Innovations en Convertisseurs Statiques
Innovations en Convertisseurs Statiques
Convertisseurs Statiques
Philippe LADOUX
L’Electronique de puissance est un thème de recherche majeur du laboratoire depuis une trentaine
d’années. Au sein du LEEI, notre équipe a toujours mené de front les études théoriques amenant des
avancées à portée générale et les collaborations industrielles permettant de transférer ces résultats vers
l’industrie.
Le fondement des travaux de l’équipe "Convertisseurs Statiques" du LEEI repose sur le concept de cellule
élémentaire de commutation. L'énoncé des règles de fonctionnement des interrupteurs au sein de cette cellule
a permis une contribution majeure sur l’étude générale des mécanismes de commutation d'une part, et à une
méthode systématique de classification des interrupteurs et de synthèse des convertisseurs d'autre part. Ainsi,
le concept de l'interrupteur thyristor dual, conduisant à un fonctionnement particulièrement sain des
onduleurs de tension, est à la base des travaux théoriques et appliqués menés dans les années quatre vingt sur
les convertisseurs à résonance, puis dans les années quatre vingt dix sur la commutation douce "tout
silicium" et l’intégration fonctionnelle monolithique.
Le concept des convertisseurs multicellulaires, basé sur des cellules de commutation imbriquées, a suscité
un intérêt important tout au long des années quatre vingt dix. Après un premier brevet en 1991, cinq brevets
de perfectionnements entre 1994 et 1996 et plusieurs thèses consacrées au sujet, la licence exclusive cédée à
ALSTOM en 1999 atteste d’un transfert industriel réussi.
Au début des années 2000, les réflexions sur les topologies de convertisseurs ont permis l’émergence de
deux nouvelles familles de convertisseurs que sont les convertisseurs multicellulaires superposés et les
convertisseurs direct alternatif/alternatif utilisant des cellules non réversibles en tension. Parallèlement à cela
et en complément aux règles de la commutation "naturelle" dans les cellules énoncées il y a une vingtaine
d’années, nous avons introduit en 2000 le concept de la commutation "automatique" et complété ainsi la
présentation générale des mécanismes de commutation.
Sur la période 2002/2004, nous nous sommes clairement positionnés dans la perspective du
développement du vecteur énergétique « électricité » dans la société du 21ème siècle. Au-delà des réflexions
méthodologiques, nous avons aussi travaillé sur la recherche de topologies de convertisseurs permettant
d’exploiter les nouveaux générateurs électrochimiques, sur l’analyse de la sûreté de fonctionnement et de la
fiabilité des convertisseurs, ainsi que sur le développement d’un interrupteur statique très haute tension basé
sur l’utilisation de diamant de synthèse et grâce auquel les convertisseurs pour la gestion des réseaux de
transport d’énergie électrique pourront connaître un nouvel essor. Ces travaux, faisant appels à des
compétences souvent pluridisciplinaires, ont donné lieu à la mise en place de nombreuses collaborations avec
des équipes de recherche d’autres laboratoires.
Au cours de ces trois années, dans un souci de clarté et de cohérence, les activités de recherche de notre
équipe ont été regroupées dans une seule opération de recherche intitulée « Nouvelles Technologies pour la
Conversion de Puissance ». Cette opération de recherche comprend cinq thématiques :
Structures de Convertisseurs pour la Qualité des Réseaux (thématique 1)
Cette thématique s’appuie fortement sur les méthodes de synthèse des convertisseurs développées dans
l’équipe depuis plus de vingt ans. Elle concerne la recherche et l’étude de topologies de convertisseurs de
forte puissance (du kW au MW) basées sur l'association rationnelle de composants performants utilisés sous
basse tension plutôt que sur l'utilisation en nombre réduit de composants haute tension moins performants.
Sur la période 2002/2004, nous avons principalement travaillé sur les convertisseurs multicellulaires
superposés ainsi que sur les gradateurs MLI, l’objectif étant de démontrer l’avantage de ces structures (pertes
réduites, volume des éléments réactifs minimisé, …) dans des applications où la qualité de l’énergie
électrique est primordiale. Afin de compléter ces travaux et en nous appuyant sur des collaborations
2
industrielles, nous avons mis en place un banc d’essai de cellules de commutation 2x3 MW avec comme
objectif la caractérisation de nouveaux composants semi-conducteurs et la modélisation électrothermique 3D
des cellules de commutation de forte puissance. Afin de tester de nouvelles stratégies de modulation, une
maquette d’onduleur SMC triphasé, d’une puissance de 50 kVA a été réalisée en collaboration avec ABB et
l’Université de Berlin. Du point de vue applicatif, les études initiées en 1999 sur les nouvelles alimentations
de four à arc, ont été poursuivies. L’objectif étant ici de proposer une nouvelle structure d’alimentation pour
les fours alternatifs triphasés garantissant un prélèvement « propre » de l’énergie au réseau et permettant une
augmentation de la productivité du four.
une dizaine de kV, deux voies sont possibles : la réalisation de composants unipolaires dopés P ou la
réalisation d’un composant photo-commandé. Comme nous l’avons évoqué plus haut, ces travaux de
recherche se placent donc dans une perspective à long terme. Afin de caractériser en commutation des
échantillons de diamant synthétique, nous sommes maintenant équipé au laboratoire d’un banc d’éclairement
sous UV ainsi que d’un canon à électron.
******
Le bilan d’activité détaillé est présenté dans les pages qui suivent. Il démontre clairement que les cinq
thématiques sur lesquelles nous nous sommes engagés sont loin d’être épuisées. Elles seront donc
reconduites sur la période couverte par le prochain quadriennal.
En ce qui concerne la thématique 1, proche de l’applicatif, nos partenariats industriels sont nombreux et
les préoccupations en matière de qualité de l’énergie électrique sont croissantes Nous poursuivrons donc nos
réflexions sur les topologies d’onduleurs multiniveaux ou de gradateurs MLI. L’objectif visé étant des
applications directe de ces structures en moyenne tension voire haute tension.
En ce qui concerne la thématique 2, il est évident que les recherches sur la fiabilité fonctionnelle des
semi-conducteurs ne devraient donner des résultats exploitables qu’à moyen terme. D’un autre côté, les
travaux sur les topologies de convertisseurs tolérants aux défauts internes devraient déboucher sur des
premières applications industrielles à court terme.
De par leur bilan d’activité très positif et grâce aux nombreuses collaborations mises en place avec
d’autres laboratoires ainsi qu’avec quelques partenaires industriels, les thématiques 3, 4 et 5 que nous avons
faites émerger en 2002 sont aujourd’hui pérennisées. Si des résultats sont attendus à moyen terme, il faut
noter que les travaux conduits sur l’exploitation du diamant en électronique de puissance ne devraient
toutefois déboucher qu’à très long terme.
Les perspectives de recherche de notre équipe seront présentées dans le document concernant le projet de
la future UMR, mais nous pouvons déjà citer notre implication dans le projet inter laboratoires 3D-PHI où
nous apportons nos compétences en méthodologie de synthèse de convertisseurs. L’objectif de ce projet
ambitieux étant la conception tridimensionnelle des Systèmes intégrés de Conversion d’Energie. A
l’automne 2004, Emmanuel Sarraute, maître de conférence à l’IUFM de Toulouse a rejoint notre équipe. Son
activité de recherche est centrée sur cette nouvelle thématique.
5
Résumé : L’objectif de cette thématique est la recherche et l’étude des topologies de convertisseurs
permettant de garantir la qualité de l’énergie électrique dans des applications de forte puissance (de la
dizaine de kW au MW). Si le choix de la topologie doit, en forte puissance encore plus qu’ailleurs, être fait
en adéquation avec les contraintes particulières liées à la charge, à la source d’énergie disponible, ou au
processus, il en est de même pour la commande rapprochée qui doit intégrer la connaissance intime des
contraintes structurelles ou technologiques.
Au cours de la période 2002/2004, nous avons travaillé à la valorisation des « nouvelles topologies » que
sont les convertisseurs multicellulaires superposés (SMC : Stacked Multicell Converters) et les
gradateurs MLI. L’objectif étant de démontrer l’avantage de ces structures dans des applications de forte
puissance où il faut garantir la qualité de l’énergie électrique (qualité des formes d’ondes, minimiser les
chutes de tension, limiter le taux de déséquilibre…). L’onduleur SMC est particulièrement bien adapté aux
applications de forte puissance, il permet de travailler avec un bus continu Haute Tension tout en utilisant
des semi-conducteurs Basse Tension. De plus, par rapport à d’autres structures multi niveaux plus
conventionnelles (Neutral Point Clamped, Flying Capacitors), il garantit une bonne qualité de la forme
d’onde de sortie tout en minimisant le volume et le poids des éléments de filtrage et des condensateurs
flottants. Le gradateur MLI a l’avantage d’être un convertisseur AC/AC direct. Ainsi, vis-à-vis de solutions à
base d’onduleurs de tension, il peut présenter dans le cas d’applications spécifiques un net avantage du point
de vue dimensionnement. C’est notamment le cas pour la compensation de puissance réactive en monophasé
ou la compensation de déséquilibre sur les réseaux triphasés.
Dans les applications de très forte puissance (gamme du MW), les performances d’un convertisseur étant
fortement dépendantes des caractéristiques des interrupteurs et limitations thermiques, nous nous sommes
intéressés à la caractérisation de nouveaux IGCT (3,3 kV, 4 kA) et à la modélisation thermique 3D de
l'assemblage Press-Pack. Nous avons pour cela développé un banc d’essais de cellules de commutation
2x3 MW basé sur une méthode d’opposition.
Du point de vue applicatif, nous avons poursuivi nos travaux sur les nouvelles alimentations de four à
arc de forte puissance (100 MW) en ayant toujours comme objectif de proposer un ensemble
convertisseur/commande permettant d’optimiser le transfert énergétique entre le réseau et le four. Si dans un
premier temps nous nous sommes intéressés aux fours à courant continu, nous travaillons actuellement sur
les alimentations de fours à arc alternatifs triphasés où une topologie à base de gradateurs MLI pourrait
s’avérer particulièrement pertinente.
6
une nouvelle alimentation pour four à arc Pour caractériser ces échantillons (Fig. 2), nous
alternatif. L’objectif est identique à celui visé avec avons conçu un banc d’essais basé sur une mise en
les fours à courant continu : réduction du flicker opposition de deux cellules de commutation.
(Pst < 1) et amélioration de la productivité du four. Contrairement aux traditionnels essais mono coup,
Cette étude débutée à l’automne 2003, se déroule la méthode d’opposition permet de faire travailler
actuellement sur fonds propres du Laboratoire car les composants dans des conditions de
EDF R&D n’a pas pu nous accompagner dans ce fonctionnement de régime permanent
nouveau projet. Cette étude comporte trois étapes représentatives de la réalité avec un circuit de
principales : Analyse du fonctionnement d’un four refroidissement donné. Cette méthode a aussi été
à courant alternatif (relevés sur site) ; Etude d’une choisie parce qu’elle évite d’utiliser une source et
alimentation électronique de puissance ; Validation une charge de plusieurs MW. Le banc d’essais a
du nouveau principe d’alimentation au LEEI sur été instrumenté pour réaliser les mesures
une maquette de quelques kW. En ce qui concerne électriques et thermiques nécessaires pour
la première partie de ce travail, nous avons l’obtention de ces caractéristiques. La source
effectué en 2004 une campagne de mesures en d’entrée est réglée pour fixer la tension de
Allemagne sur deux fours à arc de 70 MW chacun. fonctionnement (500V÷1.5kV), la fréquence de
L’analyse de ces résultats fait apparaître un fort découpage est sélectionnée dans la carte
déséquilibre des courants et de larges variations de modulateur (375Hz ÷ 2kHz) et le courant de sortie
puissance réactive. Le mauvais contrôle de est réglable entre 0 et 2kA par l’intermédiaire
l’amplitude des courants est principalement dû au d’une boucle de régulation analogique.
réglage « rustique » de puissance électrique qui est
Les caractéristiques des IGCT et des diodes de
effectué uniquement par la régulation mécanique
roue libre ont été obtenues à partir de mesures sous
de position d’électrode. Un convertisseur à base de
différentes tensions d’entrée (750V, 1kV, 1.2kV et
gradateurs MLI (hacheurs pour formes d’ondes
1.5kV), différents courants de sortie (de 0 à 2kA)
alternatives), muni d’un contrôle à puissance
pour plusieurs fréquences de découpage, (500Hz,
constante pourrait apporter une solution à ces
750Hz, 1kHz). Les formes d’ondes instantanées à
problèmes et répondre ainsi aux objectifs visés.
l’amorçage et au blocage ont été utilisées pour
évaluer les pertes en commutation des semi-
Caractérisation de nouveaux IGCT pour les conducteurs. En mesurant le débit du fluide de
applications fort courant / moyenne tension. réfrigération (eau) et l’écart de température entre
C’est au cours de nos travaux sur les l’entrée et la sortie d’eau des dissipateurs, les
alimentations de fours à arc à courant continu pertes totales dans le composant peuvent être
qu’est apparue la nécessité de disposer d’un facilement calculées. Ensuite, par différence avec
composant « moyenne tension » mieux adapté aux les pertes en commutation, les pertes par
courants forts que les IGBT grâce à une chute de conduction peuvent être déduites. D’autres
tension à l’état passant plus faible et ceci dans le caractéristiques telles que les pertes dans le circuit
but de réduire le nombre de semi-conducteurs mis clamp et la puissance consommée par le driver des
en jeu dans la structure. IGCT ont été aussi évaluées. Le tableau 2 présente
les caractéristiques de l’IGCT 3.3kV pour un
Nous avons alors contacté la division « semi- courant commuté de 1.2kA et sous une tension de
conducteurs » d’ABB – Suisse qui a accepté de 1.5kV. La caractéristique principale de ce
collaborer en fabricant des échantillons de diodes composant est sa faible chute de tension à l’état
rapides et d’IGCT « Basse Tension » (3.3kV). passant, tandis que les pertes en commutation sont
similaires à celles des IGBT « traction » 3.3kV.
Compte tenu que ce composant peut dissiper faite. En collaboration avec les sociétés EPSILON
une puissance élevée grâce à son boîtier pressé et Ingénierie et ABB Suisse, nous avons entrepris une
au refroidissement double face, il est alors possible démarche de modélisation et de simulation
d’augmenter la fréquence de commutation tout en thermique d’un IGCT (4.5kV, 4kA) validée par des
gardant une valeur de courant commuté élevée. relevés expérimentaux. L’étude thermique de
l’IGCT est basée sur une approche multi-physique
L’extrapolation du fonctionnement des IGCT
utilisant les possibilités de couplage par
3,3 kV à une fréquence de découpage de 2kHz, et
l’intermédiaire de modèles comportementaux du
pour un rapport cyclique α=0.5 conduit à des
logiciel REBECA-3D développé et commercialisé
pertes totales de 4.4kW pour 1200 A commutés
par la société EPSILON Ingénierie. La simulation
sous une tension de 1500 V. Toutefois, pour
est basée sur un modèle thermique conductif 3D
atteindre ce point de fonctionnement, d’autres
qui est enrichi d'un couplage électrothermique
problèmes techniques concernant le driver de
permettant de déterminer les pertes de l’IGCT en
l’IGCT doivent être résolus par ABB. Ce nouvel
fonction du point de fonctionnement électrique et
IGCT doit permettre d’améliorer les performances
thermique : Tension de bus, courant de charge,
dynamiques des convertisseurs et d’élargir ainsi
fréquence de découpage, rapport cyclique et
leur champ d’application en Forte Puissance et
surtout de la température. Un modèle connexe
Moyenne Tension notamment en matière de qualité
thermo-fluidique permet de représenter les plaques
de l’énergie électrique (filtrage actif, compensation
à eau et de tenir compte du débit d’eau, de la
de creux de tension, compensation de puissance
température d’entrée et de la puissance extraite par
réactive, etc.). Pour évaluer les applications
chacune des faces du composant.
potentielles de ces composants, nous avons
développé dans le logiciel SABER un estimateur Les modèles thermo-fluidique et électro-
de pertes pour cellules de commutation à IGCT. Il thermique sont des modèles analytiques qui sont
s’agit d’un bloc de calcul qui est associé à un introduits dans le modèle central REBECA-3D.
interrupteur idéal et qui, à partir des formes Cette méthodologie de modélisation est adaptée
d’ondes instantanées, adresse directement les aux études en régime permanent et transitoire. Les
caractéristiques de pertes de l’IGCT et de la diode premiers résultats ont permis de montrer que la
associée. Grâce aux nombreux relevés effectués géométrie et les dimensions du boîtier (120mm de
sur le banc de test, les pertes en commutation et en diamètre) introduisent un gradient de température
conduction sont connues pour différents niveaux au niveau du wafer (Fig. 3). La température
de courant et de tension et notre estimateur de maximale est située au niveau des passages des
perte est donc valable sur une large plage de conducteurs de gâchette. Pour un fonctionnement
fonctionnement. Contrairement aux modèles sous 2000V, 2000A 500Hz et un rapport cyclique
standard proposés par les fabricants de semi- de 0.5, la puissance dissipée est de 7kW, la
conducteurs, notre estimateur de pertes tient température moyenne est de 145°C pour un
compte des ondulations de tension et de courant au gradient de température au niveau du wafer de
niveau de la cellule de commutation qui sont en 33°C. Pour ce point de fonctionnement le débit de
général non négligeables dans le domaine de la l’eau dans dissipateur est 4 l/min et la température
forte puissance. d’entrée est de 15°C.
Des mesures de températures à l’intérieur du
Modélisation électro-thermique 3D d’un boîtier et à l'interface boîtier - dissipateur ont été
assemblage press-pack pour wafer IGCT. effectuées afin de valider le modèle thermique de
Ce travail a été réalisé dans le cadre d’un l’IGCT. Pour ce faire, le boîtier de l’IGCT a été
contrat avec la société EPSILON Ingénierie (Thèse usiné et percé (Fig. 4) afin de placer des
CIFRE Hervé Féral) et avec la collaboration et le thermocouples isolés au plus près du wafer. Des
support de la division Semi-conducteurs d’ABB - mesures thermiques et électriques sous 1kV et 2kA
Suisse. ont été effectuées sur le banc de test décrit dans le
paragraphe concernant la caractérisation des IGCT
Les IGCT utilisent des boîtiers métalliques 3,3 kV.
pressés optimisés pour évacuer un flux thermique
de plusieurs kW par les deux faces du composant.
Le « press-pack » est utilisé depuis les débuts de
l’électronique de forte puissance mais l’étude
thermique fine de ce type de boîtier n’a jamais été
9
200%
180%
160%
140%
Cost
120%
Losses
100%
Cost x Losses
80%
60%
C
2
l
FC
f
lle
Re
C_
C_
NP
ra
SM
SM
Pa
Brevets
Résumé :
En apportant des solutions intégrées et flexibles de contrôle de l'énergie électrique, les dispositifs
d'électronique de puissance sont appelés à jouer un rôle majeur dans l'optimisation fonctionnelle et
technologique des systèmes complexes de demain. Cette place de premier plan ne sera réellement pérenne
qu'à travers une profonde maîtrise des capacités de fonctionnement sous fortes contraintes et par une gestion
dédiée des situations de défaillance de cette électronique de puissance.
C'est en réponse à cette double problématique qu'un ensemble de travaux est mené aujourd'hui autour de
deux axes principaux :
1) La caractérisation de la fiabilité fonctionnelle et de la durée de vie des composants semi-
conducteurs dans leur environnement de commutation de puissance, par la connaissance des mécanismes
de dégradation et à la quantification des facteurs d'accélération. Cette démarche repose sur un partenariat
de recherche très étroit avec le LEM (Université Montpellier II) et le LAAS-CNRS, et s'inscrit dans la
perspective d'une mise à jour de modèles paramétriques exploitables aussi bien pour leur caractère
prévisionnel que pour l'aide à l'optimisation des marges de dimensionnement sous contraintes de durée
de vie système et de coût des technologies. A ce titre, un premier banc de puissance capable de
contraindre électriquement et thermiquement des bras d'onduleur au sein d'une méthode d'opposition a
été réalisé. Une première analyse technologique a été menée sur les modes de vieillissement de modules
de puissance contraints à Tcase = 115°, Tj = 150°C pendant 4500h.
investigations sur un nombre élevé de modules commande rapprochée des interrupteurs concernés
(plusieurs dizaines) et sur des temps longs du module. Cette surveillance étant interfacée,
(plusieurs milliers d'heures). Toute forme de adaptée et archivée sur un disque dure (traitement
modulation du courant et de la tension peut être par LabView) [1][2][3]. D'autre part, le protocole a
reproduite sur ce type de banc et plus généralement été l'occasion de mettre en place en collaboration
tout profil de mission. avec le groupe CIP du LAAS-CNRS, une
méthodologie de caractérisation semi-automatique
Vdc
des composants semi-conducteurs et du suivi de
ces caractéristiques à intervalles réguliers.
La figure 1b représente le dispositif complet
iL
ayant permis de conduire une première campagne
de 4500h à Tj = 150°C, Tcase = 115°C sur 4
modules de puissance (soit 8 IGBT et 8 diodes)
600V-50A / 20kHz en modulation sinus. Les
figures 2a et 2b donnent les principaux résultats
Leg 1 PWM Leg 2 PWM
obtenus sur le suivi dans le temps des 8
+
synchro
condensateurs électrochimiques de découplage, au
-
niveau de leur masse (évaporation de l'électrolyte
+
+ Iref
C(p) Vref liquide) et de la résistance série (qualité et quantité
d'électrolyte). On constate une évolution de faible
a) Structure de tests fonctionnels pour modules de puissance à IGBT. amplitude et assez homogène sur la première
tranche de 1500h (rodage), suivi d'un fort
vieillissement à forte dispersion sur la seconde
tranche. Une relative bonne corrélation est faite
entre masse et résistance série.
Evolution du poids des condensateurs
84000
82000
78000
poids en mg (après 1500h
76000 de fonctionnement )
poids en mg (après 3000h
74000 de fonctionnement)
b) Plate-forme de vieillissement sous contraintes fonctionnelles pour 72000
Au niveau des modules, la figure 3a montre la circuit fermé ; b) un premier transfert thermique air
présence de zones disloquées sur le gel diélectrique – eau local du flux d'air chaud ; c) un second
d'un module ayant subi le stress en température transfert thermique eau-air global du circuit d'eau
pendant 4500h. L'origine de ce phénomène n'est pas mutualisé à l'ensemble des unités de test
formelle et doit être approfondie, la dilatation identiques. Ce procédé permet de cumuler
naturelle du gel à haute température conjuguée à un l'avantage du transfert convectif (haute température
phénomène de dégazage pourrait expliquer cette et réglage électronique "fin") et du transfert
dégradation. La figure 3b montre, sur ce même fluidique (efficacité d'échange, mutualisation et
module, l'endommagement du pied d'un des fils de compacité). Ce travail devrait nous permettre de
bondings du module sous la forme d'un phénomène confirmer et d'approfondir les phénomènes de
d'extrusion de l'aluminium et d'une microfissure. Là dégradation constatés à haute température, avant
encore, la dilatation du fil de bonding lui-même et d'envisager une phase de modélisation.
du film de protection qui lui est appliqué
(délamination du film anti-corrosif) pourrait Soutenu par le Gircep et le GdR ME²MS de
expliquer cette dégradation. 2001 à 2004 [4], ce travail se poursuivra dans les
trois prochaines années dans le cadre d'un contrat
de recherche PREDIT (projet EPO-AUTO plus :
électronique de puissance pour organes
automobiles hybrides) sous la forme d'une équipe
projet multi-laboratoire.
8
x 10
-3 Transistor (M) tension d'avalanche [140°C 190°C ]
kW à la centaine de kW. Nous pensons que le
7 caractère modulaire et interchangeable de ces
6 futures briques génériques devrait constituer un
5 atout important pour la réalisation de topologies
IC en Ampère
12
10
8
entrelacées en parallèle).
6
4
2
Dans cette veine, la figure 6a représente une
0
100 120 140 160 180 200 220 240 260
structure d'onduleur à quatre bras utilisable selon
c) Fusion Tj[°C]
Courbe de refroidissement
deux modes de reconfiguration en diphasé (60° et
Al/Si de la φ = (Tj-Tcase)/Rthjc 120°) en association avec une machine synchrone à
métallisation
d'une puce aimants. Comparativement avec une structure
b) Emballement thermique d'une puce IGBT
ayant subie un par son courant de fuite. classique à trois bras, celle-ci permet la tolérance
emballement de deux défauts consécutifs et le passage successif
thermique par
courant de en diphasé puis monophasé. Cette reconfiguration
fuite. n'est permise que si le défaut est parfaitement isolé
au niveau du bras défaillant au moyen d'un
Fig. 5 : Analyse du phénomène d'emballement dispositif électronique de déconnexion, côté
thermique par courant de fuite à haute alternatif et/ou côté continu ; ce dispositif ayant
température d'une puce IGBT. fait l'objet d'une étude préparatoire uniquement.
L'association de deux onduleurs à trois ou quatre
4) Convertisseurs à tolérance de pannes bras a aussi été étudiée pour réaliser une
pour applications critiques alimentation "double" possédant de nombreux
L'introduction de nouvelles technologies "plus degrés de liberté pour la reconfiguration. La
électriques" dans le domaine de l'aéronautique parallélisation des bras d'onduleur a également été
civile devient une nécessité et un facteur de initiée sous la forme d'une liaison inductive
compétitivité majeur pour les futures générations magnétiquement non couplée pour bénéficier de la
d'avions : les actionneurs à puissance hydraulique redondance structurelle. La présence d'inductances
(commandes de vol, freins, train d'atterrissage, permettrait aussi d'intégrer un filtre de dv/dt à
pompes) doivent être remplacés par des dispositifs faible coût, utile pour maîtriser la CEM. De cette
hybrides ou totalement électriques dont la étude ressort également le périmètre structurel
logeabilité, la masse et surtout la maintenabilité d'une brique de conversion sous la forme de deux
constituent des atouts indéniables. Le bras d'onduleur électriquement isolés et intégrés au
conditionnement d'air et la pressurisation des sein du même module de puissance.
habitacles sont aussi concernés par cette mutation Pour évaluer l'apport de ces structures et
mais cette fois dans un souci de rendement apporter des éléments de dimensionnement, un
énergétique. travail de modélisation et de simulation a été
Dans ce cadre, en collaboration avec Airbus entrepris sous SABER™ au niveau de la chaîne
France à travers le réseau de recherche PowerNet hydromécanique (pompe, vérin, clapets, circuit
et en co-direction entre les groupes Convertisseurs hydraulique), des structures d'onduleur, redresseurs
et Système du LEEI, un travail de thèse mené par en amont et enfin de l'alimentation. Des briques de
J.Mavier a démarré en septembre 2003. Ce travail simulation paramétrables ont ainsi été réalisées. La
consiste à proposer un ensemble de briques de partie hydromécanique a fait l'objet d'une
conversion statiques, génériques et configurables, modélisation physique très complète puis
permettant de répondre aux fonctionnalités comparée avec succès avec les modèles
précitées sur une large plage de puissance, i.e. du comportementaux fournis par les équipementiers
18
Angle [Rd]
Vitesse [Rd/s]
Fig. 11 Redresseur réversible "automatique"
à thyristor-duaux disjoncteurs
Couple [N.m]
Puissance [W]
Références
[8] J. VALLON, F. RICHARDEAU,
Y. CHERON, F. FOREST, J-Jacques
HUSELSTEIN, Ch. JOUBERT, "Module de
conversion dédié à l'étude de la fiabilité de
cellules onduleurs à IGBT", Congrès
Electronique de Puissance du Futur,
Montpellier, novembre 2002, pp. 185 – 190.
[9] J. VALLON, F. RICHARDEAU, H. FERAL,
Y. CHERON, F. FOREST,
JJ. HUSELSTEIN, Ch. JOUBERT,
"Converter Topology for Reliability Test-
19
Résumé :
Introduit au cours de l'année 2000, ce concept original consiste à imaginer de nouveaux mécanismes de
commutation basés sur le fonctionnement même des protections rapprochées des interrupteurs d'une cellule
de commutation. En complément de la commutation commandée et de la commutation spontanée, la
commutation automatique se traduit par une auto-commutation de l'interrupteur sur un seuil de courant pour
l'ouverture (effet disjoncteur) et/ou sur un seuil de tension pour la fermeture (effet parasurtenseur).
Cette auto-commutation pouvant résulter de l'exploitation même d'une non linéarité physique de
l'interrupteur de puissance telle qu'une désaturation (ou saturation d'un canal semi-conducteur) ou encore un
latch-up ; ou plus généralement de l'intégration de protections dédiées au cœur de l'interrupteur lui-même.
L'intérêt majeur de cette nouvelle commutation est qu'elle peut être associée à la commutation spontanée
selon une double causalité (commutation maître ou commutation esclave). Le DEA puis la thèse de N. Roux
sur la période 2001-2004, complété par le DEA de B. Pontalier, ont permis d'explorer très largement les
propriétés de tels interrupteurs et de proposer une synthèse des cellules de commutation à deux quadrants
intégrant la commutation automatique. De nombreuses maquettes de test de faible puissance électrique ont
été réalisées mais la structure à commutation automatique la plus prometteuse aujourd'hui à nos yeux est le
redresseur de tension élaboré à partir d'une cellule à thyristor-dual disjoncteur procurant une réversible
naturelle en courant sans capteur ni commande externe.
Breveté en 2002 et 2003 par le CNRS, ce concept connaît aujourd'hui une phase de prototypage industriel
en partenariat avec la société CIRTEM pour des applications de contrôle moteur réclamant une réversibilité
en puissance sur le réseau d'alimentation, obtenue de façon économique et hautement intégrable.
Parallèlement, et en collaboration avec le groupe CIP du LAAS-CNRS, une étude plus amont est en cours
visant à concevoir et à développer de véritables interrupteurs monolithiques sur silicium à commutation
automatique. Deux pistes sont en cours d'étude : l'une sur une base de thyristor bidirectionnel en courant,
auto-amorçable et auto-blocable, l'autre sur une base d'IGBT bidirectionnel en courant.
Faits marquants :
- Méthodologie de synthèse étendue des cellules de commutation deux quadrants intégrant la
commutation automatique.
- Prototype de pré-industrialisation d'un redresseur réversible triphasé faible coût à thyristor-dual
disjoncteur pour variateur de vitesse (partenariat CIRTEM – LEEI – CNRS).
20
Toutefois, force est de constater que la double ainsi le principe de la commutation automatique et
commutation spontanée offerte par la diode n'est, les graphes de causalité relatifs aux modes de
sur le fond, qu'un cas particulier de commutation commutation qui lui sont propres. On peut noter
spontanée, bienvenue certes, et qu'il est tout à fait que deux de ces trois modes n'utilisent pas de
légitime d'imaginer, sous une forme hybride ou commutation spontanée à base de jonction PN
monolithique, la définition d'interrupteurs dotés de (diode), ce qui ouvre la voie, du moins sur le
commutations non plus obtenues à l'origine du principe, à imaginer plus largement la
plan ik(vk) mais obtenues cette fois par commutation avec des matériaux actifs non semi-
dépassement d'un seuil courant pour l'ouverture conducteurs (diamant photo-conducteur,
et/ou par dépassement d'un seuil tension pour la matériaux supra-conducteur entre autres).
fermeture. Remarquons simplement que
Ainsi, compte tenu de l'approche très amont de
l'ouverture par dépassement de courant
cette recherche et des retombées potentielles
s'apparente à une fonction d'auto-protection de
larges au niveau de la conception de composants
l'interrupteur par limitation – disjonction qu'il est
nouveaux, de structures et fonctions de conversion
possible d'obtenir assez naturellement par la
innovantes, un dépôt de brevet a été réalisé par le
caractéristique propre de désaturation d'un
CNRS en 2002 (Europe) et en 2003 (extension
transistor associée à une commande locale (voire
internationale).
intégrée) d'auto-blocage. La fermeture par
dépassement de tension est quant à elle obtenue
2) Synthèse et premiers prototypes
naturellement, mais sous certaines conditions, par
l'effet latch-up du thyristor. On voit donc que cette Dans la continuité de cette première
nouvelle classe de commutations spontanées peut exploration des potentialités de la commutation
s'appuyer sur les non linéarités intrinsèques automatique un travail de thèse a démarré en
présentées par certains composants actuels, et que septembre 2001 avec N. Roux. A cette époque
ces caractéristiques particulières peuvent aussi notre questionnement portait sur trois volets : - la
résulter de l'élaboration de nouveaux composants mise à jour d'une démarche de synthèse
conçus pour cette finalité par le couplage de systématique des cellules à commutation
caractéristiques non linéaires et de détecteurs automatique ; - l'identification et le test des
locaux voire intégrés au composant. Pour éviter mécanismes principaux ; - l'évaluation du
tout risque de confusion avec la commutation caractère auto protégeant de la commutation
spontanée de la diode et souligner le caractère automatique par l'usage de protections intégrées.
d'auto-commutation de ces interrupteurs, ils seront Trois ans après, force est de reconnaître que seuls
par la suite désignés par interrupteurs à les deux premiers volets ont été traités tant le
commutation automatique. Evidemment, travail s'est révélé d'une grande richesse et d'une
transposé à l'échelle de la cellule élémentaire à grande ampleur, tant sur les aspects théoriques
deux interrupteurs, cette commutation que pratiques. Sur le plan de la synthèse, la
automatique n'échappe pas au principe de démarche s'est focalisée sur les cellules
causalité qui a été énoncé en préambule. En réversibles à deux quadrants dotés d'interrupteurs
remarquant que cette nouvelle commutation peut trois segments (redresseurs et onduleurs) afin de
jouer indifféremment un rôle maître (auto- rester en prise directe avec des applications à haut
ouverture par dépassement du courant dans une potentiel de valorisation impliquant le réseau, une
charge, auto-fermeture par dépassement de machine ou un étage alternatif d'isolement. Sur le
tension de l'alimentation de la cellule) et un rôle fond la démarche a été très proche de celle
esclave (auto-ouverture sur court-circuit pratiquée en commutation naturelle (pour les deux
transitoire de la cellule, auto-fermeture par réversibilités et les deux déphasages :
ouverture transitoire de la cellule) on perçoit bien identification des quadrants de travail, du cycle de
la diversité des types d'interrupteurs ainsi créés et commutation et de la nature des interrupteurs) en
la très grande richesse des combinaisons de intégrant cette fois la faculté d'un interrupteur à
commutation qui en découlent. La commutation pouvoir commuter dans un quadrant dissipatif en
automatique permet ainsi de faire apparaître trois commutation automatique, et la faculté d'un
modes de commutation supplémentaires dans la interrupteur à changer de quadrant non seulement
synthèse générale des cellules de commutation : par une commutation spontanée mais aussi par
automatique – spontané (bi-causalité), une commutation commandée ou une
automatique – automatique (bi-causalité) et commutation automatique en conformité avec le
commandé - automatique. La figure 3 résume principe de causalité énoncé en préambule. De
22
on on I1
D1
E1
a) b) Laux
D3
Commande
Hacheur
on off + -
Cde on C
+ D2
off I2
Cde on
c) d) a) b)
VA [100V/div]
iA[10A/div]
50Hz
compromis délicats (faible courant de disjonction
c) d) – stabilité / focalisation – chute de tension à l'état
passant) se traduisant par des difficultés de mise
Fig. 6 : Pont redresseur triphasé réversible sous en œuvre et des performances dégradées. Bien que
400V. a) variante à fenêtre d'inhibition longue et l'hybridation soit légitime en forte puissance, en
écrêtage par condensateur côté bus, b) variante particulier pour des interrupteurs multichips, une
à inhibition courte et découplage par batterie alternative plus amont consiste à repenser
réseau, c) résultats en mode redresseur, d) complètement la conception fonctionnelle sous
résultats en mode réversible sur un variateur de forme monolithique du dispositif semi-conducteur
vitesse. de puissance pour qu'il présente de lui-même la
caractéristique de commutation automatique
recherchée aux meilleures performances au sein
d'une cellule de commutation élémentaire. C'est
sur cette approche qu'un thème de recherche a été
initié en 2004 en collaboration très étroite avec le
groupe CIP du LAA-CNRS et en appui sur des
travaux antérieurs initié par H. Foch sur la
Fig. 7 : Simulation d'un pont à thyristor-dual fonctionnalité thyristor-dual monolithique. Plus
disjoncteur sélectif et adaptatif. précisément, il s'agit de concevoir et de réaliser
Des compléments d'investigations ont porté sur deux dispositifs thyristor-duaux disjoncteurs
la connaissance en régime de réseau perturbé (600V-25A) sur silicium permettant de réaliser
(creux) et de réseau défaillant (perte d'une phase) une cellule de redressement réversible à haut
ainsi que sur la qualification CEM en mode niveau d'intégration. L'absence de commande
différentiel et mode commun. Dans le cadre des externe et la possibilité d'envisager une auto-
stages de fin d'étude de Y.Herriot et R.Perrin au alimentation de l'élément actif (temps de
Cirtem la phase de transfert industriel du conduction fixe non modulé) sont aussi deux
redresseur réversible a pu progresser très arguments forts pour justifier cette approche.
nettement sur deux plans : une étude technico- Deux pistes sont aujourd'hui à l'étude :
commercial relativement exhaustive montrant son l'optimisation d'une structure de thyristor auto-
impact dans le domaine du levage et des machines amorçable à conduction inverse et auto-blocable
outils (économie d'énergie par récupération, (figure 8a), et une structure d'IGBT à conduction
suppression de la résistance de freinage) d'une inverse couplée à un dispositif parallèle d'auto-
part, la mise à jour d'un principe de disjonction blocage et d'auto-amorçage (figure 8b). Ces deux
sélective (la disjonction n'est active qu'en mode pistes seront évaluées et comparées
réversible) et adaptative (le seuil de disjonction (fonctionnalités et surface silicium totale) par des
est relatif et non plus absolu) afin d'améliorer la simulations physiques 2D elles –mêmes couplées
qualité des formes d'ondes sans dégrader la à des éléments de circuit de commutation.
fonctionnalité première. Nous nous limiterons à Toutefois, il est clair que la première piste
25
Auto Auto
Alim Cde
K
a) Thyristor-dual b) Thyristor-dual disjoncteur
disjoncteur conçu autour conçu autour d'un cœur d'IGBT à
d'un cœur de thyristor auto- conduction inverse monolithique.
amorçable
Références
[1] "Convertisseurs à Commutations
Automatiques", N. ROUX,
F. RICHARDEAU, H. FOCH, M. BREIL,
JP. LAUR et JL. SANCHEZ, Congrès
Electronique de Puissance du Futur,
Montpellier, novembre 2002, pp. 209 – 214.
[2] "Self-Switching Converters : Application to
the Design of a Naturally Reversible
Rectifier", N. ROUX, F. RICHARDEAU, H.
FOCH, Th. CARITOUX D. FERRER,
European Power Electronics 2003
Conference, Toulouse, 3-5 septembre 2003
[3] "Self-Switching and Protected Converters :
New Cells Synthesis", N. ROUX, F.
RICHARDEAU, H. FOCH, IEEE PESC
Conference 2003, 16 – 19 juin 2003,
Acapulco, pp. 1494 – 1499.
27
Résumé :
Le diamant présente des propriétés physiques exceptionnelles qui font de ce matériau un candidat idéal
pour la réalisation de dispositifs d’électronique de très forte puissance.
Les techniques de synthèse par voie chimique permettent de disposer de diamant de différentes qualités.
Tout récemment différents laboratoires ont réussi la synthèse de monocristallins de très haute pureté.
Il reste aujourd’hui à développer les technologies de mise en œuvre des différents dispositifs ce à quoi
nous nous attachons.
Initié en 2000 cette thématique est aujourd’hui mature et repose sur de nombreuses collaborations avec
les spécialistes du matériau, de la physique et des technologies des semiconducteurs de l’optoélectronique.
Nous détaillons dans ce qui suit les deux axes sur lesquels nous menons nos recherches à savoir le
management thermique et la réalisation de composants actifs haute tension forte puissance.
Le diamant, par sa conductivité thermique exceptionnelle parait être parfaitement adapté au management
des composants de puissance silicium ou SiC. Le coût du dépôt ou de report doit rester négligeable, c’est
pour cette raison que nous étudions une utilisation parcimonieuse par des reports localisés de petits éléments
de diamant ou par un dépôt en fine couche. Nous avons aujourd’hui en partie validé la faisabilité de ces
techniques.
La réalisation de composants actifs est beaucoup plus complexe car il faut développer toutes les
technologies de mise en œuvre des composants actifs, du dopage du matériau jusqu’à la prise de contact. Ces
travaux sont menés en collaboration avec l’équipe CIP du LAAS (accueil de H. Schneider).
Le dopage N du diamant est particulièrement difficile à obtenir et il est aujourd’hui impossible de réaliser
des composants bipolaires. Nous concentrons nos efforts sur les composants unipolaires de type P ou sur des
composants « optoswitch » à commande par UV ou canon à électrons. Les bancs de caractérisations et
d’essais ont été installés au LEEI.
28
Management thermique
Les propriétés thermique, mécanique et
diélectrique du diamant CVD offrent à ce matériau
les meilleurs atouts pour résoudre les problèmes
spécifiques à l'environnement proche des composants
de puissance. Le diamant dit "thermique" est
aujourd'hui bien maîtrisé et de nombreux fabricants
proposent de larges gammes de produits de toutes
formes et de toutes dimensions. Le coût du diamant
reste cependant élevé. Même si une production
Fig. 1 : Wafer de diamant polycristallin massive peut nous faire espérer une baisse des prix,
l’énergie électrique nécessaire à l’élaboration du
C’est en 2002 que les premiers diamants diamant par CVD maintiendra un prix de revient
monocristallins de qualité électronique ont été élevé de ce matériau. A titre indicatif le diamant
obtenus. Réalisés par homoépitaxie ils présentent une thermique bas de gamme (conductivité thermique
surface maximale de1 cm² mais les propriétés th=10 W.cm-1.K-1 , semi isolant) se trouve à
électroniques sont exceptionnelles. 0,5 €/mm3, le diamant thermique de haute qualité
(conductivité thermique th=20 W.cm-1.K-1,
isolant) se trouve lui à 10 €/mm 3. Dans ces
conditions, les substrats ou les dissipateurs
thermiques massifs ne peuvent être intéressants que
pour des applications très spécifiques où la recherche
des performances prime encore sur la recherche des
5 mm
prix (exemple du spatial développé ci-dessous).
Fig. 2 : Diamant monocristallin (LIMHP 2004) L'autre solution que nous étudions est d’utiliser le
diamant avec parcimonie en limitant son utilisation
Propriétés du diamant CVD aux zones à fortes contraintes. Nous espérons ainsi
homogénéiser les contraintes thermomécaniques et
Un rapide aperçu des propriétés augmenter la fiabilité de l'ensemble tout en limitant le
thermoélectroniques illustre les potentialités des surcoût.
différents types de diamant décrits ci-dessus.
Pour cela nous développons deux techniques pour
améliorer le refroidissement des composants silicium.
Monocristallin Polycristallin La première technique consiste à déposer par CVD
Champ de rupture 4-10 0,4-1 directement sur le composant (IGBT) une fine couche
Ec(MV/cm) de diamant qui vient en lieu et place de la couche de
Mobilité µn (cm².V-1.s-1) 4500 1-60 passivation. La seconde technique consiste à reporter
localement des petites pièces de diamant pour créer
Mobilité µp (cm².V-1.s-1) 3800 1-60 un puit thermique dans des zones à fortes contraintes.
Durée de vie τ (s) qq µs qq ns Les problèmes sont aujourd'hui essentiellement
Conductivité thermique 20 10-20 technologiques. Dans les deux cas il faudra maîtriser
σth (W.cm-1.K-1)
les problèmes d'adhérences et d'interfaces de ces
structures hétérogènes.
Ainsi le diamant polycristallin qui peut être
disponible sous différentes formes et tailles sera Substrats
réservé au management thermique. Nous l’utiliserons
également pour tester et valider différentes Même si l'augmentation des volumes et
technologies de réalisation de composants (dopage l'amélioration des techniques de dépôt laissent
contacts). envisager une baisse des coûts, ceux ci seront
toujours liés à l'énergie nécessaire aux réacteurs de
Le diamant monocristallin disponible depuis peu croissance. Ainsi un substrat diamant pour un module
sera réservé à la réalisation de composants actifs. IGBT standard présenterait un volume de 3000 mm3
soit 3000 à 30000 € ce qui est absolument
impensable pour ce type d'application.
30
Refroidissement localisé
(b) De nombreuses applications basse tension faible
courant sont aujourd'hui intégrées en technologie
Fig. 3 : Réalisation de caloduc a) solution par fluide smartpower. Cette technologie permet de disposer
caloporteur (LEG), b) solution diamant des circuits de puissance et de commande sur une
Ainsi l'équivalent d'un caloduc sera obtenu par un même puce. Les composants de puissance de faible
barreau de diamant d'une épaisseur de 1 mm. Ce dimension (typiquement inférieure au mm²) occupent
barreau présentera un volume total de 1200 mm3 soit moins de 30 % de la surface et sont le siège de fortes
un coût d'environ 12 000 €. Cette solution présente dissipations. De plus, ces composants latéraux
cependant l'avantage d'être du refroidissement réalisés en technologies planar dissipent au sein de
statique donc indépendant de la position. zones extrêmement proches de la surface. La figure 5
illustre ces propos.
Hormis des applications spécifiques, les substrats
en diamant volumineux, trop chers, ne pourront pas 1 mm
émerger dans notre domaine. Zone de
Logique,
dissipation
Passivation analogique
Transistors n n q
commande
de puissance
Les techniques de dépôt CVD permettent de …
MOS
400 µm
volume de diamant donc le coût. L'inertie thermique performance. La réalisation de dispositifs forte
du diamant et son coefficient d'expension thermique puissance à base de diamant est un sujet peu exploré
sont également des atouts pour absorber les qui présente cependant des perspectives intéressantes
impulsions énergétiques et minimiser les contraintes dans notre domaine du traitement des hautes
thermomécaniques. énergies, fortes puissances. Nous avons fait de ce
sujet le cœur de nos recherches.
L'exemple ci dessous illustre le gain apporté par
le report d'un morceau de diamant sur un composant Les composants de puissance que nous cherchons
de puissance qui fonctionne en impulsionnel. à réaliser se caractérisent par une haute tenue en
tension et un fort courant. Ces caractéristiques ne
peuvent être obtenues sur des composants latéraux à
porteurs majoritaires type FET largement étudiés par
ailleurs. Pour notre part, nos efforts ont
essentiellement porté sur la réalisation de composants
verticaux.
La tenue en tension est assurée par une structure
verticale où le volume de diamant intrinsèque est
utilisé pour son grand champ de rupture diélectrique.
Le dopage N, mal maîtrisé à ce jour, ne permet
pas de réaliser des composants bipolaires en diamant.
La seule solution envisageable à notre sens est
d'injecter des porteurs dans le volume par un faisceau
incident énergétique (photons, canon à électrons,
rayons X). Le principe d’un tel interrupteur est
présenté figure 8.
Si nous appliquons ce principe à un interrupteur
de puissance pour l'électronique à découpage nous
Fig. 6 : Simulation thermique REBECCA 3D d'un pouvons modéliser le comportement et en déduire les
composant de puissance soumis à une impulsion paramètres physiques importants.
énergétique a) sans report de diamant, b) avec
report d'un morceau de diamant
Le principe de report de diamant a été validé à
l’aide des moyens techniques du LAAS (Machine de
Flip Chip MA150). La figure ci-dessous présente un Vc
exemple.
Ibeam HT
10 à 30 keV
Va
Diamant
Imes
-Pour une commande optique à une longueur Les études que nous avons menées et le savoir faire
d'onde λ : technologique que nous avons acquis nous ont permis
1 de développer des manipulations de caractérisation
Gp =η opt . .µτ .Eon.Ec optique avec l'aide du LPL (Laboratoire de Physique
Eλ des Lasers - Paris XIII).Un synoptique est présenté ci
η : rendement de la source de faisceau incident dessous.
λ : longueur d'onde typiquement inférieure à 225 nm pour
Nous continuons par ailleurs à rechercher des
nos applications
EC : champ critique solutions pour exploiter le diamant dans le cadre des
Eon : champ à l'état passant (faible 1000V/cm) composants actifs. Les outils de simulation, les
µ et τ : respectivement mobilité et les durée de vie des centrales technologiques et les moyens de
porteurs. caractérisation disponibles au sein des laboratoires
toulousains permettent d'envisager ces études dans
La solution optique est plus facile à mettre en les meilleures conditions.
œuvre mais le mauvais rendement des sources
optiques aux longueurs d'ondes qui nous intéressent
ne permet pas d'avoir un gain. Ces techniques nous
aiderons cependant à caractériser les propriétés
électroniques du diamant et permettront d'optimiser
les paramètres de croissance d'un diamant pour
l'électronique.
VBIAS
Atténuateur Rp
3 kΩ
Cp=2.2 nF
Ro=50Ω
Source
lumineus Oscilloscop
Echantillon e
e
pulsée
Mesure d’énergie
Fig. 9 : Principe du banc de mesure de photoconduction sous excitation LASER mis en place au LPL
33
Résumé :
Cette nouvelle thématique a été initiée et portée par Christophe Turpin depuis 1999 pour prendre pleinement son
envol lors de son recrutement en tant que Chargé de Recherche CNRS depuis novembre 2002. Elle est à rattacher
fortement aux travaux menés dans l’équipe « Système » sur les Nouvelles Technologies de l’Energie Electrique.
Elle s’inscrit clairement dans la problématique énergétique à laquelle nous devons faire face et vise à faciliter la
mise en œuvre électrique des générateurs électrochimiques (pile à combustible, supercondensateur, accumulateur
Li-ions…) qui sont appelés à jouer un rôle de plus en plus important.
Les générateurs électrochimiques possèdent un caractère intrinsèque très basse tension (de l’ordre du volt) et
potentiellement fort courant (plusieurs centaines d’ampères). Ce qui contraint à un empilement série de cellules
élémentaires pour offrir des niveaux de tension exploitables avec de hauts rendements par l’électronique de
puissance. Mais cette nécessité d’empilement peut constituer un des freins à leur développement par les nombreux
problèmes posés : thermiques, mécaniques, équilibrage des cellules, sûreté de fonctionnement… En outre, dans une
politique nécessaire d’économie d’énergie, l’interface entre le générateur électrique et l’utilisateur doit être la plus
efficace possible. Ces considérations poussent au développement de convertisseurs statiques originaux basses voire
très basses tensions forts courants et à forts rendements considérés dans le cadre d’une approche systémique de la
chaîne énergétique complète : générateur – convertisseur – consommateur.
Néanmoins ces recherches peuvent avoir des retombées dans d’autres domaines où l’on retrouve ce caractère
très basse tension et plus ou moins fort courant : les générateurs photovoltaïques et les alimentations pour
calculateurs.
Largement axés autour des piles à combustible, ces travaux ont été déclinés sous deux approches :
- Modélisation des générateurs électrochimiques pour l’Electronique de Puissance
- Etudes de topologies élévatrices en tension
Faits marquants :
- Mise en œuvre d’un banc de tests pour piles à combustible PEM.
- Modèle circuit dynamique d’une pile à combustible PEM.
- Mise en évidence du rôle essentiel des condensateurs de double couche dans les interactions entre les piles
à combustible et les convertisseurs statiques.
- Etude théorique de l’onduleur survolteur (monophasé et triphasé).
36
0.71
10kHz
0.7
Le convertisseur double boost s’avère vraiment
0.69
intéressant (d’une part, en terme de rendement,
0.68
d’autre part, en terme de dimensionnement des
éléments réactifs grâce à l’entrelacement des
0.67
commandes), lorsqu’il permet de changer
0.66
6 7 8 9 10 11 12 13 14 radicalement de calibre en tension pour les
courant [A]
interrupteurs mis en jeu. Par exemple dans le cas
a) Effets de la fréquence autour du point fonctionnement de 10A où l’objectif est de créer un bus continu de 800V
(excitation sinusoïdale 6A crête à crête).
(applications triphasées), il est possible d’utiliser
0.75
avantageusement des IGBTs 600V au lieu
0.74
Experience
Model
Modèle d’IGBTs 1200V.
0.73
tension [V]
0.72
0.71
VC2(t)
0.7
0.69
0.67
6 7 8 9 10 11 12 13 14
ωt
VC1(t) = VDC + Vmax sinω ωt-2π
VC2(t) = VDC + Vmax sin(ω π/3) ωt-4π
VC3(t) = VDC + Vmax sin(ω π/3)
VCN(t) = VDC
VC1 VC2 VC3
VN