Axe : Intégration des Perspectives de la Neuroscience dans l'Étude de
l'Écosystème Entrepreneurial et de l'Innovation
SAFA CELYA Doctorante UMMTO
MATMAR DALILA Professeure UMMTO
Résumé
Dans cet article, nous adoptons une approche novatrice en intégrant les perspectives de la
neuroscience dans l'étude de l'écosystème entrepreneurial et de l'innovation. Cette approche
vise à enrichir notre compréhension de ces domaines en éclairant les mécanismes neurologiques
sous-jacents à l'entrepreneuriat et à la création de valeur. Notre recherche s'appuie sur deux
piliers théoriques : l'écosystème entrepreneurial et la neuroscience. Nous considérons
l'écosystème entrepreneurial comme un ensemble dynamique d'acteurs, de ressources et de
processus qui favorisent la création, le développement et la croissance des entreprises.
Parallèlement, nous explorons les avancées en neuroscience qui éclairent la compréhension du
fonctionnement du cerveau humain, notamment en ce qui concerne la prise de décision, la
créativité et la motivation. Nous avons mené une revue de la littérature approfondie pour
identifier les études antérieures pertinentes dans les domaines de l'écosystème entrepreneurial,
de l'innovation et de la neuroscience. Cette revue nous a permis de mettre en évidence les
lacunes dans la compréhension actuelle de ces domaines et de définir le cadre conceptuel de
notre étude.
Mots clés : Cognition Entrepreneuriale –Neuro entrepreneuriat –Neuroscience-
Entrepreneuriat- Innovation- L’écosystème entrepreneurial ;
Abstract
In this article, we adopt an innovative approach by integrating perspectives from neuroscience
into the study of the entrepreneurial ecosystem and innovation. This approach aims to enrich
our understanding of these areas by shedding light on the neurological mechanisms underlying
entrepreneurship and value creation. Our research is based on two theoretical pillars: the
entrepreneurial ecosystem and neuroscience. We consider the entrepreneurial ecosystem as a
dynamic set of actors, resources, and processes that foster the creation, development, and
growth of businesses. At the same time, we explore advances in neuroscience that illuminate
the understanding of human brain function, particularly regarding decision-making, creativity,
and motivation. We conducted an in-depth literature review to identify relevant previous studies
in the fields of the entrepreneurial ecosystem, innovation, and neuroscience. This review
allowed us to highlight gaps in the current understanding of these areas and to define the
conceptual framework of our study.
Keywords: Entrepreneurial Cognition – Neuroentrepreneurship – Neuroscience –
Entrepreneurship – Innovation – The Entrepreneurial Ecosystem.
1
Introduction
Le neuro entrepreneuriat a été un sujet important ces dernières années en raison de
l'importance du fonctionnement cérébral dans la prise de décision entrepreneuriale (Korpysa
2020 ; Nicolaou et al. 2019 ; de Holan 2014 ; Krueger et Day 2010 ; Nicolaou et Shane 2014 ;
Tracey et Schluppeck 2014). Shane et Venkataraman 2020, 218) ont noté que « le domaine de
l'entrepreneuriat implique l'étude des sources d'opportunités ; les processus de découverte,
d'évaluation et d'exploitation des opportunités ; et l'ensemble des individus qui les découvrent,
les évaluent et les exploitent ». Ces dernières années, le terme entrepreneuriat s'est élargi pour
inclure l'approche de la prise de décision fondée sur les sciences cognitives en considérant l'état
d'esprit entrepreneurial et les théories heuristiques (Boudreaux, Nikolaev et Klein 2019), ainsi
que l'identification de mécanismes cognitifs qui peuvent permettre aux entrepreneurs de prendre
des décisions plus rapidement et plus efficacement (Marshall, Dibrell et Eddleston 2019).
Cela conduit au concept de neuro entrepreneuriat qui suggère le principe sous-jacent à
l’étude de l’entrepreneuriat avec le fonctionnement cérébral. La vision intégrative du
neuroentrepreneuriat s’étend à l’effort cognitif impliqué dans la connaissance, l’intention et
l’état d’esprit entrepreneuriaux (de Holan 2014). Le concept de mentalité entrepreneuriale
peut en effet être revisité avec une perspective neuroscientifique qui découvrir la structure et
les fonctions du système nerveux. L’ensemble des connaissances dans le domaine du
neuroentrepreneuriat s’efforce de répondre à certaines questions imminentes, à savoir :
- existe-t-il différentes activations corticales dans le cerveau conduisant à des décisions
entrepreneuriales réussies ? (Nicos Nicolaou et Shane 2014 ; Nofal et al. 2018 ;
PérezCenteno 2017 ; Foo 2011 ; Welpe et al. 2012 ; Krueger et Welpe 2014) ;
- les régions du cerveau impliquées dans le processus de prise de décision traitent-elles
simultanément les opportunités de risque et de récompense liées à la réussite
entrepreneuriale ? (PérezCenteno 2017 ; Peterson 2007 ; Sapienza, Zingales et
Maestripieri 2009 ; Srivastava, Sharma et Srivastava 2019) ;
- Comment l’orientation entrepreneuriale conduitelle à la reconnaissance, à l’évaluation
et à l’exploitation des opportunités pour une meilleure prise de décision ? (Ferreira,
Marques, Bento, Ferreira et Jalali, 20f15 ; Foo 2011 ; Krueger 2003 ; Tracey et
Schluppeck 2014 ; Zahra, Korri et Yu 2005). L'accent croissant mis sur la
compréhension du processus de prise de décision à travers le prisme du comportement
et des compétences des entrepreneurs suggère la nécessité d'une étude plus approfondie.
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La littérature existante dans le domaine du neuroentrepreneuriat suggère que la prise de
décision entrepreneuriale en matière de création et de reconnaissance d'opportunités peut être
révélée grâce aux neurosciences (Massaro 2020 ; Kraus, Fabian et Thomas 2016). Quelques
études sur le neuroentrepreneuriat utilisent des techniques de neuroimagerie telles que
l'électroencéphalogramme (EEG), l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf),
la tomodensitométrie (TDM) et la tomographie par émission de positons (TEP) pour sonder les
régions du cerveau responsables de nourrir le processus mental. Cependant, peu d’attention a
été accordée à la recherche pour évaluer les dimensions de l’entrepreneuriat (par exemple, la
reconnaissance des opportunités, l’orientation entrepreneuriale, etc.) par l’utilisation explicite
d’outils et de techniques neuroscientifiques. Pour un entrepreneur, l’environnement est en
constante évolution, incertain et imprévisible. Les décisions entrepreneuriales sont souvent
fondées sur des impulsions appelées actes libres (Mihl et al. 2009). Il est crucial d’étudier
l’implication des émotions dans ces décisions, car il existe différents systèmes de comportement
de recherche et d’évitement du risque. Une suppression et une activation indues dans l’un ou
l’autre de ces éléments peuvent conduire à des erreurs de prise de décision (Peterson 2007). Le
système de récompense se met en action lorsqu'il perçoit une récompense potentielle et s'étend
de l'aire tegmentale ventrale (VTA) au noyau accumbens (NAcc) du système limbique (où la
dopamine est également présente) et jusqu'au cortex préfrontal médial (MPFC). De l’autre côté,
le système cérébral d’évitement des pertes, moins défini, traverse l’amygdale et l’insula
antérieure du système limbique. Le cadre théorique issu des précurseurs neuronaux et
évoluant vers le modèle entrepreneurial L’intention, finalement orientée vers l’activité
entrepreneuriale, est exposée dans la figure 1.
Les précurseurs de l’intention entrepreneuriale (processus neuronaux, rôle des
neurotransmetteurs, facteurs comportementaux et socio-cognitifs) montrent la robustesse des
sciences biologiques dans l’examen des résultats. Les neurosciences peuvent apporter des
réponses à de nombreuses questions restées sans réponse sur l’origine et l’évolution de
l’entrepreneuriat. Premièrement, les précurseurs neuronaux suggèrent la nécessité d’un examen
plus approfondi à travers une méthodologie expérimentale (techniques de neuroimagerie,
spectroscopie magnétique nucléaire, etc.) et empirique. Deuxièmement, l'effet médiateur des
hormones sur l'inclination génétique et les facteurs biochimiques (neurotransmetteurs)
fonctionne de manière intégrative à mesure que l'on s'engage dans la cognition entrepreneuriale.
Par conséquent, il est pertinent d’examiner la littérature restreinte sur la testostérone,
3
La dopamine et le cortisol dans une perspective de gestion. Troisièmement, étant donné
que les facteurs environnementaux interagissent avec des facteurs neuronaux (tels que
l'interaction gène-environnement) pour approuver l'activité entrepreneuriale, il est crucial
d'explorer les facteurs sociocognitifs et comportementaux tels que l'attitude, la norme subjective
et l'intention perçue qui ont un impact médiateur ou indirect sur l'activité entrepreneuriale.
Ajzen 1991; Brunel, Laviolette et RaduLefebvre 2017; Laviolette, Lefebvre et Brune Alors
que des études antérieures ont mis en évidence une intention entrepreneuriale axée sur le
comportement (Paul et Shrivatava 2016 ; Paul, Hermel et Srivatava 2017), une revue complète
de la littérature sur le neuroentrepreneuriat doit être menée pour conceptualiser le domaine.
(Lortie et Castogiovanni 2015). Dans le discours traditionnel, l’entrepreneuriat doit être
considéré comme des activités humaines menées à la recherche d’opportunités commerciales
jusqu’alors inédites et de la capacité humaine à supporter des risques. La capacité d'agir, en
particulier face aux risques et aux incertitudes, et de s'adapter à un environnement changeant et
donc une motivation interne est essentielle pour qu'un entrepreneur soit performant de manière
cohérente et efficace sur le marché.
Figure 1 : cadre théorique
Source : Sharma et Al
4
La capacité de suivre son environnement commercial, d'analyser la situation actuelle,
de prévoir les tendances potentielles du marché et de mettre en pratique ses idées, tant par
l'entrepreneur que par ses employés, est un signe d'entrepreneuriat (Korpysa 2020). En
conséquence, diverses approches des neurosciences cognitives sont utilisées pour comprendre
la nature des pratiques entrepreneuriales. Dans la littérature existante, Korpysa (2020) a
récapitulé les avancées scientifiques dans la détermination de l'effet des impulsions neuronales
sur la phase entrepreneuriale. de Holan (2014) affirme que l’intégration des méthodes et
technologies des neurosciences dans la recherche sur l’entrepreneuriat sera bénéfique, tandis
que Tracey et Schluppeck (2014) ont soutenu le rôle des techniques de neuroimagerie dans
l’établissement du domaine du neuroentrepreneuriat et ce déterminisme biologique pourrait
perturber les sciences sociales. Krueger et Welpe (2014) ont présenté un aperçu de la manière
dont les méthodologies neuroscientifiques peuvent être appliquées aux problèmes actuels de
recherche en entrepreneuriat.
Cependant, l’argument concernant l’utilisation de techniques de neuroimagerie pour
comprendre l’état d’esprit entrepreneurial est un domaine sousdéveloppé. Pour approfondir la
recherche sur le neuroentrepreneuriat, cet article propose une nouvelle piste pour explorer
comment le cerveau prend des décisions entrepreneuriales. En simplifiant la complexité de
cette problématique, nous avons établi une recherche documentaire clair et concis dans ce
domaine (Bear, Connors et Paradiso 2005 ; Nordqvist 2012). Pérez-Centeno (2017) identifie
huit branches des neurosciences pertinentes pour l'entrepreneuriat : neurosciences cognitives,
comportementales, systémiques, affectives, culturelles, sociales, neurosciences
computationnelles et neuroinformatique. Nous avons choisi de nous concentrer sur six de ces
branches, en excluant la neuroinformatique et les neurosciences culturelles. La
neuroinformatique, bien que cruciale pour intégrer les données dans tous les domaines des
neurosciences et aider à comprendre le cerveau et à traiter les maladies, et les neurosciences
culturelles, qui examinent comment le cerveau, l'esprit et les gènes influencent les croyances et
les valeurs culturelles au fil du temps, ont été jugées moins directement pertinentes pour notre
étude actuelle.
5
Cette revue met en lumière les bases neuronales qui poussent les chercheurs à mieux
comprendre l'état d'esprit entrepreneurial et l'origine de la charge cognitive chez les
entrepreneurs. Cette percée a amené l’ère des sciences sociales, qui ont développé une
orientation neurologique et psychologique et ont révélé le potentiel d’explorer les traits
individuels d’un entrepreneur sur des questions telles que qu’est-ce qu’un entrepreneur et
pourquoi il agit de manière spécifique. Fuster (2011) se concentre sur le point de vue de Hayek
selon lequel la création de connaissances individuelles est générée par des associations entre
des assemblages neuronaux codant pour un système sensoriel simultané afin de construire des
réseaux cognitifs et peut ainsi aider à comprendre le comportement entrepreneurial individuel.
En outre, l’étude de l’entrepreneuriat se concentre sur la manière dont les entrepreneurs pensent
et prennent des décisions ; souligne l’importance des neurosciences à cet égard, affirmant que
nous n’avons fait qu’effleurer la surface de ce que les neuroscientifiques peuvent faire pour
l’entrepreneuriat et que nous ne connaissons que peu de choses sur les fondements neuronaux
de l’entrepreneuriat. À cet égard, Nicos Nicolaou et Shane (2014) suggèrent d'adopter les
théories et méthodologies des neurosciences et d'utiliser cette approche basée sur le cerveau
pour comprendre l'origine du comportement entrepreneurial. Le développement d’une
expérience bien conçue est nécessaire pour appliquer avec succès la méthode neuroscientifique
à l’examen de la cognition entrepreneuriale.
Cette revue suggère une analyse des processus cognitifs, affectifs et hormonaux, qui
peuvent être décrits au niveau neurologique pour une approche cérébrale de l'intention
entrepreneuriale. La compréhension des différences hormonales et génétiques (gène
polymorphique de la sérotonine (5HTTLPR) et de la dopamine (DRD4)) influence les circuits,
l'anatomie et la fonction du cerveau (Krueger et Welpe 2014 ; Nicos Nicolaou et Shane 2014).
De plus, les recherches explorant la prise de décision entrepreneuriale depuis la conception de
l'entreprise et à travers tous les événements qui déclenchent les décisions entrepreneuriales
fourniront de nouvelles preuves sur l'interaction des processus neurologiques impliqués dans le
processus de prise de décision entrepreneuriale.
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Au cours des vingt dernières années, les avancées en neurosciences ont
considérablement enrichi notre compréhension du cerveau, proposant des méthodes nouvelles
et efficaces pour étudier la cognition, en complément des approches comportementales
traditionnelles. En conséquence, les départements de psychologie cognitive ont évolué, avec un
intérêt croissant des étudiants pour les neurosciences cognitives, une augmentation des
recherches dans ce domaine, et un investissement accru en ressources et en personnel
académique. Simultanément, la psychologie sociale a adopté ces nouvelles méthodes pour
explorer la cognition sociale, qui englobe les processus cognitifs utilisés pour comprendre et
mémoriser des informations sur les autres et sur soi-même, ainsi que les normes et les scénarios
interpersonnels nécessaires pour naviguer efficacement dans les interactions sociales. Cela a
conduit à l’émergence des neurosciences cognitives sociales (SCN), qui appliquent les outils
des neurosciences pour étudier les mécanismes mentaux qui façonnent, régulent et influencent
notre expérience et notre interaction avec le monde social.
Cette évolution a non seulement transformé la psychologie cognitive et sociale, mais
elle a également ouvert de nouvelles perspectives dans le domaine de l'entrepreneuriat. L'article
explore la convergence entre les neurosciences et l'entrepreneuriat, un domaine émergent qui
examine comment le fonctionnement du cerveau influence les décisions entrepreneuriales. Les
auteurs ont analysé 167 articles pour comprendre les tendances et les relations entre les
neurosciences et l'intention entrepreneuriale.
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Schéma : Influence du Cerveau sur les Décisions Entrepreneuriales
Le schéma illustre les relations entre différentes régions ou systèmes du cerveau et les processus
décisionnels entrepreneuriaux spécifiques. Chaque boule représente une région ou un système
du cerveau et un processus décisionnel correspondant. Voici les annotations détaillées pour
chaque élément du schéma :
Cortex Préfrontal : Traitement des informations complexes et reconnaissance des opportunités
Le cortex préfrontal traite des informations complexes et permet de reconnaître rapidement des
opportunités entrepreneuriales.
Planification stratégique : Cette région est impliquée dans la planification à long terme et
l'évaluation des conséquences potentielles des actions.
Système Dopaminergique : Motivation et prise de risques : Le système dopaminergique est
central pour la motivation et la prise de risques, en modulant les attentes de récompense et en
facilitant des comportements ambitieux.
Cortex Préfrontal Dorsal Latéral : Régulation des émotions : Cette partie du cortex préfrontal
aide à moduler les réponses émotionnelles, permettant de maintenir le calme et la concentration
sous pression.
Réseaux Neuronaux Connectés : Facilitent la flexibilité cognitive Les réseaux neuronaux bien
connectés facilitent la flexibilité cognitive, permettant l'adaptation rapide, le changement de
plan et la créativité.
Systèmes de Récompense et de Motivation : Essentiels pour la persévérance et la résilience :
Ces systèmes, régulés par la dopamine et la sérotonine, sont cruciaux pour le maintien de la
persévérance et de la résilience, aidant à rebondir après des échecs.
Relations Clés Cortex Préfrontal → Perception des Opportunités : Processus de
reconnaissance rapide des opportunités entrepreneuriales.
Cortex Préfrontal → Planification Stratégique : Développement de stratégies à long terme et
évaluation des conséquences potentielles.
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Système Dopaminergique → Prise de Risques : Modulation de la prise de risques et
des comportements orientés vers des objectifs ambitieux.
Cortex Préfrontal Dorsal Latéral → Régulation des Émotions : Maintien de la stabilité
émotionnelle et prise de décisions rationnelles.
Réseaux Neuronaux Connectés → Flexibilité Cognitive : Adaptabilité et innovation
face aux changements et aux défis.
Systèmes de Récompense et de Motivation → Résilience : Motivation et persévérance
face aux revers et aux obstacles.
Ce schéma montre comment ces régions et systèmes cérébraux travaillent ensemble
pour soutenir divers aspects des décisions entrepreneuriales
L'intégration des neurosciences dans l'étude de l'entrepreneuriat permet d'explorer des
aspects variés de la cognition entrepreneuriale. Les neurosciences moléculaires, par exemple,
révèlent comment les neurotransmetteurs comme la dopamine et la sérotonine influencent la
motivation et la prise de risque, deux composantes essentielles du comportement
entrepreneurial. Ces neurotransmetteurs jouent un rôle crucial dans la détermination de la
propension d'un individu à prendre des risques, un trait fondamental pour un entrepreneur.
Les neurosciences systémiques, quant à elles, examinent les circuits neuronaux
impliqués dans la prise de décision, la perception des opportunités et la gestion du stress. Ces
recherches montrent que des régions du cerveau comme le cortex préfrontal et le réseau de
contrôle exécutif sont essentielles pour les fonctions cognitives élevées nécessaires à
l'entrepreneuriat, telles que la planification stratégique et la prise de décision rapide et efficace.
En ce qui concerne les neurosciences comportementales, elles explorent les traits de
personnalité et les comportements observables influencés par les réseaux neuronaux. Des études
montrent que des traits comme la persistance et la résilience, souvent observés chez les
entrepreneurs, sont liés à des activations spécifiques dans le cerveau. Ces traits
comportementaux sont essentiels pour naviguer dans les environnements incertains et souvent
stressants auxquels les entrepreneurs sont confrontés.
9
Les neurosciences cognitives se concentrent sur les processus mentaux tels que la
mémoire, la perception et la prise de décision. Elles révèlent comment les entrepreneurs traitent
et utilisent l'information pour prendre des décisions sous incertitude. Par exemple, les
entrepreneurs utilisent souvent des heuristiques spécifiques pour traiter l'information
rapidement et efficacement, une compétence cruciale pour saisir des opportunités fugaces.
Les neurosciences sociales montrent que les compétences sociales et les réseaux
interpersonnels jouent un rôle significatif dans le succès entrepreneurial. La capacité à
comprendre et à influencer les autres est liée à l'activation de régions spécifiques du cerveau,
comme le cortex préfrontal, qui sont impliquées dans la perception sociale et la régulation
émotionnelle. Enfin, les neurosciences computationnelles utilisent des modèles informatiques
pour simuler et comprendre les fonctions cérébrales, optimisant ainsi les processus de prise de
décision entrepreneuriale. Les algorithmes inspirés du fonctionnement neuronal peuvent
améliorer la modélisation des comportements décisionnels complexes, permettant aux
entrepreneurs de réagir rapidement et efficacement aux opportunités et aux menaces.
Cependant, malgré ces avancées significatives, une problématique demeure : comment
les découvertes en neurosciences peuvent-elles être appliquées de manière pratique pour
améliorer les compétences entrepreneuriales et les stratégies de prise de décision dans un
environnement économique de plus en plus complexe et incertain ? Cette question souligne
l'importance de traduire les connaissances théoriques en applications pratiques qui peuvent
aider les entrepreneurs à naviguer dans des environnements dynamiques et à prendre des
décisions éclairées basées sur une compréhension approfondie des mécanismes cérébraux sous-
jacents à l'entrepreneuriat.
Cela nous mène à dire que les avancées en neurosciences ont fourni des éclairages
précieux sur les processus mentaux et comportementaux qui sous-tendent l'activité
entrepreneuriale. Ces connaissances peuvent être directement appliquées pour renforcer
l'écosystème entrepreneurial et soutenir les start-ups.
En comprenant comment le cerveau détecte et exploite les opportunités, les incubateurs
et les accélérateurs peuvent développer des programmes de formation ciblés pour aider les
entrepreneurs à améliorer cette compétence. Par exemple, en stimulant le cortex préfrontal, qui
joue un rôle crucial dans la reconnaissance des opportunités, à travers des exercices spécifiques
et des techniques de prise de décision.
10
Les recherches en neurosciences montrent également que la gestion des risques et la
prise de décision sont fortement influencées par l'amygdale et le cortex cingulaire. En intégrant
ces connaissances, les mentors et investisseurs peuvent aider les entrepreneurs à équilibrer leurs
réponses émotionnelles face aux risques. Cela peut se faire par des formations basées sur la
régulation émotionnelle, aidant ainsi les entrepreneurs à prendre des décisions plus rationnelles
et calculées.
Les neurosciences sociales ont révélé l'importance des compétences interpersonnelles et
des réseaux sociaux dans le succès entrepreneurial. Les start-ups peuvent bénéficier de
programmes de développement des compétences sociales et de l'intelligence émotionnelle,
basés sur les neurosciences, pour améliorer leur capacité à négocier, collaborer et établir des
relations solides avec des partenaires, des investisseurs et des clients. La compréhension des
mécanismes neuronaux derrière ces compétences peut rendre ces programmes plus efficaces.
La persévérance et la résilience, des traits cruciaux pour les entrepreneurs, sont aussi
influencés par des activations spécifiques dans le cerveau. Des programmes de soutien basés
sur les neurosciences, tels que le neurofeedback ou la méditation en pleine conscience, peuvent
aider les entrepreneurs à renforcer ces traits, en leur permettant de mieux gérer le stress et de
maintenir leur motivation face aux défis. Faut savoir que les neurosciences computationnelles
offrent des modèles et des algorithmes pour simuler et optimiser les processus décisionnels. Les
start-ups peuvent utiliser ces outils pour analyser les données de marché, prévoir les
tendances et adapter leurs stratégies en temps réel. Cela permet aux entreprises de rester
agiles et compétitives dans un environnement économique en constante évolution. les
connaissances en neurosciences peuvent être intégrées dans l'écosystème entrepreneurial pour
améliorer la formation, le mentorat et le soutien aux start-ups. Ces apports peuvent aider les
entrepreneurs à développer des compétences critiques, à gérer efficacement les risques, à
prendre des décisions éclairées et à bâtir des réseaux solides, renforçant ainsi la résilience et
l'innovation au sein de l'écosystème entrepreneurial.
A. L’écosystème entrepreneurial – innovation – neuroscience : Quelle
articulation ?
C’est officiel les avancées en neurosciences ont apporté des éclairages précieux sur les
processus mentaux et comportementaux qui sous-tendent l'activité entrepreneuriale. Ces
connaissances peuvent être directement appliquées pour renforcer l'écosystème entrepreneurial
11
et soutenir les start-ups. L'écosystème entrepreneurial est un terme utilisé pour décrire
l'ensemble des acteurs, des ressources et des conditions qui interagissent pour soutenir et
promouvoir la création et la croissance des entreprises, en particulier des start-ups. Il comprend
les entrepreneurs, les investisseurs, les incubateurs, les accélérateurs, les institutions
académiques, les fournisseurs de services, les politiques publiques et les infrastructures.
L'écosystème entrepreneurial est composé de plusieurs éléments clés. Les entrepreneurs sont
les individus ou les équipes qui lancent de nouvelles entreprises. Les investisseurs fournissent
le financement nécessaire, notamment les investisseurs en capital-risque, les business angels et
les fonds d'investissement. Les incubateurs et les accélérateurs offrent un soutien sous forme
de mentorat, de formation, de réseaux et parfois de financement. Les institutions académiques
et les centres de recherche fournissent des connaissances, des innovations et des talents. Les
fournisseurs de services, tels que les cabinets de conseil juridique, les comptables et les experts
en marketing, jouent un rôle essentiel en offrant des services spécialisés. Les politiques
publiques et les régulations gouvernementales influencent l'entrepreneuriat par des incitations
fiscales, des subventions et des programmes de soutien. Enfin, les infrastructures, telles que les
espaces de coworking, l'accès à Internet à haut débit et les infrastructures de transport, sont
cruciales pour le fonctionnement des entreprises.
L'écosystème entrepreneurial est crucial car il fournit l'environnement nécessaire à la
création, à la croissance et au succès des start-ups. Un écosystème solide offre un soutien et un
mentorat, où les incubateurs, les accélérateurs et les mentors fournissent des conseils précieux,
des expériences partagées et un soutien moral. L'accès au financement est un autre aspect
essentiel, car les start-ups ont souvent besoin de capitaux pour se lancer et se développer. Les
investisseurs jouent un rôle clé en fournissant ces fonds. Un écosystème dynamique facilite
également les connexions entre les entrepreneurs, les investisseurs et d'autres parties prenantes,
conduisant à des partenariats bénéfiques, à l'échange de connaissances et à l'accès à de nouvelles
opportunités de marché. De plus, les fournisseurs de services spécialisés aident les start-ups à
naviguer dans des domaines complexes comme le droit, la comptabilité et le marketing,
permettant aux entrepreneurs de se concentrer sur leur cœur de métier. Les institutions
académiques et les centres de recherche fournissent les innovations et les nouvelles
technologies qui peuvent être commercialisées par les start-ups. Enfin, les politiques publiques
et les infrastructures jouent un rôle crucial en créant un environnement qui favorise la croissance
des entreprises, par des régulations favorables, des incitations fiscales et des infrastructures
adéquates.
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Les avancées en neurosciences peuvent renforcer l'écosystème entrepreneurial de
manière significative. En comprenant comment le cerveau détecte et exploite les opportunités,
les incubateurs et les accélérateurs peuvent développer des programmes de formation ciblés
pour aider les entrepreneurs à améliorer cette compétence. Par exemple, la stimulation du cortex
préfrontal, qui joue un rôle crucial dans la reconnaissance des opportunités, peut être
encouragée à travers des exercices spécifiques et des techniques de prise de décision. Les
recherches en neurosciences montrent également que la gestion des risques et la prise de
décision sont fortement influencées par l'amygdale et le cortex cingulaire. En intégrant ces
connaissances, les mentors et investisseurs peuvent aider les entrepreneurs à équilibrer leurs
réponses émotionnelles face aux risques. Cela peut se faire par des formations basées sur la
régulation émotionnelle, aidant ainsi les entrepreneurs à prendre des décisions plus rationnelles
et calculées.
Les neurosciences sociales ont révélé l'importance des compétences interpersonnelles et
des réseaux sociaux dans le succès entrepreneurial. Les start-ups peuvent bénéficier de
programmes de développement des compétences sociales et de l'intelligence émotionnelle,
basés sur les neurosciences, pour améliorer leur capacité à négocier, collaborer et établir des
relations solides avec des partenaires, des investisseurs et des clients. La compréhension des
mécanismes neuronaux derrière ces compétences peut rendre ces programmes plus efficaces.
La persévérance et la résilience, des traits cruciaux pour les entrepreneurs, sont aussi influencés
par des activations spécifiques dans le cerveau. Des programmes de soutien basés sur les
neurosciences, tels que le neurofeedback ou la méditation en pleine conscience, peuvent aider
les entrepreneurs à renforcer ces traits, en leur permettant de mieux gérer le stress et de
maintenir leur motivation face aux défis.
On cite également les neurosciences computationnelles offrent des modèles et des
algorithmes pour simuler et optimiser les processus décisionnels. Les start-ups peuvent utiliser
ces outils pour analyser les données de marché, prévoir les tendances et adapter leurs stratégies
en temps réel. Cela permet aux entreprises de rester agiles et compétitives dans un
environnement économique en constante évolution. En somme, les connaissances en
neurosciences peuvent être intégrées dans l'écosystème entrepreneurial pour améliorer la
formation, le mentorat et le soutien aux start-ups. Ces apports peuvent aider les entrepreneurs à
développer des compétences critiques, à gérer efficacement les risques, à prendre des décisions
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éclairées et à bâtir des réseaux solides, renforçant ainsi la résilience et l'innovation au sein de
l'écosystème entrepreneurial.
B. Neuroscience et prise de décision entrepreneuriale :
Au cours des dernières années, l'intérêt pour l'étude de l'entrepreneuriat à travers le
prisme des neurosciences a considérablement augmenté (de Holan, 2014; Nicolaou et Shane,
2014; Nofal et al., 2018; Tracey et Schluppeck, 2014). Par exemple, de Holan (2014) suggère
que les neurosciences peuvent enrichir notre compréhension de l'entrepreneuriat, tout en
reconnaissant les limites des techniques de neuroimagerie comme l'IRMf et l'EEG. En
revanche, Nicolaou et Shane (2014) ainsi que Nofal et al. (2018) plaident pour une approche
interdisciplinaire, estimant qu'elle est plus pertinente pour les organisations contemporaines. La
recherche en entrepreneuriat devrait suivre une trajectoire similaire à celle de l'évolution
cognitive avancée de l'Homo sapiens. Dans cette section, nous examinons les principaux
résultats des études sur l'entrepreneuriat qui intègrent les neurosciences comme sous-discipline.
La littérature existante étudiant l'intersection de l'entrepreneuriat et des neurosciences1
identifie l'idée d'une approche de l'entrepreneuriat axée sur le cerveau (de Holan 2014 ;
PérezCenteno 2017 ; Thornton 2011 ; Tracey et Schluppeck 2014). Des recherches émergentes
visent à reconnaître les activations dans les régions du cerveau à travers l'évocation d'un
entrepreneur et la réponse comportementale de l'entrepreneur à différents stimuli. Nous
utilisons une approche réductionniste pour identifier les fondements neuronaux de
l’entrepreneuriat, ce qui conduit à un niveau d’analyse axé sur les neurosciences moléculaires,
les neurosciences cellulaires, les neurosciences systémiques, les neurosciences
comportementales et les neurosciences cognitives
Les neurosciences moléculaires examinent les molécules du cerveau, telles que les
neurotransmetteurs, qui permettent la communication entre neurones. Elles aident à
comprendre la prise de décision en montrant comment les gènes régulent la synthèse de
protéines pour le système des neurotransmetteurs. Des études montrent que la variation
génétique influence l'intention entrepreneuriale et les choix professionnels (Nicolaou et Shane,
2010), bien que l'impact de la génétique sur l'entrepreneuriat reste incertain (Johnson, 2009).
Certains individus sont plus créatifs en raison de la transmission génétique (Yadav et Bansal,
2021). Des marqueurs génétiques spécifiques, comme ceux liés à la sérotonine et la dopamine,
sont associés à des comportements à risque (Kuhnen et al., 2009), influençant la prise de dé La
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neuroscience systémique explore le fonctionnement complexe des circuits neuronaux du
cerveau, y compris la perception sensorielle, la prise de décision et l'exécution. Elle utilise des
techniques de neuroimagerie comme l'IRMf et l'EEG pour comprendre le rôle du cerveau dans
l'entrepreneuriat. Des chercheurs ont montré que la formation par neurofeedback basée sur
l'EEG peut améliorer le comportement innovant des entrepreneurs, en le corrélant positivement
avec des traits comme l'extraversion et l'ouverture à l'expérience, et négativement avec le
névrosisme. La plasticité cérébrale, ou la capacité du cerveau à former de nouvelles connexions
neuronales, est essentielle pour la mémoire, l'intégration de l'information et la prise de décision,
toutes cruciales pour l'entrepreneuriat. Les techniques de neuroimagerie permettent d'étudier
les implications des différentes régions cérébrales et de la connectivité neuronale dans la prise
de décision entrepreneuriale.
Les neurosciences comportementales analysent le comportement biologique et les
réseaux neuronaux associés. Zhang (2018) propose que les entreprises se concentrent sur
l'activation et le maintien de comportements axés sur des objectifs. Des études montrent que le
trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité (TDAH) influence les comportements
entrepreneuriaux, avec des niveaux plus élevés de TDAH étant associés à des intentions
entrepreneuriales positives (Verheul et al. 2015) et à un penchant pour le travail indépendant
(Verheul et al. 2016). L'examen du TDAH permet de mieux comprendre les intentions
entrepreneuriales.
Les neurosciences cognitives étudient les mécanismes neuronaux de l'activité mentale
avancée, apportant des informations clés sur l'action entrepreneuriale. Les expériences
entrepreneuriales influencent l'activité neuronale, éclairant les sous-thèmes de la « Perspective
cognitivo-comportementale » et des « Déterminants cognitifs ». L'approche cognitivo-
comportementale aide à surmonter les obstacles en changeant la pensée, ce qui est essentiel
pour générer des idées, reconnaître des opportunités et acquérir des ressources (Baron, 2007).
La théorie du comportement planifié explique l'entrepreneuriat comme un comportement
cognitif planifié (Lortie et Castogiovanni, 2015).
La perspective cognitive de l'entrepreneuriat explore comment les processus mentaux
des entrepreneurs influencent leurs décisions et comportements. La recherche indique que ces
processus mentaux peuvent être irrationnels et sujets à des erreurs, surtout lorsque les
entrepreneurs sont confrontés à des situations complexes comme une surcharge d'informations
ou une forte incertitude. Les neurosciences cognitives aident à comprendre pourquoi les
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entrepreneurs font certains choix et prennent certaines décisions, en apportant un éclairage sur
les motivations profondes des entrepreneurs. Baron utilise des théories spécifiques pour
montrer comment les entrepreneurs peuvent réduire les risques et rester vigilants face aux
opportunités. La perspective cognitive cherche à relier l'entrepreneuriat aux processus mentaux
humains, qui peuvent être biaisés et irrationnels. Les entrepreneurs, en particulier, sont
vulnérables à ces biais lorsqu'ils sont confrontés à des défis tels qu'un excès d'informations,
l'incertitude, la nouveauté, les émotions fortes et la pression du temps. Les neurosciences
cognitives offrent des outils pour comprendre les motivations et les choix des entrepreneurs,
notamment pourquoi ils décident de se lancer dans l'entrepreneuriat. Baron utilise la théorie des
perspectives pour aider à identifier et à gérer les risques, et la théorie de l'orientation
réglementaire pour démontrer comment les entrepreneurs peuvent rester attentifs et vigilants.
Le comportement entrepreneurial résulte de l'interaction entre l'environnement (réseaux
sociaux) et les biais cognitifs des entrepreneurs (De Carolis et Saparito, 2006). La combinaison
des facteurs cognitifs (pensée contrefactuelle, excès de confiance) et de psychologie sociale
(compétence sociale, persévérance) est cruciale pour le succès entrepreneurial (Baron, 2000).
Tran et Von Korflesch (2016) relient les traits de personnalité et l'auto-efficacité à l'intention
d'entrepreneuriat social via la théorie sociale cognitive de la carrière (SCCT). Botha et
Morallane (2019) montrent une relation entre traits de personnalité et adaptabilité cognitive.
Liguori et al. (2018) appliquent la SCCT aux facteurs personnels et environnementaux
influençant l'auto-efficacité et les résultats entrepreneuriaux. Randolph-Seng et al. (2015)
décrivent le dynamisme de la cognition entrepreneuriale, et Sassetti et al. (2018) suggèrent
d'élargir la compréhension de l'action entrepreneuriale avec une approche cognitive.
Conclusion :
L'entrepreneuriat est un domaine multidimensionnel, combinant la prise de risque,
l'innovation et la gestion des ressources. Comprendre les mécanismes neuronaux et cognitifs
sous-jacents aux décisions entrepreneuriales est essentiel pour améliorer les taux de succès des
initiatives entrepreneuriales. Cet article explore cette intersection en analysant 167 études sur
les neurosciences et l'entrepreneuriat, mettant en lumière six domaines clés influençant
l'intention entrepreneuriale. Les neurosciences moléculaires se concentrent sur les
neurotransmetteurs et les molécules impliquées dans la plasticité synaptique. Par exemple, des
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niveaux élevés de dopamine peuvent influencer la motivation et la propension à prendre des
risques, des caractéristiques essentielles chez les entrepreneurs. Les neurosciences systémiques,
quant à elles, explorent les réseaux neuronaux et leur organisation fonctionnelle. Les
entrepreneurs montrent souvent une connectivité accrue dans les réseaux de prise de décision,
notamment entre le cortex préfrontal et le système limbique, facilitant une évaluation rapide et
efficace des opportunités.
Les neurosciences comportementales examinent comment les comportements
observables sont liés à l'activité neuronale. Les entrepreneurs ont tendance à présenter des
comportements exploratoires, soutenus par une activation accrue des régions cérébrales
associées à la curiosité et à l'innovation. Les neurosciences cognitives, qui analysent les
processus mentaux tels que la perception, la mémoire et la résolution de problèmes, sont
particulièrement pertinentes pour l'entrepreneuriat. Les entrepreneurs doivent souvent naviguer
dans des environnements incertains et reconnaître des opportunités à travers des schémas
cognitifs sophistiqués, tels que la pensée analogique et l'intuition. Les neurosciences sociales
se concentrent sur les interactions sociales et les processus neuronaux sous-jacents. Les
compétences sociales et la capacité à créer et maintenir des réseaux sont cruciales pour le succès
entrepreneurial, soutenues par l'activité neuronale dans le cortex préfrontal dorsolatéral et le
cortex cingulaire antérieur. Les neurosciences computationnelles utilisent des modèles
mathématiques et informatiques pour simuler les processus neuronaux et prédictifs. Les
modèles computationnels peuvent prévoir les comportements entrepreneuriaux en intégrant des
variables cognitives et émotionnelles complexes.
Les neurosciences cognitives sont particulièrement pertinentes pour l'entrepreneuriat,
car elles permettent d'étudier comment les entrepreneurs reconnaissent et exploitent les
opportunités. Par exemple, des études utilisant l'IRMf (Imagerie par Résonance Magnétique
fonctionnelle) montrent que les entrepreneurs activent plus intensément le cortex préfrontal
dorsolatéral lorsqu'ils évaluent des opportunités, suggérant une implication profonde dans la
planification stratégique et la prise de décision sous incertitude.
L'article propose l'utilisation de techniques de neuroimagerie avancées, comme l'EEG
(Électroencéphalographie) et l'IRMf, ainsi que la spectroscopie par résonance magnétique
nucléaire pour évaluer les biomarqueurs génétiques. Ces technologies peuvent aider à
déterminer si l'entrepreneuriat est inné ou acquis en comparant les activations cérébrales et les
marqueurs génétiques chez les entrepreneurs et les non-entrepreneurs. Par exemple, la variation
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dans les gènes dopaminergiques pourrait être corrélée à une plus grande tolérance au risque et
à une motivation accrue, caractéristiques souvent observées chez les entrepreneurs.
Les résultats de ces recherches ont des implications pratiques significatives pour la
formation entrepreneuriale. En intégrant des artefacts neuronaux et comportementaux dans les
programmes de formation, il est possible d'exploiter la neuroplasticité pour améliorer les
compétences entrepreneuriales. Par exemple, des interventions ciblées comme la formation à la
résilience cognitive ou l'entraînement à la régulation émotionnelle peuvent renforcer la capacité
des entrepreneurs à reconnaître et saisir des opportunités. Ces formations peuvent être adaptées
pour les établissements d'enseignement supérieur et les institutions de formation
entrepreneuriale afin de renforcer la reconnaissance des opportunités et la prise de décision chez
les entrepreneurs. L'exploration de l'interface entre neurosciences et entrepreneuriat offre une
perspective novatrice pour comprendre les mécanismes neuronaux et cognitifs de la prise de
décision entrepreneuriale. Les avancées en neuroimagerie et en neurosciences cognitives
fournissent des outils puissants pour cartographier les processus neuronaux et développer des
programmes de formation fondés sur des bases scientifiques solides. Cette approche pourrait
transformer la formation entrepreneuriale, conduisant à un environnement entrepreneurial plus
efficace et innovant. En intégrant ces insights neuroscientifiques, les entreprises peuvent
améliorer leurs stratégies de développement des compétences et de reconnaissance des
opportunités, maximisant ainsi leur potentiel d'innovation et de succès sur le marché.
Notre étude propose une avancée significative dans la compréhension de l'entrepreneuriat
en intégrant les perspectives des neurosciences. En adoptant une approche interdisciplinaire,
les auteurs démontrent comment les mécanismes neuronaux peuvent éclairer et enrichir notre
compréhension des processus décisionnels entrepreneuriaux et de l'innovation.
L'étude repose sur une revue exhaustive de la littérature, mettant en évidence les lacunes
existantes dans la compréhension de l'écosystème entrepreneurial et de l'innovation. Elle définit
un cadre conceptuel novateur en fusionnant les théories de l'écosystème entrepreneurial avec
les avancées en neurosciences. Cette approche multidimensionnelle permet de mieux
comprendre les interactions complexes entre les facteurs cognitifs, comportementaux et
environnementaux qui sous-tendent les activités entrepreneuriales. Les neurosciences offrent
des outils puissants pour explorer les mécanismes cérébraux impliqués dans la prise de décision
entrepreneuriale. Les recherches en neurosciences comportementales montrent que des traits
tels que la persistance, la résilience et la capacité à prendre des risques sont liés à des activations
18
spécifiques dans le cerveau. Par exemple, l'amygdale et le cortex cingulaire antérieur jouent un
rôle crucial dans la gestion des émotions et des risques, influençant directement les décisions
des entrepreneurs. Les neurosciences systémiques, en utilisant des techniques de neuroimagerie
comme l'IRMf et l'EEG, révèlent comment les circuits neuronaux du cerveau sont impliqués
dans la reconnaissance des opportunités et la gestion du stress. Les entrepreneurs montrent
souvent une connectivité accrue entre le cortex préfrontal et le système limbique, facilitant une
évaluation rapide et efficace des opportunités. Les neurosciences cognitives se concentrent sur
les processus mentaux tels que la perception, la mémoire et la résolution de problèmes. Les
entrepreneurs, confrontés à des environnements incertains, utilisent des heuristiques spécifiques
et des schémas cognitifs sophistiqués pour traiter l'information et prendre des décisions. Par
exemple, la pensée analogique et l'intuition jouent un rôle clé dans la reconnaissance des
opportunités. L’application des insights provenant des neurosciences peuvent transformer les
pratiques entrepreneuriales et les stratégies de formation. En comprenant comment le cerveau
détecte et exploite les opportunités, les incubateurs et les accélérateurs peuvent développer des
programmes de formation ciblés. La stimulation du cortex préfrontal par des exercices
spécifiques peut améliorer la reconnaissance des opportunités et la prise de décision stratégique.
Les recherches en neurosciences montrent également que la gestion des risques et la
prise de décision sont fortement influencées par l'amygdale et le cortex cingulaire. En intégrant
ces connaissances, les mentors et les investisseurs peuvent aider les entrepreneurs à équilibrer
leurs réponses émotionnelles face aux risques. Des formations basées sur la régulation
émotionnelle peuvent aider les entrepreneurs à prendre des décisions plus rationnelles et
calculées. Les neurosciences sociales ont révélé l'importance des compétences
interpersonnelles et des réseaux sociaux dans le succès entrepreneurial. Les start-ups peuvent
bénéficier de programmes de développement des compétences sociales et de l'intelligence
émotionnelle basés sur les neurosciences pour améliorer leur capacité à négocier, collaborer et
établir des relations solides avec des partenaires, des investisseurs et des clients. La
compréhension des mécanismes neuronaux derrière ces compétences peut rendre ces
programmes plus efficaces. Y a lieu de parler d’un renforcement d’un écosystème
entrepreneurial par les neuroscience en intégrant des neurosciences dans l'écosystème
entrepreneurial peut renforcer considérablement le soutien aux start-ups. Les connaissances en
neurosciences computationnelles, par exemple, offrent des modèles et des algorithmes pour
simuler et optimiser les processus décisionnels. Les start-ups peuvent utiliser ces outils pour
analyser les données de marché, prévoir les tendances et adapter leurs stratégies en temps réel.
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Cela permet aux entreprises de rester agiles et compétitives dans un environnement économique
en constante évolution. Les avancées en neurosciences fournissent des éclairages précieux sur
les processus mentaux et comportementaux qui sous-tendent l'activité entrepreneuriale. Ces
connaissances peuvent être directement appliquées pour améliorer la formation, le mentorat et
le soutien aux start-ups. Les apports neuroscientifiques peuvent aider les entrepreneurs à
développer des compétences critiques, à gérer efficacement les risques, à prendre des décisions
éclairées et à bâtir des réseaux solides, renforçant ainsi la résilience et l'innovation au sein de
l'écosystème entrepreneurial. L'intégration des neurosciences dans l'entrepreneuriat ouvre de
nouvelles perspectives pour la recherche et la pratique. Les techniques de neuroimagerie
avancées comme l'IRMf et l'EEG, ainsi que la spectroscopie par résonance magnétique
nucléaire, peuvent être utilisées pour évaluer les biomarqueurs génétiques et les activations
cérébrales associées à l'entrepreneuriat. Ces technologies peuvent aider à déterminer si
l'entrepreneuriat est inné ou acquis en comparant les activations cérébrales et les marqueurs
génétiques chez les entrepreneurs et les non-entrepreneurs.
Les résultats de ces recherches ont des implications pratiques significatives pour la
formation entrepreneuriale. En intégrant des artefacts neuronaux et comportementaux dans les
programmes de formation, il est possible d'exploiter la neuroplasticité pour améliorer les
compétences entrepreneuriales. Par exemple, des interventions ciblées comme la formation à la
résilience cognitive ou l'entraînement à la régulation émotionnelle peuvent renforcer la capacité
des entrepreneurs à reconnaître et saisir des opportunités. Ces formations peuvent être adaptées
pour les établissements d'enseignement supérieur et les institutions de formation
entrepreneuriale afin de renforcer la reconnaissance des opportunités et la prise de décision chez
les entrepreneurs. L'exploration de l'interface entre neurosciences et entrepreneuriat offre une
perspective novatrice pour comprendre les mécanismes neuronaux et cognitifs de la prise de
décision entrepreneuriale. Les avancées en neuroimagerie et en neurosciences cognitives
fournissent des outils puissants pour cartographier les processus neuronaux et développer des
programmes de formation fondés sur des bases scientifiques solides. Cette approche pourrait
transformer la formation entrepreneuriale, conduisant à un environnement entrepreneurial plus
efficace et innovant. En intégrant ces insights neuroscientifiques, les entreprises peuvent
améliorer leurs stratégies de développement des compétences et de reconnaissance des
opportunités, maximisant ainsi leur potentiel d'innovation et de succès sur le marché.
Importance Pratique
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Cette recherche peut aider à développer des programmes de formation et de soutien pour
les entrepreneurs, en utilisant des techniques neuroscientifiques pour améliorer des
compétences clés comme la reconnaissance des opportunités, la gestion des risques et la prise
de décision. Les insights provenant des neurosciences peuvent également informer les
politiques et les pratiques dans les domaines de l'éducation et de la gestion entrepreneuriale.
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