Système de Direction des Véhicules
Système de Direction des Véhicules
Pierre DUYSINX
Ingénierie des Véhicules Terrestres
Université de Liège
Année académique 2005-2006
Références bibliographiques
R. Bosch. « Automotive Handbook ». 5th edition. 2002. Society
of Automotive Engineers (SAE)
T. Gillespie. « Fundamentals of vehicle Dynamics », 1992,
Society of Automotive Engineers (SAE)
T. Halconruy. Les liaisons au sol. ETAI. 1995.
H. Mémeteau. « Technologie Fonctionnelle de l’Automobile ».
4ème édition. Dunod. Paris. 2002.
W. Milliken & D. Milliken. « Race Car Vehicle Dynamics », 1995,
Society of Automotive Engineers (SAE)
J. Reimpell, H. Stoll, J. Betzler. « The automotive chassis:
engineering principles ». 2nd edition. 2001, SAE.
J.Y. Wong. « Theory of Ground Vehicles ». John Wiley & sons.
1993 (2nd edition) 2001 (3rd edition).
1
Plan de l’exposé
Fonctions de la direction
Epures cinématiques et statiques de la direction
Théorie d’Ackerman Janteau (rappel)
Epures de Jeanteau
Géométrie de la direction
Efforts et moments dans la direction
Mécanismes de direction
Système de timon
Mécanisme de Bricard (4 barres)
Mécanisme de Davis
Mécanisme à sortie rotative
Mécanismes à sortie linéaires
Mécanismes à pignons crémaillère
Plan de l’exposé
Systèmes d’assistance de la direction
Assistance hydraulique
Assistance électrique
La colonne de direction
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Fonctions de la direction
Le train avant et le système de direction ont pour mission de
permettre le braquage des roues directrices afin d’assurer le
guidage et le contrôle du véhicule
Epures de direction
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Condition de Jeanteau
Théorie d’Ackerman-Jeanteau
EPURE DE JEANTEAU
4
Condition d’Ackerman-Jeanteau
On voit que
tan δi = L/(R − t/2)
tan δe = L/(R + t/2)
Ce qui donne la condition d’Ackerman-Jeanteau
t
cot δe − cot δi =
L
Corollaire: δe · δi
Epure de Jeanteau
Remarque:
L’épure de Jeanteau tel que
dessinée habituellement est
inutilisable en pratique pour
le calcul
On utilise la propriété
suivante: le point Q
appartient à la droite MF
lorsque la condition de
Jeanteau est remplie.
L’écart du point Q par
rapport à la droite MF est
une mesure de l’erreur sur
la condition de Jeanteau.
5
Épure de Jeanteau
Epure de Jeanteau
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Géométrie de direction
La timonerie de direction transmet l’action de guidage de la
boîte d’engrenages de démultiplication du volant à la roue
Les débattements de suspension n’entraînent pas de braquage
des roues que s’il y a compatibilité complète entre la trajectoire
de la roue et le cinématique de la timonerie.
Dans tous les autres cas, les débattements de roues entraînent
des braquages de roues.
Dans la pratique la compatibilité parfaite n’est pas toujours
souhaitable.
Les erreurs de compatibilité donne la possibilité au conception
de créer des effets de braquage découlant des mouvements de
roues.
Géométrie de direction
Géométrie idéale: l’arc décrit par
la rotule de connexion au bras de
guidage suit exactement l’arc de
du bras de direction durant le
débattement de roue.
La construction du point idéal de
la barre de guidage du côté
châssis peut être déterminé soit
par conception assistée par
ordinateur, soit en utilisant des
méthodes graphiques ou Gillespie Fig 8.4: Géométrie idéale
analytiques telles que cercle de la direction pour une roue avec
d’inflexion, théorème de Bobilier, essieu indépendant
construction de Hartmann.
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Modification de la pince
L’arc décrit par l’extrémité de la
bielle de guidage lorsqu’elle
pivote autour de la rotule de
liaison avec le châssis est
fonction de la position de la
rotule de liaison au châssis.
Une erreur sur la position de ce
point donne lieu à un effet de
braquage toujours le même lors
des montées et descentes de
roue. Gillespie Fig 8.5: Erreur de
géométrie causant de la prise de
pince / ouverture
Modification de la pince
Lorsque le joint est extérieur au
point idéal (voir Figure), un
mouvement de montée ou
descente conduit à un braquage
de la roue vers la gauche si on
suppose que la bielle est en
arrière de l’axe.
Les débattements entraînent une
prise d’ouverture.
Il est difficile de maintenir la
pince avec les débattements
Gillespie Fig 8.5: Erreur de
Si le joint est intérieur, on a une
prise de pince avec les géométrie causant de la prise de
débattements pince / ouverture
Vue arrière de la roue gauche
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Couplage roulis / braquage
Un second type de d’erreur qui
altère le comportement routier
est le couplage roulis braquage.
Lorsque le joint sur le châssis
est situé au dessous du point
idéal et que le mécanisme de
direction est en arrière par
rapport à l’essieu, l’arc décrit
par la bielle de direction produit
un braquage à droite si la roue
est en compression (monte) et
un braquage à gauche si la roue
est en détente (descend). Gillespie Fig 8.6: Erreur de
géométrie causant du sous virage
On a alternativement prise de
pince et d’ouverture avec les Vue arrière de la roue gauche
bond rebond.
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Couplage roulis / braquage
La figure de droite montre le
couplage roulis braquage
mesuré expérimentalement sur
un véhicule.
Des lignes montantes vers la
droite indique un comportement
sous vireur.
La pente est le coefficient de
couplage roulis braquage ε
Le gradient sous vireur est alors
modifié par la quantité:
Gillespie Fig 8.7: Erreur de
dφ géométrie causant du sous virage
K rollsteer =ε Vue arrière de la roue gauche
da y
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Géométrie du train avant (rappel)
On définit la déport comme la
distance entre le plan de la roue et
point de percée de l’axe de pivot
dans le plan du sol.
Le déport sert à positionner les
freins, les suspensions, les
composants de la direction. Il sert
aussi à diminuer les efforts de
braquage et à améliorer les
sensation du guidage.
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Géométrie du train avant (rappel)
Le carrossage et le pinçage ne sont
normalement que des effets secondaires
dus au comportement de la direction. Ils ne
sont pas recherchés comme tels.
L’angle de carrossage est typiquement
établis pour conduire à des angles de
carrossage nul pour les débattements
rencontrés lors des principaux cas de
charge dynamique.
Des angles de pinces statiques non nuls ne
se justifient que si ils conduisent à une
pince nulle pour les forces de résistance au
roulement et les forces de traction. Gillespie Fig 8.8: Géométrie du
On essaie normalement de réduire l’usure train avant
des pneus plutôt que contrôler le
comportement dynamique
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Forces et moments sur le système de direction
Les réactions dans la
direction sont les moments
nécessaires pour contrer les
mouvements de l’angle de
braquage.
Les résultantes des moments
agissants dans les roues
droite et gauche via le
mécanisme de direction avec
ses démultiplication donne
une information au
conducteur
Gillespie Fig 8.10 :
Définition des forces et
moments
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Effet de la force verticale
L’effet de l’inclinaison du pivot peut être calculé en regardant la
figure suivante
Gillespie
Fig 8.11
La force Fz prend une composante Fz sin λ
Le bras levier autour de l’axe de pivot après braquage devient
d sin δ
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Effet de la force verticale
L’effet de l’angle de chasse peut être évalué en regardant la
figure suivante:
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Effet de la force latérale
La force latérale Fy agissant au centre de
contact de la roue produit un moment
fonction de la chasse (déport
longitudinal).
M L = ( Fyl + Fyr ) R tanν
Fyr et Fyl les forces latérales sous les roues
droites et gauches
R le rayon de la roue
Gillespie Fig 8.15 : Moment ν l’angle de chasse
produit par une force La force latérale tend à créer un moment
latérale en présence d’une
qui réduit le braquage pour une chasse
chasse
positive (effet sous vireur)
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Effet du moment d’alignement
Le moment d’alignement du pneumatique agit verticalement et
peut résulter en une composante parallèle à l’axe du pivot. Le
moment d’alignement est donc transmis à la direction
M AT = ( M zl + M zr ) cos λ ² + ν ²
Mzl et Mzr les moments d’alignement dans les pneus gauche et droit
λ l’angle de pivot
ν l’angle de chasse
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Modélisation des systèmes de direction
Les moments et forces dans le pivot de la roue sont des
sollicitations du mécanisme de direction.
Les moments produisent des moments dans la direction qui
déterminent le retour dans le volant.
Pour quantifier convenablement ce retour il faut tenir compte du
modèle de la direction: flexibilité, jeu, etc.
Un modèle très simple peut être adopté pour les basses
fréquences à conditions d’introduire des raideurs des bielles de
guidages, des raideurs équivalentes des boîtes de réduction, de
la souplesse latérale de la suspension, des fonctions de transfert
des systèmes d’assistance, etc.
Pour des calculs plus poussés, il est nécessaire de recourir à des
modélisation à l’aide de logiciel de système multicorps
(MECANO, ADAMS)
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Influences du système de direction
La conception du système de direction a une influence sur les
performance de la direction:
Sensation du centrage
Retour au point neutre
Efforts dans la direction
…
En outre, le système a aussi un impact sur le comportement
dynamique du véhicule:
Réponse transitoire
Comportement en virage
Stabilité en freinage
…
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Effets sous vireur
Le comportement en virage
est souvent évalué à l’aide de
gradient sous vireur.
La souplesse de la direction
entraîne une déviation des
roues par rapport à l’angle de
volant
L’angle de chasse et le
moment d’auto alignement
ajoute du gradient de sous
virage en présence de
souplesse dans la direction.
Gillespie Fig 8.19: Gradient sous vireur
mesuré au volant et à la roue d’un camion
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Stabilité en freinage
Le freinage est une illustration frappante dans laquelle le
système de direction joue un rôle crucial dans la réponse
directionnelle
Spécialement, sa conception a une influence directe sur la
stabilité et la résistance aux effets de freinage asymétrique.
L’angle de chasse a une influence sur la stabilité à résister aux
déviations causées par les freins, mais son efficacité est
fortement vulnérable durant les conditions de freinage.
Le tangage et le cabrage ont tendance à absorber les quelques
degrés de chasse mécanique initiale.
Lors d’un freinage important l’effet de chasse pneumatique
disparaît et s’inverse pour devenir fortement sur vireur.
Stabilité en freinage
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Stabilité en freinage
Lors d’une asymétrie des forces de freinage (due à un mauvais
fonctionnement du frein ou à un coefficient de friction
différentiel), le moment joue sur la souplesse de la direction en
ayant tendance à faire virer le véhicule.
Par exemple, un coefficient différentiel crée un moment qui
attire la voiture vers le côté de plus grande friction.
Avec un déport positif, le moment dans la direction tend
également à faire tourner le véhicule dans la même direction.
Plaide pour un déport négatif pour compenser les deux effets.
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Composante du couple moteur
Même en ligne droite le couple moteur produit un moment autour
de l’axe de pivot
Un joint homocinétique connecte le demi arbre au moyeu de la
roue
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Composante du couple moteur
M SA ≈ Fx [d + R sin(λ + ξ )]
La force propulsive donne un moment dont le bras de levier est
le déport augmenté de la distance à la perpendiculaire au joint
homocinétique
Lorsque le véhicule tourne, le roulis augmente l’inclinaison du
côté intérieur (soulèvement) et diminue l’inclinaison du côté
extérieur. Dès lors le bras de levier devient plus petit du côté
extérieur et devient plus grand du côté intérieur. Il s’en suit un
moment qui dirigé vers l’extérieur du virage.
La composante du couple moteur conduit donc à un incrément
de couple sous vireur
L’accroissement de couple sous vireur est de l’ordre de 1 deg/g
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Influence des forces de traction sur le moment
d’auto alignement
Lorsque le pneumatique
développe une force de traction,
son moment d’auto alignement
augmente
Cela augmente donc la
tendance du pneu à réduire sa
dérive.
L’application d’un couple moteur
conduit donc à un incrément de
gradient sous vireur
On estime que cet incrément
est de l’ordre de 0,5 à1 deg/g
de gradient de sous virage
Mécanismes de direction
Cas de l’essieu rigide:
le système (1) avec axe
pivotant
Système (2) avec axe fixe
Utilisation d’une bague en
bronze ou roulement pour les
articulations
Cas de l’essieu à roues
indépendantes
L’articulation (rotules) permet
les mouvements
perpendiculaires de direction et
de suspension
L’axe de pivotement est
matérialisé par la ligne passant
par le centre des 2 rotules
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Mécanismes de direction
La commande de pivotement est réalisée par
un bras solidaire du porte fusée relié à la
biellette de direction par l’intermédiaire de la
rotule de commande de direction (5).
Mécanismes de direction
Les biellettes de direction sont
reliées à une crémaillères dont
le déplacement est réalisé par le
mouvement d’un volant via le
pignon (1) assure la
démultiplication
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Mécanismes de direction
Mécanismes de direction
Le pivotement de l’essieu est abandonné sur les véhicules
exceptés les remorques:
Efforts importants au timon en cas de force sur une roue
Espace balayé trop important
Architecture « au dessus » de l’essieu
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Mécanisme 4 barres classique
Condition d’Ackerman-Jeanteau
La condition de Jeanteau n’est pas vérifiée par les dispositifs
utilisés en pratique, par exemple le mécanisme quatre barres
sin(γ − δ2 ) + sin(γ + δ1 ) =
sµ ¶2
l1 2
− 2 sin γ − (cos(γ − δ2 ) − cos(γ + δ1 ))
l2
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Mécanisme de Davies
Mécanisme de Davies
On voit sur la figure que:
b
tan α =
h
⎛b+ x⎞
tan(α + φ ) = ⎜ ⎟
⎝ h ⎠
⎛b−x⎞
tan(α − θ ) = ⎜ ⎟
⎝ h ⎠
Sachant que
tan α + tan φ
tan(α + φ ) =
1 − tan α tan φ
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Mécanisme de Davies
Il vient en substituant tan α et tan(α+φ):
b
+ tan φ
h b+ x
=
h h
1 − tan φ
b
hx
tan φ =
h ² + b ² + bx
De même
tan α − tan θ xh
tan(α − θ ) = tan θ =
1 + tan α tan θ h² + b² − bx
Mécanisme de Davies
Par en utilisant ces deux résultats, on a:
h ² + b ² + bx h ² + b² − bx
cot φ − cot θ = −
hx hx
2b
= = 2 tan α
h
Si on veut satisfaire la
condition de Jeanteau
t
cot φ − cot θ =
L t
Il faut avoir la condition géométrique tan α =
2L
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Mécanisme de Davies
En pratique le mécanisme de Davies n’est pas utilisé pour deux
raisons:
Il introduit une complication compte tenu de la présence de 4
glissières
Il est sensible aux tolérances pour sa réalisation.
On lui préfère donc le mécanisme quatre barre
Mécanismes de direction
Système de jambe de force
amortisseur de l’essieu avant de la VW
Polo (jusque 1994) avec son système
de direction.
La biellette de direction est
directement rapportée sur le tube de
guidage
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Mécanisme à sortie rotative
Sur les essieux rigides, excepté
les deux leviers d’accouplement
(3) qui sont attachés au porte
roue, on n’a besoin que d’une
barre d’accouplement (2), d’un
levier d’attaque (5) solidaire de
l’une des roues, d’une bielle de
commande (6).
Le volant de direction et le tube
de direction sont reliés à la
boîte de direction (1) qui
comporte un dispositif de
démultiplication.
La sortie de la boîte de direction Reimpel. Fig 4.5
est reliée à la bielle de
commande via un levier de
direction (4).
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Mécanisme à sortie linéaire
Système de direction synchrone Reimpel. Fig 4.3
en forme de A pour roues
indépendantes
Suspension avant d’une voiture
à conduite à gauche.
La barre de guidage (3) et le
levier d’accouplement (4) et le
levier auxiliaire (5) tournent
dans la même direction.
Le levier auxiliaire (5) forme un
renvoi.
Les biellettes de directions (2)
sont fixées à ces deux barres.
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Pignon crémaillère
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Assistance hydraulique
Assistance électrique
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