Reduction Cours de MR Fall
Reduction Cours de MR Fall
COURS D’ALGÈBRE L2
1
Chapitre 1
Diagonalisation et Applications
Dans tout le cours , E sera un espace vectoriel de dimension finie sur un corps K.
1. Diagonalisation d’endomorphisme
Définition 1.1. Soient f ∈ L (E), un scalaire λ ∈ K est une valeur propre de f s’il
existe u 6= 0 tel que f (u) = λu.
Définition : f ∈ L (E) .
Le spectre de f est l’ensemble de ses valeurs propres.
3
4 1. DIAGONALISATION ET APPLICATIONS
1 1 −1
−1 1 −1 1 −1 1
ω2 = + + = 0.
1 −1 1 −1 1 −1
Donc Pf (X) = −X 3 − X 2 + 4 = −(X + 2)2 (X − 1). Déterminons les sous espaces propres.
Soit (x, y, z) ∈ E1 = ker(f − idE ), on a
x 0 −2x + y + z = 0
(A − I3 ) y = 0 ⇔ x − 2y + z = 0
z 0 x + y − 2z = 0
1. DIAGONALISATION D’ENDOMORPHISME 5
E1 = (x, y, z) ∈ R3 /x = y = z = Vect(u1 )
z 0
α1 u1 + α2 u2 = 0 =⇒ α1 f (u1 ) + α2 f (u2 ) = 0
=⇒ α1 λ1 u1 + α2 λ2 u2 = 0
=⇒ α1 (λ1 − λ2 )u1 = 0.
n
P
f (ej ) = aij ei , k + 1 ≤ j ≤ n; aij ∈ K, donc on a
i=1
λ ··· 0 a1,k+1 · · · a1,n
. .
. . ... .. ..
.. . .
!
0 ··· λ ak,k+1 ··· ak,n λIk C
M =
0 ··· 0
= .
ak+1,k+1 · · · ak+1,n
0 D
. .. .. ..
.. . . .
0 ··· 0 an,k+1 ··· an,n
Ainsi Pf (X) = (λ − X)k PD (X) = (−1)k (X − λ)k PD (X) d’où (X − λ)k divise Pf (X), ainsi
k ≤ α, on en déduit que 1 ≤ dim Eλ ≤ α.
Définition 1.16. Une matrice carrée A ∈ Mn (K) est dite diagonalisable s’il existe
P ∈ GLn (K) tel que D = P −1 AP soit une matrice diagonale.
Supposons qu’il existe l ∈ [[1, r]] tel que αl < dim(Eλl ) = βl . La famille {e1,λl , · · · , eαl ,λl }
est une famille libre, complètons la pour avoir une base {e1,λl , · · · , eαl ,λl , · · · , eβl ,λl } de Eλl .
La famille
S = {e1,λ1 , · · · , eα1 ,λ1 , e1,λ2 , · · · , eα2 ,λ2 , · · · , eαl ,λl , · · · , eβl ,λl · · · , e1,λr , · · · , eαr ,λr }
est une famille libre de E avec dim(E) = card(B) < card(S) ce qui impossible donc
r
P
αi = dim(Eλi ) ∀j ∈ [[1, r]]. Ainsi dim(E) = dim(Eλi ), comme les Eλi sont en somme
i=1
r
L
directe, on a E = Eλi .
i=1
r
X r
X
dim E = αi + deg(Q) =⇒ dim Eλi < dim E
i=1 i=1
Mr
=⇒ dim( Eλi ) < dim E
i=1
r
L
Donc E 6= Eλi donc f n’est pas diagonalisable.
i=1
b) On suppose qu’il existe i0 ∈ [[1, r]] tel que dim Eλi < αi .
On a
r
X r
X r
X
dim Eλi = dim Eλi0 + dim Eλi < αi0 + αi ,
i=1 i=1,i6=i0 i=1,i6=i0
1. DIAGONALISATION D’ENDOMORPHISME 9
r
P r
P
donc dim Eλi < dim αi < dim E. On en déduit que f n’est pas diagonalisable.
i=1 i=1
1 1 −1
Le polynôme caractéristique de A est PA (X) = −(X + 2)2 (X − 1) il est scindé dans R.
La dimension de chaque sous espace propre est égal à la multiciplicité de cette valeur
propre : E−2 = Vect(u1 , u2 ) avec u1 = (1, 0, −1) et u2 = (0, 1, −1) on a ; dim E−2 = 2
cette dimension est égale à la multiplicité de la valeur propre λ = −2. De même E1 =
Vect(u3 ), u3 = (1, 1, 1), dim E1 = 1 = multiplicité de λ = 1. L’endomorphisme f est donc
1 0 1
diagonalisable. Les matrices de passage et diagonale associées sont P = 0 1 1
−1 −1 1
−2 0 0
et D = 0 −2 0
0 0 1
Exemple 1.21.
Même question pour l’endomorphisme associé à la matrice A =
3 0 −1
2 4 2
−1 0 3
PA (X) = −X 3 + T r(A)X 2 − w2 X + det A; on a T r(A) = 10 et
4 2 3 −1 3 0
w2 = + + = 12 + 8 + 12 = 32;
0 3 −1 3 2 4
4 2 2 4
det A = 3 − = 36 − 4 = 32 ; donc
0 3 −1 0
PA (X) = −X 3 + 10X 2 − 32X + 32 = −(X − 2)(X − 4)2 est scindé.
dim E2 = 1; dim E4 = dim R3 − rg(A − 4I) = 3 − 1 = 2.
Donc PA (X) est scindé et la dimension de chaque sous-espace propre est égale à la mul-
tiplicité de la valeur propre, ainsi A est diagonalisable.
Diagonalisons l’endomorphisme f associé à A :
10 1. DIAGONALISATION ET APPLICATIONS
x 0
(x, y, z) ∈ E2 ⇐⇒ (A − 2I) y = 0
z 0
1 0 −1 x 0
⇐⇒ 2 2 2 y = 0
−1 0 1 z 0
(
x−z = 0
⇐⇒
x+y+z = 0
(
x = z
⇐⇒
y = −2x
Donc E2 = {(x, −2x, x)/x ∈ R} = Vect(u1 ) avec u1 = (1, −2, 1).
(x, y, z) ∈ E4 ⇐⇒ x + y = 0 ⇔ z = −x, ainsi
E4 = {(x, y, −x)/x, y ∈ R} = Vect{u2 , u3 } avec u2 = (1, 0, −1), u2 = (0, 1, 0). Posons
B = {u1 , u2 , u3 }, on a
1 1 0 2 0 0
P = −2 0 1 et D = 0 4 0 .
1 −1 0 0 0 4
On a D = P −1 AP ainsi A = P DP −1 .
0 −1 1
Exercice 1.22. Soit f de matrice M = −1 0 1 dans la base canonique de
1 −1 0
R3 .
Montrer que 0, 1 et −1 sont valeurs propres de f.
En déduire une matrice P inversible telle que M = P · D · P −1 avec D de diagonale 0, 1
et −1.
4 −1 −1 0
0 3 −1 0
Exercice 1.23. Soit f ∈ L (R4 ) de matrice M =
0 −1 3 0 dans la base
2 −1 −1 2
4
canonique de R .
Montrer que 2 et 4 sont valeurs propres de f et déterminer les sous espaces propres
associés.
En déduire que f est diagonalisable ainsi qu’une base de vecteurs propres.
2. APPLICATIONS 11
2. Applications
2.1. Puissances de matrice et suites récurrentes linéaires. Soit (Un )n∈N une
suite de matrices colonnes de Rm où m ≥ 2 est un entier naturel. On suppose que la
suite (Un )n∈N est définie par le terme initial U0 ∈ Rm et par la relation Un+1 = A · Un
où A est une matrice diagonalisable. Pour tout entier naturel n on a Un = An · U0 de
sorte que déterminer Un revient à déterminer la puissance An de la matrice A. Comme A
est diagonalisable il existe une matrice diagonale D et une matrice inversible P tel que
A = P · D · P −1 , on a An = P · Dn · P −1 . La matrice Dn est la matrice diagonale dont les
éléments diagonaux sont les puissances de valeurs propres de A.
dx1
dt
= a11 x1 + a12 x2 + . . . + a1n xn
dx2 = a x + a x + . . . + a x
dt 21 1 22 2 2n n
.
..
dxn = a x + a x + . . . + a x
dt n1 1 n2 2 nn n
dx1
dt
a11 x1 + a12 x2 + · · · + a1n xn
dx2
a21 x1 + a22 x2 + · · · + a2n xn
dX dt
= .
=
..
dt .
. .
dxn
dt
an1 x1 + an2 x2 + · · · + ann xn
dX
On a donc dt
= AX
12 1. DIAGONALISATION ET APPLICATIONS
λ1 0 ··· 0 z1
0 λ2 · · · 0 z2
D= .. .. . . , Z = . et X = P Z.
.. .
. . .
. .
0 0 ··· λn zn
d(P Z)
On a dX
dt
= dt
= P dZ
dt
= AX = (AP )Z, donc dZ
dt
= (P −1 AP ) = DZ, . Ainsi :
dz1
dt
λ1 0 ··· 0 z1
dz2
0 λ2 · · · 0 z2
dZ dt
= . = .. .. . . .. .. ,
dt .. . . . . .
dzn
dt
0 0 ··· λn zn
dzi
donc nous avons dt
= λi zi ⇒ zi = αi eλi t , il en résulte que
α1 eλ1 t
α2 eλ2 t
Z= .. .
.
αn eλn t
1 1 −1 z
La matrice A est diagonalisable et sa diagonalisée ainsi que la matrice de passage sont
respectivement
1 0 0 1 1 0
D = 0 −2 0 et P = 1 0 1 .
0 0 −2 1 −1 −1
2. APPLICATIONS 13
z1
Posons X = P Z avec Z = z2 . Le système différentiel dX = AX est équivalente au
dt
z3
aet
système dZ = DZ dont la solution est donnée par Z = be−2t .
dt
ce−2t
1 1 0 aet aet + be−2t
On en déduit que X = P Z = 1 0 1 be−2t = aet + ce−2t
−2t t −2t −2t
1 −1 −1 ce ae − be − ce
d’où
x = aet + be−2t
y = aet + ce−2t
z = aet − be−2t − ce−2t .
Chapitre 2
1. Trigonalisation
Définition 1.2. Une matrice carreé A ∈ Mn (K) est dite trigonalisable s’il existe
P ∈ GLn (K) telle que A0 = P −1 AP soit triangulaire.
0 0 · · · λn
n
Q
Dans ce le polynôme caractéristique Pf (X) = PA0 (X) = (λi − X) est scindé.
i=1
(2) Réciproquement, supposons que Pf (X) est scindé et montrons par récurrence sur
n = dim E que f est trigonalisable. Si n=1, f est trigonalisable, supposons n ≥ 2
et la propriété soit vraie pour tout endomorphisme g d’un K− espace vectoriel F
de dimension n − 1 dont le polynôme caractéristique est scindé.
Soit λ une valeur propre de f et e1 un vecteur propre de f associé à λ, complètons
e1 par 2 , . . . , n pour avoir une base de B = {e1 , 2 , . . . , n } de E.
Posons E1 = vec(e1 ) et F = vect(2 , . . . , n ), on a dim F = n − 1.
On considère π la projection sur F parallèlement à E1 , on a E = E1 ⊕ F . nous
f π
avons π : E → E, ker π = E1 , im(π) = F et π ◦ f : E → E → E.
Le sous espace vectoriel F est stable par π ◦ f , donc la restriction g de π ◦ f à F
15
16 2. TRIGONALISATION ET THÉORÈME DE CAYLEY-HAMILTON
Montrons
a22 · · · a2n
. ... ..
K= .. .
an2 · · · ann
n
Y n
X
det A = λi et Tr A = λi .
i=1 i=1
3 2 −2
A = −1 0 1 .
1 1 0
Le polynôme caractésistique de A est
3−X 2 −2
PA (X) = −1 −X 1 = (1 − X)3 = −(X − 1)3 .
1 1 −X
0 0 1 1 1 1
1 −3 0 3
−2 −6 0 13
A=
0 −3 1 3
−1 −4 0 8
est donc
1 0 −1 1
0 1 −3 3
M = ! .
0 0
−5 12
0 0 −3 7
!
−5 12
Soit K = et F = Vect(u3 , u4 ), le polynôme caractésistique de K est
−3 7
PK (X) = (X − 1)2 .
Déterminons dans F le sous-espace propre de K associé à la valeur propre 1. Soit
(α, β) ∈ F1 . Donc α = 2β, ainsi F1 = Vect{(2, 1)}. Les nombres 2 et 1 représentent les
coordonnées d’un vecteur v3 ∈ F dans la base (u3 , u4 ) de F , donc v3 = (2, 1) = 2u3 + u4 .
Complétons par le vecteur v4 ∈ F dont les coordonnées dans base (u3 , u4 ) est (0, 1) ce qui
donne v4 = u4 . On a v1 = u1 , v2 = u2 , v3 = 2u3 + u4 et v4 = u4 . Donc f (v1 ) = v1 , f (v2 ) =
v2 , f (v3 ) = 2f (u3 ) + f (u4 ) = −v1 − 3v2 + v3 .
f (v4 ) = f (u4 ) = u1 + 3u2 + 12u3 + 7u4 = v1 + 3v2 + 6v3 + v4 d’où
1 0 −1 1
0 1 −3 3
A0 =
0 0 1 6 .
0 0 0 1
m
X
P (f )(u) = ( ak f k (u))
k=0
m
X
= ak f k (u))
k=0
Xm
=( ak λk )u
k=0
= P (λ)u
t
N ∗ × N = det(N )In
= PM (X)In .
Xn−1
t ∗
N × N = (M − XIn )( Aj X j )
j=0
= PM (X)In .
20 2. TRIGONALISATION ET THÉORÈME DE CAYLEY-HAMILTON
n
X
Posons PM (X) = aj X j avec an = (−1)n .
j=0
D’une part on a
Xn−1
t ∗
N × N = (M − XIn )( Aj X j )
j=0
n−1
X n−1
X
j
= M Aj X − Aj X j+1
j=0 j=0
On en déduit que
n
X
PM (M ) = aj M j )
j=0
est annulateur de f , toute valeur propre de f est une racine de mf . On en déduit que les
valeurs propres sont exactement les racines de mf .
Yr Xr r
Y
Si Pf (X) = (−1)n (X − λi )αi avec αi = n alors mf (X) = (X − λi )βi
i=1 i=1 i=1
avec 1 ≤ βi ≤ αi .
Chapitre 3
Décomposition de Dunford
1. Lemme de Noyaux
m
X m
X
k
Démonstration. (1) Posons P (X) = ak X et P (f ) = ak f k .
k=0 k=0
Xm m
X Xm
k k+1
On a f ◦ P (f ) = f ◦ ( ak f ) = ak f =( ak f k ) ◦ f , donc f et P (f )
k=0 k=0 k=0
commutent. Montrons que ker(P (f )) est stable par f . Soit x ∈ ker(P (f )), on a
P (f )(x) = 0E , donc P (f )(f (x)) = f (P (f )(x)) = f (0E ) = 0 ainsi f (x) ∈ ker(P (f ))
d’où
f (ker(P (f ))) ⊆ ker(P (f )).
Q1 (f ) ◦ P1 (f ) + Q2 (f ) ◦ P2 (f ) = idE .
donc x1 ∈ ker(P1 (f ))). On montre de la même manière que x2 ∈ ker(P2 (f ))). Nous
avons ainsi ker(P (f )) = ker(P1 (f ))) + ker(P2 (f ))).
23
24 3. DÉCOMPOSITION DE DUNFORD
r
Y
Démonstration. Nous avons Pf (X) = (−1)n (X − λi )αi = P1 P2 · · · Pr où
i=1
Pi = (λi − X)αi . Comme les Pi sont deux à deux premiers entre eux et que Pf est
annulateur de f , on a
r
M r
M
E= ker(Pi (f )) = Nλi .
i=1 i=1
Remarque 1.5. (1) Le sous espace propre Eλi est inclue dans le sous espace ca-
ractéristique Nλi c’est à dire Eλi ⊂ Nλi .
(2) Le polynôme minimal mf (X) de f est scindé et ses racines sont simples.
(3) L’endomorphisme f admet un polynôme annulateur P scindé dont les racines sont
simples.
n
P
Soit x = xj ej et g = Q(f ), on a
j=1
Xn
g(x) = g( xj e j )
j=1
n
X
= xj g(ej )
j=1
n
X
= xj Q(f )(ej ) = 0E .
j=1
m
M r
M
D’après le lemme des noyaux, on a E = ker(f − ai idE ) = Eλi donc f est diago-
i=1 i=1
nalisable.
1 3 −1 1
0 0
Exemple 2.2. A = 4−1 3 B = 2 0 1
−2 4
4 1 −1 2
1 a 1 1 0 1
C = 0 1 b D = −1 2 1
0 0 c 2−m m−2 m
PD (X) = −(X − 1)(X − 2)(X − m)
P (g)(x) = P (f )(x) = 0.
Donc P est annulateur de g et est á racines simples, on en déduit que g est diagonalisable.
Corollaire 3.4. Soit A, B ∈ Mn (K) deux matrices diagonalisables tel que AB = BA.
Alors il existe P ∈ GLn (K) et deux matrices diagonales D et D0 telles que A = P DP −1
et B = P D0 P −1
deux premiers entre eux d’aprés l’identité de Bezout , il existe des polynômes Q1 , · · · , Qr
r
P
tels que Pi Qi = 1. On dit que les polynômes Qi sont asociés aux polynômes Pi
i=1
πi = Pi (f ) ◦ Qi (f )
(2) πi ◦ πj = 0 si i 6= j
(3) πi2 = πi
r
P r
P
Démonstration. (1) Comme Pi Qi = 1, on a πi = idE .
i=1 i=1
πi ◦ πj = Qi Pi (f ) ◦ Qj Pj (f )
= Qi Pi Qj Pj (f )
= Qi Qj Pi Pj (f )
= Qi Qj (f ) ◦ Pi Pj (f ) = 0
r
X
(3) Soit i ∈ {1, . . . , r}, comme πj = Q1 P1 (f ) + · · · + Qr Pr (f ) = idE , on a les éga-
j=1
lités
r
X r
X
πi = πi ◦ πj = πi ◦ πj = πi2 .
j=1 j=1
Il s’en suit que πj (x) = Qj (f ) ◦ Pj (f ) (x) = H(f )((f − λi idE )βi (x)) = 0.
Xr
Donc on obtient l’inclusion Ni ⊂ ker πj et et l’égalité x = πj (x) = πi (x).
j=1
D’où, x = πi (x) ∈ Imπi et Imπi = Ni
L
(2) Montrons pour tout i ∈ {1, . . . , r}, on a l’égalité ker πi = Nj :
j=1, j6=i
L
On a déjà vu, l’inclusion Nj ⊂ ker πi , pour tout j 6= i, donc Nj ⊂ ker πi .
j=1,j6=i
X L
Soit x ∈ ker πi , on a x = πj (x) ∈ Nj , donc on a bien
j=1,j6=i j=1,j6=i
M
ker πi = Nj .
j=1,j6=i
Les résultats 1) et 2) montrent que πi est la projection sur le sous espaces carcatéris-
tique Ni = ker(f − λi idE )αi parallèlement au sous espace
L
Nj .
j=1,j6=i
N − N 0 = f − D − (f − D0 ) = D0 − D,
4 −2 2
1
Posons g(X) = , la décomposition en éléments simples de g(X) est donnée par
mA (X)
1 a b c
g(X) = 2 = + 2+ . Nous avons
X (X + 1) X X X +1
lim X 2 g(X) =b=1
X→0
lim (X + 1)g(X) = c = 1
X→−1
lim Xg(X)
=a+c=0
X→+∞
1 −X + 1 1
Donc on a a = −1, b = 1 et c = 1 ce qui donne g(X) = = 2
+ ,
mA (X) X X +1
mA (X) mA (X)
ainsi 1 = 2
(−X + 1) + , d’où Q1 (X) = −X + 1 et Q2 (X) = 1.
X X +1
On en déduit que π1 = P1 (A)Q1 (A) = (A + I)(−A + I), π2 = P2 (A)Q2 (A) = A2 ,
D = 0π1 + (−1)π2 = −π2 = −A2 et N = A − D = A + A2 .
1 −1 2
Le polynômes caractéristique et le polynôme minimal de g sont respectivement PB (X) =
−(X − 1)(X − 2)2 et mB (X) = (X − 1)(X − 2)2
Chapitre 4
Réduction de Jordan
1. Introduction
où les Jλi sont des cellules de Jordan, si t = 1, on a un seul bloc de Jordan et si de plus
t = n, la matrice est diagonale
Définition 2.3. On appelle cellule de Jordan élémentaire une matrice carrée du type :
0 1 ∗
. ...
. .
J =
..
. 1
0 0
x ∈ E tel que f n−1 (x) 6= 0E . Il est claire que B = {f n−1 (x), f n−2 (x), . . . , f (x), x} est une
base de E adaptée à la réduction de Jordan de f . Relativement à cette base
0 1 0 ··· 0
1 ··· 0
0 0
. . . . . . . ..
MB (f ) = .. .
.
..
. . 1
.
0 ··· ··· ··· 0
4 −5 −2
Exemple 2.5. A = −2 −2 −8
−5 4 −2
Déterminer la réduction de Jordan de l’endomorphisme f associé à A.
Le polynôme caractéristique de f est donné par PA (X) = −X 3 et d’après e théorème
Cayley-Hamilton on a A3 = 0M3 . De plus
36 −18 36
2
A = 36 −18 36 6= 0M3 ,
−18 9 −18
donc A est nilpotent d’indice 3. On a f 2 (e3 ) = (36, 36, −18) 6= (0, 0, 0), donc B =
{f 2 (e3 ), f (e3 ), e3 } avec f (e3 ) = (−2, −8, −2) et e3 = (0, 0, 1) est une base de R3 adaptée
36 −2 0 0 1 0
à la réduction de Jordan de f . On a P = 36 −8 0 et A0 = 0 0 1 .
−18 −2 1 0 0 0
Exemple 2.6. Donner la réduction de Jordan de l’endomorphisme associé à la matrice
4 −4 0 2
4 −4 −2 4
B= .
0 0 4 −8
0 0 2 −4
2.2. Réduction de Jordan d’un endomorphisme nilpotent d’indice r < n.
Soient E de dimension n, f ∈ L(E) nilpotent d’indice r < n et p ∈ N, 0 ≤ p ≤ r.
Posons kp = ker f p et , dp = dim(kp ). La réduction de jordan de f consiste à trouver une
base de E relativement à la quelle la matrice de f est décomposée en blocs de [Link]
obtenir cette décomposition on utilise les lemmes suivants :
{0E } = k0 ( k1 ( . . . ( kr = E.
2. RÉDUCTION DE JORDAN D’UN ENDOMORPHISME NILPOTENT 37
Démonstration. Soit p ∈ [[0, r]] et soit x ∈ kp , nous avons f p (x) = 0E ce qui entraîne
f p+1 (x) = f (f p (x)) = f (0E ) = 0E d’où kp ⊂ kp+1 . Puisque f est nilpotent d’indice r, on
a f r−1 6= 0 et il existe u ∈ E tel que f r−1 (u) 6= 0E .
Pour tout entier p ∈ [[1, r − 1]],on a f r−p (f p (u)) = f r (u) = 0E et f r−p−1 (f p (u)) =
f r−1 (u) 6= 0E , donc f p (u) ∈
/ kr−p−1 . Ainsi nous avons
kr−p−1 ( kr−p .
Lemme 2.8. Il existe des sous-espaces vectoriels F1 , F2 , . . . , Fr non réduits à {0E }, tels
que
(
kp = kp−1 ⊕ Fp , 1 ≤ p ≤ r
f (Fp ) ⊂ Fp−1 , 2 ≤ p ≤ r
r
M
E= Fi .
i=1
38 4. RÉDUCTION DE JORDAN
Démonstration.
E = kr = kr−1 ⊕ Fr
= kr−2 ⊕ Fr−1 ⊕ Fr
=
..
.
= Fr ⊕ Fr−1 ⊕ . . . ⊕ F1 .
Lemme 2.10. L’image par f d’une base de Fp est une famille libre de Fp−1 .
m
X m
X
αi f (vi ) = 0E =⇒ f ( αi vi ) = 0E
i=1 i=1
m
X
=⇒ αi vi ∈ ker f = k1 ⊂ kp−1
i=1
Xm
=⇒ αi vi ∈ Fp ∩ kp−1 = 0E
i=1
Xm
=⇒ αi vi = 0E
i=1
=⇒ α1 = . . . = αm = 0.
1
3
4
6
Fr u1 u2
Fr−1 f (u1 ) f (u2 ) W1
.. .. .. ..
. . . .
F1 f r−1 (u1 ) f r−1 (u2 ) · · · ···
F3 e4
F2 f (e4 ) .
F1 f 2 (e4 ) e2
Ce tableau indique qu’il y a deux blocs de Jordan associée à valeur propre 0 de la matrice
A, un bloc de taille 3 et un bloc de taille 1.
Posons v1 = f 2 (e4 ) = (6, 4, 0, 0) = 6e1 + 4e2 , v2 = f (e4 ) = (4, 3, 2, 0) = 4e1 + 3e2 + 2e3 ,
v3 = e4 et v4 = e2 de sorte que A = {v1 , v2 , v3 , v4 } soit une base de R4 adaptée à la
2. RÉDUCTION DE JORDAN D’UN ENDOMORPHISME NILPOTENT 41
0 0 0
F1 = Vect(f (e4 ), u1 , u2 ).
F2 e4
k1 = F1 f (e4 ) u1 u2
0 1 0 0 0 0 1 0
0 0 0 0
0 et P = 0 0 0 1
A =
0 0 (0)
0
1 0 0
0
0 0 0 (0) −2 1 −2 −2
donc
k1 = Vect{e1 − e2 + e3 , e4 − e5 , e6 } = Vect{u1 , u2 , e6 }
avec u1 = (1, −1, 1, 0, 0, 0) = e1 − e2 + e3 ; u2 = (0, 0, 0, 1, −1, 0) = e4 − e5 et u3 =
(0, 0, 0, 0, 0, 1) = e6 .
De même (x1 , x2 , x3 , x4 , x5 , x6 ) ∈ k2 ⇐⇒ x2 + x3 = 0, donc
k2 = Vect{e1 , e2 − e3 , e4 , e5 , e6 }.
d1 = 3; d2 = 5; d3 = 6 ; d3 − d2 = 1; d2 − d1 = 2; d1 − d0 = d1 = 3.
Déterminons le tableau de Young associé à l’unique valeur propre λ = 0 de la matrice A.
Ce tableau est le tableau de Young associé à la suite
(d3 − d2 , d2 − d1 , d1 ) = (1, 2, 3)
2. RÉDUCTION DE JORDAN D’UN ENDOMORPHISME NILPOTENT 43
F3 e3
F2 f (e3 ) e4
F1 f 2 (e3 ) f (e4 ) e6
Le tableau indique qu’il y’a trois blocs de Jordan, un bloc de taille 3, un de taille 2 et un
bloc de taille 1. Posons v1 = f 2 (e3 ), v2 = f (e3 ), v3 = e3 , v4 = f (e4 ), v5 = e4 et v6 = e6 de
sorte que B = {v1 , v2 , v3 , v4 , v5 , v6 } soit une base de R6 adaptée à la réduction de Jordan
de A. Ce qui montre qu’une réduction de Jordan de A est donnée par :
1 0 0 0 0 0 0 1 0 0 0 0
−1 1 0 0 0 0 0 0 1 0 0 0
1 −1 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0
P = et A0 =
!
−1 1 0 1 1 0 0 0 0 1 0 0
1 −1 0 −1 0 0 0 0 0
0 0 0
1 1 0 1 0 1 0 0 0 0 0 (0)
0 1 −1 1 0
On a
0 −1 1 −1 0
0 0 0 0 0
A2 =
0 0 0 0 0 ,
0 0 0 0 0
0 0 0 0 0
et A3 = 0, A est nilpotent d’indice 3.
44 4. RÉDUCTION DE JORDAN
Soit E un K−e.v. de dimension n ∈ N? . Soit f ∈ L(E) tel que Pf (X) = (−1)n (λ−X)n .
Posons ϕ = f − λidE , d’après Cayley Hamilton, Pf (f ) = 0 donc ϕn = 0 donc ϕ est
nilpotent.
La réduction de Jordan de f se ramène à la réduction de Jordan de ϕ. Si P et B 0 sont
les matrices obtenues pour la réduction de jordan de ϕ alors P et A0 = B 0 + λIn sont les
matrices obtenues pour la réduction de jordan de f .
−5 4 7
−5 4 −2
ramène à la réduction de Jordan de B. Les puissances successives de B sont
36 −18 36
B 2 = 36 −18 36 et B 3 = 0.
−18 9 −18
Le vecteur u = e1 = (1, 0, 0) verifie f 2 (e1 ) 6= 0 donc B = {f 2 (e1 ), f (e1 ), e1 } est une base
de Jordan adaptée à la réduction de Jordan de B donc de A.
Les matrices obtenues pour la réduction de jordan de B sont
0 1 0 36 4 1
B 0 = 0 0 1 et P = 36 −2 0 .
0 0 0 −18 −5 0
9 1 0
A0 = 0 9 1
0 0 9
1 0 0 0
0 1 0 0
A=
1 2 3 1
−2 −4 −4 −1
F2 e4
k1 = F1 f (e4 ) u1 u2
0 1 0 0 0 0 1 0
0 0 0
0 0 0 0 0 1
B =
0 0 (0)
et P =
0
1 0 0
0
0 0 0 (0) −2 1 −2 −2
1 1 0 0
0 1 0 0
Donc P et A0 = B 0 + I =
0 0 (1) 0 sont les matrices obtenues pour la
0 0 0 (1)
réduction de jordan de f .
46 4. RÉDUCTION DE JORDAN
−8 −2 −7 5 4
−8 −2 −7 5 2 −1 0 −1 1 0
k1 = ker(ϕ) = {(x1 , x2 , x3 , x4 , x5 ) ∈ R5 / x1 = 0, x4 = x3 et x5 = x2 + x3 }.
k2 = ker(ϕ) = {(x1 , x2 , x3 , x4 , x5 ) ∈ R5 / x4 = x1 + x3 }.
F3 e4
F2 ϕ(e4 ) e5
F1 ϕ2 (e4 ) ϕ(e5 )
Ce tableau indique qu’on deux cellule de Jordan, un de taille 3 et un de taille 2. Posons
v1 = ϕ2 (e4 ) = (0, 0, 1, 1, 1) = u2 ; v2 = ϕ(e4 ) = (1, 2, 1, 2, 5) ; v3 = e4 ; v4 = ϕ(e5 ) =
4. RÉDUCTION DE JORDAN DANS LE CAS GÉNÉRAL 47
où J˜ (λi ) = λi Iαi + J̃i (J̃i étant la réduite de Jordan du nilpotent (f − λi IdE )|Ni . L’endo-
morphisme (f − λi idE )|Ni est la restriction de (f − λi idE ) à Ni et Ni = ker (f − λi idE )αi )
est la sous espace caractéristique associé à la valeur propre λi .
1 −1 2 −2
0 0 1 −1
A=
.
1 −1 1 0
1 −1 1 0
F2 u2
.
F1 f (u2 )
0 −1 2 −2 0 1 −3 3
0 −1 1 −1 2
0 1 −2 2
A−I =
1 −1 0 0 et (A − I) = 0 0 1 −1 .
1 −1 1 −1 0 0 0 0
−y + 2z − 2t = 0
(
−y + z − t = 0 x=y = 0
0
Déterminons les noyaux (x, y, z, t) ∈ k1 =⇒ =⇒
x−y = 0 z = t
x−y+z−t = 0
0
donc k1 = V ect{u3 } avec u3 = (0, 0, 1, 1).
−y − 3z + 3t = 0
0
De même (x, y, z, t) ∈ k2 =⇒ y − 2z + 2t = 0 =⇒ z = t, y = 0,
z−t = 0
0 0 0
ainsi k2 = {(x, 0, z, t)} = V ect{(1, 0, 0, 0), (0, 0, 1, 1)}. on a dim k2 = d2 = 2
0 0 0 0 0 0
k2 = k1 ⊕ F2 , k1 = F1 ; on peut prendre F2 = V ect{e1 }. Les dimensions de F2 et F1 sont
0 0 0 0
d2 − d1 = 1 et d1 − d0 = 1. Ce qui permet d’obtenir la tableau de Young suivant :
0
F2 e1
0
F1 ϕ(e1 )
!
1 0 0 1 0 1 0 0
1 1 0 0 0
0 0 0 0
P =
et A = !
0 0 1 1
0 0 1 1
0 0 1 0 0 0 0 1
50 4. RÉDUCTION DE JORDAN
Définition 1.1. Soit E un C-espace vectoriel. On appelle norme sur E une application
k, k : E −→ R+
x 7−→ kxk
Définition 1.2. Soit Mn (R) l’ensemble des matrices carrées d’ordre n à coéfficients
dans R. On appelle norme matricielle sur Mn (R) vérifiant kABk ≤ kAkkBk.
m
m
P k m−k
A B
(A + B)m k=0
k
=
m! m!
m
X m!
= Ak B m−k
k=0
m !k !(m − k) !
m
X Ak B m−k
= .
k=0
k ! (m − k) !
Donc
∞ X m
A+B
X Ak B m−k
e =
m=0 k=0
k ! (m − k) !
∞
! ∞ !
X Ak X Bm
=
k=0
k! m=0
m!
= eA eB
Corollaire 1.6. Soit A ∈ Mn (R). Alors eA est inversible d’inverse e−A
Démonstration. Comme les matrices A et −A commutent, on a In = eA+(−A) =
eA e−A , donc eA est inversible et (eA )−1 = e−A .
Proposition 1.7. Soit A ∈ Mn (R) et P ∈ Mn (R) une matrice inversible. Alors
P −1 AP
e = P −1 eA P
Démonstration. Posons B = P −1 AP , on a B k = P −1 Ak P , donc
m m
X Bk X P −1 Ak P
=
k=0
k! k=0
k!
m
!
X Ak
= P −1 P.
k=0
k!
L’application
ϕ : Mn (R) −→ Mn (R)
M 7−→ P −1 M P
Pm Bk
est continue car elle est linéaire, donc la limite lors m tend vers ∞ de est égale à
m k k=0 k !
PA
la limite lors m tend vers ∞ de P −1 P , on en déduit que
k=0 k !
−1 AP
eP = P −1 eA P.
1. SYSTÈMES DIFFÉRENTIELS LINÉAIRES 53
f : R −→ Mn (R)
t 7−→ etA
d(etA )
est dérivable sur R et on a = A etA .
dt
Démonstration. Comme toutes les normes sur Mn (R) sont équivalentes, on peut
fixer une norme matricielle k, k sur Mn (R). On a
∞ ∞
X Ak X Ak
eA −I − A = I + A + −I −A= .
k=2
k! k=2
k!
Donc
∞
A
X Ak
ke −I − Ak = k k
k=2
k !
∞ ∞
X kAk k X kAk+2 k
≤ =
k=2
k! k=0
(k + 2) !
∞
X kAk k
=≤ kAk2
k=0
(k + 2) !
=≤ kAk2 ekAk
Soit t, t0 ∈ R on a
t2 tn−1
1 t ···
2 (n − 1) !
tn−2
n−1
X tk
etN = Nk =
0 1 t ···
k! (n − 2) !
k=0
.. .. ... ..
. . .
0 0 ··· 0 1
.
Ce qui donne pour le calcul de l’exponentiel de tJλ
t2 tn−1
1 t ···
2 (n − 1) !
tn−2
etJλ = etλ
0 1 t ···
(n − 2) !
.. .. .. ..
. . . .
0 0 ··· 0 1
.
Soit A une matrice décomposée en blocs de Jordan.
Jλ 0
1 .
A= .. .
0 Jλr
où les Jλi sont des matrices de Jordan, alors on a
etJλ1 0
etA = ..
.
.
0 etJλr
5.
56SYSTÈMES DIFFÉRENTIELS ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES D’ORDRE N À COÉFFICIENTS CONST
1.3. Cas particulier des matrices carrées d’ordre 2. Nous donnons d’abord la
classification des!matrices carrées d’ordre 2.
a b
Soit A = ∈ Mn (K) une matrice d’ordre 2 à coéfficients dans un corps commutatif
c d
et unitaire K. Si K = C alors le polynôme caractéristique de A est scindé. Si PA a deux
racines complexes alors A est diagonalisable donc semblable à une matrice diagonale et
on se ramène au cas diagonalisable pour le calcul de l’exponentiel. Si PA a une racine
! double la matrice A est trigonalisable et est semblable à un bloc de Jordan
complexe
λ 1
et le calcul de l’exponentiel est connu dans ce cas.
0 λ
Si K = R et Si PA a toutes ses racines réelles alors A est comme dans le cas complexe
semblable à une matrice diagonale ou à une matrice de Jordan. Si PA (X) = X 2 −Tr AX +
det A n’a aucune racine réelle son discriminant ∆ = (Tr A)2 − 4 det A est strictement
(Tr A)2
négatif et il existe b ∈ R strictement positif tel que b2 = − + det A. En posant
4
Tr A
a= , on a
2
PA (X) = X 2 − Tr AX + det A
Tr A
= X2 − 2 X + det A
2
Tr A 2 (Tr A)2
= (X − ) − + det A
2 4
= (X − a)2 + b2 .
Théorème 1.9. Soit A ∈ M2 (R) une matrice d’ordre 2 à coéfficients dans R, alors
(1) Ou bien A est semblable à une matrice diagonale de M2 (R).
(2) Ou bien A est semblable à une matrice de Jordan
!
λ 1
.
0 λ
(3) Ou bien il existe un unique couple (a, b) ∈ R2 avec b > 0 tel que A soit semblable
à la matrice !
a b
.
−b a
!
a b
Déterminons l’exponentiel de la matrice A = = aI + bJ où I est la matrice
−b a
!
0 −1
identité et J = . On a J 2 = −I, donc ∀k ∈ N, J 2k = (−1)k I et J 2k = (−1)k J.
1 0
Donc
+∞ +∞
(−1)k (bt)2k
X 1 2k
X
(btJ) = I
k=0
(2k) ! k=0
(2k) !
+∞
!
k 2k
X (−1) (bt)
= I
k=0
(2k) !
= (cos bt)I
et
+∞ +∞
(−1)k (bt)2k+1
X 1 X
(btJ)2k+1 = I
k=0
(2k + 1) ! k=0
(2k + 1) !
+∞
!
X (−1)k (bt)2k+1
= I
k=0
(2k + 1) !
= (sin bt)I
dx1
dt
= a11 x1 + a12 x2 + . . . + a1n xn + b1 (t)
dx2 = a x + a x + . . . + a x + b (t)
dt 21 1 22 2 2n n 2
.
..
dxn = a x + a x + . . . + a x + b (t)
dt n1 1 n2 2 nn n n
Posons
x1 b1
x2 b
et B = .2 .
A = (aij )1≤i≤n,1≤j≤n , X= .. .
. .
xn bn
Le système différentiel s’ecrit :
dx
dt
1
a11 x1 + a12 x2 + · · · + a1n xn b1
dx2
a21 x1 + a22 x2 + · · · + a2n xn b2
dX dt
= .. =
.. + . = AX + B.
.
dt . . .
dxn
dt
an1 x1 + an2 x2 + · · · + ann xn bn
dX
Dans le cas d’un système homogème on a = AX.
dt
(U − S0 )0 = U 0 − S00
= (AU + B) − (AS0 + B)
= A(U − S0 ),
donc S = U −S0 est une solution du système homogène X 0 = AX et nous avons U = S+S0 .
On en déduit que les solutions les solutions du système différentiel X 0 = AX + B sont de
la forme S + S0 où S est une solution du système homogème X 0 = AX.
5.
60SYSTÈMES DIFFÉRENTIELS ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES D’ORDRE N À COÉFFICIENTS CONST
Proposition 1.14. Soit A ∈ Mn (R),P ∈ GLn (R) dont les coéfficients sont constants
et Y : I −→ Rn une application. Alors P Y est solution du système différentiel X 0 = AX
si et seulement si Y est solution du système différentiel X 0 = (P −1 AP )X.
(P Y )0 = A(P Y ) ⇐⇒ P Y 0 = A(P Y )
⇐⇒ Y 0 = (P −1 AP )Y
On en déduit le résultat.
S : R −→ Rn
t 7−→ S(t) = etA X0
où X0 ∈ Rn est constant.
S 0 (t) = (etA X0 )0
= (etA )0 X0
= A etA X0
= AS(t).
Donc S(t) = etA X0 est solution du système différentiel homogène X 0 = AX. Montrons
que toute les solutions sont de cette forme. Soit S une solution et soit f (t) = e−tA S(t).
En dérivant les deux membres de cette égalité on obtient
L’application f est constante donc il existe X0 ∈ Rn tel que f (t) = e−tA S(t) = X0 . On
en déduit que S(t) = etA X0 .
1. SYSTÈMES DIFFÉRENTIELS LINÉAIRES 61
S(t) = e(t−t0 )A X0
= etA e−t0 A X0
= etA Y0 .
!
1 00 7 0 1 0 0
!
−7 0 −1 0 0
0 0 0 0 J1 0
P =
et A = ! = ,
4 1 −8 0
0 0 0 1
0 J2
2 0 −4 1 0 0 0 0
avec
! !
0 1 1 t
J1 = J2 = et etJ1 = etJ2 = .
0 0 0 1
dX
On en déduit que les solutions du système différentiel = AX sont les fonctions
dt
1 0 7 0 a + bt
−7 0 −1 0 b
X(t) = P Z(t) =
4 1 −8 0 c + dt
2 0 −4 1 d
2. ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES D’ORDRE N À COÉFFICIENTS CONSTANTS 63
où les ai sont des constantes, x : R −→ R est n fois dérivable et x(k) désigne la dérivée
k-ème de la fonction x(t).
x0
x1
Posons x0 = x, x1 = x, · · · , xn−1 = x(n−1) , xn = x(n) , X =
..
.
.
xn−1
L’équation différentielle se ramène au système suivant
x1 x1
x2 x2
dX
= .
.
= .. =
dt . .
xn −a0 x0 − a1 x1 − · · · − an−1 xn−1
5.
64SYSTÈMES DIFFÉRENTIELS ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES D’ORDRE N À COÉFFICIENTS CONST
dX
Ce qui donne = AX, où A est la matrice suivante
dt
0 1 0 ··· 0
0 0 1 ··· 0
A= .
.
.
.
−a0 −a1 a2 · · · −an−1
1 −2 1
f l’endomorphisme de R3 dont la matrice relativement à la base canonique est A et soit
ϕ = f − idR3 on a ϕ2 (e1 ) = (1, 1, 1) 6= 0R3 , la base B = {ϕ2 (e1 ), ϕ(e1 ), e1 } est adaptée à
la réduction de Jordan de A. Ce qui donne
1 −1 1 1 1 0
P = 1 0 0 et A0 = 0 1 1 .
1 1 0 0 0 1
dY dZ
Posons Y = P Z et l’équation = AY est équivalente à l’équation = A0 Z. Les
dt dt
dZ
solutions du système différentiel = A0 Z sont les fonctions
dt
t2 t2
a 1 t a a + bt + c
0 2 2
Z(t) = etA b = et t
0 1 t b = e b + ct
.
c 0 0 1 c c
t2
t2 a − b + c + (b − c)t + c 2
1 −1 1 a + bt + c
2
t2
Y = P Z = et 1 0 0 = et .
b + ct a + bt + c
2
1 1 0 c
t2
a + b + (b + c)t + c
2
000 00 0
Donc les solutions de l’équation différentielle y − 3y + 3y − y = 0 sont les fonctions
t2
y(t) = a − b + c + (b − c)t + c .
2