Dpub 4
Dpub 4
2798
cer, sinon les dispositions du projet peuvent être mises en œuvre par ordon-
nance.
1802
À noter une conséquence de la réforme constitutionnelle du 4 août 1995 met-
tant en place une séance ordinaire unique : les délais indiqués ci-dessus sont
6:17
suspendus lorsque le Parlement n’est pas en session et, pour chaque assemblée,
au cours des semaines où elle a décidé de ne pas tenir séance.
0.18
4.23
d) La promulgation et la publication
Une fois la loi votée, elle est promulguée par le président de la République (voir
0.15
supra no 94) et publiée au Journal officiel. La loi devient exécutoire pour les
8:16
citoyens le lendemain de sa publication au Journal officiel (ordonnance du
20 février 2004 modifiant l’article 2 du Code civil : la distinction entre Paris et
la province a été supprimée). Site Internet à consulter : www.legifrance.gouv.fr0776
:888
1 o Le pouvoir constituant
bidja
Si l’accord entre les deux chambres ne se réalise pas, la révision peut être
ox.co
le texte définitivement.
139
l.sch
Les institutions politiques de la Ve République
2798
approuvé définitivement que s’il réunit la majorité des trois-cinquièmes des suf-
frages exprimés.
1802
Cette dernière procédure, qui évite le référendum, est la plus utilisée. Elle a
été utilisée en dernier lieu pour ratifier l’imposante révision constitutionnelle du
6:17
23 juillet 2008.
0.18
Document no 12
Révision de la Constitution (art. 89)
4.23
0.15
8:16
0776
:888
2821
1058
n:21
bidja
e d’A
sitair
niver
U
stitut
Par deux fois, en 1962 et en 1969, une révision de la Constitution a été proposée
ox.co
l’article 11 permet de soumettre au référendum des projets de lois portant sur l’or-
ganisation des pouvoirs publics mais il ne s’agit pas en principe de textes ayant
pour effet de réviser la Constitution mais plutôt de la compléter et de la préciser.
Un débat a été ouvert dès 1962 au sujet de la constitutionnalité de cette procédure ;
il a été relancé en 1969 mais avec moins de vigueur. Il reste ouvert car on constate
que si la révision doit normalement s’effectuer selon la procédure de l’article 89, il
n’en demeure pas moins qu’aux deux référendums cités la participation électorale
a été très forte, ce qui laisserait entendre que le peuple souverain a validé l’utilisa-
2798
tion de cette procédure même si le second référendum a donné un résultat négatif.
Quoi qu’il en soit, l’utilisation de l’article 11 à cette fin constitue une réduction
1802
des pouvoirs du Parlement dans ce domaine essentiel.
6:17
2 o Le pouvoir diplomatique
0.18
132 Le Parlement intervient peu en matière diplomatique. C’est l’exécutif qui détient
les prérogatives principales en ce domaine ; mais deux pouvoirs sont tradition-
4.23
nellement reconnus au Parlement : celui d’autoriser la ratification des traités et
celui de déclarer la guerre.
0.15
a) Le pouvoir d’autoriser la ratification des traités
8:16
Ce pouvoir ne concerne que les traités les plus importants (traités européens,
0776
traités de commerce, etc., cf. art. 53). Le chef de l’État ne peut ratifier ces traités
qu’avec l’accord du Parlement. Pour les autres traités, il les ratifie directement
:888
Il faut cependant rappeler que ce pouvoir d’autorisation peut être réduit par
l’utilisation de l’article 11 qui prévoit que le président de la République peut
soumettre au référendum tout projet de loi « tendant à autoriser la ratification
1058
d’un traité qui, sans être contraire à la Constitution, aurait des incidences sur le
fonctionnement des institutions ». C’est la procédure qui a été utilisée lors de
n:21
sion de déclencher une OPEX ; il peut y avoir un débat parlementaire, mais sans vote ;
141
l.sch
Les institutions politiques de la Ve République
2798
et de la Cour de justice de la République ;
– en matière de saisine du Conseil constitutionnel : depuis la révision consti-
1802
tutionnelle du 29 octobre 1974, soixante députés ou soixante sénateurs peuvent
saisir le Conseil constitutionnel ;
6:17
– en matière d’amnistie : le Parlement a le pouvoir de voter une loi d’amnis-
0.18
tie, c’est-à-dire une mesure qui supprime la condamnation et les effets des
condamnations prononcées par les tribunaux à l’égard de toute une catégorie de
4.23
personnes (et non comme la grâce à l’égard d’un individu nommément désigné).
0.15
Document no 13
Loi constitutionnelle no 74-904 du 29 octobre 1974 portant
8:16
révision de l’article 61 de la Constitution
Le Congrès a adopté, 0776
Le président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
:888
Article unique. – Le deuxième alinéa de l’article 61 de la Constitution est remplacé par la disposition
suivante :
2821
Aux mêmes fins, les lois peuvent être déférées au Conseil constitutionnel, avant leur promulgation par
le président de la République, le Premier ministre, le président de l’Assemblée nationale, le président du
Sénat ou soixante députés ou soixante sénateurs.
1058
JACQUES CHIRAC.
Le garde des Sceaux, ministre de la Justice,
sitair
JEAN LECANUET.
4
niver
section
U
et consultatifs
m:In
ox.co
134 À côté des organes classiques qui comprennent l’exécutif et le législatif, figurent
olarv
.§ 1 Le Conseil constitutionnel
2798
1802
135 Juridiction politique suprême, le Conseil constitutionnel traduit, tant par sa
composition que par ses attributions, le rôle important qu’il joue dans le fonc-
6:17
tionnement du régime de la Ve République.
0.18
A. Composition et fonctionnement
4.23
136 Le Conseil constitutionnel comprend des membres nommés et des membres de
0.15
droit.
Il y a neuf membres nommés :
8:16
– trois le sont par le président de la République ;
0776
– trois le sont par le président du Sénat ;
:888
emplois de l’État.
Les décisions du Conseil constitutionnel sont prises à la majorité des voix,
olarv
En mars 2010 ont été nommés trois nouveaux membres du Conseil constitu-
tionnel : le président de la République a nommé Michel Charasse, le président
de l’Assemblée nationale a nommé Jacques Barrot et le président du Sénat a
nommé Hubert Haenel.
B. Attributions
137
2798
Le Conseil constitutionnel détient trois attributions principales :
– il contrôle la constitutionnalité des lois par voie d’action et par voie d’excep-
1802
tion (voir supra no 11) ;
– il est juge du contentieux des élections nationales et des référendums ;
6:17
– il intervient dans le fonctionnement des institutions.
0.18
1 o Le contrôle de la constitutionnalité des lois
4.23
138 Admis avec une certaine réticence en 1958, le contrôle de constitutionnalité des
0.15
lois s’exerçait initialement uniquement par voie d’action. La révision constitu-
tionnelle du 23 juillet 2008 a consacré, en plus, le contrôle par voie d’exception,
8:16
appelé Question prioritaire de constitutionnalité(QPC).
règlement des assemblées. Il est facultatif pour les autres textes de lois.
Ainsi, pour les lois ordinaires et les engagements internationaux, le contrôle
n:21
du Conseil constitutionnel n’est pas obligatoire ; il peut être saisi par le président
de la République, le Premier ministre, le président du Sénat, le président de l’Assem-
bidja
blée nationale, soixante députés ou soixante sénateurs (art. 61 modifié par la révi-
sion constitutionnelle du 29 octobre 1974, art. 54 modifié par la révision
e d’A
l’exception des lois référendaires (déc. du 6 nov. 1962) et des lois constitution-
nelles (DC 26 mars 2003). Le Conseil constitutionnel doit statuer dans un délai
d’un mois (huit jours en cas d’urgence déclarée par le Gouvernement). Si le
U
stitut
Par ailleurs, le Conseil peut intervenir sur des textes en cours d’élaboration
pour interdire ou autoriser la poursuite de celle-ci. Il s’agit essentiellement de la
olarv
2798
délégalisation de l’art. 37, al. 2).
1802
Le Conseil constitutionnel a régulièrement l’occasion, de déclarer des disposi-
tions législatives non conformes à la Constitution, ce qui constitue un net pro-
6:17
grès par rapport au système antérieur à la Ve République, où n’existait pas de
véritable contrôle de constitutionnalité. Ce contrôle permet d’assurer la supré-
0.18
matie de la norme constitutionnelle. L’élargissement du mode de saisine inter-
venu en 1974 a donné une vigueur nouvelle aux interventions du Conseil
4.23
constitutionnel. Avec les décisions rendues le 16 juillet 1971, le 27 décembre
1973 et le 12 janvier 1977, à propos de la liberté d’association, du principe
0.15
d’égalité devant la loi et de la fouille des véhicules, le Conseil constitutionnel a
pu affirmer qu’il ne se bornait pas à trancher des conflits de compétence ou de
8:16
procédure, mais qu’il pouvait intervenir sur le fond en se présentant comme un
ferme défenseur de la Constitution et des libertés tant individuelles que collec-
0776
tives qu’elle proclame. En effet, ces décisions de référence ont consacré la notion
de « bloc de constitutionnalité » : ce dernier englobe le corps de la constitution,
:888
ment), les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République, les
lois organiques...
1058
justiciable peut soutenir, à l’occasion d’une instance en cours devant une juridic-
tion judiciaire ou administrative, qu’une disposition législative qui lui est oppo-
U
sée porte « atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit ». Dès
stitut
lors, l’instance est suspendue. La juridiction saisie doit statuer sans délai sur la
transmission de la Question à la juridiction suprême dont elle dépend : Cour de
m:In
cassation ou Conseil d’État. Pour qu’elle soit transmissible, la Question doit être
sérieuse et le Conseil constitutionnel ne doit pas y avoir déjà répondu à l’occa-
ox.co
c’est le second filtre avant le renvoi devant le Conseil constitutionnel. S’il est
145
l.sch
Les institutions politiques de la Ve République
2798
en fonction de la nationalité du bénéficiaire, est contraire au principe d’égalité ;
les dispositions législatives qui en sont le support sont abrogées depuis le 1er jan-
1802
vier 2011.
6:17
2 o Le contentieux des élections et des référendums
0.18
139 Le contrôle des élections présidentielles, législatives (députés et sénateurs) et des
référendums a été confié au Conseil constitutionnel.
4.23
En matière d’élection présidentielle, son rôle est important : il intervient dans
0.15
l’établissement de la liste des candidats, il veille à la régularité des opérations
électorales, il connaît du contentieux électoral et proclame les résultats. Depuis la
8:16
révision constitutionnelle du 18 juin 1976, son rôle en ce qui concerne l’élection
présidentielle s’est encore accru (voir supra no 75). Rappelons qu’au cas où un
candidat potentiel à l’élection présidentielle décède ou se trouve empêché, le 0776
Conseil constitutionnel peut reporter l’élection et qu’il doit le faire au cas où cet
:888
Document no 14
n:21
146
l.sch
L’organisation des pouvoirs publics
2798
1802
6:17
0.18
4.23
0.15
8:16
0776
:888
2821
1058
n:21
bidja
e d’A
sitair
niver
147
l.sch
Les institutions politiques de la Ve République
2798
– il peut constater, sur demande du Gouvernement, et à la majorité absolue
de ses membres, l’empêchement du président de la République de remplir ses
1802
fonctions (art. 7) ;
6:17
– il peut se prononcer sur les questions d’incompatibilité entre le mandat
parlementaire et l’exercice de certaines fonctions privées ou de certains mandats
0.18
électifs. Lorsqu’un parlementaire n’est pas dans une situation conforme aux dis-
positions de la loi, le Conseil constitutionnel peut prononcer sa démission
4.23
.
d’office.
0.15
8:16
§ 2 La Haute Cour
(titre IX de la Constitution) :888
0776
chambres à la majorité qualifiée des deux tiers des membres composant l’assem-
blée. Si la proposition de la réunion de la Haute cour est retenue, elle est trans-
n:21
.
La Haute cour est présidée par le président de l’Assemblée nationale.
e d’A
sitair
§ 3 La Cour de justice
niver
et 68-3 de la Constitution)
stitut
m:In
pour juger les membres du Gouvernement pour les crimes et délits accomplis
dans l’exercice de leurs fonctions, avait montré ses limites et sa quasi-impossibi-
olarv
lité d’aller jusqu’au bout de la procédure quand celle-ci était engagée. Une
148
l.sch
L’organisation des pouvoirs publics
2798
Sénat après chaque renouvellement général ou partiel de ces assemblées et trois
magistrats du siège à la Cour de cassation dont l’un préside la Cour de justice
1802
de la République.
Les possibilités de saisine de cette nouvelle juridiction sont assez larges puisque
6:17
toute personne qui se prétend lésée par un crime ou un délit commis par un
membre du Gouvernement dans l’exercice de sa fonction peut porter plainte
0.18
auprès d’une commission des requêtes. Celle-ci peut soit classer la procédure,
4.23
soit la transmettre au procureur général près la Cour de cassation aux fins de
saisine de la Cour de justice de la République. Le procureur général près la Cour
0.15
de cassation peut saisir d’office la Cour de justice de la République sur avis
conforme de la commission des requêtes.
8:16
La Cour de justice de la République est liée par les définitions des crimes et
délits et la détermination des peines qui leur sont applicables telles qu’elles résul-
0776
tent de la loi (CJR, 9 mars 1999, affaire Fabius, Dufoix et Hervé, procès du sang
contaminé avec la relaxe de Laurent Fabius, ancien Premier ministre ; CJR, 29
:888
avr. 2010, affaire Pasqua). La Cour a jugé quatre affaires en 17 ans d’existence.
Ses arrêts sont susceptibles d’un pourvoi en cassation (devant la Cour de cassa-
2821
tion). On peut remarquer que certaines affaires, qui entrent pourtant dans le
champ de compétence de la Cour, sont jugées par les tribunaux de droit
1058
Pour les délits commis par des ministres en dehors de l’exercice des fonctions
bidja
.
ministérielles, ce sont les tribunaux de droit commun qui sont seuls compétents.
e d’A
§ 4 Le Conseil supérieur
sitair
de la magistrature (CSM)
niver
nement.
ox.co
pouvoir exécutif. La loi organique du 5 février 1994 est venue préciser ses condi-
149
l.sch
Les institutions politiques de la Ve République
2798
– une formation compétente à l’égard des magistrats du siège qui comprend
en plus du président de la Cour de cassation, 5 magistrats du siège, un magistrat
du parquet, un conseiller d’État désigné par le Conseil d’État et 6 personnalités
1802
n’appartenant ni au Parlement ni à l’ordre judiciaire, 2 désignées respectivement
par le président de la République, le président de l’Assemblée nationale et le
6:17
président du Sénat ; cette formation fait des propositions pour les nominations
des magistrats du siège à la Cour de cassation, pour celles de premier président
0.18
de cour d’appel et pour celles de président de tribunal de grande instance. Les
autres magistrats du siège sont nommés sur son avis conforme. Cette formation
4.23
statue également comme conseil de discipline des magistrats du siège : elle est
0.15
alors présidée par le premier président de la Cour de cassation ;
– une formation compétente à l’égard des magistrats du parquet qui
8:16
comprend, outre le procureur général près la Cour de cassation, 5 magistrats du
parquet et un magistrat du siège, le conseiller d’État et les 6 personnalités faisant
partie de la formation compétente à l’égard des magistrats du siège. Cette forma-
0776
tion donne son avis pour les nominations concernant les magistrats du parquet,
:888
sauf pour les emplois qui sont pourvus en Conseil des ministres.
2821
Elle donne également son avis sur les sanctions disciplinaires concernant les
magistrats du parquet.
1058
.
aux séances du Conseil (sauf en matière disciplinaire).
bidja
e d’A
§ 5 Le Conseil économique,
social et environnemental
sitair
(titre XI de la Constitution)
niver
U
144 Cet organe prend la suite du Conseil économique de la IVe République, mais ses
stitut
150
l.sch
L’organisation des pouvoirs publics
A. Composition
145 Le Conseil économique comprend 233 membres, représentant les salariés, les
entreprises, l’agriculture, les activités sociales, etc., ou particulièrement qualifiés
dans le domaine économique, social, scientifique, culturel ou environnemental
(163 membres élus par les organisations représentatives, 70 membres nommés
par le gouvernement). Il y a 18 groupes de représentation.
2798
B. Fonctionnement
1802
146 Le Conseil est un organe consultatif qui rend des avis sur les questions qui
6:17
entrent dans sa compétence. Ces avis peuvent être spontanés ou formulés à la
demande du Gouvernement. Celui-ci saisit obligatoirement le Conseil pour les
0.18
lois de programme ou les plans économiques et sociaux (à l’exception des lois
de finances). Les avis ne lient pas juridiquement le Gouvernement, mais celui-
4.23
ci tient compte volontiers de leurs observations.
La réforme constitutionnelle proposée le 27 avril 1969 au référendum par le
0.15
général de Gaulle devait aboutir à la fusion du Conseil économique et social et
du Sénat. Le rejet du projet par le peuple ne résout pas les problèmes que pose
8:16
cette assemblée, qui ne rend pas les services qu’on est en droit d’attendre d’elle
à un moment où les questions d’ordre économique et social sont primordiales 0776
pour la détermination de la politique générale.
:888
2821
1058
n:21
bidja
e d’A
sitair
niver
U
stitut
m:In
ox.co
olarv
151
l.sch
Les institutions politiques de la Ve République
2798
1802
Le Conseil constitutionnel et le contrôle
6:17
de conventionnalité
0.18
4.23
La question est de savoir si le Conseil constitutionnel, dans le cadre du contrôle
de constitutionnalité des lois peut contrôler la conformité d’une loi par rapport
0.15
à un engagement international. Il s’y refuse fermement : « il n’appartient pas au
Conseil constitutionnel, saisi en application de l’article 61 ou 61-1, d’examiner
8:16
la compatibilité d’une loi avec les engagements internationaux et européens de
la France ; malgré la mention du traité de Lisbonne dans la Constitution, il ne
0776
lui revient pas de contrôler la compatibilité d’une loi avec les stipulations de ce
traité... » DC 2010-605 du 12 mai 2010, loi relative aux jeux d’argent et de hasard
:888
en ligne.
2821
Le président de la République
e d’A
et « l’hyperprésidentialisation »
sitair
niver
152
l.sch
chapitre
Les rapports
3
2798
1802
entre les pouvoirs publics
6:17
0.18
4.23
0.15
147 Dans un régime de type parlementaire comme l’est, au moins en principe, la
Ve République, des rapports étroits s’établissent entre le pouvoir exécutif et le
8:16
pouvoir législatif. Toutefois, la Ve République est marquée par la prééminence
du chef de l’État qui n’est plus un simple représentant protocolaire comme dans
les régimes précédents. Il apparaît au contraire comme le véritable moteur du 0776
régime. Depuis 2007, certains commentateurs qualifient même le régime d’« hy-
:888
1
1058
section
de la République
bidja
et le Gouvernement
e d’A
sitair
2798
porte sur les attributions juridiques que la Constitution confère au Premier
ministre et au Gouvernement et qui leur permettent, théoriquement, de faire
1802
front au président de la République (en période de cohabitation par exemple).
Le Premier ministre et les membres du Gouvernement apparaissent, en fait sinon
6:17
en droit, responsables devant le président comme ils le sont, constitutionnelle-
ment, devant l’Assemblée nationale.
0.18
Toutefois, ce système ne fonctionne que si le président de la République et le
4.23
Premier ministre sont issus de la même majorité politique. En cas de distorsion,
le Premier ministre, soutenu par sa majorité, retrouve plus d’indépendance par
0.15
rapport au président de la République en faisant jouer pleinement la Constitu-
tion, notamment l’article 20. Ce schéma, dit de « cohabitation », a été appliqué
8:16
après les élections de mars 1986, de mars 1993 et de juin 1997. En principe, avec
le quinquennat et l’adaptation du calendrier électoral (les élections législatives
interviennent à l’issue de l’élection présidentielle), il ne devrait plus y avoir de
0776
cohabitation : majorité présidentielle et majorité parlementaire devraient coïn-
:888
cider...
2821
section 2
1058
Gouvernement et le Parlement
bidja
e d’A
.
U
stitut
sur le Gouvernement
ox.co
2798
niveau de chaque assemblée, qui peuvent informer le Parlement sur certains faits
particuliers (voir supra no 124). Traditionnellement, en France, ce type de
1802
contrôle est encore considéré comme peu efficace. Pourtant des commissions
d’enquête constituées à propos de certains scandales ont vu leurs rapports suivis
6:17
d’effets (affaire d’Outreau).
0.18
2 o Les questions parlementaires
4.23
153 Il y a d’abord les questions orales. Prévues par l’article 48 de la Constitution, elles
sont traditionnelles en droit parlementaire français. Les parlementaires y sont
0.15
très assidus, notamment en raison de la présence des chaînes de télévision.
8:16
Ce type de contrôle par les questions orales, considéré comme un moyen
essentiel de contrôle à la disposition du Parlement, a été renforcé par la révision
0776
constitutionnelle du 4 août 1995 qui prévoit qu’une séance par semaine « au
moins » est réservée par priorité aux questions des membres du Parlement et
:888
orales.
1058
sur des problèmes plus techniques. Chaque année, environ 20 000 questions
écrites sont posées dans les deux assemblées.
bidja
du Gouvernement
sitair
1 o La motion de censure
ox.co
155 C’est le moyen par lequel les députés provoquent un vote qui oblige le Gouver-
olarv
Document no 15
Tableau de la mise en jeu de la responsabilité politique
du Gouvernement
Motion de censure
2798
1802
6:17
0.18
4.23
0.15
8:16
0776
:888
2821
1058
n:21
bidja
e d’A
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U
stitut
m:In
– qu’une motion de censure n’est recevable que si elle est signée par un
dixième au moins des députés composant l’Assemblée nationale (soit 58 députés
olarv
au moins) ;
156
l.sch
Les rapports entre les pouvoirs publics
– que le vote sur la motion de censure ne peut avoir lieu que quarante-huit
heures après son dépôt ;
– que la motion de censure requiert, pour être adoptée, une majorité quali-
fiée, c’est-à-dire la majorité absolue des membres composant l’Assemblée ; seuls
sont recensés les votes favorables à la motion de censure, ce qui fait que l’absten-
tion équivaut à une position favorable au Gouvernement ;
– enfin, depuis la révision constitutionnelle du 4 août 1995, un député ne
2798
peut être signataire de plus de trois motions de censure au cours d’une même
session ordinaire et de plus d’une au cours d’une même session extraordinaire,
sauf dans le cas d’une motion de censure déposée sur le vote d’un texte (art. 49
1802
al. 3).
6:17
À ce jour, il n’y a qu’une seule motion de censure qui a effectivement recueilli
la majorité requise pour que le gouvernement soit renversé : celle du 5 octobre
0.18
1962 renversant le gouvernement Pompidou (il faut rappeler, qu’à titre de sanc-
tion, le général de Gaulle a aussitôt dissous l’Assemblée nationale). L’opposition
4.23
dépose régulièrement une motion de censure (depuis 2007, l’opposition a déposé
trois motions de censure contre le gouvernement Fillon). Il faut bien
0.15
comprendre que c’est le mécanisme de la motion de censure qui oblige le prési-
dent de la République à tenir compte de la majorité parlementaire lorsqu’il
8:16
procède à la nomination d’un nouveau premier ministre. En effet, si le Président
s’affranchissait de la majorité parlementaire, le premier ministre serait immédia-
tement renversé !
0776
:888
2 o La question de confiance
2821
156 C’est un mécanisme qui intervient à l’initiative de l’exécutif et qui a pour consé-
quence d’engager la responsabilité du Gouvernement. La question de confiance
1058
peut être posée par le Premier ministre, après délibération du Conseil des
ministres, sous deux formes différentes :
n:21
La question de confiance sur un texte de loi en discussion (art. 49, al. 3) obéit
à des règles compliquées qui reviennent finalement à faire voter la censure par
niver
les députés ; en effet, le texte en discussion est considéré comme adopté, sans
aucun vote de l’Assemblée nationale, sauf si une motion de censure est déposée
U
dans les vingt-quatre heures qui suivent et si celle-ci est adoptée selon les règles
stitut
Document no 15 (suite)
Tableau de la mise en jeu de la responsabilité politique
du Gouvernement
Question de confiance
2798
1802
6:17
0.18
4.23
0.15
8:16
0776
:888
2821
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n:21
bidja
e d’A
sitair
niver
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stitut
m:In
ox.co
olarv
158
l.sch
Les rapports entre les pouvoirs publics
2798
règles particulières de délai ou de majorité. Pour ne pas être désavoué, le Gouver-
nement doit obtenir la majorité simple en sa faveur.
1802
La Constitution ne fait pas obligation au Gouvernement nouvellement nommé
de se présenter devant l’Assemblée nationale pour faire approuver son pro-
6:17
gramme ou même pour présenter une déclaration de politique générale. Aussi,
les différents gouvernements de la Ve République ont-ils assez peu utilisé ces
0.18
mécanismes de mise en jeu de la responsabilité qui ne reviennent pas au vote
d’une motion de censure. On peut se demander si la « déclaration de politique
4.23
générale » ne devrait pas être complétée par un débat sur les orientations budgé-
taires du gouvernement, voire par la présentation d’un « budget de législature ».
0.15
Finalement, la difficulté du contrôle de l’action gouvernementale sous la
8:16
Ve République tient à ce qu’il n’y a pas d’alternative à la censure. La censure
étant une arme redoutable (renversement du Gouvernement) et redoutée (disso-
lution quasi automatique de l’Assemblée nationale), les députés ne peuvent l’uti- 0776
liser qu’exceptionnellement. Une seule motion de censure a eu un aboutissement
sous la Ve République (1962). Le pouvoir de contrôle du Parlement s’en trouve
:888
.
considérablement affaibli.
2821
1058
A. Le droit de dissolution
U
158 Prévue à l’article 12 (voir supra no 93), la dissolution peut être prononcée par le
stitut
dée en toute liberté sous la seule réserve qu’un intervalle d’au moins un an
sépare deux dissolutions consécutives. Utilisée à deux reprises par le général de
ox.co
Gaulle, 2 fois par François Mitterrand et une fois par le président Jacques Chirac,
la dissolution a permis pratiquement à chaque fois de dénouer la crise au profit
olarv
2798
La Constitution en a créé trois : la délimitation du domaine de la loi, l’instaura-
tion de nombreuses procédures permettant au Gouvernement d’imposer sa
volonté au Parlement, enfin le recours au référendum (voir supra no 94).
1802
Dans ce régime, l’exécutif apparaît donc comme disposant d’une nette pré-
6:17
pondérance sur le Parlement. La question est ainsi posée de la véritable nature
du régime de la Ve République.
0.18
La Constitution de 1958 s’applique depuis plus de 50 ans : le régime qu’elle a
mis en place a évolué, le contexte politique, économique et social a changé, les
4.23
forces politiques se sont transformées, les hommes ne sont plus les mêmes. Il
importe donc d’avoir une idée, la plus nette possible, de ce que représente ce
0.15
régime à l’heure actuelle.
8:16
Initialement, la Constitution a mis en place un régime de type parlementaire
rationalisé avec prépondérance de l’exécutif. Par la suite, les atteintes aux prin-
cipes de base du parlementarisme se sont multipliées : la plus importante étant
0776
l’élection du président de la République au suffrage universel direct en 1962. Le
:888
régime tend alors à évoluer vers un système de type présidentiel mais sans aller
jusqu’à son aboutissement (malgré la réduction du mandat présidentiel et celle
2821
L’évolution vers un régime de type présidentiel n’est sans doute pas achevée.
niver
démocratique due à son élection, sous le contrôle indirect d’un Parlement qui
160
l.sch
Les rapports entre les pouvoirs publics
traduit les variations de l’opinion publique. Il est donc nécessaire qu’une certaine
cohérence existe entre la majorité présidentielle et la majorité parlementaire.
Sous la Ve République, une profonde mutation s’est opérée dans les forces
politiques. On a pu constater, dès le début, le déclin de la classe politique des
régimes parlementaires précédents, le président de la République s’appuyant plus
sur l’opinion publique que sur les élites politiques traditionnelles. On a pu égale-
ment constater, et c’est le fait essentiel, l’existence d’un parti majoritaire qui,
depuis 1962, a permis au Gouvernement de s’appuyer sur une majorité solide,
2798
rendant pratiquement impossible l’adoption d’une motion de censure. L’exis-
tence d’une telle majorité conforme au schéma classique du régime parlemen-
1802
taire. Mais elle n’est pas sans danger pour le débat démocratique. C’est la raison
pour laquelle la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 s’est attachée à
6:17
reconnaître des droits spécifiques aux parlementaires qui ne sont pas membres
de la majorité ; le nouvel article 51-1 exige que le règlement de chacune des deux
0.18
assemblées reconnaisse des droits spécifiques aux groupes d’opposition et aux
groupes minoritaires (ex. : le Règlement de l’Assemblée nationale, profondément
4.23
remanié en 2009, pose le principe que seul un député de l’opposition peut prési-
der la commission des finances).
0.15
Tout le système repose sur une présomption de majorité ; le Gouvernement,
8:16
même s’il ne s’est pas soumis à la procédure de la présentation du programme
ou de la déclaration de politique générale, est présumé disposer d’une majorité
parlementaire, notamment à l’Assemblée nationale. Seuls les députés peuvent 0776
renverser cette présomption par l’adoption d’une motion de censure.
:888
Un fait est certain : l’existence d’un consensus général sur les institutions
(manifesté par un taux de participation important à la dernière élection prési-
2821
dentielle) et sur la nécessité de leur évolution dans le sens d’une plus grande
participation des citoyens aux décisions politiques. L’essentiel est que l’évolution
1058
la population.
On peut se demander si l’un des effets majeurs de la révision constitutionnelle
bidja
nette entre le Parlement et le pouvoir exécutif avec des garanties pour les parle-
mentaires directement inscrites dans la Constitution et d’autre part. une sépara-
sitair
tion plus marquée de l’autorité judiciaire par rapport aux pouvoirs exécutif et
législatif (perceptible dans la réforme du Conseil supérieur de la magistrature).
niver
161
l.sch
Les institutions politiques de la Ve République
2798
1802
La qualité de la loi, nouvel enjeu
6:17
du travail législatif
0.18
4.23
En 2008 et 2009, ce sont respectivement 55 et 41 lois qui ont été promulguées
(excepté les lois autorisant l’approbation ou la ratification d’accords internatio-
0.15
naux) ; du seul point de vue arithmétique, il y a moins de textes de lois qu’il y
a quelques années. L’apparence est trompeuse : les lois sont de plus en plus
8:16
longues, nécessitent de plus en plus de décrets d’application et, par ailleurs,
le gouvernement bénéficie de plus en plus de l’autorisation de recourir aux
0776
ordonnances. Certains codes sont modifiés à maintes reprises : le CGCT l’a été
40 fois en 2009 !
:888
loi, une étude d’impact des dispositions envisagées (loi organique du 15 avril
2009 en ce sens). L’exposé des motifs ne suffit plus : le Gouvernement doit
n:21
une proposition de loi, dès son dépôt, à l’avis du Conseil d’État (avant qu’elle
ne soit transmise à la commission permanente compétente).
niver
Il faut que le Parlement s’attache à des lois efficientes : toutes les dispositions
doivent avoir une portée normative. Le Conseil constitutionnel a déjà l’occasion
U
162
l.sch
Les rapports entre les pouvoirs publics
2798
1802
Administrateur de l’Assemblée nationale
6:17
1994 : Le Premier ministre sous la Ve République.
0.18
1992 : L’application de l’article 38 de la Constitution de 1958 relatif aux
ordonnances.
4.23
Attaché d’administration centrale
0.15
1992 : Les pouvoirs du président de la République sous la Ve République.
8:16
Attaché d’administration hospitalière
2006 : Les ministres sous la Ve République. 0776
2004 : Le référendum.
:888
Attaché de préfecture
niver
Attaché territorial
stitut
2798
2008 : La protection juridictionnelle des libertés publiques.
2007 : À quoi sert une Constitution ?
1802
2006 : La France, République indivisible ?
6:17
1997 : La primauté de la loi.
0.18
Directeur d’établissement social et médico-social
2007 : La libre administration des collectivités locales.
4.23
2006 : L’autorité de la loi.
0.15
Directeur d’hôpital
8:16
2005 : Le référendum sous la Ve République.
École nationale de la magistrature (ENM)
0776
2002 : Révisions constitutionnelles et VIe République.
:888
1958 modifiée.
164
l.sch
Les rapports entre les pouvoirs publics
2798
1996 : Les relations entre les pouvoirs exécutif et législatif.
1802
1994 : Le référendum et sa pratique sous la Ve République.
Inspecteur des impôts
6:17
1993 : L’Assemblée nationale et le Sénat sous la Ve République.
0.18
Inspecteur du travail
4.23
1995 : L’évolution du rôle du Conseil constitutionnel.
Inspecteur du trésor
0.15
2005 : Le référendum sous la Ve République.
8:16
2002 : Peut-on parler d’un déclin du rôle législatif du Parlement sous la
Ve République ? 0776
2001 : Le pouvoir réglementaire sous la Ve République.
:888
prioritaire de constitutionnalité.
stitut
2798
1802
6:17
0.18
4.23
0.15
8:16
0776
:888
2821
1058
n:21
bidja
e d’A
sitair
niver
U
stitut
m:In
ox.co
olarv
166
l.sch
titre
L’organisation
3
2798
1802
administrative
6:17
de la France
0.18
4.23
0.15
8:16
160 L’étude de l’organisation administrative française se situe dans le prolongement 0776
direct de celle de ses institutions politiques. Si le vote de la loi est la compétence
:888
il comporte une tâche plus générale qui est d’assurer le minimum de conditions
nécessaires à la continuité de la vie nationale, c’est-à-dire le maintien de l’ordre
n:21
voir exécutif doit également assumer (voir supra no 113). L’étude de l’organisa-
tion administrative nous permettra de définir les principes généraux qui animent
e d’A
l’exercice de ces missions ainsi que les structures et les autorités (institutions)
qui sont chargées de les assurer.
sitair
niver
U
stitut
m:In
ox.co
olarv
l.sch
l.sch
olarv
ox.co
m:In
stitut
Univer
sitair
e d’A
bidja
n:21
1058
2821
:888
0776
8:16
0.15
4.23
0.18
6:17
1802
2798
chapitre
1
Les principes généraux
2798
1802
de l’organisation
6:17
administrative
0.18
4.23
0.15
8:16
161 L’étude de l’organisation administrative suppose la connaissance d’un certain
nombre de principes de base et de définitions. Il importe surtout de faire la 0776
distinction entre les réformes de la décentralisation et de la déconcentration.
1
:888
section
2821
de droit public
n:21
bidja
162 L’un des premiers problèmes qui se posent est celui de savoir par quel procédé
juridique l’Administration va pouvoir exercer ses activités, par quel moyen et de
e d’A
.
personne morale (ou personne juridique).
sitair
niver
§ 1 Définition de la personnalité
U
morale
stitut
m:In
163 L’expression de personne morale désigne un sujet de droit qui n’est pas une
personne physique, un être humain. Une personne physique, un individu est,
ox.co
recevoir de l’argent si on lui a causé des dommages. Tout le monde n’est pas
169
l.sch
L’organisation administrative de la France
sujet de droit ; par exemple, l’aliéné n’est pas un sujet de droit, il est réputé
« incapable majeur ». Si nous sommes des sujets de droit, c’est parce que nous
sommes des personnes appelées personnes physiques « capables ». Il y a d’autres
sujets de droit que les personnes physiques : ce sont précisément les personnes
morales. Une association – par ex. : une association d’étudiants – est une per-
sonne morale. Elle est composée de plusieurs personnes mais ces personnes,
ensemble, constituent une autre personne, la personne morale, qui les représente
collectivement. Un club de football est aussi une personne morale : les joueurs
2798
et les dirigeants la composent. Quand le président du club signe un contrat pour
jouer un match, il ne signe pas pour lui, mais pour le club, c’est-à-dire pour
1802
l’ensemble des personnes qui le composent. La personne morale est distincte des
personnes qui la composent. Elle constitue essentiellement une aptitude à la vie
6:17
juridique.
L’État aussi est une personne morale, mais soumise au droit public, de même
0.18
que les communes, les départements, les régions, les établissements publics, les
GIP (groupement d’intérêt public) et certaines autorités administratives indé-
4.23
pendantes. Toutes les administrations n’ont pas la personnalité morale : les ser-
vices à compétence nationale n’ont pas la personnalité morale, ils dépendent de
0.15
l’État, qui lui, a la personnalité morale.
8:16
Pour l’État, l’attribution de la personnalité morale n’a pas de source textuelle
sûre. En revanche, pour les autres catégories d’institutions, l’attribution de la 0776
personnalité morale résulte du texte institutif.
.
:888
2821
morale
n:21
164 L’utilité de cette notion de personne morale apparaît nettement dans quatre cas.
bidja
juridique, par exemple acheter, vendre, etc. C’est la personne morale qui va être
propriétaire de ce patrimoine, de cet argent et qui va accomplir les actes. S’il en
sitair
allait autrement, les biens devraient être considérés comme la propriété de tous
les associés, tous les membres du groupe devraient apparaître dans tous les actes,
niver
cune a son domaine, son budget. C’est elle qui intervient lorsqu’il y a lieu d’ac-
quérir, de vendre, de contracter, de plaider dans l’intérêt du service.
La notion de personnalité morale apparaît ainsi comme un moyen commode,
permettant à des groupements d’accéder à la vie juridique de façon autonome
et cohérente. Le groupement aura des organes qui agiront en son nom et pour
son compte.
3. En droit administratif, cette notion présente un autre intérêt : elle est un
2798
moyen de limiter la toute-puissance de l’État. Si, dans un pays, d’autres per-
sonnes morales que l’État existent, elles détiendront de toute évidence face à lui
1802
une certaine autonomie, administrative ou financière. La notion de personnalité
morale apparaît ainsi comme un procédé destiné à renforcer les libertés locales.
6:17
4. La personne morale ne peut agir qu’en fonction du but précis pour lequel
elle a été créée.
0.18
2
4.23
section
0.15
Déconcentration
8:16
et décentralisation :888
0776
165 L’organisation administrative peut être aménagée suivant deux systèmes diffé-
rents : la déconcentration et la décentralisation. La déconcentration apparaît
2821
.
1058
§ 1 La déconcentration,
n:21
aménagement de la centralisation
bidja
e d’A
166 La déconcentration n’a de sens que par rapport à la centralisation qui peut
exister dans l’organisation et le fonctionnement d’une institution donnée. La
sitair
A. Définition
U
stitut
tendance à l’unité qui se manifeste dans les différents aspects de la vie publique :
ox.co
politique, économique.
La centralisation administrative consiste à réunir toute l’Administration en un
olarv
centre unique de décision dirigé par les autorités centrales de l’État. Tous les
171
l.sch
L’organisation administrative de la France
pouvoirs administratifs sont rassemblés entre les mains des autorités de l’État
qui ne gèrent pas seulement les affaires d’intérêt national, mais aussi les affaires
locales qui n’intéressent que des groupes de population ou de territoires res-
treints. Le pouvoir central imprime ainsi à tout le pays une direction unique,
centralisée.
Dans un pays pleinement centralisé, il n’existe qu’une seule personne morale
de droit public : l’État. Les divisions du pays (départements ou communes par
exemple) ne sont que de simples circonscriptions territoriales, sans personnalité
2798
morale, et qui servent uniquement de cadre aux divers services administratifs de
l’État.
1802
La France, au début du XIXe siècle, sous le régime napoléonien, était soumise
à un régime de ce type.
6:17
0.18
B. Les justifications historiques de la centralisation
4.23
168 La centralisation a été justifiée par les avantages politiques et techniques qu’elle
0.15
présente.
8:16
1 o Les avantages politiques
De ce point de vue, la centralisation se révèle utile en tant qu’elle renforce la 0776
puissance externe et interne de l’État. L’État dispose ainsi complètement (mais
:888
pas forcément rapidement) de tous les moyens nécessaires pour prendre toutes
les décisions, tant à l’intérieur qu’aux frontières du pays. De plus, la centralisa-
2821
tion permet de lutter efficacement contre tous les éléments et groupements cen-
trifuges qui viseraient à miner l’unité de l’État.
1058
Grâce à elle, les services publics fonctionnent de façon uniforme, donc plus
bidja
« égale » quel que soit le point du territoire. L’unité de décision garantit l’égalité
de traitement de tous les citoyens sur l’ensemble du territoire national.
e d’A
de l’Administration d’État
stitut
169 Un système centralisé présente aujourd’hui de graves inconvénients, car les auto-
m:In
rités centrales sont incapables de prendre toutes les décisions avec la rapidité
nécessaire : les circuits de préparation et d’exécution sont trop lents. De plus,
ox.co
leurs décisions risquent d’être inadaptées, car ces autorités ne sont pas à même
de connaître avec précision les besoins des populations locales. C’est la raison
olarv
2798
par exemple les IRA.
La déconcentration a pour objet d’assouplir la centralisation assurée par la
1802
concentration et de diminuer les inconvénients que nous venons de citer.
La déconcentration consiste à attribuer des pouvoirs de décision aux représen-
6:17
tants locaux du pouvoir central (préfets par exemple). Ceux-ci ne sont pas de
simples organes de transmission et d’exécution parce qu’ils détiennent, en vertu
0.18
de la déconcentration, un pouvoir de décision au plan local. Toutefois, le système
demeure centralisé dans la mesure où ces agents locaux demeurent subordonnés
4.23
au pouvoir central. Ces éléments de subordination, qu’on retrouve dans le pou-
0.15
voir hiérarchique qui pèse sur eux, sont un des plus caractéristiques de la décon-
centration.
8:16
L’Administration centralisée, mais assortie du correctif de la déconcentration,
présente l’aspect d’une pyramide d’agents reliés les uns aux autres par les liens
de la hiérarchie : au sommet, on trouve le pouvoir central (le Gouvernement
0776
composé de ministres) ; aux échelons intermédiaires, se trouvent les préfets et,
:888
« remonter » à l’administration centrale que les seuls dossiers qui ne peuvent pas
être traités au plan local par les responsables déconcentrés (préfet, chefs des
U
tion ne peut pas être pleinement efficace si l’administration de l’État n’est pas
suffisamment déconcentrée. Le renforcement des pouvoirs des préfets et la réor-
m:In
173
l.sch
170
.
L’organisation administrative de la France
§ 2 La décentralisation
Dans les États modernes, on observe la manifestation de deux tendances contra-
dictoires mais qui, en réalité, s’équilibrent : un mouvement centralisateur (faci-
lité par la puissance de l’informatique) et un mouvement décentralisateur.
En effet, devant la multiplicité croissante des tâches à accomplir et des besoins
à satisfaire, le pouvoir central est amené à se décharger d’une partie plus ou
2798
moins grande de ses compétences administratives au profit des collectivités terri-
toriales (les communes, départements et régions) qui sont autant de personnes
1802
morales distinctes. L’autorité centrale, au lieu d’agir elle-même par ses agents,
ne fait que contrôler l’action de ces collectivités territoriales juridiquement et
6:17
financièrement autonomes : c’est la décentralisation.
0.18
A. La notion de décentralisation
4.23
171 La décentralisation consiste pour le pouvoir central à transférer certaines de ses
0.15
compétences administratives à des autorités qui ne dépendent pas hiérarchique-
ment de lui. Elle consiste donc à multiplier les centres de direction autonome
8:16
des affaires publiques. En effet, certains problèmes administratifs n’intéressent
qu’un groupe ou qu’une partie du territoire ou de la population. Par la décentra- 0776
lisation, ce groupe ou collectivité gère lui-même ses propres affaires par ses propres
moyens à l’aide d’organes qu’il aura lui-même désignés.
:888
2821
Il est nécessaire d’opérer une distinction, parmi la masse des besoins auxquels
l’Administration doit pourvoir, entre ceux qui intéressent l’ensemble du terri-
e d’A
toire et de la population (la défense, par exemple) et ceux qui demeurent parti-
culiers à une collectivité (les transports urbains, par exemple). La reconnaissance
sitair
d’une liste d’affaires locales, distinctes des affaires nationales, est donc la première
condition, nécessaire, de la décentralisation. Ce n’est d’ailleurs que tardivement
qu’un partage entre affaires nationales et affaires locales a été opéré en France
niver
affaires réputées locales sont autant de compétences que l’État transfère aux
collectivités territoriales.
ox.co
olarv
174
l.sch
Les principes généraux de l’organisation administrative
2798
au suffrage universel des organes de la collectivité, seule garantie réelle de leur
autonomie par rapport au pouvoir central.
1802
Il ne peut ainsi y avoir de décentralisation que lorsque la loi accorde à des
organes élus au suffrage universel direct un pouvoir de décision sur les affaires
6:17
locales.
0.18
C. Les modalités de la décentralisation
4.23
173 Elles sont très diversifiées car toute une gamme de mesures peut faire varier du
0.15
minimum au maximum le degré de la décentralisation, tant au niveau de l’élec-
8:16
tion des organes, des matières laissées à leur décision, des moyens mis à leur
disposition ou des contrôles que l’État fait peser sur eux.
Il n’y a pas de contrainte de l’Union européenne en la matière, si ce n’est
0776
l’existence d’un niveau régional. Il faut remarquer qu’il existe cependant une
:888
financière. La Charte est entrée en vigueur le 1er septembre 1988, après les pre-
mières approbations. La France faisait partie des États signataires en 1985 mais
sitair
ce n’est donc qu’en 2007 qu’elle l’a ratifiée, avec trois réserves !
Il existe deux formes de décentralisation : la décentralisation territoriale et la
niver
1 o La décentralisation territoriale
stitut
Document no 16
Tableau indiquant la répartition des compétences
entre les collectivités territoriales
(à jour de la loi relative aux responsabilités locales)
Commune Département Région
Action sociale • Établissement • Aide à l’enfance
des demandes • Protection maternelle
• Bureaux • Hébergement
2798
municipaux handicapés
d’hygiène • Hébergement
1802
personnes âgées
• Service social
• Prévention sanitaire
6:17
• Financement du RMI
et du RMA
0.18
• Fonds d’aide
aux jeunes en difficulté
4.23
Enseignement • Enseignement • Collèges • Lycées
primaire • Établissements
0.15
d’éducation spéciale
Économie et • Aides directes • Aides directes • Schéma régional
8:16
développement complémentaires complémentaires de développement
local • Chartes • Équipement rural économique
intercommunales • Financement • Pôles de recherche
d’aménagement de l’accueil 0776
• Aides directes
des entreprises • Contrat de plan
:888
avec l’État
• Parc naturel régional
2821
}
}
• Archives • Archives • Archives
}
Culture
régionaux
n:21
• Assainissement du patrimoine
stitut
des ordures
ménagères
ox.co
olarv
176
l.sch
Les principes généraux de l’organisation administrative
2798
des moins de 26 ans
• Fonds régional
de l’apprentissage
1802
et de la formation
Logement • Programme local • Plans pour
6:17
de l’habitat le logement
(action en faveur des défavorisés
0.18
des mal-logés)
4.23
2 o La décentralisation par services
0.15
Elle est fondée sur des considérations techniques. Elle consiste à donner l’auto-
nomie à une catégorie particulière de services publics organisés sous la forme
8:16
d’établissements publics, par exemple les universités ou les hôpitaux. Elle est
fondée sur un besoin ou un intérêt déterminé, spécial, qui peut être ressenti à
0776
des endroits très différents du territoire et qui n’est pas lié à une portion détermi-
née du territoire. Certains services, nettement individualisés par leur objet ou
:888
leur action. L’autorité supérieure n’exerce plus sur eux qu’un contrôle analogue
à celui qui pèse sur les collectivités territoriales.
1058
.
EPCI qui bénéficient du même régime que les collectivités territoriales).
niver
U
§ 3 Le contrôle administratif
stitut
et de la décentralisation
ox.co
A. Le pouvoir hiérarchique
(organisation centralisée et déconcentrée)
2798
175 Il confie à l’autorité supérieure le droit de faire prévaloir sa volonté sur celle de
1802
l’agent subordonné. Il s’exerce sur les actes et comporte cinq attributs prin-
cipaux :
6:17
– le pouvoir d’instruction qui permet au supérieur hiérarchique de donner à
ses subordonnés des ordres ou instructions de service, soit générales, soit indivi-
0.18
duelles (circulaires, directives, instructions) ;
4.23
– le pouvoir d’approbation préalable ;
0.15
– le pouvoir d’annulation qui permet au supérieur de faire disparaître une
décision illégale ou simplement inopportune du subordonné ;
8:16
– le pouvoir de réformation qui permet au supérieur de modifier la décision,
de l’infirmer ; 0776
– le pouvoir de suspension : la décision n’est pas appliquée provisoirement.
:888
176 Jusqu’aux lois du 2 mars et 22 juillet 1982, le contrôle qui s’exerçait sur les
sitair
C’est le contrôle qu’exerce l’État sur les organes des établissements publics dans
les limites fixées par la loi. Il y a autant de régimes de tutelle qu’il y a de
olarv
catégories d’établissements publics (par exemple, la tutelle de l’État sur les uni-
178
l.sch
Les principes généraux de l’organisation administrative
versités est très légère en comparaison de celle sur le CNRS). Il n’y a pas de
tutelle sans texte.
Ce contrôle est nécessaire, à la fois dans l’intérêt de l’État lui-même (nécessité
de l’unité de l’État et du respect de la loi), dans celui de l’établissement public
lui-même (pour éviter la mauvaise gestion).
Ce contrôle ne doit pas être poussé trop loin, sinon ce serait nier la notion
même de décentralisation, même technique. Dans la centralisation, la subordina-
2798
tion est de principe et s’exerce sans texte ; de plus, elle est totale. Dans la décentrali-
sation, la liberté est la règle et le contrôle l’exception : un texte (de loi) doit en
1802
poser le principe, désigner l’autorité qui l’exerce au nom de l’État, en fixer l’éten-
due et les procédés. C’est un pouvoir conditionné.
6:17
b) Les autorités de tutelle
0.18
C’est l’État qui exerce la tutelle par ses agents. Jusqu’en 1982, c’est le préfet (voir
4.23
infra no 204) qui l’exerçait, tout au moins dans la décentralisation territoriale.
Dans la décentralisation par services, la tutelle est exercée par la collectivité à
0.15
laquelle est rattaché l’établissement public : c’est le ministre compétent, donc
l’État, pour les établissements publics nationaux, par exemple le CNRS, l’ENA,
8:16
les IRA, la SNCF ou encore l’ONF.
0776
c) Les moyens de la tutelle
:888
Elle peut s’exercer par une gamme étendue de mesures qui concernent soit la
personne même des autorités décentralisées, soit les actes qu’elles accomplissent.
2821
C’est un pouvoir très limité qui n’intervient que selon une procédure précise et
selon des motifs fixés par la loi. De plus, s’agissant d’organes élus, il est prévu
bidja
légalité.
niver
– l’annulation des actes illégaux, soit par l’autorité de tutelle elle-même, soit
sur sa demande par le juge administratif ;
ox.co
conforme pas à une obligation légale (en refusant de prendre une mesure obliga-
179
l.sch
L’organisation administrative de la France
toire par exemple), l’autorité de tutelle peut être autorisée à agir à sa place, après
l’avoir mise en demeure.
Le pouvoir de contrôle qui appartient ainsi au pouvoir central est étroitement
limité par la loi et contrôlé par le juge. Une mesure de tutelle est une décision
administrative et, comme telle, soumise au respect de la légalité. Tant les auto-
rités décentralisées que les particuliers détiennent des recours juridictionnels à
l’égard des mesures de tutelle (recours pour excès de pouvoir, par exemple).
De plus, si l’État commet une faute dans l’exercice de la tutelle, il engage sa
2798
responsabilité.
1802
2 o Le contrôle de légalité (collectivités territoriales et établissements publics
6:17
locaux)
0.18
178 Au contrôle de l’opportunité des actes des autorités locales qui était en fait
inhérent à la notion de tutelle administrative, le législateur a substitué en 1982
4.23
un contrôle de la légalité des actes qui va s’exercer exclusivement a posteriori.
0.15
a) La transmission des principaux actes des collectivités territoriales
au préfet
8:16
La décentralisation ne peut se concevoir qu’avec un contrôle administratif exercé
par l’État (art. 72 de la Constitution). Ce contrôle, depuis 1982, prend la forme 0776
d’un contrôle de la légalité des actes des collectivités territoriales. Le préfet,
:888
tive par la loi, ce sont les actes les plus importants par leurs conséquences :
délibérations des assemblées, décisions en matière de police, actes réglementaires,
e d’A
agents locaux.
Par contre, les actes non réglementaires, qui sont les plus nombreux (actes de
niver
l’obligation de transmission.
stitut
Pour être exécutoires par les autorités locales, les actes soumis à l’obligation
m:In
notifiés selon les cas. Ainsi les actes des autorités locales deviennent exécutoires
dès qu’ils ont été transmis au représentant de l’État (il s’agit de la date de récep-
olarv
La loi du 13 août 2004 relative aux libertés et aux responsabilités locales avait
déjà sensiblement allégé le nombre d’actes à transmettre au préfet (environ
5 millions d’actes par an). Elle avait également autorisé la transmission électro-
nique (dispositif de télétransmission).
Il a bien fallu admettre que les actes transmis étaient encore trop nombreux
et que les préfectures, même appuyées par les services déconcentrés, n’avaient
pas les moyens d’assurer un contrôle efficace, encore moins systématique.
2798
Sur la base de la loi d’habilitation du 12 mai 2009 (loi de simplification du
droit et d’allégement des procédures), l’ordonnance du 17 novembre 2009 a
1802
simplifié et allégé l’exercice du contrôle de légalité, notamment dans le domaine
des actes relatifs aux agents publics et de la voirie routière. Une circulaire du
6:17
ministère de l’Intérieur du 13 décembre 2010 a dressé une liste des actes à trans-
mettre.
0.18
Les actes non soumis à l’obligation de transmission sont exécutoires à la
simple condition d’avoir été publiés ou notifiés.
4.23
0.15
b) Le rôle du préfet en matière de contrôle de la légalité des actes
des autorités locales (le déféré préfectoral)
8:16
•→ Le contrôle des actes soumis à l’obligation de transmission
Le représentant de l’État n’apprécie pas l’opportunité de l’acte mais tous les 0776
éléments de sa légalité. Si l’acte lui apparaît légal, en principe son intervention
:888
s’arrête là. Toutefois, l’auteur de l’acte peut lui demander de l’informer de son
intention de ne pas déférer l’acte au juge administratif. Dans ce cas, le représen-
2821
tant de l’État est amené à délivrer une sorte d’attestation de non-recours mais
qui n’a qu’une portée relative et qui n’équivaut pas à un brevet de légalité. En
1058
effet, une personne lésée par un acte peut demander au représentant de l’État
de saisir le juge administratif mais il ne s’agira, en aucun cas, d’une obligation
n:21
Dans tous les cas, le préfet peut exercer sa mission de contrôle administratif sur
ces actes, soit que l’autorité locale lui ait transmis l’acte sans y être obligée, soit
sitair
Seul le juge administratif peut prononcer l’annulation d’un acte d’une autorité
stitut
locale soit sur le recours d’une personne intéressée (dans les conditions du droit
commun, c’est-à-dire le recours pour excès de pouvoir), soit sur le déféré du
m:In
préfet, représentant de l’État. Dans ce dernier cas, l’autorité locale doit être infor-
mée du recours immédiatement avec toutes les précisions sur les illégalités invo-
ox.co
quées. Il est possible alors à l’autorité locale de modifier l’acte afin d’éviter un
contentieux. En principe, le représentant de l’État doit informer les autorités
olarv
locales de son intention de former un recours avant même de saisir le juge afin
181
l.sch
L’organisation administrative de la France
que celles-ci puissent prendre, si elles le désirent, les mesures nécessaires pour
éviter une annulation. Le préfet a 2 mois pour saisir le juge après la transmission.
Dans le cas où la transmission n’est pas obligatoire, le délai est de 2 mois après
la saisine par la personne lésée ou après la publication de l’acte dans l’hypothèse
d’une saisine par un tiers.
Il est des cas où le représentant de l’État peut estimer, qu’en raison des consé-
quences particulières que l’exécution de l’acte peut entraîner, un sursis à exécu-
tion de la décision soit nécessaire et le demander au tribunal administratif. Celui-
2798
ci peut l’accorder dès lors qu’un des moyens avancés apparaît de nature à entraî-
ner l’annulation. Toutefois, pour les actes non soumis à l’obligation de transmis-
1802
sion, le représentant de l’État peut demander le sursis à exécution mais il ne
pourra lui être accordé que si l’un des moyens d’annulation est sérieux et s’il y
6:17
a urgence.
Un cas particulier doit être signalé : celui des actes de nature à compromettre
0.18
l’exercice d’une liberté publique ou individuelle. Dans ce cas, le sursis sera
accordé dans un délai de quarante-huit heures par le président du tribunal admi-
4.23
nistratif (procédure du référé-liberté).
0.15
Devant les difficultés soulevées par les décisions des collectivités territoriales
dans certains domaines sensibles (urbanisme, marchés publics, délégation de
8:16
service public) dont l’applicabilité immédiate empêchait souvent un véritable
contrôle de leur régularité, la loi du 4 février 1995 d’orientation pour l’aménage-
0776
ment et le développement du territoire modifiée par la loi du 30 juin 2000 a
prévu dans son article 27 un régime spécial de sursis à exécution dans ces
:888
droit. En revanche, si au terme d’un mois après réception, le juge des référés n’a
pas statué, l’acte redevient exécutoire.
1058
Les actes budgétaires sont également soumis au contrôle de légalité dans les
e d’A
un contrôle particulier, opéré par la chambre régionale des comptes, peut inter-
venir lorsque le budget n’est pas voté dans le délai légal, quand il n’est pas voté
niver
a pour objet de rétablir la régularité d’un budget ou d’un compte (la procédure
fait intervenir le préfet et la chambre régionale des comptes), le second a pour
objet l’annulation d’un acte administratif ou budgétaire par le juge administratif.
m:In
Dans son 21e rapport sur le contrôle de légalité (mars 2011), le ministère de
ox.co
l’Intérieur (DGCL) fait état de 5 567 609 actes transmis en 2009 contre 6 347 752
actes transmis en 2006 (avant la réforme) et de 1 034 déférés (2 fois moins en
olarv
10 ans).
182
l.sch
Les principes généraux de l’organisation administrative
www.dgcl.interieur.gouv.fr
On voit ainsi la différence entre déconcentration et décentralisation. Dans la
déconcentration, la décision est toujours prise au nom de l’État par un de ses
agents : il y a seulement substitution d’un agent local (le préfet, par exemple)
au supérieur hiérarchique (le ministre). Dans la décentralisation, la décision n’est
plus prise au nom de l’État, mais au nom d’une collectivité territoriale et par un
organe qui émane d’elle. Comme le disait à propos de la déconcentration Odilon
Barrot au milieu du XIXe siècle : « C’est toujours le même marteau qui frappe,
2798
mais on a raccourci le manche ».
Avec la décentralisation, ce n’est plus le même marteau et on a changé la main
1802
qui le tient.
6:17
Le choix entre centralisation corrigée par la déconcentration et la décentralisa-
tion tient compte des avantages et des inconvénients présentés par les deux
0.18
systèmes.
À l’actif de la centralisation, on peut mettre le souci du rendement, l’efficacité
4.23
administrative, son économie, la compétence de ses agents, son action en faveur
de l’unité politique du pays. Mais le passif est lourd : lenteur, encombrement des
0.15
administrations centrales, uniformité des solutions. La décentralisation présente
incontestablement un bilan plus positif : elle est plus libérale (plus démocratique
8:16
puisque reposant sur l’élection), plus adaptée aux problèmes, elle repose sur la
0776
participation des citoyens à la gestion de leurs propres affaires. À l’inverse, elle
peut être dangereuse tant au point de vue politique (risque de briser l’unité
nationale) qu’au point de vue administratif (mauvaise gestion, trop proche des
:888
En France, le choix entre les deux formules n’a pas été fait clairement. Il s’agit
tout au plus d’un dosage entre une tradition centralisatrice très forte et ancienne
1058
c’est sous cette forme que se pose le problème. Si la loi du 2 mars 1982 est venue
renforcer considérablement le mouvement en faveur de la décentralisation,
bidja
par les services déconcentrés de l’État. Il est désormais acquis que la déconcentra-
tion et la décentralisation doivent progresser en parallèle. Il faut tout de même
relever encore que la loi constitutionnelle du 28 mars 2003 a posé le principe
niver
183
l.sch
L’organisation administrative de la France
2798
1802
La genèse de la réforme territoriale
6:17
0.18
Les candidats aux concours pourront utilement se reporter à un certain nombre
de rapports parlementaires qui ont alimenté la préparation de la réforme territo-
4.23
riale (site Internet de l’Assemblée nationale et du Sénat).
0.15
Les questions de la décentralisation et de la gouvernance publique locale ont
fait l’objet de plusieurs rapports d’experts qui ont fait date :
8:16
– en 1976, le rapport de la Commission Guichard ;
– en 2000, le rapport de la Commission Mauroy (ancien Premier ministre) 0776
intitulé « Refonder l’action publique locale » ;
:888
de réforme territoriale
bidja
e d’A
sur les points les plus ambitieux du projet de loi soumis initialement au Sénat.
De plus, le projet initial, se composait d’une quarantaine d’articles. La loi finale-
niver
ment adoptée en comporte 90, résultat des multiples amendements qui ont
enlevé au texte sa cohérence initiale.
U
stitut
m:In
ox.co
olarv
184
l.sch
Les principes généraux de l’organisation administrative
Sujets de concours
2798
1802
Administrateur territorial
6:17
2009 : La clause générale de compétence.
0.18
2008 : Les niveaux d’administration en France.
2003 : La constitutionnalisation des collectivités locales.
4.23
2001 : Pouvoir réglementaire et collectivités territoriales.
0.15
Attaché territorial
8:16
2003 : La décentralisation et le principe d’égalité.
2002 : Faut-il encore décentraliser ? 0776
2000 : Le contrôle des actes des collectivités territoriales.
:888
Directeur d’hôpital
niver
1994 : Faut-il revoir la répartition des compétences entre l’État et les collecti-
vités territoriales ?
U
2798
Inspecteur du travail
1994 : L’état actuel de la décentralisation.
1802
6:17
0.18
4.23
0.15
8:16
0776
:888
2821
1058
n:21
bidja
e d’A
sitair
niver
U
stitut
m:In
ox.co
olarv
186
l.sch
chapitre
2
L’Administration de l’État
2798
1802
6:17
0.18
179 La France est un État unitaire dont l’organisation administrative principale repose
4.23
en premier lieu sur l’administration de l’État. Elle constitue une armature essen-
tielle en termes de services publics. Elle est composée des services centraux (admi-
0.15
nistration centrale) et des services déconcentrés (administration territoriale).
8:16
Il appartient à la Constitution de préciser quelles sont les autorités administra-
tives supérieures. On distinguera ensuite l’administration centrale de l’adminis-
tration territoriale. 0776
L’administration centrale a une compétence géographique qui s’étend à l’en-
:888
à compétence nationale (SCN) pour désigner des services de l’État qui n’ont ni
la qualité d’administration centrale, ni la qualité de services déconcentrés des
n:21
ministères : ce sont des services dont le champ d’action est national, mais dont
l’activité ne correspond pas aux missions traditionnelles d’une administration
bidja
centrale (ex. : la formation continue au sein d’un ministère) : les SCN sont créés
par décret ou par arrêté selon qu’ils sont placés sous l’autorité directe d’un
e d’A
que la nouvelle École nationale des finances publiques (décr. du 4 août 2010).
1
niver
section
U
centrale
m:In
ox.co
2798
1802
181 Le président de la République et le Premier ministre sont les autorités adminis-
tratives suprêmes. Les ministères sont les chevilles ouvrières de l’Administration
6:17
centrale.
0.18
A. Le président de la République
4.23
182 Le président de la République possède d’importants pouvoirs en matière admi-
0.15
nistrative, qu’il exerce au moyen de décrets ou d’ordonnances. Il partage ces
pouvoirs avec le Premier ministre selon une répartition peu claire.
8:16
1 o Les décrets réglementaires 0776
Ce sont des actes à portée générale et impersonnelle qui interviennent soit pour
:888
2 o Les ordonnances
n:21
ordonnances sont élaborés par le Premier ministre qui les soumet à la signature
du président de la République.
sitair
nomme à une série d’emplois supérieurs, pour certains en Conseil des ministres
stitut