0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
31 vues20 pages

Simplexité Chapitre 6

Transféré par

yannickbertrand2
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
31 vues20 pages

Simplexité Chapitre 6

Transféré par

yannickbertrand2
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

86

LA SIMPLEXITh
une bande de fréquence dite gamma
particulier, dans
150 oscillations
seconde, et la
par simultanéité entre
40 et d'activités
relle
tempo-
dans les difterents centres qui codent ces attr
etreimportante pour le liage perceptif,
buts, pourraitreconstruction de l'unité de l'objet ainsi
dire pour la tex visuel, des
niveau du cortex
C'est-à
ainsi décom
posé. Au si1ple
pernettent Tidentiication précoce de certaines
d'objets. Des pattens
spontanés sont créés
mécani sm
propriétés
qui préparent
es
lyse du monde visuel La
forme, la couleur, la
luminance,l'ana-le
particuliele
mouvement sont eux-memes des assenmblages
corélations spatio-temporelles) de signaux, et non dess
une tendance
posantes primaires. Il y auraitdonc permanente
àfomer des compositions de plus en plus complexes (
ompositions de compositions)". Le problème essentiel
alors que toutes les compositions, tous les assemblages d
signaux ne peuvent etre analyses. l y aura1t, par exempl
plus de configurations dans une image en noir et blanc de
16par 16 pixels que de particules dans I'univers !On le com.
prend ici, nous n'avons pas encore découvert comment le
cerveau donne aux objets du monde (et ànotre propre corps
que nous considérons aussi comme un objet) leur unité.
Résoudre ce problème exige que nous comprenions à quoi
servent nos sens et quels mécanismes simnplexes leur permet
tent d'appréhender le monde. C'est ce que nous allons
examiner maintenant.
CHAPITRE 6

Àquoi servent nos sens ?

Coder le continu par du discret

Une propriété remarquable du système nerveux est de


oder les phénomènes continus par des impulsions, C'est-à
dire des signaux discrets. Par exemple, la longueur d'un mus
cle est codée par une fréquence d'impulsions déchargée par
les récepteurs appelés fuseaux neuromusculaires se trouvant
dans les muscles. La rotation de la tête est codée par une
variation de fréquence de décharge des neurones qui détec
tent les accélérations grâce aux capteurs vestibulaires. Ce
détour par le codage discret permet de transformer une
incroyable complexité de processus en une réponse simple,
commune àtous les capteurs. Ce code commun, ce langage
Commun simplifie le travail du cerveau.
En outre, dans de nombreux cas, ce passage au codage
iscret est accompagné d'une spatialisation. Par exemple,
dans l'oreille, le capteur (la cochlée) code les vibrations
aériennes, produites
d'une membrane :la
par les Sons sous forme de vibrations
membrane basilaire. Cette membrane se
Sonporte
de Son axe,comme un fltre
les portions spatial dedefréquence,
successives car, basilaire
la membrane le long
Drent avec des fréquences différentes. Comme si on ahgnalt
des chanteurs sur une ligne et qui chanteraient des sons de
plus en plus aigus. D'un bout à lautre de la spirale de la
cochlée, les capteurs qui détectent les mouvements de la
membrane
sation de l'ebasilaire codent des fréquences croissantes. L'uili-
space pour classer les fréquences lele long
long d'une
88 LA SIMPLEXTh
membrane est aussi une solution très élégante
toute nécessité d'un calcul neuronal complexe.
qui supprime

Le hasard maítrisé

Le hasard est présent à tous les niveaux du


fdéciosnction.ionne-Mais
ment du cerveau, depuis la synapse jusqu a lintégration
sensorielle et même les processus cognitifs de
le hasard a des qualités simplexes, car derrière
confusion quil introduit se cachent de grands
Vovons-en quelques-uns.
T'avantapparages,ente
À
la notion de codage discret se joint, nous I'avons
celle de probabilité. Les neurones du cerveau émettent d
potentiels d'action lorsque l'équilibre ionique de
de leur enveloppe (leur membrane) atteint une chaque côté
certaine
valeur qui induit un seuil de potentiel. Alors se produit bru
talement la petite tempéte d'ions provoquant le départ dans
l'axone du neurone du potentiel propag qui informe les
neurones suivants de l'événement. Or cette décharge du
urone, base du codage discret, est probabiliste, c'est-à-dire
qu'elle répond aux lois du hasard pour une large part. Lors
des enregistrements de l'activité neuronale, on observe des
fluctuations aux caractéristiques aléatoires semblant introduire
du bruit. Et ce bruit a pour propriété intéressante de preciser
ce que le capteur sensoriel signale et d'améliorer la fiabilité de
cette détection en tenant compte des informations antèneu
res et en effectuant une prédiction sur l'état futur du capteur
C'est une sorte de processus bayésien puisqu'il deTit
probabilité de l'état d'un système en tenant compte àla fois
de son passé et d'une estimation de son état futur (vo
chapitre 2).
Plus généralement, la synapse, liaison entre l'axone d'un
neurone et le corps cellulaire (soma) du neurone
le siège de processus d'une su1Val9
Sansdoute
eux-memes simplifiés par desimmense complexite,
lois encore inconnues, 2ss
NOS SENS ?
SERVNT
89
latransmission du signal d'un neurone à
mais par des
l'autre, non par une
onde électrique, lémentschimiques qui vien-
nentagrsurdes récepteurs. On a longtemps pensé que tou
cette machinerie était relativement stable. En fait, la libéra-
tion des neuromédiateurs obit à des lois probabilistes et les
mouvements des récepteurs dans la membrane
sont de type brownien, c'est-à-dire plasmique des
neurones que ces récep-se
teurs Sont enagitation permanente. CeuX-C1 peuvent aussi
déplacer, probablement gråce àà cette agitation aléatoire, et
explorer des domaines de plusieurs micromètres carrés en
ues minutes. De telles phases de mouvement rapjde
sont séparées par des périodes pendant lesquelles les récep-
rs sont confinés, quasi immobilisés, avec une diffusion
réduite de plusieurs ordres de grandeur. La stablité de la
sVnapse et de ses echanges physiologiques ne résulte donc pas
dune stabilitémoléculaire, mais, au contraire, de la stabilité
dynamiqued'assemblages moléculaires complexes', Elle est le
résultat d'un équilibre dynamique (statistique) où les molécules
sont en nouvement continuel dans des «microdomaines ».
Fait remarquable, ces mouvements sont régulés par des pro
cessus physiologiques précis qui utilisent le hasard pour
modifier l'état de la synapse en fonction du contexte. Le hasard
sert ainsià la flexibilitédu dispositif. Comme on le voit par cet
exemple, le hasard n'introduit pas du désordre dans le vivant ;
ce que j'appelle le hasard maitrisé apporte de nouvelles pro
prnetes qu'il aurait été complexe de mettre en euvre avec des
systemes non probabilistes. Ce détour par le hasard, apparente
complexité qui simplitie ou accroît les posibilités d'un sys
teme, corespond tout àfait à notre définition de la simplexit.

Laspécialisation et la modularité

Une propriété simplexe des organismes vivantsfaitestunea


spécialisation, lala modularité. On doit à Galld'avoir
d'avoir
phrénologie du cortex cérébral, c'est-à-dire
attribué à
90
LA SIMPLEXIT
chaque aire du cortex une fonction particulière.
nologie a été critiquée à la fin du xx° siècle pou Cette phre
pour sa segreg
tion de fonctions. Ce sont en réalité des réseaux d'aires
Connectées qui assurent une fonction détermin¿e, 'aires inter-
certaines sont cruciales. Pour prendre un exemple, le même si
ne concerne pas que l'aire de Broca, mais celle-ci
est langage
puisqu'une lésion dans cette zone supprimerait la
parler. De façon plus générale, une même aire ducapaci
cruci
Cerie
al
té ee
ou ses parties, est susceptible de partic1per åplusieurs résa,
sans doute parce qu'elle est le siège d'opérations
spécifiques.
organismes vivants
neuronales
Devant la complexité, les ontchoiila
la spécialisation, la modularité, la séparation des fonctions,
division du travail, la catégorisation, la distinction. Le cerves
est comme une ruche, une colonie de tourmis, une ter:
tière, une armée, une usine, la société même, il est le
d'une extrême spécialisation qui donne une apparente com
siège
plexité mais qui, en réalité, simplifie le traitement des infor.
maions sur le monde et en plus permet de contrôler mieux
l'action. Quelques exemples vont permettre de bien faire
voir cette variété extraordinaire produite par le cerveau avant
de recréer l'unité de la perception et de l'action.
Pour mesurer les mouvements de la tête, les capteurs
vestibulaires de l'oreille interne décomposent le mouvement
de la tête en rotations grâce aux canaux semi-circulaires dans
trois plansqui forment un référentiel euclidien, et en transla
tions selon deux plans qui correspondent aux plans des
retrouve au
canaux. Cette organisation géométrique Se
niveaudes aires sous-corticales (le système optique accessoire)
mathématiques eucli
qui analysent le mouvement visuel. Les transla
diennes ont conservé la distinction entre rotation et
cinéma
tion, ce qui simplifie considérablement la description
tique d'un mouvement.
de modur
Le système visuel est, aussi, un bel exempleCortex visuel
rité. On aidentifié plus de dix aires dans le exclut
qui
codant les différents attributs du monde visuel', ce Ces aires
de parler de vision au sinngulier. Mais nombre de
SENS ?
VENT NOS 91
SER

révèlent être lele site de convergence multisenso


Visuellesse érant organisées de façon à simplifer cette
rielle tOut en
convergence. Voici quelques-unes de ces voies visuelles.
que leschoix ont été faits au cours de
étudeconfirme
átude mnodulariser I'analyse du
Leur
pour
l'évolution l'action ou la fonction. monde visuel en
avec
relation
- Un
analyseur rétino-colliculaire, spécialisé dans la détetion
ments d'orientation du regard
contróle les mouvements
mouvement, qui
du tendance àà sous-estimer le rôle du colliculus
copS. On a
etdu perception, l'attention des chercheurs se focalisant sur
darnsla visuel. En fait, le colliculus joue un rôle fondamen-
lecortex mouvement et
dans la percepion nOn consciente du
probablement aussi des formes. J'ai mentionné dans Le Sens
de
mouvement le cas de ces entants aveugles du lvcée
Montgeron qui jouaient au pingpong et au basket.
Ils
étaient classés « aveugles », mais la vision du mouvement par
le colliculus, qui n'etait pas prise en compte, était sans doute
intacte chez eux. Sile colliculus ne dispose pas des mécanismes
Jui permettant d'analyser les détails du monde visuel comme
le fait le cortex, il peut, en revanche, induire des comporte
ments adaptés très rapidement, en particulier lorsqu'il s'agit
dobjets en mouvement nous l'avons montré avec Alexej
Grantyn". C'est aussi cela la simplexité.
- Un analyseur qui, depuis la rétine, transmet les images à
l'amygdale pour l'identifcation rapide de la valeur positive, ou néga
tive, des choses vues (voir chapitre 3). Cette voie fait partie du
cerveau des émotions, ou cerveau limbique, et elle est capable
en moins de 100 millisecondes de déclencher une réaction
corporelle adaptée (peur, joie, fuite, immobilisation).
Uin analyseur qui coespond à une voie dite dorsale, spéciali
See dans le traitement de la localisation spatiale des objets (voie du
0 ). Depuis le cortex pariétal, cette voie conduit les
informations vers le cortex
le lamp oculomoteur frontal oùse situe, par exemple,
frontal qui guide les mouvements du
regard, l'aire
et
supplémentaire qui prépare les
oculomotrice
mouverments du regard losque nous voulons porter notre
eton sur un obiet D'autres aires dans le cortex prerontal
92 LA SIMPLEX
Sont: impliquées dans
l'apprentissage dede nouvelles sequenceS
regard ou dans la mémoire
de mouvement du de travail,
-Un analyseur qui comespond à une voie dite ventrale (vo
dans l'identifcation
quoi ? »), spéaialisée des formes (voie du
cortex pariétal, des des
des créatures vivantes.
neurones sOnt capables
Dans le
d'identifier des obj
ensemblesets
e
da
Ntrastrié est
même spécialisée
cortex visuel extrastrié formes-dans une aire d
tion de la forne du corps' (1'aire EBA ou l'identific-
Extrastriate Body
Aroa en anglais). Les informations Sont ensuite transnoiy
cortex pariétal vers le lobe temporal. Le long de cette u
les champs récepteurs ces fentres å travers
neurones peuvent voir le monde - sont d'abord
lesquelles le
de plusen plus grands au fur et åmesure que petits, puisl'on parcourt
les voies visuelles jusqu' aux stations du cortex temporal ot
fait la reconnaissance des visages, des objets ou de
nement. Les assemblées de neurones dans le lobe l'temporal
environ-
ont des proprietés qui leur permettent de répondre de facon
sélective àun répertoire, inné et appris, de formes visuelles
lémentaires. Parfois aussi, c'est le mouvement qui permet
d'identifier une forme, un objet ou une créature vivante.
On le voit par cet exemple, la modularité peut être
poussée assez loin dans le corps humain. Notre cerveau dis
pose même de modules spécialisés dans l'identification de
catégories particulieres de formes : une partie du gyrus fusi
forme est ainsi spécialisée dans l'analyse des formes naturelles
animales ou humaines, une autre dans l'identification des
mots, tandis que le parahippocarmpe identifie, lui,cetteles formes
modu-
qui caractérisent l'environnement'. Je pense que
larité, cette spécialisation facilitent l'analyse du monde et, plus
1mportant,permettent de construire des prédictions, des anti
Cipations. Après quoi, le cerveau recombine, en particuie!
des deux
dans le cortex frontal et préfrontal, les données
voies dorsale et ventrale en insérant des données appartelia
à l'émnotion.
au contexte, àla m¿moire, à la motivation etinntéressant de
Koechlin'" a récemment proposé un modèle parties
ces processus qu'il décrit grâce àun exemple. Trois
Cortex ftrontal et préfrontal sont impliquées dans la decis
SENS ?
VENT NOS 93
SER

pomme. L'une dit: «jevois la pomme


prendre une
pomme »(désir), la troisième dit :
de dit: «j'aime latandis
l'autre pomme», qu'un controle centrifuge
(top-
prends la
chacune de ces composantes est exercé par le cor-
sur
down)
texprétrontal.
processus attentionnels focalisent l'attention sur cer-
Les
aspects plutôt que
d'autres (forme, couleur), en modi
tains taille des champs récepteurs. Toutefois, s'il est clair
fiantla décomposent le réel en composantes ou attributs
les sens
que mouvement dans le système visuel (en réalité
forne etle
-la
-lont les neurones du systéme vIsuel, c'est de se spécia
dans des
bandes de fréquence différentes), les rotations et
liser vestibulaire, des fréquences
translations dans le système
les acoustique -, l est clair aussi que la tasse de
dans le système là Sur mna table existe sans moi et que, si je
posée
théqui est cette tase
meurs. elle sera encore la. C est la perception de
systèmes
aui est dépendante de l'activité de mon cerveau. Les differen
sensoriels combinent des signaux issus des objets, de
sont significatives
tes façons, de sorte que ces combinaisons
nous poursuivons
pour nous et en rapport avec le but que
suivant que nous Sommes une pro1e, un predateur, un parte
naire sexuel ou simplement que nous contemplons le monde
en méditant. C'est la définition même de l'Umwelt de von
Uexküll.

La rapidité
Une autre exigence essentielle pour lasurvie est la rap
ute. Survivre, échapper àun prédateur ou capturer une proie
une aftaire de 25 millisecondes pour une sauterelle,de b0
00 millisecondes pour beaucoup d'animaux. Or, de même
Tapidité et précision
et complexité ne font passontbon
souvent incompatibles,
ménage rapiditè
quand il s'agit des
processus de traitement de l'information ou des réactions
motrices d'un organisme tel que le corps humain. Par quels
94
LA SIMPLEXITt
mécanis1mes biologiques la rapidité est-elle
un tel contexte? donc asSSurée dane
J'ai dit plus haut que, dans les aires visuelles
monde
les neurones ne
voient le
petites fenÁtres appelées champs
qu'à travers
récepteurs qui
font
1degré de largeur. Contrairementfixesà ce: qu on
de primatoirutese,s
champs récepteurs ne sont pas
envit, ron
pensat
conferé des propriétés très étonnant qui l'évolution
la
Ces
étonnantes améliorent leur a
dité du traitement gräce à une grande flexibilit¿ rlaepiur-s
propriétés. Un neurone dit complexe, au sens de de et
Wiesel. peut ainsi se transtormer en neurone simnlatHubel
jours au sens de Hubel et Wiesel, si on modifie la
de bruit visuel : sa réponse devient alors plus quantité
liée à la stimulation visuelle. On parle de
linéaires quand il y aune relation
linéai
systèmesrement
complexe entre un stim
non
lus et une réponse. Simpl1ther, c'est souvent, dans notre
jargon technique, linéariser!1
Le cerveau dispose, par ailleurs, de processus spécialisé:
qui déectent très rapidement les aspects globaux et importants
d'une scène visuelle et seulement plus tardivement les détails.
C'est le rôle, nous l'avons dit, de l'amygdale pour signaler un
danger éventuel (le deuxième analyseur mentionné ci-dessus).
C'est elle qui, en 80 millisecondes, détecte la préence d'un
serpent et nous fait réagir. Ce n'est que plus tardivement que
le lobe temporal analysera la forne du serpent et distinguera la
couleuvre de la vipère. C'est aussi l'amygdale qui détecte sur
le visage d'autrui une intention agressive. Lorsque nous re
Controns quelqu'un pour la première fois nous avons imme
diatement une première impression : cette personne m'est
sympathique Ou elle m'inspire de la crainte. Cette première
impression est due àl'analyse par l'amygdale qui attribue ins-
tantanément de la valeur au visage d'autrui. Il s'agit sans doute
d'un mécanisme très ancien d'alerte. Cette impression doit
souvent être inhibée en faisant intervenir notre Cortex orbito-
frontal. L'avantage de cette analyse très rapide de l'enyironne-
ment est d'alerter sur un danger ou, au
d'un agent désirable. Elle n'est pas simple,contraire, la pres
elle est simplexe.
SENS 2
VENT NOS 95
SER

mécanisme
particulièrement précieux : celui
qui
Autre
nousperimetde détecter très rapidement un objet en mou-
s'approche à très vive allure. La solution trou-
qui par notre cerveau est élégante : au lieu
vement problème par
àce dans
véepartir
de
des calculs complexes de distance, il nous
d'évaluerla surface apparente de l'objet et son taux
suffit 'est-à-dire le rapport entre sa surface appa
dilatation, c
de sur l rétine et la vitesse de dilatation de I'image. Le
rente entre ces
rapport deux grandeurs, qui sont facilement an:
Iysablesparla rétine, donne directemnent le temps jusqu'au
si la vitesse
de l'objet est constante2 Lorsque le
contact utilisons, comme je l'ai dit
ement est var+able, nous de
haut, des prédictions issues l';internalisation des lois
plus
Newton. En outre, nous pouvons compter sur le colli-
de
supérieur dont le rôle est de prédire la trajectoire des
culus d'orienter le regard vers ceux qui se présentent
objets et
dans le champ
visuel. Notre colliculus identifie la position,
la trajectoire de l'objet: il
la vitesse et, surtout, predit s'orienter vers
Abclenche les nouvemnents nécessaires pour
permet
lui de façon prédictive, antic1patrice. C'est lui quitennis
de de
au lézard de capturer une mouche, au joueur
retourner la balle de service de son adversaire qui s'appro
che à200 km/h, au gardien de but d'arrêter le ballon lors
d'un penalty".
Bien sûr, il peut arriver que les signaux qui nous
signalent un obstacle, un ennemi ou une proie poss1ble
narrivent pas au cerveau en même temps. C'est le cas
pour la vue (l'image est transmise à la vitesse de la
lumière) et le son (qui déplace qu'à la vitesse d'envi
ne se

on Jo metres par seconde). Que se passe-t-il alors ? Pour


ompenser le décalage temporel entre l'arrivée des deux
Ngnaux visuels et acoustiques, des mécanismes neuronauUX
(encore mystérieux) retardent le traitement de l'un pour
qu'il soit combiné avec lautre, comme s'ils
étaient
simultanés4, C'est
C'est une magnifique simplification de la
coopération des sens.
96
LA SIMPLEX|
Lever les ambiguités

majeures de la
Une des difficultés résultent de perception
de nos sens
lever les ambiguit¿s
prétés très liitées
qui
par rapport àla complexité consisprote
dont
du les
source d'erreurs. De
mon vue, nombre monde sont
point de
sont solutions trouvées
des
d'ambiguité
par le cerveau pour
perceptive. Ce
problèmes simplifient lala neur0-computation ré i
soudr
SOnt lus
e ionsdes
de véritables
qui
décisions et
I'action.
Une première anbiguité fondamentale est celle qui
pemettent
résulte du changement d'apparence d'un objet loorsque nous
est évalué par le cer
bougeons. Ce changement d'apparence
reau de multiples façons. La plus mportante semble
comme Poincaré l'avait suggere, Tintormation sur le mouve
percois le
ment propre de l'observateur. S1, pendant que je alors il es
changement de forme d'un objet, je me déplace,
déplacement, et
probable que ce changement est dü åmon
hàun changement de forme de l'objet. Cela implique des
mécanismes de détection de la covariation entre mon mou
vement et la déformation des objets.
symé
Autre exemple : la tendance de notre cerveau à
triser les objets ou l'espace et sa préférence pour la rigidite.
Ces incinaisons lui permettent de lever des ambiguitès que
contient le flux optique par de véritables décisions percepti
Arbitrant
Ves - Ce quej'ai appelé la tyrannie de la perception.
solution qui assure
SOu vent, en cas de conflit, en faveur de la
la plus grande stabilité, notre cerveau complète les les intorna
autres
tions d'un sens par les informations fournies par
peuvent pas
sens : vu que les otolithes de l'oreille interne ne dars
distinguer entre l'accélération dans un sens et le freinage
mouvement
détecté
lautre, cest donc la vision qui dira si le
accélératio
Par ces capteurs est dúà un freinage ou àune simplitier
Un mécanisme cérébral très remarquable pou de l'objet.
permanence
la perception est celui qui permet la
SENS ?
VENT NOS 97
SER

longuement étudié le développement de cette


capa-
Piageta l'enfant, à partir d'un certain age, de continuer à
at'a objet enmouvement
mouvement alors même qu'il adisparu
percevoir
un
écran ou qu'il aa été placé darns une boite. Très
derriere un
un petit pense
que l'objet n'existe plus : plus vieux, il
e, unP'est
comprend
jeune, que c'estle mênme objet qui réapparaît de l'autre
dans la boite. Cette
de l'écran ou qui est faculté, qui est
côté
rapprocherde la causalité phénoménale de Michotte, est
fondée
à sur I'infrence dont nous avons dit quelle est une
propriétéfondamentale de la simplexité. Chez l'homme, la
capacitéa percevoirla permanence de l'objet s'accompagne
capacité à maintenir le mnouvement de poursuite de
de la visuels : lorsqu'un objet en
lobjeten I'absence de signaux Continue
wement a disparu derriere un ecran, notre Sil
asuiVre alors qu'il a disparu. Comment est-ce possible ?
visuelles. sans
Crice au signal extra-retinien envoyéaux aires
deute au niveau de l'aire MST du lobe temporal, mais déja
assi au niveau du cortex Visuel. Ce mécanisme élégant qui
fait intervenir des processus Complexes est, de mon point de
vue, typiquement simplexe.

Laséparation du contenu et du contexte

Une façon intéressante de simplifier l'analyse du monde


pour guider l'action ou les choix que doit faire notre cerveau
est de distinguer entre le contenu et le contexte. Reprenons
les deux voies visuelles dont nous avons parlé plus haut.
L'une analyse l'endroit oùse trouve un objet, une personne,
elle analyse le contexte : c'est la voie dite dorsale, qui va du
cortex visuel au cortex frontal àla partie supérieure du cer
Veau. L'autre analyse lidentit¿, le contenu (quoi, qui ) le
long de la voie dite ventrale qui mene jusqu'au cortex tem-
poral. En Outre, une autre voie, celle qui traite la valeur
émotionnelle d'une situation via l'amygdale, peut être consi-
Ce comme une voie spécialisée dans le contexte.
Attribuèr
98
LA SIMPLEXITt
qualificatifs
åun objet ou une personne des Comme «
reux » ou «bénéfique », CeSt, n effet, Contextual:anea
ception sensorielle, De la mme façon, l'on sait que per
cuits en boucles relient le thalamus, les ganglions de la cinq cir
le cortex. Ces circuits selectionnent et contrôlent les base et
du corps, des veux, mais aussi la mémoire et l' actions
Ces boucles codant le contenu sensori-moteur
etre chacune doublées d'une autre boucle qui
emot i
pourraion,
codeentle
cOntexte le
Si. comme le soutient le neurophysiologiste Llinos
conscience exige que contexte et contenu
des mécanismes de synchronisation
soient ajustéspar
cette
d'oscillations, en quoi
complexitéaccrue recèle-t-elle une simplification ?O
peut risquer l'hypothèse suivante : separer contexteet
contenu est important pour extraire des invariants dans le
monde indépendamment des circonstances particulières de la
perception ou de l'action en cours. En revanche, la perce
tion d'un objet ou d'un événement qui ne tiendrait pas
compte du contexte serait inutile. Cette séparation, essen
tielle. permet sans doute aussi de dissocier l'apprentissage des
relations avec les objets du monde sensible et l'apprentissage
du contexte de l'action.

La forme et le produit d'un sujet


Ayant isolé des objets visuellement ou grâce à une
exploration multisensorielle, nous pouvons souhaiter
manipuler. Pour cela, il faut évaluer leurs propriétes d
forme, de solidité ou de compliance. Plusieurs
plexes sont mises en Suvre dans le solutions s
processus. cerveau pour tacimtel
Lorsque nous
torme, le soupeser ouPaipons un objet pour en connaître a
que nous caressons une
la seduire, nous ne
mettons pas persom ans
tactile grâce aux multiples seulement en jeu noue
récepteurs situés dans et sous
SLNS ?
VENT NOS 99
SER

activons aussi des capteurs situés dans nos muS-


nous
peu
16

des
articulations de proprioception (perception de
et
cles corps), et nous y
associons le sens de l'effot17 muscu
notreC'estcetensemble complexe, qui
nomexige une intégration
que l'on nomme le sens haptique.
isensoriellecomplexe,
laire.
n
cerveau maniieste une préférence
otre
B les formes produites par un sujet: a tige d'une
Gestalls schelle pour l'insecte qui la gravit, une hampe
fleur est une
nOus la cueillons,
qui la
squi c un ancrage pour l'araignée qui yv
pour toile... Les bases neurales de cette capacite å per-
accrochesa simples, elles font annel dos
formes ne sont pas
aroir des
qui intéressent notre propos. Par exemple, le
mécanismes qui
codage de la
forme des objets (ou du corps) n'est pas unique-
réalisé, comme on Ta longtemps pensé, par la fr¿
ment neurones qui codent les attributs de
quence de décharge de
On estime, en
(forme, couleur, luminescence, sons).
l'objet synchronisation temporelle des
effet, aujourd'huique c'est la produirait la perception de
activités de différents capteursdequimême avec la simple percep-
I'unité de l'objet. Ill en irait c'est la
le doigt :
tion tactile de la forme dun objet avec
simultanéité de la décharge des capteurs excités qui contri
buerait de façon majeure à la perception de la forme de
l'activité
lobjet. Cette distribution temporelle et spatiale de
semble-t-il,
simultanée au moment précis du contact est,
directement interprétée par le cerveau comme un cercle.
mécanismes antici
Par ailleurs, notre cerveau dispose de
(S1 et
pateurs. Par exemple, notre cortex somato-sensoriel
S-), longtemps considéré comme une aire de réception pas
SIVe des informations concernant notre corps propre, posseue
des proprietés prédictives en matière de perception tactile0
uais cette prédiction est encore facilitée par la cooperaton
la vIsIon et la perception haptique. Comme les ares
que cel-
activées par le toucher (S2) Sont en partie les mêmes
les activées par la Vision d'un contact tactile, les informa-
tions tactiles et visuelles niveau du cor-
peuvent interagir au
tex
intra-pariétal) et la perception haptique
pariétal (sillon intra- le flux
améliorer la perception des rotations donnée par
100 LA SIMPLEXITG
niveau du thalamus, aussi.
ausi, certains SIgnaux
optique Au
prédictions. On le sait, le rôle
effectuent des
attribué au thalamus sensoriel est de trans1mettre passive

récompense à la
vers le cortex. Toutefois, si
Tinformation courantestinmulation
sensorielle, des
tracit oneasMSeeocinte
on
une
thalamigues relientla
sensation
precoCe,
àla
phasique,
récompense. On
survenant trÁs Serve
neurones
alors une réponsedépendant de la modalité sensorielle
le stimulus et Ensuite, vient une réponse, plus Cest le
codage rrospetif.
récompense.
tardi
Cete seconde réponse, indépendante de
ve
particulierement intéressante, qui est maximale juste avant laet

nmodulée parla valeur de la


modalité
prédit la
sensorielle,
récompense à récompense,
venir : c'est un codage prospectif.

La simplexité du sens haptique :


framboise?5
comment ne pas écraser une
une framboise
Supposons que le lecteur veuille saisir faut exercer
force qu'l
entre deux doigts sans l'écraser. La
pas écraser cette framboise doit être réglée de facon
pour ne
rès fine. Elle doit être adaptée à la compliance de la framboise,
de la rai
c'est-à-dire àsa dureté (la compliance est l'inverse contact, le
le
deur). Cele-ci n'étant pas connue a priori, avant
cerveau ne pre
risque d'ecrasement est grand àmoins que le disp0se
dise sa valeur", De fait, il se trouve que le cerveau
doigts et qu'i ela
d'un modèle interne de la mécanique des de la framboise. La
bore un modèle interme de la compliancesimple
régulation de la force devient alors une comparaison
la framboise
entre une valeur estimée (la compliance de saisitle fruit,
seule) et une valeur mesurée au moment où on cap
grâce àla proprioception, c'est-à-dire les les propriétés des
de force dans la main.
teurs déplacement, de pression et
de ne pas
Cette capacité à anticiper une compliance permet depermet
écraser le fruit. Anticiper ainsi n'est pas simple, mais
sans aucun doute la simplification.
SENS
VENT NOS 101
sER

cerveau peut nous renseigner sur la forme d'un


Notre
partirdela
seule activité motrice ou encore extraire
objetå
informations kinesthésiques
mationsCutanées27,28
en partant seulement d'infor-
des l peut également percevoir la forme
d'unobjet
sans aucune information proprioceptive, kinesthé
Ou
motrice. En effet, notre vision est capable à elle
SIque
d'induire perception de
uneeperception de force haptique. Prenons un
écran
seule
exemple. On montre Sur un d'ordinateur und'enf
piston
ressOrt et le spectateur a la possibilité
e avec unvirtuel en déplaçant la souris. Si le piston se
piston
cer le manière d'un ressort qui ralentit, la
déplacesur lécran à la
personnequi tient la souris dans sa main va avoir la sensation
uneforce s'exerce sur la Souris. Cette illusion dite pseudo-
qu découverte par Anatole Lécuyer. Une seule
haptique a été
information visuele peut donc induire lilusion d'une force
la main :
Merleau-Ponty avait raison de dire que la vision
sur
regard.
est une palpation par le

Pourquoi le bout du doigt est-il rond ?


Tout principe simplificateur biologique, ausi élémen
taire soit-, porte en lui des idées puissantes et éventuelle
ment applicables à d'autres registres de la pensée. Un collè
gue, Vincent Hayward, spécialiste de la perception haptique,
m'a ainsi demandé un jour pourquoi le bout de notre doigt
etait rond. Sa réponse est la suivante : parce que, grâce àcette
geométrie particulière, chaque fois que nous appuyons notre
doigt Sur un objet, la surface délimitée par le contact forme
un cercle. Cela facilite sans aucun doute l'extraction des
Vriations de pression sur le doigt lorsqu'on touche un objet.
C'est simplexe, mais il fallait y penser et le faire!
Un des nystères de l'anatomie de la main est la presence
de
délicates
oscillations de la forme de la peau des doigts qui
permet d'en faire un signe de l'identité. On a proposé récem-
ment d'expliquer SOn existence par le tait que le cerveau est
102 LA SIMPLEXITt
ainsi en mesure de procéder àune analyse en
d'analyse mathématique qui extraitDe les
mques de processus très
divers. ondel e
caractgénérale,
façon
t es,
êristiques ,tdyrypea-
ception du mouvement esSt un pu1Ssant moyen d': Per
des objets et de lever des ambiguités. Par exemple,
tion du mouvement d'un objet qui se déplace toutla percep-
seul sur
notre peau vient probablenent de ce qu'un insecteSit
tout cas, un animal qui assure sa locomotion de facon en
nome s'y promène. Le psychologue Premack
comnne citère de l'identification du vivant proposaidut
mouvement propre. l'autonomie
La détection des odeurs :
la dimensionnalité
Pour nombre d'animaux, l'odeur est un sens capital, car
elle permet d'identifier les proies et les prédateurs, aide le
repérage des trajets et favorise la navigation. Chez les veté.
brés, les odeurs, qui sont généralement de subtiles combinai
sons d'arômes primitifs, sont traitées par un ensemble de
neurones regroupés dans le bulbe olfactif. Cette architecture
neuronale en assure l'identification, la catégorisation et la
mémorisation. Les neurones du bulbe olfactif, qui constituent
ce réseau d'une extraordinaire complexité, diffèrent par leurs
propriéés excitatrices ou inhibitrices, leurs formes ou larbo
rescence de leur arbre dendritique. Cet ensenble a tendanceetà
osciller dans le temps, entre 20 et 30 cycles par seconde
ces oscillations, quand elles sont enregistrées, laissent apparaítre
des solutions d'une grande élégance à ce problème complexe.
Lors de la présentation d'une odeur, chacun des neuro-
nes du bulbe olfactif réagit différemment et des fluctuations
apparaissent de l'activité oscillante du réseau. Lorsque le
réseau oscille àune fréquence donnée, ce signal
dominé par une forte sinusoide faite de creux tenpo
(partie
tive) et de bosses (partie positive). Pour une odeur détermi-
SENS ?
VENT NOS 103
SER

née,certains
neurones sont actifs et produisent un potentiel
précis de l'oscillation du r¿seau0
d'actionà
des moments de ces neurones montre que le
L'analysefinede la déchargeclassification31 permettant de retrou
olflactifréalise une
bulbe catégorie de l'odeur. Ce réseau fait ainsi du multi-
verla iltransporte simultanément, dans un même flux de
plexage: types d'information.
données, différents types
mathématiciens disent que ce type de réseau opère
réduction de la dimensionnalité, c'est-à-dire qu'il simpli-
Les
une est repréentée l'activité de cet ensem
fiel'espace dans lequelréduisant le nombre de dimensions. Dès
complexe en en
ble trois dimensions, le traitement peut être
cet espace a
lors, dans en une
décomposé trajectoire qui compte trois étapes :
initiale nulle (avant I'odeur) est l'origine du repère,
1. l'activité le dans la
c'est-à-dire point de coordonnées (0,0,0) ; 2.trajectoire
ronde qui suit la présentation de l'odeur, la
atteint le maximum
de distance par rapport à >'origine;
présente, la trajectoire se sta-
3. alors que l'odeur est toujours l'origine, que
bilise autour d'un point particulier, diff¿rent de trajectoires
les
'on appelle « point tixe ». On constate que si
parcourues sont différentes selon les odeurs, elles sont identiques
pour une odeur particulière. Ce type d'encodage démultiplie
mémorisable",
donc la quantitéd'information potentiellement
Le maximum de discrimination entre odeurs est atteint au
maximum de la trajectoire. Ce système a évolu¿ pour être
eficace dans des conditions écologiques où les odeurs ne sont
SOuvent présentes que brièvement. C'est bel et bien un sys
Teme simplexe puisqu'il possède des propriétés complexes qui
simplifient la neurocomputation.

Une prise de décision simplexe


Un autre exemple de réduction de dimensionnalité est
prise de par 'un des mécanis1mes cérébraux impliqués dans
décision. vos cour
a
décision. Supposons queque vous partiez taire
104
LA SIMPLEXITÍ
ses et que vous arTiviez à un
carrefour À
droite,
la rue
rue de lala
Poste où vous devez deposer npa u3ent; a gauche
allez d'abord à
du patissier. Si vous gauche,
vous offrir un gàteau, mais la Poste rIsque d'être vOus
est midi. Ce genre de processus de décision peut
duit avec un rat dans un labyrinthe en forme de feetrerméepOurreprorez
car il
position dede lala lumière qu'on allume, l'animal
entre deux bras au bout desquels une recompensedoiest t T.Selochoinlasir
tiellement donnée. Quand on enregistre l'activité des neuro-
nes de son cortexX préfrontal ou sont prises
ces décisione
observe que des populations de neurones
temps, qu'elles sont synchronisées. Ces s'activent
ensembles
en même
més au moment où le rat s'attend avec certitude
Sont for-
à
recevoir
une récompense et décide d'aller à gauche ou à droite. DeDe
plus, ces memes assemblées se reforment pendant le
qui suit, permettant ainsi la consolidation des Sommeil
d'activité neuronale ayant abouti au comportementschémas
le plus
performant". Ici, la simplexité porte sur
qui réduit la dimension du problème parlelamode de codage
synchronisation
temporelle de l'activité. Le temps est l'allié de la simplexité,
comme nous le verrons plus en détail au chapitre 10.
La réduction de la dimensionnalité et la
synchronisation
temporelle font partie de ces nombreux mécanismes qui sim
plifient la perception en empruntant des chemins qui corres
pondent aux critères définis ici pour la simplexité. Devant la
complexité du monde, le vivant trouve des solutions d'une
exceptionnelle élégance, au prix de détours apparents qu
Contiennent en eux-mêmes une certaine dose de complexite.
En dépit de ces détours, ces solutions facilitent l'élaboration
d'une perception guidée par l'intention du sujet, anticipi
trice, modifiable, apte à s'adapter et rapide quand il taut re
devant un événement imprévu dont, par exemple, ap
notre survie. Et c'est ainsi que la multiplication des modes
en
codage permet paradoxalement l'efficacit¿,
simplifiant les processus du calculd'neuronal.
augmenter Bien sir, toutes
Ces qualités ont un coût - parfois,
comme avec les Pel'indi i
critiques, c'est l'existence d'un calendrier très précis où J
SENS 2
VENT NOS 105
SER

uneseule
chance d'autres
fois, c'est la limitation
qu comme lele dit ce
dit proverbe qu'aiment
viduperception- mais,
n'a

Américainset qui
témoigne de leur pragmatisme : «ln'y
dela
repas gratuit.» La simplexité a toujours un prix,
ales
pasde
retour sur investissement est considérable.
le
mémesi.

Vous aimerez peut-être aussi