Réglementation Bancaire UMOA
Réglementation Bancaire UMOA
PROJET
Décembre 2022
DISTRIBUTION RESTREINTE
1En lieu et place de Loi-cadre. Dans chaque Etat le texte est intitulé “Loi portant réglementation
bancaire en République de …..(Etat concerné)
La présente loi a pour objet de régir l'implantation, l’exercice de l'activité et le contrôle des entités
visées à l'article 2 opérant sur le territoire de ( )2, ainsi que leur résolution éventuelle, dans un
but de veiller à la protection de l'épargne publique et au bon fonctionnement du système bancaire
et financier de l'UMOA.
La présente loi s'applique aux banques, aux établissements financiers, aux établissements de
paiement et aux établissements de monnaie électronique, exerçant leurs activités sur le territoire
de ( )3, quels que soient leur statut juridique, le lieu de leur siège social ou de leur principale
et
implantation dans l’UMOA et la nationalité des propriétaires de leur capital social ou de leurs
dirigeants.
Les entités visées à l'alinéa premier sont considérées, au sens de la présente loi, comme
établissement agréé.
Nonobstant les dispositions spécifiques qui leur sont applicables, les compagnies financières
sont également soumises aux dispositions des Titres Premier, IV, V, VI, VIII, XI, XII, XIII et XIV.
Les dispositions de la présente loi et ses textes d'application tiennent compte de la taille des
entités visées à l'article 2, de leur forme juridique, de la nature de leurs activités et de leur profil
de risque.
Pr
Elles peuvent également prévoir des dérogations individuelles temporaires accordées par la
Commission Bancaire, conformément aux dispositions de l'Annexe à la Convention la régissant
et de la présente loi.
Les entités publiques à statut spécial, telles que la Poste ou la CDC qui veulent mener une
activité bancaire, doivent créer une filiale ayant le statut d'établissement agréé.
Article 7 : Définitions
et
Pour l'application de la présente loi, on entend par :
1. Activité bancaire : une activité consistant à effectuer, à titre de profession habituelle,
une ou plusieurs opérations visées au titre II ;
2. Activité bancaire islamique : une activité consistant à effectuer, à titre de profession
habituelle, une ou plusieurs opérations bancaires islamiques visées à l’article 68 ;
3. Activités à dominante bancaire : les activités exercées par un groupe bancaire lorsque
les deux conditions ci-après sont réunies :
oj
i. les activités du groupe s'exercent principalement dans le secteur financier. Dans
ce cas, le rapport entre le total du bilan des entités du secteur financier dans son
ensemble et le total du bilan du groupe doit dépasser un seuil défini par la
Banque Centrale ;
ii. le secteur bancaire a un poids plus élevé que les autres entités du secteur
financier. Dans ce cas, le rapport entre le total du bilan du secteur bancaire et le
total du bilan des entités du secteur financier doit être plus élevé que les ratios
correspondant du secteur des assurances et de celui des marchés financiers ;
Pr
4. Administrateur : une personne physique désignée par les statuts ou par l'Assemblée
Générale, conformément aux dispositions du droit des sociétés applicables à
l'établissement. Il est membre de l'organe délibérant. La personne physique,
représentant permanent d'une personne morale administrateur, est assimilée aux
administrateurs ;
5. Affacturage : une opération par laquelle une personne physique ou morale appelée
adhérent transfère par une convention écrite, avec effet subrogatoire, ses créances à un
établissement de crédit qui, moyennant rémunération, lui règle par avance tout ou partie
du montant des créances transférées, supportant ou non, selon la convention des
parties, les risques d’insolvabilité éventuelle sur les créances cédées ;
et
de l’Etat membre de l’UMOA dans lequel il se situe. Il n’est pas doté d’une autonomie de
gestion et n’exerce qu’une activité préparatoire ou auxiliaire par rapport à celle de la
société qui l’a créée. Il est régi par les dispositions du droit commun applicable aux
sociétés commerciales ;
12. Caisse des dépôts et consignations : une entité publique à statut spécial, dotée de la
personnalité juridique et de l'autonomie financière, qui est investie d'une mission d'intérêt
général en appui aux politiques publiques conduites par un Etat membre de l'UMOA et
ses collectivités locales ;
13. Clause d'exclusivité de service : la stipulation d'un contrat, par laquelle un
oj
intermédiaire mandaté s'oblige à réaliser les opérations pour le compte d'un seul
mandant ;
14. Commission Bancaire de l’UMOA ou Commission Bancaire : l'Autorité de
supervision et de résolution des établissements du secteur bancaire ;
15. Compagnie financière : une société ayant pour activité principale de prendre et de gérer
des participations financières et qui, soit directement, soit par l'intermédiaire de sociétés
ayant le même objet, contrôle une ou plusieurs sociétés effectuant des opérations à
Pr
caractère financier dont une, au moins, est un établissement de crédit ;
16. Compagnie financière holding : une entité non agréée en tant qu'établissement de
crédit et qui est la maison-mère d'un groupe bancaire ;
17. Compagnie financière holding intermédiaire : une entité non agréée en tant
qu'établissement de crédit et qui détient l'ensemble des participations d'un groupe dans
ses filiales, établissements de crédit, opérant dans l'UMOA ;
18. Compte dormant : tout compte détenu dans les livres d'un organisme financier, qui n'a
fait l'objet d'aucune intervention depuis au moins dix (10) ans, de la part de son titulaire
ou de ses ayants droit et dont ledit titulaire et ses ayants droit ne se sont pas manifestés
sur la même période, en dépit des tentatives menées par l'organisme financier pour
entrer en contact avec eux, notamment sur la base de la documentation fournie par le
titulaire ;
19. Compte de paiement : un compte détenu par un établissement de paiement au nom
d’un ou de plusieurs utilisateurs de services de paiement et qui est utilisé exclusivement
aux fins de l’exécution d’opérations de paiement ;
5
20. Conflit d'intérêt : une situation où les intérêts personnels d'un membre des organes de
gouvernance, d'un membre du personnel, du commissaire aux comptes, de
l'administrateur provisoire, de l’administrateur spécial ou de ceux des personnes avec
qui ils ont un lien familial proche ne sont pas compatibles avec les intérêts de
l'établissement agréé et pourraient, de ce fait, influencer l'impartialité attendue d'eux
dans l'accomplissement de leurs fonctions ;
21. Distribution discrétionnaire : le versement de dividendes ainsi que les distributions du
report à nouveau créditeur, du bénéfice intermédiaire ou de fin d'exercice non affecté,
des réserves et de bonus sous forme d'instrument de fonds propres ;
22. Émetteurs de monnaie électronique : l'ensemble constitué par les banques, les
établissements de paiement, les institutions de microfinance dûment autorisées et les
établissements de monnaie électronique ;
23. Entité publique à statut spécial : entreprise régie par un texte spécifique, sur laquelle
l’Etat exerce directement ou indirectement une influence dominante du fait de la propriété
et
ou de la participation financière, en disposant soit de la majorité du capital, soit de la
majorité des voix attachées aux parts émises ;
24. Établissement adhérent : les banques et les établissements financiers autorisés en
vertu de l’article 21 à recevoir des dépôts, qui sont tenus d’adhérer au Fonds de Garantie
des Dépôts et de Résolution ;
25. Établissement agréé à statut spécial : un établissement public à statut spécial inscrit
sur une liste arrêtée par le Conseil des Ministres de l'UMOA ;
26. Établissement bancaire d'importance systémique (EBIS) : un établissement dont la
oj défaillance, en raison de sa taille, de sa complexité, du volume de ses activités ou de
son interconnexion systémique, peut mettre en péril le système financier et l'activité
économique d'un État membre ou de l'UMOA. Il existe deux catégories d’EBIS :
i. EBIS régionaux (EBISr) : ce sont les établissements dont la défaillance ou les
difficultés pourraient avoir des répercussions significatives sur le système
bancaire et sur l'économie au niveau régional.
ii. EBIS nationaux (EBISn) : ce sont les établissements, autres que les EBIS
régionaux, dont la défaillance pourrait avoir des répercussions significatives sur
Pr
le système bancaire et sur l'économie de leur pays d'implantation ;
27. Établissement de crédit : l'ensemble constitué par les banques et les établissements
financiers ;
28. Établissement de finance islamique : une personne morale autorisée à exercer
l’activité bancaire islamique conformément à l’article 66 ;
29. Établissement de monnaie électronique : une personne morale, autre qu'une banque,
un établissement de paiement ou une institution de microfinance, qui émet et distribue à
titre de profession habituelle de la monnaie électronique ;
30. Établissement de paiement : une personne morale, autre qu'un établissement de
crédit, un établissement de monnaie électronique, une compagnie financière ou une
institution de microfinance, qui fournit à titre de profession habituelle des services de
paiement ;
31. Établissement de paiement islamique : un établissement de paiement qui fournit à titre
exclusif des services de paiement conformes aux principes de la finance islamique ;
6
et
37. Financement participatif : un mode de financement reposant sur l’appel à plusieurs
personnes physiques ou morales agissant à des fins non professionnelles ou
commerciales, pour financer un projet via un site Internet ou tout autre moyen de
communication électronique ou numérique ;
38. FinTech : une personne morale habilitée à exercer à titre exclusif une ou plusieurs
opérations de banque basées sur l'utilisation de technologies innovantes dans le respect
des conditions et limites définies par son agrément ;
39. Groupe : un ensemble composé d'entités qui ont chacune une personnalité juridique
distincte et dont l'activité est contrôlée directement ou indirectement par une maison-
oj
mère ;
40. Groupe bancaire : un groupe qui exerce des activités à dominante bancaire dans
l'UMOA ;
41. Holding bancaire : un établissement de crédit qui n'est pas contrôlé par un
établissement de crédit ou une compagnie financière et détenant au moins une filiale qui
a le statut d'établissement de crédit au sein de l'UMOA ;
42. Institution de microfinance : une personne morale dont l'activité principale consiste à
Pr
offrir des services financiers de proximité en faveur des personnes à faible revenu ainsi
qu'à des personnes n'ayant qu'un accès limité, voire inexistant aux mécanismes de
financement traditionnels ;
43. Laboratoire d’Innovation Financière : un dispositif mis en place par la Banque
Centrale pour permettre aux entreprises proposant des services innovants dans le
secteur financier de tester leur produit, service ou solution, sur une durée déterminée et
dans un cadre réglementaire allégé.
44. Lien familial proche : le lien caractérisé lorsqu'une personne est l'ascendant d'une autre
personne, y compris par filiation adoptive, ou lorsque l'une et l'autre ont un ascendant
commun au premier ou au deuxième degré. Les personnes mariées ou en union libre,
ainsi que leurs enfants, sont également prises en compte ;
45. Maison-mère : une société qui n'est pas une filiale d'un autre établissement de crédit ou
d'une compagnie financière établi dans l'UMOA et détenant au moins une filiale qui est
un établissement de crédit ;
7
46. Minorité de blocage : un pourcentage minimal de voix, dont le seuil est fixé à l’article
49, à partir duquel un actionnaire ou un groupe d'actionnaires peut faire obstacle à une
modification des statuts de l'établissement agréé ;
47. Monnaie électronique : toute valeur monétaire représentant une créance à la charge
de l'émetteur, qui est :
i. stockée sur une forme électronique, y compris magnétique ;
ii. émise sans délai contre la remise de fonds d'un montant qui n’est pas inférieur à
la valeur monétaire émise ;
iii. et acceptée comme moyen de paiement par des personnes physiques et morales
autres que l'émetteur de la monnaie électronique ;
48. Moyens de paiement : tous les instruments qui permettent à toute personne de
transférer des fonds, quel que soit le support ou le procédé technique utilisé ;
et
49. Opérations bancaires islamiques : les opérations visées à l'article 68 conformes aux
principes de la finance islamique, notamment celles qui ne donnent pas lieu à la
perception ou au versement d'intérêts ;
50. Opérations de crédit-bail : elles concernent notamment :
51. les opérations de location de biens meubles ou immeubles, corporels ou incorporels à
usage professionnel, spécialement achetés ou construits, en vue de cette location, par
une entreprise qui en demeure propriétaire. L’opération de location, quelle que soit sa
dénomination, doit prévoir, à terme, la faculté pour le locataire d'acquérir tout ou partie
oj
des biens loués moyennant un prix convenu, tenant compte, au moins pour partie, des
versements effectués à titre de loyers ;
52. Participation : la contrepartie conférée par la souscription ou l’achat de titres émis par
l’établissement assujetti ;
53. Parties liées : les personnes physiques et morales qui sont directement ou
indirectement liées à l'établissement agréé. Les parties liées regroupent notamment :
i. la maison-mère de l'établissement agréé et toute entité sur laquelle cette
Pr
dernière exerce un contrôle exclusif, un contrôle conjoint ou une influence
notable ;
ii. toute entité sur laquelle l’établissement agréé exerce un contrôle exclusif, un
contrôle conjoint ou une influence notable ;
iii. une personne physique qui exerce un contrôle exclusif, un contrôle conjoint ou
une influence notable sur l’établissement agréé ;
iv. une personne physique ou morale qui détient au moins 10% des droits de vote
au sein de l'établissement agréé ;
v. les administrateurs et les dirigeants de l’établissement agréé ;
vi. les entreprises privées dans lesquelles les personnes physiques visées aux
points iii, iv et v ci-dessus exercent des fonctions de direction, d'administration,
de gérance, ou détiennent plus de 25% du capital social ;
vii. les personnes ayant un lien familial proche avec les personnes physiques visées
aux points iii, iv et v ci-dessus ;
8
54. Prestataires de services de paiement : l'ensemble constitué par les banques, les
établissements de monnaie électronique et les établissements de paiement ;
55. Résolution : la restructuration d’un établissement, par l'Autorité de résolution, au moyen
d’instruments de résolution prévus à l'article 183, afin de sauvegarder l’intérêt public et
d'atteindre un ou plusieurs des objectifs de résolution définis à l'article 169.
56. Risque systémique : le risque lié aux perturbations dans la fourniture de produits et
services financiers susceptibles d'avoir de graves répercussions sur la stabilité du
système financier et l'économie réelle d'un État membre donné ou de l'UMOA.
57. Services bancaires : l'ensemble des services qu'un établissement agréé est habilité à
offrir à sa clientèle dans le respect des conditions et limites définies par son agrément ;
58. Services bancaires de paiement : la délivrance ou l'émission de chèques, de lettre de
crédit ainsi que la fourniture de services de paiement ;
59. Services de paiement : les prestations suivantes :
et
i. le dépôt ou le retrait d'espèces et les opérations de gestion de compte ;
ii. l'exécution des opérations de paiement suivantes :
a. les virements et prélèvements unitaires ou permanents ;
b. les opérations de paiement effectuées avec une carte de paiement ou un
dispositif similaire ;
iii. les opérations de transfert de fonds ;
iv. les opérations de paiement effectuées par tout moyen de communication ;
oj
v. l'émission d'instrument de paiement et/ou l'acquisition d'opérations de paiement ;
vi. les services d'initiation de paiement ;
vii. les services d'information sur les comptes ;
60. Supervision sur base consolidée : le processus par lequel la Commission Bancaire de
l'UMOA surveille l'exposition aux risques ainsi que l'adéquation des fonds propres et de
la liquidité d'un groupe bancaire soumis à son contrôle, sur la base de la totalité des
activités dudit groupe au sein et en dehors de l'Union ;
Pr
61. Surveillance macroprudentielle : l'ensemble des actions menées pour mesurer,
évaluer, prévenir ou atténuer la survenance de risques systémiques dans l'UMOA ;
62. Système financier de l'UMOA : l'ensemble constitué par le secteur bancaire, le secteur
des assurances et le marché financier régional de l'UMOA ;
63. UMOA ou Union : Union Monétaire Ouest Africaine ;
64. Vente à réméré : une opération de vente par laquelle un vendeur cède un bien à un
établissement agréé. La transaction est assortie d'une option de rachat dudit bien par le
vendeur à un prix déterminé pendant une durée à convenir d'accord parties.
9
L'adoption des normes prudentielles applicables aux établissements agréés relève, en vertu du
Traité instituant l’Union Monétaire Ouest Africaine, de la compétence du Conseil des Ministres
de l'UMOA.
Le Conseil des Ministres de l’UMOA est également l’organe compétent pour connaître des
recours contre les décisions de la Banque Centrale et de la Commission Bancaire prises en
application de la présente loi et des textes réglementaires pris pour son application.
Le Ministre chargé des Finances est compétent en matière d'agrément, d'autorisations diverses
et
et de traitement des établissements en difficulté, dans les conditions prévues par la présente Loi
et l’Annexe à la Convention régissant la Commission Bancaire.
II veille, sur le territoire de ( )6, au respect des dispositions de l'article 31 et s’assure, en cas
d’exercice illégal de la profession, de l’application des dispositions de l’article 226 de la présente
loi, en relation avec les autorités judiciaires compétentes.
Le Ministre chargé des Finances peut, après avis conforme de la Commission Bancaire,
suspendre tout ou partie des opérations d'un ou de plusieurs établissements agréés implantés (
)7.
oj
Article 10 : Attributions de la Banque Centrale
La Banque Centrale prend, en vertu de ses Statuts annexés au Traité de l’UMOA, toutes
dispositions concernant les instruments et les règles de la politique du crédit applicables aux
établissements, notamment la constitution de réserves obligatoires déposées auprès d'elle, ainsi
que les taux et conditions des opérations effectuées par les établissements agréés avec leur
clientèle. Elle peut instituer des dispositions particulières en faveur de certains établissements
agréés à statut spécial.
Pr
La Banque Centrale prend en charge les frais de fonctionnement de la Commission Bancaire.
Elle peut, à cet égard, instituer, selon les conditions et modalités qu’elle fixe, des sources de
financement additionnelles ou alternatives de la supervision effectuée par la Commission
Bancaire de l’UMOA.
La Banque Centrale édicte des instructions, décisions ou avis pour préciser les modalités
d'application des dispositions de la présente loi.
La Commission Bancaire assure la supervision des entités visées à l’article 2 ainsi que leur mise
en résolution conformément aux dispositions de la présente loi, des législations spécifiques
applicables à ces entités ainsi que des pouvoirs qui lui sont conférés par la Convention la
régissant et son Annexe.
La Commission Bancaire précise, par voie de circulaires, les modalités d'application des
dispositions de la présente loi ainsi que celles des législations spécifiques applicables aux entités
visées à l'alinéa précédent.
Le Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution assure la garantie des dépôts des clients des
établissements de crédit et des Systèmes Financiers Décentralisés de l’UMOA et participe au
financement de la résolution de ses adhérents soumis à ce régime.
et
Article 14 : Caractère contraignant des décisions des Autorités compétentes
Les établissements agréés sont tenus de se conformer, sur une base individuelle, consolidée ou
sous-consolidée, aux décisions que le Conseil des Ministres de l'UMOA, le Ministre chargé des
Finances, la Banque Centrale, la Commission Bancaire, l'Autorité macroprudentielle et le Fonds
de Garantie des Dépôts et de Résolution prennent dans l'exercice des pouvoirs qui leur sont
conférés.
Constituent des opérations de banque, la réception de fonds du public, les opérations de crédit
ainsi que la mise à disposition de la clientèle ou la gestion de moyens de paiement.
Les établissements agréés sont seuls habilités à exercer les opérations de banque dans les
conditions prescrites aux articles 20 à 24 et sous réserve des dispositions dérogatoires prévues
à l’article 32.
Sont considérés comme fonds reçus du public, les fonds qu'une personne recueille d'un tiers,
notamment sous forme de dépôts, avec le droit d'en disposer pour son propre compte, mais à
et
charge pour elle de les restituer conformément aux conditions convenues. Constituent
également des fonds reçus du public, les certificats de dépôts, les fonds provenant d’une
émission de bons de caisse, les obligations et plus généralement tout titre de créance prévoyant
la remboursabilité des fonds, quelles qu'en soient la forme et les modalités.
Toutefois, ne sont pas considérés comme fonds reçus du public :
1. les fonds constituant le capital d'une société ;
2. les fonds reçus ou laissés en compte auprès d'une société par ses dirigeants, son
administrateur général, les membres de son conseil d'administration ou de l'organe
oj
collégial en tenant lieu, les associés en noms collectifs, les associés commandités, les
associés commanditaires ainsi que les actionnaires et sociétaires détenant au moins
10% du capital social ;
3. les fonds qu'une entreprise reçoit de ses salariés, sous réserve que leur montant
n'excède pas 10% des capitaux propres de ladite entreprise. L'appréciation de ce seuil
ne tient pas compte des fonds reçus des salariés en vertu de dispositions législatives
particulières ;
4. les fonds reçus des établissements du secteur bancaire, à l'occasion d'opérations de
Pr
crédit ;
5. les fonds provenant d'un appel public à l'épargne sous forme de participation au capital
d'une entreprise cotée ou d'emprunt obligataire ;
6. les fonds provenant de financement participatif ;
7. les dépôts, les consignations ainsi que les cautionnements reçus par une CDC dans le
cadre de ses missions d’intérêt général.
Constitue une opération de crédit, tout acte par lequel une personne, agissant à titre onéreux :
1. met ou s'engage à mettre des fonds à la disposition d'une autre personne, à charge pour
celle-ci de les rembourser ;
2. prend, dans l'intérêt d'une autre personne, un engagement par signature tel qu'un aval,
un cautionnement ou toute autre garantie.
3. Sont assimilés à des opérations de crédit :
12
4. le crédit-bail et, de manière générale, toute opération de location assortie d'une option
d'achat ;
5. l’affacturage ;
6. la vente à réméré de biens, y compris les effets et les valeurs mobilières.
Les opérations de crédit-bail et d'affacturage font l'objet d'une législation spécifique.
Toutefois, ne sont pas considérés comme une opération de crédit :
1. les avances sur salaires ou les prêts exceptionnels consentis par une entreprise à ses
salariés pour des motifs d’ordre social ;
2. le paiement différé du prix des logements consenti par les constructeurs ou prestataires
de services immobiliers à des personnes physiques accédant à la propriété. Ces
opérations doivent être effectuées exclusivement à titre accessoire à l'activité des
constructeurs ou prestataires de services immobiliers ;
et
3. les prêts accordés à des personnes physiques par les organismes sans but lucratif
dûment constitués, sur ressources propres et sur ressources empruntées, dans le cadre
de leur mission et pour des motifs d'ordre social ;
4. les prêts consentis par des personnes morales ou par des personnes physiques agissant
à des fins non professionnelles ou commerciales, dans le cadre du financement
participatif.
Les banques sont habilitées à effectuer toutes les opérations de banque prévues à l'article 16.
Les établissements financiers sont habilités à effectuer une ou plusieurs opérations de banque
Pr
dans le respect des conditions et limites définies par leur agrément.
Ils ne peuvent recevoir de dépôts que sur autorisation préalable du Ministre chargé des
Finances, après avis conforme de la Commission Bancaire.
Les conditions et modalités d'exercice des activités des établissements financiers sont fixées par
la Banque Centrale.
Sous réserve, le cas échéant, du respect des autorisations et autres dispositions législatives et
réglementaires spécifiques relatives à l'exercice de certaines activités ou professions, les
établissements de crédit sont habilités à effectuer les opérations suivantes, considérées comme
connexes à leurs activités :
1. les opérations sur or et métaux précieux ;
2. les opérations de change manuel ou scriptural ;
3. les opérations liées au placement, à la souscription, à l'achat, à la gestion, à la garde et
à la vente de valeurs mobilières et de tout produit financier ;
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et
définies par leur agrément.
Les opérations exécutées par les établissements de paiement sont associées à un compte de
paiement.
Les établissements de paiement peuvent exercer les opérations de change, les services de
garde ainsi que l'enregistrement et le traitement de données, considérés comme connexes à
leurs activités.
Les conditions et modalités d'exercice des activités des établissements de paiement sont fixées
par la Banque Centrale.
oj
Article 24 : Opérations autorisées aux établissements de monnaie électronique
et
4. d'acquérir ou de détenir des participations sous forme d'actions cotées d'une seule
entreprise dont la valeur excède un seuil défini par la Banque Centrale.
La Banque Centrale ou la Commission Bancaire fixe les autres dispositions encadrant les
relations avec les parties liées.
Il est interdit aux établissements de monnaie électronique de consentir, sous quelque forme que
ce soit, des services de crédit à leur clientèle, de payer des intérêts sur les fonds perçus en
contrepartie des unités de monnaie électronique émises. Toutefois, les fonds provenant d'un
crédit octroyé à un client par une banque ou une institution de microfinance peuvent être utilisés
Pr
pour émettre de la monnaie électronique.
La Banque Centrale peut interdire aux établissements agréés de nouer des partenariats
comportant une clause d'exclusivité pour la prestation d’un ou de plusieurs services.
La Banque Centrale peut interdire aux établissements agréés de mener des activités ou de
réaliser des opérations pouvant compromettre la stabilité du système financier de l'UMOA.
Le Ministre chargé des Finances peut, après avis conforme de la Commission Bancaire,
accorder des dérogations individuelles et temporaires aux dispositions du présent Chapitre.
15
Nul ne peut, sans avoir été préalablement agréé et inscrit sur l'une des listes visées à l'article
41 :
1. exercer l'activité bancaire ;
2. se prévaloir de la qualité de banque, de banquier, d’établissement financier,
d’établissement de paiement, d'établissement de monnaie électronique ou de FinTech,
ni créer l’apparence de cette qualité, notamment par l’emploi de termes tels que banque,
banquier, bancaire ou établissement financier ou établissement de paiement ou
et
établissement de monnaie électronique ou FinTech dans sa dénomination sociale, son
nom commercial, sa publicité ou, d’une manière quelconque, dans son activité;
3. ou, exercer l’activité d'émission et de gestion de monnaie électronique.
Par dérogation aux dispositions des articles 16 et 31, les institutions de microfinance sont
habilitées à exercer les opérations de banque dans le respect des limites et conditions résultant
des textes législatifs et réglementaires qui les régissent.
oj
La BCEAO institue des dispositions spécifiques aux FinTech.
La BCEAO peut accorder à toute personne morale admissible au Laboratoire d’Innovation
Financière une dérogation temporaire lui permettant d’exercer, dans un environnement de test,
une ou plusieurs opérations de banque. La durée de la dérogation et les modalités sont précisées
par la Banque Centrale.
Les compagnies financières et les banques multilatérales de développement définies à l’article
7 ne sont pas soumises à l'interdiction prévue à l'article 31(b).
Pr
Article 33 : Portée de l’interdiction d’exercice
Les interdictions prévues à l'article 31 (a) ne font pas obstacle à ce qu’une entreprise, quelle que
soit sa nature, puisse notamment dans l’exercice de son activité professionnelle :
1. consentir à ses contractants des délais ou avances de paiement ;
2. conclure des contrats de location de logements assortis d’une option d’achat ;
3. procéder à des opérations de trésorerie avec des sociétés ayant avec elle, directement
ou indirectement, des liens de capital conférant à l’une des entreprises liées, un pouvoir
de contrôle effectif sur les autres ;
4. émettre des valeurs mobilières, ainsi que des titres de créances négociables,
conformément aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur ;
5. émettre des instruments de paiement pour l’achat, auprès d’elle, d’un bien ou d’un
service déterminé, conformément aux dispositions réglementaires sur les services de
paiement.
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La personne morale requérant l'agrément doit revêtir l'une des formes juridiques prévues au
présent article.
Les banques sont constituées sous forme de société anonyme à capital fixe ou de société
coopérative à capital variable. Exceptionnellement, elles peuvent revêtir la forme d'autres
personnes morales à statut spécial.
Les établissements financiers, les établissements de paiement et les établissements de monnaie
électronique sont constitués sous forme de société anonyme à capital fixe, de société à
responsabilité limitée ou de société coopérative à capital variable.
Les établissements agréés ne peuvent revêtir la forme d’une société unipersonnelle.
et
La personne morale requérant l'agrément doit avoir son siège social ainsi que ses organes de
gouvernance sur le territoire d'un État membre de l'UMOA.
La personne morale requérant l'agrément doit disposer d'un niveau de capital qui ne peut être
inférieur au montant minimal fixé par le Conseil des Ministres de l'UMOA.
Le niveau du capital social minimum exigé respectivement aux banques, aux établissements
financiers, aux établissements de paiement et aux établissements de monnaie électronique peut
oj
être différencié selon le type d'activités qu'ils exercent et les risques auxquels ils sont exposés.
Toutefois, pour un établissement agréé donné, la décision d'agrément peut fixer un montant
minimal supérieur à celui visé à l'alinéa premier.
Le capital social doit être intégralement libéré en numéraire et dans une monnaie ayant cours
légal en ( )9, à la date de l'agrément, à concurrence du montant minimal exigé dans la décision
d'agrément. Le capital libéré doit rester à tout moment employé dans les Etats membres de
l'UMOA.
Pr
Article 37 : Nature des actions ou parts sociales et limitation du seuil de détention
Les actions ou parts sociales émises par les établissements agréés ayant leur siège social en (
)8 doivent revêtir la forme de titres nominatifs.
Un établissement agréé se fait coter à la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières de l’UMOA
lorsqu’il atteint une taille fixée par la Banque Centrale.
Un actionnaire ou associé ne peut détenir directement ou indirectement un nombre d'actions
d'un établissement excédant un seuil fixé par la Banque Centrale.
La demande d'agrément est adressée au Ministre chargé des Finances et déposée auprès de
la Banque Centrale qui l'instruit. Celle-ci s'assure notamment que la personne morale requérante
satisfait aux exigences prévues aux articles 34 à 37.
La Banque Centrale s'assure également :
1. de la qualité et de l’identité des personnes ayant assuré l'apport des capitaux et le cas
échéant de leurs bénéficiaires effectifs, en particulier leur honorabilité, leur réputation et
leur capacité financière ;
2. de la transparence de la structure de propriété, de l'origine licite des fonds apportés par
les promoteurs pour la constitution du capital social, au regard de la législation relative à
la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ainsi que de
et
l'aptitude des actionnaires ou associés à apporter, en cas de besoin, un soutien financier
supplémentaire à l’établissement ;
3. de l’inexistence de faits ou de soupçons liés à une opération ou une tentative de
blanchiment de capitaux ou de financement du terrorisme, relevés par une autorité
compétente des Etats membres de l’UMOA, impliquant directement ou indirectement le
réquérant, les actionnaires et les bénéficiaires effectifs de l’actionnariat ainsi que les
membres des organes de gouvernance ;
4. de l’existence d’un système approprié de gouvernance, de gestion des risques, de
contrôle interne et de gestion de la conformité ;
oj
5. du respect par les administrateurs et dirigeants pressentis, des conditions et obligations
prévues aux articles 57, 58, 59 et 62 ;
6. de l'aptitude de la personne morale requérante à réaliser ses objectifs de
développement, dans des conditions compatibles avec le bon fonctionnement du
système bancaire et une protection suffisante de la clientèle ;
7. de la viabilité du plan stratégique et du plan d'exploitation projeté, y compris les
projections financières ;
Pr
8. de la conformité aux normes réglementaires, des projections prudentielles ;
9. de l'adéquation du programme d'activité avec le dispositif de gouvernance ainsi que les
moyens techniques et financiers de la personne morale requérante ;
10. de l'inexistence d'obstacles susceptibles d'entraver le contrôle prévu au Titre VIII.
La Banque Centrale peut, pour les besoins de l'instruction :
i. requérir du promoteur tout autre document ou information complémentaire qu'elle
juge nécessaire, effectuer des visites sur site en vue de s'assurer de la pertinence
des informations communiquées ou convoquer et entendre le requérant ;
ii. consulter, le cas échéant, par l’intermédiaire de la Commission Bancaire de l’UMOA,
toute autorité étrangère sur l’actionnariat de l’établissement requérant ses
administrateurs et dirigeants pressentis, son domaine d’activité ainsi que le contrôle
auquel il est soumis.
18
L’agrément d’un établissement ayant une origine étrangère est en outre subordonné à :
1. l'existence d'une réglementation et d'une supervision de l'autorité de contrôle d'origine
au moins équivalentes à celles de l'UMOA ;
2. l’inexistence de dispositions juridiques du pays d'origine, de nature à entraver les
échanges d'informations nécessaires à la supervision de l'établissement agréé dans
l’UMOA ;
3. l’obtention d’un accord ou d’un avis de non-objection de l'autorité de contrôle d'origine
du requérant, sous réserve que cette dernière exerce une supervision sur base
consolidée.
La Banque Centrale détermine les modalités de l’instruction des demandes d'agrément.
La Commission Bancaire peut fixer, si nécessaire, des critères d'agrément supplémentaires.
L'agrément est accordé par arrêté du Ministre chargé des Finances, après avis conforme de la
Commission Bancaire.
La délivrance de l’agrément rend contraignants, à l’égard de l’établissement agréé, tous les
engagements financiers souscrits dans la demande d’agrément. L’établissement agréé doit à
tout moment remplir les conditions de son agrément.
L'agrément est réputé avoir été refusé s'il n'est pas octroyé dans un délai d'ordre de six (6) mois
à compter de la réception par la Banque Centrale, de la demande accompagnée du dossier
complet, sauf avis contraire donné au demandeur. Ce délai est porté à neuf (9) mois lorsque
l’avis de non-objection de l’autorité de contrôle d’origine du requérant est requis, en application
de l’article 38 ;
L’agrément peut être limité à l’exercice de certaines opérations définies par l’objet social du
demandeur.
L'arrêté d'agrément est publié au Journal officiel de l'Etat d'implantation.
Lorsque l'avis conforme prévu à l'alinéa premier est défavorable, le refus de l'agrément motivé
est notifié au requérant par le Ministre chargé des Finances.
L'agrément est constaté par l'inscription sur la liste des banques, celle des établissements
financiers, celle des établissements de paiement ou celle des établissements de monnaie
électronique.
Les listes prévues à l’alinéa premier sont établies et tenues à jour par la Commission Bancaire
qui affecte un numéro d'inscription à chaque établissement agréé.
Les listes des établissements agréés ainsi que les modifications dont elles font l'objet, y compris
les radiations, sont publiées au Journal Officiel des Etats membres de l’UMOA, à la diligence de
la Commission Bancaire. Elles font également l'objet de publication dans un journal d'annonces
légales ou dans un journal à grand tirage, dans chaque Etat membre. Elles sont également
publiées sur le site internet de la Commission Bancaire.
Les banques, les établissements financiers, les établissements de paiement et les
établissements de monnaie électronique doivent faire figurer leur numéro d'inscription prévu à
l’alinéa 2, sur leurs documents officiels.
L’établissement agréé doit démarrer ses activités, dans un délai d’un an à compter de l’arrêté ou
de la décision d’agrément. A défaut, l’agrément peut être retiré dans les conditions prévues à
l'article 197.
20
Les fonds propres de base d'un établissement agréé doivent, à tout moment, être au moins
égaux au montant minimal déterminé en application de l'article 36, sans pouvoir être inférieurs
au minimum de fonds propres de base qui pourrait être rendu obligatoire en vertu de la
réglementation prudentielle.
Lorsqu'une Décision du Conseil des Ministres de l'UMOA relève le niveau du capital social
minimum, les établissements agréés concernés sont tenus de s’y conformer dans le délai fixé
par ladite Décision.
Les établissements agréés sont tenus de constituer une réserve spéciale, incluant toute réserve
légale éventuellement exigée par les lois et règlements en vigueur, alimentée par un
prélèvement annuel sur les bénéfices nets réalisés, après imputation, le cas échéant, du report
à nouveau déficitaire.
Le montant de ce prélèvement est fixé par la réglementation prudentielle.
Un établissement agréé qui envisage d’ouvrir dans un État membre autre que celui de son État
d'implantation, une succursale qui bénéficierait de son agrément doit, préalablement à
l’ouverture de ladite succursale, obtenir l’autorisation d’installation de la Commission Bancaire
de l’UMOA.
L’autorisation ou le refus d’installation est prononcé par la Commission Bancaire qui notifie sa
décision à l'établissement requérant, dans un délai de trois (3) mois à compter de la date de
dépôt du dossier complet de demande d'installation auprès de la Banque Centrale, sauf avis
contraire donné au demandeur.
Préalablement à la notification prévue à l'alinéa précédent, la Commission Bancaire en informe
le Ministre chargé des Finances du pays d’origine et celui du pays d’accueil de l’établissement
requérant.
21
L’autorisation d’installation est constatée par l’inscription sur les listes prévues à l'article 41.
La décision portant autorisation d'installation est publiée sur le site internet de la Commission
Bancaire.
L'établissement agréé autorisé à implanter une succursale doit démarrer les activités de cette
entité, dans un délai d’un an, à compter de la date de la décision d'autorisation. A défaut,
l'autorisation d'installation peut être retirée dans les conditions prévues à l'article 200.
Sont subordonnées à l'autorisation préalable du Ministre chargé des Finances, les opérations
suivantes relatives aux établissements ayant leur siège social en ( )10 :
1. toute modification de la forme juridique, de la dénomination sociale, ou du nom
commercial ;
2. tout transfert du siège social dans un autre Etat membre de l’UMOA ;
3. toute opération de fusion par absorption ou création d'une société nouvelle, ou de
scission ;
4. toute dissolution anticipée ;
5. toute prise ou cession de participation qui aurait pour effet de porter la participation dans
l'établissement, d'une même personne, directement ou indirectement d'abord au-delà de
la minorité de blocage, puis au-delà de la majorité des droits de vote, ou d'abaisser cette
participation au-dessous de ces seuils ;
6. toute cession par un établissement de plus de vingt pour cent (20 %) de son actif
correspondant à ses opérations en ( )11;
7. toute mise en gérance ou cessation de l'ensemble de ses activités en ( )11
8. toute ouverture d'une fenêtre islamique.
Au sens de la présente loi, la majorité des droits de vote et la minorité de blocage prévues à
l’alinéa précédent sont fixées respectivement à la moitié des voix plus une et au tiers des droits
de vote plus une.
Est également soumise à l'autorisation préalable du Ministre chargé des Finances, l'ouverture
d'un bureau de représentation au sein de l'UMOA par un établissement étranger.
Ce bureau peut user, dans son appellation, de la dénomination sociale de l'établissement qu'il
représente, précédé de la mention Bureau de représentation.
Les autorisations préalables prévues aux articles 21, 49, et 115 sont accordées comme en
matière d'agrément.
Les établissements agréés doivent notifier au Ministre chargé des Finances, à la Commission
Bancaire et à la Banque Centrale les opérations suivantes, dès leur réalisation :
1. les ouvertures, fermetures, transformations, transferts, cessions ou mises en gérance de
guichets ou d'agences en ( )12 ;
2. toute prise de participation dans une société représentant moins de 10% des droits de
vote ou du capital social de l'entité émettrice ;
3. toute ouverture ou fermeture d’un bureau de représentation hors de l'UMOA ;
4. le déménagement du Siège social ou des organes de gouvernance sur le territoire du (
)13.
Les établissements agréés doivent informer la Commission Bancaire de tout événement pouvant
avoir une incidence négative sur le caractère acceptable d’un actionnaire important ou détenant
un pouvoir de contrôle.
TITRE IV : GOUVERNANCE
Les dispositions du droit commun régissant les sociétés commerciales et les sociétés
coopératives s’appliquent aux établissements agréés, tant qu’il n’y est pas dérogé par la
présente loi.
Les établissements agréés doivent mettre en place une structure de gestion adéquate basée sur
un partage de responsabilités bien défini, transparent et cohérent.
Le dispositif de gouvernance doit notamment :
1. être élaboré et mis en œuvre en tenant compte notamment de la sécurité des systèmes
d'information, la couverture de l’ensemble des risques encourus par l’établissement et
des éventuels conflits d'intérêts ;
2. établir et formaliser les stratégies, politiques et procédures à mettre en place, pour définir
et organiser les divers moyens nécessaires à l’atteinte d’une saine gouvernance ;
3. définir clairement les rôles et obligations des intervenants ;
4. répondre aux besoins de l’établissement dans son ensemble et de chacune de ses unités
organisationnelles et opérationnelles ;
5. intégrer des mécanismes visant à maintenir et/ou rétablir son fonctionnement en cas de
discontinuité ;
6. refléter, au fil du temps, les changements découlant des caractéristiques de
l'établissement et de son environnement externe ainsi que des évolutions relatives aux
meilleures pratiques en matière de gouvernance ;
7. prévoir des mécanismes permettant de s'assurer de l'intégrité et de l'engagement des
intervenants, qui doivent être en nombre suffisant, compétents et avoir une bonne
connaissance des activités de l’établissement, de ses risques ainsi que de ses
obligations juridiques.
Les fonctions de président de l’organe délibérant et celles de directeur général doivent être
exercées par deux personnes physiques distinctes.
Le président de l’organe délibérant ne peut exercer simultanément des fonctions similaires
auprès d'une autre personne morale soumise au contrôle de la Commission Bancaire.
Un administrateur ne peut exercer simultanément des fonctions similaires sur un même territoire
auprès d’une autre personne morale soumise au contrôle de la Commission Bancaire.
Le représentant permanent d’une personne morale au sein de l’organe délibérant ne peut ni
assurer la présidence de cet organe, ni être désigné en qualité de dirigeant de l’organe exécutif
prévu à l’article 55.
Les membres de l'organe exécutif ne peuvent exercer aucune fonction de salarié auprès d'une
autre personne morale.
Lorsque l’établissement agréé concerné n’est pas affilié à un groupe, le nombre de mandat qu’un
membre de l’organe délibérant peut exercer à titre personnel ou en qualité de représentant d’une
personne morale, auprès d'autres personnes morales, ne peut pas dépasser la limite fixée par
la Commission Bancaire.
Sans préjudice des dispositions de l'alinéa précédent, la Commission Bancaire peut limiter le
nombre de mandat des administrateurs des établissements bancaires d'importance systémique
visés à l'article 103.
25
Les dirigeants et les administrateurs des établissements agréés doivent disposer d'une formation
académique et d'une expérience professionnelle dont les niveaux et les domaines sont fixés par
la Commission Bancaire.
Article 58 : Interdictions
Toute condamnation pour crime de droit commun, pour faux ou usage de faux en écriture
publique, pour faux ou usage de faux en écriture privée, de commerce ou de banque, pour vol,
pour escroquerie ou délits punis des peines de l'escroquerie, pour abus de confiance, pour
banqueroute, pour détournement de deniers publics, pour soustraction par dépositaire public,
pour extorsion de fonds ou valeurs, pour corruption, pour infraction à la réglementation des
relations financières extérieures, pour infraction à la législation contre le blanchiment de capitaux
et le financement du terrorisme, pour atteinte au crédit de l'Etat ou pour recel de choses obtenues
à l'aide de ces infractions, ou toute condamnation pour infraction assimilée par la loi à l'une de
celles énumérées ci-dessus, emporte de plein droit interdiction :
1. de diriger, administrer ou gérer un établissement agréé ou une de ses agences ;
2. d'exercer l'une des activités définies aux articles 16, 22, 23 et 24 ;
3. de proposer au public la création d'un établissement agréé ;
4. de prendre des participations dans le capital d'un établissement agréé.
Toute condamnation pour tentative ou complicité dans la commission des infractions énumérées
ci-dessus emporte les mêmes interdictions.
Les interdictions ci-dessus s'appliquent de plein droit lorsque la condamnation ou la faillite a été
prononcée à l'étranger. Dans ce cas, le ministère public ou l'intéressé peut saisir la juridiction
compétente d'une demande tendant à faire constater que les conditions d'application des
interdictions ci-dessus sont ou non réunies. Le tribunal statue après vérification de la régularité
et de la légalité de la décision étrangère, l'intéressé dûment appelé en ( )14. La décision ne peut
faire l'objet que d'un recours en cassation.
Les mêmes interdictions s'appliquent de plein droit aux faillis non réhabilités, aux officiers
ministériels destitués et aux dirigeants ou administrateurs suspendus ou démis par la
Commission Bancaire de l’UMOA en application de l’article 220, par une autre autorité de
supervision du secteur financier de l'UMOA, ou par une autorité étrangère.
Lorsque la décision, dont résulte l'une des interdictions visées au présent article, est
ultérieurement rapportée ou infirmée, l'interdiction cesse de plein droit, à condition que la
nouvelle décision ne soit pas susceptible de voies de recours.
Les fonctions de membres des organes de gouvernance d’un établissement agréé sont
incompatibles avec toute fonction ministérielle ou assimilée au sein d’un gouvernement d’un Etat
et tout mandat électif.
Les membres des organes de gouvernance ne doivent pas être en situation de conflit d'intérêts
apparents ou potentiels avec l'établissement agréé concerné.
Tout établissement agréé doit déposer et tenir à jour auprès de la Commission Bancaire et du
greffier chargé de la tenue du registre du commerce et du crédit mobilier, la liste de ses
administrateurs et celle de ses dirigeants.
Le greffier transmet une copie de la liste susvisée et de ses modifications sous huitaine au
Procureur de la République.
Nul ne peut diriger, administrer ou gérer un établissement agréé ou une de ses agences, s'il n'a
pas la nationalité ( )15 ou celle d'un Etat membre de l'UMOA, à moins qu'il ne jouisse, en vertu
d'une convention d'établissement, d'une assimilation aux ressortissants ( )16.
Le Ministre chargé des Finances peut accorder, sur avis conforme de la Commission Bancaire,
des dérogations individuelles aux dispositions de l'alinéa précédent pour l’une des fonctions
relevant des organes de gouvernance.
L’octroi de la dérogation tient compte des critères requis aux articles 57, 58 et 59 ainsi que de la
nécessité d’assurer une représentation suffisante des ressortissants de l’UMOA au sein des
organes de gouvernance.
Les modalités de traitement de la demande de dérogation individuelle prévue à l'alinéa 2 sont
précisées par la Commission Bancaire.
Tout dirigeant ayant obtenu la dérogation à la condition de nationalité, pour exercer dans un
établissement agréé d’un Etat membre de l’UMOA, n'est pas tenu de solliciter une nouvelle
dérogation pour l’exercice des fonctions de dirigeant ou d’administrateur dans tout autre
établissement agréé de l'UMOA.
Tout administrateur ayant obtenu la dérogation à la condition de nationalité, pour exercer dans
un établissement agréé d’un Etat membre de l’UMOA, n'est pas tenu de solliciter une nouvelle
dérogation pour l'exercice de fonctions similaires, dans tout autre établissement agréé de
l'UMOA. Une nouvelle dérogation est requise pour cet administrateur, pour l’exercice des
fonctions de dirigeant d'un établissement agréé de l'UMOA.
2. au Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution agissant en vertu des articles 140 et
157.
L’obligation de secret professionnel ne cesse pas à l’arrêt de fonction ou de prestation de
services auprès de l’établissement.
Il est interdit aux personnes visées à l'article 64 d'utiliser les informations confidentielles dont
elles ont connaissance dans le cadre de leur activité, pour réaliser directement ou indirectement
des opérations pour leur propre compte ou en faire bénéficier d'autres personnes.
29
Les banques, les établissements financiers et les établissements de paiement peuvent exercer
l'activité bancaire islamique soit à titre exclusif, soit à travers une fenêtre dédiée.
Les activités bancaires islamiques sont exercées dans le respect des limites et conditions fixées
par l'agrément ainsi que des avis et certificats de conformité émis par les instances de conformité
visées aux articles 69 et 70.
La Banque Centrale peut autoriser d'autres entités à exercer l'activité bancaire islamique.
Les opérations bancaires islamiques effectuées par les entités visées à l'article 66 comprennent
les activités bancaires autorisées prévues au Titre II, répondant aux conditions fixées à l'article
66, alinéa 2.
30
Chaque établissement de finance islamique doit être doté d'un Conseil de Conformité, selon les
modalités fixées par la Banque Centrale.
Le Conseil de Conformité est chargé notamment :
1. de conseiller l'établissement de finance islamique en matière de conformité aux principes
de la finance islamique ;
2. d'analyser la conformité des opérations aux principes de la finance islamique ;
3. d'examiner et approuver annuellement les rapports d'audit et de conformité aux principes
de la finance islamique ;
4. d'émettre une opinion indépendante en délivrant un Certificat de Conformité pour les
opérations et services envisagés.
L’établissement de finance islamique affilié à une compagnie financière ou à un holding bancaire
peut se référer au Conseil de conformité de son groupe.
Les membres du Conseil de Conformité sont soumis au respect des critères prévus aux articles
57, 58, 59, 62 et 63.
Les conditions et modalités d'application du présent titre sont fixées par la Banque Centrale.
31
Les établissements agréés doivent tenir à leur siège social, principal établissement ou agence
principale en ( )17, une comptabilité particulière des opérations qu'ils traitent sur le territoire de
( )18.
Les comptes annuels des établissements agréés, arrêtés au 31 décembre, sont établis sur une
base individuelle et consolidée, conformément aux dispositions comptables et autres règles
arrêtées par la Banque Centrale.
Avant le 30 juin de l'année suivante, les établissements agréés communiquent à la Banque
Centrale et à la Commission Bancaire, leurs comptes annuels, dans les conditions prescrites par
la Banque Centrale.
Les dispositions du droit commun permettant aux sociétés commerciales d'obtenir une
prorogation, par décision de justice, du délai de six (6) mois après la clôture de l’exercice pour
l’approbation des comptes, ne s’appliquent pas aux établissements agréés.
La Banque Centrale peut requérir des établissements agréés d'établir, en cours d'exercice, des
comptes intermédiaires sur base individuelle et consolidée, selon la périodicité et dans les
conditions qu'elle définit.
Ces comptes intermédiaires sont communiqués à la Banque Centrale et à la Commission
Bancaire, dans les conditions prescrites par la Banque Centrale.
Les établissements agréés ont l’obligation de soumettre leurs comptes annuels visés à l'article
73 à l’approbation d'un ou de plusieurs commissaires aux comptes conformément aux
dispositions énoncées aux articles 119 à 127.
Les comptes intermédiaires prévus à l'article 74 peuvent être soumis à l'examen limité du ou des
commissaires aux comptes conformément aux dispositions énoncées aux articles 119 à 127.
Les comptes annuels de chaque établissement agréé sont publiés au Journal Officiel (de l'Etat
concerné), dans un ou plusieurs journaux d’annonces légales et sur les sites internet de la
BCEAO et de la Commission Bancaire, à la diligence de la Banque Centrale.
Les frais de publication au Journal Officiel et dans le ou les journaux d’annonces légales sont à
la charge de l’établissement agréé.
L'établissement agréé est tenu de mettre à la disposition de sa clientèle ses comptes annuels
dans un support aisément accessible.
Les établissements bancaires d’importance systémique visés à l’article 103 doivent publier sur
leur site internet leurs comptes annuels des cinq dernières années.
33
Les établissements agréés doivent respecter, sur base individuelle et/ou consolidée, les normes
prudentielles destinées à garantir leur liquidité et leur solvabilité vis-à-vis des déposants et des
tiers ainsi que l'équilibre de leur situation financière.
Sans préjudice des mesures prévues dans la réglementation prudentielle, tout établissement
agréé en infraction aux normes prudentielles doit soumettre à la Commission Bancaire, dans le
délai fixé qu’elle fixe un plan de retour à la conformité prévu à l’article 153.
Les établissements agréés sont tenus de respecter les exigences de fonds propres minimums
fixées par la réglementation prudentielle.
Les exigences réglementaires de fonds propres à respecter par les établissements sont
constituées, en sus des fonds propres minimums prévus à l'alinéa premier :
1. du coussin de conservation ;
2. du coussin contracyclique ;
3. du coussin systémique.
Les niveaux des fonds propres minimums et du coussin de conservation sont fixés dans la
réglementation prudentielle.
Le taux de coussin contracyclique est établi par l'Autorité macroprudentielle visée aux articles
12 et 141 selon une fréquence qu'elle détermine.
Les établissements bancaires d'importance systémique sont soumis à une surcharge de fonds
propres ou coussin systémique, dont les taux sont fixés par la Commission Bancaire.
Les établissements agréés peuvent être requis par la Commission Bancaire, de disposer d'un
niveau de fonds propres supérieur aux exigences réglementaires définies à l'article 81,
notamment dans les cas suivants :
1. l'établissement est exposé à des risques qui sont partiellement ou non couverts par les
fonds propres réglementaires ;
34
Nonobstant toutes dispositions contraires, il est interdit à un établissement agréé qui respecte
les exigences réglementaires de fonds propres de procéder à une distribution discrétionnaire
d'une ampleur telle qu'elle réduirait ses fonds propres à un niveau induisant une infraction à la
norme de solvabilité.
Il est interdit à l'établissement agréé en infraction aux normes prudentielles de procéder à toute
distribution discrétionnaire, à savoir le versement de dividendes, la rémunération de parts
sociales ou le versement primes de rémunération sous quelque forme que ce soit, jusqu'à son
retour à la conformité.
Les établissements agréés sont tenus de respecter les normes de liquidité minimales fixées par
la réglementation prudentielle.
Ils doivent maintenir des coussins de liquidité appropriés et disposer d’un plan de financement
d’urgence, exposant clairement leurs stratégies pour résoudre les pénuries de liquidité en cas
de crise.
Les établissements agréés peuvent être soumis, par la Commission Bancaire, à des exigences
de liquidité supérieures aux minimums réglementaires, notamment dans les cas suivants :
1. l'existence d'un risque de liquidité à caractère systémique sur le territoire de ( ) ou dans
l'UMOA ;
2. les résultats des simulations de crise effectuées par l'établissement agréé ou la
Commission Bancaire révèlent une insuffisance pour faire face à des risques dont la
survenance est probable ;
3. le dispositif de maîtrise du risque est défaillant ;
4. les résultats du contrôle sur pièces ou sur place visé à l'article 98 révèlent une sous-
estimation du risque réel de liquidité encouru par l'établissement.
Les établissements agréés sont tenus de respecter toutes les limites prudentielles applicables à
leurs opérations.
36
Les établissements agréés peuvent mandater des personnes physiques ou des personnes
morales autres qu'un établissement agréé, dénommées “intermédiaires mandatés”, pour exercer
des activités pour lesquelles ils sont agréés.
L'activité d'intermédiaire mandaté ne peut s'exercer qu'entre deux personnes dont l'une au moins
est un établissement agréé.
Les intermédiaires mandatés sont classés selon les deux catégories ci-après :
1. les agents bancaires ;
2. les agents de services de paiement.
La Banque Centrale peut définir d'autres catégories d'intermédiaires mandatés dans les
conditions et modalités qu'elle fixe.
Nul ne peut exercer l'activité d'intermédiaire mandaté sans avoir été préalablement immatriculé
sur le registre tenu par la Banque Centrale.
La Banque Centrale publie le registre des intermédiaires mandatés sur son site internet.
Toute cessation d'activité par un intermédiaire mandaté est préalablement notifiée par
l’établissement mandant à la Banque Centrale.
L'intermédiaire mandaté est tenu d'agir, en toutes circonstances, en vertu du mandat délivré par
l'établissement agréé mandant. Ce mandat mentionne la nature et les conditions des opérations
que l'intermédiaire mandaté est habilité à accomplir.
37
Une garantie financière ou une police d'assurance en responsabilité civile est exigée des
intermédiaires mandatés habilités à collecter des dépôts du public dans les conditions précisées
par la Banque Centrale.
Cette garantie financière ne peut résulter que d’un cautionnement donné par un établissement
de crédit ou une société d’assurances ou de réassurance, dûment agréée, conformément à la
législation en vigueur.
Les intermédiaires mandatés autorisés à recevoir des fonds du public sont tenus, sous la
responsabilité de l’établissement mandant, de respecter les dispositions légales et
réglementaires régissant le devoir de vigilance en matière de lutte contre le blanchiment de
capitaux et le financement du terrorisme.
Les établissements de crédit peuvent faire appel aux services des agents bancaires dont
l'activité principale consiste à présenter, à proposer ou à aider à la conclusion de tout ou partie
des opérations de banque ou à effectuer tous travaux et conseils préparatoires à leur réalisation.
Les agents bancaires sont habilités à effectuer à titre de profession habituelle, sans se porter
ducroire, l'activité d'intermédiation couvrant toutes les opérations de banque visées à l'article 16
dans la limite de leur mandat.
Les prestataires de services de paiement peuvent recourir aux services des agents de services
de paiement habilités, notamment à offrir un ou plusieurs services de paiement, à faire la
promotion des services qu'ils fournissent et à démarcher des clients pour leur compte dans la
limite de leur mandat.
La Banque Centrale peut fixer des règles spécifiques à chaque catégorie d’intermédiaire en
fonction de la nature de leurs activités et des risques encourus.
Les modalités d’application des dispositions du présent titre sont fixées par la Banque Centrale.
38
Le contrôle des entités visées à l’article 2 est assuré par la Commission Bancaire de l'UMOA,
dans les conditions et selon les modalités prévues par la Convention la régissant, la présente
loi, ainsi que toutes autres législations qui leur sont applicables.
Le contrôle prévu à l’article 97 s'effectue aux moyens de contrôles sur pièces et sur place, sur
base sociale ou consolidée, conformément aux dispositions en vigueur sur le territoire de ( )19.
La Commission Bancaire de l'UMOA exerce les contrôles prévus à l'alinéa précédent par son
Secrétariat Général ou par toute autre personne qu'elle habilite à cet effet, en vertu des pouvoirs
qui lui sont conférés par la présente loi et la Convention la régissant.
Dans le cadre du contrôle sur pièces, les établissements agréés communiquent à la Commission
Bancaire toutes informations relatives à leur organisation, leur fonctionnement, leur situation et
à leurs opérations.
La Commission Bancaire peut procéder à des inspections sur place et prendre connaissance et
copie, sans déplacement, de toute information détenue par l'établissement agréé, en vue de :
1. vérifier le respect des dispositions légales et réglementaires applicables, relatives au
statut des établissements agréés, ainsi que l'exactitude et la sincérité de la comptabilité
et des comptes annuels ainsi que des états et autres informations qui lui sont transmis
par l'établissement ;
Les établissements agréés ne peuvent s'opposer aux contrôles prévus au présent Titre.
Les établissements agréés sont tenus, à toute demande de la Commission Bancaire, de fournir
à cette dernière tous documents, renseignements, éclaircissements et justifications jugés utiles
à l'exercice du contrôle prévu à l'article 98.
La Commission Bancaire détermine la liste, le modèle et les délais de transmission des
documents et informations prévus à l'alinéa précédent.
Dans le cadre de la mise en œuvre des missions de la Commission Bancaire, les personnes
visées à l’article 98, alinéa 2, sont habilités à recueillir des membres de l’organe délibérant, des
dirigeants et des employés de l’établissement agréé toutes informations et explications qu’ils
estiment nécessaires et peuvent, à cette fin, requérir la tenue d’entretiens avec des dirigeants
ou membres du personnel de l'établissement qu’ils désignent.
Les établissements agréés doivent fournir, à toute réquisition de la Banque Centrale, les
renseignements, éclaircissements, justifications et documents jugés utiles pour l'examen de leur
40
Les rapports établis à l'issue des contrôles sur place effectués par la Commission Bancaire sont
transmis au Ministre chargé des Finances de l’État concerné, à la Banque Centrale et au Conseil
d'Administration de l'établissement agréé concerné ou de l'organe en tenant lieu.
Les conclusions des contrôles sur place ainsi que toute information pertinente relevée dans le
cadre du contrôle permanent peuvent être communiquées à d’autres autorités de supervision,
selon les modalités de coopération définies dans les textes régissant la Commission Bancaire.
Les conclusions des contrôles sur place ainsi que toute information pertinente relevée dans le
cadre du contrôle permanent peuvent être transmises au Fonds de Garantie des Dépôts et de
Résolution de l’UMOA, selon les modalités de coopération définies par les textes régissant la
Commission Bancaire.
Les conclusions des contrôles sur place ainsi que toute information pertinente relevée dans le
cadre du contrôle permanent peuvent être transmises aux commissaires aux comptes de
l'établissement agréé concerné.
Les faits susceptibles d'être qualifiés d'infractions pénales, constatés à l'issue des contrôles
effectués par la Commission Bancaire auprès d'un établissement agréé, sont portés à la
connaissance des Autorités judiciaires compétentes, du Ministre chargé des Finances de l’État
concerné et de la Banque Centrale.
41
A l'issue des contrôles effectués conformément aux dispositions du présent Chapitre, toute
information utile à l'accomplissement des missions confiées aux autorités chargées du traitement
et de la transmission aux structures compétentes, d'informations en matière de lutte contre le
blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, est portée à leur connaissance.
Les informations transmises dans les conditions prévues à l'alinéa précédent sont traitées
comme en matière de déclaration d'opérations suspectes, conformément aux dispositions
législatives relatives à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme
et selon modalités de coopération prévues dans les textes régissant la Commission Bancaire.
La supervision sur base consolidée est exercée par la Commission Bancaire dans les conditions
fixées par la présente loi ainsi que par les autres textes légaux et réglementaires en vigueur.
Sont assujettis à une supervision sur base consolidée les holdings bancaires, les compagnies
financières holding et les compagnies financières holding intermédiaires implantées dans
l'UMOA, ainsi que toute autre entité intermédiaire d'un groupe, notamment lorsque les
circonstances ou l'évolution de la structure du groupe l'exige.
Les compagnies financières sont constituées sous forme de société anonyme. Elles ne peuvent
revêtir la forme d’une société unipersonnelle.
Elles doivent avoir leur siège social ainsi que leurs organes de gouvernance sur le territoire d'un
des Etats membres de l'UMOA.
Les entités soumises à la supervision sur base consolidée peuvent être soumises à des mesures
particulières visant à limiter l'étendue de leurs activités notamment lorsque la Commission
Bancaire estime que :
1. la sûreté et la solidité de l'établissement concerné sont menacées par ces activités qui
l'exposent à des risques excessifs ou ne sont pas correctement gérées :
2. le contrôle exercé par d'autres autorités de supervision n'est pas satisfaisant compte
tenu des risques encourus ;
3. elle est empêchée d’exercer un contrôle efficace sur une base consolidée ;
4. la complexité des structures juridiques et opérationnelles de l'établissement agréé
concerné crée des obstacles à sa résolution ordonnée.
La Commission Bancaire peut également s'opposer à des structures de capital ou d'organisation
qui font obstacle à l'obtention de données financières consolidées ou entravent de toute autre
manière la surveillance effective d'un groupe.
Lorsque les circonstances l'obligent, la Commission Bancaire peut :
1. appliquer aux établissements soumis à sa supervision, sur une base consolidée, toutes
autres mesures préventives qu'elle juge appropriées, selon les circonstances ;
2. requérir l'exclusion d'une entreprise à caractère financier du périmètre de consolidation.
Un groupe bancaire peut créer dans l'UMOA, à son initiative ou à la demande de la Commission
Bancaire, conformément aux pouvoirs qui lui sont conférés en la matière par l'Annexe à la
Convention la régissant, une compagnie financière holding intermédiaire destinée à détenir ses
participations dans les établissements implantés dans l'Union.
Lorsque la compagnie financière holding intermédiaire est créée à l'initiative du groupe bancaire,
ce dernier doit solliciter, au préalable, une autorisation de la Commission Bancaire. La demande
d'autorisation est instruite par la Banque Centrale selon les modalités qu’elle précise.
La Commission bancaire informe le Ministre chargé des finances de l'Etat d'implantation de la
structure à créer.
Article 116 : Règles applicables aux compagnies financières sur base individuelle
Les compagnies financières sont assujetties à des règles de gestion, prudentielles, de contrôles
interne et externe ainsi qu'à des obligations déclaratives qui sont précisées par la Banque
Centrale ou la Commission Bancaire de l'UMOA.
Les compagnies financières et leurs dirigeants peuvent faire l'objet de mesures d'intervention
précoce prévues aux Titres XII et XIII.
Article 117 : Règles applicables aux holdings bancaires et aux compagnies financières
sur base consolidée
Les holdings bancaires et les compagnies financières sont tenues de se conformer, sur base
consolidée ou sous-consolidée, aux décisions du Conseil des Ministres de l’UMOA ainsi qu'aux
actes réglementaires pris par la Banque Centrale et la Commission Bancaire de l’UMOA qui leur
sont applicables.
43
L’obligation de se conformer auxdites décisions et aux actes juridiques sur base consolidée ou
sous-consolidée n’exempte pas de leur application sur base individuelle, sauf disposition
contraire expresse.
La liste des compagnies financières et des holdings bancaires est tenue par la Commission
Bancaire selon les modalités prévues à l’article 41.
44
Nul ne peut être désigné en qualité de commissaire aux comptes d’un établissement agréé, s'il
n'est inscrit sur la liste des commissaires aux comptes agréés par la Cour d'Appel ou tout autre
organisme en tenant lieu et approuvé au préalable par la Commission Bancaire.
La Commission Bancaire établit et publie périodiquement, la liste des commissaires aux comptes
approuvés pour exercer auprès d’un établissement agréé.
Quel que soit le statut juridique de l'établissement agréé, les commissaires aux comptes sont
choisis selon les modalités définies pour les sociétés anonymes, tant qu'il n'y est pas dérogé par
la présente loi.
Les commissaires aux comptes exercent leur mission dans le respect des normes applicables à
l'exercice de leur profession ainsi que des dispositions légales et réglementaires régissant les
activités des établissements agréés. Ils ne doivent pas être en situation de conflit d'intérêts
apparents ou potentiels avec un établissement agréé.
L'approbation par la Commission Bancaire confère au commissaire aux comptes le droit
d'exercer auprès de tout établissement agréé de l'UMOA, sous réserve du respect des
dispositions communautaires applicables à la libre circulation et à l'établissement des experts
comptables au sein de l'Union.
La Commission Bancaire peut retirer l'approbation du commissaire aux comptes, lorsqu’elle
constate :
1. le non-respect, par ce dernier, des obligations mises à sa charge par les dispositions
légales et réglementaires applicables aux établissements agréés ou lorsque ce dernier
a fait l'objet de mesure disciplinaire de la part de l'Ordre National des Experts
Comptables et Comptables agréés auquel il est rattaché ;
2. le manque de compétence ou d'indépendance du Commissaire aux comptes ;
3. pour toute autre raison motivée.
Le retrait de l'approbation entraîne l'interdiction d'exercer les fonctions de commissaire aux
comptes auprès de tout établissement soumis au contrôle de la Commission Bancaire. Cette
interdiction peut être limitée ou illimitée, sur décision de la Commission Bancaire. Le retrait de
l'approbation est constaté par la radiation de la liste visée à l’article 41.
Le retrait de l’approbation du commissaire aux comptes et l’interdiction subséquente ne
constituent pas des sanctions disciplinaires.
Les modalités d'approbation des commissaires aux comptes et d'exercice du commissariat aux
comptes auprès des établissements agréés sont précisées par la Commission Bancaire.
Le commissaire aux comptes nommé par l'Assemblée générale ordinaire dispose d'un mandat
de six ans, renouvelable une fois.
Le commissaire aux comptes ayant déjà effectué deux mandats consécutifs ne peut être désigné
auprès du même établissement agréé qu'à l'expiration d'un délai équivalent à la durée du mandat
prévue à l'alinéa premier. Ce délai court à compter de la fin du second mandat du commissaire
aux comptes.
45
Les comptes des établissements agréés doivent être certifiés réguliers et sincères par un ou
plusieurs commissaire (s) aux comptes.
Les établissements agréés doivent désigner deux commissaires aux comptes titulaires et deux
suppléants.
Par dérogation à l'alinéa précédent, un établissement agréé peut désigner un commissaire aux
comptes titulaire et un suppléant lorsque l’une des conditions suivantes est rencontrée :
1. son total bilan n'excède pas un seuil défini par la Banque Centrale ;
2. ses comptes ne sont pas présentés sous forme consolidée ;
3. l'établissement agréé ne fait pas appel public à l'épargne.
Sans préjudice des incompatibilités prévues par les textes auxquels ils sont soumis, les
commissaires aux comptes doivent présenter toutes les garanties d'indépendance vis-à-vis de
l'établissement agréé concerné.
En cas de pluralité de commissaires aux comptes, ces derniers ne doivent pas représenter ou
appartenir à la même société d'expertise comptable ou à des structures ayant, entre elles, des
liens de nature juridique, capitalistique ou organisationnelle.
Les commissaires aux comptes doivent signaler immédiatement à la Commission Bancaire, sans
intermédiaire, tout fait ou décision concernant ce dernier, dont ils ont connaissance dans le cadre
de leur mission, de nature à :
1. entraîner le non-respect des critères d'agrément et à constituer une violation des
dispositions légales ou réglementaires applicables à l'établissement et susceptibles
d'avoir une incidence significative sur sa situation financière, sa solvabilité, son résultat
ou son patrimoine ;
2. porter atteinte à la continuité de son exploitation ;
3. conduire à l'impossibilité d'émettre une opinion ou à l'émission d'une opinion avec
réserves ou d'une opinion défavorable sur les comptes.
Les informations échangées entre la Commission Bancaire et les commissaires aux comptes
sont couvertes par le secret professionnel défini à l’article 64.
Le commissaire aux comptes qui envisage de renoncer à son mandat doit en informer la
Commission Bancaire, sans délai, en précisant les motifs.
Le Président de l’organe délibérant doit informer la Commission Bancaire, sans délai, de toute
procédure de révocation du commissaire aux comptes initiée par les organes sociaux, en
précisant les motifs.
47
Les établissements agréés doivent, dans le mois qui suit leur agrément délivré dans les
conditions prévues à l'article 39, alinéa premier, adhérer à l'Association Professionnelle des
Banques et Etablissements Financiers. Ils sont tenus de veiller, en permanence, au respect des
conditions définies par l'APBEF.
Les statuts de l'Association sont soumis à l'approbation du Ministre chargé des Finances.
L'approbation est donnée après avis conforme de la Commission Bancaire.
Les Associations Professionnelles des Banques et Établissements Financiers des Etats
membres de l'UMOA se réunissent au sein d'une Fédération. Les statuts de cette Fédération
sont approuvés par la Commission Bancaire.
Toute personne physique ou morale a droit à l’ouverture d’un compte de dépôt selon les
modalités prévues par la réglementation relative aux systèmes et moyens de paiement.
Les établissements agréés doivent respecter les règles relatives à la transparence de la
tarification et à la protection des usagers des services financiers et bancaires prévues à l’article
132 et précisées par la Banque Centrale en vertu de l'article 10.
Les établissements agréés ont une obligation de loyauté envers les clients et de respect de leurs
intérêts. Ils doivent mettre en œuvre une politique sur la relation avec la clientèle et sur la
prévention des conflits d'intérêts, visant notamment à favoriser une culture d'entreprise dans ce
domaine.
Les établissements agréés doivent tout au long du processus commercial :
1. fournir aux clients des renseignements clairs, exacts, suffisants et en temps opportun,
notamment sur la tarification ainsi que sur les conditions et les modalités des produits et
services offerts, y compris aux risques qui y sont associés ;
2. développer des produits et des canaux de distribution appropriés qui tiennent compte
des caractéristiques des clients ;
3. pratiquer une tarification responsable ;
4. faire preuve de loyauté envers les clients et de respect de leurs intérêts et insister sur le
développement d'une culture d'entreprise dans ce domaine,
5. veiller à ce que leurs employés traitent les clients de manière respectueuse et sans
aucune discrimination.
Les établissements agréés sont tenus de s’assurer du respect de la confidentialité des données
personnelles des clients conformément à l’article 64 ainsi qu’aux dispositions législatives et
réglementaires en la matière ;
Ils doivent également se conformer aux recommandations de bonnes pratiques commerciales
publiées par la Commission Bancaire en application de l’article 97, sous peine des mesures
administratives et des sanctions prévues respectivement aux Titres XII et XIII.
Sauf dispositions contraires de la présente loi, les dispositions du droit commun relatives à la
saisie ne s’appliquent pas aux établissements agréés.
Les différends entre un établissement agréé et un client sont soumis au dispositif de médiation
prévu à l’article 135.
Les établissements agréés doivent se doter d'un dispositif interne de traitement des réclamations
formulées par leur clientèle.
Ce dispositif est déployé au moyen de procédures claires et facilement accessibles à leur
clientèle.
Les modalités de traitement des réclamations de la clientèle sont fixées par la Banque Centrale.
Tout utilisateur de services bancaires peut, préalablement à la saisine des tribunaux, recourir
gratuitement à un médiateur en vue de la résolution d'un litige qui l'oppose à un établissement
agréé relatif aux services fournis et à l'exécution de contrats conclus. En cas d’insatisfaction à
l’issue de la médiation, le client peut saisir les tribunaux de droit commun. La saisine du juge, en
cours de médiation, met fin à cette procédure.
Les établissements agréés sont tenus d'adhérer au dispositif de médiation institué par ( )20visant
le règlement amiable des litiges qui les opposent à leur clientèle ou, en l'absence d'un tel
dispositif, de recourir au mécanisme de médiation commun mis en place par leurs associations
professionnelles respectives prévues aux articles 128 et 129. Dans ce dernier cas, l'association
professionnelle doit soumettre son rapport d'activité sur la médiation à la Commission Bancaire,
au moins une fois par an.
Les établissements agréés doivent informer leur clientèle, par des moyens de communication
accessibles, de l'existence du dispositif de médiation et des modalités de saisine des médiateurs.
Les conditions et modalités de mise en œuvre du dispositif de médiation sont précisées par la
Banque Centrale.
Toute personne s'estimant lésée, du fait d'un manquement par un établissement aux dispositions
de la présente loi et des textes pris pour son application peut, après usage des procédures
prévues aux articles 134 et 135, adresser une plainte à la Banque Centrale et à la Commission
Bancaire de l'UMOA.
Les établissements agréés autorisés à collecter des dépôts au sein de l'UMOA, adhérent, dès
leur agrément délivré dans les conditions prévues à l'article 39, au Fonds de Garantie des Dépôts
et de Résolution, désigné dans la présente loi par le Fonds.
Les règles d’organisation et de fonctionnement du Fonds sont fixées dans ses statuts.
Les établissements adhérents doivent, sous peine de l'application des sanctions prévues aux
articles 221 et 222 :
1. fournir dans les délais indiqués, à toute réquisition du Fonds, les renseignements,
éclaircissements, justificatifs et documents jugés utiles pour l'exercice par le Fonds de
ses attributions ;
2. verser une contribution annuelle au Fonds ;
3. s’acquitter de toute contribution exceptionnelle jugée nécessaire, notamment en cas
d’insuffisance des ressources pour l’indemnisation des déposants prévue à
l’article 139 ;
4. s’assurer que ses clients actuels et potentiels éligibles à la garantie des dépôts soient
informés des règles en vigueur en la matière.
Les contributions à la charge des établissements adhérents ainsi que leur mode de
recouvrement sont fixées par le Conseil des Ministres de l'UMOA.
Le Fonds indemnise les déposants dans la limite d’un plafond fixé par le Conseil des Ministres
de l’UMOA et définit les modalités et les procédures d’indemnisation.
Le Fonds est subrogé dans les droits et actions des déposants indemnisés dans la limite des
sommes d’indemnisation qui leur sont versées.
Les établissements adhérents doivent fournir au Fonds les renseignements nécessaires
concernant les dépôts indemnisables conformément aux délais et aux procédures qu’il fixe en la
matière.
Les établissements agréés sont soumis au respect des mesures prises par l'Autorité
macroprudentielle de l'UMOA, dans le cadre de sa mission de surveillance macroprudentielle.
Les établissements agréés sont tenus, à toute demande de l'Autorité macroprudentielle de
l'UMOA, de lui fournir tous documents, renseignements, éclaircissements et justifications jugés
utiles à l'exercice de ses attributions.
L'Autorité macroprudentielle de l'UMOA peut prendre les mesures, ci-après, à l'endroit des
établissements agréés :
1. requérir toute information qu'elle juge utile à l'exercice de ses missions ;
2. activer, à tout moment, les instruments macroprudentiels qu'elle juge pertinents pour
empêcher l’accumulation du risque systémique ;
3. appliquer des mesures plus contraignantes que celles requises par la Commission
Bancaire ou la Banque Centrale ;
4. toute autre mesure nécessaire à l'atteinte des objectifs de sa mission.
Les établissements agréés élaborent et mettent à jour, selon les modalités fixées par la
Commission Bancaire, un plan de redressement identifiant les mesures susceptibles d'être
prises à son initiative, afin de rétablir sa situation financière à la suite d'une détérioration
significative de celle-ci ou du groupe auquel il appartient.
Le plan de redressement prévoit plusieurs scenarii de dégradation de la situation financière de
l’établissement agréé résultant notamment de crise macroéconomique ou financière grave ou
de crise spécifique à l’établissement agréé ou son groupe. Le contenu et les modalités de
communication de ce plan au superviseur sont précisés par la Commission Bancaire.
Les mesures d'intervention précoce sont appliquées lorsque la Commission Bancaire constate
que :
1. l'établissement agréé enfreint, ou peut enfreindre dans un avenir proche, les dispositions
légales et réglementaires régissant ses activités ;
2. la situation financière de l'établissement agréé laisse entrevoir des difficultés financières.
Les mesures d'intervention précoce regroupent les mesures administratives et
l'administration provisoire prévues dans le présent Titre.
Un établissement agréé qui a manqué aux règles de bonne conduite de la profession ou s’est
livré à des pratiques préjudiciables aux intérêts de ses clients ou n’a pas mis en œuvre les
recommandations formulées par la Commission Bancaire à l’issue des contrôles prévus à
l’article 98 ou en application de l’article 132, peut, après demande adressée à ses dirigeants à
53
l’effet de fournir des explications, être mis en garde à l’encontre de la poursuite des faits qui lui
sont reprochés.
Un établissement peut être mis en demeure à l’effet, dans un délai déterminé, de prendre toute
mesure destinée à assurer sa conformité avec les obligations au respect desquelles la
Commission Bancaire est chargée de veiller en vertu de l’article 97.
Lorsqu'un établissement agréé présente des lacunes notamment au niveau de son système de
contrôle interne ou des déficiences au plan financier susceptibles d'avoir une incidence négative
sur sa solvabilité, sa liquidité ou sa rentabilité, une injonction peut lui être appliquée par la
Commission Bancaire à l'effet, dans un délai qu'elle fixe, de prendre des mesures correctrices
et/ou des mesures conservatoires prévues aux articles 150 et 151.
Les mesures prévues aux alinéas premier et 2 peuvent être prononcées à l’encontre des
membres des organes de gouvernance de l’établissement concerné.
La Commission Bancaire peut prendre toutes autres mesures administratives qu’elle juge
nécessaires, à l'encontre de l'établissement assujetti ou des membres de ses organes de
gouvernance.
L'injonction prévue à l'article 149 peut être assortie d'une astreinte à l'effet pour l'établissement
agréé qui en n'aura pas déféré, de s’acquitter d'un montant déterminé par unité de temps mis à
se conformer à ce qui est prescrit.
Le montant des astreintes est recouvré et affecté selon les modalités prévues à l'article 222.
Un établissement agréé peut être requis par la Commission Bancaire de lui communiquer un
plan de retour à la conformité précisant notamment les mesures envisagées pour restaurer ou
renforcer sa situation ainsi que les moyens à mobiliser. Ce plan est assorti d'un chronogramme
précis de mise en œuvre et est approuvé par la Commission Bancaire, lorsqu'elle le juge réaliste
pour atteindre les objectifs de conformité. A défaut, la Commission Bancaire peut appliquer à
l’établissement agréé les mesures énoncées au présent titre.
L’établissement agréé, qui n'a pas déféré à une mesure administrative de la Commission
Bancaire, est réputé avoir enfreint la réglementation en vigueur.
Un établissement agréé peut être mis sous administration provisoire dans les cas suivants :
1. sur requête des dirigeants ou de la majorité des administrateurs, lorsqu'ils estiment être
confrontés à des obstacles qui les empêchent d’exercer normalement leurs fonctions ou
lorsqu'ils ont connaissance de faits susceptibles de compromettre la viabilité de
l'établissement ;
2. lorsque la Commission Bancaire a prononcé la suspension ou la démission d'office des
dirigeants responsables d'une infraction à la réglementation bancaire ;
3. lorsque la Commission Bancaire a constaté que la gestion ne pouvait plus être assurée
dans des conditions normales.
Aux fins du présent article, point 3, la gestion de l'établissement agréé est réputée ne plus être
assurée dans des conditions normales, si celui-ci se trouve notamment, dans l’une ou plusieurs
des situations suivantes :
i. la Commission Bancaire estime que les autres mesures d'intervention précoce, prises
en application de l'article 148, ne sont pas suffisantes pour restaurer la situation de
l'établissement ;
ii. la Commission Bancaire établit l'existence d'obstacles à la mise en œuvre des mesures
prévues dans le plan de redressement visé à l'article 146 ;
iii. la Commission Bancaire dispose de motifs raisonnables de croire que les dirigeants, les
administrateurs ou les actionnaires importants se sont livrés ou se livrent à des pratiques
illégales ou de graves irrégularités administratives susceptibles de nuire aux intérêts des
déposants.
La mise sous administration provisoire est prononcée par la Commission Bancaire qui transmet
sa décision au Ministre chargé des Finances, à qui incombe la notification à l'établissement
agréé concerné.
La décision de mise sous administration provisoire entraîne, dès sa notification à l’établissement
agréé concerné, la suspension des organes de gouvernance prévus à l'article 55. Cependant,
cette mesure ne porte pas atteinte aux droits des actionnaires et aux droits des tiers notamment
en vertu des contrats en cours.
Par dérogation aux dispositions du précédent alinéa, lorsque des contraintes émanant des
actionnaires empêchent l'exécution de la mission de l'administrateur provisoire, la Commission
Bancaire peut, selon les modalités qu'elle définit, suspendre, de manière provisoire et ponctuelle
les réunions de l'Assemblée Générale des actionnaires et transférer les pouvoirs de cet organe
à l'administrateur provisoire.
La décision de mise sous administration provisoire définit l'étendue de la mission et des pouvoirs
de l’administrateur provisoire. Elle fixe également tous les actes et décisions de l'administrateur
provisoire à soumettre à l'autorisation préalable du superviseur.
La Commission Bancaire peut, à tout moment, modifier les termes du mandat de l’administrateur
provisoire.
56
L'administrateur provisoire est nommé par le Ministre chargé des Finances, dans un délai
maximum de sept jours calendaires à compter de la réception de la décision de la Commission
Bancaire relative à la mise sous administration provisoire.
Le Ministre notifie à l'établissement agréé la décision de la Commission Bancaire portant mise
sous administration provisoire ainsi que l'arrêté relatif à la nomination de l'administrateur
provisoire.
A défaut de nomination de l'administrateur provisoire dans le délai prévu à l'alinéa premier, la
Commission Bancaire notifie sa décision à l'établissement agréé concerné et procède à la
nomination de l'Administrateur Provisoire.
L'administrateur provisoire est une personne physique ou une personne morale, à laquelle sont
transférés tous les pouvoirs d'administration, de direction et de représentation de l'établissement
concerné. Il est choisi sur une liste dressée par la Commission Bancaire. La personne physique
administrateur provisoire et celle représentant une personne morale nommée en qualité
d’administrateur provisoire sont soumises aux critères définis aux articles 57, 58, 59 et 62.
La rémunération de l'administrateur provisoire est fixée par le Ministre chargé des Finances,
après avis de la Commission Bancaire. Les frais engagés par l'administrateur provisoire et sa
rémunération sont pris en charge par l’établissement concerné.
Lorsque la situation financière de l'établissement ne lui permet pas d'assurer la rémunération de
l'administrateur provisoire et les frais engagés par celui-ci, le Fonds de Garantie des Dépôts et
de Résolution de l'UMOA ou le Trésor public peut en garantir le paiement. En cas d'ouverture
d'une procédure de liquidation de l'établissement agréé concerné, ces avances disposent d'un
rang privilégié, en application des dispositions de l'article 213.
La durée du mandat de l’administrateur provisoire est d'un an. Elle peut être prorogée, à titre
exceptionnel, par période supplémentaire de six (6) mois, sans que la durée totale n'excède 24
mois.
L'administrateur provisoire peut être révoqué, à tout moment, par le Ministre chargé des
Finances, à son initiative ou à la demande de la Commission Bancaire. Dans ce cas, il est pourvu
à son remplacement dans les formes prévues à l'article 156.
L'administrateur provisoire soumet à la Commission Bancaire, à une fréquence fixée par celle-
ci, ainsi qu'au début et à la fin de son mandat, un rapport qui présente notamment la situation
financière de l'établissement, les mesures prises et celles envisagées dans le cadre de sa
mission ainsi que les difficultés rencontrées.
La Commission Bancaire peut demander toute autre information ou document à l’administrateur
provisoire.
Les décisions de mise sous administration provisoire et de levée de cette mesure sont publiées
sur le site internet de la Commission Bancaire et, le cas échéant, sur le site internet de
l’établissement concerné.
Les arrêtés de nomination de l’administrateur provisoire, de cessation de fonction, de
remplacement et de prorogation de la durée du mandat sont publiés au Journal Officiel de ( )21
Les décisions prévues aux alinéas premier et 2 sont communiquées aux associations
professionnelles concernées visées aux articles 128 et 129 ainsi qu'à leur fédération.
CHAPITRE II : RÉSOLUTION
Sous réserve des dispositions spécifiques de la présente Loi, la réglementation en vigueur dans
chaque État membre de l'Union s'applique aux établissements agréés dans le cadre d'une
procédure de résolution.
En cas de conflit, les dispositions spécifiques de la présente Loi prévalent.
Les conditions et modalités d'application des dispositions mentionnées au présent chapitre sont
précisées par la Commission Bancaire.
Le Collège de résolution prend une mesure de résolution en choisissant les instruments et les
pouvoirs qui lui permettent de mieux atteindre les objectifs suivants :
1. assurer la continuité des fonctions critiques de l'établissement agréé ;
2. atténuer les impacts néfastes de la défaillance d'un établissement agréé sur la stabilité
financière de l'Etat membre ou de l'UMOA, notamment en prévenant la contagion et les
effets importants sur le fonctionnement des systèmes de paiement, de compensation et
de règlement ;
3. protéger les ressources de l’État, en évitant autant que possible, le recours au soutien
public exceptionnel ;
4. sauvegarder les fonds et les actifs des clients, en particulier ceux des déposants couverts
par le Fonds.
Constituent des fonctions critiques, les activités, services ou opérations d’un établissement
agréé dont l’interruption est susceptible, sur le territoire de ( )22 ou dans un ou plusieurs autres
Etats membres de l'UMOA, d’entraîner des perturbations de services essentiels à l’économie
réelle ou de perturber la stabilité financière.
Dans la mesure du possible, la Commission Bancaire veille, à titre subsidiaire, à atténuer les
effets négatifs qu’une procédure de résolution et les instruments de résolution adoptés
pourraient avoir à l’étranger au regard de ces objectifs.
Lorsqu’il recourt à un instrument de résolution visé à l’article 183, le Collège de Résolution veille,
dans la mesure du possible, à ce qu’aucun créancier n'encourt des pertes plus importantes que
celles qu’il aurait subies si l’établissement agréé avait été mis en liquidation en application des
dispositions du Chapitre III du présent Titre. En particulier, le Collège de Résolution veille, dans
la mesure du possible, à ce que les créanciers dont les créances n’ont pas été transférées
reçoivent en règlement de celles-ci un montant au moins égal à celui qu’ils auraient reçus si
l’établissement agréé avait été liquidé immédiatement avant le transfert, dans le cadre d’une
procédure de liquidation visée Chapitre III du présent Titre.
Le Collège de résolution établit, selon les modalités qu'il détermine, un plan de résolution
définissant les mesures qu'il est susceptible de prendre à l’égard d’un établissement agréé
lorsque les conditions de mise en résolution prévues à l'article 173 sont réunies.
Le plan de résolution intègre plusieurs scénarii de dégradation de la situation financière induite,
soit par des événements spécifiques à l’établissement ou son groupe, soit par une crise
macroéconomique ou financière grave.
Les actionnaires, les créanciers et les tiers peuvent former un recours contre les décisions
rendues par le Collège de résolution, conformément aux modalités prévues à l'article 242.
Lorsqu’ils agissent de bonne foi et selon les instructions du Collège de Résolution, les
administrateurs, les dirigeants et le personnel de l’établissement n’encourent aucune
responsabilité pour les actes posés dans le cadre de la résolution de l’établissement.
La décision de mise en résolution est prise par le Collège de Résolution, à son initiative ou à la
demande du Collège de Supervision, de l’Autorité macroprudentielle ou des organes de
gouvernance de l’établissement concerné.
La mise en résolution n'est pas subordonnée à la soumission préalable de l’établissement
concerné à une mesure d'intervention précoce.
La décision de mise en résolution entraîne la suspension des organes de gouvernance prévus
à l'article 55. Elle suspend également les pouvoirs de l'Assemblée Générale des actionnaires.
Un établissement agréé peut être mis en résolution lorsque les conditions suivantes sont
réunies :
1. Le Collège de supervision, après avis du Collège de résolution, ou le Collège de
résolution, après avis du Collège de supervision, a établi que la viabilité est
60
Le Collège de résolution s'assure, avant la mise en résolution d'un établissement agréé, qu'une
valorisation prudente, précise et indépendante de son actif et son passif soit effectuée. Il prend
notamment les dispositions lui permettant de recueillir toutes les informations nécessaires pour
apprécier la pertinence de sa décision, appliquer l'instrument de résolution approprié et exercer
des pouvoirs de résolution proportionnée.
Lorsque l'urgence de la situation l'impose, le Collège de résolution peut procéder à une
valorisation provisoire de l'actif et du passif de l'établissement agréé.
Une valorisation définitive, a posteriori, est également effectuée au terme de l'exécution des
mesures de résolution prévues à l'article 168.
L'administrateur spécial est nommé pour une durée d'un an. A titre exceptionnel, cette durée
peut être prorogée pour une période supplémentaire maximale de six mois, lorsque la
Commission Bancaire le juge nécessaire.
Le collège de résolution peut, à tout moment, modifier le mandat de l’administrateur spécial ou
le révoquer. Dans ce dernier cas, il est pourvu à son remplacement dans les formes prévues à
l'article 177.
L'administrateur spécial soumet au collège de résolution, à une fréquence fixée par celui-ci, ainsi
qu'au début et à la fin de son mandat, un rapport qui présente notamment la situation financière
de l'établissement, les mesures prises et celles envisagées ainsi que les difficultés rencontrées.
Lorsque les conditions visées à l'article 174 sont réunies, le collège de résolution peut appliquer
de manière séparée ou combinée les instruments de résolution suivants :
1. la cession des activités ;
2. le recours à un établissement-relais ;
3. la séparation des actifs ;
4. le renflouement interne.
Les modalités de mise en œuvre de ces instruments sont définies par la Commission Bancaire.
Le collège de résolution informe le Ministre chargé des Finances de toute décision qu'elle
envisage de prendre sur l'application d'un instrument de résolution.
Le collège de résolution peut procéder à une cession totale ou partielle des activités d'un
établissement soumis à une procédure de résolution, au bénéfice de tout repreneur autre qu'un
établissement-relais, à qui sont transférés des actions ou autres titres de propriété émis par
l'établissement concerné ou des actifs, droits ou engagements dudit établissement.
Ce transfert est effectué à des conditions commerciales qui correspondent à la valorisation
effectuée conformément à l'article 175.
Le collège de résolution peut compléter les instruments de résolution prévus aux articles 184,
185 et 186 avec un instrument de renflouement interne en vue de lui permettre de procéder à la
dépréciation de tout ou partie des dettes éligibles d’un établissement agréé ou à la conversion
de ces dettes en actions ou autres titres de propriété.
Les dépôts couverts par le Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution de l'UMOA sont
exclus des mesures de dépréciation ou de conversion prévues à l’alinéa précédent.
La dispense d’autorisation préalable s’applique également lors de la mise œuvre des autres
pouvoirs et mesures de résolution.
Le Collège de Résolution est également dispensé de toute obligation d’information préalable aux
actionnaires, des mesures de résolution qu’elle décide d’appliquer.
Lorsque les cessions ou transferts prévus aux articles 184, 185 et 186 nécessitent qu'un
agrément soit délivré à l'acquéreur ou l'obtention d'une autorisation préalable, le collège de
résolution en informe, sans délai, le collège de supervision. Ce dernier prend les dispositions
pour l'obtention de l'agrément ou de l'autorisation préalable, selon la procédure prévue aux
articles 96 et 50 et dans des délais qui ne compromettent pas la mise en œuvre de la mesure
de résolution.
Le Collège de résolution peut transférer à toute entité réceptrice, avec l'accord de celle-ci, tout
ou partie :
1. des actions ou parts sociales ou autres titres de propriété, des instruments de dette, des
actifs, des droits et engagements de l’établissement soumis à une procédure de
résolution, ou toute combinaison de ces instruments ;
65
2. des actions ou parts sociales ou autres titres de propriété, des instruments de dette, des
actifs, des droits et engagements de l’établissement-relais, ou toute combinaison de ces
instruments.
Les titres, les créances, les droits et les engagements transférés sont opposables aux tiers.
Le Collège de résolution peut, par dérogation aux dispositions du droit commun régissant les
sociétés commerciales :
1. déprécier ou annuler la valeur nominale des actions ou parts sociales ou autres titres de
propriété et tout autre instrument de fonds propres ou de dette émis par l'établissement
agréé ;
2. convertir en actions ou parts sociales ou autres titres de propriété de l’établissement
agréé, les instruments de fonds propres appropriés.
Les pouvoirs visés à l'alinéa premier sont exercés, sans délai, dès qu’un des événements
déclencheurs ci-après survient :
i. la Commission Bancaire annonce publiquement que la conversion ou la dépréciation des
fonds propres appropriés est nécessaire pour préserver la viabilité de l’établissement
agréé ;
ii. la Commission Bancaire notifie publiquement la nécessité de procéder à une injection
de capitaux publics, ou de fournir un soutien équivalent, faute de quoi l’établissement
agréé deviendrait non viable.
Le Collège de résolution peut prendre toute mesure nécessaire ou utile pour permettre à l'entité
réceptrice :
1. d'être traitée comme si elle était l'établissement agréé aux fins de l'exercice des droits
ou obligations de celui-ci, notamment la participation aux systèmes de paiement, de
compensation et de règlement ;
2. d'exercer pleinement les droits et obligations afférents aux contrats et instruments
financiers liés aux activités qui lui ont été transférés ;
3. de recevoir de l'établissement agréé, de l'entité qui le consolide, de ses filiales agréées
ou non agréées, les services et infrastructures d'exploitation qui lui sont nécessaires pour
exercer effectivement les activités qui lui ont été transférées.
Le Collège de Résolution peut, lorsqu’il constate que l’établissement en résolution n'est plus en
mesure de restituer, immédiatement ou à terme, les dépôts qu'il a reçus du public, solliciter
l’intervention du Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution de l'UMOA, pour reprendre ou
poursuivre les activités cédées ou transférées.
Lorsque la situation financière de l'établissement agréé ne lui permet pas d'assurer la
rémunération de l'administrateur spécial et les frais engagés par celui-ci, le Fonds de Garantie
des Dépôts et de Résolution de l'UMOA peut être sollicité par le Collège de résolution, à l'effet
d'en garantir le paiement.
Le Fonds ne peut être sollicité pour le financement des actions de résolution, qu'après
épuisement de l'ensemble des recours au financement privé.
68
La liquidation d’un établissement agréé est subordonnée au retrait préalable de son agrément.
Par dérogation à l’alinéa précédent, la liquidation d’un établissement agréé, consécutive à la
mise en œuvre des instruments et pouvoirs de résolution prévus aux articles 183 et 191 à 197,
entraîne le retrait de l'agrément dudit établissement.
Le retrait d'agrément ou d'autorisation d'installation est constaté par la radiation de la liste des
banques, de celle des établissements financiers, celle des établissements de paiement ou de
celle des établissements de monnaie électronique.
Les établissements agréés doivent cesser leur activité dans le délai fixé par la décision de retrait
d'agrément ou d'autorisation d'installation.
L'arrêté ou la décision portant retrait d'agrément ou d'autorisation d'installation est publié selon
les cas, dans les conditions prévues aux articles 39 et 48.
69
Les dispositions du droit commun relatives à la liquidation des biens sont applicables aux
établissements agréés, tant qu’il n’y est pas dérogé par les dispositions de la présente loi.
Une procédure de liquidation des biens est ouverte à l'encontre d'un établissement agréé dans
l'une des situations suivantes :
1. l'agrément de l'établissement agréé a été retiré conformément aux dispositions des
articles 199, 200 ou 201 ;
2. l'établissement est en état de cessation des paiements ;
3. la personne morale ou physique exerce illégalement l’activité bancaire.
Nonobstant les dispositions du droit commun des procédures collectives d’apurement du passif,
est considéré en état de cessation des paiements, l'établissement agréé qui n'est pas en mesure
d’assurer ses paiements, immédiatement ou à terme rapproché.
La décision de mise en liquidation d’un établissement agréé est prise par la Commission
Bancaire.
La Commission Bancaire transmet sa décision au Ministre chargé des Finances qui procède à
sa notification à l'établissement concerné.
La décision de mise en liquidation définit l'étendue de la mission du liquidateur et sa
rémunération.
La Commission Bancaire peut, à tout moment, modifier les termes du mandat du liquidateur.
Lorsque la liquidation est consécutive au retrait d'agrément dans les conditions prescrites à
l'article 200, un liquidateur est nommé par le Ministre chargé des Finances, dans un délai
maximum de sept jours calendaires à compter de la réception de la décision de la Commission
Bancaire relative à la mise en liquidation.
Lorsque la liquidation est prononcée consécutivement à la procédure prévue à l'article 201, le
Président de la Commission Bancaire saisit le président du Tribunal compétent, à l'effet de
prononcer un jugement de liquidation judiciaire. Dans ce dernier cas, le délai de sept jours, prévu
à l'alinéa premier court à compter de la notification au Ministre du jugement de liquidation
judiciaire.
70
A défaut de nomination du liquidateur dans les délais prévus aux alinéas premier et 2, la
Commission Bancaire notifie à l'établissement sa décision ou le jugement, selon le cas, et
procède à la nomination du liquidateur.
Le liquidateur peut être révoqué, à tout moment, par le Ministre chargé des Finances, à son
initiative ou à la demande de la Commission Bancaire. Dans ce cas, il est pourvu à son
remplacement dans les formes prévues aux alinéas précédents.
Le liquidateur nommé auprès d'un établissement, au lieu de son siège social, organise la
liquidation des succursales dudit établissement établies dans les autres Etats membres de
l'UMOA et qui ont bénéficié de son agrément.
Il peut être nommé, le cas échéant un liquidateur secondaire auprès des succursales installées
sur le territoire des autres Etats membres de l'UMOA.
La durée du mandat du liquidateur est fixée par la Commission Bancaire. Elle peut être prorogée,
par le Ministre chargé des Finances, après avis de la Commission Bancaire, à la demande de
cette dernière ou du Liquidateur.
La rémunération du liquidateur est fixée par le Ministre chargé des Finances, après avis de la
Commission Bancaire. Les frais engagés par le liquidateur et sa rémunération sont pris en
charge par l’établissement concerné dans les conditions et selon les modalités définies par la
Commission Bancaire.
En cas d'apurement du passif d'un établissement agréé, les dépôts garantis par le Fonds sont
remboursés immédiatement après les créanciers de frais de justice et les créanciers de salaires
super privilégiés, au prorata des ressources disponibles, déduction faite des dettes à l'égard
dudit établissement.
Sont payées par privilège avant toutes les autres créances, à l'exception de celles des
déposants, des créanciers de frais de justice et des salariés :
1. les avances consenties par le Fonds, sur demande de la Commission Bancaire dans le
cadre d'une intervention préventive prévue à l'article 140 ou du financement de la
résolution prévu à l’article 198 ;
2. les opérations de pension livrée.
Toute somme reçue par le liquidateur, dans l'exercice de ses fonctions, est immédiatement
versée dans un compte ouvert à cet effet dans un établissement ayant son siège social en ( )23.
En cas de retard, le liquidateur doit, pour les sommes qu'il n'a pas versées, payer des intérêts
au taux de pension de la Banque Centrale.
Le liquidateur doit présenter au Ministre chargé des Finances, ainsi qu'à la Commission Bancaire
et à la Banque Centrale, au moins une fois tous les trois mois, un rapport sur l'évolution des
opérations de liquidation et, au terme de sa liquidation, un rapport circonstancié sur celle-ci.
Il procède à la reddition des comptes. Il est responsable des documents qui lui ont été remis au
cours de la procédure pendant cinq ans à compter de cette reddition.
Nonobstant toute disposition contraire, les ordres de transfert, introduits dans un système de
paiements interbancaires conformément aux règles de fonctionnement dudit système, sont
opposables aux tiers et à la masse. Ils ne peuvent être annulés qu'à l’expiration du jour où est
rendu le jugement d’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation des
biens à l’encontre d’un participant, même au motif qu’est intervenu ce jugement.
Les dispositions prévues à l’alinéa précédent sont également applicables aux ordres de transfert
devenus irrévocables. Le moment auquel un ordre de transfert devient irrévocable dans le
système est défini par les règles de fonctionnement dudit système.
Article 219 : Dispositions spécifiques aux fonds inscrits dans les comptes de paiement
Les établissements agréés qui auront contrevenu aux dispositions de la présente loi et des textes
pris pour son application, ainsi qu'aux autres dispositions légales et réglementaires qui leur sont
applicables, ou qui n’ont pas respecter les engagements financiers souscrits lors de leur
agrément ou qui auront fait de fausses déclarations dans le dossier de demande d’agrément,
constatées ultérieurement, sont passibles de l’une ou de plusieurs des sanctions disciplinaires
ci-après, en fonction de la gravité du manquement, :
1. blâme;
2. avertissement.
3. suspension ou interdiction de tout ou partie des opérations ;
4. toutes autres limitations dans l'exercice de la profession ;
5. suspension ou démission d'office des dirigeants ou des administrateurs responsables ;
6. interdiction, pour les personnes responsables ayant cessé leur fonction, de diriger,
d'administrer ou de gérer un établissement agréé ou une de ses agences ;
7. interdiction de proposer au public la création d'un établissement agréé ;
8. interdiction de prendre des participations dans le capital d'un établissement agréé.
9. retrait d'agrément ou d'autorisation d'installation.
Les sanctions prévues au (a) et (b) peuvent être prises à l’égard des dirigeants ou
administrateurs responsables, en poste ou ayant cessé leurs fonctions au sein de l’établissement
concerné.
Les suspensions, limitations ou interdictions prévues au présent article ne peuvent, dans leur
durée, excéder 10 ans.
Les établissements agréés sont passibles, en plus ou à la place des sanctions disciplinaires
visées à l'article précédent, d’une sanction pécuniaire dont le montant est fixé par la Banque
Centrale.
Les sommes correspondantes sont recouvrées par la Banque Centrale, pour le compte du Trésor
Public, du Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution de l’UMOA et du Fonds de Stabilité
Financière. Les modalités de répartition sont fixées par la Banque Centrale.
Aucune sanction disciplinaire ou pécuniaire ne peut être prononcée par la Commission Bancaire,
sans que l'intéressé, personne physique ou morale, ait été entendu ou dûment convoqué ou
invité à présenter ses observations par écrit à la Commission Bancaire. Il peut se faire assister
par un représentant de son Association Professionnelle ou tout autre défenseur de son choix.
Ce défenseur est astreint au secret professionnel.
Les modalités de la procédure contradictoire prévue à l’alinéa précédent sont déterminées par
la Commission Bancaire.
73
Quiconque contrevient à l'une des interdictions édictées par les articles 56 et 62 sera puni d'un
emprisonnement d'un (1) an à cinq (5) ans et d'une amende de vingt millions (20.000.000) à
cinquante millions (50.000.000) de francs CFA ou de l'une de ces deux peines seulement.
Quiconque aura été condamné définitivement pour l'un des faits prévus à l'article 58, alinéas
premier et 2, et à l'alinéa précédent ne pourra être employé, à quelque titre que ce soit, par un
établissement agréé. Les dispositions de l'article 58, alinéas 3, 4 et 5, sont applicables à cette
interdiction.
En cas d'infraction à ces interdictions, l'auteur est passible des peines prévues au premier alinéa
et l'employeur, d'une amende de cinquante millions (50.000.000) à cent millions (100.000.000)
de francs CFA.
Sera puni d'un emprisonnement d'un (1) mois à deux (2) ans et d'une amende de vingt millions
(20.000.000) à deux cent millions (200.000.000) de francs CFA, ou de l'une de ces deux peines
seulement, quiconque, agissant pour son compte ou celui d'un tiers, aura contrevenu aux
dispositions de l'article 31.
En cas de récidive, le maximum de la peine sera porté à cinq (5) ans d'emprisonnement et à
cinq cent millions (500.000.000) de francs CFA d'amende.
Les établissements agréés sont tenus de respecter les dispositions légales et réglementaires
prévues par la loi relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du
terrorisme dans les Etats membres de l’UEMOA. Sans préjudice des sanctions disciplinaires et
pécuniaires visées aux articles 221 et 222, les établissements agréés peuvent être déclarés
pénalement responsables dans les conditions fixées par ladite loi.
Sera puni d'un emprisonnement d'un (1) mois à deux (2) ans et d'une amende de vingt millions
(20.000.000) à deux cent millions (200.000.000) de francs CFA, ou de l'une de ces deux peines
seulement, quiconque aura contrevenu aux dispositions de l'article 65.
En cas de récidive, le maximum de la peine sera porté à cinq (5) ans d'emprisonnement et à
cinq cent millions (500.000.000) de francs CFA d'amende.
Sera puni d'un emprisonnement d'un (1) mois à un (1) an et d'une amende de dix millions
(10.000.000) à cent millions (100.000.000) de francs CFA, ou de l'une de ces deux peines
seulement, quiconque, agissant pour son compte ou celui d'un tiers, aura communiqué
sciemment à la Banque Centrale ou à la Commission Bancaire, des documents ou
renseignements inexacts ou se sera opposé à l'un des contrôles visés aux articles 98, 99 et 103.
En cas de récidive, le maximum de la peine sera porté à deux (2) ans d'emprisonnement et à
deux cent millions (200.000.000) de francs CFA d'amende.
Sera puni d'une amende de vingt millions (20.000.000) à deux-cent millions (200.000.000) de
francs CFA, tout établissement agréé qui aura contrevenu à l'une des dispositions des articles
21, 49, 51, 52, 61, 75, 73, 101, 102, et 119 sans préjudice des sanctions prévues aux chapitres
premier et III du présent titre.
La même peine pourra être prononcée contre les dirigeants responsables de l'infraction et contre
tout commissaire aux comptes qui aura contrevenu aux dispositions des articles 123 et 124.
Seront passibles de la même peine, les personnes qui auront pris ou cédé une participation dans
un établissement agréé en contravention des dispositions de l'article 49 ou de celles de la
réglementation communautaire relative au gel des fonds et autres ressources financières dans
le cadre de la lutte contre le financement du terrorisme dans les Etats membres de l’Union
Economique et Monétaire Ouest Africaine.
Quiconque, agissant pour son compte ou celui d'un tiers, aura contrevenu aux dispositions des
articles 87, 88, 89 et 90 sera puni d'une amende de dix millions (10.000.000) à cent millions
(100.000.000) de francs CFA.
En cas de récidive, il sera puni d'un emprisonnement de deux (2) mois à deux (2) ans et d'une
amende de vingt millions (20.000.000) à deux cent millions (200.000.000) de francs CFA, ou de
l'une de ces deux peines seulement.
Pour l'application des dispositions du présent chapitre, la Banque Centrale peut se constituer
partie civile.
Les Autorités judiciaires saisies de poursuites relatives à des infractions prévues au présent
chapitre, ainsi que de celles prévues aux dispositions pertinentes de la loi uniforme relative à la
lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme dans les Etats membres
de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine, peuvent demander à la Commission
Bancaire et à la Banque Centrale tous avis et informations utiles.
76
Les établissements agréés qui n'auront pas constitué auprès de la Banque Centrale les réserves
obligatoires qui seraient instituées en vertu de l'article 10 ou qui ne lui auront pas cédé leurs
avoirs en devises lorsqu'ils en sont requis conformément aux Statuts de ladite Banque, seront
tenus envers celle-ci, d'un intérêt moratoire dont le taux ne pourra excéder un pour cent (1%)
par jour de retard.
Les établissements agréés qui n'auront pas fourni à la Banque Centrale ou à la Commission
Bancaire les documents et renseignements prévus aux articles 73, 74, 77, 101, 102 et 245
pourront être frappés par la Banque Centrale de pénalités de retard, dont les montants sont fixés
par la Banque Centrale.
Les établissements adhérents qui ne s’acquittent pas de leur cotisation dans les délais prescrits,
seront requis de payer une pénalité quotidienne dont le montant ne pourra excéder un seuil fixé
par le Fonds.
Les établissements agréés qui n’auront pas rapatrié le produit des recettes d’exportation
conformément à la réglementation des relations financières extérieures en vigueur, pourront être
requis par la Banque Centrale de constituer auprès d’elle un dépôt non rémunéré correspondant
au montant non rapatrié. En cas de retard dans la constitution de ce dépôt, les établissements
concernés seront tenus envers la Banque Centrale, d’un intérêt moratoire dont le taux ne pourra
excéder un pour cent (1%) par jour de retard.
Les établissements agréés qui auront contrevenu à toutes autres dispositions de la
réglementation des relations financières extérieures en vigueur, notamment celles relatives aux
obligations de déclaration, aux procédures, aux formalités et aux autorisations requises, seront
sanctionnés par la constitution, auprès de la Banque Centrale, d'un dépôt non rémunéré. La
durée dudit dépôt sera au plus égale à un (1) mois et son montant ne pourra excéder deux cent
pour cent (200%) du montant des opérations sur lesquelles portent les manquements constatés.
En cas de retard dans la constitution de ce dépôt, les dispositions de l'article 235 relatives à
l'intérêt moratoire sont applicables.
La Banque Centrale peut prononcer, en plus de la sanction prévue au premier alinéa, une
sanction pécuniaire, dont le niveau sera au plus égal au montant de l’opération sur laquelle a
porté l’irrégularité.
Les établissements agréés qui auront contrevenu à leurs obligations fixées par la réglementation
relative aux systèmes et moyens de paiement sont passibles, en sus des sanctions prévues par
cette législation spécifique, nonobstant les sanctions disciplinaires et pécuniaires visées aux
articles 221 et 222.
77
Les établissements agréés qui auront contrevenu aux règles de l'UMOA fixant les taux et
conditions de leurs opérations avec leur clientèle, pourront être requis par la Banque Centrale
de constituer auprès d'elle un dépôt non rémunéré dont le montant sera au plus égal à deux cent
pour cent (200%) des irrégularités constatées ou, dans le cas de rémunérations indûment
perçues ou versées, à cinq cent pour cent (500%) desdites rémunérations, et dont la durée sera
au plus égale à un mois.
En cas de retard dans la constitution de ce dépôt, les dispositions de l'article 235 relatives à
l'intérêt moratoire sont applicables.
Pour l'application des articles 235 à 239, les pénalités de retard et intérêts moratoires ne
commenceront à courir qu'à compter de la date de réception, par l'établissement, d'une mise en
demeure adressée par la Banque Centrale.
Le produit des pénalités et autres sanctions pécuniaires prévues au présent chapitre est
recouvré par la Banque Centrale pour le compte du Trésor public, du Fonds de Garantie des
Dépôts et de Résolution ainsi que du Fonds de Stabilité Financière. Les modalités de répartition
sont arrêtées par la Banque Centrale.
78
Les décisions prises par la Banque Centrale et par la Commission Bancaire, en vertu des
dispositions de la présente loi et des textes pris pour son application, ne sont susceptibles de
recours que devant le Conseil des Ministres de l'UMOA, seul habilité à en connaître et en juger,
en dernier ressort, dans les conditions qu'il fixe.
Les actes réglementaires pris par le Ministre chargé des Finances en vertu de la présente loi
sont contestés selon la procédure en vigueur en ( )24 relative au recours contre les actes
administratifs.
Les entreprises d'assurances, les institutions de prévoyance sociale, les notaires et les officiers
ministériels dans le cadre de leurs fonctions doivent, sous peine des sanctions pénales prévues
à l'article 230, communiquer à la Banque Centrale, sur sa demande, les renseignements et
documents nécessaires à l'exercice de ses attributions, telles qu'elles sont définies par le Traité
de l'UMOA, par ses Statuts et par les lois et règlements en vigueur.
Dans le cas de fourniture de documents ou renseignements inexacts, les dispositions de l'article
229 sont applicables.
Les établissements agréés doivent adhérer à un système de partage de l'information sur le crédit
conformément aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur dans les Etats membres
de l'UMOA.
Les établissements agréés sont tenus d'adhérer à tout autre dispositif de centralisation des
données institué par la Banque Centrale qui en fixe les modalités de fonctionnement.
Les prestataires de services de paiement doivent adhérer au système interopérable des services
financiers numériques institué par la Banque Centrale qui en fixe les modalités d'adhésion et
d'exclusion. Ils sont tenus de se conformer aux dispositions techniques et opérationnelles
définies par la Banque Centrale.
Les règles d’organisation et de fonctionnement du système interopérable des services financiers
numériques sont fixées par la Banque Centrale.
Tout prestataire de services de paiement qui gère des comptes de paiement accessibles en ligne
doit fournir au moins une interface d’accès aux prestataires de services d'information sur les
Les commissaires aux comptes approuvés par la Commission Bancaire et dont les mandats sont
en cours à la date d'entrée en vigueur de la loi, sont inscrits sur la liste prévue à l'article 119.
Ces mandats, ainsi que ceux précédemment échus, ne sont pas pris en compte pour la
détermination des mandats consécutifs prévus à l’article 120.
Les compagnies financières en activité à la date d'entrée en vigueur de la présente loi disposent
d'un délai de six mois pour assurer leur mise en conformité avec les dispositions qui leur sont
applicables.
Les instructions, avis ou autres actes réglementaires de la Banque Centrale ainsi que les
circulaires de la Commission Bancaire, pris en application de la loi en vigueur, demeurent
applicables pour toutes leurs dispositions non contraires à la présente loi, jusqu’à leur
remplacement conformément aux dispositions de l’article 253.
81
Des instructions, décisions ou avis de la Banque Centrale ainsi que circulaires ou de lettres-
circulaires de la Commission Bancaire précisent, en tant que de besoin, les modalités
d'application des dispositions de la présente loi.