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BAC Général 2024

Correction épreuve d’HGGSP

Sujet 1
Les sociétés face aux fluctuations climatiques du Moyen Âge à nos jours

Dans leur ouvrage Les Révoltes du ciel, Jean-Baptiste Fressoz et Fabien Locher témoignent d’une
inquiétude relativement ancienne face à ce qui est déjà perçu comme un dérèglement climatique.
Cette inquiétude affecte les sociétés, qui en leur sein oscillent entre prise de conscience et forme
d’inertie. Des fluctuations, d’abord sous l’effet purement physique des mouvements de la Terre,
ont eu lieu, avant qu’elles ne soient l’effet dès le XIXe siècle de l’activité humaine. Les sociétés ont
donc dû s’adapter, d’abord de façon assez résiliente, puis de manière plus chaotique et
désordonnée à partir du XIXe siècle.

I. Les premières fluctuations climatiques : désordres globaux mais effets locaux

1) Optimum médial et petit âge glaciaire entre le Xe siècle et le XIXe siècle


- Période de réchauffement général au Moyen Âge, avec un climat doux et humide.
- Puis refroidissement à partir du XIVe siècle.

2) Des sociétés résilientes


- Principaux soucis = famines, disettes et agitations sociales et politiques liées à ces famines.
- Mais temps longs (cf. Le Roy Ladurie) et sociétés résilientes, pas de soudaineté dans ces
phénomènes.

Transition : les premières fluctuations sont à peine perceptibles et du moins jamais vues comme
des « changements » mais plutôt comme un état de fait auquel il faut s’adapter. Ce qui ne fut pas
le cas ensuite au XIXe siècle.

II. Le tournant du XIXe siècle et l’entrée dans l’ère de l’Anthropocène

1) Les effets de l’industrialisation et de l’urbanisation


- Prise de conscience : pollution de l’air et des rivières.
- Émergence de phénomènes perçus comme globaux : couche d’ozone, gaz à effet de serre.

2) Les premiers rapports et le début d’une action politique


- Action politique tardive : rapport Meadows en 1972 > met en avant la limitation des ressources
terrestres.
- Premiers rapports du GIEC : 1988. Premiers sommets : Johannesburg, Rio, Kyoto.
- Début d’une action climatique à l’échelle mondiale mais difficulté de mise en œuvre > COP.

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Transition : l’industrialisation a fait basculer la planète dans une nouvelle ère, celle de
l’Anthropocène. Les changements sont plus rapides, plus brutaux, au point qu’on parle aussi de
« dérèglement » climatique, sans pour autant que cette question, qui est établie comme un fait
scientifique, ne soit consensuelle dans les différentes sociétés.

III) Une question qui fait débat et qui génère de l’inertie

1) Des sociétés tiraillées entre injonction à la croissance et au progrès et enjeu climatique


- Sociétés occidentales fondées sur progrès et croissances économiques donc pollution.
- Sociétés émergentes ont suivi le même modèle avec progrès économiques, sociaux.

2) Une inertie qui mène vers une polarisation entre fatalisme et radicalisation
- Actions souvent locales > mobilités, tri des déchets.
- Mouvements radicaux (Stop Oil Now) qui poussent les gouvernements à agir.
- Mais climatoscepticisme voire déni climatique porté par une partie de la société plus
conservatrice ou plus inquiète pour ses intérêts économiques.
- Fatalisme ? La transition écologique est-elle encore possible ? Question en retrait dans
beaucoup d’États (voir élections UE, États-Unis) voire inexistante dans d’autres (Russie).

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Sujet 2
Juger les crimes de masse et les génocides depuis 1945

L’expression de « crime de masse » recouvre tous les crimes perpétrés sur des populations civiles
intentionnellement, en englobant le terme parfois remis en question (pour la Bosnie, pour la
Palestine) de génocide. Englobant, ce terme permet toutefois de traduire devant un tribunal ceux
qui se sont rendus coupables d’un tel acte. Juger les crimes de masse depuis 1945 se fait sur les
bases nouvelles du droit international créées à l’occasion du procès de Nuremberg (1945-1946).
Ce procès fut aussi l’occasion d’apporter à ce droit international un certain nombre de catégories
nouvelles comme celle de « génocide » pour qualifier certains crimes de masse qui furent
sanctionnés en tant que « crimes contre l’humanité ». Les événements de la Seconde Guerre
mondiale ont donc créé un précédent important dans l’histoire du droit international, entraînant
de nouvelles difficultés juridiques et mémorielles, puis en jugeant au cours de procès porteurs de
forts enjeux politiques et sociaux.

I) Des difficultés juridiques et mémorielles

1) Le rôle clé des témoins et des contemporains

a) Des témoins rares et affectés par les événements


- Trouver les témoins, les faire parler (Nuremberg et « l’ère du témoin », Gacaca ou Le Génocide
au village, Hélène Dumas).
- Question du refoulement, de la mémoire tronquée, de l’oubli.

b) Une justice fragilisée par la précarité des preuves


- Retrouver les coupables : la traque des nazis à partir des années 1960.
- Les stratégies de défense, de Nuremberg à Milošević : une justice politique et orientée.
- L’absence de preuve ou preuve de l’absence : le creuset du négationnisme.
- Une mémoire qui s’efface.
- Le crime est par définition massif et laisse peu de survivants.
- Les témoins disparaissent, la difficulté de retrouver les coupables rend les procès tardifs et
longs.

2) Des difficultés mémorielles compensées par un droit spécifique et en évolution

a) Peut-on qualifier a posteriori ?


- Notion de génocide créée en 1948, mais pour désigner le génocide des Juifs et des Tziganes.
- S’applique aussi aux crimes commis contre les Arméniens entre 1915 et 1916.

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b) Des crimes imprescriptibles
- Face à cela, l’évolution du droit avec l’imprescriptibilité des « crimes contre l’humanité » et
l’affirmation de la non-rétroactivité des lois.
- Procès Barbie en 1989 ou procès Hanning en 2016.

c) Identifier les preuves du crime mais aussi l’intentionnalité du crime pour établir le génocide
- Importance des acteurs des conflits (ONG, États belligérants, CPI).

Transition : ces difficultés, surmontées ou non, laissent donc place à des procès souvent eux aussi
complexes, en raison des enjeux qu’ils portent.

II) Des enjeux politiques et sociaux forts

1) Une forte demande sociale

a) Une demande de réparation pour les populations touchées


– Eichmann à Jérusalem en 1962.
– Yougoslavie, Rwanda, mais aussi plus récemment Palestine.

b) Le sentiment d’une justice partiale ou partielle ? Le possible conflit mémoriel


- Idée d’une justice occidentale ? Idée née avec la création de la CPI mais contestée.
- Le TPIR a été créé pour rompre avec cette idée d’une justice occidentale, tout en étant
complété par les tribunaux Gacaca.
- Pourtant, les revendications sont nombreuses pour faire reconnaître un crime par ces instances
internationales (Palestine, Ukraine).

2) Des procès politisés et manipulés ?

a) Juger ou être jugé : des États pris en étau


- Manque d’unanimité sur les instances internationales
- CPI face au conflit entre Israël et le Hamas ou face aux crimes de guerre de l’armée russe en
Ukraine.

b) Finalement, l’impunité pour certains crimes ?


- Comment juger certains États ? Ex : Poutine ou Xi Jinping ?
- La reconnaissance du crime peut être faite, mais jusqu’où peut aller cette justice ?

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Étude critique de document – Les enjeux liés aux nouveaux espaces de conquêtes

Consigne : caractérisez les enjeux liés aux nouveaux espaces de conquêtes.

La signature du Space Act en 2015 s’inscrit dans un contexte nouveau d’appropriation de l’espace
par de nouveaux acteurs, privés, mais aussi publics avec l’émergence de nouvelles puissances
spatiales (Chine, Inde). Le président américain d’alors, Barack Obama, entend faire de l’espace un
espace à la fois sûr et réglementé, tout en permettant de façon assez paradoxale sa privatisation.
Sa position est explicitée dans cet article du Monde daté de 2016 où témoigne Philippe Achilleas,
directeur de l’Institut du droit de l’espace et des télécommunications.

I. Un droit de l’espace pour un espace sûr et réglementé

1) La question de la non-appropriation

l. 6–7 « Elles étaient donc… corps célestes »


l. 14–15 « Mais l’article II… non-appropriation »
> La conquête s’inscrit dans un droit déjà existant en se fondant notamment sur le droit de la mer
et les accords de Montego Bay (pourtant non reconnus par les USA…) afin de délimiter clairement
des frontières spatiales. Cela s’oppose à l’idée « colonisatrice » qui verrait un élément d’espace ou
d’océan appartenir au premier État qui s’en emparerait.

2) Une utilisation pacifique et non militaire ambiguë

l. 14–15 « utilisation pacifique »


l. 38–40 « En revanche… antisatellites »

> La non-appropriation doit empêcher toute forme d’impérialisme et de militarisation de zones


aériennes menaçantes pour certains États.
> Il est interdit de placer des armes de destructions massives, mais pas les boucliers antisatellites.

Transition : le Space Act marque une rupture importante, car en ouvrant la porte aux investisseurs
privés, Barack Obama remet en cause les fondements du droit traditionnel de l’espace.

II. L’espace confronté à de nouvelles réalités géopolitiques

1) Le rêve américain mis à mal

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l. 23–24 « Les Américains… privés »
L. 28–30 « Les Européens… rêve »

L’espace joue un rôle majeur dans l’histoire des États-Unis et dans sa constitution en tant que
puissance face à la Russie. 1969 est une date clé, avec la création d’un fort imaginaire autour de
l’espace. Mais l’absence d’enjeux forts liés à l’espace et la crise économique globale que
traversent les États-Unis les obligent à revoir leurs priorités, en ouvrant l’espace aux financements
privés et aux grandes fortunes.
Les projets européens sont pragmatiques, mais ne suscitent aucune fascination et ne sont pas
perçus comme un vecteur de puissance.

2) La nouvelle réalité économique mondiale

l. 23–24 « Les Américains… privés »

> Elon Musk est l’exemple typique de ces investisseurs qui voient dans l’espace le lieu de
nouveaux enjeux. Il s’est associé avec la NASA pour mener des missions avec SpaceX, mais il a
aussi déployé ses satellites de façon plus anarchique pour soutenir l’effort militaire en Ukraine ou
en Bande de Gaza, deux régions du monde où les intérêts de l’État américain divergent.
> Les Américains n’ont pas d’autres choix pour rivaliser avec les acteurs du New Space,
notamment la Chine.

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