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DIP Matiere Contractuelle

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LE PRÉ-BARREAU

DROIT INTERNATIONAL ET EUROPEEN


DROIT INTERNATIONAL PRIVE

FICHE

Matière contractuelle

Protocole de questionnement :

Ce qui est en jeu dans un tel cas est de savoir :

1/ s’agissant de déterminer le juge compétent, si les dispositions du RBI bis en « matière contractuelle » s’appliquent. À
ce stade, ce sont les situations suivantes qui doivent être, le cas échéant, immédiatement relevées dans l’énoncé :
a) absence de contrat, mais relations commerciales établies de longue date
b) contrat, mais action en justice sur le fondement de dispositions nationales qui la font relever de la « matière délictuelle »
(ex : concurrence déloyale)
c) contrat de licence
d) action paulienne
e) action d’un syndic’ d’immeuble contre un copropriétaire
Pourquoi ces situations doivent-elles être immédiatement relevées ? Parce qu’elles auraient pu être rangées, pour
certaines, dans la matière délictuelle, ou être soumises à l’article 4 seulement, mais que, sous certaines conditions,
s’agissant des deux premières, elles relèvent néanmoins de la « matière contractuelle », ou que, pour le contrat de licence,
en dépit d’un contrat, on applique 7.1 a) pour déterminer le juge compétent (Falco).

2/ s’agissant de la loi applicable, il y a une continuité d’interprétation à prévoir. Si la matière est qualifiée de contractuelle,
et mieux, si vous avez pu qualifier les situations comme relevant du contrat de vente ou du contrat de fourniture de
services, vous appliquerez le Règlement Rome I et les articles concernés.

1/ juge compétent :

Majeure
Attention 1 !

✓ Elle peut contenir deux étapes en l’absence de contrat


A°/ Matière contractuelle
B°/ Lieu d’exécution (7.1 b) : contrat de vente de marchandises/contrat de fournitures de services
✓ Elle doit se structurer autour de deux questions en l’état d’un contrat
I°/ La qualification du contrat
II°/ L’identification du lieu d’exécution
Si l’énoncé fait mention d’un contrat, sans aucun doute possible, il me semble, mais vous avez à cet égard une totale
liberté, que vous pouvez gagner du temps en évoquant Jacob Handte très rapidement. Disons que dans un tel cas, le
protocole de questionnement ne peut pas s’égarer exagérément sur ce point. Ce n’est pas une question de droit
importante à l’issue d’un énoncé qui indiquerait, par exemple, que « la société A et la société B ont signé un contrat en
date du XXX ». Toutefois, et vous voyez que rien n’est simple, cette affirmation se nuance évidemment, si l’instance
repose sur une législation nationale qui situe l’action en justice dans la matière délictuelle (cf. infra Brogsitter) ou si le
contrat litigieux est un contrat de licence (Falco, même si ce n’est pas la matière contractuelle qui est en jeu ici, mais la
modalité de détermination du juge compétent) ou encore si l’action s’inscrit dans la matière « concurrence », plus
particulièrement en cas d’action en responsabilité pour « abus de position dominante » quand les parties sont pourtant
unies par un contrat (cf. Booking).

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Attention 3 : Cette fiche récapitulative ne reprend pas tous les arrêts qui sont dans le cours, mais seulement ceux qui
sont parmi les plus difficiles pour vous suggérer une méthode pour bien intégrer la méthode.

I°/ Qualification du contrat

A°/ Matière contractuelle

• Textes de références au sein du RBI bis :


a) article 7.1 a : « en matière contractuelle »
b) article 7.2 : « en matière délictuelle »
Pourquoi les deux ? Parce qu’il y a hésitation ! Il n’y a pas de contrat, donc la majeure doit faire état des deux possibilités
juridiques ! Clairement, s’il existe un contrat, la mention de 7.2 n’est pas nécessaire… sauf si la lecture de l’énoncé vous
met aux prises avec un abus de position dominante.

• Jurisprudence :
a) Jacob Handte (1992) : il y matière contractuelle lorsque peut être caractérisé l’engagement d’une partie envers une
autre.
b) Kalfelis (1988) : la matière comprend toute demande qui vise à mettre en jeu la responsabilité d'un défendeur, et qui
ne se rattache pas à la "matière contractuelle" au sens de l'article 7.1.
Formule pour établir l’évolution de l’interprétation de la matière : relève de la matière contractuelle toutes les obligations
qui trouvent leur source dans le contrat dont l’inexécution est invoquée à l’appui de l’action du demandeur (CJUE, 15
juin 2017, Kareda, C‑249/16).
Ici, les développements généraux de la majeure doivent se compléter des jurisprudences adéquates, lesquelles seront
sollicitées en fonction des faits de la consultation :
- Brogsitter (13 mars 2014) : Les actions en responsabilité civile de nature délictuelle selon droit national, peuvent,
néanmoins, être considérées comme relevant de la « matière contractuelle », au sens du RBI bis, si le
comportement reproché peut être considéré comme un manquement aux obligations contractuelles, telles
qu’elles peuvent être déterminées compte tenu de l’objet du contrat.
C’est un cas particulier que celui affronté par Brogsitter mais il reste qu’il faut rester vigilant.
- Granarolo (14 juillet 2016) : en présence d’une relation commerciale établie sans contrat cadre qui la structure,
qui fonctionne de longue date, on doit caractériser l’existence, entre les parties, d’une relation contractuelle
tacite, la démonstration visant à établir l’existence d’une telle relation contractuelle tacite reposant sur un
faisceau d’éléments concordants, parmi lesquels sont susceptibles de figurer notamment l’existence de relations
commerciales établies de longue date, la bonne foi entre les parties, la régularité des transactions et leur
évolution dans le temps exprimée en quantité et en valeur, les éventuels accords sur les prix facturés et/ou sur
les rabais accordés, ainsi que la correspondance échangée.
- Kerr (8 mai 2019) : en présence d’un litige portant sur une obligation de paiement découlant d’une décision de
l’assemblée générale des copropriétaires d’un immeuble à appartements dépourvue de la personnalité juridique
et spécialement instituée par la loi pour exercer certains droits, adoptée à la majorité de ses membres, mais
contraignante pour tous les membres de celle-ci.
- Feniks (4 octobre 2018) une action paulienne, par laquelle le titulaire d’un droit de créance issu d’un contrat
demande de faire déclarer inopposable à son égard l’acte, prétendument préjudiciable à ses droits, par lequel son
débiteur a cédé un bien à un tiers, relève du RBI bis.
Motif à retenir : le créancier vise à faire constater que la cession, par le débiteur, d’actifs à un tiers a eu lieu au
détriment des droits du créancier issus de la force obligatoire du contrat et qui correspondent aux obligations
librement consenties par son débiteur. La cause de cette action se situe ainsi, essentiellement, dans la
méconnaissance des obligations que le débiteur a consenties à l’égard du créancier (point 43)
- Flightright l’action des voyageurs est tournée non pas contre la compagnie aérienne avec lequel le contrat est
initialement, mais contre le transporteur aérien effectif, c’est-à-dire une compagnie tierce qui, dans les faits,
avait effectué le vol pour le retard duquel les passagers demandaient indemnisation
Motif à retenir : « la règle de compétence spéciale en matière contractuelle repose sur la cause de l’action et non
pas sur l’identité des parties ».
- CJUE, C-242/20, 9 décembre 2021 (enrichissement sans cause) dans le cadre d’une demande en restitution fondée
sur un enrichissement sans cause, l’obligation de restitution dont se prévaut le demandeur ne résulte pas, en
règle générale, d’un engagement volontaire du défendeur à son égard mais naît indépendamment de la volonté
de celui-ci (CJUE, 9 décembre 2021 précité). Il s’ensuit qu’une telle demande en restitution ne relève pas, en
principe, de la matière contractuelle, au sens de de l’article 7.1 a) du RBI bis.
L’interprétation est corroborée par la lecture croisée du RBI bis et de l’article 2 du RRII, lequel est, dit la CJUE,
dans le domaine des conflits de lois, le pendant de ce que constitue, dans le domaine des conflits de juridictions,
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l’article 7.2, étant rappelé que ces deux règlements doivent, dans la mesure du possible, être interprétés de
manière cohérente. En effet, l’article 2, paragraphe 1, du RRII prévoit que l’obligation de restitution trouvant sa
source dans un enrichissement sans cause est considérée comme étant une obligation non contractuelle,
relevant de ce règlement et faisant l’objet, conformément à l’article 10 de celui-ci, de règles de conflit de lois
spécifiques.
La CJUE retient donc qu’une demande en restitution fondée sur un enrichissement sans cause peut, dans
certaines circonstances, être étroitement liée à une relation contractuelle entre les parties au litige et, par suite,
être considérée comme relevant de la « matière contractuelle ». Parmi ces circonstances figure celle où la
demande en restitution fondée sur un enrichissement sans cause se rattache à une relation contractuelle
préexistante entre les parties. Tel est par exemple le cas, lorsque le demandeur se prévaut d’un enrichissement
sans cause en lien étroit avec une obligation contractuelle qu’il considère comme invalide ou qui n’a pas été
exécutée par le défendeur, ou encore qu’il estime avoir « sur-exécutée », ce dans le but de justifier son droit à
restitution.

B°/ Contrat de vente de marchandises/contrat de fournitures de services ?


• Textes de références au sein du RBI bis :
Article 7.1 b).

• Jurisprudence :

La jurisprudence qu’il convient de solliciter varie en fonction de la nature des situations. Il va de soi qu’au moment d’écrire
sur votre copie vous savez déjà où vous aller, vous avez déjà opéré la qualification au brouillon sur la trame !

Attention, la « matière contractuelle », pas de contrat mais relation contractuelle tacite, vous oblige à envisager la
qualification du « contrat ». C’est l’arrêt Granarolo qui le suggère. Vous pourriez ainsi devoir combiner Granarolo et La
Maison du Whisky.

 Falco (2009) : le contrat de licence relève de « la matière contractuelle »

 Vente de marchandises
Vous démontrez qu’un contrat est une vente de marchandises, en fonction des faits de l’énoncé, notamment des arrêts :

a) Car Trim (25 février 2010) s’il y a une hésitation entre vente de marchandises et contrat de fourniture de services, et
que :
i) l’obligation caractéristique du contrat fait pencher l’opération économique dans la catégorie vente de
marchandises…
ii) … ce qui se prouve en mettant en avant, grâce à l’énoncé, notamment :
- l’origine des matériaux à transformer qui proviennent donc du vendeur
- le fait que les matériaux n’ont pas été fournis par l’acheteur
- la responsabilité du fournisseur si l’énoncé dit que le vendeur est responsable de la qualité et de la
conformité au contrat de la marchandise, qui est le résultat de son activité
b) La Maison du Whisky (19 décembre 2013), s’il y a un contrat de concession qui n’est pas typique, ce qui se démontre en
considération de :
i) l’obligation caractéristique du contrat, qui le fait pencher dans la catégorie vente de marchandises…
ii) … ce qui sera le cas lorsque la relation entre le fournisseur et le distributeur, le concédant et le concessionnaire,
se limite à des accords successifs ayant chacun pour objet la livraison et l’enlèvement de marchandises.

 Fourniture de services
Il y a fourniture de services en l’état d’un contrat à l’issue duquel une des parties doit réaliser une activité en échange
d’une rémunération (Falco, 23 avril 2009, Arrêt à citer, sans doute de manière systématique).

Vous la complétez en vue de démontrer qu’un contrat est une fourniture de service en partant, en fonction des faits de
l’énoncé, notamment des arrêts :

a) Car Trim (25 février 2010) s’il y a une hésitation entre vente de marchandises et contrat de fourniture de services, et
que :
i) l’obligation caractéristique du contrat le fait pencher dans la catégorie fourniture de services…
ii) … ce qui se prouve en mettant en avant, grâce à l’énoncé, notamment :

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- l’origine des matériaux à transformer qui proviennent donc de l’acheteur
- le fait que les matériaux ont été fournis par l’acheteur
- la responsabilité du fournisseur si l’énoncé dit que celui-ci n’est responsable que de l’exécution correcte
suivant les instructions de l’acheteur.
b) La Maison du Whisky (19 décembre 2013), s’il y a un contrat de concession qui est typique, ce qui se démontre en
considération de :
i) l’obligation caractéristique du contrat, qui le fait pencher dans la catégorie fourniture de services…
ii) … ce qui se prouve en mettant en avant, grâce à l’énoncé et à l’arrêt Falco :
 l’existence d’une activité déterminée, qui ressort de la prestation caractéristique fournie par le
concessionnaire qui, en assurant la distribution des produits du concédant, participe au développement
de leur diffusion. (garantie d’approvisionnement dont il bénéficie en vertu du contrat de concession,
participation à la stratégie commerciale du concédant, notamment aux opérations promotionnelles
permettent au concessionnaire d’offrir aux clients des services et des avantages que ne peut offrir un
simple revendeur et, ainsi, de conquérir, au profit des produits du concédant, une plus grande part du
marché local)
 l’existence d’une rémunération accordée en contrepartie de l’activité, qui ne correspond pas qu’à un
versement d’une somme d’argent. Faire ressortir :
▪ sélection du concessionnaire par le concédant, qui confère au concessionnaire un avantage
concurrentiel en ce que celui‑ci aura seul le droit de vendre les produits du concédant sur un
territoire déterminé ou, à tout le moins, en ce qu’un nombre limité de concessionnaires
bénéficieront de ce droit.
▪ aide au concessionnaire en matière d’accès aux supports de publicité, de transmission d’un
savoir-faire au moyen d’actions de formation, ou encore de facilités de paiements.

Mineure
En l’espèce, …
Attention 1 : aucun élément de droit ne peut être ajouté ici. Ils doivent tous déjà figurer dans la majeure.
Attention 2 : une mineure n’est réussie que si elle vérifie concrètement, à partir de l’énoncé et en mentionnant
donc explicitement le nom des sociétés ou des personnes en litige, les conditions d’application de la règle de
droit exposée.

Exemple : la consultation mentionne un certain nombre d’éléments desquels il résulte que i) l’obligation caractéristique
du contrat est un catégorie fourniture de services. En effet, l’activité déterminée de la société XXX ressort de ce qu’elle
devait distribuer les produits de la sociétés YYYY, en participant au développement de leur diffusion. La société YYY lui avait
assuré une garantie d’approvisionnement en vertu du contrat de concession. La société XXX participait à la stratégie
commerciale de la société YYYY notamment aux opérations promotionnelles permettent à la société XXX d’offrir à ses
clients des services et des avantages que n’aurait pas pu offrir un simple revendeur. La société XXX était ainsi mise en
situation de de conquérir, au profit des produits de la société YYYY, une plus grande part du marché local.
En échange de cette activité déterminée, la société XXX percevait bien une rémunération, même si l’énoncé ne mentionne
aucun versement d’une somme d’argent. En effet, la société XXX avait fait l’objet d’une sélection par la société YYY, qui lui
confère un avantage concurrentiel en ce qu’elle avait seul le droit de vendre les produits de la société YYY sur le territoire
français (p. ex.).

II°/ Lieu d’exécution

Ce n’est pas une partie difficile d’un point de vue méthodologique. Retenez seulement la structure des raisonnements.

Majeure
• Textes de références au sein du RBI bis :
a) article 7.1 a : le juge du lieu d’exécution de l’obligation qui sert de base à la demande
b) article 7.1 b : distinction vente de marchandises (remise matérielle de la chose objet du contrat) et fourniture de services
(lieu où le service a été ou aurait dû être fourni).
• Jurisprudence
a) 7.1 a : De Bloos et Tessili qui s’appliquent uniquement au contrat de licence qui n’est ni un contrat de vente de
marchandises, ni un contrat de fourniture de services. En l’état, par exemple, d’une loterie publicitaire, 7.1 a) s’applique.
Attention : en raison de De Bloos, vous devez considérer chacune des obligations litigieuses, en vous souvenant que
l’obligation principale peut entraîner la compétence d’une seule juridiction même s’il y a des obligations secondaires.
b) 7.1 b : pour chacun des deux contrats spécifiques, vous avez une jurisprudence spécifique à connaître, qui n’est en aucun
De Bloos – Tessili, qui ne s’appliquent qu’à la seule « matière contractuelle ».
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Exemples de jurisprudence à connaître : Woodfloor (2011) pour le contrat d’agent commercial, Rehder (2009) pour le
contrat de transport aérien de personnes etc, etc…

Mineure
En l’espèce,…

Aucune difficulté ici ! Ce sont les éléments de l’énoncé qui vous guident.

2) loi applicable :

Majeure

• Textes de références au sein du RRI :

Évidemment, le texte de référence, « en matière contractuelle », est le RRI.

En cas de choix de loi applicable par les parties (article 3), les choses sont simples, en l’absence de choix, les choses sont
plus compliquées.

En l’état d’un contrat, et non plus seulement de « matière contractuelle », les choses sont plus compliquées. En effet, le
RRI est concurrencé, si le contrat est une vente internationale, par la Convention de La Haye de 1955 sur la vente d’objets
mobiliers corporels et par la CVIM quand celle-ci est immédiatement applicable ratione loci. Le RRI est concurrencé, si le
contrat est un contrat de transport, par la CMR de 1956, qui donne des solutions de droit matériel.

Ces situations mises à part, retenez donc que le RRI dispose notamment que :

- Contrats listés par l’article 4.1 :


a) le contrat de vente de biens est régi par la loi du pays dans lequel le vendeur a sa résidence habituelle ; - peu de chance
qu’il soit applicable (il faudrait que le juge compétent soit un juge d’un Etat européen désigné par le RBI bis, qui n’aura
pas ratifié la Convention de La Haye), puisque la France a donc ratifié CVIM et Convention de La Haye de 1955.
b) le contrat de prestation de services est régi par la loi du pays dans lequel le prestataire de services a sa résidence
habituelle ; - à considérer quand le contrat est un contrat de stockage, par exemple (…)
e) le contrat de franchise est régi par la loi du pays dans lequel le franchisé a sa résidence habituelle ;
f) le contrat de distribution est régi par la loi du pays dans lequel le distributeur a sa résidence habituelle ; - à considérer
bien sûr en cas de consultation qui partirait d’une relation commerciale établie de longue date, qualifiée comme
« matière contractuelle », puis rangée dans la catégorie fourniture de services (en tant contrat de distribution).
Attention pour le contrat de distribution, à la qualification comme loi de police des dispositions de l’article L.442-6 (autre
fiche).

- L’article 5 du RRI. On ne l’oublie pas en cas de contrat de transport !


1. À défaut de choix exercé conformément à l'article 3, la loi applicable au contrat de transport de marchandises
est la loi du pays dans lequel le transporteur a sa résidence habituelle, pourvu que le lieu de chargement ou le lieu
de livraison ou encore la résidence habituelle de l'expéditeur se situe aussi dans ce pays. Si ces conditions ne sont
pas satisfaites, la loi du pays dans lequel se situe le lieu de livraison convenu par les parties s'applique.
2. À défaut de choix exercé conformément au deuxième alinéa du présent paragraphe, la loi applicable au contrat
de transport de passagers est la loi du pays dans lequel le passager a sa résidence habituelle, pourvu que le lieu
de départ ou le lieu d'arrivée se situe dans ce pays. Si ces conditions ne sont pas satisfaites, la loi du pays dans
lequel le transporteur a sa résidence habituelle s'applique.
Les parties ne peuvent choisir comme loi applicable au contrat de transport de passagers, conformément à l'article
3, que la loi du pays dans lequel:
a) le passager a sa résidence habituelle, ou
b) le transporteur a sa résidence habituelle, ou
c) le transporteur a son lieu d'administration centrale, ou
d) le lieu de départ est situé, ou
e) e lieu de destination est situé.

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• Jurisprudence :

On s’attardera tout particulièrement sur l’arrêt Kerr précité, qui a permis une interprétation de l’article 4, 1 b), du RRI. Un
litige qui porte sur une obligation de paiement résultant d’une décision de l’assemblée générale des copropriétaires d’un
immeuble à appartements, relative aux frais d’entretien des parties communes de cet immeuble, doit être regardé comme
concernant un contrat de prestation de services, au sens de cette disposition.
o L’action à l’origine du litige est fondée sur les droits de la copropriété au paiement des contributions
relatives à l’entretien des parties communes d’un immeuble. Elle ne doit donc pas être considérée
comme concernant un contrat ayant pour objet un droit réel immobilier, au sens de l’article 4,
paragraphe 1, sous c), du RRI.
o En ce qui concerne la notion de « services », au sens de l’article 7, point 1, sous b), second tiret, du RBI
bis, il résulte de la jurisprudence constante de la Cour que cette notion implique, pour le moins, que la
partie qui les fournit effectue une activité déterminée en contrepartie d’une rémunération (CJUE, 23
avril 2009, Falco, 19 décembre 2013, Corman-Collins).
o En l’occurrence, l’action dont est saisie la juridiction tend à obtenir l’exécution d’une obligation de
paiement de la contribution des intéressés aux charges de l’immeuble dans lequel ils sont propriétaires,
dont le montant a été fixé par l’assemblée générale des copropriétaires.
o Dès lors, un tel litige doit être considéré comme ayant pour objet non pas un droit réel immobilier, au
sens de l’article 4, paragraphe 1, sous c), du RRI, mais une prestation de services, au sens de l’article 4,
paragraphe 1, sous b), de celui-ci.
o Conclusion : le litige qui porte sur une obligation de paiement résultant d’une décision de l’assemblée
générale des copropriétaires d’un immeuble à appartements, relative aux frais d’entretien des parties
communes de cet immeuble, doit être regardé comme concernant un contrat de prestation de services,
au sens de cette disposition (Remarque : cela signifie-t-il l’action de l’assemblée générale des
copropriétaires doit également être considérée comme étant fondée sur l’obligation de payer les frais
d’entretien des parties communes, obligation qui sert à la demande de ladite assemblée, s’inscrit
également dans un contrat de fourniture de services au sens de l’article 7.1 b) du RBI bis ? Si tel est le
cas, après avoir appliqué 7.1 a), matière contractuelle, il faudra appliquer 7.1 b) pour déterminer le juge
compétent, et non pas la jurisprudence De Bloos-Tessili !

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