0.
INTRODUCTION
L'économie rurale poursuit l'amélioration de la connaissance des phénomènes
économiques qui se manifestent dans le secteur agricole, et dans ses relations avec les autres
secteurs. L'histoire de toutes les sciences est dominée par la nature de leur problématique, c'est-
à-dire de l'ensemble des questions que les chercheurs de la discipline se proposent de résoudre
: constitution de la matière pour la physique, nature de la vie pour la biologie, logique pure pour
les mathématiques, etc.
Dans les sciences humaines il en est de même. BARRERE1 a fait de l'élargissement
des interrogations adressées aux économistes le ressort du progrès de leur réflexion depuis trois
siècles : la question oriente la recherche, attire l'attention sur des phénomènes encore ignorés,
dirige le raisonnement vers une conclusion qui sera elle-même source de nouveaux problèmes,
lorsque les faits montreront son caractère partiel : ainsi, l'économie est née de la nécessité de
savoir où résidait la richesse des nations. Mais l'insuffisance des premières synthèses a obligé
les économistes, en se demandant quels pouvaient être les fondements de la valeur attribuée
aux biens, à définir l'utilité. L'apparition de la problématique résulte de la découverte de
l'importance de l'objet de la recherche sur son déroulement et ses résultats.
La formulation de questions fondamentaux doit donc être le premier acte du
chercheur, en économie rurale comme ailleurs. Or, si l'on réfléchit un peu à la problématique,
plus ou moins consciente, du reste, de l'économie rurale, dans sa forme actuelle, on ne peut
éviter un certain sentiment d'insatisfaction, car la recherche s'oriente souvent dans des directions
qui mènent à des impasses qui se manifeste dans la difficulté qu'éprouvent les économistes
ruraux à dialoguer avec leurs interlocuteurs naturels, que ce soit les techniciens, les agriculteurs,
les autres économistes, ou les responsables politiques.
La difficulté d'élaborer des programmes de recherches, ou de définir les données
statistiques qui seraient nécessaires est un autre symptôme d'une crise de la pensée économique
appliquée à l'agriculture.
On peut donc se demander si les problèmes d'économie rurale sont correctement
posés, et, dans la mesure du possible, comment il conviendrait de le faire. Il nous faut d'abord
expliquer comment l'économie rurale en est arrivée à son stade présent, et, par conséquent
évoquer rapidement les courants de pensée qui l'ont animée au cours de son histoire. Ceci nous
conduira à une étude critique de la théorie de la « spécificité de l'économie rurale ». Nous
tenterons ensuite de relier à la théorie économique générale une nouvelle conception des
particularités du secteur agricole.
Pour comprendre les raisons de l'impasse actuelle, il faut bien rechercher dans le
passé les origines de la distinction entre « économie rurale » et « économie générale ». A
l'origine de l'économie rurale, on trouve des agronomes désireux de mesurer la rentabilité des
Techniques employées par les agriculteurs. Telle est bien en effet, la problématique de Caton,
Varron, ou Olivier de Serre.
Cependant, la mesure de la rentabilité des techniques conduit vite à se poser des
problèmes d'économie générale : en effet, dès l'instant que le domaine agricole ne vit plus en
1 BARRERE (A.). — Histoire de la pensée économique, Cours de troisième année de licence en droit. Paris, édition Cujas, 1963. I
L'importance de la problématique est longuement exposée dans les pages 1 à 200.
autarcie, cette rentabilité est liée aux prix des facteurs de production et des produits. Il convient
d'expliquer comment se forment ces prix, et pourquoi ils atteignent certains niveaux : ce
problème, fut abordé par Jean Bodin, deviendra bientôt celui de la valeur. Les spécialistes de
l'économie agricole furent parfaitement conscients de cette évolution de l'objet de la recherche.
Le courant physiocratique est issu de leurs réflexions. A ce stade, il n'y a pas de différence entre
économie rurale et économie tout court.
La confusion des deux disciplines est facilitée, à cette époque, par le fait que
l'agriculture représente l'essentiel de l'activité productrice au détriment de l'industrie et du
commerce. Cette situation évolue, avec l'importance croissante de la production industrielle
dans la production nationale, cette fois ci au détriment de l'agriculture. La science économique
s'attache alors à expliquer la société industrielle, et les études concernant le secteur agricole
deviennent d'autant moins fréquentes qu'il paraît plus particulier, et que son importance diminue
aux yeux des chercheurs et des praticiens de l'économie. D'ailleurs, à la fin du 19me siècle et
au début du 20me, les problèmes d'économie rurale sont relativement simples, mais les
problèmes du protectionnisme, posé dès le début du siècle, fut étudié, en particulier, par les
économistes, que d'aucuns considèrent comme les pères de l'économie rurale. Pourtant, le
protectionnisme n'intéressait pas seulement les agriculteurs. Les industriels en furent les
principaux bénéficiaires (ou les principales victimes). S'ils surent convaincre à deux reprises
les agriculteurs et l'aristocratie foncière de les aider à édifier des barrières douanières, on peut
se demander si les études entreprises dans cette intention étaient réellement des études
scientifiques.
Le problème foncier, reposé par les auteurs socialistes après RICARDO n'attirait
l'attention que d'un groupe restreint de chercheurs, plus orientés vers l'étude du secteur
industriel, d'où devait venir la révolution, que du secteur agricole, dont ils pensaient que
l'évolution suivrait celle du secteur industriel, avec un simple décalage dans le temps.
En fait, le grand problème des cadres de l'agriculture à cette époque était d'accroître
la production, et de rationaliser la distribution, face à une consommation toujours croissante,
par la suite de l'expansion démographique, de l'exode rural et du développement économique.
Les moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce résultat sont essentiellement techniques, et leur
recherche ne pouvait pas amener à étudier de près les structures économiques de production et
de commercialisation. La vulgarisation des techniques nouvelles, presque toujours plus
avantageuses à employer que les anciennes, absorbait une grande part de l'enseignement dit
économique dans les écoles d'agriculture. Ainsi, le problème essentiel de l'économie rurale, au
cours de cette période, était celui de la rentabilité des techniques. Il n'est pas surprenant, dans
ces conditions que les économistes généraux s'en soient désintéressés, et que les techniciens
spécialisés dans l'étude de ces questions n'aient jamais éprouvé le besoin de se référer à une
théorie économique élaborée.
Pourtant, l'évolution des structures aurait dû se faire parallèlement au progrès
technique. Les économistes auraient dû le dire. La crise de 1929, en économie rurale, comme
en économie générale, montre l'insuffisance des théories, insuffisance si grande que la crise ne
va pas immédiatement orienter les recherches d'une façon beaucoup plus satisfaisante qu'avant
: comme elle se traduit d'abord par une baisse de prix, on va en rechercher les causes sur le lieu
de la formation des prix, le marché.
II
III
[Link] DE L’ECONOMIE RURALE
I.1. OBJECTIF GENERAL
Ce cours vise l’élaboration et l’exécution des plans d’action pour mettre
l’agriculture au service du développement. Elle est centrée sur l’analyse du secteur agricole, sur
les facteurs de production qu’elle mobilise et sur les principes de gestion appliqués aux
entreprises agricoles et au secteur agricole.
I.2. OBJECTIF SPECIFIQUE
Envers les étudiants, elle vise à leurs conférer un soubassement de compétence
permettant de mettre en œuvre les démarches et les outils de l’analyses économiques aux
problèmes spécifiques du secteur agricole et agroalimentaire.
I.3. DEFINITION ET OBJET DE L’ECONOMIE
Economie : une science sociale, c’est-à-dire qui s’intéresse aux activités humaines,
ayant pour objet l’allocation des ressources rares susceptibles d’être affectées à des fins
multiples en vue de la satisfaction des besoins humains.
C’est donc l’étude des ressources limitées pour produire des biens et des services
qui aident à satisfaire les besoins humaines illimités.
Notons ici que parce que les ressources sont limitées, des choix doivent être faits.
Comment des quantités limitées de ressources sont allouées entre des usages alternatifs de
production et comment des revenus limités sont alloués entre les différents biens et services que
les consommateurs peuvent achetés ?
Cette science étudie notamment les questions suivantes :
Que sera-t-il produit des ressources limitées disponibles ?
Comment cela sera-t-il produit ?
Quand cela sera-t-il produit ?
Précisons certaines notions importantes de la science économiques :
I.3.1. La rareté des ressources productives
Les ressources ou facteurs de production comprennent généralement la terre, la
main d’œuvre (y compris les qualités de gestion et d’organisation), les équipements et les
infrastructures, les machines, les ressources minérales, végétales et animales et le temps.
Une ressource ou facteur de production peut être :
Un intrant produit par nature ;
Modifié par l’homme en utilisant une technique ;
Pour produire des biens et services qui satisfont les besoins humains.
Ces ressources ont une valeur économique parce qu’elles sont limitées ou rares.
I.3.2. L’utilisation alternative des ressources
Il existe un choix à faire dans l’utilisation des ressources ce choix peut être
individuel ou social. La science économique aide à faire ce choix en répondant à la question :
Quelle est la meilleure allocation des ressources disponibles par rapport à un
objectif particulier individuel ou social ?
D’où la notion importante de coût d’opportunité. Le coût d’opportunité pour un
individu, une entreprise ou une société d’utiliser une ressource ou un bien pour un objectif
particulier est égal à la valeur que cette ressource ou bien aurait procurée dans sa meilleure
utilisation alternative. La valeur de cette utilisation alternative ou autrement dit de cette
opportunité non réalisée, est appelée le coût d’opportunité de cette ressource ou de ce bien.
1
I.3.3. Qu’est-ce qui détermine alors la valeur d’un bien ou service final ?
La valeur d’un bien ou service final dépend du désir de l’obtenir de le consommer,
c’est-à-dire du consentement ou de la disposition à payer pour l’obtenir ou le consommer. La
courbe de demande de ce bien ou service final reflète cette disposition à payer.
I.3.4. L’allocation à travers le temps est un élément important en science
économique.
Souvent, il convient de décider s’il est préférable d’utiliser une ressource
maintenant ou plus tard.
Exemples :
i)Investir son épargne permet d’augmenter sa capacité productive.
ii)Consommer une ressource non renouvelable rend éventuellement cette ressource
indisponible pour les générations futures.
I.3.5. La distribution des biens et ressources pour la consommation par
différentes personnes et groupes sociaux.
La distribution des biens et services pour la consommation par différentes
personnes et groupes sociaux ou à travers différentes générations relève de la justice distributive
ou justice sociale.
Exemple : la faim dans le monde.
I.3.6. Le recours à quelle science économique ?
La micro-économie étudie le comportement économique « individuel » elle se
concentre sur l’étude et l’anticipation des actions économiques des individus, des groupes
d’individus ou des secteurs d’activité. On suppose que les facteurs extérieurs au sujet d’étude
ne changent pas.
Exemple :
i)La décision d’une entreprise de produire une certaine quantité d’un bien.
ii)Votre décision de dépenser votre budget mensuel sur tel ou tel autre bien ou
service.
La macro-économie étudie la performance d’une économie nationale et de
l’économie internationale à travers l’évolution d’agrégats macro-économiques tels que le PNB,
l’inflation, le taux d’intérêt, l’emploi, la balance commerciale, la balance des paiements, le taux
de change, etc. elle a notamment pour l’objet d’identifier les facteurs déterminant la quantité
totale de biens et services produits et la distribution des revenus.
Exemple : étude des causes du chômage ou de l’inflation.
I.4. TROIS TYPES D’ECONOMIE DANS LA RECHERCHE EN
ECONOMIE RURALE
I.4.1. Economie positive : qu’est-ce ?
Elle Explique des phénomènes économiques qui sont observés ;
Elle N’implique pas de jugement comparant des valeurs que peuvent avoir
différents individus ;
Elle Répond à des questions sans faire de jugements sur ce qui devrait être.
Exemples de questions qu’adresse l’économie positive :
i) Comment les ressources sont en réalité allouées dans l’économie ?
ii) Que puis-je faire pour augmenter mon revenu net ? » l’approche positive lui
propose des alternatives pour augmenter son revenu net.
iii) Quels sont les effets d’une dévaluation de la monnaie sur le déficit de la balance
commerciale ?
2
iv) Quels sont les effets des barrières à l’exportation sur la production nationale ?
v) Quels sont les effets de l’augmentation du prix sur la production ?
Si des économistes adoptent l’hypothèse de maximisation du profit parce que cette
hypothèse permet d’expliquer la réalité, ils adoptent une approche positive.
I.4.2. Economie normative : qu’est-ce qui devrait être fait ?
L’économie normative implique des jugements de valeur.
Exemples de questions qu’adresse l’économie normative :
i) Comment les ressources devraient être allouées dans l’économie ? cette question
implique un jugement de valeur.
ii) « Tu devrais faire ceci pour augmenter ton revenu net. » l’approche normative
lui propose ici des alternatives sous l’hypothèse implicite que cet individu devrait augmenter
son revenu, alors que celui-ci a peut-être d’autres objectifs.
Si des économistes jugent que les entreprises doivent, par exemple, maximiser leur
profit, alors ces économistes avec des avis divergents parce que leurs jugements de valeur sont
différents. Il est dès lors important d’énoncer explicitement les jugements de valeurs impliquées
dans une analyse normative.
I.4.3. Economie prescriptive
Les économistes sont souvent sollicités à prescrire le moyen le moins coûteux et le
meilleur pour aboutir à un certain résultat. Dans ces situations, les économistes conduisent des
analyses prescriptives. On leur demande, par exemple, de comment atteindre un objectif fixé
de la manière la plus efficiente, la plus profitable et la plus acceptable. Pour cela, ils combinent
l’approche positive à l’approche normative, le normatif étant alors défini par le commanditer
de l’étude. D’où, l’équation schématisée suivante :
Positif + normatif = prescriptif
Exemple : comment soutenir le secteur agricole au coût le plus bas pour la société ?
I.5. COMMENT REPONDRE A DES QUESTIONS D’ORDRE
ECONOMIQUE?
Contrairement aux sciences exactes, les sciences sociales ne se prêtent pas à
l’approche expérimentale. On peut cependant observer des situations et proposer des
généralisations ou des lois en utilisant d’approche inductive (du particulier au général).
Typiquement, l’analyse économique utilisée pour répondre à des questions d’ordre
économique combine :
i)La théorie économique,
ii)Les statistiques et mathématiques,
iii)Les observations et faits.
En vue d’expliquer des situations économiques ou d’anticiper des phénomènes
économiques, en recourant à des modèles économiques. Cette démarche nécessite cependant
de faire des simplifications par le biais d’hypothèses qui permettront une identification claire
de relation de cause à effet.
Notons qu’une théorie est construite à l’aide d’une approche déductive. Cette
approche permet de tirer des conclusions d’ordre général à l’aide d’un raisonnement logique et
abstrait à partir d’hypothèses de comportement et d’environnement.
En sciences économiques, la théorie économique dite néoclassique est celle qui
prédomine actuellement. Cette théorie s’appuie fondamentalement sur l’hypothèse de
rationalité de la part des agents économiques, que ceux-ci soient producteurs, consommateurs
ou intermédiaires. Cette rationalité est supposée s’exercer de la manière la plus libre possible
3
au service de l’intérêt individuel de ces agents économiques. Le formalisme mathématique de
cette théorie permet d’examiner les différentes conséquences de cette hypothèse de rationalité,
tant sur le plan individuel que social. Cette théorie met l’accent sur les forces du marché et sur
les prix qui en découlent. Ces prix sont utilisés comme signaux pour une allocation appropriée
des ressources. Cette théorie ne défend toutefois pas l’idée :
i)Que les marchés fonctionneraient sans imperfections et s’ajusteraient
instantanément et complètement aux circonstances changeantes,
ii)Que l’intervention du gouvernement ne serait pas nécessaire, mais elle intègre
aussi des situations de concurrence imparfaite ou d’absence de marchés.
I.6. PARTICULARITE DE L’ECONOMIE RURALE
L’origine de l’économie rurale (ou agricole dans le monde anglo-saxon) remonte
au début du XXème siècle lorsque les agronomes des Universités américaines de Cornel et du
Minnesota prirent conscience que la compétence à cultiver des plantes et élever des animaux
n’était pas suffisante pour la réussite professionnelle des fermiers. Les Land Grand Universités
américaines emboitèrent ensuite le pas et créèrent toutes leur propre département d’économie
agricole suivies par de nombreuses autres Universités aux Etats-Unis, au Canada et en Europe.2
Au départ, le champ d’investigation de l’économie rurale était concentré sur
l’allocation des ressources au sein de l’exploitation agricole Il s’est ensuite rapidement étendu
à l’économie de la production (y compris l’économie de la terre et du capital, deux facteurs de
production importants en agriculture), à l’analyse du risque et à l’analyse des marchés agricoles.
Avec la mondialisation des échanges et l’intervention de plus en plus sophistiquée de l’Etat sur
le secteur agricole, le champ d’investigation s’est ensuite diversifié après 1945 vers l’étendu
des politiques agricoles et alimentaires et des politiques commerciales, vers l’organisation
industrielle des secteurs agro-alimentaires et vers le développement rural dans les pays en
développement. Lors de ces 20 dernières années, cinq nouveaux domaines d’étude sont venus
s’ajouter aux précédentes : l’économie de la consommation alimentaire, le développement rural
dans les pays développés et l’économie politique.
Fort de ce développement, on peut définir l’économie rurale comme l’étude des
problèmes économiques relatifs aux activités humaines en milieu rural, particulièrement celles
liées au secteur agricole et agro-alimentaire mais aussi celles liées à d’autres secteurs
économiques évoluant en milieu rural. Cette étude porte sur un système complexe comprenant
essentiellement :
Les ressources naturelles (essentiellement terre, eau, forets, pâturage, soit plus de
deux tiers de l’espace en Belgique) ;
Les exploitations agricoles (ces entreprises jouent un rôle de premier plan au sein
du tissu socio-économique des campagnes) ;
Les entreprises agro-industrielles (le secteur agricole et le secteur agro-industriel
constituent ensemble le deuxième secteur industriel en Belgique) ;
Les petites et moyennes entreprises en milieu rural (ces entreprises sont
particulièrement utiles au développement de l’emploi en milieu rural) ;
Les organisations gouvernementales qui encadrent le secteur agricole, le secteur
agro-industriel et le monde rural. La définition des politiques agricoles et rurales mieux
appropriées à l'évolution de notre société nécessite le concours de nombreux scientifiques.
La complexité d’un tel système mais aussi les spécificités des questions se posent
dans un système où les techniques, la vivante et l’humain sont étroitement imbriqués, ont
nécessité le développement de l’économie rurale comme domaine scientifique
multidisciplinaire bien souvent confiné dans une entité propre lui permettant de faire appel aux
2
Les Universités du Wisconsin en 1902 et d’Harvard en 1904 furent les premières à proposer un cours d’Economie 4
agricole.
sciences naturelles et aux sciences économiques, sociales et politiques.3 Aux spécificités de ce
système sont venues s’ajouter progressivement de nouvelles préoccupations à l’économie
rurale. La prévention de l’environnement rural, la gestion durable des ressources naturelles,
l’organisation de l’espace rural, la sûreté alimentaire, l’organisation des filières agro-
alimentaires de la terre à la table, la mondialisation des échanges agro-alimentaires, le maintien
et l’instabilité des revenus agricoles, la rigidité des investissements en agriculture, l’importance
du progrès technique et le caractère familial de l’exploitation agricole en font partie.
L’économie rurale a contribué de manière décisive à des nombreux développements
méthodologiques novateurs en sciences économiques depuis la fin du siècle passé.
L’économétrie de la production et des données de panel, la théorie de l’innovation induite,
l’économie de la recherche et développement et la théorie économique du ménage en sont des
exemples. Certes aussi, au-delà de leur rôle précurseur dans ces développements, les
économistes agricoles ou ruraux sont reconnus pour leur connaissance approfondie des
problèmes et réalités de leur champ d’applications justifiant ainsi l’expression « Agricultural
économistes are real people ». Mais, à mesure de l’extension de son champ d’applications,
l’économie rurale a cependant eu de plus en plus recours à des disciplines propres à la science
économique générale. Par exemple, l’étude des marchés et des politiques agricoles se réfère à
la macro-économie et l’économie publique et l’offre d’actifs environnementaux par
l’agriculture se réfère à la théorie micro-économique des contrats. Cette extension Cette
extension suscite dès lors aujourd’hui l’impression qu’un économiste rural n’est rien d’autre
qu’un chercheur en économie dont l’intérêt scientifique se situe dans le champ agricole ou rural.
Cette impression est d’autant plus forte que le formalisme mathématique attaché à la science
économique cherche à exprimer une relative universalité des comportements humains et
sociaux.
Malgré cette évolution, la situation actuelle, tant celle des pays européens ou nord-
américains, témoigne que les économistes agricoles ou ruraux ont préservé leur identité propre
au sein de leurs diverses institutions universitaires ou de recherche tout en ayant intégré les
acquis plus récents de la science économique. Cette situation s’explique non seulement en
raison de la reconnaissance de l’ancienneté de l’économie rurale et de la richesse de ses
contributions à la science économique ais surtout en raison de la reconnaissance de sa fécondité
présente et des renouvellements et potentialités dont elle reste porteuse. Cette confiance est en
partie liée aux conditions favorables et atouts dont bénéficie la recherche économique agricole,
que sont l’importance des ressources dont la collectivité continuera à consacrer à ce champ
d'applications, l’abondance et la qualité de l’information disponible pour les études et
recherches de ce champ, le caractère le plus souvent appliqué des recherches de ce champ (et,
donc, une meilleure combinaison productive entre le développement des théories, la mise en
œuvre des méthodes et la connaissance des faits) et les rapports souvent étroits des économistes
ruraux avec les utilisateurs de leurs études et recherches. Cette confiance est également
fortement liée aux questions agricoles et rurales actuelles et à venir dont les réponses nécessitent
le développement et l’utilisation de nouveaux instruments d’analyse économique qui devraient
à leur tour conduire au renouvellement des thèmes et méthodes de l’économie rurale. Il s’agit
notamment de la question préoccupante de la préservation de l’environnement et,
corollairement, du phénomène des pollutions diffuses que l’on retrouve en agriculture, dans
lequel les instruments fiscaux traditionnels montrent leurs limites. Il s’agit aussi de la question
de la gestion durable des ressources naturelles et des activités récréatives liées à l’agriculture et
à la forêt et, donc, de l’aménagement du territoire. Il s’agit de l’analyse des politiques agricoles
et des modes de régulation des marchés agricoles au sujet desquels s’interroge la société. Enfin,
il s’agit de l’analyse de la diversité croissante des formes de la concurrence que prennent les
3
La complexité et les spécificités d’un tel système expliquent l’existence de l’économie rurale alors que 5
l’économie de la chimie, de la sidérurgie ou tout autre secteur industriel n’existe pas.
marchés agricoles et agro-alimentaires et des stratégies qui s’y développent, et de la question
des signes de qualité liés à ces marchés.
Dépassant le cadre de l’étude du secteur agricole et agroalimentaire et celui des
ressources naturelles, l’économie rurale est parfois comprise comme une science sociale
intéressée à étudier tout ce qui concerne les activités économiques dans les campagnes, y
compris donc les activités agricoles, par opposition aux activités économiques dans l’espace
urbain qui comprend tout ce qui est de la ville ou des villes. Elle couvre alors un domine plus
large que l’économie agricole sensu stricto, s’accommodant d’une définition spatiale en non
sectorielle. Cette opposition entre ville et campagne est toutefois de plus en plus difficile à
maintenir. Quelles sont en effet les limites sues rural par rapport à l’urbain ? Au lieu de
raisonner en termes de territoires ruraux, les économistes et géographes ruraux réfléchissent
maintenant davantage en termes de réseaux ou d’espace géographique.
6
CHAPITRE I : DEFINITIONS, TERMINOLOGIE,
EVOLUTION DE L’ECONOMIE RURALE ET DE
L’ESPACE RURAL
I.1. DEFINITIONS ET TERMINOLOGIE EN RELATIONS AVEC
L’ECONOMIE RURALE
Dans l’esprit des personnes qui s’occupent de la science économique relative à
l’agriculture, il n’apparaît pas de définition rigoureuse de chacune des expressions « économie
rurale », « économie agraire », « économie agricole », « économie de l’agriculture» 4 et
« économie agroalimentaire »
La première de celles-ci reste la plus courante, celle qui communément se trouve
utilisée en France et dans nos facultés des Sciences Agronomiques et, d’emblée, nous allons
nous efforcer d’en donner, avec des nuances, la définition.
Dans la conception actuelle, l’économie rurale correspond à l’économie
politique et sociale appliquée à l’agriculture. Dès 19495, la Société Française d’économie
rurale (SFER), dont les membres n’étaient pas unanimement d’accord, en a donné une double
définition qui reste assez judicieuse bien qu’elle appelle la critique.
L’une, au sens strict, s’énonce dans la forme suivante : l’économie rurale est
« l’ensemble des observations méthodiques, des lois (aspect scientifique) et des préceptes
(aspect normatif) de l’économie politique, quand on les applique au travail et à la vie des
agriculteurs, à leurs relations avec les autres professions, à la place de l’agriculture dans les
sociétés nationales et dans les échanges internationaux ». Notons que l’environnement ne peut
être absent des préoccupations des agriculteurs (« agriculture et environnement », un thème à
la mode).
Loi : Formule générale, non impérative, énonçant un rapport constant entre
phénomènes, « La loi nous donne le rapport numérique de l’effet à la cause » (Claude
BERNARD, 1813-1878)6
Précepte : Formule qui exprime une règle, une recette.
D’autres part, L’autre définition de la SFER est ainsi libellée : « En un sens large,
on entend par économie rurale l’ensemble de sciences sociales qui étudient la vie rurale et
l’activité agricole ».
I.1.1, Relations entre l’agriculture et les autres activités
L’évolution de l’agriculture (en liaison avec le développement économique)
entraîne des modifications des systèmes de production (1°) et des changements dans les rapports
qu’elle entretient avec l’ensemble de l’économie (2°).
1° Pratique de l’économie de cueillette – chasse, pêche ; agriculture de subsistance.
Pratique de l’agriculture intensive (facteur main-d’œuvre et recours graduel au capital) Pratique
de l’agriculture à base de capital ; agriculture industrielle, technicienne, d’entreprise.
2° Passage d’une agriculture à base d’unités autonomes (subsistance) à une
agriculture autonome et, ultérieurement, à une agriculture intégrée (échanges intersectoriels).
4
BOUSSARD Jean-Marie (1987). Economie de l’agriculture. Paris, Economica, 310 p. 7
5
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’agriculture et les activités qui y sont liées étaient les
composantes essentielles du monde rural. La longue période de la prédominance agricole est révolue dans nos
régions et l’expression « économie rurale » a cessé de pouvoir être confondue avec celle « économie agricole ».
6
BER NARD Claude (1865). Introduction à l’étude de la médecine expérimentale.
Polyculture et élevage ; poly production ; diversification. Spécialisation des productions.
Spécialisation fonctionnelle. Intégration horizontale (entreprise agricole moderne ;
groupements de producteurs ; coopératives ; groupements agricoles d’exploitation en
commun ; société agricole, …). Intégration verticale proprement dite ou contractuelle
(quasi-intégration verticale). Agriculture maillon de la chaîne agroalimentaire ou du
complexe agro-industriel.
L’ensemble des relations unissant l’agriculture aux activités industrielles d’amont
et d’aval, avec lesquelles elle est en contact étroit, a déterminé l’introduction de la notion de
complexe agroalimentaire, qui est la plus courante et qui, stricto sensu, n’inclut pas les firmes
situées en amont de l’agriculture (à l’exception de celles fabriquant des aliments composés pour
les animaux). Aussi, lui substitue-t-on la notion de complexe agro-industriel.
Le secteur des industries agroalimentaires (IAA) peut être subdivisé comme
suit :
Industries de première transformation :
-Industrie du lait et des produits laitiers
-Abattage du bétail, préparation et mise en conserve de la viande
-Fabrication de conserves de fruits et de légumes
-Industrie du sucre
-Industrie des corps gras végétaux et animaux
-Travail des grains
-Fabrication de conserves de poissons et d’autres produits de la mer
-Cidrerie et fabrication de vins de fruits.
Industries de seconde transformation :
-Brasserie et malterie
-Boulangerie, pâtisserie, biscotterie, biscuiterie
-Industrie du cacao, du chocolat et de la confiserie de sucre
-Fabrication de produits alimentaires divers
-Industrie des alcools éthyliques de fermentation
-Industrie des boissons hygiéniques et eaux gazeuses
-Industrie des produits amylacés
-Fabrication des pâtes alimentaires.
Autres IAA
Fabrication de produits pour l’alimentation des animaux
Industrie du vin et des boissons à base de vins
Les industries de l’agrofourniture (IAF) produisent
Plants et semences
Engrais et amendements (Facteurs de consommation)
Produits phytosanitaires et pharmaceutiques (intermédiaire, provisions)
Aliments pour le bétail
Énergie et lubrifiants
Outils, machines, véhicules, installations : équipements (cheptel mort) etc.
Autres I
Textile (fibres naturelles)
Industrie du tabac
8
I.1.2 Agriculture et « agro-abondance »
L’agriculture 7 consiste en la culture du sol et, par extension, en l’ensemble des
travaux visant à utiliser et à transformer le milieu naturel pour la production de végétaux et
d’animaux utiles à l’homme (Larousse agricole – 1981)
Elle est un maillon de plus en plus ténu de la chaîne agro-industrielle. Cependant,
elle doit être à la base de « l’agro-abondance », qu’Henri CAYRE présente comme une voie de
conciliation entre le progrès et l’environnement.
Dans son essai, cet auteur8 tente de montrer qu’il est possible d’harmoniser l’un et
l’autre. De ce fait, il élargit le concept classique d’économie rurale notamment en y adjoignant
l’économie de l’environnement.
« L’agro-abondance » couvre non seulement l’alimentation, la production à des fins
non nutritionnelles (textiles, tabac, caoutchouc, …) et le bien-être au sein de la nature mais
aussi les nouvelles utilisations de la biomasse, par exemple à des fins chimiques, notamment
pharmaceutiques, et énergétiques. Elle a un sens plus large que celui de « agroalimentaire ».
L’agriculture condamnée au progrès et à la productivité doit développer sa
production sans détruire et intégrer son activité au sein des cycles naturels ; lui-même a intérêt
à maintenir le capital nature et à éviter les exagérations et les erreurs. Dans l’exercice de ses
activités, il doit leur compte :
Des conséquences de l’agriculture moderne, qui ne sont pas toutes connues et qui
découlent d’un manque de considération pour l’humus, de la simplification des assolements, de
l’emploi abusif des engrais et des produits phytosanitaires (pollution des sols et de l’eau), des
concentrations zootechniques excessives (élevages non liés au sol et nuisances), du
remembrement rural (élimination des haies, arasement des talus, régime des eaux, … érosion)
etc.
De l’état alimentaire du monde.
De la conservation et l’amélioration des sites (en l’an 2000, selon l’Organisation de
Coopération et de Développement Economiques, 80 % des humains vivront en ville ; la
civilisation des loisirs aura conquis de vastes régions et sera devenue une donnée de l’économie
politique).
I.1.3. Activité tertiaire de l’agriculture.
Elle doit veiller à :
-La protection de la flore et de la faune (poissons et gibier etc.…)
-La lutte contre l’extension des espèces nuisibles
-La promotion de l’aménagement du territoire (culture, plantation d’arbres et
boisement, paysage, intégration harmonieuse de bâtiments dans le milieu ; présentation des
7
Le terme « agriculture », au sens large, « désigne aussi bien les techniques de production des végétaux que
9
celles des productions animales ». Comme les techniques et les sciences se scindent et se spécialisent quand
elles évoluent, progressent et se compliquent, on a opéré une distinction entre phytotechnie et zootechnie. « La
phytotechnie désigne l’ensemble des techniques visant à faire produire par le sol, sous un climat donné, le
maximum de végétaux utiles, dans les meilleures conditions économiques et écologiques ». (SOLTNER, p. 5).
Dans cette acception, la phytotechnie concerne aussi l’exploitation des forêts et des bois (foresterie, sylviculture,
ligniculture).
La zootechnie « vise la production des animaux » (SOLTNER, p. 5).
Réf. : SOLTNER Daniel (1974). Phytotechnie générale. Les bases de la production végétale. Le sol – Le climat – La
plante. Saint Gemmes sur Loire, le Clos Lorelle (collection Sciences et techniques agricoles), 440 p. Il existe des
éditions ultérieures de l’ouvrage.
8
CAYRE Henri (1979). L’agroabondance – Essai pour une doctrine de l’abondance alimentaire par la maîtrise de
la production, Paris, SEDA, 175 p.
constructions en pierres, matériau coûteux de moins en moins utilisé, et du capital architectural
en général) etc.
Bien que sociologie rurale et économie rurale restent deux disciplines parfois
encore associées, il faut éviter d’englober dans la seconde, toutes choses qui spécifiquement
sont du domaine de la première : la morale, la démographie, la médecine sociale, les arts
populaires, l’histoire et les traditions comparées, etc.
I.2. CONCEPTION DE L’ECONOMIE RURALE
I.2.1. Conception dans le temps
Conception ancienne
La conception de l’économie rurale a varié au fil des siècles. Longtemps, cette
matière a cherché à être simplement une sorte d’économie domestique ; elle a été centrée sur
le domaine agricole ; elle s’est efforcée de préciser comment celui-ci doit s’organiser pour
vivre, voire pour prospérer (économie domaniale ; agriculture teintée d’économie).
C’est cette conception que l’on rencontre dès l’antiquité chez l’un des premiers
auteurs qui se soient rendus célèbres en la matière : CATON (234 – 149 av. J.-C., - « De
Rustica »). C’est lui qui donnait ce conseil, resté fameux par son inhumanité, qu’il faut vendre
les vieux esclaves, même s’ils sont en service depuis longtemps dans la maison, sitôt qu’ils
commencent à coûter plus qu’ils ne rapportent9.
Pendant tout le moyen âge, c’est toujours cette conception qui a prévalu. Le cadre
de l’exploitation agricole s’était élargi, le domaine qu’il fallait faire prospérer était plus vaste,
mais ce que l’on cherchait, c’était toujours son aménagement de façon à lui faire donner le plus
grand rapport possible.
Au XVIIème siècle, on la retrouve toujours chez Olivier de SERRES (agronome
Français : 1539 – 1619), qui nous livra longuement, dans son célèbre : « Théâtre d’Agriculture
et Mésange des Champs » (1600), des conseils pour l’organisation et la gestion d’un domaine
rural.
Antoine Augustin PARMENTIER (1737 – 1813), vulgarisateur de la culture de la pomme de terre en
France, publie, en huit volumes, en 1788 : « L’économie rurale et domestique ». Cette œuvre constitue
un véritable cours à l’usage des agriculteurs.
Conception rénové
Brusquement, au XVIIIème siècle, on se trouve en présence d’une conception
rénove : elle est l’œuvre des physiocrates10 qui, sans doute, s’occupent de la firme agricole,
9
C’est le même CATON qui a écrit : « Lorsque les esclaves sont tombés malades, il convient de leur donner moins
10
à manger ». En effet, s’ils ne sont pas très malades, ils se remettent au travail pour avoir à manger, et si leur
maladie est grave, ils ne meurent et ce n’est pas une grande perte.
10
Les agriculteurs forment la seule classe productive. Seule la terre, en effet, laisse un produit net (partie de la
production pouvant être prélevée sans que soit diminuée la capacité de production ou la masse des richesses
existantes) ; elle multiplie les richesses alors que « les commerçants et les fabricants ne font qu’additionner aux
choses la valeur de leur travail » (DU PONT de NEMOURS, 1739 – 1817) ;
2° l’activité économique est toute entière animée par la circulation du revenu net, que F. QUESNAY (1694 –
1774), pathologiste réputé et chef de la doctrine, représenta dans son célèbre tableau économique en 1758
3° le maintien de la prospérité et de la liberté fait régler l’ordre le plus parfait sans le secours d’aucune loi. D’où,
la formule célèbre de V. de COURNAY (1712 – 1759) : « Laissez faire, laissez passer », et l’idée de remplacer les
textes existantes qui gênaient les échanges par un impôt unique sur la propriété.
Référence : PHELIZON Jean-François (1977). Lexique des termes économiques. Paris, Technique et Vulgarisation,
287 p.
dont beaucoup sont très au courant de la technique, mais ce n’est là qu’un des aspects de leur
œuvre.
Ils voient plus large et plaçant délibérément l’agriculture, qu’ils considèrent comme
la seule activité productive, au centre même de la vie économique, ils déduisent toutes les
implications économiques, sociales et même politiques, qui doivent en résulter pour le royaume
de France. Comme l’agriculture est la source de toutes richesses, ils en tirent les conséquences ;
s’ils préconisent certaines techniques pour tirer de la terre les richesses qu’elle contient en
puissance, ils insistent surtout sur les conditions générales optimales du milieu qu’il est
indispensable de réaliser pour obtenir le maximum de résultats. Cette conception est neuve : on
assiste à la naissance d’un courant de pensée.
Au début du XIXème siècle, on trouve aussi un auteur qui se préoccupe du
problème de la terre dans le cadre de la vie économique : c’est RICARDO (1772 – 1823) dont
la théorie de la rente foncière différentielle de fertilité est demeurée célèbre et qui ne s’occupe
pas de l’exploitation agricole.
J.H. Von THUNEN, lui gère un domaine agricole dans le Mecklembourg et décrit
la rente différentielle de distance dans son ouvrage : « Der solière Stat »11, en 1826.
Conception actuelle
La conception actuelle de l’économie rurale diverge selon les auteurs.
Pour certains, cette science est l’étude de la gestion du domaine agricole. Elle est
sortie de l’ère préscientifique (recettes, préceptes fragmentaires) et repose sur la théorie
économique (théorie de la firme). Il existe à présent des méthodes scientifiques de gestion, de
management des entreprises, qui se perfectionnent graduellement (budget, programmation,
informatique, télématique, …)
D’autres adoptent une conception globale de l’économie rurale. Leur raisonnement
porte sur l’ensemble de l’économie agricole et non sur les cellules élémentaires de production
(exploitation). Il concerne les « agrégats », dont les limites dépassent largement les
exploitations agricoles : par exemple, l’importance absolue et relative de la population active
agricole et du revenu agricole (parité), l’évolution de la production, du commerce extérieur des
denrées. Cette orientation plus ou moins « institutionnaliste » de la conception de l’économie
rurale conduit normalement à l’étude scientifique de la politique agricole (intervention, action
des pouvoirs publics dans le secteur agricole).
Enfin, l’étude des marchés des produits agricoles ne peut être négligée.
L’examen de la conception présente de l’économie rurale conduit à traiter de ses
subdivisions.
I.2.2. Branches de l’économie rurale
Economie rurale : Ensemble des sciences sociales qui étudient la vie rurale et
l’activité agricole ou ensemble des relations sociales qui naissent de l’exploitation du sol
(VALLARCHE, professeur à la Faculté de Droit de Fribourg12.
A noter que les physiocrates furent combattus par VOLTAIRE (1690 – 1778), dans son conte « l’homme aux 11
quarante écus ».
11
Von THUNEN J.H. (1826). Der isolierte Staat in Beziehung auf Landwirtschaft und national Okonomie. Rostock.
Edition anglaise (1966) : von Thünen’s Isolated State. Glasgow, Peter Hall, Pergamon Press.
12
VALLARCHE Jean (1959). L’économie rurale. Paris, Marcel Rivière et Cie, 300 p.
I.2.2.1, Economie agricole (et horticole) :
Branche de l’économie rurale qui étudie l’économie de la production et de la
distribution des produits agricoles et horticoles (Agricultural Economiques).
a)Economie de la production « Production Economiques »
-Economie des terres (« Land Economiques » ou « Land Economy »).
Exemples : systèmes fonciers et modes de faire-valoir des exploitations ; valeur
vénale et valeur de rendement ou productive des terres ; réformes foncières, … utilisation des
terres, rotations et assolement, …
-Administration ou plutôt gestion ou management des exploitations (« Farm
Management » - Landbouwbedrijfsleer* - Landwirtschaftliche Betrieblehre »).
B) Commerce (distribution) de produits agricoles (« Marketing of Farm
Products » - « Marktleer » - « Marktlehre »).
- Technologie commerciale (présentation des produits)
- Etude des marchés et des circuits de la distribution.
- Filière des produits13 importance considérable actuellement).
I.2.2.2. Sociologie rurale (« Rural Sociology »).
Branche de l’économie rurale qui étudie les groupes sociaux ruraux et leur
comportement. Les techniques d’application de l’économie rurale constituent la « politique
agraire » (« Agrarpolitik »), qui, après la sociologie rurale, s’érige en discipline autonome
I.2.2.3. Signification de : « agricole » et « rural »
Le terme « agricole » se rapporte à la terre cultivée, à ceux qui l’exploitent et à ceux
qui en vivent directement. Le terme « rural », très extensif, s’applique à l’ensemble de la vie
locale, dans les hameaux, les villages et les bourgs (espace rural), où peut primer l’activité
agricole (terre « espace nourricier » - terre facteur de la production et capital), mais où peuvent
habiter des ouvriers et des employés navetteurs qui se déplacent vers la ville ou le centre
industriel ou de services, où ils exercent leur activité, des artisans, des commerçants, des
représentants de professeurs libérales, …
I.2.3. Exode agricole et exode rural
-L’exode agricole correspond à un transfert professionnel de la population active
agricole tandis que l’exode rural (transfert géographique) revêt une portée plus large ; il
signifie l’abandon des régions rurales non seulement par les agriculteurs mais aussi par les
artisans auxiliaires de l’agriculture, les gens des métiers de la construction, les commerçants,
… l’un accompagne généralement l’autre mais, dans la vie moderne, l’exode rural n’implique
pas toujours l’exode agricole (ruraux exerçant la profession d’agriculteur et résident en ville) et
la campagne attire ou a attiré de plus en plus de citadins (exode urbain « exurbanisation » ou
transfert de la population du centre urbain vers la périphérie).
13
Filière : Ensemble des actes de production, transformation, distribution et consommation relatif à un produit 12
(pomme de terre, sucre, bois) ou un groupe de produits homogènes (céréales, fruits et légumes, viandes bovine
et porcine, produits laitiers, …). Toute filière peut être organisée sur une base interprofessionnelle, ce qui
nécessite une concertation entre ses différents maillons
-L’exode rural est particulièrement accentué dans les pays en voie de
développement ; il s’accompagne parfois de l’expatriation de ceux qui le vivent. Acculement,
en Europe, on s’efforce de rénover le centre des villes et de le rendre attractif pour la population.
Par ailleurs, on a observé qu’une hausse sensible du prix des carburants et combustibles peut
inciter des navetteurs à abandonner la campagne.
-Différenciation de l’espace rural : Nouvelle typologie des villages
La révolution industrielle et les deux guerres mondiales ont, en Europe porté un
coup fatal à la société rurale traditionnelle et sans doute à sa culture, à un stade avancé du
développement, l’espace rural est de plus en plus difficile à caractériser et apparaît hétérogène.
On distingue :
les villages résidentiels situés dans l’aire d’attraction et de diffusion des villes14
Les villages industrialisés, où se déploient aussi des activités de service
Les villages touristiques se caractérisent généralement par une agriculture pauvre ; le
nombre des habitants actifs diminue généralement tandis que le nombre des résidents
temporaires y croit
Les villages qui sont demeurés des agglomérations d’agriculteurs tendent à devenir
résiduels.
Dans certaines zones, l’espace rural convient à l’agriculture, à la sylviculture, à la
résidence, au tourisme, à l’implantation de firmes industrielles et de services, … Dans d’autres
zones, les transactions immobilières concernent essentiellement des terres agricoles et
sylvicoles (villages dont le contenu agricole est très important). Ailleurs, les acheteurs
participant aux transactions foncières viennent de plus ou moins loin : les régions à vocation
touristique ou sylvicole sont sensibles à cet élément. Enfin, l’espace urbain ne peut se
développer qu’au détriment de l’espace rural et l’interpénétration de l’un et de l’autre peut être
poussée (mégapole).
I.2.4. Ville et campagne, la fin d’un dualisme13
En 1977 (le premier « choc pétrolier » remonte à octobre 1973), BERGER et
ROUZIER écrivaient :
« A la phase d’attraction et de concentration urbaine va se superposer une nouvelle
phase de diffusion. L’espace rural va bénéficier à présent de la diffusion urbaine, tant sous la
forme d’implantations d’usines, de commerce, d’entrepôts, de certains services publics ou
privés, que de populations urbaines qui transplantent leur résidence hors de la ville ».
« Au niveau du contenu économique, la grande opposition ville-campagne est en
train de s’atténuer ; l’industrie et le tertiaire ne sont plus nécessairement urbains ; l’agriculture,
à l’inverse, ne disparaît pas totalement des milieux « en voie d’urbanisation », caractérisés par
une forte densité d’hommes et d’activités ».
Les critères traditionnels de segmentation de l’espace sont remis en cause. A la
conception polarisée de l’espace succède graduellement la mise en place de l’espace intégré,
que permet le développement des moyens de transport, des communications, … de la
télématique, voire de la législation.
14 13
« RURBANISATION » : La rurbanisation est l’extension disséminée des villes dans les espaces ruraux qui les
entourent ; elle laisse en place une agriculture interstitielle. Référence : BAUER G. ET ROUX J.M. (1976). La
rurbanisation ou la ville éparpillée. Paris, le Seuil (Collection Espacements), 192 p.
13
BERGER A. et ROUZIER J. (1977). Ville et campagne, la fin d’un dualisme. Paris, Economica, 276 p.
« Une nouvelle occupation de l’espace par les hommes et les activités s’organise
peu à peu et débouche sur la mise en place de réseaux de flux économiques où la ville n’est
plus un point de passage nécessaire ».
Ces vues n’étaient pas utopiques. L’expression « développement rural intégré » a
acquis droit de cité … Déjà, dans le Journal Officiel des Communautés européennes L 197 du
20 juillet 1981, sont parus les règlements (CEE) n° 1939/81, 1940/81 concernant un programme
de développement intégré respectivement pour les Western Isles d’Ecosse (Outer Hebrides),
pour le département de la Lozère et pour les zones défavorisées de la Belgique (Sud-Est du
pays).
Précisons que le développement rural intégré a pour objectif fondamental de
maintenir la population en place et si possible d’en augmenter l’effectif en améliorant les
conditions de vie sur les plans économiques, social et culturel.
Un tel objectif requiert un bon aménagement et une protection de l’espace ainsi que
du cadre de vie ; il implique une large décentralisation administrative et une participation active
des citoyens. Pour une approche globale du développement, il s’impose de prendre des
dispositions concernant les activités agricoles, forestières et industrielles, le commerce,
l’artisanat, le tourisme et les services, la maîtrise de l’énergie éventuellement, ou encore la
pluriactivité.
I.2.5. Economie agraire et économie agro-alimentaire
Dans les commentaires présentés, il n’a pas été question « d’économie agraire ».
Pourtant, la traduction en existe dans différentes langues : « Agrarwirtschaft », « Agrarische
Economie » et même « Agrarian Economy ».
Chez les auteurs latins : CICERON (106 – 43 avant J.-C.), TITE-LIVE (64 ou 59
avant J.-C. vers 10), … « agrarius » appartient fréquemment au langage politique (lex agraria :
loi agraire ; triumvir agrarius : commissaire chargé de la répartition des terres).
L’économie agraire ne recouvre pas que le domaine de l’économie mais englobe
aussi des problèmes relevant de la politique et de la sociologie. C’est à tort, semble-t-il, que
certains considèrent que l’expression manque de sérénité et concerne spécifiquement des
questions sociales et les revendications d’une partie des agriculteurs ou de partis politiques.
A cause de la mise en place, du développement et de l’emprise de concept
agroalimentaire, la formule « économie agroalimentaire » recueille du succès.
Louis MALASSIS14 l’a retenue comme titre d’un ouvrage, dont le volume I
comporte deux parties :
Economie de l’alimentation : nutrition 15 ; régimes, budgets et demandes
alimentaires ; développement et modèles de consommation.
Economie de la production agro-alimentaire : structure et flux énergétiques et
monétaires du secteur agro-alimentaire ; modèle agro-industriel : industrialisation de
l’agriculture et de la chaîne agro-alimentaire, fonctionnement et diffusion de l’agro-industrie.
Le même auteur et PADILLAT ont fait paraître, en 1987 :
- Traité d’économie agro-alimentaire
- Les bases historiques du développement agro-alimentaire
- L’économie mondiale.
14 14
MALASSIS L. (1979). Economie agroalimentaire. I Economie de la consommation et de la production agro-
alimentaire. Paris, Cujas, 437 p.
15
Les nutriments sont les principes actifs des aliments : glucides, lipides, protides, éléments minéraux et oligo-
élements, vitamines.
I.3. PARTICULARITES SOCIO-ECONOMIQUES DU SECETUR
AGRICOLE ET AGRO-INDUSTRIEL
I.3.1. Les Structures et ressources agricoles et particularités économiques du
secteur agricole.
Le secteur agricole qu’étudie l’économie rurale, est un système complexe de
relations physiques, biologiques et socioéconomiques. Ce sont les spécificités de ce système
qui ont conduit à ce que des économistes l’étudient de façon particulière. Ce sont aussi ces
spécificités qui ont conduit à ce que ce secteur reçoive une attention particulière du pouvoir
public et, notamment, qu’il bénéficie de mesure de soutien. On peut identifier les différentes
particularités fondamentales de ce système.
I.3.1.1, Ce système est constitué d’organismes vivants
Parce que ce système et constitué d’organismes vivants (cultures et animaux) sujets
à des cycles biologiques et à des risques climatiques et sanitaires, la plupart des productions
réalisées au sein de ce système sont caractérisées par une saisonnalité et un cycle (par exemple,
le cycle des prix et production des viandes bovine et porcine), d’une part, et sont peu
contrôlables et imprévisibles, d’autres part. En raison de ces caractéristiques, les activités de
surveillance au sein de l’entreprise agricole sont importantes.
De nombreuses productions végétales et animales sont également complémentaires,
ce qui explique l’alternance de cultures en vue de fertiliser le sol ou d’éviter la propagation de
parasites, ainsi que l’association de productions végétales et animales. Cette complémentarité
des productions agricoles nécessite que l’entreprise agricole utilise simultanément un grand
nombre de techniques différentes en vue de produire une grande variété de produits.
I.3.1.2, Les productions de ce système dépendent de ressources naturelles telles
que la terre et l’eau.
Parce que les productions végétales et, dans une moindre mesure, les productions
animales de ce système sont exigeantes en terre, elles consomment de l’espace. Les activités de
déplacement et de transport peuvent donc être considérables et limiter la taille de l’entreprise
agricole. Pour certaines productions végétales, un apport momentané en eau est nécessaire.
I.3.1.3, La demande pour les produits agroalimentaire est rigide
La demande pour les produits agroalimentaires est généralement peu sensible à des
modifications de prix (King) et de revenus (Engel). Combinée à des fluctuations de l’offre, la
rigidité de la demande par rapport aux prix entraine des fluctuations de prix importantes en
l’absence des politiques de régulation. Par ailleurs, lorsque les revenus augmentent, la part de
l’alimentation dans les dépenses des ménages et donc dans l’économie nationale diminue en
raison de la rigidité de la demande par rapport aux revenus. Cette tendance explique le déclin
relatif du secteur agricole dans l’économie nationale et parfois les difficultés d’insertion du
secteur agricole dans une économie en croissance.
I.3.1.4, Les investissements de l’entreprise agricole sont importants
Associée au mouvement cyclique des productions végétales et animales et à la
périssabilité de leurs produits, l’importance des investissements et donc de la part des coûts
fixes dans les coûts totaux de l’entreprise agricole expliquent l’inélasticité de l’offre de la
plupart des productions agricoles dans le court terme. La courbe d’offre de certaines de ces
productions peut parfois être faiblement réversible. Dans ce cas, des erreurs commises lors de
décisions d’investissement peuvent être conséquentes.
15
I.3.1.5, Le secteur agricole est constitué de petites entreprises familiales.
La fonction d’objectif de ces entreprises familiales est souvent une combinaison de
plusieurs objectifs associant plusieurs preneurs de décision.
En présence d’entreprises de grande dimension en amont et en aval, ces petites
entreprises familiales peuvent être handicapées par leur faible pouvoir de négociation. Cette
faiblesse de pouvoir de négociation explique l’importance du mouvement associatif en milieu
agricole dans certaines régions et la mise en place de politique de soutien des prix et des revenus
par le pouvoir public.
I.3.1.6, La main-d’œuvre agricole est relativement peu ‘’mobile’’
Cette faible mobilité de la main-d’œuvre agricole a également justifié des
interventions du pouvoir public en vue de soutenir les revenus agricoles, particulièrement dans
des situations de chômage généralisé.
I.3.1.7, Les coûts de transaction de l'entreprise agricole peuvent être
importants
Dans certaines régions, la dispersion des exploitations dans l’espace augmente le
coût d’accès :
A l’agrofourniture ;
Aux débouchés ;
A une information fiable.
I.3.1.8, Le progrès technique en agriculture est important
Le progrès technique en agriculture est important (un gain annuel de rendement en
céréales de 100 kg en Europe durant la seconde moitié du XXème siècle) et est rapidement
diffusé dans le milieu agricole. En absence de politique de régulation, le gain de productivité
du progrès technique profite in fine aux consommateurs.
I.3.1.9, L’agriculture joue de multiples fonctions
En Europe, l’agriculture est de plus en plus reconnue comme jouant un rôle dans la
vie rurale en l’entretien et la préservation des paysages. Les fonctions de l’agriculture
deviennent donc multiples et couvrent :
La production de produits alimentaires
La production de produits industriels
L’utilisation de ressources naturelles
L’action sur le paysage, la vie économique des campagnes, la biodiversité, etc.
16
CHAPITRE II : FACTEURS DE LA PRODUCTION
AGRICOLE
Outre l’utilisation du facteur naturel et le recours au travail (facteur humain),
l’agriculteur met en œuvre des capitaux (facteur technique). A ces éléments on peut ajouter le
facteur immatériel de production qui est la gestion (1) (sans perdre de vue l’innovation dans
l’organisation).
II.1. FACTEUR NATUREL
(Eau, air, anhydride carbonique, radiations solaires, …)
La production agricole est partiellement gratuite (« physiocratie ») grâce à l’emploi
de facteurs naturels et notamment à la fonction chlorophyllienne accomplie par le végétal
(photosynthèse ou conversion biologique de l’énergie solaire ou bioconversion à l’origine des
denrées renouvelables : végétaux alimentaires ou non alimentaires, matières premières pour
l’industrie textile ou autre (2), matériaux combustibles) ainsi qu’au potentiel de reproduction et
de croissance des êtres vivants.
L’eau est rare dans maintes régions et n’y est pas un bien libre (facteur onéreux).
Partout, il importe de respecter les règles de l’économie de l’eau, élément par ailleurs
susceptible d’être pollué. Certains pays élaborent un statut des ressources en eau destinées à
l’irrigation, dont l’utilisation est organisée en fonction des besoins de la production et des
exigences de la mise en valeur.
II.2. FACTEUR HUMAIN
Le travail consiste en la mise en œuvre des facultés physiques (travail d’exécution)
et intellectuelles (travail de gestion) de l’homme.
En Europe occidentale, la main-d’œuvre agricole revêt un caractère familial
nettement accentué (agriculture paysanne en voie d’industrialisation, à base d’exploitations à
responsabilité et engagement personnels).
L’agriculteur participe directement à la production (travail direct) ; pratiquant la
spécialisation fonctionnelle, il dépend des industries d’amont (IAF) et d’aval (IAA), des
artisans, des gens de services (travail indirect).
II.3. FACTEUR TECHNIQUE
II.3.1. Définition du capital - problème de la terre
1° Le capital est l’ensemble des éléments de la fortune concourant à la production.
Selon cette conception, la terre défrichée, drainée, irriguée, pourvue de chemins et de clôtures,
améliorée par la culture représente un élément du capital. Au départ, elle était pourtant un
facteur naturel à l’état pur.
2° Le capital est la part du produit du travail non consommée et épargnée en vue
d’être placée ou investie à l’occasion de l’acquisition d’un instrument de production (machine,
vache laitière, …).
En vertu de cette définition et comme à l’origine, la terre ne constitue pas un produit
du travail, elle se distinguerait des autres capitaux, revêtant un caractère mixte ou hybride
(facteur naturel et facteur technique).
1
Il convient de ne pas négliger l’incidence du progrès technique sur la productivité des facteurs naturel, 17
technique et humain. Il permet une production identique (isoproduit) en utilisant moins de facteurs ou une
production accrue avec la même quantité d facteurs (isocoût).
Certains citent la biologie – en pleine évolution – comme quatrième facteur de la production agricole.
2
Chimiurgie : chimie utilisant les végétaux comme matière première.
Le caractère particulier du facteur « terre » incite à la réflexion sur la légitimité de
son appropriation privée et de la rente foncière en découlant.
II.3.2. Formes de capitaux agricoles
Le capital agricole revêt diverses formes et a donné lieu à différentes classifications.
On ne considérera ici que la terminologie des économistes ruraux et la terminologie financière.
II.3.2.1. Classification adoptée en économie rurale
La classification habituelle est la suivante :
1° Capital immobilier ou capital-domaine (LAUR)
Capital-terre : fonds et amélioration foncières de durée illimitée (défrichement,
construction nivellement, épierrage, dhage) améliorations foncières
Capital-constructions: bâtiment, chemins, clôtures, …
Capital foncier ou Capital-améliorations Foncières : drainage, irrigation, …
Capital-plantes : vignes, oliviers, arbres et arbustes fruitiers, forestiers,
ornementaux (végétaux pérennes).
2° Capital mobilier ou capital d’exploitation ou capital-fermier (LAUR).
a)Capital d’exploitation fixe :
-Cheptel vif : animaux à l’exception de ceux tenus en vue de leur mise en état
(engraissement)
-Cheptel mort : machines, véhicules, instruments, outils, installations,
équipements,
-Portefeuille agricole (1) : prêts à plus d’un an d’échéance ; participations à des
sociétés ou des organisations ayant pour objet de faciliter le fonctionnement de l’exploitation
et l’écoulement de sa production (action collective ou communautaire en agriculture : syndicats,
sociétés mutuelles, coopératives et groupements de producteurs, société agricole, …)
b)Capital d’exploitation circulant.
-Capital-provisions ou capital-produits : approvisionnements et stocks (engrais,
aliments pour le bétail, matériaux pour les réparations, …) ; valeurs en terre (avances aux
cultures ou cultures en croissance) ; animaux à l’engrais.
-Capital-espèces ou capital-monnaie : numéraire, créances courantes
d’exploitation, titres (fonds de roulement, fonds d’amortissement et fonds de réserve).
Observations
1° Cheptel vif + animaux à l’engraissement = cheptel vivant ou capital-bétail ou
cheptel- bétail.
2° Le capital circulant : Espèces ou monnaie répond à trois besoins, ce qui permet
d’en distinguer trois formes (supra). Le fonds ou capital de roulement est le numéraire
indispensable pour subvenir aux dépenses courantes d’exploitation : salaires, charges sociales,
fermages, impôts, intérêt des capitaux empruntés, primes d’assurance ; achats d’aliments pour
le bétail, de plants et semences, d’engrais, d’antiparasitaires, de carburants et lubrifiants ;
couverture des frais généraux (eau, électricité, …). Le fonds de roulement a pour rôle d’éliminer
le déséquilibre entre des recettes discontinues et des dépenses continues. Les recettes agricoles
1
Le Réseau d’information comptable agricole (RICA) de la Communauté économique européenne classe le 18
portefeuille agricole (titres et participations à des sociétés coopératives ou autres dont l’exploitation utilise les
services) au sein du capital d’exploitation circulant-espèces.
sont fréquemment discontinues ou tout au moins variables dans le temps à la suite du caractère
saisonnier ou irrégulier de la production et de la longueur du cycle de l’être vivant végétal ou
animal. A l’opposé, les frais sont continus : l’entretien du personnel, du bétail et des cultures
suppose des dépenses qui ne connaissent pas de trêve.
Le fonds ou capital d’amortissement est destiné à compenser la dépréciation de
certains capitaux. Celle-ci résulte de l’usure proprement technique ou organique
(amortissement technique ou organique) ou d’une perte d’utilité provoquée par des
découvertes d’équipements, constructions, … plus efficients ou par des changements sur le
marché de la demande de fruits, viande, … (amortissement économique). L’amortissement
reflète une baisse de valeur ou une diminution des facultés productives des objets de capital,
par suite d’usures, de détérioration (intempéries) ou par obsolescence ou désuétude.
Le fonds ou capital de réserve sert à parer à certains imprévus, à combler
l’insuffisance de recettes espérées mais non réalisée ou seulement réalisées partiellement par
suite de circonstances exceptionnelles (sécheresse, épizooties ; baisse des prix des produits), à
neutraliser les effets d’une hausse anormale des coûts de production, à pallier une disette
fourragère (achat d’aliments permettant de maintenir la production), à moderniser les modes de
produire, à modifier le plan d’exploitation (conversion).
3° Il convient de ne pas confondre le capital de l’exploitation avec le patrimoine
propre de l’agriculteur ou de sa famille.
II.3.2.2. Terminologie adoptée en économie rurale et terminologie financière
Entre la terminologie des économies ruraux et la terminologie financière, on peut
établir les équivalences ci-après (1) :
1° Capital-domaine :
Immobilisations foncières et plantations, Capital foncier, Plantations.
2° Capital d’exploitation
a)Capital fixe : immobilisations d’exploitation
b)Capital circulant : réalisable et disponible
VALEUR Réalisable :
-Valeurs d’exploitation (stocks en magasin, valeurs en terre, animaux à l’engrais)
-Valeurs réalisables à court terme (clients et débiteurs)
VALEUR Disponible :
Caisse, banque, compte courant postal.
Plus simplement :
1° l’immobilisé concerne le capital immobilier et le capital d’exploitation fixe
2° le réalisable correspond au capital circulant-provisions et aux créances
3° le disponible au capital circulant-espèces (à l’exception des créances à terme).
Capital-provision en agriculture moderne
L’agriculture moderne est exigeante en capital, qu’elle substitue au travail. On la
compare parfois, du point de vue besoin en investissements, à une industrie lourde.
1
MALASSIS Louis (1958). Economie des exploitations agricoles. Essai sur les structures et les résultats des 19
exploitations de grande et de petite superficie. Paris, Armand Colin, 302 p.
Elle requiert notamment un abondant capital-provisions. Pour elle, la
consommation intermédiaire (2) (semences et plants, engrais et amendements, produits
phytosanitaires, aliments pour le bétail, énergie, …) est très poussée. La croissance de celle-ci
(en quantité et en coût) ajoute à la dépendance du secteur et agit sur le revenu des agriculteurs
(positivement et négativement).
L’augmentation éventuelle des prix unitaires des biens de consommation intermédiaire reflète
les tensions qui affectent les ressources mondiales en matières premières. Face à cette situation,
des efforts accrus de recherche sont nécessaires et entrepris pour mettre au point des techniques
de production qui, d’une part, soient plus économes en ressources naturelles non renouvelables
et même renouvelables, plus particulièrement en ressources importées (équilibre de la balance
commerciale), et d’autre part soient plus respectueuses de la qualité des produits et de
l’environnement.
2
Consommation intermédiaire : Consommation de bien disparaissant « soit par incorporation dans des produits 20
plus élaborés, soit par destruction dans le processus de production » (J. MARCHAL : Comptabilité nationale
française, p. 156). In: PHELIZON, op. Cit., p. 75
CHAPITRE III : CONSIDERATIONS DE NATURE
SOCIO-ECONOMIQUE EN RELATION AVEC
L’AGRICULTURE
L’agriculture concerne l’ensemble des hommes. Son importance économique et
sociale, ses traits essentiels, les problèmes qu’elle pose, … peuvent être examinés dans le temps
ainsi qu’en fonction de diverses entités spatiales : monde, Communauté économique
européenne, pays régions et en fonction des unités économiques que sont les exploitations.
Successivement, il va être traité de certains aspects et éléments de l’agriculture
mondiale, de l’agriculture dans la Communauté économique européenne.
Par ailleurs, il ne manquerait pas d’intérêt de se référer à un niveau de
déconcentration spatiale plus poussée et d’envisager les régions agricoles, à ce propos, on
notera que la subdivision de tout territoire en régions agricoles se fonde sur des données de
nature géologique, pédologique, physique (relief) et climatique, voire de nature humaine, qui
ont influencé l’agriculture, le choix de ses productions et l’orientation technico-économique
(OTE) des exploitations.
Par orientation technico-économique d’exploitation, on entend le système de
production de l’exploitation caractérisé par la contribution relative des différentes spéculations
aux résultats de ladite exploitation.
La typologie des exploitations peut se fonder sur l’OTE et sur la dimension
économique des exploitations.
Les exploitations sont groupées en neuf OTE générales (1) :
[Link] à grandes cultures (céréalicultures, cultures de plantes sarclées,
cultures de légumes frais de plein champ, etc.)
[Link] horticoles (maraîchage, floriculture, etc.)
[Link] de cultures permanentes (viticulture, vergers, etc.)
[Link] herbivores (bovins : orientation lait ou élevage et viande ou mixte,
ovins, caprins, équins).
[Link] de production animale hors sol (porcins, poules pondeuses, volailles
de chair, autres granivores).
[Link] de polyculture
[Link] de poly élevage
[Link] mixtes cultures-élevage
[Link] non classifiables.
III.1. L’AGRICULTURE DANS LE MONDE
Après avoir émis des considérations de caractère général sur l’agriculture mondiale,
on procédera à l’examen des systèmes d’économie agricole (types d’agriculture) rencontrés sur
la planète.
III.1.1. Généralités : missions de l’agriculture
L’agriculture, bien plus que les autres activités, est dépendante de l’espace ; elle
occupe toujours une abondante main-d’œuvre ; elle participe au commerce international
(échanges de produits agricoles et agro-alimentaire) ; sa mission essentielle consiste à nourrir
1
Décision de la Commission des Communautés européennes du 07 juin 1985 portant établissement d’une 21
typologie communautaire des exploitations agricoles. Journal officiel des CE n° L 220 du 17.08.85.
les hommes ; elle est un des moteurs sinon le moteur essentiel du développement économique
et social.
III.1.1.1. Occupation de l’espace
Selon l’Organisation des Nations-Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture
(FAO), l’utilisation des terres dans le monde, se présentait comme suit en 1984 :
1.000 = 1 ha %
Surface totale, y compris les eaux intérieures 13.392.798 -
(principaux cours d’eau et lacs)
Surface des terres 13.081.014 100
Terres arables et cultures permanentes 1.476.761 11,3
Terres arables 1.376.190 10,5
Cultures permanentes 100.570 0,8
Prairies permanentes 3.151.337 24,1
Forêts et bois 4.090.621 31,3
Autres surfaces 4.362.296 33,3
QUELQUES DEFINITIONS
Superficie des terres : superficie totale, moins la surface des eaux intérieures
(principaux cours d’eau et lacs).
Terres arables : terres affectées aux cultures temporaires (les superficies
produisant plusieurs récoltes annuelles ne sont comptées qu’une fois), prairies temporaires à
faucher ou à pâturer, jardins maraîchers ou potagers (y compris les cultures sous verre) et terre
en jachères (1) temporaires ou incultes. De larges zones considérées par certains pays d’Afrique
comme jachères du fait de la culture itinérante ne sont pas incluses ici.
Culture permanente : terres affectées à des cultures qui se maintiennent durant
des périodes pluriannuelles et ne doivent pas être renouvelées après chaque récolte, comme le
cacao, le café, le caoutchouc. Il s’agit de superficies couvertes d’arbustes, d’arbres fruitiers et
de vignes (à l’exclusion des espaces plantés en arbres destinés à la production de bois et de
grumes).
Prairies et pâturages permanents : Terres consacrées de façon permanente (et au
moins durant cinq ans) aux herbacées fourragères, cultivées ou sauvages (prairies sauvages ou
pâturages).
Forêts et terrains boisés : terres portant des peuplements naturels ou artificiels, qu’ils
soient productifs ou non. Les terrains déboisés, dont le reboisement est envisagé dans un avenir proche,
sont inclus.
Autres terres : terres non utilisées mais potentiellement productives, terrains bâtis,
terres inutilisables, parcs ou jardins d’ornement, routes et chemins, terres improductives et
toutes autres terres non définies sous le rubriques : terres arables, cultures permanentes, prairies
et pâturages permanents, forêts et terrains boisés.
1
Jachère : Etat d’une terre labourable laissée régulièrement sans culture pendant un temps variable. Objet de 22
façons aratoires (labour, hersage, …), destinées à l’ameublissement et au nettoyage du sol, la jachère est parfois
dite « cultivée ».
COMMENTAIRES
1° L’essentiel de la production agricole provient de 14 à 15 millions de km² (1 km² = 100
ha) de terre arables et de cultures permanentes, dont la superficie est en voie d’augmentation. Certaines
terres arables ne procurent qu’une récolte tous les deux ans ; à cause de la sécheresse, elles sont livrées
à la pratique du « dry-farming » (1). D’autres peuvent porter plusieurs cultures de plein champ ou
protégées, par année.
2° La contribution de 31-32 millions de km² de prairies et pâturages permanents est
fréquemment faible.
3° La surface des forêts et bois tend à diminuer ; le problème de la déforestation se
pose, en maintes régions du globe, en termes cruciaux.
4° La surface des terres arables pourrait être doublée ou triplée, … voire quintuplée
et même davantage, selon les esprits portés vers l’optimisme (mise en culture de pâturages
permanents, savanes, forêts, marécages, déserts ; conquête d’espaces sur les mers). Cependant,
pour l’avenir prévisible, une vingtaine de millions de km² paraissent représenter une limite
raisonnable. En effet, il existe des difficultés et des contraintes à la mise en culture des terres et
à l’extension des surfaces cultivées :
Climat qui est un facteur essentiel pour déterminer les potentialités agricoles
Coût du défrichement et de la mise en culture (gros investissements)
Coût des transports et de l’infrastructure nécessaire pour acheminer les produits
agricoles vers les centres de peuplement, si ceux-ci sont éloignés
Risques d’érosion et de dégradation des sols défrichés
Danger de perturbation du climat et du régime des pluies en cas d’élimination des
forêts
Nécessité d’irriguer et/ou de drainer certaines terres (opérations coûteuses)
Disponibilités en main-d’œuvre rompue au travail de mise en culture et
d’exploitation des sols
Qualité parfois médiocre des terres que l’on défricherait ;
Concurrence pour l’utilisation des terres : les usages non agricoles (liés à
l’accroissement de la population, à l’urbanisation, au développement économique et social)
nécessitent de plus en plus d’espace.
III.2. MAIN-D’ŒUVRE OCCUPEE
III.2.1. Terminologie
Par population active, on entend les personnes qui se livrent à une activité
économique ou cherchent un emploi : employeurs, personnes travaillant pour leur propre
compte, salariés ou aides familiaux non rémunérés.
La population agricole active groupe l’ensemble des personnes occupées
économiquement et de manière principale dans l’agriculture, la foresterie, la chasse et la pêche.
Ce dernier concept est différent de celui de population agricole. Par celle-ci, on
entend toutes les personnes dont l’agriculture constitue le moyen d’existence, c’est-à-dire toutes
les personnes qui se livrent effectivement à l’agriculture ainsi que les personnes à leur charge
et qui ne travaillent pas.
1
« Dry-farming » (« Culture sèche ») : Ensemble des techniques agricoles appliquées en milieu aride 23
(précipitations inférieures à 500 mm par an). Le dry-farming, appelé parfois aridoculture, est fondé sur la
nécessité de retenir l’eau dans le sol. Celui-ci est, en général, soumis à un travail incessant (labours légers,
hersages, binage, scarifiage, écroûtage), destiné à rompre la croûte superficielle pour empêcher l’évaporation et
favoriser le stockage de l’eau.
La population mondiale a franchi le cap des 5 milliards d’individus, en juillet 1987.
La population active agricole croît toujours en valeur absolue mais décroît en valeur
relative.
Par rapport à la population active totale, elle représente 66,7 % en 1950, 55 % en
1970, 50,8 % en 1980, 49,0 % en 1985.
Cette proportion varie, selon les continents, les pays et les régions.
24
Données 1985 %
Afrique 65,5 Portugal 23
Amérique du Nord 3,2 Royaume-Uni 2,5
Amérique Centrale 34,8 Europe de l’Ouest 8,6
Amérique du Sud 24,5 Asie 63,4
Allemagne 3,1 Europe (- URSS) 11,2
Belgique-Luxembourg 2,2 Océanie 18,4
Danemark 5,9 URSS 17,5
Espagne 13,7 Rwanda 92,3
France 6,7 Burundi 92,3
Grèce 25,9 Ethiopie 76,8
Irlande 15,4 Sénégal 79,5
Italie 9,5 Zaïre 67,1
Pays-Bas 5 Etats-Unis d’Amérique 1,8
Le taux de population active agricole est le plus bas dans les pays industrialisés à
économie de marché ; il reste assez important dans les pays à économie centralement planifiée.
Le tiers monde et particulièrement les pays moins avancés restent profondément agricoles et
posent bien des problèmes.
Lors de la croissance (1) économique, la valeur ajoutée par l’agriculture au produit
national brut tend à se réduire comparativement à la valeur ajoutée par d’autres activités. Pour
éviter une érosion relative du revenu des agriculteurs, un transfert de population active agricole
est opportun et même nécessaire.
Le déclin de l’importance relative de la population active agricole détermine ou non
une réduction du niveau absolu de celle-ci ; l’exode agricole s’accompagne d’une augmentation
du nombre des agriculteurs si le croît annuel de la population agricole, lié essentiellement aux
taux de natalité et de mortalité, l’emporte sur le flux des départs.
La population active agricole revêt, en maints endroits, un caractère résiduel (ou
tout au moins, l’agriculture joue un rôle de « régulateur » (2) vis-à-vis de la main-d’œuvre
disponible).
Son évolution dépend du degré de productivité qu’elle atteint, du taux
d’autosuffisance en denrées agricoles enregistré (un pays fortement exportateur de denrées
agro-alimentaire occupe relativement plus de main-d’œuvre agricole qu’un pays importateur),
du comportement de la population active totale, de l’offre d’emploi formulée par les secteurs
non agricoles et évidemment de la proportion de population active qu’occupent ces derniers.
III.3. PARTICIPATION AUX ECHANGES INTERNATIONAUX DE
DENREES
L’agriculture participe au commerce extérieur es denrées, dont le volume est
influencé par divers éléments. On observe, par ailleurs, que le marché mondial des grands
produits agricoles est fréquemment déséquilibré (effet KING).
1
Croissance : Processus de destruction créatrice « qui révolutionne incessamment de l’intérieur la structure 1
économique en détruisant continuellement ses éléments vieillis et en créant continuellement des éléments
neufs » SCHUMPETER J. (1972). Capitalisme, socialisme et démocratie.
2
L’expression « fonds d’égalisation pour la main-d’œuvre » a été imaginée à propos de l’agriculture. En période
d’expansion économique, elle libère des travailleurs ; en période de récession, elle peut représenter une
« fonction refuge » pour certains.
III.3.1. Facteurs influençant les échanges extérieurs de denrées
Les échanges internationaux de produits agro-alimentaires découlent de l’évolution
des besoins (diversification et raffinement), de l’existence de monopoles naturels de production
liés au sol et plus encore au climat (cacao, café, banane, …), des avantages comparatifs
déterminant la spécialisation régionale des productions (3) et nourrissant les complémentarités,
des différences dans les niveaux de développement des divers pays (absence ou présence de
circuits de distribution des marchandises modernes), etc.
Ils sont influencés par :
1° L’application du progrès technique et la modernisation de l’agriculture
permettant d’élever les taux d’auto approvisionnement des régions et des pays (en première
approximation, le taux d’auto approvisionnement d’un pays est donné par le rapport
production/consommation ; la consommation est égale à : production + importations –
exportations ± variations des stocks).
2° Les fluctuations annuelles de la production : la production agricole se heurte à
des aléas climatiques et parasitaires (attaques des végétaux et des animaux mis en œuvre).
3° La politique commerciale pratiquée : les frontières géographiques d’un marché
changent avec la technique (transport, froid) ; elles subissent l’influence de la politique
douanière : la création d’unions douanières (Communauté économique européenne), de zones
de libre-échange élargissent les marchés ; par contre, le recours au protectionnisme (droits de
douane, contingentement, prohibition) restreint les échanges.
Après la seconde guerre mondiale, maints efforts ont été accomplis pour libérer les
échanges de marchandises. Parmi les réalisations, retenons :
-Le GATT (General Agreement on Tarifs and Trade – Accord général sur les tarifs
douaniers et le Commerce ou Agétac). Traité et organisation internationale veillant à son
application.
Date de signature : 30 octobre 1947 ; date d’entrée en vigueur : 1er janvier 1948 ;
siège : Genève.
Vise la libération du commerce mondial des biens et des services, par des
négociations sur la réduction et l’élimination des barrières douanières ;
-La CNUCED ou UNCTAD (Conférence des Nations-Unies pour le Commerce et
le Développement) : créée le 30 décembre 1974, comme organe permanent de l’assemblée
générale des Nations-Unies, elle a pour but notamment de promouvoir le commerce
international en vue d’accélérer le développement économique et surtout de renforcer les
échanges entre les pays en voie de développement et les pays à systèmes d’organisation
économique et sociale différents ;
-La Communauté économique européenne (CEE), dont il sera traité ultérieurement.
D’ores et déjà, notons que les douze Etats membres de la CEE sont liés à plus de
soixante Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), par la Convention de Lomé. Il
existe plusieurs versions consécutives de cet acte. Lomé I a été signée au Togo le 28 février
1975, Lomé II, le 31 octobre 1980 ; Lomé III, signée le 08 décembre 1984, est entrée en vigueur
3
Pour résumer la doctrine du libre échange et de l’avantage comparatif (ou naturel), il n’y a rien de mieux que 2
la formule de l’économiste Anglais David RICARDO (1772 – 1823) : « Pour assurer le bien de l’humanité, il faut
qu’il y ait la meilleure répartition du travail ; chaque pays doit produire les denrées pour lesquelles il est le plus
adapté, en fonction de sa situation, de son climat, de ses avantages naturels et artificiels, et doit échanger ces
denrées avec les produits des autres pays … »
David RICARDO. « On the Principles of Political Economy and Taxation » in GEORGE Suzan (1988). Jusqu’au cou.
Enquête sur la dette du tiers monde. Paris, éditions La Découverte, 408 p.
Titre original de ce dernier ouvrage : A Fate Worse than Debt. Penguin Books, 1988.
le 1er mai 1986 et vient à expiration le 28 février 1990. Les 12 et 13 octobre 1988, les 66 Etat
ACP et les 12 Etats membres de la CEE ont ouvert, au niveau gouvernemental, les négociations
destinées à élaborer la convention qui devrait succéder, le 1er mars 1990, à la convention de
Lomé III, comme le prévoit cette dernière.
Etats membres : voir liste ci-dessous.
Clauses principales (dont certaines ne concernent pas les échanges).
La quasi-totalité des produits originaires des ACP peuvent entrer dans la
Communauté sans acquitter de droits de douane. La Communauté ne demande aucune
réciprocité à ses partenaires.
Pour quelques produits concurrençant directement l’agriculture européenne (maïs,
riz, fleurs coupées, etc.), les « Douze », à défaut d’un libre accès total, ont néanmoins consenti
aux ACP un régime préférentiel.
-Stabilisation des recettes d’exploitation (« STABEX »). Le « STABEX » était
l’élément le plus novateur de « Lomé I ». Il constitue une garantie de revenu minimum aux pays
ACP pour les recettes (1) qu’ils tirent d’un certain nombre de produits de base (soumis à des
aléas de production et à des fluctuations de cours), destinés à l’exportation vers le Marché
commun.
Parmi eux, citons : le cacao, le café, le coton, le thé, le sisal, les oléagineux
(arachides, palme, palmiste, coco, …), la banane, les mangues, les cuirs et peaux, … Le
« STABEX » consiste en un don pour les pays les plus pauvres et en un prêt sans intérêts pour
les autres Etats ACP ;
-Engagement particulier concernant le sucre.
La Communauté s’est engagée pour une période indéterminée, à importer à des prix
garantis, des quantités spécifiées de sucre de canne, brut ou blanc, originaire des Etats ACP
producteurs et exportateurs ou de l’Inde, que lesdits ou pays se sont engagés à lui fournir
(environ 1.300.000 tonnes en brut par année)
-Etablissement d’un système d’aide aux produits miniers (« SYSMIN »). Il
s’agissait de la principale innovation de « Lomé II ». Son concernés : le cuivre et le cobalt
(Zambie, Zaïre, Nouvelle-Guinée, Papouasie), les phosphates (Togo, Sénégal), le bauxite et
l’aluminium (Guinée, Jamaïque, Surinam, Guyane), le manganèse (Gabon), l’étain (Rwanda),
les minerais de fer et pyrites de fer (Mauritanie et Libéria). L’aide consiste en des prêts du
Fonds européen de développement (financement de projets) et en une assistance technique pour
la recherche et la prospection minières.
-Coopération financière et technique (FED et Banque européenne
d’Investissement)
-Coopération agricole et sécurité alimentaire
-Lutte contre la sécheresse et la désertification (Afrique)
-Développement de la pêche
-Développement industriel
-Développement du potentiel minier et énergétique
-Développement des transports et des communications, du commerce et des
services
-Coopération régionale
-Coopération culturelle et sociale
-Création d’un Centre technique de coopération agricole et rurale prévue par Lomé
II. Le siège de ce centre se trouve à WAGENINGEN (Pays-Bas). Son objectif consiste à
recueillir et diffuser les données disponibles sur l’agriculture dans les Etats ACP ;
1 3
La stabilisation des recettes permet aux Etats ACP de mieux planifier leur développement.
-Innovation majeure de Lomé III : possibilité pour les Etats ACP de passer des
contrats de fourniture de produits agricoles disponibles dans la CEE qui leur garantissent des
conditions d’approvisionnement stables et prévisibles pour couvrir leurs besoins essentiels.
4° La politique monétaire des Etats : les variations des parités de monnaies sur le
marché des changes influencent le pouvoir concurrentiel des divers pays et entités économiques
coéchangistes.
5° La législation sanitaire et phytosanitaire freinant le commerce international des
produits d’origine végétale ou animale, dont le caractère de protectionnisme déguisé apparaît
parfois et que l’on s’efforce d’harmoniser.
Le GATT accomplit un effort en vue d’atténuer et d’éliminer les entraves
techniques aux échanges.
III.3.2. Instabilité des marchés mondiaux des produits agricoles ; effet KING
Cela fait Sur le marché mondial libre (1), les échanges internationaux de produits agricoles
ne portent généralement que sur une proportion relativement faible de la production.
En effet :
Le degré d’auto approvisionnement alimentaire est plus ou moins poussé selon les
pays ;
Il existe des accords d’échanges comportant des garanties d’achat et de prix (exemple du sucre :
convention CEE-ACP, accord Cuba - URSS) ;
Des sociétés multinationales, dont certaines sont de véritables empires
commerciaux, interfèrent dans les courants d’échange, etc.
La fraction e la production offerte et cotée sur le marché mondial libre varie selon
les denrées : elle est plus forte pour le café, le thé, le cacao, les tourteaux et farines d’oléagineux
que pour le froment, les céréales secondaires, le sucre, le manioc, le riz.
III.3.3. Action de l’offre sur le prix
Ainsi qu’on le sait, en économie de marché, toute variation de l’offre détermine une
variation en sens contraire du prix mais les deux mouvements ne sont pas toujours d’amplitude
proportionnelle. Dès la fin du XVIIème siècle, Georges KING, secrétaire de la Commission de
comptabilité publique du duché de Lancaster, l’avait constaté sur le marché du blé en
Angleterre. La loi ou plutôt l’effet KING peut revêtir la formule générale que voici :
« Tout changement de l’offre agricole, engendrant déficit ou excédent, détermine un
changement plus ample du prix ».
Rapportée au froment, la proposition de KING s’énonce : « Nous estimons qu’un
déficit dans la récolte fera monter le prix au-dessus du prix normal dans une proportion plus
importante. Quand la récolte subit des déficits de 1/10, 2/10, 3/10, 4/10, 5/10, le prix du blé
augmente de respectivement 3/10, 8/10, 16/10, 28/10 et 45/10 ».
Le caractère de non proportionnalité des effets aux causes découle de divers
éléments :
- Caractère aléatoire de l’offre agricole (production échappant en partie à la
volonté de l’homme et liée aux conditions naturelles) ;
- Population stationnaire ;
1
Sur le marché mondial libre, les cours découlent d’une confrontation de l’offre et de la demande (exercice de 4
la libre concurrence).
- Inélasticité de la demande par rapport aux prix (demande incapable de se dilater
à volonté quand s’accroît la production) ;
- Marché libre et flexibilité (grande sensibilité) du prix par rapport à l’offre ;
- Homogénéité et spécificité du produit empêchant ou freinant les substitutions
entre denrées ;
- Marché isolé (forte corrélation entre volume produit et cours)
- Marché non « régulé » par le stockage.
III.4. AGRICULTURE ET NOURRITURE DES HOMMES
Les besoins alimentaires d’une proportion importante des humains sont mal
couverts. L’agriculture et la pêche resteront les sources essentielles de la nourriture des hommes
malgré la mise au point de procédés alternatifs de production d’aliments d’autres sources et
quelles que soient les voies nouvelles qu’ouvrent la biochimie alimentaire, la biotechnologie et
la bio-industrie.
Dès lors, il importe d’accroître leur production, de répartir judicieusement les
disponibilités et d’éviter les gaspillages.
III.4.1. Besoins alimentaires de l’homme (1)
En matière alimentaire, le besoin physiologique correspond à ce qui est nécessaire
pour maintenir l’homme en vie, dans un état de santé satisfaisant. Mais l’homme, qui a dépassé
le stade de l’extrême pauvreté, n’a pas pour seule ambition d’éteindre des besoins
physiologiques : il désire au moins une alimentation satisfaisante (qualité, abondance, variété).
Les besoins s’expriment en un ensemble complexe de données que l’on peut
mesurer avec une bonne approximation ou dont on ne peut apprécier qu’un ordre de grandeur :
nombre de calories ou de joules (1) ; grammes de glucides, lipides, protide ; quantités de
protéines d’origine animale (« qualifiées de « nobles » en raison de leur valeur biologique, de
leur coefficient de digestibilité élevé, et aussi de la préférence pour la consommation des
produits animaux » MALASSIS, p. 33) ; quantité d’acides aminés indispensables (lysine,
tryptophane, valine, leucine, isoleucine, méthionine, phénylalanine, thréonine) ; éléments
minéraux (calcium, phosphore, potassium, sodium ; fer, magnésium) et oligo-éléments (cuivre,
cobalt, iode, zinc, fluor, …) ; rapport phosphore/calcium, etc.
Les besoins différent en fonction du climat et selon l’âge, le sexe, le type d’activité,
l’état physiologique, le poids des individus (2).
1
BIBLIOGRAPHIE
FAO Annuaire de la Production. Rome 5
FAO Situation de l’agriculture et de l’alimentation dans le monde (rapport annuel)
FAO Rapport et perspectives sur les produits (annuels)
FAO (1981) Agriculture : Horizon 2000 Rome, 134 p. + annexe statistique
FAO (1987) Agriculture : Horizon 2000 Rome, 277 p. + annexe (édition revue)
KLATZMANN, J. (1975) Nourrir dix milliards d’hommes Paris, Presses Universitaires de France, 268 p.
KLATZMANN, J. (1983) Idem, 296 p. (2è édition)
MALASSIS, Louis (1979) Opus cit.
1
Depuis le 1er janvier 180, le terme « calorie » a été rayé officiellement du vocabulaire du diététicien, lequel ne
s’exprime, en principe, plus en calorie (K calories) mais en joules (K joules). Rappelons qu’une calorie est égale à
4,18 joules (et 100 grandes calories = 418,68 Kj ; 1 Kj = 0,2388 K cal.).
2
La ration doit fournir suffisamment de disponibilités énergétiques et un ensemble nutritionnel équilibré. « Par
exemple, dans la zone occidentale, la ration recommandée pour un adulte de 23 à 50 ans, pesant 70 kg,
moyennement actif, est de 2.700 Kcal. Et 56 gr. De protéines (dont 50 % de protéines animales), les lipides étant
inférieurs à 35 % de l’apport calorique, les glucides représentant environ 50 % et les protides 15 % (FAO/OMS) »
(MALASSIS, p. 35). A noter que 40 gr. De protéines suffisent (norme relativement récente de l’OMS).
Ration satisfaisant les besoins physiologiques de l’individu (exigence de la ration
en calories et en protéines)
L’Organisation de l’Alimentation et de l’Agriculture (FAO) et l’Organisation
mondiale de la Santé (OMS) fournissent des indications relatives aux besoins alimentaires
journaliers moyens individuels (tableau ci-dessous).
Besoins moyens en calories et en protéines, par personnes et par jour (RATION)
Kilocalories Protéines (grammes)
Amérique du Nord 2.700 40
Europe de l’Ouest 2.650 40
URSS 2.600 -
Europe de l’Est 2.600 -
Japon 2.400 35
Amérique Centrale 2.300 35 à 40
Amérique du Sud 2.400 40
Afrique au Sud du Sahara 2.250 40
Proche-Orient et Afrique du Nord 2.350 45 à 50
Asie et Extrême-Orient (1) 2.200 35
Pakistan. 2.300 -
Alimentation satisfaisante (J. KLATZMANN)
Tout n’est pas connu en matière de besoins alimentaires physiologiques et c’est la
raison pour laquelle J. KLATZMANN (opus cit. 1975, p. 25 et sq.) retient la notion
d’alimentation satisfaisante.
A celle-ci, correspond un régime alimentaire varié, comportant notamment des
fruits et des légumes, procurant 2.700 à 2.800 calories et une quarantaine de grammes de
protéines animales par personne et par jour (ration).
La notion d’alimentation satisfaisante s’écarte de celle de minimum indispensable,
estimé à 2.210 Kcal. Par la Banque mondiale.
III.4.2. Situation de l’alimentation dans le monde
Les normes alimentaires permettent d’apprécier la situation alimentaire dans le
monde (et, corollairement, d’évaluer les besoins d’accroissement de la production agricole
mondiale).
La typologie de l’alimentation dans le monde est complexe : il existe des inégalités
entre pays ou groupe de pays et à l’intérieurdes pays ; il y a des pauvres et des mal nourris dans
les pays industrialisés (quart-monde), de même que l’on trouve des populations bien nourries
dans les pays les plus pauvres, en raison du niveau de leur revenu (inégalités sociales) ou de
leur localisation dans des zones favorisées des points de vue développent ou production
agricole.
La FAO, le média, … attirent constamment notre attention sur la tragédie de la faim
dans le monde.
De son côté, KLATZMANN fournit les données (en %) que voici, relatives à la
situation alimentaire mondiale (op. cit. 1983, pp. 56 et 57) :
1. Alimentation excessive (1) (> 3.000 calories et 50 gr. De protéines animales par
personne et par jour) ......................................................................................... 20
2. Alimentation « satisfaisante » (Japon) ............................................................... 5
1
3. Apport énergétique suffisant, au moins égal à 2.500 calories, mais carence en
protéines animales (Egypte, Mexique, …) ....................................................... 15
4. Régime proche de la moyenne chinoise (2.300 calories et
15 gr. de protéines animales) ............................................................................... 20
5. Déficiences alimentaires sérieuses, ± 2.000 calories et très peu de protéines
animales (Inde, Bangladesh, …) ...................................................................... 10
6. Farine (autour de 1.500 calories) ...................................................................... 10
(1)Malnutrition par excès.
La famine frapperait environ 600 millions de personnes.
Le monde produit suffisamment d’énergie pour assurer une alimentation
nutritionnellement satisfaisante mais il existe des inégalités graves dans la répartition des
disponibilités.
III.4.3.- Augmentation de la production agricole
L’augmentation impérieuse de la production agricole mondiale requiert diverses
actions :
1° Mobilisation des ressources naturelles existant en quantité limitée.
Terre : cf. supra (chapitre III, §.1, 1.1. Occupation de l’espace).
Eau : Economie dans l’utilisation ;
Accroissement des ressources :
- Création de bassins de régularisation pour écrêter les crues et soutenir les étiages,
forages de puis
- Dessalement de l’eau de mer (coût), pluie artificielles lutte contre la pollution
2° Recours aux engrais et aux produits phytosanitaires.
Les engrais, les produits phytosanitaires, voire les régulateurs de croissance, sont
appliqués à des variétés de végétaux dotés, par la sélection, d’un grand potentiel de production.
D’aucuns préconisent la pratique d’une agriculture alternative (à l’agriculture
conventionnelle qualifiée de chimique ou même traditionnelle), parfois dite biologique ou
micro biologique (agriculture n’utilisant pas de produits organiques de synthèse).
Par ailleurs, il est possible de se livrer à une agriculture utilisant moins d’engrais
et/ou de produits de lutte ou de protection :
-Par l’application d’un système de polyculture-élevage (diversification des
productions), on peut réaliser une économie d’emploi de ces substances ; d’une part, les
animaux produisant du fumier, source d’humus et d’éléments minéraux (NPK, ça) ; d’autre
part, la diversité des cultures et leur rotation réduisent la prolifération des parasites et
déterminent une exploitation de couches variables du sol (système radiculaire) ;
-Par la pratique de la lutte intégrée permettant une réduction des doses des
antiparasitaires utilisés. La lutte intégrée regroupe et coordonne une ensemble de techniques
agronomiques (création de variétés résistantes à une large gamme d’ennemis des cultures,
application de fumures équilibrées), chimiques et biologiques (mise à profit des relations de
concurrence ou d’antagonisme existant naturellement entre les diverses espèces vivantes). La
lutte intégrée implique aussi que l’on sache accepter un certain seuil de dégradation et des
cultures (« seuil de tolérance »).
2
3° Généralisation de l’application des techniques de production mises au point
L’objectif est de réduire l’écart énorme entre les résultats de l’agriculture avancée
et ceux enregistrés dans certains pays, régions, exploitations. Ces écarts portent sur la
productivité de la main-d’œuvre, sur les rendements par unité de surface et sur la production de
bétail.
4° Passage par la « révolution verte »
La « révolution verte » consiste en la propagation dans certains pays du tiers monde
de variétés de froment (blé « mexicain » ; Mexique, Inde, Pakistan, …), de riz (Philippines,
Indonésie, …), de sorgho, susceptibles, grâce à une meilleure utilisation de l’eau, des engrais
et d’autres moyens de production, de fournir de hauts rendements (céréales « miracle », a-t-on
dit).
A l’Américain N. BORLAUG, Prix Nobel de la Paix (1970), et à ses équipes de
chercheurs, revient le mérite de la mise au point d variétés, dont la seule création n’est pas le
gage de leur succès et dont l’emploi suscite des problèmes.
Condition de succès
L’introduction de variétés nouvelles nécessite un effort de vulgarisation. Leur
culture exige un meilleur travail du sol, un apport important d’engrais (problèmes
d’approvisionnement, de prix, de financement entraînant éventuellement une ponction sur les
ressources en devises des pays pauvres), la maîtrise de l’eau (irrigation). Elle ne peut être
pratiquée que par des cultivateurs disposant de terres irriguées adéquatement, d’un bagage
technique et de moyens financiers.
Problèmes liés à l’augmentation de la production
L’augmentation de la production s’accompagne de problèmes :
- Transport et stockage des récoltes
- Commercialisation et distribution des produits
- Baisse éventuelle de prix des céréales (offre accrue confrontée à une demande
limitée par le faible pouvoir d’achat des masses) ;
- Enrichissement de certains jouissant d’économies d’échelle (rentes de situation)
et accaparant les terres ; paupérisation des autres ;
- Exode agricole et exode rural signifiant le transfert d’une population sans
ressources et sans emploi vers des villes à peine touchées par l’industrialisation
(N.B. : au XIXème siècle, l’Europe occidentale était moins handicapée que le
tiers monde actuel par sa démographie ; elle disposait d’un surplus d’origine
commerciale ou agricole susceptible d’être investi dans le secteur secondaire).
De plus, la « révolution verte » a des effets sur la structure des échanges extérieurs
(de déficitaire en céréales, un pays peut devenir excédentaire).
Mesures à prendre par les pouvoirs publics
Pour que la « révolution verte » s’amplifie, il faut que les gouvernements prennent
des mesures en ce qui concerne les prix, l’approvisionnement en moyens de production, le
crédit, les circuits de commercialisation, le stockage, la vulgarisation (sont concernés non
seulement les agriculteurs nantis mais aussi les paysans les plus pauvres).
Sensibilité des variétés sélectionnées
En général, les qualités des variétés nouvelles ne sont pas nécessairement
performantes. Subitement, ces races peuvent se révéler sensibles à des parasites susceptibles de
provoquer des ravages qui pourraient frapper des continents entiers : dès lors, il est sage et
3
nécessaire de conserver les souches à partir desquelles on crée des variétés dont le caractère
artificiel s’accentue au fil des temps (musées de graines ; banques de gènes).
5° Mise au point et application de technique nouvelles (recherche d’innovation
et de transposition – développement, diffusion, vulgarisation).
L’homme imagine et met sans cesse au point des techniques nouvelles, qu’après un
certain délai, il transfère à la production. Evoquons ici les techniques agronomiques et les
possibilités de la génétique.
Techniques agronomiques (philotechnique et zootechnique)
La physiologie végétale, la physiologie animale, les interactions qui se produisent
dans le sol, milieu vivant, les relations entre la plante et son milieu, tout cela est d’une
complexité fantastique. Des progrès ont été réalisés et ne cessent d’être réalisés dans la
compréhension des phénomènes.
On connaît de mieux en mieux les exigences des cultures et du bétail, les règles de
l’alimentation végétale et animale, les techniques de lutte contre les parasites et les maladies.
Pourtant, il reste beaucoup à découvrir.
Les techniques agronomiques et zootechniques sont en progrès continu mais il
importe de ne pas lésiner sur les dépenses nécessitées par la recherche, qui doit être universelle
si l’on veut parvenir à la meilleure utilisation des ressources naturelles (laquelle implique, entre
autres, l’exploitation des possibilités fourragères des régions intertropicales et une amélioration
de la localisation des productions agricoles dans le monde).
Possibilités de la génétique
Par une meilleure connaissance des règles de la génétique, on peut créer des races-
voire des espèces – de plantes et de bétail de plus en plus productives et mieux adaptées au
milieu où elles sont appelées à se déployer.
Souvent, la génétique et la sélection ont trop négligé certaines plantes vivrières
des pays tropicaux.
Leur champ et leurs possibilités d’action et de création sont considérables et appelés
à s’amplifier grâce au progrès du génie génétique et aux manipulations génétiques (1) :
Variétés résistantes aux maladies (génétique en relation avec la protection des
végétaux), à la verse, au froid, …
- Variétés s’adaptant au milieu (résistance à la sécheresse)
- Variétés utilisant mieux la lumière (architecture du feuillage ou phyllotaxie) ;
- Variétés utilisant mieux l’eau (enracinement) ;
- Variétés supportant de fortes fumures ;
- Variétés caractérisées par leur précocité ;
- Variétés hybrides extrêmement productives (maïs) ;
- Variétés de froment fourrager, riches en protéines ;
- Hybrides à teneur relativement élevée en protéines totales, comme l’espèce
triticale (seigle x froment), etc.
1 4
Manipulations génériques (cf. e.a. travaux des Prix Nobel de Médecine 1978, qui ont ouvert la voie) : consistent,
en gros, à modifier le bagage génétique d’un organisme en y introduisant un fragment d’acide
désoxyribonucléique (ADN) en provenance d’un autre organisme. Elles aboutissent à la création d’organismes
nouveaux.
En matière de techniques nouvelles, citons aussi :
- L’introduction de gènes de résistance aux herbicides dans les plants, ce qui
élargit les possibilités d’utilisation des herbicides totaux (tabac, 1986, VAN
MONTAGU, Gand)
- La micro propagation ou reproduction in vitro des plantes et notamment des
plantes d’origine tropicale (palmier, dattier, manioc, …).
6° Formation des hommes et vulgarisation
Les possibilités techniques sont une chose ; leur mise en application par les hommes
en est une autre.
Entre les meilleurs agriculteurs et les moins avancés, on sait qu’il y a un écart
considérable ; celui-ci donne une idée des progrès possibles et surtout montre que le premier
problème est celui de l’aptitude des hommes à mettre en pratique les connaissances existantes.
La vulgarisation est la base du progrès qui, pourtant, se heurte à maints obstacles.
Obstacles au progrès de l’agriculture dans le tiers-monde
Les obstacles au développement de l’agriculture du tiers-monde sont complexes et
multiples :
- Poids de l’histoire et de certaines institutions ;
- Économie insuffisamment développée (pas de fabrication de moyens de
production : machines, engrais, produits phytopharmaceutiques, … absence de
cadres pour former des vulgarisateurs, appareil commercial rudimentaire,
absence de devises et capitaux pour importer des moyens de production, réaliser
des améliorations foncières – drainage, irrigation, défrichement – et dispenser
du crédit, etc.)
- Priorité accordée à l’industrie et sacrifice du secteur agricole
- Mépris des responsables pour l’agriculture
- Régime de propriété des terres freinant le développement agricole ;
- Pratique des prêts à taux usuraires ;
- Obstacles humains : ignorance du paysan et méfiance instinctive qu’il manifeste
vis-à-vis de toute forme de progrès ; force d’inertie de la tradition.
Vulgarisation, base du progrès
Pour que l’ignorance et la routine des paysans traditionnels ne constituent pas un
obstacle insurmontable au progrès agricole, il faut non seulement investir des capitaux dans
l’agriculture mais mettre en place des services de vulgarisation.
Les hommes et l’argent existent mais comment vaincre l’inertie et déterminer la
volonté nécessaire ? Comment convaincre le monde riche d’aider efficacement le monde
pauvre ? Comment convaincre les gouvernements de sacrifier l’armement excessif au profit du
développement économico-social ? Comment convaincre certains pays pauvres d’accorder, en
matière de développement économique, la priorité à l’agriculture et à la formation de
vulgarisateurs agricoles plutôt qu’à l’industrie ?
III.4.4. Réduction des pertes et des gaspillages de denrées alimentaires
La mission de l’agriculteur est essentielle mais l’accroissement des ressources
alimentaires disponibles pur chacun ne dépend pas exclusivement de la production réalisée.
Des économies considérables peuvent découler de la réduction des pertes et des
gaspillages.
La réduction des pertes nécessite la mise en place d’une infrastructure de stockage
(silos à grain, entrepôts frigorifiques, …) et la lutte contre les parasites (rongeurs, oiseaux,
insectes, acariens, …).
5
Par ailleurs, il faut proscrire les gaspillages de nourriture, enregistrés surtout dans
les pays riches.
La « terre du pauvre » ne devrait pas servir à nourrir « la vache, le bétail du riche »
(soja exporté par le Brésil, manioc par la Thaïlande, farine de poisson par le Chili et le Pérou,
…) ; les « Etats riches du Nord ont partie liée avec les riches des pays pauvres du Sud par
multinationales (agro-business) interposées » ; il existe en « lien structurel » entre la pénurie
des pauvres et le gaspillage des riches, entre la « malbouffe » de ceux-ci et la sous-alimentation
de ceux-là (« Le Monde » du 16 juin 1982).
Et, bien-sûr ! des comportements alimentaires (malnutrition par excès) peuvent être
modifiés sans porter préjudice à quiconque.
Cependant, comment créer une volonté éthique et politique, donc économique, de
répartition équitable des ressources alimentaires mondiales ?
III.5. ROLE DE L’AGRICULTURE EN MATIERE DE DEVELOPPEMENT
SOCIO-ECONOMIQUE
Successivement, on examine les missions de l’agriculture en matière de
développement et son évolution dans le processus de développement.
III.5.1. Missions de l’agriculture dans le développement
Sauf dans les pays de faible superficie ou peu peuplés, riches en ressources minières
ou pétrolières, l’agriculture doit participer au processus de développement. En effet, son inertie
éventuelle constitue un facteur de blocage ou tout au moins de freinage de l’essor économico-
social.
Le développement est exigeant vis-à-vis de l’agriculture, dont il requiert :
- A un accroissement de la productivité par unité technique (surface, bétail) et par
homme,
- Une multiplication des fonctions assumées ;
- Une contribution au démarrage (« take off » ou décollage) de l’économie et au
financement du développement ;
- Des ajustements graduels et une incessante adaptation ;
- Le dégagement de certains facteurs de la production (terre et main-d’œuvre) ;
- Une transformation des rapports qu’elle entretient avec l’ensemble de
l’économie.
1° Accroissement de la productivité
La productivité du secteur agricole, par unité de surface, par tête de bétail et par
homme s’accroît, ce qui permet :
- La libération de la faim ;
- La réalisation d’un surplus destiné à diverses fins : nourriture de la population
non agricole (mise en place et en service du secteur industriel), exportation (devises) ou
investissement agricole (passage graduel de l’agriculture de subsistance ou autarcique à
l’agriculture de marché ou commerciale) ;
-Le dégagement de facteurs de la production (main-d’œuvre, voire terre)
qu’absorbe l’expansion d’autres secteurs de la production.
Parallèlement, le pouvoir d’achat de la population s’améliore grâce à
l’augmentation des revenus et à la baisse du coût de l’alimentation (en termes relatifs et peut-
être absolus).
6
2° Diversification des fonctions assumées
Les fonctions qu’assume l’agriculture se multiplient.
Pourvoyeuse de nourriture, elle approvisionne les entreprises d’aval en matières
premières alimentaires et non alimentaires (fibres textiles, caoutchouc, …). Elle participe aux
exportations (notamment à la suite de l’effort de productivité et éventuellement de la mise en
marché de produits nouveaux) et à l’équilibre de la balance commerciale. Elle contribue à la
couverture du budget de l’Etat et à l’équilibre des finances publiques.
Veillant à la promotion et à l’entretien du capital foncier (terres, constructions,
améliorations foncières), elle assure la sauvegarde de l’espace rural (service de nature sociale,
utile à l’ensemble de la collectivité).
Elle constitue un débouché pour les industriels d’amont fournissant et réparant les
biens d’équipement (machines, installations, véhicules, outils, …) ou livrant des facteurs de
consommation intermédiaire (engrais, plants et semences, aliments pour le bétail, produits
pharmaceutiques et phytosanitaires, …) et recourt à des services nombreux (assurances, crédit,
commerce, recherche-développement, vétérinaires, enseignement, vulgarisation).
3° Participation au démarrage de l’économie et au financement du
développement
L’agriculture contribue au décollage de l’économie et au financement du
développement :
- En épargnant et investissant (autofinancement ou financement d’investissements
extra-agricoles) ;
- En versant des impôts, que perçoivent les pouvoirs publics (transfert) ;
- En subissant éventuellement une politique restrictive des prix des produits
agricoles (le développement de l’industrie se fonde parfois sur une politique de bas salaires, ce
qui implique que les prix des denrées alimentaires soient modérés) etc.,
Le développement peut exiger un effort d’austérité et obliger à produire plus dans
consommer davantage.
4° Adaptations incessantes
Le développement requiert de l’agriculture des ajustements graduels et
d’incessantes adaptations, débouchant sur des modifications de structures (agrandissement des
exploitations) et des mutations du système social.
Selon le stade atteint, l’unité de production revêt un caractère variable quant à sa
taille (surface utilisée, nombre de têtes de bétail), sa gestion, son environnement familial, social,
technique, commercial.
5° Altération du rôle de certains facteurs de la production
Le rôle des facteurs de la production agricole-terre et travail - s’estompe.
Les produits agricoles subissent la concurrence de matières premières et de denrées
d’origine non agricole.
A un certain stade du développement, l’inélasticité de la demande alimentaire père
sur les débouchés, et, donc, sur le revenu des agriculteurs.
6° Transformation des rapports entre l’agriculture et l’ensemble de l’économie
Le développement transforme les rapports entre l’agriculture et l’ensemble de
l’économie.
Au cours des phases initiales, il est fréquent que l’agriculture exerce une action
motrice, par son dynamisme et son expansion ; elle se classe en tête des activités.
Ultérieurement, se déroule une période marquée par l’interdépendance entre l’agriculture et les
autres secteurs (échanges intersectoriels).
7
Enfin, la dépendance de l’agriculture à l’égard de l’économie s’accentue à un point
tel que les spécialistes se demandent si elle n’est pas un secteur dominé (1).
III.5.2. Développement et évolution de l’agriculture
D’abord fondée sur des unités de production autonomes, l’agriculture tend à se
muer en un secteur intégré.
L’agriculture de subsistance épouse la forme d’une multitude d’unités de
production et de consommation isolées, pour ainsi dire indépendantes les unes des autres
(juxtaposition).
A partir d’un certain stade du développement, l’autonomie se déplace ; elle ne
concerne plus chacune des unités, mais le secteur agricole dans son ensemble
(complémentarité).
Au niveau des facteurs de la production utilisée, les exploitations agricoles
communiquent davantage entre elles qu’elles ne sont en liaison avec le secteur industriel. Les
échanges se font surtout au sein du secteur agricole dont le taux d’auto approvisionnement reste
élevé : l’éleveur fournit au cultivateur des animaux de trait et du fumier ; le cultivateur procure
à l’éleveur du grain ; le bois sert à la fabrication de maints outils. Quant aux livraisons de
produits sur le marché – sauf en ce qui concerne les matières premières d’origine agricole
destinées à la transformation industrielle -, elles s’adressent, à travers le commerce et le négoce,
à la demande finale. Les agriculteurs réalisent eux-mêmes la transformation artisanale de leurs
denrées (valeur ajoutée).
A pareil stade de l’évolution, l’agriculture demeure étrangère d’une manière quasi
complète au réseau des échanges intersectoriels qui se manifestent en dehors d’elle.
Ultérieurement, elle perd de l’autonomie grâce à laquelle elle demeurait très
proche du consommateur final. Elle devient un simple maillon de la chaîne agro-industrielle
(2) qui se place à ses débuts en amont d’elle-même et se prolonge bien après que son
intervention ait cessé. L’agriculteur fait appel à d’autres activités pour se procurer des moyens
de production. Il s’adresse aux industries extractives (minerai de fer, minerai de cuivre, potasse,
phosphate, pétrole, …), à l’industrie mécanique (machines), aux industries chimiques (engrais,
produits phytopharmaceutiques…, aux fabriques d’aliments pour le bétail, aux chercheurs et
aux agents de vulgarisation qui concourent à la mise au point de nouvelles fonctions de
production. L’intégration du secteur agricole à l’ensemble de l’économie apparaît aussi au
niveau des flux financiers : pour et souvent par l’agriculture, est mise en place n’institution
spécifique d’épargne et de crédit (crédit mutuel ou coopératif).
A l’aval de l’agriculture, l’évolution (spécialisation fonctionnelle) s’oriente selon
la même tendance. Les modalités de mise en marché des denrées agricoles et celles-ci elles-
mêmes se modifient profondément (produits de plus en plus élaborés). Le développement des
industries textiles a condamné un artisanat intégré à la vie familiale et villageoise. Celui des
industries alimentaires a conféré à une proportion de plus en plus forte de produits agricoles,
un caractère de matières premières.
L’agriculture prend place au sein du complexe agro-industriel. Examinant la portée
pratique de cette notion et considérant que l’agriculture communique avec des activités voisines
industrielles et de services, ne peut-on la considérer comme un secteur dominé ?
1
MOLLARD Amédée (1978), Paysans exploités. Essai sur la question paysanne. Grenoble, Presses universitaires, 8
244 pages.
2
Amédée MOLLARD (Op. Cit., p. 28) note que le concept de “complexe agro-industriel »est moins restrictif que
celui de « complexe agroalimentaire » pourtant utilisé plus fréquemment. Au premier, correspond un système
intégré regroupant l’agriculture et les activités d’amont et d’aval. Le second n’inclut pas les firmes situées en
amont de l’agriculture (à l’exception de celles fabriquant des aliments du bétail).
Agriculture, secteur dominé et intégré
A la suite de l’avènement du complexe agro-industriel, l’agriculture est « prise en
sandwich » et la demande qui lui est adressée tend à devenir une demande dérivée. L’agriculteur
se mue en simple fournisseur de matières premières, objet d’une production de masse, aux
industries qui le relient aux consommateurs.
Pour garder une certaine influence, les agriculteurs devraient pouvoir exercer un
contrôle sur les industries de transformation et même être en mesure d’en assurer la maîtrise
par la constitution de coopératives (sociétés de personnes appliquant entre autres le principe
démocratique : « un home, une voix » (1)).
Par ailleurs, la production agricole de masse ne convient pas pour l’ensemble de la
clientèle et pour tous les produits (petites productions, dites « spéciales » ou « interstitielles »
(2), fortes utilisatrices de main-d’œuvre et avec peu d’économies d’échelle). Ceci laisse
certaines perspectives pour une agriculture artisanale et de luxe, voire biologique.
III.6. SYSTEMES D’ECONOMIE AGRICOLE (TYPES D’AGRICULTURE)
De par le monde, à côté d’une agriculture de caractère nomade (itinérante) tribal,
pastoral ou paysan, on découvre une agriculture très évoluée, mécanisée, recourant à des
capitaux abondants (forte intensité capitalistique). Celle-ci ne représente qu’une faible fraction
de l’ensemble où prédomine celle-là.
Les systèmes d’économie agricole, à l’instar des systèmes économiques et des
organisations sociales au sein desquels ils s’inscrivent, présentent une grande diversité. Il y
correspond différents types d’agriculture que R. BADOUIN (p. 11 à 192) ( 3) a classés comme
suit :
-Agriculture de subsistance ;
-Agriculture de tenure ;
-Agriculture de traite ;
-Agriculture paysanne ;
-Agriculture collective ;
-Agriculture d’entreprise ;
-Agriculture à temps partiel.
Les systèmes d’économie agricole sont évidemment moins tranchés que ne pourrait
le laisser croire leur classification.
D’une part, à un moment donné (ou en période courte), différents systèmes
coexistent dans une région donnée (agriculture hétérogène).
D’autre part, dans le temps (période longue ou ultra-longue), les systèmes
d’économie agricole se succèdent les uns aux autres, soit en fonction du degré de
développement, soit à la suite d’un changement dans le système économique et l’organisation
sociale. En cas d’évolution graduelle, on parle d’agricultures de transition (1).
1
L’application du principe strict tend à être limitée ; le plus souvent, il y a égalité ou limitation du droit de vote à 9
l’assemblée générale.
2
« Productions interstitielles » : appellation que retient l’Institut National de la Recherche agronomique (INRA),
France.
3
BADOUIN Robert (1971). Economie rurale. Paris, Armand Colin, 598 pages.
1
ROUVEYRAN Jean-Claude (1972). La logique des agricultures de transition. L’exemple des sociétés
paysannes malgaches. Editions G.-P. Maisonneuve et La rose et Université de Madagascar, 277 pages.
III.6.1. Agriculture de subsistance
L’agriculture de subsistance s’oppose à l’agriculture de marché, marchande ou
commerciale. Elle ne laisse pas de surplus.
L’agriculture de subsistance désigne ceux des systèmes économiques qui bornent
l’ambition des membres d’un groupe de dimension modeste (famille, au sens large, véritable
organisation de sécurité sociale ; clan ; village ; tribu : la communauté tribale est une société
mutuelle), à l’obtention des seuls biens et services pouvant être proposés à l’intérieur du groupe.
La terre n’est pas considérée comme un capital mais plutôt comme un support. Elle
est un facteur naturel et c’est à la nature qu’il importe d’assurer sa reconstitution après usage.
A cette fin, on pratique, en général, la rotation des champs plutôt que celle des cultures ; une
fois épuisées, les terres sont abandonnées (culture itinérante) ou laissées en jachère de longue
durée (culture sédentaire).
Le système de culture est extensif et s’apparente à la protoculture. L’exploitation
est difficile à définir, car elle s’insère à la fois dans le terroir, dans des structures familiales
complexes et dans des systèmes sociaux formant des ensembles structurés, hiérarchisés,
cohérents, dont la pesanteur peut nuire à l’adaptation et constituer un frein au changement.
III.6.2. Agriculture de tenure (agriculture féodale ; agriculture foncière (2)
Le système se caractérise par la dissociation entre la propriété foncière (unité
juridique) et l’exploitation du sol (base de l’unité économique) ainsi que par le lien (contrat ou
bail) qui unit l’exploitant au propriétaire.
Le droit de propriété des terres prime sur le droit d’usage (en agriculture d
subsistance, priorité est accordée au droit d’usage sur le droit de propriété des sols).
Il existe des types multiples d’agricultures de tenure :
1° le propriétaire peut être un seigneur féodal attributaire d’une terre, un aristocrate
foncier, un bourgeois, un absentéiste ;
2° l’exploitant a le visage d’un serf, d’un manant, d’un croquant, d’un tenancier,
d’un colon, d’un métayer, d’un fermier.
III.6.3. Agriculture de traite
L’économie de traite met en présent un traitant (type particulier de commerçant)
assurant à la fois des fonctions d’acheteur, de vendeur, de transporteur (communications
difficiles) et de banquiers (prêts en argent et en nature) et un cultivateur habitué à l’économie
de subsistance et mal intégré à une économie d’échange. Le traitant est en relation avec des
sociétés d’import-export pour lesquelles il effectue des opérations de ramassage et qui lui
assurent le financement nécessaire aux opérations de collecte des produits. Les opérations
commerciales des agriculteurs consistent en la vente de denrées agricoles locales livrées à l’état
brut et en l’achat de produits principalement industriels de provenance étrangère. Les traitants
sont des intermédiaires autochtones, Libanais ou Syriens (Afrique Occidentale), Grecs ou
Portugais (Afrique Equatoriale) Chinois ou Pakistanais (Afrique Orientale et Madagascar).
L’agriculture de traite se présente comme un système de transition entre l’économie
de subsistance et l’économie de marché. Son élimination peut être réalisée selon deux
modalités :
- Quand le volume des opérations commerciales s’accroît, le système commercial
se modifie pour prendre des formes plus habituelles : renoncement aux opérations de prêts et
d’avances, séparation entre les actes de commerce et les activités bancaires (spécialisation).
2
Là où domine ce système, la terre est un élément décisif de l’activité agricole et de la vie économique (cette 10
conception ne possède pas un caractère de permanence).
Cette modification est liée à l’expansion agricole, à la croissance économique, à l’amélioration
des voies de communication, au développement de la coopération et des institutions de crédits ;
- À une commercialisation de type privé, reposant sur le traitant, on peut substituer
une commercialisation effectuée par l’Etat ou contrôlée par lui par l’intermédiaire d’offices de
commercialisation (« marketing boards »). Par cette voie, on veut donner au cultivateur les
bénéfices de son activité dont le frustrait l’économie de traite.
III.6.4. Agriculture paysanne (1)
« L’agriculture est l’art de la localité » disait-on jadis. Ce propos est celui d’un
agronome Français du XIXème siècle, nous semble-t-il.
Paysan et agriculteur sont souvent considérés comme une seule et même personne.
Cependant, toute agriculture n’est pas nécessairement paysanne.
L’agriculture paysanne se caractérise par la présence d’exploitations de taille
relativement modeste, dont chacune est mise en valeur par un agriculteur œuvrant en
collaboration avec des membres de sa famille (aidant (1) ou associés d’exploitation) et vendant
des produits sur les marchés.
Le paysan est à la fois exploitant (production), agriculteur, terrien, chef de famille
(consommation ; symbiose entre famille et exploitation) et, bien sûr, homme du pays
(connaissance des micro-terrains et des microclimats). Il apprécie son autonomie vis-à-vis du
monde extérieur et son indépendance. En général, il est individualiste.
L’exploitation paysanne résiste bien aux crises (importance du coût premier ou des
frais fixes ou charges de structure de production et de l’autoconsommation ; existence d’une
réserve monétaire liée à l’esprit d’épargne du paysan ; aptitude de celui-ci à se satisfaire de peu
et à réduire ses débours en cas de conjoncture défavorable (2)).
Le développement économique et la société de consommation qu’il engendre
déclassent relativement le paysan sur le plan des revenus et des conditions d’existence et au
niveau social (d’où : transferts de revenus organisés par la politique agricole). Ils
compromettent l’agriculture paysanne au point que certains ont parlé de « la fin des paysans »
(3).
III.6.5. Agriculture collective
L’agriculture collective revêt des formes diverses résultant de la révision de
formules anciennes et de l’apparition de formules nouvelles.
Il y a une liaison entre économie socialiste et agriculture collective (les Etats
communistes ont créé de nouveaux modes juridique d’exploitation du sol et ont mis en place
un système d’économie agricole propre). Toutefois, l’agriculture collective existe aussi dans
les pays en voie de développement et dans les pays capitalistes (à économie de marché).
1
Amédée MOLLARD (Op. Cit., p. 28) écrit: “Nous préférons agriculture paysanne » à certains termes voisins
11
utilisés mais à notre avis moins appropriés, tels que « agriculture pré capitaliste », « agriculture artisanale » ou
agriculture familiale ». L’agriculture paysanne définit une forme de production issue de la production marchande
simple (ou petite production marchande), mais néanmoins intégrée et soumise au mode de production
capitaliste ».
1
Aidant : Toute personne qui assiste ou supplée un travailleur indépendant dans l’exercice de sa profession, sans
être engagée envers lui par un contrat de louage de travail (article 6 de l’arrêté royal du 27 juillet 1967
organisant le statut social des travailleurs indépendants). L’épouse-aidante revendique le statut de Co-
exploitante ; les fils et filles aidant (e)s celui d’associé(e)s d’exploitation.
Au cours des dernières années, on a, dans nos pays, enregistré une dissolution du groupe domestique familial
paysan (« décohabitation » encouragée), à la suite du remodelage des mentalités.
2
La résistance des exploitations aux crises s’estompe ou disparaît avec l’évolution économique (substitution du
capital au travail familial, recours aux emprunts, recul de l’autarcie professionnelle et alimentaire, …).
3
GERVAIS Michel, SERVOLIN Clause et WEIL Jean (1955). Une France sans paysan. Paris. Editions du Seuil, 128 p.
MENDRAS Henri (1967). La fin des paysans. Paris, SEDEIS-Futuribles, 328 p. etc.
L’agriculture collective est malaisée à définir parce qu’elle est composée d’un
ensemble disparate et est organisée selon des modalités fondamentalement différentes :
En URSS (1)
Kolkhoze : unité de production agricole à forme coopérative instituée par le décret
du 06 janvier 1930 ; elle a la jouissance gratuite et illimitée de la terre qui reste
propriété d’Etat et la propriété collective des moyens de production ; elle doit satisfaire aux
exigences du plan ; le personnel est réparti en brigades et en équipes ; il est rémunéré en
fonction de son apport en travail et des résultats financiers du kolkhoze (salaire mensuel
minimum garanti) ; dimension : 6.700 ha en moyenne :
Sovkhoze : grande ferme d’Etat (17.600 ha en moyenne) ; le personnel est salarié
(subventions de l’Etat) ;
Goskhoze : exploitation d’Etat spécialisée.
L’agriculture collective n’a pas prouvé son efficacité. En 1988, le Président
GORBATCHEV estime que l’agriculture doit s’engager vers l’entreprise individuelle. Il
annonce une nouvelle loi sur la propriété foncière. Eventuellement, des baux d’une durée de
cinquante ans seraient consentis aux agriculteurs.
En ISRAEL :
Kibboutz : (mot hébreu signifiant établissement collectif ; au pluriel, kibboutzim) :
unité de production où les activités sont communes et où la vie est communautaire ;
Moshav ovd: village coopératif caractérisé par une armature très complexe de
services communs en vue de l’acquisition des moyens de production, la commercialisation des
denrées, l’organisation sociale, etc. Chaque famille œuvre pour son propre compte, aidée dans
son travail et sa vie par des institutions communes ;
Moshav shitoufi : représentant un compromis ou une formule intermédiaire entre
les deux précédentes ; l’exploitation du sol est réalisée en commun et le mode de vie demeure
individuel.
A CUBA :
Ferme du peuple (« granjas del pueblo »).
En CHINE :
Commune populaire : unité d’organisation de la main-d’œuvre agricole
(comportant plusieurs milliers de foyers et des dizaines de milliers d’habitants), elle-même
subdivisée en brigades et en équipes de production (échelon réel de collectivisation, regroupant
une trentaine de familles, vivant dans un hameau ou un quartier de village). A noter que les
communes sont en train de mourir alors que reparaissent en grand nombre les exploitations
individuelles des familles paysannes (décollectivisassions).
En TANZANIE :
Village « UJAMAA » (en Swahili (1) notamment, traduction approximative : « bien
familial ») : regroupement de paysans qui ont mis leurs biens en commun pour une production
(1) En URSS, la terre est nationalisée par la loi du 19 avril 1918. 12
1
Swahili : Langue bantoue parlée sur la côte du Tanganyika et dans l’île de Zanzibar (Tanganyika + Zanzibar =
Tanzanie).
collective, dont les revenus sont utilisés à des fins de développement (eau potable, électricité,
habitat, enseignement, vulgarisation, développement de l’agriculture en organisant sur une base
coopérative la distribution de semences, d’engrais, d’insecticides, d’outillage, etc., la diffusion
de nouvelles techniques de production et la création de réseaux de commercialisation). L’échec
du village « UJAMAA » a été déclaré en 1979-1980.
En YOUGOSLAVIE et en ALGERIE :
Domaine autogérés, en voie d’évolution ou même d’élimination.
Dans les pays à économie de marché :
Coopératives diverses ; société agricole qui est une société de droit civil avec
associé (s) gérant(s) et éventuellement associé(s) commanditaire(s) ; groupements fonciers
agricoles ; groupements agricoles d’exploitation en commun (GAEC).
Variée dans ses modes d’organisation, l’agriculture collective l’est aussi par ses
modalités de mise en place. Ici (pays d’Afrique noire), elle relève de la tradition et des
mœurs. Dans les Etats communistes, elle est créée par les pouvoirs publics : elle procède du
désir de réaliser une certaine harmonie entre les structures agricoles et celles de l’ensemble de
l’économie doté d’un appareil de production de type socialiste ; elle découle, par ailleurs, du
souci du planificateur d’avoir à sa disposition des unités de production douées d’une certaine
réceptivité à la politique qu’il veut mener (une multitude de micro-exploitations constitue une
structure moins perméable aux directives – et à la propagande – des pouvoirs publics qu’un
ensemble réduit d’entreprises faciles à contrôler et rend la planification difficile, voire
impossible). Dans les pays industrialisés à économie de marché, l’agriculture de groupe
(fonction de production), les groupements d’approvisionnement et de vente (fonction
commerciale) et les mutuelles de services (assurances, épargne et crédit) relèvent de l’initiative
privée, souvent encouragée par les pouvoirs publics.
En Israël, l’exploitation individuelle est insérée dans des structures coopératives et
coexiste avec un mode de vie individuel (moshav ovd) tandis qu’à l’exploitation collective se
superpose un mode de vie individuel (moshav shitoufi) ou communautaire (kibboutz ou village
collectif). La commune Chinoise et le village « UJAMAA » Tanzanien ont des traits communs
avec le kibboutz. Enfin, dans les pays ayant accédé assez récemment à l’indépendance,
l’agriculture collective est parfois une formule de remplacement. Là où existaient des
exploitations coloniales (plantations) ayant fait l’objet d’un abandon volontaire ou forcé, il n’est
pas toujours apparu souhaitable dans l’immédiat de morceler les domaines et de mettre en place
une agriculture paysanne. L’agriculture collectiviste, pratiquant parfois l’autogestion (Algérie),
s’est éventuellement substituée à l’agriculture d’entreprise de superposition (Infra, sub 2.6)
érigée par les anciens colons.
III.6.6. Agriculture d’entreprise
L’agriculture d’entreprise est aussi désignée par les expressions « agriculture
industrielle » et « agriculture technicienne ».
Quand prévaut ce système d’économie agricole, l’unité de production est gérée à
la manière d’une entreprise.
III.6.6.1. Réflexions sur l’industrialisation de l’agriculture
L’industrialisation de l’agriculture se situe dans le contexte de l’industrialisation
globale.
Selon Amédée MOLLARD (Op. Cit., p. 32), J.F. TROUSSIER (in :
l’Industrialisation de l’agriculture danoise. IREP, CNEEJA, Grenoble, 1969, 344 p.) définit
l’industrialisation de l’agriculture comme un “processus qui, sous l’influence du levier
13
industriel, tend à déstructurer et restructurer l’agriculture dans le sens d’une maîtrise croissante
de la nature » (p. 76). Cette définition est inspirée par l’économiste Français feu François
PERROUX.
MOLLARD l’estime incomplète et insiste sur le rôle déterminant de l’industrie
(« influence du levier industriel » lui paraît trop faible) et sur le caractère capitaliste de cette
industrie (p. 32).
L’industrialisation de l’agriculture : « c’est un procès de transformation de
l’agriculture par l’industrie » (MOLLARD, p. 22). « C’est un procès qui n’implique pas
nécessairement la prédominance de la grande exploitation… comme on le voit dans la plupart
des agricultures d’Europe occidentale » (ibidem).
« L’industrialisation capitaliste de l’agriculture, impulsée (1) par les grandes firmes
internationales de la chimie et de la mécanique (IAF), mais aussi par les industries agricoles et
alimentaires (IAA), a essentiellement pour but de faire produire plus de plus-value relative aux
agriculteurs et au-delà, à l’ensemble des travailleurs. Mais l’industrie capitaliste ne peut pas
façonner entièrement l’agriculture à son image, du fait des spécificités de la production agricole
(2) » … (ibidem).
III.6.6.2. Origine et types d’agriculture d’entreprise (superposition ;
conversion)
L’agriculture d’entreprise se superpose à une économie de subsistance, en donnant
lieu, par exemple, à une agriculture de plantation (monoculture : café, cacao, thé, huile de palme
ou d’arachide, banane, fruits, caoutchouc, …) ou provient d’une conversion progressive et
partielle d’un autre système d’économie agricole (latifundia devenant entreprise de culture,
agriculture paysanne évoluant vers l’agriculture d’entreprise).
L’économie de plantation (agriculture d’entreprise de superposition) ouvre
l’économie nationale vers l’extérieur : elle crée des flux de capitaux, de personnes et de produits
qui brisent l’isolement. Elle contribue à transformer certains systèmes d’économie agricole
(économie de subsistance, économie féodale), peu propices au développement. Elle débouche
sur une réussite quand elle incite les cultivateurs autochtones à établir des plantations et à se
muer en planteurs. Par contre, elle ne peut pas toujours donner une impulsion suffisante pour
que des circuits internes de distribution se créent dans le sillage des circuits externes
(importation – exportation) ; elle est contestable dans la mesure où elle tend à écarter les
agriculteurs indigènes, auxquels se substituent des exploitants étrangers accaparant les sols
(élément de déstructuration). Parfois les plantations (monoculture), tournées vers l’exportation,
entraînent un sacrifice des cultures vivrières (sous-alimentation, disette, malnutrition).
L’adaptation de l’agriculture paysanne peut conduire à la création d’entreprises
agricoles (agriculture d’entreprise de conversion), qui s’inséreraient harmonieusement dans le
contexte socio-économique général parce que société industrielle et société agricole tendent à
se ressembler (ce qui n’est pas le cas en système paysan pur) (1).
1
La concentration de la distribution des produits agroalimentaires est aussi un élément d’impulsion.
2
14
Spécificités de la production agricole :
- Dépendance vis-à-vis de l’espace et du climat ;
- Déplacement des machines sur le support de production, tandis que dans l’industrie, la plupart des postes
de machines sont fixes et les matières premières mobiles
- Recours à des êtres vivants végétaux et animaux ; les processus biologiques mis en œuvre présentent
leurs contraintes propres, qui spécifient fortement le travail et la production ;
- Formes du progrès technique multiples et composition organique du capital variable, ce qui fonde une
diversité des formes d’industrialisation agissant sur la productivité du travail ; etc.
1
Cette conception du développement est contestable, car elle porte atteinte à l’identité culturelle. Il est vrai que
ce n’est que récemment qu’il a été reconnu que la notion d’identité culturelle est indissociable de celle de
développement et se situe au cœur de la problématique du développement.
III.6.6.3. Quelques caractéristiques de l’entreprise agricole
L’entreprise agricole fait usage de capitaux abondants (recours à l’emprunt) et de
composition organique variant selon son orientation (grandes cultures, production laitière,
élevage et/ou engraissement porcin, aviculture, …).
Elle dépend des secteurs d’amont et d’aval.
Adoptant des techniques rationnelles de travail et des méthodes modernes de
gestion (programmation linéaire (2), comptabilité, techniques budgétaires : budget partiel ou
d’adaptation et budget global ou de réorganisation, technique des modèles de décision, recours
à l’informatique et à la télématique, …), pratiquant la spécialisation des productions et des
fonctions, s’efforçant d’atténuer les risques techniques (aléas climatiques, maladies, mortalité)
et économiques (phénomène du « ciseau des prix agricoles », correspondant à une dégradation
relative des « termes de l’échange interne » (3), c’est-à-dire des prix reçus par les agriculteurs
pour leurs produits par rapport aux prix qu’ils payent pour les facteurs utilisés ; conclusion de
contrats d’approvisionnement et de livraison) encourus par l’agriculture, elle se livre
évidemment au calcul économique.
III.6.6.4. Entreprise agricole familiale à responsabilité personnelle
En économie de marché, l’entreprise agricole demeure fréquemment familiale en
raison notamment de son caractère individuel et non collectif ou sociétaire de son mode
d’appropriation du capital ainsi que de la prédominance de la main-d’œuvre familiale ; ce
caractère ne s’estompera que si se réduit le rôle de la famille dans la production (ce qui n’est
pas prévisible actuellement).
III.6.7. Agriculture à temps partiel
III.6.7.1. Ce qu’elle est
Il n’y a pas de définition homogène de caractère universel de l’agriculture à temps
partiel, pratiquée – en Belgique – notamment par ceux que l’on appelle disgracieusement
« producteurs occasionnels ».
L’agriculture à temps partiel est elle-même hétérogène. Elle est pratiquée par des
personnes qu’elle n’occupe évidemment pas totalement et auxquelles elle ne procure qu’une
fraction de leurs revenus (salariés, appointés, indépendants, retraités, …).
Pour caractériser l’agriculture à temps partiel, on recourt à différents critères :
- Le travail : se répartitions entre les activités exercées
- Le revenu : ses origines ;
- Le montant des ventes d’origine agricole réalisées.
Dans la communauté économique européenne, est agriculteur à titre principal celui
qui satisfait aux conditions suivantes (1) :
2
Programme linéaire : 15
- Ensemble des méthodes ayant pour but de déterminer la meilleure des solutions qui satisfont à un certain
nombre de contraintes linéaires. La programmation linéaire est largement utilisée en économie
d’entreprise (PHILIZON, opus cit., p. 210)
- La programmation linéaire consiste à maximiser (ou minimiser) une fonction linéaire dont les variables
sont non négatives et sujettes à des inégalités linéaires (BUBLOT, p. 135).
BUBLOT Georges (1974). Economie de la production agricole. Louvain, Vander, 444 pages.
3
Termes de l’échange externe : termes de l’échange du secteur agricole par rapport à l’économie en général.
1
Source : Règlement (CEE) n° 797/85 du Conseil des Ministres du 12 mars 1985 concernant l’amélioration de
l’efficacité des structures agricoles (Journal officiel des communautés européenne, n° L 93 du 30.03.85, p. 4).
1° la part du revenu provenant de l’exploitation agricole est égale ou supérieure à
50 % du revenu global de l’exploitant ;
2° le temps de travail consacré aux activités extérieures à l’exploitation est inférieur
à la moitié du temps de travail de l’exploitant.
Par conséquent, l’exploitant qui ne satisfait pas aux conditions précitées relève de
l’agriculture à temps partiel (en Belgique : agriculture « occasionnelle »).
III.6.7.2. Notion d’unité de travail – homme
En relation avec l’occupation au sein de l’exploitation, il s’avère utile de définir
l’unité de travail – homme (UTH) ou l’unité de travail – année (UTA).
Dans la CEE,
L’UTA correspond à l’activité d’une personne qui consacre la totalité de son temps
de travail annuel aux travaux de l’exploitation.
Une personne compte au plus pour une unité – année même si son temps de travail
effectif dépasse le temps de travail annuel normal dans la région et pour le type d’exploitation
considéré.
Une personne ne travaillant pas toute l’année dans l’exploitation représente une
fraction d’une unité – année.
L’effectif en « UTA » représenté par une telle personne est déterminé en divisant
son temps effectif de travail annuel par le temps de travail annuel normal d’une personne à
temps complet, dans la région et pour le type d’exploitation considéré.
En BELGIQUE
Pour effectuer divers calculs (estimation de la population active agricole, rentabilité
de l’agriculture et revenu du travail agricole par UTH, …), l’Institut économique agricole
retient le double concept de l’unité de travail que voici :
- L’UT est le travailleur adulte professionnel, en bonne santé, œuvrant à titre
permanent ou principal dans le secteur agricole, quelle que soit la durée de son travail au cours
de l’année ou de l’exercice comptable ;
- La main-d’œuvre non-permanente ou « occasionnelle » est convertie en UT sur
base de la durée annuelle de ses prestations de nature agricole et/ou horticole exprimée par
référence à la norme : 1 UT = 1 travailleur adulte accomplissant 3.000 heures de prestations
agricoles et/ou horticoles en douze mois.
Exemple : le travailleur adulte à temps partiel qui, par année, réalise 600 h. de
travail agricole équivaut à 1/5 UT.
Considérant l’âge des agriculteurs et horticulteurs, l’IEA recourt aux coefficients
ci-après :
Age UT
14 et 15 ans 0,50
16 ans 0,58
17 ans 0,67
18 à 21 ans 0,83
21 à 65 ans 1,00
65 ans et plus 0,67
Par ailleurs, pour le personnel salarié (assez peu nombreux en Belgique), l’IEA tient
compte de sa qualification qu’il « pondère » :
16
- ouvrier qualifié : 100
- ouvrier non qualifié: 83
III.6.7.3. Pourquoi pratique-t-on l’agriculture à temps partiel ?
L’agriculture à temps partiel découle des contraintes biologiques (déroulement du
cycle végétal ou animal), climatiques (alternance et rythme des saisons fixant un cadre rigide
aux activités et s’imposant aux habitants) et économico-sociales (cumul d’activités en vue de
l’amélioration du revenu et de la promotion sociale).
Elle peut être induite par des facteurs de nature psychosociologique : occupation du
temps libre, loisirs, retour à la terre ; phénomène de la seconde résidence, pour laquelle s’est
altéré l’engouement enregistré pendant l’âge d’or des années 60 (« Golden Sixties ») et au début
de la décennie 70.
Il peut s’agir d’une agriculture de décor (entretien du paysage, parcs et jardins),
de plaisance ou de délassement (apparition d’une forme nouvelle d’autoconsommation, grâce
au surgélateur familial et mise à la mode de l’agriculture biologique). Les temps de crise
paraissent relativement favorables à l’agriculture, à temps partiel.
III.6.7.4. Agriculture à temps partiel, système très répandu
L’agriculture à temps partiel est répandue à travers le monde, dans des pays très
différents quant à leur niveau de développement et quant à leur régime politique
(approvisionnement des marchés kolkhoziens, en URSS (1)). Son essor résulte du
comportement d’agriculteurs embrassant une autre profession (étape vers l’exode agricole :
l’exploitation marginale devient d’abord exploitation à temps partiel, puis elle est abandonnée
quand le coût d’opportunité du travail (2) atteint un certain niveau). Il peut aussi découler de
l’adjonction par des non agriculteurs, d’une activité agricole à leur profession principale.
La pratique de l’agriculture à temps partiel (« occasionnelle ») peut constituer une
étape vers la mise en place d’une exploitation occupant la main-d’œuvre à titre principal ou
exclusif.
III.6.7.5. Facteurs et conditions de maintien, de succès, de renouvellement
Le maintien, le succès et le renouvellement d l’agriculture à temps partiel résultent
de la réunion de certaines conditions :
Existence de temps libre, possibilité de recourir à des éléments extérieurs à
l’exploitation (entreprises coopératives ou privées, spécialisation fonctionnelle), existence de
moyens de transport évolués et éloignement modéré entre les deux sièges de l’activité,
possibilité d’emplois extra-agricoles (pluriactivité) ; mentalité ancestrale de nature paysanne,
appât du revenu, possibilités de débouchés pour les denrées, miniaturisation du matériel
agricole rendant son emploi possible pour les exploitation de complément et de plaisance.
III.6.7.6. Critique de l’agriculture à temps partiel
L’agriculture à temps partiel permet de ménager les transitions. Par elle, on évite
une rupture brutale entre le monde agricole et les autres secteurs. Elle favorise le maintien de
la vie rurale et lui assure son renouvellement, notamment à partir d’un certain stade du
développement. Elle détermine un certain amalgame – toujours difficile – entre la population
rurale et la population urbaine, entre l’activité agricole et les autres activités.
1 17
En Chine (similitude avec l’Union Soviétique), les paysans restent propriétaires d’un lopin de terre, d’un petit
cheptel, de leur maison et d’un petit outillage (au temps où prévalaient les communes).
2
Le coût d’opportunité du travail (ou d’un facteur de la production) est la rémunération de celui-ci dans son
affectation la plus productive (celle qui procure le revenu le plus élevé).
L’agriculture à temps partiel peut freiner l’avènement de l’agriculture d’entreprise,
voire de l’agriculture familiale évoluée, avènement qu’en somme les pouvoirs publics
encouragent par diverses mesures (remembrement des biens ruraux, distribution « réfléchie »
du crédit aux personnes en mesure d’en supporter l’intérêt et l’amortissement ou
remboursement, octroi de retraites anticipées aux agriculteurs âgés, octroi de primes à ceux
cessant l’activité agricole et cédant leurs terres à d’autres exploitants, etc.).
Les agriculteurs à temps partiel sont parfois considérés par les agriculteurs
professionnels, comme des concurrents déloyaux, gâchant les marchés et s’accommodant d’une
conjoncture défavorable ; leur revenu d’origine agricole n’est que complémentaire et ils
peuvent se satisfaire de prix bas pour les produits qu’ils livrent au marché. Cette crainte a
parfois incité les producteurs à titre exclusif ou principal à réclamer une réglementation de
l’accès à la profession d’agriculteur (carte professionnelle) et une interdiction des cumuls
professionnels.
Enfin, observons que la réceptivité au progrès technique des agriculteurs à temps
partiel est variable : elle peut être faible (exploitations infra-marginales tenues par des
personnes âgées) mais il arrive que l’on se trouve en face de pionniers se livrant à des
productions animales hors sol, recourant au service de salariés ou mettant en valeur des terres
grâce au recours à des entrepreneurs qui effectuent les travaux dives requis par les cultures.
III.2. L’AGRICULTURE AFRICAINE
III.2.1. La crise agricole
Le secteur agricole constitue à l’heure actuelle un point faible des économies
africaines.
Alors que l’agriculture reste en Afrique le secteur d’activité qui emploie la fraction
la plus importante de la population active.
Un autre élément de comparaison défavorable à l’Afrique concerne la faiblesse des
rendements moyens à l’hectare. Même pour des produits où la spécialisation africaine est
importante, comme le manioc, le rendement moyen y est largement inférieur à celui que l’on
trouve dans les autres continents (7,34 TN à l’hectare contre 12,39 en Asie et 11,14 en
Amérique Latine).
Tableau : rendements moyens des cultures (1983-1985, en TN/Ha)
PAYS Blé Riz Manioc Soja Arachide
Afrique
Subsaharienne 1,31 1,44 7,34 0,67 0,68
Asie 2,32 3,25 12,39 1,23 1,14
Amérique Latine 1,99 2,24 11,14 1,81 1,47
Sources : Eco AF. p. 101
Ce tableau illustre le caractère encore largement extensif de l’agriculture africaine.
III.2.1.1. La production vivrière
Durant les années 1960, la production vivrière africaine s’est accrue, en gros, à un
rythme comparable au rythme d’accroissement de la population.
Mais le parallélisme s’est cassé au début des années 1970, et en tout cas jusqu’en
1985, l’augmentation de la production semble avoir été largement inférieur à l’accroissement
démographique.
« L’Afrique est le seul continent qui soit en train de perdre la course entre la
production vivrière et la croissance démographique ».
18
En plus du caractère inadmissible que revêtent famines et déficiences alimentaires
dans un monde capable de nourrir tous les hommes, la malnutrition découlant de l’insuffisance
de la production africaine a des conséquences graves qui pèseront sur l’évolution future.
En 1990, on estime que :
- 26,6 % d’enfants en Afrique avaient un poids inférieur à la normale
- Que 53,3 % étaient chétifs et
- Que 10,2 % étaient atteints de dépérissement.
Les déficiences alimentaires constituent un facteur important d’accroissement de la
mortalité infantile. En 1990, on estime :
- 175 pour mille en Afrique
- 106 dans l’ensemble des pays en développement
- 15 pour les pays industrialisés.
Elles influencent également de façon négative le développement physique et
probablement le développement mental des enfants.
Quant à l’espérance de vie, la Banque Mondiale estime qu’elle se situe en 1994 à
56 ans en Afrique, contre 67 ans pour l’ensemble des pays en développement et 77 ans pour les
économies de marché.
Les importations alimentaires sont en accroissement très rapide et sont devenues
indispensables à l’alimentation des populations africaines.
On peut tirer les conclusions suivantes :
- La campagne ne réussit pas de mains en mains à nourrir la ville
- L’intégration économique des pays africains, ici entre villes et régions rurales,
déjà peu satisfaisante, fléchit encore
- La dépendance vis-à-vis de l’étranger s’accentue dans un secteur
particulièrement sensible.
III.2.1.2. Les productions d’exportation
Dans les années 1960, un accent, prolongeant les anciennes préférences coloniales,
fut d’abord mis sur les produits d’exportation.
Puis, lors de la crise alimentaire du milieu des années 1970, préférence fut accordée
aux productions vivrières.
En décennies 1980, avec la politique d’ajustement structurel on insiste à nouveau
sur la nécessité d’améliorer les recettes d’exportation. Enfin, les décennies 1990, on retourne
une nouvelle fois vers des préoccupations de sécurité alimentaire.
Les cultures d’exportation constituent généralement un stimulant à la mise en place
et à l’entretien des infrastructures de distribution et de commercialisation et que ces
infrastructures bénéficieront ultérieurement à l’ensemble des producteurs.
Jusqu’à ce jour, la politique agricole en Afrique, a toujours mis l’accent sur les
cultures d’exportation et les productions vivrières ont été, dans la majorité des cas, négligées.
Dans la région Soudano-Sahélienne les cultures d’exportation avaient reçu en matière d’engrais
1979-1980 : 60 kg de fertilisants par ha, alors que les cultures vivrières ne recevaient que 2
kg/ha.
Il en est de même pour des recherches agronomiques.
19
On est loin de l’application de ce qui a été appelé le principe de
« CONGRUENCE », c’est-à-dire d’une politique qui répartirait les dépenses de recherche en
proportion de la valeur de la production.
La politique adéquate ne consiste pas à choisir un type de culture et à refuser l’autre.
Il s’agit au contraire de les sélectionner et de les combiner, en tenant compte de
l’ensemble des facteurs présents (notamment les avantages comparatifs dont le pays est doté)
mais aussi des risques qui peuvent découler des politiques menées par les pays partenaires.
III.2.1.3. Les causes de la crise agricole
Le rapport FAO consacré à l’agriculture africaine énumère six causes à la crise
agricole africaine (1) :
- La distorsion des politiques officielles au détriment de l’agriculture
- Les taux élevés d’expansion démographique
- Le ralentissement dans l’expansion des superficies arables et cultivées
- La stagnation technologique entraînant un plafonnement ou ne baisse des
rendements
- La dégradation accélérée de l’environnement
- L’environnement international défavorable.
On peut ajouter :
- Les conditions climatiques (sécheresse) qui ont sévi ces dernières années dans
des régions importantes du continent
- Certains aspects culturels qui freinent les transformations souhaitables du monde
rural.
Dans les pages qui suivent, nous voudrions évoquer ces différentes causes en les
regroupant selon trois domaines :
- Les aspects démographiques (cause n° 2)
- Les aspects agronomiques (causes n° 3, 4 et 5) et
- Les aspects climatiques ne se prêtent guère à des considérations sur l’avenir.
III.2.2. Le problème démographique
La croissance démographique actuelle en Afrique est spectaculaire : le taux annuel
d’accroissement qui était de 2 % est passé aujourd’hui à 3 %.
La transition démographique reflète la chute du taux de mortalité (de 30 0/00 en
1950 à 16 0/00 en 1991). La population de l’Afrique du Sud du Sahara qui était d’environ 160
millions d’habitants en 1950 approcherait les 500 millions en 1991.
La population urbaine a atteint 10 % en 1950 et environ 30 % aujourd’hui.
L’accroissement démographique pose de redoubles problèmes :
- Développement des infrastructures (scolaires, médicales, de logement …) ;
- Accroissement de la production vivrière
- Lutte contre les dangers de détérioration de l’environnement (par réduction de
jachère, surpâturage, déforestation, …).
Ce qui est préoccupant aujourd’hui en Afrique, ce n’est pas l’explosion
démographique en tant que telle, mais le couplage : explosion démographique et blocage
agricole et plus globalement, le couplage explosion démographique et stagnation économique.
1
20 FAO, Op. Cit., p. 66 20
21 FAO, Op. Cit., 8 volumes, 1986
III.2.2.1. Les aspects agronomiques
III.[Link]. Le mythe de l’excédent des terres
En Afrique, les ressources naturelles nécessaires à la production vivrière d’une part
et la population d’autre part, sont réparties de façon très inégale. Sur 2,9 milliards d’Ha que
compte le continent, on peut estimer à un tiers les terres qui sont trop arides pour permettre une
agriculture pluviale. Et parmi les terres cultivables sans irrigation, la moitié est de qualité
marginale, vulnérable à la dégradation.
La FAO estime que, en l’an 2000, beaucoup de pays africains seront incapables de
nourrir leur population. En outre, dans une appréciation des potentialités agricoles de l’Afrique,
il faut tenir compte de l’ampleur des variations climatiques annuelles et notamment des
variations des pluies.
III.[Link]. Le mythe de l’excédent de main-d’œuvre
La croissance démographique rapide, le sous-emploi évident, l’exode rural massif
font croire aisément à l’existence d’une main-d’œuvre pléthorique qui, théoriquement, pourrait
être affectée à la production agricole.
Il faut tenir compte de l’ampleur considérable des variations saisonnières dans les
travaux agricoles, surtout dans les régions où la saison des pluies est courte.
A cela, il faut ajouter les facteurs économiques (faiblesse des revenus ruraux) et
psychologiques (déconsidération du travail de la terre) qui favorisent l’exode vers les villes.
La division traditionnelle du travail agricole entre les sexes renforce encore la
pénurie de main-d’œuvre. Les femmes, sur lesquelles reposent l’essentiel du travail agricole de
production, consacrent souvent de plus en plus de temps aux corvées d’eau et de bois qui leur
sont aussi traditionnellement dévolues.
III.[Link]. Le mythe de la technologie asiatique
La révolution verte, dont l’efficacité dans l’accroissement de la productivité
agricole a été déterminante en Asie, requiert des cultures irriguées ou de pluies suffisantes et
fiables.
Il faut ajouter la faible utilisation actuelle des INPUTS techniques : semences
améliorées, engrais, pesticides, mécanisations, etc. …
III.2.3. LES ASPECTS ECONOMICO-SOCIAUX
III.3.1. La politique des prix
A l’heure actuelle, la politique des prix est défavorable aux agriculteurs.
A l’époque coloniale, pour obtenir l’accroissement de la production,
l’administration recourait à l’encadrement autoritaire et à la contrainte qu’aux incitants
monétaires.
Il faut ajouter les causes de la crise agricole qui s’élargissent aux troubles politiques,
l’insuffisance des infrastructures de transport, la faiblesse de la recherche et de l’encadrement.
Les experts de la Banque Mondiale estiment que la réhabilitation de l’agriculture
passe par une revalorisation des prix agricoles et par la libéralisation du marché qui la rendra
possible.
a) Evolution récente
Il y a lieu de noter le prélèvement opéré sur les agriculteurs par l’intermédiaire de
prix trop bas :
- La charge fiscale : 40 à 45 % de charge sur les produits agricoles d’exportation ;
21
- L’existence des organismes de commercialisation mal gérés et à caractère de
monopole.
L’ampleur de la charge signifie que le pays finalement ne touche qu’environ la
moitié de la valeur de ce qu’il produit.
-Beaucoup de pays ont établi une réglementation des prix qui a pour but d’empêcher
les hausses abusives et protège les consommateurs urbains.
Cette imposition des prix a entraîné la naissance de marchés parallèles.
Prix officiels et prix parallèles des certains produits vivriers 1980-1981 en
Shillings Tanzaniens/Kilo.
PRIX OFFICIEL PRIX INDICE
(a) PARALLELE (b) / (a)
(b)
Maïs ..................................... ....... 1 …......... ........ 4,98 ....... ....... 498
Paddy ..................................... ........1,75 ....... ......... 4,23 ....... ....... 242
Manioc..................................... ........0,65......... ......... 2,95 ....... ....... 446
Sorgho..................................... …….1,00 ...... ......... 4,08 ....... ....... 468
Mil ...................................... .........1,50 ...... ........ 9,95 ....... ....... 463
Rapport Banque Mondiale : Rapport sur le développement dans le monde 1986, p.
83
b) Causes de la faiblesse des prix agricoles
Diverses raisons objectives peuvent expliquer le caractère peu rémunérateur des
prix agricoles :
- Economique : la surévaluation de la monnaie.
Des produits vivriers sont importés au taux officiel.
- La différence des coûts respectifs de production liée surtout à la productivité
entre les producteurs africains et leurs concurrents étrangers. Un paysans Nigérian produit en
moyenne 8,6 kg de riz par jour. Un producteur Philippin en produit 31,5 kg et le producteur
Californien atteint 2.203 kg.
- Pour des raisons sociales et politiques dans le but de protéger le niveau des
consommateurs urbains, les biens alimentaires importés ne sont pas taxés.
- Il y a aussi la responsabilité des OFFICES de commercialisation ou caisses de
stabilisation qui détiennent le monopole d’achat et de vente des produits exportés sur le marché
mondial.
Il faut tenir compte des degrés très variables d’efficacité dans la gestion
(prélèvement pour frais administratifs).
- En période de bonne conjoncture des prix, les offices ont souvent constitué des
réserves financières importantes, qui ont servi non à accroître les revenus des paysans, mais à
financer des projets de développement.
22
Commercialisation du café en R.C.A. (1977)
MILLIONS DE CFA EN %
Producteurs 2.150 18,3
Usinage 23 2,4
Transport 176 1,4
Commerce agricole 781 6,6
Prélèvement 4.627 39,4
Droit de sortie 40 0,3
Commerce exportation 3.670 31,2
FOB BANGUI 11.737 -
L’influence des offices a eu un impact sur le marché dans le sens du maintien de
prix bas, au détriment des paysans et au bénéfice des consommateurs habitant les villes.
« Les paysans n’ont pas pour fonction d’être sacrifiés à la paix sociale des villes ».
« PISANI » : Commissaire Européen au Développement
Même en absence d’offices, les gouvernements africains ont régulièrement cherché
à contrôler les prix des produits agricoles, toujours avec la tentation de les fixer à un niveau peu
rémunérateur pour les paysans, avec comme conséquences :
- Multiplication des marchés parallèles
- Exportations frauduleuses vers les pays voisons où les prix sont plus élevés
- Accroissement des importations
- Retrait du marché et retour des agriculteurs à l’autosubsistance.
Enfin, il importe également de rappeler que les prix officiels sont, pour la plupart
des prix uniques tant dans le temps que dans l’espace.
c) L’approvisionnement des campagnes
Quand on parle de bons prix, on parle de prix réels représentatifs d’un pouvoir
d’achat et dont les montants correspondants sont échangeables contre des marchandises.
Il ne suffit pas que les paysans aient pu vendre leur production et acquérir des
revenus monétaires ; encore faut-il que ces revenus monétaires ne restent pas inutiles faute
d’approvisionnement suffisant et régulier : produits manufacturés intrants.
On peut conclure « qu’il n’y a pas de développement agricole possible en cas de
pénurie en zone rurale de biens manufacturés.
Il y a lieu de souligner que :
« Les exportations dépendent des cultures commerciales et des prix agricoles,
tandis que les importations sont liées aux recettes d’exportation et aux réserves de change ».
III.3.1.3. Les causes structurelles
La politique agricole dynamique ne peut se limiter au prix correct, il faut également
tenir compte des conditions de production, ce que PLATTEAU appelle zones de contrainte.
Parmi les pesanteurs structurelles, PLATTEAU cite :
- La dispersion de l’habitat humain et la faible densité démographique qui
accroissent le coût par tête …. Des infrastructures de transport, de santé publique,
d’enseignement, des services agricoles, …
- Le morcellement politique de l’Afrique : cas du riz produit dans le nord du
Cameroun, dont le marché se situe ans le Nigeria voisin ;
1
- La faible qualité et la grande fragilité de beaucoup des sols africains ;
- Le retard dans le progrès technologique souligne l’insuffisance des moyens
actuels de recherche ;
- La recherche fondamentale en Afrique est la parente pauvre en matière
d’allocation des maigres crédits de recherche, davantage axée sur la vulgarisation ;
- L’Afrique a une tradition d’agriculture extensive.
III.[Link]. Les modalités d’une politique agricole
De tout ce qui précède, on peut tirer quelques réflexions d’ensemble.
Lorsque les recettes publiques et les recettes d’exportation provenaient
essentiellement du secteur agricole, les Etats africains eurent tendance à opérer n prélèvement
excessif sur l’agriculture.
Par contre, les Etats dont les ressources étaient surtout d’origine minière (rente
minière et pétrolière) furent davantage portés vers les pratiques d’exclusion de la paysannerie,
par le financement discriminatoire des activités productives.
Avec comme conséquences :
- Un affaiblissement de la production agricole africaine
- Et une marginalisation des producteurs paysans.
Il appartient aux responsables politiques et économiques de créer les conditions qui
favorisent les réponses créatrices et valorisent le dynamisme du monde paysan.
Il faut souligner aussi que l’agriculture africaine a toujours été la parenté pauvre
des budgets nationaux et des aides étrangères et aussi l’élaboration et la réalisation de tous
projets …
D’après les données de FMI, les pays africains consacreraient en moyenne à
l’agriculture entre 10 et 20 % de leurs dépenses publiques et pour le Zaïre, il est de 0,16 %.
La politique agricole menée jusqu’à ce jour était peu efficace :
- Les prix agricoles trop bas et l’encadrement autoritaire inefficace et coûteux ;
- Les politiques de subvention aux intrants (engrais) et de crédit ont rarement
bénéficié aux petits producteurs.
III.[Link]. L’objectif d’autosuffisance alimentaire
L’autosuffisance alimentaire est un objectif prioritaire de politique agricole ou de
développement des plusieurs Etats.
L’autosuffisance alimentaire, signifie la possibilité de produire dans le pays même
la nourriture qui y est consommée.
La sécurité alimentaire : c’est-à-dire la possibilité d’avoir des aliments en quantité
telle que chacun puisse manger à sa faim.
Dans la mesure où un choix doit être opéré, il est socialement nécessaire que priorité
soit accordée à la sécurité alimentaire.
2
Part des dépenses budgétaires allant à l’agriculture (en % des dépenses
budgétaires totales exprimées en monnaies nationales)
PAYS Dépenses Investissements en capital Dépenses totales
courantes
Afrique Nord
Soudan (1972) 4,7 10,3 15
Afrique Ouest
Côte d’Ivoire (1973) 2,7 5,7 8,4
Gambie (1973) 7,66 5,1 12,8
Ghana (1972) 5 1,3 6,3
Liberia (1970) 3 0,12 3,12
Niger (1971) 6,7 1,1 7,8
Nigeria (1969) 0,76 0,45 1,21
Sierra Leone (1973) 3,2 3,8 7
Afrique Centre
Rwanda (1971) 4 0,6 4,6
Zaïre 0,16 0,11 0,27
Afrique Est
Botswana (1973) 4,67 1,07 5,7
Ethiopie (1973) 3,6 4,8 8,4
Kenya (1972) 6,8 3,15 10
Lesotho (1973) 5 6 11
Madagascar (1973) 5,5 8,4 13,9
Malawi (1973) 10,4 5 13,4
Ouganda (1969) 6,55 0,86 7,4
Swaziland (1973) 4,6 11 13,6
Zimbabwe (1973) 9,2 4,7 10,9
Source : Gérard G., Op. Cit., p. 45
Depuis quelques années, devant l’ampleur de la crise agraire, un changement est
cependant perceptible, bien que l’on soit encore loin de l’objectif de 20 à 25 % des
investissements publics, qui avait été proposé dans le programme prioritaire de redressement
économique de l’Afrique 1986-1990 de l’O.U.A.
1
CHAPITRE IV : INTEGRATION DE L’AGRICULTUTRE
A L’ECONOMIE MODERNE
La révolution agricole de ce siècle enterre, du moins dans les pays industriels, la
notion même d’agriculture telle qu’elle avait été définie par Colin CLAAK (travail de la terre).
L’intégration de l’agriculture à l’industrie a fait des producteurs le maillon central
d’une chaîne composée :
- À l’amont des industries mécaniques, chimiques et biologiques
- À l’aval des industries agroalimentaires
- Elles-mêmes fortement à la distribution.
Les agriculteurs fournissent :
- Des denrées alimentaires ;
- Des produits aux industries :
Des premières transformations (fibres textiles, papiers, caoutchouc, éthanol, …)
Des biens de consommations (tabac, boissons, conserves en tous genres)
De biotechnologies (bactéries, gènes).
La main-d’œuvre se réduit au fur et à mesure que les agriculteurs adoptent de
nouvelles méthodes de culture mécanisée et scientifique et qu’ils gèrent les exploitations en
fonction des cours de marché.
IV.1. LA REVOLUTION TECHNIQUE ET LA NAISSANCE DE LA
CHAINE AGRO-INDUSTRIELLE
IV.1.1 En amont, l’agriculture dépend de l’industrie et de services
L’intégration de l’agriculture à l’industrie est marquée, en amont de la production,
par les énormes besoins qu’on les agriculteurs en matière de produits industriels.
Les industries de base fournissent deux types de produits qu’on appelle les
« INTRANTS » :
- D’une part toute la batterie de moteurs et des matériels pour les cultures de
champs, l’élevage et le stockage de produits et,
- D’autre part, les produits chimiques (sont à l’origine du boom des rendements).
En amont de la production agricole, on compte aussi d’innombrables sociétés de
service qui encadrent les exploitants agricoles pour des tâches administratives, scientifiques et
financières.
a)Les machines agricoles, qui sont à la fois des instruments et des équipements
mécanisés, mobiles ou fixes, sont utilisées autant pour la préparation des champs et les récoltes
végétales que la gestion des troupeaux et des leurs produits.
Aux Etats-Unis et en Union Européenne, on compte en 1995 :
- Parc de tracteurs : 10 millions d’engins
- 2 millions de moissonneuses batteuses
- 750 millions de chevaux vapeurs
- 7 millions de camions et l’aviation agricole.
Cette force de travail est au service d’un parc de machines agricoles en constante
diversification et modernisation, destinées à la préparation des sols et aux récoltes.
Les dernières innovations, qui tiennent à l’introduction de calculateurs dans certains
engins, ceux chargés de la cueillette de végétaux fragiles (salades, raisons, tomates).
Les fabricants de matériels agricoles sont des industriels Américains, Européens ou
Japonais :
USA: FORD, MASSEY, FERGUSON
EUROPE: RENAULT, FIAT, DAIMLER-BENZ
2
JAPON: MOTOCULTEURS HONDA
Enfin, des améliorations comme la vitesse dans les moyens de transport ou la
réfrigération ont bouleversés les équilibres acquis sur plusieurs siècles.
b)L’usage de FERTILISANTS a permis de compléter les supports énergétiques
utilisés en agriculture. Mais ces intrants chimiques contribuent fortement à l’intégration
industrielle de l’agriculture.
Les engrais chimiques apportent aux végétaux le phosphore, le potassium et l’azote
nécessaires à la croissance.
Il y a deux types d’engrais :
- Les engrais simples : (azotés, phosphatés et potassiques) produits dans les pays
du Sud (Chine, Chili (nitrate), Maroc, Brésil (phosphate),
- Les engrais composés : (deux ou trois éléments fertilisants) phosphaté.
c)Au cours de leur croissance, les végétaux sont traités avec des PESTICIDES
D’ORIGINE CHIMIQUE.
Ils sont fabriqués, comme les engrais de synthèse exclusivement par les grandes
sociétés pétrolière et chimique (NOVADLIS, Suisse), Rhône – Poulenc.
La consommation d’engrais par hectare se présente comme suit :
Europe du Nord : 250 à 300 kg/ha.
IV.1.2. En aval, la production est travaillée par les industries agroalimentaires
(I.A.A.)
L’intégration de l’agriculture à l’industrie est devenue encore plus nette en aval de
la production où la transformation des produits agricoles ajoute une valeur globale qui peut
atteindre (Danemark, USA) plus de 80 % de ce qui est payé par les consommateurs.
a)Les industries de première transformation qui fournissent des produits
intermédiaires comme les semoules, les oléagineux, beurre de cacao, les industries de seconde
transformation qui mettent sur le marché des produits finis.
L’élevage a connu un développement spectaculaire avec la généralisation des
chaînes du froid industriel et domestique qui ont permis d’écouler facilement des produits et
sous-produits « fragiles » comme la viande et le lait.
b)On peut distinguer 4 catégories d’I.A.A.
- Les industries qui transforment et conditionnent des denrées périssables,
comme le lait, la viande et les fruits et légumes sont liées à des approvisionnements réguliers et
des circuits de distribution. La structure juridique et financière de ces unités varie d’un pays à
l’autre.
Dans les pays industrialisés, les coopératives sont nombreuses dans les fruits, lait et
légumes.
Dans PED les grandes firmes font le poids.
- Dans la fabrication des boissons qu’elles soient alcoolisées (bière, vins, eaux
de vie) simplement tonifiantes (café, thé, cacao, soldes à base de sucre) ou naturelles, le poids
des firmes est, là encore, déterminantes.
- Les industries qui traitent les céréales (pâtes, biscuiteries) sont parmi les plus
puissants du secteur.
- Enfin, les produits intermédiaires (corps gras, sucres) étaient transformés
autrefois dans les ports en provenance des plantations.
IV.2. L’ENCADREMENT DE L’AGRICULTURE DANS LE MONDE
L’immixtion des Etats dans l’économie agricole a été progressive et la méthode
tient plutôt de l’incitation ou de la thérapeutique des réformes et les politiques de structure ne
se mettront en place qu’au milieu du 20ème siècle.
3
Les maux dont souffraient des agriculteurs européens à la fin du 19ème siècle
exigeaient des remèdes qui ne pouvaient être prise en charge que par les pouvoirs publics :
- L’enseignement agricole fait défaut (paysans illettrés) ;
- Faiblesse des études agronomiques encore à l’écart des universités ;
- Les structures d’exploitations sont mal adaptées (petites fermes) ;
- Marchés sont inorganisés et,
- Les cours des produits connaissent de trop grands écarts.
En Europe (France, 1933) et monde méditerranéen les politiques agricoles visaient
la correction de fortes inégalités, la production à grande échelle pour réduire les importations
(Italie avec le blé en 1927).
En Angleterre, l’Etat verse des subventions (déficiency payments).
En Allemagne, l’autarcie était recherchée.
Ce sont, en réalité, les Etats-Unis qui développent la première politique agricole
globale de l’agriculture avec l’AGRICULTURAL AJUSTEMENT ACT (AAA) de mai 1933
qui a un double but :
- Augmenter le prix agricole en versant des subventions aux fermiers qui acceptent
de réduire leur superficie cultivée et d’abattre leurs troupeaux ;
- Améliorer la situation financière des exploitations (endettés) en accordant des
prêts à long terme et faible intérêt.
Nous allons à présent voir les différentes politiques agricoles dans le monde.
IV.2.1 La politique agricole commune (P.A.C.)
Elle voit le jour le 14 janvier 1962.
Les objectifs sont inscrits dans l’article 39 du Traité de Rome :
- Accroître la productivité de l’agriculture en développant le progrès technique ;
- Assurer ainsi un niveau de vie équitable à la production
- Stabiliser les marchés ;
- Garantir les approvisionnements ;
- Assurer des prix raisonnables dans les livraisons aux consommateurs.
Cette nouvelle construction communautaire repose sur trois principes :
Le financement communautaire
Il est fondé sur la solidarité entre les nombres (on ne reçoit pas autant qu’on verse).
Le Fonds Européen d’Orientation et de Garantie Agricole (FEOGA) a été
constitué :
- Pour intervenir sur le marché (fonction garantie) ;
- Pour financer les actions structurelles (fonction orientation)
Il est alimenté par la TVA.
Fonctionnant comme une caisse de compensation, il rembourse aux Etats les
dépenses qu’ils ont consenties.
L’organisation des marchés
Elle est fondée sur le principe du marché unique qui implique que les produits
agricoles circulent librement, avec des prix uniques.
L’organisation des marchés s’appuie sur trois systèmes de prix fixés à Bruxelles par
les Ministres de l’Agriculture pur une campagne annuelle (1er avril) prix exprimés en ECU.
Les Ministres fixent :
- des PRIX D’ORIENTATION, sur la base des prix du marché de l’année
précédente.
4
Ils restent théoriques et servent de références aux agriculteurs pour orienter leur
production pendant l’année qui vient.
- des PRIX DE SOUTIEN, pour garantir des revenus minimums aux exploitants.
Ainsi, les prix d’intervention (céréales, produits laitiers, viande, bovine,
oléagineux, tabac) qui sont les produits que le marché communautaire ou extérieur n’a pas
absorbés.
- des PRIX DE PROTECTION, dont l’objectif est de défendre l’agriculture
européenne face à la concurrence extérieure, selon le principe de préférence communautaire.
Un produit protégé qui entre dans le marché commun à un prix inférieur au seuil fixé est taxé
pour être ramené au niveau européen : c’est le prélèvement, que l’importateur verse au
FEOGA ;
IV.2.2. La politique socio-structurelle
Elle repose sur un double constat :
- Les structures agricoles sont restées dans l’histoire très constantes et le
développement industriel en a déséquilibré certaines ;
- Des tensions et des disparités entre les régions risquent d’apparaître au sein de
marché commun.
Les premières actions structurelles (inspirées de la France 1960) reposent sur 4 axes
(adaptés en 1972)
- L’agriculteur doit être formé, pensionné à 55 ans moyennant une indemnité
annuelle
- Les exploitations organisées (comptabilité, plan de développement)
bénéficieront des aides.
- Les Etats établissent des programmes d’investissements pour la transformation
et la commercialisation de certains produits agricoles ;
- Les régions menacées par le dépeuplement du fait de handicap naturel
(montagnes) défavorisées (Irlande) bénéficient d’aides directes.
Les résultats et l’évolution de la PAC
Ils montrent que les objectifs n’ont pas été totalement atteint et que le marché
unique est un mythe d’Europe verte a souffert principalement de deux maux :
- Elle a, en effet, buté dur les changements de parité monétaire qui ont créé des
distorsions à la concurrence ;
- Plus lourde encore a été la facture des excédents agricoles qui ont déstabilisé la
PAC
Une deuxième étape de réforme de la PAC démarre en 1992.
IV.2.3. La politique agricole des Etats-Unis
Elle est complexe et efficace et tentent de l’imposer au reste des pays industriels.
La politique actuelle est née des crises de surproduction des années 1920 et c’est
pourquoi elle a un caractère structurel.
L’intervention de l’Etat dans l’agriculture dote l’Agricultural Adjustment ACT.
Trois types d’intervention caractérisent la politique agricole, des Etats-Unis jusqu’à
la réforme de 1996 :
- Un important volet de soutien des revenus des paysans : soutien au prix et aux
revenus moyennant contrôle terre cultivée et par produits et éventuellement mise en place de
gel de terres
- A la base, un prix de soutien minimum (LOAN RATE) fixé par la loi
quinquennale (FARM BILL ou FARM ACT).
5
C’est sur ce prix plancher que s’appuie la COMMODITY CREDIT
CORPORATION (CCC) pour pratiquer des avances de trésorerie avant chaque campagne
(Institué par P. EISENHOWER).
En fin de contrat, le fermier peut rembourser le prêt au taux avantageux ou céder
une part de sa production.
- Des prix garantis, notamment pour la production de céréales (TARGET PRICE),
assurés aux fermiers et fixés aussi par la loi.
Les producteurs touchent donc les payements compensatoires qui gomment l’écart
entre TARGET PRICE et les prix du marché quand ceux-ci sont supérieurs au LOAN RATE.
Cette somme s’appelle en DEFICIENCY PAYMENT (la loi fixe en plafond de
50.000 $ US par exploitation.
A, les niveaux de production sont contrôlés par des incitations comme le gel des
terres. Le manque à gagner pour les fermiers acceptant le gel des terres est composé par des
paiements en nature (PIK, PAYMENTS IN KIND),
B, enfin, la politique agricole aide à l’écoulement des produits sur les marchés
extérieurs :
Par les aides aux exportations : la P.I. 480 (PROCUREMENT LAW) de 1954
finance des exportations de blé et d’huile vers les pays pauvres dans lesquels les Etats-Unis ont
des intérêts. Ces pays bénéficient de prêts à long terme et à très faible taux. FOOD FOR PEACE
sert à la fois les intérêts stratégiques américains dans ces pays et les intérêts des agriculteurs.
La politique agricole américaine a évolué comme suit :
- Depuis la crise des années 1920 : la protection sociale des agriculteurs par une
politique de soutien des revenus par le prix ;
- Depuis les années 1950 : l’incitation à la production et la protection vis-à-vis de
la concurrence ;
- Depuis les années 1970 : l’encadrement de la production pour une meilleure
adaptation du marché mondial.
L’époque où l’agriculture américaine était devenue un outil de production au
service de la diplomatie (les intérêts stratégiques) et de ses besoins (déficits commerciaux
atténués par la puissance exportatrice de l’agriculture) est révolue.
Le FREEDOM TO FARM ACT de 1996 devrait faire disparaître TARGET PRICE
et DEFICIENCY PAYMENTS. Seul le LOAN RATE reste.
Les fermiers vont pouvoir choisir leurs cultures en fonction de l’évolution des
marchés mondiaux.
En compensation, quel que soit le niveau de prix, ils recevront, sur la base de 85 %
de leurs surfaces, un paiement direct calculé à partir des surfaces labourées et d’un rendement
moyen.
Soixante-trois ans après L’A.A.A. de NEAN DEAL, le Président CLINTON ouvre
grand les portes du marché mondial.
En somme, dans ces pays développés, les politiques agricoles sont multiformes et
concernent, tout à la fois :
- Les productions (orientation, stock), les terres (humification, gel)
- Les structures d’exploitation (remembrement, réformes agraires)
- Les revenus (prix garanti, aide) et
- Les marchés (subventions, distribution).
La supériorité de la politique américaine sur la PAC tient au fait qu’elle a évité les
Etats-Unis de connaître les surproductions qui ont considérablement gêné l’Europe dans les
années 1980.
6
Le coût des politiques agricoles n’a cessé de s’accroître : calculé en ESP (équivalent
subvention à la production), il atteignait 150 milliards $ US en 1986 et en 1996, il dépasse 185
milliards $ US avec de très grosses inégalités selon les pays et selon les produits.
C’est là un des caractères majeurs des agricultures des pays industriels qui les
différencient fortement des pays ex-socialistes et surtout des PED.
Les PED demandent aux organisations internationales de les aider à mettre en place
des mesures de soutien similaire pour équilibrer les rapports commerciaux et mieux satisfaire
les considérables besoins alimentaires créés par la croissance démographique et l’urbanisation.
IV.2.4, les politiques agricoles, les PECO (ex-socialistes)
Les anciens pays communistes ont connu les mêmes étapes :
- Tentatives de contrôle de la production agricole ;
- Politique d’autarcie, égalitarisme social
- Sacrifice de l’agriculture au profit de l’industrie
- L’impossibilité de l’Etat à mener une politique agricole cohérente qui assure de
la production régulière
Enfin, tous ces pays sont en pleine réformes économiques.
IV.2.5. Les politiques agricoles dans les pays en développement (PED)
Les indépendances politiques ont conduit les pays du Sud à encadrer leur
développement agricole.
La majorité de la population se trouve en campagne, même si l’urbanisation
progresse rapidement.
L’encadrement agricole y est aléatoire.
L’Etat maintient les prix à un niveau bas pour qu’en sorte les denrées restent
accessibles aux populations, contrôle la distribution par les biais d’office parc-publics, il taxe
les importations pour protéger les marchés au taxe à l’exportation les cultures de rentes.
Dans les pays Asiatiques
L’Etat se charge des infrastructures de base comme :
- Les routes (pour écouler les productions)
- De l’équipement électrique des campagnes (permettant de rehausser le niveau de
vie des agriculteurs et de freiner l’exode rural)
- De l’enseignement (favorisant la transmission des progrès agronomiques.
Dans les pays du Sud-Est, l’Etat s’est même servi des médias pour diffuser les
conseils techniques. Ainsi, les besoins nés de la pression démographique (1960) ont été satisfait
par la révolution verte (Inde). La Corée du Sud a pu, à l’instar de l’Europe, dresser les barrières
douanières pour protéger son riz par prix supérieur aux cours mondiaux. Dans la plupart des
pays d’Asie, en amont de la production sont nées des industries chimiques pour les engrais et
produits phytosanitaires et en aval, des filières agroalimentaires. Le modèle d’agriculture
productiviste et enfin achevé par la baisse des prix au détail compensé par la transformation des
produits.
Dans les pays d’Afrique subsaharienne, les héritages coloniaux étaient plus
lourds :
- Économies de traites tournées vers l’exportation
- Domination des produits de base agricoles et miniers
- Priorité donnée à l’industrialisation et l’urbanisation financée par une forte
pression fiscale sur les paysans
Une conjoncture de facteurs a conduit les pays africains dans une situation difficile :
7
- D’une part, la faible densité de population (éparpillé) ne permet pas la mise en
place des infrastructures (école, routes) pour la production vivrière
- D’autre part, les sociétés rurales sont attirées par les villes
- Enfin la politique de surévaluation des monnaies favorisait les importations de
blé et riz et décourageait les exportations.
En 1994, les dévaluations du CFA a mis fin à cette aberration. Les productions
agricoles locales (café, cacao), ont été relancées, la Côte d’Ivoire a pu doubler ses exportations
en un an.
En Amérique Latine
La question agraire a toujours été le centre de la politique agricole du fait de
l’inégale répartition de la terre et de l’instabilité gouvernementale offrant aux dirigeants d’être
en prise directe avec un monde paysan minoritaire.
8
CHAPITRE V. INTERVENTIONS DE L’ETAT SUR LES
MARCHES AGRICOLES
V.1. PROBLEMES AGRICOLES : JUSTIFICATION DE
L’INTERVENTION DU GOUVERNEMENT
V.1.1. Détérioration des termes de l’échange
Prix relativement faible
Revenus agricoles faibles
Revenus nets agricoles faibles
Utilisation de la statistique comparative pour considérer l’impact de changements
structurels de la demande et de l’offre en ignorant les fluctuations annuelles.
Caractéristiques de la demande pour la plupart des produits agricoles :
Croissance lente en raison de :
Croissance démographique faible dans les pays industrialisés
Elasticité de la demande au niveau faible
Substitution pour des produits synthétiques (remplaçant la laine, le caoutchouc et
la jute)
Changement des gouts de consommations (viande rouge, produits laitiers, sucre).
Caractéristique de l’offre : sa croissance dépend du progrès technique.
Quand la croissance de l’offre est supérieure à la croissance de la demande :
Tendance des prix à la baisse sur le long terme.
Figure 1. Détérioration des termes de l’échange agricole
P D1 D2 D3
O1
O2
1
O3
2 3
V.1.2. Instabilité des prix agricoles
Faible élasticité de la demande au prix
Fluctuation importante de l’offre
Demande inélastique :
De faible variation de l’offre vont produire des fluctuations de prix et de recettes
de bien plus grande ampleur.
Une offre relativement faible rémunéra mieux les produits qu’une offre
abondante intérêt à réduire l’offre (quota à la production).
Indicateur d’instabilité au prix.
1 𝑃𝑖−𝑃𝑖 2
[Link] mondiale : I = ∑[2 ]
𝑁 𝑃𝑖
1
Avec Pi = prix de tendance exponentielle
Interprétation : I mesure la déviation moyenne de la tendance au prix
𝐷é𝑣𝑖𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑠𝑡𝑎𝑛𝑑𝑎𝑟𝑑
[Link] de variation : CV= 𝑀𝑜𝑦𝑒𝑛𝑛𝑒
∑(𝑃𝑖−𝑃𝑖)2
Avec DS =√
𝑁
Interprétation : il y a 66% de chance de trouver le prix à ± x % (valeur du CV) de
la moyenne ou il y a 33 % de chance de trouver le prix à l’extérieur d’une fourchette de ± x %
(valeur du CV) de la moyenne.
V.1.3. Surcapacité
Surcapacité prix et revenus ont tendance à baisser.
Surcapacité :
Due à l’immobilité de certaines ressources (terre, main-d’œuvre, bâtiments,
machines, etc.)
Due au progrès technique « teadmill»
Face à une faible élasticité de la demande au prix :
Même si le prix agricole baisse, la demande n’augmente pas beaucoup. Ceci
explique une faible élasticité de la demande au revenu : même si le revenu des gens augmente,
la demande n’augmente pas beaucoup. Ceci explique une augmentation de la demande aux
USA d’environ 1 % par an pour les produits alimentaires.
V.1.4. Externalités positives et négatives
Sur l’environnement (+ ou -)
Sur la vie socio-économique en milieu rural.
V.2. INTERVENTION SUR L’EQUILIBRE DE MARCHE
Contrôle et régulation des prix sur certains marchés pour soulager certains groupes
désavantagés.
V.2.1. Prix planches ou prix minimum
Avec nécessité de mettre des droits de douane ou prélèvement à l’importation.
Objectif : relever les prix à la production.
Figure 2. Effet ou prix garanti sur l’offre
Q1
P
Q2
P2
P1
PW
D
QD Q01 Q02 Q
2
Excédent agricole à stocker puis à exporter avec des subventions d’exploitation.
Notez que dans le long terme, par le jeu des entrées (et sorties) des entreprises attirées par le
profit et par l’augmentation des prix des intrants quand la demande pour ceux-ci augmente, les
coûts de production s’ajustent au prix minimum garanti.
Que faut-il penser d’une politique agricole qui propose de soutenir le prix à la
production au niveau du coût moyen de production ? Revendication souvent exprimée par les
milieux agricoles.
Cela n’a pas de sens (argument circulaire). Le coût de l’exploitation s’ajustera sur
le prix à la production après ajustement dans le long terme (avec une fonction de production à
rendement constant et un régime concurrentiel entre producteurs) (Boussard, 1992, p.51).
Figure 3. Prix garanti et ajustement du coût moyen
Cm
P
CM
Prix garanti
Autres considérations :
Ampleur du soutien reçu est proportionnel au volume des livraisons équité !!
Substitution dans la production et la consommation
Système de double prix, par exemple pour le sucre
Jachère ou quota à la production rente.
3
Figure 4 : Ajustement de l’offre au prix garanti selon la performance de l’exploitation
Exploitation en faillite Exploitation en ballotage Exploitation viable
Cm’ Cm’
Cm CM’ Cm Cm’ Cm
CM CM’
CVU’
CM’
CVU CM
P1
CVU’ CVU’
CM
CVU
P0
CVU
Q0 Q0 Q1 Q0 Q1
4
V.2.2. Prix limite ou prix plafond
Objectif : mettre un plafond sur les prix à la consommation.
Figure 5. Effet du prix planché sur la consommation
p D1 D2
P2
1 2
P1
Q1 Q2 Q
Nécessité de rationner la distribution de produits alimentaires.
Comme les consommateurs sont prêts à payer P2 la quantité Q2, ils acceptent de
faire la queue pour s’approvisionner ou de payer un prix plus élevé au marché noir. Comme
il existe une demande excédentaire, les producteurs négligent la qualité de leur production.
Risques également de stockage et d’exportation frauduleuse – la pénurie
augmente davantage.
V.2.3. Paiement compensatoire
Ici, les prix intérieurs de l’ensemble des produits sont libres et égaux cours
mondiaux. Mais le trésor public verse directement aux agriculteurs la différence entre le prix
auquel ils ont effectivement vendu, et le prix garanti par l’Etat.
Système utilisé en Grande-Bretagne son adhésion à la communauté économique
européenne, utilisé aux USA et adapté à la réforme de la Politique Agricole Commune de
l’Union Européenne en 1992. Cette méthode présente l’avantage d’être « neutre » vis-à-vis
du marché parce qu’il n’y a pas de distorsions de prix. Zn revanche, ce type de soutien est
visible et est budgétisé.
Figure 6. Effet d’un prix objectif sur l’offre et la demande
P O
P objectif
P1
PW
D
Q1 Q3 Q2 Q
M
5
M1
V.3. MESURES POUR STABILISER LES PRIX
Le stock régulateur (stock tampon)
Principe
Stocker en période d’abondance (quand le prix est bas)
Vendre le stock en période de pénurie (quand le prix est élevé)
Figure 7. Effet d’un stock régulateur sur l’offre et la demande
P Q1 Q2
c
P1
E A
P
P2
1
B D
Q1 Q Q2 Q
Rm
Soient Q1 et Q2 des offres dans le court terme.
Sans intervention ; les prix varient de P1 à P2
Avec intervention :
Acheter (Q2 - Q) lors d’une bonne récolte – prix augmente
Vendre (Q - Q1) lors d’une mauvaise récolte – prix diminue
Stabilisation ces prix à P.
Notez que le revenu total avec intervention est plus grand à Q qu’à Q1 ou Q2
étant la quantité pour laquelle l’élasticité de la demande au prix en valeur absorbe |Ɛ| égale
à l’unité.
Entre Q1 et Q, la demande est élastique et, par conséquent, une diminution de
prix augmentera le revenu total (Du fait, le Rm est positif).
Souvenez-vous que PQ1 > P1Q1 lorsque |Ɛ| > 1
Entre Q et Q2, la demande est inélastique et, par conséquent, une augmentation
de prix augmentera le revenu total.
Souvenez-vous que PQ > P2Q2 lorsque |Ɛ| < 1
On maximise le revenu des producteurs au point (P, Q).
De façon plus générale, tant que |Ɛ| est décroissante quand Q augmente, lors le
revenu total des producteurs avec un stock régulateur est supérieur au revenu total des
producteurs sans stock régulateur. Par exemple, quand le marché est saturé et que le stockage
est impraticable, comme cela peut arriver avec des produits horticoles, l’élasticité de la
demande au prix au niveau du producteur peut chuter fortement aux faibles prix (Hallett,
p.218).
6
Figure 8. Effet d’une variation de quantité sur un marché avec une élasticité
de la demande au prix décroissante
P
(Perte A) < (Perte B)
A B Q
Rm
Par contre dans le cas d’une |Ɛ| constante et plus petite que l’unité, on peut
observer une baisse du revenu total des producteurs suite à la mise en place d’un stock
régulateur (Haletât ; p.218).
Figure 9. Effet d’une variation de quantité sur un marché avec une élasticité
de la demande au prix constante.
p
(Perte A) > (Gain B)
A B Q
Rm
Observations sur le stock régulateur
[Link] mécanisme du stock régulateur tel que proposé ci-dessus sur plusieurs
hypothèses simplificatrices :
L’agence connait la nature précise de la demande et les probabilités des
fluctuations de l’offre
7
Les coûts de stockage sont négligeables
Les effets de la stabilisation du prix dépendent de :
La forme des courbes de demande et d’offre
La source de l’instabilité
La réaction des producteurs au mécanisme de stabilisation
[Link] la demande pour le produit est élastique aux bas prix mais inélastique
aux prix élevés, le revenu des producteurs peut diminuer avec un mécanisme de
stabilisation
Figure 10. Effet d’un stock régulateur en fonction de l’élasticité de la demande
au prix
O1
O2
P + + +
D
Q Q
[Link] stabilité du prix n’est pas synonyme de la stabilité du revenu
Si |Ɛ| > 0,5 le revenu est moins stable sous un mécanisme de stabilisation des
prix que sous des conditions de marché libre.
[Link]é du prix et stabilité du revenu
P Q1 Q2
Q1 Q Q2 Q
Il est préférable de mettre en place un stock régulateur pour des productions
qui :
Présentent des |Ɛ| de la demande au prix décroissante en valeur absolue lorsque
la quantité augmente, afin d’obtenir un revenu global plus important
Présentent des |Ɛ| de la demande au prix inférieures à 0,5 en valeur absolue afin
d’obtenir un revenu plus stable.
8
V.4. AUTRES INSTRUMENTS D’INTERVENTION
Les grands problèmes de politique agricole dans les pays développés (Boussard,
p.82)
V.4.1. Soutient des revenus agricoles
Equité
Sécurité alimentaire
Comment ?
Soutien des prix
[Link] du soutien proportionnel au volume des livraisons, donc à sa richesse
[Link] dans la production et la consommation (lait vis-à-vis des céréales,
beurre vis-à-vis de la margarine)
Soutien direct au revenu (DP)
Dégrèvement d’impôts
Double prix : tirer avantage de deux élasticités de la demande au prix
différentes : marché domestique et marché mondial
Subventions à certains intrants (|Ɛ| faible)
V.4.2. La maitrise de la production
Faire face aux excédents de production 16 parce que : garanties de prix
rendement augmente quantité offerte augmente davantage que celle demandée stocks
augmentent exportations subventions à l’exportation coûts importants.
Comment ? Jachère (USA)
Quota :
Droit à produire au prix soutenu (UE)
Efficace pour limiter la production
! effet sur les autres productions (lait céréales)
! rigidité des structures
! capitalisation de la rente dans les facteurs fixes
V.4.3. L’environnement et la gestion des ressources naturelles
Primes pour la conservation et l’entretien du milieu naturel
Agriculture : un concurrent pour le milieu naturel (nature domestiquée)
Agriculture : une des activités les plus naturelles car elle s’intéresse aux
processus biologiques et façonne les paysages.
! Irrigation en France : gaspillage d’une ressource rare (maïs au Sud-Ouest)
! Intensification de l’agriculture
! Impact de la politique agricole sur l’environnement
Prix élevé intensification utilisation d’engrais minéraux.
16
Cause : 9
- Prix stables et élevés (protégés du marché international)
- Crédit bon marché
- Système commercial dynamique
- Réseau routier dense et de bonne qualité
- Corps de vulgarisateurs de grande compétence parce que les pays riches, richesse fondée sur la grande
quantité de capital/travailleur.
V.4.4. Politiques de structure
Alternatives aux politiques de prix, elles essayant :
De mobiliser la taille des exportations
D’agir sur les ratios du type travail / terre et capital / terre
De soulager les exploitations en période d’ajustement
Exemple :
Remembrement (regroupement de parcelles dispersées)
Attribution du crédit (bonifications d’intérêt)
Mesures d’incitation :
Prime à l’abattage des vaches
Aide aux bâtiments d’élevage
Aide à l’équipement des foyers ruraux
Aide à l’agriculture de montagne
Motivations :
Abaisser les coûts de production
Accroitre l’efficacité des exploitations
Accroitre la compétitivité d’une agriculture nationale soutenue et protégée (il
n’y a pas d’incitation par le marché pour arriver à ce résultat).
Soutenir de façon discriminatoire un certain nombre d'exploitations marginales
dont l'existence est socialement ou écologiquement souhaitable (zones de montagne)
Rôle fondamental des politiques structurelles :
Réduire le degré de fixité des facteurs de production, c'est-à-dire l'écart entre le
prix d'acquisition et le prix de liquidation,
Le prix reste cependant le meilleur levier d'action possible sur les structures.
Il convient de distinguer deux objectifs :
Celui du soutien des revenus aux agriculteurs pauvres (politique de structure)
Celui de l'orientation des productions (politique de prix)
On a cru pouvoir échapper à la contradiction de ces deux objectifs en distinguant
entre :
Une politique des prix qui servirait à l'orientation
Une politique des structures qui servirait les objectifs de répartition.
En réalité, prix et structures sont indissolublement liés, ce qui conduit à des
politiques qui ne sont satisfaisantes ni d’un point de vue, ni de l’autre.
Conclusions
Généralement, les politiques de prix et de revenus n’ont pas pu accroitre les
revenus agricoles dans le long terme. Les bénéfices ont été capitalisés dans le prix de la terre
et sont devenus des couts de production.
Prix élevé => la terre agricole fournit des revenus plus élevés => gens sont
incités à offrir un prix plus élevé en raison de la probabilité plus grande de la terre. Dans le
long terme, les bénéfices sont plutôt capitalisés par les propriétaires terriens que les
générations futures de producteurs.
Critères d’appréciation de ces programmes de politique agricole :
Cout au trésor public, au consommateur, au producteur, etc.
Efficience économique : SP/SC/Dépenses et recettes gouvernementales
Equité
Environnement
Prix pour les consommateurs
Impôts pour les contribuab
10
CHAPITRE VI : INTERACTION ENTRE L’AGRICULTURE
ET L’ENVIRONNEMENT POUR LE DEVELOPPEMENT
VI.1. LES PLANS D’ACTION DE L’AGRICULTURE AU SERVICE DU
DEVELOPPEMENT
Si la croissance agricole possède un potentiel si unique de réduction de la
pauvreté, pourquoi n’a -t-il pas été exploité avec plus de constante dans les pays en
développement ? La pauvreté a fortement reculé en Chine, en Inde, au Vietnam et ailleurs
lorsque ces pays ont connu de fortes accélérations de leur croissance agricole, tandis qu’au
Japon et en Corée du Sud, l’industrialisation décollait dans la foulée de ces mêmes
accélérations au niveau de l’agriculture. Pourtant, cette dernière a été trop peu utilisée à des
fins de croissance et de sécurité alimentaire dans les actuels pays à vocation agricole, où les
coûts sociaux sont élevés. Sa pleine capacité à réduire la pauvreté rurale a été trop peu
sollicitée également dans les pays en développement urbanisés ou en mutation, qui comptent
encore d’importantes populations de ruraux pauvres.
Il existe des raisons de la sous-utilisassions de l’agriculture en tant qu’instrument
de développement, parmi lesquelles (1) les réformes incomplètes et irrégulières du régime
de commerce international (particulièrement dans les pays de l’Organisation de coopération
et de développement économiques[𝑂𝐶𝐷𝐸] ; (2) les distorsions politiques au détriment de
l’agriculture, moins nombreuses mais toujours présentes, dans les pays en développement ;
(3) l’insuffisance et la mauvaise qualité de l’investissement de ressources publiques dans
l’agriculture et le retrait trop précoce des bailleurs de fonds, qui ne montre pas suffisamment
persévérants en ce qui concerne l’agriculture ; (4) le développement institutionnelle
incomplet ( en particulier pour les petits producteurs) subséquent au retrait de l’Etat ; (5) les
retards dans le lancement et l’adoption de nouvelles vagues d’innovation technologique ; et
(6) la raréfaction des ressources naturelles et les changements climatiques émergents, qui
sapent les gains de productivité. Ces chapitres développent des remèdes possibles à tous ces
problèmes.
Cependant, il n’est pas toujours possible d’appliquer à l’avenir les leçons tirées
du passé, en particulier dans un contexte marqué par des nouvelles opportunités majeures.
Les nouveaux défis pourraient invalider les anciens modèles. En outre, les programmes
Agriculture au service du développement doivent être adaptés à chaque contexte, reflétant
tant le type de pays que les conditions locales. Ce chapitre récapitule quelques-uns de ces
défis et opportunités et propose une approche d’agriculture au service du développement
pour les trois mondes de l’agriculture.
VI.1.1. Nouvelles opportunités et nouveaux défis
VI.1.1.1. Nouvelles opportunités
Dans plusieurs pays les plus pauvres, les réformes, dans les années 1990, des
politiques macro-économiques, des régimes commerciaux et des politiques de
commercialisation ont conduit à la mise en place de meilleurs incitations, pour les
agriculteurs, à investir, à un regain d’activité de la part des négociants privés et entreprises
de transformation, ainsi qu’à des retours plus importants sur l’investissement public et privé
dans l’agriculture et les zones rurales. Le nombre de conflits armés a diminué et de nombreux
pays ont adopté des formes de gouvernance plus démocratiques et plus décentralisées. La
mondialisation fait émerger de nouvelles opportunités à l’exportation et renforce l’apport de
technologies et capitaux étrangers. Alors que de puissantes chaines de valeur intègrent les
marchés à l’échelle mondiale, une nouvelle agriculture de produits à forte valeur ajoutée,
11
régie par la demande changeante du consommateur, a fait son apparition. Les marchés
régionaux sont également en train de s’ouvrir aux cultures vivrières traditionnelles, comme
c’est le cas en Afrique occidentale.
Les innovations institutionnelles permettent une augmentation de l’efficacité
bien qu’ils soient toujours incomplets des mécanismes d’accession à la terre, aux services
financiers et aux intrants ainsi qu’un fonctionnement plus efficace des organisations de
producteurs. En outre, des nouvelles technologies dans les domaines de la biologie et de
l’information dégagent un potentiel de gains significatifs de productivité, si les protocoles
de biosécurité et les systèmes d’information ruraux nécessaires à leur utilisation peuvent être
mis en place en vue de leur exploitation. De meilleures approches de la gestion des
ressources naturelles renforcent la durabilité et réduisent les coûts externes.
Même les pays les plus pauvres d’Afrique subsaharienne ont connu de nombreux
succès agricoles au niveau local durant les dernières décennies, en particulier après 1990
grâce aux améliorations de l’environnement macro-économique. Quelques gouvernements,
en Afrique subsaharienne ainsi qu’en Chine et en Inde, ont fait de l’agriculture une plus
grande priorité, promettant de lui affecter des budgets plus importants. Des bailleurs de fonds
ont également fait connaitre leurs intentions d’investir davantage dans l’agriculture et
quelques-uns tiennent leur promesse. Ces promesses d’engagement doivent être tenues
maintenant, de sorte à pouvoir soutenir et mettre à l’échelle les succès.
VI.1.1.2. Nouveaux défis
L’augmentation de la productivité agricole en vue d’améliorer la performance
de l’agriculture en tant qu’instrument de développement sera difficile à obtenir, en particulier
dans certains des pays les plus pauvres, qui sont aussi ceux qui en ont le plus besoins. La
longue tendance à la baisse des cours internationaux des produits alimentaires de
consommation courante compromet la rentabilité de nombreux systèmes de production, si
l’on prend en considération les niveaux de productivité actuels. Etant donné la fermeture de
l’accès à la terre dans la majeure partie du monde en développement et la puissante pression
démographique permanente, des gains dans la productivité des terres et une gestion foncière
durable deviendront peu à peu incontournables. L’augmentation des prix de l’énergie remet
en question l’intensification agricole basée sur les dérivées du pétrole, tels que les engrais
azotés. En outre, le lancement de nouvelles vagues d’innovation technologiques pourrait être
retardé par un sous-investissement en recherche et développement et le manque de garanties
dans l’adoption des transgéniques.
Ce sont les pays le plus pauvres, qui sont le moins préparés à s’y adapter que les
changements climatiques et la raréfaction croissante des ressources en eau frapperont le plus
sévèrement. Dans ces pays, le développement des techniques de gestion de l’eau est à son
niveau le plus bas, de même que les financements dont la science a besoin pour générer de
nouvelles technologies adaptives.
Toute croissance agricole devra, d’une part, se montrer doublement verte
(productivité et écologique), mais elle devra aussi impliquer les petits producteurs, et en
particulier les femmes. Ces exigences posent de formidables défis en raison des économies
d’échelle associées aux chaines de valeur, dont celles des supermarchés et marchés
d’exportations à forte valeur ajoutée. La croissance agricole devra fournir des emplois
correctement rémunérés aux agriculteurs sans terre et pauvres, mais de nombreuses
innovations favorisent les économes de main d’œuvre et les emplois restent saisonniers et
ne requièrent pas de qualifications. Il faudra également faire en sorte qu’elle ouvre des
opportunités d’investissement dans l’économie rurale non agricole grâce à un bon climat de
l’investissement, bien que cela nécessite que les ruraux pauvres acquièrent de nouvelles
compétences pour y accéder. Par ailleurs, il est évident que des politiques, institutions et
12
investissements améliorés ne suffiront pas, à eux seuls, à réduire la pauvreté. Des approches
multisectorielles exhaustives sont requises pour coordonner les contributions de l’agriculture
avec les investissements dans les autres secteurs, ce qui ne manquera pas de soulever des
questions complexes de priorités des investissements, de compromis politiques dans les
processus budgétaires et e coordination multisectorielle sur le plan de la mise en œuvre.
L’économie politique des programmes Agriculture au service du développement
restera un sujet difficile à aborder. Un premier défi en la matière est de donner aux coalitions
pro-agricoles les moyens de se faire entendre dans les pays à vocation agricole capables de
mobiliser un appui public pour la croissance de la petite agriculture. Un second défi
d’économie politique est d’éviter les pièges des subventions et du protectionnisme au
moment d’aborder les disparités entre revenus urbains et ruraux et la pauvreté dans les pays
en mutation et urbanisés, en investissant d’avantage dans les biens publics et les filets de
sécurité. De nouveaux acteurs privés peuvent également apporter un soutien politique et faire
pencher un soutien politique et faire pencher la balance en faveur d’une amélioration des
incitations agricoles.
VI.1.2. L’APPROCHE PROPOSEE
Si l’on applique les leçons du passé et prend en considération les nouvelles
opportunités et nouveaux défis, l’on obtient une approche de l’utilisation de l’agriculture au
service du développement qui est caractérisée par plusieurs aspects généraux. Cette approche
nécessite des conditions préalables telles que des conditions préalables telles que des
paramètres macro-économiques fondamentaux sains et la stabilité sur le plan sociopolitique.
Elle est exhaustive dans la mobilisation des divers acteurs du monde de l’agriculture
- les petits producteurs et leurs organisations, l’agro-industrie, les entrepreneurs
rivés des chaines de valeur, l’Etat, avec de nouveaux rôles et fonctions, et la société civile
- l’équilibrage des multiples objectifs des politiques.
VI.1.3. Conditions préalables.
La stabilité politique et macro-économique et indispensable à la croissance
agricole car, sans cette stabilité, eu d’autres composantes d’un programme agricole peuvent
être mise en œuvre. Cette condition préalable est de plus en plus souvent présente dans les
pays à vocation agricole depuis le milieu des années 1990.
A. Exhaustive.
Les stratégies doivent refléter quatre objectifs dans un losange de l’action
publique qui fixe les priorités du programme Agriculture au service du développement.
1, Le premier est d’établir des marchés et chaines de valeurs efficaces.
2, Le deuxième est d’accélérer l’entrée des petits producteurs sur les marchés
agricoles et d’augmenter leur créativité et leur compétitivité.
3, Le troisième est d’améliorer les moyens d’existence et la sécurité alimentaire
dans l’agriculture de subsistance et les emplois ruraux peu qualifiés.
4, Le quatrième est de multiplier les opportunités d’emploi et d’investissement
dans l’économie rurale tout en renforçant les compétences pour permettre aux ruraux
pauvres de saisir ces opportunités ou de migrer dans de bonnes conditions.
Ensemble, ces objectifs rendent possible les trois voies de sortie de la pauvreté :
l’agriculture, l’emploi rural et la migration.
B. Différenciée.
Les programmes d’agriculture au service du développement différent selon
qu’ils visent des économies à vocation agricole, en mutation ou urbanisées. Dans les pays à
13
vocation agricole, l’objectif global est d’accélérer la croissance, de réduire la pauvreté et de
garantir la sécurité alimentaire. Dans les pays en mutation, il est de réduire des disparités
entre revenus urbains et ruraux et la pauvreté rurale extrême. Dans les pays urbanisés, il est
d’associer les petits producteurs aux nouveaux marchés alimentaires intérieurs - les
supermarchés en particulier- et de créer des emplois bien rémunérés. Les conditions
structurelles différentes également selon le type de pays.
C. Durable.
Le développement et la protection de l’environnement étant indissociables,
l’élaboration et la mise en œuvre des programmes se doivent d’assurer la durabilité
environnementale. Les indications à la production, les institutions et les technologies doivent
se conformer à une meilleure gestion des ressources naturelles et renforcer la provision de
services environnementaux.
Réalisable. Les politiques et programmes ne seront pas mis à exécution ou
n’auront pas d’impact substantiels s’ils ne sont pas faisables sur le plan politique, si la
capacité administrative de mise en œuvre est faible et si les ressources financières sont
inadéquates. Si trois mondes de l’agriculture présentent une typologie variée de pays, ils
renferment également une diversité considérable parmi les pays de chacun de ces mondes.
Les programmes d’agriculture au service du développement doivent, à cet égard être ajustés
au contexte spécifique de chaque pays.
VI.2. LES PAYS A VOCATION AGRICOLE : ACCELERER LA
CROISSANCE, REDUIRE LA PAUVRETE ET GARANTIR LA
SECURITE ALIMENTAIRE
Les pays d’Afrique subsaharienne comptent 89% de la population rurale des
pays à vocation agricole, de sorte que cette section leur est consacrée. Grace à des politiques
macro-économiques et sectorielles améliorées et à des prix plus élevés sur les produits
agricoles de base, la croissance réelle du PIB agricole en Afrique subsaharienne a accéléré
de 2,3% par an dans les années 1980 à 3,3 % dans les années 1990, pour atteindre 3,8% par
an entre 2000 et 2005. La pauvreté rurale a commencé à reculer dans 10 des 13 pays analysés
au cours de la période 1990-2005. Une croissance plus rapide et une réduction durable de la
pauvreté sont aujourd’hui réalisables dans plusieurs pays mais elles nécessiteront un
engagement et des ressources.
L’agriculture est indispensable à la sécurité alimentaire des ménages en Afrique
subsaharien, principalement par la réduction de pauvreté qu’elle génère. Mais les marchés
alimentaires desservent mal des millions de petits exploitants, particulièrement dans les
zones éloignées dotées de mauvaises infrastructures, de sorte que ces zones doivent compter
sur leur propre production pour leur sécurité alimentaire. De nombreux pays sont confrontés
à des pénuries de devises et à des coûts de transport élevés qui limitent la possibilité de
subvenir aux besoins alimentaires par le biais des importations. La production alimentaire
est donc cruciale pour la sécurité alimentaire dans ces pays.
L’objectif global pour les pays à vocation agricole d’Afrique subsaharienne est
de garantir une croissance agricole durable, réduire la pauvreté et améliorer la sécurité
alimentaire. Cet objectif est reflété dans le Programme de développement de l’agriculture
sur l’ensemble de l’Afrique (CAADP) du nouveau partenariat pour le développement de
l’Afrique (NEPAD). Le programme émergent visant à atteindre ce but global, tel que détaillé
ci-dessous, peut fournir en support utile pour l’évaluation des pays proposée dans le cadre
CAADP.
14
VI.2.1. Caractéristiques structurelles des pays a vocation agricole
Les caractéristiques structurelles spécifiques des pays à vocation agricole
doivent être prises en considération lors de l’élaboration du programme visant à atteindre les
objectifs globaux de croissance, réduction de la pauvreté et sécurité alimentaire. Toutefois,
la diversité qui caractérise les pays de l’Afrique subsaharienne et les régions à l’intérieur de
ces pays est énorme en termes de taille, de potentiel agricole, d’infrastructure routière,
d’exploitation des ressources naturelles et de capacité administrative.
VI.2.1.1. Des conditions locales diverses.
La voie vers la croissance de la productivité, dans la région subsaharienne,
différera considérablement de celle empruntée en Asie. Des conditions agro-écologiques
diverses produisent un large éventail de systèmes agricoles. Huit cultures : mais, riz, blé,
millet, sorgho, manioc, igname et banane/Plantin, constituent les principales denrées
alimentaires de base en Afrique, alors que l’Asie n’en possédait que deux à l’époque de sa
révolution verte : riz et blé. En outre, l’élevage est une composante importante de la plupart
des systèmes agricoles. L’hétérogénéité complique la tâche scientifique consistant à mettre
au point de nouvelles technologies, mais offre également un large éventail d’innovations
possibles.
L’agriculture subsaharienne dépend essentiellement de la période et de la
quantité des pluies. Seuls 4 % des terres arabes sont irrigués, c’est-à-dire moins d’un quart
de la proportion de terres irriguées en Inde à l’aube de sa révolution verte, au début des
années 1960. La dépendance à la pluie n’accroit pas seulement l’hétérogénéité des systèmes
agricoles, elle augmente également la vulnérabilité aux chocs climatiques et limite la
capacité à exploiter les technologies connues de renforcement des rendements. Bien que les
systèmes agricoles soient, dans une large mesure, en culture pluviale, le continent présente
un potentiel important en matière de stockage et de meilleure gestion des ressources en eau.
VI.2.1.2. Les pays de petite taille et sans accès à la mer.
La majorité des pays à vocation agricole d’Afrique subsaharienne sont petits, ce
qui rend difficile pour eux de réaliser des économies d’échelle dans la recherche, la
formation et l’élaboration des politiques. De petits pays impliquent de petits marchés, à
moins que les marchés régionaux soient mieux intégrés. Presque 40% de la population
africaine vit dans des pays sans accès à la mer, ce qui contraste avec les autres régions du
monde en développement, où cette proportion n’est que de 12%. Les pays sans accès à la
mer sont confrontés à des coûts de transport qui sont, en moyenne, 50% supérieurs à ceux
des pays côtiers. Les coûts de transport élevés rendent également de nombreuses denrées
imparfaitement échangeables, augmentant la fluctuation des prix et les risques associés pour
les agriculteurs, agents de commercialisation et consommateurs.
Les conflits et périodes subséquentes. En 1999, plus de la moitié des conflits,
dans le monde, se déroulaient en Afrique subsaharienne. Alors que le nombre de conflits a
diminué ces dernières années, leurs impacts négatifs en matière de croissance et de pauvreté
sont toujours significatifs. Nombre des pays confrontés à un conflit ont une riche base de
ressources agricoles et la stabilisation politique offre une possibilité de croissance rapide.
Par exemple, au Mozambique, au cours des dix années qui ont suivi la guerre civile, le revenu
par habitant augmenté de 70%, contre 4% pendant la décennie précédente, alors que la valeur
ajoutée agricole a augmenté de 60%.
VI.2.1.3. La faible densité de population.
Les longues distances entre les zones habitées et les faibles densités de
population qui caractérisent plusieurs pays subsahariens rendent le commerce,
15
l’infrastructure et la fourniture de services couteux. Ces facteurs retardent directement le
développement agricole en augmentant les coûts de transport, en bloquant l’adoption de la
technologie, en accroissant les coûts des services agricoles et sociaux et en ralentissant
l’émergence de marchés de produits, de facteurs de production et du crédit compétitifs.
Inversement, les zones à faible densité de population possédant un bon potentiel agricole
représentent des réserves inexploitées pour une expansion permanente et soulignent le besoin
urgent de politiques adéquates sur le plan foncier et de l’investissement pour l’infrastructure.
VI.2.1.4. Les ressources humaines.
Les bases en capital humain des universités africaines et, plus généralement de
la profession agricole est en train de vieillir, ce qui est la conséquence du faible niveau
d’assistance en matière de formation dans les 20 dernières années. L’épidémie du VIH/SIDA
affaiblit encore davantage la capacité du personnel professionnel et des agriculteurs. Par
contraste, des avancées majeures dans l’enseignement primaire sont en train d’assurer une
future génération instruite de petits producteurs et entrepreneurs non agricoles en Afrique.
VI.2.2. Un programme type pour les pays à vocation agricole
Afin de pouvoir exploiter la contribution potentielle de l’agriculture au
développement, il sera indispensable de réussir dans deux domaines prioritaires :
l’amélioration de la compétitivité es petits producteurs dans les zones à potentiel moyen à
fort, où les retours sur investissement sont des plus élevés, et la sélection des investissements
dans les technologies agricoles et la gestion des ressources naturelles pour améliorer les
moyens de substance, la sécurité alimentaire et tolérance environnementale dans les zones
éloignées et à risque. Une approche équilibrée de transferts et d’investissements pour la
croissance de la productivité est nécessaire pour pouvoir réaliser la sécurité alimentaire, tant
au niveau national qu’à celui du ménage. Les prérequis du succès sont la stabilité sur le plan
macro-économique et la paix. Un effort continu sera indispensable pour consolider,
approfondir et soutenir les réformes des politiques macro-économique et sectorielle.
Les objectifs sont les suivants :
-Améliorer l’accès aux marchés et développer des chaines de marches modernes.
-Réaliser une révolution durable et de grande échelle de productivité des petits
agriculteurs, en donnant la priorité à l’appui aux agriculteurs de subsistance pour leur
permettre d’entrer sur le marché et aux incitations à une gestion durable des ressources.
-Atteindre la sécurité alimentaire et améliorer les moyens d’existence de ceux
qui resteront dans l’agriculture de subsistance, ce qui inclut l’amélioration de la résistance
des systèmes agricoles aux changements climatiques.
-Capitaliser sur la croissance agricole pour développer le secteur rural non
agricole.
VI.2.2.1. Créer des marchés et chaines de valeur.
Du fait de la diversité dans l’espace de l’agriculture africaine, l’approche par
denrée agricole en vue de l’accélération de la croissance variera sensiblement selon la zone
agro-écologique et la qualité de l’accès aux marchés. La stratégie se doit de trouver un
équilibre entre denrées alimentaires de base, exportations en vrac traditionnelles et produits
à forte valeur ajoutée, y compris ceux de l’élevage, et impliquera probablement différents
groupes de petits exploitants pour chacune de ces catégories de produits. La productivité doit
venir d’une meilleure capacité des agriculteurs à comprendre où résident les meilleures
opportunités pour eux, plutôt que de prescriptions centralisées ou de solutions standardisées.
Les denrées alimentaires de consommation courante dominent la production actuelle et elles
vont continuer à le faire dans un avenir proche afin de satisfaire la demande croissante. Les
16
exportations non traditionnelles, bien qu’elles poussent rapidement, n’auront qu’un impact
réduit sur la croissance agricole et sur l’emploi car leur part est toujours modeste dans
l’économie agricole. Les exportations tant traditionnelles que non traditionnelles sont
importantes, au même titre que les marchés d’exportation régionaux pour les denrées de
bases et les produits de l’élevage. Dans tous les cas, l’efficacité des chaines de valeur peut
être sensiblement accrue.
La croissance agricole ne sera garantie et soutenue qu’à condition que les
marchés fonctionnent mieux, ce meilleur fonctionnement pouvant être obtenu par le biais de
partenariats innovants entre le secteur public et le secteur privé en vue de développer des
chaines de marchés exploitant les nouvelles opportunités commerciales. Les projets réalisés
dans la réforme des marchés de produits en Afrique ont été significatifs dans les années 1990,
mais une progression continue est nécessaire pour assurer ces gains, en particulier en matière
de facilitation du commerce régional. Dans plusieurs pays, un meilleur fonctionnement des
marchés d’intrants est nécessaire, au moins autant que l’expansion des marchés de produits,
pour augmenter la productivité agricole. Le renforcement des marchés requiert des
investissements « durs » (physiques) dans l’infrastructure avec une attention particulière aux
routes et aux communications et « mous » (institutionnels) dans la réglementation, la gestion
des risques, la vulgarisation, l’information de marché et des organisations de producteurs
performantes.
Les marchés ne fonctionnent pas sans qu’ils soient remédiés au déficit massif
d’infrastructure. Les routes rurales pour relier les agriculteurs aux villes constituent la plus
haute priorité, principalement pour faciliter l’entrée sur le marché des petits agriculteurs dans
les zones à bon potentiel agricole. L’intégration du marché régional requiert également la
coordination du développement infrastructurel entre les pays et des associations de
négociants efficaces et en mesure de faire de négociants efficaces et en mesure de faire
circuler l’information sur les marchés et de combattre la corruption dans le transport et les
douanes.
Des risques divers : politiques publiques imprévisibles, coûts de transaction
élevées et caprices météorologiques-augmentent la volatilité des prix sur les marchés étroits.
Une information de marché et des programmes de vulgarisation commerciale plus efficaces
peuvent atténuer ces risques. Des outils additionnels, comme des instruments et options de
couverture, sont mis en place pour les organisations de producteurs dans quelques pays.
Plusieurs pays sujets à des chocs climatiques fréquents s’aménagent des réserves céréalières
publiques en vue de réduire l’instabilité des prix et ce avec des résultats très mitigés. Des
garanties sont nécessaires afin de s’assurer que les organismes chargés des réserves
alimentaires ne déstabilisent pas les marchés, dont une autonomie de type « banque
centrale », des opérations de marché strictement réglementées et l’externalisation
d’opérations au secteur privé. Mais un risque élevé de volatile des prix demeure, tant pour
les agriculteurs que pour les consommateurs, dans de nombreux pays à vocation agricole.
Des filets de sécurité efficaces dont donc indispensables jusqu’à ce que les revenus
augmentent ou la performance du marché s’améliore.
Une révolution de la productivité agricole basée sur les petits exploitants. Les
écarts importants entre les rendements actuels et ce qui est économiquement réalisable
moyennant de meilleurs services d’appui, particulièrement dans les zones à fort potentiel,
sont sources d’optimisme quant à la possibilité d’atteindre les objectifs ambitieux posés en
matière de croissance. Une adoption accélérée requiert l’amélioration des incitations, des
investissements en recherche agricole et dans les systèmes de vulgarisation, l’accès aux
services financiers, des subventions propices à stimuler les marchés d’intrants et de meilleurs
mécanismes de gestion des risques.
17
Tant les technologies que l’élaboration de services d’appui institutionnels
exigeront des approches décentralisées en vue de parer à l’hétérogénéité des systèmes
d’agriculture pluviale. Le besoin d’adapter les technologies et les services aux conditions
locales et de mettre en place différents services de soutien simultanément implique une
approche différente de celle qui fut utilisée lors de la révolution verte d’Asie du Sud. En
Ouganda, une vulgarisation décentralisée régie par les agriculteurs et à forte orientation vers
le marché est en train d’augmenter les taux d’adoption. Toutefois, le besoin de
décentralisation s’étend au-delà des services agricoles, les zones plus dynamiques devant
être desservies par des gouvernements locaux plus compétents en mieux financés, avec une
plus grande participation des organisations de la société civile.
Une plus forte productivité n’est pas possible sans qu’une attention urgente soit
accordée à une gestion plus adéquate des sols et des ressources en eau.
L’Afrique subsaharienne doit remplacer les éléments nutritifs dont elle a vidé le
sol pendant des décennies. Les agriculteurs africains appliquent moins de 10 kilos d’engrais
par hectare- titre de comparaison, l’utilisation des engrais s’élève à 100 kilos en Asie du Sud.
Les programmes visant à développer des marchés d’engrais efficients, et des systèmes
d’agroforesterie pour reconstituer la fertilité des sols par les légumineuses doivent mis à
l’échelle. La libéralisation des marchés des engrais a débouché sur un développement
notable de l’utilisation d’engrais par les petits producteurs au Kenya, tandis qu’en Zambie,
les activités agroforesteries ont amélioré la conversion et le rendement des sols.
En Afrique subsaharienne, les investissements passés dans l’irrigation ont été
consacrés à des technologies coûteuses, difficiles à entretenir et fortement dépendantes du
secteur public sur le plan de la gestion. Aujourd’hui, de nouvelles approches offrent de
meilleures perspectives. Des systèmes d’irrigation, ainsi que des projets plus grands et
rentables, étendent déjà la surface irriguée et continueront à le faire à l’avenir. Parmi les
exemples figurent les réformes institutionnelles de la gestion de l’irrigation de grande échelle
au Mali, qui a sensiblement augmenté les revenus des agriculteurs cultivant le riz et les
légumes, et les systèmes du Fadama, au Nigéria, basés sur les technologies de petite échelle.
Une gestion efficace de l’eau est également faisable dans les systèmes de culture pluviale et
doit faire l’objet d’une plus grande attention.
La stagnation de l’investissement dans la recherche agricole et les services
consultatifs doit être inversée pour rendre possible la production de technologies meilleures
et plus adaptées. Les exemples récents de ces technologies modernes et adaptées, parmi
lesquels les variétés de manioc résistantes au virus de la mosaïque en Afrique Orientale, le
maïs résistant à la sécheresse en Afrique australe et le Nouveau riz pour l’Afrique
(NERICA), engendrent des gains significatifs. Un investissement accru dans la recherche
doit être combiné à des reformes continues de recherche et de vulgarisation, à la relève de la
génération de scientifiques agricoles qui atteignent l’âge de la retraite et à des partenariats
plus poussées entre les organisations de producteurs et le secteur privé. Les efforts de
recherche internationaux et régionaux, comme ceux que supervisent le CGIAR et le forum
pour la recherche agricole en Afrique, deviennent également de plus en plus importants. Le
financement compétitif pour l’innovation tout au long e la chaine de valeur constitue un
moyen de s’assurer que la technologie reste étroitement liée aux demandes et aux services
du marché.
VI.2.2.2. Développement des exportations agricoles.
Dans la plupart des cas, les denrées agricoles de consommation courante
constitueront la base de la révolution de la productivité des petits producteurs, bien que
l’Afrique subsaharienne possède un potentiel considérable d’expansion de ses exhortations
aux marchés internationaux. L’OCDE et les gouvernements africains doivent faire davantage
18
pour promouvoir la croissance des exportations agricoles. Les barrières commerciales des
pays industrialisés continueront à imposer des coûts élevés aux agriculteurs africains pour
les cultures d’exportation clés que sont le coton et les aliments transformés. Les pays
africains, pour leur part, continuent à imposer des coûts élevés aux agriculteurs africains
pour les cultures d’exportation clés que sont le coton et les aliments transformés. Les pays
africains, pour leur part, continuent à taxer les exportations agricoles-tandis que, dans les
endroits où les marchés d’exportation ont été libéralisés, les revenus ont, en général,
augmenté (par exemple, pour le coton en Zambie et le café en Ouganda). Ces marchés
libéralisés requièrent un nouveau rôle des pouvoirs publics, vue d’améliorer la productivité
et d’assurer l’efficacité et l’équité des opérations du système de commercialisations.
Les marchés régionaux offrent d’excellentes perspectives de croissance. Les
barrières aux échanges transfrontaliers doivent être abaissées pour permettre aux producteurs
et consommateurs africains de retirer des bénéfices de la participation à des marchés plus
large. Un exemple à suivre est certainement celui de Tradenet, une association de
négociants en grains d’Afrique occidentale, qui utilise des technologies occidentales, qui
utilise des technologies de l’information modernes pour partager l’information sur le prix et
faciliter le commerce transfrontalier parmi ses membres.
Les produits horticoles et d’élevage à forte intensité de main d’œuvre et à haute
valeur ajoutée destinés aux marchés extérieurs, intérieurs et régionaux offrent de grandes
opportunités de croissance. Cependant, il reste des problèmes de commercialisation et de
coordination à solutionner pour ces produits périssables et sensibles sur le plan de la qualité.
La participation des petits producteurs à cette croissance dépendra de l’action collective,
comme ce fut le cas pour le café haut de gamme rwandais destiné à l’exportation et les
produits laitiers pour les marchés locaux au Kenya. Dans d’autres cas, comme celui des
exportations de haricots verts du Sénégal, les exploitations agricoles d’échelle moyenne
pourraient s’avérer être mieux placées pour capturer des économies d’échelle dans la
commercialisation, alors que le marché de l’emploi constitue le principal vecteur de
conversion des gains de productivité en réduction de la pauvreté. La performance des
marchés de l’emploi ruraux a pourtant été l’objet d’une attention insuffisante à ce jour.
VI.2.2.3. La Garantie des moyens d’existence et la sécurité alimentaire des
agriculteurs de subsistance.
Sortir de la pauvreté par l’agriculture ne sera pas à la portée de tous les petits
producteurs. L’amélioration de la productivité de l’agriculture de subsistance peut permettre
à ceux dont l’accès aux ressources et aux opportunités du marché est limité de garantir leur
consommation alimentaire, d’alimenter leur état de santé et, éventuellement, d’évoluer vers
l’agriculture axée sur le marché ou d’autres emplois mieux rémunérés. En attendant, leurs
plus grands besoins consistent en des technologies de stabilisation de rendements, telles que
les variétés résistantes à la maladie, qui requièrent peu d’achats d’intrants des systèmes
agricoles résistants, basés sur des pratiques telles que la récupération de l’eau, en vue de
réduire les risques, et une cendre à 2,9 % par an entre 1993 et 2005. Seuls 7% de la croissance
totale du PIB sont imputables à l’agriculture pour la période 199-2005.
Un ralentissement de la croissance du secteur agricole, l’accélération de celle du
secteur non agricole et une forte segmentation des marchés de l’emploi, basé sur les
compétences de la main d’œuvre, ont accentué les disparités entre revenus urbains et ruraux.
La croissance rapide des revenus urbains et de la demande de produits à forte
valeur ajoutée fournit le moteur principal d’une croissance agricole et d’une réduction de la
pauvreté accélérées dans ces pays, bien qu’une croissance durable de la productivité requière
une attention soutenue. Les marchés de produits à forte valeur ajoutée se développent
rapidement (par exemple, 6 % par an pour l’horticulture en Inde).
19
Nombre de ces marchés présentent un potentiel important pour un
développement supplémentaire. La consommation e légumes par habitant n’est toujours que
de 3 kilos par an en Inde, alors qu’elle est, respectivement, de 66 et 76 kilos en Chine et au
Japon. Les produits de l’élevage et de l’aquaculture vont également continuer à croitre
rapidement. Les pays de ce groupe pourraient faire beaucoup plus pour exploiter l’expansion
mondiale de ces marchés et capitaliser sur la combinaison gagnante de la sophistication
technologique et de la main d’œuvre bon marché. Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord
possèdent un avantage géographique naturel dans ces marchés et ont augmenté meilleure
accès aux petits animaux d’élevage et à l’emploi non agricole.
Une gestion durable des terres et des ressources en eau est importante afin
d’améliorer la productivité et de réduire les risques liés à la production. Des technologies de
petit échelle (pompe à pédales) et de meilleures techniques de gestion des sols et de l’eau
(récupération de l’eau, agroforesterie, bilons cloisonnés) sont largement adoptées dans
certaines zones. De nouveaux moyens de gérer les risques sont également prometteurs.
L’assurance basée sur l’index météorologique peut réduire les risques et couvrir des
emprunts destinés à financer les nouvelles technologies (cette piste est actuellement explorée
au Malawi). Assurer la compétitive et réduire le coût des évolutions techniques et
institutionnelles du système de commercialisation des produits alimentaires peut également
contribuer à diminuer et stabiliser les prix, ce qui est particulièrement important pour les
ménages engagés dans l’agriculture de subsistance, dont beaucoup sont des acheteurs nets
de produits alimentaires.
VI.2.2.4. La mobilité de la main d’œuvre et le développement rural non
agricole.
Une mobilité géographique accrue de la main d’œuvre et l’amélioration des
compétences des jeunes générations sont cruciales pour la réduction de la pauvreté. A cause
du VIH/ Sida et du paludisme, de meilleurs soins de santé et l’éducation doivent faire partie
intégrante d’un plus vaste ensemble de filets de sécurité protégeant les actifs des pauvres, et
de ceux qui se trouvent juste au-dessus du seuil de pauvreté, contre la sécheresse, la maladie
et la mort d’un membre de la famille. Au Sahel, les programmes vivres contre éducation, qui
crée des incitations aux familles à garder leurs enfants à l’école pendant les sécheresses, sont
un exemple.
Une croissance agricole fructueuses à des retombées sur l’économie rurale, sous
forme ‘une demande accrue de produits des industries non agricoles, en particulier dans les
activités de transformations et d’ajout de valeur. Les climats de l’investissement ruraux
suffisamment attractifs pour attirer du capital provenant des transferts d’espèces et
d’épargnes générées localement amplifient ces retombées et créent de précieux emplois.
Outre les réformes sur le plan des politiques et institutions, le programme précité
requiert des niveaux d’investissement relativement élevés. Dans les pays à vocation agricole,
les dépenses publiques consacrées à l’agriculture sont actuellement inférieures à la moitié
de celles des pays en mutation et urbanisés en tant que part du PIB agricole et représentent
moins de la moitié de l’objectif de 10% des budgets nationaux fixé par le NEPAD. Si des
gains peuvent être réalisés en rationalisant les dépenses actuelles, des niveaux plus élevés de
dépenses sont nécessaires, y compris de la part importante de l’investissement devra provenir
des épargnes rurales et du secteur privé, et de climat de l’investissement sera un facteur
déterminant à cet égard.
20
VI.3. LES PAYS EN MUTATION : REDUIRE LES DISPARITES ENTRE
REVENUS RURAUX ET URBAIN, AINSI QUE LA
PAUVRETE.
Les pays en mutation constituent, de loin, la plus large portion du monde
agricole, avec une population rurale de 2,2 milliards de personnes et une pauvreté rurale
massive (environ 600 millions de ruraux sous le seuil de pauvreté de 1 dollar par jour, c’est-
à-dire la moitié de la population du monde se trouvant sous ce seuil). Ce monde englobe
98% de celle d’Asie de l’Est et du Pacifique, et 92% de celle du Moyen Orient et d’Afrique
du Nord. L’écrasante majorité (81%) des pauvres de ces pays vivent en zones rurales.
Mes pays en mutation ont connu la croissance la plus rapide, avec une
progression du produit intérieur brut (PIB) supérieure à 6 % par an depuis 1990, tandis qu’en
Chine, en Inde et au Vietnam, cette croissance a récemment atteint les 8 %. Néanmoins, la
croissance a été menée par les secteurs de la manufacture et des services. Après la croissance
de 3,3% induite par la révolution verte dans les années 1970 et 1980, la croissance agricole
a ralenti pour rendre leurs exportations agricoles de 4,4% par an depuis 1993.
L’objectif global d’un programme Agriculture au service du développement,
dans les pays en mutation, est de réduire la pauvreté rurale massive et d’atténuer les
disparités entre revenus urbains et ruraux.
VI.3.1. Caractéristiques structurelles des pays en mutation.
Des caractéristiques structurelles spécifiques doivent être prises en considération
lors de l’élaboration du programme d’agriculture au service du développement pour ces
pays, qui affichent aussi une grande diversité de caractéristiques nationales et régionales.
VI.3.1.1. La Pression démographiques et diminution de la taille des
exploitations
Agricoles.
En Asie, la taille moyenne d’une exploitation agricole est déjà assez réduite- au
Bangladesh, en Chine et dans les régions des deltas au Vietnam, la taille moyenne des fermes
n’atteint que 0,4 à 0,5 hectare. En Asie du Sud, cette diminution va se poursuivre car la
population rurale croit au rythme de 1,5 % par an et rurale croit au rythme de 1,5 % par an
et continuera à augmenter au moins jusqu’en 2010. L’agriculture de petite échelle étant
intensive en main d’œuvre, une question cruciale est de savoir si les pays asiatiques
densément peuplés peuvent produire efficacement des céréales et autres denrées alimentaires
de base sur des surfaces aussi réduites, même en cas d’augmentation des salaires ruraux.
La croissance démographique et la réduction de la taille des fermes exercent une
pression dure l’emploi rural. L’inde compte 80 millions d’exploitants agricoles marginaux
faiblement dotés en actifs, qui se tournent vers l’emploi non agricole pour assurer leur suivie.
En outre, des millions de ménages ruraux dépourvus de terre dépendent de l’emploi agricole
salarié (82 millions rien qu’en Inde). L’un des grands défis de notre temps est de fournir un
emploi correctement rémunéré à une un emploi correctement rémunéré à une population
rurale en pleine croissance, particulièrement en Asie du Sud ainsi qu’au Moyen-Orient et en
Afrique du Nord-où l’emploi rural non agricole (et le travail peu qualifié en général) ne croit
que lentement.
VI.3.1.2. La raréfaction de l’eau.
Les réserves d’eau douce sont déjà pleinement utilisées dans de nombreux pays
et la demande croissante générée par les utilisations industrielle, urbaine et
environnementale va réduire les disponibilités de ressources en eau pour l’[Link]
raréfaction de l’eau est particulièrement aiguée et devrait encore s’aggraver avec les
21
changements climatiques et l’augmentation de la demande en provenance du Moyen Orient,
d’Afrique du Nord et de grandes parties de l’Inde et de la Chine. L’utilisation généralisée de
nombreux pays a conduit à un pompage excessif, à appauvrissement des aquifères
souterrains qui ne régénèrent pas assez rapidement et à la détérioration de la qualité des eaux
souterraines.
VI.3.1.3. Le retard de Certaines régions.
Si certaines zones rurales ont prospéré et connu une croissance économique
globale, d’autres ont cependant stagné, continuant à afficher des taux élevés de pauvreté.
Ces zones retardataires se trouvent dans le centre de la Chine, plusieurs états de l’est et du
centre de l’Inde, les hautes terres du Vietnam et les zones plus sèches d’Afrique du Nord.
Les causes de ces retards sont variées : un mauvais potentiel agricole, un faible niveau
d’investissement dans les routes et l’irrigation, une mauvaise gouvernance et la
marginalisation sociale. Cela dit, certaines de ces zones présentent un bon potentiel de
croissance agricole et pourraient, à l’avenir, devenir de futurs greniers à céréales (par
exemple, l’est de l’Inde). Le défi est, ici de remédier aux goulots d’étranglement d’économie
politique dans la levée des contraintes à la croissance dans ces zones.
VI.3.1.4. Economie politique des stratégies agricoles.
La pression politique des agriculteurs afin de réduire l’écart entre les revenus
urbains et ruraux par le biais du protectionnisme et des subventionnions va croissante. En
raison de l’importance des populations pauvres, la protection des prix alimentaires en vue
d’augmenter les revenus des agriculteurs de moyenne et grande échelle pourrait pénaliser les
consommateurs pauvres, en ce compris les agriculteurs de petite échelle, qui sont des
acheteurs nets de produits alimentaires. Des données récentes concernant l’Indonésie
illustrent ce compromis : une interdiction frappant les importations de riz dans le but de
prévenir une diminution des prix à la production a été la cause principale de l’augmentation
du nombre de pauvres, de 16% en 2005 à 18 % en 2006. Les subventions aux intrants (tels
que les ressources en eau et les engrais) constituent une autre forme de soutien aux revenus
agricoles. Ces subventions ne sont pas seulement régressives en ce sens qu’elles répartissent
les bénéfices entre agriculteurs de grande échelle, mais elles détournent également les
priorités fiscales des biens publics fondamentaux, tels que l’infrastructure rurale, alors que
les marges de manœuvre fiscales sont limitées dans ce pays, et engendrent des problèmes
environnementaux. Le capture politique par les exploitants agricoles de grande échelle est
solidement fixés, tant dans les démocraties bien établies, telles que l’Inde, que dans les pays
pourvus de f ormes de gouvernement moins démocratiques, comme de nombreux pays du
Moyen Orient et d’Afrique du Nord.
VI.3.2. Un programme type pour les pays en mutation
Les objectifs politiques, pour les pays en mutation, sont les suivants.
-Promouvoir les activités à forte valeur ajoutée pour diversifier l’agriculture des
petits exploitants et la détourner des denrées agricoles intensives en terres, au fur et à mesure
que le revenu urbain augmente et que les habitudes alimentaires deviennent plus variées.
-Etendre la révolution verte des denrées agricoles aux zones que le progrès
technologique à délaissées et qui comptent de nombreux pauvres, dont une grande partie des
populations vivant dans la pauvreté extrême, et fournir des filets sociaux. Promouvoir les
activités liées à l’élevage parmi les ménages dépourvus de terre et les petits producteurs, en
vue de les substituer aux cultures intensives en terres.
-Fournir de l’infrastructure en vue de soutenir la diversification de l’agriculture
et des économies rurales.
22
-Promouvoir l’économie rurale non agricole pour aborder le problème de
l’emploi rural et investir massivement dans la formation des travailleurs pour leur permettre
de migrer vers les facteurs à croissance rapide de l’économie.
VI.3.2.1. De la révolution verte à la nouvelle agriculture.
Si la révolution verte a été, dans une large mesure, menée et soutenue par l’Etat,
celle de l’agriculture à forte valeur ajoutée reposera sur le secteur privé, tout en bénéficiant
du soutien de l’Etat. Pour les produits hautement périssables, l’infrastructure, le crédit et les
institutions relieront les agriculteurs aux entreprises de transformation et aux magasins de
détail à succursales (les « farm-firm-fork linkages » : ferme-firme-fourchette). La
fragmentation et la diminution de la taille des exploitations agricoles n’entravant en rien les
économies d’échelle dans la transformation et la commercialisation, des innovations
institutionnelles, telles que l’agriculture sous contrat, peuvent réduire les couts de transaction
et les risques pour les petits producteurs. Etablir des liens entre les petits producteurs les
entreprises de transformation et le secteur de la distribution peut également élargir l’accès
au capital financier et fournir la technologie, la vulgarisation et des accords de rachat, tout
en assurant la surveillance de la sécurité alimentaire.
L’augmentation des exportations de produits agricoles à forte valeur ajoutée des
pays en mutation montre clairement que cette révolution est possible dans les économies de
petits producteurs. Toutefois, la manière dont les bénéfices seront distribués tout au long de
la chaine de valeur dépendra du pouvoir de négociation des différents acteurs. Les petits
producteurs ont davantage intérêt à négocier en groupe qu’individuellement. L’une de
grandes priorités est donc de faciliter l’action collective par le biais des organisations de
producteurs, de sorte à atteindre l’échelle dans le domaine de la commercialisation et pouvoir
négocier pour des meilleurs prix.
Bien que la diversification aux produits de haute valeur offre de meilleures
perspectives de croissance de la productivité des denrées agricoles de base afin de générer
des ressources. Dans de nombreuses régions, les marchés des denrées agricoles de base afin
de générer des ressources. Dans de nombreuses régions, les marchés des denrées
alimentaires de base ne sont pas suffisamment développés, de sorte que la production de
denrées pour la consommation personnelle peut constituer une stratégie de réduction des
risques. Forcément, les très grands pays (Inde et Chine) produisent aussi principalement pour
leur consommation intérieure.
Etant donné la raréfaction croissante et la détérioration de la qualité de l’eau, tant
la révolution de la forte valeur ajoutée que l’extension de la révolution verte aux zones moins
favorisées requièrent une meilleure gestion de l’eau. Des approches intégrées peuvent aider
à gérer la concurrence dont l’eau fait objet entre les multiples utilisateurs, en particulier dans
les pays soumis au stress hydrique. La réforme des pratiques d’irrigation, la suppression des
distorsions politiques telles que les subventions à l’eau et à l’électricité, ainsi que la mise en
place d’un milieu favorable aux politiques macro-économiques et commerciales sont toutes
des étapes importantes pour améliorer de la productivité e l’eau et la satisfaction des
demandes concurrentes. Pour contourner les obstacles politiques, les reformes à grande
échelle nécessitent de solides parrainages et l’affectation équitables des droits d’utilisation
d’eau. A mesure que les ressources en eau vont prendre de l’importance et leur émergence
devra être appuyée par des réglementations. La Jordanie, par exemple, a formalisé le marché
non structuré en répertoriant, avalisant et mesurant tous les puits et assigné des quotas
individuels.
23
VI.3.2.2. Rendre les systèmes intensifs plus durables.
Réduire l’empreinte environnementale des systèmes agricoles intensifs, surtout
sur le plan de la pollution aux produits chimiques et déchets d’origine animale, est une
priorité pour l’amélioration de l’environnement et de la santé humaine, ainsi que pour contrer
le ralentissement de la croissance de productivité provoqué par la détérioration des terres et
des ressources en eau. Des pratiques agricoles plus durables nécessiteront une combinaison
judicieuse entre la correction des incitations (prix des intrants et produits), l’application de
technologies d’optimisation de la gestion, telles que la gestion intégrée des organismes
nuisibles, ainsi que qu’une meilleure réglementation.
VI.3.2.3. Etendre la révolution verte aux régions retardataires.
Avec la transition à la nouvelle agriculture et la diminution de la taille des
exploitations agricoles dans zones moins favorisées peut faire en sorte de garantir les moyens
d’existence des agriculteurs de substance et les amener ensuite sur le marché. Dans ces
régions, la croissance de la productivité repose sur des investissements majeurs dans
l’irrigation et la gestion de l’eau, dans la recherche agricole et dans de nouvelles approches
de la vulgarisation appuyées par des réformes de prix et de la commercialisation pour les
céréales.
Avec un appui et une organisation appropriées, même les exploitants agricoles
de très petite échelle et n’ayant accès qu’à une très faible surface de terre peuvent améliorer
leurs moyens de substance, en particulier grâce à l’élevage. Le succès indien dans la
production de lait s’est construit sur l’action collective de producteurs agricoles marginaux,
par le biais de l’Indian Dairy Coopératives Network. Les petits exploitants, en particulier
les femmes, ont été des acteurs de premier ordre dans les récents succès de l’aquaculture et
de l’élevage de volaille de petite échelle au Bangladesh.
VI.3.2.4. Le développement rural hors de l’exploitation agricole et relié à
la ville.
Etant donné la population trop nombreuses dans l’agriculture, le retard en
matière de création d’emplois urbains et l’encombrement des villes, la promotions de
l’emploi rural non agricole dans les villes secondaires et le renforcement des liens entre
milieux rural non agricole dans les villes secondaires et le renforcement des liens entre
milieux rural et urbain sont une priorité.la mobilité de la main d’œuvre était jusqu’ici gênée
par le manque de marchés fonciers efficaces en Chine et par les restrictions à la location de
terres en Inde. Le marché foncier est central pour consolider les petites exploitations
efficaces ainsi que la transition vers les activités non agricoles et la migration. Le
développement de pôles agricoles régionaux et territoriaux-incluant la transformation et
l’emballage de produits à forte valeur constitue une autre opportunité. Dans les pays
densément peuplés, les industries urbaines propulseront e secteur rural non agricole. Les
investissements dans l’infrastructure et les compétences ainsi que l’amélioration du climat
de l’investissement sont donc prioritaires sur le plan de la politique.
VI.3.2.5. Les compétences nécessaires à une migration réussie.
La sortie de l’agriculture, que ce soit dans le but de passer u secteur rural non
agricole ou dans celui de migrer vers les zones urbaines, dépend de la généralisation et de la
qualité de l’éducation. Des investissements massifs en capital humain sont nécessaires pour
préparer la prochaine génération à quitter l’agriculture.
Les programmes fournissant des transferts conditionnels, tels que les dons
d’espèces en échanges de la fréquentation scolaire, au Bangladesh, peuvent augmenter la
24
demande d’éducation mais ils ne fonctionneront pas sans une amélioration substantielle de
la qualité de l’enseignement rural.
VI.3.2.6. Des filets sociaux pour les laissés pour compte.
Les plus grandes concentrations de populations pauvres au monde. Par
conséquent, l’appui direct par le biais de programmes d’emploi, bien élaborées et
correctement mis en œuvre, dans les zones rurales incluant l’amélioration de l’infrastructure
rurale et des bassins hydrographiques, ainsi que le désilage des canaux peuvent contribuer à
réduire la pauvreté, améliorer le climat de l’investissement et restaurer les ressources
naturelles détériorées. L’inde a lancé l’un des plus grands programmes le plan national
d’emploi rural permettant de mettre en place l’infrastructure de base dans les zones rurales
et augmenter la productivité agricole et rurale. Ce programme protège les familles contre les
défaillances culturales causées par les sécheresses et autres chocs. Des mécanismes
conséquents de surveillance et de responsabilisation, ainsi que des évaluations rigoureuses,
doivent faire en sorte d'assurer une utilisation efficace et équitable des ressources.
VI.4. LES PAYS URBANISES : CONNECTION LES PETITS
PRODUCTEURS AUX NOUVEAUX MARCHES ALIMENTAIRES ET
PROCURER DES EMPLOIS BIEN REMUNERES.
Seule une faible part de la croissance des pays urbanisés est imputable à
l’agriculture (5% pour la période 2003-2005). Cependant, plusieurs sous-secteurs agricoles
possédant de forts avantages comparatifs ont soutenu une croissance spectaculaire (par
exemple les sojas du Brésil, les fruits et le saumon au Chili, et les légumes au Guatemala) et
le secteur agro-industriel est développé. L’agriculture reste la principale source de croissance
et de réduction de la pauvreté pour de nombreuses zones sous-nationales. En Amérique latine
et en Europe et Asie Centrale, 88% des populations rurales se trouvent dans pays urbanisés.
Les marchés alimentaires intérieurs sont en cours de transformation, du fait,
principalement, de la révolution des supermarchés. Au fur et mesure que l’agriculture
commerciale se développe sous l’impulsion des économies d’échelle sous l’impulsion des
économies rurale non agricole, deviennent de plus en plus importants pour la conversion des
gains de productivité rurale.
L’objectif globale du programme d’agriculture au service du développement est
de promouvoir l’intégration des petits producteurs aux nouveaux marchés alimentaires et de
fournir des emplois bien rémunérés dans l’agriculture et l’économie rurale non agricole.
VI.4.1. Caractéristiques structurelles des pays urbanisés.
La révolution des supermarchés. En Amérique latine et dans les caraïbes, ainsi
qu’en Europe et Asie centrale, la hausse des revenus et l’urbanisation rapide ont augmenté
la demande de produits à forte valeur ajoutée, ce qui généré une croissance des marchés
alimentaires intérieurs encore plus rapide que dans les pays développés. La consommation
nationale est la principale source de demande d’agriculture en Amérique latine, absorbant
les trois quarts de la production, avec 60% des ventes nationales au détail s’effectuant dans
les supermarchés. Un aspect important, dans l’utilisation de l’agriculture en tant
qu’instrument de développement et dans un contexte de chaines alimentaires de plus en plus
mondialisées, est de s’efforcer de maintenir le lien entre les marchés alimentaires modernes
et les disponibilités alimentaires nationales.
Les exportations traditionnelles restent importantes, elles représentent 80% des
exportations de la région, et voient s’ouvrir de nouveaux marchés à mesure qu’elles sont
débanalisées pour répondre aux différents goûts des consommateurs. Les exportations à forte
valeur ajoutée se sont développées rapidement, avec des petits producteurs qui se sont
25
spécialisés dans les marchés de riche, en particulier le café bio et les commerce équitable,
dominé, dans le commerce mondial, par l’Amérique latine. Mais pour les petits producteurs,
malgré les efforts considérables à fournir pour rester compétitif, c’est le nouveau marché
alimentaire intérieur qui offre les opportunités commerciales les plus dynamiques.
VI.4.1.2. La persistance des niveaux élevés de pauvreté rurale et d’inégalité.
Le paradoxe, en Amérique Latine, est que tandis que la performance de
l’agriculture, en tant que secteur productif, a été relativement bonne, avec une croissance
annuelle de 2,5% dans la valeur ajoutée agricole au long des 40 dernières années, les
conditions de vie des populations rurales ne se sont pas améliorées. La pauvreté rurale
demeure figée à 58 millions de personnes (sous le seuil de pauvreté de 2 dollars par jour) et
le taux de pauvreté tait de 46 % en 2002, une proportion quasi inchangée depuis une dizaine
‘années. En outre, le taux de pauvreté rurale (28 %) a augmenté, renforcé par l’intense
migration en provenance des zones rurales au cours de la période 1993-2002.
Les populations rurales sont en train d’évoluer. La migration est sélective et
laisse derrière elle une population caractérisée par la féminisation, la perte de ses membres
les plus importants instruits, le vieillissement et une proportion croissance de l’emploi
agricole et l’économie rurale non agricole sont à l’origine de 70% des revenus ruraux et
emploient 55% de la population active rurale. Néanmoins, de nombreux petits producteurs
restent partiellement engagées dans l’agriculture de substance jusqu’à ce qu’ils sont absorbés
par l’économie de marché agricole en tant que producteurs, deviennent des travailleurs
agricoles salariés ou migrent. Ils se retrouvent souvent piégés dans l’agriculture de substance
par l’insuffisance de leurs actifs, qui les empêchent d’entrer dans les nouveaux marchés de
produits et par le manque de qualifications, qui leur barre l’accès à des meilleurs emplois et
à la migration vers les villes.
En outre, deux caractéristiques structures méritent l’attention : la présence de
grandes régions moins favorisées comptant un nombre important de ruraux extrêmement
pauvres et dépendants de l’agriculture (le Méso-Amérique, les plateaux andins et le nord-est
brésilien) et le niveau obstinément élevé des inégalités, qui restreignent l’accès aux actifs et
entravent la participation des ruraux pauvres au processus de prise de décisions.
VI.4.1.3. Une mauvaise gouvernance.
Les marchés modernes sont largement installés en Amérique latine mais, comme
c’est le cas dans d’autres régions, un facteur limitant dans une large mesure les possibilités
du programme d’agriculture au service du développement est la faiblesse de la gouvernance
de l’agriculture et des zones rurales. Alors que les programmes d’agriculture au service du
développement deviennent multisectoriels et multidimensionnels, les organismes publics
restent segmentés. Les ministères de l’agriculture manquent de la capacité de promouvoir
une vision à long terme et une stratégie pour un programme intégré, de coordination des
fournisseurs de services, de régulation des performances du marché et de redressement des
importantes inégalités sociales. La décentralisation demeure incomplète, les gouvernements
manquent de ressources et les mécanismes de responsabilisation font encore largement
défaut. En raison de l’ancrage profond des inégalités sociales, les organisations de la société
civile représentent les ruraux pauvres ne sont que rarement entendues.
Les pays d’Europe de l’Ets et d’Asie centrale, qui sont également largement
urbanisés, présentent plusieurs caractéristiques qui les distinguent des pays d’Amérique
latine. Ces critères de différenciation sont le résultat de leur passé de planification centralisée
et de la transition incomplète vers l’économie de marché.
26
VI.4.2. Un programme type pour les pays urbanisés.
Après l’ajustement structurel des années 1980, les pays d’Amérique latine se
sont efforcé d’accélérer la croissance des sous-secteurs agricoles compétitifs, en
les appuyant par de l’investissement public destiné à l’investissement privé dans
l’agriculture (mais avec de nombreux mauvais placements sous forme de subventions).
Ces investissements ont été complétés par une assistance sociale délivrée sous forme
de transferts de fonds (souvent conditionnels) aux pauvres chroniques et vers les
poches de pauvreté régionales. Au Brésil, dans un contexte de boom agricole, les
transferts de sécurité sociale et l’économie rurale non agricole ont été les sources
de revenus pour les ménages ruraux qui ont connu la croissance rapide entre 1991 et
2000. Cette approche basée sur ma croissance et les filets sociaux a été
coûteuse et a engendré le mécontentement au Brésil et à travers le continent.
Plusieurs pays se sont tourné vers une approche alternative,
cherchant à réduire la pauvreté rurale en augmentant les revenus gagnés dans
l’agriculture et m’économie rurale non agricole, par opposition à l’assistance sociale,
et tentant donc de réconcilier croissance et réduction de la pauvreté et de
développement rural local (PROLOCAL) vise l’élargissement de l’accès des ruraux
aux actifs, en améliorant le contexte de leur utilisation par le promotion du
développement territorial et en octroyant une protection sociale. Au Pérou, le
programme Sierra Exportadora capitalise également sur l’élargissement de l’accès
aux actifs en soutenant la compétitivité rurale en procurant également une
protection sociale.
Dans ce nouveau modèle, les objectifs sur le plan de la politique sont
les suivants :
Intégrer les petits producteurs aux nouveaux marchés alimentaires, ce
qui requiert, entre autres, un accès élargi à la terre et aux compétences exigées
par la nouvelle agriculture ;
Suivre une approche territoriale pour promouvoir l’économie rurale
non agricole et renforcer les qualifications donnant accès aux opportunités d’emploi et
d’investissement qu’offre la croissance de l’économie rurale non agricole.
VI.4.2.1. Elargir l’accès aux actifs pour la participation à la nouvelle
agriculture.
Augmenter la participation des petits exploitants agricoles aux dynamiques
marchés alimentaires intérieur requiert d’accorder une attention particulière aux
inégalités profondément ancrées en matière d’accès aux actifs et aux services publics,
inégalités qui compromettent leur compétitivité. Les petits producteurs toujours en
marge des marchés peuvent tirer avantage des nouvelles opportunités par un meilleur
accès à la terre, à la recherche, à la formation, à m’assistance technique, aux services
financiers et aux organisations d’agriculteurs. Les organisations de producteurs et
l’agriculture sous contrat sont essentielles pour que ces petits exploitants puissent
prendre part aux chaînes de valeur et participer à l’approvisionnement des
supermarchés. Les partenariats avec la participation du secteur agro-industriel en
tant que fournisseurs compétitifs sur ces marchés.
VI.4.2.2. Améliorer les moyens d’existence dans l’agriculture de
subsistance et fournir une assistance sociale.
L’agriculture de subsistance peut constituer un circuit d’attente dans la
longue transition consistant à quitter l’agriculture familiale à faible productivité.
Certains agriculteurs de subsistance peuvent devenir des petits producteurs viables,
27
diversifiant leur source de revenus pour améliorer leur niveau de vie bien que la part
agricole de leur revenu (travail indépendant), dans de nombreux cas de figure, ait un
faible potentiel de croissance. Il existe, toutefois, des avantages sociaux évidents à
investir dans la part agricole de leurs revenus pour deux raisons : elle est cruciale pour
leur sécurité alimentaire et leur nutrition de base et elle leur fournit un revenu
en l’absence de meilleures options d’emploi. Les investissements nécessaires incluent
des systèmes agricoles plus résistants et une meilleure couverture des besoins
nutritionnels en fonction de la production ménagère. L’amélioration de moyens de
subsistance requiert également une assistance sociale, en particulier une retraite pour
ceux qui sont trop vieux pour être recyclés. Les programmes ruraux de retraite non
participative se sont développés rapidement, aidant les jeunes générations à accéder
plus rapidement à la terre et luttant contre la migration sélective des plus entreprenants
hors de l’agriculture.
VI.4.2.3. Fournir des services environnementaux.
Les pays d’Amérique latine et des caraïbes et d’Europe et d’Asie centrale
ont commencé à mettre en place des mécanismes règlementaires de protection de
l’environnement et à introduire le paiement pour services environnementaux.
La règlementation doit être arrimée à une gouvernance grandement
améliorée tandis que les systèmes de paiement doivent être financièrement durables et
imputables à ceux qui achètent les services et étendus à l’échelle continentale.
VI.4.2.4. Le développement territorial en vue de créer des emplois
ruraux.
L’économie rurale non agricole est une source de travail indépendant et
d’emplois salariés mais elle est également très duale, avec des emplois très ou peu qualifiés
et les entreprises en forte ou faible valeur ajoutée. Les pays latino-américains suivent
une approche territoriale en promouvant des pôles d’entreprises complémentaires dans
les zones géographiques sélectionnées. Les systèmes de production agricoles locaux
peuvent capitaliser sur les avantages comparatifs des caractéristiques agro écologique
d’une région, de la proximité avec les centres urbains ou des dotations culturels
ou historiques. Les projets de développement accès sur les territoires vont au-delà du
développement régit par la communauté pour créer de nouvelles opportunités
économiques basées sur l’échelle de synergie locale et l’accès au marché. Cette
approche territoriale du développement rural est empruntée en Europe de l’Est au
même titre que l’établissement de lien entre les zones rurales, les agglomérations et les
villes de petites talles.
La réduction de pauvreté s’appuyant sur les revenus gagnés requiert une
évaluation des mécanismes de gouvernance, des institutions et des agents, sujets à
certains désordres. Les ministères de l’agriculture doivent être restructurés afin de
correspondre aux nouvelles fonctions de l’Etat et s’inscrire dans la transformation de
l’agriculture dans les chaînes de valeur. Quant à la société civile, elle se doit de participer
à la gouvernance malgré les tendances de longue date à l’exclusion sociale reflétant
les profondes inégalités. Améliorer la gouvernance de l’agriculture et des zones rurales doit
être une priorité et requiert des expérimentations et de l’apprentissage.
VI.5. Faisabilité politique, administrative et financière
Une mise en œuvre efficace requiert l’évaluation de la faisabilité des instruments
politiques et d’investissement qui appuient les programmes proposés. La faisabilité varie
28
significativement en fonction de l’instrument mais aussi par type de pays, en particulier la
capacité à implanter les réformes. Pour mener à bien l’implémentation d’un programme, il
est impératif de pouvoir estimer les obstacles potentiels sur les plans politique, administratif
et financier.
VI.5.1. Faisabilité politique
Bien visibles et souvent en mesure de mobiliser le soutien politique, les reformes
foncières, celles des politiques commerciales et des prix, ainsi que celle de l’irrigation,
bénéficient toujours à certains acteurs et pénalisent d’autres. Ces conflits d’intérêt rendent
des décisions plus difficiles. La recherche agricole est moins sujette à ces genres de
compromis mais ses impacts sont souvent moins immédiats et visibles que ceux des autres
types d’investissements. Les programmes alimentaires et éducatifs ne pénalisent
pratiquement personne, font l’objet d’une grande visibilité et bénéficient généralement d’un
appui politique solide, mais leur cout élevé peut imposer des limites à leur mise en œuvre.
Quelles sont les mesures qui peuvent être prises pour améliorer la faisabilité
politique ?
Lorsque les reformes sont sujettes à compromis, les stratégies peuvent appel aux
résultats des recherches à des fins des informations et des débats, identifier les programmes
des soutiens complémentaires qui sont faisables sur le plan administratif pour aider les
catégories pénalisées à opérer une transition vers d’autres sources de revenus, et fournir des
compensations - comme le fait le programme mexicains PROCAMPO pour vendre l’accord
de libre-échange nord-américain politiquement faisable par le biais de transfert de couplés.
Lorsque les reformes ont pris du retard ou si leurs résultats deviennent moins certains, des
mécanismes d’engagement pour un appui futur sont importants. En Ouganda, les reformes
de la vulgarisation et de la recherche ont fait l’objet des lois – la loi sur les services
consultatifs agricoles nationaux et celles sur la recherche agricole nationale-, qui engagent
le gouvernement à les financer et à les implémenter.
VI.5.2. Capacité administrative
La capacité d’implémentation est souvent faible, en particulier dans les pays à
vocation agricole. Dans des nombreux cas, la conception des programmes surévalue la
capacité de mise en œuvre. Ou bien elle mobilise une capacité de soutien temporelle dans le
cadre d’une implémentation précise, au lieu de renforcer durablement la capacité existent.
Ces estimations trop optimistes débouchent souvent sur les investissements non durables qui
contrarient de bons programmes. La leçon à tirer de ceci est la nécessité d’ajuster plus
étroitement les programmes de long terme sur les capacités existantes tout en fournissant un
appui pour le renforcement de ces capacités.
VI.5.3. Faisabilité financière
Des nombreux instruments proposés ne sont pas abordable dans le cadre des
budgets affectés. Même en cas de regain d’efficacité de dépenses actuelles, il sera souvent
nécessaire d’augmenter les budgets gouvernementaux alloués à l’agriculture. Les
programmes d’infrastructures (irrigations et routes) sont les plus couteux et les pays à
vocation agricole ont besoin d’une augmentation majeure des budgets actuellement affectés
et des partenariats publics-privés innovateurs pour effectuer ces investissements. La
Tanzanie est en train d’expérimenter la provision de fonds supplémentaire aux pouvoirs
publics locaux sur une base concurrentielle afin de financer les projets d’irrigation de
moyenne échelle et concentre ses dépenses publiques nationales sur l’incitation à
l’investissement privé dans l’irrigation. Les programmes de transferts financier et
29
alimentaire sont également couteux et les rendent abordable requiert un ciblage efficace ainsi
que des options de sortie crédible.
VI.5.4. Identifier les dilemmes en matière de politique
Les programmes d’agriculture au service du développement présentent-ils
aujourd’hui plus des chances de succès que par le passé ? Les leçons tirées de l’expérience
placées dans la perceptive de changement capitaux qui s’opère dans les trois mondes de
l’agriculture, ainsi que les nouvelles opportunités et des nouveaux défis fournissent une
orientation utile. La probabilité de succès de l’utilisation de succès de l’agriculture en tant
qu’instrument de développement peut être augmentée par la formulation des programmes
intégrés, différenciés, durables sur le plan environnemental et adaptés aux conditions de
faisabilité politique, à la capacité administrative et au moyen financier. Ces programmes
s’appuient sur les acteurs associés à chaque objectif basé sur l’action publique :
[Link] secteur agroindustriel et les chaines de valeur,
[Link] exploitants agricoles de petite échelle et leurs organisations,
[Link] masse importante des agriculteurs de substance aux activités diversifiées
et
[Link] travailleurs du marché du travail dans l’agriculture et l’économie rurale
non agricole.
Dans tous les cas, les compromis les plus importants devront être abordé lors de
la conception des programmes nationaux d’agriculture au service du développement, ce qui
ne manquera pas d’engendre des complexes dilemmes politiques qui devront être résolu dans
l’arène politico-économique. Pour les pays à vocation agricole, le dilemme, en matière de
politique, consiste en envisagé la sécurité alimentaire soit en se concentrant directement sur
l’agriculture de substance par le biais des systèmes agricoles souples et des filets sociaux,
tels que l’aide alimentaire soit en misant davantage sur les acteurs les plus entreprenant et
les zones favorisées capables de garantir la croissance et la sécurité alimentaire grâce à des
produits alimentaires meilleurs marchés et meilleurs opportunités d’emploi. La pression
immédiate de la pauvreté et les crises alimentaires orientent les dépenses publiques et les
priorités des bailleurs de fonds vers les filets sociaux. Cependant, une plus grande stabilité
politique et économique et des instruments politiques plus efficace peuvent faire en sorte de
réorienter les programmes vers la croissance. Des nouveaux engagements des
gouvernements et bailleurs de fonds à investir dans la croissance agricole indiquent une
prépondérance des revenus gagnés par rapport aux transferts. Un accroissement majeur de
l’assistance étrangère et des affectations au niveau national, de budget à l’agriculture peut
procurer les ressources nécessaires pour éviter le piège de l’aide alimentaire et évoluer vers
la croissance et une réduction durable de la pauvreté.
Pour les pays en mutation, le dilemme politique réside dans le choix des
instruments en vue d’aborder le problème des déparasités entre les revenus ruraux et urbains.
Les demandes d’aident aux revenus de la part des agriculteurs et les réponses favorables des
politiciens pour recueillir les votes ont mené à des pratiques clientélistes, faisant des
subventions l’instrument de prédilection, réalisant des gains redistribuais à un cout élevé en
terme de croissance perdue, des déficits en matière de santé et d’éducation publiques et de
faible niveau dans l’infrastructure et les autres biens publics. L’alternative est d’augmenter
les revenus gagnés des ménages ruraux engagés dans l’agriculture au moyen de la
diversification et de la modernisation, dans l’économie non agricole, par le biais de salaire
ou de l’emploi indépendant et de l’amélioration de l’Etat de préparation pour la migration
vers les marchés de l’emploi urbains. A cet égard, des récentes évolutions ont modestement
penché vers une amélioration de la productivité de la génération des revenus (en parti grâce
au secteur agro-industriel) au détriment des transferts.
30
Pour les pays urbanisés, les dilemmes politiques résidents dans le choix entre,
d’une part une croissance rapide du secteur de l’agriculture de moyenne à grande échelle
(voire très grande échelle : il n’est, en effet, pas exceptionnel de trouver des exploitations
agricoles s’étendant sur 15000 à 30000 hectares, dans le Mato Grosso, par exemple)
accompagnée de la mise en place de filets sociaux extensifs pour dédommager les groupes
pénalisés ou exclus, et, d’autre part, des mesures d’accroissement des revenus gagnés dans
un secteur agricole de petite échelle capable de soutenir la concurrence sur les marchés
alimentaires modernes et dans les exportations non traditionnelles. La diversification des
revenus dans l’économie rurale non agricole est efficace pour consolider la compétitivité de
l’agriculture familiale, comme le montre la résilience des exploitations agricoles familiales
dans les pays occidentaux et asiatiques. Cette dernière approche privilégiant le bien-être rural
requiert une volonté politique considérable. Des institutions doivent être mises en place afin
de soutenir la compétitivité des petites exploitations et les programmes d’élargissement de
l’accès à la terre doivent être développés pour lutter contre les inégalités persistantes. La
structure sociale traditionnelle doit être remise en question et les petits producteurs doivent
être davantage entendus.
Il y a aujourd’hui une meilleure vision de ce qu’il convient d’entreprendre. Des
approches puissantes sont disponibles pour augmenter la probabilité de succès des
programmes d’agriculture au service du développement. Des signes montrent que les
solutions délaissent le transfert, au profit des revenus gagnés par les populations pauvres, ce
qui correspond au principal pouvoir de l’agriculture dans une optique de développement. La
bonne gouvernance-associée à la stabilité macro-économique, au soutien politique et à
la capacité administrative – constitue, dans tous les cas de figure, la clé du succès.
31
BIBLIOGRAPHIE
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Grenoble, Presses universitaires, 244 pages.
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12. David RICARDO, «On the Principles of Political Economy and Taxation» in GEORGE
Suzan, (1988). Jusqu’au cou. Enquête sur la dette du tiers monde. Paris, éditions La
Découverte.
13. DU PONT de NEMOURS, 1739 – 1817 ; Les agriculteurs forment la seule classe
productive. Seule la terre, en effet, laisse un produit net (partie de la production pouvant
être prélevée sans que soit diminuée la capacité de production ou la masse des richesses
existantes).
14. F. QUESNAY (1694 – 1774), Tableau économique en 1758
15. GERVAIS Michel, SERVOLIN Clause et WEIL Jean (1955). Une France sans paysan.
Paris. Editions du Seuil.
16. Jean-Marc Boussard, introduction à l’économie rurale, Editions Cujas, Paris, France,
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17. J. MARCHAL : Comptabilité nationale français.
18. KLATZMANN, J.
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- (1983) (2è édition) MALASSIS Louis
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agro-alimentaire. Paris, Cujas.
19. MENDRAS Henri (1967). La fin des paysans. Paris, SEDEIS-Futuribles.
20. PHELIZON Jean-François (1977). Lexique des termes économiques. Paris, Technique
et Vulgarisation.
21. ROUVEYRAN Jean-Claude (1972). La logique des agricultures de transition.
L’exemple des sociétés paysannes malgaches. Editions G.-P. Maisonneuve et La rose et
Université de Madagascar, 277 pages.
22. SCHUMPETER J. (1972). Capitalisme, socialisme et démocratie. Croissance :
Processus de destruction créatrice « qui révolutionne incessamment de l’intérieur la
structure économique en détruisant continuellement ses éléments vieillis et en créant
continuellement des éléments neufs »
32
23. SOLTNER Daniel (1974). Phytotechnie générale. Les bases de la production végétale.
Le sol – Le climat – La plante. Saint Gemmes sur Loire, le Clos Lorelle (collection
Sciences et techniques agricoles).
24. VALLARCHE Jean (1959). L’économie rurale. Paris, Marcel Rivière et Ci.
25. V. de COURNAY (1712 – 1759) : « Laissez faire, laissez passer », et l’idée de
remplacer les textes existants qui gênaient les échanges par un impôt unique sur la
propriété.
26. VOLTAIRE (1690 – 1778), « l’homme aux quarante écus ».
27. Von THUNEN J.H. (1826). Der isolierte Staat in Beziehung auf Landwirtschaft und
national Okonomie. Rostock. Edition anglaise (1966): von Thünen’s Isolated State.
Glasgow, Peter Hall, Pergamon Press.
28. Wesley D. Seitz, Gerald C. Nelson and Harold G. Halcrow, Economics of Ressources,
Agriculture, and Food, McGraw-Hill International Editions, 1984.
AUTRES DOCUMENT
FAO Annuaire de la Production. Rome
FAO Situation de l’agriculture et de l’alimentation dans le monde (rapport annuel)
FAO Rapport et perspectives sur les produits (annuels)
FAO (1981) Agriculture : Horizon 2000 Rome, 134 p. + annexe statistique
FAO (1987) Agriculture : Horizon 2000 Rome, 277 p. + annexe (édition revue)
33
TABLE DES MATIERES
0. INTRODUCTION ...................................................................................................................... I
I. OBJET DE L’ECONOMIE RURALE .................................................................................... 1
I.1. OBJECTIF GENERAL ............................................................................................................. 1
I.2. OBJECTIF SPECIFIQUE .................................................................................................................... 1
I.3. DEFINITION ET OBJET DE L’ECONOMIE ......................................................................................... 1
3.1. La rareté des ressources productives ....................................................................................... 1
3.2. L’utilisation alternative des ressources ............................................................................... 1
1.4. TROIS TYPES D’ECONOMIE DANS LA RECHERCHE EN ECONOMIE
RURALE ............................................................................................................................................ 2
4.1. Economie positive : qu’est-ce ? ............................................................................................ 2
4.2. Economie normative : qu’est-ce qui devrait être fait ?...................................................... 3
4.3. Economie prescriptive .......................................................................................................... 3
1.5. COMMENT REPONDRE A DES QUESTIONS D’ORDRE ECONOMIQUE ?........... 3
I.6. PARTICULARITE DE L’ECONOMIE RURALE .................................................................................... 4
CHAPITRE I : DEFINITIONS, TERMINOLOGIE, EVOLUTION DE L’ECONOMIE RURALE ET DE L’ESPACE
RURAL .................................................................................................................................................. 7
DEFINITIONS ET TERMINOLOGIE EN RELATIONS AVEC L’ECONOMIE RURALE ................................... 7
1.1, Relations entre l’agriculture et les autres activités ..................................................................... 7
I.3. Activité tertiaire de l’agriculture. .................................................................................................. 9
2. CONCEPTION DE L’ECONOMIE RURALE ........................................................................................ 10
2.1. Conception dans le temps .......................................................................................................... 10
Conception ancienne ........................................................................................................................ 10
Antoine Augustin PARMENTIER (1737 – 1813), vulgarisateur de la culture de la pomme de terre en
France, publie, en huit volumes, en 1788 : « L’économie rurale et domestique ». Cette œuvre
constitue un véritable cours à l’usag4e des agriculteurs. ................................................................. 10
Conception rénové ............................................................................................................................ 10
Conception actuelle .......................................................................................................................... 11
2.2. BRANCHES DE L’ECONOMIE RURALE ......................................................................................... 11
2.1, Economie agricole (et horticole) : .............................................................................................. 12
2.2. Sociologie rurale (« Rural Sociology »). ...................................................................................... 12
2.3. Signification de : « agricole » et « rural »................................................................................... 12
2.4. Exode agricole et exode rural .................................................................................................... 12
Ville et campagne, la fin d’un dualisme ............................................................................................ 13
2.5. Economie agraire et économie agro-alimentaire ...................................................................... 14
3. PARTICULARITES SOCIO-ECONOMIQUES DU SECETUR AGRICOLE ET AGRO-INDUSTRIEL............ 15
CHAPITRE II : FACTEURS DE LA PRODUCTION AGRICOLE.................................................................. 17
II.1. FACTEUR NATUREL ..................................................................................................................... 17
II.2. FACTEUR HUMAIN ............................................................................................................. 17
II.3. FACTEUR TECHNIQUE ...................................................................................................... 17
II.3.1. Définition du capital - problème de la terre .......................................................................... 17
II.3.2. Formes de capitaux agricoles................................................................................................. 18
II.3.2.1. Classification adoptée en économie rurale ........................................................................ 18
1° Capital immobilier ou capital-domaine (LAUR) .......................................................................... 18
Capital d’exploitation circulant. ........................................................................................................ 18
II.3.2.2. Terminologie adoptée en économie rurale et terminologie financière ............................. 19
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CHAPITRE III : CONSIDERATIONS DE NATURE SOCIO-ECONOMIQUE EN RELATION AVEC
L’AGRICULTURE ................................................................................................................................. 21
III.1. L’AGRICULTURE DANS LE MONDE ............................................................................................ 21
III.1.1. Généralités : missions de l’agriculture .................................................................................. 21
III.1.1.1. Occupation de l’espace ....................................................................................................... 22
III.2. MAIN-D’ŒUVRE OCCUPEE ........................................................................................................ 23
III.2.1. Terminologie .......................................................................................................................... 23
PARTICIPATION AUX ECHANGES INTERNATIONAUX DE DENREES ..................................................... 1
3.1. Facteurs influençant les échanges extérieurs de denrées .......................................................... 2
3.2. Instabilité des marchés mondiaux des produits agricoles ; effet KING ...................................... 4
Action de l’offre sur le prix.................................................................................................................. 4
4. AGRICULTURE ET NOURRITURE DES HOMMES.............................................................................. 5
4.1.- Besoins alimentaires de l’homme () .......................................................................................... 5
4.2.- Situation de l’alimentation dans le monde ................................................................................. 1
4.3.- Augmentation de la production agricole .................................................................................... 2
2° Recours aux engrais et aux produits phytosanitaires. .................................................................... 2
4.4.- Réduction des pertes et des gaspillages de denrées alimentaires ............................................. 5
5. ROLE DE L’AGRICULTURE EN MATIERE DE DEVELOPPEMENT SOCIO-ECONOMIQUE .................... 6
5.1. Missions de l’agriculture dans le développement ....................................................................... 6
5.2. Développement et évolution de l’agriculture .............................................................................. 8
Agriculture, secteur dominé et intégré ............................................................................................... 9
6. SYSTEMES D’ECONOMIE AGRICOLE (TYPES D’AGRICULTURE) ...................................................... 9
6.1. Agriculture de subsistance ....................................................................................................... 10
6.2. Agriculture de tenure (agriculture féodale ; agriculture foncière () ....................................... 10
6.3. Agriculture de traite ................................................................................................................. 10
6.4. Agriculture paysanne () ............................................................................................................. 11
6.5. Agriculture collective................................................................................................................. 11
6.6. Agriculture d’entreprise ............................................................................................................. 13
6.6.1. Réflexions sur l’industrialisation de l’agriculture ................................................................... 13
6.6.2. Origine et types d’agriculture d’entreprise (superposition ; conversion) .............................. 14
6.6.3. Quelques caractéristiques de l’entreprise agricole ............................................................... 15
6.6.4. Entreprise agricole familiale à responsabilité personnelle .................................................... 15
6.7. Agriculture à temps partiel ....................................................................................................... 15
III.2. L’AGRICULTURE AFRICAINE ..................................................................................................... 18
1.1. La crise agricole .................................................................................................................... 18
2.1.1. La production vivrière ........................................................................................................... 18
2.1.2. Les productions d’exportation .............................................................................................. 19
2.1.3. Les causes de la crise agricole ................................................................................................ 20
2.2. LE PROBLEME DEMOGRAPHIQUE ............................................................................................. 20
2.2.1. Les aspects agronomiques .................................................................................................... 21
[Link]. Le mythe de l’excédent des terres ..................................................................................... 21
[Link]. Le mythe de l’excédent de main-d’œuvre......................................................................... 21
[Link]. Le mythe de la technologie asiatique ................................................................................ 21
2.3. LES ASPECTS ECONOMICO-SOCIAUX ....................................................................................... 21
3.1. La politique des prix .................................................................................................................. 21
3.1.3. Les causes structurelles ............................................................................................................ 1
[Link]. Les modalités d’une politique agricole ................................................................................ 2
[Link]. L’objectif d’autosuffisance alimentaire ............................................................................... 2
CHAPITRE IV : INTEGRATION DE L’AGRICULTUTRE A L’ECONOMIE MODERNE ................................ 2
1. LA REVOLUTION TECHNIQUE ET LA NAISSANCE DE LA CHAINE AGRO-INDUSTRIELLE ................ 2
1.1. En amont, l’agriculture dépend de l’industrie et de services ............................................... 2
1.2. En aval, la production est travaillée par les industries agroalimentaires (I.A.A.) ..................... 3
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2. L’ENCADREMENT DE L’AGRICULTURE DANS LE MONDE ............................................................... 3
1.- Le financement communautaire................................................................................................... 4
2.- L’organisation des marchés .......................................................................................................... 4
3.- La politique socio-structurelle ...................................................................................................... 5
2.- Dans les pays d’Afrique subsaharienne, les héritages coloniaux étaient plus lourds : .............. 7
CHAPITRE V. INTERVENTIONS DE L’ETAT SUR LES MARCHES AGRICOLES .......................................... 1
1. PROBLEMES AGRICOLES : JUSTIFICATION DE L’INTERVENTION DU
GOUVERNEMENT.......................................................................................................................... 1
1.1. Détérioration des termes de l’échange ................................................................................ 1
1.2. Instabilité des prix agricoles ................................................................................................. 1
I.3. Surcapacité ................................................................................................................................... 2
1.3. Externalités positives et négatives........................................................................................ 2
2. INTERVENTION SUR L’EQUILIBRE DE MARCHE ....................................................... 2
2.1. Prix planches ou prix minimum........................................................................................... 2
2.2. Prix limite ou prix plafond ................................................................................................... 5
2.3. Paiement compensatoire ....................................................................................................... 5
3. MESURES POUR STABILISER LES PRIX ......................................................................... 6
4. AUTRES INSTRUMENTS D’INTERVENTION .................................................................. 9
4.1. Soutient des revenus agricoles ............................................................................................... 9
4.2. La maitrise de la production .................................................................................................. 9
4.3. L’environnement et la gestion des ressources naturelles ..................................................... 9
4.4. Politiques de structure.......................................................................................................... 10
CHAPITRE VI : INTERACTION ENTRE L’AGRICULTURE ET L’ENVIRONNEMENT POUR LE
DEVELOPPEMENT .............................................................................................................................. 11
1. LES PLANS D’ACTION DE L’AGRICULTURE AU SERVICE DU
DEVELOPPEMENT ...................................................................................................................... 11
1.1. NOUVELLES OPPORTUNITES ET NOUVEAUX DEFIS........................................... 11
1. NOUVELLES OPPORTUNITES ......................................................................................................... 11
1.1.2. Nouveaux défis........................................................................................................................ 12
I.2. L’APPROCHE PROPOSEE ............................................................................................................. 13
1.1.1. Conditions préalables...................................................................................................... 13
2. LES PAYS A VOCATION AGRICOLE : ACCELERER LA CROISSANCE, REDUIRE
LA PAUVRETE ET GARANTIR LA SECURITE ALIMENTAIRE ....................................... 14
CARACTERISTIQUES STRUCTURELLES DES PAYS A VOCATION AGRICOLE ........................................ 15
. Des conditions locales diverses. ...................................................................................................... 15
Les pays de petite taille et sans accès à la mer. ................................................................................ 15
La faible densité de population......................................................................................................... 15
Les ressources humaines. ................................................................................................................. 16
UN PROGRAMME TYPE POUR LES PAYS A VACATION AGRICOLE ..................................................... 16
1.1.1. Créer des marchés et chaines de valeur. ....................................................................... 16
Une plus forte productivité n’est pas possible sans qu’une attention urgente soit accordée à une
gestion plus adéquate des sols et des ressources en eau. ............................................................... 18
Développement des exportations agricoles. .................................................................................... 18
La Garantie des moyens d’existence et la sécurité alimentaire des agriculteurs de subsistance. ... 19
La mobilité de la main d’œuvre et le développement rural non agricole. ....................................... 20
2. LES PAYS EN MUTATION : REDUIRE LES DISPARITES ENTRE REVENUS
RURAUX ET URBAIN, AINSI QUE LA PAUVRETE. ............................................................. 21
CARACTERISTIQUES STRUCTURELLES DES PAYS EN MUTATION....................................................... 21
3.1.1. La Pression démographiques et diminution de la taille des exploitations ............................. 21
Agricoles. ........................................................................................................................................... 21
La raréfaction de l’eau. ..................................................................................................................... 21
Le retard de Certaines régions. ......................................................................................................... 22
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Economie politique des stratégies agricoles. .................................................................................... 22
UN PROGRAMME TYPE POUR LES PAYS EN MUTATION ................................................................... 22
3.2.1. De la révolution verte à la nouvelle agriculture...................................................................... 23
Rendre les systèmes intensifs plus durables..................................................................................... 24
Etendre la révolution verte aux régions retardataires...................................................................... 24
Le développement rural hors de l’exploitation agricole et relié à la ville......................................... 24
Les compétences nécessaires à une migration réussie. ................................................................... 24
Des filets sociaux pour les laissés pour comptent. ........................................................................... 25
LES PAYS URBANISES : CONNECTION LES PETITS PRODUCTEURS AUX NOUVEAUX MARCHES
ALIMENTAIRES ET PROCURER DES EMPLOIS BIEN REMUNERES. ..................................................... 25
Caractéristiques structurelles des pays urbanisés. ........................................................................... 25
4.1.1. La persistance des niveaux élevés de pauvreté rurale et d’inégalité. .................................... 26
Une mauvaise gouvernance. ............................................................................................................. 26
Un programme type pour les pays urbanisés. .................................................................................. 27
4.2.1. Elargir l’accès aux actifs pour la participation à la nouvelle agriculture.......................... 27
Améliorer les moyens d’existence dans l’agriculture de subsistance et fournir une assistance
sociale. .............................................................................................................................................. 27
Fournir des services environnementaux. .................................................................................... 28
Le développement territorial en vue de créer des emplois ruraux. ....................................... 28
5. FAISABILITE POLITIQUE, ADMINISTRATIVE ET FINANCIERE .......................................................... 28
5.1. Faisabilité politique .................................................................................................................... 29
5.2. Capacité administrative ............................................................................................................. 29
5.3. Faisabilité financière .................................................................................................................. 29
5.4. Identifier les dilemmes en matière de politique ........................................................................ 30
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