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1789 Mirabeau 1789 4 Août 1789 Etats Généraux D'assemblée Nationale 4 Août 1789

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Histoire du droit et des institutions 24/01/2024

Chapitre préliminaire : La fin de L’ANCIEN RÉGIME, UNE SOCIÉTÉ SUR SON DÉCLIN

Qu'est-ce que l’Ancien Régime?


L’expression de l’ancien régime est une invention créée en 1789 par Mirabeau. Cette expression est
utilisée pour condamner le système politique antérieur. L’idée est de montrer qu’il y a une cassure
entre la monarchie de l’ancien régime et le nouveau régime mis en place en 1789.

Cet ancien régime disparaît politiquement le 4 août 1789 le jour ou les Etats généraux se qualifient
d'assemblée nationale. Et l’ancien régime disparaît au plan juridique de le 4 août 1789 avec
l’abolition des privilèges, des lois privées (qui pouvaient concerner corps, communauté d’habitants,
villes, justice des seigneurs).

Cette expression est ensuite vulgarisée par Tocqueville dans son ouvrage L’ancien régime et la
révolution, ouvrage publié au 19e s. Sur le plan chronologique, l’ancien régime couvre la période dite
moderne qui va du regne de francois 1er (debut 16eme) jusqu’a la revolution de 1789. Avec ce mot
d’ancien régime les révolutionnaires veulent montrer un souci de faire table rase du passé, idée de
tout reconstruire.

Comment résumer l’Ancien Régime?


Deux termes permettent de résumer l’ancien régime : mot tradition et privilèges :

-Les traditions sont omniprésentes. On voit cohabiter chez l’ancien régime des institutions anciennes
et des institutions modernes. Par exemple, le phénomène est très visible avec le double statut des
agents du roi. Certains agents sont finalement des agents du passé avec leur statut d’officier comme
les parlements. Avec ce statut, ils sont propriétaires de leur charge. Et la monarchie a finalement peu
d’impact entre eux.

À côté de ces agents du passé il y a les commissaires qui sont les fonctionnaires de type moderne.
Ils sont nommés et révoqués par le pouvoir et l’exemple caractéristique est donné par les intendants
qui sont les agents du gouvernement dans les provinces.

L’administration la plus critiquée sous l’ancien régime c’est l’institution judiciaire, son organisation
remonte à l'époque féodale. On dénonce notamment les lettres de cachet qui restent le symbole de
la justice de l’Ancien Régime notamment celles qui sont données en blanc aux fonctionnaires royaux.
Mirabeau les condamne puisqu’il a été enfermé à la prison de Vincennes sur lettre de cachet.

Le régime administratif est aussi très variable puisque de nombreux pays (provinces) avaient
conservé leur statut particulier après leur annexion au royaume.

Le régime des finances est aussi très complexe ce qui se traduit par un enchevêtrement de taxes et
impôts

Le droit privé est lui aussi soumis à ce phénomène de diversification des statuts. Les coutumes sont
très variées. Baudelaire critique vigoureusement le système.

-Le mot privilège résume bien aussi l’ancien régime : ce mot privilège vise la structure sociale de
l’ancien régime. Une structure sociale très inégalitaire (car organisée autour de 3 ordres)

Sur le plan étymologique le mot privilège vise la loi privée, particulière. Il est une concession
davantage en faveur de personnes, d’une ville, d’une province, d’une communauté de métiers. Dans
le cadre du système corporatif, la plupart des français disposent de privilèges. Des privilèges
d'ampleur inégale mais certains sont très importants au plan fiscal (noblesse qui ne payait pas
d'impôt, l'église qui n'était soumis qu’au don gratuit).
Les privilèges sont fortement critiqués puisqu’ils constituent le support juridique de cette société
inégalitaire, reposant sur les ordres.

Tous ces points vont être plus ou moins vigoureusement critiqués par l’opinion éclairée qui va parler
des “abus” de l’ancien régime. Ces abus se superposent les uns aux autres et vont finalement
précipiter la chute de l’ancien régime.

Qu’est ce qui ne vas pas dans cet ancien régime :

Section 1 : Le poid excessif de l’aristocratie

Chateaubriand : “Une aristocratie se créer par ses mérites, elle se continue par ses privilèges et se
termine dans les vanités”.
Cette aristocratie est très faible au plan numérique : moins de 2% de la population de la France.
Population qu’on estime à 20,25 millions d’habitants.
Mais elle représente beaucoup sous l’angle social et politique. Son poids découle d’une addition de
privilèges conférés à travers le temps.

Paragraphe 1 : Le clergé et son aristocratie

Le clergé continua d'apparaître comme une puissance au sein du royaume. Les clercs bénéficient
d’un système de droit particulier : le droit canonique. Il relève d’une justice spéciale, la justice
ecclesiastique. Et les clercs sont à peu près exonérés de la fiscalité d’Etat.
Traditionnellement le clergé assume toute une gamme de responsabilités publiques (état civil,
assistance, éducation…). Chaque paroisse est un rouage administratif officiel. Apparemment il y a
osmose entre l’Eglise et l’Etat : on voit des princes ecclésiastiques conseiller le roi. Le principe de
laïcité n'existe pas du fait que la loi religieuse est intégrée au droit positif : on réprime l'hérésie,
l'adultère…

Le clergé d’ancien régime apparaît extrêmement puissant pourtant de sérieuses faiblesses semblent
se manifester. Par exemple, on note la diminution des effectifs dans le clergé régulier et on note un
clivage au sein du clergé séculier (celui qui vit dans le siècle, au contact des fidèles), clivage entre le
haut clergé et le bas clergé. Le haut clergé est bien souvent monopolisé par l’élite de la noblesse. Ce
haut clergé manifeste le goût du faste.
Le bas clergé est constitué par l'écrasante majorité des clercs. Il se distingue du haut clergé par la
naissance et aussi par le niveau de ressource. Ce bas clergé réclame une meilleure répartition des
ressources écclsiastique et il critique la toute puissance de l'évêque (il aimerait participer davantage
aux décisions). Comme ces revendications ne sont pas entendues, les élus du bas clergé vont rallier
le tiers état en 1789 et faire cause commune avec lui contre l'aristocratie.

On peut dire que la société ecclesiastique reproduit l’image de la société laïque.

Paragraphe 2 : La noblesse et ses privilèges

Au plan juridique la noblesse est le 2eme des droits ordinaires du royaume mais socialement elle est
le premier des ordres car elle exerce une mainmise sur le haut clergé.

Cette noblesse est doté de 2 sortes de privilèges :


-Des privilèges utiles : (ex exemption de la taille). Comme les profits qui découlent de la propriété
féodale
-Privilèges honorifique : titres de noblesse. Elle a le droit a des armoiries spéciales (blason, port
d'armes). Les règles de préséance : règles de protocoles auxquelles la bourgeoisie est très attachée.

Mais malgré des prérogatives statutaires communes, on peut dire qu'il règne une grande diversité au
sein de la noblesse : il y a 2 grandes catégories de nobles :

-la noblesse d’épée : noblesse traditionnelle, la plus prestigieuse. On retrouve la noblesse de cour, la
noblesse de province. Très attachée à ces privilèges notamment aux droits féodaux (terre) et
seigneuries(puissance publique).

-la noblesse de robe : issu d’une riche bourgeoisie de formation assez récente, moins prestigieuse.
Ces membres servent dans la fonction publique. Le noyau le plus connu de cette noblesse de robe
sont les parlementaires (ils portent des tenus spécifiques dans le cadre de leurs fonctions).
Les parlementaires se montrent véritablement défenseurs de l’absolutisme, du conservatisme social.
Ils sont les premiers à réclamer la convocation des Etats généraux de l'année 1787 mais ils voulaient
que cette réunion se fasse selon les formes de 1614.

Leur popularité s’effondre à la veille de la révolution. La révolution va les balayer dès le mois
d’Octobre 1789 et ensuite le code civil intégrera un article 5 : il est défendu au juge de prononcer par
voie de disposition générale et réglementaire sur les causes qui leur sont soumises.
Paradoxe : la caste parlementaire accélère la chute d’un régime qui soutenait ses intérêts.

Paragraphe 3 : La lourdeur du régime domaniale (statut des domaines de la terre)

Le régime domaniale assure la fortune de l'aristocratie, une fortune essentiellement terrienne. Il


prévoit une propriété qui se décompose en 2 parties : la propriété immédiate et ce qu'on appelle la
mouvance (ensemble de terre dépendantes)

A : La propriété immédiate

La propriété immédiate vise les possessions propres de l'aristocratie, on l’appelait aussi la réserve ou
encore le domaine proche car elle avoisinait le château du seigneur. Le clergé possède des espaces
assez importants en propriétés immédiates mais ils ont déclinés depuis le Moyen Âge. Ces territoires
sont inégalement répartis. Ils représentent 8% des terres sur l’ensemble du royaume.

De plus, l'église percevait la dîme, l'impôt était perçu en nature (récolte). Les penseurs des Lumières
critiquent cet arsenal de biens aux mains de l’Eglise et aussi sa relative immunité fiscale puisque
l’Eglise ne fait que le don gratuit qui est plutôt un impôt symbolique.
Conséquence : abolition de la dîme par les révolutionnaires qui vont aussi confisquer les biens du
clergé.

La noblesse : sa part dans la propriété terrienne est considérable (beaucoup plus que celle de
l’Eglise) moyenne de 20% au niveau national. Entre le clergé et la noblesse on arrive à 30% des
terres (ce qui est considérable)

La propriété bourgeoise est présente également pour environ 30% des terres sauf qu’ici la
concentration disparaît (ils sont plus nombreux)

On note la présence d’une propriété paysanne qui est morcelée entre les millions d’habitants avec
des lots souvent dérisoires. Cette propriété paysanne est féodaliste car ce n’est pas une propriété au
sens actuel car elle fait partie de ce qu’on appelle la mouvance : elle relève d’une propriété
supérieure.

B : La mouvance

C’est un cortège de terre satellites : des terres dépendantes qu’on appelle des tenures cette
mouvance s’accompagne à une série de prérogatives pour le seigneur

-Les droits féodaux : ils représentent les charges réelles car ces charges portent sur les choses sur
la terre. En effet chaque teneur étant dépendante à un seigneur et soumise à des charges au
seigneurs. Ces charges accompagnent la propriété foncière.

Il y a des charges annuelles : le sens : c’est une redevance fixe et perpétuelle.


Le champ : redevance au montant très variable, proportionnel à la récolte.
Charges dites casuelles : sans périodicité, dans certaines hypothèses.
Il a les droits de mutation liés aux transferts de la tenure.
Il y a aussi le droit de mainmorte qui donne au seigneur le droit de récupérer la terre ou d’imposer
une taxe lors du décès du bénéficiaire de la tenure.

-Les droits seigneuriaux : ils viennent s’ajouter aux autres, ils concernent l’ensemble des
ressortissants d’un même fief. Ils découlent d’un pouvoir de ban d’origine germanique. Le pouvoir de
ban avait été confisqué par les seigneurs à partir du 10e s. Et c’est à ce titre que les seigneurs
pouvaient exercer la justice, la police sur leur territoire. Les seigneurs pouvaient prélever des taxes,
des péages, des banalités. Les droits seigneuriaux sont des droits régaliens, des droits de puissance
publique. Ils sont d’application personnelle.
Par exemple, le seigneur a des prérogatives judiciaires sur ses sujets. Justice qui est source de
profit. Le seigneur détient des prérogatives fiscales sur ses sujets, il peut percevoir des tailles, des
péages qui frappaient par exemple la circulation à l'intérieur du fief. Ils pouvaient prélever des taxes
sur son territoire. Il y avait aussi des corvées. Les seigneurs pouvaient exiger des banalités :
redevances qui reposent sur le pouvoir de ban. Redevances exigées par le seigneur. Le seigneur a
seule la jouissance d’un colombier (tour dans laquelle on rassemblait les colombes) car il détient
l’exclusivité du droit de chasse et de pêche.

En conclusion on peut faire 2 remarques :


-Le cumul des droits féodaux et seigneuriaux était lourdement ressenti notamment dans les années
de maigres récoltent. On a beaucoup critiqué leur nature perpétuelle et imprescriptible et en plus les
historiens ont relevé un phénomène de réaction féodale à la veille de la révolution : il s’agissait pour
le seigneur de revenir sur ses terres pour prélever des taxes que l’on croyait tombées en désuétude.
Ce qui fait que ces taxes paraissent encore plus injustes.
Le seigneur en plus pouvait concéder ce prélèvement à un préposé : c’est la pratique de l’affermage.
Cela consiste à confier à un fermier, un préposé, le prélèvement des taxes sur la population en
autorisant le préposé à se rétribuer au passage.

-fallait ajouter à ces droits les exigences de l’Eglise (la dîme) et c’est pourquoi les cahiers de
doléance abondent en plainte du monde paysanne contre le régime féodal. Ces cahiers de
doléances ne remettent pas en cause l'existence de la monarchie mais ils exigent des
transformations très pratiques de leurs modes de vie.

Section 2 : L’insatisfaction bourgeoise

On peut résumer avec une formule de Garrison qui a parlé “d’inconfort d’une confortable
bourgeoise”.
Bourgeoisie : au départ c’est l’habitant d’un bourg (village). Puis à partir du 15e s, l’appellation de
bourgeoise tend à se restreindre pour ne viser que les seuls citadins aisés. La bourgeoisie c’est
l’élite du tiers état. Elle est la force active du royaume ce qui augmente son insatisfaction.

Paragraphe 1 : La diversité bourgeoise

Plusieurs groupes :

-La haute bourgeoisie de finance. Elle est caractérisée par le fait qu’elle soit directement liée à l'État
car elle gère l’argent public, le prélèvement des impôts. Il y a là des receveurs généraux, des
trésoriers généraux. Ils sont regroupés dans une compagnie financière appelée la ferme générale.
Une compagnie très critiquée car ces fermiers généraux sont très riches.
Et de plus en 1783, la ferme générale décide de demeurer à Paris pour éviter la fraude à l’octroi. On
prévoit des sortes de guichets, barrières pour arrêter les convoies entrant dans Paris. La colère est
générale ce qui fera dire à Beaumarchais : “le mur murant Paris rend Paris murmurant”.

-La bourgeoisie de banque : elle est assez proche de la première mais de moindre relief. Elle
concentre ses activités surtout à Paris, qui possède sa bourse, elle compte plusieurs dizaines de
banques sous Louis 16 : les banques étrangères et protestantes sont très mal vu.

-La bourgeoisie du négoce : cette bourgeoise est riche car il faut tenir un capital important pour
porter le titre de négociant. Cette bourgeoisie du négoce domine l’import export et domine
l’armement maritime.

-La bourgeoisie industrielle : elle se distingue car elle contient des artisans commerçants, elle est
très présente dans le textile mais aussi dans les mines, la sidérurgie

-Autre composantes de la bourgeoisie (bourgeoisie fourre tout) : bourgeoisie rentière, la bourgeoisie


de petite fonction publique, la bourgeoisie de profession libérale (avocat huissiers, notaires,
médecins), la bourgeoisie artisanale, une partie des maîtres avoisines la haute bourgeoisie du
négoce. Beaucoup d'artisans, qui se confondent avec le peuple : les tisserands, ce sont des artisans
subordonnés.

La question ouvrière ne se pose pas encore à la veille de la révolution, il y a trop de disparités entre
l’organisation des manufactures

Paragraphe 2 : Les griefs (revendications) de la bourgeoisie

La bourgeoisie est la grande créancière du pouvoir (elle participe largement au recouvrement de


l'impôt). La bourgeoisie souscris aussi largement aux emprunts. Elle bénéficie d’un large
rayonnement intellectuel car les milieux bourgeois alimentent les effectifs des hommes de lettres. La
bourgeoisie s'aperçoit qu’elle est une force montante mais elle est comprimée au plan sociopolitique
car elle n’a plus d’espoir d'ascension sociale parce qu’il est très difficile pour elle d'accéder à
l'aristocratie. Car les anoblissement sont de moins en moins nombreux, ils se compte au compte
goute au 19e s.

La noblesse de robe se fige en une caste qui monopolise les charges supérieurs de l’administration
et de la justice et cette caste se reproduit de façon héréditaire. En plus, la noblesse se crispe sur ses
privilèges et capte de plus en plus de postes pour ses héritiers notamment la noblesse d’épée. La
monarchie cède à ces pressions.
Par exemple dans le secteur de l’arme, l'accès aux écoles d'officier est réservé aux élèves
d’ascendance noble mais ceux avec 4 d’ascendance noble.
Aux niveaux des responsabilités gouvernementales appartiennent tous à l'élite des nobles : noblesse
d’épée et de robe : ministères…

Bilan : On comprend que la bourgeoisie se sent dépourvue d'expérience politique. Elle est sous
représentée dans les rouages politiques importants. Son amertume est grande. On comprend donc
que cette bourgeoisie puissante mais entravée ait été très perméable aux idées nouvelles. Des idées
d'opposition à l’ordre établi. Ces idées nouvelles vont transformer la bourgeoisie en classe
révolutionnaire. C’est ce que va traduire l’abbé Sieyès dans une brochure intitulée Qu’est ce que le
tiers état 1789 : il écrit que le tiers état est tout, il est rien, il veut être quelque chose.

Section 3 : La contestation idéologique

Ces courants de pensée vont jouer un rôle certain dans le déroulement des événements
révolutionnaires car ils s’attaquent à chaque aspect de l’ordre établi (politique, sociale, économique).

Paragraphe 1 : L’aspiration à un nouvel ordre politique et social

Fait de 3 courants : le despotisme éclairé, le libéralisme aristocratique et le courant dmocratique

A : Le despotisme éclairé

Le despotisme éclairé est un courant diversifié dans lequel on peut intégrer Voltaire, les
encyclopédistes et éventuellement des physiocrates.
Ce courant accepte la monarchie à condition qu’elle lutte contre les privilèges et qu’elle écoute les
conseils de sagesse donnés par les philosophes. Ainsi Voltaire fait l’éloge de la monarchie absolue.
Il s’en prend à la noblesse, aux privilèges et aux injustices fiscales ou religieuses. La raison est
incarnée par le conseiller philosophe, Voltaire va jouer ce rôle auprès de Jacques de prusse et
diderot catherine de russie.

L'encyclopédie s’inscrit dans la même logique, elle critique les privilèges contraires à la raison, elle
réclame les réformes de la justice, réforme de la fiscalité. La publication de l'encyclopédie
s'échelonne sur une dizaine d’années, de nombreux hommes de lettres et de science s’y inscrivent.

B : Montesquieu et le libéralisme aristocratique

Montesquieu est considéré comme un fondateur de la science politique. Son œuvre majeure est De
l’esprit des lois, ouvrage dans lequel il fait œuvre de sociologue. Il montre l’influence de différents
facteurs sur le pouvoir politique. Il fait partie de la noblesse parlementaire et sa position sociale
explique ses conceptions politiques. Montesquieu veut limiter le développement de la monarchie
absolue en permettant la restauration des corps intermédiaires dans la vie politique. Parmi ces corps
intermédiaires, il met au premier plan la noblesse. Il plaide pour une monarchie tempérée. Dans
l’esprit des lois, il développe 2 idées qui vont jouer un grand rôle dans les débats révolutionnaires : la
séparation des pouvoirs et le et le gouvernement représentatif

-La séparation des pouvoirs :


Avant Montesquieu on avait déjà cherché à analyser les pouvoirs : c’est ce qu'avait fait Aristote,
Locke dans le traité du gouvernement civil. Mais ces hommes s'étaient préoccupés de distinguer
trois fonctions.
Pouvoir de délibérer, juger et commander : séparation fonctionnelle. Donc ils ne connaissaient pas la
séparation organique des pouvoirs. C’est Montesquieu qui innove en séparant organiquement les 3
fonctions : fonction législative, exécutive, judiciaire doivent appartenir à des organes différents.
Avec Montesquieu double séparation des pouvoirs : fonctionnelles et organiques.
-Le gouvernement représentatif :
Traduit l’origine aristocratique de Montesquieu car le gouvernement représentatif est une forme de
régime qui s’oppose à la démocratie directe. Il se caractérise par le fait que les citoyens ne décident
pas eux même de la législation mais ils désignent des représentants dont le rôle est de décider à leur
place. Montesquieu part du principe que le peuple n’a pas la capacité intellectuelle suffisante pour se
prononcer sur le bien commun, par contre il saura choisir ses représentants. Montesquieu réclame
un parlement avec 2 chambres dont l’une serait composée d'aristocrates. Car si les aristocrates
étaient melangés dans la representation nationale “la liberté commune serait leur esclavage”. Vision
élitiste.

C : Rousseau et le courant democratique

Rousseau appartient à la petite bourgeoisie, on lui doit essentiellement 2 apports :


Sa théorie du contrat social et sa condamnation du système représentatif.

La théorie du contrat social : Du contrat social 1782. Cette théorie du contrat social n’est pas
nouvelle car Hobbes l’avait déjà formulé notamment dans Le Léviathan.
Rousseau n’a pas le même point de vue de Hobbes, il constate qu'à l'état de nature l’homme est
libre mais c’est pour des raisons de survie que les hommes doivent passer un contrat avec
l’ensemble de la société et donc avec eux même. Cette société issue du contrat social va être
gouvernée par la volonté commune de l’ensemble des ses membres, c’est la volonté générale se
dégageant à la majorité. Cette volonté générale est absolue, souveraine et illimitée. Pour Rousseau il
n’y a pas de risques d’oppression d’une majorité sur une autre car la loi sera applicable à tous.

La condamnation du système représentatif : Rousseau condamne le système représentatif car il ne


peut jamais avoir pour lui avoir de coïncidence entre la volonté du représentant et celle du
représenté. Pour Rousseau, plus l‘Etat fonctionne et plus l’attrait pour les affaires publiques va
l’emporter. Rousseau met en avant un type de gouvernement qui va beaucoup plus loin que les
idées de son temps. C’est pourquoi on l’a appelé le “père de la démocratie”. On peut dire que c’est
vrai au niveau des fondements du pouvoirs (la souveraineté revient véritablement au peuple) mais
Rousseau ne développe pas beaucoup sa théorie, il n’apporte pas un régime politique déterminé si
bien que sa démocratie est très formelle, un système très abstrait, le système serait cohérent à
condition de prendre des hommes qui sont des abstractions. Rousseau lui-même reconnaît que son
système est très difficile à mettre en œuvre à part dans les petits territoires (comme la Corse).

Paragraphe 2 : Les aspirations à un nouvel ordre économique : les physiocrates

Les physiocrates exaltent la nature et la raison : les plus connus sont Quesney qui nous laisse un
tableau économique de la France, Mirabeau, Turgot. Quesney est médecin et économiste ce qui
l'amène à comparer le circuit économique à la circulation du sang dans le corps humain. Corps
humain : machine avec circuit mais si on touche à ce circuit on va mettre fin à la vue dans ce corps,
on va perturber le système. Analyse simple : pour lui il ne faut pas intervenir dans l'économie car le
système est harmonieux donc l’Etat ne doit pas s'en mêler. Les physiocrates participent du
despotisme éclairé en matière économique.
Les physiocrates exaltent l’activité agricole, pour eux “la nature est seule féconde”, seule créatrice de
richesse (qui se renouvellent en permanence).
L’industrie ne fait que transformer et le négoce ne fait que transporter (les autres activités ne sont
pas d’un apport exceptionnel, on doit privilégier l’agriculture). L’agriculture est l’unique activité dans
le rapport excel des coûts de production : nous montre que les physiocrates s’expriment dans un
mode essentiellement agricole.
Cela mène les physiocrates à hiérarchiser 3 catégories d’individus :
-classe stérile : manufacturiers, artisans, commerçants…
-classe productrice : monde paysan
-classe ranté : qui comprend l’ensemble des propriétés foncières, terriens.

Il faut soutenir la classe productrice (les paysans) en l’affranchissant de tout ce qui peut l’entraver, la
paralyser comme par exemple les droits seigneuriaux et féodaux, la dîme, les corvées. Il faut
favoriser au maximum la classe renté car leur rôle économique est très important. Ce qui amène les
physiocrates à défendre la propriété. Les physiocrates vont influencer les révolutionnaires : article 17
de la DDHC. Et 544 du code civil.

La préférence des physiocrates va plutôt vers la grande propriété car ce sont les gros propriétaires
qui sont davantage en capacité d'investir. On voit nettement se profiler un régime élitiste, un régime
des notables qui va fonctionner jusqu’à l'avènement du suffrage universel. En effet, depuis les
physiocrates on considère que la gestion des affaires publiques doit revenir au plus riche
propriétaire. L'élite socio-économique doit former l’élite politique.

Un autre grand principe des physiocrates : ils plaident pour l'élimination du dirigisme économique,
pour eux les activités de la classe stérile doivent être affranchis des contraintes. La circulation des
richesse obéissant à un ordre harmonieux d'où leur mot d’ordre : laissez faire (les hommes), laissez
passer (les marchandises).
L’école physiocratique dénonce le protectionnisme, les douanes intérieures, les communautés de
métier, le contrôle des manufactures. Ils dénoncent toute la réglementation économique de l’ancien
régime. Ils sont défenseurs de la libre initiative et concurrence. Ils sont les précurseurs du libéralisme
économique qui va rayonner pendant toute une partie du 19e s.

Paragraphe 3 : L'influence des idées nouvelles à la veille de la révolution

A : Pensée des Lumière et mentalité

La pensée des Lumières n'emporte pas vraiment les mentalités à la veille de la Révolution et les
livres de spiritualité avaient même plus de succès que les ouvrages des Lumières. Finalement, seule
la noblesse éclairée et une fraction de la bourgeoisie est en capacité de comprendre et de patronner
les idées des Lumières. Les thèmes de la philosophie des Lumières ont finalement peu de rapport
avec les problèmes concrets de la population. La pensée des Lumières triomphe chez une étroite
minorité dirigeante. Cette mode a été essentiellement parisienne.
Cette pensée des Lumières va trouver un relais puissant au sein des salons, des clubs, des cafés.
Les sociétés de pensée prolifèrent et la franc-maçonnerie se développe beaucoup. La maçonnerie
va militer pour le rapprochement des peuples. On estime qu’il y avait environ 700 loges en France à
la veille de la révolution 1789.

B : Pensée des Lumières et réformes monarchiques

Un certain nombre de réformes sont à situer dans le sillage des idées nouvelles. Elles sont
introduites par Louis 16.

Elles interviennent dans plusieurs domaines :


-Dans le domaine des droits de l'homme, on note la suppression du servage dans les terres
appartenant à la couronne en 1779. En 1787, l'Édit de tolérance accorde un état civil distinct aux
protestants, il s’agit d’un état civil laïcisé tenu par les officiers royaux. Cet édit de tolérance porte mal
son nom car l’exercice du culte n’est pas officiellement autorisé. En 1788, un edit fait disparaitre le
recours à la question (torture) qu’encouraient les inculpés de crimes graves. En 1788 on note la
suppression de la censure.

-Réforme monarchique dans le domaine économique : réformes qui tiennent du courant


physiocratique :
1774 : Turgot met fin à la police des grains (taxes sur la circulation des céréales). Mais cette
libération entraîne une hausse du prix du pain et une série d'émeutes pour dénoncer la spéculation
de la guerre des farines. Elle marque l’année 1775, mais elle fait suite à 2 années de mauvaises
récoltes. Et certains historien y voient un signe de la révolution

1786 : signature d’un traité avec l’angleterre de libre échange (on met fin au protectionnisme)

1787 : création d’assemblées provinciales pour décentraliser la gestion financière. Les propriétaires
fonciers y sont privilégiés mais le tiers état était représenté.
Les résistances aux réformes : tant que les mesures ne touchent pas au fondement de la société
elles sont acceptées mais dès qu’elles touchent au privilège, ces mesures suscitent l’opposition, le
refus.

D’autres mesures suscitent un vive opposition car touche aux privilège :


1776 : réforme sur la suppression des communautés de métier ne peut aboutir, Turot doit quitter le
gouvernement.

1786 : contrôleur général des finances Calonne doit quitter le gouvernement, il voulait établir un
nouvel impôt, impôt qui frapperait tous les propriétaires fonciers (nobles, laïques, ecclesiastique).
Calonne peut contourner l’opposition des parlement en faisant convoquer l'assemblée des notables
en 1787. Le projet d’imposition est rejeté et Calonne doit partir. Les notables en appellent aux états
généraux sous prétexte que seuls les représentants authentiques de la nation peuvent accorder un
impôt nouveau. Le nouveau contrôleur général des finances : Loménie de Brienne (ecclesiastique)
reprend le projet d’imposition de Calonne et l’addresse au parlement de Paris mais le parlement de
Paris refuse l’enreistrement, il se déclare incompétent, il en appelle aussi aux Etats généraux.

Mai 1788 : le ministre de la justice Lamoignon : il veut réformer les parlements, il veut leur retirer leur
droit d'enregistrement et de remontrances. Les parlements vont alors susciter l'agitation à Paris
comme en Province. Ils vont colporter un esprit de rébellion contre ces réformes au prétexte que ces
réformes vont nuire à l'intérêt des provinces (mépris des coutumes, usages provinciaux). C’est ainsi
qu'à Grenoble a lieu la journée des tuiles 7 juin 1788. La population refuse de voir partir les
parlements, défend les parlementaires renvoyés. Des événements semblables ont eu lieu ailleurs. La
journée des tuiles anticipe la révolution : elle est un élément précurseur.

Suite à ces événements Louis 16 cède, il promet de réunir les Etats généraux. L’opposition
systématique des parlements bloque finalement tout le système constitutionnel.
En conclusion, on peut dire qu'à la veille de la Révolution on note une pluralité de problèmes,
certains problèmes sont structurels (institutionnels) donc ancien par exemple le problème de la
justice, la question des finances, la question de l'administration, la question de statut des agents du
roi.

Mais les problèmes structurels sont arrivés par les éléments conjoncturels (hausse des prix…). Les
causes de la révolutions sont plurielles même si on a selon les époques insisté sur tel ou tel aspect.
Par exemple, Tocqueville insiste beaucoup sur les causes idéologiques de la révolution. Dans les
années 1930 on a souligné l’importance du facteur économique (mauvaise récolte, hivers froid,
réaction féodale…). Dans les années 1950 Alfred Sauvy a mis en relief la croissance démographique
des années 1760, on a une croissance qui amène sur la scène politique une masse de jeunes gens
qui se trouvent face à une société bloquée, ils seront très perméables aux idées révolutionnaires.

Tous ces éléments expliquent la révolution française mais l’historien du droit privilégie les causes
structurelles, institutionnelles.

Partie 1 : La mise en place d’un ordre nouveau : 10 ans de révolution (1789-1799)

4 phases sont à distinguer dans ces 10 années :


2 premières phases correspondent à la monarchie constitutionnelle :

-1ere phase : assemblée nationale : juin 1789 à septembre 1791 :


5 mai 1789 : États généraux sont réunis à Versaille
17 juin 1789 : ils se transforment en assemblée nationale
9 juillet : l’assemblée prend le nom d’assemblée nationale constituante. Cette assemblée élabore la
première constitution révolutionnaire constitution monarchique du 3 septembre 1791 qu’on résume
par la devise : “la nation, la loi, le roi”

-2eme phase : phase de l’assemblée législative : elle va du 1 octobre 1791 au 20 septembre 1792
Pendant cette 2eme phase les événement se précipitent que ce soit à l'intérieur du royaume ou à
l'extérieur. A l'extérieur, la guerre est ouverte avec l'Europe monarchique. A l'intérieur l’assemblée
subit des pressions que ce soit de la part des clubs, des sociétés populaires ou de la commune
insurrectionnelle de Paris.
Au sein même de l’assemblée, plusieurs tendances s’affrontent, il y a des députés monarchistes
modérés, on les appelle les feuillants ou les constitutionnels. Ils sont débordés par les girondins qui
sont plus à gauche. Ils sont eux même dépassés par les futurs montagnards.
La monarchie constitutionnelle est traversée par la fuite du roi en Juin 1791 à Varenne.
Puis la chute de la monarchie le 10 août 1792.

-3eme phase : phase de la convention elle va du 21 septembre 1792 jusqu’au 26 octobre 1795.
Cette période de la convention connaît également 2 sous périodes :
-La période de domination montagnarde. C’est pendant cette période qu’on proclame la république.
On laisse s'instaurer la dictature du comité de salut public au début de 1793. Puis la dictature de
Robespierre. C'est pendant cette période qu'on adopte la constitution montagnarde du 24 juin 1793
dite constitution de l’an 1. Cette constitution n’a jamais été appliquée.
-La période de domination des thermidoriens : ce sont des opposants de Robespierre. Cette période
de domination adopté une nouvelle constitution, celle du 22 août 1795 qui met en place le directoire.

-4ème phase : phase du directoire du 27 octobre 1795 au 10 Novembre 1799 ou 18 brumaire an 8.


Ici on assiste au repli de l'élan révolutionnaire mais le contexte politique est très perturbé et la
république ne peut pas se stabiliser. Le directoire est balayée par le coup d’etat de Bonaparte, la
population étant lassé de l'insécurité l’appelle sauveur capable de restaurer l’ordre.

Chapitre 1 : La révolution et les principes fondateurs de l’Etat moderne

Ces principes fondateurs sont posés à travers 2 étapes :


Le 17 juin 1789 : proclamation sur la création de l’assemblée nationale
26 Août 1789 : DDHC
Ces 2 phases mettent fin à l’ancien régime

Section 1 : La déclaration du 17 juin 1789 proclamant l’assemblée nationale


Avec cette proclamation, on assiste à la naissance politique de la nation. Puisque les Etats généraux
se qualifient eux même d'assemblée nationale. Alors que sous l'ancien régime les états généraux
n'étaient qu'un organe de conseil. Il était sous la monarchie qu’une simple assemblée de
représentants des 3 ordres que le roi convoque quand il le voulait. Les Etats généraux de l'Ancien
Régime était une institution strictement soumise à la monarchie et leur dernière réunion remontait à
1614. Cette déclaration du 17 juin 1789 ouvre la voie à un nouveau droit public autour de 2 principes
liés : la conception unitaire de la nation et la souveraineté nationale.

Paragraphe 1 : La conception unitaire de la nation

Cette conception unitaire de la nation s’oppose à celle de l'ancien régime, la nation était organisée
en corps. On ne considérait pas les individus mais des groupes dans lesquels les individus étaient
inertes. Ces groupes étaient nombreux et ils constituaient les corps intermédiaires. Mais la théorie
des corps intermédiaires connaît un nouvel élan avec Montesquieu.
Pour beaucoup les corps sont nuisibles car ils font obstacle à l'homogénéité de la nation. Le porte
parole de cette nouvelle doctrine politique est Sieyès. Il était représentant du tiers état pour la
circonscription de Paris. Il s’est fait connaître par sa brochure Qu’est ce que le tiers Etat. Il
s'intéresse aussi à la nation. Pour lui la nation n’est pas le regroupement de tous ceux qui habitent
un même territoire, elle réunit les “actionnaires de l’entreprise sociale” c'est-à-dire ceux qui
produisent et ceux qui participent à l’utilité commune. Cette définition de la nationale exclut 2
groupes de personnes : les privilégiés (qu’il voit comme des parasites) et les indigents (pauvres).
Cette idéologie de sieyès se situe aux origine de la théorie bourgeoise et de la justification du
suffrage censitaire.

Paragraphe 2 : La souveraineté nationale

Elle succède à la souveraineté divine de l'ancien régime. Pour Sieyès “la nation existe avant tout, elle
est à l’origine de tout, la volonté est toujours légale, elle est la loi elle même”. Le pouvoir constituant
appartient à la nation uniquement, il sera exercé par le moyen de la représentation, ce qui permet
aux citoyens de se décharger du soin de se charger des affaires publiques. Les citoyens confient
cette tâche aux plus expérimentés, ceux qui ont fait la preuve de leur utilité sociale.
Le 20 juin 1789, par le serment du jeu de paume, les députés du tiers état s'engagent à rester unis
jusqu’à la mise en place de la constitution. Ils sont rejoints par certains députés du clergé et de la
noblesse. L'assemblée se consacre à la rédaction de la DDHC

Section 2 : La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen

L'intérêt de ce texte dépasse la simple histoire constitutionnelle, depuis la décision du conseil


constitutionnel de 1971 sur la liberté d'association, la DDHC fait partie intégrante du bloc de
constitutionnalité. C’est un texte qui a été bafoué dès l’origine, mais elle acquiert rapidement un
caractère sacré, une valeur de catéchisme politique, de sorte à ce qu’elle ne serait plus modifiée.

Sous section 1 : La genèse de la DDHC

La déclaration n’est pas un commencement absolue, elle n’a pas l'avènement de la liberté en rupture
totale avec l’ordre ancien. Elle a vu le jour dans un certain terreau intellectuel. Elle est aussi un point
d'arrivée, ce qui faisait dire à l’historien Paul Hazard : “nous sommes des héritiers surchargés,
l’antiquité, le moyen age, la renaissance pèse sur nous mais c’est du 18e s que nous sommes les
descendants direct”.

Paragraphe 1 : Les sources lointaines (anciennes)


A : L’apport chrétien

La DDHC ne fait pas d’emprunt direct au christianisme et pourtant elle émane d’un milieu façonné
par des siècles de christianismes. On le vérifie notamment avec la notion de dignité de la personne
humaine. La notion de droit de l’homme suppose une civilisation dans laquelle la dignité de la
personne humaine fait figure d'évidence. Et dans le christiansme l’homme tient sa dignité de son
origine et il tire sa dignité de sa finalité car il est appelé à une destinée éternelle qui transcende les
appartenances temporelles. Il en résulte une dimension égalitaire et universaliste. Galates : “il n’y a
plus ni juif, ni grec, ni esclave, ni homme lobre, ni homme, ni femme”. Ce message était tout à fait
neuf dans un monde antique qui privilégiait l’appartenance au groupe, à la cité, au groupe politique.
La pratique des sociétés chrétiennes notamment de l'Eglise s’est souvent inscrite en faux ce
principe, mais il finira par s’imposer aux consciences.

La christianisme a apporté aussi une base à la limitation du pouvoir car dans la société antique
l’homme trouvait sa raison d'être dans la cité, le pouvoir était fondamentalement totalitaire. Dans la
pensée chrétienne, l'Etat est limité par les paroles du Christ. On avait affaire à la première distinction
entre le spirituel et le temporel. Finalement la fusion entre la religion et l'État va revivre à partir du
4eme science et l’empereur Théodose qui a fait du christianisme une religion d’Etat.

B : L’école du droit naturel

Cette école trouve son origine dans la théologie médiévale et le droit canon. Elle affirme qu’il existe
un droit antérieur à l'état et insiste sur la raison qui peut découvrir ce droit. La raison n’a qu'à
analyser la nature de l’homme telle qu’elle a été créée par Dieu. Cette théorie met en avant le droit
subjectif, des droits propres à l’individu et non à son groupe d’appartenance. Dans l’antiquité aristote
était déjà précurseur de cette théorie de droit naturel, pour lui il est un principe supérieur de justice.
Saint Thomas d’aquin au 13e s avait approfondi la théorie d’aristote en lui donnant un axe chrétien. Il
distingue 3 niveaux de droit naturel :
La loi éternelle, la loi divine : révélée dans la bible, la loi naturelle : découverte par la raison que Dieu
a placé dans le cœur de l’Homme.
17e s : Grotius fait évoluer cette théorie en la dégageant de son emprise religieuse pour focaliser son
attention sur l’homme. Dans son traité de la guerre et de la paix en 1725, il met en avant un droit
naturel purement rationnel. Un droit naturel qui émane de la nature. Cette école du droit naturel ne
conçoit pas le droit comme un ensemble de droits éparpillés; elle est un ensemble de principes
généraux : cette école va beaucoup influencer les rédacteurs de la DDHC. Se sont les sources
anciennes de la DDHC.

Paragraphe 2 : Les sources directe

A : Les principaux maîtres à penser

Rousseau : son influence est assez nette sur la DDHC. Certains historiens relèvent une certaine
similitude entre le début de l’article 1er de la DDHC et le début du contrat social. La DDHC va
reprendre à Rousseau son culte de la volonté générale, une volonté générale synonyme de pouvoir,
une volonté générale qui est celle de la majorité. On va lui reprendre le culte de la loi. Ce culte de la
loi va dominer toute la période révolutionnaire et au-delà de la pensée libérale. Ce culte de la loi
explique l’article 34 de la constitution de 1958 qui réserve au législateur certains domaines
importants comme les garanties fondamentales pour l’exercice des libertés publiques.

Montesquieu : De l’esprit des lois 1748. On lui emprunte son goût pour la liberté, sa méfiance pour le
pouvoir et son corollaire c’est à dire la séparation des pouvoirs à l'article 16. On retrouve l’influence
de Montesquieu dans la constitution de 1791 avec la subordination de l'exécutif à la loi. On va lui
emprunter sa méfiance envers le juge, il n’est que la bouche qui prononce les paroles de la loi.

Les physiocrates : influence est nette dans le culte de la propriété.

Voltaire : On trouve son influence dans l'invocation à l'être suprême. Son influence est visible aussi
en droit pénal, il réclame l’unification du droit, la tolérance religieuse. Il a mis ce thème de la
tolérance religieuse dans des affaires comme l'affaire Calas. Les idées de Voltaire vont coïncider
avec celle de Beccaria. Il mettent en avant l’égalité de tous devant la loi et aussi le principe de la
légalité des peines.

B : Les déclarations de droit américaines

Origine : elles voient le jour au sein de colonies anglaises révoltés avec leur métropoles : elles
deviendront les Etats Unis d’amérique en 1776.
Ces colonies sont marquées par 3 influences :

-La philosophie des Lumières (Locke, Montesquieu, Rousseau)

-Elles sont marquées par la traduction puritaine léguée par les pères pèlerins : 1er immigrants à avoir
débarqués sur le territoire américain. Ces puritains lèguent à leur descendants une forte tradition
religieuse. Cette tradition implique la liberté de conscience face à l’Etat parce qu’il ont fuit l'Angleterre
pour protéger leur foi. Plusieurs colonies ont inscrit la liberté de conscience dans leur constitution dès
le 17e s.

-La tradition du libéralisme anglais : l’histoire de l’angleterre est jalonné d’une série d’acte qui limitent
les droits de la couronne vise à vise du parlement et vis à vis des sujets du royaume : ex grande
charte la Magna carta : elle garantir la liberté individuelle, le consentement à l'impôt et la mise en
place du jury. Elle est accordée par Jean Sans Terre. Elle pose les bases d’une monarchie
tempérée.
Au niveau de ces textes anglais : Habeas corpus 1670 sur la liberté d’aller et venir, de se défendre
au tribunal. Bill of right 1689 : déclaration des droits : Locke fait connaître ce texte au monde. Ces
différents textes étaient très connus par les philosophes Voltaire et Montesquieu qui avaient
beaucoup étudié les institutions anglaises. Cette tradition anglaise ressurgit aussi à travers les textes
américains.

Dans les déclarations de droit américain, contenu : elle s’efforce de concilier pragmatisme et grands
principes. Par exemple la déclaration des droits de l'État de Virginie 1776 :”Tous les hommes sont
par nature libres et indépendants”. On y trouve des règles précises au niveau de la séparation des
pouvoirs, liberté religieuse, de la presse.
La déclaration d'indépendance des Etats Unis 4 juillet 1776 par Jefferson : cette déclaration prévoit
des principes généraux et d’autre part leur mise en œuvre par les gouvernants. Tous les hommes
sont créés égaux, ils sont dotés de droits inaliénables : liberté, vie, recherche du bonheur.

L'Amérique a exercé une influence décisive en ce qui concerne le principe d’une déclaration en tête
de la constitution pour 2 raisons : l'Amérique fournissait un modèle admiré d’autant plus que
Benjamin Franklin était présent à Paris à la veille de la révolution. Il était l’invité de tous les salons
parisiens. Il était présent pour négocier le traité de la reconnaissance du jeune état qui vient de se
constituer.

On dit que Lafayette avait dans son bureau 2 tableaux : 1 avec la déclaration des droits de Virginie et
l’autre qui était une feuille blanche destinée à la future déclaration française. Ce débat sur l’influence
des déclarations américaines sur la France rejaillit parfois. Il a opposé au début du 20e s Jellinek à
Emile Boutmy. Boutmy met en avant l'originalité absolue de la déclaration française et Jellinek
présente la DDHC comme l'héritière directe des déclarations américaines qui seraient elles même le
produit du génie allemand. Car le protestantisme a commencé en Allemagne avec Luther.

Sous section 2 : Le contenu de la DDHC


On a l’habitude de subdiviser le contenu entre 2 sous parties : droit de l’homme et droits de la nation

Sous Paragraphe 1 : Les droits de la antions

Ils sont posés dès l’article 3 qui précise : “le principe de toute souveraineté réside essentiellement
dans la nation”. Cette conception tranche avec celle de l’ancien régime car sous l’ancien régime seul
le roi était titulaire de la souveraineté, souveraineté de droit divin. Le roi était la tête du corps de la
nation. L’autorité, la souveraineté n’est plus transcendante, elle ne vient plus d’en haut, on a affaire à
une souveraineté permanente, qui vient d’en bas, de la nation.
Cela dit le roi a une statut ambigu dans la constitution de 1791 car il détient une autorité héréditaire
(même roi toujours Louis 16) et il est censé représenter la nation au même titre que l’assemblée :
entraîne conflit de légitimité, l'assemblée est censée être la plus légitime pour représenter la nation.

Les droit de la nation :


A : Le droit de voter les lois

La loi est l’expression de la volonté générale de la nation, elle est exaltée. Les Etats généraux se
proclament Assemblée nationale dès le 17 juin 1789.
Le 9 juillet 1789 ils deviennent assemblée nationale constituante. Ce qui veut dire que l’assemblée
s’empare du pouvoir législatif au plus haut niveau. Elle se charge de rédiger une nouvelle
constitution, le roi est exclu du pouvoir législatif.

La volonté de la nation s’exprime par des représentants élus qui n’ont pas un mandat impératif mais
représentatif, ils s’expriment au nom de la nation toute entière (ils ne représentent pas les intérêts de
leur département d’origine). C’est pourquoi la loi qui est l’expression de la volonté générale est
présumée parfaite, infaillible. Certains historiens parlent même de fétichisme de la loi tellement la loi
est vénérée. Ce culte voué à la loi explique la toute puissance de l’assemblée notamment dans la
première constitution révolutionnaire de 1791. Cela nous explique aussi que les autres sources du
droit (doctrine, jurisprudence) vont être amenées à s’effacer.

B : Le principe de la séparation des pouvoirs ou le droit de diviser les pouvoirs publics

Ce principe est consacré à l’article 16 de la DDHC : “Toute société dans laquelle la garantie des
droits n'est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n'a point de constitution.”
Cet article annonce la fin du roi justicier. Ce principe de séparation des pouvoirs est conçu de
manière rigoureuse. Ils veulent limiter l'exécutif et le judiciaire au profit du législatif tout puissant. Les
tribunaux sont considérés comme un mal nécessaire, le rôle du juge est strictement entendu (la
bouche de la loi) c'est-à-dire qu’il est un simple exécutant pour appliquer la loi. Il ne doit pas
interpréter les textes sous peine de s'immiscer dans l’exercice du pouvoir législatif. Les
parlementaires sont supprimés dès l’automne 1789. Une organisation judiciaire sera finalement mise
en place mais sous tutelle comme le montre la procédure du référé législatif (=obligation pour le juge
de s'adresser au corps législatif quand il a des difficultés pour interpréter la loi). On voit aussi que le
judiciaire est sous tutelle car au sommet de l’ordre judiciaire il y a un tribunal de cassation qui est vu
comme le sentinel de la loi et il est établi “auprès du corps législatif”, il sera soumis au corps
législatif.
Paragraphe 2 : Les droits de l’Homme

L’article 2 de la DDHC énonce les droits naturels et imprescriptibles de l’homme : propriété, liberté,
sûreté, résistance à l’oppression (monarque).
2 grands principes émergent :

A : La liberté

La liberté est le thème le plus représenté. La liberté s’oppose ici aux libertés de l’ancien régime car
les libertés de l’ancien régime désignaient en pratique des privilèges de groupes (libertés des villes,
des communautés…). Désormais la liberté est conçue de façon individuelle : c’est l’homme en tant
que tel qui jouit de libertés. La liberté physique est protégée à l’article 7 : “Nul homme ne peut être
accusé, arrêté ni détenu que dans les cas déterminés par la loi, et selon les formes qu'elle a
prescrites.”. L’article 9 proclame la présomption d’innocence : “Tout homme étant présumé innocent
jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable”. L’article 10 garantit la liberté d’opinion et de conscience :
“Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses”. On reconnaît aussi la liberté de la
presse. La liste des libertés se termine par la reconnaissance du droit de prop inviolable et sacrée
parce que sous l’ancien régime la propriété était divisée à cause des droits concurrents qui pesait sur
elle (féodaux, seigneuriaux). Ce culte de la prop va se retrouver dans toutes les constitution et aussi
dans le code civil de 1804. Ce culte de la prop s'explique car c'est la classe bourgeoise qui a fait la
révolution.

Cette volonté de libérer l’homme de toute entraves va justifier 2 réformes lourdes de conséquences :
-Concernant le système corporatif : le principe de liberté exige la liberté économique donc on veut
supprimer les corps. Ils sont éliminés progressivement. Les révolutionnaires considèrent que
l’isolement des individus, l'éparpillement des individus est la condition de la liberté. Désormais c’est
l’individu qui compte.
Le décret d’Allarde du 2 mars 1791 abolit les communautés de métier ou corporations. Il pose le
principe de la liberté du travail (liberté du commerce ou de l’industrie).
Texte qui complète ce décret : Loi le Chapelier : cette loi date du mois de Juin 1791, elle interdit les
associations, coalitions professionnelles entre ouvriers ou entre patrons, c'est-à-dire la grève. Cette
législation va se retourner contre les citoyens les plus faibles et bloquer l’action ouvrière. Il faudra
attendre 1864 pour obtenir l’autorisation du droit de grève. Il faudra attendre 1884 pour obtenir la
liberté syndicale.

-2eme conséquence de ce culte de la liberté se retrouve au niveau de l'Église : l’anticléricalisme très


vif et l’urgence financière appelle la destruction du clergé, de l’Eglise en tant que corps. En novembre
1789 l’assemblée vote la confiscation des biens de l'Eglise pour “être mis à la disposition de la
nation”. L'Église perd son patrimoine et ses attributs de puissances et en Février 1790 l’assemblée
va encore plus loin car elle interdit les vœux perpétuels et elle décide de la dissolution des
communautés monastiques. En juillet 1790 l’assemblée vote la constitution civile du clergé qui
souhaite établir l'indépendance totale de l’Eglise à l'égard du pape. Le pape refuse ce texte car la
constitution civile du clergé redécoupait la carte écclesiastique pour briser l'attachement présumé de
certaines provinces à la monarchie. La constitution civile du clergé prévoit l'élection du clergé, un
clergé désormais financé par l’Etat, sous la tutelle de l’Etat. Cette constitution civile du clergé impose
le serment de fidélité à la constitution au clercs. Serment qui est refusé par environ la moitié du
clergé. Cette attitude va avoir sa rançon car elle va faire du monde catholique un adversaire de la
révolution. Beaucoup vont prendre le parti de la contre révolution. Une contre révolution qui trouve
ainsi une assise populaire (car au départ c’était surtout les nobles).

B : L’égalité
L'égalité est inscrite dès l’article 1er : “les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits”.
C’est une égalité juridique comme le précise l’article 6 : “la loi doit être la même pour tous, soit qu’elle
protège, soit qu’elle punisse”. Cet article 6 proclame aussi l’égalité devant l’accession aux emplois
publics. Il y a donc condamnation de la vénalité des offices pratiqués sous l’ancien régime. L’article
13 proclame l’égalité fiscale. Ce principe d’égalité entraînait la suppression des ordres ce qui avait
été fait la nuit du 4 août 1789 avec l'abolition de privilèges. Mais cette égalité soufre d’exception :
exemple : l’esclavage subsite dans les colonies malgre le combat de l’abbé Gregoire. L’esclavage
sera definitement abolit en 1848. Autre exception : loi schoelcher. Les femmes n’ont pas la qualité de
citoyen : elles n’ont ni droit de vote ni droit d'accès aux fonctions publics.

En conclusion on peut dire que la DDHC a constitué comme le disait Michelet le “crédo du nouvel
âge”. Credo : confession de foi. Son caractère universaliste a assuré son rayonnement dans le
temps et dans l'espace cela dit les constituants ont été assez rapidement critiques. Par exemple
l’anglais Burke dans ses réflexions sur la révolution français reproche à la DDHC son côté abstrait. Il
est suivi par Bonald et Joseph de Maistre : ces 2 penseurs étant actifs dans la mouvance contre-
révolutionnaire. La DDHC sera aussi critiquée par Marx et ses successeurs car elle n‘entraîne pas de
révolution sociale (droit abstrait). Il est vrai qu'on ne trouve aucune notion de liberté collective, pas de
liberté de réunion (il faudra attendre 1881), pas de liberté d’association (1920) : par méfiance envers
les groupes car sous l’ancien régime on ne connaît que les groupes. Cette déclaration fait triompher
l’individualisme pour marquer la rupture avec l'ancien régime : l'individu est au cœur du droit mais
c’est un individu isolé et donc affaibli (au plan économique et social). Sur le long terme la DDHC allait
inspirer les rédacteurs de la DUDH signée à Paris le 10 Décembre 1948. A Paris pour rendre
hommage au rôle éminent de la France dans la promotion des droits de l’homme. Article 1er DUDH :
“Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience
et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.”. Il ressemble donc à l’article 1er de la
DDHC mais il va plus loin.

Chapitre 2 : La révolution bourgeoise ou la monarchie constitutionnelle 17 juin 1789-10 août 1792

La constitution est votée par l’assemblée le 3 septembre 1791 : c’est la 1ere constitution écrite de la France.
Elle inclut la DDHC, elle est acceptée par le roi qui lui jure fidélité. 2 années s'écoulent entre le départ de l’été
1789 et le l'adoption définitive de la constitution. Ces 2 années s’expliquent par l'ampleur des problèmes à
résoudre. Il s’explique aussi par les événements et notamment la fuite du roi à Varennes en juin 1791.
L’assemblée accrédite la thèse fictive de l'enlèvement, elle suspend le roi de ses fonctions jusqu’au mois de
Septembre 1791, des manifestations ont lieu (notamment la manifestation du champ de mars 1791) suite à cette
manifestation on craint les débordements populaires. On veut ménager le roi car il est capable de nuisance et on
veut contenir le peuple ce qui explique le contenu de la constitution et aussi son fonctionnement (échec elle sera
appliquée 10 mois)

Section 1 : Le contenu de la constitution du 3 septembre 1791

Cette constitution répond aux idées du temps, elle se veut un texte de compromis. On peut la résumer en 4
points : un gouvernement représentatif, le monocaméralisme, la monarchie, la séparation des pouvoirs

Paragraphe 1 : Le gouvernement représentatif

On voit que le principe de la souveraineté nationale est à la base de la constitution. Le roi est considéré comme
un représentant de la nation comme le corps législatif, il est considéré comme le 1er fonctionnaire de l’Etat :
c’est ce qu’on lit à l’article 2 du titre 3 : “la constitution française est représentative, les représentants sont le
corps législatif et le roi”. Dans ce système on a affaire à une monarchie représentative et censitaire (repose sur
l'impôt), ce qui illustre le compromis politique contenu dans la constitution, une constitution élaborée par des
juristes bourgeois qui sont à la fois révolutionnaires et modérés. Juristes révolutionnaires car ils veulent abattre
l’ancien régime, ils veulent passer à un régime révolutionnaire fondé sur la bourgeoisie mais ils sont modérés
car ils sont hostiles à toute idée de révolution radicale. Ils ne veulent pas de gouvernement populaire, ils veulent
traiter avec le roi. Donc le mode de scrutin s’explique justement par le souci de faire prévaloir les classes
moyennes par rapport aux classes populaires. C’est pourquoi on aura un suffrage censitaire et indirect.

A : Un suffrage censitaire

Sieyès défend ce suffrage censitaire et sa proposition est adoptée pratiquement à l’unanimité : dans ce système
seuls votent les citoyens actifs qui sont les individus masculins âgés de 25 ans, domiciliés dans le même canton
depuis 1ans, qui ne sont ni servant à gage (pour ne pas être influencés par les maîtres, nobles), ni domestique et
qui paient un impôt. Sur 26 millions de français il y aura un peu plus de 4 millions de citoyens actifs, de
votants. Ceux qui ne paient pas d'impôts sont dits citoyens passifs, ils n’exercent pas de fonction civique.

B : Un suffrage indirect

Les citoyens actifs se réunissent en assemblée primaire au chef-lieu du canton pour choisir des électeurs du 2nd
degré qui forment l’assemblée électorale du district. Les électeurs du second degré doivent payer un impôt plus
important (20 jours de travail). Les électeurs du 2nd degré doivent élire les membres du corps législatif, ils sont
environ 40 000 et forment un groupe social assez homogène, l'aristocratie de naissance est remplacée par une
nouvelle élite, la bourse de l’argent. On exclut les masses populaires.

Paragraphe 2 : Le monocamérisme ou monocaméralisme

Le pouvoir législatif est confié à une assemblée unique, nombreuse et renouvelable tous les 2 ans. La
répartition du nombre de députés à élire entre les 83 départements se fait par une triple proportion (3 critères) :
celle du territoire, la proportion de la population, et celle de la contribution directe.

On privilégie le monocaméralisme car le bicaméralisme car il aurait pu ressusciter l’aristocratie et aussi car les
Etats généraux à leur répartition de 3 ordres ont laissé de mauvais souvenirs. Le monocaméralisme permet de
mieux rendre compte du culte de la nation qui est une nation donc une assemblée.
Le mandat impératif est condamné les députés doivent défendre l'intérêt général et non les intérêts particuliers.

Cette assemblée dispose de l’initiative et du vote de la loi, le roi n’ayant pas d’initiative, le texte voté par
l’assemblée s’appelle décret. Pour devenir loi, décret, le texte doit être revêtu de la sanction royale. Une
sanction que le loi peut refuser en opposant son veto. C’est un veto suspensif qui vaut pour 2 législatures (pour
4 ans). Et si la 3eme législature vote le même texte, le texte passera malgré le veto. L’assemblée vote également
les impôts. Elle participe également aux pouvoirs exécutif car elle vote le contingent militaire.

Paragraphe 3 : Le monarchie

A : Le statut du monarque

Le roi porte le titre de roi des français, il est à la tête du royaume. La personne du roi est inviolable et sacrée
mais sous certaines conditions le roi peut être frappé de certaines déchéances. Conditions : s’il refuse de prêter
serment à la nation, à la constitution, s’il dirige une armée contre la nation, s’il quitte le royaume et refuse de
revenir (pour épisode de fuite à Varenne). En tant que 1er fonctionnaire du pays, le roi reçoit une lettre civile
pour ses dépenses. L’idée est de marquer qu'il ne dispose plus de l'argent de la nation. Et les biens du domaine
de la couronne sont déclarés “propriété de la nation”. D'après la formule de Mirabeau : “le roi est le délégué
perpétuel de la nation dans la fonction exécutive”.
B : Les attribution du monache, de la monarchie

Le roi assure la direction des relations extérieures : il négocie les traités, il est le chef de l’armée mais il ne peut
décider de la guerre ou de la paix. Le roi est écarté du contrôle de l'administration puisque les fonctionnaires
sont élus sauf pour les douanes. Le roi garde une certaine participation au pouvoir législatif avec la sanction des
lois et le véto mais n’a pas d’initiative. Il ne peut ni suspendre ni dissoudre l’assemblée (on cherche à protéger
l’assemblée car elle est auteur de la loi). La police lui échappe également car elle est municipalisée. Le roi est
assisté dans sa fiction par des ministres qu’il choisit et révoque, des ministres responsables devant lui. Le roi a
aussi perdu son droit de grâce par respect pour la séparation des pouvoirs. C’est une roi canalisé.

Paragraphe 4 : La séparation des pouvoirs

Cette séparation de pouvoirs est conçue de manière stricte, aucune liaison n’est prévue entre le roi et
l’assemblée. Par exemple, les ministres ne peuvent pas être choisis par l’assemblée. Le roi ne peut pas
dissoudre le corps législatif.

Le pouvoir judiciaire est aussi fortement réglementé comme on le voit au titre 3 de la constitution, la
constitution précise que les tribunaux ne peuvent pas s'immiscer dans le pouvoir législatif ni suspendre
l'exécution des lois. De plus avec le référé législatif le juge doit souscrire à statuer en cas d’obscurité de la loi.
C'est-à-dire qu’il doit demander des explications à l’assemblée. Il y a donc éviction, immixtion du législatif
dans le judiciaire. Mais on estime que le pouvoir judiciaire représente la nation au même titre que les autres
pouvoirs ce qui explique l'élection des juges par les justiciables, par les citoyens actifs. C’est un système
dominé par l’assemblée, légicentrisme.

Section 2 : Le fonctionnement de la constitution

La première assemblée législative se réunit le 1er octobre 1791, cette assemblée est une représentation de la
bourgeoisie, elle comprend environ 1 tiers de modérés : les feuillans ou les royalistes constitutionnels. 1/5ème
sont jacobins, ils sont des révolutionnaires plus extrémistes, très actifs par le biais des clubs. Masse sans
opinion très claire qu’on appelle la plaine ou le marais. Les girondins sortiront de cette 3eme mouvance. Cette
assemblée était nommée pour 2 ans mais en réalité elle va siéger 10 mois en raison des conflits entre le roi et
l’assemblée.

Paragraphe 1 : Les affrontement entre le roi et l’assemblée

Les conflits sont très nombreux, ils se greffent sur les mesures prises par l’assemblée auxquelles le roi est très
hostile, par exemple sur l’immigration. Louis 16 utilise son veto pour paralyser le souhait de l’assemblée de
vouloir faire entrer les immigrés.
Au sujet des traîtres réfractaires (ceux qui ont refusé de signer le serment de fidélité) , l'assemblée veut les
presser de signer le serment de fidélité au régime. Louis 16 fait encore usage de son veto. Louis 16 déploie tous
les moyens pour obtenir la guerre avec l’etranger, il estime que c’est sa seule planche de salut.
C’est pourquoi en avril 1792 la guerre est déclarée au roi Bohème de Henry en utilisant le prétexte de
l’immigration. Autre conflit car le roi refuse d’admettre la mise en accusation de l’un de ses ministres. Au
printemps 1792 Louis 16 oppose 2 fois son veto :
-Pour contrer un décret qui aggraver le sort des prêtres réfractaires
-Pour paralyser un décret qui établissait la formation d’une troupe de 20 000 hommes autour de Paris.
Tous ces véto apparaissent comme des provocations, le roi révoque les ministres girondins pour reconstituer un
ministère feuillant. Le 20 juin 1792 le peuple envahit l’assemblée, les tuileries en criant “abat monsieur veto”.
L’assemblée décrète la partie en danger, elle ordonne l’armement de tous les citoyens même passifs

Paragraphe 2 : La chute de la Monarchie le 10 août 1792


L’été 1792 l’opinion bascule et se montre très hostile à la monarchie. Le peuple est très excité par les clubs et
les sociétés populaires. De plus une municipalité s’installe à Paris : commune insurrectionnelle. Elle veut
contrôler les événements et l’assemblée législative doit céder.

Le 10 août le roi est suspendu “sa famille et lui restent en otage”. Il est remplacé par un conseil exécutif
provisoire dont les membres sont nommés par l’assemblée. Elle convoque une convention nationale (désigne
une assemblée constituante). Elle généralise le suffrage, abaisse l'âge électoral à 21 ans tout en maintenant la
condition de résidence et l’exclusion des nécessiteux (comme domestiques). La distinction de 1791 entre les
actifs et les passifs disparaît : c’est l'avènement du suffrage universel. Cela dit, ces ambitions démocratiques
sont vite revues à la baisse. Les conventions étaient vues sans enthousiasme (moins de 10% des électeurs vont
se déplacer) et ces élections ont lieu dans la confusion la plus totale.
L'élection de la convention annonce une radicalisation de la révolution en cette fin d'été 1792.

Chapitre 3 : La révolution populaire ou le régime de la convention (21 sept 1792-26 oct 1795)

On assiste là à un rebondissement de l'élan révolutionnaire, ce mouvement atteint son paroxysme sous la


Terreur (printemps 1793) et cette période voit la commune de Paris s’affirmer toujours plus. Pendant cette
période la convention abolit la royauté, elle proclame la république le 21 septembre 1792. En octobre 1793 elle
instaure un nouveau calendrier à effet rétroactif. L’an 1 par à compter du 22 septembre 1792, lendemain
avènement de la république. Ce nouveau calendrier sera aboli le 1 janvier 1806. Le calendrier révolutionnaire
veut rationaliser le cours du temps, c’est pourquoi ils décident de le décomposer : on le répartit en 10 jours. Ce
calendrier veut aussi laïciser le cours du temps en choisissant des prénoms issus de la nature. La perspective est
anticléricale et antireligieuse. Ce nouveau calendrier est un hommage à la faune, la flore et aux potagers. Ce
calendrier entend marquer une rupture. D'après la décade philosophique (un peu comme encyclopédie, journal
philo de la révolution) : “le calendrier est une institution les plus propre à faire oublier jusqu’au derniere traces
du régime royale, nobiliaire et sacerdotale”
L'œuvre constitutionnelle de la convention fut énorme car elle a élaboré 3 constitution mais n’en applique
aucune elle-même.

Section 1 : Le régime projeté : la constitution du 24 juin 1793 (constitution de l’an 1)

La convention élabore plusieurs projets de constitutions notamment le projet dit condorcet ou projet girondin.
Ce projet anticipe la constitution de l’an 1. La particularité de ce projet est d'être très démocratique, par
exemple il donne des pouvoirs importants aux assemblées primaires qui deviennent des centres de vie politique.
Elles disposent de l’initiative législative. Ce projet prévoit aussi l'élection du pouvoir exécutif au suffrage
universel. Mais les girondins sont éliminés au printemps 1793. Les jacobins rédigent après en moins d’1 mois
la constitution du 24 juin 1793 dite aussi constitution montagnarde. Cette constitution de l’an 1 est approuvée
massivement par le peuple 1 millions 700 milles oui, 13 000 non.

Paragraphe 1 : Les principes fondamentaux

Cette constitution est animée par une philosophie double : on note des principes généreux mais aussi des
principes autoritaires

A : Une démocratie généreuse

-Le droit à l'insurrection est mentionné, il est considéré comme “le plus sacré des droits et le plus indispensable
des devoirs”. Il est permis “si le gouvernement viole les droits du peuple” : Article 35.

-L’extension du droit de suffrage : il devient universel et direct pour les députés à partir de 21 ans. On est passé
de la souveraineté nationale à la souveraineté populaire. On est passé de l'électorat fonction à l'électorat droit
(ce n’est plus une fonction réservée à une élite mais c’est un droit pour tous). La distinction actif passif est
abolie. Le vote public est préféré parce qu’il est considéré comme un moyen d'éducation politique. Danton : “ce
sont les mal intentionnées qui sont retenus pas la pudeurs”

-La mise en place de techniques de démocratie semi directe : par exemple de 2 technique : le veto législatif est
prévu, il donne la possibilité aux assemblée primaires de manifester leur désaccord face à un projet de loi du
corps législatif dans un délai de 40 jours. Et l'initiative en matière constitutionnelle revient aux assemblées
primaires pour réviser la constitution, elles sont dotées de l’initiative en matière constitutionnelle.

-La reconnaissance de droits sociaux : la constitution de l’an 1 innove car elle met en premier l’égalité et c’est
ainsi que l’article 21 de la déclaration prévoit le droit au travail et au secour public. L’article 22 de la
déclaration prévoit le droit à l’instruction cela dit il s'agit de favoriser l’éducation politique.

1ere fois qu’on voit apparaitre des droits sociaux avec cette déclaration.
Conclusion : ce projet est ambitieux mais en retrait par rapport au projet Condorcet.

B : Une démocratie autoritaire

La constitution de l’an 1 contient déjà des ferments de l’autoritarisme.


Dans la DDHC à l’article 27 on lit que tout individu qui usurperait la souveraineté soit à l’instant mis à mort
par les hommes libres. Article 94 de la constitution : “les juges doivent délibérer en public, ils doivent opiner à
haute voix, en cas d'écart il seront remis sur le droit chemin par la raison publique”. Article 97 : les juges
criminels sont élus par les assemblées électorales. Article 16 sur les assemblées primaires : les élections se font
au scrutin ou à haute voix au choix de chaque votant.

Paragraphe 2 : Aménagement constitutionnel de la constitution de l’an 1

Il répond à la volonté de réaliser l’unité d’action car elle se veut le corollaire de l’unité du pouvoir. On estime
que le pouvoir du peuple ne se divise pas, il se délègue en entier à l’assemblée. Cela va entraîner la toute
puissance du corps législatif et la soumission de l'exécutif.

A : La toute puissance du corps législatif

Le corps législatif est représenté par une assemblée unique élue pour 1 an et exerçant l'intégralité de la fonction
législative. Elle propose des lois au peuple dans un certain nombre de matières. Sur les autres matières elle rend
des décrets. Mais la constitution est flou sur la distinction entre loi et décret. Donc on ne sait pas très bien si
c’est le peuple qui interviendrait ou l'assemblée. L’assemblé choisit aussi les membres du conseil exécutif ce
qui lui donne un pouvoir de contrôle

B : La soumission du conseil exécutif

Le pouvoir exécutif appartient à un conseil exécutif de 24 membres, l’idée est de dépersonnaliser et d’affaiblir
l'organe exécutif. Ces membres sont nommés par le corps législatif sur une liste proposée par l'assemblée
électorale des départements. Ce conseiller exécutif est élu pour 2 ans renouvelable par moitié tous les ans.

Son rôle : le conseil exécutif est cantonné dans l'exécution des lois et décrets du corps législatif, il n’a aucune
initiative. Le conseil exécutif peut négocier les traités mais sa ratification nécessite l’intervention du corps
législatif. On a affaire à un pur organe d'exécution nommé par l’assemblée et responsable devant ce corps
législatif.

Conclusion, cette constitution de 1793 établissait un régime où l'autorité l’emportait tout de même largement
sur la démocratie. Cette constitution impliquait une véritable dictature de l’assemblée qui rassemblait tous les
pouvoirs. L’heure n’est plus à la séparation des pouvoirs. Et pourtant c’est cette constitution que la légende a
ensuite érigée comme la plus démocratique de notre histoire. La constitution de 1793 va inspirer les constituant
de 1848 de la 2nd rep et dans une moindre mesure ceux de 1846. Raison du succès : elle est la première à avoir
mis en avant des droits sociaux et étant restée inappliquée, on la dissociait de la terreur. Elle a donc pu
fonctionner comme utopie à travers les combats de la tradition républicaine.

Section 2 : Le régime réel : le gouvernement révolutionnaire 21 sept 1792-26 oct 1795

Le destin de la constitution de l’an 1 est lié à la conjoncture, en effet on assiste à des multiplications des
évenement :
Le roi est exécuté en janvier 1793
Mars 1793 : début des insurrections royalistes (vendée, bretagne)
Avril 1793 général Dumouriez est mis hors la loi car il a rejoint l'ennemie, les girondins, printemps 1793 :
révoltes fédéralistes
10 août 1793 la constitution est enfermée dans son arche de cèdre.
Fin août 1793 : levée en masse.

Ce gouvernement révolutionnaire va connaître 3 phases : une phase girondine (personnel politique modéré),
une phase jacobine ou montagnarde (à gauche) et la phase thermidorienne (qui veut mettre fin à l'élan
révolutionnaire).

Paragraphe 1 : La phase girondine (sept 1792-juin 1793)

On assiste à un gouvernement d’assemblée c'est-à-dire que la convention détient tous les pouvoirs (exécutif,
législatif et judiciaire). Le conseil exécutif provisoire est un organe entièrement soumis.

L'assemblée mène une politique centralisatrice, une politique autoritaire en employant plusieurs techniques :
-D’abord elle envoie des représentants en missions et des commissaires aux armés pour inspecter les
administration locales
-La convention créer des comités communaux qui doivent être des relais de la convention
-La convention met en place un tribunal criminel révolutionnaire qui dépend exclusivement d’elle et qui utilise
une procédure très rapide (décisions à main levé, à voix haute, idée de mettre les juges sous la tutelle de
l’opinion)
-La convention suspend l’inviolabilité parlementaire (un député peut être accusé pour ses opinions),
-Création de comités spéciaux qui sont normalement des organes techniques , ils doivent préparer les décisions
à prendre, 21 comités permanents voient le jour mais ces comités vont souvent se piétiner entre eux.

Pendant cette phase girondine, c’est l’assemblée qui domine la situation mais c’est une assemblée nombreuse
(700 membres). De nombreux députés sont choisis pour être en mission, d’autres sont emprisonnés, d'autres
tombent sous la guillotine. Donc on ne sait trop qui se trouve dans cette assemblée. Les pouvoirs de l'assemblée
sont progressivement aspirés par les comités qu’elle à crée.

Paragraphe 2 : La phase montagnarde juin 1793-juillet 1794

2 sous phases :
A : La phase de dictature du comité de salut public juin 1793 à mars 1794

Le comité de salut public cherche à intervenir dans tous les domaines pour “défendre la république”. Il
concentre tous les pouvoirs en multipliant aussi les mesures techniques : on accroît la centralisation : ex on va
créer des agents nationaux pour doubler les représentants en missions. Ces agents nationaux devant
correspondre directement avec le comité de salut public.
Ces agents nationaux sont mal vus car ils vont épurer les administrations locales. On publie un bulletin des lois
pour que les citoyens la connaissent et l'appliquent. On va aussi améliorer le tribunal criminel révolutionnaire
en créant le concept de mise hors la loi et en complétant la loi des suspects. La présomption de culpabilité
semble viser certaines personnes, par exemple les membres du clergé, les émigrés et leurs descendants. La loi
des suspects date de septembre 1793 et vise 2 catégories de personnes par exemple ceux qui accomplissent des
actes précis (cacher des coupables) et s'étend à ceux qui sont opposés au gouvernement. La terreur est déjà à
l’oeuvre du jour pendant cette période mais se durcit encore sous la phase suivante

B : La phase de dictature de Robespierre sur le comité de salut public : mars à juillet 1794

Elle dure seulement quelques mois. Période la plus sanguinolente. A partir de mars 1794 on assiste à une
inflation de procès et de condamnations à mort. Robespierre domine le comité de salut public, il établit lui-
même la théorie du gouvernement révolutionnaire : il distingue l’ordre constitutionnel (ordre normal qui
respecte les textes juridiques, qui garantit les libertés publiques) de l’ordre révolutionnaire devant agir
rapidement à cause du danger, de la nécessité. Cet ordre révolutionnaire à une activité extraordinaire, air en
dehors de l’ordre légal. Pour Robespierre cet ordre est juste car il vise au salut du peuple.

Pour Robespierre la terreur c’est la justice inflexible, c’est l’émanation de la vertue. Il disait aussi que le
gouvernement révolutionnaire ne doit aux ennemis du peuple que la mort. Robespierre plaide pour la création
d’un homme nouveau. La mort devient la sanction généralisée des conflits politiques, Robespierre cherchant à
éliminer ceux qui sont trop à gauche ou trop à droite. Et Finalement tous les non disciples de Robespierre sont
suspects. La procédure est toujours plus simplifiée devant le tribunal révolutionnaire que ce soit au niveau de la
preuve ou au niveau des droits de la défense. On assiste à un véritable délire verbal durant ces mois de terreur.
En juillet 1794 Robespierre ne siège plus au comité de salut public mais cherchait à l'épurer en s’appuyant sur
la convention. Il laisse le champ libre à tous ses opposants. Robespierre est décrété d’accusation lorsqu'il
intervient à la convention le 26 juillet 1794, il est mis hors la loi et il est guillotiné le 28 juillet 1794.

Paragraphe 3 : La convention thermidorienne juillet 1794-octobre 1795

Les thermidoriens sont ceux qui ont éliminé Robespierre, ils veulent un retour à l’ordre. Il veulent que la
bourgeoisie reprenne le pouvoir et tiennent à écarter les masses parisiennes. Le personnel politique exclu par
les montagnards va reprendre leur place à la convention. On assiste à un régime d’assemblée. Mais la sortie de
la terreur ne renouvelle pas les mécanismes anciens de l’époque montagnarde. On considère toujours que
l’ordre révolutionnaire doit agir rapidement et par tous les moyens en présence de la nécessité. Les
thermidoriens conservent les rouages de la dictature montagnarde, ils vont simplement réorganiser et épurer ces
organes, rouages anciens. C'est ainsi que le comité de salut public, de sûreté général sont peuplés de créatures
thermidoriennes.

Le grand soucis des thermidoriens est de préserver la république si bien qu’ils doivent lutter contre 2 fronts :
lutter contre le camp royaliste : les thermidoriens ne veulent pas un retour à l’ancien régime. Et les royalistes
sont nombreux.
Lutter contre le camp montagnard. C’est pourquoi on décide de fermer le club des jacobins.

On veut éviter à tout prix le retour au régime d’un homme ou d’un clan, d’une assemblée. C’est ce qui explique
la teneur de la constitution de 1795 de l’an 3.

Chapitre 4 : Le régime du directoire ou la république thermidorienne : la révolution assagie 26 octobre


1795-Novembre 1799

Avant de se séparer, la convention devait donner une nouvelle constitution à la France, elle constate que
l’expérience constitutionnel était décevante : la constitution de 1791 avait conduit à l’échec. Celle de 1793
n’avait pas été appliquée. La constitution de l’an 3 se veut une œuvre de compromis élaborée par des
révolutionnaires modérés qui refusent la monarchie et la terreur.

L'historien Jacque Godechot : “elle (la constitution) tend à consolider le gouvernement de la bourgeoisie et à lui
assurer la paisible jouissance des avantages que la révolution lui a procuré”. Cela nous explique le contenu de
la constitution mais aussi le fonctionnement difficile de ce régime qui va durer seulement 4 ans.

Section 1 : La constitution de l’an 3 (22 août 1795)

Comme celle de 1793, elle est ratifiée par référendum : 96% de oui mais 86% d'abstention. La constitution est
précédée d’une déclaration de droits et de devoirs : on lit par ex que nul n’est bon citoyen s’il n’est bon fils, bon
père, bon frère, bon ami et bon époux (article 4 de la déclaration des devoirs). Cette déclaration des droits et
devoirs évoque aussi la liberté religieuse, la liberté de la presse. Mais on ne parle plus d’égalité, on ne parle
plus du droit au travail et à l’assistance, le droit à l'insurrection est supprimé. On assiste à à 2 préoccupations :
-On veut écarter le peuple du jeu politique
-On veut éviter la dictature : ce qui explique l’éparpillement du pouvoir

Paragraphe 1 : La réédition de l’assise démocratique du pouvoir politique

A : La nature de la souveraineté

Les thermidoriens s’efforcent de nourrir l'ambiguïté au sujet de la souveraineté. D'après l’article 2 de la


constitution elle réside dans “l'universalité des citoyens” or il s’agit d’une formule de souveraineté populaire.
C'était la même formule employée en 1793 dans la constitution de l’an 1. Mais les citoyens ne participent plus
directement à l’exercice du pouvoir. 3 exemple le prouvent :
-Le référendum sur les lois ou le veto populaire est abandonné
-L’initiative en matière constitutionnelle est l'apanage de l'assemblé, du corps législatif, elle ne revient plus au
peuple comme c’était le cas dans la constitution de l’an 1
-Le mandat impératif est interdit par l’article 52 de la constitution. Alors il y a retour à la souveraineté nationale
et au système représentatif. Les constituants veulent donc mettre en place une démocratie capacitaire.

B : L’exercice du droit de suffrage

Le thème est grandement évoqué par 2 orateurs : Boissy d'Anglas et Daunou. D’anglas déclare que la france
doit être gouverné par les meilleurs : “les plus instruits et les plus intéressés au maintien des lois donc ceux qui
possèdent une propriété”. Daunou : “il faut écarter ceux qui n’ont rien car en général l'indigence suppose la
fainéantise ou la paresse”. L’article 16 de la constitution prévoyait même un sens culturel savoir lire et écrire
qui devait s'appliquer à partir de l’an 12.

Le suffrage redevient indirect et censitaire avec un sens renforcé eu 2nd degré pour bien restreindre l’effectif
des titulaires de la souveraineté. De plus, la majorité électorale est relevée de 21 ans à 25 ans, l'âge doit garantir
la sagesse.

Paragraphe 2 : L’éparpillement du pouvoir

L’éparpillement du pouvoir est organisé pour éviter la dictature, la domination d’un personnage ou d’une
assemblée. Cet éparpillement du pouvoir est organisé de 2 manières :

A : La dualité du corps législatif

Le modèle est repris par la grande bretagne, on estime que ce modèle fera barrage à la dictature de l’assemblée.
-1ère assemblée : le conseil des 500 : il faut avoir 30 ans pour en faire partie, est domicilié depuis 10 ans sur le
territoire. Les membres sont élus pour 3 ans renouvelés par tiers tous les ans pour éviter les trop brusques
changements de majorité. Rôle : ils doivent symboliser “l'imagination de la république.” Ils ont l’initiative de la
loi et ils sont chargés de présenter les candidats pour l'élection des membres du directoire. Les 500 adoptent des
propositions qu’on appelle des résolutions.

-2eme assemblée : le conseil des anciens : comprend 250 membres qui doivent être âgés de 40 ans , être
domiciliés depuis 15 ans dans le même canton et être marié ou veuf. L'âge est un gage de pondération de
sagesse. La situation familiale constitue un gage de l’attachement à l’ordre social. Les anciens sont appelés à
être la raison de la république. La classe des célibataires était celle des égoïstes.
Le rôle des anciens : ils doivent approuver ou rejeter les résolutions des 500 sans pouvoir les modifier et ils sont
chargés de nommer les membres de l'organe exécutif sur proposition des 500.
On veut éviter le despotisme alors plusieurs articles de la constitution essaient de prévenir d'éventuels abus : ex
il est interdit au corps législatif de déléguer ses fonctions. Limitation à 1 mois des durées de président de ces
chambres, présidence tournante. La constitution interdit de former des comités permanents.

B : Le morcellement de l'exécutif

Le pouvoir exécutif est confié à un directoire de 5 membres car on craint la dictature, permet de
dépersonnaliser cet organe exécutif. Ces membres sont assistés de ministres qui sont de simples agents de
l'exécution. Ces directeurs doivent avoir 40 ans et ils sont élus pour 5 ans par le corps exécutif. Le directoire se
renouvelle partiellement par l'élection d’un nouveau membre tous les ans.
La présidence est tournante : on est président pour 3 mois pour éviter une mainmise d’un homme sur les autres.
Et le président n’a pas de pouvoir particulier car les décisions sont prises à la majorité. Le directeur exécutif est
chargé de la sûreté intérieur et extérieur de l'État. Il dispose de la force armée, il assure l'application des lois
mais n’en a pas l’initiative. Le directoire peut compléter les lois par des arêtes ce qui va permettre l'émergence
d’un véritable pouvoir réglementaire. Le directoire ne dispose pas du droit de veto et ne peut pas dissoudre le
corps législatif. Le directoire n’encourt aucune responsabilité politique.

On peut dire que la constitution de l’an 3 restaure modérément l'exécutif car il reste subordonné au législatif par
plusieurs techniques :
-Le mode de désignation du directoire
-L’obligation de résidence dans la même commune que le corps législatif
-Le directoire doit demander une autorisation avant de s’absenter
-Surveillance financière par le corps législatif.

On peut dire que les précautions sautent aux yeux dans cette constitution. En dépit de ces précautions, la
carrière de la constitution de l'an 3 a été bien courte 4 ans. Et pourtant le titre 13 de la constitution consacrée à
la révision de la constitution prévoyait une procédure extrêmement rigide en multipliant les étapes :
-Initiative qui devait revenir aux anciens
-Les 500 devaient ratifier la proposition des anciens
-L’initiative devait être renouvelé 3 fois à 3 ans d’intervalle (veut dire que la constitution aurait du durer au
moins 9 ans)

Section 2 : Le fonctionnement du régime

Une succession de coup d’état, le directoire n’a réussi à vivre qu’au moyen d’un coup d’état par an. Chaque
renouvellement d’un tiers des conseils provoque un conflit grave entre eux et le directoire : des conflits résolus
par la force. Chaque élection était vécue comme une nouvelle menace pour le personnel thermidorien. Or les
élections étaient nombreuses à cause de ce système.
Ex : septembre 1797 : le directoire se fait aider par l’armée pour obliger les conseils à annuler les élections dans
49 départements car elles avaient été marquées par une poussée royaliste. Les élections sont cassées et on
prononce des condamnation
Mai 1798 : scénario semblable se reproduit pour contrer cette fois ci une poussée trop à gauche et le 9
novembre 1799 un 3eme coup d’etat emporte de le régime. Coup d’etat du à la rencontre de 3 hommes Sieyès,
Roger Ducos et Bonapart aidé de son frère lucien bonapart qui présidait le conseil des 500. Ils sont assistés de 2
ministres : Fouché : ministre de la police et Talleyrand : ancien évêque et diplomate. Ils prétextent un complot
aux Jacobin pour transférer le corps législatif et sous la pression militaires les conseils votent une loi qui
instaure un nouveau régime : le consulat provisoire avec 3 consuls Bonapart, Sieyès et Ducos.

Paragraphe 1 : Les cause de l'échec (3)

-Il y a des causes juridiques : les historiens soulignent un excès de séparation des pouvoirs entre exécutif et
législatif. C’est une explication qui n’est pas suffisante.

-Il y a des causes politiques car les thermidoriens ne disposent pas d’une majorité suffisante dans le pays : ils
sont coincés entre les jacobins à gauche et les monarchistes à droite. Ils ne peuvent donc pas laisser fonctionner
le jeu démocratique. Le jeu démocratique a été faussé dès le départ par le décret des 2 tiers qui est voté en
même temps que la constitution : il prévoit que les 2 tiers des nouveaux conseils doivent être obligatoirement
composés d’anciens conventionnels, donc thermidoriens. De plus le système électoral comportait de nombreux
exclus : par exemple les émigrés et leur parents jusqu’au 5eme degré, les chef vendéens, les jacobins éliminés
lors de la mise à mort de robespierre, le régime a même impose un serment de haine à la royauté et à l’anarchie.

-Le contexte économique et social : contexte marqué par 3 facteurs :

-La crise du babouvisme. Gracchus babeuf veut réformer la société, il voulait socialiser la terre (la répartir) et
abolir l'héritage. Il fonde la société des égaux qui envisage de renverser le directoire. Babeuf et ses complices
seront condamnés à la guillotine en 1797. Babeuf est le premier communiste, il est le précurseur de saint simon,
marx, c’est le pionnier des pensées utopistes. Il fonde le babouvisme.

-Le directoire est aussi marqué par la crise économique et financière, il parvient à redresser la situation mais
l'impôt progressif mécontente les commerçants. Donc les classes moyens se montrent très favorables à coup
d’Etat de Bonaparte

-Crise sécuritaire : le directoire favorise la répression de la criminalité politique. Cette répression s’est faite au
détriment de la criminalité de ce droit commun. Le vagabondage armée était florissant dans les campagnes si
bien que les populations appelèrent de leur vœux l'avènement d’un sauveur susceptible de redresser la
population.

Chapitre 5 : La législation révolutionnaire

Cette législation reflète la législation des valeurs opérés au 1789. Pour les constituants, le droit ne doit plus être
réservé aux juristes et il faut le mettre à la portée du peuple.
Le décret de 1789 instaure la liberté de la défense en justice : tout citoyen peut se proclamer défenseur officieux
et défendre ses concitoyens en justice. L’ordre des avocats est supprimé car on estime qu’il est inutile puisque
le droit est présumé clair. Dans la pratique, la plupart des défenseurs officieux sont des juristes chevronnés.

Septembre 1792 : l'assemblée décide de la publication du bulletin des lois qui est envoyé par le ministère de
l'intérieur à tous les départements. 83 départements créés en février 1790.
Le souci de l’uniformisation est très net car il justifie la mise en place du système décimal et le calendrier
révolutionnaire.
Les hommes de la révolution sont très optimistes : ils imaginent qu’on aura plus besoin des tribunaux car la
connaissance de la loi rendra les hommes meilleurs. Il suffira de se tourner vers des arbitres, des amiables
compositeurs. Mais pour mettre le droit à la portée de tous il faut le codifier : un comité de législation est créé
présidé par Cambacérès. 3 projets de code civil sont prévus en 1793, 1794. Échec lié au changement trop rapide
et trop radical du régime politique.

Même en l’absence de promulgation d’un code civil, les révolutionnaires ont beaucoup légiféré en droit civil,
en matière judiciaire, en matière d’éducation, en droit pénal.

Paragraphe 1 : La loi des 16 et 24 Août 1790 sur l’organisation judiciaire

Cette loi est primordiale dans l'évolution du droit français. Elle abolit la vénalité des offices de judicature.
Désormais les juges sont élus par les justiciables comme les représentants de la nation. Ils devaient réunir
certaines conditions d’expérience professionnelle. Même si on exalte l’arbitrage : on estime que le citoyen
éclairé devait se contenter du recours à l’arbitre.

Cette loi élabore une pyramide judiciaire. En matière civile, elle met en place un juge de paix en bas de la
pyramide. Au-dessus il y a un tribunal de district. Il n’y a pas de création de cour d’appel, on ne veut pas voir
ressusciter les anciens parlements. On met en place un appel circulaire, c'est -à -dire devant un autre tribunal de
même niveau. En matière criminelle elle met en place le jury : jury d’accusation et jury de jugement pour juger
les crimes. L’appel n’est pas possible. La loi crée des tribunaux de police correctionnelle pour les délits et la
police municipale pour les contraventions. La tripartition des infractions est donc créée.
En haut de cette pyramide on prévoit un tribunal de cassation qui doit juger la violation des règles de droit mais
il est limité par le référé législatif, en cas d'obscurité de la loi il doit demander éclaircissement au législateur.

Cette loi affirme 2 principes clés de notre droit public :


-La séparation des autorités administratives et judiciaires. Pour cela la loi interdit aux juridictions judiciaires de
connaître le contentieux administratif. Article 12 et Article 13 de la loi.
-La séparation des autorités législatives et judiciaires : article 10 de la loi. Les juges ne peuvent pas participer à
la législation, ils ne peuvent pas contrer la volonté nationale. Cette loi anticipe le code civil et son
article 5 : “Il est défendu aux juges de prononcer par voie de disposition générale et réglementaire
sur les causes qui leur sont soumises.”

Cette loi est une loi de préservation du nouveau système mis en place. Elle a 2 objectifs : privilégier le pouvoir
législatif et mettre sous tutelle le pouvoir judiciaire donc on craint les débordements. Napoléon en 1804 va
remettre en place des cours d’appel en prenant des précautions : il va fonctionnariser les juges et va donner à
ces cours d’appels des ressorts territoriaux moins importants que ceux des anciens parlements.

Paragraphe 2 : En matière de droit pénal

Les révolutionnaires ont eu plus de succès en matière pénale qu’en matière civile : on a publié 2 codes en
matière répressive :
-Le code criminel révolutionnaire : Sept Oct 1791, c’est l'œuvre de Lepelletier de saint bargeot. Il ne consacre
que les crimes au sens strict (infractions les plus graves). Une autre loi de police municipale et de police
correctionnelle l’accompagne pour les contraventions et les délits.
-Un autre code voit le jour en 1795 : code des délits et des peines de Merlin de Douai mais ce code s'intéresse
surtout à la procédure.

Ce qui caractérise ce droit pénal :


-Classification tripartite des infractions en fonction de leur gravité. L’objectif est d'éviter des définitions trop
aléatoires. les infractions mineurs relevant de la police municipale, les délits du tribunal correctionnel et les
crimes d’un tribunal criminel. C’est ici qu’on introduit le jury qui est une pratique anglaise. On développe
l’idée de Beccaria : le crime porte atteinte au corps social donc le crime doit être jugé par celui qui subit
l'offense (corps social).

-La réduction globale des incriminations : on veut ici mettre en oeuvre des grands principes de la DDHC c’est
pourquoi les crimes religieux disparaissent (adultere, magie, heresie, suicide…). On note une augmentation des
crimes politiques : plus de la moitié des incriminations sont de nature politique car on cherche à défendre les
institutions.

-La simplification de l'échelle des peines : la peine de mort suicite de nombreux débat : certains se réclament de
Becaria pour demander son abolitions. Robespierre reprend des arguments de beccaria favorable à l’abolition
de la peine de mort. Le code pénal la maintient en la définissant comme la “simple privation de la vie”. La
torture est interdite, c’est pouquoi les peines corporelles disparaissent. La peine de mort doit etre la décapitation
pour tous en public. Sur la proposition du docteur Guillotin, on adopte cette machine créée par le docteur Louis.
La peine capitale est réservée à des cas précis : assassinat, complot contre le gouv… A côté de la peine de mort
il y a des peines privatives de libertés comme la peine des fers : bagne. On prévoit des peines
d’emprisonnement. La prison doit favoriser l’amendement du prisonnier, il ne faut pas le décourager. C'est
pourquoi le code pénal de 1791 écarte les peines perpétuelles (plus longue peine 24 ans).

3 remarques :

-Ce dispositif s’efforce d’appliquer les grands principes de la DDHC : les peines sont égales pour tous, les
peines sont strictement personnelles donc la confiscation des biens est abolie car elle pénalise toute une famille
innocente. Mais cette confiscation des biens va vite reprendre. Les peines sont fixes par réaction à l’arbitraire
des juges sous l’ancien droit. Le juge n’a plus autant de pouvoir d’appréciation, il doit appliquer la loi de façon
mécanique.

-Le droit pénal marque un certain adoucissement au niveau des principes affichés. Au niveau de la peine de
mort et de la réduction des incriminations. Quelques années plus tard, Napoléon va trouver cette législation trop
douce et renforce le dispositif répressif.

-Ces principes ont été plusieurs fois baffés dans leur application surtout de 1792 à 1795 et même après sous le
directoire. La présomption d'innocence proclamée à l'article 9 de la DDHC s’est rapidement transformée en
présomption de culpabilité notamment pour les nobles, les religieux. De plus, les tribunaux révolutionnaires ont
méconnu les droits de la défense. Ils jugeaient sans preuves et se livraient même à des condamnations
rétroactives. Un oeuvre intéressante dans la théorie mais malmenée dans la pratique.

Paragraphe 3 : En matière de droit civil

Les révolutionnaire vont appliquer au droit familial les principes de liberté et d'égalité, on le voit par exemple
au niveau du mariage

A : Le mariage

Jusqu’en 1789 le mariage était un sacrement : il était considéré comme le signe visible d’une réalité invisible,
c'est-à-dire le symbole du Christ et de l'Eglise, il est indissoluble. Les protestants eux ne faisaient pas du
mariage un sacrement donc ils autorisaient le divorce dans des conditions strictes. La constitution de 1791
laïcise le mariage et le définit comme un contrat civil qui ne concerne que l'État. L’eglise est donc expulsée des
actes importants de la vie humaine et le principe est consacré par la loi du 20 septembre 1792 qui met en place
l'État civil laïque et met aussi en place le divorce. Le mariage se forme par l'échange du consentement des
époux. Le divorce est apparu comme la conséquence de la liberté individuelle, il peut etre demandé par la
femme comme pour le mari qui jouissent de droits égaux.
B : Le droit successoral

La convention instaure une égalité parfaite entre les héritiers et interdit aux parents d’avantager l’un des
enfants. L’enfant né hors mariage (le bâtard dans l’ancien droit), devient l’enfant naturel et lorsqu’il est reconnu
il a les mêmes droits que les enfants légitimes. Il n’y a aucun moyen pour intenter une action en recherche de la
paternité. Le droit civil de la révolution est avant-gardiste. Au nom de la nature on a fait tout et son contraire.
La nature sert à légitimer une réforme mais aussi à la supprimer 2 ans plus tard : ex on a justifié par le recours à
la nature l’égalité entre enfants naturels et légitimes, et 2 ans plus tard on dit l'inverse. Même chose pour
l’égalité des époux instaurée en 1793 mais supprimée par la suite. Cette législation est parfois très avant-
gardiste mais aussi très erratique. Le code Napoléon sera beaucoup plus concervatuer. Il faudra attendre la
5eme rep notamment les lois carbonnier pour voir renaître ces mesures avant-gardistes : 1965 : égalité des
conjoints dans l’administration du ménage, divorce à consentement mutuel.

Paragraphe 4 : Les lois en matière d’éducation

Les révolutionnaires veulent régénérer la société donc ils attachent une grande importance à l’instruction. Au
18e s l’enseignement est un monopole de l’Elise. La révolution supprime les ordres, les congrégations
enseignantes, elle dissout les universités, elle promet la création d’une instruction publique, commune à tous les
citoyens et met en place un comité d'instruction public. Plusieurs projets voient le jour : projet Talleyrand,
projet Condorcet (qui prévoyait une école publique gratuite et laïque, projet de lepeletier de saint fargeau :
développé à la convention par Robespierre, ce projet va plus loin que les autres : prévoit que tous les enfants
doivent être élevés dans des internats public à partir de 5 ans jusqu’à 12 ans pour les garçons et 11 ans pour les
filles. Leur instruction doit être dispensée par des maîtres. Ce projet va soulever l’opposition, les partisans de la
puissance paternelle. Ce projet n’a pas eu de suite mais il va rester dans le souvenir révolutionnaire : Babeuf va
s’en inspirer.
Tous ces projets retiennent l’idée que l’éducation doit être intellectuelle, morale, civique et physique.

15/02/2024

Fin 1793, la convention déclare l’instruction gratuite et obligatoire pour tout enfant de 6 ans à 8 ans. Elle
prévoit le même enseignement dans tout le pays, un enseignement qui doit se faire en langue française.

La convention impose le système décimal. La nouvelle mesure est même consacrée par la constitution de 1795
de l’an 3 par l’article 371 : “il y a dans la république uniformité des poids et mesures. Tous les anciens
systèmes sont appelés à disparaître.” La gratuité de l’enseignement disparaît très vite sous le directoire car on
arrive pas a financer le système.

En bilan on peut dire que l'œuvre éducative de l'époque révolutionnaire est assez maigre. Au niveau de
l’enseignement secondaire les enfants vont dans des collèges payant qu’on appelle des colle centrales. On voit
pendant l’époque révolutionnaire la création de 3 grandes écoles : l’ecole polytechnique, l'ecole conservatoire
des arts et métiers et l’école du muséum d’histoire naturelle

Les facultés de droit ont été dissoutes sous la révolution ce qui va constituer un grande vide car on doit mettre
en place un nouveau système, donc le pouvoir a besoin de recruter des fonctionnaires. Les études de droits vont
continuer dans des établissements libres, privés jusqu'à la création des facultés de droit sous Napoléon.

Il faut nuancer cette impression que l’oeuvre éducative est maigre pour 2 raisons :
-La révolution apporte l’idée que l'éducation est un instrument de liberté et cette idée va refaire surface plus
tard notamment sous la 3eme rep.
-L'œuvre de la révolution annonce également que l'éducation a un visage politique, elle se fait par l'État, un État
qui s’oppose à l'Eglise (l'Eglise avait le monopole de l’éducation) et parfois à la famille. Ce clivage va se
retrouver pendant tout le 19e s et va se cristalliser ensuite. C’est sous la 3eme rep qu’on parle du conflit des 2
Frances : Emile Poulat historien : évoque ce conflit : d’un côté il y a une France fille de l’ancien régime
attachée au passé et à l’école privée catholique et de l’autre il y a une France républicaine, fille de la révolution,
protestante qui est attachée à la république et à l’école laïque.

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