Dans ces deux cas, on fait en sorte que la fibre supérieure du tablier épouse le dévers
transversal, ce qui permet de réaliser le revêtement de chaussée en épaisseur constante et
d'éviter la réalisation de renformis alourdissant considérablement l'ouvrage.
Une première solution consiste à donner aux tables de compression des poutres la pente
transversale souhaitée et à couler le hourdis par-dessus ou entre les poutres en épaisseur
constante. Naturellement, le plan médian des poutres doit demeurer vertical et les appuis
horizontaux, pour assurer un fonctionnement normal des poutres et éviter tout risque de
déversement. Ceci impose de prévoir cette orientation des tables de compression dans le
coffrage, et exclut donc de l'obtenir par basculement d'ensemble des poutres. Dans un souci de
standardisation évident, il est également exclu de réaliser des poutres de hauteur différente, ce
qui nécessiterait un nombre important de coffrages. Les poutres étant toutes identiques, leurs
appuis doivent être décalés en altitude, de manière à former une ligne d'appuis parallèle à
l'extrados. Ce décalage est obtenu en adaptant la hauteur de chacun des dés d'appuis ou en
réalisant un chevêtre incliné transversalement de la même pente transversale.
Profil en travers à pente unique
Profil en toit et nombre pair de poutres
Figure 1 : Tables de compression inclinées et hourdis d'épaisseur constante (solution 1)
Cette première solution est parfaitement adaptée au cas des profils en travers à pente unique et
au cas des profils en toit lorsque le nombre de poutres est pair.
Elle est plus délicate à réaliser dans le cas des profils en toit et lorsque le tablier comporte un
nombre impair de poutres. En effet, dans ce dernier cas, la poutre centrale coïncide
sensiblement avec la zone d'inversion de pente, et devrait présenter un profil en toit pour que
la table de compression soit parallèle à l'extrados. Cette solution nécessiterait de réaliser un
coffrage spécial pour ces poutres et n'est donc pas intéressante. On préfère alors conserver des
tables de compression horizontales et rattraper la pente transversale en jouant sur l'épaisseur
du hourdis, ce qui en complique un peu la réalisation (seconde solution).
Figure 2 : Tables de compression horizontales (solution 2)
On adopte une solution analogue à cette seconde solution lorsque le dévers est variable, cas
que l'on rencontre dans les zones de changement de courbure en plan. On cherche alors à
limiter les surépaisseurs de renformis en approchant la pente de l'extrados par celle de la table
de compression des poutres.
Tracé en plan
Ce type de structure, constitué d'éléments rectilignes, est naturellement bien adapté aux
franchissements droits et rectilignes. Il est cependant possible de l'adapter au biais ou à la
courbure du tracé en adoptant certaines dispositions.
a) Adaptation au biais
Il est très fréquent que les franchissements présentent un certain biais géométrique. On pourra
selon le cas concevoir un ouvrage droit ou biais. Rappelons que l'angle du biais est l'angle
forme par l'axe longitudinal de l'ouvrage et l'axe des appuis, un ouvrage droit présentant un
biais de 100 grades.
Ouvrage biais
La solution la plus naturelle consiste à réaliser un ouvrage biais, pour lequel les lignes d'appui
sont parallèles à la voie franchie. L'ouvrage réalisé est alors mécaniquement biais.
Cette solution est conseillée lorsque le biais mécanique reste modéré (≥ 70 grades) pour les
raisons suivantes :
- le dimensionnement de la structure n'est pratiquement pas différent de celui d'un ouvrage
droit.
- la complication d'exécution pour réaliser les entretoises et leurs amorces selon le biais n'est
pas considérable.
En revanche, pour les ouvrages de biais plus prononce (o<70 grades), l'effet de la torsion
devient important, et la disposition des appuis selon le biais devient alors inefficace sur le
plan mécanique. Dans un tel cas, il est donc souhaitable de chercher à réduire le biais de
l'ouvrage, soit par une modification de la trace dans lequel s'inscrit l'ouvrage, soit par une
modification à apporter dans l'implantation des appuis, comme indique dans le paragraphe
suivant.
Figure 3: Franchissement biais par un ouvrage biais