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Procédures de détention et nullités judiciaires

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Procédures de détention et nullités judiciaires

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plaçant en détention provisoire, le mettant en accusation, statuant

sur une demande d’acte, etc.


En cas d’appel interjeté au plus tard le jour suivant la décision de
placement en détention32, le mis en examen peut former un « référé-
liberté » qui consiste à demander au président de la CHINS de
statuer en urgence dans les 3 jours ouvrables. Si le président de la
CHINS estime que l’ordonnance du JLD est fondée, il renvoie
l’examen de l’appel à la CHINS. S’il l’estime infondée, il l’infirme et
ordonne la remise en liberté du mis en examen (art. 187-1 du CPP).
Par un revirement de jurisprudence du 14 octobre 202033 rendu au
visa de l’art. 5, § 1, c, de la CESDH (droit à la sûreté), la Cour de

5846
cassation juge désormais que, quand bien même elle ne serait

1728
saisie que du contentieux des mesures de sûreté, la CHINS ne peut
pas refuser d’apprécier s’il existe bien des indices graves ou

8:17
concordants34 contre le mis en examen35. En effet, l’existence de tels 3.24
indices est la condition sine qua non de la mise en examen et donc
0.12

in fine du prononcé d’une mesure de sûreté. Ce contrôle ne peut


0.12

toutefois aboutir à remettre en cause le statut de mis en examen36.


3:16

La partie civile peut, elle aussi, former appel des ordonnances qui
2943

la concernent : ordonnance de non-lieu, ordonnance statuant sur


une demande d’acte (art. 186, al. 2 et 3, du CPP), etc.
:889

Quel que soit l’auteur de l’appel, la CHINS peut réformer l’acte et,
2821

éventuellement, évoquer la procédure (cf. C).


1058

Si la partie civile peut interjeter appel des ordonnances de non-lieu


n:21

et que le mis en examen peut faire appel des ordonnances de mise


bidja

en accusation, ces deux parties ne peuvent pas interjeter appel des


ordonnances de renvoi devant le tribunal correctionnel (art. 186-3,
e d’A

al. 3, du CPP) sauf si elles estiment que les faits renvoyés devant le
sitair

tribunal constituent en réalité un crime qui aurait dû faire l’objet d’une


ordonnance de mise en accusation devant la cour d’assises
niver

(art. 186, al. 1, du CPP).


tut U
:Insti
x.com
larvo
o
l.sch
Relevons que la CHINS peut parfois être saisie, non pas d’une
contestation d’un acte, mais du fait de l’inaction des juges du
premier degré. En matière de détention provisoire, par exemple, la
CHINS peut être saisie d’une demande de mise en liberté qu’un JLD
n’aurait pas examinée dans les délais qui lui sont imposés (art. 148,
al. 5, du CPP). Le mis en examen peut également formuler une DML
directement devant la CHINS à l’expiration d’un délai de 4 mois
depuis sa dernière comparution devant le JI et la CHINS dispose
alors d’un délai de 20 jours pour statuer sur cette demande (art. 148,
dernier al., du CPP). Enfin, le parquet peut également saisir la
CHINS lorsque le juge d’instruction ne répond pas à l’une de ses

5846
demandes d’acte dans les 10 jours (art. 82 du CPP).

1728
B. Nullités de l’information
8:17
La CHINS peut être saisie par le juge d’instruction, le parquet, 3.24
toute partie (mis en examen et partie civile) et un témoin assisté
0.12

d’une requête en annulation d’un acte de l’instruction (art. 170 du


0.12

CPP). La possibilité offerte au JI de saisir lui-même la CHINS n’est


pas dépourvue d’intérêts pratiques puisque ce dernier ne peut pas
3:16

lui-même annuler un acte irrégulier, ni même le refaire.


2943

Le droit des nullités de l’information est régi par les art. 170 et s. du
:889

CPP.
2821

Les actes susceptibles de faire l’objet d’une telle requête sont les
actes qui ne peuvent pas faire l’objet d’un appel (art. 173, al. 3, du
1058

CPP) comme la décision de mise en examen. Sous condition, les


n:21

parties peuvent renoncer à se prévaloir de certaines nullités (art. 172


bidja

du CPP).
e d’A

En matière d’information judiciaire, il existe des délais de forclusion


au-delà desquels les parties ne peuvent plus former de requêtes en
sitair

annulation visant les actes accomplis antérieurement et dont elles


niver

avaient connaissance37 (art. 173-1 du CPP). On parle de « purge »


tut U

des nullités.
Ces délais, d’une durée de 6 mois, courent à compter de :
:Insti
x.com
larvo
o
l.sch
– l’IPC pour le mis en examen, à l’égard de tous les actes antérieurs
ou concomitants à cet interrogatoire ;
– chacun des interrogatoires ultérieurs du mis en examen38,
– la notification d’un acte au mis en examen ;
– la première audition puis de chacune des auditions de la partie
civile et du témoin assisté.
À chaque fois que la CHINS est saisie d’une requête en
annulation, tous les moyens de nullité doivent être soulevés. En
effet, à l’avenir, les parties ne seraient plus recevables à en faire état
ultérieurement, sauf le cas où elles n’auraient pu les connaître
(art. 174, al. 1, du CPP). Ainsi, outre les délais de 6 mois, les

5846
décisions de la CHINS viennent purger les nullités.

1728
Enfin, dès lors qu’une ordonnance de renvoi devient définitive, elle

8:17
purge l’ensemble des vices de la procédure (art. 181, al. 4, et 385 du
CPP). 3.24
0.12

La CHINS détermine les conséquences des nullités qu’elle


prononce : nullité partielle d’un acte, nullité de l’acte, nullité de l’acte
0.12

et des actes subséquents (art. 174, al. 2, du CPP). Les pièces


3:16

annulées sont retirées du dossier de la procédure ce qui n’est pas le


2943

cas des requêtes en annulation et des décisions auxquelles elles ont


donné lieu même si elles se réfèrent aux pièces annulées39.
:889
2821

C. Évocation et révision
1058

Après avoir annulé un acte (art. 206, al. 3, du CPP) ou infirmé une
n:21

ordonnance du juge d’instruction saisi (art. 207, al. 2, du CPP), la


bidja

CHINS peut :
– renvoyer la procédure au juge d’instruction initial ;
e d’A

– confier l’information à un autre juge d’instruction ;


sitair

– évoquer l’affaire.
niver

En évoquant l’affaire, la CHINS se saisit de l’entier dossier de


tut U

l’instruction. En effet, la CHINS n’est pas tenue par l’effet dévolutif de


:Insti

l’appel en vertu duquel l’appelant détermine précisément le


x.com
larvo
o
l.sch
périmètre de la question qu’il souhaite voir tranchée par la juridiction
du second degré.
Une fois l’affaire évoquée, la CHINS peut mettre en œuvre de
nombreux pouvoirs. On parle d’un « pouvoir de révision ». Au titre
de ce pouvoir, la CHINS peut, à titre provisoire ou jusqu’au terme de
l’instruction :
– ordonner tout acte utile, c’est-à-dire ordonner un supplément
d’information en vue de combler les lacunes d’une procédure
(art. 201 du CPP). Cet acte est accompli par un magistrat de la
CHINS ou par un JI qu’elle délègue (art. 205 du CPP) ;
– étendre le périmètre de l’information :

5846
• quant aux personnes, en ordonnant la mise en examen de tout

1728
individu (art. 204, al. 1, du CPP) ;

8:17
• quant aux faits. Cette faculté est exorbitante du droit commun
puisqu’un JI ne peut lui-même étendre le périmètre factuel sur 3.24
lequel porte l’instruction. Une telle extension supposerait, en effet,
0.12

un réquisitoire supplétif ou une plainte additionnelle (art. 202,


0.12

al. 1, du CPP).
3:16

Approfondir
2943

− C. Guéry et P. Chambon, « Droit et pratique de l’instruction


:889

préparatoire », Dalloz, coll. « Dalloz action », 11e éd., déc. 2021,


2821

1400 p.
1058

− J.-P. Valat, « Juridiction d’instruction du premier degré –


Dispositions générales », J.-Cl. Procédure pénale, art. 79 à 84-
n:21

1, fasc. 20.
bidja

− D. Caron, « Détention provisoire », J.-Cl. Procédure pénale,


e d’A

art. 137 à 150, fasc. 30.


sitair

− J. Dumont, « Les nullités de l’information judiciaire », J.-Cl.


Procédure pénale, art. 170 à 174-1, fasc. 20.
niver

− P. Belloir, « Chambre de l’instruction », Rép. pén. et proc. pén.


tut U

− C. Guéry, « Témoin assisté », Rép. pén. et proc. pén.


:Insti

− E. Senna, « Indignité des conditions de détention fin de la saison


1 : le recours préventif légalisé », Gaz. Pal., 2 nov. 2021, p. 11.
x.com
larvo
o
l.sch
− J. Hennebois, « Du droit au silence à l’encouragement à se
taire », AJ Pénal, sept. 2021, p. 407.
− T. Lebreton, « Les motifs du placement en détention »,
Gaz. Pal., 8 oct. 2019, p. 20.
− C. Guéry, « La clôture de l’information selon la loi du 23 mars
2019 », AJ Pénal, juin 2019, p. 313.
− S. Lavric, C. Ménabé et M. Peltier-Henry, « Enjeux et
perspectives de la correctionnalisation judiciaire », AJ Pénal,
avr. 2018, p. 188.
− J.-B. Perrier, « Les délais au cours de l’instruction », AJ Pénal,
avr. 2017, p. 158.

5846
1728
1. Par exemple, le procureur de Thionville (juridiction ne disposant pas d’un pôle) ouvrant

8:17
une information judiciaire criminelle doit, après avoir évoqué l’affaire avec son collègue
messin (art. D. 15-4-1), saisir le pôle de l’instruction de Metz. 3.24
2. Crim., 19 déc. 2012, n° 12-81043, PB.
0.12

3. Crim., 27 juill. 1970, n° 69-92968, PB.


4. Crim., 16 déc. 2020, n° 20-83773, PB.
0.12

5. Jusqu’en 1993, on parlait d’« inculpé » et non de « mis en examen ».


6. Il n’existait contre lui ni indice grave, ni plusieurs indices légers et concordants.
3:16

7. Pour un exemple de mise en examen tardive, voir Crim., 20 juin 2001, n° 01-82607, PB.
2943

8. Crim., 21 mars 2017, n° 16-84877.


9. Crim., 3 mars 2010, n° 09-87924, PB.
:889

10. Crim., 13 oct. 2020, n° 20-81199, PB.


11. La Cour de cassation s’assure que les juridictions du fond ont bien expliqué, par des
2821

« éléments précis et circonstanciés résultant de la procédure », pourquoi une ARSE ou


un CJ étaient insuffisants (Crim., 13 oct. 2010, n° 10-85552, PB).
1058

12. Sa décision doit comporter des « considérations de fait sur le caractère insuffisant des
obligations » de l’ARSEM ou du CJ avec bracelet anti-rapprochement.
n:21

13. Si le JLD doit notifier au mis en examen le droit de se taire lors du débat contradictoire,
bidja

cette notification n’est pas prévue à peine de nullité (Crim., 11 mai 2021, n° 21-81277,
PB).
e d’A

14. Le mis en examen doit être informé de son droit de solliciter un débat différé. Le défaut
d’information constitue une cause de nullité sans grief présumé (Crim., 28 juill. 2021,
sitair

n° 21-83005, PB).
15. Si l’avocat quitte la salle en cours de débat contradictoire, le JLD ne doit ordonner un
niver

débat différé que si le mis en examen le sollicite clairement (Crim., 8 sept. 2020, n° 20-
82470, PB).
tut U

16. Une telle option permet notamment de réaliser une enquête de faisabilité préalable à
une ARSE.
:Insti

17. Crim., 7 janv. 2020, n° 19-86465, PB.


x.com

18. Crim., 19 févr. 2020, n° 19-87545, PB.


larvo
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l.sch
19. Crim., 10 mars 2020, n° 19-87757, PB.
20. Crim., 13 avr. 2021, n° 21-80989, PB.
21. Crim., 10 mars 2021, n° 20-86919, PB.
22. La prolongation de la détention provisoire en matière criminelle ne peut être décidée par
le JLD que par tranches de 6 mois et non pour des durées moindres (Crim., 16 mars
2021, n° 20-87141, PB).
23. Parmi les conditions matérielles, l’annexe 3 de la circ. JUSK2129245C du 30 sept. 2021
vise un minimum de 3 m² par détenu.
24. Si plusieurs facteurs doivent être pris en compte pour apprécier l’indignité des
conditions de détention, la surface personnelle du prévenu est un facteur devant être
prioritairement apprécié et, sauf cas précis, 3m² semble être un minimum (Crim., 15 déc.
2020, n° 20-85461, PB).
25. Voir, par exemple, les art. 95 et 96 du CPP s’agissant de la perquisition dans le cadre
de l’instruction qui renvoient aux dispositions applicables à la perquisition opérée en
flagrance.

5846
26. Le point de départ du délai est fixé au jour de la mise en place effective du dispositif
d’écoute et non de l’autorisation (Crim., 10 mai 2012, n° 11-87328).

1728
27. Les interceptions visent les conversations mais aussi les messages instantanés (Crim.,
16 déc. 2015, n° 15-82642).

8:17
28. La formulation d’une telle déclaration par une partie vaut à l’égard de toutes (art. D. 40-
1-1 du CPP). 3.24
29. Dont la partie civile ne peut interjeter appel (Crim., 14 avr. 2021, n° 20-80135, PB).
0.12

30. La Cour de cassation juge désormais que, dans le cadre de cette procédure, le droit de
se taire, de faire des déclarations ou de répondre aux questions doit être notifié au mis en
0.12

examen (Crim., 8 juill. 2020, n° 19-85954, PB).


3:16

31. Crim., 19 sept. 2018, n° 18-83868, PB.


32. Faisant application de l’art. 801 du CPP, la Cour de cassation juge que le référé-liberté
2943

contre une décision de placement en détention provisoire prise un vendredi peut être
formé le lundi (Crim., 22 juill. 2020, n° 20-82094, PB et Crim., 14 oct. 2020, n° 20-83087,
:889

PB).
33. Crim., 14 oct. 2020, n° 20-82961, PB.
2821

34. La CHINS doit bien constater des indices graves ou concordants et ne doit pas se
contenter de raisons plausibles (Crim., 16 mars 2021, n° 20-87092, PB).
1058

35. La CHINS ne doit toutefois pas aller jusqu’à suivre le détail de l’argumentation
n:21

développée par le mis en examen « relative à la pertinence d’un indice particulier »


(Crim., 9 févr. 2021, n° 20-86339, PB).
bidja

36. Crim., 27 janv. 2021, n° 20-85990, PB.


37. Le majeur protégé mis en examen qui ne bénéficie pas de l’assistance de son tuteur ou
e d’A

curateur, ne peut être regardé comme étant en mesure de connaître les éventuelles
nullités affectant la procédure, de sorte que le délai de forclusion ne court pas (Crim.,
sitair

22 juin 2021, n° 21-80407, PB).


38. Si la loi évoque chaque interrogatoire, il faut considérer qu’il en va de même de chaque
niver

confrontation. La purge vise les seuls actes accomplis avant, et non après, l’interrogatoire
et sous réserve que la partie ait pu en avoir connaissance (Crim., 26 mai 2021, n° 20-
tut U

86011, PB).
:Insti

39. Crim., 17 juin 2020, n° 19-87188, PB.


x.com
larvo
o
l.sch
Exercice
Par l’intermédiaire de son conjoint, Bertrand Barère prend
attache avec votre cabinet le 10 juin. Il vous explique qu’il
est mis en examen pour des faits d’importation, de
transport, de détention, d’offre ou cession et d’acquisition de
cannabis commis en début d’année entre le Brésil et la
France et qu’il se trouve placé en détention provisoire
depuis le 3 avril dans une cellule exiguë du centre

5846
pénitentiaire de Baie-Mahault, en Guadeloupe.

1728
Bertrand Barère veut connaître la durée maximale de cette
détention ainsi que les moyens dont il dispose pour en

8:17
contester le principe.
3.24
■ Renseignez votre client.
0.12
0.12
3:16
2943
:889
2821
1058
n:21
bidja
e d’A
sitair
niver
tut U
:Insti
x.com
larvo
o
l.sch
Corrigé

■ 1. Durée de la détention
En matière délictuelle, l’art. 145-1 du CPP prévoit que la
détention provisoire est d’une durée initiale de 4 mois qui
peut être prolongée, par tranches de 4 mois, jusqu’à
un an s’agissant des infractions punies de plus de 5 ans
d’emprisonnement. Lorsque l’un des faits constitutifs de

5846
l’infraction a été commis à l’étranger ou que la personne
concernée est mise en examen pour des faits de trafic de

1728
stupéfiants, d’association de malfaiteurs, de

8:17
proxénétisme, d’extorsion de fonds ou pour une infraction
commise en bande organisée et qu’elle encourt une peine 3.24
égale à 10 ans d’emprisonnement, la détention provisoire
0.12

peut être prolongée jusqu’à une durée maximale de


0.12

2 ans. Dans cette dernière hypothèse et à titre


3:16

exceptionnel, la chambre de l’instruction peut prolonger


2943

de 4 mois la durée de 2 ans.


Les infractions d’importation, de transport, de détention,
:889

d’offre ou cession et d’acquisition de stupéfiants pour


2821

lesquelles Bertrand Barère est mis en examen sont des


1058

délits punis de 10 ans d’emprisonnement (art. 222-35 et


222-36 du CP). S’agissant d’infractions de trafic de
n:21

stupéfiants, dont une partie des faits constitutifs semble


bidja

par ailleurs avoir été commise au Brésil, la durée


e d’A

maximale de la détention sera de 2 ans et, à titre


exceptionnel, la chambre de l’instruction pourra prolonger
sitair

cette durée pour 4 mois supplémentaires.


niver

Bertrand Barère pourrait, au maximum, être maintenu


tut U

en détention provisoire pendant 2 ans et 4 mois.


:Insti

■ 2. Contestation de la détention provisoire


x.com
larvo
o
l.sch
En application de l’art. 148 du CPP, le mis en examen
placé en détention provisoire peut formuler des
demandes de mise en liberté auprès du magistrat
instructeur qui, sauf s’il y réserve une suite favorable, doit
la transmettre avec son avis motivé au JLD.
Conformément à l’art. 137-3 du CPP, le JLD statue alors
par ordonnance motivée.
À titre exceptionnel et à certaines conditions, le juge
d’instruction peut saisir le JLD d’une demande de
prolongation de la détention provisoire dont fait l’objet un
mis en examen. Au terme d’un débat contradictoire,

5846
l’art. 145-1 du CPP prévoit que le JLD peut ordonner la
prolongation de la détention provisoire en matière

1728
correctionnelle.

8:17
L’art. 803-8 du CPP permet à toute personne placée en
3.24
détention provisoire de saisir le JLD pour faire état de ses
0.12

conditions de détention s’il les estime contraires à la


dignité de la personne humaine. Si le JLD juge la requête
0.12

fondée, il en informe l’administration pénitentiaire à


3:16

laquelle il laisse un délai compris entre 10 jours et 1 mois


2943

pour mettre fin à la situation. Au terme de la procédure, le


JLD peut ordonner le transfèrement du mis en examen ou
:889

ordonner sa remise en liberté, le cas échéant, sous CJ ou


2821

sous ARSE.
1058

En l’espèce, Bertrand Barère peut formuler une


demande de mise en liberté. Dans l’éventualité où le juge
n:21

d’instruction entendrait solliciter la prolongation de la


bidja

détention provisoire dont il fait l’objet, un débat


e d’A

contradictoire serait organisé avant le 3 août, date à


laquelle expire la durée initiale de placement qui est de
sitair

4 mois. À l’occasion de ce débat, Bertrand Barère pourra


niver

contester la détention provisoire dont il fait l’objet. Enfin,


tut U

le prévenu exposant être détenu dans une cellule exiguë,


il peut adresser une requête au JLD pour demander sa
:Insti

mise en liberté eu égard aux conditions indignes de


x.com
larvo
o
l.sch
détention qui sont les siennes. L’indignité des conditions
de détention est, notamment, appréciée au regard de la
surface personnelle du prévenu qui semble devoir être,
sauf cas précis, d’au moins 3 m² (Crim., 15 décembre
2020, n° 20-85461).
Bertrand Barère peut déposer une demande de mise en
liberté, peut contester son incarcération dans le cadre
d’un éventuel débat de prolongation et peut arguer de ses
conditions de détention pour solliciter sa libération.

5846
1728
8:17
3.24
0.12
0.12
3:16
2943
:889
2821
1058
n:21
bidja
e d’A
sitair
niver
tut U
:Insti
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:Insti
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sitair
e d’A
bidja
n:21
1058
2821
:889
2943
3:16
0.12
0.12
3.24
8:17
1728
5846
La phase sentencielle
PARTIE III
FICHE 12 | Le jugement

L’essentiel en 1 clin d’œil

5846
1728
8:17
3.24
0.12
0.12
3:16

Les auteurs majeurs d’infractions (cf. Fiche 21 pour les juridictions


2943

compétentes à l’égard des mineurs) sont aujourd’hui principalement


jugés, en première instance (cf. Fiche 18 pour les juridictions
:889

compétentes en cas de recours), par quatre juridictions distinctes


2821

auxquelles nous nous intéresserons dans le cadre de la présente


1058

fiche :
– le tribunal de police, qui juge les auteurs de contraventions
n:21

(art. 521 et s. du CPP) ;


bidja

– le tribunal correctionnel, qui juge les auteurs de délits (art. 381


e d’A

et s. du CPP) ;
– la cour d’assises et la cour criminelle départementale, qui jugent
sitair

les auteurs de crimes (art. 231 et s. du CPP).


niver

S’il s’agit des principales juridictions pénales, plusieurs juridictions


tut U

répressives spécifiques existent par ailleurs. On trouve en effet :


:Insti
x.com
larvo
o
l.sch
– les juridictions pénales internationales, au premier rang desquelles
figure la Cour pénale internationale (CPI) instituée par le statut de
Rome de 1998 ;
– la Cour de justice de la République (CJR), compétente pour juger
les crimes ou délits commis dans l’exercice de leurs fonctions par
les membres du gouvernement (art. 68-1 et s. de la Constitution) ;
– la Haute cour, seulement compétente pour destituer le président
de la République qui est irresponsable pénalement (art. 67 et s. de
la Constitution), etc.

Chacune des quatre juridictions de droit commun obéit à des

5846
règles spécifiques de saisine, de compétence et de procédure.
Quelle que soit la juridiction concernée, les mis en cause jugés alors

1728
qu’ils sont placés en détention provisoire peuvent comparaître en

8:17
salle d’audience dans des box vitrés mais, cette mesure pouvant
porter atteinte à leur dignité et à la présomption d’innocence, il doit3.24
exister un risque pour la sécurité des personnes1.
0.12
0.12

I. Le tribunal de police
3:16
2943

Sur un plan matériel, le tribunal de police (TP), composante du


tribunal judiciaire (art. L. 211-1 du COJ)2, est compétent pour juger
:889

toutes les contraventions, c’est-à-dire les contraventions de la 1re à


2821

la 5e classe (art. 521 du CPP)3.


1058

En principe, sur un plan territorial, le tribunal de police compétent


(art. 522, al. 1, du CPP) est indifféremment celui sur le ressort
n:21

duquel :
bidja

– l’infraction a été commise ;


e d’A

– l’infraction a été constatée ;


– le prévenu réside.
sitair

Plusieurs exceptions de compétence territoriale sont fixées par la


niver

loi (voir, par exemple, l’art. 522, al. 2 et 3, du CPP).


tut U
:Insti
x.com
larvo
o
l.sch
Le tribunal de police est composé d’un seul juge, qui assure donc
les fonctions de président du tribunal de police. Ce dernier est un
juge du tribunal judiciaire. Les fonctions du ministère public sont
assurées par le procureur.
Par exception, lorsque le tribunal de police statue sur des
contraventions des quatre premières classes :
– le président du tribunal de police peut être un magistrat à titre
temporaire, dit « MTT » (art. 523 du CPP). Les MTT sont des
magistrats non professionnels (courant 2017, les fonctions de MTT
ont remplacé celles de juge de proximité) ;
– le siège du ministère public peut être occupé par un officier du

5846
ministère public (OMP), qui est un commissaire, un commandant

1728
ou un capitaine de police (art. 45 et s. du CPP). Néanmoins,
chaque fois qu’il le décide, le ministère public est assuré par le

8:17
procureur de la République.
3.24
Comme nous l’avons vu (cf. Fiches 10 et 11), le tribunal de police
0.12

peut être saisi (art. 531 et s. du CPP) par :


0.12

– le procureur de la République par le biais d’une :


3:16

• citation directe de l’auteur remise par huissier de justice,


2943

• convocation de l’auteur remise par divers agents et


fonctionnaires ;
:889

– l’avertissement, délivré par le ministère public, suivi de l’accord du


2821

prévenu à être jugé. Il s’agit de la « comparution volontaire » de


1058

l’individu n’ayant pas été convoqué ou l’ayant été irrégulièrement ;


– une ordonnance d’un juge d’instruction estimant qu’il existe des
n:21

charges suffisantes contre un individu d’avoir commis une ou


bidja

plusieurs contraventions (« ordonnance de renvoi devant le tribunal


e d’A

de police »).
sitair

Le plaignant peut également saisir lui-même le tribunal de police,


dans les mêmes conditions qu’il peut saisir le tribunal correctionnel
niver

(cf. II de la présente fiche).


tut U

Les règles de procédure applicables au tribunal de police


:Insti

(art. 534 et s. du CPP) sont identiques à celles applicables au


tribunal correctionnel (cf. ci-après).
x.com
larvo
o
l.sch
II. Le tribunal correctionnel
Sur un plan matériel, le tribunal correctionnel (TC), qui est une
chambre du tribunal judiciaire, est compétent pour juger tous les
délits4 mais également toutes les contraventions connexes à un délit
(art. 382, al. 3, du CPP).
Les infractions connexes sont les infractions liées par un rapport
étroit, soit en raison de l’unité de temps ou de lieu de leur
commission, soit de l’unité de dessein, soit du lien de causalité, soit
du lien créé par le recel.

5846
Exemple

1728
Un individu ayant commis, au cours de la même soirée, un ou

8:17
des délits routiers (par exemple, la conduite d’un véhicule non
3.24
assuré, la conduite sans avoir le permis de conduire et un refus
0.12

d’obtempérer aux injonctions des forces de l’ordre) ainsi qu’une


ou des contraventions routières (par exemple la conduite d’un
0.12

véhicule sous l’empire d’un état alcoolique avec un taux


3:16

compris entre 0,25 et 0,40 mg d’alcool par litre d’air expiré et un


2943

excès de vitesse) sera jugé pour l’ensemble de ces infractions,


c’est-à-dire pour les délits et les contraventions connexes, par
:889

le tribunal correctionnel.
2821
1058

En principe, sur un plan territorial (art. 382, al. 1, du CPP), le TC


n:21

compétent est indifféremment celui sur le ressort duquel :


bidja

– l’infraction a été commise ;


e d’A

– le prévenu réside ;
sitair

– le prévenu a été interpellé ;


– le prévenu est détenu.
niver

Plusieurs exceptions aux critères de compétence territoriale de


tut U

droit commun sont fixées par la loi. Par exemple, le tribunal


:Insti

correctionnel sur le ressort duquel réside la victime de l’infraction


d’abandon de famille (qui consiste pour la personne redevable d’une
x.com
larvo
o
l.sch
pension, d’une contribution, de subsides ou d’autres prestations, à
ne pas s’en acquitter) peut se trouver compétent territorialement
(art. 382, al. 2, du CPP).
Le tribunal correctionnel qui constate que lui est soumise une
procédure pour laquelle il ne dispose d’aucun critère de compétence
territoriale est tenu de se déclarer incompétent.
Par ailleurs, certaines juridictions (aussi bien correctionnelles que
criminelles) se voient reconnaître des compétences concurrentes
dérogatoires selon la matière (ces critères de compétence
dérogatoires en matière de jugement valent également pour les

5846
autorités chargées de l’enquête, de la poursuite et de l’instruction) :

1728
Domaine Fondement Juridictions spécialisées

8:17
Accidents collectifs. Art. 706-176 Tribunaux judiciaires de Paris
et s. du et Marseille.
3.24
CPP
0.12

Infractions relatives à la prolifération Art. 706-168 Tribunal judiciaire de Paris.


0.12

d’armes de destruction massive. et s. du


CPP
3:16

Cybercriminalité (atteintes aux systèmes Art. 706-72- Tribunal judiciaire de Paris.


2943

de traitement automatisé de données). 1 du CPP


Criminalité et délinquance organisées, Art. 704 Juridictions interrégionales
:889

délinquance financière et affaires et 706-75 spécialisées (JIRS) siégeant à


2821

présentant une grande complexité. du CPP Bordeaux, Fort-de-France, Lille,


Lyon, Marseille, Nancy, Paris et
1058

Rennes.
Criminalité et délinquance organisées, Juridiction nationale chargée de la
n:21

délinquance financière et affaires lutte contre la criminalité


bidja

présentant une très grande complexité. organisée (JUNALCO) siégeant à


Paris.
e d’A

Matière économique et financière : Art. 705 Tribunal judiciaire de Paris


– Compétence exclusive pour les délits et s. du (s’agissant du parquet, est
sitair

boursiers. CPP compétent le parquet national


niver

– Compétence concurrente avec les financier, dit PNF).


autres juridictions pour les affaires
tut U

complexes de corruption, d’escroquerie


à la TVA, de fraude fiscale et
:Insti

de détournement de fonds publics.


x.com
larvo
o
l.sch
Domaine Fondement Juridictions spécialisées
Crimes contre les personnes sériels Art 706- Tribunal judiciaire de Nanterre.
ou non élucidés. 106-1 et s.
du CPP
Diverses infractions commises en ligne Art. 15-3-3 Tribunal judiciaire de Paris.
(harcèlement, discrimination, etc.). du CPP
Infractions maritimes (pollution des eaux Art. 706-107 Juridictions du littoral spécialisées
maritimes par rejets des navires et et s. du (JULIS) siégeant à Brest, Fort-de-
atteintes aux biens culturels maritimes). CPP France, Le Havre, Marseille,
Saint-Denis-de-la-Réunion et
Saint-Pierre-et-Miquelon.
Infractions de droit commun commises Art. 697 Juridictions à compétence
par des militaires en temps de paix et s. du militaire dites de droit commun

5846
et infractions militaires. CPP spécialisées (JDCS) siégeant à

1728
Bordeaux, Cayenne, Lille, Lyon,
Marseille, Metz, Paris, Rennes et

8:17
Toulouse.
Santé publique et environnement. Art. 706-2 3.24 Tribunaux judiciaires de Paris
et s. du et Marseille (existe par ailleurs un
0.12

CPP pôle régional environnemental par


ressort de cour d’appel).
0.12

Terrorisme, crimes contre l’humanité, Art. 706-17 Tribunal judiciaire de Paris


3:16

crimes et délits de guerre, crimes et 628-1 (s’agissant du parquet, est


de torture et de disparition forcée et s. du compétent le parquet national
2943

commises par les autorités étatiques. CPP antiterroriste, dit PNAT).


:889

Le TC est une juridiction collégiale composée d’un président et de


2821

deux assesseurs5. Par exception, plusieurs infractions de gravité


1058

relative ou moyenne peuvent être jugées par le tribunal correctionnel


composé du seul président qui n’est alors pas assisté des deux
n:21

assesseurs. On parle de formation à « juge unique » en opposition à


bidja

la formation dite « collégiale ». La liste des infractions relevant de


e d’A

cette formation est fixée par l’art. 398-1 du CPP et celle-ci, pour
d’évidentes raisons budgétaires, n’a de cesse de s’étoffer. La
sitair

formation à juge unique ne peut toutefois jamais juger les personnes


niver

placées en détention provisoire dans le cadre de l’affaire en cause,


tut U

ni statuer en matière de comparution immédiate.


:Insti
x.com
larvo
o
l.sch
Exemples
L’infraction d’usage de stupéfiants relève de la formation à juge
unique (art. 398-1, 11°, du CPP).
Les délits de trafic de stupéfiants (détention, transport,
acquisition et offre ou cession) relèvent de la formation
collégiale.

Une expérimentation initiée par la loi n° 2011-939 du 10 août 2011,


aujourd’hui abandonnée6, a un temps été menée pour introduire des

5846
jurés en matière correctionnelle. On parlait alors de « tribunal
correctionnel dans sa formation citoyenne ».

1728
Qu’ils statuent en formation collégiale ou à juge unique, les juges

8:17
du tribunal correctionnel sont tenus à diverses règles tendant à
3.24
s’assurer de leur impartialité objective. Par exemple, ils ne doivent
0.12

pas être intervenus en tant que juge des libertés et de la détention


au cours de l’enquête ou de l’information portant sur les faits soumis
0.12

au tribunal.
3:16

Outre les juges, prennent nécessairement part à l’audience :


2943

– un représentant du ministère public, à savoir le procureur de la


:889

République près le tribunal ou un autre membre de son parquet ;


2821

– un greffier, qui atteste du déroulement des débats et s’assure de la


régularité procédurale de l’instance (art. 398-3 du CPP) ;
1058

– un huissier dit « audiencier », qui veille au bon déroulement


n:21

matériel de l’instance en s’assurant de l’identité des personnes


bidja

convoquées, en appelant les dossiers dans un certain ordre, etc.


e d’A

Comme nous l’avons vu (cf. Fiches 10 et 11), le tribunal


correctionnel peut être saisi par :
sitair

– le procureur de la République par le biais d’une :


niver

• citation directe de l’auteur par huissier de justice,


tut U

• convocation de l’auteur remise par divers agents et


:Insti

fonctionnaires,
• convocation par procès-verbal,
x.com
larvo
o
l.sch
• comparution à délai différé,
• comparution immédiate ;
– la comparution volontaire du prévenu ;
– une ordonnance d’un juge d’instruction estimant qu’il existe des
charges suffisantes contre un individu d’avoir commis un ou
plusieurs délit (« ordonnance de renvoi devant le tribunal
correctionnel »).
Le tribunal correctionnel peut également être saisi directement par
la victime qui aura fait citer le prévenu à comparaître à une audience
par huissier de justice (art. 389 et s. du CPP). On parle de

5846
constitution de partie civile par voie d’action (cf. Fiche 20). Dans ce
cas, et avant l’examen des faits, le tribunal est tenu d’enjoindre à la

1728
partie civile de verser une somme d’argent qui sera consignée.

8:17
À défaut de consignation, la citation sera considérée comme
irrecevable. 3.24
0.12

Au terme du procès, si le tribunal prononce une relaxe, il pourra


condamner la partie civile à payer une amende civile d’un montant
0.12

maximum de 15.000 euros s’il estime que la citation était abusive ou


3:16

dilatoire. La somme d’argent consignée pourra alors servir au


2943

paiement de cette amende (art. 392-1 du CPP).


:889

Lors de l’audience, la comparution du prévenu est en principe


2821

obligatoire (art. 410 du CPP). L’assistance ou la représentation du


prévenu par avocat est facultative, sauf en matière de comparution
1058

immédiate où l’avocat est obligatoire lors de la première audience.


n:21

On parle d’« assistance » lorsqu’un avocat intervient pour un client


qui est, lui aussi, présent. On parle de « représentation » lorsqu’un
bidja

avocat intervient pour un client qui ne s’est pas déplacé à l’audience.


e d’A

L’assistance ou la représentation de la partie civile est toujours


sitair

facultative.
Par principe, l’audience correctionnelle, comme toute audience
niver

pénale, est publique. Par exception, si la publicité est dangereuse


tut U

« pour l’ordre, la sérénité des débats, la dignité de la personne ou


:Insti

les intérêts d’un tiers », le tribunal peut statuer à huis clos (art. 400
x.com
larvo
o
l.sch
du CPP). Les débats sont toujours oraux, et non écrits, ce qui résulte
logiquement de la publicité des débats et du caractère accusatoire
de la procédure sentencielle.
Au cours de l’audience, le principe du contradictoire trouve à
s’appliquer, si bien que les juridictions ne peuvent fonder leurs
décisions que sur des éléments qui lui sont apportés au cours des
débats et contradictoirement discutés devant lui (art. 427, al. 2, du
CPP). Rien n’impose toutefois qu’une partie communique ses pièces
avant l’audience7.
Lorsque le tribunal correctionnel estime que la procédure qui lui est
soumise est incomplète, il peut ordonner un « supplément

5846
d’information » afin de réaliser, ou de faire réaliser par le biais d’une

1728
commission rogatoire, certains actes d’enquête (art. 397-2, al. 1, et
463 du CPP).

8:17
Le déroulement chronologique de l’audience est le suivant : 3.24
– le président s’assure de l’identité du prévenu et énonce les
0.12

infractions qui lui sont reprochées (il donne lecture de l’acte de


0.12

saisine) ;
3:16

– le président notifie au prévenu son droit, au cours des débats, de


2943

garder le silence, de faire des déclarations ou de répondre aux


questions8. Sous peine de nullité, cette notification doit être
:889

réalisée avant l’examen des éventuelles exceptions de nullité9 ;


2821

– le président fait se retirer les éventuels témoins de la salle


1058

d’audience (la présence de témoins est exceptionnelle en matière


correctionnelle) ;
n:21

– sont évoquées les éventuelles exceptions soulevées d’office ou


bidja

déposées par un avocat (art. 384 et s. et 459 du CPP). Les


e d’A

exceptions sont les difficultés tendant à constituer un obstacle à


l’exercice de l’action publique sans que soit évoqué le fond de
sitair

l’affaire. C’est donc à ce stade, appelé « in limine litis », que la


niver

défense pourra soutenir d’éventuelles conclusions de nullité


tut U

(cf. Fiche 14) ;


– instruction de l’affaire :
:Insti
x.com
larvo
o
l.sch
• les faits sont évoqués, des questions sont posées aux parties, les
témoins éventuels sont entendus,
• la personnalité du prévenu est abordée (le tribunal doit connaître
les personnes qu’il juge afin de pouvoir individualiser la sanction
qu’il sera éventuellement amené à prononcer),
• les demandes indemnitaires sont formulées par les parties civiles
et tiers intervenants, lorsqu’il y en a ;
– l’instruction de l’affaire est alors close et la parole est distribuée
selon l’ordre suivant (art. 460 du CPP) :
• éventuelle plaidoirie de l’avocat de la partie civile, sous réserve
qu’une partie civile se soit constituée et qu’elle soit assistée ou

5846
représentée par un avocat,

1728
• réquisitions du procureur,

8:17
• éventuelle plaidoirie de l’avocat de la défense, sous réserve que
le prévenu ait constitué avocat, 3.24
• parole donnée au prévenu en dernier ;
0.12

– le tribunal opte ensuite pour l’une des deux options suivantes :


0.12

• rendre sa décision « sur le siège » (le tribunal rend sa décision au


3:16

cours de l’audience, après s’être éventuellement retiré quelques


2943

instants pour délibérer au cours d’une suspension d’audience),


• mettre en délibéré et rendre sa décision à l’occasion d’une
:889

audience ultérieure.
2821

Les décisions rendues par le tribunal correctionnel sont des


1058

jugements qui sont diversement qualifiés selon que le prévenu était


n:21

présent à l’audience ou, à tout le moins, informé de celle-ci. Son


bidja

prononcé vient clore les débats10. On distingue les jugements :


– « contradictoire » lorsque le prévenu était présent lors de
e d’A

l’audience ou qu’il était absent mais représenté par un avocat11 ;


sitair

– « contradictoire à signifier » lorsque le prévenu était absent à


niver

l’audience dont il avait bien connaissance et qu’il n’était pas


représenté par un avocat ;
tut U

– « par défaut » lorsque le prévenu était absent à l’audience dont il


:Insti

n’était pas informé et qu’il n’était pas représenté par un avocat ;


x.com
larvo
o
l.sch
– « par itératif défaut » lorsque le prévenu se voit notifier un
jugement par défaut, fait opposition contre cette décision
(cf. Fiche 18 sur les voies de recours), est informé de la date de la
nouvelle audience et ne s’y présente pas.

Exemples
• Au terme d’une garde à vue, un individu se voit remettre une
convocation par officier de police judiciaire. Il décide de ne pas
comparaître à l’audience mais de s’y faire représenter par un
avocat auquel il remet un mandat. Le jugement rendu sera

5846
qualifié de jugement contradictoire.
• Un prévenu reçoit une convocation en justice des mains d’un

1728
huissier mais décide de ne pas s’y rendre. Le jugement rendu

8:17
sera qualifié de jugement contradictoire à signifier.
• Souhaitant faire juger un individu pour soustraction de mineur, 3.24
le parquet demande à un huissier de lui remettre une citation
0.12

directe. N’étant parvenu à localiser l’intéressé malgré ses


0.12

recherches, l’huissier délivre une citation à parquet. Le


3:16

prévenu n’a pas eu connaissance de l’audience à laquelle il est


2943

jugé. Le jugement rendu sera qualifié de jugement par défaut.


• 10 mois plus tard, l’individu précédent, qui habite en Arabie
:889

Saoudite, se voit notifier la condamnation à l’occasion d’un


2821

voyage d’affaires en France. Il forme opposition et se voit


1058

remettre une convocation pour une nouvelle audience à


laquelle il ne se rend pas. Ce nouveau jugement sera qualifié
n:21

de jugement par itératif défaut.


bidja
e d’A

La qualification des jugements emporte deux conséquences. Selon


sitair

leur qualification, les jugements ne sont effectivement pas


niver

exécutoires et définitifs au même moment. Une décision est dite


« exécutoire » lorsque les peines prononcées contre le condamné
tut U
:Insti
x.com
larvo
o
l.sch
peuvent être mises en œuvre (cf. Fiche 19). Une décision est dite
« définitive » lorsque plus aucune voie de recours n’est ouverte
contre cette décision de justice (cf. Fiche 18).
Dans son jugement, le tribunal correctionnel statue à la fois sur
l’action publique et donc sur la culpabilité (requalification, relaxe,
relaxe partielle, condamnation…), ainsi que, le cas échéant, sur la
ou les sanctions et sur l’action civile. Le tribunal dispose également
de la faculté de déclarer le prévenu coupable et d’ajourner sa
décision sur la peine lorsqu’il apparaît que le reclassement du
coupable est en voie d’être acquis, que le dommage causé est en
voie d’être réparé et que le trouble résultant de l’infraction va cesser

5846
(art. 132-60 et s. du CP). Dans cette hypothèse, c’est à l’occasion

1728
d’une audience ultérieure que la décision portant sur l’éventuelle
sanction sera prononcée.

8:17
Le juge pénal étant saisi in rem et in personam, il n’est pas lié par 3.24
la qualification des faits donnée par l’acte de saisine. Dès lors, il doit
0.12

requalifier les faits, s’il estime que la qualification juridique de


0.12

l’infraction dont il est saisi n’est pas correcte12. En effet, il appartient


3:16

au juge de restituer leur exacte qualification aux faits dont il est saisi
sans toutefois les dénaturer13. Il devra alors mettre le prévenu en
2943

mesure de présenter sa défense sur la nouvelle qualification


:889

envisagée14.
2821

Sauf à substituer un fait nouveau à celui dont elle est saisie, ce qui
lui est interdit15, la juridiction peut rajouter des circonstances
1058

aggravantes qui ne sont que des circonstances de fait16. En effet, le


n:21

tribunal est saisi du fait et des circonstances du fait.


bidja
e d’A

Exemple
sitair

Au terme de la garde à vue dont il a fait l’objet, un individu se


niver

voit remettre une convocation par officier de police judiciaire


pour être jugé, 15 mois plus tard, par le tribunal correctionnel de
tut U

Charleville-Mézières pour des faits d’actes de cruauté sur


:Insti

animal domestique (art. 521-1 du CP).


x.com
larvo
o
l.sch
Lors de l’audience, le tribunal correctionnel considère que les
blessures subies par l’animal n’ont pas été causées
volontairement mais qu’elles résultent des négligences du
prévenu. S’agissant des mêmes faits envisagés sous une
acception différente, le tribunal requalifie les faits en atteinte
involontaire à l’intégrité de l’animal, qui est une contravention de
la 3e classe (art. R. 653-1 du CP).
En l’absence de tout acte interruptif ou suspensif de prescription
survenu depuis la remise de la convocation par officier de police
judiciaire 15 mois plus tôt, le tribunal constate que l’action
publique est prescrite et relaxe le prévenu17.

5846
1728
Le périmètre de saisine étant figé par l’acte de saisine, le juge ne

8:17
peut requalifier les faits poursuivis que si la requalification concerne
les mêmes faits envisagés sous une acception différente18. 3.24
0.12

Le devoir de requalification incombant au juge correctionnel signifie


aussi que ce dernier ne peut se contenter de relaxer sur la
0.12

qualification initialement retenue, sans vérifier si les faits dont il est


3:16

saisi ne peuvent recevoir une autre qualification19. C’est d’autant


2943

plus important qu’en vertu de l’autorité de la chose jugée, la décision


de relaxe qui serait prononcée s’attacherait aux faits poursuivis et
:889

ferait échec à toute nouvelle saisine du parquet ou de la partie civile


2821

sur une qualification différente20.


1058

Les juges sont tenus de motiver leurs décisions s’agissant de la


n:21

culpabilité du prévenu mais également, depuis l’entrée en vigueur de


bidja

la loi du 23 mars 201921, sur le choix de la peine (art. 485-1 du CPP).


La motivation de la décision sur la peine doit porter sur les
e d’A

circonstances de l’infraction, la personnalité de son auteur ainsi que


sitair

sa situation matérielle, familiale et sociale (art. 132-1 du CP).


Concernant les peines d’amende, la motivation doit également viser
niver

les ressources et les charges du condamné (art. 132-20 du CP).


tut U

L’obligation de motivation des peines :


:Insti

– est écartée s’agissant :


x.com
larvo
o
l.sch
• des peines obligatoires,
• des peines de confiscation du produit ou de l’objet de l’infraction,
• de la fixation des obligations et interdictions particulières du
sursis probatoire ;
– est renforcée dans certains cas tels que :
• le prononcé de peines d’emprisonnement ferme (art. 132-19 du
CP),
• l’absence d’aménagement d’une peine d’emprisonnement
(art. 132-25 du CP),
• la délivrance d’un mandat de dépôt, d’arrêt ou de dépôt à effet
différé (art. 464-2 du CPP), etc.

5846
1728
III. Les juridictions criminelles
A. La cour d’assises 8:17
3.24
0.12

La cour d’assises est une juridiction départementale qui siège,


0.12

généralement, dans la ville chef-lieu du département (art. 232 et s.


du CPP). Il s’agit d’une juridiction intermittente qui ne statue donc
3:16

pas en continu mais par sessions (art. 236 du CPP).


2943

Concernant sa compétence matérielle, elle a « plénitude de


:889

juridiction », ce qui signifie qu’elle peut juger les crimes mais


2821

également toutes les autres infractions renvoyées devant elle


(art. 231 du CPP). Disposant d’une plénitude de juridiction, la cour
1058

d’assises est toujours compétente territorialement et ne peut dès lors


n:21

pas se déclarer incompétente.


bidja

La cour d’assises est composée de :


e d’A

– la cour proprement dite (art. 243 et s. du CPP) constituée du


président et de deux assesseurs, qui sont des magistrats
sitair

professionnels du siège ;
niver

– le jury (art. 254 et s. et 288 et s. du CPP) composé de six citoyens


tut U

âgés de plus de 23 ans, sachant lire et écrire, dont le casier


judiciaire ne porte mention d’aucune condamnation pour crime ou
:Insti

délit et qui sont tirés au sort sur les listes électorales.


x.com
larvo
o
l.sch
Par exception, et notamment si l’affaire jugée s’annonce longue,
des assesseurs et des jurés supplémentaires peuvent être désignés.
Ceux-ci ne participeront au délibéré que s’ils sont amenés à
remplacer un assesseur ou un juré défaillant au cours du procès.
Les fonctions du ministère public sont exercées par un magistrat
appartenant au parquet général de la cour d’appel (art. 34 du CPP)
voire par un magistrat du parquet d’une juridiction du 1er degré
(art. 39 du CPP). Devant la cour d’assises, le représentant du
ministère public est appelé « avocat général ».
La cour d’assises ne peut être saisie que par un seul et unique
biais : une ordonnance (ou un arrêt dans le cas où la chambre de

5846
l’instruction a été saisie) de mise en accusation rendue par un juge

1728
d’instruction au terme d’une information judiciaire.

8:17
Les débats devant la cour d’assises sont publics sauf à ce que la
publicité s’avère dangereuse pour l’ordre ou les mœurs, auquel cas 3.24
le huis clos peut être ordonné (art. 306 du CPP).
0.12

L’assistance de l’accusé par un avocat est obligatoire en matière


0.12

criminelle (art. 274 du CPP).


3:16

Les principes du contradictoire et de l’oralité sont encore plus


2943

importants devant la cour d’assises que devant le tribunal


correctionnel. Le caractère oral des débats est, en effet, un principe
:889

cardinal du procès criminel puisque la conviction des jurés se forme,


2821

non d’après les pièces de la procédure, mais par le débat. Ne


1058

peuvent dès lors être discutés que les seuls éléments évoqués
oralement par une partie, un témoin, un expert ou un enquêteur.
n:21

Préalablement à l’audience, le président de la cour d’assises


bidja

interroge chaque mis en cause, ici appelé « accusé » et non


e d’A

« prévenu » comme c’est le cas devant les tribunaux correctionnel et


sitair

de police (art. 272 et s. du CPP). À l’occasion de cet interrogatoire,


le président s’assure de l’identité de l’accusé, du fait qu’il se soit bien
niver

vu notifier la décision de mise en accusation et qu’il sera assisté d’un


tut U

avocat lors de l’audience.


:Insti
x.com
larvo
o
l.sch
Par ailleurs, une « réunion préparatoire criminelle » est organisée
par le président de la cour d’assises avec les différentes parties et le
parquet pour rechercher un accord sur les témoins et experts qui
seront cités à comparaître, sur leur ordre de déposition et sur la
durée de l’audience (art. 276-1 du CPP).
La procédure d’audience devant la cour d’assises est la suivante
(art. 293 et s. du CPP) :
– la cour prend séance, c’est-à-dire qu’elle s’installe dans la salle
d’audience ;
– l’accusé est introduit dans la salle d’audience ;

5846
– le président vérifie l’identité de l’accusé ;
– dans une urne, le président tire au sort le nom des jurés qui

1728
participeront au jugement de l’affaire. La défense, ou directement

8:17
l’accusé, peut récuser quatre jurés et le ministère public, trois ;
– une fois le jury constitué, le président fait prêter serment aux jurés3.24
(art. 304 du CPP) ;
0.12

– les éventuelles nullités sont évoquées (art. 305-1 du CPP) ;


0.12

– le président fait sortir les témoins de la salle d’audience ;


3:16

– le président présente de façon succincte les faits reprochés à


2943

l’accusé (art. 327 du CPP) ;


:889

– le président notifie à l’accusé son droit de garder le silence, de


faire des déclarations ou de répondre aux questions (art. 328 du
2821

CPP) ;
1058

– selon l’ordre qu’il détermine, le président entend les parties,


n:21

témoins22, experts23 et enquêteurs. Des questions peuvent être


posées à chacun d’eux par les parties ;
bidja

– une fois l’instruction terminée, la parole est distribuée selon l’ordre


e d’A

suivant (art. 346 du CPP) :


sitair

• éventuelle plaidoirie de l’avocat de la partie civile, sous réserve


niver

qu’une partie civile se soit constituée et qu’elle soit assistée ou


représentée par un avocat,
tut U

• réquisitions de l’avocat général,


:Insti

• plaidoirie de l’avocat de la défense,


x.com
larvo
o
l.sch
• parole donnée à l’accusé en dernier ;
– le président clôt alors l’instruction de l’affaire puis donne lecture
des questions posées à la cour d’assises ainsi que de l’instruction
de l’art. 353 du CPP. Une question est posée pour chaque
infraction, pour chaque circonstance aggravante et pour chaque
cause d’irresponsabilité (art. 348 et s. du CPP)24 ;
– la cour d’assises se retire pour délibérer (art. 355 et s. du CPP). La
délibération a lieu par votes successifs et secrets avec une voix
égale pour chacun des neuf membres de la cour d’assises. La cour
d’assises vote sur les questions posées tenant à la culpabilité puis,
le cas échéant, sur les peines. Sur la culpabilité, les décisions

5846
défavorables à l’accusé supposent une majorité qualifiée de sept

1728
voix. Sur les peines, les décisions sont prises à la majorité absolue
des votants mais la peine maximale encourue ne peut être

8:17
prononcée qu’à la majorité qualifiée de sept voix ;
3.24
– après être revenue en salle d’audience et avoir fait comparaître
0.12

l’accusé, la cour d’assises donne lecture des réponses faites aux


questions et prononce son arrêt (art. 366 et s. du CPP).
0.12
3:16

La cour d’assises, comme toute « cour », ne rend pas des


2943

jugements mais des arrêts. Lorsqu’elle estime que la culpabilité de


l’accusé n’est pas démontrée, elle ne rend pas un arrêt de « relaxe »
:889

mais d’« acquittement ».


2821

La cour d’assises est tenue de motiver ses décisions tant sur la


1058

culpabilité (depuis 2012)25 que sur les peines (depuis la loi du


n:21

23 mars 2019)26. Cette motivation est rédigée par le président ou l’un


des assesseurs (art. 365-1 du CPP).
bidja

S’agissant des contentieux les plus sensibles, et pour éviter tout


e d’A

risque de pression sur les jurés, des cours d’assises spéciales


sitair

uniquement composées de magistrats ont été instituées en matières


terroriste (art. 706-25 du CPP), de crimes contre l’humanité
niver

(art. 628-1 du CPP), de crimes de trafic de stupéfiants (art. 706-27


tut U

du CPP) et de crimes militaires (art. 698-6 du CPP).


:Insti

B. La cour criminelle départementale


x.com
larvo
o
l.sch
Créée à titre expérimental par la loi n° 2019-222 du 23 mars 2019,
la cour criminelle départementale était prévue dans 7
départements27 avant d’être étendue à 928 puis à 18 départements29.
Cette juridiction a été pérennisée par la loi n° 2021-1729 du
22 décembre 2021 et sera généralisée à l’ensemble du territoire le
1er janvier 2023.
Composée de cinq magistrats professionnels et ne comprenant
aucun juré, elle n’est compétente qu’en première instance et pour
les seules personnes majeures accusées d’un crime puni de 15 ans
ou de 20 ans de réclusion criminelle, lorsqu’il n’est pas commis en
état de récidive légale.

5846
La majorité des règles applicables à la cour d’assises sont

1728
applicables à la cour criminelle départementale, qui statue à la
majorité de ses membres (art. 380-19 du CPP).

8:17
3.24
Approfondir
0.12

− C. Guéry et B. Lavielle, « Droit et pratique des audiences


0.12

correctionnelles et de police », Dalloz, coll. « Dalloz action »,


3:16

3e éd., déc. 2018, 1768 p.


2943

− H. Angevin et H.-C. Le Gall, « La pratique de la cour d’assises »,


LexisNexis, coll. « Droit & Professionnels », 7e éd., sept. 2020,
:889

664 p.
2821

− M. Redon, « Tribunal correctionnel », Rép. pén. et proc. pén.


1058

− M. Redon, « Tribunal de police », Rép. pén. et proc. pén.


− M. Redon, « Cour d’assises », Rép. pén. et proc. pén.
n:21

− D. Sénat, M. Chavanne, B. Fiorini et H. Simon-Grassa,


bidja

« Dossier : Le jugement des crimes », AJ Pénal, avr. 2021,


e d’A

p. 175.
sitair

− F. Vessio, « Les rigueurs de la requalification des faits par la


juridiction correctionnelle », Gaz. Pal., 22 sept. 2020, p. 12.
niver

− E. Verny, « La motivation exigée en procédure pénale », Revue


tut U

de droit d’Assas, déc. 2019, p. 45.


:Insti

− T. Lebreton, « Le périmètre de la saisine des juridictions pénales


de jugement », Gaz. Pal., 30 juill. 2019, p. 22.
x.com
larvo
o
l.sch
− A. Blanc, « La réforme de la cour d’assises », AJ Pénal,
avr. 2019, p. 184.
− D. Guérin, « La motivation des peines », Dr. pén., avr. 2018,
ét. 9.
− V. Perrocheau, D. Zerouki-Cottin et P. Milburn, « La motivation
des décisions de cours d’assises », AJ Pénal, mars 2018,
p. 139.

1. Crim., 18 nov. 2020, n° 20-84893, PB.


2. Avant 2017, le tribunal de police relevait de l’ancien tribunal d’instance.
3. Jusqu’au 1er juillet 2017, la « juridiction de proximité », aujourd’hui supprimée, jugeait les

5846
contraventions des quatre premières classes tandis que le tribunal de police ne statuait
que sur les seules contraventions de la 5e classe.

1728
4. Le TC peut ainsi connaître de faits qui auraient pu recevoir une qualification criminelle
mais qui ont été correctionnalisés.

8:17
5. L’art. 41-11 de l’ord. du 22 déc. 1958, prévoit que l’un des deux assesseurs, mais jamais
3.24
les deux, peut être un magistrat non professionnel, c’est-à-dire un magistrat à titre
temporaire.
0.12

6. Arr. JUSD1306459A du 18 mars 2013.


7. Crim., 10 nov. 2004, n° 03-87628, PB.
0.12

8. Le défaut d’une telle notification constitue une nullité d’intérêt privé à grief présumé
3:16

(Crim., 8 juill. 2015, n° 14-85699, PB).


9. Crim., 16 oct. 2019, n° 18-86614, PB.
2943

10. Crim., 10 mars 1970, n° 68-92321, PB.


11. L’avocat doit être muni d’un mandat écrit signé par son client (art. 411, al. 1, du CPP).
:889

À défaut, le tribunal l’entendra mais le jugement sera contradictoire à signifier et non


2821

contradictoire (art. 412, al. 2, du CPP).


12. CPP, art. 470.
1058

13. Sont par exemple admises les requalifications d’une escroquerie en faux et usage de
faux (Crim., 16 oct. 2013, n° 12-87096, PB) ou d’une conduite sous l’empire d’un état
n:21

alcoolique en conduite en état d’ivresse manifeste (Crim., 27 nov. 2018, n° 17-87385,


PB).
bidja

14. Crim., 17 oct. 2001, n° 01-81988, PB.


15. Crim., 15 juin 1977, n° 76-93274, PB.
e d’A

16. « Les circonstances dans lesquelles les faits ont été commis ne constituent pas en
elles-mêmes des faits nouveaux » (Crim., 27 juill. 1970, n° 69-92968, PB).
sitair

17. Pour une affaire sensiblement équivalente, voir Crim., 27 janv. 2015, n° 14-81723, PB.
18. Le tribunal ne peut pas requalifier des faits de recel d’un bien immobilier en faux et
niver

usage de faux d’un acte ayant permis l’acquisition de ce bien (Crim., 24 mars 2021,
tut U

n° 20-80504, PB) ou des faits de violences volontaires en omission de porter secours


(Crim., 22 mars 2000, n° 98-87496, PB).
:Insti

19. Crim., 28 mars 2000, n° 98-86886, PB.


20. Crim., 10 déc. 2014, n° 14-80230, PB.
x.com
larvo
o
l.sch
21. Cette évolution législative consacre des revirements de jurisprudence ayant imposé la
motivation des peines en matière correctionnelle (notamment, Crim., 29 nov. 2016, n° 15-
86712, PB) et contraventionnelle (Crim., 30 mai 2018, n° 16-85777).
22. Sauf s’il s’agit des proches de l’accusé (art. 335 du CPP), les témoins sont tenus de
prêter serment (art. 331, al. 3, du CPP). Le témoin contre qui l’accusé a porté plainte est
malgré tout tenu de témoigner (Crim., 17 juin 2020, n° 19-81485, PB).
23. Les experts doivent prêter serment (art. 168 du CPP) faute de quoi leur déposition est
irrégulière (Crim., 2 déc. 2020, n° 19-87124, PB).
24. Le président doit faire état de son intention de poser telle ou telle question avant les
plaidoiries et réquisitions afin de permettre aux parties de faire valoir leurs observations
(Crim., 11 mars 2020, n° 19-80366, PB).
25. L’introduction tardive de l’obligation de motivation des décisions criminelles tient au fait
que les cours d’assises étaient considérées comme un vecteur d’expression directe de la
souveraineté populaire par le biais du jury.
26. La motivation n’a toutefois pas à contenir une analyse de la personnalité de l’accusé et

5846
de sa situation matérielle, familiale et sociale (Crim., 22 avr. 2020, n° 19-84253, PB).
27. Arr. JUSD1912083A du 25 avr. 2019.

1728
28. Arr. JUSD2003332A du 2 mars 2020.
29. Loi n° 2020-734 du 17 juin 2020 et Arr. JUSD2017078A du 2 juill. 2020.

8:17
3.24
0.12
0.12
3:16
2943
:889
2821
1058
n:21
bidja
e d’A
sitair
niver
tut U
:Insti
x.com
larvo
o
l.sch
Exercice
Le 7 avril, Claude Basire, que vous assistez, comparaît en
comparution immédiate avec trois autres prévenus devant le
tribunal correctionnel de Fontainebleau pour répondre des
chefs de provocation directe à la rébellion (art. 433-10 du
CP) et de violences ayant entraîné une incapacité totale de
travail inférieure ou égale à 8 jours en réunion et sur
personne dépositaire de l’autorité publique (art. 222-14-5, I,

5846
al. 4, du CP).

1728
Vu le contexte, le tribunal correctionnel prononce de sa
propre initiative un huis clos. Au cours de l’instruction de

8:17
l’affaire, en se fondant sur des éléments médicaux présents
3.24
dans la procédure, le tribunal indique qu’il envisage de
0.12

requalifier les faits de violences en violences aggravées


ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à
0.12

8 jours. Par ailleurs, l’avocat des parties civiles, pendant sa


3:16

plaidoirie, s’appuie sur des attestations écrites rédigées par


2943

plusieurs témoins qu’il vient tout juste de recevoir et qu’il


:889

remet au tribunal.

2821

Quelle appréciation porter sur ces évènements


d’audience ?
1058
n:21
bidja
e d’A
sitair
niver
tut U
:Insti
x.com
larvo
o
l.sch
Corrigé

■ 1. Huis clos
En matière correctionnelle la publicité des débats est un
principe essentiel de la procédure pénale (Crim., 10 juillet
1974, n° 74-09369). Par exception, si la publicité est
dangereuse « pour l’ordre, la sérénité des débats, la
dignité de la personne ou les intérêts d’un tiers », le

5846
tribunal peut statuer à huis clos (art. 400 du CPP). La
décision d’ordonner un huis clos relève de l’appréciation

1728
souveraine des juridictions. Cette décision, qui doit être

8:17
motivée (Crim., 17 mars 1970, n° 69-92475), peut être
prise à l’initiative du tribunal. 3.24
0.12

En l’espèce, dès lors que le tribunal motive sa décision


d’ordonner un huis clos sur les fondements prévus par
0.12

l’art. 400 du CPP, aucune contestation n’est possible. Il


3:16

est par ailleurs indifférent que le tribunal ait pris cette


2943

décision de sa propre initiative.


:889

■ 2. Requalification
2821

Le tribunal correctionnel, qui est saisi in rem et in


1058

personam, n’est pas lié par la qualification des faits


donnée par l’acte de saisine. Il résulte de l’art. 470 du
n:21

CPP qu’il a l’obligation de requalifier les faits, s’il estime


bidja

que la qualification de l’infraction dont il est saisi, n’est


e d’A

pas exacte. Il doit toutefois mettre le prévenu en mesure


de présenter sa défense sur la nouvelle qualification
sitair

envisagée (Crim., 17 octobre 2001, n° 01-81988). Dès


niver

lors que le prévenu a été mis en mesure de se défendre


tut U

sur la nouvelle qualification, le tribunal peut ainsi


requalifier des faits de violences aggravées ayant
:Insti

entraîné une incapacité totale de travail (ITT) inférieure ou


x.com
larvo
o
l.sch
égale à 8 jours en violences aggravées ayant entraîné
une ITT supérieure à 8 jours (Crim., 23 octobre 2001,
n° 01-83007).
En l’espèce, le tribunal, au cours de l’instruction de
l’affaire, indique aux parties qu’il envisage de requalifier
les faits de violences. Claude Basire a bien été mis en
mesure de se défendre sur la nouvelle qualification.
S’il peut contester le bien-fondé de cette requalification
en argumentant, notamment, sur le fait que l’ITT est bien
inférieure ou égale à 8 jours, Claude Basire ne peut pas
critiquer le principe de la requalification envisagée.

5846
■ 3. Production de pièces en cours de plaidoirie

1728
Transposition du principe du contradictoire en matière

8:17
correctionnelle, le 2e alinéa de l’art. 427 du CPP empêche 3.24
le juge de fonder sa décision sur des pièces qui n’auraient
0.12

pas été produites ou évoquées au cours des débats et


0.12

contradictoirement discutées devant lui. Rien n’impose


toutefois qu’une partie communique ses pièces avant
3:16

l’audience (Crim., 10 novembre 2004, n° 03-87628).


2943

En l’espèce, l’avocat de la partie civile produit des


:889

pièces au cours de sa plaidoirie. Ces pièces, qui n’ont pas


2821

été versées au cours de l’instruction de l’affaire, n’ont pas


été soumises au contradictoire.
1058

Sauf à ce que le tribunal rouvre l’instruction et soumette


n:21

donc ces pièces au contradictoire, il ne pourra pas fonder


bidja

sa décision sur ces éléments pour apprécier la culpabilité


de Claude Basire.
e d’A
sitair
niver
tut U
:Insti
x.com
larvo
o
l.sch
FICHE 13 | L’administration de
la preuve

L’essentiel en 1 clin d’œil

5846
1728
8:17
3.24
0.12
0.12
3:16
2943
:889
2821
1058
n:21
bidja
e d’A
sitair
niver
tut U

Les infractions sont des faits juridiques et peuvent donc être


prouvées librement (art. 427 du CPP).
:Insti
x.com
larvo
o
l.sch
Comme nous l’avons vu (cf. Fiche 8), le système de « liberté des
preuves », contrairement au système dit « de la preuve légale »,
permet aux autorités de poursuite d’investiguer librement et
d’apporter tout élément probatoire pour établir la caractérisation
d’une infraction. Ces autorités ne sont, dès lors, pas tenues de
mettre seulement en œuvre les actes d’enquête prévus et encadrés
par le Code de procédure pénale.
C’est ainsi que certains actes d’enquête, aujourd’hui codifiés, sont
nés de la pratique et ont donc été mobilisés des années durant sans
aucun cadre normatif :
– des écoutes téléphoniques ont ainsi été réalisées bien avant que

5846
la loi n° 91-646 du 10 juillet 1991 ne vienne les encadrer1 ;

1728
– la géolocalisation était pratiquée avant que la loi n° 2014-372 du
28 mars 2014 ne lui fixe un cadre légal2, etc.

8:17
Lorsqu’elles exécutent des actes d’enquête encadrés par des 3.24
dispositions législatives ou réglementaires, les forces de l’ordre
0.12

sont tenues de respecter le cadre normatif imposé pour ces actes,


0.12

faute de quoi, elles s’exposent au prononcé de nullités (cf. Fiche 14).


3:16

Quand bien même ils respecteraient le cadre normatif, les


2943

enquêteurs doivent, par ailleurs, veiller à ne pas dévoyer les actes


d’enquêtes et, ce faisant, à ne pas porter une atteinte trop
:889

importante aux droits et libertés fondamentaux des parties3.


2821

Même si cela intéresse peu votre épreuve de cas pratique, gardez


1058

à l’esprit que le législateur, lorsqu’il intervient en matière de preuve


pénale, est, lui aussi, tenu de respecter les normes fondamentales
n:21

du bloc de constitutionnalité. C’est ainsi que le Conseil


bidja

constitutionnel a par exemple censuré, au nom du principe de


e d’A

rigueur, certaines dispositions de la loi n° 2019-222 du 23 mars 2019


qui prévoyaient d’étendre les écoutes téléphoniques à l’enquête de
sitair

police de droit commun4.


niver

En qualité d’avocat, vous pourrez contester un mode de preuve en


tut U

attaquant la norme fixant son régime et son cadre. Pour ce faire, il


vous faudra attaquer la validité de cette norme au regard de sa
:Insti
x.com
larvo
o
l.sch
constitutionnalité, de sa conventionnalité ou de sa légalité
(cf. Fiche 15).

Exemple
Une question prioritaire de constitutionnalité pourrait être posée
au sujet de l’art. 706-95-20 du CPP prévoyant le recours à
l’IMSI catcher. Pour apprécier la conformité de ce texte, le
Conseil mettrait alors vraisemblablement en balance les
objectifs de valeur constitutionnelle de sauvegarde de l’ordre
public et de recherche des auteurs d’infractions avec les

5846
principes de respect de la vie privée et de rigueur nécessaire.

1728
8:17
Lorsqu’ils recherchent des éléments de preuve en recourant à
des techniques d’enquête qui ne sont pas encadrées par des 3.24
normes textuelles, les forces de l’ordre s’exposent au contrôle des
0.12

autorités judiciaires qui vont apprécier la conformité de ces


0.12

techniques aux droits et libertés fondamentaux.


3:16

En effet, disposant d’outils technologiques toujours plus


2943

performants, les enquêteurs sont tenus de respecter certains


principes et, notamment :
:889

– le principe de loyauté de la preuve5 (art. 6 de la CESDH) qui est


2821

l’un des principaux corollaires du principe de liberté de la preuve ;


1058

– le principe de rigueur nécessaire (art. 9 de la DDHC) ;


n:21

– le droit de chacun au respect de sa vie privée (art. 2 de la DDHC,


art. 8 de la CESDH, art. 7 de la CDFUE, art préliminaire du CPP)
bidja

auquel les nouvelles technologies de l’information et de la


e d’A

communication (NTIC) peuvent facilement porter atteinte, etc.


sitair

Si la liberté de la preuve est le principe, certains tempéraments


niver

doivent être soulignés. C’est ainsi que, par exemple :


tut U

– en matière contraventionnelle, les infractions sont établies par les


procès-verbaux des forces de l’ordre et la preuve contraire ne peut
:Insti

être rapportée « que par écrit ou par témoins » (art. 537 du CPP) ;
x.com
larvo
o
l.sch
– aucune condamnation ne peut intervenir sur le seul fondement des
déclarations du mis en cause dès lors qu’elles ont été faites sans
qu’il ait pu s’entretenir ou être assisté par un avocat
(art préliminaire du CPP) ;
– l’infraction de conduite après usage de stupéfiants (art. L. 235-1, I,
du Code de la route) doit être fondée sur une analyse salivaire ou
sanguine et ne peut donc résulter des seuls aveux du mis en
cause6, etc.

Indépendamment de toute déloyauté, la violation du secret de


l’enquête ou de l’instruction peut également conduire à la censure

5846
de preuves. Ce secret est protégé par l’art. 11, al. 1, du CPP et sa
violation, outre les conséquences sur la procédure en cours, peut

1728
exposer son auteur à des poursuites pénales (art. 226-13 et s. CP).

8:17
De jurisprudence constante, il est jugé que sauf à être
« concomitante à l’accomplissement d’un acte de la procédure », la 3.24
violation du secret ne peut entraîner l’annulation de l’acte7. Ainsi,
0.12

une violation du secret postérieure à la réalisation de l’acte


0.12

n’entraînera pas son annulation8.


3:16

À l’inverse, sur le fondement de la violation du secret, la Cour de


2943

cassation a censuré une perquisition, pourtant régulière, parce qu’un


journaliste, bien que dûment autorisé, y avait assisté9. De même, il a
:889

été jugé que la présence, là encore autorisée, d’un journaliste qui


2821

avait filmé des agents de la répression des fraudes dans leurs


1058

missions de constatation d’infractions entraînait la nullité de la


procédure10. Les violations sont ici concomitantes à l’acte et il est
n:21

considéré qu’elles ont nécessairement causé un grief à la partie


bidja

concernée.
e d’A
sitair

Exemple
niver

Dans l’affaire dite de la « sextape », le suspect n’a pu se fonder


sur la publication par la presse de passages de procès-verbaux
tut U

d’interrogatoires, qu’il s’agisse des siens ou de ceux d’autres


:Insti

protagonistes, et de retranscriptions d’écoutes téléphoniques


x.com
larvo
o
l.sch
pour solliciter la nullité de ces actes. En effet, la violation du
secret n’était pas concomitante aux actes concernés11.

La loyauté de la preuve sera seule évoquée dans la présente


fiche. En cette matière, la jurisprudence différencie les particuliers
des agents publics.
La question de la loyauté des preuves a récemment fait l’objet de
plusieurs arrêts de principe rendus par la Cour de cassation, arrêts
dont la complexité n’a d’égal que l’intérêt doctrinal qu’ils ont suscité.
En l’état de la jurisprudence, l’Assemblée plénière de la Cour de

5846
cassation12 juge :

1728
– que « le stratagème employé par un agent de l’autorité publique
pour la constatation d’une infraction ou l’identification de ses

8:17
auteurs ne constitue pas en soi une atteinte au principe de loyauté
3.24
de la preuve » ;
0.12

– qu’est seul proscrit « le stratagème qui, par un contournement ou


0.12

un détournement d’une règle de procédure, a pour objet ou pour


effet de vicier la recherche de la preuve en portant atteinte à l’un
3:16

des droits essentiels ou à l’une des garanties fondamentales de la


2943

personne suspectée ou poursuivie ».


:889

Les conséquences de la déloyauté dans l’obtention d’une preuve


2821

sont importantes. En effet, la nullité d’un acte réalisé de façon


1058

déloyale peut être invoquée par toute partie et donc même par un
tiers non concerné par l’acte d’enquête litigieux (cf. II, B de
n:21

la Fiche 14).
bidja

Après avoir évoqué l’administration de la preuve par un


e d’A

particulier (I), nous nous intéresserons aux preuves produites par


sitair

une autorité publique et, notamment, le cas spécifique des


provocations policières (II).
niver
tut U

I. Administration de la preuve par un


:Insti

particulier
x.com
larvo
o
l.sch
Le principe de loyauté, qui interdit à celui qui produit une preuve
d’utiliser des procédés et stratagèmes qui en vicient la recherche, ne
s’applique pas aux particuliers.
La Cour de cassation juge ainsi : « qu’aucune disposition légale ne
permet aux juges répressifs d’écarter des moyens de preuve remis
par un particulier aux services d’enquête, au seul motif qu’ils
auraient été obtenus de façon illicite ou déloyale et qu’il leur
appartient seulement, en application de l’art. 427 du CPP, d’en
apprécier la valeur probante, après les avoir soumis à la discussion
contradictoire »13.
Sont ainsi recevables :

5846
– les enregistrements, par le plaignant, d’appels téléphoniques

1728
malveillants14 ;

8:17
– les enregistrements de conversations privées par un
maître d’hôtel15 ; 3.24
– les enregistrements audio par un particulier à l’insu de la personne
0.12

concernée16, etc.
0.12

Les preuves obtenues par des particuliers peuvent même être


3:16

valablement produites alors qu’elles sont le fruit d’une infraction. Ont


2943

ainsi été jugées recevables :


:889

– des preuves obtenues par vol17 ;


2821

– des fichiers informatiques remis à l’administration fiscale par un


hacker18 ;
1058

– des preuves obtenues en violation du secret bancaire19, etc.


n:21

Étant des parties privées, les journalistes ne sont pas tenus au


bidja

principe de loyauté. En cas de doute, les juridictions doivent


e d’A

toutefois rechercher si les preuves que ceux-ci produisent n’ont pas


été initialement recueillies par l’autorité publique, auquel cas elles
sitair

devraient être écartées si elles ont été obtenues déloyalement20.


niver
tut U

II. Administration de la preuve


:Insti

par une autorité publique


x.com
larvo
o
l.sch
La plupart des difficultés aujourd’hui soulevées par le principe de
loyauté dans l’administration de la preuve par une autorité publique
concernent les provocations policières (B). Pour autant, d’autres
applications du principe de loyauté peuvent être relevées (A).

A. Cadre général
Non-respect du principe de loyauté
Sur le fondement du principe de loyauté de la preuve, la Cour de
cassation a jugé que la sonorisation de cellules contiguës de garde à
vue, dans lesquelles avaient été volontairement placés les deux
suspects d’une affaire, constitue un stratagème constitutif d’un

5846
procédé déloyal de recherche des preuves21. La Cour estime en effet

1728
que ce stratagème a conduit les suspects à s’auto-incriminer.

8:17
Dans le cadre de cette procédure, il faut comprendre que le
placement en garde à vue était valable et que l’acte d’enquête de 3.24
sonorisation avait été réalisé conformément aux dispositions légales.
0.12

C’est donc la combinaison de ces deux actes d’enquêtes, l’un et


0.12

l’autre valables, qui est jugé déloyale. Le respect, par les


3:16

enquêteurs, des règles légales encadrant un ou des actes


d’enquêtes ne suffit dès lors pas à lui seul à garantir la validité d’une
2943

preuve.
:889

Est déloyal l’enregistrement clandestin par un policier des propos


2821

qui lui sont tenus, fût-ce spontanément, par une personne


1058

suspecte22.
La transcription dans un procès-verbal des propos tenus
n:21

officieusement par une personne suspecte à un OPJ est également


bidja

déloyale dès lors qu’elle est effectuée contre le gré du suspect23.


e d’A

Aucune déloyauté n’est en revanche caractérisée si un enquêteur


recueille les confidences du suspect hors audition mais s’abstient de
sitair

les mentionner en procédure24.


niver

Respect du principe de loyauté


tut U

Statuant sur la validité d’écoutes téléphoniques, la Cour de


:Insti

cassation a jugé que le principe de loyauté de la preuve est respecté


dès lors que les preuves ont été obtenues « sans actes positifs de
x.com
larvo
o
l.sch
l’autorité publique susceptibles de caractériser un stratagème
constituant un procédé déloyal ». Par exemple, il est indifférent que
les conversations interceptées aient été tenues clandestinement par
un détenu depuis l’établissement pénitentiaire où il est placé en
détention provisoire25.
La Cour juge que la sonorisation de la cellule d’un établissement
pénitentiaire occupée par un mis en examen placé en détention
provisoire ne constitue pas non plus un stratagème dans la
recherche des preuves et ne porte dès lors pas atteinte au principe
de loyauté26. Il en va de même de la sonorisation du parloir d’une
prison27.

5846
B. Les provocations

1728
Il convient de distinguer la provocation à l’infraction, qui est
8:17
prohibée, de la provocation à la preuve, qui est admise. 3.24
0.12

1. Prohibition de la provocation à l’infraction


0.12

La provocation à l’infraction consiste, pour les enquêteurs, à


3:16

adopter un comportement actif afin de pousser, inciter, déterminer et


influencer un individu en vue de lui faire commettre une infraction
2943

qu’autrement il n’aurait pas commise28. L’action de l’agent public doit


:889

avoir déterminé la commission d’une infraction dont le délinquant


2821

n’est pas à l’initiative. La provocation à l’infraction fait donc


apparaître une infraction qui ne serait pas survenue sans
1058

l’intervention des enquêteurs.


n:21

Selon une jurisprudence constante de la Cour de cassation, établie


bidja

dès 199629, la provocation à l’infraction est prohibée. Toute


e d’A

provocation à l’infraction est ainsi jugée déloyale30.


sitair

L’appréciation de la provocation à l’infraction est très complexe en


pratique. La jurisprudence se fonde notamment sur l’existence, ou
niver

l’absence, d’« éléments antérieurs permettant [de] soupçonner


tut U

l’existence » de l’infraction en cause31.


:Insti
x.com
larvo
o
l.sch
Si l’action immédiate des forces de l’ordre est prohibée, sont
également sanctionnées les provocations commises par des
particuliers à l’instigation d’agents publics ou par leur intermédiaire32.

Illustrations
• Est sanctionnée la mise en scène d’un policier attirant deux
individus à proximité d’un véhicule où il avait disposé en
évidence un téléphone portable et une sacoche d’ordinateur
pour les inciter à commettre un vol33.
• Est nulle la preuve de l’infraction de détention d’images

5846
pédopornographiques dès lors que les images ont été
recueillies par l’auteur via un site de pornographie infantile

1728
créé et exploité par les autorités policières américaines34.

8:17
3.24
Comme nous l’avons vu (cf. Fiches 8 et 9) existent de « fausses »
0.12

exceptions à la prohibition de la provocation des infractions. Il ne


0.12

s’agit pas de véritables exceptions dans la mesure où l’incitation à


3:16

l’infraction demeure exclue. Sont concernés les actes suivants :


2943

– livraison à la place des opérateurs postaux dans le cadre des


surveillances (art. 706-80-2 du CPP) ;
:889

– enquête sous pseudonyme (art. 230-46 du CPP) ;


2821

– infiltration, qui permet aux enquêteurs de s’infiltrer dans un groupe


1058

de délinquants mais pas d’être à l’initiative de nouvelles infractions


(art. 706-82 du CPP) ;
n:21

– livraison surveillée, en matière de trafics de stupéfiants (art. 706-


bidja

32 du CPP) et d’armes (art. 706-106 du CPP).


e d’A

La provocation à l’infraction entraîne la nullité des actes


sitair

concernés35 et, même, l’exonération de responsabilité de l’auteur de


niver

l’infraction36.
tut U

2. Admission de la provocation à la preuve


:Insti
x.com
larvo
o
l.sch
La provocation à la preuve est destinée à faire apparaître la preuve
d’une infraction qui aurait, de toute façon, été commise sans
l’intervention des enquêteurs. L’intervention de l’enquêteur ne peut
avoir pour effet que de révéler des infractions déjà commises, en
train de se commettre ou d’en arrêter la continuation.
La jurisprudence s’assure de la passivité des forces de l’ordre37
ou, si un stratagème a été mis en œuvre, de la préexistence d’un
processus infractionnel.

Illustrations

5846
• Le fait, pour des enquêteurs, de se faire passer pour des

1728
acheteurs potentiels d’un véhicule volé en répondant à une
annonce de vente et de fixer un rendez-vous à l’auteur du vol

8:17
dans le but de l’appréhender n’est pas un stratagème ou une 3.24
machination dès lors qu’il n’avait pas pour but de provoquer
0.12

l’auteur à commettre une infraction mais à l’interpeller. La Cour


0.12

de cassation considère que ce procédé n’a en rien déterminé


les agissements de l’auteur38.
3:16

• Est admise, la simple présence passive des forces de l’ordre


2943

au moment où la victime procédait à des enregistrements


:889

clandestins visant à incriminer les auteurs de chantage et


d’extorsion.
2821

L’Assemblée plénière de la Cour de cassation juge que le


1058

principe de loyauté de la preuve n’est pas violé en « l’absence


n:21

de participation directe ou indirecte de l’autorité publique à


l’obtention des enregistrements litigieux ».
bidja

Elle précise que « le concept de “participation”, même indirecte,


e d’A

suppose l’accomplissement, par les enquêteurs d’un acte


sitair

positif, si modeste soit-il […] le seul reproche d’un “laisser faire”


des policiers, dont le rôle n’a été que passif, ne peut suffire à
niver

caractériser un acte constitutif d’une véritable implication »39.


tut U

• Déjugeant la chambre criminelle40, l’Assemblée plénière de la


:Insti

Cour de cassation41 a considéré, dans l’affaire dite de la


sextape, que constituait une provocation à la preuve le
x.com
larvo
o
l.sch
comportement de l’enquêteur qui, s’étant fait passer pour un
proche de la victime, avait démarché le maître chanteur en
utilisant un pseudonyme puis l’avait relancé alors qu’il était
resté silencieux un mois durant. Ainsi, dès lors que le
processus infractionnel est déclenché par le délinquant, les
forces de l’ordre semblent pouvoir mettre en œuvre divers
stratagèmes.

Approfondir
− J. Buisson, « Preuve », Rép. pén. et proc. pén.

5846
− A. Dejean de la Bâtie, « La juste place du journaliste dans

1728
l’enquête pénale », Recueil Dalloz, 3 févr. 2022, p. 178.

8:17
− J. Buisson, « Administration de la preuve pénale par l’autorité
publique : l’exigence d’une loi interne spécifique », Procédures, 3.24
avr. 2021, ét. 4.
0.12

− A. Vey, « L’accès aux pièces d’une procédure pénale et leur


0.12

production dans une autre procédure pénale », Recueil Dalloz,


3:16

22 avr. 2021, p. 737.


2943

− P.-J. Delage, « Loyauté de la preuve en matière pénale : les


clarifications de l’Assemblée plénière (et quelques réserves ou
:889

incertitudes à la suite…) », note sous Ass. Plén., 9 déc. 2019,


2821

n° 18-86767, RSC, 2020, p. 103.


1058

− H. Matsopoulou, « Une restriction importante à l’application du


principe de loyauté des preuves », note sous Ass. Plén., 9 déc.
n:21

2019, n° 18-86767, JCP G, n° 5, 3 févr. 2020, 129.


bidja

− B. Thellier de Poncheville, « La preuve illégale dans le procès


e d’A

équitable », Dr. pén., oct. 2017, ét. 18.


sitair
niver

1. Loi votée en réaction à la condamnation de la France sur le fondement de l’art. 8 de la


CESDH par les arrêts Huvig et Kruslin c. France rendus le 24 avr. 1990 par la CEDH.
tut U

2. Intervention législative provoquée par l’arrêt de la chambre criminelle de la Cour de


cassation rendu le 22 oct. 2013 critiquant l’absence d’intervention d’un juge du siège ;
:Insti

arrêt dépassant les exigences européennes fixées par l’arrêt Uzun c. Allemagne rendu le
2 sept. 2010 par la CEDH.
x.com
larvo
o
l.sch
3. Ass. Plén., 6 mars 2015, n° 14-84339, PB.
4. Cons. const., 21 mars 2019, n° 2019-778 DC (cons. 138 à 147).
5. L’émergence du principe de loyauté en procédure pénale est communément fixée au
31 janv. 1888, date à laquelle la Cour de cassation a censuré l’acte d’un juge d’instruction
retranscrivant une conversation téléphonique qu’il avait eue avec un suspect, en omettant
sciemment de faire état de sa qualité professionnelle (arrêt Wilson).
6. L’usage de stupéfiants ne peut être prouvé que par analyse sanguine ou salivaire (Crim.,
15 févr. 2012, n° 11-84607, PB).
7. Crim., 25 janv. 1996, n° 95-85560, PB.
8. Crim., 19 oct. 2021, n° 21-81569, PB.
9. Crim., 9 janv. 2019, n° 17-84026, PB.
10. Crim., 9 mars 2021, n° 20-83304, PB.
11. Crim., 11 juill. 2017, n° 17-80313, PB.
12. Ass. Plén., 9 déc. 2019, n° 18-86767, PB.
13. Crim., 27 janv. 2010, n° 09-83395, PB.

5846
14. Crim., 25 janv. 1994, n° 93-81041.
15. Crim., 31 janv. 2012, n° 11-85464, PB.

1728
16. Crim., 7 mars 2012, n° 11-88118, PB.
17. Crim., 15 juin 1993, n° 92-82509, PB.

8:17
18. Crim., 27 nov. 2013, n° 13-85042, PB.
19. Crim., 23 nov. 2016, n° 15-83517. 3.24
20. Les enregistrements remis par des journalistes sont réguliers même si leurs conditions
0.12

de recueil restent incertaines. La Cour s’assure que, même si elles se sont avérées
vaines, des investigations complètes ont bien été conduites pour déterminer l’origine de
0.12

ces preuves (Crim., 1er déc. 2020, n° 20-82078, PB).


3:16

21. Ass. Plén., 6 mars 2015, n° 14-84339, PB.


22. Crim., 16 déc. 1997, n° 96-85589, PB.
2943

23. Crim., 3 avr. 2007, n° 07-80807, PB.


24. Crim., 31 mars 2015, n° 14-86913.
:889

25. Crim., 14 avr. 2015, n° 14-87914, PB.


26. Crim., 17 mars 2015, n° 14-88351, PB.
2821

27. Crim., 1er mars 2006, n° 05-87251, PB.


28. CEDH, 9 juin 1998, n° 44/1997/828/1034, Teixeira de Castro c. Portugal, CEDH, 5 févr.
1058

2008, n° 74420/01, Ramanauskas c. Lituanie et CEDH, 15 déc. 2011, n° 26766/05, Al


n:21

Khawaja et Tahery c. RU.


29. Crim., 27 févr. 1996, n° 95-81366, PB.
bidja

30. Crim., 5 mai 1999, n° 97-83117, PB ; Crim., 7 févr. 2007, n° 06-87753, PB.
31. Crim., 4 juin 2008, n° 08-81045, PB.
e d’A

32. Crim., 11 mai 2006, n° 05-84837, PB.


33. Crim., 9 août 2006, n° 06-83219, PB.
sitair

34. Crim., 7 févr. 2007, n° 06-87753, PB et Crim., 4 juin 2008, n° 08-81045, PB.
35. Crim., 9 août 2006, n° 06-83219, PB.
niver

36. Crim., 5 mai 1999, n° 97-83117, PB.


37. Crim., 2 mars 1971, n° 70-91810, PB ; Crim., 16 janv. 2008, n° 07-87633, PB.
tut U

38. Crim., 15 déc. 2015, n° 14-87935 et 15-84373, PB et Crim., 12 sept. 2018, n° 17-87498.
:Insti

39. Ass. Plén., 10 nov. 2017, n° 17-82028, PB, affaire dite « du roi du Maroc ».
40. Crim., 11 juill. 2017, n° 17-80313, PB.
x.com

41. Ass. Plén., 9 déc. 2019, n° 18-86767, PB.


larvo
o
l.sch
Exercice
Le 5 septembre, une information judiciaire est ouverte par
le parquet du tribunal judiciaire de Mamoudzou sur des faits
de blanchiment de fonds provenant de trafic de stupéfiants
(art. 222-38 du CP), de recel de contrefaçon (art. 321-1 du
CP) et de travail dissimulé (art. L. 8224-4 du Code du
travail).
Le 8 décembre, le magistrat instructeur est contacté par le

5846
responsable d’une structure associative luttant contre la

1728
corruption qui lui remet l’enregistrement audiovisuel d’une
conversation entre deux individus sur lequel on entend

8:17
clairement l’un d’eux, ultérieurement identifié comme étant
3.24
Antoine Sergent, se vanter des profits que lui rapportent ses
0.12

activités criminelles. Le responsable associatif dit avoir


obtenu cet enregistrement en installant une caméra dans un
0.12

restaurant, à proximité d’une table où Antoine Sergent a ses


3:16

habitudes.
2943

Le 13 décembre, les policiers du commissariat de


:889

Mamoudzou, agissant sur commission rogatoire, prennent


attache téléphoniquement avec Antoine Sergent. Ils se font
2821

passer pour le cousin de l’un de ses associés et lui


1058

proposent 3 000 bouteilles d’alcool contrefaites de marques


n:21

connues contre la somme de 20 000 euros. Après


30 minutes de conversation, Antoine Sergent accepte. La
bidja

transaction est réalisée le soir même. Au terme de la


e d’A

transaction, Antoine Sergent est interpellé.


sitair

Le 15 décembre, le juge d’instruction se rend dans des


locaux de la boîte de nuit d’Antoine Sergent, qui a, entre-
niver

temps, été mis en examen, afin d’y réaliser une perquisition.


tut U

Ce juge est accompagné d’un journaliste de Libération.


:Insti
x.com
larvo
o
l.sch
Ce journaliste, qui réalise un reportage sur la justice en
outre-mer, effectue un stage de 6 semaines en immersion
dans la juridiction. Il est autorisé à cette fin par habilitation
signée du procureur général et de la première présidente de
la cour d’appel de Saint-Denis-de-La-Réunion. Dans le
cadre de la présente instruction, le juge d’instruction, le
procureur de la République et le bâtonnier de l’ordre des
avocats de Mamoudzou ont autorisé ce journaliste à
assister aux différents actes d’enquête.
■ Interrogez la régularité de cette procédure.

5846
1728
8:17
3.24
0.12
0.12
3:16
2943
:889
2821
1058
n:21
bidja
e d’A
sitair
niver
tut U
:Insti
x.com
larvo
o
l.sch
Corrigé

■ 1. L’enregistrement audiovisuel
Consacré de longue date par la jurisprudence (Crim.,
31 janvier 1888), le principe de loyauté de la preuve
repose aujourd’hui sur l’art. 6 de la Convention
européenne de sauvegarde des droits de l’Homme. Il
s’agit de l’un des principaux corollaires du principe de

5846
liberté de la preuve qui est lui-même consacré par
l’art. 427 du CPP. Il interdit à celui qui produit une preuve

1728
d’utiliser des procédés et stratagèmes qui en vicient la

8:17
recherche. La Cour de cassation juge de façon constante
que ce principe ne s’applique pas aux particuliers (Crim., 3.24
9 mars 2010, n° 08-88501). Sont ainsi recevables les
0.12

enregistrements audio réalisés par un particulier à l’insu


0.12

de la personne concernée (Crim., 7 mars 2012, n° 11-


3:16

88118). Le fait que le particulier ait commis une infraction


2943

pour obtenir la preuve ne remet pas en cause sa validité


(Crim., 15 juin 1993, n° 92-82509).
:889

En l’espèce, le responsable associatif a enregistré


2821

l’image et le son d’une conversation privée à l’insu


1058

d’Antoine Sergent. Le fait que cet élément de preuve ait


été produit par un particulier vient écarter l’application du
n:21

principe de loyauté. Bien qu’une infraction ait été


bidja

commise (art. 226-1 du CP), la validité de la preuve


e d’A

produite n’est pas remise en cause.


L’enregistrement audiovisuel produit par le responsable
sitair

associatif est un élément probatoire qui ne pourra pas


niver

être écarté.
tut U

■ 2. La transaction
:Insti
x.com
larvo
o
l.sch
Faisant application du principe de loyauté, la Cour de
cassation juge, de façon constante, que l’autorité publique
ne peut pas provoquer un individu à commettre une
infraction. À la différence de la provocation à la preuve,
une telle provocation est en effet jugée déloyale (Crim.,
27 février 1996, n° 95-81366). Pour distinguer ces deux
types de provocation, il convient d’apprécier le
comportement des enquêteurs. Dès lors qu’il est actif, et
donc que les enquêteurs ont fait apparaître une infraction
qui ne serait pas survenue sans leur intervention, une
provocation à l’infraction est caractérisée.

5846
En l’espèce, les policiers se sont fait passer pour un
tiers et ont contacté Antoine Sergent qu’ils ont convaincu

1728
d’acheter des produits contrefaits. Ils ont activement

8:17
contribué à la commission de l’infraction de recel de biens
contrefaits. Ce faisant, leur attitude est déloyale. 3.24
0.12

L’acte d’enquête consistant en une transaction


provoquée par les enquêteurs est irrégulier.
0.12
3:16

■ 3. La présence du journaliste
2943

Le secret de l’instruction est protégé par le 1er al. de


:889

l’art. 11 du CPP. Sa violation peut exposer son auteur à


des poursuites pénales (art. 226-13 et s. CP). Il est jugé
2821

de façon constante que la violation du secret de


1058

l’instruction peut entraîner l’annulation d’un acte


n:21

d’enquête dès lors qu’elle est « concomitante à


l’accomplissement d’un acte de la procédure » (Crim.,
bidja

25 janvier 1996, n° 95-85560). Sur le fondement de la


e d’A

violation du secret, la Cour de cassation a ainsi censuré


une perquisition, pourtant régulière procéduralement,
sitair

parce qu’un journaliste, dûment autorisé, y avait assisté


niver

(Crim., 9 janvier 2019, n° 17-84026).


tut U

En l’espèce, un journaliste de Libération a assisté à la


perquisition. Sa présence est concomitante à
:Insti

l’accomplissement de l’acte. Le fait qu’il ait été autorisé à


x.com
larvo
o
l.sch
y assister par les autorités judiciaires compétentes et par
le bâtonnier n’est pas de nature à remettre en cause cette
irrégularité.
La présence du journaliste lors de la perquisition est une
cause de nullité de la perquisition. Cette nullité pourra
être invoquée devant la chambre de l’instruction de la
cour d’appel.

5846
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L’essentiel en 1 clin d’œil

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procédure

1728
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FICHE 14 | Les exceptions de
l.sch
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x.com
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Les « exceptions », aussi dites « exceptions de procédure »,
désignent tous les moyens procéduraux constituant un obstacle à
l’exercice de l’action publique, sans que, lors du procès, soit donc
abordé le fond de l’affaire. Elles viennent en quelque sorte dénier à
la juridiction le droit de juger. Sont ainsi des exceptions :
– l’incompétence, territoriale et/ou matérielle, de la juridiction saisie
(cf. Fiche 12) ;
– les causes d’extinction de l’action publique telles que la
prescription ou l’amnistie (cf. Fiche 10) ;
– les questions préjudicielles et, notamment, la question prioritaire
de constitutionnalité (cf. Fiche 15) ;

5846
– les causes déniant à une partie le droit d’intervenir telles que

1728
l’irrecevabilité d’une constitution de partie civile ;
– les causes de nullité affectant la procédure (cf. II de la présente
8:17
fiche), etc. 3.24
Il convient de distinguer deux grandes catégories d’exceptions :
0.12

– les « exceptions préalables » qui sont tranchées par la juridiction à


0.12

laquelle elles sont soumises (nullités, par exemple) ;


3:16

– les « exceptions préjudicielles » qui sont transmises à une autre


2943

juridiction par la juridiction à laquelle elles sont initialement


soumises (renvoi en validité devant la CJUE, par exemple).
:889

Si le régime de ces deux catégories d’exceptions est aujourd’hui


2821

unifié1, les règles encadrant les exceptions préjudicielles demeurent


1058

fixées par l’art. 386 du CPP.


n:21

Il faut distinguer les exceptions des « incidents », qui sont toutes


bidja

les demandes ou contestations accessoires au procès formulées par


les parties aux fins de différer le jugement de l’affaire. Constituent
e d’A

des incidents :
sitair

– une demande de renvoi à une audience ultérieure ;


niver

– une demande de disjonction (la disjonction revient à scinder le


jugement d’une affaire, selon des faits ou des auteurs, en deux
tut U

procès distincts) ;
:Insti

– une demande de supplément d’information, etc.


x.com
larvo
o
l.sch
Les incidents, qui sont pour l’essentiel tranchés par des mesures
d’administration judiciaire et dont vous n’aurez très
vraisemblablement pas à connaître dans votre cas pratique, ne
seront pas étudiés plus avant.
Après avoir évoqué les conditions procédurales dans lesquelles
sont traitées les exceptions (I), nous nous intéresserons plus
particulièrement à l’une d’entre elles sur laquelle vous ne manquerez
pas d’être interrogés dans votre cas pratique, à savoir les nullités de
procédure (II).

I. Le traitement des exceptions

5846
1728
Sauf le cas des exceptions préjudicielles, les juridictions pénales
saisies d’une affaire sont compétentes pour statuer sur toutes les

8:17
exceptions de procédure qui lui seraient soumises considérant que 3.24
« le juge de l’action est juge de l’exception » (art. 384 du CPP). Sous
0.12

réserve de l’hypothèse presque jamais mise en œuvre prévue par


0.12

l’art. 802-2 du CPP2, des exceptions peuvent être soulevées :


– soit, lorsqu’un juge d’instruction a été saisi et que l’information
3:16

judiciaire est toujours en cours, devant la chambre de l’instruction


2943

(art. 173 du CPP) ;


:889

– soit devant la juridiction saisie aux fins de jugement.


2821

À peine de forclusion, les conclusions aux fins d’exception de


1058

procédure doivent, pour la plupart, être soulevées avant toute


défense au fond, c’est-à-dire in limine litis (cf. Fiche 12).
n:21

Il faut comprendre que celles-ci ne peuvent plus être invoquées


bidja

dès lors que la juridiction a commencé à se pencher sur le fond de


e d’A

l’affaire qui lui est soumise. Une exception soulevée tardivement est
donc irrecevable3. A fortiori, sont irrecevables les exceptions
sitair

soulevées pour la première fois devant la cour d’appel par un


niver

prévenu s’étant défendu en première instance (assisté ou non d’un


avocat), voire qui ne seraient soulevées que devant la Cour de
tut U

cassation4. Il en irait différemment si le prévenu n’avait pas assuré


:Insti

sa défense en première instance5.


x.com
larvo
o
l.sch
Les exceptions ne peuvent être soulevées que par une partie ou
par le ministère public6. Exceptionnellement, certaines d’entre elles
peuvent être relevées d’office par la juridiction :
– l’incompétence, territoriale ou matérielle, de la juridiction7 (les
exceptions tenant à la compétence de la juridiction peuvent même
être soulevées à tout moment du procès) ;
– l’amnistie ;
– la prescription de l’action publique (l’exception de prescription ne
peut d’ailleurs pas être couverte par les purges de l’information8) ;
– certaines questions préjudicielles ;
– le non-respect du délai de citation (art. 553 du CPP) ;

5846
– l’irrecevabilité d’une constitution de partie civile9.

1728
Sauf si elle porte sur des questions de compétence, il est donc

8:17
interdit aux juridictions de soulever d’office une nullité10.
3.24
Sur la forme, les exceptions doivent faire l’objet de conclusions
0.12

écrites qui sont visées, tant par le greffier que par le président
(art. 459, al. 2, du CPP)11. Les conclusions régulièrement déposées
0.12

demeurent d’ailleurs recevables même si elles ne sont pas


3:16

soutenues oralement par le demandeur12.


2943

Les exceptions étant soulevées avant l’examen au fond de l’affaire,


:889

la juridiction de jugement doit, sauf impossibilité absolue ou


2821

lorsqu’une décision immédiate est commandée par une disposition


qui touche à l’ordre public13, « joindre au fond » celles dont elle est
1058

saisie (art. 459, al. 3 et 4, du CPP). Il ne s’agit pas d’une faculté


n:21

mais bien d’une obligation pour le tribunal14.


bidja

Ce faisant, la juridiction entend le demandeur à l’exception ainsi


que les autres parties en réponse, indique qu’elle joint l’exception au
e d’A

fond puis instruit l’affaire au fond. Au terme du délibéré, elle statue,


sitair

dans une seule et même décision, en se prononçant, en premier


lieu, sur l’exception puis, si l’exception n’était pas fondée ou qu’elle
niver

l’était mais qu’elle ne remettait pas en cause l’entièreté de la


tut U

procédure, sur le fond de l’affaire.


:Insti
x.com
larvo
o
l.sch
La décision de joindre l’exception au fond est une mesure
d’administration judiciaire qui n’est, à ce titre, pas susceptible de
recours15. Ces dispositions de l’art. 459 du CPP ont fait l’objet d’une
QPC qui n’a pas été jugée sérieuse par la Cour de cassation16. Elles
permettent de prévenir d’éventuelles manœuvres dilatoires de la
défense. En effet, si le tribunal était tenu de statuer sur-le-champ sur
les exceptions qui lui étaient soumises, une possibilité de recours
serait immédiatement ouverte contre cette décision ce qui, s’il était
exercé, ne manquerait pas de retarder, parfois indéfiniment, le
jugement de l’affaire au fond.
Devant la cour d’assises, qui statue nécessairement en matière

5846
criminelle, où l’instruction préparatoire est obligatoire, un système de

1728
purge des nullités préalable au procès est mis en place (cf. II de la
présente fiche). Concernant les irrégularités de la procédure de

8:17
jugement, certaines, telles que celles encadrant la formation du jury,
3.24
doivent être soulevées avant l’ouverture des débats (art. 305-1 du
0.12

CPP). Les autres peuvent être soulevées à tout moment dès qu’elles
0.12

surviennent (art. 316 du CPP).


3:16

II. Les nullités


2943
:889

Les nullités sont des exceptions préalables encadrées, pour partie,


par les art. 171 et 802 du CPP mais, surtout, par la jurisprudence. La
2821

nullité est la sanction d’une irrégularité procédurale. Elle diffère


1058

donc, par exemple, des appréciations sur le fond telles que


n:21

l’appréciation de la valeur probatoire d’un acte.


bidja

La nullité vient sanctionner des irrégularités procédurales venant


affecter :
e d’A

– les actes de l’enquête ou de l’instruction préparatoire antérieurs à


sitair

la saisine de la juridiction (par exemple, des contrôles d’identité,


niver

interpellations, auditions libres, mises en examen, géolocalisations


réalisés en violation des règles légales) ;
tut U

– l’acte de saisine de la juridiction (par exemple, une citation par


:Insti

huissier de justice qui ne mentionnerait pas l’heure de l’audience) ;


x.com
larvo
o
l.sch
– l’audience et le jugement (par exemple, un jugement prononcé en
l’absence du parquet ou du greffier).
Dans les deux premiers cas, l’acte pourra, à certaines conditions,
être censuré et des conséquences plus larges pourront en être
déduites. Dans le troisième cas, l’irrégularité de la décision rendue
pourra justifier sa censure qui sera, ici, prononcée par une juridiction
d’un degré supérieur dans le cadre d’un recours (art. 520 du CPP,
par exemple).
Toutes les irrégularités procédurales ne constituent, toutefois, pas
forcément des causes de nullité. Par exemple :
– la Cour de cassation juge que l’omission des formalités prévues

5846
par l’art. 127 du CPP, relatives au mandat d’amener, est

1728
« regrettable » mais constate que ces formalités ne sont pas

8:17
prescrites à peine de nullité (il ne s’agit pas d’une nullité textuelle)
et que leur violation n’est pas de nature à entraîner la nullité de 3.24
l’acte (elle ne consacre pas une nullité substantielle)17 ;
0.12

– la Cour de cassation estime que la violation du droit d’être jugé


0.12

dans un délai raisonnable, consacré par l’art. 6, § 1, de la CESDH,


3:16

peut ouvrir droit à réparation mais qu’elle ne saurait en aucun cas


constituer une cause de nullité des procédures18.
2943

Seront étudiés, les catégories de nullité (A), la qualité et l’intérêt à


:889

agir (B), le système de purge des nullités (C) puis les conséquences
2821

du prononcé d’une nullité (D).


1058

A. Catégories de nullité
n:21

Il convient de distinguer deux grandes catégories de nullités.


bidja
e d’A

1. Les nullités d’ordre privé


sitair

Également appelées « nullités d’intérêt privé », les nullités d’ordre


privé sanctionnent les inobservations, de gravité moindre, d’une
niver

règle procédurale. Elles se subdivisent en :


tut U

– nullités textuelles, qui sont expressément prévues par un texte de


:Insti

loi tel que le CPP ;


x.com
larvo
o
l.sch
– nullités substantielles, qui sont consacrées par la jurisprudence.
Les nullités d’ordre privé :
sont soumises à grief ce qui signifie que l’acte doit avoir privé
l’individu de l’un de ses droits ou avoir aggravé les charges à son
encontre19. Par exemple, une perquisition au cours de laquelle n’a
été découvert aucun élément intéressant l’enquête ne porte pas grief
au suspect. C’est au demandeur à la nullité, c’est-à-dire à celui qui
l’excipe, de prouver le grief qu’il a subi. En pratique, il est souvent
difficile de démontrer un tel grief, si bien que les nullités
effectivement prononcées sur ce chef sont très rares.
Pour cette raison, la Cour de cassation vient, dans certains cas et

5846
pour les seules nullités substantielles, présumer l’existence d’un

1728
grief. On parle alors de « nullités d’intérêt privé à grief présumé ». Le

8:17
domaine de prédilection de ces dernières concerne les règles
encadrant la garde à vue et plus particulièrement celles qui ont trait 3.24
au contrôle exercé par le parquet. Sur le fondement de ces nullités,
0.12

l’acte irrégulier sera annulé sauf si l’autorité de poursuite parvient à


0.12

rapporter la preuve de circonstances insurmontables justifiant


3:16

l’irrégularité.
ne peuvent être soulevées que par la partie à laquelle elles
2943

font directement grief, ce qui exclut toute possibilité de relevé


:889

d’office par la juridiction ;


2821

doivent être soulevées in limine litis, c’est-à-dire avant toute


défense au fond20. Elles ne peuvent donc pas l’être à tout moment
1058

du procès ;
n:21

peuvent parfois faire l’objet d’une renonciation de la part des


bidja

parties (l’hypothèse doit être prévue par un texte tel que l’art. 114,
al. 1, du CPP).
e d’A
sitair
niver

Exemples de nullités d’ordre privé supposant la preuve


d’un grief
tut U

• Nullités textuelles :
:Insti
x.com
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o
l.sch
– irrégularités dans l’exploit d’huissier valant citation directe
(art. 565 du CPP) ;
– non-respect des heures légales de la perquisition (art. 59 du
CPP) ;
– perquisition réalisée en l’absence de la personne chez
laquelle elle a lieu, de son représentant ou de deux témoins
(art. 57 et 59, al. 2, du CPP) ;
– mise en examen d’un individu à l’encontre duquel il n’existe
pas d’indices graves ou concordants (art. 80-1, al. 1, du
CPP) ;
– participation d’un juge d’instruction (ou ancien juge

5846
d’instruction) au jugement d’affaires qu’il a instruites (art. 49,

1728
al. 2, du CPP), etc.
• Nullités substantielles :
8:17
– non-respect des dispositions de l’art. 460 du CPP qui 3.24
imposent de donner la parole en dernier au prévenu21 ;
0.12

– non-respect des dispositions de l’art. 161-1 du CPP qui


0.12

prescrivent au juge d’instruction d’adresser une copie de son


3:16

ordonnance commettant un expert au parquet et aux avocats


des parties22 ;
2943

– défaut d’information de la personne gardée à vue du lieu de


:889

commission de l’infraction qu’elle est soupçonnée d’avoir


2821

commise23 ;
1058

– défaut de remise de la déclaration des droits prévue par


l’art. 803-6 du CPP à la personne gardée à vue24 ;
n:21

– défaut de notification à la personne gardée à vue de la


bidja

modification de qualification d’une infraction qu’elle est


e d’A

soupçonnée d’avoir commise25, etc.


sitair
niver

Exemples de nullités d’ordre privé à grief présumé


tut U

• retard dans la notification des droits à la personne gardée à


:Insti

vue26 ;
x.com
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l.sch
• information tardive du procureur à la suite d’un placement en
garde à vue27 ;
• défaut de motivation d’une ordonnance du JLD autorisant,
dans le cadre d’une enquête portant sur une infraction relevant
des procédures dérogatoires, une perquisition en dehors des
heures légales sur le fondement des art. 706-89 et s. du
CPP28 ;
• défaut de notification au prévenu du droit, au cours des
débats, de se taire, de faire des déclarations ou de répondre
aux questions29 ;
• refus par l’OPJ d’informer l’avocat choisi du placement en GAV

5846
de l’un de ses clients30 ;
• défaut de communication à l’avocat des pièces qu’il peut

1728
librement consulter au cours d’une garde à vue31 ;

8:17
• manquement aux règles encadrant l’assistance par un avocat
3.24
des mineurs en garde à vue32, etc.
0.12
0.12

2. Les nullités d’ordre public


3:16

Également appelées « nullités d’intérêt public », les nullités d’ordre


2943

public sanctionnent les inobservations graves mettant en jeu le


:889

fonctionnement du processus judiciaire et la bonne marche de


l’action publique. Elles sont si graves qu’elles dérogent pour partie
2821

aux règles générales encadrant le traitement des exceptions


1058

évoquées dans le I de la présente fiche.


n:21

Édictées par la Cour de cassation, ces nullités sont toutes d’origine


jurisprudentielle. Elles concernent essentiellement l’inobservation
bidja

des règles de compétence ou d’organisation judiciaire ainsi que


e d’A

celles relatives aux principes fondamentaux gouvernant la procédure


sitair

pénale.
niver

Les nullités d’ordre public :


ne relèvent pas de l’art. 802 du CPP et ne sont donc pas
tut U

soumises à la démonstration d’un grief par le requérant ;


:Insti
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