Bonjour, je m’appelle Mathurin Le Bras et je suis élève au lycée de l’Iroise.
Depuis toujours, je suis passionné par les sports nautiques, c’est pourquoi
lorsque j’ai découvert l’apparition des foils il y a quelques années, j’ai été
fasciné par cette nouvelle technologie. Lors de la célèbre course « Arkea Ultime
challenge » qui s’est déroulé en ce début d’année au départ de Brest, on a pu
constater que tous les bateaux étaient équipés de foils, pour leur permettre
d’aller plus vite. J’ai donc choisi de traiter la question suivante : «Peut-on
battre de nouveaux records de vitesse en sport nautique à l’aide d’un foil ? »
Cette question est donc en lien avec la spécialité Physique-Chimie que j’ai
choisi cette année. Pour répondre à cette question je développerai mon oral en 3
parties :
- dans une première partie, je décrirai les phénomènes physiques permettant
l’envol d’un foil.
- dans une deuxième partie nous verrons comment un foil peut maintenir son
vol au-dessus de l’eau.
- enfin, en troisième partie je conclurai en me questionnant sur l’intérêt d’être
équipé ou non d’un foil pour battre des records de vitesse. Si c’est le cas, nous
verrons dans quelles disciplines en particulier.
I) Les phénomènes physiques
Nous allons utiliser le cas d’un foil de planche à voile. Si l’on ne devait garder
qu’un seul phénomène physique pour voler, ce serait sans aucun doute la force
de portance. C’est un phénomène essentiel dans le vol de l’aile qui nécessite
que le débit volumique soit constant, c’est à dire que les molécules d’eau soit
toujours au même niveau.
Nous utilisons donc l’équation suivante :
Dv = ^V = cste
^T
Cette équation nous permet donc de
montrer que le débit volumique est
constant, et donc que les molécules
sont toujours au même niveau avant
comme après le passage de l’aile d’un
foil.
On s’aperçoit qu’un foil est bombé sur le dessus, de ce fait lorsque le foil arrive
avec une certaine vitesse, les molécules d’eau passent sur la partie haute ou
basse du foil. En passant sur la partie haute, la longueur noté ici L’ étant
supérieure à la longueur L, les molécules doivent dans un même intervalle de
durée, traverser une distance plus importante que si elles étaient passées sur la
partie basse du foil. C’est ici qu’entre en jeu l’équation de Bernoulli : une
équation de la mécanique des fluides selon laquelle lorsque la vitesse du fluide
augmente, la pression diminue.
De cette manière, il y a donc moins de molécules d’eau sur la partie supérieure
du foil que sur la partie inférieure. La pression est donc plus importante sous le
foil, ce qui créé un phénomène de surpression. A l’inverse, sur la partie
supérieur du foil, on constate un phénomène de dépression. Ainsi, il est plus
simple pour le foil de « voler » car la surpression a pour effet de pousser le foil
vers le haut, tandis que le phénomène de dépression, a pour effet de facilité
l’envol de ce dernier.
II) Cas concret et vol stable
Cependant, il n’y a pas que la force de portance qui s’applique au foil.
R sur le shéma
devra être égal à
Fm
D’autres forces s’appliquent aussi au foil comme Fp la force de portance décrite
précédemment, Fm la force motrice du à l’action de l’air sur la voile, P le poids
et enfin R les frottements avec l’eau.
Dans ce cas :
- Fp et P (sur Oy) se compensent ainsi que Fm et R (sur Ox)
- donc le mouvement est bien rectiligne uniforme, selon Newton on a donc :
De cette manière, nous obtenons les 2 équations suivantes, celle de la vitesse de
vol stable et celle de la force motrice nécessaire pour y parvenir.
III) Comment battre un record de vitesse ?
Après avoir expliqué comment s’envole et vole une planche équipée d’un foil,
nous pouvons nous demander quelles sont les conditions nécessaires pour
permettre à une planche de battre des nouveaux records de vitesse.
A l’aide des formules précédentes (vol stable et force motrice), il est possible de
déterminer les différents critères nécessaires pour permettre à la vitesse du foil
d’augmenter considérablement. En effet, on remarque au dénominateur de la
formule du calcul de la vitesse, la surface S immergée. On pourrait donc
augmenter la vitesse en diminuant la surface des ailes (et de la même manière la
masse du système). Cependant, cela nécessiterait une force motrice encore plus
importante. Tout aussi contre intuitif, on pourrait aussi augmenter la vitesse en
alourdissant la planche, cependant la force motrice se devra donc d’être elle
aussi plus importante.
On pourrait donc ainsi penser qu’à l’aide d’un foil permettant à la planche de
voler, il serait possible de battre de nouveaux records de vitesse. Mais alors
pourquoi ces records tiennent-ils toujours dans certaines disciplines et pas dans
d’autres ? Dans quelles disciplines un foil peut-il donc permettre de battre de
nouveaux records ?
La raison est simple : les frottements de l’eau avec la planche deviennent à
partir d’une certaine vitesse plus faibles sans foil qu’avec foil. Lorsque l’on
regarde par exemple les records de vitesse en planche à voile, on s’aperçoit que
seul l’arrière de la planche est en contact avec l’eau. En effet, à grande vitesse,
les frottements de l’eau sur la planche sont considérablement limités.
Cependant, en utilisant un foil, que la vitesse de la planche soit importante ou
non, on ne remarque pas de différence de surface immergée considérable, à
partir d’une certaine vitesse, la surface immergé d’un foil devient donc bien
plus importante que la surface immergé d’une planche sans foil.
C’est pourquoi l’utilisation de ce dernier devient défavorable à l’atteinte de
nouveau records dans certaines disciplines.
Pour conclure, on a donc vu qu’un foil peut s’envoler grâce à la force de
portance et aux principes de la mécaniques des fluides, mais aussi qu’il peut
rester en vole grâce à la première loi de Newton et au principe de compensation
des forces. Ainsi, bien que le foil offre une nouvelle façon de naviguer, ce
dernier ne peut permettre dans tout les sports nautiques de battre de nouveau
records de vitesse, tant que nous n’aurons réussi, à une vitesse importante à
avoir une surface immergé inférieur avec foil que sans, comme on pu nous le
prouver les ultimes utilisés pour la course « arkea ultime ».