Convertisseurs Multicellulaires: Modélisation et Commande
Convertisseurs Multicellulaires: Modélisation et Commande
Thèse de doctorat
Discipline : Automatique et Électrotechnique
présentée par
Bilal AMGHAR
.
Remerciements
Au terme de ce travail, c’est avec émotion que je tiens à remercier tous ceux qui, de
près ou de loin, ont contribué à la réalisation de ce projet.
Je tiens tout d’abord à adresser mes remerciements les plus sincères à Mrs les profes-
seurs Moumen Darcherif et Jean Pierre Barbot pour avoir dirigé cette thèse et m’avoir
permis de la réaliser dans les meilleures conditions. Je tiens particulièrement à les remer-
cier de la liberté d’action qu’il m’ont donné à chaque étape de cette aventure. J’espère
avoir été digne de la confiance qu’ils m’avaient accordée et que ce travail est finalement à
la hauteur de leurs espérances. J’ai beaucoup appris à leurs côtés et je suis très honoré de
les avoir eu comme directeurs de thèse.
Mes remerciements s’adressent ensuite à Malek Ghanes qui m’a aidé beaucoup et
conseillé quand j’en ai besoins, je lui en suis reconnaissant.
J’aimerais adresser un remerciement particulier à Anita Javanaud pour son aide, sa
gentillesse et son soutien tout au long de ces années.
Ce travail n’aurait pu aboutir sans l’aide de nombreuses personnes. Que me pardonnent
celles que j’oublie ici, mais j’adresse une pensée particulière à Nathalie Doux qui m’a énor-
mément aidé pour la mise en forme de la thèse. J’ai pu travailler dans un cadre particuliè-
rement agréable, grâce à l’ensemble des enseignants de l’EPMI. Je pense particulièrement
à Jean Michel Brucker, Maurice Chayet, Blondine, Karim , Samir, Ikram, Milka , Marvin
( qui m’a aidé énormément la veille de ma soutenance), Nathalie Saker (qui m’a transmis
ses expériences),Olivier, Raphaël, Gregory, Alex et Jean.
Je souhaite encore remercier mon ami ADDAD Boussad pour son soutien tout au long
des trois années de thèse.
Mes remerciements s’adressent enfin à mon père, ma maman et mes frères et sœur
(Hamza, Mazigh, Mouhand, Lounis et Linda) qui m’ont toujours épaulé dans ce projet. Je
sais que mon absence a été longue et j’espère pouvoir un jour rattraper le retard accumulé.
Résumé
Résumé
Mots-clefs
Abstract
This study deals with observability problems and control of the parallel multicell chop-
per. In the area of strong currents with high switching frequencies, new structures based
on the combination of components have been developed. This type of chopper is a DC/DC
static power converter which has an output current equals to n (n is the number of cells)
times the source current. After recalling the dynamical equations of the converter, its hy-
brid dynamical behaviour and properties are highlighted. This particular hybrid system
induces new and difficult observability problems, such problem can be tackled by a new
observability concept [the Z(TN )-observability]. However, for a large number of switching
cells in parallel, the complexity of the system makes it impossible to predict the transient
behaviour of the converter and therefore all predimensioning. The main disadvantage of
this type of converter is the imbalance branches of current with increasing number of
cells. Therefore modelling and control with Petri net is proposed to solve the problems
of imbalanced of currents and the voltage output regulation with variation of the load.
The authors approaches are attested by several numerical simulations and experimental
results considering noisy measurements and load variations.
Keywords
Power converter, observability, observer, Super-twisting, Sliding mode, Petri nets, Hy-
brid dynamical systems .
Table des matières
Notations 13
Introduction Générale 15
Bibliographie 117
Notations
.
AC/AC : Convertisseur de courant alternatif
BGA : Ball Grid Array
CMP : Convertisseur Multicellulaire Parallèle
CI : Circuit Intégré
CCM : Continuous Conduction Mode
COMFET : Conductivity Modulated Field Effect Transisto
CEM : Compatibilité Electro-Magnétique
DC/DC : Convertisseur de courant continu
DCM : Discontinuous Conduction Mode
FET : Field Effect Transisto
FPGA : Field Programmable Gate Array
GIC : Graphe Informationnel Causal
HDL : hardware Description Language
IGT : Insulated Gate Transistor
IL : Courant de branche
IP2002 : Module des interrupteurs de commutation
IGBT : Transistor bipolaire à grille isolée InsulatedGateBipolarT ransistor
IS : Courant de sortie
MLI : Modulation de Largeur d’Impulsion
MOS : MetalOxideSemiconductor
MSMC : Modélisation Simulation de Machines Cybernétiques
MOSFET : Metal Oxide Semiconductor Field Effect Transistor
O : Matrice d’observabilité
PI : Proportionnel Intégral
14 Notations
C’est dans ce contexte que se positionne notre travail de thèse. Nous chercherons à
concevoir une nouvelle génération de convertisseurs puissants, robustes et non polluants.
Il s’agira de convertisseurs multicellulaires parallèles (CMP) dotés d’une commande ro-
buste permettant à la fois un meilleur contrôle du fonctionnement du convertisseur et une
gestion optimisée de la répartition des courants dans les cellules [MF92]. La maîtrise de la
répartition du courant permet en effet d’éviter des surchauffes inutiles et donc de réaliser
des économies d’énergie (refroidissement). Notre convertisseur est conçu de manière à li-
miter son taux de distorsion harmonique au niveau du bus de courant, grâce aux bobines
de liaison et aux lois de commande appliquées.
courant continu DC/DC et leurs modèles. Cela nous permettra de dresser l’état de l’art
en la matière et d’expliciter les contraintes et les enjeux.
Le deuxième chapitre de la thèse est consacré à l’observabilité du convertisseur. L’ob-
jectif étant d’obtenir les principales grandeurs physiques de ce dernier avec un minimum
de capteurs bien positionnés. Ceci afin de reconstituer les formes d’ondes et intensités du
courant dans les branches du convertisseur, dans la perspective d’obtenir une répartition
homogène du courant, de limiter les surchauffes inutiles et donc d’optimiser la puissance
du convertisseur.
Le troisième chapitre traite de la régulation des courants de branches et de la tension
de sortie au moyen d’un algorithme de contrôle hybride (temps continu et événement
discret) basé sur une représentation par réseaux de Pétri (RdP). Le régulateur proposé
est constitué de deux parties. La première partie est un contrôleur proportionnel intégral
(PI), la deuxième est une boucle de régulation dont l’algorithme est synthétisé à l’aide
d’une modélisation par RdP. La première boucle assure la régulation de la tension de
sortie par rapport à une valeur référence. La deuxième boucle est synthétisée à base d’un
RdP. Elle possède comme entrées « les états des courants de branches » et comme sortie
« les commandes des interrupteurs de commutation ».
Le dernier chapitre décrit le banc d’essais que nous avons réalisé pour valider nos
modèles. Le banc est constitué d’un convertisseur à trois cellules de commutation, piloté
par une carte de commande FPGA. Une comparaison entre les résultats de simulation
et les résultats expérimentaux effectuée à fin de valider les performances de l’algorithme
proposé.
Chapitre 1
Convertisseurs multicellulaires
parallèles
1.1 Introduction
Nous allons dans ce chapitre présenter une topologie de convertisseur basée sur la mise
en parallèle des cellule de commutations, appelée convertisseur multicellulaire parallèle.
Ces convertisseurs sont utilisés dans des applications forts courants : les onduleurs de
secours de forte puissance (400V/135A), le réseau de puissance automobile (42V/24A)
et surtout les régulateurs chargés d’alimenter des microprocesseurs : Voltage Regulator
Module (VRM) (1,2V/100A) [MF92]. Les principales motivations de la mise en parallèle
des cellules de commutation sont : - la possibilité d’atteindre des puissances inaccessibles
avec des composants uniques, - l’utilisation de composants de calibre plus faible, et par
conséquent plus performants, - la modularité du convertisseur qui, permet notamment
de répondre à d’éventuelles modification du cahier de charges, - l’amélioration des formes
d’ondes à l’entrée et à la sortie du convertisseur par une augmentation du nombre de degrés
de liberté, - la réduction du coût total du convertisseur, car des composants de calibre plus
faibles peuvent être utilisés. Ensuite, nous rappelons les différentes caractéristiques de la
mise en parallèle des cellules de commutation et le problème lié à un parallélisme massif.
Dans le but d’une analyse et synthèse des lois de commandes nous présentons les différents
modèles mathématiques des convertisseurs parallèles.
18 Chapitre 1. Convertisseurs multicellulaires parallèles
Les niveaux de puissance que l’on trouve dans les convertisseurs vont de moins d’un
watt dans les convertisseurs des équipements portables, à une dizaine ou centaine de
watts dans les alimentations des ordinateurs de bureau, aux kilowatts ou mégawatts dans
la commande des moteurs à vitesse variable, et jusqu’aux térawatts dans les centrales
électriques du secteur.
Le circuit est alimenté par une source de tension Ve , la sortie est chargée par une
résistance R et débite un courantIS . L’interrupteur K, symbolise ici comme un MOS
FET de puissance, est rendu périodiquement conducteur avec un rapport cyclique α a la
1
fréquence F = T. On distingue deux modes de fonctionnement de ce circuit selon que le
courant circulant dans l’inductance L est ou non continu (ne s’annule pas au cours de la
période). Le mode conduction continue étant le plus intéressant pour ce convertisseur.
Un convertisseur Buck synchrone est une version modifiée du convertisseur Buck clas-
sique dans laquelle on a remplacé la diode D par un second interrupteur T1,2 (voir fi-
gure.1.2). Cette modification permet d’augmenter le rendement du convertisseur car la
chute de tension aux bornes d’un interrupteur est plus faible que celle aux bornes d’une
diode . Il est également possible d’augmenter encore le rendement en gardant la diode en
parallèle du second interrupteur T1.2 . La diode permet alors d’assurer le transfert d’énergie
lors de la courte période ou les interrupteurs sont ouverts. L’utilisation d’un interrupteur
seul est un compromis entre augmentation du coût et du rendement.
L’association en parallèle de plusieurs cellules de commutation à donnée naissance au
convertisseur multicellulaires parallèle[Meynard], la figure.1.2 représente un convertisseur
multicellulaire parallèle à n cellules de commutations[PJ00].
1.3.1.1 Structure
L’objectif de cette partie du travail est de dégager les contraintes et les règles qui
président à l’élaboration de ces interconnexions. Rappelons que, en vertu de son principe
de fonctionnement même, la cellule (figure.1.3) est nécessairement reliée.
Lorsque cette cellule fonctionne en mode de conduction continu, on a les formes d’ondes
de courant et de tension de la figure.1.4.
Par les mécanismes de mise en conduction et de blocage des deux interrupteurs, 2 états
sont possibles
T1,1 passant et T1,2 bloqué. Les conditions de fonctionnement sont les suivantes :
22 Chapitre 1. Convertisseurs multicellulaires parallèles
Figure 1.3 – Formes d’onde des grandeurs physique d’une cellule de commutation (cou-
rants et tensions).
Vs =E avec VT1,2 = −E
(1.1)
Ie = IL avec IT1,1 = IL
T1,1 bloqué et T1,2 passant. Les conditions de fonctionnement sont les suivantes :
Vs =0 avec VT1,1 =E
(1.2)
Ie =0 avec IT1,1 = IL
1.3. Structure élémentaire d’un convertisseur multicellulaire parallèle23
Nous considérons des sources de tension et de courant qui sont respectivement unidi-
rectionnelles en courant et en tension. A partir de la représentation de la figure.1.7, on
peut écrire :
VT1,1 − VT1,2 =E
(1.3)
IT1,1 + IT1,2 = IL
Suivant les états respectifs des deux interrupteurs, on peut donc écrire :
VT1,2 = −E
(1.4)
IT = IL
1,1
VT1,1 =E
(1.5)
IT1,2 = Is
Vs = α · E (1.6)
24 Chapitre 1. Convertisseurs multicellulaires parallèles
α · (1 − α) · E
∆IL = (1.7)
L·f
∆IL α · (1 − α) · E
∆Vs = = (1.8)
8·C ·f 8 · C · L · f2
Le courant moyen traversant l’inductance est égale au courant moyen dans la charge :
IL = Is (1.9)
Les contraintes sur les deux interrupteurs et diodes sont les mêmes
L diL = −RL iL − vC + s E
dt
(1.10)
C dvC = iL − vC
dt R
Paramètres :
- E Tension d’entrée
- iL Courant dans l’inductance
-C Condensateur de sortie (F)
-L Inductance de lissage (H)
- RL Résistance lièe à l’inductance (Ω)
1.3. Structure élémentaire d’un convertisseur multicellulaire parallèle25
Dans cette partie on a utilisé Matlab Simulink pour simuler le comportement dyna-
mique d’une cellule de commutation. Afin d’étudier l’influence du rapport cyclique sur les
grandeurs internes de la cellule, on a fait varié le temps de conduction entre 0 et 1. Les
paramètres utilisés dans le modèle de simulations sont représentés dans le tableau suivant :
Paramètres Dsignations
Ue = 12V Tension d’entrée
VC = 6V Tension de sortie l
IL Courant de branche
Is Courant de sortie
S, État de l’interrupteur
L = 100µH Inductance
RL = 1mΩ Résistance liée à l’inductance
C = 100µF Condensateur de sortie
D ∈ [0, 1] Rapport cyclique
R = 0.6Ω Résistance de la charge
Figure 1.4 – Formes d’onde des grandeurs physique d’une cellule de commutation (Ten-
sion aux bornes de la charge VC ).
26 Chapitre 1. Convertisseurs multicellulaires parallèles
Figure 1.5 – Formes d’onde des grandeurs physique d’une cellule de commutation (Ten-
sion aux bornes de l’inductanceL).
Figure 1.6 – Formes d’onde des grandeurs physique d’une cellule de commutation (Cou-
rant IL ).
rayonnée.
- Thermique et hydraulique pour le dimensionnement du refroidissement
- Thermométrique pour les études de la dilatation, de l’origine des défaillances.
- Thermoélectrique pour les études des paramètres physiques des semi conducteurs et le
calcul des pertes
- Électromécanique pour dimensionner le bus barre en cas de court circuit
- Électrostatique et électrodynamique pour les études de décharges partielles et claquage
électrique.
Cgs est la capacité grain source.
Cds est la capacité de la transition de la jonction.
Cgd est la capacité grille drain, aussi appelée capacité Miller
Cd est la capacité de la diode
Lp est l’inductance parasite.
Rg est la résistance de commande.
la diode.
1. Conduction du MOS :
En régime de conduction permanent, les pertes dans le MOS sont caractérisées par
une résistance Rds(on) :
2. Blocage du MOS :
Les pertes en régime de blocage MOS sont négligeables. Pendant cet intervalle, la
diode est en conduction. Elle est modélisée par une résistance RD et une force contre
électromotrice V0 . Les pertes sont donc calculées par :
2
PD_cond = V0 Idmoy + RD ID_ef f (1.12)
3. Fermeture du MOS :
- Temps de délai de fermeture tdon : La fermeture dun MOS commence par l’appli-
cation d’une tension positive Vcom sur le circuit de grille. La tension Vgs évolue et
atteint une valeur de seuil Vth après un temps tdon. Pendant cet intervalle, aucune
perte ne se produit dans le circuit de puissance réalisé par la diode et le MOS. Les
seules pertes sont celle du circuit de grille que nous négligerons dans cette étude
compte tenu de la puissance du convertisseur. - Temps de montée en courant ton : A
partir de d’instant où Vgs est égale à la tension de seuil Vth , le canal est créé, le cou-
rant dans le MOS augmente proportionnellement avec la diminution du courant dans
la diode. A la fin de cette phase, le courant du MOS atteint la valeur du courant du
circuit externe tandis que celui de la diode s’annule. - Temps de recouvrement tRM :
Pour les diodes PIN, à cause du phénomène de recouvrement, la diode continue à se
1.3. Structure élémentaire d’un convertisseur multicellulaire parallèle29
E · (IT on + IT on )
Pmont = (ton + tRM ) · F (1.13)
2
Les pertes en fermeture sont par conséquent : Pon = Pmontee + PM iller_on Les pertes
pendant l’ouverture de la diode (fermeture du MOS) sont déterminées en fonction
de des charges stockées dans celle-ci : PD_of f = E · Qrr · F
4. Ouverture du MOS :
Le processus d’ouverture est inverse par rapport à la fermeture sauf qu’il n’existe
pas le phénomène de recouvrement. - Temps de délai d’ouverture tdof f : l’ouverture
commence par l’application d’une tension de commande négative Vcom sur le circuit
de grille. La tension de la grille Vgs reste supérieure à Vth . - Temps de montée
en tension tM iller_of f : c’est le plateau Miller à l’ouverture. La diode est toujours
30 Chapitre 1. Convertisseurs multicellulaires parallèles
bloquée. A la fin de cette phase, la tension de la diode est ramenée à zéro. Les pertes
causées dans les MOS sont déterminées par :
Les pertes pendant les deux plateaux Miller peuvent être calculées approximative-
ment par [Lefèvre01] :
1
PM iller = PM iller_on + PM iller_of f = (Coss + Cd ) · E 2 · F (1.16)
2
Ainsi, les pertes dans une cellule MOS diode sont déterminées par :
E·(IT on +IRM
PM os = Rds(on) · Iof
2 +
f 2 (ton + tRM ) · F + 21 E · IT of f · tof f
+ 12 (Coss + Cd ) · E 2 · F (1.19)
PD = V0 · Idmoy + RD · ID_of
2
f + E · Qrr · F
Dans ces formules, les valeurs liées au phénomène de recouvrement de la diode comme
IRM , Qrr et tRM dépendent de la valeur absolue de la pente du courant passant la diode
lors de lannulation de celui-ci. Considérons que la montée du courant dans le MOS est
linéaire, cette pente est déterminée par :
Dans chaque intervalle, nous déterminerons les pertes dans le MOS ainsi que celles
dans la diode.
Les convertisseurs multicellulaires parallèles ont été imaginés dans le double but de
générer une tension de sortie multiniveaux ou un fort courant en sortie à partir des tensions
ou des courant en entrées faibles et de réduire les contraintes en tension sur les composants
de puissance [MF92]. Plusieurs brevets ont été déposés à ce sujet [MF92].
Figure 1.9 – Une première approche de structure mutiniveaux : l’onduleur en pont com-
plet.
tance étant un composant passif difficilement intégrable, ces convertisseurs sont connectés
à l’extérieur de la puce. Une alternative aux convertisseurs conventionnels est le conver-
tisseur à capacités commutés, qui a l’avantage d’être facilement intégrable sur silicium.
Toutefois, il présente des limitations à cause de la dépendance du facteur de conversion
avec le nombre de condensateurs. De plus, les pertes inhérentes à la charge et à la dé-
charge des condensateurs font diminuer son rendement. Il est donc intéressant de trouver
une nouvelle alternative pour concevoir un convertisseur DC/DC compact et performant
afin d’obtenir un circuit électronique complètement intégrable[EWL02].
Des travaux récents ont montré que l’introduction de couplage entre les inductances
d’un tel convertisseur polyphasé peut fournir des avantages considérables pour l’alimenta-
tion des microprocesseurs. Dans la suite de ce chapitre une étude approfondie sera réalisée
sur les VRMs.
En 1965, à peine 6 années après l’invention des circuits intégrés (CI), Gordon Moore
a prédit le doublement du nombre de transistors sur un CI chaque année. En 1980, cette
vitesse d’évolution de la technologie des CI a été ramenée au doublement du nombre de
transistors tous les 18 mois.
34 Chapitre 1. Convertisseurs multicellulaires parallèles
façon à assurer une différentiation correcte d’un 1 et d’un 0 logique. De plus, les fréquences
d’horloge très élevées vont de pair avec des appels de courants aux dynamiques très im-
portantes (grands di/dt). Ces appels de courant surviennent lors des changements d’état
du microprocesseur comme par exemple lors d’un passage du mode veille à une utilisation
à 100vertigineuses de 100A/ns (voir figure.1.12) [JPJHALC98].
Pour les microprocesseurs 386 et 486, une alimentation centralisée unique (silver box)
était suffisante pour fournir la puissance à l’ensemble des composants numériques de la
carte mère. Quand les processeurs Pentium sont apparus dans les années 1990, l’utilisation
l’une alimentation centralisée ne permettait plus de respecter les contraintes d’alimenta-
tion de ces microprocesseurs du fait de leurs plus faibles tensions d’alimentations et des
fréquences de fonctionnement beaucoup plus élevées. En effet, la distance entre la « silver
box » et le microprocesseur devenait trop importante, limitant de ce fait la dynamique
des courants pouvant être fournis par l’alimentation. De plus, comme nous l’avons vu
précédemment, les tolérances sur les tensions d’alimentations sont devenues de plus en
plus étroites au fur et à mesure des évolutions technologiques. Ainsi, une tolérance de 5%
sur une tension de 3,3V était requise pour un microprocesseur Pentium II alors que cette
tolérance est ramenée à 2 % sur une tension de 1,3V pour un microprocesseur Pentium
IV [JPJHALC98].
Les architectures d’alimentation des microprocesseurs ont donc évolué et sont désor-
mais constituées par l’association de la traditionnelle « silver box » et d’un régulateur de
tension (VR : Voltage Regulator) placés à proximité du microprocesseur de façon à réduire
les impédances d’interconnexion. Les VRs actuels convertissent une tension continue de
12V fournie par la « silver box » en une tension basse de l’ordre d’un Volt. Ces VRs doivent
posséder de nombreuses qualités comme une dynamique élevée, une bonne régulation de
la tension de sortie, une petite taille et un bon rendement.
Dans leur version initiale, les VRs qui accompagnaient les microprocesseurs de type
Pentium II étaient réalisés à partir d’un simple convertisseur DC-DC de type Buck. Ce-
pendant, cette solution s’est avérée incapable de respecter les contraintes de la génération
suivante, le Pentium III, pour lequel la tension d’alimentation a été réduite pour passer
de 2,8V à 1,5V, le courant absorbé a augmenté de 10A à 30A et la dynamique de courant
est passée de 1A/ns à 8A/ns. La figure.1.17 montre la structure d’un VR utilisé pour
l’alimentation dun microprocesseur de type Pentium III.
38 Chapitre 1. Convertisseurs multicellulaires parallèles
Le problème dans la mise en parallèle d’un grand nombre de cellules est l’équilibrage
des courants dans chaque phase. La moindre imperfection du convertisseur peut conduire
à un déséquilibre des courants. Ces imperfections peuvent être liées aux composants actifs
(résistances en conduction différentes, seuils de conduction différents), aux composants
passifs (différentes résistances des bobinages des inductances) ou aux circuits de commande
(les signaux n’ont pas le même rapport cyclique). L’objet de cette étude est l’analyse de
déséquilibrage des courants de branches et la synthèse d’une loi de commande dans le but
de la résolution de ce type de problème.
40 Chapitre 1. Convertisseurs multicellulaires parallèles
1.7 Conclusion :
Analyse d’observabilité du
convertisseur et synthèse d’un
observateur hybride
2.1 Introduction
Durant les dernières décennies beaucoup de travaux en automatique ont été menés sur
Chapitre 2. Analyse d’observabilité du convertisseur et synthèse d’un
44 observateur hybride
la conception d’observateurs.
Kalman-Bucy ont introduit en 1961 une solution pour les systèmes linéaires stochas-
tiques. Leur résultat est connu actuellement par le filtre de Kalman. Ce filtre donne aussi
de bons résultats pour les systèmes déterministes. En 1964-1971, Luenberger , ] a fondé la
théorie d’un observateur qui porte son nom " Observateurs de Luenberger ". Son idée est
d’ajouter au modèle mis sous la forme canonique compagnon (Brunovsky) une correction
à l’aide de la mesure fournie par les capteurs. Pour les systèmes non linéaires les ingénieurs
utilisent le filtre de Kalman étendu qui malheureusement ne présente pas de bonnes pro-
priétés de convergence. Pour cette raison la conception d’observateurs pour les systèmes
non linéaires est un problème où les travaux de recherche restent très intensifs. En 1983
Kerner-Isidori ont fourni des conditions nécessaires et suffisantes pour une linéarisation de
l’erreur de l’observation des modèles non linéaires afin de leur appliquer l’observateur de
Luenberger. Cependant, leurs résultats ne s’appliquent qu’à une classe réduite de systèmes
non linéaires [BBF06].
Dans ce chapitre, une analyse d’observabilité pour la classe des systèmes hybrides
dynamiques est proposée. Cette analyse est suivie d’une synthèse d’observateur hybride
basé sur le principe de mode de glissement d’ordre 2. Cette étude est appliquée sur un
convertisseur multicellulaire parallèle à 3 cellules de commutations.
.
2.2. Modélisation du convertisseur multicellulaire parallèle DC-DC 45
Les modèles continus sont repartis en trois classes : ordre réduit, ordre plein et ordre
plein corrigé. Les termes réduit et plein correspondent à l’ordre du système, par exemple,
un système de deuxième ordre est réduit en un système du premier ordre en remplaçant
une des variables d’état par une constante, mais avec l’addition d’une contrainte sur cette
variable : cette spécificité est surtout utilisée pour le mode de conduction DCM. Les
modes de fonctionnement des convertisseurs DC-DC peuvent être classifiés en première
approximation selon deux modes : « mode de conduction continue (CCM en anglais :
Continuous Conduction Mode) » et « mode de conduction discontinue (DCM en anglais :
Discontinuous Conduction Mode) ».
La difficulté principale de la modélisation du convertisseur vient de la cellule de com-
mutation, les modèles d’inductances ou d’autres éléments présents dans le convertisseur
sont simples à modéliser. En effet pour une inductance un simple modèle RLC série suffit
pour une modélisation fiable.
Chapitre 2. Analyse d’observabilité du convertisseur et synthèse d’un
46 observateur hybride
Figure 2.1 – Classification des modèles analytiques pour les convertisseurs DC-DC.
L didt1 = −RL i1 − vC + s1 E
..
.
di
L dtp = −RL ip − vC + sp E (2.1)
C dvC = i1 + · · · + ip − vC
dt R
[ ]T [ ]T
Avec x = i1 , i2 , i3 , vC ∈ ℜ4 les variables d’état continues, q = s1 , s2 , s3 la commande
discontinue. La matrice dynamique Aq et les matrices B(q) , C(q) sont définis par :
−RL −1
0 0
L L
[ ]T
0 −R 0 −1
s1 s2 s3 0
L
L L
Aq = , B(q) = s1 , s2 , s3 , 0 C(q) =
0 0 −R L −1
0 0 0 1
L L
1 1 1 −1
C C C RC
Beaucoup de lois de commande non linéaires efficaces nécessitent l’accès aux variables
d’état et à certains paramètres du système qui sont souvent inconnus et qui varient dans
le temps. Dans le cas des convertisseurs multicellulaires, la charge (considérée résistive
dans ces travaux) est le paramètre inconnu le plus important et influant. Dans la plupart
des travaux cités précédemment, le vecteur d’état a toujours été censé être mesurable,
et la charge connue. Ceci peut être réalisé en quelque sorte pour un circuit prototype,
mais sa mise en oeuvre pratique dans les applications réelles est assez compliquée. Par
conséquent, plusieurs techniques d’observateurs linéaires et non linéaires ont été proposées
[RG06]. Chaque technique non linéaire a sa complexité et son applicabilité sur une famille
particulière de modèles non linéaires. Dans cette partie, une analyse d’observabilité hybride
du convertisseur sera proposé dans le but de synthétiser un observateur hybride par modes
glissants (HSMO) pour estimer ou observer le vecteur d’état exigé par l’expression de la
loi de commande[ADB11].
Définition 2.1 :
Un état xi est observable en t0 s’il est possible de déterminer xi (t0 ) connaissant
2.3. Analyse d’observabilité 49
y(t)/[t0 , tf ].
Si cette propriété est vraie ∀t0 et ∀i = 1, ..., n alors le système est complètement
observable.
Remarques : La notion d’observabilité est cruciale pour les systèmes ou il est impos-
sible de mesurer tout le vecteur d’état, et doit être estime a partir des données fournies
par la sortie.
ẋ = f (x, t) = Ax + BE (2.4)
y = h(x, t) = Cx
C
...
CA
rang(O) = rang
... = n,
(2.5)
..
.
...
CAn−1
sI − A
rang(O) = rang = n, (2.6)
C
pour tout s complexe. Si un système linéaire est complètement observable, il est globa-
Chapitre 2. Analyse d’observabilité du convertisseur et synthèse d’un
50 observateur hybride
lement observable, c’est-à-dire que toutes les composantes du vecteur d’état du système
sont observables, et donc peuvent être reconstruites par un observateur. Si le système est
non linéaire, nous devons distinguer l’observabilité globale de l’observabilité locale.
Un système non linéaire de la forme (2.7) est dit observable pour toute entrée ou encore
uniformément observable si, tout entrée u rend le système observable sur tout intervalle
[0, T ]. Pour certaines classes de système uniformément observable, il existe des transforma-
tions qui les modifient pour les mettre sous des formes (souvent ‘a caractère triangulaires)
dite formes canoniques ou formes normales. Le premier résultat a été donné dans le cas
mono-sortie dans ([GB81]). Une preuve plus simple a été donnée dans ([GHO92]), où les
auteurs donnent un observateur à grand gain basé sur cette forme canonique. Plusieurs
extensions de ce résultats ont été données dans le cas multi-sortie, comme par exemple
([GK94] et [HF03]).
Rappelons qu’un champ de vecteurs f peut être interprété selon les besoins de deux
manières : (1) Comme une application qui à tout point x assigne un vecteur f (x). Dans
ce cas on l’écrit dans la base canonique sous la forme suivante :
f1 (x)
f2 (x)
f (x) = , (2.8)
...
fn (x)
On dit que les fi sont ses composantes. Sous cette forme on dit aussi qu’il régit un système
d’équations différentielles (une dynamique) dont les courbes tangentes x(t) vérifient :
2.3. Analyse d’observabilité 51
On dit que x(t) est une courbe intégrale de f . Comme une dérivation qu’il faudra écrire
sous la forme suivante :
∂ ∂ ∂
f = f1 + f2 + ... + fn (2.10)
∂x1 ∂x1 ∂xn
sous cette forme il sapplique à une fonction réelle h(x) comme suit :
∂h ∂h ∂h
Lf h = f1 + f2 + ... + fn (2.11)
∂x1 ∂x1 ∂xn
Définition 2.2 :
Considérons le système dynamique de la forme (2.7). On dit que la paire (f, h) est
observable au sens du rang si la différentielle de la sortie h avec les différentielles de ses
dérivées de Lie successives dans la directions de f jusqu’à l’ordre n1 sont indépendante
(sur un voisinage de 0). C’est-à-dire que :
On remarque que Lkf h = y(k) est la dérivéekième de la sortie y. Donc, sous la condition
du rang (2.12) ci-dessus l’application :
Chapitre 2. Analyse d’observabilité du convertisseur et synthèse d’un
52 observateur hybride
y h(x)
ẏ Lf h(x)
= = ψ −1 (x), (2.14)
... ...
(n−1)
y n−1 Lf h(x)
continus les lois de commandes nécessitent une connaissance des mesures états du système
en utilisant des capteurs dans le cas ou l’état et mesurable. Pour réduire le nombre de
capteurs les chercheurs ont pensé à synthétiser des observateurs pour estimer les variables
d’états. Néanmoins l’analyse d’observabilité du système reste une étape importante avant
la synthèse d’un observateur, cette analyse est spécifique pour les systèmes hybrides dy-
namiques. Cependant la preuve de convergence est généralement omise ou impossible à
établir en raison de la non linéarité du système de contrôle et de la dépendance de la
propriété d’observabilité vis à vis de l’entrée [13]. On peut également citer des approches
plus récentes par modes glissants [14] et les approches algébriques dédiées à l’observation
des systèmes hybrides [15].
Dans cette section une nouvelle approche d’analyse d’observabilité des systèmes hy-
bride, appelée Z(TN )-Observabilité, sera présentée. Cette analyse est appliqué sur les
convertisseur multicellulaire série qui est un cas particulier des systèmes hybrides. Les va-
riables non observables restent constantes est l’une des conditions essentielle pour l’appli-
cation de la Z(TN )-observabilité. Les valeurs des tensions flottantes dans un convertisseur
multicellulaire série reste constantes pendant des intervalles du temps ou ils ne sont pas
observables. Pour les convertisseur parallèle cette condition n’est pas vérifiée si on l’en veut
observer les courants de bronche. Pour remédier à ce problème on a proposé une nouvelle
approche pour cette classe de système. Cette approche utilise le fait que le convertisseur
appartient à une classe particulière des systèmes à commutations (HDS).
ξ˙ = fq (t, ξ, u), q ∈ Q, ξ ∈ ℜn , u ∈ ℜm
(2.16)
y = hq (t, ξ, u)
de Zénon [7] ). Pour l’entrée u dans un intervalle de temps [ti,0 , ti,1 [⊆ [tini , tend [,nous
supposons que u(t) est bornée et suffisamment lisse.
Definition 2.3 : ([8] et [9]). Une trajectoire de temps hybride est une suite finie ou
infinie de intervalles de temps TN = {Ii }N
i=0 , tel que
De plus, ⟨TN ⟩ la liste ordonnée dde q associées à TN (i.e. {q0 , ..., qN } avec qi est la valeurs
de q durant l’intervalle de temps II ).
h(t, ξ 1 (t), u1 (t)) = h(t, ξ 2 (t), u2 (t)), a.e. dans [tini , tend ]
implique
Z(t, ξ 1 (t), u1 (t)) = Z(t, ξ 2 (t), u2 (t)), a.e. dans [tini , tend ]
On dit alors que t z = Z(t, ξ, u) et Z(TN )-observable au long de la trajectoire (t, ξ 1 (t), u1 (t)).
Supposons pour toute trajectoire (t, ξ(t), u(t)) dans U , il existe toujours un ensemble
ouvert U1 ⊂ U pour que (t, ξ(t), u(t)) sera dans l’ensemble U1 et Z(t, ξ, u) est Z(TN )-
observable dans U1 . Alors, z = Z(t, ξ, u) est dite localement Z(TN )-observable.
La dimension de du vecteur z est noté par nz . La projection linéaire P est définie par :
2.3. Analyse d’observabilité 55
δ1 0 0 ··· 0
z
z1 1
. 0 δ2 0 · · · 0
..
P : .
. → (2.17)
.
· · · · ·
znz z
nz
0 0 0 · · · δnz
dP̄i Z(t,ξ(t),u(t))
(3) dt = 0 for t ∈ [ti,0 , ti,1 [ et (t, ξ(t), u(t)) ∈ U .
Alors le système (2.16), z = Z(t, ξ, u) est Z(TN )- observable dans U par rapport à la
trajectoire de temps hybride TN et ⟨TN ⟩.
Remarque 2.1 :Cette proposition est utilisée pour étudier le convertisseur multicel-
lulaire série.
Ẋ = Aq X + Bq u, q ∈ Q, X ∈ ℜn , u ∈ ℜm
(2.18)
y = Cq X
∂V (.)
(4) V̇ (P̄i Z) = ∂Z |P̄i Z P̄i Ai P̄i Z < 0 avec P̄I Z ̸= 0 ,t ∈ [ti,0 , ti,1 [ et (t, X(t), u(t)) ∈ U .
Preuve D’après la condition (1) en utilisant par exemple un observateur temps fini
basé sur l’algorithme Super Twisting [3] , ils existent ti,c (ti,0 ≤ ti,c ≤ ti,0 + ki (ti,1 − ti,0 ) où
ki ∈ [0, 1[ sera défini plus tard) telle que
ePi est l’erreur d’observation de sous système observable durant l’intervalle de temps Ti ,
de la même façon eP̄i dénote l’erreur d’estimation d sous système non observable du-
rant l’intervalle de temps Ti . Le choix de sous système non observable (i.e. span{P̄i }) un
estimateur en premier sous la forme
˙
P̄i Ẑ = P̄i Ai (P̄i Ẑ + Pi Ẑ(ti,0 )) + P̄i Bi u (2.19)
2.3. Analyse d’observabilité 57
˙
P̄i Ẑ = P̄i Ai (P̄i Ẑ + Pi Z) + P̄i Bi u (2.20)
il est possible d’utiliser (2.20) après ti,c car l’erreur converge en un temps fini, conséquence
Pi Z et parfaitement connue.
A partir des équations (2.19) and (2.20) et les conditions (3) et (4) les variations de V
durant l’intervalle de temps Ii sont :
∆V = V (e(ti,1 )) − V (e(ti,0 ))
∫ ti ,1
∂V (.)
= |e P̄i Ai eP̄i dt
ti,0 ∂e P̄i
Il est toujours possible par intégration continue ∀l ∈]1, +∞] pour trouver ki tel que
et d’après la condition (4) et la linéarite de (5) il existe le même λ > 0 pour tout i tel que
V (eP̄i (ti,0 ))
∆V ≤ − − (eλ(ti,1 −ti,0 ) − 1)V (eP̄i (ti,1 ))
l
Avec V (e(ti,1 )) = V (eP̄i (ti,1 )) et V (eP̄i (ti,1 )) = 0. La condition (2) implique que pour tout
partie des états de systèmes,il existe au moins un intervalle de temps Ii où cette partie de
vecteur d’état est observable, après considération de l’intervalle de temps de t0,0 à tN,1 les
Chapitre 2. Analyse d’observabilité du convertisseur et synthèse d’un
58 observateur hybride
variations de V vérifient
V (e(t0,0 ))
−V (e(t0,0 )) ≤ λV ≤ −
l
En conséquence
1−l
0 ≤ V (e(tN,1 )) ≤ V (tN,1 ) ≤ V (e(t0,0 ))
l
Comme l peut être choisi arbitrairement proche de 1 le système est Z(TN )-observable.
P1
Rank
P2 = nz = 3,
P3
∑p 2
V (X) = i=1 xi (t)
On peut vérifier que cette fonction V (x) vérifie bien la condition 3 de la proposition 2.
2.4. Synthèse d’observateurs 59
∑3
V̇ (P̄i ) = − 12 R 2
k̸=i ( L xk + L1 xk vC ) ≤ 0 ;
Un observateur d’état déterministe a été introduit dans les années soixante par Luen-
berger [ ] pour les systèmes linéaires continus. Kalman [] a également formulé un obser-
vateur en considérant un système linéaire déterministe ou sto- chastique. Dans le cas de
l’observateur de Luenberger ou de Kalman, il suffit de choisir L telle que la matrice (ALC)
soit une matrice de Hurwitz, c’est-à-dire telle que ses valeurs propres soient toutes à par-
ties réelles strictement négatives dans le cas continu ou possèdent un module strictement
inférieur à 1 dans le cas discret.
Dans le cas des observateurs à modes glissants, les dynamiques concernées sont celles
des erreurs d’observation (x̃ = x̂ − x). A partir de leurs valeurs initiales x̃(0), ces erreurs
convergent vers les valeurs d’équilibre en 2 étapes :
Dans une première phase, la trajectoire des erreurs d’observation évolue vers la sur-
face de glissement sur laquelle les erreurs entre la sortie de l’observateur et la sortie du
système réel (les mesures) : (ỹ = ŷ − y), sont nulles. Cette étape, qui généralement est très
dynamique, est appelée mode d’atteinte (ou reaching mode).
Dans la seconde phase, la trajectoire des erreurs d’observation glisse sur la surface de
glissement, définie par (ỹ = 0 , avec des dynamiques imposées de manière à annuler le
reste de l’erreur d’observation. Ce dernier mode est appelé mode de glissement (ou sliding
mode) [FLD06-1].
Pour les systèmes non linéaires de la forme suivante
ẋ(t) = f (x(t), u(t), t)
(2.21)
y = h(x)
x̂(t)
˙ = fˆ(x̂(t), u(t), t) + Λsign(y − ŷ)
(2.22)
ŷ = ĥ(x̂)
2.4. Synthèse d’observateurs 61
c’est une copie du modèle, à laquelle on ajoute un terme correcteur, qui assure la
convergence de x̂ vers x. La surface de glissement dans ce cas est donnée par [FLD06-1] :
s(x) = y − x̂ (2.23)
1, si x > 0
sign(x) = (2.24)
−1, si x < 0
L’étude de stabilité et de convergence pour de tels observateurs, est basée sur l’utili-
sation des fonctions de Lyapunov.
Observateur par modes glissants d’ordre supérieur
Ces observateurs sont basés sur la technique des modes glissants d’ordre supérieur
[FLD06-1] permettant d’éliminer le phénomène de réticence sur les états observés, tout en
gardant les bonnes propriétés de robustesse des observateurs par modes glissants présenté
ci-dessus. Pour des raisons de clarté nous présentons l’observateur d’ordre deux. Ce dernier
est inspiré de l’algorithme du twisting échantillonné pour la commande et est donné par
[FLD06-1], [FLD06-2] :
x̂˙ 1i (t) = x̂2i (t) + χ1i
(2.25)
x̂˙ 2i (t) = fˆi (x1 , x̄2 , τ ) + K2i sign(x̄2 − x̂2 )
avec :
0 pour x̃1i (kδ)x̃1i ((k − 1)δ) ≤ 0 ou
∆1i (kδ)∆1i ((k − 1)δ) ≤ 0
χ1i = (2.26)
x̂˙ 1i (t) = x̂2i (t) + χ1i
x̂˙ 2i (t) = fˆi (x1 , x̄2 , τ ) + K2i sign(x̄2 − x̂2 )
Chapitre 2. Analyse d’observabilité du convertisseur et synthèse d’un
62 observateur hybride
Où : ∆1i (kδ) = x̃1i (kδ) − x̃1i ((k − 1)δ) et δ est la période d’échantillonnage des mesures.
x̃1i = x1i − x̂1i représente l’erreur d’observation.
Nous utilisons ici l’algorithme proposé par Levant [FLD06-2] pour générer des modes
glissants d’ordre quelconque. Dans notre cas, l’ordre de l’observateur est pris égal à 2
[FLD06-2] :
x̂˙ 1i (t) = x̂2i (t) + χ1i
(2.27)
x̂˙ 2i (t) = fˆi (x1 , x̄2 , τ ) + K2i sign(x̄2 − x̂2 )
˙
∑
x̂1i (t) = x̂2i (t) + z1i
O( ) (2.29)
x̂˙ 2i (t) = fˆi (x1 , x̄2 ) + zi1
x̂1i et x̂2i sont respectivement l’estimation de x1i et x2i . z1i et z2i sont calculés par
l’algorithme de super − twisting comme suit [Levant] :
2.4. Synthèse d’observateurs 63
1
z1i (t) = −αi | x̂1i − x1i | 2 sign(x̂1i − x1i )
(2.30)
z2i (t) = −βsign(x̂1i − x1i )
Dans cette section un nouveau type d’observateur a été présenté, cette observateur est
caractérisé par son modèle hybride. Étant donné que le système étudié est Hybride, on a
pensé à synthétiser un observateur qui se reconfigure en fonction des états des interrupteurs
du convertisseur. La première partie de l’observateur est simplement un observateur à
base d’un algorithme super − twisting, son erreur d’observation est la différence entre
le courant ij et son estimation îj . Le système change de configuration en fonction des
états des interrupteurs de commutation, c’est pour cette propriété que nous avons pensé
à intégrer une deuxième partie. Cette deuxième partie de l’observateur est un estimateur
des variable à observer. Connaissant la dynamique des variables non observables pendant
un intervalle de temps leurs estimations par le modèle du système est une solution. Pour
une convergence rapide du l’estimateur la condition d’initialiser ses variables à celles de
l’observateur à chaque fois que la variable passe d’un mode observable à un mode non
observable.
Observateur 1 :
Cet observateur est synthétisé en admettant que le courant d’entrée ie et la tension de
sortievC sont mesurables. L’observateur est représenté dans le système suivant :
x̂˙ i = si −R −R
L x̃ + (1 − si ) L x̂i −
1
L vC
1
+si E L λ|ei | sign(ei )
2
(2.31)
x̃˙ = si ( −R −1
L x̂ − L vC +
E
+ αsign(ei ))
L
x̃(t+ ) = x̂i (t+ ),
i i
Avec t+
i est l’instant de transition passant du mode observateur au mode estimateur.
suit :
ei = xi − x̂i
(2.32)
∑
ẽi = p sk xk − x̃
k=1
Remarque 2.2 :
Il existe des trajectoire hybride de temps tel que les courants de branches sont obser-
vables . En dehors de ces trajectoire les variables sont estimées en connaissant le modèle du
système. Le passage d’une configuration à une autre est fonction des états des interrupteurs
de commutation.
λ −1
ëi = ϕ(ei ) − |ei | 2 sign(ėi ) (2.34)
2
La fonction ϕ(ei ) converge vers zéro si l’erreur est convergente [KBX10].A partir de
l’équation (2.37) on peut vérifier la convergence de la dérivé de l’erreur d’observation. ėi
Observateur cas 2 :
Dans cette section un observateur des courants et de la tension de sortie est réalisé
utilisant seulement le courant d’entrée ie . L’observateur est représenté dans le système
suivant :
2.5. Résultats de simulations 65
x̂˙ i = si −R −R
L ie + (1 − si ) L x̂i −
1
L x̃
1
+si E + si λ|ei | 2 sign(ei )
L
(2.35)
∑p
x̃˙ = k=1 x̂k − x̃
+ αsign(ẽ) i = 1, ..., p
L RC
ei = xi − x̂i
(2.36)
∑p
ẽ =
i=1 si xi − x̃
1
C
ėi = si λ|ei |sign(ei ) − (1 − si ) R
L ei −
1
L ẽi
(2.37)
∑p
ẽ˙ = − R ei − αsign(ei ) − 1
− 1
L C i=1 ei RC ẽ
On remarque bien que la convergence des erreurs d’observation est assurée en vérifiant
la condition ei ėi ≤ 0.
Les résultats des simulations sont obtenus en utilisant les paramètres de convertisseur
suivants [L02] :
La fréquence de découpage Fdec = 100KHz (pour la commande MLI), L = 100µH ,
C = 100µF , RL = 1mΩ, Ve = 12V et Rs = 0.06Ω
Chapitre 2. Analyse d’observabilité du convertisseur et synthèse d’un
66 observateur hybride
Figure 2.4 – Courants de branches (i1 , i2 , i3 ) et leurs estimations (î1 , î2 , î3 )
Les figures figure.2.3 et figure.2.4 représentent les courants ij et leurs estimations îj
. On remarque bien que les variables observées convergent vers les valeurs réelles des
courants en un temps fini.
Dans cette partie de simulations un observateur hybride est réalisé dans le but d’ob-
server les courants de branches et la tension de sortie, la variable mesurée est seulement
le courant d’entrée ie . Les figures figure.2.6, figure2.7 représentent les performances de
l’algorithme d’observation des courants de ij , on remarque bien que cet algorithme est
robuste vis à vis des variations de la charge.
Figure 2.7 – Les courants de branches et leurs estimations dans le cas d’une charge
variable.
Chapitre 2. Analyse d’observabilité du convertisseur et synthèse d’un
68 observateur hybride
Figure 2.8 – Erreur d’observation des courants de branches avec variation de la charge à
t = 0.013s
2.6 Conclusion
Nous avons présenté, dans ce chapitre, des méthodes d’estimation des états dynamiques
d’un convertisseur de puissance. La première partie est consacrée à l’analyse de l’observa-
bilité du convertisseur en utilisant une nouvelle approche appelée Z(TN )-observabilité. Le
modèle de ces convertisseurs appartient à une classe particulière des systèmes hybrides. En
tenant compte de cette particularité, nous avons proposé une nouvelle analyse d’observabi-
lité hybride du convertisseur dans le but de réduire le nombre de capteurs. Pour valider les
résultats théorique nous avons synthétisé un observateur spécifique à ce système prenant
en compte l’analyse de l’observabilité. Nous avons appliqué, dans un premier temps, la
technique de l’observateur à mode de glissement d’ordre 2 super − twisting pour estimer
l’état global des courants de branche avec un accès aux mesures du courant d’entrée ie
et de la tension de sortie VC . Les résultats de simulations ont montré des performances
de l’observateur hybride et la convergence en un temps fini vers les variables réelles du
système.
Dans un deuxième temps, nous avons appliqué l’observateur pour estimer l’état dyna-
mique des courants de branches ij et la tension de sortie VC avec seulement une mesure
du courant d’entrée ie . A cet effet, nous avons exploité le modèle et l’analyse hybride du
système. Les simulations avec les variations de la charge nous ont permis de vérifier la
robustesse de l’approche développée.
Chapitre 3
Modélisation et commande
hybride au moyen des réseaux de
Petri
3.1 Introduction :
La plupart des procédés industriels réels évoluent selon des sous processus continus
qui sont démarrés, arrêtés par des commandes à états discrets (dont les entrées dépendent
des sous processus continus). Par conséquent, les procédés ont rarement un comportement
purement discret ou purement continus mais plutôt un mixte des deux. Ces systèmes dy-
namiques à double composante comportementale (dynamique continue et événementielle)
sont nommés : systèmes dynamiques hybrides (SDH)[FAF98]. Comme le précise Zaytoon
(2001), la représentation continue ou discrète des modèles est directement liée à la nature
des variables d’état et temporelle, qui peuvent être : soit continues, soit discrètes, soit
symboliques. C’est à partir de cette classification sur les variables d’état que découlent les
modèles des systèmes à dynamique continue ou à événements discrets. Pour les premiers,
les variables d’état sont continues et la variable temporelle est soit continue (systèmes
constitués d’équations différentielles et algébriques), soit discrète (systèmes échantillon-
nés). Quant aux modèles des systèmes à événements discrets, les variables d’état sont
symboliques (voire discrètes) et la variable temporelle est soit symbolique (événements
discrets non temporisés, seulement occurrence d’événements) soit continue ou discrète
(événements discrets temporisés, prise en compte d’information temporelle). Une modé-
Chapitre 3. Modélisation et commande hybride au moyen des réseaux de
72 Petri
lisation rigoureuse pour les SDH nécessite la prise en compte des interactions entre les
aspects continus ( Inductance et circuit de la charge pour le cas d’un convertisseur de
puissance) d’une part et les aspects séquentiels d’autre part (configurations des interrup-
teurs de commutations)[FAF98]. Or , certaines communautés scientifiques se sont focalisées
sur les problèmes à dynamique continue puis ont essayé de prendre en compte les aspects
discrets (Barbot, Djemai). A contrario, d’autres communautés sont parties des aspects
événementiels pour y inclure les éléments continus. Ces façons d’aborder la modélisation
des SDH ont conduit à de nombreux formalismes. Le comportement à dynamique continue
est régulièrement représenté par un système d’équations différentielles et algébriques tan-
dis que le comportement à dynamique discrète est plutôt traduit par un ensemble d’états
et de transitions[PB01].
Les inductances de liaison sont identiques sur chaque cellule et ont pour rôle d’absorber
toute différence de tension instantanée entre les cellules. Le courant de sortie du conver-
tisseur est égal à n fois le courant d’entrée où n est le nombre de cellules de commutation.
Un des problèmes dans la mise en parallèle d’un grand nombre de cellules est le ré-
équilibrage des courants dans chaque cellule. La moindre imperfection du convertisseur
peut conduire à un déséquilibre des courants. Ces imperfections peuvent être dues aux
composants actifs (résistances en conduction différentes, seuils de conduction différents),
aux composants passifs (différences entre les inductances de liaison) ou aux circuits de
commande (les signaux n’ont pas le même rapport cyclique).
référence pour la deuxième partie du régulateur hybride. Cette dernière est synthétisée à
base d’un RdP qui a comme entrées les états des courants de branches et comme sortie
les commandes des interrupteurs de commutation[RA97].
Une reconfiguration de la commande des interrupteurs est proposée pour réagir à une
variation entre les courants de branches. En fin des résultats de simulations sont réalisé
pour valider les résultats thèoriques et prouver les performences de l’algorithme proposé.
tions, mais l’atteinte d’une valeur seuil sur une variable continue peut aussi entraîner un
changement d’état discret. La figure.3.1 représente une classe d’automates hybrides li-
néaires à entrées/sorties [LJSZS03].
Le terme « réseaux de Petri » désigne une famille de graphes orientés, munis d’un
formalisme mathématique qui fait intervenir la manipulation des nombres entiers ou réels
positifs ainsi que l’algèbre linéaire. Plusieurs classes de réseaux de Petri ont été développées
et étudiées. Parmi celles ci on distinguera les réseaux de Petri autonomes dépourvus
d’horloge interne et les réseaux de Petri dépendant du temps qui en sont pourvus. Pour
les premiers, seul l’ordre d’apparition des événements est pris en compte alors que pour les
seconds les instants d’occurrence des événements interviennent également. On retiendra
également les réseaux de Petri continus utilisés pour représenter les systèmes continus et
les réseaux de Petri hybrides utilisés pour représenter les systèmes hybrides. A ces réseaux,
il faut ajouter les réseaux de Petri commandés pour lesquels l’évolution est dictée par des
événements extérieurs. Ces derniers seront abordés dans ce document.
Un réseau de Petri autonome est un graphe orienté qui comporte deux types de noeuds :
les places représentées par des cercles et les transitions représentées par des traits ( fi-
gure.3.2 ). A chaque place est associé un marquage qui est un nombre entier correspondant
au nombre de jetons dans la place. Un jeton est un petit disque noir qui représente généra-
lement une ressource disponible dans la place où il se trouve. Le marquage initial indiqué
3.3. Modèles hybrides : 75
sur la figure.3.2 est (2, 1, 0, 0). Le marquage correspond à l’ordre croissant des indices,
c’est à dire à (m1 , m2 , m3 , m4 ). Les transitions T1 et T3 sont sensibilisées parce qu’il y a au
moins un jeton dans chaque place d’entrée de ces transitions. Le franchissement consiste
à retirer un jeton de chacune des places d’entrée et à rajouter un jeton à chaque place de
sortie de la transition franchie. Le franchissement de T1 conduirait au marquage (1, 1, 1, 0)
et le franchissement de T3 conduirait à (2, 0, 0, 1). Tous les franchissements possibles ap-
paraissent sur le graphe des marquages. Notons que, pour l’exemple de la figure.3.2, il y
a deux invariants de marquage m1 + m3 = 2 et m2 + m4 = 1. L’état du RdP peut donc
être représenté par (m1 , m2 ) au lieu de (m1 , m2 , m3 , m4 ) qui est redondant. Le graphe des
marquages peut être représenté dans le plan (m1 , m2 ) ( figure.3.2 ) et on peut constater
qu’il y a 6 états possibles [RA97].
Un réseau de Petri continu autonome RdPC est défini comme un cas limite de réseau
de Petri discret : chaque jeton est découpé en k jetons plus petits et k tend vers l’infini. La
figure.3.3 montre un RdPC : les places et transitions sont représentées à l’aide de doubles
traits. Le marquage initial indiqué est aussi (2, 1, 0, 0) mais dans ce cas le marquage est
représenté par un vecteur de nombres réels et non plus entiers. Dans l’état initial, les
transitions T1 et T3 sont sensibilisées, puisque les marquages de leur place d’entrée ne
sont pas nuls. Ces deux transitions peuvent être franchies. On définit maintenant une
quantité de franchissement qui est un nombre réel compris entre 0 et 1. Par exemple
pour une quantité de franchissement de 0.2 de la transition T1 , on atteint le marquage
(1.8, 1, 0.2, 0). On peut observer qu’il y a un nombre infini de marquages accessibles qui
correspondent à la partie grisée du plan ( figure.3.3 ) [RA97].
Chapitre 3. Modélisation et commande hybride au moyen des réseaux de
76 Petri
Définis au début des années 1960, les réseaux de Petri (RdP) ont été largement utilisés
pour représenter des systèmes à événements discrets (SED). Une des difficultés que soulève
l’exploitation des réseaux de Petri est l’augmentation rapide de la complexité du modèle,
induite par la possibilité d’avoir un nombre quelconque de jetons dans les places. Cela
a conduit à introduire des réseaux de Petri continus (RdPC) où le marquage devient un
nombre réel positif. Des RdPC, on est passé aux réseaux de Petri continus temporisés, puis
aux réseaux de Petri hybrides (RdPH), aux réseaux de Petri lots et à d’autres extensions.
Un réseau de Petri hybride RdPH comporte des places continues et discrètes ainsi que
des transitions continues et discrètes ( figure.3.4 ) Sur cet exemple, les places continues
sont P1 et P3 et les transitions continues correspondent à T1 et T2 . D’autre part, les places
discrètes sont P2 et P4 et les transitions discrètes correspondent à T3 et T4 . Considérons
le franchissement de la transition continue T1 .
Pour une quantité de franchissement de 0.1 on obtient le marquage (1.9, 1, 0.1, 0). On
a retiré 0.1 à P1 et P2 qui sont les places d’entrée de la transition et on a ajouté la même
3.3. Modèles hybrides : 77
quantité à P2 et à P3 qui sont les places de sortie. On peut constater que le marquage de
la place P2 reste un nombre entier car on a retiré et ajouté la même quantité.
Le marquage accessible correspond aux deux segments grisés ( figure.3.4 ) On se déplace
de façon continue le long d’un segment par franchissement continu de T1 ou T2 et on
commute d’un segment à l’autre par le franchissement discret de T3 ou T4 .
Pour la construction d’un BG on peut suivre une procédure propre au domaine concerné,
une comparaison graphique du schéma et du BG est montrée figure.3.6.
Les modèles vus précédemment sont tous des modèles état-transition, accompagnés
d’équations algébro-différentielles. Ils diffèrent par le traitement des transitions, l’utilisa-
tion des événements, la possibilité (ou non) du parallélisme, la structuration hiérarchique,
la représentation graphique de systèmes différentiels (cas des RdPH), et bien sûr le gra-
phisme, celui-ci restant toujours un support visuel très sobre. Ces modèles sont d’une
grande généralité et nécessitent l’utilisation de méthodes garantissant leur élaboration et
leur validation.
Nous pouvons mentionné la logique floue, considérée dès l’origine des études sur les
SDH comme un outil possible mais qui, dans la modélisation hybride, n’a guère été utilisée
jusqu’ici que pour représenter l’incertitude entourant un comportement de type continu.
Des représentations telles que MSMC (modélisation simulation de machines cybernétiques)
visent à définir sous une forme totalement graphique des systèmes industriels comportant
des parties continues et discrètes, sans que leur structuration fasse apparaître ce caractère
hybride.
3.4. Commande hybride au moyen des réseaux de Petri : 79
Par définition un interrupteur est un dipôle permettant d’établir une connexion binaire
(ouvert-fermé) dans le circuit électrique où il est inséré. La tension à ses bornes à l’état
ouvert, le courant qui le traverse à l’état fermé caractérisent son fonctionnement statique
et ses directionnalités.
Les conditions de ses changements d’état caractérisent son fonctionnement dynamique
et sa commandabilité.
La figure.3.7 montre les représentations statiques et dynamiques de l’interrupteur idéa-
lisé qui sont respectivement le référentiel d’axes u, i non borné et un réseau de Petri d’état
à deux places. L’interrupteur idéalisé apparait donc comme un élément énergiquement
neutre puisqu’il n’est le siège d’aucune perte d’énergie ; pratiquement, on admet ainsi la
chute de tension nulle (courant nul) à l’état passant(ouvert) quel que soit le signe du
courant ( de la tension) et les commutations (changement d’état) sont supposées instan-
tanées(durées nulles).
Il est qualifié d’hybride puisque formé d’une partie continue (la source E de tension
continue et les éléments passifs de modélisation L, RL de la bobine et R, C de la charge
) et la partie discontinue ( les circuits de commutation fonctionnant en tout-ou-rien :
interrupteur ouvert ou fermé) [BCSM08].
Les systèmes dynamiques sont généralement continus ou discrets ou les deux à la fois.
Ils sont souvent modélisées par des équations différentielles ou équations d’états ou fonc-
tions de transferts. Pour les Systèmes Dynamique Discrets (SDD), l’espace des variables
des sorties est un ensemble discret de valeur booléenne (états ouverture / fermeture d’un
interrupteur, nombre d’interrupteurs ouverts/fermés simultanés dans un convertisseur sta-
tique, nombre d’impulsions pour la commande des interrupteurs). Les systèmes incluant
les deux caractéristiques continues et discrètes sont appelés les Systèmes Dynamiques Hy-
brides. Sous une forme très simplifiée, un SDH comporte deux sous ensembles, un bloc
continu, un bloc discret [RA97] :
- le bloc continu symbolise l’évolution dynamique de l’état continue dans notre cas les
inductances de liaison, la capacité de la sortie et la charge (µ P rocesseur).
- le bloc discret présente le système à événement discret il reçoit des événements internes,
externes et conditions, pour le convertisseur c’est l’état des interrupteurs des cellules de
commutation.
La commande est constituée de deux parties, une partie continue et une partie discrète
. La première est basée sur une boucle de régulation PI assurant la régulation de la tension
de sortie. Cette boucle a comme entrée l’erreur e1 = Vref − VC et comme sortie le courant
Isref . La deuxième boucle de régulation est modélisée par un RdP qui a comme mission la
régulation de courant Is à la valeur Isref calculé par le PI. Cette régulation de courant est
suivie d’un équilibrage des courants de branches pour assurer une meilleure répartition de
ces derniers dans chaque branche . La figure.3.12 représente le RdP de la commande des
interrupteurs, les places P1, P2 et P3 modélisent respectivement l’état des interrupteurs
des cellules de commutation Cell1, Cell2 et Cell3. Cet algorithme de calcul de la commande
est développé afin d’agir sur le système, dans le cas ou il présente un déséquilibrage au
niveau des courants circulant dans les inductances de liaison. La transition d’une place à
une autre est conditionnée par l’état des courants de chaque branche (T able3.1) , le courant
Isref et les configurations autorisées au convertisseur. La fermeture de l’interrupteur de
la cellule (Celli ) est conditionnée par la validation de la transition Ti0 et l’écoulement de
temps de séjour di (d1 de P4 pour la cellule de commutation Cell1 ). Ce temps de séjour
modélise le temps autorisé entre deux commutations successives, il est en fonction de la
technologie utilisée pour la réalisation de l’interrupteur de commutation. Pour notre travail
on a pris le même temps de séjour des places P4, P5 et P6 c-à-d d1 = d2 = d3 . Le RdP
est constitué de 3 arcs inhibiteurs, leur rôle est d’empêcher la présence de plus d’un seul
jeton dans les places P1, P2, et P3.
L’évolution du RdP est conditionné par les configurations autorisées sur les interrup-
teurs de commutation, la figure.3.13 représente un réseau de Petri auxiliaire modélisant
ces configurations autorisées. les places P7, P8 et P9 désignent respectivement la configu-
ration 1 , la configuration 2 et la configuration 3. Une variable α prend trois valeurs 1, 2
et 3, ces valeurs désignent respectivement les configurations autorisées Conf ig1, Conf ig2
et Conf ig3. La figure.3.14 détaille l’évolution du RdP auxiliaire en fonction de l’état des
courants I1 , I2 et I3 .
on a trois interrupteurs autorisés à être passants. La figure.3.14 illustre les 3 cas possibles
des configurations du convertisseur [LC98].
La signification de toutes places et transition est montrée dans les tables 3.1 et 3.2.
Isref
Avec : min1 = min(I1 , I2, I3), min2 = min((I1 + I2 ), (I1 + I3 ), (I2 + I3 )) et Iref = 3
Le déséquilibrage des courants de phases est l’un des problèmes majeur de ce type de
convertisseur, ce dés-équilibrage provoque une défaillance sur la source de tension si un des
courant de branche dépassera le courant autorisé en entrée. La pollution du réseau élec-
trique par des harmoniques indésirables est l’une des autres conséquences de ce problème,
3.5. commande hybride du convertisseur multicellulaire parallèle à base
des réseaux de Petri 85
Places Pi Désignations
P0 État initial
P1 Etat de l’interrupteur de la 1ere cellule
P2 Etat de l’interrupteur de la 2eme cellule
P3 Etat de l’interrupteur de la 3eme cellule
P4 , P5 , P6 Places temporisées désignant le temps autorisé
entre deux commutation d’un interrupteur
P7 Config 1 un seul interrupteur est autorisé
à être fermé
P8 Config 2 , deux interrupteurs sont autorisés
à être fermés
P9 Config 3, trois interrupteurs sont autorisés
à être fermés
on montrera dans les résultats de simulation l’apport de notre approche sur le courant
d’entrée et la dépollution du réseau électrique.
Transitions Désignations
T01 I1 < Iref et[α = 3 ou{(α = 2) et [(I1 + I2 ) = min2
et δ ̸= 3 ou (I1 + I3 ) = min2 et δ ̸= 2} ou
{α = 1 et I1 = min1 et δ ̸= 2 et δ ̸= 3}]
T02 I2 < Iref et[α = 3 ou{(α = 2) et [(I1 + I2 ) = min2
et δ ̸= 3 ou (I2 + I3 ) = min2 et δ ̸= 1} ou
{α = 1 et I2 = min1 et δ ̸= 1 et δ ̸= 3}]
T03 I3 < Iref et[α = 3 ou{(α = 2) et [(I1 + I3 ) = min2
et δ ̸= 2 ou (I2 + I3 ) = min2 et δ ̸= 1} ou
{α = 1 et I3 = min1 et δ ̸= 2 et δ ̸= 1}]
T10 I1 ≥ Ie ou [(I1 + I2 + I3 ) ≥ Ie ] ou
[(I1 + Ik ) = min2 +∆2 ] ou [I1 ≥ min1 + ∆1 ]
T20 I2 ≥ Ie ou [(I1 + I2 + I3 ) ≥ Ie ] ou
[(I2 + Ik ) = min2 +∆2 ] ou [I2 ≥ min1 + ∆1 ]
T30 I3 ≥ Ie ou [(I1 + I2 + I3 ) ≥ Ie ] ou
[(I3 + Ik ) = min2 +∆2 ] ou [I3 ≥ min1 + ∆1 ]
T87 ,T97 [(Ii + Ij ) > Ie i ̸= j]
T78 ,T98 [(I1 + I2 + I3 ) > Ie ] et [(Ii + Ij ) < Ie i ̸= j]
T89 ,T79 [(I1 + I2 + I3 ) ≤ Ie ]
Figure 3.15 – Commande MLI classique sans déséquilibrage des courants de branches .
Figure 3.16 – Commande MLI classique en présence d’un déséqulibrage des courants de
branches.
Pour comparer les performances des deux lois de commande, nous les avons appliquées
successivement. La figure.3.18 représente des résultats obtenus en utilisant successivement
les deux lois de commande sur le convertisseur. Les résultats montrent que la commande
hybride a réussi à équilibrer les trois courants de branches là où la commande MLI a
manqué de performances. Cette même figure confirme la robustesse de la commande hy-
bride, puisque les trois courants restent équilibrés malgré la brusque variation de charge
appliqué par nous soi à peine 1ms après le premier équilibrage. Elle montre également
la dynamique de la commande hybride et la stratégie d’équilibrage des courants (action
Chapitre 3. Modélisation et commande hybride au moyen des réseaux de
88 Petri
Figure 3.17 – Commande hybride basée sur le RdP en présence d’un déséqulibrage des
courants de branches.
La figure.3.19 représente l’évolution la forme d’onde du courant d’entrée pour les deux
commandes. Nous remarquons que la commande MLI présente un inconvénient majeur
en se qui concerne la qualité du signal ( forte contenu harmonique ) donc problème de
pollution électromagnétique. En revanche la commande hybride présente un bien meilleur
indice de qualité CEM. Ce point fera l’objet d’une étude spécifique ultérieurement.
La tension de sortie du convertisseur subit une variation au moment de la variation de
la charge, puisque la charge est un filtre passe bas. Ainsi la dynamique de la tension de
3.6. Résultats de simulation 89
Figure 3.19 – Évolution du courant d’entrée dans les deux cas de commandes .
sortie est l’image de la somme des courants de branche. Le temps de réponse du système
est de l’ordre de 2.10−3 s. Ce dernier est amélioré quand la tension de sortie fait partie de
la boucle de régulation voir figure.3.20 .
Chapitre 3. Modélisation et commande hybride au moyen des réseaux de
90 Petri
3.7 Conclusion
4.1 Introduction
Capacité de sortie est l’un des facteurs importants dans la réalisation d’un convertisseur
de puissance. Si la capacité de sortie n’est pas bien dimensionnée, la tension de sortie sera
perturbée pendant le fonctionnement en régime transitoire.
Pour calculer la valeur du condensateur de sortie, on a besoin de connaitre les ondu-
lations du courant dans chaque branche qui présente des formes triangulaires exprimées
par :
E · (1 − D) · D
∆Ip = (4.2)
L · fdec
(k−1)
fonction du rapport cyclique D1 < 1
p : D = D1 + p avec k ∈ {1, 2, ..., p}.
Les p branches des convertisseurs parallèles peuvent être ramenées à un seul conver-
tisseur équivalent avec :
E · D1 · (1 − p · D1 )
∆Is = (4.3)
L · fdec
1 1 1 1 1 1 E · D1 · (1 − p · D1 )
∆VC = · · · ∆Is = · · · (4.4)
Cs 8 pfdec Cs 8 pfdec L · fdec
94 Chapitre 4. Expérimentation et validation des résultats théoriques
1 1 1 E · D1 · (1 − p · D1 )
Cs (min) = · · · (4.5)
∆VC 8 p L · fdec
2
Lp = L (4.6)
2Esin(πjD)
Vj = (4.8)
πj
Pour j = p
2Esin(πpD)
Vp = (4.9)
pπ
Vp 2Esin(πpD)
Ip = = (4.10)
Xp pπL · (pω)
2Esin(πpD) 2Esin(πpD)
L= = (4.11)
pπ( 2p ) · (pω)
∆Is
2 ) · (2πfdec )
pπ( ∆Is
pendant, plus la puissance nominale Pn d’un convertisseur est élevée, plus cette fréquence
est faible. On cherche donc à établir « un facteur de mérite » η pour chaque composant.
Celui-ci i est le produit : η = Pn · fe
La figure.4.3 présente un diagramme à échelle logarithmique des domaines d’utilisation de
chaque composant.
200 V.
A l’instar du transistor bipolaire, le transistor MOS possède également un mode de
fonctionnement linéaire. Ce dernier n’est pas utilisé en électronique de puissance. Il se
comporte alors comme une résistance (RDS ) commandée en tension (VGS ).
Les MOS les plus courants supportent des tensions allant jusqu’à 500 V. On trouve des
MOS pouvant supporter jusqu’à 1400V . Le MOS n’est intéressant pour les tensions élevées
que dans le cas des convertisseurs de faible puissance (< 2kW ) ou lorsque la rapidité est
indispensable. Les interfaces sont beaucoup plus simples que pour les transistors bipolaires,
car les transistors MOS sont commandés en tension (le courant de grille très faible est sans
influence). Ils peuvent donc être directement commandés par un simple circuit numérique
en logique TTL ou CMOS. Les seuls problèmes qui apparaissent sont liés aux potentiels de
source élevés ou flottants. Les solutions adoptées sont les mêmes que pour les transistors
bipolaires (opto-coupleurs).
D’après les études théoriques et le cahier des charges, chaque cellule de commutation
doit passer un courant moyen de 20A. Afin d’augmenter la densité de puissance, nous avons
choisi 3 modules intelligents (les semiconducteurs, le driver et les protections sont dans
le même boîtier) de puissance "IP2002" fabriqués par l’entreprise International Rectifier.
Chaque module est capable de passer un courant moyen de 30A et fonctionner à une
fréquence de découpage allant jusqu’à 1MHz avec une température de boîtier et de PCB
ne dépassant pas 90˚C. Le IP2002 présente une solution très compact puisque dans le
même boîtier on intègre le circuit driver, la cellule de commutation et même une capacité
céramique de découplage au niveau du bus d’entrée ( figure.4.6). Cette solution intégrée
permet de réduire à la fois les inductances parasites, le temps de conception et le coût.
98 Chapitre 4. Expérimentation et validation des résultats théoriques
Le support matériel utilisé pour l’implantation des algorithmes de commande est une
solution matérielle basée sur la carte FPGA Spartan 3E XCS400-PQ208 de la firme Xi-
linx. Cette carte FPGA contient 400.000 portes logiques et inclut un oscillateur interne
qui délivre une horloge de fréquence 50 MHz. L’architecture générique du FPGA de cette
carte est composée d’une matrice de 5376 slices liées entre elles par des connexions pro-
grammables. Il est à noter qu’une slice est un bloc logique configurable qui contient deux
cellules logiques du type de celle présentée par la figure.4.8. Le FPGA de la carte Spartan
3E inclut aussi 16 multiplieurs [18 18], des blocs de mémoires RAM internes de taille 18Kb
et 141 entrées/sorties. Cette carte permet aussi une communication avec des dispositifs
externes via une liaison série RS232 ou par port USB. Les entrées/sorties de cette carte
possèdent un niveau logique 0-3.3V. La figure.4.9 présente les différentes parties de la carte
100 Chapitre 4. Expérimentation et validation des résultats théoriques
Spartan 3E.
Le schéma du montage expérimental utilisé pour vérifier les formes d’ondes et vali-
der les résultats théoriques est montré dans la ( figure.4.10). Ce schéma de principe est
identique avec le schéma électrique employé dans les simulations du chapitre précédent.
L’alimentation est composée d’une source de tension continue et d’un condensateur de
filtrage intégré afin de limiter les ondulations de tension. Le convertisseur se compose de
3 cellules de commutation en parallèles. Un découplage capacitif a été réalisé sur toutes
les sorties des cellules de commutation afin d’éliminer toute composante continue des cou-
rants de phase. Pour être en accord avec les objectifs de ce chapitre et pouvoir comparer
les résultats expérimentaux avec les simulations, l’architecture interne du convertisseur
est identique au précédentes études et les conditions de mesures sont les mêmes que celles
définies au chapitre précédent.
le montage expérimental du VRM que nous avons réalisé est un convertisseur DC-DC
multicellulaire parallèle composé de trois modules identiques. Chaque module comporte
des capacités de filtrage d’entrée, une cellule de commutation et un filtre de sortie com-
posé des condensateurs. Les trois tensions à la sortie des cellules de commutation sont
déphasées régulièrement. Les spécifications du prototype réalisé sont les suivantes :
-> Tension d’entrée, E = 12V
-> Tension de sortie, VC = 1.2V − 4V
-> Rapport cyclique, DV ariable
->Courant de sortie, Is = 100A
-> Nombre de branches, p = 3
-> Fréquence de découpage, fdec = 100kHz
-> Ondulation crête à crête du courant de sortie, ∆Is = 10%Is
-> Ondulation de la tension de sortie, ∆VC = 5%VC
Dans cette partie on a appliqué une commande MLI aux trois cellules de commutation.
Les signaux de commande ont le même rapport cyclique D et sont déphasés de 2π/3. Les
tensions délivrées par les trois cellules de commutation sont des tensions carrées de niveaux
0 et E et déphasées de 2π/3.
Les résultats expérimentaux présentés dans cette partie sont obtenu avec l’implémen-
tation de l’algorithme de commande proposé dans le but de réguler la tension de sortie et
rééquilibrer les courants de branches. Cet algorithme est implémenté sur une carte à base
des FPGA.
La figure.4.13 représente l’évolution du courant de sorte Is et la tension de sortie VC dans
le cas de la commande développée.
Une variation de charge a été appliquée au convertisseur passant d’une valeur supé-
rieure à une valeur inférieure, les résultats nous permettent de vérifier que la tension de
sortie n’a pas subi de variations. La robustesse du contrôleur est vérifiée même dans le cas
du passage d’une valeur minimale de la charge à une valeur maximale.
L’approche proposée nous a aussi permis de vérifier la convergence et la réaction rapide
de la boucle de régulation de tension et du courant. En comparant les résultats obtenus
en simulation et pratique, On peut dire que les deux types de résultats ne présentent pas
104 Chapitre 4. Expérimentation et validation des résultats théoriques
Figure 4.13 – Commande proposée avec diminution du courant absorbé par la charge
passant de Is = 35A vers Is = 10A
de différences.
En effet, nous avons effectué plusieurs tests en simulation et en temps réel concernant
107
4.6. Résultats expérimentaux pour l’observation des courants de branches
4.7 Conclusion :
Dans ce chapitre, une validation expérimentale des résultats théoriques est vérifiée.
En premier lieu une maquette a été réalisée en prenant en compte les contraintes pra-
tiques et théoriques vues au chapitre précédent. Les résultats ont montré de très bonnes
performances des approches développées sur la régulation et l’observation des grandeurs
physiques du convertisseur. Les variations de la charges nous ont permis de vérifier la
robustesse des algorithmes proposés par rapport à la commande classique. Quelques amé-
liorations pourraient être apportées à cette étude. En particulier, nous pourrions envisager
une variante de l’algorithme d’équilibrage des courants de branches permettant le fonction-
nement en mode variables et dégradé . D’autre part, il serait intéressant de tester la version
améliorée de la commande, en y incluant les mode dégradés avec une reconfiguration de
la commande pour maintenir un fonctionnement minimal.
Conclusion Générale
Dans le premier chapitre, l’intérêt s’est porté sur la modélisation des convertisseurs
multicellulaires parallèles et leurs domaines d’application, notamment celles liées aux VRM
(Voltage Regulator Module). Nous avons également mis en exergue l’intérêt des convertis-
seurs multicellulaires parallèles, notamment en matière d’intégration hybride de puissance.
En effet, ces convertisseurs permettent, en jouant sur la modularité, de s’adapter aisément
à un cahier des charges donné, d’améliorer la qualité de l’énergie fournie (faible distorsion
harmonique), de limiter le sur-échauffement des cellules et donc de réduire les pertes.
Le troisième chapitre est consacré à la synthèse d’une loi de commande dans le but
d’une meilleure répartition des courants de branches. En effet, l’algorithme de contrôle
est synthétisé à base d’un régulateur hybride. Ce dernier est composé de deux parties,
la première est un régulateur PI qui assure la régulation de la tension de sortie et la
deuxième est synthétisée à l’aide d’une modélisation par des réseaux de Pétri, elle veille à
la régulation des courants de branches autour des points de fonctionnement équilibrés. Les
110 Conclusion Générale
2. Générateurs à résonance.
Conclusion Générale 111
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