Développement Piscicole à Bangui
Développement Piscicole à Bangui
Devant le Jury
Abstract :
The objective of the following thesis is the analysis of the dynamic of fish farming development in Bangui and its
surroundings. This analysis is based on the diagnostic of the fish farming systems in place and their
impact/ranking within the agricultural system in order to identify and characterise the objectives set by the owners
with respect to the various production workshops. In order to achieve this diagnostic, 15 interviews were carried
out amongst the beneficiary of the project entitled « projet d’appui au developpement rizicole et piscicole,
République Centrafricaine » initiated in 2008 by APDRA regarding fish farming. This project aims at the
consolidation of the valorisation of shallow fishing grounds in order to reinforce food supply security to the people
and improve the financial incomes of the owners. These interviews were further followed by a field study of the
various exploitations in order to determine what were the existing opportunities and/or threats, which could impair
the realisation of the objectives set and to see to what extent the strategies implemented are in agreement with
the results expected from the project.
The emergence of fish farming in Central African Republic is the consequence of the intervention of external
sources. Set under French colonisation, this activity has been later supported by large international bodies
(PNUD, FAO). The fish farming dynamics in place in Central African Republic have been fluctuating with time,
which translates well the general trend in the evolution of development policies of the country. As such, the
various actors involved in fish farming (Ministries, NGO, farmers) therefore appear to need to realise a common
assessment of the strategies to be put in place so as to consolidate the development of this activity in order for
the initiative brought by the project to last in the longer term.
Mots-clés : Diffusion :
République Centrafricaine, bas-fonds, Non limitée
systèmes, pisciculture, développement. Limitée (préciser au verso)
Je soussigné propriétaire des droits de reproduction du résumé du présent
document, autorise toutes les sources bibliographiques à signaler et publier ce résumé.
Date : Signature:
Diffusion du mémoire
À remplir par l’auteur avec le maître de stage.
Aucune confidentialité ne sera prise en compte si la durée n’en est pas précisée.
(1)
Préciser les limites de la confidentialité :
___________________________________________________________________________
Rennes, le
L’Enseignant responsable(3),
(1) L’administration, les enseignants et les différents services de documentation du Pôle Agronomique
de Rennes s’engagent à respecter cette confidentialité.
(2) La durée maximale de confidentialité est fixée à 10 ans.
(3) Signature et cachet de l’organisme.
REMERCIEMENTS
Je tiens tout d’abord à remercier Sylvain HALFTERMEYER pour m’avoir fait confiance en
répondant favorablement à ma candidature de stage.
Merci également à mon maître de stage Daniel KPENOU et à toute l’équipe du projet
APDRA en République Centrafricaine pour leur accueil chaleureux et les réponses
apportées à chacune de mes sollicitations.
Merci enfin à l’ensemble des exploitants piscicoles qui m’ont accueilli sur leur exploitation
pour m’avoir accordé une partie de leur temps et fait découvrir leur activité.
introduction ................................................................................... 1
Conclusion ................................................................................... 35
Bibliographie ............................................................................... 36
ANNEXES ..................................................................................... 39
Index des figures
Avec de nombreux sites naturels de bas-fonds relativement bien irrigués, les conditions
biogéographiques de la RCA sont pourtant propices à la pisciculture. Pour cette raison,
plusieurs actions de vulgarisation ont été menées depuis plus de 50 ans pour introduire et
développer cette activité auprès des populations locales. La pisciculture, dans ce pays comme
ailleurs sur le continent africain, n'en finit pas de démarrer, de redémarrer et d'être relancée
(Lazard, 1991), sans pour autant que « la greffe de son implantation dans les systèmes
agraires » ne soit couronnée de succès (Oswald, 2008). En RCA, quelques exploitants ont
néanmoins maintenu des étangs au sein de leur exploitation après le départ des grandes
institutions internationales comme la FAO à la fin des années 80, lorsque le pays s’enfonçait
peu à peu dans un conflit fratricide. Dans la capitale, Bangui, et dans sa proche périphérie,
quelques pisciculteurs ont ainsi continué l’élevage des poissons sur des référentiels techniques
importés qu’ils ne maîtrisaient pas vraiment. Ils ont dû faire face à des mutations majeures de
l’environnement urbain du point de vue de la démographie, de l’espace, du social et de
l’économie. Ces évolutions ont entraîné des modifications plus ou moins importantes sur leur
exploitation et sur les différents systèmes de production suivant les contraintes ou atouts de
leur territoire.
1
1. METHODOLOGIE DE L’ETUDE
Cette partie fait état de la méthodologie adoptée dans la conduite de cette étude. Elle
présente les différents outils et sources d’informations utilisés et la manière dont ils ont été
ordonnés puis traités pour aboutir aux résultats finaux de l’étude.
Les sites Internet des grandes institutions spécialisées dans le relèvement des pays
les plus pauvres ont également été consultés et valorisés (Programme des Nations Unies
pour le Développement, Banque Mondiale). Ils ont permis de rendre compte des données
statistiques récentes sur l’économie et sur la société centrafricaines. La bibliographie
complète utilisée dans cette étude est présentée à la fin de ce rapport.
2
Des relevés topographiques des points de dénivelé ont été effectués sur 17 sites
piscicoles dans différents quartiers de la capitale. Ils ont permis de mieux comprendre
comment fonctionnaient les différents aménagements piscicoles et comment était utilisé
l’environnement hydrologique pour la production de poissons
Des entretiens individuels ont enfin été réalisés avec des personnes-ressources du
secteur : un cadre de l’administration publique, un responsable du projet de développement
RESO spécialisé dans l’assistance aux producteurs maraîchers.
Un guide d’enquête a été produit autour de thèmes centraux pour caractériser les
dynamiques de développement au sein des exploitations piscicoles périurbaines de Bangui
(annexe C). Ces thèmes constituent les rubriques de l’enquête :
• Les informations générales sur la personne enquêtée et son ménage
• L’environnement social et le système de production de l’exploitation agricole
• La description du système de production piscicole et ses relations avec
l’environnement externe (approche secteur et approche filière, système de
régulation)
• Les enjeux de l’activité piscicole (l’amélioration du système de production, la
rentabilité de ce système, le système de représentation)
• Le projet APDRA et la relance de la pisciculture
• L’avenir de l’exploitation
1
Terme centrafricain désignant « le blanc ». Il est souvent employé pour parler des français et plus largement des
Occidentaux.
2
Ces réponses attendues s’expliquent facilement, car un grand nombre d’occidentaux travaillant pour des projets
de développement recherchent des bénéficiaires à tout prix et souvent de manière expéditive. Il est donc
compréhensible que les enquêtés essayent d’en tirer un hypothétique avantage.
3
Des échanges, entre le stagiaire et le coordinateur projet de la région au début du mois
de juin, ont réorienté la méthodologie initiale concernant la prise des informations. Le guide
d’entretien a donc été complété par une enquête économique visant à produire des données
quantitatives sur la performance économique des différents ateliers au sein des exploitations
(annexe G). La recherche de ces informations a été particulièrement compliquée dans les
premiers temps. Ceci s’explique en partie par le fait que les exploitants centrafricains n’ont
pas du tout les mêmes références qu’en Occident pour les conversions des unités de
mesure (la mesure de base étant le « ngaoui3 »). Il a également fallu parfois user de
stratagèmes pour réussir à faire évaluer le nombre de jours de travail qu’un exploitant
accordait à chacun de ses ateliers de production où la quantité de légumes qui était produite,
vendue ou consommée sur son exploitation durant une année.
Les données économiques collectées ont été nombreuses. Pour pouvoir faire des
comparaisons entre les différentes exploitations, il a été nécessaire d’établir au préalable
une base référentielle des prix de vente des principaux produits agricoles pratiqués par les
exploitants (annexe G1). Les données économiques pour chaque système productif au sein
des exploitations ont été traitées sous forme de tableaux comptables simplifiés (annexes G2
à G5). Les résultats ont été par la suite compilés dans un tableau faisant le bilan
économique des différents systèmes productifs afin d’obtenir le bilan général de l’exercice
comptable de l’exploitation (annexe G6). Enfin, les synthèses économiques des différents
systèmes productifs pour chacune des exploitations ont été traitées dans un tableau final
(annexe H).
Les relevés topographiques ont permis d’élaborer des cartes des étangs à l’échelle
pour chacun des exploitants enquêtés (annexe A). Deux autres sites piscicoles ont
également été topographiés dans deux autres quartiers qui n’étaient pas concernés par les
enquêtes. Ces études terrain réalisées dans 11 quartiers différents ont permis d’avoir une
connaissance exhaustive des différentes caractéristiques des sites piscicoles à Bangui et de
leur environnement. Une réflexion commune entre le stagiaire et l’équipe projet a permis
d’élaborer ensuite des propositions de réaménagement pour 8 sites piscicoles (annexe B).
3
Le « ngaoui » équivaut à la cuvette en métal utilisée par toutes les commerçantes de Bangui. Le problème étant
que la mesure d’une cuvette se fait suivant la nature du produit et non pas suivant le poids.
4
le chronogramme des activités et les Termes De Références (TDR) de l’étude qui avaient
initialement été préparés par le siège de l’APDRA, n’ont pas pu être mis en œuvre. Les
nouveaux TDR adoptés par le stagiaire durant le premier mois sur le terrain, comportaient
des erreurs de méthodes dans l’approche du sujet. Grâce à l’appui du siège de l’APDRA,
ces erreurs ont pu être rectifiées durant le déroulement du stage à travers l’adoption de
nouveaux outils de recherche d’informations et de collecte de données. Ces évènements ont
cependant entraîné une perte de temps vis-à-vis du démarrage effectif des entretiens sur le
terrain. Pour rattraper ce retard, le choix a donc été décidé de ne travailler qu’avec des
pisciculteurs bénéficiaires du projet. Le manque de réflexion pour appréhender la manière
dont seraient également compilées les données a pu rendre leur traitement fastidieux. Au
moment de l’analyse, il a été par ailleurs difficile d’apporter une ligne directrice permettant
d’assurer une cohérence générale à l’étude.
4
Il faut préciser que c’est la première enquête économique de ce genre qui est réalisée auprès des bénéficiaires
du projet APDRA en RCA.
5
160
Millions of tonnes Aquaculture
140
Catch
120
100
80
60
40
20
0
1950
1951
1952
1953
1954
1955
1956
1957
1958
1959
1960
1961
1962
1963
1964
1965
1966
1967
1968
1969
1970
1971
1972
1973
1974
1975
1976
1977
1978
1979
1980
1981
1982
1983
1984
1985
1986
1987
1988
1989
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
Figure 1 : La production mondiale des produits aquatiques (Fishstat, 2007).
6
Contribution de
Ratio protéines
Disponibilité l’aquaculture à la
poisson/protéines
Région par habitant consommation
animales
(kg.an-1) totale de poisson
totales (%)
(%)
7
2.1.3 Le rôle des produits aquatiques en Centrafrique
La contribution du secteur des pêches est modeste dans l’économie nationale et
dans le budget de l’Etat. Depuis l’arrêt des projets de développement de la FAO à la fin des
années 80, ce « sous-secteur » n’est plus géré que de manière informelle. Le secteur de la
pêche et de la pisciculture relève de la compétence technique du Ministère des Eaux et
Forêts, Chasse et Pêche (MEFCP), et en particulier, du Service des ressources halieutiques,
rattaché à la Direction de la Faune. Le secteur des pêches et de la pisciculture ne relève par
conséquent d'aucune direction technique spécialisée (Breuil, 1996). De ce fait, il n’existe pas
de statistiques fiables sur le secteur. La plupart des données reposent sur des estimations
parfois grossières. Les données sur la production de poisson de capture sont aujourd’hui
estimées entre 13 000 et 20 500 tonnes (FAO, 2008). La pisciculture avoisinerait les 300
tonnes, et les importations 1035 tonnes en 2006, tandis que les exportations officielles
n’existent pas (FAO, 2008). En gardant ces valeurs de production, la contribution des pêches
serait estimée autour de 3,22% du PIB agricole qui représentait alors 56,2% du PIB total
(Banque mondiale, 2008).
Le secteur des pêches bien que marginal au niveau macro économique, occupe une
place importante au sein des systèmes de production en Centrafrique. La pêche et
l’aquaculture permettent notamment de diversifier les sources de protéines animales et aussi
de disposer d’un complément de revenus agricoles non négligeable dans une économie
atomisée par des années de conflits.
8
2.2.1 Les années 1950 : le développement de la pisciculture
Introduite en Centrafrique en 1952 par l’administration coloniale, la pisciculture avait
dès ses débuts vocation à améliorer la nutrition des populations dans les régions rurales de
l’Est et l’Ouest du pays, mais également dans la périphérie de la capitale, Bangui
(Mbangassi, 1978). La diffusion de cette activité s’est appuyée sur la formation d’une
quarantaine d’agents vulgarisateurs dépendant du service des Eaux et Forêts. D'après
Meschkat (Mbangassi, 1978), sur les 20 000 étangs villageois construits autour des centres
urbains jusqu’à l’indépendance, seuls 5 000 étangs ont été réellement actifs.
Deux raisons principales peuvent être avancées. La première est que les agriculteurs
centrafricains ne disposaient pas à cette période d’une réelle tradition de culture irriguée.
Selon Lazard et al. (1991), les administrateurs coloniaux « escomptaient que les producteurs
qui acceptaient de se plier aux contraintes de la culture irriguée s'adapteraient facilement à
cette activité nouvelle que constituait pour eux l'élevage des poissons ». Il s’avère que des
blocages techniques et surtout mentaux ne favorisaient pas l’apprentissage de cette activité.
Les différents métiers (chasse, élevage, pêche et agriculture) étaient fortement spécialisés et
les poissons, considérés comme des animaux sauvages, restaient l’apanage des pêcheurs.
La seconde raison avancée est que les agents forestiers chargés de la vulgarisation des
techniques piscicoles ne possédaient pour la plupart aucune connaissance particulière en
matière de poissons et de pisciculture. Beaucoup d'étangs de démonstration ont donc été
creusés hâtivement, la plupart étant mal aménagés et insuffisamment alimentés en eau. Les
espèces qui furent mises en élevage ne participaient pas à améliorer quantitativement
l’alimentation des familles des producteurs. Les premiers essais portaient essentiellement
sur des tilapias : T. macrochir, T. melanopleura (en réalité T. rendallï) et T. zilli. Les
rendements furent médiocres. Les techniques d'élevage rudimentaires ou mal appliquées
aboutirent souvent au surpeuplement et au nanisme (Lazard et al., 1991).
2.2.2 Les années 1960 : le déclin de la pisciculture
À l’arrêt du programme mis en œuvre par l’administration coloniale, l’aide financière
importante qui avait été attribuée s’est tarie subitement. Aussi, le nombre d’étangs qui
avaient pu être construit (20 000) ne reflétait pas le succès du programme. La démarche
adoptée par les vulgarisateurs pour introduire cette activité nouvelle en milieu rural s’est
réalisée souvent sous la contrainte. La logique « centralisée et descendante » de
vulgarisation ne pouvaient favoriser l’intégration des exigences techniques par les
producteurs pour un apprentissage sur du long terme. En ne leur permettant pas d’obtenir un
approvisionnement régulier en alevins, la démarche ne visait pas non plus, à rendre les
producteurs autonomes (Breuil C., 1996). Les administrateurs n’appréhendaient ainsi les
blocages liés à l’adoption de la pisciculture par les agriculteurs centrafricains que sous un
angle exclusivement technique. Dès lors, le nombre d'étangs a périclité au cours des dix
années qui suivirent l'indépendance, le 13 août 1960, sans qu'aucune donnée fiable ne soit
disponible sur le nombre d’étangs en service et la production de ceux-ci (Lazard et al.,
1991). Les producteurs qui ont continué à exploiter leurs étangs visaient seulement à fournir
un complément alimentaire pour leur famille, sans qu’ils n’aient de maîtrise réelle sur le
fonctionnement de leurs étangs.
2.2.3 Les années 1970 - 1980 : l’appui des organismes internationaux
À partir de 1968, la Centrafrique va bénéficier de la mise en œuvre de quatre projets
d’envergures sous la coordination et l’appui technique de la FAO. Ces projets vont se
succéder jusqu’à la fin des années 80 et marquer durablement les mentalités des
producteurs jusqu’à nos jours. La démarche de la FAO pour développer l’activité piscicole en
RCA reposait sur une assistance soutenue au ministère de tutelle chargée de la pisciculture,
le Ministère des Eaux et Forêts. L’objectif prioritaire de la FAO était d’apporter un appui
technique, financier et logistique pour la recherche et la diffusion des connaissances,
notamment à travers la création du « Centre Piscicole National de la Landjia » (CPNL) en
1968 à Bangui.
9
Il est difficile de ne pas analyser, même brièvement, la finalité « politique » sous-
tendue par cet appui dans une période où les grandes théories du développement se
confrontaient à la réalité des régimes dictatoriaux africains. L’institution FAO cherchait à
explorer les possibilités ouvertes par la théorie keynésienne dominante à l’époque sur
l’activisme étatique pour moins de chômage et plus de croissance pour le continent africain.
Elle a en cela accompagné la demande des gouvernements de la sous région (Gabon,
Cameroun, Congo Brazzaville et RCA) qui se sont adressés aux institutions onusiennes en
1966 pour relancer la pisciculture et accessoirement asseoir leur pouvoir auprès des
paysans. « L’opération Bokassa, lancée au début de l’année 1966 pour redresser l’économie
et améliorer le sort des paysans, se révèle être un succès volontariste, quoique dépourvu de
méthode » (International Crisis Group, 2007). Le projet de la FAO va s’appuyer également
sur ce volontarisme politique pour favoriser la formation des cadres et la recherche des
techniques adaptées à la sous région (Kouao, 1979). D’après Lazard et al. (1991), les
encadrements prodigués aux pisciculteurs seront d’ailleurs dirigistes, uniformes et
thématiques. L’absence de procédures strictes de contrôle des fonds distribués par ces
projets va également participer à la mise en place de l’Etat prédateur au cours des années
70 et 80. En favorisant l’émergence d’une classe de cadres au Ministère des Eaux et Forêts,
la FAO va assoir le pouvoir de « fonctionnaires munis de privilèges exorbitants qui forment
une caste parasitaire vivant des fonds d’aide au développement, sur le dos des paysans »
(International Crisis Group, 2007).
L’institution FAO, à travers une conception de ces projets mal adaptée au contexte
local, a donc participé à déresponsabiliser l’ensemble des acteurs du secteur vis-à-vis de
leurs responsabilités respectives :
• les pisciculteurs vis-à-vis de leur système de production ;
• les cadres de l’administration vis-à-vis de l’encadrement des pisciculteurs ;
• l’Etat vis-à-vis de l’intérêt collectif de la Nation.
Ces projets, qui se sont succédés sous des appellations différentes, visaient pourtant
le même objectif de diffusion du référentiel technique de la FAO. Ils reposaient sur un
modèle de diffusion uniforme (Figure 1).
10
Cette démarche descendante de diffusion des connaissances dans les différentes
régions de la Centrafrique s’appuyait sur des démonstrations de « bonnes pratiques ». Elles
portaient sur différents thèmes comme le type d’espèces à vulgariser, le choix des sites, la
construction des étangs, l’alimentation des poissons, la fertilisation et la récolte des
poissons. Les techniques d’élevage proposées étaient d’un niveau de technicité très faible.
Les principes généraux servant de base de référence peuvent être résumé à travers :
• l’élevage systématique d’Oreochromis niloticus en monoculture ;
• une densité d’empoissonnement de deux poissons au mètre carré ;
• sexes mélangés dans le même étang ;
• un approvisionnement des pisciculteurs en alevins assuré par les différentes
stations piscicoles étatiques ;
• des étangs de taille réduite de 3 ares et de très faible profondeur (45 cm minimum),
non vidangeables pour la plupart.
350
300
250
tonnes
200
150
100
50
0
1978
1979
1980
1981
1982
1983
1984
1985
1986
1987
1988
1989
1990
1991
Figure 3 : réalisé d’après Yamindou, 1994, in Breuil C., 1996.
En 1985, les 8000 pisciculteurs ayant bénéficiés des conseils techniques des
vulgarisateurs réalisaient un pic de production à près de 300 tonnes sur près de 10 000
étangs (Figure 3). Cette croissance va être éphémère, car dès l’année suivante, qui marque
le désengagement financier du bailleur, la production va chuter de 33% du fait de l’arrêt
brutal de l’assistance extérieure (dons, encadrement, crédit). En 1988, le nombre de
pisciculteurs atteignait péniblement les 2000 exploitants et la plupart des étangs étaient par
ailleurs abandonnés.
11
2.2.4 Les années 1990 - 2000 : la subsistance d’une pisciculture familiale à
l’abandon
Durant la seconde moitié des années 80, avec le retour de la pensée néo-libérale et
la remise en cause des schémas tiers-mondistes au sein des institutions internationales, la
politique d’aide au développement va passer au second plan (Conte, 2001). Avec la crise de
la dette, les défaillances de l’Etat se font de plus en plus criantes. Les exigences du
Programme d’Ajustement Structurel (PAS) vont entraîner la déstructuration déjà entamée de
l’Etat (International Crisis Group, 2007). Le contexte politique des années 90 jusqu’à
aujourd’hui peut se résumer par l’anomie généralisée des structures institutionnelles et
sociales. La pisciculture n’échappera pas à cette situation. Les coupes franches dans les
finances publiques qui seront commandées par le Fond Monétaire International (FMI) vont
entraîner le départ massif des fonctionnaires de l’administration publique. Une partie d’entre
eux, cadres vulgarisateurs débauchés de la Landjia, vont d’ailleurs mettre en pratique sur
leur propre terrain les formations piscicoles qu’ils diffusaient auprès des pisciculteurs.
La plupart des stations d’alevinage construites durant l’appui des projets FAO et
réparties sur l’ensemble du territoire vont rapidement être abandonnées. À partir de 1993,
l’arithmétique tribale orchestrée par le nouveau président Patassé va provoquer, sur fond de
crise sociale sans précédent, une succession de mutineries qui achèveront de ruiner
l’économie de l’Etat centrafricain qui se mue de plus en plus en Etat fantôme (International
Crisis Group, 2007). Les évènements dramatiques de 1996 vont d’ailleurs entraîner le pillage
et la disparition du CPNL. Un grand nombre de pisciculteurs de l’ethnie « Yakoma » établis à
proximité de la station de la Landjia vont d’ailleurs être victimes d’exactions. Les militaires
iront jusqu’à procéder à des « lâchés de grenades dans les étangs et à l’abattage
systématique des cochons » (GOYO D. le 15 juin 2009 dans le quartier de Mbatama).
12
Figure 4 : Géographie de la zone d’étude.
13
2.3 La pisciculture à Bangui
2.3.1 Des conditions bioclimatiques favorables au développement de la pisciculture
D’une manière générale, la Région de Bangui connaît des conditions bioclimatiques
qui rendent propices le développement de la pisciculture dans sa périphérie. Région de
plaine au contact des collines, ce territoire présente en effet des bas-fonds au sol argilo-
sableux relativement nombreux à l’Est de la capitale. Ils résultent de deux sous-ensembles
de reliefs :
• Les deux collines parallèles de Daouba-Kassaï et du Bas-Oubangui qui sont
séparées par le couloir de Ndrès. Les principaux sites piscicoles de bas-fonds se
situent dans les quartiers de Koukoulou vers le Nord-Est, Lando, Matoko, Sayévoir
et Camp Kassaï.
• la plaine qui s’étend à l’Ouest des collines de Bas-Oubangui jusqu’aux abords
immédiats du fleuve Oubangui. Les principaux sites piscicoles de bas-fonds se
situent dans les quartiers de Saint-Paul, Kodjo, Kpata, Gbabingato et Mbatama plus
à l’Est le long du fleuve. Il faut signaler que cette région de plaine se relève
légèrement en plateau vers le Nord c’est-à-dire vers les quartiers de Gobongo et de
PK 12 jusqu’à PK 24.
La ville de Bangui se situe dans sa partie la plus étendue à l’Est des reliefs sur la
plaine et sur la partie basse du piémont qui fait la jonction entre la plaine et les collines. Des
sites piscicoles se sont développés depuis peu de temps à l’Ouest de la ville (Bimbo et
Boeing), dans une zone constituée de bas-fonds alluviaux.
Le climat de la Ville de Bangui est de type guinéen forestier avec l’alternance d’une
saison pluvieuse qui va de mars à novembre et d’une saison sèche, de décembre à février.
Les pluies les plus abondantes ont lieu entre juin et septembre. La moyenne pluviométrique
annuelle à Bangui se situe dans l’ordre de 1500 mm/an (Vickos, 2008). Toutefois, il est
important de préciser qu’un grand nombre de pisciculteurs enquêtés constatent que le
rythme d’alternances des saisons est de plus en plus perturbé depuis le début des années
90. Ils notent une augmentation de la longueur et de la fréquence des périodes de
sécheresse sans que cette assertion puisse être confirmée, faute de données chiffrées.
Durant les études terrain, des pisciculteurs de Gobango ont présenté des étangs asséchés
qui étaient d’après eux habituellement en eau avant les phénomènes répétés de sécheresse
observée. La déforestation des collines environnantes au profit de l’agriculture vivrière
semble être également un facteur explicatif à la sécheresse observée dans les bas-fonds. La
pression urbaine croissante (4,6% par an) et anarchique dans les quartiers périphériques de
Bangui entraîne également la raréfaction des ressources hydriques de la ville (Abderamane,
2008).
Le quartier de Sayévoir est situé dans le couloir de Ndrès qui forme une cuvette
naturelle au confluent des principaux cours d’eau des plus hautes collines de la région. Les
risques importants d’inondation limitent donc fortement la maîtrise de la gestion de l’eau
dans les étangs. Compte tenu des volumes hydriques importants qui stagnent dans cette
zone, il n’est même pas certain que la construction de canaux de dérivation autour des
étangs puisse permettre un bon fonctionnement des aménagements piscicoles.
14
quartiers encore peu gagnés par l’urbanisation. Les étangs qui ont été aménagés sont de
petites surfaces et de faible profondeur (40 cm en moyenne). Ils dépassent rarement 5 ares.
Des canaux d’alimentation et d’évacuation ont été installés pour permettre des vidanges
autonomes des étangs. L’augmentation du nombre d’habitants dans ces quartiers dans les
années 80 a engendré deux contraintes fortes qui ont largement modifié le fonctionnement
initial des étangs en place (Annexes A). La première contrainte est liée à la construction de
nombreux autres étangs sur cette zone par les nouveaux arrivants qui a conduit à une
interdépendance accrue des étangs pour l’alimentation et l’évacuation de l’eau.
L’émiettement des étangs aujourd’hui disposés en escalier force les pisciculteurs à une plus
grande entente, alors que les relations sociales se sont distendues dans le même temps à
cause du contexte politique d’ethnicisation. Cet émiettement des étangs dans une zone
fortement urbanisée favorise en plus la recrudescence des vols de poissons. La seconde
contrainte tient à la disponibilité en eau, qui est de plus en plus rare, du fait d’une pression
humaine plus forte sans que les infrastructures d’assainissement en eau aient pu être
installées par l’Etat. Certains étangs se trouvent ainsi asséchés à partir du mois de janvier à
cause des populations locales qui se servent directement à la source où les canaux
d’alimentation puisaient l’eau auparavant. De ce fait, une partie de ses étangs ne sont
exploitables que 9 mois dans l’année. Les pisciculteurs sont donc dans l’obligation d’adapter
leur conduite de cycle de production à cette contrainte majeure. Les possibilités de
réaménagement des sites piscicoles dans ces quartiers apparaissent donc limitées, à moins
qu’il y ait un renforcement de la cohésion des différents pisciculteurs entre eux.
Les quartiers de Lando, Matoko et Kpata sont situés sur des bas-fonds à proximité
de la ville. D’une manière globale, les sites piscicoles ne connaissent pas de problèmes
particuliers pour l’alimentation en eau durant toute l’année. Avec une moyenne de 28 ares, la
surface des étangs des personnes enquêtées est un peu plus grande par rapport aux autres
quartiers mentionnés auparavant (18 ares). La plupart des étangs des pisciculteurs sont
disposés en série avec le déversoir directement orienté dans l’étang en contrebas (Annexe
A). Bien que les sites bénéficient tous d’un canal d’exutoire, ce type d’aménagement en
escalier ne permet pas d’avoir une alimentation et une vidange indépendante pour chacun
des étangs. Des aménagements piscicoles peuvent néanmoins être envisagés (Annexe B)
afin de permettre à ces pisciculteurs une meilleure maîtrise de l’eau et des poissons. La
rentabilité des systèmes piscicoles peut être accrue notoirement sous condition que les
normes standard soient appliquées lors des travaux de réaménagement (digues sans
infiltration et suffisamment larges, profondeur de 60 cm et une capacité de vidange assurée).
15
groupement. À Mbatama, les différents pisciculteurs sont tous tributaires de deux sources
qu’ils partagent pour alimenter leurs étangs. Cette gestion de l’eau en commun a favorisé
l’émergence d’une entraide de voisinage pour certains travaux physiques, dont la
construction d’un barrage pour la retenue de l’eau afin d’assurer une alimentation continue
toute l’année. Le site de PK 24 a bénéficié de l’appui d’un microprojet qui a permis à son
groupement de procéder à l’autonomisation des étangs de leur site.
Avant l’arrivée du projet APDRA, les techniques d’élevage étaient par contre
quasiment identiques pour ces différentes zones. Pour l’essentiel des pisciculteurs non
bénéficiaires des formations du projet, les normes d’élevage reposent encore aujourd’hui sur
la base référentielle développée par les projets FAO des années 70 et 80. Les enquêtes ont
également montré que le risque d’instabilité politique était intégré dans l’opportunité pour les
pisciculteurs d’améliorer ou non une technique de pisciculture. Le coût supporté pour faire
des réaménagements est ainsi calculé en fonction des échéances électorales à venir. Ainsi,
M. Ali « préfère attendre de voir si les prochaines échéances présidentielles de 2010 seront
calmes ou non pour aménager un nouveau site qu’il a acquis récemment dans le quartier de
Koukoulou » (enquête du 02 juillet 2009 à Gobango).
2.3.3 L’appui de l’APDRA à la relance de la pisciculture à Bangui
Le processus de production promotionné par l’APDRA dans de nombreux pays
africains comme en Centrafrique repose sur une maîtrise totale ou quasi totale du cycle de
production. Elle garantit aux pisciculteurs une autonomie de fonctionnement des structures
de production et de décision vis-à-vis des objectifs qu’ils se sont assignés.
16
Les critères de sélection des pisciculteurs centrafricains par le projet se basaient
essentiellement sur la qualité des aménagements de leurs étangs5 et sur leur motivation à
tester et mettre en pratique les innovations qui leur seraient proposées. Le projet apporte
une garantie de production de l’ordre de 0,6 à 1 t/ha/an de poisson selon le type de retenues
construites et une qualité des produits par le grossissement du poisson (Oswald, 2008). Au
regard de la faible intensité capitalistique et des faibles tonnages produits par exploitation, le
système recherché est celui d’une pisciculture de type artisanal. L’objectif principal en
Centrafrique est de proposer aux pisciculteurs des améliorations sur les aménagements des
étangs déjà existants par la fourniture de références techniques nécessaires conditionnant
des moyens de production plus sécurisés du point de vue des infrastructures. Le second
objectif est d’offrir des innovations permettant aux pisciculteurs de comprendre l’intérêt
d’optimiser l’utilisation de la biomasse disponible et les interactions trophiques dans leurs
étangs afin qu’ils les mettent en pratique.
Pour réaliser ce dessein, des modules de formations, parfois « in situ », ont été
proposés à une quarantaine de pisciculteurs dans différents quartiers de Bangui. En ce sens,
le projet vise à renforcer les capacités d’un groupe restreint d’exploitants à mieux produire
sur leurs étangs à travers une formation longue dans une dynamique très localisée et
individualisée. À la différence d’autres pays d’intervention de l’APDRA, l’organisation des
candidats pisciculteurs en groupement ou association ne s’imposait pas comme une garantie
de réussite. La logique habituelle d’intervention des projets à l’intention exclusive des
groupements a eu comme conséquence de déresponsabiliser les bénéficiaires vis-à-vis des
objectifs qui devaient être atteints. La diffusion des références techniques semble plutôt se
réaliser entre des pisciculteurs bénéficiaires qui constatent des progrès sur leur production et
des pisciculteurs du quartier qui souhaitent bénéficier de ces améliorations. L’amplification
du référentiel technique de l’APDRA auprès de pisciculteurs non bénéficiaires se réalise
donc par des pisciculteurs individuels qui ont bien intégré les modalités de mise en œuvre
des processus de production.
Deux autres différences majeures existent entre ce projet en RCA et les autres pays
d’intervention de l’APDRA en Afrique Centrale et de l’Ouest. La première est liée au cadre
d’intervention qui dans le cas de la RCA se fait dans un milieu périurbain de capitale et non
pas dans un milieu forestier où prédomine une agriculture de rente. La seconde est sur la
nature même de l’intervention qui est de relancer la dynamique piscicole en RCA sur des
étangs déjà existants et non pas d’implanter un système extensif de pisciculture par la
construction d’étangs de barrage. L’intérêt d’intégrer cette dimension pilote au projet permet
justement d’appréhender les propositions de réaménagement des étangs et les innovations
sur les techniques d’élevage comme des tests qui doivent avoir une valeur d’enseignements
sur les possibilités de répliquer le référentiel technique de l’APDRA où d’y apporter des
adaptations vis-à-vis de ce contexte particulier.
5
Il était en effet nécessaire pour le projet, dans le cadre d’une phase pilote, de pouvoir garantir des améliorations
techniques sur les étangs qui permettent une augmentation de la rentabilité, à condition que les contraintes
techniques ne soient pas limitantes en terme de propositions de réaménagement.
17
3. LES PROCESSUS DE PRODUCTION ET DE PRISE DE DECISION
DANS LES EXPLOITATIONS PISCICOLES
3.1 Les trajectoires d’évolution des systèmes piscicoles
Aujourd’hui, les pisciculteurs bénéficiaires du projet APDRA sont incités à améliorer
leurs techniques piscicoles qui étaient basées sur le référentiel des projets de la FAO. M.
Oswald (2008) définit la conduite du cycle comme « l’ensemble des techniques culturales qui
modifient l’eau de l’étang et des techniques d’élevage requises par la population de poisson
en vue des objectifs de production ». L’objectif des formations de l’APDRA est d’apporter des
réponses mesurées à travers une adaptation souple de la gestion de ces cycles d’élevage.
Ces réponses doivent correspondre aux attentes des pisciculteurs vis-à-vis des objectifs de
production qu’ils se sont assignés en relation avec les autres systèmes productifs présents
au sein de leur exploitation (cultures vivrières et/ou maraîchères). Au regard des enquêtes, il
n’est cependant pas certain que l’ensemble des pisciculteurs bénéficiaires des formations
puissent tous développer les mêmes capacités à s’adapter aux changements et à s’accorder
sur les nouvelles conduites de cycles qui leur sont proposés. L’acceptation des pisciculteurs
à rentrer dans ce processus de passage d’un ancien système de production à un nouveau
système n’est pas uniforme. Parmi les 15 enquêtés, 3 n’avaient toujours pas mis en
application les techniques d’élevage (Oreochromis niloticus sexés associés à Hemichromis
fasciatus et Heterotis niloticus en complément) dans au moins un de leurs étangs. Dans le
cadre de ce projet pilote, des essais sont menés pour améliorer la conduite d’élevage des
poissons, notamment à travers les innovations testées localement chez quelques
pisciculteurs plus enclins à l’expérimentation6.
Avant d’analyser les résultats qui ont été obtenus par cette incitation au changement
des méthodes de production, il peut être intéressant d’évaluer la réceptivité des pisciculteurs
à mettre effectivement en œuvre les techniques qui leur sont proposées. Dans un contexte
d’évolutions importantes de l’environnement macro-économique, institutionnel et urbain
depuis la fin des années 807, les pisciculteurs ont dû transformer leur exploitation en
organisant de nouvelles cohérences fonctionnelles, au niveau des aménagements, et de
nouvelles cohérences stratégiques, notamment dans l’agencement des éléments constitutifs
des systèmes de production (Moulin, 2008). Ces transformations ont souvent été induites par
des évènements extérieurs au système piscicole et les pisciculteurs les ont de fait
fréquemment subies. Dans cet environnement général instable, les pisciculteurs n’ont
cependant pas tous pu réorganiser leurs structures de production piscicole de la même
manière du fait des contraintes qui s’exerçaient sur les aménagements, sur l’environnement
hydrologique, etc. Les pisciculteurs n’ont également pas les mêmes aptitudes pour adapter
leurs stratégies vis-à-vis des opportunités qui ont pu se présenter à eux, notamment par la
captation des aides apportées par les institutions internationales. L’objectif est donc ici de
construire des connaissances sur les évolutions du passé pour appréhender le niveau actuel
de flexibilité des systèmes piscicoles de manière à mieux accompagner les pisciculteurs
dans les processus de changement en cours.
3.1.1 Les résultats
Il est nécessaire de rechercher dans les caractéristiques de l’environnement physique
des systèmes d’élevages et dans les stratégies des pisciculteurs, des éléments qui
permettent d’apprécier le degré de flexibilité général des différents systèmes piscicoles. À
partir des réponses obtenues lors des enquêtes qualitatives et des observations faites sur
les différents sites piscicoles, il a été possible de croiser ces données. Trois types de
systèmes ont pu être identifiés suivant leur degré de flexibilité aux évolutions passées et aux
6
Certains pisciculteurs (M. Andjindo, M. Tagbalet, M. Goyo, M. Bissanou) se sont ainsi immédiatement portés
volontaires pour que les formateurs de l’APDRA puissent tester des innovations dans leurs étangs (test d’urée,
reproduction de carpes, poly élevage).
7
Arrêt brutal de l’assistance des projets, instabilité politique et sociale quasi permanente, pression
démographique sur l’espace urbain et sur les ressources hydriques.
18
innovations en cours : le système piscicole à flexibilité réduite (C), le système piscicole
d’opportunité (B) et le système piscicole flexible (A).
8
M. Babon et M. Biskone dans le quartier de Gobango ont respectivement 57 et 56 ans par exemple.
19
3.1.2 L’analyse des résultats
Le tableau 2 montre quels sont les déterminants qui ont donc été dégagés et croisés entre
eux pour catégoriser les spécificités des différents systèmes.
Les déterminants structurels, qui ont été sélectionnés, sont appréciés en termes de
disponibilités en eau et en espace. Ils s’inscrivent également dans une perspective évolutive
(extension envisageable des sites et possibilité d’apporter des améliorations sur les
aménagements). Ces critères sur les fonctionnements structurels des systèmes d’élevage
sont donc conçus sous des aspects d’opportunités et de menaces de manière à produire une
typologie des systèmes piscicoles en place qui intègre les ressorts de la flexibilité.
Les déterminants stratégiques, qui ont été sélectionnés, sont appréciés en termes de
capacités pour les pisciculteurs à capter l’attention et le soutien des projets de
développement quelle que soit la nature des aides attribuées (financières, formations,
matériels, etc.). Cette approche particulière s’explique par le fait que « contrairement à ce qui
s'est passé sur les autres continents, le développement en Afrique (…) s'est fait au travers
de « projets » (…) qui constituent souvent des « îlots d’efficacité ». » (Lazard et al., 1991).
Confrontés à une instabilité chronique des institutions et à une militarisation des oppositions
depuis plus de trente ans, les producteurs centrafricains adaptent donc leur stratégie aux
objectifs attendus des projets de développement9 dans l’espoir d’en retirer un quelconque
bénéfice.
3.1.3 Les perspectives
L’analyse des données historiques de ces systèmes piscicoles permet de placer dans
le temps ces groupes les uns par rapport aux autres. La description des trajectoires des
systèmes piscicoles doit permettre de comprendre le contexte dans lequel ils sont apparus et
surtout anticiper les évolutions possibles à partir des types actuellement rencontrés. La
figure suivante rend compte des trajectoires identifiées en fonction d'un temps rythmé par les
évolutions qui ont marquées profondément la pisciculture à Bangui.
9
En aparté, M. Wanguilo expliquait ainsi les raisons pour lesquelles le groupement auquel il appartenait avait été
créé : « le groupement, c’est une poule qui gratte les financements des projets FAO cachés dans le sol ».
(Enquête du 07 juillet 2009 dans le quartier de Saint-Paul).
20
Figure 6 : Trajectoires d’évolution des systèmes piscicoles pour les 3 types identifiés à Bangui.
Les 3 types sont classés de bas en haut, des systèmes les moins flexibles aux
innovations, aux plus réceptifs aux changements en cours. Les flèches en pointillés
expriment le maintien d’une référence technique des nouveaux pisciculteurs vis-à-vis des
aînés. D’une façon générale, les types observés à l’arrivée du projet APDRA correspondent
aux évolutions allant de l’établissement d’une activité nouvelle (C0) par les projets FAO à un
système en déclin (C5), et d’un système d’adaptation (B2 à B5) à un système flexible et
réceptif (A3) aux innovations portées par l’APDRA. Un quatrième type a été identifié (D),
mais pas étudié, qui correspond aux sites piscicoles non bénéficiaires du projet ayant
maintenu le système de production vulgarisé par la FAO sans pouvoir ou vouloir y apporter
de modifications. Les systèmes piscicoles, selon les caractéristiques de l’environnement
local de leurs structures d’élevage, et selon les stratégies adoptées par les pisciculteurs, ont
la possibilité d’évoluer d’un type vers l’autre.
21
3.2 Objectifs de production et stratégies mises en œuvre dans les exploitations
agricoles familiales centrafricaines
Lors des enquêtes et des études terrain, il a été constaté une forte hétérogénéité des
systèmes de production au sein des Exploitations Agricoles Familiales (EAF). Orientée en
priorité vers l’analyse des dynamiques piscicoles en place, cette étude ne pouvait se passer
d’une interprétation sur la place qu’occupe cette activité au sein de ces EAF. La théorie
économique de la production et de la gestion des exploitations permet de poser les axes de
recherche. D’après Brossier (2008), le modèle économique de la production « est fondé sur
la maximisation de la fonction d’utilité, dans le cadre des contraintes imposées par les
ressources limités en facteurs de production et par les possibilités techniques de production.
L’ensemble de ces contraintes est caractérisé par la fonction de production qui relie les
quantités produites aux quantités de facteurs utilisés avec les techniques possibles. Quant à
la fonction d’utilité, elle traduit les préférences du producteur. ».
3.2.1 Les résultats
Malgré les différences importantes qui ont été constatées dans les EAF, une
constante demeure, à savoir que sur les 15 chefs d’exploitations, 14 associent la pisciculture
à une autre activité en lien à l’agriculture, soit maraîchère, soit vivrière (Tableau 3).
Pour effectuer des comparaisons entre les différents ateliers de production présents
au sein de chaque AEF, un certain nombre d’indicateurs ont été retenus :
• La Valeur Ajoutée Brute (VAB) évalue la création de richesse obtenue sur l'atelier
de production. Cet indicateur mesure le Produit Brut auquel ont été retranchés les
biens nécessaires à la production et entièrement consommés au cours du cycle de
production (les consommations externes) et les amortissements10.
• La Valeur Ajoutée par are exprime la richesse crée par unité de surface.
• La Valeur Ajoutée par journée de travail exprime la richesse crée rapportée à la
quantité de travail effectué.
• Le Revenu Agricole Familial mesure le gain tiré de l'exploitation pendant un
exercice en vue de faire vivre la famille et d'accroître, si possible, le capital de
l'exploitation.
• Le Taux de Rentabilité Economique de l’atelier de production est le ratio des
résultats bruts des activités de production ramené au volume total de la production
en valeur.
10
Dans le cadre de cette étude, l'amortissement moyen du capital fixe est faible (usure des outils de production)
et difficilement évaluable. De ce fait, les amortissements n'ont pas été pris en compte.
22
3.2.2 L’analyse des résultats
D’une manière générale, la production piscicole est l’activité agricole qui génère le
plus de capital au sein des EAF à Bangui (Figures 7 & 8). Avec la mise en application des
recommandations techniques préconisées par les formateurs du projet (contrôle des
densités et sexage, polyélevage dont carnassiers, optimisation des niches trophiques des
étangs, etc), nous constatons même que la part de la pisciculture dans la VAB, participe à
plus de la moitié des créations de richesses produites sur l’exploitation depuis la mise en
œuvre du projet APDRA.
32% 0%
26%
54%
25% 20%
43%
0%
Maraichage
Maraichage
Vivrier
Vivrier
Pisciculture avant projet
Pisciculture avant projet
Pisciculture apr s projet
Pisciculture apres projet
Figures 7 & 8 : La répartition de la VAB entre les différents ateliers de production au sein de l’EAF.
100%
90%
80%
70%
60%
50%
40%
30%
20%
10%
0%
Maraîchage Vivrier Pisciculture avant projet Pisciculture suivi projet
Revenus agricole disponible (FCFA) Total annuel charges de la main d'œuvre (FCFA)
Total annuel consommation externe (FCFA)
Figure 9 : La diminution des coûts des consommations externes avec le suivi du projet.
11
La mise en pratique des techniques d’élevage préconisées par les formateurs APDRA n’a débuté que depuis le
mois de décembre 2008.
23
Le second facteur est en lien à la croissance des poissons. Dans la même période, les
producteurs qui ont accepté de « jouer le jeu » en diminuant la densité d’élevage
d’Oreochromis niloticus dans leurs étangs (de 2 poissons au m2 à 0,2 au m2) ont constaté,
une augmentation de la croissance des poissons (de 50 g. à 200-250 g. en moyenne et
jusqu’à 300 pour certains). Cette diminution des fertilisants a entraîné une diminution des
rendements (1,3 T/Ha/an à 0,9 T/Ha/an) qui a en fait été largement compensée par
l’augmentation des prix de vente (de 1000 à 1500 FCFA le Kg d’Oreochromis niloticus) lié à
la taille marchande des poissons qui répondait aux exigences de qualité du marché. Bien
que cette étude ne s’attache pas à expliquer le marché de commercialisation des poissons, il
semble important de préciser que les pisciculteurs sont à la recherche de nouveaux
acheteurs aux revenus plus aisés (fonctionnaires, entrepreneurs, hôteliers). Même si elle ne
répond pas aux objectifs initiaux du projet vis-à-vis de la sécurité alimentaire des
populations, force est de constater que cette augmentation des revenus par l’amélioration
des pratiques piscicoles, entraîne une attention nouvelle et particulière des producteurs pour
cette activité.
50 000,0
45 000,0
40 000,0
35 000,0
30 000,0
FCFA
25 000,0
20 000,0
15 000,0
10 000,0
5 000,0
0,0
ne
02
03
04
05
06
07
08
09
10
11
12
13
14
15
en
TE
TE
TE
TE
TE
TE
TE
TE
TE
TE
TE
TE
TE
TE
oy
M
Avec une VAB annuelle par are de 36 569 FCFA (55,7 €) en moyenne, l’atelier de
production maraîcher réalise la marge brute la plus importante en rapport à la surface de
terre disponible sur l’EAF (Figure 10). L’atelier de production vivrier dégage une marge brute
à l’are nettement inférieure (à peine 1000 FCFA). L’objectif de production des exploitants est
de garantir des biens alimentaires (manioc pour l’essentiel).
24
La valeur ajoutée brute par journée de travail pour les différents
ateliers
4 000,0
3 500,0
3 000,0
2 500,0
FCFA
2 000,0
1 500,0
1 000,0
500,0
0,0
1 400 000,0
1 200 000,0
1 000 000,0
800 000,0
FCFA
600 000,0
400 000,0
200 000,0
0,0
TE02 TE03 TE04 TE05 TE06 TE07 TE08 TE09 TE10 TE11 TE12 TE13 TE14 TE15
-200 000,0
25
Le critère de productivité ne peut suffire pour appréhender correctement l’évaluation
des performances économiques des EAF. Aussi, est-il important de prendre en compte la
rentabilité économique des EAF à travers le revenu agricole. Ce revenu revient à calculer le
profit sans tenir compte de la rémunération préalable du travail familial (Gafsi, 2008). Avec
un revenu moyen agricole disponible de 630 524 FCFA (961 €) à l’année (Figure 12) pour un
ménage de 5 personnes à charge en moyenne, les exploitants enquêtés se situent
légèrement en dessous du revenu annuel moyen par tête qui était estimé pour la RCA à 350
$ en 2008 (159 000 FCFA) (Banque Mondiale, 2008). Néanmoins, ce revenu est très
disparate sur l’ensemble du pays et il est fort probable que les revenus et besoins
monétaires soient nettement supérieurs dans la capitale à ce revenu moyen par tête. Les
exploitants enquêtés ne sont donc pas dans une situation économique aussi confortable qu’il
pourrait y paraître à première vue.
Le calcul du résultat de l’exercice pour chaque EAF permet de voir qu’un seul
exploitant connaît un déficit sur un atelier de production : TE02 avec les cultures vivrières du
fait qu’il paye des journaliers pour travailler sur cet atelier. Il existe néanmoins des écarts
importants de rentabilité entre les différentes EAF qui transcrivent les contraintes
structurelles des sites et les limites stratégiques des exploitants, tels que décrit au chapitre
précédent. TE10, TE12 et TE13 sont de fait dans des situations délicates, car leurs revenus
sont faibles et dépendent pour l’essentiel des vidanges réalisées dans leurs étangs.
L’environnement physique de leurs quartiers (Gobango pour les deux premiers et Sayévoir
pour le dernier) n’offrent pas d’opportunités pour améliorer leurs structures d’élevage et ses
exploitants âgés risquent en plus d’avoir des difficultés à faire évoluer leur système piscicole
pour plus d’efficacité.
Les cas de TE11 et de TE09 sont différents. TE11 est le seul exploitant à pratiquer
l’élevage (de porc) dans une dynamique de production marchande. Conscient des limites de
son site en termes de potentialité de production, il a investi dans l’achat de terre dans le
quartier de Koukoulou pour aménager un site doté d’un système d’élevage intégré de porcs
et de poissons. Le bétail des autres exploitants s’apparente plus à une « épargne » qui
permet de pallier ponctuellement des évènements imprévus (deuil, mariage, etc.)12. M. TE09
appartient à un véritable groupement qui mutualise les structures d’élevage et partage
ensuite les revenus suivant le travail accompli. Cette personne dispose d’un travail de
gardien de nuit. Il lui est donc accordé une part proportionnelle au travail qu’il effectue sur les
étangs.
12
3 autres exploitants, M. Tagbalet, M. Goyo et M. Zougandja, ont commencé à pratiquer l’élevage (porcs,
poulets ou cabris) depuis l’année dernière. Un quatrième, M. Andjindo, vient juste de se lancer dans cette activité.
Compte tenu du laps de temps faible qui s’est passé depuis le début de leur activité, il n’a pas été possible
d’obtenir des données chiffrées. Ces exploitants ont la volonté de pratiquer l’élevage pour être plus indépendant
vis-à-vis de l’approvisionnement en intrant d’origine organique.
26
Revenu agricole disponible
0%
23%
58%
19%
Maraichage
Vivrier
Pisciculture avant projet
Pisciculture apres projet
Dans tous les cas, la pisciculture apporte un revenu important pour les exploitations.
La part moyenne pour l’ensemble des EAF est même supérieure à la moitié du revenu
disponible dans 9 EAF. Pour TE03, TE02 et TE07, la pisciculture contribue même
respectivement à 72,1%, 90,3% et 83,4% du revenu agricole familial disponible. Par
l’orientation semi intensive qu’ils ont donnée à leur système de production, ces exploitants
sont de fait des entrepreneurs qui s’inscrivent dans une stratégie de rentabilité économique
exclusive de leur exploitation. L’objectif assigné par ces exploitants est de faire de la
pisciculture « une activité de rente comprenant l'acquisition d'intrants en quantité déterminée
et la commercialisation de tout ou partie de la production piscicole » (Lazard, 1986). Ils
connaissent bien les procédures des projets et arrivent assez facilement à capter des aides
ponctuelles pour arriver à leur objectif de production. Ils s’inscrivent donc dans la catégorie
du système piscicole d’opportunité. D’autres exploitants plus jeunes comme TE14, TE04 et
dans une moindre mesure TE08, se spécialisent dans ce type de pisciculture artisanale de
« petite » production marchande. Au regard des taux de rentabilité économique de leur
atelier de production piscicole (91,6% et 85,3%), les deux premiers exploitants arrivent
même devant leurs aînés en dehors de TE07 (85,3%).
3.2.3 Les perspectives
L’analyse économique a permis de montrer qu’il n’était pas dans l’intérêt des
pisciculteurs de chercher à maximiser la production à l’are par une intensification abusive
des intrants. Dans un contexte de pisciculture périurbaine, où l’approvisionnement en
fertilisant n’est pas un problème fondamental, l’intérêt des pisciculteurs réside plus dans
l’optimisation de la croissance des poissons pour procurer la meilleure valorisation des
liquidités dépensées (Oswald, 2008). Les pisciculteurs doivent donc trouver le niveau de
densité d’élevage adéquat à partir de la quantité de fertilisants appropriée qui leur permette
de courir le moins de risques techniques et financiers. Les jeunes pisciculteurs semblent
avoirs déjà bien intégrés cette assertion puisqu’ils semblent être les plus appliqués à mettre
en pratique les recommandations des formateurs de l’APDRA, concernant la diminution des
densités d’élevage en rapport aux objectifs de croissance des poissons qu’ils se sont fixés.
Les pisciculteurs n’ont pas encore acquis une parfaite maîtrise des techniques de gestion de
l’eau, de gestion des fertilisants ou des techniques de contrôle. Ces pratiques d’élevage
demandent un certain savoir-faire qui ne peut être acquis qu’à travers une pratique
quotidienne des gestes. Un certain nombre de pisciculteurs commence à les acquérir, mais
l’accompagnement des formateurs dans le temps semble être un préalable pour inscrire ces
nouvelles pratiques dans le paysage piscicole centrafricain. Au bout de trois ou quatre cycles
de production (à peu près 2 ans), cette maîtrise technique devrait pouvoir être correctement
intégrée.
27
Le temps de travail que les pisciculteurs accordent à l’entretien des bassins et à la
conduite des cycles d’élevage sur leurs étangs reste à ce jour encore conséquent. Suite à
l’étude terrain et aux relevés topographiques qui ont été réalisés, les pisciculteurs enquêtés
doivent normalement recevoir des propositions de réaménagement de leurs étangs (annexe
B). Les pisciculteurs, qui arriveront à dégager suffisamment d’épargne pour mettre en œuvre
ces travaux devraient connaître des améliorations importantes de leurs structures d’élevage.
Après le surcroît et surcoût de travail engendré, le temps de travail qu’ils devront accorder à
leurs étangs sera notoirement réduit, ce qui leur permettra d’accroître leur productivité
journalière. Le temps de travail dégagé pour l’entretien des bassins permettra aussi une
intensification du travail vers les autres ateliers de production, contribuant d’autant plus à
améliorer la rémunération de la journée de travail sur l’EAF et donc à l’augmentation du
revenu agricole disponible pour le ménage.
Il peut être intéressant d’étudier plus brièvement les « systèmes de pratiques » des
exploitants vis-à-vis de la gestion des ressources alimentaires et monétaires au sein des
différents ateliers de production des EAF. Ces pratiques de gestion doivent permettre de
mieux comprendre quels sont les résultats attendus par les exploitants vis-à-vis des
différents systèmes de cultures et d’élevage. Cette approche doit également permettre
d’évaluer, pour l’activité piscicole, les résultats atteints par le projet au regard des objectifs
qui lui ont été fixés à travers le cadre logique (annexe I).
Ces données ont été collectées à partir des enquêtes réalisées sur les exploitations
et aussi à partir des données d’enquêtes réalisées par les animateurs du projet APDRA lors
de l’identification des bénéficiaires du projet. Elles permettent de dégager des tendances
générales vis-à-vis des finalités attendues pour chacun des ateliers du point de vue de
l’alimentation. Une des hypothèses émises au début du stage était que dans un pays où
l’insécurité du lendemain demeure, certains exploitants pouvaient chercher à diversifier leurs
13
PP : Pas de Production / ND : données Non Disponibles. Pour l’atelier piscicole, PP signifie que les exploitants
n’ont pas encore mis en pratique les recommandations techniques préconisées par l’APDRA.
28
systèmes productifs afin de garantir à leur famille une sécurité des biens alimentaires. Cette
hypothèse se vérifie en partie.
3.3.2 L’analyse des résultats
D’un point de vue global, les chefs d’exploitation n’accordent pas la même vocation à
la gestion de la production des différents ateliers. Il s’avère que les femmes constituent
souvent une force de travail non négligeable sur certains ateliers mais, elles n’ont que
rarement accès à la prise de décision sur l’EAF. Les femmes s’occupent en priorité des
activités de post-récolte ainsi que des activités commerciales qui en découlent. Ceci est
particulièrement vrai pour l’activité piscicole et dans une moindre mesure pour les cultures
vivrières. Par contre, les femmes jouent un rôle important dans la production des cultures
maraîchères. La répartition des tâches semble donc bien définie vis-à-vis des pratiques de
production. En ce qui concerne les pratiques de gestion des ressources alimentaires et
monétaires, les femmes ont la responsabilité des dépenses et se sont souvent elles qui
prennent des initiatives mais, en cas de désaccord, le chef d’exploitation est toujours le
dernier à prendre la décision.
L’atelier maraîcher est plus complexe à appréhender, puisqu’une partie des légumes
récoltés (tomates, concombres et jutes dans une moindre mesure) ont une forte valeur
ajoutée et font l’objet d’une forte spéculation sur les marchés de Bangui. Aussi, les chefs
d’exploitations s’orientent prioritairement vers ces produits si leurs parcelles de terre
disposent suffisamment d’eau et s’ils ne sont pas trop éloignés du marché, pour les tomates
surtout qui sont très fragiles. Du fait des difficultés pour la gestion de l’eau, ces cultures
maraîchères de bas-fond ou de coteaux ne sont cultivées que durant la saison sèche
jusqu’au mois de juin pour les plus tardives.
29
Les revenus agricoles disponibles générés par le système
piscicole
1 000 000,0
900 000,0
800 000,0
700 000,0
600 000,0
FCFA
500 000,0
400 000,0
300 000,0
200 000,0
100 000,0
0,0
TE02 TE06 TE08 TE09 TE10 TE15 Moyenne
Revenus agricole disponible (FCFA) avant projet Revenus agricole disponible (FCFA) suivi projet
30
4.1.2 Un programme de développement ambitieux compte tenu de la durée
La conception et la réalisation de ce programme expliquent également en partie les
contraintes d’actions auxquelles l’équipe projet est confrontée depuis sa mise en oeuvre.
Tout d’abord, la durée établie à deux années n’est pas suffisante pour la réalisation complète
des objectifs attendus (annexe I). Cette durée courte ne facilite pas l’appropriation des
nouvelles techniques d’élevage et du nouveau système de production par les pisciculteurs
bénéficiaires. Au regard des enquêtes, il apparaît que le travail de formation réalisé par
l’équipe du projet a permis aux pisciculteurs de comprendre un grand nombre de paramètres
complexes vis-à-vis du fonctionnement de leurs étangs. Il ne semble cependant pas
envisageable que d’ici à la fin du projet en mars 2010, ils puissent être capable de maîtriser
l’ensemble des pratiques d’élevage qui doivent leur permettre d’améliorer leur production.
Figure 15 : Représentation de l’approche APDRA de type « grass-roots ». (Adapté de Da Silva N., 2005)
31
Le premier est dû à l’absence d’un interlocuteur institutionnel fiable qui soit formé et
sensibilisé aux attentes des pisciculteurs nouvellement formés. Le deuxième écueil procède
du premier, car il n’y a pas de garantie que l’administration ne soumette pas à un bailleur
international un projet pour développer la pisciculture qui aille à l’encontre de la démarche
proposée par l’APDRA. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé au mois de juillet 2009.
L’administration a ainsi soumis un projet à la FAO pour remettre la station d’alevinage de
Ndrès en état de fonctionnement. Le travail de formation réalisé sur le nouveau modèle
d’élevage proposé pourrait ainsi être remis en cause, sous l’effet des opportunités multiples
(matériels, dons, etc.) qui pourraient se présenter aux pisciculteurs avec la mise en œuvre
d’un nouveau projet FAO.
L’étude a montré que la pisciculture était dans la majorité des cas, la première et
principale source de revenu pour le ménage. Aussi, les pisciculteurs risquent d’éprouver des
difficultés à arrêter leur production durant la durée des réaménagements des étangs. Il ne
semble pas envisageable qu’ils puissent dégager un capital suffisant à la hauteur des
investissements nécessaires (journaliers, matériels). D’une manière globale, la pisciculture à
Bangui est rarement associée à une autre activité génératrice de revenus. La diminution des
revenus, induite par l’arrêt de la production, ne pourra pas être compensée par les autres
systèmes productifs. Dans d’autres pays africains, l’APDRA intervient habituellement auprès
d’agriculteurs qui pratiquent des cultures de rentes en région forestière et qui peuvent donc
dégager des revenus suffisants pour construire des étangs de barrage dans les bas-fonds.
C’est pour cette raison que l’APDRA peut s’appuyer sur son postulat du « rejet de toute
forme de dons ». Pour pouvoir réaliser les objectifs qui lui ont été assignés (annexe I, OS3),
l’APDRA ne pourra faire l’économie d’une réflexion sur les moyens à mettre en œuvre pour
accompagner le réaménagement des étangs en RCA, que ce soit par le crédit ou par l’octroi
de subventions indirectes (centrale d’achat de matériels par exemple). Si le postulat ne
pouvait être remis en cause, il serait alors nécessaire que l’équipe projet puisse
accompagner les pisciculteurs dans la formulation de leur demande auprès des institutions
du Crédit Mutuel de Centrafrique (CMCA) ou de l’Union Centrafricaine des Caisses
d’Epargne et de Crédit (UCACEC) mises en place et soutenues par le PNUD.
4.2.2 Adapter le cadre d’intervention des formations aux spécificités des sites.
Les systèmes piscicoles dans la périphérie de Bangui sont très hétérogènes au
niveau des caractéristiques physiques de l’environnement des étangs. L’amélioration des
projet. Elles avaient vocation à informer les acteurs sur l’état d’avancement du projet. Elles n’ont pas servi à faire
avancer la réflexion globale sur l’approche développée par l’APDRA. À aucun moment, elles n’avaient la vocation
à favoriser la formation des cadres présents. (Rapport d’activité annuel, 2009).
32
techniques d’élevage et la rationalisation de la gestion des étangs est réalisée par une
formation qui s’appuie sur huit thèmes principaux orientés exclusivement sur les aspects de :
• la biologie des espèces (alimentation, reproduction, croissance)
• les techniques d’élevage (pêche de contrôle, fertilisation, densité, rendement, etc.)
• la gestion des étangs et de la conduite des cycles de production
• les aménagements
• la structuration des groupes de pisciculteurs.
La formation est mise en œuvre de manière uniforme à des groupes de pisciculteurs
bénéficiaires du projet qui résident dans les différents quartiers de la capitale. Les modules
sont développés suivant les besoins des bénéficiaires afin qu’ils puissent surmonter des
difficultés ponctuelles sur leur exploitation.
Lorsque tous les pisciculteurs auront bénéficié des différents modules, il pourrait être
intéressant de chercher à mettre en place des formations qui soient plus adaptées aux
spécificités des différents quartiers. Cette approche aurait d’ailleurs pu être mise en place
des le début des formations en décembre 2008. Dans un environnement limité au niveau des
opportunités de développement, les pisciculteurs des quartiers de Gobango et de Saint-Paul
auraient tout intérêt à recevoir une formation sur la gestion communautaire des ressources
physiques (espace, eau, salubrité).
Une formation, qui serait mieux adaptée aux atouts et contraintes des sites, permettrait de
procéder à des améliorations rapides sur les étangs. Mais elle ne saurait être efficace que
dans la mesure où l’encadrement des formateurs serait soutenu et prolongé dans le temps.
Autrement dit, l'adaptation des structures de production à l’environnement local et l'effort de
l'encadrement doivent se situer à des niveaux comparables pour produire un résultat positif.
4.2.3 Favoriser les politiques intermédiaires sur la base d’une approche concertée.
Dans le cadre de la phase pilote de ce projet, un certain nombre d’enseignements ont
pu être retenus du point de vue de l’amélioration attendue des techniques d’élevage. À cette
approche de type « micro », il serait nécessaire d’élargir le cadre d’intervention vers une
approche plus « macro » au niveau des institutions publiques et des politiques. Ce type
d’intervention est nécessaire dans le contexte particulier de la RCA, car elle permettrait de
renforcer à la fois la société civile et l’Etat en mettent tous les acteurs en interaction. C’est ce
que Castelannet (2003) dénomme le domaine des « politiques intermédiaires ». Un
processus de co-apprentissage et de construction institutionnelle graduelle pourrait être mis
en place par le projet dans une deuxième phase de consolidation des acquis. Il devra
favoriser l’évolution des perceptions, des connaissances et des savoir-faire des différents
acteurs à partir de l’expérience pratique (les actions mises en œuvre sur les étangs), du
dialogue entre les représentations professionnelles des pisciculteurs et l’administration en
charge de la gestion du secteur, de la négociation au sein de cette nouvelle gouvernance.
33
Figure 16 : Analyse systémique des systèmes piscicoles
34
CONCLUSION
La formation conduite par l’équipe projet repose sur une pédagogie adaptative et
basée sur le dialogue. Ce mode opératoire démontre sa capacité à apporter des résultats
tangibles auprès d’un grand nombre d’exploitants. D’autres pisciculteurs éprouvent
cependant plus de difficultés à s’adapter et à modifier leurs pratiques piscicoles sur leurs
étangs. Ceci s’explique en partie par le fait qu’ils doivent faire face à des contraintes
environnementales locales plus fortes, dans un contexte de pressions accrues des
phénomènes urbains, qui s’expriment plus fortement sur leurs sites piscicoles. Aussi, la
qualité des aménagements des étangs conditionnent en premier lieu les possibilités
d’améliorer les conditions de vie des exploitants sur le long terme. Mais les freins au
développement ne peuvent pas être appréhendés que par la compréhension des seules
limites environnementales à l’application des innovations techniques appropriées où à la
rationalisation des conduites des cycles d’élevage. Il est fort rare qu’on puisse « obtenir des
impacts importants et durables en matière de développement par la simple diffusion de
technologies, ou même par fourniture de crédit ou d’infrastructures adaptées » (Castelannet,
2003). La dimension sociale est toujours essentielle et elle devrait toujours être intégrée de
manière conjointe à la diffusion des innovations techniques. C’est pourquoi, cette
intervention portant sur les techniques d’élevage de poissons et sur les pratiques des
pisciculteurs devrait peut-être intégrer un cadre de changement social plus large qui
impliquerait l’organisation des acteurs locaux du territoire, voire les institutions afin de faire
émerger de nouvelles régulations pour l’aménagement des bas-fonds dans un dispositif
concerté d’apprentissages collectifs et individuels qui permettrait de diffuser la réussite
partielle de ce projet sur une échelle plus importante.
35
BIBLIOGRAPHIE
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37
d’Ivoire et en Guinée forestière. CIRAD-GRET-MAE, France, n°123, CD du Mémento de
l’agronome, 27 p.
38
ANNEXES
ANNEXE A : SCHEMAS DES SITES PISCICOLES VISITES ET LES PROPOSITIONS DE REAMENAGEMENT
Quartier de Boeing :
Quartier de Gobango :
Quartier de Saint-Paul :
Quartier de Lando :
Quartier de Matoko :
44
Quartier de Kpata :
Quartier de Koukoulou :
Quartier de Gbabingato :
Quartier de PK 15 et PK 24 :
Quartier de Mbatama :
49
ANNEXE B : SCHEMAS DES PROPOSITIONS DE REAMENAGEMENT DES
SITES PISCICOLES
Quartier de Lando :
Quartier de Matoko :
Quartier de Kpata :
Quartier de Gbabingato :
Quartier de Mbatama :
ANNEXE C : LISTE DES PISCICULTEURS RENCONTRES
Relation des
Date des
N° Zone Nom des pisciculteurs pisciculteurs avec
entretiens
le projet
TE01 18/05/09 Lando DEFEÏBONA Pierre
Présentation du ménage :
1. Quel âge avez-vous ? Quel âge à votre femme (ou mari) ?
2. Quel est votre niveau d’étude ?
3. Combien d’enfants avez-vous ? Nombre de garçons et de filles ?
4. Que font-ils comme activités ?
5. Etes-vous originaire de Bangui ?
6. Si non, de quelle région êtes-vous originaire et depuis combien d’années êtes-vous installé à
Bangui ? Quelles étaient vos motivations pour venir à Bangui ? Quelle activité exerciez-
vous dans votre région d’origine ?
7. Présentation arbre généalogique sommaire si possible.
8. Pouvez-vous décrire l’histoire de votre famille depuis son installation sur l’exploitation ?
59
42. Ou vous procurez-vous vos alevins actuellement ?
43. Mettez vous plusieurs espèces de poissons dans vos bassins ? Si oui, précisez le type
d’espèce et la répartition.
44. Depuis quand faites-vous l’association d’espèces et pour quelles raisons ?
45. Pratiquez vous la fertilisation de vos bassins ? Quel est sa nature (chimique, cheptel, résidus
ménagers) ? Quelle quantité ? Quelle périodicité ? Qui vous a conseillé de fertiliser vos
bassins de cette manière ?
46. Ou vous procurez-vous cette fertilisation et à quel prix ?
47. Pouvez-vous me décrire votre activité piscicole sur votre zone depuis votre installation
jusqu’à aujourd’hui ?
48. Pouvez-vous me décrire votre activité piscicole sur votre zone pour les cinq prochaines
années ?
49. Quelles sont les évolutions récentes rencontrées sur vos bassins ? Quels sont les principaux
freins au développement de votre atelier piscicole ? Quels sont les principaux leviers au
développement de votre atelier piscicole ?
Les mareyeurs/commerçants :
50. Qui achète le poisson aux pisciculteurs ?
51. Comment ils l’achètent ? Au poids, au tas, etc.
52. Achètent-ils le poisson sur le site d’exploitation ?
53. Quel est le prix moyen pour un kilogramme pour chaque espèce ?
54. Est-ce que le commerçant a une influence sur votre production (types de poisson produit,
poids, taille) ? Si oui, de quelle manière ?
55. Si plusieurs types d’acheteurs, faire préciser le matériel dont ils disposent (vélo, véhicule,
glaciaire, etc.) ?
56. Le matériel leur appartient-il ?
57. D’où viennent-ils ?
58. Où sont vendus les poissons ?
59. Avez-vous pensé vendre votre poisson à d’autres commerçants ? Ailleurs que sur votre site
de production ?
60. Qu’est-ce qui vous ne permet pas de vendre votre poisson ailleurs ?
Les institutions :
66. Quelles sont les autorités qui gèrent la pisciculture ?
67. Si non cité, demander ce qu’est le Ministère des Eaux et Forêts ?
68. Demander s’ils sont présents sur la zone ?
60
69. Demander quel est son rôle ?
61
98. Considérez-vous la situation politique comme rassurante pour vos investissements
piscicoles ?
Le projet APDRA-F :
104. Qu’est-ce que c’est ?
105. À quoi sert-il ?
106. Quels étaient leurs objectifs à leur arrivée ?
107. Quels étaient les résultats attendus ?
108. Quels sont les résultats aujourd’hui ?
109. Y a-t-il des progrès d’après vous ?
110. Si non spécifié, faire préciser les objectifs pour l’aménagement des bassins, pour le poly-
élevage, pour l’augmentation des revenus.
111. Quelles étaient les priorités en terme de gestion des bassins piscicoles ?
112. Quelles sont les actions mises en place pour la gestion des bassins ?
113. Quels sont les résultats en terme de gestion des bassins ? Pour l’amélioration des
conditions de vie (alimentation et/ou revenus), quelles étaient les priorités ?
114. Les actions mises en place ?
115. Les résultats ?
116. En terme de représentation des pisciculteurs, quels sont les résultats ?
117. Quelles sont les principales limites du projet vis-à-vis de votre activité piscicole ?
Avenir et analyse :
118. Lorsque le projet s’arrêtera, qui prendra le relais ?
119. Que pensez-vous qu’il faille faire ?
120. Comment améliorer les choses ?
121. Et vous, qu’allez-vous faire ?
62
ANNEXE E : EXEMPLE D’UNE FICHE ACTEUR APRES L’ENQUETE TE01
REALISE LE 18 MAI 2009 AUPRES DE M. DEFEÏBONA DANS
LE QUARTIER DE LANDO
Maraîchage ou autre L’atelier maraîcher est dévolu à sa femme. Elle y travaille tous les jours et
système récolte les légumes (tomates, concombres, melons, haricots, etc.) pour la
vente sur le marché du quartier.
Cette production participe pour à l’octroi d’un revenu quotidien pour le
ménage (entre 3 à 600 CFA/jour). Les légumes non vendus sont
consommés au sein de la famille.
La production vivrière s’oriente essentiellement vers le manioc et dans une
moindre mesure sur la patate douce et le gombo. Il arrive à obtenir un sac
de manioc de 70 à 100 kg par mois, dont 10 à 20 kg sont revendus sur le
marché.
Évolution du système L’exploitant considère qu’il n’y a pas eu d’évolutions majeures dans son
et résultats exploitation depuis son installation en dehors de l’activité piscicole qu’il a
débuté en 1995. Son principal souci est de pouvoir assurer l’autosubsistance
de sa famille.
Depuis l’arrivée du projet, il construit de nouveaux espoirs dans l’activité
piscicole car elle lui apparaît être une véritable opportunité de gains
d’argent.
64
2
adoptées par les voisins (méthode FAO : 2 poisson/m , sans sexage pour un
cycle de 6 mois). Il n’utilisait que des feuilles de manioc et de patates
douces pour fertiliser ces bassins. Il achetait ses alevins à « la coopap » à
800 CFA/Kg. Il pratiquait déjà le poly-élevage (Clarias, Oecheno, Tilapia
Nilotica, Tilapia Zilii, Tilapia Galilea). Il n’avait jamais bénéficié d’aucun appui
technique et ne faisait donc pas de distinction entre bassin d’alevinage,
bassin de pré grossissement et bassin de grossissement. Pour ces raisons,
il obtenait trop de poissons de petites tailles qui se vendaient mal auprès de
la population locale.
Les relations entre Jusqu’à ce qu’un de ses 5 bassins soit mis en bassin-test, il vendait ses
acteurs poissons auprès de la population locale dans son quartier. Les poissons
étaient vendus en tas à 1000 CFA/Kg, mais il y avait toujours des
discussions pour rajouter des petits poissons dans un tas où il devait même
faire parfois des ventes à crédit. Il avait en plus du mal à écouler toute sa
production et sa femme devait donc vendre le poisson non écoulé sur le
marché local sans la garantie de pouvoir tout revendre.
Depuis que les TN sont passés à 200 g, des fonctionnaires et des cadres,
habitant à plusieurs kilomètres de chez lui, viennent lui acheter ses poissons
à 1500 CFA/Kg (poissons pesés par la balance du projet). Il n’a d’ailleurs
pas suffisamment de poissons pour satisfaire cette nouvelle demande en
totalité.
Pour cette raison, il souhaite s’orienter de plus en plus vers cette niche
d’acheteurs au fur et à mesure que sa capacité à investir dans la production
de plus gros poissons sera plus importante (achat d’intrants,
réaménagement des bassins en les regroupant, etc.).
Les institutions Il regrette que les techniciens du Ministère des Eaux et Forêts ne soient
venus qu’une seule fois sur son exploitation en 1997-98 pour prendre les
mesures de ses bassins. Il ne les a jamais revus par la suite.
Il a conscience que son exploitation pourrait être plus performante à ce jour
s’il avait bénéficié de l’appui des techniciens du Ministère. Il porte un regard
critique sur la politique gouvernementale qui selon lui n’encadre pas
suffisamment le secteur agricole.
65
production de ses bassins et peut donc faire des prévisions pour l’avenir.
Il a un problème d’approvisionnement régulier en eau car il n’a pas les
moyens financiers pour payer la main d’œuvre nécessaire à la construction
d’un canal de dérivation.
Il a recours à l’achat de sacs de 50 Kg de fientes de poulets (500 CFA) et de
lisier (700 CFA) et utilise à peu près un sac par semaine pour les 5 bassins.
Le niveau de vie Sur le bassin-test de 4,5 ares, il a doublé son bénéfice lors de la dernière
pêche (12000 à 25000 CFA). Il a vendu la totalité des TN et n’a gardé que
les T Zilii pour l’autoconsommation familiale. Avec les 25000 CFA, il a gardé
5000 CFA pour l’achat d’alevins (2000 en TN et 3000 en hétérotis qu’il
n’avait pas jusqu’alors), il a payé 5000 CFA les frais de scolarité pour
chacun de ses 2 enfants encore scolarisés et les 10000 restants ont servi à
l’achat des produits de premières nécessités.
Il a pour le moment du mal à faire de l’épargne car la mise en œuvre de la
méthode APDRA ne s’est faite que sur un seul bassin-test. Il espère
cependant pouvoir mettre de l’argent en épargne après l’exploitation des
autres bassins sur le même modèle que celui du bassin-test.
ème
La représentation des Il connaît la FNPAC. Il sait que M. Patrice est le délégué du 4
pisciculteurs arrondissement, mais il ignore son rôle et ses responsabilités vis-à-vis de la
profession. Il regrette que cette structure de représentation ne travaille pas
plus au rapprochement des pisciculteurs. Le droit d’inscription est pour lui
trop élevé (10000 CFA/an). Il espère néanmoins intégrer cette structure afin
de partager des idées, des savoir-faire et l’expérience des autres
pisciculteurs.
Le projet APDRA
Perception du projet Le projet lui a apporté des connaissances techniques sur l’aménagement
des bassins, mais également sur les comportements des différents
poissons.
D’une manière plus globale, le projet lui a montré qu’il était capable d’être
autonome et de maîtriser le cycle de production des poissons. Ces
nouveautés techniques ont surtout modifié sa perception vis-à-vis de son
exploitation tant du point de vue de sa stratégie de production et de
commercialisation que de ses objectifs généraux pour son exploitation.
Sa principale difficulté résulte dans le fait qu’il n’a pas les capacités
d’investissement suffisant et nécessaire pour mettre en pratique l’ensemble
des conseils techniques qui lui sont proposés (réaménagement des bassins,
intrants, etc…).
Avenir Continuer d’appliquer la méthode qui lui a été proposée en la diffusant à ses
autres bassins. En fonction des revenus futurs qu’il acquerra, il souhaite
acquérir et introduire de nouvelles espèces de poissons et étendre la taille
de ses bassins sur des normes techniques préconisées.
66
ANNEXE F : EXEMPLE D’UN SCHEMA DE FONCTIONNEMENT DE L’EAF
DE M. DEFEÏBONA DANS LE QUARTIER DE LANDO
67
ANNEXE G : EXEMPLE DES RESULTATS OBTENUS APRES L'ENQUETE TE06 REALISEE LE 18 JUIN
2009 AUPRES DE M. NGUEREPOU ZEPHIRIN DANS LE QUARTIER DE MBATAMA
ANNEXE G1 : LE REFERENTIEL DES PRIX VENDUS SUR LES EXPLOITATIONS ET SUR LES MARCHES DE
BANGUI
PRIX MOYENS DES PRODUITS VENDUS SUR LES DIFF RENTES EXPLOITATIONS PRIX MOYENS DES PRODUITS VENDUS PAR LES GROSSISTES SUR LES DIFF RENTS MARCH S DE BANGUI
Description des prix des principaux produits pour atelier mara”cher Description des prix des principaux produits pour atelier mara”cher
Prix moyens 1/2 cuvette (FCFA) Prix moyens pour diffˇrentes unitˇs de mesure (FCFA) Prix moyens 1/2 cuvette (FCFA) Prix moyens pour diffˇrentes unitˇs de mesure (FCFA)
Saison de Saison de 1/2 cuvette Cuvette Pˇriode de Saison de Saison de 1/2 cuvette Cuvette Pˇriode de
Produits Prix moyen Produits Prix moyen
production production production production production production
l'annˇe l'annˇe
basse haute Poids moyen en Poids moyen basse haute Poids moyen Poids moyen
Prix (FCFA) Prix (FCFA) Prix (FCFA) Prix (FCFA)
grammes en grammes en grammes en grammes
Manioc 2 850 2 150 2 500 12 600 2 500 27 720 5 000 Toute l'annˇe Manioc 3 000 2 500 2 750 12 600 2 750 27 720 5 500 Toute l'annˇe
Arachides 7 000 3 000 5 000 16 500 5 000 36 300 10 000 avril - ao˛t Arachides 9 000 8 000 8 500 16 500 8 500 36 300 17 000 avril - ao˛t
Ma•s 3 200 2 000 2 600 17 000 2 600 37 400 5 200 avril - ao˛t Ma•s 3 800 2 700 3 250 17 000 3 250 37 400 6 500 avril - ao˛t
Igname ND ND ND ND ND ND ND avril - nov Igname ND ND ND ND ND ND ND avril - nov
Taro ND ND ND ND ND ND ND avril -dˇc Taro ND ND ND ND ND ND ND avril -dˇc
Riz ND ND 7 000 25 000 7 000 55 000 14 000 avril - nov Riz ND ND ND ND ND ND ND avril - nov
Patates
Patates douces ND ND ND ND ND ND ND avril -dˇc ND ND ND ND ND ND ND avril -dˇc
douces
ANNEXE G2 : L’EFFICACITE ECONOMIQUE DU SYSTEME MARAICHER
ENQUęTE NGUEREPOU Zˇphirin TE06 / 090618
ATELIER MARA÷CHER Surface en ares 5,10
Description des produits pour atelier mara”cher
Quantitˇ rˇcoltˇe Pourcentage Prix cuvette Valeur Totale
Produits Quantitˇ vendue Observations
en cuvette autoconsommˇ (FCFA) (FCFA)
Tomates 4 3,5 12,5 16 000 64 000
Choux 5 4,5 10,0 14 000 70 000 L'atelier mara”chage ne dure que 6 mois durant la
Aubergines 6 5 16,7 9 000 54 000 saison s¸che, de novembre avril.
Haricots 9 8 11,1 9 000 81 000
Total Produit Brut 24 21 12,6 269 000
Description des consommations intermˇdiaires pour atelier mara”cher
Prix unitaire Valeur Totale
Opˇrations Unitˇ Quantitˇ Observations
(FCFA) (FCFA)
Consommations externes
Il ach¸te des semences de tomates. Pour les autres
semences sachets Voir commentaires Fft 14 400
produits, l'exploitant est autonome.
engrais Fft 4 2400 9 600
produits phytosanitaires flacon 2 1250 2 500
transport Fft 3 600 1 800
Total Consommations externes 28 300
Charges de la main d'ěuvre
Toutes opˇrations culturales
confondues rˇalisˇes par Journˇe / homme 46,8 500 23 400 L'exploitant travaille avec sa femme et son fils le plus
l'exploitant ‰gˇ de 11 ans sur l'atelier mara”chage. Ils y travaillent
tous les matins de 7 11H00 6 jours par semaine
Toutes opˇrations culturales durant les 6 mois de saison s¸che. Il emploie
confondues rˇalisˇes par ˇgalement 1 personne 6 jours par semaine durant les
une main d'ěuvre extˇrieure Journˇe / homme 142 500 71 000 6 mois ainsi que 2 autres personnes pendant une
(temporaires, salariˇs ou semaine pour le dˇfrich‰ge du champs.
membres de groupement)
Total charges main d'oeuvre 188,8 94 400
Rˇsultats annuels de l'atelier mara”cher
Valeur ajoutˇe brute Le Revenu
Valeur ajoutˇe Valeur ajoutˇe par Taux de marge
par journˇe de travail Agricole Familiale Taux de rentabilitˇ ˇconomique de l'atelier (6)
brute (FCFA) (1) are (VA/are) (2) brute en (5)
(VA/jour) (3) (FCFA) (4)
L'efficacitˇ agronomique et ˇconomique des diffˇrents syst¸mes de culture pratiquˇs par les paysans, et dont la combinaison aboutit la mise en place d'un syst¸me de production, peut
tre mesurˇe et analysˇe l'aide des crit¸res de VA par are et VA par journˇe de travail.
(1) La VAB ˇvalue la crˇation de richesse obtenue sur l'atelier. Cet indicateur mesure le Produit Brut auquel a ˇtˇ retranchˇ les biens nˇcessaires la production et enti¸rement
consommˇs au cours du cycle de production (les consommations externes) et les charges relatives l'usure et la dˇprˇciation des biens non consommˇs au cours de ce cycle de
production (les Consommations Annuelles de Capital Fixe appelˇes ˇgalement amortissement au sens ˇconomique du terme). NB : Dans le cadre de cette ˇtude, l'amortissement
moyen de ce capital fixe est faible (usure des outils de production) et difficilement ˇvaluable. De ce fait, ces C.A.C.F. n'ont pas ˇtˇ intˇgrˇes dans ce tableau. Dans le cadre de la
pisciculture, l'amortissement moyen des bassins peut varier dans de grandes proportions suivant la qualitˇ de leurs amˇnagements. Le temps d'entretien et de rˇparation est ainsi
beaucoup plus important si les bassins ne rˇpondent pas aux normes techniques minimales de bon fonctionnement. Aussi, l'indicateur qui sera le plus reprˇsentatif de l'amˇlioration
technique apportˇe aux bassins sera la VA/jour.
(2) La Valeur Ajoutˇe par are exprime la richesse crˇe par unitˇ de surface.
(3) La Valeur Ajoutˇe par journˇe de travail exprime la richesse crˇe rapportˇe la quantitˇ de travail effectuˇe.
(4) Le Revenu Agricole Familiale mesure le gain tirˇ de l'exploitation pendant un exercice en vue de faire vivre la famille et d'accro”tre, si possible, le capital de l'exploitation. Ce revenu
mesure la rˇmunˇration du travail total effectuˇ sur l'atelier, tant par le chef d'exploitation et les membres de sa famille, que par l'ˇventuelle main d'oeuvre saisonni¸re ou journali¸re.
Dans notre cas d'ˇtude, les enqu tˇs-exploitants n'ont pas mentionnˇ payer des charges relative la rˇmunˇration d'agents extˇrieurs l'exploitation (affectation externe = 0 FCFA). Le
Revenu Agricole Familiale = Valeur Ajoutˇe - rˇmunˇration de la main d'oeuvre extˇrieur la famille (temporaires, salariˇs et membres du groupement).
(5) C'est la marge rˇalisˇe sur l'atelier pour 100 FCFA de production.
(6) C'est le ratio des rˇsultats bruts des activitˇs de production ramenˇ s au volume total de la production en valeur. Ce crit¸re ˇvalue les performances de l'atelier liˇ l'activitˇ
fondamentale, et il refl¸te less capacitˇs techniques et manageriales du chef d'exploitation ainsi que les potentialitˇs du syst¸me de production agricole relativement son
environnement agro-ˇcologique.
ANNEXE G3 : L’EFFICACITE ECONOMIQUE DU SYSTEME VIVRIER
ENQUęTE NGUEREPOU Zˇphirin TE06 / 090618
ATELIER VIVRIER Surface en ares 400
Description des produits pour atelier vivrier
Pourcentage Prix unitaire Valeur Totale
Produits Quantitˇ rˇcoltˇe Quantitˇ vendue Observations
autoconsommˇ (FCFA) (FCFA)
Manioc 30 5 83 5 000 150 000 L'exploitant distribue les produits entre sa fraterie tous
Arachides 18 1 94 10 000 180 000 les 6 mois suivant une rˇpartition dˇfinie entre eux-
Riz 30 5 83 14 000 420 000 six. Il n'a pas souhaitˇ expliquer plus prˇcisˇment le
Ma•s 25 5 80 5 200 130 000 mode d'attribution des parts.
Total Produit Brut 16 85 880 000
Description des consommations intermˇdiaires pour atelier vivrier
Prix unitaire Valeur Totale
Opˇrations Unitˇ Quantitˇ Observations
(FCFA) (FCFA)
Consommations externes
semences Fft Voir commentaires ND 9 000
engrais Fft 0 500 0
produits phytosanitaires flacon 0 5000 0
transport Fft 0 0 0
Total Consommations externes 9 000
Charges de la main d'ěuvre
Toutes opˇrations culturales
confondues rˇalisˇes par Journˇe / homme 187,2 500 93 600
l'exploitant L'exploitant travaille avec sa femme et son fils le plus
‰gˇ de 11 ans sur l'atelier vivrier. Ils y travaillent tous
Toutes opˇrations culturales de 11 14H00 6 jours par semaine toute l'annˇe. Il
confondues rˇalisˇes par emploie ˇgalement 5 personne 6 jours par semaine
une main d'ěuvre extˇrieure Journˇe / homme 240 500 120 000 durant 2 moispour les travaux physique du champs.
(temporaires, salariˇs ou
membres de groupement)
Total charges main d'oeuvre 427,2 120 000
Rˇsultats annuels de l'atelier mara”cher
Ngouakouzou Vivrier 140,0 195 800,0 0,0 6 000,0 195 800,0 1 398,6 1 165,5 189 800,0 100,0 96,9 0,0 0,0 44,4
PK20 TE05 / 090624 Pisciculture
faustin 24,2 274 266,7 6 453,3 0,0 267 813,3 11 066,7 2 513,1 267 813,3 97,6 97,6 0,9 4,0 8,8
suivi projet
Total 165,3 521 466,7 9 123,3 7 500,0 512 343,3 3 099,7 1 544,7 504 843,3 98,3 96,8 ND ND 0,0
Mara”chage 5,1 269 000,0 28 300,0 71 000,0 240 700,0 47 196,1 1 274,9 169 700,0 89,5 63,1 0,0 0,0 12,6
Nguerepou Vivrier 400,0 880 000,0 9 000,0 120 000,0 871 000,0 2 177,5 2 038,9 751 000,0 99,0 85,3 0,0 0,0 85,3
Mbatama TE06 / 090618 Pisciculture
Zˇphirin 27,2 320 400,0 142 400,0 0,0 178 000,0 6 544,1 1 901,7 178 000,0 55,6 55,6 0,6 6,0 14,8
suivi projet
Total 432,3 1 565 000,0 291 300,0 191 000,0 1 273 700,0 2 946,3 1 738,5 1 082 700,0 81,4 69,2 ND ND 0,0
Mara”chage 8,5 184 000,0 20 000,0 0,0 164 000,0 19 294,1 1 708,3 164 000,0 89,1 89,1 0,0 O 8,4
Andjindo Pisciculture
Matoko TE07 / 090623 47,2 985 043,5 159 565,2 0,0 825 478,3 17 488,9 6 349,8 825 478,3 83,8 83,8 1,1 14,0 0,0
Patrice suivi projet
Total 55,7 1 169 043,5 179 565,2 0,0 989 478,3 17 764,4 2 924,6 989 478,3 84,6 84,6 ND ND 0,0
Mara”chage 5,4 235 900,0 56 000,0 64 000,0 179 900,0 33 069,9 937,0 115 900,0 76,3 49,1 0,0 0,0 33,9
Tokoroma Pisciculture
Matoko TE 08 / 090624 27,6 511 411,8 186 705,9 26 000,0 324 705,9 11 764,7 12 488,7 298 705,9 63,5 58,4 0,0 10,0 4,8
Claver suivi projet
Total 33,0 1 700 323,5 924 588,2 116 000,0 775 735,3 23 478,7 5 675,0 659 735,3 45,6 38,8 ND ND 0,0
Vivrier 100,0 113 000,0 0,0 5 000,0 113 000,0 1 130,0 680,7 108 000,0 100,0 95,6 0,0 0,0 32,9
Pisciculture
PK12 Yambe Daniel TE09 / 090625 12,0 117 000,0 16 000,0 10 000,0 101 000,0 8 416,7 1 030,6 91 000,0 86,3 77,8 0,6 2,0 10,0
suivi projet
Total 112,0 230 000,0 16 000,0 15 000,0 214 000,0 1 910,7 4 968,8 199 000,0 93,0 86,5 ND ND 0,0
Vivrier 250,0 130 400,0 0,0 0,0 130 400,0 521,6 905,6 130 400,0 100,0 100,0 0,0 0,0 87,5
Pisciculture
Gobango Babon No‘l TE10 / 090630 15,0 170 600,0 59 416,7 0,0 111 183,3 7 412,2 1 249,5 111 183,3 65,2 65,2 1,6 2,0 7,9
avant projet
Total 265,0 301 000,0 59 416,7 0,0 241 583,3 911,6 2 038,6 241 583,3 82,6 82,6 ND ND 0,0
Vivrier 300,0 197 800,0 0,0 0,0 197 800,0 659,3 475,5 197 800,0 100,0 100,0 0,0 0,0 94,0
Pisciculture
3,5 130 000,0 33 000,0 0,0 97 000,0 27 873,6 932,7 97 000,0 74,6 74,6 3,0 1,0 20,8
Gobango Ali Andrˇ TE11 / 090702 avant projet
Elevage 10 1 290 000 179 400 0 1 110 600 111 060 1 028 1 110 600 86,1 86,1 0 0 0,0
Total 313 1 617 800 212 400 0 1 405 400 4 483,2 812,2 1 405 400 86,9 86,9 ND ND 0,0
Vivrier 100,0 121 200,0 0,0 10 000,0 121 200,0 1 212,0 688,6 111 200,0 100,0 91,7 0,0 0,0 66,7
Pisciculture
Sayévoir Ngoumbeti Abel TE12 / 090708 7,1 395 094,1 141 970,6 40 000,0 253 123,5 35 651,2 1 458,1 213 123,5 64,1 53,9 4,6 3,0 2,2
avant projet
Total 107,1 516 294,1 141 970,6 50 000,0 374 323,5 3 495,1 996,8 324 323,5 72,5 62,8 ND ND 0,0
Vivrier 150,0 145 800,0 0,0 9 500,0 145 800,0 972,0 833,1 136 300,0 100,0 93,5 0,0 0,0 57,2
Sete Biskone Pisciculture
Gobango TE13 / 090709 2,7 67 114,3 27 000,0 5 000,0 40 114,3 14 857,1 387,2 35 114,3 59,8 52,3 1,3 2,0 14,3
bernard avant projet
Total 152,7 212 914,3 27 000,0 14 500,0 185 914,3 1 217,5 918,8 171 414,3 87,3 80,5 ND ND 0,0
Mara”chage 2,6 107 300,0 4 500,0 0,0 102 800,0 40 313,7 856,7 102 800,0 95,8 95,8 0,0 0,0 15,3
Bissanou Vivrier 480,0 60 000,0 0,0 0,0 60 000,0 125,0 937,5 60 000,0 100,0 100,0 0,0 0,0 83,3
Kpata TE14 / 090706 Pisciculture
Jˇrˇmy 10,8 419 850,0 35 100,0 0,0 384 750,0 35 625,0 2 466,3 384 750,0 91,6 91,6 1,6 3,0 3,5
suivi projet
Total 493,4 587 150,0 39 600,0 0,0 547 550,0 1 109,9 1 738,5 547 550,0 93,3 93,3 ND ND 0,0
Pisciculture
63,2 576 284,2 106 210,5 0,0 470 073,7 7 437,9 5 165,6 470 073,7 81,6 81,6 0,5 7,0 5,9
Wanguilo Jean suivi projet
St-Paul TE15 / 090707 Briqueterie 0,0 900 000,0 451 800,0 108 000,0 448 200,0 ND 14 228,6 340 200,0 49,8 37,8 0,0 0 0
de Dieu
Total 63,2 1 476 284,2 558 010,5 108 000,0 918 273,7 14 529,6 5 899,8 810 273,7 62,2 54,9 ND ND 0,0
ANNEXE I : LE TABLEAU LOGIQUE DU PROJET EUROPEAID/124568/C/ACT/MULTI15
15
L’objectif global I et III ayant trait au «renforcement des capacités de 2 ONG Centrafricaines» (Caritas Bozoum et Echelle) et au « soutient de la riziculture dans
l’Ouham Pende » ne sont pas repris ici, pour des raisons de commodités.