Comment interviennent les logarithmes dans les perceptions du son ?
I) Présentation orale (5min).
Bonjour je m'appelle Leïla Akerdaoui, je suis en terminale au lycée Faidherbe. Durant cette année,
j'ai étudié les spécialités Mathématiques et Physique-Chimie. J'ai découvert le logarithme cette
année en Mathématiques et l’ai retrouvé dans le chapitre sur l'intensité sonore en physique. Ces
chapitres m’intéressant particulièrement, j'ai choisi, aujourd'hui, de vous montrer comment
interviennent les logarithmes dans les perceptions du son. Pour cela nous étudierons l'histoire du
concept mathématique du logarithme et son lien avec notre manière de percevoir les sons, plus
particulièrement : le niveau d'intensité sonore.
L'oreille est un détecteur de son remarquable puisqu'elle peut capter des sons aussi petits que
10-12/m² (appelé I0, le seuil d'audibilité ou l'intensité de référence). Cette intensité est exprimée en
W/m² car elle correspond à la puissance en Watt portée par l'onde sonore par unité de surface. Ces
ondes sonores sont des ondes de pression sonore qui font vibrer le tympan. L'intensité sonore
maximal qu'une oreille peut capter est 1W/m², cette valeur Imax correspond au seuil de dommage.
On s’aperçoit alors que le domaine d'audibilité de l'oreille est énorme, il y a un rapport de 10 12( soit
des millions de millions) entre le seuil d'audibilité et le seuil de dommage.
Les chercheurs de l’époque étaient alors à la recherche d'une échelle pouvant contenir des valeurs
avec un si grand rapport. Par exemple, une échelle pouvant à la fois mesurer la taille d'un atome de
l'ordre de 10-10m et l'Atomium, représentant la maille conventionnelle du cristal de fer, mesurant
102m. C'est pour cela que l'on utilise l'échelle logarithmique qui permet de représenter sur une
même échelle I0 et Imax.
L'échelle logarithmique est créée par John Napier au XVIème siècle afin de simplifier les calculs
qu'ils avaient à faire à l'époque. En effet, dans plusieurs domaines tels que l'astronomie ou encore le
commerce il fallait faire des multiplications à la main, avec des nombres extrêmement longs. La
notion de logarithme est basée sur la notion d’exposant. De plus face à la grande échelle nécessitée,
Napier utilise la notation scientifique. Soit une fonction telle que y :10x. Ainsi le logarithme
correspond à l’exposant de 10. Par exemple, que le logarithme de 102 est 2. On peut alors dire que
pour tout x, log(10x) = x.
Le terme logarithme vient de deux mots grecs : Logos et Arithmos, signifiant rapport et nombre. Il a
été choisi de regrouper ces deux mots pour exprimer le logarithme car quand on passe d’un
logarithme à un autre, il y a un rapport d’un nombre 10.
En pratique, pour se débarrasser de ces longues multiplications, les chercheurs utilisaient les
propriétés des puissances. D’après ces propriétés, 10a + 10b =10a+b et log (10a × 10b) = a+b. Si on
pose que A= 10a et B=10b, on a bien log(A) =a et log(B)=b. On aurait alors, log(A×B) =log(A) +
log(B). L’objectif est atteint, des multiplications sont maintenant transformées en sommes.
Revenons maintenant à notre intensité sonore. Comme, il y a bien un rapport entre l’échelle
logarithmique, si on considère l’intensité seuil comme l l’intensité initiale, on peut écrire pour toute
intensité : I=x*I0 avec x qui représenté combien de fois on est au-dessus de I0, soit x une puissance
de 10. Grâce à cette écriture, on peut prendre pour unité I0 et introduire une nouvelle échelle
logarithmique. Le seuil d’audibilité devient 100. On retrouve le facteur 10 qui nous permet de passer
d’une puissance à l’autre.
Maintenant, comme intensité sonore perçue par l’oreille, on prend l’exposant de cette puissance de
10. Autrement dit le logarithme de ces intensités sonores exprimées en fonction de I0. On introduit
la fonction y : log(x) avec y le niveau d’intensité sonore et x qui reste la puissance de 10
représentant combien de fois on est au-dessus de I0. On peut ainsi se placer sur une nouvelle échelle
de mesure du niveau d’intensité sonore, où on ne garde que les exposants. Ici, l’unité choisit pour le
niveau d’intensité sonore est le Bel. Cette unité a été choisi afin de rendre hommage à Graham
Bel, un scientifique du 18èmesiècle, qui s’est beaucoup investit dans l’étude de l’audition (d’autant
plus que sa femme et sa mère étaient malentendantes).
Cependant, pour mieux s’adapter aux ordres de grandeurs du niveau d’intensité sonore perçues par
l’humain on travaille en décibel, où 1 bel= 10 dB.
Grâce à cette nouvelle échelle, nous avions exprimera y = log(x) en Bel avec y qui correspond au
niveau d’intensité sonore (noté L). Comme nous travaillons maintenant en décibel, L= 10log(x).
Précédemment, nous avions exprimé la relation I= x*I0, on peut ainsi en déduire que x= I/I0. On
retrouve alors la formule générale pour calculer le niveau d’intensité sonore L= 10log(I/I 0) en dB.