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Kant

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I.

Faire mon devoir me rend digne d’espérer être


heureux

3.1. Le devoir doit être accompli pour lui-même de manière


désintéressée

Comment choisir les maximes de son action, quand on a le temps de déterminer la loi morale
qui doit les régir ?

Emmanuel Kant (1724-1804). Vit à Königsberg (Prusse orientale).


Se caractérise par son rigorisme moral. Anecdote de la promenade et de la révolution française.

Kant pose la question des limites de nos facultés, en particulier lorsqu’elles tentent de poser
des principes a priori.
A priori = ce qui ne peut qu’être pensé, jamais expérimenté.
A posteriori = ce qui peut être expérimenté par les sens.
Exemple: a priori, personne ne peut deviner la couleur d’un chat. Mais je peux savoir a
priori que la somme des angles d’un triangle fait 180°.

Pose trois questions:


1. Que puis-je savoir a priori ? => Critique de la raison pure
2. Que dois-je faire ? (En le déterminant a priori) => Critique de la raison pratique,
Fondements de la métaphysique des mœurs
3. Que puis-je espérer ? => Critique de la faculté de juger, La religion dans les limites de
la simple raison

Ici: comment puis-je savoir a priori ce que je dois faire, en dehors de toute considération de
situations concrètes ou même hypothétiques ?

Ce que nous cherchons: la loi morale universelle qui me permette de déterminer les maximes
de mes actions en particulier.
- Loi morale = règle universelle et objective d’après laquelle je peux me déterminer.
- Maxime = règle particulière et subjective dans laquelle je retranscris la loi morale
universelle telle que je la formule.

Il faut donc que je détermine la loi morale universelle qui servira de principe aux maximes de mes
actions.

Texte a) Fondements de la métaphysique des mœurs

« Toute chose dans la nature agit d’après des lois »


= loi de la causalité, celles que la physique, la chimie, la cosmologie, etc essayent de
découvrir.
Les lois de la nature lient les êtres et les choses: nous n’avons pas le choix de refuser la loi
de la gravité.
Exemple: le prédateur et la proie ne peuvent pas échanger leurs rôles parce qu’ils en ont le
désir.
Donc: il y a un ordre naturel qui déterminer les relations entre les êtres et les choses de
manière nécessaire.

Cependant, quand nous agissons par devoir, nous ne sommes pas poussés par autre chose que
la représentation que nous nous faisons de ce devoir.
= représentation de la loi morale.
Représentation, car: ce n’est pas un être sensible, mais une image que nous avons dans
notre pensée.
« Il n’y a qu’un être raisonnable qui ait la faculté d’agir d’après la représentation des lois ».
Cependant: ceci ne signi e pas que nous agissons toujours d’après la représentation de
ces lois. Parfois, nous ne faisons pas ce que nous savons être notre devoir (trouver des
exemples).
Mais: nous en avons la capacité, parce que nous sommes libres.
D’où: pour penser le devoir, nous devons penser notre liberté (rappel de l’introduction).
Sinon, le devoir est un besoin ou une loi causale de la nature.

Dès lors: nous n’e ectuons notre devoir que parce que nous nous représentons que c’est ce qu’il
faut faire.
= nous faisons notre devoir parce que c’est ce que nous voulons faire.
D’où: importance de la volonté, de l’intention.
Pour Kant: faire son devoir, c’est avoir la volonté libre de le faire.
Car: il n’est pas possible de contrôler notre action elle-même; en revanche, faire son
devoir, c’est avoir l’intention d’agir conformément à la représentation que nous nous
faisons de ce devoir, sans se laisser in uencer par d’autres considérations, comme des
considérations d’utilité.

* VOLONTÉ Faculté de se déterminer d’après des représentations

Donc: il est toujours possible de faire son devoir, puisque nous sommes toujours libres de
vouloir le faire.
Kant: qu’est-ce que le bien ? C’est la bonne intention (volonté de respecter la loi morale),
accompagnée des meilleurs actions possibles (application d’une maxime cohérente avec
la loi morale).

Or, « pour dériver les actions des lois, la raison est requise ».
Rappel du schéma des facultés:
- Intuition sensible: le phénomène que nous transmettent nos sens. Se distingue de
l’apparence. Le phénomène est un donné, il n’est pas trompeur en soit.
- Entendement: faculté qui uni e le divers de l’intuition sensible sous un concept.
- Raison: faculté des principes, uni e les concepts de l’entendement. La raison est ce qui
cherche ce qui est nécessaire pour que le possible soit possible.
Donc: la raison pure cherche l’inconditionné = ce qui est toujours valable, sous
tous rapports, quelles que soit le particularisme de la situation.
Pour se représenter la loi morale, il faut chercher les principes de nos actions.
Donc: c’est la raison qui détermine les principes moraux.
Pratique = tournée vers l’action (par opposition à pure = tournée vers la métaphysique)

Que se passe-t-il si la maxime de nos actions est toujours déterminée par la raison ? (« Si la
raison chez un être détermine infailliblement la volonté »)
Alors: la raison ne peut penser que sous un prisme universel et objectif.
Donc: ce qu’elle prescrit sera universel et objectif (= indépendant du point de vue du
sujet).
Mais: la personne qui obéit à la loi morale sera aussi conscience subjectivement que la loi
à laquelle elle obéit est nécessaire universellement.

Donc: la bonne volonté est une faculté libre, mais qui ne peut que choisir ce que la raison lui
prescrit.
Bonne volonté : ce qui fait coïncider la loi morale déterminée par la raison objective, et les
maximes subjectives de nos actions.
La bonne volonté choisit librement de se soumettre à une loi morale universelle qu’elle aura elle-
même déterminée comme telle.
ff
fi
fi
fi
fl
D’où: bien = action dont la maxime est tirée de la représentation de la loi morale
universelle déterminée par la raison.
La bonne volonté est une condition nécessaire et su sante à la moralité. Le bien, c’est ce qui
découle d’une bonne volonté.

Paradoxe: nous sommes la source de cette loi morale universelle.


Pourtant: elle n’est pas relative à l’individu, puisqu’elle découle de la raison comme faculté de
penser les principes.

Donc: le devoir consiste à vouloir ce qui est « pratiquement nécessaire » = conforme à la loi
morale universelle que nous allons déterminer.
Comment déterminer cette loi morale universelle, a n de connaître notre devoir ?

Texte b)

Thème: pour quelle raison faisons-nous notre devoir ?


Rappel: on ne peut pas nous contraindre à faire notre devoir; si c’est le cas, il s’agit d’une
obligation ou d’une contrainte. Un devoir est ce que nous avons la libre faculté de vouloir
faire ou non.

Cependant, notre conscience morale nous donne des ordres. Ces ordres sont les principes (= ce
qui vient en premier) de nos actions.
Ces ordres doivent être objectifs, puisque la loi morale que nous cherchons est
universelle.
Il doit être un « commandement (de la raison) », en ce sens où notre conscience morale ne
doit pas nous donner le choix.
Kant: un commandement de la raison pratique est un « impératif » = tu dois !

En allemand, plusieurs verbes modaux, dont:


- müssen = obligation relevant du besoin. Je n’ai pas d’autre choix que de remplir ces
obligations.
- Sollen = commandement donné par notre devoir. Je peux librement choisir de suivre ces
commandements ou non.

Tous les impératifs sont formulés par ma raison.


Pourtant, je suis libre de les suivre ou non.
Donc: l’impératif indique « le rapport d’une loi objective de la raison à une volonté »
subjective, c’est-à-dire contenue dans le sujet.

Donc:
- Nous déterminons par notre raison une loi morale universelle, nécessaire et objective.
- ET: nous choisissons subjectivement d’y soumettre notre volonté.
Les commandements de la raison ne sont cependant pas toujours du même ordre. Pour
généraliser, nous agissons librement pour deux causes possibles.
1. Nous agissons en vue d’un but. Pour obtenir ceci, il faut faire cela.
2. Nous agissons sans vue d’un but. « Pourquoi fais-tu cela ? » « Pour faire cela ».

Distinction:
- Impératif hypothétique = moyen en vue d’une n réelle ou possible. Nécessaire
subjectivement (exemple: technique ou prudence)
- Impératif catégorique = bon en soi, ordonne sans condition, nécessaire objectivement,
en dehors de toute expérience.

De quelle catégorie relève la loi morale universelle ?


=> impératif catégorique
fi
fi
ffi
L’impératif catégorique explique pourquoi nous ne faisons pas toujours les choix
utilitaristes. Il y a une autre considération qui les dépasse.
La loi morale est un impératif catégorique synthétique.
Rappel: synthétique / analytique.
Synthétique car: relie loi et volonté, donc ajoute ce qui ne se trouve ni dans l’un ni dans
l’autre.
Mais: les maximes sont des impératifs hypothétiques analytiques, car contenus dans les
concepts visés comme n.

Nous devons faire notre devoir pour faire notre devoir, parce que notre détermination de la loi
morale universelle nous le commande.
D’où la question de la charité ou de la bienfaisance.
Question: quand pouvons-nous dire que nous n’agissons pour aucune autre raison que la
volonté de faire notre devoir ?

Texte c) Le contenu formel de l’impératif catégorique

Si nous voulons agir d’après la représentation de la loi morale universelle, alors, d’après quelle loi
devons-nous agir ?

Nous cherchons une loi morale universelle qui résolve l’équation:


Maxime subjective = loi morale objective
Principe d’après lesquels le sujet agit = principes d’après lesquels le sujet doit agir
Fait = Droit

Formulation de l’impératif catégorique: « Agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu peux
vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle ».

Donc: il faut se demander à chaque fois: est-ce que mon comportement peut être universalisé
sans contradiction ?
Exemple de Kant: le fainéant ne peut pas vouloir que ne pas développer ses facultés soit
une loi universelle de la nature.

Remarque: il n’y a pas de loi morale universelle de la nature en soi.


En revanche: nous projetons sur la nature le besoin de notre raison, qui est de concevoir une
case et une n au monde.

Or: cette nalité doit se manifester dans chaque être en particulier, qui re ète donc cette n.
D’où: deuxième reformulation: « Agis de telle sorte que tu traites l’humanité, aussi bien dans ta
personne que dans la personne de tout autre, toujours en même temps comme une n, et jamais
simplement comme un moyen. »
Exemple de Kant: le suicide. Si l’être humain est une n en soi, il a une dignité (= ce qui
n’a pas de prix mais de la valeur). Or, se suicider, c’est se traiter soi-même comme
moyen. En l’occurence: se traiter comme un moyen de fuir cette vie. Cependant, la raison
(et l’humain en général) doit être traitée comme une n en soi, avec une dignité. Donc, on
ne peut pas souhaiter sa disparition.
Exemple: relation avec l’ami. Cf. Aristote.

Synthèse: la loi morale doit être obéie pour elle-même, parce qu’elle nous dicte notre devoir
(= impératif catégorique).
=> il ne faut pas faire son devoir en vue d’autre chose que lui-même. La vertu est sa
propre récompense.
La satisfaction morale prime sur le bonheur. Elle relève de notre volonté et ne dépend pas
du monde qui nous entoure.
=> à chaque instant, nous pouvons faire notre devoir, c’est-à-dire agir conformément aux
prescriptions de la loi morale universelle que nous avons déterminée.
D’où: il ne faut pas faire notre devoir pour être heureux, mais parce que c’est notre devoir.
fi
fi
fi
fi
fi
fl
fi
fi
3.2. Seule la religion permet de relier le devoir au bonheur, par le biais
de l’espérance

Si le devoir doit être suivi pour lui-même, est-ce dire que nous devons renoncer totalement au
bonheur ?

Texte d) La religion seule lie la vertu et le bonheur


« La morale n’est pas à proprement parler la doctrine qui nous enseigne comment nous devons
nous rendre heureux, mais comment nous devons devenir dignes du bonheur ».
Qu’est-ce que la dignité ? Dignité = ce qui a une valeur, mais pas un prix.

La vertu est une condition nécessaire mais pas su sante du bonheur.

Car: le lien entre la vertu et le bonheur ne peut pas être fait par la raison pratique.
Mais: nous pouvons le penser, et il ne présente pas de contradiction.
C’est l’idée que les gentils sont récompensés et les méchants punis.
Or: cette idée d’un lien entre devoir et bonheur n’est pas un lien nécessaire.
Car: nous voyons de nombreux exemples dans lesquels ce lien n’est pas fait: des
méchants heureux et des vertueux punis.
Donc: agir selon son devoir, c’est espérer se rendre digne d’être heureux, sans que ce bonheur
soit issu de la chance comme il l’est pour les méchants.

L’espérance relève de la religion.


Car: elle peut avoir un fondement dans la raison (puisqu’il n’est pas irrationnel d’espérer
que devoir et bonheur soient liés)
Mais: il n’est pas possible de le démontrer, ni d’en faire une relation nécessaire.
Or: étymologie de religion = relier.
La religion pour Kant est le moyen de relier les impératifs catégoriques formulés par
la raison pratique et l’espérance du bonheur.

Donc: la religion est une continuation de la morale.


= Kant redonne à la foi sa véritable place, dans ce qui unit la vertu au bonheur, par
exemple dans l’espérance d’une récompense après la mort.
Car: la vie après la mort est une idée a priori, puisque nous ne pouvons pas en avoir
d’expérience sensible.
Donc: nous ne pouvons rien en savoir.
Mais: nous pouvons y croire, parce que le concept ne présente pas de contradiction.

« Il suit de là que l’on ne doit jamais traiter la morale comme une doctrine du bonheur »
Car: la morale n’a pas vocation à nous rendre heureux de manière nécessaire.
Le devoir est la condition sine qua non (condition nécessaire) à l’obtention du bonheur.

« L’espoir du bonheur ne commence qu’avec la religion »


La morale ne traite que du devoir, et non des désirs (au sens des désirs de Calliclès, désirs
des choses ou des êtres) ni du bonheur.
Mais: en étudiant la loi morale universelle, je ne peux qu’avoir le désir moral de lui obéir.
Parce que: ma raison exige que soient unies en une nalité unique la nature et la morale.
Car: la raison ne peut pas penser la nature ni la morale sans envisager une cause
première.
Mais: elle n’est pas capable d’unir les deux.
Sauf si: elle postule un être suprême.
Mais: ceci démontre la nécessité pour nous de penser un principe au monde, mais
pas l’existence de ce principe.
Donc: ce n’est que quand on pense la religion (= l’existence d’une cause première et d’une n
dernière) qu’on peut relier devoir et bonheur.
fi
ffi
fi

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