Moteurs à courant continu : principes et applications
Moteurs à courant continu : principes et applications
DE BINGERVILLE (UPB)
MACHINES ELECTRIQUES:
COURS L2,
Année 2023-2024
Dr Youan
Chapitre 1 : Moteur à courant continu
Objectif:
Apprentissage de quelques principes de la conversion électromécanique de
l'énergie. On retrouvera ultérieuement ces principes dans les machines à
courant alternatif.
1. Conversion d’énergie
2. Symbole
3. Constitution
Sur le stator est placé l’inducteur , ce dernier est constitué de bobinages ou d’aimants
permanents, il crée un champ magnétique à travers le rotor (bobinage induit) .
Le collecteur et les balais permettent l’alimentation électrique de l’induit.
L’ensemble stator plus rotor constitue un circuit magnétique canalisant le champ magnétique
crée par l’inducteur.
E = Kɸ Ω
E f.e.m. (volts - V)
K constante qui dépend des caractéristiques de fabrication du moteur : nombres de spires, nombre de pôles,
inclinaison des encoches, …
ɸ flux magnétique maximum traversant les enroulements de l’induit (Webers - Wb).
Ω vitesse de rotation du rotor (rad.s-1).
5. Couple électromagnétique
Un conducteur parcouru par un courant électrique et placé dans un champ magnétique subit la :
force de Laplace 𝐹⃗ = 𝑙 𝐼⃗ ∧ 𝐵
⃗⃗
Sur ce principe le rotor de la machine possède un couple que l’on nommera couple
électromagnétique.
Tem = Kɸ I
Tem couple électromagnétique (N.m).
K constante (v .s.rd-1).
ɸ flux magnétique (wb).
I courant dans l’induit (rotor) (A).
6. Conservation de l’énergie
La puissance électromagnétique est la partie de la puissance électrique de la machine, convertie
en puissance mécanique.
7. Réversibilité
Une même machine pourra fonctionner en moteur ou en génératrice. On dit qu’elle est
réversible.
La machine à
moteur courant continu génératrice
est réversible.
8. Flux magnétique
Le champ magnétique inducteur et son flux à travers les spires de l’induit peuvent être produit
de deux façons différentes :
1. Par un bobinage alimenté par une source de tension Ue et parcouru par un courant Ie
dit courant d’excitation.
Dans ce cas le flux peut-être modifié. Il est proportionnel au courant d’excitation Ie.
U E RI
U e re I e
pC p fer pméca
Ces pertes sont dites « constantes » ou « collectives ». C’est-à-dire que si le moteur travaille à vitesse et flux
constants, les pertes fer et mécaniques sont approximativement constantes. Elles ne varient pas avec la charge.
Pa Pu p j pc
Bilan complet
Conclusion :
U
• La tension d’alimentation impose la vitesse de rotation .
K
Tr
• La charge de couple résistant Tr impose la valeur du courant I .
K
24. Couples
Si on divise la relation Pu Pem p c par la vitesse W, on obtient :
Tu Tem T p
25. Rendement
Du fait de ces différentes pertes, le rendement d’une machine à courant continu varie entre 80 et
95 %.
Pu Pa pertes
Pa Pa
Identification
Exemple :
LSK 1604 indique la série LSK ; 160 de hauteur
d’axe ; 4 pôles.
Chapitre 2 : Machines Asynchrones
1. Présentation :
Un champ magnétique tournant produit la rotation d'un disque métallique tournant à une fréquence
de rotation inférieure à celle du champ : sa rotation est asynchrone.
1.1 Le stator
Il est constitué de trois enroulements alimentés par des tensions triphasées de fréquence f, qui
1.2 Le rotor
La fréquence de rotation du rotor est appelée n, il tourne moins vite que le champ tournant du stator,
l'enroulement rotorique n'est relié à aucune source extérieure. Les seuls courants qui le traversent sont
les courants de Foucault induits par la rotation du champ statorique.
Il est constitué de barres métalliques identiques dont les extrémités sont réunies entre elles par des
couronnes métalliques peu résistives. L'ensemble présente une résistance électrique très faible, on dit
que le rotor est en court-circuit.
Rotor bobiné :
Les tôles de ce rotor sont munies d'encoches où sont placés des conducteurs formant un bobinage le
plus souvent triphasé, trois bagues et trois balais sont prévus pour accéder à ces enroulements,
permettant de modifier certaines des caractéristiques électriques du circuit rotorique.
Boîte à bornes
Bobinage stator
Ailette de
refroidissement
Ventilateur
Plaque signalétique
Arbre
Rotor en cage
d'écureuil
Si la fréquence des tensions d’alimentation est égale à 50 Hz, la relation entre n’s en tours par minute,
et p le nombre de paires de pôles peut s’écrire :
3000
n’s =
p
p 1 2 3 4...
ns [tr.min-1] 3000 1500 1000 750
f
Dans l’exemple proposé, la fréquence : n s = 1000 tr.min-1 et le nombre de pôles est de 6.
p
Un tableau du même genre peut être adapté avec une quelconque fréquence du réseau.
1
uu (t)
(t) MAS
2 3
3
-
TuTu-
1.5 Le glissement
Le rotor tourne à la fréquence de rotation n, il tourne moins vite que le champ tournant qui lui tourne
à la fréquence de rotation ns. La différence n entre ces deux fréquences de rotation est donnée par
la relation : n = ns - n
Sur la plaque signalétique d’un moteur asynchrone, deux tensions sont indiquées, par exemple 230 V
et 4OO V. Seule la plus petite des deux tensions est à prendre en considération pour le couplage, elle
doit être appliquée aux bornes d’un enroulement.
Pour vérifier que cette tension est bien appliquée sur un enroulement, le réseau doit être connu et
représenté ainsi que les couplages possibles. Un seul sera retenu.
C’est donc à partir des deux informations suivantes que le couplage peut être déterminé :
La plus petite des deux tensions, elle figure sur la plaque signalétique du moteur.
La nature du réseau, valeur de la tension simple, et celle de la tension composée.
Pour le réseau :
Si deux tensions sont mentionnées, il s’agit des valeurs efficaces V de la tension simple v(t)
et U de la tension composée u(t).
Si une seule tension est indiquée il s’agit de la valeur efficace U de la tension composée u (t).
La valeur efficace V de la tension simple v (t) est mesurée entre une phase et le neutre, la valeur
efficace U de la tension composée u (t) est évaluée entre deux phases.
La relation entre les valeurs efficaces de ces deux tensions est : U V 3
3 i
2 u
v (t) v (t)
N 1 2 3
Réseau Ligne Charge
Dans un couplage en étoile, chaque enroulement est soumis à la tension simple v (t), tension entre
phase et neutre. Chaque enroulement est traversé par le courant de ligne i (t).
b. Le couplage en triangle
i
3
j (t)
u
u (t)
v (t)
1
N
Réseau Ligne Charge 1 2 3
Représentation symbolique :
GS MS MS MS Ω
3~ 3~ 3~ 3~
1010
centrales électriques
(nucléaires/hydrauliques/thermiques 109 1GW
108
(alternateurs)
Génératrices
107
Moteurs
106 1MW
Traction ferroviaire
105
Éoliennes de Traction automobile
faibles puissances 104
Alternateurs automobiles 103 1kW Moteurs brushless
Modélisme, vélos électriques
102
101
100 1W
(locomotives...)
I.5) Constitution des machines synchrones
b y
Les machines synchrones sont constituées de :
● Un rotor, qui peut être soit à aimants
Ω.t permanents, soit à électroaimants. Le rotor
N possède p pôles Nord et p pôles Sud intercalés.
●Un stator, dont la face interne contient
a x 3*p bobinages. Chaque bobinage est décalé du
S suivant d'un angle 2 π
rotor 3p
entrefer
c
Les machines synchrones sont toujours constituées d'un matériau ferromagnétique, qui sert à canaliser les
lignes de champ magnétique.
La zone située entre le stator et le rotor s'appelle l'entrefer. Son épaisseur est la plus faible possible.
Ω.t Ω.t
S N
N
x N S x
S
Le rotor est entraîné à la pulsation mécanique Ω (rad.s-1). Il créé un champ magnétique tournant, tel que :
● Les lignes de champ sont canalisées par le fer,
● Elles se referment sur elles-mêmes,
● Les lignes de champ sont radiales dans l'entrefer.
Les lignes de champ sont orientées : conventionnellement, elles entrent par le pôle sud et sortent par le pôle nord du rotor.
II.1) Machine synchrone en alternateur : principe de fonctionnement
y B(θ,t)
a
λ = longueur d'onde
Stator
c' Ω.t + b a' c b' a c' b a' c b'
b'
N
θ
x
N S N S
S
p⋅Ω⋅t
b c
Rotor
Ainsi, toutes les grandeurs électriques (champ B, flux, et fém) sont de pulsation ω
tandis que le rotor est entraîné à la pulsation mécanique Ω.
ω= p Ω Ω= ω
p
p = nb de paires de pôles
A B C
A quelle vitesse angulaire doit tourner le rotor pour que l'on puisse fermer l'interrupteur K (vitesse de
synchronisme) ? Donner le résultat en tr/min.
Ia(t)=0
Ω
MS Ib(t)=0
3~
Ic(t)=0
Transparent 12
II.2) Machine synchrone en alternateur à vide
Calcul du flux embrassé par les enroulements statoriques
On définit une surface d'intégration qui s'appuie sur le contour de la bobine, mais qui épouse la forme
de l'entrefer ==> S est une portion de cylindre.
θa ' = π θa = π
2p 2p
φaa'(t) = flux capté par une spire de la phase aa'
Stator
b a' c b' a c' b a' c b'
φ aa ' (t)=∬ B r (θ , t)⋅d S
2
Br(θ,t) S
θ
N S N S p⋅Ω⋅t
π
Rotor 2p l
Avec :
● p = nb de paires de pôles,
● n = nb de spires par enroulement,
● Kb = coefficient de bobinage.
2π
Φ bb' (t) = Φ max⋅cos( p Ωt )
3
4π
Φ cc ' (t) = Φ max⋅cos( p Ωt )
3
II.2) Machine synchrone en alternateur à vide
Calcul des forces électromotrices crées par la MS à vide
Loi de Faraday :
d Φ aa '
e va (t) = (t) = p⋅Ω⋅Φ max⋅sin ( p Ωt ) → fém créée à vide aux bornes de la phase aa'.
dt
d Φ bb' 2π
e vb (t) = (t) = p⋅Ω⋅Φ max⋅sin ( p Ωt ) → fém créée à vide aux bornes de la phase bb'.
dt 3
d Φcc ' 4π
e vc (t) = (t) = p⋅Ω⋅Φmax⋅sin ( p Ω t ) → fém créée à vide aux bornes de la phase cc'.
dt 3
Conclusion :
La machine synchrone, lorsqu'elle fonctionne en génératrice à vide, génère un système triphasé équilibré de tensions
sinusoïdales :
● de pulsation électrique ω= p Ω ,
● d'amplitude proportionnelle à ω.
Le champ B(θ,t) créé dans l'entrefer est la superposition des champs suivants :
● Br(θ,t) créé par le rotor,
● Ba(θ,t) créé par la circulation de l'intensité Ia(t) dans la phase aa',
● Bb(θ,t) créé par la circulation de l'intensité Ib(t) dans la phase bb',
● Bc(θ,t) créé par la circulation de l'intensité Ic(t) dans la phase cc'.
Dès lors, le calcul des flux se traduit par une équation matricielle faisant intervenir les inductance propres de chaque
phase, ainsi que les mutuelles inductances entre phases.
Flux créés par le courant Ia(t) Flux créés par le courant Ic(t)
qui circule dans la phase aa'. qui circule dans la phase cc'.
Ib(t)
Vb(t) d Φ aa'
V a (t) = (t) r I a (t)
r dt
d Φ aa ' d Φ bb'
(t )
dt V b (t) = (t ) r I b (t)
d Φ bb' Ia(t) dt
(t) b' r a
dt
c' d Φcc '
a' V c (t ) = (t) r I c (t)
Va(t) dt
Vc(t) d Φ cc'
(t) r = résistance de chaque enroulement statorique
dt
r
Ic(t) (La MS est supposée connectée en étoile : a' = b' = c')
d Φ aa' dI a
V a (t) = (t) r I a (t) = p ΩΦ rmax⋅sin ( p Ωt) Lcyc⋅ (t) r I a (t)
dt dt
d Φ bb' 2π dI b
V b (t) = (t ) r I b (t) = p ΩΦ rmax⋅sin ( p Ωt ) Lcyc⋅ (t ) r I b (t)
dt 3 dt
d Φcc ' 2π dI c
V c (t ) = (t) r I c (t) = p Ω Φ rmax⋅sin ( p Ωt ) L cyc⋅ (t) r I c (t)
dt 3 dt
Vb(t)
Va(t)
Vc(t) eVc(t)
Le Modèle de Behn-Eschenbourg est valable :
● En l'absence de saturation magnétique du matériau
Lcyc (hypothèse de linéarité),
● Dans le cas d'une machine synchrone à pôles lisses
r (hypothèse d'un entrefer d'épaisseur constante).
Ic(t)
dI a EV
V a (t) = eva (t ) Lcyc⋅ (t) r I a (t)
dt
δ jLcycω·I
dI b φ V
V b (t) = evb (t ) Lcyc⋅ (t ) r I b (t) I r.I
dt
dI c
V c (t ) = evc (t) Lcyc⋅ (t) r I c (t ) V =E v jL cyc ω⋅I r⋅I
dt
V(t)
III) Machine synchrone en moteur
Principe de fonctionnement
La solution la plus courante : alimenter le moteur synchrone par un onduleur triphasé fonctionnant en PWM
L'onduleur délivre un système triphasé des tensions quasi-sinusoïdales Va(t), Vb(t), Vc(t) (hypothèse du premier harmonique).
Ialim(t)
Ia(t) A
Ib(t) B
Ω
Ualim MS
Ic(t) C
Le moteur synchrone absorbe les courants Ia(t), Ib(t), Ic(t) quasi sinusoïdaux.
Le moteur synchrone absorbe les courants Ia(t), Ib(t), Ic(t) quasi sinusoïdaux.
Théorème de Ferraris :
Trois bobinages décalés de 2π/3, alimentés par des courants sinusoïdaux triphasés équilibrés de pulsation ω
permettent de créer un champ magnétique tournant à la vitesse angulaire ω. [3]
Les courants statoriques créent dans l'entrefer une onde sinusoïdale de champ magnétique tournant, de la forme :
B s (θ , t)=B sM⋅cos (ω t p θ)
Cette onde de champ tournant créée par le stator interagit avec les pôles nord et sud du rotor.
● Les courants statoriques Ia(t), Ib(t), Ic(t) créent dans l'entrefer de la machine le champ statorique Bs(θ,t) tournant à la pulsation ω :
B s (θ , t)=B sM⋅cos (ω t p θ)
● Le rotor, dans sa rotation de pulsation Ω=ω/p, créé lui aussi un champ magnétique tournant à la pulsation ω :
B r (θ , t)=B sM⋅cos(ω t p θ ξ)
ξ (prononcer « xi ») désigne le déphasage du champ rotorique par rapport au champ statorique.
● Le champ résultant B(θ,t) est la somme vectorielle des champs statorique et rotorique.
B(θ , t )=B s (θ , t )+ B r (θ , t )
B⃗s (θ , t)
ξ
⃗ , t)
B(θ
B⃗r (θ , t )
III) Machine synchrone en moteur
Expression du couple moteur
A partir de l'expression de l'énergie magnétique stockée dans l'entrefer, il est possible de démontrer que le couple moteur
s'exprime de la manière suivante :
πl e R
Γ= µ B sM B rM⋅sin (ξ) (source : [621.46] MAY, p.89 et p.97)
0
Avec : B⃗s (θ , t)
● l = longueur du rotor,
ξ
⃗ , t)
B(θ
● R =rayon du rotor
● e = épaisseur de l'entrefer,
● µ =4π.10
-7
: perméabilité magnétique du vide B⃗r (θ , t )
0
● B
sM
: amplitude maximale du champ statorique,
● B
rM
: amplitude maximale du champ rotorique,
● ξ : déphasage du champ rotorique par rapport au champ statorique.
πle R πl e R
Γ= µ B sM B rM⋅sin (ξ) Lorsque ξ = π/2 : Γ max = µ B sM B rM
0 0
Conséquences :
1) Le moteur synchrone fournit son couple maximum lorsque le déphasage du champ rotorique par rapport au champ
statorique vaut π/2.
2) Si le couple résistant est supérieur au couple maximum Γmax, alors le moteur synchrone décroche : le rotor s'arrête
net, tandis que le champ statorique continue de tourner à la vitesse angulaire Ω = ω/p.
III) Machine synchrone en moteur
Modèle électrique du moteur synchrone
La machine synchrone, lorsqu'elle fonctionne en moteur, obéit aux mêmes équations qu'en génératrice.
La seule différence provient du sens conventionnel de fléchage des courant statoriques Ia(t), Ib(t), Ic(t).
A Ia(t) A Ia(t)
Ib(t)
Ω Ib(t)
Ω
B B
MS MS
C Ic(t) C Ic(t)
De la même manière qu'en mode génératrice, les champs statorique et rotorique s'additionnent. Comme seul le fléchage des courants
statoriques change, il en résulte juste un changement de signe dans l'expression des flux totalisés.
Flux créés par le courant Ia(t) Flux créés par le courant Ic(t)
qui circule dans la phase aa'. qui circule dans la phase cc'.
Le reste du raisonnement reste inchangé. Il permet d'aboutir au modèle de Behn-Eschenbourg en convention moteur :
Vb(t)
Va(t)
Vc(t) eVc(t)
Le Modèle de Behn-Eschenbourg est valable :
● En l'absence de saturation magnétique du matériau
Lcyc (hypothèse de linéarité),
● Dans le cas d'une machine synchrone à pôles lisses
r (hypothèse d'un entrefer d'épaisseur constante).
Ic(t)
Les équations du modèle de Behn-Eschenbourg peuvent se traduire graphiquement sous la forme d'un diagramme
de Fresnel monophasé équivalent :
dI a V
V a (t) = eva (t )+Lcyc⋅ (t)+r I a (t)
dt
dI b EV δ
V b (t) = evb (t )+Lcyc⋅ (t )+r I b (t) φ
dt I
r.I jLcycω·I
dI c
V c (t ) = evc (t)+Lcyc⋅ (t)+r I c (t) V =E v+ jL cyc ω⋅I +r⋅I
dt
V(t)