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Sagesse Retrouvée

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LE LIVRE DE LA SAGESSE
ET DES VERTUS RETROUVÉES
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JEAN GUITTON
delA
' cadémiefrançaise
JEAN-JACQUES ANTIER

LE LIVRE
DE LA SAGESSE
ET DES VERTUS
RETROUVÉES

PERRIN
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©Librairie Académique Perrin, 1998


ISBN, 2.262-01299-7
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ÀMarie-Louise
À Yvette
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«Je n'ai pas peur de parler de morale.


Le mot "morale" a disparu de notre
vocabulaire, comme si c'était un mot
qui faisait peur. La morale civique
commence par la morale tout court. Le
bien et le mal, le respect de l'autre, sont
des valeurs qu'il faut enseigner en tant
que telles, sans aucune réserve. »
Claude ALLÈGRE
Ministre de l'Éducation nationale
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Avant-propos
Faire naître une espérance

Celivre estnéd'une conversationimpromptueavec


Jean Guitton, dans son appartement qui fait face au
jardin du Luxembourg. C'était une de ces somp-
tueuses soirées parisiennes de l'automne, où le soleil
couchant teinte les arbres d'or et de pourpre. Une
émotionintensemesaisit, nonpasàl'idée d'unmonde
végétal qui va mourir à cause de l'hiver, mais d'un
approfondissement en vue d'une prochaine renais-
sance.
Soudain, le philosophe rompit le silence. Des
paroles étranges sortaient de sa bouche. Il disait que
deschoses extraordinaires sepréparaient encemonde
et il regrettait dene plus yêtre quand cela seprodui-
rait. Il parlait demutationdel'espèce humaine.
Fasciné, je contemplai le cher visage de cepresque
centenaire, de ce sage qui m'avait tant apporté. Puis
je vis passer une ombre dans son regard visionnaire.
Inquiet, je demandai :
—Quidit mutation dit souffrance?
Il neréponditpas. Sonregarddemeuraittournévers
l'intérieur. J'insistai :
—Quefaudra-t-il faire?
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Il eut alors ce mot :


— Revenir à l'éthique. S'y accrocher comme à un
radeau dans la tempête. Une nouvelle arche de Noé !
L'éthique. Ce mot ancien souleva en moi des rémi-
niscences scolaires. Aristote, Spinoza ! L'éthique, la
morale, la science des vertus, tout un monde oublié,
mais comme on oublie les fondations d'une maison.
On ne les voit pas, mais elles demeurent, fondement
incontournable, un peu comme Dieu.
«Revenir à l'éthique. »Pendant des semaines, l'idée
mûrit en moi. Puis, avec l'aide d'amis, elle germa. Un
jour, je présentai au philosophe le synopsis du Livre de
la sagesse et des vertus retrouvées. Son visage s'éclaira. Il
sourit. Il revivait sa jeunesse de prof de philo dans un
lycée, à Troyes, à Moulins, à Lyon, plus tard dans les
universités, à Montpellier, à la Sorbonne. Puis il
secoua la tête. Je m'attendais à ce qu'il dise quelque
chose comme : «Je suis trop vieux !»
Il se mit à réfléchir. Enfin, de cette voix haut per-
chée, un peu haletante, où la rapidité de la pensée
essoufflait la parole :
— Oui, il faut parler de la sagesse, fondement des
vertus ; retrouver les sources essentielles. Les faire
jaillir.
Il hésita. Puis il reprit avec force :
— Mais aujourd'hui, on ne peut plus imposer. Il
faut intéresser et faire naître une espérance. Montrer
la vertu comme un beau paysage : un sommet neigeux,
un lever de soleil, ou un coucher, comme ce soir sur
le Luxembourg. La beauté ! La beauté, au fond, et la
bonté, c'est la même chose. J'ai vécu pour cela.
Il dit encore :
— Un petit livre qui ne prétendrait pas apprendre
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quelque chose, mais éveillerait les esprits à cette


sagesse, sans laquelle il n'y a pas de bonheur, ni même
d'existence.
L'enthousiasme me gagnait.
— Un livre d'avenir ! À travers la présentation
d'une sagesse oubliée, exposer les problèmes passion-
nants de ce troisième millénaire, qui n'est sombre que
pour ceux qui démissionnent d'avance.
Il reprit :
— Nous sommes saturés d'information, comme
jamais on ne l'a été. Cette surinformation finit par dés-
tabiliser le mental. Ce qui manque, c'est le jugement,
le discernement, la capacité de dire ce qui est bon et
ce qui est mal. L'art de se conduire, après une synthèse
objective de l'information. Pour cela, il faut acquérir
une sagesse.
C'était parti. Il s'y donnait de tout son cœur, avec
la joie d'un enfant. Il avait retrouvé une raison de vivre
et soudain il s'écria :
— Il me faut réussir ma sortie !
Le travail commença. Je songeais à ce mot d'Albert
Camus : «Jean Guitton apporte de la clarté aux idées
les plus délicates et c'est un effet du grand style. Il met
de la chaleur dans les abstractions et de la passion dans
l'objectivité. C'est un effet de l'âme. »
Enfoncé dans un vieux fauteuil au velours usé, je
l'écoutais.
— Ce qui est le plus en péril à notre époque, ce
sont les attaches qui jadis reliaient l'esprit à la chose,
l'homme à la nature, le fils à la mère, le citoyen à la
patrie, les exercices de l'esprit à l'existence ordonnée,
grise et splendide ; le pays, la terre, la religion vécue
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dans le temps, l'incarnation, en somme, sous toutes ses


espèces et ses formes.
Et les vertus. Non pas la vertu, terme vague, souvent
hypocrite, mais tous ces efforts où le beau, le bien, le
vrai s'incarnent dans une vie humaine, en créant de
l'harmonie entre les êtres et les choses. Il poursuivit :
— Ce qui est refuge, sein, secours, asile, forêt, bois,
terre, tout cela tend à disparaître. Nous n'avons plus
de paix, mais des excès qui se succèdent et se compen-
sent. Le respect, la pudeur, la mesure, la simplicité ont
disparu. Et les mères.
— Pas seulement les mères. Les pères, aussi, et les
maîtres.
— Oui. C'est pour moi un sujet de surprise et d'ef-
froi. À l'heure où sur cette planète l'espèce pensante
passe par une crise sans pareille, la plupart des guides
de la pensée nous proposent un univers absurde, où
tout se terminerait à rien. De nos jours, les peuples
ont soif d'un autre aliment et la jeunesse se lasse du
nihilisme. On ne peut pas vivre et survivre sans raison
de vivre.
Il se leva, contempla avec nostalgie les rayons dégar-
nis de sa bibliothèque. Depuis un an il donnait tous
ses livres, ses trésors ; il se détachait, il tendait vers
l'essentiel. Il en tira un petit volume usé, chercha la
page.
— Dans une lettre écrite à sa mère quelques jours
avant sa mort sur le front de France, le 5 juillet 1914,
Ernest Psichari disait : «La vie est difficile pour l'âme
d'élite qui a le désir de bien faire et qui est seule. »
Et je pensais : «Si la vie est difficile pour l'âme
d'élite et toutes les âmes de bonne volonté, elle l'est
bien plus encore pour tous ceux qui cherchent sans
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le savoir avec au cœur l'aspiration confuse d'un autre


avenir. »
Ce fut un trait de lumière, un appel à poursuivre.
Unir les concepts du philosophe (qui a aussi des émo-
tions) et l'émotion du journaliste qui colle à la vie de
tous les jours, telle était désormais l'ambition de ce
livre.

Où va l'humanité ?
Je n'avais pas oublié l'intuition prémonitoire qui
l'avait fait naître : la mutation. Je demandai :
— Où va l'humanité ?
— Elle est à la veille d'une transformation majeure.
Oui, une mutation. Proposition optimiste. Les pessi-
mistes, quant à eux, pensent qu'elle court à la cata-
strophe, à une autodestruction générale, à un suicide
collectif. C'est dire que la survie de ce phénomène
aléatoire qui s'est emballé, la vie humaine, n'est pas
acquise d'avance, car le progrès moral et spirituel n'a
pas suivi le progrès technologique, matériel et intellec-
tuel. Tenons-nous-en aux faits pris dans le temps en
considérant la dynamique de notre évolution. Il a fallu
cent mille ans à l'homme préhistorique pour créer un
outil et inventer le feu. Tout se passait alors comme
dans les sociétés d'insectes, où rien ne bouge. Puis
l'homme prit son destin en main et inventa le progrès.
Il fallut tout de même cinquante ans pour passer de la
voile à la vapeur. Aujourd'hui, une auto, un avion, un
ordinateur sont dépassés en quelques années.
— Et cela vous fait peur ?
— Cela m'interroge. On assiste à une accélération
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exponentielle du savoir, dans tous les domaines. Grâce


aux moyens de communication de plus en plus
rapides, l'information est devenue instantanée et uni-
verselle. Tout a changé. On est passé de la civilisation
de l'écrit à celle de l'image, bien que l'écrit demeure
l'expression fondamentale de la pensée. Mais le sup-
port du savoir, qui était le papier, fait désormais une
large place au disque laser, un seul CD ROM enfer-
mant deux cent mille pages de livres, accessibles à
tous. Parallèlement, avec la machine, l'automatisation
remplace de plus en plus la main humaine. Et demain,
un homme seul, assis devant son ordinateur, aura
accès à la totalité du savoir.
— Mais il n'y a pas de quoi être pessimiste. Au
contraire !
— Bon en soi, ce processus du progrès technique,
le règne des ordinateurs, la spécialisation à outrance,
l'omniprésence des machines engendrent des nui-
sances qui finissent par mettre en péril la structure
même de nos civilisations : chômage, fossé entre les
peuples qui ont réussi leur décollage industriel et le
tiers monde laissé-pour-compte, pollutions engendrées
par le machinisme, par la recherche du rendement
agricole et par le nucléaire, surarmement des nations,
surpopulation des pauvres face à la régression démo-
graphique des riches, menace du terrorisme, l'arme
imparable des pauvres, on est partout dans le superla-
tif. Et, ce qui est plus grave encore, face au progrès
technique exponentiel, la race humaine ne connaît
presque aucun progrès d'ordre moral.
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Vers une mutation, mais laquelle ?


Il perçut mon angoisse. Il la ressentait lui-même,
comme l'exprimaient sur les murs les visages des phi-
losophes qu'il avait peints : Paul Valéry, Teilhard de
Chardin, Heidegger, Bergson. Il reprit :
— L'humanité est confrontée à une situation qu'elle
n'a jamais connue. On ne sait pas ce qui nous attend
et on n'a pas de modèle pour affronter ce péril. Il reste
très peu de temps pour s'y préparer. Nous entrons les
yeux fermés dans un temps métaphysique. Or cela,
personne ne veut en entendre parler. On préfère
demeurer dans ce que Pascal appelle «les solutions de
divertissement ».
— Est-ce votre réponse à la question : «Où va
l'évolution ?»
— Oui. On constate que le vivant évolue vers une
complexité croissante, accompagnée, chez l'homme,
d'un éveil puis d'un élargissement de la conscience. Je
suis de ceux qui pensent que la plus haute conscience
culmine dans l'expérience mystique.
— On est donc aux antipodes d'une évolution pure-
ment technologique ?
— Je n'en critique que les excès.
Je risquai :
— Les sages suggèrent d'arrêter le progrès, de faire
une pause, pour permettre à la conscience morale de
rattraper son retard.
— S'arrêter ?Impossible, puisque tout le monde n'a
pas tout. Quelque chose, ou quelqu'un, nous force en
coulisse à avancer. Nous avons la démangeaison des
ailes, comme disait Socrate. Nous ne naviguons plus
sur un large fleuve tranquille. Il est devenu un torrent
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resserré entre deux falaises, sans échappatoire possible.


On ferme les yeux, on se bouche les oreilles. Mais les
plus éveillés, sens en alerte, entendent déjà le gronde-
ment de la cascade, le Niagara vers lequel le fleuve Vie
se précipite.
— Vous l'entendez ?
— Oui. Les signes négatifs abondent. Ils montrent
la nécessité de changer. Ils disent : «Cela ne peut plus
durer : les inégalités, l'incapacité de la société qui se
prétend la plus avancée du monde de donner un
emploi à ses jeunes ; les villes inhumaines entourées
de banlieues désespérées ; l'éclatement de la famille,
la dégradation des mœurs, la corruption des édiles, la
violence, le racisme et la haine. Il est significatif que
l'automation, progrès matériel décisif, au lieu de pro-
duire des loisirs utilisés par tous pour se cultiver, pour
vivre en profondeur et découvrir la richesse de notre
monde intérieur, redécouvrir l'amour, produise au
mieux une majorité de gens gavés, abêtis par la télévi-
sion, au pire des laissés-pour-compte, graines de
révoltés, de drogués, de délinquants. J'excepte une
petite minorité d'êtres qui ont su garder et développer
les vraies valeurs.
Je suggérai :
— En fait, ce qui est menacé par ce progrès expo-
nentiel, ce ne sont pas seulement les existences : les
corps, les villes, les nations ; mais aussi les essences.
— Oui. L'essentiel est mis en question. Non seule-
ment notre modèle physique de l'univers, sa vision
mécanique et matérialiste, remise en cause par la théo-
rie quantique ; mais aussi l'amour, la famille, la pro-
création, la vie, l'éducation, la culture, le sens de la
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vie, la définition de la nature humaine et naturellement


Dieu, cause première et dernière.
Pour la première fois, le mot qui le hantait était pro-
noncé. Je risquai :
— Si, comme nous l'espérons, le monde n'est pas
régi par le hasard, on peut se demander pourquoi le
Créateur, qui a autorisé le progrès matériel, ne l'a pas
accompagné du progrès moral, pour éviter la confu-
sion ?
— Chateaubriand a répondu à cette objection :
«Les catastrophes terribles n'ont jamais manqué de
suivre la corruption des mœurs. Dieu a peut-être
combiné l'ordre physique et moral de l'univers de
manière qu'un bouleversement de ce dernier entrainât
des changements nécessaires dans l'autre. » Là est
notre espoir.

Quel est le but de la vie ?


Je posai alors une autre question fondamentale :
— Mais quel est le but de la vie ?
Il hésita longtemps avant de répondre.
— En simplifiant, on pourrait dire que le but de la
vie est la vie elle-même. En tant que créature physique,
animale, j'ai soif d'exister, je recherche la vie, le plaisir,
et je fuis la souffrance, la mort. Mais je suis plus qu'un
animal. En tant qu'homme, être moral, je cherche le
bien : le devoir, la justice, parfois la sainteté. En tant
qu'artiste, je recherche le beau, qui est pour moi la
splendeur du vrai et l'image du bien. En tant que phi-
losophe, ma raison de vivre est le vrai. Les trois phases
de l'idéal sont donc le bien, le beau, le vrai. Un mot
résume tout cela : l'amour.
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— Il est évident que l'amour est le but de la vie !


Mon enthousiasme le fit sourire.
— Mais qui est capable de réaliser le mot sublime
de saint Jean : «Il suffit d'aimer »?
— Les problèmes auxquels l'homme est confronté
sont immenses. Et les questions : quelle est la réalité ?
L'univers est-il une «machine », ou des faisceaux
d'énergie mis en œuvre par une vaste pensée ? Quelle
est la substance de la matière ? Où commencent et où
finissent les frontières qui bornent notre réalité : l'infi-
niment petit dans l'atome, l'infiniment grand dans le
cosmos ? Qui en est le créateur et qui gère le système ?
Quel est le rôle de l'homme dans cet ensemble, le rôle
de la chair, de la matérialité ? Et quelle est la substance
de l'esprit ? Que signifie l'union de l'âme et du corps,
ce mélange —ou cette cohabitation —apparemment
impossibles ? Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt
que rien ? Dès lors, quelle est la signification de l'uni-
vers et de la vie, la place de l'homme dans le cosmos,
ma place, la vôtre ? Et la vie spirituelle, ce sommet
côtoyant cet abîme infini ; la liberté, cette pulsion si
fragile, si menacée ? Faute de pouvoir répondre à ces
questions de base qui découragent l'homme de science
et parfois le philosophe, on est bien obligé de se
rabattre sur cette question pratique que nous posions :
sommes-nous à la fin ou au commencement du mon-
de ? Sommes-nous au seuil du néant ou de l'éternité,
via une mystérieuse mutation ? Sommes-nous les der-
niers ou les premiers chrétiens ? Les derniers ou les
premiers hommes ?
Sur le mur, un portrait de Pascal peint par Jean
Guitton. Dans son regard passaient toutes les interro-
gations de l'humanité. Le philosophe poursuivit :
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— Tout plaide en faveur de la seconde hypothèse,


même si nous ne savons pas encore ce que nous serons
demain. Et puisqu'il est donné à l'homme de choisir
entre l'absurde de la négation et le mystère du oui
consenti à l'amour, je choisis le mystère, je choisis le
Tout plutôt que le Rien, je choisis l'Amour, le plus
grand événement de la condition humaine, la mutation
par excellence, non pas imposée, mais offerte ; je choi-
sis la joie et le bonheur. Je choisis l'existence, cette
essence si vulnérable et pourtant indestructible. Je
choisis la liberté.
— «Je choisis tout !»disait Thérèse Martin.
— Je me prépare ainsi à accueillir la mutation, dans
le désir, le tremblement et l'espérance.

Périr ou muter vers le haut


Cette idée du libre choix entre l'absurde et le mys-
tère me tourmenta toute la nuit. L'emballement du
progrès scientifique, accompagné de la dégradation
des mœurs, ne pourrait pas se poursuivre longtemps
avec la même accélération. Et ils auraient bientôt pour
résultat de faire surgir, dans cette clarté éblouissante
que donne l'abîme, la nécessité d'un choix entre le
néant et l'être. L'humanité n'avait plus que deux voies
devant elle : ou périr ou s'élever, se transformer ; la
jeunesse s'épuiser par le sexe, la drogue, les excès de
toutes sortes, ou redécouvrir l'Amour, source de toute
espérance.
Quand je le revis le lendemain, le philosophe m'ac-
cueillit joyeusement :
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— Il faut d'abord examiner ce qui doit disparaître :


l'éphémère, la mode, les excès ; et ce qui doit appa-
raître. Garder les trésors du passé dans ce qu'ils ont
d'essentiel et de permanent, l'évolution graduelle, la
continuité. Nous adapter à l'éternelle jeunesse des
générations tout en préservant l'essence, et son élan
créateur. Maintenir une certaine idée de l'homme,
comme un pilote la direction du navire dans la nuit ;
sauver et savourer l'essence.
— Soyons clairs. Il n'y a pas une mais deux muta-
tions à venir : promouvoir l'esprit qui doit prendre le
pas sur la matière, et promouvoir l'amour.
— Promouvoir l'esprit par l'amour, et réciproque-
ment. Cette option optimiste, exaltante, implique
notre participation active et personnelle. Étant créés
libres, nous ne serons pas «sauvés »sans nous. Et pour
franchir le seuil fatal, on ne pourra plus s'en tenir à
des solutions de compromis. Il n'y aura que deux
manières de résoudre les problèmes posés par la survie
de notre espèce : la subversion ou la conversion. C'est à
dire l'état de trouble générateur de chaos et de mort,
ou le passage à une organisation du monde enfin har-
monieuse, c'est-à-dire spirituelle et fraternelle ; amou-
reuse.
Je songeai : «Voici deux mille ans, délai infime par
rapport à l'existence de l'espèce humaine, le Christ est
venu, envoyé, dit-on, par les dieux, ou par Dieu
—peut-être était-il Dieu lui-même, épouvanté par les
résultats de sa création —pour nous donner cette clé,
qui s'appelle l'amour. »Je demandai :
— Comment franchir ce passage ?
— Je vous l'ai dit : par un retour à la vertu.
— Ce mot n'est pas très à la mode !
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— Il l'a longtemps été. Il le redeviendra, autant par


goût que par nécessité. Partout dans le monde, l'ar-
gent de la corruption tente d'étendre son empire. Les
vertus sont comme les briques qui composent la
demeure morale.
— Encore un terme qui ne passe pas.
— Il s'agit de savoir si on veut le plaisir ou si on
veut la vie.
— On veut les deux et c'est bien légitime.
— Il s'agit donc de choisir un certain plaisir qui ne
soit pas en opposition avec les lois de la vie et sa mysté-
rieuse finalité. Il s'agit de redonner à la vertu une fraî-
cheur, à la sagesse un dynamisme, à la morale une
splendeur. Les fruits escomptés apporteront la joie.
Qu'on le veuille ou non, il faut faire un choix.
Je murmurai :
— Un choix. Dans la vie, face aux pulsions, nous
sommes en permanence confrontés à des choix où l'on
fait appel à la prudence, à la raison. Selon que le choix
est bon ou mauvais, on récoltera le rire ou les pleurs.
Mais que signifie aujourd'hui la sagesse ?
— Être sage, c'est savoir choisir entre le bien et le
mal, ou tout au moins entre le moindre mal et le plus
grand mal, entre ce qui réussit et ce qui échoue. Savoir
discerner.
— Ce qui n'est pas donné à tout le monde. Pour-
quoi ?
— Le discernement n'est pas donné, il s'acquiert.
Aujourd'hui, le mot «morale » revêt en effet une
consonance négative parce qu'il implique une
contrainte qui semble aller à l'opposé du rêve de
liberté. La difficulté vient de ce que la morale, la règle,
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la vertu, sont les conditions pour accéder à la liberté,


la vraie, et finalement au seul bonheur durable.
— Mais on ne veut pas passer par ces conditions.
Selon le mot de Mai 68, on veut tout, tout de suite et
sans effort et «il est interdit d'interdire ». D'où cette
vague de permissivité. Comment en est-on arrivé là ?
— Pour accéder à l'âge adulte, l'enfant doit penser
par lui-même. Ce passage difficile implique des
remises en cause. On doute un peu, beaucoup. Bref,
on doute.
— Et dans le doute, on ne croit plus à rien.

Le doute engendre la permissivité


Le philosophe jeta un coup d'œil sur un petit
tableau représentant un visage malicieux de femme
symbolisant l'« ambiguïté ». Puis il reprit :
— Il est politiquement à la mode d'être permissif,
c'est-à-dire de ne plus être intransigeant. Aux certi-
tudes religieuses, morales et scientifiques d'autrefois
tend à se substituer une sorte d'inquiétude et d'incerti-
tude. Le doute est aussi à la mode, à l'image des nou-
velles théories de la physique des quanta. Même dans
les Églises on n'enseigne plus une vérité absolue venue
de Dieu, qui valait jadis aux catholiques le reproche
d'intolérance. Certains vont plus loin encore, remet-
tant en cause tout ce qui dans la morale vient de la loi
et des conventions les plus sacrées selon l'apparence :
les liens domestiques, les règles de la conduite entre
hommes et femmes, l'usage des biens, la propriété,
l'éducation, les espérances et les rites de la religion,
l'idée de la dualité humaine et de la faute, en somme
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toutes ces superstructures que l'on confondait peut-


être avec la Vérité.
— Sous prétexte de respect de la personne
humaine, de libéralisme et de liberté, nous allons jus-
qu'à vanter ce que hier encore nous méprisions chez
nos adversaires. N'ont-ils pas beaucoup à nous
apprendre ?
— Mais alors, tout paraît entaché du doute. Nous
avons perdu confiance en ce qui jadis faisait notre
fierté et assurait notre paix, puisque nous possédions
la vérité en plénitude. Et nous avons progressivement
cessé d'y croire : certains points obscurs de la foi ; tout
ce qui dans la morale paraissait attenter à la liberté,
tout ce qui pouvait choquer les gens athées ou
débauchés. N'ont-ils pas eux aussi le droit de vivre
selon leur «morale » à eux, même si elle est égoïste ?
Nous avons rejeté le sens du péché, le jugement divin
après la mort, la nécessité, en tout cas l'utilité du sacri-
fice, l'acceptation de la souffrance. Du moins, si nous
adhérons encore secrètement à ces «vertus », nous
n'en parlons plus.
— Eh bien, parlons-en, sans honte ni complexe.
Notre but sera de suivre le conseil de saint Paul : tout
examiner et garder ce qui est bon, ce qui réussit. On
sortira ainsi du doute rongeur et l'on forgera des carac-
tères adultes, aptes à la vie et au bonheur.
Jean Guitton répliqua avec force :
— Il ne s'agit pas de maintenir à tout prix les pans
vermoulus de la tradition, mais de renouer avec la tra-
dition de la raison, avec le legs de la morale naturelle ;
toute cette fidélité à la tradition antique gréco-romaine
et judéo-chrétienne, qui a donné, dans cette civilisa-
tion occidentale, une part de bien qu'il faut préserver :
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liberté, générosité, droits de l'homme, fraternité, sin-


cérité, justice, honneur, les racines du respect de soi et
des autres, l'amitié. Se refuser à admettre que
l'égoïsme et la médiocrité puissent l'emporter sur
l'amour et sur l'intelligence. Cela exige que l'on
renonce à prendre sa revanche et son repos dans la
critique ; que l'on s'engage soi-même dans ce qu'on
dit et dans ce qu'on fait. Qu'on nourrisse en soi l'expé-
rience du meilleur, que l'on garde comme un bien
sacré le désir d'accomplir de grandes choses en
commun.

Lesjeunes et la morale
Cependant, une question ne cessait de m'interpeller.
— Les jeunes accueilleront-ils ce message ? Lors-
qu'on les interroge, on perçoit chez eux une aspiration
au bonheur, à la vie, mêlée à une profonde angoisse.
— La jeunesse qui réfléchit a toujours été plus ou
moins angoissée.
— Mais elle avait des repères qui lui permettaient
de s'équilibrer. Aujourd'hui, sauf exception (on pense
aux Journées mondiales de la jeunesse), elle n'en a plus
guère. Elle ne reconnaît plus aucun guide, aucun
maître. Alors, les problèmes de la/vie : le travail, la
politique, le monde, l'écologie, lui paraissent inso-
lubles. Quant à la tradition qui avait soutenu ses aïeux,
elle lui semble lointaine, inadaptée aux temps nou-
veaux.
Jean Guitton laissa errer son regard un instant et
répondit :
— La morale apprend à l'enfant que sa liberté
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s'arrête là où commence celle des autres. Autrement,


il n'y aurait pas de vie sociale possible. Ce serait la loi
de la jungle, où le plus fort dévore le plus faible. C'est
un peu ce qui se passe dans certaines banlieues. Lors-
que la morale, les règles du jeu, sont refusées par une
forte minorité de révoltés, la loi de la jungle s'impose.
La société n'est bientôt plus viable, elle va vers son
autodestruction. L'insécurité entraîne la fuite des
cadres, ce qui achève de déstructurer la société. La
révolution, la mutation, c'est de substituer l'amour à
la haine, le don de soi à l'égoïsme. Les jeunes
comprennent parfaitement cela. Ils peuvent être si
généreux lorsqu'ils adhèrent à un grand idéal !
Je risquai :
— Malgré des signes inquiétants de débordements,
il me semble qu'au moins une sorte de morale utilitaire
progresse dans le monde. Étant plus libres, les jeunes
sont moins hypocrites, et certains comprennent que
leur intérêt n'est plus dans le laisser-aller et dans la
combine mais dans un changement radical de menta-
lité. Mais il faut aller plus loin. Semer chez les jeunes
le goût de l'âpre, du fort, du difficile, voire du sacrifice,
n'est pas une tâche impossible, à condition de s'y
prendre tôt, ce qui implique qu'il n'y ait pas de démis-
sion parentale.
— Faire de la morale aux jeunes ne servira à rien si
ce n'est sous-tendu par l'exemple des aînés et par leur
amour désintéressé et discret. L'amour, c'est la clé
pour en sortir, et pour muter.
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Faire de la morale ou donner de l'amour ?


«Aime et tu vivras », dit le Dieu de l'Alliance. Ce
que reprend saint Jean : «Nous savons que nous
sommes passés de la mort à la vie parce que nous
aimons nos frères. »Quand il reçoit un jeune paumé,
un drogué, Stan Rougier se dispose d'abord à l'aimer :
«Intérieurement je me répétais : "Seigneur, donne-
moi de l'accueillir. Fais que je l'aime." Je me rendais
compte que j'allais lui faire de la morale ! »
André Comte-Sponville exprime cette nécessité
vitale de donner et de recevoir l'amour : «Nous
n'avons besoin de morale que faute d'amour, et c'est
pourquoi, de morale nous avons tellement besoin !
Mais nous n'en sommes pas capables, et nous ne res-
sentons ce besoin que par le peu d'amour, fût-ce de
nous-même, qui nous a été donné, que nous avons su
garder, rêver, ou retrouver. »Et il ajoute : «On ne naît
pas vertueux, on le devient, par l'éducation, par la
morale, par l'amour »
De nos jours, les connaissances submergent. Plus
que jamais on aurait besoin non de savoir, mais
d'exemples et d'idées lumineuses et simples, illustrant
des principes directeurs. Il s'agit d'étudier dans l'expé-
rience que nous offre l'humanité quelques points
concrets. Les étudier avec acharnement et espérance.
Nous ne sommes pas deux à écrire ce livre. Nous y
introduisons des témoignages de tous les auteurs qui
nous font partager leur espérance et leur amour. Sans
oublier, ici ou là, le clin d'œil du sceptique, du
1. André Comte-Sponville, Petit traité des grandes vertus, PUF 1995,
pp. 294-297.
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critique, du grincheux, du râleur, tant il est vrai que


l'ombre est inséparable de la lumière. Et si nous
recherchons les trésors de la tradition, c'est dans un
esprit non conformiste.
On y trouvera une sagesse discrète, qui borne ses
affirmations à l'expérience : une sagesse inspirée où
tous les hommes, toutes les femmes de bonne volonté
pourront se reconnaître, et plus particulièrement les
«petites âmes », chères à Thérèse de Lisieux, douces,
austères, discrètes, attentives à bien faire et à aimer.
Saint Paul était conscient de la difficulté de l'entre-
prise, lui qui écrivait humblement : «Je sais que le bien
n'habite pas en moi, je veux dire dans l'être de chair
que je suis. En effet, ce qui est à ma portée, c'est
d'avoir envie de faire le bien, mais pas de l'accomplir.
Je ne réalise pas le bien que je voudrais, mais je fais le
mal que je ne voudrais pas. » (Rom., 7, 18, 19.)
Ce changement profond de soi, c'est cette lutte de
tous les jours, avec des hauts et des bas. Chaque jour,
la vie recommence, pour un nouveau départ, dans la
certitude que le changement du monde commence par
le changement de soi.
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Amour

Mots associés : passion, érotisme, affection, amitié,


tendresse, bienveillance, charité. Antonymes : haine,
indifférence, agressivité.
Citations : «Aime et fais ce que tu veux. La mesure
de l'amour, c'est d'aimer sans mesure. »(Saint Augus-
tin.) «Aimer, c'est se réjouir. » (Aristote.) «L'homme
libre est une nécessité toute pleine d'amour. »
(F. Nietzsche.) «L'amour est au travail, il est infatiga-
ble. »(Milan Kundera.)
Définition : L'amour (du latin amor) est un élan, phy-
sique, sentimental ou spirituel, qui porte un être vers
un autre, en vue d'une jouissance ou d'un don. C'est
le moteur de la vie : il la crée et il donne le plaisir.
L'attraction sexuelle est commune à l'animal et à
l'homme. Elle porte à la reproduction des espèces,
mais chez l'homme elle peut être séparée de cette fonc-
tion. Elle risque alors d'être pervertie, mais elle peut
aussi être transcendée.
On distingue trois types d'amour, susceptibles de
s'imbriquer les uns dans les autres :
1. EROS (érotisme). C'est l'amour charnel, sexuel.
Le désir physique de l'autre s'exprime par la passion
amoureuse, vécue souvent dans le manque et la souf-
france.
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2. PHILIA (amitié). L'amour charnel évolue vers


l'amour-tendresse. Il n'est plus seulement un instinct
animal, ou une concupiscence. Il se donne. Il est
joyeux, épanoui. C'est l'amour conjugal accompli et
celui que l'on porte à ses enfants et réciproquement.
C'est aussi l'amitié. Toutefois, il demeure plus ou
moins intéressé.
3. AGAPÈ (charité). C'est l'amour donné sans
recherche de contrepartie. Il est le bien par excellence.
Les croyants trouvent sa source en Dieu, qui est amour.
Il y a donc opposition entre l'amour-éros de concu-
piscence et de convoitise, et l'amour-philia, ou agapè,
qui sont amours de bienveillance et d'amitié. On veut
du bien à quelqu'un, au lieu de le posséder. Les deux
sentiments sont le plus souvent juxtaposés.
L'amour-éros n'est pas une vertu. «C'est une affaire de
sentiment et non de volonté, dit Kant, et je ne peux aimer
parce que je le veux, moins encore parce que je le dois ; il
s'ensuit qu'un devoird'aimer est un non-sens. »Effective-
ment, «l'amour ne se commande pas puisque c'est
l'amour qui commande ».
Mais au fur et à mesure que l'on avance dans la
sagesse et la vertu, on se détache des désirs égoïstes,
on s'élève aux degrés de l'amour. On n'aime d'abord
que soi, puis l'autre, puis les autres. Ainsi, «la bienveil-
lance naît de la concupiscence puisque l'amour naît du
désir, dont il n'est que la sublimation joyeuse et
comblée. Cet amour-là est une vertu : vouloir le bien
d'autrui, c'est le bien même »
C'est l'idéal. «L'idéal de la sainteté », souligne Kant.
Il nous guide et nous éclaire. C'est une vertu, puisque
c'est une excellence. Et, miracle, «l'amour, qui accom-

1. A. Comte-Sponville, op. cit., p. 294.


2. Ibidem, p. 349.
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On connaît l'aphorisme : «Il vaut mieux apprendre à pêcher


à un homme que de lui donner unpoisson. »Ainsi ce traité de la
sagesse et des vertus inspiré et renouvelé par l'espérance chré-
tienne a-t-il pour vocation d'aider les hommes et les femmes de
bonne volonté à «pêcher » dans la vie et éviter les naufrages.
Après s'être interrogé sur l'impasse où semblent nous conduire
une science ou un progrès sans conscience, une société matéria-
lisée et permissive, il réfléchit sur des vertus ou des comporte-
ments dans la vie, parmi lesquels l'amour, la chasteté, la charité,
le courage, l'espérance, la fidélité, l'humilité, la miséricorde,
l'obéissance, la persévérance, la prudence, la simplicité, la tolé-
rance, etc. Ponctué d'anecdotes et d'exemples, accessible à tout
public, l'ensemble est écrit avec humour ; c'est le contraire d'un
catéchisme moralisateur ou d'un traité philosophique abstrait.
Mais le fond ne le cède en rien. Jeunes et adultes à la recherche
d'une règle de vie, d'une sagesse vivante, de repères oubliés
ou détruits, y trouveront le vrai sens du bonheur, le bonheur
retrouvé sur lequel le maître et le disciple dialoguent en final.
Le rôle de Jean-Jacques Antier a été de révéler la pensée
intime de Jean Guitton, comme il l'a fait dans Les Pouvoirs mys-
térieux de lafoi. Achaque page éclate l'esprit original du philo-
sophe : charité, foi inébranlable, sous-tendue d'un doute
constructif. Onretrouve ici le grand penseur et écrivain salué par
Albert Camus : «Il apporte de la clarté aux idées les plus déli-
cates. »Paul VI disait de ses livres : «Le soir, quandje suis fati-
gué, j'en ouvre un pour me donner unpeu defraîcheur. »Telle
est aussi l'ambition de cet ouvrage.
Jean Guitton et Jean-Jacques Antier se connaissent depuis
vingt ans. Une même admiration pour Marthe Robin les a
réunis. Ainsi Jean Guitton avait-il préfacé la biographie
qu'avait consacrée Jean-Jacques Antier à la stigmatisée de
Châteauneuf-de-Galaure ( ) .
Ils s'étaient retrouvés pour publier chez Perrin
, en 1993.
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