Cours MEF
Cours MEF
2022
Notes de cours d’introduction à la
méthode des éléments finis
Belemlilga Dominique
IUT -GIM2 GMP2
01/01/2022
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Introduction à la méthode des éléments finis
2
Introduction à la méthode des éléments finis
V.3. METHODE DES ELEMENTS FINIS POUR LES PROBLEMES D’ELASTOSTATIQUE TRIDIMENSIONNELLE .............................62
V.4. TYPES D’ELEMENTS FINIS ........................................................................................................................64
V.4.1. Éléments à une dimension .......................................................................................................65
V.4.2. Éléments à deux dimensions ....................................................................................................65
V.4.3. Éléments à trois dimensions.....................................................................................................66
CHAPITRE VI : ÉLEMENTS FINIS EN DYNAMIQUE .......................................................................................68
VI.1. L’ELEMENT BARRE ...............................................................................................................................68
VI.1.1. Construction de l’élément .......................................................................................................68
VI.1.1.a. Remarques ........................................................................................................................69
VI.1.1.b. Travaux dirigés-Exemple de problème de barre en dynamique ........................................70
VI.1.2. Assemblage des éléments .......................................................................................................71
VI.1.2.a. Travaux dirigés-Exemple d’assemblage ............................................................................71
VI.1.2.b. Travaux dirigés-Exercice 1 ................................................................................................72
VI.2. ÉTUDE DE LA TORSION ..........................................................................................................................72
VI.3. L’ELEMENT POUTRE A UNE DIMENSION .....................................................................................................73
VI.3.1. Construction de l’élément .......................................................................................................73
VI.3.1.a. Travaux dirigés-Exemple d’application .............................................................................75
VI.3.2. Assemblage de poutres continues ...........................................................................................77
VI.4. L’ELEMENT POUTRE PLANE ....................................................................................................................77
VI.5. PROBLEMES D’ELASTODYNAMIQUE TRIDIMENSIONNELS ...............................................................................77
BIBLIOGRAPHIE..........................................................................................................................................79
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Introduction à la méthode des éléments finis
CHAPITRE I : INTRODUCTION
I.1. LA METHODE DES ELEMENTS FINIS
Le cours d’éléments finis en mécanique exige de très bonnes connaissances en résistance des matériaux et plus
généralement en élasticité. La base de l’application de la MEF en mécanique est la théorie des poutres ainsi que celle
plus générale de l’élasticité.
Nous nous limiterons dans le cadre de ce cours à des problèmes d’élasticité linéaire même si la méthode a de
nombreuses applications pratiques dans le domaine de la mécanique non linéaire (contacts, grands déplacements,
grandes déformations….). La MEF s’applique à tout problème physique modélisable mathématiquement par un
ensemble d’équations différentielles assorti d’un ensemble de conditions de frontières (ou conditions aux limites) et
d’un ensemble de conditions initiales pour les problèmes non stationnaires. Ainsi elle s’applique aussi bien pour des
problèmes d’élasticité que pour des problèmes de transfert de chaleur, d’électromagnétisme et d’écoulements de fluide
(liste non exhaustive).
Un problème physique modélisé mathématiquement de cette manière peut être résolu en utilisant des approches
analytiques (méthodes de calcul manuelles par opposition aux méthodes de calcul numériques qui elles sont destinées
à être implantées sur ordinateur) ou numériques. Les méthodes analytiques sont basées la plupart du temps sur des
hypothèses simplificatrices qui ne permettent pas de simuler le comportement d’un système réel de manière précise.
Dans ce type d’approche, on simplifie le problème pour pouvoir résoudre manuellement les équations. Par exemple la
théorie des poutres ; fondamentalement une simplification de la théorie de l’élasticité, permet de résoudre
analytiquement des problèmes de résistance mécanique mais elle ne s’applique que dans le cadre d’hypothèses très
restrictives. En effet cette théorie et toutes les formules de résistance des matériaux qui en découlent, ne peut donner
des résultats précis que dans le cadre de l’application à des poutres i.e. des objets dont la section est petite par rapport
à leur longueur. De manière générale, les approches de résolution analytiques se basent sur des hypothèses
simplificatrices sur la géométrie des objets et domaines étudiés ainsi que sur le type de comportement considéré.
Les méthodes numériques comme par exemple la MEF ont connu un développement important ces dernières années
grâce au développement des outils informatiques. Ce sont des méthodes approchées de résolution des problèmes
physiques rencontrés par l’ingénieur mais elles permettent de simuler et solutionner beaucoup plus précisément ces
problèmes. Elles impliquent des calculs très lourds. La MEF fait partie de cet ensemble de méthodes numériques dont
par exemple, la méthode des volumes finis, des différences finies, des éléments de frontières ainsi que les méthodes
sans maillage.
Contrairement aux méthodes analytiques, la MEF (et les méthodes numériques en général) est une méthode qui permet
de résoudre les problèmes pouvant se formuler par des systèmes d’équations aux dérivées partielles assortis de
conditions aux limites, dans un cadre général ([Link]. sans recourir à des hypothèses simplificatrices au niveau de la forme
des ouvrages calculés ou du comportement des matériaux impliqués).
Le principe fondamental de la ME (voir figure 1) est de transformer un problème continu (modélisé mathématiquement
par un système d’équations aux dérivées partielles avec des conditions aux limites) en un problème discret qui est
modélisé mathématiquement par un système d’équations linéaires. La solution d’un problème continu est un champ
continu d’une grandeur physique (par exemple les déplacements en mécanique) alors que la solution d’un problème
discret est un ensemble de valeurs prises par une grandeur physique (les déplacements aux extrémités des ressorts pour
5
Introduction à la méthode des éléments finis
l’exemple choisi) en des points particuliers appelés nœuds dans le cadre de la MEF. En mécanique, la MEF permet de
dimensionner ou de calculer la résistance mécanique des pièces, assemblages et structures de manière très précise.
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Introduction à la méthode des éléments finis
Le chapitre III introduit certains concepts fondamentaux de la MEF en mécanique, par l’introduction d’un exemple simple
permettant de déterminer les éléments mathématiques de base de la méthode (matrices de rigidité locales et vecteurs
force locaux) sans utiliser de formulation intégrale. Cela permet d’introduire les bases de la formulation matricielle de la
résistance d’éléments de structures qui est à la base de la MEF.
Le chapitre IV présente les éléments finis en une dimension qui sont utilisés pour étudier les assemblages de barres ou
de poutres dans l’espace. On y présente successivement l’élément barre et ses applications dans le plan et l’espace : les
treillis. Le problème de torsion similaire à la traction s’en déduit rapidement. Les problèmes d’éléments finis de poutres
et leurs assemblages dans le plan et l’espace sont ensuite étudiés.
Le chapitre V traite des éléments finis en deux dimensions, notamment l’élément triangulaire pour les problèmes
d’élasticité plane (contraintes planes et déformations planes) ; l’élément triangulaire pour les problèmes
axisymétriques ; la méthode des éléments finis pour les problèmes d’élastostatique tridimensionnelle. Nous y
présentons également les types d’éléments finis en une, deux et trois dimensions les plus couramment utilisés.
Le chapitre VI traite des éléments finis en dynamique (élément barre, étude de la torsion, élément poutre en une
dimension, élément poutre plane) afin de résoudre de manière approchée les problèmes de vibrations de barres et de
poutres et donner quelques informations pour les problèmes d’élastodynamique tridimensionnelle.
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Introduction à la méthode des éléments finis
CHAPITRE II : RAPPELS
II.1. NOTATIONS UTILISEES
Soit un vecteur ⃗ à composantes notées . La notation conventionnelle { } signifie que l’on considère ⃗ comme
vecteur colonne et la notation conventionnelle 〈 〉 comme vecteur ligne.
Le produit scalaire de deux vecteurs ⃗ et ⃗ est noté ⃗. ⃗ et leur produit vectoriel est noté ⃗ × ⃗.
Soit le tenseur du champ des déplacements qui un vecteur noté et qui a pour composantes :
{ }=
On considère le tenseur du champ des déformations (appelé tenseur de Green-Lagrange linéarisé) qui est une matrice
symétrique notée [ ] et qui a pour composantes :
[ ]=
On considère enfin le tenseur du champ des contraintes (appelé tenseur de Cauchy-Euler) qui est une matrice
symétrique [ ] et qui a pour composantes :
[ ]=
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Introduction à la méthode des éléments finis
On utilise aussi une notation du tenseur des contraintes (qui à la base est une matrice symétrique à neuf composantes)
sous la forme d’un vecteur à six composantes. Dans ce cas, les composantes considérées sont les suivantes : 〈 〉 =
〈 〉.
Une surface élémentaire de vecteur normal unitaire ⃗ dans le champ de contraintes [ ] subit des efforts par unité de
Ainsi si : { } = et { } = avec ‖ ⃗‖ = + +
On a les relations :
= + +
= + +
= + +
= ; = ; = ; = + ; = + ; = +
Ou encore :
= + ; = + ; = +
= ; + , avec ; =
Les déformations sont donc globalement homogènes aux dérivées premières des déplacements par rapport aux
variables d’espace. Dans la MEF, on calcule les déformations en dérivant les déplacements.
Les relations entre le champ de déplacements et celui des déformations impliquent des conditions (ou relations) de
compatibilité entre composantes du tenseur des déformations. Ce sont les six relations :
+ − = + − − =
+ − = − + − =
+ − = − − + =
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Introduction à la méthode des éléments finis
= ( )
; est le module volumétrique =( )( )
et est le tenseur de Kronecker.
Pour certaines configurations géométriques et de sollicitations, il n’est pas nécessaire de considérer un état de
déformations et de contraintes complètement tridimensionnel (poutres sous certaines sollicitations ; élasticité plane où
l’on considère selon certaines hypothèses des états plans de déformations et de contraintes).
Dans le cas de l’hypothèse des déformations planes (état plan de déformations), la matrice des déformations s’écrit :
[ ]=
[ ]=
Avec = + =( )( )
+ .
Dans l’hypothèse des contraintes planes (état plan de contraintes), la matrice des contraintes s’écrit :
Cet état se rencontre pour les plaques minces chargées dans leur plan.
Avec =− +
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Introduction à la méthode des éléments finis
Soit un domaine tridimensionnel de l’espace borné par son enveloppe , qui se déforme sous l’action d’efforts
appliqués. On suppose que l’on applique à des déplacements imposés et des efforts.
Ces efforts sont de deux natures potentielles : des efforts appliqués en surface sous la forme d’une pression (homogènes
à des ⁄ ) et des efforts de volume appliqués à l’intérieur du matériau (homogènes à des ⁄ ) comme par
exemple le poids propre d’une structure.
Dans ce modèle, on ne considère pas d’efforts ponctuels, car dans la réalité, toute force appliquée présente une surface
d‘application finie et non nulle. Un effort ponctuel est donc uniquement un concept. En MEF, on peut néanmoins
appliquer des forces ponctuelles à un modèle.
L’enveloppe est constituée de deux zones disjointes et tels que ∪ = et ∩ = ∅. Sur on impose
Dans une formulation dite en déplacements qui consiste à formaliser le problème avec seulement trois inconnues
scalaires (les composantes du vecteur des déplacements ⃗), la solution recherchée est un champ de déplacements
( ; ; )
{ ( , , )} = ( ; ; ) à l’intérieur du volume dont on impose la valeur sur .
( ; ; )
En considérant un élément de volume infinitésimal (un cube par exemple, voir cours d’élasticité), on peut établir les
équations d’équilibre sur :
+ + + =
+ + + =
+ + + =
- Sur on impose le champ de déplacements et donc sur cette zone, on peut écrire : { } = =
Avec ( ) connus.
Dans la pratique, ( ) sont très souvent nuls car les déplacements imposés correspondent à des appuis
et donc à des déplacements imposés nuls. De manière générale, la MEF permet de fixer des déplacements nuls
ou non nuls.
- Sur , on applique des efforts de surface ⃗ qui vont influer sur le champ de contraintes à l’endroit où on
applique ces efforts. Cela s’exprime par la relation . = . Ces équations de conditions aux limites sur
s’écrivent en notation différentielle classique :
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Introduction à la méthode des éléments finis
. + . + . =
. + . + . =
. + . + . =
Qui s’écrit matriciellement : [ ]{ } = { }
⃗ est le vecteur normal unitaire en tout point de l’enveloppe , de composantes :
{ }= ; ‖ ⃗‖ = + + = .
Les équations d’équilibre à l’intérieur de ainsi que les équations correspondant aux conditions aux limites sur et
constituent le point de départ de l’application de la MEF à des problèmes d’élasticité linéaire tridimensionnelle. La
solution recherchée dans la résolution de ce système d’équations est un champ de déplacements. De ce champ de
déplacements, on pourra déduire grâce aux relations déplacements-déformations-contraintes, le champ de
déformations et le champ des contraintes. Résoudre ce système d’équations consiste également à déterminer les efforts
résultant de l’imposition de déplacements. Ces efforts sont en effet à priori inconnus au départ. Typiquement, pour un
grand nombre de problèmes pratiques de calculs en mécanique, cela consiste à calculer les réactions aux appuis.
= 〈 〉. { } = . + . + . + . + . + .
Si on considère une particule matérielle soumise à un système de forces réelles ⃗ en équilibre (∑ ⃗ = ⃗) et que l’on
applique à cette particule un déplacement virtuel ⃗ ; il est facile de montrer que le travail virtuel =∑ ⃗. ⃗
Ce principe peut être appliqué à un corps déformable (de volume et de frontière ) en équilibre, constitué d’un nombre
infini de particules élémentaires, soumis à des déplacements imposés sur , à des efforts de volume ⃗ à l’intérieur de
V et à des efforts de surface ⃗ sur . Ce corps élastique est en état d’équilibre et en état de déformation élastique. On
suppose que l’on superpose au champ de déplacements réels de ce corps ⃗ un champ de déplacements virtuels ⃗
quelconque mais cinématiquement admissible, c’est-à-dire tel que la somme ⃗ + ⃗ vérifie encore les conditions de
déplacements imposés sur et que ⃗ est dérivable. Soit donc par conséquent ⃗ = ⃗ sur et ⃗ est quelconque
=− 〈 〉. { } + 〈 〉. { } + 〈 〉. { } =
Cette expression est à la base de la formulation de la plupart des éléments finis utilisés dans la pratique en élasticité.
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Introduction à la méthode des éléments finis
Cette expression ne s’applique que dans le cas où il n’y a pas de forces ponctuelles qui sont appliquées. Si tel est le cas,
on peut adapter facilement l’expression en introduisant le travail virtuel des forces ponctuelles. Si on a forces
ponctuelles ⃗ et que chaque point d’application subit un déplacement virtuel égal à ⃗ le travail virtuel de ces forces
=− 〈 〉. { } + 〈 〉. { } + 〈 〉. { } + ⃗ . ⃗ =
Pour un état de contraintes donné [ ] on peut déterminer les trois contraintes principales ( ) qui sont les
valeurs telles que (valeurs propres de la matrice des contraintes) : ([ ] − [ ]) = où [ ] est la matrice identité.
Ces contraintes principales correspondent respectivement à des directions principales ( ⃗ ⃗ ⃗ ) (vecteurs propres)
que l’on obtient en résolvant, pour obtenir les composantes du vecteur ⃗ connaissant la contrainte principale :
([ ] − [ ]){ } = ⃗ avec ‖ ⃗ ‖ = + + = 1.
− +( − ) + − + + +
=
( − ) +( − ) +( − )
=
II.2.10. Rupture
Lorsque le critère de conception d’un système mécanique est que les contraintes ne dépassent pas la limite à la rupture
du matériau, il faut utiliser un autre critère permettant de comparer les résultats de contraintes obtenus par la MEF et
la limite à la rupture (on ne fait pas de différence ici entre la limite en tension et en compression).
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Introduction à la méthode des éléments finis
∗ ( + )+ ( − )
=
= + +
Un critère assez général pour la rupture des matériaux fragiles est le critère issu de la théorie de Mohr modifiée qui
considère un seuil basé sur les 6 valeurs de contrainte effective suivantes :
−| |
= | − |+ ( + )
−| |
−| |
= | − |+ ( + )
−| |
−| |
= | − |+ ( + )
−| |
=
=
=
Où et sont respectivement la limite ultime en tension et en compression du matériau et où ( ) sont
les contraintes principales. On utilise ensuite le maximum algébrique des comme contrainte effective (qui si elle est
négative est considérée comme nulle) et on la compare à la limite ultime en traction .
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Introduction à la méthode des éléments finis
Soient le déplacement au nœud et le déplacement au nœud résultant des efforts appliqués. L’élongation de
la barre est donc ∆ = − .
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Introduction à la méthode des éléments finis
( − )=− d’où =− ( − ); = ( − )
−
Soit sous forme matricielle : = .
−
Cette forme permet d’introduire le concept de matrice de rigidité () pour l’élément ( ) résultant de la forme
−
matricielle des relations forces-déplacements = () avec ( ) = .
−
Cette matrice d’ordre 2 représente bien la rigidité de la barre puisqu’elle relie des forces appliquées à des déplacements,
comme dans l’équation bien connue du comportement d’un ressort = ∆ . On peut d’ailleurs interpréter
physiquement que le terme est cohérent avec une rigidité. D’abord, il est homogène à une force par unité de
longueur ; ensuite, si on augmente et , la rigidité augmente bien. Si on diminue , la rigidité augmente encore (pour
une même force, on a une élongation moins grande si on diminue ).
Le principe de base du calcul par EF se trouve bien représenté par cet exemple. Au bout du compte, à travers cet exemple,
on montre la transformation d’un système physique continu en système discret à travers une relation reliant les forces
et les déplacements en des points particuliers (les extrémités ou nœuds).
III.3. APPLICATIONS
III.3.1. Première application
On place deux barres de longueur unité ( = ) et de sections respectives et , bout à bout verticalement, et on
applique une force verticalement vers le bas à l’extrémité de la deuxième barre. Le point supérieur de la première
barre est fixe.
On associe à chaque barre de cette structure élémentaire un modèle matriciel, tel que vu précédemment, ainsi qu’un
élément fini (voir figure ci-dessus). La première barre est représentée par l’élément fini et la deuxième par l’élément
. On isole dans un premier temps chaque barre. On note et les déplacements aux deux nœuds de la première
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Introduction à la méthode des éléments finis
barre et et les forces aux deux nœuds de la première barre. On note et les déplacements aux deux nœuds
de la deuxième barre et et les forces aux deux nœuds de la deuxième barre.
Si on applique le modèle vu précédemment (avec = ) on obtient les deux relations matricielles :
− −
= et = .
− −
Les barres étant assemblées, on a forcément l’égalité : = = (déplacement du nœud ).
On met les égalités matricielles précédentes sous une forme expansée :
−
= − et = −
−
On fait ensuite la somme des deux :
−
+ = − + −
−
Ce qui donne ensuite :
−
+ = − ( + ) −
−
D’où le modèle matriciel du système complet :
−
= − ( + ) − =[ ]
−
Ce modèle relie pour le système complet, les forces appliquées aux nœuds aux déplacements aux nœuds par
l’intermédiaire d’une matrice [ ] appelée la matrice de rigidité globale du système.
Pour résoudre ce système, il faut introduire les charges et les blocages imposés à la structure. On impose à la structure
une force appliquée au nœud ainsi qu’un déplacement nul au nœud . Aucune force extérieure n’est appliquée au
nœud d’où : = ; = ; = .
Pour ce qui est des autres variables, les déplacements aux nœuds et sont inconnus ainsi que la force de réaction au
nœud que l’on notera . Le système devient donc :
−
− ( + ) − =
−
Soit trois équations et trois inconnues ( ; ; ). La résolution de ce système donne :
= ; = + ; =−
Les résultats obtenus sont les mêmes que ceux de la démarche classique RdM.
III.4. CONCLUSION
Cette approche très simple permet d’introduire certains concepts fondamentaux en EF. La méthode se base sur la
formation de matrices de rigidité et de vecteurs force locaux (pour chaque élément). En expansant ces matrices et
vecteurs locaux, En expansant ces matrices et vecteurs locaux, puis que l’on fait la sommation des matrices et vecteurs
locaux (en EF on parle d’assemblage), on obtient une matrice de rigidité globale et un vecteur force global formant un
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Introduction à la méthode des éléments finis
système linéaire d’équations dont la résolution permet de déterminer les déplacements aux nœuds et les forces de
réaction aux nœuds. La MEF permet d’obtenir des modèles matriciels d’éléments mais la démarche pour y parvenir est
beaucoup plus complexe et sera déroulée dans la suite de ce cours.
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Introduction à la méthode des éléments finis
On considère un solide cylindrique de section , de longueur , de module d’Young , soumis à deux efforts concentrés
à ses extrémités, et à une densité linéique de force ( ) le long de son axe.
( ) ( ) ( )
On suppose que le champ des déplacements est longitudinal et donc qu’une section du solide à l’abscisse se déplace
suivant de la quantité ; est appelé déplacement longitudinal.
( )
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Introduction à la méthode des éléments finis
( )= − ; =
On peut décomposer ( ) en deux fonctions d’interpolation élémentaires (ou encore fonctions de forme) :
( )= − ( )=
Qui sont construites en imposant un déplacement unité en = , la barre étant bloquée en = ℓ pour , et avec des
conditions aux limites inversées pour ; on peut les représenter graphiquement de la manière suivante :
=
=
Et ce choix de l’interpolation suppose que toute déformée de structure à barres sera combinaison linéaire de ces deux
solutions élémentaires.
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Introduction à la méthode des éléments finis
= = = , ⇒ = , =
L’état de déformation sera donc constant par élément. Le champ des contraintes est obtenu par la loi de comportement
élastique locale :
=
Ou encore par la loi de comportement élastique généralisée :
=
Suivant que l’on considère les contraintes locales (première expression) ou les contraintes généralisées c’est-à-dire
l’effort normal noté ici (deuxième expression) et non pour ne pas confondre avec la fonction d’interpolation.
Pour écrire l’équilibre d’un élément, nous utiliserons le principe des travaux virtuels. Dans le cas d’un barreau en traction
chargé par un effort linéique d’intensité ( ) et des efforts concentrés aux extrémités ( ) et ( ), si est un champ
de déplacement longitudinal virtuel, son expression est :
∀ − ( ), ∙ ( ) ∙ + ( )∙ ( )+ ( )∙ ( )+ ( )∙ ( )∙ =
Ou encore, en remplaçant par son transposé pour faciliter l’écriture matricielle à suivre :
∀ − ( ), ∙ ( ) ∙ + ( )∙ ( )+ ( )∙ ( )+ ( ) ∙ ( )∙ =
Si on choisit comme déplacement virtuel et comme fonction d’interpolation celle qui vient d’être définie
précédemment : = . On a alors :
∀ − ∙ , ∙ ∙ ∙ , ∙ ∙ + ∙ + ∙ ∙ ( )∙ =
Si l’on regroupe les efforts aux nœuds de l’élément dans les vecteur notés et :
( )
= = ∙ ( )∙
( )
On en déduit :
∀ ∙ − , ∙ ∙ ∙ , ∙ ∙ + + ∙ ( )∙ =
Ce qui implique :
− , ∙ ∙ ∙ , ∙ ∙ + + ∙ ( )∙ =
Notons maintenant :
= , ∙ ∙ ∙ , ∙
La matrice est appelée matrice raideur élémentaire de l’élément barre et vaut tous calculs faits :
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Introduction à la méthode des éléments finis
∙ −
= ∙
−
Le vecteur est appelé vecteur force généralisée associé au chargement linéique réparti ( ). Il s’agit d’un vecteur
composé de deux charges fictives supposées appliquées aux nœuds de l’élément et qui fournissent un travail virtuel
équivalent à celui du chargement réparti pour le champ de déplacements virtuels choisi égal à l’interpolation de
l’élément barre.
L’équation d’équilibre de l’élément barre s’écrit donc :
= +
IV.1.1.a. Remarques
1. On notera immédiatement que le déterminant de la matrice raideur est nul : = . Le rang de cette matrice est
égal à un. Ceci est tout à fait normal : nous avons fait la mise en équations pour un barreau qui n’est soumis qu’à un
système de charges, donc pour un problème de Neumann. Celui vérifie bien sûr l’équilibre global :
( )+ ( )+ ( )∙ =
Aucune condition aux limites de type cinématique n’a été écrite. Il reste donc un déplacement de solide rigide (suivant
l’axe ), qui explique la singularité de .
2. On peut également effectuer la mise en équations de façon équivalente en utilisant les équations de Lagrange ( =
; énergie de déformation, travail des efforts extérieurs, déplacement virtuel) ou le théorème du minimum
de l’énergie potentielle totale (Énergie potentielle = − que l’on minimise par rapport à ).
On considère un barreau encastré à une extrémité, soumis au champ de pesanteur et à une charge ponctuelle à son
autre extrémité :
Le chargement par unité longueur vaut avec masse volumique et accélération de la pesanteur.
Le vecteur forces généralisées dû à la pesanteur s’écrit :
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Introduction à la méthode des éléments finis
− ∙
= ∙ ∙ = ∙
On remplace l’effort dû à la pesanteur par deux charges nodales fictives égales à la moitié du poids et placées à chaque
extrémité.
Le vecteur composé des charges effectivement appliquées aux nœuds aura pour composante ( , ), représentant
la réaction de liaison en = (action de l’encastrement sur le barreau) et l’effort ponctuel donné en = . On
obtient donc l’équation d’équilibre suivante :
∙ − ( ) ∙
∙ = + ∙
− ( )
L’interprétation mécanique de cet équilibre est donnée sur la figure suivante :
Le milieu continu barre est remplacé par un ressort de raideur = soumis aux charges effectivement appliquées à
ses extrémités (action de l’encastrement) et , et aux deux charges fictives équivalentes au total à son poids propre
également réparties aux extrémités. Aucune constante cinématique n’apparaît et on ne peut résoudre cet équilibre qu’à
une constante arbitraire près.
En tenant maintenant compte de la liaison en = qui implique ( ) = , la deuxième équation du système donne la
valeur du déplacement en = , et la première permet d’obtenir la réaction :
∙ ( ) ∙
( )= ∙ + =− −
Nous vous laissons le soin de résoudre ce problème de manière analytique et de vérifier que la solution exacte en
déplacement et en effort normal est donnée par :
( )= − + ( )= ( − )+
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Introduction à la méthode des éléments finis
On notera que la valeur du déplacement en = coïncide avec la solution exacte de ce problème, bien que le
déplacement réel soit parabolique et que par les éléments finis il soit remplacé par une droite.
La valeur de la réaction qui est obtenue en écrivant l’équilibre de l’élément est également exacte. Cependant, la
contrainte généralisée lorsqu’elle est calculée à partir de la loi de comportement :
= ,
( ) ( ) ∙
= − ∙ = ∙ = +
( )
est constante sur tout l’élément et est égale ici à la valeur moyenne de l’effort normal.
On appelle barres continues des barres possédant le même axe et assemblées les unes à la suite des autres. On
considérera le problème de l’assemblage d’une barre discrétisée en plusieurs éléments finis en reprenant l’exemple
précédemment décrit. Supposons que l’on discrétise ce barreau en deux éléments de longueur . L’équilibre de chaque
− ∙
∙ ∙ = + ∙
−
− ∙
∙ ∙ = + ∙
−
− ⎡ ⎤ ⎡ ⎤
− ⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ∙
∙ ∙⎢ ⎥=⎢ ⎥+ ∙
−
⎢ ⎥ ⎢ ⎥
− ⎣ ⎦ ⎣ ⎦
système où les déplacements nodaux et forces effectivement appliquées aux nœuds sont indéterminés tant qu’on
n’a pas écrit les équations de liaison et leurs conséquences sur les efforts de liaison.
La continuité des déplacements entre les deux éléments et sa conséquence sur les efforts de liaison s’écrivent :
= + =
En tenant de ces équations, le système précédent où l’on fait la somme des équations deux et trois devient :
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Introduction à la méthode des éléments finis
− ∙
∙ − − ∙ = + ∙
−
et il représente le barreau assemblé mais libre le long de son axe. On remarquera que la matrice raideur est encore
singulière et est de rang deux (il reste toujours un déplacement de solide rigide suivant l’axe des éléments).
Tenons compte maintenant des liaisons aux extrémités du barreau (déplacements et efforts imposés) :
= =
avec une réaction inconnue là où le déplacement est imposé nul et un déplacement inconnu là où la force imposée est
connue. Le système matriciel précédent devient :
− ∙
∙ − − ∙ = + ∙
−
Les deux dernières équations de ce système donnent les valeurs des déplacements nodaux :
∙
= ∙ ∙ + ∙ = ∙( ∙ ∙ + ∙ )
On remarquera que ces valeurs coïncident encore avec les valeurs exactes des déplacements. La première équation
donne la valeur exacte de la réaction qui est égale en valeur absolue à la somme de l’effort appliqué et du poids
total du barreau. Si l(on veut déterminer l’effort de liaison ou (qui lui est opposé en vertu du principe de l’action
et de la réaction) ; il suffit d’utiliser à nouveau le premier système d’équations, c’est-à-dire écrire l’équilibre de chaque
élément. On peut également calculer les contraintes à partir de la loi de comportement ; elles sont constantes par
morceaux. La comparaison entre les résultats obtenus par la méthode des éléments finis et la solution exacte de la
résistance des matériaux est représentée sur la figure ci-dessous.
Nous avons déjà remarqué que la valeur du déplacement en = coïncide avec la solution exacte et que la valeur de
la réaction à l’encastrement obtenue à l’aide de l’équilibre de l’élément est également exacte. Par contre, la contrainte
généralisée calculée à l’aide de la loi de comportement est fausse. Cette constatation est encore faite avec une
discrétisation en deux éléments : les valeurs des déplacements nodaux en = et = sont exacts, les réactions
inconnues à l’encastrement et à la liaison en milieu d’élément sont exactes lorsqu’elles sont calculées par l’équilibre. Ce
résultat vérifiable à travers cet exemple simple est très général et on en admettra sa validité pour des maillages plus
raffinés et pour des problèmes en une dimension, objets de ce chapitre.
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Introduction à la méthode des éléments finis
Soit un poteau composé de trois éléments de longueur encastré en ses deux extrémités A et D. les éléments AB et CD
ont pour section S, et BC a pour section 2S. L’ensemble est fait du même matériau de module d’Young E et est soumis
au champ de pesanteur d’intensité g.
( )= ( )=
( )= ( )= ( )=− ( )=−
Figure représentant la comparaison entre la solution exacte et la solution par la méthode des éléments finis :
26
Introduction à la méthode des éléments finis
L’étude de l’élément fini torsion se déduit immédiatement de celle de la traction car on peut faire un parallèle complet
entre ces deux problèmes.
Soit une barre cylindrique pleine de section circulaire de rayon , de longueur soumise à deux couples concentrés
( ) ⃗ en = , ( ) ⃗ à son autre extrémité, et à une densité linéique de couples ⃗. Le matériau constituant la barre
est homogène, isotrope et a un comportement élastique. On notera son module de rigidité au glissement.
Notons ( ) la rotation de la section, le taux de rotation des sections par unité de longueur, le moment de torsion
et le module de rigidité à la torsion. On a les équations (voir cours de RDM2) :
= = + =
Les équations locales d’équilibre respectivement de la traction (en déplacements ; ( ) densité linéique de forces) et
de la torsion :
+ = + =
Le tableau ci-dessous présente le parallèle entre les problèmes de traction et ceux de torsion :1
Traction Torsion
Déplacements généralisés
Déformations généralisées = =
Contraintes généralisées
Loi de comportement = =
Équilibre local + = + =
Équation au déplacement + = + =
On construit donc l’élément fini de torsion par analogie avec celui de la traction. Les variables nodales seront les rotations
des sections aux extrémités de l’élément (et on en revient à placer l’axe le long de l’élément).
1
En exercice, vous essayerez de retrouver les assertions de ce tableau.
27
Introduction à la méthode des éléments finis
( )
Si représente le vecteur des rotations nodales : ( ) = ( )= , l’interpolation est linéaire et telle que :
( )= ( )∙
où ( ) est un vecteur ligne ( , ) et un vecteur colonne ( , ) :
( )= − =
Le champ des déformations généralisées est ensuite obtenu à partir de la relation classique :
= ⇒ = ∙ = ∙
( )
= = ∙ ( )∙
( )
On peut faire le même genre de remarques que celles qui ont été faites à la fin de la construction de l’élément fini barre.
28
Introduction à la méthode des éléments finis
L’interpolation et par conséquent la matrice raideur et le vecteur forces généralisées associé à un chargement linéique
ont été définis de manière locale. Avec les éléments dont on dispose actuellement, on ne peut traiter que des problèmes
d’assemblage de barres selon leur axe. Si l’on veut étudier des problèmes plans, il faut étendre les résultats de l’élément
barre (établis localement) à une base globale. Considérons une barre inclinée d’un angle par rapport à l’axe des .
Établissons sa matrice raideur dans la base globale ( , ) à partir de celle exprimée dans la base locale ( , ).
On introduit des déplacements fictifs comptés le long de l’axe . Ils n’apportent aucune contribution à la raideur.
L’énergie de déformation de l’élément fini est donc inchangée et la matrice raideur dans sa base locale (variables
, , , ) s’écrit :
−
= ∙
−
Pour passer maintenant de la base locale à la base globale, il suffit de faire le changement de base classique aux nœuds
un et deux :
= ∙ = ∙
− −
Regroupons ces deux résultats en un seul : = ∙ où les vecteurs , et la matrice sont tels que :
29
Introduction à la méthode des éléments finis
=[ ]
=[ ]
−
=
−
L’équation d’équilibre dans la base locale s’écrit :
∙ = +
En utilisant la relation entre et on obtient :
∙ ∙ = +
Soit : ∙ ∙ ∙ = ∙ + ∙ ⇒ ∙ = + équation d’équilibre dans la base globale.
La matrice raideur dans la base globale est donc donnée par :
= ∙ ∙
Si on pose = = , on trouve tous calculs faits :
− −
⎡ ⎤
⎢ − − ⎥
= ∙⎢ ⎥
⎢− − ⎥
⎣− − ⎦
Les vecteurs forces généralisées dans la base globale sont donnés par :
= ∙ = ∙
IV.3.2. Assemblage des treillis plans-Travaux dirigés
IV.3.2.a. Exercice 1
Soit un treillis à trois barres ayant les mêmes caractéristiques ( , ). Cette structure treillis est hyperstatique de degré
un. = = °.
On numérote les nœuds comme indiqué sur la figure. Les sollicitations imposées se résument à la charge appliquée au
nœud 4. La structure est discrétisée en trois éléments finis.
30
Introduction à la méthode des éléments finis
Les matrices raideur élémentaire de chaque barre sont obtenues à partir de l’expression précédente de K, avec un angle
= − ∙
31
Introduction à la méthode des éléments finis
= ⇒ =− = ∙
√ 2ℓ
et pour la barre 2 :
= ⇒ =− = ∙
IV.3.2.b. Exercice 2
On considère un treillis composé de deux barres ayant même section et même module d’Young . Les longueurs des
barres et sont respectivement et √ .
1) Le treillis est soumis à un effort unique F appliqué comme indiqué sur la figure. Déterminer les déplacements du nœud
sous l’action de la charge. En déduire les réactions aux nœuds et .
2) Le nœud est supposé maintenant soumis en plus à une liaison (non représentée sur la figure) interdisant tout
déplacement horizontal. Calculer le déplacement vertical de sous l’action de la charge ainsi que toutes les réactions.
Quel est le rôle de la barre ?
Solution :
1)
= =− ∙ + √
=− = = =
2)
=− √ ∙ = = = =
IV.3.2.c. Exercice 3
Un treillis est composé de trois barres de caractéristiques identiques : même section et même loi de comportement
(même module d’Young ). La barre a pour longueur et les angles et valent respectivement ° et °.
32
Introduction à la méthode des éléments finis
Le treillis est soumis à un effort unique d’intensité appliqué au nœud . On notera respectivement et les
déplacements horizontaux et verticaux du nœud .
IV.3.2.d. Exercice 4
On considère un treillis composé de trois barres. Les longueurs des barres , et sont respectivement à , et
√ . Le nœud est soumis à un effort unique d’intensité appliqué comme indiqué sur la figure ; l’angle entre la
direction de la force et l’horizontale est égale à °.
33
Introduction à la méthode des éléments finis
Condition de compatibilité : =
√ +√ + √ +√ +
= ∙ = ∙
∙ +√ ∙ +√
√ +√ + √ −√ √ +√ +
= ∙ = ∙ =− ∙
∙ +√ ∙ +√ ∙ +√
Les barres et sont tendues, la barre est comprimée.
34
Introduction à la méthode des éléments finis
Établissons sa matrice raideur dans la base globale ( , , ) à partir de celle exprimée dans la base locale ( , , ). Dans
le repère local (variables ( )), la matrice raideur s’écrit :
−
⎡ ⎤
⎢ ⎥
= ∙⎢ ⎥
⎢− ⎥
⎢ ⎥
⎣ ⎦
Pour passer de la base locale à la base globale, on fait le changement de base suivant (écrit ici au nœud 1) où chaque
colonne de (matrice orthogonale droite2) est formée des composantes des vecteurs de la base globale sur la base
locale :
= ∙ soit = ∙
On résume toujours le changement de base par : = ∙ où les vecteurs , et la matrice sont tels que :
=( ) =( )
2
Propriétés d’une matrice orthogonale : = ∙ = =
35
Introduction à la méthode des éléments finis
− − −
⎡ ⎤
⎢ − − − ⎥
⎢ − − − ⎥
= ∙⎢ ⎥
− − −
⎢ ⎥
⎢− − − ⎥
⎣− − − ⎦
Les vecteurs forces généralisées dans la base globale sont donnés par :
= ∙ = ∙
Considérons un solide cylindrique de section , de longueur , soumis à quatre efforts concentrés à ses extrémités, qu’on
appellera charges transversales et couples concentrés, et à une densité linéique de forces transversales ( ) le long de
son axe. On suppose de plus que la section admet comme plan de symétrie, si bien que l’on peut se ramener à
une étude dans ce plan.
( )
Son module d’Young est et son moment quadratique (par rapport à l’axe ) sera noté . On suppose vérifiées les
hypothèses classiques de la résistance des matériaux, et en particulier l’hypothèse de Bernoulli : toute section droite
reste normale à la fibre neutre après déformation.
Commençons par interpoler le champ des déplacements (la flèche ( )) en écrivant ( ) = ( ) ∙ , où est un
vecteur de variables nodales comprenant les flèches et rotations en chaque extrémité de la poutre :
=[ ( ) , ( ) () , ( )]
36
Introduction à la méthode des éléments finis
( )
Dans la suite, on notera ce vecteur en classant les variables nodales par nœud et en notant la rotation :
=[ ]
L’interpolation doit donc être fonction des quatre variables précédentes. On la choisit polynomiale ; elle est alors
cubique, ce qui donne :
=[ ]
est un vecteur ligne tel que :
( )= − + − + − − +
Ces fonctions d’interpolation sont les polynômes d’Hermitte. On retrouvera ci-dessous la représentation graphique des
deux premières fonctions d’interpolation ; la première représente la déformée d’une poutre bi-encastrée,
l’encastrement en = étant glissant et pour laquelle on impose une flèche unité au nœud ; la seconde représente
la déformée d’une poutre sur appui en = , encastrée en = et pour laquelle on impose une rotation unité au
nœud . On obtiendrait par symétrie les courbes représentatives des deux autres fonctions d’interpolation.
Construisons maintenant la matrice reliant le champ de déformations au vecteur des inconnues nodales. On rappelle
que la déformation généralisée d’une poutre (dont la signification physique est la courbure) est telle que : = d’où :
= = .
37
Introduction à la méthode des éléments finis
= − + − + − − +
∀ − , + ( ) + , ( ) + ( ) + , ( ) + ( ) ( ) =
Soit encore en remplaçant par son transposé pour faciliter l’écriture matricielle :
∀ − , + ( ) + , ( ) + ( ) + , ( ) + ( ) ( ) =
Si on choisit comme déplacement virtuel et comme fonction d’interpolation celle qui vient d’être définie précédemment
= = , on trouve :
∀ − , , + + ( ) ( ) =
Om l’on a regroupé les efforts aux nœuds de l’élément dans le vecteur noté :
=[ ]
On en déduit :
∀ − , , + + ( ) ( ) =
Ce qui implique :
− , , + + ( ) ( ) =
Notons maintenant :
= , , = ( ) ( )
La matrice est la matrice raideur élémentaire de l’élément poutre, et vaut tous calculs faits :
−
−
= ∙
− − −
−
Le vecteur est encore appelé vecteur force généralisée associé au chargement linéaire réparti ( ). Il s’agit d’un
vecteur composé de quatre charges fictives (efforts , et couples , ) supposées appliquées aux nœuds de
l’élément et qui fournissent un travail virtuel équivalent à celui du chargement réparti pour le champ de déplacements
virtuels choisi égal à l’interpolation de l’élément poutre :
38
Introduction à la méthode des éléments finis
=[ ]
L’équation d’équilibre de l’élément fini poutre s’écrit donc :
= +
On peut faire le même type de remarques que pour l’élément barre :
- La matrice raideur est singulière et de rang 2. Effectivement, pour un problème de Neumann de poutre, il reste
deux déplacements de solide rigide (un mouvement d’ensemble selon l’axe et une rotation).
- Il est également possible et équivalent d’utiliser les équations de Lagrange ainsi que celui du minimum de
l’énergie potentielle totale pour établir les équations d’équilibre.
= ∙ −
= −
On va donc remplacer le chargement triangulaire par des charges fictives (efforts et couples) dont l’intensité vient d’être
calculée.
39
Introduction à la méthode des éléments finis
Le vecteur contiendra les efforts inconnus dus à l’encastrement et et deux termes nuls (il n’y a pas d’efforts
ponctuels à l’extrémité libre). En tenant compte de la liaison en = ( = , = ), on obtient comme équation
d’équilibre :
⎡ ⎤
⎢ ⎥
− ⎢ ⎥
− ⎢ ⎥
∙ ∙ = +⎢ ⎥
− − −
⎢ ⎥
− ⎢ ⎥
⎢ ⎥
⎣− ⎦
Le système est résolu par la méthode des sous-matrices ; les deux dernières équations donnent les valeurs de la flèche
et de la rotation en = :
= =
Les deux premières équations du système donnent ensuite les valeurs des réactions :
=− =−
Comme dans le cas de l’élément barre, ces valeurs coïncident avec les valeurs exactes. Effectivement pour ce problème,
la solution analytique est donnée par :
( )= ∙ − ∙ − +
Comme dans le cas de l’élément barre, ces informations exactes ne sont que ponctuelles. Si on veut des informations en
tout point de la poutre, il faut revenir à l’interpolation pour la flèche et la rotation, utiliser la loi de comportement et
l’équilibre :
= , =− ,
40
Introduction à la méthode des éléments finis
On appellera poutre continue une poutre située le long du même axe et soumise à diverses liaisons mécaniques en un
certain nombre de points de cet axe. Par exemple, la travée d’un pont posé sur des piles supposées indéformables sera
assimilée à une poutre sur appuis (les piles). Traitons le problème d’assemblage d’une poutre discrétisée en deux
éléments finis en considérant un exemple très simple d’une poutre qui ne peut pas être étudiée avec un seul élément
finis : une poutre bi-encastrée de longueur . Choisissons un chargement linéique d’intensité constante comptée
positivement par rapport à :
Discrétisons la poutre en deux éléments de longueur = . Déterminons tout d’abord le vecteur forces généralisées
associé au chargement réparti d’intensité constante . Il est donné pour un élément de longueur par :
Ce qui donne :
= −
L’assemblage se fait de la même manière que pour le barreau mais en travaillant avec deux degrés de liberté par nœuds.
Écrivons l’équilibre des deux éléments assemblés :
41
Introduction à la méthode des éléments finis
⎡ ⎤
⎢ ⎥
−
⎡ ⎤ ⎡ ⎤ ⎡ ⎤ ⎢ ⎥
− ⎢ ⎥
⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥
− − −
∙⎢ ⎥∙⎢ ⎥=⎢ ⎥+⎢ ⎥
⎢ − ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢
⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎥
− − −
⎣ ⎦ ⎣ ⎦ ⎣ ⎢ ⎥
− ⎦ ⎢ ⎥
⎢ ⎥
⎣− ⎦
Le système est toujours résolu par la méthode des sous-matrices ; les équations 3 et 4 donnent les valeurs de la flèche
et de la rotation au nœud :
= = =
Les quatre autres équations du système donnent ensuite les valeurs des réactions :
=− =− =− =
Supposons maintenant que l’on veuille déterminer les efforts de liaison au nœud . Il suffit d’écrire l’équilibre d’un seul
élément, par le premier :
⎡ ⎤
⎢ ⎥
− ⎢ ⎥
− ⎢ ⎥
∙ ∙ = +⎢ ⎥
− − −
⎢ ⎥
− ⎢ ⎥
⎢ ⎥
⎣− ⎦
Les deux premières équations sont bien sûr identiques aux deux premières du système précédent et les deux autres
permettent de calculer les valeurs des efforts de liaison au nœud :
= =−
On remarquera, que comme dans le cas des problèmes de barre, les valeurs des déplacements nodaux, ainsi que celles
des efforts calculés par l’équilibre coïncident avec les valeurs exactes (au signe près pour les réactions en = à cause
de l’équilibre du nœud). Pour vérifier ces affirmations, il suffit de rappeler que pour ce problème, la solution analytique
est donnée par :
( )= ∙( − )
( )= ∙ − + ( )=− ∙ −
( )=− = ( )= = ( )=− = ( )= =−
3
Attention pour le traitement de cet exercice ; je crois qu’il faut introduire dans les forces généralisées la force F comme une
force répartie (modélisée en distribution de Dirac).
42
Introduction à la méthode des éléments finis
Une poutre console de longueur , de module de rigidité à la flexion , est chargée de manière ponctuelle par une force
d’intensité en son milieu .
1) Par Castigliano, on a = .
2) = =
43
Introduction à la méthode des éléments finis
3) = = = =
Les solutions éléments finis et résistance des matériaux donnent le même résultat.
IV.5.2.b. Exercice 2
Une poutre encastrée à ses extrémités, de longueur ℓ, de module de rigidité à la flexion , est soumise à une charge
linéique d’intensité parabolique, de direction ⃗ et dont la résultante est .
On discrétise la poutre en deux éléments finis de longueur . déterminer les vecteurs forces généralisées associées aux
chargements sur chacun des éléments. Calculer la flèche et la rotation au milieu de la poutre. En déduire les efforts
appliqués par les encastrements sur la poutre.
Solution :
= −
= =
= =− =− =
Cet élément est construit pour traiter des assemblages de poutres dans le plan. Effectivement, lors d’un assemblage qui
n’est plus continu, comme ceux que nous venons d’envisager, l’effort tranchant de certaines poutres (ou tout au moins
une partie de cet effort) se transforme en effort normal dans les poutres qui leur sont assemblées. Cela nous amène à
construire un élément fini poutre plane qui puisse combiner les effets de traction-compression et les effets de flexion.
Les chargements et les degrés de liberté que nous considérerons sont donc ceux des deux éléments que nous venons de
construire : barre et poutre.
Les sollicitations envisagées sont les suivantes : efforts axiaux (notés ), efforts transversaux (notés ) et couples
concentrés d’axe z (notés ), ainsi que des charges linéiques longitudinales (notées ) et transversales (notées ). Ce
sont celles que l’on définit d’usage dans l’étude des portiques4.
4
On appelle portique un assemblage de poutres dans le plan ou l’espace, les liaisons entre poutres étant supposées rigides,
c’est-à-dire assurant la transmission de tous les efforts et de tous les déplacements, y compris les rotations
44
Introduction à la méthode des éléments finis
( )
( )
( )
( )
L’étude de telles poutres se déduit directement de celles de la barre et de la poutre en flexion simple, en superposant
les deux types de comportement qui sont supposés découplés. Ainsi, un point de la fibre neutre aura un déplacement
longitudinal ( ) et une flèche ( ), le déplacement longitudinal étant interpolé linéairement, et la flèche à l’aide des
polynômes d’Hermitte :
( )
= ( )∙
( )
=[ ]
( ) ( )
( )=
( ) ( ) ( ) ( )
Où les fonctions d’interpolations ( )sont telles que :
45
Introduction à la méthode des éléments finis
( )= − ( )=
( )= − + ( )= − +
( )= − ( )= − +
La matrice raideur élémentaire s’obtient donc par assemblage des matrices de l’élément barre et de l’élément poutre,
ce qui donne après réorganisation des déplacements nodaux que l’on classe non pas par type de phénomène que l’on
veut décrire (barre et poutre) mais par nœuds :
−
⎡ ⎤
⎢ − ⎥
= ∙⎢ − ⎥
⎢− ⎥
⎢ − − − ⎥
⎣ − ⎦
Cet élément permet de traiter des problèmes de poutres sollicitées en traction et flexion. À titre d’exemple, écrivons
l’équilibre de la poutre suivante soumise à un effort horizontal et à un couple :
On note , , les déplacements nodaux et , , les composantes des réactions. L’équilibre s’écrit :
−
⎡ ⎤ ⎡ ⎤ ⎡ ⎤
⎢ − ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥
∙⎢ − ⎥∙⎢ ⎥=⎢ ⎥
⎢− ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎢ − − − ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎣ − ⎦ ⎣ ⎦ ⎣ ⎦
Les équations 4 et 6 donnent le déplacement horizontal et la rotation en ; les trois premières équations donnent
ensuite les réactions aux nœuds et la cinquième équation donne la réaction au nœud .
Pour les problèmes plans, on étend les résultats de l’élément poutre plane construite suivant son axe à une base globale.
Soit une poutre inclinée d’un angle par rapport à l’axe des .
46
Introduction à la méthode des éléments finis
Établissons sa matrice raideur dans la base globale ( , ) à partir de celle exprimée dans la base locale ( , ).
La démarche est identique à celle effectuée pour le treillis plan, mais avec trois degrés de liberté par nœud au lieu de
deux.
Dans la base locale (variables [ ]) la matrice raideur vient d’être établie et s’écrit :
−
⎡ ⎤
⎢ − ⎥
= ∙⎢ − ⎥
⎢− ⎥
⎢ − − − ⎥
⎣ − ⎦
Pour passer maintenant de la base locale à la base globale, il suffit de faire le changement de base classique aux nœuds
un et deux avec les trois degrés de liberté :
= − ∙ = − ∙
Soit : = et =
IV.6.3.a. Exercice 1
On considère la structure schématisée ci-dessous composée de deux poutres de mêmes caractéristiques assemblées à
angle droit en et encastrées en et . La poutre est soumise à un chargement linéique d’intensité – ⃗.
Écrivons l’équilibre de cette structure en tenant compte directement des conditions aux limites donc en ne conservant
que , , comme degrés de liberté du nœud . Choisissons comme base globale celle qui figure sur le croquis de
la structure.
48
Introduction à la méthode des éléments finis
Solution :
La matrice assemblée est la somme de deux sous-matrices élémentaires de dimensions 3 par 3 de la matrice globale
construite ci-dessus. La première de ces sous-matrices est celle de la barre pour laquelle les bases locales ( , )
et globale ( ; ) coïncident, donc obtenue en choisissant = = ; la seconde est celle de la barre pour
laquelle on passe de la base globale à la base locale ( , ) par une rotation de – , donc obtenue avec = =− .
⎡ ⎤
+ ⎢− ⎥
∙ + − ∙ =⎢ ⎥
− + ⎢ ⎥
⎣ ⎦
On peut ainsi déterminer les déplacements au nœud .
En pratique pour ce type de portique, on fait très souvent une hypothèse simplificatrice afin de réduire le volume des
calculs. On suppose les poutres inextensibles, ce qui revient à négliger les déformations longitudinales de chaque poutre
par rapport aux déformations de flexion. Ainsi dans cet exemple, on négligera les déplacements et on ne retiendra que
la rotation. La solution est alors immédiate et peut-être obtenue avec l’élément poutre en une dimension :
IV.6.3.b. Exercice 2
On considère un portique composé de trois poutres , , et soudées entre elles aux nœuds et . les nœuds
et sont encastrés. Les trois poutres ont même longueur et même module de rigidité à la flexion . On fera de plus
l’hypothèse que les poutres sont inextensibles.
49
Introduction à la méthode des éléments finis
1) Le système est soumis à une force ⃗ appliquée au nœud . Calculer le déplacement horizontal du nœud ainsi que
les rotations en et .
2) Mêmes questions lorsque le portique est soumis à une force linéique répartie d’intensité constante – ⃗ appliquée
sur le côté .
Solution :
1) = = =
2) = =− =−
IV.6.3.c. Exercice 3
Un système mécanique est composé de cinq poutres supposées inextensibles de caractéristiques identiques. Mêmes
modules de rigidité à la flexion et longueur . Le système est soumis à un effort unique d’intensité appliqué au
nœud .
Calculer le déplacement vertical et les rotations des nœuds et .
50
Introduction à la méthode des éléments finis
Solution :
= =− = =
( )
( )
( )
Les degrés de liberté sont ceux de la barre en traction, de la barre en torsion et ceux de la poutre en flexion dans deux
plans perpendiculaire ( , ) et ( , ) :
51
Introduction à la méthode des éléments finis
( )
( )
( )
=[ ]
La matrice raideur élémentaire dans la base locale s’obtient directement à partir de celles qui ont été construites
précédemment, par superposition, avec comme seule petite différence la matrice de flexion dans le plan ( , ), car pour
obtenir une définition logique de la rotation par rapport à l’axe , il faut modifier le signe dans sa définition ( =
− , ) ; ceci ne provient que d’une orientation différente des axes. Il en résulte des modifications de signes dans la
matrice raideur dans le plan ( , ). En pratique, il suffit de changer les en − dans cette matrice. On obtient finalement
comme matrice élémentaire celle qui est détaillée ci-dessous. Comme cette matrice est de taille 12 par 12, nous
l’écrirons sous forme de blocs de dimensions 6 par 6 :
= ∙
⎡ ⎤
⎢ ⎥
⎢ − ⎥
=⎢ ⎥
⎢ ⎥
⎢ − ⎥
⎣ ⎦
−
⎡ ⎤
−
⎢ ⎥
⎢ − − ⎥
=⎢ ⎥
−
⎢ ⎥
⎢ ⎥
⎣ − ⎦
⎡ ⎤
−
⎢ ⎥
⎢ ⎥
=⎢ ⎥
⎢ ⎥
⎢ ⎥
⎣ − ⎦
52
Introduction à la méthode des éléments finis
Il resterait à effectuer le changement de base pour obtenir cette matrice dans une base différente. En pratique, tous ces
calculs sont effectués numériquement, et nous n’en donnerons pas les détails.
53
Introduction à la méthode des éléments finis
Soit une plaque mince d’épaisseur dont la surface moyenne est située dans le plan , et qui est chargée dans son
plan :
+
≠ =−
54
Introduction à la méthode des éléments finis
Cependant on travaillera avec un vecteur déformation de dimensions 3 par 1, car du point de vue du travail des efforts
intérieurs, n’intervient pas. On ne retiendra donc que :
=[ ]
Et la matrice élasticité devient (en utilisant et ) :
= ∙ −
−
( , )= ∙ [( + + )∙ +( + + )∙ +( + + )∙ ]
Avec :
= − = − = −
Les autres coefficients sont obtenus à partir de ces relations par permutation circulaire des indices, et le nombre
représente l’aire du triangle − − :
= ∙
On obtient bien sûr des expressions semblables pour les déplacements transversaux :
( , )= ∙ [( + + )∙ +( + + )∙ +( + + )∙ ]
( , )= ∙( + + )
= = = +
⎡ ⎤
⎢ ⎥
⎢ ⎥ ( , )
=⎢ ⎥∙ ( , )
⎢ ⎥
⎢ ⎥
⎣ ⎦
En utilisant l’interpolation, on obtient :
=[ ]∙
Où chaque matrice ( = à ) est donnée par :
56
Introduction à la méthode des éléments finis
⎡ ⎤
⎢ ⎥
⎢ ⎥
=⎢ ⎥= ∙
⎢ ⎥
⎢ ⎥
⎣ ⎦
Le vecteur contrainte est obtenu à partir de la loi de comportement :
=
Où la matrice élasticité a été rappelée précédemment.
L’interpolation ( , ) étant linéaire en et y, ses dérivées sont constantes sur le triangle ; l’état de déformations et de
contraintes est constant sur l’élément (d’où le nom de CST donné à l’élément).
Établissons maintenant l’équation d’équilibre à partir du principe des travaux virtuels. Si et sont respectivement les
charges volumiques et surfaciques, on a :
∀ − ∙ ∙ + ∙ ∙ + ∙ ∙ =
On choisit comme déplacement virtuel et comme fonction d’interpolation celle qui vient d’être définie :
⃗( , ) = ( , )∙
On a alors :
∀ − ∙ ∙ ∙ ∙ ∙ + ∙ ∙ ∙ + ∙ ∙ ∙ =
On en déduit :
∀ ∙ − ∙ ∙ ∙ ∙ + ∙ ∙ + ∙ ∙ =
Ce qui implique :
= +
Avec :
= ∙ ∙ ∙ = ∙ ∙ = ∙ ∙
La matrice est la matrice raideur élémentaire de l’élément CST et dans le cas de cet élément simple, on peut la calculer
analytiquement. Notons que cette matrice est singulière et de rang 3. Effectivement, nous sommes dans le cas d’un
élément plan qui possède donc trois déplacements de solide rigide (translations suivant l’axe , l’axe et rotation
d’ensemble).
Les vecteurs et sont les vecteurs forces généralisées associées aux chargements surfaciques et volumiques.
Soit un solide de longueur importante suivant et supposé bloqué dans cette direction, les liaisons entre le solide et les
plans extrêmes étant supposées parfaitement lubrifiées.
57
Introduction à la méthode des éléments finis
≠ = +
On travaillera encore avec des vecteurs de dimension 3 par 1, les mêmes qu’en contraintes planes :
=[ ]
=[ ]
Et la matrice élasticité s’écrit :
−
−
= ∙ −
( + )∙( − )
Tout ce qui a été fait au paragraphe précédent reste valable dans le cas des déformations planes. La seule différence
concerne la loi de comportement. L’équilibre d’un élément en déformations planes s’écrit donc :
= +
Avec :
= ∙ ∙ ∙ = ∙ ∙ = ∙ ∙
La matrice est la matrice raideur élémentaire de l’élément CST et dans le cas déformations planes, et la matrice
d’élasticité est cette fois celle rappelée au paragraphe précédent.
58
Introduction à la méthode des éléments finis
Les vecteurs et sont les vecteurs forces généralisées associées aux chargements surfaciques et volumiques.
Le chargement axisymétrique impose à tout parallèle à rester parallèle après déformation. Ce problème tridimensionnel
peut donc être ramené à un problème plan (dans le plan ( , )). Les déformations, les contraintes et la loi de
comportement s’écrivent :
⎡ ⎤
− −
⎢ ⎥
∙( − ) ⎢ ⎥
− −
= = = ∙⎢ ⎥
( + )∙( − ) ⎢ ⎥
⎢ − − ⎥
⎢ − ⎥
⎣ ( − )⎦
On travaillera cette fois avec des vecteurs de dimensions 4 par 1 :
=[ ] =[ ]
Soit donc un élément triangulaire du plan ( , ) :
5
Exemple : Tube cylindrique de révolution sous pression.
59
Introduction à la méthode des éléments finis
Notons comme précédemment , ,⋯⋯, les déplacements des nœuds 1, 2 et 3. Soit le vecteur des déplacements
nodaux :
=[ ]
On utilisera les fonctions de base , , pour chaque déplacement. L’interpolation est donc linéaire :
( , )= + +
( , )= + +
Par analogie avec ce qui a été fait précédemment, on obtient :
( , )= ∙ [( + + )∙ +( + + )∙ +( + + )∙ ]
Avec :
= − = − = −
Les autres coefficients sont obtenus à partir de ces relations par permutation circulaire des indices, et le nombre
représente l’aire du triangle − − :
= ∙
On obtient bien sûr des expressions semblables pour les déplacements transversaux :
( , )= ∙ [( + + )∙ +( + + )∙ +( + + )∙ ]
( , )= ∙( + + )
60
Introduction à la méthode des éléments finis
=[ ]
Où I est la matrice identité de dimensions 2 par 2.
Comme pour l’élément CST, on notera que le déplacement varie linéairement sur chaque côté du triangle ; ainsi, si l’on
raccorde les déplacements nodaux entre deux triangles adjacents, on assure la continuité des déplacements entre
éléments ; l’élément est donc conforme.
Définissons maintenant le champ des déformations pour construire la matrice :
=
On obtient à partir de l’interpolation et de l’opérateur gradient en coordonnées cylindriques ( , , ) pour les
problèmes axisymétriques (pas de déplacement perpendiculaire au plan ( , ) et déplacements , dans ce plan
indépendants de ). Le tenseur des déformations se simplifie donc en :
⎡ ∙ + ⎤
⎢ ⎥
=⎢ ⎥
⎢ ⎥
⎢ ⎥
⎣ ∙ + ⎦
La définition du vecteur déformation :
=[ ]
donne :
=[ ]∙
où chaque matrice ( = , ⋯ , ) est donnée par :
⎡ ⎤
⎢ ⎥
⎢ ⎥ ⎡ ∙ ⎤
⎢ + + ⎥
=⎢ ⎥= ∙⎢ ⎥
⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎢ ⎥ ⎣ ⎦
⎢ ⎥
⎣ ⎦
On notera que les matrices ne sont plus constantes (le terme − est fonction de et de ). Les déformations et
les contraintes ne seront plus constantes sur chaque élément.
L’équation d’équilibre est toujours obtenue à partir du principe des travaux virtuels et conduit à :
= +
Avec :
= ∙ ∙ ∙ = ∙ ∙ = ∙ ∙
La matrice raideur élémentaire est donc toujours obtenue à partir de la même relation, l’intégration se faisant sur le tore
élémentaire. Donc si représente le triangle, on a :
= ∙ ∙ ∙
L’intégration analytique est possible mais les calculs sont assez fastidieux. En plus on notera le problème de singularité ;
la matrice contient des termes en . Ce qui interdit les éléments dont un côté est confondu avec l’axe z pour éviter
61
Introduction à la méthode des éléments finis
cette singularité et le calcul analytique, on se borne souvent à calculer la matrice raideur élémentaire au centre de gravité
du triangle. Ainsi, si et sont les coordonnées de , on a :
= ∙ ∙ ∙ ( )∙ ∙ ( )
Cette fois, la matrice raideur est de rang 5, car il ne reste qu’un seul déplacement de solide rigide (translation suivant
l’axe z) car l’axe de symétrie est bloqué radialement.
V.3. METHODE DES ELEMENTS FINIS POUR LES PROBLEMES D’ELASTOSTATIQUE TRIDIMENSIONNELLE
Soit un milieu continu élastique de frontière :
Ce sera donc un vecteur colonne de dimensions 12 dans le premier cas et de dimensions 24 dans le second. La matrice
d’interpolation sera dons de dimensions 3 par 12 ou 3 par 24.
Le champ de déformation est relié au champ des déplacements ⃗ par l’opérateur gradient symétrique :
= ∙ ⃗+ ⃗
62
Introduction à la méthode des éléments finis
= =
∀ − ∙ ∙ + ∙ ∙ + ∙ ∙ =
∀ − ∙ ∙ ∙ ∙ ∙ + ∙ ∙ ∙ + ∙ ∙ ∙ =
= ∙ ∙ ∙ = ∙ ∙ = ∙ ∙
La technique de construction des matrices élémentaires et en parallèle des efforts généralisés peut donc se résumer de
la manière suivante (la matrice élasticité étant supposée connue) :
- Définition de l’interpolation (⃗= );
- Calcul de la matrice ( = = )7 ;
6
Rappelons que =
7
est l’opérateur gradient symétrique : = ∙( + )
63
Introduction à la méthode des éléments finis
- Calcul de la matrice ;
- Calcul de la matrice raideur ( =∫ ∙ ∙ ∙ );
64
Introduction à la méthode des éléments finis
Ces éléments sont illustrés sur la figure ci-dessus et se distinguent uniquement par leur degré, qui est directement relié
à leur forme et au nombre de nœuds qui les définissent. L’élément à deux nœuds est linéaire (forme générale segment
de droite) ; l’interpolation sur ce type d’éléments est défini par des fonctions mathématiques sont linéaires (polynômes
de degré un). Ces fonctions d’interpolation seront abordées plus loin.
Pour les autres types d’éléments à une dimension, l’ajout de nœuds intermédiaires permet d’avoir des éléments de
forme curviligne. L’interpolation sur ce type d’élément se fait par des fonctions mathématiques quadratiques et cubiques
(polynômes de degré 2 et 3).
La position des nœuds intermédiaires n’est pas quelconque. Habituellement on cherche à maintenir les nœuds le plus
possible équidistants le long de la courbe pour éviter des singularités. Les éléments à une dimension ci-dessus sont les
types d’éléments les plus utilisés dans la pratique. Certaines méthodes utilisent des éléments de degré plus élevé que
les éléments cubiques (qui comportent donc plus de nœuds).
65
Introduction à la méthode des éléments finis
Ces éléments (figure ci-dessus) se distinguent également pour chaque type par leur degré qui est directement relié à
leur forme et au nombre des nœuds qui les définissent, tout comme pour les éléments à une dimension. L’ajout de
nœuds intermédiaires sur les côtés des éléments permet d’avoir des éléments dont les côtés sont de forme curviligne.
Cela a également des effets sur les fonctions mathématiques qui définissent la forme des éléments et l’interpolation sur
ce type d’éléments comme nous le verrons par la suite. La position des nœuds intermédiaires sur les côtés des éléments,
suit les mêmes règles que pour les éléments à une dimension afin d’éviter les singularités.
Ici aussi, les types d’éléments à deux dimensions ci-dessus sont les plus utilisés dans la pratique. Certaines méthodes
utilisent des éléments de degré plus élevé que les éléments cubiques (qui comportent donc plus de nœuds).
66
Introduction à la méthode des éléments finis
Ces éléments (figure ci-dessus) se distinguent également pour chaque type par leur degré qui est directement relié à
leur forme et au nombre des nœuds qui les définissent, tout comme pour les éléments à une et deux dimensions. L’ajout
de nœuds intermédiaires sur les arêtes des éléments permet d’avoir des éléments dont les arêtes et les faces sont de
forme curviligne. Cela a également des effets sur les fonctions mathématiques qui définissent la forme des éléments et
l’interpolation sur ce type d’éléments comme nous le verrons par la suite. La position des nœuds intermédiaires sur les
arêtes des éléments, suit les mêmes règles que pour les éléments à une et deux dimensions afin d’éviter les singularités.
Encore une fois, les types d’éléments à trois dimensions ci-dessus sont les plus utilisés dans la pratique. Certaines
méthodes utilisent des éléments de degré plus élevé que les éléments cubiques (qui comportent donc plus de nœuds).
Dans la pratique, les éléments tétraédriques et hexaédriques sont plus utilisés que les éléments pentaédriques qui sont
utilisés comme éléments de connexion entre hexaèdres et tétraèdres. On utilise aussi des éléments pyramidaux (que
nous ne verrons pas) comme éléments de connexion.
67
Introduction à la méthode des éléments finis
On note toujours le module d’Young, la section de la barre, ℓ sa longueur ; et la masse volumique du matériau.
Les conditions sur le choix de l’interpolation, l’expression de la matrice déformation sont identiques à celles présentées
en statique.
( )
= −
Le champ des contraintes généralisées encore noté bien que ce soit l’effort normal est obtenu par la loi de
comportement élastique :
=
À partir du principe des travaux virtuels, les équations du mouvement s’écrivent :
∀ − ( ), ∙ ( ) ∙ + ( )∙ ( )+ ( )∙ ( )+ ( )∙ ( )∙ = ( )∙ ∙ ̈ ∙
Ou encore, en remplaçant par son transposé pour faciliter l’écriture matricielle à suivre :
∀ − ( ), ∙ ( ) ∙ + ( )∙ ( )+ ( )∙ ( )+ ( ) ∙ ( )∙ = ( ) ∙ ∙ ̈ ∙
68
Introduction à la méthode des éléments finis
Si on choisit comme déplacement virtuel et comme fonction d’interpolation celle qui vient d’être définie
précédemment : = . On a alors :
∀ − ∙ , ∙ ∙ ∙ , ∙ ∙ + ∙ + ∙ ∙ ( )∙ = ∙ ∙ ∙ ∙ ̈ ∙ 8
Si l’on regroupe les efforts aux nœuds de l’élément dans les vecteur notés et :
( )
= = ∙ ( )∙
( )
On en déduit :
∀ ∙ − , ∙ ∙ ∙ , ∙ ∙ − ∙ ∙ ∙ ∙ ̈ + + =
D’où :
, ∙ ∙ ∙ , ∙ ∙ + ∙ ∙ ∙ ∙ ̈ = +
= , ∙ ∙ ∙ , ∙ = ∙ ∙ ∙
VI.1.1.a. Remarques
Il est également possible et équivalent d’utiliser les équations de Lagrange pour effectuer la mise en équations.
Dans ce cas, l’énergie de déformation s’écrit :
= , ⇒ = , ,
= , , =
= ̇ ⇒ = ̇ ̇
8
Attention : ̈ = , t est le temps ; homogène à une accélération.
69
Introduction à la méthode des éléments finis
= ̇ ̇ = ̇ ̇
= ( ) ( )+ ( ) ( )+ ( ) ( )
+ =
̇
Donne alors directement l’équation du mouvement précédemment établie.
∙ ̈ + ∙ =
Ceci constitue une approximation correcte étant donné la simplicité de l’interpolation utilisée. On en déduit ensuite la
réponse forcée en déplacement ( ) de l’extrémité du barreau :
( )= ∙
−
Avec :
( , )= ∙ ( )
70
Introduction à la méthode des éléments finis
Enfin, comme dans le cas de la statique, on peut utiliser la première des équations du système matriciel pour obtenir la
valeur de la réaction en fonction du temps.
On considère toujours le cas du barreau encastré mais avec une discrétisation en deux éléments finis de même longueur
−
∙ − ∙ =
−
Introduisons la pulsation propre adimensionnelle définie par :
On a donc :
−
∙ − ∙ =
−
Dont les solutions sont :
√ − √ +
= = , = = ,
√ + √ −
Les carrés des pulsations réelles sont alors :
= , ∙ = , ∙
= , ∙ = , ∙
La première valeur constitue une très bonne approximation de la première pulsation propre du barreau, et l’autre est
une moyenne approximation de la seconde pulsation propre.
Ceci peut s’expliquer si l’on étudie les modes de vibration. La matrice des modes est solution de − = et
vaut ici = . On peut donc représenter ces modes de vibration de la manière suivante :
√ −√
9
On a introduit les conditions cinématiques ̈ = = ce qui donne un système de deux équations. L’écriture ci-après vient du
système homogène.
71
Introduction à la méthode des éléments finis
−√
Or les modes exacts sont donnés par des fonctions sinus et on peut remarquer que le premier mode obtenu par éléments
finis représente assez bien le mode exact et qu’il est plus difficile de représenter une fonction sinus avec un nœud de
vibration par deux morceaux de droite.
En discrétisant avec plus d’éléments, on obtient de meilleures informations sur ces deux modes de vibration et sur les
suivants.
On considère un barreau de longueur , de module d’Young , de section et de masse volumique , encastré à ses
deux extrémités.
1) Calculer une approximation de sa première pulsation propre en utilisant deux éléments finis de même longueur.
2) Même question pour les deux premières pulsations propres en discrétisant cette fois le barreau en trois éléments finis
de même longueur.
Réponse :
1)
2)
= , =
72
Introduction à la méthode des éléments finis
( )
( )= − =
= −
( )
= = ∙ ( )∙
( )
En ce qui concerne l’assemblage des éléments finis de torsion, le principe de l’étude est identique à celui qui a été
présenté pour le cas des barres.
On considère une poutre de section , de longueur , soumise à quatre efforts concentrés à ses extrémités (charges
transversales et couples concentrés ; voir étude statique) et à une densité linéique de forces transversales le long de
son axe, de module d’Young et de moment quadratique . On suppose vérifiée l’hypothèse de Bernoulli.
73
Introduction à la méthode des éléments finis
( )
=[ ]
est un vecteur ligne tel que :
( )= − + − + − − +
= − + − + − − +
∀ − , + ( ) + , ( ) + ( ) + , ( ) + ( ) ( ) = ( ) ̈
Soit encore en remplaçant par son transposé pour faciliter l’écriture matricielle :
∀ − , + ( ) + , ( ) + ( ) + , ( ) + ( ) ( ) = ( ) ̈
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Introduction à la méthode des éléments finis
Si on choisit comme déplacement virtuel et comme fonction d’interpolation celle qui vient d’être définie précédemment
= , on trouve :
∀ − , , + ( + )= ̈
Où l’on a regroupé les efforts aux nœuds de l’élément dans le vecteur noté :
=[ ]
et :
= ( ) ( )
On en déduit :
∀ − ̈ − , , + + =
Ce qui implique :
̈ + = +
Où les matrices masse et raideur sont données par :
= , , =
La matrice est la matrice raideur élémentaire de l’élément poutre, et a déjà été établie :
−
−
= ∙
− − −
−
La matrice masse s’écrit :
−
−
= ∙
−
− − −
VI.3.1.a. Travaux dirigés-Exemple d’application
On reprend l’exemple de la poutre console (paragraphe IV.5.1.b) en supposant que le chargement se réduit à un effort
unique appliqué à l’extrémité libre (on supprime le chargement réparti).
75
Introduction à la méthode des éléments finis
= ∙
= , = ,
= , = ,
La première valeur constitue une bonne approximation de la première pulsation propre de la poutre contrairement à la
seconde qui est une très mauvaise approximation. Ceci est dû au fait qu’on représente correctement le premier mode
de vibration avec une cubique et qu’il est difficile de représenter le deuxième mode avec un nœud de vibration par une
seule cubique.
76
Introduction à la méthode des éléments finis
( )= − ( )
Avec :
( )
( )= ( )=
( )
On en déduit flèche et rotation à l’extrémité libre de la poutre. Les flèche, rotation, moment de flexion et effort tranchant
peuvent être ensuite obtenues à l’aide des fonctions d’interpolation et leurs dérivées. Par exemple, la flèche en milieu
de poutre est donnée par :
, = ( )+ ( )
Enfin, les réactions ( ) et ( ) sont calculées en reprenant les deux premières lignes du système 4 par 4 écrit plus haut.
( )
( )
=[ ]
L’équation du mouvement est toujours de la forme :
̈ + = +
Où les matrices masse et raideur sont obtenues par assemblage des matrices élémentaires des éléments barre et poutre.
Pour les applications de cet élément, la complexité du problème aux valeurs propres fait que l’on a directement appel
au calcul numérique. Nous ne nous y étendrons pas.
77
Introduction à la méthode des éléments finis
Soit un milieu continu élastique , de frontière , soumis à des charges de volume et des charges surfaciques at
ayant pour masse volumique :
On interpole classiquement le champ des déplacements:
⃗= ∙
On utilise le principe des travaux virtuels en dynamique :
∀⃗ − ∙ ∙ + ⃗∙ ∙ + ⃗∙ ∙ = ⃗∙ ∙ ⃗̈ ∙
∀ − ∙ ∙ ∙ ∙ ∙ + ∙ ∙ ∙ + ∙ ∙ ∙ = ∙ ∙ ∙ ∙ ̈ ∙
= ∙ ∙ ∙ = ∙ ∙ ∙ = ∙ ∙ = ∙ ∙
78
Introduction à la méthode des éléments finis
BIBLIOGRAPHIE
Ces notes de cours doivent l’essentiel de leur contenu aux trois ouvrages ci-après :
Références
Craveur, Jean-Charles. Modélisation des éléments finis-Cours et exercices corrigés. Paris: Dunod, 2008.
Cuillère, Jean Christophe. Introduction à la méthode des éléments finis-Cours et exercices corrigés. Malakoff: Dunod,
2016.
WIELGOSZ, Christian. Cours et exercices de Résistance des matériaux-Elasticité, plasticité, éléments finis. Paris: Ellipses,
1999.
79