ERYTHRODERMIES
Dr Saër DIADIE
Maître-assistant-UCAD
Dermatologie HALD
2 GENERALITES
Définition
Une dermatose inflammatoire érythémato-
squameuse qui touche la totalité ou presque du
tégument (90% SC) et d’évolution prolongée.
Il s’agit d’un syndrome.
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GENERALITES
Intérêts
Epidémiologique :
Monde 1 à 2/ 100 000 habitants par an
Maroc: 6,1 cas /an
Mali 0,11 pour 100 000 habitants
Arch dermatol 1994 ; 130 :1503-1507.
Dermatologica 1986 ; 173 :278-284
Ann acad Med 1998 ; 17 : 520-523
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GENERALITES
Intérêts
Epidémiologique :
Sénégal 18 cas /an
0.2% consultations
4.22% hospitalisations
Diallo et al., Dermatol Case Rep 2017,2:3
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INTRODUCTION
Intérêts
Epidémiologique : touche adulte sexe masculin
C. Ivoire < 41 ans sex-ratio 2,3
Tunisie 53 ans sex-ratio 3,4
Maroc 46 ans sex-ratio 1,3
SN 45 ans sex- ratio1:54
[Link]
DOSSO Treichville UNIVERSITE FELIX HOUPHOUET-BOIGNY these Med 2000
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INTRODUCTION
Intérêts
Pronostique:
Vital
Décès 7,3%
Hydro électrolytique 20%
(Sepsis
2% décès
IRF 15%
Hantise (lymphome)
,
7 PHYSIOPATHOLOGIE
Erythrodermie= dermatose inflammatoire généralisée
Hyperperméabilité capillaire (HC) Œdèmes
Vasodilation cutanée (VC) Troubles régulation
thermique
HC + VC Pertes hydro-électrolytiques
Modification volémie IRA
Desquamation Déperdition protidique
Altération barrière cutanée Infections
PHYSIOPATHOLOGIE
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9 DIAGNOSTIC POSITIF
Signes fonctionnels
Prurit : constant, permanent sans horaire
Frilosité: sensation de froid intense
malade couvert, confiné au lit
Sensation de gène avec limitation des mouvements
10 DIAGNOSTIC POSITIF
Signes généraux
Fièvre: liée à l’inflammation cutanée
Hypothermie: déperdition calorique
excessive
Œdèmes: marqués au visage et MI
11 DIAGNOSTIC POSITIF
Signes physiques
Peau glabre
Erythème: généralisé
inflammatoire
violacé aux points déclives ou grisâtre
intensité variable
Desquamation: constante,
fine ou en larges lambeaux
épaisses parfois
pityriasique
12 DIAGNOSTIC POSITIF
Pachydermie: visible au niveau des plis
témoigne une infiltration cellulaire importante
Kératodermie palmo-plantaire
Troubles pigmentaires: hyperpigmentation/dépigmentation
Atteinte muqueuse: stomatite
chéilite
conjonctivite
ectropion
13 DIAGNOSTIC POSITIF
Phanéres:
chute des cheveux, des cils et sourcils
ongles dystrophiques de croissance ralentie
accentuation des sillons transversaux (ligne de Beau)
14 DIAGNOSTIC POSITIF
Signes extra-cutanés
Polyadénopathie généralisée: quelque soit l’étiologie
inflammatoire/tumorale
ADP > 2 cm → Biopsie
Examen clinique complet de tous les appareils
15 DIAGNOSTIC POSITIF
Au terme: on individualise
les érythrodermies sèches (grandes ou petites
squames)
les érythrodermies humides
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17
18 DIAGNOSTIC DE GRAVITE
Erythrodermie= affection grave
Gravité: clinique
Etat general
Etat de Conscience (Glasgow)
Foyers infectieux: cutanés
visceral
Suintement
Evaluation Clinique des tares
Constantes ( T°, Fr, Fc…)
19 DIAGNOSTIC DE GRAVITE
Examen biologique:
Hémogramme avec frottis sanguin, VS, CRP
Protidogramme
Ionogramme sanguin
Fonction rénale
Bilan infectieux (hémoculture, ECBU, Imageries)
20 DIAGNOSTIC DE GRAVITE
Complications
Complication de décubitus: escarres, thrombose
veineuse
Complications psychiatriques
Complications iatrogènes
21 DIAGNOSTIC DE GRAVITE
Complications
Troubles hydro-électrolytiques
Décompensation cardiaque, rénale
Infectieuses
bactériennes : pneumopathies ou
septicémie représentaient environ 40 % des causes de
décès(20-70 staphylocoque et streptocoque) Arch Dermatol
1973; 108 :788-797
virale (herpes, kaposi juliusberg)
septicémie
22 DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL
Exanthèmes viraux
Aigu
Prurit inconstant
Absence de frilosité
Desquamation à la phase de régression
23 DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL
Dermatoses bulleuses:
Pemphigoïde bulleuse à sa phase de début
Sujet âgé
absence de signes généraux
absence d’ADP
24 DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL
Toxidermie
Lyell
Atteinte muqueuse inaugurale
Prurit à la phase pré-éruptive
Décollement cutané superficiel/ met à nu le derme
Sensation de cuisson
SN+
Croûtes disséminées à la phase de guérison
25 DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL
Toxidermie:
PEAG
Exanthème surmonté de pustules
Prurit inconstant
Frilosité absente
Desquamation à la phase de guérison (en lambeau)
Coalescence croûteuse /rupture des pustules
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PEAG
PEAG
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DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
DEMARCHE ETIOLOGIQUE
Anamnèse
Rigoureuse
ATCD de dermatose/tableau inaugural
recherche d’une atopie
caractère évolutif
phytothérapie
médicaments
Stress
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DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
DEMARCHE ETIOLOGIQUE
Examen physique
Signes physiques: Peau glabre
E. sèche ou humide
Aspect des squames: fine, farineuse, épaisse
Intensité érythème
Existence de bulles, croûte( pustules, vésicules)
Signe de Nikolsky
30
DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
DEMARCHE ETIOLOGIQUE
Examen physique
Signes physiques: Phanères
Onychodystrophie
Hyperkératose sous unguéale
Onychyhogryphose
Ongle en dé à coudre
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DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
DEMARCHE ETIOLOGIQUE
Examen Paraclinique
• Hémogramme + frottis ( recherche de cellules
de Sézary ou de cellules en trèfle…)
• Histologie cutanée + immunophénotypage
• Immunologie: Sérologie HIV, HTLV1+2
Ac anti SIC
• Parasitologie: recherche de Sarcoptes scabiei
• Autres…
32 DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
Etiologies:
Adulte
Dermatoses préexistantes (+60% des cas)
Psoriasis
Eczéma
Lichen plan
Pityriasis rubra pilaire (PRP)
Pemphigus foliacé
33 DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
Etiologies:
Adulte
Dermatoses inaugurales
Lymphome
syndrome de sézary,
mycosis fongoïde érythrodermique
Erythrodermie néoplasique: hémopathie (leucémie)
Toxidermie
34 DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
Eczéma
1ere cause Sénégal: 36% des cas
Syndrome érythrodermique parfois humide
Rechercher toujours les facteurs aggravants
médicaments
La phytothérapie fréquent facteur déclenchant
(vantée dans des publicités illégales pourtant
réglementées par une loi)
JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DU SENEGAL Loi 65-33 du 19 mai 1955, p 637.
35
36 DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
Psoriasis :
2eme cause : 21%
Erythrodermie est rarement inaugurale
Quelques fois déclenchée par une
infection mais le plus souvent par une
thérapeutique interne ( sevrage de
corticothérapie, bétabloquants, sels
d’or, anti paludéens de synthèse ,
AINS, phytothérapie..)
37 DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
Psoriasis 32,8% des cas
Erythrodermie avec des squames épaisses et
un érythème vif associé à une atteinte
unguéal
Diagnostic: clinique + histologique à faire en
dehors de la phase d’érythrodermie
39
40 DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
Erythrodermie Toxidermique 7,3%
Nombreux médicaments responsables
Deux formes anatomocliniques
Erythrodermie simple (Sénégal)
DRESS érythrodermique
Evolution spectaculaire après arrêt
médicament responsable en dehors du
DRESS
DRESS érythrodermique
41
42 DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
Pemphigus Foliacé:
- Débute souvent aux zones séborrhéiques
- Érythrodermie exfoliante et suintante
( Erythrodermie humide)
- Présence de squames et croûtes
- Odeur particulière, rance
- Toujours rechercher un facteur aggravant
(phytothérapie).
- Histologie+ IFD: bulles sous cornéenne, dépôt IgG
et C3 et maille de filet
- IFI: Ac anti substance intercellulaire positif
[Link]é
P. profond
Décollement sous corné
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45 DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
Lymphome type syndrome de Sézary
Age ˃ 50 ans
Syndrome érythrodermique hyper pigmenté
Poly adénopathie tumorale
Histo: les micros abcès de Pautrier, lymphocytes
atypiques avec circonvolutions nucléaires, infiltrat
monoclonal lymphocytaire dermique dense
Frottis: cellules de Sézary dans le sang supérieur à
1000élmt/mm3
46
Cellules de Sezary
Taille variable, souvent
petite, cytoplasme
variablement abondant et
clair, noyau montrant des
encoches ou incisions
profondes, en «coup
d’ongle»
47 DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
Mycosis fongoïde
L’érythrodermie est rarement la présentation inaugurale du mycosis
fongoïde « l’homme rouge de Hallopeau »
L’image histologique caractéristique de mycosis fongoïde est un infiltrat
en bande sous-épidermique de lymphocytes atypiques aux noyaux
convolutés et hyper chromatiques. Ces cellules atypiques sont
localisées en file indienne le long de la jonction dermo-épidermique et
ont tendance à migrer vers l’épiderme, initialement de manière isolée
(épidermotropisme), puis sous forme de thèques intra-épidermiques
appelées micro-abcès de Pautrier.
La survie à 5 ans est proche de 50 %.
48 DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
Pytiriasis rubra pilaire :
- Érythrodermie associée à des squames
- KPP orangée
- Papules cornée folliculaire
- Évolution en progression céphalo-caudale
- L’histologie n’est pas spécifique mais permet
de différencier le PRP du psoriasis absence
de para kératose et présence
d’hyperkeratose folliculaire
49 DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
- Infection:
VIH
hyper pigmenté, SRV+
Infiltrat de CD8+++
Gale norvégienne
érythrodermie farineuse, croûteuse et hyperkératosique
prurit discret contrastant avec une forte infestation
terrain d’immunodépression
HTLV
Sérologie HTLV
CD25+
Hybridation in situ
50 DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
- Maladie de Darier
- Mastocytose
- Réaction greffon contre l’hôte
- Paranéoplasique
- Idiopathique Arch Dermatol 1994; 130: 1503–1507.
51 DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
- E. Paranéoplasique (lymphome ganglionnaire)
52 Maladie de Darier
53 DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
Enfant
NN et NRS < 3 mois
Acquises:
Leiner Moussous
54 DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
M. de Leiner Moussous
Cette dermatose succède une dermite
séborrhéique bipolaire.
Enfant+++
Syndrome érythrodermique, grasse et avec des
squames fines.
M. De Leiner Moussous
55
56 DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
Enfant
NN et NRS < 3 mois
Congénitales:
Ichtyose congénitale: Erythrodermie icthyiosiforme
congénitale sèche (EICS)
Épidermolyses bulleuses héréditaires
DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
57
Congénitales:
Déficits immunitaires:
Syndrome de Netherton: mutations du gène
SPINK5 codant l’inhibiteur de la protéase à sérine
LEKT1 (serine peptidase inhibitor).
Déficit en LEKT1→ augmentation des protéines
(trypsine: sérine protéase)→ desquamation
prématurée de la couche cornée (stratum
corneum.)
érythrodermie avec squames fines
lésions eczématiformes
prurit intense
cheveux en bambou (trichoscopie)
DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
58
- Déficits immunitaires
Wiskott Aldrisch (WAS)
Syndrome d’Omenn
doi:10.3389/fimmu.2011.00054
Déficits métaboliques
déficit en biotine, en acide gras,
citrullinémie).
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DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
- Enfant >3 mois
Dermatite atopique
Histiocytose langerhansienne: Litterer-Siwe
Idem adulte
60 TRAITEMENT
BUTS
Eviter les complications
Traiter l’étiologie
MOYENS
Symptomatique
Hospitaliser
Matelas anti-escarres
Rechauffement
Réhydratation
Emollients
61 TRAITEMENT
Nutrition hyperprotidique
Antihistaminiques
Antiseptiques
Antibiotiques
Psychothérapie de soutien
Dermocorticoide
62 TRAITEMENT
Traitement étiologique
Corticothérapie orale
Immunosuppresseurs: MTX, Ciclosporine
Rétinoïde
Ivermectine
Benzoate de Benzyl
Autres…
INDICATIONS
Arrêt facteur aggravant
Symptomatique: émollient+ Dermocorticoïde+ anti H1
Eczéma: Symptomatique +/- ciclosporine, MTX
Psoriasis: Symptomatique +/- MTX
Pemphigus foliacé: émollient+ Corticothérapie VO
+/- immunosuppresseur
INDICATIONS
Gale: Ivermectine + Benzoate de benzyl+
décapage
Différer Dermocorticoïde
Maladie de Darier: rétinoïde
Mastocytose: Puvathérapie et corticothérapie
locale
Lymphome T: TTT symptomatique + MTX+
INDICATIONS
VIH
TTT symptomatique + ARV
HTLV: TTT symptomatique
association d’interféron alpha (IFN)
Zidovudine (AZT)
66 TRAITEMENT
Maladie de Leiner Moussous: dermocorticoide +
antifongique
Déficits immunitaires: thérapie génique et/ou greffe
de moelle allogénique
Maladie de Letterer Siwe: chimiothérapie
Conclusion
67
Le syndrome erythrodermique
Une dermatose inflammatoire,
Grave et potentiellement
mortelle,
Prise en charge d’urgence,
Etiologies multiples,
Interrogatoire rigoureux,