Chapitre 4
Maîtrise de la consommation de l’énergie électrique (et mécanique)
Ce chapitre est divisé en trois grandes parties : l’éclairage, les équipements électriques et
électroniques et la force motrice.
I. Eclairage
I.1. Introduction
Une bonne installation d’éclairage entraîne :
- des gains économiques (investissement, coûts d’exploitation, de maintenance, recyclage)
- des gains de productivité (meilleures conditions de production et du contrôle qualité)
- des gains sociaux (réduction des inconforts, de la fatigue visuelle et des risques d’accidents)
- des gains environnementaux (1 TEP évité = 1/4 TECO2 évité)
I.2. Définitions
Il faut choisir la source lumineuse à partir de ses caractéristiques
I.2.1. Flux lumineux
Quantité de lumière émise par seconde dans toutes les directions lumen : lm] (1lm=1/683W pour
λair=555nm)
I.2.2. Intensité lumineuse I
Quantité de lumière émise par seconde dans une direction d’observation donnée ou dans un angle
solide candela : cd]. C’est donc la puissance lumineuse d’un rayon lumineux
I=/
I.2.3. Densité de flux lumineux ou éclairement E
Flux reçu sur une surface/surfaceEclairement lm/m² ou lux]
E = /S ou I/d² où d est la distance entre la source et le plan eclairé)
I.2.4. Luminance L
Les sources lumineuses sont rarement ponctuelles. Elles sont le plus souvent réparties sur une
surface éclairante =>La luminance est une mesure de l’impression de luminosité que l’œil ressent
d'une source lumineuse ou d'une surface éclairée
L=I/Surface apparente de la source cd/m²]
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Deux sources lumineuses peuvent avoir la même intensité lumineuse I, l’une provoquera un
éblouissement, l’autre pas. La différence c’est la luminance ; elle peut caractériser aussi bien une
source lumineuse qu’une surface réfléchissante.
I.2.5. Efficacité lumineuse K
K = Flux lumineux émis par la source / Flux énergétique émis (lumière + pertes) (lm/W)
K = / energ
I.2.6. Rendement énergétique
= Energie lumineuse/Puissance absorbée par la source (-)
= energ / P
I.2.7. Rendement lumineux
= x K = / P (lm/W)
I.2.8. Indice de Rendu de Couleur (IRC)
C’est l’évaluation de la qualité de restitution des couleurs d’une source lumineuse par rapport à
une source de référence
I.2.9. Température de couleur (Tc)
Elle définit la teinte et permet de caractériser l'aspect de la lumière émise. Les teintes dites chaudes
sont à dominante rouge et les teintes dites froides sont plutôt d'aspect blanc bleuté
I.2.10. Production de la lumière
La lumière peut être produite par :
a. Incandescence (ou rayonnement de température) : Tout solide ou liquide émet un rayonnement
visible s’il est porté à T>1000K (standard ou halogène)
b. Luminescence : Emission de lumière à BT sans incandescence (décharge gazeuse ou
fluorescence ou phospherescence)
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c. Electroluminescence : Emission de lumière produite lorsqu’un c.c à BT traverse un dispositif à
semi conducteur contenant un cristal et une jonction p-n (ex : Diode LED : Light Emiting
Device)
d. Induction : Induction magnétique générant un courant induit dans un gaz => UV !
C’est le même principe que les lampes fluo mais la décharge est réalisée sous l’effet d’un
champs magnétique créé par un courant à HF circulant dans une bobine
I.2.11. Ballast
Dispositif auxiliaire qui alimente et stabilise la décharge électrique, employé avec les lampes à
décharge pour obtenir les conditions électriques nécessaires à l’allumage et au fonctionnement
I.2.12. Luminaire
Appareil d’éclairage complet constitué d’une ou plusieurs lampes, de pièces conçues pour diffuser
et diriger la lumière (éviter que la lumière aille où il est inutile voire proscrit (éblouissement, etc.)),
positionner et protéger la lampe (chocs, environnement extérieur, poussière, humidité, chaleur,
etc.), décorer et raccorder l’ensemble à une source d’alimentation électrique
I.3. Conditions de confort de l’éclairage (voir PPT)
- Eclairement suffisant
- Absence d’éblouissement
- Absence de réflexion
- Absence d’ombre
- Rendu des couleurs suffisant
I.4. Efficacité Energétique (EE) de l’éclairage
Plusieurs paramètres influencent considérablement la CE d’une installation :
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– le genre d’éclairage (direct, uniforme ou indirect)
– la couleur des parois et des plafonds
– la construction des luminaires (grillage, couvercle, verre opalin)
– l'âge et le degré d’encrassement des luminaires
– leur hauteur de suspension
– la température ambiante...
Certains de ces aspects sont quantifiés par certains paramètres :
- L’indice du local K = L x l / (L+l) x h
L est la longueur du local, l est sa largeur et h est l’hauteur du luminaire au-dessus du plan utile
La lumière émise par le luminaire est réfléchie en partie sur les parois du local éclairé. Selon la
couleur des surfaces, le coefficient de réflexion peut prendre les valeurs suivantes
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Exemple : Plafond en bois clair : 0.5, mur blanc : 0.7 et sol en carrelage clair 0.3
Le facteur de réflexion est donc 573
Le facteur de dépréciation permet de tenir compte de la diminution du flux des lampes en fonction
du temps. Il est fonction du local et est donné par la formule suivante
d = 1/fe x 1/fl x 1/fa
Le flux total est alors donné par :
t = E x S x d / u ; où E est le niveau d’éclairement, S est la surface à éclairer, d est le facteur de
dépréciation et u est le facteur d’utilance.
I.4.1. EE des appareils
a. EE des Lampes (voir tableau)
Quelques points jouant un rôle dans la consommation de certaines lampes sont cités ci-après
Lampes à incandescence : grande consommation
Lampes à halogène : utiliser variateur ou supprimer (surtout si à simple enveloppe)
Lampes à décharge dans un gaz : pour les grands volumes (hangars et halls de grande hauteur)
o Décharge à basse pression
lampes à vapeur de mercure BP ou fluorescentes : (lampes fluocompactes : partout
sauf dans les endroits on l’on allume et éteint souvent pour un court moment ;
pour l’éclairage ponctuel ; tubes fluo : pour les garages, celliers, caves, ateliers,
cuisines)
lampes à vapeur de sodium BP : pour les rues, les serres
o Décharge à haute pression
lampes à vapeur de mercure HP
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lampes aux halogénures métalliques : pour les activités où les couleurs doivent être
bien rendues
lampes à vapeur de sodium HP : CE très efficace, pour halles de fabrication, rues
Lampes électroluminescentes
o LED : prix élevé, utilisée si frais de maintenance et de sécurité primordiaux
Lampes à induction : très longue durée de vie
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b. EE des ballasts
Ballasts électroniques : avantages par rapport aux ballasts électromagnétiques :
-consomment 2 à 3 fois moins au niveau du ballast (moins de pertes) et 20% au niveau de la lampe
(meilleure efficacité lumineuse)
-plus adaptés aux environnements difficiles (froid, chaud, humide, etc.)
-plus longue durée de vie des tubes
-allumage immédiat
-sans scintillement (pas d’effet stroboscopique)
-clignotements de fin de vie éliminés
-absence de starter et de condensateur de compensation,
-économie d'énergie par la possibilité de gradation du flux lumineux émis (au moyen d'un
potentiomètre, d'une cellule photoélectrique, d’un variateur manuel...)
-pas de courant réactif (cos φ = 1)
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c. EE des luminaires
Paramètres à prendre en compte:
Le facteur d'éblouissement
Le rendement (Plus de lumière et moins de CE) : Eléments qui favorisent un rendement élevé :
o matériaux translucides de qualité
o réflecteurs peu « enveloppants »
o écartement entre les sources …
La facilité de montage et de maintenance (rails pré-câblés, dispositifs de suspension spéciaux
permettant de descendre les luminaires à l’aide d’un câble=> éviter l'emploi onéreux
d'échafaudage)
La hauteur du hall : l'optique permet une distribution extensive, symétrique, asymétrique,
intensive en modifiant le niveau d'éclairement, l'uniformité, ...
Les dispositions de postes de travail
La qualité de l’ambiance (haut degré d'humidité, vapeurs corrosives, vapeurs explosives, fort
dégagement de poussières, risques de choc, HT ou BT…)
La difficulté de la tâche visuelle
I.4.2. Mode de gestion de l’éclairage
• Relamping ou revamping ou relighting: peut être envisagé de deux manières :
o Réorganisation des installations (par ex postes de travail par rapport à l’éclairage
naturel)
o Remplacement des installations (par ex remplacement des lampes et des luminaires par
des appareils économes)
• Installation de minuteries (par ex en couloir, chaufferies, cage d’escaliers)
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• Installation d’horloges (rues, cages d’escalier très fréquentées) ou mieux de programmateurs
de coupure (une gestion électronique de l’allumage et de l’extinction en tenant compte des
heures d’occupation des locaux, de l’éclairage naturel, etc.)
• Installation d’interrupteurs ou commandes crépusculaires (ajuster l’éclairage à l’intensité de la
lumière naturelle sans recourir à la pleine puissance de l’installation)
• Installation de gradateurs ou variateurs (réglage progressif) : pas sur les lampes à
incandescence
• Installation de commandes de stores
• Installation de sondes de détection de présence (pour les locaux faiblement utilisés) +
commandes manuelles
• Installation de commandes à distance (pour les zones d’accès difficiles)
• Compteur d’énergie électrique divisionnaire
• Couleur des parois (murs, plancher, plafond de couleur claire, réfléchissante,…)