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Introduction à l'optique ondulatoire

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Optique ondulatoire

Lycée Marcelin Berthelot


MP* - 2010/2011

Table des matières
1 Modèle scalaire de la lumière 5
1.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Nature de la vibration lumineuse . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2.1 Phénomène d'interférence . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.2 Nature ondulatoire de la lumière . . . . . . . . . . . . 8
1.2.3 Identication de la lumière à une onde électromagnétique 11
1.2.4 Conditions pour se limiter à un modèle scalaire . . . . 11
1.2.5 Capteurs lumineux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.3 Propagation le long d'un rayon lumineux . . . . . . . . . . . . 14
1.3.1 Propagation dans un milieu transparent . . . . . . . . 14
1.3.2 Indice lumineux. Notion de chemin optique . . . . . . 15
1.4 Surface d'onde ; théorème de Malus . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.4.1 Surface d'onde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.4.2 Théorème de Malus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.4.3 Ondes planes et quasi-planes . . . . . . . . . . . . . . 19
1.5 S'il ne fallait retenir que cela . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.6 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23

2 Interférences lumineuses à deux ondes 25


2.1 Etude générale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.1.1 Interférences d'ondes à la surface d'un bassin . . . . . 25
2.1.2 Interférences d'ondes sonores . . . . . . . . . . . . . . 27
2.1.3 Interférences d'ondes lumineuses. Cohérence . . . . . . 29
2.1.4 Les deux types d'interféromètres . . . . . . . . . . . . 34
2.2 Cas de deux ondes totalement cohérentes . . . . . . . . . . . . 36
2.2.1 Expression de l'éclairement . . . . . . . . . . . . . . . 36
2.2.2 Franges d'interférence . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
2.2.3 Visibilité de la gure d'interférence . . . . . . . . . . . 38
2.2.4 Cas d'un écran placé parallèlement aux sources sec-
ondaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
2.2.5 Cas d'un écran placé perpendiculairement aux sources
secondaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
2.2.6 Validité des développements limités . . . . . . . . . . . 47

3
4 TABLE DES MATIÈRES

2.3 Inuence d'un manque de cohérence temporelle . . . . . . . . 48


2.3.1 Prol spectral d'une source . . . . . . . . . . . . . . . 48
2.3.2 Cas d'un doublet spectral . . . . . . . . . . . . . . . . 49
2.3.3 Prol spectral rectangulaire : modélisation d'une raie . 52
2.3.4 Condition pratique de cohérence temporelle d'une source 56
2.4 S'il ne fallait retenir que cela . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
2.5 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58

3 Exemples d'interféromètres 63
3.1 Les miroirs de Fresnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
3.1.1 Description . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
3.1.2 Figure d'interférence en lumière spatialement cohérente 65
3.1.3 Inuence d'un manque de cohérence spatiale . . . . . . 67
3.2 Le miroir de Llyod . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
3.2.1 Description . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
3.2.2 Figure d'interférence en lumière spatialement cohérente 73
3.2.3 Inuence d'un manque de cohérence spatiale de la source
primaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
3.3 L'interféromètre de Michelson . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
3.3.1 Présentation de l'appareil . . . . . . . . . . . . . . . . 77
3.3.2 Figures d'interférence en lumière spatialement cohérente 78
3.3.3 Inuence d'un manque de cohérence spatiale de la source 83
3.4 S'il ne fallait retenir que cela . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
3.5 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91

4 Interféromètre de Michelson : aspect expérimental 93


4.1 Présentation de l'appareil . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
4.1.1 Disposition générale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
4.1.2 Séparatrice et compensatrice . . . . . . . . . . . . . . 94
4.1.3 Positionnement des miroirs . . . . . . . . . . . . . . . 95
4.1.4 Contraintes de fabrication . . . . . . . . . . . . . . . . 96
4.2 Réglage de l'interféromètre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
4.2.1 Réglage de l'ensemble séparatrice-compensatrice . . . 97
4.2.2 Réglage des miroirs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
4.2.3 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
4.3 Etude des anneaux d'égale inclinaison . . . . . . . . . . . . . 103
4.3.1 Inuence de la cohérence spatiale de la source . . . . . 104
4.3.2 Détermination des caractéristiques d'un doublet . . . . 105
4.4 Etude des franges du coin d'air . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
4.4.1 Inuence de la cohérence spatiale de la source . . . . . 107
4.4.2 Inuence de la rotation d'un miroir . . . . . . . . . . . 109
4.4.3 Utilisation pratique d'une source spatialement étendue 109
4.4.4 Franges en lumière blanche . . . . . . . . . . . . . . . 109
4.5 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
TABLE DES MATIÈRES 5

5 Diraction à l'inni 113


5.1 Phénomène de diraction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113
5.2 Principe d'Huyghens-Fresnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
5.2.1 Enoncé et formulation du principe . . . . . . . . . . . 115
5.2.2 Application au cas des ondes lumineuses . . . . . . . . 118
5.2.3 Diraction à l'inni et diraction à distance nie . . . 120
5.2.4 Montage permettant l'observation de la diraction à
l'inni . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
5.3 Diraction à l'inni par une ouverture parfaitement transpar-
ente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125
5.3.1 Diraction par une ouverture rectangulaire . . . . . . 125
5.3.2 Diraction par une ouverture circulaire . . . . . . . . . 130
5.4 Diraction à l'inni par un objet quelconque . . . . . . . . . . 131
5.4.1 Transmittance d'un écran . . . . . . . . . . . . . . . . 131
5.4.2 Figure de diraction et transformée de Fourier . . . . 134
5.4.3 Inuence d'une transformation géométrique de la trans-
mittance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137
5.4.4 Théorème des écrans complémentaires . . . . . . . . . 140
5.5 Rôle de la diraction à l'inni dans la formation des images . 141
5.5.1 Projection de image d'un objet à l'aide d'une lentille . 141
5.5.2 Limite de résolution d'un instrument . . . . . . . . . . 141
5.6 Diraction à l'inni par deux ouvertures identiques : trous
d'Young . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146
5.6.1 Fentes d'young éclairées par une source ponctuelle à
l'inni . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146
5.6.2 Inuence d'un manque de cohérence spatiale de la source149
6 TABLE DES MATIÈRES
Chapitre 1

Modèle scalaire de la lumière


1.1 Introduction
L'optique géométrique, que l'on peut dénir comme l'étude de la propa-
gation des rayons lumineux, peut se construire à partir de quelques postulats
simples. Sans vouloir être exhaustif, on peut citer l'existence et l'indépen-
dance des rayons lumineux ainsi que les lois de Snell-Descartes. Ces principes
de base permettent d'élaborer des modèles qui rendent assez bien compte
d'un grand nombre de réalités expérimentales.
Cette démarche n'est malheureusement pas complètement satisfaisante,
et ceci pour au moins deux raisons :
 d'une part, elle n'explique pas ce qu'est réellement la lumière, c'est-
à-dire qu'elle ne permet pas d'incorporer les phénomènes lumineux à
l'intérieur d'une théorie physique plus générale comme la mécanique
ou l'électromagnétisme,
 d'autre part, elle ne donne pas de modèles satisfaisants permettant
d'expliquer l'existence des phénomènes d'interférences et de diraction.
C'est l'objet de l'optique ondulatoire que de répondre à ces questions. Ce
chapitre va expliquer pourquoi on peut assimiler la lumière à la propagation
d'un champ électromagnétique, puis à quelles conditions ce champ vectoriel
pourra se réduire à une vibration scalaire. Enn, il donnera quelques outils
simples permettant de préparer l'étude des interférences lumineuses.

1.2 Nature de la vibration lumineuse


C'est essentiellement l'étude du phénomène d'interférence qui va nous
conduire à identier la lumière à une onde électromagnétique. Aussi commencerons-
nous par en rappeler quelques caractéristiques élémentaires.

7
8 CHAPITRE 1. MODÈLE SCALAIRE DE LA LUMIÈRE

2 ondes en phase

2 ondes en opposition

Figure 1.1  Phénomène d'interférence

1.2.1 Phénomène d'interférence


Lorsque deux ondes se superposent dans un milieu linéaire 1 , elles s'ad-
ditionnent au sens mathématique du terme. Le résultat de cette addition
peut être un accroissement de l'amplitude si les deux ondes sont en phase ou
une diminution si les deux ondes sont en opposition (Figure 1.1). Ce com-
portement, caractéristique des phénomènes ondulatoires, est à la base du
phénomène d'interférence.

Figure 1.2  Interférences sur une cuve à ondes. Figure de gauche : simula-
tion ; Figure de droite : Expérience réelle

Une des situations les plus simples permettant l'observation d'interférences


est obtenue en produisant deux systèmes d'ondes circulaires à la surface d'un
bassin rempli d'eau (cuve à ondes - Figure 1.2). On dispose en O1 et en O2
(Figure 1.3) deux dispositifs générant des ondes périodiques de fréquence et
d'amplitude identiques. Généralement, ces deux dispositifs vibrent en phase
de sorte que lorsqu'une vague quitte O1 , une autre quitte O2 au même in-
stant. Lorsque l'on observe le dispositif en fonctionnement, on constate que
1. Dans un milieu linéaire, si une cause A1 crée un eet B1 et une cause A2 un eet
B2 , alors la cause A1 + A2 crée l'eet B1 + B2 . La plupart des milieux sont linéaires tant
que les causes ne sont pas trop importantes : par exemple, les vagues à la surface de l'eau
se supperposent jusqu'au moment où elles nissent par déferler.
1.2. NATURE DE LA VIBRATION LUMINEUSE 9

les déplacements de la surface n'ont pas la même amplitude sur l'ensemble


du bassin. Plus précisément, il existe des lignes (représentées en pointillé sur
la gure 1.3) où cette amplitude est maximale. Inversement, à mi-chemin
entre chacune de ces lignes, l'amplitude est minimale.

O2

O1

Figure 1.3  Interférences sur une cuve à ondes.

Lorsqu'on éclaire ce dispositif avec un stroboscope, on parvient à simuler


un déplacement très lent des ondes circulaires issues de chacune des sources
O1 et O2 . On peut alors facilement constater que :
 Les lignes pointillées d'amplitude maximale correspondent aux zones
de la surface où les crêtes des vagues se rencontrent. Sur ces lignes, il
y a addition d'ondes en phase.
 Les zones d'amplitude minimale correspondent aux endroits où la crête
d'une vague provenant de O1 rencontre le creux d'une vague provenant
de O2 (ou inversement). Il y a alors addition d'ondes en opposition de
phase.
Si on regarde attentivement la gure 1.3, il apparaît que sur la ligne
O1 O2 , la distance d séparant deux lignes voisines d'amplitude maximale est
égale à la moitié de la distance séparant deux vagues successives quittant
une des sources. Cette distance entre deux vagues étant la longueur d'onde
λ, on a là un moyen simple de mesurer cette caractéristique. Si on connaît
la fréquence ν à laquelle les vagues sont produites, on en déduira facilement
la célérité c de propagation :

c = λν (1.1)

L'observation d'un phénomène d'interférences permet généralement de


mesurer la longueur d'onde associée à la vibration.
10 CHAPITRE 1. MODÈLE SCALAIRE DE LA LUMIÈRE

1.2.2 Nature ondulatoire de la lumière


Pour mettre en évidence des interférences lumineuses, on peut utiliser
l'interféromètre de Michelson (Figure 1.4). Celui-ci est essentiellement con-
stitué de deux miroirs M1 et M2 dont les axes Ox et Oy sont ici orthogonaux.
G est une lame semi-rééchissante, S une source lumineuse, par exemple une
lampe à vapeur de sodium. L est une lentille de grande focale (par exemple
1m) et E un écran placé dans le plan focal image de L. On se propose de
réaliser les manipulations suivantes :
y y

M2 M2
E

M1 M1

C
B

S A x S A x

F F

G G

L G L D

E E
P P

Cache devant M1 Cache devant M2

 Dans un premier temps, on éclaire l'interféromètre en disposant un


cache devant le miroir M1 . On observe alors sur l'écran un éclairement
uniforme, correspondant simplement à un faisceau lumineux provenant
de la source et se rééchissant sur G puis sur M2 . Un rayon correspon-
dant à ce faisceau est par exemple SAEFGP.
 On déplace ensuite le cache en le portant devant le miroir M2 . On
observe de nouveau un éclairement uniforme de l'écran, d'intensité
sensiblement identique à la précédente. Le faisceau responsable de
cet éclairement provient de la source, se rééchit sur M1 puis sur G.
SABCDP est un de ses rayons constitutifs.
 Enn, on retire complètement le cache. La lame G étant semi-rééchissante,
les deux miroirs sont maintenant éclairés de manière semblable. Suiv-
ant les lois de l'optique géométrique (indépendance des rayons lu-
mineux), on devrait de nouveau obtenir un éclairement uniforme sur
l'écran (éclairement uniforme + éclairement uniforme = éclairement
1.2. NATURE DE LA VIBRATION LUMINEUSE 11

M2
E

M1

C
B

S A x

L G D

E
P

Sans cache

Figure 1.4  Interféromètre de Michelson

uniforme). En général, il n'en est rien. On obtient une série d'anneaux


concentriques, alternativement sombres et brillants, comme sur la g-
ure 1.5.
Les anneaux sombres correspondent à une intensité lumineuse très faible.
Si la lumière est bien monochromatique, cette intensité est quasi nulle. Cette
réalité expérimentale pourrait donc se résumer ainsi :

lumière + lumière = obscurité

ce qui est, bien évidemment, inexplicable avec les seules lois de l'optique
géométrique. Le phénomène se comprend en revanche parfaitement si l'on
attribue au phénomène lumineux un caractère ondulatoire. Dans cette hy-
pothèse, lorsque les deux miroirs sont éclairés, un point P de l'écran corre-
spond à la superposition de deux ondes ayant parcouru, depuis leur sépara-
tion en A, des chemins diérents (ABCDP et AEFGP). Ces deux ondes sont
donc en général de même amplitude mais déphasées. Lorsqu'elles se super-
posent en étant en opposition de phase, l'amplitude de l'onde résultante est
nulle : il n'y a plus d'eet lumineux sur l'écran.
On peut reprendre un raisonnement analogue pour tous les cas où des
interférences lumineuses sont observables ce qui conduit à armer que 2 :
2. Les physiciens ont longtemps pensé que la nature ondulatoire de la lumière, prou-
vée par l'existence des phénomènes d'interférences et de diraction, excluait un aspect
corpusculaire (photon). On sait aujourd'hui qu'il n'en est rien.
12 CHAPITRE 1. MODÈLE SCALAIRE DE LA LUMIÈRE

Figure 1.5  Anneaux de la lame d'air sur l'interféromètre de Michelson

La lumière correspond à un phénomène physique de nature ondulatoire.

On doit donc lui associer les caractéristiques typiquement ondulatoires


que sont :
 Vitesse de phase, vitesse de groupe
 Longueur d'onde, vecteur d'onde
Comme pour les ondes mécaniques à la surface de l'eau, l'analyse des phénomènes
d'interférences lumineuses permet de donner une mesure des longueurs d'onde
correspondantes. A cette occasion, on peut constater qu'il y a un lien direct
entre la longueur d'onde et la couleur telle qu'elle est perçue par l'÷il humain.
Longueur d'onde dans l'air Couleur perçue

390 nm ............................. limite dans le violet


≈ 450 nm ......................... bleu
≈ 550 nm ......................... vert
≈ 580 nm ......................... jaune
≈ 630 nm ......................... rouge
760 nm ............................. limite dans le rouge
On retiendra que la lumière visible correspond à une longueur d'onde dans
l'air de l'ordre de 0,5 µm.
On peut également, par des moyens totalement indépendants de la théorie
des interférences, mesurer la célérité de propagation d'une impulsion lu-
mineuse dans l'air. On trouve une valeur de l'ordre de 3.108 m.s−1 . Il en
résulte que les phénomènes lumineux correspondent à des fréquences ν = c/λ
de l'ordre de 6.1014 Hz.
La lumière est donc un phénomène correspondant à la vibration d'une
certaine grandeur. Il ne reste plus qu'à identier la nature physique de cette
dernière.
1.2. NATURE DE LA VIBRATION LUMINEUSE 13

1.2.3 Identication de la lumière à une onde électromagné-


tique
La théorie électromagnétique de Maxwell 3 conduit à la prédiction d'on-
des électromagnétiques se propageant dans le vide à la célérité :
1
c= √ ≈ 2, 997 9.108 m.s−1 (1.2)
0 µ0

Cette valeur concordante entre la célérité déduite des équations de Maxwell


et celle mesurée des phénomènes lumineux est un premier argument très im-
portant pour identier la lumière à une onde électromagnétique. Ce n'est pas
le seul. On sait, par exemple, créer des ondes électromagnétiques de manière
purement électrique de fréquence variant du domaine radio au domaine in-
frarouge et qui présentent les mêmes propriétés (interférences, diraction,
polarisation, réexion, réfraction, etc.) que les ondes lumineuses. Inverse-
ment, l'étude expérimentale de ces dernières montre que le champ électro-
magnétique y est transversal comme pour la plupart des ondes radio. On
admet donc aujourd'hui que :

Les ondes lumineuses sont des ondes électromagnétiques transversales.

La théorie électromagnétique permet de prévoir que l'énergie se propage


suivant les lignes de champ du vecteur de Poynting. Pour l'optique géométrique,
la propagation de l'énergie se fait le long des rayons lumineux. Il est donc
naturel de réunir les deux points de vue en armant que :

Les rayons lumineux sont les lignes de champ du vecteur de Poynting de


l'onde électromagnétique associée.

1.2.4 Conditions pour se limiter à un modèle scalaire


La lumière étant assimilée à un phénomène électromagnétique, tous ses
eets doivent pouvoir être décrits comme des conséquences des équations de
Maxwell 4 . On peut ainsi retrouver les lois de Snell - Descartes en étudiant la
3. La compréhension de cette partie suppose la connaissance du cours d'électromag-
nétisme.
4. La compréhension de cette partie suppose la connaissance du cours d'électromag-
nétisme.
14 CHAPITRE 1. MODÈLE SCALAIRE DE LA LUMIÈRE

réfraction et la réexion d'une onde électromagnétique à la surface de deux


milieux diélectriques.
En ce qui concerne les phénomènes d'interférences, la nature vectorielle
de la vibration lumineuse alourdit considérablement les calculs. Moyennant
le raisonnement suivant, nous allons voir que l'on peut les simplier en se
ramenant à une vibration de nature scalaire lorsque les rayons lumineux qui
se superposent sont peu inclinés les uns par rapport aux autres.
Imaginons que nous voulions réaliser des interférences avec deux ondes
électromagnétiques polarisées rectilignement. Dans la zone où l'on cherchera
à observer le phénomène, le champ électrique résultera de l'addition de celui
de chacune des deux ondes.
E1+ E2

E2 E2
E1 E1+ E2 E1+ E2 E1

E1

E1+ E2

E1 E2 E2

En phase En opposition ....... En phase En opposition

Figure 1.6  Polarisations parallèles (à gauche) ou orthogonales (à droite)

 Si les deux ondes ont la même direction de polarisation (Figure 1.6


dessin de gauche), le champ électrique résultant sera lui aussi polarisé
rectilignement. Si les deux ondes sont en phase, l'amplitude de ses
variations sera maximale, si elles sont en opposition, elle sera minimale.
Des interférences seront donc observables.
 Si les deux ondes ont des directions de polarisation orthogonales (Fig-
ure 1.6 dessin de gauche), le champ électrique résultant sera en général
polarisé elliptiquement. Si les deux ondes sont en phase ou en opposi-
tion, la polarisation résultante sera rectiligne mais pas suivant la même
direction. L'amplitude des variations du champ électrique en revanche
ne variera pas. On ne pourra pas observer d'interférences.
Une étude plus générale serait nécessaire pour conclure. On se contentera
d'admettre que :

On ne peut pas observer d'interférences entre des ondes électromagné-


tiques transversales de polarisations orthogonales.

Dans le cas général, une onde plane électromagnétique transversale est


polarisée elliptiquement. Le champ électrique est alors décomposable en deux
1.2. NATURE DE LA VIBRATION LUMINEUSE 15

composantes orthogonales déphasées. Si l'on superpose en un point M de


l'espace deux ondes polarisées elliptiquement (Figure 1.7), on comprend que
la gure observée résultera de l'interférence des composantes parallèles du
champ électrique.
La gure 1.7 montre que l'on peut toujours trouver des axes tels que Ox
qui soient parallèles pour les deux ondes.
x2

E2

y2 k2

α M
x1

k1

y1
E1

Figure 1.7  Interférence de deux ondes polarisées elliptiquement

Si les directions de propagation de ces deux ondes sont presque identiques


(α petit), les axes complémentaires tels que Oy peuvent eux aussi être con-
sidérés comme parallèles. Autrement dit, l'étude générale des interférences
d'ondes lumineuses quasi parallèles se ramène à celle d'ondes polarisées rec-
tilignement suivant une même direction. Dans ces conditions, une description
vectorielle du champ électrique n'est plus nécessaire 5 .

Pour la description des phénomènes d'interférence et de diraction, on


assimilera la lumière à la propagation d'une vibration scalaire. Cette vibration
représente en général, les variations des composantes du champ électrique de
l'onde électromagnétique associée.

1.2.5 Capteurs lumineux


Les ondes lumineuses correspondent à la propagation du champ électro-
magnétique. On peut montrer expérimentalement que les capteurs lumineux
sont sensibles uniquement au champ électrique. Plus exactement, ils sont
sensibles à la partie électrique wE de l'énergie volumique transportée par

5. C'est ce qui se passe généralement dans les instruments d'optique où les rayons
lumineux sont peu inclinés les uns par rapport aux autres.
16 CHAPITRE 1. MODÈLE SCALAIRE DE LA LUMIÈRE

l'onde :

→2
E (M, t)
wE (M, t) = 0 (1.3)
2
Les capteurs actuellement disponibles ne permettent pas de suivre l'évolution
temporelle de E 2 , la fréquence de ses variations étant beaucoup trop rapide
(≈ 1015 Hz). Ils ne donnent qu'un signal proportionnel à une valeur moyenne.
Plus exactement, si on nomme τ leur temps d'intégration (temps de réponse
du capteur), ils donneront un signal proportionnel à :
D E Z

→2 1 t+τ −
→2
E (M, t) = E (M, u) du (1.4)
τ u=t
D 2E


Nous donnerons le nom d'éclairement 6 à la quantité E (M, t) = E (M, t).

A l'heure actuelle, τ varie d'environ 0,1 ms pour les capteurs les plus
rapides à 1 seconde pour les plus lents. L'÷il humain n'est pas très perfor-
mant avec seulement 0,1 s (temps de persistance rétinienne). Dans tous les
cas,

l'éclairement représente la moyenne sur un nombre considérable de périodes


des variations de −
→2
E .

1.3 Propagation le long d'un rayon lumineux


Nous savons que la lumière peut être assimilée à la propagation d'une
vibration scalaire le long des rayons lumineux. Nous allons donner ici une
description plus quantitative de ce modèle.

1.3.1 Propagation dans un milieu transparent


Si le milieu n'est pas homogène, la propagation n'est en général pas rec-
tiligne et la célérité dépend du point M considéré. Si le milieu est dispersif,
la célérité dépend aussi de la pulsation ω .
Considérons donc un rayon lumineux AB correspondant à la propagation
d'une lumière monochromatique de pulsation ω . Soit un point M quelconque
sur ce rayon (Figure 1.8). Notons x l'abscisse curviligne de M sur AB, l'o-
rigine (x = 0) étant prise en A et le sens positif correspondant au sens de
6. Cette appellation courante est abusive car l'éclairement représente selon le système
SI une puissance reçue par unité de surface. On peut néanmoins montrer que la quantité
que nous notons E y est directement proportionnelle.
1.3. PROPAGATION LE LONG D'UN RAYON LUMINEUX 17

Figure 1.8  Propagation le long d'un rayon lumineux

propagation de A vers B. Soit s (x, t) l'amplitude de la vibration au point M


d'abscisse x et à l'instant t. On peut écrire :

s (x, t) = s0 cos ωt + ϕM (1.5)
Le milieu étant parfaitement transparent et la célérité 7 de propagation valant
en ce point c(x, ω), la vibration au point inniment voisin M' d'abscisse x+dx
sera :
     
dx dx
s (x + dx, t) = s x, t − = s0 cos ω t − + ϕM (1.6)
c(x, ω) c(x, ω)
On peut noter que la quantité dx/c(x, ω) représente le temps élémentaire
que met la vibration lumineuse pour se propager du point M au point M'.
En intégrant de A à M, on en déduit donc l'expression de la vibration en M,
connaissant celle en A 8 :
  Z x  
du
s (x, t) = s0 cos ω t − + ϕA (1.7)
u=0 c(u, ω)
R
La quantité ∆t = u=0
x
c(u,ω) représentant le temps que met la lumière pour
du

se propager du point A au point M.

1.3.2 Indice lumineux. Notion de chemin optique


On appelle indice lumineux en un point M d'un milieu transparent, le
rapport sans dimension :
c0
n (M, ω) = (1.8)
c (M, ω)
où c0 représente la célérité de propagation des ondes électromagnétique
dans le vide. Exprimons le temps ∆t que met une lumière monochromatique
pour passer d'un point A à un point M. Avec les même notations qu'au
paragraphe précédent :
7. Il s'agit ici de la vitesse de phase.
8. On suppose ici que l'amplitude de la vibration ne varie pas au cours de la propaga-
tion.
18 CHAPITRE 1. MODÈLE SCALAIRE DE LA LUMIÈRE

Z x Z x
du 1
∆t = = n(u, ω)du (1.9)
u=0 c(u, ω) c0 u=0

La quantité :
Z x
LAM = n(u, ω)du (1.10)
u=0

est appelée chemin optique 9 pour aller de A à M. Elle est homogène à une
longueur. L'expression précédente montre que le chemin optique représente
la distance que parcourerait la lumière dans le vide pendant le temps ∆t
qu'elle met, dans la matière transparente, pour aller de A à M.
Reprenons maintenant l'expression de la vibration lumineuse au point
M. En introduisant la notion de chemin optique, on obtient :

     
LAM 2π
s (x, t) = s0 cos ω t − + ϕA = s0 cos ωt −
λ0 AM
L + ϕA
c0
(1.11)
où λ0 représente la longueur d'onde dans le vide de la lumière. Cette ex-
pression de la vibration lumineuse le long d'un rayon lumineux est celle qui
sera la plus utilisée pour la mise en équation des phénomènes d'interférences.
Elle montre en particulier que pour connaître les variations de la phase au
cours de la propagation, il sut de comparer le chemin optique parcouru et
la longueur d'onde dans le vide.

Remarque : la dénition du chemin optique montre que celui-ci est


positif lorsqu'on le compte dans le sens de la propagation et négatif dans le
cas contraire. Il est donc essentiel de matérialiser sur les schémas ce sens par
une éche sur les rayons lumineux.

A A’

Figure 1.9  Image par un miroir plan

9. Le chemin optique est également noté (AM) par certains auteurs


1.4. SURFACE D'ONDE ; THÉORÈME DE MALUS 19

Exemple : calculons le chemin optique séparant deux points A et A',


image l'un de l'autre par un miroir plan placé dans l'air (n = 1) (Figure
1.9).

LAA' = LAM + LMA' (1.12)


Si la rééxion s'accompagne d'un déphasage de π , on aura :

LAA' = LAM + LMA' + λ0 /2 (1.13)


A l'évidence, les chemins géométriques AM et MA' sont égaux mais
le chemin optique LMA' se calcule dans le sens inverse de la propagation
(virtuelle ici) de A' à M. Le chemin optique LAA' est donc nul ou égal à
λ0 /2 !

1.4 Surface d'onde ; théorème de Malus


1.4.1 Surface d'onde
Soit une source lumineuse S, supposée ponctuelle et monochromatique.
Par dénition :

On nomme surface d'onde associée à la source ponctuelle monochromatique


S l'ensemble des points M de l'espace où, à un instant donné, la phase de
la vibration lumineuse issue de S sera la même.

Il résulte immédiatement de cette dénition que la surface d'onde associée


à S est aussi l'ensemble des points M tels que LSM = C te .

Les surfaces d'onde sont des surfaces iso-chemin optique.

Exemple : Supposons que la source S soit placée dans un milieu homogène


d'indice n (ω) (Figure 1.10). Alors les rayons lumineux sont des droites issues
de S. Le chemin optique séparant la source S d'un point M appartenant à
l'un de ces rayons s'écrira :
Z M
LSM = n(u, ω)du = n (ω) SM (1.14)
S
où SM représente le chemin géométrique pour aller de S à M. Les surfaces
d'ondes seront donc dans ce cas des sphères de centre S (Figure 1.10) d'où
le nom d'ondes sphériques donné aux vibrations lumineuses engendrées par
S.
20 CHAPITRE 1. MODÈLE SCALAIRE DE LA LUMIÈRE

Figure 1.10  Surface d'onde sphérique

1.4.2 Théorème de Malus


La gure 1.10 montre des rayons lumineux qui croisent orthogonalement
les surfaces d'ondes. Ce résultat très général et que nous admettrons est
valable pour tous les milieux de propagation isotropes (mais pas nécessaire-
ment homogènes). Il constitue ce qu'il est convenu d'appeler le théorème de
Malus :

Si tous les milieux traversés par la lumière sont isotropes, les rayons en
provenance d'une source ponctuelle S sont partout normaux aux surfaces
d'onde correspondant à cette source.

Exemple : Considérons une lentille convergente L placée dans un milieu


homogène et une source ponctuelle S. Supposons que S et L soient disposées
de manière à ce que l'image S' de S soit réelle (Figure 1.11).

M1
M’1
S’
S

M’2
M2
Σ Σ’

Figure 1.11  Exemple d'utilisation du théorème de Malus

Tous les rayons qui partent de S et qui traversent L dans les conditions
1.4. SURFACE D'ONDE ; THÉORÈME DE MALUS 21

de Gauss convergent en S'. D'après le théorème de Malus, les surfaces d'onde


avant la lentille sont des sphères centrées sur S. Après L, ce sont des sphères
centrées sur S'. Considérons maintenant deux surfaces d'onde Σ et Σ0 cor-
respondant à une même source ponctuelle S. Soient M1 et M2 deux points
appartenant à Σ. Le rayon lumineux issu de S et passant par M1 (resp. M2 )
coupe Σ0 en M'1 (resp. M'2 ) (Figure 1.11). D'après la dénition d'une surface
d'onde, on peut écrire :

LSM1 = LSM2 et LSM'1 = LSM'2 (1.15)


et donc :

LM1 M'1 = LM2 M'2 (1.16)


Autrement dit :

Le chemin optique pour aller d'une surface d'onde à une autre est indépen-
dant du rayon lumineux sur lequel on le calcule.

A la limite, en faisant tendre (M1 , M2 ) vers S et (M'1 , M'2 ) vers S', on


en déduit que :

le chemin optique séparant deux points conjugués est indépendant du


rayon lumineux sur lequel on le calcule.

Ce raisonnement peut être repris point par point pour tout système op-
tique permettant de faire l'image d'un objet. Le résultat précédent est donc
tout à fait général.

1.4.3 Ondes planes et quasi-planes


Plaçons la source ponctuelle S au foyer objet d'une lentille convergente
L, elle-même placée dans un milieu homogène d'indice n (ω). Dans l'espace
image, les rayons lumineux sont tous parallèles à l'axe optique de la lentille
(Figure 1.12). Les surfaces d'ondes sont donc des plans nommés plans d'onde.
L'onde lumineuse dans cette zone est qualiée d'onde plane.
Remarque : en toute rigueur, ce qualicatif d'onde plane est abusif
puisque l'extension latérale du faisceau de lumière parallèle n'est pas in-
ni 10 . On peut néanmoins montrer qu'à l'intérieur de ce faisceau, le champ
électromagnétique est très proche de celui d'une onde plane, à condition de
pas trop s'approcher des bords.
10. Pour cette raison, on parle parfois d'onde localement plane au lieu d'onde plane.
22 CHAPITRE 1. MODÈLE SCALAIRE DE LA LUMIÈRE

Espace image

Figure 1.12  Onde plane à la sortie d'une lentille convergente

Espace image

M y
S’
S

(Π)
D

Figure 1.13  Onde quasi-plane à la sortie d'une lentille convergente

Supposons maintenant que la source S ne soit pas exactement sur le


point focal objet de la lentille L mais légèrement en avant ou en arrière
(réglage imparfait). Le faisceau obtenu dans l'espace image est alors formé de
rayons semblant provenir d'un point S' très éloigné (Figure 1.13). Le réglage
parfait n'existant pas, cette conguration est toujours celle rencontrée dans
la pratique. La question qui se pose alors est de savoir à quelle(s) condition(s)
ce faisceau pourra être assimilé à une onde plane.
Pour y répondre, il faut d'abord se donner un critère d'acceptabilité. Si
le faisceau correspond exactement à une onde plane, tous les point M d'un
plan Π orthogonal à l'axe sont en phase. Autrement dit le chemin optique
LSM ne dépend pas du point M choisi sur le plan Π. Dans le cas d'un réglage
imparfait, ce chemin optique varie suivant la distance y entre le point M et
l'axe (Figure 1.13). Pour un problème d'interférences (ou de diraction), on
considérera que cette variation est négligeable si elle reste très petite devant
la longueur d'onde dans le vide de la lumière utilisée.
Les points S et S' étant conjugués, le chemin optique LSS 0 est indépendant
du rayon considéré pour aller de S à S'. Calculer les variations de LSM ou de
LS 0 M revient donc au même. Un calcul élémentaire permet alors d'évaluer
LS 0 M :
r
p y2
LS 0 M = n(ω) D2 + y 2 = n(ω)D 1+ (1.17)
D2
1.5. S'IL NE FALLAIT RETENIR QUE CELA 23

Dans la pratique, pour que LS 0 M varie peu par rapport à la longueur


d'onde dans le vide (de l'ordre de λ0 ≈ 0,5 µm), il faut que y  D. On peut
donc écrire 11 :
r  
y2 1 y2
LS 0 M = n(ω)D 1 + 2 ≈ n(ω)D 1 + (1.18)
D 2 D2
En notant r le rayon du faisceau lumineux, la variation maximale du
chemin optique sur le plan Π sera :
n(ω)r2
∆ (LS 0 M ) ≤ ∆max = (1.19)
2D
La condition ∆max  λ0 pour que le faisceau soit assimilable à une onde
plane s'écrit donc :
s
2λ0 D
r (1.20)
n(ω)
Dans ces conditions, on dit que le faisceau obtenu correspond à une onde
sphérique quasi plane.

Exemple : la lentille L est une lentille convergente de focale f 0 = 20 cm.


Elle est plongée dans de l'air (n ≈ 1). La source S est placée 1 mm en avant
du point focal objet. Les formules de conjugaison permettent alors de calculer
la distance p0 entre L et l'image S' de S :

1 1 1
0
− = 0 avec f 0 = 20 cm et p = −19, 9 cm d'où p0 = −3 980 cm (1.21)
p p f
S' est donc à gauche de la lentille comme sur la gure 1.13. Etant donnée
la grande valeur de | p0 | (≈ 40 m), on peut confondre D avec −p0 pour les
applications numériques. La condition sur le rayon r du faisceau s'écrit alors,
en prenant une longueur d'onde dans le vide λ0 = 0,5 µm :
r
2λ0 D
r ≈ 6, 3 mm (1.22)
n
La condition est donc relativement sévère.

1.5 S'il ne fallait retenir que cela


 La nature ondulatoire de la lumière est prouvée par l'existence des
phénomènes d'interférence et de diraction. Elle n'exclut pas une na-
ture corpusculaire (photon).

11. Voir chapitre 2, paragraphe 2.2.6 pour la validité des développements limités.
24 CHAPITRE 1. MODÈLE SCALAIRE DE LA LUMIÈRE

 La lumière visible correspond à une onde électromagnétique tranver-


sale dont la longueur d'onde dans le vide est de l'ordre de λ0 ≈ 0, 5µm
et la fréquence de l'ordre de ν ≈ 6.1014 Hz.

 Dans la plupart des problèmes d'interférence et de diraction, on peut


"oublier" le caractère vectoriel de l'onde lumineuse et la représenter
par une vibration scalaire s(M, t).

 Les capteurs lumineux ne donnent qu'une valeur moyenne sur un très


grand nombre de périodes de s2 .

 Le long d'un rayon lumineux partant d'une source S, la phase varie


R
comme 2πLSM /λ0 où LSM = SM ndl est le chemin optique pour aller
de S à M et λ0 la longueur d'onde dans le vide.

 Une surface d'onde se dénit relativement à une source ponctuelle. Elle


représente les points où la phase de la vibration issue de cette source
est la même. C'est aussi une surface iso chemin optique compté à partir
de cette source.

 Le théorème de Malus arme que les rayons lumineux croisent orthog-


onalement les surfaces d'ondes lorsque la propagation se fait dans un
milieu isotrope.

 Le chemin optique séparant deux surfaces d'onde relatives à la même


source est indépendant du rayon lumineux choisi. Il en est de même
du chemin optique séparant deux points conjugués par un système
optique.
1.6. EXERCICES 25

1.6 Exercices
Exercice 1
Dans le cadre de l'approximation de Gauss, déterminer le chemin optique
séparant un objet ponctuel A de son image A' par un miroir sphérique placé
dans l'air (n = 1). Vérier le résultat obtenu dans le cas du miroir plan.

Exercice 2
On considère un dioptre sphérique de centre C et de sommet S séparant
deux milieux homogènes et non dispersifs, d'indice n (où se trouve C) et
d'indice n0 . Soit A un point du milieu objet, situé sur l'axe principal, et AI
un rayon incident rencontrant le dioptre en I ; le rayon réfracté correspondant
coupe l'axe en A.
1. Faire une gure en supposant A et A' réels.
2. Soit H la projection de I sur l'axe principal. On pose SH = x, SA =
p, SA0 = p0 . Calculer le chemin optique LAA' en fonction de n, n0 , x,
p, p0 et R = SC .
3. Que devient l'expression de LAA' lorsqu'on se limite à des rayons
paraxiaux ? Retrouver ainsi la relation de conjugaison du dioptre avec
origine aux sommets.

Exercice 3
On considère un miroir sphérique ce centre C et de rayon R. Un rayon
lumineux issu d'un point A tel que CA = xA  R, vient frapper le miroir
en M, se rééchit et recoupe le diamètre CA en A'. On peut caractériser
le rayon incident par l'angle θ = (CA, CM). Soit Ox un axe dont l'origine
est C, et dirigé suivant CA ; on se propose, pour θ donné, de déterminer la
position de A', caractérisée par son abscisse xA0 (θ est un angle quelconque,
pas nécessairement petit).
1. Déterminer, en fonction de θ, le chemin optique LAA' = LAM +LMA' .
2. Faire un développement limité de l'expression précédente en consid-
érant xA /R et xA' /R comme des inniment petits.
3. En déduire que A et A' sont deux points approximativement stig-
matiques pourvu qu'ils soient dans le voisinage immédiat de C et
symétriques par rapport à ce point. Doit-on être dans les conditions de
Gauss pour qu'il en soit ainsi ?
26 CHAPITRE 1. MODÈLE SCALAIRE DE LA LUMIÈRE
Chapitre 2

Interférences lumineuses à
deux ondes
2.1 Etude générale
Avant d'aborder la modélisation du phénomène d'interférence pour les
ondes lumineuses, nous allons brièvement l'étudier dans le cas d'ondes mé-
caniques à la surface d'un liquide puis au sein d'un uide compressible (ondes
sonores). Nous introduirons ainsi progressivement la notion de cohérence.

2.1.1 Interférences d'ondes à la surface d'un bassin

O2

O1

Figure 2.1  Interférences sur une cuve à ondes.

Reprenons, pour en donner une interprétation quantitative, l'exemple du


chapitre précédent concernant les interférences observées sur la cuve à onde
(Figure 2.1).
Nous noterons h1 (M, t) (resp. h2 (M, t)) la hauteur des vagues produites
par O1 (resp. O2 ) au point M à l'instant t (Figure 2.2). r1 (resp. r2 ) est
la distance O1 M (resp. O2 M). ω est la pulsation commune aux deux ondes

27
28 CHAPITRE 2. INTERFÉRENCES LUMINEUSES À DEUX ONDES

M
h(M,t)

Fond du bassin

Figure 2.2  Ondes de surface

et c leur célérité de propagation à la surface du bassin. On rappelle que les


sources placées en O1 et 1O2 vibrent en phase. En admettant que la hauteur
des vagues décroît en r− 2 , les ondes circulaires à la surface du bassin seront
décrites par les fonctions complexes suivantes 1 :
h0 r1 h0 r2
h1 (M, t) = √ e[iω( c −t)] et h2 (M, t) = √ e[iω( c −t)] (2.1)
r1 r2
Tant que l'amplitude des vagues est faible devant la profondeur moyenne,
on peut considérer le milieu de propagation comme linéaire. La hauteur de
l'eau au point M et à l'instant t est alors simplement h1 + h2 :
h0 r1 h0 r2
h (M, t) = √ e[iω( c −t)] + √ e[iω( c −t)] (2.2)
r1 r2
Le carré A2 de l'amplitude des oscillations en M vaut donc :

  
∗ 1 1 2 2π
A (M, t) = h h =
2
h20 + +√ cos (r1 − r2 ) (2.3)
r1 r2 r1 r2 λ

où λ = 2πc/ω est la longueur d'onde des vagues, c'est-à-dire la distance


séparant deux vagues successives en provenance d'une même source. L'équa-
tion (2.3) montre que, suivant la valeur de r1 −r2 , l'amplitude des oscillations
à la surface du liquide sera plus ou moins grande. Cette amplitude sera max-
imale si :

(r1 − r2 ) = pλ avec p ∈ Z (2.4)


Elle sera minimale si :
1. Le carré de l'amplitude de la vibration est proportionnel à la densité locale d'énergie.
Si on néglige la viscosité, l'énergie de l'onde se conserve au cours de la propagation mais
se répartit sur un périmètre√augmentant comme r. La densité locale d'énergie varie donc
en 1/r et l'amplitude en 1/ r.
2.1. ETUDE GÉNÉRALE 29

λ
(r1 − r2 ) = (2p + 1) avec p ∈ Z (2.5)
2
Les équations (2.4) et (2.5) sont les équations d'hyperboles dont les
sources O1 et O2 sont les foyers. C'est bien ce que conrme l'expérience
(Figure 2.17).

Figure 2.3  Interférences sur une cuve à ondes. Figure de gauche : simula-
tion. Figure de droite : Expérience réelle

On remarquera que pour r1 = r2 (p = 0), c'est-à-dire sur la médiatrice


du segment O1 O2 , l'amplitude des vagues est maximale. Sur l'hyperbole
correspondant à un minimum et immédiatement voisine de cette médiatrice,
l'amplitude des vagues est pratiquement nulle puisque alors r1 est très voisin
de r2 .

2.1.2 Interférences d'ondes sonores


On peut réaliser une expérience très semblable à la précédente en plaçant
deux diapasons identiques D1 et D2 en deux points O1 et O2 d'une pièce.
Si l'on prend garde de limiter au maximum les réexions parasites sur les
murs, le sol et le plafond, on peut facilement observer des interférences en
déplaçant un micro dans l'espace environnant les diapasons. On observe des
zones d'amplitude maximale et minimale correspondant à des hyperboloïdes
de révolution, de foyers O1 et O2 2 . La modélisation est très voisine de celle
faite au 2.1.1. Les deux diapasons étant identiques, ils vibrent à la même
pulsation ω et avec la même amplitude. La propagation se faisant dans un
espace à trois dimensions, on admettra que l'amplitude décroît 3 en 1/r.
En reprenant les mêmes notations que sur la gure 2.2, les ondes sonores
présentes dans la pièce seront donc décrites par les fonctions complexes suiv-
antes :
2. Cette surface est engendrée par une hyperbole de foyer O1 et O2 tournant autour
de la droite O1 O2 .
3. Reprendre le raisonnement suivi dans la note de la page 26 en remarquant que, cette
fois-ci, l'énergie se répartit sur une surface qui varie comme r2 .
30 CHAPITRE 2. INTERFÉRENCES LUMINEUSES À DEUX ONDES

u0 [iω( r1 −t)+iϕ1 ] u r2
u1 (M, t) = e c et u2 (M, t) = 0 e[iω( c −t)+iϕ2 ] (2.6)
r1 r2

Pour réaliser l'expérience, on frappe les diapasons à l'aide d'un petit


marteau pour les lancer. Dans la pratique, il est impossible de réaliser cette
opération exactement au même moment sur D1 et sur D2 de sorte que,
généralement, les diapasons ne vibrent pas en phase. C'est la raison de la
présence des termes iϕ1 et iϕ2 dans le modèle. En admettant que le milieu
de propagation des ondes sonores est linéaire, l'amplitude de la vibration
perçue en un point M de la pièce et à l'instant t sera :
u0 [iω( r1 −t)+iϕ1 ] u0 [iω( r2 −t)+iϕ2 ]
u (M, t) = e c + e c (2.7)
r1 r2
Le carré A2 de l'amplitude réelle des oscillations en M vaut donc :

  
∗ 1 1 2 2π
A (M, t) = u u =
2
u20 2 + 2+ cos (r1 − r2 ) + ∆ϕ (2.8)
r1 r2 r1 r2 λ

avec λ = 2πc/ω (longueur d'onde) et ∆ϕ = ϕ1 − ϕ2 (déphasage entre


les deux diapasons). Cette fois-ci, l'amplitude de l'onde sonore perçue en M
dépend non seulement de r1 − r2 mais aussi de ∆ϕ. Cette amplitude sera
maximale si :
 
∆ϕ
(r1 − r2 ) = p− λ avec p ∈ Z (2.9)

Elle sera minimale si :
 
1 ∆ϕ
(r1 − r2 ) = p+ − λ avec p ∈ Z (2.10)
2 2π
Dans les deux cas, le lieu des points correspondant soit à des maxima,
soit à des minima, est bien un hyperboloïde de révolution de foyers O1 et O2 .
Ce qui diérencie essentiellement cette expérience faite avec des diapasons de
celle réalisée sur la cuve à onde, c'est que la position des zones d'amplitude
maximale va changer à chaque fois que l'on relancera les diapasons. De plus,
cette position ne sera même pas prévisible, la valeur de ∆ϕ étant elle même
imprévisible (variation aléatoire d'une expérience à l'autre).

Sur la cuve à onde, la position des maxima est immuable car les deux
sources sont synchronisées. Pour les ondes sonores engendrées par des dia-
pasons, cette position est aléatoire, car les deux sources sont indépendantes.
2.1. ETUDE GÉNÉRALE 31

Remarque : Les variations d'amplitudes des ondes (en 1/r ou 1/ r)au
cours de la propagation ne jouent aucun rôle sur la position des maxima et
des minima. Elles n'inuent que sur les valeurs extrêmes prises par A2 .

2.1.3 Interférences d'ondes lumineuses. Cohérence


A partir de ce paragraphe, les notations seront celles déjà utilisées dans
le chapitre 1.

Interférences de deux sources ponctuelles indépendantes

S1

S2

Figure 2.4  Deux sources lumineuses indépendantes

Essayons d'adapter les modèles précédents à la lumière. Pour cela, consid-


érons deux sources lumineuses identiques S1 et S2 . Supposons-les ponctuelles,
monochromatiques de pulsation ω . Le milieu de propagation n'étant pas for-
cément homogène, les rayons lumineux issus de S1 et S2 ne sont pas obliga-
toirement des droites. La vibration lumineuse le long de chaque rayon sera
décrite par les fonctions complexes :
  
LS1 M
s1 (M, t) = s01 exp i ωt − 2π + ϕ1 (2.11)
λ0
  
LS2 M
s2 (M, t) = s02 exp i ωt − 2π + ϕ2 (2.12)
λ0
En supposant le milieu de propagation linéaire, on en déduit que le carré
A2 de l'amplitude de la vibration en M sera :

  
δ12 (M, λ0 )
2 2 2
A = s01 + s02 + 2s01 s02 cos 2π + ∆ϕ (2.13)
λ0
où ∆ϕ = ϕ1 − ϕ2 représente le déphasage entre les deux sources et
δ12 (M, λ0 ) = LS2 M − LS1 M la diérence de chemin optique pour aller de S1
32 CHAPITRE 2. INTERFÉRENCES LUMINEUSES À DEUX ONDES

ou de S2 à M 4 . Un capteur lumineux placé en M sera sensible à l'éclairement


E (M) en ce point, c'est-à-dire à la moyenne temporelle 5 de A2 :

  
δ12 (M, λ0 )
E (M ) = 2 2
s01 + s02 + 2s01 s02 cos 2π + ∆ϕ (2.14)
λ0

Na

Zone de
recouvrement

Na

Figure 2.5  On n'observe aucune interférence avec deux sources lumineuses


indépendantes

Pour vérier les prédictions de ce modèle, réalisons l'expérience suiv-


ante (Figure 2.5) : Prenons deux lampes spectrales à vapeur de sodium et
plaçons devant chacune d'elle une plaque noire percée d'un trou très petit.
On a ainsi réalisé deux sources quasi ponctuelles et quasi monochromatiques.
Devant ces deux sources, on place un écran. Dans la zone où les deux fais-
ceaux se superposent (zone de recouvrement), on devrait voir sur l'écran des
variations spatiales de l'éclairement puisque celui-ci dépend sinusoïdalement
de la diérence de chemin optique δ12 . Dans la pratique, il n'en est rien.
L'éclairement de l'écran est uniforme. Aucune interférence n'est visible.
Puisque l'expérience montre que E ne dépend pas  de la position du 
δ12 (M,λ0 )
point M, c'est que la valeur moyenne temporelle de cos 2π λ0 + ∆ϕ
est nulle. Dans cette expression, seul ∆ϕ peut éventuellement dépendre du
temps. Nous allons voir, qu'en eet, ce sont les variations très rapides de ∆ϕ
qui empêchent de voir les interférences avec notre dispositif. Pour le com-
prendre, il faut que nous précisions un peu plus la nature de l'émission d'une
source lumineuse.
4. Le chemin optique calculé dans un milieu dispersif dépend de la pulsation, donc de
la longueur d'onde dans le vide λ0 . Il en est donc de même pour δ12
5. Cette moyenne temporelle doit être comprise au sens de ce qui a été expliqué au
1.2.5, c'est-à-dire comme la moyenne sur le temps d'intégration du capteur.
2.1. ETUDE GÉNÉRALE 33

Modèle de l'émission lumineuse

On peut se faire une idée grossière mais susante du mécanisme de


l'émission lumineuse en supposant qu'il y a dans l'atome qui émet la radia-
tion un oscillateur matériel responsable du rayonnement électromagnétique 6 .
Du fait de l'énergie rayonnée, le mouvement de cet oscillateur s'amortit et
s'arrête complètement lorsque toute l'énergie mécanique a été consommée.
Pour expliquer l'émission continue observée à l'échelle macroscopique, on
suppose que l'oscillateur est lancé à nouveau (choc du à l'agitation ther-
mique, décharge électrique, etc), et l'on peut ainsi comparer son mouvement
à celui d'un diapason que l'on relance par un nouveau choc après chaque
arrêt.
Suivant la nature des sources lumineuses la durée de l'oscillation entre
deux relances varie entre 10−10 et 10−5 seconde. Chaque émission de ce type
constitue ce que l'on nomme un train d'onde. Pour la plupart des sources
communes, l'oscillateur est relancé à peu près un milliard de fois par seconde.
Il reprend à chaque fois un mouvement de même période, mais qui doit être
considéré comme indépendant du précédent, parce que la phase a varié de
manière aléatoire 7 .
Si nous considérons deux sources diérentes S1 et S2 , ou deux points dif-
férents d'une même source (autre qu'un LASER), la variation de la phase
relative ∆ϕ est elle aussi aléatoire et très rapide. Il en résulte que si pour
un système de deux trains d'onde issus de chacune des sources, une zone
de l'espace correspond à une amplitude de vibration maximale (frange bril-
lante), pour le système suivant, il n'en est généralement plus de même : la
frange brillante s'est déplacée. On obtient ainsi une situation analogue à celle
obtenue avec les deux diapasons.
Ces changements se faisant environ un milliard de fois par seconde, un
capteur lumineux n'y est évidemment pas sensible et ne perçoit aucune in-
terférence. C'est là une variation essentielle par rapport aux phénomènes
acoustiques qui tient uniquement à une diérence d'ordre de grandeur. Deux
diapasons peuvent donner des interférences parce qu'on a le temps de les ob-
server avant qu'il soit nécessaire de relancer l'un d'entre eux. Deux sources
lumineuses ne peuvent pas donner d'interférences observables parce que le
phénomène, bien que parfaitement déni à chaque instant, se modie un
milliard de fois par seconde. C'est un des aspects du délicat problème de la
cohérence, étudié plus en détail au paragraphe suivant.

6. Voir le modèle de l'électron élastiquement lié dans le cours d'électromagnétisme.


7. Il n'y a pas que la phase qui varie. L'amplitude, la polarisation et, dans une moindre
mesure, la pulsation (eet Doppler) varient aussi.
34 CHAPITRE 2. INTERFÉRENCES LUMINEUSES À DEUX ONDES

Cohérence de deux sources lumineuses


Un capteur de lumière fournit une information proportionnelle à l'éclaire-
ment présent à l'endroit où il est placé, c'est-à-dire à la moyenne de A2 cal-
culée sur sa durée τ d'intégration. Pour qu'un système d'interférence soit
eectivement observable, il faut donc qu'il n'évolue pratiquement pas pen-
dant un temps τ dont l'ordre de grandeur varie entre 10−4 s (caméra très
rapide) et 1s (thermopile).
La durée d'un train d'onde varie suivant les sources lumineuses. Pour
une amme ou un objet incandescent, elle est de l'ordre de 10−10 s. Pour
un LASER très sophistiqué, elle peut atteindre 10−5 s. Ainsi, au cours d'une
observation, un capteur de lumière enregistre la moyenne des gures engen-
drées par des séries de 10 à 10 milliards de couples de trains d'onde ! Dans
la pratique courante (la source est une lampe à décharge, le capteur est l'÷il
humain), c'est environ 100 millions de gures d'interférences successives dont
on fait la moyenne en observant une image.
Pour bien voir les conséquences pratiques de cette réalité, reprenons le
modèle développé au 2.1.3 en supposant maintenant que les deux sources S1
et S2 émettent des lumières de pulsations ω1 et ω2 . La vibration lumineuse
le long de chaque rayon sera maintenant décrite par les fonctions complexes
suivantes :
  
LS1 M
s1 (M, t) = s01 exp i ω1 t − 2π + ϕ1 (2.15)
λ01
  
LS2 M
s2 (M, t) = s02 exp i ω2 t − 2π + ϕ2 (2.16)
λ02
Le carré de l'amplitude de la vibration en M sera alors :

 
A2 = s201 + s202 + 2s01 s02 cos ((ω1 − ω2 ) t + 2πK + ∆ϕ) (2.17)

avec
LS2 M LS1 M
K= −
λ02 λ01
Pour que des interférences soient observables, il faut que A2 varie très
peu pendant le temps τ d'intégration du capteur. Lorsque cette condition est
remplie, on dit que les deux sources S1 et S2 sont cohérentes. Cela suppose
que :
 | ω1 − ω2 | soit très petit devant 1/τ . C'est la condition de cohérence
temporelle. Dans la pratique, les pulsations de vibrations lumineuses
étant de l'ordre de 1015 rad.s−1 et 1/τ étant toujours plus petit que
104 s−1 , cette condition impose que ω1 = ω2 . Il s'en suit que :
2.1. ETUDE GÉNÉRALE 35

Condition de cohérence temporelle : pour que deux ondes lumineuses


puissent interférer, il faut qu'elles aient même fréquence.

 ∆ϕ ne varie pas au cours du temps. C'est la condition de cohérence


spatiale. En eet, si on emploie deux sources indépendantes ou deux
points diérents d'une même source (autre qu'un LASER), la diérence
∆ϕ = ϕ1 −ϕ2 varie elle aussi de manière aléatoire et sa valeur moyenne
est nulle. Pour qu'il n'en soit pas ainsi, il faudrait pouvoir synchroniser
les deux sources (comme sur la cuve à onde) pour qu'elles émettent des
trains d'ondes dont la diérence de phase soit constante.
Dans la pratique, on ne sait pas synchroniser deux sources lumineuses
(on sait le faire avec des émetteurs radio). Pour parvenir au résultat
recherché, on engendre deux trains d'onde à partir d'un seul provenant
d'un point unique d'une source lumineuse. On a alors ∆ϕ = Cte .

Condition de cohérence spatiale : pour que deux ondes lumineuses


puissent interférer, il faut qu'elles proviennent du même point d'une
source lumineuse.

Pour terminer ce paragraphe, remarquons que lorsque deux sources sont


incohérentes (quelle que soit la nature de ce manque de cohérence), l'éclaire-
ment est simplement la somme des éclairements de chacune des deux sources
prises séparément. On retiendra donc la règle pratique suivante :

Si deux sources lumineuses sont cohérentes, elles interfèrent. Les amplitudes


de leurs vibrations s'additionnent et l'éclairement qui en résulte est égal
à la somme des éclairements dûs à chaque source, augmentée d'un terme
positif ou négatif, caractéristique des interférences.

Si deux sources lumineuses sont incohérentes, elles n'interfèrent pas. L'é-


clairement en un point est simplement la somme des éclairements dûs à
chaque source.

Cas particulier du LASER : Le faisceau lumineux émis par un LASER


est très proche d'un faisceau de lumière parallèle. Il en résulte qu'il peut être
concentré dans une zone quasi ponctuelle grâce à une lentille convergente
(gure 2.6). Ainsi, tout se passe comme si cette lumière particulière provenait
d'une source elle aussi quasi ponctuelle. La cohérence spatiale du LASER est
donc excellente. Cela signie que deux points lumineux isolés à l'intérieur
d'un tel faisceau forment deux sources pouvant interférer.
36 CHAPITRE 2. INTERFÉRENCES LUMINEUSES À DEUX ONDES

Point
source

Figure 2.6  Un faisceau de lumière rigoureusement parallèle est spatiale-


ment cohérent

2.1.4 Les deux types d'interféromètres


Nous avons vu que l'observation d'interférences lumineuses nécessite l'u-
tilisation de sources cohérentes. Nous allons voir ici comment les réaliser
pratiquement.
Deux sources lumineuses parfaitement cohérentes doivent être ponctuelles,
de même fréquence (et donc monochromatiques) et synchronisées. On peut
tout de suite armer que les deux premières conditions sont techniquement
irréalisables. En eet :
 La notion de source ponctuelle est purement théorique. En pratique, la
source lumineuse utilisée a toujours une certaine étendue géométrique
sinon elle n'émet aucune énergie !
 La notion d'onde monochromatique est elle aussi théorique. En pra-
tique, une source lumineuse a toujours une certaine étendue spectrale 8
(même un LASER) de sorte qu'un rayon est en fait constitué d'ondes
de fréquences diérentes.
Pour ces deux raisons, la réalisation de sources lumineuses cohérentes
est toujours approximative. Il est, en revanche, assez simple d'approcher
quasi parfaitement ces deux critères d'étendue spatiale et spectrale. On peut
toujours rendre une source plus ponctuelle, par exemple en plaçant devant
elle un écran percé d'un trou susamment petit. On peut également tou-
jours rendre une source susamment monochromatique en utilisant un ltre
adapté.
Dans l'état actuel de nos connaissances, il est en revanche impossible
de synchroniser deux sources lumineuses distinctes. Pour obtenir deux (ou
plus) rayons lumineux parcourus par des vibrations synchronisées 9 , on utilise
toujours une source unique S qui engendre deux sources secondaires synchro-
nisées. Dans la grande majorité des cas, S1 et S2 sont des images optiques
8. Il existe plusieurs raisons à cette étendue spectrale. L'une des plus incontournables
est liée à la durée nécessairement nie des trains d'onde. Ainsi, lorsqu'une source de
vibration émet un train d'onde sinusoïdale de durée τ , l'analyse spectrale de celui-ci fera
apparaître une dispersion en fréquence ∆ν de l'ordre de ∆ν ≈ 1/τ .
9. Il ne faut pas confondre deux sources en phase (∆ϕ = 0) et deux sources synchro-
nisées (∆ϕ = Cte ).
2.1. ETUDE GÉNÉRALE 37

de la source primaire 10 S. Dans tous les cas, il est nécessaire de former deux
faisceaux lumineux à partir d'un seul, ce que l'on ne peut faire que de deux
manières :

G
S

S C
A

Figure 2.7  Les deux types d'interféromètres : Division d'amplitude (à


gauche) et division du front d'onde (à droite)

 Division d'amplitude : en plaçant devant la source S (source primaire)


une lame G qui laisse passer une partie de la lumière et en reète
une autre, on crée à partir d'un seul rayon tel que SA au moins deux
rayons tels que AB et AC (Figure 2.7 - gauche). Lorsque la source
primaire émet un train d'onde, celui-ci se dédouble sur la lame G en
deux trains d'onde synchronisés se propageant sur AB et sur AC. Un
exemple d'interféromètre utilisant cette technique est l'interféromètre
de Michelson (voir chapitre 3, paragraphe 3.3).
Dans cette technique, une surface d'onde atteignant la lame G est inté-
gralement transmise aux deux sources secondaires mais l'amplitude de
la vibration lumineuse est partagée. On parle donc de division d'am-
plitude.

 Division du front d'onde : En plaçant devant la source S (source pri-


maire) un écran convenable, on peut créer deux faisceaux de lumière
(Figure 2.7 - droite) qui ensuite peuvent engendrer chacun une image
distincte de S. Lorsque la source primaire émet un train d'onde, celui-ci
se répartit sur une surface d'onde qui se divise pour engendrer deux
trains d'onde synchrones. Un exemple d'interféromètre utilisant ce sys-
tème est l'ensemble formé par les miroirs de Fresnel (voir chapitre 3,
paragraphe 3.1).
Dans cette technique, une surface d'onde atteignant le dispositif sé-
parateur est divisée en deux surfaces sur lesquelles l'amplitude de la

10. Les trous d'Young en sont un contre exemple célèbre.


38 CHAPITRE 2. INTERFÉRENCES LUMINEUSES À DEUX ONDES

vibration lumineuse est conservée. On parle alors de division du front


d'onde.

2.2 Cas de deux ondes totalement cohérentes


Dans cette partie, nous allons étudier les gures d'interférence engendrées
par un ensemble de deux sources totalement cohérentes (cas idéal de deux
sources synchronisées, ponctuelles et monochromatiques de même longueur
d'onde dans le vide λ0 ). Nous ne chercherons pas, pour l'instant, à savoir
comment ces deux sources ont été engendrées ni quel est l'interféromètre
utilisé.

2.2.1 Expression de l'éclairement

S1

S2

Figure 2.8 

Quelle que soit la manière utilisée pour engendrer deux sources lumineuses
cohérentes, on le fait toujours en partant d'une source unique S (gure 2.8).
Le déphasage nal entre les rayons qui se superposent en un point M de
l'écran n'est alors dû qu'à la diérence de chemin optique pour aller de S à
M en passant par un trajet ou par l'autre. Il n'est plus nécessaire d'exprimer
le déphasage ∆ϕ entre les deux sources secondaires S1 et S2 mais seulement
la diérence de chemin optique δ (M, λ0 ) = LSS2 M − LSS1 M . L'expression
de l'éclairement au point M devient donc 11 :
  
δ (M,λ0 )
E (M ) = s201 + s202 + 2s01 s02 cos 2π λ0 (2.18)

Remarque :
11. Le carré A2 de l'amplitude de la vibration lumineuse ne dépendant plus du temps
(sources cohérentes), il n'est plus nécessaire d'en prendre la valeur moyenne temporelle
pour calculer l'éclairement E .
2.2. CAS DE DEUX ONDES TOTALEMENT COHÉRENTES 39

Il peut arriver dans certains cas qu'une réexion sur un miroir s'accom-
pagne d'un déphasage de π (Cf. cours d'électromagnétisme). Pour en tenir
compte, il sut de rajouter λ0 /2 à la diérence de marche.

2.2.2 Franges d'interférence


Dénition
Les surfaces de l'espace correspondant à un même éclairement sont don-
nées par :

δ (M, λ0 ) = Cte (2.19)


Lorsque ces surfaces interceptent le plan d'un écran d'observation, elles
forment des courbes iso-éclairement nommées franges d'interférence.

Ordre d'interférence
Ces courbes correspondent à des franges brillantes lorsque l'argument
du cos dans l'équation 2.18 est un multiple de 2π . Inversement, il s'agit
de franges sombres lorsque cet argument est un multiple impair de π . An
de raisonner facilement sur la position des franges brillantes ou des franges
sombres, on introduit un nombre sans dimension noté k, nommé ordre d'in-
teférence, égal au quotient de l'argument du cos par 2π :

δ (M,λ0 )
k= λ0 (2.20)
L'ordre d'interférence est entier pour une frange brillante et demi-entier
pour une frange sombre.

Si on connaît la fonction δ (M, λ0 ), l'équation de la courbe représentant


la frange d'ordre k s'obtiendra en écrivant δ (M, λ0 ) = kλ0 .

Exemple : Supposons un interféromètre pour lequel on observe les franges


dans le plan z = 0 et où la diérence de chemin optique pour le point
M(x, y, z = 0) correspond à la fonction suivante :
ax
δ (M, λ0 ) = (n (λ0 ) − 1) e + (2.21)
D
où e, a et D sont des constantes homogènes à des longueurs et n (λ0 ) est
l'indice optique d'un milieu homogène dispersif. La frange d'ordre k sera la
courbe d'équation :
D
xk = [kλ0 − (n (λ0 ) − 1) e] (2.22)
a
Il s'agit d'une droite (frange rectiligne) parallèle à l'axe Oy .
40 CHAPITRE 2. INTERFÉRENCES LUMINEUSES À DEUX ONDES

Frange achromatique

Par dénition, on appelle frange achromatique la frange (si elle existe) dont
la forme et la position ne dépendent pas de la longueur d'onde.

Exemple : Reprenons le cas précédent. Pour que la frange d'ordre k puisse


être qualiée d'achromatique, il faut que ∂x
∂λ0 = 0 ce qui implique :
k

∂n
k=e (2.23)
∂λ0
C'est l'ordre de la frange achromatique 12 .

Remarque : Pour un interféromètre ne mettant en jeu que des milieux


non dispersifs, la diérence de marche ne dépend pas de λ0 . L'équation 2.20
montre alors que la frange achromatique est la frange d'ordre 0, c'est-à-dire
la frange centrale.

Frange centrale

Par dénition, on appelle frange centrale la frange pour laquelle k = 0.

Cette appellation ne correspond pas toujours à la réalité expérimentale.


Il existe des situations où la frange centrale ne se trouve pas au milieu de
la gure d'interférence présente sur l'écran. Il arrive même parfois qu'elle ne
soit pas observable (Voir chapitre 3, paragraphe 3.2)

2.2.3 Visibilité de la gure d'interférence


Lorsque l'on place un écran pour obtenir une gure d'interférence, on
visualise sur cette surface particulière les variations de la fonction E (M). La
gure obtenue sera bien entendu d'autant plus facile à observer que la dif-
férence entre l'éclairement des franges brillantes et celui des franges sombres
sera importante (Figure 2.9).
Pour donner une évaluation quantitative de cette caractéristique impor-
tante, on introduit le facteur de visibilité V déni sur l'intervalle [0, 1] par :

Emax −Emin
V = Emax +Emin (2.24)

12. En toute rigueur, ∂λ


∂n
0
peut dépendre de λ0 . Dans ce cas, l'ordre trouvé correspondra
à la frange dont la position dépendra le moins possible de la longueur d'onde.
2.2. CAS DE DEUX ONDES TOTALEMENT COHÉRENTES 41

Figure 2.9  Bonne visibilité à gauche, visibilité médiocre à droite

où Emax et Emin représentent les éclairements sur une frange brillante et


une frange sombre immédiatement voisines.
Lorsqu'une frange sombre correspond à un éclairement strictement nul
(Emin = 0), la visibilité est localement maximale : V = 1. Inversement,
une visibilité nulle (V = 0) correspond à une zone de l'écran uniformément
éclairé où les franges ne sont plus visibles (Emax = Emin ).
Dans le cas de deux sources totalement cohérentes, l'équation 2.18 permet
de donner l'expression de la visibilité qui vaut :
2x s
V = 2
avec x = 01 (2.25)
1+x s02
ce qui montre que :

Pour deux sources totalement cohérentes, la visibilité de la gure d'in-


terférence est maximale (V = 1) lorsque l'amplitude de ces deux sources est
identique (x = 1).

On peut également remarquer que, pour deux sources totalement co-


hérentes, la visibilité ne dépend ni de la zone de l'écran observée, ni de sa
position, mais uniquement du rapport x. Les interférences sont observables
avec la même visibilité partout où des rayons issus de S1 et de S2 peuvent se
superposer. On dit alors que les interférences sont non localisées.

Par dénition, on dit que la frange d'ordre k est non localisée lorsqu'elle est
observable avec la même visibilité dans tout l'espace où les faisceaux se re-
couvrent. S'il en est ainsi pour toutes les franges, on dit que les interférences
sont non localisées.

Remarque : Dans la pratique expérimentale, l'éclairement d'un écran


est la somme de l'éclairement dû à la gure d'interférence et de l'éclairement
42 CHAPITRE 2. INTERFÉRENCES LUMINEUSES À DEUX ONDES

parasite présent au sein du laboratoire. Il en résulte que la visibilité réelle est


toujours plus petite que la visibilité théorique. Il n'y a que si l'éclairement
parasite est très faible devant Emin que les deux visibilités sont équivalentes.

2.2.4 Cas d'un écran placé parallèlement aux sources sec-


ondaires

x
M

S1

A O z
a
y

S2
D

Figure 2.10  Ecran placé parallèlement aux sources secondaires

Supposons les deux sources cohérentes S1 et S2 distantes de a, placées


dans un milieu homogène, non dispersif, d'indice n = 1. Plaçons un écran
plan parallèlement à la droite S1 S2 et à grande distance de celle-ci : D 
a (Figure 2.10). Un point M de cet écran est repéré par ses coordonnées
cartésiennes (x, y, z = 0), le plan xAz contenant S1 et S2 , l'origine O étant
l'intersection de la médiatrice du segment S1 S2 et de l'écran, l'axe Ox un
axe parallèle à S1 S2 , l'axe Oy complétant le repère.

Calcul de la diérence de marche


Avec ces notations, le chemin optique de S1 à M s'écrit :
r  a 2
LS1 M = S1 M = D2 + y2 + x − (2.26)
2
En se limitant à des points M au voisinage du centre O de l'écran (x  D
et y  D), on peut écrire :
" !#
1 y2 (x − a)2
LS1 M ≈ D 1 + + (2.27)
2 D2 D2

De la même manière, on calcule :


2.2. CAS DE DEUX ONDES TOTALEMENT COHÉRENTES 43

" !#
1 y2 (x + a)2
LS2 M ≈ D 1 + + (2.28)
2 D2 D2

On obtient donc pour la diérence de chemin optique :

δ (M ) = LSS2 M − LSS1 M ≈ LSS2 − LSS1 + ax


D (2.29)

Forme des franges, interfrange


La diérence de chemin optique ne dépendant que de x, il en est de même
de l'éclairement. On en déduit que :

Au voisinage du centre de l'écran, les franges sont des droites orthogonales


à la direction S1 S2 .

Figure 2.11  Franges rectilignes du coin d'air (interféromètre de Michelson)

L'allure de la gure d'interférence obtenue est représentée sur la gure


2.11. On y observe des franges rectilignes 13 alternativement sombres et bril-
lantes. On nomme interfrange la distance séparant deux franges consécutives
de même nature. Dans le cas qui nous intéresse, l'interfrange i est uniforme
sur l'ensemble de la gure et vaut 14 :
13. Les déformations apparaissant sur les bords de l'image sont dues au système de
projection.
14. Comme indiqué au chapitre 1 paragraphe 1.2.2, l'analyse de la gure d'interférence
(la mesure de i) permet de connaître la longueur d'onde de la lumière utilisée.
44 CHAPITRE 2. INTERFÉRENCES LUMINEUSES À DEUX ONDES

i= λ0 D
a (2.30)

Numérotation des franges


D'après l'équation 2.29, la frange d'ordre k est la droite d'équation :
Dh  i
xk = kλ0 − LSS2 − LSS1 = x0 + ki (2.31)
a
Parmi toutes les franges brillantes, celle correspondant à un ordre d'in-
terférence nul (k = 0, frange centrale) possède une propriété remarquable :
sa position ne dépend pas de la longueur d'onde de la lumière utilisée. Elle
est achromatique 15 . En désignant par q le numéro d'une frange brillante
quelconque comptée à partir de la frange centrale (q = 0 pour la frange cen-
trale), on constate qu'il y a identité entre le numéro d'une frange et l'ordre
d'interférence correspondant : q = k.

Ordre de grandeur
Pour pouvoir observer des franges facilement à l'÷il nu, il faut que l'in-
terfrange i ne soit pas trop petite. Pour xer les idées, supposons que l'écran
soit placé à D ≈ 1 m et que l'on souhaite obtenir i ≈ 1 mm. Pour de la
lumière visible où λ0 ≈ 0,5 µm, on obtient a = λ0iD ≈ 0,5 mm. Les sources
secondaires S1 et S2 sont donc très proches à l'échelle de l'expérimentateur.

Inuence d'une petite rotation de l'écran

β
x
M

S1

A O z
a
y

S2
D

Figure 2.12  Inuence d'une petite rotation de l'écran

15. Cette propriété est due au caractère non dispersif du milieu de propagation, confor-
mément à ce qui a été dit au 2.2.2
2.2. CAS DE DEUX ONDES TOTALEMENT COHÉRENTES 45

Supposons que l'écran d'observation ne soit plus exactement parallèle


à S1 S2 mais fasse un petit angle β par rapport à la position précédente 16
(gure 2.12). En reprenant le calcul des chemins optiques, on obtient :
r  a 2
LS1 M = S1 M = (D + x tan β)2 + y 2 + x − (2.32)
2
En se limitant à des points M au voisinage du centre O de l'écran (x  D
et y  D), et a des angles β susamment faibles (x tan β  D) on peut
écrire :

" !#
1 y2 (x − a)2 2xD tan β + (x tan β)2
LS1 M ≈ D 1 + + + (2.33)
2 D2 D2 D2

De la même manière, on calcule :

" !#
1 y2 (x + a)2 2xD tan β + (x tan β)2
LS2 M ≈ D 1 + + + (2.34)
2 D2 D2 D2

On obtient donc pour la diérence de chemin optique la même expression


que dans le cas de référence :
ax
δ (M ) = LSS2 M − LSS1 M ≈ LSS2 − LSS1 + (2.35)
D

La gure d'interférence n'est pas sensible à une petite rotation de l'écran par
rapport à une position strictement parallèle aux sources S1 S2 .

2.2.5 Cas d'un écran placé perpendiculairement aux sources


secondaires
Reprenons le même système que le précédent et disposons l'écran per-
pendiculairement à S1 S2 . Le dispositif présentant maintenant une symétrie
axiale autour de la droite S1 S2 , nous adopterons un système de coordonnées
polaires pour repérer un point M sur l'écran en notant en particulier r sa
distance au centre C de l'écran. Nous noterons également D la distance de
l'écran au point O milieu de S2 S1 et α l'angle (S2 S1 , OM) (Figure 2.13).

16. Le réglage parfait n'existant pas, ce cas est toujours celui rencontré dans la pratique.
46 CHAPITRE 2. INTERFÉRENCES LUMINEUSES À DEUX ONDES

α r

O C
S2 S1
D
a

Figure 2.13  Ecran placé perpendiculairement aux sources secondaires

Calcul de la diérence de marche


Le chemin optique séparant S2 de M s'écrit alors :

s 2  a 2
−−→ −−→ D
LS2 M = S2 M =k S2 O + OM k= + + aD (2.36)
cos α 2

Pour un écran placé loin des sources (D  a), cette expression devient :

r
D  a cos α 2 a cos2 α D a cos α
LS2 M = 1+ + ≈ + (2.37)
cos α 2D D cos α 2
De la même manière, on calcule :
D a cos α
LS1 M ≈ − (2.38)
cos α 2
On obtient donc pour la diérence de chemin optique :

δ (M ) = LSS2 M − LSS1 M ≈ LSS2 − LSS1 + a cos α (2.39)

Forme des franges


La diérence de chemin optique ne dépendant que de α, il en est de même
de l'éclairement. On en déduit que :

es franges sont des anneaux 17 centrés en C.

17. De par la symétrie axiale autour de S1 S2 , la forme des franges était prévisible sans
même que le calcul de δ soit nécessaire.
2.2. CAS DE DEUX ONDES TOTALEMENT COHÉRENTES 47

Figure 2.14  Anneaux de la lame d'air (interféromètre de Michelson)

L'allure de la gure d'interférence obtenue est représentée sur la gure


2.14. On y observe des anneaux alternativement sombres et brillants. Dans
le cas qui nous intéresse, l'interfrange i n'est pas uniforme : les anneaux
se resserrent lorsqu'on s'éloigne du centre de la gure. C'est ce qui va être
montré dans le paragraphe suivant.

Numérotation et rayons des anneaux brillants


Pour la suite, nous nous placerons dans le cas fréquent où

LSS2 − LSS1 = 0

C'est le cas, en particulier, de l'interféromètre de Michelson utilisé en lame


d'air. L'expression de la diérence de marche devient alors :

δ (M ) ≈ a cos α (2.40)
L'équation 2.40 montre qu'il n'y a alors ni frange centrale, ni frange achro-
matique visible sur l'écran (il faudrait | α |= π/2). Elle montre également
que la diérence de marche est maximale au centre de l'écran et diminue en
s'en éloignant. Il en est donc de même de l'ordre d'interférence.
Soit k1 l'ordre d'interférence du premier anneau brillant (celui dont le
rayon est le plus petit). D'après ce qui vient d'être dit, k1 est le premier
entier (anneau brillant) inférieur ou égal à kmax = a/λ0 :
 
a
k1 = ent (2.41)
λ0
L'ordre d'interférence décroissant lorsqu'on s'éloigne du centre de la g-
ure 18 , l'ordre d'interférence k2 du deuxième anneau brillant sera :
18. On peut remarquer ici que le numéro et l'ordre d'interférence d'un anneau varient
en sens inverse, contrairement au cas étudié au paragraphe 2.2.4
48 CHAPITRE 2. INTERFÉRENCES LUMINEUSES À DEUX ONDES

 
a
k2 = k1 − 1 = ent −1 (2.42)
λ0
Une récurrence immédiate donne l'ordre d'interférence de l'anneau numéro
q:
 
a
kq = ent − (q − 1) (2.43)
λ0
Pour des points voisins du centre de l'écran, l'angle α est susamment
faible pour que l'on puisse écrire à la fois (DL à l'ordre 2 en α) :

α2 r
cos α ≈ 1 − et tan α = ≈ α (2.44)
2 D
d'où :

r2
cos α ≈ 1 − (2.45)
2D2
Si on note rq le rayon du q ème anneau brillant, on a donc :

  !
a a cos αq a rq2
kq = ent − (q − 1) = ≈ 1− (2.46)
λ0 λ0 λ0 2D2

On en déduit l'expression de rq :
s    

λ0 a
rq ≈ D 2 1 − ent − (q − 1) (2.47)
a λ0
Le carré du rayon d'un anneau brillant varie linéairement avec son numéro.
Les anneaux ne sont donc pas équidistants. Ils se resserrent lorsqu'on s'éloigne
du centre de la gure.

Ordre de grandeur
Supposons un écran placé à D ≈ 1 m où l'on souhaite observer cinq
anneaux brillants dans un cercle d'environ 10 cm de rayon. On veut donc
r5 ≈ 10−2 m. En supposant pour simplier que a est un multiple de λ0 , on
obtient :

λ0 r2
4 = 52 (2.48)
a 2D
soit a ≈ 4 cm pour une onde dans le domaine visible (λ0 ≈ 0,5 µm). Cette
fois-ci, la distance entre les sources secondaires est nettement plus importante
que dans le cas du paragraphe 2.2.4 (environ deux ordres de grandeur).
2.2. CAS DE DEUX ONDES TOTALEMENT COHÉRENTES 49

Inuence d'une petite rotation de l'écran


La diérence de marche ne dépendant que de α, les surfaces iso-éclairement
sont des cônes de révolution de sommet O et d'axe S1 S2 . Les franges d'inter-
férences correspondent à l'intersection de ces surfaces avec le plan de l'écran.
L'intersection d'un plan et d'un cône correspond à une conique. Lorsque le
plan intercepte l'axe du cône, il s'agit d'une ellipse. Lorsque l'écran subit une
petite rotation par rapport à la position de référence, les anneaux circulaires
se transforment donc progressivement en anneaux elliptiques. Si l'angle de
rotation reste petit, la transformation n'est quasiment pas visible.

2.2.6 Validité des développements limités


Les calculs permettant de prévoir les caractéristiques d'une gure d'inter-
férence sont centrés sur la notion de diérence de marche. Pour des problèmes
d'interférence à deux ondes, il s'agit de calculer la diérence de chemin op-
tique entre deux rayons lumineux partant d'un même point source S et se
superposant en un même point M d'un écran.
Très fréquemment, ce calcul utilise un développement limité en montrant
que la diérence de marche δ correspond à la diérence de deux chemins
optiques très proches LSS1 M et LSS2 M . On cherche ainsi a écrire LSS2 M
sous la forme :

LSS2 M = LSS1 M + δ (2.49)


où δ apparaît nalement comme le premier terme non nul du développe-
ment de LSS2 M − LSS1 M . C'est ce qui a été fait dans les paragraphes précé-
dents.

On doit prendre en compte le fait que cette démarche néglige dans le


calcul de δ les termes d'ordre supérieur du développement. La diérence de
chemin optique intervenant dans le résultat nal par l'intermédiaire d'une
fonction sinusoïdale de la diérence de phase 2πδ/λ0 , il est important de
vérier que les termes négligés n'inuent pas de manière signicative sur
cette fonction.

Exemple : considérons un dispositif comme celui de la gure 2.10 avec


a = 5 mm, D = 1 m, xM = 1 cm, yM = 0 et LSS1 = LSS2 . Dans de l'air
homogène dont on suppose l'indice égal à 1, un calcul direct de la diérence
de marche donne :

δ1 = 49, 997 35 µm
L'utilisation d'un développement limité paraît ici parfaitement justié
puisque l'on a D/a = 200 et D/xM = 100. En utilisant celui réalisé au
paragraphe 2.2.4, on trouve :
50 CHAPITRE 2. INTERFÉRENCES LUMINEUSES À DEUX ONDES

δ2 = 50, 000 00 µm
Le terme négligé vaut donc ∆ = δ2 − δ1 = 2,65 nm ce qui est eective-
ment très petit devant δ1 . L'éclairement au point M dépend de la fonction
cos (2πδ/λ0 ). Si on utilise une lumière monochromatique de longueur d'onde
λ0 = 500 nm, cette fonction vaut pour δ1 et pour δ2 :

cos (2πδ1 /λ0 ) = 0, 999 4 et cos (2πδ2 /λ0 ) = 1, 000 0


Les deux résultats sont pratiquement identiques, ce qui était prévisible
puisque l'erreur ∆ est très petite devant λ0 . Supposons maintenant que le
même dispositif soit éclairé par un faisceau de rayons X correspondant à une
longueur d'onde de 5 nm. Cette fois-ci, on aurait :

cos (2πδ1 /λ0 ) = −0, 982 3 et cos (2πδ2 /λ0 ) = 1, 000 0


Les deux résultats sont maintenant pratiquement opposés : là où le calcul
utilisant la valeur approchée δ1 prévoit une frange brillante, le calcul prenant
en compte la valeur réelle δ2 prévoit une frange sombre ! La diculté n'est
donc pas intrinsèque à la géométrie du système mais dépend de la source
lumineuse utilisée.

Pour terminer, signalons que ce problème existe à chaque fois que la


diérence de marche devient grande par rapport à la longueur d'onde, c'est-
à-dire lorsque l'ordre d'interférence k est grand devant l'unité. Une petite
erreur sur δ peut alors ne pas être négligeable devant la longueur d'onde λ0 .

Pour la suite, nous supposerons que les conditions d'utilisation des sys-
tèmes étudiés correspondent toujours au cas où le calcul de δ par le biais
d'un développement limité est valide.

2.3 Inuence d'un manque de cohérence temporelle


Nous avons déjà vu qu'une source parfaitement ponctuelle (cohérence
spatiale) et parfaitement monochromatique (cohérence temporelle) n'existe
pas. Nous allons étudier dans ce paragraphe l'inuence d'une certaine éten-
due spectrale de la source, celle-ci restant idéalement ponctuelle.

2.3.1 Prol spectral d'une source


Lorsqu'une source n'est pas monochromatique, on doit savoir comment
se répartit l'énergie qu'elle émet sur son spectre. Pour cela, on dénit la
fonction Fν (ν) de la fréquence ν telle que l'éclairement élémentaire dE émis
par la source sur l'intervalle de fréquence [ν, ν + dν] soit :
2.3. INFLUENCE D'UN MANQUE DE COHÉRENCE TEMPORELLE 51

dE = Fν (ν) dν (2.50)
La fonction Fν se nomme la densité spectrale en fréquence de la source.

ν
ν1 ν2

Figure 2.15  Prol spectral d'une source

Si une source est caractérisée par une fonction Fν , l'éclairement ∆E


qu'elle émettra dans l'intervalle de fréquence [ν1 , ν2 ] sera l'aire située sous
cette courbe pour cet intervalle (Figure 2.15) :
Z ν2
∆E = Fν (ν) dν (2.51)
ν1

2.3.2 Cas d'un doublet spectral


Dans ce paragraphe, nous allons étudier le cas d'une source dont la densité
spectrale en fréquence aurait l'allure de celle de la gure 2.16. Ces types de
sources forment ce que l'on nomme un doublet spectral. La lumière émise
par une lampe à décharge à vapeur de sodium en est un bon exemple 19 .
Nous supposerons pour cette étude que :
 L'interféromètre utilisé engendre deux sources secondaires S1 et S2
identiques qui seront donc les sources de vibrations cohérentes de même
amplitude pour chaque longueur d'onde :

s0,1 (λ0,1 ) = s0,2 (λ0,1 ) et s0,1 (λ0,2 ) = s0,2 (λ0,2 ) (2.52)


 Chacune des deux composantes du doublet est pratiquement monochro-
matique et de même amplitude :

s0,1 (λ0,1 ) = s0,1 (λ0,2 ) et s0,2 (λ0,1 ) = s0,2 (λ0,2 ) (2.53)


 Le milieu de propagation n'est pas dispersif. La diérence de marche
δ due à l'interféromètre ne dépendra donc pas de la longueur d'onde
et sera la même pour les deux composantes du doublet.
19. Pour le sodium, λ0,1 = 589, 6 nm et λ0,2 = 589, 0 nm
52 CHAPITRE 2. INTERFÉRENCES LUMINEUSES À DEUX ONDES

ν
ν1 ν2

Figure 2.16  Doublet spectral

 ν2 > ν1 et donc λ0,2 < λ0,1 (λ0,1 = c0 /ν1 et λ0,2 = c0 /ν2 ) ;


 L'écart en longueur d'onde ∆λ = λ0,1 − λ0,2 séparant les deux com-
posantes est très petit devant la longueur d'onde moyenne λ0,m =
(λ0,1 + λ0,2 )/2.
Les équations 2.52 et 2.53 permettent de dénir une amplitude unique
s0 pour les deux sources et les deux longueurs d'onde :

s0 = s0,1 (λ0,1 ) = s0,1 (λ0,2 ) = s0,2 (λ0,1 ) = s0,2 (λ0,2 ) (2.54)


Reprenons l'analyse et les notations du paragraphe 2.2.1. S1 et S2 étant
obtenues à partir de la même source primaire, le prol spectral de cette source
sera aussi celui des sources secondaires. Des lumières de fréquences diérentes
ne pouvant pas produire d'interférence, l'éclairement E (M) en un point M de
l'espace sera la somme de l'éclairement E1 (M) du à la gure d'interférences
correspondant à la longueur d'onde dans le vide λ0,1 = λ0,m − ∆λ/2 et de
celui E2 (M) correspondant à λ0,1 = λ0,m − ∆λ/2 (Cf. paragraphe 2.1.3) :
     
δ(M) δ(M)
E1 (M) = 2s20 1 + cos 2π et E2 (M) = 2s20 1 + cos 2π
λ0,1 λ0,2
(2.55)
d'où :
    
δ(M) δ(M)
E(M) = 2s20 2 + cos 2π + cos 2π (2.56)
λ0,1 λ0,2
ce qui s'écrit aussi :
    
δ(M)∆λ δ(M)λ0m
E(M) = 4s20 1 + cos π cos 2π (2.57)
λ0,1 λ0,2 λ0,1 λ0,2
2.3. INFLUENCE D'UN MANQUE DE COHÉRENCE TEMPORELLE 53

Enn, en remarquant que si ∆λ  λ0m alors λ0,1 λ0,2 ≈ λ20m , on obtient


nalement :
h    i
E(M) = 4s20 1 + cos π δ(λM2 )∆λ cos 2π δ(M) (2.58)
m
0
λ 0 m

Le graphe 20 2.17 représente les variations de E (M) avec δ . On y voit une


variation des valeurs de l'éclairement Emax des franges brillantes et Emin des
franges sombres et donc de la visibilité. En eet, autour d'un point M de
l'écran on a 21 :
   
δ(M)∆λ
Emax = 4s20 1+ | cos π | (2.59)
λ20m
et
   
δ(M)∆λ
Emin = 4s20 1− | cos π | (2.60)
λ20m

λm
E(M)

δ(M)

λ2
m/∆λ

Figure 2.17  Doublet spectral

La visibilité vaut donc :


 
V (M) =| cos π δ(λM2 )∆λ | (2.61)
m
0

20. Pour plus de clarté, ce graphe correspond à λ0m /∆λ = 20 alors que pour le doublet
du sodium, on a λ0m /∆λ ≈ 1000.  
21. ∆λ étant trés petit devant λ0m , on peut considérer que cos π δ(λM2 )∆λ ne varie
0m
pratiquement pas entre deux franges brillante et sombre immédiatement voisines.
54 CHAPITRE 2. INTERFÉRENCES LUMINEUSES À DEUX ONDES

Remarques :
 En faisant tendre ∆λ vers 0, on retrouve pour l'éclairement et la vis-
ibilité les expressions déjà obtenues pour une source temporellement
cohérente.

 La visibilité dépend du point de l'écran considéré. Les zones de visi-


bilité minimale correspondent aux cas où une frange brillante corre-
spondant à une longueur d'onde coïncide avec une frange sombre pour
l'autre longueur d'onde. Les zones de visibilité maximale sont celles où
les franges brillantes (et les franges sombres) pour les deux longueurs
d'onde sont au même endroit.

 La visibilité peut s'exprimer en fonction de l'ordre k = δ/λ0m de la


frange considérée :
 
k∆λ
V (k) =| cos π | (2.62)
λ0 m
Cette expression montre que la visibilité de la frange d'ordre k ne
dépend pas de la position de l'écran. Cette propriété étant vraie quel
que soit k, les interférences restent non localisées malgré la dégradation
de la cohérence temporelle de la source.

 La quantité N = λ0m /∆λ représente le nombre de franges comprises


entre deux points de visibilité nulle. Pour un doublet comme celui de
la lampe au sodium, N ≈ 1 000. Pour le doublet jaune du mercure, on
a N ≈ 300.

2.3.3 Prol spectral rectangulaire : modélisation d'une raie


Lorsque l'on peut isoler (à l'aide d'un ltre par exemple) une raie d'émis-
sion d'une lampe à décharge, le prol spectral de la lumière obtenue ressem-
ble à celui représenté en trait plein sur la gure 2.18. Pour simplier l'étude,
nous allons assimiler cette courbe à un prol rectangulaire (représenté en
pointillé) correspondant à la densité spectrale Fν suivante :

si ν ∈ [ν1 , ν2 ] alors Fν = F0 sinon Fν = 0 (2.63)


Comme au paragraphe précédent, on supposera les sources secondaires
identiques et le milieu de propagation non dispersif. On notera ∆ν = ν2 − ν1 ,
νm = (ν1 + ν2 )/2 (on suppose ν1 < ν2 ).
Limitons nous dans un premier temps à la lumière émise dans la bande
[ν, ν + dν] (ν ∈ [ν1 , ν2 ]). L'éclairement dE correspondant à cette bande et
2.3. INFLUENCE D'UN MANQUE DE COHÉRENCE TEMPORELLE 55

ν
ν1 ν2

Figure 2.18  Raie spectrale

engendré en un point M de l'espace par l'ensemble des deux sources synchro-


nisées S1 et S2 vaut :
  
δ(M)
dE(M) = 2F0 dν 1 + cos 2π (2.64)
λ0
où λ0 = c0 /ν est la longueur d'onde dans le vide correspondant à la
fréquence ν considérée. Les diérentes bandes de fréquence ne pouvant pas
interférer, l'éclairement E (M) est simplement la somme 22 des éclairements
élémentaires dE lorsque l'on balaye l'intervalle [ν1 , ν2 ] :
Z   
ν2
δ(M)
E(M) = 2F0 1 + cos 2π ν dν (2.65)
ν1 c0
Tous calculs faits, on obtient :

h  i
E(M) = 2F0 ∆ν 1 + sin u
u cos 2π δ(cM
0
)
ν m avec u = π δ(cM
0
)
∆ν (2.66)

ce qui montre que la visibilité vaut :

V (M) =| sin u
u | avec u = π δ(cM
0
)
∆ν (2.67)
On a représenté sur la gure 2.19 les variations de E (M) en fonction de
la diérence de chemin optique δ . Ce graphe montre que les franges ne sont
facilement visibles que si | δ |< δmax = c0 /∆ν . Au delà, la visibilité devient
très faible.
R
22. Il faut bien noter ici que l'écriture E = dE n'est absolument pas évidente : c'est
parce que les diérentes bandes de fréquence sont incohérentes que cette équation est
justiée.
56 CHAPITRE 2. INTERFÉRENCES LUMINEUSES À DEUX ONDES

Ε(Μ)
λ 0m=c 0/νm

δ(M)

2c0 / ∆ν

Figure 2.19  Raie spectrale

S1

S2

Figure 2.20  Superposition partielle de deux trains d'onde

Ce dernier résultat est facilement interprétable à partir de la notion de


train d'onde. Pour le comprendre, considérons le cas particulier formé par
deux sources secondaires S1 et S2 placées dans un milieu homogène non
dispersif (gure 2.20). Lorsque la source S émet un train d'onde, celui-ci se
transforme en deux trains d'onde synchrones (si LSS1 = LSS2 ) au niveau des
sources secondaires S1 et S2 . Pour que des interférences soient observables
au voisinage du point M de l'écran, il faut que ces deux trains d'onde se
recouvrent (au moins partiellement) en ce point 23 . Il faut donc que leur
longueur L soit plus grande que la diérence δ des chemins qu'ils ont à
parcourir :

23. Dans le cas contraire, les trains d'onde se superposant en M ne seraient plus co-
hérents.
2.3. INFLUENCE D'UN MANQUE DE COHÉRENCE TEMPORELLE 57

δ<L (2.68)
Sachant que la durée τ = L/c d'un train d'onde est approximativement
liée à l'étalement en fréquence ∆ν de la source qui l'émet par ∆ν ≈ 1/τ , la
condition précédente s'écrit :

δ < c/∆ν (2.69)


C'est bien ce qu'indique la gure 2.19.

Remarques :
 En faisant tendre ∆ν vers 0, on retrouve pour l'éclairement et la vis-
ibilité les expressions déjà obtenues pour une source temporellement
cohérente.

 Les lobes secondaires entourant le lobe principal de largeur 2c0 /∆ν sur
graphe de la gure 2.19 ne sont que des "artefacts" de la modélisation
grossière de la fonction Fν . Si on utilise un prol plus proche de celui
représenté en trait plein sur la gure 2.18, ces lobes secondaires dis-
paraissent.

 Le résultat correspondant aux équations 2.66 et 2.67 a été établi sans


faire d'hypothèse sur la valeur de ∆ν par rapport à νm . Il est donc
très général et peut être utilisé pour une source beaucoup plus étendue
qu'une raie spectrale.

 La visibilité peut s'exprimer en fonction de l'ordre k = δ/λ0m de la


frange considérée :
sin u ∆ν
V (k) =| | avec u = πk (2.70)
u νm
Cette expression montre que la visibilité de la frange d'ordre k ne
dépend pas de la position de l'écran. Cette propriété étant vraie quel
que soit k, les interférences restent non localisées malgré la dégradation
de la cohérence temporelle de la source.

 La quantité N = 2νm /∆ν représente le nombre de franges visibles


sur la gure d'interférence. Pour une raie spectrale comme celle d'une
des deux composantes du doublet du sodium, il est de l'ordre de 5 000.
Pour une lumière blanche passée à travers un ltre interférentiel, on ob-
tiendra une centaine de franges. La même lumière ltrée par un simple
ltre gélatine ne donnera plus que quelques dizaines de franges visibles.
58 CHAPITRE 2. INTERFÉRENCES LUMINEUSES À DEUX ONDES

2.3.4 Condition pratique de cohérence temporelle d'une source


L'analyse du paragraphe précédent montre que la visibilité de la g-
ure d'interférence reste très proche de celle qu'elle serait pour une source
monochromatique si :
δ∆ν
1 (2.71)
c0
Lorsqu'on utilise un interféromètre, la diérence de marche δ est toujours
bornée, ne serait-ce qu'à cause de la dimension nie de l'écran d'observation.
Soit ∆ la valeur maximale de | δ | que permet d'obtenir l'interféromètre. La
condition de cohérence temporelle de la source s'écrira :
c0
∆ν  (2.72)

Remarque : La condition de cohérence temporelle de la source n'est pas
intrinsèque à celle-ci : elle dépend de l'interféromètre utilisé.

2.4 S'il ne fallait retenir que cela


 Les gures d'interférences ne sont stables que si les sources qui inter-
fèrent sont synchronisées et de même fréquence.

 On ne sait pas synchroniser deux sources lumineuses autrement qu'en


les engendrant à partir d'une source ponctuelle unique. C'est la condi-
tion de cohérence spatiale. Cette source doit aussi être monochroma-
tique. C'est la condition de cohérence temporelle.

 Lorsque les amplitudes des deux ondes lumineuses qui interférent sont
identiques et que les sources sont totalement cohérentes, l'éclairement
obtenu sur un écran s'écrit E(M) = E20 (1 + cos 2πδ(M)/λ0 ) où δ(M)
est la diérence entre les chemins optiques pour aller de la source S au
point M de l'écran en passant par un chemin ou l'autre.

 Pour caractériser la possibilité de distinguer les franges sombres des


franges brillantes, on introduit la visibilité V = (Emax − Emin ) / (Emax + Emin )
qui varie entre 0 et 1.

 Lorsque la source n'est plus monochromatique, la visibilité varie avec


δ . Pour un doublet, cette variation est périodique. Pour un prol rect-
angulaire, le nombre de franges visibles est limité (δ < δmax ). Dans les
deux cas, l'analyse de la gure d'interférence permet de remonter à la
composition spectrale de la source (∆λ et λm ).
2.4. S'IL NE FALLAIT RETENIR QUE CELA 59

 L'étendue spectrale de la source inue directement sur la possibilité


d'observer des franges correspondant à une diérence de marche don-
née. Il faut utiliser une source de faible étendue spectrale pour observer
des interférences d'ordre élevé 24 .

 Les interférences associées à une source ponctuelle (ie spatialement


cohérente) sont non localisées, que la source soit monochromatique (ie
temporellement cohérente) ou pas.

24. Cette propriété sera utilisée dans la procédure de réglage de l'interféromètre de


Michelson décrite au chapitre 4, Ÿ 4.2.2
60 CHAPITRE 2. INTERFÉRENCES LUMINEUSES À DEUX ONDES

2.5 Exercices
Exercice 1
On considère un dispositif interférentiel constitué par un diaphragme D
percé de trois petits trous F1 , F2 , F3 équidistants :

F1 F2 = F2 F3 = d (2.73)

D
L
M

F1
O
F F2

F3
f P

Figure 2.21  Trois trous d'Young

Le trou central F2 est de largeur réglable, les deux trous F1 et F3 sont


de même largeur. Le système est éclairé en lumière monochromatique de
longueur d'onde dans le vide λ par une trou source F très n, disposé au
foyer objet d'une lentille L conformément à la gure 2.21. On observe les
phénomènes d'interférences obtenus dans un plan E situé à la distance P du
diaphragme D (P sera considéré comme très grand devant d). On désignera
par ϕ la diérence de phase en un point M du plan E entre les vibrations
diractées par deux trous consécutifs du diaphragme D : F1 , F2 ou F2 , F3 .

On notera S0 le module de la vibration émise par F1 ou F3 . On donne :


d = 0, 5 millimètre λ = 546 nanomètres p = 0, 50 mètre

1. On ferme totalement le trou F2 .


(a) Décrire le phénomène observé sur le plan E
(b) On se limite à des points M de E contenus dans le plan de la gure.
Exprimer, en fonction de y = OM, abscisse du point M sur le plan
E, l'amplitude résultante en M et représenter graphiquement en
fonction de y la variation de l'éclairement sur une distance de
quelques interfranges entourant le point O.
2.5. EXERCICES 61

(c) Donner la valeur numérique de l'interfrange.


2. On ouvre le trou F2 de manière à lui donner la même largeur qu'aux
trous F1 et F3 . Exprimer à nouveau l'amplitude résultante en M et
représenter graphiquement la variation de l'éclairement en fonction de
y en précisant les points particuliers : maximums, minimums...
3. On double la largeur de F2 de telle sorte que l'amplitude de la vibration
diractée par F2 soit le double de celle diractée par les deux autres
trous.
(a) Représenter graphiquement la nouvelle variation de l'éclairement.
(b) Comparer le système de franges ainsi obtenu à celui observé dans
la question 1.
4. Les trois trous F1 , F2 et F3 ayant à nouveau même largeur, on interpose
en avant du plan D et tout contre F2 une lame de verre à faces planes
et parallèles, d'indice n = 1, 50 et d'épaisseur e (gure 2.22).
D

F1

F2

F3

Figure 2.22  Une lame de verre devant F2


On désigne par ψ le déphasage que présentent alors les sources sec-
ondaires F1 et F2 d'une part, F2 et F3 d'autre part.
(a) Donner, en fonction de ϕ et de ψ , I'expression de l'amplitude et
de l'éclairement en M.
(b) Représenter graphiquement la variation de l'éclairement en fonc-
tion de y pour ψ = 0, ψ = π/2 et ψ = π .
(c) Quel doit être l'épaisseur e de la lame pour atteindre ψ = π/2 ?
Ne pourrait-on proposer un meilleur choix technologique de cette
épaisseur pour atteindre le même résultat ?

Exercice 2
Dans tout l'exercice, on pourra assimiler l'objectif du télescope à une
lentille mince convergente de distance focale f = 50 m.
62 CHAPITRE 2. INTERFÉRENCES LUMINEUSES À DEUX ONDES

Figure 2.23  2 trous d'Young devant un téléscope

On place devant l'objectif d'un télescope (gure 2.23) un écran percé


de 2 trous identiques, distants de a et symétriques par rapport à l'axe du
télescope ; on observe une étoile quasi ponctuelle émettant une radiation
quasi monochromatique de longueur d'onde 550 nm, et vue dans la direction
faisant l'angle α (négatif sur la gure 2.23) avec l'axe.
1. (a) Décrire le phénomène observé dans le plan focal de l'objectif.
Quelle couleur correspond à cette longueur d'onde ?
(b) En ne tenant pas compte de l'image de diraction, calculer la
répartition de l'éclairement dans le plan focal.
(c) Dénir et calculer l'interfrange.
2. On observe en fait une étoile double dont les deux composantes, émet-
tent chacune une vibration de même intensité à 550nm ; on pointe le
télescope sur l'une des composantes ; le diamètre apparent de l'ensem-
ble est α.
(a) Calculer la nouvelle répartition d'éclairement.
(b) Déterminer la visibilité.
3. (a) La distance a des trous étant variable, on constate que l'éclaire-
ment devient uniforme pour une valeur minimale de a = a0 . En
déduire la valeur de α
(b) Déterminer a0 pour pouvoir observer α = 2 secondes d'arc.
(c) Quelle devrait être la valeur de a0 pour pouvoir évaluer le diamètre
apparent d'une étoile double valant 8.10−3 secondes d'arc ?

Exercice 3
On utilise un interféromètre à deux ondes correspondant au schéma fonc-
tionnel de la gure 2.13. Grâce à un moteur, on déplace la source S1 à la
vitesse constante V . On note x (t) l'abscisse de S1 sur l'axe OC. On place en C
une photodiode qui délivre un photocourant I (t) proportionnel à l'intensité
lumineuse reçue. Un enregistreur permet de tracer la courbe I (t).
2.5. EXERCICES 63

1. On éclaire l'interféromètre par un laser de longueur d'onde λ = 632, 8nm.


Tracer l'allure de l'interférogramme I (t) obtenu. Quelle est l'expression
de sa période temporelle T ?
2. On utilise maintenant une lampe à vapeur de mercure "haute pres-
sion", munie d'un ltre interférentiel jaune qui laisse passer le doublet
jaune du mercure, constitué de deux radiations de même intensité, de
longueur d'onde λ1 = 577 nm et λ2 = 579 nm, soit δλ = 2 nm.
(a) Tracer l'allure de l'interférogramme I (t).
(b) Sur cet interférogramme, dégager deux temps caractéristiques : T
analogue à celui de la question précédente et T 0 , et les relier aux
caractéristisques des radiations étudiées et à la vitesse V imposée
par le moteur.
(c) Que vaut numériquement T 0 /2T ? Que représente ce nombre ?
3. En fait les deux composantes du doublet jaune du mercure sont mieux
modélisées par des raies lorentziennes de même prol (c'est à dire de
même intensité et de même largeur spectrale ∆λ = 0, 1 nm) centrées
sur les nombres d'onde σ1 = λ11 et σ2 = λ12 .
 Pour la raie 1, la densité spectrale en nombre d'onde peut s'écrire :

B0 (∆σ)2
Fσ,1 (σ) = (2.74)
(σ − σ1 )2 + (∆σ)2
 Pour la raie 2 :

B0 (∆σ)2
Fσ,2 (σ) = (2.75)
(σ − σ2 )2 + (∆σ)2
les deux largeurs ∆σ étant supposées identiques.
(a) On suppose pour commencer que l'interféromètre est éclairé par
la seule raie 1. Déterminer le photocourant en fonction de la dif-
férence de marche δ .

On "sait" que la transformée de Fourier d'une lorentzienne est


une exponentielle et on admet que :
Z +∞
cos (2παx) dx π
2 = cos (2παx0 ) e(−2π|α|β) (2.76)
−∞ (x − x0 ) + β 2 β
(b) Exprimer en fonction de V et des autres données le temps carac-
téristique τ de la décroissance de l'enveloppe de I (t).
(c) L'interféromètre est maintenant éclairé par les deux raies du dou-
blet. Evaluer le rapport 2τ /T 0 et en déduire l'allure de l'interféro-
gramme.
64 CHAPITRE 2. INTERFÉRENCES LUMINEUSES À DEUX ONDES
Chapitre 3

Exemples d'interféromètres
Dans ce chapitre, nous allons étudier quelques interféromètres classiques
à deux ondes et particulièrement l'interféromètre de Michelson. Tout ce que
nous avons dit dans le chapitre 2 reste bien entendu valable, en particulier
ce qui concerne le manque de cohérence temporelle de la source primaire.
Nous nous bornerons donc ici à étudier l'inuence d'un manque de cohérence
spatiale, la source primaire restant toujours idéalement monochromatique.

Cache

RØglage de
l’angle des
miroirs

Figure 3.1  Miroirs de Fresnel (1886).

65
66 CHAPITRE 3. EXEMPLES D'INTERFÉROMÈTRES

3.1 Les miroirs de Fresnel


3.1.1 Description
Le dispositif dit des "miroirs de Fresnel" 1 est constitué de deux miroirs
plans M1 et M2 accolés. Les plans Π1 et Π2 de ces deux miroirs se coupent
suivant un axe ∆ et délimitent un angle α. La gure 3.2 représentant le
dispositif est réalisée dans le plan normal à ∆ et contenant la source primaire
de lumière S. L'axe ∆ coupe le plan de la gure au point I. La source S
est disposée de manière à éclairer les deux miroirs en même temps, an que
chacun d'eux rééchisse de la lumière qui semblera alors provenir des sources
secondaires que sont S1 (image de S par M1 ) et S2 (image de S par M2 ). Il est
important de remarquer que les points S, S1 et S2 sont ainsi disposés sur un
même cercle de centre I. L'ensemble est plongé dans un milieu transparent
homogène non dispersif, généralement de l'air.

Cache

α
S
C
D
A
Π1 I B
S2 M1

S1

Figure 3.2  Les miroirs de Fresnel : schématisation

Les interférences que nous étudierons ici sont observables dans la zone
où les deux faisceaux rééchis se superposent. Cette zone est représentée
par la partie la plus ombrée 2 de la gure 3.2. La présence d'un cache est
nécessaire pour s'assurer qu'aucune lumière en provenance directe de S ne
puisse y parvenir.

1. En 1819, Augustin Fresnel obtient le prix de l'Académie des Sciences pour son
mémoire concernant la diraction de la lumière. Trois ans auparavant, il avait eu l'idée
d'un dispositif, connu désormais sous le nom de miroirs de Fresnel, qui permet d'obtenir
des franges d'interférences.
2. Des interférences sont également observables dans le quadrilatère AIBC mais corre-
spondent à la superposition des faisceaux provenant des systèmes (S, S1 ), (S, S2 ) ou (S,
S1 , S2 ).
3.1. LES MIROIRS DE FRESNEL 67

3.1.2 Figure d'interférence en lumière spatialement cohérente


Nous étudions dans cette partie la gure d'interférence engendrée par
un ensemble de miroirs de Fresnel éclairé par une source ponctuelle S. Nous
supposerons que le milieu de propagation est de l'air dont nous assimilerons
l'indice à 1. Ces interférences seront observées sur un écran disposé normale-
ment à la médiatrice du segment S1 S2 .

Remarque : Nous avons montré au paragraphe 2.2.4 que la distance


séparant les deux sources secondaires est de l'ordre de quelques 1/10ème
mm lorsque l'écran est placé normalement à la médiatrice de S1 S2 . Il en
résulte que le point D de la gure 3.2 est rejeté "loin" à droite, susament
loin pour être sûr que l'écran sera placé entre les miroirs et ce point.
x
Ecran
d'observation

E1

S2
I
a O Oy
S1

E2

Figure 3.3  Les miroirs de Fresnel éclairés par une source ponctuelle.

Nous noterons R la distance de S à l'axe ∆ commun aux deux miroirs et


D la distance séparant l'écran des sources secondaires S1 et S2 (gure 3.3).
Si α est l'angle entre les deux plans Π1 et Π2 , une analyse rapide de la gure
3.2 permet de voir que l'angle sous lequel on voit les deux sources secondaires
S1 et S2 depuis le point I est 2α. Il en résulte que la distance a séparant ces
deux sources vaut :

a = 2R sin α (3.1)

Ainsi, le système étudié est équivalent à un ensemble de deux sources S1


et S2 spatialement cohérentes avec un écran disposé parallèlement au seg-
ment S1 S2 . Tous les résultats établis au chapitre précédent sur un dispositif
de ce type sont donc utilisables. En particulier :

 Au voisinage du centre de l'écran (point O), les franges sont des droites
parallèles à l'axe ∆ commun aux deux miroirs.
68 CHAPITRE 3. EXEMPLES D'INTERFÉROMÈTRES

 Les interférences sont non localisées : la position de l'écran est donc


quelconque à condition qu'il intercepte la zone de recouvrement des
faisceaux provenant de S1 et de S2 .

Interfrange et position de la frange centrale


Dans de l'air dont on assimile l'indice à 1, l'interfrange i vaut donc :
D D
i = λ0 = λ0 (3.2)
a 2R sin α
Ordre de grandeur : La distance D est de l'ordre de quelques décimètres.
Elle dépasse rarement 1 à 2 m. La distance R de la source primaire à l'axe
∆ est de l'ordre de 0,1 m. Pour une expérience en lumière visible, λ0 est de
l'ordre de 0,5 µm. Si l'on veut pouvoir observer des franges à l'÷il nu, il faut
que i soit au moins égale à 1 mm. On en déduit une borne supérieure pour
sin α (avec D = 1 m) :

sin α < 2, 5.10−3 (3.3)


Ainsi, l'angle α entre les deux miroirs est toujours très petit an que les
franges restent facilement observables. On peut donc écrire :
λ0 D
i= (3.4)
2Rα
Les deux sources S1 et S2 sont deux images de la même source primaire S
par des miroirs plans identiques. D'après ce qui a été montré au paragraphe
1.3.2, les chemins optiques LSS1 et LSS2 sont identiques, égaux à 0 ou à
λ0 /2 suivant la nature du miroir :

LSS1 = LSS2 (3.5)


Il en résulte que la frange centrale correspond à l'ensemble des points
pour lesquels la diérence LS1 M − LS2 M est nulle. C'est donc l'axe Oy
(gure 3.3). Le milieu de propagation étant non dispersif, c'est aussi la frange
achromatique.

Champ d'observation
Le champ d'observation est la zone de l'écran sur laquelle les faisceaux
issus des sources secondaires se recouvrent. Sur la gure 3.3, il correspond à
l'espace entre les points E1 et E2 . L'axe Oy appartient à cette zone si bien
que la frange centrale est eectivement observable.
La largeur L du champ d'interférence est directement proportionnel à la
distance d = D − R séparant cet écran de l'axe ∆. L'angle α entre les miroirs
étant toujours petit, cette largeur vaut :
3.1. LES MIROIRS DE FRESNEL 69

L = 2αd = 2α(D − R) (3.6)


Juste au milieu du champ d'interférence se trouve la frange centrale qui
est une frange brillante. Si le système est éclairé par une lumière totalement
cohérente de longueur d'onde λ0 , le nombre Nb de franges brillantes visibles
sur l'écran est donc :
   
L 2Rα2 (D − R)
Nb = 1 + 2 ent = 1 + 2 ent (3.7)
2i λ0 D
Ordre de grandeur : Prenons D = 1 m, R = 0, 1 m, α = 2, 5.10−3 rad
et λ0 = 0, 5 µm. La largeur du champ d'interférence est alors L = 4, 5mm,
l'interfrange i = 1 mm et on peut observer 5 franges brillantes.

Remarques :
 Pour obtenir une valeur de i pas trop petite, il faut un angle α très
faible ce qui limite considérablement la largeur du champ d'interférence
et, par voie de concéquence, le nombre de franges visibles.
 La distance D de l'écran aux sources n'a d'inuence sur le nombre de
franges visibles que si D n'est pas trop grand devant R . Dans le cas
contraire, Nb atteint la valeur maximale 1 + 2 ent λ0 . C'est cette
2Rα2

valeur maximale qui est obtenue dans l'exemple numérique précédent


avec D = 1 m et R = 0,1 m.
 Les bords du champ d'observation correspondent au maximum ∆ de
la diérence de marche. Celui-ci vaut donc :
La 2Rα2 (D − R)
∆= = (3.8)
2D D
C'est cette valeur qu'il faudra utiliser pour évaluer la cohérence tem-
porelle de la source comme il est indiqué au paragraphe 2.3.4, page 56.
Comme pour le nombre de franges visibles, ∆ ne dépend de D que si
cette distance n'est pas trop grande devant R. Au maximum, elle vaut
2Rα2 et la condition de cohérence temporelle s'écrit alors : ∆ν  2Rα
c0
.

3.1.3 Inuence d'un manque de cohérence spatiale


La source primaire S n'étant jamais parfaitement ponctuelle, nous allons
étudier l'inuence de son étendue spatiale sur l'allure de la gure d'inter-
férence. Pour simplier, nous supposerons que cette étendue s'eectue dans
un plan orthogonal à sa direction principale d'émission c'est à dire à SI.
Typiquement, la source sera une ouverture rectangulaire découpée dans un
écran opaque et éclairée par l'arrière (fente lumineuse). Comme indiqué dans
l'introduction du chapitre, on la supposera toujours parfaitement monochro-
matique.
70 CHAPITRE 3. EXEMPLES D'INTERFÉROMÈTRES

Extension de la source parallèlement à l'axe ∆


Reprenons le dispositif de la gure 3.2 et ajoutons une deuxième source
ponctuelle S', identique à S et disposée de manière à ce que le segment SS'
soit parallèle à l'axe ∆ commun aux deux miroirs (il est donc perpendic-
ulaire au plan de la gure). Les deux sources S et S' étant indépendantes
sont incohérentes. En tout point de l'espace, les éclairements dûs à chaque
source s'ajouteront donc sans terme d'interférence. En particulier, sur l'écran
d'observation, on observera simplement la superposition des gures d'inter-
férences dues à S et à S'.
Les sources S et S' étant identiques et disposées parallèlement à l'axe
∆, ces deux gures d'interférence sont strictement identiques : ce sont des
franges parallèles à l'axe ∆, disposées autour de la même frange centrale Oy
avec la même interfrange i. Leur superposition ne changera donc rien d'autre
sur l'écran que l'éclairement moyen de la gure, qui aura doublé. Toute la
"structure" de la gure (position des franges, visibilité, etc ...) restera sans
changement.
On peut bien entendu répéter ce raisonnement en ajoutant autant de
sources ponctuelles que l'on veut, pourvu qu'elle soient toutes identiques à
S et disposées sur un axe parallèle à ∆ passant par S. On ne change donc
rien d'autre que l'éclairement moyen de la gure, en remplaçant la source
ponctuelle par une fente inniment ne parallèle à l'axe ∆.

L'extension de la source primaire parallèlement à l'axe ∆ commun aux deux


miroirs n'a aucune inuence sur la structure de la gure d'interférence. Elle
permet d'améliorer les conditions d'observation expérimentale en augmen-
tant l'éclairement moyen de l'écran.

On remplacera donc avantageusement une source ponctuelle par une fente


lumineuse très ne et parallèle à l'axe ∆.

Extension de la source normalement à l'axe ∆


Reprenons de nouveau le dispositif de la gure 3.2 en utilisant une source
étendue dans une direction orthogonale à ∆ et de largeur l  R (gure
3.4). Cette source primaire centrée sur le point S engendre deux sources
secondaires centrées sur les points S1 et S2 .
Isolons une portion de largeur innitésimale dl autour d'un point A à l'in-
térieur de la source primaire. Cette portion se comporte comme une source
ponctuelle dont les images A1 et A2 forment deux sources cohérentes (gure
3.4). Pour caractériser la gure d'interférence engendrée par ces images, il
faut noter que :
3.1. LES MIROIRS DE FRESNEL 71

A
S

Π2

Π1

S2

A2 β OA

β
Oy
I O

S1
D-R
A1

Figure 3.4  Les miroirs de Fresnel éclairés par une source étendue.

 Puisque l  R, l'angle β reste toujours très petit.

 La médiatrice du segment A1 A2 intercepte l'écran d'observation en


OA . La frange centrale correspondant
 à ces deux sources est donc
OA y . Elle est décalée de x OA = β(D − R) par rapport à la frange
centrale correspondant aux sources S1 et S2 .

 La distance séparant les points A1 et A2 est la même que la distance


séparant les points S1 et S2 : a = 2Rα.

 L'écran d'observation n'est pas parallèle à A1 A2 . Sa normale fait le


petit angle β avec IOA . D'après ce qui a été montré page 43, cela n'a
aucune inuence sur l'interfrange : i = λ0 D/(2Rα).

Finalement, le système de franges correspondant aux sources A1 A2 est


simplement translaté en bloc de β(D − R) par rapport à celui engendré par
S1 S2 . Ainsi, l'éclairement élémentaire engendré sur l'écran par les sources
cohérentes A1 et A2 s'écrit :
"  !#
x − x OA
dE = dE0 1 + cos 2π (3.9)
i
avec :
72 CHAPITRE 3. EXEMPLES D'INTERFÉROMÈTRES


x OA = β (D − R) et dE0 = K dl (3.10)
Les diérents points composant la source primaire étant incohérents en-
tre eux, l'éclairement total sera la somme des éclairements élémentaires. En
remarquant que dl = Rdβ , on écrit donc :

Z   
l/2R
x − β(D − R)
E(M) = KR 1 + cos 4πRα dβ (3.11)
β=−l/2R λ0 D

Tout calcul fait, on obtient :

 
E(M) = Kl 1 + sin v
v cos 2π xi avec v = 2παl(D−R)
λ0 D (3.12)

ce qui montre que la visibilité vaut :

V =| sin v
v | (3.13)

Remarques :
 On retrouve les résultats correspondant à une source ponctuelle en
faisant tendre l vers zéro.

 Lorsqu'on fait croître progressivement l à partir de zéro, la visibilité


commence par décroître jusqu'à devenir une première fois nulle pour
v = π . Ensuite, pour π < v < 2π , la visibilité redevient non nulle
mais le coecient sin v/v est alors négatif. Les valeurs de x qui cor-
respondaient à des franges brillantes correspondent maintenant à des
franges sombres (et inversement) : les franges brillantes et sombres ont
permutées. On dit qu'il y a inversion du contraste des franges.

 La source lumineuse pourra être considérée comme spatialement co-


hérente si la visibilité de la gure d'interférence qu'elle engendre est
très proche de celle qu'elle serait pour une source ponctuelle. Pour cela,
il faut v  π c'est à dire : l  2α(D−R)
λ0 D
: C'est la condition pratique
de cohérence spatiale de la source . 3

3. Avec les valeurs numériques déjà utilisées précédemment pour D, R, α et λ0 , on ob-


tient 2α(D−R)
λ0 D
≈ 0, 1 mm. La condition est donc très sévère. C'est la raison pour laquelle
on éclaire souvent les miroirs de Fresnel avec un LASER. On ne peut qu'avoir une pen-
sée admirative pour les physiciens du début du XIXème sciècle qui ne possédaient bien
évidemment pas de LASER mais pas de sources électriques non plus !
3.1. LES MIROIRS DE FRESNEL 73

 La visibilité de la frange d'ordre k est :

sin v 2παl (D − R)
V =| | avec v = (3.14)
v λ0 D
Elle ne dépend pas de k mais elle dépend de la position de l'écran.
Les franges ne sont donc plus délocalisées. Plus précisemment, on peut
remarquer que cette la visibilité est d'autant plus grande que D −R est
petit. A la limite, pour une source d'étendue quelconque, les franges
ne sont observables que si D − R = 0. On dit alors que la gure
d'interférence est localisée 4 sur le plan xIy .
Cette dernière condition était prévisible sans calcul dès lors que l'on
sait que les diérentes gures d'interférence engendrées par les dif-
férents points composant la source sont décalées les unes par rapport
aux autres de β(D − R). Toutes ces gures sont exactement super-
posées si D = R.

Par dénition, une gure d'interférence est localisée sur une surface si la
visibilité des franges d'interférences est maximale sur cette surface.

On retiendra donc que :

L'extension de la source primaire perpendiculairement à l'axe ∆ commun


aux deux miroirs inuence la visibilité de la gure d'interférence, d'autant
plus que l'écran est éloigné de l'axe ∆. Dans le cas d'une source d'étendue
quelconque, les intéférences sont localisées au voisinage de ∆.

Observation à l'aide d'une lentille


Nous avons vu que l'utilisation d'une source étendue s'accompagne de la
localisation des franges au voisinage du plan xIy . Il peut alors devenir dicile
de placer un écran pour réaliser une observation directe. Nous allons montrer
ici comment l'utilisation d'une lentille de projection permet de résoudre ce
problème.
Supposons donc que les interférences que nous voulons observer se situent
dans un plan Π (gure 3.5). Disposons sur l'axe du système une lentille
de projection de façon à ce que ce plan Π et le plan Π0 contenant l'écran
4. Malheureusement, dans le cas des miroirs de Fresnel, la zone voisine du plan xIy est
aussi la zone où le champ d'interférence est le plus étroit, voire inexistant. Si la source est
trop large, on ne peut plus observer de franges avec ce dispositif.
74 CHAPITRE 3. EXEMPLES D'INTERFÉROMÈTRES

Π’

I
S2
M

M'
S1

Franges à
projeter
Ecran
Lentille de d'observation
projection

Figure 3.5  Projection d'une gure d'interférence

d'observation soient conjugués. Alors l'image d'un point M du plan Π sera


un point M' de l'écran d'observation.
Puisque le point M appartient au plan où se trouvent des franges d'inter-
férences, c'est que s'y superposent des rayons semblant provenir des deux
sources secondaires S1 et S2 avec une diérence de marche δ (M). Après
avoir traversé la lentille, ces deux rayons se superposeront de nouveau en M'
avec une diérence de marche δ (M'). Or, nous savons (cf. chapitre 1, para-
graphe 1.4.2) que le chemin optique séparant deux points conjugués comme
M et M' est indépendant du rayon lumineux sur lequel on le calcule. Donc
LMIM' = LMJM' et nalement δ (M) = δ (M').

L'état d'interférence observable en M sera donc identique à celui observé


en M'. On reproduira ainsi sur l'écran d'observation la gure d'interférence
contenue dans le plan Π. Il faut tout de même noter que cette reproduction se
fera avec un grandissement transversal γt qui dépendra de la lentille utilisée
et de la position de l'écran. Par exemple, l'interfrange i0 observée sur l'écran
vaudra i0 = γt i si i est l'interfrange que l'on observerait dans le plan Π.
Il convient de noter que l'utilisation d'une lentille divergente est possible.
Dans ce cas, on visualisera un système de franges qui seraient localisées à
droite de la lentille (franges virtuelles) alors qu'une lentille convergente per-
met de visualiser un système localisé à gauche de la lentille (franges réelles).

Notons, pour terminer, que tout ce qui vient d'être dit à propos de la
projection d'une gure d'interférence sur un écran est indépendant de l'in-
terféromètre utilisé et pourra donc être utilisé pour d'autres systèmes que
les miroirs de Fresnel.
3.2. LE MIROIR DE LLYOD 75

3.2 Le miroir de Llyod


3.2.1 Description

Ecran
d'observation

E2
x

S=S1
E1
h
Π O Oy
M

S2

Figure 3.6  Le miroir de Llyod : schématisation

Ce dispositif est constitué d'un simple miroir plan M. La gure 3.6


représentant le système est réalisée dans le plan orthogonal à ce miroir et
passant par la source primaire de lumière S. Notre étude se fera dans le cas
d'une propagation dans l'air, supposé homogène, non dispersif et d'indice
égal à 1.
L'image S2 de la source primaire S dans le miroir constitue l'une des
deux sources secondaires. L'autre est réalisée par la source S elle-même. Les
interférences sont donc observables dans la zone où les faisceaux rééchis
et directs se superposent. Cette zone est représentée par la partie la plus
ombrée de la gure 3.6.

3.2.2 Figure d'interférence en lumière spatialement cohérente


Nous étudions dans cette partie la gure d'interférence engendrée par un
miroir de Lyod éclairé par une source ponctuelle S. Ces interférences seront
observées sur un écran disposé normalement au plan du miroir M. Nous
noterons D la distance séparant l'écran des sources secondaires S1 et S2 . La
gure 3.6 montre que la distance a séparant les deux sources secondaires
est a = 2h si h repère la distance de la source S au plan du miroir M.
Comme pour les miroirs de Fresnel, le système est donc équivalent à un
ensemble de deux sources S1 et S2 spatialement cohérentes avec un écran
76 CHAPITRE 3. EXEMPLES D'INTERFÉROMÈTRES

disposé parallèlement au segment S1 S2 . Pour les mêmes raisons, si les franges


sont observées pas trop loin du point O de l'écran, ce seront des droites
parallèles au plan du miroir M. Les interférences sont non localisées (source
ponctuelle) et l'interfrange i vaut :
λ0 D λ0 D
i= = (3.15)
a 2h
Pour les mêmes raisons que dans le cas des miroirs de Fresnel, l'observa-
tion aisée de la gure d'interférence nécessite que h soit petit devant D. Plus
exactement, si l'on souhaite observer une interfrange de l'ordre de 1 mm avec
de la lumière visible, il faut que D/h soit de l'ordre de 4 000.
La gure 3.6 montre qu'il n'est pas possible d'observer la frange pour
laquelle LS1 M = LS2 M avec ce dispositif puisque celle-ci devrait se situer au
niveau du point O. Néanmoins, en mesurant l'interfrange i et en repérant la
position des franges sombres et brillantes, on peut savoir si la frange située
en O serait sombre ou brillante. Suivant la nature du miroir utilisé, celle-ci
est sombre ou brillante.
La frange passant par le point O correspondant à une diérence de marche
nulle, le cas frange sombre 5 indique que la réexion sur le miroir s'accom-
pagne d'une déphasage de π . Dans le cas contraire, la réexion se fait sans
déphasage. La frange passant par O est alors la frange centrale. Ces résultats
trouvent leur justication dans le cours d'électromagnétisme.

3.2.3 Inuence d'un manque de cohérence spatiale de la source


primaire
Extension de la source parallèlement au miroir
Le raisonnement est identique à celui mené au paragraphe 3.1.3. Les
franges d'interférence étant rectilignes et parallèles au plan du miroir, l'ex-
tension de la source dans la même direction que les franges ne change rien
à la structure de la gure observée. Elle permet d'augmenter la luminosité
moyenne de l'écran.

Extension de la source normalement au miroir


Reprenons de nouveau le dispositif de la gure 3.6 en utilisant une source
étendue dans une direction orthogonale au miroir et de largeur l  D (gure
3.7). Cette source primaire centrée sur le point S = S1 engendre une source
secondaire centrée sur le point S2 .
Isolons une portion de largeur innitésimale db autour d'un point A =
A1 à l'intérieur de la source primaire. Cette portion se comporte comme une
5. Dans le cas des miroirs de Fresnel, les deux ondes interférant ayant subi une réexion,
la frange passant par O est toujours brillante quelle que soit la nature des miroirs utilisés
du moment que ceux-ci sont identiques.
3.2. LE MIROIR DE LLYOD 77

Ecran
d'observation

E2
x

A=A1
b
S=S1
E1
h

Π O Oy
M

l S2
A2

Figure 3.7  Le miroir de Llyod éclairé par une source étendue.

source ponctuelle qui forme avec son image A2 deux sources cohérentes (g-
ure 3.7). Pour caractériser la gure d'interférence engendrée par ces images,
il faut noter que :

 Puisque l  D, la distance entre A1 et A2 reste toujours très petite


devant D.

 La médiatrice du segment A1 A2 est identique à celle du segment S1 S2 .

 La distance séparant les points A1 et A2 n'est pas la même que la dis-


tance séparant les points S1 et S2 . Elle devient a0 = 2(h + b) = a + 2b.

Finalement, le système de franges correspondant aux sources A1 A2 reste


centré en O mais l'interfrange i0 = λ0 D/a0 varie. Ainsi, l'éclairement élémen-
taire engendré par les sources cohérentes A1 et A2 s'écrit :
  
(a + 2b)x
dE = K db 1 + cos 2π (3.16)
λ0 D
Les diérents points composant la source primaire étant incohérents entre
eux, l'éclairement total sera la somme des éclairements élémentaires. On écrit
donc :
Z l/2   
(a + 2b)x
E(M) = K 1 + cos 2π db (3.17)
b=−l/2 λ0 D
78 CHAPITRE 3. EXEMPLES D'INTERFÉROMÈTRES

Tout calcul fait, on obtient :


n  o
E(M) = Kl 1 + sin v
v cos 2π λax
0D
avec v = 2πlx
λ0 D (3.18)

ce qui montre que la visibilité vaut :

V =| sin v
v | (3.19)

Remarques :
 On retrouve les résultats correspondant à une source ponctuelle en
faisant tendre l vers zéro.

 Lorsqu'on fait croître progressivement l à partir de zéro, la visibilité


commence par décroître jusqu'à devenir une première fois nulle pour
v = π . Ensuite, pour π < v < 2π , la visibilité redevient non nulle
mais le coecient sin v/v est alors négatif. Les valeurs de x qui cor-
respondaient à des franges brillantes correspondent maintenant à des
franges sombres (et inversement) : Les franges brillantes et sombres
ont permutées. On dit qu'il y a inversion du contraste des franges.

 La source lumineuse pourra être considérée comme spatialement co-


hérente si la visibilité de la gure d'interférence qu'elle engendre est
très proche de celle qu'elle serait pour une source ponctuelle. Pour
cela, il faut v  π c'est à dire : l  λ2x
0D
. Si xmax représente la valeur
maximale de | x |, la condition pratique de cohérence spatiale s'écrit :
l  2x λ0 D
max
, ou encore en notant kmax la valeur maximale de l'ordre
d'interférence : l  kmax
h
.

 La visbilité de la frange d'ordre k est :


sin v πlk
V =| | avec v = (3.20)
v h
Elle dépend de k mais ne dépend pas de la position de l'écran. Les
franges restent donc délocalisées malgré le manque de cohérence spa-
tiale de la source.
On retiendra donc que :

L'extension de la source primaire perpendiculairement au miroir dégrade la


visibilité des franges, d'autant plus que l'ordre d'interférence est élevé. La
gure d'interférence reste non localisée.
3.3. L'INTERFÉROMÈTRE DE MICHELSON 79

3.3 L'interféromètre de Michelson

Figure 3.8  Interféromètres de Michelson (Ulice Mich-2 à gauche, DMS


Didalab au milieu, Sopra à droite)

3.3.1 Présentation de l'appareil


y

M2

M1

S x
O

Figure 3.9  Interféromètre de Michelson : Principe de fonctionnement

L'interféromètre de Michelson est principalement constitué des éléments


suivants (gure 3.9) :
80 CHAPITRE 3. EXEMPLES D'INTERFÉROMÈTRES

 Une lame plane semi-rééchissante G

 Deux miroirs plans M1 et M2 .

L'interféromètre est construit autour de deux axes Ox et Oy orthogonaux.


La lame G est disposée parallèlement à la bissectrice de ces deux axes, dans
un plan orthogonal à Oxy . Le miroir M1 peut se translater 6 le long de
Ox. Les miroirs peuvent être orientés de manière à ne pas être exactement
orthogonaux à leur axe respectif. Ainsi, sur la gure 3.9, la normale au miroir
M2 fait un petit angle avec l'axe Oy alors que le miroir M1 est exactement
orthogonal à Ox.
La source S est disposée de manière à éclairer, par l'intermédiaire de la
lame G, les deux miroirs M1 et M2 . Le rôle de la lame semi-rééchissante
est, dans un premier temps, de répartir également l'intensité de la lumière
en provenance de S vers les deux miroirs. Après réexion, les deux faisceaux
lumineux rencontrent de nouveau G. Une proportion égale la traverse et s'y
rééchit de sorte que l'on obtient la superposition de la même proportion de
ces deux faisceaux dans la partie la plus ombrée de la gure 3.9. C'est donc
dans cette zone que des interférences peuvent éventuellement être observées.

3.3.2 Figures d'interférence en lumière spatialement cohérente


Nous étudions dans cette partie certaines gures d'interférence engen-
drées par un interféromètre de Michelson éclairé par une source ponctuelle
S. Plus précisément, nous étudierons le cas où les deux miroirs sont normaux
à leurs axes (interféromètre en lame d'air) et le cas où les centres des deux
miroirs sont à égale distance du point O (interféromètre en coin d'air). Dans
tous les cas, nous supposerons que le milieu de propagation est de l'air dont
nous assimilerons l'indice à 1.

Interféromètre en lame d'air


Dans cette conguration, M1 est normal à Ox et M2 à Oy . Nous noterons
d1 et d2 les distances de M1 et M2 au point O. Suivons les deux rayons issus
de S qui, après réexion sur chaque miroir, viendront converger en un point
E de l'espace :

 1er rayon SBCE : Après avoir traversé la lame G, ce rayon se rééchit


en B sur le miroir M1 . La partie BC semble alors provenir du point
S'1 , image de S par M1 . Le rayon se rééchit ensuite en C sur la lame
G. La partie CE semble alors provenir de S1 , image de S'1 par G.

6. Sur certains interféromètres, M2 peut aussi être translaté le long de Oy


3.3. L'INTERFÉROMÈTRE DE MICHELSON 81

y
S1

2e

S2

M’1

M2
D

d2

S O
x
A S’1
C B
M1
G S’
d1

Figure 3.10  Interféromètre de Michelson réglé en lame d'air : schémati-


sation

 2ème rayon SADE : Ce rayon se rééchit sur la lame G en A. La partie


AD semble alors provenir du point S', image de S par G. Le rayon se
rééchit ensuite en D sur M1 . La partie DE semble alors provenir du
point S2 , image de S' par M2 .

Finalement, tout se passe comme si une source primaire unique S' (image
de S par G) engendrait deux sources secondaires S1 et S2 vibrant en phase
(∆ϕ = 0) obtenues par réexion de S' sur un miroir imaginaire M'1 (image
de M1 par G) et sur le miroir M2 (gure 3.11). Si les deux miroirs M'1
et M2 sont distants de e =| d1 − d2 |, les deux sources secondaires sont
séparées de a = 2e. Si on place un écran d'observation normalement à l'axe
Oy à la distance D des sources, on se trouve dans le cas d'un écran placé
orthogonalement à deux sources S1 et S2 cohérentes. Les résultats établis
au chapitre précédent sur un dispositif de ce type sont donc utilisables. En
particulier :
82 CHAPITRE 3. EXEMPLES D'INTERFÉROMÈTRES

y
S1

a = 2e

S2

M’1

M2

S’

E O’

Figure 3.11  Interféromètre de Michelson réglé en lame d'air : système


équivalent

Au voisinage du centre O' de l'écran, les franges sont des anneaux centrés
sur O' (gure 3.12). Les interférences sont non localisées : la position de
l'écran est quelconque à condition qu'il intercepte la zone de recouvrement
des faisceaux semblant provenir de S1 et S2 .

Si l'écran est placé à grande distance des sources secondaires (D  a),


la diérence de marche vaut :

δ = LSS1 − LSS2 + 2e cos α (3.21)


Cette expression se simplie en remarquant que (voir paragraphe 1.3.2) :

 S' étant l'image de S par le miroir plan constitué par la lame G,


LSS' = 0
3.3. L'INTERFÉROMÈTRE DE MICHELSON 83

Figure 3.12  Anneaux de la lame d'air

 S1 étant l'image de S' par le miroir plan M1 et S2 par le miroir plan


S2 , on a également LS'S1 = LS'S2 = 0.

Finalement, LSS1 = LSS2 = 0 et :

δ = 2e cos α (3.22)
L'interféromètre de Michelson permet facilement de translater les miroirs
parallèlement à leur axe. Cherchons quelle est l'inuence d'une telle trans-
lation sur la gure d'interférence. Pour cela, on peut commencer par remar-
quer que cette translation correspond à la variation de la distance e entre
les miroirs M'1 et M2 . Interressons-nous à l'anneau d'ordre k = 2e cos α/λ0 .
Si on augmente la valeur de e, l'anneau d'ordre k sera caractérisé par une
diminution de cos(α), donc une augmentation de α, c'est-à-dire une augmen-
tation du rayon de l'anneau 7 . Autrement dit :

Lorsque la distance e séparant les miroirs augmente, le rayon des anneaux


augmente : Ceux-ci semblent donc grossir en "sortant" du centre O' de
l'écran. Bien entendu, l'eet inverse est observé si e diminue.

Interféromètre en coin d'air


Dans cette conguration, les distances d1 et d2 du centre des deux miroirs
au point O sont identiques. Par contre, les miroirs ne sont plus orthogonaux
à leurs axes. Pour simplier, nous supposerons dans un premier temps que
chaque miroir fait le même angle α/2 avec sa normale.
Dans ces conditions, un raisonnement identique à celui mené page 79
permet d'armer que ce système est équivalent à celui représenté sur la gure
7. Ce résultat sera particulièrement utile pour régler l'interféromètre de Michelson
selon la procédure décrite au chapitre 4
84 CHAPITRE 3. EXEMPLES D'INTERFÉROMÈTRES

a = 2R sin α

S1 S2

M’1
I
α
M2

D
R

S’

E O’ xE

Figure 3.13  Interféromètre de Michelson réglé en coin d'air : système


équivalent

3.13. La source unique S' engendre deux sources secondaires synchronisées


(∆ϕ = 0) aux points S1 et S2 disposées symétriquement de part et d'autre
de l'axe Oy. On reconnaît le même dispositif que les miroirs de Fresnel.
Les résultats établis au paragraphe 3.1 sont donc totalement utilisables. En
particulier :

Au voisinage du centre O' de l'écran, les franges sont des droites parallèles à
l'axe ∆ commun à M'1 et M2 (gure 3.14). La frange centrale passe par O'.
Les interférences sont non localisées : la position de l'écran est donc quel-
conque à condition qu'il intercepte la zone de recouvrement des faisceaux.

En nommant xE l'abscisse du point E sur l'écran d'observation, la dif-


férence de marche en E sera, si l'écran est placé à grande distance des sources
(D  a) :

axE 2R sin α
δ= = xE (3.23)
D D

La gure d'interférence sera donc caractérisée par une interfrange :


3.3. L'INTERFÉROMÈTRE DE MICHELSON 85

Figure 3.14  Franges rectilignes du coin d'air

D
i=λ (3.24)
2R sin α
Et, comme l'angle α est toujours petit :
D
i=λ (3.25)
2Rα
La frange centrale est toujours positionnée en xE = 0.

Supposons maintenant que l'angle entre la normale à un miroir et l'axe


correspondant soit diérent pour chaque miroir. Soit α1 et α2 ces deux angles.
Le schéma fonctionnel de l'appareil correspond alors à celui de la gure 3.15.
Tout se passe alors comme si le couple de sources secondaires avait pivoté
autour de I d'un angle (orienté) α2 − α1 , l'angle (non orienté) entre M'1 et
M2 valant maintenant | α1 + α2 |. Cette situation est identique à celle déjà
étudiée pour les miroirs de Fresnel (cf. paragraphe 3.1.3). Tant que les angles
α1 et α2 sont petits (ce qui est toujours le cas), on sait que cela se traduit
par une simple translation de la gure d'interférence d'une distance h ≈
(α2 − α1 ) (D − R), la distance a entre les deux sources secondaires devenant
a ≈| α1 + α2 | R.

3.3.3 Inuence d'un manque de cohérence spatiale de la source


Comme pour les interféromètres précédents, nous allons étudier l'inu-
ence d'un manque de cohérence spatiale de la source, c'est à dire l'inuence
de son étendue non nulle, en nous intéressant d'abord au cas d'une source
composée de points lumineux indépendants. Nous généraliserons ensuite le
résultat de cette étude au cas d'une source d'étendue quelconque.
86 CHAPITRE 3. EXEMPLES D'INTERFÉROMÈTRES

β = α2 − α1
S2

S1

M’1

M2
α = |α1 + α2|

S’

O’ xE

Figure 3.15  Interféromètre de Michelson réglé en coin d'air : système


équivalent

Interféromètre en lame d'air


Reprenons le dispositif de la gure 3.11 en utilisant deux sources ponctuelles
identiques Sa et Sb . Soient S'a et S'b les images de ces deux sources par la
lame G. Supposons les deux sources ponctuelles disposées de manière à ce
que le segment S'a S'b soit parallèle à l'axe Ox. Soit b la longueur de ce
segment. En raisonnant de la même manière qu'au Ÿ 3.3.2, ce système est
équivalent à celui représenté sur la gure 3.16.

Analyse qualitative :
Sur l'écran d'observation, chaque source engendre un système d'anneaux
respectivement centré sur O'a et sur O'b et donc décalés de b. Pour que ces
deux systèmes d'anneaux ne se brouillent pas, il faut que b reste petit devant
la distance séparant un anneau brillant de l'anneau sombre immédiatement
voisin (gure 3.17 : sur cette gure, les anneaux engendrés par la source Sa
sont représentés en traits pleins et en traits pointillés pour la source Sb ).
Comme les anneaux se resserrent au fur et à mesure que l'on s'éloigne du
centre, il est évident que cette condition de non brouillage est plus dicile
à respecter pour des anneaux périphériques que pour des anneaux centraux.
Ainsi, sur la gure 3.17, les deux premiers anneaux brillants (comptés à
partir du centre) sont pratiquement confondus pour chaque source alors que
les cinquièmes sont décalés d'une demi-interfrange : pour ceux-là, un anneau
3.3. L'INTERFÉROMÈTRE DE MICHELSON 87

S1a S1b

a = 2e

S2a S2b

M’1

M2

S’a S’b

E O’a O’b

Figure 3.16  Interféromètre de Michelson réglé en lame d'air éclairé par


deux sources ponctuelles

brillant d'une source correspond à un anneau sombre de l'autre source ; il y


a brouillage local qui correspond à un minimum de visibilité.
Les dimensions de la gure d'interférence étant d'autant plus grandes
que l'écran est éloigné de l'interféromètre, la condition de non brouillage est
d'autant plus facile à respecter que la distance D est grande. A la limite,
pour un écran placé à une distance innie, la visibilité est la même quelle-
que-soit la dimension de la source éclairant l'interféromètre : les franges sont
localisées à l'inni.

Analyse quantitative : D'après l'étude faite au chapitre précédent, le rayon


rb,k de l'anneau brillant d'ordre d'interférence k est :
r
√ λ0
rb,k = D 2 1 − k (3.26)
a
et celui de l'anneau sombre immédiatement voisin :
88 CHAPITRE 3. EXEMPLES D'INTERFÉROMÈTRES

Figure 3.17  Interféromètre de Michelson réglé en lame d'air éclairé par


deux sources ponctuelles

s 
√ 1 λ0
rs,k = D 2 1 − k + (3.27)
2 a
Si on se limite à des anneaux susamment éloignés du centre (anneaux
périphériques), la distance d entre un anneau brillant et l'anneau sombre
immédiatement voisin s'écrit :

2 − r2
rb,k 2 − r2
rb,k Dλ0
d = rb,k − rs,k =
s,k

s,k
= √ q (3.28)
rb,k + rs,k 2rb,k 2a 2 1 − k λa0

La condition de non brouillage des anneaux s'écrit donc :


Dλ0
b √ q (3.29)
2a 2 1 − k λa0

Comme prévu, cette condition est d'autant plus facile à respecter que k
est grand, c'est-à-dire que les anneaux considérés sont proches du centre.

Supposons maintenant que la source primaire soit étendue et qu'elle cor-


responde à un disque de diamètre φ = 2b centré sur le point S. L'étalement
de chaque anneau sera φ = 2b. En admettant que les anneaux ne se brouillent
3.3. L'INTERFÉROMÈTRE DE MICHELSON 89

pas si cet étalement φ reste plus petit que la distance séparant un anneau
brillant de l'anneau sombre immédiatement voisin, la condition de cohérence
spatiale pour le Michelson réglé en lame d'air s'écrit :
Dλ0
φ< √ q (3.30)
2a 2 1 − k λa0
Précisons quelques ordres de grandeur : supposons que l'on dispose d'un
interféromètre de Michelson réglé en lame d'air pour lequel l'écran est placé à
D = 1 m des sources secondaires. On règle les miroirs de manière à avoir a =
0, 5 mm et on utilise une source de lumière monochromatique, de longueur
d'onde λ0 = 500 nm et de diamètre φ = 1 cm. Dans ces conditions, la règle
précédente permet d'armer que l'on pourra observer des anneaux dont
l'ordre d'interférence sera supérieur à :
"   #!
a Dλ0 2
kmin = ent 1−8 + 1 = 921 (3.31)
λ0 aφ
Connaissant le lien entre l'ordre d'interférence k et le numéro q de l'an-
neau brillant correspondant (voir chapitre 2, Ÿ2.2.5) :
 
a
q = 1 + ent −k (3.32)
λ0
on en déduit que l'on peut observer q = 80 anneaux brillants.

Pour terminer, il est important de noter que, comme prévu dans l'analyse
qualitative, la condition de non brouillage est d'autant plus facile à respecter
que la distance D de l'écran aux sources secondaires est grande. A la limite,
les anneaux sont toujours observables si l'écran est rejeté à l'inni.

Lorsque la source est étendue, les anneaux d'interférence de la lame d'air


sont localisés à l'inni.

Observation des anneaux à l'inni : Placer l'écran d'observation très


loin des sources présente deux inconvénients majeurs : l'encombrement du
montage devient très important et la luminosité de la gure observée très
faible. On peut contourner ces deux dicultés en utilisant une lentille con-
vergente comme sur la gure 3.18. L'écran d'observation est placé dans le
plan focal image de la lentille. Les rayons lumineux se superposant en un
point E de l'écran sont ceux qui étaient parallèles avant la traversée de la
lentille. Sans celle-ci, ils se seraient superposés à l'inni.
Pour déterminer précisément la gure observée sur l'écran, il faut déter-
miner la diérence de marche δ (E) entre deux rayons se superposant en E
90 CHAPITRE 3. EXEMPLES D'INTERFÉROMÈTRES

y
S1

a = 2e

S2

P Q

f’
α

E O’

Figure 3.18  Observation des anneaux à l'inni

et provenant de S1 et de S2 . Pour cela, considérons deux points tels que P


et Q disposés sur un même plan orthogonal à ces deux rayons (gure 3.18).
D'après le théorème de Malus (cf. chapitre 1, Ÿ1.4.2), les points P et Q ap-
partiennent à un même plan d'onde pour une source ctive placée en E. On
en déduit que les chemins optiques LPE et LQE sont identiques. On peut
donc écrire :

δ (E) = LS1 E − LS2 E = LS1 P − LS2 Q (3.33)


L'examen de la gure 3.18 montre, en plaçant le point Q au niveau de S2 ,
que cette diérence vaut δ (E) = 2e cos α. Cette expression, qui ne fait pas
intervenir la distance focale f 0 de la lentille, est identique à celle déjà obtenue
dans l'étude générale menée au chapitre précédent dans le cas où l'écran est
placé loin des sources. En reprenant le calcul du rayon des anneaux, on
obtient pour les anneaux brillants :
r
0
√ λ0
rb = f 2 1−p p∈N (3.34)
2e
et pour les anneaux sombres :
3.4. S'IL NE FALLAIT RETENIR QUE CELA 91

s  
0
√ 1 λ0
rs = f 2 1− p+ p∈N (3.35)
2 2e

Interféromètre en coin d'air


Reprenons les schémas fonctionnels de l'interféromètre de Michelson réglé
en coin d'air (gure 3.13 et 3.15). Nous avons déjà indiqué que ces schémas
sont identiques à ceux correspondants aux miroirs de Fresnel. L'étude de
l'inuence de l'étendue spatiale de la source primaire est donc la même et
on peut en reprendre les conclusions :

 L'extension de la source primaire parallèlement à l'axe ∆ commun à


M'1 et M2 n'a aucune inuence sur la structure de la gure d'inter-
férence. Elle permet d'améliorer les conditions d'observation expéri-
mentale en augmentant l'éclairement moyen de l'écran.

 Lorsque la source est étendue dans une direction orthogonale à ∆, les


franges d'interférence sont localisées au voisinage de ∆, c'est-à-dire sur
les miroirs.

On retiendra donc que :

Lorsque la source est étendue, les franges d'interférence du coin d'air sont
localisées sur les miroirs.

La gure 3.19 montre que le champ d'interférence au voisinage des miroirs


n'est pas aussi restreint que celui des miroirs de Fresnel. On peut observer
des franges sur la totalité de leur surface. Bien entendu, cette observation
nécessitera l'emploi d'une lentille de projection comme sur le schéma de la
gure 3.5.

3.4 S'il ne fallait retenir que cela


 La dégradation de la cohénrence spatiale de la source lumineuse diminue
la visibilité de la gure d'interférence. Dans certains cas, mais pas tou-
jours, la visibilité est maximale sur une surface particulière de l'espace :
on dit alors que les franges sont localisées sur cette surface.

 L'étude des interféromètres en général et de l'interféromètre de Michel-


son en particulier est considérablement simpliée en se ramenant à un
schéma équivalent où sont positionnées les sources secondaires.
92 CHAPITRE 3. EXEMPLES D'INTERFÉROMÈTRES

S1 S2

M’1
I
M2

Figure 3.19  Champ d'interférence du coin d'air

 L'interféromètre de Michelson réglé en lame d'air génère une gure


d'interférence en forme d'anneaux. Si la source lumineuse utilisée est
étendue, ces anneaux sont localisés à l'inni.

 L'interféromètre de Michelson réglé en coin d'air génère une gure


d'interférence en forme de franges rectilignes. Si la source lumineuse
utilisée est étendue, ces franges sont localisées sur les miroirs.
3.5. EXERCICES 93

3.5 Exercices
Exercice 1
On considère un interféromètre de Michelson tel que celui représenté sur
la gure 3.9. Une source ponctuelle monochromatique de longueur d'onde λ
est placée en S sur l'axe Ox. On pose SO = d.
1. Comment peut-on obtenir simplement une telle source à partir d'un
laser et de lentille(s) ?
2. On part de l'interféromètre réglé 8 . Les deux miroirs sont à la distance
d = 10, 0 cm du point O. On déplace alors M1 d'une distance e dans
le sens des x croissants.
(a) Faire une gure soignée et montrer qu'on observe alors des franges
d'interférence en précisant la position des sources secondaires S1
et S2 . Comment procéder pour voir ces franges ?
(b) Quelle est leur forme géométrique ?
(c) On place l'écran perpendiculairement à l'axe Oy , à une distance
D = 10 cm du point O. Calculer les dimensions sur l'écran des
trois premières franges sombres pour e = 0, 5 mm et λ = 632, 8nm.
3. On part de nouveau de l'interféromètre réglé et on fait tourner M1 d'un
petit angle α.
(a) Faire une gure soignée et montrer qu'on observe alors des franges
d'interférence en précisant la position des sources secondaires S1
et S2 . Comment procéder pour voir ces franges ?
(b) Quelle est leur forme géométrique ?
(c) On place l'écran perpendiculairement à l'axe Oy , à une distance
D = 10 cm du point O. Calculer la position sur l'écran des franges
sombres pour α = 2 ' et λ = 546 nm.

On suppose que les miroirs gardent la même position dans toute


cette question.
(d) On remplace la source ponctuelle par une fente très ne. Comment
faut-il disposer celle-ci pour obtenir des interférences sur l'écran ?
(e) A partir du cas précédent, on élargit maintenant la fente de façon
symétrique en lui donnant une largeur b. Montrer, en supposant
que la source est uniformément éclairée sur sa largeur, qu'on a une
superposition continue de systèmes d'interférences, ce qui conduit
à une diminution de la visibilité.
8. L'interféromètre est dit "réglé" (ou au "contact optique, cf. chapitre 4 ; Ÿ4.2.2)
lorsque M1 est exactement orthogonal à Ox et M2 orthogonal à Oy et que les deux miroirs
sont symétriques par rapport à G.
94 CHAPITRE 3. EXEMPLES D'INTERFÉROMÈTRES

(f) Exprimer l'intensité lumineuse sur l'écran. En déduire l'expression


de la visibilité. Faire l'application numérique avec b = 0, 2 mm.
(g) Existe-t-il une solution pour obtenir des interférences quelle que
soit la largeur de la fente source ?
Chapitre 4

Interféromètre de Michelson :
aspect expérimental
4.1 Présentation de l'appareil
La description qui est présentée est celle de l'interféromètre Sopra tel qu'il
apparaît sur la partie droite de la gure 3.8. Elle s'adapte sans diculté à
tout autre interféromètre de Michelson à usage pédagogique.

4.1.1 Disposition générale


L'interféromètre schématisé sur la gure 4.1 se compose principalement
des éléments suivants :

 Deux miroirs plans M1 et M2 xés sur des supports permettant l'a-


justement de leur orientation par des vis V1 à V4 .

 Un ensemble formé de deux lames à faces parallèles dites séparatrice


et compensatrice permettant de diviser le faisceau lumineux incident
en deux faisceaux d'intensité sensiblement égale.

 Un chariot C supportant le miroir M1 et permettant sa translation par


l'intermédiaire de la vis micrométrique V5 . Certains interféromètres
disposent d'un second chariot de translation pour le miroir M2 .

 Un support de ltre thermique F. Ce ltre permet, si nécessaire, d'élim-


iner le rayonnement infra - rouge en provenance de la source lumineuse
qui pourrait, en les échauant, déformer les miroirs.

95
96CHAPITRE 4. INTERFÉROMÈTRE DE MICHELSON : ASPECT EXPÉRIMENTAL

Ecran
d’observation

Figure 4.1  Interféromètre de Michelson Sopra

4.1.2 Séparatrice et compensatrice


Pour séparer le faisceau lumineux incident en deux ensembles équivalents,
on dispose sur une lame de verre à faces parallèles un dépôt métallique mince.
Son épaisseur est calculée pour que les intensités des faisceaux rééchis et
transmis soient sensiblement égales 1 . 2 Cet ensemble lame de verre + dépôt
semi - rééchissant forme ce que l'on nomme la lame séparatrice. Ce disposi-
tif séparateur induit malheureusement un défaut important pour un inter-
féromètre. Il engendre une dissymétrie entre les faisceaux : les rayons arrivant
sur l'écran traversent trois fois la lame séparatrice s'ils se rééchissent sur
M1 alors qu'ils ne la traversent qu'une fois s'ils se rééchissent sur M2 . Pour
rétablir la symétrie, on ajoute une seconde lame de verre nommée compen-
satrice, identique à la première (à ceci près qu'elle ne comporte pas de dépôt
métallique) et placée parallèlement à celle-ci. La gure 4.2 montre que les
rayons lumineux traversent alors quatre fois une épaisseur de lame, qu'ils se
rééchissent sur M1 ou sur M2 .

1. Voir l'eet de peau dans le cours d'électromagnétisme


2. Certains constructeurs utilisent plusieurs couches diélectriques correspondant à des
matériaux transparents dans le visible et d'indices diérents à la place du dépôt métallique.
4.1. PRÉSENTATION DE L'APPAREIL 97

Figure 4.2  Interféromètre de Michelson Sopra

Remarque : Pour que ce dispositif fonctionne, il faut que l'épaisseur


eectivement traversée par les rayons lumineux soit identique dans les deux
lames. Il est donc nécessaire non seulement d'utiliser deux lames identiques
mais aussi que celles-ci soient parallèles pour que les rayons les traversent
sous le même angle.

4.1.3 Positionnement des miroirs


Les miroirs sont xés sur leurs supports par l'intermédiaire de vis de
positionnement (V1 et V2 sur la gure 4.3). Les supports sont des plans dont
les axes z forment les deux axes orthogonaux de l'interféromètre. Les vis de
positionnement permettent de faire légèrement tourner les miroirs autour de
deux axes perpendiculaires à z , x pour V1 et y pour V2 . La longueur des
bras de levier sur lesquels agissent les vis détermine la sensibilité du réglage
correspondant 3 :
 un bras de levier court permet une rotation rapide. On utilisera la
vis associée dans la première partie (réglage grossier) du réglage des
miroirs ;
3. Sur d'autres interféromètres que le Sopra, la diérence de sensibilité des vis de
réglage est assurée par une diérence dans le pas de ces vis, le pas étant la distance dont
est déplacée une vis lorsqu'elle a tourné d'un tour.
98CHAPITRE 4. INTERFÉROMÈTRE DE MICHELSON : ASPECT EXPÉRIMENTAL

V1
V1 V2

V2

Figure 4.3  Positionnement des miroirs

 un bras de levier long permet une rotation lente du miroir. La vis


correspondante sera utilisée dans la deuxième partie (réglage n).
Généralement, les vis associées à un des miroirs servent au réglage grossier
(bras de levier court) alors que celles de l'autre miroir servent au réglage n
(bras de levier long). Sur certains interféromètres, un miroir peut être équipé
de quatre vis de réglage, deux à bras courts et deux à bras longs.

4.1.4 Contraintes de fabrication


Pour approcher le modèle de l'interféromètre idéal, il faut que les pièces
optiques soient de qualité interférométriques. En eet, les miroirs et les lames
ne doivent pas déformer les surfaces d'onde, ce qui impose une planéité et
un polissage très précis, avec une tolérance meilleure que λ0 /10 pour les
irrégularités résiduelles.
De même, la sensibilité des interférences lumineuses correspond à des dé-
placements qui sont inférieurs à une longueur d'onde du domaine optique, soit
typiquement 100 nm. Il faut donc une mécanique de précision, qui permette
de régler l'orientation des miroirs de façon à la fois sensible et stable. Il est
également nécessaire que la translation du miroir (aussi appelée chariotage)
soit très progressive, et que le miroir conserve une orientation rigoureusement
constante au cours de ce déplacement.
L'ensemble de ces contraintes fait qu'un interféromètre de Michelson de
bonne qualité est un matériel coûteux et fragile. Il faut donc le ma-
nipuler avec précaution, en prenant soin de ne pas abîmer les mouvements
mécaniques et en évitant de toucher les pièces optiques (miroirs et lames).
Il faut par ailleurs éviter toute vibration intempestive, qu'on pourrait par
exemple créer en s'appuyant sur la table de manipulation et qui risquerait
4.2. RÉGLAGE DE L'INTERFÉROMÈTRE 99

de perturber la gure d'interférence obtenue.

4.2 Réglage de l'interféromètre


Le réglage de l'interféromètre comprend deux phases principales :
 le réglage de l'ensemble séparatrice-compensatrice qui a pour objet de
rendre ces deux éléments parallèles ;
 le réglage de l'orientation des miroirs pour obtenir une conguration
du type lame d'air ou du type coin d'air.
Il existe plusieurs procédures permettant de régler l'interféromètre de
Michelson qui se distinguent essentiellement par la précision des position-
nements obtenus et par les moyens en temps et en matériels nécessaires pour
les mettre en ÷uvre. Le réglage décrit ci-après correspond à une procédure
simple et rapide qui permet néanmoins l'observation de toutes les gures
d'interférences.

4.2.1 Réglage de l'ensemble séparatrice-compensatrice


Pour que la lame compensatrice joue son rôle, elle doit présenter aux
rayons qui la traversent une épaisseur apparente identique à celle de la lame
séparatrice (gure 4.2). Pour cela, elle doit être disposée parallèlement à cette
dernière. On utilise pour ce réglage les deux vis V6 et V7 qui permettent
de faire pivoter la compensatrice autour de deux axes orthogonaux 4 , l'axe
vertical pour V6 et l'axe horizontal pour V7 .
Le principe du réglage est le suivant : on place sur l'axe perpendiculaire
aux deux lames et à grande distance de celle-ci (au moins 1 m) un petit trou
éclairé par l'arrière avec une lampe quelconque (gure 4.4) ; on regarde à l'÷il
nu, à travers les lames, ce petit trou lumineux. A cause des réexions mul-
tiples sur les faces, on observe généralement une image multiple engendrée
par chacune des lames ; pour ajuster le parallélisme, il sut de superposer
les images du trou source données par la séparatrice et la compensatrice en
jouant sur les vis de réglage V6 et V7 .

Variante : On remplace le trou source éclairé par un laser et l'÷il par


un écran d'observation. On observe alors sur l'écran deux taches qu'il s'agit
de superposer à l'aide des vis de réglage V6 et V7 .
ATTENTION : Il ne faut jamais diriger un faisceau laser vers son ÷il.
Il est donc indispensable d'utiliser un écran d'observation pour réaliser le
réglage.

4. La vis V6 est une vis micrométrique sur l'interféromètre Sopra. Ce n'est pas néces-
sairement le cas sur tous les interféromètres.
100CHAPITRE 4. INTERFÉROMÈTRE DE MICHELSON : ASPECT EXPÉRIMENTAL

Figure 4.4  Réglage du parallèlisme séparatrice-compensatrice

4.2.2 Réglage des miroirs


Pour obtenir une des deux congurations classiques du Michelson (lame
d'air ou coin d'air), on part toujours d'un positionnement initial où l'image
d'un des miroirs par l'ensemble séparatrice - compensatrice (M'1 ) est con-
fondue avec le second (M2 ). Dans cette position, la distance maximale entre
M'1 et M2 doit être négligeable devant la longueur d'onde du rayonnement
utilisé (≈ 500 nm pour la lumière visible). On se trouve alors dans une
conguration nommée contact optique. C'est l'obtention de ce contact op-
tique que l'on recherche dans le réglage initial des miroirs de l'interféromètre.

Pour l'obtenir, on procéde en deux temps :


 Un premier positionnement grossier des miroirs est obtenu en utilisant
une méthode similaire à celle retenue pour le réglage du parallélisme
de la compensatrice, c'est à dire une méthode d'optique géométrique.
A l'issue de ce réglage, M'1 et M2 sont susamment proches pour
que des interférences soient visibles avec une source de faible étendue
4.2. RÉGLAGE DE L'INTERFÉROMÈTRE 101

spectrale 5 .
 Un positionnement dénitif est obtenu en se guidant sur l'évolution des
gures d'interférences obtenues au cours du déplacement des miroirs.

Réglage grossier

Figure 4.5  Cible permettant le réglage grossier des miroirs

Dans cette partie, on utilise une cible comme celle de la gure 4.5 dess-
inée sur un support diusant (papier calque), éclairée par une source de faible
étendue spectrale (lampe à décharge à vapeur de Sodium par exemple). Cette
cible éclairée est utilisée comme source lumineuse pour le Michelson, l'obser-
vation se faisant directement à l'÷il nu comme indiqué sur la gure 4.6.
A ce niveau, l'expérimentateur voit une image double de la cible (gure
4.7) donnée par les deux miroirs M'1 et M2 . C'est en observant l'évolution
cette gure que l'on procède au réglage grossier :

 Sur l'exemple de la partie gauche de la gure 4.7, l'observateur voit


deux cibles de même taille mais décalées tranversalement. Cette con-
guration correspond à deux miroirs non parallèles. On agit donc sur
les vis "rapides" permettant une rotation d'un des miroirs pour aligner
les croix des deux images de la cible.

 Sur l'exemple de la partie droite de la gure 4.7, l'observateur voit


deux cibles alignées mais de tailles diérentes. Cette conguration cor-
respond à deux miroirs parallèles mais dont les plans ne sont pas con-
fondus. On agit donc sur la vis de translation du miroir M1 (vis V5 )
pour superposer les cercles des deux images de la cible.

Lorsque les miroirs sont susamment proches, des franges d'interférences


apparaissent 6 comme sur la gure 4.8. La phase correspondant au réglage
5. A l'issue de ce réglage, la distance entre les deux miroirs est encore grande par
rapport à la longueur d'onde d'une lumière visible. Conformément aux résultats obtenus
au chapitre 2, Ÿ 2.3.3, il est donc nécessaire d'utiliser une source de faible étendue spectrale
pour espérer observer des interférences.
6. Les franges apparaissent lorsque la diérence de marche maximale 4 devient plus
102CHAPITRE 4. INTERFÉROMÈTRE DE MICHELSON : ASPECT EXPÉRIMENTAL

Oeil

Figure 4.6  Réglage des miroirs de l'interféromètre de Michelson

"grossier" des miroirs est alors terminée.

Réglage n
Dans ce qui suit, lorsque l'on parlera des deux miroirs, il faudra compren-
dre qu'il s'agit du miroir M2 et de l'image M'1 du miroir M1 par l'ensemble
séparatrice - compensatrice.
Si le réglage précédent a été correctement mené, des interférences sont
maintenant observables à condition d'utiliser une source de faible étendue
spectrale (bonne cohérence temporelle). Le principe consiste à observer ces
interférences directement à l'÷il nu pour amener progressivement les deux
miroirs au contact optique. La procédure est la suivante :

 Observer les interférences obtenues. Le centre des miroirs ne coïncidant


pas et les miroirs n'étant pas non plus parallèles 7 , les franges observées
forment généralement un système intermédiaire entre des anneaux et
des franges rectilignes (gure 4.8) ;

faible que 4νc0


où 4ν représente l'étendue spectrale en fréquence de la source (cf. chapitre
2, Ÿ 2.3.3).
7. On évalue ici la position relative des miroirs à l'échelle de la longueur d'onde (≈
0, 5µm). La superposition des miroirs obtenue à l'étape précédente se jugeait à l'échelle
de l'épaisseur des traits de la cible (≈ 0, 5 mm). Il y a un facteur 1 000 entre les deux
échelles !
4.2. RÉGLAGE DE L'INTERFÉROMÈTRE 103

M’1

M2

Figure 4.7  Les images doubles de la cible observables à travers le Michel-


son

Figure 4.8  Fin du réglage grossier : des interférences apparaissent

 Déplacer le chariot supportant le miroir M1 à l'aide de la vis V5 de


façon à faire déler les franges vers le centre de courbure de celles-ci. Au
cours de ce déplacement, les centres des deux miroirs se rapprochent
l'un de l'autre ;

 Lorsque les franges sont devenues rectilignes, utiliser les vis d'orienta-
tion des miroirs pour élargir l'interfrange. A ce niveau, on peut encore
agir en utilisant les vis de rotation rapide : tourner doucement une
des deux vis. Les franges "basculent" et l'interfange passe par un max-
imum. Se positionner sur ce maximum ; tourner alors doucement la
seconde vis jusqu'à obtenir de nouveau un maximum ; revenir alors
à la première et recommencer l'opération et ainsi de suite. De cette
façon, on rend progressivement les deux miroirs parallèles ; arrêter le
104CHAPITRE 4. INTERFÉROMÈTRE DE MICHELSON : ASPECT EXPÉRIMENTAL

réglage lorsque l'on voit environ une vingtaine de franges rectilignes


sur les miroirs (gure 4.9) ;

Figure 4.9 

Remarque : il est possible qu'en élargissant l'interfrange, les franges se


courbent. On agira alors sur la vis V5 pour rendre de nouveau les franges
rectilignes.

A ce niveau du réglage, les miroirs forment un petit angle β et leurs cen-


tres sont presque confondus. Pour confondre les deux centres, il faut placer
la frange centrale au centre des miroirs. Malheureusement, celle-ci n'est pas
discernable avec un éclairage à forte cohérence temporelle comme la lampe
à vapeur de sodium 8 . Pour la repérer, il faut utiliser une lumière à grande
étendue spectrale (lumière blanche par exemple) et proter du fait que la
frange centrale est aussi achromatique. Ce sera donc la seule à apparaître non
irisée à l'observation. La n du réglage se déroule donc de la façon suivante :

 Disposer à coté de la lampe à vapeur de sodium une lampe blanche.


Orienter ces deux lampes pour qu'elles éclairent en même temps l'inter-
féromètre à travers l'écran diusant (papier calque). On fera en sorte
que les franges dues à la lampe à vapeur de sodium restent visibles
malgré la présence de la lampe blanche.

 Agir alors très doucement sur la vis V5 jusqu'à ce que le système de


franges dû à la lampe blanche apparaissent. Amener alors la frange
centrale qui est blanche au centre des miroirs et retirer la lampe à
vapeur de sodium.
8. Le milieu de propagation n'étant pas dispersif (de l'air ici), la frange centrale est
achromatique. C'est cette caractéristique qui permet éventuellement de la distinguer des
autres.
4.3. ETUDE DES ANNEAUX D'ÉGALE INCLINAISON 105

Remarque : On dispose en parallèle la lampe à vapeur de sodium et la


lampe blanche car les franges dues à celle-ci n'apparaissent généralement pas
sans toucher à V5 . La présence des premières permet de voir dans quel sens
et à quelle vitesse s'eectue la translation de M1 commandée par la rotation
de V5 .

Les centres des miroirs sont maintenant confondus. Il ne reste plus qu'à
les rendre parallèles. Comme précédemment, utiliser les vis d'orientation des
miroirs pour élargir progressivement l'interfrange. Cette fois-ci, ce seront les
vis de rotation lente qui seront choisies. Prendre particulièrement garde à
maintenir la frange centrale au centre des miroirs en retouchant éventuelle-
ment la position de V5 . Le réglage est terminé lorsque la frange centrale
recouvre la totalité des miroirs. Noter alors précisément la position de la
vis micrométrique V5 . Cette précaution permettra par la suite de retrouver
facilement la position de contact optique des miroirs.

Remarque : L'utilisation directe de l'÷il comme instrument d'obser-


vation avec une source de lumière étendue permet de passer sans diculté
d'une vision de franges rectilignes, localisées sur les miroirs à une observation
d'anneaux qui sont eux localisés à l'inni.

4.2.3 Conclusion
Nous allons maintenant étudier plus en détail les deux types de franges
d'interférence : les franges d'égale inclinaison données à l'inni par les miroirs
parallèles et les franges d'égale épaisseur données au voisinage des miroirs
par un coin d'air de petit angle. Cette étude sera également pour nous l'oc-
casion d'illustrer expérimentalement le problème de la cohérence spatiale et
temporelle de la vibration lumineuse.
Le sens premier du mot cohérence en optique est la capacité d'une radi-
ation à donner naissance à des phénomènes d'interférence. On a pour habi-
tude de distinguer d'une part la cohérence temporelle due à la nesse spec-
trale de la source, et d'autre part la cohérence spatiale liée à son étendue
géométrique. Cette distinction est en partie due à des raisons historiques,
mais également au fait que ces deux cas limites peuvent être illustrés par des
expériences fondamentales relativement simples, comme nous allons le voir
dans les paragraphes suivants.

4.3 Etude des anneaux d'égale inclinaison


A partir de la position de contact optique et en utilisant l'éclairage (lampe
à vapeur de sodium + écran diusant), translater le miroir M1 de manière à
observer à l'÷il nu des anneaux concentriques bien contrastés.
106CHAPITRE 4. INTERFÉROMÈTRE DE MICHELSON : ASPECT EXPÉRIMENTAL

4.3.1 Inuence de la cohérence spatiale de la source


Il s'agit ici d'observer l'inuence de l'étendue spatiale de la source sur la
localisation des anneaux. L'observation se fera directement sur un écran mo-
bile. L'éclairage se fera par l'intermédiaire d'un trou circulaire de diamètre
variable (diaphragme à iris). La source lumineuse devra présenter une bonne
cohérence temporelle pour ne pas perturber l'étude de l'inuence de sa co-
hérence spatiale. Le montage est celui représenté sur la gure 4.10 :

Figure 4.10  Montage expérimental pour l'étude de la localisation des


anneaux d'égale inclinaison, observables avec l'interféromètre de Michelson
réglé en lame d'air.

Principe
Le diaphragme à iris joue le rôle de source de taille variable. Il est éclairé
par l'arrière à l'aide d'une lampe à vapeur de sodium. L'observation se fait
directement sur un écran.
An d'optimiser la puissance lumineuse traversant l'interféromètre, on
utilise un condenseur qui permet de capter une plus grande proportion de
l'énergie lumineuse émise par la lampe.

Réglage
 Ajuster la hauteur de la lampe, du condenseur et du trou source par
rapport à celle de l'interféromètre.
4.3. ETUDE DES ANNEAUX D'ÉGALE INCLINAISON 107

 Disposer la lampe spectrale à environ 50 cm de l'interféromètre, sur la


médiatrice du miroir M1 .
 Ne pas mettre le diaphragme à iris pour faire ce réglage. Placer
le condenseur entre la lampe et l'interféromètre. Chercher la position
de celui-ci qui permet de faire converger le faisceau issu de la lampe
au centre du miroir. Lorsque ce réglage est fait, on doit voir l'image du
tube à décharge sur le miroir.
 Disposer le diaphragme à iris contre le condenseur du coté de l'inter-
féromètre.
 Placer l'écran d'observation à environ 1 m de l'interféromètre.

Observation
 Donner au diaphragme sa dimension la plus petite. On observe
alors sur l'écran des anneaux bien contrastés. Déplacer l'écran en le
rapprochant puis en l'éloignant de l'interféromètre pour observer que
la visibilité ne varie pas : les anneaux sont non localisés lorsque la
source est quasi-ponctuelle.
 Ouvrir progressivement le diaphragme et observer la diminution
de la visibilité. En reculant l'écran, la visibilité augmente. En le rap-
prochant de l'interféromètre, la visibilité diminue : moins bonne est la
cohérence spatiale de la source, plus les anneaux s'observent loin de
l'interféromètre.
 Ouvrir complètement le diaphragme. Les anneaux ne sont plus
observables. Placer alors une lentille convergente 9 (f 0 = 1 m) sur l'axe
de M2 , contre l'interféromètre (prendre garde à ce que le faisceau lu-
mineux passe bien au voisinage du centre de la lentille pour que celle-ci
soit utilisée dans les conditions de Gauss). Les anneaux sont de nou-
veau bien contrastés si on place l'écran dans le plan focal image de
cette lentille : les anneaux sont localisés à l'inni lorsque la source est
étendue.

4.3.2 Détermination des caractéristiques d'un doublet


La lampe à vapeur de Na émet principalement un doublet jaune 10 . L'ob-
servation de l'évolution de la visibilité de la gure d'interférence avec les
variations de la diérence de marche permet de mesurer l'écart entre ses
deux composantes.

9. On peut choisir une lentille de focale plus petite que celle proposée. Il en résultera
une diminution de la taille des anneaux.
10. On peut réaliser cette expérience avec une lampe à vapeur de mercure qui émet
également un doublet jaune. Dans ce cas, il faut utiliser un ltre jaune qui éliminera les
autres raies émises par cette lampe.
108CHAPITRE 4. INTERFÉROMÈTRE DE MICHELSON : ASPECT EXPÉRIMENTAL

Principe
On observe les anneaux de la lame d'air en éclairant l'interféromètre
avec une lampe à vapeur de Na. On fait varier la diérence de marche δ en
translatant le miroir M1 , c'est à dire en faisant varier la distance e entre M'1
et M2 . Conformément à l'analyse faite au chapitre 2 Ÿ 2.3.2, il en résulte une
variation de la visibilité de la gure d'interférence. Cette visibilité passe par
des minima successifs dont la périodicité permet de mesurer l'écart entre les
deux raies du doublet (gure 4.12).

Figure 4.11  Maximum (à gauche) et minimum (à droite) de la visibilité


des anneaux de la lame d'air obtenus avec une lampe au sodium

Montage
 Reprendre le montage précédent (Ÿ 4.3.1) en ne mettant pas le di-
aphragme à iris.
 Si l'utilisation d'un ltre est nécessaire (avec la lampe Hg par exemple),
le placer à un endroit où il diaphragmera le moins possible le faisceau 11 ,
par exemple contre la lentille de projection.

Mesure
 Translater le miroir M1 en observant les anneaux d'interférence sur
l'écran.
 Observer les variations de la visibilité. Repèrer les minima.
 Mesurer à l'aide la vis micrométrique V5 la distance dont il faut dé-
placer le miroir M1 pour passer d'un minimum de la visibilité au suiv-
ant 12 .
 A l'aide des résultats du chapitre 2 Ÿ 2.3.2, en déduire l'écart en
longueur d'onde du doublet. On prendra une longueur d'onde moyenne
11. Il s'agit de maintenir au maximum la luminosité de la gure d'interférence.
12. On peut augmenter la précision de la mesure en mesurant la distance séparant 2, 3
... minima successifs.
4.4. ETUDE DES FRANGES DU COIN D'AIR 109

λm = 600 nm.
 Comparer à la valeur achée sur la table des longueurs d'onde.

4.4 Etude des franges du coin d'air


A partir de la position de contact optique et en utilisant l'éclairage
(lampe blanche + écran diusant), tourner légérement l'un des deux miroir
de manière à observer à l'÷il nu des franges rectilignes. Faire en sorte
que la frange centrale achromatique se trouve au centre des miroirs et que
toutes les franges de lumière blanche soient visibles (si ce n'est pas le cas,
augmenter l'angle entre les miroirs).

4.4.1 Inuence de la cohérence spatiale de la source


Il s'agit ici d'observer l'inuence de l'étendue spatiale de la source sur la
localisation des franges rectilignes. L'observation se fera directement sur un
écran mobile. L'éclairage se fera par l'intermédiaire d'un trou circulaire de
diamètre variable (diaphragme à iris). Le montage est celui représenté sur la
gure 4.12 :

Figure 4.12  Montage expérimental pour l'étude de la localisation des


franges d'égale épaisseur, observables avec l'interféromètre de Michelson réglé
en coin d'air.
110CHAPITRE 4. INTERFÉROMÈTRE DE MICHELSON : ASPECT EXPÉRIMENTAL

Principe
Le diaphragme à iris joue le rôle de source de taille variable. Il est éclairé
par l'arrière à l'aide d'une lanterne (source de lumière blanche). L'observation
se fait directement sur un écran.
Rappel : une lanterne intègre dans un même boîtier la source de lu-
mière proprement dite (ampoule à incandescence) et un condenseur (visible
à l'avant de la lanterne). On règle la position de l'ampoule par rapport au
condenseur à l'aide de la tirette située à l'arrière.

Réglage
 Ajuster la hauteur de la lanterne et du trou source par rapport à celle
de l'interféromètre.
 Régler la lanterne pour que celle-ci engendre un faisceau de lumière
grossièrement parallèle (il sut de vérier que le diamètre du faisceau
soit à peu près constant entre 0 et 2m).
 Disposer la lanterne à environ 10 cm de l'interféromètre, sur la médi-
atrice du miroir M1 .
 Disposer le diaphragme à iris entre la lanterne et l'interféromètre.
 Placer l'écran d'observation à environ 1 m de l'interféromètre.

Observation
 Donner au diaphragme sa dimension la plus petite. On observe
alors sur l'écran des franges bien visibles. Déplacer l'écran en le rap-
prochant puis en l'éloignant de l'interféromètre pour observer que la
visibilité ne varie pas : les franges sont non localisées lorsque la source
est quasi-ponctuelle.
 Ouvrir progressivement le diaphragme et observer la diminu-
tion de la visibilité. En rapprochant l'écran, la visibilité augmente. En
l'éloignant de l'interféromètre, la visibilité diminue : moins bonne est
la cohérence spatiale de la source, plus les franges du coin d'air s'ob-
servent près des miroirs.
 Ouvrir complètement le diaphragme. Les franges ne sont plus
observables. Placer alors une lentille convergente et faire l'image des
miroirs sur l'écran(prendre garde à ce que le faisceau lumineux passe
bien au voisinage du centre de la lentille pour que celle-ci soit utilisée
dans les conditions de Gauss). Les franges sont de nouveau bien visi-
bles : les franges du coin d'air sont localisées sur les miroirs lorsque la
source est étendue.
4.4. ETUDE DES FRANGES DU COIN D'AIR 111

4.4.2 Inuence de la rotation d'un miroir


4.4.3 Utilisation pratique d'une source spatialement étendue
4.4.4 Franges en lumière blanche
112CHAPITRE 4. INTERFÉROMÈTRE DE MICHELSON : ASPECT EXPÉRIMENTAL

4.5 Exercices
Exercice 1
On éclaire un interféromètre de Michelson avec une source rigoureuse-
ment ponctuelle et rigoureusement monochromatique (source idéalement con-
hérente). L'ensemble "séparatrice - compensatrice" est réglé (les deux lames
sont parallèles) mais les miroirs sont dans une position quelconque.
1. Quelle est la forme des surfaces iso-éclairement engendrées par cet in-
terféromètre dans l'espace environnant ?
2. Dessiner la forme approximative des franges obtenues sur un écran
plan interceptant de façon quelconque ces surfaces (on pourra envisager
plusieurs dispositions).
3. Justier que l'on fasse déler les franges vers leur centre de courbure
pour rapprocher les miroirs M'1 et M2 comme indiqué au Ÿ 4.2.2, page
101.

Exercice 2
On observe à travers un interféromètre de Michelson une cible avec la
méthode décrite au Ÿ 4.2.2, page 99. La cible est formée de traits d'épaisseur
e = 0, 2mm. Les cercles ont un diamètre de l'ordre de φ = 8cm. L'ensemble
"séparatrice - compensatrice" est réglé (les deux lames sont parallèles).
1. On suppose les miroirs M'1 et M2 parallèles.
(a) Estimer la distance maximale séparant ces miroirs lorsque les deux
images de la cible semblent superposées à l'obervateur.
(b) En déduire l'étendue spectrale maximale de la source pour que
des interférences soient obervables.
(c) Justier le choix de la lampe à décharge à vapeur de Sodium.
2. On suppose les centres des miroirs M'1 et M2 confondus.
(a) Estimer l'angle maximal que font ces miroirs lorsque les deux
images de la cible semblent superposées à l'obervateur.
(b) En déduire le pouvoir séparateur minimal que doit avoir le sys-
tème d'observation pour distinguer des franges.
(c) Justier le choix de l'÷il nu sachant que son pouvoir séparateur
est de une seconde d'arc.

Exercice 3
Pourquoi les franges rectilignes peuvent-elles se courber lorsqu'on aug-
mente l'interfrange ?
4.5. EXERCICES 113

Exercice 4
Pourquoi ne peut-on pas voir d'anneaux en lumière blanche ?

Exercice 5
On utilise un interféromètre de Michelson réglé en coin d'air pour réaliser
des expériences mettant en jeu de faibles variations d'indice. Pour cela, à
partir du contact optique, on fait tourner le miroir M1 d'un angle α = 10−3
rad. La source lumineuse est un faisceau laser (λ = 632, 8 nm). Les franges
d'interférence obtenues au niveau des miroirs sont projetées sur un écran
à l'aide d'une lentille qui permet d'obtenir un grandissement transversal
γ = −10.
On place devant M1 une cellule à faces parallèles d'épaisseur a = 1 cm qui
contient initialement de l'air ambiant (P0 = 1 bar , T0 = 293 K) . On suppose
que l'indice de réfraction n d'un gaz est tel que n − 1 soit proportionnel à sa
masse volumique (loi de Gladstone).
1. Montrer que, si l'on comprime l'air de la cellule à température con-
stante, les franges se déplacent . Déterminer le sens du déplacement et
la surpression que l'on peut ainsi détecter, si l'on considère qu'il est
possible d'apprécier un déplacement de franges de 0,05 interfrange.
2. Si l'air contenu dans la cellule est chaué à la pression de 1 bar, montrer
que les franges se déplacent également. Donner le sens du déplacement
et la variation de température qu'il est ainsi possible de détecter.
114CHAPITRE 4. INTERFÉROMÈTRE DE MICHELSON : ASPECT EXPÉRIMENTAL
Chapitre 5

Diraction à l'inni
5.1 Phénomène de diraction
Lorsqu'un faisceau de lumière parallèle éclaire le bord rectiligne d'un
écran opaque, les lois de l'optique géométrique prévoient un comportement
simple des rayons lumineux :
 Ceux qui arrivent sur l'écran sont dénitivement éliminés ;
 Ceux qui passent au dessus du bord de l'écran ne sont pas  aectés 
par la présence de celui-ci. Leur comportement reste identique à celui
qu'il serait sans la présence de ce dernier.
L'expérience ne conrme pas ces prévisions. Si on éclaire eectivement
le bord d'un écran bien rectiligne (le tranchant d'une lame de rasoir par
exemple) à l'aide d'un faisceau de lumière parallèle et monochromatique, on
obtient un résultat semblable à celui de la gure 5.1 :

Figure 5.1  Diraction d'un faisceau LASER par le bord d'un écran rec-
tiligne (vue en négatif)

115
116 CHAPITRE 5. DIFFRACTION À L'INFINI

On note en particulier les caractéristiques suivantes :


 Dans la zone de l'ombre géométrique, on observe de la lumière ;
 Dans la zone complémentaire, l'éclairement de l'écran n'est pas uni-
forme. Il présente, au voisinage de la transition vers l'ombre, des vari-
ations correspondant à des franges parallèles au bord de l'écran.

L'optique géométrique ne permet pas d'expliquer un tel phénomène.


Celui-ci est lié, comme pour les interférences, au caractére ondulatoire du
phénomène lumineux. Pour s'en convaincre dénitivement, il sut d'observer
une gure de diraction obtenue en lumière polychromatique.

Figure 5.2  Diraction de Fresnel autour d'une goutte d'eau en lumière


polychromatique

L'aspect coloré des franges ne laisse aucun doute sur la dépendance du


phénomène avec la longueur d'onde, grandeur typiquement ondulatoire (g-
ure 5.2).

5.2 Principe d'Huyghens-Fresnel


Comme pour les interférences, les phénomènes de diraction lumineuse
sont théoriquement de simples conséquences des équations de Maxwell régis-
sant le comportement du champ électromagnétique. On simplie énormé-
ment le problème posé en se plaçant dans les conditions où la lumière peut
être assimilée à une vibration scalaire et où cette vibration satisfait au
principe d'Huyghens-Fresnel. Comme toujours, c'est la conformité des prévi-
sions théoriques à la réalité expérimentale qui permet de valider, à posteriori,
5.2. PRINCIPE D'HUYGHENS-FRESNEL 117

ces simplications.

5.2.1 Enoncé et formulation du principe


Considérons une onde se propageant de gauche à droite sur une corde
tendue entre deux points S et M.

Figure 5.3  Propagation sur une corde tendue

Si la corde est homogène, la célérité c de propagation de l'onde sur la


corde est constante et la déformation transversale y(x, t) de la forme :
 x
y(x, t) = f t − (5.1)
c
Pour engendrer cette onde, il a fallu soumettre l'extrémité S à un mou-
vement transversal initial :
 x 
y (t) = f t −
S
S
(5.2)
c
Formellement, une fois que l'onde a franchi le point P, rien ne changerait
si la partie SP de la corde avait été supprimée à condition que le point P ait
été soumis à un mouvement initial :
 xP 
yP (t) = f t − (5.3)
c
Le point P serait alors la nouvelle source des vibrations se propageant
sur la corde. Le principe d'Huyghens se propose de généraliser ce résultat
pour une propagation tridimensionnelle :

Les vibrations scalaires qui se propagent à l'extérieur d'une surface fermée Σ


contenant une source S sont identiques à celles que l'on obtiendrait en sup-
primant cette source et en la remplaçant par des sources ctives réparties
sur la surface Σ .
118 CHAPITRE 5. DIFFRACTION À L'INFINI

Surface Σ

M M

S S

Figure 5.4  Principe d'Huyghens

Ce principe permet d'interpréter facilement les phénomènes de dirac-


tion. Considérons par exemple une source ponctuelle S émettant des ondes
sphériques dans un milieu homogène (gure 5.4). Prenons comme surface
fermée Σ une sphère centrée sur le point S. Pour un point M extérieur à
Σ, l'état vibratoire est équivalent à celui que l'on obtiendrait en disposant
des sources virtuelles aux points P1 , P2 , P3 , ... sur Σ. Si l'on dispose un écran
opaque percé d'une ouverture diractante entre Σ et M, le nombre de sources
virtuelles aectant réellement l'état vibratoire en M va être réduit. Si l'ou-
verture est petite, on pourra considérer qu'il n'y a plus que quelques sources
(comme P4 sur la gure 5.4) de sorte que l'émission observée après l'ou-
verture se rapprochera progressivement d'une émission hémisphérique. C'est
bien ce que l'on constate expérimentalement (gure 5.5).

Pour interpréter quantitativement les phénomènes de diraction, il reste


à préciser les caractéristiques (amplitude, phase) des sources virtuelles. Ce
fut la contribution de Fresnel qui postula que :
5.2. PRINCIPE D'HUYGHENS-FRESNEL 119

Figure 5.5  Diraction sur une cuve à onde (simulation)

Une surface innitésimale dσ entourant un point P de la surface Σ peut être


considérée comme une source virtuelle dont l'amplitude est proportionnelle
à dσ et à l'amplitude de l'onde arrivant en P et dont la phase est exactement
celle de l'onde produite en P par la source réelle S. Ces sources virtuelles
étant toutes issues d'une même source réelle sont cohérentes et interfèrent
entre elles.

Pour donner une formulation mathématique de ce postulat, considérons


un élément dσ de la surface fermée Σ entourant un point P.

Figure 5.6  Postulat de Fresnel

L'amplitude de la vibration envoyée par la source S et arrivant au niveau


du point P où se situe dσ sera de la forme :
A
s (P, t) = f (t − ∆tSP ) (5.4)
g (S, P )
la fonction g (S, P ) décrivant les variations de l'amplitude de l'onde dues
à la propagation de S à P (le milieu n'est pas nécessairement parfaitement
120 CHAPITRE 5. DIFFRACTION À L'INFINI

transparent) et ∆tSP représentant le temps mis pour parcourir le chemin SP.


La vibration élémentaire reçue en M de la part de la source dσ sera donc de
la forme :
A0 dσ
ds (M, t) = f (t − ∆tSP − ∆tP M ) (5.5)
g (S, P ) h (P, M )
où h (P, M ) et ∆tP M représentent respectivement les variations d'ampli-
tude de la vibration entre P et M et le temps nécessaire à la propagation
entre ces deux mêmes points. La vibration totale de l'onde en M sera la
somme des vibrations élémentaires dues aux diérents éléments de surface
dσ qui forment un ensemble de sources cohérentes :
Z
A0 dσ
s (M, t) = f (t − ∆tSP − ∆tP M ) (5.6)
Σ g (S, P ) h (P, M )
Telle est la formulation mathématique du principe d'Huyghens-Fresnel. 1

5.2.2 Application au cas des ondes lumineuses


Tout ce qui a été dit précédemment est applicable à un phénomène on-
dulatoire quelconque, pourvu qu'il puisse être considéré comme la vibration
d'une grandeur scalaire. Nous supposerons par la suite qu'il en est ainsi de
la lumière. 2
Dans la pratique courante, le problème posé en optique correspond à
celui de la gure 5.7. La source S et le point M sont situés de part et d'autre
d'une ouverture Σ0 pratiquée dans un écran opaque plan disposé à peu près
normalement à la direction SM. Les distances D et D sont grandes devant
S S

les dimensions de l'ouverture si bien que les rayons tels que SP ou PM sont
peu inclinés par rapport à la normale au plan diractant.
Supposons que l'onde émise par S soit monochromatique de pulsation ω
et de longueur d'onde λ0 = 2πc/ω . Le principe d'Huyghens-Fresnel s'écrit
alors :

Z  
A0 dσ LSP + LP M
s (M, t) = cos ωt − 2π (5.7)
Σ0 g (S, P ) h (P, M ) λ0
1. Les sources virtuelles disposées sur la surface Σ se comportent comme les sources
secondaires des dispositifs interférentiels. Elles forment un ensemble généralement inni
de sources cohérentes. En additionnant (au sens de l'intégrale) leurs amplitudes élémen-
taires au niveau d'un point M, on peut dire que l'on calcule la gure d'interférence qu'elles
engendrent en ce point. Il ne faudra donc pas s'étonner que les phénomènes de diraction
et d'interférence engendrent des gures qui se ressemblent (présence de franges éventuelle-
ment colorées en particulier).
2. La lumière correspond en réalité à la vibration d'une grandeur vectorielle (Cf. le
cours d'électromagnétisme). Dans les cas courants, les résultats de la théorie scalaire de
la diraction restent néanmoins utilisables.
5.2. PRINCIPE D'HUYGHENS-FRESNEL 121

Figure 5.7  Diraction en optique

ou encore, en utilisant la notation complexe 3 :

Z  
A0 dσ LSP + LP M
s (M, t) = exp −iωt + 2πi (5.8)
Σ0 g (S, P ) h (P, M ) λ0
Les distances D et D étant grandes devant les dimensions de l'ouver-
S S

ture, les quantités g (S, P ) et h (P, M ) varient peu lorsque le point P parcourt
l'ouverture Σ0 . On peut donc écrire :

Z  
A0 LSP + LP M
s (M, t) = exp −iωt + 2πi dσ (5.9)
g (S, O) h (O, M ) Σ0 λ0

Remarque : Il n'est pas possible d'assimiler LSP et LP M à LSO et LOM


dans le facteur exponentiel. Il sut en eet que ces quantités varient d'une
fraction de longueur d'onde pour que le résultat y soit complètement changé.

Finalement, en prenant en référence un point O quelconque de l'ouverture


Σ0 , on écrit :

s (M, t) = s0 (M ) exp (−iωt)


Z  
2πδ (P, M )
s0 (M ) = K exp i dσ (5.10)
Σ0 λ0
δ (P, M ) = (LSP + LP M ) − (LSO + LOM )

3. On notera de la même manière une grandeur et la grandeur complexe associée


lorsqu'aucune confusion n'est possible.
122 CHAPITRE 5. DIFFRACTION À L'INFINI

où K est une constante pour toute l'ouverture Σ0 et δ (P, M ) la diérence


de marche entre le rayon courant SPM et le rayon de référence SOM. C'est
sous cette forme que le principe d'Huyghens-Fresnel sera utilisé en optique.

5.2.3 Diraction à l'inni et diraction à distance nie


On nomme diraction à l'inni ou diraction de Fraunhofer le phénomène
de diraction observé lorsque la source S et le point M d'observation sont
éloignés "à l'inni" de l'ouverture diractante. Dans ce cas, les rayons inci-
dents tels que SP forment un faisceau de lumière parallèle de même que les
rayons diractés vers M tels que PM.
L'expérience montre toutefois qu'il sut que l'écran comme la source
soient "susamment" éloignés de l'ouverture diractante pour que la gure
observée puisse être considérée comme celle d'une diraction à l'inni. Pour
le comprendre, supposons dans un premier temps que l'ouverture soit éclairée
par un faisceau de lumière parallèle (source S rejetée à l'inni) et que l'on
observe les eets de la diraction sur un écran situé à une distance D (gure
5.8).

Figure 5.8  Diraction avec un écran à distance nie

Considérons deux rayons lumineux OM et PM diractés par l'ouverture


et se superposant au point M. On dénit le point I sur le rayon OM tel que
la distance séparant I de M soit identique à celle séparant P de M. Dans
de l'air d'indice 1, la diérence de chemin optique entre ces deux rayons est
5.2. PRINCIPE D'HUYGHENS-FRESNEL 123

donc :

δ (P, M ) = PM − OM = −OI (5.11)


Lorsque la distance D augmente, Le point I tend vers le point J dénit
comme le projeté orthogonal de P sur OM. La diérence de chemin optique
tend alors vers :

δ∞ (P, M ) = −OJ = −x sin θ P (5.12)


Ainsi, δ peut s'écrire en fonction de δ∞ grâce à :

δ = δ∞ + IJ (5.13)
Si IJ est très petit devant la longueur d'onde λ0 , la diérence de phase
2π λδ0 au point M entre une onde provenant du point O et une autre du point
P pourra être assimilée à ce qu'elle serait si le point M était à l'inni. Si
cette condition est remplie quel que soit le point P considéré dans l'ouverture
diractante, on sera dans les conditions de la diraction à l'inni. Dans le
cas contraire, la gure obtenue correspondra à la diraction à distance nie
ou diraction de Fresnel.
On peut évaluer la distance IJ en remarquant que JM = PM cos β . On a
donc IJ = PM (1 − cos β) ou encore :
1 − cos β
IJ = D (5.14)
cos (θ − β)
Dans le cas courant où les angles θ et β sont petits, le premier terme non
nul du développement limité de IJ est donc :
β2
IJ ≈ D (5.15)
2
Si on nomme α l'angle sous lequel on voit l'ouverture diractante depuis
le point M, on pourra donc considérer que l'on se trouve dans les conditions
de la diraction à l'inni pour l'écran d'observation si :
α2
D  λ0 (5.16)
2
Dans la pratique, il sut que la longueur IJ correspondant à deux rayons
provenant de deux bords opposés de l'ouverture ne soit jamais plus grande
que λ0 /4. Si on note a une dimension caractéristique de l'ouverture (α ≈
a/D), la condition pratique pour observer une gure de diraction
à l'inni est donc :
a2
D>2 (5.17)
λ0
124 CHAPITRE 5. DIFFRACTION À L'INFINI

Remarques :
 L'analyse précédente peut être reprise en supposant cette fois-ci que
la source S est à distance nie et l'écran à l'inni. La géométrie du
problème posé est alors tout à fait symétrique, la source remplaçant
le point M. La condition pratique concernant la distance minimale
séparant la source de l'ouverture diractante sera la même.
 Si l'ouverture est semi-innie (bord d'un écran par exemple), β
n'est plus un angle petit. Il parcourt l'intervalle [0, π/2] et la longueur
IJ vaut au maximum :
D D
(IJ)max = 
π = sin θ (5.18)
cos θ − 2
On est toujours dans le cas correspondant à de la diraction
à distance nie.
Pour terminer ce paragraphe, donnons quelques ordres de grandeur. Con-
sidérons un faisceau de lumière parallèle, de longueur d'onde λ0 = 500 nm,
éclairant une fente de largeur a = 0, 5 mm. La distance minimale d'observa-
tion d'une gure de diraction à l'inni sera Dmin = 1 m. Si la largeur de la
fente double, Dmin passe à 4 m !

5.2.4 Montage permettant l'observation de la diraction à


l'inni

Figure 5.9  Montage permettant l'observation de la diraction à l'inni

L'analyse précédente montre que les conditions d'observation (distance


de la source et de l'écran) d'une gure de diraction à l'inni dépendent en
général des dimensions de l'ouverture diractante. Pour qu'il n'en soit pas
ainsi, on peut utiliser le montage représenté sur la gure 5.9, où L1 et L2 sont
5.2. PRINCIPE D'HUYGHENS-FRESNEL 125

deux lentilles convergentes de même axe. En plaçant la source S dans le plan


focal objet de L1 et l'écran d'observation dans le plan focal image de L2 , on
réalise exactement les conditions de la diraction à l'inni, quelle que soit
la forme de l'ouverture diractante. Celle-ci est éclairée par un faisceau de
lumière parallèle dont le vecteur unitaire −

u donne l'orientation. Les rayons
S

qui convergent en M sont ceux qui sortent de l'ouverture dans la direction


du vecteur unitaire −u→.
M

Figure 5.10  Diraction à l'inni : détermination de la diérence de marche

Cherchons alors comment s'exprime la diérence de chemin optique δ (P,M)


entre deux rayons issus de la source S et convergeant en un point M de l'écran,
l'un passant par un point O de référence 4 dans l'ouverture et l'autre par le
point courant P (gure 5.10). Deux points tels que A et B appartenant
S S

à un même plan orthogonal à la direction de − →


u , appartiennent d'après le
S

théorème de Malus à un même plan d'onde relativement à la source S. Les


chemins optiques séparant S de A et B sont donc égaux et :
S S

   
LSP − LSO = LSB + LB P − LSA + LA O
S S S S

 
−→ →
LSP − LSO = LB P − LA O = OP · −
S
u S
S (5.19)
En raisonnant de la même manière, deux points tels que A et B ap- M M

partenant à un même plan orthogonal à la direction de −u→, appartiennentM

d'après le théorème de Malus à un même plan d'onde relativement à une


source ctive placée en M. Les chemins optiques séparant M de A et B M M

sont donc égaux et :


4. Comme nous le verrons au Ÿ 5.4.3, le choix de ce point de référence n'a aucune
inuence sur le résultat nal.
126 CHAPITRE 5. DIFFRACTION À L'INFINI

−→ →
LPM − LOM = −OP · −
u M (5.20)

Finalement, la diérence de marche recherchée s'écrit donc 5 :

  −→ → −
δ (P,M) = LSP + LPM − LSO + LOM = −OP · (−
u −→
u ) M S (5.21)

Enn, le principe d'Huyghens-Fresnel s'écrira pour un problème de dirac-


tion à l'inni d'une onde lumineuse :

s (M, t) = s0 (M ) exp (−iωt)


Z  
2π −→ − → −

s0 (M ) = K exp −i OP · (uM − uS ) dσ (5.22)
Σ0 λ0

Remarques :
 Si la surface Σ0 correspond à un plan inni (ouverture innie), il n'y a
pas de phénomène de diraction. L'éclairement de l'écran est donc nul
partout sauf au niveau de l'image géométrique S'. On en déduit que la
quantité :
Z  
2π −→ −→ −

exp −i OP · (u − u ) dσ M S (5.23)
plan inni λ0

est toujours nulle sauf si −


u→ = −
M

u . En utilisant les coordonnées cartési-
S

ennes, on peut montrer de la même manière que :


Z +∞
exp (−ikx) dx (5.24)
−∞

est toujours nulle sauf si k = 0.

 L'amplitude de la vibration lumineuse s0 (M ) dépend de la position


du point M par l'intermédiaire de la quantité −
u→ − −

u . L'examen de la
M S

→ →

gure 5.9 montre que cette diérence u − u caractérise la position
M S

relative de M par rapport à l'image géométrique S' de la source S.


Autrement dit :
5. Il est intéressant de remarquer que, pour tout point P, cette diérence de marche est
nulle lorsque le point M est confondu avec l'image géométrique S' de la source S (gure
5.9).
5.3. DIFFRACTION À L'INFINI PAR UNE OUVERTURE PARFAITEMENT TRANSPARENTE 127

Si l'image géométrique se déplace, la gure de diraction à l'inni ob-


servée sur l'écran se déplace globalement avec elle sans autre change-
ment.

 Si on réalise eectivement une expérience de diraction, on observera


sur l'écran des variations proportionnelles à ce que nous avons nommé
l'éclairement E = s0 s∗0 .
 Les lentilles L1 et L2 imposant l'utilisation de rayons paraxiaux, on
peut exprimer simplement les coordonnées du point M en fonction de
celles de −
u→ − −
M

u et de la distance focale f'2 de L2 . Si dans le repère
S

direct Ox , y , z , les vecteurs unitaires −


P P

u et −
u→ ont pour coordonnées :
S M

  
α α S M

u  β  −

→ S u→  β S M M

γ γ S M

et :
   
x −x α −α
M S'
= f20 M S
(5.25)
y −y
M S' β −βM S

5.3 Diraction à l'inni par une ouverture parfaite-


ment transparente
Nous étudions dans cette partie les gures de diraction engendrées par
des ouvertures parfaitement transparentes (trous) réalisées dans des écrans
parfaitement opaques. Les conditions expérimentales correspondent au mon-
tage de la gure 5.9.

5.3.1 Diraction par une ouverture rectangulaire


Le calcul des gures de diraction engendrées par une ouverture quel-
conque ne conduit généralement pas à une solution analytique simple. L'ou-
verture rectangulaire présente le double avantage d'engendrer des calculs pas
trop complexes et de permettre une vérication expérimentale aisée.

Calcul de l'amplitude diractée


L'ouverture diractante Σ0 correspond ici à un rectangle transparent
de largeur b et de hauteur h (gure 5.11). Nous choisirons pour point de
référence le centre O de ce rectangle. Le plan Ox , y contient Σ0 . Dans le P P

repère direct Ox , y , z , les vecteurs unitaires −


P P

u et −
u→ ont pour coordonnées :
S M
128 CHAPITRE 5. DIFFRACTION À L'INFINI

Figure 5.11  Ouverture rectangulaire : notations

  
α S α M

u  β  −

→ S u→  β
S M M

γ S γ M

Avec ces notations, l'amplitude s0 (M) de l'onde diractée à l'inni en M


s'écrit :

Z  

s0 (M ) = K exp −i [x (α − α ) + y (β − β )] dσ
P M S P M S (5.26)
Σ0 λ0

ou encore :
Z xP =+ 2b  

I1 = exp −i x (α − α ) dxP M S P
xP =− 2b λ0

Z yP =+ h  
2 2π
I2 = exp −i y (β − β ) dyP M S P
yP =− h λ0
2

s0 (M ) = KI1 I2 (5.27)

Chacune des deux intégrales I1 et I2 se calcule facilement. Par exemple :

sin u πb
I1 = b avec u= (α − α ) M S (5.28)
u λ0
s0 (M) s'écrira donc :
5.3. DIFFRACTION À L'INFINI PAR UNE OUVERTURE PARFAITEMENT TRANSPARENTE 129

sin u sin v πb πh
s0 (M) = Kbh avec u = (αM − αS ) et v = (βM − βS )
u v λ0 λ0
(5.29)

L'amplitude de la vibration totale reçue en M est réelle ce qui signie


qu'elle est en phase avec celle émise par la source S. L'éclairement au point
M sera donc simplement E (M) = s20 (M).

Figure de diraction d'une fente ne


Une fente ne est une fente très allongée pour laquelle h  b. Typique-
ment, h est de l'ordre de quelques centimètres alors que b est de l'ordre de
quelques dixièmes de millimètre.
Prenons par exemple h = 5 cm, b = 0, 5 mm et λ0 = 500 nm. Le premier
zéro de la fonction sin (u) /u sera obtenu pour (α − α ) = 10−3 rad alors
M S

que le premier zéro de la fonction sin (v) /v sera obtenu pour (β − β ) = M S

10−5 rad soit une valeur cent fois plus petite que la précédente. Dans ces
conditions, on peut considérer que la fonction sin (v) /v est nulle dès que
(β − β ) 6= 0. On a alors :
M S

Si (βM − βS ) 6= 0 s0 (M) = 0
sin u πb
Si (βM − βS ) = 0 s0 (M) = Kbh avec u = (αM − αS ) (5.30)
u λ0

Les variations de l'éclairement E (M) = s20 de l'écran sont représentées,


lorsque (β − β ) = 0, sur la gure 5.12. Les caractéristiques importantes de
M S

cette fonction sont les suivantes :

 L'éclairement maximal coïncide avec la position de l'image géométrique.


Ce résultat est tout à fait général. Il est dû au fait que tous les rayons
convergeant vers S' sont en phase (δ (P,S') = 0 pour tout point P de
l'ouverture, voir note au bas de la page 124).

 Il existe autour de S' (u = 0) une tache de lumière qui concentre la plus


grande partie de l'énergie lumineuse arrivant sur l'écran. Les bords de
cette tache que l'on qualie de centrale correspondent à u = π . Elle
est donc d'autant plus large que la fente diractante est étroite 6 . Pour
6. On peut retrouver facilement la largeur de cette tache centrale en remarquant que
la diérence de marche entre deux rayons provenant de chacun des deux bords de la fente
130 CHAPITRE 5. DIFFRACTION À L'INFINI

Figure 5.12  Diraction par une fente ne

xer les idées, imaginons une expérience de diraction réalisée avec


une fente de largeur b = 0, 5 mm et une lumière monochromatique de
longueur d'onde λ0 = 500 nm. La largeur angulaire de la tache centrale
sera ∆α = 2λ0 /b = 2.10−3 rad. Si on utilise une lentille de projection
L2 de distance focale f20 = 500 mm, on obtiendra une tache centrale de
largueur l = f20 ∆α = 1 mm. En passant à une fente de largeur b = 0, 1
mm, la largeur de la tache centrale passe à l = 5 mm. Il faut donc
utiliser des fentes très étroites pour obtenir un phénomène facilement
observable.

 La tache centrale est entourée de multiples taches secondaires deux fois


plus étroites. Ces taches secondaires correspondent à une énergie lu-
mineuse beaucoup plus faible. La plus lumineuse d'entre elles présente
un maximum qui ne correspond qu'à 4,5 % de l'éclairement au niveau
de l'image géométrique. La position des centres des taches secondaires
(u = (2k + 1)π/2) dépend de la longueur d'onde de la lumière utilisée
vaut exactement λ0 pour le point M correspondant au premier minimum nul (u = ±π ).
5.3. DIFFRACTION À L'INFINI PAR UNE OUVERTURE PARFAITEMENT TRANSPARENTE 131

ce qui n'est pas le cas de la tache centrale.

 Entre chaque tache, l'éclairement passe par un minimum nul (u = kπ ).


La position de ces minima dépend de la longueur d'onde de la lumière
utilisée.

Figure de diraction d'une ouverture rectangulaire quelconque

Figure 5.13  Diraction par une fente rectangulaire

Dans le cas d'une ouverture rectangulaire quelconque, l'éclairement de


l'écran est une fonction de x et de y . On a représenté sur la gure 5.13
M M

la structure de la tache de diraction obtenue sur l'écran (dans le cas où


l'image géométrique S' de la source est à l'origine des coordonnées de l'écran
d'observation). Les traits noirs représentent les axes des zones non éclairées.
Ils délimitent des pavés de lumière dont l'éclairement maximal est indiqué au
centre, l'éclairement 100 étant arbitrairement attribué à l'image géométrique.

Figure 5.14  Diraction par une fente carrée

On peut observer qu'en dehors des deux axes x = 0 et y = 0, l'é-


M M
132 CHAPITRE 5. DIFFRACTION À L'INFINI

clairement est très faible (< 0, 2 soit plus de 500 fois plus petit que celui
de l'image géométrique). Dans la pratique, il est très dicile de distinguer
la structure de la gure de diraction ailleurs que sur les axes. Cette gure
apparait donc essentiellement sous forme d'une croix dont les branches sont
orthogonales (gure 5.14).

5.3.2 Diraction par une ouverture circulaire


Considérons le cas d'une ouverture circulaire de diamètre φ éclairée par
un faisceau de lumière parallèle en incidence normale (gure 5.15). On a
donc α = β = 0. L'étude théorique de cette géométrie est possible 7 . Nous
S S

nous contenterons d'en donner les principaux résultats :

Figure 5.15  Diraction en incidence normale par une ouverture circulaire.

 En premier lieu, l'ensemble du système ayant une symétrie de révolu-


tion autour de l'axe SS', il est facile de prévoir que cette symétrie se
retrouvera sur la gure de diraction observée sur l'écran. Les varia-
tions de l'éclairement de l'écran sont représentées sur la gure 5.16.

 On observe une zone centrale centrée sur l'image géométrique et con-


tenant la plus grande partie de l'énergie lumineuse reçue. Elle forme
une tache de forme circulaire appelée tache d'Airy. Elle est limitée par
une circonférence d'éclairement nul et de rayon angulaire 1, 22 λφ0 8

7. Mais hors programme.


8. Le coecient 1, 22 peut se justier qualitativement en remarquant qu'une ouverture
circulaire de diamètre φ contient un carré de coté √φ2 (carré inscrit) et est contenue dans
un carré de coté φ (carré circonscrit). Ces carrés √ engendrent des gures de diraction
dont la 12 largeur angulaire est pour le premier 2 λφ0 et pour le second λφ0 . On a bien

1 < 1, 22 < 2.
5.4. DIFFRACTION À L'INFINI PAR UN OBJET QUELCONQUE 133

 La tache centrale est entourée de multiples anneaux lumineux sec-


ondaires correspondant à une énergie beaucoup plus faible et décrois-
sante au fur et à mesure que l'on s'éloigne du centre de la gure. Le
plus lumineux d'entre eux est le premier anneau entourant la tache
d'Airy (c'est le seul que l'on voit sur la gure 5.16). Le maximum de
l'éclairement n'y vaut que 1,8 % de l'éclairement obtenu au niveau de
l'image géométrique. Les anneaux secondaires ne sont pas tout à fait
équidistants.

On retiendra surtout que la gure de diraction obtenue présente une


symétrie de révolution et que les variations de l'éclairement comptées le long
d'un rayon sont qualitativement assez semblables à celles obtenues avec une
fente.

Figure 5.16  Figure de diraction par une ouverture circulaire.

5.4 Diraction à l'inni par un objet quelconque


5.4.1 Transmittance d'un écran
Jusqu'à présent les dispositifs diractants considérés agissent en "tout ou
rien" en ce sens qu'une partie de leur surface absorbe totalement la vibra-
tion incidente et une autre est parfaitement transparente. On peut pourtant
imaginer des dispositifs plus complexes où l'amplitude de la vibration inci-
dente est "modiée" par l'ouverture. C'est le cas par exemple d'un écran
dont la transparence ne serait pas uniforme, certaines parties absorbant plus
les vibrations que d'autres.
134 CHAPITRE 5. DIFFRACTION À L'INFINI

Imaginons par exemple le cas d'une lame de verre mince ne laissant passer
qu'une fraction t < 1 de la vibration incidente (gure 5.17).

Figure 5.17  Transmittance d'un lame de verre.

Le verre ayant une certaine épaisseur, son eet ne sera pas uniquement
de diminuer l'amplitude de la vibration en la multipliant par t. Il provoquera
également une modication ∆ϕ de la phase de la vibration sur sa face de
sortie par rapport à ce qu'elle était sur sa face d'entrée. Ainsi, si on exprime
la vibration lumineuse au point P de la face de sortie de la lame de verre
M

en fonction de ce qu'elle est au point P correspondant de la face d'entrée,


S

on aura si les rayons sont peu inclinés :



s0 (M) = tei∆ϕ avec ∆ϕ = ne (5.31)
λ0
Par dénition, on nommera transmittance au point P la quantité :
s0 (P )
t (P) = (5.32)
M

s0 (P )S

Comme on vient de le voir, la transmittance est en général une grandeur


complexe, traduisant ainsi non seulement une diminution de l'amplitude due
à une absorption partielle mais aussi une variation de phase. Dans le cas
général, la transmittance n'est pas uniforme et dépend du point P considéré
sur l'ouverture diractante.
On admettra que l'utilisation d'une ouverture de ce type dans un prob-
lème de diraction revient simplement à multiplier par la transmittance l'am-
plitude de la vibration émise par le point P vers le point M. Ainsi, pour un
problème de diraction à l'inni, on aura avec les mêmes notations qu'au Ÿ
5.2.4 :
Z  
2π −→ −→ −

s0 (M ) = K t (P) exp −i OP · (u − u ) dσ
M S (5.33)
Σ0 λ0
5.4. DIFFRACTION À L'INFINI PAR UN OBJET QUELCONQUE 135

Remarques :
 On peut remplacer la partie Σ0 de la surface fermée Σ par la surface
Σ complète en remarquant que la transmittance est nulle sur la partie
totalement opaque.

 Le résultat établi au Ÿ 5.2.4 reste valide pour une ouverture de trans-


mittance quelconque : si l'image géométrique se déplace, la gure de
diraction à l'inni observée sur l'écran se déplace globalement avec
elle sans autre changement.

Figure 5.18  Transmittance d'un prisme de petit angle.

A titre d'exemple, envisageons le cas d'une ouverture rectangulaire très


allongée et de largeur a dont la section correspondrait au schéma de la gure
5.18. Cette section est fermée par une lame de verre prismatique parfaitement
transparente et d'indice n. Pour déterminer la gure de diraction engendrée
par cette ouverture, commençons par déterminer la transmittance au point
P:

s0 (P )
t (P) = (5.34)
M

s0 (P )
S

Le verre étant supposé parfaitement transparent, son eet sera unique-


ment de provoquer un déphasage variable suivant le point P considéré. L'é-
paisseur traversée valant pour le verre (indice n) a + (b − xP ) eb et pour l'air
(indice 1) xP eb , on en déduit l'expression de la transmittance :
136 CHAPITRE 5. DIFFRACTION À L'INFINI

2π e 2π  e
t (P) = ei∆ϕ ∆ϕ = xP + n a + (b − xP ) (5.35)
λ0 b λ0 b
L'ouverture étant très allongée, les eets de la diraction ne seront sen-
sibles que dans la direction Ox. On a donc :

si β 6= β
M S s0 (M) = 0
Z xP =b 2πxP

iλ n(a+e) −i [(α −αS )+(n−1) eb ]
si β = β
M S s0 (M) = Ke 0 e λ0 M
dxP
xP =0
(5.36)
Le calcul de l'éclairement E donne donc :

si β 6= β
M S E (M) = 0
sin u
si β = β
M S E (M) = Emax
u
πb h ei
avec u = (α − α ) + (n − 1)
M S (5.37)
λ0 b
On obtient donc une gure de diraction identique à celle d'une fente
ne mais globalement déviée d'un angle D :
e
D = (n − 1) (5.38)
b
Ce dernier résultat s'interprète facilement si l'on voit que, lorsque e  b,
e
b représente l'angle A au sommet du prime en verre, et si l'on sait qu'un
prisme de petit angle au sommet A provoque, d'après les lois de l'optique
géométrique, une déviation D = (n − 1) A. La gure de diraction reste donc
bien centrée sur l'image géométrique.

5.4.2 Figure de diraction et transformée de Fourier


Considérons le cas d'une ouverture diractante dont la transmittance ne
dépende que d'une seule coordonnée : t (P) = t (x ). Une telle ouverture P

ne peut provoquer un phénomène de diraction que dans la direction Ox.


L'amplitude diractée pour β = β s'écrira donc :
M S

Z +∞ 2πxP
−i (αM −αS )
s0 (M) = K 0 t (x ) eP
λ0 dx P (5.39)
−∞
(αM −αS )
Si on note νx la quantité νx = λ0 , il apparaît que l'amplitude est
une fonction de νx et s'écrit :
Z +∞
0
s0 (νx ) = K t (x ) e−i2πνx x dx
P
P
P (5.40)
−∞
5.4. DIFFRACTION À L'INFINI PAR UN OBJET QUELCONQUE 137

Supposons maintenant que la transmittance soit une fonction réelle et


sinusoïdale de x . Par exemple :
P


1 + sin 2π xl P

t (x ) =
P (5.41)
2
On remarquera que l représente la période spatiale de la transmittance.
On peut alors mettre l'amplitude sous la forme :

Z Z Z 
K0 +∞
−i2πνx xP 1 +∞
−i2π (νx + 1l )xP 1 +∞
−i2π (νx − 1l )xP
s0 (νx ) = e dx +P e dx −
P e dx
P
2 −∞ 2i −∞ 2i −∞
(5.42)

Chacune de ces trois intégrales est non nulle que si l'exposant de l'ex-
ponentielle est nul. On en déduit que s0 est non nulle que si νx vaut 0 ou ± 1l .

Puisque l est la période spatiale de la transmittance, on nomme fréquence


spatiale la quantité ν = 1l . Ainsi, l'amplitude diractée n'est non nulle que
si la grandeur qu'on a notée νx est égale soit à zéro, soit à la fréquence spa-
tiale de la transmittance (au signe près) 9 . On observe donc sur l'écran trois
points lumineux correspondant aux abscisses (comptées à partir de l'image
géométrique) x = −f20 λ0 ν , 0, f20 λ0 ν (gure 5.19).
M

Figure 5.19  Diraction par un écran de transmittance sinusoïdale.

Supposons maintenant que la transmittance soit une fonction périodique


de x . On sait qu'elle peut alors se mettre sous la forme d'une série de
P

Fourier, c'est à dire sous la forme d'une somme de fonctions sinusoïdales de


x , chacune étant caractérisée par une fréquence spatiale νi et une amplitude
P

ti généralement complexe. L'amplitude diractée étant liée linéairement à la


9. Voir la première remarque page 124
138 CHAPITRE 5. DIFFRACTION À L'INFINI

transmittance, est simplement la somme des amplitudes diractées corre-


spondant à chaque transmittance sinusoïdale. On observe donc sur l'écran et
de chaque côté de l'image géométrique autant de points lumineux qu'il y a
de fonctions sinusoïdales composant la transmittance. L'abscisse de chacun
de ces points est proportionnelle à la fréquence spatiale correspondante. On
admettra que l'éclairement y est proportionnel à t2i .

Si maintenant la transmittance est une fonction quelconque de x , on P

admettra que le raisonnement précédent reste valable, les composantes sinu-


soïdales de la transmittance formant alors un spectre continu en fréquence.
Autrement dit, la diraction à l'inni permet de visualiser sur l'écran le ré-
sultat de l'analyse spectrale de la transmittance.

La transformation mathématique qui associe à la fonction t (x ) la fonc- P

tion :
Z +∞
F (νx ) = t (x ) e−i2πνx x dx
P
P
P (5.43)
−∞
se nomme transformée de Fourier à une dimension. Elle se généralise pour
une fonction à deux variables t (x , y ) sous la forme :
P P

Z +∞ Z +∞
F (νx , νy ) = t (x , y ) e−i2π(νx x
P P
P +νy yP )
dx dy
P P (5.44)
−∞ −∞

Un des intérêts de la transformée de Fourier est que l'on peut recomposer


la fonction initiale à partir de sa décomposition spectrale :

Z +∞ Z +∞
t (x , y ) =
P P F (νx , νy ) e+i2π(νx x P +νy yP )
dνx dνy (5.45)
−∞ −∞

L'amplitude diractée à l'inni par une ouverture de transmittance t (x , y ) P P

est donc, à un facteur constant multiplicatif près, la transformée de Fourier


de la transmittance. Pour cette raison, on nomme plan de Fourier le plan
où se situe l'écran d'observation.

On retiendra surtout que :

La gure de diraction à l'inni d'une ouverture quelconque permet de con-


naître la composition spectrale de la transmittance de cette ouverture. Plus
ce spectre contiendra des fréquences élevées, plus la gure de diraction sera
étalée.
5.4. DIFFRACTION À L'INFINI PAR UN OBJET QUELCONQUE 139

5.4.3 Inuence d'une transformation géométrique de la trans-


mittance
Nous allons voir dans ce paragraphe comment certaines transformations
géométriques simples de l'ouverture diractante se répercutent sur la gure
de diraction. Nous supposerons que ces transformations laissent l'ouverture
localisée entre les deux lentilles L1 et L2 et que la totalité de sa surface reste
éclairée par le faisceau en provenance de la source lumineuse S. On notera Σ
le plan inni contenant les diérentes ouvertures.

Inuence d'une translation

Figure 5.20  Translation de l'ouverture diractante

Commençons par supposer que l'ouverture diractante subisse une trans-




lation de vecteur T (gure 5.20). Notons t et t la transmittance avant et
T

après transformation et s0, l'amplitude diractée sur l'écran par l'ouverture


T

Σ0 ayant subi la translation :


T

Z  
2π −→ −→ →

s0,
T (M) = K t (P) exp −i OP · (u − u ) dx dy
T M S P P (5.46)
Σ λ0

En remarquant que :

 
−→ −−→ −
→ dx = dx
t (P) = t (P')
T
⇔ OP = OP' + T ⇒ P P'
(5.47)
dy = dy
P P'

On obtient :
140 CHAPITRE 5. DIFFRACTION À L'INFINI


→ −
−i λ

T ·(u→−−

u )
s0, (M) = e
T
0
M S
s0 (M) (5.48)
où s0 (M) est l'amplitude diractée par l'ouverture Σ0 avant transla-
tion 10 . La gure de diraction observée sur l'écran dépendant de l'éclaire-
ment E = s0 s∗0 , une translation de l'ouverture diractante ne modie
pas la gure de diraction à l'inni.

Inuence d'une homothétie

Figure 5.21  Homothétie de l'ouverture diractante

Supposons maintenant que l'ouverture subisse une homothétie de centre


O et de rapport γ (gure 5.21). Notons t et tγ la transmittance avant et après
la transformation et s0,γ l'amplitude diractée sur l'écran par l'ouverture Σ0γ
ayant subi l'homothétie :

Z  
2π −→ −→−−

s0,γ (M) = K tγ (P) exp −i OP · (u u ) dx dy
M S P P (5.49)
Σ λ0

En remarquant que :

 
−→ −−→ dx = γdx
tγ (P) = t (P') ⇔ OP = γ OP' ⇒ P P'
(5.50)
dy = γdy
P P'

On obtient :
10. Cette relation sera particulièrement utile pour traiter le problème des trous d'Young
(cf. Ÿ 5.6).
5.4. DIFFRACTION À L'INFINI PAR UN OBJET QUELCONQUE 141

Z  
2π −−→ −
→ −

s0,γ (M) = γ K 2
tγ (P') exp −i OP' · γ (u − u ) dx dyM S P' P' (5.51)
Σ λ0

Dénissons le point M' sur l'écran tel que (−


u→ − −

u ) = γ (−
M' u→ − −
S

u ). Tant
M S

que l'on reste dans les conditions de Gauss, ce point M' s'obtient à partir
de M par une homothétie de centre S' (image de S) et de rapport γ . On a
donc :

s0,γ (M) = γ 2 s0 (M') (5.52)

où s0 (M') est l'amplitude diractée par l'ouverture Σ0 avant transforma-


tion. La gure de diraction observée sur l'écran dépendant de l'éclairement
E = s0 s∗0 ,

une homothétie de rapport γ de l'ouverture diractante modie la gure de


diraction en lui faisant subir une homothétie de centre S' et de rapport
1/γ . L'éclairement en deux points correspondants des gures avant et après
transformation est multipliée par γ 4 .

Remarques :
 Le passage du point M' au point M correspond à une homothétie de
rapport 1/γ .
 Le centre O de l'homothétie de l'ouverture diractante ne joue aucun
rôle sur la modication observée de la gure de diraction. Ceci est une
conséquence du résultat précédent concernant l'eet d'une translation.

Inuence d'une rotation


Supposons enn que l'ouverture subisse une rotation de centre O et
d'angle α (gure 5.22). Sachant que la gure de diraction suit l'image
géométrique S' de la source S, on peut choisir, sans restreindre la généralité
de l'étude, de positionner S (et donc S') sur l'axe des deux lentilles L1 et L2 .
Comme pour le cas précédent, on peut prévoir que le centre O de la
rotation ne jouera aucun rôle. On peut donc se contenter d'étudier l'eet
d'une rotation d'angle α dont le centre O soit sur l'axe SS' des deux lentilles.
Dans ces conditions, si l'on supprime l'ouverture diractante, le système
présente une symétrie de révolution parfaite autour de l'axe SS'. En in-
voquant le principe de Curie, on peut alors armer que, les symétries de
l'ouverture diractante devant se retrouver dans la gure de diraction,
142 CHAPITRE 5. DIFFRACTION À L'INFINI

Figure 5.22  Rotation de l'ouverture diractante

la rotation de S' entraîne une rotation identique de la gure de diraction


autour de S'.

5.4.4 Théorème des écrans complémentaires


Soit Σ le plan inni contenant l'ouverture diractante. Nous avons déjà
montrer page 124 que la quantité :
Z  
2π −→ − → −

exp −i OP · (u − u ) dσ
M S (5.53)
Σ λ0
est nulle sauf si −
u→ = −
M

u . Considérons alors deux ouvertures Σ1 et Σ2
S

de transmittance t1 et t2 telles que t1 = 1 − t2 . On dit alors que ces deux


ouvertures sont complémentaires. L'amplitude diractée à l'inni par Σ1
s'écrit :
Z  
2π −→ −→ −

s0,1 (M) = K t1 (P) exp −i OP · (u − u ) dσ
M S (5.54)
Σ λ0
et par Σ2 :
Z  
2π −→ −→ −

s0,2 (M) = K t2 (P) exp −i OP · (u − u ) dσ
M S (5.55)
Σ λ0
On en déduit donc que la quantité s0,1 (M) + s0,2 (M) est toujours nulle
sauf si −
u→ = −
M
→u . Autrement dit, les amplitudes diractées sont opposées
S

partout sauf au niveau de l'image géométrique. Les éclairements E1 = s0,1 s∗0,1


et E2 = s0,2 s∗0,2 sont donc égaux partout sauf au niveau de l'image géométrique.
C'est le théorème des écrans complémentaires ou théorème de Babinet :
5.5. RÔLE DE LA DIFFRACTION À L'INFINI DANS LA FORMATION DES IMAGES 143

Les gures de diractions à l'inni engendrées par deux écrans complémen-


taires sont partout identiques en dehors de l'image géométrique.

Exemple : L'écran complémentaire d'une fente ne de largeur b est une


bande allongée opaque de même largeur. En plaçant cette bande dans un
montage de diraction, on obtient eectivement un éclairement comme celui
représenté sur la gure 5.12 sauf au niveau de l'image géométrique où l'é-
clairement est beaucoup plus intense 11 .

5.5 Rôle de la diraction à l'inni dans la formation


des images
5.5.1 Projection de image d'un objet à l'aide d'une lentille
Reprenons le montage théorique de diraction schématisé sur la gure
5.9. Les résultats établis au Ÿ 5.2.4 montrent que la distance séparant les deux
lentilles L1 et L2 ne joue aucun rôle dans la gure de diraction obtenue sur
l'écran. A la limite, on peut très bien imaginer de  coller  L1 et L2 de chaque
côté de l'ouverture diractante. Si maintenant on supprime cette dernière,
on comprend facilement que c'est la monture (généralement circulaire) de
chaque lentille qui jouera ce rôle. Enn, sachant que deux lentilles accolées
sont équivalentes à une seule dont la vergence sera la somme des vergences,
on peut armer que :

Lorsqu'on utilise une lentille pour former l'image d'un objet, chaque point
de cette image est entouré d'une gure de diraction à l'inni. En l'absence
d'ouverture diractante à proprement dit, c'est la monture de la lentille qui
joue ce rôle.

On admettra qu'il en est de même à chaque fois que l'on forme l'image
d'un objet, quelque soit le système utilisé pour former cette image (lentille,
miroir, etc.). C'est donc la diraction à l'inni qui accompagne tou-
jours la formation des images.

5.5.2 Limite de résolution d'un instrument


Considérons un instrument d'optique très simple réalisé à partir d'une
lentille convergente L de diamètre φ et d'un écran d'observation (gure 5.23).
Deux sources lumineuses ponctuelles et identiques A et B, vues depuis le
11. L'ouverture diractante laissant passer beaucoup plus d'énergie, ce surplus d'énergie
se retrouve dans l'image géométrique.
144 CHAPITRE 5. DIFFRACTION À L'INFINI

Figure 5.23  Formation de l'image de deux points sources

centre de la lentille sous un angle θ, forment sur l'écran deux images A' et
B'.
Si l'on examine de près ces deux images, on constate qu'il s'agit en fait
de deux taches. Généralement, les causes sont à chercher du côté de l'optique
géométrique :

 Mauvais positionnement de l'écran : le plan contenant l'écran et celui


contenant les sources ne sont pas conjugués.

 Mauvaise utilisation de la lentille : celle-ci n'est pas utilisée dans les


conditions de Gauss.

 Défaut géométrique de la lentille : ses faces ne sont pas exactement des


calottes sphériques.

 Dispersion du verre : l'indice et donc la vergence de la lentille ne sont


pas les mêmes pour toutes les longueurs d'onde.

On peut réduire un à un tous ces défauts jusqu'à obtenir un instrument


 géométriquement  parfait. Les images A' et B' ne sont alors toujours pas
ponctuelles à cause de la diraction introduite par la monture de la lentille.
Elles se réduisent donc aux deux taches d'Airy.

Un instrument d'optique parfait est un instrument pour lequel l'image d'une


source ponctuelle se réduit à sa gure de diraction à l'inni.

Comme le montre la gure 5.24, la présence des taches de diraction


5.5. RÔLE DE LA DIFFRACTION À L'INFINI DANS LA FORMATION DES IMAGES 145

Figure 5.24  Images de couples d'étoiles correspondant à diérents écarts


angulaires (simulation).

limite la capacité d'un instrument à distinguer deux points proches. Pour


quantier ce problème nous allons reprendre le modèle simple d'un instru-
ment se réduisant à une lentille et un écran.
Chaque tache d'Airy est vue depuis le centre de la lentille sous un angle 12
(cf. Ÿ 5.3.2) :
 
λ0
χ = 2 1, 22 (5.56)
φ
Les deux sources A et B étant indépendantes sont incohérentes. L'é-
clairement de l'écran est donc simplement la somme des éclairements des
deux gures de diraction.

 Si la distance entre les deux sources A et B est susante, l'éclairement


de l'écran le long d'une droite A'B' varie comme sur la partie gauche
de gure 5.25. Les deux taches d'Airy sont bien distinctes et on peut
facilement distinguer les images A' et B'.

 Si la distance entre les deux sources A et B est trop petite, l'éclaire-


ment de l'écran varie comme sur la partie droite de la gure 5.25 (trait
continu). Les deux taches de diraction se superposent et on ne peut
12. L'angle χ correspond au diamètre angulaire de la tache ce qui explique le facteur 2.
146 CHAPITRE 5. DIFFRACTION À L'INFINI

Figure 5.25  Limite de résolution d'un instrument : à gauche les deux


images sont distinctes, à droite, elles ne le sont pas.

l'instrument ne permet pas


plus distinguer A' de B'. On dit que
de résoudre les deux objets A et B.
Conventionnellement, on considère que la limite théorique de résolution
de l'instrument est atteinte lorsque l'on se trouve dans la situation de la
gure 23.
Dans ce cas, le centre de la tache d'Airy de la première image se trouve
sur le bord de la tache d'Airy de la seconde. La distance entre les deux images
géométriques est alors égale au rayon de la tache d'Airy. Cette convention
constitue le critère de Rayleigh.
On en déduit donc que notre instrument est capable de distinguer deux
points A et B si ceux-ci sont vus depuis le centre de la lentille de diamètre
φ sous un angle θ supérieur à :

λ0
θmin = 1, 22 (5.57)
φ
Exemple : Les appareils photographiques jetables fonctionnent avec un
objectif très simple que l'on peut assimiler à une lentille unique de diamètre
d ≈ 5 mm. En prenant une longueur d'onde moyenne pour la lumière visible
de λ0 = 500 nm, la limite de résolution angulaire serait de θmin = 1, 22.10−4
rad. Pour un sujet photographié à 2 m de l'appareil, cela correspondrait à
deux points distants de ≈ 0, 5 mm. Au vu des images eectivement réalisées
par ce genre d'appareils, on peut armer que l'optique utilisée ne peut pas
5.5. RÔLE DE LA DIFFRACTION À L'INFINI DANS LA FORMATION DES IMAGES 147

Figure 5.26  Dénition du critère de Rayleigh

être qualiée de parfaite !

Lorsque l'on utilise un instrument plus complexe, la limite théorique de


résolution de celui-ci est xée par la dimension du faisceau de lumière inter-
cepté et participant réellement à la formation de l'image. Pour un télescope
par exemple, la dimension à prendre en compte est celle du miroir principal.
Plus celui-ci sera de grand diamètre, plus le télescope pourra distinguer deux
étoiles proches 13 .

Remarque : Le critère de Rayleigh ne s'applique qu'au cas où les deux


points à résoudre émettent une intensité lumineuse comparable. Dans le cas
contraire, l'analyse est plus complexe. On peut par exemple imaginer deux
étoiles bien séparées mais de magnitudes très diérentes. La moins lumineuse
peut alors rester invisible car son image est  cachée  dans un anneau
secondaire de la plus visible.

13. Pour un téléscope terrestre de grande dimension, cette limite de résolution théorique
n'est jamais atteinte à cause des perturbations apportées par la présence de l'atmosphère.
L'ensemble téléscope + atmosphère ne forme plus un instrument optiquement parfait.
Utiliser de très grands miroirs reste néanmoins un avantage pour observer des objets de
très faible magnitude.
148 CHAPITRE 5. DIFFRACTION À L'INFINI

5.6 Diraction à l'inni par deux ouvertures iden-


tiques : trous d'Young
5.6.1 Fentes d'young éclairées par une source ponctuelle à
l'inni
Considérons le cas d'un écran opaque percé de deux fentes nes identiques
et parallèles, de largeur b et distantes de a > b (gure 5.27). La hauteur h de
chaque fente étant très grande devant a, les phénomènes de diraction seront
essentiellement observés sur l'écran dans la direction Ox. Pour simplier,
nous supposerons que le faisceau incident de lumière est parallèle à l'axe du
montage (α = β = 0).
S S

Figure 5.27  Diraction à l'inni par une bi-fente

Chacune des deux fentes composant le système peut être considérée


comme la translation selon l'axe Ox d'une même fente ne originelle dont
l'axe passerait par O. En utilisant les résultats du Ÿ 5.3.1 pour la fente ne
et du Ÿ 5.4.3 pour la translation, on peut donc écrire :

Si β 6= 0 s0 (M) = 0
M

    
sin u 2π a 2π a
Si β = 0 s0 (M) = Khb
M exp i α M + exp −i α M
u λ0 2 λ0 2

πb
avec u = αM (5.58)
λ0
c'est à dire :
5.6. DIFFRACTION À L'INFINI PAR DEUX OUVERTURES IDENTIQUES : TROUS D'YOUNG 149

Si β 6= 0 s0 (M) = 0
M

sin u  a πb
Si β = 0 s0 (M) = 2Khb
M cos u avec u = α M (5.59)
u b λ0

L'éclairement de l'écran sera donc :

Si β 6= 0 E (M) = 0
M

 
sin u 2 h  a i πb
Si β = 0 E (M) = 2 Khb
M 1 + cos 2u avec u = αM
u b λ0
(5.60)

Remarque : On peut retrouver une partie du résultat précédent en


utilisant la théorie des interférences. Les deux fentes éclairées par la même
source ponctuelle forment un ensemble de deux sources cohérentes. Deux
rayons diractés dans la direction − u→ = (α , 0, γ ) sont donc susceptibles
M M M

d'interférer.
Le faisceau incident étant orthogonal au plan contenant ces deux sources,
celles-ci sont en phase. La diérence de marche entre les deux rayons inter-
férant en M vaut donc (gure 5.28) :

Figure 5.28  Calcul de la diérence de marche

δ (M) = aα M (5.61)
ce qui correspond à un déphasage :
2π 2π
∆φ = δ= aα M (5.62)
λ0 λ0
Les deux sources cohérentes sont identiques mais n'émettent pas de manière
isotrope à cause de la diraction. Les amplitudes s1 et s2 correspondant à
chacun des deux rayons sont identiques mais dépendent de α : s1 = s2 =
M

s (α ). En appliquant la méthode développée dans le chapitre 2 consacré


M
150 CHAPITRE 5. DIFFRACTION À L'INFINI

aux interférences, on prévoit donc que l'éclairement de l'écran en un point


M correspondant à l'angle α sera :
M

  

E (M) = 2s (α ) 1 + cos
2
M aα M (5.63)
λ0
La comparaison avec l'expression précédente de l'éclairement (5.60), obtenue
à partir du principe d'Huyghens-Fresnel, permet d'interpréter la gure 5.29.

Enveloppe de diffraction

Frange brillante

Figure 5.29  Diraction par les fentes d'Young

L'éclairement de l'écran correspond à un phénomène d'interférence modulé


par une enveloppe de diraction.

Remarque : Si b est de l'ordre de λ0 , l'émission de sources secondaires


5.6. DIFFRACTION À L'INFINI PAR DEUX OUVERTURES IDENTIQUES : TROUS D'YOUNG 151

devient pratiquement isotrope. On n'observe donc plus que les franges d'in-
terférence.

Il est intéressant de noter que le dispositif des fentes d'Young est un des
rares systèmes où les sources cohérentes interférant ne sont pas des images
optiques de la source primaire. Historiquement, Thomas Young réalisa cette
expérience en utilisant deux trous circulaires très rapprochés en lieu et place
des fentes. Il obtint une gure d'interférence dont l'enveloppe de diraction
était celle d'une ouverture circulaire. Il observa donc des franges à l'intérieur
d'une tache d'Airy (gure 5.30). Cette expérience historique permit d'établir
la nature ondulatoire de la lumière.

Figure 5.30  Expérience de Thomas Young

5.6.2 Inuence d'un manque de cohérence spatiale de la source


Comme dans le chapitre consacré à l'étude des interféromètres, on peut
chercher quelle est l'inuence sur le dispositif d'Young d'un manque de co-
hérence spatiale de la source primaire. Nous distinguerons le cas d'une ex-
tension de cette source parallèlement à l'axe Oy des fentes, du cas d'une
extension dans une direction orthogonale.

Extension de la source parallèlement à l'axe des fentes


Reprenons le dispositif des fentes d'Young et ajoutons une deuxième
source ponctuelle S2 , identique à S1 et disposée de manière à ce que le seg-
ment S1 S2 soit parallèle à l'axe Oy des fentes diractantes (gure 5.31). Les
deux sources S1 et S2 étant incohérentes, les éclairements dus à chaque source
s'ajouteront sans terme d'interférence supplémentaire.
Les résultats du paragraphe précédent montrent que les éclairements de
l'écran dus à chacune de ces deux sources sont, par rapport à chacune des
deux images géométriques S'1 et S'2 , strictement identiques. On obtient donc
sur l'écran deux gures identiques, parallèles et décalées, l'une passant par
S'1 , l'autre par S'1 (gure 5.32).
152 CHAPITRE 5. DIFFRACTION À L'INFINI

Figure 5.31  Deux sources qui forment un segment parallèle à l'axe des
fentes

Figure 5.32  Deux sources qui forment un segment parallèle à l'axe des
fentes engendrent deux gures d'interférence identiques et décalées.

En répétant ce raisonnement sur une innité de sources ponctuelles alignées


sur un axe parallèle aux fentes, on démontre que :

l'extension de la source primaire parallèlement aux fentes diractantes per-


met de répéter sur la totalité de l'écran la gure de diraction obtenue avec
une source ponctuelle (gure 5.33).

Figure 5.33  Fentes d'Young éclairées par une fente source parallèle à leur
axe.

Concrètement, on remplacera donc avantageusement la source ponctuelle


par une fente lumineuse très ne parallèle aux fentes diractantes.
5.6. DIFFRACTION À L'INFINI PAR DEUX OUVERTURES IDENTIQUES : TROUS D'YOUNG 153

Figure 5.34  Décalage de la source dans une direction orthogonale à l'axe


des fentes

Extension de la source normalement à l'axe des fentes


Supposons dans un premier temps que la source S soit toujours ponctuelle
mais ne soit plus sur l'axe des deux fentes (gure 5.34). L'expression de l'é-
clairement de l'écran sera alors identique à celui établi au Ÿ 5.6.1 en rem-
plaçant α par α − α . Supposons également la largeur b de chaque fente
M M S

susamment petite pour que son émission soit isotrope . L'éclairement en-
gendré par S sur l'écran s'écrit alors :

Si β 6= 0 E (M) = 0
M

  
α −α
Si β = 0 E (M) = E0
M 1 + cos 2πa
M S
(5.64)
λ0
Exprimons α et α en fonction des abscisses x et x des points S et
S M S M

M et des focales f10 et f20 des lentilles L1 et L2 . Ces dernières étant utilisées
dans les conditions de Gauss, on aura :
x x x
α ≈−
S

0
S'
= 0 et α ≈ M
(5.65)
f20
S M
f1 f2
et donc :

Si β 6= 0 E (M) = 0
M

   
2πa x x
Si β = 0 E (M) = E0 1 + cos + 0
M S
(5.66)
f20
M
λ0 f1
Supposons maintenant que la source ne soit plus ponctuelle mais s'é-
tende sur l'axe x de x = −ξ/2 à x = ξ/2. Chaque élément de largeur
S S

dx positionné autour de l'abscisse x engendre un éclairement élémentaire


S S

proportionnel à dx qui peut s'écrire :


S

Si β 6= 0 dE (M) = 0
M
154 CHAPITRE 5. DIFFRACTION À L'INFINI

   
2πa x x
Si β = 0 dE (M) = A dx 1 + cos + 0
M S
(5.67)
f20
M S
λ0 f1
L'éclairement total de l'écran s'écrit donc :

Si β 6= 0 E (M) = 0
M

Z xS = 2ξ    
2πa x x
Si β = 0 E (M) = A 1 + cos
M
+ 0 dx
S
(5.68)
f20
M S
xS =− 2ξ λ0 f1
c'est à dire :

Si β 6= 0 E (M) = 0
M

  
sin w 2πax
Si β = 0 E (M) = Aξ 1 + cos
M
(5.69)
λ0 f20
M
w
πaξ
avec w =
λ0 f10

0
On peut noter que si la largeur ξ de la source est très petite devant λ0af1 ,
on se retrouve dans les conditions d'une source ponctuelle. La condition de
cohérence spatiale de la source s'écrit donc :
λ0 f10
ξ (5.70)
a
On peut aussi déterminer la visibilité de la gure obtenue :
sin w
V =| | (5.71)
w

Figure 5.35  Variation de sin w/w

On a représenté sur la gure 5.35 les variations de la fonction sinww . Ce


graphe montre que la visibilité de la gure devient nulle pour la première
5.6. DIFFRACTION À L'INFINI PAR DEUX OUVERTURES IDENTIQUES : TROUS D'YOUNG 155

fois lorsque w = π . L'éclairement de l'écran est alors uniforme. Précisons


les ordres de grandeurs. Pour λ0 = 500 nm, a = 0, 5 mm et f10 = 20 cm, le
premier zéro de la visibilité est obtenu lorsque la largeur de la source atteint
x = 0, 2 mm. La condition de cohérence spatiale est donc très sévère dans la
pratique.
Lorsque π < w < 2π , la fonction sinww est négative. Cela signie que
les franges brillantes ont pris la place des franges sombres. En particulier,
la frange centrale est devenue sombre. On dit alors qu'il y a inversion du
contraste des franges. Si on continue à élargir la source, on observe de
nouveau une permutation des positions pour 2π < w < 3π . L'observation
de ces inversions successives est assez facile pour les deux premières. Elle
devient ensuite de plus en plus dicile, la visibilité devenant très faible.
156 CHAPITRE 5. DIFFRACTION À L'INFINI
Table des gures
1.1 Phénomène d'interférence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2 Interférences sur une cuve à ondes. Figure de gauche : simu-
lation ; Figure de droite : Expérience réelle . . . . . . . . . . . 6
1.3 Interférences sur une cuve à ondes. . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.4 Interféromètre de Michelson . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.5 Anneaux de la lame d'air sur l'interféromètre de Michelson . . 10
1.6 Polarisations parallèles (à gauche) ou orthogonales (à droite) . 12
1.7 Interférence de deux ondes polarisées elliptiquement . . . . . 13
1.8 Propagation le long d'un rayon lumineux . . . . . . . . . . . . 15
1.9 Image par un miroir plan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.10 Surface d'onde sphérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.11 Exemple d'utilisation du théorème de Malus . . . . . . . . . . 18
1.12 Onde plane à la sortie d'une lentille convergente . . . . . . . . 20
1.13 Onde quasi-plane à la sortie d'une lentille convergente . . . . 20
2.1 Interférences sur une cuve à ondes. . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.2 Ondes de surface . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.3 Interférences sur une cuve à ondes. Figure de gauche : simu-
lation. Figure de droite : Expérience réelle . . . . . . . . . . . 27
2.4 Deux sources lumineuses indépendantes . . . . . . . . . . . . 29
2.5 On n'observe aucune interférence avec deux sources lumineuses
indépendantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.6 Un faisceau de lumière rigoureusement parallèle est spatiale-
ment cohérent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.7 Les deux types d'interféromètres : Division d'amplitude (à
gauche) et division du front d'onde (à droite) . . . . . . . . . 35
2.8 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
2.9 Bonne visibilité à gauche, visibilité médiocre à droite . . . . . 39
2.10 Ecran placé parallèlement aux sources secondaires . . . . . . . 40
2.11 Franges rectilignes du coin d'air (interféromètre de Michelson) 41
2.12 Inuence d'une petite rotation de l'écran . . . . . . . . . . . . 42
2.13 Ecran placé perpendiculairement aux sources secondaires . . . 44
2.14 Anneaux de la lame d'air (interféromètre de Michelson) . . . 45

157
158 TABLE DES FIGURES

2.15 Prol spectral d'une source . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49


2.16 Doublet spectral . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
2.17 Doublet spectral . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
2.18 Raie spectrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
2.19 Raie spectrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
2.20 Superposition partielle de deux trains d'onde . . . . . . . . . 54
2.21 Trois trous d'Young . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
2.22 Une lame de verre devant F2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
2.23 2 trous d'Young devant un téléscope . . . . . . . . . . . . . . 60
3.1 Miroirs de Fresnel (1886). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
3.2 Les miroirs de Fresnel : schématisation . . . . . . . . . . . . . 64
3.3 Les miroirs de Fresnel éclairés par une source ponctuelle. . . . 65
3.4 Les miroirs de Fresnel éclairés par une source étendue. . . . . 69
3.5 Projection d'une gure d'interférence . . . . . . . . . . . . . . 72
3.6 Le miroir de Llyod : schématisation . . . . . . . . . . . . . . . 73
3.7 Le miroir de Llyod éclairé par une source étendue. . . . . . . 75
3.8 Interféromètres de Michelson (Ulice Mich-2 à gauche, DMS
Didalab au milieu, Sopra à droite) . . . . . . . . . . . . . . . 77
3.9 Interféromètre de Michelson : Principe de fonctionnement . . 77
3.10 Interféromètre de Michelson réglé en lame d'air : schématisation 79
3.11 Interféromètre de Michelson réglé en lame d'air : système
équivalent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
3.12 Anneaux de la lame d'air . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
3.13 Interféromètre de Michelson réglé en coin d'air : système équiv-
alent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
3.14 Franges rectilignes du coin d'air . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
3.15 Interféromètre de Michelson réglé en coin d'air : système équiv-
alent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
3.16 Interféromètre de Michelson réglé en lame d'air éclairé par
deux sources ponctuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
3.17 Interféromètre de Michelson réglé en lame d'air éclairé par
deux sources ponctuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
3.18 Observation des anneaux à l'inni . . . . . . . . . . . . . . . . 88
3.19 Champ d'interférence du coin d'air . . . . . . . . . . . . . . . 90
4.1 Interféromètre de Michelson Sopra . . . . . . . . . . . . . . . 94
4.2 Interféromètre de Michelson Sopra . . . . . . . . . . . . . . . 95
4.3 Positionnement des miroirs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
4.4 Réglage du parallèlisme séparatrice-compensatrice . . . . . . . 98
4.5 Cible permettant le réglage grossier des miroirs . . . . . . . . 99
4.6 Réglage des miroirs de l'interféromètre de Michelson . . . . . 100
4.7 Les images doubles de la cible observables à travers le Michelson101
4.8 Fin du réglage grossier : des interférences apparaissent . . . . 101
TABLE DES FIGURES 159

4.9 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
4.10 Montage expérimental pour l'étude de la localisation des an-
neaux d'égale inclinaison, observables avec l'interféromètre de
Michelson réglé en lame d'air. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
4.11 Maximum (à gauche) et minimum (à droite) de la visibilité
des anneaux de la lame d'air obtenus avec une lampe au sodium106
4.12 Montage expérimental pour l'étude de la localisation des franges
d'égale épaisseur, observables avec l'interféromètre de Michel-
son réglé en coin d'air. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
5.1 Diraction d'un faisceau LASER par le bord d'un écran rec-
tiligne (vue en négatif) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113
5.2 Diraction de Fresnel autour d'une goutte d'eau en lumière
polychromatique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
5.3 Propagation sur une corde tendue . . . . . . . . . . . . . . . . 115
5.4 Principe d'Huyghens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
5.5 Diraction sur une cuve à onde (simulation) . . . . . . . . . . 117
5.6 Postulat de Fresnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117
5.7 Diraction en optique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119
5.8 Diraction avec un écran à distance nie . . . . . . . . . . . . 120
5.9 Montage permettant l'observation de la diraction à l'inni . 122
5.10 Diraction à l'inni : détermination de la diérence de marche 123
5.11 Ouverture rectangulaire : notations . . . . . . . . . . . . . . . 126
5.12 Diraction par une fente ne . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128
5.13 Diraction par une fente rectangulaire . . . . . . . . . . . . . 129
5.14 Diraction par une fente carrée . . . . . . . . . . . . . . . . . 129
5.15 Diraction en incidence normale par une ouverture circulaire. 130
5.16 Figure de diraction par une ouverture circulaire. . . . . . . . 131
5.17 Transmittance d'un lame de verre. . . . . . . . . . . . . . . . 132
5.18 Transmittance d'un prisme de petit angle. . . . . . . . . . . . 133
5.19 Diraction par un écran de transmittance sinusoïdale. . . . . 135
5.20 Translation de l'ouverture diractante . . . . . . . . . . . . . 137
5.21 Homothétie de l'ouverture diractante . . . . . . . . . . . . . 138
5.22 Rotation de l'ouverture diractante . . . . . . . . . . . . . . . 140
5.23 Formation de l'image de deux points sources . . . . . . . . . . 142
5.24 Images de couples d'étoiles correspondant à diérents écarts
angulaires (simulation). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143
5.25 Limite de résolution d'un instrument : à gauche les deux im-
ages sont distinctes, à droite, elles ne le sont pas. . . . . . . . 144
5.26 Dénition du critère de Rayleigh . . . . . . . . . . . . . . . . 145
5.27 Diraction à l'inni par une bi-fente . . . . . . . . . . . . . . 146
5.28 Calcul de la diérence de marche . . . . . . . . . . . . . . . . 147
5.29 Diraction par les fentes d'Young . . . . . . . . . . . . . . . . 148
5.30 Expérience de Thomas Young . . . . . . . . . . . . . . . . . . 149
160 TABLE DES FIGURES

5.31 Deux sources qui forment un segment parallèle à l'axe des fentes150
5.32 Deux sources qui forment un segment parallèle à l'axe des
fentes engendrent deux gures d'interférence identiques et dé-
calées. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 150
5.33 Fentes d'Young éclairées par une fente source parallèle à leur
axe. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 150
5.34 Décalage de la source dans une direction orthogonale à l'axe
des fentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151
5.35 Variation de sin w/w . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152

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