GUIDE
H
PROMOTION DE L’ÉFFICACITÉ
ÉNERGÉTIQUE DU BÂTIMENT
EN TUNISIE
CHAPITRE 01
INTRODUCTION GÉNÉRALE
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 5
1- PRÉSENTATION GÉNÉRALE DU GUIDE TECHNIQUE :
Ce guide technique a été développé pour couvrir le secteur des bâtiments à usage
hospitalier, et ce pour atteindre les objectifs stratégiques de la Tunisie en terme de Maitrise
d'énergie dans les bâtiments tertiaires et la réduction des gaz à effet de serre.
Ce guide est composé d'une introduction générale et de deux modules. Chaque module est
composé de deux parties et chaque partie comporte plusieurs chapitres comme suit :
1.1.L'introduction générale couvre les généralités relatives au :
La présentation du guide
Le contexte énergétique
Les plans d'action de maitrise d'énergie
Aperçu sur les bâtiments à usage hospitalier
Les acteurs institutionnels
Les institutions financières et les schémas de financement
[Link] 1
Partie1 : Traite de l'enveloppe du bâtiment et de l'importance des différents rôles que
joue l'enveloppe d'un bâtiment dans sa relation avec son environnement physique. Les
différents chapitres traitent :
La démarche conceptuelle pour l'obtention d'un bâtiment performant
Des liens certains entre Architecture et thermique de l'enveloppe, et explore d'une
manière assez exhaustive ces rapports.
Les différentes Technologies de l'enveloppe qui sont disponibles et traite aussi bien
des éléments de l'enveloppe concernés que des matériaux utilisés.
Les Recommandations et critères prescriptifs (synthèse) relatifs aux éléments de
l'enveloppe.
La simulation énergétique du bâtiment.
[Link] 1
Partie2 : traite des installations techniques dans le bâtiment hospitalier, notamment
Un chapitre sur le chauffage, de climatisation et de ventilation. La méthode de
réalisation d'un bilan thermique d'un bâtiment, la présentation des critères de conception
des installations de chauffage, de climatisation et de ventilation, et Les différents types
d'installations de chauffage, climatisation ainsi que l'aspect de récupération.
Un chapitre sur l'éclairage. Qui traite la méthode de calcul d'un éclairage efficace, la
technologie LED, la régulation et la gestion technique d'éclairage.
Un chapitre sur les installations techniques annexes en termes de l'aspect
technologique et l'aspect économie d'énergie tel que les appareils de levage, les
équipements de cuisine, buanderie, fluides médicaux et la surpression d'eau.
Un chapitre sur les alimentations énergétiques du Bâtiment qui traite l'aspect
contractuel vis-à-vis les fournisseurs d'énergie et d'eau.
Un chapitre sur l'architecture du système de management de l'énergie et
l'architecture de la GTC et son impact sur la maîtrise d'énergie.
Un chapitre sur l'amélioration des performances énergétiques des bâtiments
existants.
1.4. Module 2
Partie1 : Traite de l'architecture d'une installation solaire PV, les différents régimes de
d'autoconsommation, et de l'étude de faisabilité d'une Installation [Link] 2
Partie2 : Traite de l'architecture d'une installation solaire thermique, la conception d'une
installation solaire thermique, ainsi que le choix optimale des équipements solaires.
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 6
2. CONTEXTE ÉNERGÉTIQUE, CADRE RÉGLEMENTAIRE ET INSTITUTIONNEL
2.1- Rétrospective énergétique en Tunisie :
Le paysage énergétique Tunisien est marqué par une augmentation continue de la
demande d'énergie devant une baisse des ressources nationales. Il s'ensuit un déficit
énergétique structurel de plus de 45% actuellement et qui va en s'accentuant pour atteindre
probablement 80% en 2030, si la situation actuelle se prolonge.
Source : ONE
Figure 1 : ressources, consommation d'énergie et solde énergétique
Le déclin des ressources énergétiques s'est manifesté par la baisse des ressources des
énergies primaires de plus de 6% par an durant la période 2010 – 2017 pour passer de 7,8
MTEP () en 2010 à 4,8 MTEP en 2017. Alors que les ressources sont en baisse, les besoins ne
cessent d'augmenter.
Les augmentations des besoins en énergies primaires ont évolué de plus de 2% durant la
période 2010 – 2017 pour passer de 8,3 MTEP en 2010 à 9,6 MTEP en 2017.
Cette situation de dépendance énergétique impose à la Tunisie des défis majeurs liés à la
sécurité de son approvisionnement énergétique et la compétitivité de son économie. Il est à
noter dans ce cadre que l'augmentation des importations des produits énergétiques, pour
faire face à ce déficit, affecte de plus en plus la situation de la balance commerciale nationale
et les recettes en devises du pays.
2.2- Prévision de la demande d'énergie primaire :
Sans la politique nationale de Maitrise de l'énergie, la demande énergétique d'énergie
primaire pourra avoir une tendance asymptotique à l'horizon de 2030, mais avec la Maitrise
de l'énergie on pourra stabiliser la demande en énergie primaire et préserver les réserves
naturelles pour la génération future.
Source : ONE
Figure 2 : Prévision de la demande d’énergie primaire (1)
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 7
Conscient de l'évolution future des ressources nationales et de la consommation
énergétique nationale, l'état tunisien, a mis en place depuis l'année 1985 une structure de
base à travers la création de l'Agence de Maîtrise de l'Energie (AME) en vue de mettre en place
une stratégie nationale de maîtrise de l'énergie en Tunisie et sa gestion à travers la
promulgation du décret-loi n°85-8 du 14 septembre 1985 créant l'Agence Nationale pour la
Maîtrise de l'Energie (dénommée alors Agence de Maîtrise de l'Energie) et fixant le caractère
et la mission de cette institution. Ce décret-loi, ratifié par la Loi n°85-92 du 22 novembre 1985,
a fixé également les aides financières directes octroyées aux investissements relatifs à la
maîtrise de l'énergie ainsi que les avantages fiscaux accordées lors de l'acquisition des
équipements économiseurs d'énergie.
Ce cadre réglementaire a connu une évolution dans le temps pour s'adapter à l'évolution de
la situation énergétique du pays pour affirmer une volonté politique ambitieuse de soutien
aux investissements en la matière et confirmant l'intérêt accordé à la maîtrise de l'énergie en
tant qu'axe prioritaire de la politique énergétique nationale.
La Tunisie a adopté une stratégie de transition énergétique qui repose sur deux axes dont
notamment :
L'utilisation rationnelle de l'énergie, avec l'objectif de réduire de 30% sa consommation
d'énergie primaire à l'horizon 2030,
Une politique de diversification de son mix énergétique qui repose essentiellement sur
le développement des énergies renouvelables. Il vise à porter la part des énergies
renouvelables dans la production totale d'électricité à 30% en 2030
2.3. Le Fond de transition énergétique (FTE) :
Dans le cadre du changement d'échelle au niveau de la concrétisation de la stratégie
nationale de transition énergétique, l'état tunisien a mis en place une nouvelle stratégie de
transition énergétique avec un nouveau Fonds de Transition Energétique (FTE). Ce nouveau
fonds va permettre l'élargissement des mesures à travers l'introduction des nouvelles
actions prévues dans le cadre du plan d'action de maîtrise de l'énergie 2016-2020, avec un
renforcement de ses ressources à travers la mise en application de la taxe spécifique sur la
consommation d'énergie et le financement par la coopération international (financement
climat, etc.).
Le nouveau fonds FTE devra être intégré dans les instruments de financement existants pour
maximiser son effet de levier pour travailler en synergie avec les instruments financiers
existants (les banques pour les crédits et les SICAR pour la fonction fonds d'investissement).
Le fond de transition énergétique objet du décret 983/2017 du 26juillet 2017 se caractérise
par :
Des subventions à l'investissement
Des lignes de crédit avantageux
Bonification des crédits
Garantie des crédits
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 8
Selon l'article 5 du décret 983/2017 le crédit total (FTE + Banque) ne doit pas dépasser le 50%
de l'investissement et le crédit FTE doit être inférieur ou égale au crédit bancaire.
Selon l'article 6 du décret 983/2017 le fond propre pour un nouveau projet y compris la
dotation de la FTE doit être supérieur ou égale à 40% de l'investissement et le fond propre
pour une extension de projet y compris la dotation de la FTE doit être supérieur ou égale à
30% de l'investissement
Les subventions relatives aux projets de maitrise d'énergie dans le secteur tertiaire et
hospitalier sont les suivants
Les investissements matériels :
INVESTISSEMENT MATERIEL
PROJET SUBVENTION CRÉDIT
Source : décret 983-2017 du 26 Juillet 2017 (FTE)
Pour les nouveaux projets et les projets d'extension
d'autoproduction Photovoltaïque, raccordé au réseau STEG
MT, le FTE peut intervenir au fond propre selon deux modes :
a - Crédit ne dépassant pas 60% du fond propre selon
article 6 du décret 983/2017 remboursable sur 12 ans dont
5ans période de grâce et taux 3%.
b - Une participation du FTE au fond propre avec un taux
inférieur à 60% et une participation de la SICAR au fond
propre avec un taux supérieur à 10%. Et avec un
autofinancement supérieur à 10%.
La dotation ou la participation du FTE au fond propre ne peut
être réalisé que pour un nouveau projet dont l'investissement
ne dépassant pas 4 000 000 DT ou un projet d'extension dont
l'investissement ne dépassant pas 3 000 000 DT
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 9
Les investissements immatériels :
INVESTISSEMENT IMMATERIEL
MISSION SUBVENTION
Audit énergétique d'un bâtiment existant 70% du coût de l’audit ; Plafond : 30 000 DT
Audit énergétique sur Plan d’un nouveau
70% du coût de l’audit ; Plafond : 30 000 DT
projet ou d’une extension
Etude faisabilité d’un projet PV, Cogénération,
70% du coût de l’étude ; Plafond : 30 000 DT
Solaire thermique, Biogaz,…
Assistance et Accompagnement à la mise en 70% du coût de la mission d’accompagnement
place du projet de maîtrise de l’énergie Plafond : 70 000 DT
70% x Investissement Immatériel
Tout autre investissement immatériel
Plafond : 70 000 DT
Source : décret 983-2017 du 26 Juillet 2017 (FTE)
2.4. Accords internationaux relatifs à la protection climat et au développement
durable :
La Tunisie est signataire de l'Accord de Paris de 2015 sur le climat. L'Etat s'est ainsi engagé au
niveau de la Contribution Déterminée au niveau National (CDN) à réduire ses émissions de
gaz à effet de serre dans tous les secteurs (énergie, procédés industriels, agriculture, forêt et
autres utilisations des terres, et déchets) de manière à baisser son intensité carbone de 41%
en 2030 par rapport à l'année de base 2010. La réduction spécifiquement visée en 2030 pour
le secteur de l'énergie est de 46%. Cette réduction de l'intensité carbone passe notamment
par le recours aux projets d'énergie renouvelable, lequel est encadré par le Plan Solaire
Tunisien.
Par ailleurs, la Tunisie a adhéré depuis 2016 aux Objectifs du Développement Durable (ODD
2030) des Nations Unies. Ces objectifs prévoient en particulier de garantir l'accès de tous à
des services énergétiques fiables, durables et modernes, à un coût abordable (objectif 7).
2.4.1. Le Plan Solaire Tunisien (PST)
Le Plan Solaire Tunisien (PST) est le programme national devant permettre d'atteindre les
objectifs de la stratégie de développement des énergies renouvelables.
A l'horizon 2030, l'objectif du Plan Solaire Tunisien est d'installer des moyens de productions
d'électricité ENR pour fournir une puissance installée additionnelle de 3815 MW. La
répartition entre les différentes technologies se fait comme suit:
1510 MW pour l'énergie solaire PV,
1755 MW pour l'éolien,
450 MW pour le solaire CSP, et
100 MW à travers les centrales valorisant les ressources de biomasse.
Le détail du plan solaire tunisien est présenté dans le guide des énergies renouvelables
établies par l'ANME et la GIZ.
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 10
2.4.2. Les incitations pour l'importation des composants dans le domaine des ENR
En application du Décret n° 2018-234 du 12 mars 2018 & Décret n° 2017-191 du 25 janvier
2017, les matières premières, les produits semi-finis et les équipements utilisés dans le
domaine des énergies
Renouvelables («Composants ENR » dans ce qui suit) bénéficient d'avantages fiscaux lors de
leur acquisition sur le marché local ou lors de leur importation. Ces avantages consistent en :
L'application de droits de douane minimum et du taux minimum de la TVA pour les «
Composants ENR » n'ayant pas de similaires fabriqués localement;
L'application du taux minimum de la TVA pour les « Composants ENR » fabriqués
localement.
TVA
La liste détaillée des équipements pouvant bénéficier de ces avantages est annexée au
Décret gouvernemental n° 2018-234 du 12 mars 2018 modifiant et complétant le Décret
gouvernemental n° 2017-191 du 25 janvier 2017. Un tableau récapitulatif des principaux
composants des secteurs solaires photovoltaïques et éoliens bénéficiant de ces incitations,
ainsi que la démarche d'obtention de ces avantages, sont présentés dans le paragraphe
suivant.
2.4.3. Procédure pour l'obtention des avantages
L'application des avantages pour les équipements fabriqués localement est faite
automatiquement lors de leur acquisition sur le marché tunisien.
Les avantages fiscaux pour l'importation des composants n'ayant pas de similaires fabriqués
localement sont accordés sur la base d'une attestation délivrée par l'Agence Nationale pour
la Maîtrise de l'Energie après qu'une demande a été effectuée par l'importateur de ces
composants.
Afin de bénéficier de cette incitation, le Promoteur doit fournir un dossier à l'ANME avec les
éléments suivants* :
Une demande au nom du Directeur Général de l'ANME ;
Une copie de la carte d'identification fiscale de la société importatrice de l'équipement en
question ;
La documentation technique détaillée de l'équipement objet de la demande ;
Les certificats de performance et de qualité du produit ;
Une facture pro-forma ou une facture d'importation.
En cas d'importation des onduleurs solaires PV, le demandeur devra inclure dans son dossier
une autorisation de raccordement de l'équipement, délivrée par les services techniques de la
STEG.
Le délai pour l'obtention de l'attestation s'élève à 15 jours.
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 11
3. PRÉSENTATION DU SECTEUR DES BÂTIMENTS À USAGE HOSPITALIER ET DES
TYPOLOGIES DE BÂTIMENTS DANS CE SECTEUR
Aux termes de la loi n° 91-63 du 29 juillet 1991, relative à l'organisation sanitaire et du décret
n°2002-846 du 17 avril 2002 fixant les critères de classement des structures sanitaires publiques
, on entend par «Etablissements Publics de Santé» une catégorie juridique de structures
sanitaires publiques qui se distingue des Etablissements Publics à Caractère Industriel et
commercial (EPIC) et des Etablissements Publics Administratifs ou Non Administratifs
3.1. Structures de santé en Tunisie :
Le système de santé en Tunisie est un système pluraliste : Public, privé et para-public.
Beaucoup d'intervenants assurent sa gestion : Ministère de la Santé, Ministère des affaires
sociales, caisses de sécurité sociale, Ministère de la défense etc. La régulation du secteur est
assurée par le gouvernement, les caisses sociales et les organisations professionnelles
(ordres et syndicats).
le secteur public – Ministère de la Santé :
Le système de soins comprend trois niveaux, répartis comme suit :
ère
1 ligne Premier niveau
C'est le niveau des soins de base. En 2018, il comprend les établissements suivants
CENTRE DE SANTÉ HÔPITAL DE CENTRE GROUPEMENT DE DIRECTION
ETABLISSEMENT
DE BASE CIRCONSCRIPTION D’HÉMODIALYSE SANTÉ DE BASE RÉGIONALE
Nombre 2161 110 51 28 24
Source : Santé Tunisie En Chiffres 2018
Tableau n° 46 : Répartition du parc des établissements de santé de premier niveau
Le nombre de lits total de ce niveau est de 3 019 lits, soit 14,14% environ de la capacité totale
du secteur public
2ligne
ème
Deuxième niveau
Il est constitué de 35 hôpitaux régionaux (non universitaires), généralement situés aux chefs
lieu de gouvernorat. Ils disposent de 8 139 lits, soit 30,11% environ de la capacité totale du
secteur public.
Actuellement il y a plusieurs hôpitaux régionaux en cours de constructions dont nous citons :
Hôpital régional de Jelma (Sidi Bouzid)
Hôpital régional de Haffouz (Kairouan)
Hôpital régional de Ghardimaou (Jendouba)
Hôpital régional de Makthar (Siliana)
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 12
3ème
ligne Troisième niveau
Il s'agit du pôle universitaire, composé de : 23 Etablissements Publics de santé (EPS) et 9
centres spécialisés. Le nombre de lits total de ce niveau est de 10 198 lits, soit 47,75% environ
de la capacité totale du secteur public.
Le secteur public – autre que celui du Ministère de la Santé :
Le Ministère de la défense dispose de 3 Hôpitaux militaires avec une capacité de 800 lits et
des infirmeries- dispensaires.
Le Ministère de l'intérieur dispose d'un Hôpital des forces de Sûreté à la Marsa et des
infirmeries- dispensaires.
Le secteur para public :
C'est un secteur assez développé, mais secondaire comparé au secteur public. Il
comprend :
Les Six Polycliniques de soins ambulatoires de la CNSS (2 à Tunis, 1 à Bizerte, 1 à
Sousse, 1 à Sfax et 1 à Métlaoui) ;
Les Six centres d'hémodialyses ;
Les services Médicaux autonomes de certaines entreprises nationales (SONEDE, STEG,
SNCFT, TUNIS AIR).
Les services médicaux de médecine du travail à vocation préventive.
Structure Privée
En 2018, l'infrastructure du secteur privé comprend :
102 cliniques avec une capacité de 6 370 lits ;
544 laboratoires répartis comme suit :
* 486 laboratoires d'analyses de biologie médicale ;
* 55 laboratoires d'anatomie et de cytologie pathologique ;
* 3 laboratoires cytogénétiques ;
115 centres d'hémodialyse ;
2127 Officines.
Source : Santé Tunisie En Chiffres 2018
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 13
3-2 Activité dans les établissements hospitaliers
Les activités qu'abritent les établissements hospitaliers sont extrêmement variées et la liste
des services qu'ils abritent est souvent sans commune mesure avec les autres bâtiments
rencontrés, tant les services sont nombreux: voir tableau ci après.
Les départements et les services décrits ci-dessous nécessitent des conditions sanitaires très
particulières, de même que des ambiances spatio-temporelles différentes, sans oublier que
dans le secteur des soins de santé, il s'agit bien souvent de lieux d'hébergement occupés 24
heures sur 24, nécessitant des conditions climatiques souvent au-delà des conditions
habituelles et généralement admises.
Dans les bâtiments à usage hospitalier, le confort devrait théoriquement être complet:
hydrothérapie, visuel, acoustique et physique. Les bâtiments requièrent donc une approche
conceptuelle et collégiale bien intégrée.
Accueil et administration Oncologie
Archives Ophtalmologie
Bloc opératoire Pathologie
Cafétéria Pharmacie
Cardiologie Pneumologie
Centrale de distribution Pouponnières
et de stérilisation
Centre de biomédecine Radiologie
Centre de recherche Recherche biomédicale
Clinique de médecine familiale Service ambulatoire
Clinique externe Service de diététique
Échographie Service de soutien
Endoscopie Service d'exploitation
des immeubles
Enseignement médical Service informatique
Ergothérapie Service social
Hématologie Services aux employés
Hémodialyse Services d'entretien
Hémodynamique Soins infirmiers
Inhalothérapie Soins intensifs
Laboratoires Stérilisation
Microbiologie Unité coronarienne
Morphologie Unité de soins
Neurologie Unité de soins prolongés
Neurophysiologie Unité dialyse péritonéale
Neuropsychologie Unité hémodialyse
O.R.L. Urgence
Obstétrique
Source : guide Bat Santé 2005
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 14
4- LE PARC EXISTANT ET LES TENDANCES D'ÉVOLUTION DU PARC
DES BÂTIMENTS À USAGE HOSPITALIER
[Link] du nombre des structures sanitaires dans les secteurs public et privé
Secteur Etablissements 2014 2015 2016 2017 2018
Secteur Public 2 377 2 391 2 403 2 426 2442
Direction régionaux de santé 24 24 24 24 24
1ére ligne Groupement de santé de base 28 28 28 28 28
Centres de santé de base 2 109 2 123 2 135 2 157 2161
Hôpitaux de circonscription 108 108 108 108 110
Les centres d'hémodialyses 41 41 41 42 51
2ème ligne Hôpitaux Régionaux 35 35 35 31 35
Etablissement Publics de Santé
23 23 23 27 24
3ème ligne (EPS)
Centres spécialisés 9 9 9 9 9
Secteur Privé 2 584 2 653 2 728 2 762 2888
Les officines 1 975 2 006 2 038 2 037 2127
Les laboratoires médicaux 415 445 485 510 544
Les centres d'hémodialyses 106 111 115 117 115
Cliniques privées 88 91 90 98 102
Secteur
12 12 12 12 12
Parapublique
Les polycliniques de la CNSS 6 6 6 6 6
Les centres d'hémodialyses 6 6 6 6 6
Total Général 4 973 5 056 5 143 5 200 5342
Source : Santé Tunisie En Chiffres 2018
En 2018
le nombre total d'établissement
hospitalier est de 5342 :
Établissement Public 45,71%
Établissement Privée 54,06%
Établissement Parapublique 0,22%
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 15
4.2- Capacité hospitalière totale (secteur public et privé)
La capacité hospitalière dans les secteurs public et privé est récapitulée dans le tableau
suivant :
NOMBRE DE LITS AUTORISÉS 2017 NOMBRE DE LITS AUTORISÉS 2018
SECTEUR SECTEUR TOTAL SECTEUR SECTEUR TOTAL
GOUVERNORAT PUBLIC PRIVÉ DES LITS PUBLIC PRIVÉ DES LITS
Tunis 4170 2137 6307 4297 2259 6556
Ariana 536 318 854 536 370 906
Ben Arous 353 209 562 353 309 662
Manouba 970 0 970 970 0 970
Grand Tunis 6029 2664 8693 6156 2938 9094
Nabeul 961 148 1109 961 148 1109
Zaghouan 1008 420 1428 1008 514 1522
Bizerte 495 60 555 495 52 547
Nord Est 2464 628 3092 2464 714 3178
Béja 594 102 696 628 102 730
Jendouba 740 66 806 740 66 806
Le Kef 626 15 641 626 15 641
Siliana 391 0 391 391 0 391
Nord Ouest 2351 183 2534 2385 183 2568
Sousse 1472 228 1700 1495 270 1765
Monastir 679 124 803 709 124 833
Mahdia 1203 284 1487 1203 284 1487
Sfax 1798 780 2578 1831 981 2812
Centre - Est 5152 1416 6568 5238 1659 6897
Kairouan 725 143 868 725 143 868
Kasserine 660 24 684 660 24 684
Sidi Bouzid 480 0 480 480 0 480
Centre - Ouest 1865 167 2032 1865 167 2032
Gabes 675 73 748 710 121 831
Médenine 806 529 1335 806 529 1335
Tataouine 259 0 259 269 0 269
Sud - Est 1740 602 2342 1785 650 2435
Gafsa 780 39 819 780 39 819
Tozeur 354 0 354 354 0 354
Kébili 329 20 349 329 20 349
Sud - Ouest 1463 59 1522 1463 59 1522
Tunisie Entière 21064 5719 26783 21356 6370 27726
Source : Santé Tunisie En Chiffres 2018
En 2018 le nombre total des lits dans toute la Tunisie est de 27726 lits réparti entre institution
public 77% et institution privée 23%.
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 16
4.3- Evolution de la capacité hospitalière et de la consommation d'énergie du secteur
public de la santé « 2014 – 2017 »
La capacité hospitalière du secteur public a augmenté de 17,45% entre 2015 et 2017 pour
une augmentation de l'énergie primaire de 6%. Soit une intensité énergétique à diminué
dans la même période de 9,93%. Ceci montre l'importance de la charge fixe au niveau des
hôpitaux publics, d'où on a intérêt d'augmenter la capacité hospitalière des hôpitaux.
ENERGIE ENERGIE INTENSITÉ TOTALE
ENERGIE ELECTRIQUE
CATÉGORIE ANNÉE CAPACITÉ THERMIQUE TOTALE EN ENERGIE
EN LITS Finale Primaire Primaire Primaire
MWh/an TEP/an TEP/an TEP/an TEP/lit/ an
2014 ---- 107 078 23 754 4 577 28 331 ---
PUBLIC
2015 20 488 113 878 25 263 5 657 30 920 1,51
2016 20 678 114 525 25 406 5 229 30 635 1,48
2017 24 064 120 995 26 841 5 959 32 800 1,36
Source : Guide Monitoring ANME 2020
[Link] de la capacité hospitalière et de la consommation d'énergie du secteur
privé de la santé « 2014 – 2017 »
La capacité hospitalière du secteur privée a augmenté de 11,61% entre 2015 et 2017 pour
une augmentation de l'énergie primaire de 7 ,1%. Soit une intensité énergétique a diminué
dans la même période de 4%. Ceci montre l'importance de la charge fixe au niveau du
secteur privé mais reste inférieur à celle du secteur public.
ENERGIE ENERGIE INTENSITÉ TOTALE
ENERGIE ELECTRIQUE
CATÉGORIE ANNÉE CAPACITÉ THERMIQUE TOTALE EN ENERGIE
EN LITS Finale Primaire Primaire Primaire
MWh/an TEP/an TEP/an TEP/an TEP/lit/ an
2014 ---- 59 777 13 261 2 194 15 455 ----
2015 5 020 66 913 14 844 2 753 17 597 3,50
Privé
2016 5 138 62 238 13 807 2 568 16 375 3,19
2017 5603 70 649 15 673 3175 18 848 3,36
Source : Guide Monitoring ANME 2020
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 17
4.5- Récapitulatif des consommations et ratios énergétiques du secteur prive et public
(gt) de la sante en 2017
L'intensité énergétique totale du secteur hospitalier en Tunisie a atteint 39,92 KTEP/m².an
(2017) répartie entre secteur privé 34,6 KTEP/m².an et secteur public 53,61 % KTEP/m².an.
L'intensité énergétique du secteur privée est plus faible que celle du secteur public.
CONSOMMATION CONSOM.
SURFACES ELECTRIQUE ENERGIE TOTAL EN INTENSITE
CATEGORIE HORS THERMIQUE ENERGIE TOTALE
OEUVRES M² Finale E. Primaire TEP/AN PRIMAIRE [TEP] KTEP/M².AN
MWh/an TEP/an
Eatblissements
545 172 70 649 15 673 3 175 18 848 34,6
Prives
Eatblissements
213 037 41 228 9 150 2 271 11 421 53,61
Publics (GT)
Total 758 209 111 877 24 823 5 446 30 269 39,92
Source : Guide Monitoring ANME 2020
L'énergie électrique représente 82% de la consommation énergétique des établissements
hospitalières en Tunisie.
4.6. Récapitulatif des consommations et ratios énergétiques du secteur prive de la sante par
zone climatique en 2017
La capacité hospitalière dans la zone ZT1 représente 89,1% de la capacité total de la Tunisie,
alors que la consommation énergétique totale de la zone ZT1 représente 89% de la
consommation des 3 zones ZT1, ZT2 et ZT3. L'intensité total en énergie primaire des trois
zones ZT1, ZT2 et ZT3 sont semblable autour de 34,6 KTEP/m².an
CONSOMMATION CONSOMMATION INTENSITÉ
CAPACITÉ SURFACES CONSOMMATION CONSOMMATION TOTALE
D'ELECTRICITÉ TOTALE EN
ZONE EN LITS COUVERTES D'ELECTRICITÉ COMBUSTIBLES EN ENERGIE
EN ENERGIE
CLIMATIQUE HORS ŒUVRE EN MWH EN TEP PRIMAIRE
M2 TEP - PRIMAIRE PRIMAIRE [TEP] EN KTEP / M2 / AN
ZT1 4 994 485 916 62 948 13 964 2 829 16 793 34,5
ZT2 379 36 877 4 804 1 066 216 1 282 34,8
ZT3 230 22 379 2 897 643 130 773 34,5
TOTAL 5 603 545 172 70 649 15 673 3 175 18 848 34,6
Source : Guide Monitoring ANME 2020
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 18
5- ORGANISATION INSTITUTIONNELLE DU SECTEUR DE L'ÉLECTRICITÉ
EN TUNISIE
Cette partie présente les principaux acteurs du secteur de l'électricité et des énergies
renouvelables en Tunisie. On distingue :
STRUCTURE DÉSIGNATION
ANME Agence Nationale pour la Maitrise de l'Energie
Autorité Autorité spécialisée chargée de l’examen des problématiques relatives aux
Spécialisée projets d’énergies renouvelables
CIPIE Commission Interdépartementale de la Production Indépendante d’Electricité
Commission Technique de production privée d’électricité à partir
CTER des Energies Renouvelables
CSPIE Commission Supérieure de la Production Indépendante d’Electricité
IPP Producteurs d’Electricité Indépendants (« Independent Power Producer
STEG Société Tunisienne d’Electricité et de Gaz
Le processus de chaque acteur est récapitulé ci après :
Ministére en
charge de
l’Energie (ME) Spécialisée
Autorité ANME CSPIE
CIPIE CTER
Production STEG IPP
Transport STEG
Distribution STEG
Note : il n'existe pas à ce jour d'autorité indépendante de régulation du secteur électrique en
Tunisie. Cependant, le Ministre en charge de l'Energie a annoncé en 2018 la création
prochaine de cette autorité de régulation
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 19
6 - LE SECTEUR PRIVÉ ET LES INSTITUTIONS FINANCIÈRES
Le financement de la maitrise de l'énergie en termes d'efficacité énergétique et d'énergies
renouvelables est inscrit à la stratégie de plusieurs banques tunisiennes. Elles bénéficient
pour certaines d'entre elles du soutien d'institutions financières internationales qui ont mis
à leur disposition des lignes de crédit pour le financement de projets d'énergie
renouvelables (voir la partie 5.2.2 ). D'autres banques locales proposent également des
prêts ou d'autres mécanismes de participation aux projets (notamment via des SICAR
(Société d'Investissement en Capital Risque) pour participer dans le capital des entreprises).
Les banques tunisiennes sont représentées au sein de l'Association Professionnelle
Tunisienne des Banques et des Etablissements Financiers ( APTBEF, [Link] ) qui
compte 25 banques universelles (publiques et privées), 2 banques d'affaires, 8 compagnies
de leasing et 3 sociétés de factoring.
Les principaux bailleurs de fonds internationaux (KfW, BERD, Banque Mondiale, AFD, BAD,
etc.) sont également implantés et actifs en Tunisie.
7 - EXEMPLE DE SCHÉMAS DE FINANCEMENT DES ENR
Le schéma de financement des énergies renouvelables suit le diagramme suivant :
8 - PROCÉDURE D'AUDIT ÉNERGÉTIQUE SUR PLAN :
La procédure d'audit énergétique sur plan est régie par l'arrêté du 23 Juillet 2008 Guide audit
sur plan et exécuté selon des rapports modèle ANME selon quatre livrables :
Rapport AEP phase Programme fonctionnel et APS version F. Août 2014
Rapport AEP phase APD version F. Août 2014
Rapport AEP phase ED -DAO version F. Août 2014
Rapport AEP phase APD version F. Août 2014
Rapport AEP phase RT & R version F. Août 2014
Un manuel d'utilisation des rapports types d'AEP et des manuels de vérification de la qualité
thermique et énergétique des bâtiments a été mise en place par l'ANME pour faciliter la
mission d'AEP.
L'AEP devra être réalisé par un binôme d'expert auditeur :
Un architecte expert auditeur énergétique agrée par l'ANME
Un Ingénieur Expert auditeur énergétique agrée par l'ANME
Ils seront choisis et consulté parmi la liste des Experts AEP ANME
Les honoraires du binôme expert auditeur dépend de deux paramètres :
Le nombre de d'homme-jour travaillé : élaboré et exigé par l'ANME sous forme de tableau
et qui dépend de la nature de l'établissement à auditer (hôpital, clinique, hôtel, bâtiment
administratif)
Le coût de l'homme jour doit être compris dans un intervalle de 350 DT ± 75 DT selon la
regle ANME.
CHAPITRE 02
ENVELOPPE DU BÂTIMENT
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 21
1- DÉMARCHE POUR UNE CONCEPTION ADÉQUATE :
1.1- Objectif de la démarche :
Le but de la démarche proposée dans la conception d'un bâtiment est d'aboutir à un
bâtiment médical et socio sanitaire à la fois fonctionnel, agréable, confortable et
sécurisant et énergétiquement performant ; le meilleur que nous puissions obtenir
par rapport à l'investissement que nous sommes prêts à débourser.
Cette formulation implique la nécessité d'un processus d'optimisation dans la
démarche conceptuelle et sous-entend un effort de collaboration réel entre les
différents intervenants tout au long des différentes phases d'élaboration du projet.
Pour atteindre ces objectifs, il est recommandé de se conformer au :
Décret N°78-71 du 26 Janvier 1978, et les missions d'études qui leur sont
associées sont aussi régies par le même Décret. Ce décret définit la démarche
conceptuelle de conception d'un bâtiment.
Arrêté du ministre de l'industrie, de l'énergie et des petites et moyennes
entreprises du 11 juin 2007, portant approbation du cahier des charges relatif à
l'audit énergétique sur plan dans les secteurs résidentiel et tertiaire. Ce cahier
des charges a été mis en place dans le cadre de la stratégie nationale de maîtrise
de l'énergie dans le secteur du bâtiment afin de produire de bâtiments
énergétiquement performants en intégrant des mesures d'économie d'énergie
en concertation avec les concepteurs du projet à travers les différentes étapes de
conception et de construction du bâtiment.
1.2- Les phases de conception usuelles :
Le travail de conception d'un projet de bâtiment se fait en général en quatre (4) phases. Sur le
territoire tunisien, pour les bâtiments civils, ces phases sont clairement définies par le Décret
N°78-71 du 26 Janvier 1978, et les missions d'études qui leur sont associées sont aussi régies
par le même Décret.
La phase du Programme Fonctionnel
La phase Avant Projet Sommaire (APS)
La phase Avant Projet Détaillé (APD)
La phase Études Définitives et Préparation des dossiers d'appel d'offres (PDE)
Lors de la réalisation des différentes phases de conception d'un projet de bâtiment, tel que
décrites ci-dessus, plusieurs intervenants sont impliqués dans l'élaboration des études
relatives au projet en question. Le noyau de base est formé par les intervenants suivants
L'architecte, souvent désigné comme maître d'œuvre pour le projet, dont l'intervention
commence à partir de la phase APS décrite ci-dessus.
L'ingénieur de structure
L'ingénieur de fluides
L'ingénieur d'électricité
L'article 6 de l'Arrêté du ministre de l'industrie, de l'énergie et des petites et moyennes
entreprises du 11 juin 2007, portant approbation du cahier des charges relatif à l'audit
énergétique sur plan dans les secteurs résidentiel et tertiaire, oblige les experts auditeurs
agrées (architecte et ingénieur) à élaborer un rapport d'audit sur plan à travers les différentes
étapes de conception du bâtiment en vue de proposer des actions d'amélioration des
performances énergétique du bâtiment.
D'autres spécialistes selon les besoins du projet : architecte d'intérieur/décorateur,
paysagiste, éclairagiste, acousticien, etc.
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 22
1.3 - Nécessité du travail de groupe dans la conception d'un bâtiment (architecte,
ingénieurs spécialisés, experts auditeurs sur plan etc.) :
Les démarches usuelles de conception, y compris celles définies par le décret cité ci-dessus,
ne font intervenir les ingénieurs spécialisés et autres spécialistes qu'en amont de la phase
"Avant Projet Détaillé d'architecture", c'est-à-dire après que les choix presque achevés de
toutes les options fonctionnelles, spatiales et architecturales aient été complétées.
Cette situation crée un certain déphasage dans l'évolution de la conception du projet, entre
les différentes composantes à prévoir, et risque de ne pas prendre en considération l'impact
des choix du parti architectural sur le comportement énergétique du bâtiment et sur son
exploitation ultérieure.
En effet, le bâtiment constituant de nos jours, un assemblage complexe d'une multitude de
composantes fonctionnant d'une manière de plus en plus interdépendante, il est impératif
de prendre en considération l'ensemble des éléments et composantes en interaction dès les
premières étapes de la démarche conceptuelle d'un projet.
Il est à noter qu'au démarrage de l'étude, de nombreuses possibilités sont envisageables
pour répondre aux exigences du programme fonctionnel. Mais au fur et à mesure de
l'avancement du projet, des choix irréversibles sont opérés, choix qui restreignent
inévitablement le champ des options envisageables lors des stades ultérieurs.
Habituellement, les choix sont faits un par un, concernant tout d'abord les plans
d'architecture, puis, la structure, les lots techniques, la seconde œuvre et enfin, les finitions.
De ce fait, il est indispensable d'envisager divers scénarios et simulations dès la phase
"Avant-projet Sommaire" (APS). À partir de ces différentes solutions envisageables, des
estimations et des approches de rentabilités peuvent être dégagées. Cette démarche
permet d'identifier les différents éléments nécessaires pour assurer des choix rationnels au
niveau des diverses options à retenir.
Il est donc primordial de regrouper la quasi-totalité des membres de l'équipe de concepteurs
dès le démarrage de la phase APS, et d'impliquer les différents intervenants de cette équipe
le plus tôt possible dans la démarche conceptuelle,
et ce dans le cadre d'une synergie de groupe permettant d'identifier les approches les plus
souhaitables pour le projet: langage architectural, options structurales, considérations
énergétiques, appréciation globale des besoins des occupants et des différents systèmes
permettant de les satisfaire, etc. Cette démarche est pratiquement la seule à pouvoir
engendrer un projet doté d'une certaine cohérence entre ses divers aspects et dont les
diverses options retenues émanent d'un processus rationnel d'évaluation.
2 - IMPAC TS DES CHOIX CONCEPTUELS DE BASE SUR LES COUTS
D'INVESTISSEMENT ET D'EXPLOITATION D'UN PROJET
Le choix du parti architectural conditionne les orientations particulières d'un projet, les
formes et matériaux de l'enveloppe du bâti, ainsi que la disposition des divers espaces par
rapport aux ressources naturelles du site et leurs interactions avec ses conditions
climatiques : ensoleillement, éclairage naturel, exposition aux vents dominants, etc.
Il est clair qu'à chaque solution architecturale envisageable, correspond un ensemble
d'éléments, intrinsèques à cette solution, qui conditionne considérablement l'ampleur des
coûts d'investissement et d'exploitation du projet.
Du point de vue énergétique, les paramètres suivants sont directement liés au parti
architectural et se traduisent souvent par un effet notable sur ces coûts:
2.1- Compacité de la forme architecturale :
La compacité de la forme architecturale d'un bâtiment
peut être représentée par le rapport des surfaces des
parois de l'enveloppe extérieure au volume total utile de ce
bâtiment. Il est clair que, pour un même volume utile et un
choix particulier de la nature des parois extérieures, plus ce
rapport est élevé, plus élevés seront :
Les coûts relatifs à la construction des parois extérieurs
et leur entretien
Les coûts relatifs à l'acquisition des installations de
chauffage et de climatisation ainsi que leurs frais
d'exploitation : Augmentation des puissances installées
et des charges de chauffage et de climatisation dues à
l'augmentation des parois exposées aux conditions
extérieures
2 -2 Orientation et nature des parois extérieures :
La répartition des parois extérieures d'un bâtiment sur les
différentes orientations par rapport à la course du soleil
ainsi que la nature de leurs composantes peut avoir une
incidence sur :
L'opportunité de certains espaces de bénéficier, ou non,
des apports solaires pendant la saison froide. En effet une
orientation optimale des parois extérieures d'un bâtiment
combiné avec un niveau d'isolation thermique adéquat et
un taux de vitrage approprié, peut permettre de satisfaire
une bonne partie des besoins de chauffage du bâtiment et
par conséquent réduire ses frais d'exploitation.
Les degrés d'exposition de certains espaces aux apports
solaires pendant la saison chaude. En effet une orientation
aléatoire des parois extérieures d'un bâtiment, combinée
avec un niveau d'isolation thermique inadéquat et un taux
de vitrage inapproprié, peut engendrer une augmentation
considérable des besoins de refroidissement du bâtiment
et par conséquent augmenter ses frais d'exploitation.
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 24
2.3 - Taux de vitrage des diverses parois extérieures et
nature du vitrage et protection solaire envisagée:
La proportion de vitrage relatif à chaque parois extérieure
d'un bâtiment, la nature du vitrage envisagé, et les
protections solaires associées, peuvent avoir une
incidence sur :
Les coûts relatifs à la construction des parois extérieurs
et leur entretien,
Les coûts relatifs à l'acquisition des installations de
chauffage et de climatisation ainsi que leurs frais
d'exploitation : augmentation ou réduction des
puissances installées et des charges de chauffage et de
climatisation,
Les coûts relatifs aux frais d'exploitation liés à
l'éclairage artificiel des locaux.
2.4 - Disposition des divers espaces dans le projet :
La disposition des divers espaces dans le projet peut dans
certains cas avoir une incidence sur les coûts relatifs à
l'acquisition des installations de chauffage et de
climatisation ainsi que leurs frais d'exploitation :
Une distribution judicieuse des espaces permettant de
disposer les volumes non conditionnés en espaces
tampons par rapport aux espaces climatisés ou
chauffés, permet de réduire les degrés d'exposition de
ces espaces aux conditions extérieures. Ce qui permet
de réduire en conséquence la taille des systèmes de
conditionnement de ces espaces ainsi que leurs
dépenses énergétiques.
Dans le cas d'espaces traités par des systèmes
centralisés de chauffage ou de climatisation, la
disposition des locaux techniques abritant les
équipements de chauffage ou de climatisation à
proximité des espaces conditionnés par ces
équipements permet de raccourcir les conduits de
distribution véhiculant les fluides caloriporteurs et, par
conséquent, réduire relativement les coûts relatifs à
l'acquisition des installations de chauffage et de
climatisation ainsi que leurs frais d'exploitation.
2.5 - Système de chauffage et/ou climatisation envisagé :
Le type de système de chauffage ou climatisation retenu, aura une incidence directe sur :
les coûts relatifs à l'acquisition de ces installations, leurs frais d'entretien et
d'exploitation,
les coûts relatifs aux besoins en locaux et gaines techniques destinés à abriter les
composantes des installations concernées,
les coûts relatifs aux aménagements structurels destinés à accommoder certaines
des composantes de ces installations (construction de socles pour les équipements
lourds, adaptation de certains éléments de la structure au passage des conduits d'air
et de la tuyauterie, etc.)
les coûts relatifs aux aménagements décoratifs destinés à dissimuler certaines des
composantes de ces installations (tuyauterie, conduits d'air, etc.)
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 25
2.6 - Systèmes d'éclairage envisagé :
Le type de système d'éclairage retenu, aura une incidence directe sur :
Les coûts relatifs à l'acquisition de ces installations et leurs frais d'entretien. En effet, ces
coûts sont directement liés à la distribution des points lumineux et leurs modes de
contrôle, la nature des sources lumineuses adoptées et les luminaires envisagés.
Les coûts relatifs à l'exploitation de ces installations. Ces coûts sont directement liés aux
types de sources lumineuses retenues et leur mode de contrôle. Par ailleurs, l'association
de ces systèmes d'éclairage artificiel à des dispositifs d'éclairage naturel permet de
réduire ces coûts d'exploitation.
2.7 - Des solutions intégrées
Par ailleurs les concepteurs devront demeurer particulièrement sensibles à des solutions
techniques intégrées qui offriront une performance théorique supérieure par rapport à
d'autres options disponibles :
D'une manière générale, une approche ''éco énergétique'' rigoureuse tendra à privilégier les
stratégies et les recommandations suivantes :
a Impliquer tous les acteurs intervenants sur le projet (administrateurs, gestionnaires
de bâtiments, architectes, ingénieurs spécialisés et spécialistes) dès les premières
phases de l'étude, et faire intégrer à cette équipe un spécialiste de la maîtrise de
l'énergie (si aucun des autres acteurs ne l'est déjà), et ce, afin d'aboutir aux choix
adéquats pour la définition du programme fonctionnel, des options relatives à
l'enveloppe du bâtiment, aux systèmes de chauffage et climatisation ainsi qu'aux
systèmes d'éclairage.
b Pour mener à bien ce travail, il serait intéressant de suivre une approche globale.
Cette méthode repose sur une vision globale du projet aussi bien sous ses aspects de
réalisation que ceux de l'exploitation. Ainsi cette approche permet d'obtenir un
bâtiment doté d'une plus haute efficacité énergétique avec des frais d'exploitation
plus réduits.
c Une approche systémique, consistant en une démarche composée d'une série
d'étapes permettant d'optimiser pour un ensemble d'objectifs (d'ordre esthétique,
fonctionnel, économique, etc.) en présence d'un assortiment de contraintes
(réglementations, coûts des installations, temps de réalisation, il ne faut pas oublier
que la réussite de l'approche systémique est tributaire d'une concertation et d'une
coordination entre les différents acteurs.
Ainsi, les choix pour le programme fonctionnel, la partie architecturale et les types
d'installations à retenir seront ceux qui permettent une économie sur le coût global c'est-à-
dire le coût d'investissement majoré du coût d'exploitation et qui aboutiront à une maîtrise
de l'énergie.
Pour faire les meilleurs choix, l'équipe conceptrice doit tenir compte des
critères suivants :
Le coût global actualisé (CGA)
Les charges globales d'exploitation (CGE)
Le taux de rentabilité interne (TRI)
Le temps de retour brut (TRB)
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 26
Voici quelques exemples de solutions intégrées :
La compacité de la forme architecturale : ce rapport entre la surface des parois de
l'enveloppe extérieure au volume total utile du bâtiment ; le rapport s/v doit être bas afin
d'assurer des économies d'abord sur les coûts relatifs à l'acquisition des installations de
chauffage et de climatisation ainsi qu'à leur coût d'exploitation. Dans ce sens, les
constructions à plusieurs niveaux et le jumelage avec les voisins sont deux approches
recommandées vivement.
L'orientation et la nature des parois extérieures : une orientation optimale des parois
extérieures peut assurer un apport gratuit d'énergie durant la saison froide et réduire
ainsi les frais de chauffage. En contrepartie, l'exposition prolongée de certaines parois au
soleil durant la saison chaude a pour conséquences l'augmentation des frais de
climatisation.
La surface des ouvertures dans les parois extérieures, le type de vitrage, et l'utilisation
des protections solaires ont une incidence sur les charges de chauffage et de
climatisation ainsi que sur frais d'éclairage.
L'orientation générale des espaces doit également être considérée : aménager les
espaces non conditionnés et qui n'ont pas besoin d'éclairage, tel les espaces tampons,
peut diminuer les déperditions. Disposer les locaux techniques à proximité des espaces
conditionnés diminue la facture des installations.
Les systèmes : le choix des systèmes de chauffage, de climatisation, de ventilation et
d'éclairage naturel et artificiel doivent permettre des économies tant en matière de
coûts d'installation, d'entretien et de leur exploitation.
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 27
3 - IMPLANTATION D'UN BÂTIMENT SUR UNE PARCELLE DONNÉE :
L'implantation d'un bâtiment est dictée par les exigences du cahier des charges du
développeur du lotissement, lequel lotissement répond au plan et au schéma du plan
d'aménagement urbain.
3.1 - Implantation et volumétrie externe par rapport au soleil
On peut diminuer les besoins en chauffage et en climatisation en intervenant sur la
composition et la configuration de l'enveloppe du bâtiment afin que celle-ci garde la chaleur
à l'intérieur et le froid (ou la chaleur l'été) à l'extérieur. Il faut particulièrement assurer un haut
niveau d'isolation et d'étanchéité des murs extérieurs. À ces fins, il convient notamment
d'utiliser des matériaux denses comme le béton, la pierre et la brique, lesquels conservent la
chaleur et contrôlent les écarts de température entre le jour et la nuit et d'isoler les murs et le
sol de fondation des sols environnants.
La localisation et l'orientation du bâtiment ou du logement sur le terrain sont un facteur
stratégique pour la consommation énergétique à des fins de chauffage et de climatisation.
Optimiser l'exposition solaire des pièces de jour et faire jouer le rôle à certaines pièces
d'espaces tampons contre les vents d'hiver et les chaleurs d'été représentent de bonnes
stratégies pour toutes les pièces qui nécessitent peu ou pas de chauffage et de lumière
naturelle.
Dans le cas de bâtiments hospitaliers, pour prendre en compte le mieux possible l'apport
solaire et le microclimat, il est souhaitable de :
Localiser les chambres d'hospitalisation et les bureaux au Sud ; et les salles de soins,
les locaux de service, les blocs sanitaires au nord, à l'est ou à l'ouest.
Éviter de localiser les accès au bâtiment, surtout ceux réservés au public sur les façades
situées au nord, à l'ouest ou au sud-ouest et prévoir des sas pour chaque entrée.
L'implantation d'un bâtiment doit tenir compte de la géométrie du volume construit et
des orientations des ouvertures par rapport à la course du soleil.
Sur le plan conceptuel, l'architecte est tenu de prendre en compte l'incidence d'un
ensoleillement direct qui pourrait nuire aux activités à l'intérieur des différents locaux du
bâtiment.
Bien que l'ensoleillement constitue un apport appréciable d'énergie gratuite, il est dans la
plupart des cas, gênant pour des expositions prolongées liées à des activité, tels que :
l'attente, l'examen des malades, les soins, etc.
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 28
Pour ce fait la connaissance de la trajectoire du soleil (altitude et azimut) est très utile pour
l'élaboration du projet architectural.
Des abaques et des logiciels spécifiques fournissent des informations fort utiles pour la
détermination des masques du ciel. L'orientation Nord-Sud favorise un ensoleillement idéal
pour une meilleure économie d'énergie hiver comme été.
Dans le cas des espaces intérieurs :
Localiser les espaces d'entreposage, de service et les pièces qui n'ont pas besoin de
lumière au nord, à l'ouest ou au sud-ouest, pour agir comme espace tampon.
Localiser les espaces de jour (attente, chambres d'hospitalisation, bureaux) au sud.
3-2 Implantation et volumétrie externe par rapport aux déperditions de chaleur
Outre l'orientation, un facteur à considérer dans la conception de bâtiments prenant en
compte la consommation énergétique est le rapport entre la surface extérieure et le volume
de l'immeuble. Les formes les plus efficaces sont celles dont le rapport surface de
l'enveloppe/volume est le plus petit, c'est-à-dire dont la surface permettant d'enclore un
volume donné est la plus petite. Concrètement, il est plus facile d'évaluer le rapport entre la
surface extérieure et la surface de plancher (lequel est identique au rapport surface de
l'enveloppe volume si les planchers couvrent toute la surface de l'immeuble).
Dans le tableau ci après sont détaillée comme exemple, la différence entre des immeubles
d'une même superficie de plancher et d'un même volume mais dont la forme et le nombre
d'étages diffèrent. Les formes plus compactes offrent un rapport plus petit entre la surface de
l'enveloppe et le volume que celles dont le plan est plus grand. Aussi, le cube offre le meilleur
TAUX DE GAIN TAUX DE GAIN
SURF. D’ÉNERGIE DE D’ÉNERGIE
SURFACE
SURFACE DE ENVEL. / CHAUFFAGE ET CHAUFF. ET
FORME VOLUME DE
PLANCHER SURF. CLIM PAR CLIM PASSAGE
L’ENVELOPPE
PLANCHER RAPPORT D’UN ÉTAGE À
SOLUTION BASE DEUX ÉTAGES
Plan
rectangulaire de : Sol base
7m x 14m x 98m² 294 m³ 322 m² 3,3
1étage
1étage (3m)
15%
Plan
rectangulaire de : Sol base
5m x 9,8m x 98m² 294 m³ 275,6 m² 2,8 2 étages
2 étages (6m)
Plan
rectangulaire de :
9,9m x 9,9m x 98m² 294 m³ 314,8 m² 3,2 3%
1étage (3m)
21,8%
Plan
rectangulaire de :
7m x 7m x 98m² 294 m³ 243 m² 2,5 10,7%
2étage (6m)
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 29
Plus la forme la plus compacte offre une déperdition thermique minimale à travers la paroi
extérieure.
La tendance actuelle en matière de construction hospitalière va dans le sens de bâtiments
qui adoptent une volumétrie de plus en plus compacte, et de ce fait ont de meilleures
performances énergétiques.
Outre l'aspect énergétique pour la forme compacte, elle est surtout dictée par des impératifs
d'adaptation à une technicité grandissante de la médecine qui a imposé une rationalisation
des circuits, de l'exploitation des locaux et du matériel.
Le modèle pavillonnaire qui permettait une construction progressive au fur et à mesure des
besoins et des moyens, mais avec un surcoût en frais de construction et surtout
d'exploitation y compris énergétique, a été abandonné progressivement.
Les hôpitaux à construire suivant ce modèle Elles ont l'avantage fonctionnel de réduire
considérablement les circuits et d'être thermiquement beaucoup moins déperditives que
les formes éclatées.
3-3 Implantation et volumétrie externe par rapport au vent
En été, un vent sec et de faible vitesse demeure bénéfique. Au contraire, si le vent est chargé
d'humidité, il sera lourd.
En hiver, si le vent est humide et de faible vitesse, il demeure confortable.
Un bâtiment s'oppose au vent et constitue un obstacle à plusieurs facettes. Chacune d'elles
est soumise soit à une surpression soit à une dépression en fonction de son orientation. De
ce fait une surface s'opposant au vent est en surpression et son endos est en dépression.
Au cas où les étanchéités des menuiseries ne seraient pas parfaites, la situation de
dépression ou de surpression des façades entraînerait des déperditions énergétiques
importantes qui créeraient des situations d'inconfort assez prononcées pour le personnel et
surtout pour les malades hospitalisés qui auraient à les subir en permanence .
Le vent dominant en Tunisie est
le nord-ouest. Pour éviter les
désagréments dus au vent il
faut :
Mettre les murs pignons
dans l'axe du vent.
Éviter d'implanter les
bâtiments (au cas où il y en
aurait plusieurs) trop près
les uns des
Autres en laissant des
couloirs face au vent.
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 30
3-4 Implantation et volumétrie externe par rapport a la couverture végétale
La couverture végétale a une influence directe sur les conditions micro climatiques des
bâtiments, car cette couverture végétale interagit lorsqu'elle reçoit les reflets des rayons
solaires, l'absorbant et humidifiant par ailleurs l'air ambiant. La volumétrie externe d'un
bâtiment peut bénéficier de la plantation d'arbres et d'arbustes pour avoir de l'ombre sur les
façades, dévier les brises vent et de l'autre, entretenir la fraîcheur au sol
De plus, le choix des éléments végétaux peut avantageusement contribuer à la mise en
valeur de certains volumes construits, d'éléments architectoniques, de certains détails
spécifiques dont l'effet sera renforcé par la présence de la plante.
La volumétrie externe associée à une végétation étudiée en regard de sa couleur, de sa forme
et de la saison de floraison, adoucissent les ambiances visuelles, sans oublier qu'elles
apportent un confort hypothermique, acoustique et olfactif à l'environnement bâti.
3-5 Implantation et volumétrie externe par rapport a la topographie du terrain
La topographie du terrain pourra permettre à un bâtiment de bénéficier de murs extérieurs
enfouis ou semi enfouis et enfin d'autres dégagés, selon le besoin ou non de lumière
naturelle des locaux qu'il abrite.
Si la rue se trouve en aval, la possibilité d'enterrer une grande partie du bâtiment existe pour
autant que cette approche soit acceptable et permettra d'avoir le moins de déperditions
thermiques à travers ses proies adossées au terrain naturel, inévitablement les locaux
adossés à ces murs auront aussi moins d'éclairage naturel et de bruit.
Si la rue se trouve en amont, il y aura possibilité de créer
un sous sol complet ou partiel qui se révèlera
simultanément un rez-de-chaussée jardin en aval. Une
telle approche réduira le nombre d'heures
d'ensoleillement pour les façades les plus basses,
subissant l'ombre projetée par les immeubles voisins.
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 31
4 - ORIENTATION ET ORGANISATION DES ESPACES INTÉRIEURS :
La construction d'un bâtiment hospitalier représente une opération complexe en raison de la
diversité et de la particularité des fonctions qui doivent être juxtaposées et abritées sous le
même toit.
Il s'agit en effet de concevoir un bâtiment qui permettra:
d 'accueillir
d'orienter
de diagnostiquer
de soigner
d'héberger
d'administrer
Tout en répondant aux besoins de chacun tout en respectant les normes d'hygiène, de
sécurité et des règlements d'urbanisme.
4-1 Typologie des locaux dans les hôpitaux
La typologie architecturale des établissements hospitaliers est sous trois formes :
L'hôpital pavillonnaire : permettant une construction progressive (au fur et à mesure
de l'évolution des besoins) bénéfique en terme d'aération naturelle et simplicité de la
lecture architecturale, mais il occupe une importante occupation foncière.
L'hôpital monobloc : le compact, qui répond mieux à la technicité grandissante de la
médecine et à la nécessité de rationaliser les circuits et l'exploitation des locaux et du
matériel. Soit une meilleure surveillance du patient avec optimisation du plateau
technique, mais il est certes défaillant de point de vue extensibilité et un risque énorme
de contamination.
L'hôpital poly bloc : c'est la tendance actuelle, son organisation spatiale est claire, le
risque de contamination est réduit et son intégration dans le site est humanisé et c'est
un choix idéal pour une typologie appropriée de l'établissement de santé.
Les bâtiments hospitaliers se distinguent par la taille et la fonction. Cela va du simple centre
de soins au centre hospitalo-universitaire.
Cependant, pour les bâtiments grands consommateurs d'énergie qu'ils représentent et qui
sont visés par ce guide, le partage des établissements en différents services peut se présenter
ainsi :
une zone d'accueil, d'urgence du public et de consultations médicales
un plateau technique (salles de Radio, laboratoires, bloc opératoire, etc.)
L'hospitalisation (hébergement)
Ces différents blocs ont des spécificités fonctionnelles et de confort différents. Leur
combinaison les uns par rapport aux autres peut varier selon le parti architectural adopté.
Cependant pour les bâtiments sis en périphérie urbaine, la disponibilité foncière permet une
grande liberté de composition et un éclatement des différents blocs que l'implantation en
zone urbaine ne permet pas.
Les mesures d'économie d'énergie liées à l'implantation des blocs fonctionnels, à leurs
orientations par rapport à l'ensoleillement et aux vents dominants sont généralement
possibles dans le premier cas et difficilement réalisable dans le second cas. Pour les
bâtiments implantés dans un tissu urbain dense, des mesures d'adaptation peuvent être
prévues en cas de configuration énergétiquement défavorable.
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 32
4-1-1 La zone d'accueil et de consultation
C'est la zone qui connaît l'activité la plus intense dans un bâtiment hospitalier. Elle est en
liaison directe avec l'extérieur.
Le service de consultations externes et ses annexes (salles de soins, hôpital de jour, etc.) sont
proches et directement accessibles de l'espace accueil et sont en général la première étape
franchie par le visiteur dans l'hôpital et souvent la seule. C'est là que le public y est reçu et
traité dans la grande majorité (consultations et salles de soins).
De par son fonctionnement et en raison des clientèles concernées (nombreux visiteurs et
travail intermittent du personnel d'accueil) la zone peut être complètement dissociée de
l'hôpital et avoir une gestion énergétique indépendante. Les conditions de travail y sont
moins draconiennes et les horaires plus réguliers.
Des ambiances agréables sont souhaitables dans les zones d'attente pour apaiser le stress et
l'angoisse des patients. Généralement, le concepteur privilégie le recours
· l'éclairage naturel avec des vues sur l'extérieur (vue dégagée, espaces verts) tout en
évitant un ensoleillement direct qui pourrait gêner les personnes en attente.
· Les espaces de circulation et d'attente connaissent des volumes importants de
visiteurs. Vu le nombre de personnes qu'ils reçoivent. L'éclairage et la ventilation naturelle y
sont recommandés.
Pour les salles d'examens et de soins, la lumière artificielle est indispensable, même en plein
jour, pour avoir une luminosité constante. Une orientation nord est adaptée à ces locaux et
laisse les autres orientations disponibles pour les activités qui requièrent un bon
ensoleillement.
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 33
4-1-2 Zone d'Urgence
Sa situation :
Le SU est fléché, visible et accessible de la porte principale de l'hôpital par un circuit dédié.
Son entrée est distincte de celle des services médicaux de l'hôpital. Il est situé sur un même
niveau et de plein pied. Les liaisons fortes du SU sont identifiées avant sa conception. Il est
implanté à proximité de la radio, du bloc opératoire et si possible à proximité de la
réanimation et des laboratoires.
Les circulations :
Le SU n'est traversé par aucun flux étranger à son activité. Les circulations des patients et des
accompagnants ne traversent pas les zones de soins. Les portes sont motorisées dans les
circulations principales utilisées par les brancards. La surface de circulation doit être calculée
de façon spécifique et comprises dans les surfaces utiles.
La sectorisation :
Un SU est réparti en zones fonctionnelles : zone d'accueil, zone de soins, zone technique,
zone de service, unité d'hospitalisation de courte durée (UHCD). L'architecture tient compte
de la gestion des flux. Selon l'importance de ces flux, la zone de soins peut être divisée en
zones secondaires, plutôt qu'organisée en une seule vaste zone. Dans ce cas, l'architecture,
l'organisation, l'équipement de chaque zone secondaire permettent de garder un caractère
polyvalent, adaptable à l'évolution des besoins. Les malades sont orientés dans ces zones en
fonction de leur pathologie et de leur gravité.
La division en zones secondaires ne fait pas l'objet d'un consensus. La sectorisation peut être
faite en un circuit léger et un circuit lourd. Le circuit léger (ou ambulatoire) est destiné aux
malades consommant peu de temps médical ou paramédical, de ressources et permet un
examen rapide. Le circuit lourd correspond aux malades, habituellement couchés en
brancard, consommant beaucoup de temps et de ressources. La sectorisation peut être faite
aussi en un circuit de traumatologie légère et un circuit non traumatologique. La séparation
en secteur médecine/chirurgie n'est pas adaptée à la médecine d'urgence.
La polyvalence des zones :
La polyvalence, la flexibilité et l'adaptabilité est un objectif majeur du fait de l'évolution
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 34
rapide de l'environnement. La standardisation et l'uniformité des pièces d'examens facilitent
l'ergonomie et la prise en charge des malades.
La sécurité :
La sécurité est envisagée dès le projet. Elle repose sur plusieurs dispositions qui sont
rassemblées dans un « plan sécurité ». L'accès à la zone de soins est réservé aux personnes
autorisées : malades, accompagnants, personnels, grâce à des portes à ouvertures
commandées.
La surveillance et la confidentialité :
Il s'agit parfois d'objectifs contradictoires. L'agencement des locaux doit permettre une
surveillance efficace des patients en même temps que la protection (visuelle, acoustique) de
leur intimité et de la confidentialité. La séparation par des rideaux, des paravents, des parois
incomplètes ou des portes non hermétiques ne permet pas une intimité suffisante ; elles
peuvent néanmoins être utilisées dans les zones de surveillance intensive comme les SAUV.
L'attente des familles et des patients :
Le principe des services d'urgences est la prise en charge immédiate des malades. Le
dimensionnement des urgences doit donc permettre l'admission directe des malades en
zone de soin. Néanmoins, les familles et les malades après le triage et dans certaines
conditions peuvent devoir attendre. En plus de la salle d'attente des familles à l'extérieur, il y a
des salles d'attentes intérieures : dans le secteur léger, dans le secteur pédiatrique où une
attente spécifique est indispensable, dans le secteur de radiologie... Les attentes ne doivent
pas être organisées dans les couloirs.
L'informatique et les technologies nouvelles :
Le développement des technologies nouvelles en particulier informatique est prévu avant la
construction.
Le stockage :
Le stockage principal est situé en périphérie du SU et évite la pénétration des livreurs
(extérieurs ou hospitaliers) dans le service. Il n'y a pas de stockage terminal, c'est-à-dire dans
les salles de soins. Il est remplacé par des chariots de soins équipés.
Des données techniques spécifiques aux SU sont précisées :
Les normes de surfaces ne peuvent s'appuyer sur aucune données objectives et n'ont donc
pas été fixées. Elles nécessitent une adaptation spécifique aux besoins et aux contextes
locaux.
L'éclairage :
L'éclairage en lumière naturelle est favorisé autant que possible.
La signalétique :
Le fléchage est facilement visible, si possible, depuis la ville.
L'ambiance :
Les matériaux (couleur, acoustique, lumière, aspect…) sont choisis pour créer une ambiance
susceptible de réduire l'anxiété.
L'hygiène :
L'organisation architecturale peut
limiter ou faciliter le risque infectieux
et la transmission croisée des
infections. Elle implique au moins
trois moyens : l'organisation du
lavage et de la désinfection des
mains, des salles d'examen pour un
seul malade et éventuellement
l'existence d'une chambre
d'isolement.
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 27
Le traitement des surfaces :
Les matériaux sont choisis pour un usage intensif et un trafic élevé. Ils sont solides et
durables.
Le contrôle de la température est assuré dans toutes les circonstances par des dispositifs
multiples : protection solaire (stores, film sur les fenêtres), chauffage ou rafraîchissement
d'air.
·
La zone d'accueil :
tous les malades se présentant au SU sont accueillis dans une même zone d'accueil et
d'orientation. L'entrée des malades arrivant à pied est séparée, jusqu'à l'infirmier(e)
organisateur de l'accueil (IOA), de ceux arrivant en SMUR, ambulance ou accompagnés des
pompiers. Cette zone permet à l'infirmière ou au médecin d'accueil, avant l'enregistrement
administratif, d'examiner rapidement les malades et d'orienter simultanément plusieurs
malades debouts ou couchés, si possible par des circuits spécifiques, vers la zone de soin qui
leur correspond.
La zone de soin :
Les salles d'examen et de soins d'un même secteur sont regroupées autour d'un poste
central de soin destinés à la gestion médicale et infirmière des malades dans une ambiance
calme. Chaque salle de soin comporte une paillasse sèche et humide, un espace
informatique, et suffisamment de place pour accueillir si nécessaire la famille. Les salles
d'examen ambulatoire ne doivent pas être trop spécifiques et doivent pouvoir accueillir des
malades couchés, lors d'un afflux massif de malades. Des zones spécifiques, en particulier
pédiatriques et psychiatriques, peuvent permettre la prise en charge dans le calme de ces
malades.
Des locaux dédiés à une consultation sans rendez-vous ou à une maison médicale sont
distincts des locaux des urgences.
La zone technique :
Les salles de radiologie conventionnelle sont contiguës au service des urgences, soit à
l'intérieur du service de radiologie, soit à l'intérieur du service des urgences. Il en est de
même pour les salles d'échographie et le scanner. Lorsque le laboratoire est éloigné du
service des urgences, les prélèvements sont acheminés par un moyen rapide, fiable et
automatique (pneumatique…).
Il n'est pas justifié de prévoir un bloc opératoire dans les locaux des urgences.
La zone de service :
Un nombre suffisant de bureaux pour les médecins permanents et les cadres permettent de
travailler dans une zone calme, proche du secrétariat. Une salle de réunion suffisamment
vaste est indispensable pour l'enseignement, les réunions du service et sert de centre de
crise en cas de plan blanc.
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 38
4-1-3 Le plateau technique
Le plateau technique regroupe les locaux de diagnostic et d'intervention médicale. Ce sont
les laboratoires, les salles de radiologie et d'imagerie médicale, le bloc opératoire, les salles
de soins
sceptiques etc. La plupart de ces espaces doivent être en zone aveugle, vu les conditions très
précises de température, de qualité de l'air et d'éclairage qu'elles requièrent.
La sophistication du matériel et la précision des actes nécessitent une ergonomie sans faille :
le personnel peut être appelé à travailler sans interruption pendant plusieurs heures sur des
sujets requérant une concentration extrême et continue.
L'accès à ces locaux est contrôlé et limité aux seuls intervenants et patients. Les conditions
d'asepsie qui sont exigées pour le bloc opératoire et ses annexes, interdit toute ouverture
directe sur l'extérieur.
4-1-4 Le bloc opératoire
Tout en étant séparé des autres espaces, le bloc opératoire doit être facilement accessible de
l'extérieur à travers les urgences et des locaux d'hospitalisation.
Les conditions très particulières de travail (circuit propre, circuit sale, circuit malade, circuit
personnel, éclairage, etc.) en font plus un « outil » qu'un espace de travail. L'accès au bloc se
fait par des sas de transfert et l'ensemble des salles d'opération est cintré par des couloirs
périphériques
Le fonctionnement en continu ainsi que les contraintes de désinfection et de filtration, les
conditions de températures et de taux d'humidité stables font que l'aération et l'éclairage
naturels sont proscrits et que tout repose sur des installations techniques et médicales
sophistiquées.
4-1-5 L'hospitalisation
L'hospitalisation d'un patient consiste en son hébergement à proximité du plateau
technique et des services de soins le temps de son traitement. Les conditions sont
semblables à un hébergement hôtelier à la différence, que le malade est consigné dans sa
chambre 24 heures sur 24, alors que le touriste ne passe que la nuit dans sa chambre de
même qu'une ou deux heures par jour.
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 39
Les malades qui séjournent dans une chambre ont un métabolisme amoindri et doivent
souvent garder le lit. Une attention particulière doit être observée pour les conditions de
confort dans les chambres pour ne pas ajouter à la détresse des personnes hospitalisées des
conditions de séjour désastreuses.
Les chambres sont individuelles ou collectives; elles sont en général munies d'une salle d'eau
qui sert d'espace tampon avec le couloir. Elles sont réparties de part et d'autre d'un large
couloir, ce qui suppose des contraintes très différentes en terme d'ensoleillement et
d'échange thermique au niveau des façades d'orientation de protection solaire, de choix des
ouvertures de même que des caractéristiques thermiques et acoustiques. Dans certains
services, le risque de défenestration des malades est important. Il y'a lieu d'en tenir compte
dans la conception des ouvertures et de leurs protections.
Les circulations verticales sont pour des raisons de sécurité incendie, nécessairement
cloisonnées; les étages d'hospitalisation peuvent être compartimentés en des zones
homogènes et indépendantes pour la climatisation et le chauffage.
4-1-6 Les locaux de service
On définit comme locaux de services, les cuisines, les restaurants, les dépôts, les locaux
techniques, les locaux du personnel, les bureaux administratifs, la stérilisation, la morgue,
etc.
A part des espaces tels que le restaurant du personnel, et quelques bureaux administratifs,
ces locaux ne nécessitent pas de lumière naturelle ni de chauffage ni de climatisation. On
doit y assurer des conditions de travail confortables pour le personnel surtout dans les zones
où le travail est pénible :
Les cuisines
La stérilisation
La blanchisserie
Ces espaces ne présentent pas de particularités liées à leur incorporation dans le bâtiment
hospitalier et possèdent donc les mêmes caractéristiques et besoins que des espaces
similaires dans des bâtiments d'autre nature.
Ils ne sont accessibles qu'aux membres du personnel et sont en général situés dans les
parties résiduelles du bâtiment, à l'arrière ou au sous-sol tout en étant à proximité des
différentes zones qu'ils doivent desservir.
Le niveau de confort demandé n'y est pas très élevé, ce qui fait que leur incidence sur le bilan
énergétique global du bâtiment, est généralement minime.
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 40
OBJECTIFS CONDITIONS INCIDENCES
LOCAUX
FONCTIONNELS D’OCCUPATION SUR LE BÂTI
Qualité de l'accueil et de Bonne Lumière Volumes Importants
ACCUEIL prise en charge des Température Stable Vitrages Importants Avec
ET ergonomies des espaces Ambiance Accueillante protection Contre
CONSULTATIONS de travail Bonne Acoustique l'ensoleillement Direct
Éclairage Spécifique Pour Sas Avec L'extérieur Et Avec
certains Espaces les Unités Adjacentes
Inertie Forte Des Enveloppes
Accessibilité aisé et Bonne Lumière vitrages importants avec
SERVICES
URGENCE indépendante Température Stable protection contre
Organisation Ambiance Accueillante l'ensoleillement direct
Fonctionnelle des espaces Niveau Acoustique Faible Inertie forte des
et des circuits enveloppes
Ergonomie exigeante et Température, humidité et Sas d'entrée pour chaque
SERVICES spécifique pour chaque renouvellement de l'air (et unité
MÉDICAUX espace filtration) dans des Enveloppes à forte inertie
Organisation conditions particulières à Apports solaires évités ou
fonctionnelle des espaces chaque espace Strictement contrôlés
et des circuits Niveau acoustique faible
Confort des usagers Contrôle et filtrage des
(personnels et patients)- accès
Occupation permanente
et/ou discontinue-
Qualité de confort et de Température Stable Sas d'entrée
prise en charge des Accès Contrôlés Enveloppes à forte inertie
malades Éclairage Naturel Vitrage sur façades et contrôle
HOSPITALISATION Niveau Acoustique de L'ensoleillement
faible Espaces tampon entre
chambres et couloirs et
entre hospitalisation Et
Autres Services
SERVICES productivité du Conditions locaux séparés
GÉNÉRAUX personnel et efficacités identiques à celles
ET SPÉCIALISÉS des services (personnels des mêmes espaces
(administration, et équipements)- dans des bâtiments
cuisines, blanchisserie, autres-
stérilisations, morgue,
chaufferie, …)
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 41
4-3 - Organisation de L'espace : Les mesures économisantes : modularité des espaces
Les parties modulables d'un bâtiment hospitalier sont celles qui abritent plusieurs espaces
similaires et répétitifs : l'hospitalisation, l'administration et la consultation sont des espaces
qui peuvent être établis selon des trames communes.
Cette approche conceptuelle en modules répétitifs s'est imposée comme règle de
construction, de gestion et de maintenance économiquement indispensable pour des
bâtiments d'une certaine taille. Cette approche apporte beaucoup de facilité et d'économie
dans la construction du bâtiment et dans sa gestion, y compris la consommation
énergétique, pendant la durée de son exploitation
4-3-1 Le zonage fonctionnel
Le zonage consiste à placer judicieusement des espaces différents, les uns par rapport aux
autres, dans le but d'avoir une gestion énergétique optimale de l'ensemble.
En effet, les besoins thermiques, le mode et les périodes d'occupation des locaux font que
des espaces doivent être assemblés ou rapprochés et d'autres isolés. Les espaces de
consultation et de soins par exemple où les patients peuvent être complètement ou
partiellement nus doivent être groupés et avoir des conditions de confort thermique qui ne
sont pas celles de bureaux ou de laboratoires.
Le bloc opératoire et les services de radiographie sont des entités qui opèrent de façon
continue et qui exigent des conditions de confort très précises et assez similaires. Assembler
ces deux entités, les isoler et les traiter thermiquement de façon appropriée est impératif.
Des conditions d'asepsie sont aussi à prendre en considération dans le regroupement ou
l'éloignement de certains locaux
Les différents espaces d'un bâtiment hospitalier
peuvent avoir des besoins thermiques similaires ou
diamétralement opposés. Regrouper les uns et isoler
les autres est une décision à prendre au tout début de la
conception du bâtiment (au stade de l'A.P.S). De
l'opportunité des choix arrêtés dépendront les
économies ou les surcoûts énergétiques dans
l'exploitation du bâtiment sa vie durant.
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 42
4-3-2 Les espaces tampons
Ces espaces servent à protéger thermiquement et acoustiquement (notion importante en
milieu hospitalier) certaines zones du bâtiment de l'extérieur ou d'une autre zone adjacente
qui n'a pas les mêmes niveaux de confort thermique. Ils peuvent se présenter sous trois
formes :
les sas d'entrée
les espaces tampons
les patios.
4-3-2-1 Les sas d'entrée
Des sas d'entrée doivent être prévus au niveau de
tous les accès publics et des accès aux membres du
personnel.
Les sas sont d'une grande efficacité contre les
déperditions et les infiltrations d'air à condition que
les deux portes (intérieures et extérieures) ne soient
pas ouvertes en même temps. Prévoir une distance
minimale de deux mètres entre les portes, de façon à
ce qu'une personne ne puisse pas ouvrir la seconde
porte avant que la première ne soit refermée. Cette
distance permet aussi le passage de chaises
roulantes sans avoir à s'arrêter au milieu du sas.
4-3-2-2 Les espaces tampons
Il s'agit d'utiliser certains espaces qui ne nécessitent
pas un confort thermique particulier en tant que
bouclier et ce afin de protéger une zone sensible des
rigueurs extérieures (chaleur ou froid) ou des
nuisances (thermiques ou acoustiques) d'une autre
zone.
Pour ce qui est des rigueurs extérieures, les
orientations particulièrement gênantes en Tunisie
sont le Nord Ouest en hiver (vent dominant) et le Sud
Ouest et l'Ouest en été (ensoleillement maximum et
vent chaud). Placer sur les façades orientées dans ces
directions les espaces de services tels que les blocs
sanitaires, les circulations, les locaux à faible
occupation (archives, dépôts, certains bureaux, etc.)
permet d'une part de faire encaisser le choc
thermique par des espaces qui y sont peu sensibles et
d'autre part de laisser libre les zones privilégiées du
bâtiment pour des activités qui en ont besoin.
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 43
4-3-2-3 Les patios
Largement utilisés dans l'architecture traditionnelle
des pays chauds et en Tunisie tout particulièrement,
les patios constituent des espaces de régulation
thermique naturelle par excellence
Cependant, leur efficacité à créer un microclimat de
transition entre l'extérieur du bâtiment et l'intérieur
des locaux dépend du rapport entre leur dimension et
les volumes qui les entourent.
Un patio ne doit être ni un puits ni un espace ouvert à
tout vent. Outre son intérêt thermique, il procure un
agrément visuel certain et peut être un élément de
lutte contre le stress ou l'angoisse des usagers,
personnel ou patients d'un bâtiment hospitalier.
4-3-2-4 L'orientation
Les orientations des divers espaces d'un bâtiment
hospitalier sont très importantes, vu le caractère très
spécial et parfois sensible des activités et du matériel
qu'ils abritent.
Les activités d'un centre hospitalier sont contenues
d a n s l a p l u p a r t d e s c a s. E l l e s n e p e u ve n t
s'accommoder d'une orientation et donc d'un
ensoleillement gênant ou inadéquat comme c'est le
cas pour les locaux commerciaux ou d'habitation.
Si l'ensoleillement direct des laboratoires ou des salles
de soins est gênant et doit être proscrit, il n'en est pas
de même pour certains locaux tel que les chambres
d'hospitalisation, les lieux d'accueil et d'attente, où un
ensoleillement contrôlé et une vue directe sur
l'extérieur contribue
au confort psychique des personnes qui souffrent
d'une perte plus ou moins importante de leur
capacité physique et morale. Cependant et dans tous
les locaux à besoins thermiques stables, les apports
solaires qui représentent une source importante de
calories doivent être maîtrisés
Le recours à l'éclairage naturel dans la plus large
mesure possible est impératif et contribue à alléger
sensiblement la consommation énergétique, surtout
dans les locaux occupés à temps plein. S'il est
totalement exclu du bloc opératoire et des salles de
radiographie, il doit être contrôlé pour des services
spécialisés tel que les salles de consultations, les
unités de soins, les laboratoires, qui exigent un
éclairement constant et de qualité.
L'utilisation de patios et de lanterneaux est un moyen
efficace pour apporter de la lumière naturelle à des
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 44
zones enclavées, qui sont souvent importantes dans
des bâtiments hospitaliers de moyenne taille, et ce
pour des raisons de fonctionnalités qui sont et
resteront la condition première de conception de ces
bâtiments.
4-3-2-5 L'inertie et l'isolation
Les bâtiments hospitaliers comprennent d'une part,
des locaux à occupation continue (chambres
d'hospitalisation, salles de gardes, etc.) et d'autre part,
des locaux à occupation discontinue. Une stratégie de
base est de regrouper les locaux du même type
d'occupation, les uns et les autres autant que possible,
tout en respectant les contraintes de fonctionnalité. Il
s'agit d'une des premières mesures à prendre au
niveau de la conception du bâtiment pour avoir une
gestion énergétique rationnelle.
On peut réaliser des économies d'énergie de l'ordre 15
à 20% dans les locaux à occupation discontinue
(bureaux administratifs, salles de consultation, etc.)
lorsqu'ils ne sont pas traités
Thermiquement quand ils sont inoccupés et ce, à
condition que les enveloppes soient efficaces
thermiquement.
Par contre, les locaux à occupation continue exigent
une ambiance thermique stable. Ils représentent la
majorité des espaces dans les bâtiments hospitaliers et
des économies d'énergie non négligeables sont
obtenues en prévoyant pour ces locaux des
enveloppes à forte inertie.
Dans l'hypothèse où ces locaux seront directement
exposés à l'air, et plus particulièrement à l'Ouest ou au
dernier étage du bâtiment, ils auront à subir beaucoup
plus que les autres les rigueurs du climat.
Si le froid n'est pas très excessif en Tunisie, la chaleur à
l'inverse, peut l'être et durer plusieurs mois.
L'ensoleillement des toitures terrasses et des façades
orientées Sud-Ouest et Ouest est très
Important et les apports thermiques qui en résultent
peuvent causer une gêne pour les usagers si les
enveloppes ne constituent pas une barrière thermique
suffisante, ayant une forte inertie.
Vu les procédés et matériaux de construction actuels,
la masse est devenue difficile d'intégrer au niveau des
enveloppes extérieures. Le recours au rajout de
matière isolante s'est donc imposé, la facilité de la mise
en œuvre et le coût relativement faible de l'opération.
4-4 RECOMMANDATIONS
Implantation et orientation
Afin de donner une performance maximale aux différents espaces d'un bâtiment hospitalier,
il est recommandé de tenir compte des facteurs suivants :
Confort thermique :
Le confort thermique est une sensation de bien-être lorsqu'on est exposé à une
ambiance intérieure. Le confort thermique ne dépend pas exclusivement de la
température mais également des conditions d'humidité de l'air intérieur, des éventuels
courants d'air, du niveau de respirabilité de l'air ou de qualité d'air intérieure (QAI).
La température à elle seule dépend d'une température résultante sèche, sorte de
moyenne des températures intérieures et rayonnées par les différents corps et parois.
A titre d'exemple, le confort thermique ne peut être atteint à 22°C de température
sèche intérieure avec des murs froids alors qu'à 18°C soit 4 degrés en moins, il est atteint
et de plus de manière plus satisfaisante, avec un rayonnement homogène des corps en
présence, y compris l'individu qui ressent les différents rayonnements. Autre sensation
analogue, en montagne alors que l'air est à +10°C, avec un bon rayonnement du soleil,
le confort thermique peut être atteint facilement.
L'objectif de la réglementation thermique des bâtiments neufs est de produire de
nouveaux bâtiments avec des performances thermiques minimales de l'enveloppe,
avec moyennant des surcoûts acceptables (inférieurs à 10% du coût du bâtiment), en
vue d'améliorer le confort thermique à l'intérieur du bâtiment et par conséquent
réduire les besoins en chauffage et en refroidissement. Cette objectif est réalisable
étant donné que la Tunisie dispose d'un climat relativement modéré qui permet
l'utilisation de matériaux et des techniques de construction qui contribuent à la
réduction des besoins énergétique du bâtiment moyennant une conception
architecturale réfléchie et adaptée aux régions climatiques locales.
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 46
Confort visuel :
Veiller à assurer un éclairage naturel de niveau approprié pour chaque type
d'activités. L'ensoleillement direct doit permettre un apport énergétique en hiver
sans pour autant affecter négativement les espaces liés aux activités de soins, de
diagnostic, etc. De ce fait, le choix des dimensions des ouvertures, des protections
et des types de menuiserie et de vitrerie peut
contribuer au confor t intérieur tout en
économisant de l'énergie.
L'éclairement moyen à maintenir sur la surface de
référence conformément au tableau des niveaux
d'éclairement recommandés par la norme
européenne EN 12464-1. Elles sont valables pour
des conditions visuelles normales et tiennent
compte des facteurs de confort visuel, du bien
être, des tâches visuelles et d'ergonomie, de
sécurité, d'économie et des conditions réelles du
bâtiment :
BESOIN D'ÉCLAIRAGE POUR LES ZONES INTÉRIEURES
D'UN BÂTIMENT DE SANTÉ SELON LES USAGES ET LES ACTIVITÉS
TYPE D’INTÉRIEUR DE TÂCHE NORME
OU D’ACTIVITÉ RECOMMANDÉE (LUX)
Zones de circulation et de couloirs 100
Cantines 200
Salles d'exercices physiques 300
Salles de soins 500
Salles des matériels, 200
salles de commutations ou distribution
Télex, local courrier, tableau 500
de distribution (standards)
Réception 300
Secrétariat 500
Eclairage général 500
Examen et traitement 1000
Salles d’opération de préparation 500
et de réveil
Salles d’opérations 1000
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 47
Confort tactile :
Il concerne le confort hygrothermique des
occupants, qui lui-même dépend des
conditions climatiques extérieures (soleil,
vent, humidité relative) et des activités des
usagers. Le concepteur doit tenir compte à
la fois de l'apport de l'énergie solaire
gratuite en hiver et de la protection contre
l'éblouissement et enfin du rayonnement
solaire direct en été (occasionnant les
surchauffes).
Le concepteur veillera à la réduction des infiltrations de l'air frais à travers les défauts
des menuiseries ou encore la mauvaise disposition et orientation des ouvertures, en
hiver.
Le concepteur favorisera toujours le renouvellement de l'air par de l'air frais et
humidifié en hivers.
De ce fait, il est judicieux d'exploiter le phénomène de la surpression et de la
dépression du vent sur les diverses parois de l'enveloppe architecturale ou encore du
phénomène de dilatation de l'air causée par l'échauffement de l'air
confort olfactive :
Il est assurée par le phénomène d'extraction des odeurs et des fumées par les différences de
pressions entre les différentes parois de l'enveloppe. Il est recommandé que le
renouvellement de l'air des pièces "polluantes" (ex: fumoirs) et des salles d'eau ne traverse
pas les autres espaces. Le concepteur doit donc réfléchir au bon emplacement et au
dimensionnement des ouvertures extérieures et/ou au bon emplacement des ouvertures de
ventilation et d'évacuation.
confort Sonore :
Il concerne la maîtrise des ondes de propagation. Les ondes aériennes peuvent être amorties
par la composition et l'effet de masse de l'enveloppe (murs et fenêtres). Les ondes d'impacts
peuvent être amorties par le choix et l'épaisseur des matériaux à mettre sous le carrelage
(construction d'étage). Les murs mitoyens entre voisins seront doublés de préférence.
Le niveau de pression acoustique normalisé en France, du bruit engendré dans un local
d'hébergement par un équipement du bâtiment extérieur à ce local ne doit pas dépasser 30
dB(A) en général et 35 dB(A) pour les équipements hydrauliques et sanitaires des locaux
d'hébergement voisins.
Le niveau de pression acoustique normalisé, du bruit transmis par le fonctionnement d'un
équipement collectif du bâtiment ne doit pas dépasser les valeurs suivantes :
- dans les salles d'examens et de consultations, les bureaux médicaux et soignants, les salles
d'attente : 35 dB(A) ;
- dans les locaux de soins : 40 dB(A) ;
- dans les salles d'opérations, d'obstétrique et les salles de travail : 40 dB(A).
GUIDE MAITRISE DE L'ENERGIE POUR LES BATIMENTS DE SANTE 48
Recommandation générale pour les établissements hospitaliers
Ce chapitre a permis de dresser un portrait global de multiples aspects à considérer en
matière de composition générale des espaces d'un bâtiment hospitalier et des mesures
d'économie d'énergie y afférant.
D'une manière générale, une approche énergétique rigoureuse tendra à privilégier les
stratégies et recommandations suivantes :
N° ACTIONS
1 Concevoir un bâ ment massif le plus compact possible.
Implanter le bâ ment suivant un axe Est-ouest : façades principales au Nord et au
2
Sud, les façades latérales (murs pignons) à l'Est et à l'Ouest
U liser si possible une trame régulière pour l'ensemble du bâ ment et moduler les
3
Espaces et les ouvertures
4
Assembler les zones à ambiances thermiques similaires
5 Prévoir le bloc opératoire, les salles de radiographie en zone aveugle
6 Prévoir les laboratoires, la consulta on, les espaces d 'accueil et d'a ente au Nord.
prévoir les locaux de services et à faible occupa on comme espaces tampons à
7
l'Ouest et au Nord
Prévoir des sas pour tous les accès extérieurs et à l'entrée de chaque unité spa ale
8
thermiquement différente
9 Limiter les vitrages à l'Ouest et les protéger
10 Protéger les vitrages au Sud quand ils dépassent 10% de la surface du local
11 Incorporer un isolant dans les toitures terrasses et les murs Ouest
Pour certaines régions climatiques particulières de la Tunisie, à savoir les zones centrales (à
plus de 50 Km de la côte) et le Sud, on nuancera la stratégie de la façon suivante :
N° ACTIONS
Intégrer des patios dans la volumétrie de l'ensemble construit
1
2 Réduire et protéger les vitrages sur les façades ensoleillées
3 Dédoubler l'inertie par un isolant dans tous les murs extérieurs et les toitures terrasses
5 - ARCHITECTURE THERMIQUE DE L'ENVELOPPE :
5-1 Rôle des parois opaques et de l'inertie thermique
5-1-1 L'inertie thermique :
L'inertie thermique est une notion qui recouvre à la fois l'accumulation de chaleur et sa
restitution, avec un déphasage lié aux caractéristiques physiques, dimensionnelles et
environnementales de la paroi de stockage. Une grande inertie thermique permet la
récupération de la chaleur du jour afin de la restituer la nuit. Ceci est particulièrement
intéressant dans les climats où la différence de température diurne et nocturne est
importante.
Les deux propriétés qui caractérisent l'inertie thermique d'une paroi sont :
La masse volumique de la paroi exprimée en Kg/m3.
La chaleur spécifique de la paroi exprimée en J/(Kg.K) appelée également chaleur
massique.
L'inertie thermique est la capacité d'un bâtiment, d'une pièce ou d'une paroi à cumuler des
calories et à les restituer au moment venu. Il existe plusieurs classes d'inertie :
Très légère
Légère
Moyenne
Lourde
Très lourde
Il est important d'identifier la classe d'inertie à cibler selon l'usage que l'on fait du bâtiment :
CLASSE
D'INERTIE APPLICATIONS
Hiver :
Paroi réactive, sa température monte vite lorsqu'on chauffe la pièce.
La pièce est confortable rapidement.
N'a pas la capacité de stocker les calories, donc un arrêt du chauffage fait baisser
rapidement la température de la paroi et donc la température ressentie dans la pièce.
Très léger Eté :
à léger N'est pas capable de gérer le surplus de calories, il y a risque de surchauffe et même en mi-
saison si la paroi le rayonnement solaire.
Utilisation :
Paroi réactive mais peu économique en terme de besoins de chauffe.
Convient aux pièces utilisées temporairement type : chambre d'appoint, petite salle de
réunion.
Hiver :
Paroi qui allie une montée en température relativement rapide et une capacité à
emmagasiner les calories. Elle permet de maintenir une température agréable dans la
pièce lorsque le chauffage est éteint en restituant ses calories. Peut recevoir le
rayonnement solaire et lisser les apports sur la journée.
Eté :
Permet de stocker le surplus de calories en saison chaude ou en mi- saison et d'éviter ainsi
Moyen les surchauffes.
En saison chaude, il faut rafraîchir la paroi la nuit par un système de surventilation pour lui
permettre de se décharger de ses calories et de gérer ainsi les surchauffes du lendemain.
Utilisation :
Paroi confortable en été et en hiver et économique en besoins de chauffage.
Convient aux pièces utilisées régulièrement et recevant du monde : habitat, bureaux, salle
de classe et salle de réunions.
Hiver :
Paroi peu réactive, mais beaucoup de temps à monter en température mais garde très
longtemps les calories et les restituent sur plusieurs jours soit un
besoin de chauffage très limité.
Lisse sur plusieurs jours les apports solaires.
Lourd à Eté :
très lourd Très propice à garder la fraîcheur. Lisse généralement les fluctuations de température.
Utilisation :
Occupation continue, doit recevoir directement les apports énergétique (rayonnement
solaire, poêle…). A associer avec des parois d'inertie moyenne. Très économique en
besoins de chauffage sauf si la pièce est utilisée de manière ponctuelle.
PLANCHER BAS PLANCHER HAUT PAROI VERTICALE CLASSE D’INERTIE
Lourd Lourd Lourde trés lourde
Lourd Lourde Lourde
Lourd Lourde Lourde
Lourd Lourd Lourde
Lourde moyennne
Lourd moyennne
Lourd moyennne
Trés légère
On constate que la réduction des besoins en énergie grâce aux apports solaires repose sur le
travail combiné de l'effet de serre des vitrages (piège à chaleur) et de l'inertie (stockage). Le
stockage direct est un processus par lequel le rayonnement solaire, irradiant un matériau, est
partiellement absorbé par celui-ci, transformé en chaleur et accumulé en son sein. La
capacité d'accumulation d'un matériau dépend de sa chaleur spécifique, de sa conductivité
thermique et de son poids volumique
Une paroi peut aussi s'échauffer en absorbant la chaleur rayonnée par d'autres parois ayant
une température supérieure. De même, si l'air est plus chaud que la paroi, celle-ci peut
gagner des calories par convection. Ce type de stockage est alors indirect.
5-1-2 Influences de l'inertie thermique en hiver dans les bâtiments contemporains :
Avantage :
Climat intérieur plus stable.
Meilleure utilisation des gains (solaires et internes) d'où une réduction proportionnelle
aux besoins en chauffage.
Possibilité de diminuer la puissance installée de l'équipement du chauffage (réduction
des demandes de jointe).
Possibilité de chauffer par « à coups » sans influence notable sur le confort (chauffage à
bois par exemple).
Inconvénients:
Durée et puissance de remise en température sont requises si le bâtiment est froid, faisant
suite à un arrêt prolongé du système de chauffage (utilisation occasionnelle, week-end, etc.).
5-1-3 Influences de l'inertie thermique en été:
En été un bâtiment massif ne présente pas que des avantages : à isolation égale une structure
lourde permet un déphasage de près de 12h des gains de chaleur au travers des parties
opaques (toits plats, murs extérieurs), dès lors il n'y a plus de simultanéité entre les gains
directs (par les fenêtres) et les gains indirects (par les murs et dalles).
En été, on peut à l'inverse, utiliser la capacité thermique de la structure afin de stocker de la
fraîcheur ». Il suffit pour cela de ventiler suffisamment le bâtiment durant les heures les plus
fraîches de la nuit (de 22h à 6h du matin).
Cette ventilation peut être naturelle (« free cooling ») en tirant profit de l'effet cheminée
5-2 Les déperditions thermiques et l'isolation :
Le rôle de l'isolation thermique est de préserver le confort en réduisant les échanges
thermiques avec l'ambiance extérieure : si celle-ci est froide, l'isolation garde la chaleur ; si
celle-ci est chaude, l'isolation en préserve la fraîcheur.
L'isolant peut se placer de diverses manières dans un mur (à l'extérieur, en sandwich ou à
l'intérieur) sans influencer la qualité d'isolation thermique de la paroi. Cependant, sa
position modifie l'inertie de la paroi ainsi que le risque de condensation. Un pare-vapeur doit
donc être placé du côté chaud de l'isolation pour éviter les problèmes de condensation
Le pouvoir isolant d'un matériau est exprimé par sa conductivité thermique (λ). Les facteurs
influençant le plus la conductivité thermique d'un matériau sont le poids volumique, la
teneur en eau, la taille des pores d'air et la nature du solide les renfermant
Les déperditions thermiques par conduction au droit de l'enveloppe représentent plus des
deux tiers des déperditions totales. Une bonne isolation est un facteur essentiel à considérer
pour une maîtrise énergétique appropriée du bâtiment
Il n'y a pas à rechercher une isolation maximale mais une isolation optimale qui tienne
compte des besoins en énergie pour un climat déterminé, des possibilités constructives et
d'un investissement optimal qui met en relation le coût de construction avec le coût de
l'énergie.
5-3 Les ponts thermiques :
Les ponts thermiques sont des défauts dans la conception et/ou dans la réalisation de
l'enveloppe isolante. Les ponts thermiques sont responsables de problèmes d'inconfort, de
consommation énergétique supplémentaire et de dégradations éventuelles des matériaux
et assemblages de construction.
Le pont thermique constitue une rupture totale ou partielle de l'isolation. En cet endroit de la
construction, le flux de chaleur y est particulièrement dense : il n'est plus perpendiculaire à la
surface des murs (flux surfacique).
Plusieurs problèmes sont occasionnés par les ponts thermiques :
Les moisissures
Se développent sur les zones où se produit la
condensation. Ces moisissures inesthétiques, présentent
un risque sanitaire (asthme, etc.). Elles dégradent
également tous les états de sur face (peintures,
plafonnage). L'humidité engendrée par la condensation,
modifie les caractéristiques d'isolation de la paroi pour en
réduire la performance thermique.
Les surfaces à proximité des ponts thermiques se
caractérisent par une température de paroi inférieure à la
température moyenne des parois, ce qui engendre une
sensation de paroi froide et par conséquent une situation
d'inconfort.
La perte de chaleur supplémentaire,
Provoquée par les ponts thermiques, est à considérer de
manière relative. Pour un bâtiment moyennement isolé,
elle peut constituer 10 % des déperditions totales. Par
contre, plus le bâtiment est isolé, plus les défauts d'isolation
induisent des déperditions relatives importantes, qui
peuvent représenter jusqu'à 25 % du total.
À l'inverse, le gain de chaleur supplémentaire, proposé par
les ponts thermiques, est également à considérer, pour les
mêmes raisons, et ce en regard de la climatisation, ou tout
simplement en regard du confort d'été
5-4 Rôle des parois vitrées
Une paroi vitrée est un élément complexe à plus d'un titre : car si elle est appelée à remplir
différentes fonctions importantes, à chacune de ces fonctions est lié un effet non souhaité
comme le montre le tableau suivant :
PRINCIPALES FONCTIONS D'UNE PAROI VITRÉE,
ASPECTS POSITIFS ET NÉGATIFS
Fonction But recherché Effet non souhaité
Vue Perte de privacité
Lumière Eclairage naturel Eblouissement
Chaleur Gains solaires Surchauffes
Aération Apport d’air neuf Pertes par ventilation
Dès lors l'optimisation du confort résulte d'un compromis qui nécessite une bonne
connaissance de la physique de la fenêtre, de ses différentes composantes et des
phénomènes qui leur sont liés.
5-4-1 Le facteur Solaire :
Le facteur solaire FS représente le pourcentage d'énergie solaire incidente, transmise au
travers d'une paroi vitrée à l'intérieur d'un local. Le choix du facteur solaire influence les
économies d'énergie car plus le vitrage ne contrôle le rayonnement entrant, plus les frais de
climatisation et les risques de surchauffe sont réduits. Inversement, le bénéfice des gains
solaires en hiver sera diminué
La transmission énergétique totale, et donc les gains solaires au travers d'un élément
transparent, sont fonction de l'angle d'incidence des rayons du soleil avec le vitrage. Les
paramètres importants à considérer sont par conséquent
La latitude et la saison (pour la position du soleil);
L'orientation et l'Inclinaison de la paroi (pour la géométrie du bâtiment)
Les propriétés du vitrage utilisé.
Pour des incidences supérieures à 60° indépendamment du type de vitrage utilisé (simple,
double ou triple), on remarque la diminution rapide du facteur solaire.
5-4-2 La transmission lumineuse :
La transmission lumineuse (TL) correspond au pourcentage de lumière transmis au travers
d'une paroi vitrée à l'intérieur d'un local. Par conséquent, plus le coefficient TL est élevé, plus
grande est la quantité de lumière qui pénètre dans le bâtiment et moins l'éclairage artificiel
sera nécessaire en journée
Comme pour le facteur solaire (FS), il est possible de définir la transmission lumineuse pour
trois types de vitrages : clairs, absorbants et réfléchissants. Pour un vitrage clair, 90 % de
l'intensité lumineuse est transmise, alors que 8% sont réfléchis et 2 % sont dégradés en
chaleur au sein du matériau.
Plus le le facteur de lumière du jour est élevé, plus le temps d'utilisation des locaux avec la
lumière naturelle est élevé, limitant ainsi la consommation d'éclairage artificiel.
Les valeurs nécessaires varient d'un cas à l'autre : de nombreux facteurs interviennent tels la
profondeur du local, le pourcentage de surface vitrée, l'orientation du local…. Le graphique
ci-dessous illustre l'influence du coefficient de transmission lumineuse sur la consommation
d'éclairage artificiel pour une façade vitrée à 50 %, en fonction de l'orientation du bâtiment.
O N C O N S TAT E :
1 Plus le coefficient de transmission
lumineuse augmente, moins on
consomme d'éclairage artificiel.
2 Les locaux situés au Nord nécessiteront
toujours plus d'éclairage artificiel que
respectivement l'Est, l'Ouest et le Sud.
5-4-2-1 Les vitrages clairs :
Sont connus pour leur haute capacité à laisser pénétrer la
lumière. Ils sont fabriqués à partir de silice, de chaux et de
soude, mélangés et fondus. Le verre fondu est étalé sur un
bain d'étain en fusion. Les deux matériaux ne se
mélangent pas et leur surface de contact est parfaitement
plane et lisse. Pour un simple vitrage FS = 0,86 et pour des
doubles vitrages clairs neutres (6 cm - 12 cm - 6 cm), la
valeur du facteur solaire varie entre 0,65 et 0,76.
5-4-2-2 Les vitrages absorbants
Sont teintés dans la masse par des oxydes métalliques.
Ceux-ci permettent au verre de diminuer la fraction
transmise du rayonnement solaire au profit de la fraction
absorbée. L'énergie absorbée sera alors réémise sous
forme de rangement infrarouge des deux côtés du vitrage,
suivant un rapport qui dépend de la vitesse du vent et des
conditions de température intérieure et extérieure. La
réduction réelle de la quantité d'énergie solaire transmise
est donc liée à la fraction d'infrarouges réémis vers
l'extérieur. L'addition des fractions infrarouges,
directement transmises et réémises vers l'intérieur
constitue la transmission totale FS. Pour un simple vitrage,
on obtient une valeur de facteur solaire FS = 0,58 et pour
les doubles vitrages absorbants, la valeur du facteur solaire
varie entre 0,46 et 0,67.
5-4-2-3 Les vitrages réfléchissants
Sont caractérisés par la présence d'une très fine couche
métallique réfléchissante et transparente, qui accroît la
part du rayonnement solaire réfléchi et diminue donc la
fraction infrarouge transmise. Le choix des métaux ou des
oxydes détermine la teinte du vitrage : bleu, vert, or, etc.).
Ces verres sont utiles pour réduire les gains solaires
indésirables, notamment dans les bâtiments de bureaux.
Pour un simple vitrage, on obtient une valeur de facteur
solaire FS = 0,49 et pour des doubles vitrages
réfléchissante, la valeur du facteur solaire varie entre 0,10
et 0,63.
De point de vue transmission lumineuse, ci après quelque comparatif entre les différents
types de vitrage :
TYPE DE VITRAGE CARACTÉRISTIQUE TRANSMISSION
LUMINEUSE
sont connus pour leur haute TL = 0,90
Simple vitrage
Les vitrages capacité à laisser pénétrer la
clairs lumière.
Double vitrage 0,78 < TL < 0,81
permettent au verre de diminuer la
Simple vitrage TL = 0,41
Les vitrages fraction transmise du
absorbants rayonnement solaire au profit de la
Double vitrage 0.36 < TL < 0,65
fraction absorbée
sont caractérisés par un TL = 0,32
Simple vitrage accroissement de la par t de
Les vitrages rayonnement solaire réfléchi et
réfléchissants 0,07 < TL < 0,66
une diminution de la fraction
Double vitrage transmise.
Il ne faut pas perdre de vue que le choix de vitrages réfléchissants risque de modifier
l'environnement immédiat d'un bâtiment : éblouissement pour les occupants des
bâtiments voisins et pour les passants, surchauffe des sols environnants, voire même
des bâtiments touchés par les rayonnements réfléchis, etc.
Le choix du facteur TL dépend de la quantité de lumière souhaitée dans le bâtiment.
Il faut considérer que l'éclairement naturel disponible varie de manière dynamique
sur une échelle très large : de 5 000 lux par ciel couvert à près de 100 000 lux en plein
soleil en été, soit un rapport de 1 à 20. Le risque d'éblouissement est d'autant plus
important que les conditions de nébulosité varient rapidement. Une transmission
lumineuse apparemment basse (0,50) modifie peu les conditions d'éclairement par
ciel couvert mais peut contribuer significativement à limiter l'inconfort visuel par
ensoleillement direct.
5-3-1 Les déperditions thermiques des vitrages :
Les vitrages représentent les points faibles de l'isolation thermique du bâtiment, mais leurs
performances ne cessent de s'améliorer. Grâce aux différente assemblages et traitements
aujourd'hui disponibles, les vitrages peuvent mieux jouer leur rôle en assurant une bonne
isolation thermique et un bon affaiblissement acoustique et en garantissant la sécurité des
biens et des personnes
Plus le vitrage utilisé est isolant (coefficient K faible), plus les déperditions thermiques à
travers sa surface sont réduites en hiver et plus le vitrage est chaud sur sa face intérieure. Il
s'ensuit que
la température de l'air ambiant doit être moins élevée pour assurer le confort de l'occupant
(définition de la température de confort ressentie).
Différents moyens ont été mis en œuvre pour réduire la transmission thermique au droit des
vitrages. Le premier a été de diminuer les pertes par conduction en intercalant entre deux
vitrages, un excellent isolant, transparent, disponible et gratuit : l'air immobile et sec. L'air
présente, en effet, offre une grande résistance thermique pour autant que les mouvementé
de convection ne soient empêchés. La capacité d'isolation des double vitrages dépend de
l'épaisseur de la lame d'air : plus celle-ci sera épaisse, plus le vitrage sera isolant (au-delà de
20 mm, des courants de convection apparaissent et le gain d'isolation disparaît). Les valeurs
K de ces vitrages sont comprises entre 2,76 et 3,59.
Sur le même principe, on a conçu les triples vitrages. Les valeurs K sont alors comprises entre
1,90 et 2,61.
Une autre voie consiste à agir sur les caractéristiques de surface du verre. Le vitrage à basse
émissivité est recouvert d'une mince couche d'oxyde métallique parfaitement transparent,
qui permet de réduire considérablement l'émission des infrarouges vers l'extérieur. Les
vitrages peuvent disposer d'une ou de deux couches à basse émissivité, mais on peut
également
remplacer la couche d'air par un gaz rare (argon, krypton) dont la conductivité thermique est
plus faible que l'air. Ces gaz sont non toxiques et ininflammables. Les valeurs K de ces vitrages
sont comprises entre 1,13 et 2,40w/m²K
De nombreux matériaux expérimentaux permettent aujourd'hui d'atteindre des valeurs K
comprises entre 0,3 et 0,7, comparables à celles des parois isolées. Citons pour mémoire les
"super fenêtres" (triple couche, basse émissivité, gaz rare), les "vacuum Windows" (vide
maintenu entre les deux vitrages), ainsi que les fenêtres à aérogel (mousse microporeuse
transparente et isolante), les "Smart Windows". Ces dernières consistent en un film de
cristaux liquides, intercalé dans le vitrage. Un champ électrique suffit à orienter les cristaux
pour que le vitrage devienne transparent.
Valeurs
TYPES DE FENÊTRE de K (U) Valeurs de Valeurs
[W/m2.K] SHGC de VT
Simple vitrage clair avec cadre en aluminium 7.20 0.76 0.74
Double vitrage clair avec cadre en aluminium 3.69 0.62 0.62
Double vitrage clair avec cadre en bois 2.80 0.56 0.58
Double vitrage clair avec une couche à faible
émissivité et un cadre en bois 2.05 0.52 0.53
Triple vitrage clair avec deux couches a faible
émissivité et un cadre en bois 1.03 0.39 0.49
5-4-4 Pertes par transmission :
Lorsque l'on veut calculer les pertes de chaleur au travers d'une fenêtre, il faut prendre en
considération le comportement thermique de quatre (4) zones distinctes:
La partie centrale du vitrage.
Le pourtour du vitrage
Le cadre (tête, joues et tablettes).
L'intégration au mur extérieur.
5-4-4-1 Pertes par le vitrage (partie centrale non
perturbée)
La valeur k d'un vitrage simple se calcule de la même
manière que celle d'un mur, il suffit d'additionner les
résistances thermiques, puis de prendre l'inverse de la
résistance totale.
5-4-4-2 Pourtour du vitrage
Du fait de la présence du profil d'écartement, il subsiste un
pont thermique sur le pourtour d'un vitrage dont l'effet se
fait sentir jusqu'à plusieurs centimètres du bord, K =
3W/m²K.
Globalement l'effet de ce pont thermique sera d'autant
plus important que la surface vitrée sera plus petite, pour
cette raison l'architecte évitera de trop découper une
surface vitrée, en particulier des éléments longs et étroits
sont à proscrire
5-4-4-3 Le cadre et son influence :
Le cadre est également un élément important, puisqu'il
représente 20 à 30% de la surface totale de la fenêtre. Le
tableau présente les coefficients de déperditions
thermiques typiques atteints avec des cadres standards.
On notera que si pour les simples et doubles vitrages
usuels, il est aisé de trouver des cadres présentant une
valeur k relativement semblable, la situation étant
différente lorsqu'on utilise des vitrages de plus haute
qualité
5-4-4-4 Jonction du cadre avec le mur
Toutefois, il ne suffit pas de s'arrêter au cadre, il faut
également considérer son raccordement à la maçonnerie.
Des données récentes permettent d'évaluer l'effet du pont
thermique périphérique entre 0.08 et 0.17 W/m K selon le
type de mur et le mode d'application du cadre.
POSE DE FENETRE APPLIQUE EXTERIEUR
EN RÉSUMÉ
si l'on veut calculer avec précision les pertes thermiques d'une fenêtre, ou mieux
encore, réduire les pertes thermiques, il y a lieu de s'intéresser aux quatre (4) parties
distinctes à la fenêtre :
La partie centrale non perturbée du vitrage.
Le pourtour du vitrage
Le cadre
La jonction du cadre avec le mur
Plus proches seront les caractéristiques thermiques de ces différentes parties de la
fenêtre, plus faibles seront les risques de condensation, et conséquemment les
dégâts de toutes sortes: cloquage des surfaces de peinture, traces brunâtres,
moisissures, champignons, détérioration de la qualité intrinsèque au point de
nécessité un remplacement, etc
5-4-5 Fenêtres et confort :
L'utilisation de surfaces vitrées importantes pose le problème du confort. Celui-ci est
toutefois parfaitement maîtrisable à condition de respecter un certain nombre de règles
simples et de satisfaire aux exigences qui leur sont liées.
La fenêtre a une influence sur plusieurs paramètres qui déterminent le confort thermique
Température de surface intérieure du vitrage :
Des températures peu confortables (inférieures à 15°C ou supérieures à 30°C) sont atteintes
en hiver avec un vitrage double normal ou en été lorsque le rayonnement dépasse 100 W/m².
Dès lors, pour des surfaces vitrées importantes on utilisera :
Au moins un vitrage double sélectif.
Une protection solaire extérieure efficace
Mouvements d'air :
Vitesse de l'air à proximité de la fenêtre, en fonction de la différence de température entre l'air
de la pièce et la face intérieure de la fenêtre, et ceci pour différentes hauteurs de fenêtre
Pour des raisons de confort cette vitesse ne devrait pas dépasser 0,25 m/sec, dès lors on est
amené à :
Choisir des vitrages de qualité suffisante : k < 3 W/m²K.
Limiter la hauteur de la fenêtre à 1.30m.
Installer un corps de chauffe sous la fenêtre si une de ces deux conditions ne peut être
remplie
Rayonnement direct près de la fenêtre :
Le rayonnement direct sur les occupants devient très vite insupportable du fait de
l'échauffement qu'il produit. Des protections solaires adéquates s'avèrent donc
indispensables en toute saison
5-4-6 Exigences réglementaires de la réglementation thermique tunisienne :
Les performances thermiques du bâtiment varient en fonction des caractéristiques
climatiques de la zone où sera implanté le bâtiment.
Les différentes zones climatiques réglementaires de la Tunisie sont dans le tableau ci-
dessous :
Bâtiments Publics
Les performances thermiques du bâtiment dépendent également du taux global des baies
vitrées des espaces chauffés et/ou refroidis ainsi que de la distribution de ces baies vitrées sur
les différentes orientations.
Les spécifications techniques minimales exigées par la réglementation thermique
tunisienne sont tributaires du zonage climatique et également du taux de vitrage
prévisionnel de l'enveloppe du bâtiment à construire :
Taux des baies vitrées faible.
Taux des baies vitrées Moyen.
Taux des baies vitrées Elevé.
Taux des baies vitrées Très Elevé.
La définition des taux des baies vitrées par la réglementation thermique tunisienne est
donnée comme suit :
Taux des baies vitrées faible :
TGBV =
Surface totale des baies vitrées des différents murs extérieurs
Surface totale brute de l'ensemble des murs extérieurs
TRBV =
Surface totale des baies vitrées des murs extérieurs d'une orientation donnée
Surface totale brute de l'ensemble des murs extérieurs
EXEMPLE DE CALCUL
TGBV : TRBV/O :
Taux Relatif des Baies Vitrée /
Taux Global des Baies Vitées Orientation donnée
Taux des baies vitrées Moyen :
Taux des baies vitrées Elevé :
-Taux des baies vitrées Très Elevé :
Les performances thermiques des bâtiments dépendent directement de la qualité
thermique du vitrage et du type de protection de la surface vitrée qui varient en fonction du
taux des baies vitrées du bâtiment comme le montre le tableau suivant :
Il est à remarquer que plus le taux des baies vitrées est important plus il faut améliorer le
coefficient de transmission solaire thermique équivalent du vitrage.
La réglementation thermique des bâtiments neufs en Tunisie défini le coefficient de
transmission solaire thermique équivalent d'un vitrage (SC*) comme un coefficient de
transmission solaire thermique du vitrage (SC) corrigé par le coefficient de masque
architectural (Fma). Il est déterminé par la formule suivante :
( SC i . BV i . Fma i )
i
SC * =
å BV i
i
Avec :
Sci : Coefficient de transmission solaire thermique (SC) de la baie vitrée « i » des locaux
conditionnés.
Bvi : Surface de la baie vitrée « i » des locaux conditionnés.
Fmai : Coefficient de masque architectural de la baie vitrée « i » des locaux conditionnés.
La sommation sur les baies s'effectue sur toutes les baies vitrées du bâtiment à l'exception
des baies orientées au Nord plus au moins 30.
Le coefficient de transmission solaire thermique (SC) des baies vitrées orientées au Nord plus
ou moins 30 doit être inférieur ou égal au plus grand SCi utilisé.
Le coefficient de masque architectural des surfaces vitrées
est donné dans le tableau suivant :
IL EST À RETENIR QUE :
QUALITÉ ECONOMIE CONFORT VISUEL
DU VITRAGE D'ÉNERGIE ET THERMIQUE
Clus le vitrage laisse passer de la Moins grande est la plus l'éclairage est naturel et le
lumière, c'est à dire plus son consomma on d'éclairage contact visuel avec l'extérieur
facteur de transmission électrique. agréable.
mais par contre,
lumineuse TL est grand
plus grand sont les risques
d'éblouissement si aucun
disposi f de protec on solaire
n'est prévu.
Plus le vitrage est isolant, c'est à
plus les déperdi ons plus la surface intérieure du
dire plus son coefficient de verre est chaude et plus les
thermiques seront réduites à
déperdition thermique U est bas. travers sa surface en hiver. risques de condensa on de
plus le vitrage est chaud sur sa surface sont réduits .
face intérieure et donc moins plus le confort thermique dans
la température de l'air le local est grand en hiver
intérieur doit être élevé pour
assurer le confort en hiver.
Mieux le vitrage contrôle le plus les frais de condi onne- plus les risques de surchauffe
rayonnement solaire entrant, ment d'air en été sont réduits. du à l’effet de serre sont
c'est-à-dire plus son facteur mais, par contre moins les diminués.
solaire est petit. apports d'énergie gratuite en moins la lumière naturelle
hiver sont importants. pénètre dans le local.
P
5-5 Technologies de l'enveloppe
5-5-1 Traitement architectural des façades
La façade d'une réalisation architecturale quelle qu'elle soit, joue un double rôle à savoir :
Un rôle esthetico-symbolique :
Cette notion est variable dans le temps et dans l'espace. En effet la façade est la
métaphore de l'objet lui même. Elle exprime le temps pendant lequel est édifié le
bâtiment et toutes ses composantes, culturelles, sociales, économiques et techniques. Le
plus souvent, les expressions communiquées par l'architecte tiennent compte de la
nature des activités opérées se déroulant à l'intérieur de l'enveloppe et la façade n'est
autre que l'outil de communication (efficace ou non)
De ce fait, généralement, on peut aisément différencier la façade d'un immeuble à usage
administratif de celle d'édifice à usage touristique, sportif ou d'habitation. Le langage de
l'architecte se déchiffre par sa volumétrie et ses apports architectoniques (éléments de
façade, matériaux, texture, couleur).
Un rôle protecteur :
La façade constitue une portion importante de l'enveloppe totale de l'ouvrage. En effet,
elle est en contact permanent avec des conditions climatiques. Bien conçue, elle permet
un gain journalier en énergie par la maîtrise des principes des déperditions et des apports
gratuits. Les conditions d'ambiance climatique dépendent en grande partie du choix de
l'enveloppe et de la façade.
5-5-2Les Matériaux utilisé en façade
Les matériaux de base de construction des maison sont généralement la brique, le béton, la
pierre, le bois.
Ces matériaux de façade, sauf le bois, peuvent être recouverts d'un enduit, d'un crépi ou
d'ueinne pture. Chacun de ces types de matériaux de façade et leur finition associée ont des
avantages et des inconvénients que nous vous résumons dans un tableau comparatif.
La pierre entre aussi dans L’utilisation de la brique
la composition de bardage pour la toiture
Le cuvelage
MATÉRIAU
AVANTAGES INCONVÉNIENTS
DE FAÇADE
Stabilité dimensionnelle Plus cher par rapport au bloc
Durable béton, parpaing
Résiste au feu Mise en œuvre demandant des
Matériau naturel compétences
Recyclable Poreuse, elle n'aime pas les fortes
Pas d'émission nocive lors de la humidités
BRIQUE mise en œuvre et dans le temps Les briques anciennes sont
Isolation thermique (brique gélives et peuvent s'effriter ou
creuse) éclater sous l'effet du gel
Inerte (restitue la nuit la chaleur
accumulée le jour)
Poreuse (laisse respirer le mur)
Résistant Éclatements/fissurations dues aux
Durable infiltrations sur les façades
Coloration dans la masse dégradées.
Insensible aux intempéries Effet de gel/dégel
Bonne isolation phonique et Fissuration des enduits due aux
BÊTON thermique joints de dilatation recouverts ou
Bonne résistance au feu non faits à l'origine du bâtiment
Recyclable en fin de vie, peut Pollution sur façade non traitée =
être utilisé comme remblais coulures de couleurs sur la façade
Coût global compétitif par Rouille des aciers contenus dans
rapport aux autres matériaux le béton = coulures de couleurs
sur la façade et éclatement partiel
du béton entourant les armatures
Le ravalement « imposé » tous les Mise en œuvre délicate en cas de
PIERRE 10 ans n'est pas nécessaire dans remplacement d'une pierre lors
la plupart des cas du ravalement
Grande durée de vie du matériau Choix du type de nettoyage en
Offre à l'édifice un cachet fonction du type de pierre et de
indéniable l'état
Plus-value du bâtiment
Mise en œuvre du matériau sans Attaques possibles de
délai champignons, d'insectes
Permet de redonner un cachet Traitement
rapidement à une maison Entretien
BOIS
ancienne sans intérêt
MASSIF
Ne demande pas de matériels
complexes pour la pose
Permet d'isoler par l'extérieur
Sans entretien durant environ 10
ans si bardage traité avec finition
Peut être posé sur tous les types
de façade sans contrainte sur le
bâtiment d'origine
MATÉRIAU
AVANTAGES INCONVÉNIENTS
DE FAÇADE
Tous les avantages du bois massif Peut paraître un peu artificiel.
BOIS sans entretien particulier Possibilité de refus sur la couleur
RECONSTITUÉ Bonne résistance aux termites ou l'esthétique de la façade par
Grands choix de couleurs les PLU (Plans Locaux
d'Urbanisme)
Uniformise le support Si relief = plus salissant
ENDUIT
Protège le support Application généralement
Décore le support réservée aux professionnels
CRÉPI
Application possible par un Demande un fond parfaitement
particulier sain, propre, sec et compatible
Application possible par un Demande un fond parfaitement
PEINTURE particulier préparé = sain, sec, compatible,
Coût raisonnable sans défauts importants
5-5-3 Isolation thermique des parois extérieures
La transmission de chaleur à travers les murs et le toit d'un bâtiment s'effectuent
principalement par conduction et convection.
Pour caractériser la performance thermique d'une paroi, on détermine une résistance
thermique R [m2.K/W] ou conductance thermique U [W/m2.K]
Dans les bâtiments, une paroi ou un toit sont constitués de plusieurs couches de matériaux
différents. La performance thermique d'une paroi multicouche se déduit à partir des
résistances élémentaires
Pour réduire la transmission de chaleur des composants de l'enveloppe d'un bâtiment, il faut
augmenter les valeurs de la résistance thermique R ou diminuer les valeurs de la
conductance thermique U. Pour ce faire, on utilise une isolation thermique à l'intérieur de
l'enveloppe d'un bâtiment.
5-5-3-1 Rôle de l'isolation thermique
Un isolant thermique a pour fonction principale de diminuer le transfert de chaleur entre
deux ambiances. Le plus souvent, on a recours à un matériau spécifique contenant du gaz
(fréquemment de l'air) enfermé dans des cellules ou constitué d'un enchevêtrement de
fibres. La conductivité thermique est un premier critère pour la sélection des isolants
thermiques. Plus la conductivité thermique est faible, plus le corps s'oppose au transfert de
la chaleur
5-5-3-2 Les différents matériaux isolants et leur utilisation
Selon la norme Française (NF P 75-101, les matériaux isolants doivent comporter les
propriétés suivantes:
Le matériau constituant l'isolant thermique doit avoir une conductivité thermique(λ)
inférieure ou égale à 0.065 W/m.K;
La résistance thermique du produit doit être supérieure ou égale à 0.5 m².K/W. Pour le
choix d'un isolant thermique, il y a lieu de tenir compte des cinq (5) aspects suivants:
Sa compressibilité qui traduit le changement de l'épaisseur sous l'effet de la pression. Il
est important de choisir l'isolant le moins compressible si la surface d'appui est
parfaitement plane;
Sa stabilité dimensionnelle sous l'effet de variations de la température, de l'ambiance et
de l'humidité;
Son comportement à l'eau: Il y a lieu de distinguer les matériaux à faible variation
d'épaisseur, à faible hygroscopicité, les matériaux non hydrophiles, et les matériaux ayant
une imperméabilité élevée;
Ses caractéristiques mécaniques de cohésion et de flexion;
Sa perméabilité à la vapeur d'eau, c'est-à-dire la quantité de vapeur d'eau qui peut
traverser la paroi par unité de surface et de temps pour une différence de pression entre
les deux faces égales à l'unité
Le pouvoir isolant de certains matériaux peut se dégrader si le matériau absorbe une
certaine quantité d'eau, c'est en particulier le cas des laines minérales, du polystyrène
expansé et de la vermiculite, de la laine de roche, mais non le cas du polystyrène extrudé.
L'isolant thermique doit avoir un bon comportement au feu. L'adjonction d'un parement
constitué de plaques de plâtre peut améliorer le comportement au feu de certains matériaux
isolants (ex. isolants styrène expansé et styrène extrudé).
Le pare-vapeur peut améliorer la perméabilité de certains matériaux, mais pourrait dégrader
leur résistance au feu
Les isolants plastiques ou d'origine végétale ne sont utilisables à l'intérieur des locaux qu'en
leur ajoutant un parement incombustible tel que des plaques de plâtre
Les matériaux isolants les plus couramment utilisés dans le bâtiment sont les laines
minérales, les laines de roche et les mousses fabriquées par expansion ou extrusion
communément connues sous le nom de plastiques alvéolaires. Ces matériaux isolants sont
le plus souvent disponibles sous forme de rouleaux ou de panneaux. En dehors des
caractéristiques qui viennent d'être citées, un certain nombre de caractéristiques doit être
pris en compte lors du choix d'un isolant thermique; il s'agit notamment de la résistance aux
rongeurs et aux insectes, la facilité de pose, la résistance à certains produits chimiques telle
que les produits d'entretien, de désinfection ou des colles.
Les tableaux apparaissant en page suivante donnent les propriétés des isolants les plus
courants
Sans entrer dans la définition normative des isolants thermiques, certains matériaux
possèdent de bonnes qualités thermiques (Ex: mousse de polyuréthane giclé: RSI
0,0416/mm). Les
matériaux les plus utilisés sont le béton cellulaire et les briques creuses. Le béton cellulaire
présente une conductivité thermique faible entre 0.16 et 0.33 W/mK, en fonction de sa
masse volumique, qui est comprise entre 400 et 800 kg/m3. Plus le matériau est dense, plus il
est conducteur.
Le béton cellulaire peut être employé au niveau des murs, en toiture et même pour des
éléments autoporteurs. Ce matériau permet d'obtenir des parois de composition
homogène et une masse isolante continue. Les ponts thermiques peuvent être aussi limités
dans ce type de construction. Lorsqu'il est soumis à une humidité prolongée, le béton
cellulaire perd sa cohésion.
Les briques creuses en terre cuite ont des coefficients de transmission thermique faibles (RSI
= 0,07 m2 ºC/w). Une construction en double cloison de briques séparées par une lame d'air
représente néanmoins une isolation thermique acceptable (RSI = 0,44 m2 ºC/w). La lame
d'air qui sépare les deux cloisons et les alvéoles qui sont à l'intérieur des briques constitue un
bon isolant thermique. Les murs construits en briques présentent plusieurs ponts
thermiques
Particulièrement au niveau des liaisons avec la toiture, les poteaux et les poutres ainsi qu'au
niveau des fenêtres.
Les briques creuses sont incombustibles, et ne provoquent aucun dégagement gazeux en
cas d'incendie. Elles ont un coefficient de diffusion de la vapeur assez élevé, ainsi aucune
condensation d'eau n'est à craindre au sein du mur lui-même
MATÉRIAUX ISOLANTS D'ORIGINE MINÉRALE
PRODUITS MASSE VOLUMIQUE CONDUCTIVITÉ RÉSISTIVITÉ
[kg / m3] THERMIQUE [W/M.K] RSI/mm
Laine de verre en
7à130 0.034 à 0.056 0,0294 à 0.0179
panneaux
Laine de roche en
18 à 180 0.038 à 0.047 0,0263 à 0,0213
panneaux
Verre cellulaire 110 à 140 0.05 0,0200
Plaques à base de
vermiculite 90 à 175 0.065 à 0.08 0,0154 à 0,0125
agglomérée aux 200 à 500 0.100 à 0.190 0,0100 à 0,0053
silicates
Plaques à base de
perlite et de cellulose
agglomérée avec un 140 à 200 0.06 0,0167
liant bitumineux, avec
ou sans ajout de fibres
minérales
MATÉRIAUX ISOLANTS D'ORIGINE MINÉRALE
PRODUITS MASSE VOLUMIQUE CONDUCTIVITÉ RÉSISTIVITÉ
[kg / m3] THERMIQUE [W/M.K] RSI/mm
PSE: Polystyrène
expansé en panneaux 7à30 0.036 à 0.058 0,0278 à 0,0172
ou en blocs moulés
ou en blocs moulés
25à40 0.031 à 0.037 0,0323 à 0,0270
extrudés en panneaux
PUR: Polyuréthanne en
panneaux ou 15 à 100 0.029 à 0.04 0,0345 à 0,0250
Polyisocyanurate
MATÉRIAUX ISOLANTS D'ORIGINE MINÉRALE
PRODUITS MASSE VOLUMIQUE CONDUCTIVITÉ RÉSISTIVITÉ
[kg / m3] THERMIQUE [W/M.K] RSI/mm
Liège expansé pur ou
en vrac 100 à 150 0.049 0,0204
Cellulose en fibres ou
en panneaux (à base 50à70 0.050 0,02
de papier recyclé)
Fibre de bois avec un
liant à base de 200 à 300 0.060 à 0.067 0,0167 à 0,0149
magnésie, de plâtre
ou de ciment
5-5-3-3 Recommandations concernant l'isolation thermique de l'enveloppe
Lors du choix d'un isolant thermique, les sept (7) caractéristiques suivantes doivent être
considérées:
La conductivité thermique
La résistance à l'humidité
La résistance au feu
La résistance mécanique
La résistance aux agents biologiques
Le prix
Les propriétés acoustiques
5-6 Protections solaires et occultations
On appelle protection solaire tout corps empêchant le rayonnement solaire d'atteindre une
surface qu'on souhaite ne pas voir ensoleillée. Les protections solaires ont pour but de:
Réduire les surchauffes dues au rayonnement solaire.
Améliorer l'isolation en augmentant le pouvoir isolant des fenêtres.
Contrôler l'éblouissement. En effet, un ensoleillement excessif peut rendre tout travail
impossible.
5-6-1 Rôle des protections solaires
L'utilisation des protections solaires peut s'avérer nécessaire tout au long de l'année, leur
fonction sera toutefois très différente selon la saison. On distingue trois (3) situations très
différentes :
La saison estivale (juin à septembre) où le soleil est haut et durant laquelle les apports
solaires ne sont pas souhaités.
La saison hivernale (décembre à mars) où les apports de chaleur sont les bienvenus,
mais où les occupants et le mobilier doivent pouvoir être protégés du rayonnement
direct.
Les saisons intermédiaires (avril - mai et octobre - novembre) où les apports solaires
doivent pouvoir être contrôlés. Durant cette période, pour une même hauteur du soleil,
les besoins en chaleur du bâtiment peuvent être très différents.
Dès lors on se rend compte qu'il n'existe pas un type universel de protection solaire qui
permet de répondre à toutes ces exigences de façon optimale; dans chaque cas, le
concepteur doit trouver le compromis le plus souhaitable.
5-6-2 Les différents types de protections solaires:
La première opération destinée à ralentir la montée de la température à l'intérieur d'un local
est de s'attaquer à ses causes : la chaleur de l'air environnant et l'ardeur du soleil.
L'interception du rayonnement solaire en avant d'une construction (du côté extérieur)
abaisse le contenu de chaleur de sa masse thermique et réduit d'autant le rôle de la
climatisation
Des simples moyens passifs suffisent pour assurer un confort acceptable le long de l'année.
Le concepteur devra porter son attention sur le choix de la technique appropriée, suivant la
durée pendant laquelle la climatisation est nécessaire :
Quelques heures par journée chaude, quelques jours en période de grandes chaleurs ou
d'une façon plus continue tout au long de l'année.
Les conditions climatiques dominantes, telles que le niveau de sécheresse ou d'humidité
de la chaleur ou des vents, indiqueront la direction à prendre.
Souvent, le regroupement des protections solaires, de la climatisation et de la
ventilation permet de suivre et de compenser les variations saisonnières ou journalières
du temps
5-6-2-1 Protections fixes (avant-toits, brise soleil)
De tels éléments doivent être étudiés de manière détaillée en tenant compte des
particularités de la course solaire. S'ils sont assez efficaces en été, ils n'offrent pas de
possibilité d'adaptation aux mi-saisons et aucune protection en hiver. Ils devront donc
obligatoirement être complétés par une protection mobile intérieure. D'autre part, la simple
prolongation d'une dalle (balcon) ne conduit pas à l'effet de protection souhaité.
5-6-2-2 Vitrages réfléchissants
Si les verres réfléchissants permettent d'atteindre une assez bonne protection solaire (0.30 <
g < 0.45), celle-ci s'accompagne souvent de certains désavantages:
La protection est constante quelle que soit la saison.
Elle s'accompagne d'une importante réduction de la transmission lumineuse et par suite
d'une augmentation des besoins en éclairage artificiel.
La température du verre intérieur peut attendre des températures relativement élevées
en été.
5-6-2-3 Protections mobiles
On notera que si les protections intérieures permettent de résoudre les problèmes
d'éblouissement en hiver, elles sont d'un effet très limité en été. On relèvera également,
qu'étant donné les caractéristiques de la course solaire, une protection sud est plus efficace
qu'une protection est ou ouest. Les plus grands risques de surchauffe apparaissent en été en
orientation ouest, lorsque le soleil est bas et que la température extérieure est plus élevée de
la journée.
5-6-2-4 Les types de protections permanentes
Avancée de toiture
Le prolongement d'un versant de toit ou d'une toiture terrasse, en avant d'une bâtisse,
est un moyen simple d'intercepter le rayonnement solaire.
En général, dans l'hémisphère nord, les avancées de toiture sont inutiles au- dessus de la
façade nord, à l'exception des régions vraiment chaudes où le toit sert de grand parasol
projetant son ombre sur toutes les façades et sur le sol autour du bâtiment
Les brise-soleil de la façade sud constituent habituellement le moyen le plus efficace
pour arrêter les apports solaires en été, bien entendu il faudrait prévoir des formes et des
approches différentes à l'est et à l'ouest, selon les conditions locales.
Une avancée fixe de la toiture rend de bons services pendant toute l'année, si sa largeur
est optimisée.
Pour améliorer la protection contre les trop forts apports solaires de l'été, un
prolongement rétractable peut être très bénéfique, il peut être coulissant ou pliable.
L'utilisation de telles protections peut nuire à l'esthétique du bâtiment. Un effort doit être
fait par les architectes pour bien intégrer ces éléments.
Avancées de poutres
Dans les climats tempérés et méditerranéens, il est fréquent de laisser déborder des
poutres porteuses ou de construire des poutres en vue de les utiliser comme protections
solaires. Une multitude d'objets peuvent alors couvrir ces avancées de poutres ou s'y
trouver suspendus pour ombrager les murs et les ouvertures sud, et éviter ainsi la
formation excessive de chaleur dans ces façades: plantes grimpantes, cotonnades,
branchages, perches, fruits ou légumes à sécher, et bien d'autres objets peuvent
constituer cette protection saisonnière facile à mettre en place ou à retirer.
Les treilles qui recouvrent ces auvents sud forment souvent des pergolas et des
tonnelles, et distribuent un ombrage saisonnier presque parfait. Elles perdent
cependant leur effet en raison de la chute des feuilles au début de la saison de chauffage.
Lames
On peut disposer d'une multitude de façons différentes les lames ou lattes pour filtrer la
lumière.
Les lames fixes sont une solution dans les endroits où les besoins de vue et d'éclairage
tamisé sont permanents. Elles laissent passer l'air mais atténuent les apports et
l'éblouissement du soleil.
Les lames amovibles ou réglables conviennent lorsque des manœuvres quotidiennes ou
saisonnières sont nécessaires. Les modèles réglables permettent, à volonté, de laisser
entrer ou d'arrêter le rayonnement solaire, ce qui peut être avantageux autant pour les
brises ou pour les regards.
Pour les lames positionnées à l'extérieur, on conseille du métal ou du bois traité, résistant
bien au vent, aux ultraviolets, à la pluie, à la sécheresse et à la neige.
Les lames verticales représentent une bonne approche pour admettre les brises,
aménager les vues et interdire le passage du rayonnement solaire à certaines heures de
la journée. Mais, dans leur rôle d'écran solaire, on doit les régler de temps à autre.
En montage fixe, les meilleurs résultats concernent les expositions est et ouest.
Les lames horizontales peuvent faire de l'ombre toute la journée en été et laisser libre
passage aux mouvements d'air; elles n'empêchent pas non plus la visibilité vers
l'extérieur. Leur meilleure utilisation est en façade sud. On peut leur donner n'importe
quelle inclinaison entre la verticale et l'horizontale.
En position de fermeture, les lames isolantes aussi bien horizontales que verticales,
freinent les déperditions thermiques des bâtiments.
Les lames réflectrices réfléchissent ou dévient efficacement la lumière naturelle.
Écrans et claustras
Les treillis faits en lattis de bois, en profilés métalliques de même que les claustras en
blocs de béton ou en moulages de terre cuite arrêtent efficacement le flux solaire se
dirigeant vers une paroi ou une surface. Bien entendu, il faut choisir le matériau de telle
sorte qu'il résiste bien aux intempéries.
Ces écrans, placés en position verticale, horizontale ou oblique, peuvent réduire les
apports solaires au niveau désiré si le concepteur en étudie bien la configuration, les
degrés d'occultation, les dimensions des éléments (des pleins et des vides), espacement
et inclinaison des éléments constitutifs
Non seulement ces protections présentent l'intérêt de filtrer les apports solaires, la
lumière solaire et naturelle, mais aussi elles permettent d'atténuer l'éblouissement, de
laisser libre passage à l'air, d'autoriser ou d'interdire les regards, de projeter des jeux
d'ombres, etc.
Lorsque ces écrans ne sont pas en maçonnerie, on peut les retirer, et les entreposer
facilement ou les réaliser là où cela conviendrait le mieux.
5-6-2-5 Plantations
Dans cette volonté de protéger un bâtiment des apports solaires, il est essentiel d'intercepter
les rayons du soleil avant qu'ils frappent les vitrages ou les façades car, si on laisse la chaleur
pénétrer dans l'enceinte du bâtiment, il faudra ensuite, prendre des dispositions
supplémentaires pour l'évacuer au dehors, par le biais de la ventilation ou de la climatisation.
Les plantations d'arbres, de buissons ou de treilles aux endroits appropriés permettent de
projeter une ombre bénéfique sur les constructions.
Les arbres à feuilles persistantes
Plantés au Nord des bâtiments joueront le rôle d'écrans
protecteur et arrêteront les tempêtes hivernales, les
vents et la neige. Ils peuvent aussi se comporter en
humidificateurs et abaissent alors par évaporation la
température de l'air circulant entre leurs branches, leurs
feuilles ou leurs aiguilles. Les arbres à feuilles persistantes
ombragent également le terrain autour des bâtiments
évitant ainsi l'accumulation de chaleur dans le sol, ce qui
a pour effet de modifier le microclimat du site.
Les allées et les oasis illustrent très bien cette influence du
feuillage
Plantations au sol
Autour des bâtiments dont on veut préserver les vues, on
plantera des arbustes bas, des buissons et on planifiera
des pelouses. Cette végétation atténue le rayonnement
réfléchi par les routes, les patios, le sable et les étendues
d'eau.
Les arbustes, arrosés le matin, rafraîchissent l'air qui les
traverse et par leur évapotranspiration, apportent de la
fraîcheur dans leur voisinage ; ils ont une influence
purificatrice face aux effets polluants du chauffage et des
gaz polluants, des poussières qui demeurent en
suspension dans l'air.
Les arbres à feuilles caduques,
Qu'ils soient à fruits ou d'ornementation, conviennent
particulièrement sur les côtés sud, est et ouest d'un
bâtiment, ou dans les cours d'immeubles. Dès le
printemps, mais surtout en été et en automne, leur
feuillage intercepte le flux d'énergie solaire avant qu'il
n'arrive au sol, ou encore sur les façades et les fenêtres de
l'édifice. Ces espèces perdent leurs feuilles à la fin de
l'automne et, après la chute des feuilles mortes, les
rayons du soleil viennent réchauffer les parois du
bâtiment ainsi que le sol autour des constructions, ils
permettent l'évaporation de l'eau en surface et
accélèrent la fonte de la neige et de la glace si elles
existent.
Les treilles et les plantes grimpantes permettent
d'ombrager les façades est, ouest et sud. Des bacs à
fleurs, placés en bordure du toit et au sommet des murs
déversent des écrans de verdure en avant des baies
vitrées et des façades. Un lattis ou un treillis jouera le rôle
de support aux plantes grimpantes pour constituer un
rideau, interceptant le soleil, tout en permettant aussi le
passage des brises rafraîchissantes.
Plantations en toiture
Les toitures pelouses ou les terrasses pergolas ont leur
intérêt sous nos climats. Une toiture construite selon les
règles de l'art, et couverte de terre et de végétation, peut
durer très longtemps : la terre protège le complexe
d'étanchéité, et supprime les effets destructeurs de la
lumière, du vent, de l'alternance du gel et du dégel, de la
sécheresse et de la pluie
Dans les régions au climat sec (centre et sud de la Tunisie,
zones continentales), l'arrosage des plantations en
toiture permet de rafraîchir une construction par
évaporation. Un toit mouillé
évacuera vers le ciel nocturne la chaleur absorbée en
cours de journée. Il faudra arroser régulièrement la
végétation de toiture pour éviter le dessèchement des
racines superficielles et le risque correspondant
d'incendie.
Les fruits, les fleurs, les plantes vertes et les feuillages
contribuent à l'esthétique du bâtiment.
5-6-3 Recommandations concernant l'emploi de protections solaires
Une bonne protection solaire doit intercepter le rayonnement solaire incident mais ne
doit pas trop l'absorber pour ne pas elle même s'échauffer; le rayonnement intercepté
doit être principalement réfléchi.
La maîtrise du flux entrant s'apprécie par le facteur solaire de la baie munie de sa
protection. Il est égal au rapport du flux pénétrant dans le local au flux du
rayonnement solaire incident sur la baie
PROTECTION GESTION DES ISOLATION VISIBILITÉ ÉCLAIRAGE
ÉQUIPEMENTS SOLAIRE APPORTS SOLAIRES THERMIQUE NATUREL DES LOCAUX
Extérieur à lames
orientables en √√√ √√√ √√ √√√
Aluminium
Extérieur: écran textile √√ √ √ √√√
de verre
Extérieur: volet roulant √√√ √ √√√ √
en Aluminium
Intérieur : Écran textile - - - √√
Verre réfléchissant √√ - √√ √√
√√√ : Grande performance √√ : Satisfaisant √: Acceptable - Inadapté
6- SIMULATION ÉNERGÉTIQUE DU BÂTIMENT :
6-1 La réglementation thermique des bâtiments neufs en Tunisie
L'objectif de la réglementation thermique des bâtiments neufs est de produire de nouveaux
bâtiments avec des performances thermiques minimales de l'enveloppe, moyennant des
surcoûts acceptables (inférieurs à 10% du coût du bâtiment), en vu d'améliorer le confort
thermique à l'intérieur du bâtiment et par conséquent réduire les besoins en chauffage et en
refroidissement. Cet objectif est réalisable étant donnée que la Tunisie dispose d'un climat
relativement modéré qui permet l'utilisation de matériaux et de techniques de construction
qui contribuent à la réduction des besoins énergétiques du bâtiment moyennant une
conception architecturale réfléchie et adaptée aux régions climatiques locales.
La loi de maîtrise de l'énergie n°2009-7 du 9 février 2009 qui modifie et complète la loi
n°2004-72 du 2 août 2004 à travers son nouveau article n°10 a instauré l'obligation d'exiger
des performances techniques minimales de l'enveloppe des nouveaux bâtiments ainsi que
des projets d'extension des bâtiments existants afin de réduire la demande en énergie pour
les besoins de chauffage et de refroidissement des locaux du secteur des bâtiments.
Etant donné le mode d'exploitation et la manière de consommer l'énergie et aussi les
niveaux de confort à l'intérieur des bâtiments qui diffèrent d'un type de bâtiment à un autre,
la réglementation thermique prévoit la promulgation de 4 arrêtés différents relatifs aux
bâtiments à usage de bureaux, bâtiments collectifs résidentiels, bâtiments à usage de santé
et d'hôtellerie.
IL EST À NOTER QUE :
la réglementation thermique conditionne l'octroi de l'autorisation de bâtir au respect
des exigences techniques minimales demandées par les décrets spécifiques à chaque
type de bâtiment.
Le principe de la réglementation thermique des bâtiments neufs en Tunisie est basé
sur le calcul des besoins énergétiques annuels du bâtiment liés au confort thermique
(besoins en chauffage et en refroidissement) et exprimé en kWh/an/m2.
Ces besoins énergétiques sont classés sur une échelle de performances thermiques de
8 classes énergétiques. Sachant que la classe 1 correspond à un bâtiment économe en
énergie et la classe 8 correspond à un bâtiment énergivore.
Le niveau de performance thermique minimal acceptable ciblé par la réglementation
thermique, correspond à la classe énergétique qui présente un niveau de confort thermique
acceptable à l'intérieur du bâtiment et à moindre coût ne dépassant pas 10% du coût du
bâtiment.
Ces exigences réglementaires imposées par la réglementation thermique vont évoluer vers
des exigences plus sévères (en se rapprochant de la classe énergétique 1) en fonction de
l'évolution du niveau d'adhésion ainsi que de l'évolution des prix des nouvelles techniques
de construction en fonction du développement du marché et qui auront une tendance à la
baisse avec l'augmentation de la demande engendrée par l'application de la réglementation
thermique. De ce fait avec l'évolution de la réglementation thermique, nous aurons des
exigences plus sévères tout en conservant des surcoûts inférieurs au seuil de 10% qui est
considéré comme limite à ne pas dépasser pour garantir l'applicabilité de la réglementation
thermique.
6-2 Aperçu sur L'arrêté relatif aux bâtiments à usage de bureaux et assimilé
6-2-1 La date d'entrée en vigueur de l'arrêté :
Le texte a été signé le 23 juillet 2008 fixant les spécifications techniques minimales visant
l'économie dans la consommation d'énergie des projets de construction et d'extension des
bâtiments à usage de bureaux ou assimilés. L'application du texte est entrée en vigueur à
partir du premier Août 2008.
6-2-2 Le domaine d'application de l'arrêté :
Les dispositions de cet arrêté ne s'appliquent que pour les bâtiments publics et privés dont la
surface totale couverte est supérieure ou égale à 500 m2. Cet arrêté a été ensuite actualisé
pour couvrir tous les bâtiments quelque soit la surface couverte du projet.
6-2-3 Les approches de contrôle de l'application de l'arrêté :
Deux approches sont préconisées par l'arrêté pour le contrôle de l'application de la
réglementation thermique, selon la complexité du projet et le taux de vitrage choisi :
6-2-3-1 Approche performancielle et ses exigences :
Cette approche est destinée pour les bâtiments à configuration complexe et également
pour les bâtiments à configuration simple mais qui disposent d'un taux global
important des baies vitrées.
Elle consiste à fixer les spécifications techniques minimales en termes de performances
thermiques globales du bâtiment à travers le calcul du bilan des besoins énergétiques
annuels du bâtiment liés au confort thermique.
L'arrêté exige aux bâtiments à usage de bureaux :
Les performances thermiques des classes 1 à 3 de l'échelle de performances thermiques
de la construction pour les bâtiments publics.
Les performances thermiques des classes 1 à 5 de l'échelle de performances thermiques
de la construction pour les bâtiments privés.
L'arrêté fixe comme seuils d'applicabilité de l'approche performancielle comme suit :
La surface totale couverte du bâtiment est supérieure ou égale à 1 500 m2. Ou bien :
La surface totale couverte du bâtiment est strictement inférieure à 1 500 m2 et le taux
global des baies vitrées est :
* Supérieur à 35% de la surface des murs extérieurs et sa distribution sur les
orientations Est ± 45° et Ouest ± 45° est supérieure à 25% pour les bâtiments à usage
public.
* Supérieur à 45% de la surface des murs extérieurs et sa distribution sur les
orientations Est ± 45° et Ouest ± 45° est supérieure à 35% pour les bâtiments à usage
privé
Afin de faciliter l'application de la réglementation thermique, un logiciel simplifié a été
élaboré et fournit gratuitement par l'ANME aux concepteurs.
Les avantages du logiciel simplifié :
Il dispose d'une même base de données des matériaux de construction avec les
performances thermo physiques communément utilisées par tous les intervenants afin
de limiter les sources d'erreurs.
Les compilations sont très rapides et les résultats sont instantanés encourageant les
concepteurs à réaliser plusieurs variantes pour proposer des solutions aux promoteurs.
6-2-3-2 Approche prescriptive et ses exigences :
Cette approche est destinée pour les bâtiments à configuration simple.
Elle consiste à fixer les spécifications techniques minimales en termes de propriétés
thermo physiques de l'enveloppe du bâtiment (toiture, mur extérieur, surface vitrée) en
tenant compte de la zone climatique où sera implanté le projet et en fonction du taux
global des baies vitrées et sa répartition sur les différentes orientations voir parapgraphe
ci dessus.
6-2-3-3 Aperçu sur le logiciel CLIP :
Rôle et caractéristiques de CLIP :
Pour entrer dans une phase opérationnelle, la réglementation thermique et
énergétique des bâtiments neufs dans le secteur tertiaire doit disposer d'outils
d'utilisation et d'évaluation simples par les professionnels et les agents de contrôle.
CLIP calcule plusieurs choses :
* Le besoin de chauffage de l'immeuble, son besoin de climatisation et fait la
somme de ces besoins. Peu importe si l'immeuble est réellement chauffé ou
climatisé : ce sont les énergies qu'il faudrait apporter pour que le confort soit
assuré. Plus ces valeurs sont faibles, plus on pourra se passer de chauffage et
climatisation. Ces valeurs illustrent les qualités thermiques de l'enveloppe. C'est
sur la valeur annuelle des besoins thermiques qu'et fondée le label.
* Les consommations énergétiques pour faire fonctionner l'immeuble et,
éventuellement, le chauffer ou le climatiser. Ces valeurs sont exprimées en énergie
primaire, par saison et annuellement.
* La quantité de CO2 produite annuellement par le fonctionnement de
l'immeuble.
Buts du développement de l'outil informatique simplifié
La réalisation de l'outil (appelé CLIP) a deux buts principaux :
* Disposer d'un outil informatique simplifié qui permet à l'administration de
procéder à la labellisation des bâtiments du secteur tertiaire en fonction de leurs
performances thermique et énergétique.
* Disposer d'un outil informatique simplifié qui permet d'aider les concepteurs
(architectes et ingénieurs thermiciens) dans leur travail de mise au point des
améliorations relatives à la qualité thermique et énergétique du bâtiment.
Avantages de l'outil informatique simplifié
Réduire le nombre de paramètres à saisir au niveau de l'évaluation des performances
thermique et énergétique du bâtiment à étudier.
Garantir une rapidité d'exécution des calculs nécessaires pour l'évaluation des
performances thermique et énergétique du bâtiment à étudier.
Assurer une bonne fiabilité au niveau des résultats des calculs.
Avoir un outil de travail convivial, ne nécessitant aucun apprentissage, utilisable par
des personnes non spécialisées, mais cependant utile aux spécialistes.
Permettre la comparaison des différentes variantes du projet, au cours de son
évolution.
Offrir une présentation permettant d'avoir, sur 6 pages maximum, imprimable sur
papier ou en PDF, toutes les données et résultats afin de monter rapidement le
dossier du projet.
Remarque : il ne faut pas attendre de CLIP une précision égale à celle qu'on peut espérer
de logiciels lourds comme TRNSYS ou DOE-2.
Eléments caractéristiques de CLIP
* Documents de base
L'outil informatique simplifié s'appuie sur les éléments suivants :
la météorologie des dix régions climatiques de la Tunisie,
les consommations énergétiques forfaitaires pour l'éclairage, l'eau chaude
sanitaire, etc. de chaque type de bâtiment
- les besoins et consommations de référence, correspondants à la
réglementation minimale actuelle, pour chaque bâtiment. Ces valeurs servent
de point de comparaison pour établir le label.
- Les règles d'attribution des différents niveaux de label pour chaque type de
bâtiment et chaque région.
* Caractéristiques de l'outil informatique simplifié CLIP
L'outil CLIP doit définir où se situe la performance du bâtiment envisagé par
rapport à la réglementation thermique et énergétique minimale en usage en
Tunisie. De cette analyse doit découler l'attribution d'un label de performances
thermique portant sur l'année entière. Deux aspects sont pris en compte :
Les performances de l'enveloppe, par l'estimation séparée des besoins en
chauffage et des besoins en climatisation. Pour les bâtiments non chauffés et (ou)
non climatisés, ces valeurs permettront de voir si le bâtiment est apte à apporter
le confort thermique souhaité et sa capacité à être ultérieurement équipé.
Les performances du bâtiment complet, avec ses équipements, à travers les
consommations (en énergie primaire) de chauffage, climatisation et
consommations annexes (éclairage, eau chaude sanitaire, etc.). On obtient
également la performance de l'immeuble en termes de production annuelle de
gaz à effet de serre, en kilogrammes d'équivalents Co2.
Les estimations des besoins et les consommations sont exprimées en kWh/[Link].
La surface considérée est celle conditionnée.
Le label est présenté sous une forme analogue à celle utilisée pour les
réfrigérateurs en Tunisie.
L'outil sera utilisé par les concepteurs comme aide à l'amélioration du projet à
étudier. Il leur permet donc d'apprécier les améliorations apportées
successivement au projet, par rapport à la version initiale. Il donne aussi le label
des performances thermique et énergétique atteint après chaque amélioration.
Pour chaque modification apportée, on peut apprécier son impact sur les besoins,
les consommations et la production de CO2, ce qui signifie que les résultats sont
détaillés par postes de consommation.
L'outil peut s'appliquer à plusieurs types de bâtiments. La liste minimum de
bâtiments concernés comprend :
les bâtiments à usage de bureaux (administrations, banques, assurances, …)
les bâtiments à usage hôtelier (hôtels,…)
les bâtiments à usage hospitalier (hôpitaux, dispensaires, cliniques)
les bâtiments à usage d'enseignement ( Ecoles, Lycées, Foyers universitaires, …)
les bâtiments à usage de commerce (commerces, centres commerciaux, …)
les bâtiments à usage d'habitation (Logements sociaux, économiques et
standing)
Ces bâtiments peuvent être situés dans une des dix régions climatiques recensées par
l'ANME. L'outil informatique simplifié CLIP peut s'appliquer dans ces dix régions.
L'outil CLIP peut être utilisé sur les ordinateurs compatibles PC.
CLIP permet de décomposer le bâtiment en zones plus petites. Par exemple, on peut
traiter en deux fois un bâtiment dont le rez-de-chaussée est composé de commerces et
les étages d'appartements. Un outil complémentaire (fourni avec CLIP) permet
d'assembler ces deux parties. Cette décomposition peut aussi être utilisée si on souhaite
étudier un bâtiment partie par partie, pour avoir une vue plus fine des résultats.
CLIP permet à l'utilisateur, par l'introduction d'un nombre restreint de données,
l'évaluation des performances thermique et énergétique du bâtiment tertiaire à traiter.
CLIP comprend une base de données pour tous les éléments de l'enveloppe (matériaux,
film d'air, etc.) utilisés dans le secteur tertiaire. Il permet à l'utilisateur l'accès à des listes
de choix pour la sélection d'un type de mur déterminé, d'un type de fenêtre déterminé,
d'un type de porte déterminé, etc. L'utilisateur peut enrichir ces bases de données par
des valeurs personnelles autres que celles fournies avec CLIP.
CLIP comprend une base de données météorologiques des différentes régions
climatiques de la Tunisie (10 régions). En effet, l'outil permet, par la sélection de la région
climatique, l'activation de la base de données correspondante.
CLIP calcule les coefficients U des murs, par façade plutôt que globalement, ainsi que les
calculs de déperdition. Certains utilisateurs peuvent proposer d'isoler certaines parois et
pas d'autres. Les compositions de murs peuvent également changer pour différentes
façades en fonction des choix de l'utilisateur. Cette flexibilité est essentielle dans ledit
outil.
CLIP permet le traitement de différents types de planchers et de différents types de
toitures.
CLIP permet la saisie de type de portes, de type de fenêtres et de pares soleil différents, et
pour chaque façade du bâtiment. Il est en effet possible que des utilisateurs veuillent
utiliser un type de fenestration seulement sur quelques orientations et un autre type sur
d'autres.
CLIP permet de récapituler les différentes options envisagées par rapport au bâtiment
de référence, grâce à un outil complémentaire (fourni avec CLIP).
L'outil permet à l'utilisateur de sauvegarder les calculs du projet à évaluer dans une base
de données résultat. Il lui permet aussi l'identification du projet par son nom, son
adresse, le nom de son promoteur, etc.
CHAPITRE 03
LOTS TECHNIQUES
[Link] CHAUFFAGE, CLIMATISATION, VENTILATION DES LOCAUX:
Le présent chapitre expose les principes, les règles de l'art et les exigences générales
applicables à la conception d'un bâtiment procurant à ses occupants une bonne
qualité de l'air intérieur (QAI). On y traite principalement de la conception des systèmes
de chauffage, de ventilation et de conditionnement de l'air (CVCA).
D'une façon générale, les systèmes CVCA ont pour mission d'assurer aux occupants
d'un bâtiment des conditions ambiantes confortables qui satisfont une grande
majorité d'entre eux. Le confort est assuré par le contrôle de la température, de
l'humidité, des mouvements de l'air et des odeurs désagréables.
1-1 Exigence sur la conception d'un CVCA pour maintenir la qualité de l'Air dans un
établissement de santé :
Dans un établissement de santé, plus particulièrement dans un centre hospitalier (CH) ou un
centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), les systèmes CVCA jouent les
rôles additionnels suivants :
Contrôle des infections dans un milieu où l'on trouve des patients qui sont vulnérables
en raison de leur état.
Maintien de conditions ambiantes favorables à la guérison, lesquelles constituent en
elles-mêmes un traitement.
Contrôle des substances dangereuses, chimiques ou biologiques, générées par les
procédés médicaux et de soutien.
Pour assurer une bonne qualité d'air dans un établissement hospitalier, la conception des
systèmes CVCA doivent inclure les notions suivantes :
a - pression ou mouvement d'air contrôlé
Le mouvement contrôlé de l'air aide à limiter la diffusion des contaminants présents dans
l'air.
D'une façon générale, les systèmes CVCA doivent assurer l'écoulement de l'air à partir des
zones plus propres vers des zones de niveaux moins élevés de propreté. Certaines pièces,
telles que les salles d'opération ou les salles d'isolement protecteur, sont spécialement
maintenues sous pression positive par rapport aux espaces adjacents afin de limiter ou
d'empêcher l'introduction de pathogènes par voie aérienne (un flux d'air sort de la pièce en
permanence par les ouvertures et interstices).
À l'opposé, certaines autres pièces où l'on désire éviter que les contaminants s'échappent,
telles que les salles de toilette, les utilités souillées ou les salles d'isolement respiratoire, sont
ventilées en pression négative par rapport aux espaces adjacents. Dans de tels cas, un flux
d'air s'introduit en permanence à travers les ouvertures et interstices.
Certaines pièces ne nécessitent pas un contrôle continu du mouvement de l'air; cependant,
ce fait ne doit en aucun temps favoriser la dissémination aérienne de pathogènes
b- Filtration
La filtration est utilisée dans le but de retirer de l'air la plupart des particules qui s'y trouvent en
suspension ainsi que des microorganismes susceptibles de s'y attacher. Le principe de
fonctionnement est le suivant : l'air est capté par le système de ventilation où, en plus d'être
chauffé, refroidi, humidifié ou déshumidifié, il est filtré. Lorsque l'air passe à travers le filtre,
une partie des particules qu'il contient est retenue. L'air qui en ressort de l'autre côté est plus
propre. Plus le filtre est efficace, plus la proportion de particules retenue est élevée.
De même, plus l'air passe souvent à travers le filtre, plus il est débarrassé de ses particules en
suspension. Donc, le taux de particules en suspension dans l'air intérieur dépend du taux de
génération de particules dans la pièce, du niveau d'efficacité du filtre et du taux de
recirculation de l'air à travers le filtre.
Dans un filtre, cinq principes physiques peuvent intervenir pour intercepter et retenir les
particules:
Tamisage :
Principe de filtration le plus simple où les particules les plus grosses sont arrêtées au
passage d'une ouverture plus petite entre les fibres du filtre. Les particules retenues
peuvent être observées à la surface du filtre (poussières, peluches, etc.). Le tamisage ne
permet pas de retenir les petites particules (< 1 micron), lesquelles sont captées en vertu
des quatre autres principes nommés ci-après.
Collision (ou inertie) : Le principe de collision retient les petites particules dont la grosseur
et la densité sont néanmoins suffisamment importantes pour qu'elles entrent en collision
avec les fibres du filtre, sans pouvoir les contourner en suivant le courant d'air. Les
particules adhèrent alors au filtre, notamment en raison de la présence d'une couche
visqueuse.
Interception :
Les particules assez petites pour éviter la collision avec les fibres du filtre peuvent
néanmoins être arrêtées lorsqu'elles frôlent celles-ci. Elles sont alors retenues par les
forces de Van der Waals (interaction électrique de faible intensité entre atomes
et molécules).
Diffusion : Le mouvement des très petites particules est rendu erratique par le
bombardement des molécules de gaz composant l'air (mouvement brownien). Ces
mouvements augmentent la probabilité du passage des particules à proximité des fibres
du filtre et leur capture par le principe d'interception.
Effets électrostatiques : Certaines particules électriquement chargées peuvent être
fortement attirées et retenues par un filtre dont la charge électrostatique est opposée. Les
filtres électrostatiques passifs (sans source d'électricité) peuvent être dotés d'une charge
permanente ou se charger par l'effet du passage du flux d'air sec à travers lui.
Les filtres les plus efficaces sont capables de retenir des particules extrêmement petites, y
compris la plupart des virus, ce qui est théoriquement idéal pour toutes les situations.
Cependant, ces filtres opposent une résistance beaucoup plus grande au passage de l'air,
Ce qui requiert des ventilateurs plus puissants. Ils sont aussi plus chers; c'est pourquoi leur
usage est généralement réservé à certaines applications, comme les salles d'opération.
C'est ce qui explique qu'il existe toute une gamme de filtres avec divers niveaux d'efficacité
afin de répondre de manière optimale aux différents besoins. Le tableau 1.1, à la fin du présent
chapitre, présente la dénomination et la performance des divers types de filtres.
Typiquement, une filtration MERV1 17 est requise pour une salle d'opération, tandis qu'une
filtration MERV 14 convient à la plupart des secteurs de soins d'un CH et qu'une filtration
MERV 8 suffit pour les secteurs sans exigence particulière.
MeRV : Minimum efficiency Reporting Value = mesure de l'efficacité des filtres à air telle
que définie par la norme aSHRae 52.2-2007 Method of Testing general Ventilation air-
Cleaning Devices for Removal efficiency by Particle Size.
D'autres types de filtres permettent de retirer certains contaminants sous forme gazeuse, sur
lesquels les filtres à particules n'ont aucun effet. Les filtres au charbon activé peuvent être
utilisés notamment pour atténuer certains problèmes d'odeurs. Ce genre de filtre est peu
utilisé dans les établissements de santé, la dilution étant généralement suffisante.
c- Dilution
La dilution consiste à réduire la concentration de contaminants gazeux dans l'air intérieur
par l'évacuation, vers l'extérieur du bâtiment, d'une partie de l'air intérieur et son
remplacement par un volume égal d'air extérieur, filtré et relativement exempt de
contaminants.
L'air intérieur se charge graduellement de contaminants gazeux émanant notamment du
bâtiment et du mobilier (colles, peintures, vernis, plastiques, etc.), des personnes (CO2,
odeurs corporelles) et des procédés. Le taux de dilution est donc dicté en partie par la
superficie à ventiler pour tenir compte du dégazage des matériaux présents dans
l'environnement et en fonction de l'occupation pour tenir compte des personnes et des
procédés.
Par exemple, une aire d'entreposage, même si très peu de personnes s'y trouvent, nécessite
un apport d'air extérieur pour limiter la concentration de contaminants gazeux émis par le
matériel entreposé. En outre, à superficie égale, un auditorium nécessitera généralement un
apport d'air frais supérieur à une aire de bureaux individuels en raison de la plus forte densité
d'occupation.
La plupart des systèmes CVCA assurent une dilution. Certains bâtiments anciens ou très
petits comptent sur la ventilation naturelle (fenêtres ouvrantes, infiltration d'air) pour
assurer le changement de l'air.
d- évacuation
L'évacuation consiste à rejeter à l'extérieur une partie de l'air intérieur. Comme l'air évacué
doit nécessairement être remplacé, l'évacuation implique une dilution et vice-versa. Une
partie de l'air du bâtiment est généralement évacuée en permanence par l'unité de
ventilation principale afin d'assurer la dilution des contaminants. Il arrive aussi que l'air de
certains locaux ou de certains appareils soit entièrement et directement évacué vers
l'extérieur afin de limiter ou d'empêcher la diffusion des contaminants aériens dans
l'environnement intérieur.
Généralement, on évacue vers l'extérieur 100 % de l'air de locaux comme les salles de toilette
et les utilités souillées. L'air des hottes chimiques et de la plupart des enceintes de sécurité
biologiques est aussi évacué vers l'extérieur pour assurer la santé et la sécurité des
personnes.
e- Irradiation ultraviolette germicide
Certains microorganismes présents dans l'air peuvent être détruits à l'aide de rayons
ultraviolets d'une longueur d'onde de 200 à 270 nanomètres.
L'irradiation ultraviolette germicide est faite selon trois principales configurations :
Irradiation de l'air en partie haute de la pièce : Les rayons ultraviolets sont projetés
horizontalement dans la partie haute de la pièce, à partir d'un dispositif fixé au plafond
ou au mur. Les microorganismes aériens sont irradiés lorsque les mouvements de l'air les
transportent en partie haute de la pièce. Les dispositifs sont conçus pour ne pas irradier
les occupants.
Désinfection du flux d'air dans le conduit de ventilation : Les microorganismes présents
dans l'air circulant dans le conduit sont irradiés au moment de leur passage devant les
lampes ultraviolettes (UV). La proportion de microorganismes détruits dépend entre
autres de l'intensité du rayonnement et du temps d'exposition (vitesse de l'air devant les
lampes UV).
Désinfection de la surface de certains composants de l'unité de ventilation : Parce qu'ils
agissent un peu comme un filtre qui retient les particules (ailettes rapprochées) et qu'ils
sont souvent mouillés, les serpentins de refroidissement sont susceptibles d'abriter une
quantité appréciable de microorganismes. L'irradiation de ces serpentins à l'aide de
lampes ultraviolettes permet de détruire les microorganismes et de garder les
serpentins propres. D'autres surfaces, comme la panne du serpentin et les filtres,
peuvent tirer parti de l'irradiation ultraviolette.
f- Contrôle de la température
L'air doit être admis dans les pièces à une température qui permet de maintenir des
conditions ambiantes confortables et aptes à favoriser la guérison du patient. En effet, la
température ambiante d'un établissement de soins n'est pas uniquement une affaire de
confort. Par exemple, certains patients cardiaques peuvent ne pas être capables de
maintenir une circulation sanguine suffisante pour évacuer assez de chaleur corporelle; c'est
pourquoi les soins intensifs cardiaques doivent être climatisés. À l'inverse, des patients
souffrant d'arthrite rhumatoïde peuvent bénéficier de conditions chaudes et sèches.
L'air d'alimentation doit être chauffé ou refroidi selon les besoins de la pièce. Ce procédé est
effectué au moyen de serpentins de chauffage et de climatisation pouvant être localisés en
divers endroits dans les systèmes CVCA.
g- Contrôle de l'humidité
Tout comme pour la température, le niveau d'humidité relative doit être maintenu à un taux
favorable au confort mais aussi à la guérison de certaines affections. Par exemple, une
atmosphère trop sèche nuit aux patients atteints d'une maladie pulmonaire chronique, qui
ont souvent des sécrétions qui ont tendance à s'épaissir. Cependant, un taux d'humidité
élevé peut favoriser la condensation et la prolifération fongique, qui peuvent causer des
affections et des malaises. D'une manière générale, dans un établissement de soins de santé,
le taux d'humidité relative doit se situer dans une fourchette de 30 % à 60 % et peut varier
selon les saisons. Le taux d'humidité tend naturellement vers une atmosphère plus sèche en
hiver et plus humide en été.
Humidification :
En période hivernale, le froid fait en sorte que l'air extérieur contient très peu de vapeur
d'eau. Cet air très sec, qui est introduit dans le bâtiment par les différents systèmes de
ventilation, doit être humidifié avant d'être diffusé dans les locaux. Pour ce faire, un
humidificateur injecte la quantité nécessaire de vapeur d'eau dans l'air traité par le
système de ventilation afin de maintenir le taux d'humidité relative désiré dans les
pièces.
Les activités intérieures, telles que les bains et les douches, et la respiration humaine
procurent une certaine humidification, mais celle-ci est grandement insuffisante dans
les bâtiments ventilés mécaniquement, à fortiori dans les établissements de santé, où les
exigences minimales d'apport d'air frais sont élevées.
Il existe plusieurs types d'humidificateurs fonctionnant selon des principes différents :
injection de vapeur, atomisation d'eau, bassin d'évaporation, etc. L'injection de vapeur
est la méthode d'humidification privilégiée dans un établissement de santé.
Déshumidification :
En période estivale, la chaleur fait en sorte que l'air extérieur peut contenir beaucoup de
vapeur d'eau. Cet air chargé d'humidité qui est introduit dans le bâtiment par les
différents systèmes de ventilation est généralement déshumidifié avant d'être diffusé
dans les différents locaux.
La déshumidification de l'air est généralement réalisée en le faisant passer au travers
d'un serpentin de refroidissement. Lorsque la température du serpentin de
refroidissement est inférieure au point de rosée de l'air traité, la vapeur d'eau contenue
dans l'air se condense, réduisant ainsi le taux d'humidité relative dans l'air. Le serpentin
doit donc être capable de maintenir une température assez froide pour assécher l'air
suffisamment, de façon à maintenir un taux d'humidité relative généralement inférieur à
60 % dans la pièce.
Dans le cas d'un bâtiment non climatisé, l'introduction d'air chaud et humide à l'intérieur
peut mener à des taux d'humidité relative excessifs dans les endroits naturellement plus
frais, comme les sous-sols.
Il existe d'autres procédés de déshumidification de l'air, comme la dessiccation.
1-2 Le confort thermique des bâtiments:
Le confort thermique peut être défini comme une sensation complexe produite par un
système de facteurs physiques, physiologiques et psychologiques, conduisant l'individu à
exprimer le bien-être de son état. Le maintien de l'équilibre thermique entre le corps humain
et son environnement est l'une des principales exigences pour la santé, le bien-être et le
confort.
Le confort reste toujours difficilement mesurable et prend diverses formes. Il est plus facile
de savoir le moment où l'on se sent confortable que de mesurer exactement les paramètres
qui rendent un environnement confortable. Il est plus simple d'évaluer le manque de confort
que le confort. La notion de confort est équivalente pour les trois exemples suivants :
TEMPÉRATURE 40°c 32 °c 28 °c
HUMIDITÉ 26% 68% 100 %
VITESSE DE L'AIR 1 m/s 0,1 m/s 0 m/s
Etant donné que chaque individu a une sensation de chaleur ou de froid différente, la norme
de L'American Society of Heating, Refrigerating and Air Conditioning Engineers (ASHRAE)
détermine les conditions thermiques qui sont acceptables par au moins 80 % des occupants.
Il s'agit de la norme Standard 55-2013 « Thermal Environmental Conditions for Human
Occupancy » (voir Figure 1).
1- Zone à éviter vis-à-vis des
problèmes de sécheresse ;
2 et 3 : Zones à éviter vis-à-vis des
développements de bactéries et de
microchampignons ;
3- Zone à éviter vis-à-vis des
développements d'acariens ;
4- Polygone de confort
hygrothermique.
Figure 1
Zone de confort thermique
Source : R. Fauconnier. L'action de l'humidité de l'air sur la santé
dans les bâtiments tertiaires, no 10, 1992.
Améliorer le confort dans un lieu de travail où se trouve un groupe de personnes correspond
à rechercher des conditions qui seront acceptables pour le plus grand nombre. La norme
internationale ISO 7730 considère qu'une situation de confort thermique optimale est celle
qui satisfait 90 % des personnes d'un même environnement (6).
Le tableau suivant récapitule les différentes zones de confort et d'inconfort humain en
relation avec la température et l'humidité relative du milieu.
HUMIDITÉ RELATIVE (%)
Température (ºC) 100 95 90 85 80 75 70 65 60 55 50 45 40 35 30 25 20
35 58 57 56 54 52 51 49 48 47 45 43 42 41 38 37
34 58 57 55 53 52 51 49 48 47 45 43 42 41 39 37 36
33 55 54 52 51 50 48 47 46 44 43 42 40 38 37 36 34
32 52 51 50 49 47 46 45 43 42 41 39 38 37 36 34 33
31 50 49 48 46 45 44 43 41 40 39 38 36 35 34 33 31
30 48 47 46 44 43 42 41 40 38 37 36 35 34 34 31 31
29 46 45 44 43 42 41 39 38 37 36 34 33 32 31 30
28 43 42 41 41 39 38 37 36 35 34 33 32 31 29 28
27 41 40 39 38 37 36 35 34 33 32 31 30 29 28 28
26 39 38 37 36 35 34 33 32 31 31 29 28 28 27
25 37 36 35 34 33 33 32 31 30 29 28 27 27 26
24 35 34 33 33 32 31 30 29 28 28 27 26 26 25
23 33 32 32 31 30 29 28 27 27 26 25 24 23
22 31 29 29 28 28 27 26 26 24 24 23 23
21 29 29 28 27 27 26 26 24 24 23 23 22
De 20 à 29 Aucun inconfort attendu
De 30 à 39 Un certain inconfort; ralentir les activités et hydratation
De 40 à 45 Beaucoup d'inconfort; éviter les efforts et hydratation régulière
Supérieur à 45 Danger; probabilité d'un coup de chaleur
Note : pour une activité physique légère et sans chaleur radiante
Source : Environnement Canada.
Voir le [Link]/meteo-weather/default.
1-2-1 Conditions internes de température et d'hygrométrie
Pour le dimensionnement des équipements de chauffage et de refroidissement dans les
bâtiments en Tunisie, les conditions intérieures de calcul seront les valeurs de température et
d'humidité relative du tableau suivant:
CONDITIONS INTÉRIEURES DE CALCUL :
HUMIDITÉ ET TEMPÉRATURE SÈCHE
Température sèche Humidité Relative
Été 26°C 60%
Hiver 20°C 55%
Tableau 15
1-3 Les conditions climatiques de base pour le dimensionnement des systèmes CVCA:
Le domaine des températures et des humidités extérieures, habituelle en Tunisie est
enregistrée dans les données climatiques de base pour le dimensionnement des
installations de chauffage et climatisation à l'ANME, mais aussi on peut les trouver sur les sites
Météo national ONM et international
La saison de chauffage inclut les mois de décembre, janvier et février (Idem ASHRAE)
La saison de refroidissement inclut les mois de juin, juillet, Août et Septembre (Idem ASHRAE)
1-3-1 Données de base pour le dimensionnement des installations de chauffage:
Ils correspondent aux températures extérieurs de base à prendre en compte pour le calcul
des déperditions thermiques des locaux et humidités relatives coïncidentes pour le calcul
des équipements d'humidification et ce dans la détermination des puissances de chauffage
projetées.
On distingue les cas suivants :
Les locaux occupés pendant la nuit
Les locaux occupés uniquement pendant les horaires administratifs de travail
Le tableau suivant récapitule la température de base à prendre pour le calcul de chauffage
LOCAUX OCCUPÉS LOCAUX OCCUPÉS PENDANT
PENDANT LA NUIT LES HORAIRES ADMINISTRATIFS
DE TRAVAIL
Température correspon- Température correspon-
dante à une fréquence dante à une fréquence
Construc ons légère à horaire cumulée pour la horaire cumulée entre
exigences rigoureuses de journée (24h) sur toue la 7h :00 et 18h :00 sur toue la
chauffage période de chauffage de période de chauffage de
99%. 99%.
Température correspon- Température correspon-
dante à une fréquence dante à une fréquence
Construc ons avec iner e horaire cumulée pour la horaire cumulée entre
thermique moyenne journée (24h) sur toue la 7h :00 et 18h :00 sur toue la
période de chauffage de période de chauffage de
97,5%. 97,5%.
Température correspon- Température correspon-
dante à une fréquence dante à une fréquence
Construc ons avec iner e horaire cumulée pour la horaire cumulée entre
thermique importante journée (24h) sur toue la 7h :00 et 18h :00 sur toue la
période de chauffage de période de chauffage de
95%. 95%.
L'évaluation de la classe d'inertie thermique d'un bâtiment, on propose d'utiliser la masse
surfacique utile du local ou des locaux concernés. Cette masse surfacique utile est
déterminée en calculant la masse totale utile de tous les éléments concernés de la
construction et en rapportant cette masse utile à la surface du local ou des locaux concernés.
L'approche proposée est une adaptation de la démarche décrite dans les règles Th-G du DTU
français.
La classe d'inertie thermique en fonction de la masse surfacique est indiquée dans le tableau
suivant :
CLASSE D'INERTIE THERMIQUE POUR MASSE SURFACIQUE UTILE
TEMPÉRATURE DE BASE DE CHAUFFAGE (KG/M² DE PLANCHER)
Constructions légère < 150
Constructions avec inertie thermique moyenne 150- 500
Constructions avec inertie thermique importante >500
Les masses surfaciques utiles pour la détermination de la classe d'inertie thermique des
constructions courantes en Tunisie sont le tableau suivant :
MASSE SURFACIQUE UTILE
NATURE DU PAROIS
(Kg/m²)
PLANCHERS
Plancher haut en dur sans faux plafond 150
Plancher haut en dur avec faux plafond 30
Plancher intermédiaire en dur/revêtement en dur 150
Plancher intermédiaire en dur/revêtement 75
plastique ou moquette
Plancher bas en dur/revêtement en dur 150
Plancher bas en dur/revêtement plastique ou
moquette 75
NATURE DU PAROIS MASSE SURFACIQUE UTILE (Kg/m²)
MURS EXTERIEURS
Double cloison en briques creuses avec
ou sans isolation thermique
Epaisseur brique creuse interne ≤ 15cm 90
Epaisseur brique creuse interne ≥ 15cm 150
Mur extérieur en pierre 150
Voile en Béton armé (Epaisseur ≥ 15cm) 150
MASSE SURFACIQUE UTILE
NATURE DU PAROIS
(Kg/m²)
CLOISONS INTERIEURES
Cloison de 10 cm 125
Cloison de 15 cm 150
Briques creuses Cloison de 20 cm 190
Cloison de 25 cm 220
Cloison de 7cm 70
Carreaux de Plâtre
Cloison de 10 cm 100
Voile de 10 cm 240
Voile en Béton armé Voile de 15 cm 300
Voile de 20 cm 300
MASSE SURFACIQUE UTILE
NATURE DU PAROIS
(Kg/m²)
PAROIS VERTICALES MITOYENNES
Cloison de 10 cm 60
Briques creuses Cloison de 15 cm 75
Cloison de 20 cm 85
Cloison de 25 cm 110
Cloison de 7cm 355
Carreaux de Plâtre
Cloison de 10 cm 0
Voile de 10 cm 120
Voile en Béton armé
Voile de 15 cm et plus 150
Exemple de détermination de la classe d'inertie thermique à utiliser dans le choix des
températures de base de chauffage
Immeuble de bureaux avec cloison en dur et faux plafond (calcul d'un local type)
Plancher Plancher Murs Cloisons Parois Classe
bas haut extérieurs internes mitoyennes d'inertie
Plancher Toiture en Carreau Carreau Moyenne
Nature de la bas en dur/
Double cloison
construction dur avec en briques de plâtre de plâtre
revêtement
en dur faux creuses avec ou de 7cm de 10cm
plafond sans isolation
thermique
Ep. brique creuse
interne ≤ 15cm
Masse
surfacique 150 150 90 70 50
utile (Kg/m²)
Surface
nette (m²) 16 16 6 85 20
Total 2400 480 540 60 1000 311Kg/m²
Exemple de détermination de la température extérieur pour le dimensionnement
chauffage
Donnée :
Ville : Tunis
Local occupée pendant la nuit/ construction avec inertie thermique moyenne
Résultat tiré des tableaux (données climatiques de base) : voir annexes
Température extérieurs de base = 5°C
Humidité relative coïncidente = 90%
1-3-2 Données de base pour le dimensionnement des installations de Refroidissement:
Ils correspondent aux températures extérieurs de base et humidités relatives coïncidentes à
prendre en compte pour le calcul des apports calorifiques (sensibles et latents) des locaux et
ce dans la détermination des puissances des installations de Refroidissement projetées.
On distingue les cas suivants :
Les locaux avec contrôle usuel de l'humidité relative
Les locaux avec contrôle rigoureux de l'humidité relative
Le tableau suivant récapitule la température de base à prendre pour le calcul de
refroidissement
LOCAUX AVEC CONTRÔLE LOCAUX OCCUPÉS PENDANT
USUEL DE L'HUMIDITÉ RELATIVE LES HORAIRES ADMINISTRATIFS
DE TRAVAIL
Température corres-pondante à locaux avec contrôle rigoureux de
une fréquence cumulée pour la l'humidité rela ve Température
journée (24h) sur toue la correspondante à une fréquence
Locaux avec période de refroidissement de cumulée pour la journée (24h) sur
exigences 1% et moyenne des humidités toue la période de
rigoureuses de rela ves coïncidentes avec refroidissement de 1% et
refroidissement ce e température. moyenne des humidités rela ves
coïncidentes avec ce e
température, et selon le critère
dans le paragraphe humidité
Température corres-pondante à Température correspondante à
une fréquence cumulée pour la une fréquence cumulée pour la
journée (24h) sur toue la journée (24h) sur toue la période
Locaux refroidis
période de refroidissement de de refroidissement de 2,5% et
d'une façon 2,5% et moyenne des humidités moyenne des humidités rela ves
discon nue ou rela ves coïncidentes avec coïncidentes avec ce e
ce e température. température, et selon le critère
dans le paragraphe humidité
Température corres-pondante à Température correspondante à
une fréquence cumulée pour la une fréquence cumulée pour la
locaux occupés
journée (24h) sur toue la journée (24h) sur toue la période
pendant les horaires
période de refroidissement de de refroidissement de 5% et
administra fs de travail 5% et moyenne des humidités moyenne des humidités rela ves
Locaux refroidis rela ves coïncidentes avec coïncidentes avec ce e
d'une façon con nue ce e température. température, et selon le critère
dans le paragraphe humidité
Il est à noter que contrairement au dimensionnement des installations de chauffage qui se
base sur une seule valeur de température extérieure, le dimensionnement des installations
de refroidissement se base sur des valeurs horaires de température extérieure et d'apport
calorifiques (ensoleillement, éclairage artificiel, occupant, équipement, etc.) dans les divers
locaux concernés par l'installation.
Les températures extérieures définit ci-dessus sont utilisées comme valeurs maximales de la
journée et les valeurs horaires seront déduites à partir de ces valeurs et des amplitudes
journalières correspondantes.
Il est bien entendu que seules les heures d'occupation des locaux seront prises en compte
pour le dimensionnement des installations.
La température extérieure de base, indiquée pour chaque localité, représente donc la
température maximale à prendre en compte pour la journée (Tm).
Les températures correspondantes à chaque heure de la journée de base (Th), nécessaires
pour le calcul des charges frigorifiques, doivent être estimées en se basant sur une courbe de
distribution standard en fonction de la température maximale (Tm) et de la moyenne
saisonnière des amplitudes journalière (AS), indiquées (ces courbes sont disponibles dans
les manuels professionnels).
La courbe de distribution suivante est recommandée par l'ASHRAE :
Th = Tm – AS*X
Avec :
Th : température extérieure de base pour l'heure considérée en °C
Tm : température extérieure de base maximale en °C
AS : Moyenne saisonnière des amplitudes de température en °C
(Tm et AS sont données par les tableaux des données climatiques de base, voir annexes)
X : Coefficient de calcul des températures horaires de base, donné par le tableau suivant :
Heure 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Solaire
X 0,87 0,92 0,96 0,99 1,00 0,98 0,93 0,84 0,71 0,56 0,39 0,23
Heure
13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
Solaire
X 0,11 0,003 0,00 0,03 0,10 0,21 0,34 0,47 0,58 0,68 0,76 0,82
Exemple de détermination de la température extérieur pour le dimensionnement
refroidissement
Donnée :
Ville : Tunis
Local à usage de bureaux (contrôle usuel de l'humidité relative) / bâtiment située à 2Km du
bord de la mer.
Résultat tiré des tableaux (données climatiques de base) : voir annexes
Température extérieurs de base (Tm) = 35°C
Humidité relative coïncidente (littoral) = 45%
Moyenne saisonnière des amplitudes de température (AS) : 12°C
Le tableau des températures horaires de base (Th) en °C est le suivant :
Heure 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Solaire
X 24,6 24,0 23,5 23,1 23,0 23,2 23,8 24,9 26,5 28,3 30,3 32,2
Heure
13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
Solaire
X 33,7 34,6 35,0 34,6 33,8 32,5 30,9 29,4 28,0 26,8 25,9 25,2
L'un des critères de sélection de la température extérieure de base consiste à évaluer le
niveau d'exigence concernant le refroidissement du local. Il est évident qu'un
refroidissement permettant de réaliser des conditions usuelles de confort ne serait pas classé
dans la catégorie exigences rigoureuses de refroidissement. A titre indicatif, nous proposons
les cas suivants ou les exigences de refroidissement peuvent être considérées comme
rigoureuses :
Salle d'opération
Locaux abritant des équipements informatiques ou électroniques particuliers
Local abritant un process ou des équipements exigeant un seuil maxima de température
à respecter strictement(dans le cas ou ce seuil de température est utilisé pour déterminer
la puissance de refroidissement à installer dans le local).
Autres applications particulières
1-3-3 Définition des niveaux d'humidité relative retenue pour le dimensionnement des
installations de refroidissement:
Selon l'usage de l'installation de refroidissement, on distingue :
L'humidité relative pour « Littoral » versus « intérieur »
L'humidité relative coïncidente à utiliser dans le cas de locaux exigeant un contrôle
rigoureux de l'humidité relative
1-3-3-1 L'humidité relative pour « Littoral » versus « intérieur »
Selon l'éloignement du site du bord de la mer, on distingue :
Les zones climatiques donnant sur la mer : on trouve deux valeurs de la moyenne
l'humidité relative coïncidente, en fonction de la proximité de mer. Voir tableau en
annexes.
Les bâtiments situés à plus de 10Km du bord de la mer, les valeurs présentées dans les
colonnes intitulés « intérieur » sont proposées.
Les bâtiments situés à moins de 10Km du bord de la mer, les valeurs présentées dans les
colonnes intitulés « Littoral » sont proposées.
Ces critères des distances sont similaires aux critères énoncés dans la réglementation
thermique française RT. Toute fois, faute de données statistiques sur les variations de
l'humidité relative en fonction de ce critère de distance, la détermination de ces valeurs a été
réalisée selon les hypothèses suivantes :
Les valeurs résultantes de l'analyse statistique des données climatiques des différentes
localités sont retenues pour les sous-zones « intérieur ».
Les valeurs correspondantes aux sous-zones « littoral » sont déterminées en fonction des
valeurs « intérieur » augmentées de 1,3 fois l'écart type correspondant à chacune des
valeurs. Ce multiplicateur présentait un compromis raisonnable permettant d'avoir une
valeur de l'humidité relative moyenne coïncidente pour les sous zones « littoral » qui
correspond à une augmentation de l'humidité absolue de 3,5 à 5gr/Kg air sec par
rapport aux valeurs des sous-zones « intérieur ». Ces valeurs sont comparables à la valeur
de 4 gr/Kg d'air sec recommandé dans la réglementation thermique française.
1-3-3-2 L'humidité relative coïncidente à utiliser dans le cas de locaux exigeant un
contrôle rigoureux de l'humidité relative
Seules les valeurs indiquées dans les tableaux correspondants aux cas de locaux exigeant un
contrôle rigoureux de l'humidité relative a été déterminé en se basant sur les hypothèses
suivantes :
La fréquence cumulée des valeurs observées de l'humidité relative coïncidente peut
être représentée par la fréquence cumulée d'une distribution selon une loi normale
ayant la même moyenne et le même écart type. Cette approximation s'est avérée, en
général, assez acceptable pour un certain nombre de données climatiques.
Pour les bâtiments nécessitant un contrôle rigoureux de l'humidité relative, la valeur
proposée comme humidité relative coïncidente, correspond à une valeur dont la
fréquence cumulée de la distribution normale est de 2,5 (seulement 2,5% des valeurs
des humidités relatives qui peuvent coïncider avec la température de base seraient
théoriquement supérieures à cette valeur).
Concernant les moyennes des humidités relatives coïncidentes retenues pour les sous-
zones « littoral », on a retenu un écart type identique aux sous-zones « intérieur »
Le recours au tableau concernant les locaux avec contrôle rigoureux de l'humidité relative
est strictement réservé aux applications particulières nécessitant le maintien rigoureux de
l'humidité relative au dessous d'un certain seuil.
A titre indicatif, nous proposons les cas suivants ou les exigences de contrôle de l'humidité
relative peuvent être considérées comme rigoureuses :
Salle d'opération
Locaux abritant des équipements informatiques ou électroniques particuliers
Local abritant un process ou des équipements exigeant un seuil maxima d'humidité
relative.
Autres applications particulières
1.4 Le bilan thermique des bâtiments:
Afin de faire le bilan thermique d'un bâtiment, il sera utile de préparer tous les données
d'entrée au modèle de calcul. En effet, à l'issus de l'étude énergétique préliminaire de
l'enveloppe du bâtiment, les données relatives à la nature de la paroi, son orientation, taux
vitrage, type de protection solaire, etc. sont supposé déterminée.
Au démarrage de l'étude technique, et afin de déterminer les puissances nécessaires au
chauffage et au refroidissement moyennant le bilan thermique, il s'avère que d'autres
informations devront être complété tel que, le nombre de personne dans chaque local ou
activité, le taux de renouvellement d'air neuf, la nature et la puissance des équipements
installée dans le local, la puissance d'éclairage installée, etc.
D'autre part, il est indispensable de déterminer les conditions de confort thermique pour
chaque local tel que la température et l'humidité intérieur.
Entre autres les données climatiques de la zone du projet devront être déterminées par la
méthode décrite précédemment pour le dimensionnement des installations de chauffage et
de refroidissement, (températures et humidité extérieurs).
Chaque local conditionné devra être calculé selon le nombre d'heure de fonctionnement en
régime continu ou discontinu.
D'une manière générale, les dispositions qui suivent doivent être prises en considération par
les bureaux d'études, les bureaux d'ingénierie et les sociétés de services énergétiques dans
leurs opérations de dimensionnement des installations de chauffage, de ventilation et de
climatisation.
Le calcul des besoins en énergie pour le chauffage et le refroidissement des bâtiments
tertiaires sera conforme aux dispositions de la norme EN 15265, ainsi qu'aux normes
EN12831 et ANSI/ASHRAE/ACCA standard 183 - 2007 (CR 2011).
Ces besoins peuvent être calculés par des logiciels de dimensionnement et des outils
informatiques simplifiés. Pour cela une multitude de logiciels de calculs existent, dont les
plus utilisés en Tunisie sont: TRNSYS, COMFIE, AUTOFLUID, CODYBA, CYPE, ECOTEC,
DESIGNBUILDER, CASANOVA, HAP, TAS
Il faut tenir compte des conditions suivantes pour l'évaluation les performances
énergétiques d'un bâtiment:
Conditions intérieures de confort
Conditions extérieures de calcul
Renouvellement d'air
Apports par l'enveloppe du bâtiment
Apports par l'éclairage
Autres charges
1-4-1 Bilan de chauffage central
Pour pouvoir garder un niveau acceptable de température et d'humidité en hivers, dans les
locaux, il faut prendre en considération les pertes et les apports internes et externes
suivants :
Pertes par transmission à travers une paroi (à travers le mur, les vitres, le plancher, toit) ;
Pertes par renouvellement et infiltration d'air ;
Apport divers dû à l'éclairage et aux occupants présents dans la salle.
Le calcul du bilan de chauffage a été réalisé suivant le modèle suivant dont le détail des
calculs est spécifié ci-après.
BILAN THERMIQUE CHAUFFAGE
Q1: Apport de chaleur par transmission à travers les parois (KJ)
Q2: Apport de chaleur par renouvellement et infiltration d'air (KJ)
Q3: Apport de chaleur divers (KJ) (éclairage, ventilateur, personnels…)
La somme Qt de tous ces apports journaliers donne la quantité de chaleur à apporté au local,
Qt= Q1+Q2-Q3
Température extérieure: θe
Température intérieure: θi
PUISSANCE DE CHAUFFAGE :
Ф0 = Qt/(3600 * t)
avec : Ф0 : Puissance de chauffage (KW)
t: Temps de marche de l'installation (h)
APPORT À TRAVERS LES MURS:
Apport à travers les murs :
Ф1M = (K*S + k*l)*Δθ
Avec: Ф1: Puissance calorifique (W)
K: Coefficient d'échange surfacique global (W/m²K)
S: Surface extérieure de la paroi (m²)
k: Coefficient d'échange linéique (W/m K)
l: Longueur intérieure de la liaison (m)
Δθ: Ecart de température de part et d'autre de la paroi (K)
Apport de chaleur journalier par transmission à travers les parois (KJ): Q1V=(3600*24*Ф1)/1000
Apport à travers les vitres:
Ф1V = (K*S + k*l)*Δθ
Avec: Ф1: Puissance calorifique (W)
K: Coefficient d'échange surfacique global (W/m²K)
S: Surface extérieure de la paroi (m²)
k: Coefficient d'échange linéique (W/m K)
l: Longueur intérieure de la liaison (m)
Δθ: Ecart de température de part et d'autre de la paroi (K)
Apport de chaleur journalier par transmission à travers les parois (KJ): Q1M=(3600*24*Ф1)/1000
Apport à travers le plancher:
Ф1P = (K*S + k*l)*Δθ
Avec: Ф1: Puissance calorifique (W)
K: Coefficient d'échange surfacique global (W/m²K)
S: Surface extérieure de la paroi (m²)
k: Coefficient d'échange linéique (W/m K)
l: Longueur intérieure de la liaison (m)
Δθ: Ecart de température de part et d'autre de la paroi (K)
Apport de chaleur journalier par transmission à travers les parois (KJ): Q1M=(3600*24*Ф1)/1000
Q1=Q1M + Q1V +Q1P
APPORT PAR RENOUVELLEMENT ET INFILTRATION D'AIR:
Q2 = N*V*(hi-he)/Ve
Avec: Q2: Apport journalier par renouvellement d'air (KJ)
N: Nombre de renouvellement d'air par jour
V: Volume du local vide (m3)
he: Enthalpie de l'air extérieur (KJ/Kg)
hi: Enthalpie de l'air intérieur (KJ/Kg)
Ve: Volume spécifique de l'air extérieur (m³/Kg)
APPORT DIVERS:
Apport par l'éclairage
QE = P*t *3600/1000
Avec: QE: Apport de chaleur par l'éclairage (KJ)
P: Puissance installée (W)
t: Temps de marche par jour (h)
Apport par les personnes
Qp = P*n*t *3600/1000
Avec: Qp: Apport de chaleur par les personnes (KJ)
P: Puissance dégagée par une personne (W)
n: Nombre de personnes
t: Temps de présence des personnes dans le local par jour (h)
Q3=QE+QP
1-4-2 Bilan de climatisation central
Pour pouvoir garder un niveau acceptable de température et d'humidité en été, dans les
locaux, il faut prendre en considération les pertes et les apports internes et externes suivants :
Pertes par transmission à travers une paroi (à travers le mur, les vitres, le plancher, toit) ;
Pertes par renouvellement et infiltration d'air ;
Apport divers dû à l'éclairage et aux occupants présents dans la salle.
Le calcul du bilan de climatisation a été réalisé suivant le modèle suivant dont le détail des
calculs est spécifié ci-après.
BILAN THERMIQUE CLIMATISATION
Q1: Apport de chaleur par transmission à travers les parois (KJ)
Q2: Apport de chaleur par renouvellement et infiltration d'air (KJ)
Q3: Apport de chaleur divers (KJ) (éclairage, ventilateur, personnels…)
La somme Qt de tous ces apports journaliers donne la quantité de chaleur à apporté au local,
Qt= Q1+Q2-Q3
Température extérieure: θe
Température intérieure: θi
PUISSANCE DE CHAUFFAGE :
Ф0 = Qt/(3600 * t)
avec : Ф0 : Puissance de chauffage (KW)
t: Temps de marche de l'installation (h)
APPORT PAR TRANSMISSION À TRAVERS UNE PAROI:
Apport à travers les murs :
Ф1M = (K*S + k*l)*Δθ
Avec: Ф1: Puissance calorifique (W)
K: Coefficient d'échange surfacique global (W/m²K)
S: Surface extérieure de la paroi (m²)
k: Coefficient d'échange linéique (W/m K)
l: Longueur intérieure de la liaison (m)
Δθ: Ecart de température de part et d'autre de la paroi (K)
Apport de chaleur journalier par transmission à travers les parois (KJ): Q1V=(3600*24*Ф1)/1000
Apport à travers les vitres:
Ф1V = (K*S + k*l)*Δθ
Avec: Ф1: Puissance calorifique (W)
K: Coefficient d'échange surfacique global (W/m²K)
S: Surface extérieure de la paroi (m²)
k: Coefficient d'échange linéique (W/m K)
l: Longueur intérieure de la liaison (m)
Δθ: Ecart de température de part et d'autre de la paroi (K)
Apport de chaleur journalier par transmission à travers les parois (KJ): Q1V=(3600*24*Ф1)/1000
Apport à travers le plancher:
Ф1P = (K*S + k*l)*Δθ
Avec: Ф1: Puissance calorifique (W)
K: Coefficient d'échange surfacique global (W/m²K)
S: Surface extérieure de la paroi (m²)
k: Coefficient d'échange linéique (W/m K)
l: Longueur intérieure de la liaison (m)
Δθ: Ecart de température de part et d'autre de la paroi (K)
Apport de chaleur journalier par transmission à travers les parois (KJ): Q1P=(3600*24*Ф1)/1000
Q1=Q1M + Q1V +Q1P
APPORT PAR RENOUVELLEMENT ET INFILTRATION D'AIR:
Q2 = N*V*(hi-he)/Ve
Avec: Q2: Apport journalier par renouvellement d'air (KJ)
N: Nombre de renouvellement d'air par jour
V: Volume du local vide (m3)
he: Enthalpie de l'air extérieur (KJ/Kg)
hi: Enthalpie de l'air intérieur (KJ/Kg)
Ve: Volume spécifique de l'air extérieur (m³/Kg)
APPORT DIVERS:
Apport par l'éclairage
QE = P*t *3600/1000
Avec: QE: Apport de chaleur par l'éclairage (KJ)
P: Puissance installée (W)
t: Temps de marche par jour (h)
Apport par les personnes
Qp = P*n*t *3600/1000
Avec: Qp: Apport de chaleur par les personnes (KJ)
P: Puissance dégagée par une personne (W)
n: Nombre de personnes
t: Temps de présence des personnes dans le local par jour (h)
Q3=QE+QP
1-5 La ventilation :
Le renouvellement de l'air intérieur d'un local permet avant tout de satisfaire nos besoins en
oxygène et de limiter la pollution intérieure en éliminant les odeurs, les fumées et les
substances toxiques.
Renouveler l'air également a également pour fonction d'évacuer la vapeur d'eau produite
par les occupants, la cuisine, les appareils sanitaires et ménagers et d'éviter ainsi des
condensations et dégradations. Cela permet enfin un fonctionnement normal et sans
danger des appareils de combustion, etc.
On distingue deux types de ventilations :
La ventilation naturelle
La ventilation mécanique
1-5-1- La ventilation naturelle
La ventilation naturelle est due à deux effets combinés, dont chacun peut avoir plus ou
moins d'importance selon les cas :
Le tirage, qui apparait dès qu'il y a des différences de température.
Le vent qui crée des pressions sur certaines façades, des dépressions sur d'autres.
Ces deux effets ne s'ajoutent pas algébriquement, et se combinent de manière complexe
.Ceci rend le calcul d'infiltration délicat.
Actuelle pour mieux contrôler parfois les effet néfaste (en hiver, climat trop humides...) , on
impose une pression positive intérieure du local ce qui élimine tout risque d'infiltration , par
contre pour des raison d'économies d'énergie , et si le climat extérieur le permet , on pratique
et on profite de la ventilation naturelle ..
Pour que la ventilation naturelle soit efficace, il faut que le débit d'air soit suffisamment
important (5 voir 10 renouvellement horaires).
1-5-1-2 Ventilation transversante entre deux façades ou par une cheminée:
Dans le cas d'une ventilation transversante, le débit dépendra de l'architecture de
l'ensemble du bâtiment, il n'est pas possible de donner de règles simples, en effet le régime
de vent est fortement influencé par les bâtiments voisins. En ville, si on compte sur la
pression due au vent pour introduire une ventilation intensive des essais par soufflerie est
nécessaire ou bien par l'utilisation des modélisations numériques telles que le CFD
(COMPUTATIONAL FLUID DYNAMIC), pour estimer le débit de la ventilation naturelle.
1-5-1-2 Effet cheminée :
L'effet cheminée est le mouvement ascensionnel de l'air dans un bâtiment ou en conduit ,du
fait que l'air est plus chaud et donc plus léger que l'air ambiant ( du fait des charges internes
et apports solaires ) ,ce mouvement induit une amenée d'air frais dans le bas du bâtiment et
une extraction de l'air chaud par le haut .Ce déplacement d'air est renforcé par l'intensité de
l'échauffement et la hauteur du volume où le mouvement se développe ( solar chimney ) ,
Si on compte sur un effet cheminée, il faut essentiellement veiller à avoir la plus grande
distance verticale possible entre les entrées et les sorties d'air. Ceci permettra d'augmenter le
débit et/ou de réduire la taille des ouvertures.
Le débit d'air disponible pour deux ouvertures ( une fenêtre en bas et une large en haut ) de 1
m2 en ventilation transversante en fonction de leur écart vertical et de la différence de
température intérieur-extérieur
.Par exemple, pour une différence de hauteur de 11m et de température de 2 °C, on dispose
d'un débit de ventilation naturelle de 2000 m3/h.
1-5-1-3 Calcul des surfaces des ouvertures :
Le calcul des surfaces des ouvertures d'amenée et d'extraction d'air se fait selon le mode de
ventilation naturel : Ventilation unilatérale ou Ventilation transversale et selon les formules
indiquées dans la figure suivantes :
1-5-2 La ventilation mécanique
La ventilation mécanique désignée aussi par la « ventilation mécanique contrôlée » (en
abrégé VMC). Dans ce système, l'air neuf est introduit dans les pièces principales (séjour,
chambres) et extrait dans les pièces humides (cuisines, salle de bains, WC), l'air balayant le
logement pour être extrait dans les locaux où se dégage le maximum de polluant et
d'humidité.
Elle est plus précise qu'une ventilation naturelle, ses inconvénients sont évidements la
consommation électrique de ventilateur et le bruit qu'une installation mal conçue peut
générer.
On distingue trois types de VMC.
1-5-2-1 VMC simple flux :
Des entrées d'air auto- réglables sont situées dans les pièces principales et l'extraction
mécanique de l'air est réalisée dans les pièces de service. Le renouvellement de l'air est
constant, et ne tient pas compte de l'humidité ni du nombre d'occupant.
1-5-2-2 VMC hydro- réglable
C'est une VMC simple flux dont les bouches d'entrée modulent le débit de ventilation en
fonction de l'occupation et de l'hygrométrie .Le débit d'air varie alors en fonction des besoins
réels, d'où des économies d'énergie.
1-5-2-4 VMC double flux
Permet de récupérer le froid (en mode de refroidissement) contenue dans l'air évacué du
local, l'air extérieur chaud est partiellement refroidi au moyen d'un échangeur. Cette
technique est largement utilisée/très recommandées dans les grands projets, et ceci
nécessite une excellente étanchéité à l'air, une gestion centralisée assistée par ordinateur est
nécessaire afin de d'augmenter les performances énergétiques.
1-5-2-5 Typologie de ventilation mécanique:
On distingue 4 typologies de ventilation mécanique A, B, C et D présentés dans la figure
suivantes
Siège social : 1, avenue du Japon
Cité administrative Montplaisir - B.P. : 213 - 1073 Tunis
Tél. : (216) 71 906 900 - Fax : (216) 71 904 624
E-mail : boc@[Link]
Site web : [Link]