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Droit de L'environnement-1

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1

UNIVERSITE DE KINSHASA

FACULTE DES SCIENCES


Département des sciences de l’environnement

ANNEE ACADEMIQUE 2015 - 2016


2
INTRODUCTION GENERALE

Dans cette partie introductive, nous allons analyser successivement la notion de droit
de l'environnement, ses sources ainsi que son évolution historique.
1. Notion de droit de l'environnement
Le droit de l'environnement est une discipline difficile à définir. Cette difficulté tient
au fait que l'environnement qui est son objet n'est pas facile à définir. En effet, plusieurs
définitions du mot environnement ont été proposées par les auteurs selon les critères donnés.
A titre illustratif, on peut reprendre quelques définitions suivantes :
 L'environnement est un ensemble d'éléments et facteurs et d'interactions entre ces
éléments physiques, chimiques, biologiques et les facteurs économiques, sociaux,
culturels et politiques relatifs à un groupe humain agissant sur le groupe et que le
groupe peut modifier et transformer.
 L'environnement est constitué de l'ensemble des éléments physiques et biophysiques,
naturels ou artificiels, ayant un effet sur le processus du maintien de la vie.
 L'environnement peut être défini comme étant la somme de toutes les conditions
affectant l'existence, la croissance ainsi que le bien-être d'un organisme ou d'un
groupe d'organisme sur la terre. Ainsi tous les éléments qui composent notre vie
quotidienne font partie de l'environnement.
 L'environnement est constitué par la nature et les ressources naturelles, y compris le
patrimoine culturel et les infrastructures humaines indispensables aux activités
socio-économiques.
 L'environnement est l'ensemble des éléments naturels et artificiels ainsi que les
facteurs économiques, sociaux et culturels qui influent sur les êtres vivants et que
ceux-ci peuvent modifier.
 L'environnement est un système organisé, dynamique et évolutif des facteurs
naturels – physiques, chimiques, biologiques et humains – économiques, politiques,
sociaux, culturels, où les activités humaines ont lieu, et qui ont de façon directe ou
indirecte ou à long terme, un effet ou une influence sur ces êtres vivants ou sur les
activités humaines à un moment donné et dans une aire géographique définie.1
De son côté, le professeur G. Kalambay Lumpungu pense que l'environnement n'est pas

1
G. Kalambay Lumpungu, Droit de l'environnement, cours polycopié, janvier 2015, p.8
3
seulement l'ensemble des éléments matériels qui composent le milieu biologique naturel ou
les mosaïques des paysages géographiques agissant de manière continuelle les uns sur les
autres. L'environnement est plus que cela. Il englobe des structures économiques et les
structures de pensée de groupes humains qui habitent les différents espaces géographiques.
L'environnement intégral comprend donc les facteurs d'ordre physique ou matériel et les
facteurs d'ordre économique et culturel. Ce concept est plus vaste et plus objectif que celui
de l'environnement entendu comme un simple de relations mutuelles entre êtres vivants et
milieux naturels.2
Il ressort de ce qui précède que l'environnement s'intéresse à tous les aspects des
activités des êtres vivants par rapport à leur milieu naturel ou artificiel. Vu sous cet angle, il
est difficile à une discipline juridique d'avoir comme objet l'ensemble de ces aspects. En
effet, les facteurs économiques et culturels font l'objet d'autres disciplines juridiques.
Le droit de l'environnement est constitué autour des questions liées à la conservation de la
nature (faune et flore, forêt, aires protégées, monuments naturels, sites et paysages ) et à la
pollution des milieux(eau, terre, air, déchets, produits chimiques etc.). Ainsi, le droit de
l'environnement peut être défini comme l'ensemble des règles régissant la conservation de la
nature et la gestion de la pollution en vue de préserver l'équilibre naturel et la santé des êtres
vivants.
2. Evolution du droit de l'environnement

La protection de l'environnement a toujours été la préoccupation des différentes


sociétés selon les époques et le niveau de développement. Il suffit pour s'en convaincre
d'analyser les mesures d'hygiène et de salubrité prises par les autorités pour protéger la
population contre les maladies et autres épidémies.
Mais la prise de conscience mondiale sur des problèmes environnementaux, qui
constitue l'origine du droit de l'environnement est récente. En effet, c'est à partir de la
conférence de Stockholm de 1972 sur l'environnement que le droit de l'environnement dans
sa forme actuelle est né. Cette conférence tenue à l'initiative des Nations Unies, a fait suite à
la sonnette d'alarme des scientifiques sur la dégradation observée de la planète. Elle s'est
terminée par une déclaration dite de Stockholm qui a posé les jalons de la protection
planétaire de l'environnement.

2
Idem
4
A la même année, les Nations Unies a mis en place le Programme des Nations Unies pour
l'environnement, PNUE, en sigle à travers sa résolution 2997.
En 1992, il s'est tenu le sommet de Rio de Janeiro sur la terre qui s'est terminé par la
déclaration de Rio de Janeiro sur l'environnement et le développement énonçant 27
principes de portée générale. C'est à la suite de tous ces mécanismes mis en place que
plusieurs conventions sur la protection de l'environnement ont été adoptées dans le cadre
des Nations Unies.
3. Sources du droit de l'environnement
 constitution : art 53 ;
 conventions internationales ;
 la loi ;
 les règlements.
5
CHAPITRE 1. PRINCIPES FONDAMENTAUX DU DROIT DE
L'ENVIRONNEMENT

Les principes fondamentaux du droit de l'environnement sont prévus par les articles 7
à 14 de la loi n° 11/009 du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la
protection de l'environnement. Ces principes tirent leur origine des traités internationaux en
matière d'environnement ratifiés par la République Démocratique du Congo. Il s'agit des
principes ci-après :
 Principe du développement durable ;
 Principe d'information et de participation du public au processus de prise des
décisions en matière environnementale ;
 Principe d'action préventive et de correction ;
 Principe de précaution ;
 Principe pollueur payeur ;
 Principe de coopération entre États en matière d'environnement ;
 Principe d'intégration.

Section 1. Principe du développement durable


Ce principe est prévu par l'article 7 de la loi susvisée. En effet, selon cette disposition,
la protection de l'environnement et la gestion des ressources naturelles sont assurées de
manière à répondre équitablement aux besoins de développement des générations présentes
sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs besoins.
L’État doit intégrer ce principe dans sa politique en matière du développement économique
et social.
Le développement est entendu comme un processus conduisant à l'amélioration du
bien-être des humains, alors que l'adjectif durable met en exergue la notion du temps c'est-à-
dire pour une amélioration sur le long terme du bien-être de tous.
Ce concept est conçu comme une rupture avec d'autres modes de développement qui
ont conduit, et conduisent encore, à des dégâts sociaux et écologiques considérables. La
préoccupation est de ne pas épuiser les ressources naturelles présentes sans tenir compte des
générations futures. C'est dans ce sens d'ailleurs que Michel Prieur qualifie ce droit
6
de « droit des générations futures »3

Section 2. Principes d'information et de participation


Le principe d'information est posé par l'article 8 et celui de participation par l'article 9
de la loi sus- évoquée.
§1. Droit à l'information
Le droit à l'information prévu par l'article8 a deux aspects différents. Il comprend le
droit d'accès à l'information et le droit d'être informé.
1. Le droit d'accès à l'information

L'alinéa 1er de l'article 8 prévoit que « toute personne a le droit d'accéder aux
informations disponibles, complètes et exactes relatives à l'environnement, y compris celles
relatives aux substances et activités dangereuses et aux mesures prises pour leur prévention,
traitement et élimination, selon le cas ».
Il ressort de cette disposition que les autorités ont l'obligation de communiquer les
informations relatives à l'environnement qu'elles détiennent aux personnes qui en font la
demande. La notion de l'environnement doit être entendue dans son sens large. Ainsi, cette
disposition vise les informations ayant pour objet l'état des éléments de l'environnement
comme l'air, l'eau, le sol, le paysage, les sites, la diversité biologique ; les substances,
l’énergie, le bruit, l'état de santé humaine, la sécurité et les conditions de vie des personnes
etc. Il apparaît que l'article 8 vise de très nombreux secteurs et qu'il vise aussi bien à exercer
le droit d'information à l'égard des éléments strictement naturels que de l'impact de l'homme
sur l'environnement. Cette obligation concerne également les conditions de vie des citoyens.
Les débiteurs de cette obligation sont l’État, la province et l'entité territoriale décentralisée
(al.2).
2. Le droit d'être informé
Ce droit est prévu par l'alinéa 2 de l'article 8 qui prévoit que « l’État, la province et
l'entité territoriale décentralisée mettent à la disposition du public toute information relative
à l'état de l'environnement ». Cette disposition fait obligation aux autorités compétentes de
produire l'information sans que personne ne leur demande expressément. La production de
l'information est exigée tant en temps de crise qu'en temps normal. Dans tous les cas, les

3
M. Prieur, Droit de l'environnement, Paris, Dalloz, 2011, p 80
7
autorités doivent produire ces informations de manière transparente.

3. La procédure d'accès à l'information

Selon l'alinéa 3 de l'article 8, « les modalités d'accès à l'information ainsi que les
voies de recours en cas de refus injustifié de fournir l'information sont définies par décret
délibéré en conseil des ministres ». Il convient de noter que la mesure d'exécution de cet
alinéa n'est pas encore prise. Cependant, il y a lieu de signaler qu'en droit français, il a été
institué la commission d'accès aux documents administratifs. Ainsi, toute personne
intéressée adresse une demande de communication d'une information à la personne publique
compétente. Si celle-ci refuse de répondre à cette demande, le demandeur saisit la
commission d'accès aux documents administratifs. La procédure en la matière est formaliste.
§2. Droit à la participation

Ce droit est prévu par l'article 9. Selon cette disposition, « toute personne a le droit
de participer au processus de prise de décision en matière d'environnement et de gestion des
ressources naturelles.
Le public participe au processus d'élaboration par des autorités publiques des
politiques, programmes, plans et règlements relatifs à l'environnement dans un cadre
transparent et équitable défini et mis en place par lesdites autorités.
Le public concerné a également le droit de participer, dès le début et tout au long, au
processus de prise de décisions qui ont une incidence sur son existence ou peuvent avoir un
effet important sur l'environnement, notamment les décisions en matière d'aménagement, les
autorisations de mise en chantier d'un projet ou d'une activité, les autorisations de
construction ou d'exploitation des installations classées, des émissions ainsi que les études
d'impact environnemental et social. Il a le droit d'être informé de la décision finale.
Les modalités de participation du public au processus de prise de décision en matière
d'environnement sont définies par décret délibérée en Conseil des ministres. »
Même si les modalités d'application de ce principe ne sont pas encore définies, il
convient de noter que la participation des citoyens au processus de prise de décision en
matière environnementale peut se faire par le biais de l'enquête publique. En effet, selon
l'article 24, tout projet ou toute activité susceptible d'avoir un impact sur l'environnement est
8
assujetti à une enquête publique préalable.
L'enquête a pour objet :
 d'informer le public en général et la population locale en particulier sur le projet ou
l'activité ;
 de recueillir les informations sur la nature et l'étendue des droits que pourraient
détenir des tiers sur la zone affectée par le projet ou l'activité ;
 collecter les appréciations, suggestions et contre-propositions, afin de permettre à
l'autorité compétente de disposer de tous les éléments nécessaires à sa décision.
Section 3. Principe d'action préventive et de correction

Ce principe est prévu par l'article 10 qui dispose que « l’État, la province et l 'entité
décentralisée veillent à ce que soient prises, dans toute activité humaine, artisanale ou
industrielle, des mesures d'action préventive ou de correction, par priorité à la source, des
atteintes à l'environnement en utilisant les technologies moins polluantes disponibles à un
coût économiquement acceptable ».
Ce principe implique la mise en œuvre de règles et d'actions pour anticiper toute
atteinte à l'environnement en cas de risques avérés. C'est en cela qu'il ne faut pas le
confondre avec la notion de précaution. En effet, la prévention renvoie à un risque avéré,
tandis que la précaution s'emploie face à un risque suspecté pour lequel règne une
incertitude scientifique. Le principe de prévention est postérieur à celui de précaution.
La mise en œuvre de ce principe peut passer par l'étude d'impact environnemental et
social 4 . En effet, selon l'article 21, tout projet de développement, d'infrastructures ou
d'exploitation de toute activité industrielle, commerciale, agricole, forestière, minière, de
télécommunication ou autre susceptible d'avoir un impact sur l'environnement est assujetti à
une étude d'impact environnemental et social préalable, assortie de son plan de gestion,
dûment approuvés.
Section 4. Principe de précaution

D'après ce principe, l’État, la province et l'entité territoriale décentralisée veillent à la


mise en œuvre des procédures d'évaluation des risques et prennent toute mesure de
4
L'étude d'impact environnemental et social est définie comme un processus systématique d'identification, de prévision,
d'évaluation et de réduction des effets physiques, écologiques, esthétiques, sociaux préalable à la réalisation de projet
d'aménagement, d'ouvrage, d'équipement, d'installation ou d'implantation d'une unité industrielle, agricole ou autre et
permettant d'en apprécier les conséquences directes ou indirectes sur l'environnement.
9
précaution nécessaire pour assurer la protection efficace de l'environnement. L'absence de
certitude, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment ne doit pas
servir de prétexte pour retarder l'adoption de mesures effectives et proportionnées visant à
prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à l'environnement.

Le principe de précaution peut être invoqué lorsque les effets potentiellement dangereux
d'un phénomène, d'un produit ou d'un procédé ont été identifiés, même si le risque n'est pas
établi avec suffisamment de certitude. Le recours à ce principe s'inscrit donc dans le cadre
général de l'analyse du risque, d'une menace notamment sur la biodiversité, les milieux
naturels, la santé publique ou encore la sécurité alimentaire5.
Section 5. Principe du pollueur-payeur

Ce principe est énoncé par l'article 12 comme suit : «les coûts résultant des mesures
de prévention, de lutte contre la pollution et la réduction de celle-ci ou de remise en état des
sites ou paysages pollués sont supportés par le pollueur ».
C'est un principe économique selon lequel les frais résultant des mesures de
prévention, de réduction de la pollution et de lutte contre celle-ci doivent être supportés par
le pollueur. Ce principe est mis en œuvre par le biais d'outils spéciaux permettant de faire
supporter le coût environnemental à la personne à l'origine du dommage. C'est aux autorités
nationales que revient la charge de promouvoir l'internalisation des coûts de protection de
l'environnement par le biais de différents instruments6. Cela peut se faire par voie fiscale.
Section 6. Principe de coopération entre États

Ce principe prévu par l'article 13 de la loi, invite le gouvernement de la République


de mettre en œuvre des politiques et programmes de coopération avec d'autres États et
partenaires désireux de contribuer à la protection de l'environnement et à la gestion durable
des ressources naturelles dans le cadre des conventions, traités et accords internationaux
auxquels la République est partie.
Ce principe se justifie par le caractère universel de l'environnement.
Section 7. Principe d'intégration

5
P. Malingrey, introduction au droit de l'environnement, Paris, éditions Tec et Doc, 2011, p 8
6
Idem
10
Ce principe impose à l’État, à la province et à l'entité décentralisée de s'assurer que
l'élaboration et la mise en œuvre des plans et programmes sectoriels intègrent les normes en
matière d'environnement et de développement durable. Il est prévu par l'article 14 de la loi.
Tous ces principes sont mis en œuvre à travers certains mécanismes procéduraux tendant à
protéger l'environnement.

CHAPITRE 2. MECANISMES PROCEDURAUX POUR LA PROTECTION DE


L'ENVIRONNEMENT

Les mécanismes procéduraux relatifs à la protection de l'environnement sont prévus


par les articles 19 à 24 de la loi n°11/009 du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux
relatifs à la protection de l'environnement. Il s'agit de :
 Évaluation environnementale ;
 Étude d'impact environnemental et social ;
 Audit environnemental ;
 Enquête publique.
Section 1. Évaluation environnementale
L'évaluation environnementale est définie comme l'examen systématique des facteurs
environnementaux au niveau tant de l'élaboration des politiques, des programmes et des
plans que de la prise de décision.7
Selon l'article 19 de la loi n°11/009 du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux
relatifs à la protection de l'environnement, toute politique, tout plan ou programme élaboré
par les pouvoirs publics ou un établissement public dont la réalisation est susceptible d'avoir
des incidences majeures sur l'environnement doit faire l'objet d'une évaluation
environnementale préalable. L'évaluation des politiques, plans et programmes élaborés et
destinés exclusivement à des fins militaires ou de protection civile est couverte par le secret-
défense.
§1. Objet de l'évaluation environnementale et secteurs concernés

L'évaluation environnementale a pour objet l'examen systématique préalable des


conséquences environnementales d'une politique, d'un plan ou d'un programme élaboré par
7
Art. 2 point 20 de la n°11/009 du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de
l'environnement.
11
l’État, la province, l'entité décentralisée ou l'établissement public.8
Les secteurs d'activités ci-après sont assujetties à l'évaluation environnementale préalable :
infrastructures, hydrocarbures, mines, énergie, télécommunication, industrie, foncier, forêt,
agriculture, pêche et élevage, urbanisme et habitat, transport et développement rural,
tourisme et hôtellerie, éducation, santé, exploitation de toute activité commerciale ou autre
susceptible d'avoir un impact sur l'environnement.9
§2. Contenu de l'évaluation environnementale

Le contenu de l'évaluation environnementale doit décrire l'incidence prévisible d'une


politique, d'un plan ou d'un programme sur l'environnement. Ainsi, il doit obéir aux étapes
ci-après :
a. Le criblage : c'est la phase à laquelle est déterminée la nécessité de soumettre une
politique, un plan, ou un programme à une évaluation environnementale au stade de sa
planification. Il comprend uniquement le document de la politique, du plan, ou du
programme sur base duquel une décision sur la nécessité d'une évaluation environnementale
est prise.
b. Le cadrage : c'est une étape méthodologique de l'évaluation environnementale qui
permet de définir les questions à traiter, en considérant le contexte spécifique dans lequel la
politique, le plan ou le programme est préparé et mis en œuvre. Il comprend les éléments ci-
après : les états de lieux de référence, les contextes politiques, réglementaires,
institutionnels, les parties prenantes, les enjeux, les méthodologies de l'évaluation
environnementale, les variantes, les qualifications.
c. L'évaluation environnementale proprement dite qui comprend :
 La situation de référence ;
 L'identification des opportunités et contraintes environnementales ;
 L'identification et l'évaluation des impacts ainsi que des opportunités potentiels ;
 Les indicateurs de performance, les mesures d'atténuation et d'optimisation ;
 La conclusion et les recommandations.10

8
Art. 3 du décret n° 14/019 du 02 août 2014 fixant les règles de fonctionnement des mécanismes procéduraux de la
protection de l'environnement.
9
Art. 4 du décret précité
10
Art. 5 du décret n° 14/019 du 02 août 2014 fixant les règles de fonctionnement des mécanismes procéduraux de la
protection de l'environnement
12
§3. Procédure de l'évaluation
L'évaluation environnementale est menée par l'Agence Congolaise de
l'Environnement qui est un organisme public. Les pouvoirs publics ou l'établissement
public saisissent l'Agence pour déterminer la nécessité de soumettre une politique, un plan,
ou un programme à une évaluation environnementale au stade de sa planification.11
Les pouvoirs publics ou l'établissement à l'origine de politique, plan ou programme dont la
réalisation est susceptible d'avoir des incidences notables sur l'environnement prennent en
charge l'évaluation environnementale.12
L'Agence élabore et met à la disposition du public des manuels d'opérations et de
procédures de réalisation de l'évaluation environnementale. 13 Les pouvoirs publics ou
l'établissement public formulent une demande d'évaluation environnementale à l'Agence, en
conformité avec les directives contenues dans les manuels d'opérations et des procédures de
réalisation de l'évaluation environnementale.14
Après examen de la demande, l'Agence établit la nécessité ou non de procéder à
l'évaluation environnementale et en informe le requérant. Lorsqu'il y a nécessité de
l'évaluation environnementale, le requérant recourt à un consultant national agréé par le
Ministère ayant l'environnement dans ses attributions, ou à un expert international pour
réaliser le cadrage. Si le requérant recrute un consultant international, ce dernier doit
s'associer à un consultant national.15
Après le dépôt du rapport de cadrage, l'Agence met en place un panel d'experts
chargé d'évaluer le rapport de cadrage, en tenant compte de la spécificité de la politique, du
plan ou du programme. Ce panel dispose d'un délai de trois mois à dater du dépôt du rapport
de cadrage pour l'examiner. A l'issue de l'examen, le panel peut soit déclarer recevable le
rapport, auquel cas il autorise la réalisation de l'évaluation environnementale proprement
dite, soit le rejeter, auquel cas le requérant reprend son rapport, soit formuler des
observations qui conditionnent la recevabilité du rapport. Dans ce dernier cas, le requérant,
qui est toujours l’État, la province, l'entité territoriale décentralisée ou l'établissement public,
dispose d'un délai de trois mois à dater de la notification, pour déposer un rapport

11
Art. 6 du décret précité
12
Art. 7 du décret précité
13
Art. 8 du décret précité
14
Art. 9 du décret précité
15
Art. 10 du décret précité
13
réaménagé pour réexamen. Passé ce délai, le rapport est réputé rejeté.16
Lorsque le rapport de cadrage est accepté, il donne lieu à l'ouverture de la procédure
d'évaluation environnementale. Il y a acceptation du rapport de cadrage, si l'Agence la
notifie au requérant ou si elle ne notifie pas au requérant ses conclusions sur ce rapport dans
le délai de trois mois.17 L'évaluation environnementale est soumise à la même procédure que
celle suivie par le rapport de cadrage.18
Lorsque l'Agence accepte le rapport de l'évaluation environnementale, elle délivre
l'avis environnemental au requérant, attestant que l'exécution de toute politique, tout plan ou
programme se conforme aux principes de sauvegarde environnementale et sociale.19
La modification apportée à la politique, au plan ou au programme initial ayant fait l'objet de
l'évaluation environnementale validée par l'Agence, entraîne une mise à jour de l'évaluation
environnementale qui sera soumise aux mêmes conditions. 20 Toutes les décisions de
l'Agence Congolaise de l'Environnement font l'objet du recours par le requérant auprès de
l'autorité de tutelle selon la procédure administrative.21
Section 2. Étude d'impact environnemental et social

pour permettre la prise en compte des considérations environnementales, il est


nécessaire de contraindre les différents maîtres d'ouvrages publics et privés de réaliser une
étude scientifique préalable à la réalisation de certains travaux et projets d'aménagements
permettant d'en évaluer les conséquences sur l'environnement et de proposer des solutions.
L'étude d'impact environnemental et social doit être considérée comme un élément de
connaissance qui répond à plusieurs objectifs. Elle est d'abord un élément important
d'information du public concerné par une opération susceptible d'affecter l'environnement,
qui de surcroît sera disponible dès la phase de conception du projet et en toute hypothèse
avant qu'une décision définitive soit prise. Elle constitue ensuite un élément d'information
qui bénéficie aussi aux administrations compétentes. En effet, elle est un outil d'aide à la
décision dans la mesure où elle permet aux autorités de prendre des décisions en pleine
connaissance de cause. Enfin, elle est une aide au maître de l'ouvrage dans la réalisation de

16
Art. 12 du décret précité
17
Art. 13 du décret précité
18
Art. 14 du décret n° 14/019 du 02 août 2014 fixant les règles de fonctionnement des mécanismes procéduraux de la
protection de l'environnement
19
Art. 15 du même décret
20
Art. 16 du même décret
21
Art. 17 du décret précité
14
son projet.
§1. Notion

L'étude d'impact environnemental et social est définie comme un processus


systématique d'identification, de prévision, d'évaluation et de réduction des effets physiques,
écologiques, esthétiques, sociaux préalable à la réalisation de projet d'aménagement,
d'ouvrage, d'équipement, d'installation ou d'implantation d'une unité industrielle, agricole ou
autre et permettant d'en apprécier les conséquences directes ou indirectes sur
l'environnement.22
La réalisation de tout projet de développement, d'infrastructures ou d'exploitation de
toute activité industrielle, commerciale, agricole, forestière, minière, de télécommunication
ou autre susceptible d'avoir un impact sur l'environnement est soumise à une étude d'impact
environnemental et social préalable, assortie de son plan de gestion, dûment approuvés.23
§2. Contenu de l'étude d'impact environnemental et social

L'étude d'impact environnemental et social décrit l'incidence prévisible du projet sur


l'environnement et comprend les éléments ci-après :
 un résumé non technique rédigé en français, anglais et dans la langue du milieu
d'insertion du projet ;
 le contexte et la justification du projet ;
 le cadre institutionnel, légal et juridique du projet ;
 la description détaillée du projet, incluant les plans, les cartes, les images et les
figures utiles à sa compréhension ;
 l'inventaire précis et détaillé de l'état initial du site, de son environnement naturel,
socio-économique et humain, reprenant notamment les éléments et les ressources
naturelles susceptibles d'être affectées et l'usage qui en serait fait ;
 l'analyse comparative des options de réalisation, les justifications techniques du
choix opéré, ainsi que les procédés à adopter par le promoteur, compte tenu des
préoccupations de protection de l'environnement ;
 l'identification, l'analyse et l'évaluation des conséquences prévisibles, directes,

22
Art. 2 point 19 de la loi n° 11/009 du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de
l'environnement
23
Art. 21 de la loi susvisée
15
indirectes et cumulatives du projet et de ses options de réalisation sur
l'environnement ;
 le plan de gestion environnementale et sociale décrivant notamment les impacts,les
mesures d'atténuation ou de bonification, les responsabilités de surveillance et de
suivi et leur coût estimatif pendant et après la réalisation du projet, les indicateurs de
suivi, l'échéancier, les modalités de renforcement des capacités, et les résultats des
consultations du public ;
 une conclusion constituant le dénouement de l'élaboration de l'étude et l'engagement
du promoteur à respecter les prescriptions environnementales et sociales ;
 les annexes constituées des cartes, des figures, de la documentation relative à la
consultation du public, des différents documents administratifs, des résultats des
analyses, des curriculum vitae des experts, des informations supplémentaires
relatives à l'étude, les termes de référence de l'étude.24
§ 3. Procédure en matière d'étude d'impact environnemental et social

25
Le promoteur adresse une demande de réalisation de l'étude d'impact
environnemental et social à l'Agence Congolaise de l'Environnement en se conformant aux
directives contenues dans le manuel d'opérations et des procédures élaborés à cet effet par
cette agence, en collaboration avec tous les services concernés.26
Après examen de la demande, l'Agence se prononce si le projet est assujetti ou non à l'étude
d'impact environnemental et social et le promoteur en est informé. 27 Dans l'affirmative, le
promoteur recrute un bureau chargé de mener l'étude d'impact environnemental. A
compétence égale, priorité est accordée au bureau d'étude national au détriment du bureau
d'étude international. Mais lorsque le promoteur recrute un bureau d'étude international,
celui-ci doit s'associer à un bureau d'étude national.28
Le résultat de l'étude est déposé auprès de l'Agence. Celle-ci constitue un panel
d'experts chargé d'analyser l'étude. L'analyse doit être faite dans délai de trois mois à dater
du dépôt de l'étude. A l'issue de l'analyse, l'Agence peut prendre des décisions suivantes :

24
Art. 19 du décret n°14/019 du 02 août 2014 fixant les règles de fonctionnement des mécanismes procéduraux de
protection de l'environnement
25
Par promoteur, on entend toute personne physique ou morale auteur d'une demande d'autorisation administrative pour
la réalisation d'un projet.
26
Art. 20 et 23 du décret précité
27
Art. 25 du même décret
28
Art. 21 du même décret
16
 l'étude peut être déclarée recevable, auquel cas il est délivré un certificat
environnemental ;
 les observations à intégrer dans l'étude peuvent être formulées avant de déclarer
celle-ci recevable ;
 l'étude peut être rejetée, auquel cas le promoteur doit la reprendre.29
Lorsque les observations sont formulées, le promoteur dispose d'un délai de trente jours à
dater de la notification pour les intégrer dans son étude aux fins de réexamen. Passé ce délai,
l'étude est réputée rejetée.30 Si trente jours après avoir déposé l'étude, le promoteur ne reçoit
aucune suite de la part de l'Agence, l'étude est réputée recevable et le certificat acquis. 31 Le
certificat environnemental est délivré pour toute la durée du projet.32
Le certificat environnemental est inséré dans toute procédure d'autorisation,
d'approbation ou d'agrément de l'exécution des travaux, ouvrages et aménagements projetés.
Lorsque le certificat environnemental est délivré au promoteur, celui-ci élabore son plan de
gestion environnementale et sociale et le soumet à l'Agence pour évaluation, avant
l'exécution des travaux. L'Agence requiert l'avis du Fonds National de Promotion et Service
Social en ce qui concerne le plan de gestion sociale du projet. Elle dispose d'un délai de
soixante jours à dater de la réception du plan de gestion environnementale et sociale pour
son examen et sa validation. Passé ce délai, le plan de gestion environnementale et sociale
est réputé validé.33
Si le projet initial ayant fait l'objet de l'étude d'impact environnemental et social subit
des modifications, une mise à jour de l'étude soumise aux mêmes conditions est exigée.34
Lorsque l'Agence refuse de délivrer le certificat au promoteur, celui-ci dispose d'un droit de
recours contre la décision de l'agence. Ce recours est soumis à la procédure prévue en droit
administratif. 35 L'exécution du plan de gestion environnementale et sociale ainsi que les
travaux réalisés par les sous-traitants sous la surveillance du chargé de l'environnement du
promoteur, consiste en l'application, pendant la durée du projet, des mesures prescrites pour
supprimer, réduire et éventuellement compenser les conséquences dommageables sur

29
Art. 27 du même décret
30
Art. 28 du même décret
31
Art. 29 du même décret
32
Art. 33 du même décret
33
Art. 32 du décret n° 14/019 du 02 août 2014 fixant les règles de fonctionnement des mécanismes procéduraux de la
protection de l'environnement
34
Art. 34 du même décret
35
Art. 35 du même décret
17
l'environnement.
Le suivi de son exécution consiste à vérifier l'évolution de l'état de l'environnement
ainsi que l'efficacité des mesures d'atténuation et des autres dispositions préconisées.
En cas de non-respect des engagements y contenus, l'Agence suspend les travaux, et
demande au promoteur de s'y conformer dans un délai à déterminer selon l'ampleur des
impacts négatifs. Si le promoteur ne réagit pas dans le délai lui imparti, le certificat
environnemental est annulé de plein droit.36
Lorsque les mesures préconisées initialement dans le plan de gestion
environnementale et sociale se révèlent inappropriées quelle qu'en soient les raisons, le
promoteur est tenu de prendre des mesures d'ajustement nécessaires. Ces mesures doivent
être conformes aux nouvelles directives et aux normes environnementales applicables en la
matière.37
Les rapports des études d'impact environnemental et social sont conservés par
l'agence. Ils peuvent être consultés par toute personne intéressée. Cependant, pour certaines
raisons motivées, certains détails techniques de procédés peuvent être soustraits à
l'information du public. Mais ce retrait peut faire l'objet d'un recours exercé conformément à
la procédure prévue en matière administrative.38
Section 3. Audit environnemental

L'audit environnemental est un outil de gestion consistant en une évaluation


systématique, documentée, périodique et objective de l'efficacité des systèmes et des
processus organisationnels et gestionnaires conçus pour assurer la protection de
l'environnement.39
Il sert à apprécier, à travers un contrôle systématique, documenté et objectif entrepris par un
auditeur, l'impact que tout ou partie d'un projet ou d'une activité génère ou est susceptible de
générer, directement ou indirectement, sur l'environnement et la population.
L'audit environnemental poursuit les objectifs suivants :
 veiller au respect des normes et règlements techniques ;
 mettre en œuvre un contrôle opérationnel des pratiques susceptibles d'avoir des

36
Art. 36 du même décret
37
Art. 37 du même décret
38
Art. 38 du même décret
39
Art. 2 point 4 de la loi n°11/009 du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de
l'environnement
18
incidences sur l'environnement ;
 contribuer au maintien de la conformité environnementale ;
 aider à concilier la productivité économique au respect des normes
environnementales ;
 prescrire toute mesure appropriée de protection de l'environnement ;
 aider à l'application des sanctions prévues par la législation environnementale.40

L'audit environnemental est effectué par le ministre ayant l'environnement dans ses
attributions sur tout ouvrage, projet ou activité présentant un risque potentiel pour
l'environnement et la population. Il aboutit à prescrire toute mesure appropriée de protection
de l'environnement.41
§1. Ouverture et déroulement de l'audit environnemental

En cas de risque potentiel, le Ministre ayant l'environnement dans ses attributions


procède à l'audit environnemental par le biais d'un auditeur, personne physique ou morale,
désigné à cet effet. L'acte de désignation doit préciser l'identité de l'auditeur, l'ouvrage, le
projet ou l'activité à auditer, la période, la durée et le contenu de l'audit. Les frais de
prestation de l'auditeur sont à charge du trésor public mais les frais relatifs à la collecte et à
l'analyse des échantillons prélevés dans le site concerné par l'audit incombent à l'audité. 42
Les conditions à remplir pour être désigné auditeur sont différentes selon que celui-ci
est une personne physique ou morale. Si l'auditeur est une personne physique, elle doit
remplir les critères ci-après :
- être agréée par le ministre ;
- être titulaire au moins d'un diplôme de licence ou de tout autre titre équivalent ;
- avoir au moins cinq ans d'expérience dans l'un des domaines suivants : législation et
réglementation sur l'environnement, sciences et technologie de l'environnement, évaluation
environnementale, procédés et techniques d'audit environnemental.
Si l'auditeur est une personne morale, elle doit être agréée par le ministre et avoir au moins

40
Art. 39 du décret n°14/019 du 02 août 2014 fixant les règles de fonctionnement des mécanismes procéduraux de la
protection de l'environnement.
41
Art. 23 de la loi n° 11/009 du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de
l'environnement
42
Art. 41 du décret n° 14/019 du 02 août 2014 fixant les règles de fonctionnement des mécanismes procéduraux de la
protection de l'environnement
19
cinq ans d'expérience dans l'audit environnemental ou dans la gestion des questions
environnementales.43
Le pouvoir du Ministre relatif à l'audit peut être délégué au Gouverneur de province
ou à l'autorité d'une entité territoriale décentralisée qu'il désigne. Ce pouvoir peut aussi être
exercé conjointement par toutes ces autorités. Le Ministre peut aussi s'adresser à l'Agence
Congolaise de l'Environnement pour recruter un auditeur qui lui produira un rapport à cet
effet.44 L'audit environnemental doit être réalisé conformément au manuel d'opérations et de
procédure approuvé par le Ministre.45
L'audit environnemental est préalable à tout renouvellement du certificat
environnemental lorsque les projets ou activités sont soumis à une étude d'impact
environnemental et social. Pour les activités qui ne sont pas soumises à l'étude d'impact
environnemental et social, il appartient au Ministre d'apprécier l'opportunité de l'audit.46
§2. Clôture de l'audit environnemental

L'audit environnemental est clôturé par un rapport que l'auditeur adresse à l'intention
du Ministre. Celui-ci notifie les conclusions de l'audit à l'audité, qui dispose d'un délai de
quinze jours pour les contester. Si dans cet intervalle de temps, l'audité ne réagit pas, le
Ministre peut soit instruire l'Agence pour assurer le suivi des conclusions de l'audit, soit
faire appliquer par l'administration toutes les mesures correctives et/ou répressives en la
matière. Il ordonne en outre la publication du rapport d'audit.47
En cas de contestation des conclusions du rapport, l'audité peut solliciter une contre-
expertise et désigner à ses frais un auditeur remplissant les critères exigés. L'audité dispose
à dater de la notification du rapport contesté, d'un délai de 45 jours pour transmettre au
Ministre le rapport de contre-expertise.48
Malgré la requête de contestation, le Ministre peut ordonner toutes les mesures
conservatoires, telles que la suspension du certificat environnemental ou l'obtention, en
concertation avec le ministère sectoriel, de la fermeture de l'ouvrage ou de l'arrêt du projet

43
Art. 50 du décret susvisé
44
Art. 42 et 43 du décret susvisé
45
Art. 44 du décret susvisé
46
Art. 45 du décret susvisé
47
Art. 46 du décret n° 14/019 du 02 août 2014 fixant les règles de fonctionnement des mécanismes procéduraux de la
protection de l'environnement
48
Art. 47 al. 1 et 2 du décret susvisé
20
ou de l'activité concernée.49
Après avoir reçu le rapport de contre-expertise, le Ministre le soumet à l'analyse
d'une commission placée sous la direction de l'Agence Congolaise de l'Environnement.
Cette commission est composée des experts auteurs de deux rapports. Elle est chargée
d'évaluer les deux rapports afin de rendre ses conclusions dans un délai de quinze jours à
dater de sa constitution.50 Les conclusions de la commission sont transmises au Ministre qui,
au regard des recommandations, peut ordonner le retrait du certificat d'environnement ou
faire appliquer par l'Agence les mesures correctives nécessaires ou saisir les juridictions
compétentes en cas d'infractions.51
Section 4. Enquête publique environnementale

L'enquête publique constitue une procédure préalable à la prise de décision par une
autorité administrative destinée à associer le public concerné à la décision. Elle a pour but
essentiel d'informer le public sur l'opération envisagée et de recueillir son avis. En réalité,
cette procédure met en œuvre les principes d'information et de participation prévus par les
articles 8 et 9 de la loi n°11/009 du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à
la protection de l'environnement.
§1. Objet de l'enquête publique

Tout projet ou toute activité susceptible d'avoir un impact sur l'environnement est
assujetti à une enquête publique préalable.
L'enquête a pour objet de :
- informer le public en général et la population locale en particulier sur le projet ou l'activité ;
- recueillir les informations sur la nature et l'étendue des droits que pourraient détenir des
tiers sur la zone affectée par le projet ou l'activité ;
- collecter les appréciations, suggestions et contre-propositions, afin de permettre à l'autorité
compétente de disposer de tous les éléments nécessaires à sa décision.52
L'enquête publique est initiée par le Gouverneur de province à la requête du
promoteur du projet ou de l'activité susceptible d'avoir une incidence sur l'environnement et

49
Art. 47 al. 3 du même décret
50
Art. 48 du même décret
51
Art. 49 du même décret
52
Art. 24 de la loi n° 11/009 du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de
l'environnement
21
soumis à une étude d’impact environnemental et social préalable.53
La requête relative à l'enquête publique doit être accompagnée d'un dossier comprenant les
éléments ci-après :
- Une fiche descriptive faisant ressortir les principales caractéristiques techniques du projet
soumis à l'enquête ;
- Un résumé non technique du projet ;
- La carte de la zone d'influence du projet.54
L'enquête publique est menée par une commission constituée et présidée par l'administrateur
du territoire ou le bourgmestre, qui comprend :
- Le représentant du service local de l'environnement ;
- Les représentants des services des autres ministères sectoriels concernés ;
- les représentants de la société civile locale.
Le président de la commission peut, à la demande des membres de la commission, recourir
à des experts privés et/ou publics si les spécificités du projet l'exigent.55
§2. Procédure de l'enquête publique

L'enquête publique fait l'objet de publicité par toutes les voies de communication
accessibles au public de la zone d'insertion du projet, en français et dans la langue nationale
du lieu, au moins deux mois avant la date fixée pour son ouverture.56 Elle se réalise en deux
étapes. La première étape consiste à expliquer le projet aux parties prenantes et la deuxième
étape a pour objet de faire la collecte des appréciations, suggestions et contre-propositions
auprès des parties prenantes. Ces deux étapes ne peuvent pas dépasser deux mois.57
A la clôture de l'enquête publique, le rapport de la commission est transmis à
l'autorité publique compétente. Il comprend la description du processus de l'enquête, les
procès-verbaux de chaque session de l'enquête publique signés par les membres de la
commission et par les délégués des personnes consultées, les listes dûment signées par
toutes les parties prenantes, la synthèse des consultations, des recommandations émises et

53
Art. 52 du décret n° 14/09 du 02 août 2014 fixant les règles de fonctionnement des mécanismes procéduraux de la
protection de l'environnement
54
Art. 53 du décret n° 14/019 du 02 août 2014 fixant les règles de fonctionnement des mécanismes procéduraux de la
protection de l'environnement
55
Art. 54 du même décret
56
Art. 55 du même décret
57
Art. 56 du même décret
22
des décisions arrêtées en consultation avec les parties prenantes.58
L'autorité publique compétente adresse à la commission d'enquête sa décision, après
examen du rapport. Ainsi, elle peut soit accepter le rapport et le publier, soit faire des
observations pour demander un complément d'information. 59 La commission dispose de
quinze jours à dater de la réception des observations pour intégrer celles-ci, sinon l'autorité
compétente publie le rapport avec ses observations 60 par toutes voies de communication
accessibles au public de la zone d'insertion du projet, en français et dans la langue nationale
du lieu. Une copie du rapport est réservée au Ministre ayant l'environnement dans ses
attributions ainsi qu'aux Ministres sectoriels concernés par le projet pour disposition.61
Les décisions de l'autorité compétente sont susceptibles de recours par le requérant
conformément à la procédure en matière administrative.62Le requérant peut se prévaloir des
vices affectant l'enquête publique. Mais toutes les irrégularités affectant l'organisation et le
déroulement de l'enquête publique n'entraînent pas obligatoirement l'annulation de la
décision administrative prise au terme de l'enquête. En cette matière, le juge administratif
établit une distinction entre irrégularités substantielles et irrégularités non substantielles. Il
est donc nécessaires que le vice allégué présente un degré de gravité suffisant pour qu'il
influe sur la légalité de l'acte administratif. Il appartient donc au juge d'apprécier au cas par
cas ce degré de gravité.
Il convient de noter que toutes les étapes de l'enquête publique sont susceptibles de
comporter des irrégularités de nature à entraîner l'annulation de l'acte contesté. Ainsi par
exemple, l'oubli de certains éléments obligatoires du dossier d'enquête ou la publicité mal
réalisée, peuvent vicier la procédure.63

58
Art. 57 du même décret
59
Art. 58 du même décret
60
Art. 59 du même décret
61
Art. 60 du même décret
62
Art. 61 du même décret
63
P.J Baralle, Leçons de droit de l'environnement, sous la direction de Manuel le Gros, Ellipses, Paris, 2013, p 86
23
CHAPITRE 3. GESTION ET CONSERVATION DE LA NATURE

Les principes de gestion et de la conservation des ressources naturelles sont posés par
les articles 27 à 35 de la loi n° 11/009 du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux
relatifs à la protection de l'environnement. Mais, l'article 36 de la loi précitée avait prévu
que les modalités de mise en œuvre de ces dispositions seront définies par la loi. C'est en
rapport avec cette disposition que la loi n° 14/003 du 11février 2014 relative à la
conservation de la nature a été promulguée.
Cette loi, qui a abrogé l'ordonnance-loi n° 69-041 du 22 août 1969 relative à la
conservation de la nature, fixe les règles relatives à la conservation de la diversité
biologique, à l'utilisation durable de ses éléments constitutifs ainsi qu'à l'accès et au partage
juste et équitable des avantages découlant de l'exploitation des ressources biologiques et
génétiques. Elle concourt à assurer notamment la conservation des écosystèmes et des
habitats naturels, la protection des espèces de faune et de flore sauvages ainsi que le
développement durable dans les aires protégées 64. Il convient cependant de noter que la
protection de la flore est aussi assurée par le code forestier qui réglemente l'exploitation
forestière dans la perspective d'un développement durable.
Section 1. Protection et exploitation de la faune
§1. Protection des espèces de faune

La loi protège les espèces de faune menacées d'extinction ou susceptibles de l'être.


Il s'agit particulièrement des mammifères, des oiseaux, des reptiles,des amphibiens, des
poissons et des invertébrés. Les espèces fauniques peuvent être intégralement protégées ou
partiellement protégées 65 . Dans tous les cas, leur liste est déterminée par décret 66 . Il

64
Art. 1Er de la loi n° 14/003 du 11 février 2014.
65
A ces jours, les animaux totalement protégés sont : gorille de montagne et de plaine, chimpanzé à face claire de la rive
gauche du fleuve, chimpanzé nain ou à face noire de la rive gauche du fleuve, éléphant de savane, éléphant de forêt,
éléphant nain, zébre de burchell, rhinocéros blanc, rhinocéros noir, girafe, okapi, oréotrague, élan du cap, élan de
derby, cobe lechiwe, grand coudou, impala du shaba, chevrotain aquatique, guépard, caracal, lamentin, orytérope,
pangolin géant, crocodile du nil, crocodile à museau étroit ou faux gavial, crocodile à nuque culassée, tortue luth,
tortue caouanne, tortue imbriquée, tortue franche, paon zaïrois, bec en sabot, cigogne blanche, fausse hirondèle à
bec jaune, messager serpentaire, tous les vautours, marabout, calao terrestre d'abyssinie, grue caronculée, grue
couronnée, perroquet gris ou jaco, prionops à caque jaune, oiseau vert de grauer, poissons aveugles de Mbanza-
Ngungu.
Les animaux partiellement protégés sont : Singe argenté ou bleu, Singe doré, Colobes, Grand lémur à longue queue du
Shaba, Serval, Léopard, Lion, Cynthène ouLycaon, Buffle du cap, Buffle nain, Buffle du nil, Cobe onctueux,
Redunca Nagor, Damalisque, Sassaby ou tsessebe, Bubale de Lichtenstein, Bubale de lelwel, Ourebis, Antilope
harmachée, Antilope Bongo, Antilope rouanne ou chevaline, Antilope noire, Antilope des bois à arrière dos jaune,
Cobe de marais ou Lechwe, Cobe de Mrs Gray, Cobe de buffoon, Cobe des roseaux, Situntuga(Guib-d'eau),
24
convient toutefois de noter que les animaux partiellement protéger ne peuvent être abattus
ou capturés que moyennant un permis sportif de grande chasse ou un grand permis du
tourisme ou encore un permis de capture commerciale. Le porteur d'un permis scientifique
peut aussi abattre ou capturer les animaux partiellement protégés qui se trouvent mentionner
sur le permis. Les animaux qui ne se retrouvent pas sur les listes des animaux totalement ou
partiellement protégés, ne sont pas protégés.

Il est interdit à toute personne de poser des actes ci-dessous contre les espèces
protégées :
1° prélever, chasser, capturer, harceler ou tuer délibérément leurs spécimens67 ;
2° perturber intentionnellement ces espèces, notamment durant la période de reproduction,
de dépendance, d'hibernation ou de migration ;
3° détruire, endommager, enlever, ramasser les œufs de ces espèces ou en modifier la
position ;
4° détériorer ou détruire les sites de reproduction, les aires de repos ou tout habitat naturel
où vivent ces espèces à un des stades de leur cycle biologique ;
5° détenir, transporter, échanger, vendre ou acheter, offrir ou céder à titre gratuit les
spécimens ou toute partie de ces espèces prélevés dans la nature ;
6° détenir, céder, vendre, acheter ou transporter tout produit dont l'emballage ou la publicité
annonce contenir des spécimens appartenant à l'une des espèces protégées ;
7° exposer dans les lieux publics ces spécimens.68
Il est fait obligation à toute personne qui capture accidentellement un spécimen de
l'une des espèces protégées de le déclarer et de le rendre à l'organisme public ayant pour
mission la gestion des aires protégées, ou à défaut, au service compétent de l'administration
chargée de la conservation de la nature.69
Lorsqu'un spécimen d'espèce de faune sauvage intégralement protégée se retrouve en dehors

Hylochère, Potamochère, Hipopotames, Phacochère, Daman de rocher, crocodile du nil mesurant plus de 1,50 m de
longueur, crocodile à nuque cuirassée de plus de 0,50 m de longueur, crocodile à museau éroit ou faux gavial de
plus de 1,50 m de longueur, Pangolin terrestre, Hiboux et Chouettes, Engoulevents, Martinets, Aigrette, Blongois
ardoisé, Garde bœufs, Pique bœufs,Ibis sacre ou Ibis blanc à tête noire, Pangolin géant, Flamant, Calao terrestre,
Canard à queue dressée aigles, Aigles spp.
La liste des animaux totalement et partiellement protégés est prévue aux tableaux I et II annexés à la loi n°82-02 du 28
mai 1982 portant réglementation de chasse.
66
Art. 13 de la loi relative à la conservation de la nature
67
Par spécimen, il faut entendre tout animal, toute plante ou tout organisme vivant ou mort.
68
Art. 14 de la loi relative à la conservation de la nature.
69
Art. 15 al.1er
25
des limites d'une aire protégée, la population riveraine est tenue d'alerter le conservateur le
plus proche pour son refoulement.70
§2. Exploitation de la faune

L'exploitation de la faune se réalise par la chasse ou par la pêche.


I. La chasse

L'exploitation de la faune par la chasse est réglementée par la loi n° 82-002 du 28


mai 1982 portant réglementation de la chasse. Selon ce texte, l'exploitation de la faune par
la chasse ou par tout autre mode doit être autorisée par l'autorité compétente par le biais d'un
permis71. La loi prévoit plusieurs sortes de permis ci-après : permis sportif de petite chasse,
permis sportif de grande chasse, petit permis de tourisme, grand permis de tourisme, permis
rural de chasse, permis collectif de chasse, permis de capture commerciale, permis
scientifique et permis administratif. 72 Ces permis ne sont valables que pour une seule
période de chasse. Il convient de distinguer à cet égard la réserve de faune dont les activités
de chasse sont en principe interdites et les aires de chasse où les activités de chasse sont en
principe libres.
A. Réserve de faune

Le ministre ayant la chasse dans ses attributions peut ériger certaines parties du
territoire en réserves de faune73 ou en domaine de chasse74. Il est interdit, sauf autorisation
de l'autorité locale de mener des activités ci-après à l'intérieur des réserves de faune :
1° Introduire des animaux domestiques ou exotiques, des armes à feu, pièges ou tout engin
de chasse, d'y détenir, transporter des animaux sauvages vivants, leur peau ou trophée75, leur

70
Art. 15 al 2
71
Art. 4 de la loi n° 82-002 du 28 mai 1982 portant réglementation de la chasse.
72
Art .5 de la même loi et nous y reviendrons.
73
La réserve de faune peut être totale ou partielle. Elle est totale lorsqu'il s'agit d'une aire mise à part pour la
conservation de la vie animale sauvage ainsi que pour la protection et l'aménagement de son habitat, dans laquelle
la chasse, l'abattage ou la capture sont interdits, sauf aux autorités de la réserve ou sous leur contrôle, et où
l'habitation ou toutes les autres activités humaines sont interdites.
Elle est partielle lorsqu'il s'agit d'une aire mise à part dans laquelle l'exploitation de la faune est réglementée et
contrôlée d'une manière particulière ; les limitations peuvent porter sur les périodes et les modes d'exploitation ainsi
que sur les espèces qui pourront être exploitées ; l'exploitation dans ces aires sera réglementée par un régime
particulier d'autorisation administrative, de permis et de taxe qui sera défini par le ministère ayant la chasse dans
ses attributions.
74
Art. 8 de la loi sur la chasse
75
Par trophée, il faut entendre tout animal mort ou vif totalement ou partiellement protégé, ainsi que les dents, défenses,
26
viande ou tout autre sous-produit de la faune ;
2° poursuivre, chasser, capturer, détruire, effrayer ou troubler, de quelque manière que ce
soit, toute espèce d'animal sauvage, même les animaux réputés nuisibles sauf en cas de
légitime défense ou de force majeure. Dans ce dernier cas, si l'animal a été blessé ou tué,
l'auteur doit en faire la déclaration auprès du ministre ayant la chasse dans ses attributions
ou de son délégué le plus proche dans les 48 heures. Il devra apporter la preuve qu'il s'est
réellement trouvé dans un cas de légitime défense et n'a provoqué ni directement ni
indirectement l'agression dont il prétend avoir été victime. Faute d'apporter une preuve
suffisante, l'auteur pourra être considéré en infraction ;
3° détérioré d'une manière irrégulière l'habitat de la faune sauvage ;
4° faire voler un aéronef à une hauteur inférieure à 500 mètres.
Dans les réserves totales ou partielles de faune, il est interdit de modifier les activités
humaines existantes telles que le déplacement des localités, l'immigration des populations et
création de nouvelles localités, le défrichement de terrains boisés et, d'une manière générale,
toutes activités qui risqueraient de porter atteinte à la tranquillité, au développement ou
l'exploitation de la faune.
Ces interdictions peuvent être levées par le ministre ayant la chasse dans ses
attributions au profit des localités qu'il désigne et sous les conditions qu'il détermine
notamment :
- lorsqu'il s'agit d'améliorer, grâce aux mesures prises, l'habitat de la faune sauvage ;
- lorsqu'il s'agit de faciliter l'exploitation de cette faune.
Dans un but scientifique, le ministre ayant la chasse dans ses attributions peut
autoriser certaines personnes de chasser dans les réserves, les animaux dont la chasse est
interdite. Certaines réserves partielles de faune76 peuvent être affermées par des entreprises
de tourisme cynégétique ou à des associations de chasseurs professionnels. Les conditions
de fermage et le mode d'exploitation de ces réserves sont déterminés par convention passée

os, cornes, écailles, griffes, sabots, peaux, poils, œufs, plumage ou toute autre partie non périssable d'un animal se
trouvant dans la catégorie des animaux totalement ou partiellement protégés, qu'ils aient été ou non inclus dans un
objet travaillé et transformé, à moins qu'ils n'aient perdu leur identité d'origine par un procédé légitime de
fabrication.
76
Par réserve partielle de faune, il faut entendre une aire mise à part dans laquelle l'exploitation de la faune est
réglementée et contrôlée d'une manière particulière ; les limitations peuvent porter sur les périodes et les modes
d'exploitation ainsi que sur les espèces qui pourront être exploitées ; l'exploitation dans ces aires sera réglementée
par un régime particulier d'autorisation administrative, de permis et de taxe qui sera défini par le ministère ayant la
chasse dans ses attributions.
27
entre le ministère ayant la chasse dans ses attributions et l'organisme intéressé.77
B. Aires et périodes de chasse

Par aire de chasse, il faut entendre une étendue dans les limites de laquelle la chasse
peut être autorisée78. L'ensemble du territoire national est considéré comme aire de chasse,
à l'exception des aires protégées.79 Il est interdit de chasser sur les chemins publics, les voies
ferrées et leurs dépendances, les aérodromes ainsi qu'à l'intérieur et autour des
agglomérations urbaines80.
Chaque année, la chasse est ouverte et fermée selon le calendrier prévu pour une
période qui n'excède pas 6 mois dans les régions situées au nord et au sud de l’Équateur,
selon l'alternance des saisons. En pratique, il appartient au Gouverneur de province de
décider l'ouverture ou la fermeture dans la province conformément au calendrier prévu.
Dans le souci de reconstituer la faune, le Ministre ayant la chasse dans ses attributions peut
fermer la chasse de toutes ou certaines espèces d'animaux pour une période qu'il détermine
dans une partie ou sur toute l'étendue d'une région.81Il peut aussi modifier le calendrier de
fermeture et de l'ouverture de la chasse selon les besoins de reconstitution de la faune et sur
proposition de l'administration centrale de la chasse.82

C. Instruments et procédés de chasse

La chasse au moyen d'arcs, d'arbalètes, d'armes blanches, d'armes à feu et d'une


manière générale au moyen des engins lumineux ou équipés de lumières éblouissantes ou
tout engin éclairant est interdite entre dix-huit heures et six heures du matin83.
Il est interdit de chasser au moyen des instruments et procédés ci-après :
- les armes automatiques tirant en rafales les projectiles contenant des explosifs, les canons
77
Selon les articles 61 et 62 de l'arrêté n°014/CAB/MIN/ENV/2004 relatif aux mesures d'exécution de la loi n° 82-002
du 28 mai 1982 portant réglementation de la chasse, « aucune entreprise de tourisme cynégétique ne peut s'établir et
exercer ses activités sur le territoire national si elle n'est pourvue d'un personnel qualifié. A cet effet, l'entreprise
cynégétique conclut un contrat approprié avec l'institution chargée du domaine de chasse concerné. Le contrat est
approuvé par le Ministre ayant la chasse dans ses attributions. »
« une association de chasseurs professionnels ne peut guider des expéditions de chasse que si chacun de ses
membres est titulaire d'une licence de guide de chasse obtenue en vertu des dispositions du présent arrêté. »
78
Art.1er de la loi sur la chasse
79
Art. 2 de l'arrêté n°014/CAB/MIN/ENV/2004 du 29 avril 2004 relatif aux mesures d'exécution de la loi n°82-002 du
28 mai 1982 portant réglementation de la chasse.
80
Art. 16 de la même loi
81
Art. 19 de la même loi
82
Art. 4 de l'arrêté susmentionné.
83
Art. 20 de la même loi
28
tue-fauves et les fusils fixes ;
- les engins lumineux ou équipés de lumières éblouissantes ou tout engin éclairant ;
- les collets et les lacets métalliques et les filets de tenderie ;
- les poisons et les produits toxiques ;
- les feux circulaires ou enveloppants ;
- les armes fabriquées clandestinement ;
- les armes et munitions de guerre ;
- les armes rayées d'un calibre inférieur à 6,5 millimètres si la chasse concerne les animaux
autres que les oiseaux, rongeurs, petits singes et petits carnivores non protégés ;
- les armes lisses de quelque calibre que ce soit ou les armes rayées d'un calibre inférieur à 9
millimètres pour la chasse au gros gibier.
Selon l'article 5 de l'arrêté n°014/CAB/MIN/ENV/2004 du 29 avril 2004 relatif aux mesures
d'exécution de la loi n°82-002 du 28 mai 1982 portant réglementation de chasse, sont
également prohibés: tout piège formé de lance ou d'épieux suspendus ou chargé de poids
ainsi que toute fosse.
Il est interdit d'importer, de détenir, d'exposer en vente ou d'acheter, de céder ou de
recevoir à un titre quelconque et de transporter ou de colporter des pièges ou engins
prohibés par la loi.84 L'usage de ces instruments prohibés ne peut se faire que moyennant
autorisation du ministère ayant la chasse dans ses attributions.85 Cette autorisation peut être
accordée par le Ministre ou son délégué lorsque la chasse est organisée dans le but de lutter
contre la propagation de certaines maladies animales dangereuses pour l'homme.86
Il est interdit de poursuivre le gibier au moyen d' un véhicule quelconque et de tirer
sur lui d'un véhicule ou de sa proximité immédiate, sauf dérogation accordée au titulaire
d'un permis de chasse scientifique. Il est également interdit d'approcher les animaux de
chasse à l'aide d'un aéronef à moteur ou de les chasser à partir de cet engin. Cependant,
l'emploi des embarcations est autorisé pour la chasse aux oiseaux aquatiques. 87 Les
caractéristiques des armes à feu autorisées pour la chasse sont notamment :
- le fusil à canon lisse simple et à coup, de type « silex » ;
- le fusil à canon lisse simple et à répétition par la manœuvre d'une poignée ;
- la carabine à canon rayé et à verrou du « système mauser » ;
84
Art. 21 al 1 de la même loi
85
Art. 21 de la même loi
86
Art. 22 de la même loi
87
Art. 24 de la même loi
29
- la carabine à canon rayé et à levier de sous-garde du type « winchester » ;
- les armes à canon rayé et à bascule ou « express ».88
Les munitions autorisées sont les suivantes : les cartouches de calibre 12 ; les
cartouches de calibre 16 ; les cartouches de calibre 20 ; les cartouches de calibre 28 ; les
cartouches de calibre 410 ou 12 mm. Cependant, les munitions chargées de plomb ou à
chevrotine ne peuvent être utilisées que pour la chasse des oiseaux, des singes autres que les
anthropoïdes ainsi que les petits animaux autres que les mammifères et reptiles totalement
protégés.
Les animaux partiellement protégés ne peuvent être chassés qu'à l'aide d'armes à
canon rayé d'un calibre supérieur à 9 mm. Les fusils à canon lisse chargés de cartouches à
balle peuvent être utilisés pour la chasse des animaux non encore protégés.89
D. Permis de chasse

Il existe deux catégories de permis de chasse. Mais ces permis obéissent à certaines
règles communes. Ainsi, allons-nous d'abord examiner ces règles communes avant de voir
des règles particulières à chaque permis.
a. Règles communes à tous les permis de chasse

Toute personne qui demande un permis de chasse doit être soumise à un test
d'aptitudes cynégétiques. Les permis de chasse ne peuvent être délivrés qu'aux personnes
possédant légalement une ou plusieurs armes à feu. Ces permis sont personnels et
incessibles.
L'autorité compétente peut obliger toute personne ne possédant pas une expérience
cynégétique suffisante, qui se livre à une activité de chasse présentant des risques, à se faire
accompagner par un guide de chasse 90 agrée par le ministère ayant la chasse dans ses
attributions.91

88
Art. 7 de l'arrêté n° 014/CAB/ MIN/ENV/2004 du 29 avril 2004 relatif aux mesures d'exécution de la loi n°82-002 du
28 mai 1982 portant réglementation de la chasse.
89
Art. 8 du même arrêté
90
Par guide de chasse, il faut entendre toute personne qui se charge de guider, à titre onéreux, pour son compte
personnel ou pour le compte d'une entreprise de tourisme cynégétique, des expéditions de chasse. La profession de
guide de chasse est réglementée par les articles 35 et 36 de la loi sur la chasse et 45 à 60 de l'arrêté n°
014/CAB/MIN/ENV/2004 du 29 avril 2004 relatif aux mesures d'exécution de la loi n° 82-002 du 28 mai 1982
portant réglementation de la chasse.
91
Art. 37 de la même loi
30
Le permis de chasse ne peut être accordé à une personne qui a été condamnée au cours de
deux années précédant la demande à une peine privative de liberté d'un mois minimum pour
une infraction relative à la législation sur la chasse.
Le permis de chasse peut être retiré lorsque son porteur viole les dispositions
relatives à la législation sur la chasse. Au courant d'une année, il ne peut être délivré à une
personne qu'un seul permis ordinaire. Cependant, en ce qui concerne le permis sportif, il
peut être délivré pendant la période de validité de celui-ci, un permis sportif de catégorie
supérieure moyennant paiement de la différence des taxes exigibles pour l'obtention de ces
deux permis.92
L'emploi de rabatteurs et de chiens n'est autorisé que dans le cas de chasse en groupe
organisée par les titulaires d'un permis collectif de chasse.
Le recours à des tiers en lieu et place du titulaire du permis n'est autorisé que lorsqu'il s'agit
d'un permis scientifique et administratif ainsi que du permis de capture commerciale. 93
Toute personne titulaire d'un permis spécial de chasse des animaux totalement ou
partiellement protégés doit, avant de se livrer à toute activité de chasse, de capture ou de
collecte, s'être acquittée au préalable du montant de la redevance y afférente. Cette
redevance n'est pas remboursable.94
La chasse des animaux non adulte est interdite. Il est également interdit de chasser ou
de capturer les femelles, à moins que les conditions de chasse et la nature des espèces ne
permettent pas la distinction de sexe ou en cas de dérogation spéciale.95
Le titulaire du permis à l'obligation de l'exhiber à toute réquisition d'un agent commis à cet
effet et de le restituer à l'autorité compétente au terme de sa validité ou au moment de quitter
définitivement le territoire national.96
Au plus tard 48 heures après la capture ou l'abattage d'un animal, le titulaire de tout
permis de chasse doit l'inscrire dans son carnet de chasse en mentionnant la date, le lieu, la
zone administrative d'abattage ou de capture ainsi que l'espèce et le nom vernaculaire de
l'animal.97

92
Art. 40 de la même loi
93
Art. 42 de la même loi
94
Art. 44 de la même loi
95
Art. 46 de la même loi
96
Art. 47 de la loi sur la chasse
97
Art. 28 de l'arrêté n°014/CAB/MIN/ ENV/2004 du 29 avril 2004 relatif aux mesures d'exécution de la loi n° 82-002 du
28 mai 1982 portant réglementation de la chasse
31
Tout animal de chasse inscrit sur la liste des animaux partiellement protégés ou tout trophée
de cet animal, obtenu en vertu d'un permis sportif de grande chasse ou d'un permis de
tourisme est enregistré au chef-lieu du territoire dans lequel ont eu lieu l'abattage ou la
capture ou auprès du régisseur lorsque l'animal provient d'un domaine de chasse.
Un certificat d'enregistrement est délivré au titulaire de l'un des permis susmentionnés sur
présentation de la preuve de paiement de la taxe d'abattage ou de capture.98
Le titulaire du permis scientifique est soumis à la même obligation.
Le titulaire d'un permis de capture commerciale doit faire enregistrer les animaux au chef-
lieu du territoire où il les a capturés, collectés ou éventuellement abattus. L'enregistrement
doit se faire à la fin de l'opération de capture ou au plus tard dans les quinze jours suivants.99
Le certificat d'enregistrement est valable pour 180 jours à dater de sa délivrance. Il tient lieu
de certificat d'origine pour les animaux totalement ou partiellement obtenus en vertu des
permis scientifique ou de capture commerciale.100
Il est délivré un certificat de légitime détention pour couvrir la détention régulière des
produits et des sous-produits de la chasse. La délivrance du certificat de légitime détention
est subordonnée à la présentation du certificat d'enregistrement de l'animal concerné. Les
autorités suivantes sont habilitées à délivrer le certificat de légitime détention :
- le directeur de l'administration centrale de la chasse pour la détention dans la ville de
Kinshasa d'un animal partiellement protégé ou de son sous-produit ;
- le chef de l'administration urbaine de la chasse pour la détention dans la ville de Kinshasa
de tout animal non protégé ;
- le chef de l'administration provinciale de la chasse pour la détention dans la province d'un
animal partiellement protégé ou de son sous-produit ;
- le superviseur de l'environnement de territoire pour la détention dans le ressort du territoire
de tout animal non protégé ;
- l'administrateur délégué général de l'institut congolais pour la conservation de la nature ou
le régisseur dans les domaines réservés.101
L'animal vivant faisant l'objet d'un certificat de légitime détention est contrôlé annuellement.
Ce contrôle donne lieu à la délivrance d'un nouveau certificat. Le détenteur de l'animal est

98
Art. 29 du même arrêté
99
Art. 31 de l'arrêté n° 014/CAB/MIN/ENV/2004 du 29 avril 2004 relatif aux mesures d'exécution de la loi n° 82-002 du
28 mai 1982 portant réglementation de la chasse
100
Art. 32 du même arrêté
101
Art. 33 du même arrêté
32
régulièrement tenu de le faire examiner par le service vétérinaire et éviter les risques de
blessure, de maladie ou de mauvais traitement.102 L'autorité administrative compétente est
informée en cas de cession d'un animal régulièrement détenu. La cession donne lieu à la
délivrance d'un nouveau certificat de légitime détention au profit du nouveau détenteur,
moyennant une taxe.103
Le titulaire de tout permis de chasse est tenu de remettre à l'autorité compétente et
dans un délai maximum de 130 jours, tout trophée trouvé par lui-même ou par son personnel,
dans la zone de capture ou de l'abattage et pendant la période de validité du permis ainsi que
tout trophée provenant d'animaux trouvés morts ou abattus sous le couvert de la légitime
défense au cours de la même période.104
L'exploitation des animaux sauvages ainsi que leurs sous-produits dans un but
commercial est subordonnée par l'obtention d'une licence d'agrément délivré par le
secrétaire général ayant la chasse dans ses attributions. 105 Pour obtenir cette licence, le
requérant doit remplir les conditions suivantes :
- être de nationalité congolaise, pour les personnes physiques, ou constituée conformément à
la législation congolaise, pour une personne morale ;
- remplir les conditions tenant à l'exercice d'un commerce ;
- ne pas avoir été condamné pour une infraction à la loi sur la chasse ;
- posséder de notions de base sur la faune ou se faire assister par un aménagiste de la faune,
un biologiste, un vétérinaire, etc.
- disposer des infrastructures adéquates pour la détention des bêtes, tant au lieu de capture
qu'à Kinshasa.106
Les animaux sauvages vivants détenus dans un but commercial sont placés dans une
quarantaine publique ou privée agréée par le service compétent ayant leur
commercialisation. 107 Le permis d'importation, d'exportation et de réexportation de tout
animal sauvage, même apprivoisé, est délivré par l'organe de gestion(CITES) ayant la faune
dans ses attributions sur avis de l'administration compétente et moyennant paiement d'une

102
Art. 34 du même arrêté
103
Art. 35 du même arrêté
104
Art. 36 du même arrêté
105
Art. 38 du même arrêté
106
Art. 39 du même arrêté
107
Art. 40 de l'arrêté n° 014/ CAB/MIN/ENV/2004 du 29 avril 2004 relatif aux mesures d'exécution de la loi n° 82-002
du 28 mai 1982 portant réglementation de la chasse
33
taxe appropriée.108
L'introduction en provenance de la mer d'un spécimen d'une espèce de faune est
subordonnée à l'obtention préalable d'un certificat d'introduction en provenance de la mer et
d'un certificat phytosanitaire.
La demande du permis d'importation, d'exportation et de réexportation est introduite
auprès de l'administration de la chasse et doit contenir les indications suivantes :
- l'identité complète du requérant ;
- fournir le permis CITES du pays d'exploitation ou le certificat d'origine selon l'espèce ;
- indiquer l'espèce qui fait l'objet de l'importation, l'exportation et de re-exportation ;
- le requérant doit prouver qu'il dispose de l'infrastructure adéquate pour l'accueil des
spécimens ;
- préciser le but ou l'intérêt de l'importation, l'exportation et de réexportations.109
Le permis d'exportation, d'importation, et de réexportation de tout animal sauvage est
soumis aux prescrits de la convention CITES.110
b. catégories de permis
Il existe d'une part les permis ordinaires et d'autre part les permis spéciaux.
1° Permis ordinaires
La loi prévoit plusieurs types de permis ordinaires suivants : permis sportif de petite
chasse, permis sportif de grande chasse, petit permis de tourisme, grand permis de tourisme,
permis rural de chasse et permis collectif de chasse. Les permis sportifs de chasse ne sont
accordés qu'aux personnes qui résident en R.D.C. Ces permis ne sont valables que sur
l'étendue de la province pour lesquels ils sont délivrés. Le Ministre ayant la chasse dans ses
attributions peut autoriser d'étendre l'aire de validité d'un permis à une autre province. Il
existe deux types de permis sportif : le permis sportif petite chasse et le permis sportif
grande chasse.
Le permis sportif petite chasse est délivré par l'administrateur du territoire, sur avis
du service de chasse, et donne à son titulaire le droit de chasser dans le territoire, mais en
dehors des réserves et domaines de chasse, des oiseaux et des mammifères non protégés.111

108
Art. 41 du même arrêté. Les mêmes dispositions sont reprises pratiquement par la loi sur la conservation de la nature
en ses articles 63 à 65
109
Art. 42 du même arrêté
110
Art. 43 du même arrêté
111
Art. 12 de l'arrêté n°014/CAB/MIN/ENV/2004 du 29 avril 2004 relatif aux mesures d'exécution de la loi n° 82-002
du 28 mai 1982 portant réglementation de la chasse
34
Le permis sportif de grande chasse peut être valable pour plusieurs régions ou pour tout le
territoire national. Il permet de chasser tous les animaux non protégés(oiseaux et
mammifères) ainsi que les animaux partiellement protégés dont le ministère ayant la chasse
dans ses attributions établit la nomenclature, les conditions de chasse ainsi que le taux de la
taxe. Il est délivré par le Gouverneur de province ou son délégué, sur avis de
l'administration provinciale de la chasse.
La loi prévoit aussi le permis de tourisme. Il existe deux sortes de permis de
tourisme : le petit permis de tourisme et le grand permis de tourisme.
Le petit permis de tourisme est délivré par le régisseur d'un domaine de chasse pour chasser
dans les aires relevant de sa compétence. Il peut aussi être délivré par le Gouverneur de
province ou son délégué à un non-résident pour chasser dans la province, mais en dehors
des réserves et domaines de chasse.112 Il confère à son titulaire le droit de chasser dans l'aire
qu'il détermine des animaux non protégés.113
Le grand permis du tourisme est délivré par le régisseur d'un domaine de chasse pour
chasser dans les aires de sa compétence et donne à son titulaire le droit de chasser des
animaux non protégés et partiellement protégés.114 Le permis rural de chasse est accordée
par l'administrateur du territoire, après avis du service compétent du ministère ayant la
chasse dans ses attributions, aux congolais habitant une collectivité ou une localité rurales,
propriétaires d'une arme à feu de chasse non perfectionnée du type fusil à piston ou à silex.
Le titulaire de ce permis a le droit de chasser uniquement dans le ressort de sa résidence les
animaux non protégés dont le ministère établit la nomenclature.115
Le ministre ayant la chasse dans ses attributions peut autoriser le titulaire d'un permis
rural de chasse à chasser les oiseaux, les reptiles ou les mammifères partiellement protégés
dont il établit la nomenclature.116 Il est interdit d'être à la fois titulaire d'un permis rural et
d'un permis sportif de chasse. Le permis collectif de chasse est accordé au chef de la localité
par l'administrateur du territoire après avis du service compétent du ministère ayant la
chasse dans ses attributions. Ce permis permet aux habitants de la localité de chasser en
groupe sous la responsabilité du chef de localité, conformément aux coutumes locales et

112
Art. 14 de l'arrêté n° 014/CAB/MIN/ENV/2004 du 29 avril 2004 relatif aux mesures d'exécution de la loi n°82-002
du 28 mai 1982 portant réglementation de la chasse
113
Art. 15 du même arrêté
114
Art. 16 du même arrêté
115
Art. 53 de la loi sur la chasse
116
Art. 58 de la même loi
35
uniquement dans les strictes limites de leurs besoins alimentaires.117
Le chef de localité peut dans les mêmes conditions que dessus autoriser la chasse
individuelle.
Ce permis donne droit de chasser dans les limites de terre sur lesquels ses
bénéficiaires ont, d'après la coutume, la faculté de chasser. Il peut être retiré ou suspendu si
la communauté bénéficiaire enfreint la loi.118 Ce permis donne droit à la communauté de
chasser les animaux adultes non protégés. Seuls les engins coutumiers de chasse sont
autorisés, à l'exclusion des engins prohibés par la loi. Le permis peut limiter pour certaines
espèces, le nombre d'animaux qui peuvent être chassés.119
2° Permis spéciaux

Les permis spéciaux sont : permis scientifique, permis administratif et le permis de capture
commerciale. Le permis scientifique de chasse est délivré par le Ministre ayant la chasse
dans ses attributions aux personnes possédant une compétence reconnue dans les branches
des sciences naturelles pour l'étude desquelles l'abattage ou la capture des animaux est
sollicité ou à des personnes appartenant à des organismes scientifiques reconnues ou
chargées par ceux-ci de collecter du matériel d'étude.120
Ce permis indique les espèces, le nombre et le sexe des animaux qu'il permet de
capturer ou d'abattre. Il indique également, le nombre de chasseurs auxquels le titulaire peut
faire appel, l'aire et la durée de validité ainsi que toutes les autres conditions auxquelles son
octroi est subordonné.121Il est valable pour une durée ne dépassant pas six mois et peut selon
les circonstances, être délivré en dehors de la période d'ouverture de la chasse. L'obligation
est faite au titulaire de ce permis de présenter son rapport à la fin de ses opérations et de ses
recherches.
Pour pouvoir exporter un animal partiellement ou totalement protégé, le titulaire d'un
permis scientifique doit être en possession d'un certificat légitime détention accordé par le
ministère compétent sur présentation du certificat d'origine délivré par les services
régionaux compétents.122

117
Art. 54 de la même loi
118
Art . 55 de la même loi
119
Art. 56 de la même loi
120
Art. 61 de la loi sur la chasse
121
Art. 62 de la même loi
122
Art. 71 de la même loi
36
Le permis administratif de chasse peut exceptionnellement être accordé dans l'intérêt
supérieur de l'administration. Il autorise le refoulement ou, en cas de nécessité impérieuse,
l'abattage ou la capture de tout animal qui se revele dangereux. Il est délivré pour une
période ne dépassant pas trois mois et même en dehors de la période d'ouverture de la
chasse.123 Il indique l'aire de validité, le nombre de chasseurs auxquels son titulaire peut
recourir, la destination des animaux capturés ou abattus et leurs dépouilles. Il précise
également les conditions particulières auxquelles son usage est subordonné.124
Le permis de capture commerciale est délivré par le secrétaire général ayant la chasse
dans ses attributions à toute personne physique ou morale qui désire capturer les animaux ou
les détenir à des fins commerciales.125Le titulaire d'un permis de capture commerciale ne
peut utiliser des armes à feu, sauf en cas de légitime défense. Cependant, à sa demande,
l'administration peut autoriser à titre exceptionnel, l'utilisation de certains procédés ou
engins prohibés (tels que filets de tenderie et trappes diverses) pour des opérations
particulières limitées.126
Ce permis ne permet que la capture ou la collecte d'animaux non protégés ou
partiellement protégés, dont les espèces, le sexe et le nombre sont précis. Il n'est valable que
pour douze mois. Le titulaire de ce permis doit tenir un registre de capture qu'il présentera à
chaque réquisition de l'autorité compétente.127 Il doit définir jusqu'à leur exportation ou leur
vente, les animaux régulièrement acquis durant la validité du permis et dûment inscrits sur
le registre de capture. Ces animaux doivent être tenus en bon état de santé et d'hygiène. 128
Pour pouvoir exporter un animal partiellement ou totalement protégé, le titulaire du permis
de capture commerciale doit être en possession d'un certificat légitime détention lui accordé
par le ministère compétent sur présentation du certificat d'origine de capture délivré par les
services provinciaux compétents.129
Le permis de capture commerciale est obtenu moyennant paiement d'une taxe. Le
certificat de légitime détention n'est délivré qu'au vu de la quittance attestant le paiement des
taxes exigibles.

123
Art. 22 de l'arrête n° 014/CAB/MIN/ENV/2004 du 29 avril 2004 relatif aux mesures d'exécution de la loi n°82-002
du 28 mai 1982 portant réglementation de la chasse
124
Art. 65 de la même loi
125
Art. 66 de la même loi
126
Art. 67 de la même loi
127
Art. 68 et 69 de la même loi
128
Art. 70 de la même loi
129
Art. 71 de la même loi
37
E. Produits de chasse

Les produits de chasse comprennent les animaux de chasse abattus ou capturés, morts
ou vifs, les dépouilles, la viande et les œufs de ces animaux.130Les défenses d'éléphants, les
cornes des rhinocéros et les dents d'hippopotames trouvés morts ou abattus sont propriété de
l'Etat. Il en est également des produits de chasse recueillis sous couvert de légitime défense
et des opérations de police des animaux, notamment pour la protection des cultures. Ces
produits de chasse, propriété de l’État, doivent être identifiés par des marques que
détermine le ministre ayant la chasse dans ses attributions. Ces marques ainsi que le poids et
la corde de l'arc de ces trophées sont inscrits sur le certificat ad hoc.131
Les produits de chasse doivent être remis dans un délai de trente jours maximum au
ministère compétent par l'inventeur ou le chasseur, auteur de ces trophées et produits de
chasse moyennant une indemnité équitable. Cette remise fait l'objet d'un procès-verbal
dûment signé et contresigné par l'agent compétent et l'inventeur ou le chasseur, selon le
cas.132
Nul ne peut détenir les trophées ou les produits de chasse, sans en avoir au préalable
obtenu l'autorisation du ministère compétent, à moins de justifier qu'il les détient
provisoirement ou qu'il les transporte pour les remettre à qui de droit.133 Les trophées ainsi
que les produits de chasse ne peuvent être aliénés que selon la procédure prévue à cet
effet.134
La transformation des trophées dont la détention ou la possession est illicite ainsi que
la détention et l'exportation des objets fabriqués avec ces trophées sont interdites.
L'importation et l'exportation des trophées sont faites sous couvert d'un certificat dont les
conditions de délivrance et de forme sont fixées par arrêté du ministre compétent.
Lorsque les animaux de chasse deviennent nuisibles à l'équilibre écologique sans
qu'il soit possible d'évoquer la légitime défense, le ministre compétent ou son délégué peut
autoriser la chasse de ces animaux selon les conditions qu'il détermine dans chaque cas.135
La détention par des particuliers d'animaux non protégés sous leur responsabilité doit être
couverte par un permis de détention délivré l'autorité compétente. Il en est de même de
130
Art. 73 de la même loi
131
Art. 80 de la loi sur la chasse
132
Art 74 de la même loi
133
Art 75 de la même loi
134
Art 76 de la même loi
135
Art. 77 de la même loi
38
l'exportation à titre gratuit de ces animaux. Ceux-ci peuvent être cédés à titre gratuit ou à
titre onéreux.136 Le ministre ayant la chasse dans ses attributions peut autoriser moyennant
certaines conditions, l’élevage des animaux sauvages partiellement ou non protégés. Ces
animaux seront considérés comme du bétail domestique et seront commercialisés comme
tel.137

II. La pêche
A. Principe
L'exploitation de la faune par la pêche est réglementée par le décret du 21 avril 1932.
Ce texte autorise la pêche sur l'ensemble du territoire national138. Tel est le principe. Ainsi,
la pêche est permise dans les eaux territoriales, lacs , étangs et cours d'eau dont le lit fait
partie du domaine de l’État.139 Cependant, ce principe est assorti de certaines limitations
prévues par le même texte.
B. Limitations
Il est interdit à toute personne de pêcher dans les eaux appartenant à autrui sans le
consentement du propriétaire ou de ses ayants droit, si le fonds dont elles dépendent n'est
grevé d'un droit de pêche à son profit.140 Les communautés locales exercent leurs droits
traditionnels de pêche, notamment au moyen de barrages, nasses et filets, dans la mesure
fixée par la coutume et dans les limites de la circonscription. Il est interdit de détruire ces
installations. Toutefois, si elles entravent la navigation ou provoquent l'envasement ou
l'ensablement des cours d'eau, ou constituent un danger au point de vue sanitaire,
l'administrateur du territoire peut les faire modifier ou enlever.141
Il est interdit de détruire le frai et les alevins et de faire la pêche dans les frayères.142
La fermeture de pêche peut être décidée par le Ministre ayant la pêche dans ses attributions
ou le Gouverneur de province dans certains cours d'eau, lacs ou étangs, pendant certaines
périodes et pour les espèces de poissons qu'ils déterminent. 143 Les mêmes autorités peuvent
constituer en réserve certaines eaux où la pêche est interdite partiellement ou

136
Art. 78 et 79 de la même loi
137
Art. 82 de la même loi
138
Art. 57 du décret du 21avril 1937 sur la pêche
139
Art. 58 al 2 du même décret
140
Art. 58 al 1 du même décret
141
Art. 59 du même décret
142
Art. 60 du même décret
143
Art. 61 du même décret
39
totalement. 144 Elles peuvent aussi dans les régions qu'elles déterminent, interdire ou
restreindre la pêche et le commerce de toutes ou certaines espèces de poissons qui
proviennent d'une eau privée n'ayant aucune communication permettant le passage du
poisson avec les eaux territoriales faisant partie du domaine de l’État. Cette interdiction peut
toutefois être levée par le Ministre ayant la pêche dans ses attributions.145
Il est également interdit de détenir, d'exposer en vente, de vendre ou d'acheter, de
céder, de recevoir à un titre quelconque, de transporter ou de colporter en connaissance de
sa provenance, le poisson dont la pêche est permise mais qui a été pêché illicitement.146
Il est défendu de détenir, d'exposer en vente, de vendre ou d'acheter, de céder ou de
recevoir à un titre quelconque, de transporter ou de colporter les poissons dont la pêche est
interdite, sauf s'ils proviennent d'une eau privée n'ayant aucune communication permettant
le passage du poisson avec les eaux territoriales faisant partie du domaine de l’État. Cette
interdiction peut être levée par le Ministre ayant la pêche dans ses attributions.147
Le Ministre ayant la pêche dans ses attributions ou le Gouverneur de province
peuvent déterminer les dimensions minima que pourront avoir les mailles des filets, les
mailles ou les interstices des nasses et prohiber l'emploi de certains modes, pièges ou engins
de pêche.148
Les interdictions prévues par la loi ne s'appliquent pas aux eaux privées n'ayant
aucune communication permettant le passage de poisson avec les eaux territoriales faisant
partie du domaine de l'Etat. Le Ministre ayant la pêche dans ses attributions ainsi que le
Gouverneur de province peuvent réglementer l'introduction d'espèces de poissons étrangers
à la faune.149
C. Concession de pêche
1. Règles générales
Le ministre ayant la pêche dans ses attributions et, par délégation de celui-ci, le
Gouverneur de province peuvent accorder des concessions de pêche dans les eaux qui font
partie du domaine de l’État sous certaines conditions. Il est permis à toute personne de
pêcher à l'intérieur de la concession, à condition de n'utiliser que les engins dont l'emploi est
autorisé et de ne pas pêcher dans les parties constituées en piège, vivriers ou réservoirs à
144
Art. 62 du même décret
145
Art. 63 al 1er du même décret
146
Art. 63 al 1er du même décret
147
Art. 64 du même décret
148
Art. 65 du même décret
149
Art. 67 du décret du 21 avril 1937 sur la pêche
40
poissons par des clôtures quelconques. 150 Les concessions de pêche portent sur des eaux
déterminées, dont la superficie totale ne pourra dépasser 1.200 kilomètres carrés, ni
comporter dans sa plus grande dimension plus de soixante kilomètres.151
Tenant compte des clauses contractuelles, la durée de la concession sera de dix, vingt
ou trente années. Toutefois, l’État ou le concessionnaire ont le droit de mettre fin à la
concession à l'expiration de chaque période de dix années, à charge de la dénoncer six mois
d'avance par lettre recommandée à la poste. Cependant, le concessionnaire peut à tout
moment renoncer à la concession après un préavis d'un an, notifié par lettre recommandée à
la poste.
A la demande du concessionnaire, l'autorité compétente peut proroger la durée des
concessions pour une période qui n'excédera pas trois ans. Le concessionnaire peut obtenir
des autorités compétentes, en location pour toute la durée de la concession ou en pleine
propriété, un terrain à la rive soit d'un tenant, soit en plusieurs parcelles, d'une superficie
maximum de 500 hectares et situé à proximité de la concession accordée. En cas de location,
le concessionnaire pourra acquérir en propriété ce terrain, en tout ou en partie, après un délai
de cinq ans, à condition d'avoir été mis en valeur dans les conditions prévues au contrat.
L’État ne pourra accorder aux tiers sur les rives des eaux faisant l'objet de la concession
accordée, aucun terrain en vue de l'établissement d'installations permanentes pour le
débarquement et le traitement du poisson.152

2. Formalités relatives à la demande de concession

La demande de concession de pêche doit fournir les indications suivantes :


- l'indication précise, avec croquis à l'appui, des limites proposées pour la concession de
pêche, ainsi que le croquis du terrain à la rive qui serait demandé en concession ;
- les méthodes et les engins de pêche perfectionnés que le demandeur compte employer ;
- les moyens ou concours financiers dont il dispose pour mettre ses projets à exécution ; le
domicile élu par le requérant dans une localité de la République, où toutes significations et
notifications pourront lui être faites tant en son absence qu'en sa présence.
La demande de concession est adressée au Gouverneur de la province sur le territoire de

150
Art. 1Er du décret du 12 juillet 1932 portant réglementation des concessions de pêche
151
Art. 2 du même décret
152
Art. 4 du même décret
41
laquelle la concession est demandée. Elle est établie en triple exemplaire.153
Toute demande de concessions de pêche doit être suivie d'une enquête ayant pour but
de vérifier s'il existe des droits de pêche exercés par les communautés locales à leur profit
propre dans les eaux faisant l'objet de la demande de concession, ou si des tiers sont dans
l'habitude de procéder à la pêche pour leurs besoins ou ceux de leurs entreprises.154
L'enquête se fera conformément à la procédure de vacance de terres.155Si l'enquête
révèle l'existence de droits de pêche exercés par les communautés locales à leur profit
propre, la concession sera, soit refusée, soit accordée sous réserve du respect, par le
concessionnaire, de l'exercice de ces droits Les tiers, qui, au moment de la demande
faisaient usage des droits de pêche sur base d'une permission, pourront continuer à pêcher
avec les moyens dont ils se sont servis jusque-là.156

3. Obligations du concessionnaire

Le concessionnaire est astreint aux obligations suivantes :


- pratiquer la pêche selon des méthodes modernes et au moyen d'engins perfectionnés et
autorisés par la loi ;
- mettre sa concession en valeur par l'exercice effectif de la pêche dans les douze mois qui
suivent la signature du contrat et à poursuivre régulièrement cet exercice. Si cet exercice
venait à être interrompu par suite de cas fortuit ou de force majeure, le Gouverneur de
province déterminera le délai à l'expiration duquel il devra être repris ;
- ne pas céder, en tout ou en partie, les droits qu'il détient en vertu de la concession, si ce
n'est avec l'approbation préalable et écrite du Gouverneur de province ;
- payer à l’État la redevance annuelle pour la concession de pêche ;
- ne pas entraver la navigation ou la libre circulation sur les eaux navigables ou flottables
sous quelque prétexte et ne pas modifier le régime normal des eaux de quelque façon que ce
soit.157

153
Art. 5 du décret du 12 juillet 1952 portant réglementation de pêche
154
Art. 6 al 1er du décret précité.
155
Art. 6 al 2 du même décret
156
Art. 6 al 3 du même décret
157
Ces obligations sont prévues par les articles 7 à 9 du décret du 12 juillet 1932 portant réglementation des concessions
de pêche.
42
4. Révocation de la concession
L’État peut à tout moment, et moyennant un préavis de six mois, révoquer la
concession accordée. Dans ce cas, le concessionnaire pourra obtenir, sur sa demande, et si la
chose est possible, une autre concession de pêche de superficie équivalente, aux mêmes
conditions que celles qui régissent la concession révoquée.
L’État aura l'obligation de réparer le dommage réel et actuel subi par le
concessionnaire du fait de la révocation de sa concession. Le montant du dommage sera fixé
à dire d'experts. Toutefois, il ne pourra pas être inférieur au prix de revient total pour le
concessionnaire, amortissements déduits, de l'ensemble de ses installations, constructions,
moyens de pêche et de transport, sous déduction de ce que le concessionnaire aurait pu
vendre ou transporter ailleurs. Le montant du dommage sera réduit de la valeur de la
concession nouvelle qui aurait été accordée en remplacement de la concession révoquée.158
La concession peut également être révoquée au cas où sa mise en valeur n'est pas
entamée par l'exercice effectif de la pêche dans le délai de douze mois à dater de la signature
du contrat et au cas où cet exercice effectif serait interrompu pendant un an au moins sans
que le concessionnaire puisse justifier de cas fortuits ou de force majeure. Dans ce cas, la
résiliation se fera par simple notification faite par lettre recommandée envoyée par le
Gouverneur de la province au domicile élu du concessionnaire. Le concessionnaire dispose
de six mois à dater de la notification pour faire opposition par lettre recommandée adressée
au Gouverneur de la province et un mois à dater de l'opposition pour faire valoir auprès de
lui ses motifs. S'il ne fait pas opposition, la concession est résolue.
S'il fait opposition et si le Gouverneur n'admet pas ses motifs en lui accordant
éventuellement un nouveau délai, le litige sera tranché par les tribunaux à la requête de la
partie la plus diligente.159
Le droit de concession peut être retiré au concessionnaire, si celui-ci commet des
infractions répétées et graves telles que l'entrave à la navigation ou à la libre circulation ou
encore le fait de modifier le régime normal des eaux. Le retrait se fait par le Gouverneur de
province, le concessionnaire préalablement entendu. La décision du Gouverneur peut faire
l'objet de recours dans un délai de trois mois à dater de sa notification, auprès du Ministre
ayant la pêche dans ses attributions. La flore fait également l'objet de protection et
d'exploitation.
158
Art. 10 du décret susvisé
159
Art. 11 du décret du 12 juillet 1932 portant réglementation des concessions de pêche.
43
Section 2. Protection et exploitation de la flore160

§1. Protection de la flore

on distingue la protection générale de la flore d'une part et celle des espèces


protégées d'autre part.

A. Protection générale de la flore

La flore est considérée comme l'ensemble des espèces végétales d'une région donnée.
Ainsi, elle couvre l'ensemble des forêts de cette région, qui en réalité constitue son domaine
forestier. La protection générale concerne les mesures contre toute forme de dégradation de
la forêt, le déboisement et les feux de forêts et de brousse.

1. Protection contre toute forme de dégradation

Le domaine forestier est protégé contre toute forme de dégradation ou de destruction


du fait notamment de l'exploitation illicite, de la surexploitation, du surpâturage, des
incendies et brûlis ainsi que des défrichements et des déboisements abusifs. Il est
particulièrement interdit de poser tout acte de déboisement des zones exposées au risque
d'érosion et d'inondation.161
L'introduction sur le territoire national de tout matériel végétal forestier, vivant ou
mort, est soumise à l'autorisation préalable du Ministre ayant la forêt dans ses attributions
ou de son délégué, sur présentation d'un certificat d'origine et d'un certificat phytosanitaire
délivrés par l'organisme compétent du pays de provenance.162

2. Protection contre le déboisement


Il n'est pas autorisé de déboiser sur une distance de 50 mètres de part et d'autre des
cours d'eau et dans un rayon de 100 mètres autour de leurs sources.163

160
La loi ne définit pas la flore. Selon Larousse, par flore on entend l'ensemble des espèces végétales d'une région
géographique.
161
Art. 45 du code forestier
162
Art. 46 du code forestier
163
Art. 48 du code forestier
44
Tout déboisement doit être compensé par un reboisement équivalent, en qualité et en
superficie, au couvert forestier initial réalisé par l'auteur du déboisement ou à ses frais.164
Celui qui, pour les besoins d'une activité minière, industrielle, urbaine, touristique,agricole
ou autre, est contraint de déboiser une portion de forêt, est tenue au préalable d'obtenir à cet
effet un permis de déboisement.165
En ce qui concerne les activités agricoles, le permis susvisés n'est exigé que lorsque
le déboisement porte sur une superficie égale ou supérieure à deux hectares. 166
Le déboisement est subordonné par l'obtention d’un permis 167 délivré par le Gouverneur
lorsque la superficie à déboiser est égale ou inférieure à 10 hectares. Le ministre ayant la
forêt dans ses attributions est compétent pour délivrer le permis de déboisement lorsque la
superficie concernée est supérieure à 10 hectares. Dans tous les cas, l'avis préalable de
l'administration forestière locale est requis sur base de l'étude d'impact. Le permis de
déboisement est obtenu moyennant paiement d'une taxe dont les recettes sont affectées à la
reconstitution du capital forestier.168

3. Protection contre les feux de forêts et de brousse

La flore est protégée aussi contre les feux de forêts et de brousse. C'est ainsi qu'il est
prévu que le Gouverneur de province fixe par voie d'arrêté, sur proposition de
l'administration provinciale des forêts, les dates et les conditions d'allumage des feux
hâtifs.169Pour ce faire, l'administration forestière ou les entités administratives décentralisées
doivent prendre certaines mesures tendant à prévenir et à combattre les feux de forêts et de
brousse. Il s'agit notamment de :
- constituer, former et équiper des brigades chargées de la lutte contre les feux, ainsi que de
la sensibilisation, de la formation et de l'encadrement des populations locales ;
- créer des postes d'observation dans certaines régions particulièrement celles menacées
d'incendies.170

164
Art. 52 du code forestier. Par déboisement on entend l'opération consistant à défricher une terre forestière ou à couper
ou à extirper ses végétaux ligneux en vue de changer l'affectation du sol.
165
Art. 53 al 1er du code forestier
166
Art. 53 al 2 du code forestier
167
La procédure ainsi que les conditions d'obtention du permis de déboisement fait l'objet de l'arrêté n°
025/CAB/MIN/ECN-T/15/JEB/2008 du 07 août 2008 portant réglementation du permis de déboisement.
168
Art. 54 du code forestier
169
Art. 55 du code forestier
170
Art.56 du code forestier
45
Dans le même ordre d'idées, il est prohibé de provoquer ou d'abandonner un feu susceptible
de se propager dans la forêt ou dans la brousse. Il en est de même d'abandonner un feu non
éteint dans le domaine forestier.171
Il est également interdit de porter ou d'allumer un feu en dehors des habitations et des
bâtiments d'exploitation situés à l'intérieur des forêts. Cependant, l'allumage d'un feu pour la
fabrication de charbon est autorisé à condition que son auteur prenne toutes les précautions
pour éviter que ce feu n'échappe à son contrôle et ne se propage pas dans le domaine
forestier.172
Interdiction est aussi faite d'allumer un feu dans un rayon de 500 mètres autour des
forêts situées dans la savane ou en bordure de celle-ci. Il est également prohibé d'allumer un
feu en zone de savane le long des routes et chemins qui traversent les forêts classées.173
Aucun feu ne peut être allumé dans les réserves intégrales ainsi que dans les parcs
nationaux, sauf pour les besoins d'aménagement.174
En saison favorable, les agents forestiers procèdent d'office à l'incinération des herbages
dans les environs des forêts classées afin de les préserver des conséquences des feux
incontrôlés. Ils doivent au préalable informer les populations riveraines concernées.
Pour ce faire, ils aménagent un coupe-feu d'une largeur suffisante pour empêcher la
transmission du feu aux périmètres à protéger.175
Dans le but de prévenir ou de combattre les incendies de forêt, l'autorité
administrative locale ou le responsable local chargé des forêts, peut requérir, même
verbalement, les habitants des villages riverains de la forêt concernée.176
Il est fait obligation à toute personne constatant la présence d'un feu incontrôlé dans le
domaine forestier d'en aviser l'autorité la plus proche. L'obligation est également faite à
toute personne se trouvant à proximité d'un incendie de forêt d'apporter son concours à son
extinction.177

171
Art. 57 du code forestier
172
Art.58 du code forestier
173
Art. 60 du code forestier
174
Art. 61 du code forestier
175
Art. 62 du code forestier
176
Art. 63 al. 1Er du code forestier
177
Art. 63 al. 2 du code forestier
46
4. Responsabilité

L'auteur du feu de forêts ou de brousse a l'obligation de le maîtriser. En cas de


dommages causés par le feu, son auteur engage sa responsabilité civile sur base de l'article
258 du code civil des obligations.178
L'autorité administrative locale répond civilement des conséquences dommageables, pour
les personnes et les biens, des feux allumés sous son contrôle.179
La responsabilité de l'autorité locale est dégagée si elle établit, pour ce qui concerne les feux
hâtifs ou précoces, qu'une information préalable suffisante a été faite par affichage ou
proclamation et, s'agissant des opérations de lutte contre les incendies, que les dommages
résultent d'un cas de force majeure.180
B. Protection spécial des espèces de flore

Les espèces de flore sauvage menacées d'extinction sont protégées à tous les stades
de leur cycle biologique.181 Il est interdit de poser des actes ci-dessous sur ces espèces :
- couper, déraciner ou détruire intentionnellement des spécimens des espèces de flore
menacées dans la nature ;
- détenir, transporter, vendre ou acheter des spécimens de ces espèces de flore prélevées
dans la nature ;
- détériorer ou détruire intentionnellement les habitats dans lesquels la présence de ces
espèces de flore est établie.182 L'article 50 du code forestier va dans le même sens lorsqu'il
interdit sur toute l'étendue du domaine forestier, l'abattage, l'arrachage et la mutilation des
essences forestières protégées.
Ces interdictions ne s'appliquent pas aux opérations de gestion et d'entretien des aires
protégées ou sites en vue de maintenir les espèces et leurs habitats dans un état de
conservation favorable ainsi qu'aux droits d'usage forestiers des populations vivant à
l'intérieur ou à proximité du domaine forestier.
Selon l'article 49 du code forestier, la liste des essences forestières protégées est fixée par un
arrêté du Ministre et fait l'objet de mise à jour périodique. C'est en vertu de cette disposition
178
Art. 59 du code forestier
179
Art. 64 al 1er du code forestier
180
Art. 64 du code forestier
181
Art. 10 et 16 de la loi n° 14/003 du 11 février 2014 relative à la conservation de la nature. La liste de ces espèces doit
être établie par un décret du Premier Ministre.
182
Art. 17 de la loi n°14/003 du 11 février 2014 relative à la conservation de la nature
47
qu'un arrêté a été pris en date du 05 novembre 2002 déterminant dans ses annexes les
essences forestières protégées.183
Cet arrêté qui interdit la destruction des fruits et semences, l'arrachage, la mutilation et
l'endommagement d'une façon quelconque de ces essences, ne permet leur exploitation
qu'en vertu d’un permis spécial délivré par le Secrétaire Général du ministère ayant les
forêts dans ses attributions. Cependant, le directeur de l'administration centrale des forêts ou
son représentant en province peut autoriser l'abattage de ces essences, si leur présence sur
l'aire des plantations industrielles compromet le développement des cultures.
Dans le souci de conserver la diversité biologique forestière, l'administration chargée
des forêts peut, même dans les zones forestières concédées, mettre en réserve certaines
essences ou édicter toutes restrictions qu'elle juge utiles.184
§2. Exploitation de la flore

L'exploitation de la flore se fait notamment conformément à la loi n° 011/2002 du 29


août 2002 portant code forestier. Ce texte vise à promouvoir une gestion rationnelle et
durable des ressources forestières de nature à accroître leur contribution au développement
économique, social et culturel des générations présentes, tout en préservant les écosystèmes
forestiers et la biodiversité forestière au profit des générations futures.185 Il contribue aussi à
la valorisation de la biodiversité, à la protection de l'habitat naturel de la faune sauvage et
au tourisme.186
Selon le code forestier, le domaine forestier comprend trois types des forêts : forêts
classées, forêts protégées et forêts de production permanente. 187 Dans ces forêts, les
populations vivant à l'intérieur ou à proximité du domaine forestier disposent, en règle
générale, des droits d'usage forestiers résultant de coutumes et traditions locales pour autant
que ceux-ci ne soient pas contraires aux lois et à l'ordre public. Ils permettent le prélèvement
des ressources forestières par ces populations, en vue de satisfaire leurs besoins domestiques,
individuels ou communautaires. L'exercice de ces droits est subordonné à l'état et à la

183
Il convient de noter que cet arrêté a prévu quatre annexes. Ainsi, sont inscrites aux annexes 1,2,3 les essences
forestières existant ou non dans le domaine forestier congolais, mais reprises aux annexes I,II,III de la convention
sur la CITES et dont le commerce, en particulier, est soumis aux dispositions légales et réglementaires spécifiques.
L'annexe 4 de l'arrêté concerne les essences forestières existant dans le domaine forestier congolais et non
concernées par la CITES mais qui font l'objet d'une protection particulière.
184
Art. 51 de la loi n° 011/2002 du 29 août 2002 portant code forestier
185
Art. 2 al 2 de la loi susvisée
186
Art. 3 al 3 de la même loi
187
Art. 10 al 1er du code forestier
48
possibilité des forêts.188
La commercialisation des produits forestiers prélevés au titre des droits d'usage n'est pas
autorisée, excepté certains fruits et produits dont la liste est fixée par le gouverneur de
province.189
I. Catégories des forêts et droits d'usages sur les forêts

A. Forêts classées
Par forêts classées, on entend celles qui sont soumises à un régime juridique restrictif
concernant les droits d'usage et d'exploitation, en application d'un acte de classement. Elles
sont affectées à une vocation particulière, notamment écologique.190Ces forêts font partie du
domaine public de l’État. Il est interdit dans ces forêts, l'émondage 191, l’ébranchage192 des
arbres ainsi que la culture par essartage193. Ainsi, sont considérées comme forêts classées :
les réserves naturelles intégrales, les forêts situées dans les parcs nationaux, les jardins
botaniques et zoologiques, les réserves de faunes et les domaines de chasse, les réserves de
biosphère, les forêts récréatives, les arboreta, les forêts urbaines et les secteurs sauvegardés
ainsi que les forêts nécessaires pour la protection des pentes contre l'érosion, la protection
des sources et des cours d'eau, la conservation de la diversité biologique, la conservation des
sols, la salubrité publique et l'amélioration du cadre de vie, la protection de l'environnement
humain et en général, toute autre fin jugée utile par l'administration chargée des forêts. Les
périmètres de reboisement appartenant à l’État ou à des entités décentralisées font aussi
l'objet de classement.194
La procédure de classement des forêts est fixée par décret du Premier Ministre. 195
Mais le classement s'effectue par voie d'arrêté du Ministre ayant les forêts dans ses
attributions après avis conforme du Conseil Consultatif Provincial des forêts concernées,
188
Art. 36 du code forestier
189
Art. 37 du code forestier
190
Art. 10 al 2 du code forestier
191
Par émondage, il faut entendre l'opération culturale qui consiste à supprimer les pousses ou les bourgeons latéraux
d'une jeune plant.
192
Par ébranchage, il faut entendre l'action de couper une ou des branches d'un arbre que ce dernier soit encore sur pied
ou abattu, aussitôt avant ou après son abattage.
193
Par essartage, on entend le défrichement d'une portion de terrain boisé ou broussailleux et son incinération en vue de
sa mise en culture périodique.
194
Art. 12 et 13 du code forestier
195
Le décret n° 08/08 du 08 avril 2008 fixant la procédure de classement et de déclassement des forêts a été pris en
exécution de cette disposition. Selon ce décret, la procédure de classement comprend la préparation du projet de
classement de la forêt, la procédure de consultation du public, l'avis du Conseil Consultatif Provincial des forêts et
la signature de l'arrêté de classement. La procédure de déclassement comprend la préparation de la procédure du
projet de déclassement de la forêt, l'étude d'impact sur l'environnement, la consultation du public, l'avis des conseils
consultatif national et provincial ainsi que la signature de l'arrêté de déclassement.
49
fondé sur la consultation préalable de la population riveraine. Cependant, la création des
réserves naturelles intégrales, des parcs nationaux et des secteurs sauvegardés relèvent de la
compétence du Président de la République.196
L'arrêté de classement doit déterminer la localisation et les limites de la forêt
concernée, sa catégorie, sa dénomination, le mode de gestion de ses ressources, les
restrictions qui lui sont imposées, les droits d'usage susceptibles de s'y exercer et l'institution
chargée de sa gestion.197
L'emprise des forêts classées peut être fixée de telle manière que certaines de leurs
parties soient laissées à la disposition des populations riveraines en vue de la satisfaction de
leurs besoins domestiques, notamment en produits forestiers et en terres de culture
temporaire.198
Chaque forêt classée fait l'objet d'un plan d'aménagement selon les conditions fixées
par l'arrêté du Ministre.199 Elle est mise en valeur conformément aux prescriptions de l'acte
de classement et aux dispositions du plan d'aménagement.200
Le déclassement total ou partiel d'une forêt classée ne peut avoir lieu qu'après avis conforme
des Conseils Consultatifs National et Provinciaux des forêts. Il est soumis à la réalisation
préalable d'une étude d'impact sur l'environnement. La décision de déclassement est
soumise aux mêmes formalités que celle de classement.201
Les populations riveraines ont des droits exclusifs d'usage sur les forêts classées
conformément à la loi. Ces droits ne s'exercent que sur les forêts classées autres que les
réserves naturelles intégrales, des parcs nationaux et des jardins botaniques. 202Ces droits
d'usage sont limités au ramassage du bois mort et de la paille ; à la cueillette des fruits, des
plantes alimentaires ou médicinales ; à la récolte des gommes, des résines ou du miel ; au
ramassage des chenilles, escargots ou grenouilles ; au prélèvement du bois destiné à la
construction des habitations et pour usage artisanal. Toutefois, le plan d'aménagement de
chaque forêt classée détermine les droits d'usage autorisés pour la forêt concernée.203
Cependant, il convient de noter que ces droits d'usage ne s'appliquent pas aux périmètres

196
Art. 15 du code forestier
197
Art. 16 al 1er du code forestier
198
Art. 16 al 2 du code forestier
199
Art. 17 de la loi susvisée
200
Art. 18 de la même loi
201
Art. 19 de la même loi. Il convient de noter à ce sujet que le décret n° 08/08 du 08 avril 2008 fixant la procédure de
classement et de déclassement des forêts a été pris notamment en application de cette disposition.
202
Art. 38 du code forestier
203
Art. 39 du code forestier
50
reboisés appartenant à l’État ou aux entités administratives décentralisées.204

B. Forêts protégées

Les forêts protégées font partie du domaine privé de l’État et constituent le domaine
forestier protégé. Les produits forestiers de toute nature se trouvant sur le domaine forestier
protégé appartiennent à l’État, à l'exception de ceux provenant des arbres plantés par des
personnes physiques ou morales de droit privé ou par des entités décentralisées.205
Les forêts protégées peuvent faire l'objet de concession moyennant un contrat dont la
durée ne peut excéder vingt-cinq ans. Ce terme est renouvelable dans les conditions
stipulées au contrat. La concession forestière confère un droit réel au concessionnaire sur les
essences forestières concédées, à l'exclusion d'un quelconque droit sur le fonds de terre. 206
Cette disposition marque une différence entre la concession forestière et la concession
foncière. En effet, la concession forestière porte uniquement sur les essences et non sur le
fonds. Cependant, le concessionnaire peut obtenir sur sa concession forestière une
concession foncière superficiaire pour ériger les constructions nécessaires aux activités liées
à l'exploitation. 207 Une communauté locale 208 peut, à sa demande, obtenir à titre de
concession forestière une partie ou la totalité des forêts protégées parmi les forêts
régulièrement possédées en vertu de la coutume. Les modalités d'attribution de ces
concessions sont déterminées par un décret du Premier Ministre. L'attribution est à titre
gratuit. 209 Elle est en outre perpétuelle 210 . Ce dernier caractère distingue la concession
accordée aux communautés locales à celle accordée à d'autres personnes physiques ou
morales, qui est essentiellement temporaire.
Les droits d'usage sur l'ensemble du domaine forestier protégé est libre, sauf
204
Art. 40 du code forestier
205
Art. 20 du code forestier
206
Art. 21 al 1et 2 du code forestier.
207
Art. 21 al 3
208
Par communauté locale, il faut entendre, selon les articles 1 point 17 du code forestier et 2 point 3 du décret n°
14/018 du 02/08/ 2014 fixant les modalités d'attribution des concessions forestières aux communautés locales, une
population traditionnellement organisée sur la base de la coutume et unie par des liens de solidarité clanique ou
parentale qui fondent sa cohésion interne. Elle est caractérisée, en outre, par son attachement à un terroir déterminé.
209
Art. 22 du code forestier
210
Selon l'article 2 point 2 du décret n° 14/018 du 02/08/2014 fixant les modalités d'attribution des concessions
forestières aux communautés locales, une concession forestière de communauté locale est une forêt attribuée
gratuitement et perpétuellement à une communauté locale par l’État, sur la base des forêts qu'elle possède
régulièrement en vertu de la coutume, en vue de son utilisation, sous toutes les formes, pour la satisfaction de ses
besoins vitaux, avec l'obligation d'y appliquer des règles et pratiques de gestion durable.
Ce texte prévoit des règles relatives aux conditions préalables à l'octroi d'une concession forestière et à la
procédure d'attribution des concessions forestières aux communautés locales.
51
restrictions imposées par la loi.211En effet, il est permis de pratiquer les cultures dans ces
forêts. Cependant, elles peuvent être prohibées par le Gouverneur de province, après avis
des services locaux chargés de l'agriculture et des forêts, lorsque l'état de la forêt ou son son
intérêt futur rend cette mesure nécessaire. L'arrêté du Gouverneur mentionne la durée de
l'interdiction.
Les Ministres ayant les forêts et l'agriculture dans leurs attributions réglementent
conjointement, là où ils jugent nécessaire, le zonage et les modalités de mise en culture des
terres forestières.212
Le prélèvement des produits forestiers à des fins domestiques est libre en forêt
protégée. Il ne donne pas lieu au paiement d'une taxe ou redevance forestière. Cependant, le
Ministre ayant la forêt dans ses attributions peut réglementer la récolte de tout produit
forestier dont il juge utile de contrôler l'exploitation.213
Il est reconnu aux populations riveraines d'une concession forestière, les droits
d'exercer leurs droits d'usage traditionnels sur la concession, dans la mesure où cet exercice
est compatible avec l'exploitation forestière, à l'exclusion de l'agriculture. Le
concessionnaire ne peut prétendre à une quelconque indemnisation ou compensation du fait
de cet exercice.214

C. Forêts de production permanente

Les forêts de production permanente sont composées des concessions forestières et


des forêts qui, ayant fait l'objet d'une enquête publique, sont destinées à la mise sur le
marché. Elles sont quittes et libres de tout droit. Elles sont instituées par un arrêté conjoint
des Ministres ayant les forêts et l'agriculture dans leurs attributions.215

211
Art. 41 du code forestier
212
Art. 42 du code forestier
213
Art. 43 du code forestier
214
Art. 44 du code forestier
215
Art. 23 du code forestier
52
II. Inventaire, aménagement et reconstitution des forêts

A. Inventaire forestier

Par inventaire forestier, on entend l'évaluation et la description de la quantité, de la


qualité et des caractéristiques des arbres et des milieux forestiers. 216 Il est un préalable
avant la mise en exploitation de toute forêt domaniale.217
En principe, l'inventaire forestier national doit être fait par l'administration chargée des
forêts. Il est mis à jour selon une périodicité. Mais, cette tâche peut être confiée à des
bureaux d'études privés ayant les compétences et l’expérience requises et jouissant de
crédibilité.218
Les normes techniques, les données à relever, les travaux à réaliser et les méthodes à
suivre pour l'établissement des inventaires sont fixés par arrêté du Ministre219. Les travaux
de reconnaissance 220 et d'inventaire d'une forêt sollicitée qui n'a pas encore fait l'objet
d'inventaire sont à charge du requérant sous le contrôle de l'administration.221
La reconnaissance forestière est soumise à une autorisation délivrée par le
Gouverneur de province sur avis de l'administration forestière locale. L'autorisation donne
lieu au paiement d'une taxe dont le montant est déterminé par arrêté conjoint des ministres
ayant les forêts et les finances dans leurs attributions. Il est fait obligation au bénéficiaire de
l'autorisation de reconnaissance d'en entreprendre aussitôt les travaux.222
Les travaux d'inventaire sont également soumis à une autorisation du Gouverneur de
province. Cette autorisation donne aussi lieu au paiement d'une taxe déterminée par l'arrêté
conjoint des Ministres ayant les forêts et les finances dans leurs attributions.
L'inventaire doit être réalisé dans un délai maximum d'un an à compter de la date de l'octroi
de l'autorisation, sous peine de déchéance. Ce délai peut être prorogé d'une année au
maximum et une seule fois sur demande motivée du requérant.223

216
Art. 1Er point 8 du code forestier
217
Art. 65 du code forestier
218
Art 66 al 1 et 2 du code forestier
219
Art 67 al 3 du code forestier
220
Par reconnaissance forestière, on entend l'opération qui consiste à examiner une forêt par voie aérienne et ou à terre,
afin d'en acquérir une connaissance générale préliminaire à d'autres études plus approfondies telles que l'inventaire
et l'aménagement.
221
Art. 67 du code forestier
222
Art. 68 al 1et 2 du code forestier
223
Art. 68 al 3,4 et 5 du code forestier
53
Lorsque la demande de reconnaissance ou d'inventaire émane d'un concessionnaire ou d'un
exploitant forestier déjà installé, elle ne être instruite que si le requérant s'est acquitté de
tous les droits et taxes afférents à la concession ou à l'exploitation et s'il a respecté les
clauses de son cahier des charges.224
L'autorisation de reconnaissance ou d'inventaire 225 ne donne pas à son titulaire le
droit de disposer des produits forestiers dans la zone concernée. Cette autorisation ne
préjuge pas l'obtention ultérieure, par son bénéficiaire, d'une concession forestière ou d'un
droit d'exploitation dans la zone concernée.226

B. Aménagement forestier
L'aménagement forestier est un ensemble d'opérations visant à définir les mesures
d'ordre technique, économique, juridique et administratif de gestion des forêts en vue de les
pérenniser et d'en tirer le maximum de profit.227
L'élaboration d'un plan d'aménagement forestier est un préalable pour toute activité de
gestion et d'exploitation forestières. 228 Le plan d'aménagement peut concerner soit unité
forestière ou soit concession forestière.

1. Unité forestière d'aménagement

Le domaine forestier est divisé en unités forestières d'aménagement aux fins


d'exécution des tâches de planification, de gestion, de conservation, de reconstitution et
d'exploitation des ressources forestières.229 L'aménagement forestier peut être orienté vers :
la production durable de tous les produits forestiers et de produits pour la biotechnologie,
les services environnementaux, le tourisme et la chasse ainsi que les autres objectifs
compatibles avec le maintien du couvert forestier et la protection de la faune sauvage.230
Le découpage du domaine forestier en unités forestières d'aménagement est effectué
par arrêté du Ministre ayant les forêts dans ses attributions, sur proposition de
l'administration chargée des forêts, après concertation avec toutes les administrations
224
Art. 69 du code forestier
225
La procédure à suivre pour obtenir ces autorisations fait l'objet de l'arrêté n° 020/CAB/MIN/ECN-T/15/JEB/2008 du
07 août 2008 fixant les mesures relatives aux autorisations de reconnaissance et d'inventaire forestier d'allocation.
226
Art. 70 du code forestier
227
Art. 1Er point 4 du code forestier
228
Art. 71 du code forestier
229
Art. 72 al 1er du code forestier
230
Art 72 al 2 du code forestier
54
concernées.
Ce découpage tient compte des caractéristiques propres à chaque zone et des objectifs de la
politique forestière nationale.231
Le plan d'aménagement évalue pour chaque unité forestière, l'état des ressources forestières,
fixe les mesures et détermine les travaux requis pour leur conservation ainsi que leur
aménagement et les modalités de leur exploitation.
Le plan d'aménagement d'une unité forestière est préparé soit par l'administration
chargée des forêts, soit sous son contrôle, par des organismes ou bureaux d'études qualifiés.
L'administration s'assure de la consultation des populations riveraines, des autorités locales
compétentes et des particuliers concernés. Ce plan est approuvé par l'arrêté du Ministre pour
une durée déterminée en tenant compte du type de forêt et de la nature de l'aménagement.
Ce plan est susceptible d'actualisation en suivant la même procédure.232
L'administration chargée des forêts assure le contrôle, le suivi et l'évaluation de l'exécution
du plan d'aménagement de l'unité forestière.

2. Aménagement de la concession forestière

Le plan d'aménagement d'une concession est élaboré sous la responsabilité du


concessionnaire par une personne physique ou morale qualifiée. Ce plan est approuvé par le
Gouverneur de province, après avis de l'administration forestière locale compétente.
L'exploitant d'une forêt est responsable de la mise en œuvre de son plan d'aménagement
dont il est tenu de respecter les prescriptions. L'administration chargée des forêts assure le
suivi et l'évaluation de l'exécution du plan d'aménagement de la concession.233

C. Reconstitution des forêts

La reconstitution de forêt est une opération qui consiste à rétablir le couvert forestier
par le reboisement et/ou la régénération naturelle 234. Elle est assurée par l'administration
chargée des forêts à travers l'élaboration et l'application des programmes de régénération

231
Art 73 du code forestier
232
Art. 74 du code forestier
233
Art. 76 du code forestier
234
Art. 1Er point 13 du code forestier
55
naturelle et de reboisement qu'elle met à jour périodiquement.235
L'initiative de la reconstitution des ressources forestières incombe à l'Etat, aux entités
décentralisées, aux concessionnaires, aux exploitants forestiers et aux communautés locales.
La reconstitution s'effectue sous la supervision et le contrôle technique de l'administration
chargée des forêts, conformément aux conditions fixées par le Ministre ayant les forêts dans
ses attributions236.
Pour encourager l'implication de tous les citoyens, des communautés locales et les
entités administratives décentralisées dans les opérations de reboisement, l'Etat met à leur
disposition des terrains forestiers domaniaux, des plants et graines d'essences forestières
ainsi que l'encadrement nécessaire dans les conditions fixées par l'arrêté du Ministre237.
Les personnes physiques ou morales qui réalisent des reboisements bénéficient, en
tout ou en partie, des produits forestiers qui en sont issus, dans les conditions fixées par
arrêté du Ministre. L'exploitation de ces produits doit être faite conformément à la loi, en
tenant notamment compte de la protection de l'environnement. 238 Le financement des
opérations de reboisement et d'aménagement, de contrôle et de suivi de leur réalisation est
assuré par le fonds forestier national239.

III. Concession forestière

La concession peut être définie comme un acte juridique bilatéral ou unilatéral par
lequel une personne, le concédant, accorde à une autre, le concessionnaire, la jouissance
d'un droit ou d'un avantage particulier. En droit administratif, il s'agit d'un acte juridique en
vertu duquel l'administration confère à une personne physique ou morale des droits et
avantages spéciaux sur son domaine. En matière de concession forestière, celle-ci porte sur
les bois se trouvant au sein d'une forêt concédée.240 La personne physique ou morale qui
sollicite une concession forestière doit remplir certaines conditions avant de conclure le
contrat.

235
Art. 77 du code forestier
236
Art. 78 du code forestier
237
Art. 79 du code forestier
238
Art. 80 du code forestier
239
Le fonds forestier national a été créé par le décret n° 09/24 du 21 mai 2009
240
[Link] Lumpungu, droit forestier, cours polycopié, février 2015, p 55
56
A. Conditions à remplir

L'article 82 du code forestier prévoit des conditions à remplir pour obtenir une
concession forestière. Il s'agit des conditions suivantes :
- être domiciliée, pour une personne physique, en République Démocratique du Congo, ou
être constituée, pour une personne morale, conformément à la loi et avoir son siège social en
République Démocratique du Congo ;
- déposer un cautionnement auprès d'une institution financière établie en République
Démocratique du Congo, en vue de garantir le paiement de toutes indemnités si les travaux
sont de nature à causer un dommage ou s'il est à craindre que ses ressources ne soient pas
suffisantes pour faire face à sa responsabilité.
Le cautionnement reste acquis à l’État, à concurrence des sommes dues, si le
concessionnaire est débiteur à un titre quelconque. Il peut être remplacé par une garantie
donnée par une banque ou par une institution financière agréée. Son montant est fonction de
la valeur ou de la superficie de la concession forestière.

B. Modalités d'attribution

En principe, l'attribution des concessions forestières se fait par voie d'adjudication241.


Mais à titre exceptionnel, l'attribution peut se faire de gré à gré, auquel cas, elle doit être
motivée et autorisée par le Ministre ayant les forêts dans ses attributions.242
Lorsque le marché se fait de gré à gré, le prix d'acquisition de la forêt ne peut être en deçà
du prix plancher appliqué dans la procédure d'adjudication publique pour les forêts de même
type.243
En cas d'adjudication publique, il appartient à l'administration chargée des forêts de
proposer la forêt concernée et qui en effectue l'estimation et fixe la mise à prix.
Les cahiers des charges de chaque adjudication sont établis par l'administration publique
241
L'adjudication est un mode de passation des marchés publics dans lequel la commande est attribuée
automatiquement au candidat consentant le prix le plus bas, après mise en concurrence préalable des candidats. On
distingue plusieurs sortes d'adjudication publique : aux enchères, au rabais et par soumissions cachetées. Il
appartient à l'administration de choisir l'un des modes d'adjudication pour attribuer une concession forestière. Il
convient de noter à cet égard que la loi n° 10/010 du 27 avril 2010 relative aux marchés publics ne prévoit pas
l'adjudication comme mode de passation des marchés publics. Ce texte prévoit les modes suivants de passation des
marchés publics : l'appel d'offres, le marché de gré à gré et les marchés spéciaux et de la délégation de service
public.
242
Art. 83 et 86 al.1er
243
Art. 86 al. 2
57
chargée des forêts et soumis à l'approbation du Ministre. Ils spécifient les conditions de
l'adjudication ainsi que les règles auxquelles est soumise l'exploitation. La décision de la
mise en adjudication publique d'une forêt relève du Ministre ayant les forêts dans ses
attributions.244

C. Enquête publique

L'attribution d'une concession forestière est précédée d'une enquête publique auprès
des parties prenantes,245 ayant pour but de constater la nature et l'étendue des droits que
pourraient détenir des tiers sur la forêt à concéder, en vue de leur indemnisation éventuelle.
Le montant de l'indemnité est fixé à l'amiable ou, à défaut, par voie judiciaire. Le paiement
cette indemnité rend la forêt quitte et libre de tout droit.246
La procédure de l'enquête publique est prévue par l'arrêté ministériel n°
024/CAB/MIN/ECN-T/15/JEB/08 du 07 août 2008 portant le même objet. Selon ce texte,
l'enquête publique auprès des parties prenantes est effectuée sous la responsabilité de
l'administration provinciale chargée des forêts sur demande du Ministre ayant les forêts dans
ses attributions. L'administration peut recourir au service d'un expert indépendant pour
conduire l'enquête publique.247
L'enquête publique à pour objectifs notamment de :
- informer les populations locales sur le projet d'octroi d'une concession forestière ;
- recueillir des informations sur la nature et l'étendue des droits que pourraient détenir des
tiers sur la forêt, notamment les concessionnaires fonciers et les communautés locales et/ou
les peuples autochtones, ainsi que les activités qui s'y exercent ;
- recueillir des informations sur l'existence éventuelle des sites d'importance écologique,
historique, archéologique, architecturale ou culturelle ou des sites protégés en vertu des lois,

244
Art. 85
245
Aux termes de l'article 2 de l'arrêté n° 024/CAB/MIN/ECN-T/15/JEB/08 du 07 août 2008 fixant la procédure
d'enquête préalable à l'octroi des concessions forestières, par parties prenantes, il faut entendre les personnes,
communautés locales, les peuples autochtones, les autorités, les associations villageoises et les organisations non
gouvernementales légalement reconnues qui peuvent être affectés directement ou indirectement par un projet
d'exploitation forestière sous forme de concession, dont la consultation est de nature à éclairer l'autorité chargée du
processus d'attribution de la concession proposée et qui sont impliquées dans la protection de l'environnement ou le
développement social des sites envisagés pour les concessions proposées.
Peuvent également être considérés comme parties prenantes, les universités, instituts supérieurs et centres de
recherche dont les travaux sont de nature à éclairer l'enquête.
246
Art. 84 du code forestier
247
Art. 3 de l'arrêté susmentionné
58
règlements et coutumes locales ;
- réviser les limites de la forêt à concéder et définir les modalités de compensation des
parties prenantes affectées par la concession proposée et les servitudes qui sont maintenues
ou à créer ;
- proposer des mesures ou, le cas échéant, un programme d'atténuation des impacts
environnementaux et sociaux.248
La forêt à concéder doit être décrite. La description porte notamment sur sa superficie,
sa situation géographique, ses limites et ses données cartographiques et topographiques, le
réseau hydrographique ainsi que les principales données d'inventaire relatives à la
connaissance quantitative et qualitative de la ressource forestière, de la faune et de la flore.
Une carte de la forêt doit être publiée avant le début de l'enquête publique. Elle peut être
révisée au besoin à l'issue de l'enquête.249
La procédure d'enquête publique est ouverte par l'annonce faite par voie de la presse
écrite et audiovisuelle, par l'affichage de l'annonce aux bureaux des administrations
provinciale et locale chargées des forêts et à tous endroits dans la localité où la forêt est
située et par tout autre mode de communication permettant au public d'être pleinement
informé du projet.
L'annonce de l'enquête doit être faite en français et dans une des langues nationales, deux
mois au moins avant la date fixée pour la consultation publique.250
L'enquête publique comporte deux étapes : la communication préalable aux parties
prenantes et la collecte des renseignements d'elles à travers notamment des enquêtes,
251
sondages, questionnaires, des réunions ou audiences publiques. L'administration
provinciale chargée des forêts doit associer les administrations provinciales chargées
respectivement du territoire, de l'aménagement du territoire, de l'agriculture, des mines, des
affaires foncières, de développement rural ainsi que de l'Institut Congolais pour la
Conservation de la Nature. Elle devra aussi associer au niveau local toutes les parties
prenantes avec une attention particulière pour les groupes vulnérables ou les peuples
autochtones.252
L'enquête publique se clôture par la publication au niveau national et local du rapport

248
Art. 4 de l'arrêté susmentionné.
249
Art 5 de l'arrêté susvisé
250
Art. 6 de l'arrêté susvisé
251
Art. 7 du même arrêté
252
Art. 8 du même arrêté
59
comprenant :
- la description du processus des consultations mentionnant le lieu, le temps et la durée de
chaque séance de l'enquête publique ;
- la liste des parties prenantes identifiées ayant réellement et activement participé à l'enquête
publique ;
- les procès-verbaux de chaque session de l'enquête publique dans lesquels figurent au
minimum, les éléments d'information relatifs à l'objet de l'enquête, à la description de la
forêt ainsi qu'à
L’ouverture et le déroulement de l'enquête. Ces procès-verbaux doivent être signés par
l'administration provinciale ou l'expert ainsi que toutes les parties prenantes. Ils sont rendus
publics à l'initiative de l'autorité compétente pour l'attribution de la concession proposée.
- la synthèse des consultations et recommandations émises et les décisions arrêtées en
consultation avec les parties prenantes.
D. Contrat de concession forestière

Le contrat de concession forestière est celui par lequel l’État accorde à une personne
physique ou morale un droit de jouissance sur une forêt pour notamment l'exploitation des
produits forestiers, la conservation, le tourisme et la chasse, les objectifs de bioprospection
et l'utilisation de la biodiversité253.
Le contrat de concession forestière comprend deux parties : le contrat proprement dit
qui détermine les droits et les obligations des parties, et un cahier des charges qui fixe les
obligations spécifiques incombant au concessionnaire.254
Le cahier des charges comporte des clauses générales et des clauses particulières. Les
clauses générales concernent les conditions techniques relatives à l'exploitation des produits
concernés. Les clauses particulières concernent notamment les charges financières, les
obligations en matière d'installation industrielle incombant au concessionnaire, une clause
particulière relative à la réalisation d'infrastructures socio-économiques au profit des
communautés locales concernant spécialement la construction, l'aménagement des routes, la
réfection, l'équipement des installations hospitalières et scolaires, les facilités en matière de
transport des personnes et des biens.
Le modèle de cahier de charge est établi par voie d'arrêté du ministre ayant les forêts
253
Art. 87 du code forestier
254
Art. 88 du code forestier
60
dans ses attributions.255
Si les clauses contenues dans le cahier des charges sont respectées, elles peuvent contribuer
à améliorer la situation socio-économique des communautés locales. Mais dans la pratique,
on constate que la mise en application du cahier des charges est source de beaucoup des
problèmes. En effet, d'une part le concessionnaire ne le respecte pas et d'autre part les
représentants des communautés locales tentent de détourner les avantages prévus dans le
cahier des charges à leur avantage personnel sans tenir compte de l'intérêt général. Ce qui
explique que souvent on assiste à un conflit ouvert entre les communautés locales et le
concessionnaire.
Le contrat de concession forestière confère au concessionnaire le droit d'exploiter la
superficie de forêt concédée, en respectant la loi. Avant toute exploitation, le
concessionnaire est tenu d'obtenir l'autorisation appropriée.256
Les normes relatives aux installations devant être implantées dans les concessions
forestières sont fixées par arrêté du ministre ayant les forêts dans ses attributions. C'est ainsi
qu'aux termes de l'article 1er de l'arrêté ministériel n°021/CAB/MIN/ECN-T/15/JEB/2008
portant normes relatives aux installations à implanter dans les concessions forestières :
-« Toute installation devant servir à l'exploitation d'une concession forestière, y compris les
campements forestiers, les installations industrielles et la base vie, fait l'objet d'une étude
d'impact et social dont les conclusions et recommandations sont incluses sous la forme d'un
plan de gestion environnementale et sociale, dans le plan d'aménagement de la cession
forestière. »
- « L'étude d'impact environnemental et social prévue ci-dessus comprend notamment :
1. Une description détaillée des terrains destinés à servir à l'implantation des installations et
de l'environnement général de la concession, y compris les établissements humains, les
sources et cours d'eau et tout autre élément naturel de flore et de faune et de patrimoine
culturel ;
2. Les mesures de protection de l'environnement, y compris toute mesure de réduction des
impacts et de compensation des dégradations éventuelles que subirait l'environnement ».
Concernant l'autorité compétente pouvant signer le contrat de concession forestière, l'alinéa
1er de l'article 92 prévoit que c'est le ministre compétent. Mais le contrat doit être approuvé
par décret du premier ministre lorsque la forêt à concéder dépasse une superficie totale de
255
Art. 89 du code forestier
256
Art. 90 du code forestier
61
300.000 hectares. Il est approuvé par la loi lorsque la superficie totale est de 400.000
hectares.
Il est interdit de concéder à une personne, en un seul ou plusieurs tenants, des forêts
d'une superficie totale supérieure à 500.000 hectares.257
Le contrat de concession confère au concessionnaire le droit exclusif de prélever, dans la
zone concédée, tous les bois exploitables pour leur transformation locale ou leur exportation.
L'exportation de certaines essences peut être soumise à des restrictions particulières fixées
par voie d'arrêté.
Il est interdit de céder, louer, échanger ou donner la concession forestière sans
l'autorisation préalable du ministre ou du Président de la République. En cas de cession
totale de la concession, le nouveau concessionnaire est subrogé dans les droits et obligations
du concessionnaire originaire. Les concessionnaires originaires et le nouveau sont tenus
solidairement de leurs obligations envers l’État dans les cas d'échange, de louage ou de
donation.258
IV. Exploitation Forestière

Par exploitation forestière, on n'entend la coupe, la récolte des produits forestiers


ainsi que l'utilisation de la forêt à des fins touristiques ou récréatives.259

A. Modes d'exploitation

Les forêts de production permanente peuvent être exploitées en régie par


l'administration forestière ou les entités décentralisées ou par un organisme public créé à
cette fin ou par les exploitants forestiers privés en vertu d'une autorisation appropriée. 260
De ce qui précède, on distingue la gestion directe et la gestion indirecte des forêts
par l’État d'une part et l'exploitation forestière privée d'autre part. La gestion directe
s'effectue par le procédé de la régie, selon lequel les activités d'exploitation sont menées par
l'administration, avec des agents publics et des deniers publics et sous l'autorité du ministre.
Dans ce cas, le service ne possède pas d'autonomie par rapport à la collectivité publique

257
Art. 92 du code forestier
258
Art. 95 du code forestier
259
Art. 96 du code forestier
260
Art. 97 du code forestier
62
dont il relève261.
La gestion indirecte est celle qui permet au gouvernement de créer un organisme public à
cet effet. Ainsi, il s'agira de la création soit d'un établissement public ou d'une société
d'économie mixte.262
L'exploitation forestière privée est celle qui est réalisée par des particuliers, personne
physique ou morale. elle peut être industrielle ou artisanale.
L'exploitation industrielle est celle qui est opérée par les entreprises forestières industrielles,
en vertu d'un contrat de concession forestière et d'un plan d'aménagement forestier. Elle est
assortie d'un cahier des charges comportant des clauses générales et spécifiques dont celle
dite sociale, établie au profit des communautés locales riveraines de la concession.263
L'exploitation artisanale est celle qui est opérée dans la forêt protégée, en dehors d'une
concession forestière. Il existe deux catégories d'exploitation artisanale : exploitation
artisanale de la première catégorie et celle de la deuxième catégorie.
1° L'exploitation artisanale de première catégorie ou locale est celle qui est opérée dans la
forêt protégée, dans une aire de coupe n'excédant pas 50 hectares, par une personne
physique, de nationalité congolaise. Elle est caractérisée par l'utilisation des instruments
d'exploitation rudimentaire(la machette, la hache, la scie de long, le tir fort) ou une
tronçonneuse, et dont la production est limitée à la satisfaction des besoins locaux.264
2° L'exploitation artisanale de la deuxième catégorie est celle pratiquée dans une unité
forestière artisanale, par toute personne physique de nationalité congolaise ou par un groupe
de personnes originaires des communautés riveraines de la forêt concernée. Elle s'opère sur
une superficie ne pouvant pas excéder 500 hectares.265

B. Conditions d'accès à la profession d'exploitant forestier et à la ressource forestière


1. Accès à la profession d'exploitant forestier

Les conditions d'accès à la profession d'exploitant forestier sont différentes selon


qu'on est exploitant industriel ou artisanal.
L'exploitant industriel doit remplir les conditions légales requises pour exercer le commerce
261
[Link] Lumpungu, Droit forestier, cours polycopié, Unikin, février 2015, p 64
262
Idem
263
Art.4 de l'arrêté n° 030/CAB/MIN/EDD/01/03/BLN/2015 du...........2015 relatif à l'exploitation forestière du bois
d'oeuvre
264
Art. 5 al. 1Er de l'arrêté susvisé
265
Art. 5 al. 2 de l'arrêté susvisé
63
ainsi que celles relatives à l'exploitation industrielle. En outre, il doit disposer d'une
concession forestière et d'une unité de transformation industrielle du bois. Ses statuts
sociaux ainsi son registre de commerce et de crédit mobilier doit reprendre l'exploitation
forestière comme activité principale.266
Concernant l'exploitant artisanal, on distingue selon qu'il est de la première ou de la
deuxième catégorie. L'exploitant artisanal de la première catégorie doit détenir une patente
et obtenir au préalable un certificat d'agrément. L'exploitant artisanal de la deuxième
catégorie doit être détenteur du registre de commerce et de crédit mobilier ainsi que du
certificat d'agrément. Pour ce dernier cas, si l'exploitant est une personne morale, le
certificat d'agrément ne sera délivré que si les statuts sociaux reprennent l'exploitation
forestière comme activité principale.267
Les conditions de l'obtention de l'agrément sont différentes selon que le requérant est
exploitant artisanal de la première ou de la deuxième catégorie. L'exploitant artisanal de la
première catégorie doit remplir les conditions suivantes :
- être personne physique de nationalité congolaise ;
- être de bonnes conduite, vie et mœurs ;
- être détenteur d'une patente ou d'un registre de commerce et de crédit mobilier pour les
personnes physiques ;
- avoir une expérience en matière d'exploitation forestière ou attester de l'utilisation d'un
personnel ayant une telle expérience ;
- détenir du matériel d'exploitation forestière appropriée tout indiquant leur nombre, leur
type et leur caractéristique.
- être en règle avec la législation fiscale.
L'exploitant artisanal de la deuxième catégorie doit remplir les conditions ci-après :
- être une personne physique, de nationalité congolaise ou une association de personnes
originaires de la communauté riveraine ;
- présenter une garantie financière suffisante, telle que exigée par la loi ;
être de bonne conduite, vie et mœurs et avoir des compétences en matière d'exploitation
forestière, le cas échéant ;
- attester l'utilisation d'un personnel qualifié en matière d'exploitation forestière ou attester
de l'utilisation d'un personnel ayant une telle expérience ;
266
Art. 8 de l'arrêté susvisé
267
Art. 9 de l'arrêté susvisé
64
- détenir du matériel spécifique pour ce type d'exploitation, en l'occurrence, une
tronçonneuse et une scie mobile, en indiquant leurs caractéristiques ;
- les matériels roulant à roues ou chenilles n'étant pas autorisés ;
- être en règle avec la législation fiscale ;
- être titulaire d'un compte en République Démocratique du Congo.268

Le certificat d'agrément est délivré par le Gouverneur de province, après avis de


l'administration locale ou provinciale. La même autorité fixe le nombre d'exploitants
artisanaux agréés dans la province sur proposition du ministre provincial ayant les forêts
dans ses attributions, après avis technique de l'administration provinciale des forêts. La
limitation du nombre des exploitants artisanaux tient compte du potentiel forestier de la
province. Le répertoire des exploitants artisanaux précisant les volumes de bois exploités
par chacun d'eux, est publié chaque année au Journal Officiel à l'initiative du Secrétariat
Général en charge des forêts.269 Le certificat d'agrément confère à son titulaire la qualité
d'exploitant forestier artisanal. Il est personnel et est valable pour une période de cinq ans
renouvelable. Il ne peut faire l'objet d'une cession.270
2. Conditions d'accès à la ressource

Les exploitants forestiers industriels ne peuvent accéder à la ressource ligneuse que


moyennant la signature préalable d'un contrat de concession forestière. Il est tenu au respect
des clauses contractuelles contenues dans le contrat de concession forestière, notamment
celles liées à l'élaboration et à l'exécution du plan d'aménagement, du plan de gestion, de la
clause sociale du cahier des charges conclue avec les communautés locales ainsi qu'au
paiement des droits, taxes et redevances dus à l'Etat.
Il convient de noter que l'exploitant forestier industriel, titulaire d'une concession forestière
peut sous-traiter tout ou partie de ses obligations découlant du contrat de concession et du
cahier de charge. La sous-traitance peut concerner notamment les travaux ci-après :
- élaboration du plan d'aménagement ou du plan de gestion de la concession ;
- l'abattage de bois d'oeuvre ;
- la construction et l'entretien du réseau d'évacuation des bois ainsi que des parcs à grumes ;

268
Art. 12 de l'arrêté n° 030 relatif à l'exploitation forestière du bois d'oeuvre
269
Art. 10 et 11 de l'arrêté susvisé
270
Art. 14 de l'arrêté susvisé
65
- le transport à l'intérieur de la concession forestière de bois d'oeuvre ;
- la réalisation d'infrastructures au profit des communautés locales riveraines de la
concession forestière ;
- toute autre activité relative à l'exploitation forestière à l'intérieur de la concession
forestière.271
Ne peut prester comme sous-traitant, que l'entreprise forestière industrielle constituée
légalement selon la législation congolaise.272
En cas de sous-traitance, le concessionnaire est tenu d'en informer par écrit le
ministre ayant la forêt dans ses attributions, en précisant l'identité du sous-traitant, l'objet de
la sous-traitance ainsi que les travaux sous-traités en rapport avec ses obligations
contractuelles. Le secrétaire général ainsi que le service de l'administration centrale chargée
de la gestion forestière reçoivent les copies de la lettre adressée au ministre.273
Le concessionnaire reste responsable vis-à-vis de l’État de toutes les obligations découlant
du contrat de concession en cas de sous-traitance.274

Les exploitants artisanaux de la première catégorie ne peuvent accéder à la ressource


forestière ligneuse qu'après avoir conclu une convention d'exploitation préalable avec la
communauté locale. Cette convention détermine notamment le bénéfice social que la
communauté locale co-contractante en tire et ses obligations visant à assurer à l'exploitant
une paisible jouissance de l'aire de coupe. Ces exploitants sont tenus d'exploiter les bois
d'œuvre à petite échelle, limitée à la fabrication, à la distribution et à la commercialisation
du bois ou d'objets dérivés d'usage courant, destinés au marché local.
Ils ne peuvent sous-traiter aucune activité d'exploitation forestière.275
Les exploitants artisanaux de la deuxième catégorie n'y accèdent qu'après avoir
obtenu une attribution régulière d'une coupe dans une unité forestière artisanale. L'acte
d'attribution est annuel et donne droit à la demande de permis de coupe artisanal de bois
d'œuvre. Après l'attribution, l'exploitant signe avec le maître d'ouvrage, une convention de
partage de production. La part revenant au maître d'ouvrage contribue au développement
local, conformément aux engagements que ce dernier a pris vis-à-vis de la communauté

271
Art. 50 de l'arrêté n° 030 relatif à l'exploitation forestière du bois d'oeuvre
272
Art. 55 de l'arrêté susvisé
273
Art. 51 de l'arrêté n° 030 relatif à l'exploitation forestière du bois d’œuvre
274
Art. 52 du même arrêté
275
Art. 53 du même arrêté
66
locale détentrice des droits coutumiers et vis-à-vis du maître d'ouvrage délégué.276
L'exploitant artisanal de la deuxième catégorie peut sous-traiter ses obligations
découlant de la convention conclue avec le maître d'ouvrage dans les mêmes conditions que
l'exploitant forestier industriel.277 Il demeure cependant responsable envers l'administration
en ce qui concerne le respect de ses obligations légales, réglementaires ou contractuelles et
envers les tiers, notamment les communautés locales, en ce qui concerne la réparation des
dommages éventuels.278 Dans tous les cas, les exploitants susvisés ne peuvent procéder à la
coupe des bois, qu'en vertu d'un permis d'exploitation préalable.279

C. Autorisation d'exploitation

L'exploitation forestière des bois d’œuvre est soumise à l'obtention de l'un des permis ci-
après, qui confère à son titulaire, le droit de procéder à l'abattage des arbres sur une
superficie déterminé du domaine forestier :
- permis de coupe industrielle de bois d’œuvre ;
- permis de coupe artisanale de bois d’œuvre ;
- permis d'exploitation des bois privés.

1. Permis de coupe industrielle de bois d’œuvre

Le permis de coupe industrielle de bois d’œuvre est délivré par le ministre ayant la forêt
dans ses attributions sur base d'un plan annuel d'opérations préalablement validé
conformément à la réglementation en vigueur. Il permet de prélever pendant une année
civile du bois dans une concession forestière conformément aux prescriptions du plan
d'aménagement ou du plan de gestion. Il porte sur une assiette annuelle de coupe ouverte à
l'exploitation.280
Ce permis est valable pour une période d'un an allant du 1er janvier au 31 décembre.
Il peut toutefois être prolongé d'une ou deux années dans la mesure où l'assiette annuelle de
276
Le maître d'ouvrage est l'entité territoriale décentralisée du lieu où se trouve la forêt (secteur, chefferie ou commune
rurale. Le maître d'ouvrage délégué est l'exploitant artisanal de la deuxième catégorie.
277
Art. 53 al. 1Er de l'arrêté n°030 relatif à l'exploitation forestière du bois d’œuvre
278
Art. 54 du même arrêté
279
Art. 15 de l'arrêté n° 030 relatif à l'exploitation forestière du bois d’œuvre
280
Art. 25 de l'arrêté susvisé
67
coupe sur laquelle il porte reste ouverte à l'exploitation en conformité avec les dispositions
réglementaires. Dans tous les cas, l 'ensemble des bois exploités doit être sorti des limites de
l'assiette de coupe au plus tard trois ans après la date initiale de validité du permis.281

2. Permis de coupe artisanale de bois d’œuvre

On distingue deux catégories de permis de coupe artisanale : permis de la première


catégorie et permis de la deuxième catégorie.
Le permis de coupe artisanale de la première catégorie est délivré aux exploitants
artisanaux de la première catégorie. Il donne droit à son titulaire de couper les bois dans la
forêt protégée, en dehors d'une concession forestière, sur une aire de coupe déterminée. Il
couvre une superficie allant de 10 à 50 hectares et permet de ne prélever qu'un volume de
bois égal ou inférieur à 7 mètres cube à l'hectare.282
Le permis de coupe artisanale de la deuxième catégorie est délivré aux exploitants
artisanaux de la deuxième catégorie. Il donne droit à son titulaire de couper le bois dans
l'unité forestière artisanale, sur une aire de coupe déterminée. Il permet de prélever du bois
pendant une année dans une aire de coupe ouverte à l'exploitation dans une unité forestière
artisanale, conformément aux prescriptions du plan annuel d'opérations y relatif. Il porte sur
une aire de coupe qui est définie dans l'acte d'attribution de la coupe.283 L'unité forestière
artisanale aménagée est créée par le Gouverneur de province, à la demande motivée de
l'entité territoriale décentralisée du ressort(secteur, chefferie ou commune rurale) qui assume,
en tant que maître d'ouvrage, la responsabilité de l'inventaire et de la production ou de
l'exécution du plan d'opération y relatif. Le maître de l'ouvrage peut recourir, à cette fin, à
un mandataire agréé pour l'accomplissement de ses obligations liées à l'inventaire et à la
procuration du plan annuel d'opérations.284
La création d'une unité forestière artisanale est soumise aux conditions suivantes :
- une convention écrite entre le maître d'ouvrage et la communauté locale détentrice des
droits de possession coutumière sur la forêt concernée.
- une requête motivée de l'entité territoriale décentralisée assumant la responsabilité de
maître d'ouvrage ;
281
Art. 26 de l'arrêté susvisé
282
Art. 27 et 28 de l'arrêté n° 030 relatif à l'exploitation forestière du bois d’œuvre
283
idem
284
Art. 6 de l'arrêté susvisé
68
- une enquête publique préalable tendant à informer le public, à recueillir les informations
sur la nature et l'étendue des droits que pourraient détenir des tiers sur cette partie de la
forêt ;
- un avis technique favorable de l'administration provinciale.285
Les deux permis de coupe artisanale délivrés par le Gouverneur de province sont
valables pour une période d'un an allant du 1er janvier au 31 décembre. Ils peuvent toutefois
être prolongés d'une année à la suite d'une demande dûment motivée du titulaire adressée à
l'administration forestière provinciale. Le nombre de permis de coupe artisanale délivré à un
exploitant ne peut excéder deux par an. L'ensemble des bois exploités doit être sortis des
limites de l'aire du permis de coupe deux ans après la date initiale de validité du permis. 286

3. Permis d'exploitation des bois privés

Le permis d'exploitation des bois privés est celui délivré pour l'exploitation de
boisements privés résultant d'une concession foncière emphytéotique ou d'une plantation
privée. Ce permis est délivré par le Gouverneur de province moyennant paiement des frais y
afférents.287
L'administration provinciale chargé des forêts a l'obligation de veiller à ce que
l'exploitation des forêts privées soit faite dans le respect des principes de gestion
environnementale et d'exploitation durable des ressources naturelles. Ainsi, l'abattage de
tout arbre d'au moins 30 cm de diamètre, pris à la hauteur d'un mètre à partir du pied, situé
dans le voisinage immédiat d'un immeuble ou dans un enclos privé, s'effectue sous le
contrôle de l'administration locale chargée des forêts.288
La procédure relative à l'obtention de tous les permis est prévue par les articles 32 à
49 de l'arrêté relatif à l'exploitation forestière du bois d’œuvre.
Il convient cependant de noter que l'arrêté sous examen a abrogé l'arrêté n° 035/CAB/ECN-
EF/2006 du 5 octobre 2006 relatif à l'exploitation forestière. Force est de constater que
certains permis d'exploitation qui étaient prévus par le texte abrogé, n'ont pas été repris par
le texte en vigueur. C'est le cas de permis de coupe de bois de feu et de carbonisation 289, le

285
Art. 7 de l'arrêté susvisé
286
Art. 29 de l'arrêté susvisé
287
Art. 30 de l'arrêté susvisé
288
Art. 31 de l'arrêté n° 030 relatif à l'exploitation forestière du bois d'œuvre
289
Ce permis était délivré par l'Administrateur du territoire à tout congolais, membre d'une communauté locale, établi en
69
permis de récolte290, le permis spécial de coupe291 et le permis spécial de récolte292. Cette
lacune devrait être comblée dans la mesure où les activités qui donnaient lieu à ces permis
peuvent être une menace contre l'environnement si elles se développent de manière
désordonnée.

D. Normes d'exploitation forestière

Toute exploitation forestière de bois d’œuvre est subordonnée à l'observation des


principes de gestion durable, écologiquement rationnelle, économiquement viable,
techniquement efficace et socialement équitable.
Une telle gestion implique les obligations ci-après :
- la réalisation d'un inventaire d'exploitation ;
- une planification détaillée de la coupe de bois sur la base d'un plan d'aménagement valide
du concessionnaire ;
- une exécution efficace et une maîtrise des opérations d'exploitation forestière à faible
impact ;
- une évaluation précise des résultats d'exploitation après la coupe et la communication de
ceux-ci à l'administration chargée de la gestion forestière ;
- le recours à un personnel qualifié et compétent.
Les exploitants artisanaux ne sont pas soumis à l'obligation d'une planification détaillée de
la coupe de bois sur la base d'un plan d'aménagement.
L'exploitant forestier industriel doit exploiter sa concession de façon rationnelle en se
conformant au plan d'aménagement forestier ou au plan de gestion ainsi qu'au plan annuel
d'opérations. L'exploitant artisanal de deuxième catégorie exploite de manière rationnelle
conformément au plan annuel d'opérations y afférent.293
Chaque assiette annuelle de coupe ou l'aire du permis de coupe artisanale de

milieu rural. Il donnait droit à son titulaire le droit de couper, dans la forêt de la communauté locale, du bois destiné
à être utilisé comme bois de feu ou à être carbonisé en vue de la commercialisation.
290
Le permis de récolte était délivré par le gouverneur de province à tout congolais exerçant des activités de produits
forestiers non ligneux, tels que rotins, écorces, racines, rameaux, plantes médicinales, chenilles dans un but
commercial ou de recherche.
291
Ce permis avait pour but d'autoriser les artistes et artisans pour les besoins de leur art et pour un volume déterminé de
couper du bois d'essences protégées.
292
Ce permis était délivré par le secrétaire général du ministère de l'environnement. Il avait pour but de conférer à son
titulaire le droit respectivement de couper exceptionnellement du bois d'essences protégées ou de récolter des
produits forestiers non ligneux protégés pour un volume ou un tonnage déterminé.
293
Art. 58 de l'arrêté n° 030 relatif à l'exploitation forestière
70
deuxième catégorie, doit être délimitée, avant sa mise en exploitation, au moyen de repères
suffisamment durables et selon les modalités prévues par la réglementation en vigueur.294
L'exploitant forestier est tenu d'aménager le réseau d'évacuation des bois d’œuvre à
l'intérieur de sa concession ou de son aire de coupe ainsi que des parcs à grumes dans le
respect de la réglementation en vigueur.295En cas de différend portant sur le tracé du réseau
d'évacuation des bois, une commission mise sera chargée d'en connaître.296
L'évacuation des bois à l'état brut ou façonné en dehors des limites de l'assiette annuelle de
coupe ou de l'aire du permis de coupe artisanale doit être terminée dans les trois ans suivant
l'ouverture de l'assiette de coupe pour les exploitants industriels et dans les deux années
pour les exploitants artisanaux. Si l'évacuation n'est pas fait dans ce délai, l'Etat s'approprie
les bois pour en disposer à son gré.297 A cet effet, le ministre prend un arrêté de déclaration
d'abandon des bois concernés sur base d'un rapport d'abandon établi par les services
compétents de l'administration forestière et auquel est annexé un procès-verbal de constat
d'abandon.298
Il est fait obligation à l'exploitant de prendre des précautions nécessaires pour éviter
que, par leur chute, les arbres coupés ne s'endommagent ou n'endommagent ceux devant
rester sur pied.299Dans le même ordre d'idées, il est interdit de :
- abattre des arbres dans des assiettes annuelles de coupe non ouvertes à l'exploitation selon
le plan d'aménagement ou le plan de gestion en vigueur, ou des arbres en dehors de l'aire du
permis de coupe artisanale, à l'exception des arbres situés sur les routes de desserte de
l'assiette annuelle de coupe située à l'extérieur de celle-ci ;
- pratiquer la coupe rase ;
- faire usage de feu, dans les limites du permis de coupe, pour déblayer le parterre de la
coupe ;
- abattre des arbres dont le diamètre est inférieur au diamètre minimum d'exploitabilité ou
au diamètre minimum d'exploitabilité fixé dans le plan d'aménagement pour chaque espèce,
à l'exception des arbres abattus pour les besoins de l'implantation du réseau de vidange, des
parcs à grumes et des bases-vie, y compris la construction des buses et des ponts, ainsi que
de ceux endommagés lors des opérations d'abattage ou de débardage ;
294
Art. 59 de l'arrêté susvisé
295
Art. 60 du même arrêté
296
Art. 61 du même arrêté
297
Art. 62 du même arrêté
298
Art. 63 du même arrêté.
299
Art. 64 du même arrêté
71
- abattre un nombre d'arbres supérieur à celui inscrit sur tout permis de coupe de bois
d'œuvre, sauf autorisation préalable écrite du secrétaire général à la suite d'une demande
motivée ;
- abandonner, sur le parterre de la coupe des bois bruts ou façonnés ayant une valeur
marchande ;
- abattre des arbres situés dans les zones sensibles, à l'exception des abattages requis par
300
l'implantation du réseau de vidange. L'exploitant doit réaliser les opérations se
débardage301 dans le but ci-après :
- assurer la sécurité des équipes de coupe et des autres travailleurs se trouvant à proximité ;
- endommager le moins possible les arbres ou les jeunes plants, en particulier ceux devant
constituer le peuplement d'avenir.302

E. Enregistrement, circulation et déclaration de la production

a. Marquage et carnet de chantier

Tout arbre abattu, toute bille après tronçonnage reçoit un marquage. Sur les faces des
grumes et des billes sont mentionnés notamment :
- le numéro de l'arbre selon une série continue par permis de coupe. Ce numéro est
également apposé sur la souche ;
- la référence de la grume ou de la bille dans l'arbre, la grume provenant du pied recevant la
lettre A ;
- le sigle de l'exploitant forestier ;
- le numéro du permis de coupe.303
Le sigle de l'exploitant forestier est inscrit, selon le cas, au moyen du marteau
forestier de l'exploitant, si ce dernier est industriel, ou à la peinture dans le cas de
l'exploitant artisanal. Le marquage doit être visible sur les faces des grumes tout au long de
la chaîne de transport. Le marteau forestier de l'exploitant doit être conforme aux
dispositions réglementaires.
300
Art. 65 de l'arrêté n° 030 relatif à l'exploitation forestière des bois d'œuvre
301
Par débardage, il faut entendre l'opération consistant à transporter les arbres abattus ou les billes, du lieu de la coupe
jusqu'au parc à grumes ou en bordure d'une route, où les arbres sont tronçonnés en billes ou regroupés en charges
plus importantes en vue de leur transport jusqu'à une usine de transformation ou toute autre destination finale.
302
Art. 66 de l'arrêté précité
303
Art. 67 de l'arrêté précité
72
Il est fait obligation à l'exploitant forestier, détenteur d'un permis de coupe de bois d'oeuvre
de tenir à jour un carnet de chantier. Le carnet de chantier comporte le nom de l'exploitant et
le numéro du permis ainsi que les renseignements suivants pour chaque arbre et bille :
- le numéro d'ordre de l'arbre dans le permis de coupe ;
- le nom commercial ou scientifique de l'essence abattue ou, à défaut, le nom vernaculaire ;
- la date de l'abattage ;
- le diamètre de l'arbre à hauteur de poitrine et la longueur du fût ;
- les numéros et les dimensions des billes produites : longueur, diamètre et volume ;
- la date d'évacuation de chaque grume et sa destination probable ;
- la mention des raisons éventuelles d'abandon d'un arbre ou d'une bille.304
Il est aussi inscrit dans le carnet de chantier avec mention spécifique d'affectation, les arbres
abattus dans les limites de l'assiette annuelle de coupe ou dans l'aire de coupe artisanale
pour l'établissement de ponts.
Les arbres abattus hors des limites de l'assiette annuelle de coupe en cours, pour
l'établissement du réseau routier ne peuvent être évacués avant l'ouverture de l'assiette
annuelle de coupe concernée par ces travaux. Ils sont néanmoins inscrits sur le carnet de
chantier concernant l'assiette annuelle de coupe non encore ouverte.305
Le carnet de chantier est tenu sur le site d'exploitation. Il est à présenter à toute réquisition
des fonctionnaires et agents forestiers ou de toute autorité compétente, qui y apposent leur
visa immédiatement après la dernière inscription.306

b. Bordereau de circulation

Le bois d’œuvre admis à circuler du lieu d'exploitation à celui de sa mise en vente ou


de son dépôt doit être accompagné d'un bordereau de circulation visé gratuitement par
l'administration chargée des forêts du lieu d'exploitation. Si aucun agent de l'administration
chargée des forêts n'est sur le lieu de départ, le transporteur fait viser le bordereau par tout
agent forestier posté le long du trajet.307
Le bordereau de circulation contient les mentions suivantes :
- l'identité du transporteur ;
304
Art. 69 du même arrêté
305
Art. 70 du même arrêté
306
Art. 71 de l'arrêté n° 030 relatif à l'exploitation forestière
307
Art. 72 du même arrêté
73
- le type et l'identification du moyen de transport ;
- l'identité de l'exploitant forestier ;
- l'itinéraire et la destination des bois d’œuvre ;
- l'identification des bois transportés, c'est-à-dire, numéro de permis de coupe, nom de
l'essence et identifiant de la grume ;
- le volume transporté ;
- la date d'émission ;
- le nom et la qualité de l'agent ayant visé le bordereau et le sceau officiel.
Il est annexé à ce document une liste de colisage dûment visée par l'agent de
l'administration.308

Le bordereau de circulation doit être présenté par le transporteur à toute réquisition des
fonctionnaires et agents forestiers compétents. En cas de rupture de charge, un nouveau
bordereau est établi avant le déplacement du bois d’œuvre sur un nouveau moyen de
transport. Ce nouveau bordereau doit également être visé.309
Quel que soit le mode de transport utilisé, les opérations de transports sont assurées de
manière à garantir la sécurité des travailleurs qui y participent et du public.310

c. Déclaration annuelle

Tout exploitant forestier est tenu, au début de chaque trimestre, de déclarer auprès de
l'administration chargée de la gestion forestière les quantités de bois d'oeuvre exploitées au
cours du trimestre précédent. Cette déclaration concerne le nombre d'arbres abattus par
essence et par classe au cours du trimestre précédent ainsi que le volume débardé par
essence au cours de la même période.311
Il convient de noter que les arbres abattus dans les limites de l'assiette annuelle de coupe ou
dans l'aire du permis de coupe artisanale pour l'établissement de ponts ne font pas l'objet de
déclaration.312
La déclaration contient les données relatives aux statistiques d'exploitation des bois,

308
Art. 73 du même arrêté
309
Art. 74 du même arrêté
310
Art. 75 du même arrêté
311
Art. 77 du même arrêté
312
Art. 78 du même arrêté
74
en cohérence avec les données portées sur le carnet de chantier. Elle répartit les essences
forestières suivant la classification prévue par le règlement et doit être datée et signée.
La déclaration est remise contre récépissé, dans les deux mois qui suivent la fin du trimestre
concerné, à l'administration centrale chargée de la gestion forestière ainsi qu'aux
administrations provinciale et territoriale en charge des forêts du ressort. Elle est publiée sur
le site du ministère.313

F. Traçabilité de bois
Pour assurer la traçabilité des bois et en garantir la légalité, il est prévu un régime de
déclaration et un régime d'autorisation d'achat, de vente et d'exportation des bois d’œuvre.314
L'exploitant forestier industriel détenteur d'une concession forestière couverte par un
plan d'aménagement ou un plan de gestion approuvé doit déclarer l'achat, la vente ou
l'exportation de bois d’œuvre auprès du ministre ayant les forêts dans ses attributions. La
copie du contrat d'achat ou de vente accompagne la déclaration. Cette obligation concerne
aussi l'exploitant artisanal de la deuxième catégorie.
Cette déclaration intervient au plus tard dans les dix jours qui suivent l'achat et la vente et
trimestriellement pour l'exportation, en distinguant les bois produits de ceux achetés.315
L'exploitant forestier industriel détenteur d'une concession forestière non aménagée,
ni dotée d'un plan de gestion valide doit au préalable obtenir une autorisation pour toute
opération d'achat, de vente et exportation de bois d’œuvre.316

G. Attribution et exploitation des forêts des communautés locales317

Une communauté locale peut, à sa demande, obtenir à titre de concession forestière


une partie ou la totalité des forêts protégées parmi les forêts qu'elle possède régulièrement
en vertu de la coutume. L'attribution et l'exploitation d'une telle concession se fait
conformément aux règles prévues par le code forestier et le décret n°14/018 du 02 août 2014
fixant les modalités d'attribution des concessions forestières aux communautés locales.

313
Art. 79 du même arrêté
314
Art. 80 de l'arrêté n° 030 relatif à l'exploitation forestière de bois d’œuvre
315
Combinaison des articles 81 à 83 du même arrêté
316
Art. 85 du même arrêté
317
Selon l'article1er point 17 du code forestier, par communauté locale, il faut entendre une population
traditionnellement organisée sur la base de la coutume et unie par des liens de solidarité clanique ou parentale qui
fondent sa cohésion interne. Elle est caractérisée, en outre, par son attachement à un terroir déterminé.
75

1. Modalités d'attribution des concessions forestières aux communautés locales

L'attribution d'une concession forestière à une communauté locale est soumise à


certaines conditions : la demande d'obtention de la concession forestière par la communauté
locale et l'enquête publique préalable.

a. Demande d'obtention de la concession forestière

La communauté locale qui désire obtenir une concession forestière est tenue d'introduire une
demande écrite dûment signée par ses représentants coutumièrement attitrés. Elle doit
produire l'acte attestant la qualité des personnes physiques, par lesquelles la concession
forestière de communauté locale est attribuée.
Il convient de noter qu'il est tenu dans chaque chef-lieu de secteur ou de chefferie et dans
chaque commune urbano-rurale un livre d'identification des communautés locales, dans
lequel il est répertorié toute communauté locale désireuse d'acquérir une partie ou la totalité
de la forêt protégée qu'elle possède en vertu de la coutume.
L'identification de la communauté locale est moyennant l'accomplissement des formalités
suivantes :
- l'acte de confirmation de la qualité de représentant coutumier de la personne ou des
personnes par l'entremise de laquelle ou desquelles la concession est sollicitée ou attribuée.
- la demande écrite adressée au gouverneur de la province, tendant à l'obtention de la
concession forestière de communauté locale, dûment signée par le ou les représentants
coutumièrement attitrés, indiquant le nom de la communauté locale et sa localisation
physique (village ou localité, groupement, secteur, territoire ou commune urbano-rurale et
province), l'identité de son ou ses représentants coutumièrement attitrés.
- la présentation de la liste des familles, des lignages ou clans, membres de la communauté
dûment signée par le ou les représentants coutumièrement attitrés ;
- un acte d'engagement signé par le représentant de la communauté par lequel il affirme que
la concession forestière sollicitée appartient exclusivement à la communauté locale.
Un procès-verbal d'identification de la communauté locale mentionnant l'accomplissement
des formalités requises est dressé par le chef de secteur ou de chefferie ou le bourgmestre de
76
la commune urbano-rurale en guise de document d'identification.318Il est signé par l'autorité
qui l'a dressé conjointement avec le représentant de la communauté locale concernée et
éventuellement par les représentants des familles, lignages ou clans membres de cette
communauté, en présence du responsable de l'administration locale ayant les forêts dans ses
attributions qui signe en qualité de témoin.319

La demande de concession doit également être accompagnée d'une carte établie de manière
participative en collaboration avec les communautés voisines et autres parties prenantes,
décrivant la forêt possédée en vertu de la coutume et accompagnée d'un croquis donnant la
délimitation précise de la concession forestière sollicitée ainsi que les éléments de repérage
de la forêt par rapport à des accidents du sol, aux cours d'eaux, routes et sentiers traversant
la forêt et aux points connus figurant sur la carte administrative.
Elle indique aussi la superficie approximative de la forêt sollicitée ainsi que sa
dénomination.
Il doit être joint à la demande un procès-verbal du conseil communautaire, dûment
signé par les représentants coutumièrement attitrés de la communauté locale.320
La demande d'obtention d'une concession forestière par une communauté locale doit être
adressée au gouverneur de province, sous couvert de l'administration locale ayant les forêts
dans ses attributions, qui procède aussitôt à une enquête préalable. 321Dans ce processus, la
communauté locale requérante peut se faire assister par l'administration locale ayant les
forêts dans ses attributions, une organisation non gouvernementale agréée ou toute personne
physique ou morale présentant une expertise requise.322

b. Enquête publique préalable

L'enquête préalable à l'attribution de la concession forestière à la communauté locale a pour


but de :
- s'assurer de la véracité des droits de la communauté requérante sur la forêt sollicitée et de

318
Art. 7 du décret n° 14/ 018 du 02 août 21014 fixant les modalités d'attribution des concessions forestières aux
communautés locales
319
Art. 8 al.4 du décret susvisé
320
Art. 4 du décret n° 14/018 du 02 août 2014 fixant les modalités d'attribution des concessions forestières aux
communautés locales
321
Art. 5 du décret précité
322
Art. 6 du même décret
77
consulter les communautés locales voisines ;
- vérifier sur place la délimitation de la forêt demandée ;
- recenser les activités qui y sont menées ainsi que les voies de communication.
Elle doit être menée par l'administration locale ayant les forêts dans ses attributions sous
l'autorité du chef de secteur ou de chefferie, au plus tard dans les quinze jours qui suivent la
remise du procès-verbal d'identification au représentant de la communauté.323
L'administration locale ayant les forêts dans ses attributions enregistre toutes les
réclamations, observations, contestations et prétentions formulées par toute personne
intéressée. L'enquête a une durée maximale d'un mois, mais elle peut être prolongée une fois,
en cas de nécessité, pour une durée de quinze jours. Elle est clôturée par un procès-verbal
contresigné par les représentants de la communauté locale requérante.324
Le procès-verbal d'enquête ainsi que celui d'identification de la communauté locale sont
transmis en deux exemplaires chacun, avec accusé de réception, au gouverneur de province
sous couvert de l'administration provinciale ayant les forêts dans ses attributions dans un
délai maximum de sept jours à dater de la signature de la signature du procès-verbal
d'enquête. La copie de la lettre de transmission est réservée à la communauté locale
requérante.325
La communauté locale requérante peut adresser une lettre de rappel à l'administration
locale de forêt et au chef de secteur, si dans les trente à dater de la clôture d'enquête, elle ne
reçoit pas la copie de la lettre de transmission du dossier. Si dans les jours qui suivent, la
communauté locale ne reçoit aucune suite, elle peut faire recours auprès de l'administration
provinciale ayant les forêts dans ses attributions.326

2. Décision d'attribution de la concession

Avant la décision d'attribution, l'administration provinciale ayant les forêts dans ses
attributions procède sur instruction du gouverneur de province, à l'affichage d'une annonce
relative à la demande d'attribution de la forêt, y compris les conclusions de l'enquête, dans
les locaux des administrations provinciale et locale concernées, et à tous endroits dans la

323
Art. 9 du même décret
324
Art. 10 du décret n°14/018 du 02 août 2014 fixant les modalités d'attribution des concessions forestières aux
communautés locales
325
Art. 11 du même décret
326
Art. 12 du même décret
78
localité où la forêt est située et par tout autre mode de communication permettant au public
d'être pleinement informé. Cette publicité a lieu dans les trente jours à dater de la réception
des procès-verbaux d'identification et d'enquête. Dans le même délai, le gouverneur de
province instruit la même administration de recevoir toutes réclamations, observations,
contestations et prétentions formulées par toute personne intéressée, d'examiner l'ensemble
du dossier et de préparer un projet de décision.327

Si l'administration provinciale ayant les forêts dans ses attributions enregistre une
contestation en rapport avec la requête d'attribution de la forêt, le gouverneur de province
est tenu de convoquer le conseil consultatif provincial des forêts pour un avis approprié.
L'avis motivé du conseil consultatif lie le gouverneur de province.328
Dans les trente jours à dater de l'affichage de l'annonce, le gouverneur de province
prend une décision motivée acceptant ou rejetant la requête. En cas d'acceptation de la
requête, un arrêté est pris portant attribution gratuite d'une concession forestière perpétuelle
à la communauté locale. L'attribution de la concession est faite à la communauté locale par
l'intermédiaire de la personne ou des personnes physiques qui la représente.329
La décision d'acceptation ou de rejet de la requête prise par le gouverneur est susceptible de
recours.
La superficie d'une concession forestière de communauté locale est déterminée par la
communauté locale requérante. Il ne peut être attribué à une même communauté locale, en
un seul ou plusieurs tenants des forêts, une concession forestière d'une superficie totale de
50.000 ha. Cependant, si la possession coutumière d'une communauté locale s'étend au-delà
de 50.000 ha, cette dernière conserve ses droits coutumiers sur la partie non concédée et
continue à les exercer conformément à la loi en vigueur.330

3. Gestion et exploitation des concessions forestières de communautés locales

L'exploitation des forêts des communautés locales se fait sous la supervision et le

327
Art. 13 du même décret
328
Art. 14 du même décret
329
Art. 15 du même décret
330
Art. 18 du décret n°14/018 du 02 août 2014 fixant les modalités d'attribution des concessions forestières aux
communautés locales
79
contrôle technique de l'administration locale chargée des forêts.331
Elle peut être faite directement par la communauté locale elle-même ou par l'intermédiaire
des exploitants privés artisanaux en vertu d'un accord écrit.332
Lorsque l'exploitation est faite par la communauté locale elle-même, elle peut
s'organiser soit en une association sans but lucratif, soit en une société coopérative ou sous
forme d'un comité de développement local suivant le modèle prévu par le ministère du
développement rural.
La communauté locale peut aussi choisir de signer des conventions avec les exploitants
privés artisanaux ou promoteurs de projets de conservation ou d'écotourisme, par l'entremise
de ses représentants attitrés.333Dans ce cas, l'exploitant artisanal ne opérer qu'après avoir
obtenu l'agrément du gouverneur de province.
Dans tous les cas, la concession forestière de communauté locale reste un bien
indivisible de la communauté locale toute entière, qui n'appartient ni à l'association, ni à la
société constituée encore moins aux représentant de la communauté. Les produits de
l'exploitation reviennent à la communauté locale après déduction des frais dus à
l'administration forestière si celle-ci avait fourni ses prestations.
Deux ou plusieurs communautés locales peuvent s'associer pour mettre ensemble leurs
concessions forestières respectives dans le but de réaliser un projet commun.334

H. Déchéance des droits de l'exploitant forestier

L'exploitant forestier est tenu de rester les délais d'exploitation prévus par la loi.
Ainsi, il est tenu de s'installer et d'exploiter dans les dix-huit mois qui suivent la signature
du contrat de concession forestière. Si à l'expiration de ce délai l'installation et l'exploitation
ne sont pas réalisées, l'administration chargée des forêts met le concessionnaire en demeure
d'entreprendre l'exploitation dans un délai de douze mois. Si rien n'est fait dans ce délai, le
concessionnaire est déchu d'office de ses droits. La déchéance est constatée par arrêté du
ministre ou du gouverneur de province, selon que le contrat a été signé par le ministre ou le

331
Art. 111 du code forestier
332
Art. 112 du code forestier
333
Art. 20 du décret n° 14/018 du 02 août 2014 fixant les modalités d'attribution des concessions forestières aux
communautés locales
334
Art. 21 du décret précité
80
gouverneur.335
L'arrêt de l'exploitation pendant deux ans entraîne aussi la déchéance des droits du
concessionnaire, sauf en cas de force majeure.
La cessation de paiement ou l'état d'insolvabilité du concessionnaire entraîne aussi sa
déchéance. En cas de déchéance, le contrat de concession forestière est résilié et l’État
reprend la concession forestière après en avoir notifié au concessionnaire.336
La déchéance entraîne la saisie à titre conservatoire des installations et du matériel
immobilisé. Ces biens constituent une garantie pour l’État pouvant lui permettre de
récupérer ce qui lui est dû à quelque titre que ce soit, et ce après la réalisation ceux-ci. La
créance de l’État est privilégiée.337 Les concessions de conservation et de bioprospection ne
sont pas concernées par les délais d'installation et d'exploitation ainsi que par les causes de
déchéance.338

Section 3. Aires protégées


Par aire protégée, on entend l'espace géographique clairement défini, reconnu,
consacré et géré par tout moyen efficace, juridique ou autre, afin d'assurer à long terme la
conservation de la nature ainsi que les services des écosystèmes et les valeurs culturelles qui
lui sont associées.339

§ 1. Principes fondamentaux applicables aux aires protégées

L’État établit un système national d'aires protégées et de sites où des mesures


spéciales sont prises en vue de lutter contre toute intervention susceptible d'en altérer
l'aspect, la composition et l'évolution aux fins d'assurer la conservation de la diversité
biologique et des monuments naturels d'intérêt national.340
La création des aires protégées repose sur une connaissance optimale des éléments
constitutifs de la diversité biologique. Avant de créer une aire protégée, les études devront
être menées pour permettre une connaissance approfondie des éléments qui constituent la

335
Art. 115 du code forestier
336
Art. 116 du code forestier
337
Art. 117 du code forestier
338
Art. 119 du code forestier
339
Art.2 point 1 de la loi n°14/003 du 11 février 2014 relative à la conservation de la nature
340
Art. 22 al.2 de la loi précitée
81
diversité biologique du milieu. L’État341 peut confier la charge de la création de certaines
aires protégées à une personne physique ou morale privée.342
La gestion des aires protégées repose sur la stratégie de conservation de la diversité
biologique dans cet espace. En d'autres termes, tout doit être mis en œuvre dans la gestion
des aires protégées pour que la diversité biologique existante soit conservée. L’État peut
confier la gestion partielle ou totale de certaines aires protégées à une personne physique ou
morale privée pour une durée ne dépassant pas 25 ans renouvelable.343
Il est interdit de mener dans les aires protégées des activités incompatible avec les objectifs
de la conservation. Ainsi, tout droit accordé à une personne quelconque dans les limites des
aires protégées et leurs zones tampon, en contradiction avec les objectifs de la conservation
est nul.344
Les aires protégées sont gérées selon un plan de gestion dont l'élaboration et la mise
en œuvre incombe à un organisme public, qui est chargée de publier annuellement un
rapport sur l'état de conservation dans ces espaces.345
Une zone tampon fait l'objet d'aménagement nécessaire au développement des
communautés locales et de leurs activités. La gestion de cette zone doit être compatible
avec les objectifs de conservation et le plan de gestion de chaque aire protégée concernée.
Les activités autorisées dans cette zone doit respecter les droits d'usage forestiers reconnus
aux populations qui s'y trouvent.346
Le projet de développement dans la zone tampon concernant les infrastructures ou
l'exploitation de toute activité industrielle, commerciale, agricole, forestière, minière, de
télécommunication ou autre est subordonnée à une étude d'impact environnemental et social
préalable assortie d'un plan de gestion approuvé et ne doit pas avoir une incidence négative
sur l'aire protégée.347
Les terres et forêts domaniales ainsi que les cours d'eau se trouvant dans les aires
protégées ne peuvent recevoir d'affectation incompatible avec les objectifs de
conservation. 348 En d'autres termes, il est interdit de développer des activités qui portent

341
Le terme Etat doit être pris dans son sens large, comprenant tant le pouvoir central que la province et les entités
administratives décentralisées.
342
Art. 23 de la loi susvisée
343
Art. 24 de la loi susvisée
344
Art. 25 de la loi susvisée
345
Art. 27 de la loi susvisée
346
Art. 28 de la loi précitée
347
Art. 29 de la loi précitée
348
Art.30 de la loi n° 14/003 du 11 février 2014 relative à la conservation de la nature
82
atteinte aux objectifs de la conservation sur les terres et dans les forêts ainsi que les cours
d'eau relevant des aires protégées.

§2. Création des aires protégées


Les aires protégées sont créées par les pouvoirs publics349(décret ou arrêté) dans le
domaine forestier de l’État ou dans d'autres sites d'intérêt national, provincial ou local. On
distingue les aires protégées d'intérêt national et les aires protégées d'intérêt provincial et
local. Les premières sont créées par voie de décret et les secondes sont créées soit par arrêté
soit par décision de l'entité territoriale décentralisée.350 Les actes portant création des aires
protégées déterminent la superficie, les limites, les types d'habitats naturels de chaque aire
protégée, les espèces et sous-espèces que l'aire protégée abrite ainsi que les activités qui
peuvent y être autorisées. les organismes publics chargés de la gestion des aires protégées
d'intérêt national et provincial ou local sont chargés de procéder à la démarcation
participative des limites des aires protégées et leurs zones tampon.351 Les aires protégées
comprennent les réserves intégrales, les parcs nationaux, les monuments naturels, les aires
de gestion des habitats ou des espèces, les réserves de biosphère, les paysages terrestres ou
marins protégés, les jardins zoologiques et botaniques, les domaines et réserve de chasse
ainsi que toute autre catégorie que les lois particulières et règlements désignent comme
telles en vue de la conservation des espèces de faune et de flore, du sol, des eaux, des
montagnes ou d'autres habitats naturels.
Les objectifs de conservation pour chaque catégorie d'aire protégée sont fixés par décret du
premier ministre.352
La création d'une aire protégée est précédée d'une enquête publique et d'une étude
d'impact environnemental et social assortie du plan de gestion dûment approuvé. L'enquête
publique poursuit les objectifs suivants :
- informer le public en général et la population locale en particulier sur le projet ;
- recueillir les informations sur la nature et l'étendue des droits que pourraient détenir des
tiers sur la zone affectée par le projet ;
- déterminer les modalités d'indemnisation ou de compensation en cas d'éventuelles

349
Il convient toutefois de noter que conformément aux articles 23 et 24 de la loi précitée, l’État peut concéder la
création d'une aire protégée à une personne physique ou morale de droit privé.
350
Art. 33 de la loi précitée
351
Art. 34 de la loi précitée
352
Art. 31 de la loi précitée
83
expropriations ou déplacement des populations ;
- collecter les appréciations, suggestions et contre-propositions, afin de permettre à l'autorité
compétente de disposer de tous les éléments nécessaires à sa décision.353
L'aire protégée peut faire l'objet d'une décision de déclassement total ou partiel de la
part du Gouvernement lorsque les circonstances exceptionnelles imprévues portent
gravement atteinte à ses caractéristiques naturelles. Dans ce cas, l'acte de déclassement est
subordonné à une étude d'impact environnemental et social assortie d'un plan de gestion
ainsi que des mesures de compensation ou d'atténuation de l'incidence négative du
déclassement sur les objectifs de conservation de la diversité biologique.354

§3. Gestion et surveillance des aires protégées

A. Gestion des aires protégées

La gestion des aires protégées relève d'un organisme public national ou provincial
selon que l'aire protégée à gérer est d'intérêt national ou provincial. Le statut de cet
organisme est fixé soit décret du premier ministre, soit par arrêté du gouverneur de
province.355
L'organisme public, gestionnaire des aires protégées, peut conclure un contrat de partenariat
ayant pour but de confier la gestion des aires protégées à une personne physique ou morale
de droit privé justifiant des capacités financières et d'une expérience professionnelle
éprouvée en matière de conservation.356
La gestion d'une aire protégée, en régie ou en partenariat public-privé, est
subordonnée à l'élaboration d'un plan de gestion assorti de projets générateurs de revenus ou
susceptibles de satisfaire aux besoins sociaux ou économiques des populations riveraines.
Le contenu, les modalités d'élaboration, d'approbation, de mise en œuvre et de suivi de ce
plan est fixé par arrêté du ministre ayant la conservation de la nature dans ses attributions.357
L'organisme public surveille la gestion des aires protégées créées par une personne physique
ou morale de droit privé. Les conditions ainsi que les modalités de cette surveillance sont

353
Art. 32 de la loi précitée
354
Art. 35 de la loi précitée
355
Art. 36 de la loi n°14/003 du 11 février 2014 relative à la conservation de la nature
356
Art. 37 de la même loi
357
Art. 38 de la même loi
84
fixées par voie d'arrêté.358

B. Surveillance des aires protégées

La sécurité des aires protégées et du personnel affecté à leur surveillance relève des
pouvoirs publics.359
La surveillance des aires protégées est assurée par un personnel exclusivement national
appuyé, s'il y a lieu par les éléments de la police nationale ou des forces armées. La sous-
traitance en matière de surveillance des aires protégées est prohibée.360
Le personnel affecté à la surveillance des aires protégées est apolitique et bénéficie en
période de paix ou de conflit armé, d'un statut de non belligérance.361 Il est composé des
conservateurs et des éco-gardes revêtus d'uniforme avec signes distinctifs et grade pour
permettre de les identifier. Ces agents sont pourvus d'une arme à feu qu'ils peuvent utiliser
conformément à la loi.362
Les aires protégées jouissent, en période de paix comme en période de conflit armé,
du statut de neutralité et d'une protection particulière contre tout acte de nature à violer leur
intégrité et à compromettre les principes de base de la conservation.363

Section 4. Protection contre les espèces exotiques364

Les pouvoirs publics prennent les mesures nécessaires en vue de prévenir les risques
d'introduction des espèces exotiques susceptibles de menacer les écosystèmes, les habitats,
les zones humides, les cours d'eau et les espèces. Ils mettent aussi en place des mécanismes
de surveillance continue des milieux aquatiques et terrestres, d'alerte précoce et de plans
d'urgence et de riposte rapide en cas d'une invasion biologique. Ils prennent également des
mesures d'éradication et de confinement d'espèces exotiques envahissantes 365 ou de

358
Art. 39 de la même loi
359
Art. 40 de la même loi
360
Art. 41 de la même loi
361
Art. 42 de la même loi
362
Art. 43 de la même loi
363
Art. 44 de la même loi
364
Par espèce exotique il faut entendre l'espèce ou taxon inférieur se manifestant en dehors de son aire de distribution
naturelle et de son aire de dispersion potentielle.
365
Par espèce exotique envahissante, on entend tout animal, plante ou autre organisme introduits par l'homme dans les
zones se situant hors de l'aire naturelle de distribution de l'espèce. Elle s'installe, se propage et peut avoir de graves
conséquences sur l'écosystème et les espèces indigènes.
85
restauration des habitats et des écosystèmes dégradés.366
Les pouvoirs publics ainsi que les organismes publics ou privés de gestion des aires
protégées prennent les mesures nécessaires en vue d'empêcher ou de restreindre
l'introduction des espèces exotiques dans les zones riches en diversité biologique, les aires
protégées et les autres écosystèmes vulnérables. Ces mesures visent à protéger :
1° des espèces, sous-espèces et des races contre la contamination, l'hybridation, l'extinction
ou l'extirpation ;
2° la diversité biologique, les ressources biologiques et les processus écologiques locaux
contre les effets nocifs des espèces exotiques envahissantes.367
Les pouvoirs publics mettent en place des mécanismes de contrôle aux frontières et
des régimes de quarantaine afin de soumettre l'introduction intentionnelle des espèces
exotiques à une autorisation préalable et de réduire, autant que possible, le risque
d'introduction accidentelle ou illicite. Il est interdit d'importer sur le territoire national
d'espèces exotiques envahissantes, sauf pour besoin de recherche scientifique.368 La liste des
espèces envahissantes est fixée par voie de décret du premier ministre.369
L'importation d'espèces exotiques ou d'organismes vivants modifiés destinés à être
introduits dans l'environnement est préalablement soumise à notification, évaluation des
risques et accord écrit ou consentement en connaissance de cause de l'autorité
compétente.370

Section 5. Des ressources biologiques et génétiques et des savoirs traditionnels371

§1. Principes de base

Les détenteurs légitimes des savoirs traditionnels associés aux ressources génétiques
sont identifiés par l'autorité coutumière au sein de la communauté locale.372
L'accès aux savoirs traditionnels associés aux ressources génétiques détenues par la

366
Art. 45 de la même loi
367
Art. 46 de la loi n° 14/003 du 11 février 2014 relative à la conservation de la nature
368
Art. 47 de la loi susvisée
369
Art. 49 de la loi susvisée
370
Art. 48 de la loi susvisée
371
Par savoir traditionnel, on entend l'ensemble de connaissances, savoir-faire et représentation des communautés
locales ayant une longue histoire avec les milieux naturels en matière de conservation et d'utilisation durable de la
diversité biologique.
372
Art. 50 de la loi susvisée
86
communauté locale en vue d'améliorer la capacité à profiter de l'utilisation de ces savoirs et
de leur pratique ainsi que des innovations conséquentes est encouragé par les pouvoirs
publics. Ils veillent à la sensibilisation du public sur la valeur économique des écosystèmes
et l'utilisation de la diversité biologique ainsi qu'au partage juste et équitable des avantages
découlant de celle-ci.373
La mission de protection des ressources biologiques et génétiques ainsi que des savoirs
traditionnels associés est confiée à une autorité nationale. Celle-ci organise l'accès à ces
ressources et savoirs ainsi que la partage juste et équitable des avantages qui en
découlent.374

§2. Protection des ressources biologiques et génétiques et des savoirs traditionnels

La préservation, le maintien et la promotion des savoirs traditionnels des


communautés locales en matière de conservation et d'utilisation durable de la diversité
biologique sont assurés par les pouvoirs publics. Ils assurent aussi la protection des savoirs
des communautés locales contre la bio-piraterie.375
L'exploitation des ressources génétiques et savoirs traditionnels associés à des fins
commerciales, scientifiques ou autres est soumise à l'accord préalable donné en pleine
connaissance de cause des détenteurs.376
L'utilisation des ressources génétiques et des savoirs traditionnels associés en milieu
transfrontalier doit favoriser la conservation de la diversité biologique et l'utilisation
durable de ses éléments constitutifs à l'échelle régionale.377

§3. Accès aux ressources biologiques et génétiques et aux savoirs traditionnels

L'accès aux ressources biologiques et génétiques est garanti par les pouvoirs publics.
Mais l'accès aux ressources génétiques ou savoirs traditionnels associés pour leur
exploitation est subordonné au consentement préalable donné en connaissance de cause par

373
Art. 51 de la loi susvisée
374
Art. 52 de la loi susvisée
375
Art. 53 de la loi n° 14/003 du 11 février 2014 relative à la conservation de la nature
376
Art. 54 de la loi précitée
377
Art. 55 de la loi précitée
87
le fournisseur et l'utilisateur. 378 Il appartient à l'autorité nationale compétente d'accorder
l'accès et de délivrer la preuve écrite que les conditions d'accès ont été respectées. Les
conditions et les procédures d'obtention du consentement préalable sont fixées par voie de
décret.379
Lorsque le contrat sur l'accès aux ressources génétiques et savoirs traditionnels associés
pour leur exploitation est conclu entre le fournisseur et l'utilisateur, l'autorité nationale
compétente délivre un permis d'accès aux ressources génétiques et savoirs traditionnels
associés.380
Cette opération donne lieu au partage juste et équitable des avantages monétaires et
non monétaires qui en découle entre parties contractantes et l’État perçoit, outre les taxes et
redevances, 16 % sur les avantages monétaires issus de ce contrat.381
L'utilisation des ressources biologiques et génétiques et savoirs traditionnels associés à des
fins commerciales et industrielles rend le fournisseur copropriétaire des droits de propriété
intellectuelle et associé dans l'entreprise.382

Le mécanisme de surveillance de l'utilisation des ressources génétiques et du savoir


traditionnel associé à tous les stades notamment la collecte d'échantillons et d'informations,
la recherche, le développement, l'innovation, la pré-commercialisation et la
commercialisation est déterminé par voie de décret.383

378
Art. 56 de la loi précitée
379
Art. 57 de la loi précitée
380
Art. 58 de la loi précitée
381
Art. 60 et 61 de la loi précitée
382
Art. 62 de la loi précitée
383
Art. 59 de la loi susvisée
88
CHAPITRE 4. PREVENTION DES RISQUES ET LUTTE CONTRE LES
POLLUTIONS ET NUISANCES

Plusieurs activités constituent au quotidien des risques de pollutions et de nuisances au


regard des techniques, des matériaux, ou des produits utilisés. C'est notamment le cas de
l'industrie, de l'agriculture, du traitement des déchets, du transport etc.
Par nuisances, on entend l'ensemble des éléments du milieu physique ou de
l'environnement susceptible de porter atteinte ou d'altérer plus ou moins brutalement ou
profondément l'équilibre biologique et paysager d'un milieu et de modifier les conditions de
vie des populations exposées.384
La pollution est une forme particulière de nuisance. Elle est définie comme toute
introduction par l'homme, directement ou indirectement, de substances ou d'énergies dans
l'environnement, entraînant ds conséquences préjudiciables de nature à mettre en danger la
santé humaine, à nuire aux ressources biologiques et aux systèmes écologiques. 385La loi
portant principes fondamentaux relatifs à la protection de l'environnement va dans le même
sens lorsqu'elle définit la pollution comme « l'introduction directe ou indirecte, par l'activité
humaine, de substances, de vibrations, de chaleur ou de bruit dans l'air, l'eau ou le sol,
susceptibles de porter atteinte à la santé ou à la qualité de l'environnement, d'entraîner des
détériorations aux biens matériels ou une entrave à l'agrément de l'environnement ou à
d'autres utilisations légitimes de ce dernier ».386
Les activités qui constituent des risques de pollutions et de nuisances dépendent pour
la plupart de la réglementation sur les établissements classés pour la protection de
l'environnement. Mais certaines formes spécifiques de nuisances telles que le bruit, les
déchets, les produits chimiques, les organismes génétiquement modifiés sont prises en
compte par les dispositions spécifiques de la loi.

Section 1. Installations classées

Par installation classée, on entend toute installation industrielle, commerciale ou


agricole dont l'exploitation présente soit des dangers pour la santé, la sécurité, la salubrité
384
P. Malingrey, Introduction au droit de l'environnement, Paris, Tec et Doc, 2011, P 131
385
Idem
386
Art. 2 point 32 de la loi n°11/009 du 09 juillet 2011portant principes fondamentaux relatifs à la protection de
l'environnement
89
publique, l'environnement ou la conservation des sites et monuments, soit des inconvénients
pour la commodité du voisinage. 387 Ces installations ont toutes en commun d'être
susceptibles de par leurs effets de provoquer de conséquences plus ou moins dramatiques
sur la santé humaine ou l'environnement au sens large. Afin d'encadrer les risques potentiels
associés à ce type d'installations, la réglementation a instauré des contraintes administratives
proportionnées aux dangers et inconvénients que le site ou l'activité présente.

§1. Nomenclature et Catégorisation des installations classées

Les annexes I et II du décret n°13/015 du 29 mai 2013 portant réglementation des


installations classées fixent la nomenclature ainsi que la catégorisation des installations
classées. Ces annexes font l'objet d'actualisation par le ministre de l'environnement en tenant
compte de l'évolution desdites installations, notamment sur le plan technologique et
scientifique.388
On distingue deux catégories d'installations classées, en tenant compte de leur
régime : les installations soumises au régime de déclaration(catégorie II) et celles soumises
au régime de l'autorisation( catégorie I). Chaque catégorie dispose d'une nomenclature
d'activités concernées. Mais, il convient d'observer que l'autorisation peut être délivrée par
l'autorité nationale ou provinciale selon le cas. Ainsi, on distingue deux sous-catégories en
ce qui concerne les installations de la catégorie I relevant du régime d'autorisation :
catégorie I a pour les activités dont l'existence et l'exploitation sont constatées par un permis
d'exploitation national et catégorie II pour les activités dont l'existence et l'exploitation sont
constatées par un permis d'exploitation provincial.
Les installations classées soumises au régime de déclaration relève de la catégorie II.389
D'une façon générale, toute installation dont l'existence ou l'exploitation présente des
dangers, des inconvénients, ou des incommodités graves pour la santé,la sécurité, la
salubrité publique, le voisinage, l'environnement ou la conservation des sites et monuments
est soumise à autorisation.390
Le régime de déclaration préalable concerne toute activité qui, bien que classée, ne présente
pas de danger ni d'inconvénient grave. Néanmoins, elle doit être exploitée selon les
387
Art. 37 de la même loi
388
Art. 4 du décret n° 13/015 du 29 mai 2013 portant réglementation des installations classées
389
Art. 8 du même décret
390
Art. 6 du même décret
90
prescriptions d'ordre général édictées en vue de la protection de la santé, de la sécurité, de la
salubrité publique, de l'environnement ou de la conservation des sites et monuments ou de la
commodité du voisinage.391
Il convient toutefois de noter qu'en dehors de ces deux régimes, en droit français, il
existe un régime intermédiaire entre celui d'autorisation et celui de déclaration. Il s'agit du
régime d'enregistrement. Il s'applique uniquement à des installations simples standardisées
implantées en dehors de zones sensibles sur le plan environnemental lorsque les dangers et
inconvénients propres à ces installations peuvent, en principe être prévenus par le respect de
prescriptions générales édictées par l'autorité compétente.392

§2. Différents régimes

Les régimes des installations classées sont prévus par le décret n° 13/015 du 29 mai
2013 portant réglementation des installations classées. Ce texte contient des dispositions
particulières à chaque régime et les dispositions communes à tous les régimes.

A. Dispositions particulières à chaque régime

1. Régime d'autorisation

Ce régime concerne les installations de la première catégorie. Celles-ci ne peuvent


être érigées, transformées, déplacées ou exploitées qu'en vertu d'une autorisation constatée
par un permis d'exploitation. La modification de ces installations donne lieu à un nouveau
permis.393
On distingue deux sortes de permis d'exploitation : permis d'exploitation national et
permis d'exploitation provincial. Le premier est délivré par le Ministre ayant
l'environnement dans ses attributions et le second par le Gouverneur de province.394
La réalisation d'une enquête préalable est exigée avant la délivrance de tout permis
d'exploitation d'une installation classée. En outre, lorsque les activités de l'installation
concernée sont susceptibles d'avoir un impact sur l'environnement, la délivrance du permis
391
Art. 7 du décret n° 13/015 du 29 mai 2013 portant réglementation des installations classées
392
P. Malingrey, [Link], p 141
393
Art.9 du décret n° 13/015 du 29 mai 2013 portant réglementation des installations classées
394
Art. 10 du même décret
91
est subordonnée à la réalisation préalable d'une étude d'impact environnemental et social.395
Le Ministre délivre le permis d'exploitation de toute installation classée, quelle que soit sa
catégorie, dont l'activité peut avoir un impact sur le territoire de plus d'une province. Il en
est de même lorsque dans une même installation s'exercent des activités nécessitant la
délivrance des permis de deux catégories différentes.396
La demande de permis d'exploitation est introduite auprès de l'administration provinciale du
ressort chargé de l'environnement. Celle-ci dispose d'une durée ne dépassant pas quinze
jours pour procéder à une enquête publique et à l'enquête technique consistant au
prélèvement des données taxables.397
A l'issue de l'enquête publique, les dossiers de demande sont transmis selon le cas, à
l'administration centrale pour vérifier sa conformité avant la délivrance du permis
d'exploitation par le Ministre ou examinés par l'administration provinciale et soumis au
Gouverneur de province pour la délivrance du permis d'exploitation. Dans tous les cas, le
permis doit être délivré dans un délai d'un mois à dater de la réception du dossier par
l'autorité compétente, moyennant paiement de la taxe d'implantation.398
Le permis d'exploitation est nul, lorsqu'il est délivré par une autorité incompétente ou
lorsqu'il n'est pas conforme aux activités exploitées.399
Les servitudes d'utilité publique peuvent être instituées concernant l'utilisation du sol
ainsi que l'exécution de travaux soumis à une autorisation de bâtir, lorsqu'une demande
d'autorisation concerne une installation classée.400
Il s'agit généralement des installations à haut risque technologique tels que des
explosions, des incendies ou des dégagements toxiques. Ces servitudes sont instituées afin
de protéger la santé et la sécurité des populations voisines ainsi que l'environnement.
L'autorisation de ce type d'installation, est conditionnée à l'obligation d'instituer un
périmètre de sécurité variable en fonction de la nature du risque. Ainsi, peuvent être
interdites ou réglementées les constructions et certaines activités.
Ces servitudes peuvent limiter ou interdire l'implantation d'ouvrage ou de construction,
subordonner des autorisations de construire au respect de prescriptions techniques ou encore

395
Art. 11 du même décret
396
Art. 12 du même décret
397
Art. 13 du même décret
398
Art. 14 du même décret
399
Art. 15 du même décret
400
Art. 42 de la loi n°11/009 du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de
l'environnement
92
limiter les effectifs employés dans les installations industrielles et commerciales qui seraient
créées ultérieurement.401
Si l'institution de la servitude constitue un préjudice direct, matériel et certain pour
les propriétaires ou titulaires de droits réels, ils pourront adresser une demande
d'indemnisation à l'exploitant dans les trois ans à dater de la notification de la décision
instituant la servitude. A défaut d'accord de règlement amiable, le montant de l'indemnité
sera fixé par le juge conformément aux règles régissant l'expropriation pour cause d'utilité
publique.402 Il convient en revanche, de noter que la réparation de tout préjudice éventuel,
indirect et moral est exclue.

2. Régime de déclaration

L'exploitation d'une installation classée soumise au régime déclaratif est conditionnée


par le dépôt de la déclaration préalable auprès de l'administration locale chargée de
l'environnement.403
La déclaration doit être faite sur un formulaire ad hoc établi en quatre exemplaires, tenu par
l'administration locale concernée.
Le formulaire contient les renseignements suivants :
- l'identité complète de l'exploitant ;
- la localisation précise de l'installation ;
- la nature et le volume des activités concernées ainsi que, le cas échéant, les plans de mise
en œuvre de l'installation ;
- les conditions de sécurité, d'évacuation et d'épuration des eaux usées, des émanations et/ou
pollutions de toute nature ainsi que les conditions d'élimination des déchets et résidus de
l'exploitation.404
L'administration qui a reçu la déclaration est tenue de vérifier sa conformité et délivre
un récépissé dans les quinze jours à dater de sa réception, moyennant paiement de la taxe
d'implantation. Le récépissé est accompagné d'une note de prescriptions générales
concernant l'activité visée dans la déclaration. Si l'administration ne réagit pas dans le délai

401
P. Malingrey,[Link], p 136
402
Art. 43 de la loi n°11/009 du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de
l'environnement
403
Art. 17 du décret n° 13/015 du 29 mai 2013 portant réglementation des installations classées
404
Art. 18 du même décret
93
susvisé, le récépissé est réputé acquis.405
Un permis approprié est obligatoirement sollicité lorsque l'exploitant ajoute une
activité ou lorsque la modification de l'activité soumet l'installation concernée au régime
d'autorisation.406

B. Dispositions communes à tous les régimes

Le renouvellement du permis d'exploitation ou de la déclaration est obligatoire dans


les cas ci-après, sauf cas de force majeure :
- en cas de transfert de l'installation classée dans un endroit autre que celui déterminé par le
permis ou dans la déclaration ;
- lorsque l'installation n'a pas été mise en exploitation dans un délai de deux ans, quelle
qu'en soit la catégorie ;
- lorsqu'elle cesse ses activités pendant deux années consécutives ;
- lorsqu'elle a été détruite ou mise hors d'usage pendant plus de deux ans à la suite d'un
accident résultant de l'exploitation ;
- lorsqu'elle ajoute à l'exploitation d'origine une nouvelle activité soumise à l'un ou à l'autre
régime.407
Le régime d'autorisation prévaut sur celui de déclaration, lorsqu'une installation appartenant
à une seule personne comporte deux ou plusieurs activités soumises à des régimes
différents.408
Le modèle des formulaires de demande du permis d'exploitation et de dépôt de déclaration
ainsi celui des permis d'exploitation et du récépissé d'une installation classée sont fixés par
voie d'arrêté ministériel.

§2. Conditions d'exploitation et surveillance des installations classées


A. Conditions d'exploitation des installations classées

Lorsque l'installation classée est soumise au régime d'autorisation, l'exploitant est


tenu d'élaborer et de mettre en œuvre des mesures de sécurité industrielle appropriées et
405
Art. 19 du même décret
406
Art. 20 du même décret
407
Art. 21 du même décret
408
Art. 22 du même décret
94
d'établir un plan d'urgence décrivant les mesures nécessaires pour maîtriser les accidents
industriels et limiter leurs conséquences pour l'environnement et la santé. Ce plan d'urgence
doit être porté à la connaissance des autorités administratives compétentes et des
populations avoisinantes.409
Si l'implantation d'une installation classée a été subordonnée par une étude d'impact
environnementale et sociale, l'exploitant est tenu d'exécuter toutes les mesures prévues dans
son plan de gestion environnementale et sociale.410 Les installations classées sont en outre,
gérées et exploitées conformément aux conditions et prescriptions prévues par des arrêtés du
Ministre et visant à éviter les dangers pour la santé, la sécurité, la salubrité publique,
l'environnement ou la conservation des sites et monuments ou les inconvénients pour la
commodité du voisinage pouvant résulter des activités concernées.
Les prescriptions et conditions susvisées peuvent être d'ordre général lorsqu'elles
visent l'ensemble des installations classées ou d'ordre particulier lorsqu'elles visent une ou
plusieurs activités spécifiques.411
Lorsqu'une personne subit des inconvénients résultant de l'exploitation d'une
installation classée, elle peut à tout moment signaler à l'autorité habilitée à délivrer le permis.
Cette dernière notifie au réclamant, dans les quinze jours à dater de la réception de la
doléance, la décision qu'elle a prise.412

B. Surveillance et suivi des installations classées

La surveillance et le suivi des installations classées concernant les conditions


d'exploitation sont assurées par les agents attitrés de l'administration chargée de
l'environnement au niveau tant central que provincial. Ils sont les seuls compétents pour
interpréter les données techniques relatives aux installations classées.
L'administration compétente peut, toutefois recourir au service d'un expert extérieur, en cas
d'absence d'expertise avérée ou pour un besoin de comparaison.
La mise en œuvre des mesures contenues dans le plan de gestion environnementale et
sociale des installations classées soumise au régime d'autorisation, font également l'objet de

409
Art. 24 du décret n° 13/015 du 29 mai 2013 portant réglementation des installations classées
410
Art. 25 du même décret
411
Art. 26 du même décret
412
Art. 27 du même décret
95
surveillance et de suivi.413
Il est tenu dans chaque installation classée soumise à autorisation, un registre exclusivement
réservé aux annotations et conseils des agents des services techniques. Ce registre est côté et
paraphé par le service chargé de la surveillance continue de l'environnement, préalablement
à son usage.414
Si les agents chargés de la surveillance et du suivi constatent le non-respect des
conditions ou des prescriptions imposées à l'exploitant d'une installation classée, ils
informent l'autorité ayant délivré le permis ou le récépissé, qui est tenu de mettre l'exploitant
en demeure de respecter les prescriptions ou conditions imposées dans un délai de trois
mois. 415 Si l'exploitant ne s'exécute pas dans le délai imparti, l'autorité compétente peut
prendre des mesures ci-après :
- soit procéder d'office, aux frais de l'exploitant, à l'exécution des mesures prescrites ;
- soit suspendre le fonctionnement de l'installation jusqu'à l'exécution des mesures
prescrites ;
- soit procéder au retrait du permis d'exploitation moyennant notification immédiate à
l'exploitant.416
Les décisions prises par l'autorité compétente peut faire l'objet de recours gracieux
dans un délai d'un mois à dater de leur notification. Ce recours doit être motivé. L'autorité
compétente statue après avoir pris l'avis d'une commission technique ad hoc. Celle-ci
procède à une enquête et à toute autre action action jugée nécessaire. Elle entend l'exploitant
ou son délégué et, exceptionnellement, le tiers bénéficiaire de la décision faisant l'objet du
recours. L'autorité est tenue de prendre sa décision dans un délai ne dépassant pas quinze
jours à dater de la réception de la requête.417
Après la cessation des activités, l'exploitant d'une installation classée est tenu de
restaurer le site d'exploitation conformément au plan de gestion environnementale et social.
Pour garantir la restauration du site, tout exploitant d'une installation classée est tenu de
déposer une caution, dont le montant et les modalités sont déterminés par décret, auprès
d'une institution financière agréée en République Démocratique du Congo.418

413
Art. 28 du même décret
414
Art. 29 du même décret
415
Art. 30 du décret n° 13/015 du 29 mai 2013 portant réglementation des installations classées
416
Art. 31 du même décret
417
Art. 32 du même décret
418
Art. 44 et 45 de la loi n°11/009 du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de
l'environnement
96

Section 2. Protection des milieux récepteurs

La protection des milieux récepteurs concernent notamment les règles relatives à la


préservation de l'air, de l'eau, du sol ainsi que l'émission des bruits contre certaines
pratiques et activités humaines. Ces règles visent à protéger ces différents éléments
indispensables au maintien et au développement de la vie, afin de garantir à tout le monde
un environnement sain et propice à l'épanouissement individuel et collectif. Il s'agit en
réalité de la lutte contre la pollution, définie comme l'introduction directe ou indirecte, par
l'activité humaine, de substances, de vibrations, de chaleur ou de bruit dans l'air, l'eau ou le
sol, susceptibles de porter atteinte à la santé ou à la qualité de l'environnement, d'entraîner
des détériorations aux biens matériels ou une entrave à l'agrément de l'environnement ou à
d'autres utilisations légitimes de ce dernier.419

§1. Lutte contre la pollution de l'air


Par l'air, on entend la couche atmosphérique qui enveloppe la surface terrestre
nécessaire à la vie et dont la modification physique, chimique ou autre peut porter atteinte à
l'environnement et à la santé.420 Ainsi, la pollution de l'air est de nature à porter atteinte à
l'environnement et à la santé des êtres vivants.
La loi interdit toute émission dans l'air susceptible d'incommoder la population ou de nuire à
l'environnement et à la santé. Les activités polluantes sont soumises soit au régime
d'interdiction soit au régime d'autorisation préalable.
Les normes relatives aux émissions dans l'air ainsi que les mesures de restriction ou de
contrôle de la production, de l'importation et de l'utilisation des substances qui
appauvrissent la couche d'ozone sont fixées par décret délibéré en Conseil des ministres.421
Les pouvoirs publics sont tenus de prendre des mesures nécessaires en vue de la réduction
des émissions des gaz à effets de serre et du contrôle des substances qui appauvrissent la
couche d'ozone. Ils prennent également des mesures d'adaptation appropriée aux
changements climatiques.422

419
Art. 2 point 32 de loi n°11/009 du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de
l'environnement
420
Art. 2 point 1 de la même loi
421
Art. 47 de la même loi
422
Art. 48 de la même loi
97

§2. Lutte contre la pollution des eaux

L'eau est un élément vital pour la santé des êtres vivants ainsi que pour la végétation.
Ainsi, pour garantir la bonne qualité de l'eau, le législateur a pris certaines mesures pour la
protéger contre la pollution.
C'est dans ce sens que la loi portant principes fondamentaux relatifs à la protection
de l'environnement interdit tout rejet des déchets ou substances susceptibles de polluer le
milieu marin, d'altérer ou de dégrader la qualité des eaux de surface ou souterraine, tant
continentales que maritimes, de nuire à leurs ressources biologiques et aux écosystèmes
côtiers et de mettre en danger la santé.
Les rejets dans l'eau, sont constitués de tout déversement, effluent, écoulement, immersion
et tout dépôt direct ou indirect de substance solide, liquide ou gazeuse. Ces rejets sont
soumis au régime d'interdiction, de déclaration ou d'autorisation.
La nomenclature des rejets, les critères physiques, chimiques et biologiques des effluents
ainsi que les conditions et modalités de gestion et de contrôle de ceux-ci sont déterminés par
décret.423
Il convient de noter que le décret du 06 mai 1952 relatif aux concessions et
administration des eaux des lacs et des cours d'eau avait déjà prévu des dispositions pour
lutter contre la pollution des eaux. L'article 8 de ce texte accorde au Gouverneur général
notamment le pouvoir de prendre des mesures nécessaires en vue de protéger les sources,
les nappes aquifères souterraines, les lacs et les cours d'eau ; d'empêcher la pollution et le
gaspillage de l'eau ; de contrôler l'exercice des droits d'usage ainsi que des droits
d'occupation concédés.424
Le souci de protéger l'eau contre la pollution avait aussi animé le législateur de la loi
n°73-021 du 20 juillet 1973 portant régime général des biens, régime foncier et immobilier
et régime des sûretés, qui tout en affirmant que l'eau des cours d'eau et des lacs ainsi que les
eaux souterraines appartiennent à l’État, prévoit que nul ne peut corrompre l'eau ni en
changer le cours.425

423
Art. 49 de la même loi
424
Art.8 du décret du 06 mai 1952 relatif aux concessions et administration des eaux des lacs et des cours d'eaux
425
Art. 18 et 19 de la loi n° 73-021 du 20 juillet 1973 portant régime général des biens, régime foncier et immobilier et
régime des sûretés.
98
§3. Lutte contre la pollution du sol et le risque d'érosion

Le législateur a fait de la lutte contre la pollution du sol et le risque d'érosion sa


préoccupation en interdisant toute activité susceptible de favoriser la pollution, le risque
d'érosion ainsi que toute autre forme de dégradation des sols ou des sous-sols.
Les mesures d'atténuation de la pollution et de restauration des sites ou paysages dégradés
ou pollués sont fixées par décret.426
L'utilisation des sols doit être faite de manière à en améliorer la conservation notamment par
l'introduction des techniques et l'usage des pesticides, des fertilisants et autres qui en
assurent une productivité durable.427

§4. Lutte contre les pollutions sonore et odorante

L'émission de tout bruit ou odeur dont la nature, l'importance ou la fréquence


constitue des nuisances à l'environnement et à la santé, notamment par la gêne particulière
qu'il crée au voisinage ou par les troubles apportés au repos, à la tranquillité des citoyens et
à la sécurité publique est interdite.
Les pouvoirs publics prennent des mesures nécessaires pour lutter contre cette catégorie de
pollution.428
Il sied de noter que dans le milieu du travail, l'arrêté n° 0013 du 4 août 1972 fixant
les conditions d'hygiène sur les lieux du travail prévoit que les bruits, vibrations et
trépidations susceptibles de produire sur les personnes des effets nuisibles seront réduits
autant que possible. A cet effet, une attention spéciale doit être portée sur l'atténuation
notable des bruits et des vibrations ainsi que sur la limitation de la durée des émissions
sonores.
Les valeurs suivantes en décibel doivent être observées pour protéger les travailleurs
contre les bruits :
- de 45 à 60 dB: bruits courants supportables en permanence ;
- de 65 à 80 dB: bruits supportables, mais générateurs de fatigue à la longue ;
- de 85 à 105 dB: bruits pénibles à écouter, générateurs de surdité à la longue ;
426
Art. 50 de la loi n° 11/009 du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de
l'environnement
427
Art. 51 de la même loi
428
Art. 52 de la même loi
99
- de 110 à 130 dB: bruits très pénibles, ne pouvant être supportés que pendant un court
instant.
La suppression ou l'atténuation des bruits pourront être obtenues notamment et selon le cas
par :
- isolement des postes bruyants ;
- insonorisation des machines ou leur installation dans une enceinte insonorisée ;
- insonorisation des locaux.429
Il doit être octroyé aux travailleurs des pauses de détente systématiquement
comprises dans les heures de travail à l'intérieur des locaux isolés de tout bruit lorsque ceux-
ci sont soumis à des émissions sonores susceptibles de produire sur eux des effets
traumatiques de l’ouïe(105 dB et au-delà).
La durée de ces pauses doit être équivalente à la moitié de temps d'exposition aux
bruits dans le cas d'exposition au bruit pénible à écouter, générateur de surdité à la
longue(150 Db).
Des pauses plus longues doivent être prévues pour les cas relativement plus dangereux pour
la santé du travailleur. Les moyens de protection individuelle seront mis à la disposition du
travailleur lorsque les travaux s'accompagnent de sons ou de bruits réputés nuisibles vis-à-
vis du travailleur, ou lorsque les installations ou les locaux sont soumis à des vibrations
intenses.430
L'employeur mettra aussi à la disposition du travailleur appelé à manipuler des
appareils ou des outils soumis aux vibrations ou aux trépidations intenses, des gants,
moufles ou maniques de protection.431
Section 3. Gestion des produits chimiques

Par produit chimique, il faut entendre toute substance présentée isolement ou


mélangée ou préparée, qu'elle soit fabriquée ou tirée de la nature, à l'exclusion de tout
organisme vivant.432
De cette définition, il y a lieu de déduire que tous les produits chimiques ne sont pas
dangereux pour la santé et pour l'environnement. Les produits inoffensifs ne font pas l'objet

429
Art. 11 de l'arrêté n° 0013 du 4 août 1972 fixant les conditions d'hygiène sur les lieux du travail
430
Art. 12 et 63 du même arrêté
431
Art. 64 du même arrêté
432
Art. 2 point 33 de la loi n° 11/009 du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de
l'environnement
100
des mesures particulières. En revanche, les mesures appropriées devront être prises par
l’État pour prévenir, atténuer et éliminer les effets nocifs sur l'environnement et la santé des
produits chimiques, des pesticides dangereux et des polluants organiques persistants.433
La production, l'importation et l'utilisation des produits ou substances chimiques nocifs à la
santé et à l'environnement sont soumises au régime d'interdiction ou d'autorisation préalable.
La liste des produits ou substances chimiques dont la production, l'importation et
l'utilisation sont interdites est fixée par décret. Le même texte fixe aussi les conditions de
production, d'importation et d'utilisation des substances ou produits chimiques soumises au
régime d'autorisation ainsi que les modalités de leur destruction. 434 L'importation des
produits et substances nocifs à la santé est subordonnée à la procédure de consentement
préalable en connaissance de cause donnée par écrit par l'autorité nationale compétente.
La procédure du consentement préalable a été instituée par la convention de
Rotterdam du 10 septembre 1998 sur la procédure de consentement préalable en
connaissance de cause applicable à certains produits chimiques et pesticides dangereux qui
font l'objet d'un commerce international. Cette convention crée des obligations
juridiquement contraignantes afin de protéger la santé des personnes et l'environnement
contre des dommages éventuels liés au commerce de produits chimiques. Elle vise à
encourager le partage des responsabilités et la coopération entre les pays signataires dans le
domaine du commerce international de certains produits chimiques très dangereux dont les
pesticides et produits chimiques industriels.
La procédure du consentement préalable en connaissance de cause consiste en ce que
les exportateurs de certains produits chimiques, inscrits sur la liste spécifique en fonction de
leur nocivité, doivent obtenir le consentement préalable du pays importateur avant de
procéder à l'expédition. Dès lors qu'un produit chimique est soumis à cette procédure, un
document d'orientation de décision est distribué à tous les pays importateurs afin de
connaître leur décision concernant les futures importations des produits chimiques
concernés. Les décisions des pays importateurs sont ensuite communiquées à l'ensemble des
parties à la convention. Les pays exportateurs sont tenus de prendre des mesures pour veiller
à ce que les exportateurs relevant de leur juridiction respectent ces décisions.435

433
Art. 53 de la même loi
434
Art. 54 de la même loi
435
P. Malingrey, op. Cit, p. 225
101
Section 4. Gestion des déchets

Toute activité humaine génère des déchets. Ainsi, il est nécessaire de réglementer la
gestion des déchets afin de s'assurer de la mise en œuvre des meilleures modalités de prise
en charge. Le déchet est défini comme tout résidu d'un processus de production, de
transformation ou d'utilisation, toute substance solide, liquide ou gazeux, matériau, produit
ou plus généralement tout bien meuble éliminé, destiné à être éliminé ou devant être éliminé
en vertu des lois et règlements en vigueur.436
Les pouvoirs publics sont tenus d'assurer une gestion rationnelle des déchets de
manière à préserver la qualité de l'environnement et la santé.437
Il est interdit sut toute l'étendue du territoire national de détenir, déposer ou abandonner à
des endroits inappropriés des déchets de toute nature susceptibles de provoquer des odeurs
incommodantes, de causer des nuisances et des dommages à l'environnement, à la santé et à
la sécurité publique. Il est également prohibé de procéder à l'immersion, incinération ou
élimination, par quelque procédé que ce soit des déchets dangereux438 ou radioactifs dans
les eaux continentales et maritimes sous juridiction congolaise que leur enfouissement dans
le sol ou sous-sol.439
Les producteurs et détenteurs des déchets domestiques440, industriels441, artisanaux,
biomédicaux ou pharmaceutiques 442 sont tenus d'en assurer la gestion conformément aux
dispositions légales et réglementaires. Cette obligation concerne les personnes tant physique
que morale publique ou privée.
Cette obligation s'appuie sur le principe de pollueur-payeur, selon lequel le
producteur de déchets polluants est responsable, au plan financier, de la réparation du
préjudice subi par l'environnement. Les normes relatives au stockage, recyclage, traitement

436
Art. 2 point 7 de la loi n°11/009 du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de
l'environnement
437
Art. 56 de la loi précitée
438
Par déchets dangereux on entend les déchets ou substances qui, par leur nature dangereuse, toxique, radioactive,
explosive, inflammable, biologique ou bactérienne, sont susceptibles de constituer un danger pour la santé et
l'environnement, et qui sont éliminés,ou qui doivent être éliminés, ou qu'il est possible d'éliminer, et qui
appartiennent à l'une des catégories définies comme telles par des mesures d'exécution.
439
Art. 57 de la loi susvisée
440
Les déchets domestiques sont ceux de toutes sortes provenant des ménages, des immeubles administratifs ou
commerciaux et, généralement, de tous établissements recevant le public, tels que les marchés, les écoles, les
casernes et les prisons.
441
Les déchets industriels sont ceux de quelque nature que ce soit, provenant du processus de fabrication, de
transformation ou d'utilisation industrielle.
442
Ce sont des déchets produits ou provenant des activités médicales ou pharmaceutiques
102
et élimination des déchets sont fixées par décret.443
En ce qui concerne les déchets dangereux, les mesures doivent être prises par les
pouvoirs publics pour réduire au maximum leur production sur l'étendue du territoire. L’État
doit, en outre s'assurer, d'une part que le gestionnaire de ces déchets dispose des installations
ou sites et des moyens techniques appropriés et d'autre part, veiller que ce gestionnaire
prenne des mesures nécessaires pour prévenir une pollution éventuelle.444
Tout déchet provenant de l'étranger est réputé dangereux. Ainsi, l'importation, le transit, le
trafic, l'entreposage et le traitement par quelque procédé que ce soit de ces déchets sont
interdits, sauf dispositions contraires du droit international.
La nomenclature de ces déchets ainsi que les normes de leur gestion sont fixées par
décret.445
Les déchets radioactifs produits sur le territoire national, quelle qu'en soit l’origine
(mines, usines de traitement, centrales nucléaires ou autres) sont réduits au strict minimum
et traités, stockés et éliminés selon les normes prévues par décret.446
Section 5. Organismes génétiquement modifiés

on entend par organisme génétiquement modifié, toute entité biologique capable de


se reproduire ou de transférer du matériel génétique, c'est-à-dire les plantes, les animaux, les
micro-organismes ou organites, les cultures cellulaires, tous les vecteurs de transfert de
gènes ainsi que des entités génétiques sous forme de séquences d'acide
désoxyribonucléique(ADN), dont le matériel génétique résulte des techniques
biotechnologiques modernes.447
Les mesures de protection nécessaires doivent être prises par l'autorité compétente en
cas de transfert, de transport, de manipulation et d'utilisation des organismes génétiquement
modifiés résultant de la biotechnologie moderne ou des mutations aléatoires qui peuvent
avoir des effets défavorables sur la conservation de la diversité biologique et la santé.
Les décisions autorisant les mouvements transfrontaliers, l'utilisation confinée, la
dissémination volontaire ou la mise en marché d'un organisme génétiquement modifié ou
son dérivé ne peut être prise par l'autorité compétente sans une évaluation préalable des
443
Art. 58 de la loi susvisée
444
Art. 59 de la même loi
445
Art. 60 de la loi n°11/009 du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de
l'environnement
446
Art. 61 de la loi précitée
447
Art. 2 point 26 de la loi précitée
103
risques.448Il s'agit là d'une application du principe de précaution.
L'utilisation confinée consiste à faire des essais en milieu confiné tel que le
laboratoire, en vue de disposer des connaissances élémentaires sur les organismes
génétiquement modifiés. Ces essais sont réglementés afin de limiter au maximum les effets
négatifs qu'ils peuvent avoir sur la santé humaine et l'environnement.
La dissémination volontaire consiste à introduire intentionnellement dans
l'environnement un organisme génétiquement modifié ou une combinaison d'organismes
génétiquement modifiés pour laquelle aucune mesure de confinement particulière n'est prise
pour en limiter le contact avec les personnes et l'environnement et pour assurer à ces
derniers un niveau élevé de sécurité.
La mise sur le marché correspond à la mise à disposition de tiers, à titre gratuit ou onéreux,
de produits composés en tout ou en partie d'organismes génétiquement modifiés.
Les méthodes d'évaluation et de gestion des risques biotechnologiques, ainsi que le
processus de prise de décision relatif aux mouvements transfrontières des organismes
génétiquement modifiés sont définies par la loi.449 Il convient de noter qu'à l'heure actuelle,
cette loi n'est pas prise.
Section 6. Gestion des catastrophes naturelles et situations d'urgence

Par situations d'urgence, on entend des situations qui causent ou menacent de façon
imminente de causer un dommage grave à l'environnement et qui sont brusquement
provoquées par des causes naturelles, telles que les inondations, la débâcle, les éboulements
ou les tremblements de terre, ou par des activités humaines, en cas d'accident industriel ou
de pollution.450 De cette définition, il ressort que les catastrophes naturelles constituent l'une
des formes de situations d'urgence.
Pour faire face aux catastrophes naturelles et situations d'urgence, le Gouvernement
élabore et met en œuvre un plan national d'intervention d'urgence, qui prévoit la mise en
place d'un système d'alerte précoce en vue de la planification et de la coordination des
mesures destinées à la protection de la population, des infrastructures et du patrimoine
national.
Un décret fixe le contenu du plan national et les mécanismes de coordination de sa mise en

448
Art. 62 de la susvisée
449
Art. 63 de la loi susvisée
450
Art. 2 point 38 de la loi susvisée
104
œuvre et du suivi.451
Il est fait obligation également à la province d'élaborer et de mettre en œuvre un plan
provincial d'urgence en vue de faire face aux situations d'urgence et d'assurer la protection
civile.452
Le Gouvernement est tenu de mettre en place un système national de lutte contre les
événements de pollution par les hydrocarbures dont le contenu, la procédure de notification
ainsi que les mesures à prendre à la réception d'un rapport de pollution sont fixés par voie
de décret. Ce texte fixe, en cas de besoin, les modalités de mise en œuvre des accords de
coopération régionale et internationale en la matière.453
En vue de prévenir et de lutter contre tout événement de pollution par les hydrocarbures, il
est fait obligation à tout exploitant d'une installation pétrolière, de manutention
d'hydrocarbures ou d'un port de prendre des mesures nécessaires, consistant à élaborer et à
mettre en œuvre un plan d'urgence de bord contre la pollution des hydrocarbures en
coordination avec le système national.
Ces obligations s'appliquent également à tout exploitant d'un navire battant pavillon national,
naviguant dans les espaces maritimes congolais ou accostant dans un port sous juridiction
nationale.454

CHAPITRE 5. RESPONSABILITES CIVILES ET PENALES


ENVIRONNEMENTALES

Par responsabilité, il faut entendre d'une façon générale l'obligation de répondre de


ses actes. Mais en droit, la responsabilité peut être définie comme la sanction juridique d'un
comportement dommageable. On distingue plusieurs types de responsabilité : administrative,
civile, pénale etc. Dans le cadre de ce travail, seules les responsabilités civile et pénale nous
intéressent.

451
Art. 64 de la même loi
452
Art. 65 de la loi n°11/009 du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de
l'environnement
453
Art. 66 de la même loi
454
Art. 67 de la même loi
105
SECTION 1. RESPONSABILITE CIVILE

La responsabilité civile est l'obligation de réparer les dommages causés à autrui. Elle
a pour but principal d'indemniser la victime. Elle a aussi un rôle de prévention, dans ce sens
que le risque d'être condamné contribue à accroître la vigilance des éventuels auteurs de
dommages. La responsabilité civile peut être contractuelle ou délictuelle. Elle est
contractuelle, lorsqu'elle trouve sa source dans le contrat : en cas d’inexécution ou de
mauvaise exécution d'une obligation contractuelle.
Elle est délictuelle, lorsqu'elle résulte d'un délit ou d'un quasi-délit. La responsabilité
prévue en matière environnementale est essentiellement délictuelle. Elle est prévue par les
articles 68 à 70 de la loi n°11/009 du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs
à la protection de l'environnement.
La responsabilité civile prévue par cette loi suppose la réunion de certaines conditions.
1. L'existence du dommage

Le dommage spécifique environnemental indemnisable est celui qui est causé à une
personne ou un bien par le milieu dans lequel ils vivent ou se situent. C'est notamment les
cas des nuisances de voisinage au niveau des éléments tels que l'air, la terre, l'eau ; des
dommages aux ouvrages et habitations ou immeubles(pollutions, affaissements) ; des
atteintes à la santé humaine ou à l'intégrité physique.
Ce dommage doit être certain et direct.
2. Le fait générateur
Le fait générateur peut être soit le fait personnel, soit le fait d'autrui.

a) Le fait personnel
Le principe de cette responsabilité est posé par l'article 68 de la loi précitée qui
dispose : « sans préjudice des peines applicables pour infractions à la présente loi et ses
mesures d'exécution, est responsable toute personne qui, par l'exercice de ses activités, a
causé un dommage à l'environnement et à la santé en violation de la présente loi. » Il résulte
de cette disposition que le fait de causer un dommage à l'environnement et à la santé
humaine en violation de la loi entraîne responsabilité civile, en plus de la responsabilité
pénale.
106
La responsabilité prévue par l'article 68 exige donc la faute dans la mesure où le
dommage causé à l’environnement et à la santé doit être causé par l'activité personnelle du
responsable en violation de la loi. Cela veut dire que le dommage causé doit résulter d'un
comportement illicite de son auteur, constitutif d'une faute. Cette faute peut être
intentionnelle ou non.

b) le fait d'autrui
Le fait d'autrui est prévu par l'article 69 de la même loi qui dispose : « toute
personne physique ou morale est, non seulement civilement responsable des condamnations
pour les infractions commises en violation de la présente loi et de ses mesures d'exécution
par ses préposés dans les limites de ses activités, mais aussi solidairement responsables du
paiement des amendes et frais résultant des mêmes condamnations, à moins de prouver
qu'elle était dans l'impossibilité d'empêcher la commission de l'infraction ».
Il ressort de cette disposition que lorsque l'auteur du dommage est préposé d'une
personne physique ou morale, cette dernière est civilement responsable. Il ne peut s'exonérer
qu'en prouvant un cas de force majeure. Il s'agit là d'une responsabilité civile objective. En
effet, le civilement responsable engage sa responsabilité sans avoir commis une faute. La
victime du dommage doit seulement apporter la preuve de la faute du préposé et le lien
existant entre la faute et le dommage.
Mais cette disposition déroge au principe de la responsabilité pénale individuelle, en
rendant le civilement responsable, solidaire du paiement de la peine d'amende encourue par
l'auteur du dommage qui aura commis l'infraction. Nous avons de la peine à comprendre
une telle combinaison, lorsqu'on sait que la responsabilité pénale vise fondamentalement à
punir le comportement fautif de l'auteur de l'infraction. Or, le commettant engage sa
responsabilité civile non pas sur base d'une faute quelconque mais sur l'idée de garantie. Sur
base de quel fondement peut-il alors être déclaré responsable pénalement ?
Il y a lieu de noter qu'il s'agit là d'une option levée par le législateur. En effet, le code
forestier en son article 152 prévoit une disposition similaire lorsqu'il dispose : « Les
concessionnaires et les exploitants forestiers sont, non seulement civilement responsables
des condamnations pour les infractions commises en violation de la présente loi ou de ses
mesures d'exécution par leurs préposés dans les limites de leurs concessions ou exploitations,
mais aussi solidairement responsables du paiement des amendes et frais résultant des mêmes
107
condamnations, à moins de prouver qu'ils étaient dans l'impossibilité d'empêcher la
commission de l'infraction. »

3. Le lien causal entre le dommage et la faute

Le dommage doit avoir un lien avec la faute commise. En matière environnementale,


l'établissement du lien causal peut parfois être difficile. Tel est le cas lorsque la faute est
constituée par une atteinte aux milieux naturels, dont les causes peuvent être multiples.
Ainsi la pollution d'un cours d'eau peut procéder de plusieurs rejets résultant de plusieurs
sites en amont du lieu d'identification d'une pollution, et la preuve peut être difficile.
Les conditions posées par l'article 68 sont pratiquement les mêmes que celles prévues
par les articles 258 et 259 du code des obligations. Lorsque ces conditions sont réunies,
l'auteur du dommage doit réparer personnellement le préjudice. Lorsque l'auteur du
dommage est un préposé, c'est le commettant qui répondra des conséquences civiles de cet
acte dommageable. Mais il sera aussi condamné solidairement au paiement des amendes et
frais résultant de cette condamnation lorsque l'acte fautif du préposé est constitutif d'une
infraction.
Il convient de noter que lorsque la faute est constitutive d'une infraction, la victime de
celle-ci peut se constituer partie civile devant le juge répressif afin d'obtenir les dommages
et intérêts. Mais la victime peut aussi directement saisir le juge civil pour obtenir la
réparation du dommage à condition de démontrer qu'elle a subie personnellement le
dommage.

4. Cas particulier de l'exportateur, importateur et éliminateur des déchets

L'exportateur ou importateur des déchets est responsable des dommages résultant


d'un accident ou incident survenu au cours d'un mouvement transfrontière des déchets
jusqu'au moment où l'éliminateur en prend possession.455
L'éliminateur des déchets est responsable des dommages résultant d'un accident ou incident
survenu au cours de leur élimination.456 Les demandes d'indemnisation ne sont recevables

455
Art. 70 al.1 de la loi n°11/009 du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de
l'environnement
456
Art. 70 al.2 de la même loi
108
que si elles sont présentées dans un délai de dix à dater de l'accident ou de l'incident ou dans
un délai de cinq ans à partir de la date où le demandeur a eu connaissance ou a normalement
dû avoir connaissance des dommages.457

SECTION 2. RESPONSABILITE PENALE

La responsabilité pénale est l'obligation de répondre de ses actes infractionnels, et ce,


en vertu du principe de la légalité des délits et des peines. Cette responsabilité vise
principalement à punir l'auteur de l'infraction, en lui infligeant une peine et à reformer son
comportement. Elle peut avoir aussi un rôle de prévention. En effet, la peur du gendarme
incite au respect des règles. La responsabilité pénale n'est engagée que lorsqu'il y a violation
d'une loi pénale, en d'autres termes en cas de commission d'une infraction. En matière
environnementale, il existe plusieurs infractions prévues par divers textes selon les secteurs
concernés. Ainsi allons-nous essayer de passer en revue les différentes infractions en tenant
compte de chaque secteur de l'environnement.

§1. Infractions relatives à la protection de l'environnement en général

Il s'agit des infractions prévues par la loi n°11/009 du 09 juillet 2011 portant
principes fondamentaux relatifs à la protection de l'environnement.
Ces infractions sont constatées par les autorités chargées traditionnellement de les
rechercher et de les réprimer. Il s'agit de l'officier du ministère public ainsi que des officiers
de police judiciaire à compétence générale. Mais l'article 71 de la loi portant principes
fondamentaux relatifs à la protection de l'environnement rend aussi compétent les
fonctionnaires et agents assermentés de l'administration de l'environnement pour constater
ces infractions. Ces fonctionnaires et agents de l'administration de l'environnement devront
donc revêtir de la qualité d'officier de police judiciaire à compétence restreinte.

A. Défaut d'études d'impact environnemental et social

Cette infraction est prévue par l'article 72 de la loi précitée qui dispose :

457
Art. 70 al.3 de la même loi
109
« Est punie d'une amende égale au quintuple des frais qu'elle aurait déboursés pour
l'évaluation et la validation de l'étude, toute personne qui réalise ou contribue à réaliser un
projet ou une activité sans étude d'impact environnemental et social alors qu'il était soumis
des dispositions de la présente loi. Le tribunal saisi peut en outre ordonner la destruction de
l'ouvrage sans préjudice des dispositions de l'article 86 de la présente loi. »

1. Éléments constitutifs
a. Éléments matériels

Les éléments matériels de cette infraction sont constitués des actes ci-après :
- réalisation d'un projet ou une activité : il s'agit de la mise en œuvre ou de la concrétisation
du projet ou de l’activité.
- contribution à la réalisation du projet ou de l'activité : c'est le fait d'apporter concours à la
concrétisation du projet ou de l'activité.
- absence d'étude d'impact environnemental et social alors que celle-ci est exigée en vertu de
la loi.
b. Élément moral
Cette infraction exige la volonté de réaliser un projet ou une activité sans au préalable
soumettre une étude d'impact environnemental et social. Les activités soumises à la
réalisation de cette étude sont prévues par la loi. Ainsi, personne ne peut prétendre les
ignorer. Celui qui met en œuvre une activité soumise à une étude d'impact environnemental
et social préalable sans la réalisation de celle-ci est présumé l'avoir fait volontairement.
2. Régime répressif

Celui qui viole cette disposition est puni de la peine d'amende qui sera égale au
quintuple des frais exigés pour l'évaluation et la validation de l'étude. En outre, le tribunal
peut ordonner la destruction de l'ouvrage.
B. Étude d'impact environnemental et social erronée ou fausse

La base légale de cette infraction est l'article 73 de la loi susmentionnée. Cette


disposition est libellée de la manière suivante : « Sans préjudice de la servitude pénale
prévue par le code pénal, toute personne qui fournit intentionnellement des informations
110
erronées ou inexactes dans une étude d'impact environnemental et social, est punie d'une
amende égale au double des frais déboursés pour l'évaluation et la validation de l'étude ».
1. Éléments constitutifs
a. Éléments matériels

Les éléments matériels de cette infraction sont constitués par le fait de fournir des
informations erronées ou inexactes dans une étude d'impact environnemental et social. En
d'autres termes, le fait d'insérer dans une étude d'impact environnemental et social des
informations qui ne reflètent pas la réalité ou qui sont fausses.
b. Élément moral

L'élément moral est constitué par la volonté de fournir intentionnellement des


informations erronées et inexactes. Il appartient au ministère public d'apporter la preuve que
les informations erronées ou inexactes ont été fournies de manière intentionnelle.
2. Régime répressif
Le coupable sera puni de la peine d'amende égale au double des frais déboursés pour
l'évaluation et la validation de l'étude.
C. Défaut de plan d'urgence

Cette prévention est prévue par l'article 74 de la loi précitée selon laquelle « est puni
d'une amende de neuf millions à quarante-cinq millions de francs congolais, tout exploitant
d'une installation classée qui ne dispose pas d'un plan d'urgence tel que prévu par la loi ».
1. Éléments constitutifs
a. Éléments matériels
- Exploitation d'une installation classée : c'est le fait de faire fonctionner une installation
industrielle, commerciale ou agricole dont l'exploitation présente soit des dangers pour la
santé, la sécurité, la salubrité publique, l'environnement ou la conservation des sites et
monuments, soit des inconvénients pour la commodité du voisinage.
- Il faut qu'il y ait absence de plan d'urgence : il s'agit d'un document qui décrit les mesures
nécessaires pour maîtriser les accidents industriels et limiter leurs conséquences pour
l'environnement et la santé.
111

b. Élément moral
L'élément moral est constitué par l'intention de ne pas établir le plan d'urgence tel que
la loi l'exige. Il sera difficile au coupable d'apporter la preuve qu'il n'avait pas cette intention,
dans la mesure où, l'existence de ce plan est préalable lorsque l'exploitation de l'installation
classée le requiert.
2. Régime répressif
L'exploitant fautif sera puni d'une peine d'amende de neuf millions à quarante-cinq millions
de francs congolais.

D. importation des déchets dangereux ou radioactifs

Cette infraction est prévue par l'article 75 de la loi susvisée. Elle est libellée comme
suit : « est punie d'une servitude pénale de cinq à dix ans et d'une amende de deux cent
cinquante millions de francs congolais ou de l'une de ces peines seulement toute personne
qui importe des déchets dangereux ou radioactifs sur le territoire national. »
1. Éléments constitutifs
a. Élément matériel

Cet élément est constitué par le fait d'avoir importé des déchets dangereux ou
radioactifs sur le territoire national, c'est-à-dire le fait de faire venir de l'étranger des déchets
dangereux ou radioactifs.
Par déchets dangereux, on entend les déchets ou substances qui, par leur nature dangereuse,
toxique, radioactive, réactive, explosive, inflammable, biologique ou bactérienne, sont
susceptibles de constituer un danger pour la santé et l'environnement.
b. Élément moral
L'élément moral consiste dans la volonté ou l'intention d'importer les déchets
dangereux sur le territoire national.
2. Régime répressif
Le coupable sera puni d'une peine d'emprisonnement de cinq à dix ans et d'une
amende de cent millions à deux cent cinquante millions de francs congolais ou de l'une de
ces peines seulement. Cela veut dire que le juge aura la possibilité soit de prononcer la peine
112
d'emprisonnement et celle d'amende soit il pourra se contenter de prononcer l'une de ces
peines seulement. En outre le juge devra condamner l'auteur de l'infraction à la
réexportation sans délai des déchets dangereux.

E. Gestion illicite des déchets

La gestion illicite des déchets est prévue par l'article 76 de la loi précitée qui
dispose : « est punie d'une servitude pénale de six mois à trois ans et d'une amende d'un
million à vingt-cinq millions de francs congolais ou de l'une de ces peines seulement toute
personne qui transporte, dépose, abandonne, jette ou élimine des déchets industriels,
artisanaux, médicaux, biomédicaux ou pharmaceutiques en violation des dispositions de la
présente loi et de ses mesures d'exécution..... »

1. Éléments constitutifs
a. Éléments matériels
- Acte de gestion en dehors de la loi : cet acte est constitué par le transport, le dépôt,
l'abandon, le jet ou l'élimination des déchets en violation de la loi.
- Déchets concernés : il doit s'agir des déchets industriels, artisanaux, médicaux,
biomédicaux ou pharmaceutiques. Il convient de noter que les déchets domestiques ne sont
pas concernés par cette disposition. Selon l'alinéa 2 de l'article 76, les sanctions relatives à la
gestion des déchets domestiques relèvent de la compétence de la province et de l'entité
territoriale décentralisée.

b. Élément moral
L'élément moral est l'intention de poser des actes illicites de gestion des déchets.
2. Régime répressif
Le coupable sera puni de la peine d'emprisonnement allant de six mois à trois ans et
d'une amende d'un million à vingt-cinq millions de francs congolais ou de l'une de ces
peines seulement.
113
F. Pollution et dégradation du sol ou du sous-sol

L'article 77 de la loi précitée prévoit cette infraction en disposant que : « Est punie
d'une servitude pénale de six mois à trois ans et d'une amende de deux millions cinq cent
mille à vingt-cinq millions de francs congolais ou de l'une de ces peines seulement toute
personne qui pollue, dégrade le sol ou sous-sol en violation des dispositions de la présente
loi et ses mesures d'exécution. »
1. Éléments constitutifs
a. Éléments matériels

L’élément matériel de cette infraction est constitué par l'acte de polluer ou de


dégrader le sol ou le sous-sol. Dans le langage courant, le terme polluer est synonyme de
dégrader qui veut dire endommager ou rendre malsain. La conséquence de cet acte est donc
la pollution qu'on peut définir comme l'introduction directe ou indirecte, par l'activité
humaine, des substances, des vibrations, de chaleur ou de bruit dans le sol ou sous-sol,
susceptibles de porter atteinte à la santé ou à la qualité de l'environnement, d’entraîner des
détériorations aux biens matériels ou une entrave à l'agrément de l'environnement ou à
d'autres utilisations légitimes de ce dernier.458

b. Élément moral
L'élément moral de cette infraction est l'intention de polluer ou de dégrader le sol ou
le sous-sol.
2. Régime répressif

Celui qui se rend coupable de cette infraction sera puni d'une peine
d'emprisonnement allant de six mois à trois ans et d'une amende de deux millions cinq cent
mille à vingt-cinq millions de francs congolais ou de l'une de ces peines seulement. Il sera
en outre tenu de restaurer les sites ou les paysages dégradés ou pollués. En cas de non-
exécution des travaux de restauration des sites ou des paysages dans le délai imparti par le
juge, celui-ci pourra ordonner l'exécution d'office de ces travaux aux frais du contrevenant,
jusqu'à leur achèvement ainsi que l'interdiction d'utiliser les installations qui sont à l'origine
458
Cette définition est la reproduction de l'article 2 point 32 de la loi n° 11/009 du 09 juillet 2011 portant principes
fondamentaux relatifs à la protection de l'environnement.
114
de pollutions, dégradations ou nuisances.

G. Pollution des eaux continentales et espaces maritimes et dégradation des


écosystèmes côtiers

Cette infraction est prévue par l'article 78 en ces termes : « Est punie d'une servitude
pénale de six mois à trois ans et d'une amende de cinq millions à cinquante millions de
francs congolais ou de l'une de ces peines seulement toute personne qui pollue, de quelque
manière que ce soit, tant les eaux continentales que les espaces maritimes, ou dégrade les
écosystèmes côtiers en violation des dispositions de la présente loi et de ses mesures
d'exécution. »
1. Éléments constitutifs
a. Élément matériel

L'élément matériel de cette infraction est constitué par l'acte de polluer les eaux
continentales ou l'espace maritime ou de dégrader les écosystèmes côtiers de quelque
manière que ce soit.
b. Élément moral
L'élément moral est constitué par la volonté qui anime l'auteur de l'infraction de
polluer les eaux continentales ou l'espace maritime ou de dégrader les écosystèmes côtiers.
2. Régime répressif

Le coupable sera puni d'une peine d'emprisonnement de six mois à trois ans et d'une
amende de cinq millions à cinquante millions de francs congolais ou de l'une de ces peines
seulement. En outre, il sera condamné à la restauration des sites ou paysages dégradés ou
pollués. Si le contrevenant ne satisfait pas à l'exigence du juge, celui-ci peut ordonner la
remise en état du site ou du paysage aux frais du récalcitrant jusqu'à son achèvement ainsi
que l'interdiction d'utiliser les installations qui sont à l'origine de pollutions, dégradations ou
nuisances.
115
H. Pollution de l'air

Cette infraction est prévue par l'article 79 de la loi portant principes fondamentaux de
la protection de l'environnement qui dispose : « Est punie d'une servitude pénale de six mois
à trois ans et d'une amende de cinq millions à cinquante millions de francs congolais ou de
l'une de ces peines seulement toute personne qui altère la qualité de l'air en violation des
dispositions de la présente loi et de ses mesures d'exécution. »

1. Éléments constitutifs
a. Élément matériel
L'élément matériel de cette infraction est le fait d’altérer la qualité de l'air c'est-à-dire le fait
de le polluer.
b. Élément moral
L'élément moral est constitué par l'intention de polluer l'air.
2. Régime répressif
Le coupable de cette infraction sera puni de la peine d'emprisonnement allant de six
mois à trois ans et d'une amende de cinq millions à cinquante millions de francs congolais
ou de l'une de ces peines seulement.

I. Production, importation, utilisation, mise sur le marché ou élimination illicite des


produits chimiques toxiques

La base légale de cette prévention est l'article 80 de la loi susvisée qui est libellée
comme suit : « Est punie d'une servitude pénale de deux à cinq ans et d'une amende de
quatre-vingt-dix millions à deux cent cinquante millions de francs congolais ou de l'une de
ces peines seulement, toute personne qui produit, importe, utilise, met sur le marché ou
élimine des produits chimiques toxiques en violation des dispositions de la présente loi et de
ses mesures d'exécution. »
1. Éléments constitutifs
a. Éléments matériels
Les éléments matériels de cette infraction sont constitués des actes ci-après :
production, importation, utilisation, mise sur le marché ou élimination en violation de la loi
116
des produits chimiques toxiques.
Il convient de rappeler que les produits chimiques dangereux sont soumis soit au régime
d'interdiction soit à celui d'autorisation.
b. Élément moral
L'intention frauduleuse consistant en la volonté de produire, importer, utiliser, mettre
sur le marché ou éliminer illicitement des produits chimiques toxiques constitue l'élément
moral de cette infraction.
2. Régime répressif
L'auteur de cette infraction sera puni d'une peine d'emprisonnement allant de deux à
cinq ans et d'une amende de quatre-vingt-dix millions à deux cent cinquante millions de
francs congolais ou de l'une de ces peines seulement.

J. Exploitation, transformation ou modification illicite d'une installation classée et


changement illicite des procédés de fabrication

Cette prévention est prévue par l'article 81 de la loi susmentionnée. Cette disposition
prévoit : « Est puni d'une amende de cent millions à deux cent cinquante millions de francs
congolais, quiconque exploite, transforme ou modifie une installation classée ou change de
procédés de fabrication entraînant des dangers ou inconvénients en violation des
dispositions de l présente loi et de ses mesures d'exécution. »

1. Éléments constitutifs
a. Éléments matériels

- L'exploitation, la transformation ou la modification illicite d'une installation classée : il


s'agit d'une installation classée qui est soit exploitée, soit transformée ou encore modifiée
sans toutefois respecter le régime auquel elle est soumise.
- Changement de procédés de fabrication illicite entraînant des dangers ou inconvénients : il
s'agit du changement des procédés de fabrication qui ne respecte pas les formalités exigées
par le texte en vigueur mais qui entraîne des dangers ou des inconvénients sur
l'environnement ou sur la santé.
117
b. Élément moral
L'intention frauduleuse manifestée par la volonté d'exploiter, transformé ou de modifier une
installation classée ou de changer de procédés de fabrication ayant entraîné des dangers ou
inconvénients constitue l'élément moral de cette infraction.

2. Régime répressif

L'auteur de cette infraction est punissable d'une peine d'amende de cent millions à
deux cent cinquante millions de francs congolais.

K. Gestion illicite des déchets dangereux ou radioactifs

Cette infraction trouve sa base légale à l'article 82 de la loi susmentionnée. Elle est
ainsi libellée : « Est punie d'une servitude pénale de cinq à dix ans et d'une amende de cent
millions à deux cent cinquante millions de francs congolais ou de l'une de ces peines
seulement quiconque procède à l'immersion, l’incinération ou l'élimination, par quelque
procédé que ce soit, des déchets dangereux ou radioactifs dans les eaux continentales et les
espaces maritimes sous juridiction congolaise.
Sans préjudice des dispositions du droit international, sont également interdits sur le
territoire national l'importation, le transit, le trafic illicite ou l'entreposage de déchets
radioactifs. »
1. Éléments constitutifs
a. Éléments matériels
- le fait de procéder à l'immersion, l'incinération ou l'élimination des déchets dangereux ou
radioactifs, par n'importe quel procédé dans les eaux continentales et les espaces maritimes
relevant de la République démocratique du Congo.
- l'importation, le transit, le trafic illicite et l'entreposage de déchets radioactifs.

b. Élément moral
L'élément moral est constitué soit par l'intention coupable de procéder à l'immersion,
l'incinération ou l'élimination des déchets dangereux ou radioactifs dans les eaux
continentales et les espaces maritimes congolais, soit par l'intention frauduleuse d'importer,
118
de faire transiter, de trafiquer ou d'entreposer les déchets radioactifs.
2. Régime répressif
Le coupable sera puni d'une peine de servitude pénale de cinq à dix ans et d'une
amende de cent millions à deux cent cinquante millions de francs congolais ou de l'une de
ces peines seulement.

L. Attaque contre l'environnement à travers les opérations militaires

Cette infraction est prévue par l'article 83 de la loi susvisée. La disposition est ainsi
libellée : « Quiconque dirige intentionnellement une attaque en sachant qu'elle causerait des
dommages étendus, durables et graves à l'environnement, qui seraient excessifs par rapport
à l'ensemble de l'avantage militaire concret et direct attendu, est puni conformément aux
dispositions pertinentes du code pénal militaire congolais. »

1. Éléments constitutifs
a. Éléments matériels

- une attaque de nature à causer des dommages étendus, durables et graves à


l'environnement lors des opérations militaires ;
- les dommages doivent être excessifs par rapport à l'ensemble de l'avantage militaire
concret et direct attendu.

b. Élément moral

L'élément moral de cette infraction est constitué par la volonté coupable de causer dommage
à l'environnement.
2. Régime répressif

L'auteur de cette infraction est puni, conformément aux dispositions du code pénal
militaire sur les crimes contre l'humanité, de la peine de servitude pénale à perpétuité ou de
la peine de mort si l'attaque contre l'environnement entraîne la mort ou cause une atteinte
119
grave à l'intégrité physique ou à la santé d'une ou de plusieurs personnes.459

§2. Infractions relatives à la conservation de la nature

Les infractions relatives à la conservation de la nature sont prévues par les articles 70
à 84 de la loi n° 14/003 du 11 février 2014 relative à la conservation de la nature.
Ces infractions sont constatées par les officiers du ministère public, les officiers de police
judiciaire à compétence générale et les agents assermentés de l'organisme public national ou
provincial ayant pour mission la gestion des aires protégées d'intérêt national ou provincial
ainsi que les agents de l'autorité nationale dont la mission est de protéger les ressources
biologiques et génétiques ainsi que les savoirs traditionnels associés.460
Les agents de ces organismes doivent revêtir de la qualité des officiers de police judiciaire à
compétence restreinte.

A. Violation de l'intégrité des aires protégées

La base légale de cette infraction est l'article 71 de la loi précitée qui est libellé
comme suit : « Est punie d'une servitude pénale de un à trois ans et d'une amende de cent
mille à un million cinq cent mille francs congolais ou de l'une de ces peines seulement, toute
personne qui, dans les réserves naturelles intégrales, les parcs nationaux et les réserves de
biosphère :
1) introduit les armes à feu et autres instruments de chasse ;
2) détient ou transporte des espèces de faune et de flore sauvages vivants, leurs peaux ou
autres dépouilles ;
3) introduit intentionnellement une espèce exotique susceptible de menacer les écosystèmes,
habitats ou espèces ;
4) pratique une activité de pêche de toute nature ;
5) prend ou détruit les œufs et/ou les nids ;
6) détruit, par quelque moyen que ce soit, les biotopes, les espèces de faune et de flore
sauvages, ou les autres ressources naturelles biologiques ou génétiques ;
7) déplace, brise ou enlève les bornes servant de limites des aires protégées ;
459
Art. 167 de la loi n° 024-2002 du 18 novembre 2002 portant code pénal militaire
460
Art. 70 de la loi n° 14/003 du 11 février 2014 relative à la conservation de la nature
120
8) pollue directement ou indirectement les eaux, rivières et cours d'eau. »

1. Éléments constitutifs

a) Éléments matériels
Les éléments matériels de cette infraction sont constitués par l'un des actes ci-après posés
dans les réserves naturelles intégrales, les parcs nationaux et les réserves de biosphère :
- introduire des armes à feu et autres instruments de chasse ;
- détenir ou transporter des espèces de faune et de flore sauvages vivants, leurs peaux ou
autres dépouilles ;
- introduire intentionnellement une espèce exotique susceptible de menacer les écosystèmes,
les habitats ou espèces ;
- pratiquer une activité de pêche de toute nature ;
- prendre ou détruire les œufs et ou les nids ;
- détruire, par quelque moyen que ce soit, les biotopes, les espèces de faune et de flore
sauvages, ou les autres ressources naturelles biologiques ou génétiques ;
- déplacer, briser ou enlever les bornes servant de limites des aires protégées ;
- polluer directement ou indirectement les eaux, rivières et cours d'eau.

b. Élément moral
L'élément moral est constitué par la volonté coupable de porter atteinte à l'intégrité
physique de la réserve naturelle intégrale, du parc national et de la réserve de biosphère.
L'intention criminelle est donc requise.

2. Régime répressif
L'auteur de cette infraction est puni d'une peine d'emprisonnement allant d'un an à trois ans
et d'une amende de cent mille à un million cinq cent mille francs congolais ou de l'une de
ces peines seulement.

B. Activité illicite au sein des aires protégées

Cette infraction est prévue par l'article 72 qui dispose : « Est punie d'une servitude
121
pénale de un an à trois ans et d'une amende de cinq millions à vingt-cinq millions de francs
congolais ou de l'une de ces peines seulement, toute personne qui dans les réserves
naturelles intégrales, les parcs nationaux et les réserves de biosphères, poursuit, chasse,
capture et détruit, tue intentionnellement de quelque manière que ce soit, toute espèce de
faune sauvage, sauf en cas de légitime défense.
Sans préjudice des dispositions du code pénal, est punie des peines prévues à l'alinéa 1 er ,
toute personne qui provoque délibérément un incendie dans une aire protégée. »

1. Éléments constitutifs
a. Éléments matériels

Les éléments matériels sont constitués des actes de poursuite, de chasse, de capture et de
destruction ainsi que de tuerie intentionnelle de toute espèce de faune sauvage se trouvant
dans les réserves naturelles intégrales, les parcs nationaux et les réserves de biosphères. Ces
actes ne peuvent être justifiés qu'en cas de légitime défense. Il en est ainsi notamment
lorsque l'espèce de faune sauvage menace de tuer ou de blesser grièvement une personne qui
est obligée de se défendre.
La provocation délibérée de l’incendie dans une aire protégée constitue le dernier élément
matériel de cette prévention prévu par l'alinéa 2 de l'article 72.

b. Élément moral

L'élément moral de cette infraction est constitué par l'intention délictueuse qui anime
l'auteur de l'infraction.

2. Régime répressif
L'auteur de cette infraction est puni d'une peine d'emprisonnement de un à trois ans et d'une
amende de cinq millions à vingt-cinq millions de francs congolais ou de l'une de ces peines
seulement.
C. Pollution des aires protégées
C'est l'article 73 qui prévoit cette infraction en ces termes : « Est punie d'une
servitude pénale de cinq ans à dix ans et d'une amende de quatre cent millions à sept cent
122
cinquante millions de francs congolais ou de l'une de ces peines seulement, toute personne
qui dans les réserves naturelles intégrales, les parcs nationaux et les réserves de biosphères,
stocke, enfouit ou déverse les déchets toxiques, les substances chimiques, les polluants et
tout produit dangereux. »
1. Éléments constitutifs
a. Éléments matériels

Les actes matériels de cette infraction consiste dans le fait de stocker,enfouir ou


déverser les déchets toxiques, les substances chimiques les polluants et tout autre produit
dangereux. Il s'agit du fait de manipuler les déchets dangereux dans une aire protégée. Cette
interdiction se justifie par le fait que ces déchets sont de nature à porter atteinte aux espèces
de faune et flore.

b. Élément moral
L'élément moral est constitué par l'intention coupable qui anime l'auteur de l'infraction..
2. Régime répressif

L'auteur de cette infraction est puni d'une peine d'emprisonnement de cinq à dix ans
et d'une amende de quatre cent millions à sept cent cinquante millions de francs congolais
ou de l'une de ces peines seulement.
En outre, l'auteur sera condamné à la restauration des écosystèmes, habitats naturels ou sites
dégradés ou pollués.

D. Prospection et exploitation forestière, minière, des hydrocarbures ou des carrières


dans une aire protégée et autorisation de ces activités

1. Éléments constitutifs
a. Éléments matériels

Les éléments matériels de cette infraction consiste dans le fait d'exercer une activité
de prospection ou d'exploitation forestière, minière, des hydrocarbures ou des carrières dans
une aire protégée. Il en est également le fait de délivrer l'autorisation relative à ces activités.
123

b. Élément moral
L'élément moral est constitué par l'intention délictueuse qui anime l'auteur de l'infraction.

2. Régime répressif
Celui qui exerce une activité de prospection ou d'exploitation forestière, minière, des
hydrocarbures ou des carrières dans une aire protégée, est puni d'une amende de cent
millions à un milliard de francs congolais. On constate que le législateur n'a retenu que la
peine d'amende en excluant toute peine d'emprisonnement. Cela se justifie par le fait que les
activités de prospection et d'exploitation forestière, minière, des hydrocarbures ou des
carrières sont exercées souvent par des personnes morales.
Le fonctionnaire qui délivre l'autorisation relative aux activités susvisées, est puni d'une
peine d'emprisonnement de six à douze mois et d'une amende de dix millions à cinquante
millions de francs congolais.

E. Délivrance de l'autorisation d'une activité interdite


Cette prévention a pour base légale l'article 75 de la loi susvisée. Elle est libellée
comme suit : « Sans préjudice des sanctions disciplinaires prévues par la législation en
vigueur, est puni d'une servitude pénale de trois à six mois et d'une amende de cinq millions
à vingt-cinq millions de francs congolais, l'agent public de l’État qui, dans une aire protégée,
délivre l'autorisation pour une activité interdite autre que celles énumérées à l'article 66 de la
présente loi. »

1. Éléments constitutifs
a. Élément matériel
L'élément matériel consiste dans le fait pour un agent public de l’État, de délivrer
une autorisation pour une activité autre que celles énumérées à l'article 66 de la loi relative à
la conservation de la nature dans une aire protégée.
L'article 66 de cette loi conditionne l'introduction en provenance de la mer d'un specimen
d'une espèce de faune ou de flore sauvage inscrite aux annexes de la convention sur le
commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction par
l'obtention préalable d'un certificat d'introduction en provenance de la mer et d'un certificat
124
phytosanitaire délivrés respectivement par l'organe de gestion et l'autorité compétente.
En dehors de cette autorisation, toute autre est interdite.

b. Élément moral
L'élément moral est constitué par l'intention coupable ayant animé l'auteur de
l'infraction.
2. Régime répressif
L'auteur de cette infraction, qui doit être un fonctionnaire de l’État, est puni d'une
peine de servitude pénale de trois à six mois et d'une amende de cinq millions à vingt-cinq
millions de francs congolais. Il convient d'observer que le législateur oblige le juge, au cas
où l'infraction est consommée, de prononcer les deux peines cumulativement. Il n'a donc pas
la possibilité de choisir l'une d'elles. Il devra en outre ordonner le retrait de l'autorisation
illicite.

F. Protection des végétaux dans l'aire protégée

L'infraction prévue par l'article 76 est ainsi libellée : « Est punie d'une servitude
pénale d'un mois à un an et d'une amande de cent mille à cinq mille francs congolais ou de
l'une de ces peines seulement, toute personne qui, dans une aire protégée :
1) abat, détruit, déracine ou enlève une essence forestière ;
2) introduit tout matériel végétal forestier, vivant ou mort, ou toute espèce exotique
susceptible de menacer les écosystèmes, les habitats et les espèces ;
3) fait évoluer un aéronef à une hauteur inférieure à 500 mètres. »

1. Éléments constitutifs
a. Éléments matériels
Les éléments matériels de cette infraction sont constitués du fait d'abattre, détruire,
déraciner ou enlever une essence forestière dans une aire protégée ou le fait d'introduire
dans une aire protégée, tout matériel végétal forestier, vivant ou mort, ou toute espèce
exotique susceptible de menacer les écosystèmes, les habitats et les espèces ou encore le fait
de faire évoluer un aéronef à une hauteur inférieure à 500 mètres au-dessus d'une aire
protégée.
125

b. Élément moral
L'élément moral est constitué par l'intention coupable qui anime l'auteur de
l'infraction à poser l'un des actes matériels susmentionnés.

2. Régime répressif
L'auteur de cette infraction est puni d'une peine de servitude pénale d'un mois à un an
et d'une amende de cent mille à cinq cent mille francs congolais ou de l'une de ces peines
seulement.
En outre, la juridiction saisie ordonne la restauration des écosystèmes, habitats naturels ou
sites dégradés ou pollués aux frais de l'auteur de l'infraction.

G. Réalisation des travaux illicites dans une aire protégée

Cette infraction est prévue par l'article 77 qui dispose : « Est punie d'une servitude
pénale de six mois à un an et d'une amende de dix millions à cent millions de francs
congolais ou de l'une de ces peines seulement, toute personne qui dans une aire protégée :
1) effectue des travaux non prévus dans le plan d'aménagement et qui sont de nature à
modifier les sites minéralogiques et paléontologiques, les vestiges archéologiques, le
paysage, le relief, le drainage naturel, la fertilité du sol, le régime et la pureté des eaux, la
végétation, la faune et la flore sauvages ;
2) enlève des litières et de la végétation herbacée ou utilise des engrais et des biocides ;
3) construit une maison, ferme ou hangar, sauf s'il est exclusivement affecté à la gestion de
l'aire protégée. »

1. Éléments constitutifs
a. Éléments matériels

Les éléments matériels sont constitués des actes ci-après :


- le fait de réaliser des travaux non prévus dans le plan d'aménagement tendant à modifier
les sites minéralogiques et paléontologiques, les vestiges archéologiques, le paysage, le
relief, le drainage naturel, la fertilité du sol, le régime et la pureté des eaux, la végétation, la
126
faune et la flore sauvages.
- le fait d’enlever des litières et de la végétation herbacée ou utiliser des engrais et des
biocides.
- le fait de construire une maison, ferme ou hangar qui n'est pas affectée à la gestion de
l'aire protégée.

b. Élément moral
L'élément moral consiste dans l'intention d'effectuer les travaux interdits par la loi.

2. Régime répressif

Le coupable sera puni d'une peine d'emprisonnement de six mois à une année et d'une
amende de dix millions à cent millions de francs congolais ou de l'une de ces peines
seulement. La juridiction compétente devra aussi ordonner la destruction des ouvrages
réalisés illégalement ou la restauration du site.

H. Destruction des espèces de faune et de flore totalement ou partiellement protégées

Cette prévention est prévue par l'article 78 qui dispose : « Est punie d'une servitude
pénale de un à dix ans et d'une amende de cinq millions à vingt millions de francs congolais
ou de l'une de ces peines seulement, toute personne qui tue, blesse, capture ou détient un
spécimen d'une espèce de flore sauvage intégralement protégée visée aux articles 7 et 13 de
la présente loi. Ces peines sont ramenées à une servitude pénale de six mois à deux ans et à
une amende de un million à cinq millions de francs congolais lorsque ces actes portent sur
des spécimens des espèces de faune ou de flore sauvages partiellement protégées. »
1. Éléments constitutifs
a. Éléments matériels

Les éléments matériels de cette infraction consistent dans les faits suivants :
- tuer, blesser, capturer ou détenir un spécimen d'une espèce de faune sauvage totalement ou
partiellement protégée ;
- couper ou déraciner un spécimen d'une espèce de flore sauvage totalement ou
127
partiellement protégée.
b. Élément moral
L’élément moral est constitué par l'intention coupable qui anime l'auteur de cette
infraction. Celui-ci ne sera justifié qu'en cas de légitime défense.
2. Régime répressif
Le régime répressif de cette infraction diffère selon qu'il s'agit des espèces totalement
protégées ou partiellement protégées.
Lorsque l'infraction porte sur des espèces de faune et de flore sauvages totalement protégées,
l'auteur sera puni d'une peine de servitude pénale de un à dix ans et d'une amende de cinq
millions à vingt millions de francs congolais ou de l'une de ces peines seulement.
Si l'infraction concerne les espèces de faune et de flore sauvages partiellement protégées, le
coupable sera puni d'une peine d'emprisonnement de six mois à deux ans et d'une amende de
un million à cinq millions de francs congolais.
Dans tous les cas, l'espèce de faune ou de flore concernée devra être confisquée et
remise à l'organisme chargé de la conservation, ainsi que l'objet ayant servi à la commission
de l'infraction. Cependant, en ce qui concerne l'arme à feu, sa confiscation et sa destination
se fait conformément à la législation en la matière.

I. Commerce illicite des espèces de faune et de flore intégralement et partiellement


protégées

L'article 79 qui prévoit cette infraction dispose : « Est punie d'une servitude pénale de
cinq ans à dix ans et d'une amende de vingt-cinq millions à cent millions de francs congolais,
toute personne qui exerce les activités de commerce international de spécimens d'espèces de
faune et de flore sauvages intégralement protégées et leurs produits en violation de
dispositions de la présente loi et du décret portant réglementation du commerce international
des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction.
La peine est de un an à deux ans de servitude pénale et d'une amende de dix millions à
vingt-cinq millions de francs congolais ou de l'une de ces peines seulement lorsque les
activités de commerce visées à l'alinéa 1er portent sur les espèces partiellement protégées. »

1. Éléments constitutifs
128
a. Éléments matériels
Les éléments matériels de cette infraction sont constitués par l'exercice illicite du
461
commerce international de spécimens d'espèces de faune et de flore sauvages
intégralement protégées et leurs produits ou les espèces partiellement protégées.

b. Élément moral
L'élément moral consiste dans l'intention coupable qui anime l'agent à exercer le
commerce illicite de ces espèces.

2. Régime répressif

L'auteur de cette infraction est puni d'une peine de servitude pénale de cinq à dix et
d'une amende de vingt-cinq millions à cent millions de francs congolais, lorsque le
commerce illicite porte sur les espèces totalement protégées ou sur leurs produits. Il
convient de remarquer que le juge doit prononcer les deux peines cumulativement. En outre,
l'espèce de faune ou de flore, objet de l'infraction, fait l'objet de confiscation et remise à
l'organisme public chargé de la conservation.
La peine est de un à deux ans d'emprisonnement et une amende de dix millions à
vingt-cinq millions de francs congolais ou de l'une de ces peines seulement, lorsque le
commerce illicite porte sur les espèces partiellement protégées.

J. Importation ou introduction illicite d'une espèce exotique sur le territoire national

L'article 80 de la loi qui prévoit cette infraction dispose : « Sans préjudice des
dispositions de l'article 79 de la présente loi, est puni d'une servitude pénale de six mois à
trois ans et d'une amende de vingt-cinq millions à cinquante millions de francs congolais ou
de l'une de ces peines seulement, quiconque importe ou introduit sur le territoire national
une espèce exotique sans l'autorisation écrite de l'autorité nationale compétente.
La peine est portée au double en cas d'importation ou d'introduction sur le territoire national
d'une espèce exotique envahissante. Est présumé importateur, quiconque détient une espèce
exotique envahissante dans le rayon douanier. »

461
Par spécimen, il faut entendre tout animal, toute plante ou tout organisme vivant ou mort.
129

1. Éléments constitutifs
a. Éléments matériels

Les éléments matériels constitutifs de cette infraction consistent dans le fait


d'importer ou d'introduire sur le territoire national une espèce exotique462 sans l'autorisation
de l'autorité nationale compétente. Cependant, lorsque l'espèce exotique importée ou
introduite est envahissante,463 cela constitue une circonstance aggravante.
Le fait de détenir une espèce exotique envahissante dans le rayon douanier présume que
cette espèce est importée.
b. Élément moral

L'élément moral de cette infraction est constitué par l'intention coupable qui anime
l'auteur de l'infraction d'importer ou d'introduire sur le territoire national une espèce
exotique.
2. Régime répressif

L'auteur de l'infraction est puni d'une servitude pénale de six mois à trois ans et d'une
amende de vingt-cinq millions à cinquante millions de francs congolais ou de l'une de ces
peines seulement. En outre, l'espèce exotique, objet de l'infraction doit être confisquée et
confiée à l'organisme public chargé de la conservation.
La peine est portée au double en cas d'importation ou d'introduction sur le territoire national
d'une espèce envahissante. Il s'agit là d'une circonstance aggravante.

K. Exploitation illicite à des fins commerciales, scientifiques ou autres des savoirs


traditionnels

Cette infraction est prévue par l'article 81 de la loi susmentionnée qui est libellé
comme suit : « Est punie d'une servitude pénale de six mois à un an et d'une amende de un

462
Par espèce exotique, on entend toute espèce ou taxon inférieur se manifestant en dehors de son aire de distribution
naturelle et de son aire de son dispersion potentielle.
463
Par espèce exotique envahissante, il faut entendre tout animal, plante ou autre organisme introduits par l'homme dans
les zones se situant hors de l'aire naturelle de distribution de l'espèce. Elle s'installe, se propage et peut avoir de
graves conséquences sur l'écosystème et les espèces indigènes.
130
million à cinq millions de francs congolais ou de l'une de ces peines seulement, quiconque
se livre à l'exploitation à des fins commerciales, scientifiques ou autres des savoirs
traditionnels ou innovations associées aux ressources génétiques des communautés locales
sans avoir obtenu au préalable l'accord écrit de ces communautés.
La peine est de un à cinq ans de servitude pénale et d'une amende de cinq millions à
vingt millions de francs pour quiconque se livre à l'exploitation à des fins commerciales,
scientifiques ou autres des ressources génétiques sans avoir obtenu l'autorisation écrite de
l'autorité nationale compétente dans les conditions définies par la présente loi et ses mesures
d'exécution.
La peine est portée au double en cas d'exportation à des fins commerciales, scientifiques ou
autres des ressources génétiques sans avoir obtenu l'autorisation écrite de l'autorité nationale
compétente dans les conditions définies par la présente loi et ses mesures d'exécution. »

1. Éléments constitutifs
a. Éléments matériels

L'élément matériel consiste dans le fait d'exploiter à des fins commerciales,


scientifiques ou autres des savoirs traditionnels ou innovations associées aux ressources
génétiques des communautés locales sans avoir obtenu au préalable l'accord écrit de ces
communautés.
Cette infraction admet deux circonstances aggravantes suivantes :
- le fait d'exploiter à des fins commerciales, scientifiques ou autres des ressources
génétiques sans avoir obtenu l'autorisation écrite de l'autorité nationale compétente.
- le fait d'exporter à des fins commerciales, scientifiques ou autres des ressources génétiques
sans avoir obtenu l'autorisation écrite de l'autorité nationale compétente.

b. Élément moral

L'élément moral est constitué par l'intention coupable qui anime l'auteur de
l'infraction de vouloir exploiter des savoirs traditionnels appartenant aux communautés
locales sans obtenir au préalable l'accord écrit de ces communautés.
131
2. Régime répressif
L'auteur de l'infraction est puni d'une servitude pénale de six mois à un an et d'une
amende de un million à cinq millions de francs congolais ou de l'une de ces peines
seulement. En outre, le produit de l'exploitation doit être confisqué et confié à l'organisme
public chargé de la conservation. La peine est de un à cinq ans de servitude pénale et d'une
amende de cinq millions à vingt millions de francs congolais lorsque l'exploitation se fait
sans l'autorisation écrite de l'autorité nationale compétente. En cas d'exportation des
ressources génétiques sans l'autorisation de l'autorité nationale compétente, la peine est
portée au double.
L. Accès aux ressources génétiques sur base d'une fausse déclaration

L'article 82 qui prévoit cette infraction dispose : « Est puni d'une servitude pénale de
un à cinq ans et d'une amende de cinquante millions à cent millions de francs congolais ou
de l'une de ces peines seulement, tout utilisateur qui accède aux ressources sur base d'un
consentement s'appuyant sur une fausse déclaration.
La juridiction saisie ordonne en outre le retrait du permis. »

1. Éléments constitutifs
a. Éléments matériels

L'élément matériel est constitué par le fait pour l'utilisateur d'accéder aux ressources
génétiques sur base du consentement de la communauté locale obtenu sur base d'une fausse
déclaration. Cela veut dire que l'utilisateur a usé des manœuvres frauduleuses pour obtenir
le consentement de la communauté locale propriétaire des ressources génétiques afin d'y
accéder.
b. Élément moral
L'élément moral de cette infraction consiste dans l'intention d'accéder aux ressources
génétiques en usant de fausse déclaration.

2. Régime répressif

L'auteur de l'infraction est puni d'une servitude pénale de un à cinq ans et d'une
132
amende de cinquante millions à cent millions de francs congolais ou de l'une de ces peines
seulement.
Si l'infraction est établie, la juridiction saisie ordonne en outre le retrait du permis
d'exploitation.

§3. Infractions relatives au régime forestier

Ces infractions sont prévues par la loi n° 011/2002 du 29 août 2002 portant code
forestier. Elles peuvent être constatées par les officiers du ministère public, les officiers de
police judiciaire à compétence générale, les inspecteurs forestiers ainsi que les
fonctionnaires assermentés de l'administration des forêts.
Il convient de noter que les inspecteurs forestiers ainsi les fonctionnaires assermentés
doivent, avant d'exercer les fonctions d'officier de police judiciaire à compétence restreinte,
prêter serment devant le procureur de la République du ressort.
Les agents non assermentés de l'administration des forêts n'établissent que des rapports
lorsqu'ils constatent une infraction.
Dans l'exercice de leur fonction, les officiers de police judiciaire tant à compétence
générale qu'à compétence restreinte, peuvent requérir la force publique pour la répression
des infractions forestières et pour procéder à la saisie des produits forestiers illégalement
détenus, transportés, vendus ou achetés.464
Ci-dessous, nous analysons les infractions prévues par la loi susmentionnée.

A. Exploitation forestière illicite, transport et vente illicite du bois

Cette infraction est prévue par l'article 143 de la loi susvisée qui dispose : « Sans
préjudice des dommages-intérêts et de la saisie ou de la restitution des produits de
l'infraction, des instruments ayant servi à la commettre et de la remise en état des lieux, est
puni d'une servitude pénale de trois mois à deux ans et d'une amende de 20.000 à 100.000
francs congolais constants ou d'une de ces peines seulement, quiconque :
1. se livre à l'exploitation forestière en violation des dispositions de la présente loi ou de ses
mesures d'exécution ;

464
Art. 132 de la loi n° 011/ 2002 du 29août 2002 portant code forestier
133
2. transporte ou vend du bois obtenu en violation des dispositions de la présente loi ou de
ses mesures d'exécution. »

1. Éléments constitutifs
a. Éléments matériels

Les éléments matériels de cette infraction sont constitués des actes ci-après :
- le fait de se livrer à une exploitation forestière illicite. Cela suppose que l'exploitant n'a pas
obtenu l'autorisation requise par la loi.
- le transport et la vente du bois issu de l'exploitation illicite.
L'infraction est consommée lorsque son auteur pose l'un des actes ci-dessus prohibés par la
loi.

b. Élément moral
L'élément moral consiste dans l'intention d'exploiter sans autorisation une forêt ou de
transporter et de vendre le bois provenant de cette exploitation.

2. Régime répressif
L'auteur de cette infraction est puni d'une servitude pénale de trois mois à deux ans et
d'une amende de 20.000 à 100.000 francs constants ou de l'une de ces peines seulement.
L'autorité judiciaire compétente peut en outre, procéder à la saisie des produits de
l'infraction ainsi que du matériel ayant servi à la commission de cette infraction. Elle peut
aussi condamner l'auteur de cette infraction à la remise en état des lieux ou à la restitution
des produits de l'infraction.

B. Exploitation des produits forestiers, reconnaissance forestière et déboisement


forestier illicites

Cette prévention est prévue par l'article 144 de la loi susvisée. Elle est libellée
comme suit : « Est puni d'une servitude pénale de six mois à trois ans et d'une amende de
100.000 à 500.000 francs congolais constants ou d'une de ces peines seulement :
1. le titulaire d'une autorisation de reconnaissance forestière ou d'inventaire qui exploite des
134
produits forestiers sans y avoir été autorisé ;
2. Celui qui procède à une reconnaissance forestière ou à un déboisement de forêts sans
autorisation y afférente. »

1. Éléments constitutifs
a. Éléments matériels

Les éléments matériels de cette infraction sont constitués des actes ci-après :
- le fait pour un titulaire d'une autorisation de reconnaissance forestière ou d'inventaire
d'exploiter des produits forestiers sans autorisation.
Par reconnaissance forestière, on entend l'opération qui consiste à examiner une forêt par
voie aérienne ou à terre, afin d'en acquérir une connaissance générale préliminaire à d'autres
études plus approfondies telles que l'inventaire et l'aménagement.465
L'inventaire forestier consiste à évaluer et décrire la quantité, la qualité et les
caractéristiques des arbres et des milieux forestiers.
La reconnaissance et l'inventaire forestiers font l'objet des autorisations. Mais celles-
ci ne donnent pas le droit d'exploiter la forêt d'une manière quelconque.
- le fait de procéder à la reconnaissance ou au déboisement d'une forêt sans autorisation.
Le déboisement est défini comme l'opération de défricher une terre forestière ou à couper ou
à extirper ses végétaux ligneux en vue de changer l'affectation du sol.

b. Élément moral
Cet élément est constitué par l'intention d'exploiter les produits forestiers et de procéder à la
reconnaissance ou au déboisement d'une forêt sans au préalable obtenir l'autorisation.

2. Régime répressif
L'auteur de cette infraction sera puni d'une servitude pénale de six mois à trois ans et d'une
amende de 100.000 à 500.000 francs congolais constants ou d'une de ces peines seulement.

465
Art. 1Er point 12 de la loi n° 011/2002 du 29 août 2002 portant code forestier
135
C. Falsification des autorisations

La base légale de cette infraction est l'article 145 du code forestier. Selon cette
disposition, « Est puni d'une peine de servitude pénale de six mois à deux ans et d'une
amende de 20.000 à 100.000 francs congolais constants ou d'une de ces peines seulement,
quiconque falsifie l'une des autorisations prévues par la présente loi et ses mesures
d'exécution.
Sont considérées comme illicites, les coupes pratiquées sous une autorisation falsifiée
et la détention des produits forestiers en vertu d'une telle autorisation.
Les agents assermentés qui en font le constat ordonnent l'arrêt des travaux de coupe et
saisissent les produits ainsi que les outils, machines et véhicules ayant servi aux travaux. »

1. Éléments constitutifs
a. Éléments matériels

Les éléments matériels de cette infraction sont constitués des actes suivants :
- la falsification de l'une des autorisations prévue par les textes légal et réglementaires. Il
s'agit essentiellement de la falsification des différents permis d'exploitation prévus par
l'arrêté sur l'exploitation forestière ainsi que des autorisations pour l'inventaire forestier ou
la reconnaissance forestière.
- les coupes opérées sur base d'une autorisation falsifiée ainsi la détention des produits
forestiers y relatifs.

b. Élément moral
L'élément moral est constitué par l'intention d'altérer la vérité en falsifiant une autorisation.

2. Régime répressif
Le coupable sera puni d'une peine d'emprisonnement allant de six mois à deux ans et
d'une amende de 20.000 à 100.000 francs congolais constants ou d'une de ces peines
seulement. Les officiers de police judiciaire qui constatent cette infraction sont tenus
d'ordonner les travaux de coupe réalisés sur base du permis falsifié et de procéder à la saisie
des produits de l'infraction ainsi que les outils, machines et véhicules ayant servi à sa
136
commission.

D. Falsification des marques déposées et usage de marteau falsifié

L'article 146 qui prévoit cette infraction dispose : « Est puni d'une peine de servitude
pénale de deux mois à deux ans et d'une amende de 25.000 à 125.000 francs congolais
constants ou d'une de ces peines seulement, quiconque contrefait ou falsifie les marques
régulièrement déposées, fait usage de marteau contrefait ou falsifié, ou, s'étant indûment
procuré le marteau véritable, en fait frauduleusement usage, en enlève ou tente d'en enlever
les marques.
En cas de récidive, il est puni d'une peine de servitude pénale de six mois à trois ans et d'une
amende de 500.000 à 1000.000 francs congolais constants.
Lorsque ces marteaux servent de marque de l'administration chargée des forêts, la peine de
servitude pénale est d'un an à cinq ans et l'amende, de 100.000 à 2.500.000 francs congolais
constants. »

1. Éléments constitutifs
a. Éléments matériels
Les actes matériels de cette infraction sont le suivants :
- contrefaçon ou falsification des marques régulièrement déposées ;
- faire usage de marteau contrefait ou falsifié ;
- faire usage frauduleux d'un marteau véritable indûment procuré, en enlever ou tenter d'en
enlever les marques.
Le marteau forestier est un signe distinctif d'un exploitant forestier. Il est exigé pour
permettre l'identification ou la mise sur le marché des bois ou arbres destinés à être
exploités, déjà exploités ou en circulation. Chaque exploitant forestier dispose donc de son
marteau forestier qui est sa marque déposée dont la falsification et l'usage sont réprimés.

b. Élément moral
L'élément moral consiste dans la volonté frauduleuse de falsifier ou contrefaire des marques
ou de faire usage des marques contrefaites.
2. Régime répressif
137

L'auteur de cette infraction est puni d'une peine d'emprisonnement allant de deux
mois à deux ans et d'une amende de 25.000 à 125.000 francs congolais constants ou d'une
de ces peines seulement. Mais en cas de récidive, l'auteur sera puni d'une peine
d'emprisonnement de six mois à trois ans et d'une amende de 500.000 à 1000.000 de francs
congolais constants. Lorsque les marteaux contrefaits servent de marque de l'administration
des forêts, la peine est de un à cinq ans d'emprisonnement et une amende de 100.000 à
2500.000 de francs congolais constants.

E. Refus d'accès aux agents, louage échange ou cession illicite, exportation illicite des
essences et exploitation illicite des produits forestiers.

Cette prévention est prévue par l'article 147 en ces termes : « Est puni d'une servitude
pénale d'un mois à trois ans et d'une amende de 10.000 à 500.000 francs congolais constants
ou de l'une de ces peines seulement, le concessionnaire forestier qui :
1. Refuse l'accès de sa concession à des agents de l'administration chargée des forêts ou aux
membres du Conseil consultatif provincial des forêts en mission de service ;
2. loue, échange ou cède sa concession sans l'autorisation de l'autorité compétente ;
3. exporte des essences en violation des restrictions instituées par les mesures d'exécution de
la présente loi ;
3. exploite les produits forestiers sans autorisation requise. »

1. Éléments constitutifs
a. Éléments matériels
Les éléments matériels de cette infraction sont les suivants :
- le fait pour le concessionnaire forestier de refuser que les agents de l'administration
chargée des forêts ou les membres du Conseil consultatif provincial des forêts en mission de
service, accèdent dans sa concession. Il s'agit là d'une obstruction faite à la mission des
agents de l’État en mission de contrôle ou de vérification.
138
- le fait pour le concessionnaire forestier de louer, d'échanger ou de céder sa concession sans
l'autorisation de l'autorité compétente.
- l'exportation des essences en violation de la loi.
- l'exploitation des produits forestiers en violation de la loi.

b. Élément moral
L'élément moral de cette infraction est constitué par l'intention coupable qui anime
l'auteur de cette infraction.

2. Régime répressif
L'auteur de cette infraction sera puni d'une peine d'emprisonnement d'un mois à trois
ans et d'une amende de 10.000 à 500.000 francs congolais constants ou de l'une de ces
peines seulement.
F. Destruction des forêts
Cette infraction est prévue par l'article 148 de la loi précitée qui dispose : « Est puni
d'une servitude pénale de six mois à cinq ans et d'une amende de 20.000 à 500.000 francs
congolais constants ou d'une de ces peines seulement celui qui :
- dégrade un écosystème forestier ou déboise une zone exposée au risque d'érosion ou
d'inondation ;
- dans une forêt classée, procède à l'émondage ou l'ébranchage des arbres ou pratique la
culture par essartage ;
- déboise la forêt sur une distance de 50 mètres de part et d'autre des cours d'eau ou dans un
rayon de 100 mètres autour d'une source ;
- sans y être autorisé, coupe, arrache, enlève, mutile ou endommage des arbres ou plants
d'essences forestières protégées ;
- enlève, déplace ou dégrade des bornes, marques ou clôture servant à délimiter des forêts
ou des concessions forestières. »

1. Éléments constitutifs
a. Éléments matériels
Les éléments matériels de cette infraction sont constitués des actes ci-après :
- la dégradation d'un écosystème forestier ou le déboisement d'une zone exposée au risque
139
d'érosion ou d'inondation ;
- l'émondage466 ou l'ébranchage467 des arbres ou la pratique de la culture par essartage 468
dans une forêt classée ;
- le déboisement de la forêt sur une distance de 50 mètres de part et d'autre des cours d'eau
ou dans un rayon de 100 mètres autour de leur source ;
- le fait de couper, arracher, enlever, mutiler ou endommager des arbres ou plants d'essences
forestières protégées sans autorisation ;
- le fait d'enlever, déplacer ou dégrader des bornes, marques ou clôtures servant à délimiter
des forêts ou des concessions forestières.

b. Élément moral
L'élément moral de cette infraction est l'intention coupable qui consiste à poser des actes
prohibés par la loi.

2. Régime répressif
L'auteur de cette infraction est puni d'une d'emprisonnement de six mois à cinq ans et d'une
amende de 20.000 à 500.000 francs congolais constants ou de l'une de ces peines seulement.

G. Prohibition des feux de forêts et de brousse


La base légale de cette infraction est l'article 149 du code forestier libellé comme
suit : « Les infractions aux articles 57 à 63 sont punies d'une servitude pénale de deux mois
à deux ans et d'une amende de 60.000 à 1000.000 francs congolais constants ou d'une de ces
peines seulement. »
1. Éléments constitutifs
a. Éléments matériels
Les éléments matériels sont constitués des interdictions prévues par les articles 57 à
63 du code forestier. Il s'agit essentiellement des actes prohibant l'incendie des forêts et des
brousses.
- provocation ou abandon du feu susceptible de se propager dans la forêt ou dans la brousse
466
Par émondage, on entend l'opération culturale qui consiste à supprimer les pousses ou les bourgeons latéraux d'un
jeune plant.
467
Par ébranchage, il faut entendre l'action de couper une ou des branches d'un arbre que ce dernier soit encore sur pied
ou abattu, aussitôt avant ou après son abattage.
468
L'essartage est défini comme le défrichement d'une portion de terrain boisé ou broussailleux et son incinération en
vue de sa mise en culture périodique.
140
(art 57 al. 1Er) ;
- abandon du feu non éteint dans le domaine forestier (art. 57 al.2) ;
- le fait de porter et d'allumer un feu en dehors des habitations et des bâtiments
d'exploitation situés à l'intérieur des forêts, sauf pour fabriquer du charbon, à condition de
prendre des dispositions utiles pour éviter la propagation du feu dans le domaine
forestier(art.58) ;
- le fait d'allumer un feu dans un rayon de 500 mètres autour des forêts situés dans la savane
ou en bordure de celle-ci(art. 60 al.1er) ;
- le fait d'allumer en zone de savane un feu le long des routes et chemins qui traversent les
forêts classées (art. 60 al.2) ;
- le fait d'allumer un feu quelconque dans les réserves naturelles intégrales et les parcs
nationaux, sauf pour des raisons d’aménagement (art. 61) ;
- le fait de ne pas aviser la présence d'un feu incontrôlé constaté dans le domaine forestier
(art.63 al.2) ;
- le fait de ne pas apporter son secours pour éteindre un incendie de forêt se trouvant à
proximité (art. 63 al.3) ; Il y a lieu d'observer que les actes matériels constituant ces
infractions sont tantôt de commission tantôt d'omission.

b. Élément moral

L'élément moral de ces infractions consiste dans l'intention coupable qui anime
l'auteur de l'infraction de commettre l'acte répréhensible ou de s'abstenir de poser l'acte
exigé.
2. Régime répressif
Ces infractions sont punies d'une peine d'emprisonnement de deux mois à deux ans et
d'une amende de 60.000 à 1.000.000 francs congolais constants ou d'une de ces peines
seulement.

H. Exercice illicite du droit d'usage forestier


La base légale de cette infraction est l'article 150 du code forestier. Selon cette
disposition : « Est puni d'une servitude pénale de deux mois à un an et d'une amende de
10.000 à 50.000 francs congolais constants ou d'une de ces peines seulement quiconque,
141
dans une forêt classée, exerce un droit d'usage forestier en violation des dispositions de la
présente loi ou de ses mesures d'exécution. »

1. Éléments constitutifs
a. Élément matériel

L'élément matériel de cette infraction consiste en l'exercice illicite du droit d'usage


forestier dans une forêt classée.
Les droits d'usage dans les forêts classées sont exercés exclusivement par les populations
riveraines et la jouissance de ces droits est subordonnée au respect de la loi. Les droits
d'usage reconnus à la population riveraine dans ces forêts sont prévus par l'article 38 du
code. Il s'agit de :
- ramassage du bois mort et de la paille ;
- cueillette des fruits, des plantes alimentaires ou médicinales ;
- ramassage des chenilles, escargots ou grenouilles ;
- prélèvement du bois destiné à la construction des habitations et pour usage artisanal.
En définitive, c'est le plan d'aménagement de chaque forêt classée qui détermine les droits
d'usage autorisés pour la forêt concernée.
b. Élément moral
L'élément moral de cette prévention est constitué par l'intention coupable qui anime
son auteur d'exercer illicitement le droit d'usage sur une forêt classée.
2. Régime répressif

L'auteur de cette infraction est puni d'une peine d'emprisonnement e deux mois à un
an et d'une amende de 10.000 à 50.000 francs congolais constants ou d'une de ces peines
seulement.

I. Exercice illicite du droit d'usage dans une forêt protégée

Cette infraction est prévue par l'article 151 en ces termes : « Est puni d'une servitude
pénale d'un mois à un an et d'une amende de 5.000 à 25.000 francs congolais constants ou
de l'une de ces peines seulement, quiconque, dans une forêt protégée, exerce un droit
142
d'usage forestier en violation des dispositions de la présente loi ou de ses mesures
d'exécution. »

1. Éléments constitutifs
a. Élément matériel
L'élément matériel consiste dans l'exercice illicite du droit d'usage forestier dans une
forêt protégée469.
b. Élément moral
L'intention coupable consistant à exercer illicitement les droits d'usage dans une forêt
protégée constitue l'élément moral de cette infraction.
2. Régime répressif
L'auteur de cette infraction est puni d'une peine de servitude pénale d'un mois à un an
et d'une amende de 5.000 à 25.000 francs congolais constants ou de l'une de ces peines
seulement.

J. Obstruction à l'accomplissement des devoirs des fonctionnaires de l'administration


des forêts.
Cette infraction est prévue par l'article 153 du code qui dispose : « Est puni d'une
servitude pénale d'un à cinq ans et d'une amende de 20.000 à 500.000 francs congolais
constants ou de l'une de ces peines seulement, quiconque fait obstacle à l'accomplissement
des devoirs des inspecteurs forestiers, fonctionnaires et agents de l'administration chargée
des forêts. »
1. Éléments constitutifs
a. Élément matériel
L'acte matériel de cette infraction consiste, dans le fait pour toute personne, à faire
obstacle à l'accomplissement des devoirs des inspecteurs forestiers, fonctionnaires et agents
de l'administration chargée des forêts. Il s'agit d'empêcher, de quelle que manière que soit,
ces fonctionnaires de remplir leur mission. Cette infraction peut être commise par n'importe
quelle personne.

469
Les forêts protégées sont celles qui n'ont pas fait l'objet d'un acte de classement et sont soumises à un régime
juridique moins restrictif quant aux droits d'usage et aux droits d'[Link] forêts font partie du domaine privé
de l’État et ce dernier peut octroyer sur ces forêts des concessions forestières aux particuliers.
143
b. Élément moral
L'élément moral est constitué par l'intention qui anime l'auteur de l'infraction à empêcher les
fonctionnaires de l'administration chargée des forêts à accomplir leur mission.
2. Régime répressif
L'auteur de cette infraction est puni d'une peine de servitude pénale d'un à cinq ans et
d'une amende de 20.000 à 500.000 francs congolais constants ou de l'une de ces peines
seulement.

K. Récidive
La récidive n'est pas une infraction, elle ne constitue qu'une circonstance aggravante.
Dans le cadre des infractions en matière forestière, aux termes de l'alinéa 2 de l'article 154
du code forestier, il y a récidive lorsque, dans les douze mois qui précèdent le jour où
l'infraction a été commise, il a été prononcé contre le prévenu une peine définitive pour une
infraction forestière.
En d'autres termes, si douze mois après la condamnation définitive à une peine, le
prévenu commet encore une nouvelle infraction en matière forestière, il y a récidive.
Dans ce cas, selon l'alinéa 1er de l'article 154 du code forestier, le récidiviste sera puni du
maximum de la peine d'amende encourue. Cette disposition pose un problème. En effet, la
récidive étant une circonstance aggravante, la peine du récidiviste devrait être alourdie. Or,
selon la formulation de cette disposition, le récidiviste ne sera puni que du maximum de la
peine d'amende. Il n'encourt donc pas une peine d'emprisonnement, qui par nature est grave
par rapport à la peine d'amende.

§ 4. Infractions prévues par la loi portant réglementation de la chasse

Certaines infractions prévues par cette loi sont reprises par la loi sur la conservation de
la nature. Ces infractions ne seront plus analysées dans ce paragraphe.
Il convient de noter que les infractions relatives à la chasse sont constatées par les officiers
de police judiciaire à compétence restreinte ci-après, sans préjudice des prérogatives
reconnues à l'officier du ministère public et aux officiers de police judiciaire à compétence
générale : le directeur chargé du service de la chasse, les officiers de chasse, les chefs de
division régionaux du ministère ayant la chasse dans ses attributions, les conservateurs des
144
parcs nationaux et des réserves de faune, les régisseurs des domaines de chasse.
La compétence territoriale de ces officiers de police judiciaire n'est pas la même. En effet, la
compétence territoriale du directeur chargé du service de chasse et des officiers de chasse
s'étend sur toute l’étendue du territoire national. Celle du chef de division régional s'étend
sur l'étendue de la province, celle du conservateur et du régisseur sur la réserve ou le
domaine de chasse dont ils sont responsables ainsi que sur une zone de 50 km autour de la
réserve ou du domaine de chasse.470
Avant l'analyse particulière des infractions prévues par la loi susvisée, il y a lieu
d'observer que le législateur les punit toutes de la même peine, sauf en cas de circonstance
aggravante. Ainsi, aux termes de l'article 85 de cette loi, toutes les infractions prévues par
celle-ci ainsi que par ses mesures d'exécution sont punissables d'une peine
d'emprisonnement de 5 ans au maximum et d'une amende de 5 à 50.000 zaïres ou de l'une
de ces peines seulement.
Mais les peines vont être doublées dans les cas ci-après :
- lorsque la chasse est organisée pendant la période de fermeture de chasse ;
- si l'infraction est commise dans une réserve ou domaine de chasse ou dans un parc national,
sous réserve des dispositions particulières en la matière ;
- si l'infraction est commise par un agent de l’État ou par une personne chargée d'une
mission cynégétique ;
- en cas de récidive dans les deux années qui suivent à dater de la première condamnation.
Tel est le régime répressif de toutes ces infractions. Ainsi, dans les lignes qui suivent nous
allons nous limiter à dégager les éléments constitutifs de ces infractions.

A. Défaut de permis de chasse

Cette infraction prévue par l'article 4 de la loi susvisée est ainsi libellée : « Nul n'a le
droit d'exploiter la faune par la chasse ou par tout autre mode d'exploitation sans être muni
d'une autorisation de l'autorité compétente. »
Cette infraction est constituée par les éléments ci-après :
1. Élément matériel
L'élément matériel de cette infraction consiste dans le fait d'exploiter la faune par la

470
Art. 10 et 11 de la loi n°82-002 du 28 mai 1982 portant réglementation de la chasse
145
chasse ou par tout autre moyen sans être porteur d'un permis.
2. Élément moral
L'élément moral de cette infraction est constitué par l'intention qui anime l'agent
d'exploiter la faune sans au préalable obtenir l'autorisation.
B. Interdiction de chasser dans les endroits publics

Cette infraction est prévue par l'article 16 de la susvisée qui dispose : « il est interdit de
chasser sur les chemins publics, les voies ferrées et leurs dépendances, les aérodromes de
toutes catégories ainsi qu'à l'intérieur et autour des agglomérations urbaines. »
1. Éléments matériels
L'élément matériel de cette infraction est constitué par le fait de chasser sur le chemin
public, la voie ferrée et ses dépendances, les aérodromes et autour des agglomérations
urbaines.
2. Élément moral
L'élément moral est l'intention de chasser à ces endroits publics.
C. Chasse pendant la période de fermeture

Cette infraction est prévue par les articles 18 et 19 de la loi susvisée. En effet, chaque
année il est prévue une période de fermeture de la chasse pour permettre la reconstitution de
la faune pour une période n'excédant 6mois dans les régions situées au nord et au sud de
l’Équateur.
La décision de fermeture est prise par le Ministre ayant la chasse dans ses attributions ou
par le Gouverneur de province.
1. Élément matériel
L'élément matériel de cette infraction consiste dans le fait de chasser pendant la période
de fermeture de chasse.
2. Élément moral
L'élément moral est constitué par l'intention de chasser pendant la période de fermeture
de chasse.
3. Régime répressif
Cette infraction est punie de la peine d'emprisonnement de dix ans maximum et d'une
de 10 à 100.000 zaïres ou de l'une de ces peines seulement.
146

D. Chasse avec instruments illicites

Cette infraction est prévue par l'article 21 de la loi susvisée. Cette disposition est
libellée comme suit : « Sauf autorisation du département ayant la chasse dans ses
attributions, il est interdit de chasser au moyen des instruments et procédés ci-après :
1) les armes automatiques tirant en rafales les projectiles contenant des explosifs, les
canons tue-fauves et les fusils fixes ;
2) les engins lumineux ou équipés de lumières éblouissantes ou tout engin éclairant ;
3) les collets ou les lacets métalliques et les filets de tenderie ;
4) les poissons et les produits toxiques ;
5) les feux circulaires ou enveloppants ;
6) les armes fabriquées clandestinement ;
7) les armes et munitions de guerre composant ou ayant composé l’armement réglementaire
des Forces armées Zaïroises, de la gendarmerie ou des forces militaires ou de la police
étrangères ;
8) les armes rayées d'un calibre inférieur à 6,5 millimètres si la chasse concerne les animaux
autres que les oiseaux, rongeurs, petits singes et petits carnivores non protégés ;
9) les armes lisses de quelque calibre que ce soit ou les armes rayées d'un calibre inférieur à
9 millimètres pour la chasse au gros gibier.
Le département ayant la chasse dans ses attributions peut prohiber ou réglementer l'emploi
d'autres instruments ou procédés de chasse. »
1. Élément matériel
L'élément matériel consiste dans le fait d'utiliser l'un des instruments prohibés ci-dessus
lors de la chasse.
2 Élément moral
L'élément moral consiste dans l'intention d'utiliser les instruments prohibés lors de la chasse.
E. Circulation des engins prohibés
La base légale de cette infraction est l'article 23 de la loi susvisée qui dispose : « Sauf
dérogation du département ayant la chasse dans ses attributions, il est interdit d'importer, de
détenir, d'exposer en vente ou d'acheter, de céder ou de recevoir à un titre quelconque et de
147
transporter ou de colporter des pièges ou engins prohibés en vertu de la présente loi et de ses
mesures d'exécution.
Dans les régions qu'il détermine, le commissaire d’État du département ayant la chasse dans
ses attributions peut étendre les interdictions visées à l'article 21 à tout matériel qui, par sa
nature et sans qu'il soit besoin de préparation spéciale, est propre à être utilisé comme piège
ou engin prohibé, même s'il n'est pas inventé, fabriqué ou préparé pour cette fin. »
1. Éléments matériels
Les éléments matériels sont constitués par l'importation, la détention, l'exposition pour
la vente, l'achat, la cession ou la réception à titre quelconque, le transport et le colportage
des pièges et engins prohibés.
2. Élément moral
Il consiste dans l'intention de poser l'un des actes énumérés ci-dessus.

F. Chasse à l'aide d'un véhicule


L'article 24 de la loi sur la chasse constitue la base légale de cette infraction qui
prévoit : « Sauf dérogation accordée au titulaire d'un permis scientifique, il est interdit de
poursuivre le gibier au moyen d'un véhicule quelconque et de tirer sur lui d'un véhicule de
sa proximité immédiate.
Toutefois, l'emploi d'embarcations est autorisé pour la chasse aux oiseaux. »
1. Éléments matériels
Les éléments matériels sont constitués par le fait de poursuivre le gibier au moyen d'un
véhicule quelconque ou de tirer sur lui à partir d'un véhicule ou de la proximité immédiate
du véhicule sans être titulaire d'un permis scientifique.
2. Élément moral
L'intention de poser les actes prohibés ci-dessus constitue l'élément moral de cette
infraction.
G. Protection des animaux totalement protégés
Cette infraction prévue par l'article 27 de la loi précitée dispose ; « il est interdit, sauf
en vertu d'un permis scientifique délivré par le département ayant la chasse dans ses
attributions, de tuer, capturer, chasser, poursuivre, déranger volontairement ou faire fuir, par
n'importe quel moyen irrégulier et dans le but de nuire, les animaux énumérées au tableau I
annexé à la présente loi.
148
Le commissaire d’État au département compétent peut, conformément à l'article 34,
autoriser de photographier ou de filmer ces animaux. »
Cette disposition doit être mise en parallèle avec l'article 78 de la loi sur la conservation de
la nature qui protège aussi les espèces de faune totalement protégées. Mais, il convient
d'observer que la protection prévue par la disposition sous examen est plus étendue que celle
de l'article 78 précité dans la mesure où, certains actes prohibés par cette disposition ne sont
pas repris par la loi sur conservation de la nature, qui pourtant est récente.
1. Éléments matériels
Les actes matériels sont constitués par le fait de tuer, capturer, chasser, poursuivre,
déranger ou provoquer volontairement ou faire fuir les animaux totalement protégés par
n'importe quel moyen irrégulier.
2. Élément moral
L'intention de nuire qui caractérise l'auteur de l'infraction constitue l'élément moral de
cette prévention.

H. Protection des œufs, nids, couvées et nichées des animaux de chasse

Cette infraction est prévue par l'article 32 de la loi sous examen. Cette disposition
prévoit : « il est interdit d'enlever ou de détruire les œufs, nids, couvées et nichées des
animaux de chasse. Cette interdiction peut être levée partiellement pour les besoins de la
recherche scientifique, par arrêté du commissaire d’État ayant la chasse dans ses
attributions. »
1. Éléments matériels
Les éléments matériels de cette infraction sont constitués par le fait d'enlever et de
détruire les œufs, nids, couvées et nichées des animaux de chasse.
2. Élément moral
L'élément moral de cette prévention est l'intention coupable d'enlever ou de détruire les
œufs, nids, couvées et nichées des animaux de chasse.
I. Exercice illégale de la profession de guide de chasse

Cette infraction prévue par l'article 35 de la loi susmentionnée est libellée comme
suit : « Nul ne peut exercer la profession de guide de chasse sans en avoir obtenu, au
149
préalable, la licence professionnelle de guide de chasse délivrée par le département ayant la
chasse dans ses attributions.
Cette disposition s'applique également aux entreprises de tourisme cynégétique. »
1. Élément matériel
L'acte matériel constitutif de cette infraction consiste dans le fait pour une personne
physique ou morale d'exercer la profession de guide de chasse sans être titulaire d'une
licence de guide de chasse délivrée par l'autorité compétente.
2. Élément moral
L'élément moral est l'intention coupable qui anime l'auteur de l'infraction d'exercer cette
profession sans détenir une licence de guide de chasse.
J. Chasse des animaux non adultes et des animaux femelles
La base légale de cette infraction est l'article 46 de la loi précitée. Cette disposition est
libellée comme suit : « La chasse des animaux non adultes est interdite.
Sauf dérogation spéciale et à moins que les conditions de chasse et la nature des espèces ne
permettent la distinction de sexes, il est interdit de chasser ou de capturer les femelles. »
1. Élément matériel
L'élément matériel de cette infraction consiste à chasser les animaux non adultes ou de
chasser ou de capturer les animaux femelles sauf si les conditions de chasse ou la nature des
espèces ne permettent de distinguer les sexes.
2. Élément moral
L'élément moral consiste dans l'intention de chasser les animaux non adultes ou de
chasser ou de capturer les animaux femelles.
K. Détention illicite des trophées ou produits de chasse

Cette prévention est prévue par l'article 75 de la loi sur la chasse qui dispose : « Nul ne
peut détenir les trophées ou les produits de chasse visés à l'article 74, sans en avoir, au
préalable, l'autorisation du département compétent, à moins de justifier qu'il détient
provisoirement ou qu'il les transporte pour le remettre à qui de droit. »
1. Élément matériel
L'élément matériel est constitué par le fait de détenir les trophées ou les produits de
chasse visés à l'article 74 sans autorisation préalable de l'autorité compétente.
Les trophées et produits de chasse concernés par l'article 74 sont : les défenses d'éléphants,
150
les cornes des rhinocéros et les dents d'hippopotames trouvés morts ou abattus. Il en est de
même des produits de chasse recueillis sous le couvert de la légitime défense ou
d'opérations de police des animaux.
Selon l'article 74, l'inventeur ou le chasseur, auteur de ces trophées et produits de
chasse, est tenu de les remettre, dans un délai maximum de 30 jours à l'autorité compétente
contre une indemnité équitable. La remise de ces trophées et produits de chasse doit être
constatée par un procès-verbal dûment signé et contresigné par l'autorité compétente et
l'inventeur ou le chasseur selon le cas.
2. Élément moral
L'élément moral de cette infraction est constitué par l'intention de détenir les trophées
ou les produits de chasse sans autorisation.
3. Cause de justification
Celui qui détient les trophées ou les produits de chasse visés à l'article 74 sans
autorisation ne peut échapper à la sanction qu'en démontrant qu'il les détient provisoirement
ou les transporte pour les remettre à l'autorité compétente.

L. Détention illicite d'animaux non protégés


L'article 78 de la loi susvisée est la base légale de cette infraction. Il dispose ce qui
suit : « La détention par des particuliers d'animaux non protégés sous leur responsabilité doit
être couverte par un permis de détention délivré par le département compétent ou son
délégué. »
1. Élément matériel
L'élément matériel de cette infraction consiste dans le fait de détenir un animal non
protégé sans au préalable être titulaire d'un permis délivré par l'autorité compétente.
2. Élément moral
C'est l'intention coupable de détenir sans permis un animal non protégé qui constitue
l'élément moral de cette infraction.
M. Exportation illicite à titre gratuit des animaux non protégés

La base légale de cette infraction est l'article 79 al. 1Er qui dispose : « L’exportation, à
titre gratuit, par des particuliers, des animaux non protégés précédemment et régulièrement
détenus par eux doit être autorisé par le département compétent, sans préjudice des autres
151
dispositions en vigueur en matière d'exportation. »
1. Élément matériel
L'élément matériel de cette infraction est constitué par l'exportation à titre gratuit d'un
animal non protégé détenu régulièrement sans l'autorisation de l'autorité compétente.
2. Élément moral
L'élément moral de cette infraction est l'intention coupable d'exporter à titre gratuit sans
autorisation l'animal non protégé régulièrement détenu.
N. Transformation illicite des trophées

La base légale de cette prévention est l'article 81 de la loi susvisée qui est libellé de la
manière suivante : « La transformation des trophées dont la détention ou la possession est
illicite ainsi que la détention et l'exportation des objets fabriqués avec ces trophées sont
interdites. L’exportation et l'importation des trophées sont faites sous couvert d'un certificat
légitime dont les conditions de délivrance et la forme sont fixées par arrêté du commissaire
d’État compétent. »
1. Éléments matériels
Les éléments matériels de cette infraction sont les suivants :
- la transformation des trophées détenus ou possédés illicitement ;
- la détention et l'exportation des objets fabriqués avec les trophées illicites
2. Élément moral
L'intention coupable qui anime l'agent constitue l'élément moral de cette infraction.
§5. Infractions en matière de pêche

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