Extraction Liquide/Liquide : Cours et TD
Extraction Liquide/Liquide : Cours et TD
Marie Debacq
Marie DEBACQ
version 2.4 - septembre 2023
collection "Génie des procédés"
Table des matières
Objectifs 4
Introduction 5
I - Équilibres pour l'extraction liquide/liquide 7
1. Utilisation des diagrammes triangulaires ................................................................7
1.1. Diagramme triangulaire ....................................................................................................................7
1.2. Exercice : Avez-vous bien compris comment est construit un digramme triangulaire pour
l'extraction liquide/liquide ? ..................................................................................................................10
2 Marie DEBACQ
Table des matières
5.5. Exercice : acide acétique - eau - acétate de butyle : PARTIE 6 : cas d'un extracteur à contre-
courant (NET) .........................................................................................................................................36
5.6. Nombre d'étages théoriques : méthode du pôle opératoire.........................................................36
5.7. Exercice : acide acétique - eau - acétate de butyle : PARTIE 7 : cas d'un extracteur à contre-
courant (NET par la méthode du pôle opératoire) ...............................................................................37
5.8. Débits de solvant minimum et maximum ......................................................................................37
5.9. Nombre d'étages théoriques : relations de Kremser .....................................................................39
5.10. Exercice : acide acétique - eau - acétate de butyle : PARTIE 8 : cas d'un extracteur à contre-
courant (effet du débit de solvant et du titre dans le raffinat sur NET) ...............................................40
5.11. Optimisation économique ............................................................................................................40
5.12. Hauteur d'une unité de transfert (HUT) & nombre d'unités de transfert (NUT).........................41
5.13. Exercice : acide acétique - eau - acétate de butyle : PARTIE 9 : calcul de NUT dans un extracteur
à contre-courant.....................................................................................................................................45
5.14. Schémas composites ....................................................................................................................45
5.15. Extraction à deux solvants ............................................................................................................46
Conclusion 52
Glossaire 53
Abréviations 55
Nomenclature 56
Bibliographie 58
Marie DEBACQ 3
Objectifs
Ce module a pour objet les procédés d'extraction liquide/liquide. Vous y apprendrez à dimensionner les
procédés d'extraction liquide/liquide, en s'appuyant sur l'un des paradigmes fondamentaux du génie des
procédés, l'étage théorique, ainsi que sur des méthodes graphiques adaptées aux systèmes ternaires.
On s'intéressera tout d'abord aux équilibres qui régissent ce type de système ternaire. Puis on balaiera
les différents types de procédés d'extraction (extraction simple, à courant croisés et à contre-courant)
pour lesquels on verra l'écriture des bilans de matière et les méthodes graphiques permettant la
détermination des compositions de sortie, le nombre d'étages théoriques, etc. On abordera enfin les
aspects technologiques et on détaillera notamment la manière de calculer un diamètre de colonne en
s'appuyant sur les données hydrodynamiques, puis la hauteur de cette colonne à partir de données de
transfert de matière.
À la fin de ce module, vous serez en capacité de choisir et dimensionner un procédé d'extraction
liquide/liquide.
4 Marie DEBACQ
Introduction
L'extraction liquide/liquide est notamment utilisée dans le domaine pétrolier (raffinage du kérosène), en
hydrométallurgie (séparation de métaux en solution : zirconium, lithium, ...), dans le domaine nucléaire
(traitement des combustibles irradiés), en pharmacie (obtention de la pénicilline), ou encore pour le
traitement des effluents aqueux (élimination des acides de leurs solutions aqueuses, extraction de
métaux hautement toxiques tels que le mercure ou le cadmium, etc.).
VIDÉO : [Link]
vidéo ELL : introduction à l'extraction liquide/liquide [cf. vidéo ELL : introduction à l'extraction
liquide/liquide]
→ principe de l'extraction liquide/liquide
L'extraction liquide/liquide est l'opération unitaire de séparation qui consiste à extraire un (ou plusieurs)
constituant(s) [appelé(s) soluté(s)] initialement dissous dans un diluant et formant avec lui la
solution (ou liquide à raffiner) par dissolution du(des) soluté(s) dans un solvant (ou liquide
d'extraction) dans lequel il(s) est(sont) plus soluble(s). Le solvant ajouté à la solution doit provoquer
l'apparition d'une nouvelle phase, de densité nettement différente de la solution initiale, pour permettre
leur séparation mécanique (le plus souvent par décantation). On récupère alors : d'une part l'extrait,
qui contient l'essentiel du solvant, une grande partie du soluté et éventuellement un peu de diluant ;
d'autre part le raffinat, qui contient l'essentiel du diluant, le reste de soluté et éventuellement un peu
de solvant.
Marie DEBACQ 5
Introduction
L'extraction liquide/liquide est donc une opération de séparation basée sur les transferts de matière
entre phases.
Dans ce module, un même ternaire sera utilisé pour un exercice « fil rouge » : acide acétique - eau -
acétate de butyle.
VIDÉO : [Link]
vidéo ELL : présentation de l'exercice « fil rouge » [cf. vidéo ELL : présentation de l'exercice « fil rouge »]
→ choix du solvant
Les propriétés d'un "bon solvant" sont les suivantes :
le solvant doit être apte à solubiliser le soluté, et si possible il faut que la solubilité du soluté dans
le solvant soit supérieure à celle du soluté dans le diluant ;
le solvant ne doit pas solubiliser le diluant, ou seulement très faiblement, et réciproquement ;
le solvant doit avoir une masse volumique assez nettement différente de celle du diluant pour
que la séparation par décantation soit aisée (on préconise entre 200 et 300 kg m-3 de différence au
minimum) ;
le solvant doit pouvoir être aisément séparé du soluté lors de la phase de régénération, par
exemple s'il a une température d'ébullition nettement plus faible de celle du soluté, ils pourront
éventuellement être séparés par évaporation ou distillation ;
le solvant doit avoir une viscosité aussi faible que possible, afin que le pompage, les transferts de
matière et la décantation soient aisés ;
le solvant doit avoir une tension superficielle assez faible pour que la dispersion soit aisée, mais
pas trop pour que la coalescence ne soit pas trop rapide ;
le solvant doit être non polluant, non toxique, et ne pas présenter de risque particulier (point
éclair élevé notamment) ;
le solvant doit être stable, à la fois vis-à-vis des autres composés, et dans le temps pour pouvoir
être réutilisé de nombreuses fois ;
enfin, le solvant doit bien sûr être d'un coût modéré.
6 Marie DEBACQ
Équilibres pour l'extraction
liquide/liquide I
Toute étude d'une opération de séparation par transfert entre phases commence par l'analyse des
équilibres thermodynamiques correspondants. On se limitera à l'étude des systèmes ternaires (un seul
soluté présent dans la solution à raffiner et dans le solvant d'extraction). Les trois constituants du
système seront donc : le soluté, le diluant et le solvant.
Tant qu'elle reste modérée et qu'elle ne varie pas fortement pendant le procédé, la pression peut être
considérée sans effet sur les liquides ; c'est l'hypothèse que nous retiendrons pour l'ensemble de cet
enseignement.
Nous travaillerons toujours en fractions massiques (éventuellement molaire), jamais en fractions
volumiques. En effet un phénomène d'expansion ou de contraction volumique est susceptible de se
produire lorsque l'on ajoute une phase dans une autre.
Enfin nous étudierons uniquement le cas des extracteurs continus fonctionnant en régime permanent.
Objectifs
Avant de pouvoir commencer l'étude des équilibres soluté - diluant - solvant, il s'agit ici d'apprendre à
utiliser un diagramme triangulaire pour la représentation des mélanges ternaires : apprendre à lire la
composition d'un mélange correspondant à un point sur un diagramme triangulaire et
réciproquement à y placer des points représentants des mélanges donnés.
VIDÉO : [Link]
Marie DEBACQ 7
Équilibres pour l'extraction liquide/liquide
Chaque point du triangle correspond à l'une des compositions de mélange ternaire possible.
On place généralement :
le soluté sur le sommet en haut ;
le diluant sur le sommet en bas à gauche ;
le solvant sur le sommet en bas à droite.
Ceci signifie que le mélange ternaire représenté par le sommet en haut contient 100% de soluté, celui
représenté par le sommet en bas à gauche contient 100% de diluant et celui représenté par le sommet
en bas à droite contient 100% de solvant.
Les côtés du triangle représentent des mélanges binaires :
soluté - diluant pour le côté de gauche ;
soluté - solvant pour le côté de droite ;
diluant - solvant pour le côté du bas.
Les points à l'intérieur du triangle représentent des mélanges ternaires soluté - diluant - solvant.
Les triangles sont gradués pour faciliter la lecture. Sur la figure suivante, une graduation correspond à
1%, avec des traits plus épais tous les 5%.
8 Marie DEBACQ
Équilibres pour l'extraction liquide/liquide
Si l'on considère un mélange binaire soluté-diluant représenté par le point bleu sur la figure ci-dessous
et si l'on ajoute du solvant à ce mélange initial, on se déplace sur la droite verte reliant le point bleu au
sommet qui représente le solvant.
Marie DEBACQ 9
Équilibres pour l'extraction liquide/liquide
La position du point rouge représentant le mélange sur cette droite dépend de la quantité de solvant
ajoutée : la règle du bras de levier indique que la distance entre le point bleu et le point rouge
multiplié par la quantité de mélange initial soluté-diluant est égale à la distance entre le point rouge et
le sommet du solvant multiplié par la quantité de solvant ajouté. Fort logiquement, si la quantité de
solvant ajoutée est faible, le point rouge sera proche du point bleu ; si elle est grande, il sera proche du
sommet représentant le solvant.
volumique
Quel mélange ?
le diluant pur
10 Marie DEBACQ
Équilibres pour l'extraction liquide/liquide
le soluté pur
2. Équilibre de misciblité
Objectifs
Pour qu'un procédé d'extraction liquide/liquide soit envisageable, il faut que le solvant ajouté à la
solution (soluté + diluant) provoque l'apparition d'une nouvelle phase. Par conséquent, au moins dans
un certain domaine de compositions, le mélange ternaire doit démixer.
Vous allez apprendre dans cette partie comment représenter cette démixion.
Miscibilité Définition
Sur un diagramme triangulaire, la ligne qui sépare l'ensemble des compositions possibles
(représentées par l'ensemble des points à l'intérieur du triangle) en une (ou plusieurs) zone(s) où le
mélange ternaire est monophasique p.54 et une (ou plusieurs) zone(s) où le mélange ternaire est
biphasique p.53, est la courbe binodale p.53, également appelée isotherme de misciblité.
La(Les) zone(s) où le mélange ternaire est monophasique est(sont) appelée(e) zone(s)
homogène(s).
Marie DEBACQ 11
Équilibres pour l'extraction liquide/liquide
VIDÉO : [Link]
Encore plus rarement, on aura des systèmes avec trois zones hétérogènes : les mélanges binaires
soluté - solvant, diluant - solvant et soluté - diluant présentent une immiscibilité partielle.
12 Marie DEBACQ
Équilibres pour l'extraction liquide/liquide
La position de la courbe binodale dépend fortement de la température, comme le montre la figure ci-
dessous.
Pour une température suffisamment faible, on peut observer un système avec trois zones
hétérogènes : les mélanges binaires soluté - solvant, diluant - solvant et soluté - diluant
présentent une immiscibilité partielle.
Pour une température suffisamment élevé, il y a miscibilité totale pour toutes les compositions.
Entre ces deux extrêmes, il est possible d'observer différents diagrammes types décrits
précédemment.
Marie DEBACQ 13
Équilibres pour l'extraction liquide/liquide
acétate de butyle
0,7 1 1,4 2,1 2,9 3,9 8 6
[g]
On procède de même sur une série de mélanges d'acide acétique et d'acétate de butyle, auxquels on
ajoute de l'eau. Les résultats expérimentaux sont regroupés dans le tableau ci-dessous.
On sait par ailleurs que la solubilité de l'eau dans l'acétate de butyle est nulle.
démixion de mélanges acide acétique - eau - acétate de butyle (côté acétate de butyle)
Question
Tracer la courbe binodale correspondante sur le diagramme vierge fourni [cf. diagTri_vierge.pdf].
Indice :
Les informations sur la solubilité de l'acétate de butyle dans l'eau (0,7%) et sur la solubilité de l'eau dans
l'acétate de butyle (nulle) permettent de compléter le tracé avec les deux points à 0% en acide acétique.
Indice :
Pour obtenir les titres (massiques) qui vous permettront ensuite de positionner les points sur le
diagramme, vous devez calculer la masse totale de chaque échantillon (en additionnant les masses
d'acide acétique, d'acétate de butyle et d'eau) puis recalculer les %.
Objectifs
Les procédés d'extraction liquide/liquide mettent en jeu un équilibre entre phases. Cet équilibre peut
être représenté de plusieurs manière, c'est ce que nous allons voir dans cette partie.
14 Marie DEBACQ
Équilibres pour l'extraction liquide/liquide
3.1. Conodales
L'ensemble des compositions possibles du mélange ternaire étant séparé (par la courbe binodale p.53)
en celles qui conduisent à une seule phase et celles qui conduisent à deux phases, il faut maintenant
étudier la répartition du soluté dans ces deux phases.
VIDÉO : [Link]
Exemple
On peut démontrer que les points R, E et M sont alignés (voir figure ci-dessus). Le segment qui les relie
est appelé conodale p.53, ou encore ligne de conjugaison.
Marie DEBACQ 15
Équilibres pour l'extraction liquide/liquide
On représente généralement plusieurs conodales p.53 (figure ci-dessous), qui "convergent" vers le point
critique p.54, point où les conodales deviennent tangentes à la courbe binodale p.53.
faisceau de conodales
Comme pour la courbe binodale, la position des conodales dépend évidemment également du choix
du solvant pour une solution (soluté+diluant) donnée.
16 Marie DEBACQ
Équilibres pour l'extraction liquide/liquide
Définition
On peut également représenter l'équilibre entre phases à l'aide d'un diagramme rectangulaire
classique. La courbe reliant les points de coordonnées (x, y) en équilibre est appelée courbe
d'équilibre p.53 ou encore courbe de distribution.
VIDEO : [Link]
Remarque
Contrairement au cas de la distillation, cette courbe de s'étend pas sur toutes les valeurs possibles de x
et y (de 0 à 1), puisque la zone hétérogène n'envahit pas l'ensemble du domaine des compositions
possibles.
VIDÉO : [Link]
vidéo ELL : coefficient de partage et sélectivité [cf. vidéo ELL : coefficient de partage et sélectivité]
Marie DEBACQ 17
Équilibres pour l'extraction liquide/liquide
Comme en distillation, on peut définir le coefficient de partage p.56 K comme étant le rapport entre la
teneur en soluté dans l'extrait et la teneur en soluté dans le raffinat, lorsque ces deux phases sont à
l'équilibre :
y
eq
K =
xeq
Remarque
Si K est constant, la courbe d'équilibre sera une droite de pente K et les conodales seront parallèles.
Sélectivité Définition
Lorsqu'il y a deux solutés, on peut également définir une sélectivité p.56, rapport entre les coefficients
de partage des deux solutés :
K
β = ′
K
titre titre
acide acétate de masse de la massique masse de la massique
eau [g]
acétique [g] butyle [g] phase [g] en ac. ac. phase[g] en ac. ac.
[%] [%]
Question 1
Tracer les conodales sur le diagramme triangulaire sur lequel est déjà représentée la courbe binodale.
18 Marie DEBACQ
Équilibres pour l'extraction liquide/liquide
Question 2
Tracer la courbe d'équilibre.
Question 3
Tracer le coefficient de partage en fonction du titre en acide acétique dans le raffinat. Qu'en concluez-
vous ?
La courbe binodale et les conodales (et par conséquent la courbe d'équilibre) peuvent être obtenues
expérimentalement. Ceux d'entre vous qui feront les TP CGP111 au Cnam auront l'occasion de le faire.
La courbe binodale, les conodales et la courbe d'équilibre peuvent également être obtenues à partir de
calcul thermodynamiques, basés sur des modèles adaptés.
4. Exercice : Synonymes ?
Les termes courbe binodale et courbe d'équilibre désignent la même chose.
vrai
faux
Nous savons maintenant représenter les équilibres thermodynamiques qui régissent les procédés
d'extraction liquide/liquide. Nous allons pouvoir aborder les procédés d'extraction proprement dits.
Marie DEBACQ 19
Procédés d'extraction liquide/liquide II
VIDÉO : [Link]
vidéo ELL : types de procédés d'extraction liquide/liquide [cf. vidéo ELL : types de procédés d'extraction
liquide/liquide]
1. Système de notations
Dans ce module, les notations suivantes seront utilisées :
LA désigne le débit massique total de solution d'alimentation ; son titre en soluté sera noté x ; A
le point correspondant sur le diagramme triangulaire pourra être noté soit A soit L ; A
VA désigne le débit massique total de solvant alimentant l'extracteur ; son titre en soluté sera
noté y (il sera souvent nul) ; le point correspondant sur le diagramme triangulaire pourra être
A
Li désigne le débit massique total du raffinat sortant de l'étage numéro i ; son titre en soluté
sera noté x ; le point correspondant sur le diagramme triangulaire sera noté L ;
i i
le raffinat sortant de l'extracteur pourra être représenté par un point noté R sur le diagramme
triangulaire ;
dans le cas d'un extracteur simple, le raffinat pourra aussi être noté L , qui est également
1
dans le cas d'un extracteur à courants croisés ou celui d'un extracteur à contre-courant, le
raffinat final pourra aussi être noté L sur le diagramme triangulaire, c'est également la
n
Vidésigne le débit massique total d'extrait sortant de l'étage numéro i ; son titre en soluté sera
noté x ; le point correspondant sur le diagramme triangulaire sera noté V ;
i i
l'extrait sortant de l'extracteur pourra être représenté par un point noté E sur le diagramme
triangulaire ;
dans le cas d'un extracteur simple, l'extrait pourra aussi être noté V , qui est également la
1
dans le cas d'un extracteur à courants croisés, le débit massique total d'extrait final -
obtenu en mélangeant tous les extraits récupérés dans chaque étage- pourra être noté V ;
le titre en soluté du mélange sera noté y ;
20 Marie DEBACQ
Procédés d'extraction liquide/liquide
dans le cas d'un extracteur à contre-courant, l'extrait final pourra aussi être noté V sur le 1
Nous reverrons toutes ces notations au fur et à mesure de cette partie consacrée aux différents types
d'extracteurs.
Le rapport entre le débit massique total de solvant et celui de la solution est appelé taux de solvant p.54
= . VA
LA
VIDÉO : [Link]
vidéo ELL : définitions du rendement et des efficacités [cf. vidéo ELL : définitions du rendement et des
efficacités]
Comme précédemment les titres en soluté sont noté : x pour l'alimentation p.57 et les raffinats p.57 ; y
pour le solvant p.57 et les extraits p.57.
La lettre L désigne les débits d'alimentation p.56 et de raffinats p.56 et V les débits de solvant p.57 et
d'extraits p.57.
On peut définir plusieurs efficacités. Pour chaque type d'efficacité, on définit une efficacité
d'appauvrissement et une efficacité d'enrichissement : on utilisera l'une ou l'autre selon l'objectif de
l'opération.
x étant le titre massique en soluté qu'aurait une phase raffinat à l'équilibre avec la phase extrait de
∗
Marie DEBACQ 21
Procédés d'extraction liquide/liquide
3. Extracteur simple
VIDÉO : [Link]
vidéo ELL : extracteur simple - principe [cf. vidéo ELL : extracteur simple - principe]
Un extracteur simple est schématisé sur la figure ci-dessous.
Sur ce schéma :
LA
p.56 désigne le débit massique total de la solution d'alimentation et x p.57 son titre massique
A
en soluté ;
VA
p.57 le débit massique total de solvant et yA
p.57 son titre massique en soluté (il est nul si le
solvant est pur) ;
L1
p.56 le débit massique total du raffinat et x p.57 son titre massique en soluté ;
1
V1
p.57 le débit massique total de l'extrait et y p.57 son titre massique en soluté.
1
Si la mise en contact entre phases dans l'extracteur est suffisamment efficace (cas des procédés continus)
et/ou suffisamment prolongée (cas des procédés discontinus), on atteint l'équilibre et le point de
coordonnées (x , y ) se trouve sur la courbe d'équilibre. Cet extracteur simple correspond alors à un
1 1
VIDÉO : [Link]
vidéo ELL : extracteur simple - bilans et rendement [cf. vidéo ELL : extracteur simple - bilans et
rendement]
Bilans Fondamental
Où :
Σ
p.56 est le débit massique total traversant l'extracteur,
LA
p.56 le débit massique total de solution alimentant l'extracteur,
VA
p.57 le débit massique total de solvant alimentant l'extracteur,
L1
p.56 le débit massique total de raffinat sortant de l'extracteur simple,
V1
p.57 le débit massique total d'extrait sortant de l'extracteur simple.
22 Marie DEBACQ
Procédés d'extraction liquide/liquide
Où :
xA
p.57 est le titre massique en soluté de la solution alimentant l'extracteur,
yA
p.57 le titre massique en soluté du solvant alimentant l'extracteur,
x1
p.57 le titre massique en soluté du raffinat sortant de l'extracteur simple,
y1
p.57 le titre massique en soluté de l'extrait sortant de l'extracteur simple.
LA +VA
Rendement Fondamental
VIDEO : [Link]
vidéo ELL : extracteur simple - construction graphique [cf. vidéo ELL : extracteur simple - construction
graphique]
on peut alors lire directement sur le diagramme les valeurs des titres en extrait y et en raffinat 1
x .
1
Marie DEBACQ 23
Procédés d'extraction liquide/liquide
On observe que pour que la construction (et l'extraction) soit possible, il faut que le point Σ se trouve
dans la zone hétérogène. On peut donc définir graphiquement les débits minimal et maximal de
solvant pour des compositions d'alimentations (solution et solvant) données.
Positionner les points correspondants aux débits minimal et maximal de solvant sur le diagramme
triangulaire.
3.3. Exercice : acide acétique - eau - acétate de butyle : PARTIE 3 : cas d'un
extracteur simple
On désire extraire d'une solution aqueuse l'acide acétique par de l'acétate de butyle au moyen d'un
extracteur simple. Le débit massique de l'alimentation en solution (à 20% massique en acide acétique)
est de 100 kg h-1, tandis que celui du solvant pur est de 150 kg h-1.
Question
Déterminer les titres massiques de l'extrait et du raffinat sortant de l'extracteur simple, si l'on suppose
que celui-ci est un étage théorique.
24 Marie DEBACQ
Procédés d'extraction liquide/liquide
VIDÉO : [Link]
vidéo ELL : extracteur simple - efficacités [cf. vidéo ELL : extracteur simple - efficacités]
xA −x
∗
1
y1 −yA
ef fenrichissement =
K⋅x1 −yA
Si la valeur de x obtenue en sortie de l'extracteur simple n'est pas satisfaisante par rapport aux objectifs
1
fixés (et si l'extracteur simple était un étage théorique p.54), il ne sera pas possible de l'améliorer en
prolongeant l'opération discontinue ou en améliorant l'efficacité de l'opération continue [limitation
thermodynamique].
D'où l'idée de multiplier les étages d'extraction...
Marie DEBACQ 25
Procédés d'extraction liquide/liquide
VIDÉO : [Link]
vidéo ELL : extracteur à courants croisés - principe et bilans [cf. vidéo ELL : extracteur à courants croisés
- principe et bilans]
Le bilan matière global sur l'extracteur complet en régime permanent s'écrit : L A + VA = Ln + V
Où :
LA
p.56 le débit massique total de solution alimentant l'extracteur,
VA
p.57 le débit massique total de solvant alimentant l'extracteur,
Ln
p.56 le débit massique total de raffinat sortant de l'extracteur à courants croisés,
V
p.57 est la somme des débits massiques totaux des extraits sortants de chaque extracteur.
¯
Le bilan en soluté sur l'extracteur en régime permanent s'écrit :
xA ⋅ LA + yA ⋅ VA = xn ⋅ Ln + y ⋅ V
Où :
xA
p.57 est le titre massique en soluté de la solution alimentant l'extracteur,
yA
p.57 le titre massique en soluté du solvant alimentant l'extracteur,
xn
p.57 le titre massique en soluté du raffinat sortant de l'extracteur à courants croisés,
¯
y le titre massique en soluté moyen de l'ensemble des extraits sortants de l'extracteur à
courants croisés.
On a donc :
n
V = ∑ Vi
i=1
∑ yi ⋅Vi
¯
et y =
i=1
Vi
p.57 étant le débit massique total de l'extrait sortant de l'extracteur numéro i et yi
p.57 le titre
massique en soluté de l'extrait sortant de l'extracteur numéro i.
26 Marie DEBACQ
Procédés d'extraction liquide/liquide
VIDÉO : [Link]
vidéo ELL : extracteur à courants croisés - construction graphique sur le diagramme triangulaire [cf.
vidéo ELL : extracteur à courants croisés - construction graphique sur le diagramme triangulaire]
Effectuer le tracé correspondant sur le diagramme triangulaire.
De même que pour l'extracteur simple, il existe pour chaque étage de l'extracteur à courants croisés, un
débit de solvant minimum et un débit de solvant maximum.
b) Diagramme rectangulaire
Attention
Si l'on suppose :
qu'il entre dans chaque extracteur un débit de solvant pur (y ),
VA
A = 0
n
VIDÉO : [Link]
vidéo ELL : extracteur à courants croisés - construction graphique sur le diagramme rectangulaire [cf.
vidéo ELL : extracteur à courants croisés - construction graphique sur le diagramme rectangulaire]
Effectuer les tracés sur le diagramme rectangulaire.
Marie DEBACQ 27
Procédés d'extraction liquide/liquide
Selon le débit de solvant, le nombre d'extracteur permettant d'obtenir un titre cible va varier.
4.3. Exercice : acide acétique - eau - acétate de butyle : PARTIE 4 : cas d'un
extracteur à courants croisés
On désire extraire d'une solution aqueuse l'acide acétique par de l'acétate de butyle dans un extracteur à
courants croisés à 3 étages. Le débit massique de l'alimentation en solution (à 20% massique en acide
acétique) est de 100 kg h-1, tandis que celui du solvant pur est de 150 kg h-1.
Question 1
Déterminer les titres massiques et les débits massiques horaires de l'extrait et du raffinat sortants.
Question 2
Qu'adviendrait-il avec un débit de solvant pur de 200 kg h-1 ?
Hypothèses Attention
On suppose :
qu'il entre dans chaque extracteur un débit VA
n
de solvant pur (y
A ),
= 0
Méthode
VIDÉO : [Link]
vidéo ELL : extracteur à courants croisés - relation algébrique [cf. vidéo ELL : extracteur à courants
croisés - relation algébrique]
28 Marie DEBACQ
Procédés d'extraction liquide/liquide
xA
= (
n⋅r
n⋅r+1
) , où r =
L
K⋅V
.
Ceci est représenté graphiquement ci-dessous pour quelques valeurs de n.
VIDÉO : [Link]
vidéo ELL : extracteur à courants croisés - rendement et efficacités [cf. vidéo ELL : extracteur à courants
croisés - rendement et efficacités]
Le rendement de l'extraction p.56 est : η
xA ⋅LA −xn ⋅Ln
=
xA ⋅LA
Marie DEBACQ 29
Procédés d'extraction liquide/liquide
L'un des inconvénients majeurs de l'extracteur à courants croisés est sa forte consommation de solvant.
Il faut aussi prévoir la séparation des phases (le plus souvent par décantation) entre chaque étage.
Généralement on mettra en œuvre l'extraction à courants croisés dans un ensemble de mélangeurs-
décanteurs. On verra dans la partie technologie, qu'ils peuvent être plus onéreux et surtout beaucoup
plus encombrants, que les technologies utilisées pour mettre en œuvre l'extraction à contre-courant.
5. Extracteur à contre-courant
Pour améliorer encore le système, et notamment limiter la consommation de solvant frais, on peut
effectuer une extraction à contre-courant, où chaque étage est alimenté par du solvant issu d'un étage
précédent et contenant déjà un peu de soluté. Ce système est schématisé ci-dessous.
VIDÉO : [Link]
vidéo ELL : extracteur à contre-courants - principe, bilans et rendement [cf. vidéo ELL : extracteur à
contre-courants - principe, bilans et rendement]
On écrit tout d'abord le bilan matière global sur l'extracteur (le plus souvent une colonne) en régime
permanent : L + V = L + V = Σ
A A n 1
Où :
LA
p.56 le débit massique total de solution alimentant l'extracteur,
VA
p.57 le débit massique total de solvant alimentant l'extracteur,
Ln
p.56 le débit massique total de raffinat sortant de l'extracteur à contre-courant,
V1
p.57 est le débit massique total de l'extracteur à contre-courant.
30 Marie DEBACQ
Procédés d'extraction liquide/liquide
Où :
xA
p.57 est le titre massique en soluté de la solution alimentant l'extracteur,
yA
p.57 le titre massique en soluté du solvant alimentant l'extracteur (nul pour du solvant pur),
xn
p.57 le titre massique en soluté du raffinat sortant de l'extracteur à contre-courant,
y1
p.57 le titre massique en soluté de l'extrait sortant de l'extracteur à contre-courant.
Le titre fictif p.57 vaut donc x ; ou encore, dans le cas d'une alimentation en solvant
xA ⋅LA +yA ⋅VA
Σ =
LA +VA
pur : xΣ
= xA ⋅
LA
LA +VA
Il ne faudrait pas croire que le solvant soit toujours introduit par le bas et la solution par le haut,
comme sur l'exemple ci-contre : ce sont leurs masses volumiques respectives qui induisent ce choix.
Le liquide le plus léger est injecté en pied de colonne ; le plus lourd en tête.
D'ailleurs une extracteur à contre-courant n'est pas nécessairement une colonne. D'autres
technologies peuvent être utilisées, comme nous le verrons par la suite.
VIDÉO : [Link]
vidéo ELL : extracteur à contre-courants - point somme [cf. vidéo ELL : extracteur à contre-courants -
point somme]
Effectuer le tracé sur le diagramme triangulaire.
Marie DEBACQ 31
Procédés d'extraction liquide/liquide
5.3. Exercice : acide acétique - eau - acétate de butyle : PARTIE 5 : cas d'un
extracteur à contre-courant (point somme)
On désire extraire d'une solution aqueuse l'acide acétique par de l'acétate de butyle dans un extracteur à
contre-courant. Le débit massique de l'alimentation en solution (à 20% massique en acide acétique) est
de 100 kg h-1, tandis que celui du solvant pur est de 150 kg h-1. Le titre en acide dans le raffinat ne doit pas
dépasser 5%.
Question
Déterminer le titre en soluté dans l'extrait, les débits massiques de l'extrait et du raffinat sortant de
l'extracteur, ainsi que le rendement d'extraction.
ou bien le débit massique de raffinat hors soluté p.56 L et le débit massique d'extrait hors soluté
p.56 V avec les rapports massiques en soluté (X, Y ).
32 Marie DEBACQ
Procédés d'extraction liquide/liquide
VIDÉO : [Link]
vidéo ELL : extracteur à contre-courants - double système de notation [cf. vidéo ELL : extracteur à
contre-courants - double système de notation]
a) Cas où le diluant et le solvant sont immiscibles quelle que soit leur teneur en soluté
Lorsque le diluant et le solvant sont immiscibles, on peut travailler avec une droite opératoire p.53 sur
le diagramme rectangulaire en rapports massiques.
VIDÉO : [Link]
Marie DEBACQ 33
Procédés d'extraction liquide/liquide
vidéo ELL : extracteur à contre-courants - construction de de MacCabe et Thiele (cas 1) [cf. vidéo ELL :
extracteur à contre-courants - construction de de MacCabe et Thiele (cas 1)]
Effectuer le tracé correspondant sur le diagramme rectangulaire. Noter les grandes étapes de la
démonstration.
VIDÉO : [Link]
vidéo ELL : extracteur à contre-courants - construction de de MacCabe et Thiele (cas 2) [cf. vidéo ELL :
extracteur à contre-courants - construction de de MacCabe et Thiele (cas 2)]
Effectuer le tracé correspondant sur le diagramme rectangulaire et noter les principaux éléments de la
démarche.
34 Marie DEBACQ
Procédés d'extraction liquide/liquide
c) Cas général
Dans le cas général, on doit travailler avec la courbe opératoire sur le diagramme rectangulaire en
rapports massiques. La courbe opératoire est tracée point par point à l'aide de relevés effectués sur le
diagramme triangulaire à partir du pôle opératoire Δ.
VIDÉO : [Link]
vidéo ELL : extracteur à contre-courants - construction de de MacCabe et Thiele (cas général) [cf. vidéo
ELL : extracteur à contre-courants - construction de de MacCabe et Thiele (cas général)]
Effectuer les tracés correspondants sur les diagrammes triangulaire et rectangulaire et noter les étapes
successives des constructions.
d) Synthèse
VIDÉO : [Link]
vidéo ELL : extracteur à contre-courants - construction de de MacCabe et Thiele (synthèse) [cf. vidéo
ELL : extracteur à contre-courants - construction de de MacCabe et Thiele (synthèse)]
Marie DEBACQ 35
Procédés d'extraction liquide/liquide
courbe opératoire
courbe opératoire
diluant et solvant miscibles sur diagramme en
sur diagramme en titres
rapports
5.5. Exercice : acide acétique - eau - acétate de butyle : PARTIE 6 : cas d'un
extracteur à contre-courant (NET)
On désire extraire d'une solution aqueuse l'acide acétique par de l'acétate de butyle dans un extracteur à
contre-courant. Le débit massique de l'alimentation en solution (à 20% massique en acide acétique) est
de 100 kg h-1, tandis que celui du solvant pur est de 150 kg h-1. Le titre en acide dans le raffinat ne doit pas
dépasser 5%.
Question
Déterminer le nombre d'étages théoriques nécessaires en traçant la droite opératoire puis la courbe
opératoire (sur le diagramme en titres massiques et celui en rapports massiques).
VIDÉO : [Link]
vidéo ELL : extracteur à contre-courants - méthode du pôle opératoire [cf. vidéo ELL : extracteur à
contre-courants - méthode du pôle opératoire]
Effectuer les tracés correspondants sur le diagramme triangulaire et noter les étapes successives de la
méthode.
36 Marie DEBACQ
Procédés d'extraction liquide/liquide
5.7. Exercice : acide acétique - eau - acétate de butyle : PARTIE 7 : cas d'un
extracteur à contre-courant (NET par la méthode du pôle opératoire)
On désire extraire d'une solution aqueuse l'acide acétique par de l'acétate de butyle dans un extracteur à
contre-courant. Le débit massique de l'alimentation en solution (à 20% massique en acide acétique) est
de 100 kg h-1, tandis que celui du solvant pur est de 150 kg h-1. Le titre en acide dans le raffinat ne doit pas
dépasser 5%.
Question
Déterminer le nombre d'étages théoriques nécessaires par la méthode du pôle opératoire.
Marie DEBACQ 37
Procédés d'extraction liquide/liquide
Le débit minimum de solvant correspond quant à lui à un nombre d'étages théoriques p.55 infini.
D'après ce que nous avons vu avec la construction basée sur le pôle opératoire, ceci se produira par
exemple si la conodale p.53 passant par le point représentant l'extrait est confondue avec la droite
opératoire p.53 de l'alimentation en solution, comme illustré sur la figure ci-dessous :
On constate ici que l'on ne peut déterminer le débit minimum de solvant qu'une fois que l'on a choisi
un titre en soluté cible, soit dans le raffinat, soit dans l'extrait.
de solvant pur) .
38 Marie DEBACQ
Procédés d'extraction liquide/liquide
VIDÉO : [Link]
vidéo ELL : extracteur à contre-courants - efficacités [cf. vidéo ELL : extracteur à contre-courants -
efficacités]
Hypothèses Attention
On suppose :
qu'il y a immiscibilité totale entre diluant et solvant,
que les concentrations en soluté sont faibles (il est dilué),
que le coefficient de partage p.56 K est constant.
VIDÉO : [Link]
vidéo ELL : extracteur à contre-courants - relations de Kremser [cf. vidéo ELL : extracteur à contre-
courants - relations de Kremser]
ef fappauvrissement =
r
r −1
n+1
−1
et ef f
enrichissement
=
r
n+1
r
−r
−1
où r =
L
K⋅V
est le rapport de partition
Ces efficacités d'appauvrissement p.56 et d'enrichissement p.56 sont représentées sur les figures
suivantes en fonction du rapport de partition r et du nombre d'étages théoriques n.
Marie DEBACQ 39
Procédés d'extraction liquide/liquide
5.10. Exercice : acide acétique - eau - acétate de butyle : PARTIE 8 : cas d'un
extracteur à contre-courant (effet du débit de solvant et du titre dans le raffinat
sur NET)
On désire extraire d'une solution aqueuse l'acide acétique par de l'acétate de butyle dans un extracteur à
contre-courant. Le débit massique de l'alimentation en solution (à 20% massique en acide acétique) est
de 100 kg h-1.
Question 1
Déterminer nombre d'étages théoriques pour un débit massique de solvant pur de 200 kg h-1 si le titre
massique en acide acétique dans le raffinat ne doit pas dépasser 5%.
Question 2
Qu'en est-il pour un titre massique en acide acétique dans le raffinat de 3% (débit massique de solvant
pur : 150 kg h-1) ?
Question 3
Comparer ces résultats avec ceux de la partie 6.
VIDEO : [Link]
vidéo ELL : extracteur à contre-courants - optimisation économique [cf. vidéo ELL : extracteur à contre-
courants - optimisation économique]
40 Marie DEBACQ
Procédés d'extraction liquide/liquide
Effectuer le tracé montré dans la vidéo sur le graphique fourni et noter les principaux éléments
d'explication.
optimisation économique
5.12. Hauteur d'une unité de transfert (HUT) & nombre d'unités de transfert
(NUT)
Dans la mesure où l'extraction liquide/liquide est généralement réalisée à température ambiante et où
les chaleurs de dissolution sont généralement négligeables, on peut considérer que c'est un procédé
de séparation avec transfert de matière seulement [en distillation, les transferts de matière et de
chaleur sont couplés].
VIDEO : [Link]
vidéo ELL : extracteur à contre-courants - HUT x NUT [cf. vidéo ELL : extracteur à contre-courants - HUT
x NUT]
Marie DEBACQ 41
Procédés d'extraction liquide/liquide
où a est l'aire interfaciale p.56 par unité de volume d'extracteur [m2 m-3]
kR et kE sont les conductances de transfert (relatives aux concentrations) p.56 respectivement côté
raffinat et côté extrait [m s-1]
où k et k sont les coefficients de transfert (relatifs aux masses) côté raffinat et côté extrait [kg m-2 s-
′
R
′
E
1]
Les coefficients de transfert k relatifs aux masses p.56 sont reliés aux conductances de transfert
′
k
∗ ∗
ϕ = KR ⋅ a ⋅ (x − x ) = KE ⋅ a ⋅ (y − y)
42 Marie DEBACQ
Procédés d'extraction liquide/liquide
KR et K sont les coefficients de transfert globaux p.56 côté raffinat et côté extrait [kg m-2 s-1]
E
Au niveau de l'interface, on considère généralement que xi et yi sont liés par l'équilibre, donc
y = K ⋅ x , où K est le coefficient de partage
p.56
i i
On a par conséquent : 1
KR
=
k
1
′ +
1
K⋅k
′ & 1
KE
=
K
′
k
+
1
′
k
R E R E
De nombreuses corrélations sont disponibles dans la littérature pour le calcul des coefficients de
transfert relatifs aux concentrations k. Elles sont basées sur diverses théories telles que le modèle de
pénétration (HIGBIE, 1935), la théorie du renouvellement de surface (DANCKWERTS, 1951) et bien
d'autres.
Dans un extracteur, la corrélation générale suivante (due à RANZ & LEVENSPIEL) peut être utilisée en
première approximation :
1/2 1/3
Sh = 2, 0 + 1, 8 ⋅ Re ⋅ Sc
où :
Sh =
k⋅d
D
est le nombre de Sherwood [-]
le nombre de Schmidt [-]
μ
Sc =
ρ⋅D
Dans la pratique, il peut s'avérer plus aisé et plus fiable de déterminer directement le produit k ⋅ a
expérimentalement. Ceci peut être effectué par des méthodes physiques (par exemple avec l'analyse
d'images) ou chimiques (méthode des sulfites par exemple).
Dans le cas du dimensionnement d'une colonne à garnissage, le produit k ⋅ a est d'ailleurs
normalement fourni par le fabriquant du garnissage (voir partie technologie).
Marie DEBACQ 43
Procédés d'extraction liquide/liquide
cette expression, on a pour habitude de nommer NUT (nombre d'unités de transfert) p.55 la valeur de
l'intégrale et HUT (hauteur d'une unité de transfert) p.55 le facteur devant l'intégrale.
Y1
∗
HUT Remarque
On peut déterminer H U TR = [
L
KR ⋅a⋅Ω
] et H U TE = [
V
KE ⋅a⋅Ω
] par calcul, dès lors que
moyen moyen
l'on connaît les paramètres de transfert K ⋅ a et K ⋅ a, ainsi que la section de la colonne (voir le
R E
On peut déterminer N U T et N U T par intégration graphique (comme illustré sur la figure ci-
R E
44 Marie DEBACQ
Procédés d'extraction liquide/liquide
∗
y1 −yA y1 −yA y −y1
1
N U TE ≈ ∗
= ∗ ∗ ⋅ ln ∗
(y −y)ml (y −y1 )−(y −yA ) y −yA
1 A A
5.13. Exercice : acide acétique - eau - acétate de butyle : PARTIE 9 : calcul de NUT
dans un extracteur à contre-courant
On désire extraire d'une solution aqueuse l'acide acétique par de l'acétate de butyle dans un extracteur à
contre-courant. Le débit massique de l'alimentation en solution (à 20% massique en acide acétique) est
de 1000 kg h-1, tandis que celui du solvant pur est de 1500 kg h-1. Le titre en acide dans le raffinat ne doit
pas dépasser 5%. On supposera que le diluant et le solvant sont peu miscibles, que le soluté est dilué et le
coefficient de partage est constant.
Question
Déterminer le nombre d'unités de transfert.
Lorsque l'on doit traiter deux solutions de concentration en soluté différentes, plutôt que de diluer la
plus concentrée en la mélangeant avec la moins concentrée, il est souvent avantageux d'effectuer une
alimentation en solution la plus concentrée à un endroit judicieusement choisi dans la colonne.
Reflux Définition
Dans le cas où diluant et solvant sont partiellement miscible, on peut avoir intérêt à mettre en place un
système de reflux du diluant après l'avoir séparé de l'extrait par distillation ou tout autre moyen
adapté. Ce type de procédé est illustré sur la figure ci-dessous.
Marie DEBACQ 45
Procédés d'extraction liquide/liquide
Lavage Définition
Lorsque plusieurs solutés sont présents dans la solution et que le solvant retenu solubilise également
un peu les autres solutés que celui qui a été choisi, il peut être utile de mettre en œuvre un lavage de
l'extrait.
46 Marie DEBACQ
Technologies pour l'extraction
liquide/liquide III
Il existe de nombreux types d'extracteurs, que l'on peut classer suivant différents critères, comme illustré
dans le tableau suivant.
colonnes à
gravité (distributeur) pulvérisation colonnes à plateaux
colonnes garnies
L'appareil d'extraction doit réaliser la mise en contact et la séparation physique. Pour améliorer le
transfert entre phases, il faut augmenter l'aire interfaciale, on travaille donc avec une phase dispersée
(sous forme de gouttelettes) dans l'autre (que l'on appellera phase continue). Le plus souvent, c'est la
phase légère qui est dispersée. L'importance relative des deux phases est caractérisée par la fraction de
volume occupée par la phase dispersée par rapport à la fraction de volume occupée par la phase
continue. Si ce rapport est inférieur à 0,05, on peut considérer que les gouttes n'interagissent pas entre
elles ; s'il est supérieur à 0,95 (cas rare), la phase continue n'est constituée que de minces lames de
liquide (mousses).
Les gouttes formées ont en général des tailles comprises entre quelques micromètres et quelques
millimètres. Cette taille dépend du mode de mélange, du mode de dispersion et des propriétés physico-
chimiques des deux phases, notamment la tension interfaciale. Pour des gouttes de taille inférieure au
micromètre, les temps de décantation sont rédhibitoires ; pour des gouttes de taille supérieure à
quelques millimètres, l'aire interfaciale développée est modeste et le transfert peu efficace.
La coalescence est le phénomène de regroupement des gouttes : elle doit être évitée lors de la mise en
contact et favorisée lors de la séparation par décantation.
VIDEO : [Link]
vidéo ELLtechno : introduction aux technologies pour l'extraction liquide/liquide [cf. vidéo ELLtechno :
introduction aux technologies pour l'extraction liquide/liquide]
La partie purement technologique est pour le moment cachée, car elle fera l'objet de présentations
réalisées par les auditeurs/étudiants lors de la séance "mini-exposés". Elle pourra par la suite être
complétée par quelques vidéos complémentaires.
Marie DEBACQ 47
Technologies pour l'extraction liquide/liquide
1. Colonnes garnies
Les colonnes garnies sont des colonnes à pulvérisation remplies de petits objets, appelés garnissages, qui
permettent d'augmenter l'aire interfaciale et donc de favoriser l'extraction.
VIDÉO : [Link]
vidéo ELL : calcul du diamètre d'une colonne garnie à l'aide du diagramme de LOBO [cf. vidéo ELL :
calcul du diamètre d'une colonne garnie à l'aide du diagramme de LOBO]
diagrammes d'engorgement
48 Marie DEBACQ
Technologies pour l'extraction liquide/liquide
On trouve dans la littérature les caractéristiques des garnissages classiques, exprimées notamment en
terme de :
surface par unité de volume a
porosité ε
a⋅(1−ε)
facteur de garnissage F =
ε
3
où la vitesse massique p.56 v du liquide léger s'exprime en kg m-2 s-1 et ν désigne la viscosité
cinématique p.56.
diagramme de LOBO
On donne souvent la corrélation Yengorgement = 0, 684 ⋅ exp (−3, 61 ⋅ X
0,286
) (valable pour X ≤
10).
On préconise généralement de choisir un diamètre de colonne tel que la vitesse massique du liquide
léger soit comprise entre 50 et 75% de sa valeur à l'engorgement (pour les colonnes fonctionnant sous
pression atmosphérique). Ceci permet de calculer le diamètre de la colonne nécessaire.
Il faut ensuite déterminer les caractéristiques de transfert du garnissage, et notamment les produit
coefficient de transfert par l'aire interfaciale pour chaque phase.
Marie DEBACQ 49
Technologies pour l'extraction liquide/liquide
50 Marie DEBACQ
Technologies pour l'extraction liquide/liquide
1.2. Exercice : acide acétique - eau - acétate de butyle : PARTIE 10 : cas d'une
colonne garnie
On désire extraire d'une solution aqueuse l'acide acétique par de l'acétate de butyle. Le débit massique
de l'alimentation en solution (à 20% massique en acide acétique) est de 1000 kg h-1, tandis que celui du
solvant pur est de 1500 kg h-1. Le titre en acide dans le raffinat ne doit pas dépasser 5%.
On décide de réaliser cette opération dans une colonne garnie d'anneaux Pall en céramique de ½ inch
(soit 1,27 cm). Leur facteur de garnissage vaut F = 420 m2 m-3. La masse volumique de l'acétate de butyle
est de 880 kg m-3.
La solution de l'ensemble des questions est également proposée en vidéo tout en bas de cette page.
Question 1
Calculer la vitesse massique du solvant à l'engorgement.
Question 2
En déduire le diamètre de la colonne si on choisit de travailler à 70% de la vitesse massique à
l'engorgement.
Question 3
Calculer les produits des coefficients de transfert de matière GLOBAUX par l'aire interfaciale pour chaque
phase (on suppose toujours que le coefficient de partage est constant), sachant que k ⋅ a = 1,4 10-3 s-1
R
et k ⋅ a = 2,5 10
-3 s-1
E
Question 4
En déduire la hauteur de la colonne.
Marie DEBACQ 51
Conclusion
VIDÉO : [Link]
vidéo ELL : conclusion du module sur l'extraction liquide/liquide [cf. vidéo ELL : conclusion du module sur
l'extraction liquide/liquide]
Comme cela a été illustré dans ce module, rappelons quelques éléments sur le dimensionnement des
appareils d'extraction liquide/liquide :
En première approche, les données d'équilibre thermodynamique permettent de déterminer -par
exemple graphiquement- le nombre d'étages théoriques (NET) d'un procédé d'extraction et par
conséquent par exemple la hauteur approximative de tel ou tel type de colonne grâce à la HEPT (hauteur
équivalente à un plateau théorique). À ce stade on pourra également choisir le type de technologie le
mieux adapté à la séparation à réaliser.
Pour un dimensionnement plus précis, on rend ensuite compte des aspects hydrodynamiques en
déterminant (visuellement ou graphiquement) le point d'engorgement de la colonne. Connaissant le
débit d'engorgement, ainsi que le volume disponible pour l'écoulement (en tenant compte du débit de
l'autre phase et des équipement internes de la colonne), on peut calculer de diamètre de colonne
correspondant à un débit généralement compris entre 50 et 75% du débit d'engorgement.
Les transferts de matière, notamment les coefficients d'échange et les aires interfaciales, dépendent du
garnissage ou des plateaux choisis ; ils permettent de déterminer la hauteur de la colonne dont on
connaît déjà le diamètre, comme le produit du NUT p.55 par la HUT p.55.
52 Marie DEBACQ
Glossaire
biphasique
Se dit d'un échantillon ou d'un système constitué de deux phases. On emploie parfois également
le terme diphasique.
conodale
Également appelée ligne de conjugaison : segment de droite reliant deux point conjugués se
trouvant sur la courbe binodale. Ces deux points représentent des mélanges à l'équilibre
thermodynamique.
courbe binodale
Également appelée isotherme de misciblité : ligne qui sépare l'ensemble des compositions
possibles (représentées par l'ensemble des points à l'intérieur du diagramme triangulaire) en une
(ou plusieurs) zone(s) où le mélange ternaire est monophasique et une (ou plusieurs) zone(s) où le
mélange ternaire est polyphasique.
courbe d'équilibre
Ensemble des couples de points de coordonnées (x,y) représentant les compositions de deux
phases à l'équilibre thermodynamique (composition x dans l'une des phase et y dans l'autre).
démixion
Phénomène correspondant à l'apparition d'une nouvelle phase dans un mélange initialement
homogène.
droite d'alimentation
Sur le diagramme triangulaire, c'est la droite qui relie les points représentant la solution (point
noté ou A) et le solvant (point noté ou S).
À noter que sur ce même diagramme, la droite opératoire reliant le point représentant la solution
d'alimentation et celui représentant l'extrait sortant d'un extracteur à contre-courant est parfois
appelée droite opératoire d'alimentation, voire même par abus de langage droite d'alimentation !
Celle qui relie le point représentant le raffinat qui sort de l'extracteur à contre-courant et le solvant
d'alimentation, peut elle-aussi être désignée sous le nom de droite opératoire d'alimentation.
droite opératoire
Sur le diagramme triangulaire, une droite opératoire relie les points représentant un raffinat et
un extrait situés au même niveau de l'extracteur. L'ensemble de ces droites opératoires se
rejoignent au niveau du pôle opératoire. La droite opératoire reliant le point représentant la
solution d'alimentation et celui représentant l'extrait sortant d'un extracteur à contre-courant est
parfois appelée droite opératoire d'alimentation. Celle qui relie le point représentant le raffinat qui
sort de l'extracteur et le solvant d'alimentation, pourrait elle-aussi être désignée sous le nom de
droite opératoire d'alimentation.
Sur le diagramme rectangulaire, pour un extracteur à contre-courant, la droite opératoire relie
les points de coordonnées et pour la construction des gradins dans la méthode de McCabe et
Thiele. Dans le cas où diluant et solvant ne sont pas immiscibles, on étend cette définition à la
notion de courbe opératoire, qui désigne l'ensemble des points de coordonnées , où et sont les
Marie DEBACQ 53
Glossaire
titres en soluté dans le raffinat et l'extrait situés au même niveau de l'extracteur. On retrouve
ainsi la même notion que sur le diagramme triangulaire ; d'ailleurs c'est sur ce diagramme
triangulaire que sont lues les valeurs de et sur une même droite opératoire !
étage théorique
Portion (souvent fictive) de l'espace, dont les flux sortants sont à l'équilibre thermodynamique.
monophasique
Se dit d'un échantillon ou d'un système constitué d'une seule phase.
point critique
Point où convergent les conodales et où elles deviennent tangentes à la courbe binodale.
taux de solvant
Rapport entre le débit massique total de solvant et celui de la solution.
54 Marie DEBACQ
Abréviations
Marie DEBACQ 55
Nomenclature
• • • •-
entré e entré e
η
d'extraction masse de soluté à extraire. xentré e ⋅Lentré e
mouvement.
ρ • masse volumique • Rapport d'une masse de matière par le volume occupé par cette masse. • kg m-3
a • aire interfaciale • Surface d'échange (ou de contact) entre deux phases, par unité de volume. • m2 m-3
x −xsortie
ef fappauvrissement appauvrissement = ∗
xentré e −x
sortie
ysortie −y
entré e
coefficient de Rapport entre la teneur en soluté dans l'extrait et la teneur en soluté K yeq
K • • • =
•-
partage dans le raffinat, lorsque ces deux phases sont à l'équilibre. xeq
KE ou coefficient de transfert global (associé aux titres massiques fictifs) de l'extrait ou kg m-2 s-
• •1
KR du raffinat
k
′
• coefficient de transfert (associé aux titres massiques) • k ′
= k ⋅ ρ • kg m-2 s-1
L • débit massique total de raffinat • kg s-1
Débit massique total du raffinat : en sortie d'un extracteur simple ; en sortie de l'extracteur
kg s-
L1 • numéro 1 d'un extracteur à courants croisés ; sortant de l'étage numéro 1 pour un extracteur à • 1
contre-courant.
Débit massique total de raffinat en sortie d'un extracteur à courants croisés ou d'un extracteur kg s-
Ln • •1
à contre-courant.
vitesse Rapport entre le débit massique total du liquide léger et la section de la kg m-2 s-
v • • •1
massique colonne.
56 Marie DEBACQ
Nomenclature
Débit massique total de l'extrait en sortie d'un extracteur simple ou d'un extracteur à contre- kg s-
V1 • •1
courant.
Débit massique total de l'extrait : en sortie de l'extracteur numéro i pour le cas d'un extracteur kg s-
Vi • •1
à courants croisés ; de l'étage numéro i dans le cas d'un extracteur à contre-courant.
xΣ • • •-
(point somme) LA +VA
Titre massique en soluté dans le raffinat en sortie d'un extracteur simple ou du premier extracteur
x1 • •-
à courants croisés ou du premier étage d'un extracteur à contre-courant.
Titre massique en soluté dans le raffinat en sortie d'un extracteur à courants croisés ou d'un
xn • •-
extracteur à contre-courant.
Titre massique en soluté qu'aurait une phase raffinat à l'équilibre avec la phase extrait située au
x
∗
• •-
même niveau de l'extracteur.
Titre massique en soluté dans l'extrait en sortie d'un extracteur simple ou d'un extracteur à contre-
y1 • •-
courant.
Titre massique en soluté dans l'extrait : à la sortie de l'extracteur numéro i pour le cas d'un
yi • •-
extracteur à courants croisés ; sortant de l'étage numéro i dans un extracteur à contre-courant.
Titre massique en soluté qu'aurait une phase extrait à l'équilibre avec la phase raffinat située au
y
∗
• •-
même niveau de l'extracteur.
Marie DEBACQ 57
Bibliographie
58 Marie DEBACQ
Mentions légales
Ce cours a initialement été créé, puis progressivement enrichi, pour la formation des
réutilisation de ce module avec les étudiants du master « Génie des Procédés et Bio-procédés » de
l'Université Paris-Saclay, d'AgroParisTech et de CentraleSupélec.
1. [Link]
Marie DEBACQ 59