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ROYAUME DU MAROC
MINISTERE DE L`EDUCATION NATIONALE
ET DE LA JEUNESSE
AGRGATION D`CONOMIE ET GESTION
Option C : conomie et gestion commerciale
SESSION 2003
PREUVE D`TUDE DE CAS
Dure : 6 heures Coefficient : 3
CAS ROYAL AIR MAROC
Matriels et documents autoriss :
- calculatrice lectronique,
- tables financires.
AVERTISSEMENT
Si le texte du sujet, de ses questions ou de ses annexes, vous conduit a Iormuler une ou
plusieurs hypotheses, il vous est demande de la (ou les) mentionner explicitement dans votre
copie.
2
Agregation marocaine d`economie et gestion - Session 2003
Option C : Economie et gestion comptable et Iinanciere
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ANNEXE 3.2 : Challenges n 184 du 5/09/02
La verite sur. le surbooking a Air France
La compagnie aerienne, comme ses concurrentes, vend plus de places que de sieges disponibles sur
ses vols. Un risque commercial bien calcule.
Deja, ils s`imaginaient sur les rives du lac Michigan. Ce lundi matin, les passagers qui se pressaient
devant le comptoir d`enregistrement Air France a Roissy pensaient embarquer sur le vol AF 050 a
destination de Chicago. Ils auraient d se meIier : a peine s`engageaient-ils dans la Iile d`attente
qu`une htesse leur proposait de diIIerer leur depart, moyennant des indemnites de dedommagement.
Au comptoir, enIin, la phrase etait lchee : Surbooking. Lavion est complet. Jous tes sur la liste
dattente. StupeIaction et colere de la trentaine de recales. Comment est-ce possible ? Jai pave
plus de 1 800 mon billet en classe economique , s`etonne l`un. Jai une reservation dument
confirmee , s`etrangle un autre, tandis qu`un troisieme jure qu`il n`empruntera plus jamais les lignes
d`Air France. Incidents classiques, et a repetition, vecus cet ete.
Plus de places que de siges. Helas pour les passagers, toutes les compagnies aeriennes, y compris
celles qui s`en deIendent, pratiquent ce systeme. Surbooking, overbooking, sur-reservation,
qu`importe le terme employe. En clair, il s`agit d`oIIrir plus de places que de sieges disponibles dans
un avion. Temoin ce recent vol Los Angeles-Papeete (378 sieges), qui, a quarante-deux jours du
depart, est deja plein. Et on enregistre encore des reservations. Heureusement, car, bien vite, les
annulations pleuvent. 255 au cours des semaines suivantes. EnIin, le jour du depart, 80 personnes ne
se presentent pas. L`avion a decolle avec 50 sieges inoccupes.
Car le passager est changeant. Les reservations etant gratuites, sans condition, pour les billets a plein
tariI, il ne pense pas toujours a annuler. Sur les destinations nationales, un sur deux n`embarque pas
sur le vol reserve ou decide de ne pas se presenter le jour du depart. Pres de 20 des passagers
prevus deviennent ainsi des no-show (non-presentation lors du depart) en langage aerien, ce qui
signiIie qu`un avion ne pourrait jamais avoir un coeIIicient de remplissage de plus de 80 . Le
transport aerien est un secteur a marge faible, autour de 3 , quand tout va bien, rappelle Henri de
Peyrelongue, directeur du Revenue Management a Air France. Nous sommes donc dans lobligation
daller chercher la recette supplementaire partout ou cest possible. Rien nest pire que des sieges
vides. Cest une perte seche pour la compagnie aerienne. AIin d`eviter cet inconvenient, et donc
d`optimiser le remplissage des avions, 90 analystes sont specialises en revenue management. Chaque
analyste, qui connat parIaitement le secteur geographique dont il est responsable, etablit le proIil des
vols selon la destination, le jour de la semaine, l`heure de depart. A lui de prevoir, historique de la
ligne a l`appui, le remplissage des vols, semaine apres semaine, en Ionction des diIIerents
evenements qui peuvent intervenir. Que le Grand Prix de Monaco ait lieu le mme jour que la clture
du Festival de Cannes, et il y a Iort a parier que les vols au depart de Nice seront archi-bondes.
L`exercice, delicat, requiert savoir-Iaire, experience et bon sens. Mais il existe parIois des
imponderables, independants de ces belles previsions. Si Sabena ou Swissair, par exemple, deposent
leur bilan, les vols Air France, en particulier sur l`AIrique, enregistreront des reservations plus
nombreuses, qui, elles, ne se transIormeront pas en annulations. Sans parler des attentats du 11
septembre, qui ont desorganise le traIic, et introduit un biais dans les statistiques : desormais, les
reservations sont de plus en plus tardives.
Et puis, il y a les decisions risquees. Reprenons notre Roissy-Chicago. Ce jour-la, les responsables de
l`escale ont cru bon, plus de deux heures avant le depart, d`embarquer 36 passagers venant de
Madrid qui n`avaient pas reserve sur ce vol.
Comme les autres compagnies, Air France justiIie le surbooking avec des arguments sonnants et
trebuchants. Selon elle, le procede oIIre plus d`avantages que d`inconvenients pour les passagers.
Le svsteme facilite lacces aux vols les plus demandes dans des periodes de pointe, rappelle-t-on a
Air France. Il permet aussi de changer une grande souplesse. Enfin, grace a laugmentation du taux
doccupation 76,6 en 2001 -, les tarifs demeurent attractifs.
19
Consciente que les clients ne partagent pas cet avis, la direction generale de la compagnie nationale a
Iixe un objectiI pour cette annee : ne pas depasser les 8 passagers reIuses ils etaient 10 voila deux
ans pour 10 000 passagers embarques. Ce qui, en prenant pour base les 43,3 millions de voyageurs
de l`an dernier, represente pres de 35 000 personnes en 2001. Mais vous ave: quatre-vingt fois plus
de chances de voler que dtre debarque , minimise-t-on a Air France. Ainsi, sur 10 000 passagers,
660 trouvent une place grce au surbooking. Une etude du cabinet Mercer Management Consulting
demontre qu`on n`y compte pas plus d`incidents commerciaux que sur les autres compagnies
europeennes, et moins que sur les mafors americaines. Selon une enqute du Department oI
Transportation, il y aurait outre-Atlantique 20 a 35 passagers non embarques sur 10 000.
Reprer les candidats l`annulation. Les personnels au sol n`en sont pas pour autant rassures. Il
leur est propose des stages de Iormation aIin de les aider dans la gestion des passagers irascibles. Et
des reunions sont regulierement organisees avec quatre cadres du revenue management aIIectes a
cette tche. Mieux vaut eviter que ne se reproduisent les incidents de l`ete 2000 : exaspere par les
recriminations des passagers, le personnel de Roissy s`etait mis en greve. Depuis, il a appris a
detecter le candidat susceptible de diIIerer son vol. Jeune et seul le plus souvent. Plutot le sac a dos
que le sac Juitton , recommande le PDG d`Air France, Jean-Cyril Spinetta, qui a deIini le but a
atteindre : 50 de volontaires des cette annee, contre 17 seulement en 1999. Pour notre part,
nous depassons les 68 , se vante Thierry Antinori, vice-president des ventes de LuIthansa. Quant
aux compagnies americaines, rompues a ce genre d`exercice, elles atteignent des taux plus
importants. Il suffit dv mettre le prix , souligne Jacques Alonso, directeur du marketing
d`American Airlines Paris. Le volontariat rend tout le monde heureux, compagnie et passager ,
remarque Jean-Louis Barroux, PDG d`Air Promotion Group, une societe de representation de
compagnies aeriennes.
Encore Iaut-il que les volontaires soient assez nombreux. Mme avec des contreparties Iinancieres
(lire encadre), certains, les hommes d`aIIaires en particulier, ne se laissent pas aisement convaincre.
Rares sont ceux prts a aIIronter une compagnie aerienne devant les tribunaux. La cour d`appel de
Douai a condamne, en mai 2001, Air France a payer 2 000 Irancs de dommages-interts a une
plaignante. Marianne DeIenin, une avocate accompagnee de sa Iille, avait ete privee de vol entre
Bastia et Lille le 26 juillet 1997. Ce jour-la, 146 passagers s`etaient presentes pour. 104 places. Les
juges ont reconnu que la surreservation constitue bien un dol des lors que le transporteur se met
deliberement en situation de ne pas honorer ses obligations contractuelles. . Certes, si un jour les
reservations deviennent payantes, comme a la SNCF, le surbooking disparatra. Mais nulle
compagnie n`entend Iaire le premier pas. Francine Rivaud
A passager non embarque, indemnites
SELON LA CONVENTION DE 1991, tout passager non embarque sur un vol prevu a droit a une
indemnite compensatrice en cash, de 75 a 450 euros selon la classe, la distance et la duree du retard.
La somme est doublee s`il preIere disposer d`un avoir sur un prochain billet. S`ajoute le
remboursement des Irais d`htel, de restaurant ou de taxi. Le re-acheminement est assure, parIois
mme sur une compagnie concurrente. EnIin, une prime supplementaire (entre 35 et 150 euros, selon
la classe et la distance) est accordee a tout volontaire. Pour Air France et KLM, celle-ci reste acquise,
mme si le client decolle sur le vol prevu. Les compagnies americaines sont souvent plus
genereuses : il n`est pas rare qu`elles proposent d`emblee de 500 a 600 dollars pour un vol
transatlantique. Elles pratiquent aussi souvent le surclassement quel passager regulier de la classe
aIIaires reIuserait de goter aux joies de la premiere ? -, un moyen qu`Air France repugne a
employer. La Commission de Bruxelles entend alourdir le dedommagement actuel : il atteindrait de
750 a 1 500 euros. Pour parvenir a un accord entre le parlement europeen et les quinze pays de
l`Union, plusieurs mois seront sans doute necessaires. Mais que vaut un cheque, si important soit-il,
en cas de week-end en amoureux a Venise ecourte ?
20
Dossier 4 : Management stratgique
(annexes 4.1 4.5)
Vous disposez, en annexe 4.1, de la presentation de la strategie commerciale de la Royal Air Maroc.
Vous disposez egalement, en annexes 4.2 a 4.5, de documents relatiIs au marche aerien.
1ravail faire :
1) A l'aide de ces annexes et de vos connaissances, expliquez la stratgie utilise par la RAM et
apprciez sa pertinence sur le plan du diagnostic et des solutions proposes.
21
ANNEXE 4.1
STRATGIE COMMERCIALE (EXTRAIT DU RAPPORT 2001)
Dans le cadre de sa politique commerciale, la Royal Air Maroc s`est Iixe les priorites suivantes :
La consolidation de son activite en termes de traIic et de remplissage apres une Iorte
croissance enregistree en 2000 ;
La poursuite de l`amelioration de la recette unitaire moyennant une gestion optimale des
tariIs et des classes de reservation ;
L`extension du reseau a travers de nouveaux accords de partenariat ;
Le developpement des ventes dans les bureaux Royal Air Maroc
Le programme d`exploitation de la compagnie vise principalement la saturation de l`oIIre sur
les lignes moyen courrier a Iort potentiel et la poursuite de l`equilibre de Irequences par
rapport a la concurrence sur les axes europeens. Les changements structurels apportes a son
programme d`exploitation pour l`annee 2001 se resument en :
L`injection de la 4
eme
Irequence quotidienne Casablanca-Paris et de la 5
eme
Casablanca-
Bordeaux ainsi que la programmation de 10 Irequences Casablanca-Marseille et la
2
eme
Irequence Casablanca-Strasbourg.
La programmation des quotidiens partant de Casablanca vers respectivement Milan,
Amsterdam et FrancIort a partir de l`hiver 2001 ;
L`injection de la 4
eme
Irequence Casablanca-Barcelone et la 2
eme
sur Marrakech-Zurich ainsi
que de l`injection de la 7
eme
Irequence sur Casablanca-Geneve a partir
d`avril 2001 ;
L`eclatement de la ligne Casablanca-Bamako-Nouakchott en 2 lignes Casa-Bamako et Casa-
Nouakchott et l`eclatement de la ligne Casablanca-New York-Montreal en deux vols directs
Casa-Montreal et 4 sur Casablanca-New York.
Concernant les produits oIIerts par la compagnie, il y a lieu de signaler que l`activite du Call Center
(centre d`appel) a connu une Iorte croissance avec une evolution des appels de 160 ; 63 des
appels proviennent du Maroc et engendrent 40 des ventes alors que 31 des appels emanent de la
France et engendrent 60 des ventes. La compagnie compte developper davantage son Call Center
et prevoit la mise en place d`outils permettant de personnaliser la relation avec ses clients et accrotre
leur Iidelisation.
D`un autre cte, les clients du produit SaIar Flyer ont evolue de 27 , ceux du produit Gold ont
evolue de 25 et ceux de Silver de 34 . La progression enregistree par les clients du SaIar Flyer a
touche particulierement la categorie cadres ( 23 ), les Ionctions liberales ( 18 ) et les dirigeants
( 16 ).
Quant aux ventes sur Internet, elles ont double en 2001, par rapport a l`annee 2000 suite au
lancement d`oIIres promotionnelles sur le site.
En matiere de tariIs, la gestion optimale de ceux-ci a permis d`ameliorer la recette unitaire sur les
lignes regulieres de plus de 5 . L`evolution par reseau se presente comme suit :
reseaux evolution
France 1
Moyen Orient 9,3
Europe 3,7
AIrique 9,7
Amerique 8,6
22
S`agissant des accords commerciaux et des partenariats, la RAM a poursuivi sa politique de
conclusion d`alliances marketing initiee avec plusieurs partenaires (Delta Airlines, Air France, Iberia
et GulI air). Dans ce cadre, il y lieu de citer :
Le renIorcement de l`accord de code Share avec Air France ;
La readaptation de l`accord de Code Share conclu avec Iberia, a la suite du retrait des deux ATR en
vue de maintenir la presence de Royal Ai Maroc sur les axes
Malaga-Casablanca et Tanger-Madrid ;
La conclusion d`un accord de Code Share avec la compagnie Tunisair permettant a Royal Air Maroc
d`oIIrir un produit plus adapte en termes d`horaires.
La RAM a en outre investi plus de 50 millions de DH dans la production de ses divers marches. Ce
budget est reparti comme suit :
reseaux evolution
France 11 millions de DH
Interieur Maroc 6 millions de DH
Europe 16 millions de DH
AIrique Proche Orient 6 millions de DH ;
Amerique du Nord 12 millions de DH
Divers 14 millions de DH
EnIin sur le plan Iinancier, la compagnie a enregistre durant l`exercice 2001 un chiIIre d`aIIaires
hors taxe de 6 648,78 millions de DH en progression de 5,23 par rapport a l`exercice precedent. Le
chiIIre d`aIIaires passagers est de l`ordre de 5 445,73 millions de DH, celui du Iret est de 333,25
millions de DH et le chiIIre d`aIIaires hors transports est de 617,67 millions de DH.
23
ANNEXE 4.2
DESCRIPTION DU MARCHE AERIEN
1 - La drglementation des marchs ariens au cours des annes 1980-1990
En 1978, lorsque AlIred Kahn, le pere de la dereglementation aerienne, convainc le President Carter
des bienIaits de la liberalisation, il lui assure que la disparition des contrles tatillons de
l`administration sur les prix et les destinations permettra a de nouvelles compagnies de voir le jour.
Le renIorcement de la concurrence doit automatiquement Iaire baisser les prix.
( Source : Caroline Talbot, Le Monde, 31 mai 2000 )
L`Europe aerienne date du 1er avril 1997. Depuis cette date, les compagnies aeriennes europeennes
peuvent operer sur les routes interieures des autres Etats-membres. En outre, les compagnies
aeriennes peuvent appliquer n`importe quel tariI pour peu qu`il soit economiquement viable.
( Source : Franois Bostanavon, Le Monde, 7 octobre 1999 )
2 - Les stratgies des firmes ariennes dans un march concurrentiel
'Les compagnies aeriennes offrent des produits similaires. Dune classe affaires a une autre, les
differences sont minimes. Faute davoir le monopole dexploitation de tel avion, les compagnies ne
peuvent pas reellement se differencier par le produit a linverse dautres activites economiques. Des
lors, elles ne peuvent que se differencier par le prix.
Or, cette bataille par le prix est gnee par la structure des cots. 'Les equipements et les services
daeroports sont des marches oligopolistiques. Il nexiste que deux constructeurs, Airbus et Boeing,
qui vient de racheter Mc Donnell Douglas. Et pour atterrir a Paris, vous tes bien obliges de passer
par Aeroports de Paris '`, poursuit Franois Vellas. Sans oublier le prix du carburant qui est le
mme pour tous. Restent donc deux issues pour negocier ses cots puis ses prix a la baisse :
l`economie d`echelle et la compression des cots salariaux.
Toujours plus de capacites pour conquerir plus de marches : a ce jeu-la, la compagnie est d`autant
plus competitive qu`elle oIIre un reseau etendu avec un maximum de correspondances sur des
distances plus longues ( les Iortes consommations de carburants ont lieu au decollage et a
l`atterrissage ) et qu`elle obtient le meilleur coeIIicient de remplissage possible. Ces logiques de hub
( designe l`aeroport principal a partir duquel une compagnie Iait rayonner ses lignes ) et de vield
management ( logiciel d`anticipation qui calcule le meilleur taux de remplissage au meilleur prix )
supposent de lourds moyens Iinanciers, comme la mise en place de systeme inIormatique de
reservation ( Sir ) et des techniques de Iidelisation de la clientele. Les partenariats pour etendre le
reseau se multiplient, souvent sous la Iorme de code sharing : plus de 400 accords d`aIIichage et de
partage de vols ont ete conclus entre compagnies rivales.
L`autre piste consiste bien sr a s`attaquer a la masse salariale. Depuis 1990, les compagnies
aeriennes ont detruit 100 000 emplois aux Etats-Unis et 40 000 en Europe. Des suppressions qui
permettent de reembaucher dans des proportions et pour des salaires moindres. La precarisation
s`installe : Air Liberte, avant sa chute, employait un tiers de personnes en contrat a duree determinee
et les pilotes volaient le maximum d`heures autorisees, apres s`tre paye eux-mmes leur
qualiIication !
Au total, la plupart des observateurs pensent que trois ou quatre compagnies europeennes devraient
acquerir une taille suIIisante pour pretendre a un rle global sur le secteur : British Airways,
LuIthansa, Air France : quelques geants qui contrleraient les autres Europeens, le reseau long-
24
courrier des premiers etant alimente par le reseau interieur des seconds. Avec quelques niches pour
des acteurs plus ou moins independants : le charter ( Nouvelles Frontieres, via Corsair, est d`ailleurs
la seule compagnie Iranaise a engranger regulierement des beneIices ) ; les jonctions secondaires
delaissees par les gros transporteurs ( en oIIrant des petits avions aux prix Iorts sur des liaisons
directes, comme Air Littoral ) ; des vols a tres bas cots ( equipage minimum, vol a classe unique,
service rudimentaire, reservation directe et petit prix, comme Virgin Express ).
( Source : Franois Gueroult, Alternatives economiques, n 146, mars 1997 )
3 - Les consquences de la concurrence arienne
Depuis 1978, 100 petites compagnies ont ete creees, cinq seulement ont survecu, America West,
Midway, Frontier, Vanguard, Midwest Express. Et on peut reciter la longue liste des deIunts : People
Express, le champion du voyage bon marche, BraniII, National, Ozark, Pan Am, Eastern...
Les 'majors ( compagnies ayant un chiIIre d`aIIaires superieur a 1 milliard de dollars ) se sont
partage les restes. US Airways est le resultat de la Iusion de Piedmont, Allegheny et PaciIic
Southwest Airlines et le projet de Iusion United Airlines-Us Airways ampliIie la tendance. Durant les
annees 80, le ciel americain s`est singulierement degage. Pourtant les prix des billets ont baisse. 'Il v
avait moins de compagnies, mais plus de lignes explique A.Watterson. Dans les annees 70, 1,8
compagnie se disputait la mme destination ; aujourd`hui elles sont 2,6 et leurs tariIs s`en ressentent.
On estime que les consommateurs economisent 19,4 milliards de dollars par an. Durant la seule
decennie 90, les prix ont degringole de 25. Resultat : le nombre de passagers sur les vols interieurs
de 1990 a 1998 s`est accru de 38, a 369 millions d`adeptes.
Mais le bilan de la liberalisation souIIre quelque serieux revers. Outre les retards, les pannes et les
accidents, les petites villes echappent a la manne : 172 cites americaines qui ne generent pas assez de
traIic, ont perdu leur desserte. L`obligation de service public ayant disparu, les compagnies aeriennes
ont Iait leur valise. Dans les villes ou les acteurs exercent seuls, la tentation de revoir les prix a la
hausse est irresistible. Un parcours Atlanta-Boston de 1 600 km, Iortement concurrence, est oIIert
pour 178 dollars. Mais la ligne unique Delta Airlines reliant Atlanta a Colombus se paie 234 dollars
pour un parcours de...190 kilometres.
( Source : Caroline Talbot, Le Monde, 31 mai 2000 )
25
ANNEXE 4.3 : Transport aerien : la crise a eu raison des plus Iaibles
Le transport aerien a essuye, on s'en doute, les consequences les plus immediates des attentats du 11
septembre aux Etats-Unis. Mais, un an apres, les compagnies aeriennes n'en Iinissent pas de subir les
sequelles d'une crise proIonde. De Iait, la situation ne se redresse que lentement et le paysage aerien
en est durablement transIorme.
Avant le 11 septembre, le transport aerien n'allait pas tres bien en raison du ralentissement de la
croissance americaine. Les attentats ont porte un coup terrible a ce secteur economique et certains ne
s'en sont pas releves. Un an apres, la vague de Iond Iait encore des victimes : dernier exemple en date
la compagnie americaine United Airlines qui pourrait deposer son bilan dans les prochaines
semaines.
Fin septembre 2001, l'Association internationale du transport aerien (IATA) evaluait a 50 le recul
du traIic passagers dans le monde depuis le 11 septembre. Par la suite, la Irequentation a repris mais
moderement. Les passagers aIIaires sont en diminution car depuis septembre 2001 l'economie
mondiale tourne au ralenti et la situation diplomatique internationale au Proche-Orient n'arrange rien.
Quant au transport de tourisme, il a connu le contrecoup de la phobie de nombreux voyageurs en
depit du renIorcement des regles de securite dans les aeroports. Selon l'Organisation mondiale du
tourisme (OMT) beaucoup de voyageurs ont opte cette annee pour le tourisme de proximite
accessible en voiture ou en train, aussi bien sur le continent americain qu'en Europe.
Les consequences economiques et sociales sur le secteur du transport aerien ne se sont pas Iait
attendre aux Etats-Unis. Dans les quelques semaines qui ont suivi les attentats de New York et
Washington l'ensemble des compagnies aeriennes americaines ont licencie ou mis au chmage
technique plus de 80 000 salaries, aIin de Iaire Iace au plus presse.
Mais les repercussions de la crise se Iont encore sentir et les compagnies aeriennes alignent plan de
restructuration sur plan de reduction des cots. US Airways a ete mise, mi-aot, en redressement
judiciaire. American Airlines, premiere compagnie aerienne mondiale, vient d'annoncer 7000
nouvelles suppressions d'emplois et United Airlines, deuxieme compagnie americaine, pourrait
deposer prochainement son bilan. Dans le mme temps les transporteurs tentent de resister en
concluant des alliances et des regroupements commerciaux, en pratiquant une politique tariIaire
attractive aIin de repondre a la concurrence plus rude desormais des compagnies a bas prix qui ont
beaucoup mieux passe la vague que les compagnies traditionnelles. En Europe aussi, les attentats de
septembre 2001 ont eu des consequences rapides : un millier de licenciements chez SAS, la
compagnie scandinave, 2500 chez Alitalia et 7000 a British Airways. Mais surtout, la compagnie
Swissair a reu le coup de grce et a ete liquidee Iin octobre entranant dans sa chute la Belge Sabena
dont Swissair detenait 49,5 du capital et d'enormes diIIicultes pour la compagnie Iranaise Air Lib
que Swissair devait contribuer a redresser. Dans cette conjoncture, l'agonie de la panaIricaine Air
AIrique est passee quasi inaperue. On compte qu'au total le secteur aerien, compagnies et sous-
traitants, a perdu 200 000 emplois dans le monde depuis un an.
La compagnie Air France est un exemple de la reaction des compagnies europeennes au seisme du
11 septembre. Des le 18 septembre Air France a reduit ses capacites et anticipe la sortie de sa Ilotte
d'un certain nombre d'appareils aIin d'ajuster l'oIIre a une demande en baisse sensible. D'autre part, le
reseau a ete redeploye du Moyen-Orient et des Etats-Unis ou l'oIIre a ete reduite de plus du quart
vers des regions moins exposees a la crise comme l'AIrique, les Carabes et l'Ocean indien. AIin de
matriser les cots, dont une augmentation d'environ 60 millions d'euros liee au renIorcement de la
securite et aux hausses des assurances, les investissements ont ete revus a la baisse et les depenses
courantes resserrees. D'autres compagnies comme LuIthansa ou British Airways ont resolument
lance la guerre des tariIs, jusqu'a 80 pour British Airways sur l'Allemagne, l'Autriche ou la Suisse.
Finalement les compagnies a bas prix semblent les seules a tirer leur epingle du jeu. Aux Etats-Unis
leur part de marche pourrait passer de 20 a pres de 30 tandis qu'en Europe elles pourraient
conquerir 25 des passagers contre 5 aujourd'hui.
05/09/2002 - Francine Quentin
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ANNEXE 4.4
Les cinq cles de la bataille du ciel, issus de la dereglementation americaine, les mots pour
comprendre l`economie du secteur aerien.
HUB Litteralement moyeu d`une roue. Designe l`aeroport principal a partir duquel une compagnie
Iait rayonner ses lignes. La production aerienne a pour speciIicite de ne pas tre stockable : un siege
vide est une recette perdue. D`ou la recherche du meilleur taux de remplissage possible. Le hub y
contribuant Iortement car on remplace les liaisons directes par des liaisons avec correspondance dans
le hub. En ajoutant aux passagers point a point (de chaque ville du hub) des passagers avec
correspondance (des villes entre elles via le hub), on utilise au mieux les capacites des avions, tout en
supprimant les liaisons directes entre les villes. Chaque grande compagnie possede son hub.
SLOTS Creneaux d`horaires de decollage et d`atterrissage. C`est l`enjeu strategique. Pour que le hub
Ionctionne il Iaut tre en mesure d`oIIrir le plus de correspondances possibles avec la plus grande
Irequence possible donc contrler le maximum de slots jusqu`a la saturation (cas de la plupart des
aeroports europeens). Une Iois le slot acquis, il n`est pas redistribue tant qu`il est exploite : c`est une
barriere considerable a l`entree sur le marche et les compagnies les plus anciennes beneIicient, de
Iait, de veritables rentes de situation.
CODE SHARING . Accord d`aIIichage et de partage du vol. Permet de nourrir le hub par des
correspondances plus lointaines. En octobre 1993, LuIthansa et United Airlines ont signe un tel
partenariat, la compagnie allemande assure la premiere partie du trajet, l`entreprise americaine la
seconde partie. Le passager n`a qu`un seul billet et n`enregistre qu`une Iois son bagage. L`avantage
est clair : un plus grand nombre de destinations et d`horaires, un reseau mondial, un programme
commun de Iidelisation., tout en gardant son autonomie. Ardemment souhaites, ces accords sont
aussi diIIiciles a conclure.
Le SIR. Systeme inIormatique de reservation. C`est la Iace visible du yield management : le SIR
permet aux agences de voyage de disposer de l`oIIre de toutes les compagnies associees au Sir, en
temps reel et sur un seul terminal. Sachant que 70 des ventes sont realisees a partir de la premiere
page aIIichee, on comprend la tentation des compagnies de Iaire pression sur les agences pour
apparatre a la meilleure place.
YIELD MANAGEMENT. Gestion optimisee des recettes. Ce logiciel d`anticipation et de
planiIication permet le meilleur taux de remplissage au meilleur prix. L`ordinateur, qui a en memoire
les series historiques et les previsions de traIic, veriIie plusieurs Iois par jour le niveau des
reservations : si le niveau est eleve, on reduit le nombre de billets bon marche ; s`il est Iaible, c`est
l`inverse. Les parcours longs avec correspondance sont privilegies (mieux vaut un Paris-Londres
demi-tariI s`il est suivi d`un Londres-New York plein tariI.) L`aIIaire se complique avec le
phenomene du surbooking : ces voyageurs qui n`embarquent pas et qui n`ont pas annule leur
reservation. Du coup, un vol doit en moyenne se vendre deux Iois pour obtenir un remplissage
satisIaisant ! D`ou des calculs tres complexes et au jour le jour, un billet qui change de prix (pour un
service identique).
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ANNEXE 4.5 : La RAM envisage le pire mais prepare la reprise
L`impact des attentats de New York sur le traIic aerien a accentue la situation deIicitaire de Royal
Air Maroc. Reactions a chaud du president de la compagnie.
C`est un constat plutt alarmant que dresse Mohamed Berrada, president de la RAM, suite aux
attentats du 11 septembre. En eIIet, la compagnie qui enregistre, depuis l`annee 2000, un
accroissement important de ses charges entranant l`apparition de deIicits, vient de subir, a l`instar de
toutes les compagnies aeriennes, une diminution de son activite, notamment en direction des Etats-
Unis et du Canada.
Le transporteur estime la chute de son traIic a 10 depuis le 11 septembre. Et pour les trois a quatre
prochains mois, le recul de l`activite pourrait atteindre les 20, aussi bien pour les vols reguliers que
pour les charters, selon ses estimations au 25 septembre. Cependant, le president de la compagnie
envisage l`avenir avec philosophie. Les crises ont toujours des eIIets beneIiques. Elles nous
permettront de mettre en place les mesures structurelles pour la compagnie, souligne-t-il.
Mohamed Berrada nous apporte, en exclusivite, des eclairages sur la situation.
La Vie conomique : Royal Air Maroc traverse une crise depuis les vnements de New York et
de Washigton. Comment comptez-vous rduire les charges de la compagnie ?
Mohamed Berrada : L`une des premieres mesures que j`ai prises a ete d`instituer un comite de
crise. Celui-ci a pour mission d`evaluer les retombees de la crise actuelle sur la compagnie, de
preparer un plan d`action comportant des mesures d`urgence a prendre immediatement et d`autres,
complementaires, a mettre en place a moyen terme et enIin d`inIormer le personnel de l`entreprise et
les medias sur l`evolution de la situation de la compagnie. Mais d`ores et deja, les mesures qui seront
prises concernent plusieurs domaines et je citerai principalement :
- l`oIIre en capacite que nous devons moduler en Ionction des variations du traIic ;
- la readaptation de la Ilotte par le retrait des avions les moins perIormants ;
- la reduction de nos depenses de Ionctionnement. Nous devons absolument degager des
economies ;
- la rationalisation de la gestion des ressources humaines de la compagnie. A ce titre, nous avons
decide de geler les recrutements et de deIinir un plan de redeploiement du personnel accompagne
d`un programme de Iormation et de developpement des competences.
A cte de ces mesures, nous allons egalement revoir notre plan de livraison des avions.
1ustement, vous comptez ramnager le plan d`acquisition des 26 avions commands. Pouvez-
vous nous en dire plus ?
Les contrats que la RAM a etablis avec les constructeurs comportent une clause donnant a la
compagnie la possibilite d`avancer ou de retarder l`echeancier previsionnel de livraison des avions. Il
y a donc une Ilexibilite a ce niveau. Ce que je peux vous dire, tout de suite, c`est que les livraisons
prevues en 2002, a savoir deux B737 et deux B767 seront maintenues. Pour le reste des avions
prevus dans notre plan de Ilotte, la compagnie va entrer en negociation avec les constructeurs pour
revoir l`echeancier, sachant qu`elle a toujours la possibilite de reaccelerer le rythme de livraison en
cas de reprise de l`activite.
L`exercice actuel 2000-2001 de la compagnie se termine en octobre. Quelles estimations faites-
vous des rsultats ?
Ce que je peux vous dire c`est qu`a aujourd`hui, nous enregistrons une evolution de 5 de notre
chiIIre d`aIIaires depuis le debut de l`exercice en cours, c`est-a-dire depuis novembre 2000. Les
resultats ne seront arrtes qu`a Iin octobre et leur niveau dependra de l`evolution de la conjoncture
internationale d`ici a cette date. Une chose est sre, il n`y aura pas de beneIices. Nous devrons
terminer l`exercice avec un resultat de l`ordre de -100 millions de dirhams et peut-tre mme plus.
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Pour le prochain exercice 2001-2002, vous prvoyez une diminution du C.A de plus d`un
milliard de dirhams. De combien comptez vous attnuer ces estimations avec le plan de crise
lanc ?
Ce sont des estimations qui sont sujettes a variation en Ionction des developpements a venir. La
conjoncture devrait nous Iaire perdre quelque 800 a 900 millions de dirhams durant le prochain
exercice. Avec le plan de crise, nous devrions attenuer les pertes de 300 a 400 millions de dirhams.
Mais je le repete encore, tout cela est conditionne. Ce sont des estimations basees sur les hypotheses
actuelles. Tout dependra de l`evolution des evenements.
Les attentats amricains ont paralys le trafic entre Casablanca et New-York / Montral
pendant plusieurs jours. A combien estimez-vous le manque gagner de ces journes de no-
show ?
Comme vous le savez, suite a la Iermeture de l`espace aerien americain a toutes les compagnies
aeriennes, Royal Air Maroc a annule 3 vols. Le manque a gagner, en termes de recettes, se chiIIre a
pres de 5 millions de dirhams. A cela, il Iaut ajouter les Irais de prise en charge des passagers qui se
montent a 600.000 dirhams environ.
La RAM compte dvelopper davantage son ple htelier. Pourquoi ?
La crise que traverse le secteur du transport aerien est necessairement conjoncturelle. La strategie
hteliere de la compagnie, s`appuyant sur un ple touristique Iort, s`inscrit dans le moyen et long
terme. Pour moi, la compagnie aerienne nationale ne doit pas se conIiner dans son metier de base qui
est le transport. Il y a deux roues accompagnatrices importantes qui doivent tirer le metier de base:
c`est, d`un cte, le ple touristique et, de l`autre, le ple industriel. Pour l`htellerie, il Iaut savoir
qu`a chaque Iois que nous construisons un htel de 400 chambres qui nous coterait 200 millions de
dirhams, cela nous permet de remplir un avion toute l`annee.
Nous n`allons pas investir seuls, nous comptons nous associer avec des tours-operateurs
internationaux qui travaillent beaucoup avec le Maroc mais qui n`y ont pas encore investi.
O en est le projet de dveloppement d`une compagnie charter ?
Comme vous le savez, la grande ambition du Maroc est d`atteindre 10 millions de touristes en 2010,
conIormement aux Hautes orientations royales. Pour servir cette ambition, il y a la place non
seulement pour une mais pour plusieurs compagnies charters marocaines, a l`instar de ce qui s`est
passe dans certains pays touristiques comme la Turquie, l`Espagne ou le Portugal.
La question que nous nous posons maintenant c`est : Iaut-il individualiser l`activite charter au sein de
la compagnie ou Iaut-il creer une societe a part appartenant soit a 100 a la RAM, soit a la
compagnie avec d`autres tours-operateurs internationaux qui peuvent nous tre d`un grand apport.
Nous etudions la meilleure Iormule. Royal Air Maroc, dans le cadre de la restructuration de ses
metiers, peut jouer le rle d`operateur de reIerence dans ce secteur porteur de l`economie nationale.
Ne craignez-vous pas que votre stratgie de redploiement du personnel cre, de nouveau, un
mouvement social au sein de la compagnie ?
Vous avez suivi l`actualite mondiale : toutes les compagnies aeriennes procedent a des
licenciements. C`est la seule maniere pour pouvoir survivre. J`ai explique a tous nos partenaires
sociaux qu`il n`est pas question de licencier qui que ce soit. Il y a aura, par contre, un redeploiement
du personnel vers des activites ou il y a des besoins. Cela va nous permettre de rationaliser la gestion
de nos ressources humaines par des modules de Iormation. Il Iaut donc tre bien clair, nous ne
licencierons pas, nous redeploierons et nous ne recruterons pas, en dehors de quelques proIils pointus
essentiels qui s`inscrivent dans la politique d`aujourd`hui.
J`ai rencontre chez mes partenaires sociaux de la comprehension et de l`amour pour cette entreprise.
C`est ce qui permettra a cette compagnie de survivre et de gagner.
Entretien ralis par Ahlam 1ebbar La vie conomique du 4/1 21