Droit pénal des affaires en 2023-2024
Droit pénal des affaires en 2023-2024
INTRODUCTION
Le droit des affaires a pour objet principal d’assurer la sécurité des transactions et de
promouvoir la circulation des biens et des richesses. Ce droit est par essence libéral.
La question est donc de savoir si l’intervention du droit pénal ne risque pas d’entraver
le développement des affaires. Certains auteurs l’ont admis. Pour eux le droit pénal
n’est qu’un ensemble de règles gênantes qui, appliquées aux affaires risqueraient
d’entraver le jeu des transactions.
En vérité, le droit pénal n’est pas inquiétant. On a l’habitude de l’analyser comme un
ensemble de règles assorties de sanctions.
C’est exact mais en partie seulement car le droit pénal a aussi un autre visage, c’est
un droit de protection, de défense et de sécurité. Il n’existe donc aucune antinomie
entre droit pénal et vie des affaires. Le droit pénal peut par son intervention moraliser
les relations d’affaires en rappelant aux acteurs qui interviennent dans ce cadre, ce
qu’ils ne doivent pas faire. Son application aux affaires permet aussi d’assurer la
protection des victimes. On ne peut en effet accepter au nom du principe de
l’accumulation des richesses, que des personnes soient écrasées par d’autres. On ne
peut aussi admettre parce que le libéralisme est la clé de voûte du droit des affaires
que des personnes menacent par leur comportement les bases économiques de la
société. C’est le cas de la fraude douanière, c’est encore le cas de la fraude fiscale.
L’édiction de règles pénales est donc nécessaire en droit des affaires. C’est la seule
garantie si on veut éviter des débordements. C’est à ce prix que l’on pourra lutter
contre les actes de nature à fausser les règles du jeu dans les rapports que les acteurs
du monde des affaires tissent entre eux.
Le cours enseigné sera axé sur le code pénal et également sur les textes qui se situent
en dehors de ce code. On s’intéressera aux actes uniformes de l’OHADA.
b. La jurisprudence
Elle est importante. Elle est publiée en Côte d’Ivoire aux revues juridiques
notamment à la Revue Ivoirienne de Droit (RID), au Centre National de
Documentation Juridique (CNDJ), aux Actualités juridiques. En France au Dalloz,
au JCP, à la Revue Sciences Criminelles, à la Gazette du Palais.
Au Sénégal, on peut consulter la Revue Sénégalaise de droit, les Anales Africaines, le
Recueil Penant, la Revue des Institutions Politiques et Administratives du Sénégal, la
Revue de droit de l’Association sénégalaise de droit pénal.
c. La doctrine
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Dr. ADINGRA_Droit pénal des affaires
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- Dupon De L’estraint : Droit pénal des affaires et des sociétés commerciales, Ed.
Dalloz
- Patin, Cayolle, Aydalot et J.M. Robert : Droit pénal général et législation pénale
appliquée aux affaires, PUF, 1979
- Jurisclasseur de Droit pénal, les Répertoires de l’encyclopédie Dalloz et enfin,
l’encyclopédie juridique de l’Afrique.
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On les qualifie d’infractions contre les biens. Ce sont des infractions dans lesquelles
le délinquant appauvrit le propriétaire du bien. On les appelle aussi les appropriations
frauduleuses. Ces infractions portent atteinte au patrimoine d’autrui.
Les crimes et délits contre les biens sont ceux qui consistent à endommager et
détruire les choses appartenant à autrui.
CHAPITRE 1 : LE VOL
Le vol apparait comme l’un des procédés les plus primitifs d’atteinte aux biens
d’autrui. Il est le type même de l’infraction de droit commun.
En effet, le voleur de façon violente ou clandestine, va soustraire frauduleusement
une chose qui ne lui appartient pas. L’élément légal constitutif du vol est l’article 457
du code pénal qui incrimine la soustraction frauduleuse de la chose d’autrui. Ce texte
précise les éléments qui doivent être réunis pour que l’on qualifie un acte de vol.
Les dispositions de l’article 457 du code pénal permettent de faire ressortir l’élément
matériel du vol et son élément moral ou intentionnel.
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Dr. ADINGRA_Droit pénal des affaires
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A- La notion de soustraction
B- La chose soustraite
Il doit s’agir d’un bien meuble car la soustraction consiste essentiellement à déplacer
ou emporter la chose de gré ou à l’insu de son propriétaire.
On assimile au vol la soustraction frauduleuse du gaz ou de l’électricité parce qu’il est
considéré comme une chose ainsi que les procédés d’appréhension frauduleuse. Par
exemple un branchement clandestin, un trucage de compteur d’électricité. La
soustraction ne peut pas porter sur les immeubles. Les immeubles par nature ne sont
pas susceptibles de déplacement. Ils ne peuvent faire l’objet de vol même si leur
possession peut être usurpée. Cependant pout les biens qualifiés immeubles par
destination, on admet qu’ils sont susceptibles d’être volés, exemple : les animaux
attachés à la culture, les instruments agricoles.
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L’article 457 du code pénal exige que la chose soustraite soit la propriété d’autrui.
Mais il importe peu que le véritable propriétaire soit connu ou désigné dans la
condamnation.
Pour l’application du droit pénal, il nous suffit que l’on fasse la démonstration que
la chose n’appartient pas à l’auteur de la soustraction. C’est au ministère public de
faire ce travail. Mais la personne poursuivie peut se défendre en démontrant que la
chose lui appartient ou n’appartient à personne.
On ne peut pas voler sa propre chose. L’infraction de vol est donc exclue si le voleur
est le propriétaire de la chose soustraite. Le propriétaire qui détruit ou détourne ou
tente de détruire les objets saisis sur lui et confiés à sa garde ou à celle d’un tiers ne
peut être poursuivi pour vol, mais sur la base de l’article 469 al. 1er du code pénal.
De même, celui qui remet une chose en gage à son créancier et qui profite de
l’inattention de celui-ci pour reprendre la chose ne peut être poursuivi sur la base de
l’article 457 du code pénal. Son comportement relève d’une qualification spéciale,
c’est le détournement d’un objet remis en gage.
L’article 457 du code pénal est cependant applicable au propriétaire de la chose
soustraite lorsque son droit de propriété porte partiellement sur cette chose ; exemple
: selon l’article 716 du code civil français, les trésors appartiennent pour moitié à
l’inventeur et pour moitié au propriétaire du terrain sur lequel ils ont été découverts.
L’infraction de vol est donc réalisée si l’inventeur s’approprie la part qui revient de
droit au propriétaire du fond.
Mais peut-on parler de vol lorsque le vendeur à tempérament qui n’a pas été payé
reprend la chose et qu’après l’avoir fait il introduit une action en résolution devant le
juge civil ? A supposer que le juge civil lui ait donné gain de cause, peut-on quand
même le poursuivre pour dol ?
La répression s’impose même s’il y a résolution de la vente au moment où il reprenait
la chose entre les mains de l’acheteur, il n’était plus juridiquement le propriétaire. La
solution ainsi retenue n’est pas en accord avec le droit civil mais elle montre que le
droit pénal a un certain particularisme par rapport aux règles du droit civil.
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Par chose n’appartenant à personne, il faut entendre les choses qui ne sont pas encore
appropriées et les choses abandonnées.
On les appelle aussi les res nillius. Lorsque la soustraction porte sur une chose qui
n’a pas de propriétaire, la qualification de vol ne peut être retenue car la chose sans
maître appartient au premier occupant.
L’occupation consiste à s’emparer d’une chose. Les cas d’application les plus
fréquents concernent le gibier sauvage.
On les appelle aussi les res derelictae. Ce sont les choses qui ont fait l’objet d’une
appropriation mais qui ont été abandonnées. Aux choses abandonnées, il faut
opposer les choses perdues.
Une chose est perdue lorsque son maître conserve la volonté de se comporter en
propriétaire même s’il est momentanément et involontairement privé de la détention
de la chose.
Il n’est pas toujours aisé de distinguer une chose perdue et une chose abandonnée.
Pour certaines choses qu’on peut trouver dans les poubelles ou dans les décharges
publiques, l’hésitation n’est pas permise ; on peut les considérer comme
abandonnées. En pareil cas, l’appropriation de ces choses peut se faire par
occupation.
S’agissant des choses trouvées sur la voie publique, les solutions de la jurisprudence
sont loin d’être uniformes. Dans certains cas elle les considère comme abandonnées,
dans d’autres, comme perdues. Ex. : constitue un délit de vol, le fait de ramasser un
chéquier perdu à côté de soi par autrui et de le mettre dans sa poche.
En résumé, il y a vol si la chose appartient à autrui, peu importe que l’on ne connaisse
pas avec précision l’identité du véritable propriétaire, dès lors qu’il est certain que ce
n’est pas l’auteur de la soustraction qui en est le propriétaire. Pour échapper aux
poursuites le prévenu sera emmené à prouver la propriété qu’il invoque.
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Ici seront envisagées les différentes formes de vol., leur répression et les immunités
dont peut jouir l’auteur du vol.
A- Le vol simple
B- Le vol aggravé
Comme son nom l’indique, c’est le vol le plus grave. Ici le délinquant est plus
dangereux que l’auteur de vol simple en raison de la violence à laquelle la victime est
soumise et/ou les circonstances dans lesquelles l’infraction est commise. Le vol
aggravé, même étant revêtu des circonstances aggravantes n’en reste pas moins un
délit. Ce sont les circonstances qui lui attribuent les caractères d’aggravation. Ces
différentes circonstances sont prévues aux articles 459 et 460 du code pénal. Selon
l’article 459, la peine est de 10 à 20 ans d’emprisonnement et une amende de 500 000
à 5000 000 de francs si le vol ou la tentative de vol a été accompagné d’une au moins
des circonstances si après :
1° le vol ou la tentative de vol est commis avec des violences n’ayant pas entraîné
des blessures.
2° s’il y a effraction extérieure, escalade, usage de fausse clé : les effractions
extérieures sont celles à l’aide desquelles on peut s’introduire dans les maisons,
cours, enclos ou dépendances.
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Les effractions intérieures sont celles qui après l’introduction dans les lieux
sus indiqués, ont lieux aux armoires et autres meubles fermés qui contiennent
des effets quelconques. L’effraction suppose une violence appliquée à une
chose, une rupture, une dégradation, un enlèvement.
Quant à l’escalade elle désigne toute entrée dans les maisons, bâtiments, cours,
parcs, édifices, jardins, enclos exécuté par-dessus les mûrs, porte, toiture ou
autre clôture. L’entrée par une ouverture souterraine autre que celle qui a été
établie pour servir d’entrée est une circonstance de même gravité que
l’escalade.
S’agissant des fausses clés, sont ainsi qualifiés tout crochet passe partout, clés
imitées ou contrefaites, altérées ou qui n’ont pas été destinées par le
propriétaire aux fermetures et auxquelles le délinquant les aura employées. Ce
sont tout type de serrure qui a été imitée.
Ce voleur doit être sévèrement puni parce qu’il a vaincu les obstacles que le
propriétaire avait placés pour protéger sa propriété.
3° le vol ou la tentative de vol est commis en réunion de deux personnes au moins.
Il s’agit d’un groupe de personnes qui décide de se constituer en bande en vue
de commettre des infractions. Ces personnes peuvent être assimilées en
fonction de leur nombre à une association de malfaiteurs.
4 ° le vol est commis avec l'usage frauduleux, soit de l'uniforme ou du costume d'un
agent public, civil ou militaire, soit du titre d'un tel agent public, soit d'un faux
ordre de l'Autorité civile ou militaire ;
5° le vol est commis dans une maison habitée ou servant à l’habitation ;
6° le vol est commis avec bris de scellés ;
7° l'usage d'un masque, quelle qu'en soit la nature ;
8° le vol est commis la nuit.
Constitue également un vol aggravé, le vol commis avec les circonstances ci-après de
l’article 460 du code pénal :
1° la nuit avec la réunion de deux au moins des circonstances prévues à l'article 459
;
2° lorsque l'auteur est porteur d'une arme ;
3° avec des violences ayant entraîné la mort ou des blessures, ou lorsque l'auteur a
utilisé un véhicule pour faciliter son entreprise, sa fuite, ou est porteur d'un
narcotique ;
4° lorsque l'auteur exerce sur la victime des actes de violences sexuelles.
Le vol commis dans ces circonstances est puni d’un emprisonnement à vie.
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A- La tentative de vol
La route qui mène à l’entreprise criminelle (inter criminis) et notamment au vol peut-
être plus ou moins longue, et avant le commencement d’exécution qui constitue une
tentative punissable (art 28 du code pénal) il y a la place pour les actes préparatoires
qui ne sont pas punissable sauf s’ils constituent par eux-mêmes une infraction (art 27
du code pénal). Et en matière de tentative, il y a répression lorsque cette tentative se
manifeste par un acte impliquant sans équivoque l’intention de son auteur de
commettre l’infraction infraction. Elle est considérée comme le vol lui-même si elle
n'a été suspendue ou si elle n'a manqué son effet que par des circonstances
indépendantes de la volonté dudit auteur.
Ainsi, le fait de se rendre sur les lieux de vol avec tout un arsenal, constitue un
commencement d’exécution, une intention irrévocable de commettre le vol. De
même le fait de rentrer dans la maison avec des instruments devant servir à déceler
un coffre-fort contenant la paie des ouvriers et une camionnette pour transporter le
coffre-fort constitue une tentative punissable de vol.
B- La complicité
Le complice est aux termes de l’article 30 du code pénal celui qui soit :
1° procure tout moyen devant servir à l'action (vol) tel arme, instrument ou
renseignement ;
2° aide ou assiste directement ou indirectement l'auteur du vol dans les faits qui le
consomment où le préparent.
En un mot, il est celui qui a aidé le voleur à commettre le vol ou à le préparer. Il est
puni au même titre que l’auteur matériel. En effet, selon l’article 32 du code pénal,
tout complice d'un crime, d'un délit ou d'une tentative encourt les mêmes peines et
les mêmes mesures de sûreté que l'auteur même de ce crime, de ce délit ou de cette
tentative. C’est l’emprunt de criminalité.
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En principe, la loi pénale doit s’appliquer à tous. Il en résulte que tout délinquant est
soumis à l’action publique née de l’infraction pour laquelle il est poursuivi. Mais cette
application à des limites en raison des liens familiaux qui unissent l’auteur de
l’infraction et la victime.
Ainsi il y a un type de vol qui ne tombe pas sur le coup de la loi pénale c'est-à-dire le
vol commis entre ascendants et descendants ou alliés au même degré.
1- bénéficiaires de l’immunité
- Le vol entre conjoints ne peut donner lieu qu’a réparation civile. Il en est de
même, du veuf ou de la veuve quant aux choses qui avaient appartenues à
l’époux décédé.
- Le vol entre ascendants et descendants : l’immunité familiale s’applique
aux vols commis par des enfants, non seulement au préjudice de leur père et
mères mais encore au préjudice de leurs grands-parents et aïeuls à quelque
degré que ce soit et vice versa. Cette immunité s’applique aussi aux enfants
adoptifs. Quant aux enfants dont la filiation a été établie, ils peuvent se
prévaloir de l’immunité mais leur complice, ne sont pas couvert de l’immunité
familiale.
- Le vol entre alliés : la loi vise des soustractions commises par les alliés au
même degré pendant la durée du mariage, et en dehors d’une période pendant
laquelle, les époux sont autorisés à vivre séparément. Sont concernées les
personnes suivantes :
Les alliés : Enfants ou descendants pour les vols commis au préjudice
des ascendants.
Exemple : un enfant d’un premier lit qui vol le second mari de sa mère ou la
deuxième femme de son père.
Le père, la mère, ou tous autres ascendants, pour les vols commis au
préjudice des alliés de leurs enfants ou descendants.
Exemple : un père vol le mari de sa fille. Une belle mère vole son gendre.
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EXERCICES D’APPLICATION
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Le recel est réprimé par l’article 477 du code pénal. Cet article réprime le fait de
cacher tout ou partie d’une chose détournée ou enlevée, ou obtenue à l’aide d’un
crime ou d’un délit en connaissant sciemment son origine délictuelle. Cet article
dispose que « constitue un recel, le fait pour une personne de dissimuler, de détenir ou de
transmettre une chose, ou de servir d'intermédiaire afin de la transmettre, en sachant que cette chose
provient d'un crime ou d'un délit ». Est également un recel « le fait pour une personne, en
connaissance de cause, de bénéficier, par tout moyen, du produit d'un crime ou d'un délit ».
A- L’acte de recel
La définition du recel est en général la détention d’une chose provenant d’un délit ou
d’un crime. Il n’est pas nécessaire que cette détention ait durée longtemps. Le recel
est un délit continu, peu importe la forme de la réception de la chose, c'est-à-dire la
manière dont la chose a été obtenue. Que le délinquant l’ait acheté ou mis en dépôt
ou encore reçu en don n’influence en rien la qualification de l’infraction. L’acte de
recel est constitué soit par un achat en sachant que la chose n’appartient pas au
vendeur dès lors que vous savez l’origine de la chose.
Le recel peut exister sans que l’on ait encore la chose entre les mains c’est-à-dire dès
lors que l’on a commandé la marchandise. Ainsi, commet le délit de recel, celui qui
en se faisant transporter dans une voiture, la savait volée ; il a bénéficié du produit.
Constitue également le délit de recel et non celui de complicité de banqueroute
frauduleuse, le fait pour un agent d’affaire de recevoir une commission provenant à
sa connaissance d’un détournement d’actif commis par un commerçant en état de
cessation de paiement.
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Constitue de même le délit de recel le fait pour un conseil juridique de recevoir d’une
société des émoluments alors qu’il savait que cette société était en cessation de
paiement et que les fonds reçus étaient obtenus à l’aide d’un délit assimilé à la
banqueroute simple.
En outre, les cogérants d’une société dont l’activité est déficitaire commettent un
recel en prélevant leur rémunération sur le compte bancaire de ladite société dès lors
que le crédit est constitué par le produit d’abus de confiance commis par l’un d’entre
eux à la connaissance des autres.
Il doit porter sur les choses enlevées, détournées ou obtenues à l’aide d’un crime ou
d’un délit. Même le simple renseignement obtenu en violation du secret de fabrique
constitue un délit de recel. Le recel peut être constitué par la détention des
photocopies d’un document obtenu frauduleusement.
La loi pénale sanctionne celui qui détient une chose en sachant que la chose a une
origine délictueuse. Dès lors, celui qui détient la chose est-il de mauvaise foi ou de
bonne foi ?
Pour que le recel soit constitué, il faut que son auteur sache que la chose détenue
provient d’un crime ou d’un délit. Dès lors, il y a mauvaise foi de la part du prévenu.
La loi ne tient pas compte du mobile de l’agent poursuivi pour recel. Peu importe
que le receleur n’ait tiré aucun profit personnel des objets reçus. Il n’est pas nécessaire
que le receleur ait la connaissance précise de la nature de l’infraction. Dès lors qu’un
individu ne pouvait se douter que la chose remise avait été frauduleusement
soustraite à son propriétaire, le délit est constitué quoique les conditions de la
soustraction n’aient pas été établies de manière précise et complète et que l’auteur en
soit inconnu.
Par ailleurs, la détention de mauvaise foi de document faux constitue un recel.
Cependant, lorsqu’on est de bonne foi il n’y a pas d’infraction.
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Nous avons successivement les peines, les prescriptions et le paiement des amendes.
A- Le recel simple
L’article 477 du code pénal punit le recel simple (c'est-à-dire les choses enlevées,
détournées ou obtenues à l’aide d’un délit) d’un emprisonnement de 1 à 5 ans et
d’une amende de 300.000 à 3.000.000 de francs. L’amende peut être élevée au-delà
de 3.000.000 de francs jusqu’à la moitié de la valeur des biens recelés.
Toutefois, lorsque le recel porte sur une chose volée, la peine applicable est celle
prévue par l’article 458 du code pénal c’est-à-dire de 5 à 10 ans de prison et une
amende de 300.000 à 3.000.000 de francs. Le sursis de l’article 130 du code pénal
n’est pas applicable dans ce cas-ci.
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B- Le recel aggravé
Il y a recel aggravé lorsque l’infraction d’origine est un crime. Dans ce cas, le recéleur
est puni d’une peine attachée par la loi à ce crime.
Le receleur peut bénéficier de l’immunité familiale prévue à l’article 103 du CP
lorsque le recèle ne lèse que les intérêts matériels de la personne qui lui est unie par
la parenté ou le mariage. Le délit de recèle est une infraction continue, qui se prolonge
et ne prend fin qu’au jour où la personne a cessé de garder la chose. Le receleur ne
peut bénéficier du sursis.
A- La prescription
Le recel, bien que distinct de l’infraction ayant procuré les choses recelées, demeure
un délit de conséquences.
Parce que ce délit est distinct de l’infraction d’origine, le recel reste punissable alors
même que l’infraction d’origine serait prescrite. Dans ce cas, la prescription de
l’infraction d’origine commence à courir à compter de l’acte qui en constitue
l’élément matériel tandis que le recel est une infraction continue dont la prescription
ne commence à courir que le jour où la détention voire le bénéfice des choses recelées
a cessé.
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EXERCICE D’APPLICATION
REPONDRE PAR VRAI OU PAR FAUX ET JUSTIFIEZ VOTRE
REPONSE
1- On peut être voleur et receleur d’un même objet.
2- La qualification donnée au fait poursuivi en ce qui concerne l’auteur principal
ne constitue pas chose jugée à l’égard du receleur.
3- Le recel est punissable même si l’auteur de l’infraction originaire n’a pas été
poursuivi ou est couvert par l’immunité découlant du lien de famille.
4- Le recel n’est pas punissable si l’auteur de l’infraction d’origine a été acquitté
pour avoir agi sans intention coupable.
5- Le recel n’est pas punissable si l’infraction d’origine est atteinte par la
prescription.
6- Est coupable du délit de recel de chose celui qui détruit en toute conscience
une chose acquise en remploi de choses obtenues à partir du produit de
négociation des objets procurés par une infraction.
7- Une même personne ne peut pas être poursuivie éventuellement pour
complicité de vol et pour recel.
8- Dans le délit de recel de choses, l’élément intentionnel réside dans la
connaissance par le délinquant de la nature, la date, le lieu, la victime ou
l’auteur de l’infraction originaire.
9- Dans le délit de recel, la réception consciente de la chose d’origine délictueuse
est punissable alors même que la chose a été reçue par l’entremise d’un
intermédiaire de bonne foi.
10- Le débitant de boissons qui reçoit sciemment en paiement de consommation
des sommes volées est coupable du délit de recel.
11- N’est pas coupable du délit de recel le gérant d’une société en participation
qui prélève sa rémunération sur des fonds détournés.
12- Les peines du recel sont applicables à celui qui connaissant l’origine
frauduleuse des fonds, en obtient la remise par une banque, au moyen d’un
chèque reçu et présenté à l’encaissement.
13- N’est pas coupable de recel celui qui ayant reçu la chose de bonne foi, la
détient et conserve ensuite après avoir acquis connaissance de son origine
délictueuse.
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CHAPITRE 3 : L’ESCROQUERIE
L’escroquerie est, tout comme le vol, un délit contre les biens prévue et punie par
l’article 471 du code pénal. Dans cette infraction, l’escroc prend la chose qui ne lui
appartient pas en trompant la victime. Il s’approprie la chose, en provoque sa remise
par son propriétaire en utilisant des moyens frauduleux. Il réussit à obtenir par la
duperie que la victime lui remette elle-même la chose.
L’escroc bien que poursuivant le même but que le voleur agit de manière différente.
Dans l’escroquerie, le délinquant se fait remettre la chose convoitée, alors que dans
le vol le délinquant prend la chose convoitée à son propriétaire contre son gré.
Toute tromperie même dolosive, n’est pas nécessairement une escroquerie
punissable par le droit pénal. La fraude de l’escroc est un dol qui vicie le
consentement de la victime dupée, au moment où elle accepte de remettre l’objet du
délit. La mauvaise foi est une condition de l’infraction. De même, le mobile est sans
influence sur la qualification de l’infraction. Ainsi, reste escroc celui qui monte une
opération dans un but de bienfaisance pour une activité charitable. La noblesse ne
justifie pas l’acte.
L’escroquerie consiste dans le fait, pour une personne de se faire remettre une chose
par son propriétaire au préjudice de ce dernier. C’est une infraction complexe. Pour
que l’infraction soit constituée, le délinquant doit user de procédés de tromperies
pour déterminer la remise par la victime de la chose convoitée. A cela s’ajoute
l’élément intentionnel de l’escroquerie.
Le faux nom, c’est le nom autre que le véritable nom de la personne qui l’utilise. Il
peut être entièrement imaginaire ou un vrai nom emprunté à l’état civil d’un tiers.
Cependant, le nom patronymique peut devenir un faux nom s’il crée un risque de
confusion. L’usage par l’escroc de son propre nom doublé de l’emploi d’un faux
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prénom destiné à créer dans l’esprit des dupes éventuels, une confusion avec une
autre personne, constitue un faux nom.
Il n’y a pas, par contre, usage de faux nom lorsque l’on utilise un pseudonyme. Mais
il y a usage de faux nom s’il y a utilisation du pseudonyme d’autrui pour faire naître
la confusion. Peu importe que le faux nom s’utilise avec l’accord du titulaire du nom
(dans le cas où le faux nom est celui d’un autre). Si l’intéressé était informé, il sera
complice de l’escroc par fourniture de moyens.
La qualité peut être une fonction, une nationalité. Il peut s’agir d’un titre universitaire,
d’une profession réglementée, d’une fonction publique, titulaire d’une décoration,
d’un titre de noblesse. La qualité désigne le titre légalement conféré à certaines
personnes comme celui de docteur ou de licencié. Se prétendre créancier ou
propriétaire n’est pas faire usage de fausse qualité.
Le délit n’est constitué que si l’auteur s’est attribué une qualité qu’il n’a pas. Peu
importe qu’il l’ait antérieurement possédé ; dès l’instant où il ne la possède plus, s’il
en fait usage, il y a usage de fausse qualité.
La fausse qualité constitue, à elle seule, le moyen de l’escroquerie sans qu’il ne soit
nécessaire qu’elle ait été accréditée par quelques manœuvres. Ainsi, le fait de se
présenter chez un employeur comme étant l’épouse d’un ouvrier malade venue
solliciter un secours constitue une fausse qualité qui s’analyse ici par la situation de
famille.
Par ailleurs, il peut avoir escroquerie par abus de vraie qualité, c’est-à-dire l’abus d’une
qualité qu’on ne possède pas réellement. Ainsi en est-il des agents de société révoqués
qui conservent les pièces d’identité et des documents avec lesquels ils parviennent à
duper des individus en se présentant toujours comme représentant de ces sociétés.
1. La nature de la manœuvre
Les simples mensonges, même réitérés et produits par écrit ne peuvent constituer
des manœuvres frauduleuses caractéristiques de l’escroquerie s’il n’y est joint aucun
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fait extérieur ou acte matériel ou une mise en scène ou encore une intervention d’un
tiers destiné à leur donner force et crédit.
La plus part du temps l’écrit produit est un faux. On appelle « faux matériel » la
fabrication de faux documents, tels que les bordereaux établis dans la cession de
créances inexistantes ou de fausses factures. Dans ce cas, l’on parlera de
surfacturation qui est le fait d’inscrire un montant sur la facture qui dépasse la valeur
réelle des fournitures ou des prestations. Les factures sont établies par des sociétés
existantes qui sont soit des sociétés sans activités réelles ou des sociétés créées pour
les besoins de l’opération. Ces sociétés sont appelés « facturiers » ou « société taxi »,
car elles ont pour objet de faire de la taxe. L’escroquerie consiste en l’espèce, à utiliser
les fausses factures auprès des organismes financiers pour les tromper par une
apparence d’activité et obtenir du crédit. Ces procédés de fausses factures peuvent
aussi servir à la constitution de caisses noires. Dans ce cas, l’entreprise qui les établit
encaisse rapidement les chèques et restitue en liquide le montant à l’émetteur du
chèque. L’émetteur dispose aussi des pièces comptables pour justifier les sorties
d’argent.
Il y a aussi « le faux intellectuel » en cas de fausse déclaration de sinistre (vol,
accident…) auprès des services de police. L’escroquerie consistera dans ce cas, à
dresser le récépissé de déclaration à une compagnie d’assurance pour obtenir ou
tenter d’obtenir les indemnités prévues au contrat.
Il y a escroquerie dès que le mensonge du délinquant est corroboré par un tiers. C’est
un tiers complice qui intervient pour rendre vraisemblable les mensonges de l’escroc.
Tantôt ce tiers agit à l’appui des propos du délinquant, tantôt sa seule présence suffit
à dissiper les craintes de la victime ou à vaincre ces dernières hésitations. Si le tiers
est informé, il sera considéré comme complice de l’escroquerie. Ainsi en va-t-il du
faux acheteur qui offre un prix très élevé pour inciter d’autres acheteurs à surpayer.
C’est également le cas d’un jeu de hasard truqué. Le tiers peut être aussi une personne
imaginaire ne vivant que dans l’imagination de l’escroc.
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L’article 471 du Code Pénal énumère trois buts qui rendent, au titre de l’escroquerie,
la manœuvre punissable.
Le premier but est que la manœuvre peut avoir pour but de persuader de l’existence
d’une entreprise imaginaire (qui n’a aucune existence réelle). L’entreprise ici consiste
à avoir cru en l’existence d’une affaire commerciale. On appelle ‘‘carambouille’’, le
procédé d’escroquerie consistant à se faire livrer des biens de consommation en vue
de les revendre avant de les avoir payés en créant une entreprise fictive.
Le deuxième but est celui de persuader de l’existence d’un crédit ou d’un pouvoir
imaginaire. Ici, l’escroc se fait passer pour un homme capable d’obtenir ce qui
dépasse son crédit ou son pouvoir. Il ne trompe pas sur son identité ni sur son titre
ou sa profession mais sa mise en scène tend à créer une confusion sur son état de
fortune ou l’influence qu’il prétend avoir.
Quid de celui qui persuade de l’existence d’un pouvoir surnaturel. Est-il un escroc ?
Si le pouvoir est artificiellement exagéré, il y a escroquerie. Si le pouvoir est vrai, il
n’y a pas escroquerie. Dans tous les cas c’est une situation de fait qui reste à
l’appréciation souveraine du juge.
Le troisième but est celui de faire naître l’espérance d’un succès ou la crainte d’un
accident ou d’un évènement chimérique. Elle suscite chez la victime soit l’espérance,
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soit la crainte d’un évènement dont on croit pouvoir éviter sa survenance ou son
accomplissement.
L’escroquerie est une infraction intentionnelle. Elle suppose une faute intentionnelle
qui s’analyse en une mauvaise foi c’est-à-dire la conscience que l’on a d’agir pour
duper autrui. L’auteur doit avoir conscience des moyens frauduleux utilisés pour
déterminer la remise. Une simple négligence ne constitue pas la mauvaise foi. La
preuve de l’intention coupable va découler, la plupart du temps, des moyens matériels
mis en œuvre par l’escroc.
Le mobile est indifférent. Ainsi, le créancier qui par des manœuvres frauduleuses
fait payer son dû, commet le délit. Il en est de même pour celui qui se croit voler
obtient par des manœuvres frauduleuses, la restitution de la somme d’argent qu’il
croit lui avoir été soustrait.
Souvent l’escroquerie peut être retenue contre les guérisseurs, les voyants, selon la
mauvaise foi du prévenu. La mauvaise foi est une condition nécessaire. Elle s’analyse
en la conscience qu’a l’escroc d’extorquer autrui. En d’autres termes, c’est le fait qu’il
sache que son action est frauduleuse ou en tout cas, qu’elle n’est pas régulière au
regard de la loi. Cependant, il n’y a pas d’infraction si le prévenu est de bonne foi.
Généralement, les juges de fond tiennent compte de la valeur de la somme extorquée.
A- La remise
Pour qu’il y ait escroquerie, il faut qu’une chose ait été remise matériellement ou
susceptible d’être remise. La remise doit être un acte positif dans la mesure où elle
permet de déterminer la victime à remettre la chose convoitée. Peu importe par qui
et à qui elle a été faite. Il n’y a pas d’escroquerie s’il n’y avait rien de matériel à remettre
à l’escroc ou à l’agent.
Aussi le fait d’obtenir par des manœuvres frauduleuses, un simple délai ne peut
tomber sous le coup l’article 471.
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Il doit s’agir d’une chose dont la remise est matériellement possible. L’escroquerie
n’est punissable que si elle a porté sur un des éléments suivants (fond, meuble,
obligation, disposition, billet, promesse, quittance pour ne citer que ceux-là). Les
fonds et les meubles désignent tous les biens, effets mobiliers, tout ce que l’homme
peut avoir dans son patrimoine. Seuls les immeubles sont exclus. Quant aux
obligations, dispositions, billets, promesses, décharges, elles s’appliquent à des
papiers, des écrits qui ont valeurs de titre, entre les mains de celui qui les détient et
qui constituent un élément de sa fortune et de son patrimoine.
Lorsque tous les éléments constitutifs sont réunis, les poursuites peuvent être
intentées contre l’auteur de l’infraction, mais également contre les participants à
l’infraction.
A- La tentative
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d’assurance de chemin de fer, une indemnité pour une prétendue perte d’une malle
qu’il avait auparavant retirée à la gare destinataire.
B- La complicité d’escroquerie
Il n’est pas nécessaire, pour qu’une poursuite soit possible contre le complice, qu’il
ait commis lui-même les actes constituant les manœuvres frauduleuses. Le simple
mensonge destiné à corroborer les manœuvres frauduleuses de l’auteur pourra ainsi
être un acte de complicité.
Aussi, en va-t-il du chauffeur de taxi qui atteste mensongèrement avoir participé à un
accident qui en réalité était simulé en donnant aussi force et crédit à l’escroquerie
d’assurance qui couvrait le risque.
Il en va de même pour les commissaires de sociétés anonymes où les administrateurs
qui confirment souvent les affirmations mensongères d’un administrateur ou d’un
directeur portant frauduleusement préjudice aux associés. De même, ceux qui
renseignent un tricheur sur le jeu de ses adversaires, sont complices de l’escroc. Le
médecin qui rédige un faux certificat peut, s’il sait qu’il va servir à une escroquerie,
être poursuivi comme complice tout comme le commerçant qui établit de faux
duplicata de facture pour faciliter l’escroquerie à l’assurance. L’employé de banque
qui procure à l’escroc la photocopie de compte et signature des clients peut être
considéré comme un complice.
Elle peut être faite à l’initiative du ministère public ou sur plainte de la victime.
L’escroquerie est une infraction qui porte préjudice aux intérêts des particuliers, mais
une poursuite peut être engagée si la victime ne porte pas plainte.
1. Immunité
Elle joue également en matière d’escroquerie comme l’est le vol et l’abus de confiance
qui sont des délits de même nature.
2. La prescription
C’est le délai après lequel l’infraction ne peut plus être poursuivie. Il est de 3 ans en
matière d’escroquerie. C’est la remise de la chose qui consomme l’infraction c’est- à-
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B- Le jugement
2. L’action civile
Elle appartient à la victime de l’escroquerie. La victime peut porter son action devant
la juridiction civile. Selon l’article 2 du Code de Procédure Pénale, l’action civile en
réparation peut être exercée par tous ceux qui ont personnellement souffert du
dommage directement causé par l’infraction. Peut se constituer partie civile, celui qui
remet la chose à la suite de manœuvres frauduleuses exercées alors même que cette
remise a été faite entre les mains d’un tiers.
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Section 1 : La filouterie
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L’enchère est une offre supérieure à la mise à prix ou à la dernière offre faite de vive
voix par un acheteur potentiel à l’occasion d’un bien qui est mis en vente ou baillé
au moyen d’une adjudication publique faite devant un officier de justice. L’art 341
du CP incrimine trois séries d’agissements frauduleux qui concernent les
adjudications publiques.
Ces délits supposent une intention coupable qui résulte de la connaissance, par
l’auteur de l’infraction, de la violence, du don ou promesse ou de l’entente
frauduleuse de son acte. Le fait que les enchères ont atteint leur prix réel et que le
bien ait été acheté par le prévenu ou tout autre personne à sa juste valeur, ne fait pas
disparaître l’infraction. Les mobiles sont indifférents.
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Ce délit comporte en principe deux éléments. D’une part, l’exercice par l’auteur, de
violence ou voies de fait ou encore menace dans le but d’entraver ou troubler les
enchères. D’autre part, le fait que de cet exercice, soit effectivement résulter une
entrave ou un trouble.
Ainsi l’infraction serait constituée par exemple, si par la force, des perturbateurs ont
empêché les enchères elles-mêmes ou si leurs menaces ou leurs violences ont amené
un acquéreur éventuel à renoncer à y participer ou à offrir un prix que celui qu’il
aurait normalement consenti. La tentative est punissable.
Constitue une voie de fait, l’envahissement du local par un groupe d’individu qui
disperse les assistants par la force.
L’article 341 du CP retient comme délit, le fait de remettre aux enchères publiques
un bien sans le concours d’un officier public ministériel. Ainsi, tous ceux qui
participent à une telle pratique commettent l’infraction.
Ainsi en va-t-il des personnes qui s’entendent pour se distribuer des lots soit avant,
soit après adjudication et s’engagent réciproquement à ne pas enchérir les unes sur
les autres.
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Paragraphe 3 : La sanction
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EXERCICES D’APPLICATION
1- Tombe sous le coup de l’article 471 du code pénal, le prévenu qui sans
employer aucune manœuvre se dit faussement mandataire des douaniers pour obtenir
de sa victime la remise d’une somme d’argent.
2- Les manœuvres par lesquelles on obtient le versement, sous la contrainte
morale de fonds pour la constitution d’une sorte de caisse mutuelle du village,
destinée à avancer aux familles des défunts les frais de funérailles constituent des
manœuvres frauduleuses caractérisant le délit d’escroquerie dès lors que ni les
éléments constitutifs de l’abus de confiance ni ceux d’extorsion de fonds ne sont
établis.
3- Est coupable du délit d’escroquerie, le fait par un gérant d’une SARL de faire
établir un faux bilan, déterminant une personne à acquérir des parts sous la condition
résolutoire que le bilan provisoire ne fasse apparaître une perte supérieure à un
montant déterminé.
4- On ne saurait retenir un acte matériel ou une machination comme manœuvre
frauduleuse, en tant que de nature à imprimer à des allégations mensongères
l’apparence de la sincérité et à commander la confiance de la victime.
5- Dans l’escroquerie, la simple négligence ou imprudence blâmable est
constitutive de la mauvaise foi traduisant l’intention coupable.
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L’abus de confiance est réprimé par l’article 467 du CP modifiant l’article 401 du CP
de 1981 qui le définissait comme le fait de détourner ou dissiper au préjudice du
propriétaire possesseur ou détenteur des effets, denrées, marchandises, billets,
quittance ou tout autre écrit contenant ou opérant obligation ou décharge qui ne lui
aurait été remis qu’à titre de louage, de dépôt, de mandat, de nantissement, de prêt à
usage ou pour un travail salarié ou non salarié, à charge de les rendre ou représenter
ou en faire un usage ou emploi déterminé.
Désormais, constitue l’abus de confiance, le détournement, la dissipation ou la
destruction, par une personne, au préjudice d’autrui, de fonds, de valeurs ou un bien
quelconque qui lui ont été remis et qu'elle a acceptés à charge de les rendre, de les
représenter, d'en faire un usage ou un emploi déterminé.
C’est un délit qui consiste dans une atteinte à la propriété d’autrui résidant dans le
fait, par son auteur d’intervertir de mauvaise foi la possession précaire qui lui avait
été confiée légalement.
L’abus de confiance présente un point commun avec le vol et l’escroquerie, puisque
ces trois agissements consistent en l’appropriation frauduleuse de la chose d’autrui.
Mais la différence est que dans le vol, le voleur soustrait ; l’escroc obtient du
propriétaire la chose convoitée et l’auteur de l’abus de confiance détourne une chose
qui lui avait été remise et acceptée dans un but précis.
Tout d’abord, il faut relever que l’article 401 du CP de 1981 limitait le champ
d’application de l’abus de confiance quant aux biens susceptibles d’être détournés.
Mais avec la reforme entreprise par l’article 467 nouveau du CP de 2019, tous les
biens semblent désormais pourvoir faire l’objet d’un détournement. Cet texte indique
que l’intention malveillante de l’infracteur peut porter sur « des fonds, de valeurs ou
un bien quelconque ».
Ceci dit, l’abus de confiance implique les éléments constitutifs que sont la remise de
la chose à titre précaire et enfin un détournement frauduleux.
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La forme de la remise de la chose objet de l’abus importe peu. La chose peut été
obtenu par l’effet d’un contrat conclu entre le propriétaire de la chose et l’auteur du
détournement.
L’auteur du détournement sait que la chose qu’il détenait l’était à titre précaire.
Toutefois il n’est pas nécessaire que cette remise ait été faite au sens physique c’est-
à-dire des mains de la personne auteur de l’infraction ou même par la main d’un
intermédiaire. Il suffit que cette chose ait été laissée au pouvoir du prévenu, à titre de
possession précaire et en exécution de l’un des contrats visés par la loi pénale. C’est
le cas lorsqu’un vendeur d’objets mobiliers, dont la chose a été différée, doit les
conserver en qualité de dépositaire ou de mandataire.
Peu important que la remise ait été faite par la victime ou par un tiers à l’auteur du
détournement. Ainsi en va-t-il d’un héritier ou légataire ou toute personne qui reçoit
en tout une succession (légataire universelle) ou une personne qui bénéficie d’une
partie de celle-ci (légataire à titre universel). Il commet un abus de confiance en
détournant seulement les objets qui avaient été remis au « de cujus » au titre de l’article
467 du Code Pénal.
On en étudiera quelques-uns.
1. Le contrat de louage
C’est un des contrats par lequel l’une des parties s’engage à faire jouir l’autre d’une
chose pendant un certain temps et moyennant un certain prix que ce dernier s’oblige
à payer. En principe le contrat de louage ne donne pas lieu à l’abus de confiance mais
il arrive que pour se garantir, le vendeur en cas de vente à crédit la combine avec le
louage ou le prêt à usage en stipulant dans le contrat que l’acheteur jusqu’à paiement
complet du prix, ne détiendra la chose que comme locataire (location-vente) ou
comme emprunteur. Il appartiendra au tribunal dans ce cas, de rechercher la véritable
intention des parties et de qualifier exactement le contrat.
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Par ailleurs, le vendeur qui ayant retenu la chose vendue, la détourne, la dissipe au
lieu de la livrer commet le délit d’abus de confiance si aucun retard dans le transfert
de propriété n’a été prévu dans le contrat.
2. Le contrat de dépôt
C’est le contrat par lequel la personne qui reçoit la chose doit la garder. Il consiste à
remettre à une personne une chose à charge pour cette dernière de la représenter
dans les conditions déterminées.
C’est le contrat type de l’abus de confiance, dans la mesure où il comporte l’obligation
de rendre la chose en nature. C’est un contrat essentiellement gratuit mais il peut être
salarié. Se rend coupable du délit d’abus de confiance, celui qui détourne les meubles
saisis confiés à sa garde. Le saisi quant à lui, est passible des sanctions prévues à
l’article 469 du Code Pénal.
Lorsqu’il s’agit d’un dépôt régulier de choses fongibles ou argent, leur détournement
frauduleux, constitue un abus de confiance. Tel est le cas du séquestre amiable qui
détourne les fonds à lui confier ou du banquier qui dispose des valeurs mobilières
placées en dépôt ou remise en couverture d’opération de bourse à terme.
Il y a abus de confiance même si la chose avait été placée dans une mallette fermée à
clé et confiée à la garde du dépositaire.
Il y aura au contraire vol si le locataire d’un appartement s’emparait d’objets enfermés
dans une armoire placée dans une pièce dont le propriétaire se serait réservé la
disposition.
Par contre, il n’y a pas véritable dépôt dès l’instant que le propriétaire a la possibilité
de reprendre sa chose à l’insu de la personne à laquelle il l’a confié.
Enfin, si l’agent n’a reçu l’objet à titre de simple détention matérielle qui peut être
immédiatement restitué, il commet, en se l’appropriant, un vol et non un abus de
confiance.
3. Le contrat de mandat
C’est un contrat par lequel une personne appelée mandant donne à une autre appelée
mandataire le pouvoir d’accomplir un ou plusieurs actes juridiques en son nom et
pour son compte. L’acte juridique étant une opération juridique créatrice d’effets de
droit.
Le mandat peut être écrit ou verbal, expresse ou tacite. Le mandat est la principale
source d’abus de confiance compte tenu de son domaine juridique. La cour d’appel
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d’Abidjan dans son arrêt du 21 avril 1975 (RID 1977 n°3 p. 87) avait condamné un
directeur commercial pour abus de confiance, pris en qualité de mandataire parce
qu’il avait pris l’initiative, alors que son contrat lui interdisait de disposer des fonds
de la société au delà d’une somme minimale, de payer à des employés et de se payer
lui-même des salaires arriérés pour une somme de plus de 3 000 000f à l’aide des
fonds de l’encaissement d’un chèque dont la société est bénéficiaire.
Quelles que soient la source et la nature du mandat, le mandataire qui détourne les
choses à lui remises en raison de sa qualité sera coupable d’abus de confiance.
Au nombre des mandataires doivent être notamment rangé les officiers publics ou
ministériels quand ils agissent au nom et pour le compte de leur client, en particulier,
lorsqu’ils reçoivent des fonds pour ces derniers ou que ceux-ci leur en remettent pour
un emploi déterminé (tel est le cas des notaires).
Commet également l’abus de confiance, le banquier qui détourne des fonds à lui
remis en couverture d’ordres d’achat de titre.
4. Le prêt à usage
C’est le contrat par lequel l’une des parties livre une chose à l’autre pour que celle-ci
s’en serve à charge pour le preneur de la rendre après s’en être servi (article 1875 du
C. civ). Il suppose donc qu’une chose déterminée a été remise à l’emprunteur en vue
d’un usage prévus à charge pour lui de la rendre.
Ne se rend pas coupable d’abus de confiance celui qui, ayant reçu des titres pour se
constituer des ouvertures de crédit en banque, n’a pu les rendre à la date prévue par
suite de circonstances indépendante de sa volonté et exclusive de sa mauvaise foi.
L’article 467 du CP s’applique au détournement commis par les gens de travail qui
s’engagent au service de quelqu’un ainsi que le détournement commis par des
entrepreneurs d’ouvrage par suite de devis de marché lorsqu’il est convenu que ces
derniers fourniront seulement leur travail ou leurs industries. Cette disposition
relative au détournement ou dissipation de la chose confiée s’entend des choses
remises pour tous travaux quel que soit la nature de ceux-ci. Il s’agit au premier chef,
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des travaux à façon, mais aussi de ceux consistant par exemple en des démarches et
études diverses.
Aussi, constitue un abus de confiance, le détournement des matières premières reçu
pour les façonner, détournement fait par l’entrepreneur ou l’ouvrier. Il y a délit même
si le travail n’est pas de nature à modifier la chose elle-même. C’est le cas où
l’employeur confie des documents à l’employé qui après cessation de ses fonctions
conserve lesdits documents et les remet à une société concurrente, ou encore un
expert qui refuse de restituer, après sa mission, les dossiers reçus pour l’évaluation
de dommages.
Que faut-il entendre par l’expression travail salarié ou non salarié ?
Il faut entendre par là toute remise qui a pour but de permettre à l’accipiens, c'est-à-
dire au créancier d’effectuer un travail convenu soit sur l’objet confié lui-même qui
sera usagé transformé ou réparé, soit à propos de l’objet qui sera utile pour
l’accomplissement de certaines démarches ou certains actes juridiques ou pour la
mise en œuvre de certains droits.
L’abus de confiance est constitué soit quand le coupable s’approprie les objets eux-
mêmes qui lui ont été remis pour réparation ou transformation, soit quand il
détourne tout ou partie de la matière première pour son travail.
Dès que la preuve de la remise est rapportée, celui qui a reçu la chose objet du délit,
est présumé l’avoir détournée, dissipée ou détruite s’il ne peut la rendre, la représenter
ou justifier qu’il en a fait l’usage ou l’emploi prévu.
Pour faire tomber cette présomption, il lui appartient de prouver que l’impossibilité
dans laquelle il se trouve de rendre ou représenter la chose reçue ou de justifier qu’il
en a fait l’usage ou l’emploi prévu, n’a pas une origine frauduleuse, ou même si cette
origine est frauduleuse, elle ne lui est pas imputable. La preuve peut résulter d’un
écrit émanant du frauduleux.
A- Le caractère frauduleux
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Il n’est pas nécessaire que l’agent ait tiré un profit personnel du détournement. Peu
importe qu’il ait cru pouvoir rendre les choses dont il a indûment disposé. L’abus de
confiance est réalisé lorsque l’impossibilité de restituer fait apparaître le préjudice. Si
l’acte de détournement ou de dissipation a été commis seulement par imprudence ou
erreur, l’intention frauduleuse fait défaut. Aucune responsabilité pénale ne serrait
encourue si la restitution se trouve empêchée ou retardée par un cas de force majeure
ou par un motif sérieux.
L’exercice de bonne foi, du droit de rétention reconnu au dépositaire par l’art 1948
du Code civil et qui est applicable au mandataire ne peut pas d’avantage servir de
base pour abus de confiance. Tel est le cas du représentant de commerce qui refuse
de restituer les marchandises à son mandant jusqu’au paiement des diverses sommes
à lui dues, à raison du mandat. Il en est de même de l’agent d’affaire qui retient les
pièces du dossier jusqu’au paiement de ses frais.
B- Le préjudice
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Paragraphe 1 : La procédure
La victime peut se constituer partie civile entre les mains du juge d’instruction, soit
agir par voie de citation directe devant les tribunaux correctionnels ou porter son
action devant les juridictions civiles compétentes (sous la forme d’une demande en
restitution). De même, le ministère public peut agir d’office en dehors de toute
plainte, bien que la plainte soit souvent nécessaire puisque la victime seule est, dans
beaucoup de cas, informée des agissements qui lui portent préjudice et elle possède
aussi les preuves de l’infraction. La plainte n’est pas une condition de validité de la
poursuite pénale.
Le désistement de la partie lésée ou la transaction qu’elle a pu consentir ne peuvent
avoir aucune influence sur la marche de l’action publique.
Tout ou moins, cette transaction ou désistement intervenu empêche le juge pénal de
statuer sur les conséquences civiles de l’abus de confiance.
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Trois circonstances aggravantes sont prévues qui, du point de vue de leurs effets,
peuvent être regroupées en deux catégories :
-
Le 1er cas est celui où le prévenu a fait appel au public ;
-
Le 2nd vise l’hypothèse où les faits sont commis par un officier public
ou ministériel.
Aux termes de l’article 467 du CP, l’aggravation de la peine est encourue par toute
personne faisant appel au public afin d’obtenir soit pour son compte, soit comme
directeur, administrateur ou gérant d’une société ou d’une entreprise commerciale ou
industrielle, la remise de fonds ou valeurs à titre de dépôt, de mandat ou de
nantissement. Cette disposition vise tous ceux qui en sollicitant le public obtiennent
des remises de fonds ou de valeurs en vue de placement ou d’opération boursières.
Elle concerne non seulement les personnes qui par profession, pratiquent
habituellement des opérations de ce genre (les banques) mais aussi les représentants
des entreprises commerciales ou industrielles qui s’adressent au public pour avoir des
fonds dans l’intérêt de ces entreprises, notamment à l’occasion d’une émission
d’action ou d’obligation à laquelle elles procèdent.
L’abus de confiance devient aggravé lorsqu’il est commis par les officiers publics ou
ministériels, un syndic de faillite, un liquidateur de société, un séquestre, un agent
d’affaire, un mandataire commercial, ou quiconque fait profession de gérer les
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Définition
C’est une infraction voisine à l’abus confiance. Quiconque, afin de se procurer à lui-
même ou à un tiers, un avantage ou afin de causer à autrui un dommage, abuse d’un
blanc-seing qui lui a été confié en y inscrivant frauduleusement une obligation, une
décharge ou toute autre acte différents de ceux qu’il avait l’obligation ou
l’autorisation, de rédiger et d’avoir, par ce moyen, compromis ou tenter de
compromettre la personne ou la fortune du signataire, se rend coupable du délit
d’abus de blanc-seing.
Constitue un blanc seing, la signature apposée à l’avance au bas d’un document sur
lequel le signataire a laissé volontairement un blanc destiné à être rempli
ultérieurement (art. 480 CP). Autrement dit, c’est une signature donnée en blanc ou
précisément une signature donnée pour ratifier une écriture privée qui devra être
placée au-dessus. Ici, le faussaire se procure une signature de la victime au bas de la
feuille blanche.
Tel que défini, on est tenté de placer l’abus de blanc-seing parmi les abus de confiance
au sens large, car le fait incriminé consiste bien à abuser de la confiance d’une
personne dans l’usage d’une chose par elle remise.
A- L’existence du blanc-seing
Il s’agit d’un acte muni du signe écrit par lequel s’authentifie l’autorisation. Malgré la
signature qu’il contient, l’acte doit être incomplet c’est-à-dire dans l’esprit des parties,
les vides doivent être complétés par adjonction de mentions ultérieures.
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B- La remise du blanc-seing
La remise de la signature doit avoir été faite en vue d’une opération juridique
déterminée c’est-à-dire l’accomplissement d’un acte afin de procurer à soit même, ou
à un tiers, un avantage.
C- Un acte abusif
C’est l’agissement matériel commis par l’individu à qui le blanc-seing a été remis et
qui y inscrit frauduleusement une obligation, une décharge ou tout autre acte
différent de celui qu’il avait l’obligation ou l’autorisation de rédiger. L’abus de blanc-
seing suppose qu’au-dessus du document remis en blanc, a été inscrit une obligation
ayant compromis ou tenté de compromettre la personne ou la fortune d’un
signataire. Peu importe que l’abus de blanc-seing ait eu lieu au moment où la victime
a remis sa signature.
D- Le dommage
E- L’intention coupable
Paragraphe 2 : La répression
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A- Eléments constitutifs
Il doit s’agir de biens saisis. C’est un délit contre la propriété et il est établi pour
protéger les actes des autorités publiques ou même les actes des particuliers. La saisie
qui l’objet de l’article 469 al. 1 du code pénal est celle qui est faite par un officier
judiciaire car elle est destinée à opérer la dépossession du propriétaire et à réaliser
éventuellement l’attribution de ces objets à l’Etat. La saisie doit être opérée par main
de justice. Le délit est donc constitué lorsque le prévenu aura déplacé l’objet du lieu
où il avait été mis sous main de justice et se sera opposé à sa représentation afin de
faire échec à l’adjudication.
Exemple, constitue le détournement d’objet saisi, le fait d’avoir vendu un fonds de
commerce et ses accessoires à un tiers de bonne foi à l’insu du créancier saisissant
même si les objets n’ont pas été déplacés du lieu où ils se trouvaient.
B- L’intention coupable
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C- Les peines
Ce délit est puni d’un emprisonnement de 1 à 5 ans et d’une amende de 300 000 F à
3 000 000F. La tentative est punissable comme le fait consommé. La complicité
l’est aussi selon les règles du droit commun.
A- Eléments constitutifs
C’est un bien meuble donné au créancier pour garantir sa créance. La simple omission
de représenter l’objet saisi, après sommation, caractérise le délit, si elle n’est pas
justifiée par le saisi. L’auteur de ce délit doit être le débiteur ou emprunteur ou un
tiers donneur de gage. L’acte doit être fait de mauvaise foi. L’élément matériel
consiste en la destruction ou au détournement de l’objet donné à titre de gage. C’est
un délit instantané. Le fait de refuser de restituer le bien donné en gage pourrait être
considéré comme un détournement. Il en va de même pour la résistance injustifiée
opposé par l’auteur du délit.
B- Les peines
Ce délit est puni d’un emprisonnement de 1 à 5 ans et d’une amende de 300 000F à
3 000 000F (art. 469 al. 2). La tentative est punissable. Les victimes peuvent se
constituer partie civile et demander réparation du préjudice causé par l’infraction. Le
préjudice est limité à la valeur de l’objet donné en gage ou saisi et ensuite détourné.
EXERCICES D’APPLICATION
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2- Le locataire qui à l’expiration de son bail se maintient dans les lieux loués et
détache de l’immeuble, des objets qu’il détourne est coupable du délit de :
abus de confiance b- vol c- escroquerie d- abus de blanc-seing
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CHAPITRE 1 : LA CORRUPTION
La corruption peut être définie comme des agissements par lesquels une personne,
chargée d’une profession déterminée, publique ou privée, sollicite ou accepte un don,
une offre ou une promesse pour accomplir, retarder ou omettre d’accomplir un acte
entrant plus ou moins directement dans le cadre de sa fonction.
Elle est réprimée par l’article 28 de l’Ordonnance n° 2013-660 du 20 septembre 2014
portant prévention et lutte contre la corruption et infractions assimilées.
Lorsqu’une personne fait des dons ou promesses à un fonctionnaire ou à un employé
pour obtenir de lui qu’il fasse ou s’abstienne de faire un acte de ses fonctions, l’on
parle de délit de corruption active. Par contre, si le fonctionnaire ou l’employé
sollicite un don ou une promesse pour faire un acte ou pour s’abstenir de faire un
acte de ses fonctions, juste ou non, mais non sujet à salaire, on parlera de corruption
passive.
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Le fonctionnaire doit avoir reçu ou sollicité des offres, promesses ou présents avant
d’accomplir l’acte ou l’abstention. Les dons ou présents peuvent être constitué par
des objets quelconques comme billet à ordre, cheque ou argent. Il ne suffit pas qu’il
ait reçu des dons ou présents. Il suffit qu’il les ait sollicités. Même un avantage reçu
en vue d’accomplir un acte suffit. Il importe peu que la sollicitation soit faite
directement ou par personne interposée. La récompense reçue sans qu’elle ait été
sollicitée ou agréée auparavant n’est pas punissable comme acte de corruption au
sens de l’article 28 précité, mais comme cadeau conformément aux dispositions de
l’article 57 de l’Ord. n° 660 précitée.
Par contre, si l’offre ou la sollicitation est antérieur à l’acte ou à l’abstention désirée,
il y a délit. Il importe peu que la remise d’un cadeau intervienne plus tard.
Ici, les dons ou promesse ont pour but d’amener le fonctionnaire à accomplir un acte
qui rentre normalement dans ses attributions ou encore à l’en dissuader. Dans ce
dernier cas, le fonctionnaire va s’abstenir de faire ce que sa profession lui
recommande de faire.
D- L’intention coupable
La corruption active désigne les agissements par lesquels un tiers obtient ou s’efforce
d’obtenir d’une personne chargée, d’une fonction déterminée, publique ou privée,
moyennant dons ou promesse, qu’elle accomplisse ou retarde ou encore s’abstienne
d’accomplir ou de retarder un acte de sa fonction facilité par elle. Le coupable, ici,
est le corrupteur. La corruption passive et celle active constituent deux délits distincts
(article 29, Ord. 2013-660).
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Idem qu’en cas de corruption passive. Ce sont toutes les personnes énumérées par
l’article 1er de l’ordonnance de 2013.
C- Le but recherché
Le coupable doit avoir agi en connaissance de cause. Les juges n’ont pas à relever
expressément l’existence de cette intention. La constatation que le délit a été commis
à cause de l’existence de divers dons ou promesses qui impliquent nécessairement
que le prévenu ait agi avec une intention frauduleuse suffit.
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A- Les peines
Ce sont les commis, employés ou préposés des commerçants et industriels ainsi que
tous ceux qui, quel que soit leur emploi, sont au service d’un particulier ou d’une
personne morale de droit privé. La jurisprudence vise également les gérants d’une
société en commandite ou les administrateurs d’une société anonyme.
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L’employé doit avoir reçu, agrée ou sollicité, à l’insu de son patron et sans le
consentement, des offres ou promesse, dons, présents, commissions, escomptes ou
primes en vue d’accomplir l’acte ou de s’en abstenir. Le délit serait caractérisé, par
exemple, si l’employé obtenait un prêt d’argent dont il serait tacitement entendu que
le remboursement ne serait pas exigé. Les offres, promesses, dons, présents doivent
être reçus, agrées ou sollicités à l’insu du patron. Le fait que ce dernier soit informé
par la suite, ne change rien à l’infraction. Par ailleurs, un simple pourboire ne saurait
constituer l’infraction.
C- L’accomplissement ou l’abstention d’un acte de l’emploi
La jurisprudence considère les caractères non seulement des actes qui se rapportent,
à l’évidence, aux fonctions de l’employé, mais encore, ceux que son devoir
professionnel lui impose. Par contre, les offres ou promesses tendant au débauchage
d’un employé ne peuvent, au sens de l’article 45 de l’ordonnance de 2013, caractériser
la corruption dès lors que ces offres et promesse n’ont pas pour objectif, la rupture
illicite du contrat de travail liant le salarié à son patron, ni l’abstention par le préposé
d’accomplir un acte de son emploi.
Cette forme de corruption consiste dans le fait d’obtenir d’un commis, employé ou
préposé d’entreprise privées, salarié ou rémunéré sous une forme quelconque, soit
l’accomplissement ou l’abstention d’un acte de son emploi, soit l’accomplissement
ou l’abstention d’un acte qui, en dehors de ses attributions personnelles, est ou serait
facilité par sa fonction ou par le service qu’il assure.
A- Eléments constitutifs
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B- Le mode de répression
Elle est d'un à cinq ans et d'une amende de 1.000.000 à 5.000.000 de francs, lorsque
l’acte a été commis par un commis, un employé, un préposé, ou un salarié de
l’entreprise.
La sanction est de 1 à 5 ans et d’une amende de 2.000.000 à 5.000.000 de francs si
l’infraction est le fait d’un membre d’une profession libérale (art. 46).
L’infraction peut aussi être le fait d’un arbitre ou d’un expert nommé par une
juridiction ou par les parties qui sollicite, agrée ou reçoit des offres, des dons ou
promesses pour prendre une décision ou donner dans son rapport un avis favorable
à l’une des parties. Dans un tel cas, selon l’article 47, la peine est de 10 ans
d’emprisonnement assortie d’une amende égale au triple de la valeur des promesses
agréées ou des choses reçues ou demandées, sans que cette amende ne puisse être
inférieure à 5.000.000 de francs.
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CHAPITRE 2 : LA BANQUEROUTE
Une double condition est exigée pour que le délit de banqueroute soit constitué. Il
s’agit de la qualité de l’agent pour les personnes physiques, et pour les entreprises, de
l’ouverture d’une procédure collective ou plus exactement de l’existence d’une
situation de cessation des paiements.
La loi distingue selon qu’il s’agit d’une personne physique commerçante ou d’une
personne physique dirigeant une personne morale.
L’article 227 de l’Acte Uniforme OHADA sur les Procédures Collectives dispose que
la banqueroute s’applique :
- aux personnes physiques exerçant une activité professionnelle indépendante,
civile, commerciale, artisanale ou agricole ;
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L’article 230 de l’Acte Uniforme OHADA sur les Procédures Collectives vise les «
personnes physiques dirigeantes de personnes morales assujetties aux procédures
collectives et les personnes physiques représentantes permanentes de personnes
morales dirigeantes de personnes morales ». Dès lors, il n’est pas nécessaire que la
personne morale soit elle-même commerçante. Le seul exercice d’une activité
économique suffit. En outre, la personne morale peut ne pas être une société, car le
texte s’applique également au groupement d’intérêt économique. L’article 230 précise
aussi qu’il peut s’agir des dirigeants de droit ou de fait ou plus généralement « de
toute personne ayant, directement ou par personne interposée, administré, géré ou
liquidé la personne morale, sous le couvert ou en lieu et place de ses représentants
légaux ».
Le délit de banqueroute suppose, selon l’Acte uniforme sur les procédures collectives
d’apurement du passif, un état de cessation des paiements. Il n’est pas nécessaire que
cet état soit constaté par une juridiction commerciale ou civile. Les tribunaux
répressifs sont donc amenés à apprécier, dans chaque cas, l’existence même et le
moment de la cessation des paiements. La version de l’AUPC du 10 septembre 2015
entrée en vigueur le 24 décembre 2015 ayant révisé le texte de 1998 tend à sauver au
maximum les entreprises en donnant une nouvelle définition de l’état de cessation
des paiements qui, à l’analyse, permet désormais d’ouvrir la porte au redressement là
où hier c’était la liquidation. Ainsi, l’article 25 précise que « la cessation des paiements
est l’état où le débiteur se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible
avec son actif disponible, à l’exclusion des situations où les réserves de crédit ou les
délais de paiement dont le débiteur bénéficie de la part de ses créanciers lui
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L’Acte Uniforme sur les procédures d’apurement du passif distingue deux cas de
banqueroute et en fonction desquels l’élément moral est parfois nécessaire.
A. La banqueroute simple
L’acte uniforme sur les procédures d’apurement du passif énumère les cas de
banqueroute simple. Il y a banqueroute simple si le prévenu fait usage de moyens
ruineux et d’une comptabilité incomplète ou irrégulière. La banqueroute simple est
réalisée si la personne en état de cessation des paiements a contracté sans recevoir
des valeurs en échange, des engagements trop importants, eu égard à sa situation
lorsqu’elle les a contractées, ou si sans excuse légitime, elle ne fait pas déclaration à
la juridiction compétente de son état de cessation des paiements dans les trente jours,
ou enfin si, ayant été déclarée deux fois en état de cessation des paiements en cinq
ans, ces procédures ont été clôturées pour insuffisance d’actifs.
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B. La banqueroute frauduleuse
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- d'être nommé aux fonctions de juré, d'assesseur, d'expert ainsi qu'aux emplois
de l’Administration et autres fonctions publiques ;
- d'obtenir une autorisation de port d'arme ;
- d’exercer des charges tutélaires, de porter des décorations, d'ouvrir une école
et de façon générale d'exercer toutes fonctions se rapportant à l'enseignement,
à l'éducation ou à la garde des enfants.
Quant à l’interdiction de l’article 80, il s’agit de l’interdiction de séjour qui consiste
dans la défense faite au condamné, de paraitre dans les lieux dont la liste lui est
notifiée.
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C’est un délit qui consiste pour les dirigeants d’une société, à utiliser sciemment le
patrimoine ou le crédit de cette société dans un but contraire à l’intérêt social et à des
fins personnelles ou encore dans le but de favoriser une autre entreprise.
A- La notion d’usage
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Il y a infraction lorsque l’auteur agit à des fins personnelles. L’acte contraire à l’intérêt
social ne suffit pas pour constituer le délit. Pour le constituer, cette action doit être
faite dans un but personnel.
B- La mauvaise foi
L’infraction suppose que l’agent ait su que l’acte incriminé était contraire à l’intérêt
social. Il faut que, par exemple, le mandataire social ait eu connaissance à la fois du
caractère abusif de l’acte reproché et de l’avantage qu’il devait en tirer.
A- L’auteur matériel
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B- La complicité
Elle est punie selon la règle de droit commun au sens de l’article 30 du code pénal.
C’est le cas du gérant démissionnaire qui a continué de participer à la direction de la
société, sous le couvert d’un ordre de paille.
Ce délit se prescrit désormais par 10 ans à compter de la date à laquelle il a été commis
en lieu et place de 3 ans comme prévu par le code pénal 1981. L’action civile qui est
lié à l’action publique peut être exercé aussi longtemps que cette dernière n’est pas
prescrite.
C- La sanction pénale
Le dirigeant d’une société commerciale… tel que défini plus haut qui fait des biens
de la société un usage personnel encourt la peine de 5 à 10 ans d’emprisonnement
assortie d'une amende de 5.000.000 à 10.000.000 de francs (art. 44 ord. 2013). Sur le
plan civil, les personnes morales ou physiques de droit privé susceptibles de subir un
préjudice du fait de l’abus de biens sociaux peuvent se constituer partie civile. Ce
sont la société, les actionnaires, les créanciers.
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CHAPITRE 4 : LE FAUX
C’est le fait, pour tout fonctionnaire ou simple particulier, d’altérer la vérité dans un
acte public ou authentique.
Notion d’écriture publique ou authentique
• Les actes politiques : il s’agit des lois, décrets, ordonnances, traités de paix,
de commerce, les conventions internationales…
• Les actes judiciaires : nous avons les jugements, les procès-verbaux des
officiers et agents de police judiciaire, les rapports d’expert…
• Les actes administratifs : on a les arrêtés, les actes de l’état civil, les listes
électorales, les registres des impôts…
• Les actes d’intérêt privé : ce sont les actes notariés, les exploits d’huissier,
les actes des commissaires-priseurs…
L’altération de la vérité doit se produire dans un écrit. Peu importe que cet écrit soit
manuscrit ou imprimé. L’altération doit porter sur des faits que l’écrit avait pour but
de constater. C’est l’exemple d’un acte d’acquisition, de transmission ou constatation
d’un droit, une qualité, d’un état…
C’est le lieu d’indiquer que l’altération doit être commise suivant l’un des procédés
indiqués par la loi pénale.
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Ce sont :
C- L’intention coupable
L’auteur doit avoir agit frauduleusement en sachant non seulement qu’il altérait la
vérité, mais aussi, qu’il était susceptible de nuire, par son agissement, soit
matériellement, soit moralement, à un tiers ou à la société.
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Sera complice de ce délit, le simple particulier qui coopère aux faux commis par le
fonctionnaire ou par l’officier public, dans l’exercice de ses fonctions. Il sera puni,
dans ce cas, des mêmes peines que l’auteur de ce délit.
L’article 479 du code pénal a rattaché les faux en écriture de commerce ou de banque
au faux en écriture privé tout en les séparant des faux en écriture publique ou
authentique. Comme définition, retenons que c’est le fait pour toute personne,
d’altérer la vérité dans les écritures privées, de commerce ou de banque.
Les éléments constitutifs de ce délit sont les mêmes que ceux du délit de faux en
écriture publique ou authentique vus dans la section précédente. Comme exemple de
faux en écriture privé, nous pouvons citer :
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C- L’élément moral
Cela suppose l’intention coupable. L’agent doit avoir connu la fausseté de l’écrit. Il
n’y a pas d’infraction s’il était de bonne foi.
Aux termes de l’article 309 du code pénal, l’usage de faux est puni de 1 à 5ans de
prison et d’une amende de 200 000F à 2 000 000F. La tentative est punissable.
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