les difficultés des entreprises au Maroc
Dans le paysage économique actuel, marqué par des conditions difficiles et une
concurrence féroce, les entreprises au Maroc font face à divers maux et défis
qui nécessitent des remèdes adaptés pour assurer leur pérennité. Dans ce
contexte, l'une des approches les plus stratégiques et légales pour surmonter
ces difficultés consiste à opter pour la reprise d'actifs, une mesure parfois
drastique mais indispensable pour restaurer la santé financière des entreprises.
Le recours à la reprise d'actifs, sous la forme d'un plan de cession, représente
une solution judicieuse, en accord avec les dispositions législatives en vigueur.
Cela offre aux entreprises en difficulté une opportunité de réorganisation
interne, de préservation des actifs essentiels et de redressement financier. Le
législateur, en concevant cette approche, a souhaité instaurer un cadre légal
favorisant la revitalisation des entreprises en difficulté, offrant ainsi une
alternative viable à la liquidation. Cet article se penche sur les ramifications
juridiques de cette approche thérapeutique, explorant comment le mécanisme
de la reprise d'actifs peut être mis en œuvre de manière légale et efficiente. Il
examine également les implications de cette stratégie sur les droits des
créanciers, les relations contractuelles, et les implications fiscales, tout en
mettant en lumière les avantages et les défis liés à cette méthode de
redressement. En analysant de près le cadre juridique entourant la reprise
d'actifs, l'article vise à fournir des éclairages pratiques pour les entreprises et
les professionnels du droit privé cherchant des solutions efficaces dans des
périodes économiques délicates prometteuses, à la fois pour des
prometteuses, à la fois pour des entrepreneurs émergents et des
professionnels chevronnés cherchant à redonner vie à des entités sous tension
Cette perspective s'enracine dans les leçons tirées d'autres économies qui ont
accordé une attention significative à la revitalisation de ces structures
économiques Le paysage macroéconomique dans lequel évoluent actuellement
les entreprises marocaines s'avère être un terrain complexe et parfois hostile.
La pandémie a laissé des cicatrices économiques, aggravées par des défis tels
que la rareté des matières premières, l'inflation, la concurrence acharnée, et
les soubresauts politiques nationaux et internationaux. Ce tableau peu
optimiste pèse sur les épaules des dirigeants d'entreprises et des décideur
gouvernementaux. En se référant aux données officielles, après la chute
significative de 21% enregistrée en 2020 (à 6655 entreprises déficientes), le
nombre de défaillances d'entreprises a connu une augmentation considérable
au Maroc, atteignant une hausse de 59% (à 10 556 entreprises) Bien que ces
chiffres puissent sembler préoccupants, ils renferment en réalité un potentiel
important pour ceux qui savent Dans ce sens, un marché parallèle est en train
de se constituer en France, sous forme d’un « Market Place » qui propose des
solutions aux entrepreneurs souhaitant investir dans des entreprises en
difficultés, cette plateforme assiste dans la recherche projet et identification
des entreprises en phase de redressement judiciaire les interpréter, les gérer
judicieusement et les exploiter de manière stratégique. Le dépôt de bilan, que
ce soit sous la forme de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire, ne
signifie pas nécessairement la fin de l'entreprise. La loi offre la possibilité à des
tiers d'acquérir ces entreprises en difficulté lors d'enchères organisées par le
tribunal. C'est là que réside la clé pour transformer cette situation critique en
opportunité. Les reprises d'entreprises en difficulté, orchestrées à travers des
plans de cession, deviennent impératives. Elles incarnent parfaitement les
objectifs des procédures collectives, préservant des unités économiques encore
viables et garantissant la pérennité des emplois associés à l'exploitation de
l'entreprise cédée. Ces reprises s'avèrent être non seulement des sauvetages
économiques mais également des investissements relativement abordables
avec un potentiel substantiel de croissance et de développement.
❖ Problématique de Recherche :
Cette étude s'attache à dévoiler les opportunités latentes au sein des
entreprises en difficulté au Maroc, explorant les perspectives légales qui
encadrent les reprises d'entreprise sous forme de plans de cession. Face à un
contexte économique complexe, ces entreprises en crise ne représentent pas
uniquement des défis financiers, mais également des occasions stratégiques.
Comment les cadres juridiques peuvent-ils être utilisés comme leviers pour
transformer les difficultés économiques en opportunités d'investissement et de
croissance ? Quelles sont les implications légales et les mécanismes qui
facilitent ou entravent ces processus de reprise ? Ces questions fondamentales
orientent notre enquête vers une exploration approfondie des textes juridiques
régissant les reprises d'entreprise au Maroc
❖ Méthodologie :
La méthodologie adoptée repose essentiellement sur une analyse des textes
juridiques et une revue de la littérature spécialisée dans le domaine des
reprises d'entreprise. Une première phase consistera à examiner les
dispositions légales et réglementaires en vigueur au Maroc concernant les
procédures collectives, les redressements judiciaires, et les plans de cession.
Cette analyse juridique permettra
de dégager les contours légaux encadrant ces opérations. Parallèlement, une
revue de la littérature fournira une perspective contextuelle en explorant les
travaux académiques. L'intégration de ces deux approches – l'analyse juridique
et la revue de littérature – permettra d'éclairer les dimensions légales et
conceptuelles des reprises d'entreprise au Maroc, offrant ainsi une
compréhension approfondie des opportunités et des défis inhérents à ce
processus. Afin d'éclairer davantage ces opérations de reprise, en mettant un
accent particulier sur les cessions d'entreprises en difficulté, la première partie
de cet article se plongera dans le cadre légal régissant ces reprises La seconde
partie examinera de près les perspectives économiques découlant de ces
opérations complexes et stratégiques.
A. LE CADRE LEGAL DE LA CESSION D’ENTREPRISE EN DIFFICULTES
Dans le paysage complexe du monde des affaires, les entreprises peuvent être
confrontées à des difficultés financières qui exigent des solutions légales et
structurées pour assurer leur pérennité. La cession d'entreprise, en tant que
mécanisme légal de redressement, joue un rôle crucial dans cette dynamique.
Pour saisir pleinement les
spécificités entourant les offres de reprise dans le cadre de plans de cession
ordonnés par les tribunaux de commerce, il est essentiel de revisiter les
fondements juridiques régissant cette opération, en particulier en ce qui
concerne le droit des sociétés .
a. Le régime juridique commun de la cession d’entreprise :
Certes il y a une variété de montages juridiques relatifs à la cession
d’entreprise, cette opération peut résulter soit de la cession du fonds de
commerce ou du transfert -à titre onéreux ou gratuit, par voie de succession,
etc.- des parts sociales ou actions - les actions des sociétés cotées n’étant pas
visées - formant le capital social de l’entreprise, lorsque celle-ci est une société
commerciale. Dans cette section, on s’intéressera uniquement à la deuxième
catégorie de ces opérations. Ceci dit, et en amont de toute offre de cession, le
cessionnaire est invité à réaliser une analyse fiable du potentiel de cette reprise
qui peut se réaliser selon divers mécanismes juridiques. Cette opération peut
être une opportunité de croissance externe particulièrement intéressante, sous
formes aussi de fusion/scission, prises de participations, groupements
d’intérêts économiques ou création de filiales communes. Concrètement, le
repreneur a la possibilité d'acquérir les titres de la société auprès de ses
associés, de souscrire à une augmentation de capital, de prendre une
participation majoritaire dans la société cible ou de fusionner avec elle La
cession d'une entreprise, qui découle de la cession des parts sociales ou actions
constituant son capital social, représente une méthode largement employée.
Néanmoins, elle demeure assujettie à un ensemble de règles, principalement
pour ce qui concerne les parts sociales, qui relèvent tant du domaine formel
que substantiel. Dans ce dernier cas, il faut rappeler que les fusions et scissions
sont réglementées par la loi n° 17-958 relative aux sociétés anonymes dans un
chapitre intitulé « des fusions et des scissions », ce mode de reprise fait appel
aux dispositions du droit des sociétés prévoyant des outils juridiques pour la
mise en œuvre des politiques de restructuration et de reprise d’entreprises.
Ainsi, la fusion est l’opération par laquelle deux ou plusieurs sociétés se
réunissent pour n’en former qu’une seule. La loi prévoit deux types de fusion :
la fusion par absorption d’une société par une autre qui est la forme la plus
courante et la fusion par création d’une société nouvelle créée par les sociétés
participant à l’opération qui lui font apport de la totalité de leur patrimoine
Dahir n° 1-96-124 du 14 rabii II 1417 (30août1996) portant promulgation de la
loi n° 17-95 relative aux sociétés anonyme. La fusion ou la scission prend effet à
la date d'immatriculation au registre du commerce de la nouvelle société ou de
la dernière d'entre elles, en cas de création d'une ou plusieurs sociétés
nouvelles. Dans tous les autres cas, à la date de la dernière assemblée générale
ayant approuvé l'opération sauf si le contrat prévoit que l'opération prend effet
à une autre date, laquelle ne doit être ni postérieure à la date de clôture de
l'exercice en cours de la ou des sociétés bénéficiaires ni antérieure à la date de
clôture du dernier exercice clos de la ou des sociétés qui transmettent leur
patrimoine. Enfin, la nullité d’une opération de fusion ou de scission ne peut
résulter que de la nullité de la délibération de l’une des assemblées qui a
décidé l’opération. Si l’une des assemblées devant intervenir dans le processus
est entachée de nullité, cette nullité entraîne la nullité de toute l’opération de
fusion ou de scission. Ces dernières emportent transmission universelle du
patrimoine de la société absorbée ou scindée au profit des sociétés
bénéficiaires à la date de réalisation fixée par le projet de fusion. Elle entraîne
des effets au niveau de la société absorbée et de la société absorbante. D’une
façon concrète, il s’agit d’une dissolution sans liquidation de la société
absorbée qui disparaît et d’une acquisition simultanée par les actionnaires de la
société absorbée de la qualité d’actionnaire de la société absorbante. Quant à
cette dernière, il s’agit d’une cession universelle de son patrimoine à la société
absorbante. Si le régime juridique ainsi développé, est caractérisé par son
contexte conventionnel, faisant appel aux mécanismes de négociations, des
données du marché et de la politique et stratégies de restructuration adoptées
par les repreneurs, celui relatif aux reprises d’entreprise placées sous le
pouvoir du tribunal, affiche d’autres particularités, formant son particularisme.
b. Le régime juridique particulier de la cession d’entreprise en difficultés.
Tout d’abord, et parce qu’elle ne s’opère pas dans un cadre conventionnel,
mais sous l’égide du tribunal dans le cadre d’une procédure collective, la
reprise d’entreprise en difficultés, sous forme de cession, répond à des finalités
particulières et est soumise à une procédure bien définie. La quête d’un
repreneur peut se faire généralement dans le cadre d’un redressement
judiciaire, mais elle peut également survenir lorsque l’entreprise en difficultés
est en cours de liquidation judiciaire, dans le cas où cette dernière bénéficie
d’une poursuite d’activité ordonné par le tribunal.
En ce qui concerne les offres de reprise dans le cadre du droit des entreprises
en difficultés Marocain, il est certain que la première condition réside dans
l’existence de l’état de cessation de paiement, conformément à l’article 57511
du code de commerce qui donne une définition précise dans son deuxième
alinéa à cet état, et qui l’a considère comme condition sin qua non de l’accès
aux procédures de traitement Ensuite l’entreprise en état de cessation de
paiement, doit faire l’objet d’une procédure judicaire, initiée par les personnes
ayant qualité, en l’occurrence le chef d’entreprise, l’un des créanciers, le
parquet ou le président de tribunal. À l’issue de cette requête, un jugement
d’ouverture est prononcé, donnant lieu à une période d’observation qui peut
théoriquement s’étaler sur 6 mois. Cette procédure qui ne vise pas uniquement
le désistement des créanciers mais bien 10 Article 595 du Code de commerce. :
« Le syndic, avec le concours du chef de l’entreprise et l’assistance éventuelle
d’un ou plusieurs experts, doit dresser dans un rapport détaillé le bilan
financier, économique et social de l’entreprise. Au vu de ce bilan, le syndic
propose soit un plan de redressement assurant la continuation de l’entreprise
ou sa cession à un tiers, soit la liquidation judiciaire. » 11 Article 575 du Code
de commerce. : « La procédure de redressement judiciaire s’applique à toute
entreprise commerciale en cessation de paiement ; La cessation de paiement
est établie dès lors que l’entreprise est dans l’impossibilité de faire face au
passif exigible avec son actif disponible, y compris les créances résultant des
engagements pris dans le cadre de l’accord amiable prévu à l’article 556 ci-
dessus. » évidement de garantir la continuité de l’entreprise.
Afin de répondre efficacement aux défis rencontrés par les entreprises en
difficulté, le législateur marocain a instauré un cadre juridique définissant les
étapes et les possibilités de redressement. Dans ce contexte, le syndic, en
collaboration avec le chef d'entreprise et éventuellement des experts, joue un
rôle central dans le processus de restructuration. L'objectif est de dresser un
rapport exhaustif incluant le bilan financier, économique, et social de
l'entreprise en difficulté. Ce rapport constitue le fondement sur lequel le syndic
propose au tribunal soit un plan de redressement visant à maintenir l'activité
de l'entreprise, soit sa cession à un tiers, soit en dernier recours, la liquidation
judiciaire13. L'ensemble de ces options est soigneusement examiné par le
tribunal après avoir entendu les parties prenantes, dont le chef d'entreprise, les
contrôleurs et les délégués du personnel14
Le plan de cession, prévu par la loi, a pour finalité première de sauvegarder les
activités exploitables de manière autonome, de préserver les emplois associés,
et de régler les créances. Cette approche, totale ou partielle, repose sur une
sélection rigoureuse des éléments de production constituant une ou plusieurs
ranches autonomes d'activités. Elle vise à Arrêt de la cour d’appel de
commerce de Casablanca n°5167, objet du dossier n° 2021-8301- 1144 du
28/10/2021 Compte tenu de cela et du fait que les procédures de règlement
des difficultés contractuelles ne sont pas un moyen de contraindre le débiteur
à respecter les exigences d'un document exécutif, car il existe d'autres moyens
de contrainte, outre le fait qu'il n'y a rien dans le dossier qui prouve
l'épuisement des moyens de communication du jugement, l'abstention du
condamné ou l'absence d'un de ses fonds saisis chez lui pour payer le montant
contesté, et donc ce qui est Le requérant a insisté sur la possibilité d'activer le
exigences de l’article 755 précédemment. Elle est prématurée, ce qui rend le
Code des commerçants comme fondement du recours infondé et doit être
rejeté.
maximiser la valeur des biens cédés tout en assurant la pérennité de l'emploi et
le règlement des dettes. Dès l'ouverture de la procédure, des tiers extérieurs à
l'entreprise sont autorisés à soumettre des offres au syndic, conformément aux
modalités définies. Ces offres, annexées au rapport du syndic, sont analysées
minutieusement. Il est à noter que les dirigeants de l'entreprise en difficulté ne
sont pas habilités à formuler directement ou indirectement de telles offres,
garantissant ainsi l'équité du processus
Au terme de la procédure, le tribunal retient l'offre qui présente les meilleures
conditions pour assurer durablement le maintien des emplois liés à l'ensemble
cédé et le paiement des créanciers16. En
conclusion, ce dispositif légal offre une approche structurée et équilibrée pour
traiter les difficultés rencontrées par les entreprises, préservant ainsi les
intérêts de toutes les parties prenantes et favorisant la continuité des activités
économiques dans un cadre juridique clair et transparent.
B. LES PERSPECTIVES DE LAREPRISE D’ENTREPRISE EN DIFFICULTES
Chaque année, et sur les 60.000 entreprises se mettant sous la protection des
tribunaux français, seules 1000 entreprises trouvent un repreneur 17, la
situation au Maroc reste inconnue par manque de données officielle sur le
sujet. En effet la situation constitue un grand manque à gagner et montre les
perspectives que représentent ces opérations de reprise en difficultés au
regard du droit comparé
15 Art. 598 du Code de commerce.
16 Art. 637 du Code de commerce.
la barre du tribunal, guide pratique de l’expert-comptable repreneur »
Novembre 2012
a. La cession d’entreprise en difficultés
Un manque à gagner Comme développé ci-dessus, le plan de cession a été
introduit pour la première fois au Maroc par la loi n° 15-96 formant code de
commerce18 comme un mécanisme juridique de redressement de l’entreprise
dans lequel il faut organiser la survie des éléments sains de l’entreprise grâce à
un autre chef d’entreprise.
Cette loi qui a apporté, dans son livre V intitulé « Les difficultés de l’entreprise
» un cadre juridique régissant difficultés de l’entreprise. Il est à rappeler que ce
dernier a eu le mérite d’introduire certaines dispositions novatrices à cette
époque, constituant ainsi une rupture avec l’ancien régime de la faillite, tel que
l’instauration du système de la prévention, l’abolition de la procédure de la
faillite et son remplacement par une procédure qui privilégie la sauvegarde et
la continuation de l’activité Les procédures collectives ainsi réinventés,
intègrent la cession de l’entreprise comme un moyen pour assurer le maintien
d’activités susceptibles d’exploitation autonome, de tout ou partie des emplois
qui y sont attachés et d’apurer le passif Cependant, et en l’absence des
statistiques officielles relatives à la mise en œuvre de ces plans, il est difficile
d’affirmer le véritable recours à ces derniers, mais ce qui se ne laisse aucune
place au doute, c’est cette prise en compte, malheureuse qu’elle soit, que la
grande majorité des Dahir n° 1-96-83 du 15 rabii 1417 (1er août 1996) portant
promulgation de la loi n° 15-95 formant code de commerce modifié par Loi n°
73-17 du 19 avril 2018 abrogeant et remplaçant le Titre V relatif aux difficultés
des entreprises. procédures collectives au Maroc, sont soldées par des
liquidations judiciaires21 Ceci dit, il est regrettable de constater que malgré les
efforts de digitalisation et modernisation de l’appareil judiciaire marocain, il y a
une grande difficulté pour les potentiels investisseurs d’accéder à l’information
judiciaire, relative aux offres de cession formulées par le syndic, ces offres qui
doivent faire objet d’une large
publicité, à la lumière des autres pays développés qui catalysent le recours à
cette solution, comme on vas dégager dans la section suivante. Certes, il y’a
d’autre facteurs qui interviennent, liés particulièrement à la rareté d’experts et
de professionnels spécialisés dans ce type d’opérations et à l’absence d’une
culture favorable à la reprise d’entreprise en difficultés chez les investisseurs.
Devant ce constat, et en comparant la situation marocaine à l’expérience
d’autres législations, il est évident qu’il existe un grand manque à gagner, et
que les reprises d’entreprises en difficultés, sous forme de plans de cession, ont
une grande marge d’évolution et beaucoup de perspectives.
b. La reprise d’entreprise en difficultés :
quelles perspectives ?
Au sein de cette réflexion, la question fondamentale émerge naturellement :
quelles motivations poussent à envisager la reprise d'une entreprise en
difficulté ? Le premier aspect de cette équation réside dans le constat que
l'acquisition d'une entreprise en difficulté s'avère moins coûteuse que celle
d'une entreprise en situation financière stable. Du fait de sa fragilité
structurelle, financière, économique, et/ou managériale, l'entreprise Sur le
plan économique, la reprise d’entreprises en difficulté peut représenter de
réelles opportunités de croissance externe, notamment pour les dirigeants
ayant des activités économiques similaires ou connexes. Ainsi, dans le cas d'une
cession partielle, le repreneur bénéficie des actifs, mais aussi de la notoriété,
du savoir-faire et de l'expertise de l'entreprise, et ce à un prix bien plus attractif
pour la clientèle qu'au moment de l'acquisition d’une entreprise in bonis.
Quant aux frais liés à la reprise, ils sont couverts par la procédure collective et
les repreneurs bénéficient d'une structure adaptée à leur projet et agissent de
manière ciblée sur les perspectives de ventes, tout en tenant compte des
ressources dont ils disposent. Le repreneur profite aussi des contrats qu’il n’a
pas à renégocier puisque que ces contrats sont en cours, ils ont été conclus par
le débiteur ou l’administrateur. Ils doivent être exécutés aux conditions en
vigueur au jour de l’ouverture de la procédure. L’avantage du choix de la
cession par le tribunal est la rapidité et l’efficacité. En effet, la renégociation
des contrats par le cessionnaire lui-même serait source de lenteur et le
cocontractant pourrait lui imposer des conditions moins favorables que celles
qu’il avait conclues avec le débiteur. Le cessionnaire a tout intérêt à demander
dans son offre de reprise les contrats qu’il aimerait se voir céder. Le tribunal
doit tenir compte de son avis L'expérience française offre des perspectives
éclairantes sur le potentiel des reprises d'entreprise, constituant un exemple
de réussite dans la facilitation des transactions entre cédants, repreneurs,
partenaires, et investisseurs. Cette plateforme a émergé en tant que véritable
tiers de confiance, jouant un rôle clé dans la mise en relation des acteurs du
marché de la transmission d'entreprise. En premier lieu, la "Marketplace
Infogreffe" a su créer un environnement sécurisé et transparent propice à
l'échange d'informations cruciales. La confiance instaurée par cette plateforme
repose sur la véracité des données fournies par les cédants et la mise à
disposition d'informations complètes sur les entreprises à céder. Cela permet
aux repreneurs potentiels d'accéder à des données fiables et de prendre des
décisions éclairées, éléments essentiels pour favoriser la fluidité des
transactions. En outre, l'expérience française met en lumière l'importance de la
centralisation des informations pertinentes sur une plateforme unique. En
rassemblant les données liées aux cessions d'entreprises, Infogreffe crée une
base de données exhaustive, permettant aux acteurs du marché d'avoir une
vision globale et actualisée des opportunités disponibles. Cette centralisation
simplifie la recherche, accélère le processus de décision et demandes grâce à
un moteur de recherche ciblé, et accroît les chances de renaissance des
entreprises en difficulté, préservant ainsi le tissu entrepreneurial français.
contribue à renforcer la confiance entre les parties prenantes.
Conclusion
En conclusion, la cession d'une entreprise en difficulté, encadrée par les
dispositions légales en vigueur, s'inscrit dans une démarche visant à maintenir
des activités autonomes, à préserver les emplois
associés et à équilibrer le passif. Cette opération, qu'elle soit totale ou partielle,
doit répondre à des critères rigoureux, évitant toute dépréciation des biens non
cédés et couvrant l'ensemble des éléments de production constituant une ou
plusieurs branches complètes et autonomes d'activités. toutefois, la réalité du
terrain dévoile que de nombreuses entreprises en difficulté ne parviennent pas
à tirer profit de cette seconde chance, principalement en raison des défis liés à
l'attraction de nouveaux acquéreurs ou investisseurs, malgré le cadre juridique
avancé en la matière. Les initiatives visant à préserver ces entités économiques
se soldent fréquemment par
des échecs, peinant à susciter l'intérêt de repreneurs potentiels prêts à investir
dans des structures viables, mais présentant des risques inhérents. Afin de
remédier à cette problématique complexe, il devient impératif de simplifier
l'accès à une information pertinente dans des délais appropriés, de manière
exhaustive et transparente. Une communication limpide des critères requis
pourrait indubitablement susciter l'intérêt des investisseurs potentiels, les
incitant ainsi à insuffler une nouvelle vie à ces entreprises en difficulté. Ce
processus contribuerait non seulement à la préservation des emplois, mais
également à l'amélioration de l'efficacité judiciaire globale, offrant ainsi une
solution juridique complète pour le sauvetage des entreprises en difficulté dans
le paysage économique
actuel.