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Banqueroute et abus de biens sociaux

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Banqueroute et abus de biens sociaux

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Cet acte semble devoir être positif : une action est exigée, la

jurisprudence ayant refusé l’idée d’un détournement par abstention29.


De nombreuses illustrations pourraient être fournies, qui rappellent
fortement celles de l’abus de biens sociaux. Citons les cas suivants :
– le dirigeant paie ses dettes personnelles avec les fonds de la société30
ou finance avec eux des travaux sur son habitation personnelle31
– le dirigeant s’octroie une rémunération excessive32
– encore, comme en matière d’abus de biens sociaux, certaines
manipulations et mouvements de fonds effectués sur les comptes
courants d’associés peuvent caractériser la banqueroute33.
b. Notion de dissimulation

2787
Cet acte consiste essentiellement dans la soustraction volontaire de tout

1657
ou partie de l’actif d’une société, qui constitue le gage des créanciers. Par

8:17
exemple, le gérant d’une société en liquidation met en réparation un
matériel de valeur, postérieurement à l’arrêt de l’activité sociale, sans en
3.24
aviser le liquidateur. Ou bien le débiteur ne remet ni au liquidateur ni au
0.12

repreneur de la société les codes sources, permettant de faire évoluer en


0.12

fonction des besoins de la clientèle les logiciels qui figurent à l’actif du


bilan de la société34.
4:16

c. Notion d’actif
2943

Pour que l’infraction soit constituée, il importe que les biens


:889

appartiennent au débiteur. Ainsi, ne peut pas se voir imputer le délit le


2821

dirigeant d’une société locataire-gérante d’un fonds de commerce qui,


après cessation des paiements, en détourne la clientèle. Celle-ci
1058

appartient, en effet, au propriétaire du fonds de commerce et ne fait pas


n:21

partie de l’actif du débiteur35.


bidja

Constitue aussi un cas de banqueroute le fait de vendre des véhicules,


acquis par contrat assorti d’une clause de réserve de propriété, à bas
e d’A

prix. La jurisprudence considère que bien que ces véhicules n’aient pas
sitair

encore été payés, ils font partie de l’actif social36.


niver

2. Articulation avec l’abus de biens sociaux


tut U

Les détournements et dissimulations tels que visés par l’art. L. 654-2, 2°


:Insti

ne sont pas sans rappeler l’abus de confiance et, surtout, l’abus de biens
sociaux. Il paraît évident que les actes matériellement reprochés au
[Link]
larvo
o
[Link]
titre de la banqueroute et de l’abus de biens sociaux seront parfois
identiques.
Mais il est tout aussi certain que ces qualifications « sont exclusives l’une
de l’autre »37. Dès lors, sur quel critère les départager ?
En principe, tout dépend de la date de cessation des paiements :
– si les détournements (ou dissimulations) sont commis après la date de
cessation des paiements, la qualification préférable est celle de
banqueroute38
– lorsque ces agissements sont antérieurs, la qualification la plus
appropriée est celle d’abus de biens sociaux
– Si les faits sont multiples et s’étalent dans le temps, une dissociation

2787
devra s’opérer entre les détournements commis avant la cessation des

1657
paiements (ABS, sauf s’ils ont précipité la cessation des paiements) et
ceux commis après (banqueroute)39.

8:17
Difficulté. Mais ce critère est insuffisant, dans la mesure où la
banqueroute peut être retenue même pour des actes commis 3.24
0.12

antérieurement à la cessation des paiements, si ce sont ces


détournements ou dissimulations qui ont provoqué celle-ci (ou contribué à
0.12

la provoquer)40. En ce cas, une primauté semble accordée à la


4:16

banqueroute, sur le fondement de cette causalité.


2943

C. Augmentation frauduleuse du passif


:889

(art. L. 654-2, 3°)


2821

L’art. L. 654-2, 3° sanctionne le fait d’« avoir frauduleusement augmenté


1058

le passif du débiteur ».
n:21

Cette augmentation du passif de l’entreprise en difficulté doit être faite à


bidja

son détriment. Généralement, il s’agit pour l’auteur de la dépouiller au


profit d’une autre dans laquelle il a des intérêts directs ou indirects. La
e d’A

plupart du temps, cette augmentation frauduleuse se fera par des


sitair

détournements ou dissipations, auquel cas les 2° et 3° de l’art. L. 654-2


feront doublon.
niver

En tout état de cause, aucune référence n’est faite par le texte aux
tut U

moyens par lesquels peut se réaliser une augmentation frauduleuse du


passif. Or, devant ce silence législatif, il est permis de penser que le
:Insti

recours à n’importe quel procédé frauduleux, entraînant une telle


[Link]
larvo
o
[Link]
conséquence, entre dans le domaine d’application de l’incrimination. Ainsi,
une fausse reconnaissance de dette peut constituer un moyen frauduleux,
destiné à augmenter le passif du débiteur, en privant les véritables
créanciers d’une somme d’argent qui aurait dû normalement leur revenir.
De même, le fait pour le gérant d’une société d’octroyer des avances sur
trésorerie à certains associés, sans contrepartie ni autorisation de
l’assemblée générale, est une augmentation frauduleuse du passif41, idem
pour la vente de marchandises sans chercher à se faire payer42.

D. Comportements relatifs à la comptabilité


(art. L. 654-2, 4° et 5°)

2787
L’art. L. 654-2, 4° incrimine le fait d’« Avoir tenu une comptabilité fictive

1657
ou fait disparaître des documents comptables de l’entreprise ou de la
personne morale ou s’être abstenu de tenir toute comptabilité lorsque les

8:17
textes applicables en font obligation ». Ce sont trois comportements qui
sont ici prévus : comptabilité fictive, soustraction de comptabilité et 3.24
0.12

omission de comptabilité. Des actions sont réprimées au même titre que


des abstentions. Peu importe par ailleurs que ces manquements aient été
0.12

antérieurs ou postérieurs à l’état de cessation des paiements43.


4:16

Au sujet de la comptabilité fictive – mais la solution devrait pouvoir être


2943

étendue aux autres cas – il fut précisé que les prévenus ne peuvent
s’exonérer de leur responsabilité en invoquant le travail défectueux de
:889

leurs salariés44 qui sont chargés de la tenue de la comptabilité. Ceci sous


2821

réserve de caractériser l’élément intentionnel (voir supra).


1058

La disparition de la comptabilité a été entendue de manière large,


puisqu’une disparition partielle semble avoir toujours été prise en compte.
n:21

Du fait de cette extension, la Cour de cassation a fait entrer dans la notion


bidja

de disparition le transport des documents comptables en un lieu extérieur


au siège social et connu des seuls dirigeants45.
e d’A

Dans la même veine répressive, la jurisprudence a assimilé le retard


sitair

dans la remise des comptes aux organes de la procédure à une


niver

disparition de la compatibilité46.
S’agissant de l’omission de comptabilité, une question importante fut
tut U

pendant longtemps de savoir si une comptabilité irrégulière pouvait lui être


:Insti

assimilée. Après quelques hésitations jurisprudentielles, le législateur a


[Link]
larvo
o
[Link]
tranché en prévoyant le cinquième cas de banqueroute (loi du 10 juin
1994).
En effet, l’art. L. 654-2, 5° incrimine spécialement le fait d’« Avoir tenu
une comptabilité manifestement incomplète ou irrégulière au regard
des dispositions légales ».
L’incrimination requiert que la comptabilité soit « manifestement »
incomplète ou irrégulière : ce doit être flagrant47. Ainsi, a été déclaré
coupable le président d’une société, faisant l’objet d’un redressement
judiciaire, qui avait obtenu le remboursement de frais de déplacement
sans aucune pièce justificative, qui avait des soldes de caisse et des
chèques postaux incohérents, et qui n’avait pas de cahier de contrôle et

2787
d’affectations des retraits qu’il effectuait48. A contrario des irrégularités
mineures ou sans importance significative ne devraient pas être retenues.

1657
8:17
IV. Répression
3.24
Tentative. Puisque les différentes hypothèses de banqueroute sont des
0.12

délits, leur tentative n’est pas punissable, faute d’être spécialement


0.12

prévue.
4:16

Justification. À la différence de ce qui est retenu depuis longtemps en


matière d’abus de biens sociaux, et malgré sa parenté avec la
2943

banqueroute, il est clairement affirmé en jurisprudence que l’intérêt du


:889

groupe de société ne saurait être un fait justificatif spécial49.


2821

Peines principales. La banqueroute est punie de cinq ans


d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende50.
1058

Circonstance aggravante. Lorsque l’auteur ou le complice de


n:21

banqueroute est un dirigeant d’un prestataire de services


bidja

d’investissement, les peines sont portées à sept ans d’emprisonnement et


100 000 euros d’amende51.
e d’A

Peines complémentaires. Les peines complémentaires encourues


sitair

figurent à l’art. L. 654-5 du Code de commerce (interdiction d’émettre des


chèques, exclusion des marchés publics…).
niver

Peine accessoire. La peine accessoire déjà croisée à plusieurs


tut U

reprises de l’art. L. 500-1 du Code monétaire et financier est applicable à


:Insti

la banqueroute.
[Link]
larvo
o
[Link]
Sanctions civiles. Outre les mesures classiques de réparation, la
banqueroute est originale par deux sanctions que sont, d’une part, la
faillite personnelle, d’autre part, l’interdiction de gérer.
Responsabilité pénale des personnes morales. Les peines
encourues par elles sont spécialement visées à l’art. L. 654-7. Elles sont
rarement mises en œuvre, et ne sauraient en tout cas l’être contre la
société principalement concernée, qui est par hypothèse victime et non
auteur de l’infraction.

Approfondir

2787
− O. Décima, Réflexions sur la cessation des paiements en matière
pénale : Droit pénal 2008, étude 22.

1657
− W. Jeandidier, Le droit pénal de la banqueroute ou les avatars de la

8:17
pénalisation : RJ com. 2001, n° spécial sur « La dépénalisation dans
la vie des affaires », p. 131. 3.24
0.12

− C. Mascala, La banqueroute : préserver l’entreprise contre


l’entrepreuneur ? : Droit pénal 2009, étude 20.
0.12

− H. Matsopoulou, Réflexions sur la faillite personnelle et l’interdiction


4:16

de gérer : D. 2007, chron. p. 104.


2943

− J.-H. Robert, Banqueroute et autres infractions : commentaire des


dispositions pénales de la loi n° 2005-845 du 26 juillet 2005 : Droit
:889

pénal 2005, étude 15.


2821

− J.-H. Robert, La banqueroute et ses infractions satellites de 1807 à


1058

2005 : Le Code de commerce : Livre du bicentenaire 1807-2007 :


Dalloz, 2007, p. 261.
n:21

− M.-C. Sordino, Banqueroute par détournement d’actif et abus de


bidja

biens sociaux : un conflit de qualifications… des solutions en clair-


e d’A

obscur, in Mélanges Cabrillac, Litec, 1999, p. 697.


sitair
niver

1. Art. L. 654-12 C. Comm.


2. Art. L. 654-1, 1° C. Comm.
tut U

3. Art. L. 121-1 C. Comm.


4. Art. L. 654-1, 2° C. Comm.
:Insti

5. Crim., 2 juin 1999, n° 98-81454.


6. Crim., 9 mars 1966, n° 65-91884.
[Link]

7. La Cour de cassation contrôle les solutions du fond : Crim., 12 novembre 2015, n° 14-84963.
larvo
o
[Link]
8. Des actes « épisodiques, isolés et peu précis » ne suffisent pas (Com., 26 octobre 1999, n° 97-
19026).
9. Crim., 19 septembre 1994, n° 93-85629.
10. Crim., 14 février 1994, n° 93-81023.
11. Art. L. 620-1 et s. C. Comm.
12. Art. L. 654-8 et s. C. Comm.
13. Crim., 24 octobre 2012, n° 11-86165. V. aussi, dans le même sens : Crim., 10 mars 2004, n° 03-
87441 ; Crim., 24 mars 2010, n° 09-84599 ; Crim., 20 mai 2015, n° 13-87727.
14. Art. L. 654-2, 1° C. Comm.
15. V. par ex. : Crim., 18 novembre 1991, n° 91-81646.
16. Crim., 25 novembre 2020, n° 19-85205, § 12.
17. V. par ex. : Crim., 12 septembre 2018, n° 17-83155.
18. Crim., 2 mars 1989, n° 88-80850.
19. Art. L. 654-2, 4 °C. Comm.
20. Crim., 20 avril 2017, n° 16-82850.

2787
21. V. excluant ce dol spécial pour les 4° et 5° du même article : Crim., 25 novembre 2020, n° 19-
85205, § 14.

1657
22. Par hypothèse, une revente à perte sera parallèlement caractérisée (art. L. 442-5 C. Comm.).
23. V. par ex. : Crim., 12 mars 1998, n° 96-85739.

8:17
24. V. par ex. : Crim., 5 décembre 2001, n° 01-81234, pour des traites de complaisance et des
opérations de cavalerie.
25. Crim., 21 mars 2001, n° 00-83864. 3.24
26. Crim., 22 septembre 2010, n° 09-83274.
0.12

27. Crim., 3 janvier 1985, n° 84-91057.


28. Crim., 23 octobre 1997, n° 96-84717.
0.12

29. Crim., 12 janvier 2005, n° 04-80513 (créance perdue par inaction).


4:16

30. Crim., 14 mai 1984, n° 83-91119.


31. Crim., 18 juillet 1985, n° 84-91797.
2943

32. Crim., 18 mars 2020, n° 18-86492, § 16.


33. Crim., 20 mars 1995, n° 94-82163.
:889

34. Crim., 26 novembre 1998, n° 87-86438 (qui raisonne plutôt sur le détournement).
35. Crim., 22 août 1995, n° 94-83750.
2821

36. Crim., 20 octobre 2004, n° 03-85238.


37. Crim., 27 octobre 1999, n° 98-85651.
1058

38. Crim., 7 avr. 1998, 97-83801. Et, excluant l’ABS : Crim., 30 juin 2004, n° 03-87247.
39. Crim., 18 juillet 1985, n° 84-91797.
n:21

40. V. par ex. : Crim., 14 février 2007, n° 06-86721.


bidja

41. Crim., 30 avril 2003, n° 02-86760.


42. Crim., 16 juin 1999, n° 98-83835.
e d’A

43. Crim., 8 juillet 2015, n° 14-84075.


44. Crim., 1er octobre 1998, n° 97-82812.
sitair

45. Crim., 21 décembre 1987, n° 87-81948.


46. Crim., 19 janvier 2000, n° 99-82749.
niver

47. Crim., 6 avril 2011, n° 10-86008.


48. Crim., 12 septembre 2001, n° 01-80064.
tut U

49. Crim., 27 avril 2000, n° 99-85192.


50. Art. L. 654-3 C. Comm.
:Insti

51. Art. L. 654-4 C. Comm.


[Link]
larvo
o
[Link]
Exercice

Une directrice d’un établissement d’hospitalisation à domicile


avait participé directement à la détermination du montant de sa
rémunération, laquelle avait été calculée en toute connaissance
de cause par référence à une capacité d’accueil de la structure
qu’elle dirigeait largement supérieure à sa capacité réelle. Les
juges observent notamment qu’en dépit des difficultés financières
de la structure, la mise en cause a continué à percevoir un salaire

2787
plus de deux fois supérieur à la norme, alors que la rémunération
des dirigeants des structures privées exerçant dans le domaine

1657
de la santé, et donc financées en totalité par des fonds publics,

8:17
ne doit pas en principe dépasser les plus hauts salaires de la
fonction publique. 3.24
La cour d’appel retient qu’il est en outre établi qu’informée par
0.12

l’ARS locale de la nécessité de modifier substantiellement le


0.12

niveau de sa rémunération afin de la mettre en adéquation avec


4:16

la situation financière de la structure, elle a néanmoins maintenu


2943

celle-ci à un niveau correspondant à 7 % de la masse salariale,


et ce en dépit de sa connaissance des difficultés financières
:889

considérables de la structure, qui ont finalement conduit à une


2821

cessation des paiements. Une procédure de redressement fut


ouverte, durant laquelle la directrice perçut la même
1058

rémunération.
n:21

Vous voudrez bien indiquer :


bidja

Dans quelle mesure une rémunération excessive vous semble


e d’A

pouvoir caractériser le délit de banqueroute


Comment les délits de banqueroute et d’abus de biens sociaux
sitair

pourraient ici être articulés


niver
tut U
:Insti
[Link]
larvo
o
[Link]
Corrigé

■ Dans quelle mesure une rémunération excessive vous


semble-t-elle pouvoir caractériser le délit de
banqueroute ?
En l’espèce, la directrice de l’établissement de santé est bien
susceptible d’être poursuivie au titre de la banqueroute. Au
moins pour la période postérieure à l’ouverture de la procédure
de redressement judiciaire (voir infra), puisque l’énoncé indique

2787
qu’une telle ouverture a eu lieu et que la directrice a maintenu
son niveau de rémunération.

1657
Bien que nous n’ayons pas de détail sur la forme juridique de

8:17
la structure, il paraît évident que la mise en cause peut être
assimilée à " À toute personne qui a, directement ou 3.24
indirectement, en droit ou en fait, dirigé ou liquidé une personne
0.12

morale de droit privé » (art. L. 654-1, 2°). Plus précisément,


0.12

elle pourrait être poursuivie comme dirigeante de droit de


4:16

l’établissement, dont l’énoncé précise qu’il s’agit d’une structure


privée.
2943

Parmi les différents actes matériels pouvant caractériser la


:889

banqueroute, celui qui est ici susceptible d’être mobilisé est


2821

celui prévu à l’art. L. 654-2, 2° du Code de commerce, dont le


reproche consiste à « Avoir détourné ou dissimulé tout ou
1058

partie de l’actif du débiteur ».


n:21

Selon une jurisprudence constante, le détournement suppose


bidja

un acte de disposition, accompli volontairement sur le


patrimoine du débiteur, en fraude des droits des créanciers
e d’A

(Crim., 23 octobre 1997). Il peut notamment s’agir, pour le


sitair

dirigeant, de s’octroyer une rémunération excessive (ou de


profiter de sa situation ou de son influence pour se la faire
niver

octroyer) (Crim., 18 mars 2020). Plusieurs éléments de


tut U

l’énoncé permettent de se convaincre que la rémunération était


ici excessive (salaire plus de deux fois supérieur à la norme,
:Insti
[Link]
larvo
o
[Link]
correspondant à 7 % de la masse salariale totale…), cet excès
étant d’autant plus frappant que la structure connaissait par
ailleurs de grandes difficultés financières.
Ce détournement par rémunération excessive n’est
punissable que s’il est commis intentionnellement. Mais un
simple dol général est suffisant, étant précisé que la Cour de
cassation juge constamment que la mauvaise foi est
« nécessairement incluse dans la constatation du
détournement » (Crim., 2 mars 1989). Le détournement par
rémunération excessive devrait être également concerné par
cette jurisprudence.

2787
Pour toutes ces raisons, la rémunération versée à la
dirigeante paraît pouvoir constituer le délit de banqueroute.

1657
■ Comment les délits de banqueroute et d’abus de biens

8:17
sociaux pourraient-ils ici être articulés ?
3.24
Rappelons d’abord que si les faits sont multiples et s’étalent
0.12

dans le temps, une dissociation devra s’opérer entre les


0.12

détournements commis avant la cessation des paiements et


ceux commis après (Crim., 18 juillet 1985). Puisque les faits
4:16

s’étalent sur deux périodes distinctes, les deux infractions


2943

pourront être simultanément retenues.


:889

Or, une partie de la rémunération excessive a été versée


après l’état de cessation des paiements et l’ouverture
2821

subséquente de la procédure de redressement judiciaire. Pour


1058

ces faits, l’abus de biens sociaux (ABS) est exclu et seule la


banqueroute peut être retenue.
n:21

La question se pose en revanche pour la période antérieure à


bidja

l’ouverture de la procédure collective. Pour cette période, ces


e d’A

qualifications « sont exclusives l’une de l’autre » (Crim.,


27 octobre 1999).
sitair

L’ABS peut être retenu sur cette période, étant précisé que le
niver

fait, pour un dirigeant, de s’octroyer une rémunération


tut U

excessive est constamment regardé comme un usage contraire


aux intérêts de la société au sens de cette infraction.
:Insti
[Link]
larvo
o
[Link]
Mais l’ABS suppose, à titre de condition préalable, que les
détournements aient été commis au détriment d’une société
commerciale (SA, SARL…), au contraire de la banqueroute
dont le champ d’application est bien plus large. L’énoncé ne
permet pas de savoir si une telle société est ici concernée,
mais la solution est peu probable s’agissant d’un établissement
d’hospitalisation à domicile.
En tous les cas, pour la même période, la banqueroute peut
également être caractérisée, s’il est estimé que ce sont ces
détournements ou dissimulations qui ont provoqué celle-ci
(Crim., 14 février 2007) ou contribué à la provoquer. En ce

2787
cas, une primauté semble accordée à la banqueroute, sur le
fondement de cette causalité. En l’occurrence, nous ne

1657
disposons pas d’éléments suffisamment précis pour connaître

8:17
le rôle de la rémunération excessive dans l’état de cessation
des paiements. Le plus logique est de considérer que cet état 3.24
n’a pas été directement provoqué par elle. Auquel cas la
0.12

banqueroute sera écartée.


0.12
4:16
2943
:889
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1058
n:21
bidja
e d’A
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niver
tut U
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larvo
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olarvo
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niver
sitair
L’essentiel en 1 clin d’œil

e d’A
bidja
n:21
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:889
2943
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0.12
0.12
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trompeuses et délit d’initié
FICHE 30 Pratiques commerciales
2787
1657
8:17
3.24
0.12
0.12
4:16
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2821
1058
n:21
bidja

Cette dernière fiche a vocation à réunir les deux dernières grandes


e d’A

infractions d’affaires, expressément visées au programme. C’est


cependant le seul point commun entre elles, très différentes dans leurs
sitair

constitutions et leurs finalités (deux schémas distincts seront donc inclus).


niver

Le délit d’initié relève du droit boursier, il est incriminé dans le Code


monétaire et financier et a vocation à assurer la transparence des
tut U

marchés et l’égalité informationnelle des investisseurs.


:Insti
[Link]
larvo
o
[Link]
Les pratiques commerciales trompeuses constituent la principale
incrimination du droit de la consommation, incluses dans le code
éponyme. Il s’agit de protéger, bien sûr, les consommateurs, mais aussi
une concurrence respectueuse de la légalité.

I. Les pratiques commerciales trompeuses


L’incrimination de publicité mensongère fut créée par la loi du 2 juillet
1963, avant d’être élargie par la loi « Royer » du 27 décembre 1973,
créant le délit de publicité fausse ou de nature à induire en erreur,
terminologie que la doctrine simplifia en publicité trompeuse. Repris dans
le Code de la consommation en 1993, le délit est aujourd’hui (depuis la loi

2787
du 3 janvier 20081) englobé dans les pratiques commerciales trompeuses

1657
(art. L. 121-1 à L. 121-5).

8:17
Bien que les pratiques commerciales trompeuses soient incluses dans le
Code de la consommation, son actuel article L. 121-5 précise que toutes 3.24
les règles les concernant « sont également applicables aux pratiques qui
0.12

visent les professionnels et les non-professionnels »2. Est-on encore en


0.12

droit de la consommation3 ?
4:16

Pratiques commerciales déloyales et pratiques commerciales


trompeuses. Les textes aboutissent à une architecture complexe, dont la
2943

clef de voûte est l’art. L. 121-1 C. Conso., qui introduit la section intitulée
:889

« Pratiques commerciales déloyales ». Celui-ci précise :


2821

– d’une part, que « Constituent, en particulier, des pratiques commerciales


déloyales les pratiques commerciales trompeuses définies aux
1058

articles L. 121-2 à L. 121-4 et les pratiques commerciales agressives


n:21

définies aux articles L. 121-6 et L. 121-7. » (art. L. 121-1, al. 4). Seules
les pratiques commerciales trompeuses seront ici étudiées.
bidja

– D’autre part, qu’« Une pratique commerciale est déloyale lorsqu’elle est
e d’A

contraire aux exigences de la diligence professionnelle et qu’elle altère


ou est susceptible d’altérer de manière substantielle le comportement
sitair

économique du consommateur normalement informé et raisonnablement


niver

attentif et avisé, à l’égard d’un bien ou d’un service.


tut U

Le caractère déloyal d’une pratique commerciale visant une catégorie


particulière de consommateurs ou un groupe de consommateurs
:Insti

vulnérables en raison d’une infirmité mentale ou physique, de leur âge ou


[Link]
larvo
o
[Link]
de leur crédulité s’apprécie au regard de la capacité moyenne de
discernement de la catégorie ou du groupe. » (art. L. 121-1, al. 2 et 3)4.
Certes, la Cour de cassation a pu un temps juger qu’une pratique
trompeuse était nécessairement déloyale, lorsqu’elle a condamné un
prévenu sans vérifier que ses mensonges avaient effectivement altéré le
comportement économique de ses clients5. Mais la chambre commerciale
était d’avis contraire6 et sa jurisprudence était conforme à celle de la Cour
de Justice de l’Union européenne. Aussi la chambre criminelle juge
désormais qu’une condamnation pour pratiques commerciales trompeuses
suppose que soit spécialement démontrée la condition visée à l’article L.
121-17 – à moins que la pratique ne soit réputée trompeuse par

2787
l’art. L. 121-4 (voir infra)8.

1657
A. Élément matériel

8:17
1. Généralités
3.24
Pratiques commerciales trompeuses. L’expression est extrêmement
0.12

large, et doit être précisée en chacun de ses éléments (une « pratique »,


de nature « commerciale », présentant un caractère « trompeur »).
0.12

Précisons dès à présent que le délit est constitué dès lors que la
4:16

pratique est mise en œuvre ou qu’elle produit ses effets en France9.


2943

De la publicité aux pratiques. Comment comprendre le remplacement


:889

du terme de publicité par celui de pratique commerciale ? Il est en tous


les cas certain que le principe de la légalité n’y gagne rien, le terme de
2821

pratique n’étant défini ni dans le texte de l’art. L. 121-2 C. Conso., ni


1058

ailleurs. Un consensus s’est rapidement fait, considérant la pratique


comme plus large que la publicité, et englobant cette dernière. En réalité,
n:21

la publicité était entendue d’une manière large, de sorte qu’il fut


bidja

logiquement estimé que l’« enrichissement de la définition n’a pas modifié


e d’A

les éléments constitutifs de l’infraction »10.


Conséquences de l’exigence d’une pratique commerciale.
sitair

L’extension réalisée est d’autant plus limitée que seule la pratique


niver

commerciale est visée. L’art. L. 121-1 C. Conso. le rappelle en évoquant


des pratiques contraires aux « exigences de la diligence professionnelle ».
tut U

Ceci conduit à exclure les simples campagnes d’opinion11, les petites


:Insti
[Link]
larvo
o
[Link]
annonces publiées par un particulier12, comme devraient être exclues les
opérations à titre gratuit, pourtant réprimées par l’ancien délit de publicité
trompeuse.
En revanche, toujours s’agissant du champ d’application de ces
pratiques, celles-ci doivent être appliquées non seulement à la phase de
conclusion d’un contrat, mais aussi de son exécution, notamment aux
mesures prises en vue d’obtenir le paiement du produit13.
Précisions sur le caractère trompeur des pratiques commerciales.
Il faut enfin que les pratiques commerciales soient trompeuses. Précisons,
d’abord, que l’infraction est constituée dès lors qu’elle est susceptible de
tromper le public – par une appréciation in abstracto, en référence au

2787
consommateur « moyen »14, sans qu’il soit nécessaire qu’une personne
ait été effectivement trompée : il s’agit donc d’une infraction formelle15.

1657
En conséquence de cela, la tentative n’est pas réprimée.

8:17
Pour le reste, le caractère trompeur des pratiques commerciales fait
3.24
l’objet d’une définition très – trop ? – détaillée. La loi distingue entre des
pratiques de commission et d’omission, et prévoit le cas très original de
0.12

pratiques réputées trompeuses.


0.12

2. Les pratiques commerciales trompeuses par


4:16

commission (art. L. 121-2 C. conso.)


2943

Rentrent dans cette première catégorie trois pratiques qui sont


:889

considérées comme trompeuses dans les cas suivants :


2821

– « 1° Lorsqu’elle crée une confusion avec un autre bien ou service, une


marque, un nom commercial ou un autre signe distinctif d’un
1058

concurrent »16
n:21

– « 2° Lorsqu’elle repose sur des allégations, indications ou présentations


bidja

fausses ou de nature à induire en erreur et portant sur l’un ou plusieurs


des éléments suivants : […] » (par exemple le prix, ou les
e d’A

caractéristiques essentielles du bien ou du service)


sitair

– « 3° Lorsque la personne pour le compte de laquelle elle est mise en


niver

œuvre n’est pas clairement identifiable ».


Caractérisent par exemple le délit les faits suivants :
tut U

– annoncer des remises, en réalité fictives car elles ont été effectuées sur
:Insti

des produits dont les prix avaient été artificiellement gonflés au


préalable17
[Link]
larvo
o
[Link]
– inciter des consommateurs, conducteurs et utilisateurs à participer au
service « Uberpop » par des communications commerciales donnant
l’impression qu’il était licite alors qu’il ne l’était pas18
– commercialiser une crème cosmétique dont la présentation par son
emballage et sa notice était de nature à créer une confusion avec un
médicament, et d’autre part faire usage d’une allégation de santé
(« Captez 50 % des matières grasses ») non autorisée dans l’étiquetage
d’une denrée alimentaire19.

3. Les pratiques commerciales trompeuses par omission


(art. L. 121-3 C. conso.)

2787
Grande nouveauté textuelle de 2008, l’art. L. 121-3 C. conso. vise
ensuite les pratiques commerciales trompeuses par omission. Plus

1657
précisément, constitue cette forme de pratique celle qui « omet, dissimule

8:17
ou fournit de façon inintelligible, ambiguë ou à contretemps une
3.24
information substantielle ou lorsqu’elle n’indique pas sa véritable intention
commerciale dès lors que celle-ci ne ressort pas déjà du contexte »
0.12

(al. 1er). Étant précisé que lorsque le moyen de communication utilisé


0.12

impose des limites d’espace ou de temps, il y a lieu, pour apprécier si des


4:16

informations substantielles ont été omises, de tenir compte de ces limites


ainsi que de toute mesure prise par le professionnel pour mettre ces
2943

informations à la disposition du consommateur par d’autres moyens


:889

(al. 2).
2821

La notion centrale d’information substantielle fait par la suite l’objet d’une


définition, ou plutôt d’une énumération, à la fin du même article L. 121-3.
1058

Doivent être considérées comme telles :


n:21

– « 1° Les caractéristiques principales du bien ou du service


bidja

– 2° L’adresse et l’identité du professionnel


– 3° Le prix toutes taxes comprises et les frais de livraison à la charge du
e d’A

consommateur, ou leur mode de calcul, s’ils ne peuvent être établis à


sitair

l’avance
niver

– 4° Les modalités de paiement, de livraison, d’exécution et de traitement


des réclamations des consommateurs, dès lors qu’elles sont différentes
tut U

de celles habituellement pratiquées dans le domaine d’activité


:Insti

professionnelle concerné
[Link]
larvo
o
[Link]
– 5° L’existence d’un droit de rétractation, si ce dernier est prévu par la
loi. »

Les pratiques réputées trompeuses. Malgré tous les soins


apportés à la définition du caractère trompeur par les art. L. 121-2 et
L. 121-3 C. conso., le législateur a entendu s’assurer de leur bonne
compréhension en réputant trompeuses un certain nombre – vingt-
quatre20 – de pratiques. Ces pratiques réputées trompeuses ont été
insérées par la loi du 4 août 2008 et figurent désormais à
l’art. L. 121-4. Il s’agit ni plus ni moins de consignes d’interprétation
données au juge, ce qui ne doit pas manquer d’interpeller : ne doit-on

2787
pas y voir une méconnaissance de la séparation des pouvoirs ? En
tous les cas, la plupart des hypothèses visées ne font que détailler et

1657
illustrer les règles déjà énoncées aux articles précédents. Par

8:17
exemple, le fait d’« afficher un certificat, un label de qualité ou un
équivalent sans avoir obtenu l’autorisation nécessaire » est une 3.24
pratique réputée trompeuse, quand l’art. L. 121-2 affirme déjà qu’une
0.12

pratique commerciale est trompeuse lorsqu’elle repose sur des


0.12

allégations, indications ou présentations fausses ou de nature à


4:16

induire en erreur portant notamment sur ses qualités substantielles,


sa composition, son origine, son mode et sa date de fabrication.
2943

Un intérêt majeur de ces pratiques doit cependant être relevé. En les


:889

réputant trompeuses, le législateur ne réclame pas la preuve


2821

supplémentaire que la pratique est contraire aux exigences de la


diligence professionnelle et qu’elle altère ou est susceptible d’altérer
1058

de manière substantielle le comportement économique du


n:21

consommateur normalement informé et raisonnablement attentif et


avisé au sens de l’art. L. 121-1 (voir supra).
bidja
e d’A

B. Élément moral
sitair

L’ancien délit de publicité trompeuse avait fini par devenir une infraction
niver

non-intentionnelle. L’objectif des lois de 2008 étant l’élargissement de la


tut U

pénalisation et l’amélioration de la protection du consommateur, la logique


eût voulu que cette solution fût maintenue. C’est pourtant dans le sens
:Insti

inverse que s’est orientée la Cour de cassation, fin 200921. En réalité, la


[Link]
larvo
o
[Link]
solution ne pouvait être différente : faute pour le Code de la
consommation de faire référence à une infraction d’imprudence, c’est le
droit commun de l’art. 121-3 CP – « point de crime ou de délit sans
intention de le commettre » – , qui devait s’appliquer. Cela étant, la Cour
de cassation caractérise l’intention coupable par « la seule constatation
de la violation, en connaissance de cause, d’une prescription légale ou
réglementaire ». Autrement dit, une telle violation fait présumer l’intention
requise.

C. Peines
Les peines du délit de pratiques commerciales trompeuses ne figurent

2787
pas dans la section consacrée à son incrimination, mais dans une sous-
section éloignée (art. L. 132-1 et s.).

1657
Sont concernées les personnes physiques et morales. Depuis la loi

8:17
« Hamon » du 17 mars 2014, l’identification du responsable pénal des
pratiques commerciales trompeuses obéit aux règles de droit commun. 3.24
0.12

Peines principales. À titre principal, il est prévu que les pratiques


commerciales trompeuses sont punies d’un emprisonnement de deux ans
0.12

et d’une amende de 300 000 euros, sachant que le montant de l’amende


4:16

peut être porté, de manière proportionnée aux avantages tirés du délit, à


2943

10 % du chiffre d’affaires moyen annuel, calculé sur les trois derniers


chiffres d’affaires annuels connus à la date des faits, ou à 50 % des
:889

dépenses engagées pour la réalisation de la publicité ou de la pratique


2821

constituant ce délit22.
Peines complémentaires. Les peines complémentaires encourues par
1058

les personnes physiques et morales sont inscrites aux art. L. 132-3 (peine
n:21

complémentaire facultative) et L. 132-4 (peine complémentaire


bidja

obligatoire).
Des annonces rectificatives peuvent notamment être imposées. Auquel
e d’A

cas, le défaut d’exécution est puni d’un emprisonnement de deux ans et


sitair

d’une amende de 300 000 euros23.


niver

Communication des documents utiles au tribunal. Pour l’application


des peines principales et complémentaires, le tribunal peut demander tant
tut U

aux parties qu’à l’annonceur la communication de tous documents utiles.


:Insti

En cas de refus, il peut ordonner la saisie de ces documents ou toute


[Link]
larvo
o
[Link]
mesure d’instruction appropriée. Il peut en outre prononcer une astreinte
pouvant atteindre 4 500 euros par jour de retard à compter de la date qu’il
a retenue pour la production de ces documents24.
Le refus de communication des éléments de justification ou des
publicités diffusées dans les conditions prévues à l’article L. 132-6 est
puni d’un emprisonnement de deux ans et d’une amende de
300 000 euros25.
Cessation de la pratique commerciale trompeuse. La cessation de la
pratique commerciale trompeuse peut être ordonnée par le juge
d’instruction ou par le tribunal saisi des poursuites, soit sur réquisition du
ministère public, soit d’office26. L’inobservation de la décision du juge

2787
ordonnant la cessation est punie d’un emprisonnement de deux ans et
d’une amende de 300 000 euros27.

1657
8:17
Sur les conflits de qualification
3.24
Une des difficultés posées par l’incrimination des pratiques
0.12

commerciales trompeuses réside dans les nombreux conflits de


qualification potentiels :
0.12

En droit commun, c’est principalement l’escroquerie qui pourra être


4:16

simultanément caractérisée. D’ailleurs, certaines pratiques réputées


2943

trompeuses rappellent nettement ce délit (notamment les 15° –


« affirmer d’un produit ou d’un service qu’il augmente les chances de
:889

gagner aux jeux d’argent et de hasard » et 16° – « affirmer


2821

faussement qu’un produit ou une prestation de services est de nature


1058

à guérir des maladies, des dysfonctionnements ou des


malformations » – de l’art. L. 121-4 C. Conso.)
n:21

En droit de la consommation, des doublons ne sont pas exclus,


bidja

notamment avec le délit de tromperie : « Il est interdit pour toute


e d’A

personne, partie ou non au contrat, de tromper ou tenter de tromper


le contractant, par quelque moyen ou procédé que ce soit, même par
sitair

l’intermédiaire d’un tiers : 1° Soit sur la nature, l’espèce, l’origine, les


niver

qualités substantielles, la composition ou la teneur en principes utiles


de toutes marchandises ; 2° Soit sur la quantité des choses livrées
tut U

ou sur leur identité par la livraison d’une marchandise autre que la


:Insti
[Link]
larvo
o
[Link]
chose déterminée qui a fait l’objet du contrat ; 3° Soit sur l’aptitude à
l’emploi, les risques inhérents à l’utilisation du produit, les contrôles
effectués, les modes d’emploi ou les précautions à prendre »28.

II. Le délit d’initié


Le droit des marchés financiers impose l’égalité de tous les acteurs. Or,
celle-ci peut être malmenée si l’un d’eux profite d’une information
privilégiée. Notons que les articles étudiés, créés par une loi du
23 décembre 1970 et aujourd’hui insérés dans le Code monétaire et
financier (CMF), le sont dans une section intitulée « Atteintes à la

2787
transparence des marchés »29.

1657
Les principaux textes sont les art. L. 465-1, L. 465-2 et L. 465-3 CMF,
les trois ayant été modifiés par l’importante loi n° 2016-819 du 21 juin

8:17
2016 réformant le système de répression des abus de marché30.
3.24
A. Condition préalable relative à l’information
0.12

privilégiée
0.12
4:16

Définition de l’information privilégiée. Longtemps, il revint à la


jurisprudence et à la doctrine de combler l’absence de définition légale de
2943

l’information privilégiée. Depuis 2016, la notion est définie… par renvoi à


:889

un règlement européen31, lequel prévoit en substance qu’une information


2821

privilégiée est une information à caractère précis qui n’a pas été rendue
publique et qui, si elle l’était, serait susceptible d’influer de façon sensible
1058

sur le cours des instruments concernés (la Cour de cassation retenait


n:21

presque mot à mot cette définition32).


bidja

1. Une information confidentielle


e d’A

L’information doit être secrète, inconnue du public. Le juge se livre à une


sitair

approche pragmatique : ce n’est pas le nombre de personnes détenant


l’information qui prévaut, mais la façon dont celle-ci a été délivrée.
niver

– Ainsi, les organes de direction et de surveillance étant nécessairement


tut U

collégiaux, la détention d’une information par plusieurs initiés ne lui fait


pas perdre son caractère confidentiel
:Insti
[Link]
larvo
o
[Link]
– À l’inverse, l’information perd son caractère confidentiel si elle sort de ce
cercle restreint. Tel est nécessairement le cas lorsqu’elle est diffusée
par un canal officiel : un communiqué de la société, une publicité légale,
une publication dans la presse spécialisée, une lettre aux associés…
Évidemment, ce caractère confidentiel ne dure souvent qu’un temps. Le
rapport au temps est donc primordial pour la caractérisation du délit
d’initié : c’est au moment précis du comportement reproché au prévenu
(voir infra) qu’il faudra vérifier cette condition. C’est parfois « à la minute
près »33 que cela se joue.

2. Une information précise

2787
Cette exigence permet d’écarter les renseignements vagues ou les
simples rumeurs. Ont été par exemple considérées comme des

1657
informations précises :

8:17
– La préparation d’une offre publique d’achat (affaire « Péchiney-
Triangle »34) 3.24
– La connaissance d’un projet de prise de participation significative dans
0.12

le capital d’une banque35


0.12

– La connaissance de l’annonce imminente de la cession d’un bloc


4:16

d’autocontrôle36.
2943

3. Une information déterminante


:889

Classiquement, l’information doit être « de nature à influer sur le cours


2821

de la valeur et déterminante des opérations réalisées »37.


1058

Dans le même arrêt, il est précisé que « le caractère privilégié des


informations au sens de ces textes, ne saurait résulter de l’analyse que
n:21

peut en faire celui qui les reçoit et les utilise, mais doit s’apprécier de
bidja

manière objective, excluant tout arbitraire, et en fonction de leur seul


contenu ».
e d’A
sitair

B. Élément matériel
niver

Depuis la loi de 2016, trois comportements, distincts mais


tut U

complémentaires, sont incriminés – dans trois articles séparés – au titre


du délit d’initié : utiliser l’information litigieuse (1), la recommander (2) et la
:Insti

communiquer (3).
[Link]
larvo
o
[Link]
1. Utilisation d’une information privilégiée (art. L. 465-1
CMF)
L’art. L. 465-1, I, A, incrimine le fait « de faire usage de cette
information privilégiée en réalisant, pour elle-même ou pour autrui, soit
directement, soit indirectement, une ou plusieurs opérations ou en
annulant ou en modifiant un ou plusieurs ordres passés par cette même
personne avant qu’elle ne détienne l’information privilégiée, sur les
instruments financiers émis par cet émetteur ou sur les instruments
financiers concernés par ces informations privilégiées ».
L’introduction du terme « usage » inclut non seulement, comme par le
passé, la réalisation (lancement d’un ordre d’achat ou de vente de titres),

2787
mais également, ce qui est nouveau, l’annulation ou la modification

1657
d’ordres.
L’infraction peut être caractérisée même en l’absence de profit, si

8:17
l’initié a été particulièrement maladroit ou incompétent dans l’utilisation de
l’information privilégiée. Il s’agit d’un délit formel qui se consomme 3.24
0.12

indépendamment de tout résultat préjudiciable.


Par opposition, le simple fait qu’une personne dispose d’une
0.12

information privilégiée n’est pas constitutif de l’infraction, si son


4:16

comportement est légitime (au sens du règlement européen)38.


2943

L’art. L. 465-1, tel qu’interprété de manière constante par la Cour de


cassation, en ce qu’il permet de déclarer une personne coupable de faits
:889

d’utilisation d’informations privilégiées pour réaliser une opération sur les


2821

instruments financiers, sur la base d’indices graves, précis et concordants


1058

dont il résulte que cette personne a bien bénéficié d’une information


privilégiée et l’a utilisée pour réaliser ou faire réaliser des opérations
n:21

financières, pose une présomption de culpabilité compatible avec la


bidja

présomption d’innocence39.
e d’A

2. Recommandation ou incitation à réaliser une opération


sitair

d’initié (art. L. 465-2 CMF)


niver

Est en premier lieu incriminé le fait « de recommander la réalisation


d’une ou plusieurs opérations sur les instruments financiers auxquels
tut U

l’information privilégiée se rapporte ou d’inciter à la réalisation de telles


:Insti

opérations sur le fondement de cette information privilégiée »40.


[Link]
larvo
o
[Link]
Une forme spécifique de recel de cette infraction est ensuite incriminée,
au II du même art. L. 465-2 : « Constitue l’infraction […]41 le fait, par toute
personne, de faire usage de la recommandation ou de l’incitation
mentionnée au I du présent article en sachant qu’elle est fondée sur une
information privilégiée ».
Encore, une forme cette fois de coaction ou de complicité est
spécialement incriminée, au III du même art. L. 465-2 : « Constitue
l’infraction […]42 le fait, par toute personne, de communiquer la
recommandation ou l’incitation mentionnée au I du présent article en
sachant qu’elle est fondée sur une information privilégiée ».

3. Communication d’une information privilégiée

2787
(art. L. 465-3 CMF)

1657
Est précisément incriminé le fait, par une personne titulaire d’une

8:17
information privilégiée, « de la communiquer à un tiers, à moins qu’elle ne
prouve que cette communication intervient dans le cadre normal de sa 3.24
profession ou de ses fonctions ».
0.12

Le mode de communication apparaît indifférent (écrit, courriel, SMS,


0.12

oral…).
4:16

Puisque la communication est suffisante, peu importe que le tiers réalise


2943

ou non l’opération après la communication de l’information privilégiée. Peu


importe encore qu’il connaisse déjà cette information.
:889
2821

C. Élément moral
1058

Les différents délits sont intentionnels. Cela étant, comme souvent en


droit pénal des affaires, l’élément intentionnel est considérablement réduit
n:21

(voire supprimé, si l’on suit l’interprétation de la CJUE43). Il n’y est


bidja

d’ailleurs pas fait référence, à l’exception des II et III de l’art. L. 465-2


e d’A

(« en sachant qu’elle est fondée sur une information privilégiée »).


Cette souplesse de l’élément moral a été à plusieurs reprises confirmée
sitair

en jurisprudence.
niver

– S’agissant de l’art. L. 465-1, la mauvaise foi de l’auteur, qui se déduit


de la matérialité des faits, est caractérisée dès lors que le prévenu
tut U

savait qu’il bénéficiait d’une information privilégiée, et qu’il a malgré tout


:Insti
[Link]
larvo
o
[Link]
utilisée44. Or, cette connaissance est postulée par la fonction de l’auteur,
de sorte qu’une simple négligence suffira, au risque de rapprocher les
délits d’initiés d’infractions non-intentionnelles.
– S’agissant de l’art. L. 465-2, mentionnons de nouveau l’affaire
Péchiney-Triangle (précitée), à l’occasion de laquelle la Cour de
cassation précisa qu’il n’était même pas nécessaire que celui qui permet
sciemment à des tiers de réaliser des opérations sur le marché
« connaisse l’identité des opérateurs, ni les modalités des opérations
réalisées ».

D. Répression

2787
1. Tentative

1657
La tentative est expressément prévue, pour chacun des trois délits45.

8:17
2. Application de la loi dans l’espace et compétence
3.24
des juridictions françaises
0.12

L’élément matériel est complexe, au sens où il se décompose en


0.12

plusieurs actes. Or, il est possible que certains soient accomplis en


4:16

France, d’autres à l’étranger. En application de l’art. 113-2 CP (voir


fiche 2), il suffit qu’un seul acte ait été accompli sur le territoire de la
2943

République pour rendre la loi française applicable et les juridictions


:889

françaises compétentes46. Tel fut le cas dans l’affaire Péchiney-Triangle, à


propos d’une spéculation décidée en France, peu important que
2821

« l’opération ait été réalisée sur une place étrangère » (New York)47.
1058

3. Détermination des personnes responsables


n:21

Trois catégories d’initiés sont énumérées48.


bidja

Initiés primaires. Sont visées les personnes suivantes : « le directeur


e d’A

général, le président, un membre du directoire, le gérant, un membre du


sitair

conseil d’administration ou un membre du conseil de surveillance d’un


émetteur concerné par une information privilégiée ou par une personne qui
niver

exerce une fonction équivalente ».


tut U

Cette définition large de l’initié primaire est d’autant plus rigoureuse que
cet initié est, classiquement en droit pénal, présumé avoir connaissance
:Insti

de l’information privilégiée concernant la société, dans la mesure où il


[Link]
larvo
o
[Link]
exerce des fonctions sociales au sein de celle-ci49. Toutefois, les
dirigeants (personnes physiques) peuvent utilement invoquer une
délégation de pouvoirs régulière, sauf s’ils ont pris une part personnelle à
la réalisation de l’infraction50, étant toutefois précisé qu’une telle
délégation ne bénéficie pas à la personne morale51.
Initiés secondaires. Il s’agit d’une personne bénéficiant d’une
information privilégiée « à l’occasion de sa profession ou de ses fonctions
ou à l’occasion de sa participation à la commission d’un crime ou d’un
délit ». Sont notamment visées :
– les personnes appartenant à la société qui, en raison de leurs fonctions,
disposent d’informations confidentielles (attaché de direction, secrétaire

2787
général ou encore directeur financier).
– les personnes qui entretiennent des relations professionnelles avec la

1657
société (journaliste financier, agent de change52, liquidateur amiable,

8:17
responsable ministériel53…).
Initiés tertiaires. Il s’agit, encore plus largement, de « toute autre 3.24
personne disposant d’une information privilégiée en connaissance de
0.12

cause ». Cette catégorie permet de sanctionner les bénéficiaires indirects


0.12

d’informations privilégiées, qui utilisent ou communiquent de telles


4:16

informations, en tant qu’auteurs principaux, et non plus en tant que


receleurs de délit d’initié.
2943
:889

4. Peines
2821

Peines principales. Les peines sont de cinq ans d’emprisonnement et


de 100 millions d’euros d’amende, ce montant pouvant être porté jusqu’au
1058

décuple du montant de l’avantage retiré du délit, sans que l’amende


n:21

puisse être inférieure à cet avantage.


bidja

Il n’existe pas de peine complémentaire. À noter toutefois la peine


accessoire de l’art. L. 500-1 CMF.
e d’A

Circonstance aggravante. Les peines sont portées à dix ans


sitair

d’emprisonnement et 100 millions d’euros d’amende, ce montant pouvant


être porté jusqu’au décuple du montant de l’avantage retiré du délit
niver

lorsque l’infraction est commise en bande organisée54.


tut U

Personnes morales. Les peines encourues par les personnes morales


:Insti

sont envisagées à l’art. L. 465-3-5, I CMF. Outre l’amende quintuplée


(500 millions d’euros), elles encourent les peines complémentaires de
[Link]
larvo
o
[Link]
l’art. 131-39 CP.
Répression administrative. Enfin, précisons que les délits d’initié sont
également réprimés, administrativement, par l’Autorité des marchés
financiers (AMF). Cette double répression, qui n’est pas parfaitement
compatible avec les exigences actuelles (principalement la règle Non bis in
idem) a donné lieu à de très importantes décisions, notamment celle du
18 mars 2015 rendue par le Conseil constitutionnel55. La loi précitée du
21 juin 2016 a également tenté de résoudre la difficulté, en instituant un
mécanisme d’« aiguillage » entre les deux répressions56.

Approfondir

2787
− J. Benke et E. Dezeuze, Le contrat au prisme des abus de marché :

1657
Gazette du Palais 2021, n° 31, p. 70.

8:17
− H. Claret et G. Paisant, La nouvelle codification administrative du droit
de la consommation par l’ordonnance n° 2016-301 du 14 mars 2016 : 3.24
0.12

JCP G 2016, 796.


− P. Conte, Brèves observations à propos de l’incrimination des
0.12

pratiques commerciales agressives : Droit pénal 2008, étude 3.


4:16

− P. Conte, 1905-2005 : Cent ans de protection pénale du


2943

consommateur : Droit pénal 2006, étude 4.


− S. Fournier, De la publicité fausse aux pratiques commerciales
:889

trompeuses : Droit pénal 2008, étude 4.


2821

− D. Gibirila, L’information dans les délits et manquements boursiers :


1058

Les Petites Affiches, 30 avril 2019, n° 86, p. 47.


− J. Lasserre-Capdeville, Présentation succincte de la réforme du droit
n:21

pénal financier : AJ Pénal septembre 2016, p. 424.


bidja

− G. Raymond, Les modifications au droit de la consommation


e d’A

apportées par la loi n° 2008-3 du 3 janvier 2008 pour le


développement de la concurrence au service des consommateurs :
sitair

Contrats, conc. consomm. 2008, étude 3.


niver

− R. Salomon, La coexistence nécessaire d’infractions pénales et de


tut U

manquements administratifs en matière d’abus de marché : Bulletin


Joly Bourse, 1er mars 2017, p. 132.
:Insti
[Link]
larvo
o
[Link]
1. Inspirée en cela par l’importante directive 2005/29/CE du Parlement européen et du Conseil du
11 mai 2005, à laquelle la jurisprudence renvoie très souvent.
2. Les concepts de consommateur, de professionnel et de non-professionnel sont définis dans
l’article liminaire du Code de la consommation. Sur les cas spécifiques du professionnel-acheteur
et du consommateur-vendeur, V. Crim., 5 décembre 2017, n° 16-86729.
3. V., refusant d’appliquer le délit « aux tractations entre professionnels » : Crim., 16 janvier 2018, n
° 16-83457.
4. Pour une appréciation objective du consommateur « moyen » : Crim., 11 juillet 2017, n° 16-84902.
5. Crim., 26 juin 2012, n° 11-86267.
6. Com., 1er mars 2017, n° 15-15448.
7. Crim., 29 janvier 2019, n° 18-80898.
8. Crim., 28 janvier 2020, n° 19-80496.
9. Art. L. 132-1 C. Conso.
10. Crim., 24 mars 2009, n° 08-86530 et 08-86534.
11. Com., 27 avril 2011, n° 10-15648.

2787
12. Crim., 19 mars 2019, n° 17-83543.
13. Crim., 19 mars 2019, n° 17-87534 (sociétés de recouvrement des dettes de consommateurs) ;

1657
dans le même sens : CJUE, 10e ch., 20 juillet 2017, aff. C-357/16.
14. Pour une appréciation : Crim., 11 juillet 2017, n° 16-84902.

8:17
15. Pour une application du délit en l’absence de victime, V. Crim., 5 mai 2010, n° 09-85689.
16. Crim., 12 juin 2019, n° 18-83298 : la commercialisation d’un vin comportant le terme « Petrus »
3.24
n’emporte pas un risque de confusion pour le consommateur ; contra Crim., 19 novembre 2019, n
° 18-85900.
0.12

17. Crim., 18 septembre 1996, n° 95-83678.


18. Crim., 11 janvier 2017, n° 15-87770.
0.12

19. Crim., 20 octobre 2020, n° 19-81207. L’intérêt de cet arrêt est de faire primer la réglementation
4:16

des pratiques commerciales déloyales sur d’autres, ici celle relative aux produits cosmétiques.
20. La dernière a été ajoutée par la loi n° 2021-1357 du 18 octobre 2021.
2943

21. Crim., 15 décembre 2009, n° 09-83059.


22. Art. L. 132-2.
:889

23. Art. L. 132-5 C. Conso.


24. Art. L. 132-6 C. Conso.
2821

25. Art. L. 132-7 C. Conso.


26. Art. L. 132-8 C. Conso.
1058

27. Art. L. 132-9 C. Conso.


28. Art. L. 441-1 C. Conso. (les peines sont prévues aux art. L. 454-1 et s. C. conso.).
n:21

29. Sur les marchés et opérations concernés, V. l’art. L. 465-3-4 CMF.


bidja

30. Les versions antérieures avaient été validées au regard des principes de légalité des peines et
de présomption d’innocence (Crim., 8 juillet 2015, 14-84562 – refus de renvoi d’une QPC) et de
e d’A

prévisibilité de la loi (CEDH, 5e sect., 6 octobre 2011, n° 20425/06, Soros c/France).


31. Art. L. 465-1, I, C CMF (renvoi aux 1 à 4 de l’article 7 du règlement (UE) n° 596/2014 du
sitair

Parlement européen et du Conseil du 16 avril 2014 sur les abus de marché).


32. Crim., 26 juin 1995, n° 93-81646.
niver

33. CA Paris, 14 janvier 1993, Gaz. Pal. 1993, 1, 198, note J.-P. Marchi.
34. Crim., 26 octobre 1995, n° 94-83780.
tut U

35. Crim., 14 juin 2006, n° 05-82453.


36. Crim., 20 avril 2017, n° 14-84562.
:Insti

37. Crim., 26 juin 1995, n° 93-81646.


38. Art. L. 465-1, B CMF.
[Link]

39. Crim., 15 décembre 2021, n° 21-83500 (non-renvoi d’une QPC).


larvo
o
[Link]
40. L. 465-2, I CMF.
41. Celle de l’art. L. 465-1, I CMF.
42. Celle de l’art. L. 465-3, I CMF.
43. CJUE, 23 décembre 2009, aff. C-45/08, Spector Photo Group.
44. Crim., 14 juin 2006, n° 05-82453.
45. Art. L. 465-1, II ; L. 465-2, IV ; L. 465-3, II CMF.
46. Art. 689 CPP.
47. Crim., 3 novembre 1992, n° 92-84745 ; Crim., 26 octobre 1995, n° 94-83780.
48. Par l’art. L. 465-1, auquel renvoie l’art. L. 465-2, quand l’art. L. 465-3 reprend presque
exactement cette liste.
49. Crim., 15 mars 1993, n° 92-82263.
50. Crim., 19 octobre 1995, n° 94-83884.
51. Crim., 26 juin 2001, n° 00-83466.
52. Crim., 18 février 1991, n° 90-82288.
53. Le directeur de cabinet du ministre de l’Economie et des finances dans l’affaire Péchiney-

2787
Triangle.
54. Art. L. 465-3-5, II CMF.

1657
55. Conseil constitutionnel, 18 mars 2015, n° 2014-453/545 QPC et 2015-462 QPC.
56. Art. L. 465-3-6 CMF.

8:17
3.24
0.12
0.12
4:16
2943
:889
2821
1058
n:21
bidja
e d’A
sitair
niver
tut U
:Insti
[Link]
larvo
o
[Link]
Exercice

Didier pense avoir trouvé un remède miracle contre les formes


graves de la Covid-19. Il s’agit d’un produit déjà existant sur le
marché de l’homéopathie, utilisé pour de prétendues vertus
relaxantes.
Très à l’aise dans la communication, il le fait savoir par de
nombreuses interventions dans les médias et sur les réseaux
sociaux, et travaille avec une entreprise qui accepte de le

2787
commercialiser (moyennant une contrepartie intéressante pour

1657
Didier).
De nombreux spécialistes dénoncent immédiatement ce qu’ils

8:17
considèrent être une véritable escroquerie scientifique. Il sera
démontré plus tard qu’effectivement, le produit mis en vente 3.24
0.12

n’était d’aucune utilité dans la lutte contre la Covid-19.


0.12

Didier s’est-il rendu coupable de pratiques commerciales


trompeuses ?
4:16
2943
:889
2821
1058
n:21
bidja
e d’A
sitair
niver
tut U
:Insti
[Link]
larvo
o
[Link]
Corrigé

Les faits reprochés à Didier semblent bien constituer le délit.


D’abord, il y a bien une pratique qui correspond à ce qui est
envisagé par le texte, en l’occurrence une communication
médiatique intense de la part de Didier, destinée à promouvoir
son produit. Bien que le terme de pratique ne soit pas défini, il
semble évident que de tels comportements, incluant des
publicités, ont vocation à être appréhendés.

2787
Ensuite, cette pratique est bien commerciale : Didier et
l’entreprise sont dans une telle démarche et s’adressent

1657
directement à des consommateurs susceptibles d’être

8:17
intéressés par le produit litigieux, en espérant de fortes ventes.
Enfin, cette pratique paraît bien trompeuse. Rappelons que 3.24
l’infraction est constituée dès lors qu’elle est susceptible de
0.12

tromper le public – par une appréciation in abstracto, en


0.12

référence au consommateur « moyen », sans qu’il soit


4:16

nécessaire qu’une personne ait été effectivement trompée : il


s’agit donc d’une infraction formelle. Peu importe que l’énoncé
2943

ne mentionne pas la présence d’acheteurs victimes.


:889

Au-delà, cette pratique paraît constituer une pratique


2821

commerciale réputée trompeuse au sens de l’art. L. 121-4


C. Conso. En effet, sont notamment concernées les pratiques
1058

ayant pour objet « D’affirmer faussement qu’un produit ou une


n:21

prestation de services est de nature à guérir des maladies, des


dysfonctionnements ou des malformations » (16°).
bidja

Cela a deux incidences. D’abord, il est inutile de s’attacher à


e d’A

caractériser les éléments matériels des art. L. 121-2


sitair

(commission) ou L. 121-3 (omission). Ensuite, et surtout, en les


réputant trompeuses, le législateur ne réclame pas la preuve
niver

supplémentaire que la pratique est contraire aux exigences de


tut U

la diligence professionnelle et qu’elle altère ou est susceptible


d’altérer de manière substantielle le comportement économique
:Insti

du consommateur normalement informé et raisonnablement


[Link]
larvo
o
[Link]
attentif et avisé, au sens de l’art. L. 121-1 (Crim., 28 janvier
2020), alors que pour les pratiques qui ne sont pas réputées
trompeuses, la Cour de cassation exige que soit démontrée
cette condition (Crim., 29 janvier 2019).
S’agissant de l’élément moral, la Cour de cassation se
contente de la violation, en connaissance de cause, de l’interdit
des art. L. 121-1 et suivants (Crim., 15 décembre 2009). Ici,
Didier travaille avec une entreprise pour profiter des ventes
réalisées, sa mauvaise foi paraît quasi certaine (à moins qu’il
ne pense sincèrement avoir trouvé le remède miracle).
Didier encourt donc les différentes peines encourues au titre

2787
du délit de pratiques commerciales trompeuses. Avec cette
difficulté supplémentaire qu’un concours de qualification devra

1657
être opéré, avec l’escroquerie qui semble par ailleurs

8:17
constituée (art. 313-1 CP). Ce dernier délit étant plus
sévèrement réprimé, c’est lui qui devrait être appliqué en 3.24
priorité.
0.12
0.12
4:16
2943
:889
2821
1058
n:21
bidja
e d’A
sitair
niver
tut U
:Insti
[Link]
larvo
o
[Link]
Index

Les chiffres arabes renvoient au numéro de la fiche concernée.

2787
Les chiffres romains renvoient au numéro du chapitre concerné
de ladite fiche.

1657
Les chiffres en gras correspondent aux fiches directement

8:17
et principalement consacrées au thème évoqué.
3.24
A
0.12

Abus de biens sociaux : 28 ; 29 (III)


0.12

Abus de confiance : 5 (I) ; 22 (I) ; 28 (I)


Abus de faiblesse : 1 (I) ; 15 (introduction)
4:16

Administration de substances nuisibles : 14 (II)


2943

Agents publics : 18 (II) ; 19 (II) ; 22 (III) ; 26 ; 27 (I) ; 27 (II) ; 27 (III)


Agressions sexuelles : 1 (I) ; 2 (I) ; 2 (II) ; 4 (II) ; 4 (III) ; 9 (II) ; 10 (II) ; 13 (I) ; 17 (I) ; 18 (I)
:889

Altération du discernement : 1 (I) ; 8 (I)


2821

Application de la loi dans le temps : 1 ; 3 (I)


Application de la loi dans l’espace : 2 ; 3 (I) ; 17 (II) ; 23 (II) ; 30 (II)
1058

Assassinat : voir Meurtre


n:21

Association de malfaiteurs : 3 (II) ; 4 (II) ; 10 (I) ; 13 (I) ; 24 (II) ; 25 (I)


Atteintes sexuelles : 17 (I)
bidja

Auteur moral de l’infraction : 10 (II)


e d’A

B
Banqueroute : 29
sitair

Biens immatériels ou incorporels : 21 (I) ; 21 (III) ; 22 (I) ; 23 (I) ; 28 (I)


niver

Blanchiment : voir Infractions de conséquence


tut U

C
Causalité : 3 (II) ; 6 (I) ; 14 (I) ; 15 (I) ; 16 (I) ; 21 (III)
:Insti

Chantage : 21 (II)
Chefs d’entreprise : 12
[Link]
larvo
o
[Link]
Circonstances aggravantes : 1 (I) ; 3 (I) ; 3 (II) ; 6 (II) ; 9 ; 10 (IV) ; 13 (I) ; 14 (I) ; 16 (I)
Coaction : 10 (introduction)
Commandement de l’autorité légitime : 7 (I)
Complice : 2 (I) ; 4 (I) ; 4 (II) ; 9 (I) ; 10 ; 11 (II) ; 25 (I) ; 27 (I) ; 28 (IV) ; 30 (II)
Concours de qualifications : 9 (II) ; 13 (I) ; 14 (I) ; 16 (II) ; 21 (III) ; 27 (I) ; 30 (I)
Concussion : 26 (II)
Condition préalable : 3 (I) ; 15 (I) ; 15 (II) ; 18 (I) ; 19 (II) ; 21 (I) ; 22 (I) ; 22 (II) ; 22 (III) ; 23 (I) ; 23 (II) ;
27 (II) ; 28 (I) ; 29 (I) ; 29 (II) ; 30 (II)
Consentement de la victime : 7 (I) ; 17 (I) ; 19 (I)
Contrainte : 8 (II)
Contrôle de proportionnalité : 7 (I) ; 17 (II)
Corruption : 2 (II) ; 10 (II) ; 26
Corruption de mineurs : 17 (II)

2787
Coutume : 2 (II) ; 7 (I) ; 16 (I)

1657
Covid-19 : 6 (II) ; 9 (II) ; 15 (II)
Crimes contre l’humanité : 1 (I) ; 7 (I) ; 10 (III)

8:17
D
Délaissement d’une personne hors d’état de se protéger : 15 (I) 3.24
0.12
Délégation de pouvoirs : 11 (IV) ; 12 (II)
Délit d’initié : 2 (I) ; 30 (II)
0.12

Dénonciation calomnieuse : 20 (II)


4:16

Dénonciation mensongère : 20 (II)


Destruction de biens : 24 (I)
2943

Détournement de biens publics : 22 (III)


:889

Détournement de gage ou d’objet saisi : 7 (I) ; 22 (II)


Diffamation : 20 (II) ; 21 (II)
2821

Dirigeant de fait : 11 (IV) ; 28 (IV) ; 29 (I)


1058

Discrimination : 5 (II) ; 9 (II) ; 18 (II)


Dol dépassé : 5 (IV) ; 16 (I)
n:21

Dol indéterminé : 5 (III) ; 16 (I)


bidja

Dol spécial : 5 (II) ; 10 (III) ; 14 (I) ; 14 (II) ; 18 (I) ; 25 (I) ; 26 (II) ; 28 (III) ; 29 (III)
Droit de correction : 7 (I) ; 16 (I)
e d’A

E
sitair

Empoisonnement : 3 (II) ; 5 (II) ; 10 (II) ; 14 (II)


Enregistrement d’images de violence (happy slapping) : 16 (I)
niver

Entrave aux mesures d’assistance : 15 (II)


tut U

Erreur de droit : 8 (II)


Erreur de fait : 5 (I) ; 8 (II) ; 21 (I)
:Insti

Escroquerie : 2 (I) ; 3 (I) ; 4 (II) ; 21 (III)


État de nécessité : 7 (I)
[Link]
larvo
o
[Link]
Euthanasie : 7 (II) ; 14 (I)
Exhibition sexuelle : 7 (I) ; 17 (I)
Extorsion : 21 (II)
F
Faits justificatifs : 5 (II) ; 7 ; 10 (I) ; 16 (I) ; 18 (II) ; 19 (I) ; 19 (II) ; 20 (I) ; 21 (I) ; 21 (III) ; 23 (I) ; 28 (II)
Faute caractérisée : 6 (II)
Faute délibérée : 6 (II) ; 15 (I)
Faux : 3 (I) ; 5 (I) ; 12 (II)
Favoritisme : 27 (I)
Force majeure : 5 (introduction) ; 8 (II)
H
Harcèlement : 3 (I) ; 5 (II) ; 18 (I)

2787
Homicides et blessures involontaires : 3 (I) ; 3 (II) ; 6 ; 10 (I) ; 11 (IV) ; 12 (I) ; 14 ; 15 (I) ; 16 (I)

1657
I
Immeubles : 21 (I) ; 21 (III) ; 22 (I) ; 23 (I) ; 28 (I)

8:17
Immunité familiale : 1 (I) ; 21 (I) ; 21 (II) ; 21 (III) ; 22 (I)
Imputabilité : 5 (I) ; 8 ; 10 (I) 3.24
Inceste : 17 (I)
0.12

Infractions complexes : 2 (I) ; 3 (I)


0.12

Infractions de commission et d’omission : 3 (I) ; 15 (II) ; 30 (I)


4:16

Infractions de conséquence (recel et blanchiment) : 2 (I) ; 3 (I) ; 9 (II) ; 10 (II) ; 13 (II) ; 19 (I) ; 20 (I) ;
23 ; 25 (I) ; 27 (I) ; 30 (II)
2943

Infractions formelles : 3 (II) ; 4 (I) ; 14 (II) ; 15 (I) ; 18 (I) ; 26 (II) ; 27 (II) ; 30 (I)
Infractions impossibles : 4 (III)
:889

Infractions instantanées, continues et d’habitude : 1 (I) ; 2 (I) ; 3 (I) ; 4 (I) ; 16 (II) ; 18 (I) ; 19 (II) ; 23 (I)
2821

Infractions obstacles : 3 (II) ; 15 (I) ; 16 (I) ; 25 (I)


Infractions permanentes : 3 (I)
1058

Infractions putatives : 4 (III)


n:21

Internet : 2 (III) ; 16 (II)


bidja

L
Lanceurs d’alerte : 1 (I) ; 7 (I)
e d’A

Légalité criminelle : 1 (I) ; 1 (III) ; 7 (I) ; 16 (I) ; 17 (I)


Légitime défense : 7 (I)
sitair

M
niver

Mandats criminels et délictuels : 10 (I) ; 10 (II) ; 14 (I) ; 17 (I) ; 25 (I)


tut U

Marchés publics : voir Favoritisme


Menaces : 16 (II) ; 21 (II)
:Insti

Mesure de sûreté : 1 (I) ; 8 (I)


[Link]

Meurtre : 5 (II) ; 10 (II) ; 10 (III) ; 14 (I)


larvo
o
[Link]
Mineurs délinquants : 8 (I)
Mise en danger délibérée de la vie d’autrui : voir Risques causés à autrui
Mobile : 5 (II) ; 14 (I) ; 16 (I)
N
Négligence : 22 (III)
Non-assistance à personne en danger : voir Omission de porter secours
Non bis in idem : 2 (II) ; 3 (II) ; 11 (IV) ; 13 (I) ; 23 (II)
O
Omission d’empêcher une infraction : 15 (II)
Omission de porter secours : 3 (I) ; 6 (II) ; 10 (II) ; 13 (II) ; 15 (II)
Ordre de la loi : 7 (I)
Outrage sexiste : 18 (I)

2787
P

1657
Pantouflage : 27 (III)
Pédopornographie : 17 (II)

8:17
Personnalité des peines : 12 (I)
Plainte de la victime : 2 (II) ; 19 (I) 3.24
Pratiques commerciales trompeuses : 12 (I) ; 30 (I)
0.12

Préjudice : 21 (III) ; 22 (I) ; 22 (III) ; 27 (II)


0.12

Prise illégale d’intérêts : 27 (II)


4:16

Prostitution : 10 (I) ; 17 (I) ; 17 (II)


Proxénétisme : 17 (II)
2943

Publicité trompeuse : voir Pratiques commerciales trompeuses


:889

R
Recel : voir Infractions de conséquence
2821

Récidive : 1 (I) ; 9 (II) ; 10 (IV) ; 12 (I) ; 13 (II) ; 17 (II) ; 21 (I) ; 23 (I)


1058

Règlement : 1 (I) ; 7 (I) ; 15 (I)


Repentir : 4 (III) ; 14 (I) ; 14 (II) ; 17 (II) ; 21 (I) ; 23 (II) ; 25 (II) ; 26 (III)
n:21

Responsabilité pénale des personnes morales : 1 (III) ; 6 (I) ; 6 (III) ; 11 ; 12 (II)


bidja

Rétroactivité : 1 ; 8 (I) ; 17 (I)


Revenge porn : 19 (I)
e d’A

Risques causés à autrui : 3 (II) ;


5 (introduction) ; 6 (II) ; 15 (I)
sitair

S
niver

Sadomasochisme : 7 (II)
tut U

Secret des correspondances : 19 (III)


Secret professionnel : 20 (I)
:Insti

Suicide : 10 (I) ; 14 (I)


[Link]

Sursis : 9 (II)
larvo
o
[Link]
Système de traitement automatisé de données (STAD) : 24 (II)
T
Tags : 24 (I)
Tentative : 3 (II) ; 4 ; 10 (I) ; 10 (II) ; 11 (II) ; 14 (I) ; 14 (II) ; 16 (I) ; 16 (II) ; 26 (II) ; 27 (I)
Territorialité de la loi pénale : 2 (I) ; 13 (II)
Terrorisme : 2 (II) ; 5 (II) ; 10 (II) ; 25
Tortures et actes de barbarie : 16 (I)
Trafic d’influence : 26
V
Vie privée (atteinte à la) : 19 (I)
Viol : voir Agressions sexuelles
Violation de domicile : 19 (II)

2787
Violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner : 5 (IV) ; 16 (I)

1657
Violences éducatives ordinaires : voir Droit de correction
Violences : 2 (II) ; 4 (I) ; 5 (II) ; 7 (I) ; 7 (II) ; 9 (I) ; 16 (I)

8:17
Vol : 9 (I) ; 21 (I)
Voyeurisme (upskirting) : 16 (I) ; 19 (I)
3.24
0.12
0.12
4:16
2943
:889
2821
1058
n:21
bidja
e d’A
sitair
niver
tut U
:Insti
[Link]
larvo
o
[Link]
Table des matières

FICHE PRÉLIMINAIRE | Présentation de l’épreuve et méthodologie


du cas pratique

2787
1657
PARTIE 1

8:17
Droit pénal général
3.24
0.12

CHAPITRE 1 La loi pénale


0.12

Fiche 1 | L’application de la loi dans le temps


4:16

I. Le cas des lois pénales de fond


2943

A. Principe (non-rétroactivité des lois pénales)


B. Exceptions (rétroactivité des lois pénales)
:889

II. Le cas des lois pénales de forme


2821

A. Les lois de procédure


1058

B. Les lois relatives à l’exécution des peines


C. Les lois relatives à la prescription
n:21

III. Le cas de la jurisprudence pénale


bidja

Fiche 2 | L’application de la loi pénale dans l’espace


e d’A

I. Infractions commises sur le territoire de la République


sitair

A. La notion de territoire
niver

B. La notion de commission
C. Le cas du complice (art. 113-5 CP)
tut U

II. Infractions commises hors du territoire de la République


:Insti

A. Les cas de compétence personnelle


[Link]

B. Les cas de compétence universelle


larvo
o
[Link]
III. Infractions commises sur Internet

CHAPITRE 2 L’infraction pénale

Fiche 3 | L’élément matériel : les différentes catégories


d’infractions pénales
I. La spécificité de l’acte
A. Infractions de commission et d’omission
B. Infractions simples et composites
C. Infractions instantanées et continues
II. La spécificité du résultat

2787
A. Les infractions formelles
B. Les infractions obstacles

1657
8:17
Fiche 4 | La tentative
I. Domaine de la tentative punissable 3.24
II. Le commencement d’exécution
0.12

III. L’absence de désistement volontaire


0.12

A. L’exécution suspendue
4:16

B. L’exécution manquée
2943

Fiche 5 | Élément moral (1) : infractions intentionnelles


:889

Introduction : généralités sur l’élément moral


2821

I. Le dol général
A. Définition
1058

B. Applications
n:21

C. Contestation
bidja

II. Le dol spécial


e d’A

A. Définition
B. Distinction du dol spécial et des mobiles
sitair

III. Le dol indéterminé


niver

IV. Le dol dépassé


tut U

Fiche 6 | Élément moral (2) : infractions non-intentionnelles


:Insti

Introduction
[Link]

I. Le rôle de la causalité
larvo
o
[Link]
II. La définition des fautes
A. La faute simple
B. Les fautes qualifiées
III. Fautes pénales non-intentionnelles et responsabilité pénale des
personnes morales

CHAPITRE 3 La responsabilité pénale

Fiche 7 | Les causes objectives d’irresponsabilité pénale


I. Les différentes causes justificatives
A. Ordre ou autorisation de la loi ou du règlement (art. 122-

2787
4, al. 1er CP)
B. Commandement de l’autorité légitime (art. 122-4, al. 2 CP)

1657
C. Légitime défense (art. 122-5 et 122-6 CP)

8:17
D. État de nécessité (art. 122-7 CP)
E. Les lanceurs d’alerte (art. 122-9 CP) 3.24
F. Le fait justificatif tiré de l’exercice des droits de la défense
0.12

G. Les libertés sont-elles justificatives ?


0.12

H. Le consentement de la victime est-il un fait justificatif ?


4:16

II. Le régime des causes justificatives


A. Nécessité et proportionnalité des faits justificatifs
2943

B. La preuve des faits justificatifs


:889

C. Les infractions involontaires peuvent-elles être justifiées ?


2821

D. La faute antérieure de l’agent interdit-elle de retenir les faits


justificatifs ?
1058
n:21

Fiche 8 | Les causes subjectives d’irresponsabilité pénale


Introduction
bidja

I. Le discernement
e d’A

A. Le discernement chez l’enfant (art. 122-8 CP)


sitair

B. Le discernement chez l’adulte (art. 122-1 CP)


II. La volonté
niver

A. La contrainte (art. 122-2 CP)


tut U

B. L’erreur de droit (art. 122-3 CP)


:Insti

Fiche 9 | Les circonstances aggravantes


[Link]
larvo
o
[Link]
I. Les circonstances aggravantes spéciales
A. Notion
B. Régime
II. Les circonstances aggravantes générales
A. L’utilisation d’un moyen de cryptologie
B. Les motivations discriminatoires
C. La récidive

Fiche 10 | La complicité
Introduction
I. Condition préalable : le fait principal punissable

2787
A. Il faut une infraction

1657
B. Il faut une infraction punissable
II. L’acte matériel de complicité

8:17
A. Le contenu de l’acte de complicité
B. Le moment de l’acte de complicité 3.24
0.12

C. L’utilité de l’acte de complicité


III. Le caractère intentionnel de la complicité
0.12

IV. La répression de la complicité


4:16
2943

Fiche 11 | La responsabilité pénale des personnes morales


I. Première condition : une personnalité morale non-étatique
:889

A. L’existence de la personne morale


2821

B. La nature de la personne morale


1058

II. Seconde condition : la commission d’une infraction


n:21

III. Troisième condition : une infraction commise « pour son


compte »
bidja

IV. Quatrième condition : une infraction commise « par son organe


e d’A

ou représentant »
sitair

A. La notion d’organe ou de représentant


B. L’identification de l’organe ou du représentant
niver

C. Articulation des responsabilités


tut U

des personnes morales et physiques


V. Conséquence : les peines encourues par les personnes morales
:Insti

A. Peines criminelles et correctionnelles


[Link]
larvo
o
[Link]
B. Peines contraventionnelles

Fiche 12 | La responsabilité pénale des chefs d’entreprise


et la délégation de pouvoirs
I. La responsabilité pénale fonctionnelle du chef d’entreprise
A. Généralités
B. Hypothèses et illustrations
II. La responsabilité pénale transférée du chef d’entreprise : la
délégation de pouvoirs
A. Le champ d’application de la délégation
B. Les conditions de la délégation

2787
C. Les effets de la délégation

1657
Fiche 13 | Les concours d’infractions et de qualifications

8:17
I. Concours de qualifications
A. Solutions antérieures au revirement du 15 décembre 2021 3.24
B. Solutions découlant du revirement du 15 décembre 2021
0.12

II. Concours d’infractions


0.12

A. Concours réel d’infractions en cas d’unité de poursuite


4:16

B. Concours réel d’infractions en cas de pluralité de poursuites


2943

PARTIE 2
:889

Droit pénal spécial


2821
1058

CHAPITRE 1 Infractions contre les personnes


n:21

Fiche 14 | Meurtre et empoisonnement


bidja

I. Le meurtre
e d’A

A. Les éléments constitutifs du meurtre


B. La répression du meurtre
sitair

II. L’empoisonnement
niver

A. Élément matériel
tut U

B. Élément moral
:Insti

Fiche 15 | La mise en danger de la personne


[Link]
larvo
o
[Link]
I. Les risques causés à autrui
A. L’exposition d’autrui à un risque (art. 223-1 CP)
B. Le délaissement d’une personne hors d’état de se protéger
II. La réaction insatisfaisante aux situations dangereuses
A. Les infractions d’omission (omission d’empêcher une infraction et
de porter secours à autrui – non-assistance à personne en danger)
B. L’infraction de commission : (l’entrave aux mesures d’assistance)

Fiche 16 | Violences et menaces


I. Les violences
A. Élément matériel

2787
B. Élément moral
C. Répression

1657
D. Justification

8:17
II. Les menaces
A. La menace sans ordre de remplir une condition 3.24
0.12

B. La menace avec ordre de remplir une condition


0.12

Fiche 17 | Infractions sexuelles


4:16

I. Les abus sexuels


2943

A. Les agressions sexuelles


B. Les atteintes sexuelles sur mineurs
:889

C. Le cas de l’inceste
2821

II. Les autres infractions à connotation sexuelle


1058

A. L’exhibition sexuelle
B. Les infractions sexuelles sur mineurs
n:21

C. Les infractions liées à la prostitution d’autrui


bidja

Fiche 18 | Harcèlements et discriminations


e d’A

I. Les harcèlements
sitair

A. Le harcèlement sexuel
niver

B. Le harcèlement moral
II. Les discriminations
tut U

A. Incriminations des discriminations


:Insti

B. Justification des discriminations


[Link]

C. Répression des discriminations


larvo
o
[Link]
Fiche 19 | Atteintes à la personnalité (1) : atteintes à la vie privée et
violations du domicile et des correspondances
I. Atteinte à l’intimité de la vie privée
A. Sur la personne victime de l’atteinte à sa vie privée et sur son
absence de consentement
B. Sur le concept et la délimitation de l’« atteinte » à la vie privée
C. Sur les procédés et appareils utilisés au titre de l’art. 226-1 CP
D. Sur l’éventuelle utilisation subséquente des enregistrements illicites
(art. 226-2 CP)
E. Sur la répression de l’atteinte à la vie privée
II. Atteinte à l’inviolabilité du domicile

2787
A. La violation de domicile par un particulier
B. La violation de domicile par un agent public

1657
III. Atteinte au secret des correspondances

8:17
A. Sur le concept de « correspondances »
B. Sur les éléments matériels de ces infractions 3.24
0.12

C. Sur l’élément intentionnel


D. Sur la répression
0.12
4:16

Fiche 20 | Atteintes à la personnalité (2) : violation du secret


2943

professionnel et dénonciation calomnieuse


I. La violation du secret professionnel
:889

A. Conditions préalables
2821

B. Éléments constitutifs
C. Répression
1058

D. Justification
n:21

II. La dénonciation calomnieuse


bidja

A. Élément matériel : une dénonciation


e d’A

B. Élément intentionnel
C. Répression
sitair
niver

CHAPITRE 2 Infractions contre les biens


tut U

Fiche 21 | Appropriations frauduleuses des biens : vol, extorsion et


chantage, escroquerie
:Insti

I. Le vol
[Link]
larvo
o
[Link]
A. Condition préalable : « la chose d’autrui »
B. Élément matériel : une « soustraction »
C. Élément intentionnel
D. Répression
E. Justification
II. L’extorsion et le chantage
A. Les moyens employés
B. La répression
III. L’escroquerie
A. Les moyens de l’escroquerie
B. Le résultat de l’escroquerie

2787
C. Répression

1657
Fiche 22 | Détournements frauduleux des biens : abus de

8:17
confiance, détournements de gage et d’objet saisi, détournement
de fonds publics 3.24
I. Abus de confiance
0.12

A. Condition préalable
0.12

B. Éléments constitutifs
4:16

C. Répression
2943

II. Détournement de gage ou d’objet saisi


A. Conditions préalables
:889

B. Éléments constitutifs
2821

C. Répression
1058

III. Détournement de biens publics


A. Conditions préalables
n:21

B. Éléments constitutifs
bidja

C. Répression
e d’A

Fiche 23 | Circulations frauduleuses des biens : recel et


sitair

blanchiment
niver

I. Le recel
A. Conditions préalables
tut U

B. Élément matériel
:Insti

C. Élément moral
D. Répression
[Link]
larvo
o
[Link]
II. Le blanchiment
A. Condition préalable : l’infraction d’origine
B. Élément matériel
C. Élément moral
D. Répression

Fiche 24 | Destructions des biens : destructions et dégradations,


atteintes aux systèmes de traitement automatisé des données
I. Atteintes aux biens matériels : destructions, dégradations et
détériorations de biens
A. Les destructions, dégradations et détériorations ne présentant pas

2787
de danger pour les personnes
B. Les destructions, dégradations et détériorations dangereuses pour

1657
les personnes

8:17
II. Atteintes aux biens immatériels : atteintes aux systèmes de
traitement automatisé de données (STAD) 3.24
A. Atteintes directes aux STAD
0.12

B. Préparation d’atteintes aux STAD


0.12
4:16

CHAPITRE 3 Infractions contre la nation, l’État et la paix publique


2943

Fiche 25 | Terrorisme
:889

I. Incriminations
2821

A. Les actes terroristes par finalité (art. 421-1)


B. Les actes terroristes par nature (art. 421-2 à 421-2-6)
1058

II. Peines
n:21

B. Modulation de la peine
bidja

Fiche 26 | Corruption et trafic d’influence


e d’A

I. Conditions préalables (qualité du corrompu ou du trafiquant


sitair

d’influence)
A. Corruptions et trafics d’influence d’agents publics
niver

B. Corruptions et trafics d’influence d’agents privés


tut U

II. Éléments constitutifs


:Insti

A. Distinction des infractions actives et passives


B. Les contreparties de la corruption et du trafic d’influence
[Link]
larvo
o
[Link]
C. Autres exigences communes aux délits de corruption et de trafic
d’influence
III. Répression
A. Peines principales
B. Peines complémentaires
C. Peines accessoires

Fiche 27 | Prise illégale d’intérêts, favoritisme et pantouflage


I. Le favoritisme
A. Conditions préalables
B. Élément matériel

2787
C. Élément moral
D. Répression

1657
II. La prise illégale d’intérêts

8:17
A. Condition préalable
B. Élément matériel 3.24
C. Élément moral
0.12

D. Répression
0.12

E. Dérogation
4:16

III. Le pantouflage
2943

A. Conditions préalables
B. Élément matériel
:889

C. Élément moral
2821

D. Peines
1058

PARTIE 3
n:21

Droit pénal des affaires


bidja
e d’A

Fiche 28 | Abus de biens sociaux


sitair

I. Conditions préalables
A. Condition préalable relative aux sociétés concernées
niver

B. Condition préalable relative aux biens sociaux


tut U

II. Élément matériel


:Insti

A. Un « usage »
B. Un usage « contraire aux intérêts de la société »
[Link]
larvo
o
[Link]
III. Élément moral
IV. Répression
A. Identification des personnes responsables
B. Peines

Fiche 29 | Banqueroute
I. Première condition préalable : les personnes pouvant avoir la
qualité de banqueroutier
A. Commerçants, artisans, agriculteurs et professions indépendantes
B. Liquidateurs ou dirigeants d’une personne morale de droit privé
II. Seconde condition préalable : ouverture d’une procédure de

2787
redressement ou de liquidation judiciaires

1657
A. Exclusion de la procédure de sauvegarde
B. Cas d’une procédure collective ouverte puis annulée

8:17
C. Autonomie du juge pénal et date de cessation des paiements
III. Éléments constitutifs 3.24
0.12

A. Recours à certains moyens dans le but de retarder l’ouverture


d’une procédure de redressement ou liquidation (art. L. 654-2, 1°)
0.12

B. Détournement ou dissimulation d’actif (art. L. 654-2, 2°)


4:16

C. Augmentation frauduleuse du passif (art. L. 654-2, 3°)


2943

D. Comportements relatifs à la comptabilité (art. L. 654-2, 4° et 5°)


IV. Répression
:889
2821

Fiche 30 Pratiques commerciales trompeuses et délit d’initié


1058

I. Les pratiques commerciales trompeuses


A. Élément matériel
n:21

B. Élément moral
bidja

C. Peines
e d’A

II. Le délit d’initié


A. Condition préalable relative à l’information privilégiée
sitair

B. Élément matériel
niver

C. Élément moral
D. Répression
tut U

Index
:Insti
[Link]
larvo
o
[Link]

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