LA RELIGION
La religion :
• Ensemble de dogmes officiels, vérités révélées mais transcendantes car elles viennent d’en
haut, par l’intermédiaire de Prophètes (la vérité nous est donnée).
• Ensemble de rites et de pratiques (comportements, commandements).
• Adhésion intérieure de la personne, croyance = la foi.
La religion entraîne des conduites passionnelle (=zèle religieux), mais sans elle il n’y a pas assez de
règles morales ou de cohésion sociale.
Prosélyte : individu imposant par la force sa religion.
Agnostique : Individu doutant que l’existence de Dieu puisse être connue.
Averroès : la foi et la raison sont nécessairement compatibles
La vérité ne peut pas être contraire à la vérité, donc si le texte sacré dit vrai, il ne peut pas être
contraire à ce que notre raison nous fait connaître. Si on trouve une contradiction entre les textes
sacrés et la connaissance naturelle (science ou philo), on doit interpréter différemment le texte sacré.
En effet, à partir d’un même texte, une pluralité d’interprétation est toujours possible.
Durkheim : la religion est collective
La religion est une fonction sociale qui assure la stabilité des institutions et la permanence de la
société. « La religion est une chose éminemment collective », elle renforce les liens sociaux et créée
une inébranlable solidarité dans une communauté. Exemple : les rites religieux (cérémonies, prières
en groupe, fêtes). De plus, les doctrines religieuses conduisent des règles morales qui offrent une
cohésion et un ordre social.
Comportement : la sagesse de la religion
Les vrais croyants manifestent une acceptation sereine des évènements, et montre une forme de
tranquillité face à l’œuvre de Dieu, réservant peut-être un plan meilleur. La confiance en la volonté
supérieure tranquillise les coeurs pour dépasser les épreuves et dont le but ultime est la sagesse face
aux épreuves ici-bas pour la récompense là-haut : « Ton Dieu marchera lui même avec toi, il ne te
délaissera point » Bible, « Ne craignez rien, Je suis avec vous : J’entends et Je vois » Coran, « Dieu est
pour nous un refuge et un appui » Torah.
Rousseau : la religion est ressentie
Il est insensé d’attendre la confirmation d’une Église sur des choses qu’il suffirait de ressentir. Nous
devons séparer le culturel du naturel pour ne garder que la religion naturelle. « J’ai donc refermé tous
les livres. Il en est qu’un seul ouvert à tous les yeux, c’est celui de la nature », la religion est donc
personnelle et naturelle plutôt qu’institutionnelle et dogmatique. Il préconise de revenir à une
religion plus pure et naturelle, débarrassée des superstitions et des rituels inutiles.
Bergson : deux définitions de la religion
- La religion statique est une conservation sociale dont les tabous et les interdits religieux sont
profitables. Elle permet aussi de se prémunir contre l’angoisse de la mort et de s’assurer contre
l’imprévisible.
- La religion dynamique est basée sur l’amour personnel et dynamique à Dieu.
« La religion est une réaction défensive de la nature contre le pouvoir dissolvant de l’intelligence ».
Pascal : les raisons de parier sur Dieu
Il n’y a pas de preuves démonstratives directes de l’existence de Dieu. Dans ce contexte d’incertitude,
nous sommes réduits à parier sur son existence, pour analyser ce qui est raisonnable de supposer. Si
Dieu existe, je gagne le bonheur éternel tandis que si Dieu n’existe pas, je ne perds rien à y croire. Il
faut donc parier qu’il existe.
Voltaire : une religion rationnelle
Il ne s’agit pas de nier l’existence de Dieu, mais de rendre la religion plus rationnelle en la
débarrassant des dogmes insensés. Il prône une forme de déisme : croire en un Dieu créateur qui
n’intervient pas dans les affaires humaines de manière miraculeuse ou surnaturelle. Ce Dieu est
plutôt vu comme l’architecte de l’univers où les lois de la nature émanent de sa volonté. Ainsi,
Voltaire plaide pour la tolérance religieuse et contre ce fanatisme, reconnaissant que la religion a une
fonction sociale et morale positive.
Freud : la religion est une névrose collective
Les rites religieux se rapproches des rites obsessionnels. L’obsession serait comme une caricature de
la religion, qui elle-même est une névrose collective de l’humanité. Le rite religieux est alors une
culpabilité inconsciente, produite par le refoulement des pulsions primaires par la religion, un
refoulement qui est la condition de la civilisation.
Marx : la religion est dangereuse
La religion ne doit pas être comprise comme un phénomène psychique individuel, mais comme
enracinée dans la réalité sociale. La religion est une création de la souffrance du peuple, qui justifie
celle-ci par la promesse du bonheur dans une vie future : elle est « l’opium du peuple » car elle
soulage l’angoisse et la souffrance mais créée en même temps un déni.
Freud : autre socle moral nécessaire
La religion ne doit pas être la seule instance empêchant de mal agir sinon une crise de foi serait une
crise morale.