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Procédure Civile

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Hamid Hamid
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Procédure civile

Les demandes :
La demande s'agit, généralement, d'un acte écrit par lequel une personne physique ou
morale « demandeur » saisie le tribunal compétent qui peut statuer sur son action. De
même, elle peut être définit comme étant un acte par lequel une personne soumet au
tribunal une prétention ; il émane normalement du demandeur . Et il existe deux catégories
des demandes : Les demandes principales et celles incidentes.
• Les demandes principales : Dites aussi initiales. C'est l'acte par lequel une prétention est
soumise au juge et qui introduit l’instance, par opposition à la demande incidente. La
demande initiale, en délimitant l’objet du litige, fixe l’étendue de l’office du juge et
commande la recevabilité des demandes incidentes . De même, c'est la première demande
que le demandeur ou son mandataire la présente devant le tribunal compétent et introduit
par elle ses prétentions. Cette demande est présentée soit par une requête introductive
d'instance (R.I.I.), soit par une déclaration orale devant les agents de greffe conformément à
l'article 31 du CPC. En ce qui concerne la requête introductive d'instance, elle est régie par
l'article 32 du CPC. La R.I.I. S'agit d'un acte écrit par un avocat, elle n'a pas une forme
particulière pour la rédiger, juste il faut mentionner : La date de la rédaction, l'identité du
demandeur et celle du défendeur, le sujet et l'objet de la requête et enfin la signature.
Ainsi, il faut accompagner cette requête avec des documents justifiants la qualité du
demandeur. Puis, cette requête doit être déposée chez le tribunal compétent avec le
paiement des taxes judiciaires par le demandeur (sont fixées à 210 Dhs ). Quant à la
déclaration orale, elle est présentée oralement devant le tribunal ,et est dressée par l'un
des agents de greffe et est signée par le demandeur.
• Les demandes incidentes : La demande incidente est la demande intervenant au cours
d’un procès déjà engagé, par opposition à la demande initiale. Elle émane du demandeur
(demande additionnelle) ou du défendeur (demande reconventionnelle) ; elle peut aussi
provenir d’un tiers (intervention volontaire) ou être dirigée contre lui (intervention forcée) .
Ces demandes sont démembrées de la demande principale, elles sont présentées au cours
de l'action déjà déclenchée.
➔ La demande reconventionnelle : Elle émane du défendeur. Alors cette demande rend le
demandeur, dans la même action, comme défendeur, et rend le défendeur au même temps
demandeur. Elle permet au défendeur de présenter une demande reconventionnelle, au
cours de l'action en justice, contre le demandeur. De même, c'est une demande par laquelle
le défendeur originaire formule une prétention visant à obtenir un avantage juridique autre
que le simple rejet de la prétention de son adversaire.
➔ La demande additionnelle : Elle émane du demandeur et ayant pour but de compléter et
d'ajouter d'autres prétentions à sa demande initiale. En outre, c'est une demande par
laquelle le demandeur, en cours d’instance, formule une prétention nouvelle, mais connexe
à sa demande initiale.
➔ La demande d'intervention : Elle permet l'intervention d'un tiers qui voit que ses droits
sont touchés ou menacés par l'action déclenchée. Et ce tiers intervient pour protéger ses
droits. De ce fait, c'est l'introduction volontaire ou forcée d’un tiers dans un procès déjà
ouvert. L’intervention n’est recevable que si elle se rattache aux prétentions des parties par
un lien suffisant6 . Il existe deux modes d'intervention ; L'intervention volontaire (L'article
111 du CPC), et celle forcée (L'article 112 du CPC).
• Les effets de la demandes : La demande a des effets à l'égard du juge, et aussi à l'égard
des parties.
✔ À l'égard du juge : La demande présentée de manière régulière oblige le juge à statuer
sur l'affaire, mais s'il refuse de statuer, il commet un déni de justice selon l'article 392 du
CPC. Et d'après l'article 2 du CPC qui stipule que : « Le juge ne peut se dispenser de juger où
de rendre une décision ; toute affaire portée devant une juridiction doit donner lieu à un
jugement. ». Ainsi, il ne doit pas statuer au delà de ce qui lui a été demandé.
✔ À l'égard des parties : La demande en justice à un effet interruptif, c'est la prescription.
Également, il devient transmissible aux héritiers quand la mort du demandeur ou du
défendeur.
➢ La notification : La notification s'agit d'une formalité par laquelle la convocation est
transmis aux parties afin de se présenter. De même, elle peut être se définit comme étant
une formalité par laquelle un acte extrajudiciaire, un acte judiciaire ou un jugement est
porté à la connaissance des intéressés. Sous certaines conditions, elle peut être
dématérialisée et réalisée sous la forme électronique . Le juge convoque les parties par un
écrit pour se présenter à l'audience. Dans la convocation, le juge indique : l'identité des
parties, l'objet de la demande, la juridiction compétente, le jour et l'heure de la
comparution. La notification de cette convocation est transmise par les modes prévues dans
l'article 36, 37, 38 et 39 du CPC. D'après l'article 37 du CPC, on trouve qu'il y a quatre modes
pour notifier les parties :
• Mode 1 : La notification est transmise par l'un des agents du greffe ou par l'un des
huissiers de justice ;
• Mode 2 : La notification est transmise par voie postale (lettre recommandée avec accusé
de réception, par ex : la voie DHL … ) ;
• Mode 3 : La notification est transmise par voie administrative (par les agents d'autorité,
tels que : Caïd, Pacha, Moqadem, la police, la gendarmerie … ) ;
• Mode 4 : Si le destinataire réside à l'étranger, la notification est transmise par voie
diplomatique à travers la voie hiérarchique (ex : consulat …) ou par lettre recommandée ; 7
Lexique des termes juridiques 2- Serge Guinchard, éd. 2017/2018.
La remise de la convocation : La convocation est envoyée dans un pli fermé, et indique le
nom, le prénom et l'adresse de la partie concernée, ainsi que la date de la comparution, la
signature de l'agent et le sceau du tribunal. En cas de refus de réception, l'agent chargé
d'envoyer la convocation doit mentionner ce refus dans le certificat. La convocation est
considérée comme valablement notifiée, quand elle est remise à la personne lui-même ou à
son domicile.
1. La remise à personne : Dans ce cas, la convocation est transmise entre les mains de la
partie concernée. Cette façon est considérée comme la meilleure.
2. La remise à domicile : La remise est faite dans tout lieu où la personne concernée
pourrait se trouver, mais le législateur a différencié entre trois types de domicile, à savoir le
domicile, la résidence et le lieu de travail.
a- Le domicile : Il existe trois types de domicile :
• Le domicile réel : Le législateur marocain a défini le domicile réel dans l'article 519 du
CPC comme suit : « Le domicile de toute personne physique est au lieu où elle a son
habitation habituelle et le centre de ses affaires et de ses intérêts.» . En ce qui concerne les
personnes morales, c'est le lieu où se trouve son siège social.
• Le domicile élu : C'est le domicile qui est choisi par les justiciables au début ou au cours
de l'action.
• Le domicile légal : Ce domicile concerne les incapables et les fonctionnaires public. Le
domicile légal de l'incapable est au lieu du domicile de son tuteur, et celui d'un
fonctionnaire est au lieu où il exerce ses fonctions.
• Le cabinet d'avocat : Quand un justiciable désigne un avocat pour qu'il le présente devant
le tribunal, le cabinet de l'avocat devient comme le domicile du justiciable. Mais, le remise
de la notification ne prend effet que si elle est à personne ou à domicile
b- La résidence : La résidence est définit par l'article 520 du CPC comme étant : « La
résidence est le lieu où la personne se trouve effectivement à un moment déterminé. ».
Elle concerne la personne n'ayant pas un domicile au Maroc. c- Le lieu du travail : C'est
l'endroit où la personne exerce sa profession et quel que soit sa nature. II-Les personnes
habilitées à recevoir la convocation : Les personnes habilitées à recevoir la notification, soit
à domicile soit à résidence, sont comme suit : Les parents – Les serviteurs et les personnes
habitant avec le destinataire.
1. Les parents : Le pli peut être valablement remis à toute personne ayant un lien de
parenté avec le destinataire.
2. Les serviteurs : Le pli peut être valablement remis à toute personne travail pour le
compte du destinataire.
3. Les personnes habitant avec le destinataire : Le pli peut être valablement remis à toute
personne qui habite avec le même domicile du destinataire.
III- Les délais légaux de comparution : Les délais de la présence sont fixés par l'article 40 du
CPC comme suit :
la partie doit être présentée dans les 5 jours entre la notification et l'audience sans
compter le premier et le dernier jour, c'est-à-dire 7 jours, si elle est domiciliée ou en
résidence dans le lieu où se trouve le siège du TPI . Et le délai de 15 jours si la partie se
trouve dans tout autre endroit sur le territoire du Royaume. Ainsi, l'article 41 du CPC régit
le délai de comparution pour les parties qui n'ont ni résidence, ni domicile dans le ressort
des juridictions du Royaume.
La procédure du curateur : Cette procédure est régit par l'article 39 du CPC, al. 7 et 8 : «
Dans tous les cas où le domicile et la résidence d'une partie sont inconnus, le juge nomme
en qualité de curateur un agent du greffe, auquel la convocation est notifiée. Ce curateur
recherche la partie avec le concours du ministère public et des autorités administratives et
fournit toutes pièces et renseignements utiles à sa défense, sans que, toutefois, le
jugement puisse en raison de ces productions être déclaré contradictoire. ». Elle a pour but
de protéger les intérêts des parties qui ont le domicile et la résidence inconnus.
➢ Les parties de l'action : L'action civile ( ou procès civil ) est déclenchée par un
demandeur à travers une requête introductive d'instance dans laquelle il dresse ses
prétentions contre un défendeur devant le tribunal du première instance compétent. En
effet, il existe deux parties qui sont importants dans le déroulement de l'action civile, c'est
le demandeur qui déclenche le procès civil et le défendeur qui doit préparer les moyens de
défense.
Le demandeur : Le demandeur est la partie qui déclenche l'action civile par une requête
introductive d'instance. Dans cette dernière, il dresse ses prétentions. ( en féminin :
demanderesse ). on trouve aussi que le demandeur est la personne qui prend l’initiative
d’un procès et qui supporte en cette qualité, la triple charge de l’allégation des faits, de leur
pertinence et de leur preuve. Il a aussi le droit de déclencher une requête additionnelle au
cours de l'action, et qui lui aide d'ajouter d'autres prétentions à sa demande initiale.
Appelant, c'est le nom du demandeur en appel.
Le défendeur : Le défendeur est la partie contre laquelle un procès est engagé par le
demandeur. Quand il reçoit la convocation, le défendeur doit préparer les moyens de
défense. Ne pas confondre avec le défenseur. Intimé, c'est le nom donné à celui contre
lequel un appel a été formé. Au cours de l'action, il doit relever les vices de forme
( défense à l'action ) avant les vices de fond ( défense au fond ).
Les moyens de défense : Ce sont les moyens utilisés par le défendeur ayant pour objet de
rejeter l'action déclenchée par le demandeur soit par défense à l'action, soit par défense au
fond.
LES MESURES D'INSTRUCTION :
Les mesures d'instruction sont l'ensemble des techniques ayant pour objet d'éclaircir
l'action en justice. Elles sont demandées soit par l'une des parties, soit d'office afin
d'éclaircir les faits du litige qui sont entachés par l'ambiguïté pour préparer le jugement de
l'affaire. En outre, ces mesures sont mises à la disposition du tribunal pour un jugement
équitable. Le législateur marocain a déterminé les mesures d'instruction dans l'article 55 du
CPC comme suit : L'expertise, l'enquête, la visite des lieux, la vérification d'écriture, le faux
incident et le serment.
I- L'expertise : [ De l'article 59 à l'art. 66 du CPC ] : L'expertise est une mesure
d'instruction ayant pour objet de donner des avis techniques sur les faits d'une
action en justice, dans plusieurs domaines selon la nature de l'affaire (ex: le
domaine de la médecine, de la comptabilité, du bâtiment …) Elle donne des points
techniques, non pas des points juridiques. Elle est exercée par un expert
assermenté devant le tribunal, c'est-à-dire inscrit dans le tableau des experts
assermentés.
Cette technique est demandée soit par l'une des parties, soit d'office. Toutefois, elle
n'est pas demandée à titre principale par une requête introductive d'instance, elle doit
être demander à titre accessoire, c'est-à-dire au cours de l'action. Après, le juge
d'instruction chargé de l'affaire ( juge rapporteur ) désigne par un rapport les points sur
lesquels l'expert doit faire l'expertise. Ainsi il désigne la date où l'expert doit déposer son
rapport, toutefois il peut demander au juge de reporter la date désignée, si le temps le
presse.
a- La compétence de l'expert : L'expert est un technicien qui donne juste des points
techniques sur l'affaire, il est désigné par le juge chargé de l'affaire à la demande de
l'une des parties ou d'office. Sa désignation est faite par un jugement avant dire droit
au cours de l'action en justice. Il exerce ses fonctions sur des points bien précis qui
sont déterminés par le juge. En ce qui concerne son statut, il doit être assermenté
devant le tribunal, autrement dit, inscrit dans le tableau des experts assermentés.
Cependant le juge peut désigner un expert qui n'est pas assermenté, mais
spécialement pour une action, quand la nature du litige l'exige. De même cet expert
doit prêter un serment avant d'exercer ses fonctions. Également, le juge peut désigner
plus d'un expert selon la nature du litige, mais ils sont obligés de dresser un seul
rapport. La compétence de l'expert se limite à donner juste des points techniques, et
non pas son avis personnel ou des points juridiques sur l'affaire.
b- L'exercice de l'expertise : Avant que l'expert exerce ses fonctions, il doit : convoquer
les parties du litige et ses avocats, aussi toute personne dont la présence est utile, puis
l'expert dresse un P-V, comporte les dires et les observations des parties, joint de son
rapport. De même l'expert peut exercer sa mission sous le contrôle du juge s'il
l'estime utile. Tout d'abord, l'expert doit qu'il exerce ses fonctions juste sur les points
qui sont déterminés par le juge chargé de l'affaire, puis à la fin de sa mission il dresse
un rapport qui englobe une étude technique de ces points. Toutefois, si le rapport de
l'expert n'est pas complet, c'est-à-dire qu'il a oublié ou n'a pas décortiqué un point,
dans ce cas le juge renvoi ce rapport à cet expert pour le compléter. De plus, s'il a
décortiqué d'autres points a part les points qui sont déterminés, le rapport sera refusé
par le tribunal. Cet rapport peut être dressé en écrit ou oralement, et il doit être
déposer à la date fixée, toutefois l'expert peut demander au juge de reporter la date
désignée s'il n'a pas fini sa mission. Les parties ont le droit de demander une copie du
rapport. Quant à la séance de l'expertise, cette mesure se diffère des autres mesures
d'instruction par la comparution des parties. Donc si l'expert n'a pas convoqué les
parties, l'expertise sera rejetée19 . L'expertise peut être demandée sans qu'il y a une
action en justice, selon les art. 148 et 149 du CPC: D'après l'art. 148 :Quand la
constatation requise ne peut être faite utilement que par un homme de l'art, un
expert chargé d'y procéder peut être désigné par le juge. Elle n'est pas contradictoire.
L'art. 149 :En dehors des cas prévus à l'article précédent où le président du tribunal de
première instance peut être appelé à statuer comme juge des référés, ce magistrat est
seul compétent pour connaître, en cette même qualité et toujours en vertu de
l'urgence (…). Elle est contradictoire. En ce qui concerne les honoraires de l'expert, ils
sont fixés par le juge chargé de l'affaire, et sont payés soit par le bénéficiaire (il peut
être le demandeur ou le défendeur), soit par le demandeur et le défendeur. Toutefois,
dans les accidents de travail, la trésorerie générale qui paye les honoraires de l'expert
(ils sont fixés à 100 dhs).
c- le changement et la récusation : Le tribunal peut changer l'expert soit d'office, soit à
la demande de ce qui a intérêt, et ça en cas que l'expert n'a pas respecté la date fixé
pour déposer son apport. La récusation de l'expert est faite par la demande des
parties, s'il y a: [art. 62 du CPC]:
• Un lien de parenté ;
• Un litige sérieux entre l'expert et la partie qui a demandée l'expertise, c'est-à-dire un
litige qui est fini par un jugement ; Cette demande de récusation doit être présentée
dans le délai de 5 jours à partir de la date de désignation de l'expert. Et le tribunal
statue sur cette demande dans le délai de 5 jours de la date de sa présentation.
II- L'enquête : [ De l'article 71 à l'art. 84 du CPC ] :
C'est une mesure d'instruction, demandée soit par le parties, soit d'office, et prononcée par
un jugement avant dire droit. Elle est différente aux investigations.
Cette mesure a pour objet d'éclaircir les faits de l'action en justice. L’enquête s'agit d'une
séance ou une réunion organisée par le juge chargé de l'affaire pour auditionner aux parties
et aux témoins. Elle reste à l’apanage du juge, c'est-à-dire il prononce cette mesure s'il
trouve qu'elle est importante pour éclaircir l'action en justice. Cette séance est prononcée à
travers un jugement avant dire droit, et que ce dernier doit mentionner la date, l'heure et le
lieu de la séance d’enquête. Aussi, le tribunal doit déterminer les points qui seront
décortiqués dans cette séance.
L’enquête consiste à faire une confrontation entre les parties de l'action, par l'invitation des
témoins, des parties et leurs défenses. Dans la pratique, elle se déroule dans le bureau du
juge au sein du tribunal, à la présence du juge, d'un greffier, des parties et leurs défenses
aussi que les témoins. La séance se passe sous forme des questionnaires adressées aux
témoins après qu'ils prennent serment.
Alors que les témoins résidant dans le ressort du tribunal chargé de l'affaire, ils
bénéficient d'un délai de 5 jours à compté de la date de la remise de la convocation, et ceux
résidant dans tout autre endroit dans le territoire du royaume bénéficient d'un délai de 15
jours.
Mais, si un témoin s'abstient de présenter à la séance, il n'a aucune pénalité. Toutefois, si
son témoignage est capital, fort et important dans l'action, et ce témoin n'assiste pas à la
séance de l’enquête, le tribunal lui sanctionne par une amende qui ne dépasse pas 50 Dhs.
Au sein de la séance, les témoins sont auditionnés séparément pour que l'un n'influence sur
l'autre. Le juge questionne les témoins et en contrepartie ces derniers répondent, et si la
question posée touche d'une manière négative un témoin, il a le droit de la rejetée. Dans le
cas d'un témoin qui parle une autre langue que l'arabe (par exemple : anglaise, française,
berbère ou rifia ), le juge doit inviter un traducteur assermenté. Mais, dans le pratique, la
juge invite un avocat qui connaît la langue du témoin. Également, si le témoin est un
assourdissant ou un muet, dans ce cas le tribunal convoque une personne connaît la langue
de signe, après qu'elle prend serment.
Les parties de l'action peuvent récuser l'un des témoins, à cause de leur incapacité, ou s'il y
a un lien de parenté entre le témoin et la personne bénéficiaire de ce témoignage, ou par
tout autre motif grave. Dans l'article 75 du CPC, on trouve les personnes qui ne peuvent
être entendus comme témoins : (les parents, les conjoints …).
Ensuite, après la fin de la séance d’enquête, il y a une séance d'observation ou de réplique,
puis le tribunal statue immédiatement après l’enquête. Mais, une enquête additionnelle ou
complémentaire peut être demander, soit d'office soit par les parties, afin de demander
d'autres témoins ou de décortiquer un point.
III- La visite des lieux : [ De l'article 67 à l'art. 70 du CPC ] : La visite des lieux est
mesure d'instruction demandée soit d'office, soit sur la demande des parties, et
elle est ordonnée par le tribunal à travers un jugement avant dire droit. Cette
mesure est utilisée surtout dans le cadre foncier. Dans le JADD, le juge chargé de
l'affaire fixe le jour, la date et l'heure de la visite, ainsi il doit convoquer les parties
et leurs défenses. Aussi, il peut désigner un expert pour assister avec lui dans la
séance de la visite, si la nécessité l'exige. En outre, les honoraires du juge chargé
de cette mesure sont fixées par le tribunal, et sont payées par la partie
bénéficiaire de cette mesure. Alors que le montant des honoraires doivent être
payées avant la sortie du juge, mais si le contraire, la demande de cette mesure
sera rejetée.
IV- La vérification des écritures : [ De l'article 89 à 91 du CPC ] : La vérification des
écritures est une mesure parmi les mesures d'instruction prononcée afin de
vérifier l'originalité d'un document, et elle est demandée par l'une des parties.
Cette mesure est ordonnée si le document est déterminant dans l'affaire. Quand
l'une des parties énonce un document comme moyen de défense, l'autre partie a
le droit de demander cette mesure, c'est-à-dire la vérification de ce document, s'il
estime que ce document est falsifié. La mesure de la vérification d'écriture est
faite soit par la comparaison des documents énoncés avec d'autres documents de
la même partie, soit auditionner les témoins soit à travers une expertise. Après
cette mesure, si le juge trouve que le document est original, la partie qui a
demandé cette mesure sera puni d'une amende civile de 100 à 300 Dhs, sans
préjudice des dommages-intérêts et des dépens20. De même, si le document est
falsifié ou faux, il sera rejeté par le tribunal.
V- Le faux incident : [ De l'article 92 à 102 du CPC ] :
Le faux incident est une mesure d'instruction ayant pour finalité d'attaquer le
document énoncé dans son originalité par une action de faux incident. Elle est
considérée comme un moyen de défense de fond. De même, elle peut être
provoquée dans toute étape de l'action, et même pour la première fois devant la
cour d'appel.
En ce qui concerne la demande, elle est préparée par l'avocat dans un document
simple qui ne respecte aucune formalité sauf la date et la signature. Et puis, elle
est envoyée au juge chargé de l'affaire, après que la partie intéressée paye la taxe
judiciaire qui est fixée à 100 Dhs dans la caisse du tribunal. Ensuite, le juge vérifie
si le document est déterminant dans l'affaire ou non. Alors, si le document n'a
aucune importance dans l'affaire, le juge rejette l'action de faux incident
déclenchée. Mais si le document est déterminant et influence sur l'affaire, le juge
donne une sommation à la partie qui est énoncée ce document si elle veut le
garder ou le renoncer, et la partie doit répondre dans le délai de 8 jours. Alors que
si la partie veut garder le document, le juge signe dans le dos du document pour
qu'il soit officiel.
Après la vérification du document, quand il résulte que ce document est original,
vrai, dans ce cas, la partie qui a déclenché cette action de faux incident sera puni
d'une amende de 500 à 1500 Dhs. Mais s'il est falsifié, le tribunal le rejette et
parallèlement il le renvoi au ministère public afin de prendre les procédures
convenable.
VI- Le serment : [ De l'article 85 à 88 du CPC ] : Le serment s'agit d'un moyen qui
donne la possibilité à l'une des parties d'obtenir une promesse qui prouve la
validité et la sincérité, ou la fausseté d'un document ou d'un fait, aussi on peut
dire que c'est une promesse faite en attestant Dieu. De même, le serment peut
être comme : « Affirmation solennelle, par une partie, d’un fait qui lui est
favorable.».
La partie à laquelle il est demandé de prêter serment, elle le prête en disant
devant le tribunal « je jure devant Dieu », en présence de l'autre partie. Certes, ce
serment constitue un moyen de preuve. Donc, on distingue entre deux types de
serment, le décisoire et le supplétoire.
a- Le serment décisoire : C'est le serment déféré par un plaideur à son
adversaire, sur des faits personnels à ce dernier, afin d’en faire
dépendre la solution du litige. Il est demandé, logiquement, par la
partie n'ayant pas un moyen de preuve. La partie à laquelle il est
demandé de prêter serment a trois possibilités : soit elle prête
serment et gagne son procès, soit elle refuse et perd son procès, soit
elle réfère le serment à la partie adverse et met ainsi son sort entre
les mains de l’autre partie.
b- b- Le serment supplétoire : En revanche du serment décisoire, le
serment supplétoire est demandé d'office par un jugement avant
dire droit21, et qui sert de compléter et de supporter un autre
moyen de défense. De même, c'est un serment laissé à la discrétion
du juge qui n’a pas pour effet de lier celui-ci lorsqu’il a été déféré ou
refusé. Cette mesure a pour objet d'éclaircir et d’arrêter le doute qui
entoure les faits de l'action en justice, et les juges étant libres d'en
apprécier la force probante.
LES SAISIES :
La saisie signifie la voie d'exécution forcée par laquelle un créancier peut mettre sous les
mains de la justice les biens de son débiteur en vue de les faire vendre aux enchères
publiques et se payer ensuite sur le prix de la vente. On va décortiquer dans cette
paragraphe : la saisie conservatoire, la saisieexécution, la saisie-arrêt, la saisie-gagerie, la
saisie revendication.
1- La saisie conservatoire : La saisie conservatoire peut être défini comme étant : « Une
procédure dont l’objectif est de placer sous main de Justice des biens du débiteur, afin
que celui-ci n’en dispose pas ou ne les fasse pas disparaître.». C'est une procédure
ayant pour but de garantir une créance à titre provisoire. Autrement dit, c'est pour faire
la main sur la gorge du débiteur. Cette procédure concerne la saisie des biens meubles
et immeubles du débiteur, conformément à l'article 453 du CPC : « La saisie
conservatoire a pour effet exclusif de mettre sous main de justice les biens meubles et
immeubles sur lesquels elle porte et d'empêcher le débiteur d'en disposer au préjudice
de son créancier ; en conséquence, toute aliénation consentie à titre onéreux ou à titre
gracieux, alors qu'il existe une saisie conservatoire, est nulle et non avenue.». Tout
d'abord, le créancier présente une requête dressée par l'avocat chez le service du greffe
au TPI compétent. Puis, le greffier met, immédiatement, entre les mains du président
du tribunal ou ses substituts cette requête. En effet, l'ordonnance de saisie
conservatoire est rendue sur requête par le président du tribunal de première instance.
De même, la saisie conservatoire s'éteint par le paiement de la créance, ou par la
renonciation. Alors, on va étudier, séparément, la saisie conservatoire sur les biens
immeubles et sur les biens meubles.
a-La saisie conservatoire sur les biens immeubles :
Tout d'abord, pour saisir un bien immeuble, il faut savoir si le bien est immatriculé ou en
cours d'immatriculation ou non immatriculé. En ce qui concerne le bien immatriculé ou en
cours d'immatriculation, le créancier doit prouver que ce bien appartient au débiteur, à
travers la demande d'un certificat du propriété de ce bien chez la conservation foncière. Et
puis, le créancier paye un montant de 125 dirhams.
Après cela, le créancier présente une requête dressée par l'avocat au TPI compétent.
Toutefois, si le bien a une nature commerciale, la requête doit être présentée au tribunal
commercial. Ensuite, l'avocat dépose cette requête au service du greffe, puis, le greffier
met, immédiatement, entre les mains du président du tribunal ou ses substituts cette
requête. En conséquence, le président du tribunal ordonne la saisie conservatoire sur ce
bien, et même si le bien est en saisie, le débiteur reste le propriétaire et il peut s'approprier
de ses fruits, conformément à l'article 454 du CPC qui stipule que :
« Le saisi reste en possession de ses biens jusqu'à conversion de la saisie conservatoire en
une autre saisie, à moins qu'il n'en soit autrement ordonné et qu'il ne soit nommé un
séquestre judiciaire. Il peut, en conséquence, en jouir en bon père de famille et s'approprier
les fruits ; il lui reste interdit de consentir un bail sans l'autorisation de justice. ». Ainsi, cette
saisie doit être immatriculée dans le registre foncier. Quant au bien non immatriculé
( Melk ), l'agent chargé de l'exécution dresse un PV pour bien déterminer les
caractéristiques du bien. Ensuite, cette saisie sera insérée dans un registre qui concerne les
biens non immatriculées au TPI compétent. La même procédure de présenter la requête
dans le cadre des biens immatriculés, sont utilisés pour un bien non immatriculé.
L'article 455 du CPC, al. 6 stipule que : « Si la saisie conservatoire porte sur un immeuble
autre que ceux visés à l'alinéa ci-dessus, le procès-verbal le détermine par l'indication du
lieu où il est situé, de ses limites, de sa contenance si possible, ainsi que de toutes
références utiles. Une copie de l'ordonnance de saisie et du procès-verbal sont adressées
par l'agent chargé de l'exécution au président du tribunal de première instance, aux fins
d'inscription sur un registre spécial qui est tenu à la disposition du public ; la publicité est,
en outre, assurée, pendant une durée de quinze jours, par voie d'affichage à ce tribunal, aux
frais du poursuivant. »
b-La saisie conservatoire sur les biens meubles :
En premier lieu, le créancier détermine les biens meubles appartiennent au débiteur. Puis,
l'agent chargé de l'exécution de cette ordonnance doit dresser un PV dans lequel il doit
déterminer et préciser les biens meubles du débiteur. Aussi, il doit évaluer, le cas échéant,
les biens précieux comme les bijoux.
Toutefois, d'après l'article 485 du CPC, on trouve qu'il y a des meubles qui sont
insaisissables.
De plus, si le bien déterminé par le créancier est appartient à un tiers, dans ce cas, ce
dernier doit présenter une action au président du TPI afin de suspendre l’exécution de cette
ordonnance.
2- La saisie-exécution : La saisie conservatoire peut être transformée en saisie-exécution,
quand le créancier veut récupérer sa créance. Tout d'abord, la saisie-exécution est
utilisée, en principe, par un créancier qui détient un jugement définitif. Toutefois, elle
peut être utilisée, également, par un créancier qui ne détient pas ce type de jugement,
par la demande au tribunal de transformer la saisie conservatoire à une saisie-
exécution. Autrement dit, elle peut être utilisée par la personne qui a déjà demandé au
président du TPI d'ordonner une saisie conservatoire sur les biens d'un débiteur. Alors,
si le débiteur a refusé de payer la créance, dans ce cas, on passe à l'exécution forcée,
par la demande au tribunal de transformer la saisie conservatoire à une saisie-
exécution afin de vendre le bien à l'enchère publique. De plus, tous les contrats passés
entre la saisie conservatoire et la saisie-exécution sont nuls. De ce fait, on va étudier,
séparément, la saisie-exécution sur les biens mobiliers et les biens immobiliers. a- Des
saisies mobilières : Si le débiteur a refusé de payer la créance, l'agent chargé de
l'exécution procède à la saisie des biens du poursuivi, et il procède aussi, par procès-
verbal, à leur récolement et les énumère. S'il s'agit de bijoux ou d'objets précieux, le
procès-verbal contient, autant que possible, leur description et l'estimation de leur
valeur. Après récolement, les biens saisis sont vendus aux enchères publiques, au mieux
des intérêts du débiteur. Pour assurer la présence de plusieurs personnes à la séance
de l'enchère publique, l'avis doit être publié dans les souks, dans les marchés publics et
aussi dans les journaux d'annonce légal. La vente a lieu à l'expiration d'un délai de huit
jours à compter du jour de la saisie . La séance de la vente se passe au sein du tribunal.
Alors, les personnes qui sont intéressées par le bien se présentent à la séance de
l'enchère public ;
Au sein de cette séance, ces personnes enchérissent sur le bien, c'està-dire que la
personne intéressée doit offrir un prix supérieur à la mise à prix, ou au prix qu'un autre à
déjà offert. En effet, le futur propriétaire du bien est le plus offrant. Donc, l’acquéreur doit
payer le prix et les frais immédiatement après l'achat du bien. Et l'objet ne lui est remis
que contre paiement comptant. De même, si l'acquéreur a retardé de payer le prix et les
frais, le tribunal lui envoie une sommation ( mise en demeure ).
Cependant, s'il s'abstient de payer, le bien est remis en vente à ses frais et risques. En
conséquence, l'acheteur défaillant est tenu du paiement de la différence entre le prix qu'il
avait consenti et celui atteint par la remise en vente, s'il est inférieur, sans pouvoir
réclamer l'excédent s'il y en a eu.
De plus, si le bien objet de saisie est appartient à un tiers, dans ce cas, ce dernier doit
présenter une action au président du TPI afin de suspendre l’exécution de cette
ordonnance .
b-Des saisies immobilières :
Tout d'abord, la vente forcée des immeubles ne peut être poursuivie qu'en cas
d'insuffisance des biens mobiliers. Si l'immeuble a précédemment été saisi
conservatoirement, l'agent chargé de l'exécution notifie, en la forme ordinaire, la
conversion de cette saisie en saisie immobilière, au poursuivi en personne, à son domicile
ou à sa résidence.
Quant à l'immeuble immatriculé ; le bien immeuble saisi conservatoirement sera vendu
directement à l'enchère publique parce qu'il est déjà connu par le tribunal. Toutefois, Si les
biens immobiliers n'ont pas été saisis conservatoirement, l'agent chargé de l'exécution les
place sous main de justice par une saisie immobilière dont le procès-verbal doit indiquer la
notification du jugement, la présence ou l'absence du poursuivi aux opérations de saisie, la
situation et les limites aussi précises que possibles de l'immeuble, les droits qui s'y
rattachent et les charges qui le grèvent, pour autant qu'ils pourraient être connus, les baux
consentis et, s'il y a lieu, son état au regard de l'immatriculation foncière.
Après, le procès-verbal est inscrit à la diligence de l'agent d'exécution par le conservateur
sur le titre foncier, conformément à la législation en vigueur. Ensuite, dès que la saisie
immobilière est pratiquée ou à l'expiration du délai d'un mois prévu au dernier alinéa de
l'article 471, l'agent chargé de l'exécution, après avoir établi le cahier des charges, procède
aux frais avancés du créancier, à la publicité légale. L'avis de la mise aux enchères indique
la date d'ouverture des enchères, le dépôt dans les bureaux du greffe du procès-verbal de
saisie et des titres de propriété et énonce les conditions de la vente. Cet avis doit être
placardé à la porte de l'habitation du saisi et sur chacun des immeubles saisis, sur les
marchés avoisinants, au siège du tribunal de première instance du lieu d'exécution, dans le
cadre spécial réservé aux affiches et dans les bureaux de l'autorité locale. Il est publié, s'il
échet, dans un quotidien à grand tirage et au Bulletin officiel.
En conséquence, L’adjudication a lieu au greffe qui a exécuté la procédure et où le procès-
verbal est déposé, trente jours après la notification de la saisie. En ce qui concerne le bien
non immatriculé ; la différence entre le bien Melk et le bien immatriculé réside que ce bien
sera transcrit sur le registre spécial du tribunal de première instance. Également, S'il s'agit
d'un immeuble non immatriculé, l'agent chargé de l'exécution saisit le président de la
juridiction du lieu de la situation de l'immeuble afin de faire procéder à l'affichage de la
saisie et à l'ouverture de la procédure de vente au siège de cette juridiction pendant une
durée d'un mois. La même procédure de vente des biens immeubles immatriculés ou en
cours d'immatriculation aux enchères publiques pour sera appliquée à la vente des biens
non immatriculés.
3- La saisie-arrêt :
Par une saisie-arrêt37, le créancier bloquait entre les mains d’un tiers (le tierssaisi) les
sommes dues et même les meubles corporels appartenant à son débiteur, en vue de se
faire payer sur ces sommes ou sur le prix des objets mobiliers. De même, c'est une
procédure consiste à saisir les biens d'un débiteur qui ont entre les mains des tiers ( ex :
Banque, société commerciale … ).
Pour exercer la procédure de la saisie-arrêt, il faut que le créancier obtient une
ordonnance du président du tribunal de première instance accordée sur requête ou en
vertu d'un titre exécutoire. Tout d'abord, le créancier qui obtient le titre exécutoire, doit
présenter une demande au président du tribunal compétent. Alors, on prend comme
exemple le créancier qui veut saisir le compte bancaire de son débiteur, donc, le créancier
quand il connaît que le débiteur a un compte bancaire dans une banque, il doit présenter
une demande de saisie-arrêt au président du tribunal compétent. Dans cette demande, le
créancier doit indiquer le nom de la banque ainsi que le numéro du compte bancaire.
Ensuite, le président du tribunal notifie le débiteur et le tiers ( la banque ) par l'un des
agents de greffe avec accusé de réception. Après, dans les huit jours qui suivent ces
notifications , le président convoque les parties. De ce fait, la banque ( tiers ) est tenu de
dresse un rapport sur le compte de débiteur soit positif ( le débiteur a de l'argent dans ce
compte ) ou négatif ( le débiteur n'a pas de l'argent ). Puis, le président du tribunal, sur les
titres versés par le créancier, ordonne au fond la saisie-arrêt. Sur cette ordonnance, les
biens immeubles ou meubles seront saisis selon la somme de la créance. L'article 495 du
CPC stipule que : « S'il y a somme suffisante pour satisfaire à toutes les oppositions
reconnues valables, le tiers saisi se libère valablement entre les mains des opposants pour
le montant de leurs créances en principal et accessoires arrêté par justice. Si la somme est
insuffisante, le tiers saisi se libère valablement en la déposant au greffe où elle est l'objet
d'une distribution par contribution. ».
LES PROCÉDURES D'URGENCE :
Ordonnance sur requête ; Ordonnance des référés ; Ordonnance aux fins d'injonction de
payer ;
1- Ordonnance sur requête : L'ordonnance sur requête est régie par l'article 148 du CPC.
Alors, l'ordonnance est une décision de justice ordonnée par le président du tribunal.
De même, le but de cette ordonnance est de protéger un droit qui peut être perdu
avec le temps. Donc, deux conditions sont généralement exigées pour qu'une telle
ordonnance soit prononcée : il faut que la mesure sollicitée soit urgente et qu'elle ne
préjudice pas au principal. Parmi les ordonnances sur requête les plus importantes :
Ordonnance pour faire une saisie conservatoire ; Ordonnance pour faire une saisie-
arrêt ; Ordonnance de constat ; Ordonnance pour faire une prénotation ; Alors, pour
demander cette ordonnance, l'intéressé doit présenter une requête au secrétariat du
greffe du tribunal compétent. Cette requête est dressé par un avocat et ne respecte
aucune formalité pour la rédiger. Après, la requête est déposée, immédiatement, par
le secrétariat greffe au président du tribunal ou ses substituts. De plus, la compétence
est attribuée exclusivement au président du TPI. Ainsi, l'ordonnance est prononcée
hors la présence des parties et sans l'assistance du greffier. L'ordonnance rendue est
susceptible d'appel dans un délai de 15 jours de son prononcé, et elle est
immédiatement exécutoire.
2- Ordonnance des référés : L'ordonnance des référés est régie de l'article 149 à 154 du
CPC. Le référé est une procédure simplifiée et accélérée, soumise au principe du
contradictoire par laquelle une partie peut obtenir une décision rapide. Alors, le juge
des référés est compétent pour connaître, en cette même qualité et toujours en vertu
de l'urgence, de toutes les difficultés relatives à l'exécution d'un jugement ou d'un titre
exécutoire, ou pour ordonner une mise sous séquestre, ou toute autre mesure
conservatoire, que le litige soit ou non engagé, devant le juge du fond. Ainsi, il est
compétent dans le cas où il existe une difficulté d'exécution des ordonnances sur
requête. En premier lieu, pour que le juge des référés statut sur les demandes
présentées, il faut la présence de deux conditions : l'existence d'un cas d'urgence et le
juge des référés ne doit jamais trancher une question touchant au fond du litige. En ce
qui concerne le cas d'urgence ; il est défini comme étant : « Chaque fois que les intérêts
du requérant risque d'être compromis si une décision n'a pas été rendue le plus
rapidement possible.25 ». aussi, on trouve une autre définition : « une nécessité qui ne
supporte aucun retard.26 ». quant à la deuxième condition ; lorsque le juge des référés
statut sur la demande, il ne doit pas toucher au fond27 . Concernant la présentation
des demandes, l'article 150 stipule que : « En dehors des jours et heures indiqués pour
les référés, la demande peut, s'il y a extrême urgence, être présentée au juge des
référés, soit au siège de la juridiction et avant inscription sur le registre tenu au greffe,
soit même à son domicile. Le juge fixe immédiatement le jour et l'heure auxquels il
sera statué. Il peut statuer même les dimanches et jours fériés ». La décision prise en
référé est provisoire : elle n’a pas l’autorité de chose jugée au principal. En revanche,
elle possède l’autorité de chose jugée au provisoire : elle ne peut être modifiée par le
juge des référés qu’en cas de circonstances nouvelles. Ainsi, seul l'appel est autorisé
pour les ordonnances de référé et le délai d'appel est de 15 jours à compter de la date
de notification de l'ordonnance et il est jugé d'urgence.
3- Ordonnance aux fins d'injonction de payer : La procédure d'injonction de payer est
une Procédure simplifiée et accélérée permettant de poursuivre le recouvrement de
certaines créances civiles ou commerciales. Aussi, elle a le caractère urgent. Alors,
Toute demande en paiement d'une somme d'argent supérieure à cinq mille dirhams
due en vertu d'un titre ou d'une promesse reconnue peut être soumise à la procédure
d'injonction de payer28 . Le tribunal de première instance est saisi par une requête.
Cette requête doit comporter les noms, prénoms, profession et domicile des parties,
l'indication précise de la somme demandée et sa cause. À l'appui de cette requête doit
être produit le titre justifiant du bien fondé de la créance. Cette procédure n'est pas
applicable au cas où le débiteur réside à l'étranger ou n'a pas de domicile au Maroc29 .
L'article 158 annonce que : « Le président du tribunal de première instance est seul
compétent pour connaître des requêtes aux fins d'injonction de payer. Si la créance lui
paraît justifiée dans les conditions strictes de l'article 155, il rend, au bas de la requête,
une ordonnance faisant droit à la demande et. le débiteur au paiement et aux frais.
Dans le cas contraire, il rejette ladite demande par une décision motivée et renvoie le
demandeur à saisir la juridiction suivant les formes du droit commun. Cette décision de
rejet n’est susceptible d'aucun recours. ». De ce fait, la décision de condamnation est
notifiée au défendeur qui doit, dans les huit jours de cette notification, payer le
montant de la condamnation, sous peine d'y être contraint par toutes voies de droit,
notamment par voie de saisie de ses facultés mobilières

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