Simplexité Chapitre 6
Simplexité Chapitre 6
LA SIMPLEXITh
une bande de fréquence dite gamma
particulier, dans
150 oscillations
seconde, et la
par simultanéité entre
40 et d'activités
relle
tempo-
dans les difterents centres qui codent ces attr
etreimportante pour le liage perceptif,
buts, pourraitreconstruction de l'unité de l'objet ainsi
dire pour la tex visuel, des
niveau du cortex
C'est-à
ainsi décom
posé. Au si1ple
pernettent Tidentiication précoce de certaines
d'objets. Des pattens
spontanés sont créés
mécani sm
propriétés
qui préparent
es
lyse du monde visuel La
forme, la couleur, la
luminance,l'ana-le
particuliele
mouvement sont eux-memes des assenmblages
corélations spatio-temporelles) de signaux, et non dess
une tendance
posantes primaires. Il y auraitdonc permanente
àfomer des compositions de plus en plus complexes (
ompositions de compositions)". Le problème essentiel
alors que toutes les compositions, tous les assemblages d
signaux ne peuvent etre analyses. l y aura1t, par exempl
plus de configurations dans une image en noir et blanc de
16par 16 pixels que de particules dans I'univers !On le com.
prend ici, nous n'avons pas encore découvert comment le
cerveau donne aux objets du monde (et ànotre propre corps
que nous considérons aussi comme un objet) leur unité.
Résoudre ce problème exige que nous comprenions à quoi
servent nos sens et quels mécanismes simnplexes leur permet
tent d'appréhender le monde. C'est ce que nous allons
examiner maintenant.
CHAPITRE 6
Le hasard maítrisé
Laspécialisation et la modularité
La rapidité
Une autre exigence essentielle pour lasurvie est la rap
ute. Survivre, échapper àun prédateur ou capturer une proie
une aftaire de 25 millisecondes pour une sauterelle,de b0
00 millisecondes pour beaucoup d'animaux. Or, de même
Tapidité et précision
et complexité ne font passontbon
souvent incompatibles,
ménage rapiditè
quand il s'agit des
processus de traitement de l'information ou des réactions
motrices d'un organisme tel que le corps humain. Par quels
94
LA SIMPLEXITt
mécanis1mes biologiques la rapidité est-elle
un tel contexte? donc asSSurée dane
J'ai dit plus haut que, dans les aires visuelles
monde
les neurones ne
voient le
petites fenÁtres appelées champs
qu'à travers
récepteurs qui
font
1degré de largeur. Contrairementfixesà ce: qu on
de primatoirutese,s
champs récepteurs ne sont pas
envit, ron
pensat
conferé des propriétés très étonnant qui l'évolution
la
Ces
étonnantes améliorent leur a
dité du traitement gräce à une grande flexibilit¿ rlaepiur-s
propriétés. Un neurone dit complexe, au sens de de et
Wiesel. peut ainsi se transtormer en neurone simnlatHubel
jours au sens de Hubel et Wiesel, si on modifie la
de bruit visuel : sa réponse devient alors plus quantité
liée à la stimulation visuelle. On parle de
linéaires quand il y aune relation
linéai
systèmesrement
complexe entre un stim
non
lus et une réponse. Simpl1ther, c'est souvent, dans notre
jargon technique, linéariser!1
Le cerveau dispose, par ailleurs, de processus spécialisé:
qui déectent très rapidement les aspects globaux et importants
d'une scène visuelle et seulement plus tardivement les détails.
C'est le rôle, nous l'avons dit, de l'amygdale pour signaler un
danger éventuel (le deuxième analyseur mentionné ci-dessus).
C'est elle qui, en 80 millisecondes, détecte la préence d'un
serpent et nous fait réagir. Ce n'est que plus tardivement que
le lobe temporal analysera la forne du serpent et distinguera la
couleuvre de la vipère. C'est aussi l'amygdale qui détecte sur
le visage d'autrui une intention agressive. Lorsque nous re
Controns quelqu'un pour la première fois nous avons imme
diatement une première impression : cette personne m'est
sympathique Ou elle m'inspire de la crainte. Cette première
impression est due àl'analyse par l'amygdale qui attribue ins-
tantanément de la valeur au visage d'autrui. Il s'agit sans doute
d'un mécanisme très ancien d'alerte. Cette impression doit
souvent être inhibée en faisant intervenir notre Cortex orbito-
frontal. L'avantage de cette analyse très rapide de l'enyironne-
ment est d'alerter sur un danger ou, au
d'un agent désirable. Elle n'est pas simple,contraire, la pres
elle est simplexe.
SENS 2
VENT NOS 95
SER
mécanisme
particulièrement précieux : celui
qui
Autre
nousperimetde détecter très rapidement un objet en mou-
s'approche à très vive allure. La solution trou-
qui par notre cerveau est élégante : au lieu
vement problème par
àce dans
véepartir
de
des calculs complexes de distance, il nous
d'évaluerla surface apparente de l'objet et son taux
suffit 'est-à-dire le rapport entre sa surface appa
dilatation, c
de sur l rétine et la vitesse de dilatation de I'image. Le
rente entre ces
rapport deux grandeurs, qui sont facilement an:
Iysablesparla rétine, donne directemnent le temps jusqu'au
si la vitesse
de l'objet est constante2 Lorsque le
contact utilisons, comme je l'ai dit
ement est var+able, nous de
haut, des prédictions issues l';internalisation des lois
plus
Newton. En outre, nous pouvons compter sur le colli-
de
supérieur dont le rôle est de prédire la trajectoire des
culus d'orienter le regard vers ceux qui se présentent
objets et
dans le champ
visuel. Notre colliculus identifie la position,
la trajectoire de l'objet: il
la vitesse et, surtout, predit s'orienter vers
Abclenche les nouvemnents nécessaires pour
permet
lui de façon prédictive, antic1patrice. C'est lui quitennis
de de
au lézard de capturer une mouche, au joueur
retourner la balle de service de son adversaire qui s'appro
che à200 km/h, au gardien de but d'arrêter le ballon lors
d'un penalty".
Bien sûr, il peut arriver que les signaux qui nous
signalent un obstacle, un ennemi ou une proie poss1ble
narrivent pas au cerveau en même temps. C'est le cas
pour la vue (l'image est transmise à la vitesse de la
lumière) et le son (qui déplace qu'à la vitesse d'envi
ne se
majeures de la
Une des difficultés résultent de perception
de nos sens
lever les ambiguit¿s
prétés très liitées
qui
par rapport àla complexité consisprote
dont
du les
source d'erreurs. De
mon vue, nombre monde sont
point de
sont solutions trouvées
des
d'ambiguité
par le cerveau pour
perceptive. Ce
problèmes simplifient lala neur0-computation ré i
soudr
SOnt lus
e ionsdes
de véritables
qui
décisions et
I'action.
Une première anbiguité fondamentale est celle qui
pemettent
résulte du changement d'apparence d'un objet loorsque nous
est évalué par le cer
bougeons. Ce changement d'apparence
reau de multiples façons. La plus mportante semble
comme Poincaré l'avait suggere, Tintormation sur le mouve
percois le
ment propre de l'observateur. S1, pendant que je alors il es
changement de forme d'un objet, je me déplace,
déplacement, et
probable que ce changement est dü åmon
hàun changement de forme de l'objet. Cela implique des
mécanismes de détection de la covariation entre mon mou
vement et la déformation des objets.
symé
Autre exemple : la tendance de notre cerveau à
triser les objets ou l'espace et sa préférence pour la rigidite.
Ces incinaisons lui permettent de lever des ambiguitès que
contient le flux optique par de véritables décisions percepti
Arbitrant
Ves - Ce quej'ai appelé la tyrannie de la perception.
solution qui assure
SOu vent, en cas de conflit, en faveur de la
la plus grande stabilité, notre cerveau complète les les intorna
autres
tions d'un sens par les informations fournies par
peuvent pas
sens : vu que les otolithes de l'oreille interne ne dars
distinguer entre l'accélération dans un sens et le freinage
mouvement
détecté
lautre, cest donc la vision qui dira si le
accélératio
Par ces capteurs est dúà un freinage ou àune simplitier
Un mécanisme cérébral très remarquable pou de l'objet.
permanence
la perception est celui qui permet la
SENS ?
VENT NOS 97
SER
des
articulations de proprioception (perception de
et
cles corps), et nous y
associons le sens de l'effot17 muscu
notreC'estcetensemble complexe, qui
nomexige une intégration
que l'on nomme le sens haptique.
isensoriellecomplexe,
laire.
n
cerveau maniieste une préférence
otre
B les formes produites par un sujet: a tige d'une
Gestalls schelle pour l'insecte qui la gravit, une hampe
fleur est une
nOus la cueillons,
qui la
squi c un ancrage pour l'araignée qui yv
pour toile... Les bases neurales de cette capacite å per-
accrochesa simples, elles font annel dos
formes ne sont pas
aroir des
qui intéressent notre propos. Par exemple, le
mécanismes qui
codage de la
forme des objets (ou du corps) n'est pas unique-
réalisé, comme on Ta longtemps pensé, par la fr¿
ment neurones qui codent les attributs de
quence de décharge de
On estime, en
(forme, couleur, luminescence, sons).
l'objet synchronisation temporelle des
effet, aujourd'huique c'est la produirait la perception de
activités de différents capteursdequimême avec la simple percep-
I'unité de l'objet. Ill en irait c'est la
le doigt :
tion tactile de la forme dun objet avec
simultanéité de la décharge des capteurs excités qui contri
buerait de façon majeure à la perception de la forme de
l'activité
lobjet. Cette distribution temporelle et spatiale de
semble-t-il,
simultanée au moment précis du contact est,
directement interprétée par le cerveau comme un cercle.
mécanismes antici
Par ailleurs, notre cerveau dispose de
(S1 et
pateurs. Par exemple, notre cortex somato-sensoriel
S-), longtemps considéré comme une aire de réception pas
SIVe des informations concernant notre corps propre, posseue
des proprietés prédictives en matière de perception tactile0
uais cette prédiction est encore facilitée par la cooperaton
la vIsIon et la perception haptique. Comme les ares
que cel-
activées par le toucher (S2) Sont en partie les mêmes
les activées par la Vision d'un contact tactile, les informa-
tions tactiles et visuelles niveau du cor-
peuvent interagir au
tex
intra-pariétal) et la perception haptique
pariétal (sillon intra- le flux
améliorer la perception des rotations donnée par
100 LA SIMPLEXITG
niveau du thalamus, aussi.
ausi, certains SIgnaux
optique Au
prédictions. On le sait, le rôle
effectuent des
attribué au thalamus sensoriel est de trans1mettre passive
récompense à la
vers le cortex. Toutefois, si
Tinformation courantestinmulation
sensorielle, des
tracit oneasMSeeocinte
on
une
thalamigues relientla
sensation
precoCe,
àla
phasique,
récompense. On
survenant trÁs Serve
neurones
alors une réponsedépendant de la modalité sensorielle
le stimulus et Ensuite, vient une réponse, plus Cest le
codage rrospetif.
récompense.
tardi
Cete seconde réponse, indépendante de
ve
particulierement intéressante, qui est maximale juste avant laet
née,certains
neurones sont actifs et produisent un potentiel
précis de l'oscillation du r¿seau0
d'actionà
des moments de ces neurones montre que le
L'analysefinede la déchargeclassification31 permettant de retrou
olflactifréalise une
bulbe catégorie de l'odeur. Ce réseau fait ainsi du multi-
verla iltransporte simultanément, dans un même flux de
plexage: types d'information.
données, différents types
mathématiciens disent que ce type de réseau opère
réduction de la dimensionnalité, c'est-à-dire qu'il simpli-
Les
une est repréentée l'activité de cet ensem
fiel'espace dans lequelréduisant le nombre de dimensions. Dès
complexe en en
ble trois dimensions, le traitement peut être
cet espace a
lors, dans en une
décomposé trajectoire qui compte trois étapes :
initiale nulle (avant I'odeur) est l'origine du repère,
1. l'activité le dans la
c'est-à-dire point de coordonnées (0,0,0) ; 2.trajectoire
ronde qui suit la présentation de l'odeur, la
atteint le maximum
de distance par rapport à >'origine;
présente, la trajectoire se sta-
3. alors que l'odeur est toujours l'origine, que
bilise autour d'un point particulier, diff¿rent de trajectoires
les
'on appelle « point tixe ». On constate que si
parcourues sont différentes selon les odeurs, elles sont identiques
pour une odeur particulière. Ce type d'encodage démultiplie
mémorisable",
donc la quantitéd'information potentiellement
Le maximum de discrimination entre odeurs est atteint au
maximum de la trajectoire. Ce système a évolu¿ pour être
eficace dans des conditions écologiques où les odeurs ne sont
SOuvent présentes que brièvement. C'est bel et bien un sys
Teme simplexe puisqu'il possède des propriétés complexes qui
simplifient la neurocomputation.
uneseule
chance d'autres
fois, c'est la limitation
qu comme lele dit ce
dit proverbe qu'aiment
viduperception- mais,
n'a
Américainset qui
témoigne de leur pragmatisme : «ln'y
dela
repas gratuit.» La simplexité a toujours un prix,
ales
pasde
retour sur investissement est considérable.
le
mémesi.