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Cours Pigi

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Le programme de physiologie intégrative et gastro-intestinale (PIGI) :

Chapitre I : Anatomie et physiologie du tube digestif


1. Généralités
2. Organisation
3. Les grandes fonctions du tube digestif
Chapitre II : Notions d’endocrinologie
1. Description et fonctions des entéro-hormones
1.1. Définition
1.2. Les différents types d’hormones
2. Description et fonctions des hormones appartenant à l’axe cerveau – intestin
3. Description et fonctions des hormones appartenant à l’axe entéro -hépatique
Chapitre III : Régulation du tissu adipeux
1. Définition du tissu adipeux
2. Anatomie du tissu adipeux
3. Régulation métabolique du tissu adipeux par les enterohormones
Chapitre IV : Régulation de la pression artérielle
1. Définition de la pression artérielle
2. Régulation de la pression artérielle par les entéro-hormones
3. Régulation de la pression artérielle par les neuro-hormones
Chapitre V : Stress oxydant et Inflammation
1. Définition du stress oxydant
2. Source et Production des ROS et RNS
3. Réactions inflammatoires et les cytokines pro-inflammatoires
Chapitre VI : Troubles gastro-intestinaux de l’organisme
1. Définition
2. Les troubles gastro-intestinaux fréquents
3. Les troubles gastro-intestinaux chroniques
Introduction

Le système digestif joue un rôle primordial dans la survie des organismes en leur
fournissant les sources d’énergie nécessaires. Ce rôle est assuré par plusieurs fonctions
notamment le transport, de digestion des aliments et également d’absorption des nutriments et
des électrolytes.

En outre, il assure une autre fonction importante qui est la protection et la réparation vis-
à-vis des pathogènes et des agressions extérieures auxquels il est soumis en permanence. Cette
fonction est assurée par la barrière épithéliale intestinale (BEI), constituée d’une monocouche
de cellules épithéliales intestinales (CEI). La fonction de BEI est régulée par les composants
cellulaires de son microenvironnement comme le système immunitaire digestif et le microbiote
intestinal. Parmi les autres constituants du tube digestif, le système nerveux entérique (SNE)
joue un rôle clef dans le maintien de l’homéostasie digestive et en particulier dans l’homéostasie
de la BEI.

En effet, le SNE est un système nerveux autonome et intégratif, présent tout le long du
tractus digestif et composé de neurones entériques, de cellules gliales entériques (CGE) et de
cellules souches neurales. Le SNE est organisé en ganglions formant deux plexus principaux,
les plexus mysentérique et sous-muqueux, régulant les fonctions de motricité et de la BEI
respectivement. Le SNE est issu des cellules des crêtes neurales qui colonisent précocement le
tube digestif pendant la fin de la période embryonnaire chez l’Homme. Nonobstant, le SNE
poursuit sa maturation durant la période périnatale et contribue de façon importante à la mise
en place des fonctions digestives chez le nouveau-né.
Chapitre I : Anatomie et physiologie du tube digestif
1. Généralités
Le tractus digestif est un système central dans l’évolution et la survie de l’organisme humain.
Il mesure en moyenne huit mètres de long chez l’adulte. Il s’étend de la bouche à l’anus et
forme une succession d’organes : la bouche, le pharynx, l’estomac, l’intestin grêle (duodénum,
jéjunum et iléon), le gros intestin (le cæcum, colon ascendant, transverse, descendant, sigmoïde,
rectum) puis en dernier lieu l’anus (Figure 1). L’ensemble participe à la digestion et l’absorption
des nutriments mais aussi à l’élimination des déchets de l’organisme. En plus de ces fonctions,il
possède une fonction de sécrétion de facteurs de protection, de perméabilité et d’immunité.

Figure 01: Anatomie du tube digestif de l’homme


2. Organisation
Le tube digestif est constitué de quatre couches tissulaires (Figure 02) : - La tunique
externe : un tissu conjonctif lâche permettant le maintien des organes entre eux. Elle porte deux
dénominations différentes en fonction de la zone concernée : L’adventice pour la partie du tube
digestif située dans la cavité thoracique, ou la séreuse pour la partie située dans la cavité
abdomino-pelvienne. - La tunique musculaire ou musculeuse : composée de fibres
musculaires lisses longitudinales et circulaires permettant de produire les
contractions/relaxations. - La sous-muqueuse : composée d’un tissu conjonctif lâche avec une
vascularisation et une innervation importante. - La muqueuse : la couche la plus interne du
tube digestif, composée d’un épithélium tapissant la lumière intestinale, et reposant sur un tissu
conjonctif lâche (lamina propria) et sur la muqueuse musculaire. La tunique musculaire est
impliquée dans la motricité digestive, permet un péristaltisme (contraction/relaxation), et
facilite l’avancée et le brassage du bol alimentaire tout le long du tractus digestif.

L’épithélium du tube digestif est présent tout le long du tube digestif et assure, en plus
de son rôle d’absorption des nutriments, un rôle de protection de l’organisme contre le contact
direct avec le bol alimentaire. Cet épithélium forme également une barrière physique et
biochimique contre le microbiote intestinal, mais surtout contre les micro-organismes
pathogènes. La composition de cet épithélium est variable selon la partie du tube digestif
concernée. En effet, l’épithélium qui tapisse la partie la plus haute du tube digestif (bouche et
œsophage) ainsi que le canal anal, est constitué d’un épithélium stratifié squameux non
kératinisé présentant plusieurs couches de cellules épithéliales, protégeant le tube contre le bol
alimentaire. La BEI possède une organisation très différente avec des sous types cellulaires
spécifiques permettant ainsi à chaque zone d’avoir sa propre fonction. Au niveau de l’estomac,
les cellules épithéliales produisent le mucus permettant la lubrification et la protection de la
paroi contre le suc gastrique. En plus de cela, la muqueuse de l’estomac comporte des cryptes
avec un ensemble de cellules servant à la production de mucus acide ou d’enzymes de digestion
telles que la pepsine ou la gastrine. Au niveau de l’intestin grêle, l’épithélium permet
l’absorption des nutriments mais également des vitamines, de l’eau et des électrolytes. Une
autre fonction importante de la BEI dans cette partie du tube est la protection contre les agents
pathogènes extérieurs ou des composés toxiques pour l’organisme. Au niveau du colon, les
résidus alimentaires sont digérés par les bactéries intestinales et l’absorption de l’eau est
importante. Les résidus sont ensuite transformés en fèces, emmagasinés et concentrés
temporairement au niveau du rectum jusqu’au moment de la défécation. L’épithélium produit
un mucus abondant permettant ainsi le passage des selles dans le colon sans atteinte de
l’épithélium digestif. Cette différence de fonction pour chaque partie du tube digestif est assurée
par une organisation spécifique de l’épithélium intestinal selon les régions du tube digestif.
L’intestin grêle est composé de trois parties : le duodénum, le jéjunum et l’iléon. Il comporte
une multitude de plis circulaires, de villosités intestinales et de microvillosités permettant
d’augmenter grandement sa surface d’échange au point d’arriver à une surface totale intestinale
de 300 m2 chez l’Homme (Figure 03). Les plis circulaires ou valvules conniventes sont des
replis profonds et permanents de la muqueuse et sous-muqueuse pouvant atteindre jusqu’à 1
cm. Ils permettent de ralentir l’avancée du bol alimentaire pour une meilleure absorption des
nutriments. Les villosités intestinales quant à elles sont d’une taille plus petite (environ 1 mm)
et sont constituées de cellules épithéliales intestinales (CEI) absorbantes, permettant un échange
important avec le riche réseau capillaire présent au pôle baso-latéral de cette monocouche
épithéliale. Ces villosités de grandes tailles et larges dans le duodénum s’affinent et se réduisent
au fur et à mesure de l’avancée vers la partie distale du tube digestif. En dernier lieu les
microvillosités, présentes au nombre de 2.000 à 3.000 par cellule épithéliale, sont de minuscules
invaginations de la membrane des cellules absorbantes de la muqueuse donnant ainsi une
apparence de bordure en brosse. Au niveau de l’intestin grêle se fait l’absorption majoritaire de
nutriments tels que les produits de dégradation des glucides, des lipides, des protéines, des
acides nucléiques mais également des vitamines, de l’eau et des électrolytes. Cette absorption
se fait de manière passive et active.
Au niveau du colon, la muqueuse intestinale est plus épaisse, cette dernière ne possède ni pli
circulaire, ni villosité et est uniquement composée de cryptes. Cette muqueuse a pour but
d’absorber majoritairement de l’eau et des électrolytes provenant des résidus du bolus
alimentaire, le principal des nutriments ayant déjà été absorbé au niveau de l’intestin grêle.
Figure 03 : Schéma de la paroi du tube digestif chez l'Homme.

Figure 02 : L’histologie du tube digestif


3. Les principales fonctions du tube digestif

3.1. Motricité intestinale

La motricité intestinale est régulée par différents programmes moteurs dont les deux plus
importants sont le péristaltisme et la segmentation. Ces mouvements permettent la
progression du bol alimentaire vers l’anus. Elle est assurée à la fois par le système nerveux
entérique et le système nerveux extrinsèque (parasympathique et sympathique), dont les
contingents efférents et afférents permettent des communications bidirectionnelles entre le
système nerveux central et le tube digestif.
3.1.1. La segmentation

Elle permet la digestion et l’absorption des nutriments grâce à un mélange du bol


alimentaire avec des enzymes digestives et l’exposition directe des nutriments à l’épithélium
intestinal, facilitant donc leur absorption. C’est une contraction du tube digestif qui permet le
brassage du bol alimentaire et un avancement lent du bol alimentaire pour une digestion et une
absorption complète.
La segmentation commence par des contractions des muscles lisses de la couche circulaire
séparant l’intestin en différents segments précis. Les parties non contractées se contractent à
leur tour, aboutissant à une segmentation du chyme (Figure 4). Puis les premières parties
contractées se relâchent après 5-6 secondes de contractions. Ces contractions dites annulaires
et oscillantes, déclenchées par des cellules rythmiques intrinsèques situées dans le muscle lisse,
permettent ainsi un mouvement de va-et-vient du bol alimentaire. Au niveau du duodénum, la
segmentation est rapide, environ douze séquences par minute, et ralentit au fur et à mesure de
l’avancement dans le tube digestif avec par exemple seulement huit séquences par minute dans
l’iléon.
3.1.2. Le péristaltisme

Le péristaltisme se définit comme une alternance de contractions musculaires


involontaires des muscles circulaires et lisses longitudinaux permettant de faire avancer le bol
alimentaire en direction du colon. Ce péristaltisme a lieu suite à la distension de la paroi
intestinale, une contraction du muscle du coté oral du bol alimentaire accompagnée d’une
relaxation du côté aboral (Figure 4). Le rythme de ces contractions est de moins en moins rapide
à mesure que le bol avance dans le tube digestif. Chaque contraction péristaltique parcourt
lentement l’intestin grêle à raison d’une distance de 10 à 70 cm à la fois avant de disparaître, et
les ondes prennent naissance en un point de plus en plus distal à chaque cycle de contraction
pour faire avancer le bol alimentaire.

Figure 04: Les mécanismes de motricité de l’intestin grêle

3.2. Barrière intestinale

3.2.1. Organisation

Le maintien de l’épithélium digestif, aussi appelé homéostasie digestive, se définit comme


«la capacité de l’organisme à maintenir sa régulation dans différents circonstants ». Pour
maintenir cette homéostasie digestive, l’épithélium est en perpétuel renouvellement tous les
trois à cinq jours avec une perte d’environ 1011 CEI par jour.
Ce renouvellement constant a pour fonction finale de maintenir l’homéostasie digestive
en protégeant contre les pathogènes et en éliminant les cellules infectées ou lésées. De plus, les
CEI formant la barrière sont capables de réagir à des stimuli et de répondre en conséquence
pour assurer leur rôle de barrière et apporter une réponse adéquate aux stimuli ou agressions.
Pour renforcer ce mécanisme de protection, un renouvellement continuel des CEI tous les trois
à cinq jours s’effectue au long de la vie de l’hôte grâce à des phénomènes de prolifération, de
différenciation et de desquamation cellulaire. Cette réponse protectrice adaptative peut être
possible car l’épithélium digestif est composé de plusieurs types cellulaires, provenant des
mêmes cellules souches épithéliales présentes au fond des cryptes intestinales. Une fois
différenciées, les cellules migrent le long de l’axe cryptovillositaire, à l’exception des cellules
de Paneth qui restent au fond des cryptes.
Figure 05 : Les cellules épithéliales intestinales forment une barrière
biochimique et physique contre les pathogènes extérieurs.

Au niveau de la BEI (Figure 5), sept types cellulaires sont retrouvés : les cellules souches
intestinales, les cellules de Paneth, les cellules caliciformes, les entérocytes, les cellules
entéroendocrines, les cellules M et les cellules Tuft (Salvo Romero et al., 2015).

1. Les cellules souches intestinales

Les cellules souches intestinales prolifèrent et donnent des cellules filles, nommées cellules
proliférantes TA (pour Transit-Amplifying) ou progéniteurs TA. A la suite de plusieurs
divisions cellulaires, ces cellules se différencient en plusieurs sous-types cellulaires : les
cellules caliciformes, les entérocytes, les cellules entéroendocrines, les cellules Tuft afin
d’assurer un renouvellement continu de l’épithélium intestinal.

2. Les cellules de Paneth

Elles sont présentes exclusivement au niveau de l’intestin grêle dans les cryptes de
Lieberkühn en condition physiologique. Contrairement aux autres types cellulaires dérivés des
cellules souches épithéliales intestinales, ces cellules ne migrent pas au sommet des villosités
mais restent au niveau de la base de la crypte. Elles ont une durée de vie supérieure aux autres
types cellulaires (supérieure à 30 jours). Elles possèdent une forme pyramidale et sont de grande
taille, caractérisées par un réticulum endoplasmique et un appareil de Golgi conséquents leur
permettant d’être de vraies « usines à protéines ». En effet, les cellules de Paneth représentent
les producteurs principaux de peptides/protéines antimicrobiens tels que les -défensines, les
phospholipases A2, le lysozyme C, qu’elles relâchent dans le lumen intestinal. Les peptides
antimicrobiens tels que les - défensines, en plus de jouer un rôle de peptides antimicrobiens,
ont un rôle important dans la régulation du microbiote intestinal au niveau de l’intestin grêle.

3. Les cellules caliciformes

Elles sont des cellules à mucus présentes dans les cryptes et les villosités intestinales. Leur
nombre augmente selon un gradient « duodénum - colon ». Ce sont les cellules majoritaires
pour la sécrétion du mucus intestinal, permettant ainsi la protection et la lubrification de la BEI.
Les cellules caliciformes produisent le mucus de façon différente selon leur emplacement dans
le tube digestif. Dans l’intestin grêle, une seule couche de mucus pénétrable par les bactéries
intestinales est présente. Elle permet de protéger l’épithélium par des médiateurs antibactériens.
Dans le colon, deux couches de mucus sont présentes : une couche externe facilement
pénétrable par les bactéries qui sert d’habitat aux bactéries commensales et lubrifie le tube
digestif pour le passage des selles, et une couche interne proche de l’épithélium qui le protège
et est imperméable aux bactéries (Figure 6). Le mucus intestinal est constitué majoritairement
de glycoprotéines appelées mucines, avec deux types principaux : les mucines
transmembranaires et les « gel-forming mucins ». La forme « gel-forming » est celle secrétée
par les cellules caliciformes.

Figure 06 : Le mucus intestinal est différent selon la localisation dans le tube digestif
4. Les entérocytes
Ils sont le type cellulaire majoritaire dans l’épithélium intestinal. Présents tout le long du
tube digestif, ils permettent le maintien de l’intégrité de la BEI par des processus de jonctions
cellulaires importants. Ces cellules sont polarisées avec un pôle apical et un pôle basolatéral.
Au niveau du pôle apical, elles possèdent des microvillosités leur donnant l’appellation de
cellules avec bordure en brosse et permettant d’augmenter grandement la surface d’échange
avec la lumière intestinale. A la surface membranaire apicale, les cellules possèdent des
mucines transmembranaires formant ainsi le glycocalyx, une protection pour la cellule qui
contient des enzymes pour faciliter la digestion et l’absorption des nutriments. Les entérocytes
sont les cellules absorbantes de l’intestin, grâce à des phénomènes de perméabilité
paracellulaire et transcellulaire.

5. Les cellules Tuft

Les cellules Tuft sont caractérisées par une morphologie cylindrique en touffe avec de
longues microvillosités apicales, par un faisceau apical proéminent d’actine, villine et fibrine
et de nombreuses vésicules apicales qui forment un système tubulo-vésiculaire. Elles
représentent moins de 1% de la population cellulaire épithéliale. Ces cellules semblent
impliquées dans la réponse immunitaire et la chémodétection intestinale. Cependant la fonction
précise des cellules Tuft n’est pas encore établie.

6. Les cellules M (ou cellules Microfold)


Elles sont des CEI responsables de la réponse immunitaire intestinale face aux
bactéries et antigènes. Les cellules M sont associées aux follicules lymphoïdes épithéliaux
et sont très actives dans les phénomènes de phagocytose et transcytose. L’ensemble de ces
mécanismes permet l’absorption d’antigènes au niveau de la lumière puis la production
d’immunoglobulines par des lymphocytes B spécifiques des antigènes présentés.

7. Les cellules entéroendocrines (voir le chapitre II)


Chapitre II : Notions d’endocrinologie
Introduction
Le tractus gastro-intestinal produit une très grande diversité d’hormones et peut être considéré
comme la plus grande et la plus complexe des glandes endocrines car il peut produire et sécréter
plus de 100 hormones intestinales. Ces dernières s’appellent des entéro-hormones. Elles
exercent de nombreux effets sur le tractus gastro-intestinal lui-même mais également à distance
(cerveau, pancréas et foie) participant au contrôle de l’appétit et de l’homéostasie énergétique.
Elles sont produites par les cellules entéro-endocrines qui sont dispersées le long du tractus
gastro-intestinal et sécrétées en réponse à des signaux luminaux mais également endocrines,
paracrines et neuronaux. La fonction entéro-endocrine est altérée au cours de la dénutrition ou
de l’obésité.

1. Les cellules entéro-endocrines


Elles représentent que 1 % des cellules épithéliales gastro-intestinales, dispersées tout le long
du TGI. Elles représentent ainsi collectivement le plus grand tissu endocrine de l’organisme.
Elles peuvent être de type « fermé » ou « ouvert ». Dans le premier cas, elles n’ont pas ou peu
de contact avec le contenu gastrique ou la lumière, et leurs stimuli proviennent principalement
du système nerveux et du sang. Les cellules de forme « ouverte » présentent à leur pôle apical
des microvillosités qui sont équipées en récepteurs/transporteurs leur permettant de détecter
différents stimuli présents dans le contenu luminal. Ouvertes ou fermées, ces cellules présentent
à leur pôle basal des granules de sécrétions.
Les cellules entéro-endocrines sont diverses, hétérogènes par les hormones qu’elles produisent.
Chaque cellule peut produire de nombreuses hormones selon leur position le long de l’axe
crypto-villositaire. Par exemple, les cellules situées dans des régions proximales de l’intestin
produisant l’hormone GIP, et qui sont rapidement au contact avec les nutriments lors des repas,
peuvent également produire du pro-glucagon, et donc du GLP-1 (Fig. 1). On observe aussi dans
ces régions proximales des cellules produisant de la CCK et du GLP-1 (et plus rarement du
PYY) sans co-production de GIP. Par contre, on peut aussi trouver dans l’iléon ou le côlon des
cellules produisant du GIP et du GLP-1 et/ou du PYY (Fig. 1). Enfin dans l’estomac, qui est le
1er organe à recevoir les aliments et à produire des médiateurs signalant leur arrivée, comme la
gastrine, la ghréline, ou la leptine.
Figure 01 : La distribution des cellules entéro-endocrine selon les hormones qu’elles produisent est
indiquée le long du tractus gastro-intestinal (de l’estomac au côlon).
2. Les entero-hormones
La sécrétine (un peptide de 27 acides aminés) est une hormone sécrétée par la muqueuse
duodénale ; elle stimule la sécrétion du suc bicarbonaté du pancréas (et de la bile). Elle abaisse
le taux de la glycémie. L'hypothalamus est également capable de synthétiser la sécrétine.
L'orexine, un neuropeptide produit par l'hypothalamus, contrôle différentes fonctions dont
l'insomnie et la faim. Des faibles taux chroniques d'orexine entraîne une narcolepsie (crises
de sommeil incontrôlables) et de l'obésité. Les glucides freinent la sécrétion de l'orexine et
provoque donc de la somnolence.
La cholécystokinine (CCK) est une hormone sécrétée par la muqueuse duodénale sous
l'influence du passage dans le duodénum d'acides ou de graisses, provoquant par voie
humorale la sécrétion pancréatique (enzymes digestives) et la contraction de la vésicule
biliaire (évacuation des graisses). La cholécystokinine est également sécrétée par
l'hypothalamus où elle influence le centre de satiété : elle inhibe la prise alimentaire
(anorexigène).
Le peptide YY (PYY, 36 acides aminés) est une hormone libérée en fonction de la quantité
de calories ingérées ( et sécrétée davantage en cas d'ingestion de lipides) par la muqueuse de
l'intestin grêle distal et du côlon. Ce peptide inhibe l'action de la sécrétine et de la
cholécystokinine. Elle exerce une action anorexigène en réprimant les niveaux de
neuropeptide Y. Elle régule en même temps les taux de ghréline.
Le neuropeptide Y" (NPY, 36 acides aminés) est sécrété par le cerveau et présente une
certaine homologie de structure avec le peptide YY (70% des acides aminés communs). Ce
peptide joue un rôle important dans le contrôle de l'appétit, car il possède des récepteurs
spécifiques dans le noyau arqué de l'hypothalamus. Il est donc considéré comme orexigène
(qui stimule l’appétit).
L'oxyntomoduline est un autre peptide (37 acides aminés) puissamment anorexigène sécrété
après le repas par les entero-endocrines de l'intestin grêle distal. Il réagit, comme le peptide
YY, directement sur le centre de satiété dans l'hypothalamus.
Le glucagon-like peptide I ou GLP-1 (ou incrétine) est sécrété par l'intestin suite à
l’élévation de la glycémie en libérant l’insuline (insulinotrope). Il n'agit pas seulement au
niveau du SNC mais également au niveau périphérique au niveau du foie et de la veine porte.
Le GLP-1 induit un ralentissement de la vidange gastrique, une stimulation de l'activité
sécrétrice des cellules bêta (insuline) et une diminution de la réponse des cellules alpha
(glucagon) pancréatiques. Après un repas, le GLP-1 contribue aussi à un effet anorexigène,
lié à différents nutriments (tels que le glucose ou les acides gras) afin d'éviter l'hyperphagie.
Le Glucose dependent Insulinotropic Polypeptide (GIRP), libérée par la paroi duodénale
lors du passage d'aliments, stimule aussi la sécrétion d'insuline, en réponse au glucose et aux
acides gras. Le GIPR et le GLP-1 se lient à des récepteurs spécifiques de la cellule bêta et
potentialisent la sécrétion insulinique en présence de glucose (effet incrétine). Lorsque la
glycémie est élevée, ces deux hormones stimulent donc conjointement la synthèse et la
libération d'insuline par les cellules bêta du pancréas, tout en inhibant la sécrétion du glucagon
par les cellules alpha du pancréas.
La ghréline (28 acides aminés, l'hormone de la faim) est sécrétée par l'estomac lors d'une
ingestion d'aliments mais également synthétisée par l'hypothalamus. Ce peptide influence la
sécrétion et la motilité du tractus gastro-intestinal, en particulier au niveau de l'estomac.
Elle régule, en outre, la prise de nourriture en stimulant les cellules du noyau arqué de
l'hypothalamus, qui contrôle la satiété (orexigène). Une augmentation du niveau de la ghréline
ralentit le métabolisme de base et freine la dégradation des graisses périphériques.
D'un côté la ghréline augmente donc l'envie de manger mais empêche également la perte
rapide du poids malgré un jeûne (la raison pour laquelle une personne qui suit un régime
amaigrissant classique souffre très vite de la faim tout en ayant des difficultés pour maigrir...).
La ghréline communique avec la neuropeptide Y pour stimuler l'hypothalamus. Son activité
est donc contrée par les hormones anorexigènes (GLP-1, Peptide YY...).
D'après une étude, la consommation de boissons pétillantes (eau, boisson sucrée) pourrait
élever la concentration de la ghréline. Selon les chercheurs, le gaz dans ces boissons
augmenterait la faim et donc l'envie de manger. Jusqu'à ce jour, les édulcorants synthétiques
dans les boissons light étaient considérés comme responsables. Des amples recherchent
seront nécessaires afin de confirmer ce résultat

3. Mécanismes moléculaires modulant la sécrétion des hormones intestinales en


conditions physiologiques
Mis à part la ghréline (et la motiline), dont la sécrétion par l’estomac est élevée à jeun et inhibée
au moment des repas, la plupart des entéro-hormones sont faiblement sécrétées à jeun et leur
sécrétion est augmentée après les repas. L’interaction entre le contenu intraluminal et les
cellules entéro-endocrines pendant la digestion est le principal contrôleur de la sécrétion de ces
hormones (Tableau 1). Les cellules entéro-endocrines expriment divers récepteurs,
essentiellement des récepteurs à 7 domaines transmembranaires couplés aux protéines G
(RCPGs), mais aussi des transporteurs et des canaux ioniques, permettant la détection des
stimuli intraluminaux et induisant la sécrétion des hormones gastro-intestinales.
D’autres stimuli, acides biliaires, métabolites du microbiote, neuropeptides du système nerveux
autonomes vont également moduler la sécrétion des hormones intestinales par les CEE dans les
régions distales (Tableau 1).

Tableau I : Sécrétions et principaux effets des entéro-hormones intestinales


3. Les rôles des entéro-hormones
Chaque hormone intestinale contrôle une grande variété de processus physiologiques. Elles
agissent via un ou plusieurs récepteurs qui appartiennent à la famille des RCPGs. Ces récepteurs
peuvent interagir avec différentes sous unité alpha (Gs, Gq, Gi . . .) selon la cellule cible dans
laquelle ils sont exprimés. Leurs sécrétions par différentes régions du tractus gastro-intestinal,
en réponse à différents stimuli, leur permettent de moduler de manière coordonnée dans le
temps le métabolisme et l’homéostasie énergétique, ceci en régulant notamment l’assimilation
des nutriments, les sécrétions d’autres hormones, la prise alimentaire, l’appétit et le contrôle du
poids corporel (figure 02).

Figure 02 : Exemples des nombreux effets locaux (en vert) ou à distance (en bleu) des
hormones sécrétées par le tractus gastro-intestinal.

La régulation du métabolisme implique l’intégration de l’activité de différents tissus et les


hormones intestinales exercent leurs effets à distance sur différents organes (le cerveau, le
pancréas, le foie. . .) ou localement au niveau du TGI. Ces effets peuvent être médiées de
manière endocrine via leurs récepteurs exprimés dans les tissus cibles ou via des relais
paracrines et nerveux avec l’activation de leurs récepteurs localisés par exemple sur les
terminaisons nerveuses afférentes du nerf vague.
Axe intestin – cerveau et cerveau – intestin
I. Régulation de l’appétit et du comportement alimentaire
L’appétit et la prise alimentaire sont régulés à deux niveaux principaux: au niveau périphérique
et au niveau central. Au niveau périphérique, de nombreux peptides, orexigènes et anorexigènes
entrent en jeu (Tableau 1). Au niveau central, trois grandes structures principales permettent de
réguler le comportement alimentaire : l’hypothalamus, les noyaux du tractus solitaire et l’aire
tegmentale ventrale. Cette régulation est à la fois homéostasique, c’est-à-dire dans le but de
maintenir les différentes constantes du milieu intérieur proches des valeurs normales et
hédonique, c’est-à-dire liée au plaisir.

Tableau 1 : Principaux signaux, centraux et périphériques, impliqués dans la régulation de la


prise alimentaire et de l’expression de l’appétit

A. Régulation périphérique

L’appétit et le comportement alimentaire sont régulés par des peptides, pour la plupart sécrétés
par la paroi du tractus digestif. En effet, après le repas, le bol alimentaire arrive dans le système
digestif et stimule des mécanorécepteurs de la paroi gastrique couplés à des protéines G en la
distendant (Sam et al. 2012). Cela provoque la sécrétion de nombreux peptides (Tableau 2) et
hormones anorexigènes qui entraînent la satiété et diminuent le prise alimentaire. Au contraire,
quand le tractus digestif est vide, la ghréline, hormone orexigène favorisant la prise alimentaire,
est sécrétée. Ces peptides empruntent la voie du nerf vague pour arriver jusqu’au système
nerveux central (SNC) (Luquet and Cruciani-Guglielmacci 2009). Certains autres peptides ne
sont pas sécrétés par la paroi du tube digestif comme la leptine ou l’apeline mais par le tissu
adipeux (Pénicaud, Meillon, and Brondel 2012 ; S.-Y. Lv et al. 2012).

Tableau 2 : Les peptides gastro-intestinaux et adipeux qui influent sur la satieté et la prise alimentaire
En gras : les peptides sécrétés par le tissu adipeux

Les entérocytes endocrines (aussi appelés « cellules-L ») sécrètent souvent plusieurs peptides.
Par exemple, la synthèse du peptide PYY3-36 est localisée dans les mêmes cellules du colon
que le GLP-1 ou encore que la CCK. Au contraire, les cellules synthétisant de la sérotonine ne
synthétisent quasiment jamais PYY3-36, GLP-1 ou CCK. On peut classer les différents signaux
initiés par les peptides en deux catégories. Premièrement, les signaux toniques, qui donnent une
idée des besoins énergétiques sur le long terme (notamment initiés par la leptine). Et
deuxièmement les signaux épisodiques, dûs à une prise alimentaire récente, qui génèrent des
données à court-terme sur la satiété (ghréline et l’ensemble des autres peptides anorexigènes
excepté la leptine) (Harrold et al. 2012).

Les peptides périphériques permettent de maintenir le poids corporel malgré les variations
journalières des apports et des dépenses énergétiques (Harrold et al. 2012).

Une fois ces peptides arrivés au niveau central, d’autres peptides sécrétés par les centres
régulateurs du système nerveux central prennent le relai.
B. Régulation centrale
La régulation centrale est à la fois homéostasique et hédonique. Actuellement, plus de cinquante
molécules, sécrétées par l’hypothalamus et d’autres structures régulatrices du comportement
alimentaire du SNC (Figure 1), sont connues. Ces molécules agissent sur l’alimentation et sur
le poids corporel (Harrold et al. 2012).

Figure 1 : Localisation des trois grandes structures centrales régulatrices du comportement alimentaire

B.1. Les axes intestin/cerveau et tissu adipeux / cerveau


Les peptides périphériques libérés par les cellules intestinales agissent sur le SNC soit
directement, soit par l’intermédiaire du nerf vague (Sam et al. 2012) : c’est ce qu’on appelle
l’axe intestin / cerveau. Les peptides anorexigènes libérés par les cellules du tissu adipeux
suivent le même chemin vers le SNC (Figure 2).

Figure 2 : Le fonctionnement de l'axe entre les organes de régulation périphériques et le SNC


Les nutriments absorbés dans le système digestif activent des récepteurs couplés à des protéines
G présents à la surface des cellules L. Ces récepteurs sont composés de sept domaines
transmembranaires. Ils sont aussi appelés récpeteurs GPR119. Ils font parti de la famille des
récepteurs couplés aux protéines G sensibles aux nutiments. Ils sont activés par de nombreux
ligands. La protéine G liée au récepteur change alors de conformation et s’en détache. Cela
entraîne alors une cascade de signaux aboutissant à la synthèse de peptides tels que la
cholécystokinine, le peptide YY ou encore la ghréline. Les adipocytes sécrètent quant à eux la
leptine et l’apeline. Tous ces peptides vont agir sur le SNC de deux manières possibles. La
première est une action sur le tronc cérébral via le nerf vague. La seconde consiste à agir
directement sur le tronc cérébral et l’hypothalamus.

B.2. L’hypothalamus

L’hypothalamus est au cœur de la régulation centrale du comportement alimentaire. Plusieurs


des noyaux (trois principalement) composant l’hypothalamus jouent des rôles importants. Le
noyau arqué (ARC) est une structure dite « de premier ordre » pour le traitement des signaux
de satiété. Le noyau paraventriculaire (PVN) et le noyau ventromédial (VMN) en sont des
structures secondaires (Harrold et al. 2012 ; Luquet and Cruciani-Guglielmacci 2009).

B.2.a) Le noyau arqué (ARC)

Le noyau arqué de l’hypothalamus joue un rôle primordial. Il contient deux types de neurones
différents : les premiers entraînant un effet orexigène, les seconds un effet anorexigène (Sam et
al. 2012). Les neurones orexigènes sont les neurones à neuropeptide Y (NPY) et à « agouti
related protein » (AgRP) (Sam et al. 2012). Les neurones à proopiomélanocortine (POMC) ont
un effet anorexigène grâce à leur production de l’hormone alpha stimulante de la mélanocortine
(α-MSH) et du régulateur à la transcription de cocaïne et d’amphétamines (CART). Ils activent
directement les récepteurs à la mélanocortine MC3-R et MC4-R. Les neurones NPY/AgRP
exercent un tonus inhibiteur sur les neurones POMC (Figure 3) (Luquet and Cruciani-
Guglielmacci 2009).
Figure 3 : Structure du noyau arqué (ARC)

ARC : noyau arqué ; NPY : neuropeptide Y ; AgRP : « agouti related protein » ;


POMC : proopiomélanocortine ; α-MSH : hormone alpha stimulante de la mélanocortine

(B.2.a.1) Les neurones à AgRP et à NPY

AgRP et NPY sont exprimés par les mêmes neurones de l’hypothalamus situés dans le noyau
arqué (Aubert et al. 2010). Les neurones NPY/AgRP synthétisent aussi l’acide gamma-amino
butyrique (GABA). Ils ont une action anorexigène en allant inhiber les neurones POMC/CART
grâce à l’antagonisme de l’AgRP sur le récepteur à la mélanocortine de type 4 (MCR-4) présent
sur les neurones à POMC

B.2.b) Le noyau paraventriculaire de l’hypothalamus (PVN)

Le PVN a pour fonction d’intégrer de nombreux signaux et de communiquer avec le tronc


cérébral pour réguler le comportement alimentaire. Ces signaux viennent notamment de l’ARC (à la fois
des neurones POMC et des neurones AgRP/NPY) (Harrold et al. 2012).

B.2.c) Le noyau ventromédial (VMN)

Le noyau ventromédial est sensible aux apports de glucose (Harrold et al. 2012) et la leptine agit
directement sur le VMN (Meguid et al. 2000). Le VMN est strictement relié avec l’hypothalamus latéral.
Cette relation permet d’agir à la fois sur les dépenses énergétiques mais aussi sur la prise alimentaire, et
notamment sur la taille et la fréquence des repas (Meguid et al. 2000).
B.4. L’aire tegmentale ventrale (VTA)

C’est au niveau de l’aire tegmentale ventrale qu’est située la composante hédonique qui rentre en jeu
dans la régulation du comportement alimentaire (Luquet and Cruciani-Guglielmacci 2009). La
composante hédonique de la prise alimentaire correspond à tout ce qui se rapporte au cinq sens : l’odeur,
l’apparence, le goût des aliments et bien d’autre encore. Si l’aliment nous plaît, cette composante est
augmentée, et si au contraire il ne nous plaît pas, elle est diminuée. Des facteurs environnementaux tels
que le stress entrent en jeu dans cette régulation (Luquet and Cruciani- Guglielmacci 2009). Ce système,
aussi appelé système de récompense, entraîne la libération de dopamine (DA). Il communique avec
l’hypothalamus latéral pour réguler la prise alimentaire en levant l’inhibition présente sur les neurones
orexigènes grâce à l’action de la dopamine (Luquet and Cruciani- Guglielmacci 2009).
La leptine (Pénicaud, Meillon, and Brondel 2012), tout comme la ghréline (King et al. 2011), agit
directement sur le VTA pour moduler la libération de dopamine.

II. Les peptides orexigènes et anorexigènes

A. Le principal peptide orexigène

A.1. La Ghréline

A.1.a) Présentation

La ghréline est un peptide orexigène. C’est le seul peptide orexigène sécrété par les organes de régulation
périphérique connu à ce jour (Luquet and Cruciani-Guglielmacci 2009). Elle est principalement sécrétée
par l’estomac mais aussi par la première partie de l’intestin grêle.

La ghréline agit à différents niveaux sur le système nerveux central (Figure 5) :


1) Sur l’hypothalamus et notamment sur le noyau arqué en activant les neurones NPY/AgRP
2) Sur le tronc cérébral via le nerf vague (Huda, Wilding, and Pinkney 2006).
3) Sur le VTA pour augmenter la libération de dopamine qui a un effet orexigène (King et al. 2011).

Le principal lieu d’action de la ghréline reste le noyau arqué de l’hypothalamus où elle active les
neurones NPY/AgRP grâce à leurs récepteurs GHS-R1 (Schellekens et al. 2012), qui ont une action
orexigène. Elle agit aussi en inhibant les neurones POMC et leur action anorexigène (King et al. 2011).
B. Les peptides anorexigènes

B.1. La leptine B.1.a) Présentation

La leptine est l’un des grands régulateurs du comportement alimentaire. Elle a un effet anorexigène. La
leptine est synthétisée par les adipocytes dans le but de maintenir le corps à un poids constant (Harrold
et al. 2012 ; Kanoski et al. 2011). Elle est sécrétée en strictes proportions avec la masse graisseuse
corporelle : quand on maigrit, la synthèse de leptine diminue, alors que quand on grossit la synthèse de
leptine augmente (Pénicaud, Meillon, and Brondel 2012). En résumé, la leptine fournit à l’hypthalamus
les informations concernant les réserves graisseuses mais aussi les apports énergétiques. C’est ainsi que
sa sécrétion augmente après le repas (Tomiyama et al. 2012). La leptine agit sur les neurones de l’ARC
dans l’hypothalamus mais aussi sur les neurones dopaminergiques du VTA (Billes, Simonds, and
Cowley 2012).

B.1.b) Ses différentes cibles et ses actions dans le système nerveux central

La leptine agit sur les neurones de l’ARC de l’hypothalamus pour diminuer la prise alimentaire et sur
les récepteurs à la dopamine pour inhiber le système de récompense. Elle aide aussi à répondre aus
signaux indicant la satiété en inhibant l’activité des neurones à sérotonine dans le tronc cérébral (Figure
6) (Pénicaud, Meillon, and Brondel 2012).

Figure 6 : Synthèse et mode d'action de la leptine

VTA : aire tegmentale ventrale ; ARC : noyau arqué ; TC : tronc cérébral ; NPY : neuropeptide Y ; POMC :
proomiomélanocortine ; DA : dopamine
La leptine est synthétisée par les adipocytes. Elle va ensuite agir au niveau du système nerveux central sur trois
cibles. Elle diminue la libération de dopamine (orexigène) dans le VTA. Elle augmente l’activité des neurones
POMC (anorexigènes) et diminue l’activité des neurones NPY (orexigènes) dans l’ARC de l’hypothalamus. Elle
diminue la sérotonine (orexigène) dans le tronc cérébral. Toutes ces actions entraînent une diminution de l’appétit
et de la prise alimentaire.

B.2. La cholécystokinine (CCK)

B.2.a) Présentation

La cholécystokinine (CCK) est sécrétée par les entérocytes du duodénum et du jéjénum suite à
l’arrivée d’aliments dans l’intestin grêle (Huda, Wilding, and Pinkney 2006). Il est aussi sécrété
par les mêmes cellules que celles qui sécrètent PYY3-36, les cellules L (Sam et al. 2012 ;
Harrold et al. 2012). La CCK diminue la prise alimentaire : c’est un peptide anorexigène
(Luquet and Cruciani-Guglielmacci 2009). Le CCK va de l’intestin au SNC, et plus
particulièrement au NTS, par le nerf vague (Luquet and Cruciani-Guglielmacci 2009).

De nombreuses recherches ont établi que ce peptide était celui de la satiété et de la fin de repas (Harrold
et al. 2012). La sécrétion de CCK aide aussi à la vidange intestinale et à la sécrétion d’enzymes
pancréatiques et de bile dans le duodénum ce qui facilite la digestion (Sam et al. 2012).

B.3. Le peptide YY (3-36) (PYY3-36)

B.3.a) Présentation

Le PYY3-36 est sécrété après la prise alimentaire par les cellules sécrétrices de l’iléon et du colon (Ueno
et al. 2008). Son taux plasmatique commence à augmenter dès 15 minutes après avoir commencé à
manger et reste élevé pendant plusieurs heures après le repas. Sa libération est proportionnelle à l’apport
énergétique du repas (Sam et al. 2012). Il réduit la prise alimentaire et le poids corporel à la fois chez
les humains et les animaux, en procurant une impression de satiété sur le long terme (Luquet and
Cruciani-Guglielmacci 2009 ; Ueno et al. 2008).

Le PYY3-36 a une action anorexigène grâce à plusieurs voies (Figure 7):

1) Le PYY3-36 active les récpeteurs Y2 des neurones NPY dans ARC (Ueno et al. 2008). Cela leur
permet d’inhiber les neurones NPY qui relâchent alors leur inhibition sur POMC (Luquet and Cruciani-
Guglielmacci 2009). C’est la voie principale (Sam et al. 2012). Il va aussi au NTS via le nerf vague, et
agit ensuite sur l’ARC (Sam et al. 2012).
2) PYY3-36 agit localement pour réguler la vidange gastrique et la motilité intestinale (Sam et al. 2012).

3) Quand la concentration de PYY3-36 est très forte, il ne contrôle plus le comportement alimentaire par
le système homéostasique mais par le système hédonique, via le système de récompense (Harrold et al.
2012).

Figure 7 : les actions du PYY participant à la régulation du comportement alimentaire

ARC : noyau arqué ; NPY : neuropeptide Y ; POMC : proopiomélanocortine ; VTA : aire


tegmentale ventrale ; PYY3-36 : peptide YY (3-36).

La production de PYY3-36 par les cellules sécrétrices de l’iléon et du colon débute suite à la
prise alimentaire. Sa voie d’action principale est celle qui agit sur les neurones NPY en les
inhibant. Cette action permet un relachement de l’inhibtion des neurones NPY sur les neurones
POMC. Il agit localement sur l’estomac et l’intestin en ralentissant la vidange gastrique et la
motilité intestinale (action anorexigène). S’il est sécrété en forte quantité, il agit sur le système
de récompense (VTA) et diminue la sythèse de dopamine.

Axe intestin -foie

La détection des nutriments et le contrôle de la prise alimentaire par le système nerveux


hépato-portal

La détection des nutriments

La zone hépato-portale possède une triple innervation périphérique assurée par les deux
branches du nerf vague et le nerf splanchnique (Berthoud, 2004) (Figure 9). La branche
hépatique commune est par ailleurs la voie de circulation des neurofibres vagales ventrales qui
innervent également une partie de l’estomac, le pancréas et le duodénum. La veine porte est
donc en position idéale pour détecter une grande partie des informations nutritionnelles issues
des repas, avant que les nutriments ne soient métabolisés par le foie. Bien que les nutriments
soient capables d’induire des réponses post-absorptives influençant la prise alimentaire et le
métabolisme après le passage dans le foie, seule la région hépato-portale est exposée à
l’ensemble des signaux issus de l’alimentation, et tous les autres organes reçoivent ces
informations après une utilisation partielle des nutriments dans le foie, cœur et poumons.

Une augmentation des taux de lipides, protéines et glucose, peu de temps après l’ingestion d’un
repas, active les neurones localisés dans la paroi de la veine porte (Breen et al., 2011; Delaere
et al., 2012; Rasmussen et al., 2012), altérant ainsi l’appétit et le flux de glucose produit par le
foie.

2.3.2. Le glucose portal et la sensation de satiété


Le flux d’apparition du glucose dans la veine porte lors de la digestion d’un repas riche en
glucides (environ 50% des apports caloriques) est élevé. la perfusion de glucose induit des
réponses physiologiques et comportementales complexes telles qu’une diminution de la prise
alimentaire, une modification de la préférence alimentaire et une modification de l’activité
électrique des afférences hépato-portales vagales et spinales associée à un changement de
l’activité des neurones hypothalamiques impliqués dans le contrôle de la faim (Delaere et al.,
2010).
Plusieurs études ont démontré que l’arrivée de glucose en veine porte ne détermine pas la fin
d’un repas en cours mais conditionne plutôt la taille du repas suivant (Baird et al., 1997). Ceci
suggère fortement une relation entre détection du glucose portal et satiété. En accord avec cette
hypothèse, la région portale est un lieu crucial de la détection d’une hypoglycémie transitoire
(Saberi et al., 2008), semblable à la transition entre un état nourri et un état post-absorptif.

2.3.3. Mécanismes moléculaires de détection du glucose portal


Nous distinguons trois mécanismes différents de détection du glucose portal (Figure 10):
Figure 10. Trois modèles de détection du glucose par les neurones de la veine porte.

A. Le modèle classique de détection par Glut 2 et la glucokinase (d'après Thorens et Larsen,


2004). B. Modèle de détection par les récepteurs du goût (d'après Depoortere, 2014). La fixation
d’un composé au goût sucré sur le dimère T1R2/T1R3 activée la protéine G couplée
(gustducine), et active la phospholipase C β2 (PLCβ2). Celle-ci dissocie le
phosphatidylinositol-4,5-biphosphate (PIP2) en diacylglycérol et inositol1,4,5-triphosphate
(IP3). La fixation de celui-ci sur son récepteur induit la libération de calcium par le réticulum
endoplasmique, activant le canal à cations transient receptor potential member 5 (TRPM5),
conduisant à la dépolarisation de la cellule. C. Modèle de détection dans la cellule
entérochromaffine intestinale (d'après Freeman et al., 2006). La fixation de glucose à SGLT3
induit l’entrée de 2 Na+ , conduisant à la sécrétion de sérotonine (5-HT) via l’entrée de Ca2+ .
(Illustration réalisée avec l’aide de Servier Medical Art)
3.2. Glucorégulation et effet incrétine

Un rôle important d’un certain nombre d’hormones intestinales est le maintien de l’homéostasie
glucidique, notamment en période postprandiale. Le contrôle de la glycémie postprandiale par
l’intestin est directement lié à l’entrée du glucose dans l’organisme et donc à la quantité et au
type de glucides ingérés, à la vitesse de vidange gastrique puis à la digestion et la capacité
d’absorption intestinale de ces glucides. L’homéostasie glucidique va bien sûr aussi dépendre
du contrôle coordonné de la production endogène du glucose par le foie et du captage du glucose
sanguin par les tissus périphériques sensibles à l’insuline. Les sécrétions des hormones
pancréatiques, insuline et glucagon, acteurs essentiels de ce contrôle sont modulées par les
hormones intestinales.

L’effet incrétine a été défini comme l’amplification de la sécrétion d’insuline par les cellules
bêta du pancréas qui se produit quand le glucose est administré par voie orale. Le GLP-1 et le
GIP sont les deux principales hormones intestinales dites incrétines, et agiraient directement
via leur récepteur (GIP-R et GLP-1-R) présents sur les cellules bêta du pancréas pour activer la
sécrétion d’insuline en réponse au glucose [64]. Ces hormones agissent également sur les
cellules alpha du pancréas en inhibant (pour le GLP-1) ou en stimulant (pour le GIP, en
particulier en cas d’hypoglycémie) la sécrétion de glucagon.
En période postprandiale le GLP-1 atténue la production hépatique de glucose, via une action
sur les afférences vagales et via l’insuline, puisque le récepteur GLP-1 n’est pas présent au
niveau du foie.

D’autres hormones intestinales, bien connues comme la CCK, la gastrine et l’oxyntomoduline,


seraient également capables de stimuler la sécrétion d’insuline bien qu’elles ne soient pas
directement considérées comme des incrétines.
En période de jeûne, la ghréline inhibe la sécrétion d’insuline et augmente la sécrétion de
glucagon. Elle stimule la production hépatique de glucose via une signalisation vagale
impliquant un axe intestin-cerveau-foie et la sécrétion d’hormone de croissance et joue un rôle
important pour prévenir les hypoglycémies.

Le GLP-1 est l’hormone intestinale la plus étudiée pour son rôle sur le rassasiement.
L’administration de doses physiologiques de GLP-1 induit une diminution de la taille des repas
chez des sujets sains.
Par ailleurs l’inhibition du récepteur au GLP-1 peut induire l’augmentation de sécrétion de
PYY, ce qui limite l’évaluation de l’effet anorexigène propre du GLP-1 endogène dans ces
conditions. En effet le PYY exerce également un effet anorexigène lorsque qu’il est sous sa
forme clivée (PYY3-36), via son effet sur la vidange gastrique mais aussi en inhibant l’activité
des neurones AgRP du noyau arqué hypothalamique via le récepteur NPYR2.
Le GIP (glucose-dependent insulinotropic polypeptide) est un peptide de 42 acides aminés
produit par les cellules K du duodénum. Sa sécrétion est stimulée par le glucose et les acides
gras. Le GLP-1 (glucagon like peptide-1) est produit, dans les cellules L du jéjunum et de
l’iléon, par un mécanisme de clivage protéolytique différentiel de la molécule de prépro-
glucagon (Figure 1).

La sécrétion de GLP-1 est stimulée principalement par le glucose, grâce à un mécanisme de


reconnaissance directe au niveau des cellules L, mais probablement aussi par un mécanisme
indirect impliquant le système nerveux entérique. Cela pourrait expliquer la simultanéité de la
sécrétion de GIP et de GLP-1 après une prise alimentaire, alors que les cellules qui les
produisent sont respectivement localisées dans les régions proximales et distales de l’intestin.

Actions pancréatiques du GIP et du GLP-1

Au niveau des cellules β pancréatiques, le GIP et le GLP-1 se lient à des récepteurs


heptahélicaux spécifiques couplés à l’activation de l’adénylate-cylase et à la production d’AMP
cyclique [2, 3]. L’effet insulinotrope de ces hormones n’est observé qu’en présence de
concentrations de glucose égales ou supérieures à la normoglycémie [4]. Les gluco-incrétines
sont donc des potentialisateurs de l’effet glucose et n’ont pas d’effet sur la sécrétion d’insuline
en l’absence de ce nutriment. Les mécanismes moléculaires par lesquels une augmentation
d’AMPc intracellulaire stimule la voie de signalisation du glucose ne sont pas encore
complètement élucidés. Il apparaît cependant que cette stimulation implique une voie
dépendante de l’activation de la protéine kinase A (dépendante de l’AMPc). Une voie
indépendante de la protéine kinase A a également été décrite [5]: elle dépend de l’interaction
de l’AMPc avec la protéine AMPc-GEF (ou Epac2), qui forme un complexe (AMPc-GEF-
Rim1) capable de stimuler l’activité d’une petite protéine G (Rab3) impliquée dans l’exocytose
des granules d’insuline.
Autres rôles de GLP-1
Il a la capacité de ralentir la vidange gastrique [11]. Cet effet dépend de l’intégrité du nerf
vague, indiquant que le GLP-1 agit probablement grâce à sa reconnaissance par le système
nerveux autonome [12]. La conséquence d’un ralentissement de la vidange gastrique est une
diminution de la vitesse d’absorption du glucose au niveau de l’épithélium intestinal et donc
une réduction des oscillations de la glycémie post-prandiale. Le GLP-1 peut également avoir
un effet sur une diminution de la prise alimentaire.

GLP-1 et traitement du diabète de type 2 Le GLP-1, contrairement au GIP, préserve une forte
action insulinotrope chez les patients diabétiques de type 2. Comme l’effet du GLP-1 est
dépendant du glucose, son administration, même à des doses élevées, n’est pas associée à des
risques d’hypoglycémie. De plus, par sa capacité de stimuler la synthèse d’insuline, son
utilisation permet de maintenir les réserves d’insuline des cellules β. Ces effets ont été
démontrés par de nombreuses études réalisées sur des patients diabétiques [21, 22]. Même chez
des patients dont la glycémie à jeun est très élevée et qui ne répondent plus aux hypoglycémiants
classiques (sulfonylurées), l’administration de GLP-1 permet une normalisation complète de la
glycémie grâce à une stimulation de la sécrétion d’insuline qui est transitoire et revient au
niveau basal lorsque la normoglycémie est atteinte.

Les hormones gluco-incrétines GIP et GLP-1 jouent de multiples rôles dans les mécanismes de
l’homéostasie glucidique et énergétique, notamment dans la potentialisation de la sécrétion
d’insuline induite par le glucose et le maintien de la fonction différenciée des cellules β
pancréatiques. D’autres rôles, mieux connus pour le GLP1, indiquent une participation de ce
peptide dans la vidange gastrique, le contrôle de la prise alimentaire et des mécanismes de
glucodétection contrôlant l’utilisation de glucose par les tissus périphériques et l’inhibition de
la sécrétion de glucagon. Enfin, le GLP-1 a une action antidiabétique extrêmement intéressante
puisqu’il agit aussi bien au niveau de la sécrétion d’insuline - mais sans risque d’hypoglycémie
- qu’au niveau du contrôle de la prise alimentaire et du poids corporel. Le développement actuel
de formes de GLP-1 résistantes à la dégradation devrait permettre, dans un futur relativement
proche, de pouvoir utiliser ce peptide comme nouveau médicament antidiabétique.
Chapitre IV : Régulation du tissu adipeux par les entero-hormones

1. Définition du tissu adipeux

Le tissu adipeux ou la masse graisseuse, représente les cellules fixes du un tissu conjonctif.
C’est un ensemble de cellules appelées adipocytes séparées par une matrice extracellulaire.

Connu par sa plasticité puisqu'il est capable de s'hypertrophier ou de s'atrophier, en


fonction de la situation métabolique de l'individu. Cette plasticité est liée à son double rôle dans
le maintien de la balance énergétique : il est à la fois i) réserve d'énergie mobilisable (adipocytes
blancs) mais également ii) consommateur d'énergie via la thermogénèse (adipocytes bruns,
adipocytes beiges).
Le tissu adipeux (TA) est un organe endocrine et répond aux signaux endocriniens
pour réguler l’appétit et l’homéostasie lipidique par ses capacités de stockage/déstockage des
acides gras (AG). La voie de la glycéronéogenèse (GNG), qui permet la ré-estérification des
acides gras en période de jeûne, participe à l’homéostasie lipidique en limitant la lipotoxicité
des AG et leur localisation ectopique.

2. Anatomie du tissu adipeux

Il existe deux types de tissu adipeux :

- Le tissu adipeux blanc : formé principalement d’adipocytes blancs, accumule l’énergie


en excès dans l’organisme sous formes de graisse et constitue ainsi le plus grand
réservoir d’énergie chez les mammifères.
- Le tissu adipeux brun : dont la couleur est due à une irrigation plus dense et un nombre
important de mitochondries. Ce tissu est spécialisé dans la thermogenèse adaptative.

Le TA est composé de deux fractions principales : la fraction adipocytaire et la fraction


vasculaire stromale (FVS). Les adipocytes constituent le principal composant régulant les
réserves énergétiques et l’homéostasie des lipides systémiques. La FVS est de composition
hétérogène et elle change au fil du temps en réponse à l’évolution des besoins métaboliques. La
FVS est composée de cellules souches et de progéniteurs mésenchymateux, de préadipocytes,
de fibroblastes, de cellules endothéliales et de cellules immunitaires, dont les macrophages.
Figure 01 : Composition du tissu adipeux blanc.

(a) Adipocyte mature. (b) Constituants cellulaires du tissu adipeux. (c) Coupe histologique de tissu
adipeux blanc humain. Les adipocytes matures sont entourés de tissu conjonctif composé de cellules
fibroblastiques mononuclées.

3. Régulation métabolique du tissu adipeux : Rôle des entéro-hormones dans la


régulation du tissu adipeux
Le TA participe à la régulation de l’homéostasie énergétique, au métabolisme glucidique et
lipidique, aux complications vasculaires, ainsi qu’aux réponses immunitaires. Il sécrète de
nombreuses adipokines biologiquement actives. On désigne sous le terme «adipokine », toute
protéine sécrétée et synthétisée par les adipocytes. Des études récentes ont montré que la
production de certaines d’entre-elles était affectée au cours de l’obésité, du diabète de type 2 et
du syndrome métabolique. Certaines d’entre elles sont synthétisées principalement par les
cellules adipeuses comme la leptine et l’adiponectine alors que les cytokines telles que le TNFα
(tumor necrosis factor) et l’IL-6 (interleukine) sont essentiellement sécrétées par les cellules
qui constituent la FVS. Certaines agissent par voie endocrine, d’autres par voie autocrine ou
paracrine. Leur sécrétion dépend des variations de la masse grasse (Antuna-Puente et al., 2007 ;
Mouraux, 2007). Dans la situation d’hypertrophie du TA viscéral (TAV) du syndrome
métabolique, on observe des variations importantes des taux de ces adipokines qui vont
modifier l’état métabolique et la sensibilité à l’insuline de l’organisme (Fig.2) (Capeau et al.,
2006).
Figure 2 : rôle métabolique et endocrine de l’adipocyte (Capeau et al., 2006).
Les différents adipokines et leurs effets dans les différentes situations sont :
1- Leptine
Elle ressemble à une cytokine, elle est sécrétée quasi exclusivement par les adipocytes du TA
blanc et plus spécifiquement par les adipocytes différenciés et surtout par ceux du tissu adipeux
sous-cutané (TASc). L’expression de la leptine varie donc en fonction du site adipeux considéré
et elle est plus importante dans le TASc par rapport au TAV chez l’homme.
La leptine en se liant sur des récepteurs de la famille des cytokines (OB-Rb forme longue active)
inhibe la prise alimentaire en agissant au niveau de l’hypothalamus. Elle joue également un rôle
dans la régulation de la réponse immunitaire comme une molécule inflammatoire capable
d’activer les cellules immunitaires dans différents états nutritionnels.
2- Adiponectine
Cette hormone améliore la sensibilité à l’insuline en augmentant l’oxydation des acides gras et
en réduisant la production de glucose dans le foie. Contrairement à la leptine, les niveaux
d’adiponectine plasmatique sont diminués chez les obèses.
Le mode d’action de l’adiponectine sur l’amélioration de la sensibilité à l’insuline se ferait via
l’activation d’une enzyme, l’AMP activated protein kinase (AMPK) qui intervient dans la
régulation des concentrations cellulaires de malonyl CoA en inhibant l’acétyl CoA carboxylase
(enzyme intervenant dans la dégradation du malonyl CoA). Ceci aurait pour conséquence une
diminution du malonyl CoA intracellulaire avec diminution de la lipogenèse, associée à une
augmentation de la bêta-oxydation des acides gras. L’adiponectine réduirait aussi la production
hépatique de glucose, en diminuant l’expression des ARNm codant pour deux enzymes
essentielles de la néoglucogenèse, la phosphoenolpyruvate carboxykinase et la glucose-6-
phosphatase.
3- Facteur de Nécrose Tumorale-α (TNF-a)
Cette cytokine pro-inflammatoire est produite par de nombreuses cellules mais en priorité par
les macrophages et les lymphocytes. Le TNF-α active dans la cellule la cascade pro-
inflammatoire NFκB qui via la kinase IkKβ peut phosphoryler les protéines IRS sur sérine et
entraîner une résistance à l’insuline. L’expression du TNF-α dans le TA est augmentée chez les
patients obèses. Le TNF-α participe au développement de l’IR par une autre voie que la voie
NFκB, en inhibant la lipoprotéine lipase (LPL) et donc la captation du glucose par les
adipocytes.
4- Interleukine-6
L’IL-6 est une cytokine produite par de nombreuses cellules (fibroblastes, cellules
endothéliales, monocytes) et de nombreux tissus, dont le TA. Elle a des propriétés pro-
inflammatoires et anti-inflammatoires:
l’IL-6 produit par le tissu adipeux intra-abdominal pourrait contribuer à
l’hypertriglycéridémie associée à l’obésité viscérale, puisqu’il a été montré que l’IL-6 pouvait
stimuler la sécrétion hépatique de triglycérides–VLDL.
Elle augmente la résistance à l’insuline en inhibant la lipoprotéine lipase (LPL). Comme la
LPL est responsable de l’hydrolyse des triglycérides en acides gras libres, une réduction de
l’activité de la LPL entraîne une augmentation de la taille des cellules graisseuses, car leur
stockage de triglycérides est accru.
Au niveau hépatique, l’IL-6 a des effets hépatoprotecteurs à court terme, mais augmente la
sensibilité à l’apoptose à long terme.
5. Visfatine
La visfatine est sécrétée par le TAV. Son expression est augmentée dans l’obésité viscérale et
le diabète de type 2. La visfatine présente des effets insulinomimétiques exercés par une action
directe sur le récepteur de l’insuline. Elle a aussi un effet hypoglycémiant en réduisant la
libération de glucose hépatique et en stimulant l’utilisation périphérique de glucose. D’autres
étude la considère comme une cytokine pro-inflammatoire produite par les macrophages
présents dans le tissu adipeux.
6. La résistine
La résistine est aussi sécrétée par les monocytes/macrophages en particulier par le TA
inflammatoire des sujets obèses. Son nom vient de «résistance à l’insuline». Les taux
plasmatiques de résistine augmentent avec l’obésité. Elle est actuellement considérée comme
une cytokine pro-inflammatoire, elle stimule la sécrétion des cytokines inflammatoires.
9. Angiotensinogène
L’angiotensinogène est le précurseur de l’angiotensine-I qui, après avoir été converti en
angiotensine-II, joue un rôle majeur dans la régulation de la pression artérielle de par ses
propriétés vasoconstrictrices et son implication dans la sécrétion de l’aldostérone.
10. Apeline
L’apeline est sécrétée par les adipocytes en réponse à la nourriture ou à un stimulus insulinique.
Les concentrations plasmatiques d’apeline sont significativement plus élevées chez des
individus obèses hyperinsulinémiques. L’origine exacte de cette surproduction de l’apeline
reste encore non élucidée, mais elle semble également jouer un rôle dans l’IR.
11.Retinol Binding Protein 4 (RBP4)
La RBP4 est sécrétée par des adipocytes déficients en GLUT4 dans un modèle murin
d’insulinorésistance. Elle est associée à l’IR musculaire et exerce un effet néoglucogénique sur
le foie.
12. Adipsine
L’adipsine est une protéase sécrétée par le tissu adipeux. Chez l’homme obèse, son taux est
augmenté et corrélé positivement aux taux d’insuline.
13. Acides gras libres
L’adiposité viscérale est caractérisée par une lipolyse augmentée et une augmentation du flux
des AGL plasmatiques, spécialement dans la circulation portale. Ceci retarde la clairance de
l’insuline et augmente la synthèse lipidique, d’où hyperinsulinémie périphérique et
hyperlipidémie. Les AGL induisent une résistance hépatique à l’insuline en inhibant la
suppression de la glycogénolyse par l’insuline et en stimulant directement la glycogénolyse et
la néoglucogenèse.
14. Chimiokines
Il a été récemment montré que le tissu adipeux produisait également des chimiokines qui attirent
les cellules de la lignée monocytaire vers le TA et induisent leur activation en macrophages.
Quatre principales chimiokines sont sécrétées par le tissu adipeux : MCP-1 et RANTES sont
des CC (cystéine-cystéine) chimokines, IP-10 et IL-8 sont des chemokines de la famille CXC
(cys-X-cys).
MCP-1 participe au recrutement des macrophages dans le tissu adipeux et elle est impliquée
dans le développement de l’IR. Cette chimiokine, qui est secrétée par les adipocytes, est capable
d’induire une IR in vitro dans des adipocytes en culture. L’implication de MCP-1 a été
également montrée chez l’homme dans l’obésité et le diabète de type 2.
L’IL-8 est une chimiokine également produite par le tissu adipeux, surtout par les cellules
non adipocytaires et sa production est augmentée par l’IL-6 et le TNF-α. Elle a un important
rôle angiogénique et elle est impliquée dans l’attraction des monocytes vers les sites
inflammatoires.
Chapitre V : Régulation de la pression artérielle
1. Définition de la pression artérielle
Le cœur pompe le sang riche en oxygène pour le distribuer dans tout le corps par l'intermédiaire
des artères. Tout au long de son cheminement à travers le corps, il exerce une pression sur les
parois artérielles communément appelée "tension ou pression artérielle". La tension artérielle
permet d'évaluer la force et la quantité de sang pompée par le cœur, ainsi que la souplesse et
l'état général des artères.
La tension artérielle est composée de deux éléments : La pression systolique qui est
enregistrée lorsque la tension artérielle est à son maximum au cours de la contraction
du ventricule gauche et la diastolique, qui est mesurée lorsque la tension sanguine est à son
minimum, lorsque le cœur est au repos entre deux battements.
La tension artérielle est donc le rapport de ces deux mesures (rapport de la pression systolique
sur la pression diastolique).
Une tension anormalement élevée sera appelée hypertension artérielle. On diagnostique en
général une hypertension lorsque la pression systolique est supérieure à 140 mmHg et
la pression diastolique supérieure à 90 mmHg au cours de trois mesures distinctes.
L'hypertension est liée à un grand nombre de pathologies (l'athérosclérose, l'insuffisance
cardiaque, l'accident vasculaire cérébral, l'infarctus du myocarde ou encore des atteintes
rénales.
2. La régulation nerveuse de la pression artérielle
La régulation de la pression artérielle est un réflexe inné qui nécessite les éléments suivants :

• Des récepteurs sensoriels: Les barorécepteurs localisés au niveau de la crosse


aortique et au niveaux des sinus carotidiens, Les barorécepteus sont sensibles à toute
variation de la pression artérielle et assurent la transduction: La conversion de l'énergie
mécanique (pression artérielle) en une énergie électrique (signal électrique).
• La voie afférente: constituée par les les nerfs de Hering qui émergent des sinus
carotidiens et les nerfs de Cyon qui émergent de la crosse aortique.
• Le centre nerveux: constitué d'un centre du système parasympathique: Le noyau
moteur du nerf X, localisé au niveau du bulbe rachidien. des centres du système
sympathique: centre vasomoteur localisé au niveau du bulbe rachidien et le centre
médullaire localisé au nuveau de la moelle épinière.
• La voie efférente: constituée par Les nerfs parasympathiques: Le nerf X ou le nerf
vague ou le nerf pneumogastrique.
• Les nerfs sympathiques: Le nerf cardiaque, le nerf artériolaire et le nerf
splanchnique.
• Les éffecteurs: Le coeur, les artères et les médullosurrénales.

Figure 01 : Les éléments nécessaires pour la régulation nerveuse de la pression artérielle

2.1. Reflexe correcteur de l’hypertension arterielle : Reflexe cardiomoderateur


L'augmentation de la pression artérielle au niveau de la crosse aortique et aux niveaux des
sinus carotidiens entraîne une augmentation de la stimulation des
barorécepteurs d'où l'augmentation de l'activité électrique des nerfs afférents: Les nerfs de
Héring et de Cyon, ce qui provoque une augmentation de l'inhibition exercée sur le centre
vasomoteur et une une augmentation de la stimulation exercée sur le noyau moteur du nerf X.
Le système parasympatique cardiomodérateur, est activé et le système sympathique est inhibé:
L'activité électrique du nerf X augmente et les activités électriques des nerfs sympathiques
diminuent.On obtient un ralentissement du rythme cardiaque et unevasodilatation qui corrigent
l'hypertension et rétablissent la pression artérielle normale.
2.2. Reflexe correcteur de l’hypotension arterielle : Reflexe cardiomoderateur
La diminution de la pression artérielle au niveau de la crosse aortique et aux niveaux des
sinus carotidiens entraîne une diminution de la stimulation des barorécepteurs, d'ou
la diminution de l'activité électrique des nerfs afférents: Les nerfs de Héring et de Cyon, ce qui
provoque une lévée de l'inhibition exercée sur le centre vasomoteur et une diminution de la
stimulation exercée sur le noyau moteur du nerf X. Le système parasympathique est inhibé et
le système sympathique (orthosympathique) cardioaccélérateur est activé:L'activité électrique
du nerf X diminue et les activités électriques des nerfs sympathiques augmentent: On obtient
une accélération du rythme cardiaque, une vasoconstriction et une sécrétion de l'adrénaline qui
corrigent l'hypotension et rétablissent la pression artérielle normale.
2.3. La régulation hormonale de la pression artérielle
Hormones Origines de sécrétion Les organes cibles Effets
Adrénaline La médullo-surrénale Le cœur - Accélération du rythme cardiaque
Les artères - Vasoconstriction
Aldostérone Corticosurrénale Le rein - Activer la sécrétion de la rénine
- Réabsorption des ions de Na+
rétention d’eau augmentation
de la volémie.
Angiotensine Le foie produit Les artères - Vasoconstriction
l’angiotansinogène qui est Corticosurrénale - Activer la sécrétion de
transformé sous l’action de l’aldostérone.
la rénine en angiotensine I
ADH (hormone Hypophyse postérieure Le rein Réabsorption d’eau augmentation de
antidiurétique) la volémie.
Régulation de la pression artérielle : Le système rénine-angiotensine-aldostérone
Le système rénine-angiotensine-aldostérone est une cascade de réactions permettant de
réguler la pression artérielle. Lorsque la pression artérielle baisse (systolique, à 100 mm Hg
ou moins), les reins libèrent une enzyme, la rénine, dans la circulation sanguine. La rénine
clive l’angiotensinogène, une grosse protéine circulant dans le sang, en plusieurs fragments.
L’un de ces fragments est l’angiotensine I. L’angiotensine I est relativement inactive et est
fragmentée par l’enzyme de conversion de l’angiotensine (ECA). L’un de ces fragments est
l’angiotensine II, une hormone très active. L’angiotensine II provoque la constriction des
parois musculaires des petites artères (artérioles), augmentant ainsi la pression artérielle.
L’angiotensine II déclenche également la sécrétion d’une hormone, l’aldostérone, par les
glandes surrénales, et de la vasopressine (hormone anti-diurétique) par l’hypophyse.
L’aldostérone et la vasopressine provoquent une rétention de sodium (sel) par les reins.
L’aldostérone provoque également l’excrétion de potassium par les reins. Le sodium
provoque une rétention aqueuse, augmentant ainsi le volume sanguin et la pression artérielle.
3. Régulation de la pression artérielle par les entéro-hormones
3.1. La Régulation par la subsatance P
La substance P appartient à la famille des peptides de la tachykinine. C’est un
puissant vasodilatateur qui peut induire une libération de bradykinine, d’histamine et
de sérotonine.
Mode d’action de bradykinine
La fixation de bradykinine sur son récepteur B1 entraine une augmentation de concentration en
Ca++ à l’intérieur de la cellule endothéliale. Cette augmentation en ions Ca++ favorise la
production de NO (monoxyde d’azote) via l’enzyme NO synthase. Le monoxyde d’azote
traverse la membrane plasmique de la cellule endothéliale vers la cellule musculaire lisse et
provoque une diminution de la concentration en Ca++. Cette diminution en Ca++ entraine une
relaxation (dilatation) de la cellule et donc une vasodilatation qui provoque une diminution de
la pression artérielle.

Figure 04 : Mode d’action de bradykinine

3.2. Régulation par le peptide intestinal vaso-actif


Le VIP joue un rôle dans la vasodilatation des vaisseaux sanguins et la diminution de la pression
artérielle.
Mode d’action du VIP
-La fixation de VIP sur ses récepteurs.
-L’activation de l’AMP cyclique et plusieurs cascades de signalisation.
-Production de NO (monoxyde d’azote) qui provoque une diminution de la concentration
intracellulaire en Ca++ . Cette diminution en Ca++ entraine une relaxation (dilatation) de la
cellule et donc une vasodilatation qui provoque une diminution de la pression artérielle.

3.3. Régulation par le GLP-1


Le GLP-1 exerce un effet positif sur la tachycardie et un effet hypertenseur chez les rongeurs,
mais aucune influence sur la fréquence cardiaque et la pression artérielle n’a été observée chez
l’homme à court ou à long terme.
Chez les rongeurs Le GLP-1 possède un effet vasodilatateur direct via l’activation d’un
récepteur spécifique au niveau vasculaire.
3.3. Régulation par la GIP
Dans le cardiomyocyte provoque une augmentation des niveaux intracellulaires d'AMPc et de
guanosine monophosphate cyclique (cGMP). L'AMPc active la PKA et la CREB, tandis que la
GMPc active la lipase hormono-sensible (HSL) par une voie médiée par la protéine kinase G
(PKG) / la kinase régulée par le signal extracellulaire (ERK). (C) Dans les endothéliocytes,
provoque l'accumulation d'AMPc et de Ca2+, la phosphorylation de la protéine kinase activée
par l'AMP 5' (AMPK), la production ultérieure de NO et l'expression de l'endothéline 1 (ET-1)
et la production d'ostéopontine (OPN). La phospholipase C (PLC) libère de l'inositol 1,4,5-
trisphosphate (IP3) et du diacylglycérol (DAG).

Abbreviations: ACadenylyl cyclase; ATPadenosine triphosphate; AMPK5′ AMP-activated protein kinase;


cAMPcyclic adenosine monophosphate; cGMPcyclic guanosine monophosphate; cGTPcyclic guanosine
triphosphate; CREBcAMP response element binding protein; DAGdiacylglycerol; ERKextracellular signal–
regulated kinase; Epac2exchange protein directly activated by cAMP 2; ET-1endothelin 1; GCguanylate cyclase;
GLUT4; glucose transporter 4; HSLhormone-sensitive lipase; IP3inositol 1,4,5-trisphosphate; LPLlipoprotein
lipase; MAPKmitogen-activated protein kinase; NF-κβnuclear factor κβ; NOnitric oxide; OPNosteopontin; PI-
3 Kphosphatidylinositol-4,5-bisphosphate 3-kinase; PLCphospholipase C; PKAprotein kinase A; PKBprotein
kinase B; PKCprotein kinase C.
Le NO a des effets vasodilatateurs, anti-inflammatoires et antiprolifératifs, protégeant de
l'hyperplasie endothéliale, de la thrombose et piégeant les espèces réactives de l'oxygène. Le
GIP induit la sécrétion de NO à partir des cellules endothéliales de la veine porte et des cellules
endothéliales de la veine ombilicale humaine. Le NO a été suggéré comme mécanisme sous-
jacent à la régénération endothéliale médiée par le GIP et à la protection contre le remodelage
artériel indésirable après une lésion de l'artère fémorale.
L’effet de GLP-1
L'administration de GLP-1 atténue significativement le développement de l'hypertension, réduit
les lésions cardiaques et rénales et améliore la fonction endothéliale chez ces animaux. Ceci a
été associé à une augmentation du débit urinaire et de l'excrétion de sodium, indiquant les
propriétés natriurétiques et diurétiques et l'effet antihypertenseur du GLP-1. En effet, Schlatter
et ses collègues ont détecté le récepteur GLP-1 dans les cellules épithéliales tubulaires
proximales porcines primaires, où il inhibe la réabsorption du sodium.

Figure 05 : Effet rénal de GLP-1


L’effet de la ghreline
La régulation du tonus vasculaire par la ghreline implique la diminution de l'activité nerveuse
sympathique et la baisse de la pression artérielle résultante cela a été observé après une
microinjection de ghréline dans le noyau du tractus solitaire des rats. Ces résultats sont
conformes à un rapport précédent décrivant une diminution de la pression artérielle moyenne
et de l'activité du nerf sympathique. L'injection intraveineuse de la ghréline agit, au moins en
partie, sur le système nerveux central et sur l'activité du nerf sympathique rénal pour diminuer
la pression artérielle.
Une étude a montré que le traitement avec l'antagoniste du GHS-R [d-Lys-3]-GHRP-6 (Vlasova
et al., 2009) chez des rats révèle une pression artérielle moyenne et une fréquence cardiaque
élevée. Le blocage sympathique des récepteurs alpha-adrénergiques et des récepteurs bêta-1
adrénergiques a aboli ces altérations hémodynamiques, suggérant que les augmentations de la
pression artérielle et de la fréquence cardiaque induites par l'injection d'antagoniste de la
ghréline sont, au moins en partie, dues à l'activation du système nerveux sympathique. Ces
résultats suggèrent que l'utilisation du système antagoniste de la ghréline comme cible
thérapeutique pour la réduction de l'apport alimentaire pourrait entraîner des effets secondaires
graves chez les hypertendus.

La ghréline peut interagir directement avec les vaisseaux sanguins et antagoniser l'effet de
l'endothéline-1 (un vasoconstricteur), en augmentant l'expression des NOS et la production du
NO (un vasodilatateur). Une voie alternative peut passer par le SNC, entraînant une diminution
de l'activité nerveuse sympathique. D'autres effets vasoactifs ont été signalés comprenant
l'inhibition des cytokines.
Chapitre VI : Stress oxydant et Inflammation

1. Définition du stress oxydant


Le stress oxydant se définie comme étant un déséquilibre entre la formation excessive et/ou
l’élimination insuffisante des molécules hautement réactives, les espèces réactives de l’oxygène
(ERO) et de l’azote (ERN), résultant soit d’un manque de capacité antioxydante ou une
surabondance des radicaux libres d’un stress environnemental ou de comportement. Si la
production de ERO et ERN est trop importante et que les systèmes naturels d'épuration sont
insuffisants, les cellules sont soumises à un état inflammatoire.

2. L’origine du stress oxydant


Le métabolisme de l’oxygène est effectué principalement au niveau de la chaîne respiratoire
mitochondriale (Figure 01) et il aboutit à la formation de deux molécules d’eau avec une
considérable production d’énergie sous forme d’ATP (Balaban et al., 2005).
Cette chaîne respiratoire est formée de 4 complexes (I à IV) permettant le transport des électrons
et le pompage des protons à l’intérieur de la mitochondrie. Environ 0,4 à 4% de l’oxygène ne
sont pas entièrement transformés dans la mitochondrie et donnent naissance aux espèces
réactives de l’oxygène (EROs), comprenant le H2O2, l’O2°- et l’°OH. Ainsi, la
phosphorylation oxydative du NADH ou du FADH, nécessaire pour générer le gradient de
protons de part et d’autre de la membrane mitochondriale, entraîne la production d’EROs. Au
long des différents sites de la chaîne des cytochromes constitutifs de la chaîne respiratoire, les
électrons dérivés du NADH ou du FADH peuvent directement réagir avec l’oxygène ou
d’autres accepteurs d’électrons pour générer les radicaux libres.
Figure 01: La chaine respiratoire mitochondriale

Les radicaux libres


Ce sont des atomes ou des molécules, porteurs d’un ou de plusieurs électrons non appariés
(Halliwell, 2006) sur leur orbitale externe (Bell et al., 2007). La présence d’un électron
célibataire rend ces molécules plus réactives puisque ces dernières vont interagir avec les
différentes molécules présentes à proximité de leur site de formation (lipides, protéines et
acides nucléiques) induisant des réactions en chaîne (Bertrand, 2008).

3. Source et Production des ROS et RNS


L’oxygène est indispensable aux organismes aérobies, il participe à la synthèse d’ATP pendant
la respiration. Durant ce processus, 2 à 5 % des électrons ne sont pas réduits en eau par réduction
tétravalente, ils fuient en différents niveaux de la chaîne (CoQ) (Figure 14).
L’anion superoxyde est le premier radical libre formé. En présence d’ions H+, il subit une
réaction de dissimulation aboutissant à la formation de peroxyde d’hydrogène (H2O2). Ce
dernier, en présence de fer ferreux (Fe2+), se décompose et aboutit à la formation du radical
hydroxyle °OH, le plus réactif et le plus toxique qui crée de nouveaux radicaux par arrachement
d’un atome d’hydrogène ou par le transfert de son électron célibataire. En présence des AGPI,
peut générer des radicaux alkoxyles (RO°) ou peroxyles (ROOo).
Les radicaux libres sont produits spontanément et de manière continue au sein de notre
organisme. Le maintien d’un niveau non cytotoxique des ERO est assuré par des systèmes
antioxydants (Halliwell, 2006). Un déficit ou un dysfonctionnement de ces systèmes engendre
une augmentation des dommages tissulaires.

Les systèmes antioxydants sont deux types, soit des molécules qui captent rapidement les
ERO (antioxydants proprement dits), soit des systèmes enzymatiques catalysant la conversion
des molécules prooxydantes (Salvayre et Salvayre, 2005). Selon leurs structures variées et la
taille de leurs molécules antioxydantes, ils sont classés en :
- Les antioxydants enzymatiques
- Les antioxydants non enzymatiques
1.1. Les antioxydants enzymatiques
Les enzymes antioxydants (Tableau II) ont une signification négligeable dans l’espace
extracellulaire alors qu’ils jouent un rôle très significatif dans l’espace intracellulaire. On note
principalement:
Les enzymes responsables de la dismutation de l’ion superoxyde sont les superoxydes
dismutases,
Les enzymes agissant sur les peroxydes sont la catalase et les glutathion peroxydases,
Les enzymes intervenant dans la protection des protéines à fonction thiol est la thiorédoxine.

Le stress oxydant et la lipotoxicité


La lipotoxicité se définie par les effets toxiques des acides gras sur la survie des cellules β
pancréatiques. L’accumulation intracellulaire des lipides sous forme de vésicules constituées
par les TG est considérée comme la première étape du développement d’une NASH. Des
données récentes montrent que la formation de gouttelettes lipidiques au niveau hépatocytaire
peut représenter une réponse protectrice pour limiter les effets toxiques des AGL.
L’accumulation des TG n’est probablement pas complètement bénigne : les TG peuvent altérer
le flux sanguin hépatique par compression des sinusoïdes au cours de la nécrose hépatocytaire.
L’accumulation de vésicules lipidiques a été associée à une augmentation des marqueurs du
stress du réticulum endoplasmique lisse, qui peut induire une mort cellulaire par apoptose.
Selon ce modèle pathogène de NASH, des métabolites lipotoxiques des acides gras sont générés
en parallèle à la formation des gouttelettes de triglycérides, donnant lieu au phénotype reconnu
de NASH, dans lequel la stéatose et les lésions cellulaires coexistent.
L’accumulation de triglycérides pouvant être protectrice, elle ne serait plus considérée comme
nécessaire pour le développement de la NASH. Les anomalies métaboliques prédisposant aux
lésions lipotoxiques comprennent une augmentation du stockage ou une élimination des acides
gras.
Les mécanismes toxiques peuvent comprendre une augmentation de l’oxydation des acides gras
et du stress oxydant, une altération de la composition en acides gras et en phospholipides des
membranes cellulaires, du contenu cellulaire de cholestérol, une perturbation de la signalisation
des céramides et même une toxicité directe des AGL.
Les dommages oxydatives
L’oxydation des protéines, de l’ADN, des lipides et aussi des sucres, entraîne une modification
ou perte de l’activité biologique des différents composés de la cellule qui peut engendrer des
désorganisations cellulaires parfois irréversibles, entraînant la mort de la cellule. En touchant
donc à l’ensemble des tissus et des métabolismes, le stress oxydant contribue au développement
d’un grand nombre de pathologies comme les cancers, les maladies cardiovasculaires ou
cérébro-vasculaires.
4. Réactions inflammatoires et les cytokines pro-inflammatoires
a. Mécanisme conduisant à l’activation de l’inflammation du TAV
i. Acides gras, stress du réticulum endoplasmique et stress oxydatif

L’accumulation d’AGL dans les adipocytes viscéraux pourrait initier le processus


inflammatoire en induisant un état de stress cellulaire. Plusieurs mécanismes semblent
impliqués. Le premier résulte d’un stress du réticulum endoplasmique (RE), qui est un
compartiment cellulaire vulnérable à plusieurs perturbations : l’hypoxie, pathogènes,
fluctuations d’énergie et de nutriments. L’obésité induit un stress du RE dans le TA et dans les
macrophages qui l’infiltrent. En réponse à ce stress un mécanisme de défense est mis en jeu
qui va activer les voies de signalisation de l’inflammation IKK β /NF-κB et JNK. Ces voies
sont également activées par un second mécanisme de stress cellulaire qui repose sur la
production de radicaux libres suite à l’activation de la NADPH oxydase par l’accumulation
lipidique. Une action similaire pourrait aussi résulter de l’accumulation intracellulaire de
métabolites des AGL tels que le diacylglycerol, ou les céramides.

ii. Hypertrophie et hypoxie adipocytaire

Bien que l’hypertrophie adipocytaire peut être bénéfique pour atténuer les dépôts
lipidiques ectopiques, cela peut aussi avoir des effets délétères tels que l’hypoxie tissulaire et
l’altération du profil sécrétoire des adipocytes, ce qui conduit à une limitation de l’angiogenèse,
une surproduction de la matrice extracellulaire, une inflammation chronique locale, et ainsi à
un dysfonctionnement métabolique du TA obèse (Caër, 2016) (Figure 9).

Figure 9 : Hypertrophie et hypoxie du tissu adipeux lors de l’obésité


1.1. Les macrophages du TAV
Il a été montré que le TA des obèses subit une accumulation de cellules immunitaires,
notamment les macrophages et ce, d’une façon proportionnelle à l’adiposité (Jung et al., 2015).
Cette accumulation macrophagique étant plus importante dans le TAV que dans le TASC
(Andrès et al., 2016) pourrait expliquer le fait que le TAV est plus fortement associé aux
altérations métaboliques.
Il a également été montré que chez la souris, environ 40 à 50 % des cellules de la FSV
d’un TA obèse correspond à des macrophages, alors que cette proportion est de 5 à 15 % dans
un TA mince. Parallèlement chez l’humain, dans le TAV, cela est plutôt de l’ordre de 4 % chez
le mince et de 12 % chez l’obèse (Caër, 2016).
Il est à noter aussi que la diminution de l’infiltrat macrophagique ou l’ablation des
macrophages module l’expression des cytokines inflammatoires dans le TA et améliore la
sensibilité à l’insuline chez les souris sous un régime riche en lipides, de plus l’accumulation
macrophagique est principalement d’origine monocytaire (Caër, 2016).
Le processus de recrutement des monocytes dans le TA et leur différenciation en dehors
de toute inflammation sont multiples. Des régulations paracrines, autocrines et endocrines aussi
bien que des modifications mécaniques telles que l’augmentation de la taille des adipocytes
peuvent jouer un rôle dans l’aggravation de ces phénomènes.
Chapitre IIV : Les troubles gastro-intestinaux

Définition

Les troubles gastro-intestinaux regroupent un large éventail de maladies qui affectent l’appareil
digestif, depuis la cavité buccale jusqu’au rectum. En règle générale, les troubles gastro-
intestinaux se divisent en deux catégories. Ils peuvent être légers et sont généralement
fréquents et se présenter sous forme de constipation, de ballonnements, de diarrhée ou
d’ulcères. Cependant, ils peuvent être graves ou chroniques.

- Les troubles gastro-intestinaux fréquents :

• Les ballonnements - Flatulence :

La fermentation est normale, et même souhaitable dans notre système digestif. Mais
elle se limite en principe aux aliments non-digérables, comme les fibres, qui servent
de nourriture au microbiote intestinal vivant dans le côlon. Si arrivent dans le côlon
d'autres aliments non-digérés, comme du sucre ou des restes alimentaires qui auraient
normalement dû être assimilés dans l'intestin grêle, une fermentation beaucoup plus
forte s'enclenche, produisant des gaz plus abondants. Les ballonnements sont souvent
dus aux gaz créés par la fermentation bactérienne au niveau du gros intestin.

Flatulence : la flore intestinale décompose les nutriments et libère ainsi de petites


quantités de gaz. Par jour, nous émettons en moyenne 2 litres de gaz (en jargon
scientifique : flatuosités). Nous lâchons en moyenne 14 à 23 vents par jour. Certains
aliments provoquent une plus nette fermentation dans le gros intestin et entraînent
donc plus de flatulence : c'est le cas notamment des choux, des navets, des brocolis.

Quelques recommandations :

- Manger lentement et mâcher les aliments complètement


- Ne pas manger goulûment
- Ne pas s'étendre après avoir mangé : faire plutôt une promenade de 20 minutes
- Éviter de boire en mangeant
- Vérifier les incompatibilités alimentaires

En cas de gonflements abdominaux (ballonnements) :


▪ Repérer les aliments qui sont moins bien tolérés par les intestins pour les
exclure ou les consommer de façon moins régulière : les aliments riches en
fibres, surtout crus : notamment les haricots blancs, les carottes, le céleri, les
choux et les oignons, les choux-fleurs, asperges et brocolis... Parmi les fruits
: les raisins secs, les bananes, les pruneaux, les abricots ... Les édulcorants
(sorbitol, fructose, lactose, FOS (fructo-oligosaccharides dans blé, seigle,
oignons, ail, artichaut...), polyol, mannitol... Les féculents sont moins
responsables.

▪ Contrôler la bonne association des aliments : une alimentation dissociée respecte


mieux les valeurs physiologiques du pH : le jus gastrique acide freine la prolifération
excessive de bactéries indésirables.

• Diminuer la ration de ses repas (fractionner les repas si nécessaire)


• Éviter les aliments gras
• Éviter les aliments qui fermentent (choux...)
• Éviter les boissons gazeuses
• Éviter les boissons trop chaudes : tout ce qui fait ingurgiter de l'air est,
en effet, à éviter
• Éliminer les chewing-gums
• Gérer le stress : le stress entretient le phénomène de ballonnement :
prendre le temps pour prendre le repas dans un lieu calme

• Faire travailler les abdos avec des exercices adaptés pour un résultat
probant sans se faire mal au dos ou à la nuque
• Adopter une bonne technique respiratoire : expirer lentement en vidant
au maximum le ventre puis les poumons ; ensuite inspirer lentement
en gonflant le ventre comme un ballon
• Masser le ventre autour du nombril, dans le sens des aiguilles d'une
montre (palper-rouler)

Le mal à l'estomac :
Il existe souvent une grande confusion entre les brûlures d'estomac et les autres
plaintes, comme la douleur épigastrique et des problèmes digestifs. En effet, 7 patients
sur 10 qui passent une endoscopie à cause de leurs douleurs d'estomac persistantes,
ne présentent pas la moindre anomalie. Ce qui ne signifie pas pour autant que leurs
plaintes ne sont pas fondées.

• Les 3 douleurs principales :


- Les brûlures d'estomac : dues à la remontée des sucs gastriques acides (un
concentré d'ions hydrogène ou de protons) dans l'œsophage.
- Les crampes : résultant des contractions musculaires involontaires
spasmodiques de l'estomac
- Le syndrome de faim douloureuse : des douleurs quand l'estomac est vide,
qui sont calmées dès l'ingestion d'aliments
Les causes : La plupart des troubles de l'estomac sont provoqués par une carence en
eau et par la déshydratation, évoluant à un ulcère. Une cure d'eau (boire suffisamment
d'eau juste avant un repas et deux heures et demi après) aide et prévient l'agression de
la paroi gastrique.

L'ulcère à l'estomac ou au duodénum :

À l’état normal, il existe un équilibre entre les facteurs d’agression de la muqueuse


gastroduodénale (pepsine, sécrétion d’ions H+ sous l’influence de la gastrine) et les
facteurs de défense, mucus et bicarbonates principalement. Un déséquilibre en un
point précis de la muqueuse est à l’origine d’une agression à son encontre et peut
conduire à la formation d’un ulcère.

L’ulcère gastrique découle essentiellement d’une déficience des facteurs de défense,


alors que l’ulcère duodénal résulte en général d’une augmentation de l’agression
acide. Il peut provoquer les 3 douleurs principales. Il engendre fréquemment une
sensation de brûlure douloureuse dans la partie supérieure de l'abdomen. La prise
d'aliments adoucit généralement la douleur de l'ulcère gastrique.

Le terme "ulcère d'estomac" est en fait un terme inapproprié : il s'agit en effet


davantage d'un cratère superficiel dans la paroi gastrique. Les causes en sont diverses
: des facteurs héréditaires, la consommation de certains médicaments (acide
acétylsalicylique (même les formes faiblement dosées utilisées dans la prévention
pour son effet anti-agrégant), AINS ...), tabac, alcool, café, stress, erreurs alimentaires
(trop de sucres, trop de graisses ...), fumer à jeun ... et une prolifération bactérienne
excessive par Helicobacter pyroli : autant de facteurs additionnés augmentent le
risque d'ulcères. Une personne ayant déjà souffert d'un ulcère restera toujours plus
exposée, les hommes étant davantage touchés que les femmes. Chez l'enfant, H. pyroli
est un facteur étiologique pour les ulcères et les érosions duodénales (mais pas pour
les lésions gastriques).

*En cas d'acidité gastrique insuffisante, la bactérie H. pyroli pourrait proliférer et


provoquer un reflux gastro-oesophagien. Restaurer le degré normal d'acidité gastrique
améliorait non seulement la digestion mais empêcherait également la prolifération de
H. pyroli.
*En cas d'acidité gastrique excessive, l'Helicobacter pyroli, peut se protéger de
l'acide gastrique, produisant de l'ammoniaque en grande quantité. Or, l'ammoniaque
perturbe la 'perception' des cellules productrices de gastrine au niveau de l'antre
pylorique. La présence d'ammoniaque dans l'air expiré d'une personne peut montrer
une telle infection ou un trouble métabolique au niveau du foie.

L'inflammation de l'estomac (gastrite) : la muqueuse de l'estomac enflammée


entraîne : sentiment de tension dans le ventre, anorexie, nausées, fièvre légère, bouche
pâteuse ... Toutefois, à l'opposé de l'ulcère d'estomac, la douleur de l'inflammation
s'aggrave souvent lorsque l'estomac est rempli. Un lien causal avec le Helicobacter
pyroli a également été montré, et certains produits alimentaires irritants (épices, tabac,
alcool ...) peuvent aussi jouer un rôle. Une gastrite peut aussi mener à une sensation
de brûlure au niveau du sternum et à des remontées acides.

Le reflux gastro-oesophagien (RGO) ou gastroesophageal reflux disease (GERD)


: Le GERD se traduit pas une mauvaise évacuation de l’estomac, car le muscle
pylorique à la sortie de l’estomac reste serré. L’estomac se contracte souvent sur
l’obstacle pylorique fermé, d’où la tendance au reflux gastro-œsophagien. Le reflux
est d’autant plus facile que la valve située entre la fin de l’œsophage et le début de
l’estomac (le SIO (Sphincter Inférieur de l'Œsophage) est fragile et ne joue plus son
rôle anti-reflux. En effet, l’œsophage passe du thorax vers l’abdomen par un orifice
qui se nomme "hiatus œsophagien". Lorsqu'une hernie se forme au niveau des piliers
du muscle diaphragme, on parle donc de "Hernie hiatale".

- Les nutriments qui relâchent le SIO (Sphincter Inférieur de l'Oesophage, ou


LES (lower esophageal sphincter)) tels que alcool, lipides, sel ... favorisent le
reflux gastrique vers l'oesophage. Les fibres, fruits et légumes par contre
empêchent ce reflux.

- La plupart des cas de GERD sont relatés à une présence insuffisante d'acide
gastrique, à des allergies alimentaires et/ou à une hernie hiatale. Une infection
à l'Helicobacter pyroli ne serait pas impliquée dans la pathogenèse du RGO.

- Un peu de liquide acide de l'estomac (pH = 1!) remonte dans l'oesophage dont
la paroi est plus sensible ; le reflux se manifeste par des brûlures d'estomac
qui s'accentuent quand on se penche en avant et parfois, par des remontées
d'aliments dans la bouche. Le passage de ce contenu gastrique acide peut
provoquer des érosions de la muqueuse de l'oesophage, voire des ulcérations
profondes à l'origine des douleurs (oesophagite). Deux symptômes sont
prédominants : du pyrosis (sensation de brûlure qui remonte dans la gorge) se
manifestant après les repas et des régurgitations (retour des aliments de
l'estomac ou de l'oesophage dans la bouche, sans effort de vomissement).
- Le reflux est courant chez la femme enceinte et chez la personne obèse parce
que l'abdomen comprime le système digestif. Dans les autres cas, la
surproduction d'acides gastrique est liée à une mastication insuffisante, à la
prise de certains médicaments (AINS), à un stress chronique, à des boissons
acides ou des sodas, à un excès d'aliments gras, à un régime trop riche en
sucres ou à une hernie diaphragmatique.
o à éviter :
▪ des aliments acides ou irritants : agrumes, tomates, oignons,
boissons gazeuses, préparations épicées ...
▪ des aliments qui aggravent le reflux : préparations grasses ou
frites, alcool, café, thé, chocolat, menthe ...
▪ le tabac
▪ la perte du poids
▪ en cas de reflux nocturne : manger au plus tard 3 heures avant
se coucher, relever la tête du lit
▪ en cas d'inconfort postprandial (= après le repas) : éviter de
gros repas, préférer des repas plus petits et fréquents, ne pas se
coucher immédiatement après avoir manger.

La dyspepsie : mauvaise digestion caractérisée par un inconfort, des douleurs et des


brûlures à l'estomac (pyrosis) juste après le repas. Les brûlures d'estomac peuvent être
traitées avec des antiacides.

La constipation : Elle est définie par un nombre de défécations inférieur ou égal à


trois par semaine :

- On distingue deux types de constipation qui peuvent coexister : il s'agit


- Soit de troubles de la progression (le transit intestinal du bol alimentaire est
trop lent par une diminution de la motricité intestinale),
- Soit de constipation distale ou terminale : des troubles d'évacuation au niveau
du sigmoïde ou du rectum (envie d'aller à la selle sans y parvenir).

La diarrhée : C’est un problème assez courant (une personne sur quatre en souffre
de temps en temps).

On distingue trois types de diarrhée :

A) La diarrhée aiguë : (max. 2 à 3 jours) : un dérèglement du schéma normal des


défécations, caractérisé par une augmentation de la fréquence et du volume des selles qui
renferment une quantité d'eau plus importante que d'habitude.

- Symptômes : sensation d'urgence, crampes, pression dans le bas-ventre,


flatulences, douleurs abdominales ; en cas de gastro-entérite, des nausées et
des vomissements (parfois fièvre) sont aussi présents
- Causes : infections par des germes viraux ou des pathogènes bactériens, par
des médiateurs endogènes (menstruation, stress...), par la non-digestion d'une
substance alimentaire, par une intolérance alimentaire. Ce type de diarrhée
nécessite l'avis d'un médecin si la diarrhée dure depuis plus de 3 jours. Ce type
de diarrhée nécessite une intervention médicale chez le nourrisson et chez la
femme enceinte. En cas de diarrhée aiguë, il est recommandé de recourir
moins vite à un réducteur de la motilité tel que le lopéramide : le patient n'en
retire vraiment que peu de bénéfice.

B) La diarrhée chronique : Elle est caractérisée par des symptômes persistants (>
14j.) ou par des rechutes fréquentes.

- Causes : maladie sous-jacente (diabète, maladie de Crohn, syndrome du côlon


irritable...), alimentation par sonde, radiothérapie. Ce type de diarrhée
nécessite l'avis d'un médecin.

C) La diarrhée paradoxale : ou diarrhée par débordement : n'est pas une diarrhée,


mais une forme de constipation : le rectum est rempli de selles entassées et durcies,
entre lesquelles s'infiltre le liquide fécal.

- avec un caractère moins urgent que la diarrhée aiguë : il s'agit plutôt d'une
perte minime et continue de liquide fécal
- ce type de diarrhée nécessite l'avis d'un médecin

Note : Les signaux d'alarme sont : du sang dans les selles, une perte de poids rapide,
de la fièvre, une occlusion intestinale, des symptômes nocturnes. Si un patient se
présente avec l'un de ces symptômes, il doit absolument être envoyé chez le médecin.

II. Les troubles gastro-intestinaux chroniques :

1. La maladie de Crohn fait partie des maladies inflammatoires chroniques


intestinales (MICI). Elle se traduit par l’inflammation chronique des voies
gastro-intestinales. Cette pathologie est le plus souvent retrouvée au niveau de
l’iléon et du côlon, mais elle peut également affecter n’importe quel segment
du tube digestif, depuis la bouche jusqu’à l’anus.
La maladie de Crohn évolue par poussées espacées de phases de rémission asymptomatiques.
Elle touche aussi bien les hommes que les femmes. Par ailleurs, cette affection concerne tous
les groupes d’âge. Elle n’est généralement pas mortelle.

L’origine exacte de la maladie de Crohn reste inconnue. Toutefois, il est certain que cette
affection fait intervenir une composante auto-immune. Alors qu’elles sont censées combattre
les infections, les défenses naturelles de l’organisme s’attaquent aux tissus de ce dernier, ne
parvenant pas à faire la différence entre ceux-ci et les corps étrangers à éliminer.

Les maladies auto-immunes sont fréquentes au sein d’une même famille. De ce fait, des facteurs
génétiques sont impliqués dans l’apparition de la maladie de Crohn. En effet, environ un quart
des personnes qui en sont atteintes ont un parent souffrant de maladie inflammatoire intestinale.

Par ailleurs, on pense qu’un virus ou une bactérie, causant des lésions de la paroi du tractus
gastro-intestinal, pourrait jouer un rôle dans la survenue de cette pathologie. La nature de cet
organisme n’est cependant pas encore connue.

MANIFESTATIONS
L’inflammation inhérente à la maladie de Crohn engendre la formation d’un tissu cicatriciel à
l’intérieur de l’intestin ainsi qu’une sténose. On désigne par sténose le rétrécissement d’un
passage intervenant dans l’évolution des aliments dans l’intestin, entraînant ainsi leur
ralentissement. Ce dysfonctionnement se manifeste par des douleurs ou des crampes
abdominales.

Par ailleurs, la maladie de Crohn peut être accompagnée de :

• Diarrhées ou du phénomène appelé « intestin vide » (besoin d’aller aux toilettes sans
être capable de se soulager)
• Perte d’appétit et de poids
• Fièvre
• Saignement rectal
• Gonflement au niveau de l’abdomen.

DIAGNOSTIC ET TRAITEMENT
Le diagnostic de la maladie de Crohn nécessite une fibroscopie œsogastrique ainsi
qu’une coloscopie. Cette affection peut également être détectée par le biais d’une vidéo-
capsule.

La prise en charge consiste essentiellement à traiter les symptômes. De nombreux médicaments


peuvent être utilisés pour les maitriser (aminosalicylates, corticostéroïdes, agents modifiant le
système immunitaire, antibiotiques, inhibiteurs du facteur de nécrose tumorale, etc.).

Le patient doit aussi suivre un bon régime alimentaire. En outre, il peut subir une intervention
chirurgicale. En effet, l’ablation de la partie enflammée de l’intestin fait disparaitre les
symptômes pendant plusieurs années.
- La rectocolite ulcéro-hémorragique correspond à l’inflammation chronique de la
muqueuse du rectum et du côlon. Caractérisée par une hyperactivité du système
immunitaire digestif, cette pathologie figure avec la maladie de Crohn parmi les
maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI). En fonction de l’étendue de la
maladie, elle prend différentes formes, dont la rectite lorsqu’elle concerne uniquement
le rectum, la proctosigmoïdite affectant le rectum et le côlon sigmoïde, la colite distale
touchant le côlon gauche et la pancolite concernant le côlon entier.

Généralement, l’inflammation commence au rectum et s’étend vers l’intérieur du côlon. La


rectocolite ulcéro-hémorragique peut survenir à tout âge, mais affecte surtout les jeunes adultes.
Cette pathologie évolue par poussées avec des périodes de rémission plus ou moins longues
entre chacune d’elles. Dans certains cas, la maladie s’éteint après plusieurs années.

Symptômes de la maladie
Lors des poussées, la rectocolite ulcéro-hémorragique se manifeste par des crampes
abdominales douloureuses localisées surtout dans le bas ventre et l’évacuation de
selles sanguinolentes, glaireuses ou glairosanglantes. Le patient souffre également
d’une diarrhée chronique avec des selles fréquentes, même durant la nuit. Par ailleurs, il ressent
un besoin urgent de déféquer, même s’il n’y a pas de selles à évacuer. Provoquant une perte
d’appétit et une mauvaise absorption des nutriments dans l’intestin, la rectocolite ulcéro-
hémorragique engendre aussi une dénutrition. Cette pathologie entraîne également une anémie
se traduisant par une sensation de fatigue. En cas de poussées d’intensité grave, cette affection
provoque une fièvre élevée avec tachycardie, des nausées, des vomissements et une
déshydratation. Ces signes peuvent être accompagnés d’autres symptômes comme une
inflammation des yeux (uvéite), une éruption cutanée (érythème noueux, pyoderma
gangrenosum, psoriasis) et des douleurs articulaires. Lorsque tout le côlon et le rectum sont
atteints, des complications peuvent survenir comme des perforations coliques avec péritonite,
des hémorragies digestives ou encore une cancérisation.

La maladie cœliaque ou « intolérance au gluten »

est une maladie chronique de l’intestin grêle, entraînant une disparition progressive des
villosités intestinales. Ces replis de la muqueuse recouvrant l’intestin permettent d’augmenter
les surfaces d’absorption des nutriments (glucides, lipides, minéraux, vitamines, etc.).

La maladie cœliaque est une pathologie d’origine immunologique : chez certaines personnes,
l’ingestion d’une protéine présente dans les farines (blé, orge, seigle) - le gluten - déclenche
une réaction exagérée du système immunitaire, d’où une inflammation entraînant la destruction
des villosités de la muqueuse intestinale. Il ne s'agit pas d'une allergie alimentaire. En
conséquence, l’absorption des nutriments est plus ou moins réduite, en fonction de la gravité et
de l’extension de la maladie.

Cette malabsorption peut générer des troubles extrêmement variés et plus ou moins intenses
selon les individus, à commencer par des manifestations digestives dont des diarrhées
chroniques, des ballonnements, une constipation ainsi que d’une anémie par carences en fer et
en vitamine B9, et d’autres carences en vitamines A, E, K mais aussi en vitamine D et en
calcium avec, de ce fait, un risque d’ostéoporose (déminéralisation osseuse). Des œdèmes des
membres inférieurs, des troubles neurologiques (ataxie-manque de coordination fine des
mouvements volontaires, épilepsie, etc.), des syndromes hémorragiques (saignement des
muqueuses), un vitiligo (dépigmentation cutanée), des troubles de la reproduction (aménorrhée-
absence de règles et infertilité) voire des atteintes du foie et des voies biliaires apparaissent dans
les formes très évoluées. Celles-ci concernent moins de 10 % des malades cœliaques.

Beaucoup de cas sont maintenant diagnostiqués chez le sujet adulte, parfois après l'âge de 60
ans (20 % des cas) et souvent sans symptômes marqués ni troubles digestifs.

Chez les enfants, la maladie cœliaque peut être responsable de troubles de la croissance avec
une cassure de la courbe staturo-pondérale.

Pour être plus précis, le gluten n’existe pas en tant que tel dans le grain de blé et d’autres
céréales. Il est formé de deux types de protéines qui s’associent lors de l’humidification : les
prolamines et les gluténines, à l’origine d’un réseau viscoélastique. Appelé la« colle des
céréales », le gluten est responsable de leur capacité agglutinante et liante, essentielle à la
fabrication des pâtes et de pains.

Des conseils pour une bonne digestion :

PHYSIQUE :

Le bon choix d'aliments :

- respecter les bonnes associations alimentaires : manger équilibré ne veut pas


dire qu'il faut manger un peu de tout lors d'un même repas. Manger équilibré
ne veut pas dire nécessairement "un repas équilibré". Un repas peut être
constitué que des pommes de terre, ou des légumes, ou de la viande. Il faut
seulement qu'à la fin de la journée ou de la semaine, on as mangé un peu de
tout. On peut donc manger tout séparément. Les légumes à volonté, les
carbohydrates, les graisses et les protéines modérément. Quelques fruits frais
de saison par jour sont autorisés. Les sucres raffinés ou libérés à éviter
absolument, donc aussi les jus de fruits.
- les jus crus de légumes par contre ne posent pas de problème :
- jus de pommes de terre : contre l'acidité gastrique
- jus de céleri : contre les nausées matinales
- jus de choux : pour soutenir l'estomac et les intestins en régénérant les muqueuses
gastriques et intestinales grâce à la présence de la vitamine U (S-Méthylméthionine).
Choisir une alimentation composée de 70 à 80% d'aliments alcalinisants (fruits, légumes ...) et
de 20 à 30% d'aliments acidifiants (viande, fromages, oeufs, noix, céréales) : Si l'apport
d'aliments acidifiants est supérieur, on risque de souffrir tôt ou tard de problèmes gastriques et
rénaux ET d'une accumulation d'acides dans les tissus (entraînant des troubles articulaires et
musculaires).

▪ des suppléments de sels basiques (citrates) stimulent la sécrétion


physiologique au niveau de l'estomac
▪ le citron et le jus de citron pris à jeun avec un peu de vinaigre de cidre ou de
miel sont des grands alcalinisants
▪ le jus de pomme de terre est très efficace pour lutter contre les brûlures
d'estomac
▪ le millet est la seule céréale alcalinisante
▪ du céleri et des carottes cuites soulagent également les maux d"estomac
▪ le raisin est très alcalinisant
▪ les graisses freinent l'activité des enzymes gastriques : p. ex. pepsine -55%.
▪ les sucres simples inhibent également la sécrétion de pepsine.
▪ les sucres simples seront absorbés trop vite et pourront induire une
hypoglycémie : cette dernière déprime la gastrine sérique, la production
d'acidité gastrique, la sécrétion de trypsine et la production de sels biliaires.
▪ des céréales non raffinées, des graines, des légumes et fruits soutiennent la
digestion : elles apportent des enzymes, du soufre et des fibres.
▪ des fibres réduisent le temps de transit intestinal, diminuent l'absorption des
toxines, augmentent l'excrétion des sources d'azote via les selles, des produits
de dégradation bactérienne et des métabolites protéiques de putréfaction.

attention : - éviter des aliments aux fibres ajoutées : ces dernières sont très irritantes, pectines
(pommes ...) augmentent la sécrétion d'enzymes digestives et empêchent l'absorption
intestinale rapide d'aliments digérés. - un temps de transit réduit diminue également la capacité
d'une absorption efficace. - le soufre est essentiel dans la production d'immunoglobulines.

- limiter la consommation de viande : la viande entraîne trop facilement des effets de


putréfaction. Des fibres des fruits, des légumes et des céréales peuvent faire basculer
l'équilibre en faveur des processus de fermentation. Bien mâcher aide aussi: cette action
contribue à la digestion des protéines et réduit l'éventuel processus de putréfaction au
niveau du colon.
- préférer des petits repas : même si on choisit seulement des bons aliments, il ne faut pas
abuser des bonnes choses... En effet, lorsque l'estomac est surchargé, il est incapable de
malaxer, ce qui n'est pas favorable pour une bonne digestion.
- éviter d'importants efforts physiques ou intellectuels immédiatement après un repas
lourd : le système digestif a besoin de beaucoup d'oxygène, le flux sanguin vers
l'estomac est donc important. chercher le calme, faire une sieste... (toutefois, en cas de
flatulence, la sieste est déconseillée).
- un produit vivement recommandé pour assurer une activité intestinale correcte : une
cure de jus de légumes lactofermentés, un petit verre le midi et le soir avec le repas.
La plupart des légumes sont lactofermentables (ail, betterave, carotte, céleri,
champignons, tous les choux, concombre, courgette, haricots, haricots verts, navet,
oignon, petit pois, poivrons, potiron, radis, endives, tomate...) ainsi que certains
agrumes (citron, orange).
ENERGETIQUE :

- des techniques de cuisson énergétiques : des aliments cuits à la vapeur et à


l'eau sont préférables aux aliments crus ou bien cuits.
- soutenir le niveau énergétique de l'organisme avec thérapies telles que :
ostéopathie, thérapie craniosacrale, acupuncture, bio-résonance, thérapie
respiratoire... : l'objectif est acquérir de l'énergie supplémentaire nécessaire
pour se libérer du stress, des pensées négatives, d'émotions et d'angoisses
anciennes.

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