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Innovation et Destruction Créatrice

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Destruction créatrice

La destruction créatrice est le processus économique cont inu par lequel l'irrupt ion sur les marchés d'innovat ions défie les
ent reprises déjà implant ées et conduit les moins product ives à disparaît re. Par ce processus, le syst ème économique se renouvelle
et génère une croissance économique de long t erme.

Joseph Schumpeter.

L'expression est associée à l'économist e Joseph Schumpet er (1883-1950) qui en assure une large diffusion avec la parut ion de son
livre Capitalisme, Socialisme et Démocratie publié aux Ét at s-Unis en 1942 puis t raduit en français en 1951.

Concept
Joseph Schumpet er conçoit le capit alisme comme un syst ème économique dont la dynamique principale, lorsque la libert é de
commerce est assurée, est la st imulat ion de la croissance par l'innovat ion. Les ent repreneurs sont la force mot rice de la croissance
économique sur le long t erme dans la mesure où leur quêt e de profit s les incit e à innover et à chercher à dégager une rent e de
sit uat ion liée au monopole qu'ils dét iendront quelque t emps sur leur innovat ion[1].

La dest ruct ion créat rice a lieu de manière récurrent e, dès lors que l'irrupt ion d'une innovat ion réduit considérablement les avant ages
compét it ifs des concurrent s et leur cause des pert es ou une faillit e. La dest ruct ion créat rice, que l'aut eur décrit comme un
« ouragan perpét uel », provoque ainsi la recomposit ion cont inue du t issu de product ion de la valeur[1].

Schumpet er différencie plusieurs t ypes d'innovat ion, t out es à même de cont ribuer à la dynamique de la dest ruct ion créat rice. Il
dist ingue l'innovat ion affect ant la fabricat ion de biens nouveaux ; les nouvelles mét hodes de product ion ; l'ouvert ure de nouveaux
débouchés ; l'ut ilisat ion de nouvelles mat ières premières ; une nouvelle organisat ion du t ravail[1].

Ont ét é ajout és par la suit e des nouvelles mét hodes de market ing ou de publicit é, ainsi que les nouveaux moyens de communicat ion
(aujourd'hui les t echnologies de l'informat ion et de la communicat ion). Enfin, les changement s législat ifs ou de nouvelles façons
d'influencer les décideurs polit iques, les nouveaux moyens de fraude.
Historique
L’idée s'inspire de la pensée du philosophe Friedrich Niet zsche (1844-1900) et de la formulat ion proposée pour la première fois par
l’économist e Werner Sombart (1863-1941). Bien qu'ét ant conservat eur, Schumpet er t ira une grande part ie de sa compréhension de la
« dest ruct ion créat rice » des œuvres de Karl Marx[2],[3],[4].

Elle a ét é reprise par Theodore Levit t dans Innovation et marketing (1969).

Effets
Lorsqu'un mouvement d'innovat ion réussit sa percée, il confère aux organisat ions port euses de cet t e innovat ion un leadership voire un
pouvoir de monopole t emporaire sur un marché. Les profit s et la puissance des ent reprises moins innovant es diminuent , les avant ages
concurrent iels t radit ionnels sont rendus obsolèt es et les organisat ions qui en bénéficiaient précédemment sont surclassées et à
t erme menacées de déclin, voire de disparit ion. [réf. souhaitée]

La dest ruct ion créat rice peut gravement affect er même des ent reprises qui, à une époque, ont révolut ionné et dominé leur marché
t elles que Xerox pour les phot ocopieurs ou Polaroid pour les appareils phot o inst ant anés ou encore Nokia pour les t éléphones
mobiles. De t elles ent reprises réput ées solidement ét ablies ont pourt ant vu leurs marges se réduire et leur dominat ion disparaît re
avec l’émergence de rivaux plus innovant s, ayant des produit s ou services dot és d'une meilleure concept ion, d'un meilleur design, de
fonct ionnalit és supplément aires, ou de coût s de fabricat ion t rès inférieurs. [réf. souhaitée]

À l'inverse, la dest ruct ion créat rice profit e aux ent reprises qui se mont rent capables de prendre l'ascendant dans leur sect eur et
const it uer une posit ion dominant e à leur profit . Ainsi, Walmart (leader mondial du sect eur de la dist ribut ion), la chaîne d'hypermarchés
aux Ét at s-Unis, domine progressivement le commerce de dét ail en ut ilisant de nouvelles t echniques de gest ion des st ocks, de
market ing et de gest ion des ressources humaines. L'essor et le leadership du nouveau « dominant » cont raint de nombreuses
ent reprises plus anciennes ou plus pet it es à la disparit ion, au regroupement ou au rachat . Le phénomène peut êt re d'aut ant plus
violent en l'absence de lois ant icart el ou d'une régulat ion efficace de la concurrence. [réf. souhaitée]

Au t ot al, par la combinaison de ses effet s dest ruct eurs et créat eurs, le processus de dest ruct ion créat rice point e la puissance des
dynamiques du changement à l'œuvre dans les act ivit és économiques et indust rielles. Puissance qui dést abilise des équilibres
réput és acquis et génère la t ransit ion d’un syst ème compét it if à un monopole et inversement . Elle est à l’origine de la t héorie de la
croissance endogène et d'une façon plus large de l’évolut ion économique générale. Elle met en évidence que l’innovat ion engendre
une concurrence fort e de la part des nouveaux produit s commercialisés par les nouveaux ent rant s. [réf. souhaitée]

Le mouvement de destruction créatrice est souvent quest ionné pour ses effet s sur l'emploi : les ouvriers ayant des compét ences
rendues obsolèt es par les nouvelles t echnologies perdent leur emploi. Elle const it ue une cont raint e fort e à la reconversion de
nombreux t ravailleurs : ceux-ci doivent quit t er une act ivit é réput ée êt re moins product ive pour se reclasser dans une organisat ion ou
une act ivit é plus product ive. Ainsi s'explique la t endance séculaire au déversement illust rée par Alfred Sauvy ou Jean Fourast ié : les
emplois agricoles se réduisent d'abord au profit de l'accroissement des effect ifs indust riels. Puis les effect ifs indust riels diminuent à
leur t our pour se t ransférer vers des emplois t ert iaires. [réf. souhaitée]

Il n'empêche qu'à court t erme les conséquences peuvent êt re désast reuses sur le niveau de l’emploi, le ré-emploi par les sect eurs
réput és port eurs pouvant s'avérer :

pas assez rapide, lorsqu'une conjoncture économique


générale médiocre ou défavorable est en place ;
hypothétique, lorsque les secteurs ou filières réputés
porteurs et innovateurs poursuivent une croissance
moins « riche en emplois » ;
impossible, lorsque les compétences nécessaires sont
impossibles à enseigner rapidement à des chômeurs
(trop de choses à apprendre...).

Débats et critiques
Plusieurs ét udes ont cherché à est imer la véracit é du mécanisme de dest ruct ion créat rice. Une ét ude de l'OCDE de 2005 est ime que
dans les pays développés, un t iers des gains de la product ivit é du t ravail est dû à ce processus de dest ruct ion créat rice, t andis que
les deux t iers rest ant s des gains ont lieu au sein d'ent reprises pré-exist ant es[5].

Bien que bénéfique à long t erme, la dest ruct ion créat rice est crit iquée comme ét ant source de chômage pour les individus peu
qualifiés sur le court t erme ; créant une inst abilit é économique pour ces individus, elle fait accroît re les t aux d'anxiét é, d'alcoolisme
et de suicide. Cet effet est fort ement cont recarré par une assurance-chômage généreuse [6].

Les innovat ions liées à la dest ruct ion créat rice ne sont pas t oujours posit ives pour l'économie ; en part iculier les innovat ions de
produit addict ives et celles faisant faussement paraît re une augment at ion de la quant it é [7].

Citation
« Les agissement s de cet t e nat ure const it uent , au milieu de l’ouragan perpét uel de simples incident s, souvent inévit ables, qui
encouragent , bien loin de le freiner, le processus d’expansion à long t erme. Une t elle affirmat ion n’est pas davant age paradoxale que
celle consist ant à dire : les aut omobiles parce qu’elles sont munies de freins roulent plus vit e que si elles en ét aient dépourvues. »
Joseph Schumpet er, 1943 Traduct ion française 1951 Capitalisme, socialisme et démocratie, Paris, Payot , p. 128.

« L'impulsion fondament ale qui met et maint ient en mouvement la machine capit alist e est imprimée par les nouveaux objet s de
consommat ion, les nouvelles mét hodes de product ion et de t ransport , les nouveaux marchés, les nouveaux t ypes d'organisat ion
indust rielle – t ous élément s créés par l'init iat ive capit alist e. [...] L'hist oire de l'équipement product if d'énergie, depuis la roue
hydraulique jusqu'à la t urbine moderne, ou l'hist oire des t ransport s, depuis la diligence jusqu'à l'avion. L'ouvert ure de nouveaux marchés
nat ionaux ou ext érieurs et le développement des organisat ions product ives, depuis l'at elier art isanal et la manufact ure jusqu'aux
ent reprises amalgamées t elles que l’U.S. St eel, const it uent d'aut res exemples du même processus de mut at ion indust rielle – si l'on
me passe cet t e expression biologique – qui révolut ionne incessamment de l'int érieur la st ruct ure économique, en dét ruisant
cont inuellement ses élément s vieillis et en créant cont inuellement des élément s neufs. Ce processus de destruction créatrice
const it ue la donnée fondament ale du capit alisme : c'est en elle que consist e, en dernière analyse, le capit alisme et t out e ent reprise
capit alist e doit , bon gré mal gré, s'y adapt er. » Joseph Schumpet er, 1943 Traduct ion française 1951 Capitalisme, socialisme et
démocratie, Paris, Payot , p. 106-107.
Notes et références

1. Jean Dalbard, Théo Iberrakene, Alexandre Ouizille et


Gaël Giraud, Politiques économiques, 2021
(ISBN 978-2-275-09190-7 et 2-275-09190-4,

OCLC 1269223257 ([Link] , lire

en ligne ([Link] [archive])

2. Marx, Karl et Engels, Friedrich (Moore, Samuel (trans.


1888)), The Communist Manifesto, Harmondsworth,
UK, Penguin, 2002 (1re éd. 1848) (ISBN 978-0-14-044757-6,
lire en ligne ([Link]

x_5) [archive] ), 226 ([Link]


stmanifes00marx_5/page/226) [archive]

3. Marx, Karl (Nicolaus, Martin (trans. 1973)), Grundrisse:


Foundations of the Critique of Political Economy (rough
draft), Harmondsworth, UK, Penguin, 1993 (1re éd.
1857) (ISBN 978-0-14-044575-6, lire en ligne ([Link]
[Link]/books?id=bDyemaqiZjUC) [archive]), p. 750

4. Karl Marx, Theories of Surplus-Value: "Volume IV" of


Capital, vol. 2, London, Lawrence & Wishart, 1969
(1re éd. 1863), 495–96 p. (ISBN 9780853151944, lire en ligne
([Link] [archive])
5. John C. Haltiwanger, Eric Bartelsman et Stefano
Scarpetta, « Microeconomic Evidence of Creative
Destruction in Industrial and Developing Countries »,
Policy Research Working Papers,‎30 décembre 2004
(ISSN 1813-9450 ([Link]

0) ,

DOI

10.1596/1813-9450-3464 ([Link]

, lire en ligne ([Link]

4) [archive], consulté le 1er avril 2023)

6. Philippe Aghion, Céline Antonin et Simon Bunel, Le


pouvoir de la destruction créatrice : innovation,
croissance et avenir du capitalisme, Odile Jacob, 2020
(ISBN 978-2-7381-4946-6), chap. 11 (« Destruction
créatrice, santé et bonheur »).

7. (en) Daisuke Matsuzaki et Yoshiyasu Ono, « Economic


stimulus effects of product innovation under demand
stagnation », The Institute of Social and Economic
Research Osaka University,‎mars 2023, p. 26 (ISSN 0473-
453X ([Link] , e-

ISSN 2435-0982 ([Link]


2) , lire en ligne ([Link]

[Link]) [archive] )
[PDF]

Voir aussi

Bibliographie

Philippe Aghion, Le pouvoir de la destruction créatrice,


en collaboration avec Céline Antonin et Simon Bunel,
Odile Jacob, 2020.
Philippe Aghion and Peter Howitt, Endogenous Growth
Theory, MIT Press, 1997.

Clayton M. Christensen. The Innovator's Dilemma.


HarperBusiness. 2001.
Richard Foster and Sarah Kaplan. Creative Destruction:
Why Companies that are Built to Last Underperform the
Market - And how to Successfully Transform Them.
Currency publisher. 2001.
J. Stanley Metcalfe and J. S. Metcalfe, Evolutionary
Economics and Creative Destruction (Graz Schumpeter
Lectures, 1). Routledge. 1998.

Hugo Reinert and Erik S. Reinert. "Creative Destruction in


Economics: Nietzsche, Sombart, Schumpeter." ([Link]
[Link]/papers/[Link]?id=30) [archive]
Forthcoming 2005 in J.G. Backhaus and W. Drechsler,
eds. Nietzsche, Economy, and Society. Kluwer. 2005.
James M. Utterback. Mastering the Dynamics of
Innovation. Harvard Business School Press. 1996.

Pierre Cahuc, Le chômage, fatalité ou nécessité ?, (en


coll., André Zylberberg) Flammarion, 2004.

Articles connexes

Théorie du déversement de Alfred Sauvy

Liens externes

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