Utiliser la hiérarchie d’atténuation
dans le cadre de projets miniers dans
les pays et territoires insulaires du Pacifique
Note d’orientation
La hiérarchie d’atténuation est une approche itérative s’appuyant sur les bonnes
pratiques internationales, qui vise à limiter et gérer les impacts négatifs des
projets miniers, afin d’aligner les besoins environnementaux et sociaux avec les
priorités de développement.
L’industrie minière dans la région Pacifique - Vue d’ensemble
Dans les pays et territoires insulaires du Pacifique (PTIP), les activités minières sont principalement de trois types:
alluviales, à ciel ouvert et souterraines. Il existe plusieurs mines de grande taille en Papouasie Nouvelle-Guinée
(PNG) et en Nouvelle-Calédonie, ainsi que quelques mines de taille moyenne aux Îles Salomon et aux Îles Fidji,
principalement à ciel ouvert. Les mines de phosphate, historiquement d’une grande importance pour de petites îles
telles que Nauru, sont désormais en grande partie épuisées, mais des études de faisabilité continuent d’être
menées à Makatea, en Polynésie française. L’industrie minière alluviale se limite actuellement à des exploitations
artisanales en PNG et aux Îles Salomon. L’exploitation minière en haute mer fait l’objet d’études actives dans un
certain nombre de sites en Nouvelle-Zélande, en PNG et ailleurs dans la région, mais leur faisabilité n’a pas encore
été démontrée, en partie en raison des impacts inconnus sur l’environnement marin. Un dossier récemment publié
par l’UICN1 sur ce secteur montre que la majeure partie des activités
d’exploration actuelles au niveau mondial ont lieu dans la région des PTIP.
Quels sont les impacts potentiels de
l’industrie minière ?
Si l’industrie minière contribue au développement économique, les mines et
les activités qui leur sont associées (telles que la construction de routes
d’accès et d’autres infrastructures) génèrent des impacts directs et indirects
sur l’environnement, et, plus spécifiquement, sur les habitats naturels et les
espèces (la biodiversité). La réduction de la superficie et de la qualité des Infrastructure d’exploration mi-
habitats naturels impacte les communautés locales, qui dépendent des nière du projet Waisoi aux îles
Fidji - voir l’étude de cas
services écosystémiques (notamment l’eau, la nourriture, les matériaux de
construction) et des plantes et animaux indigènes, lesquels font partie
intégrante de la culture et du patrimoine des habitants des îles du Pacifique.
Les impacts directs sur la biodiversité générés par les activités minières
comprennent : le défrichement des terres, qui provoque une perte d’habitat à
grande échelle souvent irréversible ; la dégradation des habitats, due par
exemple au drainage minier acide ou à la contamination ; la perturbation des
espèces en raison de la poussière et de la pollution sonore et lumineuse ; la
fragmentation des habitats due aux infrastructures linéaires, telles que les
Mine d’or de Porgera (à ciel ou-
routes, les voies de chemin de fer ou les lignes électriques approvisionnant le vert) en Papouasie Nouvelle-
site de la mine. Guinée. Image © Zijin Mining
Les impacts indirects sont ceux qui sont induits par le projet, tels que
l’immigration, lorsque un grand nombre de personnes se déplacent afin de
vivre à proximité d’un site minier dans l’espoir d’y trouver un emploi.
Davantage de logements et de ressources sont alors nécessaires afin
d'accueillir cette nouvelle population, ce qui entraîne une hausse du taux de
défrichement lié à la collecte de matériaux de construction et de jardinage,
ainsi qu’une augmentation de la chasse, de la pêche et de la cueillette. La Mine d’or de Vatukoula
construction des routes de la mine peut également faciliter l’accès à des terres (souterraine) aux îles Fidji. Image
qui étaient auparavant inaccessibles. © VGM
1
[Link]
Utilisation de la hiérarchie d'atténuation pour limiter les
impacts des projets miniers sur la biodiversité
Quels sont les impacts potentiels de l’industrie minière sur la
biodiversité?
PERTE D’HABITAT
Il s’agit de l’un des impacts majeurs des projets miniers sur la biodiversité. Les
mines à ciel ouvert provoquent du défrichement et donc la perte directe
d’habitats naturels. Les impacts indirects découlant de l’immigration de
personnes à la recherche d’une meilleure situation économique peut
également aggraver la perte d’habitats (et leur dégradation).
DÉGRADATION DES HABITATS
Les activités minières peuvent réduire la qualité des habitats de plusieurs Défrichement sur le Projet Goro
manières. Par exemple, la qualité des habitats aquatiques peut être détériorée Nickel, en Nouvelle-Calédonie
en raison du drainage minier acide, de l’érosion, de la sédimentation et du Image © [Link]
rejet de résidus non-traités. Cela peut à son tour avoir des effets toxiques
sur les plantes et les animaux, y compris les poissons et les oiseaux. Ces
impacts peuvent également s’étendre aux écosystèmes côtiers et estuariens.
La poussière provenant des activités minières peut également provoquer une
dégradation des habitats terrestres naturels, à la fois sur le site du projet et
dans les alentours.
FRAGMENTATION DES HABITATS
Infrastructure minière linéaire,
La construction de routes d’accès et d’autres infrastructures linéaires à
Hidden Valley, Papouasie Nouvelle -
l’intérieur du site minier peut créer des barrières limitant les mouvements des Guinée . Image © Papua New
espèces ou les empêchant d’accéder à des ressources vitales (par ex. l’eau). On Guinea Mine Watch
observe souvent un effet de lisière sur la végétation restante, puisque les
routes ouvrent de nouveaux accès qui favorisent l’exploitation forestière,
l’agriculture et la chasse à petite échelle.
PERTURBATION DES ESPÈCES
Les perturbations provoquées par les activités minières (par ex. le bruit, les
vibrations, la luminosité et la présence de personnes) peuvent interrompre
les communications, les mouvements et les comportements alimentaires et
reproductifs des animaux. L’immigration de personnes peut provoquer des
perturbations d’autant plus significatives. Infrastructure minière illuminée la
nuit, en Nouvelle-Calédonie. Image
© David Becker/SLN/ERAMET
INTRODUCTION D’ESPÈCES ENVAHISSANTES
Les espèces envahissantes (non indigènes) sont une menace pour la
biodiversité, car elles peuvent supplanter ou se nourrir d‘espèces
indigènes. Les espèces envahissantes peuvent être introduites par
accident sur le site minier, par le biais d’équipements ou de matériaux en
provenance d’autres régions. Si elles ne sont pas gérées de façon adéquate,
les espèces envahissantes peuvent provoquer la disparition d’espèces
indigènes. Ce risque est particulièrement grave sur les îles, où les espèces
endémiques indigènes disposent de défenses naturelles limitées face aux
espèces envahissantes.
PERTE DE SERVICES ÉCOSYSTÉMIQUES
La perte ou la dégradation des habitats et des espèces impactent également Le serpent brun arboricole a
la subsistance et le bien-être des personnes. Les communautés dépendent colonisé Guam par le biais de
des services écosystémiques (c’est à dire des avantages qu’elles retirent de spécimens introduits
l’environnement), notamment pour l’eau potable, l’alimentation, les involontairement par bateau ou
avion et a exterminé 10 des 12
combustibles et la médecine traditionnelle. Cela est particulièrement le cas
espèces d’oiseaux forestiers. Image
dans les Îles du Pacifique, en raison du grand nombre de personnes qui
© National Park Service, US Dept. of
dépendent des ressources naturelles et du manque de ressources alternatives. Interior
Utilisation de la hiérarchie d'atténuation pour limiter les
impacts des projets miniers sur la biodiversité
Renforcer
0. les 1. Éviter 2. Minimiser 4. Offset
impacts 3. Restaurer
positifs
Qu’est-ce que la hiérarchie d’atténuation ?
Conformément à ce qui est décrit dans une note d’orientation sur ce sujet, la hiérarchie d’atténuation est un outil à quatre
étapes, qui sert à limiter les impacts négatifs des projets. Les étapes 1, 2 et 3, Éviter, Minimiser et Restaurer, sont conçues
pour réduire l’importance et l’étendue des impacts résiduels. Les Offsets constituent une solution de dernier recours et
consistent à gérer l’ensemble des impacts résiduels qui continuent d’être significatifs, après les étapes d’Évitement, de
Minimisation et de Restauration. Une première étape supplémentaire vise à renforcer tous les impacts positifs.
Pourquoi les projets miniers devraient-ils utiliser la hiérarchie d’atténuation ?
La hiérarchie d’atténuation est considérée comme la bonne pratique internationale en matière de gestion des impacts et
fait partie des exigences requises dans le cadre d’un financement par la Société Financière Internationale (SFI), la Banque
Mondiale et 94 autres institutions financières de 37 pays ayant adopté les Principes de l’Équateur2. Les impacts négatifs des
activités minières peuvent provoquer la perte du soutien public et gouvernemental vis-à-vis d’un projet, ce qui entraîne
des retards, une hausse des coûts et une baisse des investissements.
De nombreuses mines en PNG ont été retardées ou temporairement fermées par des communautés locales, qui
protestaient contre la perte des services écosystémiques et qui avaient également des réclamations quant aux
compensations financières de ces pertes. L’application de la hiérarchie d’atténuation tout au long de la durée de vie d’un
projet minier garantit non seulement de bonnes performances environnementales, mais elle améliore également la
probabilité d’obtenir un « permis social d’exploitation », ainsi que la rentabilité globale du projet.
Appliquer la hiérarchie d’atténuation sur un projet minier
En règle générale, les dernières étapes de la hiérarchie d’atténuation sont associées à un nombre de choix réduit, ainsi
qu’à des coûts plus élevés, c’est pourquoi il est nécessaire de mettre l’accent sur l’évitement et la minimisation, autant que
possible. L’application de la hiérarchie d’atténuation tout au long de la durée de vie d'un projet minier est illustrée à la
page suivante, où sont mises en avant les mesures d’atténuation les plus importantes pour chaque étape. L’application
séquentielle3 de la hiérarchie permet de s’assurer que les impacts résiduels sont aussi faibles que possible, ce qui revient à
minimiser l’envergure et les coûts de toute mesure d’offset nécessaire.
Plus d’informations:
• L’Outil Timeline développé par la Cross Sector Biodiversity Initiative (CSBI - Initiative intersectorielle en faveur de la biodiversité)
fournit un cadre permettant de coordonner les calendriers du développement du projet, de l’étude des impacts sur la biodiversité
et du financement.
• Le Cross-Sector Guide (Guide intersectoriel), rédigé par la CSBI, offre des conseils pratiques pour la mise en œuvre de la hiérarchie
d’atténuation.
• Le Good Practice Guidance for Mining and Biodiversity (Guide des bonnes pratiques pour l’industrie minière et la biodiversité), publié
par l’International Council on Mining and Metals (Conseil international des mines et des métaux, ICMM) offre des informations
complètes relatives à la démarche à suivre afin de mettre en œuvre un projet minier durable.
• Le Guideline for Mining and Biodiversity (Directive relative à l’industrie minière et à la biodiversité), publiée par le South African
National Biodiversity Institute (Institut national sud-africain pour la biodiversité), fournit une perspective gouvernementale unique
pour ce qui est de la mise en œuvre de la hiérarchie d’atténuation dans le processus d’autorisation des projets miniers.
• Le Biodiversity Offset Design Handbook (Manuel pour la conception des offsets de biodiversité) et les Appendices (Annexes) du BBOP
peuvent servir de guide pour le processus de planification des offsets.
• Pour ce qui est du contrôle des investissements effectués par rapport au plan d’offset, le Biodiversity Offset Cost-Benefit Handbook
(Manuel relatif aux coûts-bénéfices des offsets de biodiversité) du BBOP peut fournir des informations pratiques.
Informations spécifiques à la région PTIP :
• Dans le cadre du projet RESCCUE (Restoration of ecosystem services and adaptation to climate change - Restauration des services
écosystémiques et adaptation au changement climatique), les parties prenantes ont identifié des feuilles de route provisoires pour
le renforcement de la mise en œuvre de la hiérarchie d’atténuation et des offsets dans la région, découlant d’une évaluation
systématique des politiques et pratiques nationales en matière d’offset existant à ce jour.
• Le renforcement des études d’impact environnemental du PROE (Programme régional océanien de l’environnement) : Directives
pour les pays et territoires insulaires du Pacifique.
2
Equator Principles Association Members and Reporting (Aug 2018)
3
En pratique, l’application de la hiérarchie d’atténuation n’est pas un processus strictement linéaire et séquentiel, il s’agit souvent d’un processus
itératif, au cours duquel certaines étapes sont répétées, afin que la conception du projet corresponde aux contraintes économiques, règlemen-
taires ou aux valeurs des parties prenantes (par ex., les projets devront souvent passer par une série d’itération pour les étapes d’évitement et de
minimisation, afin de s’assurer qu’elles ont empêché un nombre ou un type d’impacts suffisant)
Utilisation de la hiérarchie d'atténuation pour limiter les
impacts des projets miniers sur la biodiversité
Application des étapes de la hiérarchie d’atténuation à un projet minier
Project Évaluation rapide et
Faisabilité et EIES Construction et exploitation
phase préfaisabilité
Étape de la
hiérarchie 1. ÉVITER 2. MINIMISER 3. RESTAURER 4. OFFSET
d’atténuation
Sélectionner les sites et Minimiser les impacts via Remise en état des zones Parvenir à aucune perte nette
concevoir des projets qui une étude détaillée quant à impactées ou utilisation des ou à des gains pour les
Objectif évitent les impacts sur les la localisation des terres par les parties habitats et espèces présentant
zones présentant une infrastructures et des prenantes selon ce qui est des impacts résiduels
biodiversité importante contrôles opérationnels convenu significatifs
Réaliser des études de faisabilité
Définir les zones d’étude au Réaliser des inventaires de afin de sélectionner un ou
Recueillir des données sur le type
sein du paysage pour chaque terrain dans les aires à plusieurs sites d'offset,
et l’état de l’habitat
forte biodiversité situées présentant des habitats et
exploitation minière préalablement au défrichement
dans la zone d’étude espèces similaires à ceux du site
potentielle de la végétation
de la mine, et où des mesures de
conservation sont viables d’un
Évaluer les valeurs de Utiliser les résultats pour Conserver la couche supérieure point de vue technique,
biodiversité pour chaque améliorer et documenter la du sol et tester les méthodes de politique et social
zone d’étude conception du projet et les restauration
Approche mesures de contrôle
Réaliser une restauration
Élaborer des plans de gestion
Évaluer les coûts et et conclure des partenariats
progressive, une fois que les
bénéfices afin de mettre en place les
Évaluer l’échelle des zones perturbées ne sont plus
mesures de conservation
environnementaux des impacts potentiels après nécessaires dans le cadre des
sites alternatifs et des l’évitement et la opérations du projet
Effectuer le suivi des résultats
options de conception minimisation ; et gérer les mesures
S’il n’est pas possible de Quantifier les impacts résiduels
d’atténuation de façon
Sélectionner l’option qui gérer les impacts, réévaluer et les exigences en matière
adaptative afin d’atteindre les
permet d’éviter les impacts les options d’offset
objectifs en matière de
biodiversité
• Le meilleur choix en • Il existe des opportunités • Il peut s’avérer difficile de • Les projets miniers ont
matière de biodiversité de minimisation pendant restaurer un habitat afin souvent des objectifs
peut ne pas toujours être toute la durée de vie que celui-ci revienne à son d’aucune perte nette ou
possible, notamment si d’un projet minier état naturel. de gains nets de
les ressources minières • La minimisation est • Afin de maximiser les biodiversité.
sont limitées. souvent mise en œuvre chances de réussite lors de • Les offsets nécessitent un
• Si les risques identifiés par le biais de mesures la restauration, il faut investissement à long
ne sont pas acceptables de contrôle identifiées privilégier l’utilisation terme afin de parvenir à
d’un point de vue durant l’élaboration de d’espèces indigènes. Dans des gains réels de
environnemental ou l’EIES, notamment: les Îles du Pacifique, la biodiversité sur le terrain.
social, le projet minier ne mesures de contrôle restauration peut s’avérer • Trouver un site d’offset
doit pas avoir lieu physiques: par ex. coûteuse et difficilement comparable sur des îles de
(‘interdiction’). des barrières afin de réalisable, étant donné le petite taille peut s’avérer
Placer les contrôler l’accès aux nombre relativement faible complexe, ce qui montre
infrastructures en- routes du projet et de pépinières où sont l’importance de
dehors des sites de minimiser la perte cultivées des espèces de l’évitement et de la
importants, tels que et la dégradation des plantes endémiques. minimisation des impacts,
les aires clés pour la habitats Exigences clés dans le afin de réduire les
biodiversité (Key cadre de la restauration : exigences d’offset.
mesures de contrôle
Mesures clés
Biodiversity Areas) ou opérationnelles: par Une base Prendre en compte les
les sites importants ex. utiliser des jets d’informations solide, principes de l’offset,
d’un point de vue d’eau afin de limiter comprenant des avec par exemple le
culturel la poussière générée données détaillées de Business and
Détourner les routes et minimiser la l’état initial, des sites de Biodiversity Offset
et pipelines afin pollution de l’air et la références et des Programme (BBOP-
d’éviter les zones dégradation des méthodes de Programme d’offset
sensibles, par habitats restauration testées. pour les entreprises et
exemple les zones mesures de contrôle Définition des objectifs la biodiversité)
humides, les de réduction: par ex. de restauration et de la Impliquer les parties
corridors biologiques minimiser la planification prenantes pendant la
Planifier les dégradation des Un suivi robuste : la planification, la mise
opérations afin habitats aquatiques coopération avec les en œuvre et le suivi
d’éviter les impacts grâce au traitement institutions Élaborer un
pour les espèces des eaux usées universitaires et programme de suivi
sensibles, par préalablement à leur gouvernementales solide afin de
exemple pendant la rejet dans locales est une bonne répertorier les pertes
période de l’environnement pratique et aide à (site minier) et les
reproduction renforcer les relations gains (site d’offset) de
entre les parties biodiversité
prenantes
Utilisation de la hiérarchie d'atténuation pour limiter les
impacts des projets miniers sur la biodiversité
Étude de cas - Projet Waisoi, Namosi Joint-Venture, Îles Fidji
Localisation du projet 35 km au nord-ouest de Suva, Viti Levu, Fidji
Détails du projet Une mine à ciel ouvert / souterraine, une usine de transformation et une installation de
traitement des déchets sont à l’étude (2018). Le projet vise à produire du concentré de
cuivre destiné à l’exportation, pendant environ 25 ans.
Normes et objectifs Le projet vise à respecter la Norme environnementale Newcrest sur la gestion de la
du projet en matière biodiversité, la Norme de performance 6 de la SFI, ainsi que d’autres bonnes pratiques,
de biodiversité telles que le Guide des bonnes pratiques pour l’exploitation minière et la biodiversité
du Conseil international des mines et des métaux (ICMM) et les Principes BBOP pour
les offsets de biodiversité.
Valeur(s) de biodiversité
Le projet se situe dans une forêt tropicale de plaine, qui connaît relativement peu de perturbations, à l’exception
d’activités humaines telles que l’exploitation forestière, le pâturage du bétail, l’agriculture et l’exploration minière,
le long de la principale vallée fluviale. La zone d’influence du projet inclut également une forêt tropicale de
montagne et une forêt de nuages, qui accueillent un nombre relativement élevé d’espèces endémiques et
présentant une haute valeur en conservation. Les inventaires réalisés dans le cadre du projet ont répertorié 35
espèces végétales présentant une forte valeur en conservation, notamment deux espèces figurant comme en
danger critique d’extinction (CR) sur la Liste Rouge de l’UICN et deux espèces classées comme en danger
d’extinction (EN). 31 espèces supplémentaires sont répertoriées dans l’annexe du Fiji Endangered and Protected
Species Act and Bill (Loi relative aux espèces protégées et en danger aux Îles Fidji) ou sont considérées comme
endémiques. On estime que quatorze espèces de vertébrés, répertoriées comme menacées ou quasi menacées
par l’UICN, pourraient potentiellement être présentes dans la zone d’étude. L’aire protégée Sovi Basin se trouve
au nord-est de la zone d’étude. Globalement, il s’agit de valeurs de biodiversité exceptionnellement élevées pour
une île du Pacifique.
Impacts potentiels sur la biodiversité
On estime que les impacts seront significatifs sur huit espèces : trois plantes, dont l’espèce de conifère Acmopyle
sahniana, répertoriée par l’UICN comme en danger critique d’extinction (CR), et cinq espèces de vertébrés, dont
un scinque arboricole potentiellement méconnu. Les impacts sur 8 espèces de plantes, trois espèces de vertébrés
et deux espèces d’invertébrés ont été évalués comme modérés. Ce projet entraînerait une perte d’habitat et une
réduction de la population pour toutes ces espèces.
Application de la hiérarchie d’atténuation Impacts résiduels prévus
Évitement Minimisation Restauration Les impacts directs incluent le
défrichement des habitats de
forêt tropicale de plaine, abritant
De nouvelles • Gestion des activités de • Réhabilitation des espèces de faune et de flore
technologies innovatives construction s’appuyant progressive au fur et à menacées. Ce dernier point n’a
sont utilisées afin de sur les bonnes pratiques mesure du pas encore été quantifié, dans
réduire l’emprise globale (par ex. le défrichement). développement de la l’attente de la révision de
du projet, à travers une mine. l’emprise du projet (en effet,
réduction potentielle de
• Restriction des accès le
long de la route d’accès • Séquençage des activités l’emprise originale aurait eu un
l’emprise de 60 %. Le impact sur 17 individus
projet a également été à la mine pour les minières afin de faciliter
activités sans lien avec le la réhabilitation (par d’Acmopyle, tandis que l’emprise
confiné à un seul bassin révisée en affectera un nombre
hydrographique (par ex. projet (par ex. exemple, le puits de mine
l’exploitation forestière) situé à l’est sera foré réduit). Les risques incluent une
pas d’installation de hausse du nombre de prédateurs
stockage des résidus). et limitation de avant le bloc souterrain
l’immigration interne. de l’ouest afin que les sauvages et la prolifération de
Des inventaires plus mauvaises herbes envahissantes.
détaillés visant les • Mise en place de matériaux forés à l’ouest
éléments clés de la procédures complètes puissent être remblayés
biodiversité, tels que de quarantaine et de dans le puits à l’est et Offset
Acmopyle, seront pris en gestion des nuisibles et permettre ainsi la
compte dans le cadre de des mauvaises herbes. réhabilitation). Des enquêtes préliminaires ont
la révision de l’emprise • Conservation de zones • Intégration des espèces été menées afin d’établir une
du projet, afin de tampons de végétation de plantes menacées stratégie d’offset pour le projet.
positionner les riveraine entre les zones dans les plans de re- Elles incluent des conseils sur le
infrastructures de façon perturbées et les cours végétalisation. Étude du choix des offsets et le type de
à éviter de défricher les d’eau. potentiel de mesures d’offset. Celles-ci se
individus de ces espèces, propagation des arbres poursuivront une fois que le
autant que possible. Acmopyle. modèle final du projet aura été
confirmé.
Cette note d’orientation a été rédigée dans le cadre du projet RESCCUE.
Publiée (décembre 2018) par The Biodiversity Consultancy pour le compte du projet RESCCUE.