0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
534 vues501 pages

Code de Procedure Pénale Édition

Transféré par

Enrique Enrique
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
534 vues501 pages

Code de Procedure Pénale Édition

Transféré par

Enrique Enrique
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Centre National de Documentation Juridique

CODE DE PROCEDURE PENALE

Cocody II Plateaux Vallon, derrière la pharmacie Sainte Cécile


01 B.P. 2757 ABIDJAN 01 . 27-22-41-44-61/95 Fax. 27-22-41-45-17
Http : //www.cndj.ci
Email : [email protected]
Centre National de Documentation Juridique

CODE DE PROCEDURE PENALE

ED. 2022

Cocody II Plateaux Vallon, derrière la pharmacie Sainte Cécile


01 B.P. 2757 ABIDJAN 01 . 27-22-41-44-61/95 Fax. 27-22-41-45-17
Http : //www.cndj.ci
Email : [email protected]

2
CODES C.N.D.J
EDITIONS PERIODIQUES
- Constitution de la République de Côte d'Ivoire
- Code Electoral
- Code de la Nationalité
- Code de Prévoyance Sociale
- Code Général des Impôts
- Code des Douanes
- Code de l'Urbanisme
- Code de l'Environnement
- Code Minier
- Code Pétrolier
- Code des Investissements
- Code des Marchés Publics
- Code des Assurances - CIMA
- Code de la Propriété Intellectuelle
- Traité et Actes OHADA
- Droits de l'enfant
- Presse en Côte d'Ivoire
- Droit des Partis et Groupements Politiques
- Domaine foncier rural

Cocody II Plateaux Vallon, derrière la pharmacie Sainte Cécile


01 B.P. 2757 ABIDJAN 01 . 27-22-41-44-61/95 Fax. 27-22-41-45-17
Http : //www.cndj.ci
Email : [email protected]

3
CODES C.N.D.J
EDITIONS ANNUELLES
- Code Civil (Code de la Famille)
- Code de Procédure Civile, Commerciale et
Administrative
- Code Pénal
- Code de Procédure Pénale
- Code du Travail
- Code de la Fonction Militaire
- Code de Procédure Militaire
- Code Communal
- Code des loyers

EDITIONS TRIMESTRIELLES :
RECUEILS DE JURISPRUDENCE IVOIRIENNE

- Cour Suprême
- Cours d'Appel et Tribunaux

Cocody II Plateaux Vallon, derrière la pharmacie Sainte Cécile


01 B.P. 2757 ABIDJAN 01 . 27-22-41-44-61/95 Fax. 27-22-41-45-17
Http : //www.cndj.ci
Email : [email protected]

4
AVERTISSEMENT

La connaissance du droit applicable et appliqué en Côte


d’Ivoire et l’accès à la documentation juridique constituent des
difficultés auxquelles sont confrontés les praticiens et les
justiciables. Ces difficultés sont d’autant plus grandes que
ceux-ci doivent répondre à une double interrogation : Que
chercher ? Et où chercher ?
Pour y remédier, les pouvoirs publics ivoiriens, en
collaboration avec les partenaires au développement (A.C.C.T.,
Coopération française, Banque Mondiale, F.M.I.) ont créé en
1995 un Service public de l’information juridique, géré par le
Centre National de Documentation Juridique (C.N.D.J.).
La mission confiée à cet organisme est de rassembler et
de mettre sous forme de bases de données informatisées, toute
l’information juridique relative à la Côte d’Ivoire en vue de
permettre sa diffusion.
Cette édition, mise à jour, du Code de procédure pénale
rentre dans le cadre de cette mission de diffusion.
CE CODE COMPREND :

 Une partie législative comportant notamment la loi


n° 2018-975 du 27 décembre 2018 portant Code de
procédure pénale, la loi n° 2021-894 du 21 décembre 2021
relative aux mesures de protection des victimes de
violences domestiques, de viol et de violences sexuelles
autres que domestiques et la loi n°2022-193 du 11 mars
2022 portant création, compétence, organisation et
fonctionnement du pôle pénal économique et financier;
 Une partie règlementaire comportant plusieurs textes.

Abidjan, mai 2022

La Direction

5
I-
PARTIE LEGISLATIVE

6
A-
LOI N° 2018-975 DU 27 DECEMBRE 2018
PORTANT CODE DE PROCEDURE PENALE
Modifiée par la loi n° 2022-192 du 11 mars 2022

7
LIVRE PREMIER -
DISPOSITIONS PRELIMINAIRES

8
TITRE PREMIER - PRINCIPES DIRECTEURS

ARTICLE PREMIER

La procédure pénale doit, sauf exception prévue par la loi,


garantir la séparation des fonctions de poursuite, d’instruction et de
jugement.

ARTICLE 2

Toute personne mise en cause ou poursuivie est présumée


innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été judiciairement établie.

ARTICLE 3

Les mesures de contrainte dont peut faire l’objet la personne


mise en cause poursuivie sont prises sous le contrôle de l’autorité
judiciaire. Elles doivent être limitées aux nécessités de la procédure,
proportionnées à la gravité de l’infraction reprochée, et ne doivent
pas porter atteinte à la dignité de la personne.

ARTICLE 4

Les droits des parties sont garantis tout au long du procès


pénal par l’autorité judiciaire.

Le procès pénal doit être équitable et contradictoire. La


personne poursuivie a le droit d’être informée des charges retenues
contre elle et d’être assistée par un conseil.

ARTICLE 5
Il doit être définitivement statué sur la cause de toute
personne poursuivie dans un délai raisonnable.

Toute personne condamnée a le droit de faire examiner sa


cause par une juridiction supérieure.

9
TITRE II - DISPOSITIONS GENERALES

ARTICLE 6

L’action publique pour l’application de la loi pénale est mise


en mouvement et exercée par les magistrats ou fonctionnaires
auxquels elle est confiée par la loi.

Cette action peut aussi être mise en mouvement par la partie


lésée, dans les conditions déterminées par le présent Code.

ARTICLE 7

L’action civile en réparation du dommage causé par un


crime, un délit ou une contravention, appartient à tous ceux qui ont
personnellement souffert du dommage directement causé par
l’infraction.

La renonciation à l’action civile ne peut arrêter, ni suspendre


l’exercice de l’action publique, sous réserve des cas visés à l’alinéa
3 de l’article 11.

ARTICLE 8

L’action civile peut être exercée en même temps que l’action


publique et devant la même juridiction.

Elle est recevable pour tous chefs de dommages matériels,


corporels ou moraux, qui découlent des faits objets de la poursuite.

Les associations légalement constituées peuvent se


constituer partie civile pour la défense des intérêts collectifs. Elles
peuvent également se constituer partie civile pour la défense des
intérêts individuels des personnes physiques victimes,
conformément à leurs statuts et dans les conditions prévues par la
loi.

La partie lésée est recevable à réclamer devant la juridiction


répressive outre la réparation du préjudice corporel ou moral, celle
du préjudice matériel causé par le même fait, même si aucune
contravention connexe génératrice des dégâts matériels n'a été
retenue par le titre de la poursuite.

10
La responsabilité civile s’apprécie en matière d’action civile
conformément aux dispositions du Code civil relatives aux délits et
quasi-délits.

Le juge répressif saisi d’une action civile pour homicide ou


blessures involontaires peut, en cas de relaxe du prévenu, accorder
aux parties civiles, sur leur demande, des dommages-intérêts par
application de l’alinéa premier de l’article 1384 du Code civil.

En ce cas, la partie condamnée est tenue aux frais et


dépens. Elle peut néanmoins en être déchargée en tout ou partie par
décision spécialement motivée.

ARTICLE 9

L’action civile peut être aussi exercée séparément de l’action


publique.

Toutefois, il est sursis au jugement de cette action exercée


devant la juridiction civile tant qu’il n’a pas été prononcé
définitivement sur l’action publique lorsque celle-ci a été mise en
mouvement.

ARTICLE 10

La partie qui a exercé son action devant la juridiction civile


compétente ne peut la porter devant la juridiction répressive.

Il n’en est autrement que si celle-ci a été saisie par le


ministère public avant qu’un jugement sur le fond ait été rendu par la
juridiction civile.

ARTICLE 11

L’action publique pour l’application de la loi pénale s’éteint


par la mort de la personne poursuivie, la prescription, l’amnistie,
l’abrogation de la loi pénale et la chose jugée.

11
Toutefois, si des poursuites ayant entraîné condamnation ont
révélé la fausseté du jugement ou de l'arrêt qui a déclaré l'action
publique éteinte, l'action publique pourra être reprise ; la prescription
doit alors être considérée comme suspendue depuis le jour où le
jugement ou arrêt était devenu définitif jusqu'à celui de la
condamnation du coupable de faux ou usage de faux.

Elle peut, en outre, s’éteindre par transaction lorsque la loi


en dispose expressément. Il en est de même, en cas de retrait de
plainte, lorsque la plainte est une condition nécessaire de la
poursuite.

ARTICLE 12 nouveau
(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

En matière de crime, l’action publique se prescrit par dix


années révolues à compter du jour où le crime a été commis si, dans
cet intervalle, il n’a été fait aucun acte d’instruction ou de poursuite.

S’il en a été effectué dans cet intervalle, elle ne se prescrit


qu’après dix années révolues à compter du dernier acte. Il en est
ainsi même à l’égard des personnes qui ne seraient pas impliquées
dans cet acte d’instruction ou de poursuite.

Toutefois, les crimes contre l’humanité, le génocide, les


crimes de guerre et le crime d’agression sont imprescriptibles.

En matière de délit, la prescription de l’action publique est de


trois années révolues. Elle s’accomplit selon les distinctions
spécifiées aux alinéas premier et 2 ci-dessus.

En matière de contravention, la prescription de l’action


publique est d’une année révolue. Elle s’accomplit selon les
distinctions spécifiées aux alinéas premier et 2 ci-dessus.

ARTICLE 13

La transaction est possible en matière délictuelle et


contraventionnelle jusqu'au prononcé du jugement non susceptible
d'opposition sauf dans les cas suivants :

12
1° les infractions commises sur les mineurs ou les
personnes incapables de se protéger ;

2° les vols commis avec les circonstances aggravantes ;

3° les infractions à la législation sur les stupéfiants, les


substances psychotropes et vénéneuses ;

4° les délits commis en matière de terrorisme ;

5° les délits en matière de blanchiment des capitaux et de


financement du terrorisme ;

6° les attentats aux mœurs ;

7° les évasions ;

8° les atteintes à l'ordre public et à la sûreté


de l'Etat ;

9° les outrages, les offenses au Chef de l'Etat ;

10° les infractions contre la paix et la tranquillité publique

11° la connexité avec des infractions pour lesquelles la


transaction n’est pas admise ;

12° toutes autres infractions pour lesquelles la loi n’admet


pas la transaction.

ARTICLE 14

La transaction consiste au paiement d'une amende proposée


par le procureur de la République dans les limites de la peine
d’amende prévue par la loi pour l’infraction constatée et acceptée
par le délinquant.

Au cours de la transaction, les parties peuvent se faire


assister d’un conseil.

13
S’il existe une victime, le procureur de la République est tenu
d’aviser celle-ci du projet de transaction et recueille ses avis et
observations préalables.

La transaction vaut reconnaissance de l'infraction.

Elle comporte, en outre, la saisie des instruments ayant servi


à commettre l'infraction et des produits de celle-ci.

La transaction est constatée par un procès-verbal contenant


l'accord irrévocable des parties et signé par elles.

Elle éteint l’action publique.

ARTICLE 15

Le procès-verbal contient les renseignements sur l'identité


des parties, le montant de l'amende et mention du paiement de celle-
ci et, s’il y a lieu, les saisies ou restitutions. Ces renseignements sont
mentionnés sur un registre tenu au parquet à cet effet.

ARTICLE 16

Lorsqu'il existe une victime, le procès-verbal doit contenir


outre les mentions énumérées à l'article précédent :

1° l’accord du délinquant, du civilement responsable ou


l’assureur de celui-ci de transiger sur l'action civile ;

2° l'accord de la victime, de son représentant légal ou


ayant cause de transiger sur l'action civile ;

3° le montant convenu des réparations civiles et mention


de leur paiement, le cas échéant.

Ce procès-verbal est signé par le procureur de la République


et les parties.

14
ARTICLE 17

Dans le cas visé à l'article précédent, le procès- verbal est


transmis pour homologation, au président du tribunal ou au juge par
lui désigné.

Le greffier en chef y appose la formule exécutoire.

Le procès-verbal vaut preuve jusqu'à inscription de faux à


l'égard de tous, de sa date et des déclarations qui y sont consignées.

Il est conservé au rang des minutes.

Il n’est susceptible d’aucune voie de recours.

ARTICLE 18

Le refus de transiger de la victime ne fait pas obstacle à la


transaction sur l’action publique entre le procureur de la République
et le délinquant.

La victime qui n'a pu obtenir de transiger avec le délinquant


est renvoyé à se pourvoir devant la juridiction répressive pour qu'il
soit statué sur les intérêts civils.

La juridiction répressive saisie d'une action civile avant la


transaction sur l'action publique, peut accorder à la partie civile et à
sa demande des dommages-intérêts.

La transaction intervenue sur les intérêts civils éteint l'action


civile.

ARTICLE 19

L’action civile ne peut être engagée après l’expiration du


délai de prescription de l’action publique.

Lorsqu’il a été définitivement statué sur l’action publique et si


une condamnation pénale a été prononcée, l’action civile mise en
mouvement se prescrit par trente ans.

L’action civile est soumise à tous autres égards aux règles


du Code civil.

15
ARTICLE 20

Toute partie lésée, autre que celles définies à l’article 7


alinéa 1, peut intervenir devant la juridiction répressive déjà saisie,
en vue de réclamer la réparation du préjudice matériel qu’elle a subi,
résultant de la faute de l’auteur de l’infraction.

Les dispositions de l’article 10 sont applicables à l’exercice


de cette action.

ARTICLE 21

Lorsqu’il apparaît au cours des poursuites que les


dommages subis sont en totalité ou en partie, garantis par un contrat
d'assurance souscrit par l’auteur de l’infraction ou le civilement
responsable, l’assureur, s’il est connu, est cité devant la juridiction
répressive, en même temps que l’assuré.

L’assureur peut également intervenir, même pour la


première fois, en cause d’appel.

Dans la limite du montant garanti par le contrat, l’assureur,


au même titre que le prévenu ou le civilement responsable, est tenu
au paiement des condamnations civiles prononcées au profit de la
victime.

16
LIVRE II -
EXERCICE DE L’ACTION PUBLIQUE
ET INSTRUCTION

17
TITRE PREMIER - AUTORITES CHARGEES
DE L’ACTION PUBLIQUE ET
DE L’INSTRUCTION

ARTICLE 22

Sauf dans les cas où la loi en dispose autrement et sans


préjudice des droits de la défense, les procédures au cours de
l’enquête et de l’instruction sont secrètes.

Toute personne qui concourt à cette procédure est tenue au


secret professionnel dans les conditions et sous les peines des
dispositions du Code pénal qui en répriment la violation.

Toutefois, le procureur de la République peut rendre publics


des éléments de la procédure sous réserve du secret de l’enquête et
de l’information.

CHAPITRE PREMIER- POLICE JUDICIAIRE

Section première - Dispositions générales

ARTICLE 23 nouveau
(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

La police judiciaire est exercée, sous la direction du


Procureur de la République, par les officiers, les fonctionnaires et les
agents désignés au présent titre et par tout autre texte législatif ou
réglementaire.

ARTICLE 24

La police judiciaire est placée sous la surveillance du


procureur général près la Cour d’Appel et sous le contrôle de la
Chambre d’instruction dans les conditions prévues aux articles 255
et suivants.

ARTICLE 25

La police judiciaire est chargée, suivant les distinctions


établies au présent titre, de constater les infractions à la loi pénale,
d’en rassembler les preuves et d’en rechercher les auteurs tant
qu’une information n’est pas ouverte.

18
Lorsqu’une information est ouverte, elle exécute les
délégations des juridictions d’instruction et défère à leurs
réquisitions.

ARTICLE 26

La police judiciaire comprend :

1° les officiers de police judiciaire ;

2° les agents de police judiciaire ;

3° les fonctionnaires et agents auxquels sont attribuées par


la loi certaines fonctions de police judiciaire.

Section 2 - Officiers de police judiciaire

ARTICLE 27

Ont la qualité d’officiers de police judiciaire :

1 - les procureurs de la République et leurs substituts ;

2 - les juges d’instruction ;

3 - les maires et leurs adjoints ;

4 - les directeurs de police ;

5 - les commissaires de police ;

6 - les officiers de police ;

7 - les officiers de gendarmerie ;

8 - les sous-officiers de gendarmerie, commandants de


brigade ou chef de poste ;

9 - les sous-officiers de la gendarmerie ayant satisfait aux


épreuves de l’examen d’officier de police judiciaire et
nominativement désignés dans les conditions déterminées par
décret.

19
ARTICLE 28

Le procureur de la République peut ordonner, dans son


ressort, la suspension d’un officier de police judiciaire de l’exercice
de ses fonctions pour une durée qui ne saurait excéder deux mois.

Dans le délai prévu à l’alinéa précédent, la Chambre


d’instruction est saisie conformément aux dispositions des articles
255 à 261 de la présente loi.

ARTICLE 29

Les officiers de police judiciaire exercent les pouvoirs définis


à l’article 25. Ils reçoivent les plaintes et dénonciations ; ils procèdent
à des enquêtes préliminaires dans les conditions prévues par les
articles 60 à 76.

En cas de crimes et délits flagrants ils exercent les pouvoirs


qui leur sont conférés par les articles 77 à 86.

Ils ont le droit de requérir directement le concours de la force


publique pour l’exécution de leur mission.

ARTICLE 30

Les officiers de police judiciaire ont compétence lorsqu’ils


agissent dans les limites territoriales où ils exercent leurs fonctions
habituelles.

Toutefois ceux dont le ressort territorial se situe à l’intérieur


du ressort de la juridiction à laquelle ils sont rattachés peuvent, en
cas d’urgence, opérer dans toute l’étendue du ressort de ladite
juridiction.

Ils peuvent en outre, sur commission rogatoire expresse du


magistrat instructeur ou sur réquisitions du procureur de la
République, en cas de crime ou délit flagrant, ou d’enquête
préliminaire, procéder aux opérations prescrites par ces magistrats,
sur toute l’étendue du territoire national.

20
Ils doivent dans ces cas, informer de leur mission, l’officier
de police judiciaire exerçant les fonctions les plus élevées dans la
circonscription intéressée.

Le procureur de la République territorialement compétent en


est informé par le magistrat ayant prescrit l’opération.

ARTICLE 31

Les officiers de police judiciaire sont tenus d’informer sans


délai et par tous moyens, le procureur de la République des crimes,
délits et contraventions dont ils ont connaissance. Dès la clôture de
leurs opérations, ils doivent lui faire parvenir directement l’original
ainsi qu’une copie certifiée conforme des procès-verbaux qu’ils ont
dressés. Tous actes et documents y relatifs lui sont en même temps
adressés ; les objets saisis sont mis à sa disposition.

Les procès-verbaux doivent énoncer la qualité d’officier de


police judiciaire de leur rédacteur.

Section 3 - Agents de police judiciaire

ARTICLE 32

Sont agents de police judiciaire les fonctionnaires des


services actifs de police, les sous-officiers de police, les sous-
officiers de gendarmerie et les gendarmes qui n’ont pas la qualité
d’officier de police judiciaire.

ARTICLE 33

Les agents de police judiciaire ont pour mission :

1° de seconder, dans l’exercice de leurs fonctions, les


officiers de police judiciaire;

2° de rendre compte à leurs chefs hiérarchiques de tous


crimes, délits ou contraventions dont ils ont connaissance ;

21
3° de constater en se conformant aux ordres de leurs
chefs, les infractions à la loi pénale et de recueillir tous les
renseignements en vue de découvrir les auteurs de ces infractions,
le tout dans le cadre et dans les formes prévues par les dispositions
législatives ou réglementaires qui leur sont propres.

Ils n’ont pas le pouvoir de décider du placement en garde à


vue.

Section 4 - Fonctionnaires et agents chargés de certaines


fonctions de police judiciaire

Paragraphe premier - Inspecteurs et agents


assermentés des Eaux et Forêts

ARTICLE 34

Les inspecteurs et agents assermentés des Eaux et Forêts


recherchent et constatent par procès-verbaux les infractions à la
réglementation des Eaux et Forêts et de la Chasse.

ARTICLE 35

Les inspecteurs et agents assermentés des Eaux et Forêts


suivent les choses enlevées dans les lieux où elles ont été
transportées et les mettent sous séquestre.

Ils ne peuvent cependant pénétrer dans les maisons,


ateliers, bâtiments, cours adjacentes et enclos qu'en présence d'un
officier de police judiciaire qui ne peut se refuser à les accompagner
et qui signe le procès-verbal de l'opération à laquelle il a assisté.

ARTICLE 36

Les inspecteurs et agents assermentés des Eaux et Forêts


conduisent devant un officier de police judiciaire tout individu qu'ils
surprennent en flagrant délit.

Ils peuvent, dans l'exercice des fonctions visées à l'article


34, requérir directement la force publique.

22
ARTICLE 37

Ils peuvent être requis par le procureur de la République, le


juge d'instruction et les officiers de police judiciaire afin de leur prêter
assistance.

ARTICLE 38

Ils remettent à leurs chefs hiérarchiques les procès- verbaux,


constatant les infractions visées à l'article 34.

ARTICLE 39

Ces procès-verbaux sont ensuite, sauf transaction préalable,


transmis au procureur de la République.

Paragraphe 2- Fonctionnaires et agents des


administrations et services publics

ARTICLE 40

Les fonctionnaires et agents des administrations et services


auxquels des textes spéciaux attribuent certains pouvoirs de police
judiciaire exercent ces pouvoirs dans les conditions et limites fixées
par ces textes.

Paragraphe 3 - Gardes particuliers assermentés

ARTICLE 41

Les gardes particuliers assermentés constatent par procès-


verbaux tous délits et contraventions portant atteinte aux propriétés
dont ils ont la garde.

Les procès-verbaux sont remis ou envoyés par lettre avec


accusé de réception directement au procureur de la République.

Cet envoi doit avoir lieu, à peine de nullité dans les trois
jours au plus tard, y compris celui où ils ont constaté le fait objet de
leur procès-verbal.

23
CHAPITRE 2 - MINISTERE PUBLIC

Section première - Dispositions générales

ARTICLE 42

Le ministère public exerce l’action publique et requiert


l’application de la loi.

ARTICLE 43

Le ministère public est représenté auprès de chaque


juridiction répressive.

Il assiste aux débats des juridictions de jugement.

Toutes les décisions sont prononcées en sa présence.

Il assure l’exécution des décisions de justice.

ARTICLE 44

Le ministère public est tenu de prendre des réquisitions


conformes aux instructions qui lui sont données dans les conditions
prévues aux articles 47 et 48. Il développe librement à l'audience les
observations orales qu’il croit convenables au bien de la justice.

Section 2 - Attributions du procureur général


près la Cour d'Appel

ARTICLE 45

Le procureur général représente en personne ou par ses


substituts le ministère public auprès de la Cour d’Appel.

ARTICLE 46

Le procureur général est chargé de veiller à l’application de


la loi dans toute l’étendue du ressort de la Cour d'Appel.

A cette fin, il lui est adressé tous les mois, par chaque
procureur de la République un état des affaires de son ressort.

24
Le procureur général a, dans l’exercice de ses fonctions, le
droit de requérir directement la force publique.

ARTICLE 47

Le ministre de la Justice peut dénoncer au procureur général


les infractions à la loi pénale dont il a connaissance, lui enjoindre de
faire engager des poursuites ou de saisir la juridiction compétente de
telles réquisitions écrites qu’il juge opportunes.

ARTICLE 48

Le procureur général a autorité sur tous les magistrats du


ministère public du ressort de la Cour d’Appel.

A l’égard de ces magistrats, il a les mêmes prérogatives que


celles reconnues au ministre de la Justice à l’article précédent.

ARTICLE 49

Les officiers et agents de police judiciaire sont placés sous la


surveillance du procureur général. Il peut les charger de recueillir
tous renseignements qu’il estime utiles à une bonne administration
de la justice.

Section 3 - Attributions du procureur


de la République

ARTICLE 50

Le procureur de la République représente en personne ou


par ses substituts le ministère public près le tribunal de première
instance.

Il représente également en personne ou par ses substituts le


ministère public auprès du tribunal criminel institué au siège du
tribunal.

ARTICLE 51

Le procureur de la République reçoit les plaintes et les


dénonciations et apprécie la suite à leur donner.

25
S’il décide de ne pas donner suite à la plainte, il avise le
plaignant et la victime du classement de l’affaire. Dans ce cas, il
procède d’office à la restitution des objets saisis dans le cadre de
l’enquête.

Il n’y a pas lieu à restitution lorsque les objets saisis


constituent un danger pour les personnes ou les biens, ou lorsqu’une
disposition particulière prévoit leur destruction.

Le procureur de la République peut, dans les cas où elle est


possible, soit d’office, soit à la demande de la victime, son
représentant légal ou son ayant droit, proposer la transaction au
délinquant.

Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire


qui, dans l’exercice de ses fonctions, a connaissance d’un crime ou
d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la
République et transmettre à ce magistrat tous les renseignements,
procès-verbaux et actes qui y sont relatifs.

ARTICLE 52

Le procureur de la République procède ou fait procéder à


tous les actes nécessaires à la recherche et à la poursuite des
infractions à la loi pénale.

A cette fin, il dirige l’activité des officiers et agents de la


police judiciaire dans le ressort du tribunal. Il peut adresser des
instructions générales ou particulières aux enquêteurs. Il contrôle la
légalité des moyens mis en œuvre par ces derniers, la
proportionnalité des actes d'investigation au regard de la nature et
de la gravité des faits, l'orientation donnée à l'enquête ainsi que la
qualité de celle-ci.

ARTICLE 53

Le procureur de la République a, dans l’exercice de ses


fonctions, le droit de requérir directement la force publique.

26
ARTICLE 54

Sont compétents le procureur de la République du lieu de


l’infraction, celui de la résidence de l’une des personnes
soupçonnées d’avoir participé à l’infraction, celui du lieu d’arrestation
d’une de ces personnes, même lorsque cette arrestation a été
opérée pour une autre cause.

ARTICLE 55

Le procureur de la République représente en personne ou


par ses substituts le ministère public près le tribunal de simple police
institué au siège du tribunal de première Instance. Il peut déférer aux
tribunaux de simple police de son ressort les contraventions dont il
est informé.

CHAPITRE 3 - JUGE D’INSTRUCTION

ARTICLE 56

Le juge d’instruction est chargé de procéder aux


informations ainsi qu’il est dit au chapitre 1 du titre III.

Il ne peut, à peine de nullité, participer au jugement des


affaires pénales dont il a connu en sa qualité de juge d’instruction.

ARTICLE 57

Il est nommé au moins un juge d’instruction dans chaque


tribunal.

Dans les ressorts où il existe plusieurs juges d’instruction, si


l’un d’eux est absent, malade ou autrement empêché, il est remplacé
dans ses fonctions par un autre juge d’instruction provisoirement
désigné par ordonnance du président du tribunal.

Dans les ressorts où il n'y a qu'un juge d’instruction, s'il est


absent, malade ou autrement empêché il est remplacé par un juge
provisoirement désigné par ordonnance du président du tribunal ; à
défaut le président du tribunal est chargé des fonctions de juge
d'instruction.

27
Dans ce dernier cas, la procédure est réglée comme il est dit
aux articles 209 et suivants du présent Code, et le président du
tribunal peut juger les affaires correctionnelles qu'il a instruites.

ARTICLE 58

Le juge d’instruction ne peut informer qu’après avoir été saisi


par un réquisitoire du procureur de la République ou par une plainte
avec constitution de partie civile, dans les conditions prévues aux
articles 97 et 107.

En cas de crimes ou délits flagrants, il exerce les pouvoirs


qui lui sont attribués par l'article 87.

Le juge d’instruction a, dans l’exercice de ses fonctions, le


droit de requérir directement la force publique.

ARTICLE 59

Sont compétents le juge d’instruction du lieu de l’infraction,


celui de la résidence de l’une des personnes soupçonnées d’avoir
participé à l’infraction, celui du lieu d’arrestation d’une de ces
personnes, même lorsque cette arrestation a été opérée pour une
autre cause.

TITRE II - ENQUETES

CHAPITRE PREMIER - DISPOSITIONS COMMUNES


AUX ENQUETES

ARTICLE 60

L’officier de police judiciaire agit soit sur les instructions du


procureur de la République, soit d’office.

Lorsqu’il agit d’office, il est tenu d’en informer


immédiatement le procureur de la République.

Ces opérations sont effectuées sous la direction du


procureur de la République, la surveillance du procureur général et
le contrôle de la Chambre d’instruction.

28
ARTICLE 61

L’officier de police judiciaire procède à l’enquête. Il entend


toute personne susceptible de fournir des renseignements sur les
faits et toutes celles qui se prétendent lésées par l’infraction. Il
procède aux constatations utiles.

ARTICLE 62

La personne convoquée par l’officier de police judiciaire est


tenue de comparaître et de déposer. Si la personne convoquée ne
satisfait pas à cette obligation, avis en est donné au procureur de la
République qui peut la contraindre à comparaître par la force
publique.

L’officier de police judiciaire dresse procès-verbal de ses


déclarations. La personne entendue procède elle-même à sa lecture,
peut y faire consigner ses observations et y appose sa signature. Si
elle déclare ne savoir lire, lecture lui en est faite par l’officier de
police judiciaire préalablement à la signature. En cas de refus de
signer le procès-verbal, mention en est faite sur celui-ci.

ARTICLE 63

Si la nature de l’infraction est telle que la preuve en puisse


être acquise par la saisie des papiers, documents ou autres objets
en la possession des personnes qui paraissent y avoir participé, ou
détenir des pièces ou objets relatifs aux faits incriminés, l’officier de
police judiciaire peut se transporter sans désemparer au domicile de
ces dernières pour y procéder à une perquisition dont il dresse
procès- verbal.

ARTICLE 64

S’il y a lieu de procéder à des constatations d’ordre


technique ou scientifique, l’officier de police judiciaire peut avoir
recours à toute personne qualifiée, après en avoir informé le
procureur de la République.

29
La personne ainsi appelée, sauf si elle est inscrite sur la liste
prévue à l’article 194, prête par écrit, serment de donner son avis en
son honneur et conscience.

Elle ne peut refuser d’obtempérer à la réquisition de l’officier


de police judiciaire sous peine d’une amende de 50.000 à 500.000
francs.

ARTICLE 65

L’officier de police judiciaire a seul, avec la personne


désignée à l’article 64, le droit de prendre connaissance des papiers
ou documents avant de procéder à leur saisie.

Toutefois, il a l’obligation de provoquer préalablement toutes


mesures utiles pour que soit assuré le respect du secret profes-
sionnel et des droits de la défense.

Tous objets et documents saisis sont immédiatement


inventoriés et placés sous scellés. Toutefois, si leur inventaire sur
place présente des difficultés, ils font l’objet de scellés fermés
provisoires jusqu’au moment de leur inventaire et de leur mise sous
scellés définitifs et ce, en présence des personnes qui ont assisté à
la perquisition suivant les modalités prévues à l’article 67.

Avec l’accord du procureur de la République, l’officier de


police judiciaire ne maintient que la saisie des objets et documents
utiles à la manifestation de la vérité.

ARTICLE 66

L’officier de police judiciaire peut procéder ou faire procéder


sous son contrôle, sur toute personne contre laquelle il existe des
soupçons d’avoir commis ou tenté de commettre l’infraction, aux
opérations de prélèvement nécessaires à la réalisation d’examens
techniques et scientifiques, ainsi qu’aux opérations de relevés
signalétiques ou de photographies nécessaires à la manifestation de
la vérité.

30
Ces opérations de prélèvement ne peuvent s’effectuer
qu’avec le consentement de l’intéressé. Mention de ce
consentement est portée au procès-verbal.

En cas de refus de l’intéressé, l’autorisation écrite du


procureur de la République est exigée pour qu’il y soit procédé.
Mention de cette autorisation est portée au procès- verbal.

ARTICLE 67

Les perquisitions et visites domiciliaires sont faites sur


autorisation écrite ou verbale du procureur de la République, en
présence de la personne au domicile de laquelle l’opération a lieu. Si
l’autorisation du procureur de la République est verbale, elle doit être
confirmée dans les meilleurs délais par écrit.

L’autorisation du procureur de la République n’est pas


obligatoire s’agissant des fouilles de véhicules, les fouilles
corporelles et les saisies de pièces à conviction.

Si la personne concernée ne veut ou ne peut y assister,


l’opération a lieu en présence d’un fondé de pouvoir qu’elle nomme
ou à défaut, de deux témoins n’ayant aucune relation avec la partie
plaignante et en dehors des personnes relevant de l’autorité
administrative de l’officier de police judiciaire.

Les objets sont présentés aux personnes en présence


desquelles l’opération a eu lieu, à l’effet de les reconnaître et attester
qu’ils ont bien été trouvés sur les lieux de l’opération.

Il en est fait mention au procès-verbal dont copie est remise


à chacune d'elles.

ARTICLE 68

Sauf réclamation faite de l’intérieur de la maison ou


exceptions prévues par la loi, les visites domiciliaires et les
perquisitions ne peuvent être commencées avant quatre heures et
après vingt et une heures.

31
Toutefois, des visites, perquisitions et saisies peuvent être
opérées à toute heure du jour et de la nuit en vue d’y constater
toutes infractions, à l’intérieur de tout hôtel, maison meublée,
pension, débit de boisson, club, cercle dancing, lieu de spectacle et
leurs annexes et en tout autre lieu ouvert au public ou utilisé par le
public.

ARTICLE 69 nouveau
(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Les perquisitions dans un cabinet d’avocat ou de médecin


ou dans une étude d'officier public et ministériel ne peuvent être
effectuées qu'en présence du Procureur de la République ou de l'un
de ses substituts et de la personne responsable de l'organisation
professionnelle à laquelle appartient l’intéressé ou de son délégué.

Si le responsable de l’organisation professionnelle ou son


délégué dûment invité ne se présente pas, il est passé outre sa
présence. Mention en est portée au procès-verbal.

ARTICLE 70

Toute communication ou toute divulgation sans l’autorisation


de la personne soupçonnée ou de ses ayants droit ou du signataire
ou du destinataire d'un document provenant d’une perquisition à une
personne non qualifiée par la loi pour en prendre connaissance est
punie d’une amende de 50.000 à 600.000 francs et d’un
emprisonnement de trois mois à trois ans.

ARTICLE 71

Si pour les nécessités de l’enquête, l’officier de police


judiciaire est amené à garder à sa disposition une ou plusieurs
personnes contre lesquelles existent des indices graves et concor-
dants de participation à une infraction, il peut les placer en garde à
vue.

Toutefois, la garde à vue ne peut être décidée par l'officier


de police judiciaire que si cette mesure constitue l’unique moyen de
parvenir à l’un au moins des objectifs suivants :

32
1° permettre l’exécution des investigations impliquant la
présence ou la participation de la personne ;

2° garantir la présentation de la personne devant le


procureur de la République afin que ce magistrat puisse apprécier la
suite à donner à l’enquête ;

3° prévenir la modification par la personne des preuves ou


indices matériels ;

4° éviter que la personne exerce des pressions sur les


témoins ou les victimes ainsi que sur leur famille ou leurs proches ;

5° éviter toute concertation entre la personne avec d’autres


personnes susceptibles d’être ses complices ;

6° protéger la personne mise en cause ;

7° garantir la mise en œuvre des mesures destinées à faire


cesser le crime ou le délit.

La garde à vue s’exécute dans les locaux prévus à cet effet.

ARTICLE 72

Dès le début de la garde à vue, l'officier de police judiciaire


en informe par tous moyens, le procureur de la République. L’officier
de police judiciaire ne peut retenir, les personnes mentionnées à
l’article précédent plus de quarante-huit heures.

Le procureur de la République peut accorder, par écrit ou


verbalement l’autorisation de prolonger la garde à vue d’un nouveau
délai de quarante-huit heures. A l’issue de ce délai, les personnes
gardées à vue sont, soit déférées devant le procureur de la
République, soit remises en liberté.

Le procureur de la République apprécie si le maintien de la


personne en garde à vue et, le cas échéant, la prolongation de cette
mesure sont nécessaires à l’enquête et proportionnés à la gravité
des faits que la personne est soupçonnée d’avoir commis ou tenté
de commettre.

33
ARTICLE 73
L’heure du début de la garde à vue est fixée, le cas échéant,
à l’heure à laquelle la personne a été appréhendée ou s’est
présentée dans les locaux de l’unité de police judiciaire en réponse à
la convocation qui lui a été faite.
Si une personne a déjà été placée en garde à vue pour les
mêmes faits, la durée des précédentes périodes de garde à vue
s’impute sur la durée de la mesure.
ARTICLE 74
La personne placée en garde à vue est immédiatement
informée par l’officier de police judiciaire :
1° de son placement en garde à vue ainsi que de la durée
de la mesure et de la prolongation dont celle-ci peut faire l’objet ;
2° de la nature et de la date présumée de l’infraction
qu’elle est soupçonnée d’avoir commise ou tenté de commettre.
Elle est également informée de son droit de faire prévenir,
sans délai, par tout moyen de communication, une personne avec
laquelle elle vit habituellement, un parent, un ami ou son employeur,
de la mesure dont elle est l’objet. Toute restriction à ce droit ne peut
résulter que d’une instruction écrite ou par tout moyen laissant trace
écrite du procureur de la République.
ARTICLE 75
S’il l’estime nécessaire, l’officier de police judiciaire ou le
procureur de la République peut désigner un médecin qui examine la
personne gardée à vue à n’importe quel moment des délais prévus à
l’article précédent.
L'examen médical est de droit si la personne gardée à vue
ou un membre de sa famille, le demande.
ARTICLE 76
Le procureur de la République ou le procureur général, peut,
d’office, ou à la demande de toute personne, faire cesser la mesure
de garde à vue si elle a été décidée par l’officier de police judiciaire
au mépris des dispositions des articles 71, 72, 73, 74 et 75.
34
CHAPITRE 2 - DISPOSITIONS SPECIFIQUES
A L’ENQUETE DE FLAGRANCE

ARTICLE 77

Est qualifié crime ou délit flagrant, le crime ou le délit qui est


en train de se commettre, ou qui vient de se commettre.

Il y a aussi crime ou délit flagrant lorsque, dans un temps


très voisin de l’action, la personne soupçonnée est poursuivie par la
clameur publique ou est trouvée en possession d’objets, ou présente
des traces ou indices, laissant penser qu’elle a participé au crime ou
délit.

ARTICLE 78

En cas de crime flagrant, l’officier de police judiciaire qui en


est avisé, informe immédiatement le procureur de la République, se
transporte sans délai sur le lieu du crime et procède à toutes
constatations utiles.

Il veille à la conservation des indices susceptibles de


disparaître et de tout ce qui peut servir à la manifestation de la
vérité. Il saisit les armes et instruments qui ont servi à commettre le
crime ou qui étaient destinés à le commettre, ainsi que tout ce qui
paraît avoir été le produit de ce crime.

Il représente les objets saisis, pour reconnaissance, aux


personnes qui ont été témoins du crime ou qui paraissent avoir
participé au crime, si elles sont présentes.

ARTICLE 79

Dans les lieux où un crime a été commis, il est interdit, sous


peine d’une amende de 50.000 à 500.000 francs, à toute personne
non habilitée, de modifier avant les premières opérations de
l’enquête de flagrance l’état des lieux et d’y effectuer des
prélèvements quelconques.

35
Toutefois, exception est faite lorsque ces modifications ou
ces prélèvements sont commandés par les exigences de la sécurité
ou de la salubrité publique, ou par les soins à donner aux victimes.

Si les destructions des traces ou si les prélèvements sont


effectués en vue d’entraver le fonctionnement de la justice, la peine
est un emprisonnement de trois mois à trois ans et une amende de
300.000 à 3.000.000 de francs.

ARTICLE 80

Si la preuve du crime flagrant peut être obtenue par la saisie


des papiers, documents ou autres objets en la possession des
personnes qui paraissent avoir participé au crime ou détenir des
pièces ou objets relatifs aux faits incriminés, l’officier de police
judiciaire se transporte sans désemparer au domicile de ces
dernières pour y procéder à une perquisition dont il dresse procès-
verbal.

Il en informe préalablement le procureur de la République.

ARTICLE 81

L’officier de police judiciaire peut défendre à toute personne


de s’éloigner du lieu de l’infraction jusqu’à clôture de ses opérations.

Toute personne dont il apparaît nécessaire, au cours de


l’enquête de flagrance, d’établir ou de vérifier l’identité, doit à la
demande de l’officier de police judiciaire, se prêter aux opérations
qu’exige cette mesure.

Tout contrevenant aux dispositions des alinéas précédents


est passible d’une amende de 50.000 à 500.000 francs.

ARTICLE 82

La personne à l’encontre de laquelle il n’existe aucun indice


faisant présumer qu’elle a participé à l’infraction ne peut être
retenue, pour fournir des renseignements sur les faits de la cause,
que le temps nécessaire à son audition.

36
ARTICLE 83

Les procès-verbaux dressés par l’officier de police judiciaire


en exécution des dispositions prévues au présent chapitre sont
rédigés sur le champ et signés par lui et les personnes entendues
sur chaque feuillet du procès-verbal.

ARTICLE 84 nouveau
(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Les dispositions des articles 78 à 83 sont applicables au cas


de délit flagrant, dans tous les cas où la loi prévoit une peine
d’emprisonnement.

ARTICLE 85

Si les nécessités de l’enquête l’exigent, l’officier de police


judiciaire peut se transporter dans les ressorts des tribunaux
limitrophes de celui où il exerce ses fonctions à l’effet d’y poursuivre
ses investigations.

L’officier de police judiciaire se transporte sur autorisation


expresse du procureur de la République de son ressort. Ce dernier
doit aviser, au préalable, le procureur de la République du ressort du
tribunal dans lequel ce transport a lieu.

Le procureur de la République du lieu où s’exécute la


mission désigne un officier de police judiciaire de son ressort pour
assister à l’exécution de la mission.

L’officier de police judiciaire mentionne sur le procès-verbal


les motifs de son transport.

ARTICLE 86

En cas de délit flagrant, lorsque le fait est puni d’une peine


d’emprisonnement, le mis en cause est déféré devant le procureur
de la République qui peut le mettre sous mandat de dépôt, après
l’avoir interrogé sur son identité et sur les faits qui lui sont reprochés.

37
Il en est de même en cas de délit puni d’une peine
d’emprisonnement qui, à la suite d’une enquête, ne paraît pas devoir
faire l’objet d’une instruction préalable, en raison soit des aveux de
l’inculpé, soit de l’existence de charges suffisantes.

Le procureur de la République saisit alors le tribunal


correctionnel suivant la procédure du flagrant délit dans les
conditions définies au présent Code.

Les dispositions prévues au présent article sont


inapplicables si l’information est obligatoire ou si les personnes
soupçonnées d’avoir participé au délit sont mineures de dix-huit ans.

ARTICLE 87

Lorsque le juge d'instruction est présent sur les lieux, le


procureur de la République ainsi que les officiers de police judiciaire
sont de plein droit dessaisis à son profit.

Le juge d'instruction accomplit alors tous actes de police


judiciaire prévus au présent chapitre.

Il peut aussi prescrire à tous officiers de police judiciaire de


poursuivre les opérations.

Ces opérations terminées, le juge d'instruction transmet les


pièces de l'enquête au procureur de la République à toutes fins
utiles.

Lorsque le procureur de la République et le juge d'instruction


sont simultanément sur les lieux, le procureur de la République peut
requérir l'ouverture d'une information régulière dont est saisi le juge
d'instruction présent par dérogation, le cas échéant, aux dispositions
de l'article 103.

ARTICLE 88

Dans les cas de crime flagrant ou de délit flagrant puni d’une


peine d’emprisonnement, toute personne a qualité pour en
appréhender l’auteur et le conduire devant l’officier de police
judiciaire le plus proche.

38
ARTICLE 89

En cas de découverte d’un cadavre, si la cause de la mort


en est inconnu ou suspecte, l’officier de police judiciaire qui en est
avisé informe immédiatement le procureur de la République, se
transporte sans délai sur les lieux et procède aux premières
constatations en ouvrant une enquête.

Le procureur de la République se rend sur place s'il le juge


nécessaire et se fait assister de personnes capables d'apprécier la
nature des circonstances du décès. Il peut toutefois, déléguer aux
mêmes fins, un officier de police judiciaire de son choix.

Les personnes ainsi appelées prêtent, par écrit, serment de


donner leur avis en leur honneur et conscience. Elles ne peuvent
refuser d'obtempérer à la réquisition des magistrats ou des officiers
de police judiciaire sous peine d'une amende de 50.000 à 500.000
francs sans préjudice de peines plus graves et de tous dommages-
intérêts.

Le procureur de la République peut aussi requérir


information pour recherche des causes de la mort.

CHAPITRE 3 - INTERVENTION DES AVOCATS


AU COURS DE L’ENQUETE

ARTICLE 90

Toute personne contre qui il existe des indices graves et


concordants de participation à une infraction, ou qui en a été victime
ou qui est appelée à apporter son concours à la manifestation de la
vérité, peut, au cours de l’enquête, se faire assister d'un avocat.

Toutefois, à titre exceptionnel, dans les localités où il n'existe


pas d'avocat, la personne peut se faire assister d'un parent ou d'un
ami.

Les magistrats ou les fonctionnaires chargés de la mise en


mouvement et de l’exercice de l’action publique doivent l’informer de
ce droit.

39
Mention de cet avertissement et éventuellement du nom de
l'avocat, du parent ou de l'ami est portée au procès-verbal.

ARTICLE 91

Si la personne visée à l'article 90 alinéa 1 comparaît


accompagnée de son avocat, elle ne peut être entendue qu'en
présence de celui-ci.

Dans le cas où la personne comparaît et qu'elle exprime le


désir de se faire assister d'un avocat, l'officier de police judiciaire lui
impartit un délai tenant compte des nécessités de l'enquête,
notamment de la garde à vue.

Si la personne retenue ou gardée à vue manifeste la volonté


de se faire assister d'un conseil, l'officier de police judiciaire doit
immédiatement aviser celui-ci ou autoriser l'intéressé à le faire par
tous moyens. Mention est faite au procès-verbal.

ARTICLE 92

Pour les personnes bénéficiant de l'assistance d'un avocat,


l'officier de police judiciaire est tenu d'aviser celui-ci des mesures
prises en application de l’article 71.

ARTICLE 93

L'assistance de l'avocat consiste en sa présence physique


aux côtés de son client, à relever et à faire mentionner, au procès-
verbal toute irrégularité éventuelle qu'il estime de nature à préjudicier
aux droits de son client.

Lorsque l'avocat fait des observations, il signe le procès-


verbal.

ARTICLE 94

Les formalités prescrites par les articles 90 alinéas 2 et 3, 92


et 93 alinéas 2 sont prescrits à peine de nullité.

40
La nullité de l’acte est également encourue lorsque
l'irrégularité ou l'omission constatée a eu pour effet de vicier ou
d’altérer fondamentalement la recherche de la vérité.

Toutefois, les parties peuvent renoncer à s'en prévaloir


lorsqu'elle n'est édictée que dans leur intérêt.

ARTICLE 95

La nullité de l’acte ne peut être invoquée que devant le juge


saisi pour la première fois du dossier.

Le juge saisi prononce la nullité de l’acte qui en est entaché.


L’acte d’enquête annulé ne vaut qu’à titre de simple renseignement.

TITRE III - JURIDICTIONS D’INSTRUCTION

CHAPITRE PREMIER - JUGE D’INSTRUCTION : JURIDICTION


D’INSTRUCTION DU PREMIER DEGRE

Section première - Dispositions générales

ARTICLE 96

L’instruction préparatoire est obligatoire en matière de crime;


sauf dispositions spéciales, elle est facultative en matière de délit.

ARTICLE 97

Le juge d’instruction ne peut informer qu’en vertu d’un


réquisitoire du procureur de la République, même s’il a procédé en
cas de crime ou de délit flagrant.

Le réquisitoire peut être pris contre personne dénommée ou


non dénommée. Il doit être motivé lorsque le placement de la
personne sous contrôle judiciaire ou en détention préventive est
sollicité.

Le juge d’instruction a le pouvoir d’inculper toute personne


ayant pris part, comme auteur ou complice, aux faits qui lui sont
déférés.

41
Lorsque des faits, non visés au réquisitoire, sont portés à la
connaissance du juge d’instruction, celui-ci communique
immédiatement au procureur de la République les plaintes ou les
procès-verbaux qui les constatent

En cas de plainte avec constitution de partie civile, il est


procédé comme il est dit à l’article 107.

ARTICLE 98

Le juge d’instruction procède, conformément à la loi, à tous


les actes d’information qu’il juge utiles à la manifestation de la vérité.
Il instruit à charge et à décharge.

Il est établi deux copies de ses actes ainsi que de toutes les
pièces de la procédure. Chaque copie est certifiée conforme à
l’original par le greffier ou l’officier de police judiciaire commis
mentionné à l’alinéa suivant. Toutes les pièces du dossier sont
cotées et inventoriées par le greffier au fur et à mesure de leur
rédaction ou de leur réception par le juge d’instruction.

Si le juge d’instruction est dans l’impossibilité de procéder


lui- même à tous les actes d’instruction, il peut donner commission
rogatoire aux officiers de police judiciaire afin de leur faire exécuter
tous les actes d’information nécessaires dans les conditions prévues
aux articles 188 et 189.

Le juge d’instruction doit vérifier les éléments d’information


ainsi recueillis.

Le juge d’instruction procède ou fait procéder, soit par des


officiers de police judiciaire, soit par toute personne habilitée par le
ministre de la Justice, à une enquête sur la personnalité des inculpés
ainsi que sur leur situation matérielle, familiale ou sociale. Toutefois,
en matière de délit, cette enquête est facultative.

Le juge d’instruction peut prescrire tout examen médical ou


ordonner toute autre mesure utile. Si ces examens ou mesures sont
demandés par l’inculpé ou son conseil, il ne peut les refuser que par
ordonnance motivée.

42
ARTICLE 98-1
(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022.)

Le juge d’instruction peut, dans les cas prévus par la loi,


mettre les biens de l’inculpé sous séquestre.

Les biens mis sous séquestre sont administrés et liquidés


suivant les dispositions légales relatives au séquestre d'intérêt
général. Ils sont restitués en cas de non-lieu, d'acquittement ou de
relaxe, et liquidés en cas de condamnation. Il ne peut être procédé à
leur restitution ou à leur liquidation qu'autant que la décision
prononçant le non-lieu, l'acquittement, la relaxe ou la condamnation
est devenue définitive.

Les fonds provenant de la liquidation sont employés au


paiement des frais, des amendes, des restitutions, des dommages et
intérêts, mis à la charge du condamné et le reliquat d'actif, s'il en
existe, est restitué à celui-ci. Il est déposé à la Caisse des Dépôts et
Consignations si la restitution ne peut intervenir immédiatement.

Les décisions ordonnant le séquestre ou prononçant le non-


lieu, l'acquittement, la relaxe ou la condamnation sont notifiées par le
ministère public à l'administration en charge des Domaines, dès
qu'elles sont définitives.

ARTICLE 99

L’inculpé ou son conseil peut obtenir du juge d’instruction, la


délivrance à ses frais, par le greffier, de copies d’actes et des pièces
du dossier.

Toutefois, si la communication d’une pièce du dossier est de


nature à mettre en péril la manifestation de la vérité, le juge
d’instruction peut la refuser. Dans ce cas, il rend une ordonnance
motivée, susceptible d’appel devant la Chambre d’instruction.

ARTICLE 100

Dans son réquisitoire introductif, et à toute époque de


l’information par réquisitoire supplétif, le procureur de la République
peut requérir du magistrat instructeur tous actes lui paraissant utiles
à la manifestation de la vérité.

43
Il peut, à cette fin, se faire communiquer la procédure à
charge de la rendre dans les vingt-quatre heures.

Si le juge d’instruction ne croit pas devoir procéder aux actes


requis, il doit rendre, dans les cinq jours des réquisitions du
procureur de la République, une ordonnance motivée. Passé ce
délai, le juge d’instruction est tenu d’accomplir les actes requis.

ARTICLE 101

L’inculpé et la partie civile peuvent également solliciter du


juge d’instruction, l’accomplissement des actes leur paraissant utiles
à la manifestation de la vérité.

Le juge d’instruction est tenu aux mêmes obligations


prévues à l’alinéa 3 de l’article précédent.

ARTICLE 102 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Lorsqu’il existe dans un tribunal plusieurs juges d’instruction,


le président du tribunal, le vice-président ou le juge le plus ancien
dans le grade le plus élevé délégué par le président du tribunal,
désigne, par ordonnance, pour chaque information, le juge qui en
sera chargé.

Il peut également désigner deux ou plusieurs juges


d’instruction pour instrumenter dans une affaire complexe ou grave
comportant plusieurs chefs d’inculpation. Dans ce cas, il désigne l’un
des juges d’instruction pour coordonner l’instruction.

Chaque acte d’instruction est signé par le juge d’instruction


qui l’accomplit.

Toutefois, les ordonnances sont prises collégialement. En


cas de partage égal des voix, celle du juge d’instruction
coordonnateur est prépondérante.

En cas de nécessité, le président du tribunal peut,


exceptionnellement, décharger le juge d’instruction des autres
dossiers de son cabinet en vue de l’instruction d’une affaire
particulière.
44
Les décisions du président du tribunal prévues au présent
article ne sont pas susceptibles de recours.

Les dispositions de l’alinéa 1 du présent article ne


s’appliquent pas lorsqu’il existe dans un tribunal, une juridiction
spécialisée d’instruction. Le juge chargé de l’instruction est, dans ce
cas, désigné par le chef de la juridiction d’instruction spécialisée qui
peut procéder comme il est dit à l’alinéa 2 du présent article. Les
alinéas 3 à 6 du présent article sont applicables.

ARTICLE 103

Le dessaisissement du juge d’instruction au profit d’un autre


juge d’instruction peut être demandé au président du tribunal, dans
l’intérêt d’une bonne administration de la justice, par requête motivée
du procureur de la République.

L’inculpé ou la partie civile peut également, pour le même


motif, demander le dessaisissement du juge d’instruction. Dans ce
cas, la requête est transmise au procureur de la République qui
dispose d’un délai de trois jours pour ses réquisitions.

Le président du tribunal statue dans les huit jours, à compter


de sa saisine, par une ordonnance qui n’est pas susceptible de voies
de recours.

En cas d’empêchement du juge saisi, par suite de congé, de


maladie ou pour toute autre cause, il est procédé par le président,
ainsi qu’il est dit à l’article précédent, à la désignation du juge
d’instruction chargé de le remplacer.

Toutefois, en cas d’urgence et pour des actes isolés, tout


juge d’instruction peut suppléer un autre juge d’instruction du même
tribunal, à charge pour lui d’en rendre compte immédiatement au
président du tribunal.

ARTICLE 104

Dans le ressort de la Cour d'Appel, le procureur général peut


charger, par voie de réquisition, tout juge d'instruction d'informer sur
tout crime ou délit qui lui aura été dénoncé, même lorsqu'il aura été

45
commis hors du ressort de la compétence de ce magistrat ; il peut
également requérir tout juge d'instruction de continuer une
information commencée par un autre magistrat qu'il dessaisit à cet
effet. Cette décision est prise après avis conforme de la Cour
d'Appel.

Le juge d'instruction désigné dans les conditions prévues à


l'alinéa précédent a compétence pour instrumenter sur tout le
territoire de la République de Côte d'Ivoire.

ARTICLE 105

Les dispositions de l'article précédent ne dérogent pas en ce


qui concerne les juridictions de jugement aux règles de compétence
territoriale édictées par le présent Code.

Section 2 - Constitution de partie


civile et ses effets

ARTICLE 106

Toute personne qui se prétend lésée par un crime ou un délit


peut, en portant plainte, se constituer partie civile devant le juge
d'instruction compétent.

ARTICLE 107

Le juge d’instruction ordonne communication de la plainte au


procureur de la République pour que ce magistrat prenne ses
réquisitions.

Le réquisitoire peut être pris contre personne dénommée ou


non dénommée notamment en cas de plainte insuffisamment
motivée ou insuffisamment justifiée par les pièces produites.

Le procureur de la République ne peut saisir le juge


d’instruction de réquisitions de non informer que si, pour des causes
affectant l’action publique elle-même, les faits ne peuvent légalement
comporter une poursuite ou si, à supposer ces faits démontrés, ils ne
peuvent admettre aucune qualification pénale. Dans le cas où le juge
d'instruction passe outre, il doit statuer par une ordonnance motivée.

46
ARTICLE 108

La constitution de partie civile peut avoir lieu à tout moment


au cours de l’instruction.

Dans tous les cas, la recevabilité de la constitution de partie


civile peut être contestée, soit par le ministère public, soit par
l’inculpé, soit par une autre partie civile.

Le juge d’instruction statue par ordonnance après


communication du dossier au ministère public.

ARTICLE 109

La partie civile qui met en mouvement l'action publique doit,


si elle n’a obtenu l’assistance judiciaire, et sous peine de non-
recevabilité de sa plainte, consigner au greffe la somme présumée
nécessaire pour les frais de la procédure. Cette somme est fixée par
ordonnance du juge d'instruction.

Un supplément de consignation peut être exigé d’elle au


cours de l’information, par ordonnance du juge d’instruction, dès que
le reliquat paraît insuffisant pour assurer le paiement de tous les
frais.

ARTICLE 110

Toute partie civile qui ne demeure pas au siège de la


juridiction où se fait l'instruction est tenue d'y élire domicile.

A défaut d'élection de domicile, la partie civile ne peut


opposer le défaut de signification des actes qui auraient dû lui être
signifiés aux termes de la loi.

ARTICLE 111

Dans le cas où le juge d’instruction n’est pas compétent aux


termes de l’article 59, il rend, après réquisitions du ministère public,
une ordonnance renvoyant la partie civile à se pourvoir devant telle
juridiction, qu’il appartiendra.

47
ARTICLE 112

Quand, après une information ouverte sur constitution de


partie civile, une décision de non-lieu a été rendue, l’inculpé et toutes
personnes visées dans la plainte, et sans préjudice d’une poursuite
pour dénonciation calomnieuse, peuvent, s’ils n’usent de la voie
civile, demander des dommages - intérêts à la partie civile pour abus
de constitution de partie civile, dans les formes indiquées ci-après.

L’action en dommages-intérêts doit être introduite dans les


trois mois du jour où l’ordonnance de non-lieu est devenue définitive.
Elle est portée par voie de citation devant le tribunal correctionnel où
l’affaire a été instruite.

Ce tribunal est immédiatement saisi du dossier de


l’information terminée par une ordonnance de non- lieu, en vue de sa
communication aux parties. Les parties, ou leurs conseils, et le
ministère public sont entendus. Le jugement est rendu en audience
publique.

En cas de condamnation, le tribunal peut ordonner la


publication intégrale ou par extraits de son jugement dans un ou
plusieurs journaux qu’il désigne, aux frais du condamné. Il fixe le
coût maximum de chaque insertion.

L’opposition, s’il échet, et l’appel sont recevables dans les


délais de droit commun en matière correctionnelle.

L’appel est porté devant la chambre des appels


correctionnels statuant dans les mêmes formes que le tribunal.

L’arrêt de la Cour d’Appel peut être déféré à la Cour de


cassation comme en matière pénale.

48
Section 3 - Transports, perquisitions
et saisies

ARTICLE 113

Le juge d’instruction peut se transporter sur les lieux pour y


effectuer tous actes d’instructions qui lui paraissent utiles. Il en
donne avis préalable au procureur de la République qui peut
l’accompagner.

Le juge d’instruction est toujours assisté d’un greffier.

Il dresse procès-verbal de ses opérations.

ARTICLE 114

Si les nécessités de l’information l’exigent, le juge


d’instruction peut, après en avoir donné avis au procureur de la
République de son tribunal, se transporter avec son greffier dans les
ressorts des tribunaux de la Côte d’Ivoire, à l’effet d’y procéder à
tous actes d’instruction, à charge par lui d’aviser, au préalable, le
procureur de la République du ressort du tribunal dans lequel il se
transporte. Il mentionne sur son procès-verbal les motifs de son
transport.

ARTICLE 115

Les perquisitions sont effectuées dans tous les lieux où


peuvent se trouver des objets dont la découverte serait utile à la
manifestation de la vérité.

ARTICLE 116 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Si la perquisition a lieu au domicile de l’inculpé, le juge


d’instruction l’effectue en présence de la personne au domicile de
laquelle l’opération a lieu. Si la personne concernée ne veut ou ne
peut y assister, l’opération a lieu en présence d’un fondé de pouvoir
qu’elle nomme ou, à défaut, de deux témoins n’ayant aucune relation
avec la partie plaignante.

49
Les objets sont présentés aux personnes en présence
desquelles l’opération a eu lieu, à l’effet de les reconnaître et
d’attester qu’ils ont bien été trouvés sur les lieux de l’opération.

Il en est fait mention au procès-verbal dont copie est remise


à chacune d’elles.

Le juge d’instruction doit se conformer aux dispositions de


l’article 68.
ARTICLE 117 nouveau
(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Si la perquisition a lieu dans un domicile autre que celui de


l’inculpé, la personne chez laquelle elle doit s’effectuer est invitée à y
assister. Si cette personne est absente ou refuse d’y assister, la
perquisition a lieu en présence de deux de ses parents ou alliés
présents sur les lieux ou, à défaut, en présence de deux témoins.

Le juge d’instruction doit se conformer aux dispositions des


articles 68 et 116 alinéas 2 et 3.

Toutefois, il a l’obligation de provoquer préalablement toutes


mesures utiles pour que soit assuré le respect du secret
professionnel et des droits de la défense.

Si la perquisition a lieu dans un cabinet d’avocat ou de


médecin, ou dans une étude d’officier public et ministériel, le juge
d’instruction est tenu de se conformer aux dispositions de l’article 69.

ARTICLE 118 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Lorsqu’il y a lieu, en cours d’information, de rechercher des


documents et sous réserve de respecter, le cas échéant, l’obligation
stipulée par l’alinéa 3 de l’article précédent, le juge d’instruction ou
l’officier de police judiciaire par lui commis à seul le droit d’en
prendre connaissance avant de procéder à la saisie.

Tous objets et documents saisis sont immédiatement


inventoriés et placés sous scellés.

50
Ces scellés ne peuvent être ouverts et les documents
dépouillés qu'en présence de l'inculpé assisté de son conseil, ou eux
dûment appelés. Le tiers chez lequel la saisie a été faite est
également invité à assister à cette opération.

Le juge d’instruction ne maintient que la saisie des objets et


des documents utiles à la manifestation de la vérité ou dont la
communication serait de nature à nuire à l'instruction. Si les
nécessités de l’instruction ne s’y opposent, les intéressés peuvent
obtenir à leurs frais, dans le plus bref délai, copie ou photocopie des
documents dont la saisie est maintenue.

Si la saisie porte sur des espèces, lingots, effets ou valeurs


dont la conservation en nature n’est pas nécessaire à la
manifestation de la vérité ou à la sauvegarde des droits des parties,
le juge d’instruction peut autoriser le greffier à en faire le dépôt à la
Caisse des Dépôts et Consignations.

ARTICLE 119
Quiconque communique ou divulgue sans l’autorisation de
l’inculpé ou de ses ayants droit, ou du signataire ou du destinataire
d’un document provenant d’une perquisition, à une personne non
qualifiée par la loi pour en prendre connaissance est puni d’une
amende de 100.000 à 1.000.000 de francs et d’un emprisonnement
de trois mois à trois ans.

ARTICLE 120

L’inculpé, la partie civile ou toute autre personne qui prétend


avoir droit sur un objet placé sous la main de la justice peut en
réclamer la restitution au juge d’instruction par requête.

Si la demande émane de l’inculpé ou de la partie civile, elle


est communiquée à l’autre partie ainsi qu’au ministère public. Si elle
émane d’un tiers, elle est communiquée à l’inculpé, à la partie civile
et au ministère public.

Les observations qu’elle peut comporter doivent être


produites dans les trois jours de cette communication.

51
La décision du juge d’instruction peut être déférée, par
requête, à la Chambre d'instruction, dans les dix jours de sa
notification aux parties intéressées, sans toutefois que l’information
puisse s’en trouver retardée.

Le tiers peut, au même titre que les parties, être entendu par
la Chambre d’instruction en ses observations, mais il ne peut
prétendre à la mise à sa disposition de la procédure.

ARTICLE 121

Après décision de non-lieu, le juge d’instruction demeure


compétent pour statuer sur la restitution des objets saisis. Ses
décisions peuvent être déférées à la Chambre d’instruction comme il
est dit à l’alinéa 4 de l’article 120.

Section 4 - Auditions de témoins

ARTICLE 122

Le juge d'instruction fait citer devant lui, par un commissaire


de Justice, toutes les personnes dont la déposition lui paraît utile.
Une copie de cette citation leur est délivrée.

Les témoins peuvent aussi être convoqués par lettre simple,


par lettre recommandée, par voie administrative ou par un agent de
la force publique. Ils peuvent en outre, comparaître volontairement.

Les dispositions des articles 90 alinéas 2 et 3, 91 alinéa 1,


93 et 94 sont applicables.

Dans le cas où la personne comparaît et qu'elle demande à


se faire assister d'un avocat, le juge d'instruction lui impartit un délai
tenant compte des nécessités de l'information.

ARTICLE 123

Les témoins sont entendus séparément, et hors la présence


de l’inculpé, par le juge d’instruction assisté de son greffier. Il est
dressé procès-verbal de leurs déclarations.

52
Le juge d’instruction peut faire appel à un interprète âgé de
vingt et un ans au moins, à l’exclusion des témoins. L’interprète, s’il
n’est pas assermenté, prête serment de traduire fidèlement les
dépositions.

ARTICLE 124

Les témoins prêtent serment de dire toute la vérité, rien que


la vérité. Le juge leur demande leurs nom, prénoms, âge, état,
profession, résidence, s’ils sont parents ou alliés des parties et à
quel degré ou s’ils sont à leur service. Il est fait mention de la
demande et de la réponse.

ARTICLE 125

Chaque page des procès-verbaux est signée du juge, du


greffier et du témoin. Ce dernier est alors invité à relire sa déposition
telle qu’elle vient d’être transcrite, puis à la signer s’il déclare y
persister. Si le témoin ne sait pas lire, lecture lui en est faite par le
greffier. S’il a eu recours à un interprète, traduction lui en est faite. Si
le témoin ne veut ou ne peut signer, mention en est portée sur le
procès-verbal. Chaque page est également signée par l’interprète s’il
y a lieu.

ARTICLE 126

Les procès-verbaux ne peuvent comporter aucun interligne.


Les ratures et les renvois sont approuvés par le juge d’instruction, le
greffier et le témoin et, s’il y a lieu, par l’interprète. A défaut
d’approbation, ces ratures et ces renvois sont non avenus.

Il en est de même du procès-verbal qui n’est pas signé dans


les conditions prévues à l’article 125.

ARTICLE 127 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Les enfants au-dessous de l’âge de seize ans sont entendus


sans prestation de serment.

53
ARTICLE 128

Toute personne citée pour être entendue comme témoin est


tenue de comparaître, de prêter serment et de déposer sous réserve
des dispositions réprimant la violation du secret professionnel.

Si le témoin ne comparaît pas, le juge d’instruction peut, sur


les réquisitions du procureur de la République, l’y contraindre par la
force publique et le condamner à une amende civile de 50.000 à
200.000 francs. S’il comparaît ultérieurement, il peut, sur production
de ses excuses et justifications, être déchargé de cette amende par
le juge d’instruction, après réquisitions du procureur de la
République.

La même amende peut, sur les réquisitions de ce magistrat,


être prononcée contre le témoin qui, bien que comparaissant, refuse
de prêter serment ou de faire sa déposition.

ARTICLE 129

La mesure de contrainte dont fait l’objet le témoin défaillant


est prise par voie de réquisition. Le témoin est conduit directement et
sans délai devant le juge d’instruction qui a prescrit la mesure.

Le témoin condamné à l’amende en vertu des alinéas


précédents peut interjeter appel de la condamnation dans les trois
jours de ce prononcé ; s’il était défaillant, ce délai ne commence à
courir que du jour de la notification de la condamnation, l’appel est
porté devant la Chambre d’instruction.

ARTICLE 130

Quiconque déclare publiquement connaître les auteurs d’un


crime ou d’un délit et qui refuse de répondre aux questions qui lui
sont posées à cet égard par le juge d’instruction est puni d’un
emprisonnement de deux mois à un an et d’une amende de 100.000
à 500.000 francs.

54
ARTICLE 131

Si un témoin est dans l’impossibilité de comparaître, le juge


d’instruction se transporte pour l’entendre ou délivre à cette fin
commission rogatoire dans les formes prévues à l’article 188.

ARTICLE 132

Si le témoin entendu dans les conditions prévues à l’article


précédent n’était pas dans l’impossibilité de comparaître sur la
citation, le juge d’instruction peut prononcer contre ce témoin
l’amende prévue à l’article 128.

Section 5 -Interrogatoires et confrontations

ARTICLE 133 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Lors de la première comparution, le juge d'instruction


constate l’identité de la personne mise en cause et l’informe de son
droit de choisir un avocat soit parmi les avocats ou les avocats
stagiaires inscrits au Barreau de Côte d'Ivoire, soit parmi les avocats
inscrits à des barreaux étrangers, à la condition toutefois que l'Etat
dont ils relèvent soit lié à la Côte d'Ivoire par une convention de
réciprocité. Mention de cette formalité est faite au procès- verbal.

Le juge d’instruction inculpe la personne mise en cause en


lui faisant connaître les faits qui lui sont imputés et l’avertit de son
droit de ne faire aucune déclaration. Si l’inculpé souhaite faire des
déclarations, celles-ci sont immédiatement reçues par le juge
d’instruction.

Si l’inculpé comparaît, accompagné d'un avocat, les actes


prescrits aux alinéas précédents ne peuvent être accomplis qu'en
présence de ce dernier.

Lors de la première comparution, le juge d’instruction avertit


l'inculpé qu'il doit l'informer de tous ses changements d'adresse. Ce
dernier est invité à faire élection de domicile au lieu du siège de la
juridiction s’il n’y est domicilié.

55
Lorsque la personne mise en cause est une personne
morale, l’inculpation lui est notifiée par l’intermédiaire de son
représentant légal ou de toute personne bénéficiant, conformément
à la loi ou aux statuts, d’une délégation de pouvoir à cet effet. Cette
personne représente la personne morale à tous les actes de la
procédure.

Toutefois, lorsque des poursuites pour les mêmes faits ou


des faits connexes sont engagées à l’encontre du représentant légal,
celui-ci peut saisir, par requête, le président du tribunal aux fins de
désignation d’un mandataire de justice pour représenter la personne
morale.

En l'absence de toute personne habilitée à représenter la


personne morale, le président du tribunal désigne, à la requête du
ministère public, du juge d’instruction ou de la partie civile, un
mandataire pour la représenter.

Le représentant de la personne morale poursuivie ne peut,


en cette qualité, faire l'objet d'aucune mesure de contrainte, sauf
celle applicable au témoin récalcitrant.

Les décisions du président du tribunal prévues au présent


article sont susceptibles de recours devant le premier président de la
Cour d’Appel compétent qui doit statuer dans les huit jours de sa
saisine. Sa décision ne peut faire l’objet de pourvoi en cassation.

La partie civile régulièrement constituée a également le droit


de se faire assister d'un avocat. Si elle se présente spontanément,
accompagnée d'un avocat, elle est entendue en présence de ce
dernier.

ARTICLE 134

L’inculpé et la partie civile peuvent, à tout moment de


l’information, faire connaître au juge d’instruction le nom du conseil
choisi par eux. S’ils désignent plusieurs conseils, ils doivent faire
connaître celui d’entre eux auquel seront adressées les
convocations et notifications.

56
ARTICLE 135

L’inculpé, la partie civile et le témoin ne peuvent être


entendus ou confrontés à moins qu’ils n’y renoncent expressément,
qu’en présence de leurs conseils ou ceux-ci dûment appelés.

Le conseil est convoqué par notification faite trois jours


ouvrables avant l’audition de la partie civile ou du témoin, ou
l’interrogatoire de l’inculpé, par le greffier ou un agent de la force
publique. La notification est faite contre décharge au cabinet du
conseil.

L’inculpé et la partie civile sont convoqués dans les mêmes


formes et délais prévues à l’alinéa précédent.

La procédure est mise à la disposition de l’inculpé et de son


conseil vingt-quatre heures au plus tard avant chaque interrogatoire.
Elle est également remise à la disposition du conseil de la partie
civile, vingt-quatre heures au plus tard avant les auditions de cette
dernière.

Toute partie civile est tenue de communiquer au greffe du


juge d’instruction une adresse géographique, téléphonique ou
électronique où elle peut recevoir des avis et convocations. Tout
changement dans les indications fournies doit être signalé.

Les formalités prévues par le présent article ne sont exigées


que si le ou les conseils résident au siège de l’instruction.

ARTICLE 136

En cas d'urgence résultant, soit de l’état d’un témoin ou d’un


co inculpé en danger de mort, soit de l'existence d’indices sur le
point de disparaître, le juge d’instruction peut procéder à des
interrogatoires et confrontations, sans observer les formalités
prévues à l’article précédent.

Toutefois, le juge d’instruction est tenu d’en informer les


conseils, au préalable, par tous moyens. Mention de l’avis en est
portée au procès-verbal.

57
ARTICLE 137

Le procureur de la République peut assister aux


interrogatoires et confrontations de l’inculpé et aux auditions de la
partie civile.

Chaque fois que le procureur de la République a fait


connaître au juge d'instruction son intention d’y assister, le greffier
du juge d’instruction doit, sous peine d’amende civile de 50.000
francs prononcée par le président de la Chambre d’instruction,
l’avertir par simple note, au plus tard, l’avant-veille de l’interrogatoire.

ARTICLE 138

Le procureur de la République, l’inculpé, la partie civile et


leurs conseils peuvent, par l’intermédiaire du juge d’instruction,
poser des questions.

Toutefois, le juge d’instruction peut estimer qu’il n’y a pas


lieu d’y répondre. Dans ce cas, le texte des questions est reproduit
ou joint au procès-verbal.

ARTICLE 139

Les procès-verbaux d’interrogatoire et de confrontation sont


établis dans les formes prévues aux articles 125 et 126.

S’il est fait appel à un interprète, les dispositions de l’article


123 alinéas 2 sont applicables.

Section 6 - Mandats et exécution des mandats

ARTICLE 140

Le juge d'instruction peut, selon les cas, décerner mandat


de comparution, d’amener, de dépôt ou d’arrêt.

Le mandat de comparution a pour objet de mettre l’inculpé


en demeure de se présenter devant le juge à la date et à l’heure
indiquées par ce mandat.

58
Le mandat d’amener est l’ordre donné par le juge à la force
publique de conduire immédiatement l’inculpé devant lui.

Le mandat de dépôt est l’ordre donné par le juge au chef


de l’établissement pénitentiaire de recevoir et de détenir l’inculpé. Ce
mandat permet également de rechercher ou de transférer l’inculpé
lorsqu’il lui a été précédemment notifié.

Le mandat d’arrêt est l’ordre donné à la force publique de


rechercher l’inculpé ou la personne contre laquelle existent des
charges de nature à motiver son inculpation et de le conduire dans
l’établissement pénitentiaire indiqué sur le mandat, où il sera reçu et
détenu.

ARTICLE 141

Tout mandat précise l’identité de l’inculpé. Il est daté et signé


par le magistrat qui l’a décerné et est revêtu de son sceau.

Les mandats d’amener, de dépôt et d’arrêt mentionnent en


outre la nature de l’inculpation et les articles de loi applicables.

Le mandat de comparution est notifié à celui qui en est


l’objet par un commissaire de Justice ou par un officier ou agent de
la police judiciaire ou par un agent de la force publique, lequel lui en
délivre copie.

Le mandat d’amener ou d’arrêt est notifié et exécuté par un


officier de police judiciaire ou un agent de la police judiciaire ou par
un agent de la force publique, lequel en fait l’exhibition à l’inculpé et
lui en délivre copie.

Si l’individu est déjà détenu pour une autre cause, la


notification lui est effectuée par le chef de l’établissement
pénitentiaire, qui en délivre également une copie.

Les mandats d’amener et d’arrêt peuvent, en cas d’urgence,


être diffusés par tous moyens.

59
Dans ce cas, les mentions essentielles de l’original et
spécialement l’identité de l’inculpé, la nature de l’inculpation, le nom
et la qualité du magistrat mandant doivent être précisés et notifiés à
l’intéressé par l’agent chargé d’en assurer l’exécution.

Le mandat de dépôt est notifié à l’inculpé par le juge


d’instruction. Mention de cette notification doit être faite au procès-
verbal de l’interrogatoire.

ARTICLE 142

Les mandats sont exécutoires sur toute l’étendue du


territoire de la République.

Les mandats sont visés obligatoirement par le procureur de


la République.

ARTICLE143

Le juge d’instruction interroge immédiatement l’inculpé qui


fait l’objet d’un mandat de comparution.

ARTICLE 144

L’inculpé arrêté en vertu d’un mandat d’amener dans le


ressort de la juridiction où a été délivré le mandat, est interrogé
immédiatement par le juge d’instruction. Toutefois, si l’interrogatoire
ne peut être immédiat, l’inculpé est conduit dans la maison d’arrêt où
il ne peut être détenu plus de quarante-huit heures.

A l’expiration de ce délai, il est conduit d’office, par les soins


du chef de l’établissement pénitentiaire devant le juge d’instruction
qui procède à son interrogatoire, à défaut de quoi, l’inculpé est mis
en liberté.

ARTICLE 145

SI l’inculpé qui fait l’objet d’un mandat d’amener est trouvé


hors du ressort de la juridiction où a été délivré le mandat, il est
conduit devant le procureur de la République du lieu de l’arrestation.

60
ARTICLE 146

Le procureur de la République interroge l’inculpé sur son


identité et reçoit ses déclarations, s’il y a lieu.

Le procureur de la République ordonne son transfèrement


devant le magistrat qui a délivré le mandat. Si le transfèrement n’est
pas possible dans l’immédiat, il est conduit à la maison d’arrêt où il
ne peut être détenu plus de quarante-huit heures.

A défaut du transfèrement dans ce délai, l’inculpé est mis en


liberté.

ARTICLE 147

Si l’inculpé contre lequel a été décerné un mandat d’amener


ne peut être découvert, un procès-verbal de recherches
infructueuses est adressé au magistrat qui a délivré le mandat.

ARTICLE 148

Si l’inculpé ou la personne contre laquelle existent des


charges de nature à motiver son inculpation est en fuite ou s’il réside
hors du territoire de la République, le juge d’instruction, après avis
du procureur de la République, peut décerner contre lui un mandat
d’arrêt si l’infraction poursuivie est passible d’une peine privative de
liberté.

ARTICLE 149 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

L’inculpé ou la personne contre laquelle existent des


charges de nature à motiver son inculpation, saisi en vertu d’un
mandat d’arrêt, est conduit sans délai dans l’établissement
pénitentiaire indiqué sur le mandat, sous réserve des dispositions de
l’alinéa 4 du présent article.

Le chef de l’établissement pénitentiaire délivre à l’agent


chargé de l’exécution une reconnaissance de la remise de l’inculpé.

61
Dans les quarante-huit heures de son incarcération, la
personne qui fait l’objet du mandat d’arrêt est présentée au juge
d’instruction mandant qui procède comme il est dit aux articles 133
et suivants. Il peut faire application des dispositions des articles 153
et suivants. A défaut de présentation de la personne qui fait l’objet
du mandat d’arrêt devant le juge d’instruction et à l’expiration du
délai prévu au présent alinéa, elle est mise en liberté
immédiatement.

Si la personne qui fait l’objet du mandat d’arrêt est arrêtée


hors du ressort du juge d’instruction qui a délivré le mandat, elle est
conduite immédiatement devant le Procureur de la République du
lieu de l’arrestation qui reçoit ses déclarations.

Le Procureur de la République informe sans délai le


magistrat qui a délivré le mandat et requiert le transfèrement. Si
celui-ci ne peut être effectué immédiatement, le Procureur de la
République le conduit dans l’établissement pénitentiaire du lieu
d’arrestation dans l’attente de son transfèrement et en réfère au juge
mandant.

Dans le cas prévu à l’alinéa 4 du présent article, la personne


qui fait l’objet du mandat d’arrêt peut être conduite directement
devant le juge mandant, sur autorisation du Procureur de la
République, si en raison des facilités de communication, cette
procédure est manifestement la plus rapide.

ARTICLE 150 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

L’agent chargé de l’exécution du mandat d’arrêt ne peut


s’introduire dans le domicile d’un citoyen avant quatre heures et
après vingt et une heures. Il peut se faire assister d’une force
suffisante pour que l’inculpé ne puisse se soustraire à la loi. Cette
force est prise dans le lieu le plus proche de celui où le mandat
d’arrêt doit s’exécuter et elle est tenue de déférer aux réquisitions
contenues dans le mandat.

Si l’inculpe ne peut être saisi, le mandat d'arrêt est notifié à


sa dernière habitation et il est dressé procès-verbal de perquisition.
Ce procès-verbal est dressé en présence des deux plus proches

62
voisins de I’inculpé que le porteur du mandat d'arrêt peut trouver. Ils
le signent ou s’ils ne savent pas ou ne veulent pas signer, il en est
fait mention, ainsi que de l'interpellation qui leur a été faite.

Le porteur du mandat dresse également un procès-verbal de


recherches infructueuses.

Le mandat d'arrêt et les procès-verbaux sont ensuite


transmis au juge mandant. La personne recherchée est alors
considérée comme inculpée, si elle ne l’était déjà.

Lorsque la personne recherchée, en vertu d’un mandat


d’arrêt décerné au cours de l’instruction, n’a été saisie qu’après
l’ordonnance de renvoi en police correctionnelle ou l’arrêt de renvoi
devant le tribunal criminel, elle est conduite sans délai dans
l’établissement pénitentiaire indiqué sur le mandat. Le chef de
l’établissement pénitentiaire délivre à l’agent chargé de l’exécution
une reconnaissance de la remise de l’intéressée.

Dans les quarante-huit heures de son incarcération, la


personne saisie en exécution du mandat d’arrêt est présentée
devant la juridiction de jugement, spécialement réunie pour statuer
sur sa détention. Si le tribunal décide de son maintien en détention, il
décerne contre l’intéressé, un mandat de dépôt. Dans la négative, il
est prononcé sa mise en liberté immédiate.

ARTICLE 151

Le juge d’instruction ne peut délivrer un mandat de dépôt


qu’après interrogatoire et si l’infraction poursuivie est passible d’une
peine privative de liberté.

L’agent chargé de l’exécution du mandat de dépôt remet l’in-


culpé au chef de l'établissement pénitentiaire, lequel lui délivre une
reconnaissance de la remise de l’inculpé.

ARTICLE 152

L'inobservation des formalités prescrites pour les mandats


de comparution, d'amener, de dépôt et d'arrêt peut donner lieu à des
sanctions disciplinaires ou à prise à partie contre le juge d'instruction
ou le procureur de la République.

63
Ces dispositions sont étendues, sauf application de peines
plus graves, s'il y a lieu, à toute violation des mesures protectrices
de la liberté individuelle prescrites par les articles 63, 65, 67, 68, 80,
116, 118, 154, 156 et 163.

Dans les cas visés aux deux alinéas précédents et dans tous
les cas d'atteinte à la liberté individuelle, le conflit ne peut jamais être
élevé par l'autorité administrative, et les tribunaux de l'ordre judiciaire
sont toujours exclusivement compétents.

Il en est de même dans toute instance civile fondée sur des


faits constitutifs d'une atteinte à la liberté individuelle ou à
l'inviolabilité du domicile prévue par le Code pénal, qu'elle soit
dirigée contre la collectivité publique ou contre ses agents.

Section 7 - Mesures restrictives de liberté

ARTICLE 153

La liberté est de droit, le contrôle judiciaire et la détention


préventive des mesures exceptionnelles. Lorsqu’elles sont
ordonnées, les règles ci-après doivent être observées.

ARTICLE 154 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Le contrôle judiciaire peut être ordonné par le juge


d'instruction à toute étape de la procédure dans le cas où l’inculpé
encourt une peine d'emprisonnement.

Ce contrôle astreint la personne concernée à se soumettre,


selon la décision du juge d'instruction, à une ou plusieurs des
obligations ci-après énumérées :

1°ne pas sortir des limites territoriales déterminées par le


juge d'instruction ;

2°ne s'absenter de son domicile ou de la résidence fixée


par le juge d'instruction qu'aux conditions et pour les motifs
déterminés par ce magistrat ;

64
3°ne pas se rendre en certains lieux ou ne se rendre que
dans les lieux déterminés par le juge d'instruction ;

4°se présenter périodiquement au greffe, aux services ou


autorités désignés par le juge d'instruction ;

5°répondre aux convocations de tous services ou autorités


désignés par le juge d'instruction ;

6°remettre soit au greffe, soit à un service de police ou de


gendarmerie tous documents justificatifs de l'identité, et notamment
le passeport, en échange d'un récépissé valant justification de
l'identité ;

7°. s'abstenir de conduire tous les véhicules ou certains


véhicules et, le cas échéant, remettre au greffe son permis de
conduire contre récépissé ;
8°s'abstenir de recevoir ou de rencontrer certaines
personnes spécialement désignées par le juge d'instruction, ainsi
que d'entrer en relation avec elles, de quelque façon que ce soit ;

9°fournir un cautionnement dont le montant et les délais de


versement, en une ou plusieurs fois, sont fixés par le juge
d'instruction, compte tenu notamment des ressources et des charges
de la personne inculpée ;

10°ne pas se livrer à certaines activités de nature


professionelle ou sociale, à l'exclusion de l'exercice des mandats
électifs et des responsabilités syndicales, lorsque l'infraction a été
commise dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ces
activités et lorsqu'il est à redouter qu'une nouvelle infraction soit
commise; lorsque l'activité concernée est celle d'un avocat, le
conseil de l'ordre, saisi par le juge d'instruction, a seul le pouvoir de
prononcer cette mesure à charge d'appel ; le conseil de l'ordre
statue dans les quinze jours ;

11°ne pas émettre de chèques autres que ceux qui


permettent exclusivement le retrait de fonds par le tireur auprès du
tiré ou ceux qui sont certifiés et, le cas échéant, remettre au greffe
les formules de chèques dont l'usage est ainsi prohibé ;

65
12°ne pas détenir ou porter une arme et, le cas échéant,
remettre au greffe ou à un service de police ou de gendarmerie
contre récépissé les armes dont elle est détentrice;

13°constituer, dans un délai, pour une période et un


montant déterminé par le juge d'instruction, des sûretés personnelles
ou réelles ;

14°en cas d'infraction commise soit contre son conjoint,


soit contre ses enfants ou ceux de son conjoint, résider hors du
domicile ou de la résidence du couple et, le cas échéant, s'abstenir
de paraître dans ce domicile ou cette résidence ou aux abords
immédiats de celui-ci ; ces dispositions sont également applicables
lorsque l'infraction est commise par l’ancien conjoint de la victime, le
domicile concerné étant alors celui de la victime ;

15°se soumettre à des mesures d’examen, de traitement


ou de soin, même sous le régime de l’hospitalisation, notamment
aux fins de désintoxication.

ARTICLE 155

Lorsque la personne inculpée est soumise à l'interdiction de


recevoir ou rencontrer la victime ou d’entrer en relation de quelque
façon que ce soit avec elle en application des dispositions du 8 ème
alinéa de l’article précédent, le juge d’instruction adresse à celle-ci
par tout moyen un avis l'informant de cette mesure ; si la victime est
partie civile, cet avis est également adressé à son avocat.

Cet avis précise les conséquences susceptibles de résulter


pour la personne inculpée du non-respect de cette interdiction.

ARTICLE 156

La personne inculpée est placée sous contrôle judiciaire par


une ordonnance spécialement motivée du juge d'instruction en
rapport avec les mesures envisagées.

Cette ordonnance peut être prise en tout état de l'instruction.

66
Le juge d'instruction peut, à tout moment, imposer à la
personne placée sous contrôle judiciaire une ou plusieurs obligations
nouvelles, supprimer tout ou partie des obligations comprises dans
le contrôle, modifier une ou plusieurs de ces obligations ou accorder
une dispense occasionnelle ou temporaire d'observer certaines
d'entre elles.

ARTICLE 157 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Le juge d’instruction désigne dans son ordonnance, le


service chargé d’assurer le suivi de la mesure de contrôle judiciaire
et de lui rendre compte en cas de difficultés.

Ce service peut être, notamment, un service de police ou de


gendarmerie, un service social, tout autre service administratif ou
une association qualifiée régulièrement déclarée.

ARTICLE 158

La mainlevée du contrôle judiciaire peut être ordonnée à tout


moment par le juge d'instruction, soit d’office, soit sur les réquisitions
du procureur de la République, soit sur la demande de la personne
placée sous contrôle judiciaire après avis du procureur de la
République.

Le juge d'instruction statue dans un délai de cinq jours, par


ordonnance motivée.

Faute par le juge d'instruction d'avoir statué dans ce délai, le


procureur de la République ou la personne placée sous contrôle
judiciaire peut saisir directement de sa demande la Chambre
d’instruction qui, sur les réquisitions écrites et motivées du procureur
général, se prononce dans les quinze jours de sa saisine. A défaut,
la mainlevée du contrôle judiciaire est acquise de plein droit.

ARTICLE 159

La demande de mainlevée ou de modification du contrôle


judiciaire par l’inculpé fait l'objet d'une déclaration au greffe de la
juridiction d'instruction.

67
Elle est constatée et datée par le greffier qui la signe ainsi
que l’inculpé ou son avocat. Si l’inculpé ne peut signer, il en est fait
mention par le greffier.

ARTICLE 160

Si l’inculpé se soustrait volontairement aux obligations du


contrôle judiciaire, le juge d'instruction le convoque ou le fait
comparaître devant lui par tous moyens pour l’entendre en ses
explications. Le juge d’instruction décide soit du maintien du contrôle
judiciaire soit d’un placement de l’inculpé en détention préventive
quelle que soit la peine privative de liberté encourue.

Si la personne se soustrait aux obligations du contrôle


judiciaire alors qu'elle est renvoyée devant la juridiction de jugement,
le ministère public peut saisir le tribunal correctionnel ou, en matière
criminelle, la Chambre d’instruction qui la convoque ou la fait
comparaître par tous moyens pour l’entendre en ses explications. La
juridiction décide soit du maintien du contrôle judiciaire soit d’un
placement de l’intéressé en détention préventive quelle que soit la
peine d’emprisonnement encourue. En cas d’urgence, la juridiction
est spécialement réunie.

ARTICLE 161 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

L’officier de police judiciaire peut, d'office ou sur ordre du


juge d'instruction, appréhender toute personne placée sous contrôle
judiciaire à l'encontre de laquelle il existe une ou plusieurs raisons
laissant penser qu'elle a manqué aux obligations qui lui incombent.
La personne peut alors, sur décision de l’officier de police judiciaire,
être retenue vingt-quatre heures au plus dans un local de police ou
de gendarmerie afin que soit vérifiée sa situation et qu'elle soit
entendue sur la violation de ses obligations. Dès le début de la
mesure, l'officier de police judiciaire en informe le juge d'instruction.

La personne retenue est immédiatement informée par


l'officier de police judiciaire de la nature de l'obligation qu'elle est
soupçonnée d’avoir violée et du fait qu'elle peut exercer les droits
prévus par les articles 74 alinéa 2 et 75.

68
A l'issue de la mesure, le juge d'instruction décide s’il y a lieu
de conduire la personne devant lui ou de la remettre immédiatement
en liberté.

ARTICLE 162

La détention préventive ne peut être ordonnée que si


l’inculpé encourt une peine privative de liberté d’au moins deux ans.

Les dispositions de l’alinéa précédent ne sont pas


applicables lorsque l’inculpé est en état de récidive ou s’il a été déjà
condamné à une peine privative de liberté sans sursis, quelle qu’en
soit la durée.

ARTICLE 163

La détention préventive ne peut être prononcée ou


prolongée que par ordonnance motivée du juge d’instruction
démontrant, au regard des éléments précis et circonstanciés
résultant de la procédure, qu'elle constitue l'unique moyen de
parvenir à l'un ou plusieurs des objectifs suivants et que ceux-ci ne
peuvent être atteints en cas de placement sous contrôle judiciaire :

1° conserver les preuves ou les indices matériels ;

2° éviter une pression sur les témoins ou les victimes ainsi


que sur leur famille ;

3° éviter une concertation frauduleuse entre la personne


inculpée et les autres auteurs ou complices ;

4° protéger la personne inculpée ;

5° garantir le maintien de la personne inculpée à la


disposition de la justice ;

6° mettre fin à l'infraction ou prévenir son renouvellement ;

7° faire cesser le trouble exceptionnel et persistant à l'ordre


public provoqué par la gravité de l'infraction, les circonstances de sa
commission ou l'importance du préjudice qu'elle a causé.

69
La détention préventive peut également être ordonnée dans
les conditions prévues au présent article, lorsque l’inculpé se
soustrait volontairement aux obligations du contrôle judiciaire quelle
que soit la peine privative de liberté encourue.

Les dispositions de l'alinéa premier du présent article


s’appliquent aux réquisitions du procureur de la République
lorsqu’elles visent à ordonner la détention préventive de l’inculpé.

ARTICLE 164

La détention préventive ne peut excéder une durée


raisonnable, notamment, au regard de la gravité des faits reprochés
à la personne inculpée ou de la complexité des investigations
nécessaires à la manifestation de la vérité.

Le juge d'instruction doit ordonner la mise en liberté


immédiate de la personne placée en détention préventive, après avis
du procureur de la République, dès que les conditions prévues à
l’article 163 et au présent article ne sont plus remplies.

ARTICLE 165

Lorsque le juge d’instruction ordonne la détention préventive


de l’inculpé, sa décision est notifiée sur le champ au procureur de la
République, à l’inculpé et à son avocat. Ils en reçoivent copie contre
émargement.

ARTICLE 166 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

En matière correctionnelle, la détention préventive ne peut


excéder six mois.

Toutefois, le juge d’instruction peut décider de prolonger la


détention préventive pour une durée qui ne peut excéder six mois
par une ordonnance motivée rendue après débat contradictoire au
cours duquel le ministère public et l’inculpé ou son avocat sont
entendus.

70
A titre exceptionnel, lorsque les investigations du juge
d’instruction doivent être poursuivies et que la détention préventive
de l’inculpé demeure justifiée au regard des conditions de l’article
163, la Chambre d’instruction, saisie par requête du juge
d’instruction, peut prolonger la détention préventive pour une durée
qui ne peut excéder six mois. Le juge d’instruction transmet sa
requête à la Chambre d’instruction après avoir recueilli les
observations du Procureur de la République et de l’inculpé. Il ne peut
saisir la Chambre d’instruction qu’une seule fois.

La requête du juge d’instruction doit comporter les raisons


qui justifient la poursuite de l’information. Il n’est pas nécessaire que
la requête indique la nature des investigations envisagées lorsque
cette indication risque d’entraver leur accomplissement.

La Chambre d’instruction est tenue de statuer dans un délai


de quinze jours, à compter de sa saisine, le Procureur général
entendu.

A l’issue des délais sus-indiqués, l’inculpé est en détention


injustifiée et doit être mis en liberté d’office.

ARTICLE 167 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

En matière criminelle, la détention préventive ne peut


excéder huit mois.

Toutefois, le juge d’instruction peut décider de prolonger la


détention préventive pour une durée qui ne peut excéder huit mois
par une ordonnance motivée rendue après débat contradictoire au
cours duquel le ministère public et l’inculpé ou son avocat sont
entendus.

A titre exceptionnel, lorsque les investigations du juge


d'instruction doivent être poursuivies et que la détention préventive
de l’inculpé demeure justifiée au regard des conditions de l’article
163, la Chambre d’instruction, saisie par requête du juge
d’instruction peut prolonger la détention préventive pour une durée
qui ne peut excéder huit mois. Le juge d’instruction transmet sa
requête à la Chambre d’instruction après avoir recueilli les
observations du Procureur de la République et de l’inculpé. Il ne peut
saisir la Chambre d’instruction qu’une seule fois.
71
La requête du juge d’instruction doit comporter les raisons
qui justifient la poursuite de l’information. Il n’est pas nécessaire que
la requête indique la nature des investigations envisagées lorsque
cette indication risque d’entraver leur accomplissement.

La Chambre d’instruction est tenue de statuer dans un délai


de quinze jours, à compter de sa saisine, le Procureur général
entendu.

A l’issue des délais sus-indiqués, l’inculpé est en détention


injustifiée et doit être mis en liberté d’office.

ARTICLE 168

Les dispositions des articles 166 et 167 sont applicables


jusqu’à l’ordonnance de règlement.

ARTICLE 169

Toute personne placée en détention préventive a le droit de


recevoir des visites sur son lieu de détention et de communiquer.

Toutefois, le juge d'instruction peut prescrire à son encontre


l'interdiction de communiquer pour une période de dix jours avec
toute personne autre que son avocat. Cette mesure peut être re-
nouvelée, mais pour une nouvelle période de dix jours.

Le droit de recevoir des visites est soumis à l’autorisation du


juge d'instruction. Le refus du juge d'instruction n’est pas susceptible
de recours. Ce refus ne peut être opposé au conjoint ou aux enfants
du détenu à l'expiration du délai de dix jours à compter du placement
en détention préventive.

Si le permis de visite n’est pas délivré au conjoint ou aux


enfants du détenu, au terme du délai de quarante-huit heures à
compter du dépôt de la demande au cabinet du juge d’instruction, le
Président de la Chambre d’instruction peut être directement saisi aux
fins de délivrer le permis de visite. Sa décision qui intervient dans les
vingt-quatre heures n’est pas susceptible de recours.

72
ARTICLE 170

Le juge d'instruction peut prescrire, par ordonnance motivée,


que la personne placée en détention préventive soit soumise à
l'isolement aux fins d'être séparée des autres personnes détenues,
si cette mesure est indispensable aux nécessités de l'information.
Cette mesure est fixée pour une durée déterminée qui ne peut
excéder celle du mandat de dépôt et qui peut être renouvelée à
chaque prolongation de la détention.

La décision du juge d'instruction peut faire l'objet d'un


recours devant le président de la Chambre d’instruction.

ARTICLE 171

En toute matière, la mise en liberté assortie ou non du


contrôle judiciaire peut être ordonnée d'office par le juge
d'instruction, après avis du procureur de la République ou sur
réquisitions du procureur de la République, à charge pour l’inculpé
de prendre l'engagement de se représenter à tous les actes de la
procédure aussitôt qu'il en sera requis et de tenir informé le
magistrat instructeur de tous ses déplacements.

ARTICLE 172 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

En toute matière, l’inculpé placé en détention préventive ou


son avocat peut, à tout moment, demander sa mise en liberté, sous
les obligations prévues à l'article précédent.

La demande de mise en liberté est adressée par lettre au


juge d'instruction, qui communique, dans les vingt-quatre heures, le
dossier au Procureur de la République aux fins de réquisitions.
Celui-ci dispose d’un délai de trois jours ouvrables pour prendre ses
réquisitions.

La demande de mise en liberté peut aussi être faite contre


récépissé, au moyen d'une déclaration auprès du chef de
l'établissement pénitentiaire.

73
Cette déclaration est consignée dans un registre par le chef
de l'établissement pénitentiaire qui en établit un récépissé qu’il signe
avec le demandeur. Si celui- ci ne peut signer, il en est fait mention
par le chef de l'établissement.

Ce document est transmis sans délai, par le chef de


l'établissement, au greffier d’instruction, sous peine d’une amende
civile qui ne peut excéder 100.000 francs prononcée par le président
de la Chambre d’instruction.

S’il existe une partie civile, avis lui est donné par le juge
d’instruction de l’introduction de la demande de mise en liberté.
Celle- ci dispose d’un délai de quarante-huit heures à compter de la
réception de l’avis pour faire des observations.

ARTICLE 173 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Le juge d’instruction statue par ordonnance motivée sur la


demande de mise en liberté dans un délai de deux jours à compter
de la fin du délai imparti au Procureur de la République. Toutefois, le
délai imparti au juge d’instruction court à compter de la réception des
réquisitions du Procureur de la République si celles-ci interviennent
plus tôt.

Lorsqu’une demande de mise en liberté est en cours


d’examen par le juge d’instruction ou la Chambre d'instruction, toute
nouvelle demande de l’inculpé est irrecevable.

La mise en liberté, lorsqu'elle est accordée, peut être


assortie de mesures de contrôle judiciaire.

Faute par le juge d’instruction d'avoir statué dans le délai fixé


au premier alinéa du présent article, l’inculpé peut saisir directement
de sa demande la Chambre d’instruction qui, sur les réquisitions
écrites et motivées du Procureur général, se prononce dans les
quinze jours de sa saisine, faute de quoi la personne est mise
d'office en liberté sauf si des vérifications concernant sa demande
ont été ordonnées. Le droit de saisir dans les mêmes conditions la
Chambre d’instruction appartient également au Procureur de la
République.

74
ARTICLE 174 nouveau
(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Après l’ordonnance de transmission des pièces au Procureur


général, la Chambre d’instruction est compétente pour statuer sur
les demandes de mise en liberté.

Après l’arrêt de renvoi, le tribunal criminel est compétent


pour se prononcer sur les demandes de mise en liberté.

Après l’ordonnance de renvoi en police correctionnelle, le


tribunal correctionnel est compétent pour statuer sur les demandes
de mise en liberté.

En cas de pourvoi et jusqu'à l'arrêt de la Cour de cassation, il


est statué sur la demande de mise en liberté par la juridiction qui a
connu en dernier lieu de l'affaire au fond. Si le pourvoi a été formé
contre un arrêt de la Chambre criminelle de la Cour d’Appel, il est
statué sur la détention par ladite Chambre criminelle spécialement
réunie à cet effet.

En cas de décision d'incompétence et dans tous les cas où


aucune juridiction n'est saisie, la Chambre d’instruction connaît des
demandes de mise en liberté.

ARTICLE 175 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Le prévenu détenu, renvoyé devant le tribunal correctionnel,


doit comparaître devant ledit tribunal, pour y être jugé, dans le délai
d’un mois à compter de la date de réception de l’ordonnance de
renvoi par le Procureur de la République.

L’accusé détenu qui a fait l’objet d’un arrêt de renvoi devant


le tribunal criminel doit comparaître devant le tribunal criminel dans
le délai de six mois à compter de la date de l'arrêt de renvoi, pour y
être jugé.

A défaut de comparution de la personne détenue dans les


délais ci-dessus indiqués, celle-ci est mise en liberté d’office.

75
ARTICLE 176

Lorsque la juridiction de jugement est saisie d’une demande


de mise en liberté, les parties et leurs conseils sont convoqués dans
les formes et délais prévus à l’article 135 alinéa 2.

ARTICLE 177 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Toute juridiction appelée à statuer sur une demande de main


levée totale ou partielle du contrôle judiciaire ou sur une demande de
mise en liberté se prononce, le ministère public, le prévenu ou
l’accusé ou son avocat entendus. Le prévenu ou l’accusé non
détenu et son avocat sont convoqués quarante-huit heures au moins
avant la date de l'audience.

Lorsque la personne n'a pas encore été jugée en premier


ressort, le tribunal statue dans les vingt jours de la réception de la
demande.

Lorsque la personne a déjà été jugée en premier ressort et


qu'elle est en instance d'appel, la Chambre des appels
correctionnels ou la Chambre criminelle de la Cour d’Appel statue
dans les vingt jours de la demande.

Lorsque la personne a déjà été jugée en second ressort et


qu'elle a formé un pourvoi en cassation, la Chambre des appels
correctionnels ou la Chambre criminelle de la Cour d’Appel statue
dans les vingt jours de la demande.

Lorsque la juridiction de jugement accorde la liberté au


prévenu ou à l’accusé détenu, elle peut assortir sa décision de
mesures de contrôle judiciaire.

Lorsqu’une demande de mise en liberté est en cours


d’examen par la juridiction de jugement, toute nouvelle demande du
prévenu ou de l’accusé est irrecevable.

76
ARTICLE 178

Préalablement à sa mise en liberté, l’inculpé fait connaître


son adresse au juge d'instruction.

L’inculpe est avisé qu'il doit informer le juge d'instruction de


tout changement d'adresse. Il est également avisé que toute
notification ou signification faite à la dernière adresse déclarée sera
réputée faite à sa personne.

ARTICLE 179

En toute matière et en tout état de la procédure, le juge


d'instruction ou le président de la Chambre d’instruction peut, à titre
exceptionnel, accorder une autorisation de sortie sous escorte à
l’inculpé. Cette autorisation est accordée au prévenu ou à l'accuse
par le ministère public.

Toutefois, en cas de maladie nécessitant une prise en


charge médicale urgente à l’extérieur de l’établissement
pénitentiaire, l’autorisation de sortie sous escorte peut être décidée
par le chef de l’établissement pénitentiaire qui en avise, dans les
vingt- quatre heures, le magistrat compétent tel qu’indiqué aux
alinéas précédents, ainsi que le ministère public.

ARTICLE 180

Lorsque l’inculpé entend saisir la Chambre d’instruction en


application des dispositions figurant à la présente section, sa
demande est faite, contre récépissé, par déclaration au greffe de la
Chambre d’instruction ou au chef de l'établissement pénitentiaire qui
en assure la transmission.

ARTICLE 181 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Dans tous les cas où l’inculpé, le prévenu ou l’accusé doit


être mis en liberté d’office en application des dispositions de la
présente section, il appartient au chef de l’établissement
pénitentiaire, à l'intéressé ou à toute personne physique ou morale
de saisir, par requête, le président du tribunal qui ordonne la mise en

77
liberté immédiate de l’intéressé, le ministère public entendu, dans le
délai de huit jours. Le pouvoir d’ordonner la mise en liberté
appartient également au Président de la Chambre d’instruction qui
peut être directement saisi.

La décision du Président du tribunal ou du Président de la


Chambre d’instruction est sans recours.

ARTICLE 182 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Par dérogations aux dispositions de l’article 181, le


Procureur général peut, sur réquisitions spécialement motivées,
s’opposer à la mise en liberté de l’inculpé pour des nécessités
impérieuses d’enquête.

Dans ce cas, la Chambre d’instruction statue dans un délai


de huit jours, faute de quoi, l’inculpé est mis d’office en liberté. Si la
Chambre d’instruction fait droit à la demande du Procureur général,
elle fixe, au vu des circonstances, la durée maximale de détention de
l’inculpé.

ARTICLE183

Après la mise en liberté, si l’inculpé invité à comparaître ne


se présente pas ou si des circonstances nouvelles ou graves
rendent sa détention nécessaire, la juridiction d’instruction ou de
jugement saisie de l’affaire peut décerner un nouveau mandat.

ARTICLE 184

La liberté peut, dans tous les cas où elle n’est pas de droit,
être subordonnée à l’obligation de fournir un cautionnement ou de
constituer des sûretés.

Ce cautionnement garantit :

1° la représentation de l’inculpé à tous les actes de la


procédure et pour l'exécution du jugement, ainsi que, le cas échéant,
l'exécution des autres obligations qui lui ont été imposées ;

78
2° le paiement dans l'ordre suivant :

a) des frais avancés par la partie civile ;


b) des frais avancés par l’Etat ;
c) des amendes ;
d) de la réparation des dommages causés par l'infraction
et des restitutions.

La décision du juge d'instruction détermine les sommes


affectées à chacune des deux parties du cautionnement ou des
sûretés. Le juge d'instruction peut toutefois décider que les sûretés
garantiront dans leur totalité le paiement des sommes prévues au
2°de l’alinéa 2 du présent article ou l'une ou l'autre de ces sommes.

ARTICLE 185 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Le cautionnement est fourni en espèces, chèques certifiés


ou titres émis ou garantis par l’Etat. Il est versé, contre récépissé,
entre les mains du greffier en chef du tribunal ou de la cour qui en
fait le dépôt à la Caisse des Dépôts et Consignations.

Au vu du récépissé, le ministère public fait exécuter, sur-le-


champ, la décision de mise en liberté.

ARTICLE 186

La première partie du cautionnement est restituée ou la


première partie des sûretés est levée si l’inculpé, prévenu ou accusé
s'est présenté à tous les actes de la procédure, a satisfait aux
obligations du contrôle judiciaire et s'est soumis à l’exécution du
jugement.

Dans le cas contraire, sauf motif légitime d'excuse ou


décision de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement, la première partie
du cautionnement est acquise à l'Etat, ou il est procédé au recouvre-
ment de la créance garantie par la première partie des sûretés.

79
ARTICLE 187

Le montant affecté à la deuxième partie du cautionnement


est restitué en cas de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement.

En cas de condamnation, il est employé dans l’ordre énoncé


au 2°de l’alinéa 2 de l'article 184. Le surplus est restitué lorsque la
condamnation est définitive.

La deuxième partie des sûretés est levée ou il est procédé


au recouvrement des créances que cette partie garantit selon les
distinctions prévues aux deux alinéas précédents.

Section 8 - Commissions rogatoires

ARTICLE 188

Le juge d'instruction peut requérir par commission rogatoire


tout officier de police judiciaire de son ressort de procéder aux actes
d'information qu'il estime nécessaires.

II peut également requérir par commission rogatoire tout juge


d'instruction de procéder aux actes d'information qu'il estime
nécessaires dans les lieux soumis à la juridiction de ce dernier. Le
juge d’instruction délégataire peut subdéléguer ces pouvoirs aux
officiers de police judiciaire de son ressort.

La commission rogatoire indique la nature de l'infraction


objet des poursuites. Elle est datée et signée par le magistrat qui la
délivre et revêtue de son sceau.

Elle précise les actes d'instruction à accomplir qui doivent se


rattacher directement à l'infraction visée aux poursuites.

L'exécution de la commission rogatoire obéit aux règles


prescrites par les articles 90 à 93, 122 et 133.

ARTICLE 189

Les magistrats commis exercent, dans les limites de la


commission rogatoire, tous les pouvoirs du juge d’instruction. Ils
peuvent notamment décerner tous mandats, tels que définis à
l’article 140.
80
Les officiers de police judiciaire exercent, dans les limites de
la commission rogatoire, les pouvoirs du juge d’instruction à
l’exception des interrogatoires et des confrontations de l’inculpé.

ARTICLE 190

Tout témoin cité au cours de l’exécution d’une commission


rogatoire est tenu de comparaître, de prêter serment et de déposer.

S’il ne comparaît pas, avis en est donné au procureur de la


République du lieu de l’exécution, qui peut l’y contraindre par la force
publique. Le magistrat mandant peut prendre contre lui les sanctions
prévues à l’article 128 alinéas 2 et 3.

ARTICLE 191

Lorsque, pour les nécessités de l’exécution de la


commission rogatoire, l’officier de police judiciaire est amené à
retenir une personne contre laquelle existent des indices faisant
présumer qu’elle a participé à la commission de l’infraction, il ne peut
la garder à vue plus de quarante-huit heures. Il en informe le
procureur de la République, dès le début de la garde à vue.

Le procureur de la République peut accorder, par tout


moyen écrit, l’autorisation de prolonger la garde à vue d’un nouveau
délai de quarante-huit heures. A l’issue de ce délai, la personne
gardée à vue est, soit conduite devant le juge d’instruction mandant
ou le juge d’instruction délégant, soit remise en liberté.

Le juge d’instruction fixe le délai dans lequel les procès-


verbaux dressés par l’officier de police judiciaire doivent lui être
transmis par celui-ci. A défaut d’une telle fixation, ces procès-
verbaux doivent lui être transmis dans les huit jours de la fin des
opérations exécutées en vertu de la commission rogatoire.

ARTICLE 192

Lorsque la commission rogatoire prescrit des opérations


simultanées sur divers points du territoire, elle peut, sur l’ordre du
juge d’instruction mandant, être adressée aux juges d’instruction
chargés de son exécution sous forme de reproduction ou de copie
intégrale de l’original.

81
Elle peut même, en cas d’urgence, être diffusée par tous
moyens préservant le secret de l’instruction. Chaque diffusion doit
toutefois préciser les mentions essentielles de l’original et la nature
de l’inculpation, le nom et la qualité du magistrat mandant.

Section 9 - Expertise

ARTICLE 193

Le juge d’instruction dans le cas où se pose une question


d’ordre technique peut, soit d’office, soit à la demande du ministère
public ou à la demande des parties, ordonner une expertise, laquelle
est confiée à un expert unique, sauf circonstances particulières
justifiant la désignation de deux ou plusieurs experts.

L’expert procède à sa mission sous le contrôle du juge


d’instruction.

Lorsque le juge d’instruction estime ne pas devoir faire droit


à une demande d'expertise, il rend une ordonnance motivée.

ARTICLE 194

L’expert est choisi sur la liste nationale des experts arrêtée


chaque année par le ministre de la Justice, sur proposition des
Cours d'Appel, les procureurs généraux entendus.

A titre exceptionnel, le juge d’instruction peut, par décision


motivée, choisir des experts ne figurant pas sur cette liste.

ARTICLE 195

La mission de l’expert qui ne peut avoir pour objet que


l’examen de questions d’ordre technique, est précisée dans la
décision qui ordonne l’expertise.

ARTICLE 196

La décision ordonnant l’expertise est notifiée au ministère


public et aux parties et précise les noms et qualités de l’expert ainsi
que le libellé de la mission.

82
Lorsque le juge d’instruction ordonne d’office l’expertise, sa
décision n’est pas susceptible d’appel.

Toutefois dans les trois jours de sa notification, le ministère


public et les parties peuvent présenter, en la forme gracieuse, leurs
observations. Celles-ci peuvent porter soit sur le choix, soit sur la
mission de l’expert désigné.

ARTICLE 197

L’expert ne figurant pas sur la liste prévue à l’article 194


prête, devant le juge d’instruction, chaque fois qu’il est commis,
serment d’accomplir sa mission, de faire son rapport et de donner
son avis en son honneur et conscience. Le procès-verbal de
prestation de serment est signé par le juge d’instruction, l’expert et le
greffier.

En cas d’empêchement dont les motifs sont précisés, le


serment peut être reçu par écrit et la lettre de serment est annexée
au dossier de la procédure.

ARTICLE 198

Toute décision commettant un expert doit lui impartir un délai


pour remplir sa mission.

Si des raisons particulières l’exigent, ce délai peut être


prorogé sur requête de l’expert et par décision motivée rendue par le
juge d’instruction qui l’a désigné.

L’expert qui ne dépose pas son rapport dans le délai qui lui a
été imparti peut-être immédiatement remplacé et doit rendre compte
des investigations auxquelles il a déjà procédé. Il encourt une
amende civile de 100.000 à 500.000 francs prononcée par le juge
d’instruction, sur réquisition du procureur de la République. Il doit
aussi restituer dans les quarante-huit heures les objets, pièces et
documents qui lui auraient été confiés en vue de l’accomplissement
de sa mission.

83
L’expert doit remplir sa mission en liaison avec le juge
d’instruction. Il doit le tenir informé du développement de ses
opérations et le mettre à même de prendre à tout moment toutes
mesures utiles.

Le juge d’instruction, au cours de ses opérations, peut s’il


l’estime utile, se faire assister de l’expert.

ARTICLE 199

Si l’expert demande à être éclairé sur une question ne


relevant pas de sa spécialité, le juge peut l’autoriser à s’adjoindre
une personne nommément désignée, spécialement qualifiée par sa
compétence.

La personne ainsi désignée prête serment dans les


conditions prévues à l’article 197 alinéas 1. Le résultat de ses
investigations fait l’objet d’un rapport annexé au rapport mentionné à
l’article 203.

ARTICLE 200

Conformément à l’article 118, alinéa 3, le juge d’instruction


représente à l’inculpé, avant de les faire parvenir à l’expert, les
scellés qui n’auraient pas été ouverts et inventoriés. Il énumère ces
scellés dans le procès-verbal spécialement dressé à l’effet de
constater cette remise. L’expert fait mention dans son rapport de
toute ouverture ou réouverture des scellés, dont il dresse inventaire.

ARTICLE 201

L’expert peut recevoir, à titre de renseignements et pour


l’accomplissement de sa mission, les déclarations de personnes
autres que l’inculpé.

S’il estime qu’il y a lieu d’interroger l’inculpé et sauf


délégation motivée délivrée à titre exceptionnel par le juge
d’instruction, il est procédé à cet interrogatoire en sa présence par le
juge d’instruction en observant dans tous les cas les formes et
conditions prévues par les articles 135,136 et 137.

84
L’inculpé peut, cependant, renoncer au bénéfice de cette
disposition par déclaration expresse devant le juge d’instruction et
fournir à l’expert, assisté de son avocat, les explications nécessaires
à l’exécution de sa mission. L’inculpé peut également, par
déclaration écrite remise par lui à l’expert et annexée par celui-ci à
son rapport, renoncer à l’assistance de son avocat pour une ou
plusieurs auditions.

Toutefois, les médecins experts chargés d’examiner l’inculpé


peuvent lui poser les questions nécessaires à l’accomplissement de
leur mission, hors la présence du juge et des avocats.

ARTICLE 202

Au cours de l’expertise, les parties peuvent demander au


juge d’instruction qui l’a ordonné qu’il soit prescrit à l’expert
d’effectuer certaines recherches ou d’entendre toute personne
nommément désignée qui serait susceptible de lui fournir des
renseignements d’ordre technique.

ARTICLE 203

Lorsque les opérations d’expertise sont terminées, l’expert


rédige un rapport qui contient la description desdites opérations ainsi
que ses conclusions. L’expert atteste avoir personnellement
accompli les opérations qui lui ont été confiées et signe son rapport.

En cas de désignation de plusieurs experts, s’ils sont d’avis


différents ou s’ils ont des réserves à formuler sur des conclusions
communes, chacun d’eux indique son opinion ou ses réserves en les
motivant.

Le rapport et les scellés, ou leurs résidus, sont déposés


entre les mains du greffier de la juridiction d’instruction qui a ordonné
l’expertise. Ce dépôt est constaté par procès-verbal.

ARTICLE 204

Le juge d’instruction convoque les parties et leur donne


connaissance des conclusions de l’expert dans les formes prévues
aux articles 135, 136 et 137 et reçoit leurs déclarations. Le rapport
d’expertise est mis à la disposition des parties et de leurs conseils
qui peuvent en obtenir copie à leurs frais.
85
Le juge d’instruction leur fixe le délai dans lequel elles
peuvent présenter des observations ou de formuler des demandes,
notamment aux fins de complément d’expertise ou de contre-
expertise.

En cas de rejet de ces demandes, le juge d’instruction rend


une décision motivée.

Section 10 - Nullités de l’information

ARTICLE 205

Les dispositions prescrites aux articles 133 et 135 doivent


être observées, à peine de nullité tant de l’acte lui-même que de la
procédure ultérieure.

La partie envers laquelle les dispositions de ces articles ont


été méconnues peut saisir la Chambre d’instruction, par requête aux
fins d’annulation. Elle peut néanmoins renoncer à s’en prévaloir et
régulariser ainsi la procédure. Cette renonciation doit être expresse.
Elle ne peut être donnée qu’en présence du conseil ou ce dernier
dûment appelé.

ARTICLE 206

S’il apparaît au juge d’instruction qu’un acte de l’information


peut être frappé de nullité, il saisit la Chambre d'instruction en vue de
l’annulation de cet acte, après avoir pris l’avis du procureur de la
République et en avoir avisé l’inculpé et la partie civile.

Si le procureur de la République ou le procureur général


estime qu’une nullité a pu être commise, il saisit la Chambre
d’instruction aux fins d’annulation.

Dans l’un et l’autre cas, la Chambre d’instruction procède


comme il est dit à l’article 239.

86
ARTICLE 207

Il y a également nullité en cas de violation des dispositions


substantielles du présent titre, autres que celles visées à l'article
205, et notamment en cas de violation des droits de la défense.

La Chambre d'instruction décide si l’annulation doit être


limitée à l’acte vicié ou s’étendre à tout ou partie de la procédure
ultérieure.

Les parties peuvent renoncer à se prévaloir de ces nullités


lorsqu’elles ne sont édictées que dans leur seul intérêt. Cette
renonciation doit être expresse.

La Chambre d’instruction est saisie et statue ainsi qu’il est dit


à l’article précédent.

ARTICLE 208

Les actes annulés sont retirés du dossier d’information et


classés au greffe de la Cour d’Appel. Il est interdit d’y puiser aucun
renseignement contre les parties au débat, sous peine de poursuites
devant leurs organes disciplinaires respectifs pour les magistrats et
les avocats.

Section 11 - Ordonnances de règlement

ARTICLE 209 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Aussitôt que la procédure est terminée, le juge d’instruction


la communique à l’inculpé et à la partie civile ainsi qu’à leurs
conseils par l’intermédiaire du greffier du siège de l'instruction. Ceux-
ci en prennent connaissance au greffe, sans déplacement du
dossier. Ils disposent, pour ce faire, d’un délai de dix jours à compter
de l’avis de mise à leur disposition au greffe du dossier de la
procédure.

Au terme de ce délai, le juge d’instruction, s’il estime que la


procédure est en état, en transmet une copie au Procureur de la
République qui doit lui adresser ses réquisitions au plus tard dans le
délai d’un mois à compter de sa réception.

87
Toutefois, lorsque l'inculpé est détenu, ce délai est réduit à
quinze jours. Si à l’expiration du délai imparti, le Procureur de la
République n’a pas pris ses réquisitions, le juge d’instruction passe
outre pour rendre son ordonnance de clôture.

Le juge d’instruction rend son ordonnance dans un délai de


dix jours à compter de la réception des réquisitions du Procureur de
la République ou, dans le cas de l’alinéa précédent, à compter du
terme du délai imparti au Procureur de la République.

ARTICLE 210

Le juge d’instruction examine s’il existe contre l’inculpé des


charges constitutives d'infraction à la loi pénale.

ARTICLE 211

Si le juge d'instruction estime que les faits ne constituent ni


crime, ni délit, ni contravention, ou si l'auteur est resté inconnu, ou
s'il n'existe pas de charges suffisantes contre l'inculpé, ou si l’action
publique est éteinte, il déclare, par une ordonnance qu'il n'y a pas
lieu à suivre.

L’inculpé préventivement détenu est mis en liberté.

Le juge d'instruction statue en même temps sur la restitution


des objets saisis.

Il liquide les dépens et condamne aux frais la partie civile, si


l’action publique a été mise en mouvement par elle. Toutefois, la
partie civile de bonne foi peut être déchargée de la totalité ou d'une
partie des frais par décision spéciale et motivée.

ARTICLE 212

Si le juge estime que les faits constituent une contravention,


il prononce le renvoi de l’affaire devant le tribunal de simple police et
l’inculpé est mis en liberté.

88
ARTICLE 213

Si le juge estime que les faits constituent un délit, il prononce


le renvoi de l’affaire devant le tribunal correctionnel.

Le mandat d’arrêt ou de dépôt décerné contre l’inculpé


conserve sa force exécutoire jusqu’à ce qu'il ait été statué par le
tribunal correctionnel, conformément aux dispositions de l’article
175.

ARTICLE 214 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Dans les cas de renvoi soit devant le tribunal de simple


police, soit devant le tribunal correctionnel, le juge d’instruction
transmet le dossier avec son ordonnance au Procureur de la
République, dans le délai de huit jours à compter de la date de
l’ordonnance.

Le Procureur de la République doit, sous réserve des


dispositions de l’article 397 alinéa 4, soit faire citer le prévenu, soit lui
délivrer avertissement ou le convoquer conformément aux
dispositions des articles 397 et 398 pour l’une des plus prochaines
audiences, en observant les délais prévus à l’article 587.

ARTICLE 215

Si le juge d’instruction estime que les faits constituent une


infraction qualifiée crime par la loi, il ordonne que le dossier de la
procédure et un état des pièces servant à conviction soient transmis
sans délai par le procureur de la République au procureur général
près la Cour d’Appel, pour être procédé ainsi qu’il est dit au chapitre
de la Chambre d’instruction.

Le mandat d’arrêt ou de dépôt décerné contre l’inculpé


conserve sa force exécutoire jusqu'à ce qu’il ait été statué par la
Chambre d’instruction.

Les pièces à conviction restent au greffe du tribunal sauf


dispositions contraires.

89
ARTICLE 216

Des ordonnances comportant non-lieu partiel peuvent


intervenir en cours d’information.

ARTICLE 217

Il est donné avis, dans les vingt-quatre heures et dans les


formes prévues à l'article 135 alinéa 2, aux conseils de l'inculpé et
de la partie civile, de toutes ordonnances juridictionnelles.

Dans les mêmes formes et délais, les ordonnances de


règlement sont portées à la connaissance de l'inculpé et les
ordonnances de renvoi ou de transmission des pièces au procureur
général, à celle de la partie civile.

Les ordonnances dont l'inculpé ou la partie civile peuvent,


aux termes des articles 220 et 221, interjeter appel, leur sont
signifiées à la requête du procureur de la République dans les vingt-
quatre heures.

Dans tous les cas, si l'inculpé est détenu, les ordonnances


lui sont notifiées par le greffier.

Avis de toute ordonnance est donné au procureur de la


République par le greffier, le jour même où elle est rendue.

ARTICLE 218

Les ordonnances rendues par le juge d’instruction en vertu


de la présente section contiennent les nom, prénoms, date, lieu de
naissance, domicile et profession de l’inculpé. Elles indiquent la
qualification légale du fait imputé à celui-ci et de façon précise, les
motifs pour lesquels il existe ou non contre lui des charges
suffisantes.

90
Section 12 - Appel des ordonnances
du juge d’instruction

ARTICLE 219

Le procureur de la République a le droit d’interjeter appel


devant la Chambre d’instruction de toute ordonnance du juge
d’instruction.

Cet appel, formé par déclaration au greffe du tribunal, est


interjeté dans les vingt- quatre heures à compter de la notification de
l’ordonnance.

Le procureur général a également dans tous les cas le droit


d’interjeter appel, lequel est formé par déclaration au greffe de la
cour, dans les dix jours qui suivent la notification de l’ordonnance du
juge d’instruction au procureur de la République. Une expédition de
la déclaration d’appel est transmise sans délai au greffe de la
juridiction d’instruction intéressée.

ARTICLE 220 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Le droit d’appel appartient à l’inculpé contre l'ordonnance :

1° par laquelle le juge d'instruction statue sur sa


compétence ;

2° déclarant recevable la constitution de partie civile ;

3° sur la restitution d’objets saisis ;

4° rejetant sa demande d’expertise, de complément


d'expertise ou de contre-expertise ;

5° de placement en détention préventive, de prolongation de


sa détention ou de refus de mise en liberté ;

6° de renvoi en police correctionnelle ;

7° de renvoi devant le tribunal de simple police ;


8° lui faisant grief.
91
ARTICLE 221 nouveau
(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

La partie civile peut interjeter appel des ordonnances de non


informer, de non-lieu et des ordonnances faisant grief à ses intérêts
civils. Toutefois, son appel ne peut, en aucun cas, porter sur une
ordonnance ou sur la disposition d’une ordonnance relative à la
détention ou au contrôle judiciaire de l’inculpé.

La partie civile peut aussi interjeter appel de l’ordonnance


par laquelle le juge d’instruction a, d’office ou sur déclinatoire, statué
sur sa compétence, ainsi que des ordonnances rejetant sa demande
d’expertise, de complément d’expertise ou de contre - expertise.

L’appel de l’inculpé ou de la partie civile est interjeté dans


les soixante-douze heures à compter de la notification de
l’ordonnance à l’intéressé ou à son conseil s’il en a.

L’appel de l’inculpé ou de la partie civile est reçu dans les


mêmes formes et conditions que celles prévues à l’article 564. Le
délai d’appel court du jour de la notification qui leur est faite,
conformément à l’article 217. Si l’inculpé est détenu, sa déclaration
d’appel est transmise par l’intermédiaire du chef de l’établissement
pénitentiaire, dans les conditions prévues à l’article 565, sous peine
d’une amende civile de 100.000 francs prononcée par le Président
de la Chambre d’instruction.

Le dossier de l’information ou sa copie établie conformément


à l’article 98 est transmis immédiatement, avec l’avis motivé du
Procureur de la République, au Procureur général qui procède ainsi
qu’il est dit aux articles 228 et suivants.

En cas d’appel du ministère public, l’inculpé détenu est


maintenu en prison jusqu’à ce qu’il ait été statué sur l’appel et, dans
tous les cas, jusqu’à l’expiration du délai d’appel du Procureur de la
République, à moins que celui-ci ne consente à la mise en liberté
immédiate.

92
ARTICLE 222

Lorsqu’il est interjeté appel d’une ordonnance autre qu’une


ordonnance de règlement, le juge d’instruction poursuit son
information sauf décision contraire de la Chambre d’instruction.

Section 13 - Reprise de l’information


sur charges nouvelles

ARTICLE 223

L’inculpé à l’égard duquel le juge d’instruction a dit n’y avoir


lieu à suivre ne peut plus être recherché à l’occasion du même fait, à
moins qu’il ne survienne de nouvelles charges.

Lorsque le juge d’instruction a dit n’y avoir lieu à suivre,


l’auteur étant resté inconnu, l’information peut être reprise en cas de
découverte d’éléments nouveaux qui permettent d’envisager une
inculpation d’une personne dénommée.

ARTICLE 224

Sont considérées comme charges nouvelles les déclarations


des témoins, pièces et procès-verbaux qui, n’ayant pu être soumis à
l’examen du juge d’instruction, sont cependant de nature soit à
fortifier les charges qui auraient été trouvées trop faibles, soit à
donner aux faits de nouveaux développements utiles à la
manifestation de la vérité.

ARTICLE 225

Le ministère public est seul compétent pour décider s’il y a


lieu de requérir la réouverture de l’information sur charges nouvelles.

93
CHAPITRE 2 - CHAMBRE D’INSTRUCTION :
JURIDICTION D’INSTRUCTION
DU SECOND DEGRE

Section première - Dispositions générales

ARTICLE 226

La Cour d’Appel comprend une ou plusieurs Chambres


d’instruction. La Chambre d’instruction est composée d’un président
de chambre et de deux ou plusieurs conseillers exclusivement
nommés dans cette fonction.

En cas d’empêchement le premier président peut, par ordon-


nance, remplacer le Président de la Chambre d’instruction par un
président de chambre, et les conseillers par d’autres conseillers.

ARTICLE 227

Les fonctions du ministère public auprès de la Chambre


d’instruction sont exercées par le procureur général près la Cour
d’Appel ou par ses substituts et celles du greffe par un greffier de la
Cour d’Appel.

ARTICLE 228

Le procureur général met l’affaire en état dans les cinq jours


de la réception des pièces en matière de détention préventive et
dans les dix jours en toute autre matière ; il la soumet, avec son
réquisitoire, à la Chambre d’instruction.

Celle-ci doit, en matière de détention préventive, se


prononcer au plus tard dans les quinze jours de l’arrivée du dossier
au greffe de la Chambre d’instruction, faute de quoi l’inculpé est mis
d’office en liberté, sauf si des vérifications concernant sa demande
ont été ordonnées. Dans ce cas, ce délai est prorogé d’une durée
maximum de quinze jours.

94
ARTICLE 229

Lorsque postérieurement à un arrêt de non-lieu prononcé


par la Chambre d'instruction, le procureur général reçoit des pièces
lui paraissant contenir des charges nouvelles dans les termes de
l’article 224, il met l’affaire en état et la soumet avec son réquisitoire
à la Chambre d’instruction. Dans ce cas et en attendant la réunion
de la Chambre d’instruction, le président de cette juridiction peut, sur
les réquisitions du procureur général, décerner mandat de dépôt ou
d’arrêt.

ARTICLE 230

Le procureur général notifie dans les formes prévues à


l’article 135 alinéas 2, à chacune des parties et à son conseil, la date
à laquelle l’affaire sera appelée à l’audience.

Un délai minimum de quarante-huit heures en matière de


détention préventive, et de cinq jours en toute autre matière, doit être
observé entre la date d’envoi de l’avis d’audience et celle de
l’audience.

Pendant ce délai, le dossier, comprenant les réquisitions du


procureur général, est déposé au greffe de la Chambre d’instruction
et tenu à la disposition des conseils des inculpés et des parties
civiles reçues au procès.

ARTICLE 231

Les parties et leurs conseils sont informés de la date de


l’audience, au moins huit jours avant.

Ils peuvent, jusqu’à vingt-quatre heures avant l’audience,


produire des mémoires qu’ils communiquent au ministère public et
aux autres parties.

Ces mémoires sont déposés au greffe de la Chambre


d’instruction et visés par le greffier avec l’indication du jour et de
l’heure du dépôt.

95
ARTICLE 232

Les débats se déroulent et l’arrêt est rendu en chambre du


conseil.

Après le rapport du conseiller, le procureur général et les


conseils des parties présentent des observations sommaires.

La Chambre d’instruction peut ordonner la comparution


personnelle des parties ainsi que l’apport des pièces à conviction.

ARTICLE 233

Lorsque les débats sont terminés, la Chambre d’instruction


délibère hors la présence du procureur général, des parties, de leurs
conseils et du greffier.

ARTICLE 234

La Chambre d’instruction peut, dans tous les cas, à la


demande du procureur général, d’une des parties ou même d’office,
ordonner tout acte d’information complémentaire qu’elle juge utile, et
décerner tous mandats.

Elle peut également, dans tous les cas, le ministère public


entendu, prononcer d’office la mise en liberté de l’inculpé.

ARTICLE 235

La Chambre d'instruction peut, d’office ou sur les réquisitions


du procureur général, ordonner qu’il soit informé à l’égard des
inculpés ou prévenus renvoyés devant elle, sur tous les faits
principaux ou connexes susceptibles de qualification pénale
résultant du dossier de la procédure, qui n’auraient pas été visés par
l’ordonnance du juge d’instruction ou qui auraient été distraits par
une ordonnance comportant non- lieu partiel, disjonction ou renvoi
devant la juridiction correctionnelle ou de simple police.

Elle peut statuer sans ordonner une nouvelle information si


les chefs de poursuite visés à l’alinéa précédent ont été compris
dans les inculpations faites par le juge d’instruction.

96
ARTICLE 236

Les infractions sont connexes soit lorsqu’elles ont été


commises en même temps par plusieurs personnes réunies, soit
lorsqu’elles ont été commises par différentes personnes, même en
différents temps et en divers lieux, mais par suite d’un concert formé
à l’avance entre elles, soit lorsque les auteurs ou complices
présumés ont commis les unes pour se procurer les moyens de
commettre les autres, pour en faciliter, pour en consommer
l’exécution ou pour en assurer l’impunité, soit lorsque des choses
enlevées, détournées ou obtenues à l’aide d’un crime ou d’un délit
ont été, en tout ou en partie, recelées.

ARTICLE 237

La Chambre d’instruction peut, quant aux infractions


résultant du dossier de la procédure, ordonner que soient inculpées,
dans les conditions prévues à l’article 238, des personnes qui n’ont
pas été renvoyées devant elle, à moins qu’elles n’aient fait l’objet
d’une ordonnance de non-lieu devenue définitive.

Cette décision ne peut faire l’objet d’un pourvoi en cassation.

ARTICLE 238

Il est procédé aux suppléments d’information conformément


aux dispositions relatives à l’instruction préalable soit par un des
membres de la Chambre d’instruction, soit par un juge qu’elle
délègue à cette fin.

Le procureur général peut à tout moment requérir la


communication de la procédure, à charge de rendre les pièces dans
les vingt-quatre heures.

ARTICLE 239

La Chambre d’instruction examine dans tous les cas, y


compris en matière de détention préventive, la régularité des
procédures qui lui sont soumises.

97
Si elle découvre une cause de nullité, elle prononce la nullité
de l’acte qui en est entaché et, s’il y a lieu, celle de tout ou partie de
la procédure ultérieure.

Après annulation, elle peut soit évoquer et procéder dans les


conditions prévues aux articles 234, 235 et 237, soit renvoyer le
dossier de la procédure au même juge d’instruction ou à tel autre,
afin de poursuivre l’information.

ARTICLE 240

Lorsque la Chambre d'instruction a statué sur l’appel relevé


contre une ordonnance du juge d’instruction en matière de détention
préventive, soit qu’elle ait confirmé l’ordonnance, soit que, l’infirmant,
elle ait ordonné la mise en liberté ou le maintien en détention ou
décerné un mandat de dépôt ou d’arrêt, le procureur général fait
sans délai retour du dossier au juge d’instruction, après avoir assuré
l’exécution de l’arrêt.

Lorsque la Chambre d’instruction infirme une ordonnance du


juge d’instruction en toute autre matière, elle procède comme il est
dit aux articles précédents sauf si l’arrêt infirmatif termine
l’information.

L’ordonnance du juge d’instruction frappée d’appel produit


son plein et entier effet si elle est confirmée par la Chambre
d’instruction.

ARTICLE 241

Lorsque la Chambre d’instruction a prescrit un supplément


d’information et que celui- ci est terminé, le président ordonne le
dépôt au greffe du dossier de la procédure.

Le greffier avise immédiatement de ce dépôt le procureur


général, chacune des parties et son conseil dans les formes prévues
à l’article 135 alinéa 2.

98
ARTICLE 242

Le dossier de la procédure reste déposé au greffe pendant


quarante-huit heures en matière de détention préventive et pendant
cinq jours en toute autre matière.

Il est alors procédé conformément aux articles 231 et 232.

ARTICLE 243

La Chambre d’instruction statue par un seul et même arrêt


sur tous les faits entre lesquels il existe un lien de connexité.

ARTICLE 244

Si la Chambre d’instruction estime que les faits ne


constituent ni crime, ni délit, ni contravention ou si l’auteur est resté
inconnu ou s’il n’existe pas de charges suffisantes contre l’inculpé,
ou si l’action publique est éteinte, elle déclare qu’il n’y a lieu à suivre.

Les inculpés préventivement détenus sont mis en liberté.

La Chambre d’instruction statue dans le même arrêt sur la


restitution des objets saisis. Elle demeure également compétente
pour statuer éventuellement sur cette restitution postérieurement à
l’arrêt de non-lieu.

ARTICLE 245

Si la Chambre d’instruction estime que les faits constituent


un délit ou une contravention, elle prononce le renvoi de l’affaire
dans le premier cas devant le tribunal correctionnel et dans le
second cas devant le tribunal de simple police.

En cas de renvoi devant le tribunal correctionnel si


l’emprisonnement est encouru, et sous réserve des dispositions de
l’article 166, le prévenu arrêté demeure en état de détention.

En cas de renvoi devant le tribunal de simple police, le


prévenu est mis en liberté.

99
ARTICLE 246

Si les faits retenus à la charge de l’inculpé constituent une


infraction qualifiée crime par la loi, la Chambre d’instruction
prononce le renvoi devant le tribunal criminel.

Elle peut saisir également cette juridiction des infractions


connexes.

ARTICLE 247

L’arrêt de renvoi devant le tribunal criminel contient, à peine


de nullité, l’exposé et la qualification légale des faits, objets de
l’accusation.

Il purge la procédure de tout vice. Aucune nullité ne peut


plus être soulevée devant la juridiction de jugement saisie de l’arrêt
de renvoi devant le tribunal criminel.

Le mandat d’arrêt ou de dépôt décerné contre l’inculpé


conserve sa force exécutoire jusqu’à ce qu’il ait été statué par le
tribunal criminel, conformément aux dispositions de l’article 175.

ARTICLE 248

Les arrêts de la Chambre d’instruction sont signés par le


Président et par le greffier. Il y est fait mention du nom des juges, du
dépôt des pièces et des mémoires, de la lecture du rapport, des
réquisitions du ministère public et, s’il y a lieu, de l’audition des
parties ou des observations de leurs conseils.

La Chambre d’instruction réserve les dépens si son arrêt


n’éteint pas l’action dont elle a eu à connaître.

Dans le cas contraire, ainsi qu’en matière de mise en liberté,


elle liquide les dépens et elle condamne aux frais la partie qui
succombe.

Toutefois, la partie civile de bonne foi peut être déchargée


de la totalité ou d’une partie des frais par décision spéciale et
motivée.

100
ARTICLE 249

Les arrêts sont, dans les vingt-quatre heures, dans les


formes prévues à l’article 135 alinéa 2, portés à la connaissance des
inculpés et des parties civiles ainsi qu’à leurs conseils.

Avis de tout arrêt est donné au procureur général par le


greffier, le jour même où il est rendu.

ARTICLE 250

Les dispositions des articles 205, 207, alinéas 1 et 3 et 208


relatives aux nullités de l’information sont applicables au présent
chapitre.

Section 2 - Pouvoirs du Président


de la Chambre d’instruction

ARTICLE 251

Le Président de la Chambre d’instruction, ou, en cas


d’empêchement, son suppléant, exerce les pouvoirs définis aux
articles suivants.

ARTICLE 252

Le Président de la Chambre d'instruction s’assure du bon


fonctionnement des cabinets d’instruction du ressort de la Cour
d’Appel. Il vérifie notamment les conditions d’application des alinéas
3 et 4 de l’article 98 et s’emploie à ce que les procédures ne
subissent aucun retard injustifié.

ARTICLE 253

Il est établi, chaque mois dans chaque cabinet d’instruction,


un état de toutes les affaires en cours portant mention, pour chacune
des affaires, de tous les actes d’information exécutés dans le mois.

Les affaires dans lesquelles sont impliqués des inculpés


détenus préventivement depuis plus de six mois figurent sur un état
spécial semestriel.

101
Les états prévus par le présent article sont adressés au
Président de la Chambre d’instruction et au procureur général dans
les vingt premiers jours du mois ou du semestre.

ARTICLE 254

Le Président, chaque fois qu’il l’estime nécessaire et au


moins une fois par an, visite les maisons d’arrêt du ressort de la
Cour d’Appel et y vérifie la situation des inculpés en état de
détention préventive.

Section 3 - Contrôle de l’activité des


officiers de police judiciaire

ARTICLE 255

La Chambre d’instruction exerce un contrôle sur l’activité des


officiers de police judiciaire, pris en cette qualité, à l’exclusion des
magistrats désignés à l’article 27, des maires et de leurs adjoints.

ARTICLE 256

La Chambre d’instruction est saisie soit par le procureur


général, soit par son Président.

Elle peut se saisir d’office à l’occasion de l’examen de la


procédure qui lui est soumise.

ARTICLE 257

La Chambre d’instruction saisie d’une plainte contre un


officier de police judiciaire, fait procéder à une enquête. Elle recueille
les observations du procureur général et entend l’officier de police
judiciaire en cause.

Ce dernier doit avoir été préalablement mis à même de


prendre connaissance de son dossier d’officier de police judiciaire
tenu au Parquet général près la Cour d’Appel, ainsi que le dossier
d’enquête le concernant.

II peut se faire assister par un avocat.

102
ARTICLE 258

La Chambre d’instruction peut, sans préjudice des sanctions


disciplinaires qui peuvent être infligées à l’officier de police judiciaire
par ses supérieurs hiérarchiques, lui adresser des observations ou
décider qu’il ne peut, soit temporairement, soit définitivement,
exercer ses fonctions d’officier de police judiciaire et de délégué du
juge d’instruction sur tout l’ensemble du territoire de la République.

ARTICLE 259

Si la Chambre d’instruction estime que l’officier de police


judiciaire a commis une infraction à la loi pénale, elle ordonne en
outre la transmission du dossier au procureur général à toutes fins
qu’il appartiendra.

ARTICLE 260

Les décisions prises par la Chambre d’instruction contre les


officiers de police judiciaire sont notifiées, à la diligence du procureur
général, aux autorités dont ils dépendent.

ARTICLE 261

Les dispositions de la présente section sont applicables aux


fonctionnaires et agents chargés de certaines fonctions de police
judiciaire.

103
LIVRE III -
JURIDICTIONS DE JUGEMENT

104
TITRE PREMIER - JUGEMENT DES CRIMES

CHAPITRE PREMIER - COMPETENCE DES


JURIDICTIONS CRIMINELLES

ARTICLE 262

Le tribunal criminel est compétent pour juger en premier


ressort les individus renvoyés devant lui par l’arrêt de renvoi.

Il ne peut connaître d’aucune autre accusation.

Sa décision peut faire l’objet d’appel devant la Chambre


criminelle de la Cour d’Appel. Les juridictions criminelles ont
plénitude de juridiction.

CHAPITRE 2 - Tribunal criminel

Section première - Tenue des sessions de jugement


des affaires criminelles

ARTICLE 263

Il est tenu au siège de chaque tribunal de première instance,


des sessions, pour le jugement des affaires criminelles instruites
dans le ressort de ce tribunal.

ARTICLE 264

Le premier président peut, sur réquisitions du procureur


général, décider par ordonnance motivée que tout ou partie des
affaires criminelles soient jugées au siège d’un tribunal autre que
celui dans le ressort duquel elles ont été instruites.

ARTICLE 265

Exceptionnellement, sur requête du procureur général, après


avis du premier président, un arrêté du ministre de la Justice, peut
décider qu’un crime soit jugé par un tribunal situé dans le ressort
d’une Cour d’Appel autre que celle dans le ressort de laquelle
l’affaire a été instruite.

105
ARTICLE 266
La tenue des sessions de jugement des crimes a lieu tous
les trois mois.
Toutefois, le président du tribunal peut, après avis du
procureur de la République, ordonner qu’il soit tenu, au cours d’un
même trimestre, une ou plusieurs sessions supplémentaires.
ARTICLE 267
La date de l’ouverture de chaque session de jugement
ordinaire ou supplémentaire est fixée, après avis du procureur de la
République, par ordonnance du président du tribunal.
Le projet d’ordonnance est préalablement transmis, pour
avis, au ministre de la Justice et au bâtonnier de l’Ordre des avocats,
par le procureur de la République, deux mois au moins avant
l’ouverture de la session.
L’ordonnance est affichée au siège du tribunal, par les soins
du procureur de la République quinze jours au moins avant
l’ouverture de la session.
ARTICLE 268
Le rôle de chaque session est arrêté par le président du
tribunal, sur proposition du ministère public.
ARTICLE 269
Le ministère public avise l’accusé de la date à laquelle celui-
ci doit comparaître.
Section 2 - Composition du tribunal criminel
ARTICLE 270 nouveau
(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Le tribunal criminel comprend :

- le Président du tribunal ;
- deux assesseurs.

106
En cas d’empêchement, le Président du tribunal est
remplacé par un vice-président du tribunal ou le juge le plus ancien
dans le grade le plus élevé.

ARTICLE 271

Les assesseurs sont choisis parmi les juges du tribunal de


première instance du lieu de jugement des affaires criminelles.

Toutefois, en cas d’insuffisance de juges au siège du tribunal


criminel, les assesseurs sont choisis parmi les juges des tribunaux
du ressort de la Cour d’Appel dont relève le tribunal criminel. Ils sont
désignés par ordonnance du premier président de la Cour d’Appel.

ARTICLE 272

Ne peuvent faire partie du tribunal criminel en qualité de


président ou d’assesseur, les magistrats qui, dans l’affaire soumise
au tribunal criminel ont, soit fait un acte de poursuite ou d’instruction,
soit participé à la prise de l’arrêt de renvoi.

ARTICLE 273

Les fonctions du ministère public sont exercées dans les


conditions définies à l’article 50.

ARTICLE 274

Le tribunal criminel est, à l’audience, assisté d’un greffier.

Les fonctions du greffier sont exercées par le greffier en chef


ou un greffier du siège du tribunal criminel, choisi par le greffier en
chef.

ARTICLE 275

Le président, les assesseurs et le greffier sont désignés, par


ordonnance du président de tribunal, au début de chaque année
judiciaire.

107
Section 3 - Procédure préparatoire à la session
de jugement des crimes

Paragraphe premier - Actes obligatoires

ARTICLE 276 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Le dossier de la procédure est transmis par le Procureur


général au Procureur de la République près le tribunal de première
instance où se tient la session de jugement de crimes.

Les pièces à conviction sont transportées au greffe de ce


tribunal.
ARTICLE 277 nouveau
(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

L’arrêt de renvoi est porté à la connaissance de l’accusé par


le Procureur de la République. Il lui en est laissé copie.

Il est procédé par notification faite à personne si l’accusé est


détenu. Dans le cas contraire, il peut être procédé soit par
notification, soit par signification faite dans les formes prévues au
Titre IV du présent Livre.

S’il est détenu dans une autre maison d’arrêt, l’accusé est
transféré dans la maison d’arrêt du lieu où siège le tribunal criminel.

ARTICLE 278 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Si l’accusé non détenu qui a reçu notification ou signification


à sa personne ne se présente pas, le Président du tribunal criminel
décerne contre lui une ordonnance de prise de corps. Cette
ordonnance produit les mêmes effets que le mandat d’arrêt. S’il est
saisi, il est procédé conformément aux articles 150 alinéas 5 et 6.

Si l’accusé ne peut être saisi ou s’il n’a pas reçu notification


ou signification à personne et ne se présente pas, il est procédé
contre lui par contumace.

108
ARTICLE 279

Le président du tribunal criminel interroge l’accusé dans le


plus bref délai, après la remise du dossier au procureur de la
République et des pièces à conviction au greffe.

Cette formalité peut être remplie par un assesseur du


tribunal criminel, délégué à cet effet.

Il doit être fait appel à un interprète si l’accusé ne parle ou ne


comprend pas la langue française.

ARTICLE 280

Le président interroge l’accusé sur son identité et s’assure


que celui-ci a reçu signification de l’arrêt de renvoi.

ARTICLE 281

Le président vérifie si l’accusé est assisté d’un conseil. A


défaut, l’accusé est invité à choisir un conseil pour l’assister dans sa
défense.

Si l’accusé ne choisit pas de conseil, le président saisit le


bâtonnier de l’Ordre des avocats qui lui en désigne un d’office.

Si tous les avocats désignés d’office se déportent quel qu’en


soit le motif, le bâtonnier de l’Ordre des avocats est tenu d’assurer la
défense de l’accusé. Toutefois, en cas d’empêchement du bâtonnier
ou en cas de conflit d’intérêt, la défense de l’accusé est assurée
d’office par le membre le plus ancien du Conseil de l’ordre.

La désignation d’office de conseil est non avenue si, par la


suite, l’accusé choisit un conseil.

ARTICLE 282

Le conseil ne peut être choisi ou désigné que parmi les


avocats inscrits au barreau.

Les avocats inscrits à un barreau d’un pays membre de


l’UEMOA peuvent être régulièrement constitués.
109
Les avocats inscrits à un autre barreau étranger ne peuvent
être désignés que s’il existe une convention de réciprocité entre la
République de Côte d’Ivoire et leur pays d’origine.
ARTICLE 283
L’accomplissement des formalités prescrites par l’article 279
est constaté par un procès-verbal que signent le président ou son
remplaçant, le greffier, l’accusé et, s’il y a lieu, l’interprète.
Si l’accusé ne sait ou ne veut signer, le procès-verbal en fait
mention.
ARTICLE 284
Les débats ne peuvent s’ouvrir moins de cinq jours après
l’interrogatoire par le président du tribunal criminel. L’accusé et son
conseil peuvent renoncer à ce délai.
ARTICLE 285
L'accusé communique librement avec son conseil.
Le conseil peut prendre sur place communication de toutes
pièces du dossier sans que cette communication puisse provoquer
un retard dans la marche de la procédure.
ARTICLE 286
Il est délivré gratuitement à chacun des accusés copie de
l’entier dossier de la procédure.
ARTICLE 287
La partie civile, ou son conseil, peuvent se faire délivrer, à
leurs frais, copie de toutes pièces de la procédure.
ARTICLE 288 nouveau
(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)
Si l’accusé et la partie civile souhaitent faire entendre pour la
première fois un témoin qui n’a pas déposé au cours de l’instruction,
ils en informent le Procureur de la République quinze jours au moins
avant l’ouverture des débats. Le ministère public en avise l’autre
partie.

110
Le ministère public fait citer ou convoquer, à sa requête, les
témoins, y compris ceux qui lui sont indiqués par l’accusé et la partie
civile, dans le cas où il juge que leurs déclarations peuvent être
utiles pour la découverte de la vérité.

Le ministère public signifie ou notifie à l’accusé, vingt-quatre


heures au moins avant l’ouverture des débats, la liste des personnes
qu’il désire faire entendre en qualité de témoins. L’acte de
signification ou de notification doit mentionner les nom, prénoms,
profession et résidence des témoins.

Paragraphe 2 - Actes facultatifs ou exceptionnels

ARTICLE 289

Le président, si l’instruction lui semble incomplète ou si des


éléments nouveaux ont été révélés depuis sa clôture, peut ordonner
tous actes d’information qu’il estime utiles.

Il y est procédé soit par le président, soit par un de ses


assesseurs ou un juge d’instruction qu’il délègue à cette fin. Dans ce
cas, les prescriptions du chapitre I du titre III du livre II relatives au
juge d’instruction doivent être observées.

ARTICLE 290

Les procès-verbaux et autres pièces ou documents réunis au


cours du supplément d’information sont déposés au parquet et joints
au dossier de la procédure.

Ils sont mis à la disposition des parties qui sont avisées de


leur dépôt par les soins du parquet.

Le procureur général peut, à tout moment, requérir


communication d’une copie de la procédure.

111
ARTICLE 291

Lorsqu’à raison d’un même crime plusieurs arrêts de renvoi


ont été rendus contre différents accusés, le président peut, soit
d’office, soit sur réquisition du ministère public, ordonner la jonction
des procédures.

Cette jonction peut également être ordonnée quand


plusieurs arrêts de renvoi ont été rendus contre un même accusé
pour des infractions différentes.

ARTICLE 292

Quand l’arrêt de renvoi vise plusieurs infractions non


connexes, le président peut, soit d’office, soit sur réquisition du
ministère public, ordonner que les accusés ne soient immédiatement
poursuivis que sur l’une ou quelques-unes de ces infractions.

ARTICLE 293

Le président peut, sur réquisition conforme du ministère


public, ordonner le renvoi à une session ultérieure des affaires qui ne
lui paraissent pas en état d’être jugées au cours de la session au
rôle de laquelle elles sont inscrites.

Section 4 - Débats

Paragraphe premier - Dispositions générales

ARTICLE 294

Les débats sont publics, à moins que la publicité ne soit


dangereuse pour l'ordre et les mœurs. Dans ce cas, le tribunal
déclare le huis-clos par un jugement rendu en audience publique.

Toutefois, le président peut interdire l'accès de la salle


d'audience aux mineurs ou à certains d'entre eux.

Lorsque le huis-clos a été ordonné, celui-ci s'applique au


prononcé des jugements qui peuvent intervenir sur les incidents
contentieux visés à l'article 304.

Le jugement sur le fond doit toujours être prononcé en


audience publique.
112
ARTICLE 295

Les débats ne peuvent être interrompus et doivent continuer


jusqu’à ce que la cause soit terminée par la clôture des débats
prononcée par le tribunal criminel.

Ils peuvent être suspendus pendant le temps nécessaire au


repos des juges et de l'accusé.

ARTICLE 296 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Dès l'ouverture de l'audience, l'emploi de tout appareil


d'enregistrement ou de diffusion sonore, de caméra, d'appareils
photographiques, est interdit sous peine d'une amende de 100.000 à
10.000.000 francs qui peut être prononcée dans les conditions
prévues au Titre VIII du Livre V sur le jugement des infractions
commises à l’audience des Cours d’Appel et des tribunaux.

ARTICLE 297

Le président a la police de l'audience et la direction des


débats.

Il rejette tout ce qui tendrait à compromettre leur dignité ou à


les prolonger sans donner lieu d'espérer plus de certitude dans les
résultats.

ARTICLE 298

Le président est investi d'un pouvoir discrétionnaire en vertu


duquel il peut, en son honneur et conscience, prendre toutes
mesures qu'il croit utiles pour découvrir la vérité.

Il peut, au cours des débats, appeler, au besoin par mandat


d'amener, et entendre toutes personnes ou se faire apporter toutes
nouvelles pièces qui lui paraissent, d’après les développements
donnés à l'audience, utiles à la manifestation de la vérité.

Les personnes ainsi appelées ne prêtent pas serment et


leurs déclarations ne sont considérées que comme renseignements.

113
299

Les assesseurs peuvent poser des questions aux accusés et


aux témoins par l’intermédiaire du président.

ARTICLE 300

Sous réserve des dispositions de l’article 297, le ministère


public et les conseils peuvent directement poser des questions aux
accusés et aux témoins.

L’accusé peut poser des questions, par l’intermédiaire du


Président, aux coaccusés, aux témoins, aux personnes prévues à
l'article 298 alinéa 3 et à la partie civile. La partie civile peut, dans les
mêmes conditions, poser des questions aux accusés et aux témoins.

ARTICLE 301

Le ministère public prend, au nom de la loi, toutes les


réquisitions qu'il juge utiles. Le tribunal est tenu de lui donner acte et
d'en délibérer.

Les réquisitions du ministère public prises dans le cours des


débats sont mentionnées par le greffier sur son procès-verbal.
Toutes les décisions auxquelles elles ont donné lieu sont signées
par le président et par le greffier.

ARTICLE 302 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)
Lorsque le tribunal ne fait pas droit aux réquisitions du
ministère public, l'instruction et le jugement ne sont ni arrêtés ni
suspendus.

ARTICLE 303

L'accusé, la partie civile et leurs conseils peuvent déposer


des conclusions sur lesquelles le tribunal est tenu de statuer.

ARTICLE 304

Tous incidents contentieux sont réglés par le tribunal, le


ministère public, les parties ou leurs conseils entendus.

114
Ces jugements ne peuvent préjuger du fond.
Ils ne peuvent être attaqués par la voie de l’appel qu’en
même temps que le jugement sur le fond.
Paragraphe 2 - Comparution de l'accusé
ARTICLE 305
A l'audience, la présence d'un défenseur auprès de l'accusé
est obligatoire.
Si le défenseur choisi ou désigné conformément à l'article
281 ne se présente pas, le président en informe le bâtonnier de
l’Ordre des avocats par tout moyen laissant trace écrite. Celui-ci
pourvoit immédiatement à son remplacement dans les conditions
fixées à l'article 281.
ARTICLE 306 nouveau
(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)
L'accusé comparaît libre.
Lorsque l’accusé est détenu, il est seulement accompagné
de gardes pour l'empêcher de s'évader. Toutefois, pour des raisons
de sécurité, le Président peut ordonner, exceptionnellement, la
comparution de l’accusé détenu avec des entraves.
ARTICLE 307 nouveau
(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)
Si un accusé détenu refuse de comparaître, sommation lui
est faite au nom de la loi par un commissaire de Justice commis à
cet effet par le Président et assisté de la force publique. Le
commissaire de Justice dresse procès-verbal de la sommation et de
la réponse de l'accusé.
ARTICLE 308 nouveau
(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)
Si l'accusé détenu n'obtempère pas à la sommation prévue à
l’article précédent, le Président peut ordonner qu'il soit amené par la
force devant le tribunal. Il peut également, après lecture faite à
l'audience du procès-verbal constatant sa résistance, ordonner que,
nonobstant son absence, il soit passé outre aux débats.
115
Après chaque audience, il est donné lecture du procès-
verbal des débats, par le greffier du tribunal criminel, à l'accusé qui
n'a pas comparu, et il lui est notifié copie des réquisitions du
ministère public ainsi que des jugements rendus par le tribunal, qui
sont tous réputés contradictoires.

ARTICLE 309

Lorsque, à l'audience, l'un des assistants trouble l’ordre de


quelque manière que ce soit, le président ordonne son expulsion de
la salle d'audience.

Si, au cours de l'exécution de cette mesure, il résiste à cet


ordre ou cause du tumulte, il est sur-le-champ, placé sous mandat
de dépôt, jugé et puni d'un emprisonnement de deux mois à deux
ans, sans préjudice des peines prévues au Code pénal contre les
auteurs d'outrages et de violences envers les magistrats.

Sur l’ordre du président, il est alors contraint par la force


publique de quitter l’audience.

ARTICLE 310

Si l'ordre est troublé par l'accusé lui-même, il lui est fait


application des dispositions de l'article 309.

L'accusé, lorsqu'il est expulsé de la salle d'audience, est


gardé par la force publique, jusqu'à la fin des débats, à la disposition
du tribunal. Il est, après chaque audience, procédé ainsi qu’il est dit
à l’article 308, alinéa 2.

Paragraphe 3 - Production et discussion


des preuves

ARTICLE 311

Le président ordonne au greffier de donner lecture de la liste


des témoins appelés par le ministère public, par l'accusé et, s'il y a
lieu, par la partie civile, et dont les noms ont été signifiés ou notifiés
conformément aux prescriptions de l'article 288.

Le commissaire de Justice de service fait appel de ces


témoins.

116
ARTICLE 312

Le président ordonne aux témoins de se retirer dans la salle


qui leur est destinée. Ils n'en sortent que pour déposer. Le président
prend, s'il en est besoin, toutes mesures utiles pour empêcher les
témoins de conférer entre eux avant leur déposition.

Ils peuvent se faire assister d'un conseil.

ARTICLE 313

Lorsqu'un témoin cité ne comparaît pas, le tribunal peut, sur


réquisitions du ministère public ou même d’office, ordonner que ce
témoin soit immédiatement amené par la force publique devant le
tribunal pour y être entendu, ou renvoyer l’affaire à la prochaine
session.

En ce dernier cas, tous les frais de citation, d'actes, de


voyage de témoins et autres ayant pour objet de faire juger l'affaire
sont, hors le cas d'excuse légitime, à la charge de ce témoin et il y
est contraint, même par corps, sur la réquisition du ministère public,
par l'arrêt qui renvoie les débats à la session suivante.

ARTICLE 314

Dans tous les cas, le témoin qui ne comparaît pas ou qui


refuse soit de prêter serment, soit de faire sa déposition peut, sur
réquisitions du ministère public, être condamné par le tribunal à la
peine portée à l'article 128.

Si le témoin qui a déclaré connaître l’auteur de l’infraction


refuse de faire sa déposition ou de répondre aux questions, il peut,
sur réquisitions du ministère public, être condamné par le tribunal à
la peine prévue à l'article 130.

La voie de l'opposition est ouverte au condamné qui n'a pas


comparu. L'opposition s'exerce dans les cinq jours de la signification
du jugement, faite à sa personne ou à son domicile. Le tribunal
statue sur cette opposition soit pendant la session en cours, soit au
cours d'une session ultérieure.

117
ARTICLE 315

Le président invite l'accusé à écouter avec attention la


lecture du résumé de l'arrêt de renvoi.

Il ordonne au greffier de le lire à haute et intelligible voix.

ARTICLE 316

Le président interroge l'accusé et reçoit ses déclarations. Il a


le devoir de ne pas manifester son opinion sur la culpabilité.

ARTICLE 317
Les témoins appelés par le ministère public ou les parties
sont entendus dans les débats, même s’ils n’ont pas déposé à
l’instruction, ou s’ils n’ont pas été signifiés ou notifiés conformément
aux prescriptions de l'article 288.
ARTICLE 318
Le ministère public ou les parties peuvent s'opposer à
l'audition d'un témoin dont le nom ne leur aurait pas été signifié ou
notifié ou qui leur aurait été irrégulièrement signifié ou notifié.
Le tribunal statue sur cette opposition.
Si elle est fondée, ces témoins ne peuvent être entendus.
ARTICLE 319
Les témoins déposent séparément l'un de l'autre, dans
l'ordre établi par le président.
Les témoins doivent, sur la demande du président, faire
connaître leurs nom, prénoms, âge, profession, leur domicile ou
résidence, s'ils connaissaient l'accusé avant le fait mentionné dans
l’arrêt de renvoi, s'ils sont parents ou alliés, soit de l'accusé, soit de
la partie civile, et à quel degré. Le président leur demande encore
s'ils ne sont pas attachés au service de l'un ou de l’autre.
Avant de commencer leur déposition, les témoins prêtent le
serment “ de parler sans haine et sans crainte, de dire toute la vérité,
rien que la vérité ”. Cela fait, les témoins déposent oralement.

118
Sous réserve des dispositions de l’article 297, les témoins ne
sont pas interrompus dans leur déposition.
ARTICLE 320
Après chaque déposition, le président peut poser des
questions aux témoins.
Le ministère public, ainsi que les conseils de l’accusé et de
la partie civile, l’accusé et la partie civile ont la même faculté, dans
les conditions déterminées à l’article 300.
ARTICLE 321 nouveau
(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Le greffier tient note par tous moyens, y compris par


enregistrement audio mis en place par le tribunal, du déroulement
des débats et principalement, sous la direction du Président, des
déclarations des témoins ainsi que des réponses de l’accusé.

Les notes d’audience sont signées par le greffier. Elles sont


préalablement retranscrites avant la signature par le greffier, si elles
ont fait l’objet d’un enregistrement. Elles sont visées par le Président
dans les plus brefs délais, sans possibilité de modification.

Les modalités de mise en œuvre de l’enregistrement audio


sont déterminées par arrêté du ministre de la Justice.
ARTICLE 322
Chaque témoin, jusqu’à la clôture des débats après sa
déposition, demeure dans la salle d’audience, si le président n’en
ordonne autrement.
ARTICLE 323
Ne peuvent être reçues sous la foi du serment les
dépositions :
1° du père, de la mère ou de tout autre ascendant de
l’accusé, ou de l’un des accusés présents et soumis aux mêmes
débats ;

119
2° du fils, de la fille ou de tout autre descendant de
l’accusé, ou de l’un des accusés présents et soumis aux mêmes
débats ;
3° des frères et sœurs de l’accusé, ou de l’un des accusés
présents et soumis aux mêmes débats ;
4° des alliés aux mêmes degrés de l’accusé, ou de l’un des
accusés présents et soumis aux mêmes débats ;
5° du mari ou de la femme, même après le divorce de
l’accusé, ou de l’un des accusés présents et soumis aux mêmes
débats ;
6° de la partie civile ;
7° des enfants au-dessous de l’âge de seize ans ;
8° les employés de l’accusé.
ARTICLE 324

L’audition sous serment des personnes désignées à l’article


précédent n’entraîne pas nullité lorsque le ministère public ni aucune
des parties ne s’est opposé à la prestation de serment.

En cas d’opposition du ministère public ou d’une ou


plusieurs des parties, le témoin peut être entendu à titre de
renseignements, en vertu du pouvoir discrétionnaire du président.

ARTICLE 325

La personne qui, agissant en vertu d’une obligation légale ou


de sa propre initiative, a porté les faits poursuivis à la connaissance
de la justice, est reçue en témoignage.

Dans ce cas, le président en avertit le tribunal qui décide,


après débat contradictoire, si elle est entendue en audience publique
ou à huis clos ou sans la présence des autres parties.

Celui dont la dénonciation est récompensée pécuniairement


par la loi peut être entendu en témoignage, à moins qu’il n’y ait
opposition d’une des parties ou du ministère public.

120
ARTICLE 326

Le ministère public, ainsi que la partie civile et l’accusé,


peuvent demander, et le président peut ordonner, qu’un témoin se
retire momentanément de la salle d’audience, après sa déposition,
pour y être introduit et entendu s’il y a lieu après d’autres
dépositions, avec ou sans confrontation.

ARTICLE 327

Le président peut, avant, pendant ou après l’audition d’un


témoin, faire retirer un ou plusieurs accusés, et les entendre
séparément sur quelques circonstances du procès ; mais il a soin de
ne reprendre la suite des débats qu’après avoir instruit chaque
accusé de ce qui s’est fait en son absence, et ce qui en est résulté.

ARTICLE 328
Pendant l’audition, les membres du tribunal peuvent prendre
note de ce qui leur paraît important, soit dans les dépositions des
témoins, soit dans la défense de l’accusé, pourvu que les débats ne
soient pas interrompus.
ARTICLE 329
Dans le cours ou à la suite des dépositions, le président fait,
s’il est nécessaire, présenter à l’accusé ou aux témoins les pièces à
conviction et reçoit leurs observations.
ARTICLE 330
Si, d’après les débats, la déposition d’un témoin paraît
fausse, le président, soit d’office, soit à la requête du ministère public
ou d’une des parties, peut ordonner spécialement à ce témoin d’être
présent aux débats jusqu’à leur clôture et, en outre, de demeurer
dans la salle d’audience jusqu’au prononcé du jugement. En cas
d’infraction à cet ordre, le président fait mettre le témoin en état
d’arrestation provisoire.

121
Après lecture du jugement du tribunal, ou, dans le cas de
renvoi à une autre session, le président ordonne que le témoin soit,
par la force publique, conduit sans délai devant le procureur de la
République qui requiert l’ouverture d’une information.
Le greffier transmet à ce magistrat un relevé des notes
d'audience qui a été établi par application de l’article 321.
ARTICLE 331
En tout état de cause, le tribunal peut ordonner d’office, ou à
la requête du ministère public ou de l’une des parties, le renvoi de
l’affaire à la prochaine session.
ARTICLE 332
Dans le cas où l’accusé, les témoins ou l’un d’eux, ne parlent
pas suffisamment la langue française ou si un document versé aux
débats n’est pas écrit en français, le président nomme d’office un
interprète, âgé de vingt et un ans au moins, et lui fait prêter serment
de remplir fidèlement sa mission.
Le ministère public, l'accusé et la partie civile, peuvent
récuser l’interprète en motivant leur récusation. Le tribunal se
prononce sur cette récusation. Sa décision n’est susceptible
d’aucune voie de recours.
L’interprète ne peut, même du consentement de l’accusé ou
du ministère public, être pris parmi les juges composant le tribunal,
le greffier qui tient l’audience, les parties et les témoins.
ARTICLE 333
Si l’accusé est sourd-muet et ne sait pas écrire, le président
nomme d’office en qualité d’interprète la personne qui a le plus
l’habitude de converser avec lui.
Il en est de même à l’égard du témoin sourd-muet.
Les autres dispositions du précédent article sont applicables.
Dans le cas où le sourd-muet sait écrire, le greffier écrit les
questions ou observations qui lui sont faites ; elles sont remises à
l’accusé ou au témoin, qui donne par écrit ses réponses ou
déclarations. Il est fait lecture du tout par le greffier.
122
ARTICLE 334

Une fois l'instruction à l’audience terminée, la partie civile ou


son conseil est entendu. Le ministère public prend ses réquisitions.

L’accusé et son conseil présentent leur défense.

La réplique est permise à la partie civile et au ministère


public, mais l’accusé et son conseil ont toujours la parole les
derniers.

ARTICLE 335

Le président déclare les débats terminés.

Il ne peut résumer les moyens de l’accusation et de la


défense.

Section 5 - Jugement

ARTICLE 336 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Le jugement est rendu soit à l’audience même à laquelle ont


eu lieu les débats, soit à une date ultérieure, au cours de la session.

Dans ce dernier cas, le Président informe les parties


présentes du jour où le jugement sera prononcé.

Le jugement doit contenir des motifs et un dispositif.

Les motifs constituent la base de la décision.

Le dispositif énonce les infractions dont l’accusé est déclaré


coupable ou non coupable ou absous. En cas de déclaration de
culpabilité, il énonce, en outre, la peine, les textes de loi appliqués et
les condamnations civiles, ainsi que les avertissements prescrits aux
articles 338 et 343.

123
Le jugement est entièrement rédigé avant son prononcé. Il
est donné lecture du dispositif par le Président.

Toutefois, pour les décisions rendues à l’audience même à


laquelle ont eu lieu les débats, le jugement est rédigé et remis au
greffier dans le délai de quinze jours à compter du prononcé.

Paragraphe premier - Décision sur


l’action publique

ARTICLE 337

Si le fait retenu contre l’accusé ne constitue pas ou ne


constitue plus une infraction à la loi pénale, ou si l’accusé est déclaré
non coupable, le tribunal prononce l’acquittement de celui-ci.

Si l’accusé bénéficie d’une excuse absolutoire, le tribunal


prononce son absolution.

ARTICLE 338 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Si le tribunal estime que le fait constitue un crime, il


prononce la peine, et il avertit le condamné de la faculté d'acquiescer
au jugement et de pouvoir bénéficier des dispositions de l'article 713
alinéa 2.

Lorsque le condamné acquiesce, mention en est portée au


plumitif par le greffier.

Si le tribunal omet d’avertir le condamné de son droit


d’acquiescer, celui-ci conserve ce droit jusqu’à l’expiration du délai
d’appel.

ARTICLE 339

En cas de condamnation ou d'absolution, le jugement


condamne l'accusé aux dépens envers l'Etat et se prononce sur la
contrainte par corps.

124
Au cas où l’accusé est acquitté en raison de l’altération de
ses facultés mentales au moment des faits, le tribunal peut mettre à
sa charge tout ou partie des dépens envers l’Etat.

Dans le cas où la condamnation n’intervient pas pour toutes


les infractions qui ont fait l’objet de la poursuite, ou n’intervient qu’à
raison d’infractions qui ont fait l'objet d’une disqualification, comme
aussi dans le cas de mise hors de cause de certains des accusés, le
tribunal doit, par une disposition motivée, décharger le condamné de
la part des frais de justice qui ne résulte pas directement de
l’infraction ayant entraîné la condamnation au fond. Le tribunal fixe
lui-même le montant des frais dont doit être déchargé le condamné,
ces frais étant laissés, selon les circonstances, à la charge du Trésor
ou de la partie civile.

ARTICLE 340

Si l’accusé est absous ou acquitté, il est mis immédiatement


en liberté s’il n’est retenu pour autre cause, par le chef de
l’établissement pénitentiaire au vu du compte rendu d’audience ou
de l’ordre de mise en liberté, dûment signés par le procureur de la
République.

ARTICLE 341

Aucune personne acquittée légalement ne peut plus être


reprise ou accusée à raison des mêmes faits, même sous une
qualification différente.

ARTICLE 342

Lorsque dans le cours des débats des charges sont relevées


contre l’accusé à raison d’autres faits, et lorsque le ministère public a
fait des réserves aux fins des poursuites, le président ordonne que
l’accusé acquitté soit, par la force publique conduit sans délai devant
le procureur de la République du siège du tribunal criminel qui doit
immédiatement requérir l’ouverture d’une information.

125
ARTICLE 343 nouveau
(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

S’il résulte des débats que le fait comporte une qualification


légale, autre que celle donnée par l’arrêt de renvoi, le tribunal ouvre
à nouveau les débats sur cette nouvelle qualification, le ministère
public entendu.

Le tribunal statue sur la nouvelle qualification.

ARTICLE 344

Après avoir prononcé le jugement, le président avertit s’il y a


lieu, l’accusé de la faculté qui lui est accordée de faire appel et lui
fait connaître le délai de cet appel.

Paragraphe 2 - Décision sur l’action civile

ARTICLE 345

Après que le tribunal s’est prononcé sur l’action publique, il


statue sur les demandes en dommages-intérêts formées soit par la
partie civile contre l’accusé, soit par l’accusé acquitté contre la partie
civile, après que les parties et le ministère public ont été entendus.

Le tribunal peut, s’il y a lieu, commettre l’un de ses membres


pour entendre les parties, prendre connaissance des pièces et faire
son rapport à l’audience, où les parties peuvent encore présenter
leurs observations, et où le ministère public est ensuite entendu.

ARTICLE 346

La partie civile, dans le cas d’absolution, peut demander


réparation du dommage résultant de la faute de l’accusé, telle qu’elle
résulte des faits qui sont l’objet de l'accusation.

ARTICLE 347

Le tribunal peut ordonner d’office la restitution des objets


placés sous la main de la justice. Toutefois, s’il y a eu condamnation,
cette restitution n’est effectuée que si son bénéficiaire justifie que la
décision est devenue irrévocable.

126
Lorsque la décision du tribunal criminel est devenue
définitive, le tribunal criminel demeure compétent pour ordonner s’il y
a lieu, la restitution des objets placés sous la main de la justice. Il
statue sur requête de toute personne qui prétend avoir droit sur
l’objet ou à la demande du ministère public.

ARTICLE 348

L’accusé qui succombe est condamné aux dépens envers la


partie civile.

ARTICLE 349

La partie civile qui a obtenu des dommages-intérêts n’est


jamais tenue des dépens. Celle qui a succombé n'est condamnée
aux dépens que si elle a mis en mouvement l’action publique.
Toutefois, même en ce cas, elle peut, eu égard aux circonstances de
la cause, être déchargée de la totalité ou d’une partie de ces
dépens, par décision spéciale et motivée du tribunal.

Les condamnations civiles devenues irrévocables, se


prescrivent d'après les règles établies par le Code civil. Cette
disposition est applicable aux arrêts et jugements rendus en matière
correctionnelle et de simple police.

Paragraphe 3 - Jugement et procès-verbal

ARTICLE 350

La minute du jugement rendu par le tribunal criminel est


signée par le président et le greffier.

Tous ces jugements doivent porter mention de la présence


du ministère public.

ARTICLE 351

Le greffier dresse, à l'effet de constater l’accomplissement


des formalités prescrites, un procès-verbal qui est signé par le
président et par ledit greffier.

Le procès-verbal est dressé et signé dans le délai de trois


jours au plus tard du prononcé du jugement.

127
ARTICLE 352

A moins que le président n’en ordonne autrement d’office ou


sur la demande du ministère public ou des parties, il n’est fait
mention au procès-verbal, ni des réponses des accusés, ni du
contenu des dépositions, sans préjudice, toutefois, de l’exécution
des formalités de l’article 321 concernant les notes d’audience.

ARTICLE 353

Les minutes des jugements rendus par le tribunal criminel


sont réunies et déposées au greffe du tribunal.

CHAPITRE 3 - CONTUMACE

ARTICLE 354

L'accusé absent sans excuse valable à l’ouverture de


l'audience est jugé par contumace. Il en est de même lorsque
l'absence de l’accusé est constatée au cours des débats et qu'il n'est
pas possible de les suspendre jusqu'à son retour.

Toutefois, le tribunal criminel peut également décider de


renvoyer l'affaire à une session ultérieure, après avoir décerné
mandat d'arrêt contre l'accusé si un tel mandat n’a pas déjà été
décerné.

ARTICLE 355 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Les dispositions du présent chapitre ne sont pas applicables


dans les cas prévus par les articles 308 et 310.

Elles ne sont pas non plus applicables si l'absence de


l’accusé au cours des débats est constatée alors que les
interrogatoires de l'accusé sur les faits et sur sa personnalité ont
déjà été réalisés. Dans ce cas, le procès se poursuit jusqu'à son
terme, conformément aux Sections 4 relative aux débats et 5 relative
au jugement, du Chapitre 2 du présent Titre, à l'exception des
dispositions relatives à la présence de l'accusé, son avocat
continuant d'assurer la défense de ses intérêts.

128
ARTICLE 356 nouveau
(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Si l'accusé jugé dans les conditions prévues à l’article


précédent est condamné à une peine privative de liberté sans sursis
non couverte par la détention préventive, le tribunal criminel décerne
mandat d'arrêt contre l'accusé, sauf si ce mandat a déjà été décerné.

Les délais d'appel courent à partir de la date à laquelle le


jugement est porté à la connaissance de l'accusé.

ARTICLE 357

Le tribunal criminel examine l'affaire et statue sur


l'accusation, sauf si sont présents d'autres accusés jugés
simultanément lors des débats, ou si l'absence de l'accusé a été
constatée après le commencement des débats.

Si un avocat est présent pour assurer la défense des intérêts


de l'accusé, la procédure se déroule conformément aux dispositions
des articles 294 à 353, à l'exception des dispositions relatives à
l’interrogatoire ou à la présence de l'accusé.

En l’absence d'avocat pour assurer la défense des intérêts


de l'accusé, le tribunal criminel statue sur l'accusation après avoir
entendu la partie civile ou son avocat et les réquisitions du ministère
public.

En cas de condamnation à une peine privative de liberté


sans sursis, le tribunal criminel décerne mandat d'arrêt contre le
condamné, sauf si celui-ci a déjà été décerné.

ARTICLE 358 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Si l'accusé condamné par contumace dans les conditions


prévues par l'article précédent se constitue prisonnier ou s'il est
arrêté avant que la peine soit éteinte par la prescription, le jugement
du tribunal criminel est non avenu dans toutes ses dispositions et il
est procédé à son égard à un nouvel examen de son affaire par le
tribunal criminel conformément aux dispositions des articles 276 à
353.

129
Le mandat d'arrêt délivré contre l'accusé en application de
l’article 357 alinéa 4 ou décerné avant le jugement de condamnation
vaut mandat de dépôt et l'accusé demeure détenu jusqu'à sa
comparution devant le tribunal criminel.

Dans un délai d'un mois à compter de la date de son


arrestation ou de sa constitution de prisonnier, l'accusé condamné
peut toutefois acquiescer au jugement du tribunal criminel et
renoncer, assisté de son avocat, au nouvel examen de son affaire.
La renonciation est constatée par le Président du tribunal criminel.
Les délais d'appel ou de pourvoi courent à compter de la notification
au parquet ou de la signification aux parties de la constatation de
cette renonciation.
ARTICLE 359
L'appel n'est pas ouvert à la personne condamnée par
contumace.
ARTICLE 360
Les dispositions du présent chapitre sont applicables aux
personnes renvoyées pour délits connexes. Le tribunal criminel peut
toutefois, sur réquisitions du ministère public et après avoir entendu
les observations des parties, ordonner la disjonction de la procédure
les concernant. Ces personnes sont alors considérées comme
renvoyées devant le tribunal correctionnel et peuvent y être jugées
par défaut.
ARTICLE 361
Le présent chapitre n'est pas applicable lorsque l'absence de
l'accusé, sans excuse valable, est constatée à l'ouverture de
l'audience ou, à tout moment, au cours des débats, devant la
Chambre criminelle de la Cour d’Appel siégeant à la suite de l'appel
formé par l'accusé.
Dans ce cas, le procès se déroule ou se poursuit jusqu’à son
terme, conformément aux sections 4 relative aux débats et 5 relative
au jugement du chapitre 2 du présent titre, à l'exception des
dispositions relatives à l'interrogatoire et à la présence de l'accusé,
en présence de l'avocat de l'accusé qui assure la défense de ses
intérêts.

130
Si l'accusé est condamné à une peine privative de liberté
sans sursis non couverte par la détention préventive, la Chambre
criminelle de la Cour d’Appel décerne mandat d'arrêt contre l'accusé,
sauf si ce mandat a déjà été décerné.
Le délai de pourvoi en cassation court à partir de la date à
laquelle l’arrêt est porté à la connaissance de l'accusé.
CHAPITRE 4 - CHAMBRE CRIMINELLE
DE LA COUR D’APPEL
Section première - Appel
ARTICLE 362
Les jugements rendus par le tribunal criminel peuvent faire
l’objet d’appel dans les conditions ci-après.
ARTICLE 363
La faculté d’appeler appartient :
1° à l’accusé ;
2° au ministère public ;
3° à la personne civilement responsable quant à ses
intérêts civils ;
4° à la partie civile quant à ses intérêts civils ;
5° en cas d’appel du ministère public, aux administrations
publiques dans les cas où celles-ci exercent l’action publique.
Le procureur général peut également faire appel des
jugements d’acquittement.
ARTICLE 364 nouveau
(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

L'appel est interjeté dans le délai de vingt jours, à compter


du prononcé de la décision contradictoire.

131
Toutefois, le délai d'appel ne court qu'à compter de la
signification du jugement, quel qu'en soit le mode, pour la partie qui,
après débat contradictoire, n'était pas présente ou représentée à
l'audience où la décision a été prononcé, mais seulement dans le
cas où elle-même ou son représentant n’auraient pas été informés
du jour où le jugement serait prononcé.

En cas d’appel d’une partie pendant les délais ci-dessus, les


autres parties ont un délai supplémentaire de cinq jours pour
interjeter appel.

ARTICLE 365 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

L’accusé peut se désister de son appel jusqu’à son


interrogatoire par le Président. Ce désistement rend caducs les
appels incidents formés par le ministère public ou les autres parties.

Le ministère public et les autres parties peuvent également


se désister de leurs appels.

Le désistement d’appel est constaté par décision de la


Chambre criminelle de la Cour d’Appel.

ARTICLE 366

L’appel est effectué conformément aux dispositions des


articles 564 et 565.

Le procureur général forme son appel conformément aux


dispositions de l’article 567.

ARTICLE 367

Pendant les délais d'appel et durant l’instance d'appel, il est


sursis à l’exécution du jugement sur l’action publique. Toutefois le
mandat de dépôt décerné continue de produire ses effets à
l’encontre de la personne condamnée à une peine privative de
liberté.

132
ARTICLE 368

La partie civile ne peut, en cause d’appel, former de


demande nouvelle.

Même lorsqu’il n’a pas été fait appel de la décision sur


l’action civile, la victime qui s’est constituée partie civile en premier
ressort peut exercer devant la Chambre criminelle de la Cour
d’Appel, les droits reconnus à la partie civile jusqu’à la clôture des
débats.

ARTICLE 369

Pendant les délais d’appel et durant l’instance d’appel, il est


sursis à l’exécution du jugement sur l’action civile, sauf exécution
provisoire prononcée par le tribunal criminel.

Section 2 - Compétence de la Chambre criminelle


de la Cour d’Appel

ARTICLE 370

Il est institué auprès de chaque Cour d’Appel, une Chambre


criminelle.

ARTICLE 371

Il est tenu au siège de chaque Cour d’Appel, des sessions,


pour le jugement des affaires criminelles ayant fait l’objet d’appel
dans le ressort de cette cour.

Le jugement en appel des affaires criminelles a lieu tous les


six mois.

ARTICLE 372

Les dispositions des articles 267, 268 et 269 sont


applicables devant la Chambre criminelle de la Cour d’Appel.

133
Section 3 - Composition de la Chambre criminelle
de la Cour d’Appel

ARTICLE 373

La Chambre criminelle de la Cour d’Appel est composée


d’un président et de deux conseillers.

Elle est présidée par le premier président ou par un


président de chambre à la Cour d’Appel.

Les conseillers sont choisis parmi les conseillers de la Cour


d’Appel.

ARTICLE 374
Ne peuvent faire partie de la Chambre criminelle de la Cour
d’Appel en qualité de président ou de conseillers, les magistrats qui,
dans l’affaire soumise à la cour ont, soit fait un acte de poursuite ou
d’instruction, soit participé à l’arrêt de renvoi ou à une décision sur le
fond, relative à la culpabilité de l’accusé.
ARTICLE 375
Les dispositions de l’article 270 alinéa 3 sont applicables
devant la Chambre criminelle de la Cour d’Appel.
ARTICLE 376
Le procureur général représente en personne ou par ses
substituts, le ministère public près la Chambre criminelle de la Cour
d’Appel.
ARTICLE 377
La Chambre criminelle de la Cour d’Appel est, à l’audience,
assistée d’un greffier.
Les fonctions du greffier sont exercées par le greffier en chef
ou un greffier de la Cour d’Appel, choisi par le greffier en chef.

134
ARTICLE 378
Le président, les conseillers et le greffier sont désignés, par
ordonnance du premier président de la Cour d’Appel, au début de
chaque année judiciaire.
Section 4 - Procédure préparatoire au jugement devant la
Chambre criminelle de la Cour d’Appel
ARTICLE 379
Le jugement de condamnation est signifié à l’accusé. Cette
signification comporte convocation à comparaître à la date et au lieu
de l’interrogatoire prévu aux articles 279 et suivants. Il lui en est
laissé copie.

Cette signification doit être faite à personne si l’accusé est


détenu. Dans le cas contraire, elle est faite dans les formes prévues
au titre IV du présent livre relatif aux citations et significations.

ARTICLE 380

L’accusé détenu est transféré dans la maison d’arrêt du


siège de la Cour d’Appel, quinze jours au moins avant l’ouverture de
la session de jugement des affaires criminelles.

ARTICLE 381

Les dispositions de l’article 277 sont applicables devant la


Chambre criminelle de la Cour d’Appel.

ARTICLE 382

Le dossier de la procédure est transmis par le procureur de


la République près le tribunal de première instance du lieu du
jugement de l’affaire, au procureur général.

Les pièces à conviction sont déposées au greffe de la Cour


d’Appel.

Les dispositions des articles 283 à 288 sont applicables à la


Chambre criminelle de la Cour d’Appel.

135
Section 5 - Procédure devant la Chambre criminelle
de la Cour d’Appel

ARTICLE 383

Les dispositions des articles 294 à 314 sont applicables


devant la Chambre criminelle de la Cour d’Appel.

ARTICLE 384

Si l’appel a été formé par le procureur général ou par


l’accusé, le président invite l'accusé à écouter avec attention la
lecture du jugement de condamnation.

Il ordonne au greffier de lire ce jugement à haute et


intelligible voix.

ARTICLE 385

Les dispositions des articles 316 à 335 sont applicables


devant la Chambre criminelle de la Cour d’Appel.

Section 6 - Jugement

ARTICLE 386

Les dispositions de l’article 336 sont applicables devant la


Chambre criminelle de la Cour d’Appel.

ARTICLE 387

La Chambre criminelle de la Cour d’Appel statuant en appel


sur l’action publique ne peut, sur le seul appel de l’accusé, aggraver
le sort de ce dernier.

ARTICLE 388

La Chambre criminelle de la Cour d’Appel statuant en appel


sur l’action civile ne peut, sur le seul appel de l’accusé ou du
civilement responsable aggraver le sort de l’appelant.

136
TITRE II - JUGEMENT DES DELITS ET
DES CONTRAVENTIONS

CHAPITRE PREMIER - TRIBUNAL CORRECTIONNEL

Section première- Compétence et saisine


du tribunal correctionnel

Paragraphe premier - Dispositions générales

ARTICLE 389

Le tribunal correctionnel connaît des délits.

ARTICLE 390

Est compétent, le tribunal correctionnel du lieu de


commission de l’infraction ou de la tentative, celui de la résidence du
prévenu ou celui du lieu d’arrestation de ce dernier, même lorsque
cette arrestation a été opérée pour une autre cause.

Le tribunal du lieu de la détention d’un condamné n’est


compétent que dans les conditions prévues au titre VI du livre IV,
relatif aux renvois d’un tribunal à un autre.

La compétence du tribunal correctionnel s’étend aux délits et


contraventions qui forment avec l’infraction déférée au tribunal un
ensemble indivisible. Elle peut aussi s’étendre aux délits et
contraventions connexes, au sens de l’article 236.

ARTICLE 391

La compétence à l’égard d’un prévenu s’étend à tous autres


auteurs, et complices.

ARTICLE 392

Le tribunal saisi de l’action publique est compétent pour


statuer sur tous les moyens et exceptions invoqués par le prévenu
pour sa défense, à moins que la loi n’en dispose autrement.

137
Les exceptions tirées de la nullité soit de la citation, soit de la
procédure policière et judiciaire antérieure, doivent à peine
d’irrecevabilité, être présentées avant toute défense au fond.

La nullité de la citation ne peut être prononcée que dans les


conditions prévues à l’article 600.

ARTICLE 393

Le tribunal saisi de l’action publique ne peut statuer sur les


exceptions préjudicielles, notamment, lorsque le prévenu excipe d’un
droit réel immobilier.

ARTICLE 394

L’exception préjudicielle est présentée avant toute défense


au fond.

Elle n’est recevable que si elle réunit les conditions


cumulatives suivantes :

1° si elle est de nature à retirer au fait qui sert de base à la


poursuite le caractère d’une infraction ou à modifier la qualification
de l’infraction ;

2° si elle s’appuie sur des faits ou sur des titres donnant un


fondement à la prétention du prévenu ;

3° si elle relève de la compétence d’une juridiction autre


que la juridiction répressive.

Si l’exception est jugée recevable, le tribunal impartit un


délai dans lequel le prévenu doit saisir la juridiction compétente.
Faute par le prévenu d’avoir introduit l’instance dans ce délai et de
justifier de ses diligences, il est passé outre à l’exception.

Si l’exception n’est pas jugée recevable, les débats sont


continués.

138
ARTICLE 395

Lorsque le tribunal est saisi de plusieurs procédures visant


des faits connexes, il peut en ordonner la jonction soit d’office, soit
sur réquisition du ministère public, ou à la requête d’une des parties.

ARTICLE 396 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Le tribunal correctionnel est saisi des infractions de sa


compétence soit :

1°par le renvoi qui lui en est fait par la juridiction d'instruction


;

2° par le réquisitoire du Procureur de la République aux fins


de saisine du tribunal ;

3° par la citation délivrée directement au prévenu et aux


personnes civilement responsables de l'infraction ;

4° par le procès-verbal d’interrogatoire en cas de flagrant


délit prévu à l’article 86.

Dans tous les cas prévus au présent article, les parties


peuvent être invitées à comparaître devant la juridiction de jugement
par avertissement ou par convocation par officier de police judiciaire
dans les conditions prévues aux articles 397 et 398.

ARTICLE 397

L’avertissement délivré par le ministère public et dont la


notification est constatée par procès-verbal dispense de citation.

Il indique :

1° les nom, prénom, date et lieu de naissance, et domicile


du prévenu ;

2° la qualification légale, la date et le lieu des faits imputés


au prévenu ;

139
3° la mention des textes applicables, le tribunal saisi, la
date et le lieu de l’audience ;

4° la signature du prévenu après mention « en cas de non


comparution, la décision sera réputée contradictoire à votre égard ».

Les avocats constitués peuvent en demander copie.

Si le prévenu est détenu, il ne peut être procédé à son égard


que par voie d’avertissement.

La victime et les témoins peuvent également être


convoqués, par avertissement délivré par le ministère public dans les
mêmes conditions.

ARTICLE 398

La convocation par officier de police judiciaire notifiée au


prévenu sur instructions écrites ou verbales du procureur de la
République contient, à peine de nullité, les mentions prévues à
l’alinéa 2 de l'article 397. Elle contient en outre :

1° l’intitulé « procès-verbal de convocation par officier de


police judiciaire » ;

2° les nom et prénoms du magistrat du Parquet qui a


donné les instructions ;

3° la date et le lieu de la notification de la convocation par


officier de police judiciaire ;

4° la signature, les nom, prénom et grade de l’officier de


police judiciaire.

Copie du procès-verbal de convocation par officier de police


judiciaire est remise au prévenu. Les avocats constitués peuvent en
demander copie.

La victime et les témoins peuvent également être


convoqués, sur instructions du procureur de la République, par
officier de police judiciaire. La convocation est notifiée aux intéressés
dans les mêmes conditions.

140
ARTICLE 399

La citation est délivrée dans les délais et formes prévus par


les articles 585 et suivants.

Les délais prévus à l’article 587 sont applicables à


l’avertissement et à la convocation par officier de police judiciaire.

ARTICLE 400

Toute personne ayant porté plainte ou s’étant prétendue


lésée par l’infraction est appelée à l’audience.

ARTICLE 401

La partie civile, qui cite directement un prévenu devant un


tribunal répressif, fait, dans l’acte de citation, élection de domicile
dans le ressort du tribunal saisi, à moins qu’elle n’y soit domiciliée.

Si elle n’a obtenu l’assistance judiciaire, et sous peine de


non recevabilité de son action, la partie civile doit consigner au greffe
la somme présumée nécessaire pour les frais de la procédure.

Dans ce cas, la juridiction saisie fixe le montant de la


consignation à la première audience où l’affaire est portée. Un
supplément de consignation peut être exigé, dès que le reliquat
paraît insuffisant pour assurer le paiement de tous les frais, y
compris l’enregistrement du jugement.

Paragraphe 2 - Flagrant délit

ARTICLE 402

L'individu, arrêté en flagrant délit et déféré devant le


procureur de la République, conformément à l'article 86 de la
présente loi, est, s'il a été placé sous mandat de dépôt, traduit sur-le-
champ à l'audience du tribunal.

141
ARTICLE 403

Si ce jour-là il n'est point tenu d'audience, le prévenu est


déféré à l'audience du lendemain, le tribunal étant, au besoin,
spécialement réuni.

Si cette réunion est impossible, le procureur de la


République doit immédiatement requérir l'ouverture d'une
information.

ARTICLE 404

Les témoins du flagrant délit peuvent être convoqués par


officier de police judiciaire en application des dispositions de l’article
398. Ils sont tenus de comparaître sous les sanctions portées aux
articles 447 et 448.

Ils peuvent se faire assister d'un conseil.

ARTICLE 405
La personne déférée en vertu de l’article 402 est avertie par
le président qu’elle a le droit de réclamer un délai pour préparer sa
défense. Mention de l’avis donné par le président et de la réponse
du prévenu est faite dans le jugement.
Si le prévenu use de la faculté indiquée à l’alinéa précédent,
le tribunal lui accorde un délai de trois jours au moins.
Si le prévenu soulève l’exception d’inconstitutionnalité, le
tribunal statue par décision motivée sur le maintien ou non en
détention.
Le tribunal sursoit à statuer sur l’action publique et sur
l’action civile et impartit au prévenu un délai de quinze jours pour
saisir le Conseil constitutionnel.
ARTICLE 406
Si l’affaire n’est pas en état de recevoir jugement au terme
du délai de quinze jours à compter de la date du mandat de dépôt
décerné par le procureur de la République, le prévenu est, sauf le
cas prévu à l’article 405 alinéa 3, immédiatement mis en liberté
d’office.

142
Le tribunal correctionnel demeure saisi du dossier de la
procédure.
ARTICLE 407
Le tribunal est tenu de juger l’affaire même si le casier
judiciaire n’a pas été produit en temps utile.
Section 2 - Composition du tribunal et
tenue des audiences
ARTICLE 408
Le tribunal correctionnel est présidé par le président du
tribunal ou un juge par lui désigné.
Les fonctions du ministère public sont exercées par le
procureur de la République ou l’un de ses substituts.

Les fonctions du greffe sont exercées par un greffier du


tribunal.

Le président, les juges et le greffier composant le tribunal


correctionnel sont désignés, par ordonnance du président du
tribunal, au début de chaque année judiciaire.

ARTICLE 409

Le nombre et la date des audiences correctionnelles sont


déterminés, à la fin de chaque année judiciaire pour l’année
suivante, par délibération de l’assemblée générale du tribunal.

Ils peuvent être modifiés dans les mêmes conditions en


cours d’année, suivant les nécessités.

143
Section 3 - Publicité et police de l’audience

ARTICLE 410

Les audiences sont publiques.

Néanmoins, le tribunal peut ordonner en audience publique,


que les débats auront lieu à huis clos, s’il constate que la publicité
est dangereuse pour l’ordre ou les mœurs.

Lorsque le huis clos a été ordonné, celui-ci s’applique au


prononcé des jugements séparés qui peuvent intervenir sur des
incidents ou exceptions ainsi qu’il est dit à l’article 481.

Le jugement sur le fond fait mention de ce que les débats


ont eu lieu à huis clos. Le jugement est prononcé en audience
publique.

ARTICLE 411

Le président a la police de l’audience et la direction des


débats.

ARTICLE 412

Le président peut interdire l’accès de la salle d’audience aux


mineurs ou à certains d’entre eux.

ARTICLE 413 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Dès l’ouverture de l’audience, l’emploi de tout appareil


d’enregistrement ou de diffusion sonore ou visuel, de caméra,
d’appareils photographiques est interdit sous peine d’une amende de
100.000 à 10.000.000 de francs, qui peut être prononcée dans les
conditions prévues au Titre VIII du Livre V relatif au jugement des
infractions commises à l’audience des Cours d’Appel et des
tribunaux.

144
ARTICLE 414

Lorsque, à l’audience, l’un des assistants trouble l’ordre de


quelque manière que ce soit, le président ordonne son expulsion de
la salle d’audience.

Si au cours de l’exécution de cette mesure, il résiste à cet


ordre ou cause du tumulte, il est, sur-le-champ, placé sous mandat
de dépôt, jugé et puni d’un emprisonnement de deux mois à deux
ans, sans préjudice des peines portées au Code pénal contre les
auteurs d’outrages et de violences envers les magistrats.

Sur l’ordre du président, il est alors contraint par la force


publique de quitter l’audience.

ARTICLE 415

Si l’ordre est troublé à l’audience par le prévenu lui-même, il


lui est fait application des dispositions de l’article 414.

Le prévenu, même libre, lorsqu’il est expulsé de la salle


d'audience, est gardé par la force publique, jusqu’à la fin des débats,
à la disposition du tribunal. Il est alors reconduit à l’audience où le
jugement est rendu en sa présence.

Section 4 - Débats

Paragraphe premier - Comparution du prévenu

ARTICLE 416

Le président vérifie l’identité du prévenu et donne


connaissance de l’acte qui a saisi le tribunal. Il constate aussi s’il y a
lieu, la présence ou l’absence de la personne civilement
responsable, de la partie civile, des témoins, des experts et des
interprètes.

ARTICLE 417

Dans le cas où le prévenu ne parle pas suffisamment la


langue française et à défaut d’un interprète assermenté, le président
désigne d’office un interprète, âgé de vingt-et-un ans, au moins, et
lui fait prêter serment de remplir fidèlement sa mission.

145
Le ministère public, le prévenu et la partie civile peuvent
récuser l’interprète en motivant leur récusation. Le tribunal se
prononce sur cette récusation, et sa décision n’est susceptible de
recours que si elle rejette la demande de récusation. Dans ce cas,
ce recours n’est recevable qu’en même temps que l’appel sur le
fond.

L’interprète ne peut, sous peine de nullité des déclarations,


même du consentement du prévenu ou du ministère public, être pris
parmi les juges composant les tribunaux, les greffiers d’audience, les
parties et les témoins.

ARTICLE 418

Si le prévenu est sourd-muet et ne sait pas écrire, le


président nomme d’office, en qualité d’interprète, la personne qui a
le plus d’habitude de converser avec lui.

Les autres dispositions du précédent article sont applicables.

Dans le cas où le prévenu visé au présent article sait écrire,


le greffier écrit les questions ou observations qui lui sont faites. Elles
sont remises au prévenu, qui donne par écrit ses réponses. Il est fait
lecture du tout par le greffier.

ARTICLE 419

Au jour indiqué pour la comparution à l’audience, le prévenu


en état de détention y est conduit par la force publique.

ARTICLE 420

Le prévenu régulièrement cité à personne doit comparaître,


à moins qu’il ne fournisse une excuse reconnue valable par la
juridiction devant laquelle il est appelé.

Le prévenu a la même obligation lorsqu’il est établi que, bien


que n’ayant pas été cité à personne, il a eu connaissance de la
citation régulière le concernant dans les cas prévus par les articles
592 alinéa 3, 593 et 595.

Si ces conditions sont remplies, le prévenu non comparant et


non excusé est jugé contradictoirement.

146
ARTICLE 421

Le prévenu cité pour une infraction passible d’une peine


d’amende ou d’une peine d’emprisonnement inférieure ou égale à
deux années peut, par lettre adressée au président du tribunal et qui
sera jointe au dossier de la procédure, demander à être jugé en son
absence.

Si la demande est acceptée et si le prévenu est assisté par


un avocat, celui-ci est entendu.

Si le tribunal estime nécessaire la comparution du prévenu


en personne, la procédure est renvoyée et le prévenu est tenu de
comparaître.

Dans tous les cas, le prévenu est jugé contradictoirement.

ARTICLE 422

Les dispositions des alinéas 1 et 2 de l’article précédent,


sont applicables chaque fois que le débat sur le fond de la
prévention ne doit pas être abordé, et spécialement quand le débat
ne doit porter que sur les intérêts civils.

ARTICLE 423

Si la citation n’a pas été délivrée à la personne du prévenu


et s’il n’est pas établi qu’il ait eu connaissance de cette citation, la
décision, au cas de non-comparution du prévenu, est rendue par
défaut.

ARTICLE 424

Nul n’est recevable à déclarer qu’il fait défaut dès lors qu’il a
comparu à l’une des audiences de la procédure.

147
ARTICLE 425

La personne civilement responsable et l’assureur peuvent se


faire représenter par un avocat. Dans ce cas, le jugement est
contradictoire à leur égard.

ARTICLE 426

Si le prévenu ne peut, en raison de son état de santé, ou de


tout autre empêchement, comparaître devant le tribunal et s’il existe
des raisons graves de ne point différer le jugement de l’affaire, le
tribunal ordonne, par décision spéciale et motivée, que le prévenu,
éventuellement assisté de son conseil, sera entendu à son domicile
ou à la maison d’arrêt dans laquelle il se trouve détenu, par un
magistrat membre de la formation de jugement commis à cet effet
accompagné d’un greffier. Procès-verbal est dressé de cet
interrogatoire. Le débat est repris à l’audience de renvoi, quel que
soit le taux de la peine encourue. Dans tous les cas, le prévenu est
jugé contradictoirement.

ARTICLE 427
Le prévenu qui comparaît, a la faculté de se faire assister
par un défenseur. S’il ne comparaît pas, le tribunal peut retenir
l’affaire après avoir entendu son conseil sur les causes de son
absence.
Le défenseur ne peut être choisi que parmi les avocats
inscrits au barreau de Côte d’Ivoire.
Les avocats inscrits à d’autres barreaux peuvent plaider
devant les juridictions de Côte d’Ivoire si l’Etat dont ils sont
originaires est lié à la Côte d’Ivoire par une convention de
réciprocité.
L’assistance d’un défenseur est obligatoire quand le prévenu
est atteint d’une infirmité de nature à compromettre sa défense.

148
Paragraphe 2 - Constitution de la partie
civile et de ses effets
ARTICLE 428
Toute personne qui, conformément à l’article 7, prétend avoir
été lésée par un délit peut, si elle ne l’a déjà fait, se constituer partie
civile à l’audience même.
La partie civile peut, à l’appui de sa constitution, demander
des dommages-intérêts en réparation du préjudice qui lui a été
causé.
ARTICLE 429
La déclaration de constitution de partie civile se fait soit
avant l’audience au greffe, soit pendant l’audience par déclaration
consignée par le greffier ou par dépôt de conclusions.
ARTICLE 430
Lorsqu'elle est faite avant l’audience, la déclaration de partie
civile doit préciser l’affaire concernée, l’infraction poursuivie et
contenir élection de domicile dans le ressort du tribunal saisi, à
moins que la partie civile n’y soit domiciliée.
Elle est immédiatement transmise par le greffier au ministère
public qui cite la partie civile pour l’audience.
ARTICLE 431
A l’audience, la déclaration de partie civile peut être faite
jusqu’au prononcé du jugement sur le siège ou la mise en délibéré.
Lorsque les parties visées à l’article 400 sont présentes à
l’audience, le président doit, avant les débats sur le fond, les inviter à
déclarer si elles se constituent parties civiles.
Avant les réquisitions du ministère public sur le fond, le
président leur demande de préciser le montant des dommages-
intérêts qu’elles réclament.
ARTICLE 432
La personne qui s’est constituée partie civile ne peut plus
être entendue comme témoin.

149
ARTICLE 433
Le tribunal apprécie la recevabilité de la constitution de
partie civile et, s’il échet, déclare cette constitution irrecevable.
L’irrecevabilité peut également être soulevée par le ministère
public, le prévenu, le civilement responsable ou une autre partie
civile.
ARTICLE 434
La partie civile peut se faire représenter par un avocat. Dans
ce cas, le jugement est contradictoire à son égard.
ARTICLE 435
La partie civile régulièrement citée qui ne comparaît pas ou
n’est pas représentée à l’audience est considérée comme se
désistant de sa constitution de partie civile.
En ce cas, et si l’action publique n’a été mise en mouvement
que par la citation directe délivrée à la requête de la partie civile, le
tribunal ne statue sur ladite action que s’il en est requis par le
ministère public, sauf au prévenu à demander au tribunal des
dommages-intérêts pour abus de citation directe comme il est dit à
l’article 496.
ARTICLE 436

Le désistement de la partie civile ne met pas obstacle à


l’action civile devant la juridiction compétente.

Paragraphe 3 - Administration de la preuve

ARTICLE 437

Hors les cas où la loi en dispose autrement, les infractions


peuvent être établies par tout mode de preuve et le juge décide
d’après son intime conviction.

Le juge ne peut fonder sa décision que sur des preuves qui


lui sont apportées au cours des débats et contradictoirement
discutées devant lui.

150
ARTICLE 438

L’aveu, comme tout élément de preuve, est laissé à


l’appréciation des juges.

ARTICLE 439

Tout procès-verbal ou rapport n’a de valeur probante que s’il


est régulier en la forme, si son auteur a agi dans l’exercice de ses
fonctions et a rapporté sur une matière de sa compétence ce qu’il a
vu, entendu ou constaté personnellement.

ARTICLE 440

Sauf dans les cas où la loi en dispose autrement, les procès-


verbaux et les rapports constatant les délits ne valent qu’à titre de
simples renseignements.

ARTICLE 441

La preuve des délits constatés par des procès- verbaux ou


des rapports ne peut être rapportée que par écrit ou par témoins.

Toutefois, la correspondance échangée entre le prévenu et


son conseil ne peut constituer une preuve par écrit.

ARTICLE 442 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)
Les matières donnant lieu à des procès-verbaux faisant foi
jusqu’à inscription de faux sont réglées par des lois spéciales. A
défaut de disposition expresse, la procédure de l’inscription de faux
est réglée comme il est dit au Titre II du Livre V.
ARTICLE 443
Si le tribunal estime qu’une expertise est nécessaire, il est
procédé conformément aux articles 468 et suivants.
ARTICLE 444
Les témoins sont cités ainsi qu'il est dit aux articles 585 et
suivants.
Ils peuvent se faire assister d'un conseil.
151
ARTICLE 445

Après avoir procédé aux constatations prévues à l’article


416, le président ordonne aux témoins de se retirer dans la chambre
qui leur est destinée. Ils n’en sortent que pour déposer. Le président
prend, s’il en est besoin, toutes mesures utiles pour empêcher les
témoins de conférer entre eux avant leur déposition.

ARTICLE 446

Toute personne citée pour être entendue comme témoin est


tenue de comparaître, de prêter serment et de déposer.

ARTICLE 447

Le témoin qui ne comparaît pas ou qui refuse, soit de prêter


serment, soit de faire sa déposition, peut-être, sur réquisitions du
ministère public, condamné par le tribunal à la peine portée à l’article
128.

ARTICLE 448

Si le témoin ne comparaît pas, et s’il n’a pas fait valoir un


motif d’excuse reconnu valable et légitime, le tribunal peut, sur
réquisitions du ministère public ou même d’office, ordonner que ce
témoin soit immédiatement amené devant lui par la force publique
pour y être entendu, ou renvoyer l’affaire à une prochaine audience.

En ce dernier cas, tous les frais de citation, d’actes, de


voyage de témoins et autres, ayant pour objet de faire juger l’affaire,
sont hors le cas d’excuse légitime, à la charge de ce témoin. Sur la
réquisition du ministère public, le jugement qui ordonne le renvoi des
débats le condamne, même par corps, au payement de ces frais.

ARTICLE 449

Le témoin qui a été condamné à une amende ou aux frais


pour non comparution peut, au plus tard dans les cinq jours de la
signification de cette décision faite à sa personne ou à son domicile,
former opposition.

La voie de l’appel ne lui est ouverte que sur le jugement


rendu sur cette opposition.
152
ARTICLE 450

Le témoin qui a été condamné pour refus de prêter serment


ou de déposer peut interjeter appel.

ARTICLE 451

Avant de procéder à l’audition des témoins, le président


interroge le prévenu et reçoit ses déclarations. Le ministère public et
les conseils peuvent directement, sous réserve des dispositions de
l’article 411, poser des questions au prévenu, à la partie civile et aux
témoins. La partie civile et le prévenu peuvent poser des questions
par l’intermédiaire du président.

ARTICLE 452

Lorsqu’un témoin est sourd-muet ou ne parle pas


suffisamment la langue française, les dispositions des articles 417 et
418 sont applicables.

ARTICLE 453

Les témoins déposent séparément.

Parmi les témoins cités, ceux qui sont produits par les
parties poursuivantes sont entendus les premiers, sauf pour le
président à régler lui-même souverainement l’ordre d’audition des
témoins.

Peuvent également, avec l’autorisation du tribunal, être


admises à témoigner, les personnes, proposées par les parties, qui
sont présentes à l’ouverture des débats sans avoir été régulièrement
citées.

ARTICLE 454

Les témoins doivent, sur la demande du président, faire


connaître leurs nom, prénoms, profession et domicile, s’ils sont
parents ou alliés du prévenu, de la personne civilement responsable
ou de la partie civile et s’ils sont à leur service.

153
Le cas échéant, le président leur fait préciser quelles
relations ils ont, ou ont eu, avec le prévenu, la personne civilement
responsable, ou la partie civile.

ARTICLE 455

Avant de commencer leur déposition, les témoins prêtent


serment de dire toute la vérité, rien que la vérité.

ARTICLE 456

Les enfants au-dessous de l’âge de seize ans sont entendus


sans prestation de serment.

ARTICLE 457

Sont reçues dans les mêmes conditions les dépositions :

1° du père, de la mère ou de tout autre ascendant du


prévenu ou de l’un des prévenus présents et impliqués dans la
même affaire ;

2° du fils, de la fille ou de tout autre descendant ;

3° des frères et sœurs ;

4° des alliés aux mêmes degrés ;

5° du mari, ou de la femme ; cette prohibition subsiste


même après le divorce.

ARTICLE 458

Le témoin, qui a prêté serment n’est pas tenu de le


renouveler, s’il est entendu une seconde fois au cours des débats.

Le président lui rappellera, s’il y a lieu, le serment qu’il a


prêté.

154
ARTICLE 459

La personne qui, agissant en vertu d’une obligation légale ou


de sa propre initiative, a porté les faits poursuivis à la connaissance
de la justice, est reçue en témoignage.

Dans ce cas, le président en avertit le tribunal qui décide, sur


réquisition du ministère public, si elle doit être entendue en audience
publique, à huis clos ou sans la présence des autres parties.

Celui dont la dénonciation est récompensée pécuniairement


par la loi peut être entendu en témoignage, à moins qu’il n’y ait
opposition d’une des parties, ou du ministère public.

ARTICLE 460

Les témoins déposent oralement.

Toutefois, ils peuvent, exceptionnellement, s’aider de


documents avec l’autorisation du président.

ARTICLE 461

Le greffier tient note par tous moyens, y compris par


enregistrement audio mis en place par le tribunal, du déroulement
des débats et principalement, sous la direction du président des
déclarations des témoins ainsi que des réponses du prévenu.

Les notes d’audience sont signées par le greffier.

Elles sont préalablement retranscrites avant la signature par


le greffier, si elles ont fait l’objet d’un enregistrement.

Elles sont visées par le président, au plus tard dans les trois
jours qui suivent chaque audience.

Les modalités de mise en œuvre de l’enregistrement audio


sont déterminées par arrêté du ministre de la Justice.

155
ARTICLE 462

Après chaque déposition, le président pose au témoin les


questions qu’il juge nécessaires, et s’il y a lieu, celles qui lui sont
proposées par les parties.

Le témoin peut se retirer après sa déposition, à moins que le


président n’en décide autrement.

Le ministère public, la partie civile et le prévenu, peuvent


demander, et le président peut ordonner, qu’un témoin se retire
momentanément de la salle d’audience après sa déposition, pour y
être introduit et entendu s’il y a lieu après d’autres dépositions avec
ou sans confrontation.

ARTICLE 463

Au cours des débats, le président fait, s’il est nécessaire,


représenter au prévenu ou aux témoins les pièces à conviction et
reçoit leurs observations.

ARTICLE 464

Le tribunal, soit d’office, soit à la demande du ministère


public, de la partie civile ou du prévenu, peut ordonner tous
transports utiles en vue de la manifestation de la vérité.

Les parties et leurs conseils sont appelés à y assister. Il est


dressé procès-verbal de ces opérations.

ARTICLE 465

Si d’après les débats la déposition d’un témoin paraît fausse,


le président, soit d’office, soit à la requête du ministère public ou de
l’une des parties, fait consigner aux notes d’audience les dires précis
du témoin.

Il peut enjoindre spécialement à ce témoin de demeurer à la


disposition du tribunal, qui l’entendra à nouveau, s’il y a lieu.

Si le jugement doit être rendu le jour même, le président


peut également faire garder ce témoin par la force publique dans ou
hors la salle d’audience.
156
Après lecture du jugement sur le fond, le tribunal ordonne sa
conduite devant le procureur de la République qui requiert
l’ouverture d’une information pour faux témoignage.

Il est dressé séance tenante par le tribunal, après la lecture


du jugement sur le fond, un procès-verbal des faits ou des dires d'où
peut résulter le faux témoignage.

Ce procès-verbal et une expédition des notes d’audience


sont transmis sans délai au procureur de la République.

Paragraphe 4 - Nullité des actes devant la


juridiction de jugement

ARTICLE 466

La juridiction correctionnelle peut, le ministère public et les


parties entendus, prononcer l’annulation des actes qu’elle estime
atteints de nullité et décider si l’annulation doit s’étendre à tout ou
partie de la procédure ultérieure.

Lorsqu’elle annule certains actes seulement, elle doit les


écarter expressément des débats.

Au cas où la nullité de l’acte entraîne la nullité de toute la


procédure ultérieure, elle ordonne un supplément d’information si la
nullité est réparable ou, s’il y échet, elle renvoie le ministère public à
se pourvoir ainsi qu’il appartiendra.

Les parties peuvent renoncer à se prévaloir de ces nullités


lorsqu’elles ne sont édictées que dans leur seul intérêt. Cette
renonciation doit être expresse.

Les juridictions correctionnelles ne peuvent prononcer


l’annulation des procédures d’instruction lorsque celles-ci ont été
renvoyées devant elles par la chambre d’instruction.

ARTICLE 467

Les actes annulés sont retirés du dossier de la procédure et


classés au greffe du tribunal. Il est interdit d’y puiser aucun
renseignement contre les parties au débat, à peine de forfaiture pour
les magistrats et de poursuites devant leurs chambres de discipline
pour les défenseurs.
157
Paragraphe 5 - Expertise devant les tribunaux

ARTICLE 468

Le tribunal, dans le cas où se pose une question d’ordre


technique peut, soit d’office, soit à la demande du ministère public ou
à la demande des parties, ordonner une expertise, laquelle est
confiée à un expert unique, sauf circonstances particulières justifiant
la désignation de deux ou plusieurs experts.

L’expert accomplit sa mission sous le contrôle d’un juge de


la formation de jugement désigné par le tribunal.

ARTICLE 469

La mission de l’expert qui ne peut avoir pour objet que


l’examen de questions d’ordre technique, est précisée dans la
décision qui ordonne l’expertise.

ARTICLE 470

L’expert ne figurant pas sur la liste prévue à l’article 194


prête, chaque fois qu’il est commis, serment d’accomplir sa mission,
de faire son rapport et de donner son avis en son honneur et
conscience, devant le juge désigné par le tribunal. Le procès- verbal
de prestation de serment est signé par le juge, l’expert et le greffier.

En cas d’empêchement dont les motifs sont précisés, le


serment peut être reçu par écrit et la lettre de serment est annexée
au dossier de la procédure.

ARTICLE 471

La décision commettant un expert doit lui impartir un délai


pour remplir sa mission.

Si des raisons particulières l’exigent, ce délai peut être


prorogé sur requête de l’expert et par décision motivée rendue par le
tribunal qui l’a désigné.

L’expert qui ne dépose pas son rapport dans le délai qui lui a
été imparti peut-être immédiatement remplacé et doit rendre compte
des investigations auxquelles il a déjà procédé. Il encourt une
amende civile de 100.000 à 500.000 francs prononcée par le tribunal
158
qui l’a désigné, sur réquisition du procureur de la République. Il doit
aussi restituer dans les quarante-huit heures les objets, pièces et
documents qui lui auraient été confiés en vue de l’accomplissement
de sa mission.

L'expert doit remplir sa mission en liaison avec le juge


désigné. Il doit le tenir informé du développement de ses opérations
et le mettre à même de prendre à tout moment toutes mesures
utiles.

ARTICLE 472

Si l'expert demande à être éclairé sur une question ne


relevant pas de sa spécialité, le juge peut l’autoriser à s’adjoindre
une personne nommément désignée, spécialement qualifiée par sa
compétence.

La personne ainsi désignée prête serment dans les


conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 470. Le résultat
de ses investigations fait l’objet d’un rapport annexé au rapport
mentionné à l’article 476.

ARTICLE 473

Conformément à l’article 118, alinéa 3, le juge désigné


représente au prévenu, avant de les faire parvenir à l’expert, les
scellés qui n’auraient pas été ouverts et inventoriés. Il énumère ces
scellés dans le procès-verbal spécialement dressé à l’effet de
constater cette remise. L’expert fait mention dans son rapport de
toute ouverture ou réouverture des scellés, dont il dresse inventaire.

ARTICLE 474

L’expert peut recevoir, à titre de renseignements et pour


l’accomplissement de sa mission, les déclarations de personnes
autres que le prévenu.

S’il estime qu’il y a lieu d’interroger le prévenu et sauf


délégation motivée délivrée à titre exceptionnel par le juge, il est
procédé à cet interrogatoire en sa présence par le juge désigné en
observant dans tous les cas, les formes et conditions prévues par les
articles 135, 136 et 137.
159
Le prévenu peut, cependant, renoncer au bénéfice de cette
disposition par déclaration expresse devant le juge désigné et fournir
à l’expert, assisté de son avocat, les explications nécessaires à
l’exécution de sa mission. Le prévenu peut également, par
déclaration écrite remise par lui à l’expert et annexée par celui-ci à
son rapport, renoncer à l’assistance de son avocat pour une ou
plusieurs auditions.

Toutefois, les médecins experts chargés d’examiner le


prévenu peuvent lui poser les questions nécessaires à
l’accomplissement de leur mission, hors la présence du juge et des
avocats.

ARTICLE 475

Au cours de l’expertise, les parties peuvent demander au


tribunal qui l’a ordonnée qu’il soit prescrit à l’expert d’effectuer
certaines recherches ou d’entendre toute personne nommément
désignée qui serait susceptible de lui fournir des renseignements
d’ordre technique.

ARTICLE 476

Lorsque les opérations d’expertise sont terminées, l’expert


rédige un rapport qui contient la description desdites opérations ainsi
que ses conclusions. L’expert atteste avoir personnellement
accompli les opérations qui lui ont été confiées et signe son rapport.

En cas de désignation de plusieurs experts, s’ils sont d’avis


différents ou s’ils ont des réserves à formuler sur des conclusions
communes, chacun d’eux indique son opinion ou ses réserves en les
motivant.

Le rapport et les scellés, ou leurs résidus, sont déposés


entre les mains du greffier de la juridiction qui a ordonné l’expertise.
Ce dépôt est constaté par procès-verbal.

ARTICLE 477

Le juge désigné convoque les parties et leur donne


connaissance des conclusions de l’expert dans les formes prévues

160
aux articles 135, 136 et 137 et reçoit leurs déclarations. Le rapport
d’expertise est mis à la disposition des parties et de leurs conseils
qui peuvent en obtenir copie à leurs frais.

Le juge leur fixe le délai dans lequel elles peuvent présenter


des observations ou de formuler des demandes, notamment aux fins
de complément d’expertise ou de contre-expertise.

En cas de rejet de ces demandes, le tribunal rend une


décision motivée.

ARTICLE 478

Les experts exposent à l’audience, s’il y a lieu, le résultat


des opérations techniques auxquelles ils ont procédé, après avoir
prêté serment de rendre compte de leurs recherches et
constatations en leur honneur et conscience. Au cours de leur
audition, ils peuvent consulter leur rapport et ses annexes.

Le président peut soit d’office, soit à la demande du


ministère public, des parties ou de leurs conseils, leur poser toutes
questions entrant dans le cadre de la mission qui leur a été confiée.

Après leur exposé, les experts assistent aux débats, à moins


que le président ne les autorise à se retirer.

ARTICLE 479

Si, à l’audience d’une juridiction de jugement, une personne


entendue comme témoin ou à titre de renseignement contredit les
conclusions d’une expertise ou apporte au point de vue technique
des indications nouvelles, le président demande aux experts, au
ministère public, à la défense et, s’il y a lieu à la partie civile, de
présenter leurs observations. Cette juridiction, par décision motivée,
déclare, soit qu’il sera passé outre aux débats, soit que l’affaire sera
renvoyée à une date ultérieure. Dans ce dernier cas, cette juridiction
peut prescrire quant à l’expertise toute mesure qu’elle jugera utile.

161
Paragraphe 6 - Discussion par les parties

ARTICLE 480

Le procureur de la République prend, au nom de la loi, les


réquisitions tant écrites qu’orales qu’il croit convenables au bien de
la justice.

Dans le cas où des réquisitions écrites sont prises, mention


en est faite dans les notes tenues par le greffier et le tribunal est
tenu d’y répondre.

ARTICLE 481

Le prévenu, les autres parties et leurs conseils, peuvent


déposer des conclusions.

Ces conclusions sont visées par le président et le greffier, ce


dernier mentionne ce dépôt aux notes d’audience.
Le tribunal est tenu de statuer immédiatement sur les
incidents et exceptions dont il est saisi.
ARTICLE 482
L’instruction à l’audience terminée, la partie civile est
entendue en sa demande, le ministère public prend ses réquisitions,
la personne civilement responsable, s’il y a lieu, et le prévenu
présentent leurs défenses.
La partie civile et le ministère public peuvent répliquer. Le
prévenu ou son conseil ont la parole les derniers.
ARTICLE 483
Si les débats ne peuvent être terminés au cours de la même
audience, le tribunal fixe le jour où ils seront continués.
Les parties et les témoins non entendus, ou ceux qui ont été
invités à rester à la disposition du tribunal, sont tenus de
comparaître, sans aucune citation, à l'audience de renvoi.

162
Section 5 - Jugement
ARTICLE 484
Le jugement est rendu soit à l’audience même à laquelle ont
eu lieu les débats, soit à une date ultérieure.
Dans ce dernier cas, le président informe les parties
présentes du jour où le jugement sera prononcé.
ARTICLE 485
S’il y a lieu de procéder à un supplément d’information, le
tribunal commet par jugement un de ses membres qui dispose des
pouvoirs prévus aux articles 188 à 192, sauf celui de décerner
mandat de dépôt ou d’arrêt.
Ce supplément d’information obéit aux règles édictées par
les articles 135 à 139.

Le procureur de la République peut obtenir, au besoin par


voie de réquisitions, la communication d’une copie du dossier de la
procédure à toute époque du supplément d’information.

ARTICLE 486

Si le tribunal estime que le fait constitue un délit, il prononce


la peine, et il avertit le condamné de la faculté d'acquiescer au
jugement et de pouvoir bénéficier des dispositions de l'article 713
alinéa 2.

Lorsque le condamné acquiesce, mention en est portée au


plumitif par le greffier.

Si le tribunal omet d’avertir le condamné de son droit


d'acquiescer, celui-ci conserve ce droit jusqu’à l’expiration du délai
d’appel.

Le tribunal statue par le même jugement sur l'action civile et


peut ordonner le versement provisoire en tout ou partie des
dommages et intérêts alloués ou d'une provision s'il ne peut se
prononcer en l'état sur leur montant.

163
L'exécution de cette décision ne peut être suspendue qu’en
vertu d'une ordonnance du premier président de la Cour d’Appel,
obtenue par le prévenu, le civilement responsable ou l'assureur
appelant, sur présentation d'une requête motivée à laquelle sont
joints une copie de la décision frappée d'appel, une copie de l’acte
d'appel ou un certificat du greffier qui a reçu l'appel, et toutes autres
preuves justificatives.

La décision du premier président qui autorise la suspension


provisoire des poursuites peut faire l’objet de recours devant le
Président de la Cour de cassation.

ARTICLE 487

Lorsque le tribunal prononce une décision de condamnation


assortie du sursis, il avertit le condamné qu'en cas de nouvelle
condamnation, la première peine sera exécutée sans confusion
possible avec la seconde et que les peines de la récidive seront
encourues.

ARTICLE 488

Le président de la juridiction doit, après avoir prononcé la


décision de condamnation, avertir expressément les parties tenues
au paiement des condamnations pécuniaires au profit du Trésor
public, qu'elles disposent d'un délai de trois mois à compter du jour
où la condamnation sera devenue définitive, pour se libérer.

Mention de cet avertissement doit être portée dans la


décision de condamnation.

ARTICLE 489

Dans le cas visé à l’article 486 alinéa 1, s’il s’agit d’un délit
de droit commun et si la peine prononcée est au moins de six mois
d’emprisonnement, le tribunal peut, par décision spéciale et motivée,
décerner mandat de dépôt ou d’arrêt contre le prévenu.

Le mandat d’arrêt continue à produire son effet, même si le


tribunal, sur opposition, ou la cour, sur appel, réduit la peine à moins
de six mois d’emprisonnement.

164
Le mandat de dépôt décerné par le tribunal produit
également effet lorsque, sur appel, la cour réduit la peine
d’emprisonnement à moins de six mois.

Toutefois, le tribunal, sur opposition, ou la cour, sur appel, a


la faculté, par décision spéciale et motivée, de donner mainlevée de
ces mandats.

En toutes circonstances, les mandats décernés dans les cas


susvisés continuent à produire leur effet, nonobstant le pourvoi en
cassation.

En cas d’opposition au jugement dans les conditions


prévues par les articles 516 et 517, l’affaire doit venir devant le
tribunal à la première audience ou au plus tard dans la huitaine du
jour de l’opposition, faute de quoi le prévenu doit être mis en liberté
d’office.

S’il y a lieu à remise, le tribunal doit statuer d’office par une


décision motivée sur le maintien ou la mainlevée du mandat, le
ministère public entendu ; le tout sans préjudice de la faculté pour le
prévenu de former une demande de mise en liberté dans les
conditions prévues par les articles 174 et 176.

ARTICLE 490 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Si le tribunal, saisi d’un fait qualifié délit par la loi estime, aux
résultats des débats, que le même fait comporte une qualification
délictuelle, autre que celle donnée par l'acte de saisine, le tribunal
ouvre à nouveau les débats sur cette nouvelle qualification, le
ministère public entendu. Il statue sur la nouvelle qualification.

Si le tribunal, saisi d’un fait qualifié délit par la loi, estime,


aux résultats des débats, que le fait constitue une contravention, il
prononce la peine et statue, s'il y a lieu, sur l’action civile.

ARTICLE 491

Si le fait est une contravention connexe à un délit, le tribunal


statue par un seul et même jugement, à charge d’appel sur le tout.

165
ARTICLE 492

Si le prévenu bénéficie d’une excuse absolutoire, le tribunal


prononce son absolution et statue, s’il y a lieu, sur l’action civile,
ainsi qu’il est dit à l’article 486 alinéas 4 et 5.

ARTICLE 493

Si le fait déféré au tribunal correctionnel sous la qualification


de délit est un crime, le tribunal se déclare incompétent et ordonne
mainlevée du mandat de dépôt si le prévenu comparaît détenu. Il
renvoie le ministère public à se pourvoir ainsi qu’il avisera.

Le tribunal ordonne que le prévenu soit, par la force publique


conduit sans délai devant le procureur de la République qui doit
immédiatement requérir l’ouverture d’une information.

ARTICLE 494

Si le tribunal estime que le fait poursuivi ne constitue aucune


infraction à la loi pénale ou que le fait n'est pas établi, ou qu’il n’est
pas imputable au prévenu, ou lorsqu’une transaction est intervenue
sur l'action publique, il renvoie celui- ci des fins de la poursuite.

Le prévenu préventivement détenu est mis en liberté d'office,


s’il n’est détenu pour autre cause.

ARTICLE 495
Le prévenu détenu qui a été relaxé, absous ou condamné
soit à l’emprisonnement avec sursis, soit à l’amende est, nonobstant
appel, mis en liberté, immédiatement après le jugement, par le chef
de l’établissement pénitentiaire au vu du compte rendu d’audience
ou de l’ordre de mise en liberté, dûment signés par le procureur de la
République.
Il en est de même du prévenu détenu condamné à une peine
d’emprisonnement aussitôt que la durée de la détention aura atteint
celle de la peine prononcée.

166
ARTICLE 496
Dans le cas prévu par l’article 494, lorsque la partie civile a
elle-même mis en mouvement l’action publique, le tribunal statue par
le même jugement sur la demande en dommages-intérêts formée
par la personne relaxée contre la partie civile pour abus de
constitution de partie civile.
ARTICLE 497
Tout jugement de condamnation rendu contre le prévenu et
éventuellement contre la partie civilement responsable ou l’assureur,
les condamne aux frais et dépens envers l’Etat.
Il en est de même au cas de transaction ayant éteint l’action
publique, conformément à l’article 11, et au cas d’absolution, sauf si
le tribunal, par décision spéciale et motivée, décharge le prévenu et
la personne civilement responsable de tout ou partie des frais.
La partie civile dont l’action a été déclarée recevable n’est
pas tenue des frais dès lors que la personne contre laquelle elle
s’est constituée a été reconnue coupable d’une infraction.
Le tribunal se prononce à l’égard du prévenu sur la durée de
la contrainte par corps.
Le président de la juridiction doit, après avoir prononcé la
décision de condamnation, avertir expressément les parties tenues
au paiement des condamnations pécuniaires au profit du Trésor
public, qu’elles disposent d’un délai de trois mois à compter du jour
où la condamnation sera devenue définitive, pour se libérer.
Mention de cet avertissement doit être portée dans la
décision de condamnation.

ARTICLE 498

Au cas de relaxe, le prévenu ne peut être condamné aux


frais du procès.

Toutefois, si le prévenu est relaxé à raison de son état de


démence au moment des faits, le tribunal peut mettre à sa charge
tout ou partie des dépens.

167
ARTICLE 499

La partie civile qui succombe est tenue des frais. Il en est de


même dans le cas visé par l’article 435.

Le tribunal peut, toutefois, par décision spécialement


motivée, l’en décharger en tout ou en partie.

ARTICLE 500

Dans le cas où la condamnation n’intervient pas pour toutes


les infractions qui ont fait l’objet de la poursuite ou n’intervient qu’à
raison d’infractions qui ont fait l’objet d’une disqualification, comme
aussi dans le cas de mise hors de cause de certains prévenus, le
tribunal peut, par une disposition motivée, décharger le condamné
de la part des frais de justice qui ne résulte pas directement de
l’infraction ayant entraîné la condamnation au fond. Le tribunal fixe
lui-même le montant des frais dont est alors déchargé le condamné,
ces frais étant laissés, selon les circonstances, à la charge du Trésor
public ou de la partie civile.

ARTICLE 501

Les frais et dépens sont liquidés par le jugement. A défaut


de décision sur l’application des articles 497 et suivants ou en cas de
difficultés d’exécution portant sur la condamnation aux frais et
dépens, la juridiction qui a statué au fond peut être saisie par tout
intéressé, conformément aux règles établies en matière d’incidents
d'exécution, et compléter son jugement sur ce point.

ARTICLE 502

Le prévenu, la partie civile ou la personne civilement


responsable peut réclamer au tribunal saisi de la poursuite la
restitution des objets placés sous la main de la Justice.

Le tribunal peut ordonner d’office cette restitution.

ARTICLE 503

Toute personne autre que le prévenu, la partie civile ou la


personne civilement responsable qui prétend avoir droit sur des
objets placés sous la main de la justice, peut également en réclamer
la restitution au tribunal saisi de la poursuite.
168
Seuls les procès-verbaux relatifs à la saisie des objets
peuvent lui être communiqués.

Le tribunal statue par jugement séparé, les parties


entendues.

ARTICLE 504

Si le tribunal accorde la restitution, il peut prendre toutes


mesures conservatoires pour assurer jusqu’à la décision définitive
sur le fond la représentation des objets restitués.

ARTICLE 505

Si le tribunal estime que les objets placés sous la main de la


Justice sont utiles à la manifestation de la vérité ou susceptibles de
confiscation, il sursoit jusqu’à sa décision sur le fond.

Dans ce cas, le jugement n’est susceptible d’aucun recours.

ARTICLE 506

Le jugement qui rejette une demande de restitution est


susceptible d’appel de la part de la personne qui a formé cette
demande.

Le jugement qui accorde la restitution est susceptible d’appel


de la part du ministère public, du prévenu, de la personne civilement
responsable, ou de la partie civile à qui cette décision fait grief.

La cour ne peut être saisie qu’après que le tribunal a statué


au fond.

ARTICLE 507

Le tribunal qui a connu de l’affaire demeure compétent pour


ordonner la restitution des objets placés sous la main de la justice, si
aucune voie de recours n’a été exercée contre le jugement sur le
fond.

169
Il statue sur requête de toute personne qui prétend avoir
droit sur l’objet ou à la demande du ministère public.

Sa décision peut être déférée à la Cour d’Appel,


conformément aux dispositions de l’article 506.

ARTICLE 508

Lorsque la Cour d’Appel est saisie du fond de l’affaire, elle


est compétente pour statuer sur les restitutions dans les conditions
prévues par les articles 502 à 505.

Elle demeure compétente, même après décision définitive


sur le fond, pour ordonner la restitution dans les conditions prévues
aux alinéas 1 et 2 de l’article 507.

ARTICLE 509 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Tout jugement doit contenir des motifs et un dispositif.

Les motifs constituent la base de la décision.

Le dispositif énonce les infractions dont les personnes


poursuivies sont déclarées coupables ou non coupables ou
absoutes. En cas de déclaration de culpabilité, il énonce en outre la
peine, les textes de loi appliqués et les condamnations civiles ainsi
que les avertissements prescrits aux articles 487 et 488.

Le jugement est entièrement rédigé avant son prononcé. Il


est donné lecture du dispositif par le Président.

Toutefois, pour les décisions rendues à l’audience même à


laquelle ont eu lieu les débats, le jugement est rédigé et remis au
greffier dans le délai de quinze jours à compter du prononcé.

En tout état de cause, le tribunal doit statuer dans un délai


de trois mois, à compter de la première audience.

Ce délai peut être exceptionnellement prorogé d’un mois par


ordonnance du Président du tribunal.

170
ARTICLE 510

La minute du jugement est datée et mentionne les noms des


magistrats qui l’ont rendu. La présence du ministère public à
l’audience doit y être mentionnée.

Après avoir été signée par le président et le greffier, la


minute est déposée au greffe du tribunal dans les trois jours au plus
tard du prononcé du jugement. Ce dépôt est mentionné sur le
registre spécialement tenu au greffe à cet effet.

S’agissant des décisions rendues à l’audience même à


laquelle ont eu lieu les débats, le délai de trois jours mentionné à
l’alinéa précédent court à compter de la remise de la décision au
greffier.

Section 6 - Jugement par défaut et opposition

Paragraphe premier - Défaut

ARTICLE 511

Sauf les cas prévus par les articles 420, 421, 422, 425,426
et 434, toute personne régulièrement citée qui ne comparaît pas au
jour et à l’heure fixés par la citation est jugée par défaut, ainsi qu’il
est dit à l’article 423.

Si la personne a comparu au moins une fois au cours de la


procédure, la décision est réputée contradictoire à son égard.

ARTICLE 512

Lorsque la partie estime que la décision a été déclarée


faussement contradictoire, elle fait appel.

Si la Cour d’Appel décide que la décision est qualifiée à tort


contradictoire, elle l’annule et renvoie l’affaire devant le tribunal qui
statue de nouveau sur opposition.

Si la Cour d’Appel décide que la décision était contradictoire,


elle ouvre les débats statue au fond.

171
ARTICLE 513

Le jugement prononcé par défaut est signifié par exploit de


commissaire de Justice, conformément aux dispositions des articles
585 et suivants.

Paragraphe 2 - Opposition

ARTICLE 514

Le prévenu peut former opposition au jugement. Il peut


toutefois limiter cette opposition aux dispositions civiles du jugement.

L’opposition rend le jugement par défaut non avenu dans


toutes ses dispositions faisant l’objet de l’opposition.

Le tribunal statuant sur opposition, rend un nouveau


jugement.

ARTICLE 515

L’opposition est faite par déclaration au greffe. Elle est


immédiatement notifiée, par le greffier, au ministère public, à charge
par lui d’en aviser, par notification, la partie civile.

Dans le cas où l’opposition est limitée aux dispositions civiles


du jugement, le prévenu doit adresser la notification directement à la
partie civile.

ARTICLE 516

Si la signification du jugement a été faite à la personne du


prévenu, l’opposition doit être formée dans les délais ci-après, qui
courent à compter de cette signification : dix jours si le prévenu
réside sur le territoire de la République, un mois dans les autres cas.

172
ARTICLE 517

Si la signification du jugement n’a pas été faite à la personne


du prévenu, l’opposition doit être formée dans les délais ci-après, qui
courent à compter de la signification du jugement faite à domicile, à
Mairie ou à Parquet : dix jours si le prévenu réside en Côte d’Ivoire,
un mois dans les autres cas.

Toutefois, s’il s’agit d’un jugement de condamnation et s’il ne


résulte pas, soit de l’avis constatant remise de l’acte prévue aux
articles 592, alinéa 3, et 593, alinéa 2, soit d’un acte d’exécution
quelconque, ou de l’avis donné conformément à l’article 595, que le
prévenu a eu connaissance de la signification, l’opposition tant en ce
qui concerne les intérêts civils que la condamnation pénale reste
recevable jusqu’à l’expiration des délais de prescription de la peine.

Dans les cas visés à l’alinéa précédent, le délai d’opposition


court à compter du jour où le prévenu a eu cette connaissance.

ARTICLE 518

La personne civilement responsable, l’assureur et la partie


civile peuvent former opposition à tout jugement par défaut rendu à
leur encontre, dans les délais fixés à l’article 516, lesquels courent à
compter de la signification du jugement, quel qu’en soit le mode.

Paragraphe 3 - Itératif défaut

ARTICLE 519

L’opposition est non avenue si l’opposant ne comparaît pas


à la date qui lui est fixée soit par la notification à lui faite verbalement
et constatée par procès-verbal au moment où l’opposition a été
formée, soit par une nouvelle citation, délivrée à l’intéressé,
conformément aux dispositions des articles 585 et suivants.

ARTICLE 520

Dans tous les cas, les frais de la signification du jugement


par défaut et de l’opposition peuvent être laissés à la charge de la
partie opposante.

173
CHAPITRE 2 - DE LA COMPARUTION SUR
RECONNAISSANCE PREALABLE DE
CULPABILITE

ARTICLE 521 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Le Procureur de la République peut, d'office ou à la


demande du prévenu, recourir à la procédure de comparution sur
reconnaissance préalable de culpabilité, lorsque les faits poursuivis
sont constitutifs d’un délit passible d’une peine d’emprisonnement de
cinq ans au plus et que le prévenu reconnaît les avoir commis.

ARTICLE 522 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Le Procureur de la République peut proposer au prévenu


d'exécuter une ou plusieurs des peines principales ou
complémentaires encourues.

La nature et le quantum de la ou des peines sont déterminés


conformément aux dispositions du Code pénal.

Lorsqu'une peine d'emprisonnement est proposée, sa durée


ne peut être supérieure à un an ni excéder la moitié de la peine
d'emprisonnement encourue. Le Procureur de la République peut
proposer qu'elle soit assortie en tout ou partie du sursis.

Si le Procureur de la République propose une peine


d'emprisonnement ferme, il précise au prévenu qu’il entend que cette
peine soit immédiatement mise à exécution.

Les déclarations par lesquelles le prévenu reconnaît les faits


qui lui sont reprochés sont recueillies en présence de son conseil, s’il
en a, de même que la proposition de peine faite par le Procureur de
la République et les suites réservées par le prévenu à cette
proposition. Le Procureur de la République avise le prévenu de ce
que les frais sont à sa charge, sauf s'il remplit les conditions d'accès
à l'assistance judiciaire.

174
Le prévenu peut librement s'entretenir avec son conseil, s'il
en a, hors la présence du Procureur de la République, avant de faire
connaître sa décision. Il est avisé par le Procureur de la République
de ce qu'il peut demander à disposer d’un délai de cinq jours pour
faire connaître sa décision.

ARTICLE 523 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Lorsque le prévenu accepte la ou les peines proposées, il


est aussitôt présenté devant le Président du tribunal ou le juge
délégué par lui, saisi par le Procureur de la République d'une
requête en homologation.

Le Président du tribunal entend le prévenu et son conseil, s’il


en a. Après avoir vérifié la réalité des faits et leur qualification
juridique, il peut décider d'homologuer les peines proposées par le
Procureur de la République. Il statue, le jour même, par ordonnance
motivée. La procédure prévue par le présent alinéa se déroule en
audience publique.

ARTICLE 524 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Lorsque le prévenu demande à bénéficier d’un délai pour se


prononcer sur la proposition de peines, s’il n’est pas détenu, le
Procureur de la République peut requérir que le Président du tribunal
ou le juge délégué par lui, le place sous contrôle judiciaire ou en
détention préventive jusqu’à ce qu’il comparaisse de nouveau devant
le Procureur de la République pour donner suite à la proposition.

ARTICLE 525

L'ordonnance par laquelle le président du tribunal ou le juge


délégué par lui décide d'homologuer la ou les peines proposées, est
motivée par les constatations, d'une part, que le prévenu, reconnaît

Les faits qui lui sont reprochés et accepte, la ou les peines


proposées par le procureur de la République, d'autre part, que cette
ou ces peines sont justifiées au regard des circonstances de
l'infraction et de la personnalité de son auteur.

175
L'ordonnance a les effets d'un jugement de condamnation.
Elle est immédiatement exécutoire. Lorsque la peine homologuée
est une peine d'emprisonnement ferme, la personne est
immédiatement incarcérée.

Le président du tribunal ou le juge délégué par lui rend sa


décision dans un délai qui ne saurait excéder quinze jours à compter
de la notification de la proposition de peines faite par le procureur de
la République au prévenu.

Dans tous les cas, l’ordonnance visée à l’alinéa précédent


peut faire l'objet d'un appel de la part du condamné, conformément
aux dispositions des articles 555 à 559 de la présente loi. Le
ministère public peut faire appel à titre incident dans les mêmes
conditions. A défaut, elle a les effets d'un jugement passé en force
de chose jugée.

ARTICLE 526

Lorsque la personne déclare ne pas accepter la ou les


peines proposées ou que le président du tribunal ou son délégué
rend une ordonnance de refus d'homologation, le procureur de la
République saisit, sauf élément nouveau, le tribunal correctionnel
selon l'une des procédures prévues par les articles 86 et 396 de la
présente loi.

Lorsque la personne avait été déférée devant lui en


application des dispositions de l’article 86, le procureur de la
République peut soit faire application des dispositions de l’article 402
de la présente loi, soit saisir le jour même le juge d'instruction.

ARTICLE 527

Lorsque la victime de l'infraction est identifiée, elle est


informée sans délai, par tout moyen, de cette procédure. Elle est
invitée à comparaître en même temps que l'auteur des faits,
accompagnée le cas échéant de son conseil, devant le président du
tribunal ou le juge délégué par lui pour se constituer partie civile et
demander réparation de son préjudice. Le président du tribunal ou le
juge délégué par lui statue sur cette demande, même dans le cas où
la partie civile n'a pas comparu à l'audience, en application des
articles 428 à 436. La partie civile peut faire appel de l'ordonnance
conformément aux dispositions de l’article 558-3°.
176
ARTICLE 528

A peine de nullité de la procédure, il est dressé procès-


verbal des formalités accomplies en application des articles 521 et
522.

Lorsque la personne n'a pas accepté la ou les peines


proposées ou lorsque le président du tribunal ou le juge délégué par
lui n'a pas homologué la proposition du procureur de la République,
le procès-verbal ne peut être transmis à la juridiction d'instruction ou
de jugement saisi ; et ni le ministère public ni les parties ne peuvent
faire état devant cette juridiction des déclarations faites ou des
documents remis au cours de la procédure.

ARTICLE 529

Le prévenu qui a fait l'objet, pour l'un des délits mentionnés à


l’article 521 d'une citation directe en application des dispositions de
l’article 396 peut, soit lui-même, soit par l'intermédiaire de son
conseil, indiquer par lettre recommandée avec demande d'avis de
réception adressée au procureur de la République, qu'il reconnaît les
faits qui lui sont reprochés et demander l'application de la procédure
prévue par le présent chapitre.

Dans ce cas, le procureur de la République peut, s'il l'estime


opportun, procéder conformément aux dispositions des articles 521
et suivants, après avoir convoqué le prévenu et son conseil ainsi
que, le cas échéant, la victime. La citation directe est alors caduque,
sauf si la personne refuse d'accepter les peines proposées ou si le
président du tribunal ou le juge délégué par lui refuse de les
homologuer lorsque l'un ou l'autre de ces refus intervient plus de dix
jours avant la date de l'audience devant le tribunal correctionnel
mentionnée dans l'acte de poursuite initial.

Le procureur de la République, lorsqu'il décide de ne pas


faire application des dispositions des articles 521 et suivants, n'est
pas tenu d'en aviser le prévenu ou son conseil.

Les dispositions du présent article ne sont pas applicables


aux personnes renvoyées devant le tribunal correctionnel par le juge
d'instruction.

177
ARTICLE 530
ARTICLE 530 nouveau
(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Les dispositions du présent chapitre ne sont pas applicables:

- lorsqu’un mineur est poursuivi ;


- en matière de délits de presse ;
- aux délits d'atteintes volontaires et involontaires à
l'intégrité des personnes ayant entraîné une mutilation
ou une infirmité permanente ;
- aux délits d'agressions sexuelles ;
- aux délits poursuivis selon une procédure spéciale, non
compris le flagrant délit.

CHAPITRE 3 - TRIBUNAL DE SIMPLE POLICE

Section première - Compétence du tribunal


de simple police.

ARTICLE 531

Le tribunal de simple police connaît des contraventions.

ARTICLE 532

Le tribunal de simple police est une formation du tribunal


composée d’un juge unique.

Sont compétentes, les juridictions dans le ressort desquelles


les contraventions ont été commises.

ARTICLE 533

Les articles 391 à 395 sont applicables au jugement des


infractions de la compétence du tribunal de simple police.

178
Section 2 - Amende de composition

ARTICLE 534

Avant toute citation devant le tribunal de simple police, le


juge dudit tribunal saisi d’un procès-verbal constatant une
contravention, peut faire informer le contrevenant de la faculté qu’il a
de verser, à titre d’amende de composition, une somme qui est fixée
par le juge conformément au mode de calcul déterminé par décret.

ARTICLE 535

Si le contrevenant verse le montant de l’amende de


composition dans les conditions et délais prévus par le décret visé à
l’article précédent, l’action publique est éteinte.

Le paiement de l’amende implique la reconnaissance de


l’infraction.

ARTICLE 536

La décision déterminant le montant de l’amende de


composition n’est susceptible d’aucun recours de la part du
contrevenant.

ARTICLE 537

Dans le cas où l’amende de composition n’a pas été payée


dans le délai imparti, le tribunal de simple police procède et statue
conformément aux dispositions des articles 543 et suivants de la
présente loi.

ARTICLE 538

Les dispositions des articles 534 à 537 ne sont pas


applicables dans les cas suivants :

1° si la contravention constatée expose son auteur à la


réparation de dommages causés aux personnes et aux biens ;

179
2° si l’infraction constatée se cumule avec un délit ou
un crime ;

3° si le même procès-verbal constate à la charge d’un seul


individu plus de trois contraventions.

ARTICLE 539

Dans les matières et selon les conditions spécialement


prévues par la loi, les contraventions peuvent donner lieu au
paiement d’une amende forfaitaire.

ARTICLE 540

En cas de défaut de paiement de l’amende forfaitaire, il est


procédé conformément aux dispositions des articles 534 et suivants.

ARTICLE 541

Sont applicables devant le tribunal de simple police les


dispositions des articles 420 à 425 relatives à la comparution et à la
représentation du prévenu et de la personne civilement responsable.

Toutefois, lorsque la contravention poursuivie n’est passible


que d’une peine d’amende le prévenu peut se faire représenter par
un avocat.
ARTICLE 542

Sont également applicables les dispositions des articles 511


et 513 de la présente loi, relatives aux jugements par défaut, et 514
à 520 de la présente loi, relatives à l’opposition.

Section 3 - Saisine du tribunal


de simple police

ARTICLE 543

Le tribunal de simple police est saisi des infractions de sa


compétence soit :

1° par le renvoi qui lui en est fait par la juridiction


d’instruction ;

180
2° par l’avertissement des parties ou la convocation par
officier de police judiciaire dans les conditions prévues aux articles
397 et 398 ;
3° par la citation délivrée directement au prévenu et aux
personnes civilement responsables de l’infraction.
ARTICLE 544
Les articles 399 à 401 sont applicables à la procédure
devant le tribunal de simple police.
Section 4 - Instruction devant le
tribunal de simple police
ARTICLE 545
Les dispositions des articles 410 à 415 sur la publicité des
débats et 416 à 418 sur la comparution du prévenu, sont applicables
à la procédure devant le tribunal de simple police.
Toutefois, les sanctions prévues par l’article 414, alinéa 2,
ne peuvent être prononcées que par le tribunal correctionnel saisi
par le ministère public, au vu du procès-verbal dressé par le juge du
tribunal de simple police relatant l’incident.
Sont également applicables, les règles édictées :
1° par les articles 428 à 436 concernant la constitution de
partie civile ;
2° par les articles 437 à 465 à l'administration de la preuve
sous réserve de ce qui est dit à l’article 546 ;
3° par les articles 480 à 483 concernant la discussion par
les parties ;
4° par l’article 484 relatif au jugement.
ARTICLE 546
Les contraventions sont prouvées soit par procès-verbaux
ou rapports, soit par témoins à défaut de rapports et procès-verbaux,
ou à leur appui.

181
Sauf dans les cas où la loi en dispose autrement, les procès-
verbaux ou rapports établis par les officiers et agents de police
judiciaire, ou les fonctionnaires ou agents chargés de certaines
fonctions de police judiciaire auxquels la loi a attribué le pouvoir de
constater les contraventions, font foi jusqu’à preuve contraire.

La preuve contraire ne peut être rapportée que par écrit ou


par témoins.

ARTICLE 547

S’il y a lieu à supplément d’information, il y est procédé par


le juge du tribunal de simple police, conformément aux articles 135 à
139.

Les dispositions de l’article 485, alinéa 3, sont applicables.

ARTICLE 548

Si le tribunal de simple police estime que le fait constitue une


contravention, il prononce la peine.

Il statue s’il y a lieu sur l’action civile conformément aux


dispositions de l’article 486, alinéas 4 et 5.

ARTICLE 549

Si le tribunal de simple police estime que le fait constitue un


crime ou un délit, il se déclare incompétent. II renvoie le ministère
public à se pourvoir ainsi qu’il avisera.

ARTICLE 550

Si le tribunal de simple police estime que le fait ne constitue


aucune infraction à la loi pénale ou que le fait n’est pas établi, ou
qu’il n’est pas imputable au prévenu, il renvoie celui-ci des fins de la
poursuite.

ARTICLE 551

Si le prévenu bénéficie d’une excuse absolutoire, le tribunal


de simple police prononce son absolution et statue s’il y a lieu sur
l’action civile ainsi qu’il est dit à l’article 548 alinéa 2.

182
ARTICLE 552

Sont applicables à la procédure devant le tribunal de simple


police les articles 497 à 510 concernant les frais de justice et
dépens, la restitution des objets placés sous la main de la justice et
la forme et les délais des jugements.

Section 5 - Jugement par défaut et opposition

ARTICLE 553

Sont applicables devant le tribunal de simple police les


dispositions des articles 420 à 425 relatives à la comparution et à la
représentation du prévenu et de la personne civilement responsable.

Toutefois, lorsque la contravention poursuivie n’est passible


que d’une peine d'amende le prévenu peut se faire représenter par
un avocat.

ARTICLE 554

Sont également applicables les dispositions des articles 511


et 513 relatives aux jugements par défaut, et 514 à 520 relatives à
l’opposition.

TITRE III - COUR D’APPEL EN MATIERE CORRECTIONNELLE


ET CONTRAVENTIONNELLE

CHAPITRE PREMIER - APPEL DES JUGEMENTS


CORRECTIONNELS

Section première - Exercice du droit d’appel

ARTICLE 555

Les jugements rendus en matière correctionnelle peuvent


être attaqués par la voie de l'appel, sauf acquiescement intervenu
avant l'expiration du délai d'appel, dans les formes et règles
prescrites par l'article 564.

183
La faculté d'acquiescer appartient aux parties spécifiées à
l'article 558 sauf le procureur de la République et le procureur
général.
L'acquiescement d'une des parties doit être notifié à la partie
adverse et au ministère public.
Ce dernier dispose d'un délai d'un mois à compter de cette
notification pour faire connaître son avis.
A l'expiration de ce délai, l'acquiescement est définitif même
à l'égard du ministère public.
ARTICLE 556
L’appel contre les jugements avant-dire-droit, statuant sur
des incidents et exceptions, n’est reçu, même contre les jugements
rendus sur la compétence, qu’après le jugement sur le fond et en
même temps que l’appel contre ledit jugement.
Le greffier du tribunal dresse procès-verbal du refus qu’il
oppose à la transcription de la déclaration d’appel, dans tous les cas
où la loi prescrit que l’appel ne sera pas reçu.
Les parties sont admises à en appeler, par simple requête,
dans les vingt-quatre heures, devant le président du tribunal, du
refus du greffier, lequel est tenu de recevoir l’appel si l’injonction lui
en est faite par ce magistrat.
Dans tous les cas, la partie qui manifeste sa volonté
d’appeler d’un jugement dans les délais légaux conserve le droit de
renouveler son appel après la décision sur le fond.
ARTICLE 557
L'appel est porté à la Cour d’Appel.
ARTICLE 558 nouveau
(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

La faculté d’appeler appartient :

1° au prévenu ;

2° à la personne civilement responsable ;


184
3° à la partie civile et à la partie intervenante définie à
l’article 20, quant à leurs intérêts civils seulement ;

4° au Procureur de la République ;

5° aux administrations publiques, dans les cas où celles-ci


exercent l’action publique ;

6° au Procureur général près la Cour d’Appel ;

7° à l’assureur.

Le prévenu peut se désister de son appel jusqu’à son


interrogatoire par le président de la Chambre des appels
correctionnels. Ce désistement rend caducs les appels incidents
formés par le ministère public ou les autres parties.

Le Procureur général et les autres parties peuvent


également se désister de leurs appels.

Le désistement est constaté par décision de la Chambre des


appels correctionnels.

ARTICLE 559 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Sauf dans le cas prévu à l'article 567, l’appel est interjeté


dans le délai de vingt jours, à compter du prononcé du jugement
contradictoire.

Toutefois, le délai d’appel ne court qu’à compter de la


signification du jugement, quel qu’en soit le mode :

1° pour la partie qui après débat contradictoire n’était pas


présente ou représentée à l’audience où le jugement a été prononcé,
mais seulement dans le cas où elle-même ou son représentant
n’auraient pas été informés du jour où le jugement serait prononcé.

2° pour le prévenu qui n’a pas comparu, dans les conditions


prévues par l’article 421.

II en est de même dans le cas prévu à l’article 420.

185
ARTICLE 560

Si le jugement est rendu par défaut ou par itératif défaut, le


délai d’appel ne court qu’à compter de la signification du jugement,
quel qu’en soit le mode.

ARTICLE 561

En cas d’appel d’une des parties pendant les délais ci-


dessus, les autres parties ont un délai supplémentaire de dix jours
pour interjeter appel.

ARTICLE 562 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Lorsque le tribunal statue sur une demande de mise en


liberté en conformité des articles 174 et 176, l’appel doit être formé
dans un délai de vingt-quatre heures.

ARTICLE 563 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Dans le cas prévu à l’article précédent, le prévenu détenu


est maintenu en détention jusqu’à ce qu’il ait été statué sur l’appel du
Procureur de la République, et dans tous les cas jusqu'à l’expiration
du délai de cet appel.

ARTICLE 564

L’appel a lieu, soit par déclaration au greffe de la juridiction


qui a statué, dans les délais ci-dessus, soit par lettre recommandée
avec accusé de réception ou par télégramme, soit par lettre par
porteur contre décharge, adressé au greffier de cette juridiction. Le
greffier, sur le registre des appels, dresse procès-verbal de réception
de la lettre ou du télégramme d’appel. La date d’envoi portée sur le
cachet de la poste est considérée comme date d’appel.

La partie qui a interjeté appel par lettre ou par télégramme


doit ensuite dans le même temps régulariser son appel au greffe de
la juridiction répressive la plus proche. Le greffier qui a dressé l’acte
le transmet sans délai au greffe de la juridiction qui a statué.

186
En cas d’appel au siège de la juridiction qui a statué, la
déclaration d’appel doit être signée par le greffier et par l’appelant
lui-même, ou par un avocat ou par un fondé de pouvoir spécial ;
dans ce dernier cas, le pouvoir est annexé à l’acte dressé par le
greffier. Si l’appelant ne peut signer il en est fait mention par le
greffier.

La déclaration est inscrite sur un registre public à ce destiné


et toute personne a le droit de s’en faire délivrer une copie.

ARTICLE 565

Lorsque l’appelant est détenu, il peut également faire


connaître sa volonté d’interjeter appel par une lettre qu’il remet au
chef de l’établissement pénitentiaire ; ce dernier lui en délivre
récépissé.

Le chef de l’établissement pénitentiaire certifie sur cette


lettre même que celle-ci lui a été remise par l’intéressé, et il précise
la date de la remise.
Ce document est transmis immédiatement au greffe de la
juridiction qui a rendu la décision attaquée par le chef de
l’établissement pénitentiaire, sous peine d’une amende civile qui ne
peut excéder 100.000 francs prononcée par le premier président de
la Cour d’Appel. Il est transcrit sur le registre prévu par l’article 564,
alinéa 4 et est annexé à l’acte dressé par le greffier.
ARTICLE 566 nouveau
(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Une requête contenant les moyens d’appel peut être remise


dans les délais prévus pour la déclaration d’appel au greffe du
tribunal. Elle est signée de l’appelant ou d’un avocat inscrit à un
barreau.
La requête ainsi que les pièces de la procédure sont
transmises au Procureur de la République, par le greffier de la
juridiction qui a statué, dans le délai d’un mois à compter de la
réception de la déclaration d’appel.

187
La requête ainsi que les pièces de la procédure sont
envoyées par le Procureur de la République au Procureur général
près la Cour d’Appel dans le délai d’un mois au plus tard, à compter
de leur réception.

Le Procureur général dispose d’un délai d’un mois, à


compter de la réception du dossier, pour que l’affaire soit appelée la
première fois à l’audience.

Le prévenu détenu est transféré dans la maison d’arrêt du


siège de la Cour d’Appel, s’il n’y est déjà détenu, cinq jours au moins
avant l’appel de la cause devant la Cour d’Appel.

ARTICLE 567

Le procureur général forme son appel par déclaration au


greffe de la Cour d’Appel, dans le délai de quatre mois, à compter du
jour du prononcé du jugement.

Le greffe de la cour transmet sans délai au greffe de la


juridiction qui a statué, une expédition de la déclaration d’appel.

ARTICLE 568

Pendant les délais d’appel, à l’exception du délai prévu à


l’article précédent, et durant l’instance d’appel, il est sursis à
l’exécution du jugement, sous réserve des dispositions des articles
489, alinéas 2 et 3,495 et 712.

ARTICLE 569 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

L’affaire est dévolue à la Cour d’Appel dans la limite fixée


par l’acte d’appel et par la qualité de l’appelant ainsi qu’il est dit à
l’article 575.

188
Section 2 - Chambre des appels correctionnels

Paragraphe premier - Composition de la


chambre des appels correctionnels

ARTICLE 570

La chambre des appels correctionnels est composée d’un


président de chambre et de deux conseillers.

Les fonctions du ministère public sont exercées par le


procureur général ou ses substituts. Celles du greffe par un greffier
de la Cour d’Appel.

ARTICLE 571

Le nombre et la date des audiences correctionnelles sont


déterminés à la fin de chaque année judiciaire, pour l’année
suivante, par délibération de l’assemblée générale de la Cour
d'Appel.

Il peut être modifié dans les mêmes conditions en cours


d’année, suivant les nécessités.

Paragraphe 2 - Procédure devant la chambre


des appels correctionnels

ARTICLE 572

Les règles édictées pour le tribunal correctionnel sont


applicables devant la Cour d’Appel sous réserve des dispositions
suivantes.

ARTICLE 573 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

L’appel est jugé à l’audience sur le rapport oral d’un membre


de la formation de jugement ; le prévenu comparant est interrogé.

Les parties en cause ont la parole dans l'ordre suivant:

1° les parties appelantes ;

2° les parties intimées ;


189
3° s’il y a plusieurs parties appelantes ou intimées, elles sont
entendues dans l'ordre fixé par le Président.

Le prévenu ou son conseil ont la parole les derniers.

Toutefois, le prévenu non comparant, détenu hors du siège


de la cour, est jugé contradictoirement s'il a produit un mémoire. S’il
est assisté d'un avocat, celui-ci est entendu.
ARTICLE 574
Si la Cour estime que l’appel est tardif ou irrégulièrement
formé, elle le déclare irrecevable.
Si elle estime que l’appel, bien que recevable n’est pas
fondé, elle confirme le jugement attaqué.
Dans les deux cas, elle condamne l’appelant aux dépens, à
moins que l’appel n’émane du ministère public, les dépens étant
alors laissés à la charge du Trésor public.
ARTICLE 575
La cour peut, sur l’appel du ministère public, soit confirmer le
jugement, soit l’infirmer en tout ou en partie dans un sens favorable
ou défavorable au prévenu.
La cour ne peut, sur le seul appel du prévenu ou civilement
responsable, aggraver le sort de l’appelant.
Elle ne peut, sur le seul appel de la partie civile, modifier le
jugement dans un sens défavorable à celle-ci.
La partie civile ne peut, en cause d’appel, former aucune
demande nouvelle. Toutefois, elle peut demander une augmentation
des dommages-intérêts pour le préjudice souffert depuis la décision
de première instance.
ARTICLE 576
Si le jugement est réformé parce que la cour estime qu’il n’y
a ni crime, ni délit, ni contravention, ou que le fait n’est pas établi ou
qu’il n’est pas imputable au prévenu, elle renvoie celui-ci des fins de
la poursuite.

190
Dans ce cas, si le prévenu relaxé demande des dommages-
intérêts, dans les conditions prévues à l’article 496, il porte
directement sa demande devant la Cour d’Appel.
ARTICLE 577

Si le jugement est réformé parce que la cour estime que le


prévenu bénéficie d’une excuse absolutoire, elle se conforme aux
dispositions de l’article 492.

ARTICLE 578 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Si le jugement est réformé parce que la cour estime que le


fait ne constitue qu’une contravention, elle prononce la peine.

ARTICLE 579 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Si le jugement est annulé parce que la Cour d’Appel estime


que le fait est un crime, elle se déclare incompétente et ordonne la
mainlevée du mandat de dépôt si le prévenu comparaît en détention.
Elle renvoie le ministère public à se pourvoir ainsi qu’il avisera.

La cour ordonne que le prévenu soit, par la force publique,


conduit sans délai devant le Procureur général, lequel ordonne au
Procureur de la République compétent de requérir immédiatement
l’ouverture d’une information.

ARTICLE 580

Si le jugement est annulé pour violation ou omission non


réparée de formes prescrites par la loi à peine de nullité, la cour
évoque et statue sur le fond.

CHAPITRE 2 - APPEL DES JUGEMENTS


DE SIMPLE POLICE

ARTICLE 581

La faculté d’appeler appartient au prévenu, à la personne


civilement responsable, au procureur de la République, lorsque le

191
jugement prononce une peine d'emprisonnement ou une peine
d'amende supérieure à 100.000 francs.

Lorsque des dommages et intérêts ont été alloués, la faculté


d’appeler appartient également au prévenu et à la personne
civilement responsable.

Cette faculté appartient dans tous les cas à la partie civile


quant à ses intérêts civils seulement.

Dans les affaires poursuivies à la requête de l'administration


des Eaux et Forêts, l'appel est toujours possible de la part de toutes
les parties, quelles que soient la nature et l'importance des
condamnations.

Le procureur général peut faire appel de tous les jugements


rendus en matière de simple police.

ARTICLE 582

L'appel des jugements de simple police est porté à la Cour


d’Appel.

Cet appel est interjeté dans les délais prévus par les articles
559 et 560.

L'appel est suivi et jugé dans la même forme que l’appel des
jugements correctionnels.

Les articles 564 à 566 sont applicables à l'appel des


jugements de simple police.

ARTICLE 583

Le procureur général forme son appel dans les formes et


conditions prévues par l'article 567.

ARTICLE 584

Les dispositions des articles 568 et 569, 570 à 580, sont


applicables aux jugements rendus par les tribunaux de simple police.

192
La Cour d’Appel, saisie de l'appel d'un jugement
d'incompétence du tribunal de simple police, si elle constate que le
fait poursuivi constitue un délit, prononce la peine et statue, s’il y a
lieu, sur les dommages-intérêts.

TITRE IV - CITATIONS ET SIGNIFICATIONS

ARTICLE 585

Les citations et significations, sauf disposition contraire des


lois et règlements, sont faites par acte de commissaire de Justice.

Les notifications sont faites par voie administrative.

ARTICLE 586

La citation est délivrée à la requête du procureur général, du


procureur de la République, de la partie civile et de toute
Administration qui y est légalement habilitée.

La citation énonce le fait poursuivi et vise le texte de loi qui


le réprime.

Elle indique le tribunal saisi, le lieu, l'heure et la date de


l'audience et précise la qualité de prévenu, de civilement
responsable ou de témoin de la personne citée.

Si elle est délivrée à la requête de la partie civile, elle


mentionne les noms, prénoms, profession et domicile réel ou élu de
celui-ci.

La citation délivrée à un témoin doit en outre mentionner que


la non comparution, le refus de témoigner et le faux témoignage sont
punis par la loi, et indiquer la possibilité pour lui de se faire assister
d'un avocat lors de sa comparution.

ARTICLE 587 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Le délai entre le jour où la citation est délivrée et le jour fixé


pour la comparution devant le tribunal correctionnel ou de simple
police est d'au moins :

193
1° trois jours si la partie citée réside au siège du tribunal;

2° cinq jours si elle réside dans le ressort du tribunal ;

3° huit jours si elle réside dans un ressort limitrophe ;

4° quinze jours si elle réside dans un autre ressort du


territoire de la République de Côte d'Ivoire ;
5° deux mois dans tous les autres cas.

En cas de non-retour de la citation ou de non-comparution


au jour fixé par le tribunal régulièrement saisi en vertu de l’article
396, celui-ci statue obligatoirement par défaut, lorsque la cause a
déjà subi un renvoi pour le même motif.

ARTICLE 588

Si les délais prescrits à l'article précédent n'ont pas été


observés, les règles suivantes sont applicables :

1° dans le cas où la partie citée ne se présente pas, la


citation doit être déclarée nulle par le tribunal ;

2° dans le cas où la partie citée se présente, la citation


n’est pas nulle mais le tribunal doit, sur la demande de la partie
citée, ordonner le renvoi à une audience ultérieure.

Cette demande doit être présentée avant toute défense au


fond, ainsi qu'il est dit à l'article 394.

ARTICLE 589

La signification des décisions, dans les cas où elle est


nécessaire, est effectuée à la requête du procureur général, du
procureur de la République ou de la partie civile.

L’acte contient la date, les nom, prénoms et adresse de


commissaire de Justice, ainsi que les nom, prénoms et adresse du
destinataire.

194
La personne qui reçoit copie de l’acte doit signer l'original. Si
elle ne veut ou ne peut signer, mention en est faite par le
commissaire de Justice.

ARTICLE 590

Lorsque le commissaire de Justice trouve, au domicile


indiqué dans l’acte, la personne qu'il concerne, il lui en remet une
copie.

ARTICLE 591
Si cette personne est absente de son domicile, le
commissaire de Justice interpelle la personne présente audit
domicile, sur ses noms, prénoms et qualités, ainsi que sur la durée
de l'absence de l'intéressé et sur l'adresse à laquelle celui-ci peut
être trouvé. Le commissaire de Justice se transporte à cette adresse
et remet la copie de l’acte à la personne, ainsi qu'il est dit à l'article
590.
ARTICLE 592
Si la personne présente au domicile déclare ne pas
connaître l'adresse où peut être touché l'intéressé, la copie de l’acte
est remise à la personne présente au domicile.
Il en est de même dans le cas visé à l'article 591 si
l'intéressé n'est pas trouvé à l'adresse qui avait été indiquée au
commissaire de Justice.
Dans ces hypothèses, le commissaire de Justice avise sans
délai de cette remise la partie que l’acte concerne, par tout moyen
laissant trace écrite. Lorsqu'il résulte de l'accusé de réception que
l'intéressé a eu connaissance de l'avis du commissaire de Justice,
l'exploit remis à domicile produit les mêmes effets que s'il avait été
délivré à personne.
ARTICLE 593
Si le commissaire de Justice ne trouve personne au domicile
de celui que l’acte concerne, il vérifie immédiatement l'exactitude de
ce domicile. Lorsque le domicile indiqué est bien celui de l'intéressé,
le commissaire de Justice mentionne dans l'exploit, ses diligences et

195
constatations, puis il remet une copie de cet acte à la mairie, au
maire ou à défaut à un adjoint, au conseiller municipal délégué ou au
secrétaire de mairie. Dans les localités où il n'y a pas de mairie, au
Sous-préfet.
Il avise sans délai de cette remise la partie que l’acte
concerne, par tout moyen laissant trace écrite, en l'informant qu'elle
doit retirer la copie de l’acte à l'adresse indiquée, dans les moindres
délais. Lorsqu'il résulte de l'accusé de réception que l’intéressé a eu
connaissance de l'avis du commissaire de Justice, l’acte remis à la
mairie produit les mêmes effets que s'il avait été délivré à personne.
ARTICLE 594
Si la personne visée par l’acte est sans domicile ou
résidence connu, le commissaire de Justice remet une copie de
l’acte au parquet.
ARTICLE 595
Lorsqu'il n'est pas établi que l'intéressé a reçu l’acte qui lui a
été adressé par le commissaire de Justice conformément aux
dispositions des articles 592 et 593, ou lorsque l’acte a été délivré au
parquet, un officier de police judiciaire peut être requis par le
procureur de la République à l'effet de procéder à des recherches en
vue de découvrir l'adresse de l'intéressé. En cas de découverte de
ce dernier, l'officier de police judiciaire lui donne connaissance de
l’acte, qui produit alors les mêmes effets que s'il avait été délivré à
personne.
Dans tous les cas, l’officier de police judiciaire dresse
procès-verbal de ses recherches et le transmet sans délai au
procureur de la République.
ARTICLE 596
Dans les cas prévus aux articles 592 et 593, la copie est
délivrée sous enveloppe fermée ne portant d'autres indications, d'un
côté que les nom, prénoms, adresse de l'intéressé, et de l'autre que
le cachet de l'étude du commissaire de Justice apposé sur la
fermeture du pli.

196
ARTICLE 597
Les personnes qui résident à l'étranger, sont citées au
parquet du procureur de la République près le tribunal saisi, lequel
vise l'original et envoie la copie au ministre des Affaires étrangères
ou à toute autre autorité déterminée par les conventions
diplomatiques.
ARTICLE 598
Dans tous les cas, le commissaire de Justice doit mentionner
sur l’original de l’acte et sous forme de procès-verbal, ses diligences
ainsi que les réponses qui ont été faites à ses différentes
interpellations.
Le procureur de la République peut prescrire au
commissaire de Justice de nouvelles recherches, s'il estime
incomplètes celles qui ont été effectuées.

L’original de l’acte doit être adressé à la personne à la


requête de qui il a été délivré, dans les vingt-quatre heures.

En outre, si l’acte a été délivré à la requête du procureur de


la République, une copie de l’acte doit être jointe à l'original.

ARTICLE 599

Les commissaires de Justice sont tenus de mettre, à la fin de


l'original et de la copie de l’acte, le coût de celui-ci, à peine d'une
amende civile de 20.000 à 100.000 francs. Cette amende est
prononcée par le président de la juridiction saisie de l'affaire.

ARTICLE 600 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

La nullité d’un acte de commissaire de Justice ne peut être


prononcée que lorsqu'il a eu pour effet de porter atteinte aux intérêts
de la personne qu'il concerne, sous réserve, pour les délais de
citation, des dispositions de l'article 588 alinéa 1-2°.

197
ARTICLE 601

Si un acte est déclaré nul par le fait du commissaire de


Justice, celui-ci peut être condamné aux frais de l’acte et de la
procédure annulée, et éventuellement à des dommages-intérêts
envers la partie à laquelle il est porté préjudice.

La juridiction qui déclare la nullité a compétence pour


prononcer ces condamnations.

ARTICLE 602

Tout commissaire de Justice qui, sciemment, porte des


mentions inexactes dans les actes, est puni d’un emprisonnement
d’un mois à six mois et d’une amende de 36.000 francs à 400.000
francs, ou de l’une de ces deux peines seulement.

198
LIVRE IV -
VOIES DE RECOURS EXTRAORDINAIRES

199
TITRE PREMIER - POURVOI EN CASSATION

CHAPITRE PREMIER - CONDITIONS DU POURVOI

ARTICLE 603

Les arrêts de la Chambre d’instruction et les arrêts et


jugements rendus en dernier ressort en matière criminelle,
correctionnelle et de simple police peuvent être annulés en cas de
violation de la loi sur pourvoi en cassation formé par le ministère
public ou par la partie à laquelle il est fait grief.

Le recours est porté devant la Cour de cassation.

ARTICLE 604

Le ministère public et toutes les parties ont quinze jours


francs à compter du prononcé de la décision attaquée pour se
pourvoir en cassation.

Toutefois, le délai de pourvoi ne court qu’à compter de la


signification de l’arrêt, quel qu’en soit le mode :

1° pour la partie qui, après débat contradictoire, n’était pas


présente ou représentée à l’audience où l’arrêt a été prononcé, si
elle n’avait pas été informée ainsi qu’il est dit à l’article 484, alinéa 2 ;

2° pour le prévenu qui a demandé à être jugé en son


absence dans les conditions prévues à l’article 421, alinéa 1 ;

3° pour le prévenu qui n’a pas comparu dans le cas prévu


aux articles 420 et 421, alinéa 4 ;

4° pour le prévenu qui a été jugé par itératif défaut ; le délai


du pourvoi contre les arrêts ou les jugements par défaut ne court, à
l’égard du prévenu que du jour où ils ne sont plus susceptibles
d’opposition. A l’égard du ministère public, le délai court à compter
de l’expiration du délai de dix jours qui suit la signification.

200
ARTICLE 605

Pendant les délais du recours en cassation et s’il y a eu


recours, jusqu’au prononcé de l’arrêt de la Cour de cassation,

II en est sursis à l’exécution de l’arrêt objet du recours sauf


en ce qui concerne les condamnations civiles.

ARTICLE 606 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Est, nonobstant pourvoi, mis en liberté, immédiatement


après l’arrêt objet du recours :

1° l’inculpé détenu à l’égard duquel un arrêt de non-lieu ou


un arrêt de mise en liberté a été rendu ;

2° l’accusé ou le prévenu détenu à l’égard duquel un arrêt de


mise en liberté a été rendu ;

3° l’accusé ou le prévenu détenu qui a été acquitté, relaxé


ou absous, ou condamné soit à l’emprisonnement assorti du sursis,
soit à l’amende ;

4° l’accusé ou le prévenu détenu condamné à une peine


d'emprisonnement, aussitôt que la durée de la détention aura atteint
celle de la peine prononcée.

Il en est de même de l'accusé ou du prévenu détenu,


condamné à une peine d'emprisonnement, aussitôt que la durée de
la détention aura atteint celle de la peine prononcée.

ARTICLE 607

Lorsqu’une juridiction statue en dernier ressort par jugement


ou arrêt distinct de la décision sur le fond, le pourvoi en cassation est
immédiatement recevable si ce jugement ou arrêt met fin à la
procédure.

201
ARTICLE 608

Dans tous les autres cas, le recours en cassation contre les


jugements ou arrêts distincts du jugement ou de l’arrêt sur le fond,
n’est reçu qu’après le jugement ou l’arrêt définitif sur le fond. La
procédure suit son cours sans discontinuer, nonobstant la
déclaration de pourvoi.

ARTICLE 609

Les arrêts d’acquittement prononcés par la Chambre


criminelle de la Cour d’Appel ne peuvent faire l’objet d’un pourvoi
que dans le seul intérêt de la loi, et sans préjudicier à la partie
acquittée.

ARTICLE 610
Les arrêts prononcés par la Chambre criminelle de la Cour
d’Appel peuvent donner lieu à un recours en cassation de la part des
parties auxquelles ils font grief soit après acquittement dans les
conditions prévues par l’article 345, soit après acquittement ou
absolution dans les conditions prévues par l’article 346.
II en est de même des arrêts statuant sur les restitutions
comme il est dit à l’article 347.
ARTICLE 611
L’arrêt de la Chambre d’instruction portant renvoi du prévenu
devant le tribunal correctionnel ou de simple police ne peut être
attaqué devant la Cour de cassation que lorsqu’il statue d’office ou
sur déclinatoire des parties, sur la compétence.
ARTICLE 612
La partie civile ne peut se pourvoir en cassation contre les
arrêts de la Chambre d’instruction que s’il y a pourvoi du ministère
public.
Toutefois son seul pourvoi est recevable dans les cas
suivants :
1° lorsque l’arrêt de la Chambre d’instruction a dit n’y avoir
lieu à informer ;
202
2° lorsque l’arrêt a déclaré l'irrecevabilité de l’action de la
partie civile ;
3° lorsque l’arrêt a déclaré l’action publique prescrite ;
4° lorsque l’arrêt a, d’office ou sur déclinatoire des parties,
prononcé l’incompétence de la juridiction saisie.
5° lorsque l’arrêt a omis de statuer sur un chef
d’inculpation ;
6° lorsque l'arrêt ne satisfait pas, en la forme, aux
conditions essentielles de son existence légale ; dans ce cas, il sera
fait application des dispositions de l’article 608.
CHAPITRE 2 - FORMES DU POURVOI

ARTICLE 613

La déclaration de pourvoi est faite au greffier de la juridiction


qui a rendu la décision attaquée ou au greffier de la juridiction de la
résidence du demandeur en cassation.

Elle est signée par le greffier et par le demandeur en


cassation lui-même ou par un avocat ou par un fondé de pouvoir
spécial ; dans ce dernier cas, le pourvoi est annexé à l’acte dressé
par le greffier. Si le déclarant ne peut signer, le greffier en fait
mention.

Elle est inscrite sur un registre public à ce destiné et toute


personne a le droit de s’en faire délivrer une copie.

Dans le cas où le pourvoi est reçu par le greffe de la


résidence, le greffier qui a dressé l’acte le transmet sans délai au
greffe de la juridiction qui a statué.

ARTICLE 614

Lorsque le demandeur en cassation est détenu, il peut


également faire connaître sa volonté de se pourvoir par une lettre
qu’il remet au chef de l’établissement pénitentiaire ; ce dernier lui en
délivre récépissé.

203
Le chef de l’établissement pénitentiaire certifie sur cette
lettre même que celle-ci lui a été remise par l’intéressé et il précise la
date de la remise.

Ce document est transmis immédiatement au greffe de la


juridiction qui a rendu la décision attaquée ; il est transcrit sur le
registre prévu par l’article 613 alinéas 3, et est annexé à l’acte
dressé par le greffier.

ARTICLE 615

Le recours est notifié par le greffier de la juridiction qui a


statué au ministère public et aux autres parties par notification, dans
un délai de trois jours.

ARTICLE 616
La partie qui n’a pas reçu la notification prévue à l’article 615
a le droit de former opposition à l’arrêt rendu par la Cour de
cassation, par déclaration au greffe de la juridiction qui a rendu la
décision, dans les cinq jours de la signification de l’arrêt qui lui est
faite par la Cour de cassation.
ARTICLE 617
Le demandeur est tenu, à peine de déchéance, de consigner
le montant d’une somme de 25.000 francs.
ARTICLE 618
Sont néanmoins dispensés de consignation :
1° les condamnés à l’emprisonnement correctionnel ou de
simple police ;
2° les personnes qui joignent à leur demande, un certificat
du percepteur de la commune portant qu’elles ne sont pas imposées
et un certificat délivré par le maire de la commune de leur domicile,
ou par le commissaire de police ou par le chef de circonscription
administrative, constatant qu’elles se trouvent, à raison de leur
indigence, dans l’impossibilité de consigner l’amende ;
3° les mineurs de dix-huit ans.

204
ARTICLE 619
Sont dispensés de consignation et ne sont pas condamnés à
l’amende-dépens :
1° les condamnés à une peine criminelle ;
2° les agents publics pour les affaires concernant
directement l’Administration et les domaines de l’Etat.
ARTICLE 620
Sont déclarés déchus de leur pourvoi les condamnés à une
peine emportant privation de liberté pour une durée de plus de six
mois, qui ne sont pas en état ou qui n’ont pas obtenu, de la
juridiction qui a prononcé, dispense, avec ou sans caution, de se
mettre en état.
L’acte de leur écrou ou l’arrêt leur accordant la dispense est
produit devant la Cour de cassation, au plus tard au moment où
l’affaire y est appelée.

Pour que son recours soit recevable, il suffit au demandeur


de justifier qu’il s’est constitué dans une maison d’arrêt soit du lieu
où siège la Cour de cassation, soit du lieu où a été prononcée la
condamnation ; le chef de l’établissement pénitentiaire l’y reçoit sur
l’ordre du procureur général près la Cour d’Appel.

ARTICLE 621

Le demandeur en cassation, soit en faisant sa déclaration,


soit dans les dix jours suivants, peut déposer au greffe de la
juridiction qui a rendu la décision attaquée, un mémoire signé de lui
ou de son conseil, contenant ses moyens de cassation. Le greffier
en délivre reçu et, suivant les formes prévues à l’article 615, le notifie
dans les trois jours aux autres parties en cause. Ce mémoire doit
être accompagné d’autant de copies qu’il y a de parties en cause.

ARTICLE 622

Pendant le délai d’un mois, à compter de la notification


prévue par l’article 615, les autres parties en cause peuvent
également déposer un mémoire au greffe de la juridiction qui a
statué.

205
ARTICLE 623

Le greffier de la Cour d’Appel, dans le délai maximum de


quarante-cinq jours à compter de la déclaration de pourvoi, cote et
paraphe les pièces du dossier, auquel il joint une expédition de la
décision attaquée, une expédition de l’acte de pourvoi et, s’il y a lieu,
les mémoires prévus aux articles précédents. Du tout, il dresse
inventaire.

ARTICLE 624

Lorsque le dossier est en état, le greffier le remet au


procureur général près la Cour d’Appel qui l’adresse immédiatement,
accompagné d’un rapport au greffe de la Cour de cassation.

CHAPITRE 3 - OUVERTURES A CASSATION

ARTICLE 625

Les arrêts de la Chambre d’instruction ainsi que les arrêts et


jugements rendus en dernier ressort par les juridictions de jugement,
lorsqu’ils sont revêtus des formes prescrites par la loi, ne peuvent
être cassés que pour violation de la loi.

ARTICLE 626

Ces décisions sont déclarées nulles lorsqu’elles ne sont pas


rendues par le nombre de juges prescrit ou qu’elles ont été rendues
par des juges qui n’ont assisté à aucune des audiences de la cause.

Lorsque plusieurs audiences ont été consacrées à la même


affaire, les juges qui ont concouru à la décision sont présumés avoir
assisté à toutes ces audiences.

Ces décisions sont également déclarées nulles lorsqu’elles


ont été rendues sans que le ministère public ait été entendu.

ARTICLE 627

Les arrêts de la Chambre d’instruction ainsi que les arrêts et


jugements en dernier ressort sont déclarés nuls s’ils ne contiennent
pas de motifs ou si leurs motifs sont insuffisants et ne permettent
pas à la Cour de cassation d’exercer son contrôle et de reconnaître
si la loi a été respectée dans le dispositif.
206
Il en est de même lorsqu’il a été omis ou refusé de
prononcer soit sur une ou plusieurs demandes des parties, soit sur
une ou plusieurs réquisitions du ministère public.

ARTICLE 628

En matière criminelle et dans le cas où l’accusé a été


condamné, si l’arrêt a prononcé une peine autre que celle appliquée
par la loi à la nature du crime, l’annulation de l’arrêt peut être
poursuivie tant par le ministère public que par la partie condamnée.

ARTICLE 629

L’action prévue à l’article précédent appartient au ministère


public contre les arrêts d’acquittement mentionnés à l’article 337 si la
décision a été prononcée sur la base de la non-existence d’une loi
pénale qui pourtant aurait existé.

ARTICLE 630

Lorsque la peine prononcée est la même que celle portée


par la loi qui s’applique à l’infraction, nul ne peut demander
l’annulation de l’arrêt sous le prétexte qu’il y aurait erreur dans la
citation du texte de la loi.

ARTICLE 631

En matière correctionnelle, le prévenu n’est pas recevable à


présenter comme moyen de cassation les nullités commises en
première instance s’il ne les a pas opposées devant la Cour d’Appel,
à l’exception de la nullité pour cause d’incompétence lorsqu’il y a eu
appel du ministère public.

ARTICLE 632

Nul ne peut se prévaloir contre la partie poursuivie de la


violation ou de l’omission des règles établies pour assurer la défense
de celle-ci.

207
ARTICLE 633

L’effet du pourvoi en cassation s’étend quelle que soit la


partie demanderesse, au contrôle général de la légalité de la
décision attaquée.

Toutefois, si le ministère public n’a pas formé de pourvoi,


l’arrêt de cassation, lorsqu'il est de nature à aggraver la situation
pénale de l’une des parties, n’est rendu que dans l'intérêt de la loi et
sans renvoi.

CHAPITRE 4 - POURVOI DANS L’INTERET DE LA LOI

ARTICLE 634

Le procureur général près la Cour de cassation, soit d’office,


soit à la demande du ministre de la Justice peut dénoncer par
requête adressée au président de la Cour de cassation des actes
judiciaires, arrêts ou jugements contraires à la loi. Ces actes, arrêts
ou jugements peuvent être annulés par la Cour de cassation.

ARTICLE 635

Lorsqu’il a été rendu par une Cour d’Appel, par un tribunal


criminel ou par un tribunal correctionnel ou de simple police, un arrêt
ou jugement en dernier ressort, sujet à cassation, et contre lequel
néanmoins aucune des parties ne s’est pourvue dans le délai
déterminé, le procureur général près la Cour d’Appel peut, d’office et
nonobstant l’expiration du délai, se pourvoir, mais dans le seul
intérêt de la loi, contre ledit jugement ou arrêt. La cour se prononce
sur la recevabilité et le bien-fondé de ce pourvoi. Si le pourvoi est
accueilli, la cassation est prononcée, sans que les parties puissent
s’en prévaloir et s’opposer à l’exécution de la décision annulée.

ARTICLE 636

Le procureur général près la Cour d’Appel, peut soumettre à


la Cour de cassation, pour annulation, les actes par lesquels les
juges excèdent leurs pouvoirs. Cette action est également ouverte à
toute personne à qui ces actes font grief.

208
TITRE II - DEMANDES EN REVISION

ARTICLE 637

La révision peut être demandée, quelle que soit la juridiction


qui a statué, au bénéfice de toute personne reconnue auteur d’un
crime ou d’un délit :

1° lorsque, après une condamnation pour homicide, des


pièces sont représentées propres à faire naître des indices suffisants
pour établir que la prétendue victime de l’homicide est en vie ;

2° lorsque, après une condamnation pour crime ou délit, un


nouvel arrêt ou jugement a condamné pour le même fait un autre
accusé ou prévenu et que, les deux condamnations ne pouvant se
concilier, leur contradiction est la preuve de l’innocence de l’un ou de
l’autre condamné ;
3° lorsque pour le même fait, plusieurs décisions devenues
définitives sont en contradiction ;
4° lorsqu’un des témoins entendus a été, postérieurement
à la condamnation, poursuivi et condamné pour faux témoignage
contre l’accusé ou le prévenu, le témoin ainsi condamné ne peut pas
être entendu dans les nouveaux débats ;
5° lorsque, après une condamnation, un fait vient à se
produire ou à se révéler, ou lorsque des pièces inconnues lors des
débats sont représentées, de nature à établir l’innocence du
condamné.
ARTICLE 638
Le droit de demander la révision appartient :
1° au procureur général près la Cour d’Appel ;
2° au condamné, ou, en cas d’incapacité, à son
représentant légal ;
3° après la mort ou l’absence déclarée du condamné, à
son conjoint, à ses enfants, à ses parents, à ses légataires
universels ou à titre universel, à ceux qui en ont reçu de lui la
mission expresse.

209
La Cour de cassation est saisie par voie de requête.
ARTICLE 639
Si l’arrêt ou le jugement de condamnation, n’a pas été
exécuté, l’exécution en est suspendue de plein droit à partir de la
demande en révision.
Si le condamné est en état de détention, l’exécution peut
être suspendue par décision du président de la Cour de cassation,
saisi par voie de requête.
ARTICLE 640

Si l’affaire n’est pas en état, la Cour se prononce sur la


recevabilité de la demande et procède directement ou par
commission rogatoire à toutes enquêtes sur le fond, confrontations,
reconnaissances d’identité et moyens propres à mettre la vérité en
évidence.

Lorsque l’affaire est en état, la Cour l’examine au fond. Elle


rejette la demande si elle l’estime mal fondée. Si, au contraire, elle
l’estime fondée, elle annule la condamnation prononcée. Elle
apprécie s’il est possible de procéder à de nouveaux débats
contradictoires. Dans l’affirmative, elle renvoie les accusés ou
prévenus devant une juridiction de même ordre et de même degré
mais autre que celle dont émane la décision annulée.

S’il y a impossibilité de procéder à de nouveaux débats,


notamment en cas de décès, de démence, de contumace ou de
défaut d'un ou plusieurs condamnés, d’irresponsabilité pénale ou
d'excusabilité, en cas de prescription de l’action publique ou de la
peine, la Cour de cassation, après l’avoir expressément constatée,
statue au fond en présence des parties civiles, s’il y en a au procès,
et des curateurs nommés par elle à la mémoire de chacun
des morts ; en ce cas elle annule seulement celles des
condamnations qui lui paraissent non justifiées et décharge s’il y a
lieu, la mémoire des morts.

210
Si l’impossibilité de procéder à de nouveaux débats ne se
révèle qu’après l’arrêt de la Cour de cassation annulant l’arrêt ou le
jugement de condamnation et prononçant le renvoi, la Cour de
cassation rapporte la désignation par elle faite de la juridiction de
renvoi et statue comme il est dit à l’alinéa précédent.

Si l’annulation du jugement ou de l’arrêt à l’égard d’un


condamné vivant ne laisse rien subsister à sa charge qui puisse être
qualifié crime ou délit, aucun renvoi n’est prononcé.

ARTICLE 641

La décision d’où résulte l’innocence d’un condamné peut,


sur la demande de celui-ci, lui allouer des dommages-intérêts à
raison du préjudice que lui a causé la condamnation.

Si la victime de l’erreur judiciaire est décédée, le droit de


demander des dommages-intérêts appartient, dans les mêmes
conditions, à son conjoint, à ses ascendants et descendants

Il n’appartient aux parents d’un degré plus éloigné qu’autant


qu’ils justifient d’un préjudice matériel résultant pour eux de la
condamnation.

La demande est recevable en tout état de la procédure en


révision.

Les dommages-intérêts alloués sont à la charge de l’Etat,


sauf son recours contre la partie civile, le dénonciateur ou le faux
témoin par la faute desquels la condamnation a été prononcée. Ils
sont payés comme frais de justice criminelle.

Les frais de l’instance en révision sont avancés par le Trésor


public à partir de la saisine de la Cour de cassation.

Si l’arrêt ou le jugement définitif de révision prononce une


condamnation, il met à la charge du condamné ou, s’il y a lieu, des
demandeurs en révision, les frais dont l’Etat peut demander le
remboursement.

Le demandeur en révision qui succombe dans son instance


est condamné à tous les frais.
211
Si le demandeur le requiert, l’arrêt ou le jugement de révision
d’où résulte l’innocence du condamné est affiché dans la ville où a
été prononcée la condamnation, dans la commune du lieu où le
crime ou le délit a été commis, dans celle du domicile des
demandeurs en révision et du dernier domicile de la victime de
l’erreur judiciaire, si elle est décédée. Dans les mêmes conditions il
est ordonné qu’il soit inséré au Journal officiel et publié, par extraits,
dans un journal au choix de la juridiction qui a prononcé la décision.

Les frais de la publicité ci-dessus prévus sont à la charge du


Trésor public.

212
LIVRE V -
PROCEDURES PARTICULIERES

213
TITRE PREMIER - PROCEDURE APPLICABLE
A LA CRIMINALITE ET
A LA DELINQUANCE ORGANISEES

ARTICLE 642

La compétence territoriale d'un tribunal de première


instance, d'un tribunal criminel et d’une Cour d’Appel peut être
étendue au ressort d'une ou de plusieurs Cours d’Appel pour
l'enquête, la poursuite, l'instruction et le jugement des crimes et
délits dont la liste est déterminée par décret. Cette compétence
s'étend aux infractions connexes.

Les juridictions définies à l’alinéa précédent, dont la liste et


le ressort sont fixés par décret, comprennent une section du
Parquet, des formations d'instruction et de jugement spécialisées
pour connaître de ces infractions.

ARTICLE 643

Au sein de chaque tribunal de première instance dont la


compétence territoriale est étendue au ressort d'une ou plusieurs
Cours d'Appel, le procureur de la République et le Président du
tribunal de première instance, désignent respectivement un ou
plusieurs magistrats du Parquet, juges d'instruction et autres
magistrats du siège chargés spécialement de la poursuite,
l'instruction et, s'il s'agit de délits, du jugement des infractions entrant
dans le champ d'application de l’article 642.

Au sein de chaque tribunal criminel dont la compétence


territoriale est étendue au ressort d'une ou plusieurs cours d'appel, le
premier président désigne des magistrats du siège, chargés
spécialement du jugement des crimes entrant dans le champ
d'application de ces infractions. Le nombre des assesseurs, en
première instance ou de conseillers en appel peut être porte à six
par décision du premier président.

Au sein de chaque Cour d’Appel dont la compétence


territoriale est étendue au ressort d'une ou plusieurs cours d'appel, le
premier président et le procureur général désignent respectivement
des magistrats du siège et du parquet général chargés spécialement
du jugement des délits.

214
ARTICLE 644

Le procureur de la République, le juge d’instruction, la


formation correctionnelle spécialisée du tribunal de première
instance, le tribunal criminel et la Cour d’Appel visés à l’article 642
exercent, sur toute l’étendue du ressort fixé en application de cet
article, une compétence concurrente à celle qui résulte de
l'application des articles 54, 59 et 390.

La juridiction saisie en vertu de l'article 642 demeure


compétente, quelles que soient les incriminations retenues lors du
règlement ou du jugement de l’affaire. Toutefois, si les faits
constituent une contravention, le juge d’instruction prononce le
renvoi de l’affaire devant le tribunal de simple police compétent.

ARTICLE 645

Le procureur de la République près un tribunal de première


instance peut, pour les infractions entrant dans le champ
d'application de l’article 642 requérir le juge d’instruction de se
dessaisir au profit de la juridiction d'instruction compétente en
application de l'article 642. Les parties sont préalablement avisées et
invitées à faire connaître leurs observations par le juge d'instruction.
L'ordonnance est rendue dix jours au plus tard à compter de cet avis.

Lorsque le juge d'instruction décide de se dessaisir, son


ordonnance ne prend effet qu'à compter du délai de cinq jours.
Lorsqu'un recours est exercé contre cette ordonnance, le juge
d'instruction demeure saisi jusqu'à ce que soit porté à sa
connaissance l'arrêt de la Chambre d’instruction passé en force de
chose jugée ou celui de la Cour de cassation.

Dès que l'ordonnance est passée en force de chose jugée,


le procureur de la République adresse le dossier de la procédure au
procureur de la République près le tribunal de première instance
compétent en application de l'article 642.

Les dispositions du présent article sont applicables devant la


Chambre d’instruction.

215
ARTICLE 646

L'ordonnance rendue en application de l'article 645 peut, à


l'exclusion de toute autre voie de recours, être déférée dans les cinq
jours de sa notification, à la requête du ministère public ou des
parties, soit à la Chambre d’instruction si la juridiction spécialisée au
profit de laquelle le dessaisissement a été ordonné ou refusé se
trouve dans le ressort de la Cour d’Appel dans lequel se situe la
juridiction initialement saisie, soit, dans le cas contraire, à la Cour de
cassation.

La Chambre d’instruction ou la Cour de cassation désigne,


dans les huit jours suivant la date de réception du dossier, le juge
d'instruction chargé de poursuivre l'information.

Le ministère public peut également saisir directement la


Chambre d’instruction ou la Cour de cassation lorsque le juge
d'instruction n'a pas rendu son ordonnance dans le délai de dix jours
prévu au premier alinéa de l'article 645.

L'arrêt de la Chambre d’instruction ou de la Cour de


cassation est porté à la connaissance du juge d'instruction ainsi
qu'au ministère public et notifié aux parties.

ARTICLE 647

Le procureur général près la Cour d’Appel, dans le ressort


de laquelle se trouve une juridiction compétente en application de
l'article 642, anime et coordonne, en concertation avec les autres
procureurs généraux, la conduite de la politique d'action publique
pour l'application du présent titre.

TITRE II - FAUX

ARTICLE 648

Lorsqu'il est porté à la connaissance du procureur de la


République qu'une pièce arguée de faux figure dans un dépôt public
ou a été établie dans un dépôt public, le procureur de la République
peut se transporter dans ce dépôt pour procéder à tous examens et
vérifications nécessaires.

216
Le procureur de la République ne peut déléguer les pouvoirs
ci-dessus à un officier de police judiciaire.

Le procureur de la République peut, en cas d'urgence,


ordonner le transport au greffe des documents suspectés.

ARTICLE 649

Dans toute information pour faux en écriture, le juge


d'instruction, aussitôt que la pièce arguée de faux a été produite
devant lui ou a été placée sous-main de justice, en ordonne le dépôt
au greffe. Il la revêt de sa signature, ainsi que le greffier en chef qui
dresse du dépôt un acte décrivant l'état de la pièce.

Toutefois, si la pièce arguée de faux peut être reproduite par


tout moyen, une reproduction de la pièce est annexée au procès-
verbal de dépôt, lequel peut alors être dressé en la forme ordinaire,
sans être tenu de décrire l'état de la pièce.

ARTICLE 650

Le juge d'instruction peut se faire remettre par qui il


appartiendra et saisir toutes pièces de comparaison. Celles-ci sont
revêtues de sa signature et de celle du greffier en chef qui en fait un
acte descriptif comme il est dit à l’article précédent.

Les dispositions du deuxième alinéa de l'article précédent,


sont applicables au dépôt des pièces de comparaison.

ARTICLE 651

Tout dépositaire public de pièces arguées de faux, ou ayant


servi à établir des faux, est tenu, sur ordonnance du juge
d'instruction, de les lui remettre et de fournir, le cas échéant, les
pièces de comparaison qui sont en sa possession.

Si les pièces ainsi remises par un officier public ou saisies


entre ses mains ont le caractère d'actes authentiques, il peut
demander à ce qu'il lui en soit laissé une copie, certifiée conforme
par le greffier en chef, ou une reproduction par tout moyen.

Ladite copie ou reproduction est mise au rang des minutes


de l'office jusqu'à restitution de la pièce originale.

217
ARTICLE 652

Si au cours d'une audience d'un tribunal ou de la cour une


pièce de la procédure ou une pièce produite, est arguée de faux, la
juridiction décide, après avoir recueilli les observations du ministère
public et des parties, s'il y a lieu, ou non de surseoir jusqu'à ce qu'il
ait été prononcé sur le faux par la juridiction compétente.

Si l'action publique est éteinte ou ne peut être exercée du


chef de faux, et s'il n'apparaît pas que celui qui a produit la pièce ait
fait sciemment usage d'un faux, le tribunal ou la cour saisi de l'action
principale statue incidemment sur le caractère de la pièce prétendue
entachée de faux.

TITRE III - MANIERE DE PROCEDER EN CAS


DE DISPARITION DES PIECES
D’UNE PROCEDURE

ARTICLE 653

Lorsque, par suite d'une cause extraordinaire, des minutes


d'arrêts ou de jugements rendus en matière criminelle,
correctionnelle ou de simple police, et non encore exécutés, ou des
procédures en cours et leurs copies établies conformément à l’article
98 ont été détruites, enlevées ou se trouvent égarées et qu'il n'a pas
été possible de les rétablir, il est procédé ainsi qu'il suit.

ARTICLE 654

S'il existe une expédition ou copie authentique du jugement


ou de l'arrêt, elle est considérée comme minute et en conséquence
remise par tout officier public, tout dépositaire ou tout détenteur au
greffe de la juridiction qui a rendu la décision, sur l'ordre qui lui en
est donné par le président de cette juridiction.

Cet ordre lui sert de décharge.

ARTICLE 655

Lorsqu'il n'existe plus d'expédition ni de copie authentique de


l'arrêt ou du jugement, il est procédé au vu des mentions portées au
plumitif d'audience, à la rédaction d'un nouvel arrêt ou jugement.

218
ARTICLE 656
Lorsque les mentions portées au plumitif sont insuffisantes
ou ne peuvent plus être représentées, l'instruction est recommencée
à partir du point où les pièces se trouvent manqué.
TITRE IV - DEPOSITIONS DES MEMBRES DU
GOUVERNEMENT ET DES REPRESENTANTS
DES PUISSANCES ETRANGERES
ARTICLE 657
Les ministres ne peuvent comparaître comme témoins
qu'après autorisation du Conseil des ministres, sur le rapport du
garde des Sceaux, ministre de la Justice.
Cette autorisation est donnée par décret.
ARTICLE 658
Lorsque la comparution a lieu en vertu de l'autorisation
prévue à l'article précédent, la déposition est reçue dans les formes
ordinaires.
ARTICLE 659
Lorsque la comparution n'a pas été demandée ou n'a pas
été autorisée, la déposition est reçue par écrit dans la demeure du
témoin, par le Premier Président de la Cour d’Appel ou, si le témoin
réside hors du chef-lieu de la Cour, par le président du tribunal de sa
résidence.
Il sera, à cet effet, adressé par la juridiction saisie de l'affaire,
au magistrat ci-dessus désigné, un exposé des faits, ainsi qu'une
liste des demandes et questions sur lesquels le témoignage est
requis.
ARTICLE 660
La déposition ainsi reçue est immédiatement remise au
greffe ou envoyée, close et cachetée, à celui de la juridiction
requérante et communiquée, sans délai, au ministère public ainsi
qu'aux parties intéressées.
Devant le tribunal criminel, elle est lue publiquement et
soumise aux débats.

219
ARTICLE 661

La déposition écrite d'un représentant d'une puissance


étrangère est demandée par l'entremise du ministre des Affaires
étrangères. Si la demande est agréée, cette déposition est reçue par
le Premier Président de la Cour d'Appel ou par le magistrat qu'il aura
délégué.

Il est alors procédé dans les formes prévues aux articles


659, alinéa 2 et 660.

TITRE V - REGLEMENTS DE JUGES

ARTICLE 662 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Lorsque deux juges d'instruction, appartenant à des


tribunaux différents dans le ressort de la même cour d’appel, se
trouvent simultanément saisis de la même infraction, le ministère
public peut, dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice,
requérir l'un des juges de se dessaisir au profit de l'autre. Si le conflit
de compétence subsiste, il est réglé de juges conformément aux
articles 663 à 666.

ARTICLE 663

Lorsque deux tribunaux correctionnels, deux juges


d'instruction ou deux tribunaux de simple police du ressort de la
même Cour d’Appel se trouvent saisis simultanément de la même
infraction, il est réglé de juges par la Chambre d’instruction qui
statue sur requête présentée par le ministère public, l'inculpé ou la
partie civile. Cette décision n'est pas susceptible d'un recours en
cassation.

ARTICLE 664

Lorsqu’après renvoi ordonné par le juge d'instruction devant


le tribunal correctionnel ou le tribunal de simple police, cette
juridiction de jugement s'est, par décision devenue définitive,
déclarée incompétente, il est réglé de juges par la Chambre
d’instruction. Cette décision n'est pas susceptible d'un recours en
cassation.

220
ARTICLE 665

Hors les cas prévus aux articles 663 et 664, tous conflits de
compétence sont portés devant la Cour de cassation, laquelle est
saisie par requête du ministère public, de l'inculpé ou de la partie
civile.

ARTICLE 666

La requête en règlement de juges est signifiée à toutes les


parties intéressées qui ont un délai de trente jours pour déposer un
mémoire au greffe de la juridiction chargée de régler déjugés.

TITRE VI - RENVOIS D'UN TRIBUNAL A UN AUTRE

ARTICLE 667

En matière criminelle, correctionnelle ou de simple police, la


Cour de cassation peut dessaisir toute juridiction d'instruction ou de
jugement et renvoyer la connaissance de l’affaire à une autre
juridiction du même ordre, soit si la juridiction normalement
compétente ne peut être légalement composée, ou si le cours de la
Justice se trouve autrement interrompu, soit pour cause de suspicion
légitime.

La requête aux fins de renvoi est déposée au greffe de la


juridiction saisie soit par le ministère public près cette juridiction, soit
par l'inculpé, le prévenu ou l’accusé, soit par la partie civile.

La requête est signifiée dans les cinq jours de son dépôt, par
le greffier en chef, à toutes les parties intéressées qui ont un délai de
cinq jours pour déposer un mémoire au greffe. Le dossier est ensuite
mis en état par le greffier en chef et transmis au greffe de la Cour de
cassation.

La présentation de la requête n'a d'effet suspensif que


devant les juridictions de jugement, à moins qu’il n’en soit autrement
ordonné par le président la Cour de cassation dans les quarante-
huit heures de la réception du dossier. La Cour de cassation statue
sur la requête dans les quinze jours de la réception du dossier.

221
En cas de rejet d'une demande de renvoi pour cause de
suspicion légitime, la Cour de cassation peut toutefois ordonner le
renvoi dans l'intérêt d'une meilleure administration de la Justice.

ARTICLE 668

Lorsqu'un condamné à une peine privative de liberté est


détenu au siège de la juridiction qui a prononcé cette condamnation,
définitive ou non, le procureur de la République, le juge d'instruction,
les tribunaux et la Cour d’Appel de ce lieu de détention ont
compétence, en dehors des règles prescrites par les articles 54, 59
et 390, alinéa 1, pour connaître de toutes les infractions qui lui sont
imputées.

ARTICLE 669

Lorsqu'un condamné à une peine privative de liberté est


détenu sans que l'article 668 puisse recevoir application, il est
procédé comme en matière de suspicion légitime, mais à la
demande du ministère public seulement, en vue du renvoi de la
procédure de la juridiction saisie à celle du lieu de détention.

ARTICLE 670

Le renvoi peut être ordonné pour cause de sûreté publique


par la Cour de cassation, mais seulement à la requête du ministre de
la Justice. Il est procédé comme il est dit à l'article 667.

L'arrêt qui a rejeté une demande en renvoi pour sûreté


publique n'exclut pas une nouvelle demande en renvoi fondée sur
des faits survenus depuis.

ARTICLE 671

Tout arrêt qui a statué sur une demande en renvoi pour l'une
des causes précitées est signifié aux parties intéressées à la
diligence du greffier en chef de la Cour de cassation.

222
TITRE VII - RECUSATION

ARTICLE 672

Tout juge peut-être récusé pour les causes ci-après :

1° si le juge ou son conjoint sont parents ou alliés de l'une


des parties ou de son conjoint jusqu'au degré de cousin issu de
germain inclusivement ; la récusation peut être exercée contre le
juge, même au cas de divorce ou de décès de son conjoint, s'il a été
allié d'une des parties jusqu'au deuxième degré inclusivement ;

2° si le juge ou son conjoint, si les personnes dont il est


tuteur, subrogé tuteur, curateur ou conseil judiciaire, si les sociétés
ou associations à l'administration ou à la surveillance desquelles il
participe ont intérêt dans la contestation ;

3° si le juge ou son conjoint est parent ou allié, jusqu'au


degré indiqué ci-dessus, du tuteur, subrogé tuteur, curateur ou
conseil judiciaire d'une des parties ou d'un administrateur, directeur
ou gérant d'une société, partie en cause ;

4° si le juge ou son conjoint se trouve dans une situation


de dépendance vis-à-vis d'une des parties ;

5° si le juge a connu du procès comme magistrat, arbitre


ou conseil, ou s’il a déposé comme témoin sur les faits du procès ;

6° s'il y a eu procès entre le juge, son conjoint, leurs parents


ou alliés en ligne directe, et l'une des parties, son conjoint ou ses
parents ou alliés dans la même ligne ;

7° si le juge ou son conjoint ont un procès devant un


tribunal où l'une des parties est juge ;

8° si le juge ou son conjoint, leurs parents ou alliés en ligne


directe ont un différend sur pareille question que celle débattue entre
les parties ;

9° s'il y a eu entre le juge ou son conjoint et une des


parties toutes manifestations assez graves pour faire suspecter son
impartialité.

223
ARTICLE 673
L'inculpé, le prévenu, l'accusé et toute partie à l'instance qui
veut récuser un juge d'instruction, un juge de simple police, un juge
du tribunal correctionnel, un juge du tribunal criminel ou un juge de la
Cour d'Appel doit, à peine de nullité, présenter requête au premier
président de la Cour d'Appel.
Les magistrats du ministère public ne peuvent être récusés.
La requête doit désigner nommément le ou les magistrats
récusés et contenir l'exposé des moyens invoqués avec toutes les
justifications utiles à l'appui de la demande.
La requête n'est recevable qu'après consignation d'une
provision de 50.000 francs au greffe de la juridiction compétente
pour en connaître. Elle est signée du demandeur ou de son
représentant.
La partie qui aura procédé volontairement devant une cour,
un tribunal ou un juge d'instruction ne sera reçue à demander la
récusation qu'à raison des circonstances survenues depuis,
lorsqu'elles seront de nature à constituer une cause de récusation.
ARTICLE 674
Le premier président notifie en la forme administrative la
requête dont il a été saisi au président de la juridiction à laquelle
appartient le magistrat récusé.
La requête en récusation ne dessaisit pas le magistrat dont
la récusation est demandée. Toutefois, le premier président peut,
après avis du procureur général, ordonner qu'il sera sursis soit à la
continuation de l'information ou des débats, soit au prononcé du
jugement.
ARTICLE 675
Le premier président reçoit le mémoire complémentaire du
demandeur, s'il y a lieu, et celui du magistrat dont la récusation est
proposée ; il prend l'avis du procureur général et statue sur la
requête.
L'ordonnance statuant sur la récusation n'est susceptible
d'aucune voie de recours. Elle produit effet de plein droit.

224
ARTICLE 676

Toute demande de récusation visant le premier président de


la Cour d'Appel doit faire l'objet d'une requête adressée au Président
de la Cour de cassation qui statue par une ordonnance laquelle n'est
susceptible d'aucune voie de recours. Le Président de la Cour de
cassation notifie en la forme administrative la requête dont il a été
saisi au premier président de la Cour d'Appel.

ARTICLE 677

La requête en récusation ne dessaisit pas ce magistrat.


Toutefois, le Président de la Cour de cassation peut ordonner qu'il
sera sursis soit à la continuation de la procédure, soit au prononcé
de l'arrêt.

ARTICLE 678

Toute ordonnance rejetant une demande de récusation


prononce la condamnation du demandeur à une amende civile de
50.000 à 500.000 francs.

ARTICLE 679

Tout juge qui estime qu’il existe à son encontre une cause
de récusation doit la déclarer au premier président de la Cour
d'Appel dans le ressort de laquelle il exerce, qui décide si le juge doit
s'abstenir.

TITRE VIII - JUGEMENT DES INFRACTIONS COMMISES


A L'AUDIENCE DES COURS D’APPEL
ET DES TRIBUNAUX

ARTICLE 680

Sous réserve des dispositions des articles 330 et 465 les


infractions commises à l'audience sont jugées, d'office ou sur les
réquisitions du ministère public, suivant les dispositions ci-après,
nonobstant toutes règles spéciales de compétence ou de procédure.

225
ARTICLE 681
S'il se commet une contravention de simple police pendant
la durée de l'audience, le tribunal ou la Cour d’Appel dresse procès-
verbal du fait, entend le prévenu, les témoins, le ministère public, et,
éventuellement le défenseur, et applique sans désemparer les
peines prévues par la loi.
ARTICLE 682
Si le fait commis pendant la durée de l'audience d'un tribunal
correctionnel ou d'une Cour d’Appel est un délit, il peut être procédé
comme il est dit à l'article précédent. Dans ce cas, si la peine
prononcée est supérieure à un mois d'emprisonnement, un mandat
de dépôt peut être décerné.
Si le fait qualifié délit a été commis à l'audience d'un tribunal
de simple police, le président en dresse procès-verbal. Il peut, si la
peine encourue est supérieure à trois mois d'emprisonnement,
ordonner l'arrestation de l'auteur qui est conduit devant le procureur
de la République.
Si le délit a été commis à l'audience d'un tribunal
correctionnel, et qu’il n’est pas procédé comme indiqué à l’alinéa 1
du présent article, l'auteur est immédiatement conduit devant le
procureur de la République auquel est également transmis le
procès-verbal.
ARTICLE 683
Si le fait commis est un crime, la Cour d’Appel ou le tribunal,
après avoir fait arrêter l’auteur, l'interroge et dresse procès-verbal
des faits. Cette juridiction transmet les pièces et ordonne la conduite
immédiate de l'auteur devant le procureur de la République
compétent qui requiert l'ouverture d’une information.

226
TITRE IX - CRIMES ET DELITS COMMIS
PAR DES MAGISTRATS
ARTICLE 684
ARTICLE 684 nouveau
(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Lorsqu'un magistrat est susceptible d'être poursuivi pour un


crime ou un délit, le Procureur général près la Cour d’Appel saisie de
l'affaire, procède aux vérifications nécessaires et présente requête
au Conseil supérieur de la Magistrature aux fins d’être autorisé à
engager des poursuites. Cette requête est accompagnée d’un
rapport circonstancié permettant au Conseil supérieur de la
Magistrature de se prononcer en connaissance de cause.

Le Conseil supérieur de la Magistrature se prononce dans


les quinze jours de sa saisine.

L’autorisation du Conseil supérieur de la Magistrature prévue


au présent article n’est pas requise en cas de crime ou délit flagrant.

ARTICLE 685 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

Le Conseil supérieur de la Magistrature après avoir autorisé


les poursuites contre le magistrat, ou le Procureur général près la
Cour d’Appel en cas de crime ou délit flagrant, saisit la Cour de
cassation qui se réunit en assemblée plénière.

L’assemblée plénière de la Cour de cassation commet un de


ses membres qui procède à tous actes d'instruction nécessaires
dans les formes et conditions prévues par le chapitre I du Titre III du
Livre II relatives au juge d’instruction, à l'exclusion des dispositions
relatives au ministère public.

L'instruction et le jugement sont communs aux complices du


magistrat poursuivi, lors même qu'ils n'exerceraient point de
fonctions judiciaires ou administratives.

227
ARTICLE 686

S’il y a lieu, pour les nécessités de la procédure, de procéder


à l’arrestation du magistrat ou de le placer en détention préventive,
cette mesure ne peut intervenir qu’après avoir été autorisée par le
Conseil supérieur de la magistrature.

Le Conseil supérieur de la magistrature se prononce dans le


délai de quinze jours, sur requête de l’autorité judiciaire qui sollicite
la mesure.

La décision du Conseil supérieur de la magistrature qui


autorise l’arrestation ou la détention préventive du magistrat
détermine le lieu où celle-ci devra s’exécuter.

ARTICLE 687

Le magistrat désigné en application de l’article 685 alinéas 2


procède personnellement à tous actes d'information nécessaires, et
a compétence sur toute l’étendue du territoire national.

ARTICLE 688

Lorsque l'instruction est terminée, le magistrat commis


transmet le dossier de la procédure à la Cour de cassation réunie en
assemblée plénière qui décide :

1° soit qu'il n'y a lieu à suivre ;

2° soit, du renvoi devant une juridiction correctionnelle du


premier degré, autre que celle dans la circonscription de laquelle
l'inculpé exerçait ses fonctions, s’il existe des charges suffisantes
pour délit ;

3° soit du renvoi devant une Chambre de la Cour de


cassation, s’il existe des charges suffisantes pour crime.

ARTICLE 689

La Chambre de la Cour de cassation, saisie en vertu du 3°


de l’article précédent, procède et statue dans les formes et
conditions d’instruction devant la Chambre d’instruction, à l'exclusion
des dispositions relatives au ministère public.
228
ARTICLE 690

En cas de renvoi devant la juridiction criminelle, la Chambre


de la Cour de cassation désigne un tribunal criminel autre que celui
dans le ressort duquel l'accusé exerçait ses fonctions.

ARTICLE 691

Les ordonnances et arrêts rendus respectivement par le


magistrat commis et la Chambre de la Cour de cassation chargée de
l’instruction, dans les cas prévus par les précédents articles, ne sont
susceptibles d'aucun recours.

ARTICLE 692

La juridiction de jugement est présidée par un magistrat de


la Cour de cassation désigné par le président de ladite Cour.

TITRE X - CRIMES ET DELITS COMMIS


PAR CERTAINS FONCTIONNAIRES

CHAPITRE PREMIER - CRIMES ET DELITS COMMIS


PAR DES MEMBRES DU CORPS PREFECTORAL

ARTICLE 693

Lorsqu'un préfet est susceptible d'être inculpé d'un crime ou


d'un délit commis hors de l'exercice -de ses fonctions, le procureur
de la République saisi de l'affaire présente requête à la Cour de
Cassation qui procède et statue comme en matière de règlement de
juges et, si elle estime qu'il y a lieu à poursuite ou s'il y a plainte avec
constitution de partie civile, désigne la juridiction où l'affaire sera
instruite et jugée.

La Cour de Cassation doit se prononcer dans la huitaine qui


suit le jour où la requête lui sera parvenue.

L'instruction et le jugement sont communs aux complices de


la personne poursuivie, lors même qu'ils n'exerceraient point de
fonctions administratives.

229
ARTICLE 694

Le juge d'instruction désigné conformément aux dispositions


de l'article 102 doit procéder personnellement à tous actes
d'information nécessaires, et a compétence sur toute l’étendue du
territoire national.

ARTICLE 695

Lorsqu'un préfet ou un sous-préfet est susceptible d'être


inculpé d'un crime ou d'un délit commis dans l'exercice de ses
fonctions, la Cour de cassation, saisie et statuant comme il est dit

à l'article 693, commet un de ses membres qui procédera à tous


actes d'instruction nécessaires dans les formes et conditions
prévues par le chapitre II du titre III du Livre II, à l'exclusion des
dispositions relatives au ministère public.

ARTICLE 696

Les dispositions des articles 693,3e alinéa et 694 sont


applicables.

ARTICLE 697

Lorsque l'instruction est terminée, le magistrat


commis peut :

1° soit dire qu'il n'y a lieu à suivre ;

2° soit, si l'infraction retenue à la charge de l'inculpé


constitue un délit, le renvoyer devant une juridiction correctionnelle
du premier degré autre que celle dans la circonscription de laquelle
l'inculpé exerçait ses fonctions;

3° soit, si l'infraction retenue à la charge de l'inculpé


constitue un crime, saisir la Cour de cassation.

230
ARTICLE 698

La Cour de cassation procède et statue dans les formes et


conditions prévues par le chapitre II du titre III du Livre II, à
l'exclusion des dispositions relatives au ministère public.

ARTICLE 699 nouveau


(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

En cas de renvoi devant la juridiction criminelle, la Cour de


cassation désigne un tribunal criminel autre que celui dans le ressort
duquel l'accusé exerçait ses fonctions.

ARTICLE 700

Les ordonnances et arrêts rendus respectivement par le


magistrat commis et la Cour de cassation, dans les cas prévus par
les précédents articles, ne sont susceptibles d'aucun recours.

CHAPITRE 2 - CRIMES ET DELITS COMMIS PAR DES


OFFICIERS DE POLICE JUDICIAIRE

ARTICLE 701

Lorsqu'un officier de police judiciaire est susceptible d'être


inculpé d'un crime ou d'un délit, commis dans la circonscription où il
est territorialement compétent, hors ou dans l'exercice de ses
fonctions, le procureur de la République saisit le procureur général
qui désigne, dans les huit jours, la juridiction où l’affaire sera instruite
et jugée, s’il estime qu’il y a lieu à poursuite ou s’il y a plainte avec
constitution de partie civile.

L’instruction et le jugement sont communs aux complices de


la personne poursuivie lors même qu’ils n’exerceraient point de
fonction de police judiciaire.

ARTICLE 702

Jusqu'à la désignation de la juridiction compétente comme il


est dit ci-dessus, la procédure concernant l’officier de police
judiciaire est suivie conformément aux règles de compétence du
droit commun.

231
TITRE XI - CRIMES ET DELITS COMMIS
A L’ETRANGER

ARTICLE 703

Tout ressortissant de Côte d'Ivoire qui, en dehors du


territoire de la République, s'est rendu coupable d'un fait qualifié
crime puni par la loi de Côte d'Ivoire, peut être poursuivi et jugé par
les juridictions de Côte d'Ivoire.

Tout ressortissant de Côte d'Ivoire qui, en dehors du


territoire de la République, s'est rendu coupable d'un fait qualifié délit
par la loi de Côte d'ivoire, peut être poursuivi et jugé par les
juridictions de Côte d'Ivoire si le fait est puni par la législation du
pays où il a été commis.

Les dispositions des alinéas 1 et 2 sont applicables à l'auteur


du fait qui n'a acquis la qualité de national de Côte d'Ivoire que
postérieurement au fait qui lui est imputé.

ARTICLE 704

Quiconque s'est, sur le territoire de la République, rendu


complice d'un crime ou d'un délit commis à l'étranger peut être
poursuivi et jugé par les juridictions de Côte d'Ivoire si le fait est puni
à la fois par la loi étrangère et par la loi de Côte d'Ivoire, à la
condition que le fait qualifié crime ou délit ait été constaté par une
décision définitive de la juridiction étrangère.

ARTICLE 705

En cas de délit commis contre un particulier, la poursuite ne


peut être intentée qu'à la requête du ministère public. Elle doit être
précédée d'une plainte de la partie offensée ou d'une dénonciation
officielle à l'autorité de Côte d'Ivoire par l'autorité du pays où le fait a
été commis.

ARTICLE 706

Dans les cas visés aux articles précédents, qu'il s'agisse


d'un crime ou d’un délit, aucune poursuite n'a lieu si l'inculpé justifie
qu'il a été jugé définitivement à l'étranger et, en cas de
condamnation, qu’il a subi ou prescrit sa peine ou obtenu la grâce.

232
ARTICLE 707

Est réputée commise sur le territoire de la République toute


infraction dont un acte caractérisant un de ses éléments constitutifs
a été accompli en Côte d'Ivoire.

ARTICLE 708

Tout étranger, qui, hors du territoire de la République, s'est


rendu coupable soit comme auteur, soit comme complice, d'un crime
ou d'un délit attentatoire à la sûreté de l'Etat ou de contrefaçon du
Sceau de l'Etat, de monnaies nationales ayant cours, peut être
poursuivi et jugé d'après les dispositions des lois de Côte d'Ivoire ou
applicables en Côte d'Ivoire, s'il est arrêté en Côte d'Ivoire ou si le
Gouvernement obtient son extradition.

ARTICLE 709

Tout ressortissant de Côte d'Ivoire qui s'est rendu coupable


de délits et contraventions en matière forestière, rurale, de pêche, de
douanes, de contributions indirectes, sur le territoire de l'un des Etats
limitrophes, peut être poursuivi et jugé en Côte d'Ivoire, d'après la loi
de Côte d'Ivoire, si cet Etat autorise la poursuite de ses nationaux
pour les mêmes faits commis en Côte d'Ivoire.

La réciprocité sera légalement constatée par des


conventions internationales ou par décret.

ARTICLE 710

Dans les cas prévus au présent titre, la poursuite est


intentée à la requête du ministère public du lieu où réside le prévenu
ou de sa dernière résidence connue, ou du lieu où il est trouvé.

La Cour de cassation peut, sur la demande du ministère


public ou des parties, renvoyer la connaissance de l'affaire devant
une Cour d’Appel ou un tribunal plus proche du lieu du crime ou du
délit.

233
LIVRE VI -
PROCEDURES D'EXECUTION

234
TITRE I - EXECUTION DES SENTENCES PENALES

ARTICLE 711

Le ministère public et les parties poursuivent l’exécution de


la sentence, chacun en ce qui le concerne.

ARTICLE 712

L’exécution à la requête du ministère public a lieu lorsque la


décision est devenue définitive, ou lorsque les parties y ont
acquiescé.

ARTICLE 713

Le procureur de la République et le procureur général ont le


droit de requérir directement l'assistance de la force publique à l'effet
d'assurer cette exécution.

En cas d'acquiescement, le ministère public peut accorder


au condamné un échéancier pour le paiement de l'amende et des
frais de procédure, ou une réduction de 50% du montant de
l'amende, lorsque le paiement s'effectue dans le délai d'un mois à
compter du jour de l'acquiescement.

ARTICLE 714

Tous incidents contentieux relatifs à l'exécution sont portés


devant le tribunal ou la cour qui a prononcé la sentence. Cette
juridiction peut également procéder à la rectification des erreurs
purement matérielles contenues dans ses décisions.

ARTICLE 715

Le tribunal ou la cour, sur requête du ministère public ou de


la partie intéressée, statue en chambre du conseil après avoir
entendu le ministère public, le conseil de la partie s'il le demande et,
s'il échet, la partie elle-même, sous réserve des dispositions de
l'article 716.

235
L'exécution de la décision en litige est suspendue si le
tribunal ou la Cour l'ordonne.

Le jugement sur l'incident est signifié à la requête du


ministère public aux parties intéressées.

ARTICLE 716

Dans toutes les hypothèses où il paraît nécessaire


d'entendre un condamné qui se trouve détenu, la juridiction saisie
peut donner commission rogatoire au président du tribunal le plus
proche du lieu de détention.

Ce magistrat peut déléguer l'un des juges du tribunal qui


procède à l'audition du détenu par procès-verbal.

TITRE II - DETENTION

CHAPITRE PREMIER - EXECUTION DE LA DETENTION


PREVENTIVE

ARTICLE 717

Les inculpés, prévenus et accusés soumis à la détention


préventive la subissent dans une maison d'arrêt.

ARTICLE 718

Le juge d'instruction, le juge des enfants et le président de la


Chambre d’instruction, ainsi que le procureur de la République et le
procureur général, peuvent donner tous les ordres nécessaires soit
pour l'instruction, soit pour le jugement, qui devront être exécutés
dans les maisons d'arrêt.

ARTICLE 719

Chaque maison d'arrêt doit comprendre des quartiers


distincts pour les hommes et pour les femmes, pour les mineurs et
pour les majeurs, de telle sorte qu'il ne puisse y avoir aucune
communication entre eux.

236
ARTICLE 720

Toutes communications et toutes facilités compatibles avec


les exigences de la discipline et de la sécurité de l’établissement
pénitentiaire sont accordées aux inculpés, prévenus et accusés pour
l'exercice de leur défense.

CHAPITRE 2 - EXECUTION DES PEINES


PRIVATIVES DE LIBERTE

ARTICLE 721

Le condamné à l’emprisonnement pour faits qualifiés crime


exécute sa peine dans une maison pénale.

Le condamné à l’emprisonnement pour faits qualifiés délit ou


contravention exécute sa peine dans une maison de correction.

Si la peine prononcée pour les faits qualifiés délits est


supérieure à cinq ans, le condamné peut être transféré dans une
maison pénale.

Un même établissement pénitentiaire peut servir à la fois de


maison d'arrêt et de maison de correction.

Des annexes aux maisons d'arrêt servant de maison de


correction peuvent être créées par arrêté du ministre de la Justice.

ARTICLE 722

Les condamnés sont répartis dans des quartiers différents


suivant les distinctions prévues à l'article 719.

ARTICLE 723

Les condamnés sont soumis dans la maison pénale et dans


les maisons de correction à l'emprisonnement collectif.

Le juge de l'application des peines peut, par décision


motivée ordonner l'emprisonnement individuel de jour et de nuit ou
de nuit seulement des détenus inadaptables à la vie collective, et ce,
pour un délai maximum d'un mois renouvelable.

237
ARTICLE 724
Les condamnés à des peines privatives de liberté, pour des
faits qualifiés crimes ou délits de droit commun sont astreints au
travail.
Les produits du travail de chaque condamné sont appliqués
aux dépenses communes de la maison, au payement des
condamnations pécuniaires prononcées au profit du Trésor public et
de la partie civile, à former pour lui, au temps de sa sortie, un fonds
de réserve, et au pécule dont il peut disposer au cours de sa
détention ; le tout, ainsi qu'il est ordonné par décret.
ARTICLE 725
Dans les tribunaux, un magistrat est nommé pour exercer les
fonctions de juge de l'application des peines.
Si le juge de l'application des peines est absent, malade ou
autrement empêché, le président du tribunal désigne un autre
magistrat pour le remplacer.
ARTICLE 726
Auprès de tout établissement pénitentiaire où sont détenus
des condamnés, le juge de l'application des peines est chargé de
suivre l'exécution de leurs peines.
Il détermine pour chaque condamné les principales
modalités de son traitement pénitentiaire en accordant notamment le
placement à l'extérieur, la semi-liberté et les permissions de sortir. Il
peut prendre l'initiative de faire établir une proposition de libération
conditionnelle.
Dans les établissements pénitentiaires où le régime est
progressivement adapté au degré d'amendement et aux possibilités
de reclassement du condamné, il prononce son admission aux
différentes phases de ce régime.
ARTICLE 727
Le placement à l'extérieur permet au condamné d'être
employé au dehors d'un établissement pénitentiaire à des travaux
contrôlés par l'administration pénitentiaire.

238
Le régime de semi-liberté comporte le placement en dehors,
sans surveillance continue et dans les conditions de travail des
salariés libres, avec toutefois l'obligation de réintégrer la prison
chaque soir et d'y passer les jours fériés ou chômés.

Les permissions de sortir autorisent un condamné à


s'absenter d'un établissement pénitentiaire pendant une période de
temps déterminée qui s’impute sur la durée de la peine en cours
d'exécution.

ARTICLE 728

Un décret détermine les conditions auxquelles les diverses


mesures prévues au présent chapitre sont accordées et appliquées.

CHAPITRE 3 - DISPOSITIONS COMMUNES


AUX DIFFERENTS ETABLISSEMENTS
PENITENTIAIRES

ARTICLE 729

Tout établissement pénitentiaire est pourvu d'un registre


d'écrou signé et paraphé à toutes les pages par le procureur de la
République.

Dès réception d'un arrêt ou d'un jugement de condamnation,


d'une ordonnance de prise de corps, d'un mandat de dépôt ou
d'arrêt, d'un mandat d'amener lorsque ce mandat doit être suivi
d'incarcération provisoire, ou d'un ordre d'arrestation établi
conformément à la loi, le chef d'établissement est tenu d'inscrire sur
le registre l'acte qui lui est remis.

En cas d'exécution volontaire de la peine, le chef de


l'établissement recopie sur le registre d'écrou l'extrait de l'arrêt ou du
jugement de condamnation qui lui a été transmis par le procureur
général ou par le procureur de la République.

En toute hypothèse, avis de l'écrou est donné par le chef de


l'établissement, selon le cas, au procureur général ou au procureur
de la République.

239
Le registre d'écrou mentionne également en regard de l'acte
de remise la date de la sortie du détenu, ainsi que, s'il y a lieu, la
décision ou le texte de la loi motivant la libération.

ARTICLE 730

Nul agent de l'administration pénitentiaire ne peut, à peine


d'être poursuivi et puni comme coupable de détention arbitraire,
recevoir ni retenir aucune personne qu'en vertu d'un arrêt ou
jugement de condamnation, d'une ordonnance de prise de corps,
d'un mandat de dépôt ou d'arrêt, d'un mandat d'amener lorsque ce
mandat doit être suivi d'incarcération provisoire, ou d'un ordre
d'arrestation établi conformément à la loi, et sans que l'inscription sur
le registre d'écrou prévu à l'article précédent ait été faite.

ARTICLE 731

Si le détenu use de menaces, injures ou violences ou


commet une infraction à la discipline, il peut être enfermé seul dans
une cellule aménagée à cet effet ou même être soumis à des
moyens de coercition en cas de fureur ou de violence grave, sans
préjudice des poursuites auxquelles il peut y avoir lieu.

ARTICLE 732

Le juge de l'application des peines, le juge d'instruction, le


juge des enfants, le président de la Chambre d’instruction, le
procureur de la République visitent les établissements pénitentiaires.

ARTICLE 733

Un décret détermine l'organisation et le régime intérieur des


établissements pénitentiaires.

Dans les maisons pénales et les maisons de correction, ce


régime doit être institué en vue de favoriser l'amendement des
condamnés et de préparer leur reclassement social.

240
TITRE III - LIBERATION CONDITIONNELLE

ARTICLE 734

La libération conditionnelle peut être accordée au condamné


qui subit une ou plusieurs peines privatives de liberté, s’il a donné
des preuves suffisantes de bonne conduite et s’il présente des
gages sérieux de réadaptation sociale, notamment s’il peut
réintégrer une vie sociale normale sans risque de récidive.

La libération conditionnelle est réservée au condamné ayant


purgé la moitié de sa peine.

Le temps d’épreuve est porté aux deux tiers pour le


condamné en état de récidive et à 15 ans pour le condamné à vie.

ARTICLE 735

Le droit d'accorder la libération conditionnelle appartient au


ministre de la Justice, sur avis du ministre de l'Intérieur.

Le dossier de proposition comporte les avis du chef de


l'établissement dans lequel l'intéressé est détenu, du juge de
l'application des peines, du ministère public près la juridiction qui a
prononcé la condamnation, du préfet du département où le
condamné entend fixer sa résidence, ou dans les cas prévus par
décret, du préfet ou du chef de la circonscription administrative du
lieu de détention.

Exceptionnellement, la libération conditionnelle peut être


accordée par décret du Président de la République, sans
observation des délais d'épreuve prévus aux alinéas 2 et 3 de
l'article précédent.

ARTICLE 736

Le bénéfice de la libération conditionnelle peut être assorti


de conditions particulières ainsi que de mesures d'assistance et de
contrôle destinées à faciliter et à vérifier le reclassement du libéré.

241
ARTICLE 737

L'arrêté de libération conditionnelle fixe les modalités


d'exécution et les conditions auxquelles l'octroi ou le maintien de la
liberté peut être subordonné, ainsi que la nature et la durée des
mesures d'assistance et de contrôle.

Cette durée ne peut être inférieure à la durée de la partie de


la peine non subie au moment de la libération s'il s'agit d'une peine
temporaire ; elle peut la dépasser pour une période maximum d'un
an.

Toutefois, lorsque la peine en cours d’exécution est une


peine perpétuelle, la durée des mesures d'assistance et de contrôle
est fixée pour une période qui ne peut être inférieure à cinq années,
ni supérieure à dix années.

Pendant toute la durée de la liberté conditionnelle, les


dispositions de l'arrêté de libération peuvent être modifiées sur
proposition du juge de l'application des peines.

ARTICLE 738

En cas de nouvelle condamnation pénale, d'inconduite


notoire, d'infraction aux conditions ou d'inobservation des mesures
énoncées dans la décision de mise en liberté conditionnelle, le
ministre de la Justice peut prononcer la révocation de cette décision,
sur avis du juge de l’application des peines.

En cas d'urgence, l'arrestation peut être provisoirement


ordonnée par le juge de l'application des peines du lieu où se trouve
le libéré, le ministère public entendu, et à charge de saisir
immédiatement le ministre de la Justice.

Après révocation, le condamné doit subir, selon les


dispositions de l'arrêté de révocation, tout ou partie de la durée de la
peine qu'il lui restait à subir au moment de sa mise en liberté
conditionnelle, cumulativement, s'il y a lieu, avec toute nouvelle
peine qu'il aurait encourue. Le temps pendant lequel il a été placé en
état d’arrestation provisoire compte toutefois pour l'exécution de sa
peine.

242
Si la révocation n'est pas intervenue avant l'expiration du
délai prévu à l'article précédent, la libération est définitive. Dans ce
cas, la peine est réputée terminée depuis le jour de la libération
conditionnelle.
TITRE IV - RECONNAISSANCE DE L’IDENTITE
DES PERSONNES CONDAMNEES
ARTICLE 739
Lorsqu'après une évasion suivie de reprise ou dans toute
autre circonstance l'identité d'un condamné fait l'objet d'une
contestation, cette contestation est tranchée suivant les règles
établies en matière d'incidents d'exécution. Toutefois, l'audience est
publique.
Si la contestation s'élève au cours et à l'occasion d'une
nouvelle poursuite, elle est tranchée par la cour ou le tribunal saisi
de cette poursuite.
TITRE V - RECOUVREMENT DES CONDAMNATIONS
PECUNIAIRES ET CONTRAINTE PAR CORPS
ARTICLE 740
Lorsqu'une condamnation à l'amende ou aux frais ou à tout
autre payement au profit du Trésor public est prononcée pour une
infraction n'emportant pas peine perpétuelle, par une juridiction
répressive, celle-ci fixe, pour le cas où la condamnation demeurerait
inexécutée, la durée de la contrainte par corps dans les limites ci-
dessous prévues.
Lorsque la contrainte par corps garantit le recouvrement de
plusieurs créances, sa durée est fixée d'après le total des
condamnations.
ARTICLE 741
La durée de la contrainte par corps est réglée ainsi qu'il suit :
1° de cinq à dix jours lorsque l'amende et les
condamnations pécuniaires n'excèdent pas 5.000 francs ;
2° de dix à vingt jours lorsque, supérieures à 5.000 francs,
elles n'excèdent pas 25.000 francs ;

243
3° de vingt à quarante jours lorsque, supérieures à 25.000
francs, elles n'excèdent pas 50.000 francs ;
4° de quarante à soixante jours lorsque, supérieures à
50.000 francs, elles n'excèdent pas 100.000 francs ;
5° de deux à quatre mois lorsque, supérieures à 100.000
francs, elles n'excèdent pas 200.000 francs ;
6° de quatre à huit mois lorsque, supérieures à 200.000
francs, elles n'excèdent pas 400.000 francs ;
7° de huit mois à un an lorsque, supérieures à 400.000
francs, elles n'excèdent pas 800.000 francs ;
8° d'un an à deux ans lorsqu'elles excèdent 800.000
francs.
En matière de simple police, la durée de la contrainte par
corps, ne peut, en aucun cas, excéder deux mois.
ARTICLE 742
La contrainte par corps ne peut être prononcée que contre
les personnes dont la culpabilité a été établie par décision de justice
devenue irrévocable.
Toutefois, elle ne peut l’être contre les condamnés âgées de
moins de dix-huit ans accomplis à l’époque des faits qui ont motivé
la poursuite, ni contre ceux qui ont commencé leur soixantième
année au moment de la condamnation.
ARTICLE 743
La contrainte par corps est réduite de moitié pour les
condamnés qui justifient de leur insolvabilité en produisant un
certificat de l’agent du Trésor public de leur domicile constatant qu’ils
ne sont pas imposés.
ARTICLE 744
La contrainte par corps ne peut être exercée simultanément
contre le mari et la femme, même pour le recouvrement de sommes
afférentes à des condamnations différentes.

244
ARTICLE 745

Toute condamnation à l'amende pénale ou civile, aux


dommages-intérêts, aux frais ou à tout autre paiement au profit du
Trésor public, prononcée par une juridiction répressive, est exécutée
contre le condamné, le civilement responsable, l'assureur ou, le cas
échéant, la partie civile qui a succombé, dans les conditions
déterminées ci-après.

ARTICLE 746

Dans le délai de trois mois, à compter du jour où la décision


est devenue définitive, le débiteur doit se libérer, sans
commandement préalable, entre les mains d'un comptable du Trésor
public.

Ce délai de trois mois ne court contre le débiteur détenu,


qu'à compter de sa libération.

ARTICLE 747

A l'effet de lui permettre de s'exécuter il est délivré au


débiteur, par le greffier en chef de la juridiction de condamnation ou
du lieu de résidence, suivant la distinction faite à l'alinéa suivant,
trois extraits de la décision, comportant le décompte des
condamnations pécuniaires mises à sa charge.

Si la condamnation émane de la Cour d'Appel, le greffier en


chef de cette juridiction, adresse les extraits au greffier en chef de la
juridiction de la résidence du débiteur, sauf si celui-ci réside dans le
ressort de la Cour d’Appel, auquel cas l'intéressé peut les réclamer
directement au greffier en chef de la cour.

ARTICLE 748

Le débiteur remet les trois extraits au comptable du Trésor


public.

Les extraits, revêtus de la mention du paiement, sont remis


l'un à l'intéressé, le deuxième au greffier en chef qui les a établis, le
troisième est conservé comme titre de recette.

245
ARTICLE 749

A l'expiration du délai de trois mois visé à l'article 746, le


greffier en chef transmet au Parquet les extraits des condamnations
pécuniaires non exécutées.

Les extraits concernant le civilement responsable, l'assureur


ou la partie civile, sont alors adressés au comptable du Trésor public
en vue du recouvrement par toutes voies de droit, des sommes
dues.

Ceux concernant le ou les condamnés, sont adressés en


vue de l'exercice de la contrainte par corps, aux agents de la force
publique chargés de l'exécution des mandats de justice. Les
réquisitions d’incarcération ne sont valables que jusqu'à l'expiration
des délais de prescription de la peine. Cette prescription acquise,
aucune contrainte par corps ne peut être exercée, à moins qu'elle ne
soit en cours d'exécution.

A la demande du condamné, si celui-ci invoque de justes


motifs pour différer le paiement des condamnations pécuniaires
mises à sa charge, le juge de l’application des peines peut
suspendre, pour un délai de trois mois, l'exécution de la contrainte
par corps. Ce délai ne peut être renouvelé que deux fois, par
décision motivée, sur demande du bénéficiaire, formulée huit jours
au moins avant l'expiration du délai en cours.

ARTICLE 750

Les parties qui désirent s'acquitter des condamnations


pécuniaires mises à leur charge, avant que la condamnation soit
devenue définitive, ont la faculté d'utiliser la procédure prévue aux
articles 747 et 748.

ARTICLE 751

Les arrêts et jugements contenant des condamnations en


faveur des particuliers pour réparation de crimes, délits ou
contraventions, commis à leur préjudice, sont exécutés à leur
diligence, à compter du jour où ces arrêts ou jugements sont
devenus définitifs.

246
ARTICLE 752

Les personnes contre lesquelles la contrainte par corps a été


prononcée peuvent en prévenir ou en faire cesser les effets soit en
payant ou consignant une somme suffisante pour éteindre leur dette,
soit en fournissant une caution solidaire, reconnue bonne et valable,
ou une sûreté réelle.

La caution est admise par l'agent du Trésor public. En cas


de contestation, elle est déclarée, s'il y a lieu, bonne et valable par le
président du tribunal agissant par voie de référé.

La caution doit se libérer dans le mois, faute de quoi elle


peut être poursuivie.

Lorsque le paiement intégral n'a pas été effectué, et sous


réserve des dispositions de l'article 753 alinéa 3, la contrainte par
corps peut être requise à nouveau pour le montant des sommes
restant dues.

ARTICLE 753

Les règles sur l'exécution des mandats de justice sont


applicables à la contrainte par corps.

La contrainte par corps est subie en maison d'arrêt, dans le


quartier à ce destiné.

Lorsque la contrainte par corps, exercée à la requête du


ministère public a pris fin pour une cause quelconque, elle ne peut
plus être exercée ni pour la même dette, ni pour des condamnations
antérieures à son exécution, à moins que ces condamnations
n'entraînent par leur quotité une contrainte plus longue que celle
déjà subie, auquel cas la première incarcération doit toujours être
déduite de la nouvelle contrainte.

Le condamné qui a subi une contrainte par corps n'est pas


libéré du montant des condamnations pour lesquelles elle a été
exercée.

Après exécution de la contrainte par corps, l'extrait de


condamnation pécuniaire le concernant, est adressé aux fins de
recouvrement par toutes voies de droit, au trésorier-payeur général.

247
TITRE VI - CASIER JUDICIAIRE

ARTICLE 754

Lorsque la condamnation est devenue définitive, le greffier


en chef de la juridiction qui a rendu la décision établit la fiche du
casier judiciaire du condamné qu’il transmet, par le canal du
ministère public, au greffier en chef du tribunal du lieu de naissance
de celui-ci.

Lorsque la décision émane d’une autorité administrative,


celle-ci procède comme il est dit à l’alinéa précédent.

Le greffe de chaque tribunal reçoit, en ce qui concerne les


personnes nées dans la circonscription du tribunal et après
vérification de leur identité aux registres de l'état civil, des fiches
constatant :

1° les condamnations contradictoires ou par contumace et


les condamnations par défaut non frappées d'opposition, prononcées
pour crime ou délit par toute juridiction répressive, y compris les
condamnations avec sursis ;

2° les décisions prononcées par application des textes


relatifs à l'enfance délinquante ;

3° les décisions disciplinaires prononcées par l’autorité


judiciaire ou par une autorité administrative lorsqu'elles entraînent ou
édictent des incapacités ;

4° les décisions prononçant la faillite personnelle ou la


liquidation des biens ;

5° les décisions prononçant la déchéance de la puissance


parentale ou le retrait de tout ou partie des droits y attachés ;

6° les arrêtés d'expulsion pris contre les étrangers ;

7° les procès-verbaux de transaction.

Le casier judiciaire peut être tenu sous la forme électronique.

248
ARTICLE 755

Il est fait mention sur les fiches du casier judiciaire :

1° des grâces ;

2° des commutations ou réductions de peines ;

3° des décisions qui suspendent ou qui ordonnent


l'exécution d'une première condamnation ;

4° des arrêtés de mise en liberté conditionnelle et de


révocation ;

5° des décisions de suspension de peine ;

6° des réhabilitations ;

7° des décisions qui rapportent ou suspendent les arrêtés


d'expulsion ;

8° la date de l'expiration de la peine et du paiement de


l'amende.

Sont retirées du casier judiciaire les fiches relatives à des


condamnations effacées par une amnistie ou réformées en
conformité d'une décision de rectification du casier judiciaire.

ARTICLE 756

Lorsque, à la suite d'une décision prise en vertu des


dispositions relatives à l'enfance délinquante, la rééducation du
mineur apparaît comme acquise, le tribunal pour enfants peut, après
l'expiration d'un délai de cinq ans à compter de ladite décision et
même si le mineur a atteint sa majorité, décider, à sa requête, à celle
du ministère public ou d'office, la suppression du casier judiciaire de
la fiche concernant la décision dont il s'agit.

Le tribunal pour enfants statue en dernier ressort. Lorsque la


suppression de la fiche a été prononcée, la mention de la décision
initiale ne doit plus figurer au casier judiciaire du mineur. La fiche
afférente à ladite décision est détruite.

249
Le tribunal de la poursuite initiale, celui du lieu du domicile
actuel du mineur et celui du lieu de sa naissance sont compétents
pour connaître de la requête.

ARTICLE 757

Le ministre de la Justice fait tenir un casier judiciaire central


qui reçoit les fiches concernant les personnes nées hors du territoire
de la République de Côte d'Ivoire et celles dont l'acte de naissance
n'est pas retrouvé ou dont l'identité est douteuse.

Il fait également tenir un casier judiciaire national qui


centralise les renseignements et informations consignés au greffe de
chaque tribunal. Le greffier en chef et l’autorité administrative
mentionnés à l’article 754 alinéas 1 et 2 lui adressent, à cet effet,
une des copies du casier judiciaire destiné au greffe du lieu de
naissance du condamné. Un bulletin du casier judiciaire national
peut être délivré à la demande des autorités judiciaires et
administratives.

ARTICLE 758

Il est donné connaissance aux autorités militaires, par l'envoi


d'une copie de la fiche du casier judiciaire, des condamnations ou
des décisions de nature à modifier les conditions d'incorporation des
personnes soumises à l'obligation du service militaire, conformément
à la législation en vigueur.

II est donné avis également aux mêmes autorités de toutes


modifications apportées à la fiche ou au casier judiciaire en vertu des
articles 755 et 756.

ARTICLE 759

Une copie de chaque fiche constatant une décision


entraînant la privation des droits électoraux est adressée par le
greffe compétent à l'autorité chargée d'établir les listes électorales.

ARTICLE 760

Le relevé intégral des fiches du casier judiciaire applicables


à la même personne est porté sur un bulletin appelé bulletin n°1.

250
Le bulletin n°1 n'est délivré qu'aux autorités judiciaires.
Lorsqu'il n'existe pas de fiche au casier judiciaire, le bulletin n°1
porte la mention “ néant ”.

ARTICLE 761

Le bulletin n°2 est le relevé des fiches du casier judiciaire


applicables à la même personne, à l’exclusion de celles concernant
les décisions suivantes :

1° les décisions prononcées en vertu des textes relatifs à


l’enfance délinquante ;

2° les condamnations assorties du bénéfice du sursis,


lorsqu’elles doivent être considérées comme non avenues ;

3° les condamnations effacées par la réhabilitation de plein


droit ou judiciaire ;

4° les décisions prononçant la faillite personnelle effacées


par la réhabilitation ;

5° les décisions disciplinaires effacées par la réhabilitation.

Les bulletins n° 2 fournis en cas de contestation concernant


l’inscription sur les listes électorales ne comprennent que les
décisions entraînant des incapacités en matière d’exercice du droit
de vote.

Lorsqu’il n’existe pas au casier judiciaire de fiches


concernant des décisions à relever sur le bulletin n°2, celui-ci porte
la mention : “ néant ".

ARTICLE 762

Le bulletin n°2 du casier judiciaire est délivré :

1° aux préfets et aux administrations publiques de l’Etat


saisis de demandes d’emplois publics, de propositions relatives à
des distinctions honorifiques ou de soumissions pour des
adjudications de travaux ou de marchés publics ou en vue de
poursuites disciplinaires ou de l’ouverture d’une école privée ;

251
2° aux autorités militaires pour les appelés des classes et
de l’inscription maritime et pour les jeunes gens qui demandent à
contracter un engagement ainsi qu’aux autorités compétentes en cas
de contestation sur l’exercice des droits électoraux.
3° aux présidents des tribunaux de commerce pour être
joint aux procédures collectives d’apurement du passif.
ARTICLE 763
Le bulletin n°3 est le relevé des condamnations à des peines
privatives de liberté prononcées par une juridiction ivoirienne pour
crime ou délit. Il indique expressément que tel est son objet. N'y sont
inscrites que les condamnations de la nature ci-dessus précisée
autres que celles mentionnées du 1° et au 5° de l'article 761 et pour
lesquelles le sursis n'a pas été ordonné, sauf révocation de cette
mesure.
Le bulletin n°3 peut être réclamé par la personne qu'il
concerne. Il ne doit, en aucun cas, être délivré à un tiers.
ARTICLE 764
Lorsqu’au cours d'une procédure quelconque le procureur de
la République ou le juge d'instruction constate qu'une personne a été
condamnée sous une fausse identité ou a usurpé un état civil, il est
immédiatement, procédé d'office, à la diligence du procureur de la
République, aux rectifications nécessaires avant la clôture de la
procédure.
La rectification est demandée par requête au président du
tribunal ou de la cour qui a rendu la décision.
Le président communique la requête au ministère public et
commet, le cas échéant, un magistrat pour faire le rapport. Les
débats ont lieu et le jugement est rendu en chambre du conseil. Le
tribunal ou la cour peut ordonner d’assigner la personne objet de la
condamnation.
Si la requête est admise, les frais sont supportés par celui
qui a été la cause de l’inscription reconnue erronée s’il a été appelé
dans l’instance. Dans le cas contraire ou dans celui de son
insolvabilité, ils sont supportés par le Trésor public.

252
Toute personne qui veut faire rectifier une mention portée à
son casier judiciaire peut agir dans la même forme. Dans le cas où la
requête est rejetée, le requérant est condamné aux frais.

Mention de la décision est faite en marge du jugement ou de


l’arrêt visé par la demande en rectification.

La même procédure est applicable au cas de contestation


sur la réhabilitation de droit, ou de difficultés soulevées par
l’interprétation d’une loi d’amnistie, dans les termes de l’article 755,
alinéa 2.

TITRE VII - REHABILITATION DES CONDAMNES

ARTICLE 765

Toute personne condamnée par une juridiction de Côte


d'Ivoire à une peine criminelle ou correctionnelle peut être
réhabilitée.

ARTICLE 766

La réhabilitation est soit acquise de plein droit, soit accordée


par arrêt de la Chambre d’instruction.

ARTICLE 767

La réhabilitation est acquise de plein droit au condamné qui


n'a, dans les délais ci- après déterminés, subi aucune condamnation
nouvelle à l'emprisonnement pour crime ou délit :

1° pour la condamnation à l'amende, après un délai de cinq


ans, à compter du jour du paiement de l'amende ou de l'expiration
de la contrainte par corps ou de la prescription accomplie ;

2° pour la condamnation unique à une peine


d'emprisonnement ne dépassant pas six mois, après un délai de cinq
ans, à compter de l'expiration de la peine subie, soit de la
prescription accomplie ;

253
3° pour la condamnation unique à une peine
d'emprisonnement ne dépassant pas deux ans ou pour les
condamnations multiples dont l'ensemble ne dépasse pas un an,
après un délai de dix ans compté comme il est dit au paragraphe
précédent ;

4° pour la condamnation unique à une peine supérieure à


deux ans d'emprisonnement ou pour les condamnations multiples
dont l'ensemble ne dépasse pas deux ans, après un délai de quinze
ans compté de la même manière.

Sont, pour l'application des dispositions qui précèdent,


considérées comme constituant une condamnation unique les
condamnations dont la confusion des peines a été ordonnée.

La remise totale ou partielle d'une peine par voie de grâce


équivaut à son exécution totale ou partielle.

ARTICLE 768

La réhabilitation ne peut être demandée en justice, du vivant


du condamné que par celui-ci, ou, s’il est interdit, par son
représentant légal. En cas de décès et si les conditions légales sont
remplies, la demande peut être suivie par son conjoint ou par ses
ascendants ou descendants et même formée par eux, mais dans le
délai d'une année seulement à dater du décès.

La demande doit porter sur l'ensemble des condamnations


prononcées qui n'ont été effacées ni par une réhabilitation
antérieure, ni par l'amnistie.

ARTICLE 769

La demande en réhabilitation ne peut être formée qu'après


un délai de cinq ans pour les condamnés à une peine criminelle et
de trois ans pour les condamnés à une peine correctionnelle.

Ce délai part, pour les condamnés à une amende, du jour où


la condamnation est devenue irrévocable et, pour les condamnés à
une peine privative de liberté, du jour de leur libération définitive, ou
du jour de leur libération conditionnelle lorsque celle-ci n'a pas été
suivie de révocation.

254
ARTICLE 770
Le condamné qui est en état de récidive, celui qui, après
avoir obtenu la réhabilitation, a encouru une nouvelle condamnation,
celui qui, condamné contradictoirement ou par contumace à une
peine criminelle, a prescrit contre l'exécution de la peine, n’est admis
à demander sa réhabilitation qu'après un délai de dix années
écoulées depuis sa libération ou depuis, la prescription.
Néanmoins, le récidiviste qui n'a subi aucune peine
criminelle et le réhabilité qui n'a encouru qu'une condamnation à une
peine correctionnelle est admis à demander la réhabilitation après un
délai de six années écoulées depuis sa libération.
Est également admis à demander sa réhabilitation, après un
délai de six années écoulées depuis la prescription, le condamné
contradictoirement ou par défaut à une peine correctionnelle qui a
prescrit contre l'exécution de la peine.
Le condamné contradictoirement, le condamné par
contumace ou par défaut, qui a prescrit contre l'exécution de la
peine, est tenu, outre les conditions énoncées aux articles suivants,
de justifier qu'il n'a encouru, pendant les délais de la prescription,
aucune condamnation pour faits qualifiés crime ou délit et qu’il a eu
une conduite irréprochable.
ARTICLE 771
Le condamné doit, sauf le cas de prescription, justifier du
paiement des frais de justice, de l'amende et des dommages-intérêts
ou de la remise qui lui en est faite.
A défaut de cette justification, il doit établir qu'il a subi le
temps de contrainte par corps déterminé par la loi.
S'il est condamné pour banqueroute frauduleuse, il doit
justifier du paiement du passif de la faillite en capital, intérêts et frais
ou de la remise qui lui en est faite.
Néanmoins, si le condamné justifie qu'il est hors d'état de se
libérer des frais de justice, il peut être réhabilité même dans les cas
où ces frais n'auraient pas été payés ou ne l'auraient été qu'en
partie.

255
En cas de condamnation solidaire, la Chambre d’instruction
fixe la part des frais de justice, des dommages-intérêts ou du passif
qui doit être payée par le demandeur.
Si la partie lésée ne peut être retrouvée, ou si elle refuse de
recevoir la somme due, celle-ci est versée au comptable du Trésor
public comme en matière d'offres de paiement et de consignation. Si
la partie ne se présente pas dans un délai de cinq ans pour se faire
attribuer la somme consignée, cette somme est restituée au
déposant sur sa simple demande.
ARTICLE 772
Si depuis l'infraction le condamné a rendu des services
éminents au Pays, la demande de réhabilitation n'est soumise à
aucune condition de temps ni d’exécution de peine. En ce cas, la
Chambre d’instruction peut accorder la réhabilitation même si les
frais, l'amende et les dommages-intérêts n'ont pas été payés.
ARTICLE 773
Le condamné adresse la demande en réhabilitation au
procureur de la République de sa résidence actuelle.
Cette demande précise :
1° la date de la condamnation ;
2° les lieux où le condamné a résidé depuis sa libération.
ARTICLE 774
Le procureur de la République s'entoure de tous
renseignements utiles aux différents lieux où le condamné a pu
séjourner.
II prend, en outre, l'avis du juge de l'application des peines.
ARTICLE 775
Le procureur de la République se fait délivrer :
1° une expédition des décisions de condamnation ;
2° un extrait du registre des lieux de détention où la peine
a été subie constatant quelle a été la conduite du condamné ;

256
3° un bulletin n°1 du casier judiciaire.

Il transmet les pièces avec son avis au procureur général.

ARTICLE 776

La Chambre d’instruction est saisie par le procureur général.

Le demandeur peut soumettre directement à la Chambre


d’instruction toutes pièces utiles.

ARTICLE 777

La Chambre d’instruction statue dans le mois sur les


conclusions du procureur général, la partie ou son conseil entendu
ou dûment convoqué.

ARTICLE 778

L'arrêt de la Chambre d’instruction peut être déféré à la Cour


de cassation dans les formes prévues par le présent Code.

ARTICLE 779

Dans les cas prévus par l'article 772, le pourvoi en cassation


formé contre l'arrêt rejetant la demande en réhabilitation est formé
sans consignation ni frais. Tous les actes de la procédure sont visés
pour timbre et enregistrés sans frais.

ARTICLE 780

En cas de rejet de la demande, une nouvelle demande ne


peut être formée avant l'expiration d'un délai de deux années, à
moins que le rejet de la première ait été motivé par l’insuffisance des
délais d’épreuve. En ce cas, la demande peut être renouvelée dès
l'expiration de ces délais.

ARTICLE 781

Mention de l'arrêt prononçant la réhabilitation est faite en


marge des décisions de condamnation et au casier judiciaire.

257
Dans ce cas, les bulletins n°2 et 3 du casier judiciaire ne
doivent pas mentionner la condamnation.

Le réhabilité peut se faire délivrer sans frais une expédition


de l'arrêt de réhabilitation et un extrait de casier judiciaire.

ARTICLE 782

La réhabilitation produit les effets de l’amnistie.

TITRE VIII - DISPOSITIONS SPECIFIQUES


APPLICABLES AU MINEUR

ARTICLE 783

Lorsqu’un mineur est impliqué dans une procédure pénale,


soit en tant qu’auteur ou complice soit en tant que victime ou témoin,
l’officier de police judiciaire, le procureur de la République ou le juge,
selon le cas, en avise le service de la protection judiciaire de
l’enfance et de la jeunesse placé auprès de chaque juridiction, aux
fins d’assurer une assistance à ce mineur.

CHAPITRE PREMIER - PROTECTION DES MINEURS


VICTIMES OU TEMOINS

ARTICLE 784

Lorsque la victime était mineure à la date des faits, elle reste


recevable à engager la poursuite, soit par citation directe, soit par
une plainte avec constitution de partie civile, pendant un délai de
deux ans à compter de sa majorité, alors même que la prescription
de l’action publique était acquise en application de l’article 12.

ARTICLE 785

Lorsqu’un mineur a été victime de violences ou d’agression


à caractère sexuel constitutive d’une infraction, le procureur de la
République peut, après avoir entendu ou appelé le titulaire de
l’autorité parentale, demander au juge des tutelles de désigner un
tuteur ad hoc qui sera particulièrement chargé de veiller aux intérêts
du mineur dans le cadre de la procédure et pourra se constituer
partie civile au nom de celui-ci.

258
ARTICLE 786 nouveau
(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

A tous les stades de la procédure, le mineur de seize ans,


témoin ou victime, ne peut être entendu par les officiers de police
judiciaire ou les magistrats qu’en présence de son représentant légal
ou d’un éducateur de la protection judiciaire de l’enfance et de la
jeunesse.

Le mineur ne peut être entendu ni comme témoin ni à titre


de simples renseignements, lorsque les auteurs ou les complices de
l’infraction sont ses père et mère. Dans ce cas le mineur doit être
assisté d’un avocat. S’il n’en a pas, il peut lui en être désigné un
d’office ou être assisté d’un éducateur de la protection judiciaire de
l'enfance et de la jeunesse.

CHAPITRE 2 - DISPOSITIONS APPLICABLES


AU MINEUR AUQUEL EST IMPUTEE
UNE INFRACTION

Section première - Poursuites

ARTICLE 787

Le procureur de la République est chargé de la poursuite


des crimes, délits et contraventions commis par les mineurs de dix-
huit ans.

Dans le cas d'infraction dont la poursuite est réservée


d'après les lois en vigueur, aux administrations publiques, le
procureur de la République a seul qualité pour exercer la poursuite
sur la plainte de l'administration intéressée.

ARTICLE 788

Lorsqu’une infraction est reprochée à un mineur, le


procureur de la République, suivant les circonstances de l’infraction
et la personnalité du mineur, peut décider, après avis de la victime,
d’un classement sans suite sous condition, en notifiant au mineur
des obligations à remplir dans un délai qu’il fixe et qui ne peut être
supérieur à six mois.

259
A ce titre, il peut prescrire au mineur, sous la responsabilité
de la personne civilement responsable, de s’acquitter de l’une ou de
plusieurs des obligations suivantes :

1° s’abstenir de fréquenter certains lieux ou certaines


personnes ;

2° suivre une scolarité ou un apprentissage professionnel ;

3° procéder à la réparation du dommage causé


à la victime ;

4° participer à une tentative de réconciliation avec la


victime.

Le procureur de la République confie le suivi de ces


obligations à un éducateur de la protection judiciaire de l’enfance et
de la jeunesse ou à toute personne habilitée qui lui fera rapport au
terme du délai fixé.

Lorsque les obligations mises à la charge du mineur dans le


cadre de cette mesure sont remplies dans le délai prescrit, le
procureur de la République classe la procédure sans suite.

ARTICLE 789

Les dispositions de l’article précédent ne sont applicables


que si le mineur reconnaît l’infraction.

ARTICLE 790

Aucune mesure de garde à vue prévue par les articles 71 et


suivants ne peut être prise à l’encontre d’un mineur âgé de moins de
treize ans.

Aucune mesure de garde à vue prévue par les articles 71 et


suivants ne peut être prise à l’encontre d’un mineur âgé d’au moins
treize ans sans l’autorisation préalable du procureur de la
République.

260
Lorsqu’une mesure de garde à vue est appliquée à un
mineur âgé d’au moins treize ans, avis en est immédiatement donné
aux titulaires de l’autorité parentale. Le mineur gardé à vue peut être
assisté d’un avocat. Lorsqu’il n’en a pas, le mineur est assisté d’un
parent ou d’un éducateur de la protection judiciaire de l’enfance et
de la jeunesse.

ARTICLE 791

La garde à vue d’un mineur ne peut être prolongée au-delà


du délai de vingt-quatre heures, sauf en matière criminelle. En ce
cas l’autorisation de prolongation est délivrée par tout moyen écrit ou
verbal par le procureur de la République. Un examen médical du
mineur est obligatoire en cas de prolongation de la mesure de garde
à vue.

Les dispositions de l’article 75 sont applicables.

ARTICLE 792

Si la personne placée en garde à vue se déclare mineure


sans pouvoir l’établir, l'officier de police judiciaire est tenu de requérir
un médecin afin de déterminer son âge physiologique.

ARTICLE 793

En cas d’inobservation de l’une des dispositions prescrites


par les articles 790 et 791, les dispositions de l’article 76 sont
applicables.

ARTICLE 794

Le mineur de dix-huit ans auquel est imputée une infraction


n’est pas déféré aux juridictions pénales de droit commun et n’est
justiciable que du juge des enfants des tribunaux pour enfants ou du
tribunal criminel pour mineurs.

261
ARTICLE 795

Le mineur qui comparait devant le juge des enfants est


assisté d'un avocat. Lorsqu’il n’en a pas, le procureur de la
République saisit le bâtonnier qui lui en désigne un d’office.

Toutefois, dans les localités où il n'y a pas d’avocat, le


mineur est assisté de son représentant légal ou d’un éducateur de la
protection judiciaire de l’enfance et de la jeunesse.
ARTICLE 796
Le juge des enfants, le tribunal pour enfants et le tribunal
criminel pour mineurs prononcent suivant les cas les mesures de
protection, d'assistance, de surveillance et d'éducation qui semblent
appropriées.
Le tribunal pour enfants et le tribunal criminel pour mineurs
peuvent cependant, lorsque les circonstances et la personnalité du
délinquant leur paraissent l'exiger, prononcer à l’égard du mineur
une condamnation pénale. Il est alors fait application des
dispositions prévues par les articles 820 et 827 ainsi que des
dispositions du Code pénal relatives à la minorité.
ARTICLE 797
Le tribunal pour enfants et le tribunal criminel pour mineurs
peuvent décider à l'égard des mineurs âgés de plus de seize ans
qu'il n'y a pas lieu de retenir l'excuse atténuante de minorité. ‘
Cette décision ne peut être prise que par une disposition
spécialement motivée.
ARTICLE 798
Sont compétents le tribunal pour enfants ou le tribunal
criminel pour mineurs du lieu de l'infraction, de la résidence du
mineur ou de ses parents ou tuteur, du lieu où le mineur aura été
trouvé ou du lieu où il a été placé soit à titre provisoire soit à titre
définitif.
ARTICLE 799
Pour l'application des dispositions du présent titre l'âge du
mineur est déterminé par la production des pièces d'état civil, les
262
jugements en tenant lieu ou tous autres documents corroborés par
une expertise médicale.
En cas de contrariété, la juridiction saisie apprécie
souverainement l'âge du délinquant.
Si l'acte d'état civil ne précise que l'année de la naissance,
celle-ci sera considérée comme étant intervenue le 31 décembre de
ladite année. Si le mois est précisé, elle sera considérée comme
étant intervenue le dernier jour dudit mois.

ARTICLE 800

Les officiers d'état civil requis de délivrer des extraits d'acte


d'état civil ou de jugement concernant un mineur sont tenus de
s'exécuter dans les soixante-douze heures de la réception de la
réquisition.

Faute par eux de s’exécuter dans le délai prescrit ils


encourent une amende civile de 50.000 à 100.000 francs que la
juridiction requérante peut prononcer par décision susceptible
d'appel dans les délais et formes prévus par l’article 566.

En cas d'excuse jugée valable, l'officier d'état civil peut être


relevé de l'amende prononcée contre lui.

ARTICLE 801

Il existe au siège de chaque tribunal de première instance,


un tribunal pour enfants et un ou plusieurs juges des enfants.

Dans chaque tribunal de première instance, il est institué


une section du parquet chargée du traitement de l’ensemble des
procédures intéressant les mineurs.

ARTICLE 802

La compétence territoriale du juge des enfants est la même


que celle du tribunal pour enfants. Elle s'étend au ressort du tribunal
de première instance.

263
ARTICLE 803

Le juge des enfants et le tribunal pour enfants peuvent dans


tous les cas, ordonner l'exécution provisoire de leur décision,
nonobstant opposition ou appel.

ARTICLE 804

En cas de crime, de délit ou de contravention commis par un


mineur de dix-huit ans, le procureur de la République en saisit le
juge des enfants.

En aucun cas, il ne peut être suivi contre le mineur, selon la


procédure de flagrant délit ou de citation directe.

Lorsque le mineur de dix-huit ans est impliqué dans la même


cause qu'un ou plusieurs majeurs de dix-huit ans, lesquels sont
poursuivis en flagrant délit ou par voie de citation directe, le
procureur de la République constitue un dossier spécial concernant
le mineur et en saisit le juge des enfants. Si une information a été
ouverte, le juge d'instruction se dessaisit dans le plus bref délai à
l'égard tant du mineur que des inculpés majeurs au profit du juge des
enfants.

ARTICLE 805

L'action civile peut être portée devant le juge des enfants,


devant le tribunal pour enfants et devant le tribunal criminel pour
mineurs.

Lorsqu'un ou plusieurs mineurs de dix-huit ans sont


impliqués dans la même cause qu'un ou plusieurs majeurs, l'action
civile contre tous les responsables peut être portée devant le tribunal
correctionnel ou devant le tribunal criminel pour mineurs compétents
à l'égard des majeurs.

En ce cas, les mineurs ne comparaissent pas à l'audience,


mais seulement leurs représentants légaux. A défaut de choix d'un
défenseur par le mineur ou par ses représentants, il lui en est
désigné un d'office.

264
Dans le cas prévu à l'alinéa qui précède s'il n'a pas encore
été statué sur la culpabilité des mineurs, le tribunal correctionnel ou
le tribunal criminel pour mineurs peut surseoir à statuer sur l'action
civile.

Section 2 - Juge des enfants

ARTICLE 806

Dans les tribunaux de première Instance, le juge des enfants


est nommé, compte tenu de ses aptitudes et de l'intérêt qu'il porte
aux questions de l’enfance.

Les fonctions de juge des enfants peuvent être cumulées


avec d'autres fonctions judiciaires.

En cas d'empêchement du titulaire, par suite de congé, de


maladie ou pour toute autre cause, de même qu’en cas de
nomination à un autre poste, le président du tribunal désigne par
ordonnance l'un des juges de ce tribunal pour le remplacer.

ARTICLE 807

Le juge des enfants effectue toutes diligences et


investigations utiles pour parvenir à la manifestation de la vérité et à
la connaissance de la personnalité du mineur ainsi que des moyens
appropriés à sa rééducation.

A cet effet, il procède à une enquête, soit par voie officieuse,


soit dans les formes prévues par le chapitre premier du titre III du
livre premier du présent Code.

Il peut décerner tous mandats utiles en observant les règles


du droit commun.

Il recueille par une enquête sociale des renseignements sur


la situation matérielle et morale de la famille, sur le caractère et les
antécédents du mineur, sur sa fréquentation scolaire, son attitude à
l'école, sur les conditions dans lesquelles il a vécu ou a été élevé.

Le juge des enfants ordonne un examen médical et il peut,


lorsque les circonstances le permettent, ordonner un examen
médico-psychologique. Il décide, le cas échéant, le placement du
mineur dans un centre d'accueil ou dans un centre d'observation.
265
Toutefois, il peut, dans l'intérêt du mineur, n'ordonner
aucune de ces mesures ou ne prescrire que l'une d'elles. Dans ce
cas, il rend une ordonnance motivée.

ARTICLE 808
Le juge des enfants prévient des poursuites les parents,
tuteurs ou gardiens connus. A défaut de choix d'un défenseur par le
mineur ou son représentant légal, il fait désigner par le bâtonnier un
défenseur d'office.
Dans les juridictions aux sièges desquelles ne réside pas
d'avocat, il est désigné un défenseur choisi parmi les personnes
présentant toutes garanties désirables inscrites sur une liste établie
par le président du tribunal sur proposition du juge des enfants.
Il peut charger de l'enquête sociale le service de la
protection judiciaire de l'enfance et de la jeunesse créé auprès du
tribunal.
Le juge des enfants peut confier provisoirement le mineur,
pour une durée de 3 mois, renouvelable :
1° à ses parents, à son tuteur ou à la personne qui en avait
la garde, ainsi qu'à une personne digne de confiance ;
2° à un centre d'accueil ;
3° à une section d'accueil d'une institution publique ou
privée habilitée à cet effet ;
4° au service de l’assistance à l'enfance ou à un
établissement hospitalier ;
5° à un établissement ou à une institution d'éducation de
formation professionnelle ou de soins, de l'Etat ou d'une
administration publique habilitée.
S'il estime que l'état physique ou psychologique du mineur
justifie une observation approfondie, il peut ordonner son placement
provisoire dans un centre d'observation institué ou agréé par le
ministre de la Justice.

266
La garde provisoire peut, le cas échéant, être exercée sous
le régime de la liberté surveillée.
La mesure de garde peut, dans le délai indiqué à l’alinéa 4
du présent article, être modifiée ou révoquée à tout moment.
ARTICLE 809

Le mineur âgé de plus de treize ans ne peut être placé


provisoirement dans une maison d'arrêt par le juge des enfants, que
si cette mesure paraît indispensable ou s'il est impossible de prendre
toutes autres dispositions. Dans ce cas, la décision du juge des
enfants est prise par ordonnance motivée. Elle ne peut intervenir
qu’après rapport du service éducatif près le tribunal chargé de
proposer des mesures alternatives à l’incarcération.

Les délais prescrits par l’article 166 et 167 sont applicables


aux mineurs.

Lorsqu'il fait l’objet d’un placement en détention préventive,


le mineur est incarcéré dans un quartier spécial, à défaut, dans un
local spécial.

ARTICLE 810

Les formalités et délais prévus par les articles 162 et


suivants sont applicables à la détention préventive des mineurs.

ARTICLE 811

En cas d’appel interjeté contre une décision de placement en


détention préventive ou de refus de mise en liberté d’un mineur, la
Chambre d’instruction est tenue de statuer dans les délais et
conditions prévus à l'article 228.

ARTICLE 812

Les diligences faites, le juge des enfants peut communiquer


le dossier au ministère public.

Il peut ensuite, outre les mesures prévues aux articles 209 à


218 :

267
1° en cas de contravention, renvoyer par ordonnance le
mineur devant le juge des enfants ;

2° en cas de délit, renvoyer par ordonnance le mineur, soit


devant le juge des enfants, soit devant le tribunal pour enfants ;

3° en cas de crime, s'il s'agit d'un mineur de seize ans,


rendre une ordonnance de renvoi devant le tribunal pour enfants ; s’il
s’agit d’un mineur âgé de seize ans et plus, ordonner la transmission
des pièces au procureur général.

Si le juge des enfants estime qu’il n’existe pas de charges


suffisantes, il rend une ordonnance de non-lieu.

S'il se révèle que l'inculpé était majeur à la date de


commission des faits, le juge des enfants, après les réquisitions du
ministère public, soit se dessaisit au profit du juge d'instruction
compétent qui poursuivra l'information entreprise à partir du dernier
acte intervenu, soit, si la procédure est terminée, la règle comme il
est dit aux articles 209 à 218.

ARTICLE 813

Si le mineur a participé à la commission de l’infraction avec


des personnes âgées de plus de dix-huit ans, celles-ci sont en cas
de poursuites correctionnelles, renvoyées devant la juridiction
compétente suivant le droit commun. La cause concernant le mineur
est disjointe pour être jugée conformément aux dispositions du
présent titre.

ARTICLE 814

Le juge des enfants, lorsqu’il renvoie l’affaire comme il est dit


à l’article 812 alinéa 2- 2e, peut, par jugement rendu en chambre du
conseil, soit relaxer le mineur s'il estime que le délit n'est pas établi,
soit l'admonester, soit le remettre à ses parents, à son tuteur, à la
personne qui en avait la garde ou à une personne digne de
confiance, en prescrivant le cas échéant qu'il sera placé jusqu'à un
âge qui ne pourra excéder vingt et un ans sous le régime de la
liberté surveillée.

268
Il peut avant de se prononcer au fond, ordonner la mise en
liberté surveillée à titre provisoire en vue de statuer après une ou
plusieurs périodes d'épreuve dont il fixe la durée.

ARTICLE 815

En cas de poursuites pour infractions qualifiées crimes, il est


procédé à l'égard de tous les inculpés conformément aux
dispositions de l'article 215.

La Chambre d’instruction peut, soit renvoyer tous les


accusés âgés de seize ans au moins devant le tribunal criminel pour
mineurs, soit disjoindre les poursuites concernant les majeurs et
renvoyer ceux-ci devant le tribunal criminel de droit commun. Dans
tous les cas, les mineurs âgés de moins de seize ans sont renvoyés
devant le tribunal pour enfants.

L'arrêt est rédigé dans les formes du droit commun.

ARTICLE 816

Les jugements du juge des enfants sont exempts des


formalités de timbre et d'enregistrement.

Section 3 - Tribunal criminel pour mineurs

ARTICLE 817

Le mineur âgé de seize ans au moins, accusé de crime est


jugé par le tribunal criminel pour mineurs. Celui-ci se réunit durant la
session du tribunal criminel.

Il est composé :

- d'un président ;
- de deux membres magistrats ;
- de deux assesseurs.

Le président est désigné et remplacé s'il y a lieu, dans les


conditions prévues pour le président du tribunal criminel par l’article
270.

269
Les deux membres magistrats sont choisis parmi les juges
du tribunal de première instance et désignés dans les formes
prévues à l’article 275.

Les deux assesseurs sont choisis parmi les assesseurs


prévus à l’article 821.
Les fonctions du ministère public auprès du tribunal criminel
pour mineurs sont remplies par les membres de la section du
parquet près le tribunal de première instance telle que prévue à
l’article 801 alinéa 2.
Les fonctions de greffier du tribunal criminel sont exercées
par un greffier du tribunal de première instance désigné dans les
formes prévues aux articles 274 et 275.
ARTICLE 818
Le président du tribunal criminel pour mineurs et le tribunal
criminel pour mineurs exercent respectivement les attributions
dévolues par les dispositions du présent Code au président du
tribunal criminel et au tribunal criminel.
Les dispositions des alinéas 1,2,4 et 5 de l'article 823
s'appliquent au tribunal criminel pour mineurs. Après l'interrogatoire
des accusés, le président du tribunal criminel pour mineurs peut, à
tout moment, ordonner que l'accusé mineur se retire pendant tout ou
partie de la suite des débats.
ARTICLE 819
Sous réserve des dispositions du présent titre, il est procédé
en ce qui concerne les mineurs âgés de seize ans, au moins,
accusés de crime, conformément aux dispositions des articles 276 à
361.
ARTICLE 820
Le tribunal criminel pour mineurs doit, à peine de nullité,
statuer spécialement :
1° sur l'application à l'accusé d'une condamnation pénale ;
2° sur l'exclusion de l'accusé du bénéfice de l'excuse
atténuante de minorité.

270
S'il est décidé que l'accusé mineur de dix-huit ans déclaré
coupable ne doit pas faire l'objet d'une condamnation pénale, les
mesures relatives à son placement ou à sa garde, sur lesquelles le
tribunal est appelé à statuer sont celles des articles 824 et 825.

Section 4 - Tribunal pour enfants

ARTICLE 821

Le tribunal pour enfants est composé du juge des enfants,


président, et de deux assesseurs.

Les assesseurs titulaires et cinq assesseurs suppléants sont


nommés pour quatre ans par arrêté du ministre de la Justice sur
proposition du juge des enfants. Ils sont choisis parmi les personnes
de l'un ou de l'autre sexe, âgées de plus de trente ans,
ressortissantes de la Côte d'Ivoire et s'étant signalées par l'intérêt
qu'elles portent aux questions de l’enfance et par leur compétence.

Avant d’entrer en fonction les assesseurs titulaires et


suppléants prêtent serment de bien et fidèlement remplir leurs
fonctions et garder religieusement le secret des délibérations.

Les fonctions de greffier sont assurées par le greffier en chef


du tribunal de première instance ou par un greffier.

ARTICLE 822

Le tribunal pour enfants statue après avoir entendu l’enfant,


les témoins, les parents, le tuteur ou gardien, le ministère public et le
défenseur. Il peut entendre à titre de simples renseignements, les
autres auteurs ou complices majeurs.

Le président du tribunal pour enfants peut, si l’intérêt du


mineur l’exige, dispenser ce dernier de comparaître à l’audience.
Dans ce cas, le mineur est représenté par son défenseur ou par son
père, sa mère, son tuteur ou la personne qui en a la garde. La
décision est réputée contradictoire.

271
Le tribunal pour enfants reste saisi à l'égard du mineur âgé
de moins de seize ans lorsqu'il décide d'appliquer une qualification
criminelle aux faits dont il avait été saisi sous une qualification
correctionnelle. Il ordonne, dans ce cas, un supplément
d'information.

ARTICLE 823
Chaque affaire est jugée séparément en l'absence de tous
autres prévenus.
Seuls sont admis à assister aux débats les témoins de
l'affaire, les proches parents, le tuteur ou le représentant légal du
mineur, les membres du barreau, les représentants des sociétés de
patronages d’œuvres en faveur des enfants, et des services ou
institutions s'occupant des enfants, les délégués à la liberté
surveillée.
Le président peut, à tout moment, ordonner que le mineur se
retire pendant tout ou partie de la suite des débats. Il peut de même
ordonner aux témoins de se retirer après leur audition.
La publication du compte rendu des débats des tribunaux
pour enfants dans les livres, la presse, la radiophonie, la
cinématographie ou de quelque manière que ce soit, est interdite. La
publication par les mêmes procédés, de tout test ou de toute
illustration concernant l'identité et la personnalité des mineurs
délinquants est également interdite. Les infractions à ces
dispositions sont punies d'une amende de 100.000 francs à
3.000.000 de francs.
En cas de récidive, un emprisonnement de deux mois à
deux ans peut être prononcé.
Le jugement est rendu en audience publique, en la présence
du mineur. Il peut être publié, mais sans que le nom du mineur
puisse être indiqué, à peine d'une amende de 50.000 francs à
500.000francs.
ARTICLE 824
Si la prévention est établie à l'égard du mineur de treize ans,
le tribunal pour enfants prononce, par décision motivée, l'une des
mesures suivantes :
272
1° remise à ses parents, à son tuteur, à la personne qui en
avait la garde, ou à une personne digne de confiance ;
2° placement dans une institution ou un établissement
public ou privé d'éducation ou de formation professionnelle habilités ;
3° placement dans un établissement médical ou
médico-pédagogique habilité ;

4° remise au service de l'assistance à l'enfance ;

5° placement dans un internat approprié aux mineurs


délinquants d'âge scolaire.

ARTICLE 825

Si la prévention est établie à l'égard d'un mineur âgé de plus


de treize ans, le tribunal pour enfants prononce par décision motivée
l'une des mesures prévues à l'article précédent, ou le placement
dans une institution publique d'éducation surveillée ou d'éducation
corrective.

ARTICLE 826

Dans tous les cas prévus par les articles 824 et 825, les
mesures sont prononcées pour le nombre d'années que la décision
détermine.

Ces années ne peuvent excéder l'époque où le mineur aura


atteint l'âge de seize ans pour le mineur de treize ans, et l’âge de
vingt et un ans pour le mineur de plus de treize ans.

La décision doit préciser la date de l'expiration du placement.

ARTICLE 827

Si la prévention est établie à l'égard d'un mineur âgé de plus


de treize ans, celui-ci peut faire l'objet d'une condamnation pénale
conformément à l’article 796.

273
Si l'infraction commise par un mineur âgé de plus de treize
ans est un délit, la peine qui peut être prononcée contre lui est celle
prévue par les dispositions du Code pénal relatives à la minorité.

ARTICLE 828

Lorsque l'une des mesures prévues aux articles 824 et 825


ou une condamnation pénale est décidée, le mineur peut, en outre,
être placé jusqu'à l’âge de la majorité, sous le régime de la liberté
surveillée.

Le tribunal pour enfant peut, avant le prononcé au fond,


ordonner la mise en liberté surveillée à titre provisoire en vue de
statuer après une ou plusieurs périodes d'épreuve dont il fixe la
durée.

Section 5 - Contraventions

ARTICLE 829

Les contraventions de simple police, commises par les


mineurs de dix-huit ans, sont déférées par voie de réquisitoire du
procureur de la République au juge des enfants siégeant en
Chambre du conseil, aux fins de jugement.

ARTICLE 830

Si la contravention est établie, le juge des enfants peut soit


admonester le mineur, soit s'il estime conforme à l'intérêt du mineur,
le placer sous le régime de la liberté surveillée.

Toutefois, les mineurs de treize ans ne peuvent faire l'objet


que d'une admonestation.

Section 6 - Voies de recours

ARTICLE 831

Le droit d'opposition, d'appel ou de recours en cassation


peut être exercé soit par le mineur, soit par son représentant légal.

274
ARTICLE 832

Les règles sur le défaut et l'opposition résultant des articles


511 et suivants sont applicables aux jugements du juge des enfants
et du tribunal pour enfants.

Les règles sur la contumace sont applicables à la procédure


devant le tribunal criminel pour mineurs.
ARTICLE 833
Lorsque les décisions prévues à l'article 824 ont été
prononcées par défaut à l'égard d'un mineur, et assorties de
l'exécution provisoire, elles sont exécutées à la diligence du
procureur de la République. Le mineur est conduit et retenu dans un
centre d'accueil ou dans une section d'accueil d'une institution visée
à l'article 808 ou dans un centre d'observation.
ARTICLE 834
Les règles prévues en matière d’appel contre les décisions
du tribunal criminel résultant des articles 362 à 369 sont applicables
à l’appel contre les décisions du tribunal criminel pour mineurs.
ARTICLE 835
L'appel des jugements rendus par le tribunal criminel pour
mineurs est porté devant la Chambre criminelle spéciale de la Cour
d’Appel. Celle-ci se réunit durant la session de la Chambre criminelle
de la Cour d’Appel.
La Chambre criminelle spéciale de la Cour d'Appel est
composée d’un président et de deux conseillers désignés par le
premier président de la Cour d’Appel, parmi les membres de ladite
cour.
La procédure suivie devant la Chambre criminelle de la Cour
d’Appel est applicable à la Chambre criminelle spéciale de la Cour
d’Appel.
ARTICLE 836
Les règles édictées par les articles 555 et suivants, sont
applicables à l'appel des jugements du juge des enfants et du
tribunal pour enfants.

275
ARTICLE 837 nouveau
(Loi n° 2022-192 du 11 mars 2022)

L'appel des jugements du juge des enfants et du tribunal


pour enfants est jugé par la Cour d'Appel composée conformément
aux dispositions de l’article 821, au cours d’une audience spéciale,
suivant la même procédure que devant le tribunal pour enfants.
ARTICLE 838

Un magistrat de la Cour d'Appel est désigné par le Premier


Président de la Cour d’Appel pour présider l'audience spéciale de la
Cour d'Appel visée à l'article précédent. Il exerce également les
fonctions de rapporteur.

Il siège comme membre de la Chambre d’instruction lorsque


celle-ci connaît d'une affaire dans laquelle un mineur est impliqué,
soit seul, soit avec les autres auteurs ou complices majeurs.

Il dispose en cause d'appel des pouvoirs attribués au juge


des enfants par les articles 807 et suivants.

Ses fonctions peuvent être cumulées avec d'autres fonctions


judiciaires.

En cas d'empêchement momentané du titulaire, il lui est


désigné un remplaçant par le premier président.

ARTICLE 839

Les dispositions des articles 216 à 222 sont applicables aux


ordonnances du juge des enfants. Les ordonnances du juge des
enfants concernant les mesures provisoires visées aux articles 808
et 809 sont susceptibles d'appel. Cet appel est formé dans les délais
de l'article 559 et porté devant la chambre spéciale de la Cour
d'Appel.

ARTICLE 840

Le recours en cassation n'est pas suspensif, sauf si une


condamnation pénale est intervenue.

276
Section 7 - Liberté surveillée

ARTICLE 841

La rééducation des mineurs en liberté surveillée est assurée,


sous l'autorité du juge des enfants, par des éducateurs de la
protection judiciaire de l’enfance et de la jeunesse.

Dans chaque affaire, l’éducateur de la protection judiciaire


de l’enfance et de la jeunesse est désigné par le jugement qui
ordonne la liberté surveillée.

Il peut être désigné ultérieurement par ordonnance du juge


des enfants, notamment dans le cas de commission rogatoire prévue
à l'article 847 alinéa 1-2e.

ARTICLE 842

Dans tous les cas, si le régime de la liberté surveillée est


décidé, le mineur, ses parents, son tuteur, la personne qui en a la
garde sont avertis du caractère et de l'objet de cette mesure et des
obligations qu'elle comporte.

L’éducateur de la protection judiciaire de l’enfance et de la


jeunesse fait rapport au juge des enfants en cas de mauvaise
conduite, de péril moral du mineur, d'entraves systématiques à
l'exercice de la surveillance, ainsi que dans le cas où une
modification de placement ou de garde lui paraît utile.

En cas de décès, de maladie grave, de changement de


résidence ou d'absence non autorisée du mineur, les parents,
tuteurs, gardiens, maîtres ou employeurs doivent sans retard en
informer l’éducateur.

Si un incident à la liberté surveillée révèle un défaut de


surveillance caractérisé de la part des parents ou du tuteur ou du
gardien, ou des entraves systématiques à l'exercice de la mission de
l'éducateur de la protection judiciaire de l’enfance et de la jeunesse,
le juge des enfants ou le tribunal pour enfants, quelle que soit la
décision prise à l'égard du mineur, peut condamner les parents ou le
tuteur ou le gardien à une amende civile de 50.000 francs à 100.000
francs.
277
ARTICLE 843

Les mesures de protection, d'assistance, de surveillance,


d'éducation ou de réformes ordonnées à l'égard d'un mineur peuvent
être révisées à tout moment.

ARTICLE 844

Le juge des enfants peut, soit d'office, soit à la requête du


ministère public, du mineur, de ses parents, de son tuteur ou de la
personne qui en a la garde, soit sur le rapport de l’éducateur de la
protection judiciaire de l’enfance et de la jeunesse, statuer sur tous
les incidents, instances en modification de placement ou de garde ou
demandes de remise de garde. Il peut ordonner toutes mesures de
protection ou de surveillance utiles, rapporter ou modifier les
mesures prises, le tribunal pour enfants est, le cas échéant, investi
du même droit.

Toutefois, le tribunal pour enfants est seul compétent


lorsqu'il y a lieu de prendre à l'égard d'un mineur qui avait été laissé
à la garde de ses parents, de son tuteur, ou laissé, ou remis à une
personne digne de confiance, une des autres mesures prévues aux
articles 824 et 825.

S'il est établi qu'un mineur âgé de seize ans au moins, par
sa mauvaise conduite opiniâtre, son indiscipline constante ou son
comportement dangereux, rend inopérantes les mesures de
protection et de surveillance déjà prises à son égard, le tribunal pour
enfants peut, par décision motivée, le placer jusqu'à l’âge de la
majorité dans un quartier spécial d'un établissement pénitentiaire.

ARTICLE 845

Le juge des enfants peut, s'il y a lieu, ordonner toutes


mesures nécessaires à l'effet de s'assurer de la personne du mineur.
Il peut, par ordonnance motivée, décider que le mineur soit conduit
et retenu à la maison d'arrêt dans les conditions prévues à l'article
809.

Le mineur doit comparaître dans le délai de quarante-huit


heures au plus tard devant le juge des enfants, ou devant le tribunal
pour enfants.
278
ARTICLE 846

Jusqu'à l'âge de treize ans le mineur ne peut, sur incident à


la liberté surveillée, être l'objet que d'une mesure prévue à l'article
824.

Après l'âge de treize ans, il peut selon les circonstances,


être l’objet d'une des mesures prévues à l’article 825.

ARTICLE 847

Sont compétents pour statuer sur tous incidents, instances


modificatives de placement ou de garde, demande de remise de
garde :

1° le juge des enfants ou le tribunal pour enfants ayant


primitivement statué ; dans le cas où la décision initiale émane de la
Cour d'Appel, la compétence appartient au juge des enfants ou au
tribunal pour enfants du domicile des parents ou de la résidence
actuelle du mineur ;

2° sur commission rogatoire accordée par le juge des


enfants ou par le tribunal pour enfants ayant primitivement statué, le
juge des enfants ou le tribunal pour enfants du lieu où le mineur se
trouve en fait placé ou arrêté.

Si l'affaire requiert célérité, toutes mesures provisoires


peuvent être ordonnées par le juge des enfants du lieu où le mineur
se trouve en fait placé ou arrêté.

ARTICLE 848

Les dispositions des articles 831 et 840 sont applicables aux


décisions rendues sur incident à la liberté surveillée, instances
modificatives de placement ou de garde, demande de remise de
garde.

279
CHAPITRE 3 - DISPOSITIONS DIVERSES

ARTICLE 849

Dans chaque tribunal, le greffier tient un registre spécial, non


public, dont le modèle est fixé par arrêté ministériel et sur lequel sont
mentionnées toutes les décisions concernant les mineurs de dix-huit
ans, y compris celles intervenues sur incident à la liberté surveillée,
instances modificatives de placement ou de garde et remise de
garde.

ARTICLE 850

Toute personne, toute œuvre ou toute institution, même


reconnues d'utilité publique, s'offrant à recueillir d'une façon
habituelle des mineurs en application du présent titre, doit obtenir du
ministre de la Justice, une habilitation spéciale.

ARTICLE 851

Dans tous les cas où le mineur est remis à titre provisoire ou


à titre définitif à une personne autre que ses père, mère ou tuteur ou
à une personne autre que celle qui en avait la garde, la décision doit
déterminer la part de frais d'entretien et de placement qui est mise à
la charge de la famille.

Ces frais sont recouvrés comme frais de justice criminelle au


profit du Trésor public.

Les allocations familiales, majorations et allocations


d'assistance auxquelles le mineur a droit, sont, en tout état de cause,
versées directement par l'organisme débiteur à la personne ou à
l'institution qui a la charge du mineur pendant la durée du placement.

La part des frais d'entretien et de placement qui n'incombe


pas à la famille est mise à la charge du Trésor public.

280
TITRE IX - FRAIS DE JUSTICE

ARTICLE 852

Un décret pris en Conseil des ministres détermine les frais


qui doivent être compris sous la dénomination de frais de justice
criminelle, correctionnelle et de simple police.

Il en établit le tarif, en règle le paiement et le recouvrement,


détermine les voies de recours, fixe les conditions que doivent
remplir les parties prenantes et, d'une façon générale règle tout ce
qui touche aux frais de justice en matière criminelle, correctionnelle
et de simple police.

TITRE X - DISPOSITIONS FINALES

ARTICLE 853

La présente loi abroge la loi n° 60-366 du 14 novembre 1960


portant Code de procédure pénale.

ARTICLE 854

La présente loi sera publiée au Journal officiel de la


République de Côte d’Ivoire et exécutée comme loi de l’Etat.

281
B-
PROCEDURES PENALES SPECIALES

282
1-
LA LOI DU 10 MARS 1927 RELATIVE
A L’EXTRADITION DES ETRANGERS

283
TITRE PREMIER - DES CONDITIONS
DE L’EXTRADITION

ARTICLE PREMIER

En l’absence de traité, les conditions, la procédure et les


effets de l’extradition sont déterminés par les dispositions de la
présente loi.(1)

La présente loi s’applique également aux points qui


n’auraient pas été réglementés par les traités.

ARTICLE 2

Aucune remise ne pourra être faite à un Gouvernement


étranger de personnes n’ayant pas été l’objet de poursuites ou d’une
condamnation pour une infraction prévue par la présente loi.

ARTICLE 3

Le Gouvernement français peut livrer, sur leur demande, aux


Gouvernements étrangers tout individu non Français ou non
ressortissant français qui, étant l’objet d’une poursuite intentée au
nom de l’Etat requérant ou d’une condamnation prononcée par ses
Tribunaux, est trouvé sur le territoire de la République ou de ses
possessions coloniales.

Néanmoins, l’extradition n’est accordée que si l’infraction


cause de la demande a été commise :

Soit sur le territoire de l’Etat requérant par un sujet de cet


Etat ou par un étranger ;

Soit en dehors de son territoire par un sujet de cet Etat ;

Soit en dehors de son territoire par un individu étranger à cet


Etat, quand l’infraction est au nombre de celles dont la loi française
autorise la poursuite en France, alors même qu’elles ont été
commises par un étranger à l’étranger.

(1)
La loi a été promulguée par arrêté du 02 Avril 1927.
284
ARTICLE 4

Les faits qui peuvent donner lieu à l’extradition, qu’il s’agisse


de la demander ou de l’accorder, sont les suivants :

1° Tous les faits punis de peines criminelles par la loi de


l’Etat requérant ;

2° Les faits punis de peines correctionnelles par la loi de


l’Etat requérant, quand le maximum de la peine encourue, aux
termes de cette loi est de deux ans ou au-dessus, ou, s’il s’agit d’un
condamné, quand la peine prononcée par la juridiction de l’Etat
requérant est égale ou supérieure à deux mois d’emprisonnement.

En aucun cas l’extradition n’est accordée par le


Gouvernement français si le fait n’est pas puni par la loi française
d’une peine criminelle ou correctionnelle.

Les faits constitutifs de tentative ou de complicité sont


soumis aux règles précédentes à condition qu’ils soient punissables
d’après la loi de l’Etat requérant et d’après celle de l’Etat requis.

Si la demande a pour objet plusieurs infractions commises


par l’individu réclamé et qui n’ont pas encore été jugées, l’extradition
n’est accordée que si le maximum de la peine encourue, d’après la
loi de l’Etat requérant, pour l’ensemble de ces infractions, est égal ou
supérieur à deux ans d’emprisonnement.

Si l’individu réclamé a été antérieurement l’objet, en quelque


pays que ce soit, d’une condamnation définitive à deux mois
d’emprisonnement, ou plus, pour un délit de droit commun,
l’extradition est accordée, suivant les règles précédentes, c’est-à-
dire seulement pour les crimes ou délits, mais sans égard au taux de
la peine encourue ou prononcée pour la dernière infraction.

Les dispositions précédentes s’appliquent aux infractions


commises par des militaires, marins ou assimilés lorsqu’elles sont
punies par la loi française comme infraction de droit commun.

Il n’est pas innové, quant à la pratique relative à la remise


des marins déserteurs.

285
ARTICLE 5

L’extradition n’est pas accordée :

1° Lorsque l’individu, objet de la demande, est un citoyen


ou un protégé français, la qualité de citoyen ou de protégé étant
appréciée à l’époque de l’infraction pour laquelle l’extradition est
requise ;

2° Lorsque le crime ou délit a un caractère politique ou


lorsqu’il résulte des circonstances que l’extradition est demandée
dans un but politique.

En ce qui concerne les actes commis au cours d’une


insurrection ou d’une guerre civile, par l’un ou l’autre des partis
engagés dans la lutte et dans l’intérêt de sa cause, ils ne pourront
donner lieu à l’extradition que s’ils constituent des actes de barbarie
odieuse et de vandalisme défendus suivant les lois de la guerre, et
seulement lorsque la guerre civile a pris fin ;

3° Lorsque les crimes ou délits ont été commis en France


ou dans les possessions coloniales françaises ;

4° Lorsque les crimes ou délits quoique commis hors de


France ou des possessions coloniales françaises, y ont été
poursuivis et jugés définitivement ;

5° Lorsque, d’après les lois de l’Etat requérant ou celles de


l’Etat requis, la prescription de l’action s’est trouvée acquise
antérieurement à la demande d’extradition, ou la prescription de la
peine antérieurement à l’arrestation de l’individu réclamé et d’une
façon générale toutes les fois que l’action publique de l’Etat
requérant sera éteinte.

ARTICLE 6

Si, pour une infraction unique, l’extradition est demandée


concurremment par plusieurs Etats, elle est accordée de préférence
à l’Etat contre les intérêts duquel l’infraction était dirigée, ou à celui
sur le territoire duquel elle a été commise.

286
Si les demandes concurrentes ont pour cause des
infractions différentes, il est tenu compte, pour décider de la priorité,
de toutes circonstances de fait, et notamment :

De la gravité relative et du lieu des infractions, de la date


respective des demandes, de l’engagement qui serait pris par l’un
des Etats requérants de procéder à la ré extradition.

ARTICLE 7

Sous réserve des exceptions prévues ci-après l’extradition


n’est accordée qu’à la condition que l’individu extradé ne sera ni
poursuivi, ni puni pour une infraction autre que celle ayant motivé
l’extradition.

ARTICLE 8

Dans le cas où un étranger est poursuivi ou a été condamné


en France, et où son extradition est demandée au Gouvernement
français à raison d’une infraction différente, la remise n’est effectuée
qu’après que la poursuite est terminée et, en cas de condamnation,
après que la peine a été exécutée.

Toutefois, cette disposition ne fait pas obstacle à ce que


l’étranger puisse être envoyé temporairement pour comparaître
devant les Tribunaux de l’Etat requérant, sous la condition expresse
qu’il sera renvoyé dès que la justice étrangère aura statué.

Est régi par les dispositions du présent article le cas où


l’étranger est soumis à la contrainte par corps par application des
lois du 22 juillet 1867 et du 19 décembre 1871.

TITRE II - DE LA PROCEDURE DE L’EXTRADITION

ARTICLE 9

Toute demande d’extradition est adressée au Gouvernement


français par voie diplomatique et accompagnée, soit d’un jugement
ou d’un arrêt de condamnation, même par défaut ou par contumace,
soit d’un acte de procédure criminelle décrétant formellement ou
opérant de plein droit le renvoi de l’inculpé ou de l’accusé devant

287
la juridiction répressive, soit d’un mandat d’arrêt ou de tout autre
acte ayant la même force et décerné par l’Autorité judiciaire, pourvu
que ces derniers actes renferment l’indication précise du fait pour
lequel ils sont délivrés et la date de ce fait.

Les pièces ci-dessus mentionnées doivent être produites en


original ou en expédition authentique.

Le Gouvernement requérant doit produire en même temps la


copie des textes de la loi applicables au fait incriminé. Il peut joindre
un exposé des faits de la cause.

ARTICLE 10

La demande d’extradition est, après vérification des pièces,


transmise, avec le dossier, par le Ministre des Affaires étrangères au
Ministre de la Justice, qui s’assure de la régularité de la requête et
lui donne telles suites que de droit.

ARTICLE 11

Dans les vingt-quatre heures de l’arrestation, il est procédé,


par les soins du Procureur de la République ou d’un membre de son
parquet, à un interrogatoire d’identité dont il est dressé procès-verbal

ARTICLE 12

L’étranger est transféré dans le plus bref délai et écroué à la


maison d’arrêt du chef-lieu de la Cour d’Appel dans le ressort de
laquelle il a été arrêté.

ARTICLE 13

Les pièces produites à l’appui de la demande d’extradition


sont en même temps transmises par le Procureur de la République
au Procureur Général. Dans les vingt-quatre heures de leur
réception, le titre, en vertu duquel l’arrestation aura lieu, est notifié à
l’étranger.

Le Procureur Général, ou un membre de son parquet,


procède dans le même délai à un interrogatoire dont il est dressé
procès-verbal.

288
ARTICLE 14

La Chambre des mises en accusation est saisie sur le


champ des procès-verbaux susvisés et de tous autres documents.
L’étranger comparaît devant elle dans un délai maximum de huit
jours, à compter de la notification des pièces. Sur la demande du
Ministère public ou du comparant, un délai supplémentaire de huit
jours peut être accordé, avant les débats. Il est ensuite procédé à un
interrogatoire dont le procès-verbal est dressé. L’audience est
publique, à moins qu’il n’en soit décidé autrement sur la demande du
Parquet ou du comparant.

Le Ministère public et l’intéressé sont entendus. Celui-ci peut


se faire assister d’un avocat inscrit et d’un interprète. Il peut être mis
en liberté provisoire à tout moment de la procédure et conformément
aux règles qui gouvernent la matière.

ARTICLE 15

Si, lors de sa comparution, l’intéressé déclare renoncer au


bénéfice de la présente loi et consent formellement à être livré aux
Autorités du pays requérant, il est donné acte par la Cour de cette
déclaration.

Copie de cette décision est transmise sans retard par les


soins du Procureur Général au Ministre de la Justice, pour toutes
fins utiles.

ARTICLE 16

Dans le cas contraire, la Chambre des mises en accusation,


statuant sans recours, donne son avis motivé sur la demande
d’extradition.

Cet avis est défavorable si la Cour estime que les conditions


légales ne sont pas remplies, ou qu’il y a erreur évidente.

Le dossier doit être envoyé au Ministre de la Justice dans un


délai de huit jours à dater de l’expiration des délais prévus
à l’article 14.

289
ARTICLE 17

Si l’avis motivé de la Chambre des mises en accusation


repousse la demande d’extradition, cet avis est définitif et
l’extradition ne peut être accordée.

ARTICLE 18

Dans le cas contraire, le Ministre de la Justice propose, s’il y


a lieu, à la signature du Président de la République, un décret
autorisant l’extradition. Si, dans le délai d’un mois à compter de la
notification de cet acte, l’extradé n’a pas été reçu par les agents de
la puissance requérante, il est mis en liberté, et ne peut plus être
réclamé pour la même cause.

ARTICLE 19

En cas d’urgence et sur la demande directe des Autorités


judiciaires du pays requérant, les Procureurs de la République
peuvent, sur un simple avis transmis, soit par la poste, soit par tout
mode de transmission plus rapide laissant une trace écrite, ou
matériellement équipollente, de l’existence d’une des pièces
indiquées par l’article 9, ordonner l’arrestation provisoire de
l’étranger.

Un avis régulier de la demande devra être transmis, en


même temps par voie diplomatique, par la poste, par le télégraphe
ou par tout mode de transmission, laissant une trace écrite au
Ministère des Affaires étrangères.

Les Procureurs de la République doivent donner avis de


cette arrestation au Ministre de la Justice et au Procureur Général

ARTICLE 20

L’individu arrêté provisoirement dans les conditions prévues


par l’article 12 peut, s’il n’y a pas lieu de lui faire application des
articles 7, 8 et 9 de la loi du 3 décembre 1849, être mis en liberté, si
dans le délai de vingt jours, à dater de son arrestation, lorsqu’elle
aura été opérée à la demande du Gouvernement d’un pays
limitrophe, le Gouvernement français ne reçoit l’un des documents
mentionnés à l’article 9.

290
Le délai de vingt jours précité est porté à un mois, si le
territoire du pays requérant est non limitrophe, à trois mois si ce
territoire est hors d’Europe.

La mise en liberté est prononcée sur requête adressée à la


Chambre des mises en accusation, qui statue sans recours, dans la
huitaine. Si ultérieurement les pièces susvisées parviennent au
Gouvernement français, la procédure est reprise, conformément aux
articles 10 et suivants.

TITRE III - DES EFFETS DE L’EXTRADITION

ARTICLE 21

L’extradé ne peut être poursuivi ou puni pour une infraction


antérieure à la remise, autre que celle ayant motivé l’extradition.

Il en est autrement, en cas d’un consentement spécial donné


dans les conditions ci-après par le Gouvernement requis.

Ce consentement peut être donné par le Gouvernement


français, même au cas où le fait cause de la demande ne serait pas
l’une des infractions déterminées par l’article 4 de la présente loi.

ARTICLE 22

Dans le cas où le Gouvernement requérant demande pour


une infraction antérieure à l’extradition, l’autorisation de poursuivre
l’individu déjà livré, l’avis de la Chambre des mises en accusation
devant laquelle l’inculpé avait comparu peut-être formulé sur la seule
production des pièces transmises à l’appui de la nouvelle demande.

Sont également transmises par le Gouvernement étranger et


soumises à la Chambre des mises en accusation, les pièces
contenant les observations de l’individu livré ou la déclaration qu’il
entend n’en présenter aucune. Ces explications peuvent être
complétées par un avocat choisi par lui, ou qui est désigné ou
commis d’office.

291
ARTICLE 23

L’extradition obtenue par le Gouvernement français est nulle,


si elle est intervenue en dehors des cas prévus par la présente loi.

La nullité est prononcée, même d’office, par la juridiction


d’instruction ou de jugement dont l’extradé relève, après sa remise.

Si l’extradition a été accordée en vertu d’un arrêt ou d’un


jugement définitif, la nullité est prononcée par la Chambre des mises
en accusation dans le ressort de laquelle cette remise a eu lieu.

La demande en nullité formée par l’extradé n’est recevable


que si elle est présentée dans un délai de trois jours à compter de la
mise en demeure qui lui est adressée sitôt après son incarcération,
par le Procureur de la République. L’extradé est informé, en même
temps, du droit qui lui appartient de se choisir ou de se faire désigner
un défenseur.

ARTICLE 24

Les mêmes juridictions sont juges de la qualification donnée


aux faits qui ont motivé la demande d’extradition.

ARTICLE 25

Dans le cas où l’extradition est annulée, l’extradé s’il n’est


pas réclamé par le Gouvernement requis, est mis en liberté et ne
peut être repris, soit à raison des faits qui ont motivé son extradition,
soit à cause des faits antérieurs, que si, dans les trente jours qui
suivent la mise en liberté, il est arrêté sur le territoire français.

ARTICLE 26

Est considéré comme soumis sans réserve à l’application


des lois de l’Etat requérant, à raison d’un fait quelconque antérieur à
l’extradition et différent de l’infraction qui a motivé cette mesure,
l’individu livré qui a eu pendant trente jours à compter de son
élargissement définitif la possibilité de quitter le territoire de cet Etat.

292
ARTICLE 27

Dans le cas où l’extradition d’un étranger ayant été obtenue


par le Gouvernement français, le Gouvernement d’un pays tiers
sollicite à son tour du Gouvernement français l’extradition du même
individu à raison d’un fait antérieur à l’extradition, autre que celui
jugé en France, et non connexe à ce fait, le Gouvernement ne
défère, s’il y a lieu, à cette requête qu’après s’être assuré du
consentement du pays par lequel l’extradition a été accordée.

Toutefois, cette réserve n’a pas lieu d’être appliquée, lorsque


l’individu extradé a eu, pendant le délai fixé à l’article précédent, la
faculté de quitter de territoire français.

TITRE IV - DE QUELQUES PROCEDURES


ACCESSOIRES

ARTICLE 28

L’extradition par voie de transit sur le territoire français ou


par les bâtiments des services maritimes français, d’un individu de
nationalité quelconque, livré par un autre Gouvernement, est
autorisée, sur simple demande par voie diplomatique, appuyée des
pièces nécessaires pour établir qu’il ne s’agit pas d’un délit politique
ou purement militaire.

Cette autorisation ne peut être donnée qu’aux puissances


qui accordent, sur leur territoire, la même faculté au Gouvernement
français.

Le transport s’effectue sous la conduite d’agents français et


aux frais du Gouvernement requérant.

ARTICLE 29

La Chambre des mises en accusation décide s’il y a lieu ou


non de transmettre en tout ou en parties les titres, valeurs, argent ou
autres objets saisis, au Gouvernement requérant.

293
Cette remise peut avoir lieu, même si l’extradition ne peut
s’accomplir par suite de l’évasion ou de la mort de l’individu réclamé.

La Chambre des mises en accusation ordonne la restitution


des papiers et autres objets énumérés ci-dessus qui ne se
rapportent pas au fait imputé à l’étranger. Elle statue, le cas échéant,
sur les réclamations des tiers détenteurs et autres ayants droit.

Les décisions prévues au présent article ne sont


susceptibles d’aucun recours.

ARTICLE 30

En cas de poursuites répressives non politiques dans un


pays étranger, les commissions rogatoires émanant de l’Autorité
étrangère sont reçues par la voie diplomatique, et transmises au
Ministère de la Justice, dans les formes prévues à l’article 10. Les
commissions rogatoires sont exécutées s’il y a lieu et conformément
à la loi française.

Au cas d’urgence, elles peuvent être l’objet de


communications directes entre les Autorités judiciaires des deux
Etats, dans les formes prévues à l’article 19. En pareil cas, faute
d’avis donné par voie diplomatique au Ministère français des Affaires
étrangères par le Gouvernement étranger intéressé, les
communications directes entre les Autorités judiciaires des deux
pays n’auront pas de suite utile.

ARTICLE 31

Au cas de poursuites répressives exercées à l’étranger,


lorsqu’un Gouvernement étranger juge nécessaire la notification d’un
acte de procédure ou d’un jugement à un individu résidant sur le
territoire français, la pièce est transmise suivant les formes prévues
aux articles 9 et 10, accompagnée, le cas échéant, d’une traduction
française. La signification est faite à personne à la requête du
Ministère public, par les soins d’un officier compétent. L’original
constatant la notification est renvoyé par la même voie au
Gouvernement requérant.

294
ARTICLE 32

Lorsque, dans une cause pénale instruite à l’étranger, le


Gouvernement étranger juge nécessaire la communication de pièces
à conviction, ou de documents se trouvant entre les mains des
Autorités françaises, la demande est faite par la voie diplomatique. Il
y est donné suite, à moins que des considérations particulières ne
s’y opposent, et sous l’obligation de renvoyer les pièces et
documents dans le plus bref délai.

ARTICLE 33

Si dans une cause pénale, la comparution personnelle d’un


témoin résidant en France est jugé nécessaire par un Gouvernement
étranger, le Gouvernement français, saisi de la citation par la voie
diplomatique, l’engage à se rendre à l’invitation qui lui est adressée.

Néanmoins, la citation n’est reçue et signifiée qu’à la


condition que le témoin pourra être poursuivi ou détenu pour des
faits ou condamnation antérieurs à sa comparution.

ARTICLE 34

L’envoi des individus détenus, en vue d’une confrontation,


doit être demandé par la voie diplomatique. Il est donné suite à la
demande, à moins que des considérations particulières ne s’y
opposent, et sous la condition de renvoyer lesdits détenus dans le
plus bref délai.

ARTICLE 35

Les Gouvernements des colonies françaises peuvent, sous


leur responsabilité, et à charge d’en rendre compte à bref délai au
Ministre des Colonies, statuer sur les demandes d’extradition qui leur
sont adressées soit par des Gouvernements étrangers, soit par les
gouverneurs des colonies étrangères.

La demande est formée soit par le principal agent consulaire


de l’Etat requérant, soit par le gouverneur de la colonie.

295
La demande n’est accueillie qu’aux conditions prévues par
les articles 3, 4 et 5 de la présente loi. La réciprocité peut être
exigée.

Les gouverneurs peuvent exercer, en outre, les droits


conférés par les articles 28, 29, 30, 31, 32, 33 et 34.

La présente loi délibérée et adoptée par le Sénat et par la


Chambre des Députés, sera exécutée comme loi de l’Etat.

296
2-
LOI N° 109 DU 19 JANVIER 1942 RELATIVE AUX
BIENS MIS SOUS SEQUESTRE EN CONSEQUENCE
D’UNE MESURE DE SURETE GENERALE

297
TITRE PREMIER - DECLARATION DES
BIENS SEQUESTRES

ARTICLE PREMIER

Tous détenteurs à un titre quelconque, tous gérants,


gardiens ou surveillants de biens meubles ou immeubles
appartenant directement, indirectement ou par personne interposée,
à des personnes physiques ou morales, dont la mise sous séquestre
ou en liquidation du patrimoine est prescrite par la loi, en
conséquence d’une mesure de sûreté générale, tous débiteurs de
sommes, valeurs ou objets de toute nature envers les mêmes
personnes, pour quelque cause que ce soit, doivent en faire la
déclaration dans les trois mois à compter de la publication du
présent décret.

Doivent être notamment déclarés les actions, parts de


fondateurs, obligations et d’une façon générale toutes participations
et tous intérêts dans les sociétés, maisons de commerce,
entreprises ou exploitations quelconques ; l’obligation de la
déclaration incombe, dans les sociétés à tous associés en nom,
gérants, directeurs ou administrateurs.

L’obligation de déclarer s’étend à toutes les conventions


affectant le patrimoine des personnes physiques et morales
précitées, ainsi qu’aux biens qui viendraient à échoir à celles-ci.

Elle incombe également à toute personne qui a


connaissance de la détention des biens, notamment dans le cas où
elle les a déposés ou fait déposer chez les détenteurs.

Si plusieurs personnes ont qualité, à quelque titre que ce


soit, pour faire une même déclaration, elles y sont conjointement
tenues, sauf à se concerter éventuellement pour n’effectuer qu’une
seule et même déclaration

ARTICLE 2

Pour les biens dont la mise sous séquestre résultera de


mesures postérieures à la publication de la présente loi, le délai de
trois mois courra de la date de la publication au journal officiel des
textes en vertu desquels il est procédé à cette mise sous séquestre.

298
ARTICLE 3

La déclaration est faite, par lettre recommandée avec avis


de réception, à la fois au Procureur de la République et au Directeur
des Domaines.

La compétence du Procureur de la République et du


Directeur des Domaines est déterminée par le domicile ou la
résidence du déclarant.

ARTICLE 4

La déclaration doit contenir toutes indications utiles sur le


nom et l’adresse du déclarant, la personne physique ou morale dont
les biens sont soumis aux mesures de séquestre, la nature et la
consistance exacte de ces biens ainsi que leur situation.

S’il s’agit de dettes ou toutes autres obligations, la


déclaration indique le titre en vertu duquel intervient le déclarant, la
date de la convention qui a créé ce titre, la nature du droit et la
désignation de l’objet sur lequel porte ce droit, les clauses et
conditions diverses qui l’affectent ; la déclaration est appuyée,
s’il y a lieu, par la copie certifiée conforme de tous documents.

ARTICLE 5

Les infractions et tentatives d’infractions aux dispositions qui


précédent seront punies d’un emprisonnement d’un an à deux ans et
d’une amende de 200 à 100.000 francs ou de l’une seulement de
ces deux peines, celles-ci pouvant être doublées en cas de récidive.

Seront punis des mêmes peines ceux qui, connaissant la


provenance de biens susceptibles d’être mis sous séquestre, auront,
à un titre ou par un moyen quelconque, facilité ou tenté de faciliter la
soustraction de ces biens aux mesures de séquestre prescrites par
la loi, ou participé à cette soustraction.

Tout détournement de ces biens sera puni des peines


ci-dessus prévues.

299
ARTICLE 6

Ne sont pas soumis à déclaration les biens qui, au jour de la


publication de la présente loi, ont déjà été appréhendés par
l’Administration de l’Enregistrement.

TITRE II - NULLITE DES ACTES

ARTICLE 7

La mise sous séquestre des biens entraîne dessaisissement


de la personne physique ou morale.

ARTICLE 8

Est nul tout acte, à titre onéreux ou gratuit, entre vifs ou


testamentaire, accompli soit directement, soit par personne
interposée ou tout autre moyen indirect, ayant pour but de soustraire
des biens aux mesures de séquestre susceptibles de les atteindre

ARTICLE 9

Est présumé avoir été accompli en vue de soustraire les


biens aux mesures de séquestre prescrites en exécution des lois des
23 juillet et 10 septembre 1940, tout acte de disposition et
d’administration qui n’a pas acquis date certaine avant le 10 mai
1940.

Tout acte accompli postérieurement au 23 juillet 1940 est nul


de plein droit. Il en est de même de toute opération de liquidation
effectuée avant l’expiration du délai légal de six mois.

Dans le cas de contrats à titre onéreux, toutes les fois que


l’acte n’a pas acquis date certaine avant le 23 juillet 1940, le prix
n’est restitué que dans la mesure où il a été effectivement versé et
mis sous séquestre.

ARTICLE 10

L’annulation des actes est prononcée sur le rapport du


Directeur des Domaines par le Président du Tribunal civil ; le
Ministère public a seul qualité pour poursuivre cette annulation.

300
TITRE III - BIENS INDIVIS

ARTICLE 11

Lorsque le séquestre porte sur des biens indivis, l’indivision


est dissoute de plein droit.

Cette dissolution est constatée à la requête du Ministère


public par ordonnance du Président du Tribunal civil.

Il est procédé à la liquidation des droits de chacun.

ARTICLE 12

La totalité des biens indivis peut être gérée par


l’Administration de l’Enregistrement, conformément à l’arrêté du 23
Novembre 1940, jusqu’au partage des biens.

ARTICLE 13

S’il s’agit d’une communauté matrimoniale, la liquidation en


est poursuivie dans les formes prévues par les articles 1444 et
suivants du Code civil pour la séparation de biens judiciaires.

Les droits de chacun des époux sont déterminés suivant les


règles du Code civil, et il est procédé judiciairement au partage des
biens communs.

La dissolution de la communauté prend effet du jour de la


publication du décret ayant porté ou portant déchéance de la
nationalité française en application des lois des 23 Juillet et 10
Septembre 1940, sans préjudice de la nullité des actes prévus aux
articles 8 et 9 précédents.

Les biens échus ou à échoir à l’époux déchu sont, dans leur


totalité, séquestrés et liquidés dans les conditions fixées par l’arrêté
du 23 Novembre 1940.

301
TITRE IV - REGLEMENT DU PASSIF

ARTICLE 14

Le passif du patrimoine mis sous séquestre est réglé,


conformément aux dispositions de l’article 2093 du Code civil, sur le
produit de la liquidation et à concurrence de ce produit.

ARTICLE 15

Dans les conditions prévues au titre premier, tout créancier


chirographaire d’un patrimoine séquestré doit déclarer le montant de
sa créance et fournir toutes justifications nécessaires pour son
admission au passif du patrimoine liquidé.

ARTICLE 16

Les créanciers chirographaires qui n’ont pas produit dans le


délai de trois mois fixé aux articles 1er et 2 du titre 1er ne peuvent
plus exercer d’action contre le produit des liquidations, dont le solde
actif recevra l’affectation prévue par la loi, ou contre les biens
dévolus en nature conformément aux dispositions légales.

ARTICLE 17

Les créanciers chirographaires, hypothécaires ou privilégiés


peuvent être remboursés par l’Administration de l’Enregistrement
avant l’exigibilité, nonobstant toute clause contraire.

TITRE V - DISPOSITIONS DIVERSES

ARTICLE 18

Le Ministère public a qualité pour exercer toute action


relative à la gestion des administrateurs-séquestres, notamment
celle en dommages et intérêts en application de l’article 1992 du
Code civil.

ARTICLE 19

La mise sous séquestre s’applique tant aux biens présents


qu’aux biens à venir, notamment à ceux qui peuvent échoir par
donation, succession ou testament.

302
ARTICLE 20

La confiscation totale ou partielle, prononcée par les


Tribunaux répressifs, même antérieurement au décret de
déchéance, à l’encontre des biens des Français déchus de leur
nationalité, est sans effet vis-à-vis du séquestre prescrit en
conséquence d’une mesure de sûreté générale.

La totalité des biens est mise sous séquestre et liquidée


conformément aux dispositions de l’arrêté du 23 novembre 1940.

ARTICLE 21

Le présent décret est applicable à l’Algérie ; il sera rendu


applicable aux Colonies, aux Pays de protectorat et aux Territoires
sous mandat.

ARTICLE 22

Le présent décret sera publié au Journal officiel et exécuté


comme loi de l’Etat.

303
3-
LOI N° 90-1531 DU 07 NOVEMBRE 1990 PORTANT
TRANSFERT DES COMPETENCES DE LA COUR DE SURETE DE
L'ETAT AUX JURIDICTIONS DE DROIT COMMUN.

304
ARTICLE PREMIER

Les infractions relevant de la compétence de la Cour de


Sûreté de l'Etat sont dévolues aux juridictions de droit commun.

ARTICLE 2

La procédure applicable aux jugements de ces infractions


est celle en vigueur devant lesdites juridictions

ARTICLE 3

Les dispositions des articles 648 à 657 du Code de


Procédure pénale ne sont pas applicables aux crimes et délits contre
la Sûreté de l'Etat.

ARTICLE 4

La présente loi est applicable à toutes infractions non encore


jugées à la date de sa publication.

ARTICLE 5

Sont abrogées toutes dispositions contraires à la présente


loi.

ARTICLE 6

La présente loi sera publiée au Journal Officiel de la


République de Côte d'Ivoire et exécutée comme loi de l'Etat.

305
4-
LOI N° 96-765 DU 3 OCTOBRE 1996 RELATIVE AUX
PERQUISITIONS EN MATIERE DE LUTTE
CONTRE LA CRIMINALITE

306
ARTICLE PREMIER

Dans le cadre de la lutte contre la criminalité et sur


autorisation expresse de l’Autorité judiciaire ou administrative, les
agents des Forces de l’Ordre chargés de la Sécurité publique
peuvent à toute heure du jour ou de la nuit effectuer des fouilles
corporelles ou des véhicules, des visites domiciliaires et des
perquisitions dans les maisons et en tout autre lieu non ouvert au
public lorsqu’il existe des indices d’infraction.

ARTICLE 2

Les perquisitions et visites domiciliaires ont lieu autant que


possible en présence de l’occupant, à défaut d’une personne
désignée par lui ou de deux témoins désignés par les agents.

ARTICLE 3

Les objets illicites ou illégalement détenus sont saisis et


inventoriés dans un procès-verbal signé par les agents, le saisi ou à
défaut, la personne désignée par lui ou par les deux témoins
désignés par lesdits agents.

ARTICLE 4

Le procès-verbal de perquisition et visite domiciliaires est


adressé dans les soixante-douze heures à l’Officier de Police
judiciaire qui le transmet à son supérieur hiérarchique compétent.

ARTICLE 5

La présente loi sera publiée au Journal Officiel de la


République de Côte d’Ivoire et exécutée comme loi de L'Etat.

307
5-
LOI N° 2021-894 DU 21 DECEMBRE 2021
RELATIVE AUX MESURES DE PROTECTION DES VICTIMES DE
VIOLENCES DOMESTIQUES, DE VIOL ET DE VIOLENCES
SEXUELLES AUTRES QUE DOMESTIQUES

308
ARTICLE PREMIER

Au sens de la présente loi constituent des violences


domestiques, tous les actes de violence qui surviennent :

1- au sein de la famille ou du foyer, commis par l’un de ses


membres à l’encontre d’un autre membre, ou de toute autre
personne vivant dans la même maison que l’agresseur, qu’il soit lié
ou ait été lié ou non à la victime par des liens de parenté, par le sang
ou par alliance;

2- entre des anciens ou actuels conjoints ou concubins ou


personnes entretenant ou ayant entretenu une relation de fait,
indépendamment du fait que l’auteur de l’infraction partage ou ait
partagé le même domicile que la victime.

ARTICLE 2

En cas de violences domestiques mettant en danger l’une


des personnes mentionnées à l’article précédent, le Président du
tribunal peut délivrer, en urgence, une ordonnance de protection à la
victime.

ARTICLE 3

L’ordonnance de protection peut être obtenue sur requête


présentée par toute personne intéressée ou par le procureur de la
République. Celui-ci est tenu d'agir d'office dès qu'il a connaissance
du danger que font courir à la victime, les violences exercées
comme il est dit à l’article précédent.

Lorsque la requête n’émane pas du procureur de la


République, avis lui en est donné par le Président du Tribunal saisi.

ARTICLE 4

L’ordonnance de protection est délivrée par le Président du


Tribunal territorialement compétent, saisi par requête.

309
Le Tribunal territorialement compétent est celui du domicile
réel ou élu du défendeur et, en l’absence de domicile, celui de sa
résidence.
Outre le Tribunal du domicile du défendeur, est également
compétent celui du domicile ou de la résidence du demandeur.
La délivrance de l’ordonnance de protection n'est pas
subordonnée à l'existence d'une plainte pénale préalable ou à la
production d’un certificat médical.
ARTICLE 5
L'ordonnance de protection est délivrée par le Président du
Tribunal, dans les vingt-quatre heures de sa saisine, s'il estime, au
vu des éléments produits devant lui, qu'il existe des raisons
sérieuses de considérer comme vraisemblables la commission des
faits de violence allégués et le danger auquel la victime ou l'autre
partenaire, un autre membre de la famille ou de la même maison, ou
un ou plusieurs enfants sont exposés.
Dans ce cas, le Président du Tribunal peut ordonner toutes
mesures propres à sauvegarder les droits et intérêts de la victime de
violences ou de la personne exposée à un danger.
ARTICLE 6
Le Président du Tribunal peut, après audition des parties,
rétracter les ordonnances qu’il a rendues conformément aux
dispositions de l’article 5, notamment lorsqu'elles portent atteinte aux
droits des tiers.
Dès la réception de la demande en rétractation de
l’ordonnance de protection, le Président du Tribunal convoque, par
tous moyens laissant trace écrite, pour une audience, la partie
demanderesse et la partie défenderesse. Les parties peuvent être
assistées de leurs avocats.
L'audience se tient en chambre du conseil. Le juge peut,
d’office ou à la demande de l’une des parties, entendre séparément
les parties et les témoins.

L'ordonnance qui statue sur la demande en rétractation, est


rendue comme en matière de référés.

310
ARTICLE 7

Après avoir recueilli les observations des parties, le


Président du Tribunal peut :

1- interdire à la partie défenderesse de recevoir ou de


rencontrer certaines personnes spécialement désignées dans
l'ordonnance, ainsi que d'entrer en relation avec elles, de quelque
façon que ce soit ;

2- interdire à la partie défenderesse de se rendre dans


certains lieux spécialement indiqués dans lesquels se trouve de
façon habituelle la partie demanderesse ;

3- interdire à la partie défenderesse de détenir ou de porter


une arme et, le cas échéant, lui ordonner de remettre au service de
police ou de gendarmerie qu'il désigne, les armes dont elle est
détentrice en vue de leur dépôt au greffe ;

4- ordonner la résidence séparée des époux ; la jouissance


du logement conjugal est attribuée, sauf ordonnance spécialement
motivée justifiée par des circonstances particulières, au conjoint qui
n'est pas l'auteur des violences ; les dépenses occasionnées par la
résidence séparée peuvent être mises à la charge du conjoint
violent;

5- se prononcer sur le logement commun de concubins ; la


jouissance du logement commun est attribuée, sauf ordonnance
spécialement motivée justifiée par des circonstances particulières,
au concubin qui n'est pas l'auteur des violences. Les dépenses
occasionnées par la résidence séparée peuvent être mises à la
charge du concubin violent ;

6- se prononcer sur les modalités d'exercice de l'autorité


parentale et sur les modalités du droit de visite et d'hébergement,
ainsi que, le cas échéant, sur la contribution aux charges du mariage
pour les couples mariés et sur la contribution à l'entretien et à
l’éducation des enfants ; le droit de visite peut être limité à un espace
de rencontre désigné ou s’exercer en présence d'une tierce
personne de confiance;

311
7- autoriser la partie demanderesse à dissimuler son
domicile ou sa résidence et à élire domicile, pour les besoins de la
vie courante, chez son avocat ou au parquet.

Lorsque le Président du Tribunal délivre une ordonnance de


protection portant sur l’une ou l’autre des mesures ci-dessus
mentionnées, il en informe, sans délai, le procureur de la
République, auquel il signale également les violences susceptibles
de mettre en danger un ou plusieurs enfants.

ARTICLE 8

Les mesures mentionnées à l'article 6 sont prises pour une


durée déterminée par le Président du Tribunal et prennent effet à
compter de la notification de l'ordonnance. Elles peuvent être
prolongées au-delà de la durée impartie si, dans l’intervalle, une
requête en divorce ou en séparation de corps a été déposée ou si le
juge compétent a été saisi d'une requête relative à l'exercice de
l'autorité parentale.

Le Président du Tribunal peut, à tout moment, à la demande


du ministère public ou de l'une des parties, ou après avoir fait
procéder à toute mesure d'instruction utile, et, après avoir invité
chacune d'entre elles à s'exprimer, supprimer ou modifier tout ou
partie des mesures énoncées dans l'ordonnance de protection ou en
décider de nouvelles.

ARTICLE 9

L’ordonnance du Président du Tribunal est exécutoire sur


minute et avant enregistrement. Elle peut faire l’objet d’appel devant
le Premier président de la Cour d’appel dans un délai de dix jours, à
compter de son prononcé.

L’appel contre l’ordonnance de protection n’est pas


suspensif.

ARTICLE 10

Une ordonnance de protection peut également être délivrée


en urgence, par le Président du Tribunal :

312
- à une personne menacée d’une union matrimoniale
forcée, de nature civile, coutumière ou religieuse, dans
les conditions fixées à l'article 5 ;
- à une personne victime de viol ou de toute autre violence
sexuelle dans son lieu d’habitation ;
- à une personne dont l’enfant mineur est victime de viol ou
de toute autre violence sexuelle, physique ou morale
dans son lieu d’habitation.

ARTICLE 11
En cas de violences domestiques, de viol ou de violences
sexuelles autres que domestiques, quel que soit le lieu de
commission, l’officier de police judiciaire, dès la réception de la
plainte ou de la dénonciation, et après en avoir informé le procureur
de la République, procède immédiatement à l’audition de la victime
ainsi qu’au recueil de toutes les preuves permettant d’éclairer les
faits et les circonstances de leur commission.
L’officier de police judiciaire fait également procéder à
l’identification de la personne mise en cause, à son audition et à la
vérification de ses antécédents judiciaires.
S'il l'estime nécessaire, l'officier de police judiciaire peut
directement requérir un médecin pour examiner la victime et lui
prodiguer les soins urgents que nécessite son état de santé.
L'examen médical, sur réquisition de l’officier de police
judiciaire, est de droit si la victime ou un membre de sa famille en fait
la demande.
ARTICLE 12
Dans les cas mentionnés à l’alinéa 1 de l’article précédent, la
mise en mouvement de l’action publique n’est pas subordonnée à la
production, par la victime, d’un certificat médical.
Lorsqu’aucun certificat médical n’est produit au soutien d’une
plainte, d’une dénonciation ou d’un procès-verbal d’enquête pour
violences domestiques, viol ou violences sexuelles autres que
domestiques, le procureur de la République fait procéder aux
constatations d’ordre technique, scientifique ou médical nécessaires,
par réquisition adressée à toute personne qualifiée.

313
En cas de contestation, les constatations du certificat
médical sont soumises, sur réquisition, à l’avis de toute personne
qualifiée inscrite sur la liste nationale des experts, arrêtée chaque
année par le Ministre de la Justice, sur proposition des Cours
d'appel.

Le juge d’instruction compétent, lorsqu’il est saisi, peut


également soit d'office, soit à la demande du ministère public, soit à
la demande des parties, ordonner une expertise aux fins de
production du certificat médical.

ARTICLE 13

Dans le cadre de la mise en œuvre de la présente loi, la


victime qui en fait la demande, bénéficie de droit de l’assistance
judiciaire.

Les frais liés aux réquisitions prévues dans la présente loi,


sont imputés sur les frais de justice criminelle, correctionnelle et de
simple police.

ARTICLE 14

Quiconque, faisant l’objet d'une obligation ou d'une


interdiction imposée par une ordonnance de protection, ne se
conforme pas à cette obligation ou interdiction, est puni d'un
emprisonnement de trois mois à douze mois et d'une amende de
50.000 à 500.000 francs.

ARTICLE 15

La présente loi sera publiée au Journal officiel de la


République de Côte d’Ivoire et exécutée comme loi de l’État.

314
6-
LOI N° 2022-193 DU 11 MARS 2022
PORTANT CREATION, COMPETENCE, ORGANISATION
ET FONCTIONNEMENT DU POLE PENAL
ECONOMIQUE ET FINANCIER

315
CHAPITRE PREMIER - CREATION

ARTICLE PREMIER

Il est créé un pôle pénal économique et financier dont la


compétence, la composition, l’organisation et le fonctionnement sont
déterminés par la présente loi.

Le pôle pénal économique et financier est une juridiction


pénale de premier degré, spécialisée en matière de délinquance
économique et financière, et chargée de la poursuite, de l’instruction
et du jugement des infractions relevant de sa compétence.

Le siège du pôle pénal économique et financier est fixé à


Abidjan.

CHAPITRE - COMPETENCE

ARTICLE 2
Le pôle pénal économique et financier exerce sa
compétence sur l’ensemble du territoire national.

ARTICLE 3

Le pôle pénal économique et financier connait des


infractions économiques et financières qui sont d’une gravité et
d’une complexité particulière, ainsi que des infractions connexes.
La compétence du pôle pénal économique et financier peut
s’exercer, pour l’infraction de financement du terrorisme,
concurremment avec d’autres juridictions.

ARTICLE 4

Constituent une infraction économique et financière, au sens


de la présente loi, les infractions ci-après :
- le blanchiment de capitaux ;
- le financement du terrorisme ;
- la corruption et les infractions assimilées ;
- les infractions douanières, fiscales et en matière de
change ;

316
- les infractions en matière de marchés financiers, de
banques et d’institutions financières ;
- les infractions en matière de financement des partis
politiques, des associations et des élections ;
- les infractions en matière d’activités commerciales et
économiques ;
- les infractions en matière de métaux précieux ;
- le financement de la prolifération des armes à
destruction massive ;
- les infractions économiques et financières commises
par le biais de systèmes d’information et de
communication ;
- la criminalité environnementale.

ARTICLE 5

L’infraction économique et financière est d’une gravité et


d’une complexité particulières lorsqu’elle présente l’un des
caractères ci-après :

- la pluralité des auteurs, complices ou victimes ;


- la commission de l’infraction dans le ressort
géographique de plus d’un tribunal ;
- le caractère transnational de l’infraction ;
- le flux financier excédant la somme de cent millions de
francs ;
- la gravité des conséquences de l’infraction ou
l’importance des dommages qui en résultent.

317
CHAPITRE 3 - ORGANISATION

ARTICLE 6

Le pôle pénal économique et financier comprend des juges


du siège :

1° un président ;

2° un ou plusieurs vice-présidents ;

3° un ou plusieurs juges d’instruction ;

4° des juges.

ARTICLE 7

Il est institué un parquet près le pôle pénal économique et


financier, qui comprend :

1° un Procureur de la République ;

2° un ou plusieurs Procureurs de la République adjoints ;

3° un ou plusieurs substituts.

ARTICLE 8

Le pôle pénal économique et financier comprend un greffe


composé d’un greffier en chef et de greffiers, qui assistent le pôle. Il
comprend également un personnel administratif.

ARTICLE 9

Il est institué auprès du pôle pénal économique et financier,


des unités spécialisées de police et de gendarmerie.

318
ARTICLE 10

Les enquêtes relatives aux infractions visées à


l’article 3 de la présente loi sont menées par des officiers et agents
de police judiciaire relevant des unités spécialisées de police et de
gendarmerie mentionnées à l’article précédent.

CHAPITRE 4 - FONCTIONNEMENT

ARTICLE 11

Sans préjudice des dispositions particulières de la présente


loi, le pôle pénal économique et financier est soumis au Code de
procédure pénale et à la loi relative à l’organisation judiciaire.

ARTICLE 12

Les recours contre les décisions du pôle pénal économique


et financier sont portés devant une chambre spéciale de la Cour
d’appel d’Abidjan.

Les recours exercés contre les ordonnances des juges


d’instruction du pôle pénal économique et financier sont portés
devant la Chambre d’instruction de la Cour d’appel d’Abidjan.

ARTICLE 13

Les officiers et agents de police judiciaire spécialisés


mentionnés à l’article 10 agissent sous la direction du Procureur de
la République près le pôle pénal économique et financier. Ils
exercent les délégations des cabinets d’instruction du pôle pénal
économique et financier et défèrent à leurs réquisitions. Il en est de
même lorsqu’ils sont requis par la chambre de jugement du pôle
pénal économique et financier.

Les officiers et agents de police judiciaire spécialisés sont


compétents sur toute l’étendue du territoire national.

319
ARTICLE 14

Les magistrats, les greffiers, le personnel administratif, les


officiers et agents de police judiciaire spécialisés du pôle pénal
économique et financier, perçoivent une prime spéciale dont le
montant est fixé par arrêté conjoint du ministre de la Justice, du
ministre chargé de la Sécurité, du ministre chargé du Budget et du
ministre chargé de l’Economie et des Finances.

ARTICLE 15

Une partie des amendes et confiscation issues des


procédures relevant de la compétence du pôle pénal économique et
financier lui est octroyée par la structure indépendante en charge de
la gestion des avoirs illicites à titre de subvention.

ARTICLE 16

Les dépenses de fonctionnement du pôle pénal économique


et financier sont imputables au Budget de l’Etat.

CHAPITRE 5 - DISPOSITIONS TRANSITOIRE ET FINALE

ARTICLE 18

Dès la mise en place du pôle pénal économique et financier,


les procédures pendantes devant la chambre spéciale prévues par
les décrets n° 2020-124 du 29 janvier 2020 et n° 2021-242 du 26 mai
2021 lui seront transférées.

ARTICLE 19

La présente loi sera publiée au Journal officiel de la


République de Côte d’Ivoire et exécutée comme loi de l’Etat.

320
C-
AUTRES LOIS

321
LOI N° 96-670 DU 29 AOUT 1996 PORTANT SUSPENSION
DES DELAIS DE SAISINE, DE PRESCRIPTION, DE
PEREMPTION D'INSTANCE, D'EXERCICE DES VOIES DE
RECOURS ET D'EXECUTION DANS TOUTES LES PROCEDURES
JUDICIAIRES, CONTENTIEUSES OU NON
CONTENTIEUSES

322
ARTICLE PREMIER

En cas de cessation concertée de travail perturbant le


fonctionnement normal du service de la Justice, les délais impératifs
fixés par les textes en vigueur, notamment aux fins de saisine, de
prescription, de péremption, d'instance, d'exercice de voies de
recours, d'exécution des décisions, dans toutes les procédures
judiciaires, contentieuses ou non, sont suspendus.

Il en est de même des délais administratifs, lorsque leur


inobservance est due à l'impossibilité d'obtenir des documents
délivrés par l'Administration Centrale du Ministère de la Justice, les
juridictions et les services y rattachés.

ARTICLE 2

La suspension des délais susvisés prend fin dès l'arrêt de la


cessation concertée du travail.

323
II -
PARTIE REGLEMENTAIRE

324
1-
DECRET N° 61-423 DU 29 DECEMBRE 1961 FIXANT LES
MODALITES DE L’EXERCICE DU DROIT DE GRACE

325
ARTICLE PREMIER

Le Président de la République exerce le droit de grâce sur


avis de la Commission Supérieure des grâces.

ARTICLE 2

La Commission Supérieure des grâces comprend :

Président :

Le Président de la Cour Suprême.

Membres :

- le Ministre d’Etat ;
- le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice ;
- le Ministre de l’Intérieur ;
- et le cas échéant, le Ministre intéressé à l’instance.

Le secrétariat est assuré par un magistrat désigné par


décret.

ARTICLE 3

La Commission Supérieure des grâces se réunit sur


convocation de son Président à la Présidence de la République.

ARTICLE 4

L’avis est donné à la majorité des voix.

Le partage des voix est porté à la connaissance du


Président de la République sans avis.

Les membres de la Commission Supérieure des grâces sont


tenus au secret des délibérations.

326
ARTICLE 5

Le procès-verbal de la délibération et l’avis sont transmis


sous pli secret par le Président de la Commission Supérieure des
grâces au Président de la République.

ARTICLE 6

Le recours en grâce est ouvert pour toute condamnation


définitive quelle que soit la peine.

Il doit être formé par l’intéressé lui-même, son défenseur,


son conjoint, ses ascendants ou descendants ou par le Ministère
public.

ARTICLE 7

Le recours est formé par déclaration écrite ou orale faite au


Procureur de la République ou au juge de la Section de la résidence
du condamné ; il doit préciser :

L’état civil du condamné, éventuellement du signataire, ainsi


que la date de la décision de condamnation et l’indication de la
juridiction qui l’a prononcée.

Le recours est aussitôt enregistré sur un registre


spécialement ouvert à cet effet dans chaque parquet.

Récépissé en est délivré au pétitionnaire sur sa demande.

Les chefs d’établissements pénitentiaires peuvent recevoir


les déclarations de recours en grâce des détenus ; ils les
transmettent dans ce cas sur le champ au Procureur de la
République ou au juge de la Section.

ARTICLE 8

Lorsque le condamné a payé tout ou partie de ses frais de


justice ou des dommages et intérêts, il en annexe la justification à
son recours.

327
ARTICLE 9

Le recours en grâce n’est pas suspensif ; toutefois, le


Procureur de la République doit surseoir à l’exécution des peines
pécuniaires et des peines privatives de liberté inférieures à 3 mois
dans le cas seulement où l’intéressé n’est pas détenu.

ARTICLE 10

Il est procédé à l’instruction du recours en grâce par le


Ministère public près la juridiction qui a prononcé la condamnation.

ARTICLE 11

Le dossier du recours en grâce comprend :

1° Les pièces de la procédure de condamnation ;

2° Un extrait du registre d’écrou ;

3° Un rapport du chef de l’Etablissement pénitentiaire où la


peine est en cours d’exécution sur la conduite en détention du
condamné et les possibilités d’amendement de ce dernier ;

4° Un rapport médical dressé par un médecin commis


spécialement pour examiner le condamné et dire dans quelle
mesure son état de santé est compatible avec l’exécution totale ou
partielle de la peine ;

5° Une enquête sur le milieu social et familial de l’intéressé


et ses possibilités de reclassement ;

6° L’avis du juge chargé de l’application des peines ;

7° S’il y a lieu, l’avis des Administrations intéressées à


l’instance.

ARTICLE 12

Un recours en grâce est instruit d’office lorsqu’il y a


condamnation à mort. L’avis du Président de la Cour d’Assises et de
l’Avocat général présents à l’audience sont dans ce cas annexés à la
procédure.

328
ARTICLE 13

Lorsque le recours porte sur une peine pécuniaire, les


pièces prévues aux alinéas 2, 3, 4, 5 et 6 de l’article 11 sont
remplacées par une enquête sur les ressources de l’intéressé, ses
charges légitimes et ses facultés de paiement.

ARTICLE 14

Dès qu’il est en état, le dossier du recours en grâce est


transmis avec un rapport du Ministère public au Garde des Sceaux,
Ministre de la Justice qui l’adresse au Président de la République.

ARTICLE 15

Le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, est chargé de


l’exécution du présent décret qui sera publié au Journal officiel de
la République de Côte d’Ivoire.

329
2-
DECRET N°69-189 DU 14 MAI 1969 PORTANT
REGLEMENTATION DES ETABLISSEMENTS PENITENTIAIRES ET
FIXANT LES MODALITES D’EXECUTION DES PEINES
PRIVATIVES DE LIBERTE

330
CHAPITRE PREMIER - DISPOSITIONS GENERALES

ARTICLE PREMIER

Sont désignées dans le présent décret par le mot détenus


les personnes faisant l’objet d’une mesure privative de liberté, à
l’exclusion de celles gardées à vue en application des articles 63,76
et 154 du Code de Procédure pénale1 ou de l’article 9 de la loi N° 63-
1 du 11 janvier 1963.

Les détenus comprennent :

1° Les condamnés ;

2° Les prévenus ;

3° Les contraignables par corps.

ARTICLE 2

Sont désignées dans le présent décret par le mot


condamnés, les personnes ayant fait l’objet d’une décision définitive.
Toutefois, le délai d’appel du Procureur général n’est pas pris en
considération à cet égard.

Sont désignés par le mot prévenus, tous les détenus n’ayant


pas fait l’objet d’une condamnation définitive, aussi bien les inculpés,
les prévenus et les accusés que les condamnés ayant formé appel,
opposition ou pourvoi.

Les détenus qui sont prévenus pour une cause et


condamnés pour une autre, doivent être soumis au même régime et
aux mêmes règles disciplinaires que les condamnés, sauf à
bénéficier des avantages et facilités accordés aux prévenus pour les
besoins de leur défense.

ARTICLE 3

Les Etablissements pénitentiaires comprennent les maisons


d’arrêt, les maisons de correction et les camps pénaux.

1
Voir les articles 72 et 191 de la loi n°2018-975 du 27 décembre 2018 portant Code
de Procédure pénale telle que modifiée par la loi n°2022-192 du 11 m ars 2022.
331
Un arrêté du Garde des Sceaux Ministre de la Justice, fixe la
liste des Etablissements et les classe dans une de ces catégories.

Chaque Etablissement est dirigé par un régisseur placé sous


l’autorité et le contrôle du Procureur de la République ou du juge de
Section de la juridiction à laquelle il est rattaché.

ARTICLE 4

Les maisons d’arrêt sont destinées à recevoir les prévenus,


les maisons de correction et les camps pénaux, les condamnés. Au
siège des juridictions, un même Etablissement peut servir à la fois
de maison d’arrêt et de maison de correction.

ARTICLE 5

Nul ne peut être incarcéré dans un Etablissement


pénitentiaire s’il n’a fait l’objet :

- d’un mandat de dépôt, d’arrêt ou d’amener ;


- d’un réquisitoire d’incarcération délivré après jugement de
condamnation à l’emprisonnement ;
- d’un réquisitoire d’incarcération délivré en vue de
l’exercice de la contrainte par corps ;
- d’une ordonnance de prise de corps ;
- d’un ordre d’arrestation provisoire délivré contre un
individu recherché par des Autorités Judiciaires
étrangères ;
- d’un ordre d’incarcération délivré contre un prévenu ayant
formé un pourvoi en cassation et désirant se mettre en
état en application de l’article 577 du Code de Procédure
pénale.

Nul ne peut être maintenu en détention s’il a fait l’objet d’un


ordre de mise en liberté établi par le magistrat compétent, s’il a
exécuté sa peine, ou si sa détention préventive n’a pas été prorogée
dans les conditions fixées par la loi.

332
ARTICLE 6

L’emprisonnement dans tous les Etablissements est collectif


sous réserve des dispositions particulières à l’égard :

1° Des condamnés à mort ;

2° Des individus punis de cellule disciplinaire ;

3° Des individus isolés sur ordre de l’Autorité judiciaire et


pour les nécessités d’une procédure pénale ;

4° Des individus isolés pour raisons médicales.

ARTICLE 7

Les détenus doivent être séparés, autant que le permet la


disposition des locaux, suivant les catégories ci-après énumérées :

1° Les femmes des hommes ;

2° Les mineurs de moins de 18 ans des majeurs ;

3° Les prévenus des détenus, lorsque le même


Etablissement sert de maison d’arrêt et de maison de correction ;

4° Les détenus qui bénéficient du régime de l’article 142


des détenus soumis au régime ordinaire ;

5. Les contraignables et les condamnés à


l’emprisonnement de simple police des autres détenus ;

6° Les condamnés entre eux selon les divisions auxquelles


ils appartiennent conformément aux articles 18 et suivants.

CHAPITRE 2 - REGIMES DE DETENTION

ARTICLE 8

Aucune discrimination ne doit être fondée sur des


considérations tenant à la race, à la langue, à la religion, à l’origine
nationale ou aux opinions politiques.

333
Section première - Prévenus

ARTICLE 9

Les prévenus sont maintenus en détention au siège de la


juridiction saisie de la procédure pénale dont ils sont l’objet.

ARTICLE 10

Le magistrat saisi de la procédure peut donner tous les


ordres nécessaires soit pour l’instruction, soit pour le jugement et
prescrire notamment l’interdiction de communiquer avec toute autre
personne que le conseil ou les membres du personnel permanent de
l’Etablissement.

L’interdiction de communiquer peut-être exécutée par la


mise en cellule individuelle.

ARTICLE 11

Les prévenus conservent leurs vêtements personnels à


moins qu’il n’en soit autrement ordonné par le régisseur, à titre de
mesure d’ordre ou de propreté, ou par l’Autorité judiciaire dans
l’intérêt de l’instruction.

Ils peuvent être autorisés à recevoir du dehors, les


vêtements dont ils ont besoin ou à les faire acheter à leurs frais.

Ils ont la faculté de réclamer le costume pénal s’ils ont


consenti à faire un travail susceptible de détériorer leurs vêtements
personnels

ARTICLE 12

Ils ne sont pas astreints au travail pénal, mais peuvent


demander qu’il leur en soit donné. Dans cette hypothèse, le régime
du travail est le même que pour les condamnés tel que prévu au
chapitre 4 du présent décret.

334
ARTICLE 13

Les permis de visite sont délivrés pour les prévenus, par le


magistrat saisi de la procédure. Ces permis ne sont valables que
pour une seule visite laquelle doit être faite aux jour et heure fixés
par le règlement intérieur de la prison.

ARTICLE 14

Les conseils régulièrement constitués en faveur des


prévenus, communiquent librement avec ceux-ci aux heures prévues
par le règlement intérieur. Ces visites ont lieu dans un parloir spécial
et hors la présence des représentants de l’Administration
pénitentiaire.

ARTICLE 15

Les prévenus peuvent, quotidiennement aux heures prévues


par le règlement intérieur, faire venir du dehors de la nourriture, en
quantité ne dépassant pas la valeur d’une ration journalière, à
l’exclusion de toute boisson alcoolisée.

Section 2 - Contraignables et condamnés


à l’emprisonnement de simple police

ARTICLE 16

Les individus incarcérés en exécution d’une contrainte par


corps et les condamnés à l’emprisonnement de simple police, sont
soumis au même régime que les prévenus.

Section 3 - Condamnés pour crimes et délits

ARTICLE 17

Les condamnés à l’emprisonnement correctionnel


accomplissent leur peine dans une maison de correction. Si leur
peine est supérieure à une année, ils peuvent être transférés dans
un camp pénal. Les condamnés à une peine criminelle et les
relégués accomplissent leur peine dans un camp pénal.

Les condamnés pour crimes et délits sont astreints au port


du costume pénal.

335
ARTICLE 18

Tout condamné est placé soit en division normale, soit en


division de discipline, soit en division d’amendement.

ARTICLE 19

Tout condamné arrivant dans l’Etablissement est placé en


division normale, sauf application de l’article 20.

ARTICLE 20

Peuvent être placés en division de discipline :

- les individus condamnés pour des faits révélant une


personnalité dangereuse ;
- les individus connus comme ayant déjà fait l’objet d’une
condamnation antérieure ;
- les individus qui se sont déjà évadés, que leur évasion ait
été ou non punissable aux termes de la loi pénale ;
- les individus ayant fait preuve d’une mauvaise conduite
au cours de leur détention.

ARTICLE 21

Peuvent être placés en division d’amendement, les


condamnés ayant purgé au moins le quart de leur peine et ayant
montré par leur conduite et leur ardeur au travail qu’ils pouvaient
bénéficier d’un régime de confiance.

En ce qui concerne les condamnés aux peines perpétuelles


le délai d’épreuve est fixé à huit années.

ARTICLE 22

Le chef d’Etablissement décide du passage d’un détenu


d’une division à une autre. Toutefois, lorsqu’un détenu est placé en
division de discipline, il peut saisir par requête le juge de l’application
des peines qui, par ordonnance, non susceptible d’appel, confirme
ou infirme la décision du chef d’Etablissement.

336
ARTICLE 23

Seuls les détenus admis en division d’amendement peuvent


bénéficier des mesures ci-après :

- placement à l’extérieur ;
- régime de semi-liberté ;
- libération conditionnelle.

ARTICLE 24

Le placement à l’extérieur consiste dans l’emploi de


condamnés à des travaux surveillés effectués hors de l’enceinte de
la prison. La décision de placement est prise par le régisseur.

La surveillance est assurée soit par l’Administration


pénitentiaire, soit par des agents de l’utilisateur.

ARTICLE 25

Le régime de semi-liberté consiste dans le placement


individuel d’un détenu au dehors et sans surveillance continue, avec
l’obligation de réintégrer la prison chaque soir et d’y passer les jours
fériés et chômés.

Le détenu doit justifier de son futur emploi par la production


d’un contrat de travail ou d’une lettre d’engagement. Le Garde des
Sceaux, Ministre de la Justice, sur avis du chef d’Etablissement et
du juge de l’application des peines, accorde par arrêté le régime de
la semi-liberté.

ARTICLE 26

Des permissions de sortie peuvent être accordées,


exceptionnellement, dans les cas suivants :

- maladie grave ou décès d’un ascendant, d’un descendant


ou du conjoint ;
- mariage du détenu ;

337
- visite à un employeur éventuel ;
- Présentation aux épreuves d’un examen ou d’un
concours ;
- sortie les dimanches et jours fériés ou chômés des
condamnés déjà admis au régime de la semi-liberté.

Les permissions de sortie sont accordées sur avis du chef


d’Etablissement par ordonnance du juge de l’application des peines
si la sortie ne doit pas dépasser 24 heures, par décision du Garde
des Sceaux, Ministre de la Justice, pour une durée plus longue. Ces
autorisations doivent préciser le jour et l’heure de rentrée du détenu,
le lieu où il est autorisé à se rendre, et s’il doit être accompagné ou
non par un surveillant.

ARTICLE 27

Le condamné sollicitant une autorisation de sortir doit


justifier des moyens financiers lui permettant de régler les dépenses
occasionnées par sa sortie

ARTICLE 28

Les mesures de placement à l’extérieur, de semi-liberté,


ainsi que les permissions de sortie sont révocables à tout moment,
en cas de manquement aux règles de bonne conduite.

En cas d’urgence, le régisseur peut faire procéder à la


réintégration immédiate du détenu, sauf à en rendre compte aux
Autorités ayant accordé les mesures visées à l’alinéa précédent.

Section 4 - Condamnés à mort

ARTICLE 29

Les condamnés à mort sont soumis à l’emprisonnement


individuel. Les cellules où ils sont placés doivent être aménagées de
telle façon qu’elles permettent une surveillance constante des
condamnés, sans ouverture des portes. Ils font l’objet d’une
surveillance de jour et de nuit, destinée à empêcher toute tentative
d’évasion ou de suicide.

338
Dès qu’une condamnation à mort intervient, le chef
d’Etablissement doit rendre compte, à la Chancellerie, des
conditions de sécurité de la détention du condamné. S’il juge celles-
ci insuffisantes, le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, ordonne
le transfèrement du condamné dans un Etablissement offrant plus de
garanties.

Les condamnés à mort peuvent être astreints au port de


menottes ou d’entraves lorsqu’ils sont conduits en dehors de leur
cellule.

ARTICLE 30

Les condamnés à mort sont soumis au port du costume


pénal, mais sont exempts de tout travail et ne peuvent en obtenir.

Ils peuvent fumer, lire et écrire sans limitation.

Ils sont soumis au régime des prévenus en ce qui concerne


la correspondance.

ARTICLE 31

Ils peuvent recevoir des visites de leurs proches parents sur


autorisation spéciale du juge de l’application des peines. Ces visites
doivent avoir lieu en présence d’un surveillant dans un local
particulier et non dans le parloir collectif réservé aux autres détenus.

Les visites des autres personnes, avocats, aumôniers,


assistants sociaux, doivent avoir lieu dans la cellule.

Un surveillant doit, dans ce dernier cas, se tenir à la porte de


la cellule.

ARTICLE 32

Les condamnés à mort sont soumis au régime ci-dessus


défini dès leur condamnation, nonobstant pourvoi en cassation.

339
Section 5 - Les mineurs

ARTICLE 33

Les mineurs incarcérés sont soumis à l’emprisonnement


collectif. La séparation des mineurs et des adultes doit être réalisée
aussi complètement que possible. Ils bénéficient, quant au
couchage, à la nourriture, et à l’habillement, d’un régime spécial,
dont les modalités sont fixées par arrêté du Garde des Sceaux,
Ministre de la Justice.

ARTICLE 34

Les mineurs sont soumis à un régime particulier qui fait une


large place à l’éducation et doit les préserver de l’oisiveté. A cette
fin, ils sont soumis aux activités scolaires ou de formation
professionnelle correspondant à leur âge et à leur degré
d’instruction. Les temps de repos sont consacrés au sport ou à des
loisirs dirigés.

ARTICLE 35

Les mineurs doivent séjourner en plein air aussi longtemps


que les conditions atmosphériques et les nécessités du service le
permettent.

Néanmoins, ils peuvent être punis de cellule disciplinaire en


application des articles 52, 53, et 54, le maximum des peines de
cellule étant à leur égard réduit de moitié.

ARTICLE 36

Leur surveillance directe est assurée par des éducateurs


spécialisés qui dirigent leur activité et observent leur comportement
pour en faire rapport au juge des enfants.

340
CHAPITRE 3 - DISCIPLINE ET SECURITE

Section première - Police intérieure

ARTICLE 37

Hormis les cas visés aux articles 25 et 26, les détenus


doivent faire l’objet d’une surveillance constante.

ARTICLE 38

Les détenus doivent obéissance aux fonctionnaires ou


agents ayant autorité dans la prison en tout ce qu’ils leur prescrivent
pour l’exécution des règlements.

Aucun détenu ne peut remplir un emploi comportant un


pouvoir d’autorité ou de discipline.

ARTICLE 39

Les jeux et les chants, sauf autorisation spéciale du


régisseur, sont interdits.

Les cris, interpellations, toute réunion en groupe bruyant, les


dons, trafics, échanges, communications clandestines ou en langage
conventionnel entre détenus et généralement tous actes individuels
ou collectifs de nature à troubler l’ordre sont également interdits.

ARTICLE 40

Les demandes ou réclamations collectives sont interdites. Le


ou les détenus qui en prendraient l’initiative s’exposeraient à des
sanctions disciplinaires.

Tout détenu peut individuellement demander à être entendu


par le régisseur, ou les Autorités chargées de visiter la prison. S’il en
exprime le désir, il doit être entendu hors la présence du personnel
de l’Etablissement.

341
ARTICLE 41

Tout détenu peut écrire sous pli fermé aux Autorités


judiciaires, même s’il est puni de cellule ou privé de correspondance.
Néanmoins, les détenus qui mettraient à profit cette faculté pour
formuler des outrages, des menaces, des imputations calomnieuses
ou pour multiplier des réclamations injustifiées, encourraient des
sanctions disciplinaires sans préjudice des poursuites pénales
éventuelles.

ARTICLE 42

Le régisseur veille à ce qu’aucune arme, aucun instrument


dangereux, notamment les rasoirs et les couteaux, ne soient laissés
à la disposition des détenus ni même à leur portée.

ARTICLE 43

Il est interdit d’introduire dans les prisons des boissons


alcoolisées et des matières inflammables. L’usage du tabac est
autorisé dans les cours, sauf pour les mineurs et les condamnés de
la division de discipline.

ARTICLE 44

Tous les détenus doivent être fouillés à leur entrée dans la


prison et chaque fois qu’ils en sont extraits, conduits à l’instruction
ou à l’audience et ramenés à la prison. Ils peuvent être également
fouillés pendant le cours de la détention aussi souvent que le
régisseur le jugera nécessaire.

Les détenus ne peuvent être fouillés que par des personnes


de leur sexe.

Les documents découverts à la suite d’une fouille et


paraissant offrir un intérêt pour une information en cours seront
remis au juge d’instruction ou au Procureur de la République,
lesquels décideront s’il y a lieu de les saisir ou de les rendre au
détenu.

342
ARTICLE 45
Il ne sera laissé aux détenus de toutes catégories, ni argent,
ni bijoux, ni valeur quelconque, sauf la bague d’alliance. Ceux dont
ils seraient détenteurs devront être déposés entre les mains du
régisseur.
La conservation et la gestion des biens du détenu sont
assurés conformément aux dispositions du chapitre 7.
ARTICLE 46
Les dégradations constatées seront signalées au régisseur.
Les détenus qui les auront commises seront passibles d’une
sanction disciplinaire et pourront en être rendus responsables sur
leur pécule.
Il est interdit aux détenus de clouer ou de coller sur les murs
des images, affiches, etc. Sera considéré comme dégradation tout
ce qui peut laisser trace sur les murs, les boiseries et objets
mobiliers
ARTICLE 47
Pendant que les détenus n’occuperont pas les dortoirs,
ateliers et réfectoires, la visite de ces locaux sera faite chaque jour
par le régisseur ou par un surveillant. Le mobilier devra également
être visité et vérification sera faite des serrures et des dispositifs
d’obturation des ouvertures.
Les cours seront visitées et les objets quelconques qui y
auront été laissés devront être enlevés. Les inscriptions et les
dessins tracés sur les murs ou sur le sol seront effacés, sans
préjudice de ce qui est dit à l’article précédent quant à la sanction
disciplinaire.
ARTICLE 48
Les dortoirs doivent rester ouverts une partie de la journée
pour des raisons d’hygiène et de santé. Les détenus séjournent alors
dans les cours qui leur sont affectées. Le règlement intérieur de la
prison fixe les heures d’ouverture des portes des dortoirs en se
conformant, néanmoins, aux prescriptions ci-après :

343
1° Les prévenus, les contraignables, les condamnés à
l’emprisonnement de simple police, les condamnés admis en division
d’amendement peuvent séjourner dans les cours jusqu’à 10 heures
par jour ;

2° Les condamnés admis en division normale peuvent y


séjourner jusqu’à 8 heures par jour ;

3° Les condamnés de la division de discipline peuvent y


séjourner jusqu’à 6 heures par jour.

ARTICLE 49

La plus grande tranquillité devra régner dans les dortoirs et


aucun luminaire n’y sera autorisé.

Personne ne devra y pénétrer, non plus que dans les


cellules, en l’absence de raisons graves ou de péril imminent. En
toute hypothèse, l’intervention de deux membres du personnel au
moins est nécessaire.

ARTICLE 50

Les détenus sont soumis à deux appels par jour, aux heures
de lever et de coucher. Des contrôles supplémentaires peuvent être
faits inopinément à toutes heures de la journée ou de la nuit.

ARTICLE 51

Il est effectué dans chaque prison, des rondes de nuit dont le


nombre sera déterminé par le régisseur sans préjudice des mesures
exceptionnelles à prendre lorsque l’Etablissement renfermera des
détenus dangereux.

Le régisseur indiquera aux gardiens les heures auxquelles


les rondes seront effectuées, ces heures varieront d’une nuit à
l’autre.

344
Section 2 - Punitions et récompenses

ARTICLE 52

Le régisseur peut, soit sur rapport d’un surveillant, soit


d’office, prononcer, contre tout détenu l’une des punitions suivantes :

1° La réprimande ;

2° La privation pour une période ne dépassant pas 2 mois,


de tabac, de vivres ou de colis venant de l’extérieur ;

3° L’interdiction pour une période ne dépassant pas 2 mois


de correspondre ou de recevoir des visites, cette interdiction ne
visant pas le conseil ;

4° Le retrait de récompense, la perte d’emploi, ou la


rétrogradation à une phase antérieure du régime progressif, sous
réserve des dispositions des articles 22 et 54 1° ;

5° La mise en cellule pour une durée ne dépassant pas 10


jours.

ARTICLE 53

Le juge de l’application des peines peut, sur rapport du


régisseur, infliger la mise en cellule pour une durée ne dépassant
pas 1 mois.

ARTICLE 54

Le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice peut sur rapport


du régisseur, prononcer, outre les sanctions prévues aux articles
52 et 53 :

1° La suppression du régime de semi-liberté ;

2° La mise en cellule pour une durée ne dépassant pas 2


mois.

345
ARTICLE 55

La mise en cellule implique la suppression de tabac, de


colis, de correspondances et de visites ; hors les communications
avec l’avocat s’il s’agit d’un prévenu.

Le détenu puni de cellule a droit de séjourner dans la cour


deux heures par jour

ARTICLE 56

Les entraves de quelque nature que ce soit ne doivent pas


être employées comme un moyen de punition. Elles peuvent, par
contre, être utilisées pour des raisons de sécurité comme un moyen
de coercition contre un détenu dangereux ou susceptible de
s’évader. L’usage de ces moyens ne doit pas être prolongé au-delà
du temps nécessaire. Il doit en être rendu compte au juge de Section
ou au Procureur de la République.

ARTICLE 57

Il est institué un système de récompenses variant selon les


groupes de détenus, afin d’encourager la bonne conduite et de
stimuler les efforts des condamnés

ARTICLE 58

Outre les récompenses prévues par le règlement intérieur de


chaque Etablissement et l’octroi d’un ou deux dixièmes
supplémentaires, conformément aux dispositions de l’article 85,
alinéa 2, les récompenses suivantes peuvent être accordées par le
régisseur :

1° Autorisation concernant la correspondance, les visites,


et la réception de subsides, en supplément de celles normalement
prévues ;

2° Permission de faire rentrer dans l’Etablissement des


vivres et du tabac en supplément ;

346
3° Autorisation de recevoir des visites familiales dans un
local ne comportant aucun grillage de séparation ;

4° Autorisation de participer à des activités récréatives ;

5° Autorisation d’acheter des livres et des journaux, sous


réserve d’un contrôle préalable à leur remise et de faire usage de
certains objets personnels, tels que montre et stylographe.

ARTICLE 59

Au surplus, toutes propositions peuvent être faites à titre de


récompense, au juge de l’application des peines, ou sous son
couvert au Ministre de la Justice, en vue d’un changement de
régime, d’un transfèrement, d’une décision de libération
conditionnelle ou d’une mesure de grâce, notamment à la suite d’un
acte de courage ou de dévouement.

Section 3 - Sécurité des prisons

ARTICLE 60

Tout chef d’Etablissement doit veiller à une stricte application


des instructions relatives au maintien de l’ordre et de la sécurité
dans la prison qu’il dirige.

A ce titre, il est disciplinairement responsable des incidents


ou des évasions imputables à sa négligence, ou à l’inobservation
des règlements, sans préjudice des poursuites pénales dont il
pourrait éventuellement être passible et indépendamment des
actions susceptibles d’être engagées contre d’autres membres du
personnel.

ARTICLE 61

Le personnel de l’Administration pénitentiaire ne doit utiliser


la force envers les détenus, qu’en cas de légitime défense, de
tentative d’évasion ou de résistance par la violence ou par inertie
physique aux ordres donnés.

347
ARTICLE 62

Le personnel ne doit pas porter d’armes à feu au cours du


service normal dans l’enceinte de l’Etablissement.

Certains surveillants désignés nominativement par le Garde


des Sceaux, Ministre de la Justice, peuvent être autorisés à porter
une arme à feu et ses munitions notamment lorsqu’ils doivent
assurer la surveillance de détenus à l’extérieur de la prison.

ARTICLE 63

Les armes à feu doivent être déposées dans un local offrant


toute sécurité, elles doivent être enfermées dans une armoire
métallique ou enchaînées à un râtelier. Seul le régisseur ou en son
absence le surveillant-chef doit détenir les clefs donnant accès aux
armes.

ARTICLE 64

Il ne peut être fait usage d’armes à feu que dans les cas
suivants :

- lorsque le personnel est l’objet de violences ou de voies


de fait ou lorsqu’il est menacé par des individus armés ;
- lorsqu’un détenu s’évade, sans équivoque et qu’il
n’obtempère pas aux appels répétés de “halte” fait à
haute voix ;
- lorsque des individus en groupe, soit de l’intérieur, soit de
l’extérieur, cherchent, à forcer les portes de
l’Etablissement et qu’il n’est pas possible de les défendre
autrement que par l’usage des armes ;
- hors le cas de légitime défense, le tir des armes à feu doit
toujours être orienté vers les jambes.

ARTICLE 65

En cas d’incident, lorsqu’il apparaît que l’ordre ne pourra être


rétabli avec les moyens normaux de l’Etablissement, le régisseur ou
à son défaut, le surveillant le plus gradé, doit immédiatement faire
appel à la force publique la plus proche.

348
Les Préfets et les Sous-préfets doivent pour chaque
Etablissement déterminer à l’avance, par une instruction de service,
les modalités d’intervention de la force publique.

Section 4 - Discipline du personnel


de surveillance

ARTICLE 66

Les membres du personnel doivent en toutes circonstances


se conduire et accomplir leur tâche de telle manière que leur
exemple ait une bonne influence sur les détenus et suscite leur
respect.

ARTICLE 67

Il est interdit au personnel des prisons :

- de se livrer à des actes de violence sur les détenus,


d’user à leur égard de dénominations injurieuses, d’un
langage grossier ou familier ;
- de manger, boire ou s’entretenir familièrement avec les
détenus, ou avec les personnes de leur famille, leurs
amis et visiteurs ;
- de fumer à l’intérieur de la prison ou d’y paraître en état
d’ébriété ;
- d’occuper des détenus à leur service particulier ou de se
faire assister par eux dans leur travail ;
- de recevoir des détenus, de leurs parents ou amis aucun
don, prêt ou avantage quelconque ;
- de se charger pour eux d’aucune commission et d’acheter
ou vendre pour eux quoi que ce soit ;
- de faciliter ou tolérer toute transmission de
correspondance, tous moyens de communication
irrégulière des détenus entre eux ou avec le dehors, ainsi
que toute introduction d’objets quelconques hors des
conditions et cas strictement prévus par les règlements ;
- d’agir de façon directe ou indirecte auprès des détenus
pour influer sur leurs moyens de défense et sur le choix
de leur conseil.

349
CHAPITRE 4 - LE TRAVAIL DES DETENUS

Section première - Généralités

ARTICLE 68

Les condamnés sont astreints au travail. Le travail ne doit


pas être considéré comme un complément de la peine, mais comme
un moyen permettant au condamné de préparer sa réintégration
dans la société.

ARTICLE 69

En cas de maladie ou d’infirmité, les détenus peuvent,


éventuellement, après avis du médecin, être exemptés du travail par
le régisseur.

ARTICLE 70

Les détenus ne devront jamais être employés au service


particulier des magistrats ou des fonctionnaires en général.

ARTICLE 71

La durée du travail ne doit pas excéder 8 heures par jour,


sauf circonstances exceptionnelles et sur réquisition de l’Autorité
administrative.

Le travail est suspendu les dimanches et jours fériés sauf


celui nécessaire au fonctionnement essentiel des Etablissements.

Section 2 - Les diverses modalités du travail

ARTICLE 72

A l’intérieur des Etablissements, tous les détenus peuvent


être employés :

- à des travaux de propreté ou d’entretien des bâtiments ;


- dans les divers services assurant le fonctionnement de
l’Etablissement ;
- dans des ateliers techniques.

350
ARTICLE 73

Seuls les détenus admis en division d’amendement peuvent


être employés hors de l’Etablissement :

- sur les chantiers et jardins de l’Administration


pénitentiaire ;
- à des travaux d’intérêt général effectués par les
Collectivités publiques et les diverses Administrations ;
- dans des entreprises industrielles ou commerciales
privées.

ARTICLE 74

Dans le premier cas la surveillance est assurée par


l’Administration pénitentiaire, dans le 2è et le 3è cas elle peut l’être
par des agents de l’utilisateur.

Même, lorsque la surveillance est confiée à l’utilisateur,


l’Administration pénitentiaire doit se livrer à des contrôles et des
inspections inopinés.

ARTICLE 75

Exceptionnellement, un groupe de détenus peut être admis à


coucher hors de l’Etablissement pénitentiaire dans des
cantonnements aménagés à cet effet.

Les détenus travaillant en groupe à l’extérieur doivent


toujours porter le costume pénal.

ARTICLE 76

Les détenus admis individuellement au régime de la semi-


liberté, travaillent chez leur employeur comme des travailleurs libres,
ils sont cependant tenus de réintégrer chaque soir l’Etablissement
pénitentiaire.

Ils ne sont pas astreints au port du costume pénal

351
Section 3 - Régime juridique et
rémunération du travail
ARTICLE 77
Le travail peut être effectué dans les Etablissements
pénitentiaires sous le régime de la régie directe ou sous celui de la
concession.
Il n’existe aucun contrat de louage de service, ni entre
l’Administration pénitentiaire et le condamné, ni entre le
concessionnaire et la main-d’œuvre qui lui est concédée selon les
clauses et les conditions d’un contrat purement administratif.
ARTICLE 78
Hors le cas de régie directe ou de concession, le travail à
l’intérieur des Etablissements, prévu à l’article 72, n’est pas
rémunéré.
ARTICLE 79
L’Administration pénitentiaire peut vendre les produits
provenant de ses ateliers ou de ses chantiers agricoles sous le
régime de la régie directe.
Dans ses rapports avec le Trésor, la régie est admise à
déduire de ses recettes :
- le montant des sommes affectées au pécule ;
- le coût du renouvellement et de l’entretien de l’outillage ;
- le coût des matières premières et les dépenses
d’énergie ;
- le coût des aménagements immobiliers nécessaires au
fonctionnement de la régie.

ARTICLE 80
Un arrêté conjoint du Ministre des Affaires Economiques et
Financières et du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, autorise
la constitution de chaque régie et en fixe éventuellement les règles
particulières, notamment en ce qui concerne le pécule des détenus.

352
ARTICLE 81

L’Administration pénitentiaire lorsqu’elle met à la disposition


d’un utilisateur privé ou administratif un groupe de détenus pour un
travail à l’extérieur le fait sous le régime de la concession à titre
onéreux. Toutefois, le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, peut
autoriser des concessions gratuites de main-d’œuvre au profit de
certains utilisateurs administratifs.

ARTICLE 82

Les concessions de main-d’œuvre pénale hors d’un


Etablissement pénitentiaire doivent faire l’objet d’un contrat entre le
Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, et l’utilisateur fixant les
conditions particulières notamment en ce qui concerne l’effectif de la
main-d’œuvre concédée, la durée de la concession, la redevance
due, et portant adhésion aux clauses et conditions générales des
concessions de main-d’œuvre pénale arrêtées par le Ministre de la
Justice.

ARTICLE 83

Les conditions de travail et la rémunération d’un détenu


susceptible d’être admis au régime de la semi-liberté sont débattues
entre l’intéressé et l’employeur sous réserve d’approbation du
Ministre de la Justice.

ARTICLE 84

Le montant des redevances ou des salaires dus tant par les


concessionnaires que par les employeurs de détenus admis au
régime de la semi-liberté est versé à un compte spécial ouvert au
Trésor public au nom du chef d’Etablissement. Ce dernier après
avoir calculé la fraction affectée à la constitution des pécules,
reverse aussitôt le reliquat au compte de l’Etat.

ARTICLE 85

Les détenus, quelle que soit leur catégorie, ont droit pour
être porté au crédit de leur pécule, aux 5/10 des salaires payés par
leur employeur.

353
Les condamnés peuvent obtenir, à titre de récompense, un
ou deux dixièmes en sus des précédents. Le premier après une
année à compter du jour où leur condamnation est définitive, et le
second lorsqu’il s’est écoulé au moins deux années après
l’attribution du premier.

Les dixièmes supplémentaires peuvent être retirés en cas de


mauvaise conduite.

Les décisions sont prises par le Ministre de la Justice, sur


proposition du chef d’Etablissement.

ARTICLE 86

Les dispositions législatives et réglementaires relatives à


l’hygiène et à la sécurité des travailleurs dans les Etablissements
industriels sont applicables dans les ateliers, chantiers et jardins des
Etablissements pénitentiaires.

ARTICLE 87

Le droit à la réparation des accidents de travail et des


maladies professionnelles est reconnu aux détenus exécutant un
travail pénal dans les conditions qui sont fixées par décret.

Cependant, les condamnés admis au régime de la semi-


liberté relèvent du régime général en matière d’accident du travail.

CHAPITRE 5 - FONCTIONNEMENT DES GREFFES

Section première - Tenue des registres

ARTICLE 88

Le registre d’écrou, prévu par l’article 684 du Code de


Procédure pénale, est tenu sous l’autorité du régisseur.

Il doit être présenté aux fins de contrôle et de visa aux


différentes Autorités judiciaires lors de leurs visites dans
l’Etablissement.

Il peut en être délivré des extraits.

354
ARTICLE 89

Le même registre d’écrou sert aux prévenus et aux


condamnés. Les inscriptions sont effectuées dans l’ordre
chronologique des incarcérations.

Toutefois, les contraignables et les détenus de passage font


l’objet d’inscriptions sur des registres distincts.

ARTICLE 90

Les registres d’écrou mentionnent :

- les nom, prénoms, surnoms du détenu, le lieu et la date


de sa naissance, les noms et prénoms de ses père et
mère, sa profession, son dernier domicile ;
- la date à laquelle il a été écroué ;
- la nature de l’inculpation dont il fait l’objet ;
- la date du titre de détention, la qualité et le nom du
magistrat qui l’a décerné ainsi que la référence de toute
ordonnance relative à la détention ;
- la date et la nature de la condamnation et l’indication du
Tribunal qui l’a prononcée ;
- la date de libération du détenu ;
- le numéro et la date du procès-verbal de notification de
l’arrêté d’interdiction de séjour ;
- mention de la division à laquelle appartient le condamné
ainsi que de toute mesure progressive dont il pourrait
bénéficier.

ARTICLE 91

Le décompte du temps de détention se fait de la façon


suivante :

- la peine d’un jour d’emprisonnement est de 24 heures ;


- une peine de plusieurs jours doit comprendre autant de
fois 24 heures qu’il a été prononcé de jours
d’emprisonnement ;

355
- la peine d’un mois est de trente jours ;
- une peine de plusieurs mois doit être calculée, date pour
date et non par périodes de trente jours ;
- lorsque la peine est d’une ou plusieurs années, le
condamné doit rester détenu pendant autant de fois 12
mois qu’il a été prononcé d’années d’emprisonnement.

ARTICLE 92

Outre les registres d’écrou et les registres dont la tenue peut


être prescrite par la Chancellerie, ou dont l’utilité apparaîtrait dans la
pratique, le chef d’Etablissement doit tenir ou faire tenir des registres
dont la nomenclature suit :

1° Registre d’arrivée et de départ de la correspondance ;

2° Registre alphabétique des détenus ;

3° Registre du contrôle numérique et nominatif des


entrants et des sortants ;

4° Registre des sommes et des objets déposés par les


détenus au Greffe ;

5° Registre des mandats et des recommandés ;

6° Livre des pécules destiné à faire apparaître pour chaque


détenu le solde de son compte ;

7° Registre des punitions et récompenses ;

8° Registre des visites médicales ;

9° Registre des décès ;

10° Registre des libérations conditionnelles ;

11° Registre des évasions ;

356
12° Registre des transfèrements ;

13° Registre des circulaires et des notes de service ;

14° Livre journal des dépenses et des crédits délégués ;

15° Registre inventaire du matériel non consommable ;

16° Registre de la situation des magasins en matériel


consommable ;

17° Registre des vivres.

Section 2 - Dossier individuel

ARTICLE 93

Pour tout détenu, il est constitué au Greffe de


l’Etablissement un dossier individuel qui suit l’intéressé dans les
différents Etablissements où il serait éventuellement transféré.

ARTICLE 94

Le dossier individuel comporte notamment :

- la fiche signalétique comprenant le relevé de ses


empreintes digitales, son signalement et dans la mesure
du possible deux photographies ;
- l’extrait ou les extraits de jugement ou d’arrêt de
condamnation ;
- la fiche médicale du détenu ;
- la copie des décisions infligeant des punitions ou
octroyant des récompenses ;
- la notice individuelle.

ARTICLE 95

Tout individu entrant en prison sera vu dans la journée


d’entrée par le régisseur qui devra faire établir, sans délai en double
exemplaire, la fiche signalétique visée à l’article précédent. Le
premier exemplaire est classé aux archives de l’Etablissement le
second prenant place dans le dossier individuel.

357
ARTICLE 96

La notice individuelle contient les renseignements


concernant l’état civil du condamné, sa profession, sa situation de
famille, ses moyens d’existence, son degré d’instruction, sa conduite
habituelle, sa moralité et ses antécédents.

Ces renseignements sont complétés par l’exposé sommaire


des faits qui ont motivé la condamnation et des éléments de nature à
aggraver ou à atténuer la culpabilité de l’intéressé.

L’exposé sommaire des faits est obligatoirement porté sur le


compte rendu d’audience par le magistrat du Ministère public près la
juridiction qui a prononcé la condamnation, chaque fois que le
condamné doit accomplir plus de deux ans d’une peine privative de
liberté. Il est ensuite retranscrit par le régisseur à la suite de la notice
individuelle.

Section 3 - Comptes rendus divers

ARTICLE 97

Le régisseur doit envoyer à la Chancellerie, les pièces qu’il


est tenu d’établir périodiquement, conformément aux instructions
ministérielles.

ARTICLE 98

En cas d’évasion le chef d’Etablissement doit


immédiatement :

1° Aviser les services de Police et de Gendarmerie, le chef


de la Circonscription administrative et le magistrat compétent ;

2° Adresser un compte rendu au Garde des Sceaux,


Ministre de la Justice, et au chef de Parquet, faisant ressortir,
notamment, si la responsabilité du personnel de surveillance lui
paraît engagée.

358
ARTICLE 99

En cas de décès d’un détenu, le chef d’Etablissement doit :

1° En faire la déclaration à l’officier d’état civil


conformément à l’article 60 de la loi N° 64-374 du 7 octobre 1964,
relative à l’état civil ;

2° Aviser la famille du décédé ;

3° Rendre compte au Garde des Sceaux, Ministre de la


Justice, et au magistrat compétent.

ARTICLE 100

D’une façon générale, tout incident, mineur doit faire l’objet


d’un compte rendu verbal au magistrat compétent et tout incident
grave doit, en outre, faire l’objet d’un rapport écrit adressé à ce
magistrat, au chef de la Circonscription administrative et au Garde
des Sceaux Ministre de la justice.

Section 4 - Mouvements de détenus

ARTICLE 101

Le transfèrement consiste dans la conduite d’un détenu sous


surveillance d’un Etablissement pénitentiaire à un autre.

Il donne lieu à radiation de l’écrou à l’Etablissement d’origine


et à un nouvel écrou à la prison de destination.

Les transfèrements peuvent être soit judiciaires, soit


administratifs.

ARTICLE 102

Les transfèrements judiciaires sont requis par les magistrats


pour les besoins d’une procédure.

Les dépenses qu’ils occasionnent sont imputables sur le


chapitre budgétaire des frais de justice criminelle.

359
ARTICLE 103

Le Ministre de la justice autorise les transfèrements


administratifs, notamment lorsque l’effectif d’un Etablissement
dépasse sa capacité théorique.

Le chef de la Circonscription Administrative délivre


éventuellement les réquisitions de transport nécessaires et les
dépenses occasionnées sont imputables sur le chapitre budgétaire
du fonctionnement matériel des Etablissements pénitentiaires.

Aucun détenu n’est recevable à solliciter d’être transféré à


ses frais.

ARTICLE 104

L’extraction est l’opération par laquelle un détenu est conduit


sous surveillance à l’extérieur pour une brève période en vue de
l’accomplissement d’un acte qui ne peut être fait dans
l’Etablissement pénitentiaire

ARTICLE 105

Les agents d’escorte doivent être porteurs de tous


documents indiquant notamment le motif de transfèrement.

ARTICLE 106

Toutes précautions doivent être prises en vue d’assurer la


sécurité des mouvements de détenus :

- ils doivent être fouillés avant le mouvement ;


- l’escorte doit être numériquement suffisante compte tenu
de l’effectif des détenus ;
- le chef d’escorte doit être avisé de la présence des
détenus plus particulièrement dangereux ;
- les détenus doivent porter des menottes ;

360
- ils ne doivent pas communiquer avec des personnes de
l’extérieur ;
- le mouvement doit être préparé avec discrétion quant à
sa date, l’identité des détenus, le mode de transport,
l’itinéraire et le lieu de destination.

ARTICLE 107

Au moment de la levée d’écrou, il est obligatoirement délivré


à chaque libéré un billet de sortie, qui contient notamment toutes
indications relatives à l’état civil et au signalement de l’intéressé.

L’attention du détenu doit être appelée sur l’importance qui


s’attache pour lui à ne pas perdre ni détériorer le billet de sortie qui
justifie la régularité de sa libération.

Section 5 - Règlement intérieur

ARTICLE 108

Le règlement intérieur de la prison détermine les mesures


d’ordre intérieur et de police ainsi que les détails de service qu’il est
utile de prescrire dans chaque Etablissement.

Il fixe, notamment, l’emploi du temps des détenus, l’horaire


des parloirs, les modalités des visites et de la correspondance.

ARTICLE 109

Il est établi par le chef d’Etablissement et soumis à


l’approbation du Ministre de la Justice qui en vise l’original.

ARTICLE 110

Il doit être porté par tous moyens et notamment par voie


d’affichage à la connaissance des détenus et des personnes de
l’extérieur appelées à voir des rapports avec l’Etablissement.

361
CHAPITRE 6 - RELATIONS AVEC L’EXTERIEUR

Section première - Visites de contrôle


des Autorités

ARTICLE 111

Les magistrats, les Préfets et les Sous-préfets peuvent


visiter les Etablissements de leur Circonscription.

Le juge de l’application des peines, le juge d’instruction et le


juge des enfants doivent effectuer une visite au moins une fois par
mois, le Procureur de la République au moins une fois par trimestre,
en ce qui concerne les Etablissements du siège du Tribunal, et le
Président de la Chambre d’accusation au moins une fois par an.

ARTICLE 112

Les magistrats, les Préfets et les Sous-préfets peuvent faire


ouvrir tous les locaux de l’Etablissement, s’entretenir avec tous les
détenus et examiner tous les documents administratifs au Greffe.

Ils dressent procès-verbal de leurs visites, dont une


expédition doit être adressée à la Chancellerie.

Section 2 - Visites diverses

ARTICLE 113

Hors les magistrats les Préfets, les Sous-préfets, les


avocats, les personnes attachées d’une façon permanente à
l’Etablissement, les parents des détenus dont le cas est prévu aux
articles 118 et suivants, nul ne peut pénétrer dans l’enceinte d’un
Etablissement pénitentiaire, s’il n’est porteur d’une autorisation
spéciale délivrée par le Ministre de la Justice et s’il n’a justifié de son
identité.

ARTICLE 114

Le régisseur doit prendre note de l’identité des personnes ne


rentrant pas dans les catégories énumérées à l’article 113 et peut
éventuellement retenir leurs pièces d’identité jusqu’à leur sortie de
l’Etablissement.

362
ARTICLE 115

Sont assimilés aux personnes attachées d’une façon


permanente à l’Etablissement : les médecins et infirmiers désignés
par le service de Santé pour visiter les prisons, les assistants
sociaux des services spécialisés dans l’assistance aux détenus, les
Ministres des cultes assurant le service des offices religieux de
l’Etablissement, les visiteurs de prisons

ARTICLE 116

Les officiers de Police judiciaire sont admis à s’entretenir


avec un détenu s’ils font état d’une commission rogatoire leur en
donnant mission. Dans les autres cas et notamment à l’occasion
d’une enquête préliminaire, ils doivent être munis d’une autorisation
spéciale du Procureur de la République.

ARTICLE 117

Aucune photographie de l’intérieur des Etablissements ne


peut être effectuée sans autorisation spéciale du Ministre de la
Justice, il en est de même de tout croquis, prise de vue ou
enregistrement sonore se rapportant à la détention.

Section 3 - Visites des parents

ARTICLE 118

Les détenus ont la faculté de recevoir des visites de leur


conjoint, de leurs ascendants, de leurs descendants, de leurs frères
et sœurs germains et de leur tuteur.

Exceptionnellement, et pour des motifs laissés à


l’appréciation des Autorités visées à l’article suivant, les détenus
peuvent être visités par d’autres personnes.

363
ARTICLE 119

Les visiteurs doivent être munis d’un permis qui leur est
délivré pour une ou plusieurs visites particulières après avoir justifié
de leur lien de parenté et de leur identité.

Les Autorités habilitées à délivrer ces permis sont :

- le magistrat saisi du dossier de la procédure, s’il s’agit


d’un prévenu ;
- le juge de l’application des peines, s’il s’agit d’un
condamné.

ARTICLE 120

Les visites ne peuvent avoir lieu qu’une fois par semaine


pour les prévenus, les condamnés de simple police, les
contraignables, et les condamnés de la division normale ou
d’amendement.

Elles n’ont lieu qu’une fois par mois pour les condamnés de
la division de discipline et les condamnés à mort. Toutefois, en ce
que concerne ces derniers, elles peuvent être plus fréquemment
autorisées si l’exécution semble imminente.

Les visites sont interdites aux détenus frappés d’une mesure


d’interdiction de communiquer ou punis de cellule.

Le règlement intérieur fixe les jours et heures des visites.

ARTICLE 121

Les visites ont lieu dans un parloir spécial, comportant un


grillage de séparation entre les détenus et leurs visiteurs.

Un ou plusieurs surveillants, sont présents au parloir et


assistent à l’entretien. Ils empêchent toute remise d’argent, de lettres
ou d’objets quelconques. Ils peuvent mettre un terme à la visite si
celle-ci leur paraît suspecte, à charge pour eux d’en référer de suite
au régisseur.

364
Section 4 - Correspondances

ARTICLE 122

Les prévenus, les condamnés de simple police, les


contraignables et les condamnés à mort, peuvent écrire sans
limitation. Les autres condamnés peuvent écrire une fois par
semaine.

ARTICLE 123

Toutes les correspondances sont lues, aux fins de contrôle,


par le régisseur. Elles peuvent être retenues, à charge pour le chef
d’Etablissement d’en référer au magistrat compétent

ARTICLE 124

Les correspondances sont interdites aux détenus visés à


l’article 120 alinéa 3.

ARTICLE 125

Toutefois, les correspondances échangées avec le conseil


sont toujours autorisées, elles ne sont pas soumises à contrôle,
lorsque la qualité de ce dernier, soit comme expéditeur, soit comme
destinataire, n’est pas équivoque.

Section 5 - Colis

ARTICLE 126

Les détenus peuvent recevoir une fois par semaine des colis
contenant des vivres non périssables, des cigarettes, des livres ou
de menus objets non interdits par le règlement.

Cette faculté est limitée à une fois par mois pour les détenus
de la division de discipline. Les détenus punis de cellule n’en
bénéficient pas.

Les colis sont soumis à la visite et au contrôle de


l’Administration qui peut en retirer ce qu’elle estime contraire au
règlement et à la sécurité des prisons.

365
CHAPITRE 7 - GESTION DES BIENS ET ENTRETIEN
DES DETENUS

Section première - Pécule et biens du détenu

ARTICLE 127

Tout détenu est susceptible d’avoir un pécule constitué par :

1° Les sommes qu’il détenait au moment de son


incarcération et qui lui ont été retirées conformément à l’article 44 ;

2° Les sommes qui lui parviennent de l’extérieur au cours


de sa détention ;

3° Les fractions de salaires qui lui reviennent,


conformément aux dispositions de l’article 84 ;

L’ensemble de ces éléments actifs est divisé en 3 parts


distinctes et égales qui prennent les appellations de pécule
disponible, pécule de réserve et pécule de garantie.

ARTICLE 128

Le pécule disponible est la partie du pécule que les détenus


peuvent utiliser pour effectuer de menues dépenses d’entretien.

A la libération, au décès de son titulaire, ou après l’évasion


de celui-ci, il est appliqué d’office au payement des amendes et des
frais de justice. S’il y a un reliquat il est versé soit au libéré, soit aux
héritiers du décédé, soit en cas d’évasion au Trésor.

ARTICLE 129

Le pécule de réserve est destiné à mettre le détenu en


mesure, au moment de sa sortie, d’acquitter les premiers frais qu’il
aura à supporter avant de trouver du travail ou de rejoindre son
domicile.

En cas de décès du titulaire ou d’évasion les dispositions du


2e alinéa de l’article précédent lui sont applicables.

366
ARTICLE 130
Le pécule de garantie est affecté en premier lieu au
payement des amendes et des frais de justice dus à l’Etat à la suite
des décisions prononcées par la juridiction répressive. Lorsque les
droits du Trésor ont été acquittés, il est affecté au paiement des
dommages-intérêts dus aux parties civiles, dans les conditions fixées
par arrêté conjoint du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, et
du Ministre des Affaires économiques et financières.
Si le règlement intégral de l’amende, des frais de Justice et
des dommages-intérêts intervient au cours de la détention le pécule
de garantie disparaît. Les éléments actifs sont affectés en deux parts
égales au pécule disponible et au pécule de réserve.
ARTICLE 131
Par exception aux dispositions de l’article 127, les sommes
qui échoient aux prévenus sont en totalité portées au crédit de leur
pécule disponible.
ARTICLE 132
Les sommes qui échoient aux condamnés à titre de secours
de la part de leurs familles sont considérées comme ayant un
caractère alimentaire et sont versées au pécule disponible dans la
mesure où elles n’excèdent pas chaque mois un montant fixé par
arrêté du Ministre de la Justice. Les excédents sont répartis comme
il est dit à l’article 127.
ARTICLE 133
Lorsque la totalité des pécules dépassent une certaine
somme dont le montant est fixé par arrêté du Ministre de la Justice,
les régisseurs doivent déposer le surplus à un compte ouvert au
Trésor.
ARTICLE 134
Les détenus conservent la gestion de leurs biens
patrimoniaux dans la limite de leur capacité civile. Ils peuvent signer
tous documents, lesquels cependant sont soumis au contrôle
appliqué aux correspondances, ou agir par mandataire.

367
ARTICLE 135

Tout versement effectué à l’extérieur à l’aide du pécule


disponible d’un détenu doit avoir été demandé ou consenti par le
détenu et autorisé soit par le magistrat chargé du dossier de la
procédure, s’il s’agit d’un prévenu, soit par le chef d’Etablissement,
s’il s’agit d’un condamné.

Section 2 - Valeurs hors pécule

ARTICLE 136

Les objets et vêtements dont les détenus sont porteurs à


leur entrée dans un Etablissement pénitentiaire sont pris en charge
par le régisseur ou par le surveillant-chef, hors ceux qui peuvent être
laissés en la possession des intéressés.

Ils sont inventoriés et portés sur un registre spécial. Ils font


l’objet d’une estimation et sont déposés au Greffe de la prison.

ARTICLE 137

Les objets et les bijoux dont sont porteurs les détenus à leur
entrée peuvent donner lieu au refus de leur prise en charge, en
raison de leur prix, de leur importance ou de leur volume.

Ils peuvent être cependant déposés matériellement dans les


magasins de l’Etablissement et inscrits provisoirement sur le registre
prévu à l’article 136, alinéa 2. Le détenu est alors invité à s’en
défaire dans les meilleurs délais entre les mains d’un tiers désigné
par lui.

ARTICLE 138

En cas de perte à l’Etablissement la responsabilité de


l’Administration sera engagée dans les conditions du droit commun.

Lorsque conformément à l’article précédent il y aura eu refus


de prise en charge, l’Administration ne sera tenue qu’en cas de vol
ou de faute lourde de ses agents.

368
ARTICLE 139
Le chef d’Etablissement donne connaissance à l’Autorité
judiciaire des sommes d’argent ou objets trouvés sur les détenus ou
qui leur sont envoyés, lorsque ces sommes ou objets paraissent
suspects et susceptibles d’être saisis.
ARTICLE 140
Au moment de la libération, les objets et valeurs sont remis
au détenu qui en donne décharge.
Les objets et valeurs non réclamés après qu’un délai de 18
mois se soit écoulé depuis l’évasion ou le décès du détenu, seront
remis à l’Administration des Domaines.
Il sera procédé de même pour les objets et valeurs que les
détenus auront refusé par écrit de recevoir lors de leur libération.
Section 3 - Entretien des détenus
ARTICLE 141
Un arrêté du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice,
détermine la composition :
- de la ration alimentaire ;
- du matériel de couchage ;
- de la tenue pénale ;
- de la ration hebdomadaire de savon distribuée tant pour
l’hygiène individuelle des détenus que pour l’entretien de
leurs effets.
En application de l’article 33, l’entretien des mineurs doit
faire l’objet de dispositions particulières.
ARTICLE 142
Les détenus, prévenus ou condamnés pour lesquels le
régime habituel de la détention, serait de nature à entraîner chez eux
des troubles d’ordre physiologique en raison de leur mode de vie
antérieur, pourront être admis au bénéfice d’un régime tenant
compte de cette situation quant au couchage ou à la nourriture.

369
ARTICLE 143

Le bénéfice du régime visé à l’article précédent est accordé


par décision individuelle du Garde des Sceaux, Ministre de la
Justice, après enquête sur le genre de vie du requérant
antérieurement à son incarcération. En cas de rejet la décision n’a
pas à être motivée.

ARTICLE 144

Quelle que soit la catégorie des détenus, toute boisson


alcoolisée ou fermentée est exclue de la ration alimentaire
journalière.

CHAPITRE 8 - HYGIENE, SOINS MEDICAUX


ET ASSISTANCE AUX DETENUS

Section première - Hygiène

ARTICLE 145

Les locaux de détention et en particulier les dortoirs doivent


répondre aux exigences de l’hygiène, compte tenu du climat,
notamment en ce qui concerne le cubage d’air, l’éclairage et la
ventilation.

Ils doivent être nettoyés quotidiennement et être


badigeonnés au moins une fois par an.

ARTICLE 146

Les cours et les sanitaires doivent être balayés ou lavés


quotidiennement et doivent être maintenus dans un état de propreté
constante. Aucun effet personnel appartenant à un détenu ne doit
être laissé dans les cours, en dehors des heures prescrites pour le
séchage des effets lavés.

ARTICLE 147

Le matériel de couchage, les nattes et les couvertures,


doivent être lavés au moins une fois tous les quinze jours, les tenues
pénales au moins une fois par semaine et obligatoirement
lorsqu’ayant déjà servi ils sont remis à un autre détenu.

370
ARTICLE 148

Chaque détenu en dehors de sa participation à des travaux


de propreté générale, doit conserver propre son emplacement de
couchage et conserver en ordre ses affaires personnelles.

ARTICLE 149

La propreté personnelle est exigée de tous les détenus, ils


doivent être douchés tous les jours et sitôt leur entrée, sauf
prescriptions médicales contraires.

ARTICLE 150

Les détenus sont rasés au moins 2 fois par semaine. Les


cheveux sont taillés tous les mois et doivent être portés courts, ils
peuvent être rasés par mesure d’ordre ou de propreté.

ARTICLE 151

Le Ministre de la Santé publique, désigne, sur la demande


du Ministre de la Justice, les médecins et infirmiers chargés des
soins médicaux à apporter aux détenus.

ARTICLE 152

Les médecins et infirmiers sont attachés à temps complet ou


à temps partiel aux principaux Etablissements. Dans les autres
Etablissements les détenus sont conduits à la consultation du
médecin désigné à cet effet.

ARTICLE 153

Chaque Etablissement doit être pourvu d’une infirmerie


permettant de dispenser des soins courants et ceux de première
urgence.

Dans les Etablissements les plus importants, l’infirmerie doit


comporter plusieurs lits.

371
ARTICLE 154

Chaque détenu doit avoir une fiche individuelle sur laquelle


sont portées toutes les indications relatives à l’état de santé et au
traitement de l’intéressé.

Elle doit être jointe, lors du transfèrement, au dossier


individuel du détenu.

ARTICLE 155

Indépendamment des consultations prévues à l’article 152,


le médecin d’Etablissement doit notamment :

1° Examiner les détenus entrants ;

2° Visiter l’ensemble de l’Etablissement aussi fréquemment


que possible et au moins une fois par trimestre ;

3° Visiter au moins une fois par semaine les détenus punis


de cellule ;

4° Signaler systématiquement au Procureur de la


République ou au juge de Section les détenus dont l’état de santé lui
paraîtrait incompatible avec la détention ou susceptible d’entraîner
une mesure d’allégement de la peine ;

5° Provoquer les visites et les contrôles systématiques du


service des Grandes Endémies ;

6° Faire à la fin de chaque année, un rapport d’ensemble


au Ministre de la Justice et au Ministre de la Santé sur l’état sanitaire
des détenus.

ARTICLE 156

Dans les cas où les soins nécessaires à leur état ne


pourraient être donnés aux détenus malades sur place, ces derniers
seront conduits à l’hôpital.

372
ARTICLE 157

Les détenus hospitalisés à l’extérieur doivent être regroupés


dans un local spécial offrant des garanties de sécurité et permettant
leur surveillance.

Le séjour des détenus dans les hôpitaux doit être limité au


temps strictement nécessaire. S’agissant de prévenus, avis de leur
hospitalisation est donné au magistrat chargé du dossier de la
procédure.

ARTICLE 158

Les détenus malades bénéficient gratuitement des soins qui


leur sont nécessaires, ainsi que de la fourniture de médicaments
utilisés habituellement dans les hôpitaux publics.

La fourniture de médicaments spéciaux non utilisés dans les


hôpitaux publics, les prothèses dentaires, les lunettes et d’une façon
générale toute opération ou fourniture ne présentant pas un
caractère d’urgence et de nécessité absolue ne peuvent avoir lieu
qu’aux frais des détenus.

ARTICLE 159

Les détenus en état d’aliénation mentale ne peuvent être


maintenus dans un Etablissement pénitentiaire.

Sur le rapport du régisseur et après avis médical


circonstancié, le Ministre de la Justice saisit le Ministre de l’intérieur
qui fait procéder d’urgence à leur internement dans un Etablissement
spécialisé.

ARTICLE 160

Si un détenu se livre à une grève de la faim prolongée, il


peut être procédé à son alimentation forcée, mais seulement sur
décision et sous surveillance médicales et lorsque ses jours risquent
d’être mis en danger.

Il en est rendu compte comme en cas d’incident grave dans


les conditions prévues à l’article 100.

373
ARTICLE 161

Les détenues enceintes sont transférées au terme de leur


grossesse à l’hôpital ou à la maternité. La mère est réintégrée à la
prison avec son enfant dès que l’état de l’une et de l’autre le permet.

ARTICLE 162

Les enfants peuvent être laissés auprès de leur mère en


détention jusqu’à l’âge de 2 ans.

Section 2 - Assistance aux détenus

ARTICLE 163

Les Ministres des différents cultes, agréés par le Ministre de


la Justice, peuvent visiter les détenus et s’entretenir avec eux aussi
souvent qu’ils l’estiment utile au parloir réservé par ailleurs aux
avocats.

ARTICLE 164

Ils peuvent célébrer à raison d’une fois par semaine un office


religieux

ARTICLE 165

Les assistants sociaux et assistantes sociales tiennent au


moins une fois par semaine une permanence dans chaque
Etablissement. Les détenus qui désirent s’entretenir avec eux
doivent s’inscrire à l’avance auprès du chef d’Etablissement.

ARTICLE 166

Lors de leur libération, sur avis conformes de l’assistant


social et du chef d’Etablissement l’Autorité administrative, peut faire
délivrer un titre de transport aux détenus indigents pour leur
permettre de rejoindre leur région d’origine.

374
ARTICLE 167

Le service social doit accomplir les diligences voulues pour


que les détenus malades, soient s’il y a lieu, hospitalisés dès leur
libération.

ARTICLE 168

Les visiteurs et visiteuses de prisons aident bénévolement


dans leurs tâches les assistants sociaux et assistantes sociales du
Ministère de la Justice.

Leur rôle consiste à apporter aux détenus le réconfort de


leur présence et de leur sollicitude et en même temps à faciliter sous
toutes ses formes la préparation de leur reclassement social.

ARTICLE 169

Les visiteurs de prison doivent être agréés par le Ministre de


la Justice, pour avoir accès auprès des détenus.

CHAPITRE 9 - LIBERATION CONDITIONNELLE

ARTICLE 170

La libération conditionnelle est le dernier terme du régime


progressif. Elle doit s’appliquer, abstraction faite de la gravité des
faits ayant motivé la condamnation aux détenus qui, réunissant les
conditions légales, paraissent pouvoir réintégrer une vie sociale
normale sans risque de récidive ni problème particulier.

ARTICLE 171

Les détenus qui se montrent dignes de bénéficier de la


libération conditionnelle peuvent être proposés d’office, en vue de
cette mesure par les chefs d’Etablissement dès qu’ils remplissent les
conditions prévues par la loi.

375
ARTICLE 172

En application de l’article 690, alinéa 2 du Code de


Procédure Pénale, le Préfet du Département du lieu de la détention
ne formule un avis, que si le condamné à sa libération doit :

- rejoindre une unité des Forces armées ;


- ou être l’objet d’une expulsion.

ARTICLE 173

La décision rejetant une demande ou une proposition de


libération conditionnelle est prise sans forme spéciale et sans
indication de motifs par le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice.
Avis en est donné au condamné.

Section première - Les modalités de


la libération conditionnelle

ARTICLE 174

L’arrêté accordant à un condamné le bénéficie de la


libération conditionnelle peut subordonner notamment l’octroi de
cette mesure à l’une des conditions suivantes :

1° Avoir satisfait à une épreuve de semi-liberté dont la


durée est fixée par l’arrêté ;

2° Avoir réglé partie ou totalité de l’amende, des frais de


justice, ou des dommages-intérêts ;

3° S’engager dans les Forces armées ;

4° Quitter le Territoire national ou acquiescer à une


demande d’extradition, s’il s’agit d’un étranger.

ARTICLE 175

L’arrêté peut, d’autre part, subordonner le maintien de la


libération conditionnelle au respect par le condamné, notamment, de
l’une des conditions suivantes :

376
1° Résider obligatoirement au lieu fixé par l’arrêté de
libération ;

2° Se soumettre à des mesures de contrôle, de traitement


ou de soins médicaux même sous le régime de l’hospitalisation, en
particulier, aux fins de désintoxication ;

3° Régler partie ou totalité de l’amende, des frais de justice


ou des dommages-intérêts ;

4° Quitter volontairement le Territoire national, s’il s’agit


d’un étranger ;

5° Ne pas conduire certains véhicules ;

6° Ne pas fréquenter certains lieux ;

7° Ne pas se livrer à des jeux de hasard ;

8° S’abstenir de tout excès de boissons alcooliques ;

9° Ne pas fréquenter certaines personnes.

ARTICLE 176

Dans les cas prévus par les paragraphes 1°, 2°, 3°, et 4° de
l’article 175 et d’une façon générale lorsque la condition imposée
comporte une obligation de faire, l’arrêté précise le délai dans lequel
l’obligation doit être exécutée.

ARTICLE 177

L’arrêté de libération conditionnelle, en outre, peut être


assorti de mesures de contrôle ou d’assistance obligeant le libéré à
se présenter périodiquement soit au juge de l’application des peines,
soit au service social de la Justice.

377
Section 2 - La révocation de la libération
conditionnelle
ARTICLE 178
La révocation ne peut intervenir qu’avant le terme normal de
la peine ou le temps de la durée des mesures d’assistance et de
contrôle. Si la révocation n’est pas intervenue dans ce délai, la
libération est définitive.
ARTICLE 179
L’arrestation pour une cause quelconque ou l’arrestation
provisoire ordonnée par le juge de l’application des peines en cas
d’inconduite notoire ou d’infraction à une des conditions de l’arrêté
de libération conditionnelle suspend le délai prévu à l’article
précédent.
ARTICLE 180
Le condamné qui a fait l’objet d’une mesure de révocation
doit être réintégré pour exécuter la peine qui lui restait à subir au
moment de sa mise en liberté conditionnelle, cumulativement, s’il y a
lieu, avec la nouvelle peine qu’il aurait encourue.
Il peut, toutefois, n’avoir à exécuter qu’une partie du reliquat
de la peine qui lui restait à subir.
En toute hypothèse, la durée pour laquelle doit avoir lieu
la réintégration est précisée à l’arrêté de révocation qui fixe la
nouvelle date de la libération.
CHAPITRE 10 - DISPOSITIONS FINALES
ARTICLE 181
A titre transitoire lorsque les régisseurs sont choisis parmi
les fonctionnaires ou agents de l’Administration générale, ils sont
placés nonobstant les dispositions de l’article 3 alinéa 3, sous
l’autorité du Sous-préfet en sa qualité de représentant du Garde des
Sceaux Ministre de la Justice.
Les magistrats conservent cependant le contrôle de la
régularité des détentions.

378
ARTICLE 182

Sont abrogées toutes dispositions antérieures contraires


au présent décret.

ARTICLE 183

Le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, est chargé de


l’exécution du présent décret qui sera publié au Journal officiel de
la République de Côte d’Ivoire.

379
3-
ARRETE PORTANT MODALITES D’APPLICATION
DU DECRET N° 69-189 DU 14 MAI 1969

380
a) ARRETE N° 404 MJ. DAP. DU 21 MAI 1969
PORTANT DESIGNATION DE JUGES
DE L’APPLICATION DES PEINES

ARTICLE PREMIER

Dans les Sections détachées de Tribunaux, les juges de


Section exercent les fonctions de juge de l’application des peines
auprès des Etablissements pénitentiaires situés dans leurs
circonscriptions judiciaires.

ARTICLE 2

Dans les Tribunaux de Première Instance, les magistrats


désignés comme juges de l’application des peines exercent ces
fonctions auprès des Etablissements pénitentiaires situés dans le
ressort juridictionnel du Tribunal.

b) ARRETE N° 405 MJ. DAP. DU 21 MAI 1969


PORTANT AUTORISATION PERMANENTE
DE CONCESSION DE MAIN-D’ŒUVRE

ARTICLE PREMIER

Les régisseurs des Etablissements pénitentiaires sont


autorisés d’une façon permanente à concéder de la main-d’œuvre
pénale aux Sous-préfets pour des travaux d’intérêt général.

ARTICLE 2

La surveillance des détenus utilisés dans ces conditions en


dehors des Etablissements, est assurée par des agents de la Sous-
préfecture et sous leur responsabilité.

ARTICLE 3

Ces concessions sont faites à titre gratuit. Toutefois lorsque,


conformément à l’article 75 du décret susvisé, un groupe de
détenus, utilisé en corvée extérieure, est admis à coucher dans un
cantonnement éloigné de l ’Etablissement, l’entretien et
l’hébergement des intéressés est à la charge du Sous-préfet
utilisateur.

381
c) ARRETE N° 406 MJ. DAP. DU 21 MAI 1969
PORTANT CLASSEMENT DES ETABLISSEMENTS
PENITENTIAIRES

ARTICLE PREMIER

Les Etablissements pénitentiaires sont classés suivant les


catégories ci-après :

1° Camps pénaux : Bouaké ;

2° Maisons d’arrêt : Abidjan, Bouaké ;

3° Maisons de correction : Grand-Bassam, Bouna ;

4° Maisons d’arrêt et de correction : Agboville, Adzopé,


Aboisso, Abengourou, Boundiali, Bongouanou, Bouaflé, Bondoukou,
Dimbokro, Divo, Dabou, Danané, Daloa, Gagnoa, Katiola, Korhogo,
M’bahiakro, Man, Odienné, Séguéla, Sassandra, Soubré, Touba,
Toumodi, Tabou, Tiassalé.

382
4-
DECRET N° 76-315 DU 4 JUIN 1976 PORTANT FIXATION
DU TARIF DES FRAIS DE JUSTICE CRIMINELLE,
CORRECTIONNELLE ET DE SIMPLE POLICE
(Modifié par Décret n° 95-407 du 02 Mai 1995)

383
CHAPITRE PREMIER - LES FRAIS DE JUSTICE
- GENERALITES

ARTICLE PREMIER

Le Trésor fait l’avance des frais de justice criminelle,


correctionnelle et de simple police, sauf à poursuivre le
recouvrement de ceux desdits frais qui ne sont pas à la charge de
l’Etat.

ARTICLE 2

Les frais de justice criminelle, correctionnelle et de simple


police sont :

1° Les frais de translation des prévenus ou accusés, les


frais de translation des condamnés pour se rendre au lieu où ils sont
appelés en témoignage, mais seulement quand cette translation ne
peut être effectuée par les véhicules du service pénitentiaire ; les
frais de transport des procédures et des pièces à conviction ;

2° Les frais d ’extradition des prévenus, accusés ou


condamnés ; les frais de commission rogatoire et autres frais de
procédure pénale en matière internationale ;

3° Les honoraires et indemnités qui peuvent être alloués


aux experts, aux interprètes et les frais de traduction ;

4° Les indemnités qui peuvent être allouées aux témoins,


aux jurés et aux assesseurs des Tribunaux pour enfants ;

5° Les frais de mise en fourrière ;

6° Les émoluments alloués aux greffiers en chef ;

7° Les émoluments alloués aux huissiers de Justice ;

8° Les frais et primes de capture ;

384
9° Les indemnités allouées aux magistrats et aux greffiers
qui se transportent pour exercer un acte de leur fonction ou pour
l’instruction d’une procédure, dans les cas prévus par les lois et
règlements ;

10° Les frais de communication postale, télégraphique,


téléphonique, le port des paquets pour la procédure pénale ;

11° Les frais d’impression des arrêts, jugements et


ordonnances de justice ;

12° Les frais d’exécution des arrêts en matière criminelle ;

13° Les indemnités et secours accordés aux victimes


d’erreurs judiciaires, ainsi que les frais de révision et les secours
accordés aux individus acquittés.

ARTICLE 3

Sont assimilés aux frais de justice criminelle, correctionnelle


et de simple police, en ce qui concerne l’imputation, le paiement et la
liquidation, les dépenses qui résultent :

1° Des procédures ou des actes faits d’office en application


de la loi sur la minorité ;

2° De l’application de la législation sur les incapables


majeurs et les aliénés ;

3° Des procédures d’office en matière civile ;

4° Des inscriptions hypothécaires requises par le Ministère


public pour le recouvrement des amendes, frais de justice et
cautionnements ;

5° Des avances faites en matière de faillite et de liquidation


judiciaire, dans les cas prévus par les lois et règlements ;

6° Des dispositions de la législation sur l’assistance


judiciaire, en matière civile, commerciale et administrative ;

385
7° De l’exécution des décisions rendues par les Tribunaux
du travail, au profit des travailleurs ;

8° De lois spéciales ou de décrets et dont l’avance doit être


faite par le Trésor.

ARTICLE 4

Lorsque l’instruction d’une procédure pénale ou d’une


procédure assimilée exige des dépenses extraordinaires, non
prévues par les articles 2 et 3 ou par les tarifs fixés au présent
décret, leur engagement est soumis dans tous les cas à une
autorisation préalable.

Cette autorisation est accordée :

- par le Procureur Général, si le montant est inférieur ou


égal à 50.000 francs ;
- par le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, lorsque
le montant est supérieur à cette somme.

ARTICLE 5

Ne sont pas compris sous la désignation des frais de justice


criminelle, correctionnelle et de simple police ou assimilés :

1° Les honoraires des avocats ou conseils des prévenus


ou accusés, même ceux qui sont nommés d’office ;

2° Les dépenses consécutives à l’inhumation des détenus


et condamnés et de tous les cadavres trouvés sur la voie publique
ou autrement non réclamés par les familles ;

3° Les frais de translation des condamnés dans les lieux où


ils doivent subir leur peine ;

4° Les frais de translation pour la réintégration des


individus condamnés évadés des lieux où ils subissent leur peine ;

386
5° Les dépenses des maisons d’Arrêt de Correction et des
camps pénaux et des centres de Rééducation de mineurs ;

6° Les dépenses occasionnées par les poursuites devant


les Tribunaux militaires ;

Et généralement, toutes dépenses de quelque nature


qu’elles soient qui n’ont pas pour objet la recherche, la poursuite et
la punition des crimes, délits ou contraventions.

CHAPITRE 2 - TARIFS DES FRAIS

Section première - Frais de translation des personnes,


de transport des procédures et
des pièces à conviction

ARTICLE 6

Les prévenus et accusés sont transférés soit par chemin de


fer, soit par un service régulier de transport en commun, soit par un
véhicule particulier, sur la réquisition des Autorités judiciaires. Il doit
être pourvu au transport de la manière la plus économique.

Les individus qui doivent être conduits devant la Cour


d’Appel ou un Tribunal siégeant dans une ville autre que celle où ils
sont détenus, pour entendre statuer soit sur l’opposition à un
jugement ou arrêt, soit sur l’appel interjeté contre un jugement, sont
transférés par les véhicules du service pénitentiaire toutes les fois
que ce mode de transfèrement est possible et qu’il n’y a pas urgence
à effectuer le transport.

ARTICLE 7

Les prévenus ou accusés peuvent se faire transporter par


chemin de fer ou en voiture à leurs frais, en se soumettant aux
mesures de précaution prescrites par le magistrat qui aura ordonné
le transport ou par le chef d’escorte chargé de l’exécuter.

ARTICLE 8

Les procédures et les pièces à conviction sont confiées aux


gendarmes ou aux agents chargés de la conduite des prévenus ou
accusés.

387
Si en ce cas des frais exceptionnels ont dû être avancés par
les gendarmes ou agents, leur montant sera porté sur leur mémoire.
Lorsque, à raison du poids ou du volume, les objets ne
peuvent être transportés par les gendarmes ou agents, ils le sont,
sur réquisition spéciale des Autorités judiciaires, par la voie la plus
économique, sauf les précautions convenables pour la sûreté
desdits objets.
ARTICLE 9
Les aliments ou secours nécessaires aux personnes qui font
l’objet du transport leur sont fournis dans les maisons d’Arrêt ou les
camps pénaux.
Cette dépense n’est pas imputable aux frais de justice
criminelle, correctionnelle et de simple police et se confond aux
dépenses ordinaires des Etablissements pénitentiaires.
La fourniture d’aliments ou d’autres objets en dehors des
Etablissements doit être exceptionnelle et justifiée par l’absolue
nécessité. Le remboursement en est fait, au vu des factures des
fournisseurs, sur les frais de justice criminelle, correctionnelle et de
simple police.
Si l’individu transféré tombe malade en cours de route et doit
être placé dans un hôpital, les frais sont payés conformément aux
règles établies pour l’hospitalisation des détenus ou condamnés.
ARTICLE 10
Les dépenses que les gendarmes et les agents chargés de
la conduite des prévenus ou accusés se trouvent obligés de faire en
route, dans les cas prévus aux articles précédents, leur sont
remboursées comme frais de justice criminelle, correctionnelle et de
simple police, sur leurs mémoires détaillés, auxquelles ils joignent
les ordres ou réquisitions qu’ils ont reçus, ainsi que les quittances
particulières pour les dépenses de nature à être ainsi constatées.
Si les gendarmes ou agents sus-indiqués n’ont pas de fonds
suffisants pour faire ces avances, la somme présumée nécessaire
leur est provisoirement allouée par l’Autorité judiciaire qui ordonne le
transport.

388
Le montant de cette allocation provisoire est porté sur l’ordre
ou la réquisition de transport. Le mémoire est réglé définitivement
par l’Autorité judiciaire devant laquelle le prévenu ou l’accusé doit
comparaître.

Il est alloué aux gendarmes des frais d’escorte dans les


conditions et conformément aux tarifs fixés par les règlements sur le
service de la Gendarmerie.

ARTICLE 11

Lorsqu’en conformité des dispositions du Code de


Procédure pénale sur le faux et dans les cas prévus notamment aux
articles 612 et 615, des pièces arguées de faux ou des pièces de
comparaison doivent être remises au Greffe par des dépositaires
publics ou particuliers, le Procureur de la République ou le juge
d’Instruction peut ordonner, soit que le dépositaire se transportera en
personne ou par mandataire au Greffe de la juridiction ou devant lui
pour faire ce dépôt, soit que ce dépositaire les remettra à tel
magistrat ou tel officier de Police judiciaire qu’il désigne, lequel lui
délivrera un double du procès-verbal constatant cette remise.

Lorsque le dépositaire ou son mandataire s’est transporté


pour faire ce dépôt, il a droit à la taxe de comparution et aux
indemnités de voyage et de séjour allouées aux témoins.

Section 2 - Honoraires et indemnités


des experts et interprètes

A - DES EXPERTS

ARTICLE 12

Les tarifs fixés par le présent chapitre, en ce qui concerne


les frais d’expertise, doivent être appliqués en prenant pour base la
résidence des experts.

Les frais de rédaction et de dépôt du rapport, ainsi que le


cas échéant, de la prestation de serment sont compris dans les
indemnités fixées par ces tarifs.

389
Aucune indemnité n’est allouée pour la prestation de
serment de l’expert devant la juridiction du ressort de sa résidence
lors de son inscription sur l’une des listes prévues à l’article 157 du
Code de Procédure pénale.

ARTICLE 13

Dans les cas où une expertise est nécessaire et comporte


des opérations non tarifées, l’expert doit faire connaître au magistrat
qui l’a commis le montant prévu de ses frais et honoraires.

Sous réserve de l’autorisation préalable prévue à l’article 4


ci-dessus, le magistrat compétent statue comme en matière de taxe.

ARTICLE 14

Le magistrat compétent peut, sur l’avis conforme du


Procureur Général, autoriser l’expert à percevoir au cours de la
procédure un acompte provisionnel sur ses débours, soit lorsqu’il a
effectué des travaux d’une importance exceptionnelle, soit lorsqu’il a
été dans la nécessité de faire des transports coûteux ou des
avances personnelles.

ARTICLE 15

Indépendamment des indemnités pour frais de déplacement


et séjour fixées ci-après, il est alloué aux experts, lorsqu’ils sont
entendus soit devant les Cours ou les Tribunaux, soit devant les
magistrats instructeurs à l’occasion de la mission qui leur est
confiée, une indemnité de 1.200 francs.

ARTICLE 16

Lorsque l’expert justifie qu’il s’est trouvé, par suite de


circonstances indépendantes de sa volonté, dans l’impossibilité de
remplir sa mission, le magistrat commettant peut, par décision
motivée et sur avis conforme du Procureur Général, lui allouer une
indemnité en outre de celles prévues pour le transport et le séjour,
ainsi que de tous autres débours, s’il y a lieu.

390
ARTICLE 17

Les experts ont droit, sur la production des pièces


justificatives, au remboursement des frais de transport des pièces à
conviction et de tous autres débours reconnus indispensables.

a) Expertise en matière de fraudes commerciales

ARTICLE 18

Il est alloué à chaque expert désigné conformément aux lois


et règlements sur la répression des fraudes en matière commerciale,
pour l’analyse de chaque échantillon, y compris les frais de
laboratoire :

- pour le premier échantillon......................................3.500


- pour les échantillons suivants dans la même
affaire......................................................................1.750

b) Médecine légale

ARTICLE 19

Chaque médecin régulièrement requis ou commis reçoit, à


titre d’honoraires :

1° a) Pour une visite judiciaire comportant un ou plusieurs


examens et le dépôt d’un rapport...............................................1.800

b) Pour l’ensemble des examens prévus par l’article 89 du


Code des débits de boissons et de mesures contre
l’alcoolisme.................................................................................2.000

2° Pour examen d’un cadavre sans autopsie..............1.800

3° Pour autopsie sans inhumation...............................4.500

4° Pour autopsie après exhumation ou autopsie de cadavre


en état de décomposition avancée.............................................5.500

391
5° Pour autopsie de cadavre de nouveau-né avant
inhumation..................................................................................2.300

6° Pour autopsie de cadavre de nouveau-né après


exhumation ou autopsie de cadavre de nouveau-né en état de
décomposition avancée .............................................................2.800

7° Pour examen psychiatrique, y compris l’examen médical


général ou l’examen biologique 3.500

8° Pour examen médico-psychologique d’un mineur prévu


à l’article 769 du Code de Procédure pénale et 140 de la loi sur la
minorité.......................................................................................2.800

Le coût des fournitures reconnues nécessaires pour les


opérations des experts médecins est remboursé sur production des
pièces justificatives de la dépense.

c) Toxicologie

ARTICLE 20

Les sommes suivantes sont allouées à chaque expert


toxicologue. Toutefois lorsque les dosages de plusieurs éléments
peuvent être groupés en une opération, celle-ci fait l’objet d’un seul
émolument :

1° Pour recherche et dosage d’oxyde de carbone dans


l’air ou dans le sang....................................................................1.200

2° Pour détermination du coefficient d’intoxication


oxycarbonique.............................................................................1.700

3° Pour analyse des gaz contenus dans le sang.........1.700

4° Pour recherche et dosage de l’alcool dans


le sang........................................................................................2.000

5° Pour recherche et dosage d ’un élément toxique dans


une substance ou dans un organe autre que les viscères.........1.200

392
6° Pour recherche et dosage d’un élément toxique
dans les viscères........................................................................1.700

7° Pour expertise toxicologique complète...................1.700

d) Biologie

ARTICLE 21

Il est alloué à chaque expert régulièrement requis ou commis


pour caractériser des produits biologiques 1.700 francs.

e) Radiodiagnostic

ARTICLE 22

Il est alloué à chaque expert radiologue régulièrement requis


ou commis :

1° Pour radiographie :

- de la main, du poignet, de l’avant-bras, du bras, du


coude, du pied, du cou-de-pied, du genou..............1.200
- de l’épaule, de la hanche, de la jambe, de la cuisse, du
rachis cervical, dorsal ou lombaire, du crâne..........1.700
- du thorax ou du bassin 2.300

Ces prix s’entendent pour un seul cliché et deux épreuves.

Toute autre radiographie de la même région prise le même


jour est comptée 75 % du prix d’une seule pose.

2° Pour localisation de corps étranger :

- dans un membre 2.300


- dans le crâne, le thorax ou le bassin.......................2.800

3° Pour radioscopie......................................................1.200

Les examens radioscopiques préalables à une radiographie


ne sont pas remboursés.

393
f) Identité judiciaire

ARTICLE 23

Il est alloué à chaque expert régulièrement requis


ou commis :

1° Pour examen d’empreintes, sans comparaison avec des


empreintes autres que celles de la victime.................................1.200

2° Pour examen d’empreintes et comparaison avec des


traces recueillies ou avec des empreintes autres que celles
de la victime.................................................................................2.300

3° Pour photographie métrique et relevé topographique des


lieux du crime..............................................................................2.300

g) Expertise mécanique

ARTICLE 24

Il est alloué pour chaque expertise mécanique et technique


complète portant sur un ou plusieurs véhicules automobiles, à la
suite d’un accident de la circulation à l’exclusion des examens
simples ne portant que sur des organes déterminés du véhicule,
12.000 francs.

Cette somme est forfaitaire et exclut toute indemnité autre


que les frais de déplacement et de séjour.

B - DES INTERPRETES TRADUCTEURS

ARTICLE 25

Les traductions par écrit sont payées 400 francs les cents
mots français.

Lorsque des interprètes traducteurs autres que ceux en


service permanent auprès des juridictions sont appelés devant le
Procureur de la République ou les officiers de Police judiciaire,
devant les juges d’Instruction ou devant les juridictions répressives
pour faire les traductions orales, il leur est alloué :

394
- Pour la première heure de présence qui est toujours due
en ntier.........................................................................500
- Par demi-heure supplémentaire due en entier dès qu’elle
est commencée...........................................................300

C - FRAIS DE DEPLACEMENT ET DE SEJOUR

ARTICLE 26

Lorsque les personnes visées à la présente section se


déplacent à plus de quatre kilomètres du périmètre urbain de la
localité où elles ont leur résidence, il leur est alloué des indemnités
pour frais de transport et de séjour selon les modalités fixées aux
articles suivants.

ARTICLE 27

Les fonctionnaires ou agents de l’Etat ou d’une Collectivité


publique ont droit à une indemnité de séjour équivalente à celle qu’ils
percevraient en leur qualité, pour frais de mission, dans le groupe
correspondant à leur indice de traitement ou leur classement
d’assimilation, sans que cette indemnité puisse être inférieure à celle
prévue pour le groupe III.

Ils perçoivent en outre, lorsque le moyen de transport n’est


pas fourni par l’Administration, une indemnité de déplacement,
représentant le remboursement forfaitaire de leurs frais de transport,
égale à 27 francs par kilomètre parcouru tant à l’aller qu’au retour.

L’indemnité de séjour est calculée en fonction du temps


passé par le fonctionnaire hors de sa résidence.

Si au cours du même déplacement plusieurs missions ont


été accomplies, le montant de l’indemnité de séjour est réparti, à
parts égales, sur les mémoires correspondants, quant à l’indemnité
de déplacement, son montant est réparti proportionnellement à la
distance parcourue pour accomplir chaque mission par rapport à la
distance totale.

395
ARTICLE 28

Les personnes ne rentrant pas dans les catégories visées à


l’article 27 perçoivent une indemnité de séjour représentant le
remboursement forfaitaire des frais occasionnés par le déplacement
fixée à :

- 2.800 francs par journée si le déplacement exige plus


d’une journée ;
- 1.800 francs, si le déplacement est effectué dans
la journée ;
- 1.000 francs, si le déplacement est effectué dans la
demi-journée.

Pour l’application de ces dispositions, le déplacement est


réputé durer plus d’une journée s’il nécessite le découcher ; il est
réputé effectué dans la journée s’il nécessite normalement la prise
de deux repas à l’extérieur et dans la demi-journée s’il ne nécessite
que la prise d’un seul repas.

Elles perçoivent en outre l’indemnité de déplacement visée


à l’article 27, alinéa 2.

Les dispositions du dernier alinéa de l’article 27 leur sont


applicables.

Section 3 - Indemnités pouvant être accordées


aux témoins, aux jurés et aux assesseurs
des Tribunaux pour enfants

A - DES TEMOINS

a) Règles générales

ARTICLE 29

Il peut être accordé aux témoins, s’ils le requièrent :

1° Une indemnité de comparution ;

2° Une indemnité de voyage ;

3° Une indemnité de séjour forcé.

396
ARTICLE 30

Les indemnités prévues à l’article précédent ne sont payées


que si les témoins ont été cités, convoqués ou appelés, soit à la
requête du Ministère public ou du juge d’Instruction, soit en vertu
d’une ordonnance rendue d’office dans les cas prévus aux articles
283 et 310 du Code de Procédure pénale.

ARTICLE 31

Les témoins cités ou appelés conformément aux dispositions


des articles 281 et 329 du Code de Procédure pénale, à la requête
des accusés ou des parties civiles, reçoivent les indemnités
ci-dessus mentionnées. Elles leur sont payées, soit directement par
ceux qui les ont appelés en témoignage, soit par les greffiers sur le
montant de la consignation prévue aux articles 88 et 381 du Code de
Procédure pénale.

ARTICLE 32

Les témoins qui reçoivent un traitement quelconque à raison


d’un service public, n’ont droit qu’au remboursement des frais de
voyage ou de séjour, s’il y a lieu, conformément aux dispositions des
articles ci-après.

ARTICLE 33

Les magistrats sont tenus d’énoncer, dans les exécutoires


qu’ils délivrent au profit des témoins que la taxe a été requise.

b) Indemnités de comparution

ARTICLE 34

Les témoins âgés de seize ans ou plus, appelés à déposer


soit à l’instruction, soit devant les Cours et Tribunaux statuant en
matière criminelle, correctionnelle ou de simple police, reçoivent une
indemnité de comparution qui est de 700 francs.

397
ARTICLE 35

Lorsque les enfants de moins de seize ans, appelés en


témoignage dans les conditions prévues à l’article précédent, sont
accompagnés par une personne sous l’autorité de laquelle ils se
trouvent, ou par son délégué, cette personne a droit à l’indemnité
prévue à l’article précédent.

ARTICLE 36

Lorsqu’il est constaté qu’un témoin, en raison de ses


infirmités, a dû être accompagné par un tiers, celui-ci a droit à
l’indemnité prévue à l’article 34.

ARTICLE 37

L’indemnité de comparution est due alors même qu’il est


alloué une indemnité pour frais de voyage et de séjour.

c) Frais de voyage et de séjour forcé

ARTICLE 38

Lorsque les témoins se déplacent à plus de quatre


kilomètres du lieu de leur résidence, il leur est alloué une indemnité
de voyage qui est déterminée ainsi qu’il suit pour l’aller et le retour :

1° Si le voyage est fait ou pouvait se faire par chemin de


fer, l’indemnité est égale au prix d’un billet de 2e classe ;

2° Si le voyage est fait ou pouvait se faire par un service de


transport en commun autre que le chemin de fer, l’indemnité est
égale au prix d’un voyage d’après le tarif de ce service ;

3° Si le voyage ne pouvait se faire par l’un de ces deux


moyens, l’indemnité est fixée à 27 francs par kilomètre parcouru tant
à l’aller qu’au retour ;

4° Si le voyage est fait par mer ou par air, il est accordé sur
le vu du duplicata du billet de voyage délivré par la compagnie de
navigation maritime ou aérienne, le remboursement du prix du billet
en deuxième classe ou en classe économique.

398
Les témoins titulaires de permis de circulation ou jouissant, à
titre personnel ou en raison de leur emploi, de réduction de tarifs
n’ont pas droit au remboursement des frais de transport pour la
partie correspondant à l’exonération dont ils bénéficient. Les
demandes de remboursement de frais de transport doivent être
obligatoirement accompagnées d’une déclaration des intéressés
certifiant qu’ils ne bénéficient pas, à quelque titre que ce soit,
d’avantage de tarif, ou, dans le cas contraire, qu’ils ne bénéficient
pas d’autres avantages que ceux dont il est fait état dans la
demande.

Dans le cas où le moyen de transport est fourni par


l’Administration, il n’est accordé aucune indemnité de transport à
raison du déplacement.

ARTICLE 39

Lorsque le lieu d’audition des témoins est à une distance de


plus de vingt kilomètres de leur résidence, il leur est alloué une
indemnité de 700 francs.

ARTICLE 40

Les témoins retenus en dehors de leur résidence par


l’accomplissement de leurs obligations ont droit, pour chaque
journée de séjour, à une indemnité de 1.400 francs, à l’exclusion de
l’indemnité prévue à l’article 39.

Cette indemnité leur est également accordée s’ils sont


retenus en dehors de leur résidence, soit en raison de la durée du
déplacement, soit par un cas de force majeure. Dans ce cas, les
témoins sont tenus de faire constater par le Président de la
juridiction, par le Maire, le Sous-Préfet ou le Commissaire de Police
du lieu où ils sont retenus la cause et la durée de leur séjour forcé.

ARTICLE 41

Lorsqu’un témoin se trouve hors d’état de subvenir aux frais


de voyage et de séjour ou lorsque le déplacement est présumé
devoir durer plusieurs jours, il lui est versé s’il le requiert par le
comptable du Trésor de sa résidence, un acompte sur les
indemnités qui lui sont dues.

399
Cet acompte est payé sur ordonnance de taxe du Président
de la juridiction de sa résidence.

La somme versée à titre d’acompte ne devra jamais excéder


le montant de l’indemnité de voyage aller et celui de l’indemnité de
séjour due du jour du départ de la résidence au jour de l’audience
inclus.

Le comptable du Trésor qui aura versé cet acompte devra le


mentionner en marge ou au pied de la citation ou de l’avertissement.

L’acompte est précompté sur l’indemnité totale payée au


témoin au terme de son déplacement par le comptable du Trésor de
la juridiction devant laquelle il aura témoigné.

ARTICLE 42

Lorsque l’indemnité est allouée en raison d’un séjour, il est


délivré sur le vu du certificat prescrit au second alinéa de l’article 40,
une taxe supplémentaire par l’Autorité de laquelle émane la première
taxe.

ARTICLE 43

Les indemnités de frais de voyage et de séjour prévues aux


articles 38 et suivants sont accordées aux personnes qui
accompagnent des mineurs de 16 ans ou des témoins malades ou
infirmes dans les conditions prévues aux articles 35 et 36.

B - DES MEMBRES DU JURY

ARTICLE 44

Il est accordé aux membres du jury, s’ils le requièrent et


quand il y a lieu :

1° Une indemnité de session ;

2° Une indemnité de voyage ;

3° Une indemnité de séjour.

400
ARTICLE 45

L’indemnité de session est accordée aux membres du jury,


quel que soit le lieu de leur résidence. Elle est fixée, pour chaque
jour, pendant la durée de la session, à 2.800 francs.

ARTICLE 46

Lorsque les jurés se déplacent à plus de quatre kilomètres


de leur résidence, il leur est alloué une indemnité de voyage calculée
et déterminée comme il est dit à l’article 38.

ARTICLE 47

Lorsque la ville où siège la Cour d’Assises est à une


distance de plus de cinq kilomètres du lieu de la résidence normale
des jurés et que ceux-ci sont, de ce fait, retenus hors de leur
résidence normale pendant la durée de la session, ils ont droit, pour
chaque journée de séjour, à une indemnité de 2.300 francs.

Cette indemnité leur est également accordée s’ils sont


retenus en dehors de leur résidence normale soit en raison de la
durée du déplacement, soit par un cas de force majeure dûment
constaté dans les formes prévues à l’article 40.

ARTICLE 48

Les indemnités de session et de séjour pendant la durée de


la session sont dues pour chaque journée où le juré titulaire,
suppléant ou supplémentaire a été présent à l’appel pour concourir à
la formation du jury.

Les jurés qui reçoivent un traitement quelconque d’une


Administration publique n’ont pas droit à l’indemnité de session.

ARTICLE 49

Le Président de la Cour d’Assises délivre, jour par jour, aux


membres du jury qui en font la demande, les taxes correspondant
aux indemnités journalières auxquelles ils ont droit.

401
Mention de ces taxes partielles est faite sur la copie de la
notification délivrée aux jurés en exécution de l’article 295 du Code
de Procédure pénale, pour être ensuite déduite de la taxe définitive.
ARTICLE 50
Il est accordé aux assesseurs des Tribunaux pour enfants
s’ils le requièrent :
1° Une indemnité d’audience ;
2° Une indemnité de voyage.
L’indemnité d’audience est due aux assesseurs quel que soit
le lieu de leur résidence. Elle est fixée à 1.500 francs par audience.
L’indemnité de voyage est due dans les conditions et suivant
les modalités prévues à l’article 38.
Section 4 - Des frais de mise en fourrière
ARTICLE 51
Les animaux et tous les objets périssables saisis pour
quelque cause que ce soit par un officier de Police judiciaire ou par
le juge d’Instruction, ne peuvent rester en fourrière ou sous
séquestre plus de huit jours.
Après ce délai, la mainlevée provisoire doit, en principe,
être accordée.
S’ils ne doivent ou ne peuvent être restitués, ils sont mis en
vente et les frais de fourrière sont prélevés sur le prix de vente par
privilège et de préférence à tous autres.
ARTICLE 52
La mainlevée provisoire de la mise sous séquestre des
animaux et des objets périssables est ordonnée par le juge
d’Instruction ou par le Président de la juridiction, moyennant caution
ou paiement des frais de fourrière et de séquestre.
Si lesdits animaux ou objets doivent être vendus, la vente
est ordonnée par les mêmes magistrats.

402
Cette vente est faite à l’enchère à la diligence du service des
Domaines, après l’accomplissement des formalités habituelles, à
moins que la modicité de l’objet ne détermine le magistrat à en
ordonner la vente sans formalité, ce qu’il exprime dans son
ordonnance.

Le produit de la vente est versé au Trésor pour en être


disposé ainsi qu’il est ordonné par le jugement définitif.

Section 5 - Les droits alloués aux


greffiers en chef

A - DISPOSITIONS GENERALES

ARTICLE 53

Indépendamment du traitement qu’ils perçoivent en


application du statut général de la Fonction Publique et de leur statut
particulier, il est alloué aux greffiers en chef de la Cour d’Appel, des
Tribunaux de Première Instance et des Sections de Tribunaux,
titulaires, intérimaires, en matière pénale :

- des droits d’expédition et de copie ;


- des droits forfaitaires destinés à les rétribuer pour les
divers actes et formalités de leur ministère qui ne sont
pas spécialement rémunérés ;
- des droits fixes pour la délivrance d’extraits ;
- des indemnités.

ARTICLE 54

Il n’est rien alloué aux greffiers en chef pour les écritures


qu’ils sont tenus de faire sous la dictée ou l’inspection des
magistrats, ni pour la minute d’aucun acte quelconque, y compris de
procédure, non plus aussi que pour les simples renseignements qui
leurs sont demandés par le Ministère public.

403
ARTICLE 55

Il ne peut être exigé, pour quelque cause et sous quelque


prétexte que ce soit, d’autres et plus forts droits que ceux qui sont
alloués par le présent titre.

Par dérogation à la règle établie à l’alinéa précédent, les


expéditions des décisions statuant sur les intérêts civils, délivrées à
la requête des parties civiles, à l’exception de l’Etat et des
Collectivités publiques, sont soumises au tarif prévu en matière
civile. Les frais de ces expéditions sont à la charge des intéressés et
ne sont point imputables sur les crédits de la justice criminelle.

ARTICLE 56

Les greffiers en chef peuvent délivrer, à titre de simple


renseignement, des copies collationnées qui ne sont signées, ni
revêtues du sceau, ni certifiées conforme des décisions de justice et
documents de toute nature déposés au Greffe et dont il peut être
également donné communication à celui qui en requiert la copie.

B - EXPEDITIONS

a) Délivrance des expéditions

ARTICLE 57

Dans le cas de renvoi des accusés, soit devant une autre


juridiction d’instruction, soit devant une autre Cour d’Assises, s’ils ont
déjà reçu la copie des pièces prescrites à l’article 279 du Code de
Procédure pénale, il ne peut leur être délivré une nouvelle copie
payée sur les crédits de justice criminelle.

Mais tout accusé renvoyé devant la Cour d’Assises peut se


faire délivrer, à ses frais, une expédition des pièces de la procédure,
même de celles qui ne sont pas comprises dans la copie délivrée
gratuitement.

Le même droit appartient à la partie civile et aux personnes


civilement responsables.

404
ARTICLE 58

En matière criminelle, correctionnelle et de simple police, il


peut être délivré aux parties et à leurs frais :

1° Sur leur demande, copie ou expédition de la plainte


ou de la dénonciation, des ordonnances définitives, des arrêts et des
jugements ;

2° Avec l’autorisation du Procureur de la République ou


du Procureur Général, selon le cas, copie ou expédition de toutes les
autres pièces de la procédure, notamment en ce qui concerne les
pièces d’une enquête terminée par une décision de classement sans
suite.

Nonobstant ce qui précède, lorsque, après une information


ouverte sur constitution de partie civile, une décision de non lieu a
été rendue, l’inculpé et toute personne visée dans la plainte peut se
faire délivrer, par les soins du Procureur de la République, une copie
de la plainte et une expédition de la décision de non lieu en vue de
l’application éventuelle des dispositions de l’article 91 du Code de
Procédure pénale.

ARTICLE 59

En matière criminelle, correctionnelle et de simple police,


aucune expédition autre que celles des arrêts et jugements définitifs
ne peut être délivrée à un tiers sans une autorisation du Procureur
de la République ou du Procureur Général, selon le cas, notamment
en ce qui concerne les pièces d’une enquête terminée par une
décision de classement sans suite.

Dans les cas prévus au présent article et à l’article


précédent, l’autorisation doit être donnée par le Procureur Général
lorsqu’il s’agit de pièces déposées au Greffe de la Cour d’Appel ou
faisant partie d’une procédure close par une décision de non-lieu ou
d’une affaire dans laquelle le huis clos a été ordonné.

405
Si l’autorisation n’est pas accordée, le magistrat compétent
pour la donner, selon ce qui est dit au présent article et à l’article
précédent, doit notifier sa décision en la forme administrative et faire
connaître les motifs du refus.

ARTICLE 60

Toutes les fois qu’une procédure en matière criminelle,


correctionnelle ou de simple police est transmise à la Cour Suprême,
ou à quelque juridiction que ce soit, ou au ministère de la Justice, la
procédure et les pièces, à l’exception des notes d’audience et des
ordonnances, jugements ou arrêts, sont envoyées en originaux, à
moins que l’Autorité qui les demande ne désigne des pièces pour
être expédiées par copies ou extraits.

ARTICLE 61

Dans tous les cas où il y a envoi des pièces d’une


procédure, le greffier est tenu d’y joindre un inventaire qu’il dresse
sans frais, ainsi qu’il est prescrit à l’article 580 du Code de
Procédure pénale.

ARTICLE 62

Sont seuls expédiés dans la forme exécutoire les arrêts,


jugements et ordonnances de justice que les parties ou le Ministère
public demandent dans cette forme.

ARTICLE 63

Dans tous les cas où les lois et règlements n’exigent pas la


production d’une expédition, le Ministère public ne doit faire délivrer
que des extraits des arrêts, jugements et ordonnances.

ARTICLE 64

Ne doivent pas être insérés dans la rédaction des arrêts et


jugements les réquisitoires ou plaidoyers prononcés soit par le
Ministère public, soit par les défenseurs des prévenus ou accusés,
mais seulement leurs conclusions.

406
b) Droits d’expédition et de copie

ARTICLE 65

Les droits d’expédition ou de copie sont dus, en principe,


pour tous les jugements et arrêts et, en outre, pour tous les actes et
pièces dont il est fait mention, notamment, aux articles 107, 177,
178, 179, 279, 497, 597 et 612 à 615 du Code de Procédure pénale.

Il n’est rien dû pour les copies certifiées établies en


application de l’article 79 du Code de Procédure pénale.

ARTICLE 66

Le droit d’expédition alloué aux greffiers en chef de la Cour


d’Appel, des Tribunaux de première instance et des Sections
détachées est fixé à 120 francs la page.

Chaque page, de format de la demi-feuille de papier timbré,


comporte au minimum 43 lignes de 10,5 cm de longueur à la
première page et 48 lignes de 15 centimètres de longueur aux pages
suivantes.

Toute page commencée est due en entier.

ARTICLE 67

Le droit alloué pour l’établissement des copies collationnées


prévues à l’article 56 est de 100 francs la page.

Les copies collationnées doivent comporter au minimum le


même nombre de lignes à la page et de même longueur que ce qui
est prescrit à l’article 66.

ARTICLE 68

Les droits d’expédition ou de copie ne sont dus que lorsque


les expéditions ou les copies sont demandées soit par les parties ou
les tiers qui en obtiennent la délivrance à leur frais, soit par le
Ministère public. Dans ce dernier cas, le Trésor en fait l’avance
lorsqu’il n’y a pas, en la cause, de partie civile ayant consigné au
Greffe la somme présumée nécessaire aux frais de la procédure.

407
Le Ministère public ne doit requérir des expéditions que dans
les cas indispensables.

Il n’est rien dû au greffier lorsque la notification, signification


ou communication est faite sur la minute.

C - DROITS FORFAITAIRES

ARTICLE 69

Tout arrêt ou jugement portant condamnation définitive aux


frais et dépens envers l’Etat et susceptible d’exécution, donne lieu
au paiement d’un droit de 300 francs par condamné au profit des
greffiers en chef de la Cour d’Appel, des Tribunaux de Première
Instance et des Sections détachées.

Ce droit est fixé à 120 francs en ce qui concerne les


jugements prononçant une peine de simple police.

Les mêmes dispositions sont applicables aux décisions


définitives des juridictions pour enfants, rendues en application du
titre X du Code de Procédure pénale.

Le droit forfaitaire prévu au premier alinéa rémunère


l’établissement des fiches du casier judiciaire et de leurs copies, des
extraits pour l’emprisonnement et l’interdiction de séjour, ainsi que
de ceux portant décompte des condamnations pécuniaires. Il
comprend le remboursement du timbre de répertoire.

Le droit forfaitaire prévu au second alinéa rémunère


l’établissement des extraits portant décompte des condamnations
pécuniaires et, le cas échéant, des extraits pour l’emprisonnement,
des fiches du casier des contraventions d’alcoolisme. Il comprend le
remboursement du timbre de répertoire.

Les décisions ayant fait l’objet d’un appel ou d’un pourvoi en


cassation donnent lieu au paiement d’un droit de 175 francs qui
rémunère la mise en état du dossier.

408
D - DROITS FIXES

ARTICLE 70

Le prix des bulletins n° 1 du casier judiciaire réclamé par les


Autorités judiciaires est fixé à 50 francs.

Celui des bulletins du casier des contraventions d’alcoolisme


est fixé à 30 francs.

ARTICLE 71

Le prix des bulletins n° 2 du casier judiciaire est fixé ainsi


qu’il suit :

a) 50 francs, dans les cas prévus aux alinéas premier, 3 et


4 de l’article 732 du Code de Procédure pénale ;

b) 30 francs, dans les cas prévus à l’alinéa 2 de l’article


732 du Code de Procédure pénale.

ARTICLE 72

Le prix des bulletins n° 3 du casier judiciaire est fixé à 300


francs non compris les droits dus au Trésor.

Il est alloué, pour tout déboursé d’établissement, de


correspondance ou d’envoi, un droit de 120 francs, exclusif de tout
remboursement de frais réels engagés à quelque titre que ce soit.

ARTICLE 73

Sont rétribuées par un droit fixe de 120 francs les


expéditions des déclarations d’opposition, d’appel ou de pourvoi en
cassation, reçues au Greffe.

409
E - INDEMNITES

ARTICLE 74

En cas d’exécution d’un arrêt portant condamnation à mort,


le greffier en chef du siège de la juridiction du lieu de l’exécution est
tenu d’y assister, d’en dresser procès-verbal et de faire parvenir à
l’officier de l’état civil les renseignements prescrits par la loi.

ARTICLE 75

Il est alloué, pour tout droit d’assistance, transcription du


procès-verbal au bas de l’arrêt et déclaration à l’état civil une
indemnité de 1.200 francs.

ARTICLE 76

Les Greffiers qui accompagnent les magistrats ont droit à


une indemnité de séjour équivalente à celle qui ’ils percevraient en
leur qualité de fonctionnaire, pour frais de mission, dans le groupe
correspondant à leur indice de traitement, sans que cette indemnité
puisse être inférieure à celle prévue pour le groupe II.

L’indemnité de séjour est calculée en fonction du temps


passé par le greffier hors de sa résidence.

Les greffiers perçoivent en outre, lorsque le moyen de


transport n’est pas fourni par l’Administration, une indemnité de
déplacement représentant le remboursement forfaitaire de leur frais
de transport égale à 27 francs par kilomètre parcouru tant à l’aller
qu’au retour.

Si au cours du même déplacement plusieurs missions ont


été accomplies, le montant de l’indemnité de séjour est réparti, à
parts égales, sur les mémoires correspondants, quant à l’indemnité
de déplacement, son montant est réparti proportionnellement à la
distance parcourue pour accomplir chaque mission par rapport à la
distance totale.

410
Section 6 - Les émoluments et indemnités alloués
aux huissiers de Justice

A - SERVICE D’AUDIENCE DES HUISSIERS DE JUSTICE

ARTICLE 77

Il est alloué aux huissiers de Justice titulaires assurant le


service des audiences une indemnité de 1.200 francs par audience.

B - CITATIONS ET SIGNIFICATIONS

ARTICLE 78

Il est alloué aux huissiers de Justice, pour tout exploit en


matière pénale :

- Pour l’original ................................................... 550


- Pour chaque copie ........................................... 350

Il leur est alloué en outre :

a) Une somme de 800 francs si la délivrance de l’acte a été


faite à personne ;

b) Une somme de 400 francs pour l’envoi de la lettre


recommandée prévue par les articles 550 et 551 du Code de
Procédure pénale.

Ils ne peuvent percevoir aucune somme à quelque titre que


ce soit.

ARTICLE 79

Il est alloué à l’huissier de Justice du siège, pour la


transmission des exploits de toute nature à l’huissier de Justice
auxiliaire résidant dans le ressort de la juridiction, en application des
dispositions de l’article 7, alinéa 2 de la loi n° 69-242 du 9 Juin 1969
et de l’article 31 du décret n° 69-243 du 9 Juin 1969, y compris la
formalité de l’inscription au répertoire après retour desdits exploits :
400 francs.

411
ARTICLE 80
Il est alloué à l’huissier de Justice auxiliaire, pour le retour
des exploits qu’il a formalisés, à l’huissier de Justice du siège de la
juridiction à laquelle il est rattaché, 180 francs pour chaque exploit.
Cette somme ainsi que celles prévues aux articles 78 (b) et
79 est exclusive de tout remboursement des frais réels engagés à ce
titre.
ARTICLE 81
Lorsqu’il doit être donné copie de tous actes, arrêts,
jugements, ordonnances et pièces à signifier, il est alloué un
émolument calculé par page et fixé à 150 francs.
Chaque page, de format de la demi-feuille de papier timbré,
comporte au minimum 43 lignes de 10,5 cm de longueur à la
première page et 48 lignes de 15 centimètres aux pages suivantes.
Toute page commencée est due en entier.
Les copies peuvent être dactylographiées ou obtenues au
moyen d’un procédé de reproduction agréé par le Garde des
Sceaux, Ministre de la Justice. Celles qui seraient incorrectes ou
illisibles ne pourraient donner lieu à aucun émolument.
C - EXECUTION DES ARRETS DE CONTUMACE
ARTICLE 82
Il est alloué aux huissiers de Justice, pour les affiches de
l’ordonnance qui aux termes des articles 597 et 598 du Code de
Procédure pénale, doit être rendue et publiée contre les contumax, y
compris le procès-verbal de la publication, un émolument de 1.200
francs.
ARTICLE 83
Il est alloué aux huissiers de Justice, pour l’application de
chacun des trois extraits de l’arrêt de condamnation par contumace
qui doit être affiché conformément aux dispositions de l’article 604
du Code de Procédure pénale, et pour la rédaction du procès-verbal
constatant l’accomplissement de cette formalité, un émolument de
1.200 francs.

412
D - FRAIS DE DEPLACEMENT ET DE SEJOUR

ARTICLE 84

Lorsque l’huissier de Justice est obligé de se transporter à


plus de deux kilomètres de la localité où il réside, il lui est alloué :

a) Une indemnité de déplacement représentant le


remboursement forfaitaire de ses frais de transport, égale à 27
francs par kilomètre parcouru tant à l’aller qu’au retour ;

b) Une indemnité de séjour représentant le remboursement


forfaitaire des frais autres que ceux visés ci-dessus, occasionnés par
le déplacement.

- 2.300 francs par journée, si le déplacement exige plus


d’une journée ;
- 1.700 francs, si le déplacement est effectué dans la
journée ;
- 1.000 francs, si le déplacement est effectué dans la
demi-journée.

Pour l’application de ces dispositions, le déplacement est


réputé durer plus d’une journée s’il nécessite le découcher ; il est
réputé effectué dans la journée s’il nécessite normalement la prise
de deux repas à l’extérieur et dans la demi-journée s’il ne nécessite
que la prise d’un seul repas.

ARTICLE 85

Il n’est dû aucune indemnité si le transport est effectué dans


le périmètre urbain de la localité où réside l’huissier de Justice.

Un arrêté précisera ce périmètre pour la ville d’Abidjan.

ARTICLE 86

Les exploits ou actes délivrés ou dressés par l’huissier de


Justice au cours d’un même déplacement ne peuvent donner lieu au
paiement que d’une seule indemnité de déplacement et d’une seule
indemnité de séjour.

413
Dans ce cas, l’indemnité de séjour est répartie à parts égales
entre les actes, quant à l’indemnité de déplacement, son montant est
réparti proportionnellement à la distance parcourue pour accomplir
chacun d’eux par rapport à la distance totale.

E - DISPOSITIONS GENERALES

ARTICLE 87

Sont fixés conformément au tarif général en matière civile,


commerciale et administrative, les émoluments et frais des actes
délivrés à la requête des parties civiles, après extinction de l’action
publique et en vue soit de faire statuer uniquement sur les intérêts
civils, soit de poursuivre l’exécution de la décision rendue sur l’action
civile.

Ces émoluments et frais sont à la charge des intéressés et


ne sont pas imputables sur les crédits des frais de justice criminelle.

Les dispositions du présent article ne sont pas applicables :

a) A toute Administration publique relativement aux procès


suivis soit à sa requête, soit d’office et dans son intérêt ;

b) Aux Collectivités territoriales et aux Etablissements


publics dans les procès instruits à leur requête ou d’office, pour les
délits commis contre leurs domaines publics ou privés.

Section 7 - Primes allouées aux agents


de la Force publique

ARTICLE 88

L’exécution des mandats d’amener, de dépôt et d’arrêt, des


ordonnances de prise de corps, des arrêts et jugements de
condamnation, des mesures de contrainte exercées contre les
témoins défaillants en vertu des articles 107, 180 et 153 du Code de
Procédure pénale, ainsi que des ordres d’incarcération en vue de
l’exercice de la contrainte par corps est confiée aux militaires de la
Gendarmerie, autres que les officiers et aux fonctionnaires de Police
autres que les commissaires.

414
ARTICLE 89

Des primes sont allouées aux agents de la Force publique


dans les conditions fixées aux articles ci-après, lorsqu’il y a eu
exécution forcée et que l’arrestation a nécessité des recherches
spéciales dûment constatées.

Il n’y a pas lieu de distinguer, au point de vue du droit à


l’allocation, suivant que l’agent qui a opéré l’arrestation était porteur
du mandat ou de l’extrait de la décision judiciaire ou avait été
simplement avisé de l’existence de cette pièce par un moyen
quelconque de diffusion.

La gratification la plus élevée est seule accordée si le


prévenu, accusé ou condamné était sous le coup de plusieurs
mandats, ordonnances de prise de corps, arrêts ou jugements de
condamnation.

ARTICLE 90

Il est alloué aux personnes mentionnées à l’article 88, pour


l’exécution des mandats d’amener ou des mesures de contrainte
exercées contre les témoins défaillants, une prime de 600 francs.

ARTICLE 91

Il est alloué aux personnes mentionnées à l’article 88, pour


capture ou saisie de la personne, en exécution :

a) D’un jugement de simple police, d’un jugement ou arrêt


prononçant une peine d’emprisonnement correctionnel n’excédant
pas deux mois ou d’une réquisition d’incarcération en vue de
l’exercice de la contrainte par corps, d’un mandat d’arrêt ou d’un
jugement ou arrêt prononçant une peine d’emprisonnement
correctionnel de plus de deux mois : 1.200 francs ;

b) D’une ordonnance de prise de corps ou d’un arrêt de


condamnation à une peine criminelle : 2.300 francs.

415
Section 8 - Indemnités allouées
aux magistrats

ARTICLE 92

Il est alloué aux magistrats sur les frais de justice criminelle,


correctionnelle et de simple police, des indemnités de transport, de
séjour et de session.

ARTICLE 93

Les indemnités de transport et de séjour sont dues aux


magistrats qui :

a) Se déplacent dans les cas prévus par les articles 54, 56,
62, 63, 67, 68, 71, 73, 92, 93, 110, 151, 205, 623, 649 et 672 du
Code de Procédure pénale ou par des lois spéciales ;

b) Visitent les cabinets d’instruction du ressort de la Cour


d’Appel à l’effet de s’assurer de leur bon fonctionnement
conformément aux dispositions de l’article 220 du Code de
Procédure pénale ;

c) Se transportent hors du siège de leur juridiction pour la


tenue des audiences des Cours d’Assises et des Tribunaux
d’exception ;

d) Se rendent dans un Etablissement pénitentiaire dans les


cas légalement prévus notamment par les articles 222, 687 et 690
du Code de Procédure pénale ;

e) Procèdent sur les lieux où ils sont tenus à la vérification


des registres de l’état civil ;

f) Effectuent toutes missions d’inspection ou d’enquête


prévues par les articles 9 et 24 de la loi n° 61-155 du 18 Mai 1961,
modifiée par la loi n° 64-227 du 14 Juin 1964 et par l’article 54 de la
loi n° 65-251 du 4 Août 1965, portant statut de la Magistrature.

416
ARTICLE 94

Ne sont pas imputables sur les crédits de justice criminelle,


correctionnelle et de simple police, et sont ordonnancés directement
par le service de la Comptabilité publique, tous autres frais de
voyage et de séjour indispensables pour la bonne administration de
la Justice.

ARTICLE 95

Les indemnités de transport et de séjour dont le paiement


est prévu à l’article 93 (a), sont dues soit que le transport ait été
effectué spontanément ou par délégation en exécution d’une
commission rogatoire, soit qu’il s’agisse d’une information régulière
ou d’une enquête officieuse ordonnée par l’Autorité supérieure
compétente.

ARTICLE 96

L’indemnité de séjour allouée aux magistrats est équivalente


à l’indemnité de déplacement qu’ils percevraient pour frais de
mission dans le groupe correspondant à leur indice de traitement.

L’indemnité de transport leur est due lorsque le moyen de


transport ne leur a pas été fourni par l’Administration. Elle est fixée
forfaitairement à 27 francs par kilomètre parcouru tant à l’aller qu’au
retour.

Si au cours du même déplacement plusieurs missions ont


été accomplies dans le cadre de procédures distinctes, le montant
de l’indemnité est réparti à parts égales sur les mémoires
correspondants.

Quant à l’indemnité de transport, son montant est réparti


proportionnellement à la distance parcourue pour accomplir chaque
mission.

ARTICLE 97
(Décret n° 95-407 du 2 Mai 1995)

L’indemnité de session est due aux magistrats qui siègent ou


qui requièrent dans une Cour d’Assises ou un Tribunal d’exception,
ainsi qu’aux greffiers désignés pour la tenue desdites audiences.

417
ARTICLE 98
(Décret n° 95-407 du 2 Mai 1995)

L’indemnité est fixée à :

- 10.000 francs par jour lorsqu’il s’agit du magistrat désigné


comme Président ou du magistrat du Parquet désigné
pour porter la parole à l’audience ;
- 8.000 francs par jour lorsqu’il s’agit de tout autre
magistrat ;
- 4.000 francs par jour lorsqu’il s’agit de greffiers désignés
pour siéger à l’audience.

Cette indemnité est due pour chaque jour de la session ainsi


que pour le jour qui précède son ouverture, lorsque la session est
tenue hors du siège de la juridiction des magistrats désignés.

L’indemnité de session peut faire l’objet d’un acompte qui ne


peut excéder la moitié de l’indemnité totale à laquelle peut prétendre
l’intéressé pour la durée probable de la session.

Cet acompte, taxé par le Président de la juridiction dont


relève le magistrat désigné et payé par le comptable du Trésor du
domicile du bénéficiaire, est mentionné en marge au pied de la
décision de désignation.

Il est obligatoirement précompté sur l’indemnité totale payée


au magistrat au terme de la session par le comptable du lieu où elle
s’est tenue et après taxe définitive sur cette même décision par le
président de la session.

Section 9 - Frais de communication postale,


télégraphique, téléphonique et port
des paquets par la poste

ARTICLE 99

Le remboursement forfaitaire du port des lettres et paquets


envoyés par la Poste est perçu forfaitairement, après toute décision
définitive des juridictions répressives contenant condamnation aux
dépens selon la nature de l’affaire et selon le barème suivant :

418
a) Affaires de simple police.............................................350

- Jugées en appel ou en cassation...............................580

b) Affaires correctionnelles :

- Sur citation directe......................................................450


- Ayant fait l’objet d’une instruction...............................580
- Jugées en appel.........................................................900
- Jugées en cassation................................................1.500

c) Affaires criminelles :

- Jugées en Cours d’Assises .....................................1.350


- Jugées en cassation................................................1.700

ARTICLE 100

Les droits forfaitaires fixés à l’article 96 sont portés par les


greffiers sur les extraits et recouvrés comme frais de justice.

Une majoration de 20% est perçue pour chaque condamné


en sus du premier.

ARTICLE 101

Lorsqu’une partie civile a consigné au Greffe la somme


présumée nécessaire pour les frais de la procédure, les frais de
correspondance postale ou télégraphique sont payés sur la
consignation et le montant en est porté sur l’extrait pour être
recouvré sur le condamné.

Section 10 - Frais d’impression

ARTICLE 102

Les seules impressions qui doivent être payées à titre de


frais de justice sont :

1° Celles des jugements et arrêts dont l’affichage ou


l’insertion ont été ordonnés par la Cour ou le Tribunal ;

419
2° Celles de l’arrêt ou du jugement de révision d’où résulte
l’innocence d’un condamné et dont la publicité est prescrite par
l’article 596 du Code de Procédure pénale.

ARTICLE 103

Les placards destinés à être affichés sont transmis aux


Maires ou aux Sous-préfets qui les font apposer, sans frais aux lieux
accoutumés.

CHAPITRE 3 - DEPENSES ASSIMILEES AUX FRAIS


DE JUSTICE CRIMINELLE, CORRECTIONNELLE
ET DE SIMPLE POLICE

Section première - Règles générales

ARTICLE 104

Dans les procédures assimilées, énumérées à l’article 3, les


frais sont avancés par le Trésor, conformément aux dispositions du
présent décret, mais ils sont taxés et liquidés d’après le tarif général
en matière civile, commerciale et administrative et suivant les règles
de chaque juridiction compétente.

Leur paiement et leur recouvrement obéissent aux règles


établies par le présent décret sous réserve des dispositions des
articles 586 et 587 du Code général des Impôts en ce qui concerne
les frais avancés en matière d’assistance judiciaire.

ARTICLE 105

Par dérogation à la règle établie à l’article 101, sont payés


au tarif fixé au chapitre II du présent décret les frais de poursuites
exercées devant le Tribunal de Première Instance ou devant la Cour
d’Appel pour infractions disciplinaires commises par les officiers
publics ou ministériels ou par les avocats.

420
Section 2 - Règles spéciales

a) Protection des mineurs et incapables majeurs

ARTICLE 106

Si le mineur est solvable, les frais engagés d’office devant le


juge des tutelles sont à sa charge et le recouvrement en est
poursuivi par le Trésor, par privilège et préférence, sur l’extrait de la
décision exécutoire qui lui sera transmis par le greffier.

Si le mineur ne paraît pas avoir de ressources suffisantes, le


juge des tutelles doit constater cette insuffisance par ordonnance.
Les frais sont alors avancés et recouvrés comme en matière
d’assistance judiciaire.

Les mêmes règles sont applicables en matière de régime de


protection des incapables majeurs et aliénés.

b ) Inscriptions hypothécaires requises par le Ministère


public

ARTICLE 107

Les frais des inscriptions hypothécaires prises d’office par le


Ministère public sont avancés par le Trésor, sauf recouvrement
ultérieur contre les intéressés.

c) Recouvrement des amendes, frais de justice et


cautionnements

ARTICLE 108

Les frais de recouvrement des amendes et des frais de


justice à l’encontre des personnes condamnées dans les cas prévus
par le code de Procédure pénale et les lois pénales sont taxés
conformément aux tarifs en matière civile.

Il en est de même pour les frais de contestations relatives


aux cautionnements, dans les cas prévus à l’article 149, alinéa 3 du
Code de Procédure pénale.

421
Ces frais ne sont point imputés sur les crédits de justice
criminelle, correctionnelle et de simple police. L’avance et la
régularisation en sont effectuées par les soins de l’Administration
poursuivante.

CHAPITRE 4 - PAIEMENT ET RECOUVREMENT


DES FRAIS DE JUSTICE CRIMINELLE

Section première - Mode de paiement

Paragraphe premier - Frais urgents

ARTICLE 109
(Décret n° 95-407 du 2 Mai 1995)

Sont qualifiés frais urgents :

- Les indemnités allouées aux témoins, aux jurés, aux


assesseurs des Tribunaux pour enfants, aux greffiers,
ainsi que l’indemnité dite de session visée à l’article 97;
- Toutes les dépenses relatives à des fournitures et
opérations prévues aux articles 2 et 3 dont le montant est
inférieur ou égal à 25.000 francs à l’exclusion des
indemnités et frais dus aux magistrats, greffiers, huissiers
et aux agents relevant du Ministère de la Justice autres
que l’indemnité de session.

ARTICLE 110

Les frais urgents sont immédiatement payés sans


ordonnancement préalable au vu de l’exécutoire du magistrat
compétent délivré sur le réquisitoire à fin de taxe du Ministère public.

Il n’y a pas lieu à réquisitoire dans les cas visés à l’alinéa


premier de l’article précédent.

Un double des taxes, mémoires ou notes concernant le


montant et la nature des dépenses doit être joint au dossier de la
procédure.

422
Paragraphe 2 - Frais non urgents

ARTICLE 111

Les frais non urgents d’un montant supérieur à 25.000


francs, les indemnités, frais et émoluments dus aux magistrats,
greffiers, huissiers de Justice et agents relevant du Ministère de la
Justice, ainsi que les dépenses engagées en conformité de l’article
4, ne peuvent être payées qu’après ordonnancement préalable
effectué par les services du Ministère de la Justice, au vu de
l’exécutoire du magistrat compétent délivré sur le réquisitoire à fin de
taxe du Ministère public.

Paragraphe 3 - Délivrance de l’exécutoire

ARTICLE 112

Les états ou mémoires des parties prenantes sont remis au


magistrat du Ministère public près la juridiction compétente lequel les
vérifie et propose toutes réductions qui lui paraissent devoir être
opérées. Il requiert ensuite par écrit la taxe et la délivrance de
l’exécutoire.

La disposition qui précède n’est pas applicable aux


indemnités visées à l’alinéa premier de l’article 109, lesquelles sont
payées sur simple ordonnance de taxe valant exécutoire sans
réquisitions préalables à fin de taxe.

ARTICLE 113

Les formalités de la taxe et de l’exécutoire sont remplies


sans frais par les Présidents ou leurs délégués, les juges
d’instruction et les juges de Section de Tribunal, chacun en ce qui le
concerne.

Les magistrats susvisés ne peuvent refuser de taxer et de


rendre exécutoire, s’il y a lieu, des états ou mémoires de frais de
justice criminelle, correctionnelle et de simple police, pour la seule
raison que ces frais n’auraient pas été faits par leur ordre direct,
pourvu toutefois qu’ils l’aient été en vertu d’ordres d’une Autorité
compétente du ressort de la Cour ou du Tribunal.

423
ARTICLE 114
Les états ou mémoires sont taxés article par article, la taxe
de chaque article rappelant la disposition législative ou réglementaire
sur laquelle elle est fondée.
ARTICLE 115
La taxe et l’exécutoire, ainsi que la disposition du jugement
relative à la liquidation des dépens sont susceptibles de recours de
la part du Ministère public, de la partie prenante et de la partie
condamnée.
Le recours du Ministère public est formé dans le délai de
deux mois à compter du jour de l’exécutoire. Le recours de la partie
prenante est formée dans le délai de dix jours à compter de celui où
l’exécutoire a été notifié administrativement et sans frais. Ces
recours sont portés devant la Chambre d’Accusation.
Si le recours est exercé par la partie condamnée, il est porté
devant la Chambre des appels correctionnels au cas où la décision
qui contient la liquidation peut être entreprise par cette voie, et, dans
le cas contraire, devant la Chambre d’Accusation comme il est dit au
précédent alinéa. Ce recours, lorsqu’il est ouvert à la partie
condamnée, est formé dans les délais ordinaires de l’appel. Il est
recevable même lorsqu’il n’a été appelé d’aucune disposition sur le
fond.
Le pourvoi en cassation est ouvert dans tous les cas.
ARTICLE 116
Les magistrats qui ont décerné les réquisitoires ou
exécutoires sont responsables de tout abus ou exagération dans les
taxes solidairement avec les parties prenantes sauf recours contre
elles.
Paragraphe 4 - Paiement
ARTICLE 117
Les exécutoires délivrés pour les causes et dans les formes
déterminées au présent chapitre sont payables auprès du comptable
du Trésor établi au siège de la juridiction de laquelle ils émanent, ou

424
de celle de la résidence du bénéficiaire s’il n’y a pas de partie civile
en cause ayant consigné une somme suffisante pour couvrir les frais
de la procédure.
ARTICLE 118

Toutes les fois qu’il y a une partie civile en cause pour avoir
mis en mouvement l’action publique et que cette partie civile n’a pas
obtenu l’assistance judiciaire, les exécutoires concernant les frais
d’instruction, expédition et signification des jugements sont décernés
contre elle et payés par le greffier, s’il y a eu consignation.

Dans tous les cas où la consignation n’a pas été faite ou si


elle est insuffisante, les frais sont avancés par le Trésor.

ARTICLE 119

Dans les exécutoires décernés sur un comptable du Trésor


pour les frais qui ne restent pas définitivement à la charge de l’Etat, il
doit être mentionné qu’il n’y a pas de partie civile en cause ou que la
partie civile a obtenu le bénéfice de l’assistance judiciaire, ou qu’il
n’y pas eu de consignation suffisante.

ARTICLE 120

Les sommes non employées sur la consignation sont


remises par le greffier, sur simple récépissé, à la partie civile,
lorsque l’affaire est terminée par une décision qui, à son égard, aura
force de chose jugée.

Lorsqu’elle aura succombé, la partie civile ne pourra obtenir


le remboursement des sommes non employées qu’après avoir
justifié du paiement des frais mis à sa charge.

ARTICLE 121

Pour obtenir le remboursement des sommes qui ont servi à


solder les frais de la procédure, la partie civile qui n’a pas succombé,
doit établir un mémoire, lequel après avoir été certifié par le greffier,
est rendu exécutoire par le président de la juridiction qui a statué sur
les réquisitions du Ministère public.

425
Son montant est payé sans ordonnancement préalable, sans
limitation de plafond, par le comptable du Trésor résidant au siège
de la juridiction saisie de la procédure ou de celle de la résidence du
bénéficiaire.

Section 2 - Liquidation et recouvrement des frais

1° Liquidation des frais

ARTICLE 122
(Décret n° 95-407 du 02 mai 1995)

Sont déclarés dans tous les cas à la charge de l’Etat et sans


recours envers les condamnés :

1° Les indemnités et frais payés aux magistrats, aux jurés,


aux greffiers et aux assesseurs des Tribunaux pour enfants désignés
pour la tenue des audiences ;

2° Les frais d’exécution des arrêts en matière criminelle ;

3° Les frais d’expertise engagée devant le Tribunal du


travail lorsque ces expertises ont été ordonnées d’office par le
Tribunal.

ARTICLE 123

Il est dressé, pour chaque affaire criminelle, correctionnelle


ou de simple police, un état de liquidation des frais autres que ceux
prévus à l’article 119.

Au cours de l’instruction, cet état est dressé par le greffier,


au fur et à mesure des frais, ainsi qu’il est dit à l’article 79, 2e alinéa
du Code de Procédure pénale.

Cette liquidation doit être insérée, soit dans l’ordonnance,


soit dans l’arrêt ou le jugement qui prononce la condamnation aux
frais.

Lorsque cette insertion ne peut être faite, le juge décerne


exécutoire contre qui de droit, au bas de l’état de liquidation.

426
ARTICLE 124

Pour faciliter la liquidation, les officiers de Police judiciaire et


les juges d’instruction, aussitôt qu’ils ont terminé leurs fonctions
relativement à chaque affaire, doivent joindre aux pièces un relevé
des frais auxquels ont donné lieu les actes dont ils ont été chargés.

ARTICLE 125

Le recouvrement des frais est poursuivi contre les


condamnés et les personnes déclarées civilement responsables,
conformément aux dispositions du Code de Procédure pénale et de
l’article 55 du Code pénal.

Le juge peut décharger la partie qui succombe quelle qu’elle


soit, des frais qu’il déclare frustratoires.

ARTICLE 126

Sont assimilés aux parties civiles, sauf en ce qui concerne


la consignation préalable :

1° Toute Administration publique, relativement aux procès


suivis soit à sa requête, soit d’office et dans son intérêt ;

2° Les Collectivités territoriales de l’Etat et les


Etablissements publics dans les procès instruits à leur requête ou
d’office pour les délits commis contre leurs domaines publics ou
privés.

ARTICLE 127

Le recouvrement des frais de justice avancés par le Trésor


qui ne restent pas définitivement à la charge de l’Etat, ainsi que les
restitutions ordonnées de sommes payées indûment au titre des frais
de justice criminelle, correctionnelle et de simple police, sont
poursuivis par toutes voies de droit à la diligence du Directeur de la
Comptabilité publique et du Trésor, en vertu des exécutoires sous
réserve des prescriptions légales en ce qui concerne l’exécution de
la contrainte par corps.

427
CHAPITRE 5 - DISPOSITIONS FINALES

ARTICLE 128

Un arrêté conjoint du Garde des Sceaux, Ministre de la


Justice et du Ministre de l’Economie et des Finances déterminera les
modalités d’application du chapitre IV, concernant le paiement et le
recouvrement des frais de justice criminelle, correctionnelle et de
simple police.

ARTICLE 129

Le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, le Ministre de


l’Economie et des Finances et le Ministre du Budget sont chargés,
chacun en ce qui le concerne de l’exécution du présent décret qui
sera publié au Journal Officiel de la République de Côte d’Ivoire.

428
5-
ARRETE N° 272 DU 17 JUILLET 1976 PORTANT
REGLEMENTATION DES MODALITES DE PAIEMENT
ET DE RECOUVREMENT DES FRAIS DE JUSTICE
CRIMINELLE, CORRECTIONNELLE ET DE
SIMPLE POLICE

429
ARTICLE PREMIER

Les frais de justice criminelle, correctionnelle ou de simple


police sont payés sur les états ou mémoires des parties prenantes,
établis en triple exemplaire.

Tout état ou mémoire fait au nom de deux ou plusieurs


parties prenantes, doit être signé par chacune d’elles. Le payement
ne peut être fait que sur leur acquis individuel ou sur celui de la
personne qu’elles ont autorisée spécialement et par écrit.

ARTICLE 2

Lorsqu’il n’y a pas de partie civile en cause ou lorsque la


consignation est insuffisante, le paiement :

1) Des indemnités allouées aux témoins, aux jurés, aux


assesseurs des Tribunaux pour enfants ainsi que l’indemnité dite de
session prévue à l’article 97 du décret précité ;

2) Des frais tarifés autres que ceux visés à l’alinéa


précédent, dont le montant est inférieur ou égal à 25.000 francs, à
l’exception des frais dus aux magistrats, greffiers, huissiers et aux
agents relevant du Ministère de la Justice, est effectué
immédiatement par le comptable du Trésor visé à l’article 117 dudit
décret, au vu :

- Soit de l’ordonnance de taxe valant exécutoire délivrée


par le juge taxateur en ce qui concerne les indemnités
énumérées à l’alinéa 1 ;
- Soit de l’exécutoire délivré par le juge sur les
réquisitions du Ministère public, en ce qui concerne les
frais mentionnés à l’alinéa 2.

ARTICLE 3

Dans le cas de l’article précédent, le paiement :

1) Des frais tarifés, autres que les indemnités énumérées à


l’alinéa 1, dont le montant est supérieur à 25.000 francs ;

430
2) Des frais tarifés réclamés par les magistrats, greffiers,
huissiers et agents relevant du Ministère de la Justice, quel qu’en
soit le montant ;

3) Des frais non tarifés, ces derniers préalablement


autorisés conformément à l’article 4 du décret précité est effectué
par la Direction de la Comptabilité Publique et du Trésor, après
ordonnancement par le service comptable du Ministère de la Justice
au vu de l’exécutoire délivré par le juge taxateur. Le paiement est
réalisé sur bons de caisse ou par virement à un compte postal ou
bancaire indiqué par la partie prenante.

ARTICLE 4

Lorsqu’il y a une partie en cause et que la consignation est


suffisante, le paiement des indemnités et frais visés aux articles 2 et
3 à l’exception de ceux restant à la charge de l’Etat, en application
de l’article 122 du décret précité, est effectué par le greffier au vu
soit de l’ordonnance de taxe soit de l’exécutoire délivré par le juge.

ARTICLE 5

Les ordonnances de taxe ainsi que les réquisitoires ou


exécutoires sont établis en triple exemplaire. Ils contiennent la
justification de la somme allouée, précisent les différents éléments
ayant servi à sa détermination et indiquent les articles du tarif qui
sont appliqués.

Un exemplaire est classé au dossier de la procédure aux fins


de liquidation des frais.

Dans les cas prévus aux articles 2 et 4, un exemplaire


destiné à tenir lieu de titre de paiement est remis à la partie
prenante.

Les autres exemplaires sont adressés à la Chancellerie. Les


mémoires des greffiers et des huissiers relatifs aux actes de leur
ministère ne sont pas classés aux dossiers des procédures.

431
ARTICLE 6

Le troisième exemplaire des ordonnances de taxe ou des


exécutoires est, avec les pièces justificatives, accompagné d’un
bordereau spécial, transmis à la Chancellerie dans les 20 jours du
mois suivant celui de sa délivrance.

ARTICLE 7

Les deux exemplaires des exécutoires visés à l’article 3


ensemble les mémoires et réquisitoires, sont, accompagnés d’un
bordereau spécial, transmis à la Chancellerie pour ordonnancement.

ARTICLE 8

Les transmissions sont effectuées par le juge de Section, le


Procureur de la République ou le Procureur Général chacun en ce
qui concerne les dépenses faites devant sa juridiction.

ARTICLE 9

Les états ou mémoires qui n’ont pas été présentés à la taxe


du juge dans le délai d’une année à partir de l’époque à laquelle les
frais ont été faits ou dont le paiement n’a pas été réclamé dans les 6
mois de la date de l’exécutoire, ne pourront être acquittés que s’il est
justifié que les retards ne sont pas imputables à la partie prenante.

Cette justification est appréciée par le Garde des Sceaux,


Ministre de la Justice, sur avis du Procureur Général sous réserve
des dispositions relatives à la déchéance des créances sur l’Etat.

ARTICLE 10

Deux registres conformes à un modèle spécial sont tenus


par le juge de Section, le Procureur de la République et le Procureur
Général, sur lesquels sont inscrits après ordonnance de taxe ou
exécutoire du juge taxateur de sa juridiction :

Sur le Registre n° 1 : les frais dispensés de


l’ordonnancement préalable ;

Sur le Registre n° 2 : les frais soumis à l’ordonnancement


préalable.

432
ARTICLE 11

Il est tenu par le greffier, sous la surveillance des chefs de


Juridiction, un registre coté et paraphé suivant le cas par le
Procureur Général, le Procureur de la République ou le Juge de
Section, dans lequel est ouvert pour chaque affaire un compte
particulier aux parties civiles qui ont consigné le montant présumé
des frais de procédure. A la fin de chaque année un compte
sommaire des sommes consignées, employées ou restituées est
adressé au Ministère de la Justice.

ARTICLE 12

Toutes les fois que le Ministère de la Justice constate que


des sommes ont été indûment allouées à titre de frais de justice en
matière criminelle, correctionnelle et de simple police, il en fait
dresser des rôles de restitution, lesquels sont par lui déclarés
exécutoires contre les parties prenantes, à condition qu’il ne se soit
pas écoulé plus de deux ans depuis la date de la taxe et que cette
taxe n’ait été l’objet d’aucun recours sur lesquels la juridiction
compétente ait statué.

433
6-
DECRET N° 82-334 DU 2 AVRIL 1982 RELATIF
AUX PERSONNES, ŒUVRES OU INSTITUTIONS RECEVANT
DES MINEURS FAISANT L’OBJET D’UNE DECISION
JUDICIAIRE DE PLACEMENT OU D’UNE MESURE
D’ASSISTANCE EDUCATIVE

434
ARTICLE PREMIER

Les mineurs faisant l’objet d’une mesure judiciaire de


protection ou d’assistance éducative peuvent être remis à des
Etablissements publics ou privés spécialisés.

ARTICLE 2

Toute personne, toute Œuvre ou Institution privée désirant


recevoir d’une manière habituelle dans l’Etablissement qu’elle dirige
les mineurs visés à l’article premier faisant l’objet d’une décision de
placement doit obtenir une habilitation spéciale.

ARTICLE 3

Cette habilitation est accordée par arrêté du Garde des


Sceaux, Ministre de la Justice.

ARTICLE 4

Lorsque, après enquête, il est constaté que l’Etablissement


ne remplit pas les conditions qui ont motivé l’habilitation ou ne
présente plus les garanties suffisantes, le Garde des Sceaux, peut
par arrêté retirer l ’habilitation.

Une ampliation de cet arrêté est adressée aux Premiers


Présidents et Procureurs Généraux.

ARTICLE 5

Les Etablissements recevant des mineurs en internat doivent


assurer leur relèvement par un régime comportant l’éducation
physique, un complément d’instruction générale et l’apprentissage
d’un métier.

Un règlement intérieur établi par chaque Etablissement et


soumis à l’agrément du Ministre de la Justice précise la manière
dont il sera satisfait à ces obligations.

435
Il appartient au Garde des Sceaux, d’accorder à certains
Etablissements une dispense portant sur celles des obligations
susvisées qui seraient incompatibles avec leur caractère particulier.
ARTICLE 6
Est considéré comme accident du travail, l’accident survenu
au mineur placé dans un centre de formation, de réadaptation ou de
rééducation professionnelle, par le fait ou à l’occasion de cet
enseignement ou de cette formation.
Le directeur de l’Etablissement est tenu des obligations
dictées par l’article 82 du Code de la Prévoyance sociale.
Si l’accident entraîne une incapacité permanente partielle ou
totale de travail il doit être déclaré au Fonds de majoration des
rentes et d’aide aux mutilés du travail qui assure le payement de la
rente éventuellement due en application de la législation sur les
accidents du Travail.
ARTICLE 7
Lorsque l’effectif des mineurs objet d’une décision de
placement le justifie, l’Etablissement peut obtenir des Ministres
concernés, la mise à sa disposition du matériel, des bâtiments, du
personnel d’encadrement et de formation nécessaires pour l’aider
dans l’accomplissement de sa mission de rééducation et de
formation professionnelle.
ARTICLE 8
Un extrait de la décision confiant un mineur à l’Etablissement
privé est notifié au Ministre de la Justice ainsi qu’à l’Etablissement
par le Parquet près la juridiction qui a rendu la décision, lequel prend
toutes mesures nécessaires pour la remise de l’enfant.
ARTICLE 9
Dès l’arrivée du mineur à l’Etablissement, un dossier est
ouvert à son nom dans lequel est mentionné tout renseignement
concernant sa conduite, sa santé, son instruction, son éducation
professionnelle, les dépenses faites à son intention, le cas échéant
son salaire ainsi que les sommes versées à un livret de caisse
d’épargne qui peut être ouvert à son nom.

436
ARTICLE 10

Le livret de caisse d’épargne ouvert au nom du mineur est


conservé par l’Etablissement jusqu’au terme de la mesure ordonnée
ou jusqu’à la majorité de l’enfant.

Les fonds figurant au livret ne peuvent être retirés avant ce


terme ou la majorité de l’enfant, sauf autorisation spéciale du juge
des enfants dans le ressort duquel se trouve l’Etablissement
détenteur du livret.

ARTICLE 11

L’Etablissement à qui la garde du mineur a été confiée ne


peut, sous réserve de toutes mesures d’urgence dont il sera
immédiatement rendu compte au Ministre de la Justice, se
décharger de cette garde qu’après avoir obtenu une décision de la
juridiction compétente sur la modification du placement.

ARTICLE 12

L’Etablissement habilité à recevoir des mineurs doit :

1° Tenir une comptabilité annuelle où sont décrites toutes


les opérations effectuées tant en recettes qu’en dépenses ;

2° Faire parvenir au Ministre de la Justice un rapport


annuel dressant le bilan du fonctionnement de l’Etablissement tant
sur le plan administratif et financier que sur le plan éducatif ;

3° Fournir au Ministre de la Justice et aux Autorités


judiciaires lorsqu’ils le demandent, les renseignements concernant
l’amendement, la santé et les progrès accomplis par chaque mineur
dans les disciplines scolaires et professionnelles ;

4° Se soumettre à tout contrôle judiciaire et administratif à


toutes vérifications de sa comptabilité, de sa trésorerie et de ses
magasins.

437
ARTICLE 13

Le contrôle auquel est soumis l’Etablissement a


principalement pour but :
1° De vérifier l’application des prescriptions du présent
décret et du règlement intérieur ;

2° De constater que l’enfant est placé dans de bonnes


conditions d’hygiène et de moralité et reçoit une formation
convenable ;

3° D’examiner la comptabilité de l’Etablissement afin de


s’assurer de l’emploi de ses ressources dans l’intérêt des mineurs.

Les personnes chargées du contrôle peuvent entendre les


mineurs hors de la présence des représentants de l’Etablissement.

ARTICLE 14

Le contrôle judiciaire est exercé par le Premier Président de


la Cour d’Appel, le Procureur Général, le Procureur de la République
ou des magistrats délégués par ces Autorités, et le juge des enfants.

Le juge des enfants doit au moins une fois l’an dans les
limites de son ressort, visiter les locaux ou bâtiments dans lesquels
sont placés des mineurs. Il adresse au Ministre de la Justice un
compte rendu de ses visites et lui signale, le cas échéant,
l’opportunité de procéder à une inspection administrative.

ARTICLE 15

Le contrôle administratif et financier est exercé par les


représentants du Ministère de la Justice.

Les représentants des Ministères qui détachent du


personnel dans les conditions visées à l’article 7 ci-dessus exercent
un contrôle sur ce personnel et son utilisation.

ARTICLE 16

438
Les Etablissements habilités à recevoir des mineurs dans les
conditions fixées au présent décret bénéficient de subventions
versées par l’Etat pour couvrir les frais d’entretien et de placement.

Les allocations familiales, majorations et allocations


d’assistance auxquelles le mineur a droit sont versées directement
par l’organisme débiteur à l’Etablissement qui a la charge du mineur
pendant la durée du placement.

ARTICLE 17

Les frais d’hospitalisation d’un mineur objet d’une décision


de placement sont pris en charge par l’Etat

ARTICLE 18

Des arrêtés du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice,


fixeront en tant que de besoin les conditions d’application des
diverses dispositions du présent décret.

ARTICLE 19

Le présent décret sera publié au Journal officiel de la


République de Côte d’Ivoire.

439
7-
CIRCULAIRE INTERMINISTERIELLE N°016/MJ/MEMIS/MPRD
DU 04 AOUT 2016 RELATIVE A LA RECEPTION DES
PLAINTES CONSECUTIVES AUX VIOLENCES
BASEES SUR LE GENRE

440
Messieurs les Procureurs Généraux près les Cours d’appel ;

Messieurs les Procureurs de la République près les


Tribunaux de Première Instance ;

Mesdames et Messieurs les Substituts Résidents près les


Sections détachées des Tribunaux ;

Mesdames et Messieurs les Officiers de Police Judiciaire de


la Police Nationale et de la Gendarmerie nationale ;

La présente circulaire s’inscrit dans le cadre de la lutte


contre les Violences Basées sur le Genre (VBG).

Il nous revient constamment que lorsque des personnes se


présentent dans les services de police ou de gendarmerie en vue de
porter plainte pour agression sexuelle, coups et blessures
volontaires ou violences et voies de fait, certains officiers de police
judiciaire leur réclament, avant de recevoir leur plainte, la production
de certificats médicaux.

Il en est de même lorsque les victimes s’adressent


directement à certains Parquets.

C’est le lieu d’indiquer que cette pratique, qui est de nature à


empêcher les victimes de conditions sociales modestes d’accéder au
service public de la justice pénale, n’est pas conforme aux exigences
légales en matière de dépôt de plainte ou de poursuite.

En effet, la plainte est l’acte ou la déclaration verbale par


laquelle une personne porte à la connaissance de l’autorité publique
susceptible d’y donner suite, un fait dont elle ou une personne dont
elle répond est victime.

La plainte est par conséquent l’un des éléments


déclencheurs du procès pénal. Elle ne nécessite donc pas pour sa
réception, la production d’un certificat médical, qui, lui, est un moyen
de preuve de l’infraction ou d’appréciation de sa gravité.

C'est d’ailleurs le lieu de rappeler qu’en matière pénale, la


preuve se fait par tout moyen.

441
Au regard de ce qui précède et du rôle du certificat médical
en matière de procès pénal, il n’y a pas lieu de l’exiger au stade de
l’enquête préliminaire ou de flagrance. La production du certificat
médical pourrait intervenir en cours de procédure.

Nous attachons du prix au strict respect des prescriptions de


la présente circulaire.

442
8-
CIRCULAIRE N° 002 MJDH/CAB DU 26-JUIN 2017
RELATIVE A LA REPRESSION DES HOMICIDES ET
BLESSURES INVOLONTAIRES EN MATIERE
D’ACCIDENTS DE LA VOIE PUBLIQUE

443
L'attention de ma Chancellerie a été appelée sur la trop
grande tolérance dont font preuve les juridictions dans la poursuite et
la répression des homicides et blessures involontaires en matière
d’accidents de la voie publique.

Dans bon nombre de ces cas d’accidents qui endeuillent ou


fragilisent de nombreuses familles et dont certains, en raison de leur
extrême gravité, jettent la consternation et créent l’émoi au sein des
populations, leurs auteurs sont élargis dès leur déferrement dans les
Parquets ; ces infractions étant poursuivies selon la procédure de
citation directe. Lorsque des informations sont ouvertes, les inculpés
sont soit laissés en liberté, soit détenus pendant quelques mois,
voire quelques semaines seulement, avant de bénéficier
d’ordonnances de mise en liberté provisoire.

Ces récurrentes mises en liberté, qui donnent le sentiment


d'une justice complaisante, peuvent favoriser les violations du code
de la route par les automobilistes et même conduire à des troubles à
l'ordre public.

La présente circulaire a pour objet d'inviter les Procureurs


Généraux près les Cours d’Appel à veiller à la stricte application de
la loi pénale relative à la poursuite et à la répression des blessures
involontaires graves et homicides involontaires causés par les
accidents de la voie publique.

J’invite donc instamment les Procureurs de la République


près les Tribunaux de Première Instance et les Substituts Résidents
près les Sections de Tribunaux à prendre dorénavant toutes les
dispositions nécessaires pour :

1° ouvrir une information judiciaire et requérir mandat de


dépôt pour les accidents corporels graves ou mortels, commis dans
certaines circonstances, notamment la conduite en état d’ivresse ou
sous l’emprise de stupéfiants et/ou de drogues, l’excès de vitesse, le
défaut de permis, le défaut d’assurance, le délit de fuite ou la
pluralité de victimes.

2° interjeter appel contre les ordonnances de mise en liberté


provisoire contraires aux réquisitions du Ministère public dans les
cas ci-dessus visés ;

444
3° requérir une peine d’emprisonnement ferme contre les
auteurs présumés des infractions ci-dessus visées ;

4° exercer la voie de recours idoine en cas de condamnation


à une peine d’emprisonnement ferme excessivement clémente ou à
une peine d’emprisonnement assortie de sursis insuffisamment
motivée ou injustifiée ;

5° adresser à la Chancellerie un état détaillé trimestriel des


procédures relatives aux blessures involontaires graves et homicides
involontaires en matière d’accidents de la voie publique en cours.

Dans tous les cas non visés dans l’énumération


ci-dessus, recourir autant que possible à la procédure de flagrant
délit.

J’attache du prix à l’exécution de la présente circulaire.

445
9-
CIRCULAIRE N° 009 MJDH/CAB DU 15 SEPTEMBRE 2017
RELATIVE A LA REPRESSION DES AUTEURS DE VOLS
A MAINS ARMEES COMMUNEMENT APPELES
« COUPEURS DE ROUTES »

446
Depuis plusieurs années, les auteurs de vols à mains
armées communément appelés « coupeurs de route » troublent la
quiétude des populations.

Ces malfaiteurs, qui naguère n’étaient redoutés que dans le


nord du pays, ont investi l’ensemble du territoire national. Sans état
d’âme, ils sèment la mort et la terreur sur nos routes.

En raison de l’extrême gravité des faits dont ils se rendent


coupables et de leurs conséquences regrettables tant sur le plan
humain, social qu’économique, ils devraient faire l’objet d’une
répression sans merci.

Cependant, force est de constater que les procédures


pénales engagées contre ceux d’entre eux qui sont appréhendés,
aboutissent bien souvent :

- soit à des condamnations qui, par leur extrême faiblesse,


sont loin d’être dissuasives ;
- soit à des relaxes favorisées par la mauvaise conduite
des enquêtes,

Il est donc impérieux de remédier à cette situation. A cet


effet, j’invite les Procureurs Généraux près les Cours d’Appel, les
Procureurs de la République près les Tribunaux de Première
Instance et les Substituts Résidents près les Sections de Tribunaux
à faire preuve de plus de rigueur dans le traitement de ces
procédures. Ils devront désormais veiller à ce que :

1° les enquêtes relatives aux crimes et délits commis par


ces types de malfaiteurs soient conduites avec minutie ; tous les
actes nécessaires à la manifestation de la vérité devant être
accomplis ;

2° en cas d’ouverture d’une information judiciaire, les


auteurs et complices contre lesquels il existe des charges sérieuses
ne recouvrent pas la liberté avant le jugement de l'affaire ;

3° appel soit systématiquement interjeté contre les


ordonnances de mise en liberté provisoire rendues en faveur des
inculpés ;

447
4° une peine non inférieure à vingt (20) ans
d’emprisonnement soit systématiquement requise dans tous les cas
où le Ministère Public estime que la responsabilité pénale des
prévenus ou accusés mérite d’être retenue ;

5° les vols manifestement commis avec les circonstances


aggravantes prévues à l’article 395 du Code pénal ne soient plus
requalifiés en vols simples comme certains Parquets ont pris
l’habitude de le faire ;

6° des dispositions soient prises pour la comparution


effective des victimes et témoins, surtout ceux qui, au cours de
l’enquête, ont déclaré avoir identifié ou être en mesure de
reconnaître les auteurs des vols ;

7° le Ministère Public exerce systématiquement les voies


de recours idoines contre les jugements et arrêts rendus dans tous
les cas où des « coupeurs de routes » :

- déclarés coupables seront condamnés à moins de vingt


(20) ans d’emprisonnement, s’il s’est avéré que les vols
commis l’ont été dans les circonstances prévues à
l’article 395 du Code pénal ;
- seront relaxés ou acquittés au mépris des réquisitions
du Ministère public ;

8° des rapports circonstanciés soient adressés à la


Chancellerie dans tous les cas où des « coupeurs de routes » :

- bénéficieront d’ordonnances de mise en liberté


provisoire contraires aux réquisitions du Ministère
Public ;
- seront condamnés à moins de vingt (20) ans
d’emprisonnement, en violation de la Loi ;
- seront relaxés ou acquittés contrairement aux
réquisitions du Parquet.

Eu égard à l'extrême gravité du fléau des « coupeurs de


routes », j’attache un grand prix au strict respect et à l'application
rigoureuse des prescriptions de la présente circulaire.

448
10 -
CIRCULAIRE N° 010/MJDH/CAB DU 26 SEPTEMBRE 2017
RELATIVE A LA REPRESSION D’INFRACTIONS COMMISES
PAR DES MINEURS COMMUNEMENT APPELES
« MINEURS EN CONFLIT AVEC LA LOI »

449
Depuis quelque temps, des enfants mineurs communément
appelés « mineurs en conflit avec la loi » se livrent à des agressions
contre les personnes et les biens. Munis d’armes blanches et
opérant en groupe, ils n’hésitent pas à donner, bien souvent de
manière atroce, la mort à leurs victimes.

Ces enfants délinquants, apparus d’abord dans les


communes d’Abobo et d’Adjamé au lendemain de la crise
postélectorale, sévissent désormais dans presque toutes les
communes du district d’Abidjan et sont même signalés dans des
villes de l’intérieur du pays.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que des


malfaiteurs pénalement majeurs, pour faire de la diversion et
échapper ainsi à la répression, commettent leurs forfaits selon un
mode opératoire qui les fait passer pour des « mineurs en conflit
avec la loi ».

Les populations, gagnées par une psychose de peur face à


l’ampleur que prend ce qu’il convient d’appeler le phénomène des «
mineurs en conflit avec la loi », ont le sentiment que les pouvoirs
publics ne font rien pour endiguer ce fléau. Aussi assiste-t-on, dans
certaines communes, à une floraison de groupes d’autodéfense dont
les membres n’hésitent guère à lyncher des suspects.

Le sentiment d’impunité, qui entraine des réactions


regrettables et suscite des critiques acerbes dans certains journaux
et sur les réseaux sociaux, interpelle la Justice. Notre institution a un
rôle de premier plan à jouer dans la lutte contre le phénomène des «
mineurs en conflit avec la loi », qu’elle doit assumer avec
responsabilité et fermeté.

J’invite par conséquent les Procureurs Généraux près les


Cours d’appel, les Procureurs de la République près les Tribunaux
de Première Instance et les Substituts Résidents près les Sections
de Tribunaux à faire de cette lutte, une priorité.

Ils doivent veiller à ce que toutes les procédures relatives


aux crimes et délits dont les auteurs et complices sont réputés ou
supposés être des « mineurs en conflit avec la loi » soient traitées
avec rigueur par :

450
- les officiers de police judiciaire ;
- leurs parquets respectifs,
- les juridictions d’instruction ;
- les formations de jugement.

I. Le contrôle des procédures au cours de l’enquête


préliminaire

Des dispositions idoines seront prises pour le suivi des


procédures depuis l’enquête préliminaire afin d’éviter des failles qui
pourraient faire prendre des majeurs pour des mineurs ou favoriser
des décisions de relaxes prises au bénéfice du doute. A cette fin, il
importe de veiller à ce que :

1° les procès-verbaux d’enquête contiennent l’identité


complète du délinquant, son lieu d’arrestation, d’habitation ou de
résidence habituelle, son genre, l’identification complète de ses
parents, la situation matrimoniale et le pays d’origine, s’il s’agit d’un
étranger ;

2° des diligences soient faites par les enquêteurs pour


s’assurer de l’âge réel du délinquant ;

3° toutes les victimes et leurs ayants droits soient


entendus ;

4° tous les témoins soient entendus ;

5° les deux (02) parents du mineur soient entendus en


qualité de civilement responsables même si le tuteur de celui-ci a été
entendu ;

6° le tuteur du mineur soit entendu lorsque celui-ci ne vit


pas chez ses parents ;

7° les commanditaires des crimes ou délits commis soient


retrouvés, entendus et déférés devant les parquets lorsque ceux-ci
sont cités par les mineurs appréhendés.

451
II. Le traitement des procédures dans les parquets

Des mesures idoines seront prises pour que dans les


parquets, les procédures soient traitées avec la plus grande rigueur.
Les responsables des parquets prendront les dispositions
nécessaires afin que :

1° dans les parquets d’instance, les procès-verbaux


d’enquête ne soient classés sans suite que par le Procureur de la
République en personne, après avis du Procureur Général ;

2° dans les parquets de section, les procès-verbaux


d’enquête ne soient classés sans suite que par le Substitut Résident
en personne, après avis du Procureur de la République ;

3° même en cas de violences et voies de fait ou de coups


et blessures volontaires, les procès-verbaux d’enquête ne soient pas
réglés selon la procédure de citation directe ;

4° en cas d’ouverture d’information, la procédure soit


scindée lorsque qu’elle implique à la fois un majeur et un mineur, le
premier devant être envoyé chez le juge d’instruction et le second
chez le juge des enfants ;

5° en cas de jugement selon la procédure de flagrants


délits, le dossier soit scindé lorsque qu’elle implique à la fois un
majeur et un mineur, le premier devant être traduit devant le tribunal
correctionnel et le second envoyé devant le juge des enfants ;

6° des réquisitoires supplétifs soient pris dans tous les cas


où le ministère public estime que le dossier comporte des
insuffisances ;

7° le règlement définitif des dossiers soit fait avec célérité ;

8° les dossiers soient enrôlés sans délai dès la prise de


l’ordonnance de renvoi en police correctionnelle ;

9° dès réception du procès-verbal d’enquête, un rapport


circonstancié soit adressé à la Chancellerie ;

452
10° ma Chancellerie soit informée, par écrit, de tout
incident ou de toute difficulté survenue dans le traitement de la
procédure aussi bien au niveau de l’enquête préliminaire, de
l’instruction préparatoire que du jugement.

III. Le suivi des procédures au cours de leur instruction par


les juges d’instruction ou les juges des enfants

Des dispositions idoines seront prises pour le suivi des


procédures durant l’instruction des procédures par le juge
d’instruction ou le juge des enfants afin d’éviter des failles qui
pourraient faire passer des majeurs pour des mineurs ou favoriser
des décisions de relaxe ou d’acquittement prises au bénéfice du
doute. A cette fin, il importe de veiller à ce que :

1° un mandat de dépôt ou, le cas échéant, un mandat


d’arrêt soit requis si le délinquant est majeur ;

2° le ministère public s’oppose systématiquement à toute


demande de mise en liberté et, le cas échéant, sollicite les
instructions du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice ;

3° la garde provisoire soit requise si le délinquant est


mineur ;

4° le ministère public s’oppose systématiquement à toute


demande de levée de la mesure de garde provisoire et, le cas
échéant, sollicite les instructions de la Chancellerie ;

5° appel soit systématiquement interjeté de toute


ordonnance de mise en liberté provisoire ou de levée de la mesure
de garde contraire aux réquisitions du ministère public ;

6° les commanditaires soient retrouvés, entendus, inculpés


et placés sous mandat de dépôt ;

7° des diligences soient faites par les juges pour s’assurer


de l’âge réel du délinquant ;

453
8° les parents des mineurs soient entendus en qualité de
civilement responsables même s’ils ont été auditionnés au cours de
l’enquête préliminaire ;

9° le tuteur du mineur soit retrouvé et entendu lorsque


celui-ci ne vit pas chez ses parents ;

10° la procédure soit traitée avec célérité; tout blocage


devant faire l’objet d’un rapport adressé à la Chancellerie.

IV. La gestion des procédures devant les formations


de jugement

Des dispositions idoines seront prises pour assurer une


saine gestion des procédures devant les formations de jugement.
Pour ce faire :

1° des instructions fermes doivent être données au


représentant du ministère public à l’audience pour que le maximum
de la peine encourue soit requis ;

2° les chefs des parquets doivent veiller à ce que le


représentant du ministère public prenne des réquisitions
responsables et ne se contente pas de dire, comme cela se passe
de plus en plus : « Je requière l’application de la loi » ou « je m’en
remets à la sagesse du tribunal » ;

3° appel sera systématiquement relevé contre toute


décision qui ne tiendra pas compte des réquisitions du ministère
public.

J’attache un grand prix au strict respect et à l'application


rigoureuse des prescriptions de la présente circulaire.

454
11
DECRET N° 2021-241 DU 26 MAI 2021
DETERMINANT LES MODALITES D'EXECUTION DE
LA PEINE DE TRAVAIL D'INTERET GENERAL.

455
CHAPITRE PREMIER - DISPOSITIONS GENERALES

ARTICLE PREMIER

Le travail d’intérêt général, en abrégé TIG, est un travail non


rémunéré décidé par la juridiction de jugement, pour une durée
précisée en heures, et exécuté comme alternative à
l’emprisonnement encouru par la personne condamnée pour un délit
ou une contravention à une peine de prison n’excédant pas trois ans.

ARTICLE 2

La peine de travail d’intérêt général est exécutée au profit


d’entités publiques, notamment l’Etat, les collectivités territoriales et
les établissements publics ainsi que des associations déclarées
d’utilité publique ou de toute personne morale de droit privé
remplissant une mission de service public.

ARTICLE 3

Le placement des condamnés dans les structures d’accueil


ne doit pas avoir pour conséquence, par substitution, la suppression
des emplois existant ni la réduction des avantages des travailleurs
en activité au sein desdites structures.

ARTICLE 4

Le travail d’intérêt général peut porter sur toute activité


manuelle ou intellectuelle. Il peut concerner notamment les
domaines de la production, de la maintenance, de l’entretien, de la
manutention, de l’enseignement, de l’assistance, de la formation, de
la sensibilisation ou de l’encadrement.

ARTICLE 5

Le travail d’intérêt général à accomplir par le condamné est


déterminé en tenant compte notamment de son lieu de résidence, de
son âge et de son état de santé. Il peut en outre être tenu compte du
domaine de compétence du condamné.

456
Outre le bénéfice réel qu’elle doit produire pour la
communauté, la mesure de travail d’intérêt général déterminée doit
contribuer à l’amendement du condamné.

CHAPITRE 2 - ORGANISATION DU TRAVAIL


D'INTERET GENERAL

ARTICLE 6

La durée de la peine de travail d’intérêt général est fixée par


le tribunal comme suit :

- de 20 à 85 heures, lorsque la peine prononcée n’excède


pas six mois d’emprisonnement ;
- de 85 à 150 heures, lorsque la peine prononcée,
supérieure à six mois, n’excède pas un an
d’emprisonnement ;
- de 150 à 210 heures, lorsque la peine prononcée,
supérieure à un an, n’excède pas deux ans
d’emprisonnement ;
- de 210 à 280 heures, lorsque la peine prononcée,
supérieure à deux ans, n’excède pas trois ans
d’emprisonnement.

ARTICLE 7

Le travail d’intérêt général est accompli dans un délai


maximal de douze mois. Ce délai est limité à six mois pour les
mineurs.

Le délai d’exécution commence à courir à compter du


moment où le condamné accomplit la première activité au lieu
désigné pour l’exécution des tâches mises à sa charge.

Il prend fin au terme de la durée des heures du travail


d’intérêt général prononcée.

Le délai d'exécution du TIG peut être suspendu


provisoirement pour motifs graves, notamment d’ordre médical,
familial ou social.

457
ARTICLE 8

Lorsque le condamné est un agent public ou un employé


d’un organisme public ou privé, les tâches du travail d’intérêt général
sont exécutées dans la limite de douze heures par semaine.

ARTICLE 9

La répartition des horaires pour l’exécution du travail d'intérêt


général est faite, préalablement au démarrage des activités, par le
juge de l’application des peines en concertation avec la structure
d’accueil du condamné.

CHAPITRE 3 - ORGANES DE GESTION ET DE SUIVI DU


TRAVAIL D'INTERET GENERAL

Section première - Bureau national de coordination


et Bureaux locaux de suivi

ARTICLE 10

Il est créé, au sein du ministère de la Justice, un bureau de


coordination de la politique nationale en matière de travail d’intérêt
général, en abrégé BTIG. Il a pour missions :

1. d’établir la liste nationale des structures d’accueil ;

2. de retirer ou d’ajouter une structure à la liste des


structures d’accueil ;

3. de concevoir les documents de suivi et d’évaluation du


travail du condamné ;

4. de recueillir, de traiter et de consolider chaque année les


données nationales relatives au travail d’intérêt général, notamment
le nombre de travaux exécutés, les quantités horaires
correspondantes, les coûts induits et l’économie réalisée par les
structures d'accueil ;

5. d’évaluer l'efficacité d’ensemble du système au regard,


notamment, du taux de récidive des condamnés ;

6. de faire des propositions d’amélioration du système du


travail d’intérêt général.
458
ARTICLE 11

Le BTIG est composé d’un représentant :

1- du ministre de la Justice ;

2- du ministre chargé du Budget ;

3- du ministre chargé de l’Administration du Territoire ;

4- du ministre chargé de la Sécurité ;

5- du ministre chargé de l’Enfance ;

6- du ministre chargé des Affaires sociales ;

7- du ministre chargé du Travail.

Les membres du BTIG sont désignés par arrêté du ministre


de la Justice, sur proposition des ministres dont ils sont les
représentants.

ARTICLE 12

Le BTIG est présidé par le représentant du ministre de la


Justice. Il se réunit au moins deux fois par an, sur convocation de
son président.

Le secrétariat du BTIG est assure par la direction en charge


des Affaires pénales du ministère de la Justice.

ARTICLE 13

Il est créé, auprès de chaque juridiction de premier degré, un


Bureau local de suivi du travail d’intérêt général, en abrégé BLS.

Le BLS est un organe consultatif qui a pour mission


d’assister le juge de l’application des peines dans la mise en œuvre
des condamnations à des peines de travail d’intérêt général devant
s’exécuter dans le ressort de la juridiction de rattachement.

Elle fait les propositions de programme d’exécution des


tâches au juge de l’application des peines après avoir entendu
le condamné.

459
ARTICLE 14

Le BLS est composé :

- d’un représentant du préfet ;


- du chef de l’établissement pénitentiaire du siège de la
juridiction ou son délégué ;
- de deux travailleurs sociaux en service auprès de la
juridiction.

Section 2 - Juge de l'application des peines et juge des enfants

ARTICLE 15

Lorsque le tribunal correctionnel ou le tribunal de simple


police a prononcé une peine de travail d'intérêt général, le Procureur
de
la République transmet au juge de l’application des peines de
ladite juridiction, une copie des pièces d’exécution de la décision
de condamnation.

Le juge de l’application des peines évalue la situation du


condamné conformément aux articles 5 et 8 puis prend contact avec
la structure susceptible d’accueillir la personne condamnée pour
exécuter sa peine.

ARTICLE 16

Le juge de l’application des peines détermine, après avis du


bureau local de suivi du travail d’intérêt général, le programme
d’exécution des tâches à la charge du condamné, en tenant compte
de la limite indiquée à l’article 7.

Le Bureau local de suivi donne son avis après avoir entendu


le condamné.

460
ARTICLE 17

Le juge de l’application des peines fixe, après avis du BLS,


les modalités d’exécution du travail d’intérêt général par une
ordonnance de placement qui précise :

1- la structure d’accueil dans laquelle le travail sera


accompli ;

2- le travail que le condamné accomplira ;

3- les horaires et le délai d’exécution du travail d’intérêt


général.

ARTICLE 18

Le juge de l’application des peines notifie son ordonnance


de placement au condamné et veille au suivi de la bonne exécution
du travail d’intérêt général.

Le juge de l’application des peines peut, à tout moment,


après avis du BLS, apporter des modifications à son ordonnance,
compte tenu du comportement et de la situation du condamné, ainsi
que de toute circonstance en rapport avec la nature des tâches à
exécuter, les horaires et le délai d’exécution du travail d’intérêt
général.

ARTICLE 19

Le juge de l’application des peines met à la disposition des


structures d’accueil les documents de suivi et évaluation conçus par
le BTIG. Il désigne un travailleur social qui est chargé :

1- d’accomplir les formalités administratives nécessaires ;

2- de veiller au bon déroulement de l’exécution de la peine


de travail d’intérêt général auprès du responsable désigné au sein
de l’organisme d’accueil ;

461
3- de visiter, selon la périodicité définie par le juge de
l’application des peines, le condamné sur le lieu d’exécution du
travail d’intérêt général ;

4- d’informer le juge de l’application des peines de tout


événement survenant au cours du travail d’intérêt général ;

5- d’apporter les renseignements et conseils nécessaires à


la structure au sein de laquelle s'effectue le travail, quand cela est
opportun ;

6- de fournir au condamné l’appui nécessaire à la bonne


exécution du travail d’intérêt général.

Le travailleur social est tenu de faire rapport de ses activités


au juge de l’application des peines.

ARTICLE 20

A la fin de sa mission, le juge de l’application des peines


dresse un rapport et transmet l’ensemble des pièces de la procédure
au Procureur de la République.

Lorsque le condamné a exécuté le travail d’intérêt général, le


dossier de la procédure est classé au greffe du tribunal.

En cas d’inexécution partielle ou totale par le condamné, le


Procureur de la République fait procéder à l’exécution de la peine
d’emprisonnement prononcée par le tribunal.

Le juge de l’application des peines transmet, en outre, les


données relatives au travail d’intérêt général de son ressort au BTIG.

ARTICLE 21

Lorsqu’une peine de travail d’intérêt général est prononcée


contre un mineur, le juge des enfants procède comme il est dit aux
articles 15 à 20.

462
ARTICLE 22

Les tâches confiées au mineur doivent être adaptées à sa


qualité. Elles doivent présenter un caractère formateur et être de
nature à favoriser son insertion sociale.

CHAPITRE 4 - DROITS ET DEVOIRS DU CONDAMNE

ARTICLE 23

Lorsque le condamné prétend ne pouvoir exécuter le travail


qui lui est proposé par le juge de l’application des peines, il doit
produire un certificat médical ou tout autre justificatif attestant son
inaptitude au travail prévu.

Le condamné doit justifier de tout changement dans sa


situation et obtenir l’autorisation du juge de l’application des peines
avant tout déplacement susceptible d'avoir une incidence sur
l’exécution de sa peine.

ARTICLE 24

Le condamné n’a droit à aucune rémunération pour les


tâches qu’il accomplit dans le cadre du travail d’intérêt général.

Toutefois, il a droit aux mêmes égards dus à tout travailleur


évoluant dans le même secteur, notamment la mise à sa disposition
d’équipements et instruments de travail. Il bénéficie en outre des
mêmes conditions de travail, informations sécuritaires, accès à la
cantine et aux soins médicaux.

ARTICLE 25

Le condamné est tenu de se conformer aux règles régissant


le fonctionnement de la structure d’accueil. Il doit notamment
respecter les horaires, les consignes de sécurité et d’hygiène ainsi
que les ordres donnés par le ou les responsables en charge du
secteur dans lequel il est affecté pour l’exécution des tâches
à lui confiées.

En cas d’exécution ou d’inexécution totale ou partielle du


travail d’intérêt général par le condamné, il est procédé comme
indiqué à l’article 20.
463
CHAPITRE 5 - ORGANISME D’ACCUEIL DU CONDAMNE AU
TRAVAIL D’INTERET GENERAL

ARTICLE 26

Les administrations publiques, les collectivités territoriales et


les établissements publics sont, de droit, des structures d’accueil des
condamnés à des peines de travail d’intérêt général.

Les associations et les personnes morales de droit privé


exécutant une mission de service public doivent être habilitées
par le BTIG pour accueillir des condamnés à des peines de
travail d’intérêt général.

ARTICLE 27

L’habilitation est accordée suivant des modalités définies par


le BTIG. Elle est valable pour une durée de trois ans renouvelable.

Les structures habilitées sont inscrites par le BTIG sur la liste


nationale prévue à l’article 10.

ARTICLE 28

La structure d’accueil fournit, à ses frais, l’outillage, les


équipements et les ouvrages nécessaires à l’accomplissement du
travail d’intérêt général.

ARTICLE 29

La structure d’accueil prévue à l’article 26 doit désigner la


personne chargée de l’encadrement du condamné au travail d’intérêt
général, appelée réfèrent ou tuteur.

Le référent veille à la bonne exécution, par le condamné, de


la tâche à lui confiée. Il est, au sein de la structure d’accueil,
l’interlocuteur du travailleur social désigné par le juge de l’application
des peines.

464
ARTICLE 30

La structure d’accueil veille au respect, dans le délai fixé


conformément à l’article 7, du volume horaire de travail prescrit. Elle
informe le travailleur social désigné par le juge de l’application des
peines de toute difficulté éventuelle liée à l’accomplissement des
heures de travail, notamment des changements rendus nécessaires
dans l’organisation de ses activités.

ARTICLE 31

La structure d’accueil veille au respect de la réglementation


relative au travail de nuit, à l’hygiène, à la sécurité, ainsi qu’au travail
des femmes et des enfants.

ARTICLE 32

La structure d’accueil doit régulièrement faire rapport du


déroulement du travail d’intérêt général, de toute absence du
condamné ou de toute difficulté constatée.

La structure d’accueil est tenue de recevoir le travailleur


social désigné par le juge de l’application des peines et chargé
d’effectuer les contrôles sur le lieu d’exécution du travail pour
s’enquérir de l’effectivité de la présence du condamné et de
l’accomplissement du travail par ce dernier ainsi que du respect par
la structure d'accueil, des conditions d’exécution du travail d’intérêt
général.

ARTICLE 33

En cas de danger ou de faute grave du condamné, la


structure d’accueil peut suspendre immédiatement l’exécution du
travail d’intérêt général. Elle en informe sans délai le juge de
l’application des peines, qui prend toute décision rendue nécessaire
par la situation.

ARTICLE 34

A l’issue de l’accomplissement effectif du travail, la structure


d’accueil produit un rapport d’exécution du travail d’intérêt général.

465
CHAPITRE 6 - DISPOSITIONS DIVERSES

ARTICLE 35

Lorsque le condamné est victime d’un accident ou a


contracté une maladie à l’occasion de l’exécution du travail d’intérêt
général, l’Etat est tenu de prendre en charge les honoraires et les
frais médicaux occasionnés par l’accident ou la maladie. En cas de
décès du condamné pendant l’exécution du travail d’intérêt général,
les frais funéraires sont pris en charge par l’Etat.

ARTICLE 36

Les frais de fonctionnement du BTIG et du BLS sont pris en


charge par le budget de l’Etat.

CHAPITRE 7 - DISPOSITIONS TRANSITOIRE ET FINALE

ARTICLE 37

Dans l’attente de la mise en place du BTIG et des BLS, le


juge de l’application des peines et le juge des enfants sont chargés,
chacun en ce qui le concerne, d’exercer les attributions dévolues à
ces organes.

ARTICLE 38

Le garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de


l’Homme est chargé de l’exécution du présent décret qui sera publié
au Journal officiel de la République de Côte d’Ivoire.

466
INDEX

467
INDEX ALPHABETIQUE
- Les nombres simples renvoient aux articles de la loi portant Code de
procédure pénale.
- Les nombres précédés de « art. » renvoient aux articles des autres
textes législatifs ou réglementaires complémentaires, identifiés par la
lettre « L. » pour loi, la lettre « D. » pour décret, la lettre « A. » pour
arrêté et l’abréviation « Circ. » pour circulaire, suivi du numéro.
- Deux nombres reliés par un tiret renvoient à un intervalle d’articles.
- Les nombres gras renvoient aux pages des textes législatifs ou
réglementaires complémentaires.
- La lettre « S » devant un nombre signifie « et suivants » et renvoie à
une succession d’articles, à compter du numéro qu’elle complète.
- Les mots clés se déclinent en rubriques principales mises en gras, qui
regroupent plusieurs mots référents, précédés d’un tiret, complétés
parfois d’un ou plusieurs éléments de précisions précédés d’un gros
point.
- Les virgules entre les nombres séparent les articles d’un même texte,
les points-virgules séparent les articles de deux textes différents.

~A~ ̶ devant le tribunal civil : 9 al.1.


̶ " le criminel tient le civil en état ":
Acquittement : 9 al.2.
̶ appel, procureur général : 363. ̶ mineur : 805.
̶ cautionnement : 186 al.2. ̶ prescription : 19.
̶ dommages-intérêts : 345, 346. ̶ prohibition de la "reformatio in
̶ mineur en conflit avec la loi : pejus" (interdiction d’aggraver
Circ. 010/MJDH/CAB du le sort du mis en cause) : 388.
26/09/2017, p.453. ̶ renonciation : 7 al.2.
̶ pourvoi en cassation : 609, 610. ̶ sursis au jugement : 405.
̶ tribunal criminel : 337 al.1. ̶ titulaires :
Action civile :  personne physique : 7 al.1.
̶ appel devant la chambre  associations : 8.
criminelle : 368-369. ̶ transaction : 16, 18.
̶ décisions : Action publique :
 tribunal criminel : 345-349. ̶ appel devant la chambre
 tribunal correctionnel : 490, criminelle : 363, 367.
492. ̶ compétence (prorogation) : 392.
 tribunal de simple police : 548 ̶ contravention : 12 al.4
al.2, 551. ̶ décisions :
468
 tribunal correctionnel :490-496.  demandeur en récusation :
 tribunal criminel : 337-344. 678.
 tribunal de simple police : 548-  expert : 198, 471.
551.  greffier : 137.
̶ exercice : 6 al. 1, 90 al.3.  officier d’état civil : 800.
̶ extinction : 11.  parents, tuteur, gardien du
̶ ministère public : 42. mineur : 842.
̶ mise en mouvement : 6, 90 al.3,  témoin : 128.
109. ̶ Amende pénale :
̶ prescription : 12.  amende de composition : 534-
 crime : 12 al.1. 538.
 crime contre l’humanité  amende forfaitaire : 539-540.
(imprescriptibilité) : 12 al.3.
Amnistie :
 délit : 12 al. 4 ̶ action publique (extinction) : 11.
̶ prohibition de la "reformatio in ̶ casier judiciaire : 755, 764.
pejus" (interdiction d’aggraver ̶ réhabilitation, 768, 782.
le sort du mis en cause) : 387
̶ reprise : 11. Appel des jugements de simple
police : 581-584
Administration pénitentiaire :
̶ délais : 582.
̶ contrôle du placement à ̶ faculté d'appeler : 581.
l’extérieur : 727. ̶ forme : 582.
̶ responsabilité de l’agent : 730 ; ̶ jugements susceptibles d'appel :
D. n° 69-189, art. 14, p. 335,
581.
art. 24 p. 347, art 61, p. 347, art ̶ règles de procédure
73, 74 p. 351, art 77, 79, p. applicables : 584.
352, art. 81 p. 353, art 14-81, p. ̶ procureur général : 583.
330-379.
Appel en matière
Alcoolisme : correctionnel :
̶ casier de contravention : D. 76- ̶ annulation : 579.
315, art. 69 al.5, p. 408, art. 70, ̶ appel incident : 561.
p.409 ̶ audition des parties : 573.
̶ frais d’expertise médicale : D. ̶ chambre des appels
76-315, art 19, p.391. correctionnels :
Amende :  composition : 570.
̶ amende civile :  nombre des audiences : 571.
 chef d’établissement  procédure : 572-580.
pénitentiaire : 172, 221, 565.  incompétence (crime) : 579.
 commissaire de justice : 599. ̶ confirmation : 574.

469
̶ déclaration d’appel : 564-565. Arrestation
̶ délai des parties : 559-560. ̶ crimes ou délits flagrants : 88.
̶ délai du procureur général : 567. ̶ lieu d'arrestation (compétence) :
̶ délai supplémentaire : 561. 54, 59.
̶ demande de mise en liberté : ̶ mandats : 140-152.
562. Assistance judiciaire en
̶ dépens : 574. matière correctionnelle : Cf. D.
̶ effet dévolutif : 569, 575. 2016-781 (C. proc. civ. CNDJ,
̶ effet suspensif : 568. Ed. 2020)
̶ évocation : 580.
̶ excuse absolutoire : 577. Associations :
̶ faculté d'appeler : 558. ̶ infractions liées au
̶ interrogatoire du prévenu : 573. financement : L. 2022-193, art
̶ irrecevabilité de l'appel : 574. 4, p. 315
̶ moyens d'appel (requête  V. Action civile
contenant les) : 566.
̶ omission de formes prescrites :  V. Contrôle judiciaire
580.
̶ relaxe: 576.  V. Récusation

Appel en matière criminelle : Assurance


̶ compétence de la chambre ̶ Appel (assureur) : 558.
criminelle : 370-372. ̶ condamnations civiles
̶ composition : 373-378. (paiement des): 745.
̶ délai supplémentaire : 364 al.3. ̶ information judiciaire : Circ. 002
̶ délai : 364. MJDH/CAB du 26/06/2017, (§
̶ demande nouvelle : 368. 6), p. 444.
̶ désistement : 365. ̶ intervention : 21.
̶ faculté d’appeler : 363. ̶ opposition : 518.
̶ mandat de dépôt : 367. ̶ représentation : 425.
̶ procédure devant la chambre ̶ transaction : 16.
criminelle : 383-385.
̶ procédure préparatoire : 379- Aveu : 86, 438, 545.
382.
̶ procureur générale : 366. Avocat :
̶ sursis à exécution (action ̶ lors de l’enquête : 90-95.
civile) : 369.  garde à vue : 91.
̶ sursis à exécution (action  perquisition : 69.
publique) : 367.  procès-verbal : 93.
̶ lors de d’instruction :
 choix : 133.
470
 détention préventive : 165-169, ̶ condamnation définitive : 754.
172. ̶ défaut de production (flagrant
 interdiction (actes délit) : 407.
annulés) : 208. ̶ droit forfaitaire : D. 76-315, art.
 mise en liberté (demande de) : 69, p.408.
177. ̶ forme électronique : 754.
̶ lors du jugement : ̶ mentions : 755.
 tribunal de simple police : 541 ̶ militaires (avis aux autorités) :
al.2, 553 al.2. 758.
 tribunal correctionnel : 427. ̶ mineur : 756.
 tribunal criminel (assistance ̶ personne née à l’étranger : 757.
obligatoire) : 281, 305, 355. ̶ rectification : 755, 764 al.5.
̶ partie civile mineure (assistance ̶ réhabilitation : 765.
obligatoire) : 786. ̶ relevé intégral : 760.
̶ juge des enfants (assistance Cassation (pourvoi) : 603-636.
obligatoire) : 795. ̶ acquittement sur une base
̶ représentation du prévenu : 541. erronée : 629.
̶ visite des détenus : D. 69-189, ̶ consignation : 617.
art. 31, p. 339.  dispense : 618, 619.
̶ déchéance du pourvoi : 620.
~C~ ̶ décisions déclarées nulles : 626,
627.
Cadavre : ̶ décision distincte : 607.
̶ découverte (procédure) : 89. ̶ déclaration de pourvoi : 613.
̶ frais de justice (inhumation) : D. ̶ déclaration du détenu : 614.
76-315, art 5, p.480. ̶ délai de pourvoi : 604.
̶ honoraires (médecin) : D. 76- ̶ dépens (dispense de l’amende-)
315, art 19, p.391. : 619.
Casier judiciaire : ̶ droits de la défense : 632.
̶ amnistie : 755. ̶ effet suspensif : 605.
̶ bulletin : 757. ̶ formes du pourvoi : 613-624.
̶ greffier (obligations du) : 623,
 bulletin n° 1 : 760, 775; D. 76-
624.
315, art. 70, p. 387.
̶ mémoire : 621, 622, 623.
 bulletin n° 2 : 761- 762; D. 76-
̶ motifs (défaut ou insuffisance) :
315, art 71, p. 409
627.
 bulletin n° 3 : 763; D. 76-315,
̶ notification : 621.
art. 72, p.409
̶ nullités (recevabilité des
̶ casier judiciaire central : 757.
moyens) : 631.
̶ casier judiciaire national : 757.

471
̶ omission ou refus de statuer : ̶ infirmation : 240.
627, al. 2. ̶ inculpations nouvelles : 235,
̶ ouvertures à cassation : 625- 237
633. ̶ information complémentaire :
̶ peine criminelle erronée : 628.  V. Supplément d'information
̶ peine justifiée : 630.
̶ recevabilité immédiate : 607. ̶ mémoires : 231.
̶ violation de la loi : 625 ̶ ministère public : 227.
 V. Pourvoi dans l'intérêt de la ̶ mise en accusation : 246, 247.
loi ̶ mise en état du dossier : 229.
̶ mise en liberté d’office : 234.
Cautionnement : ̶ non-lieu : 244.
 V. Contrôle judiciaire ̶ notification aux parties : 230.
̶ nullité de l'information : 205-208,
Chambre d’instruction : 226- 250.
261 ̶ ordonnance de prise de corps :
̶ annulation : 239. 277, 729, 730 ; D. 69-189, art.
̶ apport de pièces : 232. 5, p.332 ; D. 76-315, art. 88-
̶ arrêts : 91, p.414-415.
̶ poursuite de l'information : 222.
 formes : 247, 248.
̶ pouvoirs propres du président :
 notifications et significations :
251-254.
249.
 amende civile : 137, 172, 221.
̶ charges nouvelles : 229.
̶ comparution personnelle : 232.  autorisation de sortie : 181.
̶ composition : 226.  mise en liberté : 181.
̶ connexité : 236, 243.  ordres nécessaires : 718.
̶ contrôle de la police judiciaire :  recours contre ordonnance de
24, 60, 255-261. placement en isolement : 170.
̶ contrôle judiciaire (recours) :  visite des établissements
159. pénitentiaires : 732.
̶ débats : 232. ̶ restitution : 120.
̶ délibéré : 233. ̶ saisine : 235.
̶ demande nouvelle de mise en  V. Supplément d'information
liberté (saisine) : 240.
̶ dépens : 248. Chambre des appels
̶ dépôt du dossier au greffe : 241. correctionnels :
̶ détention préventive : 173, 239,  V. Appel en matière
240. correctionnelle
̶ évocation : 240.
̶ greffe : 227.
472
Charges nouvelles : 223-225, Clameur publique : 77.
229.
Classement sans suite : 51.
Chose jugée : 11, 525, 645 ; D.
76-315, art.120, p. 425. Commission rogatoire (interne)
: 188-192.
Circonstances aggravantes : ̶ compétence : 189.
̶ vol ̶ condamné (audition d'un) : 191.
 transaction exclue : 13, 422. ̶ diffusion : 192.
 requalification (interdiction) : ̶ frais de justice : D. 76-315, art.
Circ. 009 MJDH/CAB du 2, p.384, art. 95, p.424.
15/09/2017, point 5°, p. 446. ̶ formes : 188,192.
̶ garde à vue : 191.
Citations et significations :
̶ juge d'instruction : 98, 188.
585-602
̶ liberté surveillée : 841, 847.
̶ amende civile : 599.
̶ limites (de la commission,
̶ délais : 587.
interrogatoire et confrontation) :
̶ délivrance de l'exploit :
189.
 à domicile : 590-592.
̶ officiers de police
 en mairie : 593.
judiciaire (détenu) : D. 69-189,
 à parquet : 594.
art. 116, p.363.
 à personne : 590. ̶ opérations simultanées : 192.
̶ étranger : 597. ̶ pouvoirs :
̶ exploit : 288, 513, 592, 593.
 magistrats commis : 189, al.1
 coût : 599.
 officiers de police judiciaire :
 original : 589, 599. 189, al.2.
̶ forme : 589. ̶ président du tribunal : 716.
̶ inobservation des délais : 588. ̶ révision (procédure de) : 640.
̶ nullité : 600. ̶ témoin (audition) : 190.
̶ recherches : 595. ̶ transmission des procès-
̶ tribunal correctionnel : 396. verbaux : 191.
̶ tribunal de simple police : 543. ̶ urgence : 192.
Civilement responsable : Comparution
̶ avocat (représentation par) : ̶ accusé : 305-310.
425. ̶ avertissement (en cas de non-) :
̶ assureur (intervention) : 21. 397
̶ défense à l'audience : 482. ̶ citation : 587, 586.
̶ faculté de faire opposition : 518. ̶ contumace : 358.
̶ faculté d’appeler : 363-3°. ̶ défaut de comparution : 175.

473
̶ extradition: L. 10/03/1927, art. ̶ rétention de la personne en cas
15, p. 289; art. 33, p. 295 de refus : 526 al.2.
̶ indemnité de comparution : D. ̶ victime : 527.
76-315, art 29, p.396 ; 34, Confiscation : 505; L. 109 du
p.397 ; 37, p.398. 19/01/1942, art. 20 ; p.309.
̶ mandat de comparution : 140-
143, 152. Confrontations :
̶ membres du gouvernement (et ̶ commissions rogatoires : 189.
représentants des puissances ̶ conseils (présence) : 133, 135
étrangères) : 658, 659. ̶ juge d'instruction : 133-139.
̶ non-comparution du témoin : ̶ nullités : 205.
449. ̶ procès-verbaux : 139.
̶ personnelle : 232. ̶ procureur de la république
̶ première comparution : 133. (présence) : 137.
̶ prévenu : 416-427. ̶ urgence : 136.
̶ sur reconnaissance de
culpabilité : 521-530. Connexité :
̶ taxe de comparution : D. 76- ̶ chambre d’instruction : 235,
315, art 11, p.389. 236, 243, 246.
̶ tribunal de simple police : 541, ̶ infractions (connexes) : 236.
542, 545, 553. ̶ tribunal correctionnel : 390, 395.
̶ tribunal de simple police : 533.
Comparution sur ̶ tribunal criminel (arrêt de renvoi)
reconnaissance préalable de : 292.
culpabilité : 521-530
̶ acceptation de la peine : 523. Contrainte par corps : 740-753
̶ appel de l'ordonnance du ̶ caution : 752.
président : 525, 555-559. ̶ commandement : 746.
̶ délai de réflexion : 524. ̶ durée : 741.
̶ domaine d'application : 521. ̶ époux : 744.
̶ exclusions : 530. ̶ exécution : 753.
̶ nullités : 528. ̶ extinction de la dette : 752.
̶ ordonnance du président : 525. ̶ insolvabilité : 743.
̶ proposition de peine : 522. ̶ mineurs : 742.
̶ reconnaissance des faits ̶ nouvelle contrainte : 753.
(personne déjà poursuivie ̶ personnes âgées : 742.
suivant une autre procédure) : ̶ prime aux forces de l’ordre : D.
529. 76-315, art 9, p.415.
̶ refus d'acceptation de la peine : ̶ régime de détention : D. 69-189,
526. art. 16, p. 335.
̶ suites : 753.

474
Contraventions : ̶ extradition: L. du 10/03/1927,
̶ action civile : 7, 8. art. 9, p. 287.
̶ compétence du tribunal de ̶ frais de justice : D. 76-315, art.
police : 531. 83, p. 412.
̶ connexité : 491. ̶ mineurs : 832.
̶ instruction préparatoire (exclue) ̶ nouveaux débats
: 96. (impossibilité) : 640.
̶ ministère public : 55. ̶ réhabilitation : 770.
̶ tribunal correctionnel : 490. Crimes flagrants
 V. amende forfaitaire ̶ appréhension (par toute
 V. tribunal de simple police personne) : 88.
̶ état des lieux (interdiction de
Contrôle judiciaire : 153-161. modifier) : 79.
̶ association : 157 al.2 ̶ perquisition : 80.
̶ cautionnement : 154, 184. ̶ transport sur les lieux (OPJ) :
̶ chambre d’instruction (demande 78.
de mainlevée) : 158. Crimes et délits commis à
̶ conditions : 154. l'étranger : 703-710.
̶ juge d’instruction : 156, 158. ̶ compétence : 703.
̶ mainlevée : 158, 159. ̶ complicité : 704.
̶ mesure restrictive ̶ crimes et délits hors du territoire
(exceptionnelle) : 153. (étranger) : 708.
̶ modification des obligations : ̶ crimes et délits hors du territoire
156. (ivoirien) : 703.
̶ non-respect des obligations : ̶ non bis in idem : 706.
163. ̶ poursuites : 710.
̶ obligations : 154. ̶ réciprocité : 709.
̶ obligations nouvelles : 156.  V. Extradition.
̶ ordonnance du juge d'instruction
: 156.
̶ restitution du cautionnement : ~D~
186.
̶ suivi : 157. Déchéances :
̶ Casier judiciaire : 754.
Contumace : 354-361
̶ Consignation (demandeur en
̶ appel (non ouvert) : 359.
cassation) : 617.
̶ arrestation (se constituer
̶ Séquestre portant sur des biens
prisonnier) : 358.
indivis (dissolution de la
̶ casier judiciaire : 754.
communauté) : L. 109 du
19/01/1942, art 13, p. 307.
475
Défaut ̶ procureur de la république : 51.
̶ jugement par défaut : ̶ tribunal criminel (témoignage) :
 tribunal correctionnel : 511- 325.
513. Déposition des membres du
 tribunal de simple police : 554. gouvernement : 657-660.
̶ délai d’appel : 560.
̶ délai de pourvoi : 604. Déposition des représentants
̶ frais de signification : 520. des puissances étrangères :
̶ itératif défaut : 519, 560, 604. 659 al.2, 660, 661.
Défense (droits de la) :
̶ nullités de l'information : 205- Démence : 498, 640.
208.
̶ secret de l'information : 22, 65, Dépens :
117.  V. Frais dépens
̶ violation : 205.
Destruction :
Délits :
̶ enquête de flagrance : 79.
̶ compétence : 389.
̶ objet saisis : 51.
̶ délits flagrants : 77-89.
 appréhension (par toute Détention arbitraire :
personne) : 88. ̶ administration pénitentiaire
 juge d’instruction : 97. (agent) : 730.
 poursuites contre magistrat : Détention préventive : 162-187.
684. ̶ conditions : 162.
 procédure : 86 s, 402. ̶ durée raisonnable : 164.
̶ flagrant délit : ̶ durée :
 mineur (exclusion) : 804.  en matière correctionnelle :
 témoin : 404. 166.
Délit d’audience :  en matière criminelle : 167.
 V. Infraction d’audience ̶ mise en liberté :
 demandée : 172, 173.
Dénonciation :  ordonnée d’office : 171.
̶ correctionnel (témoignage) : ̶ notification au procureur de la
459. république : 165.
̶ délit commis à l’étranger : 705. ̶ placement (en détention) :163.
̶ dénonciation calomnieuse : 112. Discipline
̶ frais de demande de copies et ̶ détenus : D. 69-189, art. 37-59,
expédition : D. 76-315, art 58, p. 341-347.
p. 405. ̶ personnel de Surveillance : D.
̶ officier de police judiciaire : 29. 69-189, art. 66, p. 349.
476
̶ sécurité des prisons (personnel ~E~
d’administration) : D. 69-189,
(art. 60-65,) p. 347-348. Empreintes digitales
Disparition des pièces d’une ̶ dossier individuel du détenu, D.
procédure : 653-656. 69-189, art. 94, p. 357.
̶ honoraires et indemnités des
Discrimination : D. 69-189, art. experts, D. 76-315, art 23, p.
8, p.333. 394
Ecrou
Domicile : ̶ acte : 620.
̶ contrôle judiciaire : 154. ̶ droit de grâce : D. 61-433, art.
̶ élection : 110, 133, 401,430. 11, p. 328.
̶ inviolabilité : 152. ̶ extradition : L. du 10/03/1927,
̶ mandat d’arrêt : 150. art. 12, p. 288.
̶ partie civile : 430,401. ̶ registre d’écrou : 729, 730; D.
̶ perquisition : 117. 69-189, art 88-107, p. 354-361.
Dommage intérêts Emprisonnement
̶ abus de constitution partie  V. Peine
civile : 112.
̶ appel partie civile : 575-586.  Etablissement pénitentiaire
̶ décision sur l’action civile : 345.
̶ erreur judiciaire : 641. Enquête
̶ établissement pénitentiaire : D. ̶ assistance de l’avocat : 90-95.
69-189, art. 130, p. 367, ̶ officiers de police judiciaire : 25,
art.174, p.376, art. 175, p.378. 29, 98.
̶ frais et dépens : 349. ̶ secret : 22.
̶ nullité des actes : 601. ̶ procureur de la république : 30.
̶ réhabilitation : 765.  autorisation spéciale : D. 69-
̶ révision : 641. 189, art. 116, p.363.
̶ tribunal correctionnel : 428, 431.  contrôle et suivi des
 abus de citation : 435. procédures :
 prévenu relaxé : 496. Circ.010/MJDH/CAB du
26/09/2017, p. 441
Dossier de l'information : 98.
 information : 60.
̶ actes annules (retrait) : 206.
̶ enquête de flagrance : 77-89.
̶ communication au procureur de
̶ enquête préliminaire : 60-76.
la république : 100, 209, 214.
̶ copie : 98, 99. Établissements pénitentiaires :
̶ procureur général : 215. ̶ autorisation de sortie sous
escorte : 179.
Droit de recours : 5.
477
̶ discipline et sécurité : 720, D. Exception préjudicielle : 392 s.
69-189, art 37-67, p.341-349.
̶ juge d’application des peines : Expertise
726-728. ̶ frais et honoraire
̶ mandat : 140, 145, 149-151.  Biologie : D. 76-351, art. 21,
̶ pécule, D. 69-189, art 127, p. p.393.
366  expertise mécanique : D. 76-
̶ permission de sortie, D. 69-189, 351, art. 24, p. 388.
art. 26, p.337.  identité judiciaire : D. 76-351,
̶ réclamation (interdiction): D. 69- art. 23, p. 394.
189, art 40, p. 341.  médecine légale : D. 76-351,
̶ registre d’écrou : 729 art.19, p.391.
̶ règlement intérieur : D. 69-189,  Radiodiagnostic : D. 76-351,
art. 108 s, p. 361. art. 22, p. 393.
̶ mineur : 844.  toxicologie, D. 76-351, art. 20,
̶ visite par des autorités : 732 ; D. p. 392.
69-189, art. 111-112, p.369 ; D.
 fraude commerciale : D. 76-
82-334, art. 14, p.438. 351, art. 18, p. 391.
̶ visite : D. 69-189, art. 13, p.335,
̶ personnes qualifiées : 64.
art. 31, p.330, art. 88, p.354,
̶ tribunal correctionnel : 443 s.
art.113-125, p.362-365.  V. Experts
̶ visiteurs de prisons : D. 69-189,
art. 168-169, p. 375.  V. Cadavre
Étranger
̶ citation (résidant à l’étranger) : Experts :
597. ̶ audience : 478,479.
̶ crime et délit commis à ̶ conclusions notifiées aux
l’étranger : 703-710. parties : 204.
̶ libération conditionnelle : D. 69- ̶ contre-expertise : 202-204,477.
189, art 174, p.376, art.175, ̶ délai : 198.
p.377. ̶ désignation : 194.
 V. extradition ̶ inculpé : 201.
̶ mission : 195.
Examen médical : ̶ parties (demandes des) : 202.
̶ mineur en garde à vue : 791. ̶ rapport : 203.
̶ mesure de garde à vue : 75, 98. ̶ scellés : 200.
̶ serment : 197.
Examen médico-
psychologique : 807. Exploit de commissaire de
justice :
 V. Citations
478
Extradition : Loi du 10/03/1927, ̶ citation : 586
p 283-296. ̶ révision (cas d'ouverture) : 637
̶ conditions : art. 1-8, p. 274-278. ̶ tribunal correctionnel : 465
̶ confrontations : art. 34, p.286 ̶ tribunal de police : 545
̶ effets : art. 21-35, p. 282-287. Fonctionnaires (crimes et
̶ notification (actes de procédure délits commis par certains) :
ou jugement) : art. 31, p. 294. 693-702
̶ objets saisis : art. 22, p. 291-
292. Force publique
̶ pièces à conviction : art 32, p. ̶ audience (troubles à I') : 309-
295. 310, 414-415.
̶ procédures accessoires : art 28- ̶ comparution du prévenu : 419.
35, p. 293-296. ̶ eaux et forêts : 36.
̶ procédure de droit ̶ juge d’instruction : 58, 122,128.
commun (voie diplomatique): ̶ mandats : 140,141.
art 9-18, 20, p. 287-290. ̶ officiers de police judiciaire : 29,
̶ procédure d’urgence : art 19, ̶ procureur de la République
20, p. 290-291. (réquisition) : 53, 190.
̶ renonciation : art 15, p. 289. ̶ procureur général (cour
̶ témoin (audition) : art 34, p. d'appel) : 46.
295. ̶ comparution du témoin : 313.
̶ exécution des sentences : 713.
~F~ ̶ appel à l’ordre public, D. 69-189,
art 65, p. 347.
Fait nouveau :
Frais de justice : Décret 76-315
 V. Révision
du 4 juin 1976 p. 383-428.
Faux : 648-652.
̶ acte descriptif : 649-650.
~G~
̶ action publique (Reprise) : 11.
̶ audience (cour ou tribunal) : Garde à vue :
652. ̶ agents de police judiciaire
̶ dépôt au greffe : 649, D. 76-315, (interdiction): 33.
art 11, p. 389. ̶ avocat (assistance) : 90-95.
̶ dépôt public : 648. ̶ commission rogatoire : 188-192.
̶ faux incident : 652. ̶ mineur : 790-793.
̶ pièces de comparaison : 650- ̶ notification des droits : 74.
651. ̶ officier de police judiciaire : 71-
̶ procès-verbaux : 442. 75.
̶ procureur de la république :
Faux témoignage :
479
 cessation de la mesure : 76. ̶ tribunal correctionnel : 408, 461,
 contrôle : 52-53. 510.
 prolongement de la mesure : ̶ tribunal de simple police : 532.
72, 191.
~H~
Gendarmerie :
̶ agents de police judiciaire : 32. Huis clos :
̶ contrôle judiciaire : 154 s. ̶ tribunal correctionnel : 410, 459
̶ établissement pénitentiaire ̶ tribunal criminel : 325
(évasion), D. 69-189, art 98, p.
351. Huissier (Commissaire de
̶ frais de justice, D. 76-315, art Justice) :
10, p. 282. ̶ tribunal criminel (refus de
̶ officier de police judiciaire : 27- comparaître) : 307
31. ̶ instruction (citation de témoin) :
122
Gouvernement (membres du) : ̶ mandat de comparution : 141
̶ déposition : 657-661. ̶ frais de justice : D. 76-315, art 2,
77-87, p. 362,389-392.
Greffiers :  V. Citations
̶ chambre de l'instruction : 227,
230, 231, 248. ~I~
̶ chambre d'appel
correctionnelle : 556, 564, 566, Infractions d'audience :
570. ̶ interdiction des appareils
̶ frais de justice : D.76-315, art 2, d’enregistrement : 296, 413.
31, 53 p.362, 375, 381; A. 272 ̶ jugement des infractions : 680-
du 17/07/1976, art 3, p. 430. 683.
̶ instruction :  contravention : 681.
 acte d’information : 98.  crime : 683.
 audition de témoin : 123.  délit : 682.
 ordonnance de règlement : ̶ troubles à l'audience :
217-218.  tribunal criminel : 309, 310.
 procès-verbaux : 125,126.  tribunal correctionnel : 414,
 rapport d’expertise (dépôt) : 415.
203.  tribunal de simple police : 545.
 serment des experts : 197.
 transport : 113,114. Infractions économiques et
̶ pourvoi en cassation : 613, 623- financières :
624.
480
 V. Pôle pénal économique et ̶ tribunal criminel :
financier  audience : 316.
 procédures préalables: 276-
Instruction : 288.
 V. Juge d’instruction
Intime conviction : 437.
 V. Chambre d’instruction
~J~
Interprète :
̶ honoraires et indemnités : D. Juge de l'application des
76-315, art 2, p. 384, art 25. peines :
p.394 ̶ désignation : 725 ; A.
̶ instruction : 444/MJ/DAP, du 21 mai 1969,
 audition de témoins : 123. p. 381.
 interrogatoire et confrontation : ̶ avis :
139.  grâce : D. 61-423, art. 11-6°, p.
 signature des procès-verbaux : 328.
125.  liberté conditionnelle (octroi) :
̶ tribunal correctionnel : 735. (révocation) : 738.
 prévenu sourd-muet : 418.  réhabilitation : 774.
 récusation : 417, al. 2.  semi-liberté : D. 69-189, art.
 témoin : 444. 25, p. 231.
 serment: 417,446, 447, 450, ̶ pouvoir de contrôle :
455, 456,458.  décision du chef de
̶ tribunal criminel : 279, 283, 332, l’établissement : D. 69-189, art.
333. 22, p. 336.
 Interrogatoire : 139.  visite : 732, D. 69-189, art.
 serment : 123. 111-112, p. 362.
 sourd-muet : 333. ̶ pouvoir de décision :
 autorisation spéciale de visite :
Interrogatoire :
D. 69-189, art. 31, p. 339.
̶ instruction :
 délivrance de permis de visite :
 conditions générales D. 69-189, art. 119, p. 364.
(formalités) : 135.
 mesure d’aménagement des
 première comparution : 133.
peines (ordonnance de
 procès-verbal : 139. permission de sortie) : D. 69-
 procureur de la république 189, art. 26, p. 338.
(présence) : 137.  mesure d’aménagement des
 urgence : 136. peines (mise en cellule) : D.
̶ tribunal correctionnel : 451. 69-189, art. 53, p. 345.
481
 suspension de l’exécution ̶ Indemnités : D. 76-315, art. 30,
(contrainte par corps) : 749. p. 397.
Juge d'instruction ̶ interdiction de communiquer (de
̶ appel des ordonnances : 219- visite) : 169.
222. ̶ interrogatoire de 1ère
̶ audition des témoins : 122-132. comparution : 133.
̶ casier judiciaire : 764. ̶ isolement : 170.
̶ compétence d’attribution ̶ mineur : 804, 812.
(généralités) : 56. ̶ nomination : 57.
̶ compétence territoriale : 59. ̶ nullité de l’information : 206.
̶ communication au procureur : ̶ perquisition : 116.
97. ̶ pluralité : 102.
̶ contrôle judiciaire : 154-161. ̶ préfet : 695.
 mainlevée : 158. ̶ récusation : 673.
 maintien : 160. ̶ règlement de juges : 664.
 placement sous contrôle : 154. ̶ renvoi : 668, 669.
̶ crimes et délits fragrants ̶ restitution : 120.
commis par des magistrats : ̶ reprise de l’information : 223,
684-692. 224.
̶ délinquance organisée : 644- ̶ saisie : 118.
646. ̶ transport : 113, 114.
̶ délivrance de copies du dossier ̶ ordonnances :
: 99.  de non-informer : 100.
̶ dessaisissement : 103.  de règlement : 209-218.
̶ détention préventive : 163-187,  fixation de consignation : 109.
718.  incompétence : 111.
̶ disjonction de procédure : circ.  recevabilité de la constitution
010, p. 462-453. de partie civile : 108.
̶ document découvert (fouille) : D. ̶ plainte avec constitution de
69-189, art. 44, p.342. partie civile : 106.
̶ enquête : 98. ̶ saisine : 58, 97, 101, 104.
̶ enquête de flagrance : 87. ̶ séparation des fonctions: 56
̶ escorte : 179. al.2.
̶ examen médical : 98. ̶ visite des établissements
̶ faux : 648-652 ; D. 76-315, art. pénitentiaires : 732 ; D. 69-189,
11, p. 389 art. 111, p. 362.
̶ frais de mise en fourrière : D. Jugement : 336-353, 484-510.
76-315, art. 51-52, p. 102. ̶ absolution : 492, 577.
̶ inculpation : 97. ̶ action civile :

482
 abus de constitution de partie ̶ juge de l'application des peines
civile : 496. (avis) : 735-738.
 dommages-intérêts : 486, 496. ̶ mesures d’assistance et de
 homicide et blessures contrôle : 736.
involontaires : 8. ̶ ministre de la Justice : 735
 provision : 486. ̶ réhabilitation : 769
̶ contravention : 490. ̶ révocation : 738
̶ contravention connexe : 491. Liberté (mise en) :
̶ dispositif : 509. ̶ acquittement (absolution) : 340.
̶ frais et dépens : 497-501 ̶ appel : 562, 220.
̶ lecture : 509. ̶ chambre d’instruction : 234,
̶ mandat de dépôt ou d'arrêt : 240, 248.
489. ̶ établissement pénitentiaire : D.
̶ minute : 510. 69-189, art. 5 s. p. 332.
̶ motifs : 509. ̶ extradition : L. du 10/03/1927,
̶ renvoi des fins de la poursuite : art. 20, 25 s. p. 290, 292.
494. ̶ juge d’instruction :
̶ restitutions : 503-508.  garde à vue : 191.
̶ supplément d'information : 485.  Ministère public : 185.
̶ tribunal de simple police :  nouveau mandat : 183.
 absolution : 551. ̶ mineurs en conflit avec la loi :
 action civile : 548 al. 2. Circ. n° 010/MJDH/CAB, p.449.
 frais et dépens : 552. ̶ surveillée (mineur) : 828.
 incompétence : 549. ̶ tribunal correctionnel : 489, 495.
 prononcé de la peine : 548.  V. Détention préventive
 renvoi des fins de la poursuite :
550.
Jugement par défaut : ~M~
 V. Défaut
Magistrat :
̶ crime et délits commis : 684-
~L~ 692.
̶ prise à partie : 152.
Libération conditionnelle : 734- ̶ récusation : 672-679.
738. ̶ suspicion légitime : 667, 669.
̶ conditions : 734.
̶ conditions particulières : 736. Maire :
̶ décision : 737. ̶ constat de séjour de témoin : D.
76-315, art 40, p.399.

483
̶ contrôle de la chambre Mineurs (enfance délinquante)
d’instruction (exclusion du) : :
255. ̶ casier judiciaire : 754-756,761.
̶ dispense de consignation : 618. ̶ contraventions : 829, 830.
̶ officier de police judiciaire : 27. ̶ juge des enfants : 806-816.
̶ signification d’acte : 593. ̶ liberté surveillée : 841-848.
̶ transmission des placards : D. ̶ mesures applicables :
76-315, art 103 p. 420.  mineurs de plus de treize ans :
Mandats : 825.
̶ chambre d'instruction : 229, 240.  mineurs de treize ans : 824.
̶ définitions : 140. ̶ mineurs en conflit avec la loi :
̶ écrou : 729, 730. Circ. 010/MJDH/CAB du 26
̶ exécution : 141, 142. septembre 2017, p. 449-454.
̶ formes : 141. ̶ placement et mesures
̶ heures légales : 150. d’assistance éducative : D.82-
̶ inobservation des formalités : 334, p. 434-439.
152. ̶ poursuites : 787-804.
̶ mandat d'amener : 144-147. ̶ tribunal criminel pour mineurs :
̶ mandat d'arrêt : 148-150. 817-828.
̶ mandat de comparution : 141. ̶ tribunal pour enfants : 821-830.
̶ mandat de dépôt : 151-229. Mineurs (victimes) : 784-786.
̶ tribunal correctionnel : 489. ̶ délai de prescription : 784.
Mesures conservatoires : 504. ̶ exercice des droits de partie
civile au nom de l’enfant : 785.
Mineurs (exclusion) : ̶ infractions sexuelles :
̶ casier judiciaire (suppression de  tuteur ad-hoc : 785.
fiche) : 756.  audition : 786.
̶ citation directe (exclue) : 530. Ministère public : 42-48.
̶ consignation (dispense) : 618. ̶ action publique (exercice) : 42.
̶ contrainte par corps (exclue) : ̶ acte de soustraction de biens
742. mis sous séquestre : L. 109 du
̶ détention : V. décret n° 69-189 19/01/1942, art 8, p. 306, art
du 14 mai 1969, 33-36. 13, p. 307/
̶ procédure de flagrance (exclue) ̶ appel
: 86.  jugements correctionnels : 558.
̶ tribunal correctionnel (accès à la  jugements de simple police :
salle d'audience) : 412. 581.
̶ tribunal criminel : (accès à la ̶ assistance aux débats : 43.
salle d’audience) : 294. ̶ chambre d’instruction : 227.

484
̶ chambre des appels ̶ ordonnance : 112.
correctionnels : 570. Notes d'audience : 321, 330,
̶ cour de cassation : 628, 629. 352, 461, 465, 481 ; D. 76-315,
̶ établissements pénitentiaires art. 60, p. 406.
(visite) : 732.
̶ exécution des décisions : 43. Nullités de procédure :
̶ exécution des sentences ̶ devant la chambre d’instruction :
pénales : 711-716. 239, 247, 250.
̶ infractions commises à ̶ exceptions tirées d'une nullité :
l'étranger : 705, 710. 392
̶ observations orales : 44. ̶ extradition : L. du 10/03/1927,
̶ renvoi à un autre tribunal : 667- art 23, p. 292.
671. ̶ gardes particuliers assermentés
̶ réquisitions écrites : 44. (procès-verbaux) : 41.
 V. Procureur de la ̶ juge d'instruction
République, (incompatibilité) : 56.
 V. Procureur Général près la ̶ jugement annulé (chambre des
Cour d’appel appels correctionnels) : 580.
̶ moyens devant la chambre
Ministre de la Justice : d’instruction : 631.
̶ attributions : 47. ̶ nullités de l'information : 205-
̶ casier judiciaire : 757. 208.
̶ octroi de la libération
conditionnelle : 735. ~O~
̶ révocation de la liberté
conditionnelle : 738. Officiers de police judiciaire :
̶ pourvoi dans l'intérêt de la loi : 27 s.
634. ̶ commission rogatoire : 30.
̶ renvoi pour cause de sûreté ̶ compétence matérielle : 25, 29.
publique : 670. ̶ compétence territoriale : 30.
̶ contrôle : 255-261.
~N~ ̶ crimes et délits (commis par) :
701, 702.
Non-lieu : ̶ qualité : 27.
̶ arrêt : 244. ̶ suspension : 28.
̶ dommages-intérêts (action en) : Opposition :
112. ̶ opposition (jugement par défaut)
̶ non-lieu partiel (ordonnance de) : 514.
: 91.

485
 citation non-délivrée à  domicile : 63, 67, 116, 117.
personne : 423.  lieu : 115, 115, 117.
 civilement responsable, 518.  public : 68 al. 2
 délai (signification à ̶ modalités : 67.
personne) : 516. ̶ officiers de police judiciaire : 63
 délai de comparution : 517. s.
 non comparution : 511. ̶ procès-verbal : 63.
 partie civile : 515. ̶ saisies et scellés : 65.
 Tribunal correctionnel : ̶ secret professionnel (respect) :
 signification : 513. 65, 117.
̶ en matière de lutte contre la
~P~ criminalité : L. 96-765, p. 306.
Photographie : 66, 94, 117, D.
Partie civile : 76-315, art. 23, p. 394.
 V. Action civile
Plaintes :
Peine : ̶ constitution de partie civile : 106
̶ dispense: Cf. C. pen. art. 130- s.
134, (CNDJ Ed 2020). ̶ contre officier de police : 527.
̶ exécution : ̶ réception :
 peines privatives de liberté :  officier de police judiciaire : 29.
721-728 ; D. 69-189, p. 330.  procureur de la république : 51.
̶ prononcé : Cf. C. pén. art. 41- ̶ retrait : 11.
77, (CNDJ Ed. 2020). ̶ victime : 29.
 V. Amendes Pôle pénal économique et
 Contrainte par corps financier : L. 2022-193, p. 315.
̶ attributions : L. 2022-193, art. 1,
Perquisition : 3, 5 p.316.
̶ crimes et délits flagrants : 56. ̶ compétence territoriale: L. 2022-
̶ divulgation de documents : 70. 193, art. 2, p.316.
̶ enquête de flagrance : 77, 80. ̶ composition : L. 2022-193, art.
̶ heures légales : 6-8, p.318.
̶ domaines : L. 2022-193, art. 4,
 jour ou nuit : 68.
p.450.
 nuit : 68 al.1.
̶ primes spéciales : L. 2022-193,
̶ instruction : 115 s.
art. 14, p.320.
 cabinets ou études (avocat,
̶ procédure : L. 2022-193, art. 11-
médecin, officier public et
13, p.319.
ministériel) : 69.
 divulgation : 119. Police judiciaire : 23-41.
486
̶ agents de police judiciaire : Premier président de la cour
 placement en garde à vue d'appel :
(Interdiction de): 3. ̶ tribunal criminel :
 missions : 33.  assesseurs : 271.
 qualité : 32.  tenue des sessions : 264, 265.
 V. officiers de police judiciaire Prescription
̶ action civile : 19.
̶ attributions : 25.
̶ action publique : 6-10.
 V. commission rogatoire
 contravention : 12, al.5.
̶ composition : 26.  crime : 12, al.1.
̶ contrôle : 28, 255-261.  délit : 12, al.4.
̶ direction : 60.  point de départ : 12, al.2.
̶ inspecteurs et agents ̶ crimes contre l'humanité, crimes
assermentés des eaux et forêts de guerre, génocide
: 34-39. (imprescriptible) : 12, al.3.
̶ enquête de flagrance : 77-89. ̶ extradition : Loi du 10 mars
̶ enquête préliminaire : 60-76. 1927 relative à l’extradition des
̶ fonctionnaires et agents chargés étrangers, art. 5-5°, p.286.
de certaines fonctions de police ̶ peine :
judiciaire : 34-40.  contrainte par corps : 749.
̶ gardes particuliers assermentés  contumace : 358.
: 41.  délai : 517.
Pourvoi dans l'intérêt de la loi :  paiement des condamnations
633, 634-636. pécuniaires : 771.
 réhabilitation : 767-770.
Préfet :  révision : 640.
̶ casier judiciaire (délivrance du ̶ protection des mineurs : 784.
bulletin n° 2) : 762. ̶ révision : 640.
̶ crimes et délits (commis par) : ̶ Suspension des délais : Loi n°
693-700. 96-670, p. 323.
̶ instruction de service (force
Preuves :
publique) : D. 69-189, art. 65, p.
̶ recherche (police judiciaire) : 25,
440.
63, 80.
̶ visite de contrôle
̶ tribunal correctionnel ; 437-465.
(établissements pénitentiaires) :
̶ tribunal criminel : 311-335.
D. 69-189, art 111, 112, p. 362.
̶ tribunal de police : 545, 546.
Prise à partie : 152.

487
Prise de corps :  attribution : 51, 52.
̶ ordonnance du président du  territoriale : 54.
tribunal criminel : 277.  V. Crimes flagrants
̶ établissements pénitentiaires :
729, 730, D. 69-189 art. 5, p.  V. Enquête préliminaire
392 ; art.88, p. 354 ; art.89, 91,
̶ faux : 648.
p.346.
̶ force publique (réquisition) : 53.
Principes directeurs :  V. Ministère public
̶ administration stricte des
mesures de contrainte : 3. Procureur général près la cour
̶ délai raisonnable : 5 al.1. d'appel :
̶ double degré de juridiction : 5 ̶ appel
al.2.  jugements correctionnels : 558.
̶ équité et du contradictoire : 4  jugement du tribunal criminel :
al.2. 363.
̶ présomption d’innocence : 2.  jugements de police : 583.
̶ séparation des fonctions : 1.  ordonnances du juge
Procès-verbaux : d'instruction : 219.
̶ commission rogatoire : 191. ̶ attributions : 45-49
̶ contraventions : 546. ̶ chambre d'instruction :
̶ copie (tribunal criminel) : 286.  apport de pièces : 228.
̶ eaux et forêts : 35.  avis des arrêts : 249.
̶ garde à vue : 91.  charges nouvelles : 229.
̶ gardes particuliers assermentés  communication de la
: 41. procédure : 238.
̶ inscription de faux : 442.  V. Ministère public
̶ officiers de police judiciaire : 31.
̶ transaction : 14,15, 16. Procureur général près la Cour
̶ transmission au procureur : 51. de cassation :
̶ transport : 85, 113, 114.  V. pourvoi dans l'intérêt de la loi
̶ tribunal correctionnel : 439, 440.
Procureur de la République : Prisons :
̶ appel :  V. Établissements pénitentiaires
 jugements de simple police :
581.
~R~
 matière correctionnelle : 558.
 ordonnances du juge
Récusation :
d'instruction : 219.
̶ association : 672-2°.
̶ compétence :
488
̶ interprète : ̶ incarcération (d’) : D. 69-189,
 tribunal criminel : 332. art. 5, p 332.
 tribunal correctionnel : 417. ̶ introductif : 97, 100, 107.
̶ juge : 672-679. ̶ nominatif : 97.
̶ ministère public (irrécusable) : ̶ non-informer (de) : 107.
673. ̶ personne non dénommée : 80.
̶ supplétif : 97, 100.
Règlement de juges : 662-666.
Restitution
Réhabilitation : 765-782. ̶ chambre d’instruction : 244.
̶ casier judiciaire : 755, 761, 764. ̶ cour d’appel : 508.
̶ réhabilitation de droit : 766, 767. ̶ cour de cassation : 610.
̶ réhabilitation judiciaire : ̶ juge d’instruction : 121, 211.
 conditions : 768. ̶ procureur de la république : 51.
 délai : 769. ̶ tribunal correctionnel : 502-507.
 demande : 773. ̶ tribunal criminel : 347.
 effets : 782. ̶ tribunal de simple police : 552.
 mention en marge : 781. Révision : 637-641.
 paiement des frais : 771. ̶ cas : 637.
 pourvoi : 779. ̶ droit de demander : 638.
 procédure : 774-777. ̶ examen au fond : 640.
 récidiviste : 770. ̶ fait nouveau : 637-5°.
 rejet : 780. ̶ indemnité : 641.
 services éminents au pays : ̶ publicité : 641.
772. ̶ recevabilité : 640.
̶ suspension de l’exécution : 639.
Relaxe :
̶ chambre des appels
~S~
correctionnels : 576.
̶ tribunal correctionnel : 494.
Saisie :
̶ tribunal de simple police : 550.
̶ crime flagrant : 78, 80.
Renvoi d'un tribunal à un autre ̶ enquête préliminaire : 65.
: 667-671.  V. Restitution

Réquisition (écrite) : 47, 158, Scellés :


173, 480. ̶ enquête : 65.
̶ experts : 200, 203.
Réquisitoire : ̶ instruction (saisie) : 118.
̶ définitif : 209.
Secret de l'instruction : 22.

489
Serment :  interprète : 332.
̶ expert : 197.  liste signifiée : 288.
̶ interprète :  non-comparution : 313, 314.
 juge d’instruction : 123.  opposition (audition) : 318.
 tribunal correctionnel : 417.  opposition (serment) : 324.
 tribunal criminel : 332.  pièces à conviction : 329.
̶ témoin  pouvoir discrétionnaire : 298.
 juge d’instruction : 124,127,  prohibitions : 323.
128,190.  questions : 320.
 tribunal correctionnel : 446,  serment : 319.
447, 450, 455-458.  sourd-muet : 333.
 tribunal criminel : 319, 323, ̶ indemnités : D. 76-315, art. 29-
324. 43 p. 396-400.
 tribunal de police : 545. ̶ instruction 122-132.
Significations :  audition : 123.
 V. Citations  citation 122.
 commission
Supplément d'information :  rogatoire : 190.
̶ chambre d’instruction : 241.  contrainte : 129.
 président de la chambre  interprète : 123.
d’instruction: 234, 238, 241.  mineurs : 127.
̶ tribunal criminel : 290.  pénalités (défaut) : 128.
̶ tribunal correctionnel. 466, 485.  perquisition : 67.
̶ tribunal de simple police : 547.  procès-verbaux : 125, 126.
̶ tribunal pour enfants : 822.  refus de répondre : 130.
Suspicion légitime :  serment : 124.
 V. Magistrat  transport du juge : 131.
̶ tribunal correctionnel :
 citation : 444.
~T~  chambre des témoins : 445.
 dénonciation : 459.
Témoins :  déposition : 453, 460.
̶ tribunal criminel :  déposition fausse : 465.
 appel : 311.  identité : 454.
 audition : 317.  mineurs : 456
 chambre des témoins : 312.  non-comparution : 447-450.
 dénonciation : 325.  notes d'audience : 461.
 déposition fausse : 330.  obligations : 446.

490
 pièces à conviction : 463. ̶ domicile : 80.
 prohibitions : 457, 458.  ressorts limitrophes : 85.
 questions : 462. ̶ juge d’instruction : 113, 114,
 serment : 455, 458. 131.
 sourd-muet : 452. ̶ tribunal correctionnel : 464.
̶ tribunal de simple police : 545, Travail d'intérêt général :
546.
 Cf. Code pénal 55-58.
 V Déposition
CNDJ (Ed 2020)

Transaction
Tribunal correctionnel :
̶ action civile (extinction) : 18.
̶ audience :
̶ action publique (extinction) : 11.
 audience de renvoi : 483
̶ assistance : 14.
 huis clos : 410
̶ casiers judiciaire : 754.
 nombre et fixations : 401
̶ définition : 14.
̶ domaine : 13.  police de l'audience : 411-415
̶ dommages-intérêts : 18.  publicité : 410
̶ effets : 14. ̶ aveu : 438
̶ frais et dépens envers l’Etat : ̶ chambre d'instruction (renvoi) :
497. 245
̶ procès-verbal : ̶ compétence matérielle : 389,
 établissement : 14. 390 al. 3.
̶ compétence personnelle
 transmission : 39.
(auteurs et complices) : 391.
̶ procureur de la république : 14,
̶ compétence territoriale : 390.
51.
̶ composition : 408.
̶ refus de transiger : 18.
̶ relaxe : 494. ̶ conclusions : 481.
̶ connexité : 395.
̶ saisie : 14.
̶ constitution de partie civile :
̶ victime (avis et observations) :
428-436.
14.
̶ comparution : 416-427.
Transport sur les lieux :  prévenu détenu : 419.
̶ enquête préliminaire :
 prévenu non détenu : 420-423.
 eaux et forêts : 35. ̶ continuation (renvoi en) : 483.
 officier de police judiciaire : 63. ̶ conseil : 427.
̶ commissaire de justice : 591. ̶ débats : 416-483
̶ crimes flagrants : ̶ exceptions :
 cadavre (découverte de) : 89.  compétence : 392.
 officier de police judiciaire :  préjudicielle : 386, 396.
̶ lieu du crime : 78. ̶ expertise : 443.
491
̶ impossibilité de comparaître : ̶ discussion par les parties : 545,
426. 480- 483.
̶ interprète : 417. ̶ exception préjudicielle : 393,
̶ inscription de faux : 442. 394.
̶ intime conviction : 437. ̶ excuse absolutoire : 551.
̶ itératif défaut : 519-520 ̶ frais de justice et dépens : 552.
̶ jugement : 484-510 ̶ incompétence : 549.
 dispositif : 509 ̶ instruction définitive : 545-546.
 excuse absolutoire : 492 ̶ juge d'instruction (ordonnance
 frais et dépens : 473-477 de renvoi) : 212, 214.
 mandats : 497, 498, 501. ̶ jugement : 548-552.
 minute : 510. ̶ jugement par défaut : 553, 554,
 mise en liberté : 495. 511-513.
 motifs : 509. ̶ opposition : 554, 514-520.
̶ partie civile : 545.
 prononcé : 486.
̶ peine : 548.
 relaxe : 494.
̶ police de l'audience : 545.
̶ opposition : 514-518.
̶ preuve : 545, 546.
̶ ordonnance de renvoi : 213,
̶ publicité des débats : 545.
214.
̶ règlement de juges : 663, 664.
̶ parole (tour de) : 482.
̶ renvoi des fins de la poursuite :
̶ pièces à conviction : 463.
550.
̶ procès-verbaux : 4396441
̶ saisine : 543-544.
̶ règlements de juges : 663, 664.
̶ supplément d'information : 547.
̶ réquisitions : 480.
 V. Amende forfaitaire.
̶ saisine : 396.
̶ témoin : 444-465
Tribunal de simple police :
̶ appel : 581-584. Usurpation d'état civil : 764
 délai : 582.
 forme : 582. ~V~
 jugements susceptibles : 581.
 procureur général : 581, 583. Victimes :
̶ avertissement (du ministère  V. Plainte
public) : 543.
 V. Partie civile
̶ comparution du contrevenant :
535.
Visite domiciliaire :
̶ comparution volontaire : 545.
̶ crimes et délits flagrants : 80.
̶ compétence : 531, 532, 533,
̶ enquête préliminaire : 67, 68.
391-395.
̶ instruction : 115, 116, 117, 119.
492
̶ lutte contre la criminalité : L. 96-  V. Perquisition.
765, art. 1, 2, 4, p. 313.

493
TABLE DES MATIERES

CODE DE PROCEDURE PENALE .............................................................. 2


I - PARTIE LEGISLATIVE ............................................................................ 6
A - LOI N° 2018-975 DU 27 DECEMBRE 2018 PORTANT CODE DE
PROCEDURE PENALE ................................................................................ 7
LIVRE PREMIER - DISPOSITIONS PRELIMINAIRES ................................. 8
TITRE PREMIER - PRINCIPES DIRECTEURS ....................................... 9
TITRE II - DISPOSITIONS GENERALES .............................................. 10
LIVRE II - EXERCICE DE L’ACTION PUBLIQUE ET INSTRUCTION ....... 17
TITRE PREMIER - AUTORITES CHARGEES DE L’ACTION
PUBLIQUE ET DE L’INSTRUCTION ..................................................... 18
CHAPITRE PREMIER- POLICE JUDICIAIRE ................................... 18
Section première - Dispositions générales .................................... 18
Section 2 - Officiers de police judiciaire ........................................ 19
Section 3 - Agents de police judiciaire .......................................... 21
Section 4 - Fonctionnaires et agents chargés de certaines
fonctions de police judiciaire ...................................................... 22
Paragraphe premier - Inspecteurs et agents assermentés
des Eaux et Forêts ................................................................... 22
Paragraphe 2- Fonctionnaires et agents des administrations
et services publics .................................................................... 23
Paragraphe 3 - Gardes particuliers assermentés ..................... 23
CHAPITRE 2 - MINISTERE PUBLIC ................................................. 24
Section première - Dispositions générales .................................... 24
Section 2 - Attributions du procureur général près la Cour
d'Appel ....................................................................................... 24
Section 3 - Attributions du procureur de la République ................. 25
CHAPITRE 3 - JUGE D’INSTRUCTION ............................................ 27
TITRE II - ENQUETES ........................................................................... 28
CHAPITRE PREMIER - DISPOSITIONS COMMUNES AUX
ENQUETES ..................................................................................... 28
CHAPITRE 2 - DISPOSITIONS SPECIFIQUES A L’ENQUETE
DE FLAGRANCE ............................................................................. 35
CHAPITRE 3 - INTERVENTION DES AVOCATS AU COURS DE
L’ENQUETE ..................................................................................... 39
TITRE III - JURIDICTIONS D’INSTRUCTION ........................................ 41
CHAPITRE PREMIER - JUGE D’INSTRUCTION : JURIDICTION
D’INSTRUCTION DU PREMIER DEGRE ........................................ 41
Section première - Dispositions générales .................................... 41
Section 2 - Constitution de partie civile et ses effets ..................... 46
Section 3 - Transports, perquisitions et saisies ............................. 49
Section 4 - Auditions de témoins................................................... 52
Section 5 -Interrogatoires et confrontations .................................. 55
Section 6 - Mandats et exécution des mandats ............................ 58
Section 7 - Mesures restrictives de liberté .................................... 64
494
Section 8 - Commissions rogatoires ............................................. 80
Section 9 - Expertise ..................................................................... 82
Section 10 - Nullités de l’information ............................................. 86
Section 11 - Ordonnances de règlement ...................................... 87
Section 12 - Appel des ordonnances du juge d’instruction ........... 91
Section 13 - Reprise de l’information sur charges nouvelles ........ 93
CHAPITRE 2 - CHAMBRE D’INSTRUCTION : JURIDICTION
D’INSTRUCTION DU SECOND DEGRE ......................................... 94
Section première - Dispositions générales .................................... 94
Section 2 - Pouvoirs du Président de la Chambre d’instruction .. 101
Section 3 - Contrôle de l’activité des officiers de police
judiciaire ................................................................................... 102
LIVRE III - JURIDICTIONS DE JUGEMENT ............................................ 104
TITRE PREMIER - JUGEMENT DES CRIMES.................................... 105
CHAPITRE PREMIER - COMPETENCE DES JURIDICTIONS
CRIMINELLES ............................................................................... 105
CHAPITRE 2 - TRIBUNAL CRIMINEL ............................................. 105
Section première - Tenue des sessions de jugement des
affaires criminelles.................................................................... 105
Section 2 - Composition du tribunal criminel ............................... 106
Section 3 - Procédure préparatoire à la session de jugement
des crimes ................................................................................ 108
Paragraphe premier - Actes obligatoires ................................ 108
Paragraphe 2 - Actes facultatifs ou exceptionnels .................. 111
Section 4 - Débats ...................................................................... 112
Paragraphe premier - Dispositions générales ........................ 112
Paragraphe 2 - Comparution de l'accusé ............................... 115
Paragraphe 3 - Production et discussion des preuves ........... 116
Section 5 - Jugement .................................................................. 123
Paragraphe premier - Décision sur l’action publique .............. 124
Paragraphe 2 - Décision sur l’action civile .............................. 126
Paragraphe 3 - Jugement et procès-verbal ............................ 127
CHAPITRE 3 - CONTUMACE.......................................................... 128
CHAPITRE 4 - CHAMBRE CRIMINELLE DE LA COUR D’APPEL.. 131
Section première - Appel ............................................................ 131
Section 2 - Compétence de la Chambre criminelle de la Cour
d’Appel ..................................................................................... 133
Section 3 - Composition de la Chambre criminelle de la Cour
d’Appel ..................................................................................... 134
Section 4 - Procédure préparatoire au jugement devant la
Chambre criminelle de la Cour d’Appel .................................... 135
Section 5 - Procédure devant la Chambre criminelle de la Cour
d’Appel ..................................................................................... 136
Section 6 - Jugement .................................................................. 136
TITRE II - JUGEMENT DES DELITS ET DES CONTRAVENTIONS... 137
CHAPITRE PREMIER - TRIBUNAL CORRECTIONNEL ................. 137
495
Section première- Compétence et saisine du tribunal
correctionnel ............................................................................. 137
Paragraphe premier - Dispositions générales ........................ 137
Paragraphe 2 - Flagrant délit .................................................. 141
Section 2 - Composition du tribunal et tenue des audiences ...... 143
Section 3 - Publicité et police de l’audience ................................ 144
Section 4 - Débats ...................................................................... 145
Paragraphe premier - Comparution du prévenu ..................... 145
Paragraphe 2 - Constitution de la partie civile et de ses
effets....................................................................................... 149
Paragraphe 3 - Administration de la preuve ........................... 150
Paragraphe 4 - Nullité des actes devant la juridiction de
jugement................................................................................. 157
Paragraphe 5 - Expertise devant les tribunaux....................... 158
Paragraphe 6 - Discussion par les parties .............................. 162
Section 5 - Jugement .................................................................. 163
Section 6 - Jugement par défaut et opposition ............................ 171
Paragraphe premier - Défaut .................................................. 171
Paragraphe 2 - Opposition ..................................................... 172
Paragraphe 3 - Itératif défaut.................................................. 173
CHAPITRE 2 - DE LA COMPARUTION SUR
RECONNAISSANCE PREALABLE DE CULPABILITE .................. 174
CHAPITRE 3 - TRIBUNAL DE SIMPLE POLICE ............................. 178
Section première - Compétence du tribunal de simple police. .... 178
Section 2 - Amende de composition ........................................... 179
Section 3 - Saisine du tribunal de simple police .......................... 180
Section 4 - Instruction devant le tribunal de simple police .......... 181
Section 5 - Jugement par défaut et opposition ............................ 183
TITRE III - COUR D’APPEL EN MATIERE CORRECTIONNELLE
ET CONTRAVENTIONNELLE ............................................................. 183
CHAPITRE PREMIER - APPEL DES JUGEMENTS
CORRECTIONNELS ..................................................................... 183
Section première - Exercice du droit d’appel .............................. 183
Section 2 - Chambre des appels correctionnels.......................... 189
Paragraphe premier - Composition de la chambre des
appels correctionnels ............................................................. 189
Paragraphe 2 - Procédure devant la chambre des appels
correctionnels ......................................................................... 189
CHAPITRE 2 - APPEL DES JUGEMENTS DE SIMPLE POLICE.... 191
TITRE IV - CITATIONS ET SIGNIFICATIONS ..................................... 193
LIVRE IV - VOIES DE RECOURS EXTRAORDINAIRES ......................... 199
TITRE PREMIER - POURVOI EN CASSATION .................................. 200
CHAPITRE PREMIER - CONDITIONS DU POURVOI .................... 200
CHAPITRE 2 - FORMES DU POURVOI .......................................... 203
CHAPITRE 3 - OUVERTURES A CASSATION ............................... 206
CHAPITRE 4 - POURVOI DANS L’INTERET DE LA LOI ................ 208
496
TITRE II - DEMANDES EN REVISION ................................................ 209
LIVRE V - PROCEDURES PARTICULIERES .......................................... 213
TITRE PREMIER - PROCEDURE APPLICABLE A LA
CRIMINALITE ET A LA DELINQUANCE ORGANISEES .................. 214
TITRE II - FAUX ................................................................................... 216
TITRE III - MANIERE DE PROCEDER EN CAS DE DISPARITION
DES PIECES D’UNE PROCEDURE .................................................... 218
TITRE IV - DEPOSITIONS DES MEMBRES DU GOUVERNEMENT
ET DES REPRESENTANTS DES PUISSANCES ETRANGERES...... 219
TITRE V - REGLEMENTS DE JUGES ................................................. 220
TITRE VI - RENVOIS D'UN TRIBUNAL A UN AUTRE ........................ 221
TITRE VII - RECUSATION ................................................................... 223
TITRE VIII - JUGEMENT DES INFRACTIONS COMMISES A
L'AUDIENCE DES COURS D’APPEL ET DES TRIBUNAUX ............. 225
TITRE IX - CRIMES ET DELITS COMMIS PAR DES MAGISTRATS . 227
TITRE X - CRIMES ET DELITS COMMIS PAR CERTAINS
FONCTIONNAIRES ............................................................................. 229
CHAPITRE PREMIER - CRIMES ET DELITS COMMIS PAR DES
MEMBRES DU CORPS PREFECTORAL...................................... 229
CHAPITRE 2 - CRIMES ET DELITS COMMIS PAR DES
OFFICIERS DE POLICE JUDICIAIRE ........................................... 231
TITRE XI - CRIMES ET DELITS COMMIS A L’ETRANGER ............... 232
LIVRE VI - PROCEDURES D'EXECUTION.............................................. 234
TITRE I - EXECUTION DES SENTENCES PENALES ........................ 235
TITRE II - DETENTION ........................................................................ 236
CHAPITRE PREMIER - EXECUTION DE LA DETENTION
PREVENTIVE ................................................................................ 236
CHAPITRE 2 - EXECUTION DES PEINES PRIVATIVES DE
LIBERTE ........................................................................................ 237
CHAPITRE 3 - DISPOSITIONS COMMUNES AUX DIFFERENTS
ETABLISSEMENTS PENITENTIAIRES ........................................ 239
TITRE III - LIBERATION CONDITIONNELLE ..................................... 241
TITRE IV - RECONNAISSANCE DE L’IDENTITE DES
PERSONNES CONDAMNEES ............................................................ 243
TITRE V - RECOUVREMENT DES CONDAMNATIONS
PECUNIAIRES ET CONTRAINTE PAR CORPS ................................. 243
TITRE VI - CASIER JUDICIAIRE ......................................................... 248
TITRE VII - REHABILITATION DES CONDAMNES ............................ 253
TITRE VIII - DISPOSITIONS SPECIFIQUES APPLICABLES AU
MINEUR ............................................................................................... 258
CHAPITRE PREMIER - PROTECTION DES MINEURS
VICTIMES OU TEMOINS .............................................................. 258
CHAPITRE 2 - DISPOSITIONS APPLICABLES AU MINEUR
AUQUEL EST IMPUTEE UNE INFRACTION ................................ 259
Section première - Poursuites ..................................................... 259
Section 2 - Juge des enfants ...................................................... 265
497
Section 3 - Tribunal criminel pour mineurs .................................. 269
Section 4 - Tribunal pour enfants ................................................ 271
Section 5 - Contraventions .......................................................... 274
Section 6 - Voies de recours ....................................................... 274
Section 7 - Liberté surveillée ....................................................... 277
CHAPITRE 3 - DISPOSITIONS DIVERSES .................................... 280
TITRE IX - FRAIS DE JUSTICE ........................................................... 281
TITRE X - DISPOSITIONS FINALES ................................................... 281
B - PROCEDURES PENALES SPECIALES ............................................ 282
1 - LA LOI DU 10 MARS 1927 RELATIVE A L’EXTRADITION DES
ETRANGERS ............................................................................................ 283
TITRE PREMIER - DES CONDITIONS DE L’EXTRADITION ............. 284
TITRE II - DE LA PROCEDURE DE L’EXTRADITION ........................ 287
TITRE III - DES EFFETS DE L’EXTRADITION.................................... 291
TITRE IV - DE QUELQUES PROCEDURES ACCESSOIRES ............ 293
2 - LOI N° 109 DU 19 JANVIER 1942 RELATIVE AUX BIENS MIS
SOUS SEQUESTRE EN CONSEQUENCE D’UNE MESURE DE
SURETE GENERALE ............................................................................... 297
TITRE PREMIER - DECLARATION DES BIENS SEQUESTRES ....... 298
TITRE II - NULLITE DES ACTES ........................................................ 300
TITRE III - BIENS INDIVIS ................................................................... 301
TITRE IV - REGLEMENT DU PASSIF ................................................. 302
TITRE V - DISPOSITIONS DIVERSES ................................................ 302
3- LOI N° 90-1531 DU 07 NOVEMBRE 1990 PORTANT TRANSFERT
DES COMPETENCES DE LA COUR DE SURETE DE L'ETAT AUX
JURIDICTIONS DE DROIT COMMUN. .................................................... 304
4 - LOI N° 96-765 DU 3 OCTOBRE 1996 RELATIVE AUX
PERQUISITIONS EN MATIERE DE LUTTE CONTRE LA
CRIMINALITE ........................................................................................... 306
5- LOI N° 2021-894 DU 21 DECEMBRE 2021 RELATIVE AUX
MESURES DE PROTECTION DES VICTIMES DE VIOLENCES
DOMESTIQUES, DE VIOL ET DE VIOLENCES SEXUELLES
AUTRES QUE DOMESTIQUES ............................................................... 308
6- LOI N° 2022-193 DU 11 MARS 2022 PORTANT CREATION,
COMPETENCE, ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DU POLE
PENAL ECONOMIQUE ET FINANCIER ................................................. 315
CHAPITRE PREMIER - CREATION ................................................ 316
CHAPITRE 2 - COMPETENCE ....................................................... 316
CHAPITRE 3 - ORGANISATION ..................................................... 318
CHAPITRE 4 - FONCTIONNEMENT ............................................... 319
CHAPITRE 5 - DISPOSITIONS TRANSITOIRE ET FINALE ........... 320
C - AUTRES LOIS .................................................................................... 321
LOI N° 96-670 DU 29 AOUT 1996 PORTANT SUSPENSION DES
DELAIS DE SAISINE, DE PRESCRIPTION, DE PEREMPTION
D'INSTANCE, D'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS ET

498
D'EXECUTION DANS TOUTES LES PROCEDURES JUDICIAIRES,
CONTENTIEUSES OU NON CONTENTIEUSES ..................................... 322
II - PARTIE REGLEMENTAIRE ................................................................ 324
1 - DECRET N° 61-423 DU 29 DECEMBRE 1961 FIXANT LES
MODALITES DE L’EXERCICE DU DROIT DE GRACE........................... 325
2 - DECRET N°69-189 DU 14 MAI 1969 PORTANT
REGLEMENTATION DES ETABLISSEMENTS PENITENTIAIRES ET
FIXANT LES MODALITES D’EXECUTION DES PEINES PRIVATIVES
DE LIBERTE ............................................................................................. 330
CHAPITRE PREMIER - DISPOSITIONS GENERALES .................. 331
CHAPITRE 2 - REGIMES DE DETENTION..................................... 333
Section première - Prévenus ...................................................... 334
Section 2 - Contraignables et condamnés à l’emprisonnement
de simple police........................................................................ 335
Section 3 - Condamnés pour crimes et délits ............................. 335
Section 4 - Condamnés à mort ................................................... 338
Section 5 - Les mineurs .............................................................. 340
CHAPITRE 3 - DISCIPLINE ET SECURITE .................................... 341
Section première - Police intérieure ............................................ 341
Section 2 - Punitions et récompenses......................................... 345
Section 3 - Sécurité des prisons ................................................. 347
Section 4 - Discipline du personnel de surveillance .................... 349
CHAPITRE 4 - LE TRAVAIL DES DETENUS .................................. 350
Section première - Généralités ................................................... 350
Section 2 - Les diverses modalités du travail .............................. 350
Section 3 - Régime juridique et rémunération du travail ............ 352
CHAPITRE 5 - FONCTIONNEMENT DES GREFFES ..................... 354
Section première - Tenue des registres ...................................... 354
Section 2 - Dossier individuel ...................................................... 357
Section 3 - Comptes rendus divers ............................................. 358
Section 4 - Mouvements de détenus ........................................... 359
Section 5 - Règlement intérieur................................................... 361
CHAPITRE 6 - RELATIONS AVEC L’EXTERIEUR ......................... 362
Section première - Visites de contrôle des Autorités................... 362
Section 2 - Visites diverses ......................................................... 362
Section 3 - Visites des parents.................................................... 363
Section 4 - Correspondances...................................................... 365
Section 5 - Colis .......................................................................... 365
CHAPITRE 7 - GESTION DES BIENS ET ENTRETIEN DES
DETENUS ...................................................................................... 366
Section première - Pécule et biens du détenu ............................ 366
Section 2 - Valeurs hors pécule .................................................. 368
Section 3 - Entretien des détenus ............................................... 369
CHAPITRE 8 - HYGIENE, SOINS MEDICAUX ET ASSISTANCE
AUX DETENUS ............................................................................. 370
Section première - Hygiène ........................................................ 370
499
Section 2 - Assistance aux détenus ............................................ 374
CHAPITRE 9 - LIBERATION CONDITIONNELLE ........................... 375
Section première - Les modalités de la libération conditionnelle. 376
Section 2 - La révocation de la libération conditionnelle ............. 378
CHAPITRE 10 - DISPOSITIONS FINALES ..................................... 378
3 - ARRETE PORTANT MODALITES D’APPLICATION DU DECRET
N° 69-189 DU 14 MAI 1969 ...................................................................... 380
4 - DECRET N° 76-315 DU 4 JUIN 1976 PORTANT FIXATION DU
TARIF DES FRAIS DE JUSTICE CRIMINELLE, CORRECTIONNELLE
ET DE SIMPLE POLICE ........................................................................... 383
CHAPITRE PREMIER - LES FRAIS DE JUSTICE -
GENERALITES .............................................................................. 384
CHAPITRE 2 - TARIFS DES FRAIS ................................................ 387
Section première - Frais de translation des personnes, de
transport des procédures et des pièces à conviction................ 387
Section 2 - Honoraires et indemnités des experts et interprètes . 389
Section 3 - Indemnités pouvant être accordées aux témoins,
aux jurés et aux assesseurs des Tribunaux pour enfants ........ 396
Section 4 - Des frais de mise en fourrière ................................... 402
Section 5 - Les droits alloués aux greffiers en chef..................... 403
Section 6 - Les émoluments et indemnités alloués aux
huissiers de Justice .................................................................. 411
Section 7 - Primes allouées aux agents de la Force publique .... 414
Section 8 - Indemnités allouées aux magistrats .......................... 416
Section 9 - Frais de communication postale,
télégraphique, téléphonique et port des paquets par la
poste........................................................................................ 418
Section 10 - Frais d’impression ................................................... 419
CHAPITRE 3 - DEPENSES ASSIMILEES AUX FRAIS DE
JUSTICE CRIMINELLE, CORRECTIONNELLE ET DE SIMPLE
POLICE .......................................................................................... 420
Section première - Règles générales .......................................... 420
Section 2 - Règles spéciales ....................................................... 421
CHAPITRE 4 - PAIEMENT ET RECOUVREMENT DES FRAIS
DE JUSTICE CRIMINELLE............................................................ 422
Section première - Mode de paiement ........................................ 422
Paragraphe premier - Frais urgents ....................................... 422
Paragraphe 2 - Frais non urgents ........................................... 423
Paragraphe 3 - Délivrance de l’exécutoire.............................. 423
Paragraphe 4 - Paiement ....................................................... 424
Section 2 - Liquidation et recouvrement des frais ....................... 426
CHAPITRE 5 - DISPOSITIONS FINALES ....................................... 428
5 - ARRETE N° 272 DU 17 JUILLET 1976 PORTANT
REGLEMENTATION DES MODALITES DE PAIEMENT ET DE
RECOUVREMENT DES FRAIS DE JUSTICE CRIMINELLE,
CORRECTIONNELLE ET DE SIMPLE POLICE ...................................... 429
500
6 - DECRET N° 82-334 DU 2 AVRIL 1982 RELATIF AUX
PERSONNES, ŒUVRES OU INSTITUTIONS RECEVANT DES
MINEURS FAISANT L’OBJET D’UNE DECISION JUDICIAIRE DE
PLACEMENT OU D’UNE MESURE D’ASSISTANCE EDUCATIVE ........ 434
7 - CIRCULAIRE INTERMINISTERIELLE N°016/MJ/MEMIS/MPRD DU
04 AOUT 2016 RELATIVE A LA RECEPTION DES PLAINTES
CONSECUTIVES AUX VIOLENCES BASEES SUR LE GENRE ........... 440
8 - CIRCULAIRE N° 002 MJDH/CAB DU 26-JUIN 2017 RELATIVE A
LA REPRESSION DES HOMICIDES ET BLESSURES
INVOLONTAIRES EN MATIERE D’ACCIDENTS DE LA VOIE
PUBLIQUE................................................................................................ 443
9 - CIRCULAIRE N° 009 MJDH/CAB DU 15 SEPTEMBRE 2017
RELATIVE A LA REPRESSION DES AUTEURS DE VOLS A MAINS
ARMEES COMMUNEMENT APPELES « COUPEURS DE ROUTES » .. 446
10 - CIRCULAIRE N° 010/MJDH/CAB DU 26 SEPTEMBRE 2017
RELATIVE A LA REPRESSION D’INFRACTIONS COMMISES PAR
DES MINEURS COMMUNEMENT APPELES « MINEURS EN
CONFLIT AVEC LA LOI » ........................................................................ 449
11 DECRET N° 2021-241 DU 26 MAI 2021 DETERMINANT LES
MODALITES D'EXECUTION DE LA PEINE DE TRAVAIL D'INTERET
GENERAL. ................................................................................................ 455
CHAPITRE PREMIER - DISPOSITIONS GENERALES .................. 456
CHAPITRE 2 - ORGANISATION DU TRAVAIL D'INTERET
GENERAL ...................................................................................... 457
CHAPITRE 3 - ORGANES DE GESTION ET DE SUIVI DU
TRAVAIL D'INTERET GENERAL .................................................. 458
Section première - Bureau national de coordination et
Bureaux locaux de suivi ........................................................... 458
Section 2 - Juge de l'application des peines et juge des
enfants ..................................................................................... 460
CHAPITRE 4 - DROITS ET DEVOIRS DU CONDAMNE................. 463
CHAPITRE 5 - ORGANISME D’ACCUEIL DU CONDAMNE AU
TRAVAIL D’INTERET GENERAL .................................................. 464
CHAPITRE 6 - DISPOSITIONS DIVERSES .................................... 466
CHAPITRE 7 - DISPOSITIONS TRANSITOIRE ET FINALE ........... 466
INDEX ....................................................................................................... 467

501

Vous aimerez peut-être aussi