Chaussées Durables pour MetroBus
Chaussées Durables pour MetroBus
R. MARTINEZ
Ministère des Travaux Publics, Gouvernement de la Ville de Mexico, Mexique
[email protected]
J.M. BALAY & Y. BROSSEAUD
Ministère des Transports de France, Laboratoire Central des Ponts et Chaussées, France
[email protected] & [email protected]
RÉSUMÉ
Conçu comme un réseau de transport de passagers en site propre sur des voiries
importantes, le réseau de MetroBus utilise des autobus de caractéristiques spéciales,
lesquels dûs à leur circulation canalisée induisent des efforts très élevés dans les
infrastructures, et notamment dans la chaussée. De plus, la composition très variable du
sol de la Ville de Mexico rend beaucoup plus difficile l’établissement des structures de
chaussées standards de portance suffisante.
Le travail conjoint entre le GDF et le Laboratoire Central des Ponts et Chaussées (LCPC)
a permis l’établissement d’un catalogue de structures de chaussées spécialement
adaptées en suivant la méthodologie française de dimensionnement. Les
dimensionnements résultants sont adaptés aux sols de la Ville de Mexico et sont fonction
de la qualité des matériaux utilisés, prenant en compte leurs performances de laboratoire,
mais également les conditions de leur réalisation sur chantier.
1. LE RÉSEAU DU METROBUS
La Ville de Mexico, avec sa banlieue, est une des zones les plus peuplées du monde avec
environ 20 millions d’habitants [1]. Malgré des réseaux importants de transport traversant
la ville, qui incluent les 12 lignes de Metro, le système de Trolebus (bus électrique semi-
confiné), des bus et des microbus ; le transport public des passagers dans la ville reste
l’un des problèmes majeurs. Depuis déjà de nombreuses années, la circulation des
véhicules particuliers est devenue extrêmement difficile avec des implications très
importantes sur la qualité de l’air et par voie de conséquences sur la santé, la sécurité et
le confort des habitants de la ville.
1
service de transport plus rapide, plus sûre, et mieux organisé, tout en réduisant, manière
considérable, les émissions des gaz à effet de serre [2]. A ce jour, le réseau comporte 3
lignes qui desservent plus de 67 km, avec une capacité de plus de 620 millions de
passagers par jour. Il est prévu d’augmenter la capacité de transport, par la construction
de 2 nouvelles lignes, en 2011.
Depuis la mise en service de la ligne 1, la circulation canalisée des bus très lourds (près
de 40 tonnes de charges roulantes) a entrainée des dégradations rapides et fortes des
anciennes chaussées (non conçues pour ces types de transport), y compris dans les
couches structurelles, et ce, même sur des sites où le sol support présentait une portance
élevée. Pour cette raison, le ministère des travaux publics de la ville de Mexico a
rapidement vu le nécessité d’adapter des structures de chaussées spécialement conçues
pour supporter les charges spécifiques, induises par la circulation des MetroBus.
La grande variabilité de la nature des sols dans la vallée de Mexico pose le problème du
manque d’homogénéité de la portance des plateformes permettant de construire des
structures de chaussées durables. En effet, le centre ville de Mexico repose sur une très
ancienne lagune (zone compressible), où les conditions de sols très saturés d’eau
conduisent à de très faibles résistances mécaniques. Cela impose des traitements
préalables des sols avant la construire les couches de fondations des chaussées.
2
La méthode de dimensionnement rationnelle prend en compte les facteurs suivants:
• le trafic,
• l’environnement (données climatiques),
• la plate-forme support de chaussée,
• les matériaux de chaussée,
• la qualité de la réalisation de la chaussée,
• l’exigence de niveau de service fixée par la maîtrise d’ouvrage, qui est directement
traduite dans le dimensionnement par une valeur de risque de rupture à l’issue de
la durée de service de la chaussée.
2.1. Le trafic
Les chaussées sont dimensionnées vis-à-vis du trafic poids lourds et des véhicules lourds
(par exemple bus, hyperbus, tramways en milieu urbain). Dans les applications routières
et autoroutières, il est exprimé en termes de trafic poids lourd cumulé sur toute la durée de
service de la chaussée (TC). TC est calculé par la formule suivante:
MJA: nombre journalier de poids lourds par sens de circulation sur la voie la plus
chargée à la mise en service (moyenne journalière annuelle),
t: taux annuel de croissance linéaire du trafic,
d: durée de vie, en années.
Ce trafic poids lourds est constitué de combinaisons variables de véhicules ayant des
charges à l’essieu et des configurations d’essieux différentes. La méthode de calcul
implique la conversion de ce trafic composite TC, en un nombre cumulé d’essieux de
référence, NE, équivalent au trafic cumulé TC en terme d’endommagement de la
chaussée. En France, l’essieu conventionnel de référence est l’essieu isolé à roues
jumelées de poids total 130 kN (32.5 kN par roue). Le coefficient d’agressivité moyenne du
trafic (CAM) permet d’effectuer cette conversion:
L’agressivité CAM des essieux est déterminée de façon théorique. Le calcul nécessite la
connaissance statistique des différentes configurations d’essieux, et des charges
associées, constituant un trafic lourd donné. Ces données sont généralement fournies par
les systèmes d’analyse du trafic lourd (comptage et pesage) équipant les différents
réseaux routiers. Pour chaque type d’essieux (simple, tandem et tridem), ces données
sont traduites en histogrammes pourcentage d’essieux versus charges sur essieux.
Sur le réseau national, les études d’analyse du trafic lourd sont mises à jour
périodiquement, et les coefficients CAM correspondent à des valeurs moyennes
nationales. L’agressivité ne s’exprime pas par une relation unique. En effet les valeurs de
CAM dépendent, outre la composition trafic, du matériau et de la structure de chaussée
(souple, bitumineuse épaisse (cas du présent article), semi-rigide (grave traitée aux liants
hydrauliques), rigide (béton de ciment)).
3
2.2. L’environnement - les données climatiques
La température influence le comportement des différents types de chaussées:
• par son influence sur les caractéristiques mécaniques des matériaux bitumineux, en
raison de leur comportement thermo-visco-élastique,
• par les variations d’ouverture des fissures dans les matériaux traités aux liants
hydrauliques ou bétons de ciment, qui accompagnent les variations cycliques de
température,
• par les déformations de cambrure des dalles dues aux gradients thermiques dans
les chaussées rigides.
Pour les matériaux bitumineux, les calculs sont faits en considérant une température du
matériau de chaussée constante, appelée température équivalente. En France
métropolitaine, la température équivalente utilisée pour les dimensionnements courants
est de 15°C, valeur résultant d’histogrammes types de distributions annuelles des
températures dans les chaussées bitumineuses. Pour le dimensionnement outre-mer ou
dans des pays étrangers, une valeur différente sera a priori utilisée, en fonction du climat
considéré. Dans la présente étude du Métrobus de Mexico, la valeur de température
équivalente adoptée sera de 20°C.
4
2.5. La qualité de la réalisation des travaux de construction
La méthode de dimensionnement s’applique à des situations pour lesquelles les
prescriptions et les règles de l’art concernant la fabrication et la mise en œuvre des
matériaux sont totalement respectées. Cependant, elle permet d’intégrer des écarts entre
les épaisseurs nominales des couches de matériaux et les épaisseurs réellement mises
en œuvre. Ceci s’effectue à partir d’hypothèses sur les dispersions d’épaisseur, issues
des observations sur chaussées. Les performances en fatigue des matériaux traités sont
également caractérisées par leur dispersion statistique (voir plus bas, paramètre SN).
• d’une part, les sollicitations créées par le trafic dans les différentes couches de
matériaux. Cette évaluation repose sur un modèle théorique dans lequel la
chaussée est assimilée à un massif multi-couche, semi-infini, en adoptant pour les
matériaux un comportement linéaire-élastique et isotrope.
• d'autre part, les sollicitations admissibles par les matériaux constituant la chaussée,
vis à vis de l’endommagement par fatigue.
5
avec:
b: pente de la droite de fatigue,
ε6: déformation de traction par flexion pour laquelle la rupture est obtenue sous 1
million d’applications du chargement, dans les conditions 10°C, 25Hz.
Les résultats des essais de fatigue se caractérisent par la forte dispersion des résultats,
qui est décrite par l’écart type δN sur le logarithme de N.
où kθ, kc, kr et ks sont des coefficients pondérateurs qui seront explicités plus bas dans ce
document.
Par ailleurs, pour les matériaux bitumineux, les valeurs des modules d’Young tiendront
compte de la vitesse de circulation en milieu urbain, réduite par rapport aux vitesses sur
routes ou autoroutes. Ceci sera réalisé en adoptant pour le choix des modules, une
fréquence plus faible que celle de 10 Hz qui est utilisée pour les dimensionnements
courants. Compte tenu de l’expérience acquise, sur des études de calcul d’ouvrage de
6
nature comparable, la valeur 5 Hz sera retenue pour la présente étude. Elle correspond à
des vitesses de circulation des véhicules comprises environ entre 20 et 40 km/h.
3.2. Trafic
3.2.1. Calcul de l’agressivité d’un véhicule de transport urbain.
Connaissant l’histogramme de charges par type d’essieu pour un trafic donné, son
agressivité est donnée par le coefficient CAM:
avec:
NPL: nombre configurations de chargement considérées.
K: coefficient caractéristique du type d’essieu (simple, tandem, tridem, .)
nij: nombre d’essieux élémentaires de type j et de classe de charge Pi.
Toujours selon les recherches menées (manège de fatigue des chaussées de Nantes) et
de l’expérience acquise, son calcul repose sur le calcul, à l’aide du modèle mécanique, du
profil en travers des sollicitations supportées par le matériau, et sur la donnée de
l’histogramme de balayage latéral standard du trafic. Le calcul du coefficient d’agressivité
additionnelle CAc s’effectue en appliquant le principe d’additivité des dommages (principe
de Miner), son expression est la suivante:
avec:
i: indice d’une série finie décrivant l’excentrement latéral de la charge par rapport à
l’axe longitudinal moyen de circulation,
σi: sollicitation dans le matériau, correspondant à l’excentrement d’indice i de la
charge,
pi: pourcentage du trafic appliqué avec l’excentrement d’indice i.
7
Dans les parties en courbe de la voie ou dans les zones d’accélération ou de freinage, la
chaussée supporte des sollicitations de nature tangentielle, additionnelles à celles
supportées en situation courante (alignement droit et vitesse constante). Comme cela est
le cas pour le dimensionnement des structures routières, et notamment des chaussées
urbaines, nous considèrerons que les effets de ces efforts additionnels se limitent à la
couche superficielle de roulement, et qu’ils sont sans influence sur le dimensionnement
structurel de la chaussée (couche de base et couche de fondation), en raison de la forte
diffusion des contraintes tangentielles dans l’épaisseur de la structure. Dans ces zones
particulières, une attention particulière devra donc porter sur le choix de la couche de
roulement pour les structures bitumineuses (principalement vis à vis des risques
d’arrachement et d’orniérage).
Les caractéristiques du Métrobus (charges sur essieux élevées), le trafic intense et son
extrême canalisation en site propre nécessitent de la part des matériaux bitumineux un
très haut niveau de performance vis-à-vis de l’orniérage et vis-à-vis de l’endommagement
par fatigue.
• en assise de chaussée:
o grave- bitume de classe 4 (GB4): cette solution ne sera pas étudiée dans le
présent travail.
o ou enrobé à module élevé de classe 2 (EME2). Ce matériau est, grâce à
l’utilisation de liant dur, le matériau bitumineux le plus performant, autorisant
des dimensionnements de chaussées légèrement réduits par rapport aux
graves bitumes, et présentant une très bonne résistance à l’orniérage et
meilleure que celle de la GB4.
• en couche de roulement:
o en section courante: béton bitumineux semi-grenu de classe 3 (BBSG), ou
béton bitumineux à module élevé (BBME). Seule la solution BBME sera
étudiée ici, car plus efficace en terme de réduction des contraintes
mécaniques.
o au droit des stations et dans les zones critiques (rampes, décélération et
accélération, courbe à faible rayon) présentant des risques élevés
d’orniérage: l’utilisation d’enrobés drainants percolés au coulis de ciment de
4 cm d’épaisseur (produit non normalisé) est une solution à examiner. De
plus, cet enrobé percolé permettrait de bien différencier visuellement les
zones de station, avec une sécurité accrue.
L’enrobé à module élevé de classe 2 (EME2) est composé à partir d’un bitume dur
(classes 10/20, 15/25 voire 20/30) ou par l’emploi d’additifs (de nature à durcir le bitume),
et d’un squelette granulaire particulièrement résistant et structuré pour assurer une très
bonne résistance aux déformations. La dimension granulaire maximale est souvent de
14 mm, pour conférer une excellente homogénéité au mélange, permettant un très bon
compactage, uniforme sur toute la gamme d’épaisseur retenue: 7 à 12 cm. Pour
compenser le caractère fragile du liant, l’épaisseur de film de liant est augmentée, voisine
de celle adoptée pour les enrobés de surface (dosage moyen proche de 6%). Cela
confère au mélange une très bonne compactibilité, un bon remplissage des vides,
8
conduisant à un très bon comportement en fatigue. Cet enrobé EME2 est le matériau
bitumineux le plus performant sur le plan du des dimensionnements de chaussées à fort
trafic, canalisé, et agressif. De plus, il présente une très bonne résistance à l’orniérage, la
plus élevée des matériaux bitumineux structurants.
On rappellera que l’origine de ce matériau remonte aux année 1985, où il fut mis au point
pour réaliser des travaux de renforcement des chaussées à trafic lourd et canalisé en
milieu difficile: milieu urbain. Un guide spécifique décrit les propriétés et usages de ce
matériau [9]. Depuis, ce matériau a fait ses preuves et il est largement utilisé. On estime
qu’il se réalise environ 5 millions de m² d’enrobés EME2, chaque année en France. Son
usage s’est diversifié, avec des applications nombreuses en construction neuve de
chaussées autoroutières, ou de routes nationales importantes, mais également en piste
aéronautiques supportant des charges extrêmement lourdes (Air Bus A380), sur des
zones de quais industriels supportant de charges très lourdes (porte containeurs) et bien
évidemment sur des transports en commun par bus spéciaux, en site propre, comme en
région parisienne ou à Nantes pour la ligne de Bus Way.
L’expérience française acquise au cours de ce dernier quart de siècle sur cette technique
s’est largement exportée à l’étranger, par des transfères de technologie, nécessitant
l’adaptation de ces produits aux contextes différents en terme de climat, charge et
matériaux disponibles. Les exemples d’application sont nombreux depuis environ une
petite dizaine d’années en Europe (Belgique, Royaume Uni, Suisse, Espagne, Italie,
Pologne, République Tchèque,\) et plus récemment en Afrique du Nord, mais également
en Chine, au Brésil. Les résultats sont également très encourageants.
Le béton bitumineux à module élevé (BBME) sera de classe 3 afin de présenter les
meilleures performances à l’orniérage: son épaisseur d’application optimale est de 5 à 7 m
par couche, pour bien résister aux efforts tangentiels de cisaillement au niveau de
l’interface. La rugosité de cet enrobé est plutôt fermée, ce qui permet un bon transfert de
ces sollicitations, en réduisant le risque d’arrachement. Toutefois, elle reste suffisamment
importante (Sand patch test voisin de 0,5 mm) pour offrir un niveau d’adhérence
satisfaisant pour de bonnes conditions de freinage par temps de pluie.
9
4.1. Choix de la couche de surface
4.1.1. Matériaux proposés en section courante
La couche de surface comprend:
La canalisation totale des véhicules Métrobus nécessite a priori de la part des matériaux
bitumineux, de très bonnes performances vis-à-vis de l’orniérage. Il n’existe pas à ce jour
de modèle prédictif du comportement à l’orniérage des matériaux bitumineux (alors que
ces modèles existent pour prédire l’endommagement par fatigue des matériaux de
chaussées).
La couche de surface n’intervient que par son épaisseur totale dans le dimensionnement
de la chaussée. Le choix du type de revêtement résulte en général d’un compromis entre
les deux objectifs suivants:
10
notamment fait ses preuves dans les applications urbaines, par exemple à Paris pour le
revêtement de stations de bus et à Nantes sur les voies du Busway.
Toutefois, leur emploi généralisé à l’ensemble d’un projet ne nous semble pas réaliste, en
raison d’un coût élevé, de délais d’exécution plus contraignants que ceux des enrobés
classiques, enfin des sujétions de mise en œuvre: travaux par beau temps et soins
particuliers à apporter à la réalisation. Enfin on limitera la mise en œuvre des enrobés
percolés à des longueurs relativement faibles (de l’ordre de la cinquantaine de mètres),
afin d’éviter les risque de fissuration transversale par retrait du matériau.
Pour le choix des matériaux utilisés en couche de roulement et en couche de liaison sur
les sections courantes hors zones sensibles, la valeur de 5% pourrait être retenue comme
profondeur maximale d’ornière mesurée en laboratoire à l’aide de l’orniérieur LPC (sous
30 0000 chargements, température 60°C). A ceci correspond la classe 3 de matériaux au
sens de la norme.
Les propositions de matériaux de couche de roulement ci-dessus seront retenues pour les
calculs de dimensionnement. Au niveau de la mise au point finale d’un projet, des produits
bitumineux anti-orniérants présentant des performances à l’orniérage supérieures à celles
des bétons bitumineux normalisés pourront également être envisagés. Il s’agira
généralement de propositions d’entreprises, validées sur la base d’avis techniques et de
performances à l’orniérage évaluées par des essais sélectifs.
La norme européenne NF EN 12697-22, pour la détermination de la résistance aux
déformations permanentes [10], regroupant 3 matériels d’essai de type orniéreur,
recommande l’usage du matériel grand modèle (orniéreur LPC) pour les enrobés devant
résister à des charges lourdes (essieu supportant une charge supérieur ou égal à 13
tonnes). On recommande donc le choix de ce matériel pour valider les matériaux
appliqués sur les zones sensibles (stations, courbes serrées, carrefours, \), mais
également pour les zones courantes.
11
o Niveau PF2 (50 MPa au minimum).
o Niveau PF3 (120 MPa au minimum).
o Niveau PF4 (200 MPa au minimum).
• En carrefour avec une voirie urbaine moyennement ou fortement chargée, une
plateforme de niveau minimal PF3 sera exigée.
• Les données disponibles ne nous permettent pas de définir les solutions de
traitement des sols en place et de couches de forme traitées ou non traitées çà
réaliser, afin d’atteindre les niveaux de portances retenus ci-dessus.
Un seul type de véhicule Métrobus est considéré dans la présente étude: Autobus
biarticulé Volvo 7300 BRT. En l’absence de données concernant les fréquences et les
histogrammes d’utilisation du système par les usagers, l’agressivité a été calculée en
considérant exclusivement les charges maximales sur essieux, fournies par le
constructeur:
12
4.4.2. Prise en compte de canalisation totale de la circulation
Nous avons considéré, pour caractériser le balayage latéral du trafic routier courant
l’histogramme des excentrements adopté en général, notamment pour la reproduction du
balayage sur le manège de fatigue du LCPC. Les déformations de traction-flexion créées
dans la couche d’EME2 dans l’axe central de la bande de roulement (excentrement nul)
par la charge de référence de 130 kN sont calculées par Alizé. Le coefficient additionnel
Cac traduisant la canalisation du trafic tramways s’obtient selon la démarche décrite
précédemment.
Trafic moyen journalier annuel: MJA= 126 véhicule par jour/par sens
Par ailleurs, nous rappelons que le dimensionnement a été effectué en supposant que
tous les véhicules Métrobus sont chargés à leur poids maximum (nombre maximum de
passagers à chaque passage), soit 40.5 tonnes. A titre de comparaison, le poids total
roulant en charge du Bus Way de Nantes est seulement de 29 tonnes.
13
Ainsi que cela est toujours l’usage en pratique, les valeurs des épaisseurs proposées pour
le matériau EME2 sont arrondies au cm supérieur.
Finalement, les résultats des modélisations ont permit d’établir un catalogue de structures
bitumineuses très complet, adaptables aux différentes situations. Ce catalogue prend en
compte l’utilisation des structures standards (couche structurelle plus couche de
roulement) sur des sols dont la portance varie de 50 MPa (PF2), valeur faible pour une
plateforme de chaussée à fort trafic où un traitement du sol serait à prévoir, jusqu’à
200 MPa (PF4). Les épaisseurs des couches de base construites avec des EME2 (de
performances conforment aux spécifications des normes françaises) varient de 16 cm à
23 cm pour une qualité de réalisation Q1 ou varient de 21 cm à 29 cm pour une qualité de
réalisation Q2.
La couche de roulement est toujours en BBME de 7 cm mais il est possible d’utiliser des
BBSG.
CONCLUSIONS
Sur la base des caractéristiques de charges sur essieux du Métrobus déterminées par le
GDF de Mexico, plusieurs configurations de structures bitumineuses ont été
dimensionnées. La durée de vie des structures prise en compte dans les
dimensionnements est de 30 ans.
Ces types de structures sont usuels et éprouvés en France, notamment dans des
contextes d’utilisation identiques ou très voisins de celui du Métrobus de Mexico.
Les dimensionnements décrits ci-dessus sont probablement sécuritaires. Ils pourront être
l’objet d’optimisation moyennant de la part du GDF de la Ville de Mexico des données
complémentaires concernant:
14
conditions locales propres au chantier du Métrobus. Ce choix devra obligatoirement
intégrer le fait que les EME2 devront être formulés selon la méthode française de
formulation des enrobés (version espagnole disponible au premier trimestre 2011) [10]. Ce
sont des matériaux très exigeants au niveau des composants et des conditions de
fabrication et de mise en œuvre, nécessitant des engins de chantiers et des ateliers de
compactage irréprochables à haut niveau de technicité, et des équipes parfaitement
formées.
RÉFÉRENCES
1. Instituto Nacional de Estadística y Geografía INEGI. (2010). “Censo Nacional de Población y Vivienda
2010”.
2. Secretaría de Obras y Servicios del Gobierno del Distrito Federal. (2010). “MetroBus. Movilidad de
Vanguardia”. pp 1-13.
3. Laboratoire Central des Ponts et Chaussées. (1994), "Conception et dimensionnement des structures de
chaussées: Guide technique". pp 260.
4. Laboratoire Central des Ponts et Chaussées. (1992), "Le Guide technique Réalisation des remblais et
des couches de forme: Guide technique". Vol. 1 et 2. pp 200.
5. AFNOR. Norme NF EN 12697 -1 a -43. “Mélanges bitumineux - Méthode d'essai pour mélange
hydrocarboné à chaud”.
6. AFNOR. Norme NF EN 13108 -6 a -21. “Mélanges bitumineux - Spécifications des matériaux”.
7. AFNOR. Norme NF 98-150-1 “Enrobés hydrocarbonés – Exécution des assises de chaussées, couche
de liaison et couche de roulement”.
8. Centre d'études sur les réseaux, les transports, l'urbanisme et les constructions. (2000).
“Dimensionnement des structures des chaussées urbaines - Méthodologie de conception d'un catalogue
adapté au contexte local”. pp 58.
9. Guide technique SETRA – LCPC (novembre 1988) - Renforcement en enrobés à modules élevés en
traversées d’agglomérations
10. Guide de formulation des enrobés – LCPC (mars 2011) - Manual de ayuda a la formulación de mezclas
bituminosas
11. AFNOR. Norme NF EN 12697-22, “Mélange bitumineux - Détermination de la résistance aux
déformations permanentes“
15