Dosimétrie
Le but de la dosimétrie est d’évaluer quantitativement l’énergie déposée dans la
matière à la suite d’une irradiation par un rayonnement ionisant afin :
1- de mesurer l’énergie déposée dans les tissus lorsque les rayonnements ionisants
(directs ou indirects) sont utilisés à des fins diagnostiques ou thérapeutiques.
2- de prévoir les effets des traitements en radiodiagnostic ou en radiothérapie aussi bien
sur les tissus sains que les tissus tumoraux
3- de définir des normes de protection vis-à-vis de ces rayonnements (radioprotection)
soit individuellement (sur le plan personnel ou professionnel), soit collectivement.
4- le problème de la dosimétrie se pose essentiellement pour les rayonnements
électromagnétiques (g et X ) car ils déposent partiellement leur énergie dans la matière
et engendrent la projection d’électrons qui iront épuiser leur énergie à l’extérieur de la
matière irradiée.
II- Transfert d’énergie entre un faisceau de photons et la matière :
II-1-KERMA (Kinetic Energy Released per MAss unit) :
Le matériau sera considéré homogène on s’intéresse à une sphère élémentaire de la
cible, située au sein du matériau. Pendant l’irradiation, des photons entrent dans la
sphère avec une énergie dEe. Ils sortent de dm avec une énergie globale dEs.
La différence a été cédée à la matière sous forme
d’énergie cinétique communiquée à des électrons,
dm
soit :
dE d dE e dE s dEe dEs
l’Energie Cinétique Déposée par unité de Masse
ou KERMA.
Unités :
dE d Gray : 1Gy(HS) = 1J/kg (SI) =100Rad (HS)
K
dm 1Rad = 100erg/g (CGS) = 10-2Gy
K dépend de l’énergie du photon et de la nature des matériaux mais K n’est pas
directement mesurable.
II-2-Dose absorbée :
L’énergie cinétique cédée aux électrons à l’intérieur de la sphère est absorbée à
l’intérieur et à l’extérieur de la sphère (certains électrons sortent de la sphère et cèdent
leur énergie à l’extérieur), mais des ionisations réalisées en dehors de cette sphère
peuvent aboutir à un dépôt d’énergie dans la sphère. Au total, on parle de dose absorbée
telle que :
Unités :
dE a Gray (Gy)
D 1Gy = 1J/kg = 100 rad
dm
1rad = 0,01Gy = 10mGy
Dans le cas où l’élément de sphère est loin des faces du matériau (par rapport au libre
parcours des e- secondaires) et si l’atténuation du faisceau de photons est négligeable
dans l’élément de volume, on atteint un équilibre électronique : il y a compensation
entre l’énergie transférée dans la sphère et absorbée en dehors de la sphère avec
l’énergie transférée en dehors de la sphère et absorbée dedans. On a alors égalité entre
Kerma et Dose absorbée. On supposera cette condition toujours réalisée.
K D
II-3-Débit de dose :
Cette grandeur indique la vitesse avec laquelle une dose de rayonnement absorbée par
un milieu augmente. Si D est la dose absorbée et t le temps écoulé, donc
D Unités :
D& Gray/seconde : Gy/s
t Plus pratique : μGy/h
II-4-La dose équivalente :
C’est la dose pondérée par un facteur tenant compte du type de rayonnement (facteur
de pondération liée au rayonnement).
Il faut tenir compte du pouvoir d’ionisation du rayonnement c’est-à-dire du TLE, et
pour cela on pondère la dose par un facteur de pondération lié au rayonnement WR
qui relativise la gravité pour une même dose des dégâts dans les tissus vivants.
Unités :
H D WR Le Sievert : Sv (HS)
1Sv = 1J/kg = 100rem (HS)
a- Exemple de valeurs du facteur de pondération du rayonnement WR :
WR = 1 pour rayons X, rayons gamma, rayons beta;
WR = 5 pour protons à énergie supérieure à 2 MeV, pour neutrons à énergie
supérieure à 20 MeV ou inférieure à 10 keV;
WR = 10 pour neutrons à énergie entre 10 et 100 keV ou entre 2 et 20 MeV;
II-5-La dose efficace :
Les différents organes ont une radiosensibilité différente (en termes de risque de
cancer ou d’affections héréditaires). Pour tenir compte de ce fait, on a introduit un
facteur de pondération tissulaire WT qui tient compte de la radiosensibilité des
différents organes, la dose efficace est une grandeur déterminée par le calcul pour
tout organe ou tissu exposé :
Unité:
HE W T H T W poumon H poumon W gonades H gonades ....
Sievert : Sv
Somme de tous les produits entre facteur de pondération tissulaire WT et la dose
équivalente HT pour le tissu T.
a- Exemple de valeurs du facteur de pondération tissulaire WT :
0,2 gonades
0,12 Côlon, poumons, estomac, moelle osseuse
0,05 Seins, vessie, foie, œsophage, thyroïde
0,01 Os, peau
0,05 Reste de l’organisme
II-6-Débit de dose équivalente :
Si H est la dose équivalente et t le temps écoulé, donc :
H Unités :
H& Sv/s
t rem/h
***Remarque :
L’indication de la dose efficace est synonyme de l’indication du RISQUE.
Dans la formule de calcul de la dose efficace, on a tenu compte de la sensibilité relative
des différents organes de produire un des effets ci-dessous, du type et de l’énergie du
rayonnement et de la distribution de dose absorbée.
* le risque de mourir d’un cancer radioinduit
* le risque de développer un cancer radioinduit
* le risque de produire des effets génétiques sur l’ensemble des générations.
II-7-Exposition :
L’exposition est le rapport de la quantité de charges électriques de même signe
produites par un rayonnement ionisant dans un volume par unité de masse de ce
volume.
Unité:
dQ Coulomb/kg (SI ) : C/kg
X Roentgen (HS) : R
dm
1R = 2,58.10-4C/kg d’air
II-8-Débit d’exposition :
Si X est l’exposition et t le temps écoulé, donc :
X Unité:
X& Coulomb/kg /s (SI ) : C/kg/s = A/kg
t Roentgen/h (HS) : R/h
Radioprotection
La radioprotection a pour but de donner les techniques employées pour protéger
l'être humain contre les dangers des rayonnements ionisants tout en lui permettant de
les utiliser. La réglementation en matière de radioprotection est un élément de la
réglementation plus générale relative à l'hygiène et à la sécurité des travailleurs et à la
protection du public.
I-Techniques de réduction des doses de rayonnement
I-1-Réduction par éloignement de la source (loi de l’inverse carré) :
Pour une source ponctuelle émettant un rayonnement X ou g le débit d’exposition à la
distance d suit une loi inverse au carré de la distance.
S X& 1 X& 2
d1
d2
X& 1 débit d’exposition à la distance d1
X& 2 débit d’exposition à la distance d2
On démontre que : X& 1 d 12 X& 2 d 22
D’une manière générale, connaissant le débit d’exposition à 1 mètre (valeur de
référence) il est possible d’en déduire le débit d’exposition à une distance d :
& X& 1mètre
Xd
d2
Remarque : toutes les grandeurs dosimétriques suivent la même loi de l’inverse carré
I-2-Réduction par interposition d’écran :
Certains photons interagissent avec
l’écran par EPE, par EC ou CP et
sont donc atténués selon la loi S
( x ) 0 e x
Le nombre de photons diminue
entrainant une diminution de de 0
l’irradiation
I-3-Réduction par diminution du temps d’exposition :
Le débit de dose ou de dose équivalente ou d’exposition indique la rapidité avec laquelle
l’énergie est absorbée par les tissus biologiques, l’une des techniques de réduction de la
dose absorbée est la réduction du temps d’exposition aux rayonnements ionisants.
II-Normes De radioprotection
II-1-Organismes de radioprotection
CIPR (Commission internationale de protection radiologique)
née en 1928, son objectif est de faire progresser la radioprotection au bénéfice du
public. Elle émet des recommandations sous forme de publications.
UNSCEAR (United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic
Radiation").
Sa mission est de regrouper et d'analyser:
-les informations concernant la radioactivité ambiante;
-les résultats des recherches sur les effets pathologiques des rayonnements ionisants.
Les recommandations de la C.I.P.R. sont fondées sur les travaux, entre autre du
UNSCEAR.
A.E.I.A Agence Internationale de l'Energie Atomique,
C’est une organisation autonome intergouvernementale (à Vienne), crée en 1956 par les
Nations Unies, et elle a pour mission:
- d'encourager la recherche sur l'énergie atomique;
- de favoriser l'échange de résultats scientifiques et de technologies dans ce domaine;
- de veiller à la non prolifération d'arme atomique en contrôlant les matières fissiles;
- de promouvoir la sureté des installations nucléaires.
EURATOM La Communauté Européenne de l'Energie Atomique
Elle a été instaurée en 1957 par le traité de Rome afin de créer les conditions
nécessaires au développement de l'industrie nucléaire.
Le traité de Rome imposait à tous les pays membre de la Communauté Européenne
d'avoir le même niveau de sécurité radiologique. A cet effet, des normes ont été
élaborées à partir des recommandations de la C.I.P.R.
L'élaboration de ces normes et la surveillance de leur application constituent une des
tâches assignées par le traité EURATOM à la communauté.
II-2-Quelques normes de radioprotection
Catégorie Cible Valeur
Doses efficaces pour le corps entier 1 mSv/an
Doses équivalentes pour le 5 mSv/an
cristallin
Limites annuelles pour la
population Doses équivalentes pour la peau 50 mSv/an
(dose moyenne pour toute surface
de 1 cm2 de peau, quelle que soit la
surface exposée)
Examens diagnostiques Niveaux de dose pour des examens Dose à l’entrée de
diagnostiques types 0,3 mGy pour une
radiographie du thorax
Protection de la population Mise à l’abri 10 mSv
Exprimés en dose efficace (sauf
pour l’iode), ces niveaux Évacuation 50 mSv
sont destinés à la prise de décision
pour la mise en œuvre
des actions de protection de la
population : Administration d’un comprimé 50 mSv
d’iode stable (dose
équivalente à la thyroïde)
Catégorie Cible Valeur
Adulte
Doses efficaces pour le corps entier 20 mSv
Doses équivalentes pour les mains, les avant-bras, 500 mSv
les pieds et les chevilles
Doses équivalentes pour la peau (dose moyenne 500 mSv
sur toute surface de 1 cm2, quelle que soit la
surface exposée)
Doses équivalentes pour le cristallin 150 mSv
Femmes enceintes
Limites pour les travailleurs sur 12
mois consécutifs Exposition de l’enfant à naître 1mSv
Jeunes de 16 à 18 ans
Doses efficaces pour le corps entier 6 mSv
Doses équivalentes pour les mains, les avant-bras, 150 mSv
les pieds et les chevilles
Doses équivalentes pour la peau 150 mSv
Doses équivalentes pour le cristallin 50 mSv
Doses efficaces moyennes pour différents examens.
II-3-Zone surveillée, Zone contrôlée :
Délimiter des zones d’accès réglementées à l’intérieur desquelles des mesures
renforcées de protection des travailleurs sont mises en œuvre . La délimitation
constitue l’une des première actions en matière de radioprotection cette délimitation
vise à identifier le danger dû aux rayonnements ionisants.
Zone contrôlée : toute zone dans laquelle 3/10 des doses annuelles maximales
admissibles fixées pour les travailleurs exposés sont susceptibles d’être dépassées
doit constituer ou être incluse dans une zone contrôlée.
Zone surveillée : c’est toute zone dans laquelle 1/10 des doses annuelles maximales
admissibles fixées pour les travailleurs exposés sont susceptibles d’être dépassées et
qui n’est pas considérée comme zone contrôlée.
Les détecteurs des rayonnements ionisants
L'émission de rayonnements ionisants est toujours associée à la radioactivité.
Pour détecter la présence d’émission radioactive on exploite deux types d'interaction
rayonnements-matière à savoir l'ionisation et l'excitation.
Les détecteur ont des modes de fonctionnement différents mais ils ont le même principe
de détection des rayonnements et ils sont toujours constitués des mêmes éléments:
Un capteur au niveau duquel le rayonnement interagit avec la matière ;
Un système d'amplification qui met en forme et amplifie le signal produit par la sonde;
Un système de traitement du signal ;
Un système d'affichage qui indique, ou bien, le flux détecté (les compteurs), ou bien,
l’énergie détectée (les spectromètres), ou bien, le débit de dose absorbée (les dosimètres
ou les débitmètres).
Phénomènes de base :
• Détecteurs mettant en jeu l’ionisation des gaz;
• Détecteurs mettant en jeu scintillations;
• Détecteurs mettant en jeu les propriétés des semi- conducteurs;
• Détecteurs mettant en jeu les phénomènes radio-thermo-luminescents;
• Détecteurs utilisant le noircissement des films photographiques.
• Détecteurs photoluminescents
• Autres:
– Dosimètres par résonance paramagnétique électronique
– Dosimètres chimiques
– Appareils mettant en jeu les méthodes calorimétriques…
I-Caractéristiques d'un détecteur :
i. Efficacité de détection;
ii. Temps mort;
iii. Mouvement propre du bruit de fond;
iv. Résolution en énergie;
v. Caractéristiques géométriques.
I-1-Efficacité de détection :
Elle dépond de la nature et de l’énergie du rayonnement ionisant
nombre de photons ou de particules détectés
ED
nombre de photons ou de particules réçus par le détecteur
I-2-Temps mort t :
C’est le plus petit intervalle de temps qui sépare deux détections, il dépond du
détecteur et de l’électronique associée. En effet pendant le dépouillement le signal
incident n’est pas comptabilisé, Plus t est court plus le nombre détecté ou le taux de
comptage est élevé.
N mesuré N réèl 1 t
I-2-1-Les pertes de comptage :
Les pertes de comptage sont directement liées au temps mort, autant ce temps mort est
court, autant les pertes de comptage sont faibles.
I-3- Mouvement propre du bruit de fond :
Le bruit de fond est le signal enregistré ou le taux de comptage sans source de
rayonnement ionisant.
L’origine du bruit de fond est:
- Le bruit de fond naturel due à la radioactivité ambiante et au rayonnement
cosmiques.
- La radioactivité propre des matériaux et le bruit de l’électronique associée.
I-4- Résolution en énergie :
Caractérise la qualité du détecteur à séparer 2
énergies proches, ou bien c’est le plus petit écart
entre deux énergie séparé par le détecteur elle
est calculée à partir du pic d’émission assimilé à
une gaussienne et est définie par :
E
E
R 00 100
E
E largeur à mi-hauteur du pic E
E énergie du pic
I-5- Caractéristiques géométriques :
Une source ponctuelle émet dans toutes les directions de l’espace, le détecteur reçoit
les photons ou les particules émis dans l’angle solide de sommet la source et de
surface la face d’entrée du détecteur.
La réponse du détecteur dépond de la distance source détecteur, de la forme du
détecteur.
Si N0 est le nombre de photons émis dans la
surface S globale de la sphère détecteur
r
Soit N le nombre de photons reçus par la surface
s du détecteur
d
S 4 d 2 s r2 source
1 r2
N N0
4 d2
III-Détecteurs mettant en jeu l’ionisation des gaz :
Un détecteur à gaz est composé de….En l’absence de tout rayonnement ionisant
quelque soit la différence de potentiel (ddp) appliquée, aucun courant ne traverse la
chambre. Mais si une particule ionisante pénètre dans l’enceinte on assiste à la
production d’un courant en effet :
électrons anodes
hn Courant électrique
gaz
Signal de détection
ions cathode
III-1-Régimes de fonctionnement d’un détecteur à gaz :
En augmentant la tension aux bornes du détecteur on distingue essentiellement trois
régimes de fonctionnement du détecteur à gaz, pour chaque régime on associe un
détecteur:
-la chambre d’ionisation;
-le régime proportionnel; 5
-le régime Geiger-Muller.
4
3
100 300 400 450 800
III-1-1-Régime de recombinaison :
ddp < 100V, La tension est faible , les électrons primaires éjectés et les ions se
recombinent tous avant d’atteindre les électrodes.
III-1-2-Régime d’ionisation primaire-Chambre d’ionisation :
100V < ddp < 300V, le nombre d’électrons collectés est égale
au nombre d’électrons primaires créés, il y a donc
proportionnalité entre l’énergie totale E absorbée et le
nombre d’électrons collectés.
E W N
W est l’énergie d’ionisation d’un électron.
Un exemple de chambre d’ionisation la babyline, c’est un
débitmètre/dosimètre à réponse linéaire qui mesure le débit
de dose et la dose absorbée pour des photons d'énergie
comprise entre 8keV et 10 MeV, directs ou diffusés.
III-1-3-Régime proportionnel-Compteur proportionnel :
300V < ddp < 400V, on assiste à la formation d’électrons secondaires à partir des
électrons primaires. Le nombre de charges augmente.
Si qi est la charge primaire, la charge q en régime proportionnel est :
q k qi
k est le facteur de proportionnalité.
La charge qi est :
qi N p e
Np nombre d’électrons primaires.
Il vient que : q k N p e
Chaque ionisation primaire entraine k ionisations secondaires, q est proportionnelle au
nombre d’électrons primaires Np d’où le nom de compteur proportionnel.
III-1-4-Régime d’avalanche-Compteur Geiger Muller :
450V < ddp < 800V, Les électrons auront une grande vitesse telle qu’ils ionisent à leur
tour les atomes du gaz de remplissage. Soit k le coefficient de multiplication, c’est à dire
le nombre d’électrons secondaires créés par électron primaire.
les atomes se trouve dans des états excités, ils retournent à leur état fondamental en
émettant des photons de fluorescence qui peuvent être dans l’UV et qui peuvent arracher
des électrons à la cathode par effet photoélectrique. Ces électrons photoélectriques
produiraient les mêmes effets que les électrons primaires.
Le nombre d’électrons formés augmente tellement et on assiste à un phénomène
d’avalanche. cependant ce phénomène n’est pas infini, et on assiste à un phénomène
d'autorégulation qui arrête la décharge, en effet, les électrons s’accumulent autour de
l'anode, et forme une gaine d‘électrons qui ne se déplace que lentement vers l’anode
(les électrons n'atteignent l’anode qu'après 10-4 s) d’où le temps mort relativement long.
Cette gaine forme un écran électrostatique qui diminue la ddp de sorte que de
nouvelles avalanches ne puissent se produire, donc la décharge prend fin.
Chaque impulsion est indépendante de l'ionisation primaire: on ne peut donc pas
remonter à l'énergie cédée mais seulement à effectuer des comptages.
Le nombre d’électrons créés est indépendant du nombre de photons ou de leur énergie
: c’est le régime Geiger-Müller. Le signal du GM est de grande amplitude ce qui lui
permet de détecter de faibles activités sans amplification ni traitement compliqué.
Principales caractéristiques des
détecteurs à ionisation
Taux de
Détecteurs Particules Temps mort comptage
détectées (s) (impulsions/s)
Chambre
d’ionisation a b - X- g 1-10 104 – 105
Compteur
proportionnel ab-X 1-10 104 – 105
Compteur GM b - X- g 100 103
IV-Détecteurs à scintillation :
Un détecteur à scintillation est composé de :
-Un matériau scintillateur
-Un photomultiplicateur contenant
-Une photocathode;
-Une série de dynode;
-Une anode collectrice.
IV-1-Les matériaux scintillateurs :
Les matériaux scintillateurs possèdent la propriété de luminescence. Lorsqu’ils sont
exposés à une certaine forme d’énergie (lumière, radiation, chaleur, etc. …) ; ils
l’absorbent et la réémettent sous forme de lumière visible.
On détecte, donc, une lumière entre 300 et 500 nm, (cette lumière est caractéristique du
scintillateur). Le scintillateur doit être transparent à ce rayonnement (entre 300-500).
L’un des scintillateurs le plus utilisé est le cristal NaI(Tl) (iodure de sodium dopé au
thallium), le thallium est introduit sous forme d’impureté, ses niveaux d’énergie se
trouvent entre les bandes de valence et de conduction du NaI. Après l’excitation du
cristal la relaxation se fait par transition non radiative vers l’état excité du thallium et
le photon de fluorescence émis correspond à la transition entre les niveaux du thallium,
c’est la scintillation émise suite à l’excitation du cristal.
Bandes d’énergie du cristal NaI(Tl)
IV-2-Le photomultiplicateur :
Un photomultiplicateur ou PM permet de convertir la lumière en un courant
électrique mesurable, il comprend :
- une photocathode fabriquée à partir d’un matériau photosensible;
-un système permettant la collecte et la multiplication des électrons appelé
multiplicateur, composé généralement de 10 à15 dynodes;
- une anode collectrice de laquelle on peut extraire le signal final.
Tous ces éléments sont maintenus dans une enveloppe scellée sous un vide poussé. Une
haute tension est appliquée a tout le dispositif (cathode, dynode, anode).
Lorsqu’un photon incident venant du scintillateur atteint la photocathode, un électron
est émis par effet photoélectrique. Par action de la ddp cet électron est accéléré et
orienté vers la première dynode. Il transfert son énergie à d’autres électrons de la
dynode provoquant l’émission d’électrons secondaires qui sont a leur tour accélérés
vers la deuxième dynode et ainsi de suite. L’anode collectrice reçoit à la fin les
électrons issus de ce processus; ce qui permet de fournir un courant qui sera amplifié
et analysé.
IV-2-1-Photocathode :
Le rôle de la photocathode est de convertir la lumière en courant électrique. Son
efficacité de conversion photoélectrique varie avec la fréquence de la lumière incidente
et la structure du matériau. L’efficacité quantique :
nombre de photoélect rons libérés
nombre de photons incidents sur la cathode
λ est la longueur d’onde de la lumière incidente.
Pour les métaux, l’efficacité quantique est de 0,1% c'est-a-dire qu’il faut 1000 photons
pour éjecter 1 photoélectron. Pour les semi-conducteurs, l’efficacité quantique est de
l’ordre de 10 a 30 %.
IV-2-2-Le multiplicateur :
Le multiplicateur d’électrons amplifie le faible courant en utilisant une succession de
dynodes qui multiplie le nombre d’électrons. Les matériaux utilisés pour les dynodes
sont Ag-Mg, Cu-Be et Cs-Sb.
Le gain G du multiplicateur dépond essentiellement du nombre n de dynodes.
G 3n
Le multiplicateurs contiennent en général 10 à 15 dynodes; donnant à la fin un gain de
107.
Venetian blind Box and grid
Circular focused
Microchannel plate Linear focuse
V-Détecteurs à semi-conducteur :
V-1-Structure de base des semi-conducteurs :
Les semi-conducteurs sont des matériaux dont la conductivité est intermédiaire entre
celles des isolants et celle des conducteurs, elle varie sous l'effet de :
- la température
- l’irradiation
- la présence d'impuretés (dopage)
V-2- Dopage d'un semi-conducteur :
Le dopage N consiste à ajouter au semi-conducteur des atomes possédants 5 électrons
périphériques. Quatre de ces électrons vont participer à la structure cristalline, et un
électron supplémentaire va se retrouver libre pour se déplacer dans le cristal. Nous
parlons de porteurs de charges mobiles.
Le dopage P consiste à ajouter au semi-conducteur des atomes possédants 3 électrons
périphériques. Ces trois électrons participent à la structure cristalline, mais un "trou"
est créé pour chaque atome étranger puisqu'il lui manque un électron périphérique.
V-3-Jonction P – N :
En faisant la jonction des deux semi-conducteurs dopés P et N, les porteurs de charges
mobiles se combinent et il apparait une zone d'espace vide de porteurs de charges
mobiles, donc une zone isolante.
Le passage d’un rayonnement ionisant au niveau de cette jonction provoque des
ionisations et l’apparition de charges électriques qui seront collectées en appliquant
une ddp.
Ce type de détecteur fonctionne comme une chambre d’ionisation sauf que cette
ionisation s’effectue dans un milieu solide.
hn
+ -
+ -
- +
+ -
+ -
Exemple de détecteur semi-conducteur
V-4-Les caractéristique des détecteurs à semi-conducteur :
• Efficacité
Ils sont 10 fois plus sensibles que les détecteurs à gaz, et 100 fois plus sensible que les
scintillateurs ce qui se traduit par une meilleur résolution d’énergie.
• Linéarité
Ils ont une bonne linéarité et leur réponse suit l’énergie déposée, le seuil de perte
d’énergie est très faible.
• Courant de fuite
Ce courant de fuite vient des mouvements d’une minorité de charge, et des effets des
impuretés. et des effets de surface.
• Temps montant
Ils sont très rapides. Le temps montant des charges induites est de l’ordre de quelques
ns.
VI- Détecteurs de radiation au contrôle de la dose absorbée :
VI-1-Dosimètres radio-photo-luminescents :
Ces dosimètres utilisent la propriété de radio-photo-luminescence (RPL) que
possèdent certains verres. Sous l'action de rayonnements ionisants, des électrons sont
arrachés aux atomes du verre et piégés dans des défauts de structure du même verre.
Lorsqu'on illumine le verre avec de la lumière ultraviolette, ces électrons absorbent et
s'excitent, pendant la désexcitation une lumière caractéristique orangée est émise. Son
intensité est proportionnelle au nombre d’électrons piégés, et sa mesure permet
d'estimer la dose reçue.
On remet ces dosimètres à zéro par chauffage. Ce chauffage libère les électrons des
pièges.
VI-2-Dosimètres photographiques :
Ce sont les dosimètres les plus répandus puisqu’ils sont simples et fiables, ils servent à
estimer les doses reçues pendant une quinzaine de jours, suite à l'expositions aux
rayonnements b, g, RX ou à des neutrons thermiques.
Ces films sont sensibles au rayonnement qui transforme par ionisation les ions d'argent
dispersés dans la gélatine du film en argent métallique.
Ag 1e Ag ( noir )