Calcul Différentiel et Exercices
Calcul Différentiel et Exercices
D O
∗ Département
Issa Cherif GERALDO∗
A L
R
de Mathématiques, Faculté des Sciences, Université de Lomé
E
. G
C
I. Mai 2023
TABLE DES MATIÈRES
2 Calcul de dérivées 17
2.1 Dérivation de fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.1.1 Dérivabilité - Nombre dérivé - Fonction dérivée . . . . . . . . . . . . . 17
2.1.2 Dérivabilité et continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.1.3 Interprétation géométrique de la dérivée . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.1.4 Dérivées successives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.1.5 Fonctions de classe C n . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.1.6 Notion de différentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.1.7 Opérations sur les dérivées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.2 Théorèmes importants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.2.1 Théorème de Rolle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2
Table des matières 3
A L
4.1.2 Fonctions dominées . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.1.3 Fonctions équivalentes . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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44
44
ER
4.2 Notion de développement limité . . . . . . . . . . . . . . . .
4.3 Formules de Taylor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.4 Calcul de développements limités . . . . . . . . . . . . . . .
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45
46
46
. G
4.4.1 Développement limité des fonctions usuelles en 0 . .
4.4.2 Somme et produit de développements limités . . . .
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46
47
C
4.4.3 Développement limité de la composée de 2 fonctions . . . . . . . . . . 47
I.
4.4.4 Développement limité de l’inverse d’une fonction . .
4.5 Application des développements limités au calcul de limites
4.6 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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48
49
Références bibliographiques 50
C HAPITRE 0
Sommaire
0.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
0.1.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
0.1.2 Fonctions remarquables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
0.2 Composition de fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
0.3 Fonction réciproque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
0.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
0.1 G ÉNÉRALITÉS
0.1.1 Définitions
Définition 0.3 Deux fonctions f et g sont égales si elles ont le même ensemble de définition
D et le même ensemble d’arrivée et si pour tout x ∈ D, f ( x ) = g( x ).
4
0.2. Composition de fonctions 5
Définition 0.4 L’application f est dite constante s’il existe a ∈ R tel que pour tout x ∈ E,
f ( x ) = a. Lorsque a = 0, on dit que f est la fonction nulle.
• majorée s’il existe M ∈ R tel que pour tout x ∈ E, f ( x ) ⩽ M ; dans ce cas, f ( E) possède
une borne supérieure et on note
x∈E
D O
sup f ( x ) = sup f ( E) = sup{ f ( x ) | x ∈ E}.
L
• bornée si f est à la fois minorée et majorée ; cela est équivalent à dire que la fonction
| f | est majorée c’est-à-dire qu’il existe M ∈ R tel que pour tout x ∈ E, | f ( x )| ⩽ M.
A
ER
Définition 0.6 L’application f est dite
. G
• paire si pour tout x ∈ E, − x ∈ E et f (− x ) = f ( x ) ;
C
• impaire si pour tout x ∈ E, − x ∈ E et f (− x ) = − f ( x ).
I.
Définition 0.7 L’application f est dite périodique de période T si pour tout x ∈ E, x + T ∈ E
et f ( x + T ) = f ( x ).
∀ x ∈ E, ( g ◦ f )( x ) = g [ f ( x )] . (1)
Pour tout x ∈ R,
f ◦ g( x ) = f [ g( x )] = 2g( x ) + 1 = 2( x2 − 2) + 1
= 2x2 − 3
et
g ◦ f ( x ) = g[ f ( x )] = ( f ( x ))2 − 2 = (2x + 1)2 − 2 = 4x2 + 4x + 1 − 2
= 4x2 + 4x − 1.
Dans ce cas, on a f ◦ g( x ) ̸= g ◦ f ( x ).
Exemple 0.12 Les fonctions x 7→ ln x (de R∗+ vers R) et x 7→ e x (de R vers R∗+ ) sont réci-
proques l’une de l’autre. En effet, pour tout y ∈ R, l’équation ln x = y a une unique solution
x = ey ∈ R∗+ et inversement.
Remarque 0.14 Les courbes représentatives respectives d’une fonction bijective et de sa réci-
proque sont symétriques par rapport à la droite d’équation y = x appelée première bissectrice
(voir Figure 1 pour un exemple).
x
=
= x2
y
8
):
(∆
(C f ) : y
7
3
√
x
2 (C f −1
):y=
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 x
0.4 E XERCICES
D O
de départ R :
A L
Exercice 0.1 Donner l’ensemble de définition de chacune des fonctions suivantes d’ensemble
f 1 ( x ) = x3 − 3x2 + 1
ER f 2 ( x ) = 1 − e− x f3 (x) =
x2
1
+1
f4 (x) =
1
x2 − 1
. G f 5 ( x ) = ln | x − 1| f 6 ( x ) = ln(ln(ln x ))
1
C √
x 1
I.
f7 (x) = x f8 (x) = √ f9 (x) =
e −2 1−x sin x
1
f 10 ( x ) =
sin x − sin 3x
cos x
Exercice 0.2 Soit f la fonction de R vers R définie par f ( x ) = . Montrer que f est
1 + x2
bornée et déterminer supx∈R f ( x ).
√
Exercice 0.3 On considère les fonctions de R vers R définies par u( x ) = x2 et v( x ) = x.
Donner les ensembles de définition et les expressions des fonctions u ◦ v et v ◦ u.
e x − e− x
f (x) =
2
et appelée fonction sinus hyperbolique. Démontrer que f est bijective et déterminer f −1 .
C HAPITRE 1
Sommaire
1.1 Limites d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.1.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.1.2 Unicité de la limite d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.1.3 Limites d’une fonction et suites numériques . . . . . . . . . . . . . . 11
1.1.4 Limites remarquables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.1.5 Règles pratiques de calcul de limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.1.6 Limites et relations d’ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.1.7 Limite de fonctions composées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2 Continuité d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2.2 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.2.3 Continuité et suites numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.2.4 Prolongement par continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.2.5 Théorème des valeurs intermédiaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.2.6 Continuité de la réciproque d’une fonction bijective . . . . . . . . . . 14
1.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
8
1.1. Limites d’une fonction 9
On écrit : lim f ( x ) = ℓ.
x→a
Exemple 1.3 Soit f ( x ) = 3x. On montre que lim f ( x ) = 6. En effet, soit ε > 0. Cherchons
x →2
η > 0 tel que
| x − 2| < η =⇒ |3x − 6| < ε. (1.1)
La condition |3x − 6| < ε est équivalente à | x − 2| < Ainsi, il suffit de choisir η <
ε
3.
ε
3 pour
obtenir l’implication (1.1). On peut choisir par exemple, η = 6ε .
| x − a| < η =⇒ f ( x ) > A
x→a
. G
1
C
I.
Exemple 1.5 Soit f ( x ) = . On montre que lim f ( x ) = +∞. En effet, soit A > 0. Cherchons
x2 x →0
η > 0 tel que
1
| x | < η =⇒ > A. (1.2)
x2
On a :
1 1 1
2
> A ⇐⇒ x2 < ⇐⇒ | x | < √ .
x A A
Ainsi, il suffit de choisir η < √1 pour obtenir l’implication (1.2). On peut choisir par exemple,
A
1
η= √ .
2 A
• On dit que f admet ℓ pour limite à gauche en a si pour tout ε > 0 arbitrairement petit,
on peut trouver η > 0 arbitrairement petit η tel que :
Proposition 1.7 La limite d’une fonction f en a existe si et seulement si les limites à droite et à
gauche en a existent et sont identiques. Dans ce cas :
1
Exemple 1.10 Soit f ( x ) = . On montre que lim f ( x ) = 0. En effet, soit ε > 0. Cherchons
x x →+∞
M > 0 tel que
1
x > M =⇒ < ε. (1.3)
x
On a :
1 1
< ε ⇐⇒ | x | > .
x ε
1
Ainsi, il suffit de choisir M > ε pour obtenir l’implication (1.3). On peut choisir par exemple,
M = 1ε + 1.
Remarque 1.11 Au lieu de la limite finie ℓ, on peut définir le fait que f admette comme limite
+∞ (resp. −∞) en l’infini en remplaçant dans la définition 1.9 la condition | f ( x ) − ℓ| < ε par
f ( x ) > A (resp. f ( x ) < − A) où A > 0 est un réel arbitrairement grand.
Remarque 1.14 Ce résultat est souvent utilisé pour montrer qu’une fonction f n’admet pas
de limite en a. Pour ce faire, il suffit de construire deux suites convergeant vers a dont les
images par f ont des limites différentes.
Exemple 1.15 La fonction définie par f ( x ) = 1/x n’admet pas de limite en 0. En effet, les
suites (un ) et (vn ) définies par un = 1/n et vn = −1/n convergent vers 0 mais f (un ) = n
diverge vers +∞ et f (vn ) = −n diverge vers −∞.
Application 1.16 Montrer que la fonction x 7→ sin x n’admet pas de limite en +∞.
D O
1.1.4 Limites remarquables
• Si α et β sont deux réels strictement positifs on a :
A L
x → 0+
E
lim x α (ln x ) β = 0R ;
(ln x ) β
lim
x →+∞ xα
= 0;
. G
lim x α e βx = 0 ; lim
e βx
= +∞.
C
x →−∞ x →+∞ x α
•
I. lim
sin x
x →0 x
=1 ; lim
x →0
cos x − 1
x
= 0.
•
ln(1 + x ) ex − 1
lim =1 ; lim =1 ; lim (1 + x )1/x = e.
x →0 x x →0 x x →0
f (x) lim f ( x )
• lim = x→a si lim g( x ) ̸= 0.
x→a g( x ) lim g( x ) x→a
x→a
avec les conventions suivantes :
12 Chapitre 1. Limites et continuité d’une fonction
Remarque 1.17 (Formes indéterminées (FI)) Une limite ayant l’une des formes suivantes
0 ∞
(+∞) − ∞; 0 · ( ∞ ); ; ; 1∞ ; ∞0 ; 00
0 ∞
est appelée une forme indéterminée (FI). Dans ce cas, on ne peut pas conclure immédiate-
ment. Une transformation (factorisation, expression conjuguée, utilisation du logarithme et
de l’exponentielle, etc. . .) est nécessaire pour se ramener aux cas classiques de limites men-
tionnés plus haut.
Théorème 1.19 (Théorème d’encadrement) Soit f , g, h trois applications définies sur une partie
de R telles que lim f ( x ) = lim h( x ) = ℓ. Si f ⩽ g ⩽ h au voisinage de a, alors lim g( x ) = ℓ.
x→a x→a x→a
1
Application 1.22 Calculer lim x sin .
x →+∞ x
ou si
lim f ( x ) = lim f ( x ) = f ( a).
x → a− x → a+
O
2x + 1 si x > 3
points x = 0 et x = 3.
L D
La fonction f est continue sur ] − ∞, 0[, ]0, 3[ et ]3, +∞[. Il reste à étudier la continuité aux
• f (0) = (1 + 02 ) = 1,
R A
x → 0− x → 0−
E
lim f ( x ) = lim (cos x ) = 1 et lim f ( x ) = lim (1 + x2 ) = 1.
x → 0+ x → 0+
.G
donc f est continue au point x = 0.
.C
•
lim f ( x ) = lim (1 + x2 ) = 10 et lim f ( x ) = lim (2x + 1) = 7
x → 3−
I x → 3−
donc f n’est pas continue au point x = 3.
En conclusion, f n’est pas continue sur R.
x → 3+ x → 3+
1.2.2 Propriétés
Proposition 1.26
1) Une combinaison linéaire ou un produit de fonctions continues sur I est continue sur I.
2) Si f et g sont continues sur I et g ne s’annule pas sur I alors f /g est continue sur I.
3) Soient I et J deux intervalles de R. Si f est une application continue de I dans J et si g est continue
sur J alors g ◦ f est continue sur I.
4) Si f est continue sur I alors | f | est continue sur I.
5) Soient f et g des fonctions continues sur un intervalle I ⊂ R. Alors les fonctions
f + g + | f − g| f + g − | f − g|
sup( f , g) = et inf( f , g) =
2 2
sont continues sur I.
14 Chapitre 1. Limites et continuité d’une fonction
Définition 1.28 Soient A ⊂ R et f une fonction de A dans R. Si f est définie en tout point
de A sauf au point a ∈ A et si lim f ( x ) = ℓ ∈ R alors la fonction :
x→a
f ( x ) si x ∈ I \ { a}
f˜ : x 7−→
ℓ si x=a
sin x
(
x si x ̸= 0
Exemple 1.29 La fonction f˜ : x 7−→ est un prolongement par continuité
1 si x=0
sin x
de la fonction f : x 7−→ x au point 0.
Théorème 1.31 Soit f une application continue sur un intervalle I. Si a et b sont deux points de I
tels que f ( a) f (b) ⩽ 0, alors il existe c ∈ [ a, b] tel que f (c) = 0.
1.3 E XERCICES
Exercice 1.1 Dans chacun des cas suivants, calculer, si elle existe, la limite de f en a :
x
x3 + x2 + 5
1
1) f ( x ) = 3 , a = +∞ 6) f ( x ) = 1+ , a = +∞
5x − x2 + 2 x
x + 2| x | sin( x ln x )
2) f ( x ) = ,a=0 7) f ( x ) = , a=0
x x
x5 − 1 sin x − sin 5x
3) f ( x ) = , a=1 8) f ( x ) = , a=0
x−1 sin x + sin 5x
√ √ x2 + 1
1 + x − 1 + x2 9) f ( x ) = , a=0
4) f ( x ) = , a=0 sin2 x
x
1
10) f ( x ) = xE ,a=0
p
5) f ( x ) = x2 + 2x − x, a = +∞ x
D O
L
2
Exercice 1.3 En utilisant la relation cos x = 1 − 2 sin ( x/2), calculer les limites
1) lim
x →0
cos x − 1
x2
;
R A
2) lim
x →0
tan x − sin x
x3
.
G E
Exercice 1.4 Soit f : R → R une fonction périodique de période T. Montrer que si f n’est
pas constante, alors f n’admet pas de limite en +∞.
C .
Exercice 1.5 Soit f : R → R une fonction. Montrer que si f est croissante et majorée, alors f
admet une limite en +∞.
I.
Exercice 1.6 Montrer que la fonction f : x 7→ sin(1/x ) n’a pas de limite en 0.
Exercice 1.7 Etudier la continuité de l’application f : R → R dans chacun des cas suivants :
( (
e− x + x + 1 si x ⩽ 0 sin( x ) sin 1x
si x ̸= 0
1) f ( x ) = 4) f ( x ) =
2 + x2 ln x si x > 0 0 sinon
( p
x
si x ̸= 0 5) f ( x ) = x + x − E( x )
2) f ( x ) = 1+exp(1/x) p
0 sinon 6) f ( x ) = E( x ) + x − E( x )
(
x2 cos 1x 7) f ( x ) = E( x ) sin x
si x ̸= 0
3) f ( x ) =
0 sinon 8) f ( x ) = E( x ) sin(πx )
ln(1 − 2x ) + ln(1 + 2x )
f (x) = .
x2
16 Chapitre 1. Limites et continuité d’une fonction
Exercice 1.9 Dans chacun des cas suivants, déterminer le prolongement par continuité de la
fonction f définie sur R∗ .
(1 + x ) n − 1
(
x ln x−x 1
1) f ( x ) = si x < 0
2x 2) f ( x ) = − 1/x
xe si x > 0
C HAPITRE 2
C ALCUL DE DÉRIVÉES
Sommaire
2.1 Dérivation de fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.1.1 Dérivabilité - Nombre dérivé - Fonction dérivée . . . . . . . . . . . . 17
2.1.2 Dérivabilité et continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.1.3 Interprétation géométrique de la dérivée . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.1.4 Dérivées successives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.1.5 Fonctions de classe C n . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.2
2.1.6 Notion de différentielle . . . . . . . . . . . . . .
2.1.7 Opérations sur les dérivées . . . . . . . . . . . .
Théorèmes importants . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
D O .
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21
22
23
A L
2.2.1 Théorème de Rolle . . . . . . . . . . . . . . . . .
2.2.2 Théorème des accroissements finis . . . . . . . .
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23
24
2.3
ER
Applications de la dérivée . . . . . . . . . . . . . . . .
2.3.1 Etude du sens de variation d’une fonction . . .
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24
24
. G
2.3.2 Optimisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2.3.3 Calcul de limites . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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25
27
2.4
C
Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
I.
2.1 D ÉRIVATION DE FONCTIONS
2.1.1 Dérivabilité - Nombre dérivé - Fonction dérivée
[Link] Définitions
f ( x0 + h ) − f ( x0 )
lim existe et est finie. (2.1)
h →0 h
17
18 Chapitre 2. Calcul de dérivées
( x0 + h )2 − ( x0 )2 2x0 h + h2
f ′ ( x0 ) = lim = lim = 2x0 .
h →0 h h →0 h
La fonction f est donc dérivable sur R et sa dérivée est définie par f ′ ( x ) = 2x.
∆y
f ′ ( x0 ) = lim (si cette limite existe et est finie). (2.2)
∆x →0 ∆x
f ( x ) − f ( x0 )
f ′ ( x0 ) = lim existe et est finie. (2.3)
x → x0 x − x0
Le rapport
f ( x ) − f ( x0 )
τ f ,x0 ( x ) = (2.4)
x − x0
est alors appelé le taux d’accroissement de f au point x0 .
Si f (t) est une fonction du temps t, la dérivée f ′ (t) représente la vitesse de variation de f
à l’instant t.
• Si x (t) représente la distance parcoure par un objet à l’instant t, alors x ′ (t) représente
sa vitesse à l’instant t.
• Si f (t) représente la température (décroissante avec le temps) d’un corps, alors f ′ (t)
représente la vitesse de refroidissement du corps à l’instant t.
• Si N (t) est l’effectif d’une population (individus, bactéries, microbes, etc. . .) à l’instant
t, alors N ′ (t) représente la vitesse de croissance de ladite population à l’instant t.
• Si f (t) est la quantité d’eau, de gaz, de sang, etc. . . écoulée pendant la durée t, alors
f ′ (t) est le débit instantané à l’instant t.
2.1. Dérivation de fonctions 19
et
f d′ (0)
h → 0− h
f (0 + h ) − f (0)
h →0
|h|
h h →0
h
h
D O
= lim+
h →0 h
= lim+
h →0 h
A L
= lim+ = 1.
h →0 h
ER
Proposition 2.7 Soient I un intervalle de R, f une fonction de I dans R et x0 ∈ D f . Si f est
dérivable en x0 , alors f est continue en x0 .
. G
La réciproque est fausse. Une application f peut être continue en x0 sans être dérivable
C
en x0 . Par exemple, la fonction x 7→ | x | est continue en 0 mais n’est pas dérivable en 0.
2.1.3 I.
Interprétation géométrique de la dérivée
La dérivabilité en x0 se traduit dans un repère orthonormé (O,⃗i,⃗j) par l’existence, relati-
vement à la courbe représentative de f , d’une tangente au point M ( x0 , f ( x0 )) non parallèle
−
→
à l’axe (O, j ). Cette tangente a pour équation
y = f ′ ( x0 )( x − x0 ) + f ( x0 ). (2.5)
Exemple 2.8 Fonction f définie sur R par f ( x ) = ln(| x | + 1).
y
−4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 x
20 Chapitre 2. Calcul de dérivées
Remarque 2.9 Si
f ( x0 + h ) − f ( x0 )
lim = +∞,
h → 0+ h
alors la courbe de f admet en x0 une demi-tangente parallèle à l’axe des ordonnées.
Exemple 2.11 Soit f la fonction définie par f ( x ) = x3 + 5x2 − 3. Ses dérivées successives
sont :
f ′ ( x ) = 3x2 + 10x
f ′′ ( x ) = 6x + 10
f (3) ( x ) = 6
f (n) ( x ) = 0,
pour n ⩾ 4.
Théorème 2.12 (Formule de Leibniz) Si f et g sont dérivables à l’ordre n, alors la fonction produit
f g est dérivable à l’ordre n et on a la formule de Leibniz suivante :
n
( f g )(n) = ∑ Cnk f (k) g(n−k) . (2.6)
k =0
Définition 2.13 Une fonction f est dite de classe C n sur I si elle est n fois dérivable sur I et
f (n) est continue sur I. On note C n ( I ) l’ensemble des fonctions de classe C n sur I.
Définition 2.14 Une fonction f est dite de classe C ∞ sur I si elle est indéfiniment dérivable
sur I. On note C ∞ ( I ) l’ensemble des fonctions de classe C ∞ sur I.
2.1. Dérivation de fonctions 21
[Link] Définition
Définition 2.15 Soit f une fonction définie sur I et dérivable en un point x0 de I. On appelle
différentielle de f en x0 , l’application linéaire notée d x0 f et définie par :
d x0 f (h) = f ′ ( x0 )h.
Exemple 2.16
d x0 x
ER
• Cette notation (correcte et complète mais lourde) est souvent abrégée en omettant x0 :
. G df
C
d f = f ′ ( x )dx soit encore f ′ (x) = .
I.
dx
d2 f dn f
• La dérivée seconde de f se note , . . ., la dérivée n − ième se note (les positions
dx2 dx n
d
des exposants sont décalées afin de rappeler que agit n fois de suite).
dx
du
Exemple 2.17 Si u( x ) = x3 , alors = 3x2 .
dx
dx 1 1 1 1
= 2 = 1/3 2
= 2/3 = u−2/3 .
du 3x 3( u ) 3u 3
22 Chapitre 2. Calcul de dérivées
Remarque 2.21 En composant les fonctions f par x 7→ x α (pour α ∈ R), ln et exp, on obtient :
f′
• ( f α )′ ( x0 ) = α f ′ ( x0 ) f α−1 ( x0 ) ; en particulier si f > 0, ( f )′ = ( f 1/2 )′ = p ;
p
2 f
• ( e f ) ′ ( x 0 ) = f ′ ( x 0 ) e f ( x0 ) ;
f ′ ( x0 )
• si de plus f ( x0 ) > 0, (ln f )′ ( x0 ) = (dérivée logarithmique).
f ( x0 )
Application 2.22 Dans chacun des cas suivants, calculer f ′ ( x ) pour tout x ∈ R :
√ 2
1) f ( x ) = x2 + 1 2) f ( x ) = e− x 3) f ( x ) = ln( x2 + 1).
AL
R
1
( f −1 ) ′ ( y 0 ) = i. (2.8)
E
h
f ′ f −1 ( y 0 )
C .G
Exemple 2.24 On sait que la fonction f : R+ → R+ d’expression f ( x ) = x2 est bijective
√
de réciproque f −1 : R+ → R+ d’expression f −1 (y) = y. On sait que, pour tout x ∈ R+ ,
I .
f ′ ( x ) = 2x. Supposons que l’on ne connaisse pas la dérivée de la fonction racine carrée. On
peut appliquer la formule (2.8) et écrire pour tout y > 0,
1 1 1
( f −1 ) ′ ( y ) = i = = √ .
2 f −1 ( y )
h
f ′ f −1 ( y ) 2 y
Exemple 2.28 Déterminons le sens de variation de la fonction de R vers R définie pour tout
x ∈ R par
f ( x ) = x2 e− x .
On a :
f ′ ( x ) = 2xe− x − x2 e− x = (2x − x2 )e− x = x (2 − x )e− x .
x −∞ 0 2 +∞
x − 0 + +
2−x + + 0 −
e− x + + +
f ′ (x) − 0 + 0 −
La fonction f est décroissante sur ] − ∞, 0] et sur [2, +∞[ et croissante sur [0, 2]. Sa représen-
tation graphique est :
−1 0 1 2 3 4 5 x
2.3. Applications de la dérivée 25
Application 2.29 Dans le cadre de l’étude d’une épidémie dans un pays, on modélise le
nombre de malades (en milliers) à l’aide de la fonction N définie sur l’intervalle [0, 60] par
N (t) = t2 e−0.1t
2.3.2 Optimisation
f ( x ) ⩽ f ( a) (resp. f ( x ) ⩾ f ( a)).
D O
L
y
R A
E
C
x1
.G x2
x3
x4
x5
x6 x
I .
F IGURE 2.1 – Exemple de fonction admettant 3 minima locaux x1 , x3 , x5 et 3 maxima locaux x2 , x4 et
x6 soit au total 6 extrema locaux.
Remarque 2.32
• Un point x ∗ tel que f ( x ∗ ) = 0 est appelé point stationnaire (ou point critique).
• Les extrema locaux de f sont nécessairement des points stationnaires mais un point
stationnaire n’est pas forcément un extremum local. Par exemple, si f ( x ) = x3 on a
f ′ (0) = 0 alors que 0 n’est pas un extremum local.
26 Chapitre 2. Calcul de dérivées
1−3 1+3
x1 = = −1 et x2 = = 2.
2 2
• f ′′ ( x ) = 12x − 6.
• f ′′ (−1) = −18 < 0 donc x1 = −1 est un maximum local.
• f ′′ (2) = 18 > 0 donc x2 = 2 est un minimum local.
40
20
0
−3 −2 −1 0 1 2 3 4
−20
−40
Application 2.35 Parmi tous les rectangles de périmètre p fixé, quel est celui dont l’aire est
maximale ? Quelle est son aire ?
2.3. Applications de la dérivée 27
Théorème 2.36 (Règle de l’Hôpital) Soit x0 ∈ R = R ∪ {−∞, +∞}. Soient f et g deux fonc-
tions dérivables dans un voisinage V de x0 tel que g′ ̸= 0 sur V.
0 ∞
f (x)
lim ∈ ;
0 ∞
x → x0 g ( x )
f (x) f ′ (x)
=⇒ lim = lim ′ .
x → x0 g ( x ) x → x0 g ( x )
f ′ (x)
lim existe
x → x0 g ′ ( x )
sin x 0
Exemple 2.37 lim = (F.I.). Posons f ( x ) = sin x et g( x ) = x ; On a f ′ ( x ) = cos x,
x →0 x 0
f ′ (x) sin x
g′ ( x ) = 1 et lim ′ = 1 donc lim = 1.
x →0 g ( x ) x →0 x
O
Remarque 2.38 La condition 0/0 ou ∞/∞ est très importante. Par exemple, le calcul
D
lim
4x + 1
x →1 2x + 1
= lim
(4x + 1) ′
x →1 (2x + 1) ′
A L 4
= lim = 2
x →1 2
ER
est erroné car dans ce cas la limite de départ ne donne pas 0/0 ou ∞/∞ donc ce cas c’est pas
un cas où la règle de l’Hôpital peut s’appliquer. D’ailleurs la bonne réponse est 5/3.
. G
C
I.
28 Chapitre 2. Calcul de dérivées
2.4 E XERCICES
Exercice 2.1 On considère la suite de fonctions ( f n )n∈N de la variable réelle x définies par :
f 0 ( x ) = ln | x | et f n +1 ( x ) = f n ( x + 1 ) − f n ( x )
(−1)n n!
f n′ ( x ) = .
x ( x + 1) · · · ( x + n )
x sin 1x
2
si x ̸= 0
f (x) =
0 si x = 0
Exercice 2.3 Pour chacune des fonctions suivantes, déterminer les points stationnaires et
leurs natures respectives.
1) f ( x ) = 2x2 − x + 6. 3) f ( x ) = x3 − 3x + 3.
2) f ( x ) = x2 − 4x + 3. 4) f ( x ) = 1 − 9x − 6x2 − x3 .
Exercice 2.4 Afin de financer vos études et vous faire un peu d’économie, vous entreprenez
avec quelques amis de fabriquer et de vendre des gâteaux purement bio dont la quantité
vendue en un mois q dépend du prix de vente unitaire p par la relation q( p) = α + βp.
1) Dans toute la suite, on suppose que q = 5000 si p = 100 et que q = 4000 si p = 200.
Déterminer α et β.
2) Quelle est la plus grande valeur possible pour p sachant que la quantité vendue q est
toujours un nombre positif ?
3) Déterminer en fonction de p les recettes mensuelles r ( p).
4) Quelle est la valeur maximale des recettes ?
5) Le coût unitaire de fabrication est égal à 100. Déterminer en fonction de p le profit b( p)
total réalisé (la différence entre recettes et coût).
6) Pour quel prix le profit est-il maximal ? Quelle est la quantité correspondante ?
Exercice 2.5 Si un cultivateur de riz effectue sa récolte de riz cette semaine, il obtiendra 1200
kg valant 400 FCFA le kg. Pour chaque semaine d’attente, la récolte augmente de 100 kg mais
le prix baisse de 20 FCFA par kg. Soient x le nombre de semaines d’attente avant d’effectuer
sa récolte et R( x ) le revenu issu de la vente après récolte. Quelle valeur de x permet de
maximiser le revenu R( x ) ?
Exercice 2.6 Un fil de longueur L doit être coupé en deux parties de manière à pouvoir for-
mer un triangle équilatéral avec l’une et un carré avec l’autre. Comment faut-il couper ce fil
pour que l’aire totale des deux figures construites soit maximale ?
2.4. Exercices 29
Exercice 2.7 Un camion d’une entreprise doit effectuer une livraison à un lieu situé à 1 500
km de l’entreprise. Lorsque le camion roule à la vitesse v (en km/h), sa consommation C (v)
(en litres pour 100 km) est donnée par la relation :
600 v
C (v) = + .
v 3
Sachant que le chauffeur est payé 26 francs de l’heure et le litre de gasoil coûte 2 francs, quelle
doit être la vitesse v∗ pour minimiser le coût du trajet ?
Exercice 2.8 Dans chacun des cas suivants, calculer la limite de f en a en utilisant la règle de
l’Hôpital :
x − tan x 1 1
1) f ( x ) = , a = 0; 3) f ( x ) = − , a = 1.
x − sin x ln x x − 1
xn − 1
4) f ( x ) = , a = 1;
e x − e− x x−1
2) f ( x ) = , a = 0; 5) f ( x ) = x2 e− x , a = +∞.
1 − e2x
Exercice 2.9 On considère la fonction φ définie de R dans R par :
φ( x ) = x exp
1
D O
x
A L
1) Soit x ∈ R. Appliquer le théorème des accroissements finis à φ sur l’intervalle [ x, x + 1].
2) Soit g la fonction définie par :
ER
1
1
. G
g( x ) = ( x + 1) exp
x+1
− x exp
x
C
Calculer les limites de g en −∞ et en +∞.
I.
Exercice 2.10 Le but de cet exercice est de calculer la limite de la suite (un ) définie par :
n
1 1 1 1
∀ n ∈ N∗ , un = ∑ k
= 1+ + +···+
2 3 n
k =1
Sommaire
3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.2 Fonctions circulaires réciproques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.2.1 Arc cosinus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.2.2 Arc sinus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
3.2.3 Arc tangente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.3 Fonctions hyperboliques et hyperboliques réciproques . . . . . . . . . . . 37
3.4
3.3.1 Fonctions hyperboliques . . . . . . . . . . . . . . .
3.3.2 Fonctions hyperboliques réciproques . . . . . . .
D O
Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
37
38
42
A L
ER
3.1 I NTRODUCTION
Nous connaissons déjà des fonctions classiques telles que les fonctions polynômes, puis-
C
I.
3.2 F ONCTIONS CIRCULAIRES RÉCIPROQUES
Les fonctions circulaires (ou fonctions trigonométriques) les plus utilisées sont les trois
fonctions suivantes : cosinus, sinus et tangente. En tant que fonctions de R vers R, elles ne
sont pas bijectives mais il est possible de les rendre bijectives en modifiant les ensembles de
départ et d’arrivée.
31
32 Chapitre 3. Fonctions usuelles : compléments
y
1
0
−π − π2 π π x
2
−1
En d’autres termes,
π
2
−1 0 1 x
−1
arccos′ ( x ) = √ . (3.5)
1 − x2
3.2. Fonctions circulaires réciproques 33
soit encore
arccos′ ( x ) × (− sin(arcsin x )) = 1
qui est équivalent à
−1
arccos′ ( x ) = . (3.6)
sin(arccos x )
Posons
p y = arccos x. On sait que sin2 y + cos2 y = 1 donc sin2 2
p y = 1 − cos y. Ainsi sin y =
2 2
± 1 − cos y. Or y ∈ [0, π ] donc sin y > 0. Ainsi sin y = 1 − cos y d’où en remplaçant
dans (3.6), on a
−1 −1
arccos′ ( x ) = =p .
sin(arccos x ) 1 − (cos(arccos x ))2
−1
D O
L
′
arccos ( x ) = √ .
1 − x2
R A ■
G E
.
Considérons la fonction sinus cos : R → [−1, 1] représentée sur la figure 3.3.
C
I.
y
1
0
−π − π2 π π x
2
−1
Pourh définiriune bijection à partir de cette fonction, il faut prendre comme ensemble de
π π
départ − , et comme ensemble d’arrivée [−1, 1] (voir la partie en rouge sur la figure
2 2 h π πi
3.3). Sur l’intervalle − , la fonction sinus est continue et strictement croissante et définit
h 2 π2 π i
donc une bijection de − , dans [−1, 1]. Sa bijection réciproque est la fonction Arc sinus
2 2
notée arcsin et définie par :
h π πi
arcsin : [−1, 1] −→ − ,
2 2 (3.7)
x 7−→ y tel que sin y = x.
34 Chapitre 3. Fonctions usuelles : compléments
y
π
2
−1 0 1 x
− π2
En d’autres termes,
La proposition suivante donne la relation entre les fonctions Arc sinus et Arc cosinus.
Proposition 3.7 Pour tout x ∈ [−1, 1], on a :
π
arccos x + arcsin x = . (3.12)
2
donc f est une fonction constante c’est-à-dire f ( x ) = k. Pour connaître k, calculons f (0). On
a f (0) = k et aussi
π π
f (0) = arccos(0) + arcsin(0) = + 0 =
2 2
π
donc k = 2 . On conclut donc que
π
arccos x + arcsin x = .
2
■
D O
A L
−π − π2
ER π
2
π x
. G
C
I.
F IGURE 3.5 – Représentation de la fonction tangente
Pouri définirhune bijection à partir de cette fonction, il faut prendre comme ensemble de
π π
départ − , et comme ensemble d’arrivée R (voir la partie en rouge sur la figure 3.5).
2 2i
π πh
Sur l’intervalle − , la fonction tangente est continue et strictement croissante et définit
2 2i
π πh
donc une bijection de − , dans R. Sa bijection réciproque est la fonction Arc tangente
2 2
notée arctan et définie par :
i π πh
arctan : R −→ − ,
2 2 (3.13)
x 7−→ y tel que tan y = x.
En d’autres termes,
∀ x ∈ R, arctan x = y ⇐⇒ tan y = x. (3.14)
36 Chapitre 3. Fonctions usuelles : compléments
y
π
2
−3 −2 −1 0 1 2 3 x
− π2
tan(arctan x ) = x, ∀x ∈ R (3.15)
i π πh
arctan(tan( x )) = x, ∀x ∈ − , . (3.16)
2 2
1
arctan′ ( x ) = . (3.17)
x2 + 1
soit encore
arctan′ ( x ) × (1 + tan2 (arctan x )) = 1.
1
arctan′ ( x ) = .
x2 +1
■
3.3. Fonctions hyperboliques et hyperboliques réciproques 37
e x − e− x
sinh( x ) =
2
• cosinus hyperbolique la fonction notée cosh (ou ch) et définie sur R par
e x + e− x
cosh( x ) =
2
sinh( x ) e x − e− x
D O
tanh( x ) =
cosh( x )
AL
= x
e + e− x
E y
R
.G 4
I .C 3
−2 −1 1 2 x
−1
−2
−3
F IGURE 3.7 – Représentation graphique des fonctions sinh (en bleu), cosh (en rouge) et tanh (en vert).
Proposition 3.12 Les fonctions sinh, cosh et tanh vérifient les propriétés suivantes :
38 Chapitre 3. Fonctions usuelles : compléments
• Pour tout x ∈ R, on a :
ch2 x − sh2 x = 1. (3.18)
• Pour tous réels a et b, on a :
ch( a + b) = ch a · ch b + sh a · sh b
ch(2a) = ch2 a + sh2 a = 2 ch2 a − 1 = 1 + 2 sh2 a
sh( a + b) = sh a · ch b + sh b · ch a
sh(2a) = 2 sh a · ch a
tanh a + tanh b
tanh( a + b) = .
1 + tanh a · tanh b
Proposition 3.13 Les fonctions sinh, cosh et tanh sont dérivables et pour tout x ∈ R, on a :
ch′ ( x ) = sh x (3.19)
′
sh ( x ) = ch x (3.20)
1
tanh′ ( x ) = 1 − tanh2 ( x ) = 2
. (3.21)
ch ( x )
Preuve :
1)
e x + e− x
cosh( x ) = y ⇐⇒ = y ⇐⇒ e x + e−x = 2y
2
1 ( e x )2 + 1
⇐⇒ e x + x = 2y ⇐⇒ = 2y
e ex
⇐⇒ (e x )2 + 1 = 2ye x
⇐⇒ (e x )2 − 2ye x + 1 = 0.
3.3. Fonctions hyperboliques et hyperboliques réciproques 39
y −∞ −1 1 +∞
∆ + 0 − 0 +
E
En conclusion, l’ensemble des solutions estR
G
∅ si y<1
.
S = {n0} si y=1
C o
I.
p p
ln(y − y2 − 1), ln(y + y2 − 1)
si y > 1.
2)
e x − e− x
sinh( x ) = y ⇐⇒ = y ⇐⇒ e x − e−x = 2y
2
1 ( e x )2 − 1
⇐⇒ e x − x = 2y ⇐⇒ = 2y
e ex
⇐⇒ (e x )2 − 1 = 2ye x
⇐⇒ (e x )2 − 2ye x − 1 = 0.
La
p solutionpX1 est négative et la solution X2 est positive. En effet, y2 + 1 > y2 donc
y2 + 1 > y2 = |y|. Ce qui implique que
q q
y− y2 + 1 < y − | y | ⩽ 0 et y+ y2 + 1 > y + |y| ⩾ 0.
p p
On a donc e x = y + y2 + 1 soit x = ln(y + y2 + 1).
3)
e x − e− x e2x − 1
tanh( x ) = y ⇐⇒ = y ⇐⇒ =y
e x + e− x e2x + 1
⇐⇒ e2x − 1 = y(e2x + 1) ⇐⇒ e2x (1 − y) = 1 + y
1+y
⇐⇒ e2x = , y ̸= 1
1−y
1+y
⇐⇒ (e x )2 = , y ̸= 1.
1−y
1+ y
Le signe de 1− y est donné par :
y −∞ −1 1 +∞
1+y − 0 + +
1−y + + 0 −
1+ y
1− y − 0 + −
La quantité (e x )2 est strictement positive, donc on ne peut trouver une solution que si
y ∈ ] − 1, 1[. Ainsi,
• Si −1 < y < 1, on applique ln et on obtient
1 1+y
x = ln .
2 1−y
On peut définir les réciproques respectives des fonctions hyperboliques dans les condi-
tions suivantes :
Définition 3.15
3.3. Fonctions hyperboliques et hyperboliques réciproques 41
• La fonction cosh est bijective de R dans [1, +∞[ et sa réciproque, appelée argument
cosinus hyperbolique est définie comme suit :
Argsh : R −→ R √ (3.23)
x 7−→ Argsh( x ) = ln x + x2 + 1 .
Argth : ] − 1, 1[ −→ R
1 1+x (3.24)
x 7−→ Argth( x ) = ln .
2 1−x
y
D O
2
A L
ER 1
. G x
−3
C−2 −1 1 2 3
I. −1
−2
F IGURE 3.8 – Représentation graphique des fonctions Argsh (en bleu), Argch (en rouge) et Argth (en
vert).
Proposition 3.16 Les fonctions Argch, Argsh et Argth sont dérivables sur leurs ensembles de défi-
nition respectifs et leurs dérivées sont respectivement données par :
1
Argch′ ( x ) = √ ( x > 1);
x2 −1
1
Argsh′ ( x ) = √ ( x ∈ R);
x2 +1
1
Argth′ ( x ) = (−1 < x < 1).
1 − x2
42 Chapitre 3. Fonctions usuelles : compléments
3.4 E XERCICES
Exercice 3.1 Soit f une fonction de R dans R. Etudier f dans les cas suivants :
x 1
1) f ( x ) = arctan √ 3) f ( x ) = arccos
1 − x2 x−1
2x
2) f ( x ) = Argth 2
x +1
1 x
cos(arctan( x )) = √ et sin(arctan( x )) = √ .
1+ x2 1 + x2
sinh(2x )
Exercice 3.4 Montrer que pour tout x ∈ R, = tanh x.
1 + cosh(2x )
f ( x ) = arccos(cos( x )).
C HAPITRE 4
Sommaire
4.1 Comparaison locale de fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
4.1.1 Fonctions négligeables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
4.1.2 Fonctions dominées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
4.1.3 Fonctions équivalentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
4.2 Notion de développement limité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
4.3 Formules de Taylor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
4.4 Calcul de développements limités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
4.4.1 Développement limité des fonctions usuelles en 0 . . .
4.4.2 Somme et produit de développements limités . . . . .
D O .
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
46
47
4.5
A L
4.4.3 Développement limité de la composée de 2 fonctions .
4.4.4 Développement limité de l’inverse d’une fonction . . .
Application des développements limités au calcul de limites
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
47
48
48
4.6
ER
Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
. G
4.1 C OMPARAISON LOCALE DE FONCTIONS
C
I.
Soit a ∈ R. Dans toute cette partie, I désigne un intervalle de R. Soient f et g deux
fonctions de I dans R.
Définition 4.1 Une fonction f est dite négligeable devant une fonction g au voisinage de a
si :
f (x)
lim = 0.
x→a g( x )
f 1 = ◦( g1 ) et f 2 = ◦( g2 ) =⇒ f 1 f 2 = ◦( g1 g2 )
a a a
43
44 Chapitre 4. Etude locale et développements limités
Définition 4.4 Une fonction f est dite dominée par une fonction g au voisinage de a s’il
existe un voisinage V de a et un réel k > 0 tel que :
∀ x ∈ V, | f ( x )| ⩽ k| g( x )|.
On note f = O( g) et on lit " f égale grand O de g".
a
Définition 4.6 Deux fonctions f et g sont dites équivalentes au voisinage de a s’il existe une
fonction h définie de I dans R telle que :
f ( x ) = h( x ) g( x ) et lim h( x ) = 1.
x→a
Proposition 4.9 Si g ne s’annule pas sur I \ { a}, les fonctions f et g sont équivalentes au voisinage
de a, si et seulement si,
f (x)
lim = 1.
x→a g( x )
Proposition 4.13 Si f ∼ g et si g possède une limite finie ou infinie en a alors lim f ( x ) = lim g( x ).
a x→a x→a
f 1 g1
Proposition 4.14 Si f 1 ∼ g1 et f 2 ∼ g2 alors f 1 f 2 ∼ g1 g2 et ∼ .
a a a f 2 a g2
D O
f ( x ) − f ( a)
L
f ( x ) − f ( a)
′
f ( a) = lim =⇒ lim − f ′ ( a) = 0.
x→a x−a x→a
R A x−a
G E
Ainsi on peut trouver une fonction ε telle que lim ε( x ) = 0 et
x→a
C . f ( x ) − f ( a)
x−a
− f ′ ( a) = ε( x )
c’est-à-dire
I. f ( x ) = f ( a) + ( x − a) f ′ ( a) + r ( x )
avec
r ( x ) = ( x − a)ε( x ) → 0, x → a.
où r ( x ) = o(( x − a)n ).
(b − a) ′ ( b − a ) 2 (2)
f (b) = f ( a) + f ( a) + f ( a) + · · ·
1! 2!
( b − a )n (n) ( b − a ) n +1 ( n +1)
+ f ( a) + f (c). (4.3)
n! ( n + 1) !
x ′ x2 xn x n +1 ( n +1)
f ( a + x ) = f ( a) + f ( a ) + f (2) ( a ) + · · · + f ( n ) ( a ) + f ( a + θx ). (4.4)
1! 2! n! ( n + 1) !
Pour a = 0, on obtient la formule de MacLaurin :
x ′ x2 xn x n +1 ( n +1)
f ( x ) = f (0) + f ( 0 ) + f (2) ( 0 ) + · · · + f ( n ) ( 0 ) + f (θx ). (4.5)
1! 2! n! ( n + 1) !
et le nombre
x n +1 ( n +1)
Rn ( x ) = f (θx ) (4.6)
( n + 1) !
est appelé reste de Lagrange.
Théorème 4.19 (Formule de Taylor-Young) Soient f ∈ C n ( I ) et a ∈ I. Alors f admet un déve-
loppement limité d’ordre n en a donné par :
( x − a ) 2 (2)
f ( x ) = f ( a) + ( x − a) f ′ ( a) + f ( a) + · · ·
2! (4.7)
( x − a )n (n)
+ f ( a) + o (( x − a)n )
n!
ou plus simplement
n
( x − a )k (k)
f (x) = ∑ k! f (a) + o ((x − a)n ) . (4.8)
k =0
x2 x3 x4 x5
ex = 1 + x + + + + + o x5 .
2! 3! 4! 5!
x2 x3 xn
ex = 1 + x + + + · · · + + o( x n ) (4.9)
2! 3! n!
1
= 1 + x + x 2 + x 3 + · · · + x n + o( x n ) (4.10)
1−x
x2 x3 xn
ln(1 + x ) = x − + + · · · + (−1)n−1 + o( x n ) (4.11)
2 3 n
x3 x5 x 2n+1
sin x = x − + + · · · + (−1)n + o( x2n+2 ) (4.12)
3! 5! (2n + 1)!
x2 x4 n x
2n
cos x = 1 − + + · · · + (−1) + o( x2n+1 ) (4.13)
2! 4! (2n)!
et
f (x) = ∑ ak ( x − a)k
k =0
+ o (( x − a)n )
D O
g( x ) =
n
∑ bk ( x − a ) k
k =0
L
+ o (( x − a)n ) ,
A
alors
( f + g)( x ) =
n
ER
∑ (ak + bk )(x − a)k + o (( x − a)n ) (4.14)
et
.
k =0
G !
C
n k
( f g)( x ) = ∑ ∑ a i bk − i ( x − a)k + o (( x − a)n ) . (4.15)
I. k =0 i =0
1
Application 4.24 Vérifier que le développement limité d’ordre 5 de en 0 est :
cos x
1 x2 5x4
= 1+ + + o( x 5 ).
cos x 2 24
sin x
Application 4.25 Montrer que lim = 1.
x →0 x
4.6. Exercices 49
4.6 E XERCICES
Exercice 4.1 Soient f une fonction de classe C 2 sur R et x0 ∈ R. En utilisant le développe-
ment limité d’ordre 2 de f en x0 , montrer que :
f ( x0 + h ) − 2 f ( x0 ) + f ( x0 − h )
f ′′ ( x0 ) = lim .
h →0 h2
Exercice 4.2 Soit la fonction f de R dans R définie par f ( x ) = sin x cos x. Calculer le déve-
loppement limité (DL) à l’ordre 5 de f en 0 en :
1) utilisant la formule de Taylor-Young ;
2) utilisant les DL des fonctions sin et cos ;
sin 2x
3) remarquant que sin x cos x = .
2
Exercice 4.3 On considère la suite (Sn ) définie par :
n
(−1)k+1
∀ n ∈ N∗ , Sn = ∑
k =1
k
D O
1) Appliquer la formule de Mac-Laurin à la fonction x 7−→ ln( x + 1) pour x = 1.
ER
Exercice 4.4 Soit la fonction f de R dans R définie par
. G 1 − cos x
C f (x) =
(1 − e x )2
.
I.
Calculer de deux façons la limite de f en 0 : (1) à l’aide des développements limités et (2) à
l’aide de la règle de l’Hopital.
R ÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
[1] A. B ODIN , N. B ORNE & L. D ESIDERI – « Cours de mathématiques première année », ch. Fonc-
tions usuelles, p. 173–182, Exo7, 2016, [Link]
[2] — , « Cours de mathématiques première année », ch. Dérivée d’une fonction, p. 185–201, Exo7,
2016, [Link]
[3] D. B OULARAS , D. F REDON & D. P ETIT – Mini-manuel de Mathématiques pour les sciences de la vie
et de l’environnement, Dunod, Paris, 2009.
[4] A. B URD – Mathematical Methods in the Earth and Environmental Sciences, Cambridge University
Press, New York, 2019.
[5] C. D AVID , S. M USTAPHA , F. V IENS & N. C APRON – Mathématiques pour les sciences de la vie,
Dunod, Paris, 2014.
[6] C. D ESCHAMPS & A. WARUSFEL – Mathématiques tout-en-un 1ère année, cours et exercices corrigés,
Dunod, 2003.
[8] D. F REDON – Mathématiques pour les sciences de la vie et de la santé en 30 fiches, Dunod, Paris, 2008.
[11] N. P INDRA , Y. M ENSAH & A. J. M. T CHALLA – MTH103 : Calcul différentiel dans R, 2019.
50