0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
101 vues15 pages

Chapitre 1

Transféré par

tchouamboub
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
101 vues15 pages

Chapitre 1

Transféré par

tchouamboub
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Chapitre I.

Définition d'une onde électromagnétique


Objectifs
 Rappeler les lois de l’électrostatique et de la magnétostatique
 Établir les équations de Maxwell
 Établir l’équation d’onde électromagnétique dans le vide
 Établir les propriétés de l’onde plane électromagnétique
 Définir l’énergie électromagnétique et sa propagation

Cours
Les ondes électromagnétiques regroupent un large spectre de phénomènes physiques et d’applications: les
ondes radio, la lumière visible, les rayons X, etc. Toutes ces ondes sont décrites par le même formalisme:
la propagation conjointe d’un champ électrique et d’un champ magnétique. À la suite de nombreux travaux
sur les phénomènes électriques ou magnétiques, la fin du XIXe siècle a vu naître la théorie puis les
applications des ondes électromagnétiques.
I.1- DIMENSIONS, UNITÉS ET CONSTANTES
Les phénomènes électriques et magnétiques nécessitent de nombreuses quantités physiques pour être
formalisées mathématiquement. Le tableau 1.1 regroupe les principales quantités utiles dans la suite de ce
cours pour décrire la propagation des ondes électromagnétiques.

Tableau 1.1 Dimensions et unités des principales quantités physiques utiles en électromagnétisme.

Les lois de la physique sont basées sur des constantes fondamentales. En électromagnétisme, on utilise
principalement :
 la constante diélectrique du vide
𝟏
𝜺𝟎 = 𝟗
𝑭. 𝒎−𝟏 𝟏. 𝟏
𝟑𝟔𝝅 ∙ 𝟏𝟎
 la perméabilité magnétique du vide
𝝁𝟎 = 𝟒𝝅 ∙ 𝟏𝟎−𝟕 𝑯. 𝒎−𝟏 𝟏. 𝟐
 la charge élémentaire (charge du proton)
𝒆 = 𝟏. 𝟔 ∙ 𝟏𝟎−𝟏𝟗 𝑪 𝟏. 𝟑
Une autre constante est la vitesse de la lumière 𝑐 = 1⁄√𝜀0 𝜇0 qui sera introduite au §1.7.

I.2- LOIS DE L’ÉLECTROSTATIQUE


I.2.1 Loi de Coulomb
La loi fondamentale de l’électrostatique est la loi de Coulomb (1736 -1806). Une charge électrique q crée
autour d’elle un champ électrique statique 𝐸⃗ . C’est un champ radial dont l’intensité (la norme du vecteur)
décroît en inverse de la distance au carré à la charge.
𝒒 𝒓 ⃗ 𝒒
⃗𝑬
⃗ (𝒓
⃗)= = ⃗
𝒆 𝟏. 𝟒
𝟒𝝅𝜺𝟎 𝒓𝟑 𝟒𝝅𝜺𝟎 𝒓𝟐 𝒓
On a noté 𝑟 le vecteur position à partir d’un repère centré sur la charge qui génère le champ. Le vecteur
𝑟
unitaire 𝑒𝑟 est 𝑟.

Figure 1.1 (a) Visualisation à deux dimensions du champ électrique coulombien créé par une charge isolée positive. La
surface de Gauss utilisée pour le calcul du flux est tracée en rouge. (b) L’intensité du champ décroît en 1/r2.

En présence d’un champ électrique, toute charge q subit une force électrique proportionnelle à la charge et
au champ :
𝐹𝑒 = 𝑞𝐸⃗

Ainsi une charge q placée dans le champ électrique créé par une charge q subit une force :
𝑞𝑞 ′
𝐹 = 𝑞 ′ 𝐸⃗ = 𝑒
4𝜋𝜀0 𝑟 2 𝑟
Où 𝑟 est le vecteur position dont l’origine est placée sur la charge source q. La charge q subit elle-même
la force opposée −𝐹 . La force d’interaction entre deux charges est attractive si les charges sont de signes
opposés et répulsive si les charges sont de même signe.
En présence de plusieurs charges, le champ électrique résultant est la somme vectorielle des champs créés
par toutes les particules :
𝐸⃗ = ∑ 𝐸⃗𝑖
𝑖
C’est le principe de superposition des champs électriques. Comme le champ électrique ne dépend, en
norme, que de la distance à la charge source, il dérive d’un potentiel électrostatique.
Définition
Le potentiel électrostatique est une fonction scalaire 𝑈(𝑟) telle que le champ électrostatique associé est
⃗ (𝒓
𝑬 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑼(𝒓)
⃗ ) = −𝒈𝒓𝒂𝒅 𝟏. 𝟓
Le potentiel est mesuré en volt (V). Le potentiel est défini par rapport à une valeur de référence. En général,
on choisit un potentiel nul à l’infini, loin de toute charge :
𝑈(𝑟 → ∞) = 0
Comme les champs électriques, les potentiels sont additifs. Ainsi, si N charges créent individuellement N
potentiels, le potentiel résultant est la somme
𝑁

𝑈 = ∑ 𝑈𝑖
𝑖=1

I.2.2 Théorème de Gauss


Le théorème de Gauss découle du calcul du flux du champ électrique au travers d’une surface fermée S:
.
Φ𝐸 = ∬ 𝐸⃗ ∙ ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑆
𝑆
Où ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑆 désigne le vecteur surface unitaire sortant et perpendiculaire à la surface. Comme la surface est
arbitraire, nous pouvons choisir une surface sphérique centrée sur la charge source et de rayon R. Comme
le champ électrique ne dépend en norme que de la distance à la source, le calcul de l’intégrale de surface
se ramène à
𝑞 𝑞
Φ𝐸 = ‖𝐸⃗ (𝑅)‖ × 𝑆 = 2
× 4𝜋𝑅 2 =
4𝜋𝜀0 𝑅 𝜀0
Si on considère maintenant non plus une charge unique mais un ensemble de charges réparties de façon
homogène dans un volume, on peut définir une densité volumique de charges 𝜌𝑐 ,mesurée en C· m−3.
Définition
La densité volumique de charges est définie par
𝑄
𝜌𝑐 =
= 𝑛𝑞
𝜏
Où Q désigne la charge totale incluse dans un volume 𝜏, n la densité numérique de charges (mesurée en
m−3) et q la charge élémentaire.
La charge totale Q incluse dans un volume 𝜏 est
.
𝑄 = ∭ 𝜌𝑐 𝑑𝜏
𝜏
En notant S la surface délimitant le volume 𝜏, le calcul du flux du champ électrique est simplement
. .
𝑄 1
Φ𝐸 = ∬ 𝐸⃗ ∙ 𝑑𝑆⃗⃗⃗⃗ = = ∭ 𝜌𝑐 𝑑𝜏
𝑆 𝜀0 𝜀0 𝜏
Cette relation est la forme globale du théorème de Gauss. En utilisant le théorème de Green-Ostrogradski
appliqué au champ électrique
. .
⃗⃗⃗⃗ = ∭ 𝑑𝑖𝑣 𝐸⃗ 𝑑𝜏,
∬ 𝐸⃗ ∙ 𝑑𝑆
𝑆 𝜏
on peut écrire l’égalité suivante :

. .
1
∭ 𝑑𝑖𝑣 𝐸⃗ 𝑑𝜏 = ∭ 𝜌 𝑑𝜏.
𝜏 𝜀0 𝜏 𝑐
Sachant que le volume d’intégration est arbitraire et peut donc être aussi petit que nécessaire, on écrit
𝝆
𝒅𝒊𝒗𝑬⃗⃗ = 𝒄 𝟏. 𝟔
𝜺𝟎
C’est la forme locale du théorème de Gauss, également appelé théorème de Coulomb-Gauss, d’après les
noms des deux contributeurs.
La combinaison des équations (I.5) et (I.6) donne l’équation de Poisson qui fait intervenir le laplacien de la
fonction potentiel:
𝝆𝒄
∆𝑼 = − 𝟏. 𝟕
𝜺𝟎
C’est une équation différentielle qui n’est complètement résolue qu’avec les conditions aux limites
appropriées au problème considéré.

I.3- CHARGES MOBILES ET COURANTS


I.3.1 Densité de courant
Un ensemble de charges électriques en mouvement est appelé courant électrique. Nous sommes familiers
du courant électrique utilisé dans les conducteurs. Ce courant, mesuré en ampères (A), est la mesure
macroscopique du mouvement d’un grand nombre de charges élémentaires, les électrons. En chaque point
de l’espace, on peut définir une densité locale de charge et une densité de courant.

Définition
La densité de courant est un vecteur défini par
𝑗 = 𝑛𝑞𝑣
où n est la densité numérique de charge et 𝑣 est la vitesse locale des charges q. La densité de courant est
mesurée en A· m−2.
Pour un conducteur de section S traversé par un courant I permanent, la densité de courant a une norme
𝐼
‖𝑗‖ =
𝑆

I.3.2 Équation de conservation de la charge


La conservation de la charge est un des principes fondamentaux de la physique, au même titre que la
conservation de la masse, de la quantité de mouvement, de l’énergie, etc. Pour un volume de contrôle 𝜏
fixe, délimité par une surface S fermée, la charge totale contenue dans ce volume est
.
𝑄(𝑡) = ∭ 𝜌𝑐 (𝑡) 𝑑𝜏
𝜏
Quand cette charge varie au cours du temps, la variation 𝑑𝑄 est
. . .
𝑑𝑄 = ∭ 𝜌𝑐 (𝑡 + 𝑑𝑡) 𝑑𝜏 − ∭ 𝜌𝑐 (𝑡) 𝑑𝜏 = ∭ (𝜌𝑐 (𝑡 + 𝑑𝑡) − 𝜌𝑐 (𝑡))𝑑𝜏
𝜏 𝜏 𝜏
.
𝜕𝜌𝑐
𝑑𝑄 = ∭ 𝑑𝑡 𝑑𝜏
𝜏 𝜕𝑡
.
𝑑𝑄 𝜕𝜌𝑐
=∭ 𝑑𝜏
𝑑𝑡 𝜏 𝜕𝑡
Cette variation de charge 𝑑𝑄 est due aux déplacements des charges qui peuvent entrer ou sortir du volume
𝜏. Si on note ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑆 le vecteur unitaire sortant à la surface S, la variation de charge par unité de temps est :
.
𝑑𝑄
= − ∬ 𝑗 ∙ 𝑑𝑆 ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑡 𝑆
Le signe moins indique la perte de charge quand les charges quittent le volume (𝑗 ∙ ⃗⃗⃗⃗ 𝑑𝑆 > 0). D’après le
théorème de Green-Ostrogradski, on a :
. .
⃗⃗⃗⃗ = ∭ 𝑑𝑖𝑣𝑗 𝑑𝜏
∬ 𝑗 ∙ 𝑑𝑆
𝑆 𝜏
ce qui donne finalement
.
𝜕𝜌𝑐
∭[ + 𝑑𝑖𝑣𝑗] 𝑑𝜏 = 0
𝜏 𝜕𝑡
Comme le volume de contrôle est arbitraire, l’intégrale sur ce volume ne peut s’annuler que si l’intégrande
est nulle. L’équation de conservation de la charge s’écrit donc sous la forme locale
𝝏𝝆𝒄
+ 𝒅𝒊𝒗𝒋 = 𝟎 𝟏. 𝟖
𝝏𝒕

I.4- LOIS DE LA MAGNÉTOSTATIQUE

Figure 1.2 Champ magnétique créé par un courant stationnaire dans un fil conducteur.
Le champ est à divergence nulle.

Un champ magnétique est créé quand des charges sont en mouvement. Un courant électrique dans un
conducteur est une source de champ magnétique. On parle de magnétostatique quand les champs sont créés
par des courants stationnaires, indépendants du temps.
Le champ magnétique 𝐵 ⃗ créé par un courant d’intensité I est
𝜇 𝐼
⃗ = 0 𝑒𝜃
𝐵
2𝜋𝑟
où r est la distance entre la source de courant et le point de mesure.
Le champ 𝐵 ⃗ est un champ azimutal dont les vecteurs sont perpendiculaires à la direction du courant
(figure 1.2a). C’est également un champ à divergence nulle. En effet, en utilisant à nouveau le théorème de
Green-Ostrogradski, le calcul de la divergence du champ revient à calculer le flux de ce champ au travers
d’une surface fermée.
Pour conserver la symétrie de la source de champ magnétique (un fil rectiligne), on choisit une surface
⃗ ∙
cylindrique S dont l’axe est confondu avec le fil. Les vecteurs sont toujours tangents à la surface, donc 𝐵
⃗⃗⃗⃗ = 0 en tout point. Par conséquent, la relation
𝑑𝑆
. .
∭ 𝑑𝑖𝑣𝐵 ⃗ ∙ ⃗⃗⃗⃗
⃗ 𝑑𝜏 = ∬ 𝐵 𝑑𝑆 = 0
𝜏 𝑆
Implique que

⃗⃗ = 𝟎
𝒅𝒊𝒗𝑩 𝟏. 𝟗
On peut déjà faire une remarque en comparant les propriétés de divergence des champs électrique (1.6) et
magnétique (1.9). Le champ magnétique a une divergence toujours nulle alors que le champ électrique peut
avoir une divergence nulle en l’absence de charge ou non nulle en présence de charge. L’analogie entre ces
deux équations montre qu’il n’existe pas de monopôle magnétique. En effet, si on brise en deux un aimant,
on n’obtient pas deux monopôles (nord et sud) mais deux aimants dipôles magnétiques.
Le tracé du champ magnétique créé par un fil rectiligne (figure 1.2b) montre un caractère rotationnel
important. Calculons le rotationnel du champ magnétique. Il est aisé pour ce calcul d’utiliser le théorème
de Stokes qui transforme l’intégrale de surface du rotationnel en une intégrale de contour :
. .
∮𝐵 ⃗⃗⃗ = ∬ 𝑟𝑜𝑡
⃗ ∙ 𝑑𝑙 ⃗⃗⃗⃗
⃗ ∙ 𝑑𝑆
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐵
𝒞 𝑆
où S est une surface portée par un contour 𝒞. Toujours en respect de la symétrie du fil rectiligne, on choisit
comme contour 𝒞 un cercle perpendiculaire au fil dont le centre est situé sur le fil conducteur. L’intégrale
de contour est alors simplement
.
𝜇 𝐼
∮𝐵 ⃗⃗⃗ = 0 × 2𝜋𝑟 = 𝜇0 𝐼
⃗ ∙ 𝑑𝑙
𝒞 2𝜋𝑟
⃗ est sur le contour toujours colinéaire avec le vecteur élémentaire ⃗⃗⃗
car le vecteur 𝐵 𝑑𝑙 . Le théorème de Stokes
est alors:
.
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐵
∬ 𝑟𝑜𝑡 ⃗⃗⃗⃗ = 𝜇0 𝐼
⃗ ∙ 𝑑𝑆
𝑆
Comme le champ 𝐵 ⃗ est orienté dans un plan perpendiculaire au fil, son rotationnel est lui parallèle au fil.
Maintenant, en considérant une surface de calcul S qui est un cylindre fermé dont l’axe est confondu avec
le fil, l’élément ⃗⃗⃗⃗ ⃗ uniquement sur la base circulaire du cylindre. Or le courant
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐵
𝑑𝑆 est parallèle au vecteur 𝑟𝑜𝑡
électrique I est l’intégrale de la densité de courant 𝑗. On a donc
. .
⃗⃗⃗⃗ = 𝜇0 𝐼 = 𝜇0 ∬ 𝑗 ∙ 𝑑𝑆
⃗ ∙ 𝑑𝑆
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐵
∬ 𝑟𝑜𝑡 ⃗⃗⃗⃗
𝑆 𝑆
et par identification:

𝒓𝒐𝒕 ⃗⃗ = 𝝁𝟎 𝒋
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑩 𝟏. 𝟏𝟎
Cette dernière relation est connue sous le nom de théorème d’Ampère.

I.5- INDUCTION ÉLECTROMAGNÉTIQUE


L’induction électromagnétique est le couplage entre le champ électrique et le champ magnétique.
L’induction n’est obtenue qu’en présence d’un champ magnétique variable au cours du temps.
En 1831, Michael Faraday (1791–1867) a découvert qu’en faisant varier un champ magnétique près d’un
conducteur, on pouvait induire une force électromotrice capable de déplacer les électrons libres, donc
générer un courant électrique. Plus la variation du champ magnétique est importante, plus le courant généré
est important. Cette expérience est illustrée dans sa configuration la plus simple par la figure 1.3
On peut observer un phénomène identique pour un champ stationnaire, mais avec un circuit électrique
mobile. Dans le référentiel du champ magnétique, les électrons libres du circuit se déplacent à une vitesse
𝑣 et subissent donc une force de Lorentz
𝐹 = 𝑞𝑣 ∧ 𝐵 ⃗ = 𝑞𝐸⃗𝑚
Avec 𝐸⃗𝑚 = 𝑣 ∧ 𝐵 ⃗
À la suite de ces expériences, Faraday a proposé une loi qui relie le flux du champ magnétique Φ𝐵 à la
force électromotrice e :
𝒅𝚽𝑩
𝒆=− 𝟏. 𝟏𝟏
𝒅𝒕
Malgré son nom, la force électromotrice n’est pas une force, mais une différence de potentiel entre les
points A et B du circuit qui génère le courant électrique. La différence de potentiel peut aussi être calculée
par
.
𝑒 = ∮ 𝐸⃗𝑚 ∙ ⃗⃗⃗
𝑑𝑙
𝒞
On a maintenant une égalité de la forme
. .
𝑑Φ𝐵 𝑑
⃗⃗⃗ = −
∮ 𝐸⃗𝑚 ∙ 𝑑𝑙 = − ∬𝐵 ⃗⃗⃗⃗
⃗ ∙ 𝑑𝑆
𝒞 𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑆
et en utilisant le théorème de Stokes, on a l’égalité
𝑑𝐵⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐸⃗ ∙ ⃗⃗⃗⃗
∬ 𝑟𝑜𝑡 𝑑𝑆 = − ∬ ∙ ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑆
𝑑𝑡
et donc
⃗⃗
𝝏𝑩
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗𝑬 = −
𝒓𝒐𝒕 𝟏. 𝟏𝟐
𝝏𝒕

Figure 1.3 Principe de l’induction : Le mouvement d’un champ magnétique à proximité d’un circuit conducteur induit une
circulation de courant, visualisée par un ampèremètre.

I.6- ÉQUATIONS DE MAXWELL


Ce qu’on appelle équations de Maxwell est un ensemble de quatre équations qui rassemblent les
contributions de Coulomb, Œrsted, Faraday, Gauss et bien sûr Maxwell (1837–1879). Quand Maxwell
s’intéresse à l’électricité et au magnétisme, il a à sa disposition les lois de l’électrostatique, de la
magnétostatique et également la loi de l’induction. En 1873, Maxwell remarque que le théorème d’Ampère
n’est pas compatible avec le principe de conservation de la charge et propose une théorie pour corriger ce
problème.
Mathématiquement, la conservation de la charge s’exprime au travers d’un bilan des charges qui rentrent
ou sortent d’un volume de contrôle. Si la densité volumique de charges 𝜌𝑐 varie dans ce volume au cours
du temps, c’est qu’il y a eu ajout ou perte de charges par le biais d’un courant 𝑗. La conservation de la
charge s’exprime
𝝏𝝆𝒄
+ 𝒅𝒊𝒗𝒋 = 𝟎 𝟏. 𝟏𝟑
𝝏𝒕
En prenant la divergence du théorème d’Ampère, on trouve que
𝑑𝑖𝑣(𝑟𝑜𝑡 ⃗ ) = 𝜇0 𝑑𝑖𝑣𝑗 = 0
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐵
car la divergence d’un rotationnel est toujours nulle. Cela implique que 𝜕𝜌𝑐 ⁄𝜕𝑡 = 0 et limite donc la portée
du théorème d’Ampère aux régimes permanents.
Maxwell s’est beaucoup intéressé aux analogies entre les champs 𝐸⃗ et 𝐵 ⃗ . Mais seule la relation d’induction
comporte un terme instationnaire portant sur le champ électrique. Maxwell a donc proposé de modifier le
théorème d’Ampère pour y ajouter un terme instationnaire portant sur le champ magnétique. Écrivons cette
relation modifiée sous la forme
𝜕𝐸⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐵
𝑟𝑜𝑡 ⃗ = 𝜇0 𝑗 + 𝛼
𝜕𝑡
avec une constante α qui sera déterminée par la conservation de la charge. En appliquant la divergence à
cette relation, on obtient cette fois
𝜕
⃗ ) = 𝜇0 𝑑𝑖𝑣𝑗 + 𝛼 (𝑑𝑖𝑣𝐸⃗ )
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐵
𝑑𝑖𝑣(𝑟𝑜𝑡
𝜕𝑡
Comme la divergence d’un rotationnel est nulle, on a, en utilisant le principe de conservation de la charge
(I.13) et la relation de Coulomb-Gauss (I.6)
𝜕𝜌𝑐 𝛼 𝜕𝜌𝑐
0 = −𝜇0 +
𝜕𝑡 𝜀0 𝜕𝑡
et finalement
𝛼 = 𝜇0 𝜀0
Le principe de conservation de la charge est maintenant compatible avec une relation de Maxwell-Ampère
écrite sous la forme
⃗⃗
𝝏𝑬
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗𝑩
𝒓𝒐𝒕 ⃗ = 𝝁𝟎 (𝒋 + 𝜺𝟎 ) = 𝝁𝟎 (𝒋 + 𝒋𝑫 ) 𝟏. 𝟏𝟒
𝝏𝒕
Le terme ajouté par Maxwell se présente sous la forme d’un courant appelé courant de déplacement 𝑗𝐷 . En
résumé, les quatre équations de Maxwell sont :
𝝆
𝒅𝒊𝒗𝑬 ⃗ = 𝒄 𝟏. 𝟏𝟓
𝜺𝟎
𝒅𝒊𝒗𝑩 ⃗⃗ = 𝟎 𝟏. 𝟏𝟔
⃗⃗
𝝏𝑩
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗𝑬 = −
𝒓𝒐𝒕 𝟏. 𝟏𝟕
𝝏𝒕

𝝏𝑬
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗𝑩
𝒓𝒐𝒕 ⃗ = 𝝁𝟎 (𝒋 + 𝜺𝟎 ) 𝟏. 𝟏𝟖
𝝏𝒕
Ces équations montrent le couplage entre les champs électriques et magnétiques, en faisant intervenir la
densité de charges 𝜌𝑐 et la densité de courant 𝑗 ainsi que deux constantes 𝜀0 et 𝜇0 .

I.7- ÉQUATION D’ONDE ÉLECTROMAGNÉTIQUE


L’équation d’onde électromagnétique est obtenue à partir des équations de Maxwell. Le rotationnel de la
relation de Maxwell-Faraday (1.17) donne
𝜕
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐸⃗ ) = − 𝑟𝑜𝑡
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ (𝑟𝑜𝑡
𝑟𝑜𝑡 ⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐵
𝜕𝑡
Comme les variables d’espace x, y, z et de temps t sont indépendantes, on peut permuter la dérivée
temporelle avec l’opérateur rotationnel. D’autre part, le double rotationnel se transforme pour donner :
𝜕
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 (𝑑𝑖𝑣𝐸⃗ ) − ∆𝐸⃗ = − ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑟𝑜𝑡𝐵 ⃗
𝜕𝑡
En utilisant la relation de divergence (1.15) et la relation de Maxwell-Ampère (1.18), on obtient finalement
une relation pour le seul champ électrique
𝜌 𝜕 𝜕𝐸⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ( 𝑐 ) − ∆𝐸⃗ = − (𝜇0 𝑗 + 𝜇0 𝜀0 )
𝑔𝑟𝑎𝑑
𝜀0 𝜕𝑡 𝜕𝑡
1 𝜕𝑗 𝜕 2 𝐸⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝜌𝑐 − ∆𝐸⃗ = −𝜇0 − 𝜇0 𝜀0 2
𝜀0 𝜕𝑡 𝜕𝑡
2⃗
𝜕 𝐸 𝜕𝑗 1
∆𝐸⃗ − 𝜇0 𝜀0 2 = 𝜇0 + ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝜌𝑐
𝜕𝑡 𝜕𝑡 𝜀0
𝟏 𝝏𝟐 ⃗𝑬 𝝏𝒋 𝟏
⃗⃗ −
∆𝑬 = 𝝁𝟎 + 𝒈𝒓𝒂𝒅 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝝆𝒄 𝟏. 𝟏𝟗
𝟐
𝒄 𝝏𝒕 𝟐 𝝏𝒕 𝜺𝟎
avec une vitesse
𝟏
𝒄= 𝟏. 𝟐𝟎
√ 𝝁𝟎 𝜺𝟎
De même, le rotationnel de la relation (I.18) donne
𝜕
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ (𝑟𝑜𝑡
𝑟𝑜𝑡 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐵 ⃗ ) = 𝜇0 (𝑟𝑜𝑡 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑗 + 𝜀0 𝑟𝑜𝑡 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐸⃗ )
𝜕𝑡
𝜕
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ (𝑑𝑖𝑣𝐵
𝑔𝑟𝑎𝑑 ⃗ ) − ∆𝐵
⃗ = 𝜇0 𝑟𝑜𝑡
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑗 + 𝜇0 𝜀0 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐸⃗
𝑟𝑜𝑡
𝜕𝑡
et, après combinaison avec les relation (I.15) et (I.16), on obtient
𝜕 ⃗
𝜕𝐵
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ (0) − ∆𝐵
𝑔𝑟𝑎𝑑 ⃗ = 𝜇0 𝑟𝑜𝑡
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑗 + 𝜇0 𝜀0 (− )
𝜕𝑡 𝜕𝑡
𝜕 2𝐵⃗
⃗ = 𝜇0 𝑟𝑜𝑡
−∆𝐵 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑗 − 𝜇0 𝜀0
𝜕𝑡 2

𝜕 2𝐵
⃗ − 𝜇0 𝜀0
∆𝐵 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑗
= −𝜇0 𝑟𝑜𝑡
𝜕𝑡 2
𝟏 𝝏𝟐 ⃗𝑩

⃗⃗ −
∆𝑩 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝒋
= −𝝁𝟎 𝒓𝒐𝒕 𝟏. 𝟐𝟏
𝒄𝟐 𝝏𝒕𝟐
Dans les deux équations de propagation (1.19) et (1.21) apparaît la même vitesse 𝑐 = 1⁄√𝜇0 𝜀0. Les champs
électrique et magnétique se propagent donc à la même vitesse, appelée vitesse de la lumière.

I.8- PROPAGATION DANS LE VIDE


En l’absence de charges et de courant, 𝜌𝑐 = 0 et 𝑗 = ⃗0,
Les équations de Maxwell dans le vide sont :
𝒅𝒊𝒗𝑬⃗ =𝟎 𝟏. 𝟐𝟐
⃗⃗
𝒅𝒊𝒗𝑩 = 𝟎 𝟏. 𝟐𝟑
⃗⃗
𝝏𝑩
𝒓𝒐𝒕 ⃗ =−
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑬 𝟏. 𝟐𝟒
𝝏𝒕

𝝏𝑬
𝒓𝒐𝒕 ⃗⃗ = 𝝁𝟎 𝜺𝟎
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑩 𝟏. 𝟐𝟓
𝝏𝒕
et l’équation de propagation du champ électrique (1.19) se réduit à
1 𝜕 2 𝐸⃗
∆𝐸⃗ − 2 2 = ⃗0
𝑐 𝜕𝑡
1 𝜕2
(∆ − 2 2 ) 𝐸⃗ =⊡ 𝐸⃗ = ⃗0
𝑐 𝜕𝑡
On peut écrire la même relation pour le champ 𝐵⃗ , ce qui montre que les champs électrique et magnétique
se propagent à la même vitesse c.
1 𝜕2
(∆ − 2 2 ) 𝐵 ⃗ =⊡ 𝐵 ⃗ = ⃗0
𝑐 𝜕𝑡

I.9- ONDE PLANE ÉLECTROMAGNÉTIQUE


Pour étudier la propagation, on choisit une direction de l’espace de propagation, par exemple x. Le champ
électromagnétique est donc décrit par
𝐸⃗ (𝑥 − 𝑐𝑡) 𝑒𝑡 𝐵 ⃗ (𝑥 − 𝑐𝑡)

Les vecteurs 𝐸⃗ et 𝐵
⃗ sont donc constants dans le plan Oyz. La divergence nulle du champ électrique (dans
le vide) montre que
𝜕𝐸𝑥
𝑑𝑖𝑣𝐸⃗ = =0
𝜕𝑥
Cette relation est vérifiée pour deux conditions alternatives: soit 𝐸𝑥 ne dépend pas de x, ce qui contredit la
notion de propagation selon x, soit la composante 𝐸𝑥 est nulle. Le même raisonnement appliqué au champ
⃗ , lui aussi de divergence nulle, montre que le champ EM est de la forme
𝐵
0 0
𝐸⃗ = (𝐸𝑦 ) 𝑒𝑡 𝐵 ⃗ = (𝐵𝑦 ) 1.27
𝐸𝑧 𝐵𝑧
Les champs 𝐸⃗ et 𝐵 ⃗ sont transverses, car les vecteurs sont toujours perpendiculaires à la direction de
propagation. La relation de Maxwell-Faraday (1.17) appliquée à l’onde plane permet de montrer que les
vecteurs 𝐸⃗ et 𝐵⃗ sont également perpendiculaires. En effet,

𝜕𝐵
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐸⃗ = −
𝑟𝑜𝑡
𝜕𝑡
𝜕⁄𝜕𝑥 0 0
𝜕
⁄ 𝐸
(𝜕 𝜕𝑦) ∧ ( 𝑦 ) = − ( 𝑦 ) 𝐵
𝜕𝑡
𝜕⁄𝜕𝑧 𝐸𝑧 𝐵𝑧
𝜕𝐸𝑧 𝜕𝐵𝑦
= 1.28
{ 𝜕𝑥 𝜕𝑡
𝜕𝐸𝑦 𝜕𝐵𝑧
=− 1.29
𝜕𝑥 𝜕𝑡
Comme le champ électrique ne dépend que d’une variable 𝜙 = 𝑥 − 𝑐𝑡, les relations ci-dessus se mettent
sous la forme
𝜕𝐸𝑧 𝜕𝐸𝑧 𝜕𝜙 𝜕𝐸𝑧 𝜕𝐵𝑦 𝜕𝐵𝑦 𝜕𝜙 𝜕𝐵𝑦
= = = = = −𝑐 1.30
𝜕𝑥 𝜕𝜙 𝜕𝑥 𝜕𝜙 𝜕𝑡 𝜕𝜙 𝜕𝑡 𝜕𝜙
𝜕𝐸𝑦 𝜕𝐸𝑦 𝜕𝜙 𝜕𝐸𝑦 𝜕𝐵𝑧 𝜕𝐵𝑧 𝜕𝜙 𝜕𝐵𝑧
= = =− =− =𝑐 1.31
{ 𝜕𝑥 𝜕𝜙 𝜕𝑥 𝜕𝜙 𝜕𝑡 𝜕𝜙 𝜕𝑡 𝜕𝜙

𝜕𝐸𝑧 𝜕𝐵𝑦
= −𝑐
𝜕𝜙 𝜕𝜙
𝜕𝐸𝑦 𝜕𝐵𝑧
=𝑐
{ 𝜕𝜙 𝜕𝜙
𝐸𝑧 = −𝑐𝐵𝑦 1.32
{
𝐸𝑦 = 𝑐𝐵𝑧 1.33
𝐸⃗ ∙ 𝐵
⃗ = 𝐸𝑥 𝐵𝑥 + 𝐸𝑦 𝐵𝑦 + 𝐸𝑧 𝐵𝑧 = 0 + 𝑐𝐵𝑧 𝐵𝑦 − 𝑐𝐵𝑦 𝐵𝑧 = 0
𝐸⃗ ∙ 𝐵
⃗ = 0 ⟺ 𝐸⃗ ⊥ 𝐵 ⃗
D’autre part on peut remarquer que :
⃗ ‖ = 𝒄‖𝑩
‖𝑬 ⃗⃗ ‖ 𝟏. 𝟑𝟒
La figure 1.4 présente une visualisation de l’onde plane EM dans le cas où les vecteurs 𝐸⃗ et 𝐵
⃗ gardent la
même direction au cours de la propagation. Dans cet exemple, on parle de polarisation rectiligne, mais il
existe d’autres états de polarisation.
Figure 1.4 Champs de vecteurs électrique et magnétique pour une onde plane avec une polarisation rectiligne La propagation
se fait suivant l’axe x, le champ électrique est orienté suivant y et le champ magnétique est orienté suivant z.

En utilisant le formalisme de l’onde monochromatique, on peut décrire le champ électromagnétique par


𝐸⃗ = 𝐸⃗0 𝑒 𝑖(𝑘⃗∙𝑟−𝜔𝑡) , 𝐵 ⃗ 0 𝑒 𝑖(𝑘⃗∙𝑟−𝜔𝑡)
⃗ =𝐵

Avec cette écriture, les relations de divergence nulle sur 𝐸⃗ et 𝐵 ⃗ donnent


⃗ ∙ 𝐸⃗ = 0 𝑒𝑡 𝑘
𝑘 ⃗ ∙𝐵⃗ =0
ce qui est une autre démonstration du caractère transverse de l’onde plane dans le vide. La relation
d’induction (1.12) impose d’autre part
𝑖𝑘⃗ ∧ 𝐸⃗ = 𝑖𝜔𝐵 ⃗
𝟏 𝒌 𝟏
⃗ = ⃗𝒌 ∧ ⃗𝑬 = 𝒆
⃗𝑩 ⃗ 𝒌 ∧ ⃗𝑬
⃗ = 𝒆 ⃗ ∧ ⃗𝑬 𝟏. 𝟑𝟓
𝝎 𝝎 𝒄 𝒌
Avec 𝑘⃗ = 𝑘𝑒𝑘

I.10- POLARISATION DES ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES


Lors de la propagation, les vecteurs 𝐸⃗ et 𝐵
⃗ sont perpendiculaires à la direction de propagation. Mais tout
en restant dans le plan, ils peuvent se déplacer et décrire différentes figures. La direction et la trajectoire
décrites par les champs électromagnétiques lors de la propagation sont appelées la polarisation de l’onde
(figure 1.5).

Figure 1.5 Polarisation circulaire du vecteur champ électrique


(a) l’extrémité du vecteur 𝐸⃗ décrit une hélice dans l’espace .En regardant l’onde depuis un point x →∞, l’extrémité du vecteur
est assujettie à un cercle. Le sens de parcours de ce cercle donne le sens de la polarisation circulaire: polarisation circulaire
gauche (b) et droite (c).

Pour une onde plane monochromatique se propageant dans la direction x, le vecteur champ électrique est
0
⃗𝐸 = (𝐸𝑦0 cos(𝑘𝑥 − 𝜔𝑡 + 𝜙𝑦 ))
𝐸𝑧0 cos(𝑘𝑥 − 𝜔𝑡 + 𝜙𝑧 )
Pour une position x fixée, l’extrémité du vecteur 𝐸⃗ décrit différentes figures suivant la valeur du déphasage
𝜙𝑦 − 𝜙𝑧 entre les composantes y et z.
 Si 𝜙𝑦 − 𝜙𝑧 = 𝑚𝜋, 𝑚 ∈ ℕ, le vecteur 𝐸⃗ garde une direction constante. La polarisation est
rectiligne.
𝜋
 Si 𝜙𝑦 − 𝜙𝑧 = (2𝑚 + 1) 2 , 𝑚 ∈ ℕ, et 𝐸𝑦0 = 𝐸𝑧0 , la polarisation est circulaire. Le signe du
déphasage détermine le sens de rotation du vecteur 𝐸⃗ autour de l’axe x .Pour un observateur placé
à x = ∞, c’est-à-dire qui reçoit l’onde électromagnétique, la polarisation est circulaire droite si la
rotation est dans le sens des aiguilles d’une montre. Dans le cas contraire, la polarisation est dite
circulaire gauche.
𝜋
 Si 𝜙𝑦 − 𝜙𝑧 = (2𝑚 + 1) 2 , 𝑚 ∈ ℕ, et 𝐸𝑦0 ≠ 𝐸𝑧0 , l’extrémité du vecteur 𝐸⃗ décrit une ellipse, avec
un sens de circulation donné par le déphasage. On parle alors de polarisation elliptique droite ou
gauche, avec la même convention que pour la polarisation circulaire.
 Si 𝜙𝑦 − 𝜙𝑧 est quelconque, 𝐸𝑦0 ≠ 𝐸𝑧0, la polarisation est elliptique, mais les axes principaux de
l’ellipse ne sont pas confondus avec les axes y et z du repère de coordonnées.
Les sources lumineuses conventionnelles (lampes à incandescence, arcs électriques par exemple)
produisent des ondes électromagnétiques à partir d’une multitude de sources de taille atomique sans
corrélation particulière entre elles. La superposition de ces ondes est non polarisée car tous les types de
polarisation sont présents et se superposent.

I.11- ÉNERGIE ÉLECTROMAGNÉTIQUE


I.11.1 Densité d’énergie électromagnétique
Les ondes électromagnétiques ne sont en général pas localisées: l’énergie qu’elles transportent est répartie
dans l’espace. On va donc chercher à décrire une densité d’énergie — une énergie par unité de volume —
plutôt que l’énergie elle-même.
De plus les ondes se déplacent et transportent l’énergie à une certaine vitesse. Une quantité physique
pertinente est donc la densité d’énergie par unité de temps 𝕰, que l’on mesure en J·m−3· s−1.
Pour construire cette quantité 𝔈, on va utiliser les quantités physiques définies précédemment: le champ
électrique 𝐸⃗ , le champ magnétique 𝐵 ⃗ , la densité de courant 𝑗. Concernant les constantes, on choisit d’utiliser
𝜀0 et la vitesse c (l’autre constante est reliée aux deux autres). La quantité 𝔈 n’inclut pas de dimension de
courant ou de charge, c’est une quantité construite à partir d’une masse, d’une longueur et d’un temps:
[𝔈] = ℳℒ −1 𝒯 −3

I.11.2 Conservation de l’énergie électromagnétique


Outre la conservation de la charge déjà décrite par la relation (1.8), les équations de Maxwell doivent
vérifier le principe de conservation de l’énergie. La relation de Maxwell-Ampère (1.18) donne la densité
de courant sous la forme
1 𝜕𝐸⃗
𝑗 = 𝜀0 𝑐 2 (𝑟𝑜𝑡 ⃗ −
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐵 )
𝑐 2 𝜕𝑡
1 𝜕𝐸⃗
𝑗 ∙ 𝐸⃗ = 𝜀0 𝑐 2 ((𝑟𝑜𝑡 ⃗ ) ∙ 𝐸⃗ −
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐵 ∙ 𝐸⃗ )
𝑐 2 𝜕𝑡
1 𝜕𝐸 2
𝑗 ∙ 𝐸⃗ = 𝜀0 𝑐 2 [(𝑟𝑜𝑡 ⃗ ) ∙ 𝐸⃗ −
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐵 ]
2𝑐 2 𝜕𝑡
Or de la formule du produit mixte de trois vecteurs 𝑢 ⃗ , 𝑣 𝑒𝑡 𝑤⃗⃗ on a:
⃗ ∙ (𝑣 ∧ 𝑤
𝑢 ⃗⃗ ) = 𝑤
⃗⃗ ∙ (𝑢⃗ ∧ 𝑣 ) − 𝑣 ∙ (𝑢 ⃗ ∧𝑤 ⃗⃗ )
Donc :
⃗ ) ∙ 𝐸⃗ = 𝐸⃗ ∙ (𝑟𝑜𝑡
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐵
(𝑟𝑜𝑡 ⃗ ) = 𝐸⃗ ∙ (∇
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐵 ⃗ ∧𝐵 ⃗)=𝐵 ⃗ ∙ (𝐸⃗ ∧ ∇⃗ )−∇⃗ ∙ (𝐸⃗ ∧ 𝐵
⃗)
𝐸⃗ ∙ (∇
⃗ ∧𝐵 ⃗ ) = −𝐵 ⃗ ∙ (∇⃗ ∧ 𝐸⃗ ) + ⃗∇ ∙ (𝐵⃗ ∧ 𝐸⃗ )
⃗ ) ∙ 𝐸⃗ = −𝐵
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐵
(𝑟𝑜𝑡 ⃗ ∙ (𝑟𝑜𝑡
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐸⃗ ) + 𝑑𝑖𝑣(B
⃗ ∧ 𝐸⃗ )
D’où
1 𝜕𝐸 2
𝑗 ∙ 𝐸⃗ = 𝜀0 𝑐 2 [−𝐵
⃗ ∙ (𝑟𝑜𝑡
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐸⃗ ) + 𝑑𝑖𝑣(B
⃗ ∧ 𝐸⃗ ) − ]
2𝑐 2 𝜕𝑡
D’après la relation de Maxwell (1.17) on aura :
𝜕𝐵 ⃗ 1 𝜕𝐸 2
𝑗 ∙ 𝐸⃗ = 𝜀0 𝑐 2 [− ⃗ −
∙𝐵 + 𝑑𝑖𝑣(𝐵⃗ ∧ 𝐸⃗ )]
𝜕𝑡 2𝑐 2 𝜕𝑡
1 𝜕𝐵 2 1 𝜕𝐸 2
𝑗 ∙ 𝐸⃗ = 𝜀0 𝑐 2 [− − 2 − 𝑑𝑖𝑣(𝐸⃗ ∧ 𝐵⃗ )]
2 𝜕𝑡 2𝑐 𝜕𝑡
𝜕 𝜀0
𝑗 ∙ 𝐸⃗ = − [ (𝐸 2 + 𝑐 2 𝐵 2 )] − 𝑑𝑖𝑣[𝜀0 𝑐 2 (𝐸⃗ ∧ 𝐵 ⃗ )]
𝜕𝑡 2
on obtient finalement une relation de conservation
𝜕 𝜀0
𝑗 ∙ 𝐸⃗ + [ (𝐸 2 + 𝑐 2 𝐵 2 )] + 𝑑𝑖𝑣[𝜀0 𝑐 2 (𝐸⃗ ∧ 𝐵 ⃗ )] = 0
𝜕𝑡 2
𝜕𝔲
𝑗 ∙ 𝐸⃗ + + 𝑑𝑖𝑣∏⃗⃗⃗ = 0
𝜕𝑡
On a introduit ici deux nouvelles quantités, une quantité scalaire et une quantité vectorielle: la densité
d’énergie électromagnétique 𝔘 et le vecteur de Poynting ⃗⃗⃗ ∏.

Définitions
• La densité d’énergie électromagnétique est calculée par
𝜺𝟎
𝖀 = (𝑬𝟐 + 𝒄𝟐 𝑩𝟐 ) 𝟏. 𝟑𝟔
𝟐
et est mesurée en J. m−3
• Le vecteur de Poynting désigne la direction de propagation de l’énergie:
𝟏
⃗⃗⃗ = 𝜺𝟎 𝒄𝟐 (𝑬
∏ ⃗⃗ ∧ ⃗𝑩⃗)= ⃗𝑬 ∧ ⃗𝑩
⃗ 𝟏. 𝟑𝟕
𝝁𝟎
Avec ces définitions, l’équation de conservation de l’énergie se met sous une forme compacte
𝝏𝖚
+ 𝒅𝒊𝒗∏ ⃗⃗⃗ = −𝒋 ∙ 𝑬⃗ 𝟏. 𝟑𝟖
𝝏𝒕
qui est analogue à l’équation de conservation de la charge (1.13).
Dans le vide cette expression ne comporte pas de terme source car il n’y a ni charge ni courant. La
conservation d’énergie dans le vide est donc
𝜕𝔲
⃗⃗⃗ = 0
+ 𝑑𝑖𝑣∏
𝜕𝑡

I.11.3 Énergie électromagnétique dans le vide


Prenons le cas d’une onde plane se propageant dans le vide. Il n’y a ni charges (𝜌𝑐 = 0) ni densité de
courant (𝑗 = ⃗0). On peut utiliser directement la relation (1.35) pour calculer le vecteur de Poynting :
1 1
⃗⃗⃗ = 𝐸⃗ ∧ 𝐵
∏ ⃗ = 𝐸⃗ ∧ (𝑘⃗ ∧ 𝐸⃗ )
𝜇0 𝜔𝜇0
Or 𝐴 ∧ (𝐵⃗ ∧ 𝐶) = 𝐵⃗ (𝐴 ∙ 𝐶 ) − 𝐶 (𝐴 ∙ 𝐵 ⃗ ∧ 𝐸⃗ ) = 𝑘
⃗ ) d’où 𝐸⃗ ∧ (𝑘 ⃗ (𝐸⃗ ∙ 𝐸⃗ ) − 𝐸⃗ (𝐸⃗ ∙ 𝑘
⃗)=𝑘
⃗ 𝐸2

1 1 𝐸2 𝑘𝐸 2 𝐸2
⃗⃗⃗
∏= ⃗𝐸 ∧ 𝐵
⃗ = ⃗ ∧ 𝐸⃗ ) =
⃗𝐸 ∧ (𝑘 ⃗𝑘 = 𝑒 = 𝑒
𝜇0 𝜔𝜇0 𝜔𝜇0 𝜔𝜇0 𝑘 𝑐𝜇0 𝑘
𝜔 𝑘 1
⃗ = 𝑘𝑒𝑘 et 𝑘 =
Avec 𝑘 ⟺ =𝑐
𝑐 𝜔
En calculant la densité d’énergie de l’onde plane monochromatique dans le vide:
𝜀0 𝜀0 𝐸 2 𝜀0 𝐸 2
𝔘 = (𝐸 2 + 𝑐 2 𝐵 2 ) = + = 𝜀0 𝐸 2
2 2 2
On montre ainsi que les champs électrique et magnétique contribuent à part égale à la densité d’énergie
électromagnétique.
Définitions
 L’intensité électromagnétique est l’énergie électromagnétique traversant une surface unité par unité
de temps. Pour une onde plane monochromatique dans le vide, l’intensité est
𝟏 𝟏
𝑰𝑬𝑴 = 𝒄𝜺𝟎 𝑬𝟐 = ‖∏ ⃗⃗⃗ ‖
𝟐 𝟐
 La puissance électromagnétique est le flux du vecteur de Poynting au travers d’une surface:
.
⃗⃗⃗⃗⃗
⃗⃗⃗ ∙ 𝒅𝑺
𝑷 = ∬∏
𝑺

SYNTHÈSE
Savoirs
 Les charges sont sources de champ électrique.
 Les charges mobiles sont sources de champ magnétique.
 L’équation d’onde électromagnétique dans le vide est
1 𝜕2 ⃗
(∆ − 2 2 ) (𝐸 ) = 0
𝑐 𝜕𝑡 ⃗
𝐵
 La vitesse de propagation 𝑐 = 1⁄√𝜇0 𝜀0 est la vitesse de propagation des ondes électromagnétiques
dans le vide, aussi appelée vitesse de la lumière.
 Une onde électromagnétique plane se propageant dans le vide est telle que les vecteurs (𝐸⃗ , 𝐵 ⃗)
⃗ ,𝑘
forment un trièdre direct, et
‖𝐸⃗ ‖ = 𝑐‖𝐵
⃗‖

Savoir-faire
 Écrire les 4 équations de Maxwell.
 Retrouver l’équation d’onde électromagnétique dans le vide à partir des équations de Maxwell.
 Déterminer la polarisation d’une onde électromagnétique.

Mots-clés
 Champs électriques et magnétiques
 Vitesse de la lumière, énergie électromagnétique
 Polarisation rectiligne, circulaire, elliptique

EXERCICES
Tester ses connaissances
1- Le potentiel électrique peut être mesuré en:
a. A b. V c. N· m· C−1
2- Le champ électrique peut être mesuré en:
a. A· m−1 b. V c. N· C−1
3- La dimension du vecteur de Poynting est :
a. ℳ𝒯 3 b. ℒ 2 ℳ𝒯 −1 c. 𝔗2 ℒ −3 ℳ −1 𝒯 4
4- Que devient l’intensité d’une onde EM quand le champ électrique diminue de moitié?
a. Elle augmente d’un facteur 2.
b. Elle diminue de moitié.
c. Elle diminue d’un facteur 4.

Exercices d’application
5- Le flux solaire dans la haute atmosphère est d’environ 1 350 W· m−2. Estimer l’énergie reçue par
une surface de 1m2 exposée pendant une heure.
6- Une antenne de communication émet avec une puissance de 100 W. Quelle est la valeur du champ
électrique reçu à une distance de 500 m de l’antenne si on suppose qu’elle rayonne de manière
isotrope sur une demi-sphère centrée sur l’antenne? Calculer également le champ magnétique.
7- Une onde plane électromagnétique a comme champ électrique
𝐸⃗ = 𝐸0 𝑒𝑥 𝑒 𝑖(𝑘⃗∙𝑟−𝜔𝑡)
Préciser l’orientation du vecteur d’onde et déterminer le champ magnétique correspondant.

Exercices d’approfondissement
8- Le dipôle électrostatique
Un dipôle électrostatique est constitué de deux charges +q et −q séparées d’une distance 2d. Trouver
le potentiel créé par le dipôle, puis le champ électrostatique associé. On supposera que le point de
mesure se trouve à grande distance du dipôle: 𝑟 ≫ 2𝑑 .

9- Interférences électromagnétiques
Deux ondes planes électromagnétiques de pulsation 𝜔 se propagent selon les vecteurs d’ondes 𝑘 ⃗1
⃗ 2 tels que
et 𝑘
𝑘⃗ 1 = cos 𝜃 𝑒𝑦 + sin 𝜃 𝑒𝑧 , ⃗ 2 = cos 𝜃 𝑒𝑦 − sin 𝜃 𝑒𝑧 .
𝑘
Les champs électriques de ces deux ondes sont :
𝐸⃗1 = 𝐸0 𝑒𝑥 𝑒 𝑖(𝑘⃗1 ∙𝑟−𝜔𝑡) , 𝐸⃗2 = 𝐸0 𝑒𝑥 𝑒 𝑖(𝑘⃗2 ∙𝑟−𝜔𝑡) .
a- Calculer les champs magnétiques 𝐵 ⃗ 1 et 𝐵⃗ 2 correspondants.
b- Calculer les parties réelles des champs électrique et magnétique résultant de la superposition
des deux ondes.
c- Calculer le vecteur de Poynting correspondant à la superposition des deux ondes, et sa
moyenne temporelle.
d- Montrer que l’énergie électromagnétique présente en moyenne temporelle une structure
d’interférences dans le plan 𝑦 = 0. Donner la distance entre deux franges d’interférences
successives.

Vous aimerez peut-être aussi