0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
71 vues15 pages

Systèmes Constitutionnels Comparé LAAMRANI

Systèmes Constitutionnels Comparé

Transféré par

aouchar.b
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
71 vues15 pages

Systèmes Constitutionnels Comparé LAAMRANI

Systèmes Constitutionnels Comparé

Transféré par

aouchar.b
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Les systèmes constitutionnels comparés

Chapitre 1 : les régimes parlementaires

Introduction

Tout régime politique n’est que la résultante du jeu des forces politiques et plus
particulièrement d’un ou plusieurs partis, dans le cadre institutionnel tracé par la constitution.
En ajoutons à cela les facteurs historiques, idéologiques et économiques qui présentent une
importance considérable.

Autrement dit, c’est la combinaison de ces différents éléments qui permet de déterminer la
nature des régimes et de les classifier.
Dans ce cours, il est question de traiter les régimes pluralistes qui se caractérisent à la fois
par leur unité, due à leur inspiration idéologique, et par leur diversité, qui tient aux modalités
variées adoptées pour l’aménagement des pouvoirs publics.
Sur le plan idéologique, les régimes pluralistes se rattachent à l’idéal démocratique sous sa
forme majoritaire, d’autre part, ils procèdent de la philosophie des lumières.
Sur le plan économique, ces régimes sont pratiqués par des sociétés développées, mettant en
œuvre le système capitaliste.
Sur le plan politique, ils affirment l’existence de libertés individuelles et collectives, et
respectent le droit de l’opposition de critiquer le gouvernement et de s’efforcer de lui
succéder au pouvoir.

Sur le plan institutionnel, ils aménagent le pouvoir de telle sorte que son exercice demeure
modéré, et pour cela, s’efforcent de réaliser un double équilibre, d’une part, entre l’autorité et
la liberté, et d’autre part, entre les organes directifs chargés d’élaborer et conduire la
politique nationale, et les organes délibérants chargés de contrôler les précédents.

En effet, il existe deux principaux régimes, d’une part, ceux qui cherchent à réaliser
l’équilibre des pouvoirs exécutif et législatif en organisant leur collaboration et en dotant le
gouvernement et les assemblées de moyens d’actions réciproques, c’est la voie du régime
parlementaire. Et d’autre part, en cherchant à réaliser l’équilibre des pouvoirs en les assurant
qu’ils demeureront en fonction pendant toute la durée préfixée de leurs mandats et en évitant
qu’ils ne disposent , les uns par rapport aux autres, de moyens d’actions décisifs, c’est la voie
du régime présidentiel.
Il faut signaler aussi, l’existence de régimes d’assemblée et de régimes mixtes.

A- Les origines historiques du régime parlementaire

Ils sont apparus au milieu du XVIII siècle en Grande Bretagne, au début du XIX siècle en
France, un peu plus tard dans les autres pays.
La naissance du régime parlementaire se situe, dans chaque pays, au moment précis où un
pouvoir royal encore fort mais déclinant doit composer avec des organes représentatifs en
pleine expansion. C’est pourquoi ce régime apparait dès le début comme un régime libéral et
de notables, parce qu’il est lié au suffrage censitaire.
La mise en place de ce régime a été lente et progressive, bien que la théorie de la séparation
des pouvoirs ait joué un rôle non négligeable dans cette mise en place, toutefois ce régime a
procédé de l’enchaînement des circonstances, de la pression des événements.

B- Les mécanismes du régime parlementaire

Tout régime parlementaire peut être défini comme un régime dans lequel le gouvernement
doit disposer à tout moment de la confiance de la majorité parlementaire.

1- La dissociation des organes exécutifs et la procédure du contreseing

En régime parlementaire, il y a d’une part, dissociation entre les fonctions de chef de l’Etat et
celles de chef de gouvernement, qui sont confiées à des organes distincts et, d’autre part,
transfert au second de la substance des compétences extrêmement importantes qui étaient
l’apanage traditionnel du premier.

Le chef de l’Etat a pour vocation d’incarner la continuité de l’Etat mais, en principe, il ne


participe ou très peu à l’exercice du pouvoir, exception faite du choix du chef du
gouvernement et encore doit-il le choisir dans la majorité parlementaire. Politiquement
irresponsable et par conséquent assuré de demeurer en fonction, pour la durée de son règne
ou celle de son mandat, il est aussi sans autorité réelle. Celle-ci est exercée par le chef du
gouvernement et par ses ministres.
Ce sont eux qui assument devant les assemblées la responsabilité de la politique nationale.
En régime parlementaire, tout acte du chef de l’Etat doit être contresigné par le chef du
gouvernement, qui en prend ainsi la responsabilité devant les chambres. A l’origine, le
contreseing avait le caractère d’une acceptation par le gouvernement de la décision prise par
le chef de l’Etat. Actuellement, la signature du chef de l’Etat a le caractère d’une
authentification de la décision prise par le gouvernement.

2- La responsabilité politique du gouvernement et la dissolution

C’est la pièce maitresse du régime parlementaire, elle permet, associée au droit de


dissolution, d’apporter une solution aux conflits susceptibles de survenir entre le
gouvernement et la majorité parlementaire, dont pourtant il est issu.
La mise en cause de la responsabilité politique du gouvernement peut conduire à la
constitution d’un nouveau gouvernement qui aura la confiance de la majorité, cependant que
la dissolution peut dégager une nouvelle majorité.

La responsabilité politique du gouvernement peut revêtir deux significations. Dans le


premier cas, il s’agit d’un moyen de pression du gouvernement, qui pose la question de
confiance ou engage sa responsabilité, sur sa majorité, c’est-à-dire sur ceux qui doivent
normalement lui apporter leur soutien parce qu’ils appartiennent au même parti. En effet, s’il
constate chez ces derniers des réserves à l’égard de sa politique générale ou d’un projet de loi
important, il peut engager son existence devant l’assemblée afin de les mettre devant leurs
propres responsabilités.
Dans le second cas, il s’agit d’un moyen d’action de l’assemblée sur le gouvernement. Les
parlementaires peuvent vouloir obliger celui-ci à démissionner parce qu’ils désapprouvent sa
politique. Logiquement l’initiative doit alors venir des membres de l’opposition, qui
déposent une motion de censure en espérant y rallier une partie de la majorité.
La dissolution représente un autre moyen de résoudre le désaccord éventuel entre le
gouvernement et la majorité. Il s’agit de faire appel à l’arbitrage populaire, quel que soit le
résultat, le chef de l’Etat n’a plus qu’à choisir le chef du gouvernement au sein de la majorité
qui conquiert le pouvoir.
Il est à signaler, que la décision de prononcer la dissolution doit, en régime parlementaire,
toujours être prise par le chef du gouvernement, même si, en la forme, elle parait émaner du
chef de l’Etat.
Ainsi, la dissolution ne s’applique qu’à l’assemblée élue au suffrage universel direct.

3- La collaboration du gouvernement et des assemblées

Elle est impliquée par l’esprit même du régime parlementaire, qui exige, que le
gouvernement et la majorité soient étroitement soudés. C’est ainsi que les ministres sont
normalement choisi parmi les parlementaires et qu’ils ont accès aux assemblées. Le
gouvernement a l’initiative législative et participe activement à l’élaboration de la loi.

C- Les modalités des régimes parlementaires

1- Régime parlementaire dualiste et régime parlementaire moniste

C’est sous sa forme dualiste que le régime parlementaire a d’abord été pratiqué, le roi ne
faisait pas que régner il gouvernait aussi, pour une part.
En ce régime, le gouvernement est politiquement responsable devant l’assemblée et devant le
roi qui participe activement à l’exercice du pouvoir.
En effet, ni la révocation du chef du gouvernement par le chef de l’Etat, ni sa censure par
l’assemblée ne pourraient suffire à rétablir l’harmonie.

C’est pourquoi le régime dualiste est justement critiqué, il ne présente aucun des avantages
attendus du régime parlementaire, puisqu’il met directement en cause le chef de l’Etat et peut
conduire au blocage. Ainsi, il fut abandonné par tous les pays qui l’ont pratiqué.
La double responsabilité politique ne subsiste plus que dans les régimes mixtes.

2- Le régime parlementaire biparti et les régimes parlementaires multipartis

Le régime parlementaire biparti a pour principale caractéristique de donner à l’un des deux
partis en présence la majorité absolue à l’assemblée, de ce fait, la responsabilité politique du
gouvernement ne sera pratiquement jamais mise en cause, la stabilité gouvernementale est
remarquable et l’alternance est régulière.
Les régimes parlementaires multipartis présentent moins d’unité, certains fonctionnent de
manière remarquable (l’Allemagne), d’autres connaissent des situations différentes, c’est
ainsi que la présence d’un grand parti d’opposition peut obliger les autres partis à se coaliser
pour éviter qu’il n’accède au pouvoir (l’Italie).

3- Les régimes parlementaires rationalisés

Deux procédés sont utilisés pour rationaliser ces régimes. D’une part, on s’efforce de donner
au gouvernement, lors de sa formation, la plus large majorité possible, pour cela le chef du
gouvernement, doit se présenter devant l’assemblée élue, lui présenter son gouvernement et
exposer son programme, pour en obtenir le vote d’investiture à une majorité qualifiée.
D’autre part, on s’efforce d’obliger les députés à bien réfléchir avant de contraindre un
gouvernement à la démission. C’est pourquoi la mise en cause de la responsabilité politique
du gouvernement est précédée de formalités qui constituent autant d’obstacles : un délai de
réflexion, une majorité qualifiée, la désignation concomitante d’un gouvernement
successeur.

4- L’évolution contemporaine du régime parlementaire

Désormais, les députés appartiennent à des partis et n’agissent plus à titre individuel comme
au début, ils doivent suivre avec discipline les consignes. Le régime parlementaire est
devenu un régime de partis.
Il s’en suit que lorsqu’il fonctionne correctement, on ne peut plus considérer le
gouvernement et l’assemblée comme des organes antagonistes, puisque c’est le même parti
qui dispose du premier et de la majorité au sein de la seconde.
D’autre part, on assiste à un recul des procédures traditionnelles, comme le refus de
confiance et la motion de censure, cela dépend dans une large mesure à la solidité de la
majorité.
Chapitre 2 : Le régime présidentiel

Ce régime se caractérise par une grande unité, dans le sens où il est peu pratiqué par les Etats
occidentaux, si l’on exclut les régimes présidentialistes (concentration des pouvoirs au
niveau de la présidence) d’Afrique et d’Amérique latine, il s’agit essentiellement du modèle
américain.

I - L’évolution historique du régime présidentiel

Ce régime est apparu à la fin du 18 eme siècle, avec la constitution des Etats Unis de 1787,
en d’autres termes, il s’est instauré plus d’un demi-siècle après l’établissement du régime
parlementaire de la Grande Bretagne, tout en naissant dans une conjoncture bien distincte.
Ce régime se présente comme la traduction systématique des pensées des lumières, tout
particulièrement la théorie de la séparation des pouvoirs de Montesquieu.
Même si le régime présidentiel émane de la pratique observée dans les décennies qui
suivirent l’adoption de la constitution américaine, mais en le comparant avec le régime
parlementaire, il demeure beaucoup plus la résultante d’une volonté de ceux qui ont rédigé la
constitution, que d’une accumulation des faits et événements.
Il s’agit d’un régime lié à la réflexion sur le pouvoir, comme en témoigne sa constitution,
surtout dans ses trois premiers articles consacrés à la séparation des pouvoirs.

II Les fondements du régime présidentiel

Ce régime se caractérise par sa simplicité et surtout par l’équilibre des pouvoirs exécutif et
législatif et leur autonomie réciproque et leur certitude de demeurer en fonction jusqu’à la fin
de leur mandat.

1- L’unité de l’exécutif et l’autorité du président

Le régime présidentiel est un régime de concentration du pouvoir exécutif entre les mains du
président, celui-ci dispose de la plénitude du pouvoir exécutif. Il l’exerce soit directement
soit par l’intermédiaire de ses « ministres ». Ici, il n’y a pas une dualité de l’exécutif, plus
encore le président est à la fois chef de l’Etat et chef du gouvernement, et en conséquence les
« ministres » ou collaborateurs relèvent directement de lui, il les choisit, les nomme, et les
révoque.
Ainsi, le président est le titulaire exclusif du pouvoir exécutif, dans la mesure où il n’y a pas
de chef du gouvernement. Quant au vice-président, élu en même temps que le président, ne
peut jouer un rôle politique que dans la marge voulue par le président.

Les « ministres » ou collaborateurs ne constituent pas un gouvernement, c’est-à-dire un


organe collégial et solidaire, chacun d’eux est chargé d’accomplir une tache et mettre en
œuvre la politique du président, celui-ci peut à n’importe quel moment mettre fin aux
fonctions d’un collaborateur.

En régime présidentiel, le président est en principe élu au suffrage universel direct ou quasi
direct, il peut s’agir même d’une élection par un collège de grands électeurs, même si ce
procédé est moins démocratique mais de toute façon, l’élection doit se faire sur une base
dépassant largement le cadre restreint des assemblées parlementaires. Cela s’explique par le
fait que le président qui est censé conduire la politique nationale devrait bénéficier d’une
légitimité sur pied d’égalité avec celle des organes représentatifs.

2- L’autonomie réciproque du président et des assemblées

La spécificité du régime présidentiel tient du fait que les instances exécutives (le président et
les collaborateurs) disposent de la plénitude du pouvoir exécutif, et les organes législatifs (les
assemblées) disposent pleinement du pouvoir législatif, et ce tout au long de leurs mandats.

Ceci étant, aucun organe ne peut interférer dans l’exercice des attributions dévolues à l’autre
: le président ne peut pas légiférer, et les assemblées ne peuvent nullement intervenir en
matière exécutive.

D’autre part, aucun organe ne peut exercer une pression à l’égard de l’autre : le président n’a
pas la compétence de prononcer la dissolution de l’assemblée, et celle-ci ne peut mettre en
cause la responsabilité politique du président. Après l’élection, chaque organe demeure au
pouvoir pour la durée de son mandat. D’ailleurs l’institution de la vice-présidence s’explique
par la volonté d’achever le mandat du pouvoir exécutif en cas de disparition du président.

3- Les difficultés du régime présidentiel

La séparation stricte du pouvoir, caractéristique du régime présidentiel engendre des


difficultés à la fois politiques et institutionnelles.
Les difficultés institutionnelles sont claires et prouvent bien que le régime présidentiel
américain est le fruit de visions anciennes et parfois même dépassées. Le fait que les
assemblées disposent de la plénitude du pouvoir législatif, empêche le dépôt de projets de
lois par le président, alors que ce dernier est élu pour mettre en œuvre son programme et il a
énormément besoin de la voie législative.
Les difficultés politiques peuvent engendrer une paralysie du systè[Link] le président et les
majorités parlementaires ne relèvent pas du même courant politique, il y a un risque de
blocage et de tensions, et de sa part le régime présidentiel ne contient pas des mécanismes
capables de résoudre les éventuels conflits.
Et comme chaque organe est assuré de demeurer en fonction jusqu’à la fin du mandat, les
deux pouvoirs sont condamnés à vivre ensemble même en désaccord.
Chapitre 3 : Les régimes mixtes

Les régimes mixtes combinent éléments empruntés au régime parlementaire et éléments


empruntés au régime présidentiel, ce qui pose parfois, quant à leur fonctionnement, le
problème de leur cohérence.

A – Les caractéristiques du régime mixte

Au régime parlementaire, les régimes mixtes empruntent l’existence d’un gouvernement,


collégial et solidaire, responsable devant l’assemblée élue au suffrage universel direct, au
régime présidentiel, ils empruntent l’institution d’un président élu, lui aussi, au suffrage
universel direct et disposant de pouvoirs souvent considérables.

Parmi les régimes mixtes existant actuellement, il faut citer l’Autriche, la Finlande, le
Portugal, la France…

Ces régimes sont relativement récents et ne se sont implantés que depuis un peu plus d’un
demi-siècle pour la Finlande, nettement moins pour les autres. Ils procèdent tous d’une
constitution écrite mais doivent beaucoup à la pratique.
Il existe des différences de fonctionnement entre ces régimes de même type institutionnel, du
point de vue de la constitution les similitudes sont évidentes, bien que le président puisse
disposer de pouvoirs plus ou moins importants. Mais si on considère la réalité politique, on
constate que certains présidents vont au-delà de leurs pouvoirs constitutionnels et que
d’autres demeurent en deca de ce que leur permet la constitution.

C- Le fonctionnement des régimes mixtes et le problème de leur cohérence

Dans certains pays, les difficultés sont éludées parce que le président renonce en fait à tenir
le rôle moteur qui pourrait être le sien. L’explication est structurelle. C’est le cas le plus
fréquent, celui de l’Autriche, de l’Irlande, de l’Islande, qui bien qu’élisant un président au
suffrage universel direct ont des régimes se rapprochant, à des degrés divers, du régime
parlementaire.

En France où le président exerce pleinement ses pouvoirs le fonctionnement a paru


satisfaisant au cours des périodes où il disposait d’une majorité parlementaire, absolue ou
seulement relative.

Entre 1986 et 1988, puis entre 1993 et 1995, lorsqu’un président a eu à affronter une majorité
et un gouvernement dont les convictions politiques étaient contraires aux siennes, il a fait
figure de chef de l’opposition tout en laissant le premier ministre gouverner (la cohabitation).

Mais à partir de 2007, la France connait l’organisation des élections législatives et


présidentielles le même an, et généralement c’est la même couleur politique qui est
représentée à la présidence et au gouvernement.
Il reste que le fonctionnement des régimes mixtes est empreint d’une certaine fragilité. En
effet, régime parlementaire et régime présidentiel comportent chacun, en fonction de leur
logique propre, des solutions aux crises possibles entre l’exécutif et le législatif.

Les régimes mixtes, au contraire, dans la mesure où ils établissent un gouvernement de type
parlementaire et un président de type présidentiel, accroissent les risques de conflits, au
moins si chaque organe entend utiliser pleinement ses pouvoirs. Les risques de blocage des
institutions ne sont donc pas négligeables.
Chapitre 4 : Le régime parlementaire Britannique

I- Les antécédents historiques

Les grandes luttes politiques du VXII siècle, marquées par les révolutions de 1648 et 1689 et
soutenues par le parlement contre la dynastie absolue des Stuart, forment le point de départ
de l’évolution. Sans doute le parlement existait déjà. Il se composait d’une chambre haute
(les Lords) où siègent prélats et barons, et d’une chambre basse (les Communes) où siègent
chevaliers et bourgeois.
1689 marque le début d’une évolution vers un parlementarisme modéré et raisonnable. Dans
le même temps, de grands textes sont adoptés en vue de protéger les droits individuels
(pétition des droits de 1628, Bill of rights de 1689).
C’est la constitution d’un cabinet politiquement responsable devant les communes qui va
œuvrer à l’établissement du régime parlementaire au XVIII siècle. Au départ les ministres ne
sont que de simples membres du conseil privé sans existence collective.
Mais lorsque, en 1714, les princes allemands montent sur le trône, ils ignorent la langue
anglaise et se désintéressent des affaires du royaume. Le cabinet acquiert alors une existence
autonome, sous l’autorité du premier ministre, et se détache du conseil privé.
Les ministres ne sont d’abord qu’individuellement responsables devant le parlement pour les
actes de leur gestion. C’est une responsabilité purement pénale.
A partir de 1689, la simple menace de l’impeachment va conduire les ministres à se retirer
lorsqu’ils se sentent désapprouvés par les Communes. Ainsi, une responsabilité politique et
collégiale a priori se substitue à une responsabilité pénale et individuelle a posteriori.
Le cabinet est désormais un organe solidaire dirigé par le premier ministre, politiquement
responsable devant les Communes et non devant le roi. Celui-ci qui conserve le droit de
dissoudre les Communes.

Ce nouveau système était libéral mais pas démocratique, son support électoral demeurant
très restreint. Par étapes progressives des réformes interviennent en 1832, 1867, 1872,1884
pour étendre le droit de suffrage et garantir la sincérité du vote. C’est en 1918 que le suffrage
universel masculin et féminin fut adopté.
Dans le même temps une redistribution s’opérait entre les différents organes, ceux que leur
recrutement se situait hors circuit démocratique étaient pratiquement écartés de l’exercice du
pouvoir ( la monarchie et la chambre des Lords) . Seuls conservent une importance politique
les Communes, le Cabinet et aussi les deux grands partis compétents.

II- Le bipartisme Britannique

Il y a une filiation directe entre le parti conservateur et le parti des tory des origines, de
même que le parti libéral et le parti des whigs. Mais, le parti libéral, dont le rôle a été si
important au XIX siècle, a été pratiquement éliminé par le parti travailliste.
Ainsi, le système des deux partis, rompu par l’apparition, à l’extrême fin du XIX siècle, du
Labour Party, s’est lentement reconstitué par l’éviction progressive, notamment au cours de
la période comprise entre les deux guerres mondiales, qui a été une période de tripartisme, de
l’un des partis en présence.
Ce phénomène s’explique pour une part, par le mode de scrutin britannique, pour une autre
part, par le fait que le parti travailliste a été constitué à l’origine par les syndicats, et qu’il a
bénéficié de leurs effectifs dès sa naissance, ce qui lui a permis de faire irruption tout armé
dans l’arène politique.

Le système majoritaire à un tour tend naturellement au bipartisme. Le caractère immédiat de


ce mode conduit l’électeur à voter utile. Dans un souci d’efficacité, il se détourne de lui-
même du troisième parti.
Dès lors le troisième parti estimera souvent inutile de présenter des candidats dans toutes les
circonscriptions, ou bien il ferra alliance avec l’un des deux autres en lui apportant des
suffrages dans certaines circonscriptions pour pouvoir se maintenir dans d’autres.

Il est à signaler aussi l’existence des électeurs flottants, c’est-à-dire, ceux qui ne suivent pas
fidèlement l’un des deux partis en compétition. C’est donc une minorité qui détermine
l’issue des élections.

Jusqu’à présent, le scrutin avait contribué à la formation de majorités parlementaires nettes


en avantageant les deux grands partis et en sous-représentant le parti libéral démocrate.

Depuis 1945, aucun des deux partis conservateur et travailliste n’a obtenu la majorité absolue
des voix, mais l’effet grossissant du scrutin est tel qu’un faible écart des voix suffit à
déterminer, le plus souvent, une différence sensible sur le plan des sièges.
Le scrutin peut aussi donner lieu à des résultats surprenants. En effet, il peut arriver qu’un
parti minoritaire en voix obtienne la majorité absolue des sièges.
Pour ce qui est du parti conservateur, il comporte environ 500 000 adhérents, le leader est élu
par le groupe parlementaire selon une procédure qui a été assez largement modifiée en 1974
et qui le place dans une certaine mesure, sous le contrôle du groupe.
Pour sa part, le parti travailliste a deux catégories bien distinctes d’adhérents, d’une part , les
syndicats peuvent adhérer collectivement, mais leurs membres doivent s’ils veulent devenir
membres du parti , confirmer individuellement, par le paiement d’une cotisation. D’autre
part, il y a les adhérents directs, constitués en section locale. Les syndicats assurent le soutien
financier.
En 2006, le parti revendiquait 450 000 adhérents.

Le parti libéral démocrate héritier du parti des whig , résulte de la fusion en 1988 de l’ancien
parti libéral et du parti socialiste démocrate. Il n’a cessé de progresser sur le plan des
élections locales, désormais c’est la troisième force dans la scène politique.

III – Le cadre institutionnel

La constitution britannique est coutumière et souple, qui peut être modifiée à tout moment
sans procédure particulière. Les grands textes qui jalonnent l’histoire britannique, de la
Grande charte aux déclarations des droits, pourraient être modifiés par le parlement.
La monarchie quant à elle est soumise à la règle fondamentale de la neutralité politique du
souverain. Ses prérogatives sont purement nominales et aucune d’entre elles ne peut être
exercée sans le contreseing du premier ministre et des membres intéressés du cabinet.
La chambre des Lords s’est vu réduire les prérogatives surtout depuis 1949, puisque les
communes peuvent passer outre l’opposition des Lords en votant le projet de loi dans son
même texte, au cours de deux sessions successives séparées par un délai minimum d’un an.
Quant aux pouvoirs financiers, ils ont été réduits à néant dès 1911, les textes votés par les
communes devenant définitifs au bout d’un mois, quel que soit le vote des Lords.
La chambre des Communes ou la première chambre est dotée d’attributions très importantes,
elle a le pouvoir de voter les lois, des pouvoirs financiers, des pouvoirs de contrôle et peut
mettre en cause la responsabilité politique du Cabinet.
Le premier ministre et le cabinet sont les organes clés du pouvoir, ceux qui déterminent et
conduisent la politique de la nation.
Le premier ministre est nécessairement le leader du parti majoritaire aux Communes, il est
nommé par la reine, s’il démissionne en cours de législature, il appartient à son parti de
désigner le nouveau leader. L’usage veut que la dissolution soit décidée dans un délai
raisonnable, afin de permettre aux électeurs de faire connaitre leur volonté.
Le cabinet exerce tous les pouvoirs, c’est l’organe politique chargé par les électeurs de
promouvoir la politique annoncée dans la plateforme électorale du parti vainqueur des
élections.
Il est à signaler qu’à partir de 2011 (les actes du parlement de 2011), le premier ministre
britannique n’a plus la possibilité de recourir à la dissolution de la première chambre.
Autrement dit, il a perdu son droit classique, celui de demander à la reine l’annonce de la
dissolution. En d’autres termes, la tenue d’élections anticipées en Grande Bretagne ne peut
être réalisée que si la première chambre vote une auto dissolution, ou dans le cas où elle vote
une motion de défiance contre le gouvernement.
Chapitre 5 : Le régime présidentiel des Etats Unis

Le régime politique des Etats unis est marqué par le rôle primordial des élections, et par
l’organisation du pouvoir qui concilie efficacité et libéralisme, dans le sens où le président
assume un rôle de direction avec des limites évitant tout arbitraire.

-1- Les éléments constitutionnels et fédéraux

- La constitution :

La constitution des Etats Unis est la plus ancienne constitution écrite et date du 17 septembre
1787.
Le texte initial est divisé en 17 articles, les trois premiers traitent du pouvoir législatif fédéral
(le congrès), du pouvoir exécutif fédéral ( le président) et du pouvoir judiciaire fédéral.
La constitution met en place un système fédéral qui contient des dispositions visant à
protéger les Etats fédérés, et ce à travers l’institution de la chambre fédérale (le sénat).
Concernant le Sénat l’article 1, section 3 indique qu’il est composé de deux sénateurs pour
chaque Etat, chacun d’eux disposant d’une voix.
La constitution des Etats unis est rigide, les deux procédures de révision prévues par l’article
5 demeurent complexes. La constitution peut être révisée soit sur l’initiative du Congrès par
le vote des deux chambres à la majorité des deux tiers, soit sur l’initiative des législateurs des
deux tiers des Etats par une convention spécialement élue à cet effet.
Dans les deux cas, les amendements adoptés doivent être ratifiés par les trois quarts des
Etats. En effet, c’est toujours la procédure impliquant une initiative du Congrès qui est
utilisée. Autrement dit, les révisions intervenues l’ont été sur initiative fédérale.
Il est à signaler que ces procédures portent les traces des doctrines du contrat social qui ont
dominé le 18 eme siècle et qui ont inspiré la constitution américaine, dans le sens où le pacte
originel ne peut être modifié que par un accord qui doit tout de même faire l’objet d’une
large majorité.

- Les amendements :

Il s’agit de 27 amendements ratifiés, les dix premiers entrés en vigueur dès le 15 décembre
1791, c’est-à-dire 4 ans seulement après l’adoption de la constitution, dont neuf d’entre eux
présentent une déclaration des droits à la manière anglo-saxonne (très concrète), tandis que le
dixième trace les principes qui doivent présider à la répartition des compétences entre
l’Union et les Etats.
On ajoute à ces amendements les deux suivants ratifiés en 1798 et en 1804 qui complètent le
texte initial par rapport à l’organisation des pouvoirs publics fédéraux et plus
particulièrement le rôle du pouvoir judiciaire et l’élection du président et du vice-président.
Viennent par la suite les trois amendements (13, 14 et 15) entrés en vigueur lors de la guerre
de sécession (1865,1868 et 1870) qui abolissent l’esclavage et interdisent les discriminations
raciales sur le plan civique.
Depuis lors les amendements intervenus sont diversifiés : deux d’entre eux (18 et 21) traitent
les boissons alcoolisées, au début pour les prohiber (en 1919) puis pour rapporter cette
décision (1933).
Les autres traitent les questions fiscales, électorales, des mandats présidentiels et l’égalité des
sexes.

La pratique politique :

Les textes constitutionnels ont joué un rôle considérable dans le développement des
institutions américaines, toutefois le fonctionnement doit également davantage à la pratique
politique.
A vrai dire, le texte initial est trop ancien par rapport aux nouveaux problèmes posés. Si la
constitution fut innovatrice à la fin du 18 eme siècle elle ne l’est pas à l’heure actuelle, et par
conséquent c’est la pratique politique qui s’est substituée aux insuffisances du texte.

Le fédéralisme américain :
- La forme fédérale américaine participe de manière efficace à l’équilibre du système
politique.
La constitution américaine instaure des institutions fédérales et trace ainsi les principes de la
répartition des compétences entre l’Union et les Etats fédérés.
C’est le contenu du 10 eme amendement selon lequel « les pouvoirs qui ne sont pas délégués
aux Etats unis par la constitution ni refusés par elle aux Etats sont conservés par les Etats
respectivement ou par le peuple ».
Autrement dit, l’Union bénéficie de compétences d’attribution et les Etats de compétence de
droit commun.
Il est à signaler ici que l’évolution politique a été en faveur des compétences de l’Union qui
se sont accrues. L’évolution a donc été favorable à l’Union, preuve en est les interventions
du pouvoir fédéral dans des secteurs où il n’intervenait pas (économie, social).
- Quant aux Etats fédérés ils sont en nombre de 50, dont la superficie, la population et la
richesse restent variables, mais restants entre eux sur pied d’égalité aussi bien au niveau
juridique qu’au niveau politique.

- En effet, chaque Etat membre a sa constitution et ses institutions, qui sont


généralement inspirées par le modèle fédéral. C’est-à-dire un parlement bicaméral,
gouverneur élu au suffrage universel, système judiciaire faisant une large place à l’élection.

- Certains Etas ont des mécanismes de démocratie semi directe : initiative populaire,
référendum, en d’autres termes la possibilité pour les électeurs de révoquer leurs élus.

II- Les données politiques

- Le bipartisme américain :

Au départ, le bipartisme américain connaissait une période de confusion qui s’est étalée
jusqu’au milieu du 19 eme siècle.
Il y avait le parti fédéraliste (Hamilton et John Adams) et le parti républicain, devenu par la
suite républicain démocrate (Jefferson et Madison) qui défendait les droits des Etats face au
renforcement redouté du pouvoir fédéral.
Les républicains démocrates réussissent par la suite à devenir la formation la plus puissante
et à presque éliminer le parti fédéraliste. Mais le problème de l’esclavage et celui de
l’accession de nouveaux Etats imposent une nouvelle distribution du champ politique.
En 1854 les dissidents d’un certain nombre de formations politiques ( le plus célèbre
[Link]) créent le parti républicain, qui regroupe très vite les éléments anti-esclavagistes,
alors que le parti républicain démocrate, devenu parti démocrate s’attache aux intérêts
esclavagistes.
Dès lors le bipartisme américain prend son aspect définitif.
Les partis américains sont des partis de gestion dotés d’une grande souplesse et caractérisés
par l’absence d’une discipline partisane.
L’activité des partis se manifeste surtout pendant les campagnes électorales. Au niveau
fédéral, il existe une convention nationale qui se réunit tous les quatre ans pour l’élection
présidentielle.

Le système électoral :

Ce sont les Etats qui sont compétents pour déterminer les règles relatives aux élections, la
législation électorale peut varier d’un Etat à un autre.
Toutefois, la compétence de principe des Etats ne les autorise pas à contrecarrer les
dispositions constitutionnelles qui traitent les élections, dont on peut citer : le 12 eme
amendement sur l’élection présidentielle, le 15 eme interdisant les discriminations
électorales pour des raisons de race, de couleur ou de condition antérieure de servitude, le 17
eme sur l’élection des sénateurs au suffrage universel, le 19 eme interdisant les
discriminations électorales en fonction du sexe …

III – Le pouvoir politique fédéral

- Le président

Il est élu directement par l’ensemble de la population, suite à un mécanisme complexe et


originel, qui comporte deux phases et qui s’étend de février à novembre.
Les deux partis (démocrates et républicains) proposent chacun leurs candidats à la présidence
et à la vice -présidence. Ces candidats sont désignés par une convention nationale au cours
de l’été qui précède l’élection présidentielle (les élections primaires).
En ce qui concerne la candidature du président en exercice, le 22 eme amendement a décidé
qu’il ne pourrait être réélu qu’une seule fois. Le président qui a pris ses fonctions suite au
décès ou de la démission de son prédécesseur et a exercé son mandat plus de deux ans ne
peut être élu qu’une seule fois.
Le scrutin présidentiel permet aux électeurs d’élire de grands électeurs qui s’engagent à
voter, lors du scrutin final, soit pour le candidat républicain, soit pour le candidat démocrate.
Le scrutin à deux degrés comporte le même effet pratique qu’une élection au suffrage
universel direct.
L’élection des grands électeurs se tient au scrutin de liste à un seul tour et à la pluralité des
voix. Le nombre des grands électeurs est fixé dans chaque Etat au total des sénateurs et des
représentants de cet Etat, mais ni les représentants ni les sénateurs ne peuvent être élus
grands électeurs.
Le nombre total de mandats est de 538 (correspondant aux 435 représentants, 100 sénateurs
et 3 délégués pour le district de Columbia). Il faut pour être élu président obtenir au moins
270 mandats. D’où l’importance d’emporter la majorité dans quelque uns des grands Etats
industriels à forte représentation : Californie 50 mandats, New York 33, Texas 32, Floride
25.

Dans le cas- assez improbable- où aucun candidat n’obtiendrait la majorité absolue des
mandats, il revient à la chambre des représentants de désigner le président parmi les trois
candidats ayant obtenu le plus grand nombre de voix.
Les pouvoirs du président :
La constitution le place comme chef de l’exécutif fédéral, il est le principal titulaire du
pouvoir politique.
Le président assume à la fois le rôle de chef de l’Etat et les pouvoirs de chef de
gouvernement, il dispose de la plénitude du pouvoir gouvernemental.
Si le président est le chef des armées, c’est au congrès qu’il appartient d’entretenir les
armées, d’accorder les crédits nécessaires, de déclarer la guerre ou d’autoriser le président à
utiliser les forces armées sur des théâtres d’opérations extérieures.
Le président détient le pouvoir de conclure les traités, mais leur ratification doit être
autorisée par le Sénat, de même pour le pouvoir de procéder à des nominations, dont les plus
importantes doivent être approuvées par le Sénat.
En fin le président a le droit de véto législatif.
Sur le plan politique, le président est irresponsable, en vertu de la constitution ( article 2) il
peut assumer une responsabilité pénale pour trahison, corruption ou crimes et délits majeurs (
la procédure d’impeachement). Si le président est mis en accusation par la chambre des
représentants à la majorité, il est jugé par le Sénat, présidé par le président de la cour
suprême et qui doit se prononcer à la majorité des deux tiers des présents.

Le Congrès

Il se compose de la chambre des représentants et du Sénat.


Les représentants sont élus au suffrage universel direct, au scrutin uninominal à un tour et à
la pluralité des voix, pour un mandat de deux ans.
La chambre des représentants dispose du pouvoir législatif, sur un pied d’égalité avec le
Sénat (initiative, examen, vote). Elle ne peut mettre en cause la responsabilité politique du
président.

Le Sénat quant à lui est l’organe spécifiquement fédéral, il assure aux Etats une
représentation égale quelle que soit leur importance (deux sénateurs par Etat). Les sénateurs
sont élus au suffrage universel direct, leur mandat est de six ans et ils sont renouvelés par
tiers tous les deux ans.

Le Sénat dispose su même pouvoir législatif que la Chambre, mais il a le pouvoir d’autoriser
les ratifications des traités, à la majorité des deux tiers des sénateurs présents, ainsi que le
pouvoir d’approuver , à la majorité simple, un grand nombre de nominations faites par le
président, dont celles des juges de la cour suprême, des ambassadeurs…

Vous aimerez peut-être aussi