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Guide complet sur l'hygiène personnelle et collective

Hygiénique

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Nafisa Azguaoua
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Hygiène

Le concept de l'hygiène s'est considérablement élargi depuis les dernières décennies et


englobe actuellement l'ensemble des facteurs individuels, sociaux, nationaux et internationaux
qui devraient permettre à l'homme d'atteindre le parfait équilibre physique, intellectuel et
moral auquel il a droit.

I. Définition

L’hygiène est l’ensemble des normes de vie, des méthodes et des mesures individuelles et
collectives destinées à prévenir la maladie, à maintenir l’homme en bon état de santé et à
retarder l’apparition de vieillesse.
 Hygiène individuelle : se rapporte aux pratiques qu’un individu doit adopter pour
se prémunir des maladies. Elle peut concerner l’hygiène corporelle, vestimentaire et
alimentaire.
 Hygiène collective ou publique : est l’ensemble des actions visant à protéger la
communauté contre toute atteinte à la santé et dont la mise en œuvre demande
un effort collectif. Exemple : la gestion des déchets et des eaux usées…

II. L’hygiène individuelle

1. L’hygiène corporelle : Une bonne hygiène personnelle est la première étape d’une
bonne santé. Les habitudes telles que se laver les mains et le brossage des dents
aideront à éloigner les bactéries, les virus et les diverses maladies.
La propreté corporelle est donc indispensable pour :
 Permettre un bon fonctionnement de la peau (respiration, sécrétions)
 Empêcher de développement des microbes sur la peau
 Prévenir les maladies de la peau (gale, teigne, dermatose…).

Les étapes suivantes aident à améliorer l’hygiène personnelle :


- Prendre une douche tous les jours : C’est la meilleure façon de se débarrasser de
toute saleté, sueur et/ou germes que le corps aurait pu accumuler pendant la
journée.
- Se laver les mains : C’est souvent à partir des mains que les microbes ont accès à
l’organisme et peuvent être à l’origine de nombreuses maladies comme les diarrhées,
la grippe…. Ainsi, il est important de se laver les mains à l’eau et au savon : avant et
après les repas ; après s’être mouché, avoir éternué ou toussé dans ses mains ; après
avoir touché des objets souillés, avoir manipulé les ordures ou être passé aux
toilettes … Etc.
- Tailler les ongles : Garder les ongles des doigts taillés et en bonne forme pour
prévenir les problèmes tels que les déchets d’aliments qui se bloquent entre le doigt
et l’ongle.
- Pratiquer une bonne hygiène bucco-dentaire : Un brossage régulier des dents aide
à prévenir les maladies des gencives. Il est particulièrement important de se brosser
les
dents après avoir consommé des aliments sucrés ou acides qui causent l'érosion des
dents.
- Le cuir chevelu et les cheveux : Garder les brosses et les peignes toujours propres
et personnels. Ne pas porter le chapeau ou foulard d’une autre personne. Les plaies
du cuir chevelu doivent être soigneusement traitées.
- Hygiène du visage : Le visage contient la plupart des organes des sens (la vue, l’ouïe,
le goût et l’odorat), c’est pour cela que le lavage du visage doit se faire plusieurs fois
par jour, matin et soir constitue un minimum indispensable, il serait opérer à l’eau
froide et au savon.
2. L'hygiène vestimentaire.
L'hygiène vestimentaire se définit comme la capacité de l'individu à conserver ses vêtements
propres quotidiennement. Pour être hygiénique l'habillement doit répondre aux conditions
suivantes :
 S’adapter aux raisons et aux conditions climatiques
 Absorber l’humidité provenant de la sueur
 Ne pas entraver la digestion, la circulation, ni empêcher les mouvements du corps
 Les ceintures élastiques sont à proscrire car elles gênent la circulation
 Les vêtements doivent être personnels et individuels
 Les chaussures doivent être adaptées à la pointure des pieds pour éviter
les déformations
 La nuit, il faut mettre un vêtement différent de la journée
Conséquences d’une mauvaise hygiène vestimentaire :
- Propagation des parasites
- Propagation des maladies contagieuses
- Mauvaise protection de la peau contre les variations de température et l’humidité.
3. L'hygiène alimentaire
L'hygiène des aliments, comporte l'ensemble des pratiques qui permettent d'assurer la
salubrité des aliments. Elle concerne à la fois la température de conservation des aliments, la
durée de conservation et les différentes règles de propreté. L'hygiène est essentielle à chaque
maillon de la chaîne alimentaire.
Quelques règles élémentaires à respecter pour assurer une bonne hygiène alimentaire :
 Ne jamais mettre en contact denrées propres et denrées sales, denrées
avant préparation et denrées après préparations.
 Toujours respecter les dates limites de consommation
 Toujours respecter les températures de conservation indiquées sur l'emballage
des aliments.
 Nettoyer et désinfecter régulièrement le réfrigérateur et toute surface, ustensile ou
batterie de cuisine susceptible d'être en contact avec les aliments.
 L'hygiène personnelle, avec notamment le lavage des mains, les ongles courts et sans
verni, le retrait des bijoux et les cheveux attachés est également important même au
niveau de la cuisine domestique.

III. Hygiène collective


1. Gestion des déchets hospitaliers
Le déchet est tout ce qu’un utilisateur va rejeter après usage.
L'hôpital, par sa fonction, composé de services de prestations de soins et d'un d'hébergement
des malades, produit des déchets de différentes natures :
 Les déchets ménagers et assimilables (restauration, hébergement, administration,
services généraux...)
 Les déchets d'activités de soins (DAS)
 Les déchets d'activités de soins à risques infectieux (DASRI)
L'établissement de soins a des obligations par rapport à toutes les étapes d'éliminations des
déchets d'activités de soins :
- Aux tris des déchets d'activités de soins.
- Au conditionnement des déchets d'activités de soins.
- A l’entreposage déchets d'activités de soins.
- Au suivi de l’élimination : la traçabilité.

IV. Hygiène hospitalière

L'hygiène hospitalière comprend l'ensemble des mesures non spécifiques destinées à prévenir
la transmission d'agents pathogènes entre patients, de patient à soignant et de soignant à
patient.
L’hygiène hospitalière englobe un grand nombre de concepts :
- la lutte contre les infections nosocomiales,
- l’antisepsie,
- et la stérilisation.
1. Mesures concernant le personnel
 Douche quotidienne indispensable avant la prise de fonction afin de réduire la flore
microbienne.
 Tenue professionnelle changée tous les jours et chaque fois que nécessaire.
 Cheveux propres et attachés.
 Port de bijoux non autorisé (ni bague, ni montre, ni bracelet, ni boucles d’oreilles
pendantes, ni collier long).
 Ongles propres, courts et sans vernis.
 Lavage des mains systématique avant de revêtir et après avoir enlevé la tenue
professionnelle.
 Mise à jour et suivi des vaccinations couvrant les infections potentiellement
transmissibles en milieu de soins (en particulier hépatite B).
2. Mesures concernant les locaux
 Nettoyage et désinfection soigneux et quotidiens des locaux, en commençant par les
chambres les moins contaminées.
 Dans chaque chambre, nettoyage des objets les moins sales avant les plus sales.
 Application de protocoles spécifiques pour la désinfection de certains locaux à
risque particulier (bloc opératoire, réanimation…).
3. Mesures concernant le linge
 Tri du linge avec utilisation de sacs en plastique de couleurs différentes pour
séparer le linge propre du linge sale ou contaminé.
 Nettoyage et désinfection réguliers des chariots de transport du linge.
 Protection des employés en contact avec le linge sale (vaccination, tenue de
protection…).
4. Mesures concernant le tri des déchets
Le tri des déchets est un véritable acte de soins, qui commence dès la production des
déchets et vise à faciliter leur élimination.
 Séparation des circuits propres et sales, sans possibilité de croisement ni de retour
en arrière.
 Conditionnement des objets piquants et tranchants dans des conteneurs spéciaux :
–le conteneur idéal : stable, imperforable, étanche, avec fermeture inviolable,
permettant de visualiser le niveau de remplissage et de démonter les aiguilles
d’une seule main ;
–a défaut : mieux vaut un conteneur moins adapté (conteneur dépliable en carton,
flacon de sérum…) que pas de conteneur du tout.
 Respect de la filière spécifique de ramassage, de transport et d’élimination
concernant les Déchets d'Activité de Soins à Risques Infectieux (DASRI).
5. Mesures concernant le matériel
 La décontamination : est le premier traitement à effectuer sur les objets et
matériels souillés dans le but de diminuer la population de micro-organismes et de
faciliter le nettoyage ultérieur. Elle vise tout d’abord à éliminer les souillures
visibles et comporte l’essuyage externe avec des compresses ou du papier à usage
unique et +/- le rinçage abondant à l’eau du réseau.
 La pré-désinfection : C’est l’étape indispensable avant toute désinfection ou
stérilisation. Elle a également pour but de protéger le personnel lors de la
manipulation des instruments et d’éviter la contamination de l’environnement.
 La désinfection : C’est une opération au résultat momentané permettant
d’éliminer ou de tuer les micro-organismes et/ou d’inactiver les virus portés par des
milieux inertes contaminés en fonction des objectifs fixés. Le résultat de cette
opération est limité aux micro-organismes présents au moment de l’opération.
Une désinfection vise à réduire une population de micro- organismes, mais pas
nécessairement à la supprimer en totalité.
 La stérilisation : C’est une opération permettant d’éliminer ou de tuer les micro-
organismes portés par des milieux inertes contaminés. C’est un procédé validé
visant à rendre un produit exempt de microorganismes viables.
6. Précautions
 Précautions standards : Un ensemble de « règles » à appliquer dans toute
situation:
⁎Hygiène des mains
⁎La tenue, le port des gants, le masque
⁎Le nettoyage du matériel
⁎Le linge
⁎L’élimination des déchets
⁎Protection contre les Accidents d’Exposition au Sang
 Précautions complémentaires : Les isolements des patients infectés selon le mode
de transmission de l’infection
- Contact:
o Direct entre deux personnes,
o Indirect par l’intermédiaire d’objets contaminés ou de l’environnement.
- Respiratoire: Protéger les autres patients et le personnel des risques
d’inhalation de sécrétions pouvant contenir des particules infectieuses
(masque).
Infections associées aux soins

Les infections nosocomiales sont préoccupantes en raison de leur morbidité importante, de


la mortalité associée, du surcout hospitalier non négligeable et de l’émergence de bactéries
multi résistantes; dont le choix du traitement est conditionné par la résistance fréquente des
bactéries aux antibiotiques.

I. Définition

Une infection est dite associée aux soins, si elle survient au cours ou au décours d’une prise
en charge (diagnostique, thérapeutique, palliative, préventive ou éducative) d’un patient et si
elle n’était ni présente, ni en incubation au début de la prise en charge.
Lorsque l’état infectieux au début de la prise en charge n’est pas connu précisément, un
délai d’au moins 48 heures ou un délai supérieur à la période d’incubation est couramment
accepté pour définir une IAS.
NB
 Les IAS regroupent :
– les infections nosocomiales: contractées dans un établissement de santé
– les infections contractées lors de soins hors établissement de santé
 Pour définir une IAS :
– Un délai d’au moins 48h ou un délai supérieur à la période d’incubation est
nécessaire
– une IAS du site opératoire: toute infection survenant dans les 30 jours suivant
l’intervention
– IAS d’un implant ou d’une prothèse: toute infection survenant dans l’année qui suit
 La définition des IAS exclue:
• Infection présente ou en incubation à l’admission
• Colonisations asymptomatiques
– colonisation urinaire, colonisation sur cathéter
– présence isolée d’un micro-organisme sur une cicatrice ou une lésion cutanée
sans signes inflammatoires
• Soins auto-prescrits
• Infections materno-fœtales (IMF)

II. Les germes en cause

Les agents infectieux responsables des infections nosocomiales sont des microorganismes :
parasites et champignons, bactéries, virus.
Chaque individu est porteur d’une flore qui lui est propre. Les zones "d'habitat"
préférentiel des micro-organismes sont les :
– Les zones de plis : aisselles, plis sous-mammaires, ombilic, mains, sillons inter-
digitaux, ongles, périnée, plis inguinaux.
– Les zones pileuses : cheveux et barbe, aisselle, pubis.
– Les muqueuses : le nez et la bouche, les muqueuses génitale et anale.

III. Les transmissions

Une infection peut être générée par des :


– micro-organismes provenant d'un environnement contaminé : l'infection est dite
exogène.
– germes hébergés par le patient : l'infection est dite endogène.
1. Les infections exogènes ou infections croisées
La transmission des infections exogènes fait intervenir des sources de contamination ou
réservoir de germes. Ces réservoirs de germes sont représentés par :
– des éléments inanimés contaminés : objet, air, surface, aliments, etc....
– des êtres humains : le personnel, les visiteurs et les malades eux-mêmes.
Il existe quatre modes de transmission exogène :
– Par contact : Il peut être direct de la source au patient, ou indirect par
l’intermédiaire d’un “support” entre la source et le patient (mains, objets,..). La
transmission manu- portée est prépondérante dans ce mode d’infestation.
– Par gouttelette (>5 μ) : Ce sont des sécrétions du rhino-pharynx ou du tractus
respiratoire, la source est alors proche du patient.
– Par voie aérienne (<5 μ) : Il s’agit de microorganismes sur support de poussière ou
de cellules squameuses, la source peut être distante du patient.
– Par dispositifs médicaux, produits biologiques, aliments : Dans ce cas il n’y a pas
nécessité de multiplication des micro-organismes sur le support pour que le risque
de transmission existe.
2. Les infections endogènes ou auto-infection
La flore résidente constitue une véritable barrière bactérienne renforçant les défenses
immunitaires de l'individu en le protégeant contre des germes potentiellement pathogènes.
L'hospitalisation entraîne une modification de la flore habituelle du patient au bout de 5
jours d'hospitalisation. Certains gestes invasifs peuvent déplacer des germes d'un endroit où
ils sont inoffensifs vers un autre où ils se multiplient différemment et deviennent
pathogènes.

IV. Les risques infectieux liés au malade

Certains patients sont plus à risques de contracter une infection nosocomiale. Il s’agit de
patients porteurs de :
– pathologies chroniques : (diabète, insuffisance rénale, insuffisance hépatique,
incontinence urinaire, immunodépression).
– Certaines pathologies aiguës motivant l'hospitalisation :(polytraumatismes,
brûlures, défaillance viscérale aiguë).
– Etat nutritionnel perturbé :
- La dénutrition est un facteur favorisant important pour tous les sites d'infection.
- L’obésité favorise les abcès pariétaux post-opératoires.
– De plus l’âge (avant 1 an et après 65ans) peut être un facteur de risque majoré

V. Les risques infectieux liés aux soins

La nature et la qualité des soins qu’ils soient diagnostiques ou thérapeutiques, influent sur
le risque de contracter une infection nosocomiale. Nous retrouvons notamment :
– Les interventions chirurgicales : le risque d'infection de plaie opératoire.
– Les actes invasifs : on retrouve surtout le sondage urinaire, le cathétérisme veineux, la
ponction, l’intubation-ventilation, la cœlioscopie, le drainage de liquide amniotique …
Par ailleurs d’autres facteurs interviennent :
– Certains traitements diminuent la résistance à l'infection : corticothérapie
prolongée, radiothérapie, chimiothérapie anti-cancéreuse.
– Les insuffisances dans l'organisation des soins : hygiène des mains défectueuse,
désinfection insuffisante, asepsie insuffisante, stérilisation inefficace, antibiothérapie
aveugle.
Les pathologies à risques auxquels sont exposés les soignants

Dans les établissements de soins, les personnels (médecins, infirmiers, aides-soignants,


techniciens de laboratoires, agents d’entretien…) peuvent être en contact avec des patients
atteints de maladies infectieuses ou manipuler des produits potentiellement
dangereux (médicaments, produits biologiques…). Certains risques professionnels sont
également liés à l’organisation du travail.

I. Risques infectieux

Le risque infectieux est présent dans tous actes de soin et d’entretien réalisés par le personnel
soignant.
Le risque de transmission d'agents infectieux concerne l'ensemble des germes véhiculés par le
sang ou les liquides biologiques du patient.
Tout contact avec du sang ou un liquide biologique sur une peau lésée par une effraction
cutanée (piqûre ou coupure) ou une projection sur une muqueuse (œil, bouche) est
potentiellement contaminant.
Le risque infectieux peut aussi survenir, plus rarement, par contact direct avec des personnes
atteintes de maladies infectieuses, en particulier pulmonaires, ORL ou cutanées ou lors des
soins de nursing (selles et urine de la toilette intime …), ou lors d’agressions physiques de
malades agités (morsures, griffures).

II. Risques allergiques

Des affections professionnelles allergiques provoquées par les protéines du latex sont
rencontrées lors d’utilisation d’équipements médicaux en caoutchouc naturel (exemple : gants
chirurgicaux), ainsi que des lésions eczématiformes (ou bien dermatoses irritatives) aux mains
par exemple, dues à l’usage répété de désinfectants et détergents.
Les professionnels de santé peuvent être aussi allergiques aux nickel de certains instruments
médicaux tels les ciseaux ou pinces, aux résines époxydiques des tubulures mais aussi à
certains antiseptiques, certains antibiotiques (notamment la streptomycine, la néomycine, les
pénicillines et céphalosporines) ou neuroleptiques (chlorpromazine) qu’ils manipulent lors de
l’administration des traitements.
Les topiques et pansements utilisés par le personnel infirmier peuvent contenir des substances
irritantes ou sensibilisantes dans le principe actif ou les excipients.
III. Risques chimiques

De nombreux agents chimiques dangereux sont utilisés en établissement de soins :


1. Le formaldéhyde, utilisé en désinfection pour l’hygiène du bloc opératoire, est un
puissant irritant respiratoire et est aussi très irritant pour la peau et les yeux et possède
un effet cancérogène suspecté.
2. Les cytostatiques employés comme traitements lors des chimiothérapies, absorbés par
voie cutanée et respiratoire, exposent les professionnels à des risques mutagènes,
toxiques et tératogènes.
3. le glutaraldéhyde, utilisé pour la stérilisation à froid des surfaces et du matériel
médical en milieu hospitalier. Il produit des effets cutanés, irritation et sensibilisation,
ainsi que les troubles respiratoires.
4. l’halothane, utilisé comme vapeur anesthésique, peut avoir des effets sur le
foie, entraînant une insuffisance hépatique.

IV. Risques radiologiques

1. Rayonnements ionisants
Les principales circonstances d’exposition des travailleurs aux rayonnements ionisants en
milieu de soins sont :
 La pratique de la radiologie (conventionnelle ou interventionnelle) et de la radiothérapie
externe,
 La manipulation de radioéléments sous forme de sources non scellées. C’est le cas en
médecine nucléaire diagnostique ou thérapeutique.
2. Champs électromagnétiques
Parmi les sources d’exposition aux champs électromagnétiques, l’Imagerie par Résonnance
Magnétique (IRM) génère des champs de forte intensité.
Outre le domaine des technologies de communication sans fil, les radiofréquences sont
employées en médecine esthétique et dans le traitement des troubles du rythme cardiaque.
3. Rayonnements optiques artificiels
Certains secteurs d’activité médicale ont recours à des lasers ou à des rayonnements
optiques de type ultraviolets ou infrarouges. Ce sont, par exemple, l’ophtalmologie, la
dermatologie, la gastro-entéro-hépatologie, l’ORL, l’odontologie, l’urologie…

V. Risques physiques

Malgré les progrès techniques, l’activité physique au travail reste l’une des principales causes
d'accidents du travail, de maladies professionnelles et d’inaptitudes au travail. Les facteurs qui
influencent ces risques dépendent de l’individu, de l’environnement physique et psychosocial
ainsi que de l’organisation du travail. La pression temporelle, les gestes répétitifs, les niveaux
d’efforts et les contraintes liées aux situations de travail sont liés à l’organisation. L’activité
physique au travail est à l’origine de fatigue et de douleurs, et également d’accidents
(traumatiques, cardiovasculaires…) ou d’atteintes de l’appareil locomoteur (troubles
musculosquelettiques, lombalgies).
Le travail à la chaleur et en lumière artificielle permanente est une autre contrainte physique.

VI. Risques psychosociaux

Ils correspondent à des situations de travail où sont présents : du stress, des violences
internes (harcèlement moral ou sexuel, conflits exacerbés entre des personnes ou entre des
équipes), des violences externes (insultes, menaces, agressions…). L’exposition à ces
situations de travail peut avoir des conséquences sur la santé des travailleurs, notamment en
termes de maladies cardio-vasculaires, de troubles musculosquelettiques, de troubles anxio-
dépressifs, d’épuisement professionnel (burnout), voire de suicide.
En milieu de soins on retrouve les six catégories de facteurs de risque psychosociaux décrits
classiquement : intensité et temps de travail, exigences émotionnelles, manque d’autonomie,
rapports sociaux au travail dégradés, conflits de valeurs et insécurité de la situation de
travail.

VII. La prévention des risques des soignants

La stratégie de prévention intégrée dans une démarche d'amélioration des conditions de


travail du personnel infirmier repose sur :
1. La vaccination du personnel soignant
La vaccination obligatoire (tétanos, diphtérie, poliomyélite, hépatite B, BCG) doit être
complétée par des vaccinations recommandées dans certaines situations plus risquées :
contrôle sérologique de la rubéole, à l'embauche pour les femmes en âge de procréer ;
vaccination contre l’hépatite A, la typhoïde en cas d'affectation en service de contagieux.
2. Le respect des précautions générales d'hygiène
Des précautions d'hygiène doivent être appliquées vis-à-vis de tous les patients, quel que
soit leur statut infectieux… etc. Afin de maîtriser les risques de transmission d'agents
infectieux, il convient de respecter un ensemble de précautions. (Le lavage des mains, le
nettoyage et la désinfection des surfaces souillées, le transport du linge et des matériels
dans un emballage fermé étanche ; La tenue vestimentaire des personnels soignants :
cheveux relevés, ongles courts sans vernis, mains et avant-bras sans bijoux).
3. L’utilisation rationnelle d'un matériel et d’un équipement adapté
Mise à disposition et utilisation de moyens techniques de manipulation de personnes (lève
personnes ; lits médicalisés ; baignoire à accès latéral réglable en hauteur ; poignées de
maintien …)
Séparation à la source des déchets spéciaux : conteneurs de collecte adaptés pour les produits
souillés ou à risque infectieux, collecteurs pour matériels piquants/tranchants.
Points de lavage des mains, facilement accessibles, complets et bien entretenus : lavage,
désinfection des mains, avec des solutions hydro alcooliques.
4. Le port d’équipements de protection individuelle
 Port de gants : les gants doivent être changés entre 2 patients, 2 activités, à
l'occasion de soins à risque de piqûres, lors de la manipulation de tubes de
prélèvements biologiques, linge et matériel souillé, systématiquement lors des soins
lorsque les mains du soignant comportent des lésions.
 Port de blouses, lunettes, masques :
5. La formation du personnel infirmier
 Formation à l’application des précautions standards d’hygiène ;
 Formation à la procédure de déclaration d'accident avec exposition au sang (A.E.S.) ;
 Formation à l'accompagnement des malades et de leur famille et à la relation d'aide ;
 Formation PRAP (Prévention des Risques liés à l'Activité Physique) : gestes
et postures de travail pour améliorer l’ergonomie de la manutention manuelle ;
 Formation du personnel infirmier à la gestion du stress
Des techniques de dialogue et la communication contribuent à désamorcer les risques de
violence, pour être capable de gérer des relations conflictuelles potentiellement violentes.
6. L’organisation du travail
 Le personnel infirmier exposé aux agents biologiques ainsi que ceux travaillant de nuit
doivent être soumis à une surveillance médicale renforcée .
 Prévoir des réunions de concertation régulières pour exprimer ses problèmes
professionnels à des collègues et avoir des échanges avec eux sur la façon de
surmonter les difficultés.
 Prévoir une structure d'aide psychologique et d'écoute pour le personnel soignant ainsi que
des groupes de parole avec l’encadrement pour la gestion du stress et des urgences.
 Prévoir la mise en place d'un soutien psychologique et administratif en cas d'agression du
personnel soignant. La hiérarchie doit rassurer la victime et démontrer une grande capacité
d’écoute.
 Une déclaration d’accident du travail est nécessaire. Elle favorise la reconnaissance du
choc émotionnel subi, permet d’assurer la prise en charge et donc la gestion de soins
médicaux et psychologiques.

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