprendront à « accomplir en
esclaves du Christ la Volonté de Dieu» et à Le craindre,
entendant surtout la parole qui dit que « chacun, soit esclave
soit libre, recevra du Seigneur selon le bien qu’il aura fait».
VII
De celles qui ont contraint leurs esclaves de sacrifier pour elles.
Tandis que les hommes libres seront soumis à la pénitence
pendant trois ans, parce qu’ils ont usé de subterfuge et parce
qu’ils ont forcé « leurs compagnons dans le service de Dieu» à
sacrifier, désobéissant par là à l’apôtre qui veut voir les maîtres
agir de la même façon envers les esclaves, s’abstenant de
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 326 sur 493 copyright ©
menaces, « sachant, dit-il que nous avons, nous et eux, le même
maître dans les cieux et qu’il n’y a point d’acception de
personnes devant lui».
Si donc nous avons le même maître impartial, puisque « le
Christ est tout et en tous, barbares et scythes, esclaves et
hommes libres», ils doivent considérer ce qu’ils ont fait, en
voulant sauver leur propre âme, eux qui poussèrent vers
l’idolâtrie nos propres compagnons dans le service de Dieu,
alors qu’eux-aussi pouvaient y échapper, si « on leur avait
accordé ce qui leur revenait et l’égalité de traitement», comme
le dit encore l’apôtre.
VIII
De ceux qui ont été livrés et ont failli, puis se sont présentés et
ont repris le combat.
Quant à ceux qui ont été livrés et ont failli, puis d’eux-mêmes
se sont présentés au combat en confessant qu’ils sont chrétiens,
et ont été jetés en prison et soumis aux tortures, il est normal
que le coeur tressaillant de joie nous les encouragions et les
fassions participer à nos prières et à la communion du corps et
du sang et à la consolation de nos visites, afin qu’avec encore
plus d’élan ils combattent et se rendent eux-aussi dignes « de la
couronne promise là-haut», Car « sept fois, dit l’Écriture, le
juste tombera et se relèvera», Si tous ceux qui ont failli avaient
agi de la sorte, ils auraient montré par là le repentir le plus
parfait, provenant du fond de leur coeur.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 327 sur 493 copyright ©
IX
De ceux qui d’eux-mêmes se sont jetés dans le combat.
Avec ceux-là aussi, qui comme des somnambules se sont jetés
sans réflexion dans le combat qui s’enflait et allait les entraîner
en haute mer, et par là se sont attiré pour eux-mêmes l’épreuve
de la tempête et de la grande houle, bien plus « ont allumé
contre leurs frères les charbons du pécheur», il faut communier,
puisque c’est au Nom du Christ qu’ils y sont entrés; bien qu’ils
n’aient pas écouté ses paroles, lorsqu’il nous enseigne « de prier
afin de ne pas entrer en tentation», et il dit encore dans la
prière au Père : « ne nous laissez pas entrer en tentation mais
délivrez-nous du malin».
Ils ignorent peut-être aussi les retraites si fréquentes du maître
de maison et notre propre Maître devant ceux qui voulaient lui
dresser des embûches, et parfois même « Il ne se présentait pas
en public à cause d’eux»; et qu’à l’approche du temps de la
passion Il ne S’est pas livré, Lui-même, mais Il attendit qu’on
vînt à Lui avec des épées et des bâtons : « Il leur dit donc :
comme si J’étais un brigand, vous êtes sortis avec des épées et
des bâtons pour M’arrêter » et eux « Le livrèrent à Pilate».
C’est à son exemple que se conformèrent ceux qui marchent
selon ses intentions, se souvenant de ses divines paroles, par
lesquelles Il nous exhorte dans nos persécutions et dit : «
Tenez-vous sur vos gardes, car ils vous livreront aux tribunaux
et vous battront de verges dans leur synagogues». Or, Il dit « ils
vous livreront» et non pas : vous vous livrerez vous-mêmes; «
vous serez traînés, dit-Il devant les gouverneurs et devant les
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 328 sur 493 copyright ©
rois pour mon Nom « , et non point, vous vous traînerez vous-
mêmes.
Puisqu’Il veut même que nous fuyions d’un lieu à l’autre,
lorsque nous sommes persécutés pour son Nom, comme nous
l’entendons dire :
« Et lorsqu’on vous persécutera dans cette ville-ci, fuyez dans
l’autre»; Il ne veut pas, en effet, que nous nous rendions
volontairement dans le camp du diable et de ses satellites, afin
de ne pas les rendre responsables d’un plus grand nombre de
morts, en les forçant pour ainsi dire à s’endurcir encore plus
dans le mal et opérer les oeuvres de mort : mais les laisser venir
et se tenir sur ses gardes, veiller et prier afin de pas entrer en
tentation. C’est ainsi qu’Etienne, marchant le premier sur ses
traces, subit le martyre, saisi à Jérusalem par les gens iniques et
emmené devant le sanhédrin, lapidé au Nom de Jésus, il fut
glorifié pendant qu’il priait et disait : « Seigneur, ne leur
imputez pas ce péché». C’est ainsi que Jacques, second après lui,
arrêté par Hérode, eut la tête tranchée par l’épée. C’est ainsi que
Pierre le chef des apôtres, arrêté et emprisonné et indignement
traité, fut enfin crucifié à Rome. De la même manière aussi le
fameux Paul, livré plus d’une fois et exposé au danger de mort,
qui soutint de nombreuses luttes et se vanta de ses nombreuses
persécutions et afflictions, eut la tête tranchée dans la même
ville, lui-aussi; or celui-ci, énumérant ses raisons de se glorifier
dit en propres termes, qu’à Damas on le descendit pendant la
nuit dans une corbeille le long de la muraille et qu’il échappa
ainsi des mains de celui qui voulait s’emparer de lui.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 329 sur 493 copyright ©
En effet ce qu’ils se proposaient en tout premier lieu c’était de
porter la bonne nouvelle et d’enseigner la parole de Dieu, et
exhortant les frères à « persévérer dans la foi» ils leur disaient
entre autres que « c’est par beaucoup d’afflictions qu’il nous faut
entrer dans le royaume de Dieu»; et ce faisant ils cherchaient «
non leur propre avantage, mais celui du grand nombre, afin que
beaucoup d’hommes soient sauvés». Certes, on pourrait leur en
dire encore beaucoup pour les amener à agir selon la raison, « si
le temps ne nous manquait pas d’en parler», comme dit l’apôtre.
Des clercs.
C’est pourquoi il n’est pas raisonnable que ceux du clergé, qui se
sont livrés volontairement, ont faillir puis repris le combat,
restent désormais en fonction, vu qu’ils ont abandonné le
troupeau du Seigneur et se sont fait blâmer, ce qu’aucun apôtre
n’avait fait; car celui qui a vidé le calice de nombreuses
persécutions et remporta de nombreuses couronnes dans les
combats, le bienheureux apôtre Paul, bien qu’il sût « qu’il est de
beaucoup préférable de s’en aller pour être avec le Christ « ,
conclut en disant : « Mais il est plus nécessaire, à cause de vous,
que je demeure dans ce corps»; « considérant en effet non son
propre avantage, mais celui du grand nombre, afin qu’ils soient
sauvés», il a estimé plus nécessaire que son repos de rester avec
les frères et de prendre soin d’eux; or il veut précisément « que
celui qui enseigne soit dans sa fonction d’enseignement un
modèle pour les fidèles».
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 330 sur 493 copyright ©
Par conséquent ceux qui dans la prison prétendent à l’exercice
de leur fonction de clerc, parce qu’après leur chute ils ont repris
le combat, n’ont point de sens : comment réclament-ils ce qu’ils
ont abandonné, alors qu’ils auraient pu être utiles aux frères en
un temps pareil ? Tant qu’ils n’avaient pas failli, ils avaient une
excuse pour leur action déraisonnable; mais une fois tombés,
donnant l’impression qu’ils avaient agi par vanité, et s’étant fait
blâmer, ils ne sauraient exercer désormais leurs fonctions.
Qu’ils recherchent donc plutôt à se conduire en toute humilité,
renonçant à toute pensée de vanité; en effet la communion faite
avec attention et pureté de conscience leur procurera le double
effet : ne pas sembler s’en affliger, puisqu’ils cherchent de toute
force à quitter les choses d’ici-bas, et ne pas fournir à d’autres,
qui ont failli, le prétexte d’être abattus à cause de la pénitence
imposée. Car ils se sont, plus que tout autre, couverts de honte
et de raillerie, étant semblables à celui qui a mis les fondations
et n’a pu achever la bâtisse : « car tous les passants, dit-il, se
mettront à le railler, en disant : cet homme a mis les fondations
de sa bâtisse, mais ne l’a pu achever».
XI
De ceux qui se sont livrés eux-mêmes et n’ont apostasié qu’à la
suite de nombreuses tortures.
Car, ceux qui les premiers se sont lancés dans le
bouillonnement de
la persécution, alors que présents au tribunal ils contemplaient
les saints martyrs se hâter « vers la récompense de l’appel d’en
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 331 sur 493 copyright ©
haut « , poussés eux aussi par une émulation de bon aloi, ils se
livrèrent eux-mêmes à ce martyre, témoignant par là d’un
grand courage; surtout parce que, voyant défaillir ceux qui
étaient traînés au supplice, eux, enflammés intérieurement et
exhortés par une voix intérieure à combattre l’ennemi qui s’en
enorgueillissait, ils se hâtèrent d’agir ainsi, « afin qu’il ne se
croie pas sage» pour avoir vaincu par ruse, alors qu’il oubliait
d’avoir été vaincu par ceux qui supportaient les tortures des
peignes de fer et des fouets et la pointe de l’épée et les brûlures
du feu et les immersions dans l’eau.
Et aux fidèles, qui nous demandent d’adresser à Dieu des
prières et des supplications, il est juste de le leur accorder, tant
pour ceux qui, dans la prison, ont été durement châtiés et ont
défailli devant la faim et la soif, que pour ceux qui hors de la
prison ont subi jusqu’au bout la torture des peignes de fer et
des fouets, puis ont été vaincus par la faiblesse de la chair. En
effet, il ne nuit aucunement à personne de compatir et de nous
affliger avec ceux qui pleurent et gémissent sur la défaite au
combat de leurs parents, leurs frères ou leurs enfants, sous la
violente attaque du diable aux ruses malignes; car, nous savons
que la foi d’autrui a procuré à certains les effets de la Bonté
divine pour la rémission de leurs péchés, la santé du corps et la
résurrection d’entre les morts.
Nous souvenant donc des nombreuses peines qu’ils avaient
supportées auparavant au Nom du Christ et de leurs
tribulations, vu que d’autre part ils regrettent et déplorent ce
qu’ils ont commis en trahissant, par suite du manque de
vigueur de leur corps réduit à l’état de cadavre; et de plus, parce
qu’ils témoignent d’une vie irréprochable, nous nous unissons
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 332 sur 493 copyright ©
par la prière à leur parenté et nous demandons avec elle, que
Dieu leur soit propice, par l’intercession de celui qui devint
notre avocat auprès du Père, s’offrant en propitiation pour nos
péchés : « Et si quelqu’un, dit-il, commit un péché, nous avons
un avocat auprès du Père, Jésus Christ le Juste, et Il est, Lui, la
propitiation pour nos péchés».
XII
De ceux qui ont donné de l’argent.
Quant à ceux qui ont donné de l’argent pour éviter les ennuis
de toute sorte de mal, on ne peut leur en faire un grief; ils
souffrirent en effet un dommage et une perte d’argent, pour ne
pas endommager ou perdre leur âme; ce que d’autres n’ont pas
fait, par mauvais attachement aux richesses, alors que le
Seigneur dit : « A quoi sert à l’homme, de gagner le monde
entier, s’il vient à endommager ou à perdre son âme ? » Et : «
Vous ne pouvez servir Dieu et mammon».
Ils ont montré, en effet, plus que les autres, qu’ils servent Dieu,
qu’ils ont haï et méprisé l’argent et accomplirent en cela aussi la
parole de l’Écriture : « La rançon pour l’âme d’un homme, c’est
sa propre richesse». Car nous lisons aussi dans les actes des
apôtres que les hommes traînés à Thessalonique devant les
magistrats à la place de Paul et de Silas, furent laissés libres
après d’abondants cadeaux; car après les avoir bien accablés à
cause du Nom de Jésus, et troublé le peuple et les magistrats, «
ceux-ci, dit-il, se sont fait donner une forte caution par Jason et
les autres et les relâchèrent; et aussitôt tes frères firent partir de
nuit Paul et Silas pour Bérrée».
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 333 sur 493 copyright ©
XIII
De ceux qui ont fui.
Pour cette raison on ne saurait faire de reproches à ceux qui ont
tôt abandonné pour sauver leur âme et s’enfuirent, si d’autres
ont été arrêtés à cause d’eux; car à Ephèse aussi, au lieu de Paul
on traîna au théâtre Gaîus et Aristarque, les compagnons de
voyage de Paul; comme celui-ci voulait se présenter, au peuple,
puisqu’à cause de lui précisément la sédition avait eu lieu, «
parce qu’il avait persuadé et entraîné une foule de personnes à
la vraie foi, les disciples, dit l’Écriture, ne le lui permirent pas;
et même des magistrats de la province d’Asie, de ses amis, le
firent prier de ne pas se rendre au théâtre».
Et si certains persistent à s’indigner contre ceux qui avec toute
la sincérité de leur âme obéissent à l’Écriture, qui dit « Enfuis-
toi pour sauver ta vie, ne regarde pas derrière toi», qu’on leurs
rappelle le récit concernant Pierre le chef des apôtres, mis déjà
en prison et confié à la garde de quatre escouades de quatre
soldats; qui s’enfuit pendant la nuit et fut délivré des mains
d’Hérode le tueur et de toute l’attente du peuple juif, sur l’ordre
de l’ange du Seigneur : « Quand il fit jour, dit l’Écriture, il y eut
une grande agitation parmi les soldats, ne sachant ce que Pierre
était devenu; Hérode le fit rechercher et n’ayant pu le trouver,
procéda à l’interrogatoire des gardes et ordonna de les mener
au supplice»; or aucune accusation n’est portée contre Pierre à
cause d’eux, car il leur était loisible, à eux-aussi, de s’enfuir à la
vue de l’évènement.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 334 sur 493 copyright ©
De la même manière aussi auraient pu être sauvés tous les
enfants de Bethléem et de ses environs, qui ont été tués par
Hérode l’impie meurtrier à cause de l’unique enfant qu’il
cherchait à faire périr; or, sur l’ordre du Seigneur encore celui-ci
s’échappe, commençant dès lors à hâter le pillage et à être
prompt au butin selon le nom que lui attribua le prophète,
comme il est écrit : « Donne-lui pour nom : hâte-le-pillage,
sois-prompt au butin; car avant que l’enfant sache crier : père,
ou mère, il recevra la puissance de Damas et les dépouilles de
Samarie à la face du roi d’Assyrie». C’est pourquoi les mages,
en hommes déjà pillés et dépouillés, offrent à l’enfant leur
adoration pleine de soumission et de vénération, en ouvrant
leurs trésors et lui présentant de l’or, de l’encens et de la myrrhe,
dons très opportuns et très convenables pour celui qui est roi et
Dieu et homme; de là, la divine Providence aidant, ils ne
voulurent plus retourner auprès du « roi d’Assyrie « ; car « ayant
été avertis, dit l’Écriture, par un songe, de ne pas retourner
auprès d’Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre
chemin». Alors le sanguinaire Hérode, « voyant qu’il avait été
joué par les mages, fut fort en colère; et il envoya tuer tous les
enfants de Bethléem et de ses environs, depuis l’âge de deux
ans et au-dessous, d’après la date exacte que les mages lui
avaient fait connaître». Avec eux il chercha à faire aussi périr
l’autre enfant, né avant l’enfant en question, et ne l’ayant pas
trouvé, il fit tuer Zacharie son père « entre le sanctuaire et
l’autel», car l’enfant s’était échappé avec sa mère Elisabeth, ce
dont ils n’encoururent aucun reproche.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 335 sur 493 copyright ©
XIV
De ceux qui furent forcés de sacrifier.
S’il y en a qui ont souffert grande violence et contrainte, qui
ont reçu un mors dans la bouche et des chaînes et cependant
persévérèrent fermement dans les dispositions de la foi et
eurent les mains brûlées, alors qu’on les approchait malgré eux
du sacrifice impie, comme me l’apprirent par écrit les
bienheureux martyrs et d’autres frères dans le sacerdoce à
propos des martyrs de Libye, ceux-là, surtout si les autres frères
aussi en portent le témoignage, peuvent rester en fonction,
prenant place parmi les confesseurs; il en sera de même de ceux
qui réduits à l’état de cadavre par suite des nombreuses tortures
furent incapables de parler ou de faire entendre un son ou de
remuer, pour montrer leur résistance à ceux qui cherchaient
vainement à leur faire violence, car ils ne consentirent point à
leur abomination, comme je l’ai entendu précisément dire
encore à des frères dans le sacerdoce.
Parmi les confesseurs prendra aussi place n’importe qui se
conduit à l’exemple de Timothée, obéissant lui aussi à celui qui
dit : « Recherche la justice, la piété, la foi, l’amour, la patience,
la douceur; combats le bon combat de la foi; saisis la vie
éternelle à laquelle tu as été appelé et en vue de laquelle tu as
fait cette belle confession de foi en présence de plusieurs
témoins».
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 336 sur 493 copyright ©
DU MEME EXTRAIT DU SERMON SUR LA PAQUE
XV
Du jeûne du mercredi et du vendredi.
On ne saurait nous reprocher d’observer les mercredi et
vendredi, jours auxquels la tradition nous prescrit avec raison
de jeûner : le mercredi a cause du conseil, tenu par des Juifs en
vue de la trahison du Seigneur, le vendredi, à cause de sa
passion pour nous. Car, le dimanche nous fêtons un jour de joie
à cause de celui qui ressuscita ce jour-là, pendant lequel nous
ne plions pas non plus les genoux, selon la tradition reçue.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 337 sur 493 copyright ©
DE SAINT ATHANASE ÉVEQUE D’ALEXANDRIE
LETTRE AU MOINE AMMOUN
Du flux séminal.
Toutes les oeuvres de Dieu sont bonnes et pures, car le Verbe
de Dieu n’a rien créé d’inutile ou d’impur, «puisque nous
sommes le parfum du Christ parmi les rachetés», selon l’apôtre,
Mais, parce que les flèches du diable sont nombreuses et variées
et qu’il provoque des inquiétudes chez les personnes à la foi la
plus intègre et met un obstacle à l’ascèse habituelle des frères,
semant en eux des pensées d’impureté et de souillure, eh !
bien ! dissipons en peu de mots, avec la grâce du Sauveur, cette
erreur aussi du malin et faisons courage aux gens simples.
«Tout est pur aux pures, tandis que chez les impurs et la
conscience et tout leur être sont souillés». J’admire l’astuce du
diable : tout en étant lui-même corruption et peste, il suggère
des pensées en apparence pures, et tout cela n’est qu’une
embûche plutôt qu’une épreuve; en effet, dis-je, dans le but de
distraire les moines de la salutaire méditation d’usage et de
paraître maître en cette matière, il remue ces sortes de
bourdons, qui ne produisent rien d’utile à la vie, sinon des
discussions et des bavardages à laisser de côté. Quel péché ou
quelle impureté comporte, dites-moi, à homme cher et très
pieux, l’écoulement naturel de la semence ? C’est tout comme si
l’on voulait imputer à crime les morves qui coulent du nez et la
salive de la bouche, nous pourrions même dire plus, les
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 338 sur 493 copyright ©
excréments du ventre, qui sont nécessaires à la vie de tout être
vivant ! De plus, si nous croyons que «l’homme est une oeuvre
des Mains de Dieu», selon les divines Écritures, comment par
une puissance si pure aurait pu être produite une oeuvre
souillée ?
Et, si «nous sommes de la race de Dieu», selon les saints actes
des apôtres, nous n’avons rien d’impur en nous; en effet, nous
ne sommes souillés que lorsque nous tombons dans la très
grande puanteur du péché; par contre, lorsqu’un écoulement
naturel de semence a lieu, alors, nous le subissons, comme les
autres écoulements cités plus haut.
Mais puisque ces gens, qui veulent uniquement s’opposer à
l’expression de la vérité ou plutôt aux oeuvres de Dieu, citent
même, bien à tort, un texte évangélique : que «ce n’est pas ce
qui entre qui souille l’homme, mais ce qui sort de lui», il est
nécessaire de réfuter aussi cette sottise qu’est la leur, nous ne
saurions en effet nommer cela un argument. Et tout d’abord, ils
déforment les saintes Écritures, puisque leur ignorance leur
enlève toute solidité dans leur connaissance. Or, voici le sens de
la divine parole; vu que certaines gens hésitaient, comme le
font eux-aussi, à propos d’aliments, Lui, pour remédier à leur
ignorance, ou plutôt pour rendre publique leur erreur, dit : «Ce
n’est pas ce qui entre dans l’homme, qui souille l’homme, mais
ce qui sort de lui»; et Il ajoute ensuite d’où cela sort : «du
coeur»; il sait en effet, que là se trouvent les mauvais trésors des
pensées profanes et les autres péchés. Plus brièvement encore
l’apôtre, à qui cela fut enseigné, dit : «un aliment ne saurait
vous rendre digne d’être présenté à Dieu»; et l’on pourrait dire
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 339 sur 493 copyright ©
avec raison dans notre cas, un écoulement naturel ne saurait
vous
rendre digne d’être présenté au châtiment. Les médecins aussi,
(se laissera-t-on convaincre par des arguments des gens du
dehors?), ajouteront aussitôt pour justifier notre dire qu’à l’être
vivant ont été donnés des canaux de sorties nécessaires à rejeter
les déchets au fur et à mesure de la nutrition des membres de
chacun de nous : ainsi les déchets de la tête, que sont les
cheveux et les humeurs qui coulent de la tête; ainsi les
évacuations du ventre et donc aussi le déchet en question du
canal séminal. Quel péché y a-t-il là, au nom de Dieu, ô
vieillard très aimé de Dieu, puisque le Seigneur Lui-même,
Créateur de l’être vivant, a voulu et a fait les parties du corps
avec de tels canaux de sortie ?
Mais, puisqu’il faut prévenir les objections de gens malins, car
ils pourraient dire : «alors l’usage non plus n’est pas un péché,
puisque les organes ont été créés par le Créateur», nous leur
fermerons la bouche sur ce point, en leur demandant: de quel
usage parlez-vous ? de l’usage légitime, que Dieu d’une part a
permis en disant : «Croissez et multipliez-vous et remplissez la
terre»; que l’apôtre d’autre part a admis, en disant : «Le mariage
est honorable et la couche nuptiale sans souillure» ? ou bien
l’usage que l’opinion publique admet, et qui n’est qu’un usage
clandestin et adultérin ? Car, même pour les autres actes de la
vie nous constaterons ces différences d’appréciations, selon les
circonstances où ils ont lieu; par exemple, il n’est pas permis de
tuer, mais faire périr en guerre ses adversaires est légitime et
louable; c’est ainsi que sont jugés dignes des plus grands
honneurs, ceux qui se sont distingués en guerre et l’on leur
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 340 sur 493 copyright ©
élève des stèles et l’on proclame leurs hauts faits; d’où le même
acte est dans telle circonstance et dans tel temps interdit, et
dans une autre circonstance et en temps opportun autorisé et
excusé. La même raison vaut aussi pour l’union charnelle.
«Bienheureux celui qui libre de tout joug dans sa jeunesse, n’a
usé de son corps que pour procréer des enfants»; mais si c’est
pour la débauche, la châtiment qu’écrit l’apôtre attend «les
fornicateurs et les adultères». Il y a, en effet, à ce propos deux
voies en cette vie : l’une modérée et conforme à la vie ordinaire,
je veux dire le mariage, l’autre angélique et insupérable, la
virginité; si quelqu’un a choisi celle de ce monde, c’est-à-dire le
mariage, il ne saurait encourir quelque reproche, mais ne
recevra pas autant de grâces; il en recevra cependant, puisqu’il
porte lui aussi du fruit, celui du «trente pour un»; mais si
quelqu’un a embrassé la chaste et surhumaine voie, bien qu’elle
soit rude bien au delà de la première, et difficile à gravir, elle
comporte cependant des grâces plus merveilleuses, car elle
produit normalement le fruit parfait, celui du cent pour un. Par
conséquent, leurs questions impures et mauvaises ont déjà reçu
leurs propres solutions, résolues qu’elles sont depuis longtemps
par les divines Écritures.
Soutenez donc, cher père, les troupeaux que vous dirigez, en les
exhortant avec les enseignements de l’apôtre, en les charmant
avec ceux de l’évangile, en les conseillant avec ceux des psaumes
et disant : «Vivifiez-moi selon votre parole»; or «sa parole», c’est
de l’adorer d’un coeur pur; le même prophète savait cela et
l’applique pour ainsi dire à soi, en disant : «créez en moi un
coeur pur, mon Dieu» afin que des pensées impures ne me
troublent point; et David ajoute: «et soutiens-moi de ton
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 341 sur 493 copyright ©
Esprit tout-puissant», afin que, si jamais des pensées me
troublaient, une force venant de Toi me soutienne, en étant
pour moi comme un contre-fort de soutènement. Donnez-leur
ces conseils et d’autres semblables et dites à ceux qui se laissent
difficilement convaincre par la vérité : «J’enseignerai aux iniques
vos voies»; et confiant dans le Seigneur, que vous arriverez à les
convaincre de s’abstenir d’un tel vice, chantez : «et les impies se
convertiront à Toi».
Puissent les esprits mal tournés qui s’adonnent à de telles
questions cesser de se fatiguer en pure perte, et que ceux dont
la simplicité les fait hésiter soient affermis par l’esprit tout
puissant. Et vous qui possédez en toute certitude la vérité,
gardez-la irréfragable et immuable dans le Christ Jésus notre
Seigneur, avec qui gloire et domination soient rendues au père
avec le saint esprit dans les siècles.
Amen.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 342 sur 493 copyright ©
DU MÊME EXTRAIT DE LA 39e LETTRE PASCALE
II
Des divines Écritures.
Or, nous avons mentionné les hérétiques comme des gens
morts, et nous-mêmes, comme ceux qui possèdent pour leur
salut les saintes Écritures; et je crains, comme l’écrit Paul aux
Corinthiens, qu’un petit nombre ne se laissent égarer par
l’astuce des hommes, loin de la simplicité et de la pureté des
Écritures, et ne se mettent désormais à en lire d’autres, appelées
apocryphes, se laissant induire en erreur par leur homonymie
avec les livres authentiques; supportez, je vous en prie, que je
vous rappelle par écrit pour la nécessité et le bien de l’Église, ce
que vous savez déjà. Et avant de commencer ce rappel, pour
excuser ma hardiesse je me servirai de la formule de
l’évangéliste Luc, en disant moi aussi : «Puisque certains ont
essayé de composer ce que l’on nomme les apocryphes et de les
mélanger avec l’Écriture inspirée de Dieu, que nous
connaissons telle que l’ont transmise à nos pères ceux qui au
début furent les témoins oculaires et les ministres du Verbe, il
m’a semblé bon à moi aussi, exhorté, par de vrais frères et
connaissant bien la Tradition, d’exposer la série des livres
inscrits sur le catalogue officiel, transmis par la Tradition, et
reçus comme venant de Dieu; ainsi, celui qui fut trompé,
pourra condamner ses séducteurs, et celui qui est resté pur de
tout erreur, se réjouira de se le voir à nouveau rappeler.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 343 sur 493 copyright ©
Il y a donc en tout vingt-deux livres de l’ancien Testament,
autant sont, en effet les lettres de l’alphabet hébreu, comme je
l’ai entendu dire.
Voici l’ordre dans lequel ils se suivent et le nom de chacun d’eux
: d’abord la Genèse; puis l’Exode; puis le Lévitique; après celui-
ci les Nombres, ensuite le Deutéronome; à leur suite se
trouvent : Josué fils de Navé; et les Juges; et après cela, Ruth; et
de nouveau suivent les quatre livres des Rois, dont le premier et
le second comptent pour un livre, et le troisième et le
quatrième également pour un livre; après cela le premier et le
second livre des Paralipomènes, comptant également pour un
seul livre; ensuite les premier et second livres d’Esdras,
également comptant pour un livre; après ceux-là le livre des
Psaumes; ensuite les Proverbes; puis l’Ecclésiaste; et le
Cantique des Cantiques; de plus, il y a aussi Job; et après, les
Prophètes, les douze comptant pour un livre, puis Isaïe, Jérémie
et avec celui-ci Baruch, les Lamentations et la Lettre; et après
celui-ci Ezéchiel et Daniel. Ici s’arrête l’ancien Testament.
Il ne faut pas hésiter de nommer aussi les livres du nouveau
Testament. Ce sont en effet : les quatre évangiles, selon
Matthieu, selon Marc, selon Luc, selon Jean; puis, après ceux-
là, les Actes des apôtres, et les épîtres appelés catholiques,
écrites par les apôtres, au nombre de sept que voici : une de
Jacques, deux de Pierre, puis trois de Jean et après cela, une de
Jude; de plus il y a quatorze épîtres de l’apôtre Paul, inscrites
dans l’ordre suivant :
une aux Romains, puis deux aux Corinthiens, après cela aux
Galates, et puis aux Éphésiens, ensuite aux Philippiens, et aux
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 344 sur 493 copyright ©
Colossiens, après cela deux aux Thessaloniciens, et celle aux
Hébreux et aussitôt deux à Timothée, une à Tite et la dernière,
celle à Philémon, et encore l’Apocalypse de Jean.
Ce sont là les sources du salut, au point que l’homme assoiffé
peut puiser à satiété les paroles qui s’y trouvent; par eux seuls la
doctrine de la piété peut être annoncée; que personne ne leur
ajoute, ni leur enlève quoi que ce fût. C’est à leur occasion que
le Seigneur faisait des reproches aux Sadducéens, en disant :
«Vous faites erreur, ne connaissant point les Écritures», et qu’il
exhortait les Juifs : «Scrutez les Écritures, car ce sont elles qui
rendent témoignage à mon égard».
Mais pour plus d’exactitude je suis obligé d’ajouter ceci aussi à
ma lettre, qu’il y a d’autres livres en dehors de ceux-là, qui ne
sont pas inscrits sur le catalogue officiel, mais que l’usage reçu
des pères a prescrit de lire aux candidats qui veulent recevoir
l’enseignement catechétique de la vraie religion; la Sagesse de
Salomon et la Sagesse de Sirach et Esther et Judith et Tobie et
celle qu’on appelle la Doctrine des apôtres et le Pasteur.
Cependant, mes chers, ni parmi les livres inscrits au catalogue
ni parmi les livres à lire, il n’est fait nulle part mention d’aucun
apocryphe; ce sont là des inventions des hérétiques, qui les ont
écrits quand ils ont bien voulu, puis les ont dotés et enrichis
d’années, afin d’avoir, en les produisant comme des écrits
antiques, une apparence de vérité pour tromper ainsi les gens à
la foi intègre.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 345 sur 493 copyright ©
DU MÊME A RUFINIEN ÉVÊQUE
III
De ceux qui se laissèrent entraîner par nécessité dans l’hérésie
sans s’y être pervertis.
Au seigneur notre fils et très désiré comministre Rufinien,
Athanase donne le salut dans le Seigneur.
Vous, pour votre part, vous écrivez ce qui convient à un fils
bien-aimé à l’égard de son père; venu à moi par votre lettre je
vous ai embrassé, mon très désiré entre tous Rufinien. Moi
aussi j’aurai pu vous écrire comme à un fils, avec introduction,
corps de lettre et salutations finales, mais je me suis retenu, afin
que la recommandation et le témoignage ne se fassent pas
connaître par une lettre, puisque «c’est vous qui êtes une lettre
de recommandation pour moi, selon l’Écriture, lettre connue et
lue dans notre coeur». C’est donc dans cette disposition, oui,
croyez-le, que je m’adresse à vous et que je vous exhorte
d’écrire; en faisant cela vous ne me donnerez pas une petite joie,
mais une grande. Puisque donc avec zèle pour le bien et pour la
discipline ecclésiastique, ce qui encore s’harmonise avec votre
piété, vous nous interrogez sur ceux qui furent entraînés par la
nécessité dans l’hérésie sans s’y pervertir, et vous avez voulu que
je vous écrive ce qui fut décidé sur leur compte dans les
assemblées d’évêques et partout ailleurs, sachez, non très désiré
seigneur, que dès la fin de la persécution un synode a eu lieu ici
auquel assistèrent des évêques des autres territoires; il y en eut
aussi un autre, tenu par nos comministres qui habitent la
Grèce, et même un autre, par ceux d’Espagne et de la Gaule. Et
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 346 sur 493 copyright ©
ils ont décidé ce qui fut décidé ici et partout ailleurs, qu’aux
faillis qui ont été les chefs de l’impiété on accordera le pardon,
s’ils se repentent, mais qu’on ne leur donnera pas de place dans
le clergé; tandis qu’à ceux qui n’ont pas été les maîtres de
l’impiété, mais furent entraînés par force et sous la contrainte,
on décida d’accorder le pardon et de leur laisser une place dans
le clergé; surtout parce qu’ils présentent une excuse plausible et
que leur geste semble avoir eu lieu par mesure de prudence; ils
affirment en effet qu’ils ne s’étaient point convertis à l’impiété,
mais que, pour éviter que des hommes très pervers ne
s’établissent dans les Églises et les corrompent, ils ont préférés
plutôt de céder à la force et d’en supporter le poids, plutôt que
de voir périr leurs peuples.
Leur dire nous semble à nous aussi plausible, puisqu’ils portent
pour excuse qu’Aaron, le frère de Moïse, a coopéré à l’apostasie
du peuple et donna comme excuse, qu’il fit cela afin que le
peuple ne restât pas pour toujours idolâtre, en retournant en
Egypte; en effet, il semblait bien plausible, qu’en restant au
désert ils auraient la possibilité de renoncer à l’impiété, tandis
qu’en retournant en Egypte, ils empireraient et augmenteraient
leur impiété. Pour cette raison on excusera leur admission dans
le clergé; car, à ceux qui furent trompés ou contraints on
accorde le pardon.
Voilà ce que je me permets de dire à votre piété, espérant que
votre religiosité admettra nos avis et ne condamnera pas
comme déserteurs ceux qui ont communié avec les hérétiques
sous de telles conditions. Daignez aussi les faire lire au clergé et
au peuple de votre juridiction, afin qu’en en prenant eux-aussi
connaissance, ne vous reprochent pas votre attitude vis-à-vis
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 347 sur 493 copyright ©
d’eux; il ne convient pas, en effet, que je leur écrive moi-même,
puisque votre piété peut leur faire connaître notre sentiment à
l’égard des faillis et ajouter tout ce qui ferait défaut à notre
lettre.
Nous remercions le Seigneur de vous avoir comblé des dons de
la paroleet de la science.
Que ceux qui se repentent anathématisent nommément
l’hérésie d’Eudoxe et d’Euzoïos; car ce sont eux, qui désormais
reprenant le blasphème, que le Christ est une créature,
s’inscrivirent comme les chefs de l’hérésie arienne; et qu’ils
confessent aussi la foi proclamée par les pères à Nicée, ne
plaçant aucun autre synode au dessus de ce concile. Saluez la
fraternité qui est avec vous; la nôtre vous salue dans le Seigneur.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 348 sur 493 copyright ©
DU MEME A ANTIOCHUS
IV
Qu’il ne faut pas communier avec les hérétiques.
Question : Si un homme est surpris par le temps de la fête
pascale dans une région, où l’on ne trouve pas la possibilité de
communier dans une église catholique, que doit-il décider en
vue de la fête pascale : communier chez les hérétiques, ou non ?
Réponse : Si grande et sévère est la condamnation d’un
homme, pour avoir délaissé sa propre femme et pris une autre,
même s’il se trouve hors de son pays, combien plus grande
sera-telle pour avoir trahi la vraie foi et communié avec les
hérétiques ? De même que les gens qui veulent vendre leurs
marchandise, quelle que soit la prolongation de leur séjour en
pays étranger qui en résulte, ne condescendent point à recevoir
une monnaie d’une autre frappe que celle de la frappe
impériale, de même doit-on aussi raisonner à propos de la
communion au Corps du Christ.
Gardons-nous de toutes nos forces de recevoir des hérétiques la
communion ou de la leur donner : «Ne donnez pas les choses
saintes aux chiens, dit le Seigneur, et ne jetez pas vos perles
devant les pourceaux», afin de ne pas participer à leur loi
perverse et à leur condamnation. En effet, si la communion
nous unit totalement au Christ, elle nous unit aussi totalement
les uns aux autres ; et nous nous unissons par l’intention à tous
ceux qui communient avec nous; car c’est par l’intention que se
fait une telle union et elle n’a point lieu sans notre
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 349 sur 493 copyright ©
consentement, «puisque nous sommes tous un seul corps, du
fait même que nous participons au même pain», comme le dit
le divin apôtre.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 350 sur 493 copyright ©
DE SAINT ATHANASE
LES MARIS QUI ONT COMMERCE AVEC LEURS
FEMMES NE DOIVENT PAS RECEVOIR LES DIVINS
SACREMENTS SANS EXAMEN DE CONSCIENCE
PRÉALABLE
Que les maris qui ont commerce avec leurs femmes ne doivent
pas recevoir les divins sacrements sans examen de conscience
préalable.
Comme il y en a qui, après avoir eu commerce charnel avec
leurs femmes, s’approchent le jour même, sans s’en faire
scrupule, des terribles mystères du Corps immaculé et du Sang
vivificateur du Christ notre Dieu, qu’ils écoutent ce qui est
contenu dans la divine Écriture à ce sujet et qu’ils agissent
ensuite comme bon leur semblera.
«Et Moïse dit au peuple : Préparez-vous; pendant trois jours
n’approchez point vos femmes». Or, Moïse ordonna cela sur le
commandement de Dieu. Si donc pour entendre seulement la
Voix du Seigneur une purification de tant de jours fut
ordonnée, combien plus serait-il convenable de l’observer à
présent, où l’on devra recevoir le Corps immaculé même de
Dieu ?
De même encore du premier livre des Rois : «Le prêtre
répondit à David, en disant : Je n’ai pas de pains non-benits
sous la main, ils sont tous sanctifiés; si les jeunes-gens se sont
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 351 sur 493 copyright ©
abstenus du commerce d’avec leurs femmes, ils pourront en
manger.
David répondit au prêtre et lui dit : De nos femmes, nous nous
sommes abstenus hier et avant hier; du fait de mon départ tous
les jeunes gens sont purs. Alors Abimélech leur donna les pains
de la proposition». Si pareille exigence était proposée au temps
«de l’ombre», c.-à-d, de l’ancien Testament, en sorte qu’un
homme uni à sa femme n’eût pas le droit de manger les pains
de la proposition, de beaucoup et incomparablement inférieurs
aux mystères vivificateurs du Corps immaculé et du Sang du
Christ, le vrai Dieu, combien plus purs ne devons nous pas être
au temps «de la grâce», où nous sommes obligés à une vie plus
parfaite, lorsque nous sommes sur le point de participer aux
sacrements qui inspirent une telle sainte frayeur ?
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 352 sur 493 copyright ©
LETTRE A ADRIEN PAPE DE L’ANCIENNE ROME
de saint Taraise le très saint patriarche de Constantinople la
nouvelle Rome
Qu’il ne faut pas faire d’ordination pour de l’argent.
Au tout saint et bienheureux frère et comministre Adrien, pape
de l’ancienne Rome, Taraise indigne évêque donne le salut dans
le Seigneur.
A maintes reprises et sous maintes formes l’évangile, les apôtres
et les pères nous enseignèrent d’avoir une conduite exempte de
cupidité dans l’exercice de la dignité pontificale, et de ne point
chercher d’amasser de l’or ou de l’argent ou de nous approprier
quoi que ce fût, à l’occasion de l’ordination de n’importe quel
clerc, ainsi que nous allons le prouver par les citations ci-après,
tirées des divines paroles de l’écriture et des enseignements des
pères. En effet, ceux qui imposent les mains sont des serviteurs
de l’Esprit saint, non pas des vendeurs de l’Esprit saint; car,
puisqu’ils reçoivent gratuitement le don de l’Esprit, ils le
donneront aussi gratuitement à ceux qui le reçoivent d’eux,
déclarèrent ceux qui apprirent cette libéralité de la bouche du
Seigneur; et si quelqu’un est reconnu coupable de l’avoir acheté
à prix d’or, un tel est déclaré déchu du rang sacerdotal; car bien
qu’il ait reçu en partage le nom de prêtre, cependant ce titre est
démenti par la réalité : « Personne, en effet, ne peut servir Dieu
et mammon », comme nous l’apprirent les évangiles.
Or, comme nous avons entendu Dieu nous disant par la voix
du prophète : « O prêtres, parlez au coeur de Jérusalem », et de
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 353 sur 493 copyright ©
nouveau menaçant et disant : « Si la sentinelle a vu venir l’épée
et n’a pas sonné du cor, si bien que le peuple n’a pas été alerté,
et que l’épée survient et fait chez eux une victime, je
demanderai compte de son sang à la sentinelle »; par crainte de
la condamnation que mérite le silence, nous faisons la présente
déclaration aux pasteurs des églises de notre région, afin de
pouvoir en toute liberté dire avec le divin apôtre : « Nous
sommes innocents du sang » de ceux qui transgressent les
prescriptions canoniques, et encore plus, du sang de ceux qui
ont conféré ou reçu les ordres contré de l’argent, vu que Pierre
le divin apôtre, dont votre sainteté confraternelle a reçu le siège
en partage, a condamnée tous ceux-là en la personne de Simon
le magicien. Pour cette raison nous n’hésitons pas d’annoncer la
vérité, en fidèles observateurs et gardiens des décisions
canoniques des saints et glorieux apôtres et de nos pères de
sainte mémoire, et nous avons en abomination toute
transgression en cette matière.
Or, votre confraternelle sainteté pontificale, qui préside selon la
Tradition et la Volonté de Dieu à l’exercice de la charge
épiscopale, possède une gloire proclamée par tous; car le
premier et grand pontife, le Christ notre Dieu a dit par la
bouche du prophète : « Je le jure par Moi-même, je glorifierai
ceux qui Me glorifient ». Mais savez-vous, »à homme des désirs
» de l’esprit, que l’hérésie impie de Macédonius et des
pneumatomaques, ses disciples, est de beaucoup plus
supportable ? Car ils avaient, eux, déclaré dans leur délire que le
saint Esprit est créature et esclave de Dieu le Père, tandis que
ceux-ci font de lui, pensent-ils, l’esclave d’eux-mêmes, puisque
le maître peut vendre à volonté ce qu’il possède, soit un esclave,
soit une autre de ses propriétés, et de même, l’acheteur aussi,
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 354 sur 493 copyright ©
désireux d’être le maître de l’objet acheté, l’acquiert à prix
d’argent. A tel point déshonorent le saint Esprit ceux qui
commettent cet acte illicite, péchant à l’égal de ceux qui
blasphémèrent en prétendant que le Christ chassait les démons
avec l’autorisation de Béelzebub ! ou même, pour dire plus vrai,
ils ressemblent au traître Judas, qui vendit le Seigneur à prix
d’argent aux Juifs déicides; or, comme le saint Esprit est
consubstantiel au Christ notre Dieu, ils auront, cela est évident,
de toute façon le même sort que lui. Mais, si le saint Esprit ne
peut être objet de vente, et il est évident qu’il ne l’est en aucune
façon, sans contredit ils n’ont pas en eux la grâce du saint
Esprit, c.-à.-d. la charge pontificale, et s’ils ne l’ont pas reçue, ils
ne la possèdent pas non plus.
Qu’ils se rappellent saint Pierre parlant comme il suit à celui
qui a fait cela : « Vous n’avez point de part ni de droit dans
cette affaire ». Si en effet la dignité sacerdotale est objet de
vente, alors, selon eux est inutile chez eux l’honnêteté dans le
gouvernement de la vie de chacun et la conduite pure et
vertueuse; inutile aussi selon eux l’enseignement de Paul le
divin apôtre :
« il faut que l’évêque soit irréprochable, prudent, modeste,
capable d’enseigner, sobre, circonspect, attaché à la catéchèse
reçue de la parole de la foi, afin d’être capable d’enseigner selon
la saine doctrine et de réfuter ceux qui y contredisent ». Tout
cela est bien loin de celui qui vend ou achète la dignité
sacerdotale. Or, les citations ci-après des textes sacrés déclarent
par le fait même privé totalement du sacerdoce celui qui a
jamais donné ou reçu quelque chose à n’importe quel moment,
soit avant l’ordination, soit après l’ordination, soit même
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 355 sur 493 copyright ©
pendant l’ordination, vu que recevoir c’est recevoir quel qu’en
soit le temps; elles annulent aussi toutes les nominations aux
charges d’église faites pour de l’argent.
Canon des saints apôtres, 29e.
Si un évêque a obtenu sa dignité à prix d’argent, de même
qu’un prêtre ou un diacre, qu’il soit déposé, lui, et aussi celui qui
l’a ordonné, et totalement exclu de la communion, comme le
fut Simon le magicien par moi, Pierre.
Des actes des apôtres
Lorsque Simon vit que l’imposition des mains par les apôtres
donnait le saint Esprit, il leur offrit de l’argent et dit : «
Donnez-moi ce pouvoir, à moi aussi, pour que ceux à qui
j’imposerai les mains reçoivent le saint Esprit ». Mais Pierre lui
répondit : « Maudit soit ton argent, et toi-même aussi, puisque
tu as cru pouvoir acheter à prix d’argent le don de Dieu ! Tu
n’auras ni part ni droit dans cette affaire, car ton coeur n’est pas
pur devant Dieu. Repens-toi plutôt de ton méfait et prie Dieu
qu’il veuille bien te pardonner cette pensée de ton coeur. Car, je
vois que tu es en plein fiel d’amertume et prisonnier de
l’iniquité ».
Du troisième livre des Rois.
Jéroboam ne se détourna point de son iniquité et il s’appliqua à
installer pour les hauts lieux des prêtres choisis parmi le peuple;
celui qui le désirait lui remplissait la main de présents et
devenait prêtre des hauts lieux. Cette pratique fut pour la
maison de Jéroboam comptée comme un péché et causa sa
destruction et son extermination de la face de la terre.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 356 sur 493 copyright ©
Du quatrième livre des Rois, au sujet de la lèpre de Giézi.
Alors Nééman retourna chez Elisée, lui et toute sa suite; il
entra et se présentant à lui, il dit : « Je reconnais désormais qu’il
n’y a point de Dieu sur la terre sauf en Israël; et maintenant
accepte ce présent de ton serviteur », Elisée répliqua : « Par la
vie du Seigneur que je sers, je n’accepterai rien ». Il le pressa
d’accepter, mais lui, refusa.
Et peu après :
Et Giézi, le serviteur d’Elisée, se dit : « Voilà que mon maître
ménagea Nééman le Syrien, refusant d’accepter de sa main ce
qu’il a apporté; par la vie du Seigneur, je courrai après lui et
j’obtiendrai quelque chose de lui ». Et Giézi s’élança sur les pas
de Nééman.
Et peu après :
Et Nééman dit : « Veuille accepter un talent d’argent », Et il
prit deux talents d’argent dans deux sacs et deux vêtements
d’apparat.
Et peu après:
Elisée lui dit : « D’où viens-tu Giézi ? ».
Giézi dit : « Ton serviteur n’est allé nulle part ».
Elisée lui répliqua : « Mon esprit n’était-il pas avec toi ? je sais
que l’homme a sauté de son char à ta rencontre; et voici que tu
as reçu l’argent, voici que tu as reçu les vêtements, et tu t’en
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 357 sur 493 copyright ©
achèteras des vergers et un champ d’oliviers et un vignoble et
des brebis et des boeufs et des serviteurs et des servantes; et la
lèpre de Nééman va s’attacher à toi et à ta descendance pour
toujours ».
Et Giézi sortit de chez Elisée couvert d’une lèpre blanche
comme la neige.
De saint Basile, extrait du commentaire d’Isaïe.
Il leur donna la loi pour aide, ainsi pourront-ils dire : « il n’en
est pas comme de la parole du ventriloque, on ne peut faire des
présents pour l’avoir ».
Cette loi ne ressemble point à l’oracle du ventriloque, car elle
n’a pas été inventée, comme ces oracles, pour la tromperie, mais
au contraire elle enseigne la vérité; et puis, ceux-là prononcent
leurs oracles pour de l’argent, – c’est là en effet le comble du
ridicule, que les victimes de la tromperie leur donnent de
l’argent pour prix du mensonge -, tandis que cette parole, c.-à-
d, la parole de la loi, n’est pas telle, qu’on puisse faire des
présents pour l’avoir; personne ne vend le don gratuit de la
grâce : « Ce que vous avez reçu gratuitement, dit l’Écriture,
donnez-le gratuitement ». Ne voyez-vous pas comment Pierre
s’indigna contre Simon, qui offrit de l’argent pour avoir la grâce
de l’esprit ? « Maudit soit ton argent, et toi-aussi, puisque tu as
cru pouvoir acheter à prix d’argent le don de Dieu ». La parole
de l’évangile n’est donc pas semblable aux oracles des
ventriloques qui se vendent; que pourrait-on en effet donner
d’équivalent en échange ? Écoutez David qui se demande et dit
: « Que rendrai-je au Seigneur pour tout ce qu’il m’a donné ? ».
Il n’est donc pas possible de faire des présents dignes de la
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 358 sur 493 copyright ©
grâce qu’elle nous procure; il n’y a qu’un digne présent, de
garder fidèlement le don; celui qui vous a donné le trésor
n’exige pas que vous payiez un prix pour le don, mais que vous
ayez une vigilance digne de ce qui vous fut donné.
Du même, extrait de la lettre à ses suffragants, de ne pas
conférer l’ordination contre de l’argent.
Ils croient ne pas pécher, du fait de ne pas recevoir de l’argent
dés avant l’ordination, mais d’en recevoir après l’ordination; or,
recevoir c’est recevoir quel qu’en soit le temps. Je vous prie donc
de renoncer à ce revenu ou plutôt à ce moyen d’aller en enfer et
de ne pas vous rendre indignes d’accomplir les saints mystères,
en ayant les mains souillées par de tels revenus.
De la vie de saint Jean Chrysostome.
Il se présenta celui qui valut à nous tous évêques de si longs
discours, Eusèbe, l’accusateur des autres six évêques, réclamant
d’être admis à la communion. Quelques évêques s’y
opposèrent : il ne fallait pas l’admettre, comme calomniateur.
Alors il se mit à supplier en disant : « Puisque la plus grande
partie des actes du procès a déjà été examinée pendant deux ans
et que le procès a été renvoyé jusqu’à l’audition des témoins, je
prie votre piété de m’accorder de produire aussitôt ces témoins;
car, bien qu’Antonin qui reçut l’argent et fit les ordinations soit
déjà décédé, cependant, ceux qui le donnèrent et furent
ordonnés sont encore en vie. Les évêques présents à l’assemblée
accordèrent qu’on procédât à l’examen de l’affaire. On préluda
par la lecture des protocoles déjà consignés. Les témoins firent
leur entrée; les six qui ont donné de l’argent et furent ordonnés
entrèrent à leur tour. Au début ils nièrent le fait; mais devant
l’insistance des témoins dont les uns
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 359 sur 493 copyright ©
étaient des laïcs, d’autres des prêtres, sur qui ils comptaient,
paraît-il, comme certains sur des femmes, d’abord ils nièrent;
mais comme les témoins les reprenaient, en leur rappelant lieux
et circonstances et détaillant les diverses espèces de gages remis
et les lieux et les circonstances et la quantité de ces gages, alors
leur conscience n’étant plus bien rassurée, sans y avoir été bien
pressés, ils confessèrent d’eux-mêmes : « nous avons donné de
l’argent, c’est entendu, et nous sommes devenus ce que nous
sommes, parce que nous croyions que tel était l’usage, afin de
nous voir libérés du service de l’état; et maintenant nous vous
prions de rester, si la loi divine le permet, dans nos fonctions
ecclésiastiques, sinon, qu’ au moins nous reprenions l’or que
nous avons donné; car nous avons dû donner des bijoux de nos
femmes ». Alors Jean fit au synode la promesse : « Du tribunal
public je les ferai libérer, moi, avec l’aide de Dieu, en le
demandant à l’empereur; quant à vous, donnez l’ordre qu’ils
reçoivent des héritiers d’Antonin ce qu’ils avaient donné ». Le
synode ordonna donc qu’ils recevraient bien des héritiers
d’Antonin l’or et qu’ils communieraient à l’intérieur du
sanctuaire, mais qu’ils cesseraient d’exercer les fonctions
sacerdotales, de peur qu’en leur pardonnant, on n’établît l’usage
judaïque ou égyptien, de vendre et d’acheter le sacerdoce; on
dit en effet que ce fléau de soi-disant patriarche des Juifs
change chaque année ou tous les deux ans les chefs de
synagogue pour amasser de l’argent et de même, son émule, le
patriarche des Égyptiens, afin que s’accomplît la parole du
prophète : « Ses prêtres prononcent leur sentences de juge,
quand on leur fait des présents; et ses prophètes vaticinent
contre de l’argent ».
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 360 sur 493 copyright ©
Des canons des six-cent-trente saints pères, réunis à
Chalcédoine, canon 2.
Si un évêque fait une ordination à prix d’argent et met à l’encan
la grâce sans prix, et ordonne pour de l’argent un évêque ou un
chorévêque ou un prêtre ou un diacre ou quelqu’un de ceux
inscrits au catalogue des clercs, ou nomme à prix d’argent un
économe ou un avoué ou un tuteur d’église ou en général
quelqu’un de la curie, poussé par un bas sentiment de lucre,
celui qui entreprend une telle chose, s’expose, si le fait est
prouvé, à perdre son propre grade, et celui qui a été ordonné de
cette manière ne tirera aucun profit de l’ordination ou de la
promotion, mais perdra la dignité ou la place acquise ainsi à
prix d’argent, Si de plus quelqu’un s’est entremis pour ce
commerce honteux et prohibé, il devra, s’il est clerc, déchoir de
son grade, et s’il est laïc ou moine, être frappé d’anathème.
De la lettre encyclique de Gennade, le très saint archevêque de
Constantinople, et du synode réuni auprès de lui.
Qu’il soit donc, et il l’est déjà, excommunié et déchu de toute
dignité et fonction ecclésiastique et soumis à la malédiction de
l’anathème, tant celui qui a cru acquérir cette dignité pour de
l’argent, que celui qui a promis de la donner contre de l’argent,
qu’il soit clerc ou laïc, qu’il soit convaincu ou pas convaincu de
l’avoir fait; car il n’est pas possible que Dieu s’accorde avec
mammon, ou que les serviteurs de celui-ci servent Dieu. Cela
aussi est une décision indiscutable du Seigneur : « Vous ne
pouvez servir Dieu et mammon ».
Des canons du sixième saint concile, canon 22.
Ceux qui ont été ordonnés pour de l’argent, qu’ils fussent
évêques ou autres clercs, et non pas après avoir été éprouvés et
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 361 sur 493 copyright ©
sur la foi de leurs bonnes moeurs, nous ordonnons qu’ils soient
déposés, eux et ceux qui leur ont conféré les ordres. Entendons
tout cela et imprimons-le dans notre esprit, non seulement,
nous évêques, et ceux qui sont inscrits parmi le clergé, mais
aussi tous ]es habitants de la terre; « car il nous faut, plus qu’à
d’autres, faire attention à ce que nous avons entendu, pour ne
pas déchoir », vu que « nous n’avons pas été rachetés de la vaine
manière de vivre de nos pères au prix de choses périssables,
d’argent ou d’or, mais au prix du Sang précieux d’un agneau pur
et immaculé, le Sang du Christ ».
Apprends-nous, homme très sacré, à suivre ainsi les préceptes
de l’Écriture, des évangiles et des apôtres, ceux des canons et
des pères; car, nous obéissons aux paroles de votre bouche. «
Montez sur les hauteurs, élevez avec force la voix, marchez
souverainement, élevez la voix sans crainte », afin que soit
déracinée et anéantie l’imposition des mains faite pour de
l’argent et toute chose qui l’accompagne, faite avec cupidité,
injustice et marchandage, par désir de lucre malhonnête. Car, si
l’on arrive à l’enlever elle et ses compagnes, du milieu du peuple
élu, qui porte le nom du Christ et obtint gratuitement la
rédemption, alors toutes les souillures qui sont attachées à ce
vice seront aussi déracinées et les prêtres refleuriront comme le
phénix, répandant le parfum du Christ parmi les rachetés et
chantant pour l’église le chant de victoire : « Le Seigneur t’a
effacé tes iniquités »; de plus, ils rendront doux les fruits cueillis
et les multiplieront jusqu’à une vieillesse pleine sève, en faisant
d’eux, dis-je, les héritiers de la bienheureuse et éternelle vie.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 362 sur 493 copyright ©
DE SAINT GRÉGOIRE ÉVEQUE DE NYSSE
LETTRE CANONIQUE A LETOIUS ÉVEAQUE DE
MELITENE
(Prologue)
De la pénitence et de la conversion.
Un des faits qui contribuent à bien célébrer la sainte festivité
pascale, c’est aussi celui d’avoir une profonde connaissance de
l’application des lois et des canons à ceux qui ont commis une
faute, afin de guérir toute maladie spirituelle causée par un
péché quelconque.
En effet, puisque cette fête universelle de la création, qui
chaque année au retour du cycle annuel se célèbre dans le
monde entier, a aussi pour but de fêter la résurrection de
l’homme déchu, – or, la chute c’est le péché, et la résurrection
c’est de se relever de la chute du péché -, il serait bon en ce jour
non seulement de présenter ceux qui ont été transformés, en
renaissant grâce au bain de la grâce, mais aussi de conduire vers
l’espérance salutaire aliénée par le péché ceux qui reviennent
des oeuvres de mort au chemin de la vie par le repentir et la
conversion.
Or, ce n’est point une oeuvre de peu d’importance que de
composer à ce sujet des discours d’un jugement droit et
éprouvé, selon le précepte du prophète, qui impose à chacun
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 363 sur 493 copyright ©
l’obligation de «composer ses discours avec jugement», «afin
que le juste ne soit jamais scandalisé», dit l’Écriture, et «que sa
mémoire reste éternelle». Car, de même qu’à propos de la
maladie corporelle la médecine n’a qu’un but, de guérir le
malade, mais le mode de la cure est varié, vu que selon la
variété des maladies à chacune l’elles est appliqué le moyen de
guérison qui convient; de même à propos de la maladie de
l’âme, grande étant la variété des passions, nécessairement
multiformes seront aussi les soins de la cure, afin d’opérer la
guérison en raison même de l’espèce de la passion.
Afin d’avancer méthodiquement dans la question présente,
nous procéderons ainsi. La première distinction sera de
considérer les trois partiel de notre âme : rationnelle,
concupiscible, irascible : c’est d’elles que découlent les exploits
de ceux qui vivent dans la vertu et les chutes de ceux qui
déclinent vers le vice.
Il appartient donc à celui qui doit apporter le remède
convenable à la partie malade de l’âme, d’examiner d’abord en
quelle partie le mal a pris sa consistance, et alors seulement
apporter à la partie souffrante le remède convenable; sinon, par
ignorance de la thérapeutique à suivre, autre serait la partie
malade, autre celle à laquelle le remède serait appliqué. C’est
ainsi que par exemple nous voyons bon nombre de médecins,
dans leur ignorance de la partie qui est à l’origine du mal,
prolonger la maladie par leurs remèdes : alors que la maladie
consiste souvent dans la prédominance de l’élément chaud,
parce que la chaleur fait du bien à ceux qui souffrent par excès
de l’élément froid, et appliquée avec mesure les réchauffé, eux,
appliquant sans réflexion cette même chaleur à ceux qui brûlent
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 364 sur 493 copyright ©
d’un excès de chaleur, rendent par là le mal incurable. C’est
pourquoi, de même que la connaissance profonde de la qualité
des éléments a été jugée absolument nécessaire aux médecins,
afin de rétablir l’équilibre de l’élément disposé contre l’ordre
naturel chez chacun de ceux qui se sentent bien ou mal; de
même, nous aussi, en recourant à cette division de la nature de
l’âme, nous ferons de cette idée générale le principe et la base
de la guérison convenable des passions.
Ainsi, puisque par la qualité de ses mouvements l’âme se divise
en trois, comme nous l’avons dit, rationnelle, concupiscible et
irascible, la vertu pour la partie rationnelle de l’âme consistera à
reconnaître pieusement la divinité et à posséder la science du
discernement d’entre le bien et le mal, et à avoir une idée claire
et distincte de la nature des choses, ce qui dans les êtres est à
désirer et ce qui est à abhorrer et à rejeter. Tout à l’opposé, on
considérera comme vice dans cette partie, le fait qu’y règne
l’impiété envers la divinité, le manque de discernement du vrai
bien et l’opinion erronée sur la nature des choses, de manière à
«prendre la lumière pour des ténèbres et les ténèbres pour de la
lumière», comme dit l’Écriture.
Pour la partie concupiscible le mouvement vertueux consistera
à élever son désir vers ce qui est réellement désirable et
vraiment bien, et appliquer toute la force et disposition de
l’amour, qui serait au dedans de nous, dans la conviction que
rien n’est désirable par sa nature hors de la vertu et de l’être qui
est la source de la vertu. La déviation d’autre part et le péché
pour cette partie de l’âme consistera à transférer le désir vers la
vanité inconsistante ou vers la beauté florissante des corps, d’où
naissent l’amour des richesses, l’amour des honneurs, l’amour
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 365 sur 493 copyright ©
des plaisirs charnels et tout le reste qui découle de ce genre de
vice. De même, pour la disposition irascible de l’âme, la vertu
c’est l’horreur du mal et la guerre déclarée aux passions, et que
l’âme soit aiguillonnée par le courage viril au point de ne pas
craindre ce que la foule estime terrible, mais au contraire, de
résister au péché jusqu’au sang, d’avoir du mépris pour la
menace de la mort, les douloureuses tortures et la privation des
plus grands plaisirs, et d’être en un mot au dessus de ce que par
coutume ou préjugé la foule tient pour un plaisir; et tout cela,
afin de défendre par là la foi et la vertu. Les manquements de
cette partie de l’âme sont bien connus de tous; ce sont l’envie, la
haine, la rancune, les injures, les rixes, l’humeur querelleuse et
susceptible, qui fait durer longtemps la rancune et aboutit à de
nombreux meurtres et à l’effusion du sang; en effet, la raison
sans frein ne sachant comment se servir avantageusement de
son arme, retourne contre soi-même la pointe de son épée et
l’arme qui nous fut donnée pour nous défendre, devient fatale
pour celui qui s’en sert mal.
Il
De ceux qui renient de plein gré la foi au Christ et de ceux qui
ont fait cela à la suite de nombreuses tortures.
Ces distinctions faites de la manière exposée plus haut, tous les
péchés qui touchent à la partie rationnelle de l’âme ont été
jugés par nos pères comme plus graves et dignes d’une plus
grande et plus longue et plus pénible pénitence. Ainsi, si
quelqu’un a renié la foi au Christ, ou bien s’il a publiquement
apostasié, en embrassant le judaïsme ou l’idolâtrie ou le
manichéisme ou quelqu’autre forme semblable d’athéisme,
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 366 sur 493 copyright ©
celui-là, s’il a commis un tel mal de plein gré, aura comme
temps de pénitence sa vie toute entière; jamais en effet, il ne lui
sera permis d’adorer Dieu avec le peuple fidèle, pendant que
s’accomplit la prière mystique de la Liturgie, mais il priera seul
et il sera totalement privé de la communion aux dons sanctifiés;
à l’heure du trépas seulement, il lui sera permis de prendre part
au don sanctifié. Et s’il lui arrive contre tout espoir de rester en
vie il passera de nouveau sa vie sous le coup de la même peine,
restant sans participation aux dons mystiques sanctifiés jusqu’à
son trépas.
Par contre, ceux qui ont souffert des châtiments et de graves
tortures n’ont qu’un temps limité de pénitence : nos saints pères
ont usé d’une telle miséricorde à leur égard, parce que leur âme
n’a pas été en faute, mais seule leur faiblesse corporelle n’a pu
résisté aux violentes souffrances; c’est pourquoi la pénitence
pour l’apostasie, commise sous la contrainte et la douleur, a été
aussi mesurée sur celle des pécheurs fornicateurs.
III
De ceux qui ont recours à des sorciers ou des devins.
Ceux qui se sont adressés à des sorciers ou à des devins ou à des
gens qui promettent de délier des sortilèges ou rejeter un sort,
avec l’aide des démons, ceux-là on doit les interroger avec soin
et s’enquérir, si tout en restant fidèles au Christ, ils n’ont pas été
entraînés à commettre ce péché par quelque nécessité, un
mauvais traitement ou un dommage difficile à supporter, ou
bien si au contraire ils ont eu recours à l’alliance avec les
démons par un total mépris pour la vérité attestée que nous
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 367 sur 493 copyright ©
croyons. Car, s’ils ont fait cela en reniant leur foi et parce qu’ils
ne croyaient plus que le Dieu adoré par les chrétiens fût le vrai
Dieu, ils seront évidemment soumis à la peine des apostats;
mais, si quelque nécessité intenable l’emporta sur leur
pusillaminité et les y a conduits, désemparés qu’ils étaient par
quelque espérance déçue, pour eux aussi il y aura la même
miséricorde, que pour ceux qui ne purent résister aux tortures
au temps où ils fallait confesser leur foi.
IV
Des péchés commis par concupiscence et plaisir charnel.
Les péchés que fait commettre la concupiscence et le plaisir
charnel se divisent de la façon suivante: l’un s’appelle adultère,
l’autre fornication. Certains amateurs d’une précision plus
grande se sont plu à croire que la faute par fornication est aussi
un adultère, du fait qu’il n’y a qu’une union charnelle légitime,
pour le mari avec sa femme et pour la femme avec son mari.
Or, tout ce qui n’est pas légitime est certainement contre la loi,
et celui qui retient en sa possession ce qui n’est pas sien, retient
évidemment la chose d’autrui; car chaque homme n’a reçu de
Dieu qu’une seule aide et à chaque femme n’a été donné en
propre qu’un seul chef. Donc, si l’on retient pour soi «son
propre vase», – c’est le terme que l’apôtre emploie, – la loi de la
nature en permet le juste usage; mais, si l’on en prend un hors
du sien, on prendra évidemment celui d’autrui, puisque tout ce
qui n’est pas à nous est à autrui, même s’il n’a pas un maître
déterminé. Ainsi, même la fornication ne serait pas bien
éloigné du péché d’adultère pour ceux qui en ont scruté le
concept avec un peu plus de précision, puisque la divine
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 368 sur 493 copyright ©
Écriture aussi dit : «N’accordez pas grande attention à celle qui
est à autrui». Mais, comme une certaine condescendance a été
faite par nos pères envers ceux qui sont faibles, on a distingué le
péché selon la division générale mentionnée plus haut, de
manière à appeler fornication la concupiscence satisfaite sans
causer du tort à un tiers, et adultère, celle qui comporte une
injustice préméditée, commise contre autrui. Ils ont rangé sous
celle-ci le péché de bestialité et la pédérastie, parce qu’ils sont
adultère contre la nature, car l’injustice est commise contre ce
qui n’y est pas destiné et contre nature.
Cette division établie pour cette sorte du péché, le remède
général, c’est de purifier l’homme en l’amenant à se repentir de
la passion enragée qu’il a eu pour de tels plaisirs. Et puisque le
péché de ceux qui se salirent par la fornication ne comporte
point d’injustice, le temps de la pénitence de ceux qui se
souillèrent par l’adultère ou dans les autres péchés défendus,
bestialité et passion enragée du mâle, fut compté double; car
double en est le péché, comme je viens de le dire : l’un celui du
plaisir illicite, l’autre, celui du tort causé à autrui.
La distinction suivante est aussi à faire à propos du repentir de
ceux qui ont péché par plaisir charnel : celui qui de lui-même
vint s’accuser de son péché, du fait même qu’il s’est fait, de son
propre mouvement, accusateur des péchés secrets, en homme
qui a déjà commencé à guérir sa passion et donné une preuve
de sa conversion vers le bien, trouvera plus de miséricorde dans
les pénitences imposées; par contre, celui qui fut pris en
flagrant défit ou par suite d’un soupçon ou d’une accusation fut
malgré lui convaincu d’avoir péché, aura la longue durée de
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 369 sur 493 copyright ©
pénitence, de manière à ce qu’il soit bien soigneusement purifié
avant s’être admis à la communion des dons sanctifiés.
Or, voici la règle traditionnelle: ceux qui furent soufflés par la
fornication seront pendant trois ans totalement exclus de la
prière, pendant trois autres ils me participeront qu’à l’audition
des Écritures, trois autres années ils prieront avec les pénitents
prosternés, et alors seulement ils participeront aux dons
sanctifiés. Tandis que à l’égard de ceux qui se sont repentis plus
sérieusement et ont prouvé par la conduite de leur vie le retour
au bien, il sera permis à celui qui administre l’église dans
l’intérêt même de la discipline ecclésiastique d’abréger le temps
de l’audition et les amener plus tôt dans la classe des pénitents;
puis d’abréger même ce temps-ci et leur rendre plus tôt la
communion, selon le jugement qu’il se sera formé de l’état du
malade; car, s’il est défendu de jeter la perle aux pourceaux, il
est aussi absurde de priver de la perle précieuse celui qui est
redevenu homme par la pureté et la maîtrise sur ses passions.
Quant à l’iniquité commise par adultère, ou par les autres
espèces de l’impureté, elle sera guérie, comme il a été dit plus
haut, par les mêmes peines que la souillure de la fornication,
seule la durée en sera double.
On observera pour elle aussi la disposition du malade, de la
manière exposée pour ceux qui furent contaminée par la
souillure de la fornication, pour que la participation au saint
don leur soit accordée ou plus tôt ou plus tard.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 370 sur 493 copyright ©
V
De la partie irascible de l’âme.
Il nous reste encore de procéder à l’examen de la partie irascible
de l’âme, lorsque celle-ci, délaissant le bon usage de la colère,
tombe dans le péché. Nombreux sont certes les actes de la
colère menant au péché, et tous mauvais; mais nos pères se sont
plu à ne pas chercher à les préciser tous, ni n’ont estimé
important de chercher le moyen de guérir toutes les fautes
provenant de la colère, bien que l’Écriture interdise non
seulement les coups, mais même toute injure et tout blasphème
et tout acte semblable, que la colère fait commettre; et ils ne
nous ont mis en garde par les pénitences fixées que contre le
crime sacrilège du meurtre.
On distinguera pour ce péché selon qu’il fut volontaire ou
involontaire.
Parmi les meurtres sera volontaire premièrement celui qu’on a
osé perpétrer après préméditation, en arrangeant tout pour
commettre ce crime sacrilège; on a ensuite compté parmi les
meurtres volontaires, si quelqu’un dans une rixe et un combat,
donnant et recevant des coups, porte de sa propre main un
coup fatal contre l’adversaire; car à celui qui fut déjà dominé
par l’ire et s’est abandonné à l’explosion de la colère, il ne
saurait pendant l’emportement de la passion venir à l’esprit
aucun des moyens capables d’arrêter le mal; par conséquent, le
meurtre qui a résulté de la rixe sera attribué a la volonté libre
comme son oeuvre et non point à un hasard malheureux.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 371 sur 493 copyright ©
Quant aux meurtres involontaires, ils ont pour signe distinctif
évident, qu’en s’appliquant à autre chose l’on commet par un
hasard malheureux quelque chose d’irréparable. En cette
matière donc, le vrai meurtre requiert trois périodes de temps
pour ceux qui, repentant, font pénitence pour le crime sacrilège
volontaire; en effet ils ont à accomplir trois séries de neuf ans,
neuf ans étant fixés pour chaque degré; ainsi dans la totale
excommunication le meurtrier passera neuf ans exclu de
l’église; autant d’années il demeurera parmi les auditeurs,
autorisé à n’entendre que la lecture des pères et celle de
l’Écriture et à y assister avec le peuple fidèle; la troisième série
de neuf ans il priera avec les prosternés pénitents et alors
seulement il en arrivera à la participation du saint don.
Évidemment, la même distinction sera faite à son égard par
celui qui administre l’église, et en proportion de son repentir on
lui abrégera la durée de sa pénitence, en sorte qu’au lieu de neuf
ans dans chaque degré il n’en fasse que huit ou sept ou six ou
même cinq, si certes la grandeur de son repentir l’emporte sur
la durée de la pénitence et que par l’ardeur mise à se corriger il
surpasse ceux qui dans la longue pénitence se purifient de leur
souillure avec un peu trop de nonchalance.
Quant au meurtre involontaire, il fut certes jugé excusable, mais
point louable; j’ai dit cela pour expliquer pourquoi la règle
traditionnelle ordonne que, même si l’on est tombé
involontairement dans la souillure du meurtre, on sera privé de
la grâce du sacerdoce, parce que l’on aura a été profané par ce
crime sacrilège. Le temps de purification, fixé pour la simple
fornication, est aussi celui qu’on a cru bon d’appliquer aux
meurtriers involontaires. Évidemment, même dans ce cas la
volonté du pénitent sera examinée, en sorte que si son repentir
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 372 sur 493 copyright ©
le mérite; on n’observera pas absolument le nombre des années,
mais par un chemin raccourci on lui accordera d’être rétabli
dans l’église et de participer au saint don.
De ceux qui, avant d’accomplir le temps de leur pénitence, sont
sur le point de trépasser.
Si d’autre part quelqu’un avant d’avoir accompli le temps fixé
par les règles traditionnelles trépasse, la miséricorde de nos
pères veut qu’il entreprenne ce dernier et long voyage, après
avoir reçu les dons sanctifiés, et non point privé du viatique. Si
cependant après avoir pris part au don sanctifié, il revient à la
vie, il attendra le temps fixé, restant dans le degré même de
pénitence, dans lequel il se trouvait au moment où par nécessité
il avait reçu la communion.
VI
Du vol.
Quant à la seconde espèce d’«idolâtrie», tel est en effet le nom
que donne le divin apôtre à la cupidité, je ne sais pourquoi nos
pères l’ont délaissé sans y remédier, Or, il me semble que ce vice
est un mal qui touche aux trois parties de l’âme; car la raison
péchant dans son jugement sur le bien s’imagine que ce bien se
trouve dans la matière, sans élever son regard vers la beauté
immatérielle; le désir aussi déchoit vers l’inférieur, détourné de
ce qui est vraiment désirable; la disposition querelleuse et
irascible de l’âme, elle aussi, puise de ce péché bien des
occasions de malfaire. En un mot, cette maladie de l’âme
répond bien à la définition de l’avarice que donne l’apôtre; car
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 373 sur 493 copyright ©
le divin apôtre l’a déclarée non seulement une «idolâtrie», mais
encore «la racine de tous les vices». Et cependant une telle
espèce de maladie fut délaissée sans examen et sans soins; pour
cette raison précisément pareille infirmité prend tant d’ampleur
dans l’église et personne n’examine les candidats à la cléricature,
si par hasard ils n’ont pas été souillés par cette sorte d’idolâtrie.
Mais en cette matière, puisque nos pères l’ont laissée de côté,
nous pensons qu’il nous suffira de remédier, autant que cela est
possible, par la prédication publique de la doctrine chrétienne,
en guérissant par la parole les diverses maladies de l’avarice
comme on le fait pour certains vices qui foisonnent dans la
foule. Seul le vol et la profanation des tombes et le vol sacrilège
seront considérés par nous comme des vices, puisque telle est à
ce sujet la tradition transmise jusqu’à nous par nos pères, bien
que selon la divine Écriture et l’abus de la bonne foi et le prêt à
intérêt et l’appropriation forcée du bien d’autrui, même faite
sous le couvert d’un contrat, sont parmi les choses interdites.
Or, vu que nous inspirerions peu de confiance, si nous voulions
établir des règles par nous-même, nous ne ferons qu’ajouter à
ce qui précède les décisions canoniques traditionnelles sur les
actes généralement reconnus comme interdits.
Le vol se divise en banditisme et en vol par effraction. Le but
est certes le même pour tous les deux, enlever le bien d’autrui,
mais leur différence est bien grande quant à leur intention; car
le bandit appelle au secours de ce qu’il médite même le
meurtre, et s’y prépare en choissant ses armes, ses complices et
les lieux opportuns; par conséquent un tel sera soumis à la
peine des meurtriers, si le repentir le ramène à l’Église de Dieu.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 374 sur 493 copyright ©
Par contre celui qui s’approprie le bien d’autrui en le dérobant
en cachette, puis en confession il dévoile sa faute au prêtre, aura
à guérir son mal en s’appliquant à l’acte opposé à son vice : il
donnera, dis-je, ce qu’il peut aux pauvres et montrera par
l’abandon de ce qu’il possède, qu’il est purgé du mal de
l’avarice; s’il ne possède rien et n’a que son corps, l’apôtre
ordonne de guérir le vice en question par la peine corporelle;
voici ses paroles: «Que le voleur ne vole plus, bien au contraire,
qu’il peine à faire ce qui ce doit, afin d’avoir à donner aux
besogneux».
VII
De la division du péché de violation de tombeaux.
Le péché de violation des tombeaux se divise lui aussi en
pardonnable et impardonnable. Si l’on a respecté la loi de la
piété et laissé le corps enseveli inviolé, sans montrer à la face du
soleil la laideur de la nature, et l’on s’est servi d »une partie des
pierres placées devant la tombe pour construire quelque chose,
ce n’est certes pas à louer, pas même cela, mais la coutume
l’excuse, lorsque la transfert de la matière s’est fait pour quelque
chose d’important et d’assez grande utilité commune.
Tandis que fouiller la poussière de la chair en poussière et
remuer les ossements dans l’espoir de trouver quelque bijou de
ceux que l’on a ensevelis avec le mort, cela fut condamné à la
même peine que la simple fornication, avec la distinction
précédente, c.-à-d. que celui qui administre observera les
progrès de la guérison dans la vie de l’homme corrigé par les
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 375 sur 493 copyright ©
peines canoniques, afin d’abréger les délais de la pénitence fixée
par les règles traditionnelles.
VIII
Des sacrilèges.
Le vol sacrilège fut jugé dans l’ancien Testament comme un
mal aussi peu tolérable que le meurtre; car l’homme pris en
flagrant délit de meurtre, comme celui qui a enlevé les biens
voués à Dieu avaient à subir le châtiment de la lapidation.
Tandis que la coutume de l’église je ne sais pourquoi est assez
condescendante et accommodante, en sorte qu’elle a fixé un
remède plus supportable pour ce mal : car la Tradition des
pères nous a transmis pour de tels pécheurs une pénitence de
moindre durée que pour l’adultère.
Cependant, partout où il s’agit d’une faute, il convient avant
tout de bien voir quelle est la disposition de celui qu’on corrige
et penser que le temps ne suffit pas à la correction, – quelle
guérison peut-elle en effet être opérée par le temps ? mais la
volonté de celui qui se guérit lui-même par son retour à Dieu.
Voilà, à homme de Dieu, ce que nous vous envoyons, improvisé
avec empressement, puisqu’avec empressement il faut obéir aux
ordres de nos frères. Vous, de votre côté, ne cessez d’adresser à
Dieu votre prière pour nous, comme vous le faites d’habitude;
vous le devez, en effet, en fils reconnaissant à celui qui vous a
engendré à Dieu, selon le commandement, qui ordonne
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 376 sur 493 copyright ©
«d’honorer ses parents, afin qu’on ait prospérité et longue vie
sur cette terre».
Naturellement, vous recevrez cette lettre en signe d’amitié
sacerdotale et vous ne déshonorerez pas ce don d’hospitalité,
même s’il n’est pas tout à fait à la mesure de votre grande
intelligence.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 377 sur 493 copyright ©
SAINT GRÉGOIRE LE THÉOLOGIEN
EXTRAITS DE SES OEUVRES EN VERS
Enumération en vers des livres de l’Ancien et du Nouveau
Testament.
Afin que votre esprit ne soit pas séduit par des livres étrangers,
il existe en effet bon nombre d’écrits mauvais, reçois aussi de
moi cette liste approuvée. De livres historiques, il y en a douze
en tout, de la plus antique sagesse hébraïque :
le premier en est la Genèse, puis l’Exode et le Levitique,
ensuite les Nombres, puis le Deutéronome, ensuite Josué et les
Juges, Ruth en est le huitième, les neuvième et dixième livres,
ce sont les actes des Rois, et les Paralipoménes, en dernier lieu
vous avez Esdras.
Les livres poétiques sont cinq, dont Job est le premier, ensuite
David, puis trois de Salomon, l’Ecclésiaste, le Cantique et les
Proverbes.
Cinq également sont ceux d’inspiration prophétique; en un seul
écrit se trouvent les douze prophètes : Osée, et Amos et
Michée en troisiéme, ensuite Joél, puis Jonas et Abdias, Nahum
et Habacuc et Sophonie, Aggée, puis Zacharie et Malachie.
En voilà un; Esaïe est le second livre, ensuite Jérémie, appelée
dès le berceau, puis Ezéchiel et Daniel, qui est le prophète de la
grâce.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 378 sur 493 copyright ©
J’ai posé vingt-deux livres antiques, équivalent aux vingt-deux
lettres de l’hébreu.
Maintenant compte ceux du mystère de la nouvelle loi.
Matthieu a écrit pour les Hébreux les miracles du Christ, Marc
pour l’Italie, Luc pour l’Achaïe, et pour tous Jean le grand
héraut, qui a pénétré le ciel. Ensuite, ce sont les Actes des
apôtres remplis de sagesse, et les quatorze épîtres de Paul,
et les sept épîtres catholiques, dont une de Jacques, et deux de
Pierre, et trois de Jean encore et celle de Jude en est la
septième. Vous avez tous les livres. Et s’il y en a un hors de
ceux-ci, il n’est pas parmi les authentiques.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 379 sur 493 copyright ©
SAINT AMPHILOQUE ÉVEQUE D’ICONIUM
EXTRAIT DES JAMBES A SELEUCOS
[Des livres inspirés]
Mais avant toute chose il vous faut savoir que n’est pas
authentique tout livre qui porte le titre vénéré d’écriture sainte;
il y a en effet, il y a des livres au titre faux, les uns apparentés et
voisins, pourrait-on dire, des paroles de vérité, et d’autres, faux
et bien dangereux, semblables à des monnaies de mauvais éloi
et falsifiées, frappées certes avec l’inscription de l’empereur,
mais qui sont fausses, adultérées quant à leur alliage. A cause de
cela je vous nommerai chacun des livres inspirés. Pour vous
l’apprendre avec clarté je nommerai d’abord ceux de l’Ancien
Testament.
Le Pentateuque contient la création, puis l’Exode, et le
Lévitique comme livre du milieu; après lequel les Nombres,
puis le Deutéronome. A ceux-là ajoute Josué et les Juges,
ensuite Ruth, et les quatre livres des Rois et les deux livres des
Paralipomènes; aussitôt après ceux-là le premier, puis le second
livre d’Esdras.
Je vous nommerai à la suite de ceux-là les cinq livres
poétiques : Job couronné d’exploits de diverses souffrances, et le
livre des Psaumes, harmonieux médicament de l’âme, et les
trois livres encore de Salomon le sage : Proverbes, Ecclésiaste et
Cantique des cantiques.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 380 sur 493 copyright ©
Ajoute à ceux-là les douze prophètes : Osée d’abord, puis
Amos en second Michée, Joël, Abdias et Jonas, qui fut la figure
des trois jours de la passion; Nahum après eux, puis Habacuc
en neuvième, Sophonie et Aggée et Zacharie et Malachie,
l’ange à deux noms.
Après lesquels apprends à connaître les quatre prophètes : Isaïe
au grand franc-parler, et le compatissant Jérémie, et le
mystérieux Ezéchiel et Daniel en dernier lieu, très sage en
oeuvres et en paroles aussi.
A ceux-là certains croient devoir ajouter Esther.
Il est temps pour moi de nommer les livres du Nouveau
Testament.
N’admets que quatre évangélistes : l’élévation des pensées; car
je l’appelle avec raison le fils du tonnerre, qui a immensément
retenti pour Dieu le Verbe. Reçois aussi le second livre de Luc,
les Actes de tous les apôtres ensemble.
Ajoute à la suite le vase d’élection, le héraut des nations,
l’apôtre Paul, qui plein de sagesse a écrit aux églises deux fois
sept épîtres: une aux Romains à laquelle il faut joindre deux aux
Corinthiens, et celle aux Galates et celle aux Éphésiens, après
laquelle celle à la communauté de Philippes, puis celle écrite
aux Colossiens, deux aux Thessaloniciens, deux à Timothée, à
Tite et à Philémon une pour chacun d’eux, et une aux Hébreux.
Certains affirment qu’est fausse celle aux Hébreux, mais ils ne
disent pas vrai, car la grâce qu’elle contient est de bon aloi.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 381 sur 493 copyright ©
Soit; que reste-t-il ? Des épîtres catholiques les uns disent que
sept doivent être admises,
d’autres, trois seulement: une de Jacques, et une de Pierre et
une de Jean; d’autres admettent trois de Jean et de plus les deux
de Pierre et celle de Jude pour septième.
Quant à l’Apocalypse de Jean encore, les uns l’approuvent, niais
le plus grand nombre, certes, l’appellent fausse. C’est là la seule
vraie liste des écrits inspirés.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 382 sur 493 copyright ©
TIMOTHÉE LE TRÈS SAINT ÉVEQUE
D’ALEXANDRIE
L’ U N D E S C E N T - C I N Q UA N T E P E R E S D E
CONSTANTINOPLE
RÉPONSES CANONIQUES AUX QUESTIONS QUI
LUI FURENT
POSÉES
PAR DES ÉVEQUES ET DES CLERCS
Question. Si un catéchumène, enfant d’environ sept ans ou
bien homme adulte, assiste fortuitement à l’offrande
eucharistique, qui a lieu quelque part, et sans s’en rendre
compte y communie, que doit-on faire de lui ?
Réponse.
Il doit être baptisé, car il y est appelé par Dieu.
Il
Question. Si un possédé est encore catéchumène et demande
lui-même, ou les siens, de recevoir le saint baptême, peut-il le
recevoir ou non, surtout s’il est près de mourir ?
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 383 sur 493 copyright ©
Réponse.
Si le possédé n’est pas libéré du démon impur, il ne peut
recevoir le saint baptême; mais au moment du trépas il sera
baptisé.
III
Question. Si un fidèle est possédé du démon peut-il
communier aux saints mystères, ou non ?
Réponse. S’il ne divulgue pas le sacrement ni ne blasphème de
quelque autre manière, qu’il communie; cependant, pas tous les
jours, il lui suffira de ne le faire qu’en dimanche.
IV
Question. Si un catéchumène, tombé malade, perd le sens et
n’est pas capable de réciter le symbole, et cependant les siens
demandent qu’il reçoive le saint baptême tant qu’il vit encore,
peut-il le recevoir, ou non ?
Réponse. Il peut le recevoir, s’il n’est pas tenté par un démon
impur.
Question. Si une femme a des rapports conjugaux avec son
mari dans la nuit, ou bien le mari avec sa femme, et qu’une
synaxe eucharistique a lieu, peuvent-ils communier, ou non ?
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 384 sur 493 copyright ©
Réponse.
Ils ne le peuvent pas tout de suite, puisque l’apôtre proclame : «
Ne vous refusez pas l’un à l’autre, sauf d’un commun accord
pour un certain temps, afin de vous adonner à la prière; puis
unissez-vous encore, de peur que Satan ne vous tente, profitant
de votre manque de maîtrise sur vous-mêmes ».
VI
Question. Si une femme catéchumène s’est fait inscrire en vue
de recevoir le baptême et qu’à l’approche du jour de son
baptême elle fût prise des dérangements mensuels habituels
aux femmes, doit-on lui conférer le baptême ce jour-là, ou bien
le remettre à plus tard, et de combien le remettre ?
Réponse.
On doit le remettre à plus tard, jusqu’à ce qu’elle soit purifiée.
VII
Question. Si une femme se rend compte qu’elle a les
dérangements mensuels de femme, peut-elle approcher des
saints mystères en ce jour-là, on non ?
Réponse.
Elle ne le peut pas, jusqu’à ce qu’elle soit purifiée.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 385 sur 493 copyright ©
VIII
Question. Si une femme doit mettre un enfant au monde vers
Pâques, doit-elle observer le jeûne et ne pas boire de vin, ou
bien est-elle dispensée du jeûne et de ne pas boire de vin, à
cause de sa délivrance imminente ?
Réponse.
Le jeûne fut institué pour humilier le corps; si donc le corps est
déjà humilié et se trouve bien affaibli, il peut prendre et
nourriture et boisson, autant qu’il peut en supporter.
IX
Question. Est-il permis à un clerc d’officier en présence
d’ariens ou d’autres hérétiques, ou bien cela n’y fait rien,
lorsqu’il fait la prière c.-à-d. l’offrande eucharistique,
Réponse.
Durant la divine anaphore, avant le baiser de paix, le diacre dit
à haute voix : « Vous tous qui n’avez pas le droit de communier,
partez »; ils ne peuvent donc pas y assister, à moins de confesser
qu’ils se repentent et quittent l’hérésie.
Question. Si quelqu’un est malade et bien épuisé par une grave
maladie et qu’arrive la sainte Pâque, doit-il absolument jeûner
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 386 sur 493 copyright ©
ou bien le clerc lui permettra-t-il de prendre la nourriture qu’il
peut, même de l’huile et du vin, à cause de sa grave maladie ?
Réponse.
On doit permettre que le malade prenne des aliments et du
boisson, autant qu’il peut en supporter; et c’est justice, que de
laisser prendre de l’huile à quelqu’un qui est épuisé
physiquement.
XI
Question. Si l’on fait venir un clerc pour procéder à une union
matrimoniale et le clerc apprend que le mariage à conclure est
illicite, étant un mariage entre oncle et nièce, ou bien que la
future est la soeur de l’épouse décédée, le clerc doit-il répondre
à l’invitation ou encore faire l’offrande eucharistique ?
Réponse.
Du moment que vous dites : si le clerc apprend que le mariage
est illicite, si donc le mariage est illicite, le clerc ne doit pas
communier aux péchés d’autrui.
XII
Question. Si un laïc, qui a fait des rêves impurs interroge un
clerc, celui-ci doit-il lui permettre de communier, ou non ?
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 387 sur 493 copyright ©
Réponse.
Si un désir impur de femme a précédé, il ne le doit pas; mais si
Satan le tente, pour l’éloigner sous ce prétexte de la communion
aux saints mystères, il peut communier; car le tentateur ne
cessera pas de l’attaquer au temps où il voudrait communier.
XIII
Question. A ceux qui sont unis par les liens du mariage en
quels jours de la semaine doit-on leur dire qu’ils s’abstiennent
de rapports mutuels, et quels autres jours ils ont en leur pouvoir
d’en avoir ?
Réponse.
Ce que j’ai dit auparavant, je le redis encore maintenant.
L’apôtre dit : « Ne vous refusez pas l’un à l’autre, sauf d’un
commun accord pour un certain temps, afin de vous adonner à
le prière, et qu’ensuite vous soyez encore ensemble, de peur que
Satan ne vous tente, profitant de votre manque de maîtrise sur
vous-mêmes ». Forcément, il leur faut s’abstenir le samedi et le
dimanche, puisqu’en ces jours le sacrifice spirituel est offert à
Dieu.
XIV
Question. Si quelqu’un perd la raison et attente contre sa vie ou
se tue en se précipitant d’une hauteur, fait-on l’offrande
eucharistique pour lui, ou non ?
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 388 sur 493 copyright ©
Réponse.
Le clerc doit discerner après enquête, s’il a vraiment fait cela
étant hors de sens; car, souvent les proches du suicidé, désireux
d’obtenir qu’on fasse l’offrande eucharistique pour lui, mentent
et disent qu’il avait perdu la raison; or, il se peut qu’il ait fait
cela vous l’influence de considérations humaines ou encore par
pusillanimité, et dans ce cas il ne faut pas faire l’offrande
eucharistique, son corps présent, car il est son propre meurtrier.
Il faut donc absolument que le clerc s’en enquière
minutieusement, pour ne pas encourir de condamnation.
XV
Question. Si l’épouse de quelqu’un est terriblement possédée au
point d’être mise aux fers, et que le mari dise : je ne puis garder
la continence, et qu’il veuille en prendre une autre, peut-il
prendre une autre épouse, ou non ?
Réponse.
L’adultère se mêle à cette histoire et je ne trouve aucune
réponse à y donner.
XVI
Question. Si quelqu’un jeûne en vue de communier et en se
lavant la bouche ou bien au bain, il avale de l’eau sans le vouloir,
peut-il communier ?
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 389 sur 493 copyright ©
Réponse.
Certainement, sinon Satan, voyant que c’est un prétexte pour
l’éloigner de la communion, le lui procurera encore plus
fréquemment.
XVII
Question. Vu que nous entendons souvent la parole de Dieu,
mais n’en faisons pas les oeuvres, ne sera-ce pas une cause de
réprobation pour nous ?
Réponse.
Même si nous faisons pas les oeuvres, il ne nous est pas
possible de ne pas nous reprocher d’entendre la parole et d’y
désobéir; or ce reproche contre nous-mêmes est un début de
notre salut.
XVIII
Question. A partir de quel âge les fautes sont justiciables du
tribunal de Dieu ?
Réponse.
Il y a bien des distinctions à faire à ce propos; car chacun est
jugé selon son savoir et son jugement pratique, les uns à partir
de l’âge de dix ans, d’autres, même à partir d’un âge plus
avancé.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 390 sur 493 copyright ©
XIX
Question. Pourquoi nous ne rebaptisons pas tous les hérétiques,
lorsqu’ils font retour à l’Église catholique ?
Réponse.
Si cela se faisait, c’est sans empressement qu’un homme
reviendrait de son hérésie à l’Église, ayant honte d’être
rebaptisé; car ailleurs, le saint Esprit descend aussi
normalement sur les hommes par la simple imposition des
mains, comme en témoignent les actes des apôtres.
XX
Question. Convient-il que communie l’homme qui a eu de
rêves impurs ?
Réponse
A mon avis, ceux qui vivent dans le monde ne doivent pas être
critiqués pour cela, à condition qu’ils observent tout le reste.
XXI
Demande. Est-il permis à un diacre ou au protodiacre de faire
communier un prêtre au saint calice, ou non ?
Réponse.
C’est permis.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 391 sur 493 copyright ©
XXII
Est-il permis à des diacres après la fraction du pain consacré de
prendre eux aussi et de partager en morceaux le précieux Corps
du Christ, ou non ?
Réponse.
En présence de l’évêque, non; mais en son absence, si la foule
presse, cela peut se faire. Cependant, dans ce cas le diacre
n’agira qu’en second, une fois que le prêtre, le premier, après la
fraction du pain, lui en aura donné.
XXIII
Demande. Comme l’usage a prévalu chez nous, de ne point
rompre le jeûne de la sainte Nativité du Christ et celui des
saintes Théophanies, quel que soit le jour où il tombe, fut-ce un
samedi ou un dimanche, mais de faire l’offrande du matin de
dimanche, de communier et se purifier la bouche, puis le soir
faire à nouveau l’offrande de la vigile nocturne et communier
encore : tout cela se fait-il régulièrement, ou non ?
Réponse.
Il n’existe pas à Alexandrie la coutume de jeûner avant le saint
anniversaire de la Naissance de notre Dieu et Sauveur Jésus
Christ; la Tradition sur ce point, je veux dire le jeûne et la
synaxe eucharistique, ne concerne que le jour précédant les
saintes Théophanies; le jeûne de ce jour qui tombe
fréquemment en dimanche selon le cycle des années, est selon
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 392 sur 493 copyright ©
l’avis de nos saints pères rompu par l’eau de la purification de la
bouche, après la sainte synaxe; mais il est à nouveau observé du
fait que la Tradition établie ne laisse prendre rien d’autre que
l’eau de la purification. Il en résulte que le jeûne est d’une part
rompu à cause du dimanche, et il est gardé de l’autre, comme
l’a décidé la tradition, avons-nous dit, concernant cette fête,
conformément à la sage réglementation, transmise par ceux qui
ont été véritablement des prudents et fidèles intendants de
l’Église.
XXIV
Demande. S’il est permis, après la communion et la purification
du saint calice, une lois que le prêtre, ou le diacre, s’est purifié la
bouche, de préparer de nouveau le précieux calice et d’en
donner la communion à des personnes qui surviennent a ce
moment-là pour communier, ou non ?
Réponse.
Il faut que le diacre, ou le prêtre, attende et reste sans se
purifier la bouche, aussi longtemps qu’il s’attend à voir arriver
du monde. Mais si contre tout espoir et attente il en arrive
quelqu’un et après sa purification il se voit forcé de le faire, qu’il
prépare le calice et en donne la communion et consomme
ensuite ce qui reste.
XXV
Demande. Si un hérétique se présente en une de communier ou
de prendre du pain bénit de dessus la sainte table, est-il permis
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 393 sur 493 copyright ©
de lui en donner, ou non ? Car il s’en présente en grand
nombre, jusqu’à leurs diacres, quoique ce ne soit pas
Continuellement.
Réponse.
Ce n’est pas permis, à moins que ne passe inaperçue la présence
de l’un d’entre eux dans une église bondée de monde; dans ce
cas celui qui donne la communion n’est pas responsable à cause
de la foule et de son ignorance du fait.
XXVI
Demande. S’il y en a qui ont reçu ou reçoivent l’ordination, et
pour une raison quelconque renient leur ordination ou se
laissent pousser la chevelure, comme l’ont déjà fait certains,
faut-il les recevoir à la communion en cas de repentir, ou non ?
Réponse.
La règle prescrit ceci : que de telles personnes soit reçues dans
les rangs des laïcs, à condition, évidemment, qu’elles regrettent
leur faute.
XXVII
Demande. Certains, après leur ordination, leur compagne étant
morte, en prirent une autre, les uns une vierge, d’autres une
veuve, d’autres encore une femme chassée par son mari : faut-il
les admettre à célébrer la liturgie, ou non ?
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 394 sur 493 copyright ©
Réponse.
La règle canonique ne permet point d’admettre de telles
personnes, au contraire, elle les désapprouve absolument : en
effet, non seulement ils encourent le reproche d’avoir convolé
en secondes noces, mais ils doublent leur faute pour l’avoir fait
après leur admission dans le clergé; de plus l’inconvenance
d’avoir pris une veuve on une femme chassée par son mari rend
la faute de beaucoup plus impardonnable.
XXVIII
Certaines personnes, après avoir embrassé la vie monastique,
s’en désintéressèrent dans la suite; et quittant leurs monastères,
ils se firent ordonner et après leur ordination, abandonnant
complètement le genre de vie de moines, prirent femme : faut-
il les admettre à célébrer la liturgie, on non ?
Réponse.
Ils sont totalement inadmissibles à célébrer la liturgie, pour
avoir défroqué, de même que pour s’être mariés après
l’ordination.
XXIX
Est-il permis des lire de livres profanes, c-à-d. les livres païens,
ou non ?
Réponse.
C’est selon la valeur des livres et des lecteurs, qu’il faut en juger.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 395 sur 493 copyright ©
THÉOPHILE LE TRES SAINT ARCHEVEQUE
D’ALEXANDRIE
EXHORTATION FAITE EN L’ANNÉE
OU LA FETE DES THÉOPHANIES A COINCIDÉ
AVEC UN DIMANCHE
Du jeûne de la vigile de l’Épiphanie
La coutume et la convenance nous obligent d’honorer tout
dimanche et de le fêter, parce qu’en celui-ci justement notre
Seigneur Jésus Christ ressuscita le premier de nous tous d’entre
les morts; c’est pourquoi ce jour est appelé dans les saintes
Écritures le premier, parce qu’il est le début de la vie pour nous,
et encore le huitième, parce qu’il dépasse de beaucoup le sabbat
des Juifs. Or, comme ce jour coïncide avec le jour de jeûne de la
fête des Théophanies, cherchons un arrangement, pour nous
conformer sur tous les deux points à la discipline de l’Église :
en prenant quelques dattes pour nourriture, nous éviterons du
même coup les hérésies qui n’honorent pas le jour de la
résurrection de notre Seigneur Jésus Christ et nous rendrons
son dû au jour de jeûne, en attendant la synaxe eucharistique
du soir, qui aura lieu ici-même, si Dieu veut. Rassemblons-nous
donc ici dés la neuvième heure.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 396 sur 493 copyright ©
DU MEME
LETTRE D’INSTRUCTION
QU’AMMON RECUT POUR LE TERRITOIRE DE
LYCO
II
De ceux qui ont communié avec les ariens.
A propos de clercs qui ont communié avec les ariens et sont
jusqu’à présent en possession des églises, il faut agir comme le
veut la coutume, de manière à ce que d’autres clercs, dont la
fidélité à l’orthodoxie est attestée, soient institués dans les
églises et eux reçoivent une pension; et que leur cas soit réglé,
comme l’ont fait les évêques de la Thébaïde dans les autres
villes.
Ceux qui furent ordonnés par l’évêque Apollon et ont ensuite
communié avec les ariens qui tiennent les églises, seront soumis
à la pénitence s’ils ont agi de leur propre gré; mais s’ils ont obéi
en cela à leur évêque, qu’ils reçoivent une pension, parce qu’ils
ne savaient pas ce qui était raisonnable de faire. Cependant, si
tous leurs peuples les refusent à l’égal des autres ariens, qu’on y
ordonne d’autres clercs; si au contraire les peuples les
admettent à l’égal de ceux dont ils acceptèrent la communion,
on leur appliquera à eux aussi la règle qu’ont pratiquée tous les
évêques orthodoxes de la Thébaïde.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 397 sur 493 copyright ©
III
Que les clercs, dont l’indignité fut découverte après leur
ordination, seront déposés.
Au sujet de Bistos, ordonné prêtre pour Erébi, il faut s’enquérir;
et s’il avait abusé d’une femme consacrée à Dieu, du vivant de
son mari, on ne lui permettra pas de rester prêtre, car dans ce
cas il n’aurait même pas dû être admis à la communion laïque,
vu que l’Église a coutume d’excommunier de tels pécheurs.
Cela ne causera aucun préjudice à l’évêque Apollon, si, ignorant
le fait il l’a ordonné, car le saint concile ordonne de rejeter du
clergé les indignes, dont les fautes passées viennent à être
connues après l’ordination.
IV
Que le châtiment imposé par l’évêque garde sa vigueur.
Au sujet de Sur, puisque l’évêque Apollon a assuré qu’il l’a
renvoyé et exclu du clergé, qu’il soit comme le déclara l’évêque ;
mais qu’il présente sa justification, s’il le veut bien et se plaint
de la sentence de l’évêque Apollon.
De ceux qu’on a ordonnés dans l’ignorance de leur fautes
passées.
Au sujet de Panuph, ordonné diacre pour Lyco, faire l’enquête;
et si l’on constate qu’étant catéchumène encore, il avait épousé
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 398 sur 493 copyright ©
sa propre nièce et baptisé ensuite il fut promu à la cléricature,
qu’il reste parmi le clergé, si sa femme est déjà morte ou si
après le baptême il ne s’est plus uni à elle; tandis que s’il a pris
pour femme cette nièce, étant déjà parmi les fidèles, qu’il soit
exclu du clergé. Il n’y a rien à reprocher à l’évêque Apollon, si,
ignorant le fait, il l’a ordonné.
VI
Que le châtiment pour une ordination anticanonique ne doit
être prononcé qu’une fois la preuve faite.
Au sujet de Jacob s’enquérir: si étant lecteur, il se rendit
coupable du péché de fornication, fut chassé par les prêtres,
puis ordonné, qu’il soit exclu, après enquête minutieuse et non
sur simple soupçon, provenant des on-dit et des médisances; s’il
n’est pas coupable, qu’il reste parmi le clergé; car il ne faut pas
prêter attention à des calomnies sans fondement.
VII
Que les ordinations doivent se faire publiquement.
Pour ceux qui doivent être ordonnés, voici la procédure à
observer : tout le clergé doit se mettre d’accord sur le candidat
et l’élire; alors seulement l’évêque procédera à l’examen
canonique et avec le consentement du clergé il l’ordonnera en
pleine église, en présence du peuple et après invitation de
l’évêque adressée au peuple de venir, si possible, témoigner en
faveur du candidat. Que l’ordination ne se fasse pas en cachette;
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 399 sur 493 copyright ©
puisque l’Église se trouve en paix, il convient de faire les
ordinations dans les églises, en présence des fidèles.
Si dans le diocèse il y a des clercs qui ont communié avec les
hérétiques, qu’on n’ ordonne point d’autres en se basant sur
l’avis de ceux qui ont communié avec les hérétiques, mais sur
l’enquête des clercs véritablement orthodoxes, et cela en
présence de l’évêque, qui invitera encore le peuple présent de
venir témoigner en faveur des ordinands; de cette manière
seulement on évitera toute erreur involontaire.
VIII
Qu’un catéchumène ne doit pas consommer des offrandes
faites pour le sacrifice.
Les offrandes faites en vue du sacrifice, une fois enlevé ce qui a
servi aux saints mystères, seront partagées parmi les clercs et
qu’aucun catéchumène n’en mange ni n’en boive, mais seuls les
clercs et les fidèles, nos frères, qui vivent avec eux.
IX
Qu’il ne faut pas admettre tout simplement les accusations
contre les prêtres.
Comme Hierax dit qu’un tel, accusé prétend-il, de fornication
ne peut rester parmi le clergé, tandis que l’évêque Apollon
affirme qu’aucun accusateur ne s’est présenté à ce jour contre
lui, l’on fera l’enquête sur lui-aussi; et si un accusateur digne de
foi se présente et l’accusation est prouvée à l’aide de témoins
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 400 sur 493 copyright ©
dignes de foi, qu’il soit exclu de l’église ; tandis que, s’il s’est
montré digne de sa cléricature et de moralité attestée, qu’il y
reste.
Qu’il faut instituer un administrateur des biens de l’église de
l’avis de l’évêque et du clergé.
Après consultation de tous les clercs, on instituera un autre
économe, qui aura aussi l’approbation de l’évêque Apollon, pour
employer comme cela se doit les biens de l’église.
XI
Que l’évêque ne doit pas s’approprier les biens de l’église.
Que les veuves, les indigents et les étrangers de passage
trouvent toute l’aide possible et que personne ne s’approprie les
biens de l’église; car le ministre de Dieu doit être exempt
d’avarice.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 401 sur 493 copyright ©
DU MEME
A APHYNGIOS AU SUJET DE CEUX QU’ON
APPELLE LES CATHARES
XII
Des hérétiques.
Votre piété m’a fait savoir que certains de ceux qui se nomment
cathares veulent revenir à l’église. Or, comme le grand concile
tenu à Nicée par nos pères a décidé qu’on ordonnera ceux qui
reviennent, veuillez bien, conformément à cette règle, ordonner
ceux qui veulent revenir à l’Église, à condition que leur
conduite ait été droite et que rien ne fasse obstacle à leur
ordination.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 402 sur 493 copyright ©
DU MEME A L’ÉVEQUE AGATHON
XIII
Qu’il faut dissoudre les unions illicites.
Maxime prétend qu’il a contracté une union illicite, parce qu’il
ignorait les lois de l’Église; et comme sa conscience est troublée
d’être sans liturgie, il a affirmé que l’acte illicite ayant été fait
par ignorance, maintenant d’un commun accord ils
s’abstiennent de la vie conjugale illicite, ce que la femme aussi
préfère. Si donc vous constatez qu’ils agissent ainsi d’un
commun accord et ne cherchent pas à tromper, comme il y a
déjà dix ans de passés, si vous le jugez opportun de les laisser
prendre part à la liturgie avec les catéchumènes, faites-le; mais
si vous vous apercevez qu’il avaient voulu tromper et que leur
cas a besoin de sévérité, faites selon l’inspiration de dieu,
cherchant en tout ce qui convient, car étant sur les lieux mêmes
vous pouvez mieux connaître leur intention.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 403 sur 493 copyright ©
DU MEME
A MENAS ÉVEQUE
XIV
Qu’il faut exclure de l’Église ceux qui commettent l’injustice.
C’est conformément à la loi qu’ont agi les prêtres dans le bourg
de Géminos, si Eustathie, qui nous apporte la lettre, dit la
vérité; elle nous dit, en effet, qu’ils ont exclu de la synaxe
eucharistique la dame Kyradion, qui avait fait du tort à
quelqu’un et ne voulait pas cesser; or, comme je constate qu’elle
veut prendre part à la synaxe, en remédiant au mal commis,
veuillez bien lui indiquer de cesser d’abord de faire du tort et
l’amener à s’en repentir; et alors, si vous jugez qu’elle revient à la
loi de Dieu désireuse de prendre part a la synaxe, vous lui
permettez d’y prendre part avec les fidèles.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 404 sur 493 copyright ©
SAINT CYRILLE
ARCHEVEQUE D’ALEXANDRIE
Cyrille à Domnos
Que l’évêque déposé doit cesser même de célébrer.
Toutes les fois qu’une de nos affaires est expédiée selon le bon
ordre prescrit par les canons, elle ne nous cause aucun trouble,
nous délivre des médisances possibles de certains et nous
procure plutôt l’éloge des gens bien pensants. Qui, en effet,
n’accepterait pas une sentence impartiale prononcée sur
quelqu’un, et comment un jugement juste et conforme aux lois
ne serait-il pas sans reproche ou plutôt plein de tout louange?
J’écris tout cela parce que votre piété, dans ses lettres expédiées
à moi-même et à notre très saint et très aimé-de-Dieu frère et
comministre Procle, donne le titre d’évêque au très pieux et très
religieux Pierre, alors que celui-ci de son côté se lamente et dit
qu’il a été contre toute raison écarté de l’Église qui lui avait été
attribuée.
Or, il eût été logique, ou bien qu’il eût avec le titre de pontife la
chose aussi, ou bien, s’il avait mérité de ne pas présider au saint
autel, qu’il ne fût pas même honoré du titre d’évêque. Mais,
peut-être mes paroles semblent à votre piété bien dures et peu
charitables; cependant, il n’en est pas ainsi, Nous croyons
montrer de la pitié pour le vieillard, en lui laissant le titre seul;
mais il eût mieux valu considérer aussi l’autre côté de la
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 405 sur 493 copyright ©
question : il affirme, en effet, qu’il peut bien défendre sa propre
réputation, mais qu’il ne put obtenir la permission de se
justifier, ni qu’on lui accordât l’instruction de son affaire selon
les prescriptions canoniques. Or, si cela avait eu lieu, le résultat
même des enquêtes ou bien eût prouvé, que des accusations
justifiées le déclaraient coupable et il ne pourrait plus se dire
victime d’une injustice, ou bien, le déclarant innocent, il lui eût
rendu de présider à l’Église, qui avait été placée sous son
autorité. Mais comme rien de tel ne fut fait, il s’emporte contre
ce traitement et dit qu’on lui a fait subir une injustice
insupportable, qu’il a été chassé de son siège à l’encontre des
institutions ecclésiastiques, ajoutant à cela qu’on lui a ravi de
plus toute sa fortune personnelle.
Que votre sainteté donc, considérant d’un côté ce que
prescrivent les saints canons, de l’autre ce qui est digne de
l’Église et des personnes au service du saint ministère, et de
plus, par déférence pour notre présente lettre, fasse cesser les
pleurs du vieillard. Et s’il veut être jugé contre ses accusateurs,
qu’il soit jugé selon l’usage devant votre piété, en présence
évidemment aussi des très pieux évêques de votre juridiction,
sauf s’il en récusait certains comme suspects; certes, nous
sommes certain qu’aucun des très pieux évêques ne saurait
nourrir de l’inimitié contre son frère, mais, pour qu’il n’y ait
aucun prétexte énervant son procès, il n’y a rien de pénible à ce
que certains, tenus par lui pour suspects, s’abstiennent d’assister
à l’assemblée des évêques.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 406 sur 493 copyright ©
II
Que l’évêque doit avoir la libre disposition de tous les biens
d’église.
Quant aux biens qu’on lui a enlevés à tort, il est juste qu’on les
lui rende pour deux raisons. D’abord, parce qu’il ne fallait point
faire pareille chose, et puis parce que cela attriste fortement et
jette dans un extrême abattement les très pieux évêques de
toute la terre, que de se voir obligés de rendre compte de la
raison des dépenses qu’ils ont pu faire, prises soit sur les biens
d’église soit sur des dons privés; en effet chacun de nous aura à
rendre compte de ses intentions au juge universel.
Certes, il faut garder intacts à l’église les objets précieux et les
biens immobiliers, mais aussi faire confiance à ceux qui chaque
fois sont préposés au clergé de Dieu à propos de la raison des
dépenses qu’il leur arrive de faire.
III
Qu’un prêtre n’a pas à présenter de démission.
Quant au document de sa démission, il affirme l’avoir donné,
non pas de son propre gré, mais par crainte et sur la menace de
certaines personnes. D’ailleurs, c’est un fait qui ne s’accorde
point avec les pratiques de l’Église, que des ministres du culte
présentent des libelles de leur démission; car, s’ils sont dignes
d’exercer le ministère, qu’il y restent; s’ils en sont indignes,
qu’ils le quittent non pas sur démission, mais plutôt parce que
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 407 sur 493 copyright ©
condamnés pour leurs actes. De tels faits pourraient susciter de
hautes protestations, parce qu’ils s’écartent de toute tradition.
Saluez la fraternité qui est près de vous. Celle qui est avec nous
vous salue dans le Seigneur.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 408 sur 493 copyright ©
DU MEME
A U X É V E Q U E S D E L A LY B I E E T D E L A
PENTAPOLE
IV
(Prologue)
Il faut se soucier de tout ce qui est utile et nécessaire à
l’édification des peuples et contribue en même temps à la
bonne réputation des saintes Églises; il est, en effet écrit : «
Rendez pieux les fils d’Israël « .
Or, des pères vivant dans les monastères de la province de
Thèbes, hommes pieux et dont la vie ne laisse pas d’être
admirable, venus à Alexandrie et interrogés par nous sur l’état
des monastères de là-bas, nous ont appris qu’un grand nombre
sont scandalisés pour la raison que voici.
Qu’il ne faut ordonner personne sans examen canonique.
Des personnes récemment mariés et pour ainsi dire sortant
directement de la chambre nuptiale, surprennent la bonne foi
des très pieux évêques et sans que personne n’ait certes donné
des renseignements sur leur compte, sont ordonnés clercs ou
encore prêtres.
De ceux qui quittent leur monastères et se font ordonner.
D’autres, chassés même pour indiscipline des monastères
arrivent à se faire ordonner; et une fois clercs, ils retournent aux
monastères mêmes, dont ils avaient été chassés et veulent offrir
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 409 sur 493 copyright ©
la sainte offrande et accomplir les fonctions d’usage des clercs;
et ils font cela, au point que certains de ceux qui les connaissent
abandonnent les assemblées eucharistiques et ne se permettent
pas de communier lorsque ceux-là célèbrent.
Comment et quand on peut ordonner quelqu’un et quels sont
les points à examiner.
Or, parce qu’il faut que tout soit fait par nous, je le répète, pour
l’édification des peuples, que votre piété veille à cela; et si
quelqu’un va être ordonné clerc, qu’elle examine sa vie : s’il a
pris femme ou non; comment et où il a contracté mariage et s’il
s’en est abstenu; s’il n’est pas de ceux qui furent chassés par un
autre très pieux évêque ou des monastères; et qu’il ne l’ordonne
que s’il le trouve libre de tout reproche. En effet, nous
garderons ainsi pure notre conscience, et sans reproche le saint
et vénérable ministère.
Des catéchumènes et des pénitents, arrivés au terme de leur vie.
Si quelques uns, séparés des fidèles, parce que mis en pénitence
pour leurs fautes, sont ensuite sur le point de mourir, s’ils sont
catéchumènes qu’on les baptise, et qu’ils m’émigrent point de la
terre sans participer à la grâce, c’est-à-dire sans communion;
car, cela aussi semble être conforme aux institutions
ecclésiastiques.
Saluez la fraternité qui est près de vous. Celle qui est avec nous
vous salue dans le Seigneur.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 410 sur 493 copyright ©
SAINT CYRILLE ARCHEVEQUE
A MAXIME DIACRE D’ANTIOCHE
VI
[De la raison d’intérêt général]
J’ai appris de notre cher moine Paul, que votre piété refuse
jusqu’à ce jour la communion du très pieux évêque Jean, parce
que dans l’Église de Antioche il y en a peut-être qui partagent
encore les idées de Nestorius, ou bien les ont partagées, mais
les ont abandonnées. Que votre indulgence examine donc, si
ceux qu’on dit se réunir à part partagent et propagent parmi les
autres les idées de Nestorius ouvertement et avec effronterie, ou
bien s’ils ont eu jadis la conscience pervertie, et se réunissent à
présent à part, se repentant d’avoir été entraînés, mais ayant
honte peut-être de confesser publiquement leur faute : il arrive,
en effet, que les gens trompés agissent ainsi. Et si vous voyez
qu’ils sont maintenant dans la vraie foi, ne leur gardez pas
rancune du passé; nous préférons en effet les voir renier plutôt
que défendre les idées perverses de Nestorius; et pour ne pas
donner l’impression d’aimer les querelles, acceptons la
communion du très pieux évêque Jean, eu lui accordant le
pardon, si précisément dans l’intérêt général il ne recherche pas
avec trop de minutie ce que fout les gens qui se repentent. Car
il faut considérer l’intérêt général, je le répète, eu cette affaire.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 411 sur 493 copyright ©
DU MEME
A GENADE PRETRE ET ARCHIMANDRITE
VII
Sur l’économie
Le zèle pour la vraie foi de votre piété, ce n’est pas
d’aujourd’hui que je le connais; je le connaissais depuis
longtemps et je vous loue certes bien de vouloir vivre dans une
telle exacte observance. Mais la considération du bien général
oblige parfois certains de sortir quelque peu hors du chemin
prescrit, afin d’obtenir un plus grand bien. En effet, de même
que les voyageurs en mer devant la tempête qui éclate et le
danger que court le vaisseau, pris de peur, jettent à la mer une
partie de la cargaison pour sauver le reste, de même, nous aussi,
en face des événements, toutes les fois qu’il n’est pas possible de
garder la très grande exactitude, nous négligeons une partie
pour ne pas subir la perte totale.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 412 sur 493 copyright ©
LETTRE SYNODIQUE
de saint Cyprien archevêque de Carthage et martyr
Prologue du traducteur grec
Décision, traduite en grec du texte latin, qu’il faut baptiser les
hérétiques; prise par les quatre-vingt-quatre évêques, réunis à
Carthage aux calendes de septembre de l’Afrique, la Numidie
et la Mauritanie, en présence de prêtres et de diacres et de la
plus grande partie du peuple chrétien, après lecture de la lettre
de Jovien évêque à Cyprien et de celle de Cyprien au même
Jovien, qu’il faut baptiser les hérétiques.
Je crois nécessaire de vous apprendre, à Théophile, que le
bienheureux Cyprien n’est pas le seul à avoir rejeté les
hérétiques et à condamner à l’anathème leur baptême, mais que
même dès les temps anciens un bon nombre d’évêques saints et
prudents, réunis pour cette question, après l’avoir discutée tous
ensemble, ont décidé que les schismatiques revenus au sein de
l’église seront rebaptisés, en annulant et anathématisant le
baptême conféré par les hérétiques ou schismatiques; et ils
réunirent pour cela à Carthage un synode de quatre-vingt-
quatre évêques, parmi les quels fut Cyprien l’ancien, l’illustre
évêque. Je m’empresse de vous faire connaître le vote de chacun
d’eux, et je m’empresse en même temps de vous envoyer la lettre
signée par les évêques mêmes et par le grand Cyprien.
Lettre écrite par des évêques, parmi les quels fut aussi Cyprien
l’ancien, l’illustre évêque; adressée à Janvier et à d’autres
évêques.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 413 sur 493 copyright ©
Qu’il faut rebaptiser les hérétiques.
Cyprien, Libéral, Caldonius, Julien, Prime, Cécilice, Polycarpe,
Nicodème, Félix, Marrucius, Successus, Lucien, Honoré,
Fortuné, Victor, Donat, Lucius, Herculanus, Pomponius,
Démétre, Quintus, Saturnin, Janvier, Marc, un autre Saturnin,
un autre Donat, Rogatien, Sédatus (Tertulle; Hortensien,
encore un autre Saturnin, Sattius), donnent le salut à nos frères
Janvier, Maximin, et Saturnin, Maximien, Victor, (un autre
Victor), Cassius, Procule, Molien, (Cittinus), Gargilius,
(Eutychien, un autre Gargilius,) un autre Satumin (Cittinus et
un autre Gargilius), Némésien, Nampule, Antonien, Rogatien,
Honoré.
Réunis en synode, chers frères, nous avons lu la lettre que vous
nous avez envoyée au sujet des hérétiques et des schismatiques,
qui s’estiment baptisés et qui reviennent à l’église catholique, la
seule à nous baptiser et régénérer. Et nous sommes convaincus
qu’en agissant comme vous le faites dans cette question, vous
gardez la fermeté de l’usage de l’Église catholique. Cependant,
comme vous participez à notre communion et que vous avez
voulu pour la commune charité nous interroger, nous vous
présentons non pas une opinion récente ni fondée
d’aujourd’hui, mais, celle qui jadis fut approuvée, après examen,
par nos prédécesseurs en toute exactitude et sollicitude et par
nous observée, nous vous la communiquons et joignons ci-
après, en décidant par nos votes, ce que depuis toujours nous
avons gardé en toute certitude; que personne ne peut recevoir
le baptême hors de l’Église catholique, parce qu’il n’y a qu’un
baptême et il n’existe que dans l’Église catholique. Il est en effet
écrit : « Ils ont abandonné moi la source d’eau vive et ils se sont
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 414 sur 493 copyright ©
creusé des citernes fissurées, qui ne peuvent retenir l’eau »; et la
sainte Écriture met de nouveau en garde et dit : « Tenez-vous
loin de l’eau étrangère et ne vous abreuvez pas à la source
d’autrui ». Il faut tout d’abord que l’eau soit et purifiée et
sanctifiée par le prêtre, afin qu’elle puisse, par le bain qu’elle
donne, laver les péchés de l’homme baptisé; car le Seigneur dit
par le prophète Ezéchiel : « Je verserai sur vous de l’eau pure et
vous purifierai et vous donnerai un coeur nouveau, Je vous
donnerai un esprit nouveau ». Or, comment pourrait-il purifier
et sanctifier l’eau celui qui est lui-même impur et en qui n’est
pas l’Esprit saint, alors que le Seigneur dit dans les Nombres : «
Tout ce que touchera l’impur, sera impur »? Ou comment
pourrait-il donner par le baptême la rémission des
péchés à autrui, celui qui ne peut, étant hors de l’Église, se
libérer de ses propres péchés ?
Mais l’interrogation même qui se fait pendant le baptême
témoigne en faveur de la vérité; en disant au candidat : « Crois-
tu à la vie éternelle et à la rémission des péchés (par l’Église) »,
nous disons que rien de cela ne peut être donné sinon dans
l’Église catholique; donc, chez les hérétiques, où il n’y a pas
d’Église, il est impossible d’obtenir la rémission des péchés.
C’est pourquoi les avocats des hérétiques doivent ou bien
changer l’interrogation ou bien alors défendre la vérité, à moins
qu’à ceux dont ils défendent le baptême, ils n’accordent aussi
d’être l’Église. De plus, il est nécessaire que reçoive la sainte
onction celui qui vient d’être baptisé, pour devenir participant
du don du Christ en recevant l’onction; or, c’est un service
eucharistique que l’huile, sanctifiée à l’autel, avec laquelle les
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 415 sur 493 copyright ©
baptisés sont oints; mais l’hérétique ne saurait sanctifier l’huile,
lui qui n’a ni autel ni église; il ne peut donc point y avoir chez
les hérétiques de sainte onction, puisque nous savons d’une
manière évidente qu’ils ne peuvent célébrer un service
eucharistique pour y sanctifier l’huile de l’oction; nous devons,
en effet, savoir et ne point oublier qu’il est écrit : « L’huile du
pécheur ne m’oindra point la tête », monition que nous donne
l’Esprit saint dans les psaumes, de peur qu’on ne sorte de la
voie tracée et que l’on n’erre loin du droit chemin, en se faisant
oindre chez les hérétiques, les adversaires du Christ.
Comment d’autre part peut prier pour le baptisé celui qui n’est
pas un prêtre, mais un sacrilège et un pécheur, alors que
l’Écriture dit : « Dieu n’exauce pas les pécheurs; mais, si
quelqu’un a la crainte de Dieu et obéit à sa Volonté, celui-là
Dieu l’exauce ? » Or, la rémission des péchés n’est accordée
selon notre foi que par la sainte Église, et celui qui ne l’a point
obtenue pour lui-même, comment peut-il l’accorder ? Ou bien
encore, comment peut-il opérer les oeuvres de l’esprit, celui qui
s’est privé de l’Esprit saint ? C’est pourquoi l’homme qui vient
ainsi vide de toute grâce à l’Église, doit être baptisé et
renouvelé, pour recevoir la sanctification intérieure des mains
de ceux qui sont saints, car il est écrit : « Vous serez saints,
comme Moi-même je suis saint, dit le Seigneur », afin que
l’homme, qui a été conduit dans les pâturages de l’erreur, grâce
au vrai baptême de l’Église se dépouille de l’erreur, commise du
fait que venant à Dieu et cherchant un prêtre il se trompa et
tomba entre les mains d’un sacrilège. Car, c’est approuver le
baptême des hérétiques et des schismatiques que de reconnaître
comme baptisés ceux qui l’ont reçu d’eux; il ne peut en effet être
partiellement valide : si l’hérétique a pu conférer le baptême, il
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 416 sur 493 copyright ©
fut capable aussi de donner le saint Esprit; s’il ne peut pas le
donner, vu qu’il n’a pas l’Esprit saint, étant hors de l’Église, il
ne peut non plus baptiser, puisqu’il n’y a qu’un seul baptême,
qu’un seul saint Esprit et qu’une seule Église, fondée sur Pierre
par le Christ notre Seigneur, qui affirma ainsi dès le début son
unicité.
C’est pourquoi tout ce qu’ils accomplissent, étant faux et vide
de toute grâce, est aussi invalide; car rien ne peut être agréé et
agréable à Dieu de ce que font ceux que le Seigneur appelle ses
ennemis et adversaires, en disant dans les évangiles : « Celui qui
n’est pas avec moi, est contre moi, et celui qui n’assemble pas
avec moi, disperse »; et le bienheureux apôtre Jean, fidèle
observateur des commandements du Seigneur, a prescrit dans
son épître: « Vous avez entendu que l’antichrist doit arriver,
voici que présentement il y en a beaucoup; par où nous savons
que la dernière heure est là. Ils sont sortis de chez nous, mais ils
n’étaient pas des nôtres; s’ils avaient été des nôtres, ils seraient
demeurés avec nous ». De cela nous devons déduire et
comprendre, si les ennemis du Seigneur, ceux qui furent appelés
antichrists, sont capables de communiquer la grâce du
Seigneur.
C’est pourquoi nous qui sommes avec le Seigneur et restons
fidèles à l’unité de l’Église, voulue de lui, et tenant de lui notre
dignité exerçons la fonction sacerdotale à sa place dans l’Église,
nous devons réprouver et rejeter et tenir pour une profanation
tout ce que ses adversaires, c.-à-d. les ennemis et antichrists
font; et donner absolument à ceux qui reviennent de l’erreur et
de la perversion à la connaissance de la vraie foi de l’Église le
sacrement de l’unité et la vérité dans la foi.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 417 sur 493 copyright ©
PREMIERE LETTRE SUR LES CANONS
ADRESSÉE A AMPHILOQUE ÉVEQUE D’ICONIUM
de saint Basile évêque de Césarée en Cappadoce
(Prologue)
« Le sot, dit l’Écriture, qui s’informe sur la sagesse, on le tient
pour sage, tandis que l’interrogation du sage rend, évidemment,
sage même le sot ». C’est ce qui nous arrive, par la grâce de
Dieu, toutes les fois que nous recevons une lettre de votre âme
zélée pour l’étude; car votre interrogation même nous rend plus
attentif à nous-même et plus prudent, en nous apprenant bien
des choses ignorées, et le souci de vous donner une réponse
nous oblige à nous instruire. A présent aussi, alors que l’objet de
vos demandes ne nous avait jamais jusqu’ici préoccupé, nous
avons été obligé et de l’examiner exactement et de nous
rappeler ce que les anciens nous avaient appris et de réfléchir
aux cas apparentés à ceux que notre expérience nous a
enseignés.
Des cathares, pépuziens et encratites.
Le cas des cathares avait été exposé dans le passé et vous avez
bien rappelé qu’il faut suivre la coutume de chaque pays, vu que
sur la validité de leur baptême il a été différemment decidé par
ceux qui ont traité de leur cas.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 418 sur 493 copyright ©
Quant à celui des pépuziens, il semble qu’il ne vaille même pas
la peine d’en parler et je m’étonne de ce que Denys, si versé
dans la discipline ecclésiastique l’a passé sous silence. En effet,
nos anciens décidèrent qu’est seul recevable ce baptême-là, qui
ne contrevient aucunement aux articles de notre foi; d’où les
noms d’hérésies, de schismes et de conventicules qu’ils ont
donnés; d’hérésies, pour ceux qui ont rompu totalement avec
l’Église et ont adopté une foi étrangère à la sienne; de schismes,
pour ceux qui se sont mis en désaccord avec les autres pour des
raisons d’administration ecclésiastique ou sur des questions
faciles à régler; de conventicules, aux assemblées réunies endes
prêtres ou faveur des évêques insoumis par des gens ignares,
Ainsi, si quelqu’un, jugé pour une faute et suspendu de ses
fonctions, ne s’est pas soumis aux peines canoniques, mais a
revendiqué le pontificat et ses fonctions et entraîna avec lui
quelques-uns qui quittèrent l’Église catholique, un tel fait c’est
un conventicule; un schisme, c’est de penser autrement que
l’église sur la pénitence à imposer; une hérésie, comme celle des
manichéens, des valentiniens et des marcionites et enfin celle
des pépuziens eux-mêmes, car la différence porte tout droit sur
la foi même en Dieu.
Il a donc été décidé dès le début de déclarer absolument nul le
baptême des hérétiques, mais de recevoir celui des
schismatiques, puisqu’ils font encore partie de l’Église, tandis
que ceux qui font partie des conventicules, corrigés par une
pénitence et une conversion importantes, seront de nouveau
réunis à l’Église, en sorte que souvent même les clercs
constitués en dignité qui s’en sont allés avec les insoumis, après
leur repentir sont admis dans le même rang. Or, les pépuziens
sont évidemment hérétiques, car ils ont blasphémé contre le
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 419 sur 493 copyright ©
saint Esprit, en attribuant contre tout droit et respect à
Montan et à Priscille le nom de paraclet; soit donc qu’ils
divinisent des hommes, ils sont condamnables, soit qu’ils
insultent au saint Esprit en l’égalant à des hommes, même alors
ils sont dignes de l’éternelle damnation, parce que le blasphème
contre l’Esprit saint est impardonnable. Pour quelle raison,
donc, approuver le baptême de ceux qui baptisent au nom du
Père et du Fils et de Montan ou de Priscille ? Car ils ne sont
pas baptisés, ceux qui n’ont pas été baptisés conformément à
notre tradition.
Par conséquent, même si le cas a échappé au grand Denys,
nous, nous ne devons pas imiter son erreur, car la contradiction
découle des faits et est évidente à tous ceux qui pensent tant
soit peu.
Quant aux cathares, ce sont, eux, des schismatiques, mais il a
été décidé par les anciens, je veux dire par les synodes tenus
sous Cyprien et sous notre prédécesseur Firmilien de les
soumettre tous à la même sentence, cathares, encratites,
hydroparastates et apotactites; car, leur séparation d’avec
l’Église commença bien par un acte de schisme, mais ceux qui
se sont révoltés contre l’Église n’ont plus eu en eux la grâce du
saint Esprit, la rupture de la succession en a interrompu la
transmission; en effet, les premiers partis avaient reçu leur
ordination des pères et ils possédaient le don de l’Esprit par
l’imposition des mains de ceux-ci, mais une fois la communion
rompue, réduits à l’état laïc, ils n’avaient le pouvoir ni de
baptiser ni d’ordonner, étant incapables de donner aux autres la
grâce de l’Esprit saint, qu’ils avaient eux-mêmes perdue; c’est
pourquoi il avait été statué de purifier à nouveau par le vrai
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 420 sur 493 copyright ©
baptême, celui de l’Église, ceux d’entre eux qui reviennent à
l’Église vu que leur baptême leur avait été conféré par des laïcs ;
cependant, comme certains dans le diocèse d’Asie ont décidé
de reconnaître leur baptême sans faire de distinction, pour le
bien d’un grand nombre, qu’il soit reconnu.
Le méfait des encratites ne doit pas être perdu de vue : c’est
que désireux de rendre impossible leur retour à l’Église, ils ont
entrepris d’établir un baptême propre à eux; (alors qu’ils avaient
pour coutume de ne pas rebaptiser les nouveaux adhérents, ils
ont changé cette coutume avec une arrière-pensée mal
intentionnée et se mirent à les rebaptiser), ainsi ils ont dérogé à
leur propre coutume. Je crois donc que rien n’ayant été décidé
clairement sur leur cas, il conviendrait de ne pas admettre leur
baptême, et si quelqu’un l’a reçu chez eux, le baptiser s’il revient
à l’Église.
Cependant, si cela devait constituer un obstacle au bien
général, il faut nous plier à la coutume et suivre les pères qui
ont réglé nos affaires ecclésiastiques; j’ai bien peur en effet, que
voulant les amener à abandonner la rebaptisation, nous ne
mettions obstacle au salut par la sévérité de notre conduite.
Le fait seul qu’ils reconnaîtraient notre baptême ne serait pas
une raison convaincante pour nous, car nous ne sommes pas
obligés de leur rendre la pareille, mais de nous soumettre à
l’exacte observation des règles prescrites. De toute façon on doit
observer la pratique établie, d’oindre du saint-chrême en
présence des fidèles ceux qui ayant reçu leur baptême
reviennent à nous et alors seulement les admettre à la
communion des mystéres.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 421 sur 493 copyright ©
Je sais bien que nous avons reconnu aux frères qui sont avec
Izoïs et Saturnin leur rang d’évêques, alors qu’ils avaient
appartenu à cette catégorie; c’est pourquoi nous ne pouvons
plus refuser l’appartenance à l’Église à ceux qui sont dans les
mêmes rangs, ayant établi une sorte de règle pour la
communion avec eux, en reconnaissant leurs évêques.
De celle qui s’est employée à tuer l’enfant qu’elle portait dans
son sein.
Celle qui a usé des moyens de tuer l’enfant qu’elle portait dans
son sein est responsable d’un meurtre. La distinction entre
foetus déjà formé et foetus non-formé n’existe pas chez nous.
Dans notre cas on ne venge pas seulement l’enfant à naître,
mais on punit aussi « celui qui a attenté à sa propre vie », vu
que le plus souvent les femmes succombent à de tels actes. La
mort de l’enfant à naître s’y ajoute, comme un autre meurtre,
dans l’estimation du moins de celles qui osent cela.
Il ne faut cependant pas différer leur absolution jusqu’à l’heure
de la mort, mais les admettre à la pénitence des dix ans, et juger
de leur guérison non pas d’après le temps, mais d’après leurs
dispositions.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 422 sur 493 copyright ©
3
Du diacre qui a commis le péché de fornication.
Le diacre qui a commis la fornication après son ordination,
doit être suspendu de sa fonction de diacre, mais, réduit à l’état
laïque, il ne sera pas privé de communion; car il existe une
ancienne règle, de ne soumettre qu’à ce genre de peine les clercs
destitués de leur grade; en cela nos ancêtres se sont conformés,
je crois, à la loi qui dit : « Tu ne puniras pas deux fois la même
faute »; une autre raison, c’est que ceux de l’état laïque, s’ils sont
exclus des rangs des fidèles, peuvent y être à nouveau admis,
tandis que le diacre est condamné une fois pour toutes à la
déposition perpétuelle; vu donc que la fonction de diacre ne lui
est plus rendue on s’arrêta à ce seul châtiment.
Voilà ce qu’il en est des normes reçues de pénitence. Mais la
vraie guérison, c’est de fuir le péché; par conséquent, celui qui a
trahi la grâce pour le plaisir charnel nous donnera la parfaite
preuve de sa guérison, en châtiant sa chair et la soumettant
entièrement à la tempérance par la fuite des plaisirs qui ont
causé sa ruine.
Il nous faut donc connaître toutes les deux voies, celle de la
stricte observance et celle de la coutume, et suivre la norme
établie par l’usage à l’égard de ceux qui se refusent à la sévérité.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 423 sur 493 copyright ©
4
Des digames et des trigames.
Pour ceux qui ont contracté un troisième mariage et plus, la
pénitence fixée par les anciens est, toute proportion gardée, la
même que celle pour les digames; pour les digames, les uns les
privent de communion un an, d’autres deux; et les trigames,
trois et souvent quatre ans. On ne donne pas à cet acte le nom
de mariage, mais de polygamie ou plutôt de fornication
mitigée; c’est pourquoi aussi le Seigneur dit à la Samaritaine,
qui avait eu successivement cinq maris : « celui que vous avez
maintenant n’est pas votre mari », pour montrer que les gens
qui dépassent la mesure de deux mariages ne sont pas dignes de
s’appeler du nom de mari et d’épouse. Nous avons coutume
d’imposer aux trigames cinq ans d’excommunication, sans avoir
reçu pour cela une règle écrite, mais suivant la pratique de nos
prédécesseurs. Cependant, il ne faut pas les exclure de l’Église,
mais les admettre parmi les auditeurs, environ deux ou trois
ans, puis leur permettre d’assister simplement avec les fidèles
aux saints mystères tout en s’abstenant de la communion aux
dons, et après qu’ils ont ainsi témoigné de quelque fruit de
repentir leur rendre leur place parmi les communiants.
Comment doit-on recevoir les hérétiques à la fin de leur vie.
On doit recevoir les hérétiques qui se repentent au moment de
la mort; cependant, ne pas les recevoir, évidemment, sans
discernement, mais en examinant s’ils montrent un repentir
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 424 sur 493 copyright ©
véritable et si leurs ‘uvres témoignent de leur désir empressé
d’être sauvés.
Des moniales qui sont tombées dans la fornication, c. à d. qui
ont contracté une union en apparence légitime.
Ne point compter les fornications des moniales pour mariages,
mais de toutes les manières chercher à empêcher leur union
conjugale; cela sera avantageux pour la sécurité de l’Église, et
ne donnera pas prise aux hérétiques de nous accuser d’ attirer
les leurs par les facilités accordées au péché.
De ceux qui ont péché contre nature, et d’autres grands
pécheurs.
Ceux qui ont péché contre nature ou par bestialité, les
meurtriers, les empoisonneurs, les adultères et ceux qui ont
commis des actes d’idolâtrie, sont sujets à la même peine.
Gardez donc à leur sujet la norme que vous avez déjà pour les
autres.
Quant à ceux qui ont accompli une pénitence de trente ans
pour l’impureté commise par ignorance, il n’y avait pas à hésiter
de les réconcilier; car l’ignorance les rend déjà dignes de
pardon, de plus la confession faite spontanément et la durée
d’un si long laps de temps : c’est presque toute une vie
d’homme qu’ils ont été livrés à Satan, pour apprendre à ne pas
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 425 sur 493 copyright ©
commettre d’impureté. Par conséquent, veuillez ordonner qu’on
les réconcilie sans aucun retard désormais, surtout s’ils
implorent avec larmes votre miséricorde et montrent une vie
digne de toute condescendance.
(Du meurtre et des meurtriers.) Quel péché est volontaire et
lequel est involontaire ?
Celui qui dans sa colère s’est servi d’une hâche contre son
épouse est un meurtrier. Vous avez bien fait de me rappeler, –
et c’est digne de votre prudence, – de vous en parler plus au
long, car il y a de nombreuses distinctions à faire entre
meurtres volontaires et involontaires.
C’est un meurtre totalement involontaire et éloigné de
l’intention de celui qui l’a commis, que d’avoir touché un
homme en lançant une pierre contre un chien ou vers un arbre;
le but, c’était de se défendre contre la bête ou de faire tomber le
fruit, le passant n’a reçu le coup que par hasard; par conséquent
un tel fait est involontaire. De l’involontaire aussi, c’est de
frapper quelqu’un avec une lanière ou un bâton flexible pour
l’amener à de meilleurs sentiments et que celui-ci meure sous
les coups; c’est l’intention qu’il faut examiner ici : qu’il voulait
corriger le pécheur, non le tuer. Parmi les involontaires aussi est
à placer le fait, qu’en se défendant dans une lutte on a porté des
coups sans merci avec un bâton ou de la main contre les parties
vitales, pour faire du mal, non pour tuer; bien que cela
approche déjà du volontaire, car celui qui s’est servi d’un tel
instrument pour sa défense ou qui a porté le coup sans merci,
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 426 sur 493 copyright ©
démontre qu’il n’a pas voulu épargner son adversaire, parce qu’il
était emporté par sa passion. Egalement, celui qui s’est même
servi d’un lourd bâton ou d’une pierre plus grande que ne le
permet la force humaine, est rangé parmi les meurtriers
involontaires, se proposant de faire autre chose que ce qu’il a
fait; car, sous l’effet de la colère il porta un tel coup que
l’adversaire frappé en mourut, bien que son intention fût de lui
rompre peut-être les os, non de le tuer complètement.
Tandis que celui qui s’est servi d’une épée ou d’un objet
semblable, n’a aucune excuse, surtout celui qui a lancé la hâche;
car il n’a pas frappé de la main, de manière à pouvoir mesurer
ses coups, mais il a lancé la hâche, en sorte que le coup fut
forcément fatal par suite du poids du fer, de son tranchant et de
l’élan imprimé.
Volontaire est encore totalement et sans laisser de doute le fait
des bandits et des combats de guerre; ceux-là en effet voulant
avoir l’argent, tuent afin d’échapper à toute investigation, et
ceux qui sont en guerre en viennent à tuer en se proposant
ouvertement non de faire peur ou de corriger, mais de tuer les
adversaires.
Egalement, même si quelqu’un pour un motif de magie verse à
boire un philtre et cause la mort, nous considérons cela comme
un meurtre volontaire; ainsi agissent souvent les femmes,
cherchant au moyen d’incantations et de charmes à se faire
aimer par les hommes et leur faisant prendre des philtres, qui
provoquent des étourdissements d’esprit; celles-là, si elles
causent la mort, bien qu’elles se fussent proposées autre chose
que ce que elles firent, cependant elles sont comptées parmi les
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 427 sur 493 copyright ©
meurtriers volontaires, à cause de la magie et de l’interdiction
des pratiques de cette sorte.
Celles-là aussi qui donnent les poisons abortifs sont des
meurtrières, comme celles qui reçoivent les poisons à tuer les
enfants qu’elles portent dans leur sein. En voilà donc pour ces
cas.
Des hommes et des femmes adultères.
La décision de Seigneur prise telle qu’elle est, s’applique
également aux hommes et aux femmes : qu’il n’est pas permis
d’interrompre la vie de mariage, sauf pour raison d’adultère. Or
la coutume régnante n’est pas ainsi, mais à propos des femmes
nous trouvons des précisions minutieuses : l’apôtre dit : « Qui
s’unit à une prostituée devient un avec elle »; et Jérémie : « Si
une femme va avec un autre homme, elle ne retournera pas à
son mari, mais elle restera dans sa souillure »; et encore : « Qui
garde une épouse adultère est insensé et impie »; tandis que la
coutume fait une obligation aux femmes de garder leurs maris,
même s’ils sont adultères.
De la sorte, je ne sais si la nouvelle épouse de l’homme
abandonné par sa femme peut être qualifiée d’adultère. La
responsabilité retombe dans ce cas sur celle qui a abandonné
son mari, suivant la raison qui lui a fait interrompre la vie de
mariage; si c’est pour n’avoir pu supporter les coups du mari qui
la frappait, elle aurait dû les supporter plutôt que de se séparer
de son conjoint; si c’est pour n’avoir pu supporter la perte de sa
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 428 sur 493 copyright ©
fortune, cette raison n’est pas non plus valable; et si c’est parce
que le mari vit dans l’adultère, ce grief n’est pas du tout admis
par la coutume de l’Église; même dans le cas du mari non-
chrétien, on n’ordonne pas à la femme de se séparer de lui, mais
de rester parce qu’on ne sait ce qui en résulterait : » Qui sait,
femme, si tu ne sauveras pas ton mari ? » Par conséquent, celle
qui abandonne son mari, devient adultère, si elle s’unit à un
autre homme, mais
l’homme abandonné est excusé et sa nouvelle épouse ne sera
point condamnée. Tandis que si le mari abandonne sa femme
pour en prendre une autre, il est, lui, adultère, parce qu’il porte
sa femme à l’adultère, et celle qui cohabite avec lui est adultère,
parce qu’elle a attiré à elle le mari d’une autre.
10
Des parjures.
Ceux qui ont juré de ne pas recevoir d’ordination, s’ils s’y
refusent à cause de leur serment, qu’on ne les force pas de
parjurer; car il ya bien une règle ancienne, qui dispense du
serment dans ce cas, mais nous savons par expérience que les
parjures n’ont pas bonne fin. Il faut d’autre part examiner le
genre de serment, les paroles prononcées, la disposition dans
laquelle ils ont juré et les clauses particulières ajoutées au
serment; de la sorte, s’il n’y a d’aucun côté absolument aucune
solution, il faut les laisser complétement tranquilles.
Quant à l’affaire de Sévère, je veux dire le prêtre qu’il a
ordonné, elle me semble comporter la solution suivante, si vous
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 429 sur 493 copyright ©
y consentez. Ordonnez que le village dépendant de Mistheia,
dans lequel l’homme en question avait été installé comme curé,
dépende de Vasades; ainsi celui-ci ne parjurera pas, puisqu’il ne
part pas de la localité et Longin, gardant avec lui Cyriaque, ne
ruinera pas l’Église, ni ne damnera son âme par la suspense; et
nous aussi n’auront pas l’air d’agir contre les prescriptions de
l’Église, en prenant parti pour Cyriaque, qui a juré de rester à
Mindanes, puisa accepté d’être transféré; son retour, en effet, lui
fera garder son serment, et d’avoir cédé à la décision de
transfert ne lui sera pas compté pour parjure, puisque le
serment ne comportait pas la clause de ne pas partir, même
pour un peu de temps, de Mindanes, mais d’y rester à l’avenir.
Quant à Sévère, qui prétexte de n’y avoir pas pris garde, nous
lui pardonnerons, en nous disant que Dieu ne permettra pas
que son Église soit portée à la ruine par un homme, qui a agi
dès le début contre les canons : qui a lié par serment malgré la
prescription de l’évangile, enseigné le parjure par le transfert et
ment maintenant, en feignant l’oubli. Mais comme nous
n’avons pas à juger les coeurs, mais nous jugeons d’après ce
qu’on nous dit, laissons la vengeance au Seigneur; quant à nous,
recevons-le sans arrière-pensée, en lui pardonnant sa faiblesse
humaine, l’oubli.
11
De ceux qui ont tué involontairement.
Celui qui a commis le meurtre involontaire est suffisamment
puni par la pénitence de onze ans; il est évident qu’à propos des
blessés nous observerons la remarque de Moïse, et celui qui
s’est affaissé sous les coups reçus, mais s’est remis à marcher en
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 430 sur 493 copyright ©
s’appuyant sur son bâton, nous ne le considérerons pas comme
un homme tué; et même s’il ne s’est pas relevé après les coups,
le donneur des coups, parce qu’il ne s’est pas proposé de le faire
mourir, sera certes un meurtrier, mais involontaire à cause de
son intention.
12
Des digames.
La règle ecclésiastique exclut totalement du service de l’église
ceux qui ont contracté un second mariage.
13
De ceux qui ont tué en guerre.
Les meurtres commis pendant les combats de la guerre, nos
pères ne les ont pas considérés comme des meurtres, excusant
par là, me semble-t-il, ceux qui ont pris la défense de la justice
et de la religion. Il serait cependant bien de leur conseiller de
s’abstenir de la communion seule pendant trois ans, parce qu’ils
n’ont pas les mains pures.
14
De ceux qui perçoivent des interêts pour du prêt.
Celui qui prête à intérêt, s’il consent à distribuer aux pauvres
l’injuste profit et à se libérer désormais du mal de l’avarice, il
sera admis à la prêtrise.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 431 sur 493 copyright ©
15
Des apories scripturaires.
Je m’étonne de vous voir chercher dans l’Écriture sainte l’acribie
littéraire, sans penser que l’expression des termes de la version
est un peu forcée, parce que ceux-ci gardent leur sens à eux,
sans rendre le sens exact des termes du texte hébreu. Mais,
comme il ne faut pas passer avec négligence sur la question
posée par un esprit chercheur, nous dirons que les oiseaux du
ciel et les poissons de la mer ont eu dans le récit de la création
la même origine, car toutes les deux espèces ont été tirées des
eaux.
La raison en est que toutes les deux ont le même caractère
spécial : les uns flottent dans l’eau, les autres flottent dans l’air.
C’est pourquoi elles sont mentionnées ensemble.
Quant à la manière de s’exprimer, elle est impropre, si on
entend par là les poissons seuls, mais bien appropriée, si l’on
entend tout ce qui vit dans les eaux; car les oiseaux du ciel ont
été assujettis au pouvoir de l’homme et les poissons de la mer,
et non seulement les poissons, mais aussi tout ce qui parcourt
les sentiers des mers. Car n’est pas poisson tout ce qui est
aquatique, ainsi les cétacés, baleines, marteaux, dauphins,
phoques, de plus les chevaux de mer, chiens de mer, scies,
espadons, boeufs de mer, et si vous voulez encore, les orties de
mer et les peignes et tous les coquillages, dont aucun n’est un
poisson et cependant ils parcourent les sentiers des mers. Ainsi
ils se divisent en trois catégories par leur espèce : oiseaux du
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 432 sur 493 copyright ©
ciel, poissons de la mer et tous les animaux aquatiques, qui,
distincts des poissons, parcourent eux-aussi des sentiers marins.
16
De Nééman le Syrien.
Nééman n’était pas grand auprès du Seigneur, mais auprès de
son seigneur, c’est-à-dire qu’il était l’un de ceux qui exerçaient
le pouvoir sous le roi de Syrie. Prêtez donc une attention exacte
à l’Écriture et vous y trouverez la solution de votre difficulté.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 433 sur 493 copyright ©
AU MEME
DEUXIEME LETTRE DE SAINT BASILE SUR LES
CANONS
(Prologue)
Depuis longtemps j’avais écrit la réponse aux questions que
nous avait proposées votre piété, mais je n’avais pas expédié la
lettre, pris d’une part d’une maladie longue et dangereuse, et de
l’autre, parce que je manquais de messagers; car nous aussi,
nous avons bien peu de gens qui connaissent le chemin et en
même temps soient prêts à de tels services; sachant donc les
raisons de notre retard, accordez-nous le pardon.
Nous avons admiré tant votre amour du savoir que votre
humilité, vous, qui placé au rang d’enseignant, daignez vous
faire enseigner, et vous faire enseigner par nous qui n’avons pas
grand’ chose comme savoir. Mais, puisque vous daignez faire
par crainte de Dieu ce que difficilement ferait un autre, il nous
faut répondre plus même qu’il ne nous est possible à votre
bonne volonté et à votre bon zèle.
17
Du prêtre Bianor qui avait juré de ne pas exercer ses fonctions.
Vous nous avez interrogé au sujet du prêtre Bianor, si à cause
de son serment, il peut être admis parmi le clergé. Or, je me
rappelle avoir déjà exposé aux clercs d’Antioche une règle
générale à appliquer à tous ceux qui ont juré en même temps
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 434 sur 493 copyright ©
que lui : qu’ils doivent se tenir à l’écart des assemblées
officielles, mais exercer leurs fonctions de prêtre dans le privé.
Ce même principe lui donne l’autorisation d’exercer même ses
fonctions, puisqu’il exercera nos plus à Antioche, mais à
Iconium, qu’il a choisi pour sa demeure en échange d’Antioche,
comme vous nous l’écrivez.
Votre piété peut donc admettre l’homme en question, en lui
demandant de regretter d’avoir si facilement prêté le serment
en faveur d’un homme sans foi, parce qu’il n’a pas su surmonter
la difficulté d’un petit risque.
18
Des vierges qui ont failli à leur voeu de virginité.
Au sujet des vierges qui ont failli, celles qui ont promis
solennellement au Seigneur de vivre dans la continence, ensuite
cédant aux passions de la chair, ont été infidèles à leurs voeux,
nos pères, cedant avec douceur et mansuétude à la faiblesse de
telles qui ont fait ce faux-pas, ont statué de les recevoir après un
an de pénitence, les assimilant ainsi aux digames.
Cependant, selon moi, vu que par la grâce de Dieu l’Église va
gagnant toujours plus d’influence et l’ordre des vierges est
aujourd’hui devenu si nombreux, on doit prêter une attention
sévère tant à la signification profonde des faits qu’au sentiment
de l’Écriture sainte, ce que nous pouvons explorer de la manière
suivante. La viduité est de valeur inférieure à la virginité, donc
le péché d’une veuve est de beaucoup moindre que celui des
vierges. Or, voyons ce qui a été écrit à Timothée par Paul : «
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 435 sur 493 copyright ©
Refuse d’inscrire parmi les veuves les veuves trop jeunes, car,
lorsque la passion les entraîne loin du Christ, elles veulent se
remarier et elles s’attirent ainsi le reproche d’avoir violé leur foi
de jadis ». Si donc la veuve encourt un très grave reproche, pour
avoir violé la fidélité au Christ, que devons-nous penser de la
vierge, qui est l’épouse du Christ et un vase sacré voué au
Seigneur ? C’est déjà une grave faute que celle de l’esclave, qui
se laissant aller à un commerce marital secret remplit la maison
de ruine et insulte à son maître par sa mauvaise conduite; mais
il est bien plus mal que l’épouse devienne adultère et,
déshonorant son union avec l’époux, s’adonne à des plaisirs
honteux.
C’est pourquoi la veuve sera condamnée comme l’esclave
séduite, tandis que la vierge sera soumise à la peine de l’épouse
adultère. Or, comme nous appelons adultère celui qui a des
relations avec une femme autre que la sienne, ne l’admettant
pas à la communion avant qu’il n’ait renoncé à son péché, de la
même manière évidemment nous agirons envers celui qui a pris
une vierge consacrée à Dieu.
A cette occasion il nous est nécessaire de préciser, qu’on appelle
vierge celle qui volontairement s’est offerte au Seigneur, a
renoncé au mariage et préféré la vie dans la sanctification. Mais
nous n’approuvons ces promesses officielles, que si elles sont
faites après l’âge de raison; car ce n’est pas les propos enfantins
qui doivent certes être décisifs en cette matière, mais, si
une jeune fille ayant dépassé les seize ou dix-sept ans, devenue
maîtresse de ses pensées, après long examen, si elle persiste et
implore par ses prières d’être reçue, il faudra alors l’inscrire
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 436 sur 493 copyright ©
parmi les vierges et ratifier sa profession et en châtier la
transgression; il y en a en effet plusieurs que père et mère ou
frères ou d’autres parents présentent avant l’âge, pour leur
procurer une existence sûre, sans qu’elles se sentent d’elles-
mêmes portées vers le célibat : celles-là, il ne faut pas les
admettre avec facilité, jusqu’à ce que nous ayons clairement
scruté leur propre volonté.
19
Des moines qui ont jailli.
Des voeux de religion n’existent pas pour les hommes, à notre
connaissance, sauf s’ils se sont enrôlés dans l’ordre des moines,
ce par quoi ils semblent tacitement accepter le célibat;
néanmoins, même à propos d’eux il convient à mon avis de les
interroger au préalable et de recevoir d’eux une promesse
manifeste, de manière à le soumettre à la pénitence des
fornicateurs, lorsqu’ils se laissent aller à une vie chamelle et
voluptueuse.
20
De la femme qui avait voué la virginité étant encore dans
l’hérésie.
Toutes les femmes, qui étant encore dans l’hérésie ont fait voeu
de virginité, et ont ensuite préféré le mariage, je ne pense pas
qu’il faille les condamner, car « tout ce que la loi dit, elle le dit à
ceux qui sont sous la loi »; or celles qui ne sont pas encore
engagées sous le joug du Christ, ne connaissent pas non plus la
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 437 sur 493 copyright ©
loi du maître; par conséquent elles seront admises à l’Église,
obtenant par la foi au Christ le pardon de toutes leurs fautes et
de celle-ci.
D’une manière générale, on ne tient point compte de ce qui a
été commis dans le temps du catéchumenat; évidemment
l’Église n’admet point les catéchumènes dans son sein sans le
baptême; en sorte que les privilèges de la naissance baptismale
leur sont chose absolument nécessaires.
21
De ce que l’homme marié, qui a un commerce charnel avec une
femme mariée est considéré comme fornicateur, tandis que la
femme mariée, qui va avec un autre homme est une adultère.
Si un homme marié, non content de son mariage tombe dans la
fornication, nous le condamnons comme fornicateur et nous
prolongeons plus que de coutume son temps de pénitence, mais
nous n’avons aucune règle ancienne prescrivant de l’accuser
d’adultère, tant que le péché a été commis avec une femme
libre des liens du mariage. Car l’écriture dit : « La femme
adultère restera dans sa souillure et ne s’en retournera pas à son
mari »; et encore : « L’homme qui garde chez lui une femme
adultère est insensé et impie »; tandis que l’homme qui a
commis la fornication ne sera pas exclu de la cohabitation avec
sa femme; ainsi donc la femme recevra l’homme qui revient
d’une fornication, tandis que l’homme renverra de sa maison la
femme souillée.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 438 sur 493 copyright ©
La raison de tout cela n’est pas facile à comprendre, mais tel est
l’usage qui a prévalu.
22
De celui qui après enlèvement garde chez lui une jeune fille,
fiancée ou non.
Ceux qui gardent après enlèvement des femmes, s’ils ont ravi
des fiancées à d’autres, il ne faut pas les recevoir, avant qu’on
n’ait repris celles-ci et donné à leurs fiancés la faculté de les
reprendre, s’ils le veulent, ou de renoncer à elles; si c’est une
jeune fille non engagée qu’on a enlevée, il faut la lui soustraire
et la remettre aux siens, et laisser décider les siens, que ce soit
des parents, des frères ou des tuteurs de la fille; s’ils veulent la
lui donner, le mariage sera valide, s’ils refusent, ne pas les
contraindre.
Cependant, celui qui garde une femme qu’il a séduite soit en
cachette soit de force, doit nécessairement se voir appliquer la
pénitence de la fornication. Or, la pénitence destinée aux
fornicateurs est de quatre ans; la première année il faut qu’ils
soient exclus des prières et se tiennent avec les pleurants à la
porte de l’Église, la deuxième les admettre parmi les auditeurs,
la troisième parmi les pénitents, la quatrième à assister
simplement aux prières avec le peuple fidèle en s’abstenant de
l’offrande, ensuite leur permettre la participation au saint don.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 439 sur 493 copyright ©
23
De ceux ou celles qui épousent successivement deux soeurs ou
deux frères.
Au sujet de celui qui épouse deux soeurs successivement ou de
celle qui se marie à deux frères successivement nous avons
composé une épître, dont nous avons expédié copie à votre
piété. Quant à celui qui épousa la femme de son propre frère, il
ne sera pas reçu à la communion avant de s’être séparé d’elle.
24
De l’homme ou de la femme en veuvage.
La veuve qui est inscrite au nombre des veuves, c’est-à-dire
celle qui est nourrie par l’Église, si elle se marie, (étant jeune
encore) sera excusable, selon la décision de l’apôtre. Pour
l’homme devenu veuf il n’y a aucune prescription, la pénitence
des digames suffit pour son cas. Tandis que la veuve qui a
atteint ses soixante ans, si elle choisit de prendre à nouveau
mari, ne sera pas admise à la communion du saint don, tant
qu’elle n’aura pas renoncé à sa passion impure; si nous
l’inscrivons au rôle des veuves avant ses soixante ans, c’est à
nous d’en répondre, non à la femmelette.
25
De celui qui garde comme sa femme la jeune fille qu’il a
séduite.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 440 sur 493 copyright ©
Celui qui garde comme sa femme la jeune fille qu’il a séduite
subira la pénitence pour la séduction, mais on lui permettra de
garder la femme.
26
De ceux qui se sont mariés à la suite d’un concubinage.
La fornication n’est pas un mariage, pas même un début de
mariage; d’où, s’il est possible que ceux qui ont un commerce
charnel de fornication se séparent, c’est là la meilleur solution;
si cependant ils veulent absolument le mariage, qu’on les laisse
faire, afin d’éviter le pire.
27
Du prêtre qui fut engagé à son insu dans un mariage illicite.
Au sujet du prêtre engagé à son insu dans un mariage illicite
j’ai déjà décidé ce qu’il fallait, c’est-à-dire qu’il gardera sa place
dans le sanctuaire, mais s’abstiendra de toute autre fonction, le
pardon seul suffira à un tel. Qu’un homme qui a à panser ses
propres blessures, veuille en bénir un autre, c’est déraisonnable;
car la bénédiction est une communication de la grâce; or celui
qui ne possède pas celle-ci, par suite de la faute commise sans
le savoir, comment la communiquera-t-il à un autre ? Qu’il ne
bénisse donc ni publiquement ni en privé, ni ne distribue le
Corps du Seigneur aux autres, ni n’accomplisse quelque autre
fonction ecclésiastique, mais se contentant de la préséance, qu’il
implore du Seigneur le pardon de l’iniquité commise par
ignorance.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 441 sur 493 copyright ©
28
Qu’il ne faut pas s’obliger par serment à quoi que ce soit.
Il m’a paru bien ridicule le fait de celui qui a fait voeu de
s’abstenir de la viande de porc; ayez donc la bonté de leur
apprendre à s’abstenir de voeux et de promesses grossières;
quant à l’usage de telle on telle nourriture autorisez-le comme
un acte indifférent : « car aucune oeuvre de Dieu, prise en
action de grâces n’est à rejeter », Ce n’est donc pas l’abstinence,
qui sera à observer nécessairement, c’est le voeu qui est
totalement ridicule.
29
De ce qu’il ne faut point faire de serment.
Il serait bien à propos que se corrigent les hauts-fonctionnaires
qui jurent de faire du mal à leurs subordonnés et leur correction
se fera de deux manières : leur apprendre d’abord de ne point
jurer à la légère, puis de ne pas persister dans leurs méchantes
pensées. Par conséquent, si quelqu’un s’est lié par serment à
faire du mal à autrui, qu’il montre du repentir pour la témérité
de son serment, plutôt que de confirmer sa méchanceté sous
prétexte de piété; car il n’a pas été avantageux à Hérode non
plus de garder son serment, lui, qui soit-disant pour ne pas se
parjurer devint le meurtrier du prophète. Car, une fois que le
serment lui-même est interdit, à plus forte raison sera à
condamner celui qui est fait en vue du mal. Ainsi, c’est de venir
à de meilleurs sentiments qu’il faut à celui qui a juré, non point
de s’efforcer de confirmer son impiété.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 442 sur 493 copyright ©
Examinez donc plus à fond l’absurdité de la situation : si
quelqu’un jurait de crever les yeux à son frère, est-ce un bien
pour un tel que de mettre cela à exécution ? si c’était de tuer ? si
d’une manière générale de transgresser un commandement de
Dieu ? Certes, « j’ai juré, et je tiendrai ma promesse », non pas
de pécher, mais « d’observer les jugements de votre justice « .
De même qu’il conviendrait de confirmer le commandement
divin par des décisions irrévocables, de même, il convient
d’infirmer de toutes les manières et de faire disparaître le
péché.
30
Des ravisseurs et de leurs complices.
Au sujet des ravisseurs nous ne possédons pas de règle
ancienne, mais de notre mouvement nous avons décidé de les
exclure des prières, eux et leurs complices. Mais si le fait a eu
lieu sans faire violence, cela ne tire pas à conséquence
canonique, lorsque ni séduction ni rapt n’ont précédé. Quant à
la veuve, elle a la liberté de ses décisions, et c’est d’elle qu’a
dépendu de suivre. Ne nous préoccupons donc pas des formes
extérieures.
31
De celle qui prend un autre mari après le départ du sien.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 443 sur 493 copyright ©
Celle dont le mari est parti en voyage et n’a plus donné signe
de vie, si avant d’avoir la preuve de sa mort, elle épouse un autre
homme, elle est coupable d’adultère.
32
Des clercs tombés dans une faute.
Les clercs qui ont commis « un péché menant à la mort » sont
déposés de leur grade, mais ne sont pas exclus de la
communion des laïcs, car « tu ne puniras pas deux fois la même
faute ».
33
De celle qui a mis un enfant au monde pendant le voyage et
négligé le nouveau-né.
La femme qui a mis au monde pendant le voyage et négligé le
nouveau-né, qu’elle ait à répondre du meurtre.
34
Des femmes adultères, qui s’en confessent.
Quant aux femmes qui ont commis l’adultère et le confessent
par sentiment religieux ou dont on connaît d’une autre façon la
faute, nos pères ont ordonné de ne pas rendre publique leur
faute, afin de ne pas exposer au danger de mort les femmes
ainsi convaincues de péché, mais qu’elles restent parmi les
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 444 sur 493 copyright ©
fidèles sans communier jusqu’à l’accomplissement du temps de
la pénitence.
35
De celle qui sans raison a abandonné son mari.
A propos de celui qui a été abandonnée par sa femme, il faut
rechercher la cause de l’abandon; s’il en résulte qu’elle est partie
sans raison, il est, lui, digne d’excuse, elle, de pénitence; et
l’excuse lui vaudra de pouvoir communier.
36
Des femmes de soldats.
Les femmes de soldats, qui se sont remariées, leurs maris étant
portés disparus, sont dans le même cas que celles qui après le
départ en voyage de leurs maris n’ont pas attendu leur retour;
sauf que pour elles il y a une certaine excuse, vu que la mort y
est plus probable.
37
De celui qui a pris la femme d’un autre.
L’homme qui ayant été séparé de la femme d’autrui en épouse
une autre, sera coupable d’adultère pour la première, libre
d’accusation pour la seconde.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 445 sur 493 copyright ©
38
Des filles qui se sont mises avec des hommes sans l’avis de leurs
parents.
Les filles qui contre l’avis de leurs parents se sont mises avec
des hommes, sont coupables de fornication; si elles se
réconcilient avec leurs parents, l’affaire semble s’arranger; elles
ne seront cependant pas tout de suite admises de nouveau à la
communion, mais feront pénitence pendant trois ans.
39
De celle qui vit avec un adultère.
Celle qui vit avec un adultère est aussi adultère pendant tout ce
temps.
40
De l’esclave qui s’est mariée en cachette, contre l’avis de son
maître.
L’esclave qui s’est mariée contre l’avis de son maître est dans la
fornication; si après cela elle contracte un mariage autorisé, elle
sera vraiment mariée; par conséquent, le premier cas est une
fornication, le second un mariage, car les contrats de ceux qui
n’ont pas la libre disposition d’eux-mêmes n’ont aucune valeur.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 446 sur 493 copyright ©
41
De la veuve qui étant libre convole en secondes noces.
Celle qui devenue veuve a la libre disposition d’elle-même, ne
saurait encourir de reproches en se remariant, s’il n’y a
personne, qui ait le droit de s’opposer au mariage, puisque
l’apôtre dit : « Si le mari meurt, elle est libre d’épouser qui elle
veut, pourvu que cela soit selon le Seigneur ».
42
Que les mariages de ceux qui n’ont pas la libre disposition
d’eux-mêmes sont sans valeur.
Les mariages qui se font sans le consentement des maîtres sont
des fornications; tant que vit le père ou le maître, ceux qui
s’unissent ainsi sont inconsistants; par conséquent, si l’union est
approuvée par les maîtres, alors le mariage devient valide.
43
De celui qui a donné à son prochain un coup mortel.
Celui qui a donné à son prochain un coup causant la mort est
un meurtrier, soit qu’il ait commencé, soit qu’il fût en état de
défense.
44
De la diaconesse qui a commis la fornication avec un païen.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 447 sur 493 copyright ©
La diaconesse qui a commis la fornication avec un païen sera
reçu en pénitence, mais ne sera admise à l’offrande que la
septième année, évidemment si elle vit dans la chasteté. Quant
au païen, qui après avoir professé la foi chrétienne est de
nouveau revenu à l’impiété, il s’en retourne à son vomissement.
Pour nous, nous ne tolérons pas que le corps de la diaconesse,
corps consacré au Seigneur, serve aux plaisirs charnels.
45
De celui qui a reçu le nom de chrétien et insulte au Christ.
Quiconque insulte au Christ après avoir reçu le nom de
chrétien, son titre du chrétien ne lui sera d’aucun profit.
46
De celle qui à son insu s’est unie à un homme abandonné par sa
femme.
Celle qui à son insu a vécu maritalement avec un homme
abandonné pour un certain temps par sa femme, et qui, au
retour de celle-ci à son mari fut délaissée, a commis une
fornication, mais sans le savoir; on ne lui interdira pas de se
marier, il vaut cependant mieux, qu’elle reste comme elle est.
47
Des encratites, saccophores et apotactites.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 448 sur 493 copyright ©
Encratites, saccophores et apotactites sont dans le même cas
que les novatiens; or pour ceux-ci il a été édicté un canon, bien
que différent par son contenu, alors qu’on a gardé le silence sur
ceux-là.
Quant à nous, d’une manière générale nous les rebaptisons
tous; et si chez vous la rebaptisation est interdite, comme chez
les Romains, – de regarder comme nul leur baptême à cause du
bien général -, notre manière de faire garde cependant sa
valeur; car, leur hérésie étant comme un rejeton de celle des
Marcionites, puisqu’ils ont en horreur le mariage et
s’abstiennent de vin et prétendent que la création est souillée,
nous ne les recevons dans le sein de l’Église que s’il sont
baptisés selon notre baptême. Et qu’ils ne nous disent pas :
nous avons été baptisés au nom du Père et du Fils et du saint
Esprit, eux précisément, qui émules de Marcion et des autres
hérésies, posent pour principe que Dieu est auteur de mal. Par
conséquent, il faudra, si tel est le commun avis, que de
nombreux évêques s’assemblent et édictent une règle générale,
afin qu’on puisse agir sans risque et que la réponse à une telle
question soit digne de foi.
48
De celle qui a été abandonnée par son mari.
Celle qui a été abandonnée par son mari doit à mon avis rester
sans se remarier; car si le Seigneur dit :
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 449 sur 493 copyright ©
« Si quelqu’un abandonne sa femme, sauf pour cause d’adultère.
il l’expose à devenir adultère », du fait qu’il la désigne comme
adultère, il lui interdit de s’unir à un autre.
Comment, en effet, se peut-il que l’homme soit coupable, en
tant que cause de l’adultère de la femme, et la femme soit sans
culpabilité en se remariant, elle qui est appelée adultère, si elle
s’unit à un autre homme ?
49
Des violations de femmes.
Les violations subies de force sont sans culpabilité; par
conséquent, l’esclave aussi, violée par son maître, n’est pas
coupable.
50
Qu’il n’y a pas de loi au sujet des trigames.
Il n’y a pas de loi autorisant les troisièmes noces; d’où un
troisième mariage ne saurait être contracté légitimement. Nous
considérons de tels mariages comme une souillure de l’Église,
mais nous ne les soumettons pas à des condamnations
publiques, vu qu’ils sont à préférer à la fornication ouvertement
pratiquée.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 450 sur 493 copyright ©
CANONS DE SAINT BASILE LE GRAND
AU MEME
TROISIEME LETTRE SUR LES CANONS
(Prologue)
Revenant d’un long voyage, – j’ai été en effet jusqu’au Pont
pour les besoins de l’Église et pour visiter des amis, – et
ramenant un corps brisé et l’âme un peu mal-en-point, à peine
ai-je tenu dans les mains la lettre de votre piété, j’ai aussitôt
tout oublié, en recevant les témoins de la voix qui m’est la plus
agréable et de la main la plus chère. Puisque donc à cause de
votre lettre je me suis senti tellement mieux, vous pouvez
imaginer quel prix j’attache à votre rencontre, que le Dieu saint
accorde de réaliser là où ce sera moins pénible et où vous nous
inviterez vous-même; il ne me serait pas pénible, si vous
gagniez la demeure située près d’Euphémias pour notre
rencontre, parce que j’échapperais de la sorte aux ennuis de ces
lieux-ci et que j’ai hâte de retrouver votre amitié qui ne connaît
pas de feinte.
Par ailleurs, le voyage jusqu’à Nazianze m’est devenu sans doute
nécessaire par le départ soudain de Grégoire, l’évêque très aimé
de Dieu, départ dont la raison reste inconnue jusqu’à ce jour.
Quant à l’homme, dont j’avais parlé à votre perfection et que
vous espériez vous aussi voir maintenant prêt, sachez que, pris
d’une longue maladie et souffrant désormais des yeux par suite
de l’ancien mal et de la maladie récente, il est devenu
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 451 sur 493 copyright ©
totalement inapte aux activités à exercer; un autre, nous n’en
avons point. C’est pourquoi il vaut mieux, bien qu’ils nous en
aient confié le soin, qu’ils désignent eux-mêmes quelqu’un
d’entre eux. Il faut en effet penser, qu’ils se virent contraints de
parler comme ils l’ont fait, mais que leur coeur voulait ce qu’ils
demandèrent dès le début : que leur supérieur soit l’un des
leurs. Si leur choix se porte sur quelqu’un de nouvellement
initié, que cela plaise ou non à Macédonius, qu’ils le désignent.
Vous lui donnerez la bénédiction d’usage comme cela convient,
le Seigneur en tout vous aidant et vous accordant la grâce
nécessaire à cela.
51
De ce que tout clerc qui a fauté subira la déposition.
A propos des clercs, les canons parlent d’une manière
indéterminée, ordonnant que les clercs fautifs ne subiront
qu’une seule peine, la suspense de leurs fonctions, soit qu’ils
occupent un grade dans la hiérarchie, qui qu’ils accomplissent
un service qui ne comporte pas l’imposition des mains.
52
De celle qui a mis au monde pendant le voyage.
Celle qui pendant le voyage a laissé mourir l’enfant qu’elle
venait de mettre au monde, si pouvant le sauver elle a négligé
de le faire, soit qu’elle crût cacher par là son péché, soit qu’elle y
fût poussée par une pensée bestiale et inhumaine, sera
considérée comme coupable de meurtre. Mais si elle n’a pu
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 452 sur 493 copyright ©
l’entourer de soins et le nouveau-né a péri, par suite de la
solitude et du manque du nécessaire, la mère doit en être
excusée.
53
Des esclaves-veuves convolait en secondes noces.
La veuve, si c’est une esclave,’ ne tombe pas dans une grande
faute en contractant un second mariage sous forme
d’enlèvement; par conséquent il ne faut pas lui en faire grief :
ce n’est pas des formes qu’on a à décider, mais de l’intention.
Évidemment, il lui reste de faire la pénitence des digames.
54
De l’explication déjà faite sur les différences entre meurtres
involontaires.
Les différences que présentent les meurtres involontaires, je me
rappelle les avoir exposées autant que cela m’était possible dans
ma lettre d’il y a quelque temps à votre piété; je n’y puis rien
ajouter, et il appartient à votre prudence de renforcer ou de
diminuer les pénitences, selon la particularité de chaque cas.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 453 sur 493 copyright ©
55
De ceux qui entrèrent en campagne contre les bandits.
Ceux qui entrèrent en campagne contre les bandits, si ce sont
des laïcs, seront privés de la participation aux saints dons; et
s’ils sont clercs, déposés; car : « Quiconque s’est servi de l’épée,
dit l’Écriture, périra par l’épée ».
56
Des meurtriers volontaires.
Celui qui a tué volontairement, puis s’en est repenti restera
vingt ans sans communier aux dons sanctifiés.
Les vingt années lui seront comptées de la manière suivante :
pendant quatre ans il doit être avec les pleurants se tenant à
l’extérieur de la porte de la maison de prière, et demandera aux
fidèles qui entrent, de prier pour lui, en confessant
publiquement son iniquité; après ces quatre ans il sera reçu
parmi les auditeurs et sortira avec eux de l’église, cela pendant
cinq ans; pendant sept ans il priera avec les prosternés et sortira
de l’église avec eux; pendant quatre ans il assistera simplement
parmi les fidèles, mais ne participera pas à l’offrande; et lorsque
tout cela sera accompli, il prendra part aux dons sanctifiés.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 454 sur 493 copyright ©
57
Des meurtres involontaires.
Celui qui a tué involontairement restera dix ans sans
communier aux dons sanctifiés. Les dix ans lui seront fixés de la
manière suivante : il sera deux ans parmi les pleurants, trois
avec les auditeurs, quatre parmi les prosternés, il assistera
simplement pendant un an et ensuite il sera admis aux saints
dons.
58
Des adultères.
Celui qui a commis l’adultère restera quinze ans sans
communier aux dons sanctifiés, quatre ans comme pleurant,
cinq comme auditeur, quatre comme prosterné, et deux ans
comme simple assistant.
59
Des fornicateurs.
Le fornicateur restera sept ans sans communier aux dons
sanctifiées,
deux comme pleurant et deux comme auditeur et deux comme
prosterné et un comme simple assistant et la huitième année il
sera reçu à la communion.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 455 sur 493 copyright ©
60
De celles qui ayant promis de garder la virginité ou de ceux qui,
devenus moines, ont failli.
Celle qui a fait profession de virginité puis a failli à sa
promesse, arrangera sa vie de manière à accomplir le temps de
pénitence de l’adultère. La même règle vaut aussi pour ceux qui
ont promis de vivre la vie de moine et ont failli.
61
Des voleurs.
Celui qui a volé, si s’en repentant il s’en est accusé
spontanément, ne sera empêché que pendant un an de
communier aux dons sanctifiés avec les fidèles; s’il est
convaincu de cela par d’autres, il en sera empêché pendant deux
ans, et son temps lui sera partagé en prostration et simple
assistance, et alors il sera admis à la communion.
62
De ceux qui ont péché contre nature.
Celui qui s’est montré impudique avec des mâles se verra fixer
le temps de pénitence de l’adultère.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 456 sur 493 copyright ©
63
De ceux qui ont péché par bestialité.
Celui qui confesse un péché impie commis sur des animaux
observera dans la pénitence les mêmes temps.
64
Des parjures.
Le parjure restera sans communier pendant dix ans, deux ans
comme pleurant, trois comme auditeur, quatre comme
prosterné, un an comme simple assistant et alors il sera jugé
digne de la communion.
65
Des sorcières et de celles qui préparent des philtres.
Celui qui confesse avoir usé de magie ou de philtres parcourra
dans la pénitence les temps du meurtrier, traité comme s’il
s’était spontanément accusé de ce péché.
66
Des violateurs de tombeaux.
Le violateur de tombeaux restera sans communier pendant dix
ans, deux comme pleurant, trois comme auditeur, quatre,
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 457 sur 493 copyright ©
comme prosterné, un an comme simple assistant et alors il sera
reçu.
67
De ceux qui ont été convaincus d’inceste entre frères.
L’inceste entre frères aura le temps de pénitence du meurtrier.
68
Les parentés prohibées.
L’union par mariage des personnes apparentés à un degré
prohibant le mariage, si elle a eu lieu, vu qu’elle est un péché,
recevra les temps de pénitence des adultères.
69
Des lecteurs qui ont eu commerce charnel avec leurs fiancées
avant le mariage.
Le lecteur, qui a eu commerce charnel avec sa fiancée avant le
mariage, aura un an de suspense, puis sera admis au lectorat,
restant sans avancement; s’il a eu commerce sans qu’ii y ait eu
fiançailles il sera démis de son service, De même le sous-diacre.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 458 sur 493 copyright ©
70
Des diacres et prêtres qui ont péché avec les lèvres.
Le diacre qui s’est souillé les lèvres par le péché et avoue n’avoir
péché que jusque-là, sera suspendu de sa fonction liturgique,
mais sera admis à communier aux saints dons avec les diacres.
La même chose vaut aussi pour le prêtre. Mais si un clerc est
convaincu d’avoir fait quelque chose de plus, dans quelque
grade qu’il soit, il sera déposé.
71
Des ceux qui ont coopéré à l’un des péchés précités et ne l’ont
pas manifesté.
Celui qui fut complice dans l’un des péchés précités et ne l’a
pas avoué, mais en fut convaincu, il sera aussi longtemps en
pénitence, que l’auteur du péché.
72
De ceux qui ont eu recours à des devins.
Celui qui a eu recours à des devins ou à leurs semblables, se
verra imposer le temps de pénitence du meurtrier.
73
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 459 sur 493 copyright ©
De celui qui a renié le Christ.
Celui qui a renié le Christ et apostasié le mystère du salut doit
prendre rang parmi les pleurants et faire pénitence tout le
temps de sa vie; il ne sera admis à la communion du saint don
qu’au moment où il quitte la vie, et cela à cause de la foi en la
miséricorde de Dieu.
74
De ceux qui furent condamnés à cause des péchés précités.
Si néanmoins chacun de ceux qui sont tombés dans les péchés
précités, se montre plein de zèle dans le temps de la pénitence,
celui à qui la bonté de Dieu a confié le pouvoir de lier et de
délier, ne méritera pas de blâme, s’il se montre miséricordieux
et diminue la durée de la pénitence, en constatant le repentir
extraordinaire du pécheur, puisque le récit de l’Écriture sainte
nous apprend que le repentir accompagné d’une douleur très
grande obtient rapidement le pardon de la Bonté de Dieu.
75
De ceux qui pèchent avec une soeur issue d’une même mère ou
d’un même père.
A celui qui s’est souillé par le péché avec sa soeur issue du
même père ou de la même mère on interdira l’accès de la
maison de prière, tant qu’il n’aura pas renoncé à ce commerce
illicite et criminel; quand il sera venu à résipiscence de cet
horrible péché, il fera trois ans comme pleurant, se tenant à la
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 460 sur 493 copyright ©
porte des maisons de prières et demandant au peuple qui se
rend à la prière, qu’ils aient pitié de lui et adressent au Seigneur
chacun en son particulier des prières de supplication pour lui;
après cela il sera admis à l’audition seule et après l’audition de
la lecture des Écritures et de la prédication on le fera sortir sans
l’admettre à la prière; ensuite, « s’il a cherché le Seigneur avec
des larmes » et s’est prosterné devant Lui le coeur contrit dans
une grande humiliation, on lui accordera la prostration pendant
trois autres années; ainsi, lorsqu’il aura montré des fruits dignes
de pénitence, on l’admettra la dixième année à la prière avec les
fidèles sans participation à l’offrande; et après qu’il aura assisté
avec les fidèles pendant deux ans à la prière, on le jugera digne
de la communion du saint don.
76
De ceux qui s’unissent à leurs brus.
La même norme sera aussi appliquée à ceux qui s’unissent à
leurs brus.
77
De ceux qui abandonnent leurs conjointes et s’unissent à
d’autres.
Celui qui abandonne la femme légitimement épousée et en
prend une autre, tombe dans le péché d’adultère, selon la
décision du Seigneur. Nos pères ont fixé à leur propos comme
pénitence, un an parmi les pleurants, deux parmi les auditeurs,
trois parmi les prosternés, la septième année d’assister
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 461 sur 493 copyright ©
simplement avec les fidèles et alors être jugés dignes de
l’offrande, s’il se repentent de leurs péchés avec des larmes.
78
De ceux qui épousent successivement deux soeurs.
La même norme vaudra aussi pour ceux qui prennent pour
épouses deux soeurs, bien qu’en des temps successifs.
79
De ceux qui commettent le péché avec leurs marâtres.
Ceux qui, emportés par une passion furieuse, pèchent avec leurs
marâtres, seront soumis à la même règle de pénitence que ceux
qui pèchent avec leurs soeurs.
80
Des polygames.
Nos pères ont gardé le silence sur la polygamie successive, vu
qu’elle est propre aux bêtes et étrangère au genre humain.
Quant à nous, elle nous semble un péché plus grand que la
fornication; c’est pourquoi il est normal de faire subir à ces
gens-là les temps de pénitence, je veux dire de faire un an
parmi les pleurants, trois parmi les auditeurs, autres trois parmi
les prosternés, et alors être reçus.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 462 sur 493 copyright ©
81
De ceux qui ont été amenés par les barbares à renier leur foi.
Ceux qui durant l’incursion des barbares apostasièrent à la foi
en Dieu, en prêtant des serments païens et mangeant des mets
impurs dans les temples des idoles de magie, ceux-là feront les
pénitences déjà fixées par nos pères : s’ils ont été soumis de
force à des tortures pénibles et n’ont pu supporté les tourments
et furent ainsi poussés au reniement, ils seront pendant trois
ans exclus de l’église, deux parmi les auditeurs, trois parmi les
prosternés, et alors admis à la communion. Si au contraire sans
y avoir été grandement contraints ils ont trahi la foi en Dieu et
touché à la table des démons et ont juré des serments païens, ils
seront pendant trois ans exclus de l’église, entendront les
lectures deux ans, prieront avec les prosternés trois ans, pendant
trois autres années assisteront avec les fidèles à la supplication
et alors seront admis à la communion du saint don.
82
Des parjures.
Quant aux parjures aussi, s’ils ont transgressé leurs serments
sous la force et la contrainte, ils seront soumis à des pénitences
plus légères, de manière à être réconciliés au bout de six ans;
mais s’ils ont trahi leur foi jurée sans y avoir été contraints, ils
feront deux ans avec les pleurants, deux parmi les auditeurs,
cinq parmi les prosternés, et, autorisés pendant deux autres
années à participer à la prière sans l’offrande, enfin, après avoir
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 463 sur 493 copyright ©
ainsi témoigné d’un repentir remarquable, ils seront admis de
nouveau à la communion du Corps du Christ.
83
De ceux qui ont recours aux devins ou bien introduisent chez
eux des pratiques de divination.
Ceux qui ont recours aux devins et suivent les coutumes
païennes, ou bien introduisent chez eux des gens en vue de
découvrir les sortilèges ou de s’en purifier, seront sujets à la
pénitence des six ans, un an parmi les pleurants, un an parmi
les auditeurs, trois ans parmi les prosternés, un an d’assistance
simple avec les fidèles et alors ils seront reçus.
84
De ceux qui font bon usage des pénitences imposées.
Nous vous avons exposé tout cela, afin que vous examiniez bien
les fruits de la pénitence; certainement, ce n’est pas sur la durée
de la pénitence que se fondera notre jugement, mais nous
ferons attention à la qualité du repentir. Si, cependant, ils se
laissent difficilement arracher à leurs habitudes et préfèrent être
esclaves des plaisirs de la chair que de servir le Seigneur, et
n’acceptent pas de vivre selon l’évangile, nous n’aurons rien de
commun avec eux; on nous a en effet enseigné, à propos d’un
peuple désobéissant et entêté, d’obéir au précepte : « Tâche de
sauver ton âme à toi ».
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 464 sur 493 copyright ©
85
De ceux qui font mauvais usage de leurs pénitences.
C’est pourquoi ne nous laissons pas entraîner à la perdition
avec eux, mais dans la crainte du jugement sévère et tenant
devant les yeux le terrible jour de la rétribution finale du
Seigneur, ne veuillons pas nous laisser entraîner à la perdition
par suite des péchés d’autrui. Si les jugements terribles du
Seigneur ne nous ont pas corrigés, ni de si grandes plaies ne
nous ont amené sà résipiscence, – car le Seigneur nous a
abandonnés à cause de notre iniquité et nous a livrés aux mains
des barbares et le peuple fut emmené en captivité en pays
ennemi et livré à la dispersion, à cause de ces péchés qu’avaient
osé commettre ceux qui portent le Nom du Christ, – si donc
ces gens-là n’ont pas reconnu ni compris que la colère de Dieu
vint sur nous à cause de cela, qu’avons-nous de commun avec
eux ? Bien au contraire nous devons prendre Dieu à témoin
contre eux de nuit et de jour, en public et en privé; et ne nous
permettons pas de nous laisser entraîner par leurs ruses, en
priant Dieu avant tout de les gagner et les délivrer des pièges
du malin, et si nous n’y arrivons pas, cherchons du moins à
sauver nos âmes de l’éternelle condamnation.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 465 sur 493 copyright ©
SAINT BASILE LE GRAND
DE LA LETTRE ÉCRITE AU MEME BIENHEUREUX
AMPHILOQUE
QUE LE SEIGNEUR N’IGNORE NI LE JOUR NI
L’HEURE DE LA FIN
86
Des encratites.
Aux délicats encratites, à propos de leur grave question,
pourquoi nous ne mangeons pas de toutes choses, on répondra
que nous abhorrons aussi nos excréments. Car, pour ce qui est
de la valeur, pour nous « la viande est égale aux légumes », mais
pour ce qui est de la distinction entre utile et nuisible, de même
que nous séparons parmi les légumes le nuisible de
l’avantageux, de même nous distinguons parmi les viandes
l’utile du nuisible. Ainsi la ciguë est aussi un légume, comme la
chair du vautour est aussi de la viande; cependant aucun
homme sensé ne mange de la jusquiame, ni ne touche à la chair
de chien, à moins qu’une grande nécessité n’y oblige, auquel cas
ne commet pas d’iniquité celui qui en mange.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 466 sur 493 copyright ©
DU MEME
A DIODORE ÉVEQUE DE TARSE
Contre ceux ou celles qui épousent successivement deux soeurs
ou deux frères.
(Prologue)
Il nous est arrivé une lettre qui porte en tête le nom de
Diodore, mais dont le reste convient à tout autre personne qu’à
Diodore; il me semble qu’un homme habile a pris votre nom,
désireux d’inspirer ainsi confiance à ses auditeurs; qui, interrogé
par quelqu’un, s’il lui était licite d’épouser la soeur de sa femme
défunte, n’a pas été horrifié par la question, mais au contraire
écouta calmement la question et vint en aide à l’impudent désir
avec bien de l’audace et de l’argutie. Si j’ avais eu entre les
mains la lettre même, je vous l’aurais expédiée et vous auriez
vous-même la possibilité de prendre la défense de votre
personne et de la vérité; mais comme celui qui nous l’a
montrée, l’a reprise et la promène comme un trophée contre
nous, qui avions interdit dès le début une telle union, disant
qu’il en avait l’autorisation écrite, je vous envoie la présente
lettre, afin que de deux côtés nous attaquions ce faux discours
et que nous ne lui laissions aucun pouvoir, qui le mettrait en
état de nuire facilement à ses auditeurs.
87
En premier lieu, nous citerons ce qui en pareil cas est
primordial, la coutume en vigueur chez nous, que nous pouvons
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 467 sur 493 copyright ©
avancer comme ayant force de loi, puisque nos institutions
nous ont été transmises par des saints; or, la voici : Si quelqu’un
sous l’empire de la passion impure en vient à contracter l’union
illégitime avec deux soeurs successivement, cette union ne sera
point considérée comme mariage légitime et ils ne seront point
admis à l’assemblée de l’église, avant de s’être séparés l’un de
l’autre. Par conséquent, même si l’on n’avait rien d’autre à
ajouter, la coutume suffirait à elle seule pour nous garder du
mal. Mais comme l’auteur de la lettre a tenté d’introduire un si
grand mal dans la vie des fidèles par une argumentation de
mauvais aloi, il nous est nécessaire à nous aussi de ne pas
négliger l’aide du raisonnement, bien que la conviction intime
de chacun est supérieure au raisonnement pour les choses
totalement évidentes.
Il est écrit, dit-il, dans le Lévitique : « Tu n’épouseras pas
comme rivale de ta femme sa propre soeur, en découvrant sa
nudité avec celle de ta femme, du vivant de celle-ci »; or, dit-il,
il en ressort clairement, qu’il est permis de la prendre pour
épouse, après la mort de la première femme. Je répondrai à cela
en premier lieu que, « les prescriptions de la loi s’adressent à
ceux qui sont sous la loi »; sinon, nous serions aussi soumis aux
lois de la circoncision, du sabbat, et de l’abstention de certains
mets; car, nous ne saurions « accepter le joug de la servitude de
la loi », si nous y trouvons une contribution à nos plaisirs, et ne
recourir « à la liberté du Christ » que lorsqu’une prescription
légale nous paraît pénible. On nous avait demandé s’il est écrit
qu’on peut prendre pour épouse la soeur de la femme défunte;
nous avons donné la réponse sûre et vraie, que ce n’est pas écrit;
or, déduire par le raisonnement ce qui a été tu, c’est faire oeuvre
de législateur, non de juge. Sinon, il serait de la même manière
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 468 sur 493 copyright ©
possible à quiconque le voudrait d’oser épouser la soeur de sa
femme même du vivant de celle-ci; car ce même sophisme
convient aussi à ce cas; il est en effet écrit, dira-t-on, « tu
n’épouseras pas la soeur de ta femme, pour en faire rivale de ta
femme »; donc il n’est pas interdit de l’épouser si la rivalité est
hors de cause; en fait, l’homme qui caresse sa passion affirmera
que le caractère des deux soeurs exclut toute jalousie; la raison
donc de l’interdiction d’épouser toutes les deux étant levée, quel
empêchement y a-t-il d’épouser les deux soeurs ? Mais dira-t-
on, cela n’est pas contenu dans l’Écriture. L’autre non plus n’y
est pas contenu, mais le raisonnement par déduction autorise
également l’un et l’autre.
Or, il eût fallu recourir à la suite immédiate du texte de la
législation, pour éviter toute difficulté; le législateur, en effet, ne
semble pas avoir voulu comprendre toute sorte de péchés, mais
interdire spécialement ceux des Égyptiens, qu’Israël avait
quittés et ceux des Cananéens, chez qui il se transportait; en
voici le texte : « Vous n’agirez point selon les usages de
l’Egypte, que vous avez habitée, vous n’agirez point selon les
usages du pays de Chanaan où je vous introduirai : vous ne
suivrez pas leurs coutumes ».
Par conséquent, il en ressort que cette espèce de péché n’existait
pas chez les païens; c’est pourquoi le législateur n’avait pas
besoin de les mettre en garde, mais il se contenta de
mentionner la coutume traditionnelle pour stigmatiser l’acte
honteux. Pourquoi donc a-t-il tu le péché moindre en
interdisant ce qui était plus grave ? Parce qu’il pensa que
l’exemple du patriarche Jacob qui avait épousé deux soeurs
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 469 sur 493 copyright ©
simultanément, pourrait porter au mal grand nombre de gens
voluptueux.
Et nous, que devons-nous faire ?
Dire ce qui fut écrit ou bien rechercher ce qui fut tu ? Par
exemple, que père et fils ne dussent avoir la même concubine
n’est pas contenu dans les lois en question, mais le prophète le
juge digne de la plus grande condamnation : « Le fils et le père,
dit-il, vont chez la même fille ». Que d’espèces de péchés
impurs n’a pas inventés la science des démons pour les
enseigner aux hommes, sur lesquels la divine Écriture a gardé le
silence, préférant ne pas se souiller par l’énumération des actes
honteux, mais stigmatisa les impuretés par des désignations
générales, comme le fait aussi l’apôtre Paul en disant : « Que la
fornication ni aucune impureté ne soient pas même nommées
parmi vous, ainsi qu’il convient à des saints », entendant sous le
nom d’impureté les actes innommables entre mâles ou entre
femmes. Par conséquent le silence de l’Écriture ne comporte
aucunement la liberté d’action pour les voluptueux.
Pour moi, je dis même que notre cas n’a point été passé sous
silence, mais au contraire véhémentement interdit par le
législateur; car l’interdiction : « Aucun de vous n’approchera de
sa proche parente pour découvrir sa nudité », comprend aussi
cette sorte de proche parenté; qu’y-a-t-il, en effet, de plus
proche à l’homme que sa propre femme, ou plutôt, que sa
propre chair ? car »ils ne sont plus deux, mais une seule chair ».
Or par l’intermédiaire de la femme, la soeur de celle-ci entre
dans la proche parenté de l’homme; car de même que l’on
n’épousera pas la mère de sa femme, ni la fille de sa femme,
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 470 sur 493 copyright ©
parce que l’on n’épouse ni sa propre mère ni sa propre fille, de
même on n’épousera pas la soeur de sa femme, parce que l’on
n’épouse pas aussi sa propre soeur. Réciproquement, il ne sera
pas permis à la femme non plus d’épouser les proches parents
de son mari, car les obligations de la parenté sont les mêmes
pour tous les deux.
Pour moi, je déclare d’autre part à tout homme qui pense au
mariage, que « la figure de ce monde passe et que le temps est
bien bref : que ceux qui ont une femme soient comme s’ils n’en
avaient point »; et s’il m’objecte le « croissez et multipliez-vous
», je me rirai de celui qui ne distingue pas les époques où les
lois furent portées. Les secondes noces sont un secours contre
la fornication, non un moyen de débauche : « S’ils ne peuvent
garder la continence, qu’ils se marient », dit-il, mais non point
qu’ils commettent l’iniquité en se mariant.
Or, ces gens-là, qui par suite de leur passion honteuse ont les
yeux de l’âme pleins de chassie, ne font même pas attention à la
nature, qui depuis toujours a distingué les appellations
désignant la parenté.
Depuis quelle parenté nommera-ton leurs enfants ? Dira-t-on
qu’ils sont frères entre eux ou bien cousins les uns des autres ?
car l’un et l’autre leur conviendra pour la confusion de la
parenté. Ô homme, ne fais pas de la tante une marâtre de tes
enfants en bas-âge, ni n’arme celle qui doit les entourer d’une
affection de mère, de jalousies implacables; seule en effet la
haine des marâtres continue son inimitié même après la mort,
ou plutôt, ceux qui se combattaient pour d’autres raisons
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 471 sur 493 copyright ©
pardonnent à leur ennemis morts et prient pour eux, tandis que
les marâtres se mettent à haïr la morte qu’elles ont remplacée.
Résumons ce qui a été dit; si quelqu’un aspire au mariage selon
la loi de Dieu, l’univers entier s’offre à lui; mais si son désir
émane d’une passion impure, raison de plus pour qu’il soit
exclu de l’église afin d’apprendre à « traiter son corps en toute
sainteté, sans se livrer aux emportements de la passion ».
Désireux d’en dire plus, je m’en retiens eu égard à la longueur
de la lettre. Je souhaite que mon exhortation l’emporte sur la
passion, ou bien, que cette souillure impie ne contamine point
notre pays, mais reste cantonnée dans les lieux mêmes où l’on a
osé la commettre.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 472 sur 493 copyright ©
DU MEME A PAREGORIOS PRETRE
88
Afin qu’il se sépare de la femme qui partage sa demeure.
J’ai lu votre lettre avec la plus grande longanimité et je me suis
demandé pourquoi, ayant la possibilité de nous présenter une
apologie brève et facile par des actes, vous préférez persister
dans ce dont on vous accuse, et vous vous efforcez de trouver
un remède à une situation qui n’en admet aucun.
Nous ne sommes pas les premiers, ni les seuls, cher Parégorios,
à légiférer que des femmes ne peuvent cohabiter avec des
hommes; lisez donc le canon porté par nos saints pères du
concile de Nicée, qui a clairement interdit qu’il y ait des
femmes cohabitant avec des clercs.
Ce qui rend le célibat respectable, c’est précisément de
s’abstenir de la compagnie des femmes; par conséquent, si
quelqu’un en fait nominalement profession, tout en agissant
comme ceux qui sont mariés avec une femme, il montrera qu’il
cherche à se faire attribuer le respect dû à la virginité, sans
s’abstenir de la malhonnêté du plaisir.
Vous auriez dû céder à notre instance d’autant plus facilement,
que vous affirmez être libre de toute affection charnelle; je veux
bien croire qu’un homme qui a eu soixante-dix ans ne cohabite
pas avec une femme par passion charnelle, et ce n’est point pour
une faute commise que nous avons décidé ce que nous avons
décidé; mais, parce que l’Apôtre nous a enseigné à « ne point
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 473 sur 493 copyright ©
être pierre d’achoppement ou scandale pour notre frère »; or
nous savons que l’acte fait en toute honnêteté par les uns sera
cause de péché pour d’autres; à cause de cela nous conformant
à l’ordonnance des saints pères, nous avons ordonné que vous
vous sépariez de la femme. Pourquoi donc accusez-vous le
chorévêque et mentionnez-vous son inimitié de longue date ?
Pourquoi nous accusez-vous, nous, de prêter une oreille facile à
l’admission des calomnies, et pas vous-même, qui n’admettez
pas de vous séparer de la compagnie de cette femme ?
Éloignez-la donc de votre maison et faites-la entrer dans un
monastère; qu’elle demeure, elle, parmi les vierges consacrées et,
vous, faites-vous servir par des hommes, « afin que le Nom de
Dieu ne soit pas déshonoré à cause de vous ». Tant que vous ne
ferez pas cela, les milliers de raisons que vous exposez par vos
lettres ne vous serviront à rien, bien au contraire, vous finirez
par être suspendu de vos fonctions et aurez à rendre compte au
Seigneur de votre suspense. Et si vous osez exercer votre
sacerdoce sans vous corriger, vous serez anathème parmi tout le
peuple fidèle et ceux qui vous recevront à leur communion
seront rejetés de toute église.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 474 sur 493 copyright ©
DU MEME AUX CHORÉVEQUES
89
Pour qu’on ne nomme pas contre les canons des clercs sans sa
permission.
Je suis bien attristé de ce que les ordonnances de nos pères sont
désormais sans vigueur et que toute exacte observance est
bannie des Églises; et j’ai bien peur que les progrès d’une telle
indifférence n’amènent une totale confusion dans
l’administration de l’Église.
Les clercs au service de l’Église, la coutume régnant depuis
toujours dans les Églises de Dieu ne les admettait qu’après une
rigoureuse épreuve; et l’on examinait attentivement toute leur
conduite, s’ils n’étaient pas grossiers dans leurs paroles, ou
adonnés à la boisson, ou prompts à la querelle, si leur jeunesse a
été éduquée de manière à pouvoir vivre dans « la sainteté, sans
laquelle personne ne saurait voir le Seigneur ». A cet examen
s’adonnaient les prêtres et les diacres qui vivaient avec eux et en
référaient aux chorévêques; ceux-ci à leur tour, après avoir reçu
les avis des témoins véridiques et averti à ce sujet l’évêque du
lieu, inscrivaient enfin le clerc dans les rangs du clergé.
Tandis qu’à présent, d’abord vous nous avez écarté et sans
même daigner en référer à nous, vous avez concentré en votre
personne toute l’autorité sur cette question; ensuite, négligeant
même totalement l’affaire, vous avez laissé à des prêtres et des
diacres le soin d’introduire dans le service de l’Église les sujets
indignes qu’ils voulaient, sans aucun examen de leur conduite,
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 475 sur 493 copyright ©
par considération de la parenté ou de tout autre sympathie. Par
suite de cela, chaque bourg compte un grand nombre de clercs,
mais aucun d’eux n’est digne de l’autel, comme vous l’attestez
vous-mêmes, qui manquez de sujets pour les nominations aux
postes.
Puis donc que je vois la situation devenue intolérable, surtout à
présent, où par crainte du service militaire, un grand nombre
s’inscrivent au service de l’Église, je suis forcé de renouveler les
prescriptions canoniques des pères et je vous ordonne de
m’envoyer la liste des clercs de chaque bourg, par qui chacun
d’eux fut admis, et quelle est sa conduite. Gardez d’autre part
vous aussi la liste, afin de comparer vos écrits avec les nôtres, et
qu’il ne soit permis à personne d’y ajouter son nom quand bon
lui semblera.
De la sorte, s’il y en a qui sont portés par les prêtres sur la liste
après la première indiction, ils seront rejetés parmi les laïcs et
leur examen canonique sera repris par vous; et s’ils sont dignes,
vous dé citerez de leur admission; car « purifiez l’Église, en
bannissant d’elle les indignes ». Dorénavant donc examinez
ceux qui sont dignes et admettez-les, mais ne les inscrivez
point sur les rôles du clergé avant d’en référer à nous; sinon,
sachez-le bien, celui qui sera admis au service de l’Église sans
notre avis sera considéré comme laïc.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 476 sur 493 copyright ©
DU MEME
A SES ÉVEQUES SUFFRAGANTS
90
Afin qu’ils n’ordonnent pas contre de l’argent.
Que l’on ait simplement soupçonné et raconté l’affaire étrange
dont je vous entretiens dans cette lettre, m’a rempli l’âme de
peine et m’a semblé jusqu’au dernier moment incroyable. Ma
lettre donc à ce sujet, celui qui a quelque chose à se reprocher la
recevra comme un remède; qui n’a rien à se reprocher comme
un préservatif, et qui n’a cure de rien,- Dieu préserve qu’il y en
ait parmi nous -, comme un acte d’accusation.
De quoi parlé-je ? On dit que certains d’entre vous reçoivent de
l’argent de ceux qu’ils ordonnent et couvrent cela du nom de
piété.
Ce qui est pire; car si l’on fait le mal sous prétexte de bien faire,
l’on est digne d’un double châtiment; parce que l’on fait le mal
et qu’on se sert du bien comme d’un complice pour commettre
le péché. Si cela a eu lieu, qu’il ne se fasse plus désormais, mais
soit corrigé; il faut en effet dire à celui qui reçoit l’argent ce que
les apôtres dirent à celui qui voulait en donner pour acheter
une participation aux dons du saint Esprit : « Que la perdition
emporte toi et ton argent ». Car plus légère est la faute de celui
qui par ignorance veut acheter le don de Dieu que celle de celui
qui la vend; en effet la vente a déjà eu lieu et si tu vends ce que
tu as reçu gratuitement, c’est toi qui es pour ainsi dire vendu à
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 477 sur 493 copyright ©
Satan et seras privé du don de Dieu, puisque tu introduis
l’escroquerie dans le domaine spirituel et dans l’Église, où l’on
nous a confié le Corps et le Sang du Christ. Cela ne doit point
se faire. La raison fallacieuse qu’ils se donnent, la voici. Ils
croient ne point commettre de faute, du fait qu’il ne reçoivent
pas à l’avance, au moment de l’ordination, mais reçoivent après
l’ordination. Or, quel que soit le temps où l’on reçoit, c’est
toujours recevoir de l’argent.
Je vous en prie, laissez de côté ce revenu, on plutôt cette
offrande qui mérite l’enfer et ne vous rendez pas indignes
d’accomplir les saints mystères en vous souillant les mains par
de telles perceptions. Veuillez m’en excuser, je n’ai pas voulu y
croire d’abord, mais convaincu par la suite, j’en viens à la
menace suivante : si quelqu’un après la lettre présente fait rien
de tel, il quittera les autels de ce lieu et en cherchera un autre,
où il pourra acheter le don de Dieu et le revendre; car, « nous et
les Églises de Dieu nous n’avons point une telle coutume ».
J’ajouterai en terminant : C’est l’avarice qui est à l’origine de
tout cela, or « l’avarice est la racine de tous les vices » et est
appelée en même temps « une idolâtrie »; ne préférez donc pas
les idoles au Christ pour un peu d’argent; et n’imitez pas Judas,
en trahissant une seconde fois Celui qui une première fois a été
crucifié pour nous; car les champs aussi bien que les mains qui
reçoivent de tels fruits seront appelés « champ du sang ».
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 478 sur 493 copyright ©
DU MEME
EXTRAITS DU 27 EME CHAPITRE DU TRAITÉ DU
SAINT ESPRIT
ADRESSÉ AU BIENHEUREUX AMPHILOQUE
91
Qu’il faut garder la Tradition non-écrite de l’Église.
Les dogmes et enseignements que l’Église garde en dépôt nous
sont en partie parvenus par l’enseignement écrit, le reste nous
l’avons reçu de la Tradition apostolique transmise jusqu’à nous
sous la discipline de l’arcane; mais les unes et les autres ont la
même autorité en matière de foi, et personne, qui ait la
moindre idée des institutions ecclésiastiques, n’oserait y
contredire. Si en effet nous essayions de laisser de côté les
traditions non-écrites, parce qu’elles n’auraient point grande
valeur, nous porterions, sans nous en apercevoir, atteinte à des
points capitaux de l’évangile, bien plus, nous ne laisserions à la
prédication catéchétique qu’un vain nom. Par exemple, pour ne
mentionner tout d’abord qu’un point, le premier et le plus
commun : le fait que se signent du signe de la croix ceux qui
ont mis leur espérance dans le Nom de notre Seigneur Jésus
Christ, qui nous l’a enseigné par écrit ? De nous tourner vers
l’orient pendant la prière, quelle proposition écrite nous l’a
enseigné ? Les paroles de l’invocation du saint Esprit pour la
consécration du pain d’action de grâces et du calice de la
bénédiction, quel saint nous les a-t-il laissés par écrit ? En effet,
nous ne nous contentons pas de ce dont l’apôtre ou l’évangile
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 479 sur 493 copyright ©
ont gardé le souvenir, mais nous faisons précéder et ajoutons
autre chose, parce que nous estimons que cela a grande valeur
pour le mystère eucharistique, l’ayant ainsi reçu de la Tradition
non-écrite. Nous récitons des prières sur l’eau baptismale et
l’huile de l’onction et de plus sur le candidat au baptême,
d’après quel texte ? N’est pas d’après la Tradition arcane et
secrète ? Même plus : l’onction même de l’huile, quelle
proposition écrite nous a appris à le faire ? Et la triple
immersion baptismale, d’où provient-elle ? Et tout le reste qui
se rapporte au baptême, de renoncer à Satan et à ses messagers,
de quelle écriture provient-il ? N’est-ce pas de cet
enseignement non-public et secret, que nos pères ont gardé en
l’entourant d’un silence à l’abri de toute curiosité et
indiscrétion, sachant bien par expérience que le caractère
vénérable des sacrements est bien gardé par la discipline de
l’arcane ? En effet ce que les non-initiés ne devaient même pas
soupçonner, était-il normal d’en rendre l’enseignement public
en le mettant par écrit ?
La raison d’être de la Tradition non-écrite, c’est que la
connaissance des dogmes, exposées à des discussions, ne soit
avilie par suite de l’accoutumance. Autre chose les dogmes,
autre chose la prédication catéchétique, car les dogmes restent
enveloppées de silence, le catéchisme est publié. Une sorte de
silence est aussi le manque de clarté qu’emploie l’Écriture pour
rendre le sens des dogmes difficile à comprendre, en vue de
l’utilité de ceux qui les lisent.
De là vient que tous nous nous tournons vers l’orient pendant
la prière, mais nous sommes un petit nombre à savoir que nous
cherchons par là l’antique patrie, le paradis. Et nous faisons nos
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 480 sur 493 copyright ©
prières debout le premier jour de la semaine, mais nous n’en
connaissons pas tous la raison; car, ressuscités que nous sommes
avec le Christ et obligés d’aspirer vers les choses célestes, nous
ne rappelons pas seulement à notre esprit par la station debout
pendant la prière la grâce, qui nous a été accordée en ce jour de
résurrection, mais aussi que ce premier jour de la semaine
semble être en quelque sorte l’image de l’éternité à venir; c’est
justement parce qu’il est le début des jours que Moïse dit à son
sujet non pas « le premier », mais le jour « un ». Vu que ce jour
revient à plusieurs reprises, il est en même temps un et
huitième, manifestant par lui-même le jour vraiment un et
huitième que le psalmiste rappelle dans l’inscription de certains
psaumes, et qui représente par lui-même l’état qui suivra notre
temps présent, ce jour sans fin, sans nuit, sans succession,
l’éternité sans terme et toujours nouvelle. Il est donc nécessaire
que l’Église enseigne à ses disciples de faire leurs prières en se
tenant debout, afin que par le continuel rappel de la vie sans
fin, nous ne négligions point les moyens d’atteindre ce passage.
De même, toute la sainte cinquantaine des jours après Pâques
est un rappel de la résurrection espérée. Car ce jour un et
premier, multiplié sept fois par sept constitue les sept semaines
de la sainte cinquantaine; commençant et finissant par un, elle
déroule ce même un cinquante fois; elle imite ainsi l’éternité,
commençant, comme dans un mouvement cyclique, au même
point et terminée au même; pendant cette cinquantaine la
coutume de l’Église nous a appris à préférer la station debout
pour la prière, transportant pour ainsi dire notre esprit du
présent à l’avenir par ce rappel manifeste. Par ailleurs chaque
fois que nous plions les genoux et que nous nous relevons, nous
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 481 sur 493 copyright ©
démontrons en acte avoir été jetés à terre par notre péché et
rappelés au ciel par la Miséricorde de Celui qui nous a créés.
Le jour entier ne me suffirait pas pour exposer le sens caché des
traditions non-écrites de l’Église. Je laisse tout le reste de côté
mais la profession même de la foi, de croire à un Père et un Fils
et un saint Esprit, de quelle tradition écrite la tenons-nous ? Si
c’est par suite de la Tradition baptismale, selon le principe de
notre foi, de devoir croire ce en quoi nous avons été baptisés,
que nous confirmons notre profession à notre baptême, alors
qu’ils nous permettent aussi de confirmer notre doxologie à
notre foi. Si cependant ils rejettent la forme de notre doxologie
parce qu’elle n’est point contenue dans la Tradition écrite, qu’ils
nous donnent les preuves par la Tradition écrite de notre
profession de foi et de tout ce que nous avons énuméré. Après
tout cela, alors qu’il y a tant de choses non-écrites et d’une si
grande importance pour le mystère de notre foi, ne nous
permettront-ils pas d’employer un mot qui est venu jusqu’à
nous, transmise par nos pères, et que nous avons trouvé, nous,
conservé dans la simplicité de la Tradition des Églises non-
perverties, mot qui possède une vertu non des moindres et
contribue grandement à la compréhension du mystère ?
92
De la tradition non-écrite.
Quant à dire que la doxologie « avec le saint Esprit » n’est
contenue ni dans la tradition ni dans l’écriture, nous répondons
qui si l’on n’admet rien d’autre qui ne fût écrit, qu’on n’admette
pas cela non plus; si par contre la plus grande partie de la
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 482 sur 493 copyright ©
tradition transmise sous le sceau de l’arcane a droit de cité chez
nous sans avoir été transmise par écrit, alors nous recevrons cela
aussi.
D’ailleurs j’estime qu’il est conforme au précepte de l’apôtre de
rester aussi fidèle aux traditions non-écrites : « Je vous loue,
dit-il, de vous souvenir de tout ce que je vous ai donné et de
garder les traditions telles que je vous les ai transmises »; de
même : « Gardez les traditions que vous avez reçues soit de
vive-voix soit par lettre »; or l’une de celles-ci, s’il en fût, est la
tradition qui nous occupe, que les prédicateurs de la foi ont dès
le début transmis à leurs
successeurs, et l’ont enracinée profondément dans l’église par
une longue pratique, l’usage n’en ayant été interrompu en aucun
moment.
Si donc faute d’une preuve par écrit, nous vous présentions,
comme cela se fait dans les tribunaux, une foule de témoins,
n’obtiendrions nous donc pas votre sentence favorable? Pour
moi, je le crois bien : « Car, sur la foi de deux et trois témoins
toute chose sera confirmée ».
Et si nous vous démontrions que le temps si long déjà écoulé
témoigne clairement en notre faveur, n’aurions-nous pas raison
de litre que votre accusation contre nous n’est pas recevable?
Car les croyances anciennes jouissent d’un préjugé favorable,
tirant leur respectabilité de leur antiquité aux cheveux blancs.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 483 sur 493 copyright ©
DU MEME
RECOMMANDATION AUX PRETRES
93
Prends garde à toi, ô prêtre, et à ceux que tu instruis et faites
attention en t’acquittant du ministère qui t’a été confié; car on
ne t’a pas remis un ministère terrestre, mais céleste, non
humain, mais angélique.
Applique-toi à te montrer ouvrier irréprochable, qui marche
dans le droit chemin de la vérité. Ne te présentez jamais à la
synaxe eucharistique avec des sentiments d’inimitié contre
quelqu’un, afin de ne pas éloigner le Paraclet un jour de synaxe.
Évite les procès, évite totalement les querelles, reste au
contraire caché dans l’église, priant et lisant l’Écriture sainte
jusqu’à l’heure de la célébration des divins mystères; présente-
toi alors à l’autel avec componction sans regarder de-ci de-là,
mais tes tenant devant le Roi céleste avec sainte frayeur et
crainte. Ne récite pas en hâte par complaisance humaine et
n’abrège pas les prières; pendant la supplication « n’aie égard à
la personne d’aucun homme », mais aie le regard fixé sur le Roi
qui est là devant toi et les puissances célestes, qui assistent tout
autour. Rends-toi dignes des exigences des saints canons. Ne
concélèbre pas avec ceux que les canons rejettent.
Vois donc, devant qui tu te présente, comment tu célèbres, à qui
tu donne l’eucharistie. Attention, n’oublie pas le précepte du
Maître et celui des saints apôtres : « Ne donnez pas, dit-Il, les
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 484 sur 493 copyright ©
saints dons aux chiens, et ne jetez pas les perles devant les
pourceaux »; « Voyez ces chiens », et le reste.
Prends garde à ne pas céder au respect humain et craindre un
homme pour ta ruine; ne livre pas le Fils de Dieu à des mains
indignes. Prends garde à ne pas te laisser intimider par aucun
puissant de la terre; ne craigne en cette heure-là même celui
qui porte la couronne impériale, lorsque tu te présente à l’autel
pour célébrer.
Faites attention comment vous remettez le don divin à ceux qui
l’emportent dans leurs maisons; je décline, moi, toute
responsabilité, c’est vous qui en répondrez. À ceux qui en sont
dignes donnez la divine communion gratuitement, comme
vous l’avez reçue; ne la donnez pas à ceux que les divins canons
ont exclus, car ils sont comptés parmi les païens, et malheur à
ceux qui la leur donnent avant qu’ils ne fassent retour à l’église.
Prenez garde à ce qu’une souris ou rien de semblable ne touche
aux divins sacrements; que le vent ou la fumée ne l’atteignent
point, que des hommes sacrilèges ne l’administrent point.
(Faites attention à la manière de consommer et .purifier les
saints dons au terme de la divine liturgie, de peur que dans
votre hâte vous ne laissiez tomber par terre une « perle
» (particule sacrée); prenez garde à ce que le saint calice ne
reste pas avec du liquide et s’en salisse de poussière, et ne vous
éloignez qu’après avoir purifié tous les deux vases sacrés.
Faites attention, s’il reste une partie des saints dons, il n’est
permis qu’aux seuls prêtres de les [Link] si cela ne
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 485 sur 493 copyright ©
peut se faire et que vous ayez sous la main suffisamment
d’enfants bien sages, amenez-les, qu’ils les consomment, puis
restent à jeun jusqu’à la cinquième [Link] garde à ce que
des insectes ne tombent dans le saint calice ou ne se posent sur
le pain sacré; prenez garde à ce que rien d’autre ne touche aux
divins sacrements).
En observant ces prescriptions-ci et d’autres semblables, vous
sauverez votre âme et celle de vos auditeurs.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 486 sur 493 copyright ©
DU MEME
EXTRAIT DE LA LETTRE A LA PATRICIENNE
CESARIA
94
De la communion fréquente.
De communier chaque jour et participer ainsi au saint corps et
sang du Christ est bon et utile, puisque lui-même dit : « Qui
mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en
lui et il a une vie éternelle ».
Qui donc peut mettre en doute que la communion fréquente
ne soit l’équivalent d’une vie multipliée? Nous du moins, nous
communions quatre lois par semaine, le dimanche, le mercredi,
le vendredi et le samedi; aux autres jours aussi, s’il s’y lait la
mémoire d’un saint.
Que le lait qu’un homme ait été forcé en temps de persécution,
en l’absence d’un prêtre ou d’un ministre du culte, de prendre la
communion de sa propre main, ne lut nullement une faute
grave, il est superflu de vouloir le prouver, car la longue
coutume en atteste la pratique. En effet, tous les ermites, qui
vivent dans les déserts sans la présence d’un prêtre, gardent
chez eux la communion et se communient eux-mêmes. Bien
plus, à Alexandrie et en Egypte, chacun, même laïc, garde la
plupart du temps la communion dans sa maison et se
communie lui-même quand il veut; car une lois que le prêtre a
terminé le sacrifice et a donné la communion, celui qui a reçu
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 487 sur 493 copyright ©
toute sa part, en communiant chez lui chaque jour, doit croire
qu’il reçoit la communion et communie normalement de la
main de celui qui la lui a donnée au début;
car, dans l’église aussi, le prêtre donne la parcelle et celui qui la
reçoit la garde en son pouvoir, et puis la porte à la bouche de sa
propre main. Or l’effet est le même, qu’on reçoive du prêtre une
seule parcelle ou bien plusieurs parcelles à la lois.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 488 sur 493 copyright ©
DE SAINT BASILE
EXTRAIT DE LA LETTRE AUX HABITANTS DE
NICOPOLIS
Qu’il faut supporter avec patience les épreuves et en remercier
Dieu.
Vous avez bien fait de nous faire parvenir vos nouvelles et de
nous les faire parvenir par l’homme même, qui sans aucun écrit
eût suffi à nous consoler dans nos soucis et renseigner
exactement sûr la situation; nombreuses étaient en effet les
questions, que nous voulions voir répondre à quelqu’un qui
connu à fond la situation, vu que des rumeurs fausses étaient
parvenues jusqu’à nous : tout cela notre très-désiré frère
Théodose, notre frère dans la prêtrise, nous l’a exposé avec
clarté et en connaissance de cause.
Les conseils donc que nous nous serions données à nous-
même, nous les donnons par écrit à votre piété; nombreux sont
ceux qui ont eu à subir ce qui vous arrive et cela non seulement
dans le temps présent, mais même dans le passé; innombrables
en sont les exemples que les récits historiques nous rapportent
par écrit ou que nous avons appris de nos ancêtres par la
tradition non-écrite; les épreuves pour le Nom du Christ se
sont abattues sur les personnes, mais aussi sur les villes, de ceux
qui ont mis en lui leur espérance. Et cependant tout est passé et
aucune de nos tribulations ne comporte de peine sans terme; de
même que la grêle et les torrents et tours les malheurs
indépendants de notre volonté, les uns ont pu, très facilement
même, nuire et dévaster, d’autres se heurtant à une résistance
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 489 sur 493 copyright ©
ont plutôt subi que causé du tort; de même, les violentes
épreuves agitées contre l’Église se sont montrées plus faibles
que la fermeté de la foi au Christ; et comme le nuage de grêle
passa et le torrent fut englouti par le ravin, car celui-là se fondit
dans le ciel serein, celui-ci disparut dans le sol, laissant sec et
sans humidité le lit qu’il parcourait -, il en est ainsi des
malheurs qui vous accablent : encore un peu et ils ne seront
plus, pourvu que nous daignions ne pas voir le présent
immédiat, mais tenir le regard fixé par l’espérance à ce qui nous
attend un tout petit peu plus loin.
L’épreuve est-elle lourde ? Supportons, mes frères, ce qui coûte
de la peine, car personne ne conquiert la couronne de la victoire
sans blessures dans les luttes et sans s’être couvert de poussière
dans l’arène. Ces mêmes tours
du démon sont-ils sans poids et ceux qu’il a envoyés contre
nous sont-ils désagréables certes, pour être à un tel Service,
mais négligeables, parce que Dieu a joint la faiblesse à leur ruse
? Prenons garde alors à la sentence de condamnation, si nous
poussons de hauts gémissements pour de si petites souffrances;
le seul objet digne de gémissements, c’est la perte de celui-là
même, qui pour une gloire passagère, – si tant est qu’il faille
appeler gloire l’inconduite publique de quelqu’un, – se voit
privé de l’honneur éternel dû aux justes. Vous êtes les enfants
des confesseurs, les enfants des martyrs, qui ont résisté au
péché jusqu’au sang; que chacun prenne exemple sur ceux de sa
famille pour défendre la vraie foi; aucun de vous n’a subi la
torture des peignes de fer; aucun de vous n’a vu sa maison
confisquée; nous n’avons pas habité les lieux d’exil, nous n’avons
pas fait connaissance avec la prison. Quelle épreuve avons-nous
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 490 sur 493 copyright ©
eu à souffrir, à moins que la peine ne soit justement de n’en
avoir point et que nous n’ayons pas été estimés dignes de
souffrir pour le Christ.
Mais, si c’est parce qu’un tel s’est emparé de la maison de
prières, tandis que vous adorez le Créateur du ciel et de la terre
en plein air, que vous en avez de la peine, songez que les onze
apôtres étaient enfermés dans le cénacle, alors que les juifs qui
ont crucifié le Seigneur, accomplissaient les rites judaïques
d’adoration dans le fameux temple. Judas, qui a préféré mourir
pendu que vivre dans la honte, a montré une conduite
préférable à celle de ceux, qui ont perdu toute pudeur devant le
mépris général et pour cette raison se montrent impudents
devant toute turpitude.
Gardez-vous de vous laisser tromper par leurs discours
mensongers, qui affichent la rectitude dans la foi; car ce sont
des profiteurs de la foi au Christ, non des chrétiens, eux qui
préfèrent à la vie selon la vérité de vivre comme cela les
avantage à chaque coup : lorsqu’ils crurent le moment venir
d’occuper le siège vacant, ils se rangèrent du côté des ennemis
de Dieu; et lorsqu’ils virent leurs peuples s’en effaroucher, ils
refirent à nouveau l’attitude orthodoxe. Je ne sais pas si l’on
peut les dire évêques; je ne saurais compter pas même parmi les
prêtres du Christ celui que des mains sacrilèges ont établi dans
sa prélature en vue de la destruction de la foi. Tel est mon
jugement. Quant à vous, dans la mesure où vous êtes dans ma
communion, vous serez évidemment du même avis; si au
contraire vous en faites à votre guise, chacun est certes maître
de sa décision, mais nous, nous sommes « innocents de ce sang
».
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 491 sur 493 copyright ©
Je vous écris cela, non pas que je manque de confiance en vous,
mais pour raffermir la volonté indécise de certains d’entre vous,
en leur faisant connaître ma propre pensée; – ainsi certains ne
se laisseront pas surprendre d’accepter leur communion, ni ne
s’exposeront, aussitôt la paix faite, à de graves difficultés pour se
faire admettre dans l’assemblée sacerdotale, en recevant d’eux
l’imposition des mains.
Tout le clergé de la ville et celui des campagnes, ainsi que tout
le peuple qui craint Dieu, nous les saluons par votre entremise.
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 492 sur 493 copyright ©
DU MÊME
AU SUJET DES HÉRÉTIQUES
S’il est permis de saluer les hérétiques.
Question. S’il est permis, lorsque par hasard l’on se trouve
quelque part en compagnie d’hérétiques, de païens ou de juifs,
de prendre un repas avec eux, ou de les saluer.
Réponse.
La salutation simple, c.-à-d, la commune, le Seigneur ne l’a
interdite à propos de personne, puisqu’il dit : « Si vous ne
saluez que vos amis, que faites-vous d’extraordinaire ? Les
païens n’en font-ils pas autant ? » Quant à la commensalité,
nous avons, concernant ceux qu’il faut éviter, le précepte de
l’apôtre, qui dit : « Je vous ai écrit dans ma lettre de ne point
avoir de relations avec les impudiques, mais il ne s’agissait pas
absolument de tous les impudiques de ce monde, ni des
cupides, ni des rapaces, ni des idolâtres, sinon il vous faudrait
sortir de ce monde. Or, j’ai voulu simplement dire que si un
homme portant le nom de frère, était impudique ou cupide ou
idolâtre ou diffamateur ou ivrogne ou rapace, de nous abstenir
même de prendre un repas avec un tel homme ».
Eglise Orthodoxe d’Europe m.a.j. mars 2016 Page 493 sur 493 copyright ©