LEURIDAN Marie
Commentaire composé
Les Fleurs du Mal est un recueil de poésie de Charles Baudelaire écrit au cours du 18 ème siècle.
Baudelaire est un poète à la recherche de l’idéal mais sans cesse rattrapé par le spleen. Il évoque
ainsi ce voyage dans Les Fleurs du Mal tout en donnant et en extrayant la beauté du mal. Nous allons
nous pencher sur le poème Le gout du néant présent dans la section Spleen et idéal des Fleurs du
Mal de l’édition de 1861. Ce poème est construit avec trois quatrains chacun séparé par un vers isolé,
les vers sont des alexandrins et forment des rimes embrassées. Le gout du néant évoque le spleen
que ressent Baudelaire, montrant de nouveau le paradoxe de ce poète dans la société du 19 ème siècle.
Nous allons nous demander comment dans le poème Le gout du néant, Baudelaire est envahi par le
spleen. Nous allons voir que Baudelaire se remémore le passé laissant ainsi son esprit en proie au
spleen et finissant par se résoudre à la mort.
Tout d’abord certains termes utilisés renvoies au passé.
Baudelaire nous transporte dans le passé pour se souvenir grâce à l’utilisation de temps du
passé comme l’imparfait avec « attisait »(v.2) ou le passé composé avec « a perdu » (v.10). Mais aussi
grâce l’utilisation d’adverbes comme « autrefois » (v.1), signifiant dans un temps passé, ou encore
comme l’expression de la négation « ne plus » répétée tout au long du poème, énumérant ainsi
chaque chose qu’il fut autrefois mais dont il n’est plus question dans le présent. Le poème est
parsemé de souvenirs de Baudelaire.
Les souvenirs que nous évoque Baudelaire sont remplis d’idéal. Son esprit était joyeux et vif
comme nous évoque le terme « amoureux de la lutte » (v.1) mais aussi grâce à l’espoir encore
présent qui, avant, agissait comme une raison d’avancer dans la vie comme nous le suggère la
métaphore entre l’esprit et un cheval « L’espoir, dont l’éperon attisait ton ardeur », l’espoir agissant
sur l’esprit comme un éperon agit sur un cheval. Par la suite, Baudelaire nous parle de « l’amour »
(v.7), celui-ci renvoyant à l’idéal, le bonheur, le plaisir, les choses positives et étant même parfois
évoquait comme le but d’une vie : trouver l’amour pour être heureux. L’amour fait partie des plaisirs
et ceux-ci sont d’ailleurs aussi mentionnés par le poète au vers 9.
Ainsi, Baudelaire parle de son idéal mais celui-ci est accroché au passé, rappelant que ce ne
sont que des souvenirs ancré dans son esprit du passé car celui du présent est envahi par la
mélancolie profonde qu’est le spleen.
Le spleen prend de plus en plus de place au fur et à mesure que le temps s’écoule, en effet
chaque chose tirait de l’idéal est inévitablement submergé par quelque chose tirait du spleen.
L’espoir disparait, l’amour se transforme en dispute : « L’amour n’a plus de goût, non plus que la
dispute » (v.7), et les plaisirs doivent laisser le cœur du poète envahit par le spleen : « Plaisirs, ne
tentez plus un cœur sombre et boudeur » (v.9). Le poète ne pense plus que par le spleen et se sent
vieillir, l’adjectif qualificatif « vieux » est utilisé pour désigner à deux reprises l’esprit via le nom
1
« cheval » (v.4) et l’utilisation du nom « maraudeur » (v.6). Le cœur du poète dépourvus d’idéal se
laisse envahir par le spleen.
Mais l’esprit du poète est aussi envahi par cette mélancolie profonde. En effet, l’esprit du
poète est comparé à un cheval, et l’espoir au cavalier. Dans le présent, l’espoir n’est plus un guide
pour l’esprit comme nous l’indique l’exclamative « L’Espoir, […] / Ne veut plus t’enfourcher ! »
(v.2/3), le « t’ » désigne l’esprit et donc un cheval, comme nous le savons grâce à la métaphore
expliquée précédemment. L’espoir dirigeait l’esprit comme un cavalier dirige son cheval, ainsi sans
espoir l’esprit se perd à la manière dont un cheval se perdrait sans son cavalier. De ce fait l’esprit de
Baudelaire se rattache au spleen pour le guidait comme nous le suggère l’adjectif qualificatif
« Morne » (v.1) désignant « l’esprit » (v.1), et comme nous le souligne le point d’exclamation et
l’assonance en [u] des adjectifs qualificatifs d’esprit « vaincu, fourbu ! » (v.6).
A cause de la disparition de l’idéal dans le cœur et l’esprit de Baudelaire, celui-ci se voit
envahir par le spleen et vieillir, le rapprochant de plus en plus de la mort.
Le spleen agit comme le temps, il rapproche de la mort via la dépression comme les minutes
qui passe rapprochent le vieillissement, donc la mort. Les vers isolés suggèrent une gradation d’une
volonté de mourir et de la mort. Le premier vers isolé « Résigne-toi, mon cœur ; dors ton sommeil de
brute » (v.5), nous parvient comme un devoir d’acceptation de la mort par Baudelaire : l’antithèse
« sommeil de brute » renvoie à la mort. Le deuxième vers isolé « Le Printemps adorable a perdu son
odeur ! » (v.10), nous dit que le poète va mourir, en effet, le printemps est la saison du renouveau,
de la naissance et de la jeunesse si celui-ci « perd de son odeur » cela signifie que les fleurs meurent,
donc symboliquement que la jeunesse est terminée, la vieillesse s’installe et la mort se rapproche. En
effet, les vers suivants disent « Le Temps m’engloutit minute par minute, / Comme la neige immense
un corps pris de roideur » (v.11/12), le temps s’est écoulé et le printemps a laissé place à l’hiver
renvoyant à la mort car la vie est arrêtée durant celui-ci. Enfin, le troisième vers isolé « Avalanche,
veux tu m’emporter dans ta chute » (v.15) nous évoque la volonté du poète de mourir et que cela va
arriver.
Le poète se détache de la vie et parle de la mort comme la solution pour échapper au spleen.
Il évoque déjà le fait de ne plus être sur Terre donc vivant et prend de la hauteur par rapport à la
Terre comme pour se détacher de celle-ci et de la vie « Je contemple d’en haut le globe en sa
rondeur » (v.13), le terme « en haut » pouvant faire penser au paradis donc à la mort. Il ajoute juste
après « Et je n’y cherche plus l’abri d’une cahute » (v.14) ce vers nous fait penser à une perte d’espoir
de la part du poète, il sait qu’il ne trouvera plus rien sur Terre pour se protéger et se résigne donc à
se laisser mourir. On finit même par constater une proximité entre la mort et Baudelaire. En effet, il
tutoie l’avalanche celle-ci directement liée à la mort : « Avalanche veux-tu m’emporter dans ta
chute ? » (v.15). Cette phrase interrogative marque la fin du poème par une demande de Baudelaire
à la mort comme le terme « chute » (v.15) nous le suggère, faisant penser à la chute en enfer et
renvoyant directement au titre Le gout du néant car le néant désigne le vide et donc l’enfer.
Ainsi, à travers le poème Le goût du néant, Baudelaire nous montre comment son esprit est
envahi par le spleen à cause de ses souvenirs remplis d’idéal, et comment la mort apparait comme la
solution à cette mélancolie profonde. Le spleen et l’idéal sont de nouveau opposés comme l’enfer et
le paradis. Cependant, à la manière dont Baudelaire écrit ce poème, il apporte une Beauté au mal.