CONCLUSION SOUS RC 18. 194 / 18.
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Madame TUMBAKO BOKELEYAE Charlotte ayant pour conseil Maître KIMBULU Christus, défenseur
judiciaire près le tribunal de grande instance de Kisangani. ( Demanderesse sous R.C 18.277et
défenderesse sous R.C 18.194 );
Monsieur le Conservateur des titres immobiliers Kisangani-nord; et
La République démocratique du Congo ayant pour conseils Maître POSHO WALE et AKOMBO, tous
avocats au barreau de la TSHOPO ( tous défendeurs );
Monsieur KWEKE MATA MOKOKI, résident sur l'avenue Abbé OLOMBE n°17 , Quartier plateau Boyoma,
commune Makiso à Kisangani ( défendeur sous R.C 18.277 et demandeur sous R.C 18.194 )
1. Faits de la présente cause
Attendu que, la concluante Madame TUMBAKO BOKELEYAE Charlotte occupe la parcelle
enregistrée sous S.U 28.995 depuis l'année 2012, et elle a signé un contrat de location avec la
République démocratique du Congo en date du 23 septembre 2022 sous le numéro
N°D8/Na.K.31545. ( S.U 28.995 );
Attendu qu' au courant de décembre de l'année 2023, monsieur KWEKE MATA MOKOKI et les
membres de sa ce sont rendu dans la parcelle de madame TUMBAKO tout en la menaçant sous
prétexte qu'elle occupe une partie de leur parcelle, ils sont prêts à la faire couler de sang si elle
continue à occuper ;
Attendu qu'au courant de mois de janvier 2024, le défendeur KWEKE MATA sous R.C 18.277 a
saisi le tribunal de grande instance de Kisangani par une assignation sous R.C 18.194 tout en
déclarant qu'il fut le propriétaire de sa parcelle depuis 2001 couvert par un contrat
d'occupation provisoire S.R 1564 ( dont sa superficie était de 14 ares huit centiares ) et après
avoir fait plusieurs morcellements à des différentes personnes, il détient une partie provenant
de S.R 1564 que sa superficie était de 14 ares, et il occupe actuellement cette portion qui est
couverte par un contrat de location S.U 29.782 signé en date du 24 octobre 2022 dont sa
superficie est de 10 ares soixante-cinq centiares.
2. DISCUSSIONS EN DROIT
2.1. DU FONDEMENT DE L'ACTION
- Vu la constitution de la République démocratique du Congo ;
- Vu la loi organique n°13/011 du 11 avril 2013 portant organisation, fonctionnement et
compétences des juridictions de l'ordre judiciaire ;
- Vu le code civil congolais livre III ;
- Vu la loi dite foncière ;
- Vu le code de procédure civile ;
- Vu l'assignation ;
- Vu les faits ci-haut présenté ;
La concluante sollicite à cet effet :
2.2. DE LA RECEVABILITE DE L'ACTION
L'action est un pouvoir accordé par la loi au titulaire d'un droit lui permettant de faire intervenir
la puissance publique en vue de protéger ou de restaurer son droit.
Ce pouvoir est accordé également à tout justiciable justifiant d'un légitime intérêt à faire
respecter le droit d'ordre public. ( A. RUBBENS, le droit judiciaire congolais Tome II, page 33 ).
C'est pourquoi, la présente action mérite d'être déclarée reçue, étant donné que, la concluante
TUMBAKO BOKELEYAE Charlotte demanderesse sous R.C 18.277et défenderesse sous R.C
18.194 a intérêt d'agir pour revendiquer l'intégralité de sa parcelle ; l'annulation de titre et le
déguerpissement de l'assigné, la cessation des troubles de jouissance par l'assigné.
Outre ce moyen, elle a qualité, car elle est majeure d'âge et ayant toute son aptitude et faculté
donc capable d'initier une action en justice.
Au vu de ces éléments, votre auguste tribunal déclarera cette action recevable.
2.3. DU BIEN FONDE DE L'ACTION
La présente action tire son fondement dans l'analyse des dispositions pertinentes des articles 1
et 258 du code civil congolais livre III, des articles 15 al 1er et 61 de la loi dite foncière, article 34
de la constitution de la République démocratique du Congo.
a. De l'analyse de l'article 1 du CCCLIII
<< Le contrat est une convention par laquelle une ou plusieurs personnes s'obligent envers
une ou plusieurs autres, à donner, à faire ou à ne pas faire quelque chose >>
Au sens du présent article, il se dégage que la concluante TUMBAKO BOKELEYAE Charlotte a
signé un contrat de location en date du 23 septembre 2022 sous le numéro D8/Na.K.31.545
( S.U 28.995 ) avec la République démocratique du Congo ( pièces côtés de 1 à 5 );
a.1. De l'annulation de titre de l'assigné
Mais curieusement, l'assigné KWEKE MATA MOKOKI sous R.C 18.277 et demandeur sous R.C
18.194, après avoir morcelé plus de 10 ares de sa parcelle qu'il occupait sous S.R 1564 dont la
superficie était de 14 ares ( pièces côtés 8 ) dont la largeur était de 16m et 88m de longueur
selon le croquis ( pièces côtés 9 ), s'est permis d'aller solliciter frauduleusement un contrat de
location de plus de 10 ares au lieu de 3 ares et tout en induisant le conservateur en erreur, il est
arrivé à signer en date du 24 octobre 2022 ce contrat de location sous le n°D8/Na.K.31.635 (
S.U 29.782 ) avec une superficie de plus de 10 ares ( pièces côtés de 10 à 13 )dont la largeur est
de 24m selon le croquis ( pièces côtés 14 ). D'après ses pièces nous communiquées sur sa
conclusion sous R.C 18.194 ; côtés 1 à 9.
Comment l'assigné qui fut l'occupant d'une parcelle de 16m de largeur et 88m de longueur en
2001, mais en 2022 sa largeur s'élève à 24 ?
Comment l'assigné peut obtenir un titre de propriété sans une descente en présence des
voisins qui détenaient les titres avant lui?
Comment moment monsieur KWEKE MATA MOKOKI qui fut propriétaire de 14 ares, mais
après avoir vendu ( 11 ares ) peut occuper encore plus de 10 ares ?
La réponse à tous ces questionnements aboutirait à la fraude orchestrée par Monsieur KWEKE
MATA MOKOKI, et il est de principe que << la fraude annuelle tout >>, il plaira à votre auguste
tribunal d'ordonner au conservateur et la République à annuler le contrat de location
n°D8/Na.K.31.635 du 24 octobre 2022. ( S.U 29.782 ).
Sur ce votre auguste tribunal retiendra que le comportement du défendeur sous R.C 18.277 (
KWEKE MATA MOKOKI ) a gravement violé le prescrit de l'article sous analyse. En conséquence,
ce moyen mérite d'être déclaré recevable et fondé puis dira droit quant à ce.
b. De l'analyse de l'article 34 al 1 de la constitution
<< La propriété privée est sacrée. L'Etat garantit le droit à la propriété individuelle ou
collective acquis conformément à la loi ou à la coutume. >>
En espèce, la sacralité de la propriété que prévoit la constitution de la République
démocratique du Congo voudrait à ce que, toute propriété ou mieux tout droit de la propriété
qui trouve son fondement dans la loi, mérite d'être protégé. Il se dégage de l'analyse de cette
disposition pertinente de la constitution que, la concluante TUMBAKO BOKELEYAE Charlotte
s'est comporté en citoyen honnête en occupant juste que les limites de sa parcelle lui accorder
par la loi.
Que de bon droit votre auguste tribunal le protégera à travers sa décision car, son droit de la
propriété sur la parcelle est tiré par contrat de location n°D8/Na.K.31.545 du 23 septembre
2022 ( S.U 28.995 ).
Que devant une traçabilité mieux démontrée et ce , sans tergiversation, votre auguste Tribunal
considéra ces moyens recevables et fondés car TUMBAKO BOKELEYAE Charlotte est bénéficiaire
d'un droit de propriété qui tira sa source dans la loi en conséquence sacré comme le présente la
constitution de la République.
Cet état de chose est renchéri par l'article 15 de la loi dite foncière.
c. De l'analyse de l'article 15 de la loi dite foncière.
<< La propriété ne peut repousser l'atteinte à son droit si elle est indispensable pour écarter
un danger imminent incomparablement plus grand que le dommage qui doit en pour lui-
même.
S'il a subi un préjudice, il peut se faire indemniser par la personne qui en a profité >>.
Si déjà la constitution peut sacraliser le droit d'une propriété privée, quelle réaction de la part
de juge devant qui l'affaire a été soumise pour rendre justice ?
Un tel questionnement doit susciter un intérêt particulier pour le juge car la justice repose sur
la vérité et la conscience.
Attendu que, la concluante TUMBAKO BOKELEYAE Charlotte est inscrit dans la dynamique de
repousser l'atteinte à son droit de propriété sur la parcelle dans la mesure où, l'assigné KWEKE
MATA MOKOKI sous R.C 18.277 et demandeur sous R.C 18.194 qui a orchestré une manœuvre
frauduleuse pour occuper une partie de la parcelle de la concluante. Cette dernière c'est à dire
la concluante repousse ce danger imminent et revendique de ce fait son plein droit de
propriété sur sa parcelle.
En conséquence votre auguste Tribunal dira ces moyens recevables et fondés.
d. De la cessation des troubles de jouissance
<< La concession est le contrat par lequel l'Etat reconnaît à une collectivité, à une personne
physique ou morale de droit privé ou public un droit de jouissance sur un fond aux conditions
et modalités prévues par la présente loi et ses mesures d'exécution >>. At 61 de la loi dite
foncière ;
S'agissant de l'entériorité du contrat ; la concluante TUMBAKO BOKELEYAE Charlotte , elle
détentrice d'un contrat de location S.U 28.995 signé en date du 23 septembre 2022 que celui
de l'assigné KWEKE MATA MOKOKI sous R.C 18.277 et demandeur sous R.C 18.194 signé en
date du 24 octobre 2022.
Attendu qu'à chaque fois, l'assigné KWEKE MATA MOKOKI s'amène avec les membres de sa
famille pour menacer la concluante TUMBAKO BOKELEYAE Charlotte dans sa parcelle. Il plaira à
votre auguste Tribunal de condamner l'assigné KWEKE MATA MOKOKI sous R.C 18.277et
demandeur sous R.C 18.194 à la cessation des troubles de jouissance.
e. De la descente sur le lieu
Attendu qu'il s'agit de deux fonds séparés, tel que atteste même l'assigné sur sa conclusion sous
R.C 18.194; et comme tous nous sommes à la recherche de la vérité, il plaira à votre auguste
Tribunal d'ordonner la descente pour découvrir la vérité sur la fraude orchestrée par l'assigné
KWEKE MATA MOKOKI ;
f. De l'analyse de l'article 258 du code civil congolais livre III
<< Tout fait quelconque de l'homme qui cause à autrui un dommage, oblige à celui par la
faute duquel est arrivé à le réparer. Art 258 CCCLIII >>. Pour qu'il y ait la réparation, nécessite
la faute, le dommage et le lien de causalité entre ces derniers.
Attendu que l'assigné KWEKE MATA MOKOKI sous R.C 18.277 et demandeur sous R.C 18.194
s'est permis d'obtenir frauduleusement un titre qui occasionne l'empiétement de la parcelle de
la concluante et à chaque fois l'assigné KWEKE MATA MOKOKI s'amène avec les membres de sa
famille pour menacer la concluante TUMBAKO BOKELEYAE Charlotte sur sa parcelle, ça
constitue un préjudice énorme, et du fait que l'assigné d'avoir encore l'audace d'assigner la
concluante qui lui a coûté cher en engageant les avocats pour se défendre en justice.
De ce fait, il plaira à votre auguste Tribunal de condamner l'assigné KWEKE MATA MOKOKI au
paiement de dommages et intérêts d'une somme de 50.000$ payable en francs congolais ;
Par CE MOTIF
Sous toutes réserves généralement quelconque de droit, de dire
- Recevable et fondée l'action mue par la concluante ;
- Recevable et non fondée l'action mue par l'assigné sous R.C 18.194 ;
- Ordonner au conservateur de titres immobiliers Kisangani-nord d'annuler le contrat de
location n°D8/Na.K.31.635 du 24 octobre 2022 obtenu par l'assigné KWEKE MATA MOKOKI en
superposition du droit de la concluante TUMBAKO BOKELEYAE Charlotte ;
- D'ordonner le déguerpissement de l'assigné KWEKE MATA MOKOKI ainsi que tous ceux qui
occupent de son chef, une partie de la parcelle de la concluante, et de le condamner ( KWEKE
MATA MOKOKI ) à la cessation des troubles de jouissance sur la parcelle de la concluante ;
- De le condamner ( KWEKE MATA MOKOKI ) au dommages et intérêts de 50.000 dollars
américains payable en francs congolais pour tout préjudice subi par la concluante sur pied de
l'article 258 du code civil congolais livre III ;
- Mettre le frais d'instance à sa charge ( KWEKE MATA MOKOKI ).
Fait à Kisangani, le /.04 /2024
Pour la concluante TUMBAKO BOKELEYAE Charlotte
L'un de ses conseils
Maître KIMBULU Christus